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Hauts Grades

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Le 10ème outil du Franc-Maçon

8 Juillet 2013 , Rédigé par Anonyme Publié dans #Planches

Planche anonyme

Chacun de nous connaît les 9 outils se rattachant aux 3 grades de la maçonnerie spéculative.
Mais il en est un 10e qui n'est jamais cité. Oswald Wirth, à travers tous ses écrits, n'y fait même pas allusion, ainsi qu'aucun dictionnaire maçonnique !
Or, que fait un Apprenti après avoir utilisé le maillet et le ciseau ?
Que fait le Compagnon après avoir manié les nouveaux outils de son grade ?
Que fait le Maître après avoir reposé les siens ?
Et nous autres, mes frères, que faisons nous à chaque agape ?
Tout simplement, nous étanchons notre soif, cette soif qu'il est important d'apaiser au risque d'amoindrir l'assurance de notre main.
Et comme le corps a des besoins que la raison seule ne saurait satisfaire, la soif pouvant prendre brutalement le Maçon démuni et qui, pauvre et dans la détresse, n'aurait pas eu en sa possession ce fameux 10e outil tant négligé à travers les siècles, il se retrouverait réduit au rang d'épave humaine.
Et en effet mes Frères, réfléchissons ? Essayez donc d'ouvrir une bouteille avec un maillet, une équerre ou bien un compas !
Non, je vous le dis ce soir, haut et fort, il faut faire cesser au plus vite cette injustice et ce danger.
Aussi, rompant le privilège du Vénérable qui en connaît l'existence, je vous propose d'introduire un nouvel outil, que j'appellerai vulgairement le tire-bouchon, dans la panoplie maçonnique, et ce, à tous les grades.
Ce tire-bouchon n'est en effet actuellement présenté pour la 1re fois au nouveau Vénérable Maître qu'à l'issue de la cérémonie secrète de l'installation lorsqu'il lui est proposé d'en faire immédiatement un usage plus opératif mais restreint en présence des seuls Maîtres Installés avant le retour des Frères sortis sur les parvis, et dont l'oreille attentive n'aura peut-être entendu que quelques lointains tintements de verre.
Mais de manière plus symbolique on représente ce tire-bouchon par le Tau inversé, pointe dressée vers le ciel en remerciement au
GADLU pour les faveurs dont il vient de nous combler.
Et ainsi, si l'on reconnaît le Vénérable Maître en Loge ouverte a ce qu'il porte l'Equerre lorsqu'il est assis, on le reconnaît immédiatement encore mieux, lorsqu'il se lève pour la 1re fois, aux 3 Tau qui ornent son nouveau tablier. Un pour le rouge, un pour le blanc, un pour le rosé. Ceci vous avait-il donc échappé ?
Tire-bouchon vient du verbe "tirer" et du nom "bouchon", qui en latin donne "bucco". C'est en quelque sorte l'outil qui sert à extirper de son logement la parcelle de matière, faite généralement de liège qui, d'un côté est au contact du liquide, et de l'autre côté est à proximité de la personne qui fait l'action de tirer.
On situe mal l'invention du tire-bouchon. Mais généralement, on l'attribue à l'observation de certains animaux proches du porc, qui, de par leur partie caudale, évoquent la spirale que nous connaissons. Le génie humain consiste à rigidifier cette spirale en la rendant métallique : ceci se déroule, à peu près, à l'époque du fer. Ainsi passa-t-on insensiblement du tire-bouchon mou au tire-bouchon dur.
Mais de longs et pénibles efforts, furent encore nécessaires, pour rendre utilisable l'instrument; il restait à inventer le manche. Nul ne sait s'il fut inventé par un Frère, mais il est quand même curieux de constater que l'angle formé par la verticale et le manche lui-même, est un angle droit, soit 90° degrés ou le quart du cercle.
Avouez que tout cela est bien curieux, et qu'il ne peut s'agir uniquement du fait du hasard. ?
Mais il est un autre aspect symbolique sur lequel je voudrais insister qui est peut-être, à mes yeux, le plus important :
Repensez à la dernière bouteille que vous avez ouverte ? Vous souvenez vous de la façon dont vous avez placé la pointe du tire-bouchon ? Vous l'avez placé juste au centre. Et ainsi placé il ne peut faillir. Puis vous avez appuyé légèrement et ensuite de plus en plus fort, en imprimant à votre poignet un mouvement rotatif dans le sens que la déambulation en Loge. La pénétration de la vis se fit ensuite régulière, jusqu'à ce que vous vîtes apparaître la petite pointe métallique à l'autre extrémité du bouchon, donnant le signal de l'arrêt de votre effort.
Tout aussitôt, et pris par un indicible plaisir, vous tirâtes brusquement vers le haut le tire-bouchon pendant que votre autre main serrait fermement la forme ronde de la bouteille.
Ce sont là les 5 points parfaits du sommelier : manche dans paume, doigts repliés, genoux contre bouteille, main contre goulot, paume vers le sol : c'est dans cette attitude, et dans cette attitude seulement qu'une bouteille peut être régulièrement ouverte.
Vous venez d'accomplir un geste remontant à la nuit de temps, un geste assimilable, de par l'élément pénétrant (le tire-bouchon) et l'élément receveur (la bouteille), au phénomène de l'accouplement et par la même, de la procréation, rappelé en loge par la présence des 2 colonnes B et J, symboles lunaire et solaire, féminin et masculin, mais aussi évocatrices du Bordeaux et du Juliénas.
Mais ne nous y trompons pas, le tire-bouchon est menacé, tant par l'intégrisme que par le modernisme si nous n'y prenons garde. Déjà, un ecclésiastique de la pire espèce, j'ai nommé Dom Pérignon, de par son invention champenoise fit sauter les bouchons sans l'aide d'aucun instrument. Est-ce de là qu'on assimile souvent la F.M. a un mouvement anticlérical, à tort, nous le savons bien ?
Et puis, plus près de nous, la capsule qui ne nécessite plus que l'usage d'un vulgaire levier. Pire encore le pack qui ne nécessite qu'un couteau ou une paire de ciseaux, voire la cannette en aluminium qui s'ouvre sans aucun outil !
Non, mes Frères, soyons vigilants, sachons défendre tous nos instruments et en particulier le tire-bouchon, sans lequel nous ne serions peut-être pas ce que nous sommes.

 

Jiri Pragman

Source : http://www.hiram.be/Le-10e-outil-du-Franc-Macon_a594.html

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Des outils du maçon

6 Juillet 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Tout honnête frère est avant tout un honnête pèlerin, c’est-à-dire en quête, sur la route, mais aussi, un étranger, un voyageur dans de différents domaines. Les échanges dans un atelier maçonnique peuvent paraître des confrontations. Mais en enlevant leur caractère « positionnel » et leur tendance issue d’une systématique, ou de la défense de quelque chose (valeurs, sentiments, croyances, opinions, idées), il reste que l’homme en recherche ou le maçon, ou pour celui qui emprunte la voie difficile de l’évolution a le devoir d’échange pour son avancement et l’avancement des idées. Le discernement, la ou les connaissances, qui lui permettent de voir clair, ou d’être éclairé, résultent précisément de divers procédés, moyens, etc... que symbolisent les outils du Maçon.

Ciseau et Maillet. Le Ciseau (du latin, cisellus, coesellus et coedere, couper) en fer ou acier trempé permet la sculpture, et l’art pour dégrossir les pierres en ôtant leur rugosité. Symboliquement, cela consiste à affiner le caractère, à s’instruire, à se perfectionner et à augmenter ses connaissances, quitte à se frotter aux autres, en commençant par se parfaire, puis comme compagnon pour poursuivre dans le monde extérieur. Le Maillet (du latin malleus) est une des lumières du Vénérable. Indiqué à l’apprenti avec le ciseau, il n’est pas l’outil de commandement, mais une invitation au travail. Un apprenti va recevoir un ciseau pour être peu à peu efficace et posséder le discernement qui lui permettra de procéder à des investigations. Le Maillet lui permettra d’utiliser son intelligence pour l’application, et son geste devient plus sûr. C’est quelque part l’apprentissage de la dialectique s’il utilise son intelligence correctement, d’autant plus que le Verbe lui est interdit. Il affine ainsi son sens de l’observation, sa logique, son raisonnement par une action persévérante et pour apprendre à utiliser ses connaissances.

Arrivent ensuite l’équerre et le compas. Le compas (du latin compassare, mesurer) est un outil actif qui s’ouvre au maximum à 180° où il n’agit plus, et à 45°, il devient aussi équerre. Le compas permet de décrire des cercles, c’est-à-dire des circonférences où peut agir la pensée. Ces cercles sont les différents modes de la pensée et de ses raisonnements. Ils symbolisent la pensée juste qui explore différentes possibilités clairement et précisément. Le compas qui sert à la mesure du cercle dévolu au maître est pour l’apprenti la sincérité et la confiance qu’il porte à ses compagnons et à son apprentissage. C’est aussi le respect des autres, de leur langage et de leur maîtrise. L’apprenti ignore l’usage du compas. L’équerre (latin exquadra, équarrir) sert à tracer des angles droits et réunit l’horizontale et la verticale pour obtenir l’aplomb. L’équerre donne la rectitude dans l’action et symbolise la justice. Dans le raisonnement, l’équerre donne de l’ordonnancement dans les idées, afin que l’édifice tienne en place. L’équerre sur le compas est la matière que ne domine pas encore l’esprit, mais aussi la droiture et la rectitude. Pour le compagnon, l’équerre étant croisée avec le compas, il y a équilibre entre la matière et l’esprit. Le compagnon n’est plus dans les ténèbres et il s’achemine vers la sincérité et le discernement. Lorsqu’il devient Maître, l’équerre est sous le compas signifiant que l’esprit maîtrise la matière. Le maçon possède alors le discernement et la justice. L’équerre est donnée dans l’office au Vénérable pour la rectitude et le maillet affirme son autorité. L’équerre est aussi le symbole de la science maçonnique pour le Vénérable chargé de former des Maçons parfaits, permettant de faire passer de la pierre brute à la pierre cubique. Règle et levier. Pour Wirth, au 2Ième et 3ième voyage, le compagnon voyage avec la règle à la main signifiant le rôle passif de la règle.

Au troisième voyage du rite français, deuxième degré, il voit la Règle et le levier. La règle (du latin regula, verbe regere, diriger) sert à tracer les lignes droites, donc sert pour la rectitude et le levier sert à soulever. La règle droite lisse ou graduée (24 pouces dans le rite écossais ou graduée dans le rite français) sert à mesurer l’ouvrage, à mesurer les heures, et à servir. Elle coordonne ses connaissances qui doivent être dirigées vers de multiples sujets, à chaque instant du jour. Elle peut avoir un rôle actif ou passif dans ce qu’elle possède de strict et immuable au début, en cours ou à la fin du travail. Elle permet de diriger ou de vérifier le travail accompli par précision dans les tâches, par la méthode, la rectitude et par l’application de la loi. Le levier est une barre rigide pour soulever un poids. Il sert au déplacement des pierres ou matériaux, et de leur mise en place. Son attribution est la force de la connaissance et des connaissances, symbole de puissance. Il est passif, mais son activité résulte de sa mise en ouvre pour augmenter les forces du compagnon. Les deux instruments alliés servent à la mise en place des matériaux, le levier par la puissance, la règle pour l’ajustement et le contrôle. Intellectuellement, cette mise en place se fait par l’application de la raison, de la logique, de l’intelligence. C’est un symbole de la puissance de la pensée correctement mise en place. La règle est la rectitude dans l’action, dans la pensée, la précision alliée avec le levier, le pouvoir de la volonté, ou la puissance.

Perpendiculaire et Niveau Au quatrième voyage, le compagnon voit la perpendiculaire et le Niveau. La perpendiculaire qui est aussi fil à plomb sert à l’équilibre dans la verticale, et le niveau intervient dans l’horizontale. La perpendiculaire (du latin perpendiculum et pendere, pendre) permet de vérifier la verticale et l’aplomb. Elle empêche toute déviation pour ériger correctement un ouvrage. Dans l’intelligence, la perpendiculaire sert à la profondeur des vues et de l’observation ainsi que pour l’équilibre. C’est pourquoi elle est donnée au surveillant pour contrôler les apprentis pour comprendre les éléments de la pensée instruite. Le niveau (du latin nivellus) sert à égaliser, à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Il rend plane dans la mise en ouvre correcte des connaissances, sans pour autant niveler les connaissances, car il permet de connaître les différences dans l’horizontale et la verticale. Il est fait d’un triangle, ou équerre juste dont l’angle au sommet est de 90° et d’un fil à plomb. Il ne sert pas à égaliser, mais à mesurer des différences ou les niveaux. Il concourt à la perfection du Maçon. .

Au cinquième voyage, il reçoit la truelle. La truelle (du latin, truella) est le dernier outil qui sert à parfaire et terminer l’ouvre de la construction. Il sert avec le ciment à lier les pierres, à lisser les derniers travaux et à finir le travail. Il est le symbole du liant, de l’amour fraternel ou de la bienveillance entre frères et entre tous pour édifier les Temples. La truelle est le symbole de la Connaissance bien faite, de la qualité et de la perfection. « Le Maçon doit rechercher tout ce qui unit, rejeter tout ce qui divise et sépare les hommes. Il doit arriver à la solution acceptable pour tous, conforme à l’intérêt de tous » « Un maçon doit s’efforcer de rapprocher les points de vue opposés, les hommes divisés » « La truelle est l’emblème de la perfection » « Tous les F.M. doivent apporter selon leurs possibilités leur contribution à la Vie » « Personne ne doit rester inactif ».(selon Michel Reyt, Dictionnaire de la F.M. de Ligou PUF). Dès lors, toute discussion, ou même polémique, devrait au moins être un ajustement de différentes pensées par comparaison de données très diverses, en respect des opinions, des croyances et idées de l’autre, pour trouver et confronter les points communs ou de divergences et contribuer ainsi à faire croître une pensée plus riche et plus harmonieuse, donc forcément plus intéressante que la pensée de l’un, pour valoriser la pensée de l’un et de l’autre. Et dans ce respect, doit finalement également être augmenté la compréhension, voire l’amour fraternel dans son sens social et humanitaire.

Source : www.ledifice.net

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Les outils du Franc-Maçon

5 Juillet 2013 , Rédigé par R\ N\ Publié dans #Planches

Les Outils Symboles du F\ M\ et La pierre cubique à pointe :

Equerre et Compas
Maillet
Epée flamboyante
Truelle

En entrant en ce temple chacun se remémore à l'esprit deux pensées importantes :

« Il faut laisser ses métaux à la porte du T\ ».
« Ici Tout est Symbole ».

Depuis des temps immémoriaux les hommes ont cherché un langage une langue commune… Il en va ainsi de « l'Espéranto » - mais pour forcer encore plus la compréhension, l'Homme s'est aussi penché sur un langage à la fois Universel et Synthétique - et les recherches l'ont amené à découvrir des images, des symboles Qui expriment, en les réduisant à l'extrême, à l'essentiel devrais-je dire, les réalités les plus riches, les plus complexes. Les symboles s'offrent aux FF\ MM\ pour les inciter à réfléchir profondément. Le rôle des symboles est de nous astreindre à rechercher, sans relâche, ce qu'ils signifient, bien au delà de « l'idéogramme » qu'ils représentent, car aucune formule verbale, à laquelle nous sommes tentés de nous arrêter, ne saurait leur être substituée. « Il faut que l'Initié descende au Centre de la Terre pour y connaître les Dieux », dit une maxime chère aux Cultes Anciens. Le Centre de la Terre n'est autre que le fond de nous même, « notre Caverne Alchimique intime et Profonde… » Il n'y a donc pas de perception standard du symbole, mais un effet de « stimulus - réponse », propre à chaque individu, chaque F\, suivant sa culture, sa sensibilité, sa réceptivité. Il suffit de méditer un long moment et de façon intense sur le symbole, même à peine entrevu, pour que se cristallise dans notre subconscient la perception de la Forme, la figure géométrique, même l'objet, pour que naisse en nous les sentiments profonds et les réflexions, issus de ce symbole. Alors nous sommes à même de le vivre pleinement car il correspond absolument à l'idée, la pensée, à la Vérité qui nous préoccupe, mais aussi à la situation que l'on vit à cet instant « T ». C'est pourquoi l'enseignement du Symbolisme en L\ est une démarche enrichissante pour les FF\ de tous Grades, une démarche en continu. Ceci est bien entendu un Avis Très Personnel, chacun d'entre nous est libre d'en avoir en la matière un différent - les Obédiences peuvent considérer le symbolisme comme une étude superflue, que l'on ne fera qu’effleurer, pour éviter le dépaysement absolu des FF\ lors de leurs voyages en des Or\plus portés sur cette approche…Soit…s’il en est ainsi !… Mais comme l'écrivait si justement A. de Saint-Exupéry :

« Si tu diffères de moi mon Frère, au contraire, loin de me léser, tu m'enrichis… » Mais j'ajouterais, sans complexe aucun ni esprit de contrariété : « et si parfois je ne partage pas tes idées, je me battrais pour que tu puisses les exprimer, en toute liberté… »

En Loge Bleue ; aux trois premiers degrés du R\ E\ A\ A\, comme dans la plupart des autres rites les deux premiers instruments sont « L'équerre » et le « compas ». Ce sont même les « Grandes Lumières » de la L\. L'équerre orne le sautoir du V\ M\ en chaire, mais équerre et compas sont aussi en synthèse dans le bijou du P\ M\ Une étude séparée de ces deux premiers symboles est donc nécessaire à ce point de ma p\.

L'Equerre :

Ce terme tire son origine du Latin « quadraré » qui signifie rendre carré. Equerre signifie donc angle droit…, dans la symbolique Chinois antique, équerre et carré sont considérés pour significatifs de l'Espace et de l'Ordre Terrestre - le caractère, en forme d'équerre dressée base vers le haut, (Tch'eou) exprime la notion de sciences, des arts. L'équerre était le signe du Souverain, premier Devin Fou-HI. Ainsi l'équerre qui produit le carré, emblème de la terre, est un insigne de principe mâle, mais nous verrons comment, plus loin, de façon indirecte - donc de principe Passif, puis actif par action de combinaison avec un autre outil. Dans l'ésotérisme Pythagoricien, l'équerre est le signe du « gnomon » - et en tant que substantif, il signifie « régulateur - règle » - pour Pythagore, l'équerre désignait l'aiguille du Cadran Solaire, ou le Cadran lui même, mais comme qualificatif, il ne pouvait lui être appliqué d'autre interprétation que « qui signifie, qui comprend dans la rectitude ».   Dans l'alphabet Grec, la lettre G est représentée par l'équerre, et à ce titre on attribue à l'équerre le symbole de « la Gnose » de la « connaissance ». Connaître Gamma était posséder la connaissance de l'équerre qui la représente. Pythagore nous a laissé le plus profond symbole de réflexion sur l'équerre, son théorème, remis au point par Euclide trois siècles plus tard : A 2 + B 2 = C 2

Soit le triangle rectangle, base des chiffres 3 – 4 – 5 qui par leurs combinaisons diverses donnent les bases des âges maç\.

