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Hauts Grades

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La position des colonnes au Rite Français

27 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Tous les rites que nous pratiquons font place à deux colonnes placées symboliquement à l'intérieur, à droite et à gauche de l'entrée ; l'une porte la lettre J, 1'autre la lettre B. Au delà de cette harmonie, une première dissonance apparaît, qui voit les rites modernes positionner la colonne J à gauche tandis que les rites anciens placent à gauche la colonne B. Attachons nous tout d'abord à comprendre l'origine de ces colonnes.Dans les documents maçonniques les plus anciens apparaissent une colonne en brique et une colonne en marbre, érigées par les fils de LAMECK pour y inscrire les arts et les sciences qu'ils avaient découverts, afin de les protéger du déluge.Flavius JOSEPH écrit dans les "Antiquités judaïques" : "Parce qu'ils avaient appris d'Adam que le monde périrait par l'eau et par le feu... ils bâtirent deux colonnes, l'une de brique, l'autre de pierre, sur lesquelles ils gravèrent les connaissances qu'ils avaient acquises".Le manuscrit COOKE, daté d'environ 1410, reprend la même idée : "Ayant appris que Dieu voulait se venger du péché par le feu ou par l’eau, ils s'efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées et se dirent qu'il existait une pierre qui résistait au feu qui s'appelait « Marbre » et une autre qui flottait sur l'eau qu'on appelait "lacerus" ...David STEVENSON, dans « Les origines de la Franc-Maçonnerie » indique à ce sujet : « Les deux colonnes des anciens devoirs représentent les colonnes sur lesquelles la connaissance vitale pour l'avenir de l’espèce humaine fut gravée ... Les légendes sur de telles colonnes sont originaires du moyen orient, elles représentaient une variante de l'idée d'une connaissance de valeurs issues du passé ». Ce premier symbolisme des colonnes tombe peu à peu en désuétude à partir des années 1725, du fait de l'importance prise par le développement du 3ème grade et la symbolique de l'édification du Temple de Salomon. La transition se constate dans la lecture du manuscrit DUMFRIES N° 4 (environ 1710), où l'on trouve à la fois une version simplifiée du récit originel et des explications détaillées sur les colonnes du Temple que SALOMON fit construire à Jérusalem. Le Rite Français conserve en partie la trace de la première légende, au travers du mot de passe d'Apprenti « TUBALCAIN », présenté dans l'instruction du premier grade comme le nom de celui des fils de LAMEKH qui inventa l'art de travailler les métaux. Au delà de cette référence à la symbolique d'origine, la présentation faite du tableau de Loge à tout nouvel Apprenti, indique clairement l'importance prise par le Temple de Jérusalem : "Vous voyez l'entrée du Temple que Salomon fit élever à Jérusalem à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, c'est lors de la construction de cet édifice fameux que, selon la tradition, la Franc-Maçonnerie reçut l'organisation qui est encore la sienne aujourd’hui... Vous voyez que l'entrée est précédée de deux colonnes et que celle du septentrion porte la lettre J, lettre initiale du mot sacré qui vient de vous être communiqué". Ce rapprochement entre colonne et mot sacré nous amène à étudier l'origine de ces mots. II convient de se rappeler qu'alors la Maçonnerie ne comportait que deux grades et que celui qui était dénommé « Maître » était le Maître de la Loge, c’est à dire le Vénérable. Le mot sacré était à la fois J et B qui ne constituait qu'un mot du premier grade dont l'un était la réponse à l'autre. Le manuscrit KEVAN indique : "Le mot est dans Roi, I - 7 - 21 dernier verset. Tout le verset et spécialement J et B." Le traité de Robert KIRK précise : « Le mot du Maçon est comme une tradition rabbinique en matière de commentaires sur J ET B, les deux colonnes élevées dans le temple de Salomon. » Les deux documents précités montrent l'unité du mot comprenant J et B. Le manuscrit SLOANE précise la façon dont il était donné : Question - Quel est votre nom ? Réponse : - J ou B. De même « A Mason's examination » de 1723 comporte la question : "Je suppose que vous avez été Apprenti" et la réponse : "J'ai vu J et B ". « The Whole Institutions of free masons opened » poursuit dans le même esprit : « Je vous salue bien Frères, j'ai grand désir de connaître votre nom. Réponse : « J et l'autre doit dire que le sien est B ». Toutefois avec l'apparition du grade de Maître, les rites ont éclaté J et B en        deux mots sacrés distincts, affectés l'un au premier grade, l'autre au second, et l'ont lié à l'une et l'autre des colonnes. Comment