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Hauts Grades

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De l'ombre à la lumière

3 Mai 2013 , Rédigé par O\ M\ Publié dans #Planches

Ma recherche personnelle sur ce thème sera orientée sur mon profond ressenti exprimé quelques mois après mon initiation, et après presque un an de silence.
Mes quelques lectures ne feront que guider l’ajustement entre le ressenti et la symbolique décrite dans le rituel maçonnique.

L’ombre sera approchée plus précisément que la lumière dans le cadre du contenu de cette planche, la raison en est fort simple, même si le « rituel de l’initiation » débouche vers la lumière, ce ne sera qu’une étincelle en regard à ce chemin de la connaissance qui débute à mes yeux, cette humilité ne sera que le reflet de ce long parcours à la recherche de ma propre vérité, que je devrai acquérir par les travaux en loge exprimé par la connaissance des autres frères, aussi par mon travail, afin de tailler ma propre pierre de connaissance.

Deux approches symboliques seront donc décrites, celle de l’ombre puis celle de la lumière.

Depuis le cabinet de réflexion lors de l’initiation, l’impétrant est dans l’ignorance du sacré, dans cette pénombre la lueur de la bougie révèle la parcelle de lumière que nous avons au fond de nous, et celle –ci le réfugie dans sa conscience profonde, avant l’ultime étape de sa vie de profane, un pas encore, et le futur Franc-maçon découvrira la lumière quelques instants plus tard lors du retrait du bandeau.
L’ombre nous met face à ce que nous n’aimons pas, ce que nous rejetons, ce que nous refusons de voir, c’est aussi le reflet de nos cauchemars, de nos peurs. Mais l’affronter c’est tendre vers la guérison, si tant est qu’on la considère comme une maladie. Pour cette raison l’expérience du cabinet de réflexion, nous plonge après quelques minutes vers ce coté obscur de soi, rarement vécu dans le cadre d’un moment de réflexion, car inattendu mais réaliste, de plus la rédaction de notre « testament philosophique », inconcevable dans le monde profane, entraîne le futur apprenti vers une réflexion profonde du bien, donc vers la lumière.

Cette épreuve dite « de la TERRE » l’induira vers une profonde réflexion de son existence. Elle doit lui permettre de réfléchir sur son subconscient , sur ses pensées négatives (de peur, de tristesse …) enfouies au fond de lui. Ce cabinet est en quelque sorte une première matrice lui offrant la possibilité de réfléchir sur son testament philosophique, qu’il exprimera en reconnaissance de la fin de sa vie de profane.

Puis dans le prolongement du rituel d’initiation, l’humble postulant se trouvant à la porte du temple, est toujours plongé dans les ténèbres avant de poursuivre son premier voyage, celui de « l’épreuve de l’AIR. ».

Elle le déstabilise sur ces repères d’espace et de temps, elle le décoiffe en quelque sorte, de plus l’ambiance sonore environnante le provoque psychologiquement, elle le rend plus sage et plus prudent dans ses actions.

Portant ce bandeau, symbole de l’aveuglement, le postulant est moins dominé par ses passions et plongé dans l’ignorance de son devenir. Privé du sens de la vue, l’homme n’interprète pas de la même façon les bruits qui lui parviennent, ni ce qu’il touche.
Les intelligences ont besoin d’être préparé à recevoir la lumière ; une clarté trop brusque aveugle et n’éclaire pas, à la tombé du bandeau lors de l’initiation cet éblouissement produit des sensations douloureuses, soyons donc prudent à ne pas heurter les convictions sincères, et écouter les autres avant de faire parade à notre manière de voir les choses.

Platon dans son allégorie de la caverne raconte cette conception en prenant l'exemple de prisonniers enfermés depuis leur jeunesse dans une caverne et qui n'auraient vu que des ombres. N'ayant vu que cela, ils les prendront pour la vérité. Une fois libérés de la caverne, ils verront les vrais objets. Ils s'élèveront donc de plus en plus vers la vérité.
Il explique que l'Homme doit oublier ses conceptions traditionnelles pour s'élever de plus en plus vers la vérité.

Dans son deuxième voyage appelé « épreuve de l’EAU » le récipiendaire se dilue dans ses impressions et se repose du premier périple, celui-ci le rend plus serein pour la suite des épreuves, car il a poursuivi sa quête vers la connaissance.

Puis suit le troisième voyage, « l’épreuve du FEU », ce feu c’est la lumière sous tous ces aspects, il manifeste surtout l’éclairage de son royaume intérieur, cependant il n’existe pas qu’une seule sorte de lumière, elle variera selon l’aspect spirituel de sa personne, et de son esprit.

La loge dans son ensemble est la seconde matrice qui génère le nouvel homme et le conduit vers la lumière, son éclairage progressif transportera ce néophyte vers ce lieu spirituel en dehors du monde profane.

Les précisions du rituel d’initiation, nous montre que cette dualité entre ombre et lumière peut être aussi comparée dans l’autre sens, entre le bien et le mal, le blanc et le noir, l’émanation divine et le diable.
L’équilibre entre le blanc et le noir communément utilisé dans les jeux de dame ou d’échec, ainsi que sur la mosaïque carrée double au centre du temple, symbolise le centre de gravité de la loge. Nous les retrouvons aussi sur les pavements sacrés des sols de cathédrales, de labyrinthe, cette symbolique du noir donc de l’ombre sera en quelque sorte l’antichambre de la lumière.

La société actuelle, ne discerne pas les vérités essentielles, des zones d’ombres persistent. Les préjugés, le doute de soi et des autres, la force, la cruauté, la tyrannie prime sur le droit. A contrario l’ombre d’une image cachée, d’un visage couvert, d’une brume sur un paysage, suscite l’imagination, le rêve, soit l’antinomie d’une vision de l’esprit obscurcie par l’état du moment. L’ombre est donc le premier symbole de l’inconscient.

Approche symbolique de la lumière.

L’instruction du premier degré pose la question : qu’est ce que la FRANC-MAÇONNERIE ?
« C’est une alliance universelle d’hommes éclairés…. »
Depuis quand êtes vous franc-maçon ?
« Depuis que j’ai reçu la lumière »
Tout du moins sur le plan symbolique, la connaissance de certains frères apportera à l’apprenti quelques moyens pour parfaire la sienne.

L’espoir de percevoir cette lumière, sera la récompense du travail effectué pour ciseler sa propre pierre.
Jean l’évangéliste nous le dit « la vie était lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas reçue », ceci évoque la solitude de l’homme qui par sa force d’esprit éclairera les siens afin d’illuminer les ténèbres du mal.

Sous quelle forme symbolique la lumière est elle transmise en franc maçonnerie ?

La lumière de l’esprit sera seulement analogique à celle qui rend les choses visibles à l’œil, cette lumière blanche est juste un indice donné pour apprendre, au même titre que l’enfant à sa naissance découvre cette lumière matérielle, afin de solliciter ses fonctions visuelles, puis plus tard d’apprendre à lire.

Cette naissance selon l’esprit est semblable à la naissance selon la chair, comme la lumière matérielle sollicite les fonctions visuelles, la lumière spirituelle éclaire les choses abstraites qui sou tendent la réalité telle que nous la percevons.
Ce n’est ni le texte d’un livre ni les secrets des mots qui nous éclairent, ce sont ces lettres dans le sens ésotérique qui revêtent une importance capitale, en particulier la lettre A qui contient toutes les autres en elles, comme le grade d’apprenti doit semble t’il contenir les fondamentaux des grades en lui.

Si l’apprenti se situe en loge dans la partie la moins éclairée, le septentrion, c’est qu’il n’est pas à même de recevoir cette lumière de connaissance, sans avoir découvert la signification des symboles, par les étapes de son apprentissage instruites par le second surveillant. En effet ces étapes s’acquièrent les unes après les autres, car s’il s’expose à trop de connaissance , la métaphore d’un corps jamais exposé au soleil et non habitué aux rayons, brûlera par une lumière trop intense.

Mais en entrant dans le temple, face au vénérable situé à l’orient, lieu d’où provient cette lumière symbolique, je ressens cette séparation du monde profane qui me connecte à ce monde sacré ou cette lumière de l’esprit tend à m’atteindre au fur et à mesure de la tenue.

Cette lumière est en quelque sorte la découverte d’une vie dédiée aux mystères de la Franc maçonnerie, donc au perfectionnement de sa connaissance symbolique.

Pour conclure , cet apprenti placé dans la pénombre du septentrion devant tout mettre en œuvre pour tendre vers l’orient lors de son long parcours de vie maçonnique, franchira lentement le passage de l’ombre à la lumière en modifiant ses émotions en raisons, mais si l’homme est perfectible, cette quête de connaissance le rendra t’il meilleur ?

En tant qu’apprenti j’ai besoin de comprendre et j’ai besoin de temps pour parfaire ma pierre comme cette première planche m’en a pris beaucoup.
De retour dans le monde profane à l’issue de chaque tenue, le Franc-maçon ; homme du lien aura pour mission d’apporter en dehors du temple cette lumière tant recherchée afin que les hommes puissent mieux se comprendre entre eux.

J’ai dit Vénérable Maître
source :
www.ledifice.net

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L'Apprenti reçoit la Lumière

2 Mai 2013 , Rédigé par B\ A\ Publié dans #Planches

« Son visage resplendit comme le soleil,
et Ses vêtements devinrent blancs comme la lumière »
(Mt, 17,2).

Lorsque notre Bien Aimé Frère Bernard m’a demandé - au lendemain de son installation au trône d’Orient, de préparer un travail que je présenterais dans votre Juste et Parfaite Loge, j’étais content de l’intérêt qu’il montrait pour le résultat d’un tel travail. Mais très vite j’ai senti la charge qui aller peser sur moi vu l’objectif que le Vénérable Maître s’est fixé pour cette année maçonnique. En effet, Bernard souhaitait orienter les travaux de la Loge en direction des nouveaux frères, Apprentis, Compagnons ou jeunes Maîtres, comme moi.

Cet objectif, je le ressentais comme étant orienté pour tous ceux qui, comme moi, désirent mieux s’imprégner de la doctrine qui sous-tend notre Rite. Mais il se trouve que je devais apporter ma contribution à ce projet. Lourde charge je vous disais, et ce d’autant plus que le thème que Bernard m’a proposé, et que je présente ce soir à votre amour fraternel - critique et instructif, est le suivant : « le Retour de la Lumière ou l’Apprenti reçoit la Lumière... » !

Lourde charge donc...

Pour vous expliquer la façon dont je conçois cette étape-clef de la réception de l’Apprenti au Rite Ecossais Rectifié, j’ai choisi d’étudier d’abord les points du rituel qui prépare le candidat-récipiendaire à prêter le serment qui le transformera en Apprenti digne de recevoir la Lumière. Donc la première partie traitera des étapes préparatoires avant l’engagement. La deuxième partie essaiera de cerner l’état d’Apprenti qui reçoit la Lumière à l’issu de l’engagement. Enfin, dans un troisième temps, je m’aventurerais dans une tentative de réponse à la question qui vient tout de suite à l’esprit : de quelle Lumière s’agit-il ?

La cérémonie qui mène le candidat de la porte de la Maison des Maçons au porche du Temple est toute entière orientée vers ce point culminant. Car c’est bien l’objectif ultime du candidat devenu Apprenti que de recevoir la Lumière.

Avant l’engagement...

Avant même que le candidat n’intègre le processus que la Loge s’apprête à lancer, la Lumière fait son apparition lorsque le Vénérable Maître l’invoque lui demandant de « nous aider à vérifier [nos travaux] » . Notons que même la référence directe à Dieu – c'est-à-dire la prière d’ouverture, n’a lieu qu’une fois la Loge illuminée .

Le processus étant lancé à l'intérieur de la loge, le candidat peut maintenant être accueilli par le Frère Préparateur qui le met à l’ombre de la ville et de ses lumières artificielles ! D’ailleurs c’est dans cette même optique qu’il est incité à prouver « la défiance sincère où il est de [lui] - même » ce qu’il fera en acceptant d’être « privé de la lumière élémentaire » . Le Préparateur profitera de ce premier contact pour lui expliquer que l’homme est abandonné aux fausses lueurs de sa propre direction . Le candidat mettra un jour ces explications en parallèle avec le dépouillement des métaux qu'il quitte en quittant la lumière élémentaire. Et Willermoz d’écrire dans son Discours d'Apprentif que « l’homme livré à ses passions est dans les ténèbres, son origine et sa fin ne lui sont plus présents »

En posant le bandeau sur les yeux du candidat, le Préparateur annonce qu'il faut que soit éprouvé par les ténèbres celui qui, jouissant de la lumière, refuse de la prendre pour guide.  Le ton est annoncé... Il y aura des épreuves et le candidat commence peut-être à comprendre qu’il aura à réparer une erreur qu’il ne pense pas avoir commise. D’ailleurs cette phrase du Préparateur sera à mettre en parallèle avec la phrase qui entoure le Triangle d’Orient et qui est extraite du prologue de l'Evangile de Saint Jean. Malheureusement le candidat n’a pas encore le cœur prêt pour comprendre, mais l’hypothèse fondamentale du Régime Ecossais Rectifié est annoncée d’emblée : l’homme avait la Lumière, mais par sa faute, il l’a perdu... Ce leitmotive, on le retrouve partout : de cette phrase initiale du Préparateur au Triangle d’Orient en passant par la Première Maxime...

Suivra une mise en évidence de la confiance que le candidat devra accorder à son guide. Mais qui est ce Guide ? Le Préparateur invite le candidat à n’avoir aucune crainte. « Son guide marche dans la lumière et ne peut l’égarer » . Il se trouve que les rédacteurs de notre Rituel ont placé cette invitation à la confiance juste après l’indication initiale (dont nous parlions plus haut) sur la Lumière dont jouissait l’homme mais qu’il a refusé de prendre pour guide. C’est donc que cette Lumière se propose à nouveau comme Guide, la confiance devant régner cette fois-ci. Si l’on accepte le parallèle fait plus haut avec le prologue de Jean, on découvre l’identité véritable de ce mystérieux guide envoyé, rappelons le, par le Vénérable Maître, celui qui, « comme le soleil, se place à l’Orient pour éclairer les travaux de la Loge »

Les trois coups de maillet qui ont annoncés l’ouverture des travaux de la Loge accompagnent le candidat puisque les portes de la Loge s’ouvriront seulement suite à trois coups identiques. Mais entre-temps une annonce essentielle est faite à celui qui n’a pas encore d'oreilles pour entendre . En effet, lorsque le Préparateur annonce « un homme dans les ténèbres, et cherchant la Lumière, qui demande à être reçu Franc-Maçon » il ne fait qu’annoncer le but de l’ensemble des travaux : être reçu Franc-Maçon pour trouver (ou retrouver) la Lumière ! D’ailleurs, le Vénérable Maître - prenant le relais, pousse le récipiendaire à répondre qu’il « désire recevoir la Lumière ». Il s’agira désormais de rendre l’homme vicieux et corrompu digne de la recevoir! Dans cette mission, le premier acte sera la purification par les éléments qui élimineront les vices et corruptions qui caractérisent l’homme encore dans les ténèbres. Notons au passage qu’à l’issu des trois voyages, les trois coups - simples cette fois-ci, commencent à l’Occident pour remonter à l’Orient - du Deuxième Surveillant au Vénérable Maître, comme pour annoncer l’arrivée imminente de celui qui n’est pas encore Apprenti... D’ailleurs le Vénérable Maître évalue la situation en affirmant que le récipiendaire était en bonne voie car il n’a pas trouvé « la lumière qu’il désire » dans les trois régions élémentaires dont il a éprouvé la rigueur . Il l’a appris à ses dépens et sait donc maintenant que ce n'est pas dans les éléments qu’il trouvera la Lumière, objet de son désir. En même temps les éléments, en l’éprouvant, l’ont renforcé même si ce qu’il a acquis jusqu'à présent est encore insuffisant...

Car c’est seulement avec l’aide de ses guides qu’il parviendra au troisième palier. Ces guides le transportent à l'Orient mais il redescendra très vite car il manque encore de forces. Mais rien n’est perdu puisque notre candidat sait qu’il « doit sans cesse s’élever pour contempler l’extérieur de l’édifice et sa régularité » . Par la suite, devenu Apprenti, il comprendra que l’édifice dont le Vénérable lui parle est « le Temple de Salomon réédifié mystiquement par les Franc–Maçon » et ce de manière à suivre les directives de l’Apôtre Paul quand il dit : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ Lui-même étant la pierre angulaire. En Lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En Lui vous êtes une habitation de Dieu dans l’Esprit »

Mais pour l’instant on n’en est pas encore à ce stade de compréhension ! Le candidat, pour devenir Apprenti doit encore s’engager librement sur l’Evangile de Jean le Théologien et ce en prouvant encore une fois sa confiance en son guide car « seule la force de [sa] volonté peut assurer [ses] progrès »

... Après l’engagement

Juste avant de prêter son serment, la confiance du candidat est éprouvée une dernière fois et à cette occasion on lui explique pour la première fois de cette cérémonie que lorsqu’on y parle de la véritéqu’il aime et désire de connaître » c’est bel et bien du Christ qu’on parle. En effet, le Vénérable Maître cite le Seigneur en disant « Celui qui est la Vérité même a dit...»

Juste après l’engagement, c’est une imitation du Christ qu’on demande au candidat en cours de réception lorsqu’il est poussé à donner son sang ! Le candidat devenu Apprenti à l’issu de ces deux épreuves et du serment a tout à portée de main : il sait inconsciemment que le moteur de l’ensemble du processus initiatique est Jésus le Christ, celui qui est la Vérité même. Comme le Christ, le candidat a « consenti » à répandre son sang. A partir de là il est « reçu Maçon Apprenti [...] par trois coups que le Vénérable Maître a frappé sur la tête du compas dont la pointe appuyait sur [son] cœur » . Quand on connaît la signification des trois coups, on comprend mieux la nécessité de cette étape dans la réception de l’Apprenti. En effet, l’Orateur expliquera par la suite clairement le rôle que joua le sang dans les trois alliances (celle d'Abraham, celle de Moïse et celle du Christ). Les trois coups figurent donc les trois alliances scellées par l’Apprenti et notamment la dernière de ces lois, la loi de grâce .