3 Ans
5 ans
3 + 4 = 7 ans.

et donne accès total, par addition, soustraction, réduction des nombres à la numérologie et à la symbolique des nombres.

Les propriétés de l'équerre « Homme-Terre » sont reprises en compte dans bien d'autres cultures. Tradition Egyptienne : ATEM ou ATOUM, « Le Dieu Rouge » est fait de terre et d'eau. Tradition Juive : ADAM (proche de ATOUM) est fait e terre et d'eau également. La Kabale : Tradition ésotérique de la Genèse, « l'Homme Total », fait de toutes les âmes est un régulateur, gardien et second ordonnateur du plan terrestre, il est la Terre MALCHUT, en Hébreu Le Roi. Je clorais ce point par les correspondances analogiques de l'équerre :

Le sens La Mémoire
Le Vice Capital L'Orgueil
La couleur du Prisme Le Rouge ou le Pourpre
La forme ascétique L'Obéissance
La Vertu Théologale La Foi
La Faculté Spirituelle Le Don de l'Intelligence
Le Charisme Secondaire Le Don de Guérison
Les Arts Libéraux La Rhétorique
Elément de l'œuvre Le Soufre des Philosophes.

Tiens Bizarre…9 correspondances - comme 5 et 4 ou 3 multiplié par lui même !… Ce sont certainement les 9 premiers points obligés du Passé Maître, futur V\ M\ de la L\ qui devient Maître Instructeur.- l'équerre évoque alors La Fraternité. A toi mon F\ La rectitude et la rigueur de l'équerre ! …Souviens-toi que son nombre ésotérique est le 3.

Le Compas :

Le compas est cet instrument qui me permet de tracer un cercle. Mais, qu'est un cercle ? C'est tout d'abord un Point… Un Point dans le Cercle…et une série de points tous en équidistance de ce point central… En Latin le cercle se dit « circen » le Circitor Latin est « celui qui fait la ronde », celui qui décrit un Cercle. C'est la Grande figure allégorique du G\A\D\L'U\ muni de son compas, qui trace ce cercle c'est à dire l'œuvre dans un domaine soumis à des limites…ce qui n'est autre que le Démiurge Platonicien - et dans l'ésotérisme Chrétien Orthodoxe le Christ « Véritable et Saint Démiurge » car en même temps seul « Médiateur entre L'Homme et Dieu ». Toujours dans la même symbolique Chinoise, « Fou-Hi », signe de l'équerre est l'époux, de « Niu-Koua » dont le compas est l'insigne. Les Gravures qui les représentent les font se tenir enlacés, par le bas du corps, Ni-Koua, qui se tient à droite de la gravure tient le compas de la main droite, Fou-Hi, tient de la Main Gauche l'équerre. Ainsi l'équerre, qui produit le carré, emblème de la terre, devient par cette fusion des corps, par un échange hiérogamique d'attributs Principe Mâle. A ce même titre le compas est un élément passif, donc femelle. Une figure semblable dans sa symbolique se retrouve dans « le Rébis » de Basile Valentin dans le « Traité de l'Azot ». L'Homme Premier tient le compas dans la main droite et le compas de la main gauche. Dans les Grades des Ateliers Bleus, le compas est ouvert à 45° car la connaissance est incomplète ou à parfaire - les 90° étant représentés par l'équerre. Au 1er degré, l'équerre se pose sur le compas, car la matière domine l'esprit. Au 2ème degré, le compas a sa branche gauche posée sur la partie gauche de l'équerre, les deux bijoux s'enlacent ainsi avec harmonie, car Matière et Esprit sont harmonieusement insérés l'un dans l'autre. - mais veut que l'Homme soit initialement et définitivement formé d'un esprit et d'une forme. Au 3ème degré le compas repose totalement sur l'équerre qui est dessous, car l'esprit domine la matière laquelle même s'efface - ce qui rituellement correspond bien à « Le Maître est Mort » il a franchi « le Seuil ». La matière disparaît, elle est déjà en décomposition d'où notre mot substitué « M\ B\ ». Dans les autres degrés maç\, sans en rien révéler plus, le compas s'ouvre avec les progrès dans la connaissance, mais il est figuré sur un segment de cercle « gradué ou non ». Dans cette composition le compas figure le Ciel et le cercle gradué le Zodiaque Image allégorique du chemin parcouru par le soleil. C'est la conquête incessante, inlassable de l'Inconnu de l'esprit que représente le compas. - Il évoque alors la Liberté. Je me dois donc d'évoquer les correspondances analogiques du Compas :

Sens La Clairvoyance
Vive Capital L'Aveuglement
Couleur du Prisme Le Violet
Forme Ascétique L'Austérité
Vertu Sublimale L'Intelligence et la FOI
Faculté Spirituelle Le Don d'Intégrité
Faculté Secondaire La Parole de Science
Science Mère L'Astrologie
Elément de l'œuvre L'Argent des Sages ou Mercure
Philosophale

Tiens ?…encore 9…cela ne ressemble plus au hasard… Le compas évoque pour nous mes BB\ AA\ FF\. La Liberté… Son nombre ésotérique est le HUIT deux fois la Grande base du triangle de Pythagore 2 x 4A toi de toujours faire le tour de la question avant de réagir mon F\, mais sache que le compas peut tracer un cercle dans le sens des aiguilles d'une montre, comme à l'inverse. Il symbolise dans ce cas l'idée de l'Homme affranchi des contraintes et préjugés de tout ordre et sait donc aller contre l'ordre établi des choses, si ceci est contraire à l'éthique et à la Morale. Pour les Kabbalistes, le cercle s'inscrit dans un carre, il est alors symbole du Verbe Divin, caché dans la Matière et dans « l'Animant ». Le cercle coupé de deux diamètres croisant perpendiculairement en son centre représente pour beaucoup d'entre nous les 4 points cardinaux, et symbolise La Création dans sa limite perceptible, il est aussi le symbole qui signifie l'illimité, le Mystère ou le passage du Zénith au Nadir, de l'Orient à l'Occident, mais également de la matière à l'esprit. Tel l'Ouroboros, il doit être pour nous autres F\ M\ l'image parfaite de l'Univers qui se nourrit de sa propre Mort, symbole de Renaissance Cyclique - et n'ayant comme le Cercle, « ni commencement, ni fin » il se dévore et se féconde à lui-même perpétuellement, ceci fait par analogie, du cercle le Symbole de l'Univers, dans un perpétuel et Eternel Mouvement. Souviens-t-en Mon F\, toi qui as reçu la Lum\.

Le Maillet :

Il y a à mon sens deux façons d'étudier la symbolique du maillet, celle où il est directement associé au Ciseau, instruments de travail dont ont acquière la connaissance et l'emploi exact qu'avec la pratique et l'âge. Au 1er degré le maillet représente, dit en deux mots « Volonté dans l'application ». Et le ciseau qui lui est indispensable pour dégrossir la pierre brute, ceci dit aussi succinctement « discernement dans l'investigation » la main n'acquière de sûreté qu'avec le soin, l'application prudente des coups de maillet, sur un ciseau qui ne fait que « la séparation du Vulgaire ». Ce duo d'instruments peut être aisément remplacé par « LA BOUCHARDE », sorte de maillet, maillet pointu d'un coté et plat de l'autre. « Common Gavel » dans les rituels Anglais-qui sert à dégrossir, mais aussi « séparer le subtil de l'épais… » Ce maillet particulier allie les deux principes YING et YANG. C'est l'instrument parfait du Maître M\ ; car il faut agir avec précision, science… Depuis l'antiquité l'imagerie a représenté des « Dieux au Maillet » - parmi ceux-ci : Hadès, Dieu Grec des enfers…là où est le feu pour travailler le métal Lug, Dieu lié à la lumière du Soleil Sucelos, Dieu Gaulois de l'Est de la Gaule, là où il y a du Minerai de Fer Sylvanus, Le Dieu latinisé du Gard, pays de la Pierre que l'on taille Thor, Le Dieu Germanique Dieu frappeur, associé à la Foudre TUBALCAÏN le Forgeron, fils de LAMECH, - il fut le 1er homme selon la légende. Biblique à travailler le fer - T…N\ est le mot de passe aux grades d'app\ ou de MM\ selon les rites français ou du R\ E\ A\ A\ VULCAIN, Dieu Boiteux de la Forge des Divinités de l'Antiquité. Le Maillet est donc double, producteur de son, mais aussi d'énergie libératrice. C'est pourquoi il est l'instrument associé directement au V\ M\, car il produit par son coup résonnant, une vibration propre à provoquer une condition, une mise en résonance à l'unissons des FF\ de la L\ les faisant passer, en un temps très spécial hors du temps ordinaire. Le Maillet, au travers le l'étude des divers Dieux des diverses cultures ou mythologies est un instrument de Vie et de Mort. Ce double Pouvoir le fait Maître des Mystères de la Mort et de la Vie. Il peut donner à la fois l'un et l'autre - ce qui en fait l'outil principal et consécrateur du M\ de L\, instruit P\ M\ et V\ M\ en puissance. Le Maillet est un signe d'eau, et ses analogies dérivent des analogies ésotériques de l'eau - élément de base de l'Initiation, - élément Purificateur :

Sens Le Goût
Vice Capital Mastication amollissante (gourmandise)
Couleur du Prisme Le Vert
Forme ascétique La Solitude
Vertu Cardinale La Tempérance
Faculté Spirituelle Le Don de Craintes
Charisme Secondaire Le Don des Langues
Les Arts Libéraux L'Arithmétique
Tempérament Calme, voir lymphatique
Qualités Elémentaires Combinaison du froid et de l'Humide
Degré Mystique Prudence de Comportement
Elément d l'œuvre L'eau des Philosophes

Tiens c'est nouveau….ce coup-ci il y en a 12Oh ! …Ce n'est que deux fois 6L'étrange est que le nombre ésotérique du Maillet est le 2…2 fois l'Hypoténuse du tr\ rect\. Tout comme te le dicte le degré mystique des analogies de cet instrument, je te le signale : « Sois Prudent mon B\ A\ F\ ».

L’Epée Flamboyante :

L'épée, à elle seule, revêt une symbolique particulière. On la retrouve comme objet dual, arme de mort ou arme de consécration ou d'adoubement. Les courants occultistes, tels le Martinisme, les Elus Cohen, les F+A+R+C+ lui attachent une importance primordiale. Il en va de même pour tous les Ordres Chevaleresques, passés et nouveaux. Primitivement en bronze, puis en fer, puis en acier de trempe douce, l'épée est de tous les combats racontés dans la Bible…elle est parfois appelée « Glaive » tel le Christ sur le Mont des Oliviers qui dit à ses disciples : « armons-nous de nos glaives et partons !… » L'épée en occultisme est associée au signe de l'ordre, mais aussi très souvent, et ceci est vrai dans la vie civile, associée à la Balance - on la retrouve dans la carte de la Justice du Tarot - elle est alors le symbole de la destruction de l'ignorance et du maintien de la Paix de la Justice. Elle a aussi une valeur morale sur les actes des individus…celui qui mal fait n'a-t-il pas au dessus de la tête « l'épée de Damoclès », tout comme celui qui attend une sentence. Le pouvoir de l’épée, utilisé positivement se combine avec le Grand Principe, elle donne alors l'Illumination et exalte la Forme. L'épée a en général deux tranchants, ce qui est son caractère d'équilibre de représentation de deux pôles d'énergie. L'épée, prolongement du bras, attaque donc et protège… Mais l'épée a une utilisation visible et invisible à la fois, il importe donc que « notre épée soit la plus proche du symbole, afin d'être active sur tous les plans ». En F\ M\, le symbole de l'épée se rapproche de celui « du Verbe » - autrement dit de la pensée active. - L'épée est l'arme unique de l'Initié qui ne saurait vaincre que par la puissance et que par la Force qu'elle porte en elle-même. Il existe quatre sortes d'épées en F\ M\, toutes d'une destination différente. La Première épée, celle que peuvent porter tous les FF\ de tous grades\ est le signe de l'émancipation des FF\ MM\, qui conquirent ce droit de la suspendre au bas de leurs cordons, pour autant que l'on admette que le cordon n'est pas un habit rituel, au même titre que les gants ou le tablier, Ceci, tout comme la Noblesse qui avait pour privilège de pouvoir la porter en tous lieux, en toutes circonstances- cette pratique a été instaurée au XVème siècle affirmant l'Egalité Sociale des FF\ MM\ qu'ils soient Nobles ou Roturiers, les Gens d'Armes étaient également munis d'une épée - c'était eux par contre l'instrument de leur devoir. L’épée en FM\ sert lors de l'initiation des APP\, pour faire entrevoir avant de donner la Lum\ le sort réservé aux parjures, mais aussi à montrer que les FF\ sont prêts a la mettre au service du Nouvel Initié, pour défendre sa cause. Elle sert aussi, pour former la Voûte d'Acier, coutume remontant à la fin du XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XVI. Ce symbolisme révèle que les FF\ MM\ mettent au service de ceux qu'ils honorent, toutes les forces qui sont les leurs-la voûte configure la forme d'un toit protecteur. L'épée est par contre tenue de la main Gauche car il s'agit là d'une action psychique.

La seconde épée, est celle du F\ Couvreur - qui tient son épée de la main droite, telle une arme, car c'est lui qui est chargé de veiller à la Porte du T\ d'écarter de façon impitoyable les profanes et intrus.

  • il la porte, pointe levée vers la voûte, le poing fermé, à hauteur du cœur, pour montrer qu'il n'est pas que celui qui repousse mais qu'il est aussi un être de générosité.
  • On dit que l'épée est alors un attribut Manuel et « cardiaque ».

La troisième épée est celle du F\ Expert, car c'est le seul F\ en L\ qui entre dans les profondeurs de la forêt des symboles Maç\ et il n'acquière cette « maestria » qu'après un long voyage à travers celle-ci qui est semée d'embuches et de « faux-semblants ». Il a accompli sur lui-même un travail intérieur, où le combat du Juste et du Vrai a triomphé sur celui de faux. L'expert ne se départit jamais de son épée, dès qu'il se lève il la saisit de la main droite, la porte à hauteur de sa gorge, avant bras à l'horizontale, son épée est donc un attribut Manuel et Pectoral. Le F\ expert devrait la tenir en constance, même assis, par le pommeau, pointe en bas, toujours prêt à l'élever, pour parer, donner, pourfendre ce qui symbolise son combat constant comme Gardien du rite - car il veille ne n'oublions pas a instruire les app\ comp\ et MM\ de la Loge lors de toutes les cérémonies, avant tout autre off\ de la L\. L'épée du F\ expert est donc « un Glaive de Lumière », car chaque fois que l'expert se déplace dans le T\, la brillance de sa Lame, dressée vers le ciel doit capter nos regards et nous rappeler que « La Perfection Morale de l'Homme est une lutte incessante, chaque jour, chaque heure, toujours nouvelle, judicieuse contre son Petit MOI, imparfait, en proie et en lutte contre les injustices et abus manifestes… » Lutte et affrontement jamais achevé. Le F\ expert est donc le « Gardien Intérieur du T\ intraitable… Il incarne le combat de La Lumière contre les Ténèbres ». Rien d'étonnant dans son appellation de Frère Terrible. Ces trois épées, en forme sont semblables…Avec Lame Droite, plus ou moins large, à double tranchant mais diffère totalement la façon de la porter et le symbolisme que le F\ M\ lui octroie. Le rite Français corrompt la façon de tenir l'épée par tous les FF\ en L\ de la main droite - ceci est une erreur, dans le sens ou la main droite armée représente la vindicte guerrière, le Pouvoir homicide, alors que la tenue de la main gauche confère une action positive, active, avec pouvoir de transmission, d'une Idée, d'une Force. Je ne me lasserais pas de répéter que seuls l'Expert et le Couvreur portent l'épée de la main Droite…et vu ce qui précède Tradition, Rituels Obligent. La Quatrième épée est celle du M\ de L\ autrement dit le V\ M\ en chaire. Chaque P\ M\ l'aura reçu en instruction particulière, comme un des attributs de sa charge. Cette épée est différente de toutes les autres, de par sa forme, sa fonction. Sa lame est sinueuse et elle implique une vérité à la porte du métaphysique – elle s'appelle « L'Epée Flamboyante » ou encore « Le Glaive Flamboyant » elle est le symbole complet du Verbe, autrement dit de la pensée active. « L'épée Flamboyante » est l'arme Unique et absolue de l'Initié, M\ de L\, qui ne saurait vaincre que par la Puissance de l'idée, la Force du Verbe - cette Force qu'elle Porte en elle même. L'épée flamboyante a deux fonctions essentielles :

1. Celle de Création par l'intermédiaire de l'ensemble Verbe-Lumière-Soi.
2. Celle d'expiation dans les épreuves du destin.

L'épée Flamboyante, dans tous les rites sert à la consécration du Récipiendaire ou du F\ que l'on élève en grade les rites varient sur de petits détails, même hors F\ M\, mais l'idée de « consécration-réception » reste la même. L'épée Flamboyante lors des réceptions se tient de la main Gauche, le Maillet de la main droite - Le V\ M\ dirige la lame au dessus de la tête « du Recevant » et applique sur la lame les coups de maillet conforme au Grade. Il ordonne ces coups de maillet de la façon suivante :

  • dirigeant la lame sur la tête du « recevant » il frappe les coups disant « Je vous reçois !… » et dans certains rites c'est derrière la Nuque, la Tête représente dans les correspondances séphirotiques KETHER…La couronne.
  • Il pose ensuite la lame sur l'épaule gauche frappe les coups rituels disant « Je vous reçois !… » En correspondance Séphirotique c'est BINAH… L'Intelligence.
  • Il pose enfin la lame sur l'épaule droite, frappe les coups rituels disant « je vous constitue… », en correspondance séphirotique c'est HOKHMAH…La Sagesse.

Le sentiment ressenti alors par le Recevant, en cet instant qu'il attend et espère depuis sa première démarche, se passe dans les entrailles de ce dernier. L'épée flamboyante a pour but de susciter en nous le réveil de la correspondance séphirotique de THIPHERET …La Beauté.
C'est donner l'éveil à une vie nouvelle…que parcourra sans cesse l'Initié. Les correspondances analogiques de l'Epée Flamboyante sont :

Le sens L'imagination
Art libéral La dialectique ou la logique
Forme ascétique L'esprit chaste et pur
Faculté essentielle La science
Vertu Cardinale L'Espérance

Tiens, nous sommes rendus à 5…Grand coté du tr\ rectangle de Pythagore. Le chiffre ésotérique de l'épée flamboyante est le 5…l'épée flamboyante fait qu'elle est placée sous le signe de la quintessence…elle est signe de la transcendance communicante entre Microcosme et Macrocosme… Cette Etoile où l'Homme est toujours debout. Il existe une controverse sur l'épée flamboyante notamment sur la manière d'invoquer le G\A\D\L\L'U\ qui consiste dans la façon de présenter ensemble épée flamboyante et maillet. La première n'a aucun fondement. A savoir le V\ M\ présente les deux instruments bras en l'air écartés à 45°, puis élargit l'angle à 60° et ensuite porte ses deux bras à l'horizontale, affirmant que ceci forme avec les cannes et épée de l'expert formant l'équerre au dessus de l'autel des Serments un ensemble visuel Equerre-Compas ;

- Cette vision est seule pour le F\ cou\ qui se tient face au V\ M\, dans l'ase du T\ donc, aucun autre F\ n'en profite réellement
- En L\ bleue, le compas est ouvert uniquement à 45°, il ne s'ouvre qu'au delà de ce parcours.
- L'Horizontale symbolise la règle, mais elle est déjà figurée par le Vol\de la Sacrée.

