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Hauts Grades

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Le rituel d'ouverture au premier degré

6 Juin 2013 , Rédigé par J\P\ Publié dans #Planches

Vénérable maître et vous tous mes frères en vos degrés et qualités, ma planche s’intitule : le rituel d’ouverture au premier degré.

Dans le dictionnaire il est dit q’un rite est un ensemble de règles fixant le déroulement d’un cérémonial quelconque, c’est une action accomplie conformément à des règles. Un rituel est un texte qui codifie les règles à appliquer lors d’une cérémonie.

Le rituel est lu en loge à chaque fois que les frères se réunissent. Il sert en quelque sorte d’ouverture des travaux, de passage entre un état et un autre, une alchimie. La transmutation de l’homme ordinaire en initié, la transition du profane au sacré, préparer les frères à agir dans un espace-temps sacré, les préparer à un voyage dans la tradition et à l’intérieur d’eux-mêmes.
La loge se ferme au profane. Le rituel peut commencer. Le franc maçon traverse une frontière pour passer dans un autre monde, pour l’instant plongé dans les ténèbres. Seul l’endroit où siège le vénérable maître est éclairé. « Prenez place mes frères, nous allons procéder à l’ouverture de la loge » dit-il. Le silence qui règne est le signe de la concentration de chacun face au sacré qui va se mettre en place.

Le coup de maillet a retenti, le franc maçon se prépare à parcourir le chemin de la connaissance. Il s’agit de prendre une place physique, mais surtout une place intérieure en harmonie avec l’univers et la magie des symboles du rituel d’ouverture.
Le rituel va permettre de créer une ambiance et de procéder à des travaux.
Par l’ouverture de la loge nous allons recevoir des connaissances. Lorsque le vénérable maître annonce qu’il va procéder à l’ouverture de la loge, il nous invite à nous y intégrer mais aussi à nous ouvrir, à ouvrir une brèche en nous et à participer, ouvrir son esprit et son cœur et laisser la lumière y entrer.

Il y a un instant encore nous étions dans la vie ordinaire, dans un monde dit profane. Cet appel va ouvrir un espace différent, un espace sacré entre frères, entre hommes égaux face au cheminement que nous entreprenons pour aller vers le sommet.
Le vénérable maître sollicite l’aide des deux surveillants. C’est à eux qu’incombe une partie des devoirs de ce travail d’ouverture.

Ainsi, le second surveillant doit s’assurer que la loge est couverte, que l’espace est clos. Il demande au frère couvreur de le faire. Les ordres ne sont pas transmis directement mais du vénérable maître au frère couvreur en passant par le frère second surveillant. Le retour se fait de la même façon, du frère couvreur au vénérable maître en passant par le second surveillant.

Dans l’obscurité, des relais sont nécessaires.
La loge est dûment couverte, le frère couvreur l’affirme. Avant de répondre au second surveillant il a agit. Il regarde à l’intérieur de lui-même, il a écarté le profane. Il peut maintenant affirmer : la loge est dûment couverte. Le premier devoir est accompli. Les frères sont protégés des agitations du dehors. Cette protection est indispensable.
Aucun profane ne pourra désormais franchir le seuil. La loge est couverte, le frère couvreur en est le gardien. Cela n’est pas suffisant. Il faut maintenant reconnaître les qualités maçonniques des hommes présents. Cette charge est dévolue aux surveillants. Ils doivent s’assurer que tous les assistants sont apprentis francs maçons, à leur place et à leur office, et rendre compte au vénérable maître.
Brusquement, nous apprenons qu’il y a un ordre dans la loge. Si un homme est second, c’est qu’il y en a un premier. S’il est surveillant, c’est qu’il existe une nécessité à surveiller. Une loge est donc une organisation complexe. C’est au frère second surveillant que s’adresse pour commencer le vénérable maître. Probablement parce qu’il est plus accessible que le premier. Un apprenti peut-il comprendre, sentir cela ? Je dirai que à chaque niveau Sa compréhension.

Ne sommes-nous pas là aussi pour apprendre et pour comprendre ? L’harmonie de la loge n’est pas due au hasard mais procède donc d’un ordre. Le rituel précise qu’il y a un premier devoir. Cela sous entend qu’il y en a d’autres. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître l’importance du devoir même si le profane avance généralement en premier lieu ses droits.
La participation au rituel, nous montre quelle attitude prendre. Celui qui ne remplie pas ses devoirs n’a pas sa place ni dans le monde ni dans le temple.

Le vénérable maître pose ses questions aux surveillants qui ont une place précise, géographique mais aussi psychologique dans la composition de la loge.
Par l’ouverture d’un testament nous recevons l’héritage de nos parents, de notre famille. Ici, symboliquement par l’ouverture de la loge nous allons recevoir l’héritage des connaissances accumulées par notre famille de chercheurs spirituels. Ceux-ci tentent de nous transmettre la clé de la connaissance, du monde inconnu auquel nous appartenons sans savoir comment le rejoindre. Le vénérable maître nous invite à ouvrir notre temple intérieur. L’ouverture de la loge c’est aussi une invitation à s’y intégrer.
La déambulation des surveillants vise à reconnaître les hommes dans leur qualité d’apprentis maçons par la mise à l’ordre. Chacun est à sa place et à son office, c'est-à-dire là où il faut et prêt à faire ce qu’il faut. Ainsi, le deuxième devoir est accompli.
Chaque objet, chaque décor, a une place définie. Ce n’est pas un effet du hasard mais l’indication d’un ordre. Chacun est sa place, le surveillant, le secrétaire, le trésorier et cela n’est pas un honneur, mais une charge, avec des devoirs à accomplir.
L’apprenti, qui débute sa recherche, a aussi des devoirs, notamment de silence, de présence régulière, et de maniement du ciseau. La pierre qu’il taille est encore grossière et long est le chemin vers la pierre polie. Le déroulement du rituel nous montre l’action qui conduit à la connaissance.

Il en est de même à l’orient dit le vénérable Maintenant nous en sommes sûrs, tous les assistants sont apprentis francs maçons. Le profane vit dans son monde alors que l’apprenti perçoit déjà la présence d’une nouvelle vie organisée derrière le monde rationnel. S’il existe deux mondes, il existe deux manières de les appréhender. Réussir ces deux mondes est peut être possible à force de travail, de recherche de vérité pour les mettre en harmonie. Le passage du rituel du second au premier surveillant et enfin au vénérable maître semble long à l’apprenti car ils disent sensiblement la même chose mais celui-ci au fur et à mesure qu’il pratique concrètement le rituel s’aperçoit qu’il faut du temps pour instaurer, pour sentir les vibrations de la loge et de chaque maçon présent.

Puisque la loge est dûment couverte, entrons dans les voies qui nous sont tracées. Il doit donc exister des traces à suivre. Quand on demande à être initié, c’est aussi parce qu’on a conscience que la vie ordinaire ne répond pas à notre attente. Est-ce cette trace là qu’il faut suivre, sachant que ce n’est pas la plus facile. Je crois que c’est la voie du perfectionnement de la paix et de l’harmonie, même si elle est difficile et ardue.

C’est peut être ici que je vais trouver le chemin qui me correspond le plus.
Qu’avons-nous demandé lors de notre première entrée dans le temple ? Qu’avons-nous demandé alors que profane nous nous sommes tournés vers la franc-maçonnerie ?
Etre accepté, travailler dans un temple n’étant pas un but, qu’en espérions-nous ? On espère recevoir une connaissance, une solution, une réponse. La franc-maçonnerie nous réclame de donner, de servir, de respecter. Les frères nous réclament notre présence, notre savoir. Donc nous demandons aussi.

Nous demandons la connaissance, l’initiation.
La lumière vénérable, nous demandons la lumière dit le rituel. Un mot immense. Dans le dictionnaire on parle de rayonnement perçu par les yeux, de clarté, d’éclairage, mais aussi de ce qui éclaire l’esprit. L’apprenti se questionne. Quelle lumière est-il venu chercher, quel éclaircissement ? Il cherche l’élément qui fait comprendre la lumière de la raison, posséder des connaissances, un savoir, la lumière qui le sort des ténèbres. La lumière est aussi le soleil et ses couleurs étonnantes du levant ou du couchant que les vieux vénéraient parce qu’ils connaissaient les vertus et les bienfaits de sa chaleur. Pour les croyants, le Christ est la lumière du monde, Dieu est lumière. Que cette lumière nous éclaire. Le bandeau ôté, pour l’apprenti commence l’instruction initiatique. L’homme ordinaire se dirige vers la lumière. L’apprenti fait son chemin intérieur, il ne doit pas se laisser séduire par les fausses lumières. Sommes-nous en mesure de voir cette lueur innée en nous ? L’apprenti la perçoit à peine. La lumière du flambeau du vénérable à l’orient va, par l’intermédiaire du maître de cérémonie et des surveillants, éclairer la loge.

Frères surveillants et maître des cérémonies veuillez m’assister. Le maître des cérémonies respecte un ordre, il assiste le vénérable. Il frappe le sol de sa canne de pèlerin et va porter la lumière. Il entreprend un voyage, une marche qui guide les autres. Cette marche sera assistée plus tard par l’expert qui avec son épée l’aidera dans sa démarche initiatique.
Le vénérable maître invite les frères surveillants et maître de cérémonie à l’assister parce que aucun homme ne peut marcher seul sur le chemin de la vérité, de la lumière. Le rituel une fois de plus nous rappelle que pour avancer nous avons besoin d’être assistés, de nous unir aux autres frères.

Que la sagesse préside à la construction de notre édifice. Le vénérable en allumant le flambeau à trois branches illumine l’orient. Cette flamme permettra d’allumer d’autres flammes et de diffuser la lumière à toute la loge. A partir d’une petite flamme intérieure, nous pouvons nous embraser si nous savons chercher dans notre être. Le maître des cérémonies en allumant l’étoile du pilier Force et le flambeau du premier surveillant, illumine l’occident. Que la force soutienne notre édifice. Le maître des cérémonies continue son périple et allume l’étoile du pilier Beauté puis le flambeau du second surveillant. Le midi s’illumine. La pleine lumière règne dans le temple. La beauté orne l’édifice. Le rituel nous approche des trois piliers : La sagesse, la force et la beauté. Ces valeurs sont indispensables. Le vénérable qui possède la sagesse, la prudence, la réflexion, doit transmettre la flamme, la lumière pour aider ses frères. Il veillera au bon déroulement des travaux sacrés. La beauté orne le temple et permet au néophyte de s’engager sur le chemin, elle développe le goût de l’harmonie. La force est nécessaire pour lutter dans les ténèbres, pour passer de l’ombre à la lumière. Pour le franc-maçon elle est guidée par la beauté et la fraternité, sinon elle pourrait prendre des fausses voies. La force n’est pas violence. L’apprenti commence à comprendre pourquoi il se met à l’ordre avant de parler, il s’interroge sur sa vie intérieure, il en découvre des richesses. Ces lumières tout à coup lui ouvrent l’esprit, il commence à comprendre ce qu’il est venu chercher lors de sa première entrée dans le temple.

Le frère expert dispose les trois grandes lumières sur l’autel des serments puis trace le tableau d’apprenti sur le pavé mosaïque entre les trois piliers.

L’autel des serments est le lieu sacré, c’est la table qui reçoit les trois grandes lumières, les trois symboles majeurs que sont le volume de la loi sacrée, le compas et l’équerre. Le livre sacré qu’est la Bible représente-t-il la lumière religieuse ? Le reflet de la lumière intérieure sûrement. Le volume de la loi sacrée pourrait être la Thora en Israël, le Coran pour les musulmans. Ce qui est important est invisible, caché au fond de soi même.

L’équerre, l’emblème de la rectitude inspire la droiture dans les pensées et les actions des francs-maçons. C’est le symbole de la morale. Elle rappelle à l’apprenti qu’il est une pierre brute et que son objectif est de tailler puis de polir cette pierre, de sorte qu’elle puisse bien s’insérer parmi les autres pierres dans la construction de l’édifice.

Le compas est l’instrument de mesure, l’outil qui permet de tracer un cercle parfait sans perdre le centre. Il permet de tracer un rond comme la terre, comme la voûte céleste. L’apprenti est dans sa caverne, dans ses ténèbres, il recherche le centre, sa tâche est de le découvrir. Le frère expert déroule le tableau d’apprenti. Le vénérable lui demande de le tracer car autrefois les compagnons le traçaient à la craie. Sur le tableau figure le dessin de tous les symboles contenus dans le temple, un espèce de condensé sur une toile roulée.
Prenez place mes frères. Le vénérable donne un coup de maillet. Le rituel change de direction.
Nous sommes à couvert, orientés convenablement. Nous sommes prêts pour aller plus loin dans notre découverte de la spiritualité. L’action va pouvoir à nouveau s’engager. L’apprenti est jeune, il manque d’expérience dans le domaine ésotérique. Quel que soient ses actions et son savoir dans la vie profane, il doit être guidé par la loge.
« Frère second surveillant quel âge avez-vous ? »
« Trois ans vénérable maître ». Avec ses trois ans l’apprenti pénètre dans un autre monde, il entreprend un voyage dans le mystère sous le signe du chiffre trois. Quand il marche il fait trois pas, son âge est de trois ans, son élévation est de trois degrés possibles, il est dirigé par trois maillets, le vénérable et les deux surveillants, il salue trois fois, la batterie est de trois coups, le décor comprend trois colonnettes, le flambeau a trois branches.