A partir de ce stade l’Apprenti est inconsciemment (j'allais dire virtuellement) en état de recevoir la Lumière... Il en reçoit un premier rayon qui lui montre les dangers qui l’environnent. En effet, les épreuves ne sont pas finies encore... Le Vénérable Maître conditionne sa capacité à sortir de sa propre obscurité par la sincérité de son désir. Et Willermoz d’écrire dans son même Discours d’Apprentif : « quelqu’éloignée que soit la lumière elle est si grande qu’elle éclaire quiconque la cherche sincèrement » . C’est cette sincérité qui lui permet de voir la Justice qui lui est proposée comme vertu du grade. Et nous pouvons citer Saint Jean le Théologien dans sa première épître : « Si vous savez qu’Il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de Lui » . Le premier acte qu’on lui demande est de pardonner et ainsi cette première vertu est complétée par sa contrepartie : la Clémence .Avec ce premier acte se poursuit le parallèle avec l’expérience du Christ qui de Sa croix et en répandant Son sang réclame le pardon de Ses bourreaux auprès de Son Père, le seul Juge. Et toujours avec Jean : « Ce commandement ancien est la parole que vous avez entendue [...]. Celui qui prétend être dans la lumière tout en haïssant son frère est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière »

Mais notons quand même que jusqu'à cet instant les Neuf Lumières d’Ordre sont encore cachés et seules des lueurs s’en échappent. D’ailleurs avant de dégager ces lumières, le Vénérable Maître précise que « celui qui perd la lumière commence à perdre la vie, et la vérité s’éloigne de lui » .Ainsi nous avons une idée de ce que peuvent représenter les Neufs Lumières d’Ordre puisque la vie, la lumière et la vérité ne sont autres que des signifiants d’un même signifié johannique, c’est-à-dire le Christ. Cette référence à la personne du Christ avant le retour final de la Lumière montre bien la Source de l’illumination de la Loge.

Poursuivons avec Jean l’Evangéliste qui dans la même épître écrit que « le monde passe avec ses convoitises, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » . Et la Loge découvre les yeux de l'Apprenti avec le Sic Transit Gloria Mundi qui matérialise la vitesse à laquelle passe la gloire de ce monde, par opposition à l’immuabilité de l’autre Gloire, celle qui vient de Dieu, et que matérialise dans la Loge les rayons entourant le Triangle d’Orient !

De quelle Lumière s’agit-il ?

Quand nous parlons de Lumière qui éclaire la Loge et éclaire ainsi plus particulièrement notre Apprenti nouvellement reçu, on se demande tout de suite de quelle Lumière il peut s’agir et quelle peut en être la source ?

Nous venons tout de suite de parler du Triangle d’Orient et des rayons de gloire qui l’entourent et ma première réaction fut de considérer que la source de Lumière qui éclaire la Loge était bel et bien ce Triangle symbolisant la Déité trine, source unique de tout bien et de toute perfection. Mais malgré l’attrait pour un Maçon rectifié de ce symbole très chrétien, il s’avère rapidement que ce Triangle n’est qu’un symbole... Or on sait tous que la Maçonnerie rectifiée ne se contente pas de symbole : la plus grande preuve de ceci est notre refus d’admettre l’Evangile - volonté divine révélée, au même niveau que l’Equerre et le Compas - symboles maçonniques par excellence. Un symbole ne peut donc pas être la source qui éclaire la Loge et qui mène le candidat de l’état de récipiendaire à celui d’Apprenti !

Je viens de citer ce que d’autres modèles maçonniques appellent les grandes lumières... Pourquoi la source que nous recherchons ne serait-elle pas triple et représentée par les Trois grandes lumières de la Maçonnerie rectifiée ? Alors la source de notre Lumière serait « le soleil, la lune et le Vénérable Maître » comme le dit notre Instruction par Demandes et Réponses. Cela paraît d’autant plus vrai que la même Instruction explique à l’Apprenti que ce qu’il aperçut (sous entendu « en premier ») lorsqu’on lui a donné la lumière furent les « Trois grandes lumières »!

Mais alors que dire des bougies des officiers qui éclairent physiquement notre Loge ? Si les Trois grandes lumières sont la source qui nous éclaire, qu’en est-il de ces autres lumières ? ! La réponse se trouve non plus dans l’I.D.R., mais au tout début du Rituel d’Apprenti, lorsque les fondateurs de notre Rite décrivent l’entrée en Loge, en quelque sorte la pré-ouverture des travaux...

Reportons nous à la troisième partie du Rituel, chapitre VIII intitulé « Entrée du Vénérable Maître en Loge » . Il y ait dit qu’après que les Frères soient entrés en Loge, le Vénérable Maître et les Dignitaires de l’Ordre « s’habillent ensemble dans une chambre voisine. Le Vénérable Maître se décore de son bijou et de ses gants, et allume lui-même son chandelier à trois branches » . Suit l’entrée du cortège composé dans un ordre précis : le Maître de Cérémonie, suivi des deux surveillants puis des dignitaires de l’Ordre et enfin du Frère portant le chandelier à trois branches précédant immédiatement le Vénérable Maître.

Ainsi c’est le Vénérable Maître, après s’être isolé et décoré, qui allume le chandelier. Il en est la source. Et ailleurs dans le rituel il est dit au nouvel Apprenti : « L’Orient maçonnique signifie le principe de la lumière que cherche le Maçon. Elle vous a été représentée par le chandelier à trois branches qui brûlait sur l’autel d’Orient comme étant l’emblème de la triple puissance du Grand Architecte de l‘Univers. Cette lumière est le premier vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté » .

Rappelons que c’est ensuite en partant de l’étincelle que constitue ce chandelier que le Vénérable Maître descend lui même de l’Orient pour éclairer les trois flambeaux entourant le tapis. Et par la suite, les Surveillants et le Secrétaire éclaireront leurs propres bougeoirs à partir de ces flambeaux. Ainsi nous remarquons un mouvement descendant du Vénérable Maître quittant son plan pour aller au plan intermédiaire qui est celui des flambeaux entourant le tapis. De même nous pouvons noter le mouvement parallèle menant les officiers de leurs régions, situées sur le même plan, vers les flambeaux.

Ainsi pouvons-nous considérer que la Lumière part de l’Orient pour éclairer les Surveillants qui eux mêmes participent à la répandre sur les Frères. De même à plusieurs reprises durant la tenue les coups de maillets partent de l’Orient pour descendre vers les Surveillants. Dans le même ordre la lumière du Soleil éclaire la Lune. Notons que nous ne pouvons pas regarder de face la lumière solaire alors que celle lunaire est plus facile à admirer. Nous retrouvons ici les Trois grandes lumières étudier plus haut...

Nous voyons donc clairement que la Source unique de tout bien et de toute perfection qui éclaire nos travaux est le Vénérable Maître ou plutôt ce qu’il représente : le Christ, qui est d'ailleurs souvent figuré en Occident, élevé sur Sa croix et entouré de la Lune et du Soleil .Cela est d’autant plus plausible que le récipiendaire ne devient Apprenti qu’après s'être uni à nous en prenant son engagement sur le prologue de l’Evangile de Jean, le co-patron de nos loges, « celui qui a réuni les ouvriers dispersés » celui qui a dit que « le Verbe était la Lumière véritable qui éclaire tout homme [...] et le Verbe s’est fait chair » .

Rappelons nous l'appel du Vénérable Maître lorsqu'il ponctue son rituel par le fameux « Unissez vous à moi mes frères » . Cet appel du Maître de la Loge, nous pouvons le mettre en parallèle avec l'appel du Disciple Bien Aimé lorsqu'il écrit : « Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres (...).Si nous marchons dans la Lumière comme il est dans la Lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, Son fils, nous purifie de tout pêché » . La Loge est cimenté par ce sang. Son objectif est cette union demandée par le Vénérable qui est la communion réclamée par l'Evangéliste. Et cet objectif n'est imaginable que si les Apprentis que nous sommes acceptons la Lumière qui luit dans les ténèbres.

Et pour conclure je préfère me taire pour laisser parler ceux qui ont non seulement vu la Lumière, mais qui, en plus, l’ont acquise... Saint Syméon le Nouveau Théologien, dans ses Homélies nous écrit : « Lumière est le Père, Lumière est le Fils, Lumière est le Saint Esprit. Les Trois sont une seule Lumière intemporelle, indivisible, sans confusion, éternelle, incréé, intarissable, sans mesure, invisible - parce qu’elle est en dehors et au dessus de toutes choses - Lumière que personne n’a jamais pu voir avant d’être purifié, ni recevoir avant de l’avoir vue. Car il faut d’abord l’avoir vue pour l’acquérir ensuite avec des peines et des labeurs multiples »

Source : www.ledifice.net

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La Colonne d'Harmonie

1 Mai 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

  1. Introduction

« Ut queant laxis, Resonare fibris, Mira gestorum, Famuli tuorum, Solve polluti, Labii reatum, Sancte Iohannes ».

« Afin que tes serviteurs puissent chanter, avec des voix libérées, le caractère admirable de tes actions, ôte, Saint Jean, le péché de leur lèvre souillée ».

Dès le début de la codification de la musique, celle-ci fut placée, comme la franc-maçonnerie, sous le patronage de Saint Jean. C’est en effet Gui d’Arezzio, au XIème siècle, qui choisit les premières syllabes des hémistiches de l’office de Saint Jean Baptiste pour désigner les notes de la toute première gamme ; « Ut ré mi fa sol la ». Le « Si », initiales de « Sancte Iohannes » fut ajouté à la fin du XVIème siècle par Anselme de Flandres et le « Do » apparut en 1673 avec l’italien Bononcini et devint synonyme « d’ut ».

Nous nous attacherons, au travers de cette planche, à dégager la caractère symbolique de la musique et à discuter de la place qu’elle occupe dans nos loges par rapport à celle qu’elle pourrait prendre.

  1. Le son

Qu’est-ce qu’un son ? Le son est le fils de la matière. En effet, la physique nous apprend que le son est une onde, une vibration qui se propage telle les rides concentriques à la surface de l’eau lorsque l’on vient d’y jeter une pierre. Cette onde, fruit d’une source oscillante, s’étend de proche en proche, tant qu’elle rencontre de la matière solide, liquide ou gazeuse. Mais est irrémédiablement arrêtée par le vide.

Nous avons plusieurs mots de vocabulaire pour désigner les sons. Deux se détachent particulièrement et se rapportent à notre propos ; le « bruit » et la « musique ». Faisons encore appel à la physique pour différencier l’un de l’autre. Qu’est-ce qui caractérise un bruit ? Un ensemble d’ondes comportant chacune une hauteur (la Tonie) qui dépend de la fréquence, une intensité physiologique (la Sonie) dépendante de l’amplitude des vibrations, et le timbre, lié à la forme de la vibration. Le paradoxe est que la musique a, physiquement, la même définition.

Mais l’organisation des sons n’est pas identique, bien entendu. Le bruit est un chaos aléatoire de sons, alors que la musique, elle, n’est qu’ordre. Qu’est-ce qui nous permet donc de faire la différence entre l’ordre et le chaos ? L’intellect...

De part sa nature même, nous pouvons déduire la nature fortement symbolique de la musique. Il s’agit même d’un symbole ternaire.

De même que le son et l’intellect donnent en élément ternaire, la musique, l’équerre et le compas donnent naissance à l’harmonie.

Le son, la matière, l’équerre, alliés à l’intellect, l’esprit, le compas, donnent la musique, l’harmonie, la vie.
2.1. La symbolique du son.

Afin de cerner la nature symbolique de la musique, nous devons reprendre la symbolique de ce qui la compose ; le son.

« Au commencement était le verbe ». Le « verbe », le « mot », le « son », le « souffle ».

La tradition hindoue donne le son comme principe créateur de l’univers, bien avant la lumière. Le « souffle créateur » du démiurge anima tout l’univers lorsque fut prononcé la formule « Aum Bhur Bhuva Svah » (« Aum Terre ! Atmosphère! Ciel ! »). C’est l’énergie fantastique contenue dans le mot originel « Aum » qui donne aux mantra toute leur valeur à la limite du magique.

Le son exprime « Dieu » tout en étant « Dieu » lui-même. « Aum », le son des origines, est un symbole ternaire. Composé de trois lettres, il symbolise les trois divinités suprêmes du panthéon Hindou ; Brahma, Vishnu, Shiva.

Le son est à la base de la théologie Hindou, contrairement à la théologie judéo-chrétienne qui est basée sur la lumière. Le démiurge Hindou appela la vie en offrant à l’univers un son primordial, alors que Yahvé commença son œuvre par cet ordre ; « Que la lumière soit ! »

  1. La musique

Nous venons de voir que le son à une forte importance symbolique pour la religion Hindou. Un peu moins pour nous. Existe-t-il une symbolique d’un élément dérivé du son ; la musique ?
Dans toutes les religions polythéistes d’orient ou d’occident, la musique se rattache à un dieu particulier. Chez les égyptiens, Thoth ou Osiris l’ont inventée. Chez les grecs, c’est Apollon, pour les Hindous, c’est Brahma.

Mais la musique prend rapidement une autre dimension une fois passée par les mains des mathématiciens grecs, notamment Pythagore qui étudie les rapports entre les sons. Mais c’est Lassus, en 540 av. JC, qui écrivit le premier sur la nature de la musique. Cette étude mathématique des sons avait déjà été faite 2000 ans plus par les chinois.

L’école pythagoricienne rattache la musique à la perfection des nombres et aux mouvements de l’univers, l’harmonie étant le but final sur les deux plans concernés.

La tradition chrétienne s’inspirera fortement de Pythagore dans sa conception de la musique, notamment par le biais de saint Augustin (354-430) et de Boèce (480-524).

« Le rythme ternaire est nommé perfection, tandis que le binaire est toujours considéré comme imparfait. La symbolique du nombre 7 est reprise sur le plan musical, nombre musical, nombre d’Athéna ».

Boèce distingue trois types de musiques symbolique :
- La musique du monde qui correspond à l’harmonie des astres issue de leur mouvement, à la succession des saisons et au mélange des éléments. La mélodie est d’autant plus aiguë que le mouvement est plus rapide, d’autant plus grave qu’il est lent.
- La musique de l’Homme ; elle régit l’homme et c’est en lui même qu’il la saisit. Elle suppose un accord de l’âme et du corps, une harmonie des facultés de l’âme et des éléments constitutifs du corps.
- La musique instrumentale qui règle l’usage des instruments.

De tout temps, donc, la musique et les recherches qui s’y rattachent ne visent qu’à la compréhension des lois de l’univers et à la glorification des principes créateurs.

  1. La musique en maçonnerie

4-1- Historique
4-1-1- La « colonne »
Quelle définition peut-on donner de la colonne d’harmonie ? Comme nous le verrons plus avant, cette dernière à évolué au fil du temps mais aussi en fonction des lieux. On peut généraliser le terme en disant qu’il s’agit d’une formation d’instruments, de chanteurs, ou bien même des deux réunis propre à produire de la musique ou des chants lors de tenues maçonniques. De nos jours, on peut dire que la colonne d’harmonie est l’ensemble des moyens propres à reproduire de la musique. A noter que le cœur formé par l’ensemble des F\ d’un atelier et chantant a capella ne peut être qualifié du terme de « colonne d’harmonie ».

4.1.2. Le chant
On trouve la présence de chants et de chansons très tôt dans l’Histoire de la maçonnerie. En effet, les constitutions de la Grande Loge d’Angleterre, parues en 1723 fut agrémenté de 4 chants maçonnique dont 3 avec musique. Il faut toutefois noter dès de le départ que ces chants trouvent place après les lettres d’approbation de la Grande Loge, ce qui signifie qu’elles n’appartiennent pas aux constitutions elles-mêmes, mais qu’il s’agit d’un ajout.

Ces chants de 1723 sont ; la « chanson de l’apprenti », la « chanson du compagnon », la « chanson du (vénérable) maître », et la « chanson du surveillant ».

Déjà, dans la structure de ces chants, des strophes sont précédées du mot « Chœur », ce qui démontre que l’ensemble des F\ répondait à un soliste.

Les premières chansons ne tardent pas à franchir le « channel ». Mais sur le continent, les habitudes vont devenir vite différentes de celles du côté anglais. En effet, les premiers chants continentaux font partie des chansons à boire et des chansons de banquet d’ordre dont la qualité laisse à désirer.

« Des actes ? Des actes de la F\ M\ ? Je n’en connais pas d’autres que leurs discours et leurs chansons qui sont général mieux imprimés qu’ils ne sont pensés et exprimés ». Suivant Gotthold Ephraim Lessing en 1778.

En Angleterre, les chants sont très vite intégrés au rituel lui même. Dès 1740, le livre de la « loge de l’amitié » à Londres démontre que les chansons historiques, contenant les mêmes messages que les constitutions, remplacent de manière plaisante la lecture obligatoire de ses dernières.

Sur le continent, ces chants restent assez exceptionnels, réservés aux tenues de commémoration ou d’une importance particulière.

4.1.3. Perception de la colonne dans l’ancien temps.
Dans toute l’Europe, les musiciens professionnels sont très demandés par les loges. Il n’est pas rare qu’ils soient exemptés de capitation en échange des services qu’ils rendent aux ateliers. On les appelle les « F\ à talent ».

« Le F\ (Henry) EVERY recommanda monsieur Stephen Harrison, de la cathédrale de Lincoln, maître de musique, comme personne digne d’être admise membre de cette société, et il proposa de donner une Guinée pour contribuer aux frais de son admission. Le sieur Cecil Wray proposa aussi de donner une Guinée, le sieur christopher Hales, une demi-guinée, et le sieur Cecil Wray ajouta une autre Guinée. Et considérant que monsieur Harrison pourrait être utile et divertissant pour la société, la loge accepta de l’admettre pour ladite somme de 3 livres, 13 shillings et 6 pence ».