C'est donc une manière Fautive. La Seconde est enseignée à la réception de P\ M\. A savoir le V\ M\ présente, au dessus de sa tête équerre et épée flamboyante se touchant, maillet au milieu de la lame, formant équerre avec l'épée flamboyante et même un TAU… Le croisement Canne-épée des FF\ exp\ et M\ des C\ symbolise les deux cotés d'un delta, ce que tous les FF\ peuvent voir canne et épée formant les deux cotés Egaux du triangle isocèle et la ligne imaginaire joignant les deux épaules droites des FF\ Exp\ et M\ des C\ sa base…de niveau. C'est le delta de Lumière qui surplombe le Livre Sacré de la Loi, l'équerre et le compas, disposés suivant le Grade. - Lumières de la L\. En Général, le livre de la Loi Sacré devrait être posé ouvert sur une règle, sur l'autel des Serm\. Le V\ M\ quant à lui symbolise en entier Equerre et Compas ; Equerre, par la disposition de son épée flamboyante et de son Maillet formant équerre au dessus de sa tête Compas, car le V\ M\ symbolise, en pâle reflet le compas du G\ A\ D\ L'U\, et comme il est en reflet, il se présente pointes en haut… Me direz-vous mes FF\ce ne sont qu’hypothèses, mais pourquoi de vieux rituels de P\ M\ ou de MM\ installés le préconisent-t-ils ainsi ? Pourquoi, dans certains rites, le tablier de V\ M\ comporte-t-il des taux plutôt que les lettres du mot substitué M\ B\ ? …

La Truelle :

C'est le dernier outil de l’instrumental maç\ ; du V\ M\ et des PP\ MM\. La truelle, selon les occultistes correspond à l’idéogramme du Soufre, mais reste toute différente de sa correspondance symbolique. Le Soufre se dessine d’une croix, surmontée d'un Tr\ pointe en haut…ce qui fait ressembler le symbole alchimique à la forme d'une truelle. La truelle, au rite Fr\ est donnée au 5ème voyage du comp\ car et c'est fort justement pensé, que l'on ne peut jamais considérer un travail complètement achevé. Au R\ E\ A\ A\, la truelle n'apparaît qu'à l'Instruction de P\ M\, qui est le prolongement du Grade de M\ mais qui ne se communique qu'aux futurs VV\ MM\. Elus, avant leur installation Administrative.- Ce n'est nullement un grade, mais une exaltation à un conduite, à une recherche de qualités morales transcendées dont a forcément besoin ce Maître de L\. En maçonnerie de métier, la truelle est l'instrument qui sert à gâcher le mortier destiné en cimentant les pierres de l'édifice a en réalise l'Unité. En langage populaire « passer la truelle » signifie oublier injures, injustices, brimades. Autant tous les instruments pris au sens maç\ du terme ont une action active (compas – maillet -) et représente l'Esprit pour ce qui concerne cette pl\ ou ont Une action passive (équerre – ciseau) car ils ont trait à la Matière ou bivalente par mutation (équerre). La truelle a un sens absolument Neutre. Pour travailler et dresser une pierre brute et en faire la plus belle clé de voûte, le M\ M\ a besoin de sa boucharde ou de son maillet et de son ciseau…il dressera ainsi, avec l'aide de la règle la première face plane. - Son équerre et son compas aideront au reste de l'ouvrage. Mais, pour poser cette pierre sur sa face travaillée et finie, le M\ doit aplanir le sol, il le fait au moyen de sa truelle…il dresse en suite les 4 faces latérales avec l'aide de l'équerre, pour vérifier leur perpendicularité, taillant toujours du ciseau et du Maillet, mesurant les écartements et largeurs du compas. En M\ Fini et Installé, il tracera au compas la pointe avant de la tailler…prenant soin de récolter les petits morceaux durant toute la taille, le burinage, le bouchardage. La Truelle est donc par excellence le symbole de l'Amour Frat\ qui doit unir tous les FF\ MM\, seul ciment que les ouvriers peuvent employer dans l'édification du T\. Et ajoute Plantagenet « Aussi longtemps que le M\, même consciencieux, assidu ou zélé ne s'en est pas rendu compte, son œuvre n'est pas achevée, et il ne mérite pas son augmentation de salaire… » La truelle, entre les mains de tout VM est le symbole du Delta Lumineux et elle devrait, au moins au 3ème degré figuré sur le plateau du V\ M\. Tout comme le V\ M\ la truelle la truelle évoque « La Bienveillance envers tous ». Les correspondances analogiques de la truelle sont :

Sens L'Illumination
Vice Capital L'ivresse extatique de l'Initié procurée par la Connaissance
Couleur du Prisme Pourpre
Forme acétique La confiance
Vertu sublimale La divinisation
Faculté Spirituelle La Lumière
Charisme secondaire La Parole de Paix
Science Mère Mystique ou Théurgie
Elément de l'œuvre La Chrysopée.

Cette dernière étant le fruit du Grand Œuvre…comme la Rosée Céleste est l'œuvre de la Nature, elle porte en elle seule, tout le poids de l'œuvre que devra accomplir le V\ M\ car elle est le signe de la Perfection et de L'Unification. Ceci est la synthèse de tous les outils du P\M\ et du V\M\, car la construction de son Temple intérieur doit se doubler de son Temple extérieur c'est bien là l'enseignement spiritualiste et initiatique de Zorobabel, second architecte et restaurateur du T\, successeur de notre Regretté M\ Hiram : « Ces FF\ qui bâtissaient la muraille, qui tenaient d'une main leur truelle et de l'autre leur épée ».Truelle en main droite signifie construction – miséricorde – c'est la séphirah de la Kabale HOCHMAH (miséricorde) - d'où une Unité dans la perfectibilité – Amour, Pardon, oubli des choses de peu d'importance - c'est la transcendance absolue de l'Esprit sur la Matière. A l'instar, épée de la main gauche signifie protection en un premier temps protection mais aussi destruction…rigueur…c'est la séphirah de la Kabale GEBURAH (rigueur). Tous les outils expriment un esprit dynamique – applicable à l'Homme. Cet Homme de travail…en perpétuelle recherche…en évolution mesurée, toujours proportionnelle à la volonté qu'il y met doit savoir tailler sa pierre et la mettre en place dans l'édifice. C'est pourquoi, en un plan ultime, je vous parlerais de La Pierre de ses divers aspects tant De Forme, que symbolique.

La Pierre :

1 – La Pierre Brute

Par l'initiation, l'App\ retrouve l'Etat de Nature, il lui appartient donc de dégrossir cette pierre, par la suite, de la polir, la dresser et la rendre parfaite à son gré. Le dégrossi de la pierre brute est la façon de parvenir au Soi se débarrasser des atteintes à l'édifice global que forme la F\ M\. - La pierre brute est assimilée, en hermétisme au chaos – corps dans lequel la Nature aura livré ensemble Soufre et Mercure et l'Initié doit séparer une portion de ce premier chaos appelé aussi masse confuse. L'app\ doit durant sa période d'apprentissage écouter en silence les conseils du Maître – apprendre a maîtriser sa main, son instinct ses outils seront le maillet et le ciseau…voir même la « Boucharde grossière » dès qu'il aura pris quelque habileté. – Cette pierre est posée sur la 1ère marche de l'Or\ coté colonne du Septentrion. - Le F\ app\ qui la taille découvrira alors le Un avant d'aller, en se perfectionnant sur le binaire, qui est durant son apprentissage sa Loi Physique. Dans le premier temps de son apprentissage, le F\ app\ attaque la pierre avec un Cosmon-Gavel, marteau à pointe, dans le second temps de son apprentissage, il boucharde, avec moins de précision et de dextérité que son Maître car ce dernier, avec une boucharde sait tailler, aplanir, équarrir – lui, app\ aura besoin pour tenter de parfaire son travail en s'aidant du maillet et du ciseau Plat. Le travail sur la pierre brute doit rendre l'incorporation de l'app\ au temple possible car l'ouvrier - Matière qu'il est doit savoir se transformer en se livrant à un travail constant sur lui-même. L'App\ est donc sa propre Pierre Brute sur le plan Mental, Initiatique. C'est un travail de réalisation hautement spirituel, mais qui ne peut être qu'œuvre collective. De ce fait l'initié est bien considéré comme une pierre de l'édifice futur. Il est placé pour cela à l'Angle Nord-Est au R\ E\ A\ A\, c'est-à-dire, derrière ses Maîtres, en tête de la Colonne du Septentrion.

2 – La Pierre Cubique

Elle est « l'hexaidie », le chef-d'œuvre que doit présenter le comp\ après avoir été app\ et avoir dégrossi la pierre brute, il a su s'aider de l'équerre et de la règle, avec beaucoup de dextérité, de savoir. Elle est posée sur la seconde marche de l'Orient, coté colonne du Midi. - La Pierre cubique que doivent faire et présenter les comp\ symbolise le travail et les progrès accomplis su soi-même, notamment par la maîtrise des 5 sens, qui dans le naturel de l'homme sont difficiles à contrôler. Il a le sens de a mesure, car il sait rapporter une dimension avec le compas, il en connaît toute la puissance géométrique. Le comp\, solide le plus parfait est « la pierre angulaire » du Temple immatériel élevé à la Vertu et à la philosophie, et l'emblème de l'âme aspirant à monter à leur source. Les Outils utilisés figurent à son esprit les sciences dont la Perfection vient d'en Haut. Le Maître F\ M\ doit parfaire l'œuvre du comp\. Il inscrit et grave sur la pierre cubique les marques de pose, les symboles. Ce Maître, qui possède l'art de la Planche à tracer sait dresser les plans, implanter les ouvrages et mettre en place la plupart des matériaux. Son tablier devrait normalement, comme « au Rite Opératif de Salomon », comporter une poche pour y mettre les plans des ouvrages. La pierre cubique contient pour le Maître M\ le symbole de la croix, car le cube, une fois développé géométriquement donne 6 carrés égaux disposés en croix, ce qui est un idéogramme de la « Pierre Philosophale » qui sous entend que le Maître Maç\ doit aller vers encore l'affinement de sa personnalité, qui se traduit par sa tolérance, sa sainteté du point de vue éthique, son héroïsme du point de vue Moral et une géniale acuité de Jugement au Point de vue Intellectuel.   Il peut être le Maître instructeur dont ont tant besoin les app\ et les com\.

3 - La Pierre cubique à pointe. Le F\ Maître de Loge, autrement dit le V\ M\, les PP\\ MM\\ de la L\ Se livrent à un travail tout particulier. Lors de leur Maîtrise, ils ont repéré dans un tas de vieilles ébauches de pierres la pierre cubique à pointe monolithe. C'est cette pierre qu'ils reconnaissent comme la pierre angulaire du T\, clé de fermeture de la Voûte, alors qu'elle est reléguée au tas des rebuts par des FF\ MM\ ignorants et peu curieux. En effet La pierre cubique à pointe, est considérée par les FF\ MM\ comme une pierre imparfaite, donc rejetée… Mais le F\ Maître réellement instruit ne la considère pas comme telle en définition - Il connaît sa place dans l'édifice et sait la tailler, mais en secret des autres Maîtres. Cette pierre symbolise « le caractère Humain », donc imparfait, mais tout comme le F\ M\ perfectible - mais ses imperfections qu'il connaît, sont l'essence même de son rythme, en même temps que ses aspirations vers le Mieux. Elle doit donc être considérée sur un plan complémentaire à la Pierre cubique, avec son toit en Pyramide - la Pyramide est la matrice « Mère du Principe Créateur… » Elle contient à la fois le 3, par les arrêtes en triangle, le 4, par son nombre de faces, le 7 en étant le Secret. Le F\ M\ qui taille ainsi sa pierre et la reconnaît apte à entrer dans l'édifice lui inculque sa propre personnalité qui sera Une et Unique. La pointe en pyramide protège la Pierre de l'Eau, qui est une force dissolvante. La Pierre Cubique à pointe est souvent accompagnée d'une Hache ou parfois d'une Boucharde, posée en son sommet. Ces Outils symbolisent alors le Feu qui est une force sublimisante. En architecture Sacrée, la Pyramide protège de l'eau - la Hache en métal protège du Feu de la Foudre signifiant ainsi que ces deux éléments assurent sûreté et rectitude. La Pierre Cubique à pointe est le Point Central qui réunit les 4élements supérieurs peut aussi symboliser la quintessence, mais aussi le Milieu, le Centre de l'Union. Les 4 éléments inférieurs peuvent être mis en relation avec tout le quaternaire de la F\ M\ que sont les éléments, les qualités, les 4 cotes du Temple, le Tétragramme Sacré, le carré de Saturne). Il est utile donc de rapprocher le delta qui orne le sautoir du V\ M\ qui porte le tétragramme « IOD - HE - VAUH - HE ». Alors le symbolisme de la pierre cubique se transcende et rejoint celui de la Pierre angulaire et celui de la voûte. Dans la symbolique Maç\ de la Pierre, aux divers degrés, dans la majorité des rites il y a lieu de concevoir que : « La Matière est un concept évolutif, indissociable de la notion d'Esprit, puis de Science. - La Terre sur laquelle nous sommes, de laquelle nous venons, et à laquelle nous retournerons est un lieu composé à la fois de Matière et d'Esprit. La Science est ce que rajoute l'Homme…ce qu'il en fait ». Mes BB\ AA\ FF\ PP\ MM\, P\ M\ I\ et surtout toi mon F\, nouvellement instruit, il me faut conclure mon fastidieux ouvrage. Chaque citation, chaque outil, chaque affirmation ou définition appelle à une autre pl\ et je laisse à chacun d'entre vous le soin d'en tirer une « substantifique moelle ». Je terminerais donc en évoquant pour vous quelques pensées vagabondes : Dans ma pl\ vous avez découvert les nombres de Pythagore 3 - 4 - 5 qui par leur carrés respectifs donnent 9 - 16 - 25 ensuite le nombre 7, troisième nombre entier, Par addition ou réduction philosophique vous avez entrevus les nombres 10 et 12…mais mes FF\ le principal de cette charge est le 4, 4 voyages ont été accomplis. Avec la découverte au 4ème pilier, toujours invisible la « fameuse pierre cubique à pointe monolithe » avant de parvenir à ce supplément de connaissance – Le second chiffre est le 5, celui de la quintessence…de l'Homme debout dans son étoile. Aller du Plus Petit au plus Grand est son devoir. C'est cette notion de l'infiniment petit et de l'infiniment Grand qui formera ma conclusion, dans la description d'un petit précis de construction… De Maçonnerie, à la fois Opérative et Spéculative, les deux se rejoignant en nos esprits : « De Mon Maillet et de mon Ciseau, je fends en deux la Grosse Pierre, difforme, en m'aidant de petits coins triangulaires, que j'enfonce à grand renfort de coups de Maillet pour la déliter. De ma boucharde, je dresse une première face en « bouchardant » et vérifie sa planimétrie encore grossière de la règle. Lorsque je trouve cette face dégauchie, suffisamment plane, de ma truelle, j'aplanis le sol meuble. Je prends grand soin à récupérer les éclats de pierre. Je retourne cette pierre dégrossie sur une face et la pose sur le sol nivelé sur cette face. De ma boucharde, de mon ciseau, de mon maillet je dresse une face perpendiculaire, en vérifiant de mon équerre sa verticalité et lorsque cette face est dégrossie, je fais de même sur les 3 faces restantes prenant grand soin d'être à l'équerre en tous sens. Je mesure les dimensions de la base de cette pierre taillée, elles sont toutes quatre identiques et semblables. De mon compas, je trace sur chaque arête verticale une dimension rapportant par un quart de cercle la dimension du côté de la base. J'affine alors mon travail en veillant à respecter un polissage de la pierre, afin d'ôter les aspérités du matériau. Je mets toujours grand soin à récupérer les éclats de pierre, qui s'avèrent déjà plus petits que les premières tailles. Toujours de mon compas je trace un arc de cercle prenant pour centre l'angle supérieur de la face carrée du cette pierre de forme presque cubique, je trace de Gauche vers le droite, je me transpose au coin opposé et je trace de droite vers la Gauche. Je marque d'un point précis le croisement des arcs de cercle. Je renouvelle ainsi des 4 cotés de la Pierre ; et enfin je burine, d'abord fortement pour atteindre la hauteur du point de croisement des arcs… Je burine, je taille toujours, et j'obtiens ainsi en allant de plus en plus faiblement dans mes coups ; une magnifique Pyramide à 4 faces égale… La Voici ma pierre à pointe cubique… Enfin ! …Mais rien n'est achevé – tout se continue… Je dois la mettre en place…et c'est là que recommence à nouveau mon ouvrage… Je rassemble tous les débris de mon dégrossissage, les débris de ma taille, je les martèle, je les frappe et les pile avec ma boucharde, mon maillet, en innombrables petits grains, fins comme le sable. Je les rassemble, en un tas pyramidal, j'y ajoute l'eau. L'eau de ma connaissance, j'y incorpore le Ciment et de ma truelle mélange le tout, jusqu'à obtenir un mortier avec une plasticité à souhait. De ma truelle je l'étale enfin pour assembler entre elles les pierres éparses et la pierre rejetée, pour en faire un ensemble conforme au Plan que j'avais dessiné ». Ce Plan mes BB\ AA\ FF\ n'est autre que celui de notre Temple toujours inachevé…mais cette Pierre, rassurez-vous, elle tiendra, car de ma truelle, je l'ai scellée « du Ciment de Notre Fraternité ». Ce ciment est durable et solide pour assembler et Unir ce qui est épars ! … Et ceci j'en suis convaincu, car cette pierre je l'ai trouvée il y a 20 ans, d'abord pierre de fondation, puis pierre d'angle presque clé de voûte, un Maître Instruit me l'a faite découvrir et elle tient toujours… Puisse cette pierre cubique à pointe tenir encore longtemps… Ne pas se fendre, Résister aux attaques du Temps aux Intempéries et à la Folie des Hommes. Mais Moi, mes FF\ je ne suis qu'une pierre bien grise dans ce Temple que je voudrais d'un blanc immaculé – Mais qui sait ?! …Si à force de frotter nos cailloux en ce Lieu Sacré nous n'allons pas arriver à blanchir les Pierres que nous sommes, les équarrir, leur donner une forme tellement proche de la Perfection qu'elles s'insèreront dans les voûtes qui soutiennent les travées de l'édifice Je reste malgré tout et encore, je le répète, une pierre bien grise dans l'édification de notre Edifice, et je suis persuadé qu'en ce lieu nous avons conscience de partager cette analyse… Puisse-t-elles ces pierres que nous sommes, celles que nous trouvons tenir encore longtemps… Bâtir un Edifice Eternel, et ceci tant que des Maîtres sauront communiquer avec leurs disciples et qu'ils sauront reconnaître ceux qui seront dignes de recevoir cet enseignement. Restons accueillants et à l'écoute appliquons ce précepte sans relâche : « Demandez et on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira. Car, quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve et l'on ouvrira à celui qui frappe… »

J'ai dit.  