Où est votre place dans la loge ? Nous observons qu’il est besoin de quatre phrases différentes pour évoquer un point. Le rituel questionne, répond et explicite la réponse. A cette question, il sera successivement répondu au midi, à l’occident et à l’orient. Puis, le rituel fournit une explication à la question « pourquoi êtes-vous placés ainsi ? » L’apprenti prend toujours place au Nord. Il rejoindra le second surveillant au midi lorsqu’il deviendra compagnon, quand il pourra sortir de la pénombre du septentrion. A quelle heure les apprentis ont-ils coutume d’ouvrir leurs travaux ? Les apprentis sont dans le temple pour travailler à l’édification, à la construction de l’homme, à l’éveil de leur être. Les travaux commencent à midi, dit le rituel. A midi il est l’heure de prendre en main son destin. Pour l’homme mature c’est le midi de sa vie, il devient responsable, c’est l’heure de la paix, de l’amour de la fraternité. C’est à midi que le soleil est le plus haut, la clarté la plus pure, la lumière la plus intense. C’est l’heure la plus propice à la découverte de l’être. Au midi de sa vie, l’homme est en pleine maturité, il est temps de faire le point.

Puisque nous avons l’âge et qu’il est l’heure, nous pouvons ouvrir les travaux. En annonçant aux quatre points cardinaux qu’une ouverture des travaux va avoir lieu, on conçoit que le rituel nous invite à une ouverture de conscience. Il est l’heure de basculer dans un autre monde. Le moment est venu, nous avons l’âge. Le vénérable a invité tous les frères de toutes les colonnes à se joindre à lui. L’annonce est faite.
«Debout et à l’ordre mes frères » dit le vénérable.
Trois coups de maillet retentissent successivement à l’orient, l’occident et au midi.
Adopter cette attitude c’est être prêt à s’orienter, à se tourner vers l’intérieur, vers son être intérieur. Le rituel conduit le franc-maçon vers ce monde intérieur, ce monde extraordinaire.

Le frère expert et le maître des cérémonies relèvent une équerre symbolique au dessus de l’autel des serments, constituée de la canne et de l’épée. La canne du pèlerin et l’épée de la noblesse et du courage, forment l’équerre de la rectitude, de la droiture.
A la gloire du grand architecte de l’univers. Ce n’est pas une manière d’appeler Dieu. Je crois que Celui-ci s’il existait vraiment serait plus grand que le grand architecte. Le franc-maçon a la possibilité de rester libre de croire ou de ne pas croire en Dieu. Il s’agit de prendre conscience d’un ordre universel, une loi de la création. Je déclare ouverte cette respectable loge. A moi mes frères par le signe, la batterie et l’acclamation écossaise. Le vénérable ne s’adresse plus comme au début du rituel aux surveillants, à l’expert ou au maître des cérémonies, il s’adresse à toute la loge, au grand architecte de l’univers. C’est au nom de cet ordre que les actions vont désormais se dérouler. Le rituel nous dit maintenant qu’il faut changer de monde. Nous ne sommes plus dans le monde profane.
Nous avons laissé nos métaux à la porte du temple. Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière. Nous ne sommes plus dans un monde où l’apprenti mal guidé risque de s’épuiser, se perdre. Nous nous sommes débarrassés à l’entrée du temple de tout ce qui brille d’un éclat trompeur, tout ce à quoi nous sommes attachés dans le monde matériel. Nous pouvons aller vers la lumière.

Prenez place mes frères. Frère secrétaire veuillez donner lecture de la planche tracée de nos derniers travaux.

Le rituel a conduit tous les assistants sur le chemin de la connaissance. Certains l’ont peut être atteinte mais peut on jamais dire que nous sommes arrivés au bout du chemin ? Il est l’heure de prendre place et d’œuvrer.

Lors d’une réunion maçonnique le début et la fin des travaux commence par un rituel écrit. On peut donc penser qu’il existe un rituel d’ouverture puis un rituel de fermeture. En fait je crois tout est rituel pendant une tenue dans un temple et s’il existe un espace intermédiaire entre le début et la fin, ce n’est pas dûment consigné. Cette partie varie en fonction de l’ordre du jour, mais la forme rituelle demeure.
La pratique du rituel maçonnique nous indique les attitudes à prendre et les étapes à franchir pour nous initier.

Vénérable maître, j’ai dit. source : www.ledifice.net

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La Batterie

4 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Le terme batterie est apparu au XIIème siècle, de "battre" ; il signifiait alors une querelle violente, un échange de coups. Vers la fin de ce siècle, il s'est mis à désigner un ensemble d'ustensiles de cuisine allant au feu et, un peu plus tard, le moyen que l'on emploie pour réussir à quelque chose ou, au contraire, faire échouer une tentative (d'où l'expression plus moderne de batterie au sens de combinaison, machination, mesure, plan : "dresser ses batteries", "changer de batteries"). Une autre extension de ce sens a donné la manière de battre le tambour en un roulement particulier qui, au fil du temps, fera de batterie le synonyme de breloque (dans les armées napoléoniennes, batterie de tambour qui appelait les soldats à une distribution de vivres ou les faisait rompre les rangs), chamade (appel de trompettes et de tambours manifestant l'intention des assiégés de se rendre, d'où l'expression populaire de "battre la chamade" : être affolé), champ (roulement de tambours et sonnerie de clairons pour rendre les honneurs, charge (roulement de tambour rythmant la charge), diane (batterie de tambours et/ou de clairons pour réveiller les soldats), générale (pour battre le rappel des troupes), rappel (idem), réveil..

Au XV-XVIème siècles, il a pris un sens militaire : l'action de tirer sur l'ennemi, de faire feu sur lui, une réunion de pièces d'artillerie et des matériels nécessaires à leur service, l'emplacement d'une telle réunion et/ou une unité de régiment d'artillerie. De là est venue l'expression populaire de batterie de décorations.

En physique, une batterie est la réunion d'éléments générateurs de courant électrique et, dans l'industrie, un ensemble d'éléments, une série (batterie de chaudières, de laminoirs…), dernier sens devenu courant dans de nombreux usages (exemple : une batterie de tests).

En musique, une batterie est une suite de notes détachées en arpèges sur un instrument à corde. A la guitare, elle est la manière de jouer la guitare en battant les cordes avec les doigts. Par la suite, elle a désigné et désigne toujours d'abord l'ensemble des instruments à percussion d'un orchestre (d'où l'expression "tenir la batterie") et, sous l'influence du jazz, un instrument de percussion composé de plusieurs éléments (caisse, cymbale, timbale…).

En F\M\ la batterie est constituée d'un ou plusieurs signaux sonores obtenus, pour les officiers, en frappant du maillet et, pour les FF..., en tapant des mains. Une batterie est donc une "phrase musicale" ponctuant une T\.

Deux hypothèses sont retenues pour l'origine de la batterie maçonnique : elle serait ainsi un "héritage" des forgerons martelant les métaux ou des tailleurs de pierre chassant le trait ou ciselant la pierre. On ne sait pas à quelle date ou période elle est véritablement apparue dans la F\M\ mais, toujours est-il qu'elle est attestée dans le Secret des francs-maçons de l'abbé Pérau paru en 1742, lequel la fait remonter au tout début du XVIIIème siècle alors que l'ouvrage The Three Distinct Knocks publié en 1760 l'établit comme beaucoup plus ancienne et, en fait, concomitante à la naissance même de la F\M\., les trois coups scandant la demande d'entrée dans le temple formulée par le profane mais aussi la fin de l'initiation

Pour certains, la batterie maçonnique aurait une origine ésotérique, notamment rosicrucienne) et même des vertus "énergétiques" puisque puisant son origine dans la magie blanche !

Si elle est commune à toute la F\M\ la batterie diffère dans le nombre de coups et le rythme selon les rites et obédiences. Ainsi pour les Rites Émulation, Écossais Ancien et Accepté et Français le rythme est irrégulier mais le nombre de coups diffère : 3 pour le premier quel que soit le grade ; 3, 5 et 9 selon le grade pour le second et 3, 6 et 9, toujours selon le grade, pour le troisième tandis que pour le Rite Écossais Rectifié le nombre de coups est également 3,6 et 9 mais selon un rythme régulier.

La batterie maçonnique peut également ponctuer des cérémonies particulières. Dans le Rite Français il en est ainsi de la batterie de deuil qui intervient au terme de la minute de silence marquée pour le décès d'un F\ et qui est aussitôt suivi d'une batterie d'allégresse symbolisant la vie.

Par analogie musicale et, en particulier, par référence au tambour, on pourrait sans doute considérer que la batterie du maillet est "claire" tandis que celle des mains est "sourde" (de sourdine) puisqu'elle se fait gantée alors que les applaudissements profanes sont clairs puisque faits les mains nues lesquels constituent non des batteries mais des salves, des tonnerres, des tempêtes…

Cette analogie musicale pose questions : si la batterie du maillet est, en quelque sorte, l'illustration sonore du travail fait en L\, laquelle est l'atelier où les FF\ dépolissent la pierre brute en la taillant, la ciselant pour en faire, sous sa forme achevée de chef d'œuvre, une pierre cubique à pointe, pourquoi "feutrer" la batterie des mains ? Serait-ce pour, justement, la distinguer de l'applaudissement profane et marquer la tenue – ou la… retenue ? – des FF\ réunis, non pour se distraire, s'amuser, "festoyer", faire la fête, voire la bombe ou, de nos jours, la "teuf"…, mais pour travailler quand, au Moyen Âge les tailleurs de pierre et les morteliers portaient des gants portaient des gants par souci de protection ? Mais alors pourquoi la batterie scandant un hommage ou un sentiment (batteries de deuil, d'allégresse, de bienvenue) se fait gantés quand la main nue est le signe de la sincérité, de la franchise et que c'est mains nues que se fait la chaîne d'union ? Serait-ce parce que, symbole de la pureté des cœurs et des mœurs mais aussi de l'égalité des FF\, les gants donneraient à la batterie une "droiture" l'élevant au-dessus de la trivialité de l'applaudissement ?

D'un autre côté, qu'en est-il du nombre de coups ?

Trois est le nombre de coups commun aux batteries de tous les rites car, selon les Anciens, les trois premiers nombres ont une fonction éminemment créatrice (Ainsi, ce serait trois grands maçons qui auraient été employés à la construction du monde ainsi qu'à ce noble ouvrage d'architecture qu'est l'homme ; trois grands maçons auraient bâti le Temple de Salomon ; Maître Hiram aurait été abattu de trois coups…).

N'étant pas féru en arithmologie, je me contenterai de relever que 6 et 9 sont des multiples de 3, 9 étant aussi, selon Samuel Prichard (in Masoniary Dissected,1730), la mesure en pouces du câble par laquelle est pendue la boîte en os appelée "bouche" dans lequel sont conservés les secrets du métier.

Cinq correspond aux sens et aux branches de l'étoile : le pentagramme représentatif de la maçonnerie dans son ensemble. Pour le Rite Écossais Ancien et Accepté, 5 est le nombre parfait de la maîtrise et correspond aux 5 "centres" du corps humain (pied, genou, sein, épaule et bouche).

Aujourd'hui, je n'irai pas plus loin dans mon travail, sauf à dire que, à titre personnel, je préfère entendre dans la batterie maçonnique une phrase musicale sourde à toute allusion militaire ou, pire encore, guerrière !
 

J'ai dit V\M\

Source : www.ledifice.net

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A moi mes FF par le signe, la batterie,et l'acclamation écossaise,Houzzai ! Houzzai ! Houzzai !