(N.B. La cérémonie coûtait à la loge de Lincoln dans les années 1730 la somme de 5 livres et 5 shillings au néophyte).

On assiste aussi à la création de véritables loges de concerts, tant à Paris qu’à Berlin. Mes ces ateliers ne rentrent pas dans le cadre d’une simple colonne d’harmonie.

Que pourrait-on penser aujourd’hui de ces F\ dont l’entrée en loge était, au minimum, facilitée par leur talent, et au maximum, en était la seule cause ?

4.1.4. Géographie de la colonne d’harmonie.
C’est en Allemagne que la colonne d’harmonie et, par extension, la musique maçonnique, prend son essor. Cet intérêt pour la musique fut présent en premier lieu dans l’armée, puis, les loges militaires étant très bien représentées, la musique entra tout naturellement en maçonnerie. Pourtant, on notera que la colonne d’harmonie fut bien moins accueillie et représentée en France, pourtant traditionnellement patrie des arts et des lettres. Nous y reviendrons plus avant, mais cette différence perdure encore de nos jours.

4.1.5. Mozart et la musique maçonnique.
On ne peut parler de musique et de maçonnerie sans parler de Wolfgang Amadeus Mozart.
Celui-ci composa 3 cantates à l’attention des loges viennoises mais la majorité de ses œuvres maçonniques sont perdues. Il nous reste aussi 3 lieds (sorte de cantiques) formellement identifiés. A noter que la musique maçonnique était avant Mozart et Liszt d’une qualité proche du zéro absolu.

Je laisserai à d’autres F\, autrement plus « calés » que je ne le suis en musique et en solfège, le soin de décortiquer chacune de ces œuvres pour y découvrir tous « messages maçonniques » secrets inscrits entre les notes.

4.2. La musique et l’art.

« - Que signifie le deuxième voyage ?

- Par l’équerre et le compas, le deuxième voyage (...) le compagnon doit faire aux arts une part importante, aussi bien à ceux qui ont pour objet l’expression du beau qu’à ceux qui tendent à la réalisation de l’utile, les uns et les autres étant nécessaires au développement de l’humanité. Les arts embellissent aussi bien la vie individuelle que la vie collective. La qualité du goût dans l’ancienne Grèce créa la perfection de la cité en même temps que l’harmonie du corps humain ». « L’art, a dit Aristote, est la joie des hommes libres
».

Il s’agit d’un extrait du recueil d’instruction au grade de C\. Le compagnon, pour que sa formation soit complète doit apprendre et comprendre l’art. Or, quid de l’art au sein de nos loges maçonniques ? Quelle chose plus difficile à définir et à cerner que l’art ? Quoi de plus dépendant de l’appréciation personnelle ?

On pourrait dire, « libre comme l’art »...

La poésie, la musique, la peinture... Que de recherches en perspectives pour le compagnon ! Et Pourtant, l’art se réduit en loge à la portion congrue... A mon sens, la maçonnerie peut parfois tomber dans un petit travers ; disséquer l’art grâce au scalpel de la raison, ce qui provoque invariablement la mort de la beauté. Afin de pouvoir être des maçons accomplis, notre recherche ne doit laisser aucune zone d’ombre.

Au travers de la colonne d’harmonie, je vais donc, mes F\, vous faire part de mes interrogations sur l’art en maçonnerie.

4.3. La colonne d’harmonie aujourd’hui.

Il y a 2 ans j’ai pris la suite du F D. P., qui avait pris lui-même la relève de notre V\ M\ qui est celui qui a instauré la colonne d’harmonie dans cet atelier.

Plusieurs problèmes se sont posés à moi.

Le premier ; quel genre de musique peut-on passer en loge ? Très sincèrement, le classique et moi, à l’époque, cela ne faisait pas bon ménage. Je n’ai donc pas passé que du classique. Je me souviens encore de nombre de regards interrogateurs qui se sont tournés vers moi à plusieurs reprises.

Certains se souviennent de ce que je disais à l’époque ; « Ne pas passer du Mozart en tenue, ce n’est pas forcement faire insulte à Mozart. Ne passer que du Mozart, c’est faire insulte à tous les autres ».

La question reste toutefois en suspend ; selon vous, mes F\, y-a-t-il des musiques à passer ou à ne pas passer en Loge ?

Deuxième problème ; quand faut-il mettre de la musique en loge ? Et là, nous touchons un point primordial auquel il est important de donner une réponse ; quel est le rôle de la musique en Loge ? Là encore, j’ai devant les yeux de grands moulinets me demandant de « couper les moteurs », car la musique, pour eux, n’avait pas lieu d’être à un moment donné.
Peut-on dire, comme je l’ai entendu, que la musique n’est là que pour « boucher les trous », une sorte d’interlude, disons. Ou, au contraire, devons-nous la considérer comme au service du rituel, qu’elle peut rehausser ?

Mes voyages de compagnon m’ont conduit dans différents orients. J’ai visité des ateliers, appartenant à presque toutes les obédiences. A chaque visite, je me suis intéressé à la colonne d’harmonie, puisque tel est le poste que j’occupe au sein de ma loge mère.

J’ai pu discerner 3 cas distincts ;

Il y a des ateliers ou toute trace de colonne d’harmonie est absente. Vous discutez plus facilement avec votre voisin dans les temps morts.

D’autres, qui ont l’air de ne posséder qu’une seule cassette ; vous avez « la flûte enchantée » de Mozart quand vous entrez, « la flûte enchantée » de Mozart vous vous asseyez, « la flûte enchantée » de Mozart quand vous vous levez, « la flûte enchantée » de Mozart quand vous repartez...

Je vous laisse deviner de quelle cassette il peut bien s’agir ! Et puis les derniers, qui ont une grande palette de musiques.

Je me suis étonné d’une telle disparité. J’ai fini par relire le règlement général dans un premier temps ; « Titre IV, Article 34 ; Dans les Loges, les offices au rite français sont ceux de... »
Suit l’énumération de tous les plateaux ; Horreur ! La colonne d’harmonie n’y figure pas !
C’est très vexant...

La colonne d’harmonie n’est pas ressente ; nous l’avons vu plus haut, dès 1740, s’arrachent les F\ musiciens. Comment se fait-il que la maçonnerie moderne ait envoyé la musique « à la trappe ? »

En réfléchissant sur la question, je me suis dit que -finalement-, cette absence au tableau de loge n’était peut-être pas un mal... En effet, la colonne d’harmonie n’étant en rien obligatoire, elle était l’expression même de la souveraineté de la Loge, souveraineté qui nous est cher à tous.

Les loges sont à l’image des maçons ; elles évoluent. Quant une loge commence à faire l’effort de s’acheter un peu de matériel musical, (même si ce n’est que pour passer « la flûte enchantée » de Mozart), quand elle consacre un peu de temps à la poésie, ne serait-ce qu’une minute, quand certains F\ se proposent de dessiner un nouveau tableau de loge, tous ces signes nous font comprendre que l’art prend peu à peu la place qui doit être la sienne et que le second voyage est peut-être en voie d’être terminé.

  1. Conclusion

Ce soir, mes F\, la colonne d’harmonie est restée muette. Vous avez depuis longtemps l’habitude de la musique en loge. On m’a souvent dit que l’on appréciait ce qu’on avait une fois qu’on l’avait perdu.
Voilà pourquoi j’ai repris -provisoirement- ma place sur les colonnes. Le plateau de la colonne d’harmonie, bien que très ancien, en est encore à ses débuts. Comment ressentez-vous son avenir ?

Source : www.ledifice.net

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Les Deux Colonnes

29 Avril 2013 , Rédigé par C\ T\ Publié dans #Planches

Il y a cela un peu plus d'un an, alors apprenti, je vous présentais un travail pour passer au grade de compagnon. Une année de silence, à l'écoute de mes frères, pour découvrir le travail en Loge et les grands principes qui fondent notre Ordre.

Une année d'échanges, où j'ai appris beau­coup en acceptant les règles multi-centenaires que nos anciens ont forgées tout au long de leurs rencontres.

Il est toujours agréable de revenir sur ces moments passés dans les ateliers sur la colonne du Nord, où la chaleur humaine le dispute à la franche amitié !

Ayant obtenu le grade de compagnon, j'ai tout d'abord changé de place dans le Temple. Je me suis retrouvé sur la colonne du Midi, sous le regard attentif du Premier Surveillant, place que je m'honore d'occuper à chaque tenue.

Ainsi, au fil des mois, de réunions en agapes fraternelles, de conversations chaleureuses en travaux importants je n'ai cessé de tailler la Pierre Brute, afin d'améliorer mes connaissances pour mieux comprendre le monde et faire triompher mes idéaux.

Apprenti, Compagnon, le Temple est pour moi, l'endroit essentiel où se construit la Franc -Maçonnerie. C'est dans ce lieu que tout se façonne, c'est de ce lieu que tout se développe. En son sein tout est symbole et rappelle les étapes que nous devons fran­chir pour mieux connaître le monde et ses mystères. C'est au cours des séances que nous avons ensemble, que se découvre pro­gressivement tout ce qui le constitue.

Aujourd'hui, je vous propose d'étudier un des éléments qui forme le tableau de l'apprenti et que l'on retrouve bien sûr dans celui de compagnon, c'est-à-dire : Les deux colonnes du Temple.

Edmond GLOTON, dans la Chaîne d'Union rappelle avec concision la place qu'elles doivent occuper dans nos ateliers : "Beaucoup de nos frères pensent à tort qu'il faut pour abriter les travaux de leur atelier un local spécialement aménagé. N'importe quelle salle peut convenir, du moment que le tracé de la loge figure entre les colonnes".

Cet élément essentiel au Temple, que nous avons en perma­nence sous les yeux, provoque de nombreuses réflexions, voire des interrogations. Aussi, je me propose d'envisager tout ce qui peut, de près ou de loin, nous permettre de mieux comprendre l'intérêt que nous avons, de considérer ce sujet sous tous ces aspects.

Bien entendu, sur le plan architectural, les colonnes ne sont pas nées dans l'esprit de l'homme par hasard. En effet, il y a plu­sieurs centaines de milliers d'années, nos ancêtres vivaient dans des grottes ou des abris pour se protéger, se reposer. Dans les forêts, ils ont découvert naturellement ce que pouvait représenter un tronc d'arbre qui s'élève vers le ciel. Dans les grottes ils ont rencontré des concrétions calcaires : stalagtites et stalagmites qui ne pouvaient que les inspirer.

De là bien sûr, est née toute une symbolique, où l'imaginaire humain se développant, a conduit les hommes à modifier lente­ment leur mode de vie.

En coupant les arbres, ils ont exploité un matériau différent de ceux qu'ils avaient l'habitude d'utiliser : l'os, la pierre.

Je ne m'étendrai pas sur toutes les religions primitives qui ont vénéré l'arbre et sa forme en trois parties : les racines : la vie ; le tronc : la force ; le feuillage : l'espoir, symbolique constamment employée par les hommes jusqu'à nos jours et ce sont ces formes étranges qui décorent de nombreuses grottes, qui ont servi nos pre­miers artistes pour leur représentation du monde et de sa magie.

Déjà, nous pouvons sentir l'approche informelle qu'ont eue ces premiers hommes, du monde extérieur et du monde intérieur, à travers ces formes identiques, apparentes ou cachées, données aux profanes ou révélées aux initiés, que nous avons intellectuali­sées, stylisées, sous forme de colonnes.

Au fil des millénaires, nos ancêtres ont saisi tout l'intérêt qu'il y avait à utiliser cette forme pour construire leur habitation. Des maisons sur pilotis aux cabanes sommaires, le tronc de l'arbre a permis la sédentarisation des tribus vagabondes à la recherche de nourriture, donnant donc naissance à l'agriculture, mais aussi aux premiers villages, lieux essentiels où allaient se développer les civilisations. On retrouve à travers les fouilles archéologiques les différents procédés employés pour la construc­tion, où devaient se marier avec une grande précision deux dimensions essentielles : l'horizontale et la verticale.

Le passage à la pierre se fait tout naturellement lorsque l'homme veut donner à la construction une importance magique ou religieuse, c'est-à-dire, intégrer la dernière dimension qui nous échappe ou qui nous fuit, je veux dire : le temps.

Ainsi, les premiers édifices qui accueillent, ou permettent un culte, sont des temples, où les colonnes sont les éléments indis­pensables à sa solidité.

Lente progression de l'esprit de l'homme qui affirme sa place sur la terre, en prenant possession du sol pour organiser sa vie sociale et chercher à comprendre le monde qui l'entoure en éle­vant des temples à la gloire de forces qu'il craint ou qu'il vénère.

Ainsi, techniquement, toute construction quelle qu'elle soit, des premiers âges jusqu'à nos jours, ne peut se passer de cet ins­trument indispensable, capital qu'est la colonne !

Je ne me prive pas du plaisir de vous rappeler quelques vers de Victor Hugo, dans un de ses plus célèbres- poèmes : " endormi", tiré de la Légende des Siècles :

"Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu. Une race y montait comme une longue chaîne. Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu !"

A travers toutes les formes de l'art, les hommes ont mêlé à leurs oeuvres les colonnes, ou comme pièce principale, ou comme décor.

Des temples grecs ou romains aux tableaux de Piero Della Francesca, de Buren aux monuments à la gloire des ancêtres; nombreux sont les artistes qui ont rappelé ou utilisé cet élément indispensable à la construction de l'humanité. Car, bien souvent le commun des mortels a oublié la place essentielle que jouent les colonnes, pour la construction du monde, une marche vers un avenir meilleur !

Tout savoir, toute connaissance, toute découverte, se construit et ne peut se développer qu'à partir de basés solides, et c'est la colonne qui en forme le squelette, entre la base qui prend appui sur la terre ferme et le chapiteau qui en est l'extrémité. Tout nous montre que, sans elle, plus rien de concret ou de positif ne peut exister. Elle devient le symbole de la solidité que Samson, prison­nier des Philistins remit en question en écartant les colonnes de leur temple, qui, en s'effondrant offrit à son peuple la victoire.

Plus les colonnes du temple seront solides et assurées, plus difficile sera la tâche de ceux qui veulent l'ébranler: Au-delà de leur place symbolique, à l'entrée de notre demeure, face à nous, elles nous rappellent en permanence, que pour. assurer la conti­nuité de notre labeur, nous devons constamment œuvrer sans relâche à la construction d'une vie meilleure en respectant les grands principes qui sont les nôtres, socle de notre action.

Symbole de solidité bien sûr, mais symbole de vie aussi, comme l'arbre où la base en est la racine qui va puiser dans la terre des ressources nécessaires, indispensables à tout développe­ment. Le lien est très fort entre les différentes parties qui la constitue, comme l'arbre formant un tout. Ainsi, les hommes ont souvent dressé des colonnes un peu partout sur la terre, pour sym­boliser la vie et tenter de laisser l'empreinte indélébile de leur passage.

Car, au-delà de la vie qu'elle représente à travers le monde végétal, elle est aussi représentation humaine. Représentation sensuelle, la colonne est un phallus dressé comme signe de fécon­dité et de reproduction. L'homme marque en l'érigeant sa puis­sance dominatrice sur le monde dangereux qui l'entoure. Elle est là, pour signer sa présence, et que d'autres après lui, qui seront nés de sa semence, pourront contempler. C'est debout que l'homme avance dans le temps, déchirant le voile de l'obscurité qui l'entoure, il veut montrer qu'il est lui-même par sa position verticale, celui qui construit, celui sur qui tout repose.

Je reviendrai sur ce symbole très fort de l'homme dressé devant l'univers qui l'écrase.

Les deux colonnes qui signent l'entrée de notre temple sous la voûte constellée d'étoiles nous rappellent sans cesse ce que nous sommes, et ce vers quoi nous nous dirigeons.

Ce mariage magique, entre des hommes amis, des colonnes dressées, l'univers infini, doit nous inciter à la plus grande et pro­fonde méditation sur notre devenir, la place que nous occupons dans la création.

Je terminerai la dimension symbolique des colonnes en rap­pelant brièvement ce que tout à l'heure j'évoquais au niveau de la verticalité : sa base forme une équerre parfaite qui lui permet d'ailleurs de rester en place sans aucun appui extérieur.

Liant l'horizontale et la verticale, la colonne symbolise l'espace.

L'équerre qu'elle forme avec le sol, rectifie, ordonne la matière, symbolisant la droiture, le respect des lois, des règle­ments. Symbole permanent que l'on retrouve sur le tableau de l'Apprenti et du Compagnon.

Enfin, elles sont doubles, c'est-à-dire qu'elles nous incitent à réfléchir sur la dualité, donc sur le nombre deux.

A l'entrée du Temple, deux colonnes qui encadrent la porte, nous ouvrent le passage avant d'aller prendre place pour com­mencer les travaux.

A la question : "Comment avez-vous été reçu compagnon ?", notre réponse a été : en passant de la colonne du Nord à celle du Midi. La colonne J, dont la couleur est rouge, correspond au soleil et signifie la raison, dont la clarté dissipe les ombres de l'erreur. La colonne B, dont la couleur est blanche, correspond à la lune. Cela veut dire que la raison elle-même a besoin, pour

donner toute sa mesure, de sensibilité, de sentiment, d'imagina­tion. Ainsi, grâce à la discipline de la raison dont il ne doit jamais se distraire, le Compagnon peut, doit s'élever à la conception imaginative, réglée elle, de ce qui pourrait et devrait être.

Ainsi, en passant entre les deux colonnes, à l'entrée du Temple, nous franchissons une étape qui nous conduit en un lieu sacré, chargé d'histoire, de symboles. `

En effet, il faut retourner dans le passé pour saisir toute l'importance de ces colonnes qui indiquaient l'entrée du Temple de Salomon. La Bible nous le décrit. Pour y pénétrer, il fallait passer entre deux colonnes que le roi Salomon avait fait exécuter par HIRAM de Tyr, de la tribu de Nephtalli, homme sage, intelli­gent, ayant une grande connaissance d'un noble matériau qui est l'airain.