cette ventilation s'est elle opérée ? A partir de quelle symbolique ? Différentes hypothèses ont été évoquées. Nous repren­drons d'abord celle qui a le plus longtemps été retenue comme la clé explicative de la position inverse des colonnes entre les différents rites. Cette explication part du postulat que l'éclatement du mot J et B dont l'un répondait à l'autre en deux mots distincts, a amené B à être le mot d'Apprenti et J à être celui de Compagnon. Une divulgation de 1727, "A masons confession", indique en effet : "Concernant le mot, ils disent que B est le mot du Maçon et J un mot de Compagnon. Le premier est montré à un Apprenti lorsqu'il a prêté serment, le second est montré à celui qui a été Apprenti au moins pendant un an, quand il est admis à un degré supérieur dans leur Loge, après qu'il a prêté serment à nouveau". De là, la colonne des Apprentis située au nord aurait ainsi pris le nom de B alors que celle des Compagnons prenait la lettre J. A partir de cette position qui aurait été celle, à ses débuts, de la Grande Loge de Londres, une inversion aurait été volontairement produite du fait des désordres qui intervinrent dans les années 1730-1740, et amenèrent des imposteurs, ayant eu connaissance des mots, à s'introduire dans les assemblées maçonniques. Une décision aurait amené, afin de les piéger, cette inversion, suite à des plaintes réclamant la fin des désordres constatés. La dernière version des constitutions d'ANDERSON rapporte en effet que "quelques variations furent faites dans les formes établies" afin de mettre un terme aux abus constatés. La France, dont la jeune maçonnerie était très liée à la Grande Loge des Modernes, aurait ainsi suivi le mouvement d'inversion en 1740. Tel est, en tout état de cause, la disposition dans la première divulgation française de 1742 de l'abbé PERAU "le secret des Francs-maçons", qui positionne bien la colonne J côté Apprentis et la colonne B côté Compagnons au midi. Les tenants de cette hypothèse expliquent qu'ensuite la Grande loge des Modernes se rapprochant de sa rivale, la Grande Loge des Anciens, avait, déjà avant l'Act Of Union, rétabli la position originelle, mais que, du fait du blocus, la France n'en aurait pas eu connaissance ou qu'encore, du fait de l'antinomie profonde entre l'Angleterre et la France, le Grand Orient n`aurait pas souhaité suivre les mouvements britanniques, peu prisés au plus fort des guerres napoléoniennes. Face à cette explication qui connut ses heures de gloire mais parait actuellement rejetée par l'ensemble des historiens sérieux de la maçonnerie, l'explication qui émerge à l'issue d'un ensemble de recherches, est d'ordre symbolique. La différence entre les rites, vient d'une mise en oeuvre différente des symboles, dans une cohérence propre. L'origine symbolique de la colonne se trouve dans l'arbre qui, par ses racines souterraines, son tronc et ses branches qui s'élèvent vers le ciel, symbolise le lien entre ciel et terre. La prestance des grands arbres, leur robustesse, leur âge séculaire, la renaissance de leur feuillage à l'issue de chaque hiver, ont marqué l'antiquité qui attacha à leur majesté quelques sites. Ainsi à l'origine d'une géographie sacrée, ils évoquent comme le chêne de Saint Louis, l'endroit où l'on vient chercher justice, protection et communication. Avec les débuts de l’art de bâtir, la colonne a pris le pas sur l'arbre mais dans une position identique, c'est à dire que cette colonne était unique et n'intervenait pas pour soutenir quelque édifice ou même sculpture que ce soit. C'est dans cet esprit que des obélisques étaient dressées devant les Temples égyptiens et que deux colonnes furent dressées à l'entrée du Temple de Salomon, côté extérieur, afin de marquer l'axe de communication entre humain et divin - divin et humain. Située dans ce contexte symbolique, la position des colonnes, telle qu'elle est fixée pour les rites modernes, parait tout à fait conforme. Les travaux symboliques s'effectuent "en Loge" qui est la première phrase prononcée par le Vénérable à l'ouverture des travaux du premier grade du Rite Français. Le temple est à l'extérieur. C'est en fait l'humanité entière, conformément à l’article 4 de la règle en douze points de la Franc-Maçonnerie, qui constitue le Temple et son chantier. « La Franc-Maçonnerie vise par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l'humanité toute entière. » La colonne J, à l'intérieur de la Loge et à droite, la colonne B à gauche, sont conformes à la position biblique : A l'extérieur du temple, à droite pour J, à gauche pour B. Livre des rois : "Il dressa les colonnes aux portes du Temple, il dressa la colonne de droite et la nomma J, puis il dressa la