3 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Mon travail de ce midi porte sur les symboles que j'ai vus dans cette acclamation qui conclut le rituel d'ouverture, lorsque le V M y ajoute l'annonce : « Mes FF nous ne sommes plus dans le monde profane » et achève le rituel de fermeture par : « Mes FF nous ne sommes plus à l'ordre. »  

Quelle force dans cette acclamation répétée ! A midi, elle fait passer notre atelier tout entier du profane au sacré, pour nous renvoyer, à minuit, continuer au dehors l'ouvre commencée dans le Temple. L'analogie est immédiate avec les Col B et J, elles matérialisent le seuil du Temple que nous franchissons en y pénétrant et symbolisent la démarche initiatique que chacun d'entre nous a entrepris en demandant l'entrée du Temple. Remarquons que le rituel fait dire au VM : « Nous allons procéder à l'ouverture de la Loge. » puis que les FF Surv « nous invitent à nous joindre à lui pour ouvrir les travaux ».
L'ouverture est donc collective. Les App y participent de plein droit sans rupture de la règle du silence qui ne concerne que leur prise de parole mais ne saurait s'appliquer à l'affirmation de leur appartenance à notre ordre et à notre atelier.   
Notre acclamation est ternaire puisque constituée d'un signe, d'une batterie et de l'acclamation écossaise elle-même. On y retrouve donc la symbolique :
Du triangle, du delta rayonnant et de la truelle, des trois Grandes Lumières et des trois colonnes ou Petites Lumières, des trois fenêtres du Temple de Salomon qui décrivent la marche du soleil de l'Orient à l'Occident, des trois voyages de l'App ,de ses trois ans et des trois nombres. Mais elle décrit aussi, du signe muet à la parole intelligible en passant par le stade intermédiaire de la batterie, à la fois les trois grades de nos ateliers et la cohérence de notre démarche vers la prise de parole en application du précepte maçonnique « Ordo ab Chao », principe d'apparence paradoxale pour le monde profane pour lequel c'est de la prise de la parole que naît la confusion.   
Examinons maintenant le détail de chaque constituant de cette acclamation :
 

- Le Signe : Au grade d'App il est binaire, addition du signe d'ordre, celui qui contient les passions, qui nous a fait reconnaître comme F Maç au passage des FF Surv et qui nous fait renaître, nous reconstitue intérieurement et intimement à chaque tenue. Et du signe pénal qui
renouvelle notre serment maçonnique.
 - La Batterie : Formée de trois coups égaux frappés de la paume de la main droite contre celle de la main gauche, elle nous rappelle notre initiation au premier degré :
- Demandez et vous recevrez. ( la Lumière )
- Cherchez et vous trouverez. ( la Vérité )
- Frappez et on vous ouvrira. ( la Porte du Temple )
- L'Acclamation : Elle est ternaire avec le premier terme, spécifique à notre Rite Ecossais Ancien et Accepté, du triple « HOUZZAI » associé à l'invocation ternaire « LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. » tandis que l'on exécute le geste de salut avec le bras droit tendu devant soi à l'horizontale, le pouce écarté en équerre.
 

Pour ce travail j'ai cherché des références sur Internet. Le résultat est édifiant : « HOUZZAI » = 0 , « LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE » = 12800 citations.
- Houzzai ! Houzzai ! Houzzai ! est une acclamation de joie et d'approbation dont l'orthographe anglaise est une ancienne forme de HURRAH comme nous le rappelle le livret d'App .On trouve de nombreux exemples de son usage chez les anglo-saxons ce qui expliquerait sa transmission et son emploi dans notre Rite. La véritable question étant que pour les écossais eux-mêmes l'origine de l'acclamation est étrangère et inconnue. Les recherches se sont orientées vers une appartenance hébraïque suivant le constat que les mots utilisés dans nos rituels sont tirés de la Bible. Deux explications semblent plausibles :
- La première porte sur le sens de « HOUZZAI » : Se référant à la colonne B qui signifie « en force » où l'on emprunterait la racine « OZ » pour l'accompagner du suffixe « ZE » et signifier : « Cela est ma force ou mon soutien. » ce qui ferait référence au G A D L U sous l'invocation duquel nous travaillons au REAA.
- La seconde explication porte sur le nom de « UZZA » que l'on rencontre au deuxième livre de Samuel lorsque David après sa victoire sur les Philistins ramène l'Arche de Dieu vers Jérusalem. Je cite : « On chargea l'Arche de Dieu sur le chariot neuf et on l'emporta de la maison d'Abinadab qui est sur la colline. Uzza et Ahyo, les fils d'Abinadab conduisaient le chariot..

Comme on arrivait à l'aire de Nakôn, Uzza étendit la main vers l'arche de Dieu et la retint car les boufs allaient la renverser. La colère de Yahvé s'enflamma contre Uzza. Là, Dieu le frappa pour cette folie, et il mourut là à côté de l'Arche de Dieu. » La phonétique nous paraît plus proche, notre geste de salutation, la main tendue vers le sol, trouve son explication dans sa similitude avec le geste d' Uzza retenant l'Arche et notre quête de la lumière trouve sa limite dans l'avertissement qui nous est donné : Nous ne verrons la lumière qu'en un éclair à l'instant de notre mort .
La question que nous pouvons nous poser est de savoir si cette seconde explication donne un sens à notre acclamation. Une acclamation doit exprimer une adhésion à une idée ou un concept : Au Rite Ecossais Ancien et Accepté c'est le G A D L U . Et comme le V L S est le plus souvent ouvert au Prologue de l'Evangile de Jean qui dit : « Au commencement était le Verbe. » cette idée qui doit nous rassembler est celle de la préexistence et de la prééminence de l'Esprit sur toute chose. C'est toute la force symbolique et poétique de Jean qui près de deux mille ans plus tard n'est pas contredit par la cosmologie en cours de validité qui est la théorie du Big Bang ( ou Grand Boum en français ) . Théorie qui pose en principe qu'il n'existait ni matière, ni espace, ni temps avant cette grande explosion initiale mais ne nous dit pas ce qu'il y avait avant. Une réponse est chez Jean : L'Esprit, l'âme ou encore le G A D L U .
- Liberté ! Egalité ! Fraternité ! : Je vous ai parlé de 12800 références sur Internet, on peut toutefois les classer en deux familles qui nous intéressent : La République et la F M .

La République : Les mentions qui figurent en tête des textes officiels, des lois, des décrets sont : République française - Liberté, Egalité, Fraternité - Au nom du Peuple français. Dans cette formule « Liberté, Egalité , Fraternité » est élevé au niveau de principe fondateur comme nous le rappelle cet extrait du décret d'abolition de l'esclavage : « Le Gouvernement provisoire, considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; Qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; Qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Egalité, Fraternité. » Cette acclamation marque bien notre attachement à la République et à ses valeurs laïques. Si l'on en croit Alain Touraine il faut y voir la reconnaissance qu 'il n'y a pas de principe central de la démocratie est que la combinaison des trois principes ou utopies est nécessaire. Il est vrai qu'un régime qui privilégie la liberté peut laisser s'accroître l'inégalité et inversement que la recherche de l'égalité risque de se faire au prix d'un renoncement à la liberté. Mais il est plus vrai encore qu'il n'y a pas de démocratie qui ne soit la combinaison de ces deux objectifs et qui ne les lie pas ensemble par l'idée de fraternité. Voilà comme on retrouve nos trois nombres : Un, le tout. Deux le nombre de la science, antagoniste au Un. Trois, qui par la synthèse de ce qui paraît opposé va ramener la dualité à l'unité.
«Rassemblant ce qui est épars » ce qui nous ramène à la F M .

La F M : Cette acclamation est une spécificité commune aux deux rites français et nous rattache à la République qui sous les traits de notre Marianne Maçonnique est la seule femme à assister à nos travaux. -La Liberté : Le monde profane distingue deux libertés : La Liberté des Anciens selon Aristote qui veut que l'intérêt général l'emporte sur l'intérêt particulier. C'est la Liberté de l'astre qui doit s'intégrer à une totalité. La Liberté de l'un doit s'arrêter où commence celle de l'autre. La Liberté des Modernes par contre veut que la Liberté n'aurait pas d'effets si elle ne produisait pas une société diversifiée, multiple, offrant à chacun la possibilité de voir ses demandes prises en compte et ses intérêts satisfaits. Cette liberté là me paraît être la notre. Me croyant un homme libre, j'ai frappé à la porte du Temple. La F M m'a demandé de me libérer de mes passions en les combattant et expliqué que l'homme véritablement libre est celui qui s'est vu renaître à la vie nouvelle conférée par l'initiation.
- L'Egalité : Que je croyais reconnaître à l'autre en acceptant une limitation de ma liberté, la FM m'a appris que je la trouverai en moi-même lorsque pierre polie, c'est à dire parfaitement égalisée, je me fondrai dans le Grand Oeuvre. La notion duale de comparaison à l'autre que permet d'évaluer le niveau devient une valeur individuelle et personnelle :
C'est moi qui suis égalisé par mon travail.
- La Fraternité : L'idée selon laquelle les frères sont des êtres privilégiés les uns pour les autres est très ancienne. Elle s'est pourtant construite à l' envers puisque presque tous les mythes fondateurs nous montrent des frères qui, à l'état naturel, se haïssent La Bible est remplie de ces conflits entre frères : Abel et Cain, Jacob et Esau, Isaac et Ismael.

Leurs conflits sont autant de bifurcations possibles pour une civilisation qui doit choisir entre le sédentaire et le nomade, le fidèle et le païen, le sage et le rebelle. Il faut attendre la fin de l'exil après la sortie d'Egypte pour trouver le premier couple de frères non rivaux où chacun a besoin de la réussite de l'autre pour accomplir sa propre tâche : Moise et Aaron. L'aîné, Aaron n'est pas jaloux de ce que son cadet ait été choisi par Dieu pour être son prophète et Moise qui s'exprime très mal ( « Je ne suis pas doué pour la parole car ma bouche et ma langue sont pesantes « dit-il. ) a besoin d'Aaron pour guider son peuple vers la Terre Promise.

Leur relation fraternelle change l'histoire du peuple juif et démontre que la fraternité est un acte de civilisation qui se construit en se fondant sur l'intérêt et la joie que l'on trouve dans la réussite de l'autre.

Bien plus tard, vers l'an mil, ce thème se retrouve dans le discours des ordres religieux puis du compagnonnage et des confréries. Dans beaucoup de langues tel l' anglais Brotherhood ( confrérie ) et Fraternity (fraternité ) sont synonymes et utilisés indifféremment. Dans les associations d'artisans chacun avait intérêt à la valeur de l'autre et chaque maître aidait chaque compagnon ( chaque frère ) à réussir des épreuves initiatiques. C'est le Concile d'Avignon qui interdira le 13 juin 1326 les confréries laïques c'est à dire les réunions de ceux qui se donnent le nom de frères. Vainement puisqu'en 1722 paraîtront les constitutions d'Anderson qui fonderont l'Ordre Maçonnique.
La boucle est bouclée : la vraie tradition, toujours renouvelée est là, avec un outil : la pensée symbolique, un mode d'emploi : le travail maçonnique qui nous « assure la Liberté, nous enseigne l'Egalité et mûrit nos âmes pour la douce Fraternité » comme le rappelle notre rituel.

J'ai dit.

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Acclamation Ecossaise Houzzé, Houzzé, Houzzé

1 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Mes FF, vous trouverez un travail collectif, dans le sens qu'il reprend les recherches de quatre Frères : JB, GF, TF, JK...
L'Acclamation Ecossaise, et pour être précis, le geste qui l'accompagne suscite chez certains de nos Frères quelques interrogations, voir même quelques réticences.

D'abord, quelques références classées chronologiquement :

Egyptienne : Ouser qui signifie Feu actif du monde dans la moelle épinière de l'homme. Devient son feu, son pouvoir vital. Le fait de projeter vers l'autre ce " ouser " peut être retenu comme origine.

Hébraïque : On peut également voir dans le mot Houzzé, une prononciation déformée du nom d'Osée (hoseah qui se prononce ouché en Hébreu) et signifie "Yahvé sauve". Prophète hébreu resté dans la mémoire du judaïsme comme symbole de délivrance, sécurité, sauveur, au 8ème siècle avant Jésus Christ, fils de Beeri et auteur d'un livre ( le livre d'Osée ) qui débouche sur le symbolisme et dont le thème est l'Amour du Créateur pour son peuple. C'est le premier des douze livres qui composent l’œuvre dite des petits prophètes . Le personnage et son oeuvre sont suffisamment importants, la traduction du nom suffisamment explicite pour qu'il puisse être évoqué sous la forme d'acclamations d'allégresses dans un Rituel tellement imprégné par l'ésotérisme de l'Ancien Testament.

Certains traduisent hoseah par Yahvé soutient. Cette traduction à l'avantage de permettre le remplacement du geste accompagnant les acclamations par celui d'un bras levé à 45o et prolongé par une main en forme d'arc de cercle comme si elle soutenait une sphère. Pour cette raison pratique, cette interprétation peut sembler satisfaisante pour l'adopter . Ainsi pourrions nous résoudre le problème important du geste qui choque plus d'un Frère car rappelant un salut de triste mémoire. ... mais cela changerait la tradition et n'est donc pas recevable.

