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Le sang, chemin vers l'Eden

28 Août 2013 , Rédigé par M\ T\ Publié dans #Planches

 

Parmi les faisceaux de connaissances pouvant mener l'individu aux portes de l'initiation, ceux concernant le sang sont très discrets. Le court article qui va suivre ne tiendra pas compte des aspects polémiques de la question Nous n'aborderons pas le problème de la " contre initiation ", ceux que le sujet intéresse se tourneront vers GUENON qui parait être meilleur expert. Cependant nous utiliserons les avis d'auteurs théosophes, hermétistes ou martinistes avérés.

A. DES NOTIONS BIOLOGIQUES

Le sang est un liquide rouge qui circule dans les veines, les artères. les capillaires et qui irrigue tous les tissus de l'organisme auxquels il apporte des éléments nutritifs issus de la digestion et l'oxygène. De même, il recueille les déchets pour les conduire vers les organes éliminant (reins, poumons, peau). Le sang se compose de deux parties :

  • Une partie liquide : le plasma qui renferme l'eau, des sels minéraux, des vitamines, des enzymes, des hormones, des glucides, des lipides, des protides, les produits de la digestion, des déchets, des métabolismes.
  • Une partie en suspension : des cellules ou éléments figurés. Ce sont les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.

Du caractère biologique su Sang :

L'acide désoxyribonucléique (ADN) est le constituant essentiel des chromosomes du noyau cellulaire présent dans le sang. Les chromosomes contiennent nos gènes ; chaque cellule en contient 23 paires. Ils constituent toute notre mémoire depuis notre premier ancêtre jusqu'à nous.

B. QUELQUES NOTIONS BIBLIQUES

1. Un symbole de vie

(Ecq. 14,18) L'expression " La chair et le sang " suffit dans la Bible à désigner l'homme. La vie est si précieuse aux yeux de YAHWE que dès la première Alliance avec NOË il proclame que celui qui répand le sang devra répondre du sien car " Il a créé l'homme à son image et à sa ressemblance " (Gn 9, 5-6). Répandre le sang d'un innocent jusqu'à nos jours est un crime. Mais YAHWE a tellement horreur des " hommes de sang " que même le roi DAVID se voit refuser l'honneur et le droit de construire le TEMPLE non pas pour avoir versé en abondance le sang de ses ennemis mais pour avoir injustement versé celui d'un seul innocent (I Chr 22,8).

2. Un symbole d'épouvante

(Ex 7,17,19-20) Le Nil charriant le sang fut l'une des plus terribles plaies d'Egypte. Mais que dire des visions d'apocalypse où " la lune ", " le tiers de la mer " ou encore " les mers, les fleuves, les sources " se transforment en sang (Ap. 6,12) (Ap 88) (Ap 16,3-4).

3. Le sang comme un interdit alimentaire

Toute vie appartient à Dieu. Toutefois NOË est autorisé à disposer de la vie des animaux pour se nourrir seulement si auparavant la chair est saignée et vidée car " L'âme de la chair est dans le sang " (Gn 9, 3-4). En effet, nous verrons plus loin que dans le sang réside le mercure spécifique de l’espèce.

4. Un agent Purificateur et Alliance

La circoncision a un rôle purificateur. Ce rite sanglant à la particularité d'imprimer dans le corps du fidèle la marque de l'Alliance (Ex 4, 2-26). Ce rôle purificateur est illustré par Çippora qui dira à son fils " tu es pour moi un époux de sang " évitant grâce à la circoncision l'inceste avec lui. Il est intéressant de souligner à ce propos une des positions de la psychanalyse moderne illustrée par Germain Dieterhem " La force vitale (i.e. éros ou libido) véhiculée par le sang ne doit pas être confondue en tant que phénomène avec des notions de souillures et d'impuretés en ce sens que cette souillure et cet impur ne viennent pas de l'extérieur mais de la fuite effective vers l'extérieur de cette "force vitale" intérieure ". Plus loin Germain Dieterhem poursuit : " Les forces qui sont en action si elles ne se dirigent pas exactement dans le sens prescrit échappent au sacrifiant et au prêtre et elles se retournent contre eux, terribles ".

5. Les rites sacrificiels

Dans les anciens rites sacrificiels, le prêtre aspergeait de sang l'Autel, le faisait couler sur les parois ou sur les cornes. Moise pratiqua de la sorte pour consacrer Aaron comme grand prêtre (Ex 29,21). Lorsque EZECHIEL lors d'une vision voit la gloire de YHVH pénétrer le TEMPLE, le prophète reçu des instructions précises pour la consécration du sanctuaire par l'aspersion du sang (EZ 43, 18-20). " Sans effusion de sang il n'y a pas rémission de pêchés " (He 9,22). Cependant, depuis le sacrifice de l'AGNEAU accomplit de manière parfaite, les innombrables sacrifices de l'ancienne ALLIANCE sont caduques. La messe est un sacrifice qui intègre la notion d’immolation. En effet, le Sacrifice du Christ récapitule, intègre et transcende tous les sacrifices de l’ancienne Alliance :

  • oblation (minha) : offrande des prémices de la terre (galettes de farine, d’huile et d’encens) dont une partie était brûlée (consacrée) et le reste consommé par les Prêtres. La forme la plus connue est le rite des 12 pains de proposition (Iehem panim) représentant les 12 tribus d’Israël. Ces pains étaient déposés dans le Temple et on brûlait dessus un peu d’encens. Ils étaient renouvelés chaque sabbat et les anciens pains étaient mangés par les Prêtres.
  • l’holocauste (olah) : (Lev 9,17 No 28,34 Ex 29,42 Ez 46,13 Ez 29,39) le mot grec signifie " entièrement brûlé ". La victime (taureau ou bouvillon) après avoir été saignée, était intégralement brûlée par le feu (en hébreux alah signifie " monter ") sur l’autel (consécration et offrande à Dieu). Le sang de la victime était répandue aux quatre coins de l’autel. L’animal était substitué à l’homme par le rite préliminaire de la sémikha (imposition de la main de l’offrant sur la tête de la victime). Cela signifiait que l’offrant se rattachait et s’offrait à Dieu .
  • le sacrifice de paix (zebah shelaminm) : (Ex 23,18 34,25) sous trois espèces, c’est un sacrifice de communion avec Dieu pour les grandes solennités. Le sang et les graisses de la victime étaient immolé et le reste servait de nourriture aux fidèles et aux prêtres. Une espèce est la zebah todah (sacrifice de louange ou d’action de grâce) que l’on retrouve dans la Messe sous la forme d’Eucharistie : après des chants d’action de grâce, immolation de la victime avec circumambulation autour de l’autel puis offre de pains et libations de vin dans une coupe appelée " coupe du salut ".
  • hattat : rite de purification et d’expiation pour le péché. Imposition des mains sur la victime et une partie brûlée et l’autre consommée par les prêtres. On retrouve le " bouc émissaire " vêtu de rouge (couleur symbolique du péché) pour les péchés du prêtre et du peuple.

C. ETHNOLOGIE VAUDOU : LE SANG

La vision occidentale et judéo-chrétienne du monde est une singularité parmi tant d'autres. Par exemple dans l'ancien Dahomey (actuellement le Benin) berceau du Vaudou que représente le sang ? Géographiquement et historiquement le Vaudou est originaire des plateaux d'Abomey à 200 km du port de Cotonou à l'intérieur des terres.

1. Le sang : fluide par excellence

Le sorcier, le guérisseur, le charlatan béninois quelque soit son niveau de connaissance occulte réelle, lorsque vous le consultez vous demandera une kyrielle de fournitures. Immanquablement sur la liste figurera un animal vivant dont le sang sera répandu en offrande aux différentes divinités concernées par votre problème. Selon les sacrificateurs vaudou, le sang contiendrait un mystérieux élément liant le visible à l'invisible et de ce fait, est capable d'obliger ou du moins de disposer les interlocuteurs invisibles à " prêter davantage l'oreille ". Cette thèse avait été soulignée par GUENON qui pensait à propos de certains aspects du sang qu'il " constitue effectivement l'un des liens de l'organisme corporel avec l'état subtil de l'être vivant… l'état subtil est lié à l'état corporel de deux façon différentes et complémentaires, par le sang, quant à la qualité calorique, et par le système nerveux quant à la qualité lumineuse ". La recherche de ce fluide mystérieux pour les rites vaudou explique les sacrifices humains qui eurent cours jusqu'à son abolition aux environs des années 1868.

2. Les mots de pouvoir dans le vaudou

Dans les rites vaudou les incantations contiennent en elles-mêmes :

  • Le sens de leur destination, c'est le sens littéral.
  • Leur mode d'activation grâce à l'altération vocale particulière du sens littéral.
  • L'indication de l'élément végétal qui est l'agent médian.
  • L'indication de l'animal correspondant dont le sang conduit au changement de niveau vibratoire.

Seul le tour de main reste secret et fait l'objet d'une transmission orale au sein des couvents vaudou.

D. LES VERTUS DU SANG

Au risque de répétitions, le sang grâce à sa conscience nous garde vivant. Il véhicule l'âme de notre chair la NEFESH hébraïque dont le départ entraîne la mort. Il transmet la chaleur dans tout le corps. Il connaît intimement tous les recoins du corps. Il imprime en sa mémoire toutes nos passions, nos vertus, de même qu’il contient déjà celles de nos innombrables ancêtres. Mais il est bien plus encore je veux suivre en cela 0.V. de MILLOZ de LUBICZ sur ce point que " Le sang est proche parent du feu et de la lumière ; au même degré qu'eux il résulte de la transmutation instantanée de la lumière incorporelle ". Le sang est la " Lumière des hommes " et les siens ne l’ont pas connue. C’est pourquoi il est dit " que le royaume des cieux appartient aux simples d’esprit et aux enfants ".

E. LE SANG ESOTÉRIQUE

1. Le symbolisme

(Gn 2, 10-14) Un fleuve sort du jardin de l'EDEN et se divise en quatre bras :

  • Le 1er s'appelle le PISHÔN, il contourne tout le pays de HAVILA où il y a l'or pur et là se trouve le bdellium, la pierre de cornaline.
  • Le 2éme est le GIHÔN contourne le pays de Kush.
  • Le 3éme le TIGRE coule à l'Orient d'Assur.
  • Le 4éme l'EUPHRATE.

Au-delà du sens littéral, on peut y voir un sens symbolique, notamment au niveau des couleurs. Rappelons que les anciens distinguaient quatre principaux tempéraments définis suivant la prédominance dans l'organisme des quatre humeurs dont les natures sont :

  • la lymphe : de couleur blanche et de caractère lunaire. C'est un élément de substantiation.
  • le sang : de couleur rouge est de caractère solaire, c'est un élément d'animation et de vitalisation. Il est aussi élément de substantiation.
  • la bile : de couleur verte et de caractère corrosive. C'est un élément de séparation.
  • l'atrabile : de couleur noire. C'est un élément de contraction

La lymphe et le sang sont de caractère altruiste. Le sang est confiant, généreux et régénérateur. La lymphe est la nourrice du corps entier. Au moindre danger pour l'organisme, elle est prête à sacrifier ses leucocytes. La bile et l'atrabile sont deux serviteurs de la volonté égoïste du moi. Comme l'Eden, le corps humain lui aussi est baigné par un fleuve qui se divise en quatre bras. Personnellement, j’établerai la correspondance suivante :

  • le Pishôn est le sang,
  • le Gihôn est l'atrabile,
  • le Tigre est la lymphe,
  • l'Euphrate est la bile.

Mais de l'EDEN l'homme n'a plus de souvenir sauf une très vague nostalgie qui se manifeste par un mal-être persistant.

2. Porte d'Eden et porte du cœur

(Gn 3, 24) " Il (i.e. YHVH Dieu) bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Eden les Chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie ". (traduction de la Bible de Jérusalem). Voici une autre traduction de E. DHORME : " Il chassa l'homme et il installa à l'ORIENT du jardin d'Eden les Chérubins et la flamme tournoyante de l'épée pour garder la route de l'arbre de vie ". Je vous livre un commentaire sur ce verset du livre de Nachash : " Il chassa l'être adamique devenu étranger à son ancien milieu et pèlerin dans son nouveau ; puis pour défendre le milieu organique (privilégié), il établit fortement un ensemble de puissances destructrices tirées de son centre vivant : les KEROUBIM, par essence Feu vivant et dévorant en perpétuel mouvement autour de ce centre et chargés de l'opposer à tout accès vers la substance de vie ". En méditant ces trois extraits, on pourrait déduire ceci : L'être adamique (la conscience de l'homme rouge) devint inconscient de son propre ORIENT (centre = source de vie) afin de défendre le milieu organique(jardin = appareil circulatoire) fut placé sous un contrôle réflexe très puissant dissuasif lors de toute tentative d'approche directe en provoquant par accélération cardiaque différents malaises allant du physique au psychologique. Voilà donc l'homme hors de son chez lui. MILOSZ nous fait cependant entrevoir un espoir car le sang " En se transformant en clarté physique, cette lumière devient également circulation, création de l'espace - matière organique (chair) " et par ce biais nous enseigne que contacter la conscience du sang est réalisable et favorise l’intégration de la lumière en nous. Cette entreprise n'est pas sans danger car les " CHÉRUBINS " ou " KÉROUBIM " veillent au seuil de l'Eden. Il ne faut pas perdre de vue que les fonctions de tous les gardiens du seuil sont doubles :

  • Celle de protéger de tout danger celui qui sollicite le passage lorsqu'il n'est pas prêt.
  • Celle de faire évoluer le pèlerin afin de le qualifier pour une prochaine tentative.

Cette double fonction dans le cas des KÉROUBIM se manifeste par le NOM. En effet, la structure de KEROUB (K R B ) contient les mêmes lettres que bârakah (B R K) signifiant bénir :

  • (B R K) : Force de bénédiction.
  • (K R B ) : Sévérité juste.

Tout retour de l'homme vers l’EDEN est conditionné par une transformation. L'ART ROYAL est une des voies possibles.

F. LA DIMENSION INITIATIQUE DU SANG

CESARE DELLA RIVIERA dans son texte " Accès à l'Antre de Mercure " écrit ceci :

· " Afin de t'éviter toute errance, il te convient d'abord de savoir que la terre, que nous foulons n'est pas le véritable élément terrestre… Tu ne peux par lui arriver au céleste DON ; mais à l'ORIENT tu trouveras une porte la plus ample et la majeure entre toutes celles qui, a ceci, nous donnent facilité... Une autre entrée, selon d'autre se trouve dans les grands monts de la LYBIE. Hermès, pareillement en désigne une en certaine partie de la Mer Rouge ".

Mais avant d'essayer de pénétrer dans ses grands monts de la LYBIE, remettons-nous en mémoire quelques notions sur l'ART le plus susceptible de nous conduire au but.

  1. SAVORET définit l'ART ROYAL en ces termes :

· " L'alchimie vraie, l'alchimie véritable est la connaissance des lois de la vie dans l'homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie adultérée ici bas par la chute adamique, peut recouvrir sa pureté, sa splendeur sa plénitude et ses prérogatives primordiales ; ceci dans l'homme moral s'appelle rédemption ou régénération, réincrudation dans l'homme physique ; purification dans la nature ".

L'alchimie enseigne les trois règnes sont modelés suivant les trois principes alchimiques :

  • Le sel, l'agent actif. Le sel est le feu.
  • Le mercure favorise la cohésion.
  • Le soufre qui porte l'âme la spécificité

L'importance du sel est telle qu'il est dit dans l'Evangile " Vous êtes le sel de la terre ". Les trois principales étapes de l'œuvre alchimique sont :

  • La mortification,
  • le SOLVE,
  • le COAGULA.

Très longtemps la mortification ou purification me fut incompréhensible. Elle consiste simplement en la distinction en nous-même de trois types de sensations. Dans l’homme normal ces sensations sont regroupées et intimement imbriquées dans un nébuleux chaos. Les trois sensations séparées et différenciées constituent la découverte des trois principes alchimiques en nous. Ceci est la vraie purification. Dès lors, toute conception morale et de culpabilité doit tomber. Tout ceci s'entend ORA et LABORA. Il n'est pas inutile de dire que le sel est un feu qui nous infuse durant notre recueillement dans la prière devant la porte de l'Eden : " Frappez et l'on vous ouvrira ". Vous pourrez lire (Ma,C 9,49) " Chacun en effet sera salé par le Feu " : c'est clair, le sel est le feu. Sur le plan opératif, la purification consiste en la prise de conscience par l'individu de chaque type de sensation innée dans chacun des organes internes que les anciens nommaient sous les vocables de grottes, monts, etc… Chaque organe étant la réflexion des planètes qui incarnent des fonctions du macrocosme, nous devons pouvoir par sympathie les connaître (Co-Naitre). Ceci est représenté dans notre rite par le chandelier à sept branches. " L'attention portée sur une partie du corps fait de cette partie un aimant d'ÉNERGIE, c'est elle qui est capable de donner cette plénitude de vie capable de surmonter la maladie, l'angoisse et l'anxiété lorsqu'elle est concentrée dans le cœur et même d'éveiller nos sens supérieurs. Le plus grand obstacle à la pénétration du feu ou sel est notre cerveau, c'est lui qui tue la présence à soi ". C'est ce que nous confie Schwaller de LUBICZ.

G. L'ARCANE DU SANG DANS L'ALCHIMIE INTERNE

L'extrait qui suit justifie à lui tout seul l'importance de l'alchimie interne. Schwaller de LUBICZ écrit en effet " La manifestation la plus tangible du monde des causes est celle des fonctions qui régissent notre existence. Ces fonctions se sont incarnées dans notre corps physique sous forme d'organes qui sont des spécifications de la conscience. Disons organes, disons planètes… parlons du cœur ou du soleil nous aurons simplement cité des manifestations fonctionnelles de la même vie ". Les anciens enseignaient les mêmes vérités. Ainsi le mot Orient que je rapportais de Cesare Della Riviera désigne le Cœur ou soleil tandis que le groupe de mots Mer rouge désigne lui, le sang.

1. Fil d'Ariane : Le Sang

Si les anciennes écoles initiatiques ne disent pas clairement les méthodes qu'ils enseignaient, ils nous les laissent entrevoir. Plus haut nous avons vu que le chemin de l'Eden était gardé par les K.R B. Nous ne pouvons donc aller au sang et au cœur directement. Nous savons :

  1. Que le c est un feu vivant.
  2. Que nous pouvons le tracter durant la prière donc nous en charger davantage.
  3. Que l'attention portée sur une partie du corps l'aimante.

Les anciens laissent entrevoir deux méthodes pour l’intégration du Mercure.

