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Interview de Roger Dachez

31 Mai 2013 , Rédigé par X Publié dans #Eglise catholique et FM

 

Historien reconnu de la franc-maçonnerie, membre de la loge nationale française et président de l’Institut maçonnique de France, Roger Dachez a accepté de nous livrer son sentiment sur “l’affaire Vesin”.
 La décision de l’Église de démettre le père Vesin de ses fonctions vous surprend-elle ?
 
 « Oui et non. Oui, parce que c’est un fait rare. Je n’ai pas mémoire en France d’un cas de curé obligé publiquement de faire le choix entre son appartenance maçonnique et l’église depuis l’après-guerre. Non, car c’est en parfaite conformité avec la position officielle de l’église. »

Quelle est-elle ?

 « Elle a beaucoup évolué en 300 ans. L’église a presque toujours condamné la franc-maçonnerie. La première bulle papale d’excommunication des francs-maçons date de 1738. Clément XII estime alors que le fait de faire travailler ensemble des gens de confessions différentes est dangereux pour l’Église. Il n’est pas à cette époque question d’anticléricalisme ou d’athéisme. »

 Croyance et franc-maçonnerie sont-elles inconciliables ?
>
 « Bien sûr que non. Au tout début de la franc-maçonnerie ; être franc-maçon c’est être croyant. Dans les pays anglo-saxons protestants où la franc-maçonnerie est née, le terme “liberté de conscience” signifie “liberté de choisir sa religion”. Ce n’est qu’en France, au milieu du XIXe siècle, que la franc-maçonnerie est majoritairement devenue républicaine et anticléricale, principalement pour des raisons politiques. »

 Est-ce le cas ailleurs dans le Monde ?

 « Pas du tout. La très grande majorité des francs-maçons dans le monde sont croyants. La France est une exception incroyable avec des obédiences croyantes et d’autres “libérales”, acceptant croyants et non-croyants, au premier rang desquelles le Grand Orient de France. La France est le seul grand pays catholique où la franc-maçonnerie n’a pas été persécutée par l’Inquisition après la bulle de Clément XII. Tout ça grâce à une lutte d’influence entre le roi de France et le parlement de Paris, dominé par les jansénistes, qui a refusé d’enregistrer le texte du Vatican. Il n’a donc jamais été appliqué, contrairement à ce qui s’est passé en Espagne, en Italie ou au Portugal. C’est ce qui a permis à la franc-maçonnerie de croître et prospérer de manière particulière en France.. »
 
 Pourquoi les francs-maçons français se sont-ils éloignés de l’église ?
 
 « Au XIXe siècle, les gouvernements autoritaires se sont succédé avec le soutien de l’église. Il n’y avait pas alors de parti politique. À cette époque, le seul espace où les esprits libres pouvaient s’exprimer, c’était la franc-maçonnerie. Au milieu du XIXe, s’est alors développé dans les loges du Grand Orient un mouvement général républicain et anticlérical. C’est le début d’un combat sans merci qui a entraîné une nouvelle vague de condamnations contre les prétendus “conspirateurs francs-maçons qui voulaient détruire l’église”. Ce qui a laissé des traces, notamment la thèse du “complot judéo-maçonnique” qui s’est développée sous l’Occupation. »

 L’Église catholique n’a-t-elle jamais infléchi sa position ?
 
 « On l’a cru en 1983, lors de la publication du nouveau code de droit canon, dans lequel l’excommunication des francs-maçons avait été supprimée. Cela faisait suite à plusieurs années de débat, après Vatican II. Mais Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI et alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi, s’est exprimé sur le sujet, indiquant que s’il n’était plus question d’excommunication, l’appartenance à la franc-maçonnerie restait un pêché grave qui interdisait l’accès à la sainte communion. »

 Encore une condamnation donc…

 « Oui, mais encore une fois, la position de l’église change. Le cardinal reconnaît en 1985 que la franc-maçonnerie accueille dans ses rangs des catholiques et chrétiens sincères, qu’elle possède une dimension spirituelle, mais que l’église reste la seule voie de Salut. Selon lui, pour une âme catholique, il y a un risque de concurrence entre la franc-maçonnerie et la fidélité à la sainte Église. »

 Ces multiples condamnations empêchent-elles les chrétiens d’adhérer à la franc-maçonnerie ?

« Non. Au XVIIIe siècle, les chrétiens et les ecclésiastiques étaient nombreux en loge. Après le tournant anticlérical du XIXe siècle, les prêtres et les évêques se sont faits plus rares, mais il y en a toujours aujourd’hui. Le simple croyant attache peu d’importance à ces condamnations, d’autant que peu d’évêques font réellement la chasse aux francs-maçons. C’est plus délicat pour un ecclésiastique. En particulier au Grand Orient.»

 Pourquoi ?

 « Un prêtre est soumis à l’autorité du Vatican et c’est lui qui consacre les saintes espèces pour la communion. Il y a donc incompatibilité entre ces fonctions et la position officielle de l’église. Les prêtres en franc-maçonnerie, c’est le dernier tabou pour l’église. »
 
 L’exclusion du père Vesin est donc logique…
 
 « Elle est cohérente avec la position officielle de l’église qui s’est durcie depuis le pontificat de Benoît XVI. Mais le fait d’avoir un prêtre, qui est également franc-maçon, qui assume sa situation et qui ne veut abandonner ni son ministère, ni son appartenance, montre que le cardinal Ratzinger avait peut-être tort et qu’il n’y a pas forcément d’incompatibilité ou de concurrence entre la Foi et la franc-maçonnerie. Je pense que cette exclusion spectaculaire est plus liée à un durcissement actuel de la doctrine catholique. »

 Vous faites un lien entre l’affaire Vesin et l’actualité ?

 « Un lien indirect. Mais on voit bien à travers la lutte contre le mariage pour tous que les positions de l’église se durcissent. Il y a d’ailleurs eu une tentative d’occupation du siège du Grand Orient à Paris par des militants extrémistes. C’est un contexte général. L’église, malmenée en Europe, se tourne aujourd’hui vers de nouveaux publics, comme l’Amérique du Sud, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est. Des zones où le catholicisme est en concurrence avec l’Islam, souvent radical et les protestants évangélistes. Face à eux, l’église croit devoir s’aligner sur une ligne dure.»

 Le père Vesin serait donc une victime collatérale du contexte général ?

« Je pense que le message symbolique envoyé par l’église est qu’elle ne tolère plus de “pas de côté”. Cela traduit une volonté de reprise en main idéologique. Je pense qu’on va vers un recul des idées dans les prochaines années. Un retour à la Règle beaucoup plus profond. Une sorte de message envoyé aux fidèles du monde entier, plus qu’aux catholiques européens que ce “scandale” ne scandalisera pas le moins du monde. Et fera même rire, pour la plupart. »

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Houzze Houzze Houzze

28 Mai 2013 , Rédigé par F\ GODEFROY Publié dans #Planches

Voici un sujet d’étude rarement abordé et qui m’a permis de chercher loin et longtemps avant de coucher ces quelques lignes sur le papier. Cette fameuse « acclamation écossaise » est pourtant entonnée à l’ouverture et à la fermeture de nos travaux, je dirais même qu’elle est un symbole, invisible, certes, mais sans elle nos tenues n’auraient plus la même saveur.

Mais d’où- vient-elle, que signifie-t-elle ? Ont la dit écossaise, est-ce le cas ? Je vous invite à me suivre dans un périple qui va nous faire voyager
dans le temps et dans l’histoire, remontant jusqu’aux sources de la Tradition !

Quel que soit le rite pratiqué par une loge, une batterie d’allégresse et une acclamation ou des vivat marque le début et la fin des travaux.

Le terme même de batterie tire son origine du verbe battre et se retrouve dans le vocabulaire militaire comme une réunion de bouches à feu, batterie de canons, d’artillerie, anti-missile. En musique il s’agit d’un roulement de tambour particulier correspondant à un signal ou un ordre, tel que l’on pouvait en entendre sur les champs de batailles.

Etant au REAA, il semble normal que l’acclamation soit aussi écossaise. Il convient de dire qu’il existerait plusieurs orthographes, donc plusieurs prononciations et plusieurs origines. Au plus près de nous historiquement parlant, il semblerait qu’il s’agisse d’une déformation de HURRAH, cri des marins anglais pour honorer les visiteurs qui montaient à leur bord. Prononcé HOURRAI en anglais, la transcription française aurait donné après altération grammaticale HOUZZAI.

On trouve pour la première fois HUZZAH en 1573. Certains voient son origine dans le verbe anglais to heeze, en français hisser, a propos des voiles, donc encore un terme de marine. Nous connaissons tous ce cri d’encouragement quand on tente de déplacer une lourde charge :

ho hisse, ho hisse.

Une autre explication est qu’il s’agit d’une déformation du mot « HUSSARD », ces terribles cavaliers hongrois qui criaient HUZZAR en chargeant leurs ennemis. Ce cri de guerre aurait été récupéré par les Anglais.Un chant militaire anglais de 1745 atteste dans ses paroles la présence de HURRAH.

Autre possibilité : HURRAH proviendrait du turc. En effet c’est la forme impérative du verbe urranack qui signifie TUE. La signification serait donc tuez-les. A l’origine cri de guerre des janissaires, ceux-ci criaient HURRAH lors du passage en revue des troupes, songeant à leurs futures batailles. Ce cri aurait été adopté par les Russes qui le transmirent aux Anglais sur le champ de bataille avant que la marine ne l’adopte…

Voici pour l’origine guerrière du mot.

En 1813 le tuileur de Delaunay, bien connu des érudits en Maçonnerie donne pour origine le mot hébreu HOSCHEAH qui signifie sauveur. On pourrait aussi penser ici à OSANNAH, acclamation lancée par la foule à Jésus sur son passage quand il entra dans Jérusalem Les diverses déformations auraient donné OZZE puis OUZZE.

Plus loin encore dans l’histoire humaine, la sourate 53.20 du Coran cite une déesse arabe préislamique de la fertilité à laquelle les nabatéens rendaient un culte. Son nom est UZZA et signifie la puissante. Liée à la planète Venus, elle fut identifiée à plusieurs divinités grecques, romaines, ou égyptiennes ; Aphrodite, Venus, Isis. Un temple dédié à UZZA fut découvert en Jordanie, à Petra, en 1974. Nous célébrerions une femme ?

Dans l’Ancien Testament, deuxième livre de Samuel, chapitre 6, il est question d’un gardien de l’Arche d’Alliance, contemporain de David, le père de Salomon. Il meurt foudroyé par l’Eternel pour avoir osé toucher l’Arche avec sa main parce que les bœufs faisaient pencher l’attelage. Il s’appelle UZZA.

