Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

La Parole Perdue

27 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

INTRODUCTION

L'expression la « Parole perdue » apparaît peu dans nos actuels rituels du 3e degré, où l'on parle plutôt de la « perte des secrets véritable du maître maçon ». Il semble toutefois que les deux expressions soient relativement interchangeables, ainsi le document Prichard de 1743 et l'instruction au 3e degré au rite écossais de la Mère Loge Ecossaise de l'Orient d'Avignon de 1774 disent-ils :

Q : pourquoi vous a-t-on fait voyager ? - R : pour chercher ce qui a été perdu.
Q : qu'est ce qui a été perdu ? - R : la parole de Maître.
Q : comment la parole fut-elle perdue ? - R : par la mort de notre respectable maître Hiram.

Fort de ces références, j'associerai donc au cours de cette planche « les Secrets Véritables du Maître Maçon » et la « Parole Perdue ». Ce très bref rappel des rituels n'est toutefois pas innocent puisque le plan de ma planche sera aligné sur celui de l'instruction au 3é degré : Une première partie axée sur la notion de parole et sur ce que les pauvres mauvais compagnons pensaient naïvement en obtenir, une seconde partie sur la perte de la parole, génératrice de liberté et de devoir, une troisième partie sur le « centre du cercle où ainsi placé le maître maçon ne risque pas de s'égarer, de manière à chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière ».

I - L'OBSCURE AMBIGUITE DE LA PAROLE

Permettez-moi mes Vénérables Frères de commencer par une légère digression destinée à développer quelques idées au sujet de la notion de parole. J'entends très souvent dire que la parole est au cœur de notre méthode maçonnique sinon de notre rituel, parce qu'elle permettrait le dialogue (soi-disant panacée socratique), la communication (fraternellement correcte) avec l'autre, parfois même parce qu'elle serait source de révélation. Attention, la « parole », qu'on lui accorde un p minuscule ou un P majuscule, qu'on la confonde avec le Verbe ou le Logos peut avoir de multiples interprétations, souvent confuses ou contradictoires et la plupart du temps totalement étrangères à la maçonnerie.

I.1 - La parole au service du fanatisme, de l'ignorance et de l'ambition déréglée.

Dès la Grèce antique, la parole a été l'outil privilégié des sophistes, qui en exaltaient la puissance, de parole on est ainsi rapidement passé au langage, engoncé dans les lois et règles de la logique, volontairement coupé de son rapport à la réalité, capable de faire paraître vrai même le faux. Ambition déréglée d'accéder par la parole à une connaissance universelle logique et désincarnée, recherche prométhéenne de substituer par la raison un ordre humain à l'ordre divin. La parole, ainsi nécessairement intellectualisée, ne nécessite ni connaissance de soi, ni connaissance de l'autre, ni connaissance de Dieu ; objet autonome, elle s'oppose à la Connaissance telle que nous l'imaginons en maçonnerie, elle devient ainsi, pour nous, Maçons, source d'ignorance. Quant au fanatisme, la parole ne manque pas d'exemples. De la parole révélée aux seuls prêtres, gourous ou autres chamans qui l'imposent à leurs dévoués fidèles, à la parole soi-disant unique de la tour de Babel, totalitaire et aliénante, la parole est de tous les dogmatismes, de tous les fanatismes. Ambition déréglée, ignorance et fanatisme, telle est la parole que recherchaient les mauvais compagnons auprès de notre maître Hiram, naturellement ils n'ont pu la trouver de sa bouche et ils l'ont tué.

I.2 - la parole : de l'outil au Logos.

Même si nous venons de voir les dangers de la parole, n'oublions pas que l'essentiel du travail en loge s'effectue par le biais de la parole : régulations de la prise de parole, fonction de l'orateur, débats, questions et réponses...la parole est sans conteste au cœur de la loge, car la parole est aussi l'un des outils privilégiés de la maçonnerie, qui, je le rappelle, n'est rien d'autre qu'ordre initiatique fondé sur la fraternité ; la parole est ce qui permet la relation à l'autre. Il ne s'agit plus alors de faux dialogues ou de monologues parallèles mais du vrai dialogue initiatique, celui du face à face d'un Je et d'un Tu. Quand j'écoute autrui, ce que j'entends vient s'insérer dans les intervalles de ce que je pourrais prononcer. Je ne comprends sa voix que si je pose sur chaque mot de la phrase une série de mes mots propres en manière de réplique intérieure. Le dialogue en Loge, c'est croiser deux voix dans une parole pour en produire un sens. Quand une parole est adressée, le sens n'est pas seulement pour l'autre mais par l'autre : telle est la condition pour que la parole joue un rôle initiatique, telle est la condition pour que la parole permette l'exercice de la Fraternité, confrontation de deux consciences qui aspirent toutes deux vers la Lumière. Mais la Parole Perdue n'est pas du même ordre. Ce n'est pas le langage qui a été perdu, ce n'est pas n'importe quelle parole que nous recherchons, c'est celle de notre maître Hiram, architecte, constructeur du temple de Salomon. Ne tombons pas dans l'erreur naïve des mauvais compagnons qui croyaient que les secrets véritables du maître maçon relevaient de la communication d'un savoir ; notre recherche est bien différente puisqu'elle se place sur le plan de la Connaissance, celui de l'être et du spirituel, de l'immanence et de la transcendance. C'est dans ce contexte que la Parole perdue peut prendre tout son sens de Logos. Logos, aux multiples interprétations et dont celle qui m'est la plus familière est celle d'Héraclite ; à savoir ce lien qui unit phénomènes multiples et Unité, qui structure et donne un sens, Cosmos, harmonie immanente, condition préalable à la possibilité d'unifier le monde et la pensée qu'on en a. Car pour celui qui est familier du Logos, dit Heraclite, le monde a un sens comme ce fleuve qui coule de la source vers la mer et non inversement de la mer vers la source. Ce Logos, comme tout élément initiatique, ne peut être réduit en parole et ne peut être que vécu, d'où l'utilisation du mythe, mise en scène de symboles et d'analogies, propositions sans réponse, mythe d'Hiram, perte nécessaire de la parole et mort du maître.

II - LA LIBERTE OUVERTE PAR LA MORT D'HIRAM

II.1 - Condamnés à la liberté.

Il est bien entendu nécessaire qu'Hiram meurt. Certes, sans les mauvais compagnons le temple aurait peut être été achevé, mais son plan en serait mort et figé, dans un musée au mieux, dans un catéchisme au pire. Tout mythe sur la condition humaine rend nécessaire la désobéissance et le passage de témoin de Dieu à l'homme ; les exemples d'ailleurs ne manquent pas, de la boite de Pandore, à l'arbre de la Connaissance, de la trahison de Judas au bris des Tables de la Loi par Moïse. Il est nécessaire que les trois mauvais Compagnons tuent Hiram comme il est nécessaire que l'homme désire goûter au fruit défendu. « Pourquoi vous êtes vous fait recevoir Franc-maçon ? - Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai désiré la lumière ». Il n'y a pas de liberté sans initiation, il n'y a pas d'initiation sans désir de liberté. Désir de liberté certes, mais pour quoi faire ? On voit bien que les compagnons de chantier d'Hiram ne se réjouissent pas de la liberté soudainement obtenue par la mort de leur maître et bien au contraire qu'ils se lamentent et n'ont de cesse que de retrouver son corps. L'expérience de la liberté est assurément douloureuse pour celui qui ne la désire pas et qui fuit sa responsabilité de choix d'homme libre ; à l'opposé, Nietzsche célèbre la conquête de la liberté totale du surhomme, « vaste oiseau de proie » qui proclame le terrible secret de la mort de Dieu et qui, maître de soi, de la vérité et de toutes les valeurs, incarne dans sa volonté de puissance la vie elle-même, prend en charge le destin de l'espèce et se révèle « l'homme de la plus vaste responsabilité - der Mensch der umfänglichsten Verantwortlichkeit » [par delà le bien et le mal et Deuxième Dissertation de La Généalogie de la morale ]. Mais être responsable, c'est forcément répondre de quelque chose devant quelqu'un, l'auto- responsabilité Nietzschéenne mène à une impasse, comment en effet puis-je être responsable et libre si tout pour moi revient "au même" ? Ce qui me constitue comme sujet, c'est ma réponse. Sans réponse, pas de sujet, sans sujet pas de verbe, sans verbe pas d'action, sans action pas de liberté. La liberté impose la responsabilité, la responsabilité impose le devoir, le devoir impose l'ordre. C'est en cela que les Anciennes Obligations des Maçons Francs et Acceptés posent en tête du chapitre premier « qu'un Maçon est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux ». L'exemple de Don Juan est à ce sujet saisissant : face à cette statue de pierre qui ne dit mot, le libertin se retrouve face à sa responsabilité et la vanité d'une liberté privée de sens. De ce fait, la liberté apparaît moins comme un choix entre des possibles, que comme l'installation d'un sens et dont nous sommes responsables. C'est d'ailleurs ce que Sartre entend quand il parle de notre « condamnation » à la liberté : nous sommes responsables, à tout moment, de ce qu'un sens, tel sens, apparaisse. Assumer sa liberté devient alors inséparable de la recherche de la vérité pour lequel le Maçon ne se fixe aucune limite, au sens de l'article 2 de la déclaration de principe du convent de Lausanne.

I.2 - A la conquête du sens.

Donner un sens à sa liberté, c'est à dire orienter sa vie, devient alors la tâche essentiel de l'homme libre et de bonnes mœurs qu'est le Franc-maçon et, en ce qui me concerne, l'obéissance à la Loi morale dont parlent les Anciennes Obligations des Maçons Francs et Acceptés ne signifie pas autre chose. Bien entendu, l'ordre initiatique qui est le notre se garde bien de dire quelle est cette Loi morale, et, de toute façon, la parole étant perdue, il serait bien en mal de le faire...tout se que nous dit la maçonnerie c'est que la lumière doit être désirée, que si l'on cherche, on trouvera et qu'un ordre domine le chaos. Voilà tout, c'est certes bien peu en comparaison d'une religion exotérique qui proposerait prêt à l'emploi une parole révélée, totalitaire, aliénante ou dogmatique, mais c'est déjà beaucoup car cela signifie d'une part que l'expérience vaut la peine d'être tentée et d'autre part qu'il en est de notre responsabilité d'homme libre que de partir à la conquête du sens, même s'il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre. Permettez-moi à ce stade de la planche de faire appel aux premiers chapitres de la Genèse. Dieu crée le Ciel et la Terre, les petits et les grands luminaires, puis, le sixième jour, il dit « faisons l'homme » (Genèse, I.26). Pourquoi ce pluriel ? Simple pluriel de majesté interprètent quelques commentateurs mais n'est ce pas infiniment plus réjouissant d'interpréter ce « nous » comme « Lui et moi » ? Cette interprétation nous ouvre un espace total de liberté et une responsabilité plus grande encore puisqu'elle nous fait partager ce devoir de faire l'Homme, ou, comme le dit l'instruction au premier degré, d'être responsable du perfectionnement intellectuel et moral de l'humanité. Angélus Silesius (Johann Scheffler), dans cette citation des poèmes mystiques que j'aime tant, va encore plus loin « Je sais que sans moi, Dieu ne peut vivre un instant, suis-je rendu à rien, il doit rendre l'esprit » ; la charge de la preuve se renverse et m'incombe, le monde n'a de sens qui si j'y découvre l'ordre qui lui donne son sens. Ma responsabilité n'est pas de me soumettre à un ordre immanent mais de révéler Dieu à travers le monde, devoir de révélation, responsabilité de la transcendance. Toujours dans l'ancien testament, faisons rapidement un autre crochet par le récit de la faute du Veau d'Or et du bris des Tables de la Loi par Moïse : « Et Dieu dit à Moïse : grave-toi deux Tables de pierre comme les premières et je t'écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as brisées (Ex. 34, 1) ». Selon le commentaire qu'en a fait Daniel Epstein dans un texte que m'a en son temps passé notre frère Jean-Marie, cet épisode peut être interprété de manière très proche du mythe de la parole perdue : les secondes tables, identiques aux premières par la Loi immanente qui y est inscrite, en sont toutefois radicalement différentes et porteuses de sens initiatique, puisque taillées de la main de l'homme et non de celle de Dieu. Le bris des Tables, comme la mort d'Hiram, libère l'homme tout en le rendant responsable de la taille de nouvelle tables ; devoir de dégrossir la pierre brute, qui lorsqu'il sera accompli, permettra la révélation de la Loi. Mes Vénérables Frères, la mort de notre Maître Hiram nous condamne à tailler.

III - A LA RECHERCHE DE LA PAROLE PERDUE

C'est ainsi que tout notre rituel n'est que méthode de taille de la pierre. Je ne reviendrai pas en détail sur les conseils donnés aux deux premiers degrés, mais chercherai plutôt à en développer deux qui sont donnés au 3è : Ÿ à quoi travaille la maître maçon ? : À chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière où le maître maçon espère-t-il retrouver les secrets véritables - au centre du cercle car ainsi placé il ne risque pas de s'égarer.

III.1 - Rassembler sans s'égarer ce qui est épars. « Chercher ce qui a été perdu et répandre partout la Lumière », c'est ce que j'ai essayé de traiter au cours de la partie précédente. L'élément nouveau c'est que le rituel y associe de « rassembler ce qui est épars » et y insiste lourdement puisque ce cercle au centre duquel le maître maçon espère retrouver la parole perdue est également, semble-t-il, un symbole d'unité. Ce qui est certain, c'est que cet ordre n'est pas immédiat, le monde apparaît composé d'éléments semble-t-il indépendants les uns des autres, difficiles à relier en une Loi qui les gouvernerait tous. La symbolique du multiple et du cercle pose d'emblée la question de la manière dont l'homme est capable de saisir et révéler l'ordre qui domine le chaos. A cet égard le symbole du cercle, sur lequel on pourrait discourir pendant des heures et que je ne ferai qu'effleurer est particulièrement instructif. De tout temps, le cercle a été le symbole de l'espace clos et de l'unité et la pensée classique y a inscrit la divinité ; je pense à cette fameuse définition de Dieu : « Dieu est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part », issue du livre des vingt quatre philosophes au XII siècle et ensuite reprise régulièrement par les philosophes et théologiens comme le montre si bien Georges Poulet dans son livre remarquable Les métamorphoses du Cercle. Cette définition de Dieu illustre à elle seule toute la problématique du cercle et le vertige qu'il provoque : à la fois unité et multiplicité, éternité et instantanéité, infini et fixité. Toute la pensée philosophique et théologique jusqu'au XVIIIe siècle a été d'appréhender les rapports du centre à la périphérie et d'y trouver la place respective de Dieu et de l'Homme. Pour les uns, tout vient du centre, tel un foyer d'énergie qui irrigue la création ; pour d'autres, la création tout entière et l'homme en particulier, centre et cercle à son tour, convergent vers le centre à la rencontre de Dieu. On retrouve donc ainsi dans le cercle ces mêmes questions d'immanence et de transcendance évoquées précédemment. L'évocation du centre du cercle, lieu où le maçon ne risque de s'égarer n'est toutefois pas gratuite car elle fonde la voie initiatique et symbolique de la recherche de la Connaissance et réfute la voie intellectuelle, celle-ci propre à l'égarement. En effet, l'une des réponses au vertige de l'ordre et du chaos, du centre et de l'infini, peut être d'ordre intellectuel, c'est notamment la réponse platonicienne qui propose de dépasser l'apparence des choses et de s'élever au monde des Idées, c'est à dire d'entrer dans le domaine de l'intelligible. Cette réponse suppose que l'unité du monde peut être appréhendée par la pensée et dans les termes d'un langage formel adéquat, science ou raison. Blaise Pascal a consacré sa vie à cette appréhension de Dieu par la pensée et son constat est sans détour : « les créatures sont incapables de cette unité infinie de Dieu, qui est tout ensemble le point et la quantité, le centre et la circonférence....le gouffre infini ne peut être rempli que par objet infini et immuable...Théologie Naturelle » et comme le dit Albert Beguin dans Pascal par lui-même « tout l'effort de Pascal, désormais, tendra à prouver que l'homme peut, même dans un monde sans commune mesure avec lui-même, trouver ensemble sa mesure et un havre de paix ».

III.2 - Les mots forcément substitués.

La voie maçonnique est avant tout initiatique c'est à dire axée sur la transformation de soi et la connaissance de soi jusqu'à ce que s'y révèle la Loi morale. On retrouve là encore l'épisode de Moïse et du bris des Tables de la Loi. Ce n'est pas l'Homme qui y trace la Loi mais Dieu, l'homme ne pouvant se limiter qu'à tailler les tables jusqu'à ce que la Loi puisse s'y révéler. Parmi les outils de taille à notre disposition, le symbole en est le premier, qui consiste à assembler les éléments épars deux à deux jusqu'à ce que leur fusion fasse jaillir le sens du Trois. Comme le disait Jacob Bohème « In Ja und Nein bestehen alle Dinge » (Toutes choses consistent en oui et non). C'est le non qui permet la révélation du oui, de la confrontation des contraires que jaillit le sens [méthode que l'on pourrait rapprocher de la théologie négative des mystiques rhénans du XIVe qui, partant du principe que de l'Un on ne peut parler, cherchaient à le définir par l'inventaire de ce qu'il n'est pas]. Il est important à ce stade de ne pas confondre multiplicité et contraires. Le symbole ne résout pas la question du multiple et du retour à l'unité ; certes symboles, ce qui unit, s'oppose à diabolos, ce qui sépare, mais le symbole ne permet pas le retour au Un. La voie symbolique est lente et progressive, assemblant tour à tour deux pièces parmi les pièces infinies, en faisant surgir ainsi une troisième à confronter à son tour à une autre, sans espoir que le puzzle se termine mais avec la satisfaction de voir quand même des contours se dessiner et un début de sens se faire jour. De cette quête, de cette conquête du sens, il est toutefois difficile de parler car elle est nécessairement du domaine de l'expérience intime ; c'est en soi que s'opposent les contraires et se révèle à petits pas le sens de l'Ordre. Souvenons-nous, à ce propos, de l'épisode d'Adam au Paradis, la Genèse (3 - 3) nous dit que l'arbre se trouvait « au milieu du jardin », mais comment trouver le centre dans un espace infini, comment reconnaître l'arbre de la Connaissance parmi le nombre infini d'arbres qui peuplaient le paradis terrestre ? Le centre est en soi, l'arbre de la Connaissance est en soi, Adam est en soi, la désobéissance et la mort d'Hiram en soi et une fois ce centre en soi trouvé, en soi l'expulsion du Paradis terrestre, initiation faite sans cesse d'allers-retours du centre de cercle à sa circonférence, mais toujours en soi, car ainsi placé le Maître-Maçon ne peut s'égarer. Là est aussi le message de la Parole perdue. La connaissance ne peut être qu'expérimentale et individuelle, forcément incommunicable. Le langage, l'intellect, la parole ne peuvent rendre compte de la Connaissance ; la parole perdue, perdre la parole, c'est quitter le domaine de l'intellect pour entrer dans celui de l'Etre. Je suis, tu es, nous sommes, mes frères, les secrets véritables du Maître-Maçon, mots substitués de la parole perdue d'Hiram. Mohabon, c'est toi l'architecte, mon Frère.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Le Mot Substitué

26 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

1°) LE CONTEXTE, notre RITUEL

la cérémonie d’élévation

C’est dans l’obscurité, en Chambre du Milieu, après une marche à reculons que, retourné vers l’Orient, le C. devient spectateur du deuil de ses F présents. L’impétrant est conduit à l’Orient, devant le tombeau du Maître, qu’il a préalablement enjambé selon instructions reçues, et c’est à cet endroit, à hauteur du compas qu’il reçoit les 3 coups fatidiques donnés, via les outils du C. (dont le maillet du T. V.M.) A ce moment là le C. en passe d’élévation devient acteur : il prend la place d’HIRAM et se trouve allongé, tête à l’Occident (équerre) et pieds vers l’Orient (compas), le corps recouvert d’un linceul (passage par la peau, Osirification). Sa sépulture sera gardée par 3 F. avant que le Roi SALOMON, symbolisé par le T.V.M., accompagné des 2 V.M.S. ne vienne lui redonner vie. Le second S. essaiera en vain via l’attouchement et le mot d’A. Le premier n’aura pas plus de réussite avec l’attouchement et le mot de C. C’est alors que le VM déclare « Seuls, nous ne pouvons rien ; aidez-moi » et, avec l’aide des deux surveillants, il parviendra à le relever par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise, en lui chuchotant à l’oreille le mot : « MOABON ». Cette alchimie résulte donc de l’intervention d’un trio et non d’un seul… Le nouveau M. se voit détenteur des secrets du grade de M. dont 2 mots : 1 mot de passe « TULBACAIN » et le mot sacré « MOABON » ou « MAK-BENAH » selon le rite, mot qui ne peut s’échanger qu’à voix basse. Notre nouveau M. est alors âgé de 7 ans et +

l’instruction au 3° degré

Pour l’approche du thème à traiter, on relèvera 3 des 49 questions réponses :

Qu’êtes vous venu faire ici ? * Chercher la parole du Maître qui s’était perdue

Comment a-t-on pu retrouver la parole perdue ? * Les Maîtres convinrent que le premier Mot qui serait prononcé, en retrouvant le MAITRE, leur servirait à l’avenir pour se reconnaître.

Quel est ce Mot et que signifie-t-il ? * Ce mot ne peut se donner qu’en position des « Cinq Points Parfaits de la Maîtrise », c’est « MOABON » et veut dire le Fils du Père ou la Vie Nouvelle

On observera également que les M. voyagent de l’ Occident à l’Orient, sur toute la surface de la terre pour chercher ce qui été perdu, rassembler ce qui est épars…

2°) POURQUOI ET QU’EST-CE QU’UN MOT SUSTITUE ?