Houzzé est aussi le nom d'un roi légendaire d'Israël associé à la tradition alchimique, mais il n'y en a pas trace dans la bible.
Uzza, fils d'Abinabab, frère d'Achjo de la maison de David eut une funeste aventure racontée dans Samuel, (livre II, chapitre IV, paragraphes de 1 à 11) voici cette histoire :

" Ils mirent sur un char neuf, tiré par des bœufs, l'Arche de Dieu, et l'emportèrent de la maison d'Abinabab sur la colline. Uzza et Achjo, fils d'Abinabab, conduisaient le char neuf. Uzza marchait à côté de l'Arche de Dieu, Achjo devant. David et toute la maison d'Israël jouaient devant l'Eternel de toutes sortes d'instruments de musique. Arrivés à Nacon, Uzza tendit la main pour soutenir l'Arche d'Alliance, qui , déséquilibrée par un chaos risquait de chuter. La sanction fut immédiate et Uzza s'écroula foudroyé. Il mourut là, près de l'Arche de Dieu".

Il n'est pas utile de rappeler les mystérieuses propriétés physiques de l'Arche d'Alliance, ni l'injustice de cette sanction divine, destinée aux profanateurs, et qui frappa pourtant un serviteur zélé, par contre imaginons le geste d'Uzza tentant de retenir l'Arche d'Alliance et comparons le à celui que nous effectuons en accompagnement de l'acclamation écossaise.... Et puis, essayons de nous souvenir de la prononciation de la lettre U (ou) et la lettre A (é) dans la langue de Vernon, et en tenant compte de ces indications prononçons le nom d'Uzza. Intéressant non?

Enfin rappelons nous que les personnages dont les noms sont évoqués dans nos rituels sont tous issus de la Bible, que celui d'Uzza est évoqué à neuf reprises, ce qui semble suffisant pour avoir retenu l'attention des créateurs de notre Rituel.
Sans affirmer que cette hypothèse est la bonne, elle semble très probable et elle est en tous les cas aussi intéressante que celles proposées jusqu'à ce jour et mérite que nous y réfléchissions.

Arabe : Les Arabes anciens se servaient du mot Uzza qui est aussi l'un des 99 noms de Dieu dans leur langue. A noter que Al Uzza veut dire Acacia, "épine d'Egypte " et que c'est un symbole solaire. Ses feuilles s'ouvrent et se flétrissent. Le rameau des initiés judéens était de l'acacia.
1665 Evelyn Diary 1 July, Went on board the Prince .. She had 700 men. They made a great Huzza or shout at our approach, 3 times ... "
1682 Dans le Lutrin 11.33 de N O Boileau "...Oh see (Says Night) these rogues sing Huzza ! ... "
1706 Dans " Farquhar Recruit Offficer 1.i " Huzza then ! Huzza for the queen and the honor of Shropshire !... "

1725 Dans " The Dublin Weekly Journal N°13 du 26 juin 1725 : " ..the Grand Lodge had choosen the Rt.Hon.Earl of Ross, Grand Master for the year ensuing and Sir Thomas Pendergrass , and Mak Morgan, Esq. Grand Wardens, and the Grand Master has appointed ... at the naming of each of these, the Society gave their approbation by three Huzzas... "
1738 Lors de l'inauguration en 1738 le 2 août en Ecosse de l'Hospice Royal d'Edimbourg : " ...chaque maçon frappa à son tour trois coups sur la pierre. Les trompettes sonnèrent trois fois et les Huzzas et les applaudissements des mains se firent entendre trois fois ". Tiré de " Ordo ab Chaos " N°30 P137.
1753 Lors de la pose de la première pierre de la Bourse Royale d'Edimbourg, le 19 septembre 1753, après que la pierre fut descendue sur son lit et qu'elle ait été arrosée de grains de blé, de vin et d'huile, " Le Grand Maître fit à haute voix l'invocation suivante : Puisse la main bienfaisante du Ciel entretenir dans cette cité abondance de grains, de vin et d'huile et de tous autres objets nécessaires à la vie. L'air retentit alors d'un triple Huzza ". Tiré de l'histoire de la FM de Lawrie (1813) dans la traduction de Claude Antoine Thory (GLF).
1753 Huzza est mentionné pour la première fois dans le rituel en 1753 sous la forme houzzai.
1774 dans le Compte Rendu de la Tenue d'Installation de la Loge d'Avignon les Houzzai sont signalés. Une des hypothèses avancées est que les Houzzai sont entrés au REAA par la Mère Loge du Contrat Social.
(Cahier N°1 de Villard de Honnecourt P.75)
1804 Dans le texte original de 1804 (11ème édition) de "illustration of Masonry " de William Preston PP248-257 il est écrit : " .. the mallet was then presented to the Grand Master who gave three knocks upon the stone, which was followed by three huzzas from the brethren...(P.254) " ...the Grand Master poured the contents of the two silver vessels containing wine and oil upon the stone ...this was succeeded by three huzzas...
" (P 255)
1815 paru le Thuileur des 33 degrés de l'Ecossisme de Delaunay. Il écrit "on y joint la triple acclamation Houzé qu'il faut écrire Huzza, expression anglaise qui signifie vive le roi et qui remplace notre vivat
1820 Vuillaume, dans son Manuel Maçonnique dit: " on s'écrit ensuite par trois fois Huzza! (prononcer houzzai). Ce mot nous vient des Anglais ce qui est la cause de la différence entre l'orthographe et la prononciation; il est employé en signe de joie et répond au vivat des Latins.
1825 dans le Dictionnaire Maçonnique de Quantin, nous apprenons que "Houzé"(Huzza) est le cri de joie des Maçons du Rite Écossais. II signifie Vive le roi ainsi, les Maçons écossais accusés d'être hostiles au trône, manifestent leur allégresse par le cri de Vive le roi.
1930 Albert Lantoine pense que le mot Huzza (Houzé) est tout simplement synonyme de Hourra en usage en Europe centrale, et précise qu'il existe dans la langue Anglaise le verbe to Huzza qui veut dire acclamer.
1948 Jules Boucher dans la Symbolique Maçonnique nous rappelle qu'en Hébreu, Oza signifie force et que c'est là et non ailleurs qu'il faut chercher l'origine du mot Huzza prononcé Houzzé par des millions de Maçons. Par extension ce mot signifie " Vie " comme le mot " vivat " qu'il puisse vivre.

L'approche de Jules Boucher est intéressante car sans doute plus proche de ce qui semble être une bonne explication. Comme acclamation il me paraît bon de retenir ce Vie à ... Ne disait-on pas "longue vie au Roi ? "

Autres origines possibles :

Anglaise : Selon " l'Oxford English Dictionnary " P1354 Volume 1, Huzza donna Hussa, Hussaw, Huzzah, Huzzay, et sont des exclamations dans lesquels le H est une préparation au souffle et un moyen pour faire ressortir le " a " final. Autrefois une acclamation de marin lors de l'embarquement ou débarquement d'un visiteur à bord faisant ressortir l'exultation.

Allemande : Dans ce sens, il serait similaire à Heissau, Hissau, Heeze, Hissa ou au Hu'ssa allemand qui est un cri de chasse.

Peut-être le plus important de tout, est que cette acclamation doit être nette et vraiment sortir du plus profond de nous. C'est l'équivalent du " Kaï ".

A vous de nous dire ce que vous en pensez.

Source : www.ledifice.net

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Interview de Roger Dachez

31 Mai 2013 , Rédigé par X Publié dans #Eglise catholique et FM

 

Historien reconnu de la franc-maçonnerie, membre de la loge nationale française et président de l’Institut maçonnique de France, Roger Dachez a accepté de nous livrer son sentiment sur “l’affaire Vesin”.
 La décision de l’Église de démettre le père Vesin de ses fonctions vous surprend-elle ?
 
 « Oui et non. Oui, parce que c’est un fait rare. Je n’ai pas mémoire en France d’un cas de curé obligé publiquement de faire le choix entre son appartenance maçonnique et l’église depuis l’après-guerre. Non, car c’est en parfaite conformité avec la position officielle de l’église. »

Quelle est-elle ?

 « Elle a beaucoup évolué en 300 ans. L’église a presque toujours condamné la franc-maçonnerie. La première bulle papale d’excommunication des francs-maçons date de 1738. Clément XII estime alors que le fait de faire travailler ensemble des gens de confessions différentes est dangereux pour l’Église. Il n’est pas à cette époque question d’anticléricalisme ou d’athéisme. »

 Croyance et franc-maçonnerie sont-elles inconciliables ?
>
 « Bien sûr que non. Au tout début de la franc-maçonnerie ; être franc-maçon c’est être croyant. Dans les pays anglo-saxons protestants où la franc-maçonnerie est née, le terme “liberté de conscience” signifie “liberté de choisir sa religion”. Ce n’est qu’en France, au milieu du XIXe siècle, que la franc-maçonnerie est majoritairement devenue républicaine et anticléricale, principalement pour des raisons politiques. »

 Est-ce le cas ailleurs dans le Monde ?

 « Pas du tout. La très grande majorité des francs-maçons dans le monde sont croyants. La France est une exception incroyable avec des obédiences croyantes et d’autres “libérales”, acceptant croyants et non-croyants, au premier rang desquelles le Grand Orient de France. La France est le seul grand pays catholique où la franc-maçonnerie n’a pas été persécutée par l’Inquisition après la bulle de Clément XII. Tout ça grâce à une lutte d’influence entre le roi de France et le parlement de Paris, dominé par les jansénistes, qui a refusé d’enregistrer le texte du Vatican. Il n’a donc jamais été appliqué, contrairement à ce qui s’est passé en Espagne, en Italie ou au Portugal. C’est ce qui a permis à la franc-maçonnerie de croître et prospérer de manière particulière en France.. »
 
 Pourquoi les francs-maçons français se sont-ils éloignés de l’église ?
 
 « Au XIXe siècle, les gouvernements autoritaires se sont succédé avec le soutien de l’église. Il n’y avait pas alors de parti politique. À cette époque, le seul espace où les esprits libres pouvaient s’exprimer, c’était la franc-maçonnerie. Au milieu du XIXe, s’est alors développé dans les loges du Grand Orient un mouvement général républicain et anticlérical. C’est le début d’un combat sans merci qui a entraîné une nouvelle vague de condamnations contre les prétendus “conspirateurs francs-maçons qui voulaient détruire l’église”. Ce qui a laissé des traces, notamment la thèse du “complot judéo-maçonnique” qui s’est développée sous l’Occupation. »

 L’Église catholique n’a-t-elle jamais infléchi sa position ?
 
 « On l’a cru en 1983, lors de la publication du nouveau code de droit canon, dans lequel l’excommunication des francs-maçons avait été supprimée. Cela faisait suite à plusieurs années de débat, après Vatican II. Mais Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI et alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi, s’est exprimé sur le sujet, indiquant que s’il n’était plus question d’excommunication, l’appartenance à la franc-maçonnerie restait un pêché grave qui interdisait l’accès à la sainte communion. »

 Encore une condamnation donc…

 « Oui, mais encore une fois, la position de l’église change. Le cardinal reconnaît en 1985 que la franc-maçonnerie accueille dans ses rangs des catholiques et chrétiens sincères, qu’elle possède une dimension spirituelle, mais que l’église reste la seule voie de Salut. Selon lui, pour une âme catholique, il y a un risque de concurrence entre la franc-maçonnerie et la fidélité à la sainte Église. »

 Ces multiples condamnations empêchent-elles les chrétiens d’adhérer à la franc-maçonnerie ?

« Non. Au XVIIIe siècle, les chrétiens et les ecclésiastiques étaient nombreux en loge. Après le tournant anticlérical du XIXe siècle, les prêtres et les évêques se sont faits plus rares, mais il y en a toujours aujourd’hui. Le simple croyant attache peu d’importance à ces condamnations, d’autant que peu d’évêques font réellement la chasse aux francs-maçons. C’est plus délicat pour un ecclésiastique. En particulier au Grand Orient.»

 Pourquoi ?

 « Un prêtre est soumis à l’autorité du Vatican et c’est lui qui consacre les saintes espèces pour la communion. Il y a donc incompatibilité entre ces fonctions et la position officielle de l’église. Les prêtres en franc-maçonnerie, c’est le dernier tabou pour l’église. »
 
 L’exclusion du père Vesin est donc logique…
 
 « Elle est cohérente avec la position officielle de l’église qui s’est durcie depuis le pontificat de Benoît XVI. Mais le fait d’avoir un prêtre, qui est également franc-maçon, qui assume sa situation et qui ne veut abandonner ni son ministère, ni son appartenance, montre que le cardinal Ratzinger avait peut-être tort et qu’il n’y a pas forcément d’incompatibilité ou de concurrence entre la Foi et la franc-maçonnerie. Je pense que cette exclusion spectaculaire est plus liée à un durcissement actuel de la doctrine catholique. »

 Vous faites un lien entre l’affaire Vesin et l’actualité ?