Première Méthode :

Le PRANAYAMA enseigne que l'air contient une force subtile, le PRÂNA. Nous savons aussi que la respiration profane permet de modifier le PH sanguin. Selon l'enseignement yogique, la concentration sur la force subtile cachée dans le souffle, constitue un moyen d'atteindre et de " purifier " le I . C'est ce qui fait dire dans le " de Pharmaco Catholico " : " Mercure s'appuie particulièrement sur les poumons à cause de l'élément air. Lui qui en tant qu'esprit envahit et pénètre les deux autres principes : c et Q , c’est à dire le corps et l'âme qui réunit et lie constamment au moyen de la chaleur naturelle ". Demandons-nous sur quoi doit agir le feu chez celui qui veut relâcher et transformer cette union ?

Deuxième Méthode :

Elle consiste à se concentrer sur le sang qui peut être atteint par le biais de la sensation de chaleur corporelle. Ceci est plus clairement expliqué par LUBICZ : " Il s'agit d'éprouver la vie comme une énergie chaude qui remplit le corps entier ". N’est pas ce que le V. M. nous suggère de faire lorsqu'il autorise le Ceryx muni d'une mèche allumée à accompagner le premier Mystagogue jusqu'à l'autel où se trouve le chandelier à sept branches ? Bernard de TREVISE dans son songe VERT parle d'une mer rouge parce qu'elle est du sang. Au-dessus flotte une île qui comprend sept royaumes où l'auteur est emmené par un " tourbillon ". Suivant J. BOHME, le feu de la vie humaine (Mercure spécifique) réside dans le sang mais un second sang (Mercure universel) doit s'insérer dans le sang humain irascible et dans le feu de la mort (allumé par la "chute"), pour le noyer. Ce feu de la mort ECKHARTSHAUSEN le nomme fervent de la mort et le spécifie encore sous le vocable de Gluten. Il est contenu dans le sang. C’est le mercure spécifique, celui de l’espèce. (Gn 2,12) Ce bdellium est présent avec l'or et l'onyx dans le pays que contourne le PISHON. A ce sujet GICHTEL me parait fulgurant de clarté en conseillant : " L'opération a lieu dans le cœur et ici la porte des cieux [ i e. des états occultes ] est frappé avec violence ... Et cela demande un travail acharné, une sueur de sang [ le " travail d'HERCULE " de la " séparation " ] ". Je pense que l'allusion est pour la séparation d'avec le Gluten Mais pourquoi dit-il juste après : " Parce qu’alors l’âme doit lutter contre Dieu [ pour se maintenir et ne pas " se dissoudre " dans la lumière] et contre les hommes [ pour dépasser en même temps la condition humaine ] ". L’enseignement hermétique répond que " traverser la Mer Rouge, c'est traverser les eaux de corruption, ces EAUX qui ne sont pas autre chose que CHRONOS " et on expliquait que " ce que Moise appelle Mer Rouge c'est le sang " et " dans le sang se trouve l'épée serpentée de flamme fait pour barrer l'accès à l'ARBRE DE VIE ". L'ART ROYAL permet donc une transformation dans le principe subtil du sang. Dans Jean XVII 22.23, Jésus dit : " Je leur ai donné et communiqué la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes, un en eux, et eux avec moi afin qu'ils soient parfaits dans l'unité ". Le Gluten, voilà l'ennemi à éliminer. Purifier l’âme humaine corrompue par ce Gluten présent dans le sang justifie l’expression qu'il n'y a pas de rémission sans effusion de sang. Ceci signifie donc sacrifier l'âme animale la NEFESH et partir à la " Queste du GRAAL ". C'est donc aller à la conquête du SANG DIVIN qui seul peut restaurer l'état édénique originel.

2. Combattre le Gluten

Par l'intermédiaire du rite d'initiation chevaleresque donc d'un pacte divin, était donné au chevalier le moyen de sublimer et éthérifier son sang. Il met ainsi en lumière la qualité la plus élevée et spirituelle de l'impétrant. Les moyens traditionnels fournis au chevalier pour exalter la spécificité de son sang, étaient les suivants :

  • le sens du sacrifice,
  • le culte de la vérité,
  • celui de la loyauté,
  • la vertu au sens virtus, c’est à dire force,
  • l'honneur non pas égoïste mais plutôt le sens très noble.

Ces moyens permettaient d'aspirer à une réalisation authentique. Le chevalier qui entreprenait une voie de purification héroïque et qui était prêt à sacrifier son propre sang parvenait ainsi à éliminer le gluten. Ce processus indique le sens du mot foi (i.e. Fides). C'est se conformer à une conception traditionnelle et faire qu'elle devienne Sang de son propre sang. Une fois cette conviction établie en vous alors seulement naîtra le sens de la responsabilité car elle sera le produit de votre conscience actuelle : le mal qui rend l'homme pêcheur n'étant pas dans l'acte même mais dans la transgression d'une conviction. Tous ne pouvant pas devenir chevalier, le Christ en instituant l'EUCHARISTIE conféra au prêtre un grand pouvoir. En effet, le prêtre, nous dit ECHARTSHAUSEN, est un séparateur de la nature pure d'avec la nature impure. Un séparateur de la substance qui contient tout, d'avec la matière destructible qui occasionne la douleur et la misère. Le sacrifice, ou ce qui a été séparé, consiste dans le pain et le vin :

  • le Pain est la substance qui contient tout,
  • le Vin est la substance qui vivifie tout.

Dans la claire compréhension de la CHAIR et du SANG de Jésus-Christ réside la vraie et pure connaissance de la régénération effective de l'homme. Le mystère de l'union avec Jésus-Christ, non seulement spirituellement mais aussi corporellement est le mystère suprême de l'ÉGLISE. DEVENIR UN avec lui en esprit et en être telle est la suprême réalisation. Concluons par (Jean 4, 21-23-24) : " Le temps vient, et il est déjà venu. Que les vrais adorateurs adoreront le PÈRE en ESPRIT et en VÉRITÉ car le PÈRE demande de tels adorateurs. DIEU est ESPRIT et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en ESPRIT et en VÉRITÉ ".

J’ai dit,

Source : www.ledifice.net

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Les secrets véritables des Maîtres Maçons : les mots substitués

27 Août 2013 , Rédigé par Alain BOUCHET – 1er Surv\ Publié dans #Planches

D. - Comment voyagent les Maîtres Maçons ? 
R. - de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient et par toute la terre 
D. - Dans quel but ? 
R. - pour chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière 
D. - Qu’est-ce qui a été perdu ? 
R. - les secrets véritables des Maîtres Maçons. 
D. – Comment ont-ils été perdus ? 
R.  par « Trois Grands Coups » qui ont causé la fin tragique de notre R\M\ HIRAM 
(Instruction au 3ème D\) 
Le mythe, qui voit dans la mort de HIRAM la perte des secrets véritables des Maît\ Maç\ nous invite donc à rechercher ce qu’est le secret de la F\M\ et ce sujet est un des éléments de base sur lequel s’édifie notre quête Maç\. 
Cette soi-disant perte est un symbole mystérieux et je ne prétends pas retrouver quoi que ce soit … mais on peut toujours en parler entre nous. 


I. De la nécessité du mythe et son contexte 
II. De l’outil au Logos 
III. Chercher ce qui a été perdu 
IV. Les mots forcément substitués 

I. De la nécessité du mythe et son contexte. 

Ainsi donc, l’histoire commence par un deuil qui est la conséquence d’un meurtre, c’est dire que l’ambiance générale est à la tristesse et que les MM\ MM\ présents épanchent leur chagrin par des larmes libératrices. 
Le T\V\M\déplore, en parlant de Hiram, que « hélas, lui seul possédait le secret de l’œuvre en cours d’exécution ». Voilà le problème posé. Aussitôt le T\V\M\ pense à « l’après Hiram » et il interroge « qui oserait maintenant se présenter pour lui succéder ? ». 
La réponse viendra plus tard mais déjà par cette question, à ce moment-là, les FF\ sont invités à ne pas s’apitoyer sur eux-même. D’ailleurs le T\V\M\ intervient sur le plan moral par cette injonction « ne perdons pas courage » et il indique la conduite à tenir dans l’immédiat : 
- « arracher les restes à ses meurtriers », il est pragmatique 
- « rendre les honneurs funèbres à sa dépouille »  : pour le respect et la dignité dus au défunt enfin, pour ouvrir le champ des possibles, tout cela avec dit-il « l’espoir de recueillir quelques traces de sa science ». 
Outre le chagrin, quelles sont les émotions qui habitent les FF\ à ce moment-là ? Quel est leur état d’esprit ? 
Vraisemblablement ressentent-ils la colère et la révolte, l’incompréhension, le dégoût, le désir de justice qui mène à la recherche des coupables - avec un désir de vengeance ? 
Car après avoir été capturés les meurtriers subissaient, d’après la loi de cette époque, le châtiment suprême pour venger le défunt et sa famille. 
Nous connaissons la suite et la fin de l’histoire qui nous amène sur un tout autre plan que celui de considérations matérielles, obscures, brutales et bornées. 
Mais revenons sur le chantier à la tombée de la nuit de cette journée-là. 
Hiram resté seul dans l’enceinte du temple reçoit deux coups puis un troisième qui est fatal. Il pouvait sauver sa vie en satisfaisant la volonté de ses agresseurs mais il choisit « la mort plutôt que de violer le Secret qui lui a été confié ». Cette mort ressemble donc à un sacrifice, un de plus dans la longue histoire des mythes à travers les époques. Hiram reste fidèle à son engagement, à ses idéaux. 
Quant au comportement des Comp\, il est moins clair. 
En effet, ils accumulent ce qui ressemble à des erreurs. Pourquoi avoir enseveli le corps si près du lieu du crime ? Pourquoi planter un Acacia en ce lieu ? lequel des trois Comp\ a eu cette idée, quel était son dessein ? 
En laissant de tels indices, ils donnent l’impression de vouloir être retrouvés. 
Et cela arrange bien les chercheurs que nous sommes. 
Alors, que savons-nous ?! 
Nous disons que Hiram a respecté ses serments solennels jusqu’au sacrifice. En sommes-nous sûrs ? Et si le mythe nous mentait ? Et si Hiram avait parlé ? 
C’est une hypothèse, pas une provocation. 
Un autre départ serait alors que les Comp\ se retrouveraient très embarrassés avec de bien encombrants secrets. En effet, en tant que créateur de l’œuvre, Hiram avait en tête la totalité de son projet architectural. Les Comp\, eux, n’avaient qu’une connaissance fragmentaire et imparfaite des plans et de l’idée « divine » détenue par Hiram puisque ces Comp\ n’étaient que des exécutants. Ils auraient été reçus avec les MM\. Qu’auraient-ils faits ? Qu’auraient-ils dits ? Combien de temps auraient-ils tenu sans être démasqués ? 
Mais la vérité est que Hiram n’a rien révélé et qu’il a été mortellement privé de la parole, ce qui nous pénalise, nous les MM\ MM\. Intuitivement nous comprenons que Hiram était au service du bien. Il était un homme bon, animé par un « esprit divin » au contraire des Comp\ que l’ignorance, le mensonge et l’ambition rendaient dépendants de l’esprit du mal. 
Cet esprit cherchait à ravir la puissance du premier pour prendre sa place. Et temporairement, le mal l’a emporté. 
Et que déplorons-nous le plus ? La perte de secrets ou le fait que les mauvais Comp\, en assassinant Hiram sont parvenus à détruire l’esprit d’harmonie qu’il symbolisait ? 
C’est en quelque sorte une mort libératrice mais qui condamne les MM\ MM\ à la liberté. 
Il est bien entendu nécessaire que Hiram meurt. Avec ou sans mauvais Comp\, le temple n’aurait-il pas été achevé ? 
Il faut se rappeler que deux autres personnes détiennent les clés du savoir et d’une certaine Connaissance. Il s’agit des deux Rois : Salomon et Hiram Roi de Tyr qui, de par leur fonction royale sont investis de pouvoirs particuliers. Ils forment un tri-magistère qui organise le chantier et s’assure du bon déroulement des travaux. 
Mais sans la mort de Hiram nous aurions été privés d’une histoire édifiante, édifiante dans le sens d’élévation spirituelle. 
De nombreux mythes sur la condition humaine rendent nécessaire la désobéissance, la révolte ou la transgression face à une autorité toute puissante.
Dans l’histoire biblique du commencement, Adam et Eve passent outre un commandement divin et ils acquièrent indûment la connaissance du Bien et du Mal. Cela provoque un changement d’état et de plan de conscience ce qui les rend semblables aux dieux (au pluriel). 
Nous comprenons que nos besoins physiques primaires (biologiques) et psychiques nous lient par leur fonctionnement automatique. Par la transgression nous avons la faculté de nous en affranchir sans pour autant nous en abstraire, ce qui serait un non-sens. 
Plus tard, Moïse brisera les Tables de la Loi et plus tard encore Judas trahira Jésus. Pour ne citer que ceux-là car les rebellions sont nombreuses dans les Ecritures. 
Des récits représentatifs émanent d’autres cultures, je pense au mythe d’Isis et d’Osiris que je n’aborde pas non pas par désintérêt mais parce que je me sens plus à l’aise dans le domaine judéo-chrétien. 
Et malgré la mort du Maît\, paradoxalement, l’édifice sera achevé. 
II. De l’outil au Logos 

Ce paradoxe permet d’aborder les divers aspects de la Parole qui est l’outil qui donne forme au récit, que les mots habillent et que le nom désigne. 
Tout d’abord, la Parole véhiculerait-elle des secrets que nous ignorons pour n’en avoir pas conscience ou par ignorance ? 
Les trois premiers chapitres de la Genèse nous livrent quelques clés pour comprendre le processus de création par Dieu et Adam. 
Au commencement, Dieu sépare la lumière et les ténèbres. Il appelle la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Le fait de nommer organise le temps par séparation et spécification. 
Ensuite Dieu crée l’homme à son image, ainsi que la femme. 
La divinité crée par le pouvoir et la force de la Parole sur une Terre informe et vide. Aucun témoin n’intervient dans cette première étape qui symbolise l’état d’inconscience du monde. 
Dans le chapitre II, Dieu modèle les bêtes sauvages et confie à Adam le soin de les nommer. Adam est ainsi préparé à prendre conscience de son environnement. 
Le chapitre III voit Adam et Eve émerger dans le conscient. Le serpent, nouvel acteur, entre en jeu et il dialogue avec Eve pour lui proposer de manger le fruit défendu. Celle-ci accepte et en offre à Adam qui reste étrangement silencieux. 
C’est ainsi que le couple entre dans le monde du langage et de l’expérience au prix d’importantes modifications de leur état primordial. Mais l’homme conserve le souvenir de son ancien pouvoir - celui de nommer - et qu’il vient de perdre en étant chassé du Paradis. 
Dans les Traditions Egyptiennes et bibliques, seuls certains prêtres connaissent le secret du nom divin et ont le pouvoir de le prononcer. A condition toutefois de savoir le prononcer correctement sinon la mort frappera l’imprudent. 
Paroles et mots servent jusqu’ici à nommer des individualités : Dieu, homme, animaux ou objets dans un but métaphysique le plus souvent. 
La parole est aussi utilisée socialement pour satisfaire des obligations politiques ou religieuses. La Grèce antique a vu l’éclosion de nombreuses écoles qui exaltaient la puissance de la parole. Celle-ci parfois coupée de la réalité proposait d’accéder à une connaissance logique et désincarnée. Son apprentissage vise l’efficacité et ne nécessite ni connaissance de soi, ni connaissance de l’autre car seule l’intellectualisation du langage est recherchée. 
Ces philosophies qui conviennent au monde profane vont à l’encontre de ce que nous imaginons en Maç\ car pour nous elles sont source d’ignorance. 
Les secrets véritables qui ont été perdus ne sont pas du même ordre. Les mauvais Comp\ pensaient qu’ils relevaient de la communication d’un savoir alors que notre recherche se place sur le plan de la Connaissance synonyme ici de qualité d’être
Je m’arrête aussi sur l’épisode Babylonien représentatif des dangers du langage soi-disant unique. 
Cette légende nous dit que Noé et les siens ont bâti une ville et une tour dont le sommet atteint le ciel. Leur but est de s’installer durablement et de ne pas disperser leur force. Ils parlent tous la même langue, sont unis et réussissent dans leurs entreprises. 
La manifestation de cet orgueil déplaît à Dieu qui les disperse sur toute la surface de la terre car, dit-il, « tout ce que les hommes entreprennentensemble leur réussit ». 
Ce pourrait être une bonne chose mais connaissant les hommes, n’est-ce pas là plutôt une illustration du risque totalitaire ? Un seul peuple, un seul langage, une seule parole dans la bouche d’un seul chef ? 
Quelle place aurait été donnée aux étrangers ou à ceux qui refusent dogmatisme et fanatisme ? 
Les mots avaient perdu leur sens ce qui rendait la parole incompréhensible ou bien le dialogue devenait un simple bavardage. 
De la confusion des langues naît l’obligation pour l’homme de rassembler ce qui est épars, à condition de savoir chercher, savoir et vouloir trouver ce qu’il pense être perdu. 
III. Chercher ce qui a été perdu 

Une chose est sûre : nous savons où retrouver un Maît\ perdu. On le retrouverait « entre l’Equerre et le Compas », ou bien « au Centre du Cercle ». 
Et par un heureux hasard, retrouverait-il lui-même à cet endroit les secrets véritables des MM\ MM\ ?! 
Ainsi, est-il permis de penser que ces secrets symboliquement disparus avec Hiram auraient un rapport avec l’Unité ? 
Au XII ème siècle, des philosophes ont utilisé le cercle – symbole de l’espace clos – pour définir Dieu. La phrase est bien connue : «  Dieu est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part ». 
Ils parvenaient à dire la vertigineuse problématique du cercle avec ses rapports du centre à la périphérie, et la difficulté de trouver les places respectives de Dieu et de l’homme. 
Nous, Maç\, reprenons la démarche Adamique sur le plan des idées. En nommant les animaux, Adam les faisait exister par le moyen de sons organisés qui contenaient la plénitude de ce qu’il désignait. C.à.d. la chose elle-même ou le « ça », avec le sens de son expression qui permet de situer le « ça » dans l’espace et dans le temps tout en précisant sa fonction, sa finalité, son usage, etc. 
Ce que les Esotéristes appellent : « la multiplicité dans l’Unité primordiale » 
Cette langue merveilleuse et parfaite a été perdue lorsque le 1er couple a heureusement failli aux obligations qui les rendaient semblables aux Dieux. 
En accédant à la Connaissance, ils ont appris l’expérience individuelle qui peut être expliquée, démontrée, imitée voire transmise mais qui demeure rigoureusement incommunicable. Adam et Eve nous disent de quitter le domaine de l’intellect pour entrer dans le devenir pour espérer Etre. 
Peut-être notre mémoire nous rappelle-t-elle ce monde-là lorsque par nos rituels nous sacralisons l’espace et le temps ? S’agit-il de nostalgie ou de l’espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection ? 
Pour nous mortels, la quête de sens consiste aussi à tenter de comprendre l’ordre des choses. La multiplicité des éléments qui apparaissent indépendants les uns des autres peut-elle être reliée par une Loi qui les gouvernerait tous ? 
Nous rassemblons ce qui est épars, comme par exemple les pierres, pour qu’elles deviennent Temple qu’il faut ici comprendre dans son sens de Connaissance et d’Unité. 