La Bible nous explique leurs mesures : dix-huit coudées de hauteur, douze de circonférence, douze à leur base ; leurs chapi­teaux cinq ! La somme de ces nombres correspond au, nombre des constellations et des signes du zodiaque. Reliées entre elles par un portique, elles donnent accès à un lieu sacré. Leur solidité grâce à l'airain devait leur permettre de résister au temps, et au déluge.

La colonne de droite fut nommée Jachin et celle, de gauche Boaz.

Le mot Jachin s'écrit en hébreu avec les lettres Iod, Caph, lod, Nun. Le mot Boaz s'écrit avec les lettres Beth, Aïn, et Zaïn. Nous retrouvons, grâce à ces lettres une autre écriture. Jakin avec un K et Booz avec deux 0. Bien sûr, ces appellations ne relèvent pas du hasard ou de l'improvisation. De nombreuses études ont été faites à leur sujet. Il n'y eut jamais de contestation sur le sens symbolique de ces deux colonnes. La première étant suffisam­ment caractérisée comme masculine par le Iod initial qui la désigne communément. Ce caractère hébraïque correspond en effet à la masculinité par excellence. Beth, la deuxième lettre de l'alphabet hébreu, est considérée, d'autre part, comme essentielle­ment féminine, car son nom signifie maison, d'où l'idée de récep­tacle, de caverne, d'utérus.

La colonne J, qui correspond au soleil est donc masculine, active. La symbolique des couleurs- exige qu'elle soit rouge. La colonne B qui correspond à la Lune est féminine, passive, donc blanche ou noire.

Ces deux symboles nous montrent bien l'antagonisme des forces qui règlent la marche de l'univers, l'antagonisme qui forme l'humanité, porte le monde dans lequel nous vivons.

Au-delà de cet affrontement, il y a une profonde et très secrète complémentarité, car, l'une et l'autre se nourrissent mutuellement, forment un tout que nous découvrons au sein du Temple, sous la voûte étoilée, en direction de l'Orient où siège le Vénérable. De ce triangle parfait reliant les trois forces essen­tielles qui portent notre action, nous siégeons de part et d'autre pour ne point rompre le lien magique qui façonne notre Ordre.

Pour faire respecter celui-ci, est placé, devant chaque colonne, un surveillant, qui, comme son nom l'indique, veille au bon déroulement des travaux des Frères placés de part et d'autre de l'entrée se faisant face en deux colonnes, correspondant à la lettre J et la lettre B.

Les deux colonnes formées par les Frères sont les bornes du monde créé et de même que les surveillants ont sous leur dépen­dance les Apprentis et les Compagnons, de même les deux colonnes correspondent aux surveillants. Derrière le premier sur­veillant se dresse la colonne B. Il doit surveiller les travaux des compagnons placés devant. C'est la colonne du Midi. Derrière le deuxième surveillant se dresse la colonne J, dont la mission est l'instruction des Apprentis. C'est la colonne du Nord.

Ces colonnes, autrefois, étaient dressées extérieurement de chaque côté de la partie principale du Temple. Elles correspon­daient aux obélisques des sanctuaires égyptiens. Elles étaient cou­vertes de hiéroglyphes ou de dessins mystérieux, que les initiés, seuls, devaient apprendre à saisir le sens.

Le salaire reçu auprès de celles-ci, n'a rien de matériel, c'est l'instruction initiatique sur laquelle veille les surveillants.

A l'image du matériau utilisé : l'airain, alliage noble de diffé­rents métaux : étain; argent, cuivre, elles représentaient l'incor­ruptibilité, l'immortalité, l'inflexible justice. Elles sont générale­ment surmontées de trois grenades ouvertes, les graines noyées dans la pulpe transparente symbolisant les Maçons unis entre eux par un idéal commun.

Les lys qui les décorent évoquent la flamme pure, fécondante qui doit briller dans chacun de nos coeurs, et nous aider tous ensemble, à faire triompher notre idéal.

Sept rangs de chaînes les entourent, placés entre les grenades et les lys. Elles ont une double valeur symbolique. Tout d'abord, elles suggèrent les liens qui emprisonnent les profanes, les main­tiennent dans l'ignorance, chaînes dont nous avons su nous libérer, qui, maintenant, deuxième symbole nous unissent définitivement.

Ainsi, elles réunissent ce que nous faisons régulièrement en nous donnant la main, pour mieux travailler ensemble : les sym­boles de fécondité, d'union.

C'est pour toutes ces raisons que les Frères qui ont fait circu­ler le tronc de la veuve et le sac aux propositions, viennent se placer, côte à côte entre les colonnes, face au Vénérable et attendent le signal pour les remettre à sa disposition.

De même, lorsque s'installe le Collège des Officiers, c'est entre celles-ci qu'ils sont acclamés par tous les Frères réunis.

Seul, le Pavé Mosaïque déplace la ligne droite qui relie l'axe médian entre les deux colonnes, et le Vénérable. Aucun Frère ne lui tourne le dos. Nous sommes là pour garantir, assurer le lien puissant, secret qui doit en permanence affirmer l'unité, la fécon­dité, et l'éternité de nos travaux. Chacun à sa place, séparé du monde profane par la porte du Temple et ses deux colonnes.

Je rappellerai brièvement que suivant le rite auquel l'on tra­vaille, la place des surveillants est inversée comme le sont les lettres J et B accrochées aux colonnes. Au-delà de ces diffé­rences, il y a le symbole attaché à la complémentarité de ces deux espaces, qui, en se faisant face forment une partie unie, labo­rieuse, disciplinée pour aider tous les Frères à travailler ensemble en s'inspirant des idées que portent en elles les deux colonnes fermant l'entrée de notre demeure et que vient achever le Vénérable Maître assis à l'Orient.

Tableau parfait de l'harmonie qui enveloppe la Loge, quand les travaux commencent. Harmonie que nous retrouvons sur le tapis de la Loge posé en son milieu sur le Pavé Mosaïque.

Symbole du tableau mystique du grade de Compagnon ou les deux colonnes reposant sur le Pavé Mosaïque sont entourées de tous les attributs qui constituent notre travail, notre but.

Au-dessus de la colonne B : le Niveau ; de la colonne J : la Perpendiculaire, reliés entre eux au milieu de celles-ci par le compas, pointes en haut, ouvert sur la lettre G aux cinq sens.

Ainsi, nombreuses sont les étapes à franchir, lorsque l'on se dirige vers l'Orient. Nombreux sont les signes qui nous guident vers plus de générosité, de perfection. Lé travail que nous avons commencé n'est jamais achevé. Mais avant qu'il soit entrepris, il faut d'abord franchir la porte sur laquelle on peut lire bien sou­vent : LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ, et passer entre les colonnes.

Comme je le rappelais au début, Edmond GLOTON résumait que, pour abriter un atelier, il suffisait que le tracé de la Loge figure entre les colonnes. Au nombre de deux, bien sûr. Deux seu­lement car elles forment ensemble deux parties d'un même tout. Elles sont face à face, en opposition, chacune représentant un symbole différent, au contenu conflictuel, donc de réflexion, somme d'équilibres réalisés ou de menaces latentes.

Ce dualisme qu'elles incarnent, sur lequel repose toute dia­lectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, est source de progrès, de vie. Ce principe de division porte en lui le principe de multiplication, donc générateur de fécondité. Nous le retrouvons dans les différentes civilisations qui nous ont précédées, où la mort et la vie, le mal et le bien ont pris différentes formes maté­rielles, spirituelles ou intellectuelles.

Nous avons découvert le principe actif de ce dualisme dès la naissance, où notre corps est formé de deux parties, du visage jusqu'aux membres. La beauté ou la laideur, la force ou la fai­blesse, l'intelligence ou la bêtise sont les aspects différents que peut prendre l'individu, donc son équilibre.

Ainsi, lorsque les colonnes évoquent les principes de mas­culinité ou de féminité, elles rappellent en permanence notre profonde, éternelle dualité, homme et femme, ou éternelle ambi­guïté : homme ou femme, ou éternelle complémentarité : homme/femme.

De même la science, instrument de connaissance, outil salvateur contre l'ignorance, l'absurdité séparant le vrai du faux, qui s'est développée sur ces contradictions, a fait germer les plus grandes théories, sur le principe magistral de la thèse et de l'antithèse, ouvrant ainsi la porte à des solutions qui nous conduisent à mieux comprendre le monde, mieux agir pour l'avenir de l'humanité.

Les vertus conjuguées des deux éléments essentiels qui constituent la base du devenir de l'univers, forment une puissance infinie où l'espace et le temps se confondent. L'absurdité de notre vie n'a d'égal que le sens de notre mort. Ainsi, tout simplement, au sein de ce temple, fraternellement rassemblés devant les colonnes, sous le regard de notre Vénérable Maître, nous essayons de construire, dans la contradiction, le dualisme, ce monde, plus juste, plus solidaire, auquel nous aspirons tous, que nous voulons, loin de tout égoïsme, malsain, faire partager demain, à ceux qui, au-delà des colonnes, dans le monde profane, veulent frapper à la porte du Temple.

Source : www.ledifice.net

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Le Krav Maga : une discipline née du chaos politique

28 Avril 2013 , Rédigé par Florent Bouteiller

Méthode de self défense pour certains, art-martial à part entière pour d’autres, le Krav Maga entretient une image sulfureuse du fait de ses origines. Enseigné dans les unités d’élite, son image fascine et son succès est grandissant. Retour sur les racines d’un sport créé par Imi Lichtenfeld.

Dans son ouvrage Krav Maga, Méthode originelle israélienne d’autodéfense et techniques de combat, Eyal Yanilov définit l’apprentissage de sa discipline ainsi : « Des méthodes d’entraînement spéciales sont employées pour simuler l’anxiété éprouvée lors d’une véritable agression, afin de vous préparer à la brutalité et la réalité d’une vraie lutte pour votre vie. […] Cette méthode nous prépare à assumer la violence continue de notre monde et permet à son adepte de protéger et sauver les vies. Elle est issue d’un environnement où la violence, de nature surtout politique, était malheureusement omniprésente. » L’auteur de ces lignes, devenu expert du Krav Maga sous la houlette de son fondateur Imi Lichtenfeld, souligne les circonstances particulières qui ont permis à sa discipline d’éclore pour attirer, bien des années plus tard, un grand nombre de pratiquants dans le monde.

Lorsqu’Imi Lichtenfeld crée le Krav Maga (« combat rapproché » en hébreu) dans le milieu des années 30, c’est avant tout pour protéger la communauté juive de Bratislava victime des violences nées de la montée du fascisme à cette époque en Europe. Fils de Samuel Lichtenfeld, détective et instructeur en chef de la police départementale, Imrich Lichtenfeld voit le jour à Budapest (Hongrie) en 1910. C’est pourtant à Bratislava qu’il grandit, ville de Tchécoslovaquie, dirigée à l’époque par la monarchie austro-hongroise et sous influence germanique. Durant son enfance, il pratique la lutte, la boxe, le judo, la gymnastique et la natation, et assiste aux cours de self-défense dispensés par son père. C’est en tant que lutteur qu’il acquiert une renommée, figurant parmi les meilleurs d’Europe. Entre 1936 et 1940, le nombre d’agressions antisémites ne cessent de grimper à cause des nazis qui ont réussi à se répandre dans toute la Slovaquie. Pour contrer ces attaques, Imi Lichtenfeld réunit plusieurs de ses amis issus de la boxe ou de la lutte. Objectif : empêcher les bandes antisémites de pénétrer à l’intérieur du quartier juif. Durant cette période, son groupe livrera de nombreux combats pour protéger la communauté juive locale. De cette expérience « en situation » Imi Lichtenfeld tirera plusieurs enseignements pour élaborer, quelques années plus tard, une méthode de self-défense réaliste et efficace : le Krav Maga.

Impopulaire auprès des autorités locales, il commence un long périple en 1940 qui le mènera en Palestine. C’est là qu’il intègre la Haganah, organisation clandestine sioniste fondée en 1920 qui se donne pour mission de protéger les juifs ayant émigré en Palestine. En 1948, après la fondation d’Israël, la Haganah fusionne avec deux autres groupes armés (l’Irgoun et le Lehi) pour donner naissance à Tsahal, l’actuelle force de défense d’Israël. Imi Lichtenfeld y devient chef-instructeur pour l’éducation physique. Parallèlement, il pratique le Kapap, discipline à la jonction entre le close combat et la self-defense. Pendant de longues années, il élabore une méthode simple, rapide et efficace pour former les soldats de Tsahal. Pour ce faire, il s’inspire directement des expériences rencontrées sur les lieux de conflits par les combattants. En 1964, Imi Lichtenfled crée officiellement le Krav Maga et ouvre une première école à Netanya, ville située au nord de Tel-Aviv. Son but est d’adapter l’enseignement du Krav Maga, jusque là dispensé aux militaires, aux populations civiles. Aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Rapidement, Netanya devient le centre privilégié des pratiquants de Krav Maga qui est reconnu en 1972 par le ministère national de l’éducation nationale israélien.

Implantation dans d'autres pays

Jusqu’alors limité au seul Etat d’Israël, le Krav Maga s’exporte au-delà des frontières au début des années 80. Les disciples les plus talentueux de son fondateur à l’instar de Kobi Lichtenstein en Amérique du Sud sont autorisés à enseigner. C’est aux Etats-Unis que le Krav Maga rencontre le plus de succès. Pour la première fois en dehors d’Israël, deux Américains, Allen Feldman et Darren Levine, se voient décerner le grade de ceinture noire. La méthode rencontre une telle popularité qu’en 1985, Eli Avikzar, un des premiers élèves d’Imi Lichtenfeld, est invité à dispenser des cours au département de police de Los Angeles. Très vite, le Krav Maga va étendre son influence à d’autres institutions d’élite comme le FBI ou la Drug Enforcement Administration (DEA) qui ont permis de populariser largement la discipline. En France, c’est sous l’impulsion de Richard Douieb que le Krav Maga se développe. Nommé en 1988 par Imi Lichtenfeld pour enseigner son savoir, le technicien devient en 1993 le formateur exclusif dans l’art du combat rapproché du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Le décès de son fondateur, en 1998, va profondément affecter le milieu du Krav Maga. Après la disparition d’Imi Lichtenfeld commencent à apparaître les premières dissensions. Une et indivisible sous l’ère Lichtenfeld, la Krav Maga Association, fondée en 1978, se morcelle. Aujourd’hui, il existe une quinzaine d’organisations mondiales qui se réclament toutes de son fondateur. La plus importante, en nombre de pratiquants est la Fédération européenne de Krav Maga (FEKM) dirigée par Richard Douieb. Elle revendique près de 12 000 élèves à travers 9 pays. Associée à la Fédération française de karaté (FFKDA) en 2005, elle est devenue indépendante le 15 septembre 2011.

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Forces spéciales

27 Avril 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Forces spéciales

Pour les fiançailles de mon neveu !314-350-large

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La position des colonnes au Rite Français