colonne de gauche et la nomma B". Certes, sur le plan archéologique, il est faux de dire, comme le fait l'instruction du Rite Français au grade d’Apprenti, que la colonne J était placée au septentrion du Temple de Salomon. Elle était à droite et donc au midi. En effet les Temples de l'antiquité étaient orientés vers l'Est, le saint des Saints se situant à l'Ouest alors que nos Loges ont leur ouverture à l'Ouest et placent le Vénérable à l’Est. Mais dans le Rite Français, du coté Nord on trouve à l'Orient la Lune, sur le plateau du second Surveillant la sphère céleste, la colonne où siègent les Apprentis qui ne supportent qu'une faible lumière et travaillent en force à dégrossir la pierre brute ; c'est bien la colonne J qui en est le complément symbolique normal. A l'inverse sur la colonne du midi, nous trouvons le soleil, la sphère terrestre et les Compagnons à la recherche de leur chef d’oeuvre. La colonne B s'y place tout naturellement, si nous relisons la divulgation de 1725 « The Wolhe Institution of free masons opened » : "J signifie force et B beau ". Le manuscrit GRAHAM- MS de 1726 confirme au sujet des mots sacrés : « Leur nom signifie FORCE et leur réponse BEAUTE. » La conformité de cette position avec le Temple de Jérusalem ressort des écrits de PINHAS BEN YA'IR, Talmudiste du 2ème siècle après Jésus Christ qui, établissant une série de correspondances entre les parties du Temple et différents éléments de l'univers, met en rapport avec la colonne J la lune dont le rôle est d'établir le calendrier et les fêtes, et qui attribue à B le soleil qui jaillit sur le monde plein de puissance, révélant la beauté du monde. La place de l'Apprenti, dont il est dit dans le rituel du 2ème grade qu'il a travaillé à l'extérieur du Temple et s'est exercé à dégrossir la pierre brute, est bien au pied de la colonne J. La place du Compagnon auquel ce même rituel indique "c'est au travail de l'esprit que vous devez désormais vous livrer", trouve naturellement sa place prés de la colonne B. Si l'on se rappelle la première origine de la présence des colonnes, présentées comme connaissance de valeurs issues du passé et transmises à l'homme, la lecture des Anciens Devoirs éclairera plus encore sur le symbolisme auquel s'attache le Rite Français par rapport à J et B. Le DUMFRIES No 4 de 1710 indique : "Ces deux noms semblent désigner les deux Eglises des juifs et des gentils. Celle des juifs par J,    celle des gentils par B. The Whole institution of masony, déjà cité, précise en 1724 "J signifie force et B beau, et se rapportent aux deux fils d'Abraham, l'un de la femme libre et l'autre de l'esclave, et aussi aux deux Alliances, une des oeuvres et une de libre grâce". Ce dernier extrait fait immédiatement penser aux propos de Paul dans aux Galates : " Il est écrit qu'Abraham eut deux fils, un de l'esclave et un de la femme libre. Celui de l'esclave fut l'enfant de la chair, celui de la femme libre l'enfant de la promesse. Tout cela est allégorique car ces femmes sont les deux Alliances". La gravure célèbre d’Alexander SLADE (1754), "un maçon formé à l'aide des objets de sa Loge", comporte un élément qui prouve que l'éclairage des citations précédentes était bien celui qui était perçu à cette époque, car il place au bas de l'une des colonnes, la date de 1754, et au bas de l'autre celle de 5754, illustrant bien l'Ancien et le Nouveau Testament qui constituent la clé de nos travaux. L'Apprenti commence donc par la colonne J qui figure l'Ancien Testament et la force brutale de YAHWEH. Il est dans l'obscurité et entreprend la marche du fils de l'esclave. Le jour venu, après avoir dégrossi la pierre brute, il rejoindra la lumière de la Nouvelle Alliance et la marche du fils de la femme libre. Il contemplera la pierre cubique à pointe et recevra son salaire au prés de la colonne B, initiale de BOOZ, bisaïeul de DAVID et grand père de JESSE, dont ISAIE, annonçant le Messie, disait : " Il sortira un rejeton du tronc de JESSE et une fleur naîtra de ses racines." Nous renverrons enfin les curieux au musée de la Grande Loge Unie d'Angleterre, où ils pourront admirer un tablier du 18ème siècle prouvant bien que la symbolique d'origine du rite moderne est bien celle pratiquée au sein du Rite Français. On y distingue très nettement un fil à plomb tenu par une main entourée de nuages, associé à la sphère céleste alors qu'un niveau apparaît également mais associé à la sphère terrestre. Place des surveillants, place des symboles, place des colonnes, réalité de la Loge et conception du Temple, ne sont donc pas dues à des avatars historiques mais bien au profile d’un rite parfaitement cohérent, héritier de la Grande Loge Anglaise des Modernes.

