Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Mystère. Le Dépouillement des Métaux

20 Septembre 2013 , Rédigé par M\ W\ Publié dans #Planches

Entrée en Matière
La Franc-Maçonnerie est une activité déraisonnable. Elle nous demande beaucoup de travail, la plupart du temps étranger à nos compétences ordinaires, elle réclame de nous une assiduité excessive, tout cela pour quel profit apparent ? pour nous instruire sur peu de choses. Elle nous apprend surtout à accomplir, avec le plus grand sérieux et parfois avec une extrême sévérité, des gestes totalement inutiles. La Franc-Maçonnerie peut passer pour le conservatoire des actes gratuits.
Pourtant, le jeu Maçonnique, tout déraisonnable qu’il soit, a sur chacun de nous une action mystérieuse. A la longue, nous admettons en effet que ce jeu nous consolide, qu’il procure le talisman qui nous protège et nous fait grandir. Par lui, nous devenons les porteurs d’une conscience collective plus haute et plus agissante nous nous sentons les détenteurs d’un héritage que nous savons irremplaçable.
Que voilà donc un contraste surprenant !
Ma petite causerie de ce matin part de là : en cela, elle est philosophique, si l’on admet que le philosophe est celui qui s’étonne de ce qui n’étonne pas les autres.

L’intuition rétrospective
Sans aucun doute, l’un des effets immédiats de l’activité Maçonnique est de nous forcer à approfondir le sens des mots que nous utilisons tous les jours. Dans le cours de notre existence de Maçons, nous nous efforçons, par exemple, de cerner le concept d’absolu, l’un de ceux qui échappent le plus aisément à notre discours. L’absolu, c’est ce qui n’a besoin de rien ni de personne pour exister. Dans un univers dominé par le principe de la relativité générale, la quête de l’absolu paraît bien être aussi vaine que la quête du Graal. Pourtant, c’est à cette quête que nous reconnaissons parfois que nous sommes, quand les mots nous manquent pour dire quelle soif nous nous efforçons d’étancher.
Il en va presque de même du concept d’intuition. C’est sur ce concept léger que je vais à présent m’appesantir, sans oublier que je suis ici pour vous parler du Dépouillement des Métaux. J’en suis venu à penser que c’est en effet par le sentier de l’intuition qu’il faut grimper au pic du dépouillement des métaux.

A. Phénoménologie de l’intuition
L’école française de philosophie est divisée quant à l’intuition comme mode de connaissance mais elle se range tout de même à l’avis des psychologues, qui relèvent l’intuition comme un des phénomènes réels et constants de la vie mentale. De cet échange d’opinions et d’observations est née une nomenclature des modes d’intuition. Nous allons vite la parcourir, car je pense que nous ferons ainsi plus de chemin qu’en pénétrant dans le débat lui-même.
a. l’intuition empirique
Nous apercevons tout d’abord l’intuition empirique. C’est celle des formes (Gestalten) et des structures. C’est intuitivement et d’un seul coup que nous reconnaissons une figure simple ou complexe. Nous n’avons pas besoin de faire l’analyse des signes particuliers pour reconnaître un visage, c’est immédiatement que nous identifions une voix ou une démarche. Ceux que l’on appelle nos frères inférieurs possèdent cette faculté, souvent à un niveau qui dépasse le nôtre. Ceci nous porte à croire que l’intuition est une capacité primitive, antérieure en tout cas à la maîtrise logique.
b. l’intuition rationnelle
Puis on parle de l’intuition rationnelle, la plus contestée en philosophie. C’est celle qui participe à tous nos raisonnements et, au plus simple, nous permet d’admettre la pertinence du syllogisme. C’est aussi à cette intuition rationnelle que se rattache le principe d’analogie, inhérent à nos structures mentales, grâce à quoi nous pouvons manipuler des symboles et même utiliser un langage courant ou inventé, telle la mathématique. L’évidence est une intuition rationnelle. Le principe de causalité en relève, lui aussi. A en croire David Hume, les gallinacés possèdent une telle intuition, puisque selon ce philosophe anglais, le coq qui chante le matin croit que c’est lui qui fait lever le soleil.
c. l’intuition métaphysique
L’on parle encore de l’intuition métaphysique. Au plus simple, c’est celle qui nous donne la certitude d’être. Elle est métaphysique en ce qu’elle pose le fondement même de cette branche fort décriée de la philosophie qu’est l’ontologie, c’est-à-dire le discours sur ce que c’est que l’être d’une chose, sur la relation du sujet réfléchissant à l’objet perçu. Si nous mettons en question cette certitude d’être que nous donne l’intuition métaphysique, nous agissons en philosophes, nous redécouvrons notre ipséité comme le fit Descartes dans ses célèbres Méditations.
d. l’intuition divinatrice
De là, nous passons à l’intuition divinatrice, celle qui fonctionne sans arrêt en nous. Sachant l’état présent des choses et la propension des choses à se modifier, notre intuition divinatrice tend à nous prévenir des probabilités de l’état futur. Certains prétendent posséder cette faculté à un niveau exceptionnel et être soit des voyants soit des devins. Voyants, ils disent qu’ils perçoivent dans le présent ce qui déterminera l’avenir. Devins, ils se vantent de partir d’analogies pour prédire les destinées, comme par les cartes à jouer ou le tarot, le marc de café ou le blanc d’oeuf, les jets de points ou la position des astres sur le zodiaque.
Plus intéressante est la place de l’intuition divinatrice dans le domaine de la création artistique ou littéraire. Ou dans la musique. Percevoir une mélodie, c’est anticiper intuitivement la note qu’appelle la série des notes qui viennent d’être liées.
e. l’intuition rétrospective
Enfin, la phénoménologie de l’intuition reconnaît l’existence de l’intuition rétrospective. C’est celle qui, au départ d’indices disparates, permet de reconstituer les faits passés et d’en déterminer les causes ou les auteurs. C’est à l’intuition rétrospective que je vais consacrer votre précieuse attention.

B. L’intuition rétrospective : Solution des énigmes
Lorsque l’on nous propose une énigme, c’est l’intuition rétrospective que nous mettons en marche pour tenter de la résoudre. Notre esprit prend en compte une sorte d’inventaire incomplet et tente d’en découvrir la cohérence. Voici une célèbre énigme, qui fut soumise aux Précieuses par Boileau. Carrez vous dans vos " commodités de la conversation " et tentez de comprendre qui parle dans ces vers et suivez le cheminement de votre esprit quand il travaille à reconstituer une image au départ d’éléments insolites.
" Du repos des Humains implacable ennemie,
J’ai rendu mille amans envieux de mon sort.
Je me repais de sang et je trouve ma vie
Dans les bras de celui qui recherche ma mort. "
L’énigme
Les enfants et les primitifs ont toujours adoré les énigmes. De nos jours, l’énigme règne surtout dans trois champs très différents : les mots croisés, le roman policier et la Franc-Maçonnerie.

C. Les Mots Croisés
Nous avons eu un maître cruciverbiste considérable, le regretté Georges Perec, qui a dit, à propos des définitions des mots croisés, ceci, qui est fulgurant de pertinence : " …ce qui est en jeu, dans les mots croisés comme en psychanalyse, c’est cette espèce de tremblement du sens, cette " inquiétante étrangeté " à travers laquelle s’infiltre et se révèle l’inconscient du langage ". Toute bonne définition doit être telle qu’en découvrant le mot, nous disions, comme le commissaire Bourel " Ah ! mais bien sûr ! "

D. L’énigme policière
Un roman d’Agatha Christie est composé de telle manière que, vers les deux tiers de l’ouvrage, le lecteur a le sentiment qu’il a lui-même découvert l’assassin, avant le détective qui piétine toujours dans la contradiction et la confusion des indices. Pourtant, l’auteur s’ingénie sans cesse à dévoyer l’intuition. Les amateurs du genre connaissent le truc génial d’Agatha Christie et savent que, chez elle, l’assassin est toujours le personnage auquel on pense le moins. Le comble de cette technique égarante qui fait tout le succès de la grande dame, c’est " Le Meurtre de Roger Acroyd ", où l’assassin se révèle aux toutes dernières lignes comme l’auteur même du récit.

E. L’énigme Maçonnique
La Franc-Maçonnerie, elle aussi, est énigmatique. Dans ses qualités d’Ordre progressif et initiatique, tout comme Agatha Christie, elle tente de nous dévoyer, de nous assurer avec aplomb que notre mission est dans telle direction, puis de nous renvoyer à notre point de départ en nous proposant un autre trajet. Dès l’origine, elle nous soumet au moins deux énigmes.
" que venons-nous faire en Loge ? "
La première de ces énigmes nous est proposée sous la formule " Que venons-nous faire en Loge ? ". En vérité, c’est une énigme parce que, pour répondre à cette question, nous devons rassembler les éléments épars de ce que nous y avons déjà fait et tenter de donner à tout cela une unité catégorielle. Nous connaissons tous la réponse rituelle à cette question du tuilage, mais nous savons aussi que cette réponse est tout aussi énigmatique que la question, car qu’est-ce que vaincre ses passions, qu’est-ce que soumettre sa volonté, et qu’est-ce enfin que faire de nouveaux progrès en Maçonnerie, sinon poursuivre une démarche dont nous connaissons l’importance mais dont le sens nous échappe.
" quel est notre Secret ? "
L’autre énigme est celle du Secret de la Franc-Maçonnerie. Elle a déjà reçu des réponses péremptoires, dont celle-ci, que je récuse personnellement : " Le Secret de la Franc-Maçonnerie est qu’elle n’a pas de secrets ".
Bien des discours ont été tenus sur cette question du Secret, et nous sommes tous intoxiqués par la prudence de ces discours, qui ne tendent à rien de moins qu’à nous dédouaner aux yeux du monde profane. Ce sont des propos exotériques, apologétiques, qui veulent rassurer mais n’expliquent pas. Au cours des quelques minutes qui me restent, je vais tenter de montrer que la Franc-Maçonnerie a un secret, un procédé, une recette, un moyen, qu’elle dissimule même à ses adeptes et qui explique sa mystérieuse puissance.
Le mystère
Nous avons déjà vu que la Maçonnerie était énigmatique. Elle met constamment en oeuvre notre intuition rétrospective. Je viens d’affirmer que la Maçonnerie était secrète, non seulement parce qu’elle est en position stratégique constante de dissimulation mais surtout parce qu’elle possède un Secret. Tout ceci s’explique par le fait que, par-dessus tout, la Franc-Maçonnerie est mystérieuse.
Elle est, de l’avis unanime, l’héritière honorable des anciennes sociétés à mystères. Nous pouvons nous ranger à cette opinion, qui n’engage que notre sens critique de l’histoire.
Mais en plus, elle est mystère elle-même. Elle fonctionne depuis bientôt trois siècles avec le même étonnant succès, malgré ses avatars, ses déchirements, ses revirements et ses défauts visibles. Toute réflexion faite, je me suis dit qu’il fallait d’abord parler de ce mystère avant de chercher le Secret.

F. Enigme et Mystère : distinguo
Entre l’énigme et le mystère, il y a une relation sémantique évidente. Je puis dire indifféremment " La Bourse est pour moi une énigme " ou " La Bourse est pour moi un mystère ", et tout le monde aura compris que je n’y connais rien au marché des valeurs mobilières.
Mais ici, dans cette Loge, nous ne pouvons pas nous contenter d’à-peu-près, nous devons mettre de l’expertise dans les termes que nous employons et ne pas flotter entre l’extériorité de l’énigme et l’intériorité du mystère. Dans les deux cas, il existe un obstacle mental.
Celui qui a fait le plus nettement la distinction entre l’énigme et le mystère, c’est peut-être l’existentialiste chrétien Gabriel Marcel. Dans " Etre et Avoir ", Gabriel Marcel, en 1932, parle en ces termes. Remplacez simplement le mot " problème " par le mot " énigme ".
" Le problème est quelque chose qu’on rencontre, qui barre la route. Il est tout entier devant moi. Au contraire, le mystère est quelque chose où je me trouve engagé, dont l’essence est par conséquent de ne pas être tout entier devant moi ".
Je dirai les choses simplement comme ceci. Devant une énigme, je sens que l’obstacle est dans l’énigme. Devant un mystère, je sens que l’obstacle est en moi.
J’ajouterai que le mystère a le don de nous effrayer. En cela, il participe de la vie spirituelle et de la nature du sacré, si l’on en croit Rudolf Otto, le phénoménologue du numineux ou sentiment du Sacré, qui définit ce sentiment comme une vibration entre ce qu’il appelle un mysterium tremendum et un mysterium fascinans, crainte et fascination. Le sacré et le sublime se rejoignent sur ce caractère clignotant.

G. Le Mystère de la Franc-Maçonnerie
C’est en soi qu’il faut chercher en quoi la Maçonnerie est mystérieuse. Le mystère de la Franc-Maçonnerie tient en ceci qu’elle répond à la demande d’une zone jusqu’alors insatisfaite de l’esprit humain. Elle étanche en nous des soifs inconnues. Au début de cette causerie, je vous disais mon étonnement devant l’importance des effets que produit en nous le travail Maçonnique, au regard de son ostensible futilité et même, de l’absurdité apparente de son jeu. Là est à mes yeux le mystère de la Franc-Maçonnerie. Pour qu’elle puisse maintenir ce mystère, il faut nécessairement qu’elle ait un Secret.
Le Secret
Nous voici donc arrivés enfin à notre sujet. Trois questions restent à résoudre. Sommes-nous sûrs de l’existence du Secret, quelle en est l’origine et en quoi consiste-t-il.

H. Certitude du Secret
La raison pour laquelle je suis sûr que le Secret existe, c’est qu’il est précisément l’objet de notre énigme et se déduit de notre mystère. Ce en quoi notre méthode est initiatique, comparable en cela à la méthode hermétiste, c’est qu’elle nous met sur une voie, dite Royale, au terme de laquelle le Secret est à découvrir. La preuve que le Secret existe est que le mystère ne persisterait pas s’il n’y avait rien à chercher, de même que, sans la materia prima, il n’y aurait pas de Grand Oeuvre.

I. Source du Secret
Quant à la source de ce secret, j’ai les plus grands doutes. Je ne puis croire qu’il a été placé sur notre parcours par un instituteur de génie. Comme les grands mystères de la vie, il s’est trouvé pris dans notre système en vertu de la loi de l’évolution, il ne peut être que le fruit du hasard et de la nécessité.

J. Objet du Secret
Si maintenant nous voulons nous mettre à la recherche de notre Secret, il est vain de parcourir toute l’étendue de l’espace Maçonnique. Pour trouver la clef efficace de l’énigme, nous devons nous mettre, par empathie, à la place de celui qui a dissimulé l’objet tant convoité.
Si nous étions l’instituteur de génie qui a conçu notre Secret, où irions-nous le placer pour qu’il garde toute son efficacité et cependant échappe à notre sotte curiosité ? Bien entendu, dans le rituel de réception de profanes. Ceci répond à l’adage qui veut que toute la substance de la Maçonnerie est contenue dans l’Initiation au premier degré.
Où, dans le rituel, irions-nous placer un objet aussi précieux, afin qu’il reste toujours visible et cependant inaperçu ? Evidemment, entre le cabinet de réflexion et la porte basse, là où plus personne n’ira plus jamais voir.
Le Dépouillement des Métaux
Vous l’avez compris. Notre Secret est blotti dans le geste traditionnel et incompréhensible du dépouillement des métaux.

K. Enigme du Dépouillement des Métaux
Avant toute chose, le dépouillement des métaux est une énigme. Que répondre à la question : " Pourquoi, avant de faire les trois derniers voyages, avez-vous été dépouillés de vos métaux ? ", sinon une de ces banalités que l’on trouve dans tous les manuels de la Franc-Maçonnerie, du style " afin de me présenter pur à l’Initiation ".

L. Mystère du Dépouillement des Métaux
Le dépouillement des métaux est aussi un mystère. Il est indéniable que nous participons à son accomplissement non pas seulement pour sacrifier à ce qui s’impose à nos yeux comme une tradition respectable ni pour nous soumettre à la volonté de nos Initiateurs mais parce que nous sentons très confusément qu’il répond à une nécessité. Quelque chose en nous cependant fait obstacle à ce geste : nos habitudes mentales et notre attachement à ce qui nous appartient luttent avec notre adhésion au sacrifice momentané de notre droit de propriété. Le dépouillement des métaux présente donc tous les caractères de l’insolite qui ne se trouve pas entièrement devant moi, c’est-à-dire tous les caractères du mystère.