Notre triple acclamation est-elle un hommage à sa mémoire ?

Nous avons parlé plus haut d’une déesse identifiée à Isis.

Une explication égyptienne pourrait nous éclairer. Un des dieux primordiaux de l’Egypte ancienne est PTAH. Ptah est le dieu créateur par excellence. Il est considéré comme le démiurge qui a existé avant toute chose, et qui par sa volonté a pensé le monde. « Ptah conçoit le monde par la pensée de son cœur et lui donne la vie par la magie de son Verbe ». Ce que Ptah a ordonné a été créé; en lui les constituants de la nature, faune et flore, sont contenus. Il joue également un rôle dans la préservation de l'univers et la permanence de la fonction royale.

Quel rapport avec Houzze ?

Le rapport que la pensée de Ptah, sa conscience est représentée par le dieu égyptien SIA et que celle-ci est mise en œuvre par sa parole créatrice, sa volonté représentée quant à elle par la divinité HOU. L’invocation au dieu Ptah à Memphis serait donc HOU SIA !

Notons ici la ressemblance entre la théologie égyptienne et ce qui plus tard sera la Genèse, un Dieu unique et Créateur qui crée le monde par le Verbe à partir du chaos et d’une étendue d’eau….

La lignée de PTAH, à l’époque saint patron des artisans et plus particulièrement des bâtisseurs et architectes est dans la cosmogonie des mystères de Memphis, Hermès, connu sous le pseudonyme de Trismégiste et à l’origine de l’hermétisme, puis Imhotep, grand constructeur de pyramide et enfin Hiram, héritier et dépositaire des secrets des bâtisseurs antiques. Les grecs identifieront ultérieurement Ptah à Héphaïstos et Hermès sera assimilé aux dieux égyptien Thot et romain Mercure.

Ceci nous amène au geste qui accompagne cette acclamation. Main droite tendue, bras fléchi ou non, j’ai eu du mal à en trouver l’origine jusqu’a ce que, toujours cherchant vers l’Egypte, je me souvienne que les bas-reliefs représentent toujours les Dieux et comme on peut le voir sur la photo jointe, la déesse Sekhmet épouse de Ptah semble le saluer d’un geste familier, le bras droit légèrement fléchi …

HOU SIA HOU SIA HOU SIA

Un Dieu créateur du monde, dieu des architectes, une acclamation semblable, un geste familier, serait-ce là une de nos possibles origines ? Serait-ce une piste menant vers la Tradition Primordiale ?

Le fait que nous prononcions cette acclamation par trois fois prouve encore une fois l’importance du ternaire, omniprésent depuis cette Egypte antique avec la triade Isis,Osiris et Seth, ou avec ces grands initiés que furent Moïse, Mahommet et Jésus, à l’origine des trois monothéismes actuels et, plus proche de nous, dans la religion catholique la Sainte Trinité Père, Fils et Saint Esprit .

Ces explications antiques teintées d’orientalisme sont plaisantes et prêtent à l’enchantement, mais d’un point de vue personnel je pencherais tout de même pour une origine militaire et de marine anglaise, quand on sait où et quand est née la Franc Maçonnerie actuelle.

Quoi qu’il en soit, ce cri particulier, point cri de guerre mais plutôt cri du cœur est notre caractéristique et forge notre identité collective, il nous lie dans un même souffle viril, affirmant haut et fort notre appartenance au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Il nous réunit dans le temps sacré, il dit notre fierté d’être à l’ordre sur les colonnes et de travailler à la gloire du GADLU.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Comment le Franc-Maçon peut’ il apporter au dehors, l’œuvre commencée dans le Temple

27 Mai 2013 , Rédigé par J\ T\ Publié dans #Planches

En préalable, je dirais en premier, qu'à la lecture du programme de la nouvelle année maçonnique, devant présenter une planche ce mercredi 3 septembre et quelle planche ! Comment pensez‑vous apporter au dehors l'ouvre commencée dans le Temple, je me suis retrouvé à l'époque de ma plus tendre enfance il y a bien longtemps, ou nous avions des devoirs à faire, pendant les grandes vacances, qui étaient l'époque, du 14 juillet au ler octobre.

En second que le titre de la planche, Comment pensez‑vous apporter au dehors l'ouvre commencée dans le Temple, est une question qui semble posée au rédacteur, ce qui ne représente aucun intérêt pour l'auditoire, c'est pourquoi, en espérant que le V:. M.‑. ne m'en tiendra pas rigueur, je vous présenterai

Comment le Franc‑Maçon peut‑il apporter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple
La première question qui vient à l'esprit est, qu'elle est donc cette œuvre commencée dans le Temple ? la réponse est simple, c'est la construction du plus beau des Temples : L'Homme.

Il ne s'agit pas bien sûr de fabriquer, de modeler l'homme idéal, encore moins un surhomme ou un archétype de vertus humaines, mais de faire progressivement passer l’homme de l’état profane à celui d'initié.
La vie initiatique n’est pas un long fleuve tranquille, mais un long cheminent pleine d'embûches qu'il faut soigneusement éviter, où chacun progresse par lui­-même, s'appuyant sur ses Frères, dans une pratique fraternelle de la recherche permanente de la connaissance.

Ce n'est qu'après un travail personnel efficace et persévérant sur lui‑même dans le cadre collectif de la loge, que l'initié, progressant tout au long de son cheminement maçonnique, peut " porter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple'; comme le dit le rituel. Le travail en loge est fait pour donner à l'initié force, sagesse et beauté. Ce n'est qu'à cette condition qu'il pourra ensuite militer efficacement hors du temple, en faveur de toutes les causes qu'il jugera utiles pour favoriser le bonheur de l'humanité afin de poursuivre son émancipation progressive et pacifique.

Cette voie ne ferme nullement l'aventure humaine à une action sur le dehors. Au contraire, elle l'assure, la fonde, la conduit selon le seul absolu légitime qui est l'absolu de son essence. Cet absolu n'exclut ni la pluralité des voies convenables, ni la nécessité des réorientations et des ajustements toujours à reprendre.

Les progrès dans l'initiation ne retiennent à aucun moment à l'initié sa nature d'homme. Cette initiation, il en devient le dépositaire. Il ne peut la garder pour lui‑même s'il veut rester fidèle à l'engagement qu'il a pris le jour de sa première entrée dans le Temple, en adhérant à la maçonnerie qui stipule que :
"Le Franc‑ Maçon travaille à l'amélioration constante de la condition humaine tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien‑être matériel ".

La réponse à la deuxième question, , " apporter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple " est limpide. Tout simplement parce que le rituel du 1 'degré symbolique nous y invite expressément lorsqu'il nous dit :
"que la Lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous achevions, en dehors, l'ouvre commencée dans ce Temple"

Travaillant dans le Temple à son propre perfectionnement, le franc‑maçon doit passer de celui‑ci au monde profane pour continuer à travailler au perfectionnement de l'humanité.

Le chantier est en permanence ouvert car les besoins sont immenses et les ouvriers sont peu nombreux. Francs‑maçons, héritiers des bâtisseurs de cathédrales, le chantier des hommes de la cité nous attend, nous appelle ; mais il n'est pas certain que nous y soyons bien reçu ! La tâche est vaste, la confusion est grande ; le vernis du civilisé craque, montrant la minceur de sa couche et révélant la profondeur de l'instinct animal de l'homme.

Comment serons‑nous accueillis, avec nos bonnes intentions, nos belles paroles ? comme le sont toujours ceux qui ont un autre langage que celui du moment, ceux qui rappellent les valeurs éternelles face aux moeurs de l'époque, ceux qui parlent de fraternité, de générosité, de tolérance à ceux qui jouissent de leur égoïsme du haut de l’échelon qu'ils ont conquis par une lutte sans pitié sur l'échelle dite de la réussite.

Nous serons accueillis, le mieux avec étonnement, le pire avec colère. Nous serons à peine écoutés, encore moins entendus et peut-être serons‑nous éconduits parce que prêcheurs d'utopies dans un monde qui se targue de réalisme. Or, le réalisme est bien souvent le triomphe du puissant sur le faible, l'acceptation de la loi de la jungle comme règle de conduite morale.

Notre temps exige qu'on le regarde en face, courageusement, car, " Ceux qui tournent le dos à leur temps risquent de mourir tués par lui, sans comprendre, comme tous les fuyards "

Parce que francs‑maçons et parce qu'engagés dans le monde profane, nous demeurons doublement attachés à ses valeurs humanistes et civiques fondamentales. Nous essayons sans cesse de donner leur sens à trois mots que la Franc‑Maçonnerie nous fait acclamer dans nos Temples : Liberté, Egalité, Fraternité, afin que la République ne les oublie pas.

Croire en la liberté, en l'égalité, en la fraternité et oeuvrer pour que ces concepts hérités de notre tradition maçonnique et républicaine s'épanouissent en réalités quotidiennes, c'est se faire traiter, le plus souvent, de naïfs, d'idéalistes, d'utopistes par le clan toujours renouvelé des sceptiques.

Combat perpétuel entre ceux qui espèrent haut et ceux qui pensent bas :

Arrivés à ce stade de la réflexion, j'aborderai avec les précautions oratoires d'usage qui s'imposent lorsqu'on traite ce sujet aussi sensible qu'est, l'engagement du franc‑maçon en politique. Nous rentrons là dans le domaine temporel, en étudiant les rapports du Franc‑Maçon avec la politique, j'aimerais mieux dire LE politique. Dans ce domaine, on a souvent énoncé des contre vérités, des opinions aussi diverses qu'erronées. Aussi je voudrais m'arrêter quelques instants sur cette question en essayant de l'éclairer. Pour cela, je partirais de deux propositions, je dirais même de deux constatations. La première qui consiste à dire qu'aujourd'hui comme hier, le franc‑maçon n'appartient pas à un ordre qui se veut uniquement contemplatif mais qu'il veut être un homme d'action, un bâtisseur, et dans un cadre de la cité et de la société où il vit, un homme responsable qui s'efforce de traduire son idéal dans ses actes.

La seconde, elle découle de la première, elle démontre que nombreux sont les francs‑maçons qui participent à la vie politique de leur pays, et cela, à tous les niveaux : Conseils Municipaux, Conseil Généraux, Conseils Régionaux, Assemblée Nationale, Sénat, Conseil Economique et social..