Les loges bleues de la franc-maçonnerie se composent d’une progression symbolique de 3 grades dont le dernier repose encore plus sur une allégorie du cycle de la mort et de la renaissance. L’homme s’inscrit dans un cycle de résurgence de ses expériences vécues et de son devenir au travers d’elles. Selon la légende, tout homme élevé au grade de M. a reçu un mot substitué parce que le vrai mot a été perdu à la mort d’HIRAM. Ce n’est pas un mot de reconnaissance (mot de passe ou mot secret) comme aux deux premiers degrés. Le Mot Substitué, lui, a un autre sens, une autre dimension : il est là pour remplacer la parole perdue. La parole est une suite de mots que l’on prononce. Or l’A. ne sait qu’épeler et le C. ne peut prononcer… Parole perdue et mot(s) substitué(s) sont indissociables car la mort d’HIRAM symbolise essentiellement la perte de l’unité originelle, le paradis perdu. HIRAM représente le Temple de Salomon, sa mort symbolise la destruction du Temple. Or dans la tradition hébraïque on ne pouvait prononcer le Nom ineffable de DIEU qu’à l’intérieur dudit Temple… d’où la nécessité de trouver un mot de substitution. La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la Genèse : l’homme primordial détenait la parole créatrice, il lui suffisait de nommer une chose pour lui donner vie. Le mot du Maître, le mot SACRE est le nom ineffable car inexprimable : il relève d’une connaissance de l’omniscience et de l’omnipotence du Principe créateur ; le nommer correspondrait à le manifester à l’instant, or nul humain ne saurait appréhender la quintessence divine ! D’où la nécessité d’un mot à portée humaine : le mot substitué. Par ailleurs, à la mort d’HIRAM, rien ne nous certifie que ce dernier n’aurait pas révélé le mot sacré aux 3 mauvais C. : le M. est mort et les 3 C. volatilisés … Le doute peut subsister. Il convenait donc de se prémunir contre le risque éventuel de voir le mot sacré divulgué. Substituer vient du latin : sub qui veut dire sous et statuere qui signifie placer ; c’est donc mettre quelque chose à la place d’une autre, remplacer un mot par un autre mais pas par analogie, pas par un mot impliquant un rapport de ressemblance avec le précédent. Le mot substitué ne signifie pas en lui-même, il autorise seulement la reconnaissance, l’identification. La substitution c’est l’élimination d’un mot par un autre qui en a pris le sens. Ainsi, le tombeau d’HIRAM se substitue au corps de ce dernier : il n’est pas la représentation du squelette mais figure l’absence. Le mot substitué se trouve donc être le sens de la parole perdue : il manifeste l’absence de cette parole, il est le signe matériel de quelque chose d’invisible. La substitution se réfère à l’essentiel et renvoie à un au-delà qui appartient à l’esprit, à une réalité sacrée. Le mot substitué n’est là que pour nous faire penser à ce qui a été perdu pour tenter de retrouver l’Histoire. La substitution permet le remplacement d’une absence par une présence, elle-même métaphore d’une autre présence, celle de l’univers symbolique ; ainsi la pierre tombale se substitue au corps disparu et à l’âme absente du mort. On peut alors parler de double substitution. La Franc Maçonnerie est une réflexion sur le sens de la parole perdue métaphorisée au plan physique par l’escamotage du corps d’HIRAM auquel se substitue tout postulant au grade de M. Le paradoxe est que le symbole essaie de ramener l’invisible par le visible afin de donner à penser ; le symbole ne doit pas ressembler complètement et ne pas être analogue à l’idée qu’il représente en s’y substituant. C’est par le jeu de substitutions successives de signes qu’émerge le sens… Nommer le signe qui s’est substitué à la chose : c’est faire revivre la chose qui n’existe que par des signes pour lui trouver son essence, son sens premier et profond.

3°) LE MOT SUBSTITUE ET LA LEGENDE D HIRAM

le déroulement de la cérémonie d’élévation.

La mise en scène de la mise à mort et du relèvement d’HIRAM constitue le mythe fondateur de la F.M. spéculative : complot de 3 mauvais C. (convoitise, ignorance, jalousie) pour assassiner HIRAM qui va périr par les mêmes outils qui ont servi à la construction du Temple (dualité de l’utilisation du savoir tant pour le bien que pour le mal). Triple mise à mort, physique, sentimentale et mentale pour affranchir HIRAM du plan matériel, psychique et mental et permettre à l’élevé, de renaître sur le plan divin. Ce dernier se retrouve symboliquement mort, au centre de la Loge, au milieu du cercle où les éléments les plus opposés se rapprochent, allongé sur le pavé mosaïque, lieu par excellence de la réconciliation des contraires où l’on cherche à rassembler ce qui est épars.. Neuf M. partis à la recherche d’HIRAM, sur la demande de Salomon, vont convenir de prononcer 3 syllabes en une position donnée pour relever, redonner vie au défunt. Ces trois syllabes deviendront le nouveau mot de M. Par le relèvement d’HIRAM et donc l’élévation, le nouveau Maître qui passe de l’horizontale à la verticale, de l’équerre au compas. Devient le fils spirituel d’HIRAM. L’architecte assassiné survit alors en chacun de nous sous la forme d’un Maître intérieur : la conscience.

Analyse de la cérémonie d’élévation

La Parole n’est pas totalement perdue : ce qui l’a été c’est la conception de l’Unité, d’où le besoin de trouver une solution de remplacement dite de substitution. La parole perdue représente le secret de l’initiation véritable avec une nouvelle naissance. Ainsi l’A. (Pierre brute), après une phase de silence au cours de laquelle il se dégrossit, acquiert des faces plus unies (Pierre cubique) et devient C. avec mission de polir ces faces afin de leur enlever peu à peu leur rugosité (Pierre Cubique à Pointe). Par l’élévation, liée à la transmission de la parole perdue, le nouveau M. deviendra une pierre indispensable à la Loge pour participer à une communion d’hommes individualisés, mais rassemblés par un même idéal via des rites communs. Ce mythe met en exergue un rite initiatique : HIRAM qui, par ses enfants, ressuscitera d’entre les morts, drame symbolique reprenant les mystères de l’Antiquité païenne et les rites d’initiation chez les primitifs. Cette légende nous vient du Talmud (2° S. après J.C.) et nous apparaît en 1726, avec la parution de l’écrit de Monseigneur GRAHAM où Sem, Cham, et Japhet durent se rendre sur la tombe de leur père Noé pour y découvrir, en trois étapes, le secret caché de l’existence de DIEU, secret perdu par la mort de son détenteur. Ce récit est à rapprocher de l’histoire égyptienne du dernier roi de Thèbes, avec son voyage des morts vers les étoiles et la disparition du roi qui a préféré mourir plutôt que de livrer le secret gardé par un trio, d’où la parole perdue. La Bible cite HIRAM en tant que fondeur de la mer d’airain du temple de Salomon mais nous dit peu sur ce personnage. Le conte de Gérard De NERVAL est beaucoup plus prolixe et revisite ce mythe. Le Coran s’attache également à cette légende. Enfin on ne saurait omettre le rapprochement de ce mythe avec celui d’Osiris, fils du ciel et de la terre, victime de son frère « Seth » représentant le désordre, le chaos. Isis, sa sœur- épouse, partira à la recherche de son âme pour le ramener à la vie. Son amour, symbole de la régénération et de la vie éternelle, au travers de larmes argentées partagées avec 9 dieux, permettra de retrouver le corps. Selon RAGON : Hiram serait le substitut du Christ ou d’Osiris, Isis figurerait la Loge, Horus, fils de la veuve et de Lumière, représenterait le C. élevé et Seth celui qui met la Parole en pièces et la disperse. Osiris peut alors apparaître comme la chute de l’âme dans le tombeau représentant le Verbe ou Parole perdue en attente d’une renaissance... La mort symbolique d’HIRAM, comme celle d’Osiris ou celle du Christ, annonce non pas une destruction de l’Etre, mais un renouvellement, une métamorphose. On ne peut s’empêcher de faire un lien avec DIEU associé à l’épi de blé liant ce qui vient d’en haut à ce qui est en bas par les mystères de la germination ou faire un parallèle entre le M. enterré à même le sol et le nouvel A., seul dans le cabinet de réflexion, se préparant à de nouvelles épreuves ? Le mythe d’HIRAM s’inspire aussi des mystères d’Eleusis, de Ceres et de Mithra ; analogie également possible avec la descente aux enfers de Dionysos avant de ressusciter et de devenir immortel. La légende d’HIRAM est étroitement liée aux histoires de VIRGILE (Livre VI) : descente d’Enée au pays des ombres et sa quête, armé d’un rameau d’or, pour retrouver Polydore assassiné, fils de PRIAM, roi de Troie. Ces similitudes et rapprochements conduisent à penser que ces récits sont volontairement inachevés pour favoriser la réflexion perpétuelle sur le sens du divin (de la putréfaction ressurgit la Lumière)

4°) TRADUIRE LE MOT SUBSTITUE

Si les mots de passe des deux premiers degrés sont compréhensibles par l’A. et le C. puisque se rapportant à des repères logiques liés à notre place dans la loge, en revanche le mot de M. est plus hermétique car non lié à l’espace sacré mais à un récit mythique. Qui plus est, il est le produit d’une corruption phonétique ! La Bible nous parle d’un certain « Makhi » et de « Makhbanaï » sans plus de précisions avec le mot substitué si ce n’est que l’on peut imaginer une origine biblique à ce dernier. « Macbannaï » signifierait « mon pauvre fils ». En 1725 un manuscrit nous parle de « Macboe and Boe » qui voudrait dire « de la moelle dans l’os », idée reprise dans l’ouvrage de GRAHAM, un an plus tard. Le premier mot prononcé serait « Mah-Hah-Bone » ou « Marrow Bone » qui se prononcerait « Machaben » ou « Mac benach », ce qui nous rapproche de notre mot de la GLNF « MOABON » ce qui pourrait vouloir dire « du père » puisqu’un F.M. devient, par l’élévation au 3° degré, fils de la mort et successeur d’HIRAM. Notons que MOABON était le nom d’un des neuf M. élus, de même que Jakin et Boaz. Phonétiquement et approximativement ce mot est devenu « MachBenah» ou « Mac –benac » (à traduire par «la chair quitte les os ») La doctrine est partagée et quelques auteurs affirment que MAHABON ou MOABON et leurs variantes seraient une déformation de l’hébreu MAH HABONEH qui signifierait « le Bâtisseur, le constructeur, l’architecte » ou bien « Moelle dans l’os », à traduire par la permanence de la vie au travers d’une mort – renaissance. Au R.E.A.A., le mot substitué se dit MOABON et signifie étymologiquement : issu du père (MOAB) et fils du père (BEN). L’homme ressuscité de son tombeau devient, après être mort à la terre, fils du ciel, fils de la Lumière. Chacun de nous porterait en lui la conscience divine. Au rituel français ce mot substitué se traduit « MAC BENACH » ce qui signifierait « fils de la Veuve » ou « la chair quitte les os ». « BENETH » veut dire engendrer et «MAQ » : putréfaction, formule alchimique pouvant correspondre à « naître de la putréfaction » : la chair est corrompue et les moelles sont vivantes. C’est la putréfaction qui crée : l’édification est issue de la décomposition. Le choix du mot M.B.N. pourrait, au travers de la résurrection du F. élevé, figurer la re-naissance du Templier pour la reconstruction de l’Ordre du Temple : HIRAM représenterait alors le grand Maître de l’ordre des templiers (J.B. MOLAY dont les initiales correspondent à celles des mots de passe ou sacré des 3 grades de la maçonnerie bleue) ? De la Bible au débuts de la Franc-maçonnerie spéculative un mot existe dont les appellations varient mais sont finalement proches. En fait ce qui semble important, plus que la traduction littérale du ou des mots substitué(s), c’est la nécessité de trouver un mot de remplacement pour retrouver la parole perdue. Le mot de M., dit mot substitué, ne peut et ne doit être simple et facile d’accès afin de remplir son rôle discriminatoire. Il pourrait être rapproché d’une autre colonne, invisible aux yeux du profane, la colonne médiane, symbole de l’équilibre dans l’arbre séphirotique de la Kabbale… Ce mot semble être une passerelle de transmission initiatique.

5°) PORTEE DU MOT SIMULE

Les M. Maçons s’identifiant symboliquement à HIRAM rejoignent un cycle concentrique où la maîtrise n’est que la suite logique des deux grades précédents. L’A est choisi pour son aptitude à recevoir la Lumière, sa discipline pour vivre une métamorphose intérieure. Pour devenir C. il doit passer du fil à plomb (activité héritée du monde profane) au niveau (passivité de l’ouvrier parfait)… D’où la naissance de l’équerre, de la lettre T (le tau mystérieux tracé dans l’air par HIRAM), du maillet du T.V.M. et de la croix (symbole de la mort mystique). L’élévation se produit en chambre du milieu, dont l’entrée désigne la ligne qui sépare la mort de la vie, lieu de sublimation de la conscience avec clef de voûte au dessus de l’arc royal s’appuyant sur les deux colonnes. C’est ici que l’on peut trouver la résurrection, la rédemption grâce à la pierre philosophale, l’élixir de longue vie : le mot de Maître. L’éternité a pour représentation la circonférence et l’élévation consiste à passer de l’équerre au compas c'est-à-dire de la croix au cercle. Le mot de M. ne peut se transmettre individuellement : il faut être trois pour le communiquer (tout comme il faut 3 C. pour stopper la chaîne de transmission). Nécessité de trouver un mot substitué, mais ce qui est substitué ne peut remplacer que très partiellement ce qui était à l’origine… Quand le corps d’HIRAM est retrouvé, la tradition est rétablie mais amoindrie du fait du remplacement du mot sacré par un mot de substitution. Le mot même HIRAM contient l’idée de vivifier en élevant. HIRAM, fils de sagesse, de science et d’intelligence, est le modèle mythique de l’Homme fait. Complément de l’ A. conçu pour exister, HIRAM est créé pour mourir et donner renaissance. Il représente le cycle de vie (HY) céleste (RAM) : vie élevée qui descend sur le monde (l’homme) pour bâtir le Temple et la continuité de la Vie par transmutation de l’énergie au travers de Dieu enseveli dans le tombeau du corps, force divine qui doit ressusciter. C’est par la transmission du mot substitué que le C. devient le fils et successeur d’HIRAM. Si la gestuelle permet la relévation du corps, c’est le mot soufflé qui porte la vie et libère le prisonnier. Le cinquième point parfait se porte comme une passation du souffle de la Parole représentée symboliquement par le « Mot » . Il appartient aux F.M. de réunifier l’ancien Mot Sacré (JEHOVAH) car ce mot était composé des deux parties du Nom divin, séparées par la chute. La recherche de ce qui est perdu consiste donc en la recherche de l’être dans son essence intrinsèque, dans son principe originel avant la chute, quête pour retrouver l’état paradisiaque. La parole perdue ne serait en fait qu’oubliée conformément à la théorie de la réminiscence de PLATON selon laquelle tout est en nous… Faut-il pouvoir encore accéder à cette richesse intérieure… Pour ressusciter il nous faudrait alors descendre dans notre propre tombeau : s’analyser, se parfaire, poursuivre le travail sur pierre brute : le 3° degré serait la suite logique du cheminement de l’A. et du C. ? Si A. et C. ne savent ni lire, ni écrire mais seulement épeler, le M. lui a la capacité de lire et d’écrire au livre de vie du G.A.D.L.U. puisqu’il travaille sur la planche à tracer. Les 3 grades forment un cycle. Le séjour d’HIRAM au coeur de la terre correspond à celui du profane dans le cabinet de réflexion : il va naître de sa propre dissolution, de l’oubli de son ego. Nous portons tous à l’intérieur de nous un noyau divin en la personne de notre maître intérieur. En maçonnerie : la transmission est essentielle. Le M. doit mourir (chute) pour ressusciter (élévation) en un disciple afin que perdure la chaîne initiatique. Selon notre rituel le M. se donne à celui qui sera son fils spirituel en lui transmettant le don de la vie éternelle pour renaître en lui. Fils, crée non de chair mais d’esprit, pour maintenir le père vivant en ce monde. C’est la transmission du mot substitué qui permet cette résurrection, alchimie par laquelle de l’homme ancien renaîtra l’homme nouveau au 7ème jour.

Source : http://anck131.over-blog.com/article-le-mot-substitue-105585999.html

Lire la suite

La Parole perdue

24 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La Parole perdue apparaît lors de la cérémonie d'élévation au grade de Maître.
Elle est liée au mythe d'Hiram porteur d'une riche symbolique. Dans les
recherches entreprises c'est avec étonnement que l'on parcourt les différentes
directions que prennent les textes plus au moins « reconnus» sur la
signification du mythe et de cette parole perdue qui y est intimement liée.

La Parole perdue : l'expression renvoie immédiatement au meurtre d'Hiram tué par
les trois mauvais compagnons qui ont cherché par la force à s'octroyer ce qu'ils
considéraient comme un dû : accéder à la maîtrise en exigeant les mots secrets
du Maître architecte du Temple : Hiram. Celui-ci préfère la mort plutôt que de
dévoiler le mot sacré. Aussi la Parole est-elle perdue. La recherche de cette
parole se concrétise par la recherche du corps d'Hiram pour neuf maîtres maçons.
Ils le découvrent grâce à l'acacia et décident que la parole perdue sera
remplacée par la première parole prononcée. C'est la parole substituée.

Hiram est celui qui détenait la parole qui désormais ne sera plus qu'une parole
substituée, considérée comme provisoire. La quête des maçons doit continuer pour
retrouver la parole originelle.

Et ici encore tout est symbole.

Le secret d'Hiram ne lui appartient pas personnellement puisqu'il ne peut le
transmettre sans l'aide de ses frères. Et le secret ne peut être valablement
transmis qu'à quelqu'un qui est prêt à le recevoir, reconnu digne par son
travail et sa valeur personnelle et qui dispose des qualifications requises.
Hiram refuse de donner les mots aux mauvais compagnons car ce serait trahir la
tradition dont il est le gardien et le transmetteur. Il préfère la mort. Cette
notion de destruction nécessaire avant une renaissance nous est familière.

La symbolique de la mort et de la résurrection est présente dès dans la première
cérémonie d'initiation au grade d'apprenti. Avec la mort d'Hiram c'est chaque
maçon qui meurt et qui relevé fait naître symboliquement le maître en lui-même.
Il faut qu'Hiram soit tué pour que naisse le nouveau maître. Il accèdera à la
maîtrise, en étant relevé, debout et en passant par les 5 points de la maîtrise.

On associe la mort et la renaissance comme quête d'une spiritualité à travers la
connaissance de sa propre identité. Mais la Parole d'Hiram est perdue. Cette
parole perdue est une des nombreuses représentations de la quête. Quête du
Graal, quête du nom imprononçable de Dieu pour la tradition juive, quête de la
Vérité, de la Connaissance ( le logos grec ). Cette disparition offre aussi une
nouvelle perspective de recherche de la connaissance

Dans la tradition maçonnique, le mythe d'Hiram est axé sur la perte et la
recherche de la parole perdue. Pourquoi rechercher cette parole ? Qu'est-ce que
cette parole ? L'étymologie latine renvoie à « parabola » au sens de parole
divine et « paraula »en bas latin. Actuellement il y a deux significations du
terme parole : « Élément simple du langage parlé, articulé » au sens de mot.
Mais aussi « Faculté d'exprimer, de transmettre sa pensée par des sons articulés
», sens de langage.

La parole c'est aussi le Verbe, « Au commencement était le Verbe » verbum comme
parole du Christ. Pour les chrétiens Adam et Eve sont les modèles par où tout a
commencé. Adam possédait la Parole c'est-à-dire la possibilité de créer en
nommant comme le fait Dieu, par la maîtrise du Verbe. Quand Adam fut chassé du
paradis, il perdit la parole-verbe, le pouvoir d'organiser selon ses
possibilités créatrices. Dans cette symbolique, on accède à la recherche propre
au Maçon : la parole permet de nommer, de comprendre,de créer, de construire.
Elle donne accès à la connaissance des choses.

De quoi est constituée cette parole ? Quelle est sa nature ? sa substance ?

La parole c'est le mot, les mots avec leur valeur sonore. L'Apprenti ne sait ni
lire ni écrire il ne sait qu'épeler. Il ne détient que les lettres et ne peut
encore donner la première, ce que sait faire le compagnon.

Ce n'est qu'au long de son parcours initiatique que le maçon saura prononcer les
mots, c'est-à-dire désigner, nommer, donner du sens au monde et à sa propre
identité. Le parcours initiatique l'oriente vers le perfectionnement de la
parole, vers la recherche d'une parole perdue, jamais retrouvée mais qui a été
substituée. Cette parole substituée « Mohabon » et « Tubalcain » lui permet de
reconnaître et d'être reconnu comme maître maçon mais elle n'est pas la parole
d'origine. Cette parole originelle détenue par Hiram et recherchée sans fin par
les maçons ne serait-elle pas la quête perpétuelle du maçon dans sa volonté de
toujours se perfectionner, dire le plus justement possible les choses, préciser
les questions qu'il se pose, sur lui-même en tant qu'individu et qu'être social
? La parole définit, relie les choses, donne du sens, permet de communiquer avec
les autres. Tous les autres, qu'ils soient maçons ou profanes. La quête de la
parole « parfaite » d'une certaine manière qu'Hiram a sacrifié pour qu'elle ne
soit pas salie, sera notre recherche personnelle, permanente du bien penser,
bien dire et bien faire ; Sera-t-elle jamais retrouvée ? Cet objectif sera-t-il
jamais atteint ? Est-ce que ce qui compte ce n'est pas le voyage lui-même plus
que le terme de celui-ci ? Cette parole perdue ne doit-elle pas demeurée à
jamais perdue ? Car si on considère qu'on l'a trouvée, n'arrêterions-nous pas
notre avancée sur le chemin jamais achevé du perfectionnement de soi-même ?

La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la
Genèse. Elle est aussi dans la symbolique hébraïque le nom imprononçable de
Dieu. Et dans la conception laïque c'est l'apanage de l'homme.

Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/maitrespasses/message/16967

Lire la suite

A la recherche de la parole perdue

22 Juin 2013 , Rédigé par M\ J\ Publié dans #Planches

Quand j’ai fait ma demande pour entrer en F\ M\ ma motivation principale était une remise en cause de moi-même, de mes idées, de ma façon de voir les choses.

