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Hauts Grades

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L'outil, la main, l’esprit

16 Juillet 2013 Publié dans #Planches

Vous me pardonnerez d'avoir décidé de dégrossir ma pierre sur un sujet qui a été, pendant des années plus que l'essentiel de mon activité profane, une passion. Bien que celle-ci s'exerçât non sur la pierre brute, mais sur le bois, je me déculpabiliserai en me disant qu'il s'agit d’un matériau au moins aussi noble, parce que vivant après des siècles d'existence, à l'image de nous-mêmes, et aussi que le Temple de Salomon lui-même était, d'après le Livre des Rois, entièrement revêtu de bois de cèdre qu'auraient, sous les instructions d'Hiram, charrié pas moins de 20 000 ouvriers. Par ailleurs, on se pose encore aujourd'hui la question de l'imbrication des métiers de maçon et de charpentier, tant pendant des lustres, les 2 métiers étaient indifférenciés, ne serait-ce que parce qu'une construction sans charpente, donc sans voûte, serait comme une tenue sans Vénérable Maître. C'est peut-être pourquoi, ce soir, je me contenterai modestement du témoignage d'un Saint Joseph, patron des charpentiers, dont l'apprenti préféré, ayant été appelé par son Père à une autre vocation, nous inonde toujours de sa Lumière. Je dois encore avouer, Vénérable Maître, qu'il a fallu cette occasion pour que je prenne conscience de ma relation à ces outils que, pendant des années, j'ai manipulé -et, on le verra, le mot n'est pas gratuit- avant de réaliser que le sens profond de l'objet peut nous échapper, au point qu'aujourd'hui, j'en suis à me demander si je nous ne serions pas nous-mêmes les outils d'une Immanence...

En effet, qu'est-ce qu'un outil ?
Je vous épargnerai les définitions livresques: curieusement, du « Robert » au « Larousse » en passant par le « Littré », l’outil ne se définit -et encore...- que par référence à l'ustensile, à l'instrument, à la machine, comme s'il n'avait pas de sens propre. J'ai donc retenu ce qui me semble le plus signifiant, une racine latine, celle de « servir », au point que « ut », dont sont aussi issus tous les mots forgés sur « utile », se traduit par « pour », « dans le but de », et « utinam », avec la désinence de l'accusatif directionnel, « fasse le Ciel que... ».
L'outil pourrait donc se définir par sa finalité : « servir un but ». Lequel ? Dans mon atelier de restauration, j'ai eu conscience, n'ayons pas peur des mots, d'une mission qui me rapprochait de notre tradition héritière du Compagnonnage : la définition même d'une restauration réside dans sa réversibilité, de façon telle que l'ébéniste qui devrait, souhaitablement plusieurs générations après, revenir au même ouvrage, n’ait aucune difficulté à décoller, réparer, recoller, « des ans l'irréparable outrage », tout comme moi-même ai vu « revivre » des collages du XVIIIème s., tant la colle d'os, appliquée selon les règles de l'art établies par mes prédécesseurs, restait toujours vivante, donc active. L'outil était donc, pour moi, le moyen de perpétuer une tradition, voire un art. J'en avais à ma disposition, sur mes râteliers, une centaine, qu'avaient créé ces mêmes ancêtres, et dont je m'appliquais à exposer l'usage à mes apprentis - car, à l'époque, j'étais maître -. Certains étaient des outils de façonnage, d'autres de contrôle ou de traçage, ou selon l'usage qu'on savait en faire avec l'expérience, les 2 ou les 3 à la fois : rien n'interdit, par exemple, d'utiliser un ciseau pour faire un tracé court, un compas pour marquer une coupe de placage, une équerre pour tailler le même placage.
En fait, 1/4 des outils servait aux 3/4 des usages.

En revanche, une gouge, une scie à marqueter, un rabot à dents, voire un simple clou, ne peuvent avoir qu'un seul but. Devrait-on pour autant établir entre les outils une hiérarchie, une noblesse en fonction de leur polyvalence ? Si l'on s'en tient à l'expérience opérative, non: chaque outil du Compagnon est pour lui, sacré, et s'il n’en transporte que quelques uns pendant son tour de France, c'est parce que ce sont les plus légers ou les plus précieux, soit pour de raisons de rareté, soit sur un plan affectif -outil du père, ou offert par un maître au gré d'une étape... La question n'est donc pas celle de l'outil, mais de qui le manie, et comment... Et dans « manie », « manier », « manipuler », il y a main, -et que le G\A\ me préserve de la tentation de digresser sur les toutes les manies qu’a pu générer la même étymologie ! Or de quoi ai-je pris conscience, en travaillant de façon purement spéculative sur ce sujet qui fut pour moi, pendant longtemps, l'essentiel de ma vie profane ? C'est que l'outil, quel qu'il soit, est d'abord et avant tout le prolongement de ma main.
En ce sens, je pense que la racine germanique – « handwerk » - est plus proche de cette réalité que la nôtre, puisque le « werkzeug », l'outil, littéralement « objet d'ouvrage », est directement corrélé au travail manuel, en un raccourci annobli par ce « hand », la main, que l'on retrouve de la même façon en Anglais, où la main, « hand », s’allie au « craft », le savoir-faire, pour définir l'Artisanat dont l'agent, le « craftsman », est ainsi « l'Homme de L'Art », puis, par extension dès le XIVème siècle, le membre d'une corporation, et enfin, dans la seconde moitié du XVIIIème, le titulaire de l'un des 3 grades fondamentaux de la Maçonnerie...indifféremment. Humour bien anglais ou leçon de modestie, c'est aussi le même mot qui, d'après le « Webster's », traduit en Anglais l' « homo abilis », notre premier ancêtre à avoir créé...l'outil.

Pardon, Vénérable Maître, de cette digression toute personnelle, mais cette relation outil-main-Art-homme - maçon, au simple niveau du vocabulaire de nos origines ne me paraît pas innocente.
Je n'en revendique d'ailleurs pas l'exclusivité : en partant d'autres prémices, Jean Brun constate dans son ouvrage « La Main » : « l'outil est ma main, l'instrument des instruments », - relevons le synonyme-, « grâce auquel l'homme est capable de fabriquer et de manier des outils ». Pour Heidegger, dans « L’Etre et le temps », l'outil, dans l'optique existentiale, est, mais n'existe pas, puisqu’étant en soi dépourvu d'ouverture sur l'Etre.
La question essentielle - au sens premier du terme - de l'outil devient donc : qu'est ce que ma main ?

Ma main est le premier outil que m'ait été donné : c'est elle qui dirige l'équerre qui me permet à la fois de mesurer les angles, de mesurer et de tracer les lignes, c'est elle qui frappe le maillet sur le ciseau, et ce sous l'angle le plus approprié, qui va aussi choisir l'outil, le matériau, la colle, pour l'usage spécifique à ma finalité : le Beau, ou à défaut, l'Authentique. Mais, en énonçant cette vérité vécue, j'ai en même temps conscience d'une réduction mécaniste : pour atteindre le Beau, ma main est forcément elle-même dirigée. D'ailleurs, et citant encore Jean Brun, ma main est aussi l' « organe métaphysique qui entre en relation avec autrui, qui réduit le matériau au rôle d'un « outil », c'est-à-dire quelque chose en vue de...quelqu'un ».
Pour Aristote, la main « apprivoise le temps » : la construction qu'elle permet - grâce à l'outil- nous différencie de l'animal, soumis à l'instant. Je rajouterai, en une vision personnelle quasi-bouddhiste, que mon outil de restaurateur, animé par ma main, me permet de dépasser ma propre condition temporelle, pour rejoindre, sinon l'éternité, du moins à la fois l'ébéniste qui m'a précédé et celui qui me succèdera. Pour résumer, et par respect pour sa mémoire, je tairai l'auteur de cette immense pensée synthétique :
« Grâce à la main qui tient l'outil, grâce à l'outil qui permet de passer la main, s'accomplit le dépassement de la prise individuelle dans l'entreprise collective : l'évolution se trouve ainsi transfigurée en révolution, et la continuité qui conduit du zoologique à l'anthropologique vient déboucher dans le sociologique, où s'inscrit le promothéisme de l'homo faber. » Ainsi, ma main, dont je ne sais plus, après ce morceau d'anthologie, si mon outil en est le prolongement ou l'inverse, peut-être parce qu'elle est elle-même l'ultime outil dont m'a doté le Créateur, atteint une dimension insoupçonnée pour l'artisan que j'étais : de dimension purement physique dans mon atelier, j'en suis à frôler la métaphysique ; d'ailleurs, je viens de parler d'outil animé par ma main.

Y aurait il une part d' « anima », d'âme, dans ma main ?

De tous les penseurs compulsés dans le cadre de cette « planche » (tiens, encore du bois ?), je n'en retiendrai qu'une réponse, celle de Teilhard de Chardin, qui, à l'âge de mes doutes, a contribué pour une bonne part à ma conscience chrétienne : pour lui -et j'ai conscience de caricaturer sa pensée en tentant de faire court- l’homme, en créant l'outil, a fabriqué sa liberté: d'où la « loi de complexité-conscience », selon laquelle le cosmos tend à se vitaliser, la vie à s'hominiser, l'homme à s'ultra-hominiser, l'esprit à se libérer de la matière : l'homme est à la fois l'objet et le sujet d'une évolution consciente, clef de la cosmogénèse, de l'évolution globale de l'univers, tendant vers le « centre des centres », qui sous-tend cette évolution, le point W, fin de toute chose, le Christ-moteur, ressuscité dans sa fonction cosmique.

En bref -et toute la difficulté est d'être bref-, de l'outil, dont Heidegger nie l' « ek-sistence », précisément parce qu'il est « ob-jet » (Gegen-stand), on passe à la main, donc à l'homme, donc à l'âme.
Dans mon atelier d'ébéniste, j'avais conscience que l'outil, au travers de ma main, était le prolongement de ma connaissance du métier, de l'interprétation d'une bibliothèque à la fois acquise par mon expérience, et innée par mon goût, de l'alchimie entre cette base de données et mes organes visuels et tactiles qui me faisait choisir le bon outil et le manipuler dans le cadre du meilleur rapport qualité/temps.

Peut-être est-ce cette conscience qui rejoint la pensée de Teilhard, puisque si les anthropologues définissent l'homo sapiens par sa capacité au maniement de l'outil - qui peut, d'ailleurs, aussi bien être une arme -, cette définition est contestée par l'exemple de certains animaux dits « supérieurs », utilisant une pierre pour casser une coque de fruit, une coquille... Dès lors, il faut admettre que la vraie différence réside dans la conscience de l'outil, ou, pour Conrad Lorenz, la conscience de la conscience, sorte de définition à rebours de l'instinct: l'outil n'existe que par ce qu'il me permet de faire, de fabriquer, et s'il ne permet pas d'atteindre mon but, j'en fabriquerai un autre...jusqu'à cette vision apocalyptique, mais peut être actuelle, de Samuel Butler, où l'homme, à force de fabriquer des outils, devient lui-même un « instrument d'entreprise faustienne, un mammifère vertébro-machiné », au service de son outil.

Tenter de définir l'outil revient donc aussi à définir la conscience.

Il n'est donc pas vraiment étonnant qu'en Maçonnerie, la transition de l'opératif au spéculatif ait donné l'un de premiers rôles à l'outil, instrument d'une finalité, symbole du pouvoir de l'homme à agir sur la matière, à s'affranchir de ses contraintes, et à rejoindre par là même le Sacré.

Par exception, Vénérable Maître, cette deuxième partie sera beaucoup plus brève, non pas que le sujet vu sous cet angle m'ait moins passionné que les digressions qui précèdent entre ma vie profane et ce qui la dépasse. Bien au contraire, l'analyse de l'outil en Maçonnerie -même forcément superficielle à mon stade de maturité- m'a apporté des richesses complémentaires jusque là insoupçonnées...
Mais je m'en voudrais de vous faire subir un 357ème discours sur la symbolique de notre Ordre, où vous pourriez m'en apprendre beaucoup plus. Sachez simplement que l'apprenti que je suis est resté pantois devant le foisonnement d'interprétations qu'ila pu trouver dans la littérature spécialisée, dont beaucoup semblent répondre à une volonté de démonstration, ce qui revient à dire, une fois de plus, que l'outil n'est rien sans la maîtrise de son utilisation.

A propos de Maîtrise et d'outils, il en est 2 qui, ornant votre table, Vénérable Maître, s'en trouvent ipso facto au sommet d’une subtile hiérarchie : l'équerre et le compas. Leur symbolique, relativement transparente, est confirmée par nos bons auteurs, et notamment Jules BOUCHER, dont il faut, à mon humble niveau, reconnaître l'immense mérite d'éclaircissement dans ce domaine si foisonnant :

- l'équerre est l'outil qui permet de contrôler l'exactitude du travail de l'ouvrier, donc le symbole de l'action de l'homme sur la matière, ou sur soi-même. Plus encore, celle du Vénérable Maître répond aux proportions pythagoriciennes, gage que la pierre taillée par ses ouvriers répondra aux critères de perfection idéaux recherchés. Dès lors, il est logique que, dans le Catéchisme d'apprenti de notre Rite, l'équerre soit, au même titre que le niveau et la perpendiculaire, qualifiée de « bijou », voire de « joyau », si l'on traduit littéralement le « jewel » de la version originale, certes plus noble que son autre appellation de « meuble ».
Par ailleurs, l'équerre évoque graphiquement le G grec majuscule, dont on connaît, entre autres, l'importance en géométrie et en astronomie eulériennes. Notons enfin que, dans mon ex-vie opérative, cet outil est, pour la préparation et le contrôle de mon travail d'ébéniste, à la fois instrument de vérification des angles, de stabilité au sol, de traçage, de mesure, de comparaison, de gabarit...
Bref, l'outil polyvalent par excellence, tel qu'il était dans la besace du Tour de France des compagnons.