Le phénomène n'est pas nouveau et a toujours existé en France, sous la 5e République, sous la 4e et la 3e , sous l'Empire et même sous l'Ancien Régime.
Pour essayer d'être complet dans l'analyse, si on passe des gouvernants aux gouvernés, on ne peut que rappeler un article important de notre constitution où il est écrit : " Les francs‑maçons respectent les lois et l'autorité légitime des pays dans lesquels ils vivent et se réunissent librement'; .... "ils sont citoyens éclairés et disciplinés et conforment leur existence aux impératifs de leur conscience". Ajoutons encore que dans le domaine politique, comme dans le domaine religieux, nous recherchons la conciliation des contraires, puisqu'il est dit aussi " ils cherchent à unir les hommes dans le respect de la personnalité de chacun".

Mais il convient de rappeler avec force, que si la franc‑Maçonnerie a inspiré et inspire encore des actions de progrès, elle ne doit pas intervenir directement. Ce sont des Francs‑Maçons en leur qualité de libres citoyens dans l'exercice de leur vie d'hommes, dans l'exercice des fonctions qu'ils occupent dans la vie profane, qui s'efforcent de faire prévaloir les idées, les projets qu'ils ont discutés et compris en loge.

La franc‑Maçonnerie, (ou tout au moins la majorité des Obédiences) ne s'arroge et ne saurait s'arroger le droit de donner des directives et des consignes. Si elle le faisait, elle perdrait le sens de sa vocation et se dénaturerait. Car la franc­-maçonnerie, par définition, veut être un centre d'union et cela elle respecte le droit à la différence. La liberté de conscience est notre loi, elle s'applique faut-­il le rappeler, aussi bien dans le domaine politique, que dans le domaine religieux.

Car bien évidemment, comme tout ce qui touche aux hommes, et les Francs-­maçons demeurent des hommes, l'action politique a ses lumières et ses ombres. Ce qui est clair, aussi, et qui est un enseignement que nous apporte l'histoire : la franc‑maçonnerie s'est fourvoyée lorsqu'elle a voulu, en tant que telle, s'engager dans le combat politicien. Si des francs‑maçons y ont souvent brillé, la franc-­maçonnerie a risqué de s'y éteindre.

Four être en adéquation avec le thème annuel des travaux de la Loge " Le Temple : " Bâtir l'homme pour se construire ", il convient de dire que le perfectionnement de l'humanité auquel nous travaillons, passe d'abord et avant tout, par le nôtre individuel. Il serait parfaitement illusoire, totalement présomptueux, à moins que ce ne soit pervers, de vouloir transformer le monde si nous ne sommes pas capables de nous transformer nous mêmes. C’est le préalable absolu à toute notre action, qu'elle qu'en soit la forme où la manifestation. Nous serons respectés, si nous sommes respectables, nous serons crus, si nous sommes crédibles, nous serons écoutés et, peut être entendus, si nos actes sont en accord avec nos principes ; pour cette raison notre premier et essentiel devoir, celui qui conditionne tous les autres dans le monde, c'est
l'exemplarité.

L'histoire démontre que lorsque le franc‑maçon occupe des responsabilités dans le monde profane, qu'elles soient professionnelles, institutionnelles, associatives, et plus particulièrement politiques, il doit veiller à ne pas, par des gesticulations médiatiques, hélas trop fréquentes, des extériorisations intempestives où sont exhibés des décors maçonniques, des prises de position publiques sur des évènements politiques, sociaux ou confessionnels qui peuvent laisser supposer un engagement de la Maçonnerie ou une collusion avec le pouvoir, placer sous les projecteurs de l'actualité et des médias la franc‑maçonnerie en tant que telle.

En conclusion :

Forts de notre initiation, nourris de connaissance, d'amour, de justice et de sagesse, nous francs‑maçons devons être non seulement des hommes vertueux, mais aussi des citoyens éclairés qui n'hésitent pas à affronter les impuretés du monde profane et non nous en désintéresser. Si nous comprenons notre initiation et assimilons les enseignements du Rite, nous devons oeuvrer à la construction de la cité, pour mettre en place un monde plus juste et plus humain et y faire rayonner la lumière

Ainsi serons nous à même, par notre comportement exemplaire, de contribuer à mettre sur pied une société où les valeurs ne seront plus celles de la domination du plus fort face au plus faible, des inégalités criantes, de la violence, mais celles de la libération, de l'équilibre et de la concorde. Ainsi, en pratiquant effectivement la devise de la franc‑maçonnerie : Liberté, Egalité, Fraternité, serons nous les vecteurs de la paix universelle dans un monde plus juste.

Car ne l'oubliez pas mes FF:., c'est l'honneur de la Franc-maçonnerie de maintenir vivants ces principes de base morale que l'on n'enseigne plus dans les écoles primaires comme le voulait Jules FERRY.

C'est l'honneur de la Franc‑Maçonnerie de ne pas trouver désuets les concepts de liberté, d'égalité, de fraternité et de le dire à nos contemporains qui préfèrent les grandes vacances aux grandes idées.

L'Ordre maçonnique auquel nous appartenons, a pour vocation de rassembler les hommes par ce qu'ils ont d'essentiel au lieu de les diviser par leurs différences extérieures, comme le font trop souvent les idéologies profanes. L'Ordre maçonnique est créateur et vecteur de valeurs susceptibles de permettre aux hommes de différentes cultures de retrouver leurs racines pour préserver leur identité. A ce titre, nous nous devons propager ces valeurs dans le monde pour faire progresser selon les préceptes de la Tradition, dont le sens premier est, ne l'oublions pas, « transmission » Nous savons aussi que la transmission de notre idéal ne peut s'opérer que par le partage.

Or, sans partage il ne peut y avoir de justice, sans justice il ne peut y avoir de paix; sans paix il ne peut y avoir d'avenir durable.

Avant de terminer, je voudrais ajouter quelques mots sur nos femmes ou nos compagnes qui sont les premières concernées par notre comportement et j’ai constaté qu’à part celles qui sont également maçonnes la plupart ne comprenne pas notre engagement, notre façon d’appréhender notre conception nouvelle de nous comporter, notre travail de construction morale et spirituelle destinée à gommer nos aspérités profanes afin de nous amener à la plénitude de notre être. C’est la bien un grand problème difficile a résoudre et certainement nous en sommes responsables car me semble t il nous avons tendance a leur faire partager ce qui ne va pas plutôt que ce qui est magnifique dans nos loges et dans leur fonctionnement.

Face à tous les murs de Berlin, face à toutes les tours jumelles, face à tous les génocides, contre le fanatisme, l'intolérance et la haine, attributs de la tyrannie et de l'oppression, en appliquant tous les préceptes mais rien que les préceptes du Rite, soyons les chantres de l'Espérance et de l'Amour, afin de bâtir le Temple de l'Humanité dont la construction est plus que jamais d'actualité.

Travaillons, travaillons sans relâche afin que la Lumière repousse les Ténèbres, et que rayonne la Lumière de l'Esprit et la Lumière du cœur.

V\ M\ : J'ai dit.
source :
www.ledifice.net

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Egalité et Justice Sociale

26 Mai 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Introduction
Vénérable Maître, et vous tous mes Frères en vos grades et qualités.
L’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule :
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Ceci ne laisse pas de soulever quelques interrogations. D’un côté, les hommes seraient égaux en droits et par nature, de l’autre, subsisteraient entre eux des différences, des distinctions sociales fondées sur l’utilité commune.
Qu’en est-il de l’égalité visée par la Déclaration des Droits ? Y aurait-il place pour plusieurs conceptions de l’égalité ? Dans quelle mesure est-il possible d’envisager des distinctions sociales sans nuire à l’égalité principielle ? Quelle idée se faire de la justice sociale ?

A- Le concept d’égalité
Au plan ontologique :
Comme attribut de l’être humain, le concept philosophique d’égalité pose la valeur de tous les hommes comme étant égale. Ainsi comprise, l’égalité apparaît comme une valeur ontologique attribuée à l’être de l’homme.
La première proclamation officielle de l’égale valeur des êtres humains se trouve dans le préambule de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique du 4 juillet 1776 :
« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
L’égalité dans ce texte est présentée comme une valeur permanente concédée à l’homme en raison de sa nature même, en l’occurrence de par sa création supposée. Notons aussi que l’égalité est posée en préalable aux autres droits fondamentaux que sont la vie, la liberté et le bonheur.
Au plan éthique :
Mais l’égalité recouvre aussi une dimension éthique, elle est une valeur relationnelle et sociale. Concernant le rapport à l’autre, elle commande à la solidarité et à la fraternité.
Considérer l’autre comme son égal, n’est-ce pas voir en lui un autre soi-même ?
Cette réflexion a pris corps avec Socrate qui généralisa le problème éthique en affirmant que ce qui est bon pour l’un doit également l’être pour l’autre placé dans les mêmes circonstances.
On ne peut dissocier cette façon d’envisager le lien social d’une perception unitaire du genre humain.
Au plan du droit :
Ce rapport d’égalité fixe les limites raisonnables à la liberté individuelle telle qu’envisagée par le quatrième article des Droits de l’Homme de 1789 qui précise que :
« […] l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. »
Ceci amène l’attention à se porter sur les liens tissés entre Droit et Egalité.
Nous avons évoqué l’aspect universel du principe d’égalité auquel les Déclarations successives donnèrent la force des traités et des normes constitutionnelles. Il nous faut maintenant envisager son application aux cas individuels.
Lors d’un entretien publié par la revue « Autrement » (N°102), Emmanuel Levinas confiait :
« Derrière les singularités uniques, il faut entrevoir les individus du genre, il faut les comparer, juger et condamner. Subtile ambiguïté d’individuel et d’unique, de personnel et d’absolu. »
Comparer, juger certes, mais comment ? Avec quelle perpendiculaire asseoir notre jugement ?
Affirmer l’égalité entre les hommes n’est pas les confondre en une masse informe. Ici, il nous faut écarter les théories mathématiques de l’égalité, qu’il s’agisse de théories géométriques ou arithmétiques.
Les tenants d’une égalité géométrique nous proposent de traiter également ce qui est égal et inégalement ce qui est inégal. Selon la sémantique platonicienne il faudrait donner à chacun en proportion de sa nature. Pour Platon comme pour Aristote, la nature des hommes est de valeur variable, il y a les citoyens, les barbares, les métèques, les femmes, les esclaves, les travailleurs, les philosophes etc. On prend mieux la mesure de ce que signifierait alors « donner à chacun en proportion de sa nature ». Il s’agirait d’instaurer une politique injuste et discriminative conduisant à la xénophobie, au sexisme et l’apartheid.
Les partisans d’une égalité arithmétique prônent que tous soient traités en tous points de la même manière. Il s’agit d’un refus de toute différenciation individuelle non moins dangereux.
Le calibrage égalitaire qui en résulte peut mener à la tyrannie et à la négation de la liberté individuelle. D’un autre côté serait-il juste que celui qui se rend utile à la société soit rétribué de la même façon que celui qui ne s’en donne pas la peine ? La dérive ne serait-elle pas alors de pousser les individus vers une recherche du moindre effort mettant à terme la survie du groupe en péril ?
Quoiqu’il en soit, le corollaire de toute égalité arithmétique est la substitution. Si deux termes sont égaux mathématiquement, l’un prend indifféremment la place de l’autre au sein de n’importe quelle expression. On sent l’aberration qu’il y aurait à appliquer cela au droit.
Prenons un exemple fourni par Emmanuel Dockes : lorsque Georges se marie avec Anne, il ne se lie pas à toute l’humanité. La singularité des êtres humains fait qu’ils ne sont pas interchangeables. Emmanuel Dockes nous dévoile la supercherie propre à ce type d’argumentation mathématique et nous explique :
« En mathématiques, un objet est égal à un autre s’il en a toutes les propriétés. En droit, un individu est égal à un autre individu, non parce qu’il en a toutes les propriétés, mais parce qu’il a avec lui un caractère commun, parce que, comme lui, il est un être humain. » (P.30)
Ce dernier aspect de l’égalité fonde la rétribution désignée sous le vocable de droits fondamentaux dus à chaque individu en tant qu’il est homme au même titre que ses semblables.