J’ai travaillé les symboles, je me suis servie d’outils mais c’est avec cette planche, source de nombreuses réflexions et questionnements que je pense être allée le plus loin dans mon introspection personnelle à la recherche de ma vérité.

Adam et Eve, Noé, Isis et Osiris, Hiram, paradis, parole, objet, de nombreuses traditions font allusion à un bien perdu ou disparu mais quelque soit le mythe, la symbolique a toujours la même signification : il faut nécessairement une mort, une perte, une rupture pour permettre l’accomplissement du cycle mort-renaissance.

Bereskniak a écrit « la tradition enseigne la nécessité absolue d’une transgression afin d’obtenir la progression ».

Mourir et renaître, c’est voir le monde autrement, c’est aller plus loin.

De nombreuses légendes mettent en scène le thème du meurtre de l’initiateur par l’initié, celui qui sait doit communiquer mais le novice doit arracher le secret car il doit s’approprier la connaissance mais doit surtout la dépasser par sa propre réflexion et sa propre expérience s’il ne veut pas rester sous la dépendance du maître. L’élève doit dépasser le maître pour progresser.

Nous venons toutes des loges de St-Jean. Certaines ont la bible comme 3ème lumière. Bible ouverte au prologue de l’évangile de St Jean qui débute ainsi : « au commencement était le Verbe », le Verbe qui n’est rien d’autre que la Parole.

Dans la pensée grecque, la Parole, le Logos a signifié non seulement le mot, la phrase, le discours mais aussi la raison et l’intelligence.

Alors quels que soient les croyances et les dogmes, la Parole symbolise d’une façon générale la manifestation de l’intelligence dans le langage. Elle est un outil de transmission. Elle est la vérité et la lumière de l’être.

« Mot » vient du latin « muttum » qui veut dire « ne souffler mot - ne prononcer aucun son - ne dire mot ». Plus tard, il prit le sens de parole, « Parole » dont la définition est mot ou ensemble de mots servant à exprimer la pensée.

Cependant, on peut faire une différence entre « mot » et « parole », entre écrit et oral. Le mot est écrit, la parole est prononcée.

Tout au long de notre chemin initiatique maçonnique, le rapport à la parole est important. Notre 1er devoir d’apprentie est l’obligation de silence, d’où l’absence de parole, difficile pour certaines, bienvenue pour d’autres dont je fais partie. Mais la vrai raison de ce silence n’est-elle pas de permettre l’écoute, écoute de l’autre mais écoute de soi-même et se taire ne signifie-t-il pas de faire taire tous les préjugés qui nous encombrent et nous empêchent de voir et d’entendre.

L’enseignement initiatique commence par la culture du silence, c’est-à-dire à l’opposé de la parole.

Nous possédons cependant un mot sacré mais nous avançons prudemment, nous ne sommes pas capable de le prononcer, nous épelons seulement.

« Je ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu’épeler » est l’expression même de notre ignorance.

Une fois Comp\ la 1ère fois que l’on prend la parole, c’est souvent en se forçant un peu et en bravant une timidité naturelle.

Au cours du 3ème voyage, la comp\ découvre les arts libéraux avec la grammaire et la rhétorique et pourtant quelle difficulté nous éprouvons pour dire et énoncer correctement notre pensée.

Outre un mot sacré comme au 1er grade, la Comp\ possède un mot de passe, mot de passe qui est une nouveauté pour la Comp\.

Ce mot de passe « SCHIBBOLETH » s’il est mal prononcé entraîne la mort selon le récit biblique de la guerre entre Galaad et Ephraïm alors que s’il est correctement dit, il permet le passage du gué.

La Comp\ doit donc le connaître et savoir le prononcer correctement car elle va en avoir besoin, besoin pour passer…pour accéder à quelque chose d’autre.

Symboliquement, ce passage est une épreuve, c’est entrer dans un autre monde qui va nous conduire encore plus loin.

Mais pour nous Comp\ il ne suffit pas le prononcer correctement, encore faut-il en comprendre le sens et chercher à l’approfondir, nous qui sommes la graine que l’on enfouit dans la terre et qui va renaître en épi.

Ce mot de passe est utile afin de poursuivre notre chemin et continuer notre progression avant l’élévation à la maîtrise.

Lors de cette cérémonie, si elle en est jugée digne, la Comp\ reçoit une preuve de mérite, un nouveau mot de passe. Ce mot est « Tubalcain ».

Tubalcain, aïeul d’Hiram, maître du feu, façonne les métaux, les transformant en outils ou en armes.

Il nous est dit dans notre rituel que Tubalcain suggère « possession du monde » mais ne faut-il pas interpréter ce mot, non comme domination du monde mais comme domination de soi. La référence à Tubalcain comme mot de passe signifie donc que l’on ne saurait être maître tant que l’on n’est pas descendu dans ses propres enfers afin de se rendre maître de son énergie intérieure.

Notre quête initiatique exige donc une remise en cause permanente de nous-même. Remettre en cause toutes les certitudes que l’on a acquises peut se révéler très difficile et même souvent très douloureux pour notre propre ego.

Si l’app\ et la comp\ cherchaient à se connaître, pour la maîtresse, cette tâche n’est pas terminée. Rassembler ce qui est épars à condition de savoir chercher, savoir et vouloir trouver ce qu’on pense être perdu, ce qui va nous conduire à la recherche de la parole perdue.

En F\ M\ la recherche de la Parole Perdue constitue l’essence même de notre démarche initiatique et donne un sens à la légende d’Hiram, Hiram, maître de l’œuvre, symbole de la connaissance.

Pour que la légende d’Hiram existe, il a fallu que celui-ci soit détenteur d’un mot, un mot qui fera du compagnon un maître.

La connaissance du mot de maître est le résultat à la fois de la transmission initiatique et de l’aptitude à le recevoir.

Les 3 mauvais compagnons ne le possèdent pas mais ils désirent l’acquérir.

Hiram a préféré mourir plutôt que de révéler le mot de Maître. Une fois le maître tombé sous le troisième coup mortel, la parole ne peut plus être transmise, elle est perdue à tout jamais.

Mais quelle est donc cette parole perdue du Maître ? Parole dont l’importance parut telle à notre Maître Hiram qu’il préféra la mort plutôt que de la donner à ceux qui la lui demandaient avec des menaces, prêts à les exécuter ?

Les 3 mauvais Comp\ pensaient qu’avec ce mot secret, ils obtiendraient la communication d’un savoir qui ferait d’eux des Maîtres.

« Insensé » dit Hiram au 1er comp\ avant que celui-ci ne le frappe. « Ce n’est pas ainsi que je l’ai reçu ni qu’il doit se demander. Travaille et tu seras récompensé ».

Et en tant qu’app\ nous l’avons travaillé notre pierre brute, avec le maillet, le ciseau et le fil à plomb, symbole qui nous ramène au plus profond de nous-même mais aussi grâce à l’approfondissement du « Connais-toi toi-même » et de « V.I.T.R.I.O.L. »

Notre propre construction passe donc par la connaissance de notre être intérieur et par une transformation qui nous mènera à notre propre accomplissement.

Au grade de comp\ nous avons taillé, construit, glorifié inlassablement le travail pour chercher toujours et encore le centre de nous-mêmes, ce qui va nous conduire à la recherche de la parole perdue.

Toute notre démarche initiatique nous indique que nous devons rechercher inlassablement cette Parole Perdue.

L’objet de notre quête est donc la parole perdue qui sera désormais le centre de notre réflexion. Il faut rechercher ce qui a été perdu, oublié qui se trouve dans les profondeurs de notre conscience, pratiquer l’introspection. D’où viens-tu ? Qui es-tu ? Où vas-tu ? Nous invite constamment à nous situer dans la bonne orientation et donner un sens à notre vie.

La parole perdue serait-elle alors la clé de la construction du temple ? De la construction de notre propre temple ? Serait-elle la clé de voûte, symbole de l’équilibre, de la solidité et de la stabilité de notre propre édifice ?

Nous devons alors nous plonger à l’écoute de notre conscience et chercher sans relâche. Cette Parole a-t-elle été perdue ? Oubliée ou mal prononcée ? Est-elle incommunicable ? La Parole perdue ne le fut peut-être pas en tant que mot, mais la prononciation en a peut-être été altérée ?

Dans les traditions égyptiennes, seuls certains prêtres initiés connaissaient le nom secret de dieu et pouvaient le prononcer, qui plus est, correctement sinon la mort les frappait. Si la parole est perdue, le secret nous échappe, donc la connaissance.

Les 3 mauvais comp\ cherchaient la connaissance dans le secret de Maître Hiram, sans réflexion ni travail, à l’extérieur d’eux-mêmes. Ce n’est qu’en nous-mêmes que nous le découvrirons. Ce travail est un travail personnel intérieur de longue haleine, débuté dans le cabinet de réflexion, le jour de notre initiation. On ne devient pas maître en un instant, il faut 7 ans et plus.

On ne peut accéder à la maîtrise que par des efforts constants, par une remise en question, par la marche à reculons.

La Parole perdue va-t-elle nous apporter la lumière, la tolérance, le savoir ? Ne faut-il pas avant se débarrasser de toutes nos imperfections, vanité, égoïsme, orgueil, se débarrasser des idées reçues, des certitudes, être conscient de ses forces et de ses faiblesses, des vérités que nous imposons aux autres, des changements que nous refusons ? Quelles difficultés de trouver l’équilibre.

Cette parole perdue se rapporte-t-elle à la langue universelle et symbolique permettant à tout initié de comprendre l’enseignement initiatique, tel le mythe de la tour de Babel où les hommes, par orgueil, ont perdu la connaissance ?

Si le symbole est perdu, il appartient au Maître d’en retrouver le sens, d’en retrouver le symbole pour que nous F\ M\ nous construisions notre temple avec les outils des constructeurs de cathédrales.

Avoir accès à cette connaissance initiatique est l’objectif de toute quête symbolique. Maître Hiram meurt sous les coups des 3 mauvais comp\ mais c’est l’initiée substituée à Hiram qui est ressuscitée par 3 MM\.

Et à cette nouvelle M\ relevée et verticalisée par les 5 points de la maîtrise, il n’est révélé qu’un mot substitué puisque la parole a été perdue avec la mort d’Hiram…

La signification de ce mot substitué MOABON, dont les initiales figurent sur le tablier de M\ n’est guère précise.

Des kabbalistes chrétiens à l’arbre séphirotique, selon les rites et les auteurs, les traductions varient. Le mot veut-il dire « Bon maçon » « fils de la putréfaction » « vie nouvelle » ? Raoul Bertaux, citant un catéchisme de 1725 propose « Marrow in the Bone » (« la moelle est dans les os ») indiquant que le secret de la F\ M\ doit être caché comme la moelle l’est dans l’os et une fois de plus nous invite à rechercher la vérité au plus profond de nous-mêmes.

Dans le REAA MOABON est le nom approximatif du fils de Loth né d’un inceste avec sa fille aînée.

Moab qui signifie « issu du père » et Ben qu’on traduit par « fils du père » laissent supposer que l’homme mort devient fils de la lumière en ressuscitant. Le Maître se perpétue ainsi dans chaque Comp\ qui revit par lui et forme ainsi une chaîne d’immortalité.

Ce mot MOA BON est le moyen de passage de la mort vers la vie, car c’est par ce mot que la V\ M\ achève le relèvement et la verticalisation de la nouvelle M\.

Maintenant c’est à la nouvelle M\ en devenir, d’être porteuse du secret de l’œuvre commencée et d’en assurer la transmission.

Transmission double puisqu’il y a transmission du mot sacré et transmission de la lumière puisque la Comp\ reparaît en « Hiram plus radieux que jamais ».

Selon la bible, Boaz a épousé Ruth, la glaneuse de blé, qui vit au pays de Moab, dans la vallée de Cithim qui est aussi le nom de l’acacia.
MoaBon serait donc lié à l’acacia, donc à la connaissance.
Alors, une fois élevée à la maîtrise et en possession des mots substitués, possédons-nous la connaissance ?
Le travail sur soi ne finit jamais, le but à atteindre ne s’achève jamais, alors faut-il se contenter de la parole substituée ?

Ne faut-il pas sans relâche poursuivre cette remise en cause, cette descente en soi, cette visite intérieure, c’est-à-dire cette quête à la recherche des secrets véritables de la M\ M\ pour chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars, répandre la lumière et essayer de retrouver cette parole perdue, c’est-à-dire la vérité de soi ?

Ce travail m’a vraiment fait progresser par les recherches que j’ai faites et par ce que j’ai découvert en moi-même, j’ai appris à mieux me connaître, à me réconcilier avec moi-même. Ce travail m’a fait faire un pas de plus en Franc-Maçonnerie, il m’a permis d’aller plus loin…

Mots sacrés, mots de passe, parole perdue, mots substitués, je m’en suis servie de fil conducteur comme un fil d’Ariane pour me guider dans le long voyage initiatique que j’ai commencé le jour de mon initiation et que je poursuis inlassablement à la recherche de la parole perdue, mythe de l’éternel retour.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

La Confédération maçonnique de France

21 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Le Myosotis Lutèce soutenant l’initiative de la Confédération Maçonnique de France a souhaité reproduire un article du blog « Pierres Vigilantes » qui présente une analyse sur les tenants et aboutissants de la création de cette plate-forme.

Rappelons que celle-ci était au cœur de la Déclaration de Bâle des 5 Grandes Loges européennes comme le rappelle nos Frères.

Demain, la Franc-Maçonnerie française risque d’avoir un tout autre visage que la caricature que l’ex-GLNF a laissé dans les esprits ! Tant mieux pour l’image de la Franc-Maçonnerie de Tradition…

RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE

L’instant historique de la signature du Traité Fondateur de la Confédération Maçonnique de France a largement été décrit pour qu’il soit besoin de le narrer de nouveau dans les détails. Par contre, il nous semble important de tenter d'analyser les conséquences tant sur la Franc-maçonnerie française qu'au niveau international de cet évènement.

Le samedi 15 juin 2013, Marc HENRY, le Grand-Maître de la Grande Loge de France (GLDF) accueillait dans le cadre de son Convent, Jean-François BUHERNE, le Grand Maître de la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), Jean DUBAR, le Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO) et Dominique MOREAU, le Député Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GLAMF) remplaçant Alain JUILLET le Grand Maître, absent pour raison de santé.

Tous les participants à cette émouvante cérémonie ont certainement éprouvé une très grande Joie mêlée de fierté ; Joie de porter haut le symbole du renouveau du paysage maçonnique français et fierté d’avoir pu dépasser les difficultés et embûches qui ont parsemé le long chemin vers cette Confédération.

Pourtant, il n’aura fallu qu’une seule année entre la Déclaration de Bâle du dimanche 10 juin 2012 et la signature du Traité fondant la Confédération Maçonnique de France ce samedi 15 juin 2013 !

Une seule année qui a vu la chute de la maison Stifani et le retrait de la reconnaissance de la GLNF par la Grande Loge Unie d’Angleterre le 12 septembre 2012, processus venant parachever le retrait généralisé de toutes les Grandes Loges régulières de par le monde.

Une seule année qui a vu un formidable élan de fraternité se concrétiser par la consécration de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique française à Tours le samedi 28 avril 2012 !

Que se propose de réaliser les quatre Grandes Loges régulières ? D’une part, affirmer leur communauté de valeur et la convergence de la démarche spirituelle de leurs adhérents, dans le respect des particularités de fonctionnement de chacune d’entre-elle. D’autre part, conforter l’idée que la concrétisation d’une Franc-Maçonnerie universelle, dépassant les ambitions et les postures individuelles, est possible.

Pour la première fois en France, des Frères dépassent leurs différences pour œuvrer dans un cadre commun à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. Ce qui soude leur initiative et lui confère toute sa force, c’est tout simplement le respect des règles qui président au travail de toutes les Loges régulières tout autour de la terre. Ce sont d’ailleurs celles qui ont été inscrites dans l’Article 1 de la Confédération, à savoir :

*       Invocation du Grand Architecte de l'Univers

*       Présence en Loge des trois grandes Lumières: le Volume de la Loi Sacrée exposé et ouvert avec l'Equerre et le Compas

*       Souveraineté exclusive sur les grades symboliques

*       Indépendance vis-à-vis de toute structure maçonnique de Hauts-grades

*       Non- mixité dans les travaux rituels

*       Interdiction de discussions politiques ou religieuses

*       Caractère progressif et spirituel de la démarche maçonnique.

L’affirmation de ces valeurs par les Grandes Loges régulières signataires permet de rassembler dans une même dynamique des Francs-Maçons portés par la fidélité à la Tradition. Elle permet également de situer la démarche française dans un double mouvement qui la transcende : la convergence d’une Franc-Maçonnerie européenne et la modernisation d’une Franc-Maçonnerie ouverte sur le monde.

Il est du ressort des Frères des obédiences signataires de faire vivre concrètement la Confédération et cela passe par l’objectivation des articles 4 et 5. Rappelons-en la teneur :

*       Article 4 : Chaque Grande Loge reconnaît et respecte les pratiques, us et coutumes des autres Grandes Loges de la Confédération, notamment les valeurs morales et spirituelles ainsi que les rituels initiatiques qui sont les leurs et dont elle déclare avoir parfaite connaissance.

*       Article 5 : La Confédération s'engage à n'effectuer aucune intervention de nature à porter atteinte à l'indépendance et au fonctionnement de chaque Grande Loge signataire.

Grâce à cet acte fondateur, les Francs-Maçons réguliers français qui se reconnaissent dans une démarche fidèle à la Tradition s’ouvrent non seulement sur une nouvelle identité mais s’autorisent également à promouvoir l’échange dans le respect des différences de leur approche de l’Art Royal. Inenvisageable, il y a à peine un an encore !

Par ailleurs, la fondation de la Confédération Maçonnique de France est porteuse, nous l’avons dit, d’un mouvement de fond qui la dépasse. Grâce aux effets conjugués d’une part de la crise de la GLNF (eh, oui ! il faut savoir le reconnaître) et à son apoptose inéluctable et, d’autre part, de la réaction des Grandes Loges européennes (Allemagne, Autriche, Belgique, Luxembourg et Suisse) provoquant une réaction hexagonale dans le cadre de la création d’« une nouvelle plate-forme institutionnelle pour la Franc-Maçonnerie régulière en France », l’Europe maçonnique a pris date avec l’histoire.

Aurons-nous, dans les semaines et les mois à venir, des initiatives complémentaires à celle de la France, et des convergences entre Grandes Loges qui se côtoyaient jusqu’à présent avec une neutralité plus ou moins bienveillante vont-elles voir le jour ? Allons-nous vers une véritable Europe maçonnique, porteuse de valeurs communes et d’une richesse de rites inégalée dans le monde ? Pourrons-nous vivre prochainement cette utopie basée sur une « Fraternité sans frontières » dans l’enceinte d’un Temple où sera célébré non pas la division et les particularismes mais la communion (au sens de mise en commun, de renforcement) de l’Atlantique à l’Oural ? La Confédération s’est offert cette possibilité puisqu’avec l’Article 6 elle vise à promouvoir un dialogue avec l’ensemble des « Obédiences Maçonniques étrangères. »

Il reste à connaître le point de vue de l’Angleterre qui, sur l’ensemble du processus issu de la Déclaration de Bâle, de Berlin puis de Bruxelles (12 septembre 2012), n’a pas réellement pris position vis-à-vis de la dynamique continentale. Arc-boutée sur sa qualité de Mother Lodge, la GLUA a certes plus tenté de louvoyer que de prendre parti dans l’affaire du retrait de la reconnaissance de l’ex-GLNF. Mais, elle ne verrait sans doute pas d’un mauvais œil l’unification des Grandes Loges pourvu que l’Europe maçonnique conforte sa prééminence et lui octroie les honneurs dus à son rang… sauf que, l’Europe pourrait bien dicter, de fait, sa loi aux Grandes Loges qui seraient restées sur la rive en attendant la décrue du torrent GLNF !

D’autre part, pour peu que la Confédération Maçonnique s’en donne les moyens, elle peut aisément convaincre la Franc-Maçonnerie américaine de soutenir son projet. Nous voyons au moins deux raisons à cela : le principe d’universalisme (malgré l’histoire de ses origines et des penseurs qui ont présidé à sa constitution) et l’adaptation des valeurs traditionnelles maçonniques à l'évolution de la société sont plus ancrés (voire consubstantiels) dans les mentalités des Frères du Nouveau Monde. En promouvant une Franc-Maçonnerie d’ouverture et non d’exclusion ou d’ostracisme vis-à-vis de soi-disant minorités, la Confédération et par-delà, l’Europe maçonnique, serait motrice et co-animatrice d’une véritable modernisation de la Fraternité.

On le pressent, de grandes avancées semblent réalisables dans le monde maçonnique depuis le moment où les Grands Maîtres des Grandes Loges concernées ont décidé de signer le Traité Fondateur de la CMF.

Il n’en reste pas moins que c’est aux Frères et aux Loges de travailler sur ce projet, de pratiquer les inter-visites dans le cadre définie pour chaque Grande Loge, d’apprendre à mieux se connaître, à se parler sans arrière-pensées, à être tout autant promoteurs que contradicteurs… c’est sur le terrain que la Confédération prendra toute sa dimension.

Source : http://www.myosotislutece.org/article-la-confederation-ma-onnique-de-france-118624520.html

Lire la suite

La parole délaissée

19 Juin 2013 , Rédigé par B\ Publié dans #Planches

La première chose requise à la secrète Science de la Transmutation des Métaux, est la connaissance de la Matière, dont se tirent l'Argent-vif des Philosophes et leur Soufre, desquels ils font et constituent leur divine Pierre. La Matière, dont cette Médecine souveraine est extraite, est l'Or, très pur, l'Argent très fin, et notre Mercure ou Argent-vif, lesquels tu vois journellement altérés et changés par artifice en Nature d'une Matière blanche et sèche, en manière de Pierre, de laquelle notre Argent-vif et notre Soufre sont élevés et extraits avec force ignition, par une destruction réitérée de cette matière, en résolvant et sublimant. Dans cet Argent-vif sont l'Air et le feu, qui ne peuvent être vus des yeux corporels, tant ils sont rares et spirituels : Ce qui dément ceux qui croient que les quatre Eléments sont réellement et visiblement séparés dans l'Ouvre, chacun à part ; mais ils n'ont pas bien conçu la nature des Choses ; Car, on ne peut donner les Eléments simples; nous les connaissons seulement par leurs opérations et les effets, qui sont dans les bas Eléments, savoir dans la Terre et dans l'Eau, selon qu'ils sont altérés de nature close et grosse, par laquelle ils sont mués de Nature en Nature.