- de même l'était le compas, outil du cercle, et parfait complément de l'équerre, puisque ces 2 outils suffisent à eux-seuls pour tracer toutes les figures géométriques. Mais le compas est aussi et surtout symbole de spiritualité, dont je ne peux, une fois encore, m'empêcher de rapprocher le sens profond de celui de l’a et l’W de Teilhard de Chardin, cette dualité-complémentarité entre le début de tout - le point - et l’infini - le cercle.
Et si cette interprétation toute personnelle a un sens, le compas serait beaucoup plus, lorsque vous le posez de votre main sur le coeur du nouvel initié, que le symbole de l'exactitude qui doit dorénavant régler ses pensées et actions, comme nous le dit notre Catéchisme...
Le fait qu'il ne figure pas sur notre tableau de Loge d'apprenti me conforterait dans cette hypothèse iconoclaste : comment l'expliquer autrement que, réservé par sa transcendance même au G\ A\, sa place n'est pas parmi les ouvriers: du simple compas à pointe sèche au compas de Libergier, il est l'exemple même de l'outil polyvalent, de la planche à tracer l'épure de l'ouvrage à son exécution finale.

Puisque nous évoquons notre tableau de Loge, parlons des autres outils qui en ont l'honneur, ceux qui, curieusement, sont à la fois « joyaux » et apanage de nos surveillants : la perpendiculaire et le niveau :

- la perpendiculaire est, je crois, le plus ancien des outils, puisqu'aujourd'hui disparu pour être simplement remplacé par son constituant principal et sans doute originel, le fil à plomb, que seule gouverne la gravité universelle. Mais sa symbolique en est d'autant plus riche : celle de la connaissance, inhérente à la station verticale qui, un jour, fit aussi la différence entre l'homme et l'animal, et celle de la rectitude de jugement, que rien ne détourne ; en guise d'illustration, vous me permettrez, Vénérable Maître, de citer in extenso, une définition d’Oswald Wirth, extraite de son « Livre de l'Apprenti » en 1931 :

« Le 2ème surveillant contraste avec le 1er par sa douceur. Il comprend tout et sait tout excuser de ce qui est excusable. Contraint de confesser une bévue, l'apprenti s'adresse à lui avec confiance, devinant que toute erreur se répare sous l'égide de la Perpendiculaire. Cet instrument détermine la verticale, qui sollicite l'esprit à descendre et à monter. En approfondissant, nous découvrons nos propres défauts et en nous élevant au dessus de la platitude commune, nous excusons ceux des autres. »
Une seule remarque, purement technique, à l'égard de cette citation, la confusion entre « outil » et « instrument », qui, en elle-seule, en dit long sur la limpidité de notre sujet...

- emblème de notre 1er surveillant, le niveau, et là, Vénérable Maître, je serai plus bref, non pas par manie anti-hiérarchique, mais surtout parce que l'outil lui-même comprend le précédent, à tel point que la question est de savoir si le fil à plomb, commun à nos deux surveillants, n'est pas le symbole du plan terrestre (la rectitude de jugement) par rapport au plan céleste qui en est la finalité: après tout, « fil à plomb » est, par homonymie= « aplomb », soit équilibre, de même que, dans notre symbolique, ce n'est pas par hasard que le niveau soit basé sur une équerre parfaite, à 90° comme l'est celle qui orne votre table.

De même encore, et sans vouloir tout expliciter par une pure recherche formelle, je ne pense pas que ce soit par hasard que la racine du mot « équerre » soit celle d' « exquadrare », ou d' « équarrir », faire d'un matériau brut, pierre, bois, ou os, un carré, ou, en volume, un cube, figure d'autant plus significative que, bien que l'équerre soit l'emblème de mon Vénérable Maître, elle répond aussi à la mission de l'apprenti, et que, plus loin, bien que le cube possédât 6 faces, il n’en offre jamais que 3 à la vue.

Faut-il donc encore parler de hasard en rapportant nos 3 « joyaux » que sont l'équerre, la perpendiculaire et le niveau, à la pierre cubique parfaite, qui après avoir été façonnée grâce à eux, permettait à son tour d'en vérifier la rectitude ?

Cette même pierre cubique est dans notre Catéchisme, destinée à « aiguiser l'outil du compagnon ». Mais il ne peut, concrètement, s'agir que du ciseau, qui, en ébénisterie, s'affûte encore sur une pierre, et - devrais-je le dire - enduite de la salive même de l'utilisateur, ce qui fait qu'aujourd'hui - symbole ou pragmatisme ? - chaque ébéniste a sa pierre, que, dans l'atelier, personne d'autre ne songera à utiliser.

Or, le ciseau, intermédiaire obligatoire du maillet pour permettre à l'apprenti de dégrossir sa pierre brute, n'apparaît pas dans notre Rite. Faut-il en voir la raison dans le fait que, même s'il permet à la fois la sculpture, l'architecture, et nombre de beaux-arts, il n'existe pas sans le maillet, qui est la force, l'autorité propre à vaincre les obstacles, à tel point que le paganisme ancien en avait fait l’emblème de dieux tutélaires, comme le Donar germain, le Thôr scandinave, le Sucellos celte...

Mais plus encore, le maillet est le T grec, qui relie la matière à l'invisible, avec sa branche de croix chrétienne manquante ( mais plutôt moins que l'équerre, dont il faut 2 pour faire une croix En ébénisterie, le maillet est en bois de buis, dur s'il en est, symbole de fermeté, tandis que l'ivoire de l'outil du commissaire-priseur serait symbole de pureté...mais, je crois, encore plus de la puissance absolue dont cette matière est investie par la sagesse des cultures africaines.

Reste, paradoxalement, que le maillet figure, dans notre catéchisme, parmi les meubles mobiles, au même titre que le compas et la truelle... Or, on l'a vu, le compas est le propre de l'ineffable, et si le maillet a en Maçonnerie, une existence propre, ce n'est qu'en tant d'instrument d'autorité que le Vénérable Maître partage avec les surveillants de la Loge.

Qu'en est-il de la truelle, autre cas unique, mentionnée dans notre Catéchisme, mais absente de notre Loge, et qui est, semble-t-il, le seul outil maçonnique « célibataire » ?
En effet, en Maçonnerie, la truelle est seule de son espèce, mais peut-être parce qu'elle symbolise ce qui en fait l'unicité : l'Amour fraternel, ciment de l'édification du Temple.

Hormis ce cas, unique, donc d'autant plus signifiant, nous n'avons jusqu'à présent, rencontré que des outils « jumeaux », quel qu'en soit le degré hiérarchique
- l'équerre et le compas
- la perpendiculaire et le niveau
- le maillet et le ciseau, même si ce dernier n'existe que sous forme elliptique.
Dans chacun de ces « couples », on retrouve l'alliance des contraires chère aux symbolistes de toutes origines, qu'on la nomme « droite/gauche », « actif/passif », « eau/feu », « yin/yang » etc... : le ciseau est main gauche, le maillet main droite, l'équerre est passive, le compas actif, la perpendiculaire femelle et le niveau mâle etc..., à moins que ce ne soit l'inverse, puisque seule compte vraiment l'immanence que ces outils symbolisent, l'W de Teilhard ou le Kharmâ de Siddarthâ.

On peut même parler d'une filiation ésotérique : cette dualité-complémentarité se retrouve en Alchimie, où chacun de nos outils-symboles a son correspondant élément premier, dans la Khabbale de même, où chaque outil a sa « lettre », donc son « chiffre », dans l'Islam des temps premiers, sans parler de symboles sacrés du Bouddhisme, du Tantrisme, du Shintoïsme...ou du fétichisme africain, dont la spiritualité n'est, à mes yeux, pas plus négligeable.

Cette hiérarchie des outils, directement inspirée de nos traditions opératives, apparaît donc comme toute relative : seule compte réellement l'attention que le maître prêtera à l'apprenti et au compagnon, dans la confiance qu'il lui fait quant au maniement des outils, en fonction de la qualité de son travail.

Si l'on peut tenter une synthèse en forme de conclusion, un constat s'impose :
l'outil est avant tout le moyen que s'est donné l'homme pour agir sur son environnement. En ce sens, il est particulièrement destiné à devenir symbole du lien entre les 2 dimensions qui font l'homme :
- l'ordre rationnel de la conscience de soi, impliquant analyse, donc distinction, séparation...
- l'ordre spirituel de la conscience absolue, impliquant unité, union, amour.

L'homme, par ses outils, par sa main, par son esprit, dont ils sont le prolongement, devient ainsi l'instrument actif, donc l'agent d'une transcendance, dont il est, sur le plan terrestre, l'outil, en vue d'une fin qui le dépasse. Bien que tenté de trouver cette fin en lui-même, l'homme ne recouvre sa liberté qu'en repoussant cette tentation faustienne, qui l'enferme sur soi, au lieu de s'ouvrir à l'appel de l'infini.
Si l'homme sait mettre en oeuvre ce pouvoir qui lui appartient par essence, mais dont l'existence relève de sa liberté, il devient à même de réaliser enfin la « ressemblance » avec son Créateur.

C'est en ce sens seulement que l’on peut dire que l'homme est « l'image immortelle de Dieu ».

J'ai dit, Vénérable Maître

Source : www.ledifice.net

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Comprendre les outils

15 Juillet 2013 , Rédigé par R\ G\ Publié dans #Planches

« Quand vous traitez un sujet, il n’est pas nécessaire de l’épuiser, il suffit de faire penser » Montesquieu - Esprit des Lois.

Rappel liminaire :

« La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel, fondé sur la fraternité… Dans la recherche constante de la vérité et de la justice, les Francs maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite » ;

Déclaration de Principes « La Grande Loge de France travaille à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers… »

Comment faire une planche, pour expliquer aux FF\ Apprentis, que nous sommes tous, ma compréhension des outils ? Chaque F\, n’a t-il pas sa propre et libre interprétation ? Car l’interprétation de l’outil n’a de sens qu’en fonction du F\ qui le conçoit. Il existe, néanmoins, une explication livresque, subjective, mais hélas communément admise. (cf. définitions in « la symbolique maçonnique » - Jules Boucher -1946).

Par exemple :

- le fil à plomb, est censé nous indiquer la verticalité, mais également l’introspection, la connaissance de soi. Mais l’axis mundi horizontal.
- Le ciseau, la volonté de perfection, outil de transmission de l’action.
- Le maillet, outil actif, la force, l’action, l’intelligence.

Avec la pierre brute, le ciseau et le maillet, ils symbolisent : une volonté une action, une transmission, un résultat (transformation-transmutation).

Il ne m’appartient pas de vous faire un cours de symbolisme, au risque de paraître dogmatique. Je ne suis pas docte, mais cherchant et chercheur (note ci-dessous) de vérité et de lumière, comme vous mes FF\. Il ne s’agit, aucunement, de systématiser la représentation des outils dans leur expression, ce qui serait contraire à l’essence même du symbolisme. A ce titre, je n’ai pas la prétention d’avoir pénétré tous les arcanes des rituels, d’ouverture et de fermeture, comme un passé G\ M\. Lire ses livres et penser qu’il s’agit de la version officielle de l’explication des rituels et outils, me laisse perplexe, pantois, malgré le style de sa plume. C’est de l’anti symbolisme. (…) on peut aussi se borner à « spéculer » sur eux, sans se proposer rien de plus ; nous ne voulons certes pas dire par là qu’il soit illégitime d’expliquer les symboles, dans la mesure du possible, et de chercher à développer, par des commentaires appropriés, les différents sens qu’ils contiennent (à la condition, d’ailleurs, de bien se garder en cela de toute « systématisation », qui est incompatible avec l’essence même du symbolisme) ; mais nous voulons dire que cela ne devrait, en tout cas, être regardé que comme une simple préparation à quelque chose d’autre, et c’est justement là ce qui, par définition, échappe au point de vue « spéculatif » comme tel.

De Bruno Phelebon-Griolet

« Le chercheur » agit comme dans des champs de fouilles archéologiques : les symboles sont pour lui les fragments d’une fresque qui peuvent lui permettre de se relier à la tradition, ils sont comme des morceaux séparés qui évoquent et continuent la dialectique en transformant les objets en autre chose que ce qu’ils semblent être. « Le cherchant » à travers le labyrinthe initiatique conjugue sa propre histoire à tous les temps et tente de rejoindre l’unité en renvoyant chaque fragment d’un symbole à son complément. Ainsi, comme il l’aurait fait pour un mot de passe, il le fait renaître à ses yeux comme avant sa séparation. Néanmoins, comme la Tradition primordiale, la F\ M\ se veut universelle, bien au delà de nos différences de conception de perception ou de nos références. Précisément, je commençais ma réflexion par me demander quel outil, utilise-t-on, par exemple, pour affirmer que le fond de la pensée d’un F\ est cohérent, mais que la forme inappropriée ? L’autorité spirituelle, l’autorité morale ? Le dogme ? Le maçonniquement correct ? Surement pas l’outil adéquat et quel qu’il soit. Car, l’on me reconnaît comme tel, tel que je suis. D’Iéchouah dit Jésus : « La mesure, dont vous vous servez pour les autres, servira aussi pour vous ». Je dirais même plus : d’abord et surtout pour vous. Cela nous amène consécutivement à la compréhension des outils et dès le premier degré, le programme est tracé. Nous savons que nous devons :

- Faire à l’extérieur ce que nous faisons à l’intérieur.