B- Egalité et société
La réflexion sur l’égalité, élargie à une théorie sur la société, pose parfois comme contradictoires la justice sociale et l’efficacité économique.
La justice sociale appelle des arguments en faveur d’une reconnaissance de l’égalité face aux risques et aux besoins fondamentaux.
L’efficacité économique avance des arguments pragmatiques et utilitaristes faisant fi des principes libéraux qu’elle qualifie de théoriques.
Revisitons les Droits de l’Homme de 1789 :
« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Mais qu’est-ce que l’utilité commune ?
Avantage mutuel et utilité commune
Selon John Rawls, les hommes sont des personnes libres et égales et sont, en même temps, des individus égoïstes mus par leurs intérêts et indifférents à autrui.
Dans son ouvrage « Théorie de la justice » il met à jour l’antinomie fondamentale qui traverse comme un fil rouge toute organisation sociale :
« Bien qu’une société soit une tentative de coopération en vue de l’avantage mutuel, elle se caractérise […] à la fois par un conflit d’intérêts et par une identité d’intérêts. Il y a identité d’intérêts puisque la coopération sociale procure à tous une vie meilleure que celle que chacun aurait eu en cherchant à vivre seulement grâce à ses propres efforts. Il y a conflit d’intérêts puisque les hommes ne sont pas indifférents à la façon dont sont répartis les fruits de leur collaboration, car, […] ils préfèrent tous une part plus grande de ces avantages à une plus petite. » (P.30)
John Rawls ajoute :
« Entre des individus ayant des buts et des projets disparates, le fait de partager une conception de la justice établit les liens de l’amitié civique ; le désir général de justice limite la poursuite d’autres fins. »(P.31)
Si, comme le prétend Michel Terestchenko « La question de la justice concerne la distribution des droits et devoirs de base et la répartition des avantages économiques et sociaux. » (P.115) les principes d’une juste coopération sociale seront fondés sur l’égalité dans l’attribution des droits et des devoirs. Les inégalités économiques et sociales ne sont tolérables qu’à deux conditions :
1. qu’elles soient attachées à des positions ouvertes à tous dans des conditions de juste égalité des chances.
2. qu’elles soient au plus grand avantage des plus défavorisés.
Une coopération équitable et utile entre des individus égaux prend pour fin l’obtention d’un avantage mutuel, c’est-à-dire réciproque.
L’avantage mutuel défini par John Rawls ne se rapproche-il pas de l’utilité commune visée par les Droits de l’Homme en ce sens que c’est bien l’utilité commune qui procure l’avantage mutuel?
Le contrat social selon John Rawls et la réduction des inégalités
Une coopération équitable suppose encore des règles publiquement reconnues et des principes rationnels sur lesquels tous devront s’accorder de façon contractuelle.
La notion de contrat social mérite d’être précisée. Les engagements auxquels se réfère le contrat sont hypothétiques et ne prétendent pas s’imposer comme forme de gouvernement. Le contrat se réfère à des principes que tous accepteraient, placés dans une situation initiale fictive décrite comme idéale.
Selon Rousseau, la société n’est pas une simple addition d’intérêts particuliers mais un ensemble dans lequel les intérêts particuliers doivent pouvoir s’exercer librement. Aucun contrat social, sans pour autant être permissif, ne saurait conduire à l’aliénation de la liberté
individuelle. Les règles communes doivent s’accorder dans l’expression d’une volonté générale respectueuse de la justice.
John Rawls pense qu’ « une société qui satisfait les principes de la justice comme équité […] satisfait les principes mêmes auxquels des personnes libres et égales donneraient leur accord dans des circonstances elles-mêmes équitables. » (P.39)
Pour lui, « le mérite de la terminologie du contrat vient de ce qu’elle transmet l’idée que les principes de la justice peuvent être conçus comme des principes que des personnes rationnelles choisiraient et [qui permettraient] qu’on peut ainsi[d’] expliquer et [de] justifier des conceptions de la justice. » (P. 43)
Or, John Rawls pose comme condition idéale d’établissement des règles sociales une position originelle fictive dans laquelle les joueurs du jeu constitutionnel jouent et acceptent des rangs sociaux différents, inégalement doués qu’ils sont. Cependant, les joueurs ne connaissent ni leur position dans la société, ni leurs capacités naturelles. Ils sont fictivement placés sous un voile d’ignorance.
Dés lors, la règle s’imposant à chacun consiste à optimiser ses avantages en situation d’incertitude. D’où deux règles pouvant servir de critère de décision :
1. La règle du maximum maximal dite « maximax » qui profite à la situation la plus avantageuse et tolère les plus grands désavantages au bas de la hiérarchie et les plus grands avantages au sommet.
2. La règle du minimum maximal dite « maximin » qui réduit les désavantages de la situation la moins favorisée. Elle favorise le plancher de la hiérarchie sociale et semble la plus appropriée pour le choix constitutionnel.
Il y a fort à gager que, placés sous le voile d’ignorance de la position initiale, la majorité des acteurs choisirait la règle du « maximin » qui s’avère être un choix rationnel de prudence en situation d’incertitude.
Le paradoxe mis en évidence est le suivant : ce qui mène au choix le plus équitable dans l’acceptation du contrat social serait l’usage de notre raison confrontée à une dose salutaire d’ignorance. En effet, ce qui permet, par exemple, de fonder un système de sécurité sociale égalitaire et solidaire pour faire face aux aléas de la maladie provient de l’ignorance que chacun d’entre nous a de son propre devenir sanitaire. Qu’en sera-t-il, et nous n’en sommes plus très loin, lorsqu’il deviendra possible de prédire avec précision les risques génétiques que chacun a de développer telle ou telle pathologie ? La solution la plus sage ne sera-t-elle pas alors de supposer un voile d’ignorance afin d’éviter une prise en charge inégalitaire des risques par les assureurs?
Si le concept de justice se retrouve à l’origine de toute organisation sociale, les conceptions de cette justice divergent et font débat.
Selon John Rawls le concept de justice appliqué à la sphère sociale se définit comme « équilibre adéquat entre des revendications concurrentes » (P.36).
Plus délicate est la conception de la justice qui serait « constituée par un ensemble de principes [ayant] pour but de déterminer les éléments pertinents […] pour définir cet équilibre. » (P.36)
Il est ici possible d’introduire les notions d’égalité précédemment esquissées afin d’en dégager les conséquences concrètes sur la structure de base de la société, à savoir sur les constitutions politiques et sur les structures socio-économiques.
Voici l’opinion de John Rawls :
« L’idée intuitive que je propose ici est que cette structure [de base] comporte différentes positions sociales et que les hommes nés dans des positions différentes ont des perspectives de vie différentes, déterminées, en partie, par le système politique ainsi que par les circonstances socio-économiques. Ainsi, les institutions sociales favorisent certains points de départ au détriment d’autres. Il s’agit là d’inégalités particulièrement profondes. » (P.33)
Ce sont à ces inégalités de fait qu’il faudra s’attaquer afin d’établir une coopération équitable en s’opposant à la facilité de l’adage utilitariste du « plus grand bonheur pour le plus grand nombre » toujours au détriment d’individus sacrifiés.
C’est à propos de la réduction de l’inégalité de certains points de départ que l’on évoque la notion d’égalité des chances. Pour remédier à ce type d’inégalités il arrive que des acteurs du monde politique préconisent le recours à la discrimination positive.
Mais, la discrimination positive est-elle juste ? Doit-on faciliter l’accès à telle ou telle position sociale au simple titre d’une appartenance à une catégorie sociale, à un sexe ou à une communauté donnée ?
D’autres encore envisagent au prétexte de l’équité, la mise en place d’un revenu universel d’existence. Mais n’est-ce pas là une façon de renoncer à une meilleure redistribution des ressources. N’est-ce pas renoncer implicitement aux droits fondamentaux pour tous que sont le droit au travail, à la dignité, au logement et à l’instruction? N’est-ce pas capituler face à un prétendu déterminisme économique quand il ne s’agit que de choix politiques ?
Concernant la discrimination positive invoquée au nom d’une prétendue équité, il faut prendre garde à ce que l’égalité des chances ne devienne pas le substitut de l’égalité des droits qui seule fonde en raison la République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Si les hommes divergent par leurs conceptions de la justice, les plus raisonnables s’accordent à reconnaître que la justice est nécessaire à la coopération sociale qui seule permet la survie du groupe en nous arrachant au « chacun contre tous ».
Naturellement, aucun modèle de société ne peut prétendre être parfaitement juste. Il n’en reste pas moins indispensable d’œuvrer à la réduction des inégalités pour améliorer la condition humaine.