L'Or et l'Argent, selon la Doctrine de tous les Philosophes sont la Matière de notre Pierre. En vérité, dit Hermès, son Père est le Soleil, et sa Mère est la Lune. Ce qui embarrasse le plus, c'est de savoir quel est le tiers Composant ; c'est-à-dire quel est cet Argent-vif, duquel nous faisons notre Compôt avec l'Or et l'Argent. Pour le savoir, il faut remarquer que l'Œuvre des Philosophes est divisée principalement en deux Parties. Les Philosophes divisent la seconde Partie en Pierre blanche accomplie, et en Pierre rouge également accomplie. Mais parce que le fondement du Secret consiste dans la première Partie, ces Philosophes ne voulant pas divulguer ce Secret, ils ont fort peu écrit de cette première Partie. Et je crois que si ce n'eût été pour éviter que cette Science ne parût fausse en ses Principes, ils auraient gardé un profond silence sur cette première Partie, et n'en auraient fait aucune mention. S'ils n'en avaient aucunement parlé, cette même Science eût été entièrement ignorée, et serait périe, ou passerait pour fausse.

Comme cette première Partie est le Commencement, la Clef et le Fondement de notre Magistère, si cette Partie est ignorée, la Science demeure trompeuse et fausse dans l'expérience. Afin donc que ce très grand Secret, qui est la pierre, à laquelle on n'ajoute rien d'étrange, ne se perde pas, à l'avenir, j'ai résolu d'en écrire quelque chose de certain et de véritable, ayant vu cette bénite Pierre, et l'ayant tenue, dont Dieu m'est témoin, et j'en confie le Secret à toute Ame sacrée, sous peine de périr, si elle le révèle aux Méchants. C'est pourquoi les Philosophes ont appelé ce Secret la Parole délaissée, ou tué en cet Art, qu'ils ont presque tous cachée avec soin, de peur que les indignes n'en eussent connaissance. Il faut donc que tu saches que la Pierre Philosophale est divisée en trois Degrés, savoir : la Pierre Végétale, la Minérale et l'Animale ou qui a Ame et Vie. La Pierre Végétale, disent les Philosophes, est proprement et principalement cette première Partie, qui est la Pierre du premier Degré, de laquelle, Pierre de Villeneuve, frère d'Arnaud du même nom, dit sur la fin de son rosaire : Le commencement de notre Pierre, est l'Argent-vif, ou sa Sulfuré, qu'il nous faut avoir de sa grosse Substance corporelle, avant qu'il puisse passer au second degré.

Le commencement donc de notre Pierre, est que le Mercure, croissant en l'Arbre, soit composé et sublimé en l'allégeant : car c'est le germe Volatil, qui se nourrit, mais qui ne peut croître sans l'Arbre fixe, qui le retient, comme le téton fait la vie de l'enfant. De là, il paraît que cette Pierre est Végétale, comme étant le doux Esprit, croissant du Germe de la Vigne, joint dans le premier œuvre au Corps fixe blanchissant, ainsi qu'il est dit dans le Songe-Vert, où la Pratique de cette Pierre Végétale est donnée, à ceux qui savent entendre la Vérité ; laquelle Pratique, je ne mettrait point ici pour de justes raisons.

PREMIER DEGRE
Dans le premier degré de la Pierre Physique, nous devons l'aire notre Mercure Végétal net et pur, qui est appelé par les Philosophes Soufre blanc, non urgent, lequel sert de moyen pour conjoindre les Soufres avec les Corps, Et comme ce mercure est véritablement de Nature fixe, subtile et nette, il s'unit avec les Corps, y adhère, et se joint dans leur profond, moyennant sa chaleur et son humidité.

Les Philosophes ont dit de lui, qu'il est le moyen de conjoindre les Teintures, et non pas l'Argent-vif Vulgaire, qui est trop froid et flegmatique, et par conséquent destitué de toute opération de Vie, laquelle consiste dans la chaleur et dans la moiteur. Mais parce qu'il est en partie volatil, il sert aussi de moyen pour mêler les Esprits volatils, et pour adhérer à se joindre à la Substance fixe des Corps. Nous allons toucher la triple cause de sa nécessité.

La première, comme nous avons à joindre les deux Semences, à savoir du Mâle et de la Femelle, il faut que l'un soit mêlé avec l'autre par un naturel amour, et par une connaturelle spongiosité, en sorte que ce qu'il y a de plus dans l'un soit attiré par le plus de l'autre, et par conséquent que l'un soit mêlé avec l'autre, et qu'ils soient conjoints ensemble. Et pourtant, comme ces deux Corps, Or et Argent, sont rendus moites par une chaleur digestive, dissolutive, et subtilative, alors ils deviennent première Matière et simple ; et en cet état, ils prennent le nom de Semence prochaine à Génération, par l'impression qu'ils reçoivent à cause de leur simplicité et de leur obéissance à la chaleur instrumentale, équipollente et semblable à la chaleur naturelle de ce Mercure. Et c'est alors que s'en fait l'Elixir des Philosophes ; la première Partie de la Pierre étant ordinairement appelée de ce nom d'Elixir.

Cette première Partie donc est un Moyen pour conjoindre les extrémités du Vaisseau de Nature, et dans ce Vaisseau, les Esprits doivent être transmués en fuyant de Nature en Nature. Ce que nous disons fait voir la seconde cause de sa nécessité ; car comme la Pierre doit être imprégné d'Esprits, il convient qu'il y ait en elle quelque Vertu retentie, qui embrasse ces Esprits, afin qu'ils soient plus facilement mêlés aux très petites Parties des Corps. Cette Vertu retentie est véritablement dans ce Mercure Physique ; et comme il est en partie de Nature spirituelle, il est un véritable Esprit, dépuré et purifié de toute féculence ou résidence terrestre : Esprit, dis-je, véritable et fixe, et en partie volatil : Car il contient la Nature de l'un et de l'autre Feu ; ce qui manifeste sa ponticité ou aigreur, ou componction aiguë qu'on remarque dans ses Opérations, puisque par ce Mercure mortifié, le Mercure Vulgaire, comme dit le Texte, est facilement congelé.

Cependant il n'est pas fixe par lui-même; car pour le devenir, il faut qu'il soit joint au Soleil et à la Lune, et fait leur Ami, afin que ce qui est en lui volatil soit fixé avec ces deux Corps ; c'est-à-dire, que de cette Chose qui est composée de toutes ces Choses mêlées ensemble avec les Collatéraux, le Mercure vulgaire puisse être directement fixé. C'est la cause pourquoi de nouveaux Corps y sont mis, et ils sont fixes, afin que le Feu composé, qui est appelé Mercure sublimé, ou première Matière, soit tellement informé du Ferment propre, qu'il obtienne la force de longue persévérance dans la bataille du Feu, malgré sa grande âpreté. A ce sujet, l'Hortulain dit, que ce à quoi ce Mercure doit être joint : c'est-à-dire, avec quoi il doit se fixer, ne doit point lui être étranger. En parlant de ce Mercure, Raimond Lulle dit, que l'Argent-vif, par nous fait, congèle le commun, et est aux Hommes plus commun que le commun du moindre prix ; qu'il est de plus grande vertu, comme aussi de plus forte rétention. Ce qui fait dire à Giber, qu'il est signe de perfection, parce que c'est une Gomme plus noble que les Marguerites, laquelle convertit et attire toute autre Gomme à sa Nature fixe, claire et pure ; la fait toujours durer avec elle au Feu, avec lequel elle s'éjouit. C'est pourquoi, dit le Texte, alléguant Morien : Ceux qui croient composer notre bénite Pierre, sans cette première Partie, sont semblables à ceux qui veulent monter aux plus hauts Pinacles, sans échelle, lesquels avant que d'y arriver, tombent en bas en misères et en douleurs.

Ce Mercure donc est le commencement et le fondement de tout ce glorieux Magistère ; car il contient en soi un Feu qui doit être repu et nourri de plus grand et plus fort Feu, au second Régime de la Pierre. Donc, tant le Feu enclos de ce Mercure par le premier Régime, que celui qui doit être aussi enclos par le second, dans les Choses naturelles, est nommé propre Instrument, qui est la seconde Chose requise, et principalement à connaître dans ce haut Magistère. En sorte que la Matière dont on doit commencer l'Œuvre étant connue, on doit premièrement enclore le Feu dans la Matière volatile et fixe, en chauffant et coagulant avec Dissocions des Corps. Pour faire un Mystère de cette inclusion ou emprisonnement du Feu, les Philosophes l'ont appelée Sublimation ou Exaltation de Matière mercurielle.

Ce qui fait qu'Arnaud de Villeneuve dit, Que le Mercure soit premièrement sublimé, c'est-à-dire, le Mercure étant de nature basse, savoir de Terre et d'Eau, il doit être ramené à une Nature noble et haute, savoir d'Air et de Feu, qui sont très prochains de ce Mercure, selon l'intention de la Nature et de l'Art. C'est pourquoi, quand cette Pierre mercurielle est ainsi exalté et subtilisée, elle est sublimée de première Sublimation, et il convient encore de la sublimer avec son Vaisseau. Raimond Lulle dit à ce sujet : Nous espérons en notre Seigneur que notre Mercure sera sublimé à plus grandes Choses, avec addition de la chose qui le teint et son âme sera exaltée en gloire.

Je te dis donc, appelant Dieu à témoin de cette Vérité, que ce Mercure ayant été sublimé, il a paru vêtu d'une aussi grande blancheur, que celle de la neige des hautes Montagnes, sous une très subtile et cristalline splendeur, de laquelle il sortait, à l'ouverture du Vaisseau, une si douce odeur qu'il ne s'en trouve point de semblable dans ce Monde. Et moi, qui te parles, je sais que cette merveilleuse blancheur a paru devant mes propres yeux ; que j'ai touché de mes mains cette subtile cristallinité, et que j'ai par mon odorat senti cette merveilleuse douceur, de laquelle je pleurai de joie, étant étonné d'une chose si admirable. Et pour cela, béni soit le Dieu éternel, haut et glorieux qui a mis tant de merveilleux Dons dans les secrets de la Nature, qui a bien voulu les montrer à quelques Hommes. Je sais que quand tu connaîtras les Causes de cette Disposition, tu te demanderas : Qu'elle est donc cette Nature, qui étant donnée d'une Chose corrompant, tient néanmoins en elle une Chose toute Céleste I Personne ne peut raconter tant de merveilles. Toutefois un temps viendra peut-être que je te raconterai plusieurs choses spéciales de cette Nature, desquelles je n'ai pas encore obtenu du Seigneur la permission de t'instruire par écrit. Quoi qu'il en soit quand tu auras sublimé ce Mercure, prends le tout frais et tout récent avec son Sang, de peur qu'il ne s'envieillisse, et le présente à ses Parents, à savoir au Soleil et à la Lune, afin que ces trois Choses, Soleil, Lune et Mercure, notre Compôt soit fait, et que commence le deuxième Degré de notre Pierre, lequel se nomme Minéral.

DEUXIEME DEGRE
Si tu veux avoir une bonne multiplication en très fortes Qualités et Vertus Minérales par les Opérations du deuxième Degré, moyennant Nature, prends les Corps nets et unis avec eux ce Mercure, selon le Poids connu des Philosophes et conjoints cette Eau sèche, qui a en soi le Soufre des Eléments et qui est appelée Huile de Nature et Mercure sublimé et subtilité, dissous et endurci par les préparations du premier Degré, en séparant toujours et rejetant les résidences ou fèces qu'il fait dans la Sublimation, comme n'étant d'aucune valeur. Il ne faut pas que dans notre Sublimation, la Chose sublimée demeure à la hauteur du Vaisseau, comme il arrive dans la Sublimation des Sophistes. Dans la nôtre au contraire, ce qui est sublimé demeure seulement un peu élevé sur les fèces du Vaisseau ; car la plus subtile et la plus pure Partie nage toujours sur ces fèces, et se joint aux côtés du Vaisseau, ce qui est impur demeurant naturellement au fond, parce que la Nature, par cette évacuation, désire être restituée en mieux, en perdant de mauvaises et d'impures parties pour en recouvrir de plus pures et de meilleures.

Par toutes ces choses, on voit la troisième Cause de sa nécessité laquelle est que comme le Mercure est net, clair, blanc et incombustible, il illumine toute la Pierre, la défend d'adustion ou brûlement, et tempère l'ardeur du Feu contre Nature, en le ramenant à vrai tempérament et concorde avec le feu naturel : Car ce Mercure Philosophique contient par excellence le Feu innaturel, dont la souveraine Vertu est attrempèrent contre l'ardeur du Feu contre-nature, et comme une aide amiable du Feu naturel naturalisant, c'est-à-dire se convertissant soi-même en Nature, ou se faisant soi-même naturel, par une douce tempérance avec le Feu naturel, ce qui est un très-grand Secret, connu de peu de Gens, d'où se Mercure est dit Terre nourrice, comme étant le Germe, sans lequel la Pierre ne peut croître ni se multiplier. C'est pourquoi Hermès dit : La Terre est la nourrice de notre Pierre, de laquelle le Soleil est le Père, et la Lune la Mère. Elle monte de la Terre au Ciel, et derechef elle descend en Terre : Sa force est entière si elle est tournée vers la Terre, de laquelle Terre, avec les deux Corps parfaits, la droite Composition des Philosophes prend naissance et commencement.

Qu'il te suffise donc de ces deux Corps, car ils sont semblables à la Chose requise et demandée, comme le dit Arnaud de Villeneuve ; c'est-à-dire, Que comme la fin de la Pierre est d'être parfaite, elle panait le Mercure vulgaire, et les autres Corps imparfaits, en les transmuant en Or et en Argent Il faut donc nécessairement rechercher cette Vertu transmutative, là où elle est et on ne peut la trouver plus convenablement, que dans les Corps parfaits : Car si la puissance, la force et la vertu de transmuer les Métaux imparfaits en véritable Or, n'est pas dans un Corps pur et fin, en vain irait-on chercher cette Vertu dans le Cuivre ou dans un autre Métal imparfait Je dis la même chose de l'Argent ; car dans tout le Genre des Métaux, l'Or et l'Argent seulement sont parfaits.

Pour avoir donc cette Substance Mercurielle dans laquelle est cette parfaite Vertu de transmuer en Or et en Argent les Métaux imparfaits, il faut recourir à tes deux Corps parfaits, et non ailleurs. C'est pourquoi tu dois savoir que la Conjonction de ces deux Corps est le terme naturel de dernière Subtiliation et de Transmutation en la première Matière de régénération; et par cette raison, de cette Conjonction, comme de première et simple Matière est faite la Génération du véritable Elixir. La Lune réduite en première Matière, est la Matière passive ; car véritablement elle est l'Epouse du Soleil, et ils sont l'un et l'autre en très prochaine affinité. Telle est la convenance entre le Mâle et la Femelle du Genre de l'Art, desquels s'engendre le Soufre Blanc et rouge, conglutinant et congelant le Mercure : Et certainement meilleure Création et plus voisine Transmutation est toujours faite, quand le propre Mâle est conjoint avec sa propre Femelle en une nature : Et le Mâle est ce qui s'éjouit le plus au profond de la Matière passive par sa subtilité naturelle, et il la transmue et convertit en sa nature de soufre. Ce qui a porté Dastin, Anglais, à dire de cette Conjonction : Si la Femme blanche est mariée avec le Mari rouge, ils s'embrasseront incontinent, se joindront, s'accoupleront ensemble, et ne feront qu'un Corps par leur Dissolution. Cette Copulation est le Mariage Philosophique, et le Lien indissoluble. C'est pour cela qu'il est dit ; Ces Deux deviennent Un par conversion, et tiennent par Un, à savoir par notre Mercure, qui est l'Anneau du souverain Lien ; Aussi est-il appelé La Fille de Platon, qui conjoint les Corps assemblés par amour.

Compose donc notre très-secrète Pierre de ces trois Choses, et non d'autres ; car les choses requises à cet effet sont en elles seules. Cet Amalgame, ou Composition Physique, étant ainsi traitée, on peut véritablement dire que la Pierre n'est qu'une Chose. Car tout ce Compôt est une mixtion ou mélange dont le prix est d'une valeur inestimable ; c'est-à-dire que le prix en est si grand qu'on ne saurait se le figurer : Car il est notre Airain, dont il est dit dans la Tourbe : Sachez tous que nulle vraie Teinture n'est faite que de cet Airain ; c'est-à-dire, de notre Confection, qui se fait seulement des trois Choses, dont nous venons de parler : Et alors commence la seconde partie de notre très-noble Pierre, et la Pierre du Second Degré qui est appelée Minérale.

Il faut remarquer ici que la Pierre ou le Mercure, qui, par la première Opération, était né si clair et si resplendissant, est par cette seconde Opération mortifié, noirci, et devient difforme avec tout le Compôt, afin qu'il puisse ressusciter victorieux, plus clair, plus pur et plus fort qu'il n'était auparavant. Car cette mortification est la revivification parce qu'en le mortifiant il se revivifie et en se revivifiant il se mortifie. Ces deux Opérations sont tellement enchaînées l'une avec l'autre, que l'une ne peut être sans l'autre, comme l'enseignent tous les Philosophes; car la Génération de l'un, est la Corruption de l'autre. Tout cela néanmoins, n'est autre chose que créer le Soufre de Nature et réduire le Compôt en la première Matière prochaine au Genre Métallique.

Sachez donc que ce Compôt est cette Substance, de laquelle ce Soufre de Nature doit se retirer par confortation et nourrissement, en mettant dans cette Substance la Vertu minérale, pour qu'elle soit finalement faite une nouvelle Nature, dénuée de toutes terrestréités superflues et corrompantes, et de toutes humidités flegmatiques, qui empêchent la Digestion. Où il faut observer que selon les diverses altérations ou mutations d'une même Matière en sa Digestion, divers noms lui sont imposés par les Philosophes et selon différentes complexions, quelques-uns ont appelé ce Compôt Présure coagulante ou épaississante, d'autres l'ont nommé Soufre, Arsenic, Azote, Alun, Teinture illuminant tout Corps, et L'Œuf des Philosophes : Car comme un Œuf est composé de trois choses, savoir, de la coque, du blanc et du jaune ; de même notre physique est composé de Corps, d'Ame, d'Esprit, quoiqu'à la vérité notre Pierre soit une même chose, selon le corps Selon Ame et Selon l'Esprit ; mais selon diverses raisons et intentions des Philosophes, elle est tantôt dite une Chose, et tantôt une autre ; ce que Platon nous fait entendre, quand il dit, que la Matière flue à l'infini, c'est-à-dire toujours, si la forme n'arrête son flux.

Ainsi c'est une Trinité en Unité, et une Unité en Trinité ; parce que là, sont Corps, Ame et Esprit; là aussi sont Soufre, Mercure et Arsenic : Car le Soufre spirant, c'est-à-dire jetant sa vapeur en arsenic opère en copulant le Mercure ; et les Philosophes disent que la propriété de l'Arsenic est de respirer et que la propriété du Soufre est de coaguler, congeler et arrêter le Mercure. Toutefois ce Soufre, cet Arsenic et ce Mercure ne sont pas ceux que pense le Vulgaire ; car ce ne sont pas ces Esprits venimeux que les Apothicaires vendent ; mais ce sont les Esprits des Philosophes qui doivent donner notre Médecine ; au lieu que les autres Esprits ne peuvent rien pour la perfection des Métaux. C'est donc en vain que travaillent les Sophistes, qui font leur Elixir de tels Esprits venimeux et pleins de corruption. Car certainement la vérité de la souveraine subtilité de Nature, n'est en nulle autre chose, que dans ces trois Choses à savoir Soufre, Arsenic et Mercure Philosophique dans lesquels seulement est la réparation et la totale perfection des Corps, qui doivent être purgés et purifiés. Les Philosophes ont imposé plusieurs noms à notre Pierre, et cependant elle n'est toujours qu'une Chose. Par cette raison, laissez la pluralité des noms, et vous arrêtez à ce Compôt, qu'il faut mettre une fois dans notre Vaisseau secret, d'où il ne doit point être tiré, que la Roue élémentaire ne soit accomplie, afin que la force et vertu active du Mercure qui doit être nourri, ne soit suffoquée ou perdue : car les Semences des choses, qui naissent de Terre, ne croissent ni ne multiplient si leur force et vertu générative leur est ôtée par quelque qualité étrangère.

Aussi semblablement, cette Nature ne se multipliera jamais, ni ne sera multipliée, si elle n'est préparée en manière d'eau. La matrice de la femme, après qu'elle a conçu, demeure close et fermée, afin qu'il n'y entre aucun air étranger, et que le fruit ne se perde pas : De même notre Pierre, doit toujours demeurer close dans son Vaisseau, et rien d'étranger ne doit lui être ajouté ; elle doit seulement être nourrie et informée par la Vertu informatrice de sa nature, et multiplicative non seulement en quantité mais aussi en qualité très forte : De sorte qu'il faut influer ou mettre dans la Matière son humidité vivificative, par la vertu de laquelle elle est nourrie, accrue et multipliée. Après donc que notre Compôt est fait, la première chose à laquelle on doit s'appliquer, c'est de l'animer en y mettant la Chaleur ou l'humidité vivificative ou l'Ame ou l'Air, ou la Vie par la voie de la Solution et de la Sublimation avec Coagulation ; car sans cette Chaleur elle demeurerait sans action, et sans Ame, serait privée de ses hautes vertus et n'aurait aucun mouvement de Génération. La manière d'introduire la Chaleur dans la matière, c'est de la convertir de disposition en disposition, et de nature en nature, c'est-à-dire, de l'élever d'une nature très basse, à une nature très noble, et très haute.