Source : www.ledifice.net

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De la prière à la recherche de la Parole Perdue

4 Juillet 2013 , Rédigé par PIERRE LENGYEL Publié dans #Planches

Rien de ce qui est humain, ne n'est étranger !

C'est au cours d'un repas avec des sœurs et des frères, qu'une sœur aborda le sujet suivant : qu'est ce qui fait que depuis la nuit des temps, l'homme aspire au religieux, par la prière ?
Notre sœur précisant que sa question, ne concernait nullement les clergés, et les structures qui en découlent. Non ce qui l'interrogeait, c'est le phénomène religieux en tant que tel, celui qui constitue le fondement et les racines de nos civilisations passées, présentes et à venir. Notre conversation, n'a pas débouché sur une réponse satisfaisante ou définitive, mais je crois que chacun d'entre nous est reparti, à la fin de ce repas, avec un certain nombre d'interrogations propres à faire germer des planches pour les SS et les FF , de LL concernées ce soir là.
Pour ma part, j'ai pensé que cette attitude religieuse, pouvait avoir une résonance, avec la recherche maçonnique, car si l'on en croit l'étymologie, le mot religion signifie, relié ce qui est en haut avec ce qui est en bas, la matière avec le spirituel, pour les croyants l'homme à Dieu, et pour le maçon passer du monde profane au monde initiatique.
Les croyants, religieux et autres (je dis croyant, parce que je suis convaincu que nous sommes aussi des croyants en maçonnerie) pour que cette relation s'établisse avec le Divin, pour qu'il ait une passerelle entre les deux mondes, ont codifié dans un rituel, à la fois leurs interrogations et leurs certitudes.
Il est possible que les peintures rupestres des grottes, aient été pour nos lointains ancêtres, un rituel d'appropriation de l'âme animal, et en même temps une supplique pour que la chasse soit bonne, ces peintures pourraient être une forme de prière. C'est fort possible puisque l'on ignore si ces lointains ancêtres, avaient un langage permettant la communication.
On retrouve chez les peuples animistes, la prière, chaque fois que l'homme chasse, ou coupe un arbre, ou dérange l'ordre apparent, par ses propres actes. La prière devient une sorte d'excuse, excuse pour avoir bouleversé temporairement l'ordre naturel. Pour ces peuples, c'est une attitude normale, car ils font partie du monde sensible, mais ils savent qu'il y a aussi un monde invisible avec un Ordre supérieur que l'on doit respecter.
Dans les religions les plus évolués, la prière entraîne un certain nombre d'attitudes, de postures physiques, qui permettent une concentration spirituelle ; dans l'acte de la prière, le croyant fait preuve de sentiments contradictoires, la crainte, la soumission au divin, l'humilité, la demande d'un acte que l'homme ne peut pas obtenir par lui-même, un miracle, un désir d'élévation spirituelle, et bien d'autres choses encore. C'est aussi une façon de se remettre en mémoire les principes et préceptes de la religion, dans le but et la volonté d'une meilleure connaissance du divin, le divin servant de modèle, afin de devenir meilleur et parfait. Cette démarche est propre à chaque femme et à chaque homme, le besoin intérieur d'élévation. Pour les hindous, chaque matin donne l'occasion de saluer la renaissance du Soleil, par une série de postures, glorifiant le jour naissant.
La prière, comme moyen pour parvenir à cette élévation, utilise l'oralité, le verbe, oralité qui par la répétition des mêmes mots et des même phrases doit déclencher des états de consciences supérieures à la normale. Tout le monde connaît les mantras utilisés dans le bouddhisme, le plus célèbre d'entre eux étant : Aum mani padme Aum. On n'utilise pas de prière écrite, et si pour les besoins de la cause, le support écriture est utilisé, il n'est là que pour aider la mémoire. La prière s'utilise d'une façon individuelle ou collective, à voix haute ou à voix basse et intérieure. Elle conduit pendant le temps de son utilisation à une mini extase. Les Juifs, lorsqu'au cours de leur cérémonie, lisant la Torah, prennent un soin particulier a bien prononcer les mots, et avec les bonnes intonations. Les plus pragmatiques, sont les bouddhistes, puisqu'ils utilisent des moulins à prières. C'est l'intention qui compte. Dans tous les cas, on peut faire une prière pour les autres, ceux qui sont dans le malheur, par altruisme et par générosité. Mais aussi pour soi même, pour être riche, en bonne santé, pour réaliser un souhait. Mais disait le Frère Voltaire, à propos d'une nonne priant pour la mort de son oiseau, Dieu a autre chose à faire que de s'occuper d'un oiseau !
Dans le Christianisme, l'oralité de la prière a pris comme support le chant, en particulier le grégorien ; il est vrai qu'entendre un chant grégorien, transporte l'auditeur dans une autre dimension. Dans le monde musulman, la prière est la pierre d'angle de l'Islam, cinq fois par jour, elle exprime le lien constant avec le divin, mais elle révèle aussi la capacité du croyant à rompre avec les préoccupations matérielles du quotidien. L'appel du Muezzin est aussi comme le chant grégorien, par ses modulations, par son chant de l'oreille interne, il prépare aux prières des croyants, il ouvre la porte du monde spirituel.
Vous allez vous demander, qu'elle peut être le lien ou l'approche avec la recherche maçonnique de la Parole Perdue ?
Tout d'abord, le besoin de donner à la recherche spirituelle une place plus importante, dans la vie du croyant, comme du maçon, alors que l'un comme l'autre peuvent vivre dans un confort matériel et moral, lénifiant. Ensuite la répétition d'actes précis, d'un côté la prière, de l'autre, le Rituel et les Tenues mensuelles, puis la pratique de l'Oralité, comme support à la recherche, et en abordant la Prière, comme dans le monde orthodoxe, le besoin d'un support matériel symbolique, pour ancrer la croyance. En effet, la religion orthodoxe, a compris que pour bien faire passer, ce que l'on peut considérer, comme une abstraction, puisque l'idée de Dieu dépasse nos imaginations limitées, elle a mis à la disposition de tous, les Icônes, qui ont la même valeur que les symboles du monde maçonnique, permettant dans les deux cas, une compréhension de monde irrationnel et spirituel. Est il besoin de vous dire que sans support concret que sont l'équerre, le compas et la règle, le maçon aurait bien des difficultés à vivre son initiation. Il en est de même avec les Icônes, la statuaire, les retables et autres tableaux religieux. C'est le concret qui permet d'aborder les rivages du spirituel.
Le Moyen Age, nous a légué, la plus formidable prière qui soit au monde : les Cathédrales, et ceux qui ont adressé cette supplique, sont nos Maîtres Vénérés. En taillant la Pierre Brute, ils ont voulu témoigner de l'Harmonie du Monde, de la Sagesse, et de la Beauté, et par leur travail, ils se sont imprégnés de ces trois valeurs, en démontrant que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
Il me semble difficile, pour les Maçons d'aujourd'hui, de renier cet héritage, sous prétexte de laïcité, cela constituerait, une rupture dans la chaîne d'union de l'Initiation. La laïcité, n'étant qu'une attitude tolérante de la vie profane, et la laïcité n'exclue pas la religion, ni le besoin de croire, elle considère à juste titre que le besoin de croire, concerne uniquement la sphère du monde privé. N'étant pas dogmatique, elle accepte le phénomène religieux.
Nous avons déjà deux points de ressemblance et même certains détails de convergence : l'oralité et les symboles. Il nous faut donc pour stabiliser cette Planche un troisième point : comme par exemple, la posture physique. Est il bien utile de rappeler aux Maçons, que notre comportement physique change, lorsque nous sommes en Tenue. Nos bras, nos jambes, se mettent à l'Equerre, comme le croyant, qui s'agenouille, se relève, joint les mains, baisse la Tète, et encore d'autres comportements physique que j'ignore, sauf celui qui est un des plus connus ; le balancement des Juifs, devant le mur du Temple de Salomon. N'y a t il pas dans les gestes de nos rituélies, une preuve de croyance ?
Nous sommes donc à la recherche de la Parole Perdue, mais qu'est ce donc que cette parole, qui nous préoccupe tant ? , On en parle certes mais rarement je n'ai entendue un début de définition, sur cette fameuse et mythique Parole Perdue ; j'ai donc repris précisément la Bible et j'ai relu la Genèse. L'idée m'en est venue en visitant les tapisseries de l'Apocalypse du roi René à Angers. Sur l'une des tapisseries, l'on peut voir l'Eternel, un glaive flamboyant à la main, soufflant l'esprit créateur sur le monde. Dans la GENESE, il est dit : au commencement Elohim créa les cieux et la Terre, et ainsi jusqu'au septième jour. Sans vouloir être un spécialiste dans l'exégèse biblique, mais pensant avoir un peu de bon sens, Elohim, partant du tohu bohu initial, et grâce à son souffle et à son esprit, créa ce que nous appelons notre Univers, mais à chaque création, en favorisant la dualité : lumière, ténèbres, terre eau, soleil, lune, et ainsi de suite.
Lui qui était l'unité première a dans sa création introduit la dualité et les lois des contraires.
Ceci me semble intéressant pour aborder et tenter de comprendre notre " prière maçonnique" concernant la recherche de la Parole Perdue. Toujours dans la Genèse, Yahvé Elohim forma l'homme en insufflant dans ses narines une haleine de vie…….. puis il le plaça dans le jardin d'Eden, avec une seule interdiction formelle, de ne pas toucher à l'arbre de la science et du Bien et du Mal. Après ce bref regard sur la Genèse, il me semble que Yahvé, veuille rester le seul à pouvoir tout comprendre et qu'il ne souhaite pas que l'élève devienne l'égal du Maître, que l'Homme reste soumis et docile aux ordres de Yahvé. Mais s'il y a une erreur, c'est celle qu'Yahvé a introduit dans sa création ; la dualité, donc le pouvoir de choisir. Et d'ailleurs c'est ce que fit le premier homme. Tout le monde connaît l'histoire de la pomme, point n'est besoin de la redire.
Donc l'Homme, transgresse, l'interdit divin, mange le fruit défendu, ses yeux se dessillent, il connaît la cause du bien et du mal… je cite toujours la Bible, et Yahvé Elohim, dit : " voici que l'homme est devenu comme l'un de nous, grâce à la science du bien et du mal ! (Petite digression de ma part, Yahvé dit l'un de nous ! ils étaient donc plusieurs lors de la Création ?), et il le chasse de ce que l'on nomme Paradis.
Peux t on dire que notre recherche de la Parole Perdue, serait pour nous le retour aux origines, avant la chute, que ce retour restituerait aux hommes, la Connaissance de l'unité de toutes choses, la Connaissance de la loi de Causalité, la Connaissance de la finalité de notre vie, le retour de l'harmonie en nous-mêmes ; peut être, mais pour pouvoir l'affirmer, je devrais avoir retrouver la Parole Perdue, mais ce n'est pas le cas, Hélas ! Il n'empêche qu'à chaque Tenue, sans vouloir le dire ni même l'admettre, nous entamons une "prière" collective, l'union faisant la force, pour retrouver cette Parole, et à tout le moins pour tenter d'en comprendre le sens comme l'utilité. Tout comme les croyants, nous adoptons une posture physique, nous employons un langage différent, nous respectons le silence, nous avons des décors et comme dans nombre de religions, nous avons un guide qui préside nos travaux, ce qui nous permet de recréer, une espace et un temps sacré, proche de la perfection, tout comme dans nombre de cérémonies religieuses.
La Maçonnerie, n'est pas né ex nihilo, n'oublions pas que les maçons opèratifs étaient tous catholiques, c'était la religion majoritaire à l'époque, et la plus part des constructions étaient commanditées par le clergé, et avait comme objet, la construction d'églises, de chapelles et de cathédrales. Le siècle des Lumières s'affranchissant de la tutelle de l'église, et favorisant le transfert du monde maçonnique opératif, vers le monde, spéculatif a codifié les réunions des maçons spéculatifs, en prenant beaucoup dans la rituélie de l'église. Faut il rappeler, que les loges opératives, n'avait pratiquement pas de rituélie, que le gros du travail, consistait à parler du métier, donc pour intéresser les bourgeois à la maçonnerie spéculative, et pour éviter une rupture radicale, avec la fréquentation de la messe, les rituels de l'époque, ont pioché dans la liturgie et dans la rituélie de l'église, en aménageant un rituel qui auparavant n'existait peu ou pas. D'ailleurs cette sorte de plagiat de la messe chrétienne, à l'époque, avait remplacé Dieu par le grand architecte de l'Univers, autre être transcendant qui comme Dieu échappe à une explication rationnelle. La Nature ayant horreur du vide, elle trouve toujours le moyen d'adapter les éléments qui donne du sens à notre vie, comme en remplaçant le paradis céleste du monde religieux, par les paradis terrestres des philosophes du 19 éme siècle. L'Homme à un besoin de croire, pour vivre, a besoin d'espoir, alors qu'importe les outils pour satisfaire, ce besoin essentiel, aussi essentiel que manger, boire et dormir.
Cette invocation, cette supplique, qu'à chaque tenue nous répétons, depuis le premier grade, d'une manière discrète, presque silencieuse, et qui au fil des grades, pour ceux qui ne se contentent pas, d'un tablier de Maître, pour ceux qui veulent vraiment vivre l'initiation, cette supplique devient grandissante et dois donc doit déboucher sur non plus, la recherche de la parole perdue, mais sur des retrouvailles, avec la Parole créatrice, celle qui dépasse la dualité, celle qui donne à l'Homme la possibilité d'être lui-même un chef d'œuvre et de pouvoir dire qu'il participe à l'Art Royal.
Dans une vie d'homme, je crains que la possession et la maîtrise de la Parole Perdue, ne soit une illusion, mais que progressivement, graduellement, si nous nous en donnons la peine, et si nous ne rechignons pas sur le travail, je crois donc qu'il est possible, de s'approprier, quelques éléments positifs de cette Parole, tant convoitée et si utile pour l'homme, pour mieux comprendre la vie, et surtout pour laisser une trace, dans la mémoire collective de notre Humanité. Trace n'étant ni vaniteuse, ni orgueilleuse, mais servant d'exemple et de modèle aux autres hommes, tout comme dans les religions, qui ont comme modèles des Saints.
Pour conclure, depuis les nuits des temps les HOMMES, ont eu besoin d'avoir une espérance, que l'on peut appeler croyance, utopie, explications rationnelles, ou rêveries, songes, prophéties, initiations, ils ont voulu avoir une assurance sur l'avenir et un moteur pour agir, afin de se sentir en sécurité avec leur environnement et surtout avec leurs angoisses existentielles ; alors lorsque je parle de prière en maçonnerie, je pense que nous aussi ,nous n'échappons pas à la règle, car nous faisons partie intégrante de cette Humanité, et nous partageons cette quête ou cette recherche. Pour beaucoup d'entre nous, la vie matérielle, celle de tous les jours, n'est pas une réponse acceptable à nos angoisses, alors nous cherchons, et quelques fois nous trouvons; mais ceux qui trouvent sont rares… !

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/1/priere/priere.htm

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Des Vérités acquises à la Parole Perdue

2 Juillet 2013 , Rédigé par P\ L\ Publié dans #Planches

« Si j'avais su, je serais pas venu ! » disait Petit Gibus dans la guerre des Boutons ; c'est en effet ce que l'on est en droit de penser, lorsque l'on rentre en maçonnerie. Dans le cabinet de réflexion, j'ai lu nous avons lu :
« si tu viens pousser par la curiosité, rebrousse chemin ! » Merci pour l'accueil, mais après une autre sentence nous dit qu'il faut chercher et que l'on trouvera. Mais alors comment ne pas être curieux sans enfreindre la mise en garde du cabinet de réflexion. Plus tard le rituel nous fait comprendre que jamais nous n'atteindrons la Vérité avec un grand V et qu'il faudra nous
contenter de vérités parcellaires et morcelées, comme un miroir brisé et regarder la Réalité dans un kaléidoscope. La grande question étant le pourquoi de l'initiation et la définition claire de l'objectif !
Tout cela semble peu engageant et même décourageant nous étions arrivés avec une besace de certitudes et nous voilà confrontés au doute et en fait à l'humilité.
Mais c'est peut être que cela doit être, une forme de sélection destinée à dissuader les plus tièdes qui sait ? Pour ma part le doute est partie intégrante de la Maçonnerie puisqu'il m'oblige à revenir sans cesse sur mes prétendus acquis et la certitude serait pour moi l'orgueil d'avoir
retrouvé la Parole Perdue et que maintenant plus rien ne compte.
L'avantage du REAA c'est que nous avons 33 degrés pour apprendre et tenter de comprendre. Mais cela ne donne pas une garantie sur une éventuelle réussite. En Maçonnerie il n'y a pas de service après vente sauf peut être dans une autre vie, mais c'est une autre histoire.
Dans la démarche maçonnique il convient, avant tout chose et pour éviter de déposer sa caisse à outils en cours de route, de définir pour quoi l'on s'est engagé dans le chemin maçonnique, simplement en se fixant un but clair pour notre personnalité. J'estime comme essentiel de faire ainsi, pas seulement pour soi mais aussi pour les autres car la démarche initiatique peut aussi
conduire à des désastres existentiels.
Rassembler ce qui est épars : il me semble souhaitable de faire le point sur nous-mêmes afin que notre démarche ne soit pas cahin caha, et même si la marche de nos trois premiers degrés est zig zaguante, c'est qu'après ces trois apprentissages, nous sommes en mesure de marcher droit, simplement parce que nous avons une idée plus claire pour identifier le but à atteindre
: la Parole Perdue.