 « Un lien indirect. Mais on voit bien à travers la lutte contre le mariage pour tous que les positions de l’église se durcissent. Il y a d’ailleurs eu une tentative d’occupation du siège du Grand Orient à Paris par des militants extrémistes. C’est un contexte général. L’église, malmenée en Europe, se tourne aujourd’hui vers de nouveaux publics, comme l’Amérique du Sud, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est. Des zones où le catholicisme est en concurrence avec l’Islam, souvent radical et les protestants évangélistes. Face à eux, l’église croit devoir s’aligner sur une ligne dure.»

 Le père Vesin serait donc une victime collatérale du contexte général ?

« Je pense que le message symbolique envoyé par l’église est qu’elle ne tolère plus de “pas de côté”. Cela traduit une volonté de reprise en main idéologique. Je pense qu’on va vers un recul des idées dans les prochaines années. Un retour à la Règle beaucoup plus profond. Une sorte de message envoyé aux fidèles du monde entier, plus qu’aux catholiques européens que ce “scandale” ne scandalisera pas le moins du monde. Et fera même rire, pour la plupart. »

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Houzze Houzze Houzze

28 Mai 2013 , Rédigé par F\ GODEFROY Publié dans #Planches

Voici un sujet d’étude rarement abordé et qui m’a permis de chercher loin et longtemps avant de coucher ces quelques lignes sur le papier. Cette fameuse « acclamation écossaise » est pourtant entonnée à l’ouverture et à la fermeture de nos travaux, je dirais même qu’elle est un symbole, invisible, certes, mais sans elle nos tenues n’auraient plus la même saveur.

Mais d’où- vient-elle, que signifie-t-elle ? Ont la dit écossaise, est-ce le cas ? Je vous invite à me suivre dans un périple qui va nous faire voyager
dans le temps et dans l’histoire, remontant jusqu’aux sources de la Tradition !

Quel que soit le rite pratiqué par une loge, une batterie d’allégresse et une acclamation ou des vivat marque le début et la fin des travaux.

Le terme même de batterie tire son origine du verbe battre et se retrouve dans le vocabulaire militaire comme une réunion de bouches à feu, batterie de canons, d’artillerie, anti-missile. En musique il s’agit d’un roulement de tambour particulier correspondant à un signal ou un ordre, tel que l’on pouvait en entendre sur les champs de batailles.

Etant au REAA, il semble normal que l’acclamation soit aussi écossaise. Il convient de dire qu’il existerait plusieurs orthographes, donc plusieurs prononciations et plusieurs origines. Au plus près de nous historiquement parlant, il semblerait qu’il s’agisse d’une déformation de HURRAH, cri des marins anglais pour honorer les visiteurs qui montaient à leur bord. Prononcé HOURRAI en anglais, la transcription française aurait donné après altération grammaticale HOUZZAI.

On trouve pour la première fois HUZZAH en 1573. Certains voient son origine dans le verbe anglais to heeze, en français hisser, a propos des voiles, donc encore un terme de marine. Nous connaissons tous ce cri d’encouragement quand on tente de déplacer une lourde charge :

ho hisse, ho hisse.

Une autre explication est qu’il s’agit d’une déformation du mot « HUSSARD », ces terribles cavaliers hongrois qui criaient HUZZAR en chargeant leurs ennemis. Ce cri de guerre aurait été récupéré par les Anglais.Un chant militaire anglais de 1745 atteste dans ses paroles la présence de HURRAH.

Autre possibilité : HURRAH proviendrait du turc. En effet c’est la forme impérative du verbe urranack qui signifie TUE. La signification serait donc tuez-les. A l’origine cri de guerre des janissaires, ceux-ci criaient HURRAH lors du passage en revue des troupes, songeant à leurs futures batailles. Ce cri aurait été adopté par les Russes qui le transmirent aux Anglais sur le champ de bataille avant que la marine ne l’adopte…

Voici pour l’origine guerrière du mot.

En 1813 le tuileur de Delaunay, bien connu des érudits en Maçonnerie donne pour origine le mot hébreu HOSCHEAH qui signifie sauveur. On pourrait aussi penser ici à OSANNAH, acclamation lancée par la foule à Jésus sur son passage quand il entra dans Jérusalem Les diverses déformations auraient donné OZZE puis OUZZE.

Plus loin encore dans l’histoire humaine, la sourate 53.20 du Coran cite une déesse arabe préislamique de la fertilité à laquelle les nabatéens rendaient un culte. Son nom est UZZA et signifie la puissante. Liée à la planète Venus, elle fut identifiée à plusieurs divinités grecques, romaines, ou égyptiennes ; Aphrodite, Venus, Isis. Un temple dédié à UZZA fut découvert en Jordanie, à Petra, en 1974. Nous célébrerions une femme ?

Dans l’Ancien Testament, deuxième livre de Samuel, chapitre 6, il est question d’un gardien de l’Arche d’Alliance, contemporain de David, le père de Salomon. Il meurt foudroyé par l’Eternel pour avoir osé toucher l’Arche avec sa main parce que les bœufs faisaient pencher l’attelage. Il s’appelle UZZA.

Notre triple acclamation est-elle un hommage à sa mémoire ?

Nous avons parlé plus haut d’une déesse identifiée à Isis.

Une explication égyptienne pourrait nous éclairer. Un des dieux primordiaux de l’Egypte ancienne est PTAH. Ptah est le dieu créateur par excellence. Il est considéré comme le démiurge qui a existé avant toute chose, et qui par sa volonté a pensé le monde. « Ptah conçoit le monde par la pensée de son cœur et lui donne la vie par la magie de son Verbe ». Ce que Ptah a ordonné a été créé; en lui les constituants de la nature, faune et flore, sont contenus. Il joue également un rôle dans la préservation de l'univers et la permanence de la fonction royale.

Quel rapport avec Houzze ?

Le rapport que la pensée de Ptah, sa conscience est représentée par le dieu égyptien SIA et que celle-ci est mise en œuvre par sa parole créatrice, sa volonté représentée quant à elle par la divinité HOU. L’invocation au dieu Ptah à Memphis serait donc HOU SIA !

Notons ici la ressemblance entre la théologie égyptienne et ce qui plus tard sera la Genèse, un Dieu unique et Créateur qui crée le monde par le Verbe à partir du chaos et d’une étendue d’eau….

La lignée de PTAH, à l’époque saint patron des artisans et plus particulièrement des bâtisseurs et architectes est dans la cosmogonie des mystères de Memphis, Hermès, connu sous le pseudonyme de Trismégiste et à l’origine de l’hermétisme, puis Imhotep, grand constructeur de pyramide et enfin Hiram, héritier et dépositaire des secrets des bâtisseurs antiques. Les grecs identifieront ultérieurement Ptah à Héphaïstos et Hermès sera assimilé aux dieux égyptien Thot et romain Mercure.

Ceci nous amène au geste qui accompagne cette acclamation. Main droite tendue, bras fléchi ou non, j’ai eu du mal à en trouver l’origine jusqu’a ce que, toujours cherchant vers l’Egypte, je me souvienne que les bas-reliefs représentent toujours les Dieux et comme on peut le voir sur la photo jointe, la déesse Sekhmet épouse de Ptah semble le saluer d’un geste familier, le bras droit légèrement fléchi …

HOU SIA HOU SIA HOU SIA

Un Dieu créateur du monde, dieu des architectes, une acclamation semblable, un geste familier, serait-ce là une de nos possibles origines ? Serait-ce une piste menant vers la Tradition Primordiale ?

Le fait que nous prononcions cette acclamation par trois fois prouve encore une fois l’importance du ternaire, omniprésent depuis cette Egypte antique avec la triade Isis,Osiris et Seth, ou avec ces grands initiés que furent Moïse, Mahommet et Jésus, à l’origine des trois monothéismes actuels et, plus proche de nous, dans la religion catholique la Sainte Trinité Père, Fils et Saint Esprit .

Ces explications antiques teintées d’orientalisme sont plaisantes et prêtent à l’enchantement, mais d’un point de vue personnel je pencherais tout de même pour une origine militaire et de marine anglaise, quand on sait où et quand est née la Franc Maçonnerie actuelle.

Quoi qu’il en soit, ce cri particulier, point cri de guerre mais plutôt cri du cœur est notre caractéristique et forge notre identité collective, il nous lie dans un même souffle viril, affirmant haut et fort notre appartenance au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Il nous réunit dans le temps sacré, il dit notre fierté d’être à l’ordre sur les colonnes et de travailler à la gloire du GADLU.

J’ai dit.

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Comment le Franc-Maçon peut’ il apporter au dehors, l’œuvre commencée dans le Temple

27 Mai 2013 , Rédigé par J\ T\ Publié dans #Planches

En préalable, je dirais en premier, qu'à la lecture du programme de la nouvelle année maçonnique, devant présenter une planche ce mercredi 3 septembre et quelle planche ! Comment pensez‑vous apporter au dehors l'ouvre commencée dans le Temple, je me suis retrouvé à l'époque de ma plus tendre enfance il y a bien longtemps, ou nous avions des devoirs à faire, pendant les grandes vacances, qui étaient l'époque, du 14 juillet au ler octobre.

En second que le titre de la planche, Comment pensez‑vous apporter au dehors l'ouvre commencée dans le Temple, est une question qui semble posée au rédacteur, ce qui ne représente aucun intérêt pour l'auditoire, c'est pourquoi, en espérant que le V:. M.‑. ne m'en tiendra pas rigueur, je vous présenterai

Comment le Franc‑Maçon peut‑il apporter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple
La première question qui vient à l'esprit est, qu'elle est donc cette œuvre commencée dans le Temple ? la réponse est simple, c'est la construction du plus beau des Temples : L'Homme.

Il ne s'agit pas bien sûr de fabriquer, de modeler l'homme idéal, encore moins un surhomme ou un archétype de vertus humaines, mais de faire progressivement passer l’homme de l’état profane à celui d'initié.
La vie initiatique n’est pas un long fleuve tranquille, mais un long cheminent pleine d'embûches qu'il faut soigneusement éviter, où chacun progresse par lui­-même, s'appuyant sur ses Frères, dans une pratique fraternelle de la recherche permanente de la connaissance.

Ce n'est qu'après un travail personnel efficace et persévérant sur lui‑même dans le cadre collectif de la loge, que l'initié, progressant tout au long de son cheminement maçonnique, peut " porter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple'; comme le dit le rituel. Le travail en loge est fait pour donner à l'initié force, sagesse et beauté. Ce n'est qu'à cette condition qu'il pourra ensuite militer efficacement hors du temple, en faveur de toutes les causes qu'il jugera utiles pour favoriser le bonheur de l'humanité afin de poursuivre son émancipation progressive et pacifique.

Cette voie ne ferme nullement l'aventure humaine à une action sur le dehors. Au contraire, elle l'assure, la fonde, la conduit selon le seul absolu légitime qui est l'absolu de son essence. Cet absolu n'exclut ni la pluralité des voies convenables, ni la nécessité des réorientations et des ajustements toujours à reprendre.

Les progrès dans l'initiation ne retiennent à aucun moment à l'initié sa nature d'homme. Cette initiation, il en devient le dépositaire. Il ne peut la garder pour lui‑même s'il veut rester fidèle à l'engagement qu'il a pris le jour de sa première entrée dans le Temple, en adhérant à la maçonnerie qui stipule que :
"Le Franc‑ Maçon travaille à l'amélioration constante de la condition humaine tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien‑être matériel ".

La réponse à la deuxième question, , " apporter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple " est limpide. Tout simplement parce que le rituel du 1 'degré symbolique nous y invite expressément lorsqu'il nous dit :
"que la Lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous achevions, en dehors, l'ouvre commencée dans ce Temple"

Travaillant dans le Temple à son propre perfectionnement, le franc‑maçon doit passer de celui‑ci au monde profane pour continuer à travailler au perfectionnement de l'humanité.

Le chantier est en permanence ouvert car les besoins sont immenses et les ouvriers sont peu nombreux. Francs‑maçons, héritiers des bâtisseurs de cathédrales, le chantier des hommes de la cité nous attend, nous appelle ; mais il n'est pas certain que nous y soyons bien reçu ! La tâche est vaste, la confusion est grande ; le vernis du civilisé craque, montrant la minceur de sa couche et révélant la profondeur de l'instinct animal de l'homme.

Comment serons‑nous accueillis, avec nos bonnes intentions, nos belles paroles ? comme le sont toujours ceux qui ont un autre langage que celui du moment, ceux qui rappellent les valeurs éternelles face aux moeurs de l'époque, ceux qui parlent de fraternité, de générosité, de tolérance à ceux qui jouissent de leur égoïsme du haut de l’échelon qu'ils ont conquis par une lutte sans pitié sur l'échelle dite de la réussite.

Nous serons accueillis, le mieux avec étonnement, le pire avec colère. Nous serons à peine écoutés, encore moins entendus et peut-être serons‑nous éconduits parce que prêcheurs d'utopies dans un monde qui se targue de réalisme. Or, le réalisme est bien souvent le triomphe du puissant sur le faible, l'acceptation de la loi de la jungle comme règle de conduite morale.