Secourir la femme seule, l’enfant en perte de valeurs, donner un peu de son temps voire de son argent - un F au moins le pratique avec conviction et je le respecte pour cela.

- Chercher la Vérité

Le F\ M\ ne s’assigne aucune limite à la recherche de la Vérité.

-Nous taire devant les profanes

Les accusateurs sont souvent les parjures

-Vouloir la Justice comme Salamon,

Au point de lever le glaive au dessus de l’enfant, pour connaître la vérité et appliquer la justice

-Aimer nos frères,

« Les F\ M\ travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel, que sur le plan du bien-être matériel ».

-Nous soumettre à la Loi.

(Sinon, elle s’imposera à nous – inévitablement, dans le bon comme dans le moins bon).

On pourrait croire que les outils, figurant sur le tapis de loge, représentent la suite logique des décorums, lors des anciennes réunions de chantiers compagnonniques opératifs, ce qui, par ailleurs, est démenti par certains auteurs. Ces instruments, sont ceux de la Géométrie, science la plus élevée, génie et intelligence de l’homme : le compas, l'équerre et la règle. Si l’apprenti taille sa pierre dans le silence, nul bruit ne devant se faire entendre sur le lieu de l’édification du temple, c’est pour construire, et que toute réalisation suppose un plan, un but, une destination. On ne taille pas une pierre pour la beauté du geste, par symbolisme, ou pour imiter benoitement nos prédécesseurs. Non cela a un sens, un sens profond, même genou en terre. Si les grecs peuvent être considérés comme les fondateurs de la géométrie en tant que science et discipline mathématique, de nombreuses connaissances en géométrie, nécessaires à la topographie, l'architecture, l'astronomie et l'agriculture, ont précédé la civilisation grecque. Les premières notions de géométrie reconnues remontent à 3000 avant JC, du temps de l'Égypte ancienne, de l'ancienne civilisation hindoue, des babyloniens et peut-être (mais l'hypothèse reste controversée) au sein de peuplades mégalithiques de Grande-Bretagne et de Bretagne. En disant cela, progresse-t-on réellement ?

J’ai essayé de comprendre le sujet, en me reportant aux définitions :

Comprendre : du latin comprehendere = Accéder saisir le sens de, atteindre, percevoir avec sensibilité et intelligence…Comprendre un message codé, un signe, un symbole.

Tiens la sensibilité, l’intelligence du cœur, plus que la raison, chère à Descartes. « Je pense, donc je suis », encore faut-il avoir un cœur intelligent pour pouvoir penser. (Voie cardiaque chère aux martinistes, martinésistes ?) Nous devrions donc accéder à quelque chose, une science, un art...Art royal ?

Outil : Objet naturel ou fabriqué, servant à agir sur la matière. Une opération de travail. Donc de mutation, de transmutation ? MERCURE, SOUFFRE, SEL DU CABINET DE REFLEXION.

Du latin UTILISUM : qui a une fonction. Fonction pragmatique, symbolique et pourquoi pas ésotérique ou astrale, voire cachée et sacrée ?

De UTENSILIA : ensemble de choses utiles.

Le sujet veut donc me faire disserter sur l’interprétation (fonction ou utilité) des outils (il ne s’agit pas d’un outil en particulier mais génériquement des outils) en tant que moyen pour accéder à…, mais à quoi ?

Irène Mainguy :

Chaque outil est lié aux potentialités d’un ensemble de forces, dont il faut connaître l’énergie pour savoir la réguler et la maîtriser avec discernement, afin de parvenir à ériger un temple de lumière, dans le sanctuaire de son cœur, clef de la réalisation individuelle et collective.

Article 1er des constitutions de la GLDF

- « La FM est un Ordre initiatique, traditionnel et universel, fondé sur la fraternité. La FM a pour but le perfectionnement de l’humanité ».
- « Les FM travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel, que sur le plan du bien-être matériel ».

Il est ainsi affirmé que les deux notions de spiritualité et d’humanisme sont inséparables. On aurait tendance à gommer l’aspect humaniste. D’ou l’omniprésence d’un F Hospitalier.

De Yves-Max Viton :

« La F\ M\, basée sur le symbolisme et le vocabulaire des anciens bâtisseurs, a une spécificité initiatique, c’est à dire à transformer et à améliorer l’être humain en approchant la connaissance, par l’écoute réciproque, le partage du ressenti ».

LE CONTEXTE DE L’OUTIL :

L’apprenti, le compagnon et le maitre au travers des outils, rechercheraient-il les mystères qu’entretiennent entre eux, les hommes, l’univers et le GADL’U ? Nous référer aux 3 questions du cabinet de réflexion. Une tradition primordiale et commune à toutes les civilisations, l’Adam Kadmon originel. Nous serions détenteurs d’une ou de la tradition et avons pour devoir de la restituer et de la transmettre, même si nous avons des pertes originelles de mémoire. Comprendre les outils, est-ce cela et uniquement cela le but ? Certes non. L’initiation, outil du rituel, lui-même outil du rite et ceux qui l’accompagnent doivent-ils, servir à effacer mon MOI, pour laisser place au SOI cher à Jung. (De la Pierre brute à la Pierre polie). S’agirait-il d’une transmutation (*) chimique ou alchimique, ce qui est consacré à un emploi spirituel ? L’officier est celui qui exerce un office, dans le sens de la religiosité, du sacré, de la spiritualité du spiritu. (La religiosité est un effet de la sensibilité sur l'attitude religieuse, conduisant à une vague « religion » personnelle). A titre de transformation, l’outil a un sens, qui devrait nous rendre sensible, pour comprendre son essence, cela n’est-il pas essentiel ? Nous sommes dans le domaine de la sensitivité, de la spiritualité et de la métaphysique, voire de l’ontologie. Où peut être simplement de l’intuition. (*) Le mot « Transmuter » signifie « changer une nature, une forme ou une substance en une autre ; la transformer ». Par suite, la « Transmutation Mentale » est l'art de changer, de transformer des états, des formes et des conditions mentales en d'autres conditions de nature différente. Il vous est maintenant facile de comprendre que la Transmutation Mentale n'est que « l'Art de la Chimie Mentale », ou si vous préférez, une forme de Psychologie pratique. Mais ce mot signifie encore plus qu'il ne paraît. La Transmutation, l'Alchimie ou la Chimie sont assez importantes dans leurs effets sur le Plan Mental pour ne pas être mises en doute. Si « l'Art de la Chimie Mentale » s'en tenait là, il serait tout de même une des branches d'études les plus importantes connues de l'homme. Michel Barrat (ancien GM de la GLDF) parlait, lui, de « Conversion du regard ». (Par une conversion du regard réorienté vers l'intérieur de l'être, « l'initié » ouvre en lui-même des fenêtres sur la transcendance et rencontre le vrai visage de l'Autre, du frère. Appel à une « révolution pédagogique » qui apprendrait à l'homme moderne la langue des symboles, où cœur et raison s'assemblent pour dire la parcelle de lumière qui habite l'humain). « Les FM travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine ». Ce qui nécessite un effort, une volonté et un travail incessant, soit de la persévérance. Mais, chacun est libre de s’arrêter ou bon lui semble dans son interprétation des outils. Et quelques fois, le tablier, qui n’indique qu’une potentialité, est loin, pour moi, de faire le maçon, je n’ai pas dit le F\, s’il ne cherche pas. C’est pour cela que la question de l’aptitude ne se pose pas. Pour moi, seule celle de la potentialité proposée importe. Est-ce à dire que devons poursuivre l’initiation reçue (virtuelle selon Guenon), afin de progresser dans la voie de l’initiation réelle (initiation = initium = début ou commencement d’un processus, il existe donc une suite) ? Les outils sont, pour moi, des représentations symboliques, que la pensée ne peut traduire verbalement, avec des mots suffisamment forts, puissants, et justes pour concrétiser une transformation, une mutation de l’être, de mon individualité. L’outil est-il action, moyen ou résultat ? Il demeure du langage non verbal. Mais certainement, signifié et signifiant, passif et actif, présent dans sa forme matérielle, mystérieux dans ses développements, et immense dans sa forme symbolique, tout comme il peut être multi culturel. L’outil, voilé par le secret dont il est dépositaire, nous donnerait-il accès à la voie de la sagesse, au spirituel, au secret au sacré ? La connaissance de soi, pour rendre l’humanité perfectible. Je n’ai pas dit parfaite. Faut-il choisir entre le point, le trait, le plan ou le volume ou au contraire sauter du point au volume ? Comprendre les outils ne serait-il pas, de prime abord, essayé d’entrer en soi, par une introspection, une méditation personnelle, volontaire et durable, afin de mieux considérer le monde et bien au delà de notre monde matériel, avec comme support, les outils et la Loge du sanscrit LOCA monde ? Ne seraient-ils pas une étape, un vecteur de questionnement sur leur utilité pour accéder à une forme de spiritualité et d’universalisme. Univers, n’est-ce pas UNIS VERS ? Vers le plan qui nous est fixé ou que l’on se fixe. Lire sous la lettre ou soulever le voile de l’outil, du symbole. L’apprenti ne sait ni lire ni écrire. Il lui est demandé de se taire pour entamer une démarche d’introspection (VITRIOL) d’intériorisation et d’éradication des préjugés du monde vulgaire, voire de méditation entre lui et lui même… Lavoie, enfin une voie, lui est indiquée par l’initiation. L’apprenti en fera ce que bon lui semble, tant, la seule récompense de son travail, avec et par les outils, est l’amélioration de soi, de la connaissance des Lois de la nature et de la Loi : un effleurement du Grand Principe. Ne doit-il pas approcher et comprendre le rite, rita en sanscrit signifiant secret ? Se re-construire en élaguant les scories ? Les principes fallacieux, tronqués. L’outil est immuable, présent à chaque tenue et si possible après nos tenues. La flamme du Verbe (outil-symbole) à l’orient est toujours allumée, ce qui prouve une présence perpétuelle, ni celle d’hier, ni celle d’aujourd’hui et pas plus de demain, mais celle de l’éternité. L’outil est visible, palpable, mais voilé, mystérieux, dans sa signification, dans sa possibilité de faire transmettre, telle une voie d’accès à un état supérieur de conscience, devant nous relier à l’univers. Doit-on transcender l’outil ? Doit-on s’interroger, non pas face, mais au travers du miroir, qui est l’outil, non pas du moi, mais du soi. Que se cache t-il derrière le miroir, alors que celui-ci a pour fonction première, de renvoyer notre propre image ? Je vous invite à traverser le miroir et rejeter cette image ego centrique qu’il vous renvoie. Allons au delà de l’apparence, du visible pour approcher le spiritu, le souffle (le Rouah ha kodesh).

L’Outil comme symbole

Chaque théoricien conçoit le symbole à sa façon :

1. moyen d'expression (Aristote)
2. incapacité de l'esprit à exprimer des idées abstraites autrement que par métaphores (Max Müller, 1861).
3. représentation indirecte du refoulé, signe défensif qui se substitue à une manifestation inacceptable de la pulsion sexuelle (Sigmund Freud, 1900).
4. énergie de l'archétype, union des contradictions de la psyché (Carl-Gustav Jung, 1912).
5. lien d'esprit entre l'homme et le réel (Ernst Cassirer, 1923).
6. véhicule de participation mystique (Lucien Lévy-Bruhl, 1938.
7. langage du sacré (Mircea Eliade, 1952).
8. correspondance secrète entre différents ordres de l'être (René Guénon, 1962).

La symbologie a surtout porté sur les signes, les symboles des religions, et elle a cherché à voir derrière les symboles des vérités naturelles, ou physiques (les stoïciens), ou morales ou historiques (Évhémère).

Raoul BERTEAU dit que « L’outil-symbole constitue un processus de connaissance. Chaque symbole n’a de sens qu’en fonction de la personne qui le conçoit ».

Mircéa ELIADE : « La fonction du symbole est de révéler une réalité totale, inaccessible aux autres moyens de connaissance ».

L’outil-symbole n’est pas obligatoirement une figure, un dessin, un objet limité dans sa conception physique et visuelle.