Conclusion
Au cours de cette étude, l’égalité a été abordée sous son aspect social et donc profane ; on ne saurait la confondre avec l’égalité fraternelle pratiquée dans nos temples. Cependant la devise de notre Ordre ne met-elle pas en évidence que les valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité
et de Fraternité sont un reflet de nos principes universels. N’est-ce pas le rôle de la Franc- Maçonnerie que de rétablir l’Homme dans sa dignité partout où il se découvre dans les fers et subissant les brimades?
Malgré l’apport des Lumières, l’homme reste en partie opaque à lui-même, une part de sa destinée lui échappe et demeure imprévisible. Nous ne maîtrisons pas notre devenir et cette part d’ignorance participe comme notre raison à fonder notre égalité.
La démocratie suggère qu’il n’y a pas de justice sans équilibre, et que l’équilibre est atteint par l’égalité.
Chez les athéniens, la justice était atteinte par l’égalité, elle-même fondée par la loi (isonomia) définie par le rejet de la tyrannie et le partage égal de la capacité à gouverner.
On voit ainsi combien justice et égalité ne peuvent aller l’une sans l’autre.
Depuis les Grecs, vingt cinq siècles environ se sont écoulés et nous sommes encore loin d’avoir réalisé cet idéal. La tâche est immense et la pierre est à peine dégrossie.

J’ai dit vénérable Maître.

source : www.ledifice.net

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Chrétien et franc-maçon : les raisons d’une incompatibilité.

25 Mai 2013 , Rédigé par Eglise Catholique Publié dans #Anti-Maçonnisme

Le Code de Droit canonique de 1983 ne fait pas mention expresse de la franc-maçonnerie, à la différence de celui de 1917. Ce fait a pu être interprété comme un changement de position de l’Église. Dans une note datée du 26 novembre 1983, La Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) précise que « le jugement de l’Église sur les associations maçonniques demeure inchangé... et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Église », ceci en raison même de l’incompatibilité entre les principes de la Franc-Maçonnerie (FM) et ceux de la foi chrétienne. La CDF se situe au plan de la foi et de ses exigences morales, étant donné que le fait d’adhérer à la FM met en cause les fondements de l’existence chrétienne.
Le relativisme est au fondement même de la FM. C’est le nœud même de l’incompatibilité, en raison des conséquences sur le contenu de la foi, l’acte de foi lui-même, l’agir moral et l’appartenance à l’Église Corps du Christ.
 Les francs-maçons nient la possibilité d’une connaissance objective de la vérité. On demande à un franc-maçon d’être un homme libre, qui ne connaît aucune soumission à un dogme, ce qui implique le rejet fondamental de toutes les positions dogmatiques : « Toutes les institutions qui reposent sur un fondement dogmatique, et dont  l’Église catholique peut être considérée comme la plus représentative, exercent une contrainte de la foi » (Lennhoff-Posner, Dictionnaire franc-maçon international, Vienne 1975, p. 374). On rejette tout dogme, au prétexte de la « tolérance absolue ».
Ainsi, le maçon soutient-il le primat et l’autonomie de la raison par rapport à toute vérité révélée. Il refuse l’idée même d’une révélation, les religions étant considérées comme des tentatives concurrentes pour exprimer la vérité sur Dieu qui, en définitive, est inaccessible, inconnaissable. Chacun juge par lui-même de la vérité, et est à lui-même sa propre norme. Livrée à elle-même, la raison n’est plus finalisée par la recherche de la Vérité. Elle est à la merci des idéologies ou des constructions subjectives. « En toute chose, c’est la raison humaine et la nature humaine qui restent souveraines ». D’où l’argument, typiquement maçonnique, de «liberté absolue de conscience ».
 Il n’y a donc, selon la FM, aucune connaissance objective de Dieu, en tant qu’Être personnel. C’est à l’opposé de la conception chrétienne de Dieu qui se révèle, entre en dialogue avec l’homme, et de la réponse de l’homme qui s’adresse à lui en le nommant Père et Seigneur. Le Concile Vatican II l’exprime en ces termes : « Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit-Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine. Dans cette Révélation le Dieu invisible s’adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu’à des amis, il s’entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie. » (D.V. 2)
Les dogmes dans l’Église sont des expressions de la foi reçue des Apôtres. Ils ne sont pas des formulations arbitraires, closes sur elles-mêmes. Ils sont plutôt des balises qui indiquent le mystère du Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Ces « définitions » de foi nous sont données pour éclairer notre intelligence et rendre raison de notre foi.
En soutenant le primat et l’autonomie de la raison par rapport à toute vérité révélée, l’homme prétend se perfectionner sans cesse lui- même en s’appuyant sur son pouvoir auto-créateur. Selon la « philosophie » franc-maçonne, l’homme n’a pas besoin de salut. Or l’Évangile est l’heureuse annonce du Salut : le chrétien attend et reçoit le salut de la grâce miséricordieuse de Dieu, en la personne de Jésus qui est précisément le Sauveur (Jésus = « Dieu sauve »). « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Eph 2, 8).
 Sur le plan éthique, les différences sont aussi considérables. Pour le franc-maçon, les règles morales sont appelées à évoluer sans cesse sous la pression de l’opinion publique et des progrès de la science. La morale évolue au gré du consensus des sociétés. S’il est exact que l’homme se situe toujours dans une société particulière, il faut toutefois admettre que l’homme ne se définit pas tout entier par cette culture, qu’il n’est pas le «produit» d’une culture. Il existe en l’homme quelque chose qui transcende les cultures : ce que la foi chrétienne exprime en affirmant que « l’homme est créé à l’image de Dieu ».
 La franc-maçonnerie conteste ainsi toute autorité morale et doctrinale, misant sur l’autonomie individuelle, écartant les arguments d’autorité, et exigeant une absolue liberté de conscience. C’est finalement le règne du « Moi » ! Et la domination du relativisme... Les différentes confessions religieuses auxquelles appartiennent les adhérents sont considérées comme secondaires par rapport à l’appartenance plus englobante et supra-confessionnelle à la fraternité maçonnique : ce qui conduit forcément à tout apprécier et juger du point de vue maçonnique.... sans s’en rendre compte.
L’engagement au sein de la franc-maçonnerie transforme l’acte de foi chrétien. Il ne peut être neutre : les rites initiatiques dans le secret des loges produisent inévitablement leurs effets sur les membres. La revendication de la « liberté absolue de conscience » est le produit de la « doctrine » relativiste qui s’impose progressivement, à l’insu même des intéressés. La franc-maçonnerie revendiquant pour ses membres une adhésion totale, il est évident que la «double appartenance » est impossible pour un chrétien qui « appartient au Christ » (Rom 14,8).

La Chancellerie Diocèse d’Annecy

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Egalité ! Quelle Egalité ?

25 Mai 2013 , Rédigé par RM Publié dans #Planches

Il y a différentes formes d’égalité relatives aux personnes et aux situations sociales concernées.
Notre Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN affirme l’égalité de l’homme et de la femme -
NOUS Francs Maçons du Droit Humain - nous devons toujours avoir à l’esprit que les fondateurs d’un ordre Maçonnique Mixte et international en 1893, Maria Deraismes et Georges Martin, osaient poser à l’époque la femme comme l’égale de l’homme, en droits et en devoirs !
Ce pari lancé était formidable car l’égalité des droits entre les hommes et les femmes n’existait pas du tout dans le monde profane d’alors.
Mais plus d’un siècle a passé et l’affirmation de l’égalité fondamentale des hommes et des femmes interpelle toujours les citoyens que nous sommes.

De même, l’égalité des chances fait appel à l’idée que toutes personnes devraient être dans les mêmes conditions pour se lancer dans la vie.
Il est constaté encore à l’heure actuelle que les femmes - à diplômes égaux - reconnaissent que leur parcours professionnel n’est pas identique à celui des hommes et beaucoup plus difficile… car bien souvent les dirigeants laissent moins de liberté aux femmes dans leurs actions.
Historiquement un des combats très marquant dans ce sens a été l’abolition des privilèges avec la révolution française de 1789.

Pour les révolutionnaires l’égalité ne devait pas être une idée abstraite mais une valeur très réelle.
Une des grandes préoccupations du peuple était de « poser les bases d’une juste répartition de l’impôt entre tous les citoyens…… »
Ce « fardeau » de l’inégalité des impôts on le retrouve dans la traditionnelle figure de rhétorique se matérialisant dans une image très populaire au début de la révolution sous la forme d’une grosse pierre de « l’impôt territorial » et des sacs d’or de la « dette nationale » devenue commune à tous.
Ce fardeau semble moins lourd quand il est supporté par tous……
Puis des images allégoriques vont se développer dans la France révolutionnaire et en 1792 devenir républicaine.
La liberté va en être la figure dominante avec la Marianne qui en est son héritière directe, elle symbolise très rapidement avec son bonnet phrygien et ses faisceaux la nation et son régime républicain.
Pouvait-on y voir que ce symbole féminin présenté dans toute la France devenait enfin une représentation féminine ?
Le déroulement de l’histoire nous démontrera qu’il nous a fallu encore quelques révolutions pour exister en tant que telle……!
Mais on va trouver dans l’iconographie révolutionnaire des figures égalitaires, notamment quelques symboles reconnaissables :
- un premier va représenter une déesse qui tient dans sa main droite
Le niveau du maçon, l’instrument qui garantit la bonne EGALITE des murs les plus solides ;
- un second est le triangle, bien sûr aux 3 côtés égaux ;
- le troisième symbole est filial : les enfants de cette déesse, qu’ils soient blancs, noirs, pauvres ou riches, mais ils sont représentés le plus souvent par des garçons, l’égalité des filles n’est pas encore entrée dans une quelconque représentation……..!

TOUT EST SYMBOLE
En franc-maçonnerie ce mot EGALITE est un usage très courant.
Il fait partie des bases fondamentales de notre Ordre, nous l’invoquons haut et fort quand nous ouvrons et fermons nos travaux en loge, lorsque nous épelons cette devise fondamentale :
« LIBERTE EGALITE FRATERNITE »
Si l’on recherche
- car nous les hommes et les femmes qui composent le Droit Humain sommes des cherchants - en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous on trouvera de tous temps qu’il s’est toujours réduit à 2 objets principaux « LIBERTE EGALITE »

Mais quelle LIBERTE - quelle EGALITE ?
N’est-elle pas belle cette grande déclaration des droits de l’homme :
« LES HOMMES NAISSENT LIBRES ET EGAUX EN DROITS »
Ce petit « et » n’est-il pas très important de joindre liberté et
Égalité En fait, je vous avouerais qu’en voulant parler ce soir d’EGALITE j’ai eu beaucoup de mal à la dissocier de la liberté et de la fraternité.
Car même si nous naissons libres et égaux en droits et en dignité, nous ne pouvons pas agir sans l’esprit de FRATERNITE
De tous temps nous n’avons pas connu une vraie société égalitaire,
Même que puissent être proclamées des institutions et des lois.
De grandes inégalités sont toujours présentes que ce soient les droits,
Les revenus, les origines, l’éducation et le logement….!
Même les mouvements bénévoles, comme les associations, qui reposent bien souvent sur le travail des femmes, la domination masculine est évidente

TOUT EST SYMBOLE
Pour les francs-maçons que nous sommes l’égalité nous semble évidente dès que nous sommes initiés.
Nous devons déposer nos métaux à la porte du temple et celle-ci se confirme par l’égalité morale de tous les membres présents :
Hommes - femmes - jeunes ou vieux de la loge.
Nous devons perpétrer cette « mise à niveau » qui se déclenche dès le cabinet de réflexion ; Nous devons toujours travailler à partir des mêmes enseignements, ceux de la tradition maçonnique dans le respect à la fois de notre propre individualité et celle des autres membres de notre loge.