Mais qu'est ce que la Parole Perdue ?
Un retour à la Genèse s'impose pour comprendre une chose à mon avis essentielle dans la Création terrestre, l'Homme, l'Humanité ont un rôle a jouer, si le GADLU a en six jours donné vie à la Terre, il a confié à l'humanité une tâche relativement précise, le pouvoir de nommer les êtres vivants, ce qui revient à donner à notre niveau un peu de l'autorité divine pour être l'ordonnateur de la Création terrestre. Tout cela se passant dans une vie non terrestre.
Du moins c'était la volonté et le désir du GADLU, mais la Bible nous l'apprend : à vouloir donner des talents à ceux qui n'en sont point dignes. La chute du jardin d'Eden , puis la Tour de Babel et la destruction du Temple de Salomon, nous montre les conséquences de ceux qui veulent dépasser le Maître : l'humanité devait avoir un pouvoir divin en ayant une partie adaptée à la vie terrestre avec le Verbe Créateur, et nous voilà retourné dans le chaos
mais le GADLU, nous a laissé une chance de nous ressaisir, en nous communiquant les mots substitués ouvrant pour ceux qui sont en recherche, la possibilité de retrouver la Parole Perdue, et de reconstruire suivant les plans du GADLU notre autorité spirituelle sur la surface de la Terre, c'est tout l'objectif de l'initiation, certes nous ne sommes plus dans le cercle
du GADLU, mais ce n'est pas pour autant que nous n'avons rien à faire. Il est possible que notre travail soit de reconstruire le fameux PARADIS, au moins dans sa conception spirituelle.
La méthode : pour nous maçons cela relève du bons sens, c'est par l'initiation que l'on retrouvera la Parole Perdue, Parole Perdue qui n'est que le véritable nom du GADLU, et si au début nous ne savions ni lire ni écrire, nous devrions avoir la possibilité, si notre observation et l'utilisation de nos outils initiatiques ont été bien conduit, de retrouver la Parole Perdue.
L'objectif selon moi, étant de regagner cette parcelle de pouvoir divin afin de mener à bien le plan divin. Plan divin que j'ignore et que je découvre et comprend d'une manière assez désordonnée. Mais grâce aux mots substitués, nous sommes en mesure d'invoquer le nom de l'ineffable et même de créer ce qui pourrait être utile à l'humanité, à savoir un Temple de
spiritualité. A mon avis c'est tout le sens de la destruction du Temple de SALOMON et de sa reconstruction.
La Légende de la Mort d'Hiram architecte, est significative, elle nous demande de dépasser le temps des lamentations, le temps de la vengeance pour entrer dans le temps de la reconstruction, et en finalité de prendre la place de Maître Hiram architecte, en nous joignant à SALOMON et HIRAM de Tyr, pour dresser les plans du futur Temple. Voulant dire pour moi que nous avons le devoir de délaisser les contingences matérielles, pour nous consacrer aux valeurs spirituelles.
J'attire votre attention sur le Livre de JOB, sur le fait suivant ; on retrouve dans les 42 chapitres du Livre de Job, le nom révélé du GADLU : El Shaddaï, le Tout Puissant ; dont l'invocation fait partie de l'Ecossisme. On peut dire que Job est le « prototype de l'initié » si je puis dire passant de la richesse à la misère allant de la certitude au doute, en somme un homme en état de perfectionnement.
Le fait de rechercher la Parole Perdue, est le signe du besoin que nous avons pour retrouver, un état antérieur à la Chute originelle, de tout temps l'humanité à travers différentes et mêmes contradictoires supputations, a forgé des philosophies dont le but n'était pas seulement un besoin de comprendre la Création, mais aussi l'intime conviction de retrouver d'une
façon inconsciente et même insouciante, un état d'esprit le plus proche possible de la sérénité comme de la Sagesse. La majorité de ces tentatives a échouée, faute d'avoir incorporé un élément déterminant, pour ne pas dire le principe actif utile à toute construction matérielle ou spirituelle et surtout pour s'être mis en dehors de la Création, pensant à tort qu'il n'avait rien à voir avec le monde de la Nature. Je pense que les maçons opératifs eux avaient compris que l'homme faisait partie intégrante grâce aux Cathédrales, de la Création. Ce principe actif pour l'initiation maçonnique est le lien avec EL SHADDAÏ, par l'invocation de ce dernier, ce qui nous relie avec le principe créateur, c'est le retour à la trinité de Salomon, Hiram de Tyr et d'Hiram architecte. Les trois ainsi réunis peuvent construire le temple spirituel dont l'humanité a besoin.
Le maçon qui a réussi cette opération spirituelle est on peut le dire, revenu au Temps d'avant la Chute, il a retrouvé les outils utiles à sa mission terrestre, et il sait ce qu'il doit faire pour servir le plan du GADLU ; d'autant plus qu'il est investi d'un pouvoir spirituel par Salomon
et du pouvoir royal par Hiram de Tyr, le doute n'est plus de mise quant au travail que le Maçon doit effectuer, il possède maintenant les plans, il est devenu un homme complet utilisant au mieux les possibilités obtenues par l'initiation ; son temps est venu de construire le nouveau Temple de Jérusalem. Le maître maçon a retrouvé le sens et l'utilité du Verbe, et il a
renoué avec ce qui est en bas et avec ce qui est en haut, la jonction ainsi de nouveau effectué fait du maçon un Homme nouveau il sait pourquoi il a frappé à la porte du Temple. Il donne un sens à son initiation en dépassant les contingences matérielles de sa vie. Il devient un illuminé, à savoir que maintenant la Lumière peut le remplir entièrement, elle n'a plus d'obstacles et que le maçon n'a plus de zone d'ombre en lui. Ayant rassemblé les éléments épars, ayant trouvé le centre de l'union, le maçon étant investi d'un pouvoir spirituel a donc retrouvé sa place dans l'humanité en relation étroite avec le GADLU, il peut construire ce qui est utile à l'homme à condition qu'il répande à l'extérieur les vérités acquises par lui, et n'il
ne garde pas pour lui sa compréhension de l'univers. C'est un acte de générosité et non d'égoïsme !
La Pierre Brute est maintenant équarrie, les quatre éléments de la Nature sont maintenant maîtrisés, le pyramidion surmontant la Pierre Cubique est placé donnant aux quatre éléments la direction spirituelle utile à la construction du Temple. Le maçon a retrouvé et même alimenté la petite flamme de spiritualité qui est en chacun de nous. De ce fait tous les
sentiments négatifs ne sont plus de mise dans la démarche du maçon, et je dirais que le compas est ouvert à 180 degrés, comme le diamètre du cercle, allant des deux pôles , nord et sud ou négatif et positif vers le centre.
Parti de la Pierre Brute, pour arriver à la Pierre Cubique surmontée du Pyramidion, la Parole du Maçon n'est plus stérile, elle devient utilisable et positive pour servir les dessein du GADLU, il est devenu son Ouvrier travaillant au devenir de l'Humanité, comme le firent les maçons opératifs dans la construction des Cathédrales, sachant comme eux , qu'il ne verra
jamais la fin de son travail , mais sans être découragé pour autant il a l'espoir que son travail sera perpétué par d'autres comme nous l'indique la Chaîne d'Union que la marque de son travail sera connue et reconnue comme une base de travail solide et stable.
Arrivé à ce stade initiatique, devenant aussi la quatrième colonnette entourant le tableau de Loge, la maçon a fini de construire le Tabernacle, et comme dans la Genèse au septième jour, il peut « se reposer » mais pas dans le sens contemporain du mot, non il est devenu immobile en réalisant le grand ouvre, car son esprit est réveillé, il a parcouru le chemin qu'il y a entre les deux St Jean. Il est certain pour moi que s'il y a beaucoup d'appelés, il y a peu d'Elus, ce qui nous guette, c'est sûrement l'illusion de croire que le but est atteint et que nous sommes devenus l'Homme Universel digne de recevoir les plans du GADLU !
source :
www.ledifice.net

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Parole d'homme

1 Juillet 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Lorsqu'au siècle des lumières les fondateurs de la Franc- maçonnerie mettent en place les rituels ils fondent la maîtrise sur des éléments symboliques forts. Ils veulent un mythe d'une force exceptionnelle qui puisse marquer les esprits mais aussi un mythe qui prenne sa source aux origines de la culture humaine, façon symbolique de proposer une nouvelle genèse. Ce mythe est entièrement construit autour du héros choisi : Hiram. Hiram n'est ni un Dieu, ni un prophète ni un prince, ni un puissant. C'est simplement un bâtisseur dont les réalisations ne sont même pas parvenues jusqu'à nous. Nous allons voir qu’autant que la vie d'Hiram c'est sa mort qui l'a fait choisir comme le symbole central de la maîtrise.
Quant au début du XVIII siècle les fondateurs de la Franc Maçonnerie spéculative choisissent de placer le mythe d'Hiram au cour de l'initiation au grade de Maître nul doute qu'ils sont conscients de sa capacité singulière à articuler une réalité opérative mythique centrée sur les solidarités nées de la pratique de l'Art Royal à un message spéculatif fort centré sur le rôle fondateur de la parole humaine. Voyons un peu.
Tous les peuples n'ont pas conçu une écriture mais tous les peuples ont conçu et développé des langages. Reprenant Bergson je dirais que la parole au moins autant que le rire est le propre de l'homme. Et il est vrai que la parole régit les rapports des hommes entre eux. La sagesse populaire propose ainsi de nombreuses expressions qui accordent à la parole donnée, à la parole transmise, un rôle particulier : « On n'a qu'une parole » « Parole d'homme » « Je te donne ma parole » « Parole d'honneur » « sur ma parole ».
Car lorsque je donne ma parole, c'est mon souffle vital même qui porte vers l'autre mon engagement, engagement garanti ainsi par une part de ma propre vie. Certains exégètes maçons empruntent aux mythologies religieuses leurs conceptions de l'origine de la parole humaine. Il s'agirait selon eux d'un don de leur Dieu à l'homme. Pour ma part je préfère la vision d'Aragon lors qu'il dit « la parole n'a pas été donnée à l'homme il l'a prise ». Car en matière d'écriture, de lecture, de langage Il n'est pas question de révélation. Mais d'acquisition, d'apprentissage, de travail, d'initiation. Une initiation, vécue par un profane qui a été accepté comme apprenti, conduite par des hommes déjà maîtres. Une initiation qui commence alors que l'apprenti ne sait encore qu'épeler, et qui se terminera quand devenu maître lui-même il saura lire et écrire.
L'initiation d'un être humain unique est ainsi l'image même du parcours de l'humanité toute entière d'abord balbutiant dans les limbes puis conquérant peu à peu par son travail : savoir-faire et connaissances. Or parmi ces connaissances l'usage de la parole est sans conteste des plus importants. Du temps d'Hiram il n'y avait pas d'ordinateur, de cinéma ni de photos et l'écriture était confinée à l'art du scribe qui n'était accessible qu'à un petit nombre. L'essentiel des rapports humains reposait donc sur la parole. Cette parole qui permet l'échange des connaissances et donc le progrès cette parole qui permet la transmission des traditions et donc la socialisation, cette parole qui permet la traduction des sentiments et donc l'amour, cette
parole qui permet le travail en commun et qui établit ainsi les fondements des solidarités. Cette parole qui permet ainsi à tout homme de s'insérer dans la communauté humaine.
Hiram et les autres maîtres on usé d'une parole secrète pour protéger leurs secrets communs. Ils se sont engagés à garder le silence à l'extérieur de leur cercle. Ils ont engagé leur responsabilité entière dans la protection par cette parole et pour la sauvegarde de cette parole. Ils ont lié leur souffle vital à l'usage de ce mot et à sa protection. Lorsque Hiram est tombé sous les coups des mauvais compagnons et que son souffle lui a été dérobé, la parole qu'il protégeait avec les deux autres maîtres s'est de ce fait perdue. Elle ne pouvait pas plus être retrouvée que son corps, dont la peau et la chair partaient en lambeaux, et qui ne pouvait être ressuscité. Un autre maître l'a remplacé, une autre parole ayant la même fonction a alors été
choisie. Au travers les nombreux textes que j'ai lus sur le mythe d'Hiram et la parole perdue j'ai rencontré deux grands types d'interprétations opposées. L'interprétation gnostique et l'interprétation humaniste : Pour les gnostiques la parole a été dite au commencement par le messie, le dieu, l'entité, puis s'est perdue. Dans le schéma judéo-chrétien L'homme ne pourra pas plus retrouver cette parole divine qu'il ne pourra retrouver le Graal. Dans le long chemin que parcourt l'humanité le sens est derrière elle, perdu à jamais. Car la vérité a été perdue, une vérité qui appartient exclusivement à cette entité qui le jour du jugement dernier évaluera les actions de tous les hommes à l'aune de ses commandements. Le verbe est au commencement.
L'âge d'or a été perdu comme le paradis et jamais l'homme ne retrouvera le bonheur sans faille de ce paradis perdu à jamais par sa faute, faute qu'il lui faudra expier de génération en génération. Alors la procréation se fera dans les larmes, le travail se fera dans la sueur, et la mort s'imposera dans la peur de l'enfer. La parole est perdue car Dieu seul détient la vérité une vérité immuable que le dogme édicte et régit. Il est le début et il est la fin. Entre ces deux temps de l'infini, la vie humaine n'est qu'une parenthèse faite de substitutions. L'interprétation humaniste est toute différente. Il n'y a pas de vérité révélée. Il n'y a pas de parole révélée. Par leurs actes, leurs réflexions, leur travail, les hommes avancent sur la voie du progrès. Les savoirs et les modes de connaissances ne leur ont pas été donnés. Ils les ont conçus, améliorés, mis en ouvre, selon des règles fixées par eux et ils ont protégées leurs connaissances et leurs savoirs faire par des secrets pour interdire que des hommes qui n'auraient pas appris à les utiliser ne s'en emparent et les pervertissent. Le verbe n'est pas au commencement il agit au présent.
La vérité, le sens n'ont pas été perdus dans un passé mythique ils sont devant l'homme comme une lumière. Hiram homme parmi les hommes n'est pas un prophète. Au commencement Il ne savait ni lire ni écrire il ne savait qu'épeler. Puis par son travail, sa volonté il a appris à lire et avec d'autres maîtres il a su la parole et il l'a partagée. Il ne détenait aucune vérité qu'une entité supérieure lui aurait révélée, Il était simplement l'un des trois maîtres gardiens des secrets acquis par le travail des bâtisseurs. Les leçons d'Hiram ce sont les étapes du chemin de l'initiation progressive suivi par un homme dont le parcours est donné en exemple aux autres hommes : celui de la quête sans faille et sans certitude de la vérité toujours recherchée, jamais certaine, jamais atteinte. Comment mieux exprimer que la vérité du franc-maçon est devant lui comme une lumière comme ces étoiles qui montrent le chemin mais qui s'éloignent au fur et à mesure que l'on croit s'en rapprocher. Et non pas derrière lui et comme mise aux objets trouvés par une entité capricieuse.
La parole ne sera jamais perdue tant qu'il y aura des maîtres à la porter, à la garantir par leur souffle vital, à être prêt à perdre leur vie pour préserver par leur silence inviolable les secrets acquis, les progrès obtenus. Et c'est pourquoi quand périt un maître il convient de choisir un
autre mot. Le mot ainsi substitué sera à nouveau porté par le souffle vital des maîtres. Il ne peut s'agir en aucune façon d'un ersatz dépourvu des qualités du modèle. Il ne peut donc s'agir de ce mot substitué « à portéehumaine » je cite qui selon l'auteur d'une bible symbolique récente aurait remplacé le mot originel celui qu'un Dieu innommé aurait confié au seul Hiram. Car pour moi le souffle vital des maîtres confère au mot substitué la même noblesse, les mêmes fonctions que le mot originel. Parce que l'acacia nous assure que la chaîne vitale allant de la mort à la régénération jamais ne s'interrompra, que la chaîne d'union un instant brisé se reformera sous le signe du secret.
Cette interprétation me semble conforme à la vision du monde de la Franc Maçonnerie que j'attends. Elle me semble aussi plus conforme à l'état d'esprit des hommes qui aux siècles des lumières fondèrent la Franc Maçonnerie spéculative. Nous ne devons pas oublier en effet que le mythe d'Hiram n'a pas de signification à proprement parler historique. Ce que nous voulons retrouver c'est le sens que les Francs-maçons ont donné au mythe d'Hiram lorsqu'ils le choisirent au milieu du XVIII siècle ou mieux encore l’interprétation que les Francs-maçons d'aujourd'hui affranchis de toutes contraintes dogmatiques peuvent en donner.
Or je dois dire devant votre respectable et plus qu'honorable assemblée que je suis consterné par la somme de discours que j'ai rencontrés nés pourtant sous la plume de maçons et qui tendent à donner de cette symbolique maçonniques des interprétations et des sens totalement empruntés aux mythologies, hébraïques, chrétiennes, ou musulmanes comme s'il était nécessaire chaque fois que l'on aborde le monde foisonnant des symboles et des mythes de se référer à l'iconographie religieuse. Je suis consterné Pour moi faire revivre Hiram, retrouver sa parole ne me semble pas nécessiter le recours aux cantiques, aux hosties où aux mystères substitués. Tout au contraire faire revivre Hiram c'est remettre nos pas dans ses pas, rechercher sans cesse notre voie au travers les dalles noires et blanches du labyrinthe de nos vies.
Car Hiram est mort et nul ne sera accueilli par lui dans un monde parallèle. Nul ne sera jugé dans un au-delà mythique, car ce n'est pas dans la mort que l'on retrouve Hiram mais dans la vie, par la vie, cette vie terrestre éphémère qu'HIRAM a accepté de quitter pour affirmer ses valeurs pour honorer son engagement de garder le silence. Sacrifice d'autant plus méritoire qu'il n'avait aucun père pour l'attendre au seuil d'un hypothétique paradis. Parce qu'elle a été affirmée dans la vie face aux contraintes face à ceux qui n'acceptaient pas la discipline qu'implique la vie en société, la parole d'Hiram ne peut se retrouver qu'au travers une pratique, un ensemble d'actes, une vie. La parole d'Hiram a été retrouvée par des Mozart, des Kipling des Jean Moulin et bien d'autres dont les réalisations, les sacrifices, ne peuvent en aucune façon être taxées de substitués. Et pourtant je lis dans une somme récente consacrée aux symboles maçonniques. « La parole perdue rappelle la puissance initiale du verbe au commencement de la genèse » La puissance du verbe serait donc celle d'un Dieu ? La genèse serait-elle encore au 21éme siècle une explication plus rationnelle de la création du monde que celle du big bang ? À tout prendre j'en viendrais à privilégier l'hypothèse extra terrestre de la secte Raëlienqui au moins a pour elle le mérite de la modernité. Secte vous avez dis secte on ne peut s'empêcher d'y penser lorsque l'on lit une phrase comme : « La recherche de ce qui est perdu devient alors la recherche de l'être dans son essence intrinsèque avant la chute, que l'on désigne le plus souvent parla perte de l'état paradisiaque ».
Quel galimatias ! Je crois rêver ! Au delà d’une phraséologie obscure je m'interroge. De quelle chute de quel état paradisiaque veut-on me parler ? Car lorsque prenant peu à peu une station verticale un mammifère bipède s'extrayant des océans puis de la forêt est devenu l'homme, chacun sait aujourd'hui quel était alors l'état effroyable, terrifiant d'un monde où il serait vain de vouloir rechercher un quelconque état paradisiaque. Pour d'autres gnostiques tels Guénon, la parole perdue ne serait rien moins que « le véritable nom du grand architecte de l'univers ». Mais qui pourrait croire que des centaines de générations humaines se sont donné et se donnerait encore aujourd'hui pour but ultime de retrouver le nom d'une entité perverse qui passerait son temps à jouer au gendarme et au voleur avec le diable ? A lire les exégèses nombreuses que j'ai pu consulter je me pose une autre question Pourquoi s'acharner à introduire ce thème de la substitution ? Ne s'agit-il pas en définitive d'une sorte de tour de
passe-passe destiné à faire apparaître Hiram comme le substitut d'un Dieu ? Et sa légende comme une mouture substituée de la mythologie chrétienne ? Que certaines structures de récits ou de contes inspirés par des thèmes religieux apparaissent en filigrane du mythe d'Hiram c'est certain. Mais il me paraît intellectuellement malhonnête d'utiliser ces similitudes entre les mythologies déistes et la structure du mythe d'Hiram pour l'interpréter comme une transcription substituée. Si Hiram nous touche c'est qu'il n'est qu'homme parmi les autres hommes.
Un homme qui faisait partie d'un groupe formé, par des travailleurs, qui ont su faire émerger une morale de leur travail commun. Non par référence à une table de la loi proposée par une entité mystérieuse mais par référence aux contraintes de leurs métiers, aux engagements et aux solidarités que l'exercice de ces métiers exige. Hiram aurait emporté son secret dans sa tombe ? Mais quel secret ? Celui d'un mot choisi parmi des milliers ? Mot sans signification particulière, mot banal qui pouvait désigner n'importe quoi : un meuble ? Un végétal ? Un outil ? Une forme architecturale ? Un animal de compagnie ? Et qui peut croire comme Irène Mainguy que, je cite : « on peut considérerque nommer (à l'origine) c'était aussi avoir la capacité de commander à lamatière et de la transformer selon le verbe initial ». Laisser entendre qu'il y aurait des mots, comme des chiffres, capables de transformer la matière relève de la manipulation intellectuelle. Qui donc aujourd'hui, sinon Harry Potter, peut accorder aux mots une quelconque force physique ? Qui donc aujourd'hui pense pouvoir agir sur la matière par des abracadabras ? Ou des tétragrammes mystérieux ? J'adore la poésie et la science fiction et je suis sensible aux symboles. Le seigneur des anneaux m'a beaucoup diverti. Mais lorsque par une démarche perverse on veut ainsi m'attirer du côté obscur de la force j'ai tendance à résister. Or les tentatives de manipulations du mythe fondateur d'Hiram et de la parole perdue sont nombreuses : je lis : « nommer le nom ineffable est synonyme d'inexprimable qui ne peut être manifesté par un simple humain. La disparition du maître liée à la prononciation du tétragramme était dès lors nécessaire pour donner naissance au mot substitué, à portée humaine ».
Mais l'essence ne précède pas l'existence, les mots ne précèdent pas la découverte du monde. Comment y aurait-il des mots ineffables, imprononçables par l'homme ? C’est lui qui les a inventés au fur et à mesure de sa découverte du monde et de ses progrès ! Ce ne sont pas les mots qui sont à craindre ou à chérir ce sont les directions qu'ils proposent, les règles qu'ils fixent, les valeurs qu'ils définissent. Et, en dernier ressort, ce sont les actes des hommes. Le mot que portait Hiram n'avait d'autre force que la sienne propre et celles des autres maîtres. Car ce n'est pas le mot, cette parole dès lors perdue qui était important pour eux ; c'était l'engagement pris en commun de préserver leurs secrets. Engagement dont le mot n'était que la clef de voûte. Parole unique, pierre angulaire de leur solidarité « Et par le pouvoir d'un mot je recommence ma vie » nous a chanté Eluard. La parole n'habite vraiment et totalement l'homme que lorsqu'il y a alliance intime entre le sens de la parole et les actes. Le vrai, le seul, pouvoir de la parole c'est le sens à la fois signification et direction qu'elle donne à nos vies.
Hiram n'était qu’un homme, il portait un nom celui de ses parents devenu le sien. Il pratiquait l'art royal dont il voulait préserver les secrets. Il est mort en homme et en homme n'a pas ressuscité. Et pourtant depuis sa mort symbolique et la perte de la parole sous les coups des assassins ce sont des milliers sinon des millions d'Hiram qui ont su la retrouver et la porter de frères en frères, de frères en cours, qui ont su la ressusciter de vies en vies. Mais si la parole perdue par Hiram n'avait rien de mystérieux, si elle n'avait pas pour fonction d'unir Hiram à un dieu éventuel. Pourquoi lui accorder autant d'importance ? Mais parce qu’entre les deux néants qui ont borné sa vie cette parole jusqu'à ce qu'elle soit perdue était la marque de son engagement. Et a été le vecteur premier de sa communication avec les autres hommes, avec tous les hommes et très singulièrement avec ses compagnons, ses frères, unis par un même idéal, par le partage des mêmes valeurs nées des contraintes de l'Art Royal. Cette parole qu'il réservait aux autres initiés, à ceux qui connaissaient le mot, ce mot qu'il n'a pas voulu dévoiler à ceux qui n'avaient pas mérité de le connaître. Non seulement Hiram a su conférer à cette parole un caractère sacré puisé dans la force d'un engagement garanti par sa propre vie mais ce sont des millions de frères et de cours qui depuis sa mort symbolique ont fait progresser sa parole, l'ont porté par leurs actes, l'ont précisée par leurs écrits. Ce qui me paraît particulièrement puissant dans la symbolique d'Hiram et des autres maîtres c'est qu'ayant découvert des méthodes, des savoir-faire, des principes qu'il leur fallait préserver à une époque ou on ne déposait pas de brevets ou n'existaient pas les enveloppes Soleau. Ils n'ont fait appel ni au pouvoir, ni à la force, ni à la terreur, ni à la peur de l'enfer pour protéger ces savoirs et ces connaissances mais aux seules solidarités nées dans le travail et par le travail. D'abord étranger au monde métaphysique ou à une quelconque religion Le secret partagé de la parole n'était qu'une technique de sécurisation fondée sur la solidarité. Mais en s'enracinant dans le partage, la confiance, la responsabilité et la solidarité des hommes il a fait jaillir une morale collective de la sueur, de la peur, de la réflexion et des rêves humains.
La parole garantie par la solidarité des trois maîtres a été perdue quand Hiram a été tué. Mais la nouvelle parole, que certains s'acharnent encore à qualifier de substituée, a été garantie dès son origine par de nouvelles solidarités. Une parole dont la fonction première n'était donc pas modifiés parce que toujours garantie par le souffle des maîtres qui seuls avaient le droit de la prononcer. Avec Hiram le sacré qui jusqu'alors était extérieur à l'homme entre dans l'homme, trouve une source toujours renouvelée dans la chaîne toujours renouvelée des hommes. Car de la mort d'Hiram surgit un monde humain, absolument humain, un monde ou la survie dépend de la chaîne d'union que l'on a su former avec d'autres, un monde ou quand on meurt la peau se déchire et les chairs se corrompent. Un monde ou on laisse derrière soi des veuves. Mais aussi un monde ou seul l'esprit que l'on a un temps incarné, ressuscite, transformé, enrichi, en étant porté par d'autres.
Lorsque j'ai été élevé par vous au rang de maître la tâche qui m'a été assignée a clairement été de retrouver par mes actes, mon travail et mes paroles le sens de cette parole perdue par Hiram pour préserver ce qui avait pour lui la vraie valeur : son honneur, ses engagements, sa solidarité avec les autres hommes ses pairs.
Il était primordial que le mot perdu ne fut pas dévoilé car ce sont tous les progrès faits par les hommes dans leur marche vers l'humanité qui auraient pu être perdus. Ce qui a rendu grand Hiram. Ce qui a fait de lui un respectable parmi les respectables c'est qu'il ait mis ses valeurs, sa parole, son engagement au-dessus de sa vie. C'est qu'il ait préféré mourir que de trahir sa parole, ses frères, l'humanité. Il a agit en maître au prix de sa propre existence il a ainsi fait naître un espace humain où la morale prenait un sens sans qu'il soit nécessaire de poser l'hypothèse de l'existence d'un dieu.
Je considère légitime la croyance en dieu. Des millions d'hommes et de femmes ont besoin de cette croyance. Mais je m'oppose à ce qu'ils pervertissent le mythe d'Hiram et s'acharnent à le faire passer pour un substitut de leurs mythologies religieuses en plaquant leur interprétation
gnostique sur un mythe que personnellement je considère comme le mythe fondateur d'une morale agnostique.
J'ai pourtant lu dans un numéro du Maillon de février 1994 « Notre foi maçonnique qui nous inspire dans cette quête de la parole se fonde solidement sur un postulat : qu'il existe nécessairement une harmonie au-delà d'un tel chaos, faute de quoi il ne vaut guère la peine de vivre… Gardons-nous bien cependant de prendre ces secrets substitués pourles secrets véritables, oubliant qu'il s'agit de substituts, et que donc l'essentiel est au-delà ».
Je récuse totalement cette interprétation qui ferait de nous des substituts éphémères à qui échapperait le sens même de leur existence. Que le monde en général et le nôtre en particulier soit à maints égards absurde je n'en disconviens pas mais c'est tout l'honneur de la démarche initiatique que de nous faire prendre conscience que c'est un monde qu'il nous appartient de structurer par nos valeurs et notre travail ; par nos paroles et par nos actes. Ce qui vaut la peine de vivre c'est l'acacia qui nous l'indique en illustrant le fait que nous faisons partie d'un processus sans fin de régénération et non de substitution. Alors si notre vie ne vaut en définitive que la somme de nos actes c'est bien la somme de tous les actes, de tous les hommes, à travers toutes les générations successives, qui sera l'humanité. Faudrait-il par peur du néant final accepter de n'être nés que pour préparer l'au-delà de notre mort ? Faudrait-il n'avoir pour ces millions de vies additionnées que du mépris et ne les considérer que comme des substituts sans signification ? Parenthèse infime entre deux infinis que vaudraient alors notre parole, nos actes, nos règles, nos valeurs ?
Non s'il y a des vérités c'est l'humanité qui les trouvera par son travail. Ce sont des hommes qui les préserveront par leur chaîne d'union constamment reformée. Parce que toujours de nouveaux maîtres seront initiés à l'écriture, à la lecture, et à l'accès au sens. Parce que la parole toujours renouvelée, et non pas substituée, sera ainsi préservée. Le sacrifice accepté d'Hiram est un hymne à la vie, au progrès, à la solidarité, au travail, à la rectitude morale à toutes ces valeurs qui donnent une direction à nos existences éphémères. Existences rendues cependant immortelles non par la promesse de résurrection divine mais par l'apport toujours renouvelée de nouveaux maillons, de solidarités successives qui forment sur terre cette chaîne sans fin seule susceptible de donner un sens à la vie humaine.