Il peut être un nom (GADL’U, Salomon), un son (maillet), une couleur (tablier), un geste (par niveau, équerre et perpendiculaire) comme demander la parole, sans singer le F\ qui frappe dans ces mains, pour se faire. Tous sont outils symboles. L’on peut se pencher sur sa forme, sa couleur, sa matière, son emplacement dans la loge, sa correspondance avec les autres symboles, sa signification temporelle et selon différentes méthodes d’analyse ou d’interprétation : Méthode allégorique, Méthode analytique, comparative, descriptive, empathique, éthologique, dumézilienne, historique, Méthode psychanalytique, sémiotique, structurale, etc. Celui qui pense maitriser les outils et symboles est, à mes yeux, suffisant, ou se complet dans la facilité intellectuelle. C’est qu’il perd son temps ici, maintenant et plus tard, à tout jamais. C’est un usurpateur du pouvoir temporel et marchand du temple. La symbolique est la plus ancienne des sciences. Le but de l’outil-symbole est de transmettre la richesse sensible d’un héritage spirituel ou historique, enfermant un certain enseignement, (action de transmettre) concernant l’homme et son environnement. Le logo où vous avez pris place mes FF\, mais pas n’importe quelle place. CF ma planche sur « Prenez place mes FF » qui n’attend que d’être lue. Le symbolisme est le langage crépusculaire qui a précédé l’éveil des consciences humaines. Langage universel, au delà, mais à l’origine de tous les dialectes. L’outil-symbole est une voie réelle de communication entre le conscient et l’inconscient, entre le visible et le non visible. Entre le GADL’U et sa créature. Première forme de communication, le symbole a donné naissance aux alphabets, Les alphabets sacrés dits langues mortes, ont conservé les souches pures d’une connaissance et restent un lien précieux, entre le mystique et la recherche de la transcendance (le, fait pour un principe d’avoir une cause extérieure supérieure), opposé à l’immanence (le fait d’avoir un principe ensoi-même). L'immanence est le caractère d'avoir son principe en soi-même. Un principe métaphysique immanent est donc un principe dont non seulement l'activité n'est passé parable de ce sur quoi il agit, mais il le constitue de manière interne. Ce concept s'oppose à la transcendance1, qui est le fait d'avoir une cause extérieure et supérieure. Ce concept peut aussi s'opposer à la permanence qui désigne le caractère de ce qui demeure soi-même mais à travers la durée, c'est-à-dire en assignant un espace et un temps. (Wikipédia). A titre d’illustration, le Aleph, première lettre de « l’alpha-beth » hébraïque, qui ne se prononce pas, a pour origine une tète de taureau. Or, l’ancêtre deYahvé, celui des Shasou dénommé Shasou Yahvé, des Apirous qui travaillaient e métal, était représenté par une tète de taureau. Shasou Yavhé signifie : il amène le vent, il traverse les airs (le temps ?). Yahvé étant à l’origine le Dieu de l’orage et de la guerre. Les outils restent vivants, présents, alors que l’homme trépasse, pour renaitre, enfin. Ils nous conduisent à une profonde réflexion, quel que soit le lieu, l’époque, ou l’espace. L’outil-symbole est un instrument de la mémorisation ancestrale. Il convient, dès lors, d’utiliser l’analogie, qui est la dernière des sciences profanes et la première du sacré. Par la connaissance des outils-symboles, ne serions-nous pas en mesure d’ :

-Interpréter des messages subtils de la nature : lune et soleil, (mourir pour renaitre (– cabinet de réflexion / vieil homme), forces créatrices et destructrices de cette nature, génératrices de la nouvelle nature elle même, des oppositions apparentes mais qui toutes se ramènent à l’unité).

-Révéler des messages éternels, voire décrypter des enseignements traditionnels scellés au tréfonds de notre humanité.

-Avoir accès au sacré par l’expérience vécue du symbolisme.

-Donner un sens, non pas une explication, aux choses par l’interprétation symbolique.

L’outil doit servir de ferment, de révélateur, pour engendrer une démarche spirituelle en lien avec le tout. L’un est dans tout et tout est dans l’un. C’est bien dans les voies initiatiques et spirituelles, que le symbole-outil prend toute sa dimension. Les formes religieuses (au sens étymologique) sont des assemblages de symboles permettant de pénétrer les voies qui nous sont tracées. Ce que le symbole-outil veut nous signifier, est que l’homme sait agir sur son entourage et qu’il peut intervenir, bien au delà du concret matériel : l’esprit sur la matière. L’HOMME N’EST QU’ACTION. Acta non verba. Mais vous êtes en droit de douter de mon développement sur ma compréhension des outils. Le doute est la voie des spéculatifs, à l’opposé de la voie initiatique, celle des opératifs. J’essaie de ne pas douter, quitte à me tromper pour rectifier, mais, la spéculation ne constitue nullement un but, tout au plus un plaisir pseudo-intellectuel. Elle est la voie hasardeuse, de ceux qui ont peur de chercher une vérité, au risque de l’entrevoir, peur de l’inconnu. Je préfère prendre le risque de me tromper, que d’être perpétuellement dans le doute, comme l’enseignent fortement certaines religions. En attendant vos questions toutes symboliques, servant d’outil à ma meilleure compréhension de l’homme, de l’univers et du grand principe éternel, il vous appartient, mes FF\, de vous demander si j’ai pu contribuer à votre meilleure compréhension des outils. Je serais, même, satisfait, si vous vous posiez des questions. Je poursuis ma progression spirituelle, pour me rapprocher du grand tout et me demande si les outils ne doivent pas nous mener vers la sagesse, le secret et le sacré de notre rite. Le Sacré, qui peut se lire de manière synchronique : systèmes cohérents de pensée, de gestes et d’affects diachronique : système qui change. Mais c’est un autre sujet que celui de la sémantique ou de l’anthropologie. Ne doit-on pas répondre à la question de notre origine, de notre nature et de notre devenir. Or, personne, à ce jour, ne peut répondre à cette triple question. La Franc-Maçonnerie étant, par nature, initiatique et métaphysique, que faisons-nous en loge ? Nous cherchons, nous sommes en quête, nous explorons des univers dont celui de notre être profond. A la question qu’est-ce que l’homme, il n’y a pas de réponse universellement admise et pour moi, la non-réponse est la seule réponse. La démarche initiatique est structurante, car rythmée par notre capacité de travail, sur nous même. Nous nous rapprochons ainsi de l’unité, de notre unité. Paix et harmonie intérieure, en phase aves les autres hommes. Il existe, nous l’avons compris, quelque chose de transcendant à découvrir, dans cette tradition, au delà des outils. Votre libre arbitre, auquel je ne crois pas, vous permet d’adhérer ou de rejeter cette hypothèse. Notre chemin ne consiste-t-il pas à progresser de la multiplicité à la dualité et de la dualité (pavé mosaïque) à l’unité retrouvée (delta lumineux) ? La question consécutive à ce sujet, pour moi, est : sommes nous dans l’altérité – (de alter = autre), relative ou absolue ? Doit-on y parvenir et comment ? Le décryptage ou décodage des outils peuvent-ils nous y aider? Mais ceci est un sujet ontologique, une réflexion contiguë mais différente. Que celui qui a des yeux voie, que celui qui a des oreilles entende.

J’ai dit.

source : www.ledifice.net

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Contact Grande Loge Européenne de la Fraternité Universelle

15 Juillet 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

VF Christian Grégoire

c.gregoire35@icloud.com

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Grande Loge Européenne de la Fraternité Universelle

12 Juillet 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

Transmis par notre Frère C.G

Ce vendredi 12 juillet 6013, à Toursa vu la naissance de la Grande Loge Européenne de la Fraternité Universelle, qui regroupe à ce jour ,15 loges libres et souveraines du Limousin , de la région parisienne et de l' ouest de la France . Nous travaillons au  GADLU, que l'on soit théiste, déiste ou agnostique ,recevons et visitons les sœurs et les frères de toutes obédiences, pourvu qu’ils soient libres et de bonnes mœurs ,tolérants et fraternels .

Si des Sœurs ou des Frères sont intéressés, merci de m’envoyer un mail et je contacterai notre Frère C.G.

 

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Les Outils du Maître

12 Juillet 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

L’Equerre, le Compas et la Planche à tracer sont les outils attachés au troisième degré. Sachant que pour avancer sur la voie il faut admettre que science n’est que nescience, que je ne sais ni lire ni écrire, que mon pseudo savoir doit être déposé sur les parvis, puis marchant à reculons, je peux encore contempler l’étoile flamboyante. Il me parait évident que les outils des premier et second degrés sur lesquels je me dois de méditer me seront encore fort utiles pour faire la différence entre le savoir et la connaissance, entre le profane et le sacré, entre la conscience esprit et la matière, entre le relatif et l’absolu. La rétrogradation est nécessaire, pour méditer et intégrer les degrés précédents avec un niveau de conscience supérieur à celui que nous avons lorsque nous les avons étudiés pour la première foi. La Nature dit- on a horreur du vide, mais l’Esprit à horreur du plein. Pour être dans un état de réceptivité favorable il faut abandonner ses métaux, il faut mourir d’un niveau de conscience à un autre, il faut passer pour se surpasser. L’outil maçonnique par définition est nécessaire pour accomplir l’œuvre, pour tracer un plan de l’édifice pour vérifier et contrôler la qualité du travail accomplis. Pourtant le compagnon lors de son cinquième voyage initiatique circule les mains vides comme pour rappeler peut-être que les mains de l’homme à elles seules sont les premiers outils qu’il a eus à sa disposition. Et quels outils peut-on dire ! Tant dans la perfection que dans la beauté. Hercule, dans son cinquième travail, à déposés les armes que lui avaient données les Dieux pour étrangler de ses mains le Lion de Némée dans la caverne à deux issues. Le cinquième voyage pourrait signifier que le Compagnon à procédé à l’intégration puis à la sacralisation de l’outillage symbolique, qu’il prend conscience par l’expérience qu’il devient lui-même les outils, la matière et l’œuvre à accomplir. Il se peut aussi qu’il découvre un nouvel outillage, un savoir faire né de l’expérience intérieure peut-être plus efficace et mieux adapté à sa nature. Il prend la liberté de s’écarter de la rectitude de la ligne droite pour explorer d’autres champs de conscience. Si les mains du Compagnon pouvait parvenir à tuer l’ego, elles pourraient présenter cependant le grave défaut de vouloir saisir, de s’attacher à la matière. Nos actes souvent inconscients, sont des réactions et non pas des actes justes, des réactions de nos désirs inassouvis de nos émotions ou des fantaisies illusoires du mental égotique, des réactions aussi encore devant la dualité crée par l’ego. Dans ces conditions nous sommes nos propres assassins, nous sommes dans la dispersion.

ÊTRE c’est le devoir du Maître maçon pour cela il doit parfaire sa maîtrise de lui-même, parfaire sa maîtrise de l’ego, du mental et des émotions en réduisant la dualité par l’acceptation. C’est en somme le retour à l’unité constituant le mariage intérieur qui selon les cultures, fera naître l’enfant roi ou réalisera la rencontre intime avec ce que nous sommes par nature. Si j’ai bien compris la légende d’Hiram, le Maître c’est mon être, mon essence sacré et divine que je dois dé-couvrir ; Enfant de la veuve, je suis aussi fils de lumière. Le titre de Maître est réservé à un très petit nombre d’initiés qui ont atteint le but, je ne suis qu’un Maître de métier, l’équerre et le compas sont les outils du Maître, ce sont des outils de précision qui me sont indispensables pour que mon ascèse soit efficace, pour que mon chemin de vie soit dans la voie initiatique. Le Soi ne peut-être atteint par le faible ni par la mollesse ni par une ascèse imprécise. Peut-on lire dans les Upanishad.

Le Compas associé à l’équerre est un important symbole cosmologique en tant qu’il sert à mesurer et à tracer le cercle, tandis que l’équerre sert à tracer le carré. Le Cercle est un symbole fondamental avec le centre, la croix et le carré. C’est disent les Légistes dans l’équerre et le compas qu’est la perfection du Carré et du Rond. Ce symbole de la mesure ou détermination du ciel et de la terre évoque le rôle du G.A.D.L.U. Tu poses une limite que les eaux (inaccompli) ne doivent pas franchir pour ne pas venir recouvrir la terre (accompli). Il est écrit dans le livre de la Genèse de la Bible que Dieu créa le monde selon l’ordre, le poids et la mesure. Instrument mobile, il évoque l’attribut des activités créatrices et le symbole du dynamisme constructeur. Tournant sur sa pointe pour revenir au point de départ il trace le cycle d’une existence. Le compas est aussi le symbole du ciel, l’équerre de la Terre. Entre eux le Maître est le médiateur et le Roi centre dans sa fonction sacerdotale traditionnelle. Masculin Solaire et Féminin Lunaire le Compas et l’équerre sont tenus séparément en main droite et gauche par le Rebis symbole alchimique de l’androgynat primordial, de l’œuvre au Rouge et bien sur du mariage intérieur. L’androgynat est symbolisé par le cercle inscrit dans le carré. Le compas est plus spécialement en rapport avec le temps. En pratique, il détermine le centre hors du temps (l’éternel, l’absolu) et le cycle. L’équerre est en rapport avec l’espace. Les degrés d’ouvertures du compas symbolisent dans la tradition maçonnique les possibilités et les degrés de la connaissance, ils peuvent symboliser également les degrés d’ouverture de la conscience au fur et à mesure que l’on affine sa vigilance et la Maîtrise de soi. Le Compas est l’instrument de toutes les vertus fondées sur l’esprit de mesure. Attribut de Saturne dieu agraire et du temps, boiteux comme les forgerons mythiques taciturne et méditatif à la recherche de l’inconnu, à la quête de la Pierre philosophale le compas est devenu un symbole de la mélancolie. La Conscience est la mesure de l’Individualisation, rendant actuel ce qui est virtuel dans l’Harmonie Cosmique. L’homme est le microcosme, la Conscience est le Temple dans l’homme. Ecrit SCHWALLER de LUBICZ

L’équerre sert à mesurer la terre et elle symbolise la matière, elle a la forme de la lettre grecque Gamma d’où les figures antiques appelées gammadia : soit quatre équerres opposées par le sommet et délimitant entre elles une croix, soit quatre équerres formant un carré dont le centre est marqué par une croix. Dans les deux cas, la croix centrale pourrait être un symbole du Christ et les quatre équerres celui des quatre évangélistes, ou le tétramorphe des visions d’Ezéchiel et de Jean. Indiquant plusieurs dimensions, l’horizontale et la verticale, l’équerre rectifie et ordonne la matière. Le compas sur l’équerre ont me semble –t- il une interaction ; L’une soutient l’autre. L’Equerre pouvant représenter la morale, le respect des lois, les intérêts de l’ordre et le Compas ; la conscience supérieure qui émane de l’être. Au 3°degré elles forment le carré de l’assise spirituelle du Maître et par le vide qu’elles suggèrent m’indiquent l’unité et le centre absolu, hors du temps et de l’espace, qui se prolonge sur le livre de la loi sacré sur lequel elles sont disposées. Le Compas, l’Equerre et le volume de la Loi Sacré sont de nos jours les trois grandes lumières de la Franc-maçonnerie.