IV. Les mots forcément substitués 

Quels mots allons-nous utiliser pour construire ? Des mots forcément substitués à la langue originelle. 
Nous avançons prudemment. Tout d’abord, nous épelons, puis au grade Comp\ nous donnons un mot de passe au risque de le mal prononcer. Au 3ème D\ le F\ 1er Surv\ revient de l’Occident avec un mot de passe et un mot de Maît\ que le T\V\M\ approuve jusqu’à ce que, dit-il, les mots véritables puissent être retrouvés. Il est clairement entendu qu’il s’agit-là d’un arrangement, d’un accommodement … 
Mais plus qu’un mot, le Maç\ devient comme un Dieu qui grave les Tables de la Loi pour lui-même, les autres Maç\ s’y employant aussi. 
Il est souhaitable que l’homme ne commette pas l’erreur mainte fois répétée dans l’histoire de faire de cet homme le centre du monde, conséquence d’un nombrilisme désastreux qui altère les vertus de l’espérance. Peut être devons-nous avoir à l’esprit que la voie Maç\ et sa méthode favorisent la connaissance de soi et la transformation de soi pour permettre l’émergence naturelle de la Loi morale. 
Les Maç\ travaillent donc à tailler les Tables de la Loi jusqu’à ce que la Loi s’y révèle d’elle-même. 
Pour cela, nous allons sans cesse du silence intérieur à la parole qui rend possible le dialogue. Il n’est pas dit que les aller-retour dans la verticalité doivent se faire dans le silence. Mais pour l’horizontalité il est certain que seul le langage permet d’échanger avec nos semblables. Encore que …  Mais je m’en tiendrai au REAA qui nous dit que l’on transmet en substitution la première parole prononcée lors de la découverte de la dépouille de Hiram. 

Frédéric Dard, alias San Antonio, fait dire à l’un de ses personnages : « les autres font ce qu’ils veulent de tes paroles tandis que tes silences les affolent ». 
Le silence est l’épreuve que subissent les Ap\ jusqu’à ce qu’ils accèdent au grade de Comp\. Je dis épreuve car pour beaucoup c’est une période difficile qui n’est pas prolongée au-delà du grade d’Ap\. 
Le silence est ici une ascèse à durée limitée contrairement à d’autres spiritualités – exotériques le plus souvent – qui érigent le silence en discipline de vie. 
La discipline Maç\ vise, bien sûr, à apprendre aux Ap\ à « enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré », qui est le cœur. 
Car il n’a jamais été bénéfique pour personne de « jeter des perles devant les porcs », comme le dit durement l’Ecriture. On ne peut communiquer un secret à qui n’a pas vocation pour le connaître. La suite du verset dit pourquoi : «  de peur qu’ils se retournent contre vous pour vous déchirer ». 
Oui, mais parfois le silence fait peur. Quant à la parole elle peut être dangereuse, parfois aussi. Ou simplement remplir un espace immense et intervenir dans les divers aspects de la vie des individus ou des sociétés. 
L’épisode biblique de la résurrection de Jésus (qui devient Christ) illustre cela. Les femmes qui suivaient Jésus de son vivant se rendent à son sépulcre dont elles trouvent l’entrée ouverte et le tombeau vide de son occupant. 
Dans cette histoire aussi la mort retire la parole au protagoniste. Mais depuis 2000 ans ne peut-on dire que son absence est parlante ? 

Le Temple dit de Salomon a été détruit deux fois au cours de son histoire. Et entre temps, il a été profané à plusieurs reprises. Où étaient les MM\MM\ pendant ces périodes troubles ? Où s’assemblaient-ils ? Participaient-ils à d’autres constructions ? Quels mots utilisaient-ils pour exprimer leurs secrets ? Comment ont-ils préservé leurs secrets ? 
Pour eux, je ne sais pas. Pour nous, aujourd’hui, j’ai quelques idées. 
La démarche Maç\ qui est collective est pratiquée par des hommes individuellement faibles, mais forts lorsqu’ils s’assemblent en L\. Forts ils resteront s’ils quittent la L\ avec la volonté de pratiquer fidèlement le Devoir. 
Mais on parle à l’extérieur du Temple avec des mots également substitués car il faut « penser en Maç\ et parler en profane » ai-je lu récemment. 
Toutefois dans l’enceinte sacralisée, nous « rassemblons ce qui est épars » en utilisant les mots substitués du REAA car seul l’usage de ces mots limite les risques de dispersion dans la manœuvre de recentrage. 
Le choix des mots substitués que nous utilisons est, ou a été, l’objet de discussions. J’aimerais être kabbaliste pour en discourir à mon aise. Ce n’est pas le cas. Je préfère donc retenir que le mot est le véhicule de l’idée. 
La narration biblique de l’histoire du peuple d’Israël est un cheminement de substitution en substitution. 
Souvenons-nous : L’Eternel ordonne un sacrifice à Abraham et son fils semble être le sacrifié alors qu’au dernier moment un bélier le remplacera sur l’Autel. 
Plus tard, la Loi morale s’inscrit dans le Décalogue ; la transmission orale devient Loi écrite, gravée. En termes d’interdictions pour certains préceptes : « tu ne … ». Sachant ce qu’il ne faut pas faire, il appartient aux hommes de s’organiser librement socialement. La substitution est double puisque l’expression de la Loi change de forme et que l’homme bénéficie à cet instant de la capacité de prendre des initiatives personnelles et collectives. 
Plus tard encore, au cours de son ministère Jésus dit être venu pour accomplir la Loi et non pas la détruire. L’ancienne alliance devient nouvelle – du moins pour les chrétiens – et les sacrifices n’ont plus lieu d’être puisqu’il se propose en victime expiatoire pour l’humanité. Le plan de conscience est une fois encore modifié. De Jésus il est dit dans le rituel de réception au 2ème D\ qu’ « il vint annoncer à l’Occident la Bonne Nouvelle de la Fraternité humaine : Aimez-vous les uns les autres ». 
Que penser de l’application de ces simples mots au cours des 2000 ans écoulés ? 
Les disciples de Jésus dispenseront la pensée de leur Maître par des écrits dont les mots et leur sens vont du plus simple au plus complexe et constituent la Loi morale. 
La Maç\ et les Maç\ y trouve la Sagesse, la Force et la Beauté - ainsi que l’Amour - pour relever de nombreux Temples temporairement à terre.
Hiram, notre semblable, est soulevé par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise et le T\V\M\lui communique aussitôt les syllabes du Mot Sacré des Maîtres. Ils nous reviendront en écho, enrichis de son expérience.  C’est ainsi que, avec des Mots nous bâtissons le 3ème Temple idéal et éternel. 
Mon F\ MOHABON, je suis à l’écoute de tes Secrets véritables et de tes Mots substitués. 

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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La Liberté, vivre noblement, clé de voûte de l'Ordre et du Maçon accompli

26 Août 2013 , Rédigé par G. K\ - Frère de la loge Fidélité et Prudence à l’Orient de Genève Publié dans #Planches

La liberté qui, pour le monde, est synonyme d’abus, d’égoïsme, qu'on accuse d’être la cause des trahisons, des révoltes et des hérésies, l’éternel danger, est pour le sage la principale nécessité, la condition de l’avancement et du bonheur, la dignité et la plus grande gloire de l'homme; ce qui le distingue des autres créatures et le fait l’égal de Dieu. Sans la liberté, tout, dans la vie, devient charge et entrave; nos relations avec le Créateur en sont une forme; nos relations avec nos semblables, un joug que l’on subit plus ou moins patiemment, une chaîne que l’on traîne plus ou moins longtemps, jusqu’à réduire les facultés les plus admirables, les élans les plus audacieux au rang de simples vertus domestiques. Sans la liberté la vie commune devient l’abus du plus fort, le droit de l’égoïsme, l’esclavage qui avilit, alors qu’elle ne devrait être qu’une libre association pour le bien mutuel. Par la liberté nous apprenons et à nous connaître et à comprendre ce que le Créateur veut, à saisir les besoins et à reconnaître les droits des êtres dont nous partageons la vie, ces besoins et ces droits fussent-ils contraires à nos intérêts. Prétendre suffire à la longue au bonheur d’un autre, c’est se faire illusion; parce que je ne puis lui donner qu’un peu, ai-je le droit d’exiger qu’il se contente de peu et qu’il réduise son développement à la modeste mesure de mes dons ?

Prive les autres, pour avoir, toi, davantage, nous dit l’égoïsme. Ne conteste pas aux autres le droit de prendre ailleurs ce que tu n’as pu leur donner, nous dit la sagesse; et si ta petite flamme n’éclaire pas tout leur horizon, ne les condamne pas, au nom d’une loi aveugle, à voiler leur regard aux rayons plus propices. Car ton intérêt n’est pas de recevoir le plus possible, mais d’élargir, autant qu’il est en ton pouvoir, le règne de la lumière. Nous sommes heureux, non parce que d’autres aperçoivent notre flambeau, mais parce que nous voyons autour de nous une clarté grandissante. J’ai droit à l’amour, dis-tu, parce que je suis un mari, un frère, un ami; mais ne sais-tu pas qu’enfermer l’amour dans les barrières humaines et les liens du sang, c’est comme vouloir capter le soleil dans sa chambrette. J’ai droit à l’amour, dis-tu, parce que j’aime et que je donne. Il est probable que si tu aimes et que tu donnes, tu auras plus que d’autres la chance d’être aimé et de recevoir. Mais ne t’étonne pas et n’accuse pas, si tu ne reçois rien en échange de tes dons, toi qui as reconnu la liberté de l’amour. Parce que l’on ne se suffit pas, faut—il donc se haïr et, parce que la vérité est difficile à dire, se mentir toute la vie. Toute union, de quelque nature qu’elle soit, conjugale, filiale, fraternelle ou simplement amicale, a son heure de disette. C’est le moment décisif. Si la nature est forte, sans être consciencieuse, elle tue, en brisant l’obstacle à son épanouissement. Si elle est consciencieuse, sans être forte, elle se résigne, ferme les fenêtres à la lumière, replie ses ailes, se laisse tuer. Et l’âme se débat entre ces deux devoirs opposés : de vivre et de ne pas faire souffrir. Cependant il n’est nécessaire ni de rompre la loi, ni de se laisser écraser sous la loi. Il s’agit seulement d’acquérir cette grandeur qui transforme l’amour égoïste qui enchante en un amour généreux qui comprend et libère. Il n’y a de justice vraie que dans la liberté; nous n’avons de droit sur personne; l’amour, l’affection, le dévouement dont on nous a entourés sont autant de grâces qu’il faut accueillir avec reconnaissance et pleurer sans amertume quand elles nous quittent. Pour qu’une union soit bienfaisante ou seulement tolérable à la longue , elle doit être basée sur la confiance, la droiture et la liberté mutuelle. Il faut tout donner : bonté, tendresse, dévouement, temps, force, intelligence, tout, excepté sa volonté, l’indépendance dont chaque être a besoin pour remplir ses devoirs envers lui-même et envers les autres. Si la vie commune est souvent une cause de souffrance, c’est que l'indépendance réciproque n’est pas reconnue et respectée. Pour être heureux, il faut croire l’un dans l’autre et accepter, même sans comprendre, les convictions et les actes de celui en qui vous avez mis votre confiance. Pour être heureux, il faut s’aimer assez, pour préférer l’épanouissement de l’être qui vous est cher à votre satisfaction personnelle.
Pour être heureux, il faut savoir qu’on n’a d’autres droits que celui de donner.

Le monde ne songe qu’à se défendre, mais il combat avec de fausses armes, contre de vains ennemis. Les peuples s’évertuent à se surpasser, les hommes n’avancent que l’arme au poing. Quand l’adversaire est écrasé, la fortune, l'honneur, la position, le bien-être sauvés, le but est atteint. On se glorifie de sortir indemne de la mêlée, et l’on ne s’aperçoit pas du sang qui échappe du coeur, goutte à goutte. On fortifie toute la propriété et l’on oublie de fermer la porte de son secret trésor. Et tandis qu’on comptait avec l’ennemi visible le larron s’est introduit la nuit dans le sanctuaire.

Pourquoi chercher au dehors ce qui n’est qu’en soi, acquérir péniblement ce que l’on possède naturellement ? Contre le flot montant de la haine, il n’y a qu’un moyen de défense, une arme infaillible : c’est la bonté, ta bonté. Elle seule réduit véritablement l’adversaire; les autres armes le forcent, au contraire, à aiguiser les siennes. Je parle, non de la bonté qui pardonne, mais de celle qui n’a pas besoin de pardonner parce qu’elle comprend; qui se laisse faire, en vue d’un but élevé; qui est plus forte que tous les boucliers, parce qu’elle apporte, non seulement le choc, mais également l’humiliation du coup que l’on ne rend pas. Il faut être fort pour se défendre, il faut être fort pour se taire, il faut être encore plus fort pour être bon. Se défendre c’est mettre ses biens à l’abri; être bon, c’est prouver que ses biens sont déjà à l’abri; car plus rien ne peut atteindre celui qui s’est enveloppé du cercle lumineux de l’ineffable bonté. Car pour faire du bien, il ne s’agit pas de savoir beaucoup, mais de voir clair. Il importe moins de donner, que d’amener les autres à se donner; il faut , non pas ouvrir sa porte, pour qu’ils puissent entrer chez nous, mais les aider à ouvrir leur porte, pour qu’ils puissent sortir de chez eux. Si par beaucoup, la religion a été mise à la porte, c’est qu’elle a été indiscrète; elle a abusé de ses droits, s’est installée comme chez elle là où l’âme seule était maîtresse de maison. Elle a même pris le place du Créateur, son époux, et lui a commandé, ainsi qu’un maître à son esclave. Maintenant, elle devra attendre dehors et venir, comme une humble mendiante, frapper à la porte du logis hospitalier qu’elle avait usurpé. Car les religions sont de piles copies du chef-d’œuvre divin, qui abusent souvent de la signature du Maître. Nous devons nous appliquer, avant tout, à nous comprendre nous—mêmes et à comprendre les autres. Plus que la haine, le man-que de discernement sépare les hommes. Nous ne pouvons comprendre, quand nous sommes trop occupés de nous pour nous mettre à la place des autres, ou trop âpres à exiger ce qui nous est dû; quand notre horizon est borné et notre idée du bien rétrécie; quand nous n’avons pas passé par assez de chemins, pour savoir que tous ont des ombres et des lumières inévitables.

Comprendre est à mon avis plus utile qu’aimer, que pardonner que secourir. Pardonner, c’est faire l’aumône, c’est le geste du riche qui tend la main au pauvre. Comprendre, c’est affranchir le pauvre de la mendicité, en lui montrant, dans son logis même, des biens plus précieux que ceux que la charité lui aurait octroyée. Pour celui qui sait, à travers l’apparence, discerner la réalité profonde, notre siècle si tendu, compliqué et artificiel, est cependant le siècle du vrai, qui aspire à la réalité, à la nature, à la simplicité, au Créateur. Peut-être l’effort qu’il tente pour se défaire de son masque le fait paraître plus compliqué, plus inexplicable et inharmonique. Par exemple l’art ne veut plus seulement le beau, mais aussi le vrai, qui est le beau suprême; il ne tend plus à flatter les yeux, l’ouïe et l’esprit, mais à satisfaire la conscience, en rendant fidèlement ce qu’il a vu. La religion que nous réclamons n’est plus un ensemble de dogmes, un code de vertus, mais une vérité humaine qui réponde Lux besoins vrais du coeur. La médecine cherche ses remèdes non plus dans de savants mélanges chimiques, mais dans l’étude des forces cachées du corps t de la nature. L’éducation contemporaine, renonçant aux vieilles méthodes, reconnu et respecte les droits de la jeunesse. Tous ont compris que la vérité n’est pas dans ce que les hommes ont fait, mais dans la simplicité des choses, telles que Dieu les a créées. Même si Dieu , comme le prétende certain, était néant et .a vérité illusion, même si la souffrance était inutile et la mort éternelle, faire de sa vie une chose belle, resterait un bonheur et une nécessité pour les âmes grandes

Source : www.ledifice.net

 

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Savoir et Connaissance Sapere et Cognoscere