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Où, après le DH, le REAA au GODF pratique la mixité...

29 Juin 2013 , Rédigé par Gérard Contremoulin Publié dans #histoire de la FM

Victoire posthume de Maria Deraismes, le Suprème Conseil du REAA du GODF s'ouvre aux Soeurs.

C'était attendu et le Suprème Conseil du REAA vient de prendre courageusement une décision historique. Il pourra désormais accueillir des Soeurs dans les hauts grades écossais au GODF !

Un peu d'histoire.

La Loge "Les Libres Penseurs" du Pecq se désaffiliera de la Grande Loge Symbolique Ecossaise (qui refuse la mixité) pour initier Maria Deraismes le 14 janvier 1882, 5 jour après avoir proclamé son autonomie. Cette Loge travaille au REAA. Le 4 avril 1893, elle dépose les statuts de la "Grande Loge Symbolique Ecossaise Mixte de France", qui deviendra "L'Ordre Maçonnique Mixte International : Le Droit Humain". Depuis, cette obédience travaille au REAA dans tous les degrés du Rite, c'est-à-dire en 33 degrés sans distinction de sexe.

1893-2013, 120 ans au cours desquels la Maçonnerie a accompagné la construction de la République, et lorsque celle-ci se détourne d'elle, sous Pétain, c'est que la République est mise en sommeil en dépit des 80 qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal !

120 ans au cours desquels la réflexion sur la mixité en Franc-Maçonnerie a été l'objet de débats quasiment incessant où les meilleurs comme les pires arguments ont été échangés ! Et le GODF ne sera pas resté à l'écart...

Quelques rapides jalons :

Les premières Loges de la maçonnerie d'adoption apparaissent au XVIII° siècle mais ne perdureront pas au delà de la majeure partie du XIX°.

29 mai 1901 : création de la 1° loge féminine "Le Libre Examen" qui sera à l'origine de la Grande Loge Féminine de France, créée en 1952. Entre temps l'Union Maçonnique Féminine verra le jour et la 2° guerre mondiale retardera sa transformation en GLFF.

En 1973, une scission interviendra au DH sur la base d'une contestation du caractère pyramidal du fonctionnement et donnera naissance à la GLMU.

En 1982, le refus du rapport d'activité du Grand-Maître de la GLMU débouchera sur une nouvelle scission. Ainsi naîtra la GLMF, avec le soutien du GODF, qui lui octroie la patente du Rite Français et qui voit là la possibilité de permettre aux frères qui exigent la mixité au GODF d'attendre la décision favorable... Par ailleurs, la GLMF adoptera des textes et des modes de fonctionnement très proches de ceux de l'obédience de la rue Cadet.

Entre temps, la GLMF se développera en temps qu'obédience à part entière et conquièrera sa pleine souveraineté.

L'initiation des femmes au GODF, en quelques dates :

1869 : Frédéric Desmons dépose le 1° voeu visant à l'initiation des femmes au GODF, voeu qui sera repoussé.

Dans les années 1920, une première décision favorable sera prise mais ne sera pas suivie d'effet.

1973 : Possibilité donnée aux loges de recevoir les Soeurs en visite.

2008 : 5 loges du GODF initient irrégulièrement (contre l'avis du Convent) 6 femmes.

2008-2010 : Procédures devant la justice de la République visant à faire reconnaître le caractère "masculin" du GODF. Elles n'aboutiront pas.

2009 : La juridiction interne (CSJM) fait dans un jugement l'analyse selon laquelle rien dans les textes règlementaires du GODF ne s'oppose à l'initiation des femmes.

2009-2011 : un groupe de Frères (réunis dans une structures nommée UGODFM) va saisir la justice de la République qui les déboutera après quelques plusieurs années de procédure.

2009 : Olivia Chaumont est reconnue comme la 1° Soeur du GODF.

2010 : 1° décision du Convent favorable à l'initiation des femmes, décision qui sera cassée par la juridiction interne malgré son avis de 2009.

2011 : 2° décision du Convent, favorable. A noter que le voeu est déposé par la Loge Frédéric Desmons-Laïcité... Ce voeu sera également cassé par la CSJM et l'on en reviendra à la situation antérieure, c'est-à-dire la position initialement exprimée par la CSJM. Les Loges qui souhaitaient initier des femmes vont donc considérer qu'elles ont le feu vert.

2012 : Le Grand Chapitre Général (grades au delà de la maîtrise du Rite Français) s'ouvre aux Soeurs.

2013 : Les effectifs du GODF dénombrent 1.200 Soeurs sur 51.000 membres.

2013 : Le Suprème Conseil (grades au delà de la maîtrise pour le Rite Ecossais Ancien, Accepté) s'ouvre aux Soeurs. Les Frères qui désirent recevoir des Soeurs devront créer de nouveaux ateliers de perfection. A ce jour, plusieurs sont créés ou en cours de création.

Cette situation, nouvelle pour le GODF contraste fortement avec la création de la Confédération Maçonnique de France, exclusivement masculine !

Enfin la mixité dans les ateliers de perfection du Suprème Conseil du REAA du GODF referme la boucle ouverte par l'initiation de Maria Deraismes à la Loge "Les Libres Penseurs" du Pecq qui venait de quitter la Grande Loge Symbolique Ecossaise parce qu'opposée à son initiation.

Source : http://www.souslavouteetoilee.org/

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La Parole Perdue

29 Juin 2013 , Rédigé par V\ C\ H\ C\ Publié dans #Planches

La parole est perdue depuis le meurtre d’Hiram, vécu par le Maître Maçon. Celui-ci incarne Hiram ressuscité, mais il lui manque la « Parole » et il ne se fait reconnaître qu’au moyen d’un « mot substitué ».

Le Maître est donc l’architecte ressuscité, plus précisément réincarné, qui voyage pour chercher ce qui lui manque. Il sait qu’il est incomplet (en tout cas il devrait), qu’il est en devenir et qu’il n’est pas encore réalisé dans sa plénitude. Il possède le savoir-faire de l’architecte et peut poursuivre l’œuvre. Selon Daniel Béresniak « il demeure prisonnier de l’imitation d’un exemple à suivre, il se conforme de son mieux à un idéal du Moi préexistant, il poursuit l’exécution d’un édifice selon les plans tracés par un autre. Il lui faut maintenant posséder la puissance du créateur afin de créer, de concevoir, d’inventer, de produire du sens à son tour lorsqu’il aura trouvé ce qui lui manque : le principe de fécondation, signifié par la parole ».

Par l’interprétation personnelle, le Maître se construit et s’oppose au danger des pensées préfabriquées. Comme la nouvelle interprétation est la sienne, il prend conscience de manière responsable du chemin individuel et collectif qu’il se doit de construire. C’est ce qu’exprime admirablement Martin Buber « La toute première tâche de chaque homme est l’actualisation de ses possibilités uniques, sans précédent et jamais renouvelées, et non pas la répétition de quelque chose qu’un autre, fût-ce le plus grand de tous, aurait déjà accompli. C’est cette idée qu’exprime Rabbi Zousya peu avant sa mort » : « Dans l’autre monde, on ne me demandera pas » : « Pourquoi n’as-tu pas été Moïse ? » On me demandera : « Pourquoi n’as-tu pas été Zousya ? »

Les Dix Paroles instaurent une éthique de la parole : refus de la parole instituée une fois pour toutes, morte à force d’habitude, devenue insignifiante et prisonnière des usages. LE MANQUE, à mon sens c’est là le maître mot de notre démarche et je vais essayer de l’expliquer à travers une vision juive en corrélation directe avec les Dix Commandements, qu’en hébreu on appelle les « Dix Paroles de la Loi » et que pour notre démarche il faudrait traduire les « Dix Lois de la Parole ». Il est à noter que les « Dix Paroles », commence par « Je Suis… » Et se terminent par « …ton prochain ». Les Dix Paroles se déploient donc entre le « je » et « l’autre ». Que veut dire « parler ? » C’est d’abord maintenir ouvert l’écart, la distance entre le même et l’autre. Le prochain, en hébreu réa, se définit comme celui qui n’a pas de définition ni de stabilité. Le prochain peut-être aimable, digne d’être aimé aujourd’hui ; mais demain il est possible qu’il ne soit plus du tout sympathique. « Tu aimeras… » Ne fait aucune difficulté quand il est aimable, mais c’est une autre paire de manche quand il ne l’est plus. C’est pourquoi « tu aimeras (pour) ton prochain… » Devrait se dire : « Tu respecteras l’instabilité existentielle de l’autre, qui te rappelle la tienne, ta propre instabilité ». Ce n’est pas parce que l’autre est instable, qu’il change, qu’on ne doit plus l’aimer. On doit l’aimer parce qu’il est autre. « Tu aimeras ton autre » (ton autre qui ne reste pas le même) : voilà ce que dit le commandement.