NOUS DEVONS ETRE ET DEMEURES EGAUX EGALITE DES CHANCES :
Cette idée très généreuse d’égalité des chances, guidée par l’aspiration à plus de justice, devrait toujours demeurer ponctuelle , notamment par rapport à l’égalité en droits.
Car sans l’égalité en droits, la fraternité sociale - dont peut se réclamer l’égalité des chances - deviendrait une charité sélective.
N’est-ce pas là un piège cette égalité des chances ?
Les institutions qui sont conduites à instaurer des mécanismes de compensation, parfois de prévention, ne provoquent-elles pas les plus flagrantes inégalités sociales ?
Elles doivent faire accepter qu’on donne plus à certains qu’à d’autres.
Quelle égalité des chances qui modifie en outre ces bornes de l’égalité en désignant ceux qui doivent en être les bénéficiaires ?

EGALITE - PARITE
Pour les femmes cette égalité des chances a évolué très doucement.
Que de mouvement a-t-il fallu pour enfin voir apparaître une « parité » des sexes.
Pour enfin voir la présence des femmes parmi les candidats à des élections, une loi sur la parité a du être votée.
On peut voir aussi depuis plusieurs années des femmes à des postes de direction dans les entreprises……!
Une neurobiologiste, Catherine Vidal, directrice de recherche à l’Institut Pasteur, déclare dans ses écrits « que les hommes et les femmes ont le même cerveau, même si certains en doutent encore, tout est affaire d’empreinte culturelle ; sous les crânes comme ailleurs ».
Elle signale aussi que les différences cérébrales entre individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles l’emportent sur les différences entre hommes et femmes.
Doit-on en conclure que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » ?
J’espère que je ne serai pas décapitée en sortant du temple ce soir ; car Olympe de Couges le fut en 1793 Lorsqu’elle osa écrire, entre autres cette phrase , dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?
Ce qui m’amène à poser cette question primordiale aussi :
Sommes-nous tous égaux devant la mort ?
Je serai tentée de penser que NON car la mort est souvent bien différente à chacun : beaucoup de souffrances pour certains, imprévue pour d’autres : elle nous prend par surprise en nous enlevant un être cher, elle nous prive d’une personne à laquelle nous étions profondément attachés…….

TOUT EST SYMBOLE
LA MORT D’HIRAM - tué par 3 compagnons.
La mort que nous mimons lors de notre élévation à la maîtrise, se révèle tout à fait égale pour tous et toutes. Cette épreuve que nous subissons nous révèle la mort par l’obscurité, la solitude et l’inertie.
Cette descente aux enfers a pour but de purger notre subconscient et nous ramener à nos principes vitaux élémentaires.
Dès que nous retrouvons la lumière c’est la vie qui réapparaît et que les ténèbres où nous étions son contraire - donc la mort.
La tradition telle qu’elle nous est transmise par la F M au R E A et A est bien claire sur ce point en reprenant la même ambivalence : je cite « le principe conscient s’illumine sous la double influence du raisonnement SOLEIL et de l’imagination LUNE.
L’acacia symbole de la vie perpétuelle nous est connu dorénavant, car grâce à la branche d’acacia plantée sur la tombe d’Hiram des maîtres ont pu le retrouver, nous trouver, afin que nous devenions Maître Maçon, en passant de l’équerre au compas…….
Je souhaite très fort que nous les francs-maçons nous devions toujours faire en sorte de peser par notre humanisme à un accroissement de
LIBERTE D’EGALITE ET DE FRATERNITE POUR TOUS
EN RESPECTANT - POUR CHACUN ET CHACUNE SES SPECIFICITES.
« NOUS DEVONS SANS CESSE CONTINUER DE NOUS BATTRE AFIN DE NE LAISSER LE POUVOIR ET LA REVOLTE AUX
MONSTRES…! »
(déclaration d’un ancien président de la ligue des droits de l’homme….)

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Aux prêtre catholiques

24 Mai 2013 , Rédigé par X Publié dans #Anti-Maçonnisme

Les prêtres catholiques qui sont dans la franc-maçonnerie, ont jusqu’en septembre pour régulariser leur situation. Faute de quoi, ils seront tout simplement excommuniés. C’est ce qu’on apprend de sources bien informées.
« Le 26 novembre 1983, une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi alors dirigée par Joseph Ratzinger (devenu depuis le pape Benoît XVI) réaffirme l’interdiction faite aux catholiques de rejoindre la maçonnerie sous toutes ses formes ou tendances. Le 2 mars 2007 le Vatican redit son opposition aux francs-maçons. « L’appartenance à la Franc-maçonnerie et à l’Eglise catholique sont incompatibles » aux yeux de l’Eglise, rappelle Mgr Gianfranco Girotti, régent du tribunal de la pénitencerie apostolique.
Ce prélat souligne que « l’Eglise catholique a toujours critiqué la conception mystique propre à la franc-maçonnerie, la déclarant incompatible avec sa propre doctrine » et rappelle avec la Congrégation pour la doctrine de la foi que l’adhésion à une loge maçonnique demeure interdite par l’Eglise. Ceux qui y contreviennent sont en état de « péché grave » et ne peuvent pas avoir accès à l’eucharistie », lit-on sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia.
Les mêmes idées sont développées dans le dernier message de la Conférence des Evêques sur la franc-maçonnerie et les autres sectes, factions séditieuses, assemblées, réunions, agrégations, conventicules para-maçonniques. « Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé ; parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise.
Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion », précise le message.
« Le concept de la vérité chez les francs-maçons pose problème. Ils nient la possibilité d’une connaissance objective de la vérité et rejettent toute idée de dogme, n’hésitant pas à affirmer que « toutes les institutions qui reposent sur un fondement dogmatique, et dont l’Eglise catholique peut être considérée comme la plus représentative, exercent une contrainte de foi » », expliquent-ils.
Mais comment comprendre que des prêtres qui ont choisi dans leur âme et conscience de servir Dieu et qui ont reçu pour ce faire une formation, puissent décider d’adhérer à la franc-maçonnerie ? Est-ce à cause des idées arrêtées selon lesquelles l’adhésion à la franc-maçonnerie permet aux « frères de lumière » d’améliorer leur statut social et d’avoir des ouvertures dans la vie et du pouvoir ?
De sources concordantes, beaucoup de prêtres catholiques se retrouvent dans les loges maçonniques après avoir enseigné aux fidèles qu’ils ne doivent pas servir deux maîtres. « Plusieurs prêtres sont dans la franc-maçonnerie. C’est la triste réalité. Il y a une liste qui a été fournie par le Vatican.
Les premiers responsables de l’Eglise catholique sont en train de prendre les mesures qui s’imposent. C’est dans ce contexte que s’inscrit le dernier message de la Conférence des Evêques.
Tous les prêtres qui sont dans cette situation, ont jusqu’en septembre prochain pour se dessaisir de leur charge sacerdotale. Ils ne peuvent pas continuer à faire les deux choses à la fois. Ceux qui ne vont pas s’exécuter seront tout simplement excommuniés. En ce moment, on sera obligé d’en parler publiquement », affirme un catéchiste.
Une autre source indique que des prêtres sont nombreux à être dans le cas et que ces mesures peuvent entraîner un déficit de prélats dans les différentes congrégations. « Beaucoup de prêtres sont concernés par ces mesures. S’ils venaient à démissionner ou à être excommuniés, l’Eglise va être confrontée à de sérieux problèmes de personnel. Ce sera difficile mais c’est un passage obligé », ajoute-t-elle.
En revanche, dans leur message, les Evêques se sont voulus diplomates en ne s’attaquant pas directement aux leurs, histoire de laver le linge sale en famille. « Ainsi donc, aucun fidèle du Christ ne devrait s’entêter et appartenir à ces associations maçonniques, en justifiant, par des arguments fallacieux et inadéquats, son choix qui, rappelons-le, le détache de la Sainte Communion.
Les prétendues appartenances de membres du clergé à ces associations ne sont pas des raisons justes et suffisantes pour se séparer du Dieu Saint de Jésus-Christ.
Même s’il s’en trouvait quelque dignitaire extravagant de l’Eglise, il encourrait les sanctions prévues », poursuivent-ils. Et puis dans la partie « notes », il est mentionné ceci : « Nous savons, du reste, qu’une technique utilisée par les membres des associations maçonniques pour recruter des chrétiens consiste à leur faire croire que des prêtres et même des évêques font partie de leurs rangs.
Nous affirmons, d’une part, qu’un prêtre ou même un évêque ne saurait supplanter l’enseignement de l’Eglise, et que, d’autre part, les membres de ces associations cherchent toujours à piéger les membres du clergé, afin de faire croire à leurs membres que ceux-là aussi ont adhéré à leurs groupes. Ils n’hésitent pas à se mettre aux côtés de clercs, à prendre des photos avec eux, pour donner l’impression que ceux-ci sont des leurs ».

Source : http://ermite.blog4ever.org/blog/lire-article-215619-9624850-la_franc_maconnerie.html

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Un prêtre franc-maçon démis de ses fonctions à la demande du Vatican

24 Mai 2013 , Rédigé par Le FIGARO

Le curé de la paroisse de Megève (Haute-Savoie) a été démis de ses fonctions par l'évêque d'Annecy en raison de son "appartenance active" à une loge maçonnique. Cette décision a été prise "sur demande de Rome".

Le père Pascal Vesin, curé de la paroisse Sainte-Anne d'Arly-Montjoie, à Megève, restera prêtre "mais sans droit d'exercer". Il devrait continuer à être rémunéré pendant 6 à 12 mois.