M. Secret du Dépouillement des Métaux
Enfin, le dépouillement des métaux est notre Secret. J’ai fait tout ce long chemin pour en arriver ici. Je suis enfin au coeur de mon propos. Si je n’avais fait ce détour, je sais que les choses que je vais vous dire à présent vous auraient paru incongrues et probablement inacceptables.
Le dépouillement des métaux contient le secret du bonheur Maçonnique. Si nous prenons le temps et la peine d’investir toutes nos forces spirituelles ou, pour parler un langage moins coloré, toutes nos facultés mentales, dans l’acte de nous dépouiller totalement de nos métaux, nous parviendrons à nous réaliser totalement, c’est-à-dire à devenir qui nous sommes et non qui nous croyons ou voulons être, à devenir tout ce que nous sommes capables de devenir.
Je n’ai trouvé trace de cette prégnance du geste chez aucun de nos auteurs favoris.
L’un des plus profonds penseurs belges de la symbolique systématique, Raoul Berteaux, dans sa " Symbolique au Grade d’Apprenti ", s’en tient au pur symbole et dit notamment
" Tout porteur de métaux capte à son insu des ondes électromagnétiques. Il est à tout moment soumis à des influences qu’il ne perçoit pas et, a fortiori, qu’il ne contrôle pas ".
Edouard Plantagenêt rattache le dépouillement des métaux à l’épreuve de la terre, puisque c’est après le cabinet de réflexion que le Prof. est dépouillé. Pour lui, le Dép. des Mét. écarte l’influence mercurielle et constitue la première purification.
Je sais que dans toute Loge, il y a au moins un Yunguien convaincu. Citons donc K.G. Jung. Celui-ci estime que les métaux ont été assimilés à la libido : leur caractère souterrain les apparente au désir sexuel.
Dans la Maçonnerie anglo-saxonne, le dépouillement des métaux est tombé en désuétude. Le rite consacre beaucoup de soins à la préparation du candidat, insiste très fort sur le fait qu’il doit se présenter à l’Initiation " nor naked nor clad ", ni nu ni vêtu. Les Américains du rite Emulation, même, obligent le récipiendaire à se déshabiller complètement et à endosser une sorte de pyjama. Mais ils ne parlent plus ni des quatre éléments ni des métaux, avec autant d’insistance que la Maçonnerie continentale.
Il convient aussi de dire que beaucoup de nos Loges symboliques ont laissé tomber en désuétude le geste initiatique et ne se réfèrent plus au dépouillement des métaux que comme à une métaphore commode, comme à une invitation à l’ascèse sociale.
Je vais donc me conduire en hérétique, m’éloigner complètement de l’opinion classique, et tenter de vous montrer que le dépouillement n’est pas un geste symbolique, mais un acte réel, qu’il n’est pas d’ordre moral mais d’essence psychologique, qu’il n’est même pas un devoir Maçonnique mais une grâce donnée à quiconque met toute son âme à le réaliser.   
Le Bonheur Maçonnique

N. L’acte de dépouillement
Le dépouillement des métaux, qui se fait traditionnellement dans la coulisse, devant quelques rares témoins, dans l’intervalle qui sépare le cabinet de réflexion du passage sous la porte basse, n’est pas un geste symbolique. En tout cas, si les préparateurs agissent en conscience, ils dépouillent réellement le récipiendaire de tous ses métaux, sans exception. Nous admettrons que notre vocabulaire étend la signification du mot " métaux " à tout ce qui les représente, et que tout le contenu du portefeuille ou du sac à main, même s’il est papier-monnaie, est inclus dans la réquisition. Le récipiendaire lui-même collabore à la confiscation, signale à l’attention des préparateurs des objets qu’ils auraient pu omettre et sait alors qu’il est urgent et important que rien ne vienne s’interposer entre ce qu’il est et ce qu’il va devenir.
Car le véritable effet de ce dépouillement des métaux est de nous amener à l’état d’êtres purs, tels qu’en nous-mêmes, au lieu que s’il n’avait pas lieu, nous serions les voyageurs chargés de bagages, incapables de savoir si nous passons l’octroi pour ce que nous sommes plutôt que pour ce que nous avons.
Il fallait donc que ce dépouillement soit consommé, afin que nous passions de la condition de l’avoir à l’état de l’être.
Cet acte, que nous avons accompli une première fois alors que nous étions encore dans les ténèbres, nous sommes censés le répéter en pensée chaque fois que nous pénétrons dans le Temple. L’on dit, selon nos habitudes de redire ce que nous avons appris, que dépouillé de ses métaux, le Maçon renonce à tout ce qui le rattache aux possessions terrestres comme aux mérites profanes. S’il en était ainsi, l’ascèse serait trop facile et ne mériterait aucune mention. L’action mentale de dépouillement doit au contraire s’approfondir, s’amplifier, atteindre les points de résistance les plus douloureux, et nous mener, de proche en proche jusqu’à l’absence de tout désir d’être.
Je vous invite à considérer avec toute votre lucidité qu’il y a un monde entre être, dans toute la force naturelle de son être, et vouloir être, cultiver en soi le désir insatisfait d’être reconnu comme tel, qui suppose qu’au fond quelque chose reste irréel, imaginaire, inexistant. En bref, il ne faut pas confondre le désir d’être avec l’acceptation sincère de soi.

O. Le contenu psychologique
Cette première réflexion a le mérite de nous indiquer, de toute évidence, que nous avons définitivement quitté le terrain de la morale victorienne où tant de nos devanciers avaient confiné la démarche initiatique. Nous sommes en plein coeur de la psychologie des profondeurs. En deux mots, le dépouillement des métaux est une pressante invitation à être plutôt qu’à paraître.
Réalisation de Soi
L’idée de la réalisation de soi-même et de la nécessité d’abandonner tout désir de paraître m’a été révélée avec une évidence éblouissante un jour de désoeuvrement, il y a bien des années de cela, où j’observais un athlète des jeux olympiques. C’était un champion du saut en hauteur.
Avant de faire déferler comme un torrent toute la puissance de ses muscles, il se concentrait. Au vrai, il se dépouillait de ses métaux. Au moment de s’élancer, cet homme était totalement réalisé. J’entends qu’il n’avait plus ni nom, ni nationalité, ni vanité personnelle. Il était devenu le saut lui-même.
Si, durant une seule fraction de seconde, il avait perturbé l’harmonie de sa préparation par la pensée qu’il était Yvan ou John en train de conquérir une médaille, je ne dis pas qu’il n’aurait pas passé la barre, je dis qu’il aurait perdu sa valeur de symbole.
De cette puissance, je pense que nous sommes tous capables, parce que nous sommes tous Maçons. Pour nous, il ne s’agit pas de battre un record. Il n’est question que devenir tout ce que nous sommes capables de devenir, c’est-à-dire de nous réaliser.
La Voie du Bouddha
Je vous donnerai brièvement un autre modèle, probablement bien connu de certains d’entre-vous. C’est celui du Bouddha de la triple corbeille, celui du bouddhisme primitif.
Pour ce Bouddha, le bonheur de l’homme est fait du chemin sacré en huit branches qui passe par la foi pure, la volonté pure, le langage pur, l’action pure, les moyens d’existence purs, l’application pure, l’attention pure et la méditation pure.
Ici encore, il est facile de se méprendre, d’entendre les choses au premier degré et de donner à ces mots une signification morale. Cianamurti ne donne pas là des règles de conduite sanctionnées par l’approbation ou la désapprobation. Il se place sur le plan de la psychologie de l’être. Le mot " pur " ne doit pas être pris ici dans son sens de " dépourvu de toute souillure ", mais de " hors de toute volonté d’être distingué ".
Qu’était-ce, aux yeux de Bouddha, que la foi pure ? C’était l’adhésion confiante à la réalité, à la constance des lois naturelles, au cycle des saisons, à la destinée de tout être vivant voué à subir le processus inévitable de la vie, sans l’espérance particulière d’échapper à ces réalités ni surtout sans investir dans cette foi l’idée qu’elle sauve de quoi que ce soit.
Qu’est-ce que l’action pure ? C’est celle qui est faite sans autre intention que de la faire, loin de tout souci d’en être récompensé. Qu’est-ce que l’attention pure ? Elle veut dire qu’il n’y a pas de concentration efficace sur l’objet observé s’il entre, dans l’observateur, un désir quelconque d’être celui qui observe.
La sublimation du désir d’être
Je vous dois de récapituler. L’idée directrice de mon exposé est celle-ci. En travers de notre route vient le dia-bolos, le diable, c’est-à-dire le résidu de notre vie profane, le vieil homme qui est en nous et que nous ne terrassons jamais totalement. La sagesse Maçonnique serait de nous purger de ce résidu encombrant, de nous réaliser pleinement. Ainsi, nous serons syn-bolon, symbole d’humanité.
En nous invitant à nous dépouiller de nos métaux, ce dont la Franc-Maçonnerie, dans son langage de mystère, nous engage à nous départir, ce n’est pas de nos pulsions instinctives, de nos élans naturels, de nos réflexes salvateurs. S’il en était ainsi, elle serait grotesque et non sublime comme nous la souhaitons. Ce qu’elle souhaite de nous, c’est que nous abandonnions toutes nos névroses et en particulier notre puissante névrose de l’ego.

P. Le Secret du bonheur
Le secret du bonheur Maçonnique est le dépouillement des Métaux. Mais l’on ne se dépouille pas de ses métaux par un déclic, on ne se réalise pas soi-même par une décision soudaine. L’initiation est une voie, non un baptême. Nous ne sommes que parce d’autres nous reconnaissent comme tels. Ce n’est donc que dans le groupe que nous accéderons à la qualité de l’être réalisé. La réalisation de soi réclame un savoir-faire éprouvé. De tous les moyens imaginés par les hommes pour élever les individus réputés en bonne santé mentale de l’état de l’être imaginaire à l’état de l’être réel, c’est encore la Franc-Maçonnerie qui offre les meilleures performances.
Dans la vie de chaque Maçon, il y a des péripéties diverses. Le chemin est parcouru de grandes joies et de profonds chagrins. Mais il conduit quelque part. Il n’est pas le labyrinthe au milieu duquel se perdent la plupart de nos contemporains profanes et où l’on se demande pourquoi l’on a vécu.
Cette profession d’optimisme n’est pas de circonstance. Sa permanence est bâtie sur une longue méditation et sur une conviction. Personnellement, je resterai fidèle à ma conviction philosophique que c’est par l’abandon sincère de leurs métaux que les Maçons trouveront et conserveront le pur, le vrai, le merveilleux bonheur Maçonnique.
source :
www.ledifice.net

Lire la suite

Nous ne sommes plus dans le monde Profane, Nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple

19 Septembre 2013 , Rédigé par P\ R\ Publié dans #Planches


Le parcours initiatique d’un franc-maçon est jalonné de rites aux portées différemment appréciées suivant la perception que l’on en a, la sensibilité émotive de chacun et l’interprétation que l’on veut en donner.
L’apprenti que nous avons tous été a longtemps travaillé la pierre brute, dans le silence, pour arriver à la transformer en pierre cubique presque parfaite. Je dis bien presque parfaite car nous savons tous que nous sommes des êtres qui tendons à la perfection mais comme la pierre, nous avons nos faiblesses. Cette pierre cubique représente pour nous francs-maçons les notions de stabilité, de solidité, de force et d’achèvement. Elle n’a pu être façonnée par l’apprenti que grâce au maillet et au ciseau qui ont été mis à sa disposition. Une fois compagnon, avec ces mêmes outils il s’efforcera de faire disparaître, comme autant d’aspérités fâcheuses, ses défauts, ses préjugés et ses erreurs. Mais il lui faut encore travailler sans relâche à la réalisation du but que poursuit la franc-maçonnerie. Il doit être bon, juste, digne, dévoué, courageux, exempt d’orgueil et d’ambition, affranchi de tout préjugé et de toute servitude, prêt à tous les sacrifices pour l’accomplissement de son Devoir, le triomphe du Droit et de la Vérité. Le compagnon est avant tout un voyageur mais aussi un ouvrier qui maîtrise les outils utiles à la construction du Temple, ce qui peut être comparé à la construction de son Temple intérieur.
Avec l’équerre, il contrôlera la taille des pierres. Cet outil donne au maçon la rectitude et la rigueur. Le maçon apprend à se construire pour devenir un édifice solide et harmonieux.
Avec la perpendiculaire ou fil à plomb, le compagnon peut superposer les pierres verticalement. La perpendiculaire représente l’assurance et la confiance en soi. Elle aide le compagnon à chercher la vérité, à contrôler la droiture de ses sentiments. Elle symbolise l’équilibre.
Avec la règle, il trouve l’emblème du jugement droit et de la rectitude. Elle représente le droit inflexible de la loi morale.
Avec le levier, c’est l’emblème de la puissance qui vient en aide à la faiblesse. Le levier symbolise l’étude de la nature, la volonté qui devient irrésistible quand elle découle de l’intelligence et de la justice. La volonté n’est invincible que si elle est mise au service du Droit.
Avec la truelle, c’est l’achèvement du travail. Elle permet de cimenter la construction. C’est l’outil, qui, grâce au mortier scelle l’amitié et la fraternité. Ce mortier n’est autre chose que l’estime réciproque sur laquelle est fondé l’amour fraternel des Francs Maçons. La truelle est le symbole de l’harmonie, de la paix, l’union et l’amitié qui fait triompher l’esprit de solidarité.
Avec le niveau il assure la pose horizontale. Cet outil est le symbole de l’égalité sociale. Il est indispensable pour contribuer à l’idéal de perfection du maçon. Il est une aide précieuse dans la libération intérieure de l’être. Le niveau invite à aplanir les obstacles que génère sans cesse notre Ego. Il est synonyme de rigueur. Le niveau fait allusion à l’égalité des hommes qui ne reconnaît aucun privilège de naissance, d’état ou de fortune mais le respect de leurs qualités et de leur diversité. C’est le bijou du premier surveillant.
C’est muni de ces outils que le Franc-maçon doit consacrer sa vie toute entière au labeur, car le travail est considéré comme un des devoirs essentiels de l’homme. La Franc-maçonnerie honore le travail manuel et le travail intellectuel.
A la porte du Temple maçonnique, chaque Frère ne se décore que des insignes de son grade. Ainsi l’équitable niveau rend chacun à soi-même et fait de tous des frères.
Au sein de la fraternité maçonnique, il importe que nous considérions nos Frères en tant qu’hommes et non par rapport à la situation ou au rang qu’ils occupent dans la vie profane. Le règne de ce principe d’égalité dans les droits et dans la valeur humaine est la condition sine qua non de l’épanouissement de cet esprit de fraternité, qui distingue la Franc-maçonnerie. C’est pour cela qu’à la porte du Temple, chaque Frère dépose les titres dont l’a revêtu la vie profane et ainsi dès sa sortie du cabinet de réflexion, le futur initié se verra retirer ses métaux. Mais nous allons nous focaliser sur la partie finale de l’ouverture des travaux.
Dans le rite d’ouverture des travaux il est dit : « Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple. » Cette phrase signifie que nous avons quitté notre quotidien et que nous sommes maintenant dans l’espace sacré. Elle est d’une extraordinaire richesse symbolique. Elle a une double origine historique :
1) Dans le premier Livre des Rois de la Bible il est relaté la construction du Temple de Salomon qui a duré 7 ans. Les travaux d’édification ont été possibles grâce au bois de cèdre et de genévrier venus du Liban et fournis par Hiram le roi de Tyr, et à la taille et de pierres de carrière. Pendant la construction il est dit : «On n’entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer. » Le caractère impur des métaux, leur interdisait l’accès à un édifice consacré à Yahvé.
En effet, l’origine des minerais, le rapport de la forge avec l’enfer sont significatifs. Une correspondance est établie suivant une hiérarchie ascendante des 7 métaux, que sont le plomb , l’étain, le fer, le cuivre, le mercure, l’argent et l’or avec les 7 planètes Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, Mercure, la lune et le soleil. A chacun des métaux est associé un des 7 péchés capitaux.
2) L’autre origine de l’expression « laisser les métaux à la porte du Temple » nous vient de l’ancien Régime, lorsque chacun des gentilshommes admis à l’initiation, était invité à confier son épée au Maître des Cérémonies sur le parvis du Temple. On comprend le geste et son symbole : se désarmer équivalait à montrer à l’assemblée, tout à la fois, une intention pacifique, la pureté de ses sentiments et une totale confiance.
L’encyclopédie de la Franc-maçonnerie, indique que le terme « métaux », traduit la force des vices et la nocivité des passions humaines. Pour les francs-maçons, les métaux désignent tout ce qui, dans le monde profane, au plan spirituel comme au plan matériel, fait obstacle à la quête de l’individu et doit être laissé à la porte du Temple.
Bien sûr, cela veut dire que le Temple n’est pas le lieu pour accueillir les marchands du Temple et qu’il n’est pas celui des affaires. Cela signifie que nous sommes tous égaux dans le Temple. Ces métaux nous nous en dépouillons, puis nous les transformons. Symboliquement, ces métaux représentent les appartenances communautaires, religieuses, politiques, professionnelles, nationales, ethniques. C’est en se défaisant de ces appartenances, que nous pouvons atteindre l’universel. Ceindre un tablier, n’efface pas pour autant les individualités. Chaque maçon demeure le comptable, le médecin, le pâtissier, le professeur, le chef d’entreprise, le restaurateur, le chef de cabinet, l’élu local, l’ingénieur, le commercial de Numéricâble, le commerçant, le banquier ou le militaire. Le franc-maçon garde sa personnalité mais son comportement dans et hors du Temple doit être exemplaire. Il doit garder en mémoire l’article 1er de la constitution du Grand-Orient qui dit :
« La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principes, la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience… »
Mais les métaux font obstacle à ces préceptes. Je ne traiterai pas ce midi d’alchimie, de purification des métaux ou de dépouillement vestimentaire mais plutôt des pensées ou des préjugés profanes dont nous devons nous séparer. Il nous faut penser humainement en Frères libres et égaux. L’égalité doit être notre objectif. Pour cela, avec nos outils, nous devons gommer les aspérités qui peuvent nous rendre inégaux, voir étrangers et par là-même, nous faire faillir à notre promesse initiatique.
Les métaux que nous devons laisser à la porte du Temple sont nombreux. Ce sont la richesse qui nous rend inégaux face à la capitation, l’ambition, l’opportunisme, les dogmes, la politique, l’intolérance, la position sociale, l’ignorance, la vanité et les préjugés.
Le meilleur moyen de prendre le contre-pied de ces défauts, est l’humilité qui rappelle au franc-maçon, qu’il est et restera un éternel apprenti. Il doit avoir à l’esprit, que tolérance et fraternité sont les poumons de la Franc-maçonnerie.
Le manquement à ces deux qualités peut briser irrémédiablement la « chaîne d’union » constituée par tous les maillons de l’Atelier. Tolérance et fraternité sont des sentiments vrais et sincères qui nous rassemblent et nous permettent de progresser vers l’idéal humaniste, qui est notre but.