23 Août 2013 , Rédigé par G\ D\ Publié dans #Planches

Selon les définitions que l’on peut trouver dans les dictionnaires français, le terme de savoir a un sens qui ne coïncide pas exactement avec celui de connaissances et c’est bien heureux, car l’anglais utilise « knowledge » dans tous les cas, ce qui entretient la confusion.
L’évolution linguistique passant du « sapere » latin qui indiquait une entité possédant une saveur à l’identification d’une personne « informée » au Moyen Age, avec le sens de possesseur de sagesse ; jusqu’à nos jours où savoir et intelligence introduisent une nouvelle confusion.
Les savoirs sont constitués de concepts, de procédures ou de méthodes qui existent hors du sujet connaissant et qui sont généralement codifiés dans des ouvrages de référence, manuels, encyclopédies, dictionnaires….
Les connaissances, par contre, sont indissociables du sujet connaissant.
Ce n’est que lorsqu’une personne intériorise un savoir, en en prenant connaissance que précisément elle transforme ce savoir en connaissance.
L’acteur de cette construction en devient le possesseur unique, car un savoir identique construit par une autre personne ne sera jamais tout à fait le même.
Vous remarquerez que j’ai utilisé jusqu’à présent savoir et connaissance au pluriel, car c’est le plus souvent au pluriel qu’ils sont utilisés dans le monde profane.
Pour en résumer simplement la problématique, savoir serait une sorte d’accumulation, connaissance serait pour chacun de nous le surnageant enregistré par notre mémoire et filtré au gré des expériences vécues et de nos centres d’intérêts.
Il faut également différencier le savoir de l’érudition qui ne tient son étonnante étendue que des capacités de stockage de nos neurones ; ce qui n’est pas inintéressant, mais hors sujet pour cette planche.
Car la seule restitution d’informations ne garantit pas la qualité, ni la valeur de ces savoirs.
Si le savoir et la connaissance ont de tout temps intéressé les francs-maçons c’est qu’ils interfèrent fondamentalement dans les domaines scientifiques, culturels et sociologiques, tout en interpellant la conscience, la philosophie et le sentiment religieux.
D’autre part, ils sont inclus dans les rituels maçonniques où ils structurent la démarche initiatique et façonnent le langage symbolique.
Au-delà du plaisir intellectuel d’entreprendre une telle recherche, il existe plus fondamentalement ce besoin impérieux de comprendre le sens de la vie, ce que nous pourrons nommer « le besoin d’être ».
Dans cette quête, la lucidité, l’authenticité et surtout l’humilié sont des clés de voûte qui soutiennent la volonté du cherchant.
Ainsi armé, le franc-maçon sera à même d’entreprendre les recherches nécessaires pour clarifier l’acquis de l’inné, le signifié du signifiant et le savoir de la connaissance.
Si l’on peut facilement différencier savoir de connaissance dès que l’on quitte le langage profane, il devient plus délicat d’éclairer la notion de connaissance, elle-même inscrite dans la dualité :
- une connaissance objective qui recouvre les données assimilables du savoir
- une connaissance subjective qui inclut tout ce qui touche à la conscience et à l’irrationnel, vaste domaine où les repères ne sont guère apparents !
* s’agit-t-il d’une part de notre inconscient non formulée ?
* ou d’une fraction de nos gènes non encore exprimée ?
* ou de l’intervention sur notre volonté, à notre insu, d’une intelligence supérieure ?
Ces interrogations nous conduisent à faire un rappel sur les démarches exotériques et ésotériques :
- l ’exotérisme, analogiquement relié au savoir et à l’acquis, s’intéresse d’une façon générale aux faits prouvés et reconnus par l’expérimentation scientifique et rejette évidemment tout ce qui est caché et du ressort de l’imaginaire
tandis que l’ésotérisme, analogiquement relié à la Connaissance et à l’inné, prolonge l’étude dans d’autres dimensions grâce à l’utilisation d’un langage symbolique.
Les sciences, les techniques et la recherche scientifique sont les principaux acteurs qui font référence à l’exotérisme, donc au savoir.
Ils ont fait spectaculairement progresser en un siècle notre approche de la matière et de l’organisation de la vie.
Cette accélération donnant à l’homme le sentiment qu’il maîtrisait son destin !
Cruelle illusion !!! Comme en témoigne la catastrophe de Sumatra ces jours derniers !
Car, s’il n’est pas question de nier les progrès résultant de ces découvertes, force est de constater que ces progrès n’ont pas atteint tous les peuples de la planète, que la distribution des biens de consommation obéissant aux lois du marché est loin d’être équitable,
Que progrès matériel et bonheur sont en dysharmonie et que ce hiatus ne cessent d’alimenter une insatisfaction individuelle généralisée créatrice de conflits sociaux et de guerres.
L’avenir devait être éternellement serein grâce à la science et patatras tout se casse la figure !!
Pourquoi un tel scénario ???
Quelques pistes :
- le temps gagné par l’utilisation de machines pour effectuer des tâches répétitives et pénibles n’a pas été employé à une meilleure compréhension du sens de la vie mais plutôt à maintenir l’homme dans une vision matérialiste de son destin.
- la raison s’étant substituée totalement à l’intuition, a disqualifié la plupart des textes sacrés qui ont pourtant été pendant des millénaires la seule porte de connaissance de l’univers et du divin.
- les savoirs purement scientifiques ne représentent qu’une facette de la réalité, à un temps donné, dans un contexte précis, alors que leur puissance masque toutes les autres connaissances enfouies dans l’inconscient, dans l’inné, donc liées à l’ésotérisme.
or, comme nous le savons en maçonnerie, ces connaissances essentielles ne peuvent surgir à la conscience que lors d’une initiation qui révèle le sens de la globalité et suggère de nouvelles possibilités d’investigation en élargissant le champ de conscience.
Cette dysharmonie commence à émerger de façon si criante que face à l’économie qui est devenue une véritable philosophie politique, se fait jour dans de nombreux domaines le besoin de créer des comités d’éthique, indépendants des pouvoirs politiques, dont les membres auraient, non seulement des valeurs scientifiques reconnues mais aussi des qualités spirituelles élevées.
L’humanité se heurte a un problème sans mesure qui est de fonder une éthique sociétale qui ne débouche pas sur l’anéantissement de l’être mais sur une nouvelle alliance à définir, qui devrait être un état d’équilibre entre le monde conscient et le monde suggéré.
Le chemin semble bien long puisque le Larousse ne parle toujours que de la connaissance de la réalité et de l’étude, faisant abstraction de toute connaissance initiatique, de toute révélation de notre intuition et de toute découverte hors de la réalité raisonnable.
Convenons qu’il s’agit là de regarder un iceberg et d’affirmer que seule la partie émergée le constitue en entier ! Ce qui n’est guère raisonnable…
Notre échelle de temps actuelle est le court terme ; cette échelle obère totalement les millénaires qui nous précèdent ;
Je reviens d’un stage de peinture sur verre dont le maître n’a que 73 ans et chez lequel nous avons appris des techniques qui risquent de disparaître avec lui.
Même pas l’échelle d’un siècle et ce savoir serait perdu pour l’humanité entière. Et c’est un morceau du patrimoine universel oublié.
Je peux vous assurer que ce maître véhicule bien d’autres choses qu’un recueil de techniques du vitrail.
Chacun pourrait citer de tels exemples dans d’autres disciplines.
Puisque je parle de transmission, je ne peux que déplorer que l’école de nos enfants ou petits enfants ne prône essentiellement que les valeurs horizontales et matérialistes dans ses cursus.
Une laïcité restrictive a effacé de l’ enseignement de base toute notion de spiritualité, de morale au sens de simples règles de vie en société, allant même jusqu’à travestir l’histoire.
Le langage symbolique n’a plus court, la maçonnerie restant un des sanctuaires où nous tentons encore de préserver une vision plus globale du monde qui ne s’attache pas qu’à la seule partie émergée de l’iceberg…
Bien sûr, la reconnaissance de la beauté de l’œuvre n’est pas toujours évidente, car elle dépend de notre propre perception de la beauté, résultante de la transmutation de notre savoir.
C’est à cette alchimie individuelle et intérieure que nous convie la méthode maçonnique, l’initiation et les rituels.
Qui, croyant ou incroyant, ne s’est-il pas senti un instant « pris » dans l’ambiance d’un enceinte monastique absolument silencieuse ?
Qui ne s’est il pas senti émerveillé, par un firmament d’été ?
Toute choses qui dépassent la matérialité des choses et nous dévoilent, un court instant, de nouvelles dimensions à apprivoiser.
Cueillons donc la Connaissance quand elle passe à notre portée, car elle ne se laisse approcher que par ceux qui s’y préparent activement en laissant la porte de leur cœur toujours entrouverte, au cas où !!!!!
Le sujet de cette planche pourrait donner quelques idées à des frères pour traiter de l’arbre de la connaissance, de la gnose, du grand architecte de l’univers…
Je reste donc en attente de ces apports indispensables pour ne pas se satisfaire d’effleurer ce vaste sujet comme je viens de le tenter ce midi.
Pour conclure, je fais appel Edgar Poe qui écrivait :
« Ce n’est pas dans la connaissance qu’est le bonheur, mais dans l’acquisition de la connaissance »

J’ai dit

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Le Savoir

22 Août 2013 , Rédigé par P\ L\ Publié dans #Planches

Ce qui m'intéresse de découvrir dans ce petit travail, c'est l'opposition qu'il peut y avoir entre ces trois savoirs que l'on rencontre dans notre vie de tous les jours, et avec n'importe quel interlocuteur.
Le savoir académique, je dirais qu'il est le savoir de la Société, il est fait soit pour mettre en valeur, les acquis antérieurs, soit pour diffuser une certaine pensée majoritaire ou soit encore pour avoir une fonction utilitaire à la Société. D'ailleurs ce savoir est diffusé dans des écoles, écoles divisées en plusieurs disciplines, dans le but d'être très fonctionnelle, il reflète la pensée dominante, et le point de vue des dirigeants. Il ne devient innovant que lorsque, le besoin s'en fait sentir dans l'évolution de la Société. Dans un certain sens, il est figé et conservateur, en suivant un chemin tout tracé, en étant la Vérité du moment. Il est la référence qui n'admet pas de contestation.
On le voit bien dans les sociétés autoritaires, et même dans les sociétés démocratiques, même si dans ces dernières, l'autorité se montre plus souple. Le savoir académique est diffusé comme il se doit par des maîtres, qui tiennent l'enseignement des dirigeants de la Société. Le but final est de former des élèves susceptibles de remplacer les classes vieillissantes de la Société, pour ce faire il n'est pas innovant et ne donne pas dans l'imaginatif, ni dans le poétique ; il est utilitaire et il veille à reproduire le plus fidèlement possible les standards de la vie en commun, son rôle est d'assurer la continuité des valeurs alors en cause. Pas de révolution, il est relativement stable, il doit véhiculer la bonne pensée.
Certes, il repose sur des savoirs anciens, sur des acquis de civilisations disparues, ou de civilisations différentes, mais sa principale fonction étant, par la parole, par le langage, de diffuser les différents savoirs, (utilitaire, technique et culturel), pour assurer la cohésion de la société. Tout descend des Grandes Ecoles, dans un système pyramidal qui draine depuis l'école primaire, tous les éléments susceptibles d'alimenter, ces mêmes grandes écoles. C'est plus une école du paraître que de l'Etre.
Mais ce savoir académique comme tout pouvoir n'accepte pas les différences, au Moyen Age, on brûle les sorcières, dans les régimes totalitaires, on interne, les "déviants" on brûle leurs livres, et finalement on tue la Pensée vivante.
Pour conclure le savoir académique, est le savoir, orthodoxe, figé pour la vie, mais malgré les années passant, il sert de référence à l'élite en place, même si le discours n'est plus réactualisé. Et malgré le type de socialisation, il est par la force des choses, conservateur, parce qu'une société n'accepte que très rarement un changement rapide de ses critères de fonctionnement.
Le savoir académique, dirons nous est basé sur la RAISON utilitaire.

Le savoir autodidacte

Ce qui le distingue fondamentalement du savoir académique, c'est qu'il est sans maître ; ceci étant tout à la fois une force et une faiblesse.
Etant sans maître, il peut vagabonder dans tous les terrains de l'aventure humaine, il suffit d'âtre curieux, de ne pas prendre trop au sérieux le savoir académique formatant les esprits dans le même moule. Le savoir autodidacte, étant celui des cueilleurs de fleurs, des artistes, des indépendants de la pensée, celui de la tolérance, acceptant tout et son contraire, n'ayant pas d’œillères pour avancer sur le chemin du savoir, il est aussi multiple, changeant toujours à la quête de nouveaux acquis, voulant s'enrichir, mais aussi délaissant ce qui ne l'intéresse plus, ne prenant pas en compte les incohérences de ses recherches, il est comme la Vie ; Bougeant, vivant, par rapport au savoir académique et au collectif, c'est le savoir individuel, celui de la personne, de l'homme seul. Si l'on pouvait comparer la bibliothèque d'un homme de savoir académique à celle d'un autodidacte, je pense que l'on verrait une différence frappante, d'un côté policier à la philosophie).
Sans faire une démonstration, l'on voit déjà que l'autodidacte, n'a pas formaté son esprit, et cela est pour moi un handicap, car son esprit ayant la fulgurance du feu d'artifice, n'a pas la précision, du raisonnement irréprochable. Je peux dire que d'un côté il y a la raison et de l'autre l'intuition. Ce qu'il peut avoir de commun entre les deux savoirs, c'est l'intelligence, pour l'un intelligence de bien structurer son cerveau et pour l'autodidacte l'intelligence de ce que j'appelle, la curiosité et la soif d'apprendre. On peut poser la question suivante qui est le plus Libre, celui qui prend les autoroutes du savoir, ou celui qui prend les chemins de traverses ? Difficile de répondre et d'avoir une préférence, en toute objectivité, les deux sont utiles au fonctionnement des sociétés humaines, à condition que la part utile pour un bon fonctionnement soit équitable, l'histoire nous donne des exemples, sur ce sujet. Le savoir autodidacte est basé sur le doute, contrairement au savoir académique qui lui est plein de certitudes arrogantes. Le savoir autodidacte plonge dans la Vie, il est l'apanage des artistes et des poètes, c'est le savoir "fou", qui remet en cause, et qui pose les bonnes questions sur le sens de notre vie en dépassant et en transgressant les limites officielles. Le savoir autodidacte est le domaine de l'INTUITION. Nos deux savoirs, ceux qui sont le plus utilisés dans le monde sont basés, uniquement sur la Raison, et même l'intuition, après usage doit-elle aussi fournir une explication raisonnable, afin d'âtre acceptée et utilisée, dans le consensus qui autorise le fonctionnement de nos sociétés.

Le savoir Initiatique

Personne ne peut dire, d'une façon crédible, d'une façon historique, je suis le créateur du savoir initiatique. Personne ne sait d'où il vient, et à quelle époque a t il pris corps et consistance, son origine se perd dans la nuit des temps. D'hypothèse en hypothèse, des grottes préhistoriques, aux ziggourats perses, en passant par les pyramides égyptiennes, et les temples hindous, en faisant un crochet par les cathédrales occidentales, tout ce que l'on peut dire, c'est qu'il est aussi vieux que le monde, il est ce que l'on appelle la Tradition Primordiale. De tout temps, et aussi loin que l'on remonte dans le Temps, et bien avant que la majorité des gens aient accès au savoir académique et officiel, des groupes d'hommes, qu'ils soient chaman, grand prêtre, initié, ont été dépositaire du savoir initiatique. Il se peut que les gravures et dessins des grottes soient les premiers symboles, de cette Connaissance.
Il dégage les Hommes de leur gangue d'argile, en ouvrant leurs yeux sur d'autres possibilités, sur d'autres réalités, en élevant vers les étoiles leurs pensées.
Ce savoir est universel, on le trouve aux quatre coins du monde, dans toutes les religions, dans toutes les civilisations, il est comme le levain qui fait lever la pâte. Il n'y a pas à proprement parler d'écoles universelles du savoir initiatique, il y a des méthodes, des savoir-faire adaptés au besoin de chaque culture, il ne promet pas un diplôme en fin d'études car pour beaucoup, le savoir initiatique est sans fin, au moins durant notre vie terrestre, contrairement au savoir académique qui demande beaucoup d'efforts pour obtenir la reconnaissance par un diplôme, et qui après permet au diplômé de vivre de ses rentes, durant sa vie entière ; le savoir initiatique demande une constance dans sa recherche, et nul ne peut dire " : youpi je suis initié", non cette qualité n'est reconnue que par des autres initiés, à la condition que dans la spirale initiatique, ces initiés soit sur le cercle supérieur.
Mais comment définir le savoir initiatique, i l fait appel à notre raison, mais pas longtemps car il s'aperçoit bien vite que nos cinq sens sont limités et font de nous des aveugles, il se sert de notre intuition, mais là aussi, il se rencontre que la fulgurance de notre intuition conduit trop souvent à des impasses, alors il choisit la voie du cœur pour conduire sa démarche.
Contrairement aux deux précédents savoirs, on n'apprend pas le savoir initiatique dans des livres, ils existent cependant, mais ne sont que des pensums, ses moyens sont d'abord la rencontre d'un initié, l'exemple, ensuite la pratique du Symbolisme, par la découverte et la compréhension des allégories et des paraboles, utiles à la démarche initiatique, il y a aussi la pratique du doute, car les certitudes endorment le chercheur, il faut aussi savoir reconnaître les lois fondamentales de la VIE, la loi des cycles, la loi de l'équilibre(lorsque l'on est en bas on remonte) la loi de causalité, la loi d'équivalence ; sa transmission se fait par l'Oralité, et par l'exemple de vrais Initiés. Il est le fondement même de la Parole et du Verbe, faisant appel aux archétypes des sociétés humaines, et à l'inconscient collectif, afin de réveiller en nous les forces dormantes de notre vie.
Dans un premier temps, on peut se poser la question suivante : à quoi sert le savoir initiatique, qu'elle est son utilité ? dans une société qui se veut moderne, où tout doit âtre fonctionnel pratique et utilitaire, le savoir initiatique peut faire figure de douce illusion, d'une action gratuite voire d'un violon d'Ingres. A première vue dans notre société, très matérialiste, le savoir initiatique, ne sert pas àgrand chose dans une économie de marché, tout bonnement il fait partie du domaine individuelle, et puisque je fais allusion à l'économie de marché, je dirais qu'il fait partie d'un besoin essentiel, que le marketing ne prend pas en compte, lorsqu'il fabrique des besoins imaginaires. L'Histoire nous a montré que les intellectuels, ont souvent élaboré ou soutenu des théories totalitaires, conduisant l'humanité vers la barbarie et l'animalité, alors qu'au contraire le savoir initiatique ne veut, entre autre, qu'une chose élever la conscience de l'humanité, on peut parler sans exagération de l'éternel combat entre le mal et le bien. Science sans conscience, n'étant que ruine de l'Ame.
On en vient donc à l'utilité du savoir initiatique ; si le savoir autodidacte a pour mission de satisfaire la curiosité de l'individu en lui procurant une certaine jouissance, le savoir initiatique lui veut d'abord débarrasser l'individu de tout ce qui est envahissant dans la personnalité de notre individu ; envahissant et neutralisant, comme tous nos défauts, orgueil, envie, vanité, mensonges, suffisance, bonne conscience de soi et bien d'autres, mais surtout il s'attaque à notre Ego, en le débarrassant de tout ce qui obstrue sa vision du monde, du trouble il nous fait passer à la clairvoyance, du futile à l'essentiel, du petit au grand.
Le savoir initiatique est le seul savoir qui puisse permettre d'âtre le lien entre le visible et l'invisible, entre le communicable et l'incommunicable, en une méthode totalement irrationnelle.
Il n'existe pas pour instaurer un pouvoir social, il existe pour permettre aux hommes de vivre en harmonie avec eux-mêmes, et par voie de connaissance avec les autres. D'un univers à trois dimensions, il nous donne la clef d'autres univers, il nous fait franchir l'autre côté du miroir.
Il ne va pas supprimer les guerres, quoique dans ce que l'on nomme les sociétés primitives, il sert de régulateur, de la même façon, il est écologique, situant bien la place de l'homme dans la chaîne de la vie, et non comme les autres savoirs, qui seraient plutôt conquérants, et qui en voulant connaître détruise trop souvent l'objet de leur connaissance ; de plus contrairement aux deux autres savoirs qui nourrissent notre ego, le savoir initiatique comme en alchimie, réduit, calcine et transmute tous nos penchants négatifs, en qualités positives.
Le savoir initiatique est tout bonnement la Vie sans fioritures et sans complaisances.
Le savoir initiatique est abordable par tout le genre humain, car c'est la voix du cœur, si l'on a conservé un peu de notre candeur enfantine, si nous ne sommes pas blasés, si nous ne sommes pas aigri et déçus de toutes choses, le savoir initiatique permet d'atteindre la Connaissance, en prenant de la hauteur, mais aussi de la modestie, ce qui modère nos jugements, ce qui relativise nos engagements dans la vie profane, en évitant des prises de position trop nette.
Si les deux premiers savoirs, peuvent et même doivent donner les bases élémentaires d'une meilleure compréhension sociale ; seul le savoir initiatique débouche sur la Connaissance ; mais alors on peut et on se doit de poser la question ultime : à quoi sert la Connaissance, qu'elle est son utilité pour le genre humain ? A travers la Connaissance, l'Homme peut répondre aux interrogations fondamentales qui le tracassent, que faisons-nous sur Terre, à quoi sert notre Vie, sommes-nous libres d'agir ?
Depuis des millénaires, l'humanité cherche des réponses à ces questions, et des femmes et des hommes ont trouvé la réponse, et ils ont transmis au reste de l'humanité, leurs acquis, leurs méthodes et le résultat de leurs recherches, mais ils n'ont pas écrit de pages définitives, non ils, nous ont montré que pour arriver au but, il fallait faire des efforts, certains ont mis leur vie en jeu pour servir d'exemple à tous, on les appelle les Grands Initiés, et ils sont présents parmi nous chaque fois de que l'humanité, retourne vers l'animalité, chaque fois que l'humanité s'adonne à la facilité, chaque fois que l'humanité méprise la Vie ; chaque fois donc les Grands Inities redeviennent les flambeaux qui montrent le chemin, la route et la bonne voie à suivre, et si l'on devait représenter sur un graphique l'histoire de l'homme, c'est une ligne brisée qu'il faudrait tracer, allant du plus bas vers le plus haut, mais avec à chaque fois une progression vers le haut.
Je sais que je ne sais rien !
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Du « droit » au bonheur au « devoir » de bonheur pour les FM