Le père Vesin "est adhérent d'une loge du Grand Orient de France depuis 2001", selon le communiqué. "Informé en 2010 par courrier anonyme, l'évêque a interrogé l'intéressé qui a nié. Confondu en 2011, il lui a été demandé de quitter la franc-maçonnerie pour se consacrer à son ministère de prêtre. L'intéressé, optant pour la "liberté absolue de conscience" selon la formule consacrée, a affirmé son intention de vivre la double appartenance", ajoute le diocèse.

Le père Vesin a choisi de rester dans la franc-maçonnerie

L'évêque d'Annecy, Mgr Yves Boivineau, a poursuivi le dialogue "afin de lui permettre de revenir sur ses positions", tout en l'informant "clairement" de la sanction encourue, selon le texte. Le père Vesin a choisi de rester dans la franc-maçonnerie. En mars dernier, la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome a exigé le départ du prêtre. Trois membres du Conseil presbytéral du diocèse d'Annecy ont alors rencontré le père Vesin, qui a réitéré sa volonté de rester au sein de la franc-maçonnerie.

L'évêque lui a notifié les conséquences de son choix. "Rien ne reste fermé", souligne le diocèse, qui assure que "la peine, dite médicinale, peut être levée". "La miséricorde va de pair avec la vérité", conclut le communiqué.

En l'absence du père Vesin, c'est le vicaire général du diocèse qui assurera les offices religieux de la paroisse. "Il sera à Megève tout le weekend pour expliquer la décision de l'évêque aux paroissiens", a précisé un porte-parole.

 Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/05/24/97001-20130524FILWWW00411-un-pretre-franc-macon-demis-de-ses-fonctions-a-la-demande-du-vatican.php

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Liberté - Egalité - Fraternité

24 Mai 2013 , Rédigé par Mohamed Radé Publié dans #Planches

LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE, c’est la planche que je dois vous présenter ce soir. Je vous avoue que ces 3 mots de notre acclamation m’ont fait à la fois réfléchir et souffrir, mais d’une souffrance qui me relie à tous mes frères passés et présents. J’ai totalement séché sur ce sujet, j’avais beau cherché, je ne trouvais rien. J’avais beau tapé sur la pierre brute, lui parler, tourner autour, rien ne venait ! Mais lors d’une réunion d’apprenti, mon maître et second surveillant m’a amorcé et ferré tel un poisson et j’ai croché. Mon esprit s’est ouvert sur cette acclamation avec le cortège d’interrogations qui accompagne la réflexion. Que voulons nous dire quand nous utilisons de façon très fréquente cette acclamation ?
Nous le faisons peut-être de façon mécanique ?
Accordons nous tous la même signification à ces 3 mots MAGIQUES ?
Cette Acclamation est utilisée à chacune de nos tenues, dans le rituel d’ouverture et de fermeture, de façon concomitante aux batteries, dans ces moments ritualisés très importants, qui rythment notre vie Maçonnique. Je pense que cette acclamation et la batterie représentent pour moi Le Verbe qui a crée le Monde par la parole donc le Son, nous recréons ainsi le Monde à ce moment là, car nous entrons dans le mystère que nous ne connaissons pas, nous sommes dans le sacré. C’est aussi un cri de gloire et de joie : le vénérable maître à ce moment précis, dans le Temple prononce ces paroles : « Unissons nous mes frères, par le signe de l’apprenti et célébrons cet heureux moment par une Triple batterie suivie de l’acclamation » cette précision « d’heureux moment », prouve bien que nous sommes dans un moment de joie car nous allons être en présence du « Divin ».Chacun ressent confusément que quelque chose qui le dépasse est en train d’arriver. Chacun sent monter en lui une quiétude, une sensation d’élévation spirituelle qui relève déjà d’une hiérophanie  

v - Nous qui sommes des initiés qu’elle signification donnons nous à ces Trois Mots ?
v - Nous ne pouvons donner leur donner une signification profane car dès l’ouverture des travaux nous sommes dans le Sacré ! l’hégrégore doit émerger de nos travaux et de l’ambiance ritualisée de la loge.
Je vous propose ce travail qui a pour ambition d’aborder l’analyse de trois mots que nous risquons de prononcer de façon mécanique sans donner à ceux-ci, tout le sens symbolique qu’ils recouvrent pour nous les Apprentis.
Tout d’abord d’après les historiens : seule Liberté et Egalité étaient utilisé Fraternité est arrivée après, à la fin du 19ème siècle.

 

La Liberté :

v - est le vrai choix du libre arbitre, entre le bien et le mal, celui qui respecte la Loi divine qui lui est imposée ou celui qui la refuse.
v - pour moi Adam est un bon exemple de ce libre arbitre, car face au choix de vivre dans L’immortalité près du Divin ou d’être mortel mais avoir la connaissance, il a préféré la connaissance. C’est aussi la faculté de rester fidèle à la lumière qui nous a été offerte, cette liberté principe se manifeste même quand l’homme est esclave ou prisonnier d’autres hommes pour preuve cette belle histoire qui m’émeut à chaque fois car ces frères en fait étaient plus libre que leurs geôliers :

Le 15 novembre 1943, sept francs-maçons belges déportés pour faits de résistance fondèrent la loge maçonnique Liberté Chérie dans le baraquement n°6 du Camp de concentration Emslandlager VII d'Esterwegen. Le nom de la loge fut choisi d'après les paroles du chant La Marseillaise.
Ces sept fondateurs étaient :
v Paul Hanson,
v Luc Somerhausen,
v Jean De Schrijver,
v Jean Sugg,
v Henry Story,
v Amédée Miclotte,
v Franz Rochat,
Par la suite, ils initièrent, puis élevèrent jusqu'au troisième degré le Frère Fernand Erauw, un autre belge.

Liberté Chérie

Dans le camp de concentration d'Esterwegenau nord-ouest de l'Allemagne (Frise orientale) étaient détenus des prisonniers politiques belges, des résistants sous le statut "Nacht und Nelbel" ("Nuit et brouillard"). Parmi eux, dans le baraquement n°6, des non croyants qui "couvraient" les réunions religieuses de leurs co-détenus catholiques. A leur tour, les prêtres catholiques (dont l'abbé Froidure très connu pour avoir créé l'œuvre des "Petits Riens") couvraient extérieurement les premières réunions des Francs-maçons détenus. Ils étaient 7 et purent ainsi poser les Colonnes d'un nouveau Temple en novembre 1943. Cet Atelier allait s'appeler Liberté Chérie. Les Frères se réunissaient autour d'une table de triage de cartouches. La Loge initia même un profane, Fernand Erauw. Vénérable Maître, mes frères je vous demande de vous mettre en situation, et d’imaginer d’être dans ce baraquement, de ressentir l’atmosphère, l’odeurs de tout ces hommes, qui ne mangent pas à leur faim, qui ne se lavent pas, avec cette angoisse de ne pas savoir, d’être totalement coupé du monde profane, de leur famille, et malgré tout ils ont su ériger la Sagesse, la Force et la Beauté, de vivre nos mystères, n’est-ce pas merveilleux , n’est-ce pas là La « Liberté », l’acclamation ne prend-elle pas toute sa signification, je pense que Oui !

L’Egalité :

Extrait de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique : Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

- Tous les êtres sont égaux, car crée de la même essence, mais nous sommes des initiés et nous ne sommes pas venus par le pur des hasards, nous sommes là pour une recherche intérieur, je ne prétends aucunement à être meilleur qu’un autre, je suis convaincu que nous sommes là par la volonté seule du Grand Architecte de l’Univers, afin que l’on soit Maçon à l’intérieur de nos ateliers mais aussi à l’extérieur tel qu’il est dit.

- Dans nos Ateliers on s’appel frères, nous sommes-nous pas fils de la Veuve ? donc c’est un lien plus fort que le lien du sang qui nous attache, le lien entre nous est le Divin, le Créateur des Mondes,

- Sommes-nous des êtres d’exception, ou des Hommes Dieux tel que le dit le Corpus Hermeticum (chapitre 12) je pense que nous le sommes, tous les hommes le sont, mais néanmoins peu ont commencé à en prendre conscience et nous sommes dans cette recherche de cette conscience et connaissance perdue.

- L’Egalité, si nous savons regarder autour de nous, nous pouvons la décelée dans certaines cultures et dogme, par exemple pour l’Islam que je connais le mieux, l’égalité se traduit par exemple lors du pèlerinage à la Mecque , par le fait que tout les pèlerins portent le Haraam (3), que les pèlerins soient Rois, princes, président ,riches ou pauvres, tous sont dans la même tenue, tous se sont rasés, car lors de leur mort ils seront tous tels qu’ils ont été crée, et leur pouvoir ou leur argent ne leurs serviront à rien, et devant le Divin nous sommes tous au même niveau et sur le Niveau.

Enfin il y a ce beau poême de notre Frère Kipling qui illustre si bien notre égalité : MA LOGE MERE

Il y avait Rundle, le chef de station, Beazeley, des voies et travaux, Ackman, de l’intendance, Dankin, de la prison, Et Blake, le sergent instructeur, Qui fut deux fois notre Vénérable, Et aussi le vieux Franjee Eduljee Qui tenait le magasin "Aux denrées Européennes". Dehors, on se disait : "Sergent, Monsieur, Salut, Salam". Dedans c’était : "Mon frère", et c’était très bien ainsi. Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre. Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas ! Il y avait encore Bola Nath, le comptable, Saül, le juif d’Aden, Din Mohamed, du bureau du cadastre, Le sieur Chucherbutty, Amir Singh le Sikh, Et Castro, des ateliers de réparation, Le Catholique romain. Nos décors n’étaient pas riches, Notre Temple était vieux et dénudé, Mais nous connaissions les anciens Landmarks Et les observions scrupuleusement. Quand je jette un regard en arrière, Cette pensée, souvent me vient à l’esprit : "Au fond il n y a pas d’incrédules Si ce n’est peut-être nous-mêmes ! " Car, tous les mois, après la tenue, Nous nous réunissions pour fumer. Nous n’osions pas faire de banquets De peur d’enfreindre la règle de caste de certains frères. Et nous causions à cœur ouvert de religion et d’autres choses, Chacun de nous se rapportant Au Dieu qu’il connaissait le mieux. L’un après l’autre, les frères prenaient la parole Et aucun ne s’agitait. L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets Et le maudit oiseau porte-fièvre ; Comme après tant de paroles Nous nous en revenions à cheval, Mahomet, Dieu et Shiva Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes. Bien souvent depuis lors, Mes pas errant au service du Gouvernement, Ont porté le salut fraternel De l’orient à l’Occident, Comme cela nous est recommandé, De Kohel à Singapour Mais combien je voudrais les revoir tous Ceux de la Loge Mère, là-bas ! Comme je voudrais les revoir, Mes frères noirs et bruns, Et sentir le parfum des cigares indigènes Pendant que circule l’allumeur, Et que le vieux limonadier Ronfle sur le plancher de l’office. Et me retrouver parfait Maçon Une fois encore dans ma Loge d’autrefois. Dehors, on se disait : »Sergent, Monsieur, Salut, Salam ». Dedans c’était : "Mon frère " et c’était très bien ainsi. Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre. Moi, j’étais second diacre dans ma Loge Mère, là-bas !