Cette disposition se fait par sa propre Sublimation, Dissolution de Terre et Congélation d'Eau, ou ingrossation ou Mortification ou résurrection et Sublimation en légers Eléments. De sorte donc que tout le Cercle de ce Magistère, n'est autre chose qu'une parfaite Sublimation, laquelle toutefois a plusieurs opérations particulières et enchaînées ensemble. Cependant il y en a deux principales, à savoir la parfaite Dissolution et la parfaite Congélation : Aussi tout le Magistère n'est autre chose que parfaitement dissoudre et parfaitement congeler l'Esprit : et ces opérations ont une telle liaison entre elles, que jamais le Corps ne se dissout, que l'Esprit ne se congèle ni l'Esprit ne se congèle point, que le Corps ne se dissolve. Ce qui fait dire à Raimond Lulle, que tous les Philosophes ont déclaré que l'œuvre entier du Magistère, n'est que Dissolution et Congélation. Pour avoir ignoré ces opérations, de grands personnages en d'autres Sciences ont été trompés; la Présomption de leur savoir leur a fait présumer qu'ils entendaient les Cercles de la Nature et la manière de circuler.

Il est donc important de bien connaître la manière de cette Circulation qui véritablement n'est autre chose qu'imbiber et abreuver, ou faire boire le Compôt selon le juste poids de notre Eau mercurielle, que les Philosophes commandent de nommer Eau permanente, parce que dans cette Imbibition le Compôt est digéré, dissout, et congelé d'une manière accomplie et naturelle. C'est une chose véritable, que si une Matière de Terre doit être faite Feu il faut qu'elle soit subtilisée, préparée et faite plus simple qu'elle n'était. Il en est de même de notre Compôt, atténué et subtilité, en telle sorte, que le Feu domine en lui et cette subtilisation et préparation de terre est faite avec Eaux subtiles, souverainement aigres et aiguës, qui n'ont aucune fétidité ni mauvaise odeur, telle comme dit Géber dans sa Somme, qu'est l'Eau de notre Argent-vif sublimé et ramené à nature de Feu, sous les noms de Vinaigre, de Sel, d'Alun et de plusieurs autres liqueurs très-aigres. Par laquelle Eau les Corps sont subtilisé, réduits et ramenés à leur première Matière, prochaine, à la Pierre ou à l'Elixir des Philosophes. Remarquez que comme l'Enfant au ventre de sa Mère doit être nourri de son aliment naturel qui est le sang menstruel afin qu'il puisse croître en quantité et en qualité plus forte, de même notre Pierre doit être nourri de sa graisse, dit Aristote, et de sa propre nature et substance. Mais quelle est cette graisse qui est le nourrissement la vie, l'accroissement et la multiplication de notre Pierre? Les Philosophes l'ont totalement celée, comme étant le d Secret qu'ils ont juré de ne jamais révéler ni manifester à, aucun, et ils ont remis à Dieu seul ce Secret pour le révéler OU inspirer à qui il lui plaira. Cependant cette humidité grasse et vivifique, ou donnant vie est appelée Par quelques Philosophes, Eau Mercurielle, Eau permanente, Eau demeurant au feu, Eau divine, et elle est la Clef et le Fondement de toute l'œuvre.

De cette Eau mercurielle et permanente, il est dit dans la Tourbe, qu'il faut que le Corps soit occupé par la flamme du feu afin qu'il soit dérompu, dépecé et débilité ; à savoir avec cette eau pleine de feu, dans laquelle le Corps est lavé jusqu'à ce que tout soit fait Eau, laquelle n'est pas eau de Nue ni de Fontaine, comme le croient les Ignorants et les Sophistes, mais c'est notre Eau permanente ; laquelle toutefois sans le Corps avec lequel elle est jointe ne peut être permanente, c'est-à-dire qu'elle ne peut demeurer au feu, et qu'elle s'enfuit aussitôt : et tout le secret de notre Pierre est dans cette Eau permanente : car c'est dans cette Eau qu'elle se parfait, parce que l'Humidité, qui la vivifie, est en elle, comme étant sa vie et sa résurrection. Au sujet de cette Eau très secrète, il est dit dans la Tourbe : l'Eau, par elle seule fait tout : car elle dissout tout ; elle congèle tout ce qui est congelable, elle dépèce et dérompit tout sans aide d'autrui ; en elle est la chose qui teint et qui est teinte : Bref notre Œuvre n'est autre chose que vapeur et eau, qui est dite modifiante, ou nettoyant, blanchissant, rubéfiant et déjetant la noirceur des Corps, et les Philosophes l'ont nommée Eau permanente, Huile fixe et incombustible, ou qui ne peut être brûlée. C'est l'Eau que les Philosophes ont divisée en deux parties, l'une desquelles dissout le Corps en le calcinant, c'est-à-dire en le réduisant en Chaux et en le congelant; et l'autre partie nettoie le Corps de toute noirceur, le blanchit et rougit, et le fait fluer ou courir en multipliant ses parties. Cette Eau dans la Tourbe est appelée le Vinaigre très aigre et très aigu : Car c'est une Humidité chaude en elle-même d'une chaleur vivifiante contenant en soi une Teinture invariable, qui ne peut être altérée.

Alphidius a nommé cette Eau Attrempance ou mesure des Sages, et Urine des Jeunes Colériques. Pour ne vas faire connaître cette Eau, les Philosophes l'ont cachée sous différents noms et elle n'est connue que de très peu de gens. Hermès l'a connue et touchée, Gerber l'a connue, Alphidius l'a traitée, Morienus l'a écrite, le Lis l'a entendue, Arnaud de Villeneuve l'a bien aperçue, Raimond Lulle l'a faiblement déclarée, le Texte ne l'a pas ignorée, Rasis, Avicenne, Galien, Hippocrate, Haly et souverainement Albert l'ont sagement cachée, et Dastin, Bernard de Grave, Pythagore, Merlin l'ancien et Aristote l'ont très bien entendue : Bref cette Eau qui triomphe de tout, est nommée céleste, glorieuse, dernier et final Secret pour nourrir notre honorable Pierre, sans laquelle Eau n'est jamais amendée, nourrie, accrue, ni multipliée ; et pour cela les Philosophes ont celé la manière de faire cette Eau comme la Clef de leur Magistère. Et certainement, j'ai lu plus de cent volumes de Livres traitant de cet Art, sans avoir trouvé dans aucun la perfection de cette Eau Mercurielle. J'ai vu aussi plusieurs hommes savants en cette science sans n’en avoir trouvé aucun qui eût ce Secret, excepté un grand Médecin qui me dit avoir soupiré pendant trente-six ans avant que d'y être parvenu. Il est dit qu'à cette Nature est donné une double Nature, à savoir d'Or et d'Argent dans les entrailles desquels comme dans le ventre de sa Mère, l'Argent vif est contenu multiplié, purgé et converti en Soufre blanc, non urgent, par l'action de la chaleur du feu, étant là dedans informé régulièrement par l'Art. Donc cette Eau Mercurielle n'est autre chose que l'Esprit des Corps converti en nature de Quintessence, donnant vertu à la Pierre et le gouvernant. Et cette Pierre ou notre Compôt est matrice contenante et Lien expédient et convenable savoir Terre, Mère ou Vaisseau de Nature retenant vertu formative de la Pierre, en quoi la chaleur naturelle est mise qui est cette vertu issante du Vaisseau par le cinquième Esprit. C'est pourquoi ce Vaisseau est appelé Mère et Nourrice, parce qu'il donne une vertu naturelle au Soufre qu'il paît et qu'il nourrit.

Ceci donc est notre Compôt en ce Vaisseau naturel, dans lequel les Esprits sont transmués de nature en nature, et plus ils fuient, plus ils s'altèrent dans ce Vaisseau et s'éloignent de leur corruption et imperfection, jusqu'à ce qu'ils parviennent à l'accomplissement de Quintessence : ce qui fait qu'ils prennent, ou vêtent une nouvelle nature, qui est nette, blanche, pure, dénuée de toute corrosivité et superfluité terrestre, adurante ou brûlante, et flegmatique évaporable. En cette affinité du Vaisseau, l'humidité de l'Esprit est par sa viscosité ou nature gluante, retenue en adhérence ou conjonction naturelle et ferme, et le Compôt s'y échauffe comme dans son humidité radicale, mêlée et mortifiée. Après quoi la chose morte ressuscite avec la Sublimation joyeuse d'enfantement, en soi relevant totalement de nature salfugineuse et amère. Mais l'Enfant à la puissance de se soutenir soi-même ; et comme il est encore de nature simple, il convient de le nourrir d'un petit lait gras, à savoir de son Humidité vivifiante, de laquelle en partie il a été engendré et qui est notre Eau permanente, Lait de Vierge, ou Eau de vie qui ne vient plaint de la vigne, et néanmoins elle est dite Eau de vie, parce qu'elle vivifie notre Pierre et la fait ressusciter. Elle est aussi dite Sang réincrudé ou refait cru, menstruel blanchie, nourrissement de l'Enfant, Viande du cœur, Eau de mer, Venin des Vivants, Viande des Morts, et Argent vif des Philosophes, dépuré de sa féculence terrestre par sublimation Philosophique.

Après donc que notre Compôt est fait, on doit le mettre dans son vaisseau secret, cuire à feu très lent, ou sec, ou humide, et lui faire boire de notre Eau permanente, peu à peu, en dissolvant et congelant tant de fois que la Terre monte feuillée, laquelle ensuite doit être calcinée et finalement incérée, en la fixant avec la même Eau qui est appelée Huile incombustible et fixe, jusqu'à ce qu'elle flue ou fonde promptement comme de la cire.
Raimond Lulle dit que la Création doit être tant de fois réitérée ou recommencée sur la Pierre, la Sublimation de la partie humide réservée, que la Pierre avec sa propre Humidité, radicalement permanente et fixe et qui ne laisse jamais son Corps, donne une droite fusion. C'est pourquoi, ajoute ce Philosophe, il est commandé d'abreuver notre Pierre avec cette Humidité permanente qui rend claires ses parties; car après sa parfaite mandations ou purgation de toutes choses corrompantes, et mêmement des deux humeurs superflues, l'une grasse et adustible, et l'autre flegmatique et évaporable, la Pierre est ramenée en propre nature et substance de Soufre non brûlant ; et sans cette Humidité, jamais notre Pierre n'est amendée, nourrie, augmentée, ni multipliée. Il faut remarquer que durant sa digestion, notre Pierre prend alternativement toutes sortes de Couleurs. Néanmoins, il n'y en a que trois principales dont on doit avoir grand soin, sans se mettre en peine des autres ; la Couleur noire qui est la première, la Clef et le commencement de l'œuvre ; la Couleur blanche qui est la seconde ; et la Couleur rouge qui est la troisième. C'est pourquoi il est dit que la Chose dont la tête est rouge, les pieds blancs et les yeux noirs est tout le Magistère.

Observez donc que quand notre Compôt commence à être abreuvé de notre Eau permanente, alors il est entièrement tourné en manière de Poix fondue, et devenu noir comme charbon ; en cet état, il est appelé la Poix noire, le Sel brûlé, le Plomb fondu, le Laiton non net, la Magnésie et le Merle de Jean ; car, durant cette Opération, on voit comme une nuée noire volant par la moyenne Région du Vaisseau au fond duquel demeure la Matière fondue en manière de Poix qui se dissout totalement. En parlant de cette nuée, Jacques du Bourg Saint Saturnin s'écrit : O bénite nuée qui t'envole par notre Vaisseau1 C'est là l'Eclipse du Soleil, dont parle Raimond Lulle. Quand cette masse est ainsi noircie elle est dite morte et privée de sa Forme : Le Corps est aussi dit mort et éloigné de son attrampement, son Ame étant séparée de lui. Alors l'Humidité se manifeste en couleur d'Argent-vif, noir et puant, lequel auparavant était sec, blanc, bien odorant, ardent, dépuré de Soufre par la première Opération et il faut recommencer à le dépurer par cette seconde Opération. Ce Corps se trouve privé de son Ame qu'il a perdue, de sa splendeur et de cette merveilleuse lucidité qu'il avait premièrement et maintenant il est noir et enlaidi : ce qui fait que Gébert le nomme pour sa propriété Esprit puant, Noir blanc occultement et rouge manifestement et encore Eau, vive sèche.

Cette Masse ainsi noire ou noircie est la Clef, le commencement, et le signe d'une parfaite manière d'opérer au second Régime de notre Pierre précieuse. Aussi Hermès, dit-il, en voyant cette noirceur : Croyez que vous avez opéré par la bonne voie. Donc cette Noirceur montre la vraie manière d'opérer, car la Masse étant rendue difforme, et corrompue de vraie corruption naturelle, il s'ensuit de cette Corruption une Génération de nouvelle disposition réelle en cette Matière ; à savoir, acquisition d'une nouvelle Forme, lucide, claire, pure, resplendissante et d'une odeur suave et douce. L'œuvre de noircir étant accomplie, il faut en venir à l'œuvre de blanchir qui est une des Roses de ce Rosier physique, laquelle est désirée de plusieurs, requise et attendue. Toutefois, comme nous avons déjà dit, avant que la parfaite blancheur apparaisse, toutes les Couleurs qu'on saurait imaginer, sont vues et aperçues dans l'Œuvre, desquelles on ne doit point s'embarrasser, excepté seulement de la Blanche qu'on doit attendre avec une patience constante.

Observez que la manière d'opérer au Noir, au Blanc et au Rouge est toujours la même, à savoir cuire le Compôt en le nourrissant de notre Eau permanente, c'est-à-dire le Blanc d'Eau blanche, et le Rouge d'eau rouge, par lequel Nourrissement ou Imbibitions et Digestions, on extrait de la Pierre cette moyenne Substance de Mercure qui est toute la perfection de notre double Magistère. De manière que la Pierre doit être purgée non seulement des sulfurisés, mais aussi de toutes terrestréités par Sublimation d'Eaux, par Calcinations de Terre, par Inhumations et Décoctions de ces superfluités et par Réductions entre Distillations et Calcinations, et ensuite cette moyenne Substance de ce Mercure vous conjoindrez avec un Soufre qui lui soit propre et cuire le tout ensemble si longuement qu'il soit congelé et privé de toute Humidité superflue, par la voie d'une chaleur naturelle qui lui corresponde; après quoi il est sublimé en Soufre blanc comme la neige Par tout ceci on voit que notre Pierre contient en soi deux substances d'une même nature, l'une volatile et l'autre fixe, et les Philosophes appellent ces Substances unies leur Argent-vif. Par notre Opération, la Pierre doit donc être parfaitement séparée de toutes superfluités brûlantes et corrompantes, et il n'y doit demeurer que la seule et pure subtilité, ou moyenne Substance d'argent-vif congelé et dépuré de toute nature sulfureuse, étrangère ou corrompante. Cette Dépuration se parfait quand le Corps se tourne en Esprit et que l'Esprit se retourne en Corps par réitération de Calcination, réduction et sublimation, par lesquelles la Dissolution des Corps est faite avec la Congélation ou Epaississement de l'Esprit, et la Congélation de cet Esprit se fait avec la Dissolution des Corps.

C'est donc par une seule Opération que toutes choses sont faites, à savoir Solution de l'Argent-vif, avec Congélation de certain poids de l'Argent-vif volatil, et leur ablution se fait avec Eau mesurée, ainsi que la Coagulation de cette Eau, en Pierre se fait moyennant la chaleur du Mâle qui opère par la Femelle. La Pierre naît donc véritablement après la première Conjonction de ces deux Mercures, comme d'Homme et de Femme et elle ne peut prendre naissance autrement. Par cette Opération le Corps est dépecé, détruit et gouverné soigneusement jusqu'à ce que son Ame subtile étant extraite de son épaisseur, se soit tournée en Esprit impalpable. Alors le Corps est tourné en non Corps ; ce qui est la véritable Règle pour bien opérer. Souvenez-vous que tout ce Corps est dissous par l'Esprit aigu et qu'il se fait spirituel en se mêlant avec lui. Et comme cet Esprit est sublimé il est nommé Eau, laquelle se lave elle-même et se nettoie, comme nous l'avons déjà dit, en montant avec sa très-subtile Substance et délaissant ses parties corrompantes ; et les Philosophes ont appelé cette Ascension, Distillation, Ablution et Sublimation.

TROISIEME DEGRE
Quand la Sublimation se trouve parfaitement accomplie, la Pierre est alors vivifiée de son Esprit vivifiant, on Ame naturelle, dont elle avait été privée en noircissant; elle est inspirée, animée, ressuscitée et menée à la dernière fin de toute subtilité et pureté, et réduite en Pierre cristalline, blanche comme neige, elle est un peu élevée dans le Vaisseau, au fond duquel demeurent les résidences. Cette Pierre cristalline étant séparée de ses résidences, mettez-la à part, et la sublimez sans ces résidences : car si vous vous essayez de la sublimer avec ces mêmes résidences, jamais vous ne les séparerez d'ensemble et votre travail vous deviendrait inutile. En sublimant donc sans ces résidences on a la Terre blanche feuillée, le Soufre blanc non urant, congelant et fixant après parfaitement le Mercure, nettoyant tout Corps impur, et par faisant l'imparfait en le réduisant en véritable Argent.

Ce Soufre étant ainsi sublimé il n'y a blancheur au monde qui excède la sienne, car il est dénué de toutes choses corrompantes, et est une Nature nouvelle, une Quintessence venant des plus pures parties des quatre Eléments ; c'est le Soufre de Nature, l'Arsenic non urant, le Trésor incomparable, la Joie des Philosophes, leur Délectation si désirée, la Terre blanche feuillée et claire, l'Oiseau d'Hermès, la fille de Platon, l'Alun sublimé, le Sel Ammoniac, et de nouveau le Merle blanc dont les plumes excèdent en lucidité le cristal, et il est de grande splendeur, de très suave odeur et de souveraine pureté, netteté, subtilité et agilité. Ce Merle blanc Philosophique est d'une vertu inexprimable, car c'est la Substance du plus pur Soufre du monde, laquelle est l'Ame simple de la Pierre, nette et noble, et séparée de toute épaisseur corporelle. Il faut calciner ce Soufre blanc par sèche Décoction jusqu'à ce qu'il devienne une poudre impalpable et très subtile, et privée de toute Humidité superflue. Après quoi il doit être incéré de l'Huile blanche des Philosophes, peu à peu jusqu'à ce qu'il nue dés promptement comme Cire. Cette incréation accomplie, qui n'est autre chose que réduction à fusion, ou à fonte de la chose qui ne peut fondre, notre glorieuse Pierre des Philosophes au blanc est parfaite, fluante et fondante, plus blanche que neige, participante de quelque Verdeur ; persévérante au feu ; retenant et congelant le Mercure et le fixant ensuite ; teignant et transmuant tout Métal imparfait en véritable Lune. Et si vous en jetez un poids sur mille d'Argent-vif ou de quelque autre Métal imparfait il les convertira en Argent plus fin, plus pur et plus blanc que celui des Mines.

La manière de la Projection et de la Multiplication au blanc et au rouge est semblable. Cependant la Multiplication se fait en deux manières ; l'une par projection en jetant un poids sur cent, et tout sera Médecine de laquelle un poids convertira autre cent poids, aussi en Médecine parfaite ; et un poids de ces cent, fait cent poids de pur Argent, ou de pur Or. Il y a d'autres manières plus profitables et plus secrètes de multiplier la Médecine par projection, dont je me tais à présent ; mais par Multiplication la Pierre est augmentée sans fin; c'est à savoir par ses Digestions, Animations ou Imbibitions d'Huile Mercurielle, laquelle Huile est de nature des Métaux ; Et cette Multiplication se fait seulement en imbibant ou abreuvant la Pierre de cette Huile permanente et en dissolvant et congelant autant de fois qu'on le voudra : Car plus la Pierre sera digérée, plus elle sera parfaite, et plus de poids elle convertira, parce qu'elle sera plus subtilisée. En quoi est accomplie la Rose blanche, céleste, suave et si chérie des Philosophes. Après que la Pierre au blanc est accomplie, il en faut dissoudre une partie, et tant la calciner, selon que le veulent quelques Philosophes, que par vertu de longue Décoction, elle soit tournée en cendre impalpable, et qu'elle devienne colorée en citrinité. Il faut ensuite l'abreuver de son Eau rouge jusqu'à ce qu'elle demeure rouge comme coral Dans son Codicile, au Chapitre de la Calcination de la Terre, Raimond Lulle dit : N'oublie pas de calciner en son feu allumé la matière de la Terre préconnue de la Pierre avec réitération de Destruction de Distillation d'Eau et de Calcination de Corps, jusqu'à ce que la Terre demeure blanche et vide de toute humidité ; Et après continuez par plus grande force de feu et d'imbibition d'Eau jusqu'à ce qu'elle devienne rouge, comme Hyacinthe, en Poudre impalpable et sans tact.