Notre temps exige qu'on le regarde en face, courageusement, car, " Ceux qui tournent le dos à leur temps risquent de mourir tués par lui, sans comprendre, comme tous les fuyards "

Parce que francs‑maçons et parce qu'engagés dans le monde profane, nous demeurons doublement attachés à ses valeurs humanistes et civiques fondamentales. Nous essayons sans cesse de donner leur sens à trois mots que la Franc‑Maçonnerie nous fait acclamer dans nos Temples : Liberté, Egalité, Fraternité, afin que la République ne les oublie pas.

Croire en la liberté, en l'égalité, en la fraternité et oeuvrer pour que ces concepts hérités de notre tradition maçonnique et républicaine s'épanouissent en réalités quotidiennes, c'est se faire traiter, le plus souvent, de naïfs, d'idéalistes, d'utopistes par le clan toujours renouvelé des sceptiques.

Combat perpétuel entre ceux qui espèrent haut et ceux qui pensent bas :

Arrivés à ce stade de la réflexion, j'aborderai avec les précautions oratoires d'usage qui s'imposent lorsqu'on traite ce sujet aussi sensible qu'est, l'engagement du franc‑maçon en politique. Nous rentrons là dans le domaine temporel, en étudiant les rapports du Franc‑Maçon avec la politique, j'aimerais mieux dire LE politique. Dans ce domaine, on a souvent énoncé des contre vérités, des opinions aussi diverses qu'erronées. Aussi je voudrais m'arrêter quelques instants sur cette question en essayant de l'éclairer. Pour cela, je partirais de deux propositions, je dirais même de deux constatations. La première qui consiste à dire qu'aujourd'hui comme hier, le franc‑maçon n'appartient pas à un ordre qui se veut uniquement contemplatif mais qu'il veut être un homme d'action, un bâtisseur, et dans un cadre de la cité et de la société où il vit, un homme responsable qui s'efforce de traduire son idéal dans ses actes.

La seconde, elle découle de la première, elle démontre que nombreux sont les francs‑maçons qui participent à la vie politique de leur pays, et cela, à tous les niveaux : Conseils Municipaux, Conseil Généraux, Conseils Régionaux, Assemblée Nationale, Sénat, Conseil Economique et social..

Le phénomène n'est pas nouveau et a toujours existé en France, sous la 5e République, sous la 4e et la 3e , sous l'Empire et même sous l'Ancien Régime.
Pour essayer d'être complet dans l'analyse, si on passe des gouvernants aux gouvernés, on ne peut que rappeler un article important de notre constitution où il est écrit : " Les francs‑maçons respectent les lois et l'autorité légitime des pays dans lesquels ils vivent et se réunissent librement'; .... "ils sont citoyens éclairés et disciplinés et conforment leur existence aux impératifs de leur conscience". Ajoutons encore que dans le domaine politique, comme dans le domaine religieux, nous recherchons la conciliation des contraires, puisqu'il est dit aussi " ils cherchent à unir les hommes dans le respect de la personnalité de chacun".

Mais il convient de rappeler avec force, que si la franc‑Maçonnerie a inspiré et inspire encore des actions de progrès, elle ne doit pas intervenir directement. Ce sont des Francs‑Maçons en leur qualité de libres citoyens dans l'exercice de leur vie d'hommes, dans l'exercice des fonctions qu'ils occupent dans la vie profane, qui s'efforcent de faire prévaloir les idées, les projets qu'ils ont discutés et compris en loge.

La franc‑Maçonnerie, (ou tout au moins la majorité des Obédiences) ne s'arroge et ne saurait s'arroger le droit de donner des directives et des consignes. Si elle le faisait, elle perdrait le sens de sa vocation et se dénaturerait. Car la franc­-maçonnerie, par définition, veut être un centre d'union et cela elle respecte le droit à la différence. La liberté de conscience est notre loi, elle s'applique faut-­il le rappeler, aussi bien dans le domaine politique, que dans le domaine religieux.

Car bien évidemment, comme tout ce qui touche aux hommes, et les Francs-­maçons demeurent des hommes, l'action politique a ses lumières et ses ombres. Ce qui est clair, aussi, et qui est un enseignement que nous apporte l'histoire : la franc‑maçonnerie s'est fourvoyée lorsqu'elle a voulu, en tant que telle, s'engager dans le combat politicien. Si des francs‑maçons y ont souvent brillé, la franc-­maçonnerie a risqué de s'y éteindre.

Four être en adéquation avec le thème annuel des travaux de la Loge " Le Temple : " Bâtir l'homme pour se construire ", il convient de dire que le perfectionnement de l'humanité auquel nous travaillons, passe d'abord et avant tout, par le nôtre individuel. Il serait parfaitement illusoire, totalement présomptueux, à moins que ce ne soit pervers, de vouloir transformer le monde si nous ne sommes pas capables de nous transformer nous mêmes. C’est le préalable absolu à toute notre action, qu'elle qu'en soit la forme où la manifestation. Nous serons respectés, si nous sommes respectables, nous serons crus, si nous sommes crédibles, nous serons écoutés et, peut être entendus, si nos actes sont en accord avec nos principes ; pour cette raison notre premier et essentiel devoir, celui qui conditionne tous les autres dans le monde, c'est
l'exemplarité.

L'histoire démontre que lorsque le franc‑maçon occupe des responsabilités dans le monde profane, qu'elles soient professionnelles, institutionnelles, associatives, et plus particulièrement politiques, il doit veiller à ne pas, par des gesticulations médiatiques, hélas trop fréquentes, des extériorisations intempestives où sont exhibés des décors maçonniques, des prises de position publiques sur des évènements politiques, sociaux ou confessionnels qui peuvent laisser supposer un engagement de la Maçonnerie ou une collusion avec le pouvoir, placer sous les projecteurs de l'actualité et des médias la franc‑maçonnerie en tant que telle.

En conclusion :

Forts de notre initiation, nourris de connaissance, d'amour, de justice et de sagesse, nous francs‑maçons devons être non seulement des hommes vertueux, mais aussi des citoyens éclairés qui n'hésitent pas à affronter les impuretés du monde profane et non nous en désintéresser. Si nous comprenons notre initiation et assimilons les enseignements du Rite, nous devons oeuvrer à la construction de la cité, pour mettre en place un monde plus juste et plus humain et y faire rayonner la lumière

Ainsi serons nous à même, par notre comportement exemplaire, de contribuer à mettre sur pied une société où les valeurs ne seront plus celles de la domination du plus fort face au plus faible, des inégalités criantes, de la violence, mais celles de la libération, de l'équilibre et de la concorde. Ainsi, en pratiquant effectivement la devise de la franc‑maçonnerie : Liberté, Egalité, Fraternité, serons nous les vecteurs de la paix universelle dans un monde plus juste.

Car ne l'oubliez pas mes FF:., c'est l'honneur de la Franc-maçonnerie de maintenir vivants ces principes de base morale que l'on n'enseigne plus dans les écoles primaires comme le voulait Jules FERRY.

C'est l'honneur de la Franc‑Maçonnerie de ne pas trouver désuets les concepts de liberté, d'égalité, de fraternité et de le dire à nos contemporains qui préfèrent les grandes vacances aux grandes idées.

L'Ordre maçonnique auquel nous appartenons, a pour vocation de rassembler les hommes par ce qu'ils ont d'essentiel au lieu de les diviser par leurs différences extérieures, comme le font trop souvent les idéologies profanes. L'Ordre maçonnique est créateur et vecteur de valeurs susceptibles de permettre aux hommes de différentes cultures de retrouver leurs racines pour préserver leur identité. A ce titre, nous nous devons propager ces valeurs dans le monde pour faire progresser selon les préceptes de la Tradition, dont le sens premier est, ne l'oublions pas, « transmission » Nous savons aussi que la transmission de notre idéal ne peut s'opérer que par le partage.

Or, sans partage il ne peut y avoir de justice, sans justice il ne peut y avoir de paix; sans paix il ne peut y avoir d'avenir durable.

Avant de terminer, je voudrais ajouter quelques mots sur nos femmes ou nos compagnes qui sont les premières concernées par notre comportement et j’ai constaté qu’à part celles qui sont également maçonnes la plupart ne comprenne pas notre engagement, notre façon d’appréhender notre conception nouvelle de nous comporter, notre travail de construction morale et spirituelle destinée à gommer nos aspérités profanes afin de nous amener à la plénitude de notre être. C’est la bien un grand problème difficile a résoudre et certainement nous en sommes responsables car me semble t il nous avons tendance a leur faire partager ce qui ne va pas plutôt que ce qui est magnifique dans nos loges et dans leur fonctionnement.

Face à tous les murs de Berlin, face à toutes les tours jumelles, face à tous les génocides, contre le fanatisme, l'intolérance et la haine, attributs de la tyrannie et de l'oppression, en appliquant tous les préceptes mais rien que les préceptes du Rite, soyons les chantres de l'Espérance et de l'Amour, afin de bâtir le Temple de l'Humanité dont la construction est plus que jamais d'actualité.

Travaillons, travaillons sans relâche afin que la Lumière repousse les Ténèbres, et que rayonne la Lumière de l'Esprit et la Lumière du cœur.

V\ M\ : J'ai dit.
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Egalité et Justice Sociale

26 Mai 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Introduction
Vénérable Maître, et vous tous mes Frères en vos grades et qualités.
L’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule :
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Ceci ne laisse pas de soulever quelques interrogations. D’un côté, les hommes seraient égaux en droits et par nature, de l’autre, subsisteraient entre eux des différences, des distinctions sociales fondées sur l’utilité commune.
Qu’en est-il de l’égalité visée par la Déclaration des Droits ? Y aurait-il place pour plusieurs conceptions de l’égalité ? Dans quelle mesure est-il possible d’envisager des distinctions sociales sans nuire à l’égalité principielle ? Quelle idée se faire de la justice sociale ?

A- Le concept d’égalité
Au plan ontologique :
Comme attribut de l’être humain, le concept philosophique d’égalité pose la valeur de tous les hommes comme étant égale. Ainsi comprise, l’égalité apparaît comme une valeur ontologique attribuée à l’être de l’homme.
La première proclamation officielle de l’égale valeur des êtres humains se trouve dans le préambule de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique du 4 juillet 1776 :
« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
L’égalité dans ce texte est présentée comme une valeur permanente concédée à l’homme en raison de sa nature même, en l’occurrence de par sa création supposée. Notons aussi que l’égalité est posée en préalable aux autres droits fondamentaux que sont la vie, la liberté et le bonheur.
Au plan éthique :
Mais l’égalité recouvre aussi une dimension éthique, elle est une valeur relationnelle et sociale. Concernant le rapport à l’autre, elle commande à la solidarité et à la fraternité.
Considérer l’autre comme son égal, n’est-ce pas voir en lui un autre soi-même ?
Cette réflexion a pris corps avec Socrate qui généralisa le problème éthique en affirmant que ce qui est bon pour l’un doit également l’être pour l’autre placé dans les mêmes circonstances.
On ne peut dissocier cette façon d’envisager le lien social d’une perception unitaire du genre humain.
Au plan du droit :
Ce rapport d’égalité fixe les limites raisonnables à la liberté individuelle telle qu’envisagée par le quatrième article des Droits de l’Homme de 1789 qui précise que :
« […] l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. »
Ceci amène l’attention à se porter sur les liens tissés entre Droit et Egalité.
Nous avons évoqué l’aspect universel du principe d’égalité auquel les Déclarations successives donnèrent la force des traités et des normes constitutionnelles. Il nous faut maintenant envisager son application aux cas individuels.
Lors d’un entretien publié par la revue « Autrement » (N°102), Emmanuel Levinas confiait :
« Derrière les singularités uniques, il faut entrevoir les individus du genre, il faut les comparer, juger et condamner. Subtile ambiguïté d’individuel et d’unique, de personnel et d’absolu. »
Comparer, juger certes, mais comment ? Avec quelle perpendiculaire asseoir notre jugement ?
Affirmer l’égalité entre les hommes n’est pas les confondre en une masse informe. Ici, il nous faut écarter les théories mathématiques de l’égalité, qu’il s’agisse de théories géométriques ou arithmétiques.
Les tenants d’une égalité géométrique nous proposent de traiter également ce qui est égal et inégalement ce qui est inégal. Selon la sémantique platonicienne il faudrait donner à chacun en proportion de sa nature. Pour Platon comme pour Aristote, la nature des hommes est de valeur variable, il y a les citoyens, les barbares, les métèques, les femmes, les esclaves, les travailleurs, les philosophes etc. On prend mieux la mesure de ce que signifierait alors « donner à chacun en proportion de sa nature ». Il s’agirait d’instaurer une politique injuste et discriminative conduisant à la xénophobie, au sexisme et l’apartheid.
Les partisans d’une égalité arithmétique prônent que tous soient traités en tous points de la même manière. Il s’agit d’un refus de toute différenciation individuelle non moins dangereux.
Le calibrage égalitaire qui en résulte peut mener à la tyrannie et à la négation de la liberté individuelle. D’un autre côté serait-il juste que celui qui se rend utile à la société soit rétribué de la même façon que celui qui ne s’en donne pas la peine ? La dérive ne serait-elle pas alors de pousser les individus vers une recherche du moindre effort mettant à terme la survie du groupe en péril ?
Quoiqu’il en soit, le corollaire de toute égalité arithmétique est la substitution. Si deux termes sont égaux mathématiquement, l’un prend indifféremment la place de l’autre au sein de n’importe quelle expression. On sent l’aberration qu’il y aurait à appliquer cela au droit.
Prenons un exemple fourni par Emmanuel Dockes : lorsque Georges se marie avec Anne, il ne se lie pas à toute l’humanité. La singularité des êtres humains fait qu’ils ne sont pas interchangeables. Emmanuel Dockes nous dévoile la supercherie propre à ce type d’argumentation mathématique et nous explique :
« En mathématiques, un objet est égal à un autre s’il en a toutes les propriétés. En droit, un individu est égal à un autre individu, non parce qu’il en a toutes les propriétés, mais parce qu’il a avec lui un caractère commun, parce que, comme lui, il est un être humain. » (P.30)
Ce dernier aspect de l’égalité fonde la rétribution désignée sous le vocable de droits fondamentaux dus à chaque individu en tant qu’il est homme au même titre que ses semblables.