Pour comprendre ce rapprochement, il faut faire un détour par la Kabbale, en particulier celle de Rabbi Itshaq Louria (1534-1572), qui contient une théorie très originale de la Création, appelée Tsimtsoum, et que nos savant ont redécouvertes sous ne nom de « Big-Bang » En général, on dit que Dieu a créé le monde à partir de rien, ex nihilo. Par exemple, Il a dit : « Que la Lumière soit ! », et la lumière fut. Et de même pour le reste de la Création. Or la Kabbale énonce exactement l’inverse : le monde a été créé comme rien à partir de quelque chose. Pour la Kabbale, au début, il existe une seule réalité, absolue, infinie, qui remplit tout, de haut en bas et d’un côté à l’autre : c’est l’être de Dieu. Ce n’est donc pas le rien qui existe, mais « le tout absolu ». Et cette « lumière supérieure infinie », comme l’appelle la Kabbale, occupe tout l’espace existant. Il n’y a pas de place pour autre chose. Logiquement le monde n’est pas possible. Pourtant nous sommes là et le monde existe.

Que s’est-il passé ? Selon Rabbi Itshak Louria, la lumière infinie s’est rétractée, retirée, au centre de l’Infini. Cette contraction-retrait, c’est le Tsimtsoum. Dieu a laissé un vide, un espace vide, sans Dieu, athée. Pour la Kabbale, l'univers est né non pas parce que le Créateur a créé de l’être, quelque chose, à partir de rien, mais parce que Dieu, l’Infini, a laissé de la place, un vide à partir duquel la Création a pu avoir lieu. Rabbi Itshak Louria se demande en outre quelles forces sont à l’œuvre à partir de ce moment pour maintenir l’Infini à la périphérie, pour qu’il ne revienne pas remplir l’espace vide qui s’est creusé en lui. Cette attention de R\ I\ Louria indique sa perception d’un monde toujours en devenir…comme le Maître Maçon (l’homme étant le microcosme du macrocosme, il peut être considérer comme un monde à lui seul), du fait de son manque et de son incomplétude est en devenir permanent.

Son « Je suis » se révèle être une subjectivité d’emblée engagée dans une relation d’échange avec autrui, c’est à dire dans une relation éthique. Le « je suis » n’est jamais seul : en face de lui, il y a toujours un « tu ». En disant « je suis », je dis en même temps « tu ». Il y a toujours un « je-tu » ou un « je-il », le même et l’autre. Nous voici au point central du sixième commandement : l’interdiction, c’est de tuer le « je suis », ce qui fait à proprement parler la vie d’autrui, la parole, « l'âme de vie », la bonté qui sont en lui. Mais cela justement implique distance et intervalle. La bonne distance avec autrui est un gage de respect : il n’est pas englobé alors en nous, ni dans le grand tout du monde et de l’Histoire. Il est « lui » avec son « je suis ».

Comment maintenir la distance ? En (se) parlant. Comme le dit Emmanuel Levinas, « le monde prend sens à partir d’autrui, de mes relations avec autrui. Si autrui existe pour moi, s’il est respecté dans la juste distance, le monde s’ouvre à nous ». « Offrir le monde à autrui par la parole », dit encore Lévinas.

« Offrir », c’est à dire sortir de la relation purement utilitaire ou fonctionnelle avec les choses pour les faire entrer dans un monde humain de relations. Les maîtres de la Kabbale ont dit que l’existence provient du vide, et il est évident que la circoncision n’est pas étrangère à toutes ces réflexions. A l’âge de huit jours, le petit garçon juif entre dans l’Alliance par cette coupure. En enlevant un petit morceau de peau, elle introduit un manque. Ce manque, ou ce vide, marque l’inachèvement, l’imperfection ; il fonde du coup l’existence comme désir d’entrer en relation, de s’inventer autrement. Celui qui est totalement lui-même, « plein » de lui-même, n’a besoin de rien ni de personne. C’est un « je » qui n’a pas besoin de dire « tu » (et c’est aussi son malheur, est-il nécessaire de le dire ?). L’imperfection appelle le désir et la possibilité du dépassement, de la transcendance. La coupure de la circoncision symbolise ce manque créateur.

Le don des Dix Paroles au Sinaï est marqué par un événement extraordinaire : Moïse reçoit les tables de la Loi et ensuite il les brise ! Don de la Loi, mais aussi don de la brisure : voilà ce qu’il faut comprendre. La Loi comme un tout, donné et appréhendé une fois pour toute, n’existe pas.
Moïse était monté sur la montagne et devait redescendre avec la Loi. Il est en retard…comme le Messie, qui sera toujours en retard… Les enfants d’Israël perdent patience et confectionnent l’idole, un veau d’or. L’idolâtrie commence avec l’impatience. L’impatience est idolâtrie. Elle veut « savoir », saisir, avoir sous la main tout de suite la figure de son Dieu. Vouloir «tout tout de suite » aboutit à tout figer : Dieu tout de suite, Dieu pétrifié, Dieu mort, VEAU D’OR ! L’impatience, refus de donner la possibilité au temps d’être temps. De laisser à l’autre l’espace dont il a besoin pour vivre, pour être. Volonté de supprimer ou impossibilité de supporter le vide, impossibilité de faire place à l’autre, au neuf. L’impatience ne laisse pas la possibilité au temps de se déployer.

L’expérience du don de la Loi est pourtant justement celle de la patience qui implique un retrait, une maîtrise de la pulsion, la distance et l’écart. Alors, la main va dans le monde, vers Dieu, vers autrui, sans jamais se fermer en une prise, sans laisser se former la violence du poing fermé. Les doigts restent ouverts. « N’oubliez pas que le poing lui aussi était autrefois une main ouverte avec des doigts » (Yéhouda Amihaï). Tous les commandements vont dans ce sens : Maîtrise de la pulsion et de la possession, retrait, distance et écart. Les enfants d’Israël n’ont pas eu la patience, qui est comme un « trou » dans le temps. Le Loi est limitation : un Tsimtsoum. C’est pourquoi Moïse brise les tables de la Loi. C’est la seule chose qu’il puisse faire. Selon la tradition, une voix formidable sort à ce moment-là du ciel et l’approuve d’avoir fait ce geste. Car la brisure des tables de la Loi réintroduit la coupure, le vide essentiel, pour le peuple qui se croyait déjà arrivé. C’est une sorte de circoncision au niveau collectif.

Dieu en l’homme, c’est à la fois le sentiment du « mouvement » et celui de la « limitation ». Du mouvement, parce qu’il est impulsion à sortir de nous-mêmes, à nous dépasser et à nous transcender. Il donne un sentiment de légèreté et d’élévation. C’est un force qui nous pousse à « aller vers ». Certains maître vont jusqu’à nommer sentiment messianique la joie qu’elle met en nous… Cependant, dans le même temps, la parole de Dieu est limitation : tout n’est pas permis, tout n’est pas égal, on n’est pas dans la confusion que crée l’absence de limites. Nous nous maintenons dans l’être parce que notre vie est maintenue par des limites, de même que la Création se maintient parce qu’elle est prise dans le cercle ou dans l’espace vide tracé par la contraction de Dieu. Le cercle n’existe pas sans la circonférence qui trace ses limites et qui maintient la tension entre ses forces. Les limites de l’homme résident dans la place, dans l’espace qu’il doit nécessairement laisser à l’autre. « Aller vers » consiste à laisser s’épanouir la liberté, à laisser croître l’espace de vie des autres. C’est cela, le sens de la Parole Substituée : vie dynamique et limitation, vie possible grâce à la limitation qui laisse les autres êtres et vivre dans leur liberté.

Pour la pensée juive, Dieu est Celui qui a révélé au mont Sinaï un texte, la Loi qui ordonne l’éthique, le respect du visage d’autrui, la bonté. Pour les juifs l’ « élection » n’est rien d’autre : elle est cette responsabilité infinie. Par la Création Dieu a permit au monde d’exister. Par la Révélation, Il a permit qu’existe la Loi qui rend possible la coexistence des hommes entre eux. Mais pour créer le monde et se révéler aux hommes, Dieu a dû se limiter, lui, l’Infini, pour devenir fini. C’est cette forme étonnante d’humilité et d’auto négation que la Kabbale nomme Tsimtsoum (nous venons de le voir) Nous pouvons dire que toute créature doit son existence à cette auto négation de Dieu ; et qu’avec cette existence elle a reçu ce qu’elle avait à recevoir de l’au-delà. Le philosophe Hans Jonas à bien exprimé cette idée : « Dieu après s’être entièrement donné dans le monde en devenir, n’a plus rien à offrir : c’est maintenant à l’homme de lui donner. Et il peut le faire en veillant à ce que, dans les cheminements de sa vie, n’arrive pas, ou n’arrive pas trop souvent, et pas à cause de lui, l’homme, que Dieu puisse regretter d’avoir laissé devenir le monde ».

Alors mes F\, soyons à la hauteur !

J’ai dit.

Note de l'Edifice :
Cette planche est un résumé et une interprétation du livre de Marc-Alain Ouaknin "Les Dix Commandements"

Source : www.ledifice.net

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Et si lon retrouvait la Parole Perdue ?

28 Juin 2013 , Rédigé par P\ L\ Publié dans #Planches

Imaginons qu’à la suite d’une longue et laborieuse démarche initiatique, qu’à la suite de longs et pénibles efforts, nous entrions en possession de la Parole Perdue, qui deviendrait immédiatement la Parole créatrice de la Genèse, que nous retrouvions notre état antérieur, que la Chute ne serait plus qu’un souvenir désagréable, que nous retrouverions l’Eden, tout en restant sur Terre ; que ferions nous de cette possibilité d’agir en Connaissance ?
Auparavent il convient de réfléchir à la fonction initiatique, on part d’où pour arriver où, en fait il s’agit de borner notre itinéraire maçonnique, afin de ne pas courir dans toutes les directions. Le but de toute initiation étant de modifier l’état ontologique de l’Homme, ou comme nous disons en maçonnerie de passer de la Pierre brute à la Pierre Taillée, puis au pyramidion par une série de modifications internes agissant sur toute notre personnalité, mais pour ce faire il faut se souvenir que nous avons perdu ou que nous nous sommes éloignés d’un état primordial, qui reste gravé dans notre inconscient. De la physique bien terrestre, on doit se rapprocher de la métaphysique, dans un premier temps élémentaire, pour peut être parvenir à une métaphysique plus proche du fonctionnement de l’Univers. Démarche, sur le plan terrestre de l’Ordo ab Chaos, car nous sommes dans le rien terrestre dans le vide spirituel, comme le recommande le rituel, nous nous devons de rassembler en nous tout ce qui est épars, pour parvenir à l’Ordre du GADLU, le but étant dans sa première finalité d’être le centre de l’union en nous même, n’étant plus taraudé par nos désirs contradictoires, et si je puis dire ne présentant plus d’obstacles à la pénétration de la Lumière.
Voilà une hypothèse bien intéressante à mettre en œuvre, mais voyons en reprenant le début, la Genèse, pour tenter de voir ce que cela peut impliquer comme éléments de transformation. Nous avons perdu un état supérieur de conscience et disons le un pouvoir bien précis, que nous allons trouver dans le Béréschit de-là Genèse.
Donc au chapitre premier de la Genèse, au commencement donc on peu lire ceci : « Elohim dit, faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance » Rien qu’avec cette phrase on comprend que l’humain possède en lui tous les attributs du Divin. Rappelons aussi que l’homme ne fut créé que le sixième jour bien après les animaux et bien après notre environnement terrestre. Je dirais même que cela est logique si l’on peut prendre en compte le rôle de l’homme sur Terre. Lorsqu’Elohim demanda à Adam de nommer les animaux, j’ai le sentiment qu’Elohim confia je puis dire par délégation, à la destiné de l’Homme d’être, l’architecte de la Création terrestre. « Fructifiez et multipliez, remplissez la Terre et soumettez là à votre volonté et à votre autorité ! ». L’ordre divin me semble plus que clair, notre présence obéit à une fonction qui me semble très péremptoire.
Un autre témoignage confirme mon opinion : « alors Iahvé Elohim, forma l’homme de la poussière provenant du sol, et il insuffla dans ses narine une haleine de vie et l’homme devint une Ame vivante ! » d’où la différenciation avec le règne animal, le règne végétal et le règne minéral ! Différenciation Que l’on peut expliquer comme suit, si l’on sépare l’Homme des trois autres règnes, c’est pour montrer que la création du GADLU, ne c’est pas faite n’importe comment, bien au contraire et que seul l’Homme est investi d’une parcelle individuelle de l’énergie divine. Certes les trois règnes, eux aussi n’existent que par la volonté du GADLU ? Mais dans l’échelle de la création ils sont bien en arrière de la créature humaine et seul l’homme est porteur de Lumière, que je traduis par énergie. Disons que les trois règnes, contrairement à l’homme qui lui possède une Ame individuelle, les trois règnes donc possède une Ame collective.
Ça c’est le projet initial celui du GADLU, missionnant l’homme pour conduire les affaires de la Terre, mais l’homme/principe, pas encore précipité dans la chute, et comme diraient nos jeunes, a eu la grosse tête, croyant qu’il était en mesure de prendre la place du GADLU, voulu modifier la création terrestre. C’est le mythe du jardin terrestre relaté dans la Bible. Dans ce jardin il y avait deux arbres l’un dit arbre de Vie, et l’autre nommé arbre de la Connaissance. Un petit détour dans le jardin d’Eden, l’arbre de vie étant celui de l’éternité, là où le temps est aboli où le cycle de naissance et mort, n’existe pas, quant à l’arbre de la Connaissance, il donne la clef du fonctionnement de la Création divine, mais il n’appartient pas, à la créature qu’est l’homme, d’en connaître la substantifique moelle.
Mais voici ce qu’en dit la Genèse :
« Concernant l’arbre de la Connaissance, Elohim dit à l’Homme et aussi à la Femme ceci : Vous n’en mangerez pas et n’y toucherez pas de peur que vous mourriez. »
Le serpent dit à la Femme « Vous n ‘en mourrez pas, mais Elohim sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux se dessilleront et vous serez comme les dieux sachant le bien et le mal. »
La suite est bien connue, c’est la Chute, la perte des qualités divines de l’Homme et son séjour sur Terre, devenant plus proche de l’animalité que de la spiritualité. Cette transgression installe l’Homme dans le devenir, car elle dérange l’Ordre immuable de la Création et désormais la créature va devoir vivre sur la Terre avec toutes les incertitudes fondées sur le binaire et non sur l’Unité. Jour, nuit, bien, mal, doute, certitude, tout ce que l’on retrouve dans le meurtre de l’architecte Hiram. L’ordre établi des trois premiers grades est remis en cause par la transgression, car il n’exprime pas toute la finalité de l’initiation maçonnique, en effet si l’on en reste au grade de maitre, on fait l’impasse sur un nombre important de questions qui reste sans réponses, dont une qui me semble primordiale, que je résume par cette phrase : « bon on a perdu la Parole, et alors ! » Sauf que la construction du Temple reste inachevée puisque Hiram n’a pas divulgué le plan du Temple achevé. Curieuse, cette initiation qui nous laisserez en plein désarroi, sans espoir et avec en arrière plan l’inutilité de faire un effort de recherche et qui finalement nous laisserez un goût d’amertume en nous faisant croire que tous nos efforts n’ont servi qu’à constater le néant de notre Vie.
La mort d’Hiram nous laisse dans le désarroi, mais comme après les lamentations il y a toujours l’espoir, à force de patience et de travail, nous avons retrouvé les plans de l’Architecte, nous somme en possession de la Parole Perdue, nous pouvons agir sur l’extérieur comme sur notre intérieur. Notre vie n’est plus confuse et nous sommes en mesure de répondre à cette lancinante question, qui hante depuis l’aube l’Humanité, à savoir : « que sommes nous venu faire sur Terre ? ».
Nous sommes maintenant les Géomètres de la Terre, et pour être en conformité avec le plan divin, nous avons comme mission de gérer le monde minéral, le monde végétal et le monde animal dont nous faisons partis. Notre travail est relativement simple, passer du monde matériel au monde spirituel, pour être en correspondance avec le Grand Architecte, car tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ! Force que l’on peut traduire par énergie, beauté par harmonie et Sagesse par immobilité, nous permettre de remplir notre travail dans la concordance du plan divin, car en retrouvant la Parole Perdue, nous avons comprendre ce plan et donc il ne peut plus y avoir d’erreurs d’interprétation de notre part, nous yeux regardent avec justesse et nous mains agissent avec précision et notre jugement a dépassé le binaire et la contradiction qu’il y a entre la raison et l’intuition. Devenus les dieux des différentes mythologies, les Compagnons constructeurs et ordonnateurs du Grand Architecte, plus besoin de nous rappeler sans cesse ce que nous avons à faire ici bas, nous savons maintenant ! Nous pouvons gravir sans effort et sans risque l’échelle de Jacob, afin d’être en relation avec le Géomètre. Jusqu’à présent nous vivions comme initiés, dans un milieu artificiel, protégés des influences externes, à travers les degrés de l’initiation, nous avons reçu toutes les élévations de salaire possible, nous étions dans un espace/ temps sacré, loin de la fureur de la vie courante, nous pouvons disserter sur tous les sujets, sans craindre une confrontation brutale, sans risque de désillusion, et sans remise en cause de nos certitudes. Ce qu’il y a merveilleux dans le REAA, c’est la remise en cause régulière de nos certitudes. Il y a donc un grade, après le 14éme, qui lui demande aux candidats acceptés, de s’ouvrir au monde profane, pour vivre en réel toutes les étapes de l’initiation, et là peut être dans le foisonnement de la vie, il pourra peut être retrouvé la Parole perdue, en dégageant du désordre ambiant sa ligne de conduite personnelle, celle qui fera de lui le porteur de Lumière que l’humanité a besoin.
Mais il me faut redescendre de mon petit nuage, et voir qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour retrouver la Parole Perdue et lorsque je regarde la Création Divine et ce que nous en avons fait, je me dit vraiment qu’il se pourrait que nos efforts d’Initiés ne servent à rien ; et sans faire de l’écologie de bistrot, le constat que je fais est que la Parole est Perdue pour longtemps, que nous sommes déboussolés mais en même temps responsables de cet état de fait, que trop souvent nous avons cédé au matérialisme, sans prendre garde aux conséquences éventuelles mais quelquefois irrémédiables,// que notre héritage est bien entamé, faute de Lumière, faute de Sagesse et surtout faute de courage. Les porteurs de Lumière que nous sommes ont oubliés l’essentiel de la Vie, le respect de notre Nature.
Mais la vie obéissant à la loi des Cycles, il y aura peut être un nouveau Noé et un autre Déluge. Qui peut le dire ? Il y a des chemins de Sagesse, toutes les civilisations que prétentieusement nous appelions primitives, voulaient nous les faire retrouver, mais par suffisance, nous avons ri de leur prétention ; préférant une technologie destructrice.
Ordo ab chao, nous allons retourner au chao

J’ai dit
source :
www.ledifice.net

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La Parole Perdue

27 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

INTRODUCTION

L'expression la « Parole perdue » apparaît peu dans nos actuels rituels du 3e degré, où l'on parle plutôt de la « perte des secrets véritable du maître maçon ». Il semble toutefois que les deux expressions soient relativement interchangeables, ainsi le document Prichard de 1743 et l'instruction au 3e degré au rite écossais de la Mère Loge Ecossaise de l'Orient d'Avignon de 1774 disent-ils :

Q : pourquoi vous a-t-on fait voyager ? - R : pour chercher ce qui a été perdu.
Q : qu'est ce qui a été perdu ? - R : la parole de Maître.
Q : comment la parole fut-elle perdue ? - R : par la mort de notre respectable maître Hiram.