La liste des outils du Maître n’est certainement pas limitée à l’équerre et au compas ni à la planche à tracer qui sert de base aux tracé de l’œuvre d’un plan directeur précis vers la réalisation spirituelle. Le rite, la fraternité, la méditation et le symbolisme sont aussi des outils majeurs pour accomplir son devoir d’être. Ne suis-je pas moi-même ; La Règle, l’Equerre et enfin le Compas dans la marche du Maître ? En passant du Carré au Cercle le M\ maçon affirme sa détermination, son désir d’unité en soi pour atteindre le centre. Il tend vers la perfection du cercle. Nous passons, dans le sens de mourir, du savoir à la connaissance, vers la conscience unificatrice. Marcel Speath écrit en effet que la perfection réside dans la mesure juste, la droiture incorruptible, la rectitude de l’angle de vision. La vigilance que je considère comme l’outil fondamental de l’éveil et de la contemplation, permet une ouverture consciente du cœur et de la vision. L’ego et le mental discriminent, comparent et séparent, résistent et refusent , ils jugent, critiques et tuent tout ce qui ne se rapproche pas du centre égotique, de notre petit moi illusoire et mortel ! Ils nous éloignent de l’unité, de l’être et de la vie elle-même. Si nous utilisons les outils dans ces conditions ils deviennent fatalement des armes redoutables. La vision juste établie par la vigilance peut nous installer dans l’unité de l’instant présent et éternel, dans une totalité que nous pressentons en silence, qui ne s’exprime que par l’amour pour fusionner réellement avec le tout, avec l’être, avec la conscience . L’amour libéré, purifié de l’ego et du mental est la clé indispensable pour être capable de voir le Bar (Le grain de Blé, jeune fils), le Yod-germe contenant les quatre lettres couronnées du nom imprononçable déposé en nous. A ce niveau de ma méditation je retourne, une pointe du compas sur le cœur, dans le cabinet de réflexions ; dans la terre mère où le coq qui fut longtemps la signature des Maîtres maçons opératifs me parait plus resplendissant que jamais.

Résumé :

Le Maître maçon, est un Maître de métier, il possède les outils spécifiques à son degré : l’Equerre, le Compas et la planche à tracer. Il a la faculté d’utiliser ceux des degrés précédents avec une conscience plus élargie. Les victoires obtenues sur l’ego ne sont jamais définitives ; un vrais Maître observe la culture de l’humilité et du non savoir en analogie avec les rythmes de la nature. Sachant que l’homme, l’univers , le temple en font qu’un, il devient évident que le Maître à son niveau doit avoir intégré qu’il est a la fois la matière et l’outil, le sujet et l’objet. La marche du Maître est significative : les degrés précédents me sont toujours indispensables pour intégrer parfaitement le dernier. Je forme la règle, puis l’équerre et enfin le compas dans la marche du maître. La main en équerre tranchera et me séparera du vieil homme, pour faire de moi ce que je suis par nature ; Rien et Tout.