21 Août 2013 , Rédigé par M\ J\ Publié dans #Planches

Résumé
Le travail de notre Sœur ne vise pas à parler du Bonheur en général mais il conduit à réfléchir sur une phrase de la constitution internationale du Droit Humain qui pose comme objectif central à notre Ordre de « réaliser sur toute la terre et pour tous les humains :
la condition première du bonheur qu'il est possible à chaque individu d'atteindre. »
Après avoir défini le mot bonheur qui a pour sens éthymologique les deux mots : bon heur c'est-à-dire « bonne- chance », notre sœur distingue cet état individuel, du plaisir ou de la joie. Il ressort de cette approche que le bonheur est impossible à conceptualiser car il reste un « idéal d’imagination » que chacun réalise en fonction de sa personnalité.
Notre Sœur parcourt ensuite un bref historique de différentes conceptions du bonheur de l’Antiquité à nos jours.
Ce travail envisage ensuite le Bonheur non plus dans sa dimension individuelle très subjective, mais dans sa dimension collective. L’accès au bonheur de tous les hommes est une idée révolutionnaire, elle nous oblige à chercher quel est le cadre politique le plus approprié.
Car il ne s’agit pas de faire le bonheur des autres, ni d’imposer un modèle de bonheur. C’est pourtant l’erreur commise par les états totalitaires.
Il ne s’agit pas non plus d’attendre de l’Etat qu’il se charge de réaliser notre bonheur. C’est le risque de la démocratie qui pourrait alors déboucher dans un despotisme des temps modernes.
Le bonheur ne peut pas être non plus calculé dans des statistiques, des barêmes mercantiles, des évaluations économiques.
L’Ordre Maçonnique International Mixte, le Droit Humain garde pourtant le projet de réaliser sur toute la terre et pour tous les humains :
« la condition première du bonheur qu'il est possible à chaque individu d'atteindre. »
Mais quelles sont ces conditions premières ?
Elles sont tout simplement présentées dans les différents articles de notre Constitution.
Et le fonctionnement de nos loges en est une application rigoureuse.
Nos valeurs reposant sur les devises de la République : Liberté, Egalité, Fraternité, permettent une organisation fraternelle entre tous les Francs-Maçons.
Notre méthode rituelle et symbolique conduit à mettre en œuvre ces mêmes valeurs.
En respectant cet excellent modèle démocratique, nous avons pour objectif de vivre et de travailler ensemble pour atteindre entre nous l’harmonie, c'est-à-dire le bonheur.
Ainsi, le travail maçonnique doit-il conduire à construire dans le Temple un « état de bonheur ». Voilà comment, à la fin d’une tenue et quelles que soient par ailleurs nos vies, nos difficultés, nos soucis, nous sommes « heureux et satisfaits » si nous avons réussi à faire vibrer entre nous l’idée que des hommes fraternellement et organisés, sont capables d’être heureux ensemble.
Plus qu’un « droit au bonheur », nous avons donc en maçonnerie un « devoir de bonheur », et cela repose sur notre travail en loge.
Ensuite il nous faut transmettre, transmettre dans le monde profane que des lois justes, rigoureuses et partagées dans la fraternité sont les bases qui fondent « la condition première du bonheur qu'il est possible à chaque individu d'atteindre. »
La constitution de 1793 stipule à l’article 1 que : « Le but de la société est le bonheur commun ». Cette idée révolutionnaire est soutenue par St Just qui proclame dans un de ses discours que : « Le bonheur est une idée neuve en Europe ».
C’est en réécoutant la Constitution Internationale de notre Ordre que ce thème m’a semblé à moi aussi être une « idée neuve », une question d’actualité, une vraie « question social », à soumettre à votre sagesse, mes FF et mes SS.
Après les trois premiers articles du texte qui fonde notre ordre, un nouveau paragraphe conclue sur l’objectif qui nous rassemble, il est dit que nous sommes là pour réaliser sur toute la terre et pour tous les humains :
« la condition première du bonheur qu'il est possible à chaque individu d'atteindre. »
Sans reprendre en détails notre constitution que vous connaissez tous par cœur au demeurant, je résume brièvement la situation.
L’article premier article affirme l’EGALITE entre tous les hommes, proclame le DROIT HUMAIN et veut la JUSTICE pour tous.
Le second article annonce qui sont les membres rassemblés sous cette triple devise
Le troisième article pose une double méthode de travail : méthode RITUELLE et SYMBOLIQUE
Le paragraphe suivant revendique la LIBERTE de conscience et la TOLERANCE pour tous les hommes et ces deux valeurs reposent sur le développement moral, intellectuel et spirituel de chacun.
Ce préambule de la Constitution conduit à un Objectif central : réaliser sur la terre et pour tous les humains, dans une Humanité fraternellement organisée :
« la condition première du bonheur qu'il est possible à chaque individu d'atteindre. »
Mais qu’est-ce que le bonheur ? N’obéit-il pas à des modes ? Le bonheur aurait-il plusieurs visages ? Certains bonheurs seraient-ils les ennemis du bonheur !
Quel rapport entre le bonheur des uns et celui des autres ? Entre le bonheur individuel et le bonheur collectif ? Et par-dessus le marché qu’est-ce qu’une Humanité fraternellement organisée ?
Autant de questions qui nous assaillent ? A vouloir les aborder, j’ai eu quelques moments difficiles, et plusieurs fois l’impression de ne pas m’en sortir ; finalement je suis heureuse de vous confier mon brouillon qui reste à l’état de gestation !
Une chose est certaine : « Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils emploient. », c’est ce qu’affirmait dans ses Pensées Blaise Pascal.
Et même si tout a été dit sur la question, la recherche du bonheur reste largement ouverte.
Pour ma part, je vous propose une petite excursion au pays du bonheur. Voici donc l’itinéraire que nous allons suivre :
- après quelques propos sur le sens du mot bonheur,
- nous revisiterons certains philosophes de l’Antiquité à nos jours
- ensuite nous passerons du bonheur solitaire au bonheur collectif
- puis nous en reviendrons à la question du bonheur telle qu’elle est posée par le Droit Humain
Quelques propos sur le bonheur
Sans vouloir être exhaustive et surtout sans vouloir rivaliser avec les longues tribulations de la pensée humaine, je vous propose un éventail historique de cette quête naturelle des hommes.
Rappelons d’abord que le mot bonheur associe deux mots et signifie étymologiquement : bonne chance. Il est défini le plus souvent, comme un état de satisfaction, comme une plénitude. Il se distingue du plaisir quoiqu’il puisse le contenir. Mais le bonheur s’inscrit dans la durée comme une sorte de repos de l’esprit, de sérénité alors que le second limité dans le temps, se définit comme un bien être physique, d’ordre sensible.
Le bonheur peut aussi contenir la joie, mais ce n’est pas non plus la joie. En terminant nos tenues par cette phrase « Que la joie soit dans les cœurs », il est vrai que nous ne nous installons pas dans un état de repos ou de bonheur tranquille. Nonobstant, au moment de nous séparer, nous proférons une chaleureuse invitation à continuer le travail accompli ensemble dans la fraternité en le prolongeant dans notre vie profane. En fait nous ne terminons pas nos travaux mais « contents et satisfaits », c'est-à-dire heureux, nous sommes conviés à poursuivre le travail dans la liberté, la ferveur et la joie.
Notons que la joie n’est pas un état stable, c’est un mouvement et comme le dit Spinoza, un passage qui conduit d’une satisfaction moindre à une satisfaction supérieure. Elle s’inscrit dans une dynamique accompagnée de puissance et de force, stimulant un désir d’action, une motivation (motus : moteur+mouvement vers). On définit encore la joie comme un état affectif global reliant les différents état de notre humanitude : le cœur, le corps, l’esprit.
Quant au bonheur, ce n’est pas un passage, c’est un état statique, tout comme la béatitude ou la félicité qui serait en quelque sorte des bonheurs parfaits de très longue durée, voire éternels.
Lorsque l’harmonie s’installe en nous-même et que nous sommes en accord avec ce qui nous entoure, nous éprouvons tout simplement oserais-je dire, le bonheur. « Puissent nos travaux commencés dans l’ordre, se poursuivre dans l’harmonie et se clore dans la paix »
Car le bonheur est bien cette rencontre harmonieuse entre nos valeurs profondes et la vie qui nous entoure. Dans son livre : « Le bonheur considéré comme l’un des beaux-arts », René Polin, écrit que : « Pour un homme donné, le bonheur entendu dans son sens le plus classique, est la jouissance de l’accord qui s’établit entre l’ordre de ses valeurs et l’universel …, que l’on peut appeler symboliquement l’ordre du monde. »
Le bonheur à travers les âges
Les chemins du bonheur repérés par les hommes sont aussi variés que leurs origines, leurs cultures, leurs croyances, leurs empreintes digitales, leurs cartes mentales.
Je n’ai pas voulu traiter de tous ces voyages dont certains sont parfois mythiques… rappelez-vous :
« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… »
Le bonheur est dans le pré !
Le bonheur est toujours pour demain !
Autrefois, à l’époque du Paradis terrestre, les hommes vivaient heureux
Pourtant il m’a semblé intéressant de vous proposer à titre d’échantillon, un bref parcours à travers des pistes plus sérieuses qui s’entrecroisent, tout en me limitant le plus souvent, au petit monde de la pensée occidentale
Dans l’Antiquité tous les philosophes sont « eudémonistes » et l’eudémonisme qui n’est pas une maladie, c’est la doctrine morale affirmant que le but de l’action humaine est le bonheur.
Mais déjà tous ne sont pas d’accord sur les moyens d’être heureux.
Pour Aristote le bonheur est dans la vie contemplative et dans l’exercice de l’intelligence qui conduit au « penser vrai ».
Pour Epicure c’est « l’hédonisme » : le souverain bien est fondé sur le plaisir et la sérénité de l’âme. On l’obtient par une recherche faite d’absence d’émotions ou de douleur, par la stabilité, voire l’indifférence de l’esprit à tout ce qui pourrait le déstabiliser.
Pour les stoïciens avec Sénèque, Epictète, Marc Aurèle et les autres il s’agit de garder coûte que coûte sa liberté spirituelle. « Le bonheur ne consiste point à acquérir et à jouir, mais à ne pas désirer.» On se contente de vivre en conformité avec la nature. Là serait la liberté. On retrouve dans la pensée contemporaine et par exemple dans un petit recueil que je vous conseille : « Le bonheur désespérément » de Comte-Sponville, une autre recherche qui consiste à désirer ce qui est et à faire porter son action dans le courant de la vie telle qu’elle s’offre à nous. Cela se rapprocherait en partie de la pensée bouddhiste très présente aujourd’hui en Occident.
Après les philosophes de l’Antiquité, la révolution chrétienne a d’abord prôné la fraternité, l’harmonie et l’amour entre les hommes mais les Eglises ou les pouvoirs qui succèdent prêchent une vision plus pessimiste. Le bonheur n’est pas pour l’immédiat ; il n’existe pas ici bas mais il est pour plus tard, dans la citée de Dieu. La recherche du salut et l’espérance vont remplacent l’eudémonisme antique. L’homme est déchiré entre son moi temporel condamné à vivre à la sueur de son front et son moi transcendantal, tourné vers un espoir idéal. Il est coupable, dans un monde hostile, sur une terre d’exil.
Bien sûr quelques récits joyeux de moines rabelaisiens, de farces et de comédie prouvent que, malgré les risques encourus (enfer, damnation, excommunications, bûchers et autres voluptés) : beaucoup ont continué à chercher, voire à trouver le bonheur ici-bas !
Au XVIIIème siècle Jean-Jacques Rousseau place le bonheur au centre de son œuvre et pense que dans un lointain passé, les hommes vivaient égaux, insouciants, en pleine harmonie avec une nature généreuse et accueillante. Le mythe de l’âge d’or n’est pas loin et mériterait d’être réexploré à son tour.
A la fin du siècle des Lumières, la doctrine kantienne poursuit dans un autre sens : elle prône comme bien suprême la raison et l’usage d’une morale acquise par la volonté comme fondement à la quête humaine. Dans ces conditions, il est permis d’espérer un bonheur parfait mais seulement dans un au-delà futur… si Dieu existe ! Pour Kant, la morale entre dans l’ordre de la loi quant au bonheur, il reste un objet d’espérance. C’est un peu la fraise sur le gâteau.
Au XIXème et au XXème siècle certains penseurs ne sont guère plus optimistes : pour Schopenhauer l’ordre des choses engendre mal et souffrance. Freud a mis en évidence la pression puissante de l’inconscient et les possibilités de souffrance que cela engendre. Plusieurs intellectuels fondent leurs philosophies sur la notion de « bonheur compromis » dès l’aube de l’humanité ou dès la naissance.
Il faudrait encore, parler de Nietzsche, des « Propos sur le bonheur » d’Alain, d’Albert Camus, ou d’Albert Jacquard. Pour ce dernier tout est lié à la fraternité et à l’amour puisque le bonheur « c’est de se sentir beau dans le regard des autres ».
En fait la quête du bonheur varie selon notre vision du monde et cette vision est influencée par un contexte historique, régional, culturel, familial. Et c’est bien le sens que lui donne Kant lorsqu’il le définit comme un « idéal d’imagination » ; il précise que le bonheur dépend du sentiment particulier de plaisir et de peine que chacun éprouve ; bien plus, pour un seul et même sujet, ce choix dépend de la diversité des moments de l’existence, et l’état de bonheur peut donc évoluer chez un même individu. Il arrive par exemple, qu’après certaines expériences vécues douloureusement, nous changions radicalement notre fusil d’épaule et du même coup notre vision du bonheur. Ne serait-ce pas, d’ailleurs, un signe de réussite, voire d’intelligence que de chercher à s’adapter à la vie comme elle va. Finalement, le bonheur n’est peut-être pas toujours comme son nom l’indique, un problème de chance : nous pouvons aussi faire certains choix.
Le « droit au bonheur »
Jusqu’ici notre parcours ne traversait que l’histoire du bonheur dans sa dimension individuelle mais ils nous faut en revenir à l’objectif du Droit Humain et considérer le bonheur dans sa dimension collective
Car nous sommes des êtres sociaux et nous ne pouvons nous construire qu’ensemble. Respecter le développement de l’homme et de sa nature conduit à lui permettre de réaliser son bonheur tout en vivant avec ses semblables. Ce projet rejoint d’ailleurs notre vœux de travailler au progrès de l’humanité avec un postulat : la foi dans la perfectibilité de l’homme.
Et c’est donc du « droit au bonheur » qu’il s’agit. Ce droit révolutionnaire dont St Just affirmait en 1793 que c’était une idée neuve en Europe. Sans ce but suprême, nous n’avons pas besoin des lois.
Le bonheur repose donc nécessairement sur l’organisation de la société et par conséquent sur une organisation politique. On comprend alors la nécessite de rester vigilants pour dénoncer certaines illusions qui ne manquent pas de faire obstacle au bonheur des hommes. Dans cet « idéal d’imagination », pour reprendre l’expression de kant, on peut faire miroiter des paillettes de bonheur ou de malheur, comme on agite des leurres, pour mieux manipuler, pour dominer, pour exploiter, pour vendre.
La diversité des formes du bonheur et ses métamorphoses, laisse présager le piège de toute démarche qui consisterait par exemple à vouloir fixer le bonheur des autres. C’est le piège des états totalitaires en particulier. En effet, certains systèmes politiques ont prétendu ou prétendent réaliser non pas les conditions du bonheur, mais le bonheur lui-même. Or le bonheur par essence même individuel, ne peut obéir à des lois générales et toute loi visant à le définir ou à l’imposer, est contraire à la diversité du bonheur. Et voilà qu’apparaît une incontournable valeur : la liberté. On ne peut donner l’ordre à quelqu’un d’être heureux ou d’être heureux conformément à un modèle édicté par d’autres. On ne peut pas non plus imposer une méthode meilleure ou supérieure à celle d’un autre. Et voici l’émergence d’un autre valeur : l’égalité.
D’autre part, si le bonheur reste un état d’âme, on ne peut pas en donner un modèles : par définition, il n’existe pas d’état d’âme standard. Et chacun ne peut vivre ses états d’âme que dans la fraternité.
Ajoutons que si la recherche du bonheur est dans la nature de l’homme, il n’a besoin ni d’ordre, ni de sanction, ni de patrons pour se mettre en quête. Et le bonheur ne saurait en aucun cas se transformer en devoir.
A l’antithèse du totalitarisme imposant un même bonheur pour tous, se profile une autre perversion émanant de la démocratie moderne et dénoncée, en 1840, par Tocqueville dans « La démocratie en Amérique ». Il arrive en effet que, dans ce cadre politique ce soit les citoyens eux-mêmes qui attendent de l’état qu’il organise le bonheur.
Tocqueville définit la démocratie comme « le droit égal et imprescriptible, pour chaque individu, à vivre indépendant de ses semblables en tout ce qui n’a rapport qu’à lui-même et à régler comme il l’entend sa propre destinée ». Donc l’Etat n’a pas à se mêler de nos affaires personnelles. Or, Tocqueville oppose ce concept de liberté à celui des Anciens, pour lesquels la liberté était éminemment politique, c’était le droit pour chaque citoyen de participer à la souveraineté. Cependant qu’aujourd’hui, nous revendiquons la liberté hors de l’Etat et finalement presque contre lui.
Dans le système démocratique, la naissance de la liberté va de pair avec un goût prononcé pour son propre bien-être, pour sa prospérité matérielle. Mais cette liberté individuelle, risque de s’autodétruire car on a tendance à laisser à l’état et à un nombre restreint de délégués les tâches qui règlent les affaires publiques afin de jouir en paix de nos biens et de notre indépendance ; il s’en suit une perte de responsabilité, jointe à une tranquillité qui se protège. L’idée s’installe que du reste « on s’en fout » ! Pendant ce temps, un petit nombre de représentants finissent par agir sans contrôle. L’Etat s’occupe bientôt de tout, décide, pense à notre place et sous couvert d’assurer la sécurité de nos biens privés, il empiète peu à peu sur les fondements de ce bonheur qui devait pourtant rester privé. Plus personne ne s’occupant de politique, il n’y a plus de pouvoir intermédiaire et le pouvoir devient un pouvoir unique et central. Ces paradoxes pourraient bien conduire à la ruine de la démocratie.
C’est ainsi que Tocqueville parle de « despotisme des temps modernes »
Car le bonheur reste fluctuant et ce qui fut réclamé comme Bonheur aujourd’hui nous révoltera demain… surtout si cela nous vient d’en haut.
Finalement, comme le disait si bien Benjamin Constant : « Prions l’autorité de rester dans ses limites ; qu’elle se borne à être juste. Nous nous chargeons d’être heureux ».
Car le bonheur, comme la santé ne sont pas des droits. Certes, nous avons droit à une organisation qui nous permet de garder notre santé : nous avons « droit au soins ». De même nous avons droit à une organisation collective de la société qui évite certains obstacles à la poursuite de notre bonheur. Mais nous n’avons pas droit au bonheur ! C’est à chacun de le construire comme il l’entend.
Avec l’économie moderne, le contrôle du bonheur semble encore plus important. Certains dirigeants ont même mis au point le BNB ou Bonheur National Brut pour mesurer scientifiquement le bonheur. Ce BNB viendrait compléter la PNB dont on s’est rendu compte qu’il ne suffisait pas à mesurer la bonne santé de l’économie ou la motivation des consommateurs par exemple.
Des indicateurs, inventés par Stuart Mill ont été dégagés et appliqués il y a quelques mois dans 28 pays. Mais la lecture des résultats reste influencée par l’idéologie des statisticiens : la France, par exemple, obtenait 16 sur 20 à partir d’un barème cartésien mais tombait à 8,5 selon les critères stoïciens.
Devant ces contradictions, les économistes en viennent à mieux soupeser les différences entre richesse, bien–être, bonheur, félicité, avant de nous bercer à nouveau dans les mythes de la pensée positive très populaire, aujourd’hui. C’est toujours drôle de penser qu’en Californie par exemple, le stress fait des ravages. Or ce stress serait essentiellement dû à la peur de ne pas avoir l’air heureux et en bonne santé ! Un vrai cercle vicieux !
C’est donc la foire d’empoigne des bonheurs en tout genre.
Manipulé par les marchands de voiture, de beauté, de pilules, de régimes, d’amour, de calumets, d’îles ensoleillées, de littérature, de musique… Le commerce du bonheur demeure florissant !
Certes, il coûte de plus en plus cher mais avec les aléas de l’économie mondiale, son prix n’offre toujours pas de garanties.
D’ailleurs l’argent fait-il le bonheur ? A cette question Woody Allen répond avec subtilité que : « la richesse vaut mieux que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières. »
Mais au fond, toutes ces considérations ne concernent qu’une infime partie des habitants de notre planète et nous sommes très loin de l’objectif du Droit Humain qui reste de réaliser sur toute la terre et pour tous les humains :
« la condition première du bonheur qu'il est possible à chaque individu d'atteindre »,
Ce projet n’a rien à voir avec des intérêts économiques, mercantiles ou privés.
Ces brèves incursions dans les théories du bonheur nous prouvent que tout reste à réaliser : « Le bonheur reste une idée neuve en Europe et même ailleurs ! »
Dans un monde où règne la matière, la violence et le mensonge, notre objectif paraît bien compromis……… et pourtant nous sommes là !!!
(le devoir du bonheur pour les FM)
Alors quelle est cette condition première sur laquelle nous pouvons travailler pour fonder le « droit au bonheur », sachant que ce droit est à la fois individuel et collectif ?
La réponse est aussi simple que complexe, elles trouve inscrite dans les différents articles de notre Constitution Internationale qui reflète la Constitution des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Trois valeurs préexistent qui sont inséparables :
Elles ont nom Liberté, Egalité Fraternité :
- la Liberté permet le choix des consciences et la laïcité,
- l’Egalité implique la Justice sociale,
- la Fraternité ouvre à la tolérance, à la solidarité.
A quoi ressemblent les sociétés où des hommes se représentent le bonheur sans liberté, sans justice, sans tolérance ?
Peut-on vouloir le bonheur de l’humanité sans égalité entre les hommes, entre les sexes, entre les peuples.
Peut-on imaginer le bonheur humain sans la fraternité.
Pour que ces valeurs règnent entre nous, il nous faut laisser nos métaux à la porte du Temple. Nous quittons nos fortunes, nos savoirs, nos spécialités, nos hiérarchies. Dans ces conditions nous pouvons nous « entendre » fraternellement car nous repartons tous à zéro, comme les enfants d’une même famille. L’initiation nous fait naître, pour mieux connaître, pour apprendre à marcher, apprendre à lire, à écrire, apprendre à dire, à se dire !
C’est pour cela que notre double méthode rituelle et symbolique, annoncée dans le troisième article, n’est pas facultative ou ornementale, elle fonde la fraternité. Elle instaure l’accueil et le développement de la parole de chacun. Elle nous aide à échapper aux « partis pris » figés dans des systèmes de pensée trop souvent cloisonnés, dogmatiques, autoritaires, ignorant des pends entiers du patrimoine de la pensée humaine, sous couvert de certitudes, de régionalismes, de scientisme. De plus, elle comble un vide creusé par une culture hyper rationaliste : puisqu’elle rend à l’homme la richesse de sa pleine nature en réconciliant l’imaginaire et la raison.
Grâce à cette méthode symbolique, les Francs-maçons du Droit Humain, peuvent travailler ensemble sans distinction d’ordre ethnique, philosophique, religieux ?
Quant aux rites, ils définissent un même cadre pour tous. Ils instituent démocratiquement des fonctions et ils les font tourner pour que chacun ait l’occasion de remplir tour à tour toutes les tâches afin de mieux partage les responsabilités.
Tels sont les principes inscrits dans les premiers articles de notre constitution ; ils animent notre chantier maçonnique. Ils visent à construire entre nous l’harmonie. Notre Temple est donc un terrain d’entraînement au bonheur. Et lorsque nous avons le sentiment d’avoir « bien travaillé », lorsque « les ouvriers sont heureux et satisfaits », lorsque nous avons reçu notre « salaire » qui n’est autre qu’un grain de sel de sagesse supplémentaire, nous partageons l’égrégore et j’ose dire que nous rayonnons. Ensemble, avec nos soucis, nos difficultés, nos singularités, nous donnons vie à cette idée qu’un bonheur est possible pour des hommes vivant et travaillant dans un cadre juste et rigoureux.
Il nous reste alors à transmettre cet espoir dans la cité.
A l’instar de ce qui se passe dans notre Temple, il nous faut travailler d’une part pour que les lois soient justes et d’autre part pour qu’elles soient respectées.
Cela conduit d’abord à la mise en œuvre de solutions politiques qui permette à chacun de trouver le bonheur auquel il aspire tout en le gardant compatible avec celui des autres. Certes, nous l’avons vu, le bonheur ne relève pas entièrement de la politique, il est affaire privée et non publique. Mais ce que peut donner la politique ce sont les conditions du bonheur. Ces conditions reposent sur un respect inconditionnel de valeurs universelles telles que la liberté, l’égalité, la fraternité - et nous avons la chance que ce soit celles de la République Française -. Par conséquent les lois doivent être garantes de la justice, de la liberté d’expression mais aussi de l’éducation, de la solidarité, de la tolérance, de l’éthique sociale, bref de tous ces facteurs qui nous permettent d’accéder au bonheur.
Cela conduit ensuite à ne pas oublier que si « vivre en cité » peut nous apporter le bonheur c’est aussi parce que les lois nous donnent l’habitude de bien agir et que pour bien agir il faut apprendre à penser, à exercer sa raison. Il faut sortir de l’ignorance, pouvoir s’exprimer, être tolérant. La politique doit donc aussi mettre beaucoup de soin à faire que les citoyens soient des citoyens éclairés, honnêtes, libres et de bonnes mœurs et cela passe par de nombreux apprentissages ou peut-être par d’heureuses initiations !
Pour conclure et pour vous encourager à activer vos zygomatiques, je nous souhaite d’être heureux dans ce Temple, puisque notre première mission consiste à réaliser d’abord notre propre bonheur pour nous sentir capables de le transmettre à ceux qui nous entourent tout en espérant que ce bonheur sera contagieux.
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Devoir et liberté personnelle