B- Egalité et société
La réflexion sur l’égalité, élargie à une théorie sur la société, pose parfois comme contradictoires la justice sociale et l’efficacité économique.
La justice sociale appelle des arguments en faveur d’une reconnaissance de l’égalité face aux risques et aux besoins fondamentaux.
L’efficacité économique avance des arguments pragmatiques et utilitaristes faisant fi des principes libéraux qu’elle qualifie de théoriques.
Revisitons les Droits de l’Homme de 1789 :
« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Mais qu’est-ce que l’utilité commune ?
Avantage mutuel et utilité commune
Selon John Rawls, les hommes sont des personnes libres et égales et sont, en même temps, des individus égoïstes mus par leurs intérêts et indifférents à autrui.
Dans son ouvrage « Théorie de la justice » il met à jour l’antinomie fondamentale qui traverse comme un fil rouge toute organisation sociale :
« Bien qu’une société soit une tentative de coopération en vue de l’avantage mutuel, elle se caractérise […] à la fois par un conflit d’intérêts et par une identité d’intérêts. Il y a identité d’intérêts puisque la coopération sociale procure à tous une vie meilleure que celle que chacun aurait eu en cherchant à vivre seulement grâce à ses propres efforts. Il y a conflit d’intérêts puisque les hommes ne sont pas indifférents à la façon dont sont répartis les fruits de leur collaboration, car, […] ils préfèrent tous une part plus grande de ces avantages à une plus petite. » (P.30)
John Rawls ajoute :
« Entre des individus ayant des buts et des projets disparates, le fait de partager une conception de la justice établit les liens de l’amitié civique ; le désir général de justice limite la poursuite d’autres fins. »(P.31)
Si, comme le prétend Michel Terestchenko « La question de la justice concerne la distribution des droits et devoirs de base et la répartition des avantages économiques et sociaux. » (P.115) les principes d’une juste coopération sociale seront fondés sur l’égalité dans l’attribution des droits et des devoirs. Les inégalités économiques et sociales ne sont tolérables qu’à deux conditions :
1. qu’elles soient attachées à des positions ouvertes à tous dans des conditions de juste égalité des chances.
2. qu’elles soient au plus grand avantage des plus défavorisés.
Une coopération équitable et utile entre des individus égaux prend pour fin l’obtention d’un avantage mutuel, c’est-à-dire réciproque.
L’avantage mutuel défini par John Rawls ne se rapproche-il pas de l’utilité commune visée par les Droits de l’Homme en ce sens que c’est bien l’utilité commune qui procure l’avantage mutuel?
Le contrat social selon John Rawls et la réduction des inégalités
Une coopération équitable suppose encore des règles publiquement reconnues et des principes rationnels sur lesquels tous devront s’accorder de façon contractuelle.
La notion de contrat social mérite d’être précisée. Les engagements auxquels se réfère le contrat sont hypothétiques et ne prétendent pas s’imposer comme forme de gouvernement. Le contrat se réfère à des principes que tous accepteraient, placés dans une situation initiale fictive décrite comme idéale.
Selon Rousseau, la société n’est pas une simple addition d’intérêts particuliers mais un ensemble dans lequel les intérêts particuliers doivent pouvoir s’exercer librement. Aucun contrat social, sans pour autant être permissif, ne saurait conduire à l’aliénation de la liberté
individuelle. Les règles communes doivent s’accorder dans l’expression d’une volonté générale respectueuse de la justice.
John Rawls pense qu’ « une société qui satisfait les principes de la justice comme équité […] satisfait les principes mêmes auxquels des personnes libres et égales donneraient leur accord dans des circonstances elles-mêmes équitables. » (P.39)
Pour lui, « le mérite de la terminologie du contrat vient de ce qu’elle transmet l’idée que les principes de la justice peuvent être conçus comme des principes que des personnes rationnelles choisiraient et [qui permettraient] qu’on peut ainsi[d’] expliquer et [de] justifier des conceptions de la justice. » (P. 43)
Or, John Rawls pose comme condition idéale d’établissement des règles sociales une position originelle fictive dans laquelle les joueurs du jeu constitutionnel jouent et acceptent des rangs sociaux différents, inégalement doués qu’ils sont. Cependant, les joueurs ne connaissent ni leur position dans la société, ni leurs capacités naturelles. Ils sont fictivement placés sous un voile d’ignorance.
Dés lors, la règle s’imposant à chacun consiste à optimiser ses avantages en situation d’incertitude. D’où deux règles pouvant servir de critère de décision :
1. La règle du maximum maximal dite « maximax » qui profite à la situation la plus avantageuse et tolère les plus grands désavantages au bas de la hiérarchie et les plus grands avantages au sommet.
2. La règle du minimum maximal dite « maximin » qui réduit les désavantages de la situation la moins favorisée. Elle favorise le plancher de la hiérarchie sociale et semble la plus appropriée pour le choix constitutionnel.
Il y a fort à gager que, placés sous le voile d’ignorance de la position initiale, la majorité des acteurs choisirait la règle du « maximin » qui s’avère être un choix rationnel de prudence en situation d’incertitude.
Le paradoxe mis en évidence est le suivant : ce qui mène au choix le plus équitable dans l’acceptation du contrat social serait l’usage de notre raison confrontée à une dose salutaire d’ignorance. En effet, ce qui permet, par exemple, de fonder un système de sécurité sociale égalitaire et solidaire pour faire face aux aléas de la maladie provient de l’ignorance que chacun d’entre nous a de son propre devenir sanitaire. Qu’en sera-t-il, et nous n’en sommes plus très loin, lorsqu’il deviendra possible de prédire avec précision les risques génétiques que chacun a de développer telle ou telle pathologie ? La solution la plus sage ne sera-t-elle pas alors de supposer un voile d’ignorance afin d’éviter une prise en charge inégalitaire des risques par les assureurs?
Si le concept de justice se retrouve à l’origine de toute organisation sociale, les conceptions de cette justice divergent et font débat.
Selon John Rawls le concept de justice appliqué à la sphère sociale se définit comme « équilibre adéquat entre des revendications concurrentes » (P.36).
Plus délicate est la conception de la justice qui serait « constituée par un ensemble de principes [ayant] pour but de déterminer les éléments pertinents […] pour définir cet équilibre. » (P.36)
Il est ici possible d’introduire les notions d’égalité précédemment esquissées afin d’en dégager les conséquences concrètes sur la structure de base de la société, à savoir sur les constitutions politiques et sur les structures socio-économiques.
Voici l’opinion de John Rawls :
« L’idée intuitive que je propose ici est que cette structure [de base] comporte différentes positions sociales et que les hommes nés dans des positions différentes ont des perspectives de vie différentes, déterminées, en partie, par le système politique ainsi que par les circonstances socio-économiques. Ainsi, les institutions sociales favorisent certains points de départ au détriment d’autres. Il s’agit là d’inégalités particulièrement profondes. » (P.33)
Ce sont à ces inégalités de fait qu’il faudra s’attaquer afin d’établir une coopération équitable en s’opposant à la facilité de l’adage utilitariste du « plus grand bonheur pour le plus grand nombre » toujours au détriment d’individus sacrifiés.
C’est à propos de la réduction de l’inégalité de certains points de départ que l’on évoque la notion d’égalité des chances. Pour remédier à ce type d’inégalités il arrive que des acteurs du monde politique préconisent le recours à la discrimination positive.
Mais, la discrimination positive est-elle juste ? Doit-on faciliter l’accès à telle ou telle position sociale au simple titre d’une appartenance à une catégorie sociale, à un sexe ou à une communauté donnée ?
D’autres encore envisagent au prétexte de l’équité, la mise en place d’un revenu universel d’existence. Mais n’est-ce pas là une façon de renoncer à une meilleure redistribution des ressources. N’est-ce pas renoncer implicitement aux droits fondamentaux pour tous que sont le droit au travail, à la dignité, au logement et à l’instruction? N’est-ce pas capituler face à un prétendu déterminisme économique quand il ne s’agit que de choix politiques ?
Concernant la discrimination positive invoquée au nom d’une prétendue équité, il faut prendre garde à ce que l’égalité des chances ne devienne pas le substitut de l’égalité des droits qui seule fonde en raison la République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Si les hommes divergent par leurs conceptions de la justice, les plus raisonnables s’accordent à reconnaître que la justice est nécessaire à la coopération sociale qui seule permet la survie du groupe en nous arrachant au « chacun contre tous ».
Naturellement, aucun modèle de société ne peut prétendre être parfaitement juste. Il n’en reste pas moins indispensable d’œuvrer à la réduction des inégalités pour améliorer la condition humaine.

Conclusion
Au cours de cette étude, l’égalité a été abordée sous son aspect social et donc profane ; on ne saurait la confondre avec l’égalité fraternelle pratiquée dans nos temples. Cependant la devise de notre Ordre ne met-elle pas en évidence que les valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité
et de Fraternité sont un reflet de nos principes universels. N’est-ce pas le rôle de la Franc- Maçonnerie que de rétablir l’Homme dans sa dignité partout où il se découvre dans les fers et subissant les brimades?
Malgré l’apport des Lumières, l’homme reste en partie opaque à lui-même, une part de sa destinée lui échappe et demeure imprévisible. Nous ne maîtrisons pas notre devenir et cette part d’ignorance participe comme notre raison à fonder notre égalité.
La démocratie suggère qu’il n’y a pas de justice sans équilibre, et que l’équilibre est atteint par l’égalité.
Chez les athéniens, la justice était atteinte par l’égalité, elle-même fondée par la loi (isonomia) définie par le rejet de la tyrannie et le partage égal de la capacité à gouverner.
On voit ainsi combien justice et égalité ne peuvent aller l’une sans l’autre.
Depuis les Grecs, vingt cinq siècles environ se sont écoulés et nous sommes encore loin d’avoir réalisé cet idéal. La tâche est immense et la pierre est à peine dégrossie.

J’ai dit vénérable Maître.

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Chrétien et franc-maçon : les raisons d’une incompatibilité.