Source : www.ledifice.net

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Les Outils du Compagnon

11 Juillet 2013 , Rédigé par R\ G\ Publié dans #Planches

Voici 3 ans que je siège à la colonne du midi depuis mon passage au grade de comp\ et donc le moment est venu pour moi de présenter mon travail au combien imparfait et épineux, beaucoup plus difficile que je ne l’aurai pensé.
Voila donc des mois que je m’attelle à parfaire mon morceau d’architecture. Je vais Aujourd’hui tenter de vous parler des outils du comp\ comme ma la demandé mon M\ .
L’étude de l’outil suggère celle du travail, c'est-à-dire l’observation des tensions entre les choses à faire et la résistance de la matière sur laquelle opère l’ouvrier, car les outils sont si vivants que l’innocence leur prête une âme…comme pour nous inviter à bien les nourrir car les ranger dans un musée c’est les tuer.
Des outils donc, tous propres à frapper, à ouvrir, à percer, à faire éclater, à moudre, à graver et à sillonner la matière, la plus dure comme la plus molle. La civilisation de l’outil était celle de la maîtrise de la matière par l’individu, l’outil permet, en effet, une relation quasi immédiate avec l’objet fabriqué. Mais avant de développer les outils du comp\ je souhaiterai vous parler d’un outil primordial de l’espèce humaine. N’est-il pas la « main » ? La main outil de la pensée et de l’action l’instrument des instruments. Les mains de l’homme sont les outils permettant de réaliser concrètement ce que son intelligence conçoit, sorte d’outils naturels qui permettent de prendre, tenir, donner, écrire, transmettre. La main transforme en geste et en œuvre ce qu’a ordonné le verbe. Elle est une partie agissante du corps qui sert non seulement à prendre, mais aussi à comprendre ; par un positionnement de la main. Mes F\ quand nous nous mettons à L’ ORDRE AU GRADE DE comp\ je cite le rituel :
Il se fait par deux mouvements simultanés, le premier consiste à porter la main droite sur le cœur, les doigts arrondis, comme pour le saisir, le second consiste à élever l’avant bras gauche, le bras joint au corps, la main étendue, la paume à hauteur de la tête.
Etant au signe d’ordre, retirer horizontalement la main droite vers le coté droit et la laisser retomber le long du corps ; pendant ce temps, abaisser la main gauche ;
Ce n’est-il pas pour se faire reconnaître d’un autre F\ ? Ces gestes des bras et des mains accomplis par équerre, niveau et perpendiculaire nous aident à rectifier ce qui doit l’être en nous pour avancer et découvrir la lumière.
Si le cerveau ordonne et que la main agit en maîtrisant le geste imposé il faut bien effectivement un outil à qui donner le juste effort, la bonne trajectoire, un geste qui tend vers la perfection… nous en venons ainsi à l’un des principes ternaires qui régit l’équilibre mental de l’homme :
VOLONTE FORCE BEAUTE, ce qui veut dire : la volonté dicte la force pour aboutir à la beauté afin que l’œuvre unique, par sa finalité, donne à chacun la maîtrise de sa destinée.
L’outil est le prolongement de la main, trait d’union entre l’esprit et la matière dont la main est l’agent d’exécution. L’outil permet à la main d’améliorer et d’ajuster le geste, pour réaliser ce qu’elle ne saurait faire sans dommage pour elle-même : agencer et maîtriser la matière.
J’en viens donc à vous parler au fur et à mesure des outils du comp\ en essayant de reconstruire le chemin maçonnique lors de mon passage au 2ème degré. Lors de ma réception au GRADE DE COMPAGNON après avoir lu mon morceau d’architecture on me communiqua le M\P\ en tenue d'App\ et le V\M\ dit :
F\ Expert, faites maintenant exécuter au Récipiendaire son dernier travail d'App\.
L'Expert amène le Récip\ auprès de la P\B\
Il lui remet le Maillet et le Ciseau, lui fait poser un genou en terre, et ensuite frapper trois coups sur la P\B\; après quoi, il le fait mettre à l'ordre d'App\.
EXPERT (Se mettant à l'ordre)
V\M\, le Récip\ a exécuté son dernier travail d'App\.
V\M\
Mon F\ N….., il reste maintenant à procéder à votre réception au 2ème degré.
la cérémonie se poursuit,
Puis le V\M\ dit un peu plus loin dans le rituel de passage :
Dans les épreuves de votre réception au Grade d'App\, vous avez été purifié par les éléments.
Dans celles du grade de Comp\, vous allez être mis en possession des moyens et des objets de la Connaissance pour vous réaliser vous-même en employant les outils symboliques et exprimer votre personnalité.
Dans ce but, vous allez accomplir cinq voyages d'instruction.
Et donc voici le 1er voyage :
V\M\
F\Expert, restituez au Récipiendaire son Maillet et son Ciseau d'App\ afin qu'il accomplisse le premier voyage d'instruction.
Mon F\ Récipiendaire, les outils qui viennent de vous être restitués vous permettront de polir la Pierre Cubique destinée à l'érection du Temple dont les initiés sont à la fois les constructeurs et les matériaux.
Voici ce qui m’amène à vous parler des 1ers outils le maillet et le ciseau :
Le maillet, du vieux français mail dérivé du latin malleus, est un marteau à deux têtes et du point de vue purement matériel, qui à la forme du tau grec, est généralement en bois, manche tendre et tête dure de préférence en buis, en cèdre ou voire ébène, matières choisies pour représenter l’autorité et la fermeté. Dans des circonstances profanes, il symbolise la puissance et l’autorité de la fonction, tel le juge qui calme l’assistance par la batterie sur le plateau « silence ou je fais évacuer la salle » ou bien sa frappe donne un sens irrévocable à une adjudication du commissaire-priseur « une fois, deux fois, trois fois, adjugé ! ».
Lors de nos tenues régulières, nous entendons ces trois coups forts dont le timbre court et sec est propre à ranimer nos assoupis, mais surtout destinés à marquer en nos esprits la fermeté de la décision de notre V\M\, confirmée par nos F\ 1er et 2e Surv\. Ces coups qui rythmes les phases successives de notre rite n’est-elle pas pour nous « le chant de l’autorité en loge » ?
Le maillet est donc le symbole du pouvoir du V\et de nos F\ 1er et 2e Surv. Il peut être en bois celui du faible, en fer est trop autoritaire ou en ivoire idéal à diriger en loge car ce matériau ô combien symboliques pour nous, puisque, selon la légende, ils furent utilisés pour la construction du trône de salomon.
Le maillet est le symbole du travail et de la force matérielle qu’il faut maîtriser. Comment s’exprime t-elle, cette puissance symbolique, au travers des mythologies et des traditions, je ne rappellerai que quelques exemples :
- THOR dieu nordique de l’orage, est armé d’un maillet, lequel inspire la crainte
- Notons aussi cette tradition vaticane, toujours pratiquée et dans le cœur de notre actualité : le doyen du sacré collège, d’un coup de marteau d’or et d’ivoire , frappe le front du pape venant d’expirer, avant de proclamer sa mort.
Le maillet sert au dégrossissement de la pierre brute mais seul il est inefficace il ne peut se passer du ciseau et la complémentarité l’actif et du passif est évidente dans le symbolisme.
Le ciseau outil passif puisque tenu dans le prolongement de la main gauche permet de briser, sur la pierre brute, les aspérités excessives et c’est pour cela qu’il doit toujours être affûtés. C’est l’emblème de la sculpture, de l’architecture et de l’intelligence. Nous devons être des hommes de tête et quand un évènement ou un obstacle imprévu se présente et bien on prend le maillet, puis le ciseau, on place le tranchant sur l’aspérité gênante et on frappe avec l’orientation et la puissance adéquate, et il suffit parfois d’un tout petit coup pour ôter à cette pierre brute une arête vive.
En effet en maîtrisant l’usage du maillet et du ciseau l’apprenti parvient à façonner sa pierre brute qui un jour comme aujourd’hui pour moi devient presque cubique avec six faces à l’identique pour trouver une place dans l’édifice et assurer la parfaite stabilité.
Nous arrivons ensuite au 2ème voyage :
V\M\
F\ Expert, remettez au Récip. la Règle et le Levier avec lesquels il accomplira son deuxième voyage d'instruction.
L'Expert place la règle dans la main gauche et le Levier dans la main droite du Récip.
V\M\
Mon F\ Récip., les outils qui viennent de vous être remis sont symboliques.
Les outils suivants sont donc la règle et le levier :
Ils sont formés tous deux par une ligne droite.
La règle Selon Boucher, le sens général que l'on donne à la règle est "Précision dans l'exécution". Cette définition souligne un aspect important du travail d'un franc-maçon. La précision dans l'exécution ou l'exécution précise. Le souci de précision réduit la probabilité d'échec et permet d'atteindre exactement le résultat escompté de l'action. Cela permet de ne pas perdre du temps et de l'énergie en s'égarant dans des errements inutiles. Enfin, la précision dans l'exécution permet d'éviter des externalités, des coûts collatéraux que son action peut faire subir à des tiers.
Boucher divise les outils symboliques en outils actifs (le compas, le maillet, le perpendiculaire et la règle) et outils passifs (l'équerre, le ciseau, le niveau, le levier). "Passif" renvoie à la matière tandis que "actif" renvoie à l'esprit. On observe que la règle est outil symbolique actif qui se combine aisément avec un certain nombre d'autres outils actifs ou passifs.
On conçoit facilement l'utilisation possible de la règle si l'on garde à l'esprit que, sur le plan opérationnel, elle sert à mesurer, tracer et limiter.
Mesurer, c'est définir en fonction d'une échelle choisie la valeur que l'on accorde à ce qui est mesuré. Dans le travail, cela revient à estimer l'énergie que l'on envisage mettre dans un effort et à déterminer à l'avance le résultat auquel on aboutira. outils donc de mesure et de contrôle, divisé en 24 degrés comme la division du jour en 24 heures « le travail d’un maçon ne s’arrête jamais », permet de vérifier si la construction est conforme au projet. La règle ainsi graduée nous rappelle la fuite du temps et l’impérieuse nécessité d’un judicieux emploi de toutes les heures, de crainte de ne pas pouvoir mener à terme l’œuvre de l’entreprise. Si nous divisons 24 par 3, nous obtenons 8. 8 h de travail, 8 h pour divertir l'esprit et 8h de repos. Qui dit règle dit obéissance. Elle est le symbole de la rectitude elle représente la loi morale inscrite dans la conscience.
Outil nécessaire pour tracer une ligne, la règle de 24 pouces permet de définir l'emplacement des matériaux de construction. Sur le plan purement spéculatif, cela revient à baliser son action en vue de construire l'édifice conformément au plan du Grand Architecte de l'Univers. Ce qui demande beaucoup de persévérance car il faut continuellement se frayer le chemin dans le tumulte et l'agitation. Il faut continuellement revenir au plan tracé et ne pas se distraire de son objectif. La règle sert à tracer la voie. Dans ce sens, elle fait référence à la méthode, la marche à suivre. L'objectif de celle-ci est de structurer la pensée dans le but ultime d'échafauder des plans, d'édifier une construction. Le résultat de cette construction peut être matériel ou non-matériel. Il faut de la méthode pour classifier, combiner, discipliner, organiser, chercher. La méthode sous-entend la définition du chemin à suivre, d'une ligne de conduite ou d'une procédure afin de ne pas s'égarer. Il y a autant de règles que d'objectifs à atteindre. En mathématique et en statistique, on parle de formule. On parle de recette de cuisine, de stratégie politique, de théorie philosophique, de technique médicale … Afin d'être précis dans l'action, il faut de la méthode pour arriver au fonds des choses. Elle trace la direction de notre conduite dont nous n'avons jamais à dévier.
La règle sert à limiter. Mesurer ses paroles et ses actes revient à deviner les conséquences de ceux-ci en avance. Cela permet de les limiter pour ne pas dépenser plus d'énergie qu'il n'en faut. Ni peu, ni trop, juste ce qu'il faut. En renvoyant à la loi, la règle définit les limites de l'action. Dans ce sens, elle impose la rectitude dans l'action. Le respect de la règle rend prévisibles les actions menées par les individus. Il définit une ligne autour de laquelle viennent s'harmoniser les actions individuelles. Dans ce sens, la règle permet de restreindre l'action individuelle afin de la rendre conforme à l'action collective. En rappelant à l'ordre, la règle permet de rester droit, comme le suggère l'équerre. Le travail à la gloire du Grand Architecte de L'Univers est une action collective. Pour y arriver, notre action individuelle doit suivre certaines règles.
On la retrouve sur le sautoir du F\ exp \. Durant 3 de ces voyages le compagnon ne se sépare pas de la règle ce qui signifie qu’elle est absolument indispensable pour contrôler le maniement de tous les outils. Cette droite, cette rigueur doivent s’appliquer à l’esprit, pour la maîtrise du comportement quotidien, le comp\ est incité par cet outil en suivant une voie droite.
Le levier est un outil de pose, il tire son nom du verbe lever. Il symbolise la force en mouvement, il faut l’utiliser avec grandes précautions car c’est probablement le plus dangereux, car il permet de manipuler de lourdes charges et que l’action qu’il met en mouvement est liée directement aux réactions qui s’en suivront.
C’est une longue barre de fer ou d’acier, inflexible, qui multiplie la force de l’ouvrier. On connaît la formule du défi : "Donnez moi un levier et un point d'appui et je soulèverai le monde". Il sert à vaincre la force de gravitation. Séparé en deux parties par un point d'appui, le levier augmente la force de l'homme proportionnellement à l'allongement de la partie sur laquelle il appuie. Celle ci est nommée "la puissance". L'autre, celle qui est courte et supporte l'objet à soulever, est nommée "la résistance".
S’élever soi-même pour élever les autres. Le LEVIER, en multipliant nos forces, nous permet de placer aux endroits utiles les pierres destinées à l'érection du Temple symbolique.
C'est l'instrument actif par excellence, auquel rien ne peut résister. Aussi pouvons-nous affirmer qu'une volonté inébranlable, intelligente et désintéressée triomphe de tous les obstacles.
Nous voici au 3ème voyage :
V\M\
F\Exp\, remettez au Récip. la REGLE, le FIL A PLOMB et le NIVEAU avec lesquels il accomplira son 3ème voyage d'instruction.
L'Expert place le F. à Pb et le N. dans la main droite du Récip., la R. dans la main gauche.
V\M\
Mon F\ Récip\, les outils qui vous ont été remis vous permettront de procéder à la construction rationnelle et stable de l'édifice par perpendiculaires et horizontales.
En devenant comp\ l’apprenti passe de la perpendiculaire au niveau,
Symboliquement, le FIL A PLOMB vous suggère de rechercher la Vérité dans les profondeurs des fondations aussi bien que dans les hauteurs du faîtage, en explorant votre personnalité pour acquérir la connaissance de vous-même, condition première de votre perfectionnement.
Le NIVEAU fait allusion à l'égalité foncière de tous les hommes dans leur nature profonde et leur vocation. Il vous incite à vous mettre à la portée de tous et vous inspire la modestie du sage, quels que soient les progrès dans la voie initiatique que vous pourrez réaliser par la suite.
LE FIL A PLOMB La perpendiculaire est le fil à plomb fixé au centre d'un arceau,il est l’outil du deuxième surveillant et le niveau un fil à plomb fixé au sommet d'un triangle. Le premier montre la verticale et le second donne l'horizontale.
Si les deux outils indiquent la verticale par le moyen du fil a plomb, le niveau donne l'horizontale indirectement : il faut, pour l'obtenir, que le fil a plomb croise la base du triangle comme une perpendiculaire, qu'il divise ainsi le triangle en deux triangles rectangles semblables. La verticale s'obtient immédiatement : il suffit d'observer le fil à plomb immobile. Puis l'horizontale en est déduite : il faut créer un angle droit en ajustant la base du triangle au fil à plomb. Nous manipulons le triangle pour croiser sa base (le côté opposé à l'angle auquel est suspendu le fil à plomb) avec la verticale. La gravité permet de fixer la verticale à partir de laquelle nous déterminons l'horizontale.
L'observation de ces outils suggère des métaphores éclairantes sur le mécanisme par lequel nous nous orientons sur un plan vertical en déterminant ses deux dimensions, hauteur et largeur.  
4ème VOYAGE
V\M\
F\Expert, remettez au Récip. la REGLE et l'EQUERRE avec lesquelles il accomplira son 4ème voyage d'instruction.
L'Expert exécute en plaçant l'E\ dans la main droite du Récip, et la R\ en main gauche.
V\M\
Mon F\Récip., l'Equerre qui vient de vous être confiée peut être considérée comme le symbole de la rectitude. Elle sert à éprouver la Pierre Cubique afin qu'elle puisse s'ajuster aux autres pierres avec exactitude. Ainsi l'édifice se construit comme de lui-même à l'aide du NIVEAU et du FIL À PLOMB que vous avez déjà employés, mais à la condition absolue que tout soit rigoureusement d'équerre.
C'est pourquoi vous avez demandé d'être éprouvé par l'EQUERRE lorsque vous vous êtes présenté pour être reçu dans cette R\L\ de Comp\
L’équerre. Le mot équerre vient du latin EX Quadare : tracé des angles droits, des carrés. Elle exprime la terre. Jules Boucher explicite cette évolution : « l’équerre symbolise la matière »
En loge elle est posé sur le volume de la loi sacrée de manière à ce que ses extrémités recouvrent les 2 pointes du compas qui on le sait symbolise l’esprit, c’est ainsi au premier degré.Nous pouvons donc dire à ce degré que la matière domine l’esprit.Au deuxième degré l’équerre est entrecroisée avec le compas ces deux forces donc s’équilibre.
L’équerre à bien deux branches, elle n’est pas pure verticalité, elle est aussi horizontalité. Oswald Wirth soulignait : « L’union de deux équerres réunient peuvent former un carré symbole de la terre et de ce travail individuel mais aussi une croix, réunion de l’individuel et du collectif». Elle est le symbole de la rectitude, de la perfection.
D’ailleurs nous connaissons tous l’importance de la notion d’angle et d’équerre, notamment pour les signes d’ordre et de reconnaissance.
J’ai compris que l’équerre était l’outil indispensable, et dans sa simple assonance vise à un comportement exemplaire, rectitude de la pensée et de l’action, respectant le principe de la loi morale « le Franc-maçon dans ses actes doit s’inspirer du sentiment d’équité »
Sur le sautoir du Vénérable Maître se trouve une équerre de rapport 3 et 4. On peut donc associer le Vénérable .Maître en chaire » principe qui illumine la conscience », figure de la sagesse, qui depuis la 3ème marche de l’orient dirigent les frères dans les voies de la franc maçonnerie à l’équerre.
Enfin le :
- 5ème VOYAGE -
V\M\
F\Expert, accompagnez le Récip. dans son cinquième voyage d'instruction, qu'il fera les mains libres.
Ce sont les mains libres que j’ai accompli ce dernier voyage, après m’ être servi des divers outils du Comp\ au cours des voyages précédents.
Ces outils, et d'abord la main qui fut le premier outil de travail, ont servi à nos devanciers, les Comp\ opératifs, dans la construction des Temples et autres édifices.
Comme nos ancêtres, nous aussi, nous sommes avant tout des travailleurs.
Le travail est la grande vocation de l'homme, il lui est enseigné comme un devoir impératif.
L'homme a d'abord le devoir de servir et ensuite seulement, il peut réclamer des droits qui seront la contre-partie des services rendus. Mieux encore, nous les initiés, nous devons travailler non pas à contre cœur, sous la pression de la nécessité, mais bien avec entrain, en artistes pour qui l'œuvre seule compte et n'est pas nécessairement subordonnée à une récompense.
Pour nous, F\M\, le travail constitue une véritable mission.
Quelle que soit la place que nous occupions sur le chantier, même la plus humble, nous savons qu'en travaillant, nous coopérons à l'exécution du Grand Oeuvre selon le plan du G\A\D\L\U\.
C’est ainsi que Muni d’une feuille blanche et un crayon, une règle, un compas, une équerre, un levier, un niveau, le maillet et un ciseau, un morceau de pain, et un bâton de voyageur et après avoir vue l’étoile flamboyante j’ai accompli mon devoir de compagnon et aujourd’hui je demande d’être accueillis par vous mes F\ dans l’allégresse en vue d’une augmentation de salaire.

J’ai dit Vénérable Maître.
source :
www.ledifice.net

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RPMF : « Déclaration de Paris » du 3 juillet 2013. La CMF va de l’avant !

9 Juillet 2013 , Rédigé par JL Turbet Publié dans #histoire de la FM

Les obédiences maçonniques françaises signataires du traité de la Confédération Maçonnique de France ont rédigé une déclaration commune le 3 juillet 2013 en l’Hôtel de la Grande Loge de France.  Cette « déclaration de Paris » est la réponse officielle à la « déclaration de Bâle » des cinq Grande Loges européennes du 10 juin 2012. Pour votre complète information voici le texte de la « Déclaration de Paris » du 3 juillet 2013 :

« Déclaration

Paris, le 3 juillet 2013

La Déclaration de Bâle signée le 10 Juin 2012 par cinq Grandes Loges européennes appelait les Obédiences travaillant en France selon les règles de la Franc-Maçonnerie traditionnelle à la recomposition du paysage maçonnique français, visant à rétablir leurs liens historiques avec la Franc-Maçonnerie universelle. Ce processus de recomposition a été ouvert dès le 15 juin 2012 par la Grande Loge de France. Dans les semaines qui ont suivi, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, La Grande Loge de l'Alliance Maçonnique Française et la Grande Loge Indépendante de France s'y sont agrégées. Rassemblant 51 000 Frères travaillant dans 1800 Loges et pratiquant six Rites maçonniques selon les principes traditionnels de la Franc-Maçonnerie spiritualiste, les quatre Obédiences Françaises soussignées ont adopté et signé le samedi 15 Juin 2013 le Traité Fondateur de la Confédération maçonnique de France. Elles ont simultanément établi un Protocole de visites et d'échanges maçonniques entre leurs Loges respectives, complété par les dispositions particulières propres à chaque Obédience pour l'application dudit Protocole. Cette double convention assure l'établissement des liens réciproques de reconnaissance et d'amitié qu'elles avaient convenu d'établir par leur déclaration commune du 18 Décembre 2012. Les Obédiences soussignées s'engagent désormais à rédiger sans tarder les Statuts et le Règlement Intérieur de la Confédération pour les faire adopter par leurs instances respectives, selon leurs règles de gouvernance propres. Elles s'engagent également à définir les modalités de représentation extérieure de la Confédération, préalables à l'établissement de relations de reconnaissance mutuelle avec les Grandes Loges de la Franc-Maçonnerie traditionnelle et régulière dans le monde ».