27 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Tous les rites que nous pratiquons font place à deux colonnes placées symboliquement à l'intérieur, à droite et à gauche de l'entrée ; l'une porte la lettre J, 1'autre la lettre B. Au delà de cette harmonie, une première dissonance apparaît, qui voit les rites modernes positionner la colonne J à gauche tandis que les rites anciens placent à gauche la colonne B. Attachons nous tout d'abord à comprendre l'origine de ces colonnes.Dans les documents maçonniques les plus anciens apparaissent une colonne en brique et une colonne en marbre, érigées par les fils de LAMECK pour y inscrire les arts et les sciences qu'ils avaient découverts, afin de les protéger du déluge.Flavius JOSEPH écrit dans les "Antiquités judaïques" : "Parce qu'ils avaient appris d'Adam que le monde périrait par l'eau et par le feu... ils bâtirent deux colonnes, l'une de brique, l'autre de pierre, sur lesquelles ils gravèrent les connaissances qu'ils avaient acquises".Le manuscrit COOKE, daté d'environ 1410, reprend la même idée : "Ayant appris que Dieu voulait se venger du péché par le feu ou par l’eau, ils s'efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées et se dirent qu'il existait une pierre qui résistait au feu qui s'appelait « Marbre » et une autre qui flottait sur l'eau qu'on appelait "lacerus" ...David STEVENSON, dans « Les origines de la Franc-Maçonnerie » indique à ce sujet : « Les deux colonnes des anciens devoirs représentent les colonnes sur lesquelles la connaissance vitale pour l'avenir de l’espèce humaine fut gravée ... Les légendes sur de telles colonnes sont originaires du moyen orient, elles représentaient une variante de l'idée d'une connaissance de valeurs issues du passé ». Ce premier symbolisme des colonnes tombe peu à peu en désuétude à partir des années 1725, du fait de l'importance prise par le développement du 3ème grade et la symbolique de l'édification du Temple de Salomon. La transition se constate dans la lecture du manuscrit DUMFRIES N° 4 (environ 1710), où l'on trouve à la fois une version simplifiée du récit originel et des explications détaillées sur les colonnes du Temple que SALOMON fit construire à Jérusalem. Le Rite Français conserve en partie la trace de la première légende, au travers du mot de passe d'Apprenti « TUBALCAIN », présenté dans l'instruction du premier grade comme le nom de celui des fils de LAMEKH qui inventa l'art de travailler les métaux. Au delà de cette référence à la symbolique d'origine, la présentation faite du tableau de Loge à tout nouvel Apprenti, indique clairement l'importance prise par le Temple de Jérusalem : "Vous voyez l'entrée du Temple que Salomon fit élever à Jérusalem à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, c'est lors de la construction de cet édifice fameux que, selon la tradition, la Franc-Maçonnerie reçut l'organisation qui est encore la sienne aujourd’hui... Vous voyez que l'entrée est précédée de deux colonnes et que celle du septentrion porte la lettre J, lettre initiale du mot sacré qui vient de vous être communiqué". Ce rapprochement entre colonne et mot sacré nous amène à étudier l'origine de ces mots. II convient de se rappeler qu'alors la Maçonnerie ne comportait que deux grades et que celui qui était dénommé « Maître » était le Maître de la Loge, c’est à dire le Vénérable. Le mot sacré était à la fois J et B qui ne constituait qu'un mot du premier grade dont l'un était la réponse à l'autre. Le manuscrit KEVAN indique : "Le mot est dans Roi, I - 7 - 21 dernier verset. Tout le verset et spécialement J et B." Le traité de Robert KIRK précise : « Le mot du Maçon est comme une tradition rabbinique en matière de commentaires sur J ET B, les deux colonnes élevées dans le temple de Salomon. » Les deux documents précités montrent l'unité du mot comprenant J et B. Le manuscrit SLOANE précise la façon dont il était donné : Question - Quel est votre nom ? Réponse : - J ou B. De même « A Mason's examination » de 1723 comporte la question : "Je suppose que vous avez été Apprenti" et la réponse : "J'ai vu J et B ". « The Whole Institutions of free masons opened » poursuit dans le même esprit : « Je vous salue bien Frères, j'ai grand désir de connaître votre nom. Réponse : « J et l'autre doit dire que le sien est B ». Toutefois avec l'apparition du grade de Maître, les rites ont éclaté J et B en        deux mots sacrés distincts, affectés l'un au premier grade, l'autre au second, et l'ont lié à l'une et l'autre des colonnes. Comment cette ventilation s'est elle opérée ? A partir de quelle symbolique ? Différentes hypothèses ont été évoquées. Nous repren­drons d'abord celle qui a le plus longtemps été retenue comme la clé explicative de la position inverse des colonnes entre les différents rites. Cette explication part du postulat que l'éclatement du mot J et B dont l'un répondait à l'autre en deux mots distincts, a amené B à être le mot d'Apprenti et J à être celui de Compagnon. Une divulgation de 1727, "A masons confession", indique en effet : "Concernant le mot, ils disent que B est le mot du Maçon et J un mot de Compagnon. Le premier est montré à un Apprenti lorsqu'il a prêté serment, le second est montré à celui qui a été Apprenti au moins pendant un an, quand il est admis à un degré supérieur dans leur Loge, après qu'il a prêté serment à nouveau". De là, la colonne des Apprentis située au nord aurait ainsi pris le nom de B alors que celle des Compagnons prenait la lettre J. A partir de cette position qui aurait été celle, à ses débuts, de la Grande Loge de Londres, une inversion aurait été volontairement produite du fait des désordres qui intervinrent dans les années 1730-1740, et amenèrent des imposteurs, ayant eu connaissance des mots, à s'introduire dans les assemblées maçonniques. Une décision aurait amené, afin de les piéger, cette inversion, suite à des plaintes réclamant la fin des désordres constatés. La dernière version des constitutions d'ANDERSON rapporte en effet que "quelques variations furent faites dans les formes établies" afin de mettre un terme aux abus constatés. La France, dont la jeune maçonnerie était très liée à la Grande Loge des Modernes, aurait ainsi suivi le mouvement d'inversion en 1740. Tel est, en tout état de cause, la disposition dans la première divulgation française de 1742 de l'abbé PERAU "le secret des Francs-maçons", qui positionne bien la colonne J côté Apprentis et la colonne B côté Compagnons au midi. Les tenants de cette hypothèse expliquent qu'ensuite la Grande loge des Modernes se rapprochant de sa rivale, la Grande Loge des Anciens, avait, déjà avant l'Act Of Union, rétabli la position originelle, mais que, du fait du blocus, la France n'en aurait pas eu connaissance ou qu'encore, du fait de l'antinomie profonde entre l'Angleterre et la France, le Grand Orient n`aurait pas souhaité suivre les mouvements britanniques, peu prisés au plus fort des guerres napoléoniennes. Face à cette explication qui connut ses heures de gloire mais parait actuellement rejetée par l'ensemble des historiens sérieux de la maçonnerie, l'explication qui émerge à l'issue d'un ensemble de recherches, est d'ordre symbolique. La différence entre les rites, vient d'une mise en oeuvre différente des symboles, dans une cohérence propre. L'origine symbolique de la colonne se trouve dans l'arbre qui, par ses racines souterraines, son tronc et ses branches qui s'élèvent vers le ciel, symbolise le lien entre ciel et terre. La prestance des grands arbres, leur robustesse, leur âge séculaire, la renaissance de leur feuillage à l'issue de chaque hiver, ont marqué l'antiquité qui attacha à leur majesté quelques sites. Ainsi à l'origine d'une géographie sacrée, ils évoquent comme le chêne de Saint Louis, l'endroit où l'on vient chercher justice, protection et communication. Avec les débuts de l’art de bâtir, la colonne a pris le pas sur l'arbre mais dans une position identique, c'est à dire que cette colonne était unique et n'intervenait pas pour soutenir quelque édifice ou même sculpture que ce soit. C'est dans cet esprit que des obélisques étaient dressées devant les Temples égyptiens et que deux colonnes furent dressées à l'entrée du Temple de Salomon, côté extérieur, afin de marquer l'axe de communication entre humain et divin - divin et humain. Située dans ce contexte symbolique, la position des colonnes, telle qu'elle est fixée pour les rites modernes, parait tout à fait conforme. Les travaux symboliques s'effectuent "en Loge" qui est la première phrase prononcée par le Vénérable à l'ouverture des travaux du premier grade du Rite Français. Le temple est à l'extérieur. C'est en fait l'humanité entière, conformément à l’article 4 de la règle en douze points de la Franc-Maçonnerie, qui constitue le Temple et son chantier. « La Franc-Maçonnerie vise par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l'humanité toute entière. » La colonne J, à l'intérieur de la Loge et à droite, la colonne B à gauche, sont conformes à la position biblique : A l'extérieur du temple, à droite pour J, à gauche pour B. Livre des rois : "Il dressa les colonnes aux portes du Temple, il dressa la colonne de droite et la nomma J, puis il dressa la colonne de gauche et la nomma B". Certes, sur le plan archéologique, il est faux de dire, comme le fait l'instruction du Rite Français au grade d’Apprenti, que la colonne J était placée au septentrion du Temple de Salomon. Elle était à droite et donc au midi. En effet les Temples de l'antiquité étaient orientés vers l'Est, le saint des Saints se situant à l'Ouest alors que nos Loges ont leur ouverture à l'Ouest et placent le Vénérable à l’Est. Mais dans le Rite Français, du coté Nord on trouve à l'Orient la Lune, sur le plateau du second Surveillant la sphère céleste, la colonne où siègent les Apprentis qui ne supportent qu'une faible lumière et travaillent en force à dégrossir la pierre brute ; c'est bien la colonne J qui en est le complément symbolique normal. A l'inverse sur la colonne du midi, nous trouvons le soleil, la sphère terrestre et les Compagnons à la recherche de leur chef d’oeuvre. La colonne B s'y place tout naturellement, si nous relisons la divulgation de 1725 « The Wolhe Institution of free masons opened » : "J signifie force et B beau ". Le manuscrit GRAHAM- MS de 1726 confirme au sujet des mots sacrés : « Leur nom signifie FORCE et leur réponse BEAUTE. » La conformité de cette position avec le Temple de Jérusalem ressort des écrits de PINHAS BEN YA'IR, Talmudiste du 2ème siècle après Jésus Christ qui, établissant une série de correspondances entre les parties du Temple et différents éléments de l'univers, met en rapport avec la colonne J la lune dont le rôle est d'établir le calendrier et les fêtes, et qui attribue à B le soleil qui jaillit sur le monde plein de puissance, révélant la beauté du monde. La place de l'Apprenti, dont il est dit dans le rituel du 2ème grade qu'il a travaillé à l'extérieur du Temple et s'est exercé à dégrossir la pierre brute, est bien au pied de la colonne J. La place du Compagnon auquel ce même rituel indique "c'est au travail de l'esprit que vous devez désormais vous livrer", trouve naturellement sa place prés de la colonne B. Si l'on se rappelle la première origine de la présence des colonnes, présentées comme connaissance de valeurs issues du passé et transmises à l'homme, la lecture des Anciens Devoirs éclairera plus encore sur le symbolisme auquel s'attache le Rite Français par rapport à J et B. Le DUMFRIES No 4 de 1710 indique : "Ces deux noms semblent désigner les deux Eglises des juifs et des gentils. Celle des juifs par J,    celle des gentils par B. The Whole institution of masony, déjà cité, précise en 1724 "J signifie force et B beau, et se rapportent aux deux fils d'Abraham, l'un de la femme libre et l'autre de l'esclave, et aussi aux deux Alliances, une des oeuvres et une de libre grâce". Ce dernier extrait fait immédiatement penser aux propos de Paul dans aux Galates : " Il est écrit qu'Abraham eut deux fils, un de l'esclave et un de la femme libre. Celui de l'esclave fut l'enfant de la chair, celui de la femme libre l'enfant de la promesse. Tout cela est allégorique car ces femmes sont les deux Alliances". La gravure célèbre d’Alexander SLADE (1754), "un maçon formé à l'aide des objets de sa Loge", comporte un élément qui prouve que l'éclairage des citations précédentes était bien celui qui était perçu à cette époque, car il place au bas de l'une des colonnes, la date de 1754, et au bas de l'autre celle de 5754, illustrant bien l'Ancien et le Nouveau Testament qui constituent la clé de nos travaux. L'Apprenti commence donc par la colonne J qui figure l'Ancien Testament et la force brutale de YAHWEH. Il est dans l'obscurité et entreprend la marche du fils de l'esclave. Le jour venu, après avoir dégrossi la pierre brute, il rejoindra la lumière de la Nouvelle Alliance et la marche du fils de la femme libre. Il contemplera la pierre cubique à pointe et recevra son salaire au prés de la colonne B, initiale de BOOZ, bisaïeul de DAVID et grand père de JESSE, dont ISAIE, annonçant le Messie, disait : " Il sortira un rejeton du tronc de JESSE et une fleur naîtra de ses racines." Nous renverrons enfin les curieux au musée de la Grande Loge Unie d'Angleterre, où ils pourront admirer un tablier du 18ème siècle prouvant bien que la symbolique d'origine du rite moderne est bien celle pratiquée au sein du Rite Français. On y distingue très nettement un fil à plomb tenu par une main entourée de nuages, associé à la sphère céleste alors qu'un niveau apparaît également mais associé à la sphère terrestre. Place des surveillants, place des symboles, place des colonnes, réalité de la Loge et conception du Temple, ne sont donc pas dues à des avatars historiques mais bien au profile d’un rite parfaitement cohérent, héritier de la Grande Loge Anglaise des Modernes.

Source : http://logephenix66.over-blog.org/article-la-position-des-colonnes-au-rite-francais-62815051.html

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Les Colonnes J et B

26 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Depuis le jour de mon initiation, j’ai été fasciné par les deux colonnes.
Au fil des tenues et des visites effectuées dans d’autres loges à d’autres rites, de nombreuses questions sont venues à mon esprit, je vais tenter de vous donner un aperçu de mes recherches et réflexions.
Ce morceau d’ARCHITECTURE se décompose en trois parties :
- Les colonnes en tant qu'éléments d'architecture.
- La question de la position des colonnes dans le temple.
- L'histoire de l'apparition des colonnes dans le mobilier des loges et leur signification symbolique

1 LES DEUX COLONNES, ELEMENT D'ARCHITECTURE
En architecture, la première fonction des colonnes est de soutenir l'édifice, qu'il soit réel ou, comme en maçonnerie, symbolique. Elles garantissent à elles seules la solidité et la pérennité de la construction à tel point qu'elles peuvent représenter symboliquement l'ensemble de l'édifice :
Les décors des chapiteaux des colonnes de style corinthien, composite et romane sont sculptés d’ornements végétaux, que ce soient les feuilles d'acanthes du style corinthien ou les lys et grenades des deux colonnes du Temple de Salomon.
La colonne, en empruntant à l'arbre sa verticalité, symbolise à la fois une colonne vertébrale, arbre de vie et axe des mondes, elles relient la terre et le ciel.
Je vous rappelle ici les images trop connues de la verge de Jesse, représenté comme un arbre de vie et un cheminement depuis la terre où elle s'enracine, tel le futur apprenti maçon sortant du cabinet de réflexion, jusqu'à la lumière du ciel vers laquelle elle tend sans jamais pouvoir l'atteindre.
A commencer par Jacob (Gen.31.45) plusieurs personnages bibliques érigent des pierres, soit pour commémorer un événement, soit pour marquer un endroit, mais toujours pour affirmer la puissance du "Tout Puissant".
En symbolisant les relations entre la terre et le ciel, la colonne évoque ainsi l'étroite relation qui doit exister entre l'homme et Dieu ; elle est alors l'axe du sacré.
Dés le début de la fuite du peuple d’Israël d’Egypte, (exode XIII-20), Dieu précède les juifs le jour dans une colonne de nuée pour lui indiquer la route, la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer ; afin qu’il puisse marcher de jour comme de nuit. Dieu se manifeste à l’homme dans les colonnes, nous pouvons juger de la puissance et du pouvoir de ces colonnes par la puissance divine.
C'est bien sûr dans la Bible qu'il faut chercher la description des deux colonnes, telles qu'elles doivent figurer dans nos temples, et en décrypter le symbolisme. Bien que les différentes traductions du texte hébreu ou grec ne soient pas toujours concordantes, un certain nombre d'éléments sont invariables :
Il faut d'abord situer la place de ces deux colonnes dans l'architecture de l'époque. Il semble maintenant acquis que l'architecture du temple de Jérusalem ait repris le modèle fourni par le plan des temples égyptiens du nouvel empire, eux-mêmes dérivant des mastabas ou temples funéraires de l'ancien empire.
Dans ce contexte, les deux colonnes situées, sur le parvis, devant la porte du temple de Salomon correspondaient aux obélisques situés à l'entrée des temples égyptiens. Comme eux, elles encadraient et gardaient l'entrée du temple ; les franchir signifiait passer du monde profane au monde sacré, sens symbolique que l'on retrouve intact et identique en maçonnerie.
Dans la mythologie de l’antiquité c’est le même sens symbolique de gardien du passage qui faisait donner le nom de colonnes d'Hercule au détroit de Gibraltar, la première en Afrique, la deuxième en Espagne ; séparation entre la méditerranée et l’atlantique, entre le monde connu et le chaos comme entre le profane et le sacré.
Les deux tours occidentales des cathédrales gothiques, de chaque côté du portail seraient les représentations des deux colonnes du temple de SALOMON.

2 LES DEUX COLONNES : HISTORIQUE EN MACONNERIE
C'est dans les Anciens Devoirs (OLD CHARGES) qu'apparaît pour la première fois la mention de deux colonnes qui à cette époque ne sont pas celles situées devant le porche du temple de SALOMON.
Il semble bien que le point de départ de cette légende se trouve dans le livre de l’auteur grec Flavius Josèphe, Antiquités judaïques (traduction d’ARNAUD D’ANDILLY) à propos des enfants de Seth : “On doit à leur esprit et à leur travail la science et l'astrologie ; et, parce qu'ils avaient appris d'Adam que le monde périrait par l'eau et par le feu, la crainte qu'ils eurent que cette science ne se perdît avant que les hommes en fussent instruits les porta à bâtir deux colonnes, l'une de brique et l'autre de pierre, sur lesquelles ils gravèrent les connaissances qu'ils avaient acquises, afin que, s'il arrivait qu'un déluge ruinât la colonne de brique, celle de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'ils y avaient écrit. Leur prévoyance réussit ; et on assure que cette colonne de pierre se voit encore aujourd'hui dans la Syrie Il s'agit cependant de la reprise d'une tradition apocryphe qui tire son origine de juive du Ier siècle après JC.
Deux colonnes sont décrites dès le manuscrit Cooke, vers 1410.
Cette légende rapporte que les enfants des deux épouses de Lamekh,
Jabel, inventeur de la géométrie,
Jubal, inventeur de la musique,
Tubalcaïn, père des forgerons,
Neema qui créa l'art du tissage,
apprirent que Dieu voulait se venger du péché par le feu ou par l'eau et ils s'efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées et ils réfléchirent ensemble, méditèrent et se dirent qu'il existait deux sortes de pierre de vertu telle que l'une résistait au feu - cette pierre s'appelle marbre - et que l'autre flottait sur l'eau, et qu'on appelle lacerus (pierre ponce?).
Ainsi imaginèrent-ils d'écrire toutes les sciences qu'ils avaient inventées sur ces deux pierres : au cas où Dieu se vengerait par le feu le marbre ne brûlerait pas et si Dieu choisissait l'eau l'autre pierre ne coulerait pas. Ils prièrent donc leur frère aîné Jabel de faire deux piliers de ces deux pierres à savoir le marbre et le lacerus et d'inscrire sur ces deux piliers toutes les sciences, toutes les techniques qu'ils avaient toutes inventées [...] Et bien des années après ce déluge, selon le chroniqueur, on trouva les deux piliers et, suivant le Polychronicon, un grand clerc du nom de Pictagoras trouva l'un et Hermès le philosophe trouva l'autre [...]”
Dans le Manuscrit Dumfries no 4 (vers 1710), on trouve à la fois une version simplifiée de ce récit et des explications détaillées sur les colonnes du Temple “Salomon dressa deux noms remarquables : celui de droite, appelé Jakin, c'est à dire "en lui, il y a force" montre [lacune dans le texte (...)] non seulement par la matière mais aussi par le nom de ces deux colonnes avec quelle fermeté l'élu se tient devant Dieu à la fois dans le présent et dans le temps à venir : à présent les enfants de Dieu ont reçu la force intérieurement, à l'avenir Dieu les établira avec son Esprit de Grâce de façon qu'ils ne se sépareront absolument jamais de Lui.“[...] ces deux noms semblent désigner, en plus les deux églises, des Juifs et des Gentils. Celle des Juifs par Jakin, à droite, puisque Dieu voulait à la longue l'établir, à son époque, mais qu'elle n'a pourtant pas trouvé sa stabilité [...] celle des Gentils par Boaz, à gauche, à cause de sa force présente, qui fut en elle lorsqu'elle adhéra au Christ dès la première écoute. Le Christ inscrira sur ces colonnes de meilleurs noms que ceux de Jakin et Boaz, car avant tout il y inscrira le nom de son Dieu [...]”(Villard de Honnecourt no 7).
C'est dans ce même contexte écossais qu'apparaissent les premières acceptations de personnes étrangères au métier dans les loges opératives (dès 1600).
Plusieurs témoignages du XVIIe siècle, dès 1637, attestent de l'existence d'un mot de maçon mais sans que l'on sache s'il était lié au nom des deux colonnes bien que cela semble probable.
Les deux colonnes du Temple sont, elles, citées dans un rituel maçonnique écossais du 17 éme siècle, c'est la plus ancienne attestation avec la première mention des mots maçonniques liés aux noms des deux colonnes du Temple de Salomon. ( livre du pasteur KIRK publié en 1691)
Les deux colonnes, par leur relation avec le mot de maçon, semblent donc liées à l'évolution des loges opératives en loges spéculatives avec une origine écossaise parfaitement attestée.
Samuel Prichard dans Masonry Dissected, montre qu'en 1730, l'évolution était arrivée à son terme :“- Qu'avez-vous vu en passant sous le porche ?
- Deux grandes colonnes
.- Comment s'appellent-elles ?
- J.B., c'est-à-dire Jachim et Boaz.
- Quelle est leur hauteur ?
- Dix-huit coudées
- Quelle est leur circonférence ?
- Douze coudée.
- Comment sont-elles décorées ?
- Avec deux chapiteaux.
- De quelle hauteur sont les chapiteaux ?
- Cinq coudées.
- Comment sont-ils décorés ?
- De réseaux et de grenades.”(Villard de Honnecourt no 8, traduction de Gilles Pasquier