Le Signe de perfection est manifestement montré, quand à sa dernière Calcination, la Matière demeure privée de toute humidité, en parlant du second Procédé et principalement du second Régime, qui est de faire la Pierre rouge. Géber dit, qu'elle n'est pas faite sans addition de la chose qui la teint, que Nature connaît bien ; à savoir, sans qu'elle soit abreuvée et teinte de cette Eau Céleste, de laquelle il est dit au Lis des Philosophes : O Nature Céleste! Comment tournes-tu nos Corps en Esprit. O quelle merveilleuse et puissante Nature ! Elle est par dessus tout, elle surmonte tout, et elle est le Vinaigre qui fait que l'Or est véritable Esprit, ainsi que l'Argent. Sans elle ni Noirceur, ni Blancheur, ni Rougeur ne peuvent jamais être faites en notre Œuvre ; Donc, quand cette Nature est jointe au Corps, elle le tourne en Esprit, et de son Feu spirituel, le teint d'une Teinture invariable et qui ne peut être effacée. Hermès nomme cette Nature Céleste Eau des Eaux ; et Alphidius l'appelle Eau des Philosophes Indiens, Babyloniens et Egyptiens. Sans cette Eau, par laquelle les Corps sont faits Esprits et réduits à leur première Nature ou Matière notre Pierre n'est jamais amendée, la Blanche sans l'Eau blanche et la Rouge sans l'Eau rouge. Soit donc la Pierre Rouge abreuvée de l'Eau Rouge, pour qu'enfin tant par longue Décoction ou Cuisson que par longue Imbibition ou continuel Abreuvement ; elle soit fait rouge comme Sang Hyacinthe, Ecarlate, ou Rubis, et luisante comme un Charbon embrasé, mis dans un lieu obscur. Et finalement que notre Pierre soit orné d'un Diadème rouge. Ce qui fait dire à Diomèdes : Votre Roi venant du Feu avec sa Femme, gardez-vous de les brûler par trop grand feu : Cuisez-les donc doucement, afin qu'ils soient faits premièrement Noirs, après Blancs, ensuite Citron et Rouge et finalement Venin teignant. Car, comme dit Aegistus, ces Choses doivent être faites par division des Eaux. Je vous commande de ne mettre pas toute l'Eau ensemble, mais peu à peu et cuisez doucement jusqu'à ce que l'Œuvre soit accompli. On voit par là que la Pierre demeure rouge de vraie rougeur, lumineuse, claire et vive, fondante comme Cire, par la teinture de laquelle l'Argent-vif vulgaire et tous Métaux imparfaits peuvent être teints et parfaits en très vrai et très bon Or beaucoup meilleur que celui des Mines. En quoi est accomplie cette précieuse Pierre surmontant toute Pierre précieuse laquelle est un trésor infini à la gloire de Dieu qui vit et règne éternellement.

 

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

La Parole Perdue

18 Juin 2013 , Rédigé par Ch\ Bell\ Publié dans #Planches

J’ai écrit cette planche en évitant soigneusement de ne pas asséner des vérités toutes faites, mais surtout dans l’esprit de lancer la recherche qui pourra être enrichie par tous.
Que dit le rituel du 3ème degré :
D. - Comment voyagent les Maîtres Maçons ?
R. - de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient et par toute la terre
D. - Dans quel but ?
R. - pour chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière
D. - Qu’est-ce qui a été perdu ?
R. - les secrets véritables des Maîtres Maçons.
D. – Comment ont-ils été perdus ?
R. – par « Trois Grands Coups » qui ont causé la fin tragique de notre R\M\ HIRAM
(Instruction au 3ème Degré)

Le mythe, qui voit dans la mort de HIRAM la perte des secrets véritables des Maît\ Maç\ nous invite donc à rechercher ce qu’est le secret de la F\M\ et ce sujet est un des éléments de base sur lequel s’édifie notre quête Maçonnique.
Cette soi-disant perte est un symbole mystérieux et je ne prétends pas retrouver quoi que ce soit … mais on peut toujours en parler entre nous.

I. De la nécessité du mythe et son contexte.

Ainsi donc, l’histoire commence par un deuil qui est la conséquence d’un meurtre, c’est dire que l’ambiance générale est à la tristesse et que les MM\ MM\ présents épanchent leur chagrin par des larmes libératrices.
Le T\V\M\déplore, en parlant de Hiram, que « hélas, lui seul possédait le secret de l’œuvre en cours d’exécution ».
Voilà le problème posé. Aussitôt le T\V\M\ pense à « l’après Hiram » et il interroge « qui oserait maintenant se présenter pour lui succéder ? ».
La réponse viendra plus tard mais déjà par cette question, à ce moment-là, les FF\ sont invités à ne pas s’apitoyer sur eux-mêmes. D’ailleurs le T\V\M\ intervient sur le plan moral par cette injonction « ne perdons pas courage » et il indique la conduite à tenir dans l’immédiat :
- « arracher les restes à ses meurtriers », il est pragmatique
- « rendre les honneurs funèbres à sa dépouille » : pour le respect et la dignité dus au défunt enfin, pour ouvrir le champ des possibles, tout cela avec dit-il « l’espoir de recueillir quelques traces de sa science ».
Mais revenons sur le chantier à la tombée de la nuit de cette journée-là.
Hiram resté seul dans l’enceinte du temple reçoit deux coups puis un troisième qui est fatal. Il pouvait sauver sa vie en satisfaisant la volonté de ses agresseurs mais il choisit « la mort plutôt que de violer le Secret qui lui a été confié ». Cette mort ressemble donc à un sacrifice, un de plus dans la longue histoire des mythes à travers les époques. Hiram reste fidèle à son engagement, à ses idéaux.
Quant au comportement des Compagnons, il est moins clair.
En effet, ils accumulent ce qui ressemble à des erreurs. Pourquoi avoir enseveli le corps si près du lieu du crime ? Pourquoi planter un Acacia en ce lieu ? Lequel des trois Compagnons a eu cette idée, quel était son dessein ?
En Egypte l'acacia était le symbole solaire, évoquant également la renaissance, l'immortalité et l'initiation et chez les Hébreux, c'était le bois sacré du tabernacle, l'immortalité, la vie morale, l'innocence.
Ainsi prononcer la formule rituelle « L'Acacia m'est connu » revient à proclamer : « L'immortalité m'est connue » et cette formule dans la bouche d'un Maçon athée, imparfait ou simplement indifférent, n'est que la preuve de son ignorance des symboles et de leur véritable signification.
En laissant de tels indices, ils donnent l’impression de vouloir être retrouvés.
Et cela arrange bien les chercheurs que nous sommes.
Alors, que savons-nous ?!
Nous disons que Hiram a respecté ses serments solennels jusqu’au sacrifice.
Hiram n’a rien révélé et a été mortellement privé de la parole, ce qui nous pénalise, nous les MM\ MM\.
Intuitivement nous comprenons que Hiram était au service du bien. Il était un homme bon, animé par un « esprit divin » au contraire des Compagnons que l’ignorance, le mensonge et l’ambition rendaient dépendants de l’esprit du mal.
Cet esprit cherchait à ravir la puissance du premier pour prendre sa place. Et temporairement, le mal l’a emporté. On peut voir que l’histoire se répète de nos jours !
Et que déplorons-nous le plus ? La perte de secrets ou le fait que les mauvais Compagnons, en assassinant Hiram sont parvenus à détruire l’esprit d’harmonie qu’il symbolisait ?
Le mot de maître est perdu, non pas parce qu’Hiram était seul à la connaître, mais parce qu’on ne peut le transmettre individuellement. Il faut être trois pour le communiquer, de même que les compagnons sont trois pour faire obstacle à la continuité de la transmission. Ce qui est substitué ne peut remplacer que très partiellement ce qui était l’origine.
Acteur et victime à la fois des trois mauvais compagnons, on prend conscience que les ennemis, les forces négatives ne peuvent avoir prise sur chacun que parce qu’elles trouvent un écho en lui. Tant que l’on n’a pas supprimé toutes les forces négatives, tous les obstacles que rencontre l’esprit humain pour accéder à la vérité, les ennemis du dehors ont prise et trouvent un écho en l’intériorité de chacun de nous.
Il est bien entendu nécessaire que Hiram meure afin que le nouveau Maître renaisse.
De l’horizontalité il passe à la verticalité et entame son ascension vers la source originelle.
Selon la tradition abrahamique, à l’origine, la parole, c’est le verbe créateur, étroitement lié à l’étincelle du Fiat Lux qui est en nous à l’état de virtualité, laquelle est revivifiée par la consécration à chaque degré où le récipiendaire est crée et constitué au grade qu’il reçoit.
Les trois premiers chapitres de la Genèse nous livrent quelques clés pour comprendre le processus de création par Dieu et Adam.
Au commencement, Dieu sépare la lumière et les ténèbres. Il appelle la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Le fait de nommer organise le temps par séparation et spécification.
Ensuite Dieu crée l’homme à son image, ainsi que la femme.
La divinité crée par le pouvoir et la force de la Parole sur une Terre informe et vide. Aucun témoin n’intervient dans cette première étape qui symbolise l’état d’inconscience du monde.
Dans le chapitre II, Dieu modèle les bêtes sauvages et confie à Adam le soin de les nommer. Adam est ainsi préparé à prendre conscience de son environnement.
Le chapitre III voit Adam et Eve émerger dans le conscient. Le serpent, nouvel acteur, entre en jeu et il dialogue avec Eve pour lui proposer de manger le fruit défendu. Celle-ci accepte et en offre à Adam qui reste étrangement silencieux.
C’est ainsi que le couple entre dans le monde du langage et de l’expérience au prix d’importantes modifications de leur état primordial. Mais l’homme conserve le souvenir de son ancien pouvoir - celui de nommer - et qu’il vient de perdre en étant chassé du Paradis.
Dans les Traditions Egyptiennes et bibliques, seuls certains prêtres connaissent le secret du nom divin et ont le pouvoir de le prononcer. A condition toutefois de savoir le prononcer correctement sinon la mort frappera l’imprudent.
Les secrets véritables qui ont été perdus ne sont pas du même ordre. Les mauvais Compagnons pensaient qu’ils relevaient de la communication d’un savoir alors que notre recherche se place sur le plan de la Connaissance synonyme ici de qualité d’être.

II. Chercher ce qui a été perdu

Une chose est sûre : nous savons où retrouver un Maître perdu. On le retrouverait « entre l’Equerre et le Compas », ou bien « au Centre du Cercle ».
Et par un heureux hasard, retrouverait-il lui-même à cet endroit les secrets véritables des MM\ MM\ !
Ainsi, est-il permis de penser que ces secrets symboliquement disparus avec Hiram auraient un rapport avec l’Unité ?
Nous, Maçons, reprenons la démarche Adamique sur le plan des idées. En nommant les animaux, Adam les faisait exister par le moyen de sons organisés qui contenaient la plénitude de ce qu’il désignait. C’est à dire la chose elle-même, avec le sens de son expression qui permet de la situer dans l’espace et dans le temps tout en précisant sa fonction, sa finalité, son usage, etc.
Cette langue merveilleuse et parfaite a été perdue lorsque le 1er couple a heureusement failli aux obligations qui les rendaient semblables aux Dieux.
En accédant à la Connaissance, ils ont appris l’expérience individuelle qui peut être expliquée, démontrée, imitée voire transmise mais qui demeure rigoureusement incommunicable. Adam et Eve nous disent de quitter le domaine de l’intellect pour entrer dans le devenir pour espérer Etre.
Peut-être notre mémoire nous rappelle-t-elle ce monde-là lorsque par nos rituels nous sacralisons l’espace et le temps ? S’agit-il de nostalgie ou de l’espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection ?
Pour nous mortels, la quête de sens consiste aussi à tenter de comprendre l’ordre des choses. La multiplicité des éléments qui apparaissent indépendants les uns des autres peut-elle être reliée par une Loi qui les gouvernerait tous ?
Nous rassemblons ce qui est épars, comme par exemple les pierres, pour qu’elles deviennent Temple qu’il faut ici comprendre dans son sens de Connaissance et d’Unité.

III. Les mots forcément substitués

Quels mots allons-nous utiliser pour construire ? Des mots forcément substitués à la langue originelle.
Nous avançons prudemment. Tout d’abord apprentis, nous épelons, puis au grade Compagnons nous donnons un mot de passe au risque de le mal prononcer. Au 3ème Degré le F\ 1er Surv\ revient de l’Occident avec un mot de passe et un mot de Maître que le T\V\M\ approuve jusqu’à ce que, dit-il, les mots véritables puissent être retrouvés.
Le REAA nous dit que l’on transmet en substitution la première parole prononcée lors de la découverte de la dépouille de Hiram.
Hiram, notre semblable, est soulevé par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise et le T\V\M\lui communique aussitôt les syllabes du Mot Sacré des Maîtres.
La parole en maçonnerie est considérée comme perdue, parce que, selon la légende, Maître Hiram a emporté son secret dans la tombe.
Et pourtant cette parole ne peut être complètement perdue puisqu’il faut que trois maîtres la connaissent pour qu’une loge puisse être opérative.
En effet, le roi Salomon correspond à tout Très Vénérable Maître en chaire, Hiram de Tyr au premier surveillant et Hiram Abi au second surveillant.
Tous les trois connaissent donc le mot sacré, mais il leur est impossible de le transmettre séparément, c’est pourquoi Salomon et Hiram de Tyr n’avaient pas la possibilité de transmettre ce mot dans les conditions requises après la disparition d’Hiram Abi.
De cette légende nous pouvons comprendre que ce qui est perdu, c’est la conception de l’Unité dans l’ensemble de l’ouvrage conçu et organisé par Maître Hiram, d’où la nécessité d’envisager une solution de remplacement, dite de substitution.
Le Maître accède au stade supérieur où il est censé avoir la capacité de lire et d’écrire au livre de vie du Grand Architecte de l’Univers, puisqu’il reçoit la planche à tracer.
Guenon dit que ce mot sacré, en réalité n’est pas autre chose qu’une question, et la réponse à cette question serait le vrai mot sacré ou la parole perdu elle-même, c'est-à-dire le véritable nom du Grand Architecte de l’Univers.
Cette parole perdue rappelle que le serment maçonnique se prête sur l'Evangile de St.-Jean, il débute ainsi :
« Au commencement était le verbe, et le verbe était avec Dieu; et le verbe était Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et sans lui, rien de ce qui a été fait n'aurait été fait. En lui était la vie, et la vie était la lumière des Hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point reçue… »
La parole perdue rappelle la puissance initiale du verbe au commencement de la Genèse, la parole créatrice, qui était l’attribut de l’homme primordial lequel en nommant une chose lui donnait vie.
On peut considérer que nommer (à l’origine) c’était avoir la capacité de commander à la matière et de la transformer selon le verbe initial.
De ces constatations il ressort que le mot du Maître, le mot ineffable relève d’une connaissance du Principe créateur. Le nommer serait le manifester alors que nul ne peut appréhender la quintessence divine dans son ensemble.
Cette parole primordiale a été détruite de par la rupture faite avec le principe créateur.
En conclusion de cette parenthèse, peu importe ce qu'était cette parole, peu importe comment elle a été perdue et enfin où et quand la Parole perdue a été ou sera retrouvée !
Le seul élément du mythe à considérer est son interprétation. En considérant l'idée abstraite de la Parole perdue et retrouvée, on peut dès lors la concevoir comme le symbole de la vérité et ses avatars et par l'intérim de la parole de substitution, les composantes d'une symbolique mythique qui représente la recherche de la Vérité.
Mais à côté de cette interprétation générale, on peut également concevoir la Parole perdue et retrouvée comme un symbole vers la Lumière et la Vérité, une quête du Graal.
Dans ce mystère, les trois compagnons tiennent le rôle capital. En maçonnerie, quand un Compagnon devient Maître, il apprend que trois Compagnons ont commis un crime irréparable en blessant à mort le Maître Hiram.
Mais qui sont ces trois compagnons et quelle est leur responsabilité dans ce drame ?
Nous les désignerons symboliquement comme étant l'Ignorance, le Fanatisme et l'Ambition.
Ces trois attitudes humaines que dans nos Loges nous cherchons à dominer, ont été et seront toujours nécessaires à l'Homme pour qu'il puisse apprendre à travers elles, à vaincre sa propre nature et avancer sur le chemin des mystères et la perfection.
L'ignorance : Ce défaut général de connaissance, ce manque de savoirs est redoutable quand l'Homme s'abandonne à elle.
Le Fanatisme : le deuxième compagnon, allié à l'ignorance ne peut qu'amener douleurs et peines dans la vie de celui qui est sous son emprise car, aveuglé par une passion qui le pousse à des excès, il sera sourd à tout appel de la raison.
Le Troisième compagnon représente l'Ambition sous son aspect le plus négatif et le plus borné, le plus dangereux aussi lorsqu'il prend des formes les plus élaborées et plus insidieuses.
Enfin, les défauts symbolisés par les trois compagnons coupables ont été indispensables au drame d'Hiram, car sans eux, cette dernière initiation, celle qui doit permettre l'accès à un plan de conscience supérieur, n'aurait pas eu lieu et se rappelant que les puissances impures sont donc utiles à ce travail d'alchimie spirituelle.
Le plus important demeure néanmoins que la Franc-Maçonnerie s'étant incorporé depuis les années lumières un message universel dont l'origine remonte à la nuit des temps est virtuellement la dépositaire de la Parole qui, crée, perdure.
La recherche d'une origine historique au mythe en général serait forcément vouée à l'échec au même titre que de chercher qui fut l'inventeur de l'équerre et du compas. La seule différence entre ces deux piliers de la pérennité du travail initiatique tient uniquement aux places qu'ils occupent, car les outils ou symboles permettent la réalisation extérieure, les mythes rattachent l'Homme à la divinité intérieure.
Au travers du chemin maçonnique, le mythe d'Hiram signifie en d'autres termes que :
1. C'est à une 1ère manifestation du Maître Hiram intérieur, c'est-à-dire du « Fils » que nous portons en nous, que l'Apprenti doit de s'être tranché la gorge, la ré - instauration du « Cherchez et vous trouverez » dans sa personne, soit de son 1er degré de Lumière, lui valant à l'avenir de ne plus compter que sur lui-même et, s'ensuivant de perdre sa « Peau », de mettre fin à son état de dépendance à l'égard d'autrui et de ses points de vue (idées reçues, croyances)
2. C'est à une 2ème manifestation du Maître en cause, de ce Fils intérieur, que le Compagnon se doit d'avoir eu le coeur arraché, le « On vous donne » lui accordant son 2ème degré de Lumière, à savoir le caractère objectif que la perte de sa « Chair » de son ego intéressé, imprime aux vérités qu'il met au jour.
3. C'est à une 3ème et dernière manifestation du Maître s'avérant dès lors le Fils aussi bien de l'homme que du GADLU, que le Compagnon élevé à la Maîtrise doit de s'être partagé en deux, de s'être séparé de son ego, l'autorité royale du Fils exigeant de qui veut l'exercer, et s'en adjoindre les informations des os « complètement secs » Moabon. (Ezéchiel, chapitre 37 et II Rois, chapitre 4 verset 34) Rassembler ce qui est épars.
Les messages profonds des mythes sont compréhensibles uniquement à ceux qui en ont la clé, à ceux qui sont aptes à capter le message que le mythe véhicule. C'est cela l'aspect initiatique du mythe, c'est-à-dire, l'accessibilité à une préparation intérieure.
En conclusion, rappelons-nous qu'il faut 33 degrés à la Franc-maçonnerie pour apprendre par les grades à passer des ténèbres à la lumière avec à chaque palier, des nuances faites de symboles au moyen du fil rouge qu'est le mythe d'Hiram.
Vous avez bien compris mes TCF que dès le 1er degré nous devenons des chercheurs qui tentent de reconstituer un puzzle à travers les outils et symboles qui nous sont communiqués.
Je souhaiterais que ce travail soit une base de discussion, de confrontation des idées et des points de vue, afin que nous progressions ensembles sur les voies qui nous sont tracées.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Confédération maçonnique française

17 Juin 2013 , Rédigé par François KOCH Publié dans #histoire de la FM

FLASH. Réunis en Convent au Salon de l’Aveyron (quartier Bercy à Paris), quelques 650 députés de la Grande Loge de France (GLDF) ont voté en faveur d’une Confédération maçonnique française regroupant la GLDF, la GLAMF, la GLTSO et la la GLIF, soient un peu plus de 50 000 frères dans environ 1600 loges (soit l’équivalent du GODF en nombre de frères).

Premier scrutin : le principe de la création d’une Confédération à 4 obédiences a été adopté avec 89% de votes favorables.

Second scrutin : les modalités d‘inter-visites ont été approuvées par 91% des suffrages.

Le passé Grand Maître Alain-Noël Dubart m’indique que les frères des quatre obédiences pourront donc visiter les trois autres selon les modalités définies par chacune.

Par ailleurs, toujours selon Alain-Noël Dubart, le Convent de la GLDF n’aurait pas pris position sur les inter-visites avec les frères des obédiences extérieures à la Confédération (GODF, FFDH, GLMF, GLMU). Et cela me semble bien surprenant, car c’était LA question à trancher. Est-ce un recul ? Le Grand Maître Marc Henry s’était jusqu’à présent exprimé en indiquant qu’il était hors de question de renoncer aux inter-visites avec le GODF ou la FFDH. En février, il déclarait : « « La Confédération peut vivre en laissant chacune de ses composantes libres de pratiquer les inter-visites avec qui bon lui semble. Chaque obédience peut avoir des règles internes différentes. Sans qu’une obédience n’impose un régime d’interdiction à une autre. » » Étonnant donc que le Convent n’ai pas évoqué cette question essentielle…

Source : http://blogs.lexpress.fr/lumiere-franc-macon/

Lire la suite

Le diable et le satanisme expliqués aux Francs-Maçons

17 Juin 2013 , Rédigé par Jérome Colin Publié dans #Planches

Le 1er principe de la règle en douze points de la Franc Maçonnerie régulière stipule que le premier devoir du Franc Maçon est la croyance en Dieu, un Dieu révélé par les Saintes Ecritures. Or l'adage populaire dit : " Qui croit en Dieu croit au diable ", et les Saintes Ecritures regorgent aussi d'allusions à celui qu'on appelle couramment Satan comme ennemi de Dieu ou des hommes, les conceptions varient selon les religions.

Nous, Francs Maçons, nous nous voulons croyants en un Dieu bon et généreux d'une part et hommes de vertu d'autre part, mais sommes-nous pour autant des pourfendeurs de vices, des Torquémada en tablier ? Les Frères, eux, ont pour but l'amélioration personnelle en éradiquant le vice dans le but de pouvoir ensuite transpirer cette amélioration pour tenter d'améliorer un peu - Un tout petit peu - l'humanité, si tant est que ce soit possible… Mais la question de l'origine des vices n'est pas posée.

La définition de la vertu dans le rituel d'initiation selon le Guide des Maçon, notre rituel, est " Une disposition qui porte à faire le bien ". Or parmi les 7 vertus principales de la religions judéo-chrétienne on trouve 3 vertus théologales, c.a.d qui ont Dieu pour objet. Pour mémoire : La foi, l'espérance et la charité. Donc, par conséquent, si on considère, comme le dit le même rituel d'initiation, que le vice est " l'opposé de la vertu ", alors faut-il en déduire que certains vices auraient pour objet l'opposé de Dieu : le diable ?