J’ai dit.
source :
www.ledifice.net

Lire la suite

Les métaux et la fraternité

18 Septembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Mon frère d'où venez-vous ?
De la loge de saint Jean V\ M\ On y élève des temples à la vertu et l'on y creuse des cachots pour les vices. Qu'en apportez vous ?
Salut, prospérité, et bon accueil à tous les frères Que venez vous faire ici ?
Vaincre mes passions, soumettre ma volonté à mes devoirs et faire de nouveaux progrès en maçonnerie.
Prenez place mon frère et soyez le bienvenu au sein de cet atelier qui reçoit avec reconnaissance le concours de vos lumières. Ainsi étaient posées les questions au frère visiteur d'après les anciens rituels, et les réponses qu'il devaient faire.
Lorsque le G.A.D.L'U. créa Adam, il le conçut nu en entrant dans le sacré du monde terrestre. Lorsque Gepetto fabriqua Pinocchio, il lui donna l'initiation de la vie, et pénétra dans le monde sans à priori.
Lorsque dans la réflexion de savoir si nous devions ou pas entrer dans le monde de la F\ M\ ou bien, c'est tout simplement de savoir si l'on doit " Etre ou ne pas être " en F\M\ voilà la question aurait dit SHAKESPEARE, ou bien comme jean Yanne dans le titre de son film " tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. ", Semble nous faire un clin d'œil à une vision du monde profane dans la forme égocentrique la plus totale.
C'est aussi une bonne raison pour exprimer au dehors ce qui est au-dedans comme il est de tradition de le rappeler à chaque tenue.
Rappelez vous mes f\ Le ciseau et le maillet, l'intelligence vive et le passif Cela donne l'impression d'une fable de LA FONTAINE, comme le corbeau et le renard où communiquent, l'air et la terre, le zénith et le nadir, le terrestre et le céleste, l'oxygène et l'espace, la liberté et la démocratie.
Excusez moi mes F\
Temporiser ses passions c'est parfois difficile. Revenons maintenant à nos moutons ou plutôt au rituel du travail tel que le voyait notre F\ Jean GUITTON.
Le maillet emblème de la logique sans lequel on ne peut raisonner juste et dont logiquement aucune science ne peut se passer, à besoin du ciseau qui représentent le mordant des arguments de la parole avec lesquels on parvient toujours à détruire les sophismes de l'erreur.
C'est ce qui va permettre de déboucher sur le discernement. Le maillet c'est la volonté active des apprentis, le ciseau sera la phase intellectuelle de notre transition à condition de veiller à ce qu'il soit toujours bien affûté. Ne doit-on pas rappeler ici qu'un outil émoussé comme le ciseau mettra les capacités de l'esprit en sommeil par le simple fait de l'inactivité intellectuelle.
Nous aurions du être comme Adam, en transposant la nudité du corps à la nudité des idées en laissant parfois deux cent pour cent de nos métaux à la porte du temple et prendre conscience du sacré de la petite philocalie du cœur.
Tiens j'entends soudain à mes oreilles un bruit de métal. L'origine de ce mot vient du mot latin metallum corps simple caractérisé par un éclat particulier dit éclat métallique. Dérivé du grec métallon, le mot métal est rapproché par rené Alleau de la racine mé ou més, qui est le nom le plus ancien donné à la lune.
En maçonnerie, nous rejetons trois métaux, l'argent, le cuivre et le fer respectivement emblème de la division, de l'orgueil et de la dégradation (représentée par la rouille qui apparaît lorsque ce métal est abandonné à lui-même).
Dans la construction des autels des temples hébraïques, on ne devait pas utiliser de métaux.
Autre anecdote métallique, rappelons ici Vulcain fils de Zeus et d'Héra qui dit-on aurait mis ce fils au monde en représailles de la naissance d'Athéna fille de Zeus. Vulcain reconnu des dieux de l'Olympe, Il est hautement apprécié en tant qu'ouvrier des immortels. Il est leur armurier, leur forgeron, il fait les meubles de leurs demeures aussi bien que leurs armures. Il emploie dans son atelier des servantes qu'il a forge dans de l'or et qui sont capables de se mouvoir et de l'aider dans son travail. Ah ! Quel homme ce Vulcain, l'or et la femme, cela me rappelle le film de Roger Vadim : " Et Dieu créa la femme ".
Puis, allons plus loin, si chez les Chinois, l'or est yang, le métal élément est yin.
Il existe d'ailleurs une table de correspondance des métaux et des planètes.
Il y a d'ailleurs un rituel de société secrète chinoise qui dit " fondez l'Univers et reformez le. Sur les voies du métal on peut atteindre de nombreuses sphères, le cosmos le planétaire ou bien en tant que symboles d'énergie les métaux ont aussi été assimilés à la libido dans la symbolique de Jung en tant que sublimation ou spiritualisation.
Les métaux représentent aussi dans d'autres sphères, les éléments planétaires du monde souterrain, et les planètes, les métaux du ciel. Le symbolisme des uns et des autres est parallèle.

Plomb = Saturne = avarice
Etain = Jupiter = gourmandise
fer = Mars = colère
cuivre = Vénus = luxure
mercure = Mercure = envie
Argent = Lune = paresse
or = Soleil = orgueil


Ici, ce qui peut nous rappeler symboliquement un grand moment de notre passage, de la vie profane à la vie maçonnique c'est le cabinet de réflexion.
Là dans la pénombre simplement éclairée d'une bougie et souvent dans l'obscurité totale, un frère servant vient nous dépouiller de nos métaux. C'est pour nous libérer dit-on, que l'on doit être démuni de tous nos biens. Ce fameux dépouillement des métaux est fait pour enseigner au profane que tout se paye en ce monde et qu'on ne doit pas espérer recevoir sans donner.
Nous parlons souvent ou pas assez, des métaux lorsque nous rentrons en Loge et qu'il arrive que nous ayons ce jour là oublié de laisser nos métaux à la porte du temple.
Tout comme l'initiation dans le monde indien dans la pratique du védanta ou le bramacharin ( l'apprenti) doit se détacher de tous les biens matériels de ce monde afin de garder en permanence son regard tourné vers la Lumière.
Mais c'est ici un exemple extrême particulier à celui qui veut embrasser la voie du bramacharia. Après réflexion mes frères ne penser vous pas que nous devrions à chaque tenue être dépouillé et laisser à la porte notre vie de profane tout comme le récipiendaire pénétrant dans cet endroit sacré que représente notre temple.
Il y a une petite anecdote en la matière. Le dépouillement des métaux est un rite initiatique et symbolique très ancien. Il se rattache sans doute à ce caractère impur attribue aux métaux. On l'a rapproche du mythe de la déesse babylonienne Ishtar, contrainte au cours de sa descente dans le monde infernal, de déposer successivement ses parures pour franchir les sept enceintes avant de paraître nue devant sa sœur, la redoutable souveraine du royaume des morts. On retrouve quelque chose d'analogue dans les rites maçonniques d'initiation : le récipiendaire est invité à se débarrasser des ses métaux (le contenu des poches), pour marquer son détachement de tout bien matériel, de toute convention et de recouvrer sa volonté " l'innocence originelle. "
Mais en matière d'argent, d'or, ou de je ne sais quel métal sublime, il me vient à l'esprit cette phrase d'un écrivain qui disait : " Il n'y a rien d'aussi dégradant que le constant souci des moyens d'existence. l'argent est semblable à un sixième sens sans lequel vous ne pouvez pas faire un usage complet des cinq autres. "

LA FRATERNITE
Origine du mot fraternité: 1/lien de parenté entre frères et sœurs 2/ lien de solidarité et d'amitié entre des êtres humains entre les membres d'une société.
Doivent être considérés comme frères tous les membres de la confrérie. Tous ceux qui ont prêté le même serment et qui observent la règle de l'Ordre sont frères.
Petit extrait de quelques mots entendus lors d'une tenue dans une autre loge.
Liberté, Egalité, Fraternité proclame la république… Comment y croire ? Les valeurs actuelles sont en crise ; la liberté de penser n'existe plus ; ceux qui ne sont pas politiquement correct n'ont pas le droit de penser ni de s'exprimer dans notre pays ; c'est un fait. " Je ne suis pas d'accord avec vous mais je me battrais jusqu'au bout, pour que vous puissiez vous exprimer " disaient les philosophes des Lumières.
Aujourd'hui, nous dirions " Je ne suis pas d'accord avec vous et je me battrai jusqu'au bout pour que vous la fermiez ". Sacrifiée à la haine et l'intolérance de toutes parts, la liberté de penser est en voie d'extinction. L'égalité, encore un leurre ; où ceux qui ont eu leurs familles décimées il y a 60 ans, envoyées dans des camps d'où elles ne revinrent jamais, n'ont pas eu la justice que la république devait leur rendre.
La Fraternité, qu'en penser quand un être humain perd un proche. Il reçoit toutes les factures des diverses institutions administratives républicaines seulement deux semaines après la mort de l'être cher…
Qu'en penser quand chaque année des dizaines de clochards et de personnes âgées meurent dans la solitude ? Qu'en penser également quant une personne désespérée se jette sous une rame de RER ? se faisant accuser à titre posthume d'avoir mis en retard de nombreux actifs et le trafic RATP… " fin de l'épisode.
Pour tout vous dire, je n'embrasse pas la totalité de ces propos, mais cela peut devenir le préambule d'une réflexion.
Montaigne a dit dans les Essais : " Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : " parce que c'était lui, parce que c'était moi. "
L'emploi du mot fraternité, si courant donne lieu à de nombreux commentaires. Des trésors de bonne volonté, relèvent bien souvent d'une approche trop littérale, plus voisine de la bonne camaraderie que du concept " fils d'un même d'un père " tout comme ceux qui désignent la Charité comme seulement une pratique de l'aumône alors que la vertu théologale de ce nom vise beaucoup plus haut, jusqu'à l'élan du cœur, élan mystique, bien entendu, condition sine qua non de l'initiation sans laquelle " la quête" ne débouche que sur de petites connaissances déstabilisantes.
Maître Eckhart dans l'instruction spirituelle dit : " les gens ne devraient pas tant réfléchir à ce qu'ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu'ils doivent être. S'ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leurs œuvres pourraient briller d'une vive clarté. "
Parvenir à être des nôtres dans l'univers de la F\M\, semble à la fois difficile et facile. Chaque homme possède un tempérament, un caractère et des humeurs.
On retrouve encore ici les outils de taille ciseau et maillet.
Temporiser ses passions est parfois quelque chose de compliqué car l'homme à parfois le spectre de la marmite en ébullition, voire un volcan en éruption ou bien un lac de béatitude.
C'est vrai, allez vous me dire, chacun à droit à l'expression de ses pulsions. Mais un F\ M \ , comme n'importe quel être, a-t-il le droit de perdre son sang froid et parfois se livrer à des attitudes, voir des comportements qui dépassent la fiction.
Mais il est essentiel pour notre bien être d'homme de maîtriser ses passions en général, mais en particulier celles de la possession, du pouvoir, de la vanité et de l'hypocrisie.
Il me semble entre parenthèses que pour aider les autres, on doit commencer par s'aider soi-même, qu'en pensez vous mes F\ ?
D'autre part, il est important que la parole circule et que nous puissions en notre âme et conscience nous exprimer avec humilité et fraternité envers le frère, la sœur ou bien celui ou celle à qui l'on s'adresse;
Que l'on ait pour lui affection, aversion, tolérance, fraternité tout cela n'est pas important. Je ne vous dirais pas comme dans la chanson l'important ç'est la rose, mais simplement l'humilité.
Si notre plus cher désir est de progresser vers la lumière acceptons de recevoir ce qui doit nous être donné.
La F\M \ n'a jamais voulu être une entreprise de cadres à la recherche de pouvoir ou de places à convoiter dans l'échelle de notre organisation.
Nos égrégores, nos ateliers, nos obédiences ne devraient être faites que d'hommes emprunt d'humilité, de sincérité, et de volonté à faire progresser notre grande famille.
Le concret doit être entrepris dans l'esprit d'une action positive, mais surtout active avec preuve de résultats ; et faire aussi en sorte que comme dans la chaîne d'union nous soyons les maillons soudés d'hommes simples ne cherchant pas les clés d'un labyrinthe qui n'existe pas.
Nous franchissons parfois les marches du temple avec nos métaux. Il arrive que nous ayons ce jour là oublié de faire la séparation du monde profane et du monde sacré.
Il va nous falloir parfois plus d'une vie pour comprendre la " vibration " des épreuves que nous devrons traverser.
Il va falloir parfois plus d'une vie pour voir la Lumière telle que nous devons l'atteindre.
Notre cher frère Voltaire a su nous tracer un visuel assez clair de l'échange entre les hommes, et il nous dit : " Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d'une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants entre tous nos usages ridicules entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées entre toutes nos contradictions si disproportionnes a nos yeux et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ! que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ! que ceux qui couvrent leur robe d'une toile blanche pour dire qu'il faut t'aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire, qu'il soit égal de t'adorer dans un jargon forme d'une langue ancienne ou dans un jargon plus nouveau que ceux dont l'habit est peint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d'un petit tas de la boue de ce monde et qui possèdent quelques fragments arrondis d'un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu'ils appellent grandeur et richesse et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu'il y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s'enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères ! Qu'ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l'industrie paisible. Si les guerres sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l'instant de notre existence A bénir également en mille langages divers, depuis le siam jusqu'à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant. "
En conclusion
Il me vient à l'esprit une citation dont j'ai oublié le nom de l'auteur et qui dit :
" L'Amour-propre est une curieuse bête, qui peut dormir sous les coups les plus cruels et puis s'éveille, blessé à mort par une simple égratignure. ".