La Confédération maçonnique de France est maintenant lancée selon un processus dynamique qui, bien qu’il ne soit pas encore arrivé à son terme, est très bien engagé. Les Obédiences soussignées s'engagent désormais à rédiger - sans tarder (l’été risque d’être studieux pour un certain nombre de responsables des obédiences de la Confédération) - les Statuts et le Règlement Intérieur de la Confédération. Ils devront ensuite faire adopter ces Statuts et Règlements par leurs instances respectives, selon les règles de gouvernance propres à chaque obédience. Une ouverture et un travail en commun commence entre les frères des quatre obédiences françaises qui ont fondé la Confédération Maçonnique de France : 51000 frères qui peuvent se visiter et travailler ensemble selon les mêmes règles (celles de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle et Universelle), et avec la même vision d’une Franc-Maçonnerie spiritualiste. La Franc-Maçonnerie est bien une voie spirituelle qui peut, au sein de la Confédération, se décliner en six rites à forts caractères initiatiques: le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Rite Ecossais Rectifié, le Rite Anglais de style Emulation, le Rite Français Traditionnel, le Rite d’York, le Rite du Standard d’Ecosse.

Pour ce qui est des inter-visites lors des tenues rituelles, les choses sont extrêmement simples. Avant l’entrée en tenue rituelle, il est demandé à tous les frères visiteurs, conformément à l’usage (qu’ils soient ou non membres de la Confédération), de signer la feuille d’émargement (ou feuille de présence) sur laquelle seront rappelés explicitement les principes de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle :

- l’invocation du Grand Architecte de l’Univers,

- la présence en Loge des Trois Grandes Lumières: le Volume de la Loi Sacrée exposé et ouvert avec l’Equerre et le Compas,

- la souveraineté exclusive sur les grades symboliques,

- l’indépendance vis-à-vis de toute structure maçonnique de hauts grades,

- la non- mixité dans les travaux rituels,

- l’interdiction de discussions politiques ou religieuses,

- le caractère progressif et spirituel de la démarche maçonnique.

La signature de la feuille (d’émargement ou de présence) vaudra acceptation du respect de ces principes par le frère visiteur. En outre les frères de la GL-AMF et de la GLIF s’interdisent de recevoir les frères ou de visiter les loges membres d’obédiences non reconnues par elles. On entend (et on en lit même…) de-ci de-là tellement de commentaires malveillants sur la Confédération Maçonnique de France – y compris très souvent de la désinformation – qu’il convenait de rétablir la réalité des faits. Personne ne court après une quelconque « régularité » exogène puisque les obédiences de la Confédération…. l’ont déjà ! Il s’agit simplement d’élargir la Fraternité. Et de faire que plusieurs dizaines de milliers de frères – qui depuis trop longtemps s’ignoraient – puissent désormais travailler ensemble avec les mêmes règles qu’ils ont –rappelons-le – librement accepté de respecter. De plus, si dans un avenir pas trop lointain, les Temples des Grandes Loges Traditionnelles et Régulières d’Europe continentale s’ouvrent également aux frères de la Confédération Maçonnique de France, cela sera également encore un plus.

Cette « déclaration de Paris » du 3 juillet 2013 a évidemment comme vocation d’être transmise aux cinq Grandes Loges européennes signataires de la « déclaration de Bâle » du 10 juin 2012. A l’image de la Grande Loge de France qui avait répondu promptement à la sollicitation qui lui avait été faite lors de la « déclaration de Bâle », la logique voudrait que les cinq Grandes Loges Européennes répondent promptement également, à cette « Déclaration de Paris ».

Lorsque ce sera le cas, je ne manquerai évidemment pas de tenir les lecteurs et les lectrices de ce Bloc-Notes informés de la teneur de la réponse des cinq Grandes Loges. La Confédération Maçonnique de France est sur de bons rails en cette veille d’été. La suite est attendue, sinon avec impatience, tout du moins avec confiance et sérénité.

Jean-Laurent Turbet

Source : http://www.jlturbet.net/article-rpmf-declaration-de-paris-du-3-juillet-2013-la-cmf-va-de-l-avant-118965091.html

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La GLTF sur wikipédia

8 Juillet 2013 , Rédigé par Wikipédia Publié dans #histoire de la FM

La consécration du 19 janvier 2013

La Grande Loge Traditionnelle de France a été consacrée par trois Loges régulières, toutes créées en France :

  • « La R.L. LACYDON LODGE » à l’Orient de Marseille.
  • « La R.L. FELIBRIGE » à l’Orient d’Arles.
  • « La R.L. ARMOR » à l’Orient de Lorient.

Moment solennel et indispensable à son existence maçonnique, plus de 500 Frères représentant les 41 Loges pétitionnaires, ont rempli entièrement la Salle du conclave du Palais des Papes en Avignon. Le Grand Maître désigné de la G.L.T.F. a pris ses fonctions au cours d'une cérémonie forte et pleine de solennité, respectant bien sûr les anciens usages et coutumes établis suivant la tradition maçonnique. Un moment que tous les Frères présents n'oublieront jamais. Dans son allocution aux accents maçonniques bienveillants et chaleureux, le Grand Maître de la G.L.T.F. a défini les principaux objectifs de cette nouvelle Obédience pour les années à venir :

  • donner à tous les frères en quête de perfectionnement moral et d’élévation spirituelle, le cadre de travail digne de la hauteur de ce qu’ils sont venus chercher en loge.
  • travailler dans la paix et l’harmonie selon les critères de la Franc-maçonnerie régulière et traditionnelle
  • mettre en application, en toutes occasions les préceptes d’exemplarité, de fraternité et de solidarité.
  • développer l’obédience par un choix rigoureux des profanes et un engagement fort des parrains.

Principes constitutifs

La G.L.N.F. a traversé la crise la plus grave de l'histoire de la Franc Maçonnerie. Grave sur tous les aspects, mais surtout dans la durée. Devant cette situation inextricable et déshonorante pour leurs cœurs de maçons, de nombreux Frères, lassés des querelles permanentes au sein de leur Obédience, ont manifesté depuis plus d'une année, le désir de tourner la page et de construire un avenir plus serein. Ces Frères, calmes, responsables et déterminés, écartant toute tentation d'aventure les éloignant des principes fondamentaux régissant la Franc Maçonnerie traditionnelle, ces Frères ont décidé unanimement de créer une nouvelle Obédience, portant le nom de Grande Loge Traditionnelle de France. La G.L.T.F., à l'image de ce qu'était la G.L.N.F. avant qu'elle ne soit pervertie par les agissements des derniers Grands Maîtres, prône les grands principes intangibles de la Régularité Maçonnique, auxquels elle adhère pleinement. Fondamentalement respectueuse de la tradition maçonnique, la G.L.T.F. travaille donc suivant les principes intangibles de la régularité maçonnique :

  • Croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers
  • Respect des Landmarks
  • Respect des Anciens Devoirs
  • Respect des us et coutumes de l’Ordre
  • Respect de la Règle en 12 points
  • Respect des Obligations des Francs-maçons

Les membres de la G.L.T.F. s’assemblent, hors du monde profane, dans des loges où est toujours exposé un Volume de la Loi Sacrée, afin d’y travailler avec zèle et assiduité et conformément aux principes et règles prescrits par la présente constitution et les règlements promulgués par la Grande Loge, les Grandes Loges Provinciales et les loges. La G.L.T.F. impose à ses membres le respect des opinions d’autrui. Elle leur interdit, dans le cadre maçonnique, toute discussion politique, confessionnelle ou sociétale, de nature à perturber l’union fraternelle et la parfaite harmonie de pensée qui doivent régner en loge. Seuls seront admis dans ces loges, des hommes, majeurs et de bonne réputation, dignes en tous points du titre de frère. Ils devront, au sein des loges, cultiver le respect de la patrie, du chef de l’état, des lois de l’état. Ils doivent considérer le travail comme un devoir essentiel, gage de progrès pour l’être humain. Ils s’engagent à respecter, autant en matière de parole que d’écrit, une stricte discipline et la plus grande discrétion vis-à-vis du monde profane. Ils s’engagent enfin à pratiquer la bienfaisance et à aider et à protéger leurs frères, en toutes circonstances et à leur porter secours chaque fois qu’il en sera nécessaire. La G.L.T.F. est organisée, pour son administration, en Provinces dont le nombre correspond à celui de nos provinces administratives : 21. Chaque province recouvre une Grande Loge Provinciale, dépourvue de personnalité morale. La Grande Loge provinciale exerce sa juridiction sur les loges situées dans sa compétence territoriale. Sur le modèle de l’organisation nationale, les Grandes Loges Provinciales sont dirigées par les Grands Maîtres Provinciaux assistés par un collège d’officiers provinciaux actifs et les structures provinciales de gouvernance : Collège des sages et Collège des Vénérables Maitres.

La Loge au centre de l'organisation maçonnique de la GLTF

Le creuset de la vraie Maçonnerie, c’est la Loge. Là où naissent, vivent et grandissent les Maçons. Ce sont ces loges et leurs Vénérables Maîtres que nous entendons replacer au centre du dispositif. Les loges disposent d’une large autonomie en matière de gestion, d’organisation et de finances. Depuis trop longtemps, on dit que les Vénérables Maîtres  sont les véritables chefs de l’Ordre. En créant la GLTF, le but a été de placer les Vénérables Maitres au cœur du dispositif au travers des Collèges des Vénérables Maitres aussi bien au niveau national que provincial. Chaque loge est dotée d’un Règlement intérieur qui s’impose à tous ses membres dans le respect des us et coutumes de la Franc-maçonnerie traditionnelle et des statuts et Règlement général de la G.L.T.F. Comme au niveau national et provincial, la loge est dotée d’un Collège des Sages présidé par le Vénérable Maître en exercice, composé de tous les anciens Vénérables Maîtres de la loge, ainsi que de tous les Vénérables Maîtres, anciens ou en exercice, membres de la loge.

Les rites pratiqués

Contrairement aux Grandes Loges internationales, le nombre de rites reconnus pratiqués en France est particulièrement important. Ceux-ci ont successivement été importés d’Angleterre, d’Écosse, des Etats Unis ou d’autres pays européens. Cette spécificité française de pratiques multi-rites dans les Obédiences est une particularité unique au monde où la plupart des Grandes Loges en pratiquent beaucoup moins. Les loges de la G.L.T.F. pratiquent les Rites suivants : le Rite Écossais Ancien Accepté, le Rite Écossais Rectifié, le Rite Français, le Rite Emulation, le Rite York. L’autorité de la G.L.T.F. est souveraine sur les loges symboliques « bleues » des 3 premiers grades. Elle garantit à ses membres l’accès aux Juridictions ordinales, les ateliers « supérieurs » de chaque Rite, soit dans le cadre de juridictions existantes, soit dans le cadre de juridictions nouvelles. Les Juridictions ordinales, de leur côté, sont souveraines et indépendantes. Elles n’ont aucun rôle dans la G.L.T.F. et n’interviennent en aucune manière dans ses décisions, ses actions ou ses nominations. D’autre part, après avoir atteint la Maîtrise et avoir officié au moins comme 2ème Expert au sein d’une Loge bleue, les frères Maitres peuvent accéder au Suprême Degré de la Sainte Arche Royale en intégrant un Chapitre de l'Arche Royale de la Grande Loge Traditionnelle de France. La G.L.T.F. compte à ce jour 5 Chapitres de l’Arche Royale.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Loge_Traditionnelle_de_France

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Le 10ème outil du Franc-Maçon