3 LES DEUX COLONNES : SYMBOLISME
D’après la bible, les deux colonnes et leurs chapiteaux sont en bronze.
Dans la Bible : l'airain est un métal sacré, alliage d’étain, cuivre et zinc symbolisant l'alliance indissoluble du ciel et de la terre.
Le bronze symbolise la victoire sur les sept. péchés capitaux.
Hauteur : 18 coudées soit 8,10 mètres
Circonférence : 12 coudées soit 5,4 mètres
Diamètre : 3,7 coudées soit 1,7 mètres
Epaisseur des parois : 4 doigts soit 7,5 cm, elles sont donc creuses.
Le chapiteau coulé également en bronze a une hauteur de 5 coudées.
La densité du bronze étant de 9, on peut estimer leur poids à 40 tonnes.
De même l'attribution de couleurs aux colonnes est donc discutable :
La couleur des colonnes varie d’un rite à l’autre et me semble discutable.
On peut leur donner comme signification la commémoration des colonnes de Feu et de nuée qui eurent un effet opposé mais bénéfique aux enfants d’Israël. Ce qui donne Rouge pour la colonne J. ; car c’est celle qui éclairait de son feu les enfants d’Israël ; Blanc ou noir, pour la colonne B car c’est celle des nuées ténébreuses qui aveuglaient les soldats du pharaon.
3.1 LES GRENADES
La base de chaque chapiteau était décorée d'un treillis (ou d'une guirlande) supportant des grenades au nombre de 200 ; la symbolique maçonnique a ramené ce nombre à trois, le nombre de l’Apprenti.
C'est un tout autre symbole que la présence des grenades. La grenade est un symbole de la fécondité ; ses multiples graines assurant la postérité. Ces graines multiples sont aussi le symbole de l’humanité réunie dans l’œuf ou des maçons réunis dans la loge.
L’Eglise y a aussi vu sa propre représentation, renfermant l'ensemble de ses enfants ; elles sont le symbole de toutes les églises réunies en une seule.
Dans ce même ordre d'idée pourquoi ne pas y voir tous les maçons du monde unis dans une même fraternité, unis entre eux par un idéal commun : devenir meilleur.
La grenade est aussi le fruit de la Mort ; Perséphone, fille de Démeter, enlevée dans les enfers par HADES, fût contrainte, après avoir mangé des pépins de grenade de passer 1/3 de l’année dans l’obscurité et les 2 autres tiers auprès de sa mère Démeter.
La grenade nous parle du mythe de l’éternel retour.
La liberté s’obtient par la mort pour obtenir la résurrection.
La grenade nous invite à mourir en nous même pour ressusciter dans la lumière.
3.2 LES FLEURS DE LYS
Quant aux chapiteaux ils sont ornés de lys, emblème royal.
La tradition biblique donne à cette fleur, en plus de l'allusion courante à la virginité, l’innocence et la beauté, le symbole de l'être élu, du choix de l'être aimé, et de l'abandon à la volonté de Dieu, abandon mystique qui se concrétise au franchissement des colonnes. Son pistil démesuré peut l’assimiler à un symbole sexuel.
Le lys de Palestine qui était probablement une anémone de couleur rouge pouvait également symboliser une flamme transformant ainsi les deux colonnes en flambeaux.
Le lys de Palestine faisait allusion à la virginité perdue.
En fait le Lys symbolise la candeur d’âme avec laquelle on se présente en loge.
Vu l'influence égyptienne sur l'architecture de l'époque, il est possible que la fleur en question soit un lotus. Le lotus est le symbole du vagin
3.3 LE NOM DES DEUX COLONNES
3.3.1 COLONNE J
On retrouve là ce symbole clef de la stabilité, déjà lisible dans la nature même de toute colonne et sur lequel la Bible insiste par le nom donné à la colonne J. qui signifie :
" il établira" ou "il érigera" ou « il mettra debout ».
La connotation phallique est de nouveau proche.
3.3.2 COLONNE B
Boaz signifiant "en force" « avec force » ou « de façon puissante » comme l’hébreu se lit de droite à gauche nous lisons maintenant :
"Il érigera avec Force".
On ne peut qu’être d’accord avec le symbolisme sexuel des colonnes ;
Symbole sexuel du fait en particulier de leur dualité (opposition masculin-féminin), renforcée par la présence des grenades (fécondité) et des lys (virginité),
On l'a même expliqué par référence aux initiales B. et J. qui correspondent à des lettres respectivement féminines et masculines dans l'alphabet hébreu, beth et yod.
LES DEUX COLONNES supportent le cosmos, font la liaison entre la terre et le ciel.
Elles permettent de ranger les outils des Apprentis et des Compagnons.
C’est l’instruction initiatique que les apprentis et les compagnons viennent recevoir comme salaire auprès de ces deux colonnes. Elles renferment les archives de la maçonnerie, les rouleaux des constitutions et les inscriptions des règles des Arts.
3.4 DUALITE DES DEUX COLONNES

BOOZ – BOAZ

 

JACHIN - JAKIN

B

 

J

PASSIF

 

ACTIF

GAUCHE

 

DROITE

Coté gauche du corps humain

 

Coté droit du corps humain

FEMININ

 

MALE

RECEPTIF

 

CREATIF

BLANCHE ou NOIRE

 

ROUGE

Bleu couleur du manteau de la vierge

 

couleur du sang,

LUNE

 

SOLEIL

MERCURE

 

SOUFRE

1° SURVEILLANT

 

2° SURVEILLANT

NIVEAU

 

PERPENDICULAIRE

EN FORCE

 

IL METTRA DEBOUT

AVEC FORCE

 

IL ERIGERA (connotation phallique)

Puissant en lui

 

Que Dieu affermisse

GENTILS

 

JUIFS

4 FABRICATION
Le livre des Rois (1 R 7.13-22) indique : “Il [Hiram] coula deux colonnes de bronze. La hauteur d'une colonne était de dix-huit coudée [une coudée = 0,48 mètre, ou 0,52 mètre selon les hypothèses], et un fil de douze coudées en mesurait le tour ; de même la seconde colonne. Il fit deux chapiteaux pour les placer au sommet des colonnes ; ils étaient coulés en bronze.
De cinq coudées était la hauteur du premier chapiteau, de cinq coudées était la hauteur du second chapiteau. Il fit deux réseaux pour les chapiteaux [...] Il fit des grenades ; il y en avait deux rangées tout autour de l'un des réseaux [...] Il fit de même pour le second chapiteau. Les chapiteaux [...] étaient un ouvrage en forme de lis, ils avaient quatre coudées [...] les grenades étaient au nombre de deux cents [...) (voir article “Temple”)
“Il dressa les colonnes pour le Oulam du Hékhal. Il dressa la colonne de droite et il l'appela du nom de Yakhin ; il dressa la colonne de gauche et il l'appela du nom de Boaz [...]”
Dans le livre des Chroniques (2 Ch 3.15-17), les colonnes sont données pour être de trente-cinq coudées (mesure probablement exagérée) avec des chapiteaux de cinq coudées décorés de “chaînettes en collier sur lesquelles étaient fixées cent grenades”.
Jérémie (Jr 52.21-23) ajoute que l'épaisseur des colonnes était de quatre doigts et qu'elles étaient creuses. “Il y avait quatre-vingt-seize grenades [sur le chapiteau] qui pendaient librement.” Le total des grenades était de cent, sur le réseau, tout autour.”
Le Livre des Rois (1 R 7.46) ajoute : “C'est dans le district du Jourdain qu'il les coula en plein sol, entre Succoth et Zarthan (Tsérédatha).” Si Succoth est à peu près identifiée au dessus du Yabboq, à l'est du Jourdain, Zarthan ne l'est pas avec précision, mais on pense qu'elle devait être située approximativement à la même hauteur, mais sur la rive droite du fleuve.
Les traductions qui paraissent convenir le mieux aux noms de ces deux colonnes sont : pour Boaz : “En Lui la force”, pour Yakhin : “Il établira ou Il affermira, ou encore, Il dirigera”
Certains versets, peu clairs, pourraient donner à penser que ces colonnes étaient érigées dans le porche, d'autres, plus précis, les situent sans ambiguïté devant le porche, ce qui correspond tout à fait à la position que donnent les spécialistes de la recherche archéologique au Moyen-Orient.

5 LA POSITION DES DEUX COLONNES
La Bible est extrêmement claire sur la position des colonnes :
R 7.21 «il dressa les colonnes dans le portique du temple ; il dressa la colonne de droite, et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche, et la nomma Boaz. »
Reste à savoir la signification de droite et gauche qui dépend de la position du spectateur. Un autre passage de la Bible, au sujet de la mer d'airain, complète cette description :
R.7.39« , il plaça la mer du côté droit de la maison au sud-est. »
Il faut savoir d'autre part que, pour "s'orienter", les Israélites avaient coutume de se placer face au soleil levant, face à l'Orient. Dans cette position la droite indique le Sud et la gauche le Nord.
Il n'y a donc pas d'ambiguïté et la position des colonnes historiquement sont : B… au Nord à gauche et J.. au Sud à droite.
Les deux colonnes étaient à l’extérieur du temple.
En 1717, la position des colonnes était respectée mais à l’intérieur du temple derrière la porte d’entrée située à l’Est.
Une des théories de l'inversion des Colonnes est qu’en 1739 ou 1730, après les divulgations de Samuel Pritchard par la Grande Loge d’Angleterre. On inversa les colonnes et les mots d’apprentis et de compagnons pour filtrer et éloigner les maçons irréguliers et les profanes.
Certaines loges indépendantes comme la Grande Loge d’Ecosse et la grande loge d’Irlande ne suivirent pas cet exemple il n’est pas certain que cette affirmation soit exacte.
C'est la première Grande Loge de Londres, devenue, après 1753, la Grande Loge des Modernes, qui essaimera tout d'abord sur le continent et donnera naissance au Rite Français (ou Moderne) : B… au Sud, J ... au Nord.
Le rétablissement des colonnes date de la réunification des deux obédiences en 1813 pour devenir la Grande Loge Unie d’Angleterre.
Certains rites sur le continent, comme le Rite Français (ou Moderne) ont conservé l’inversion ainsi que les mots de maçon correspondants.
Les deux colonnes de nos temples maçonniques furent les seules colonnes présentes jusqu’à la fin du XVIII siècle. Elles étaient regardées comme des attributs essentiels de la loge.
FORCE et BEAUTE .
La SAGESSE étant représentée par le V.M.

6 COMPAGNONNAGES
II semble difficile de clore ce chapitre sans évoquer Védréra et Macaboé, deux colonnes évoquées par certains compagnonnages (F. Icher, Sur le chemin des Compagnons).Ces deux colonnes auraient été édifiées par Maître Jacques lui même, sur le chantier du Temple de Salomon.
Chacune d'elles était composée de seize faces et représentait une partie de l'histoire sainte, depuis la création du monde jusqu'à la construction du Temple.Védréra signifie “colonne de vie”. Le catéchisme qui s'y rapporte précise :- Pourquoi appelle-t-on Védréra la Colonne de Vie ?
- A cause des sujets qui étaient gravés sur chaque face.
- Que représentaient les quatre faces du côté de la porte ?
- La création du monde.
- Que représentaient les quatre faces du côté de la gauche ?
- Le Paradis terrestre.
- Que représentaient les quatre faces vis-à-vis du Sanctuaire ?
- Le songe de David voyant son fils Salomon comme le plus grand roi de la terre et le prophète Samuel lui annonçant que ce rêve s'accomplirait.
- Que représentaient les quatre dernières faces ?
- Le rassemblement des matériaux et des ouvriers pour la construction du Temple.
Certains récits signalent également que le bas-relief de la colonne Védréra comprenait une équerre et un compas entrelacés, une étoile au milieu de laquelle était gravée la lettre “L” (louange), un livre avec un “V” (vérité) et un maillet sur lequel figurait un “P” (pouvoir).
L'autre colonne, Macaboé était décrite de la même façon :
- Pourquoi l'appelait-on Colonne de la Douleur ?
- A cause, des sujets graves sur chaque face.
- Que représentaient les quatre faces du côté de la porte ?
- Les mauvais anges chassés du ciel, le serpent faisant manger le fruit défendu à la femme, la femme en donnant à l'homme, et ensuite l'homme et la femme allant se cacher.
- Que représentaient les quatre faces du côté gauche ?
- Dieu ayant Adam et Eve devant lui et les chassant du paradis terrestre, la naissance de leur premier enfant et la mort d'Abel tué par son frère Caïn.
- Que représentaient les quatre faces vis-à-vis du Sanctuaire ?
- La construction de l'Arche de Noé, le Déluge, la sortie de l'Arche et la construction de la Tour de Babel.
- Que représentaient les quatre dernières faces ?
- Trois seulement étaient gravées. Elles représentaient Jacques quittant son Père, son arrivée à Messine, les adieux au philosophe Xantès et son arrivée à Jerusalem.
La quatrième face était restée en blanc, parce que Jacques attendait d'être reçu Maître pour y graver sa réception.
Sur le bas-relief, dit-on encore, étaient représentés une table sur laquelle il y avait du pain coupé en morceaux ainsi qu'un vase de vin et, près de cette table, un homme offrant du pain et du vin à un autre, nu et à genoux, qui refusait cette offrande...

7 CONCLUSION
On voit que, si l'histoire est précise pour la position des colonnes, leur utilisation en maçonnerie a parfois suivi des chemins différents. L'essentiel est de comprendre que le symbolisme originel qui leur est lié ne les séparait pas, les deux mots étant unis et formant un dialogue insécable.
L’important est que les apprentis viennent chercher leur salaire à la colonne J et les compagnons à la colonne B
Pour moi franchir ces colonnes en entrant c’est accepter d’abandonner mes pensées négatives et mes comportements négatifs, c’est m’ouvrir au sacré et travailler afin de tracer ma voie.
En quittant le temple, à la fin des travaux, je franchis de nouveau les colonnes, pierre brute rendue polie au cours des tenues, je franchis les colonnes pour rejoindre dans le monde profane tous les maçons du monde où chacune de ces pierres nouvellement polies contribue ainsi à la reconstruction symbolique du Temple de Salomon.
L’Apprenti maçon devra dépasser la dualité et se réaliser dans le nombre trois.
Entre les deux colonnes, nous pouvons unir les opposés en réalisant la triade sacrée :
TERRE – HOMME – CIEL
Nous vivrons alors l’harmonie universelle parfaite ou l’homme devient le lien entre le ciel et la terre créant ainsi l’unité de toute chose.
Cherchons la 3 éme colonne qui avec J et B défini un plan sur lequel l'on peut construire. Trois points forment un plan géométrique, une surface, le triangle, celui qui figure à tous les rituels au-dessus du VM.

Source : www.ledifice.net

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Les Piliers

25 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Le pilier est un organe vital de structure architecturale sur lequel se concentrent de façon ponctuelles les charges de la superstructure (par exemple les charges d'une charpente ou celles des maçonneries des niveaux supérieurs)..
La maçonnerie est l'art de bâtir une construction par assemblage d'objets élémentaires liés de manière non réversible. C'est l'art du maçon et du bâtisseur par définition. Le terme maçonnerie peut aussi désigner la Franc-maçonnerie opérative, qui s’appui elle aussi sur ces trois piliers : Liberté, Egalité, Fraternité.

Plutôt que de traiter « les piliers » nous avons pensé élargir notre réflexion sur « les piliers ».
Lorsque nous pénétrons pour nos travaux au 1er degrés dans l’Atelier, après avoir franchi cette ligne qui joint les Colonnes B et J, ligne séparant l’espace profane (à l’extérieur) de l’espace initiatique et dit sacré (à l’intérieur), nous nous retrouvons devant le Tableau de Loge, posé sur le Pavé Mosaïque, entouré de trois piliers disposé en trois points équilatéraux.
Cette union de trois, invariable de douze, symbole de la perfection et de la plénitude dans la tradition grecque antique, mais ces piliers symbolisaient en Maç\ : la Sagesse, la Force, et la Beauté.