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

La Sagesse : le Dalaï Lama

17 Septembre 2013 , Rédigé par T.D

Lire la suite

La fraternité

17 Septembre 2013 , Rédigé par François DEM\ Publié dans #Planches

Tout d’abord merci à mon second surveillant de m’avoir permis de présenter une planche sur ce thème, qui est un des deux piliers de notre loge « Conscience et Fraternité » La notion de « Fraternité» a une double histoire : étymologique et sociologique. Du côté de l’étymologie, il semble qu’il faille remonter au vieux sanscrit pour voir apparaître le terme « bhratar » avec le sens de « frère» au sens large de parent proche. Ce serait cette racine sanscrite que l’on trouve dans la Grèce antique, au travers du terme «phrater», membre de la phratrie. Dans la Bible, la première description de rapports entre deux frères nous est donnée dans le récit concernant Caïn et Abel. C’est également le premier récit de meurtre. Mais nous y trouverons également de nombreux exemples qui prouvent que la Bible et à travers elle le judaïsme, ne diminue en rien la valeur des liens familiaux, bien au contraire, puisque l’un des Dix Commandements n’est autre que «tu honoreras ton père et ta mère»L’idéal de fraternité énoncé par la doctrine chrétienne, loin de s’étendre à tous les hommes, tend à ne se réaliser qu’en vase clos, au sein des premières communautés religieuses. Dans le monde laïc, l’on assiste alors au développement de «Fraternités» telles celles des Rose-Croix, des Corporations de maçons constructeurs et de chevaleries de divers ordres. De ces diverses tentatives subsistent quelques symboles et rites qui fécondent certains grades de la Franc-maçonnerie spéculative. La publication en 1723 des constitutions d’Anderson marque une étape essentielle dans les tentatives de rapprochement entre les divers courants philosophiques et religieux dans la perspective de la diffusion et de la pratique d’un idéal de fraternité. Le progrès rend ce besoin de Fraternité très important, car si de nos jours, la téléphonie mobile, le courrier électronique, la mobilité des images et des écrans ne créent pas de liens, ils rendent la solitude supportable et peuvent finir par enfermer chacun de nous dans sa solitude surinformée. Par besoin les Hommes cherchent à tout prix à recréer du lien. Les grandes bouffées émotionnelles qui s’emparent régulièrement de la population française s’expliquent aussi par ce besoin de retrouver une relation humaine qui ne passe pas uniquement par la technologie. Lorsque la France a remporté la Coupe du Monde en 1998, Paris a connu des scènes de fraternisation de la foule comme la capitale n’en avait pas connues depuis la Libération. L’enjeu était loin d’être le même, mais les Français avaient besoin de se retrouver, de parler, de partager tout simplement. Ces flambées émotionnelles sont d’autant plus fortes que le lien social au quotidien est entrain de se rompre et que la solitude est aujourd’hui la grande peur du monde moderne. La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique fondé sur la fraternité. Les textes constitutifs insistent sur ce point. Les Constitutions d’Anderson, par exemple, posent comme règle fondamentale : « vous cultiverez l’amour Fraternel qui est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre confrérie ». De même, les principes généraux de notre Ordre précisent : « La Franc Maçonnerie à pour devoir d’étendre à tous les membres de l’humanité les liens Fraternels qui unissent les Francs Maçons sur toute la surface du globe. » La Fraternité maçonnique, telle qu’elle m’a été dévoilée lors de mon initiation, constitue une invitation au travail à faire sur soi et entre soi, qui m’encourage à grandir, et à devenir meilleur pour moi-même et pour les autres

Nous savons que les mots que nous prononçons consciemment influent sur notre inconscient, le simple fait de décréter la Fraternité et de le répéter à chaque tenue, crée ipso facto ce sentiment dans notre inconscient. Oui, à l’inverse de l’Amitié, la Fraternité est décrétée. On ne choisit ni sa famille, ni les frères de sa loge. Que ce soit dans l’univers familial ou dans la Franc Maçonnerie, il s’agit bien d’un état de fait et non d’un choix précis.

C’est une des particularités de la Franc Maçonnerie, elle crée une famille. Elle décrète que par le fait de partager des valeurs communes, nous sommes Frères. C’est un fait, écrit dans notre constitution d’Anderson. Constitution a laquelle nous adhérons donc nous sommes Frères. Ainsi au même titre que je n’ai pas choisi ma famille natale, je n’ai pas choisi mes Frères maçons, mais j’ai librement choisi d’être maçon. Ainsi donc la Fraternité n’existerait que par décret, besoin psychologique, etc . Tout ceci est d’une extrême froideur, à l’inverse même du sens du mot. La raison de ce paradoxe est que la Fraternité ne s’écrit pas, même oralement il m’est difficile de vous décrire la Fraternité.

La Fraternité cela se vit, c’est de l’affection, de la solidarité. C’est l’émotion partagée lors de la chaîne d’union. C’est aussi le geste que nous faisons pour le tronc de la veuve. C’est parfois appeler un Frère que l’on pourrait aider. C’est abandonner nos métaux entre nous, nous montrer tels que nous sommes, sans cacher nos faiblesses, protégés que nous sommes par la Fraternité des autres.

Ainsi la Fraternité, ce lien à inventer, est à la fois un MOYEN et un BUT, et pour faire plaisir a la fois à mon Parrain, et à mon second surveillant, tous deux friands de confiseries freudiennes, je dirais simplement que la Fraternité c’est un peu épanouir le « Moi » dans le « Nous ».

La Fraternité débute par l’acceptation inconditionnelle de l’existence de l’autre. Fraternité, Amitié, Amour de l’autre. Pour moi, ces mots évoquent des sentiments d’affection profonde mais ayant toutefois des sens différents : Nous ne sommes pas amis avec nos Frères et nos Sœurs, nous sommes Frère et Sœur tout simplement. La Fraternité se suffit à elle-même. Martin LUTHER KING, disait : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots. »En quoi la Fraternité est elle différente de l’amitié ? Au sens littéral la Fraternité vient du concept « Fils d’un même père », cependant c’est souvent le socle des valeurs communes qui va déterminer la solidité de la Fratrie. Dans la Franc Maçonnerie, nous avons également le même « Père », Le Grand Architecte de l’Univers, et nous développons également un socle de valeurs communes. Ces valeurs communes, qui fondent notre Fraternité, sont : le respect, la tolérance, l’affection, l’écoute, l’humilité, la charité, la bienveillance, la bonté, la justice, l’humanité, la solidarité, et j’en oublie encore beaucoup… Ce que j’ai vécu au cours de mon Initiation, et le fait de devenir un maillon d’une immense chaîne de Frères inconnus procède d’une toute autre démarche que le développement d’une amitié selon les hasards de ma vie. L’amitié est le fruit d’une sympathie réciproque, elle résulte d’un libre choix, elle est élective, restrictive et réversible. Au contraire de la fraternité qu’elle soit de sang ou d’initiation, laquelle est contraignante et irréversible. La Fraternité met en œuvre les facultés les plus nobles du cerveau, du cœur, de la volonté et forme un lien naturel intellectuel et affectif entre tous les hommes de la grande famille humaine. Saint Jean nous dit : « Celui qui dit être dans la lumière et qui a son Frère en haine est dans les ténèbres. Celui qui aime son Frère est dans la lumière. » Les fraternités profanes réussies sont faites de sympathie, de camaraderie, d’amitié, d’élan du cœur. La Fraternité maçonnique, c’est autre chose. C’est une Fraternité initiatique, à base de symboles, de rites, de traditions, s’inscrivant dans une perspective de bâtisseurs d’un monde meilleur (la construction du Temple de l’Humanité). Corps spirituel, la Loge offre et bâtit une Fraternité Initiatique fervente se vivant bien plus intensément que les fraternités profanes. La Fraternité qui éclaire et anime les temples maçonniques possède plusieurs spécificités :

La Fraternité du Cœur, pour une empathie sincère et une sympathie sans arrières pensées.

La Fraternité de l’Esprit : la recherche de la vérité, à partir des débats et de l’échange des convictions, acceptées dans leurs diversités.

La Fraternité de l’Imagination, à travers l’étude des symboles, et enfin

La Fraternité du but commun, celle d’œuvrer en tout lieu au progrès de l’Humanité, et cette construction qui se doit d’être de qualité, passe par la Fraternité des bâtisseurs.

La Fraternité maçonnique est mise en œuvre grâce à tout ce que nous offre le rituel :

Le Serment : Acte libre et réciproque, comportant le double engagement du nouvel Initié et de celui de ses Frères à son égard. Lors de mon initiation, j’ai ressenti le serment comme l’engagement d’une vie nouvelle, quelque chose de très intense.

Le Pavé Mosaïque: Dualité et ambivalence entre Frères, Abel et Cain, compétition / solidarité, Hostilité et Amour. Ferment de la tolérance, le Pavé Mosaïque nous montre que les contraires peuvent co-exister sans s’altérer.

Les Lacs d’Amour: représentation matérielle de cet autre symbole de la Fraternité maçonnique qu’est la Chaîne d’Union.

La Chaîne d’Union : elle régénère, revivifie, et ressuscite la Fraternité. Par la reliance concrète des Frères aux mains nues, se perçoit avec force la conscience de notre humanité dans ce qu’elle a d’impérissable et d’éternellement transmissible. C’est également un moment de méditation qui permet de faire percevoir aux Francs Maçons leur appartenance à une totalité qui les dépasse infiniment dans le temps et dans l’espace, autrement dit la dimension spirituelle de notre Ordre. Pour ma part, la chaîne d’union est certainement l’un des moments les plus forts de chaque tenue, et c’est toujours avec joie que je retire mes gants pour y participer avec chaleur, recueil et sincérité.

Equerre et Compas, maillet et ciseau, outils indissociables, qui permettent à l’apprenti de forger son Esprit et tailler régulièrement sa pierre brute, pour accéder à la Fraternité universelle.

Perpendiculaire - Niveau : la perpendiculaire sert à l’équilibre dans la verticale, le Niveau intervient dans l’horizontale. La Perpendiculaire, tel un fil à plomb, nous donne la verticale. Verticalement pour élever son esprit et Verticalement pour descendre dans notre Ame et regarder à l’intérieur de nous même. Le niveau sert à égaliser, à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Il rend plane dans la mise en oeuvre correcte des connaissances, sans pour autant niveler les connaissances

J’ai eu la chance d’assister à une très belle planche présentée par le Vénérable de notre loge voisine, sur le thème Conscience et Fraternité. Notre T:.C:.F:. Denis Jean avait alors posé une question sur la Fraternité dans l’association des ATR (l’Association des Truands Réunis). Alors il est vrai que, j’ai réalisé cette planche avec NOTRE cadre de référence et celui des valeurs défendues par notre Ordre, mais la Fraternité existe aussi dans des organisations intégristes ou mafieuses. La seule Fraternité ne suffit donc pas, il faut y ajouter notamment, la Conscience. La devise de notre pays est le reflet de la nécessité d’adjoindre la Fraternité avec d’autres valeurs que nous aimons répéter, celle de la Liberté et de l’Egalité. Je voudrais vous remercier pour le progrès que vous me permettez d’accomplir. Lors de mon initiation, mon esprit était à peu près aussi musclé que mes abdominaux. Grâce à la fréquentation régulière de notre loge, MA salle de gymnastique philosophique, j’ai l’impression de progresser, même si la route est encore longue. A presque deux années de mon initiation, de ma naissance à la Lumière, Je suis heureux d’avoir pu ce soir vous présenter mon travail. Je voudrais vous témoigner ma reconnaissance pour votre Fraternité sans faille, et je continuerai mes efforts laborieux pour polir ma pierre brute, ciseau et maillet en mains, pour parfaire mon intégration dans la Loge, pour également apporter à chacun d’entre vous ma Fraternité. En conclusion : Pour moi, la Fraternité, ce n’est pas seulement donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est.

 

Planche d'augmentation de Salaire

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Citation

16 Septembre 2013 , Rédigé par F. Scott Fitzgerald Publié dans #Philosophie

 «C'est ainsi que nous nous débattons, comme des barques contre le courant, sans cesse repoussés vers le passé».  Gatsby le Magnifique

Lire la suite

Propos sur la fraternité

16 Septembre 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

On définit toujours un être, une chose, une action, un sentiment en faisant référence à un autre être, à une autre chose, une autre action, ou un autre sentiment. Et l'on procède alors : soit par analogie, soit par opposition. Eh bien, avant de vous parler de la Fraternité maçonnique je vous propose de nous frayer un chemin vers la définition de la Fraternité en faisant au passage la distinction entre : AMITIE, CHARITE, SOLIDARITE, FRATERNITE.

 

L'AMITIE  

Quand on parle de l'amitié, on se souvient vite des très belles pages que MONTAIGNE a écrites, inspirées par l'amitié profonde qui le liait à Etienne de la BOETIE. Cette amitié » était plus proche de ce qu'est — ou ce que doit être — la FRATERNITE des Francs-Maçons que des amitiés communes d'aujourd'hui. L'amitié, de nos jours, est plus en surface et plus fortuite. L'occasion l'a créée, l'intérêt peut-être ; le temps peut l'estomper ou la faire disparaître... Elle est pratique, légère, mondaine souvent, sincère et solide parfois... Tous comptes faits, elle s'engage à peine et le coeur se donne encore moins. L'amitié peut être déçue, c'est-à-dire, si elle a l'espoir d'être payée en retour. Et là, vraiment, que de déceptions. Ne faisons surtout pas un tableau pessimiste de l'amitié — c'est quand même une chose bien douce —, insistons seulement sur sa fragilité, son ins­tabilité... et l'amertume qu'il arrive qu'elle laisse...

 

LA CHARITE  

La charité est une notion infiniment attachante... qui peut toutefois deve­nir assez vite odieuse en fonction de certaines motivations. Attachante, la Charité l'est à coup sûr quand elle est un simple et mer­veilleux don de soi : quand, spontanément, elle atteste sa Foi, en un Dieu ou dans les Hommes. Oui, la Charité est attachante quand, au milieu des barbelés de la vie moderne, l'Homme renonce à son égoïsme et fait une large trouée afin d'être bon toujours, en dépit de tout : d'être secourable avec ceux qui en ont besoin, tous ceux qui en ont besoin. C'est cette filiation morale — d'ailleurs souvent d'origine chrétienne — à la notion du Devoir qui distingue cette charité — pourtant ô combien atta­chante — de la Fraternité. Nous avons dit aussi : parfois odieuse en fonction de certaines motiva­tions. Il existe une sorte de Charité qui n'est pas un acte obligatoirement pur, un acte ne relevant pas de ces « raisons du cœur « dont parle PASCAL et la bienveillance envers son prochain n'est pas toujours altruiste. On cherche parfois son semblable... mais surtout pour y trouver sa propre récompense ! L'odieux réside alors dans une sorte de comptabilité des actes généreux. Nous avons indiqué tout à l'heure l'extraordinaire acte de Foi que pouvait être la Charité : souvenons-nous à présent de ce salubre bouleversement dans la Chrétienté causé par la Réforme qui mettait justement au pilori cette comptabilité avec Dieu des actes généreux. — « J'ai fait ça, alors, Seigneur, tu me dois ça. C'est là que cette prétendue Charité, celle qui vise un salaire, devient vite odieuse. De même, encore, lorsqu'elle s'adresse à ceux-ci et jamais à ceux-là, opère en de telles circonstances et pas en telles autres, avec une limite plus ou moins serrée. Elle se trouve alors de mauvaises plutôt que de bonnes rai­sons... pour justifier ces discriminations. Mais au moins la Charité joyeuse, la vraie, même si elle procède d'une obligation morale ou spirituelle, est incontestablement imprégnée de Fraternité.

 

LA SOLIDARITE  

La Solidarité, elle, est un fait social et non moral. C'est un sentiment en plusieurs dimensions qui nous lie à la fois aux Hommes, au Cosmos, à la Cité, au Créateur aussi, que nous désignons sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. « L'Ame est fille de la Cité », disait le philosophe. Imaginons une seconde la Cité détruite : que subsisterait-il de notre âme et pendant combien de temps ? Comment nos facultés s'exprimeraient-elles, nos virtualités se révè­leraient-elles ? Comment notre esprit pourrait-il s'épanouir ? Qu'adviendrait-il des générations suivantes ? Nous devons donc — pour une large part, et notamment à nos sembla­bles — d'être ce que nous sommes, de valoir ce que nous valons. Mais si la Fraternité inclut la Solidarité, celle-ci n'implique pas nécessai­rement la Fraternité.

 

LA FRATERNITE  


Alors, maintenant, voyons : la Fraternité, la Fraternité tout court, qu'est-ce ?
Dans l'Antiquité, la Fraternité était considérée comme le sentiment le plus noble, le plus élevé. Même avant la Sagesse.
Contrairement à l'amour, aux affections ou aux obligations morales, la Fraternité s'établit par une décision de volonté personnelle.
Contrairement encore, la Fraternité n'inclut aucune passion, aucun senti­ment de possession ou de domination.
La Fraternité, c'est un souffle heureux qui fouette le cœur autant que la Raison ! Un « souffle » dégagé de toute autre notion de bien et de mal ; de droit, de devoir ; de comptabilité, de salaire en retour ; d'humeur versatile...
La FRATERNITE,
c'est quand le Moi pense à l'Autre,
quand ce Moi ne pense plus Moi, mais l'Autre,
quand penser à Soi, c'est d'abord penser à l'Autre.
Voilà donc pourquoi, aussi : tout commence et se poursuit par l'Autre. L'Homme social n'est heureux que lorsqu'il peut être librement, pleine­ment, également un homme parmi les autres hommes, un homme avec les autres hommes. C'est cela la FRATERNITE HUMAINE : et c'est sans doute pour la trouver plus vite, en la construisant de toutes pièces, de leurs propres mains et de leurs propres coeurs que des profanes ont voulu, un jour, devenir Francs- Maçons I...