Source : http://logephenix66.over-blog.org/article-la-position-des-colonnes-au-rite-francais-62815051.html

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Les Colonnes J et B

26 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Depuis le jour de mon initiation, j’ai été fasciné par les deux colonnes.
Au fil des tenues et des visites effectuées dans d’autres loges à d’autres rites, de nombreuses questions sont venues à mon esprit, je vais tenter de vous donner un aperçu de mes recherches et réflexions.
Ce morceau d’ARCHITECTURE se décompose en trois parties :
- Les colonnes en tant qu'éléments d'architecture.
- La question de la position des colonnes dans le temple.
- L'histoire de l'apparition des colonnes dans le mobilier des loges et leur signification symbolique

1 LES DEUX COLONNES, ELEMENT D'ARCHITECTURE
En architecture, la première fonction des colonnes est de soutenir l'édifice, qu'il soit réel ou, comme en maçonnerie, symbolique. Elles garantissent à elles seules la solidité et la pérennité de la construction à tel point qu'elles peuvent représenter symboliquement l'ensemble de l'édifice :
Les décors des chapiteaux des colonnes de style corinthien, composite et romane sont sculptés d’ornements végétaux, que ce soient les feuilles d'acanthes du style corinthien ou les lys et grenades des deux colonnes du Temple de Salomon.
La colonne, en empruntant à l'arbre sa verticalité, symbolise à la fois une colonne vertébrale, arbre de vie et axe des mondes, elles relient la terre et le ciel.
Je vous rappelle ici les images trop connues de la verge de Jesse, représenté comme un arbre de vie et un cheminement depuis la terre où elle s'enracine, tel le futur apprenti maçon sortant du cabinet de réflexion, jusqu'à la lumière du ciel vers laquelle elle tend sans jamais pouvoir l'atteindre.
A commencer par Jacob (Gen.31.45) plusieurs personnages bibliques érigent des pierres, soit pour commémorer un événement, soit pour marquer un endroit, mais toujours pour affirmer la puissance du "Tout Puissant".
En symbolisant les relations entre la terre et le ciel, la colonne évoque ainsi l'étroite relation qui doit exister entre l'homme et Dieu ; elle est alors l'axe du sacré.
Dés le début de la fuite du peuple d’Israël d’Egypte, (exode XIII-20), Dieu précède les juifs le jour dans une colonne de nuée pour lui indiquer la route, la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer ; afin qu’il puisse marcher de jour comme de nuit. Dieu se manifeste à l’homme dans les colonnes, nous pouvons juger de la puissance et du pouvoir de ces colonnes par la puissance divine.
C'est bien sûr dans la Bible qu'il faut chercher la description des deux colonnes, telles qu'elles doivent figurer dans nos temples, et en décrypter le symbolisme. Bien que les différentes traductions du texte hébreu ou grec ne soient pas toujours concordantes, un certain nombre d'éléments sont invariables :
Il faut d'abord situer la place de ces deux colonnes dans l'architecture de l'époque. Il semble maintenant acquis que l'architecture du temple de Jérusalem ait repris le modèle fourni par le plan des temples égyptiens du nouvel empire, eux-mêmes dérivant des mastabas ou temples funéraires de l'ancien empire.