8 Juillet 2013 , Rédigé par Anonyme Publié dans #Planches

Planche anonyme

Chacun de nous connaît les 9 outils se rattachant aux 3 grades de la maçonnerie spéculative.
Mais il en est un 10e qui n'est jamais cité. Oswald Wirth, à travers tous ses écrits, n'y fait même pas allusion, ainsi qu'aucun dictionnaire maçonnique !
Or, que fait un Apprenti après avoir utilisé le maillet et le ciseau ?
Que fait le Compagnon après avoir manié les nouveaux outils de son grade ?
Que fait le Maître après avoir reposé les siens ?
Et nous autres, mes frères, que faisons nous à chaque agape ?
Tout simplement, nous étanchons notre soif, cette soif qu'il est important d'apaiser au risque d'amoindrir l'assurance de notre main.
Et comme le corps a des besoins que la raison seule ne saurait satisfaire, la soif pouvant prendre brutalement le Maçon démuni et qui, pauvre et dans la détresse, n'aurait pas eu en sa possession ce fameux 10e outil tant négligé à travers les siècles, il se retrouverait réduit au rang d'épave humaine.
Et en effet mes Frères, réfléchissons ? Essayez donc d'ouvrir une bouteille avec un maillet, une équerre ou bien un compas !
Non, je vous le dis ce soir, haut et fort, il faut faire cesser au plus vite cette injustice et ce danger.
Aussi, rompant le privilège du Vénérable qui en connaît l'existence, je vous propose d'introduire un nouvel outil, que j'appellerai vulgairement le tire-bouchon, dans la panoplie maçonnique, et ce, à tous les grades.
Ce tire-bouchon n'est en effet actuellement présenté pour la 1re fois au nouveau Vénérable Maître qu'à l'issue de la cérémonie secrète de l'installation lorsqu'il lui est proposé d'en faire immédiatement un usage plus opératif mais restreint en présence des seuls Maîtres Installés avant le retour des Frères sortis sur les parvis, et dont l'oreille attentive n'aura peut-être entendu que quelques lointains tintements de verre.
Mais de manière plus symbolique on représente ce tire-bouchon par le Tau inversé, pointe dressée vers le ciel en remerciement au
GADLU pour les faveurs dont il vient de nous combler.
Et ainsi, si l'on reconnaît le Vénérable Maître en Loge ouverte a ce qu'il porte l'Equerre lorsqu'il est assis, on le reconnaît immédiatement encore mieux, lorsqu'il se lève pour la 1re fois, aux 3 Tau qui ornent son nouveau tablier. Un pour le rouge, un pour le blanc, un pour le rosé. Ceci vous avait-il donc échappé ?
Tire-bouchon vient du verbe "tirer" et du nom "bouchon", qui en latin donne "bucco". C'est en quelque sorte l'outil qui sert à extirper de son logement la parcelle de matière, faite généralement de liège qui, d'un côté est au contact du liquide, et de l'autre côté est à proximité de la personne qui fait l'action de tirer.
On situe mal l'invention du tire-bouchon. Mais généralement, on l'attribue à l'observation de certains animaux proches du porc, qui, de par leur partie caudale, évoquent la spirale que nous connaissons. Le génie humain consiste à rigidifier cette spirale en la rendant métallique : ceci se déroule, à peu près, à l'époque du fer. Ainsi passa-t-on insensiblement du tire-bouchon mou au tire-bouchon dur.
Mais de longs et pénibles efforts, furent encore nécessaires, pour rendre utilisable l'instrument; il restait à inventer le manche. Nul ne sait s'il fut inventé par un Frère, mais il est quand même curieux de constater que l'angle formé par la verticale et le manche lui-même, est un angle droit, soit 90° degrés ou le quart du cercle.
Avouez que tout cela est bien curieux, et qu'il ne peut s'agir uniquement du fait du hasard. ?
Mais il est un autre aspect symbolique sur lequel je voudrais insister qui est peut-être, à mes yeux, le plus important :
Repensez à la dernière bouteille que vous avez ouverte ? Vous souvenez vous de la façon dont vous avez placé la pointe du tire-bouchon ? Vous l'avez placé juste au centre. Et ainsi placé il ne peut faillir. Puis vous avez appuyé légèrement et ensuite de plus en plus fort, en imprimant à votre poignet un mouvement rotatif dans le sens que la déambulation en Loge. La pénétration de la vis se fit ensuite régulière, jusqu'à ce que vous vîtes apparaître la petite pointe métallique à l'autre extrémité du bouchon, donnant le signal de l'arrêt de votre effort.
Tout aussitôt, et pris par un indicible plaisir, vous tirâtes brusquement vers le haut le tire-bouchon pendant que votre autre main serrait fermement la forme ronde de la bouteille.
Ce sont là les 5 points parfaits du sommelier : manche dans paume, doigts repliés, genoux contre bouteille, main contre goulot, paume vers le sol : c'est dans cette attitude, et dans cette attitude seulement qu'une bouteille peut être régulièrement ouverte.
Vous venez d'accomplir un geste remontant à la nuit de temps, un geste assimilable, de par l'élément pénétrant (le tire-bouchon) et l'élément receveur (la bouteille), au phénomène de l'accouplement et par la même, de la procréation, rappelé en loge par la présence des 2 colonnes B et J, symboles lunaire et solaire, féminin et masculin, mais aussi évocatrices du Bordeaux et du Juliénas.
Mais ne nous y trompons pas, le tire-bouchon est menacé, tant par l'intégrisme que par le modernisme si nous n'y prenons garde. Déjà, un ecclésiastique de la pire espèce, j'ai nommé Dom Pérignon, de par son invention champenoise fit sauter les bouchons sans l'aide d'aucun instrument. Est-ce de là qu'on assimile souvent la F.M. a un mouvement anticlérical, à tort, nous le savons bien ?
Et puis, plus près de nous, la capsule qui ne nécessite plus que l'usage d'un vulgaire levier. Pire encore le pack qui ne nécessite qu'un couteau ou une paire de ciseaux, voire la cannette en aluminium qui s'ouvre sans aucun outil !
Non, mes Frères, soyons vigilants, sachons défendre tous nos instruments et en particulier le tire-bouchon, sans lequel nous ne serions peut-être pas ce que nous sommes.

 

Jiri Pragman

Source : http://www.hiram.be/Le-10e-outil-du-Franc-Macon_a594.html

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Des outils du maçon

6 Juillet 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Tout honnête frère est avant tout un honnête pèlerin, c’est-à-dire en quête, sur la route, mais aussi, un étranger, un voyageur dans de différents domaines. Les échanges dans un atelier maçonnique peuvent paraître des confrontations. Mais en enlevant leur caractère « positionnel » et leur tendance issue d’une systématique, ou de la défense de quelque chose (valeurs, sentiments, croyances, opinions, idées), il reste que l’homme en recherche ou le maçon, ou pour celui qui emprunte la voie difficile de l’évolution a le devoir d’échange pour son avancement et l’avancement des idées. Le discernement, la ou les connaissances, qui lui permettent de voir clair, ou d’être éclairé, résultent précisément de divers procédés, moyens, etc... que symbolisent les outils du Maçon.

Ciseau et Maillet. Le Ciseau (du latin, cisellus, coesellus et coedere, couper) en fer ou acier trempé permet la sculpture, et l’art pour dégrossir les pierres en ôtant leur rugosité. Symboliquement, cela consiste à affiner le caractère, à s’instruire, à se perfectionner et à augmenter ses connaissances, quitte à se frotter aux autres, en commençant par se parfaire, puis comme compagnon pour poursuivre dans le monde extérieur. Le Maillet (du latin malleus) est une des lumières du Vénérable. Indiqué à l’apprenti avec le ciseau, il n’est pas l’outil de commandement, mais une invitation au travail. Un apprenti va recevoir un ciseau pour être peu à peu efficace et posséder le discernement qui lui permettra de procéder à des investigations. Le Maillet lui permettra d’utiliser son intelligence pour l’application, et son geste devient plus sûr. C’est quelque part l’apprentissage de la dialectique s’il utilise son intelligence correctement, d’autant plus que le Verbe lui est interdit. Il affine ainsi son sens de l’observation, sa logique, son raisonnement par une action persévérante et pour apprendre à utiliser ses connaissances.

Arrivent ensuite l’équerre et le compas. Le compas (du latin compassare, mesurer) est un outil actif qui s’ouvre au maximum à 180° où il n’agit plus, et à 45°, il devient aussi équerre. Le compas permet de décrire des cercles, c’est-à-dire des circonférences où peut agir la pensée. Ces cercles sont les différents modes de la pensée et de ses raisonnements. Ils symbolisent la pensée juste qui explore différentes possibilités clairement et précisément. Le compas qui sert à la mesure du cercle dévolu au maître est pour l’apprenti la sincérité et la confiance qu’il porte à ses compagnons et à son apprentissage. C’est aussi le respect des autres, de leur langage et de leur maîtrise. L’apprenti ignore l’usage du compas. L’équerre (latin exquadra, équarrir) sert à tracer des angles droits et réunit l’horizontale et la verticale pour obtenir l’aplomb. L’équerre donne la rectitude dans l’action et symbolise la justice. Dans le raisonnement, l’équerre donne de l’ordonnancement dans les idées, afin que l’édifice tienne en place. L’équerre sur le compas est la matière que ne domine pas encore l’esprit, mais aussi la droiture et la rectitude. Pour le compagnon, l’équerre étant croisée avec le compas, il y a équilibre entre la matière et l’esprit. Le compagnon n’est plus dans les ténèbres et il s’achemine vers la sincérité et le discernement. Lorsqu’il devient Maître, l’équerre est sous le compas signifiant que l’esprit maîtrise la matière. Le maçon possède alors le discernement et la justice. L’équerre est donnée dans l’office au Vénérable pour la rectitude et le maillet affirme son autorité. L’équerre est aussi le symbole de la science maçonnique pour le Vénérable chargé de former des Maçons parfaits, permettant de faire passer de la pierre brute à la pierre cubique. Règle et levier. Pour Wirth, au 2Ième et 3ième voyage, le compagnon voyage avec la règle à la main signifiant le rôle passif de la règle.

Au troisième voyage du rite français, deuxième degré, il voit la Règle et le levier. La règle (du latin regula, verbe regere, diriger) sert à tracer les lignes droites, donc sert pour la rectitude et le levier sert à soulever. La règle droite lisse ou graduée (24 pouces dans le rite écossais ou graduée dans le rite français) sert à mesurer l’ouvrage, à mesurer les heures, et à servir. Elle coordonne ses connaissances qui doivent être dirigées vers de multiples sujets, à chaque instant du jour. Elle peut avoir un rôle actif ou passif dans ce qu’elle possède de strict et immuable au début, en cours ou à la fin du travail. Elle permet de diriger ou de vérifier le travail accompli par précision dans les tâches, par la méthode, la rectitude et par l’application de la loi. Le levier est une barre rigide pour soulever un poids. Il sert au déplacement des pierres ou matériaux, et de leur mise en place. Son attribution est la force de la connaissance et des connaissances, symbole de puissance. Il est passif, mais son activité résulte de sa mise en ouvre pour augmenter les forces du compagnon. Les deux instruments alliés servent à la mise en place des matériaux, le levier par la puissance, la règle pour l’ajustement et le contrôle. Intellectuellement, cette mise en place se fait par l’application de la raison, de la logique, de l’intelligence. C’est un symbole de la puissance de la pensée correctement mise en place. La règle est la rectitude dans l’action, dans la pensée, la précision alliée avec le levier, le pouvoir de la volonté, ou la puissance.

Perpendiculaire et Niveau Au quatrième voyage, le compagnon voit la perpendiculaire et le Niveau. La perpendiculaire qui est aussi fil à plomb sert à l’équilibre dans la verticale, et le niveau intervient dans l’horizontale. La perpendiculaire (du latin perpendiculum et pendere, pendre) permet de vérifier la verticale et l’aplomb. Elle empêche toute déviation pour ériger correctement un ouvrage. Dans l’intelligence, la perpendiculaire sert à la profondeur des vues et de l’observation ainsi que pour l’équilibre. C’est pourquoi elle est donnée au surveillant pour contrôler les apprentis pour comprendre les éléments de la pensée instruite. Le niveau (du latin nivellus) sert à égaliser, à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Il rend plane dans la mise en ouvre correcte des connaissances, sans pour autant niveler les connaissances, car il permet de connaître les différences dans l’horizontale et la verticale. Il est fait d’un triangle, ou équerre juste dont l’angle au sommet est de 90° et d’un fil à plomb. Il ne sert pas à égaliser, mais à mesurer des différences ou les niveaux. Il concourt à la perfection du Maçon. .

Au cinquième voyage, il reçoit la truelle. La truelle (du latin, truella) est le dernier outil qui sert à parfaire et terminer l’ouvre de la construction. Il sert avec le ciment à lier les pierres, à lisser les derniers travaux et à finir le travail. Il est le symbole du liant, de l’amour fraternel ou de la bienveillance entre frères et entre tous pour édifier les Temples. La truelle est le symbole de la Connaissance bien faite, de la qualité et de la perfection. « Le Maçon doit rechercher tout ce qui unit, rejeter tout ce qui divise et sépare les hommes. Il doit arriver à la solution acceptable pour tous, conforme à l’intérêt de tous » « Un maçon doit s’efforcer de rapprocher les points de vue opposés, les hommes divisés » « La truelle est l’emblème de la perfection » « Tous les F.M. doivent apporter selon leurs possibilités leur contribution à la Vie » « Personne ne doit rester inactif ».(selon Michel Reyt, Dictionnaire de la F.M. de Ligou PUF). Dès lors, toute discussion, ou même polémique, devrait au moins être un ajustement de différentes pensées par comparaison de données très diverses, en respect des opinions, des croyances et idées de l’autre, pour trouver et confronter les points communs ou de divergences et contribuer ainsi à faire croître une pensée plus riche et plus harmonieuse, donc forcément plus intéressante que la pensée de l’un, pour valoriser la pensée de l’un et de l’autre. Et dans ce respect, doit finalement également être augmenté la compréhension, voire l’amour fraternel dans son sens social et humanitaire.

Source : www.ledifice.net

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