 

LA FRATERNITE MAÇONNIQUE

« ETRE » est toujours plus que « CONNAITRE » et « AGIR » est toujours plus que « PENSER »..Alors la Fraternité Maçonnique, telle que nous la concevons à la Grande Loge de France, c'est une façon non seulement de démontrer sa foi en l'homme, mais de la rendre agissante et de la concrétiser. La Fraternité Maçonnique, ce n'est plus un sentiment, plus une attitude, ni même un réflexe, c'est une action permanente, après un choix fait une fois pour toutes. ... Et choisir d'aimer, n'est-ce pas après tout faire le plus beau des choix ?... Bien sûr, dans le monde profane, il y a de très réels et sincères élans de fraternité — plusieurs religions, notamment, en donnent de magnifiques exem­ples — hélas ! bon nombre de ces élans semblent se briser contre un mur. Oh I pas toujours un mur d'égoïsme ou d'indifférence, mais un mur que n'a pas équilibré l'harmonie la plus parfaite... Fait des hommes, des institutions ou des circonstances ?... La grande équivoque, c'est que la Fraternité profane, sauf peut-être dans certains cas particuliers de vie communautaire, ne va pas jusqu'au bout d'elle- même, ne sait pas refuser les étroitesses doctrinaires et se contente souvent d'une vie côte à côte, d'une fraternité de côtoiement I Alors que le Franc-Maçon, lui, comprend que la véritable joie fraternelle c'est de vivre non pas côte à côte, mais avec, de vivre ensemble ; d'être soi, certes, mais de vivre en pensant aux autres, en construisant sa vie en fonc­tion de celle des autres, de chercher sa vérité en retrouvant celle des autres... 'Mais penser aux autres, signifie-t-il : « s'oublier soi-même » ? Ne craignons pas de le dire : « s'oublier soi-même » ne serait pas maçonnique. puis, non :
 si l'on n'est pas d'abord redescendu en soi,
si l'on ne s'est pas : cherché soi-même, « apprécié » au sens propre du terme et, finalement, maîtrisé, comment pourrait-on alors s'approcher des autres ?  
La Fraternité Maçonnique suppose donc qu'on ait établi ou qu'on cherche à établir : la paix et l'équilibre en soi,
 le gouvernement de soi-même.  C'était déjà l'une des grandes attentes de SOCRATE : que l'autre soit son semblable par le gouvernement de soi. Et c'est d'ailleurs en cela que l'Autre est égal à Soi. Et c'est ce qui fait la précieuse originalité de la Fraternité 'Maçonnique, une Fraternité en quelque sorte régénérée, revigorée, respiritualisée :
non seulement connaître, mais être certain — sans arrière-pensée — de son environnement,
 savoir que d'autres Frères sont là, non seulement autour de soi, mais sur toute la terre : qui ont une existence propre, marchent librement, font des efforts joyeux, construisent patiemment dans le même sens, pour le même Temple. Alors tout est possible. Possible de croire et faire confiance, possible d'entreprendre et de prolonger, possible d'être soi... et d'aimer les autres, en même temps, possible de tout dire et de tout écouter... La Fraternité maçonnique, c'est un pacte contre l'égoïsme, l'indifférence, l'incompréhension, c'est un pacte de foi et d'espérance déjà sur la terre : en soi et dans les autres, en l'humanité tout entière, en la paix et la vie, c'est aussi un pacte de disponibilité permanente, d'inspiration et d'action toujours prêtes à intervenir. En fait, la Fraternité maçonnique : l'Homme, son frère, dans sa personnalité, son égalité et c'est vouloir, soi, vivre avec comme tel. Nous sommes nos propres héros, « nos héros réciproques » puisque nous croyons en nous-mêmes et que notre Fraternité l'atteste. C'est ALAIN qui fait dire quelque part à son « Misanthrope » : « Ce n'est pas que je méprise les hommes, mais, plutôt, que j'en cherche et que je ne trouve guère... Ici, en Maçonnerie, les Hommes ont retrouvé les Hommes. Ce n'est pas qu'ils soient tous semblables. Chercher son semblable ne signifie pas que l'Autre soit semblable à soi ! Au contraire ! Comme l'écrivait Paul VALERY : « Nous nous enrichissons de nos mutuelles différences », mais chacun est soi, exprimé, réalisé ou en passe de l'être. Oui, c'est en Maçonnerie que des hommes sont devenus des Hommes et, dans la Lumière, ont retrouvé d'autres Hommes, c'est là, dans cette prise de conscience, qu'est le fondement de la solidarité qui lie les Francs-Maçons, cette solidarité, partie intégrante et ciment de la Fraternité Maçonnique. Comment être comblé davantage, au moins sur cette terre, que par cette Fraternité chaleureuse dont les Francs-Maçons donnent l'exemple ? Des hommes sont là, de leur propre gré, qui cherchent ensemble la Lumière et avancent dans la voie de l'Initiation. Pour la première fois ces hommes sont réellement libres avec d'autres hommes libres. Ils peuvent parler : ils sont écoutés. Ils peuvent parler : ils ne seront ni jugés, ni condam­nés, ni offensés, ni humiliés. Le réflexe sera de vouloir les comprendre. Tout cela parce qu'ils auront décidé, une fois pour toutes, de s'aimer fraternelle­ment. Et c'est dans l'usage qu'ils feront de cet amour et de cette liberté qu'ils montreront qu'ils sont vraiment des Francs-Maçons. C'est la ressemblance de nos aspirations et de nos moeurs qui constitue notre lien à la fois le plus doux et le plus indestructible. Rien ne peut nous offrir de plus grande sécurité. En d'autres termes encore, la véritable attitude fraternelle ne consiste- t-elle pas à être soi-même, en toute simplicité, avec d'autres hommes, devenus Maçons, qui ne demandent également qu'à être eux-mêmes, en toute simplicité ? L'un des grands bonheurs du Maçon, c'est justement la saveur de cette fraternité fondamentale dont il sait exprimer et faire jaillir toute la rareté. C'est comme un chant qui aurait choisi volontairement sa propre musique et qui courrait sur des notes joyeuses vers la grande Lumière. Le tableau de la Fraternité Maçonnique que nous venons d'esquisser est-il une représentation idéale, trop chargée d'illusions ? 'Comment pourrait-on par­ler « d'illusions » quand nous, les Maçons, avons le cœur gonflé d'espoir parce que nous croyons en la perfectibilité de l'homme ? La 'Maçonnerie n'a pas le privilège de la Fraternité, la Grande Loge de France non plus. Il existe des oeuvres ou des sociétés, laïques et religieuses, d'une communion et d'un dévouement exceptionnels —. Mais nous donnons l'un des plus chaleureux exemples que beaucoup nous envient... sans d'ailleurs le comprendre ! Nous ne voulons rien gâcher de la vie, ni pour nous-mêmes, ni pour les autres : nous voulons vivre au maximum des possibilités de la vie. En paix avec nous, joyeux avec les autres. Voilà pourquoi nous nous aimons. Répétons-le : notre Fraternité 'Maçonnique n'est pas qu'une attitude, de bonheur de vivre ; c'est surtout une volonté : de bonheur d'agir... C'est ainsi que la Fraternité est la clef de voûte de notre vie maçonnique, donc de notre Temple. « 0 mes amis, il n'y a que des amis » disait le philosophe... Parce que nous sommes Francs-Maçons, nous dirons :

 

« 0 MES FRERES, IL N'Y A QUE DES FRERES »... pour tous ceux qui le veulent vraiment.

 

Source : www.ledifice.net

 

 

Lire la suite

Le Temple intérieur

13 Septembre 2013 , Rédigé par L\D\ et T.D Publié dans #Humeur

La symbolique maçonnique repose essentiellement sur les outils et l'histoire de la construction du temple du roi Salomon.
Sans entrer dans des détails ésotériques, le temple de Salomon, comme le roi Salomon lui-même, sont auréolés d'un mythe indestructible. La sagesse et la quête éternelle de perfection de ce roi biblique l'ont conduit à édifier ce temple extraordinaire auquel il a voulu apporter toute sa science et la transcendance de sa relation avec Dieu.
Le temple fut la réalisation suprême de sa vie. Pourtant, elle ne le satisfit point. Et l'amertume le suivit jusqu'à la fin de ses jours.
La franc-maçonnerie a repris dans sa symbolique cette recherche de la perfection qu'est la construction du temple appliquée à l'homme, au frère.
La recherche du franc-maçon est spéculative. C'est-à-dire que son travail n'est pas l'édification d'un véritable édifice architectural de pierre ou d'autres matériaux, mais la perpétuelle reconstruction de soi, de son intellect et de son psychisme. Ce que l'on appelle le travail sur soi, le temple intérieur.
Et la tâche du franc-maçon est grande, noble et d'autant plus méritante qu'il est sûrement plus difficile à un homme de se surpasser, de lutter contre ses démons et ses imperfections profondes que de bâtir un véritable ouvrage architectural.
Mais le travail sur soi n'est pas l'apanage des Francs-Maçons. De nombreux profanes oeuvrent perpétuellement à devenir meilleurs tout autant que certains Francs-Maçons, rares je l'espère, sont incapables de cette démarche. Ou alors, ils le cachent bien…
Nul homme n'est détenteur de la perfection. Nul homme, d'ailleurs, ne peut se prévaloir de quelque pouvoir magique ou ésotérique lui permettant de s'affirmer comme supérieur à n'importe quel autre homme.
Les seuls rapports naturels qui existent entre les hommes sont des rapports de force. Les règles de la vie en société, les lois et l'éducation tendent à atténuer cet état de fait. Mais il est difficile de contourner cette règle fondamentale. Et le plus fort écrasera encore et longtemps le plus faible. Et ce dans tous les domaines et dans toutes les circonstances.
Les hommes sont tous les mêmes, du plus humble mendiant au plus puissant monarque. Leur seule différence réside dans la chance qu'ils ont eue de naître puissant ou misérable.

Et la sagesse veut que n'importe quel mendiant puisse devenir un puissant monarque autant que n'importe quel monarque puisse sombrer dans la plus profonde déchéance.
Mais les monarques n'aiment pas ce genre de discours… Pas plus qu'ils n'aiment entendre dire qu'un roi peut engendrer un fou (à cause de problèmes de consanguinité, par exemple) et que le brassage des peuples donne la vie aux hommes les plus beaux, les plus forts et les plus intelligents…