La Beauté, c’est le jeune homme dirai je, la Pilier des App\, sa couleur est le vert
La Force, c’est l’homme, le pilier des Compagnons, pour celui-ci sa couleur est le rouge
La Sagesse, représenté par le bleu, c’est l’homme accompli, le pilier des Maîtres.
Nous voulu rappeler ces trois couleurs car elles nous sont apparues la première fois lors du travail sur le Soufre, le Sel, et le Mercure. Début de Alchimie intérieure, comme ci ces trois Piliers sans fioritures à l’intérieur du Temple nous invite à renouveler notre propre introspection, chaque fois que nous pénétrons dans le Temple.

Ces trois piliers supportent chacune une petite étoile allumée lors de l’ouverture des travaux, et éteintes lors de la fermeture des travaux.

Lors de l’Ouverture des travaux, elles symbolisent les qualificatifs que je viens d’exposer. A la fermeture des travaux, comme une mission à accomplir au-dehors, le VM\ fait éteindre l’étoile sur le piliers Sagesse en disant : « Que la Paix règne sur la terre », puis c’est le 1er surveillant dit : « Que l’Amour règne parmi les hommes », et enfin le second surveillant qui dit : que la joie sont dans les cœurs ».

Les trois piliers marquent le présent et le cheminement du Franc Maçon : Beauté pour Apprenti ; Force pour Compagnon et Sagesse pour Maître.

On peut s’interroger sur le nombre de piliers, pourquoi 3 et pas 4 comme il y a quatre angles au Tableau de Loge. Quatre est le nombre de la pierre et l’Apprenti dégrossit sa pierre. Il y a là une clé qu’il nous faut trouver.

Trois, c’est le nombre de l’App\, comme les 3 grandes Lumières, les 3 marches qui mènent à l’Orient, 3 comme l’âge de l’App\, 3 le nombre qui dirige la Loge avec les 3 bijoux mobiles que sont le VM\ et les 2 surveillants.

Mais, me direz vous, pourquoi n’y a-t-il pas ce 4ème pilier ?

Dans la réalité du symbolisme, le Franc Maçon travaille au temps présent. Les F\passés à l’O\ éternel sont certes représentés par cette étoile placée côté septentrion du plateau du VM\, devant le Secr\qui note le présent et représente la charge de Gardien du passé, la mémoire de la Loge.
Avant d’allumer les étoiles sur les 3 piliers, le Maître des Cérémonies prend la Lumière à cette étoile pour la transmettre à celles situées sur les piliers. Il est le Gardien de la Flamme. Il transporte cette flamme avec précaution pour ne pas la perdre et assurer la transmission.
Dans notre parcours Prof\, d’être humain, de la naissance à la mort nous côtoyons les trois lumières. À l’enfance la beauté: «quel beau bébé!...». À l’adolescence la force: «que tu es devenu fort, mon fils !..». Et à l’âge avancé: « écoute la sagesse des anciens!...» On nous montre depuis notre naissance la direction de la sagesse par ces mots: « Sois sage sinon...».

Nous avons émis l’idée, lors des travaux de Col\des App\ , que ce 4ème pilier existait virtuellement, qu’il était invisible à nos yeux, comme les Frères disparus qui sont toujours parmi nous. Mais l’étoile sur le plateau du VM\ est là pour nous les rappeler à notre mémoire.

Peut-on croire que le 4ème pilier est à construire par les générations de Francs Maçons qui se succéderont. Pour imager mon propos, je pense qu’il n’est pas sur le point d’être réaliser : la pierre serait définitivement taillée et l’ouvrage terminé, ce serait sans doute la fin de la Franc Maçonnerie.
Le 4ème pilier, serait-il le transmetteur fluidique qui unit les Francs Façons.
D’ailleurs lors des chaînes d’Union autour des trois piliers nous somme liés les pieds enracinés dans le sol, comme des piliers la tête dans le cosmos, éléments liant, entre la terre et le ciel, représentant autant de piliers que dans les plus immenses architectures de temples antiques.
Voici une citation de Montaigne en guise de conclusion : « Quand bien nous pourrions êtres savants du savoir d’autrui, au moins sages ne pouvons être que de notre propre sagesse ».

Voilà VM\ et vous tous mes FF\ en vos degrés et qualités, le résultat de notre réflexion sur les 3 piliers.

VM\
, j’ai dit

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Etude sur les Trois Piliers

23 Avril 2013 , Rédigé par C\ T\ (Par) Publié dans #Planches

J'ai été très heureux lorsqu'à un Convent, j'ai vu adopter une question se référant aux trois piliers, car on n'en parle jamais de ces fameux piliers ; ils ne figurent malheureusement même plus dans la majorité des Temples. Ce symbole, qui est certainement le plus profond de tous ceux proposés à notre méditation, est en général presque ignoré de nombreux initiés, et j'espère que le travail qui vous est proposé aura comme bienfaisante conséquence d'appeler l'attention sur la valeur ésotérique de notre Initiation.

Il est vrai que la question, telle qu'elle est formulée - rappelons en les termes : « Etude des Vertus et des Principes maçonniques évoqués par le symbolisme des 3 Piliers. » semble tendre à en restreindre la portée à une morale élémentaire...

Quelles sont les vertus dont s'agit ? La Force est bien une « vertu cardinale » selon la classification ecclésiastique, mais la Beauté ne l'est pas. Elle peut néanmoins acquérir la qualité de Vertu, si elle s'identifie à la Charité - ou amour de ses semblables - de même que la Force s'épanouira dans l'Espérance et la Sagesse dans la Foi. Vous apercevez de suite la correspondance des 3 Piliers de loge bleue avec les colonnes que vous rencontrerez dans un grade d'essence purement gnostique. Mais il est encore trop tôt d'en parler. L'étude des vertus et des principes maçonniques est certes très utile, mais pour que ces derniers soient valablement évoqués, il est d'abord indispensable de bien connaître le symbolisme des 3 Piliers. C'est sur cette étude que nous allons nous concentrer plus spécialement.

LES PILIERS ET LES COLONNES

D'abord que sont ces Piliers, dont deux portent le même nom que les deux colonnes J B situées à l'entrée du Temple. Où figurent-ils ? Quel est leur rôle et qu'ont-ils de commun avec les 3 chandeliers, dont il est question dans certains rituels et particulièrement au rite écossais adopté par le Droit Humain ? Je vous avoue ne pas avoir étudié cette parenté et j'en étais à chercher la solution de ce problème, rituellement très important, lorsque me parvint, voici quelques jours, un manuscrit fort important que me transmettait à fin d'édition le F\ René G\. Ce copieux manuscrit étudie minutieusement avec références nombreuses aux anciens rituels, l'historique des piliers, qu'il dénomme lui, les 3 Colonnes. J'avais déjà édité de ce même auteur une première brochure « Position des Colonnes J et B et l'Ordre des mots sacrés ».

Quoique différent sur certains points des avis de René G\, je me référerai à son consciencieux travail au cours de cet exposé.

René G\ tente tout d'abord de prouver l'identité entre les colonnes J et B et les 3 Piliers ; c'est pourquoi, il les dénomme « colonnes ». Car, d'après lui, il n'y aurait pas deux jeux de soutiens : J-B d'une part et Sagesse, Force, Beauté d'autre part, soit 5 éléments, mais trois seulement, c'est-à-dire les 3 colonnes du Temple. Je ne le suis pas dans cette interprétation. À mon avis, du point de vue ésotérique, il doit y avoir un jeu de deux colonnes J B, répliques de celles élevées par Salomon dans les parvis, à l'extérieur de la porte d'entrée du Temple de Jérusalem, si minutieusement décrites tant dans le Livre des Rois que celui des Chroniques, colonnes qui furent en maçonnerie, placées à l'intérieur, de chaque côté de la porte de notre Temple, - et par ailleurs, d'une manière tout à fait indépendante, les 3 soutiens que nous avons appelés « Piliers », pour les différencier des premières - dont deux répondent aux mêmes principes de Force et Beauté, tandis que le troisième (ou le premier, celui le plus près de l'Orient) s'appelait Sagesse. Je base mon opinion sur le fait que la fonction des deux groupes n'est pas du tout la même.

En effet, les deux colonnes J-B qui se trouvent de chaque côté de la porte - J au nord et B au sud, ou inversement (ceci est une question de rite que nous ne pouvons discuter ici ) ne supportent absolument rien. Aucune architrave ne les unit. Ce sont des « ascheras », réminiscences de pieux primitifs, pylônes que nous retrouvons en Egypte sous le nom d'Obélisques, aussi bien que, sous des formes différentes, chez les Phéniciens, les Tyriens etc.

Les deux colonnes sont les bornes (les landmarks physiques) qui séparent le monde profane du domaine sacré. Il ne faudrait pourtant pas les confondre avec de simples poteaux indicateurs : « Ici commence le sacré ». Ce ne sont point de passives stèles-frontières, mais elles sont actives et efficaces. Leur structure de bronze n'a sans doute pas été choisie au hasard : le choix du bronze décèle une préoccupation magnétique, quant à la fonction des colonnes. Ces dernières sont en effet, des condensateurs de l'égrégore dégagé durant les offices divins. Lorsqu'un individu coupe le champ magnétique qui s'établit entre les deux pôles + et - (J et B) et voilà pourquoi elles doivent avoir des charges électromagnétiques contraires sa résonance psychique ne sera pas affectée de façon inharmonique s'il est un fidèle, c'est-à-dire si son état de pensée est accordé aux ondes qu'il traverse. Au contraire, s'il est un " infidèle " un incroyant ou un simple ignorant, la décharge produira un choc sur sa psyché, susceptible par des réitérations inconsidérées, de déclencher des formes névrotiques et de le précipiter jusque dans le déséquilibre obsessionnel.

Quoiqu'en maçonnerie, les colonnes figurées ne soient généralement pas de bronze, un effet du même ordre doit se produire, en accord avec la loi de similitude. On sait qu'en magie, la représentation d'un signe prend la place de ce signe et reproduit son action.

Nous dirons que dans notre Temple, on a même poussé plus loin les conditions favorisant le développement de cette charge psycho-magnétique par le moyen d'un fil conducteur la corde à lacs d'amour. Cette dernière, en effet, capte au sud, à l'est et au nord, c'est-à-dire sur tous les côtés où les initiés résident, la force émanant de leur pensée condensée et, par les pointes qui constituent les glands terminaux, transmettent l'influx dont la corde est saturée, respectivement aux deux colonnes, lesquelles sont et doivent rester isolées l'une de l'autre.

Voilà donc pour les colonnes. Mais avant d'aborder l'étude des Piliers, il est nécessaire de restituer dans son exactitude la disposition intérieure du Temple maç\ telle qu'elle ressort de l'ésotérisme de ses constituants.

LE TEMPLE

Rappelons que, primitivement, n'importe quel local clos et rectangulaire pouvait être très simplement et rapidement transformé en sanctuaire maçonnique. À cet effet, un fauteuil était placé devant le mur opposé à la porte et deux sièges de chaque côté de celle-ci ; puis on traçait à la craie sur le plancher un carré « long », à l'intérieur duquel étaient sommairement dessinés les emblèmes essentiels de la Franc-Maçonnerie. II entrait dans les attributions du « Tuileur » (couvreur ou Grand Expert) de tracer ce tableau avant l'ouverture des Travaux et de l'effacer soigneusement après la clôture.

Il fut trouvé plus expédient par la suite, de dérouler sur le plancher de la salle une toile peinte d'avance et une fois pour toutes, qui fut dénommé « Tapis de Loge ». Traditionnellement, un tapis ne se conçoit que bordé de franges. (Ici encore nous avons affaire à une action isolante). Ces franges furent stylisées sous forme de triangles, alternativement noirs et blancs, bordant le tour extérieur du tapis, tandis que la corde aux lacs d'amour, terminée par des sortes de glands, de « houppes » courait sur les 3 faces intérieurement. Cette corde reçut par habitude, le nom de « houppe dentelée », car elle suivait la disposition des triangles, des « dentelures » du tapis.

Certaines loges, arrivant peu à peu à acquérir la disposition de locaux réservés, firent figurer les décorations rituelles à leur place précise ; au lieu de rester sur un plan, les symboles furent érigés en volume. Ce fut le début de l'élévation du Temple, édifice conçu pour s'étendre jusqu'à la limite du « pensable » et devenant l'image de l'Univers « carré long qui s'étend de l'Est ù l'Ouest, dont la largeur est du Nord au Sud, la hauteur de la Terre aux Cieux (retenez bien cette expression ) et la profondeur de la surface de la Terre au Centre ». Ainsi s'exprime l'Instruction au 1er degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

La même instruction dit encore :
D - Quels sont les appuis de votre Loge?
R- Elle est fondée sur trois forts piliers.
D - Quels sont-ils?
R - Sagesse, Force, Beauté. Et plus loin....
D - Quelles figures allégoriques remarquez-vous dans votre Loge ?
R - Un portique élevé de trois marches, accompagné de deux colonnes de bronze.... etc.
On voit par là que, dans l'esprit des rédacteurs de ces textes, il doit bien y avoir 3 piliers plus 2 colonnes.

LES PILIERS

Si les colonnes figurent à droite et à gauche de la porte d'Occident, il n'en est pas de même des 3 Piliers qui sont assez rarement représentés quoique, par leur importance, leur présence soit aussi nécessaire que celle de J et B. Dans les loges où ils figurent, on s'est rarement souvenu de leur rôle exact et j'ai même vu le pavé mosaïque être disposé entre eux. De là à prétendre, comme je l'ai souvent entendu dire, qu'il est interdit de marcher sur le pavé mosaïque, il y a une déduction qui semble logique, mais qui est fausse en son essence. Cela tient à une confusion entre le pavé mosaïque et le tapis de la loge, qui est d'ailleurs concomitante avec celle entre la « houppe dentelée » et la « Chaîne d'Union ».

Il peut y avoir des similitudes revêtant des caractères différents. Cette confusion est d'autant plus ancrée dans l'esprit que l'on a pris l'habitude, je ne sais trop pourquoi, d'inclure l'image du pavé mosaïque dans la composition du tapis de la loge.

Le pavé mosaïque est inhérent au complexe des deux colonnes ; il doit être disposé entre elles, à l'entrée du Temple, de façon que l'on soit obligé d'en fouler les dalles pour s'avancer en loge. C'est sur lui, comme sur un canevas, que les pas rituels s'exécutent. Son action, de même nature que celle des colonnes doit par l'alternance des forces opposées, empêcher toute démarche profane. Le pavé mosaïque guide l'initié sur la voie droite, le maintient dans l'axe de l'Orient, tout en l'invitant à faire, par un changement de direction en équerre à gauche, le tour de l'espace délimité par les trois piliers, car bien entendu, il est formellement interdit, même pour la réception de dignitaires (et l'on ne s'en fait pas faute) de passer entre les piliers.

En tout cas, Règle absolue : l'aire délimitée par les 3 Piliers est un espace tabou, que personne n'est autorisé à fouler, sauf en certaines circonstances, le Grand Expert dans l'exercice de ses fonctions. On a compris par la description précédente, que les 3 Piliers s'érigent à peu près au centre de la loge, un peu plus près de l'Orient que de l'Occident.

Que sont ces Piliers ? Dans les temples antiques, c'étaient de simples pieux, comme ceux dont nous avons déjà parlé et qui délimitaient l'espace très saint, là où réside le dieu, tandis que les colonnes J B marquaient simplement les bornes du sanctuaire. Il ne faut pas oublier que tous les temples de l'Antiquité étaient constitués de 3 parties : un haut mur d'enceinte extérieur, enserrant tous les bâtiments sacrés, existait déjà du temps de Salomon, afin qu'aucun élément impur ne puisse pénétrer dans le lieu saint, car les esprits malins, les forces adverses, les pensées mauvaises cherchent toujours le point faible pour s'insinuer. La sécurité la plus élémentaire commande que le profane soit tenu à l'écart et que l'Assemblée des fidèles se trouve à l'abri des entités maléfiques. Entre nous, on est " à couvert "

Je ne peux pas reprendre la description du Temple de Salomon, mais il n'est pas inutile de rappeler que la première partie du temple proprement dit, s'appelait ULAM. La foule, plus ou moins cosmopolite, plus ou moins orthodoxe, les marchands de bondieuseries (comme à Lourdes) restait à l'extérieur de ULAM. C'était une première pièce complètement vide et ce dénuement devait provoquer une sorte de purification spirituelle nécessaire à qui veut pénétrer dans la Demeure Sainte. Au milieu du mur qui faisait face à l'entrée, se voyait une porte splendide à deux vantaux. Cette porte donnait accès au sanctuaire, le Hékal où se déroulaient les rites spéciaux.

Nous reconnaissons la porte à deux vantaux de notre propre Temple, qui n'admet que les initiés, les maçons venant prendre part aux « mystères accoutumés », ainsi qu'il est spécifié dans le Rituel Ecossais Ancien et Accepté. Ce qui prouve que des « mystères » existent bien chez nous aussi, contrairement à ce que beaucoup dénient.

Enfin, dissimulée à l'Occident, sous des rideaux soutenus par 4 piliers, voici le DEBHIR, réduit complètement obscur où les « Kéroubim » veillaient sur l'Arche d'Alliance contenant les Tables de pierre où Moïse avait gravé la Loi. Seul le Grand-Prêtre pouvait, en certaines circonstances, pénétrer le DEBHIR ; encore fallait-il qu'il se déchaussât et qu'il y entrât rituellement. Yahvé était censé y résider quelquefois.

L'origine du mot DEBHIR, dit Frédéric Thieberger, ancien professeur au Séminaire rabbinique de Prague, est obscure, ainsi que celle de ULAM ou ELAM. On souligne la ressemblance de ce dernier mot avec l'assyrien « ellamu » qui signifie « côté de la façade ". HEKAL est, dit-on, apparenté à l'akkadien « ekallu » : grande maison, ou palais.