25 Mai 2013 , Rédigé par Eglise Catholique Publié dans #Anti-Maçonnisme

Le Code de Droit canonique de 1983 ne fait pas mention expresse de la franc-maçonnerie, à la différence de celui de 1917. Ce fait a pu être interprété comme un changement de position de l’Église. Dans une note datée du 26 novembre 1983, La Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) précise que « le jugement de l’Église sur les associations maçonniques demeure inchangé... et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Église », ceci en raison même de l’incompatibilité entre les principes de la Franc-Maçonnerie (FM) et ceux de la foi chrétienne. La CDF se situe au plan de la foi et de ses exigences morales, étant donné que le fait d’adhérer à la FM met en cause les fondements de l’existence chrétienne.
Le relativisme est au fondement même de la FM. C’est le nœud même de l’incompatibilité, en raison des conséquences sur le contenu de la foi, l’acte de foi lui-même, l’agir moral et l’appartenance à l’Église Corps du Christ.
 Les francs-maçons nient la possibilité d’une connaissance objective de la vérité. On demande à un franc-maçon d’être un homme libre, qui ne connaît aucune soumission à un dogme, ce qui implique le rejet fondamental de toutes les positions dogmatiques : « Toutes les institutions qui reposent sur un fondement dogmatique, et dont  l’Église catholique peut être considérée comme la plus représentative, exercent une contrainte de la foi » (Lennhoff-Posner, Dictionnaire franc-maçon international, Vienne 1975, p. 374). On rejette tout dogme, au prétexte de la « tolérance absolue ».
Ainsi, le maçon soutient-il le primat et l’autonomie de la raison par rapport à toute vérité révélée. Il refuse l’idée même d’une révélation, les religions étant considérées comme des tentatives concurrentes pour exprimer la vérité sur Dieu qui, en définitive, est inaccessible, inconnaissable. Chacun juge par lui-même de la vérité, et est à lui-même sa propre norme. Livrée à elle-même, la raison n’est plus finalisée par la recherche de la Vérité. Elle est à la merci des idéologies ou des constructions subjectives. « En toute chose, c’est la raison humaine et la nature humaine qui restent souveraines ». D’où l’argument, typiquement maçonnique, de «liberté absolue de conscience ».
 Il n’y a donc, selon la FM, aucune connaissance objective de Dieu, en tant qu’Être personnel. C’est à l’opposé de la conception chrétienne de Dieu qui se révèle, entre en dialogue avec l’homme, et de la réponse de l’homme qui s’adresse à lui en le nommant Père et Seigneur. Le Concile Vatican II l’exprime en ces termes : « Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit-Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine. Dans cette Révélation le Dieu invisible s’adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu’à des amis, il s’entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie. » (D.V. 2)
Les dogmes dans l’Église sont des expressions de la foi reçue des Apôtres. Ils ne sont pas des formulations arbitraires, closes sur elles-mêmes. Ils sont plutôt des balises qui indiquent le mystère du Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Ces « définitions » de foi nous sont données pour éclairer notre intelligence et rendre raison de notre foi.
En soutenant le primat et l’autonomie de la raison par rapport à toute vérité révélée, l’homme prétend se perfectionner sans cesse lui- même en s’appuyant sur son pouvoir auto-créateur. Selon la « philosophie » franc-maçonne, l’homme n’a pas besoin de salut. Or l’Évangile est l’heureuse annonce du Salut : le chrétien attend et reçoit le salut de la grâce miséricordieuse de Dieu, en la personne de Jésus qui est précisément le Sauveur (Jésus = « Dieu sauve »). « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Eph 2, 8).
 Sur le plan éthique, les différences sont aussi considérables. Pour le franc-maçon, les règles morales sont appelées à évoluer sans cesse sous la pression de l’opinion publique et des progrès de la science. La morale évolue au gré du consensus des sociétés. S’il est exact que l’homme se situe toujours dans une société particulière, il faut toutefois admettre que l’homme ne se définit pas tout entier par cette culture, qu’il n’est pas le «produit» d’une culture. Il existe en l’homme quelque chose qui transcende les cultures : ce que la foi chrétienne exprime en affirmant que « l’homme est créé à l’image de Dieu ».
 La franc-maçonnerie conteste ainsi toute autorité morale et doctrinale, misant sur l’autonomie individuelle, écartant les arguments d’autorité, et exigeant une absolue liberté de conscience. C’est finalement le règne du « Moi » ! Et la domination du relativisme... Les différentes confessions religieuses auxquelles appartiennent les adhérents sont considérées comme secondaires par rapport à l’appartenance plus englobante et supra-confessionnelle à la fraternité maçonnique : ce qui conduit forcément à tout apprécier et juger du point de vue maçonnique.... sans s’en rendre compte.
L’engagement au sein de la franc-maçonnerie transforme l’acte de foi chrétien. Il ne peut être neutre : les rites initiatiques dans le secret des loges produisent inévitablement leurs effets sur les membres. La revendication de la « liberté absolue de conscience » est le produit de la « doctrine » relativiste qui s’impose progressivement, à l’insu même des intéressés. La franc-maçonnerie revendiquant pour ses membres une adhésion totale, il est évident que la «double appartenance » est impossible pour un chrétien qui « appartient au Christ » (Rom 14,8).

La Chancellerie Diocèse d’Annecy

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Egalité ! Quelle Egalité ?

25 Mai 2013 , Rédigé par RM Publié dans #Planches

Il y a différentes formes d’égalité relatives aux personnes et aux situations sociales concernées.
Notre Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN affirme l’égalité de l’homme et de la femme -
NOUS Francs Maçons du Droit Humain - nous devons toujours avoir à l’esprit que les fondateurs d’un ordre Maçonnique Mixte et international en 1893, Maria Deraismes et Georges Martin, osaient poser à l’époque la femme comme l’égale de l’homme, en droits et en devoirs !
Ce pari lancé était formidable car l’égalité des droits entre les hommes et les femmes n’existait pas du tout dans le monde profane d’alors.
Mais plus d’un siècle a passé et l’affirmation de l’égalité fondamentale des hommes et des femmes interpelle toujours les citoyens que nous sommes.

De même, l’égalité des chances fait appel à l’idée que toutes personnes devraient être dans les mêmes conditions pour se lancer dans la vie.
Il est constaté encore à l’heure actuelle que les femmes - à diplômes égaux - reconnaissent que leur parcours professionnel n’est pas identique à celui des hommes et beaucoup plus difficile… car bien souvent les dirigeants laissent moins de liberté aux femmes dans leurs actions.
Historiquement un des combats très marquant dans ce sens a été l’abolition des privilèges avec la révolution française de 1789.

Pour les révolutionnaires l’égalité ne devait pas être une idée abstraite mais une valeur très réelle.
Une des grandes préoccupations du peuple était de « poser les bases d’une juste répartition de l’impôt entre tous les citoyens…… »
Ce « fardeau » de l’inégalité des impôts on le retrouve dans la traditionnelle figure de rhétorique se matérialisant dans une image très populaire au début de la révolution sous la forme d’une grosse pierre de « l’impôt territorial » et des sacs d’or de la « dette nationale » devenue commune à tous.
Ce fardeau semble moins lourd quand il est supporté par tous……
Puis des images allégoriques vont se développer dans la France révolutionnaire et en 1792 devenir républicaine.
La liberté va en être la figure dominante avec la Marianne qui en est son héritière directe, elle symbolise très rapidement avec son bonnet phrygien et ses faisceaux la nation et son régime républicain.
Pouvait-on y voir que ce symbole féminin présenté dans toute la France devenait enfin une représentation féminine ?
Le déroulement de l’histoire nous démontrera qu’il nous a fallu encore quelques révolutions pour exister en tant que telle……!
Mais on va trouver dans l’iconographie révolutionnaire des figures égalitaires, notamment quelques symboles reconnaissables :
- un premier va représenter une déesse qui tient dans sa main droite
Le niveau du maçon, l’instrument qui garantit la bonne EGALITE des murs les plus solides ;
- un second est le triangle, bien sûr aux 3 côtés égaux ;
- le troisième symbole est filial : les enfants de cette déesse, qu’ils soient blancs, noirs, pauvres ou riches, mais ils sont représentés le plus souvent par des garçons, l’égalité des filles n’est pas encore entrée dans une quelconque représentation……..!

TOUT EST SYMBOLE
En franc-maçonnerie ce mot EGALITE est un usage très courant.
Il fait partie des bases fondamentales de notre Ordre, nous l’invoquons haut et fort quand nous ouvrons et fermons nos travaux en loge, lorsque nous épelons cette devise fondamentale :
« LIBERTE EGALITE FRATERNITE »
Si l’on recherche
- car nous les hommes et les femmes qui composent le Droit Humain sommes des cherchants - en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous on trouvera de tous temps qu’il s’est toujours réduit à 2 objets principaux « LIBERTE EGALITE »

Mais quelle LIBERTE - quelle EGALITE ?
N’est-elle pas belle cette grande déclaration des droits de l’homme :
« LES HOMMES NAISSENT LIBRES ET EGAUX EN DROITS »
Ce petit « et » n’est-il pas très important de joindre liberté et
Égalité En fait, je vous avouerais qu’en voulant parler ce soir d’EGALITE j’ai eu beaucoup de mal à la dissocier de la liberté et de la fraternité.
Car même si nous naissons libres et égaux en droits et en dignité, nous ne pouvons pas agir sans l’esprit de FRATERNITE
De tous temps nous n’avons pas connu une vraie société égalitaire,
Même que puissent être proclamées des institutions et des lois.
De grandes inégalités sont toujours présentes que ce soient les droits,
Les revenus, les origines, l’éducation et le logement….!
Même les mouvements bénévoles, comme les associations, qui reposent bien souvent sur le travail des femmes, la domination masculine est évidente

TOUT EST SYMBOLE
Pour les francs-maçons que nous sommes l’égalité nous semble évidente dès que nous sommes initiés.
Nous devons déposer nos métaux à la porte du temple et celle-ci se confirme par l’égalité morale de tous les membres présents :
Hommes - femmes - jeunes ou vieux de la loge.
Nous devons perpétrer cette « mise à niveau » qui se déclenche dès le cabinet de réflexion ; Nous devons toujours travailler à partir des mêmes enseignements, ceux de la tradition maçonnique dans le respect à la fois de notre propre individualité et celle des autres membres de notre loge.

NOUS DEVONS ETRE ET DEMEURES EGAUX EGALITE DES CHANCES :
Cette idée très généreuse d’égalité des chances, guidée par l’aspiration à plus de justice, devrait toujours demeurer ponctuelle , notamment par rapport à l’égalité en droits.
Car sans l’égalité en droits, la fraternité sociale - dont peut se réclamer l’égalité des chances - deviendrait une charité sélective.
N’est-ce pas là un piège cette égalité des chances ?
Les institutions qui sont conduites à instaurer des mécanismes de compensation, parfois de prévention, ne provoquent-elles pas les plus flagrantes inégalités sociales ?
Elles doivent faire accepter qu’on donne plus à certains qu’à d’autres.
Quelle égalité des chances qui modifie en outre ces bornes de l’égalité en désignant ceux qui doivent en être les bénéficiaires ?

EGALITE - PARITE
Pour les femmes cette égalité des chances a évolué très doucement.
Que de mouvement a-t-il fallu pour enfin voir apparaître une « parité » des sexes.
Pour enfin voir la présence des femmes parmi les candidats à des élections, une loi sur la parité a du être votée.
On peut voir aussi depuis plusieurs années des femmes à des postes de direction dans les entreprises……!
Une neurobiologiste, Catherine Vidal, directrice de recherche à l’Institut Pasteur, déclare dans ses écrits « que les hommes et les femmes ont le même cerveau, même si certains en doutent encore, tout est affaire d’empreinte culturelle ; sous les crânes comme ailleurs ».
Elle signale aussi que les différences cérébrales entre individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles l’emportent sur les différences entre hommes et femmes.
Doit-on en conclure que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » ?
J’espère que je ne serai pas décapitée en sortant du temple ce soir ; car Olympe de Couges le fut en 1793 Lorsqu’elle osa écrire, entre autres cette phrase , dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?
Ce qui m’amène à poser cette question primordiale aussi :
Sommes-nous tous égaux devant la mort ?
Je serai tentée de penser que NON car la mort est souvent bien différente à chacun : beaucoup de souffrances pour certains, imprévue pour d’autres : elle nous prend par surprise en nous enlevant un être cher, elle nous prive d’une personne à laquelle nous étions profondément attachés…….

TOUT EST SYMBOLE
LA MORT D’HIRAM - tué par 3 compagnons.
La mort que nous mimons lors de notre élévation à la maîtrise, se révèle tout à fait égale pour tous et toutes. Cette épreuve que nous subissons nous révèle la mort par l’obscurité, la solitude et l’inertie.
Cette descente aux enfers a pour but de purger notre subconscient et nous ramener à nos principes vitaux élémentaires.
Dès que nous retrouvons la lumière c’est la vie qui réapparaît et que les ténèbres où nous étions son contraire - donc la mort.
La tradition telle qu’elle nous est transmise par la F M au R E A et A est bien claire sur ce point en reprenant la même ambivalence : je cite « le principe conscient s’illumine sous la double influence du raisonnement SOLEIL et de l’imagination LUNE.
L’acacia symbole de la vie perpétuelle nous est connu dorénavant, car grâce à la branche d’acacia plantée sur la tombe d’Hiram des maîtres ont pu le retrouver, nous trouver, afin que nous devenions Maître Maçon, en passant de l’équerre au compas…….
Je souhaite très fort que nous les francs-maçons nous devions toujours faire en sorte de peser par notre humanisme à un accroissement de
LIBERTE D’EGALITE ET DE FRATERNITE POUR TOUS
EN RESPECTANT - POUR CHACUN ET CHACUNE SES SPECIFICITES.
« NOUS DEVONS SANS CESSE CONTINUER DE NOUS BATTRE AFIN DE NE LAISSER LE POUVOIR ET LA REVOLTE AUX
MONSTRES…! »
(déclaration d’un ancien président de la ligue des droits de l’homme….)

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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