Rudyard Kipling (1865-1936)

La Fraternité :

L’emploi du fraternité, si courant, donne lieu à de nombreux commentaires illustrant, certes des trésors de bonne volonté, mais qui relèvent bien souvent d’une approche trop littérale, plus voisine de la bonne camaraderie que du concept « fils du même Père ».Tout comme ceux qui désignent la charité comme seulement la Pratique de l’aumône alors que la vertu théologale de ce nom vise beaucoup plus haut, jusqu’à l’élan du Cœur, élan Mystique bien entendu, condition sine qua non de l’initiation sans laquelle « La Quête » ne débouche que sur des connaissances superficielles et des effets oratoires sans concrétisation. Le mot Fraternité à une forte conation artisanale dans le monde profane, on parle couramment de « confréries professionnelles » et de communauté fraternelles de métiers » dès le 11ème siècle. Le mot corporation n’apparaissant qu’au 18ème siècle. Dans notre rituel il y est dit que l’homme est relié au Divin par la conscience, donc tout les hommes sont reliés par leur conscience, ce qui implique que nous sommes tous liés les uns aux autres par me Divin, et nous Maçons nous oeuvrons fraternellement sous l’Equerre pour le bonheur de tout les êtres. Au moment fort de la chaîne d’Union on nous demande fortifier nos cœurs de l’amour de notre prochains, tout est dit mais mon sentiment de la fraternité est soit une façon d’être, impliquant la manière de penser ou une façon de penser déterminant une façon d’être. Dans les deux cas la fraternité se veut pour moi, toujours généreuse, car elle exhale l’Agapè (6), je comprends aujourd’hui ce mot et ma chance d’être parmi vous en tant qu’apprenti FRANC-MAÇON dans cette respectable Loge, je comprends même encore mieux en me remémorant les moments fort de mon initiation et cette première chaîne d’union. Je ne peux trouver les mots assez forts pour vous parler de l’amour que j’ai dans le cœur pour vous tous mes frères, le bonheur à la fois simple et fort de sentir que je suis avec vous.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Liberté-Egalité-Fraternité

23 Mai 2013 , Rédigé par Georges Dillinger Publié dans #Planches

Il semble bien que ce soit la franc-maçonnerie qui ait imaginé cette devise, ce "slogan" dont la fortune a dépassé toutes ses espérances. Ces trois mots ont animé, ou plutôt embrasé la Révolution française. Le respect qui leur est dû ne s'est jamais démenti ou affaibli. Les cinq Républiques successives y ont été obstinément fidèles. Les enfants des écoles les ont appris pieusement sous la férule d'instituteurs laïcs. Ils illuminent de leur message le fronton de nombreux édifices publics. Cependant, jamais comme dans notre période contemporaine, nous en mesurons la nocivité, la dangerosité pour une société organisée.

Liberté

Pour commencer à un bout, l'un va dire que la religion chrétienne a prêché sans relâche pour que l'Homme se libère de ses péchés, de ses passions, de ses entraînements. L'autre va dire que la liberté se trouvait dans la faculté de faire le bien. Noble liberté.

A l'autre bout, il y a la liberté de suivre son caprice et utiliser cette liberté pour mal vivre. Dans le recul du sacré que connaît notre temps, Anatrella disait que "l'homme moderne en l'absence de tout projet, de toute valeur qui le dépasse, est ramené à sa seule subjectivité". Il faut bien reconnaître – sans être affecté d'un pessimisme maladif – que notre époque se caractérise par une liberté mauvaise, sans mesure, sans borne. Car non seulement la déchéance morale, pour la grande majorité des personnes, n'est plus endiguée par un système de valeurs et de vertus, mais elle est portée par la loi de l'État qui se fait le chantre de la liberté la plus débridée. Faut-il rappeler la loi du communiste Gayssot ? Faut-il rappeler les lois autorisant l'avortement puis son remboursement, c'est-à-dire l'assassinat de l'être humain dans le sein de sa mère et voulu par celle-ci ou son entourage ?

La liberté moderne fait rejeter le mariage qui contraint ceux qui s'y engagent au profit d'ersatz misérables tels que le pacs ou plus encore au profit de compagnonnage éphémère et d'accouplements répétés et plus ou moins durables.

Le communisme a fait beaucoup naguère pour que se développe et s'amplifie cette liberté morale – ou plutôt immorale. Le trotskisme, plus encore sans doute, ainsi que la révolution culturelle née en Allemagne dans les années 1920 qui a affecté et souillé plus ou moins profondément une partie de notre vieille Europe chrétienne. Ces deux post-phénomènes ont parachevé l'œuvre marxiste. Bref, au lieu de la liberté où l'on pouvait choisir le bien, la liberté qui s'y est substituée est celle de choisir entre le bien et le mal.

La liberté individuelle, c'est celle d'ignorer même la morale. Le concept de liberté souffre d'une duplicité certaine, d'une duplicité au sens de double sens et au sens de perversité. En exaltant la liberté sans frein, on a ruiné la liberté morale qui, comme l'enseigne l'Église, n'est pas l'exercice sans limite de la liberté naturelle mais son orientation vers le bien.

Rappelons enfin que pour un libéral tout dogmatisme – en particulier religieux – est un mal absolu. Le libéral condamne toute philosophie qui reconnaît l'existence d'une autorité supérieure à l'Homme et une vérité qui le transcende, d'où l'anathème jeté contre l'"intégrisme".

Egalité

L'égalité fut un concept clé de la Révolution française. C'est dans la nuit du 4 août 1789 – une vingtaine de jours après la prise de la Bastille – que fut proclamée l'abolition des privilèges dans une réunion commune aux trois ordres des Etats Généraux. Le Roi et les aristocrates, les cardinaux et les évêques, devenaient des citoyens juridiquement et légalement égaux à tous les autres. Beaucoup connurent la machine du docteur Guillotin dans le droit fil de la chanson "Les aristocrates à la lanterne". Tous les hommes sont égaux dans la mort.

Jamais autant qu'après la Seconde Guerre mondiale, après la Shoah, n'a été proclamée l'égalité des races. Davantage même : certains ont nié l'existence de races au sein de l'espèce Homo Sapiens. Le cheval ou le chien sont des espèces animales que l'on divise en races. Mais l'homme échapperait à ces distinctions, en dépit de l'évidence qui paraît pourtant difficile à nier quand on évoque côte à côte un pygmée, un noir et un esquimau. Si nous sommes tous des citoyens égaux du village planétaire, cela peut être vrai dans le domaine du droit. C'est insoutenable dans le domaine physique et naturel.

Notons que le cosmopolitisme, phénomène généralisé à notre époque où les peuples migrent avec tant de facilité, s'avère dévastateur à l'égard de toutes les traditions, tous les patrimoines, toutes les cultures, propres jusqu'alors à une ethnie donnée. Le contact imposé à chacun avec toutes les autres débouche sur un relativisme rapidement dévastateur. Les religions se valent, n'est-ce pas ? Ma conviction – qui n'a aucune importance dans le débat – est qu'elles ne se valent pas. En dehors de la véracité, comment peut-on mettre à égalité le christianisme avec son message de paix, d'amour et de charité, et l'islam cruellement fanatique et, dans l'Histoire, prosélyte avec une brutalité inouïe ? Il n'en reste pas moins que leur cohabitation et leur confrontation quotidienne présentent plus de risques pour la foi que l'existence unique de l'une ou de l'autre dans une société homogène. Comment peut-on croire que tous les comportements se valent, que la morale ou l'immoralisme représentent un choix individuel, que les compagnonnages peuvent se substituer sans dégât à la famille ? N'est-il pas évident pourtant que l'on est ainsi en train de bousculer les principes qui assuraient la simple survie d'une société ? Et vice-et-versa, les comportements actuels qui se généralisent signeront le suicide de notre société occidentale.

C'est un égalitarisme de fait qui règne dans les arts contemporains – ou dans ce qui en tient lieu. La plus magnifique peinture de Leonard de Vinci ou de Delacroix est mise à égalité avec le plus misérable barbouillage contemporain ou une toile monochrome ; un tam-tam insupportable à l'oreille est mis à égalité avec une symphonie de Beethoven.

A une évolution subreptice assurant le règne de l'immonde égalité s'ajoutent des mesures politiciennes et législatives pour imposer et accélérer le mouvement. De la loi Pleven en 1972 à la loi Gessaut en 1990 – sans compter quelques autres entre les deux –, tous ces textes se présentent comme une sécrétion de l'idéologie anti-discriminatoire qui s'appesantit sur la France nouvelle. Vouloir encore préférer sa patrie – la terre de ses pères – aux autres nations est devenu une conviction qui peut vous valoir de comparaître à un tribunal pour xénophobie ! Mais le comble nous restait encore à subir.

Alors que toute discrimination – naturelle à tout citoyen au profit de son patrimoine et de ses éléments identitaires – faisait l'objet d'un interdit total, voici que l'on nous impose la discrimination positive qui érige l'autre, sa culture (?), son tam-tam, son homosexualité éventuellement, en un droit sacré devant lequel il importe de s'incliner avec respect. Pauvre France ! Pauvre Europe qui fut jadis et naguère foyer de la civilisation universelle !

Fraternité

Avec la fraternité qui constitue le troisième terme de la triade républicaine, nous retrouvons un paradoxe. Il est en effet évident que notre époque se caractérise par un individualisme déchaîné. Belle fraternité en vérité ! D'ailleurs, nous avons tué le Père, Dieu pour les uns, le monarque pour quelques autres, le père de famille lui-même destitué par la loi républicaine de sa position de chef de famille. Comment oser encore parler de fraternité et l'inscrire au fronton de certains de nos édifices publics ?

Source : http://leblogdegeorgesdillinger.over-blog.com/article-liberte-egalite-fraternite-111616881.html

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