20 Août 2013 , Rédigé par B\A\ A\ Publié dans #Planches

Le thème proposé à notre réflexion est : « Devoir et liberté personnelle ».
Un des thèmes marquants au grade de maître secret est celui du Devoir, la fatalité du devoir.
Le Devoir se définit comme « Ce qu’on doit faire, ce à quoi l’on est obligé par la loi ou par la morale, par son Etat ou les bienséances.
Faire son devoir, c’est agir comme on doit agir.
La liberté c’est le pouvoir d’agir ou de ne pas agir, le choix reconnu à chacun d’accepter ce qui existe. La Liberté caractérise un état exempt de toute contrainte.
Notre étude va s’articuler autour des points suivants :
- qu’est-ce que le devoir ?
- qu’est-ce que la liberté ?
- comment le franc-maçon peut-il accomplir son devoir en étant un homme libre ?

I - Qu’est ce que le devoir ?

Les devoirs pour l’apprenti Franc-maçon qui s’engage sur le chemin de la connaissance sont : le silence, la présence régulière aux tenues, le maniement du maillet et du ciseau avec efficacité et persévérance etc…
Pour le compagnon, le devoir c’est la connaissance de soi à partir de la connaissance des fonctions de vie et le sens du devoir éclatera comme une étoile dans plusieurs directions.
Quant au Maître maçon, son devoir c’est la recherche de la parole perdue (connaissance). Le devoir du maître authentique est de transmettre sa lumière à ceux qui sont sur la voie et de nourrir son âme à la flamme d’un plus initié que lui.
Notre premier devoir est de nous mettre à couvert de toute pollution mentale et psychologique pour voir ce qui existe et que nous n’avons jamais pris le temps de regarder.
La Franc-maçonnerie n’impose pas comme premier devoir de faire son salut de toute force en fuyant la réalité de la vie quotidienne, mais de devenir un homme conscient de ses limites et de sa grandeur.
Les premiers devoirs sacrés et plus pressants que la nature et la conscience nous imposent sont : une famille à entretenir, des enfants à élever, de vieux parents à soutenir, des engagements civils à remplir.
Le Devoir est la grande loi de la franc-maçonnerie. Les Devoirs généraux de l’initié sont :
- Fuir le vice et pratiquer la vérité
- Se taire devant les profanes
- Chercher la vérité
- Vouloir la justice (suivi des lois)
- Aimer ses frères
- Se soumettre à la loi
En ce qui concerne les principes, la Grande Loge Unie de CI se réfère aux anciens devoirs, notamment quant au respect des traditions de la franc-maçonnerie et quant à la pratique scrupuleuse et sérieuse du rituel et du symbolisme en tant que moyen d’accès au contenu initiatique de l’ordre.
Les anciens devoirs des franc-maçons sont : un maçon est obligé d’obéir à la morale, d’appartenir à une loge et de soumettre aux règlements généraux. Les personnes admises comme membres d’une loge doivent être des hommes bons, loyaux, libres et de bonnes mœurs. Toute promotion doit être fondée uniquement sur la valeur réelle et sur le mérite personnel.
Tout frère doit être secouru au besoin dans la limite des moyens.
Le maçon doit cultiver l’amour fraternel.
Au cours de l’initiation, le V\M\ rappelle au récipiendaire que la franc-maçonnerie a pour but de lutter contre l’ignorance sous toutes ses formes : c’est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre selon l’honneur, pratiquer la justice ( suivre la Loi ), aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique. Ainsi lorsqu’on persévère dans la vertu, la vie devient calme et paisible.
Le franc-maçon ne doit jamais oublier le principe de morale sublime : « Ne fais jamais à autrui ce que tu ne voudrais pas qui te fût fais à toi-même ». Il doit être pénétré du principe qui en découle » : « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’ils te fassent à toi-même ».
Un initié se soumet sans réserve à la loi. Il se soumet scrupuleusement à la législation de tous les pays où il leur est permis de se réunir librement.
La grande route de devoir conduit à la vérité qui est la lumière. La parole perdue est la connaissance du devoir complet connu des anciens initiés. Cette parole perdue n’a pas été retrouvée. Et le maître secret se joint aux frères pour y travailler en suivant scrupuleusement la route du devoir qui est un but vers lequel l’on avance. La recherche du devoir et la ferme volonté de l’accomplir sans songer à une récompense, sans orgueil, ni ostentation, mais pour répondre aux exigences de sa conscience et la caractéristique du 4ème degré.
En ce qui concerne la parole perdue, lors du meurtre d’Hiram, les maîtres décidèrent de changer la parole des maîtres. Le mot de maître communiqué au 3ème degré est un mot substitué et de ce fait , la vocation de maître est définie : il doit aller à la recherche de la parole perdue. Le devoir est donc la grande loi de la franc-maçonnerie.
- Inflexible comme la fatalité
- Exigeant comme la nécessité
- Impératif comme la destiné
L’un des devoirs des membres des ateliers supérieurs est d’être actifs dans les loges bleues, d’y propager et défendre l’enseignement initiatique en s’interdisant de s’y prévaloir de leurs appartenances aux degrés supérieurs.
L’ordre maçonnique peut exiger du F\M\ qu’il verse jusqu'à la dernière goutte de son sang pour sa défense et pour celle de ses frères : c’est le sacrifice suprême. Celui qui vit sans accomplir son devoir d’évolution et de connaissance, sans s’y adonner de toute son âme, quelles que soient ses obligations du moment, sent sa vie vide, difficile et insatisfaisante. « Malheur à ceux aspirent à ce dont ils sont indignes ».
« Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent porter ».
« Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui ensuite, les négligent ».

II- Qu’est ce que la liberté ?

C’est la possibilité d’agir, de penser, de s’exprimer, selon ses propres choix. C’est l’exercice des droits naturels de chaque homme, selon la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (révolution française de 1789).
Mais c’est aussi la possibilité assurée par la loi et le système politique et social, d’agir comme on l’entend, sous réserve de ne pas porter atteinte aux droits d’autrui ou à la sécurité publique.
La liberté n’est pas dans le refus mais dans l’acceptation et la juste adaptation. Le profane avance en tout premier fleuron ses droits. Il clame ses droits et oublie ses devoirs.
Pour le franc-maçon c’est la liberté de l’initiable, de celui qui cherche, qui ne cultive ni certitudes, ni croyances bloquées, mais celui qui reste ouvert à l’autre et à la connaissance. Reçu Franc-maçon et virtuellement initié en homme libre, c’est à dire affranchi, consciemment libéré des préjugés vulgaires, des passions et du fanatisme aussi bien collectif et individuel, il avance, armé de ses outils, sur la voie étroite de sa quête initiatique.
Notre liberté est d’accepter, accepter un collègue énervé, une femme en retard, un enfant dernier en classe, une averse sur un dimanche de pique nique, une voiture récalcitrante. Notre liberté réside dans notre capacité à accepter la réalité, y compris la réalité de notre refus, de notre énervement, de notre mesquinerie, de notre jalousie, de notre avarice ou de notre souffrance. Difficile à accepter la souffrance alors que d’instinct, nous cherchons le plaisir et le bien-être facile. Lorsque nous refusons la réalité nous entrons en conflit. Celui qui vit sous la pression de ses phantasmes, de ses peurs, de ses désirs et de ses aveuglements ne peut être libre. Il est l’esclave de ses pulsions automatiques.
Car la liberté du franc-maçon, loin d’être conférée, est progressivement conquise par le dégrossissage de la pierre brute, par le dépouillement de soi-même pour atteindre l’essence divine ; cette intériorité où l’on découvre l’autre, où l’on réalise qu’il nous est semblable.
Pour le célèbre physicien Albert Einstein, grand théoricien de la relativité, « la vraie valeur de l’homme se définit en examinant dans quelles mesures et dans quel sens il est parvenu à se libérer du moi ».
C’est dans l’âme seule en effet que la vraie liberté peut se développer et s’épanouir.
Mais comment accomplir son devoir tout en étant un homme libre ?

III-Comment le F\M\ peut-il accomplir son devoir en étant un homme libre ?

Le Franc-maçon, homme libre, n’élude aucun des devoirs qu’implique un manifestation .Être libre pour un initié, ce n’est pas être libre vis-à-vis de ses devoirs, mais être libre de ses automatismes conscients et inconscients pour se tourner vers l’ordre réel, vers les énergies subtiles et orienter sa raisonnance .
Le F\M\ est un homme de la cité ; à ce titre et sans renoncer à sa vocation initiatique, mais bien plutôt en y prenant appui, il peut et doit affirmer sa position lorsque les valeurs considérées comme fondamentales se trouvent en péril, violées, méconnues ou attaquées. Il en est de la défense des droits de l’homme, de la protection des minorités, de la lutte contre le racisme ou l’exclusion etc.
C’est par le véhicule de la liberté et guidés par son devoir que les F\M\ ont toujours convoyé l’évolution et le progrès individuel et social. En pensant vrai, le maçon choisit d’agir selon le bon droit et la justice.
Mais pour accomplir son devoir dans la liberté, il faut d’abord les connaître, les aimer et les utiliser au bénéfice de soi et de l’autre. Et il est plus facile de faire son devoir que de les connaître. La tolérance sera le point d’équilibre nécessaire, car parfois le devoir fait mal.
Et dans nos ateliers, nous travaillons pour que s’accomplisse l’union de ces deux concepts, avec la liberté comme clé et chemin confié à l’initié, et le devoir comme grande loi de la franc-maçonnerie.
L’initié jouit d’une entière liberté, parce qu’il est pleinement raisonnable et que par la suite, il ne peut faire qu’un usage de sa volonté. C’est en ce sens le maçon doit être libre dans une loge libre.