Fort de ces références, j'associerai donc au cours de cette planche « les Secrets Véritables du Maître Maçon » et la « Parole Perdue ». Ce très bref rappel des rituels n'est toutefois pas innocent puisque le plan de ma planche sera aligné sur celui de l'instruction au 3é degré : Une première partie axée sur la notion de parole et sur ce que les pauvres mauvais compagnons pensaient naïvement en obtenir, une seconde partie sur la perte de la parole, génératrice de liberté et de devoir, une troisième partie sur le « centre du cercle où ainsi placé le maître maçon ne risque pas de s'égarer, de manière à chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière ».

I - L'OBSCURE AMBIGUITE DE LA PAROLE

Permettez-moi mes Vénérables Frères de commencer par une légère digression destinée à développer quelques idées au sujet de la notion de parole. J'entends très souvent dire que la parole est au cœur de notre méthode maçonnique sinon de notre rituel, parce qu'elle permettrait le dialogue (soi-disant panacée socratique), la communication (fraternellement correcte) avec l'autre, parfois même parce qu'elle serait source de révélation. Attention, la « parole », qu'on lui accorde un p minuscule ou un P majuscule, qu'on la confonde avec le Verbe ou le Logos peut avoir de multiples interprétations, souvent confuses ou contradictoires et la plupart du temps totalement étrangères à la maçonnerie.

I.1 - La parole au service du fanatisme, de l'ignorance et de l'ambition déréglée.

Dès la Grèce antique, la parole a été l'outil privilégié des sophistes, qui en exaltaient la puissance, de parole on est ainsi rapidement passé au langage, engoncé dans les lois et règles de la logique, volontairement coupé de son rapport à la réalité, capable de faire paraître vrai même le faux. Ambition déréglée d'accéder par la parole à une connaissance universelle logique et désincarnée, recherche prométhéenne de substituer par la raison un ordre humain à l'ordre divin. La parole, ainsi nécessairement intellectualisée, ne nécessite ni connaissance de soi, ni connaissance de l'autre, ni connaissance de Dieu ; objet autonome, elle s'oppose à la Connaissance telle que nous l'imaginons en maçonnerie, elle devient ainsi, pour nous, Maçons, source d'ignorance. Quant au fanatisme, la parole ne manque pas d'exemples. De la parole révélée aux seuls prêtres, gourous ou autres chamans qui l'imposent à leurs dévoués fidèles, à la parole soi-disant unique de la tour de Babel, totalitaire et aliénante, la parole est de tous les dogmatismes, de tous les fanatismes. Ambition déréglée, ignorance et fanatisme, telle est la parole que recherchaient les mauvais compagnons auprès de notre maître Hiram, naturellement ils n'ont pu la trouver de sa bouche et ils l'ont tué.

I.2 - la parole : de l'outil au Logos.

Même si nous venons de voir les dangers de la parole, n'oublions pas que l'essentiel du travail en loge s'effectue par le biais de la parole : régulations de la prise de parole, fonction de l'orateur, débats, questions et réponses...la parole est sans conteste au cœur de la loge, car la parole est aussi l'un des outils privilégiés de la maçonnerie, qui, je le rappelle, n'est rien d'autre qu'ordre initiatique fondé sur la fraternité ; la parole est ce qui permet la relation à l'autre. Il ne s'agit plus alors de faux dialogues ou de monologues parallèles mais du vrai dialogue initiatique, celui du face à face d'un Je et d'un Tu. Quand j'écoute autrui, ce que j'entends vient s'insérer dans les intervalles de ce que je pourrais prononcer. Je ne comprends sa voix que si je pose sur chaque mot de la phrase une série de mes mots propres en manière de réplique intérieure. Le dialogue en Loge, c'est croiser deux voix dans une parole pour en produire un sens. Quand une parole est adressée, le sens n'est pas seulement pour l'autre mais par l'autre : telle est la condition pour que la parole joue un rôle initiatique, telle est la condition pour que la parole permette l'exercice de la Fraternité, confrontation de deux consciences qui aspirent toutes deux vers la Lumière. Mais la Parole Perdue n'est pas du même ordre. Ce n'est pas le langage qui a été perdu, ce n'est pas n'importe quelle parole que nous recherchons, c'est celle de notre maître Hiram, architecte, constructeur du temple de Salomon. Ne tombons pas dans l'erreur naïve des mauvais compagnons qui croyaient que les secrets véritables du maître maçon relevaient de la communication d'un savoir ; notre recherche est bien différente puisqu'elle se place sur le plan de la Connaissance, celui de l'être et du spirituel, de l'immanence et de la transcendance. C'est dans ce contexte que la Parole perdue peut prendre tout son sens de Logos. Logos, aux multiples interprétations et dont celle qui m'est la plus familière est celle d'Héraclite ; à savoir ce lien qui unit phénomènes multiples et Unité, qui structure et donne un sens, Cosmos, harmonie immanente, condition préalable à la possibilité d'unifier le monde et la pensée qu'on en a. Car pour celui qui est familier du Logos, dit Heraclite, le monde a un sens comme ce fleuve qui coule de la source vers la mer et non inversement de la mer vers la source. Ce Logos, comme tout élément initiatique, ne peut être réduit en parole et ne peut être que vécu, d'où l'utilisation du mythe, mise en scène de symboles et d'analogies, propositions sans réponse, mythe d'Hiram, perte nécessaire de la parole et mort du maître.

II - LA LIBERTE OUVERTE PAR LA MORT D'HIRAM

II.1 - Condamnés à la liberté.

Il est bien entendu nécessaire qu'Hiram meurt. Certes, sans les mauvais compagnons le temple aurait peut être été achevé, mais son plan en serait mort et figé, dans un musée au mieux, dans un catéchisme au pire. Tout mythe sur la condition humaine rend nécessaire la désobéissance et le passage de témoin de Dieu à l'homme ; les exemples d'ailleurs ne manquent pas, de la boite de Pandore, à l'arbre de la Connaissance, de la trahison de Judas au bris des Tables de la Loi par Moïse. Il est nécessaire que les trois mauvais Compagnons tuent Hiram comme il est nécessaire que l'homme désire goûter au fruit défendu. « Pourquoi vous êtes vous fait recevoir Franc-maçon ? - Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai désiré la lumière ». Il n'y a pas de liberté sans initiation, il n'y a pas d'initiation sans désir de liberté. Désir de liberté certes, mais pour quoi faire ? On voit bien que les compagnons de chantier d'Hiram ne se réjouissent pas de la liberté soudainement obtenue par la mort de leur maître et bien au contraire qu'ils se lamentent et n'ont de cesse que de retrouver son corps. L'expérience de la liberté est assurément douloureuse pour celui qui ne la désire pas et qui fuit sa responsabilité de choix d'homme libre ; à l'opposé, Nietzsche célèbre la conquête de la liberté totale du surhomme, « vaste oiseau de proie » qui proclame le terrible secret de la mort de Dieu et qui, maître de soi, de la vérité et de toutes les valeurs, incarne dans sa volonté de puissance la vie elle-même, prend en charge le destin de l'espèce et se révèle « l'homme de la plus vaste responsabilité - der Mensch der umfänglichsten Verantwortlichkeit » [par delà le bien et le mal et Deuxième Dissertation de La Généalogie de la morale ]. Mais être responsable, c'est forcément répondre de quelque chose devant quelqu'un, l'auto- responsabilité Nietzschéenne mène à une impasse, comment en effet puis-je être responsable et libre si tout pour moi revient "au même" ? Ce qui me constitue comme sujet, c'est ma réponse. Sans réponse, pas de sujet, sans sujet pas de verbe, sans verbe pas d'action, sans action pas de liberté. La liberté impose la responsabilité, la responsabilité impose le devoir, le devoir impose l'ordre. C'est en cela que les Anciennes Obligations des Maçons Francs et Acceptés posent en tête du chapitre premier « qu'un Maçon est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux ». L'exemple de Don Juan est à ce sujet saisissant : face à cette statue de pierre qui ne dit mot, le libertin se retrouve face à sa responsabilité et la vanité d'une liberté privée de sens. De ce fait, la liberté apparaît moins comme un choix entre des possibles, que comme l'installation d'un sens et dont nous sommes responsables. C'est d'ailleurs ce que Sartre entend quand il parle de notre « condamnation » à la liberté : nous sommes responsables, à tout moment, de ce qu'un sens, tel sens, apparaisse. Assumer sa liberté devient alors inséparable de la recherche de la vérité pour lequel le Maçon ne se fixe aucune limite, au sens de l'article 2 de la déclaration de principe du convent de Lausanne.

I.2 - A la conquête du sens.

Donner un sens à sa liberté, c'est à dire orienter sa vie, devient alors la tâche essentiel de l'homme libre et de bonnes mœurs qu'est le Franc-maçon et, en ce qui me concerne, l'obéissance à la Loi morale dont parlent les Anciennes Obligations des Maçons Francs et Acceptés ne signifie pas autre chose. Bien entendu, l'ordre initiatique qui est le notre se garde bien de dire quelle est cette Loi morale, et, de toute façon, la parole étant perdue, il serait bien en mal de le faire...tout se que nous dit la maçonnerie c'est que la lumière doit être désirée, que si l'on cherche, on trouvera et qu'un ordre domine le chaos. Voilà tout, c'est certes bien peu en comparaison d'une religion exotérique qui proposerait prêt à l'emploi une parole révélée, totalitaire, aliénante ou dogmatique, mais c'est déjà beaucoup car cela signifie d'une part que l'expérience vaut la peine d'être tentée et d'autre part qu'il en est de notre responsabilité d'homme libre que de partir à la conquête du sens, même s'il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre. Permettez-moi à ce stade de la planche de faire appel aux premiers chapitres de la Genèse. Dieu crée le Ciel et la Terre, les petits et les grands luminaires, puis, le sixième jour, il dit « faisons l'homme » (Genèse, I.26). Pourquoi ce pluriel ? Simple pluriel de majesté interprètent quelques commentateurs mais n'est ce pas infiniment plus réjouissant d'interpréter ce « nous » comme « Lui et moi » ? Cette interprétation nous ouvre un espace total de liberté et une responsabilité plus grande encore puisqu'elle nous fait partager ce devoir de faire l'Homme, ou, comme le dit l'instruction au premier degré, d'être responsable du perfectionnement intellectuel et moral de l'humanité. Angélus Silesius (Johann Scheffler), dans cette citation des poèmes mystiques que j'aime tant, va encore plus loin « Je sais que sans moi, Dieu ne peut vivre un instant, suis-je rendu à rien, il doit rendre l'esprit » ; la charge de la preuve se renverse et m'incombe, le monde n'a de sens qui si j'y découvre l'ordre qui lui donne son sens. Ma responsabilité n'est pas de me soumettre à un ordre immanent mais de révéler Dieu à travers le monde, devoir de révélation, responsabilité de la transcendance. Toujours dans l'ancien testament, faisons rapidement un autre crochet par le récit de la faute du Veau d'Or et du bris des Tables de la Loi par Moïse : « Et Dieu dit à Moïse : grave-toi deux Tables de pierre comme les premières et je t'écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as brisées (Ex. 34, 1) ». Selon le commentaire qu'en a fait Daniel Epstein dans un texte que m'a en son temps passé notre frère Jean-Marie, cet épisode peut être interprété de manière très proche du mythe de la parole perdue : les secondes tables, identiques aux premières par la Loi immanente qui y est inscrite, en sont toutefois radicalement différentes et porteuses de sens initiatique, puisque taillées de la main de l'homme et non de celle de Dieu. Le bris des Tables, comme la mort d'Hiram, libère l'homme tout en le rendant responsable de la taille de nouvelle tables ; devoir de dégrossir la pierre brute, qui lorsqu'il sera accompli, permettra la révélation de la Loi. Mes Vénérables Frères, la mort de notre Maître Hiram nous condamne à tailler.

III - A LA RECHERCHE DE LA PAROLE PERDUE

C'est ainsi que tout notre rituel n'est que méthode de taille de la pierre. Je ne reviendrai pas en détail sur les conseils donnés aux deux premiers degrés, mais chercherai plutôt à en développer deux qui sont donnés au 3è : Ÿ à quoi travaille la maître maçon ? : À chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière où le maître maçon espère-t-il retrouver les secrets véritables - au centre du cercle car ainsi placé il ne risque pas de s'égarer.

III.1 - Rassembler sans s'égarer ce qui est épars. « Chercher ce qui a été perdu et répandre partout la Lumière », c'est ce que j'ai essayé de traiter au cours de la partie précédente. L'élément nouveau c'est que le rituel y associe de « rassembler ce qui est épars » et y insiste lourdement puisque ce cercle au centre duquel le maître maçon espère retrouver la parole perdue est également, semble-t-il, un symbole d'unité. Ce qui est certain, c'est que cet ordre n'est pas immédiat, le monde apparaît composé d'éléments semble-t-il indépendants les uns des autres, difficiles à relier en une Loi qui les gouvernerait tous. La symbolique du multiple et du cercle pose d'emblée la question de la manière dont l'homme est capable de saisir et révéler l'ordre qui domine le chaos. A cet égard le symbole du cercle, sur lequel on pourrait discourir pendant des heures et que je ne ferai qu'effleurer est particulièrement instructif. De tout temps, le cercle a été le symbole de l'espace clos et de l'unité et la pensée classique y a inscrit la divinité ; je pense à cette fameuse définition de Dieu : « Dieu est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part », issue du livre des vingt quatre philosophes au XII siècle et ensuite reprise régulièrement par les philosophes et théologiens comme le montre si bien Georges Poulet dans son livre remarquable Les métamorphoses du Cercle. Cette définition de Dieu illustre à elle seule toute la problématique du cercle et le vertige qu'il provoque : à la fois unité et multiplicité, éternité et instantanéité, infini et fixité. Toute la pensée philosophique et théologique jusqu'au XVIIIe siècle a été d'appréhender les rapports du centre à la périphérie et d'y trouver la place respective de Dieu et de l'Homme. Pour les uns, tout vient du centre, tel un foyer d'énergie qui irrigue la création ; pour d'autres, la création tout entière et l'homme en particulier, centre et cercle à son tour, convergent vers le centre à la rencontre de Dieu. On retrouve donc ainsi dans le cercle ces mêmes questions d'immanence et de transcendance évoquées précédemment. L'évocation du centre du cercle, lieu où le maçon ne risque de s'égarer n'est toutefois pas gratuite car elle fonde la voie initiatique et symbolique de la recherche de la Connaissance et réfute la voie intellectuelle, celle-ci propre à l'égarement. En effet, l'une des réponses au vertige de l'ordre et du chaos, du centre et de l'infini, peut être d'ordre intellectuel, c'est notamment la réponse platonicienne qui propose de dépasser l'apparence des choses et de s'élever au monde des Idées, c'est à dire d'entrer dans le domaine de l'intelligible. Cette réponse suppose que l'unité du monde peut être appréhendée par la pensée et dans les termes d'un langage formel adéquat, science ou raison. Blaise Pascal a consacré sa vie à cette appréhension de Dieu par la pensée et son constat est sans détour : « les créatures sont incapables de cette unité infinie de Dieu, qui est tout ensemble le point et la quantité, le centre et la circonférence....le gouffre infini ne peut être rempli que par objet infini et immuable...Théologie Naturelle » et comme le dit Albert Beguin dans Pascal par lui-même « tout l'effort de Pascal, désormais, tendra à prouver que l'homme peut, même dans un monde sans commune mesure avec lui-même, trouver ensemble sa mesure et un havre de paix ».

III.2 - Les mots forcément substitués.

La voie maçonnique est avant tout initiatique c'est à dire axée sur la transformation de soi et la connaissance de soi jusqu'à ce que s'y révèle la Loi morale. On retrouve là encore l'épisode de Moïse et du bris des Tables de la Loi. Ce n'est pas l'Homme qui y trace la Loi mais Dieu, l'homme ne pouvant se limiter qu'à tailler les tables jusqu'à ce que la Loi puisse s'y révéler. Parmi les outils de taille à notre disposition, le symbole en est le premier, qui consiste à assembler les éléments épars deux à deux jusqu'à ce que leur fusion fasse jaillir le sens du Trois. Comme le disait Jacob Bohème « In Ja und Nein bestehen alle Dinge » (Toutes choses consistent en oui et non). C'est le non qui permet la révélation du oui, de la confrontation des contraires que jaillit le sens [méthode que l'on pourrait rapprocher de la théologie négative des mystiques rhénans du XIVe qui, partant du principe que de l'Un on ne peut parler, cherchaient à le définir par l'inventaire de ce qu'il n'est pas]. Il est important à ce stade de ne pas confondre multiplicité et contraires. Le symbole ne résout pas la question du multiple et du retour à l'unité ; certes symboles, ce qui unit, s'oppose à diabolos, ce qui sépare, mais le symbole ne permet pas le retour au Un. La voie symbolique est lente et progressive, assemblant tour à tour deux pièces parmi les pièces infinies, en faisant surgir ainsi une troisième à confronter à son tour à une autre, sans espoir que le puzzle se termine mais avec la satisfaction de voir quand même des contours se dessiner et un début de sens se faire jour. De cette quête, de cette conquête du sens, il est toutefois difficile de parler car elle est nécessairement du domaine de l'expérience intime ; c'est en soi que s'opposent les contraires et se révèle à petits pas le sens de l'Ordre. Souvenons-nous, à ce propos, de l'épisode d'Adam au Paradis, la Genèse (3 - 3) nous dit que l'arbre se trouvait « au milieu du jardin », mais comment trouver le centre dans un espace infini, comment reconnaître l'arbre de la Connaissance parmi le nombre infini d'arbres qui peuplaient le paradis terrestre ? Le centre est en soi, l'arbre de la Connaissance est en soi, Adam est en soi, la désobéissance et la mort d'Hiram en soi et une fois ce centre en soi trouvé, en soi l'expulsion du Paradis terrestre, initiation faite sans cesse d'allers-retours du centre de cercle à sa circonférence, mais toujours en soi, car ainsi placé le Maître-Maçon ne peut s'égarer. Là est aussi le message de la Parole perdue. La connaissance ne peut être qu'expérimentale et individuelle, forcément incommunicable. Le langage, l'intellect, la parole ne peuvent rendre compte de la Connaissance ; la parole perdue, perdre la parole, c'est quitter le domaine de l'intellect pour entrer dans celui de l'Etre. Je suis, tu es, nous sommes, mes frères, les secrets véritables du Maître-Maçon, mots substitués de la parole perdue d'Hiram. Mohabon, c'est toi l'architecte, mon Frère.

Source : www.ledifice.net

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