Mais alors qui est ce diable, ce Satan, à qui les chrétiens attribuent tous les malheurs du monde ? Qu'est-ce que le satanisme ? En quoi cela consiste-t-il ? Quelle est sont origine ?


L'apparition de Satan tel que nous le connaissons aujourd'hui date du nouveau testament dans lequel il est pour le moins omniprésent. Ainsi St Marc dans son évangile raconte que les pharisiens et Jésus s'accusent mutuellement d'être les agents du Diable : " C'est par le chef des démons qu'il chasse les démons " disent les scribes à qui Jésus rétorque " Comment Satan peut-il chasser Satan ? " (Marc 3 - 22 & 23). Dans la même optique, Luc et Matthieu font de la tentation dans le désert l'épisode clef de la vie du christ : " Alors Jésus fut conduit par l'esprit au désert pour être tenté par le Diable " (Matthieu 4-1).

Soit, mais le problème est que ce " Satan ", ce diable, ne nous a jamais été présenté. L'ancien Testament nous avait laissé l'image d'un Satan plutôt discret, accusateur certes, " empêcheur de tourner en rond " pourrait-on dire, mais nullement puissance du mal. Le peuple hébraïque ignore d'ailleurs le diable qui est totalement absent de l'ancien testament.

Pourquoi ? Parce que Yahvhé, Dieu unique, est loin d'incarner le bien absolu. Il ressemble en cela à ces prédécesseurs car ambivalent, il peut faire beaucoup de bien comme beaucoup de mal : Il lutte sans raison apparente contre Jacob, il tente même d'assassiner Moïse (Exode 4 - 24 & 25). Ce n'est que vers le 7e siècle avant notre ère que les prophètes font des tentatives pour dissocier le mal de Dieu. La solution adoptée est celle d'êtres spirituels bras droit de Dieu à qui ce dernier confierait les tâches ingrates, ces mêmes serviteurs ayant parfois une tendance à faire du zèle, au grand dam de l'Eternel qui, tout parfait qu'il soit, semble avoir du mal à contrôler les ardeurs de ses subordonnés. Ces serviteurs sont appelés des satans, de la racine hébraïque " stn " qui signifie " adversaire " ou " celui qui met obstacle ". Signalons d'ailleurs que le mot diable vient du grec " diabolos " ou du latin " diabolus ", c.a.d " Calomniateur ". Entre l'accusation et la calomnie, la frontière est ténue et elle est vite franchie… Le satan est donc un employé de Dieu qui n'agit qu'avec la permission de celui-ci pour accomplir les basses œuvres et jouer le rôle d'accusateur voire de procureur. C'est donc un satan qui met Job à l'épreuve en lui envoyant des calamités (Job, 1 - 6 à 12, 2 - 4 à 7). Et c'est encore un satan qui, dans le vision de Zacharie (Zacharie 3 - 1), tient de procureur dans le procès de Josué. Dans ce tribunal le satan est d'ailleurs assis à la droite de Dieu.

L'exemple le plus criant de cette dissociation de Dieu et de ses second couteaux est consigné dans le livre de Samuel (24 - 75 & 76) où il est écrit : " Le seigneur envoya donc la peste en Israël depuis ce matin là jusqu'au temps fixé, et il mourut parmi le peuple, de Dan à Beer-Sheva, 70 000 hommes. L'ange étendit son bras vers Jérusalem pour la détruire mais le seigneur renonça à sévir et dit à l'ange qui exterminait le peuple : " Assez maintenant, relâche ton bras ". "

Peu à peu, insensiblement, le satan de l'ancien testament devient autonome par rapport à Dieu. A ce point que, lorsque l'église catholique arrive au pouvoir vers le 4e siècle, celle-ci cherche à laver Dieu de toute intention maligne. Le mal est alors reporté sur Satan qui devient indépendant et à qui on peut désormais mettre une majuscule…

Un exemple de ce basculement nous est fournie par l'affaire du recensement d'Israël, pratique interdite par le loi mosaïque. Dans Samuel (24 - 1) c'est Yahvhé qui pousse David à le faire avant de le sanctionner. Quelques siècle plus tard, dans le 1er livre des chroniques (21 - 1) il est écrit " Satan se dressa contre Israël et il incita David à dénombrer Israël ".

Voilà, l'ennemi est désigné. Et sans le savoir, l'Eglise catholique se rapproche des conceptions païennes qu'elle va combattre avec véhémence. En effet le Satan chrétien n'est pas sans rappeler les anciens Dieux Perses. Dans les mythes perses il existe un dieu suprême, Ahura Mazda, alias Ormuz, et deux esprits jumeaux : Spenta Mayu, le bon, et Ahra Mayu, surnommé Ahriman, le mauvais. D'après les écrits zoroastristes, Ahriman convoitait la lumière, mais pour lui barrer la route, Ahura Mazda, créé le monde, foncièrement bon. Ahriman, en réaction, créé les êtres malfaisants et commence ainsi une lutte incessante entre le bien et le mal. On pourrait voir dans cette légende une ébauche du prologue de St Jean (1-4) : " La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'on point reçue ".

Il se trouve en plus que dans la mythologie Zoroastriste, Ahriman est représenté par un serpent, tout comme le tentateur de la genèse (chap 3 - 1 et suiv), celui qui pousse Eve à faire manger à Adam du fruit de l'arbre de la connaissance. On pourrait plancher longuement sur le symbolisme attaché au serpent mais cela dévierait du sujet... Ahriman est également secondé par 7 archidémons qui figurent des maux physiques et moraux. La liste de ces maux rappelle tantôt les 7 pêchés capitaux, tantôt les 7 plaies d'Egypte. Ces 7 archidémons sont : L'erreur, l'hérésie, l'anarchie, la discorde, la présomption, la faim et la soif.

Dans l'armée d'Ahriman enfin, on trouve enfin des personnages qui feront partie des légions de Satan selon la Bible: Azazel, Lilith, Léviathan…

Ainsi, dans le nouveau testament, le diable est omniprésent. Il est cité 188 fois sous les noms de Satan, démons, diable, bêtes, ou dragon. Son nombre est donné : 666, chiffre issu de la transcription du nom du 6e empereur de Rome, " César-Néron ", selon l'alphabet hébraïque, ou " César-Dieu " si on utilise l'alphabet grecques. On dira également que 666 était le chiffre de Napoléon Bonaparte. Ce chiffre serait celui de l'imperfection par rapport au 7 divin. Le diable se serait vue attribuer ce chiffre parce, selon certains, 600 serait le chiffre de la fausse religion, 60 celui du commerce avide, et 6 celui de la conduite du monde. On se demande qui a bien pu avancer cette explication mais, en tout cas, quel bon argument pour les antimondialistes aujourd'hui !

L'ennemi est désigné mais l'Eglise, en conférant à Satan le rôle de propagation du mal dans le monde va commettre une terrible erreur : Elle va donner tellement d'autonomie à Satan qu'elle va en faire un égal de Dieu, ce dernier ne pouvant rien contre son action. Un dualisme qui suivra toujours l'église catholique. Un dualisme qui a d'ailleurs servi de fondement à différentes doctrines rassemblées sous le vocable " gnosticisme ". Ces doctrines veulent que le monde soit tellement mauvais et répugnant qu'il n'ait pu être engendré par un Dieu bon et tout puissant. Le véritable salut ne vient alors pas de l'adoration de ce Dieu céleste mais de la connaissance interne, la gnose, qui révèle le véritable Dieu, bon et généreux. Pour mieux installer définitivement le dualisme le concile de Constantinople, en 533, condamnera la doctrine de l'apocatastase voulant qu'à la fin des temps, le diable serait pardonné. Même Dieu ne peut racheter le diable, n'est-ce pas la preuve de l'égalité de ce diable et de Dieu…

Un fait surprenant tendrais à prouver la bien fondé de cette dualité. La racine hébraïque de Satan est " stn ". En kabbale, " stn " (Sin, Tet, Noun) à pour valeur numérique 359. Or 359 est le 72e nombre premier. Et le Grand Nom de Dieu dans la tradition hébraïque a 72 lettres… Cette dualité serait-elle donc inscrite dans les textes sacrées ?

Pour Corriger le tir l'église catholique se lance dans une vaste opération de terreur. Elle s'ingénie à décrire le diable comme un être physiquement horrible. Le concile de Trente le montre comme un hybride d'homme et de bête : Un corps d'homme, un abdomen de bouc des pieds fourchus, une longue queue, une barde rousse, une peau noirâtre, des cornes et il exhale une odeur de souffre. Encore un rapprochement avec les conceptions païennes puisque ce diable ressemble étrangement au dieu Pan dans la mythologie grecques. Il s'agit quoi qu'il en soit d'un symbolisme bien maladroit : L'aspect physique de Satan traduit la noirceur de son âme et la noirceur de l'âme de son serviteur. D'aucun pourrait parler de délit de sale gueule… Mais il s'agissait avant tout de contrecarrer l'action des artistes du 5e siècle qui représentent le diable comme un beau jeune homme richement vêtu et aux manières gracieuses. Une image qui pourrait plus séduire les fidèles qu'un Dieu tout puissant que personne n'a jamais vu…

C'est aussi à cette époque que fleurissent les manuels de démonologie. On citera pour mémoire le " Malleus malifacrum " (" Le marteau des soricères ") des inquisiteurs allemands Jacques Sprenger et Henri Institori, peudonyme de Henrich Kramer (1486), ou le " De la démonomanie des sorciers " du jurisconsulte français Jean Bodin (1508). C'est enfin l'époque des exorcismes et de la chasse aux sorcières et des soi disant " pacte avec le diable ". On vois alors le diable partout : Dans les cultes païens, dans la médecine, dans les catastrophes naturelles, dans ce que le clergé appelle " l'art noir " et qui n'est autre que l'alchimie, dans les plaisirs en général et en particulier le 1er d'entre eux, la grande peur des religions occidentales : le plaisir sexuel…

Enfin, les légions des ténèbres sont dénombrées. Au XVIe siècle on parle de plus de 44 millions de démons répartis en 6666 légions commandées par 66 princes de l'enfer parmi lesquels Abaddon, Mammon, Belphégor, Alastor, Léviathan, Astaroth… Et j'en passe. Certes tout cela ne représente, paraît-il, qu' 1/3 des armées divines mais on ne peut s'empêcher de crier au délire face à de tels chiffres sur lesquels les théologiens ergotent à l'époque…

Tout cela est tel que la chasse au diable aboutira au résultat inverse. Au XVIIIeme siècle et surtout au XIXe, le statut de Satan se renverse : Il devient avec la révolution française puis la révolution industrielle un symbole de la lutte contre le pouvoir et l'oppression, un symbole d'affranchissement. En 1877, Calvinhac, un des chefs de la libre pensée française déclare dans une réunion publique : " Dieu, c'est le mal. Satan, c'est le progrès, la science, et si l'humanité était mise en demeure de reconnaître et d'adorer l'un de ces deux entêtés, elle ne devrait pas hésiter un seul instant… ". Voilà comment le diable devient l'ami de l'homme.

La littérature s'en fait l'écho avec des gens comme lord Byron qui loue Lucifer d'avoir soutenu Caïn contre la tyrannie divine. Percy Shelley qui dans un " Essai sur le diable et sur les démons " démontre que les chrétiens ont tout fait pour retirer à Dieu la responsabilité du mal et voit dans le diable le symbole de la prise de conscience de cette vérité. Georges Sand enfin qui dans " Consuelo " fait dire à Satan : " je ne suis pas le démon (…) je suis le dieu du pauvre, du faible et de l'opprimé. "

Et ce n'est pas fini : Avec les Frères Lumière, Satan passera au cinéma : Depuis " Le manoir du diable " en 1896 jusqu'à " L'associé du diable " avec Al Pacino en 1997, en passant par " La beauté du diable " (1949), " Rosemary's baby " (1968), " L'exorciste " (1973), " Angel heart " (1985) " Les sorcières d'eastweek " (1987) et surtout la trilogie " Damien - La malédiction " débutée en 1976. Aujourd'hui l'image du diable est plutôt brandie par les groupes de musique rock et ce depuis les années 60 à 70. Les Rolling Stones chanteront " sympathy for the devil " avant que, dans les années 70, le groupe Black Sabbath ou le chanteur Screaming Lord Sutch ne défraient la chronique. Aujourd'hui l'étendard satanique est surtout brandi par les groupes black métal comme Dark Funeral, Dimmu Borgir, Gorgoroth, Mystic Circle, Dark Throne, etc…

Mais il faut avouer que le cinéma, et plus encore le black métal, donne souvent de Satan et du satanisme moderne une image extrêmement faussée, image dans laquelle satanisme, violence et apocalypse forme un mic-mac plutôt indigeste pour les profanes.

Quant à l'idée du culte satanique et des rites sataniques, elle n'est pas récente. Les historiens se déchirent sur la réalité des sabbats, ces rites qu'on appelle parfois " messes noires ". Le manuel de démonologie de Bodin ou le " Malleus maléficarum " affirment haut et fort l'existence des sabbats et donnent des descriptions plus atroces les unes que les autres de sacrifices humains, d'orgies sexuelles à grandes échelles. Et ce n'est pas l'Ordre du temple d'orient fondé en 1912 par l'anglais Aleister Crowley, transfuge de la Golden Dawn, qui le démentira, loin de là... A titre anecdotique, les lieux de cultes sataniques ont même été situés dans les temples maçonniques par le sieur Gabriel Jorgan-Pages, alias Léo Taxil, de triste mémoire. Aujourd'hui, la situation est plus claire…

Le fondateur du satanisme moderne est l'américain Anton Szandor Lavey, un F:. d'ailleurs, qui fonde en 1966 l'Eglise de Satan qui demeure aujourd'hui la principale organisation sataniste, celle qui chapeaute toutes les autres. 1966 est proclamée première année de l'ère satanique. Si les F:. M:. sont en l'an 6002, les satanistes sont en l'an 36.

Le satanisme moderne n'a rien à voir avec les digressions du maléficarum, ni les invectives des curés. Pas question de sacrifices d'enfants ou même d'animaux, pas de sabbats champêtres nocturnes où l'on se rend à califourchon sur un balai et qui se termine par un obsculum obsenum…

Certes le satanisme moderne a repris le coté contestataire du diable tel qu'inspiré des saintes écritures et n'importe quel Franc Maçons serait pour le moins septique à l'écoute de cette doctrine satanique. Ainsi le satanisme moderne affirme haut et fort la non existence de Dieu, création purement humaine. Idem pour le paradis et l'enfer qui ne sont que des moyens de dominer les fidèles au même titre que le pêché originel et son corollaire : Le meilleur outil de contrôle des personnes et des masses : La Culpabilité. Le satanisme moderne se veut seulement une spiritualité athée et d'origine païenne, sans aucune vénération d'un quelconque être supérieur. Satan n'est plus qu'un concept et le satanisme se veut une spiritualité basée non pas sur la vénération d'un Dieu unique qui vous rachètera dans l'autre monde si vous avez beaucoup souffert sur Terre, mais sur l'épanouissement de la personne, l'augmentation de l'intelligence et sur l'accomplissement individuelle. Un démarche certes très initiatique voire, pourquoi pas, Nietzchéenne.

Cette étrange mélange de contestation et d'initiation se retrouve dans les 11 règles sataniques. C'est 11 commandement reflètent plutôt, eux le coté contestataire. De plus il y a 10 commandements dans les religions du livre, il y en a 11 dans le satanisme, encore une forme de contestation… Qu'elle sont-ils ? Citon-en quelques uns : " Ne donnez pas votre opinion à moins qu'on vous la demande ", " Si vous allez dans le repaire de quelqu'un montrez lui du respect, sinon n'y aller pas ", " Ne vous plaignez de rien qui vous concerne pas personnellement ", " Ne tuez pas d'animaux sauf pour vous défendre ou pour vous nourrir " " Quand vous sortez, n'ennuyez personne. Si on quelqu'un vous ennuie, dites lui d'arrêter. S'il continue (…) faites en sorte qu'il ne puisse plus vous contrarier ".

Faisons aussi un détour par la symbolique des nombres. 11, c'est la plénitude du 10 qui symbolise un cycle complet auquel s'ajoute le 1 qui fait du nombre 11 celui de la démesure, du dépassement, de l'outrance dans la symbolique chrétienne. St Augustin dira " le nombre 11 est l'armoirie du péché. ". Mais si le 11 est supérieur au 10 qui représente le cycle accompli, il faut aussi comprendre que 11, c'est quelque chose de nouveau qui commence. Le Dr René Allendy, dans on ouvrage " La symbolique des nombres " publié en 1948, écrit : " 11 est le nombre de l'initiative individuelle mais pas forcement dans le sens de l'harmonie cosmique, car 11 est aussi 1 + 1 donc 2. Or le 2 est le chiffre de la lutte intérieure, de la transgression. ".

L'initiative individuelle, la lutte intérieure, la transgression … Dans le monde profane tout cela est synonyme de péchés, de marginalité, d'un mal être qui peut vous conduire sur le divan du 1er psychanalyste venu... Dans le monde initiatique, nous parlons de tout cela en terme de parcours initiatique…

Cette volonté d'épanouissement et d'initiation qui caractérise le satanisme, on les retrouve aussi dans les 9 péchés sataniques qui, eux, reflètent plutôt le coté développement personnel :

1 - La stupidité.
2 - La prétention.
3 - Le nombrilisme, un sataniste ne donne jamais son avis, il écoute.
4 - Se couvrir de ridicule, sauf pour s'amuser.
5 - Le conformisme.
6 - Le manque de perspective, toujours restituer un événement dans l'histoire.
7 - L'oubli du passé, comprenez " accepter ce qui est nouveau sans se poser de question. "
8 - La satisfaction béate.
9 - Le manque d'esthétisme.

Signalons tout de suite que ces péchés ne sont en aucun cas mortels ou véniels, étant donné que les satanistes sont avant tout athées, il n'y a pas de condamnation venant d'une autorité supérieure si l'un de ces péchés a été commis… Ils s'apparentent alors plutôt à de simples conseils…

Pourquoi 9 ? Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce nombre 9 est des plus intéressants et des plus opportun en la matière. 9, toujours selon René Allendy, c'est le nombre complet de l'analyse totale. Car 9 est un des nombres des sphères célestes et c'est le nombre des cercles de l'enfer, Beaucoup de traditions symboliques voient dans le nombre 9 la synthèse de la terre, du ciel et de l'enfer. Enfin, 9 représente l'ouverture du cercle vers le bas, donc sur le monde matériel, contrairement au 6 qui représente l'ouverture sur le monde spirituel, le cercle du chiffre s'ouvrant vers le haut. 9, c'est enfin 6 + 6 + 6 = 18, 1 + 8 = 9.

Alors certes on peut ne pas être d'accord avec cette doctrine, ces péchés et ces commandements, mais le satanisme doit être traité comme n'importe quelle religion ou spiritualité : il faut en prendre est en laisser…

Revenons un instant sur les croyances d'autrefois. Les manuels de démonologies palabrent à grand renfort de détails scabreux sur des sacrifices d'animaux, sinon humains, des festins de chair humaine sans boisson, et des orgies sexuelles auxquelles nos amis les bêtes sont éventuellement conviées à des fins que la morale réprouve…

Il existe certes des rituels dans le satanisme et la pudeur n'y a pas forcement sa place. Ainsi lors des célébrations sataniques les participants sont vêtus de robes noires mais les jeunes femmes peuvent être plus légèrement vêtus… Mais il faut d'entrée noter que dans les célébrations satanistes, les participants sont en robe noire, donc en deuil, tout comme en maçonnerie. L'attrait de la robe noire dans ces cérémonies est la même que dans la justice judiciaire et le même que le tablier et le costume sombre en maçonnerie : Elle a le mérite de mettre tout le monde sur un pied d'égalité, il n'y a plus de riche, de pauvre, de laid, de beau, il n'y a que des gens égaux, qui ont les mêmes aspirations, en quête de quelque chose à partager par delà les différences. Certes le noir symbolise la mort dans la civilisation occidentale mais dans la tradition initiatique le noir est toujours le préalable au blanc. Ce noir est alors temporaire, et synonyme de préalable à un passage à une lumière d'un grande blancheur, une lumière synonyme de vie. C'est le même processus que dans les danses initiatique des derviches tourneurs qui sont revêtus d'un manteau noir qu'il enlèvent pour apparaître en robe blanche et se mettre à danser. C'est le même processus que lors de l'initiation maçonnique durant laquelle le candidat est plongé dans le noir du cabinet de réflexion préalablement à la réception de la lumière. Et on signalera enfin, dans cette optique, qu'un des nombreux noms du diable est " Lucifer " ce qui veut dire " Le porteur de lumière ", Lucifer qui était aussi le nom du christ jusqu'au IIIe siècle…

On comprend mieux cette vêture et cette aspiration à la lumière à la lueur d'autres symboles présent lors d'une célébration satanique :

- Les 2 bougies qui entourent l'autel : L'une d'elle est blanche, l'autre est noire. Elle représente la passage des ténèbres à la lumière. On ne peut s'empêcher de penser au pavé mosaïque.

- Le calice qui est le réceptacle de tous les bienfaits dans différentes traditions symboliques. Analogue au Graal, il contient l'immortalité et donc la vie. La cérémonie satanique serait donc une célébration de la vie. Fait du hasard ? : Le hiéroglyphe égyptien pour le cœur est un calice… Enfin, ce calice doit contenir un liquide agréable au palais

- Enfin et surtout le symbole du Baphomet. Le Baphomet est une tête de bouc insérée dans un pentagrame dont la pointe est tournée vers le bas. On a tout dit sur ce pentagrame inversé, cette étoile à cinq branches dont la pointe est tournée vers le bas, et sur ce bouc qui attaque le ciel avec ses cornes. Encore une pique à l'église… Il faut dire, pour comprendre tout cela, que le Lévitique (chap 16, verset 15 à 16) parle du sacrifice d'un bouc pour expier les pêchés d'Israël. Le monde judéo-chrétien a donc rapidement fait du bouc un symbole de luxure et de perversion alors que cette interprétation est elle-même une perversion d'autres traditions symboliques.
Le symbolisme attaché au bouc est en effet plutôt positif : Autour de la Méditerranée il est perçu comme un capteur de tout le mal qui peut s'abattre sur une communauté. A ce titre jamais personne n'ennuie les boucs dans les villages. Il est souvent aussi symbole de virilité et de fertilité, donc, par extension, symbole de vie. Dans le même ordre d'idée, en Inde, le bouc est assimilé au feu, plus exactement au dieu védique Agni, dieu du feu. Le bouc apparaît alors comme le symbole du feu d'où naît la vie et la mort.