CONCLUSION

Cependant le devoir comme la liberté ne sont pas jamais pleinement accessibles à l’humain. Il s’agit de conquêtes de tous les jours, sans cesse remises en cause et que l’on doit s’efforcer de mettre en pratique dans le vécu quotidien sans découragement.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Les Devoirs du Maître Maçon

19 Août 2013 , Rédigé par A\ G\ Publié dans #Planches

Mes très chers sœurs et frères, en 1994, je rencontrai celui, parmi d'autres, qui allait devenir mon parrain de cœur dans ma future vocation maçonnique et qui, devant la ferveur de ma naissante foi, m'assénait une vérité qui ne m'a jamais quittée :
tu sais, me dit-il, pour un franc-maçon, il y a chronologiquement trois DEVOIRS :
la famille, le travail et la maçonnerie.
A partir de cela, j'aurais pu modifier le sens de ces priorités mais je les ai faites miennes parceque la vie m'a imposé cette hiérarchie de choix.
Ainsi, dès notre premier contact avec la loge et la franc-maçonnerie, il est question de DEVOIRS.
Le testament philosophique n'interpelle-t-il pas l'impétrant par trois questions :
Les devoirs de l'homme envers l'humanité.
Les devoirs de l'homme envers sa famille.
Les devoirs de l'homme envers lui-même.
L'axe est déjà tracé, puis, au cours de l'évolution dans la loge, on constate que chaque augmentation de salaire est assortie de nouveaux devoirs, de règles et de serments à respecter.
Alors donc, après ce préambule, quels sont les devoirs d'un maître maçon ?
Comment pouvoir déterminer la différence entre mes devoirs d'homme dans la vie
profane avec ceux du franc-maçon que je suis ?
Y a-t-il une frontière entre l'homme profane et le franc-maçon hormis l'intiation ?
Et entre ceux du maçon et du maître maçon hormis celui de la transmission ?
Je ne vais pas parodier une récente planche d'un de mes frères en démontrant que le devoir de tuer pour sa patrie en temps de guerre ou de condamner en tant que juge est le même que celui de donner à ceux qui n'ont rien ou d'aider un non voyant à traverser une rue.
Donc j'éviterai soigneusement la définition grammaticale du mot devoir pour me consacrer à celle plus précise qu'on peut lui donner en maçonnerie.
Le premier devoir du maître maçon passe par un préalable indispensable qui est celui de se connaître soi-même et être avant tout maître de soi. Son crédo est de travailler de manière continue sur lui-même. On ne peut rayonner avec une lumière intérieure éteinte. Travailler sur soi-même, c'est approfondir les sujets de planches pour, avec humilité, apporter d'autres éclairages et enrichir les travaux.
Le devoir essentiel du maître n'est que peu différent de celui de l'apprenti, si ce n'est qu'après avoir assimilé le sens du rite, il peut transmettre, ce qui n'est pas possible au premier degré. Ainsi, pour moi, le devoir majeur est d'évoluer soi-même pour pouvoir aider à l'évolution des autres. L'initiation n'est pas un sacrement, elle se gagne et le premier devoir c'est soi.
Car, que transmettre si dans notre for intérieur règne la confusion ?
J'éviterai volontairement la référence à la célèbre phrase de SOCRATE pour n'en retenir que le début, SE CONNAÎTRE SOI-MÊME.
Qu'est ce que se connaître soi-même ?
Les erreurs constantes que nous commettons dans le quotidien sont celles qui nous font avancer malgré nous car, à toute erreur il existe une possibilité de réparation, l'essentiel étant que nous nous saisissions de cette possibilité pour nous exiger un DEVOIR de réparation.
On peut nommer cela de la tolérance, de la rédemption, du regret, de la compassion, peu importent les mots, le tout étant d'en avoir conscience, cette même conscience qui est le reflet de notre âme.
Et tout cela doit s'accomplir dans l'action, pas dans le virtuel.
Réparer ce que nous avons abîmé volontairement ou inconsciemment, rassembler ce qui est épars est pour moi le commencement du chemin de la paix intérieure.
Aimer est un état d'être et non un devoir décrété et aimer nous rend heureux.
Notre regard est différent après l'initiation, puis il s'aiguise au fur et à mesure des travaux en loge, l'écoute est toujours attentive mais elle se nourrit de la richesse des autres, de l'apprenti au maître et au profane inclus.
A la question "êtes vous franc-maçon" ?, on aimerait pouvoir répondre "les profanes me reconnaissent comme tel".
L'action du maître maçon dans la vie profane doit être exemplaire pour son entourage.
Alors, me répondrait-on, en quoi tout cela fait que nous nous connaissons mieux ?
Je vous répondrai, mes S. et FR., seulement par le fait du dépouillement lent et sûr de tous nos métaux, des scories intellectuelles, par le fait de prendre conscience que la contemplation nous habite doucement, nous envahit lentement et nous apporte une paix relative, mais une paix tout de même. Tout devient moins urgent. Après tout, se connaître n'implique-t-il pas de posséder cette patience, d'agir dans la durée, en loge et surtout à l'extérieur de la loge avec symboliquement en main son compas et son équerre.
De la paix intérieure du Maître maçon naîtra la qualité de la transmission.
Là aussi, le verbe transmettre permet toutes les digressions que nous aurions loisir de choisir.
Pour ce qui me concerne, transmettre c'est d'abord donner à autrui ce que nous avons nous-même reçu. Et donner, c'est avant tout un acte gratuit. Rien ne doit entacher l'élan qui nous anime par quelque arrière pensée de reconnaissance implicite ou admiration en retour.
La transmission maçonnique ne se fait pas ostensiblement. Elle découle d'un état d'esprit profondément ancré dans l'utilisation des outils que nous avons reçus grade par grade. Ces outils doivent faire partie intégrante de tous propos tenus à l'intention d'un initié ou d'un profane, de tous actes commis, de toute idée véhiculée dont nous sommes seuls à pouvoir apprécier la portée. Ce que nous avons reçu est à nous mais aussi aux autres.
Je n'évoque pas les maîtres ici présents dont chacun a sû, de façon adogmatique, dessiner puis commencer à bâtir son temple intérieur, mais plutôt nos frère apprentis, compagnons et profanes.
Si la mise en confiance est évidente dans notre rapport avec l'initié puiqu'il fait partie de notre fraternité et se doit d'être sans a priori, elle est plus délicate avec le profane.
Tout le monde ne peut ni ne veut être franc-maçon.
La transmission est d'autant plus facile lorsque l'écoute est aisée, mais ardue, quand les idéaux, si il y a idéal, diffèrent. Le dépouillement par l'ascèse, que je ne confonds pas avec l'austérité, facilite la transmission car il permet de supprimer le verbiage inutile pour aller à l'essentiel.
Si lumière il y a, elle ne peut provenir que de notre tréfonds où il nous faut puiser la maîtrise nécessaire à son émanation.
L'écoute de l'autre demeure essentielle car elle nous confronte à nos propres certitudes et nous astreint à la tolérance.
Nous ne sommes détenteurs d'aucune vérité immuable si ce n'est la recherche constante du principe de la VIE et, de par cette recherche, admettons que toute opinion qui n'est pas nôtre contient elle aussi, certainement, une part de vérité que nous nous devons d'analyser et qui nous enrichira.
Il faut que cette quête de vérité, d'où qu'elle vienne, soit empreinte de tolérance, vertu essentielle du maître maçon.
SAGESSE, FORCE et BEAUTE ne restent que des apparences si nous ne les dépouillons pas de la musique des mots pour n'en retenir que la quintessence initiatique car, que sont ces mots qui risquent de nous désillusionner si nous ne nous en imprégnions pas pour en constituer la définition de l'homme d'honneur en quète du bien.
Nous ne somme souvent ni sages, ni forts, ni beaux selon les circonstances d'intérêt personnel, de servitude ou de cliquetis récurrents des métaux.
Mais, la vraie maîtrise rend cette désillusion toute passagère puisqu'elle nous sert à puiser en nous ces richesses que nous n'avions ni cherchées, ni trouvées et qui permettront de reconnaître en nous ces faiblesses et nous armer pour les combattre.
Le tout nous est supérieur et notre devoir d'humilité nous rapproche seul de la connaissance. Soyons HIRAM ressuscités par l'action, radieux, mais oh combien pétris de cette volonté purement maçonnique de vouloir améliorer le monde en le guidant vers le VRAI, LE BEAU, LE BIEN et L'HARMONIE, HIRAM dont la fin du récit dit de lui :
"ainsi périt l'homme juste, fidèle au DEVOIR jusqu'à la mort".
Alors parmi tous les devoirs qui nous incombent, nous maîtres maçons, ceux-la passent aussi par la connaissance de notre RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE et, si tant est que nous sachions le comprendre et l'interprèter, nous le transmettrons le plus justement possible.
La sacralisation du lieu, l'instant, les actes, la situation de la loge, le déroulement de la tenue, le symbolisme de tout ce qui la compose, l'ordre, du début à la fin, le sentiment que, où nous nous trouvions dans une loge pratiquant notre rituel, nous serons chez nous, avec nos S. et FR investis des mêmes DEVOIRS prégnants pour lesquels nous nous sommes engagés .
Je les rappelle :
combattre les préjugés,
combattre l'ignorance,
combattre le fanatisme,
combattre l'ambition déréglée afin que règnent entre les hommes
LIBERTE, EGALITE et FRATERNITE;
Pour conclure par une synthèse, je résumerai ma conception des devoirs du Maître par :
LE DEVOIR DE TRAVAILLER SUR SOI
LE DEVOIR D'EXEMPLARITE ENVERS LE MONDE PROFANE
LE DEVOIR DE TRANSMISSION ENVERS SES FRERES ET SŒURS FRANC-MACONS ET PROFANES
LE DEVOIR D'HOMME D'HONNEUR
LE DEVOIR DE CONNAISSANCE DU RITE et DE TRAVAIL EN LOGE.
Le sentiment du devoir est indissociable de l'idée que nous nous faisons du bien.
J'ai dit.
source :
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Devoir Intégrité Conscience

31 Juillet 2013 , Rédigé par P\ P\ Publié dans #Planches

Le Devoir est l’application de la loi morale, la nécessité que l’homme se doit à lui-même et envers les autres, que l’homme devrait posséder dés sa maturité …; Quand je dis maturité, Je veux dire lâge ou l’homme, en pleine possessions de ses moyens de réflexions personnelles ; devrait être capable de discerner le juste milieu qui lui permet d’évoluer pour devenir réellement un homme,… Un être humain, qui, quel que soit la situation à laquelle il se trouve confronté, sache conserver sa dignité et être capable d’affronter le miroir de sa conscience en toute sérénité pour avancer vers la lumière.
DEVOIR INTEGRITE CONSCIENCE.
Nous les retrouvons dans le rituel complet de suspension des travaux du premier degré de notre rite.
Commençons par le devoir que je considère comme une obligation morale intérieure que l’on devrait s’imposer et que nous devrions tous posséder…
Encore faut t’il que tout êtres la possèdent ! Est-ce vraiment le cas ?... Je ne suis pas certain de répondre par l’affirmative…
Les hommes de devoir semblent se raréfier de nos jours au profit d’un vieil adage : 

Après moi le déluge
Et certains individus semblent dépourvus de sens moral…

Il existe deux devoirs.
Le premier est une règle dans toutes sociétés qui se veulent démocratique.
C’est le Devoir Civique qui s’impose à toutes sociétés organisées sur une constitution votée démocratiquement par les représentants d’une nation et qui garantit les libertés individuelles.
Mais ; s’il est imposé par voie de contrainte sans compensations de droits, il relève de la dictature. Ce n’est plus un devoir. C’est une obligation sous menaces de représailles, sur la personne qui se refuse à exécuter ce qui n’est plus une nécessité mais une contrainte au profit d’une oligarchie.
Le deuxième Devoir est personnel puisqu’il s’agit de Devoir Moral.
En fait le problème est bien la. Car le devoir moral découle de ce que nous nommons la conscience. Encore faut-il accepter d’écouter la voie de la conscience.Tout êtres possèdent le libre choix d’écouter cette voie ou de la laisser en sourdine pour vivre avec ses passions qui ne reflètent pas toujours ce que nous sommes réellement.
Je suis persuadé ; et ceci est une affirmation ! Que bien des hommes, en faisant fi de l’intégrité qu’ils devraient conserver ; s’accaparent la moralité à leurs besoins propres ! …
Caste… famille sociale …ethnie… parti politique ou corporatisme dont ils dépendent au détriment des autres et d’eux même …
Quand je dis eux même … Je veux parler de la vraie personnalité individuelle que possède chaque être humain qui est toujours sous l’influence du groupe dont il est membre, alors qu’il appartient à ce que nous appelons communément : L’Humanité.
La diversité réunit dans un ensemble : le Tout en Un. Ce qui devrait être harmonie n’est que cacophonie. Sommes-nous si égoïstes au point d’ignorer l’autre?
Le Devoir moral devrait se situer au dessus de toutes luttes partisanes.
Ce dernier ne réapparait que si l’humanité est en danger. Mais une fois le danger écarté ; le partisanisme revient au galop. Chaque clan voulant le pouvoir pour lui-même pour imposer ses idées qui sont les meilleures ; cela va de soi !...
Ce qui m’amène la remarque suivante : la plupart du temps le devoir moral s’exerce en fonction des éducations religieuses ou civiques imposées par la société à laquelle nous appartenons malgré nous.
La liberté, c’est d’être capable de se libérer de tous ces carcans qui nous empêchent d’entrevoir la lumière au delà de nos mesquineries matérielles et de nos préjugés culturels, imposées par l’influence de certaines minorités qui ne possèdent que l’intérêt de leurs clans qui sont toujours lucratifs pour garder leurs pouvoirs de mercantiles.
Le Devoir moral devrait posséder l’impartialité et la lucidité de jugement avant toutes décisions qui entrainent un acte juste. Malheureusement ; bien souvent nos préjugés culturels prennent le pas sur la raison… Ce qui devient un handicap pour la réflexion qui se voile de l’obscurantisme.
Regardez autour de vous, voyez dans quelle monde nous vivons et vous verrez que mes remarques ne sont pas celles d’un rêveur.
Le Devoir moral devrait se réaliser sur l’équilibre du jugement personnel ; au delà des influences extérieures qui agissent sur notre comportement malgré nous…
Ce Devoir n’est-il pas une nécessité pour évoluer ?...
Seul avec nous même, nous devons oser affronter le miroir pour accepter le combat avec le plus terrible des ennemis : nous même...
Le premier pas dans un voyage est celui qui compte le plus disait Lao Tseu., car il nécessite la volonté d’agir.
On distingue plusieurs devoirs moraux. Le premier est celui qui ne coute rien et qui peut s’accomplir par amour propre vis-à-vis du regard des autres,… ou pour se dire : j’ai fait ma bonne action
Par exemple : donner un chèque annuel à une organisation caritative, qui sera déductible des revenus ; ou bien donner la pièce à un sdf. Ce devoir n’amène ni contraintes ni réflexions.
Certaines personnes portées vers l’altruisme et qui s’affranchissent des limites de la loi en se dirigeant dans l’humanitaire, s’oriente vers ce que nous pourrions nommer :
Morale caritative.
Cette dernière intervient chez des personnes qui possèdent l’éthique de la bonne action indéniable, comme les restos du cœur, ce qui en fait n’est plus une bonne action mais un devoir spontané contre le refus d’une injustice qui atteint la dignité humaine et qui peut être éliminée par la pureté des intentions d’aller vers le bien.
Il y a également celui qui n’écoutant que son courage décide d’intervenir pour sauver une vie, mais risque la sienne. Ce qui est également un devoir spontané…
Maintenant, prenons pour exemple une personne qui décide de faire opposition à un ordre arbitraire dont elle n’est pas la victime mais simple spectateur…
La décision de lutter contre l’injustice vient du sentiment qu’elle ne doit pas rester impassible devant cette décision qui atteint sa conscience et l’insurge. Le fait de désobéir devient un devoir parce qu’elle estime qu’il y a atteinte à la dignité d’autrui.
Mais autrui, n’est ce pas notre semblable ? Et s’il n’est pas respecté, si sa dignité est atteinte ne le sommes nous pas également ?.... Respecter autrui c’est se respecter.
Autrui n’est il pas un autre moi, autre que moi ?
En exécutant mon devoir je réalise ce que je pense être nécessairement accompli parce que mon choix est allé vers le bien, parce que ma conscience m’a guidé vers un acte décidé seul et désintéressé.
Si c’est un acte intéressé ce n’est plus un devoir… Pure vanité ! C’est une recherche de privilèges ou de distinctions pour se distinguer des autres et en obtenir le respect. Alors que ces derniers ne doivent être attribués que sur le bien de l’utilité publique.
Le devoir qui est une exigence morale, n’existe que par sa distinction de la bonne volonté qui repose sur la pureté des intentions de l’homme : c’est la conscience morale spontanée ; elle n’existe que par la nécessité de ce qui est nécessairement accompli est bien. C’est la pureté de l’intention qui tient à la pensée dont l’essence est la liberté et qui permet de conserver la dignité en accomplissant ce que l’homme reconnait être juste, pour être humain et digne de sa conscience.
Mais qu’est ce que la conscience morale ?
C’est ce qui nous fait juge de nous même. En ce cas le devoir devient une obligation intérieure que l’on s’impose. Mais c’est aussi la liberté intérieure de penser. Elle désigne le sentiment intérieur d’une norme du bien et du mal qui nous dit comment apprécier les valeurs des conduites humaines, qu’il s’agisse des nôtres ou de celle d’autrui. C’est un retour sur nous même.
C’est ce que nomme Rousseau : la voie de la conscience. La même en tout homme. Malgré la diversité et la variabilité des mœurs et des connaissances : Elle est universelle, elle est la voie de la nature : Tout vient de l’intérieur, nous même…
À condition de bien vouloir l’écouterCette conscience qui rend semblable l’homme à dieu…
Si Rousseau la considère non pas comme un jugement mais comme un sentiment ; Kant la considère au contraire, comme l’expression de la raison pratique.
Mais, une personne dépourvue de sentiments est elle capable de raison ? Celle-ci sera encline à suivre le chemin de ses désirs et de ses passions uniquement pour en jouir !
Pour Bergson, la conscience est le produit d’un conditionnement social et pour Freud l’héritière direct du surmoi ; instance pourtant en majeure partie inconsciente. Cette dernière représentant l’intériorité de l’être…
Combien d’êtres vivent ? Combien d’êtres fonctionnent ? Voici une question intéressante que nous devrions nous poser quelquefois !
Pour Pascal : la conscience équivaut à la pensée qui nous révèle les limites de notre existence… Est ce la pensée qui oppose l’homme au reste de la création ?... Pensée qui fait la grandeur de l’homme qui lui révèle également la misère de sa condition et qui le sort d’une vie inerte ; végétative….
Nous possédons ce que les autres règnes n’ont pas.
Le minéral existe parce qu’il a une structure, c’est une chose et c’est tout. La plante existe et sent, possède une forme de vie végétative sans mouvements, mais non insensible au milieu sonore. L’animal existe, sent et connaît, sait qu’il connait et possède une sensibilité.
Mais l’homme, existe, sent, connaît, sait qu’il connaît et possède une réflexion sur soi :
Conscience… du latin : Cum : avec. Scienta : science, donc un attribut humain !
C’est bien cet attribut qui nous distingue des autres règnes et qui permet à l’humain de s’élever dans sa condition. Condition que nous cherchons à rendre toujours meilleure, ce qui se fait par la découverte de l’égo.
Cependant certains d’entre nous sont capables de dépasser la sphère de l’ego pour faire abstraction d’eux même au profit des principes universels qui supporte la vie.
A ce stade apparaît l’amour inconditionnel de son prochain, le sens vivant de la compassion et le fondement dans le sacré. Le respect de la vie sous toutes ses formes.
Ces personnes qui atteignent ce niveau sont très rares : Bouddha, Jésus, Gandhi, Martin Luther King, Sœur Theresa et Sœur Emmanuelle, le Dalai Lama, appartiennent à cette catégorie.
C’est ce que j’appelle des hommes de cœur… Chez les soufis les mystiques sont :
Les hommes du cœur.
En Orient, cet organe vital est le siège de la spiritualité et la base de la nature intellectuelle de l’homme. C’est aussi la conscience révélée dans la quintessence des êtres crée afin que Dieu puisse contempler l’homme par ce moyen. C’est le trône de Dieu et son temple dans l’homme. En Occident, le cœur est le siège de l’affectivité.
Est-il possible d’être sans sentiments ? Il existe malheureusement ce genre d’individus ; fort rares, je l’admets…
Pour les autres, dont nous sommes membres…
Je reconnais pour ma part que je raisonne par la sensibilité que je possède ; mais pas par sensiblerie qui ; elle, affecte la réflexion… Certain se contentent de fonctionner et n’écoute non pas la voie de la conscience mais celle de leur passions…
La passion est un sentiment que nous subissons sans comprendre et qui affecte l‘évolution de la conscience pour trouver la paix intérieure. C’est une émotion incontrôlable qui ne dévoile pas obligatoirement le microcosme de chaque être et qui mérite une planche. Mais peut-on l’éviter ?... Ceci demande réflexions.
L’intégrité de nos réflexions doit se réaliser au delà des passions et des influences extérieures que nous subissons malgré nous dans le monde moderne ; et ces dernières sont assez nombreuses et puissantes pour manipuler les consciences de bien de nos semblables. Aussi nous faut-il redoubler de calme intérieur et de méfiance pour conserver un jugement sain de ce que nous nommons :
Valeur Morale.
Cette dernière peut englober beaucoup de valeurs ou de principes qui peuvent influencer des personnes naïves ou peu soucieuses de réflexions appliquant à la lettre l’enseignement manipulateurs de pseudos mentors ,ou soi disant gardien du dogme et diriger les masses populaires vers les pires excès.
Gardons nous bien de ceux là, il nous suffit d’observer ce que peut provoquer la dérive de ceux qui se prétendent les gardiens des valeurs morales en regardant leurs résultats.
Heureusement la Franc Maçonnerie est bien au dessus de toutes ses mesquineries qui pourrissent la vie des hommes.
La Valeur Morale, la vrai Valeur Morale est celle qui nous élève vers un monde ou la condition est une ascension de la pensée et non pas une régression vers l’animalité.
Ce qui serait une tendance ces dernières décennies me semble- t‘il !
La Valeur morale s’impose à la conscience comme un idéal que l’homme ne dispose pas, mais qu’il souhaite. C’est l’homme, qui les invente à partir de ce qu’il juge être bon ou mauvais. De là, découle des dérives que je nomme dogmatiques ; celles ci peuvent engendrer l’extrémisme…
Religieuses ou athées ; dans les deux cas elles rejettent les idées de différences d’opinions qui doivent être combattues au profit de l’uniformité de la pensée, puisqu’ ‘elles agissent sur les écrits religieux, et de certains philosophes dont les interprétations servent à manipuler à des fins d’asservissements et de contrôle à des pouvoirs oligarchiques.
Nous devons garder cette indépendance qui se situe au delà des discordes partisanes oligarchiques, dont nos congénères semblent dépendants et que le prosélytisme de ces dernières affecte et influence les masses pour nous écarter du chemin de lumière qui est le seul chemin que l’homme doit prendre pour s’élever afin de retrouver ce qui nous manque :
La Sagesse et la Sérénité qui permettent de concevoir et d’entreprendre une vie ou l’homme peut marcher en paix sur terre parmi ses frères.