Par ce rappel de la description du Temple que j'abrège, on voit se dessiner la similitude avec notre Temple maçonnique. Le Saint des Saints, le DEBHIR (mot que nous utilisons également), c'est l'espace isolé par nos trois piliers qui, de pieux grossièrement façonnés aux époques reculées, se sont transformés en colonnes assez hautes pour conserver leur caractère originel de troncs d'arbre, sur lesquels repose tout le Temple. On n'insistera jamais assez sur ce fait. Et là où ils n'existent pas, le Temple risque de s'écrouler, car il n'est pas soutenu, c'est-à-dire qu'il est privé de la Force Spirituelle, de son Harmonie, de sa Sagesse même.

PILIERS ET CHANDELIERS

Qui dit « spiritualité», évoque par association d'idées celle de Lumière, et peu à peu, par incompréhension de l'origine des piliers, le symbolisme de lumière est venu se superposer à celui des piliers, pour le plus grand dommage de deux groupes symboliques bien distincts. René G\ écrit dans le travail déjà cité : « Une des principales difficultés que nous ayons eu à surmonter a été précisément de parvenir à démêler et à séparer ces deux questions étroitement liées sinon par leur origine, du moins par plus de deux cents ans d'histoire du symbolisme maçonnique « spéculatif » ».

En fait, les piliers sont des supports répondant au ternaire : Sagesse - Force Beauté, tandis que les chandeliers en constituent un autre, attesté dans nombre de textes, comme le rituel officiel du G\O\D\F\ de 1880. Voici ce que nous lisons dans l'instruction au 1er degré :
D - Qu'avez-vous vu en recevant la Lumière ?
R - Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge. Le soleil pour gouverner le jour, la lune pour la nuit et le M\ pour sa Loge.

Telle est, en effet, la signification absolument constante des 3 grands chandeliers. Ne multiplions pas les citations qui deviendraient fastidieuses par leur abondance et leur similitude à peu près complète.

Dans les Rites où la séparation existe entre les Piliers et les Chandeliers, ces derniers se trouvent à des emplacements parfaitement identiques dans un grand nombre de gravures françaises de la seconde moitié du XVIIIe siècle, c'est-à-dire que les 3 chandeliers dont la base est souvent triangulaire, sont disposés l'un au Nord-Est, le second au Sud-Est et le troisième au Sud Ouest de la loge. En tenue de Maîtrise, ils occupent la même situation, mais portent chacun trois bougies, ce qui forme 9 « lumières » ou « étoiles ». Par simplification, on en est venu à réduire leur échelle et à les disposer sous forme de « bougeoirs » l'un sur le plateau du Vén\ qui est allumé le premier et duquel on porte le feu sur le plateau du l er Surveillant puis du second. Mais tout ceci n'est qu'affaire de détail et de rite, sans influer en rien sur le symbolisme général. Ce qui importe, c'est que ne soient pas confondus luminaires et piliers et qu'ils restent bien indépendants les uns des autres.

Remarquons que les positions indiquées pour les chandeliers au Nord-Est, Sud-Est, Sud-Ouest sont en rapport avec la course du soleil : ainsi que le remarque encore René G\ , le jour où le soleil se lève le plus au Nord-Est correspond au solstice d'été et celui où il se couche le plus au Sud-Ouest est celui du solstice d'hiver. Quand à celui du Sud-Est, il marque le milieu du jour. Ainsi se trouve également indiquée la durée du travail : le commencement au lever du soleil - le repos à midi la fin au coucher du soleil. Du moins en est-il ainsi dans certains grades dits « Supérieurs », dont la supériorité réside justement (et symboliquement) dans l'aptitude à un travail plus éclairé. Mais nous autres, pauvres bleus, malgré nos efforts, nous travaillons toujours à moitié dans l'obscurité, puisque les heures qui nous sont assignées sont de midi à minuit. Mais qu'importe, puisque la véritable illumination - celle qui seule compte - est celle qui se manifeste à l'intérieur de soi. L'étincelle allume l'athanor dans le chaud, dans le doux de l'intimité, car le sanctuaire mystique est situé au coeur de l'Initié et c'est là justement que prennent racine les arbres-piliers, soutiens du Temple commun.

POSITION DES PILIERS

À quels angles du tapis doivent se trouver les 3 Piliers ? Les textes, comme les avis, sont discutables, car il n'existe en symbolisme maç\ que des vérités relatives.

Un point important est cependant à signaler : de même que les colonnes Force - Beauté (J - B) sont constamment attribuées aux deux surveillants, le Pilier Sagesse est-il toujours et dans tous les rites, identifié au Maître de la Loge. La place du Maître à l'Est est assurément l'une des plus anciennes et des plus sûres de la Franc-Maçonnerie. Mais est-il possible de préciser davantage ? Si nous nous reportons à une gravure de 1735 représentant le tableau des Loges de la Grande Loge d'Angleterre, nous voyons très nettement que la chaire du Maître est placée au coin Sud-Est d'une table en équerre.

De même, un passage du texte : " A mason's examination " datant de 1723, précise :
D - Comment les maçons se placent-ils pour le travail ? R - Le Maître au Sud-Est
D - Où le Maître place-t-il sa marque sur l'ouvrage ? R - Au coin Sud-Est.

Bernard E. Jones dans son Freemason's Guide and Compendium rapporte que lorsque Sir Christopher Wren, le célèbre architecte de la Cathédrale St Paul, mourut le 25 Février 1723 à l'âge de 95 ans, il fut enterré au coin Sud-Est de la crypte de ce fameux édifice. (fait cité par René G\ )

Néanmoins, le rite ancien de 1753 parait avoir adopté pour le Maître lui-même une position plein Est. Cet usage a prévalu en Angleterre et il est à l'heure actuelle absolument universel, au point qu'il serait insolite désormais, de replacer le Maître de la Loge au Sud-Est.

Cependant cette place doit être rappelée par la position Sud Est du Pilier Sagesse et aussi de l'autel des Serments qui est une des marques essentielles des prérogatives du Maître.

Les Piliers disposés aux angles Sud-Est Sud-Ouest et Nord Ouest du Tapis de la Loge, constituent la « niche de lumière " selon l'expression soufique, au Centre de laquelle nous déposons tous nos symboles initiatiques et qui s'avère être le révélateur permanent de notre création intérieure, notre « Shekkina » personnelle, notre Saint des Saints individuel. La shekkina est la lumière qui éclaire l'obscurité de notre être profond et c'est en ce sens que nous la considérons comme sacrée et que jamais nous ne piétinerons les images de notre propre sensibilité compréhensive.

LE NOM DES PILIERS

Une question se pose maintenant Pourquoi les Piliers portent-ils un nom ? Et quelle est la portée des noms qui leur furent attribués ?

Dans les pays orientaux, d'où sont issues les coutumes présidant à l'érection des temples, une prescription exigeait qu'on donnât des noms, souvent humains, à toutes les colonnes symboles. Salomon ne manqua pas d'obéir à cette loi en choisissant les noms de Jakin et Boaz pour les deux colonnes flanquant l'entrée de son temple. Il serait trop long et hors de notre sujet d'étudier la valeur de ces deux noms, ce que j'ai fait d'ailleurs en certains de mes ouvrages, mais rappelons-nous qu'une chose innommée n'existe pas et c'est la raison pour laquelle, selon la Genèse, Dieu a réservé à l'homme la prérogative de " nommer toutes choses ». C'était tout simplement transposer la création du principe en acte, ou autrement dit d'actualiser, ou de faire pénétrer dans le temps, ce qui précédemment n'était qu'à l'état de possibilité non manifestée, parce qu'intemporelle.

Nos piliers acquièrent donc une personnalité du fait de l'application d'un nom et dès lors la Sagesse éclaire notre conscience, la Force habite notre âme et la Beauté rayonne de notre esprit. Ces trois qualités qui sont appelées à transcender notre psyché, il est nécessaire que nous en saisissions non seulement la valeur morale, mais que nous les intégrions à notre subconscient ; on n'explique pas la Sagesse, mais on ressent intimement sa présence ; on n'évalue pas une force d'âme, mais on subit son attraction ; on ne définit pas la Beauté, mais on en éprouve intuitivement le charme et l'harmonie.

Sans vouloir remonter, comme le fait notre F\ René G\, aux origines chrétiennes du terme Sagesse, où il désignerait selon lui la seconde personne de la trinité religieuse et par conséquent le Verbe, reproduisons cependant cette citation de Moïse Mahménide, extraite de « la Cabale » de Papus et commentant le premier verset de la Genèse qui commence par le mot hébreu :

« Bereschit ». Je cite : « la doctrine de nos Maîtres est que le mot « Bereschit » (qui signifie : au commencement ) indique que l'Univers a été créé par l'entremise des dix Séphiroth. Ce mot désigne également la Séphira appelée Sagesse (la deuxième sur l'Arbre séphirothique). Elle est le fondement de tout le sujet de notre texte, car il est écrit (Prov.III/19 ) : « L'Eternel a fondé la Terre par la Sagesse et agencé les Cieux pari l'lntelligence » Notons que l'Intelligence (Binah) est la troisième séphira dans 1a hiérarchie des émanations.

Le mot « Bereschit » désigne donc la Sagesse qui, bien que seconde de la Couronne, est cependant la première qui se manifeste. Papus souligne dans une note que ceci est conforme à l'Évangile de Saint Jean : la Parole qui se manifeste « au commencement » est le seul moyen que l'on ait de prendre conscience du non-manifesté; c'est ce que je disais tout à l'heure au sujet du nom.

Ainsi ces deux termes si usités en maçonnerie : Sagesse et Parole - que l'on songe à la Parole Perdue au 3éme et 18éme degrés - sont tous deux équivalents et la Sagesse est la Parole Créatrice, le « Logos », d'où dérive le mot « Loge », l'endroit où l'on ne prononce que des paroles constructives...

Cette constatation va nous permettre de jeter un regard dans des sphères un peu plus hautes - oh ! rapidement, car je ne veux pas mettre votre esprit à la torture.

L'ARBRE DE VIE

On a souvent comparé la Loge à l'Arbre de Vie de la Cabbale, connu aussi sous le nom d'arbre séphirotique, dont je vais vous dire un mot. Pourquoi l'Arbre de Vie ? Parce qu'il serait capable de nous rendre l'immortalité que la science nous a fait perdre, selon la légende. Aussi son approche fut-elle soigneusement défendue par les « Kéroubim » que nous avons déjà vus, armés d'une épée flamboyante, garder la « Shekkina » où repose la Loi.

Si bien gardé qu'il fût, cet Arbre de Vie est resté sous les regards de l'homme curieux. Sa représentation la plus accessible aux peuples d'occident se trouve dans la Cabbale, dont l'éminent spécialiste Paul Vulliaud déclare « qu'elle semble bien elle-même n'être qu'une tradition antécédente, qui est la Tradition Universelle, dont tous les peuples ont conservé plus ou moins le souvenir. »

Ressemblant quelque peu à un arbre généalogique, l'arbre Séphirothique groupe dans un ordre cosmique les Séphiroth (ou émanations) qui représentent les sphères d'influence de l'Univers sur l'Homme et, dans un autre ordre d'idée, les différentes étapes de la Création, de l'Incarnation de l'Esprit dans la Matière, dans la numération René Guénon dirait : « dans la multiplicité », et son retour vers l'Unité. Ses trente-deux Voies sont les 10 Nombres et les Vingt-deux Lettres hiéroglyphiques de l'Alphabetum.

La trente et unième, se rapportant à la lettre Shin représente la lampe magique et s'appelle l'Intelligence perpétuelle. Celle-là régit le Soleil et la Lune et les autres étoiles et figures, chacun dans son ordre respectif.

Or, si nous parcourons ces canaux, nous trouvons que la séphira 2 appelée " Hocma " signifie " Sagesse », que la séphira 7 (Netzah) est la Force victorieuse et que la séphira 8 (Hod) est la Beauté (à ne pas confondre avec la splendeur qui réside en la séphira 6, laquelle est appelée Tipheret et représente le Soleil ou le Cœur en illuminant la Shekkina, privée elle, de toute lumière profane.)

Ces trois sphères d'influence occupent justement sur l'Arbre la place des 3 Officiers directeurs de la Loge, et Lumières de l'Atelier.

Comme une force ne se révèle telle qu'au moment où elle rencontre une réaction, de même les 3 Piliers, pour manifester leur puissance doivent obligatoirement s'adjoindre l'esprit d'un quatrième.

Les nombres vont l'indiquer :

Séphira 2 + séphira 7 + séphira 8 = Une quatrième qui en est la synthèse, et qui ne peut être autre que la 17e (2 +7+ 8 =17)

Or, il n'existe pas 17 séphiroth, dix en est le nombre. Cherchons donc à réduire le nombre 17 par addition :

17 = 1 + 7 = 8. Nous voyons que la 8ème séphira (Beauté) se dédouble, sans donner de nom à la synthèse.

N'oublions pas toutefois que les 32 Voies de l'Arbre séphirothique comprennent les 10 Nombres élémentaires et les 22 Lettres de l'Alphabetum, et que chacune de ces lettres correspond à un nombre lequel désigne une lame majeure du Tarot. Quelle est la 17 ème Lettre ? Phé dont la valeur est 80, et qui figure sur la lame dite : « Les Étoiles ».

Les lumières humaines sont promises â devenir des Étoiles, donc à s'intégrer au Cosmos, si elles sont entretenues par la 3ème séphira (Binah) - qui est en fait le quatrième pilier. Or, la séphira 3, c'est l'Intelligence compréhensive.

Il est en effet inutile d'éclairer la Sagesse, la Force et la Beauté devant des Imbéciles. Ils ne pourraient en faire qu'un mauvais usage, surtout de la Force ! Mais si nous adjoignons le 4 ème Pilier d'Intelligence, alors tout s'éclairera, en bas comme en haut, et ce 4e Pilier sera celui qui relie la terre au ciel, le Pilier du Monde, et qui permettra à l'Intelligence Supérieure d'habiter la Shekkina, le cœur de tous les Adeptes.

Qu'on ne vienne pas dire que ce calcul est « arrangé » pour les besoins de la cause ou que c'est « par hasard » que les choses s'arrangent ainsi.

Nous allons prendre comme vérification le second chemin possible ; celui de la multiplication.

2 x 7 x 8 = 112, nombre où nous voyons les deux colonnes II et une troisième, qui est double 2.

Nous arrivons au même résultat que par le procédé additif: la séphira 8 crée ce parèdre qui se nommera 3 ou l'Intelligence et constituera le Quatrième Pilier, représentant la séphira « Daath » - tout aussi invisible l'un que l'autre; je ne puis m'étendre sur cette correspondance qui m'entraînerait trop haut sur l'arbre séphirotique, mais les cabalistes me comprendront. Le quatrième Pilier, quoique non apparent, existe donc réellement et je dirai même que sans lui, les autres ne seraient pas, car ils n'auraient nulle valeur.

Ce pilier est fluidique, indécelable, impalpable. Comme l'Intelligence, il est Esprit qui se déverse sur les âmes prêtes à le recevoir, il est la relation du divin et de l'humain.

Le 4e pilier est aussi peu concret que l'échelle reliant la terre au ciel entrevue par Jacob dans un songe, alors que sa tête reposait sur une pierre cubique qui lui servait d'oreiller. Le long de cette échelle éthérique, les « anges » - disons les émanations - semblaient « monter et descendre », sans toutefois se repo-ser sur les échelons. Ils se mouvaient dans l'atmosphère selon la verticale évolutive, à la manière des poissons dans l'eau ou des grains de poussière dans un rayon solaire.

L'Échelle n'était plus un support, mais seulement un guide, une colonne sans consistance, une trajectoire gravée dans l'espace. L'effusion Ciel-Terre s'opérait, comme celle que l'on peut discerner sur l'Arcane XVII, où un ange semble déverser sur terre les impondérables nécessaires à la formation d'une échelle immatérielle, privée d'inutiles échelons.

À son réveil, Jacob dressa la pierre qui lui avait servi de chevet, la consacra avec de l'huile et l'appela : Beth-El la maison du Seigneur.

Ainsi de cette pierre matérielle sortit, beaucoup plus tard, un temple matériel lui aussi, mais dont l'érection avait été suggérée par l'Intelligence dirigée le long de l'échelle-pilier cosmique.

De cette façon s'organise, à travers les 4 éléments primordiaux, le Sphinx tétramère, succédané hermétique du gardien Kerub, à l'épée flamboyante, donc :
- La tête humaine, avec la plasticité de l'Eau, enregistre le Savoir.
- Les griffes du lion, mordantes comme le Feu, incitent à Oser.
- Le corps de taureau, dense comme la Terre, signe le vouloir tandis que les ailes de l'aigle, fuyantes dans l'Air, suggèrent de se taire.

Tels sont les 4 Verbes-préceptes de la Magie opérative, mais « Celui-là seul, dit Eliphas Lévi, se maintient au-dessus des autres hommes, qui ne prostituent pas à leurs commentaires et à leur, risées, les secrets de son Intelligence. »

Nous ne rêvons plus guère, en notre époque artificielle et superficielle, terriblement rivée à la terre, mais si notre Temple perdure, malgré les cataclysmes, les guerres et les attaques, c'est parce que ses assises sont solidement ancrées sur Jakin et Boaz et que, d'autre part, les piliers-racines spirituelles du «fondement » (arcane 9) sont sans cesse nourries par la sève de Binah, par la condensation des entités qui, inlassablement « montent et descendent » le long de notre quatrième Pilier.

Netzah et Hod (séphiroth 7 et 8) sont souvent appelées les « Colonnes du Temple " et se confondent avec Jakin-Boaz. Cependant, il y a une grande différence :

Ces dernières président à la nouvelle naissance corporelle de l'Apprenti, après l'abandon de ses métaux qu'il a confiés à leur garde, et auprès desquelles il touche son salaire.

Quant aux Piliers, ils animent sa chair par le Souffle de la Connaissance Intelligente, de la Connaissance Initiatique.

Source : www.ledifice.net

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