Il y a d'autres accessoires symboliques utilisées dans les cérémonies sataniques : La cloche, l'épée comme symbole du verbe, le gong… Mais pas question de faire un listing de symboles dont vous avez pu voir qu'ils convergent tous vers la même interprétation.

Ces explications serviront-elles à éloigner la peur du diable ? On peut en doute tant elle est encore présente. Ainsi de nos jours on s'effraie encore lorsqu'on découvre, dans l'actualité, des images de profanations de sépultures dans des cimetières dans lesquels les croix sont renversées, les cadavres exhumés, des slogans peints, de pauvres animaux égorgés. Et lorsque les fauteurs de troubles sont attrapés on se rend compte que tout cela a été perpétré par des adolescents aux cheveux longs, tout de noir vêtus et fan de black métal. Point là de satanisme mais un simple délire de jeunes perturbés, probablement par une famille indigne…Certes pour beaucoup le satanisme est le prétexte de gens mal intentionnés qui répandent la destruction et l'affliction autour d'eux par plaisir sadique. Mais on pourrait dire de même des croisades, qu'elles soient d'hier ou d'aujourd'hui, perpétrées par les grandes religions pour lesquelles la lutte contre le diable a longtemps été un prétexte. Cette peur du diable est revenu en force il y a quelque temps, avec la fin du XXe siècle. La tempête du 26 décembre 1999 y a été pour quelque chose dans l'esprit des gens cultivés. On alors longuement reparlé de l'apocalypse selon St Jean et de la venue de l'antéchrist. L'antéchrist qui n'est d'ailleurs pas le diable lui-même mais un démon incarné selon certains, le fils d'un démon et d'une femme selon St Jérôme.

On a, de plus, du mal a priori à comprendre cette peur du diable issue de l'apocalypse puisque, selon St Jean comme dans toutes les traditions apocalyptiques, le diable perd le combat ultime et du champ de bataille naît un monde meilleur, la terre redevenant alors un paradis, du moins selon St Jean. Mais, toujours selon St Jean, ce paradis sur terre ne s'installe qu'après un jugement dernier dans lequel seuls les bons seront récompensés. Il n'est pas interdit de penser, dés lors, que cette peur du diable serait, quelque part, la peur de soi-même. Plus exactement du mal intérieur, de celui que tout homme peut commettre. Ce mal barrant l'entrée du paradis…

On a prêté longtemps aux prétendus satanistes, aux païens, aux idolâtres les pires vices. Cette idée survie encore de nos jours. Mais, d'un autre coté, au nom de Dieu, qui n'en demandait sûrement pas autant, des hommes soi-disant très pieux ont massacrés de soi-disant infidèles, pillés, torturés, violés, détruits… On se demande alors de quel coté est le vice…

Le satanisme est un sujet bien inhabituel pour une loge de maçons francs et réguliers, qui affirment donc leur croyance en un Dieu révélé, qui prêtent serment sur la bible, le Coran ou la Torah. L'athéïsme des satanistes leur interdit l'accès des loges régulières, d'une part, et les Francs maçons réguliers ne peuvent, d'autre part, se reconnaître totalement dans cette doctrine. Un sujet inhabituel certes, charge à vous mes FF:. d'en tirer l'enseignement que vous voudrez : Simple savoir, connaissance de l'ennemi, ou réflexion plus profonde. Charge à vous donc de réunir ce qui est épars...

[Avant de rendre la parole par la formule rituelle, je souhaiterais remercier le F:. Sam Eched, 33e degré au REAA et membre du Suprême Conseil de Belgique pour sa contribution de kabbaliste sur la racine stn.]

J'ai dit, V:. M:.

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/1/satan/satan.htm

Lire la suite

La légende d'Hiram et la mixité ou le passeport pour le Royaume

16 Juin 2013 , Rédigé par S\ S\ Publié dans #Planches

Il me faut vous expliquer mon sous-titre.

La mixité peut se définir comme la réintégration dans l'unité de la dualité. Cependant, même si je me suis essentiellement attachée à un aspect particulier de la dualité, le féminin et le masculin, d'autres dualitudes apparaîtront comme implicites. Comme dans tous les archétypes de la totalité, la dualité s'impose avec sa bipolarisation chtonienne dionysiaque et nocturne d'un côté et de l'autre diurne, agraire et apollinienne. Ces deux pôles sont symboliques et peuvent toujours faire référence au masculin et au féminin.
Par analogie avec la manifestation du Un, évoqué dans l'arbre de vie comme se faisant par strates imbriquées, descendantes et se complexifiant jusqu'à l'incarnation au moment de la conception de l'humain, le fœtus, aussi, commence par l'androgynie, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de caractère de sexualisation en lui, la différenciation n'intervenant qu'à partir de quelques semaines. Dieu fit l'homme à son image, il le fit homme et femme à la fois.
C'est seulement lorsque le monde fut fini qu'il distingua Eve de Adam.
Le retour au commencement édénique, à la source primordiale de la Lumière , me semble devoir emprunter des voies, des phases ascendantes qui referaient le chemin inverse de l'incarnation. La sublimation, en tant que recherche de la transcendance, passe par la mixité, au sens donné dans la définition ci-dessus.
C'est, entre autre, ce que nous raconte la légende d'Hiram.
Interpréter, c'est s'interpréter. C'est se raconter, s'inventer. Le monde est comme un bloc de pierre proposé au sculpteur: Il n'y a pas qu'une statue dans la pierre.
L'étude déploie un espace de liberté, de devenir. Celui qui questionne prend un chemin dont l'itinéraire est inconnu et dont le tracé est celui des pas qui avancent, qui se croisent, reculent parfois, enjambent et poursuivent.
Comprendre un texte, c'est se comprendre devant un texte et recevoir de lui les conditions d'un soi autre que le moi qui vient à la lecture. Ricoeur écrit : non point imposer au texte sa capacité finie de comprendre, mais s'exposer au texte et recevoir de lui un soi plus vaste.
Il est un livre existentiel : la Bible qui se donne à interprétation, donc à la compréhension de soi.
Alors se pose le problème de la traduction, passage obligé pour moi, vers ce texte écrit originellement dans une langue que je ne connais pas. Cette traduction a-t-elle conservé les vertus de l'Histoire authentique ? N'y a-t-il pas effacement, profanation, réécriture, passage par le moi du traducteur ? En un mot hérésie ? Alors j'écarterai les différences, les détails et je ne retiendrai que les faits.
En ce temps, un fondeur de bronze et d'airain, de grande renommée pour son art, vivait à Tyr et fut mandé par un roi étranger, ami de son roi, pour accomplir toute l'œuvre en métal destinée à marquer la maison d'un Dieu, les objets de l'entrée ainsi que d'autres objets, dont les cuves qui recevaient l'eau des purifications. C'est par la parole de ce Dieu à David son père, que Salomon, roi des hébreux, reçut vocation à construire le Temple de Jérusalem.
Tout ce qui fut construit fut témoignage. C'est une parole de la manifestation, de la révélation. L'ouvrage est forcement le même texte que les écritures.
Il rend compte comme la Bible même.
Hiram façonna les 2 colonnes.
Sous Nabuchodonosor, les chaldéens les brisèrent ainsi que le reste de l'œuvre d'Hiram (2R 25.13). Le métal des morceaux brisés fut transporté à Babylone (JR 27.19). L'insistance de plusieurs textes sur ces colonnes atteste l'importance qu'elles ont par rapport au temple. Elles sont le commencement, l'entrée, les relais, la porte à franchir par lesquelles et à travers lesquelles l'intelligence peut avoir une vision, bien que partielle, du Dieu des hébreux. Elles marquent l'inaccessible pour le non-initié. Elles sont les clés de la porte du Royaume. C'est pour cela qu'elles furent brisées, par les vainqueurs des hébreux, pour les empêcher de re-entrer dans le lieu sacré de leur identification. C'était faire un autodafé d'un texte révélé. C'était annoncer d'autres autodafés.
Hiram était fondeur. Tubalcaïn ou Prométhée ? Son signe est le feu. Il est placé d'emblée dans une symbolique solaire. Il est le masculin et nous verrons l'importance de cet aspect.
Il est, pour le moment, la pulsion du savoir, il est le maître de ses connaissances.
Les alliages, qu'il fabrique, synthétisent l'œuvre du feu sur les métaux, c'est l'alchimie qui conjugue le monde des planètes du ciel avec celui de la transmutation de l'humain. Hiram incarna son savoir. Il façonna les 2 colonnes. Qu'a-t-il voulu dire par son œuvre ?
Il les a faites J\ et B\
J comme Joram ou Huram ou Hiram, roi de Tyr, qui le remarqua parmi tous les autres et l'envoya à Salomon, lui, son art et les bois et les métaux nécessaires à la construction du temple. A toi mon roi, à toi qui sait ce que je sais et qui m'a permis d'accomplir mon œuvre, à toi la col\ J\
Ou bien à toi, Jérusalem, vouée à devenir céleste, où se fonde le grand temple, à toi la col\J\ Ou plus simplement à toi "iod, hé, vav, hé", le mot du M\, nom du principe premier fécondateur, à toi la col\ J\
A toi Bethsabée, femme de David qui a engendré Salomon, mère de cet enfant qu'elle fit roi et par lequel je suis devenu messager d'une parole à révéler. A toi, la mère, la matrice fécondée, à toi la col\ B\
Ou à toi Balkis, reine de Saba, qui a tant admiré mon œuvre et pour qui fut coulée la mer d'airain, comme le rapporte Gérard de Nerval. Bethsabée, Bethléem ou Béréchit, tu es le commencement manifesté, à toi la col\ B\
Beth, c'est le premièrement du verbe tout entier, la lettre par laquelle commence le commencement de la création, la lettre pourtant 2ème de son alphabet, et qui dit ainsi de rechercher l'aleph pour trouver le vrai début. Beth, c'est la vierge annoncée par Isaïe et devant enfanter, toutes les virgines pariturae, dont la fécondation se fera par le principe mâle de J\
Il est à noter qu'à Chartres, régnait dans un temps bien antérieur aux chrétiens et même aux celtes, une vierge-mère qui était sans doute une vierge noire et qui avait peut-être eu nom Isis, Démeter ou Bélisama.
Mais Hiram ou Salomon, selon les textes, savait lire et écrire. On ne s'arrêta pas à épeler la 1ère lettre. Les col\ furent nommées Jakin et Boaz :
Jakin établit, fonde
Boaz, en lui la force, reçoit, est fécondé et accomplit Jakin.
Les 2 colonnes, pas d'autres, pas des, -les- 2 col\ dressent dans leurs significations tout l'arbre séphirotique. En J\ la voie active de la manifestation, en B\, la voie passive. Ces col\appartiennent au monde d'Yetsirah.
Les piliers extérieurs, ce sont les reflets clairement différenciés en mâle et femelle de l'homme androgyne, créé dans le monde de Bériah et séparé en Adam et Eve en Yethsirah.
Les textes ne disent pas qu'elles sont symétriques ni semblables. L'une d'elle est décrite par sa hauteur, l'autre par son diamètre. Ce serait une erreur d'interprétation que de les rendre pareilles. Il s'établit ainsi une correspondance, une altérité sans identification, de celle qui est haute, de celle qui est large. C'est affirmer la différence, maintenir et laisser libre la dimension de l'étrangeté et de l'ailleurs. C'est dire que l'autre ne revient pas toujours au même. L'autre n'est alors comme opposé que de son autre.
Les col\sont séparées, à côté l'une de l'autre. Pas ensemble, pas homme et femme à la fois.
Blanche ou rouge, à gauche ou à droite, mâle ou femelle, avec des grenades ou des lys, bronze ou airain. Peu importe.
Parce que séparées les col\tracent un seuil entre deux polarités. Le traverser, pour pénétrer dans le sanctuaire, c'est se laisser irradier par la magie du passage au milieu qui fait la synthèse du principe mâle et du principe femelle et qui ouvre sur le monde supérieur à la rencontre de l'adam bériatique….et peut-être plus encore sur l'adam kadmon..
La mixité en l'être s'impose comme interprétation de l'œuvre d'Hiram.
L'ouverture rend possible le passage d'un mode d'être à un autre, d'une situation existentielle à une autre. Pour s'achever, l'homme doit traverser le seuil marqué par les col\ et se retrouver naissant une deuxième fois spirituellement.
La col\décrite par sa hauteur, c'est la col\en élévation, en érection dont l'énergie est ascendante. C'est J\la verticalité. Celle définie par son enceinte, c'est B\, l'horizontalité.
En passant entre J\et B\, l'initié réintègre en lui ces 2 orientations et reçoit la croix. J\B\ annoncent que l'initiation s'accomplira par la croix.
On peut remarquer que Boaz, personnage de la Bible est considéré comme la source du Messie en tant qu'ancêtre de David et c'est à partir de lui que s'accomplira la promesse faite à Abraham. En se mariant avec Ruth, descendante incestueuse d'une fille de Loth, étrangère convertie au judaïsme, il engendre au travers de son descendant le messie de l'universel. Le messie, annoncé dans l'ancien testament, issu de Boaz et de Ruth, c'est la mémoire incarnée de la totalité des expériences humaines, affectives et ethniques.
C'est la reconnaissance et l'acceptation de toute altérité. C'est la mixité sublimée.
Si l'homme est capable de se mettre en accord avec les lois de l'univers, tant extérieur qu'intérieur, il retrouvera l'harmonie universelle. Le monde apparaît avec son inhérente dualité. La monocellule primitive est éternelle parce qu'elle se régénère par sa division. L'apparition de la sexualisation dans l'évolution des espèces a introduit la mort parce qu'en engendrant un 3ème terme, les deux géniteurs disparaissent pour lui laisser, à un moment donné, leur place.
Le retour à l'unité, c'est ne pas s'identifier à une seule col\, mais d'être le lieu de la réintégration de leurs significations: la mixité.
Boaz attend Jakin
Etre ou pas, être est la question, je dirai même, naître est la question.
J\ et B\, 10 et 2, germe et matrice, choisis et nommés, forcément avec une intention herméneutique, annoncent le 3 en tant que retour à l'unité.
L'initiation, à travers la légende d'Hiram est une fécondation, une re-naissance, une transmutation qui s'opère par une mort et une résurrection rituelles.
La mort et la résurrection d'Hiram sont une légende exemplaire, comme tous les mythes ou contes, de divinités assassinées. Ils servent de modèle au comportement humain. Ils fondent l'être dans le sacré.
C'est grâce au symbole que l'être sort de sa situation et s'ouvre sur l'universel. Le symbole éveille l'expérience individuelle et la transmue en acte spirituel, en saisie métaphysique du monde.
En comprenant le symbole, l'être réussit à vivre l'universel donc à vivre la transcendance.
Hiram, symbole mâle, enterré sous le tertre, est le semen virile pour la terra mater ou la tellus mater bien connu des religions méditerranéennes, qui donne naissance à tous les êtres.
Sa mort est l'occasion du passage dans les tréfonds telluriques, c'est la descente, mais aussi le fertilisation de ce qui est en bas par ce qui est en haut, du principe féminin par le principe masculin, de la terre par le ciel.
Après être passé entre les col\ du Temple, dont la matière, l'airain, affirme l'alliance indissoluble du ciel et de la terre, le grand prêtre (le Cohen Gadol) arrivait au Saint des Saints. Une fois par an, revêtu de tous les symboles qui attestaient de sa représentation du monde, il venait prononcer le nom imprononçable de Dieu, pour rendre le service de celui qui existe à l'un. Au bas de sa robe, des clochettes pour féconder, par les sons et la forme, ce qui est en bas par ce qui est en haut, au cours de cet espace-temps hiérophanique.
En pénétrant dans la terre, Hiram accomplit un rituel conjugal cosmique. Ce serait une hiérogamie si Hiram eût été un Dieu. Il ne l'était pas, c'est pourquoi nous parlons de légende à son propos et non de mythe.
A noter que l'union sexuelle, chez les hébreux, est considérée comme une union devant Dieu. Cela renvoie au sacré. C'est dire que si l'homme se conçoit comme un microcosme, dans l'accouplement, il retrouve le sacré qu'il reconnaît dans le cosmos. Pour l'être religieux, et comment considérer Salomon et Hiram autrement, le cosmos vit et parle. Il n'est pas sans but ni sans signification. La mort d'Hiram demande que soient sanctifiés les rapports de l'homme te de la femme en tant que recommencements des commencements, en tant qu'acte primordial.
En tant que géographie sacrée, la tombe d'Hiram est une chambre nuptiale cosmique.
Sa résurrection, c'est l'accouchement de l'être renouvelé, le passage de l'horizontalité à la verticalité. Au sens gnostique, ce terme est synonyme d'éveil, de réalisation dès ici-bas.
Reprenons le logion tiré de l'évangile selon Thomas, trouvé dans la bibliothèque de Nag-Hammadi ; parole rapportée de Jésus le nazaréen, de la secte essénienne des nazaréens.
1. Jésus a dit
2. Je suis la lumière qui est sur eux tous
3. Je suis le tout
4. Le tout est sorti de moi
5. Et le tout est parvenu à moi
6. Fendez le bois, je suis là
7. Levez la pierre
8. Vous me trouverez
Il dit encore
Ma mère m'a enfanté, mais ma mère véritable m'a donné la vie. Oui, la Mère divine est là pour nous permettre de retrouver le chemin de la lumière, de l'Un.
Ecoutons-la dans ce petit traité de Nag-Hammadi appelé « Le Bronté » :
Je suis l'union et la dissolution
Je suis le repos et le départ
Je suis la descente et c'est vers moi que l'on remontera
Et elle nous apostrophe encore.
Multiples sont les formes séduisantes qui émanent de nombreux pêchés et du manque de retenue et des passions déshonorantes, des plaisirs fugitifs qui hantent jusqu'à ce qu'on soit sobre et qu'on monte au lieu du repos, et là on me trouvera et on vivra et on ne connaîtra plus la mort.
Faire vivre au compagnon le psychodrame de la mort et de la résurrection d'Hiram, c'est lui faire parcourir le chemin cosmique de l'initiation au cours duquel, à la fin, la chair putrescible aura quitté les os incorruptibles. M\ B\!
Le message est le même que celui de Sophia, ma Mère-divine. Renonce à ce qui te divise, à ta corporéité, en descendant et remonte en rassemblant ce qui est épars, ce qui est esprit. Te relever, c'est t'élever.
L'être qui cherche son autonomie, peut plonger dans cette pâte originelle qui l'épure de ses passions, de ses pulsions, de ses débordements, pour en faire un Maître.
L'enfouissement d'Hiram, après son assassinat, c'est le scénario d'un rituel initiatique qui, au cours de la cérémonie d'élévation, transforme l'homme naturel en homme culturel et spirituel, en être alchimisé. C'est le comp\, le F\ qui accomplit sur le M\ à re-venir le meurtre régénérateur.
L'œuvre maîtresse d'Hiram est de donner à l'initié à vivre le rite de sa propre mort violente, suivie d'une dynamique ascensionnelle.
Hiram est pour moi une légende gnostique. Elle rappelle, bien évidemment, les mystères d'Osiris. C'est l'aventure prodigieuse, sans cesse revécue, de la recherche de l'un originel par celui qui sera élevé M\. C'est par l'acte rituel que s'accomplissent le plus parfaitement la commémoration et la transmission du "faire être" qu'exige toute tradition véritable de l'expérience du sacré.
Que celui qui cherche ne cesse de chercher, jusqu'à ce qu'il trouve bouleversements, émerveillements et unification. Que le règne de Maat arrive!
Jésus, Hiram rétablissent magistralement le rôle et la fonction de la Mère-divine de l'androgynie. C'est rappeler, à travers la descente au tombeau et la résurrection que le comp\ s'accouche M\ et que le M\, s'il veut découvrir le royaume, doit cultiver et élever ses composantes par l'unification du masculin et du féminin; que cette unification ne se fait pas seulement par la fusion des partenaires dans le couple mais s'établit, à l'intérieur même d'un individu, par l'harmonisation de tous ses contraires.
On sait que chez certains gnostiques, l'esprit était féminin. Avec le Père, il formait une divinité androgyne, mais le plus souvent, il était appelé Sophia.
Quand vous ferez le Deux Un, Vous serez fils de l'homme, logion 106
Quand J\et B\ s'accomplissent dans le M\ qui les unit, Jean le Baptiste surgit.
La condition humaine est une suite ininterrompue d'épreuves, de morts, de résurrections qui prennent un autre sens chaque fois que se répètent la gestation et la naissance d'Hiram.
Le retour à l'origine, à l'unité primordiale, le rite de passage dans le nœud où se ligaturent ciel et terre commence sur le seuil du temple, entre les 2 col\
J'y suis.
Hiram, légende masculine, fondement de la signification du 3ème grade, de la résurrection du M\ en moi. Voilà pour le un.
Moi femme, initiée et élevée F au 3ème degré, voilà pour le deux.
Droit Humain, mixte international, le DH affirme l'égalité essentielle des 2 humains, l'homme et la femme. Art 2: l'ordre s'impose une méthode rituelle et symbolique, grâce à quoi ses membres édifient leur temple à la perfection et à la gloire de l'humanité. Voilà le trois.
Par le D\H\ se fait le retour à l'unité qui m'identifie dans la mixité de l'esprit.
Je m'appelle Hiram Abif, fils de la veuve. D'un côté le chaos, de l'autre la lumière, le kodech kodéchim (le Saint des Saints).Oh ma mort je t'appelle. Putréfie en moi ce qui m'empêche d'être M\, féconde moi de sagesse, de force et d'harmonie. Avec toi, qu'il me soit donné de faire dans ma vie ce pas qui m'affranchira vers le royaume intérieur
source :
www.ledifice.net

Lire la suite