Pour le franc-maçon, la construction de son temple intérieur est donc une de ses tâches premières. L'introspection, l'aptitude à identifier ses propres imperfections et à les reconnaître comme telles, ainsi que la volonté d'y remédier, sont les fondements mêmes de la construction et de la perpétuelle reconstruction de ce temple intérieur.
Nous sommes tous, humains, héritiers d'un patrimoine culturel ou intellectuel dans lequel nous cherchons à nous fondre pour ressembler à nos pères et nous faire accepter par nos frères.
Nombreux sont les erreurs, les travers, les défauts et les faiblesses de notre jugement, surtout lorsqu'il s'agit de nous-mêmes.
Nous sommes prompts à condamner les autres, auxquels nous sommes pourtant si semblables.
Une force intérieure que l'on appelle ego, corollaire de nos instincts et de nos pulsions profondes, nous pousse constamment à nous affirmer, à nous imposer aux autres pour les dominer ou pour les séduire. Nous avons un besoin puissant d'être connus, reconnus, aimés, appréciés, respectés. Et lorsque nous n'avons pas tout cela, nous souffrons et nous pouvons avoir des comportements excessifs dictés par la frustration ou le désespoir. On ne doit pas ignorer son ego. On ne doit pas le refouler, mais plutôt tenter de canaliser nos pulsions et nos réactions passionnelles afin que la vie en société soit possible. Pour certains, malheureusement, ce travail sur leur moi profond n'est pas facile et leur vie leur échappe au point qu'ils ne contrôlent plus rien.
Paradoxe de l'esprit humain, nous ne pouvons nous passer de l'amour ou du contact avec les autres, mais nous édifions des murs infranchissables pour que les autres ne soupçonnent pas notre vulnérabilité, nos faiblesses et nos besoins. Parfois, nous ouvrons une porte de notre forteresse, pour la refermer aussitôt, pour ne présenter aux autres que notre enceinte inexpugnable.
Mais la vraie force est d'accepter nos faiblesses et de paraître tels que nous sommes. Vivre dans une forteresse ou dans une tour d'ivoire n'est pas vivre. Et les autres ne sont pas différents de nous. Ils sont loin d'être aussi forts qu'il veulent bien le laisser paraître. Les apparences ne sont que les apparences. Deux êtres ne peuvent communiquer au sens spirituel ou émotionnel qu'en ouvrant leurs cœurs et en faisant fi des apparences.
La vraie communication est là, au-delà des considérations futiles et du verbiage inconsistant. A un certain niveau, on parle de " métacommunication ". Mais ce sera l'objet d'une autre planche, rassurez-vous… !
Revenons à du concret…
Nous qui sommes tous des hommes ordinaires, nous sommes aussi tous égaux en malignité.
Nous avons le devoir de devenir plus tolérants, moins orgueilleux, moins dissimulateurs, hypocrites et arrogants. Apprendre à écouter les autres, pour mieux les connaître et nous enrichir de ce qu'ils nous offrent. Apprendre à donner plutôt qu'à toujours prendre. Apprendre à aimer et à partager. Apprendre à être justes et avoir de la compassion. Apprendre à nous détacher du matériel et du clinquant qui sont des obstacles majeurs à une approche de la sagesse. Le silence de l'apprenti doit lui faire comprendre que la parole est précieuse et que celui qui parle fort et qui écrase les autres n'a pas forcément raison…
L'ambition, le pouvoir, la gloire et les honneurs sont les buts de ceux qui n'ont guère de richesse intérieure.
Trop souvent, on voudrait faire changer les autres. C'est tellement plus facile que de changer soi-même. Mais c'est beaucoup moins gratifiant.
Faute avouée est à moitié pardonnée, affirme la sentence populaire. Et déjà, la reconnaissance de nos propres défauts est sûrement une belle preuve de notre volonté de nous améliorer. Mais cette reconnaissance est insuffisante. " Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem ". Ces mots sont inscrits en initiales sur les murs du cabinet de réflexion (sous l'acronyme de VITRIOL) dans lequel on invite le postulant à méditer et à rédiger son testament moral et philosophique. On peut les traduire littéralement par : " Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant découvre la pierre des secrets ou la pierre cachée ". Ce qui, en clair, peut s'exprimer par l'interprétation ésotérique : " Descends à l'intérieur de toi-même et par la méditation connais-toi toi-même et découvre l'essence secrète des choses ". Toute cette symbolique appelle à descendre dans les profondeurs de la terre et de soi-même pour y trouver ce que nous ignorons. Au retour de cette descente dans les profondeurs, notre testament moral et philosophique est une étape au cours de laquelle nous devons comprendre qu'ici nous devons abandonner nos préjugés pour nous tourner vers l'avenir, vers une nouvelle vie et vers la lumière de nouvelles connaissances. Cette lumière qui nous sera donnée lors de l'initiation au premier degré.
A ce niveau, la tâche est loin d'être finie, mais il est temps alors de commencer ce long travail de recherche et d'apprentissage de la connaissance de soi, de l'éradication de nos travers les plus profonds et de l'approche difficile de la sagesse.
Pour cela, le franc-maçon n'est pas seul. Ses frères l'entourent et le soutiennent dans cette quête parfois douloureuse. Ils lui apportent aussi leur savoir et leur amour ainsi que toute la force de cette symbolique maçonnique qui puise ses sources dans les écrits des anciens.
Les outils symboliques sont les outils de l'homme et du franc-maçon dans son œuvre de transformation de soi. Les symboles de la loge et du temple sont des concepts compréhensibles et recevables par tous. Ils doivent nous aider dans notre réflexion et dans notre recherche profonde.
L'interprétation des symboles est une choses très subjective. Et les frères apprendront à mieux les déchiffrer grâce aux travaux successifs des uns et des autres. Le symbolisme n'est pas propre à la maçonnerie. On le retrouve dans de nombreux domaines, soient-ils philosophique, religieux, artistique, scientifique, mathématique et même technique.
Attention à ne pas confondre symbolisme et ésotérisme. Le symbolisme est un mode d'enseignement qui fait appel à des analogies structurelles entre des concepts différents. L'ésotérisme rassemble d'innombrables théories plus ou moins sulfureuses dans lesquelles il convient de ne pas trop s'attarder. Esotérisme signifie chose cachée. Son contraire, exotérisme, évoque la chose révélée.
L'enseignement du symbolisme maçonnique passe par l'étude de tous les symboles par ordre croissant de difficulté. Mais une autre composante de cet enseignement est la répétition. Le rituel de la loge donne une intensité accrue à la perception et à la compréhension des symboles auxquels il se réfère.
Ici, tout est symbole… !
Mais cette méthode nécessite la plus grande rigueur et le plus grand sérieux.
Notre idéal maçonnique et notre enseignement symbolique ne doivent pas être pris à la légère. Au sein de la Loge, le frère qui veut véritablement évoluer, s'épanouir et accéder à un autre niveau de la connaissance peut réaliser sa démarche. Il en a les outils.
L'approche, la discussion et la compréhension des symboles doivent rapprocher les frères autour de cette recherche commune des secrets de la pensée et des lois qui régissent l'univers. Cette exceptionnelle communion d'idées est peut-être l'essence même du fameux secret maçonnique. Loin des dogmes et des préjugés, dans le partage des idées et dans le respect de la parole de l'autre, nos travaux nous enrichissent tous autour d'un idéal positif.
Malheureusement, il peut arriver que des frères ne soient pas convaincus de l'utilité de ce travail personnel et ne s'y attachent pas. C'est très regrettable. Mais cela montre aussi que les autres frères de la loge n'ont peut-être pas donné à ces frères-là tous les outils de leur propre recherche de transformation.
On peut être franc-maçon et ne rien faire au niveau de son temple intérieur. Mais le grand perdant est toujours celui qui a abdiqué tout espoir de devenir meilleur et de rayonner à son tour vers ceux qu'il aime.
Nous savons bien que des frères, çà et là, pêchent encore par des attitudes excessives, des débordements et des travers insurmontés. Et ils nuisent parfois à l'harmonie de leur atelier.
On ne leur demande pas de devenir des parangons de vertu. On ne leur demande pas d'avoir atteint la perfection. On demande aux frères d'être honnêtes avec eux-mêmes, d'accomplir leur maçonnisme et de travailler leur pierre brute afin de ne plus être des profanes habillés en francs-maçons.
On parle parfois de maçons sans tablier et je n'aime pas cette formule qui n'a pas de véritables sens (être Franc-Maçon est un engagement complet), mais on peut aussi parler de profanes en tablier. Et ça, ce n'est pas ce que l'on attend d'un homme qui a voulu entrer en maçonnerie, après un parcours parfois difficile et qui a fait la promesse solennelle de devenir un vrai franc-maçon.
Il y a quelques années, j'entendais parfois dire que l'on pouvait reconnaître un franc-maçon, dans la vie profane, à son seul comportement, sa façon de s'exprimer, ses qualités d'écoute, son ouverture d'esprit, etc… Bien sûr, il ne faut pas croire que seuls les francs-maçons présentent ce genre de profil. Certains profanes y répondent aussi. Ce que je veux dire, c'est qu'un véritable travail sur soi peut amener un homme, un frère, à se montrer sous un tel jour. Son temple intérieur rayonne alors sur l'extérieur, et ses frères le reconnaissent. C'est un peu du message que je voudrais faire passer à travers ce travail.
L'homme seul, sans famille, sans amis, sans lien social, ne peut survivre bien longtemps. La force de vivre nous est aussi donnée par les autres.
Association philosophique, philanthropique et progressive, la Franc-maçonnerie se veut donc le point de rencontre (réunir ce qui est épars) d'hommes et de femmes de toutes origines qui oeuvrent en commun à la recherche et à la compréhension des problèmes du monde et qui privilégient ce qui est bon pour l'homme. Cette activité humaniste s'inscrit dans un esprit d'acceptation et de recherche du progrès. Rechercher ce qui est bon pour l'homme se vit au quotidien.
Un Franc-Maçon ne redevient pas un profane en quittant l'enceinte du temple. Son action et sa réflexion se poursuivent au-delà. De même, il ne suffit pas de connaître quelques mots de passe et quelques coutumes de la maçonnerie pour être Franc-Maçon. Si le profane est superficiel, le Maçon doit voir le monde et les hommes avec un regard plus scrutateur.
Lorsque nous nous saluons avec trois bises et " salut, mon frère, tu vas bien " et que l'autre répond " ça va ! ", on peut passer à autre chose si l'on est profane et qu'on attache peu d'importance à celui que l'on vient de saluer nonchalamment.
Mais un franc-maçon se doit d'aller au-delà des simples conventions profanes et penser que l'autre a peut-être répondu machinalement et que la réalité est tout autre. C'est dans le regard et dans les expressions du visage que l'on peut voir ce que les mots ne disent pas.
Parmi nous, certains sont bien nourris et n'ont peut-être pas de problèmes. Mais dans toute collectivité il y a des hommes ou des femmes qui souffrent. Pas forcément de souffrance physique visible, mais bien souvent de drames secrets que l'on ne peut révéler à personne. La souffrance psychique est un des inconvénients de la pensée humaine évoluée et des lois complexes qui régissent les relations entre individus dans nos sociétés dites civilisées.
Un homme qui souffre ou qui a des problèmes n'en fait généralement pas étalage au premier venu. Et il est difficile de s'en rendre compte. Surtout quand on sait que des personnes qui vivent sous le même toit peuvent tout ignorer les unes des autres.
Mais un humain émet toujours des signaux codés pour exprimer sa souffrance et son besoin d'amour. Le franc-maçon se doit de tenter de capter et de comprendre ces signaux. Et, naturellement, d'y répondre d'une façon ou d'une autre. Pour cela, il faut être capable de se débarrasser de sa carapace de macho et de grande gueule et d'ouvrir ses yeux et son cœur. Un peu de réceptivité et de sensibilité bien placées n'ont jamais tué personne.
Quelqu'un qui répond gaiement " ça va ! " est peut-être atteint d'une maladie mortelle ou bien va se supprimer le lendemain, tant sa souffrance, sa détresse ou son désespoir sont profonds. A ce niveau, plus rien ne compte pour lui.
D'ailleurs, un de nos frères de Scola s'est donné la mort il y a deux ou trois ans et nous avons été incapables de le pressentir et de tenter de lui apporter ce qui aurait pu éviter ce drame ou simplement adoucir sa souffrance. Ce frère souffrait. Je ne sais pas de quoi. Mais on ne se suicide pas sans raison. Et un homme qui souffre a tendance à se replier sur lui-même et à s'isoler du monde. La fraternité n'a pas joué dans ce cas précis. Pourquoi ? Est-ce que personne n'avait de lien privilégié avec ce frère ? Pourquoi ne s'est-il pas tourné vers notre fraternité, vers notre affection et notre soutien ? Probablement parce que nous ne sommes pas tout à fait ce que nous prétendons être. Parce que lorsqu'un frère s'isole de la loge, nous ne pensons qu'à lui réclamer sa capitation, lui rappeler son devoir d'assiduité et lui envoyer des lettres recommandées. Nous nous comportons en purs profanes. Je ne juge ni ne condamne aucune personne en particulier. Mais je dénonce cette carence de toute notre communauté maçonnique que l'administratif et la routine éloignent parfois de son idéal.
Nous ne sommes pas des psys de métier, mais nous pouvons ouvrir notre cœur.
Une personne dans la détresse matérielle ou morale a tendance à s'isoler du monde, par honte, par crainte d'être rejetée et parce qu'elle sait ne rien avoir à attendre des autres. Nous, franc-maçons, n'avons pas le droit d'ignorer cela.
Un franc-maçon doit aller au fond des choses. Ne pas laisser subsister de doute. C'est trop facile de se détourner. Dans nos loges, nous comptons des tas de frères… Mais parmi eux, combien d'amis ? Au fond, que signifient ces mots, amitié, fraternité ? Après tout, des frères peuvent se déchirer et même s'entretuer (voir Cain et Abel). Par contre, un véritable ami peut être un merveilleux compagnon pour la vie et nous apporter beaucoup de bonheur.
N'oublions pas que nous vivons dans un monde où les hommes s'isolent de plus en plus et où l'hostilité et la violence reprennent peu à peu le dessus, après des décennies passées dans des conditions sociales peut-être plus humaines.
Savoir s'ouvrir un peu aux autres et ne pas rester replié sur soi…
Beaucoup d'hommes et de femmes pensent qu'ils sont très importants dans leur vie sociale ou professionnelle, qu'ils sont irremplaçables et indispensables. Et forts de cette certitude, ils pensent aussi que les autres sont à leur service. Ceux-là sont dans l'illusion, car nul n'est vraiment indispensable ou irremplaçable en ce monde. Les personnages que l'on croit absolument uniques et irremplaçables sont bien souvent remplacés en quelques secondes, quand cela devient nécessaire. Car les candidats sont innombrables à guetter leur place. Et comme le dit la sentence populaire, les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.
Le pouvoir, les signes extérieurs de richesse ne sont que des métaux. Ils n'ont pas cours en Loge ou les valeurs sont différentes. Nous honorons le travail, qu'il soit manuel ou intellectuel, sans glorifier le clinquant et les apparences souvent trompeuses.
Cependant, je dois bien à la vérité d'admettre qu'il existe une certaine hypocrisie collective en ce qui concerne la reconnaissance et l'honneur que l'on devrait porter au travail manuel. Il est étrange de voir comme certaines personnes se classent parmi les " intellectuels " et bien peu parmi les " manuels ".
Et il est pourtant notoire qu'un bon manuel doit avant tout être une personne à l'esprit vif et cultivée dans son art et que les plus grands chirurgiens ou pianistes du monde font assurer leurs mains et non pas leur cerveau.
Je ne veux pas choquer, mais je ne planche jamais pour flatter la vanité de mes contemporains. Je sais trop bien, moi-même, combien la vie peut-être précaire et dérisoire.
Certains pensent que la Franc-maçonnerie est un bon tremplin pour la vie politique et l'abordent en tant que tel. Parce que l'on peut y nouer des alliances, des réseaux d'influence et y faire des rencontres utiles.
Je reste prudent vis-à-vis de ce genre d'approche. Si un vrai Franc-maçon, qui a véritablement travaillé sur son temple intérieur, s'engage dans la carrière politique, on pourra espérer que son action sera utile et bonne pour tous. Mais si ce franc-maçon n'est entré en maçonnerie que pour y trouver des alliances politiques, il est fort probable que son action ne sera pas meilleure que celle du tout venant de la politicaille.
Dans de nombreuses loges, des clans se forment entre certaines catégories de frères, autour d'activités ou de préoccupations communes. Que ce soit des clubs d'investisseurs, des joueurs de squash ou de tennis, des randonneurs, des fumeurs de cigares, des médecins ou des hauts fonctionnaires. La chose en soi est naturelle et sans malice. Il est normal que des gens qui ont une activité commune se rapprochent.
Ce qui est moins normal, c'est que se forment de véritables clubs desquels sont carrément exclus et rejetés les autres frères de la loge. C'est une attitude parfaitement inadmissible et pourtant très répandue.
Une loge est un lieu de réflexion et de recherche commune. La division d'une loge par des clans ne peut qu'être source de discorde. Le travail en commun n'y est plus possible et le travail sur soi difficile.
Restons lucides. Le pouvoir, les honneurs et l'argent sont les motivations des égoïstes et des accapareurs. Ceux-là ne donnent jamais. Ils ne savent que prendre. Certains hommes politiques ont fait de longues carrières sans jamais avoir rien donné à la France que quelques décrets minables. Et encore…
Bien sûr, certains ont aussi accompli de grandes choses et ont œuvré au progrès ou à la paix. Et c'est tout à leur honneur. Il ne faut pas les oublier.
Mais aujourd'hui, il faut bien le dire, le monde de la politique brille plutôt par ses affaires nauséabondes, ses scandales, son incompétence et sa médiocrité.
Surtout, ne glorifions pas et n'idolâtrons pas ces miroirs aux alouettes.
L'idolâtrie est l'apanage des masses incultes et sans jugement. Le franc-maçon doit être capable de s'informer et de juger en ses âme et conscience sans avoir à subir d'influence. Loin du bourdonnement des médias, les frères doivent conserver un esprit critique, affûté et objectif.
Dans le monde profane ont cours des activités ou des sports dits " de l'extrême ". De même, on exalte les masses à se surpasser, à se dépasser, à reculer les limites, à atteindre des performances, à être le premier, le vainqueur, le battant… Sans cela on n'est que l'ombre de soi-même, un fantôme, un zombie, un loser, un éternel perdant…
Cette mode est beaucoup plus dangereuse qu'il n'y paraît, car elle incite l'homme à une quête de sensations et de victoires dans des domaines futiles, dérisoires et la plupart du temps parfaitement inutiles. La performance sportive à un certain niveau n'a plus rien de sportif. Cela devient de l'entêtement absurde. De surcroît, ceux qui pratiquent les sports de l'extrême, en totale déraison, mettent souvent à contribution et au péril de leur vie des sauveteurs ou des gendarmes qui auraient sûrement des choses plus utiles à faire. Ces pratiques n'apportent rien d'autres que la satisfaction d'un égoïsme sans borne. Elles n'élèvent pas les hommes et ils n'en tirent aucune morale propre à en faire des citoyens responsables, ouverts et tolérants. Et là où on accède à la plus pure dérision, c'est de voir ses résultats publiés dans le livre Guinness des records…
Toutes ces activités participent du principe romain " du pain et des jeux ", qui permet de détourner l'intérêt des citoyens de la chose publique.
A notre naissance, notre mère nous a donné la lumière de la vie, celle du soleil et de l'amour. Mais en cela, elle n'a fait que nous poser sur les rails de l'existence. Plus tard, nous avons rencontré des aiguillages et avons dû faire des choix… Nos amis et nos frères nous ont parfois aidés à choisir.
Lors de notre initiation au premier grade de la maçonnerie universelle, notre loge mère nous a offert une sorte de renaissance et nous a donné la chance d'accéder à une autre lumière. La lumière de la connaissance, de la sagesse et de la vertu. Mais une fois encore, nous nous sommes retrouvés sur des rails. Seulement, cette fois-ci, la voie et les aiguillages étaient éclairés et la nuit nous a paru moins menaçante.
Au sein de la loge, un principe que l'on appelle l'égrégore, constitué de l'amour, de la fraternité et de la connaissance de nos frères, nous a donné la possibilité d'y voir plus clair en nous et de voir le monde avec d'autres yeux.
Nul ne détient la sagesse suprême, pas plus que la vertu ni que la connaissance absolue. Mais toutes ces valeurs sont réparties dans le cosmos et dans l'univers et chaque corps céleste, chaque poussière d'étoile, chaque objet, chaque forme de vie, chaque être humain en est détenteur d'une petite part.
Ainsi, au sein de la loge microcosmique qui représente une petite fraction du cosmos, l'égrégore, qui unit les frères dans une même et noble quête, donne à chacun la force et le courage du groupe dans sa recherche de la vérité.
Sans les autres, nous ne sommes rien.
Et l'autre, c'est chacun de nous.
Et chacun de nous est une pierre de l'édifice de notre groupe.
Nous oeuvrons ensemble à l'édification d'un édifice commun et simultanément à l'édification de notre temple intérieur.
L'approche de la sagesse implique l'abandon de nombreuses chimères matérielles qui corrompent le raisonnement pur. Le sage a abandonné l'amour de l'or et de l'argent pour aimer la sagesse et les hommes. Celui qui est né riche peut approcher de la sagesse en faisant passer en arrière plan de son existence ses richesses matérielles.
Notre loge ne s'appelle-t-elle pas " Scola Sapientiae ", " L'école de la Sagesse "… ?
Tout cela peut paraître futile et creux à certains. Je leur répondrai que le symbolisme est une méthode d'enseignement universelle et très ancienne et que le travail que doit accomplir sur lui-même le franc-maçon peut très bien être comparé à celui que doit faire sur lui-même le sujet d'une psychanalyse.
Si l'on parle de pierre brute, pierre taillée et pierre polie, tout le monde comprend les symboles contenus dans ces mots.
Plus élevé et plus complexe, l'approche du ciseau et du maillet et plus encore l'équerre et le compas. Ou encore la règle et le levier.
Selon les grades, les outils symboliques sont différents et leur approche plus subtile. Les grades maçonniques ne sont pas des grades de pouvoir ou d'autorité. Ils sont la reconnaissance d'un travail accompli, mais essentiellement symbolique. Mais le Maître, comme le Compagnon, doivent poursuivre leur œuvre d'introspection et d'avancée personnelle. Et ce travail n'est jamais achevé.
Alors, pourquoi entreprendre une œuvre que nous ne pourrons jamais achever, me demanderez-vous… ? En effet, notre passage à l'orient éternel nous privera de toutes nos ressources matérielles pour parachever cette œuvre. Mais le travail accompli ne le sera pas en vain. Nos frères, enrichis de tout ce que nous aurons apporté à l'œuvre commune, la poursuivront en gardant en mémoire l'art ou la science de ce que nous aurons appris et partagé ensemble. Chacun de nous apporte aux autres quelque chose de précieux.
Au-delà des mots, ce sont les concepts qui doivent être perçus et compris par l'élève.
Mais encore une fois, aucun enseignement symbolique ne peut se révéler utile sur des personnes qui ne veulent pas les entendre et qui ne veulent pas se remettre en question.
Car tout le problème est là. Pour évoluer, avancer et s'améliorer, il faut le vouloir et être capable de se remettre en question.
Et dans notre société actuelle, qui a tourné le dos à toutes les philosophies, religions et idéaux positifs pour se consacrer uniquement à la jouissance des biens de consommation, il semble que les hommes aient de plus en plus de mal à se remettre en question et à accepter de se voir dans le miroir de la réalité.
Le citoyen lambda n'aime pas que l'on soit différent de lui. Il a peur des différences. Au Grand Orient de France, rue Cadet, il est inscrit sur un mur du hall d'accueil une citation de St Exupéry : " Toi qui diffères de moi, loin de me léser, tu m'enrichis ".
Même au sein de nos obédiences, des dérives ont lieu, et c'est humain, qui nous conduisent vers des chemins plus chaotiques. Depuis quinze ans que la lumière m'a été donnée, j'ai ressenti ce glissement progressif et j'en suis déçu et peiné.
J'aimerais retrouver dans la maçonnerie de vraies valeurs et des hommes et des femmes véritablement décidés à œuvrer à la recherche de la vérité et au bien-être de l'humanité.
Mais je ne suis qu'un frère de cette loge et mon avis et mes réflexions sont éminemment perfectibles.
source : www.ledifice.net