J’ai dit !
source :
www.ledifice.net

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La fraternité : un devoir, un droit, un travail

30 Juillet 2013 , Rédigé par B\ K\ Publié dans #Planches

je vais vous présenter ce soir une planche au premier degré parmi celles proposées par le Vénérable Maître, à savoir « La fraternité : un devoir, un droit, un travail » Pourquoi ai-je choisi ce sujet?

Comme me l’a dit Michel : « Comment vas-tu arriver à dire quelque chose d’original sur ce sujet aussi galvaudé ? » Eh bien, je vais vous expliquer pourquoi : Si je suis aussi sensible a la fraternité, c’est probablement parce que je n’ai eu qu’une sœur de 10 ans de plus que moi et qui vit très loin et donc que j’ai eu peu de contacts fraternels naturels. J’ai donc voulu approfondir cette notion. Ma première pensée était que la fraternité est pour moi quelque chose de naturellement profond et qui ne devrait être ni un devoir, ni un droit ou un travail ! En fait, la réflexion m’a permis d’évoluer comme on le verra ci-dessous. Commençons d’abord par chercher l’origine du mot pour éviter les équivoques : Il vient du latin « Fraternitas » et exprime des relations entre frères ou peuples. Plus précisément, on peut trouver six significations à l’expression « être des frères » :

être reliés par des liens de sang, soit biologiquement (frères et sœurs)
être de la même génération
être du même milieu social
être de la même famille
être du même sexe
enfin être reliés par une appartenance a une même communauté religieuse ou initiatique, comme la FM\.

François Figeac prétend que ces conceptions de la fraternité sont plus élitistes qu’universalistes. Il pense que la fraternité doit inclure l’ensemble de la création et il cite l’exemple des Indiens des plaines d’Amérique du nord qui, conscients de l’utilité des bisons pour leur peuple, considéraient chacun d’eux comme un frère. Pour ma part, je n’irai pas jusque la. Marie de Solesmes a donné une définition qui est sûrement parmi les plus belles de toutes : « la Fraternité, ce n’est pas seulement donner ce que l’on a, c’est, avant tout, offrir ce que l’on est ». « Qui n’a pas de frère est un manchot » dit un proverbe arabe. « Sachons que seul on n’est rien et que pour atteindre l’inaccessible étoile, nous avons besoin de tout le monde » dit Julie Politza. Un peu d’histoire autour de ce mot maintenant. Le mot n’apparaît que tardivement et serait d’origine religieuse. Il donne son nom a tout un courant de pensée partant de l’antique Israël au Christianisme en passant par l’Inde (Bouddha), la Grèce (Socrate) qui disait « le combat pour la vérité et la justice, pour la fraternité des hommes est le plus noble des combats » ; la Chine (Confucius), jusqu'à Gandhi qui déclarait « le jour ou l’amour fera place à l’envie, à la haine, à l’orgueil, le jour ou chacun aidera ses semblables dans le besoin et saura en témoigner, ce jour la, l‘age d’or sera enfin une certitude » ; cette idée de fraternité dans la doctrine chrétienne a tendance a ne se réaliser qu’en vase clos ; dans le monde laïc, on assiste au développement de fraternités telles celle des Rose Croix et des corporations de maçons ; la publication en 1723 des constitutions d’Anderson marque une étape essentielle dans la diffusion et la pratique d’un idéal de fraternité. C’est en 1848 que le mot fraternité, sur proposition de Lamartine, a été officiellement intégré dans la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » ; l’idée étant de rendre compatibles liberté et égalité. Marcel David disait « la fraternité est le principe et la vertu sans laquelle la liberté devient chimère et l’égalité mensonge ». La fraternité citoyenne est imposée par la constitution alors que la fraternité initiatique est choisie quand on entre en maçonnerie. La FM n’a pas le monopole de la fraternité comme objectif, même si c’est un ordre initiatique fondé sur celle-ci. Les constitutions d’Anderson posent comme règle fondamentale « vous cultiverez l’amour fraternel qui est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre confrérie ». De même, dans les principes généraux est précisé « la FM\ a pour devoir d’étendre à tous les membres de l’humanité les liens fraternels qui unissent les FM\ sur toute la surface du globe ». Enfin, dans le tuilage on retrouve « êtes vous initié ? Mes frères me reconnaissent comme tel ». Répondre cela, c’est d’abord reconnaître soi-même les autres membres de la Loge comme des frères. La définition de la fraternité fait apparaître deux sens possibles :

- sous l’angle personnel et interpersonnel, le sentiment et le devoir de fraternité ;
- sous l’angle collectif et institutionnel, les structures visant à mettre en valeur les projets d’ordre religieux, professionnel ou social.

Nous nous concentrerons sur le premier sens, soit le sentiment, le devoir, la quête, la réalisation de la fraternité.

Cherchons d’abord a distinguer la notion de fraternité de notions voisines qui lui sont parfois associées voire substituées, tel celle de charité, bienveillance, justice, affection, amour, indulgence, fidélité, communion, écoute, humilité, respect des autres On en trouve toutefois certaines dont les liens avec celle ci sont plus étroits tels :

- l’humanité qui constitue un cadre général
- la philanthropie est perçue comme essentiellement élitiste et paternaliste contrairement à la fraternité qui vise plutôt l’égalité civile et l’aspiration à la dignité que la solidarité
- la solidarité qui est une notion d’ordre juridique, social et politique et pas humaine ni émotionnelle ; la fraternité est souvent réduite à cette seule dimension, même si elle en est le bras séculier.
- l’amitié qui résulte d’un libre choix est élective, restrictive et réversible contrairement à la fraternité qui ne doit pas reposer sur des préférences individuelles. D’aucuns suggèrent de remplacer dans la devise de la République Française et dans la batterie d’acclamation maçonnique « fraternité par amitié ». Cette position est très contestable car on peut cesser d’être amis même après 30 ans (c’est ce qui m’est arrivé avec un couple sans même que j’ai pu savoir pourquoi malgré de nombreuses relances) mais on ne peut cesser d’être frères.
- la tolérance, attitude intellectuelle et éthique qui découle directement de l’expérience initiatique.

Pour Shaeffert, «la fraternité va au delà de la charité, de la justice et de l’amitié, elle est compréhension, tolérance, altruisme, amour et dévouement »; Quel programme ! La fraternité qui enrichit nos temples possède plusieurs caractéristiques importantes :

- la fraternité de l’esprit ou recherche de la vérité, à partir d’échanges de convictions acceptées dans la diversité. Par contre, la fraternité en Loge ne doit jamais devenir un frein à la à la recherche de la vérité qui est première, ni même de la justice ou de la morale ;
- la fraternité du cœur pour une sympathie sans aucune arrière pensée ;
- la fraternité de l’imagination à travers la pratique des symboles. François Figeac estime que la pratique de la langue des symboles permet d’éveiller cette conscience fraternelle car les symboles seraient fraternels par nature. C’est une conception qui m’échappe pour l’instant.
- la fraternité de la volonté unie dans un meme combat pour la liberté de pensée.

On peut également la considérer sous 2 aspects :

- un aspect mythique à tendance individuel en lien avec la Lumière transmise par les initiés passés à l’Orient éternel.
- un aspect de métier par la pratique duquel les frères se construisent les uns par les autres. La fraternitè est liée à la réalisation d’une œuvre. Pour qu’elle soit menée a bien , il faut faire en sorte qu’il y ait un accord parfait entre les exécutants qui naît d’une pratique, d’un vécu en commun et qui se construit par l’intégration de chacun à l’œuvre communautaire. Les liens tissés participent à la fraternité initiatique car le métier conduit les oeuvrants à réaliser une œuvre qui les dépasse totalement. En effet, la tradition initiatique considère que l’on ne parvient pas seul à la connaissance. Cette pratique consiste concrètement a faire en sorte de ne pas troubler les FF\dans la construction de l’égrégore par des interventions inopportunes, a respecter toutes leurs interventions et a ne jamais s’y opposer.

L’aspiration à la fraternité n’est pas exempte de contradictions car elle s’appuie à la fois sur le besoin de compagnie et de solitude d’une part et sur la crainte de l’isolement et de l’étouffement d’autre part.

Il y a 2 grands types de projets communautaires : les communautés militantes orientées vers la transformation sociale et les maïeutiques privilégiant l’action intérieure de transformation de ses membres. C’est ce qui fait dire à Julie Politza « c’est parce que la fraternité, c'est-à-dire l’amour entre les frères ne va pas de soi, qu’il y a des organisations initiatiques, que l’on appelle des fraternités ». La FM\se situe dans ce dernier cadre. Il y a des fraternités profanes ou citoyennes réussies à base de sympathie, camaraderie, amitié, élan du cœur mais la fraternité maçonnique c’est cela mais plus que cela. La fraternité maçonnique est un outil avec le serment, les symboles, les rituels pour s’atteler à la réalisation de la construction du Temple de l’humanité et de son temple intérieur. La fraternité est le lien, le ciment qui assure la cohésion de l’ensemble, la solidité de l’édifice. Il s’agit d’une force spirituelle commune. D’après Geyduschek, la fraternité maçonnique est un projet, un travail, une décision qui a 3 objectifs :
- la reliance psychologique, donc à soi. La reliance représente les actions visant à créer ou recréer des liens entre les acteurs sociaux, entre une personne et divers systèmes binaires (selon Bolle de Bal)
- la reliance sociale, donc aux autres.
- la reliance culturelle, donc au monde.

le tout dans le respect de toutes les croyances religieuses, politiques, métaphysiques. La fraternité concrète, qui doit se construire dans un authentique combat est une exigence et une nécessité pour notre modernité. C’est un mythe fondateur, expression symbolique affirmant l’humanité des hommes et leur désir d’une fraternité non point fratricide mais réellement philanthropique. En conclusion de ce paragraphe, je citerai Henri Tort Nougués « la fraternité est difficile : elle demande du courage, de la volonté et de l’intelligence aussi. » Revenons maintenant aux différents sous titres qui me sont proposés : Je mettrai en tête le devoir que nous avons évoqué plus tôt et qui est explicité dans notre constitution ; Le Larousse de 1924 définit la fraternité comme la plus noble des obligations. La fraternité ne doit pas être que camaraderie mais une force spirituelle constructive commune. Plus généralement, ce devoir pourrait être orienté de manière particulière en le limitant aux communautés ou de manière universelle. Pour les confréries médiévales de métier, puis le compagnonnage, l’idéal fraternel concernait un devoir d’entraide corporative, qui, malheureusement, a pu dévier en copinage ou passe-droits. Dans le roman de Georges Sand, le compagnon Pierre Huguenin déclare « il y a un devoir plus noble, plus vrai que tous ceux des initiations et des mystères : c’est le devoir de la fraternité entre les hommes ». Pour les compagnons, c’est un état et pas un moyen comme en FM\ Pour la FM\, il s’agit bien d’un idéal de fraternité universelle, symbolisé par la chaîne d’union en fin de tenue. En effet, la fraternité maçonnique suppose non l’homogénéité mais l’hétérogénéité des êtres. Les différences n’impliquent pas nécessairement des divergences. La notion de travail découle tout naturellement de celle de devoir car si il y a un devoir il nécessite forcement un travail. Aussi on peut dire que la fraternité maçonnique est donnée, mais sa pratique et sa mise en œuvre sont méritées, elle n’est pas acquise mais conquise. En effet, une condition nécessaire de la transmutation de l’homme en frère est le travail acharné de tous les instants. En effet, qu’il soit initié ou non, l’être humain n’est pas naturellement cohérent, pas plus qu’il n’est spontanément porté à aimer les autres plus que lui-même. Je m’en aperçois personnellement car avec certains frères, pour lesquels je n’ai pas d’affinité naturelle, la fraternité ne coule pas de source et cela me demande un effort pour les respecter et les considérer comme des frères. C’est le travail de tous les instants de la fraternité dans le Loge pendant les tenues. En effet, la fraternité maçonnique telle qu’elle est enseignée lors de l’initiation, constitue un mythe fondateur qui nous invite au travail à faire sur soi seul et, avec le partage avec les autres , elle nous encourage à grandir, à devenir meilleurs les uns pour les autres. Mais attention car, bien souvent, le fait de mettre l’individu au premier plan détruit le fondement même de la fraternité qui consiste précisément à se préoccuper de ses frères avant de s’inquiéter de soi. La notion de droit nous amène directement au serment que nous avons prêté. Ce serment instaure une nouvelle alliance entre les hommes. Mais cet engagement n’est pas unilatéral. En effet, les frères de la loge prennent ce même engagement de reconnaître tout nouvel initié comme frère. Il y a donc réciprocité et, de ce fait, un droit à la fraternité au sein de la loge. D’ailleurs la Loge dispose également d’un droit collectif à la fraternité. On ne choisit pas son frère. Il nous est donné. Comme disait jean Mourgues « reconnaître son frère sans l’avoir vu, c’est le tour de force de la fraternité initiatique. ». Cependant, même si cela se produit rarement, la fraternité peut avoir ses limites quand un frère ne respecte plus les règles communes à la Loge. En conclusion, on peut dire que la fraternité est le mode opératoire de la voie initiatique et c’est l’une des particularités marquantes de la spiritualité maçonnique. Mon analyse m’a donc confirmé dans le fait que la fraternité est un aspect majeur de la FM\.  

Source : www.ledifice.net

 

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