Commentaire :

 je dédie cette magnifique planche à tous ceux qui m’ont laissé tomber,  à tous ces faux  « frères » d’un soir, d’un mois, d’un an et qui ont disparu dès mon départ de la Loge. Je pourrais les nommer mais la liste serait longue et malgré tout je respecte encore leur statut maçonnique.

En regardant la photo prise le soir de mon installation et de la première tenue de ma Respectable Loge, je ne peux m’empêcher de penser que la majorité ne méritait pas d’être là.

La Franc-Maçonnerie est une institution magnifique infestée d’ambitieux, d’orgueilleux qui ne voient que leur propre intérêt et qui ne partageraient jamais leur manteau avec un Frère moins riche et pas assez socialement importants.

Les temps changent « Les personnages que l'on croit absolument uniques et irremplaçables sont bien souvent remplacés en quelques secondes, quand cela devient nécessaire. Car les candidats sont innombrables à guetter leur place. » Regardez derrière- vous faux frères, votre ami d’aujourd’hui viendra un jour prendre votre place. Vous êtes la honte d’un Ordre basé sur la Bienfaisance , la Fraternité et l’Amour du prochain.

Pour terminer sur une note positive, je remercie tous les autres, tous ceux qui m’ont tendu la main et heureusement il y en avait quelques-uns.

Sachez cependant une chose, en Maçonnerie comme dans la vie profane, on pardonne mais on n’oublie pas..

Lire la suite

La Fraternité à la Lueur de la Philosophie, l’Esotérisme et la Franc-maçonnerie

13 Septembre 2013 Publié dans #Planches


Le sujet de cette planche est venu d’un questionnement : à mon entrée en FM, j’ai été étonné de découvrir qu’aucune planche n’exposait son sujet sans faire référence à tel ou tel philosophe. Or pour moi, la philosophie et la FM étaient deux mondes séparés, deux démarches que tout sépare, discours patiemment construit avec la l’aide de la pensée analytique pour la première, expérience construite dans la présence collective et la lumière de l’intuition spirituelle pour la seconde. Je m’attendais par contre à voir beaucoup plus de références à l’ésotérisme, qui partage l’initiation et la tradition avec la FM, et en fait assez peu de références y étaient présentes.
Que veut-on aller puiser et chercher chez les philosophes et dans l’ésotérisme ? En quoi les philosophes nous aident-ils à nous améliorer, à agir dans la vraie vie, c’est-à-dire en dehors du temple, dans la cité ? Pourquoi ces références permanentes à Platon et aux philosophes de lumières ? Où est la Tradition, et quelle tradition ? La philosophie et l’ésotérisme font-ils avancer la réflexion sur certains sujets en FM ?
Ainsi se pose la question du rôle que jouent la philosophie et l’ésotérisme dans la FM, avec leurs points communs et leurs divergences. Et celle du rôle de la fraternité. Ne serait-elle pas ce qui les différencie et qui les transcende ? N’est-elle pas ce qui fait « marcher » la FM et la rend unique ? Et si la fraternité était le chaînon manquant à la philosophie et l’ésotérisme ?
C’est à partir de ces quelques questions que nous donnerons un certain éclairage, qui ne pourra qu’être limité dans le cadre de cette planche.
Pour mieux appréhender cette question, revenons rapidement d’abord aux sources et aux objectifs de la FM, de la philosophie et de l’ésotérisme.
La Franc-maçonnerie selon l’article 1 de la constitution de la GLDF est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. La Franc-maçonnerie a donc pour but le perfectionnement de l’Humanité.
La philosophie est un questionnement, une interprétation, et une réflexion sur le monde et l’existence humaine. Ses buts sont la recherche de la vérité, la réflexion sur le bien et sur le beau, le sens de la vie et le bonheur, par l’exercice systématique de la pensée et de la réflexion. La philosophie selon Kant (çà y est, j’ai fait une référence à un philosophe !), c’est la doctrine et l’exercice de la sagesse, et non une simple science.
L’ésotérisme : l’étymologie fait de l’ésotérisme la doctrine des choses « intérieures », donc secrètes et spirituelles. Dans l'Antiquité, l’ésotérisme désignait des enseignements réservés à un petit nombre d'initiés, un enseignement secret professé soit à l'intérieur d'une organisation initiatique (comme les Mystères d'Éleusis) soit auprès d'un maître spirituel (comme Pythagore). RG définit les points de vues respectifs de l'ésotérisme et de l'exotérisme ; selon lui, « l’ésotérisme est du domaine de l’intérieur pour un public restreint, l’exotérisme est du domaine de l’extérieur pour un public ouvert », et il insiste sur la prédominance, à l'origine, de l'enseignement oral dans l'ésotérisme. Bien évidemment rien à voir avec l’occultisme ou toutes ces pseudosciences dérivées.
L’ésotérisme est souvent associé à la religion, car il renferme l’enseignement occulte, la doctrine ou la théorie d’ordre métaphysique, d’intention initiatique. C’est le cas avec, par exemple, le Chamanisme, le Pythagorisme, la Kabbale, le Soufisme, la Gnose, l’Hermétisme, etc. Ainsi l’ésotérisme est invariablement lié à la Tradition et à l’initiation. La Tradition qui est à distinguer de la pensée philosophique, théologique ou scientifique qui relèvent eux du domaine strict et limité de la rationalité.
La philosophie, l’ésotérisme et la FM, s’ils ne partagent pas les mêmes buts, partagent beaucoup d’objectifs et d’interrogations. Analysons donc les principaux sujets où ils ont peut-être le plus de points communs : pour la philosophie : l’humanisme et la morale, pour l’ésotérisme : l’initiation et la tradition et ceux pour lesquels ils différent fondamentalement avec la FM : la méthode et la fraternité.
L’Humanisme
La renaissance a donné naissance à ce que l’on appelle la philosophie moderne qui a développé l’humanisme et qui se termine au 18ème siècle avec la philosophie des lumières. C’est à ce moment que la F.M moderne est née, dans ce mouvement d’ouverture et d’humanisme porté par les philosophes des lumières. Dans ce siècle, ces philosophes et la FM poursuivaient des objectifs similaires, la même quête, celle de la recherche des facteurs de progrès de l’humanité. C’était là une grande différence avec la religion. C’est aussi une grande différence avec les philosophes contemporains qui ne traitent plus ces sujets, réfléchissant dans des domaines très différentes, ne se ramenant pas à un seul concept. Cette diversité, d’autres diraient éclectisme, va du romantisme au pragmatisme en passant par l’idéalisme, le positivisme ou le matérialisme. Et c’est sans évoquer les philosophes du 20ème où cela devient plus difficile à appréhender avec la philosophie analytique utilisant la logique mathématique ou l’attention au langage, la phénoménologie de Husserl dont les successeurs sont Sartre et Heidegger, ou encore la philosophie poststructuraliste et la déconstruction avec Derrida. On est alors assez loin de la FM.
Ainsi peut-on en conclure rapidement que la dernière grande vague, ou concentration de philosophes qui a partagé des réflexions ou des recherches communes avec la FM est celle des lumières.
Si on remonte le temps jusqu’aux philosophes grecs, la philosophie fait émerger la nature comme pôle de référence, mais aussi une certaine idée de l’homme. Ainsi naît une forme d’humanisme avec les sophistes d’avant Socrate et Platon. Ces professeurs d’éloquence sont aussi les intellectuels de l’époque qui professaient comme Protagoras que si « l'homme est la mesure de toute chose, alors les lois de la cité ne sont pas guidées par ce qui est bien en soi, mais par ce que les hommes sont convenus d'adopter ».  Cet humanisme s’est estompé en remontant le temps vers notre époque. Si la scolastique du 9ème siècle,
philosophie développée et enseignée dans les universités au Moyen Âge visait à diffuser un savoir et une connaissance, elle n’avait pas pour but de libérer l’homme, mais plutôt de concilier la philosophie antique, particulièrement l'enseignement de la philosophie première d'Aristote, avec la théologie chrétienne.
Le siècle des lumières est derrière nous, les philosophes de lumière ont cédé la place aux philosophes modernes et contemporains qui ne portent que peu cette philosophie. Les ONG et la FM sont les seuls hérauts d’un humanisme non empreint d’une forme d’asservissement. Les premiers œuvrent pour le corps, pour l’épanouissement physique et la liberté, la seconde pour un développement de l’homme dans toutes ses dimensions. Ce que les philosophes ont apporté à la FM nous est légué par les anciens qui nous ont laissé cette quête infinie de la libération de l’homme. Car les FM ne sont ni des sages, ni des moralistes, ni des philosophes, ni des saints. Ils n’aspirent qu’à être pleinement des hommes.
La Morale
Et qu’en est-il de la morale, domaine réservé des philosophes avec Aristote, Saint-Thomas d'Aquin et Hegel, qui furent les trois philosophes dont la pensée fut déterminante pour l'histoire de la philosophie.
Selon les Constitutions d’Anderson « un maçon est obligé, par son titre, d’obéir à la loi morale ». Mais de quelle morale s’agit-il ? La morale se définit à travers les devoirs, ainsi
Samuel Von Pufendorf distingue trois types de devoirs : devoirs envers Dieu (dévotion interne et externe) ; devoirs envers soi-même (devoirs envers l'âme : par exemple développer ses talents, et devoirs envers le corps -ne pas se tuer, ne pas se nuire-); et devoirs envers autrui (devoirs absolus : ne pas nuire, etc. et devoirs conditionnels : tenir sa parole, etc.).
Ainsi les philosophes et les FM parlent-ils de la même chose quand il s’agit de morale et de philosophie morale ? Pour Kant (encore lui !) la philosophie pratique a pour objet la question « que dois-je faire ? » et elle comporte aussi bien la philosophie morale que la philosophie du droit ou la philosophie politique. Au sens classique, la philosophie morale incluait la sociologie, la politique, et autres ancêtres des sciences humaines, par contraste avec la philosophie naturelle [philosophie de la nature et de l’univers physique]. La philosophie morale porte principalement sur la finalité de l'action et cherche à résoudre les questions qui peuvent se poser dans la délibération et la prise de décision : Que dois-je faire ? Qu'aurais-je dû faire ? Y a-t-il des limites à mes actions ?
Les morales du devoir fondent le caractère moral de nos actions par le concept d'obligation. Ce type de morale se conçoit indépendamment de toute conséquence qui pourrait résulter de nos actions. A l’extrême, cela pousse Kant (toujours lui !, c’est la dernière fois) à penser que l’on ne doit pas mentir pour éviter un meurtre, car l'obligation de dire la vérité est absolue et ne tolère aucune condition particulière.
La Maçonnerie, neutre au point de vue religieux, ne veut pas de la Morale commune, reposant sur une crainte métaphysique, sur une récompense ou un châtiment post-mortem. La Maçonnerie veut le Vrai essentiel, le Beau en soi, le Bien Suprême. Et cela, sans se préoccuper des contingences engendrées par l’égoïsme des races, des nations, et des individus. Elle accepte donc les compromis et les chemins de traverse, mais uniquement ceux axés vers le But final qu’elle se propose, et jamais les compromissions et les routes régressives. Ce n’est pas vainement que sa Symbolique donne à l’Orient, où naît la Lumière quotidienne, une telle importance, et ce n’est pas non plus sans motifs profonds que la Lumière personnifie en ses Temples le Bien suprême. La Maçonnerie accepte l’opinion du moment, pour autant qu’elle contient une parcelle de vérité, mais combat l’erreur et l’ignorance. Elle accepte un moindre bien pour aller vers un mieux futur certain.
Et parce qu’elle estime que le Bien, le Vrai, et le Beau essentiels sont des attributs d’un Absolu qui est irréductible in fine en mode contingent, parce que cette spiritualité qu’elle porte en elle est la plus haute forme même de l’esprit religieux, la Maçonnerie se refuse à définir et à limiter en des dogmes et des formules concrètes ce qu’elle entend par le Beau, le Vrai et le Bien. Pour elle, la Beauté et la Bonté sont sans limites dans le Temps ou l’Espace. Et aucun dogme ne peut l’enfermer.
Ainsi sous le même vocale de « morale », les philosophes et la FM n’y mettent pas les mêmes concepts, l’approchent différemment et ne partagent pas les mêmes objectifs. Si sur l’humanisme, les deux voies partagent beaucoup, il n’en est pas de même sur la morale.
Poursuivons notre chemin en étudiant les points communs entre la FM et l’ésotérisme, notamment dans les domaines de l’initiation et de la tradition, domaines qui ne relèvent pas des philosophes, hormis peut-être Pythagore et Platon et quelques rares autres.
L’Initiation et la Tradition
L’ésotérisme est éloigné de la philosophie. Les philosophes anciens ne parlent pas ou peu d’initiation, hormis peut-être Platon avec son enseignement initiatique de la caverne, et certainement Pythagore. Quant aux philosophes modernes, ils la rejettent en bloc.
L’initiation est au cœur de la FM, chaque grade a son initiation propre, correspondant à son niveau d’enseignement. Ces initiations se doivent d’être cachées car elles doivent être préparées par un enseignement adéquat, et vécues, c’est le seul moyen d’être prêt pour recevoir et comprendre les mystères associés.   
Les initiés sont non seulement des modèles de sagesse et d’exemplarité mais sont surtout les pères d’enseignements qui font partie du patrimoine génétique de la FM. Ils sont ainsi des grands initiés de la FM, comme par exemple :
Moïse qui nous a laissé les fondements de notre morale.
Pythagore, un initié philosophe, qui nous a légué l’importance de l’homme qu’il plaçait au centre (déjà l’humanisme), en prônant une éthique fondée sur l’harmonie de l’univers et de l’homme.
Socrate, un autre initié philosophe, qui nous enseigne à ne rien prendre pour acquis, à nous poser des questions, à examiner tous les points de vue. Cette ironie socratique débouchait sur la maïeutique afin de faire accoucher les vérités qui se trouvent en chacun de nous. Il nous enseigne ainsi à aller chercher en soi la vérité.
Jésus, qui nous en enseigné l’amour et la fraternité.
Lao-Tseu, en tant qu’ancêtre du Taoïsme, qui nous enseigne la recherche de la sagesse à travers l’harmonie. Harmonie qui se trouve en plaçant son cœur et son esprit dans la Voie (le Tao), c’est-à-dire dans la même voie que la nature.
Tous ces grands initiés appartiennent à la chaîne ésotérique. Ils ont diffusé des messages exotériques connus de tous, et des enseignements ésotériques qui se dispensaient après une initiation. R.G a ressuscité la Tradition au 20ème siècle, et lui a redonné ses lettres de noblesses. Il a même tenté de ressusciter l’ésotérisme chrétien, et constatant sa disparition, il s’est tourné vers d’autres ésotérismes, d’abord celui de l’hindouisme, puis le soufisme. Sa conclusion a été qu’en occident, seule la FM portait encore en elle la Tradition et l’Initiation, même si cette Tradition était transmise sans être complètement comprise.
A la différence de R.G, la FM ne croit pas à une Tradition complètement figée, repliée sur son passé, opposée au progrès de l’humanité. Au contraire, la FM participe à son évolution par l’évolution de chacun de ses membres, eux-mêmes oeuvrant par exemplarité dans le monde profane, afin de libérer l’Homme de tous ses asservissements.
La FM n’est pas une religion mais un ésotérisme, celui que l’on trouvait autrefois niché dans les religions. La FM n’a pas ses propres grands initiés, mais elle a hérité de la Tradition et de ses initiations dans ses différents grades. La FM, comme l’ésotérisme, permettent le perfectionnement initiatique de l’homme pour le faire progresser sur le chemin de la connaissance. L’ésotérisme et la FM ont des racines communes. En ce sens la FM perpétue la chaîne initiatique qui est mise à mal par les temps modernes.
Si la FM partage l’humanisme, et un peu la morale, avec la philosophie, elle procède de l’ésotérisme. Mais là où elle diffère des deux, c’est d’abord sur la méthode pour atteindre ses buts, et ensuite sur la place que tient la fraternité.
La Méthode
Pour les philosophes, la démarche est individuelle, liée à un homme (un homme = un système de pensée), il n’existe de système si ce n’est celui du philosophe qui l’a inventé.
Si la philosophie peut être un art de vivre pour les plus grands philosophes, elle est souvent une discipline théorique sans portée pratique en tant que recherche de la sagesse, qui s’adresse à l’individu plutôt qu’à la communauté. Dans ce cas, la philosophie se comprend comme un travail critique. Elle a pour but de créer de nouvelles certitudes et de corriger les fausses évidences, les illusions et erreurs du sens commun ou de la philosophie elle-même.
La philosophie est souvent définie comme un travail sur les concepts et notions, un travail de création de concepts permettant de comprendre le réel, de distinguer les objets les uns des autres et de les
analyser, mais aussi un travail d'analyse des concepts et de leurs ambiguïtés. Enfin, la philosophie est une discipline déductive et rationnelle. Elle n'est pas simple intuition ou impression subjective, mais demeure inséparable de la volonté de démontrer par des arguments et déductions ce qu’elle avance : elle est volonté de rationalité.
Les seuls philosophes qui avaient une méthode qui s’approche de celle de la FM sont les anciens car ils dispensaient leur enseignement dans des écoles (l’Hémicycle de Pythagore, l’Académie de Platon ou le Lycée d’Aristote), à la grande différence, à quelques exceptions près, des modernes qui ont plutôt des « groupies ». Ces anciens vivaient leur philosophie comme mode de vie, tel Socrate qui est allé jusqu’au sacrifice suprême. On pourrait aussi citer les Scholastiques du moyen age, après le 9ème siècle, qui grâce à Charlemagne ont créé des écoles à sa cour puis des universités à partir du 12ème siècle pour dispenser leurs enseignements, qui étaient en quelque sorte une méthode.
Si la philosophie n’est pas seulement une aventure, si elle est aussi un travail qui ne va pas sans efforts, sans lecture, sans outils, mais ce n’est pas une « méthode philosophique » comme la méthode expérimentale de la physique.
Selon la voie ésotérique, l’école ou le maître ont pour fonction la transmission de la tradition à travers l’initiation, qui doit permettre l’épanouissement spirituel. Cette transmission se faisait par un enseignement progressif adapté à la faculté de l’élève et une pratique telle l’ascèse, la mendicité, la méditation, les exercices (yoga, tantrisme, dance derviche, etc.). C’est ce qui constitue la méthode de l’ésotérisme.
Mais la méthode de la FM est tout autre. Elle est a-dogmatique, elle n’impose rien, ni le refus ni l’acceptation de quelque doctrine que ce soit, ce n’est pas une orientation idéologique. Car la FM « n’impose aucune limite à la recherche de la vérité » pour lutter contre l’ignorance et pour le bonheur de l’humanité, en s’ouvrant à toute spiritualité.
La seule foi est celle en l’homme et en un Grand Architecte. C’est une méthode ancestrale d’éveil de la conscience, sans s’isoler ou s’opposer au monde, sans mettre l’accent sur le soi, mais sur l’autre, en « mettant de l’autre dans son regard », selon Levinas.
De quoi est-elle composée :
- du rite, le Rite Ecossais Ancien et Accepté qui réduit l’écart entre la pensée et l’action, pour transmettre la vitalité de l’esprit et la discipline du faire.
- de déclarations : définitions, objectifs, principes, etc.
- d’un outillage : le symbolisme et la mythologie pour comprendre et progresser vers le niveau supérieur de connaissance et de sagesse.
La méthode maçonnique c’est sortir du temple, c'est-à-dire agir dans la cité. «Agir», pour faire évoluer et faire progresser le monde spirituellement de manière humaniste. «Dans la cité», pour atteindre tout le monde, pas seulement quelques initiés ou intellectuels. Tout cela n’est possible que si chacun prend le chemin du travail, et ne se renferme pas dans une réflexion théorique et intellectuelle. La méthode est donc aussi l’action par le Travail.
Ce n’est pas parce que la FM se cherche encore pour trouver ses leviers d’action dans ce monde moderne qu’il faut oublier cet objectif fondamental. C’est comme l’évolution des espèces, seules survivent celles qui s’adaptent. Ainsi la méthode maçonnique doit évoluer pour atteindre les objectifs, qui eux restent pérennes. Si les FM ont pu influencer des lois, il s’agit aujourd’hui dans ce monde où tout bouge, où les repères s’estompent, dans une grande cacophonie, de savoir non seulement faire découvrir les objectifs de la FM, qui donnent le sens de la vie, mais aussi un moyen de les atteindre. De même que la tradition a su s’enrichir avec le temps, il doit en être de même avec la méthode maçonnique. Et ce ne sont ni les philosophes, ni l’ésotérisme qui apporteront la solution, c’est la FM qui propose un chemin qui, tout en puisant dans la force du passé, construit celle de l’avenir.
La fraternité
Mais la grande différence entre la méthode maçonnique et celles de la Philosophie et de l’Esotérisme est la fraternité. La FM ne se définit-elle pas comme un ordre initiatique traditionnel et universel basé sur la fraternité ?
Bien au-delà de la philosophie et de l’ésotérisme, la FM est restée une des seules, sinon la seule organisation à mettre la fraternité au service du développement et de la libération de l’homme. Non pas en traitant la libération comme une utopie philosophique, ni comme une extase ésotérique et encore moins comme un salut religieux.
Dans la Tradition, l'idée de fraternité était conjointe de l'idée de filiation. Nous étions frères parce que nous étions fils, les fils de Dieu. Pour la raison que nous étions les enfants d'une grande famille, une famille qui se déployait sur la terre, unie par un semblable destin, nous nous devions naturellement aide et secours. Le Père, qui avait donné la vie par amour, était le ciment de cette fraternité universelle. Les hommes bénéficiaient tous du même don à l'origine : leur nature humaine et sa dimension spirituelle. De là, la force particulière que prenaient dans la pensée chrétienne les notions de dignité humaine et d'égalité entre les hommes. Non qu'on ne puisse nier les inégalités circonstancielles, mais ce qui unissait alors les sociétés était la recherche d'un bien commun, ce qui signifiait qu'une cité, qu'un pays étaient des organisations unifiées par une finalité identique, à la fois celle de chacun et celle de tous. « La cité est une communauté de semblables, et qui a pour fin la vie la meilleure possible »écrivait déjà Aristote dans Politique.
Le Nouveau Testament n'allait faire qu'amplifier le sentiment de respect et de sollicitude qu'il nous était recommandé de vouer à autrui, cet être qui ne devait pas être considéré comme autre mais comme proche, un prochain que l'on avait le devoir d'aimer comme soi-même. La notion de fraternité n'était donc pas limitée à la fratrie familiale mais à la fratrie humaine dans son ensemble, c'est-à-dire à tous les autres, eu égard à leur ressemblance avec nous-mêmes. Nous n'étions plus seulement des semblables mais des proches. Ainsi la communauté humaine était-elle envisagée comme une communauté d'amour.
Puis, les temps ont changé et, du communautaire, nous sommes passés, après la Révolution française, au collectif. Dieu était mort ou moribond, et les fils, n'ayant plus de Père, n'avaient plus de frères, mais des contemporains, des égaux, des semblables. La société des hommes était relayée par la société des citoyens. Si le mot de fraternité fut conservé, c’est en fait le mot solidarité qui semblait le mieux adapté à cette idée neuve de communautarisme, ce qui laissait sous-entendre que la vie de la personne devait progressivement s'effacer derrière le collectif. Du lien affectif entre les enfants d'une même famille, on bascule dans un sentimentalisme de solidarité, d'amitié qui ne s'instaure plus au sein d'une communauté familiale mais se targue d'être une union d'hommes étendue aux membres d'une association civile anonyme, d'une confrérie aux multiples tentacules, voire à une nation. Au lieu d'être tournées les unes vers les autres, les sociétés portaient leur regard vers l'oeuvre commune, au point que la communauté d'amour devenait une communauté d'intérêt qui s'adressait à des individus et était, par la force des choses, plus sélective. C’est alors qu’apparaissent et se développent les associations, les cercles, les groupes, les corporations, les confréries etc.
La FM moderne, née dans ce 18ème siècle, a pris le flambeau de cette fraternité traditionnelle, en l’enrichissant. Avec le REAA, elle lui a ajouté la dimension libératrice de l’homme pour lui-même, c’est-à-dire sans remplacer une aliénation par une autre. Aliénation qui avait pris de nombreuses formes : l’esclavage, le fanatisme religieux, la dictature politique, la loi du plus fort, etc. avec toujours le même objectif de contrôler l’Autre, pour lui enlever son libre arbitre et sa liberté. Si le siècle des lumières a libéré l’homme en lui permettant d’accéder à la connaissance, la FM lui a ouvert un horizon supérieur : permettre à l’homme de se développer, notamment spirituellement par la connaissance
La FM est la gardienne de cette idée de fraternité traditionnelle et universelle, celle qui n’aliène pas, qui ne disparaîtra pas : d'abord parce qu'elle est en soi une aspiration profonde de chacun vers cet autre qui peut être, tout autant, le semblable que le différent, l'inconnu que le familier, le proche que le lointain. Ensuite, parce qu'elle est le lien qui relie ce que la vie tente de séparer ; et aussi parce que ce qui fonde la fraternité n'est, ni plus, ni moins, ce que l'on partage : la famille, la patrie, les souvenirs, le passé. Et enfin parce qu’elle permet à l’homme d’avancer sur son chemin initiatique, ou celui de la recherche de soi-même sans se perdre ou s’égarer.
Conclusion
En conclusion de cette recherche, j’en retiens que si la philosophie et l’ésotérisme ont alimenté la FM, les apparentes similitudes de pensée cachent de profondes différences.
Deux familles de philosophes ont une affinité particulière avec la FM, celle des philosophes anciens grecs, et celle des philosophes des lumières. Mais la vague des philosophes du 20ème siècle avec Husserl, Heidegger, Levinas, Derrida, et d’autres qui, en critiquant la Raison à la manière où la physique quantique remet en cause la physique traditionnelle, ouvrira peut-être une nouvelle perspective pour, comme le dit Heidegger, « clore la parenthèse ouverte par Platon ». Aussi révolutionnaire soit-elle, cette vague me semble lointaine de la FM.
Ainsi retenons surtout de la philosophie ce que dit André Conte-Sponville ; « Philosopher c’est penser par soi-même, mais nul n’y parvient convenablement qu’en s’appuyant d’abord sur la pensée des autres, et spécialement celle des grands philosophes du passé ». En effet nous avons besoin de revenir à nos références culturelles, nous avons besoin d’une référence à un modèle, la recherche d’un ancrage, ne serait-ce que pour avoir un point de départ.
Il est vrai aussi que par leurs questions et réponses, les philosophes contribuent aussi à l’amélioration de l’humanité, comme le partage du savoir lors du siècle des lumières : ils ont éclairé une partie du chemin. Ils peuvent aussi être source de vraies interrogations sur sa vie. La philosophie peut ainsi apporter non seulement un questionnement, mais aussi des orientations de pensée à ceux qui en ont besoin, en recherche à certains moments de la vie. En cela, elle peut être source de vie, voire un mode ou un art de vivre. Oui, mais sur le chemin profane, pas ou peu sur le chemin spirituel, domaine sortant du champ philosophique.
Il ne s’agit pas dans ce propos de critiquer la philosophie, au contraire. Mais la FM n’est pas la philosophie, sinon nous aurions pour définition de la FM dans la constitution de la GLDF : «ordre philosophique » et non « ordre initiatique ». Ce n’est pas parce que la FM puise dans la philosophie qu’elle doit pour cela devenir un cercle philosophique, objets de débats, voire de joutes intellectuelles, aussi brillantes soient-elles : c’est un risque. La FM peut et doit vivre par elle-même sans avoir besoin sans cesse de se reposer sur les philosophes, même si les idées des grands philosophes sont de vraies sources d’inspiration et de réflexion. Que ces regards de la FM sur la philosophie, c’est-à-dire derrière nous, ne nous empêchent par d’agir devant nous.
L’ésotérisme, lui, propose une Voie, la voie de l’initiation et de la Tradition. En ce sens la FM est un ésotérisme, car il a pour objectif l’élévation de l’homme sur le chemin spirituel par un enseignement non profane, réservé à ceux qui peuvent le recevoir. Mais la FM est plus qu’un « ordre ésotérique », car elle propose aussi un exotérisme dans sa volonté de poursuivre l’œuvre commencée dans le temple. La FM va au dehors, elle cherche à éclairer le monde, car les FM sont les éclaireurs de l’humanité, ou devraient l’être. C’est l’aspect universaliste de la FM qui exerce une influence sur la civilisation par l’élévation spirituelle. Si l’ésotérisme cherche à élever l’homme individu, ceux qui peuvent être initiés, il ne cherche pas forcément à élever l’humanité. La voie de la FM complète donc celle de l’ésotérisme dans ses buts et dans ses moyens de les atteindre.
Ainsi la FM a une vocation et donc des objectifs distincts de ceux de la philosophie, de l’ésotérisme et de la religion. Mais la voie maçonnique, c’est aussi la méthode maçonnique, démarche traditionnelle d’accès à la connaissance, et par elle à la liberté. Elle est unique, car elle ne cherche pas à asservir qui que ce soit vers quelque but non avoué.
Ni la vocation de la FM, ni la méthode pour l’accomplir ne sauraient exister sans la fraternité qui est le moteur et le liant de l’ensemble. Rien ne pourrait avancer et se réaliser sans la fraternité universelle maçonnique, spécialement en dehors du temple. Rien ne serait cohérent, lié entre les hommes sans cette fraternité.
La vocation de la FM est spirituelle (c’est son côté ésotérique) avec une exigence humaniste (c’est son côté philosophique) basé sur la fraternité (c’est son aspect unique et universel). La FM fait ainsi la synthèse de la philosophie et de l’ésotérisme, et elle les transcende.
Et la fraternité maçonnique est ce chaînon manquant, qui est le principe actif de la vocation maçonnique et de la méthode maçonnique qui constituent la Voie maçonnique.
A l’issue de cette planche, j’ai l’impression qu’en tentant d’apporter quelques réponses, davantage de questions ont été soulevées, que la réflexion ne fait que commencer, qu’il reste beaucoup à explorer, notamment sur les inter-relations entre la FM la philosophie et l’ésotérisme.

J’ai dit Vénérable maître.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu Mt 5, 38-48

12 Septembre 2013 , Rédigé par Saint Matthieu Publié dans #spiritualité

Comme les disciples s'étaient réunis autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Commentaire : un bon texte pour nos Frères séparés par toutes les obédiences qui prolifèrent dans le nouveau paysage maçonnique français : « aimez vos ennemis et priez pour eux… »

Lire la suite