Dans ce contexte, les deux colonnes situées, sur le parvis, devant la porte du temple de Salomon correspondaient aux obélisques situés à l'entrée des temples égyptiens. Comme eux, elles encadraient et gardaient l'entrée du temple ; les franchir signifiait passer du monde profane au monde sacré, sens symbolique que l'on retrouve intact et identique en maçonnerie.
Dans la mythologie de l’antiquité c’est le même sens symbolique de gardien du passage qui faisait donner le nom de colonnes d'Hercule au détroit de Gibraltar, la première en Afrique, la deuxième en Espagne ; séparation entre la méditerranée et l’atlantique, entre le monde connu et le chaos comme entre le profane et le sacré.
Les deux tours occidentales des cathédrales gothiques, de chaque côté du portail seraient les représentations des deux colonnes du temple de SALOMON.

2 LES DEUX COLONNES : HISTORIQUE EN MACONNERIE
C'est dans les Anciens Devoirs (OLD CHARGES) qu'apparaît pour la première fois la mention de deux colonnes qui à cette époque ne sont pas celles situées devant le porche du temple de SALOMON.
Il semble bien que le point de départ de cette légende se trouve dans le livre de l’auteur grec Flavius Josèphe, Antiquités judaïques (traduction d’ARNAUD D’ANDILLY) à propos des enfants de Seth : “On doit à leur esprit et à leur travail la science et l'astrologie ; et, parce qu'ils avaient appris d'Adam que le monde périrait par l'eau et par le feu, la crainte qu'ils eurent que cette science ne se perdît avant que les hommes en fussent instruits les porta à bâtir deux colonnes, l'une de brique et l'autre de pierre, sur lesquelles ils gravèrent les connaissances qu'ils avaient acquises, afin que, s'il arrivait qu'un déluge ruinât la colonne de brique, celle de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'ils y avaient écrit. Leur prévoyance réussit ; et on assure que cette colonne de pierre se voit encore aujourd'hui dans la Syrie Il s'agit cependant de la reprise d'une tradition apocryphe qui tire son origine de juive du Ier siècle après JC.
Deux colonnes sont décrites dès le manuscrit Cooke, vers 1410.
Cette légende rapporte que les enfants des deux épouses de Lamekh,
Jabel, inventeur de la géométrie,
Jubal, inventeur de la musique,
Tubalcaïn, père des forgerons,
Neema qui créa l'art du tissage,
apprirent que Dieu voulait se venger du péché par le feu ou par l'eau et ils s'efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées et ils réfléchirent ensemble, méditèrent et se dirent qu'il existait deux sortes de pierre de vertu telle que l'une résistait au feu - cette pierre s'appelle marbre - et que l'autre flottait sur l'eau, et qu'on appelle lacerus (pierre ponce?).
Ainsi imaginèrent-ils d'écrire toutes les sciences qu'ils avaient inventées sur ces deux pierres : au cas où Dieu se vengerait par le feu le marbre ne brûlerait pas et si Dieu choisissait l'eau l'autre pierre ne coulerait pas. Ils prièrent donc leur frère aîné Jabel de faire deux piliers de ces deux pierres à savoir le marbre et le lacerus et d'inscrire sur ces deux piliers toutes les sciences, toutes les techniques qu'ils avaient toutes inventées [...] Et bien des années après ce déluge, selon le chroniqueur, on trouva les deux piliers et, suivant le Polychronicon, un grand clerc du nom de Pictagoras trouva l'un et Hermès le philosophe trouva l'autre [...]”
Dans le Manuscrit Dumfries no 4 (vers 1710), on trouve à la fois une version simplifiée de ce récit et des explications détaillées sur les colonnes du Temple “Salomon dressa deux noms remarquables : celui de droite, appelé Jakin, c'est à dire "en lui, il y a force" montre [lacune dans le texte (...)] non seulement par la matière mais aussi par le nom de ces deux colonnes avec quelle fermeté l'élu se tient devant Dieu à la fois dans le présent et dans le temps à venir : à présent les enfants de Dieu ont reçu la force intérieurement, à l'avenir Dieu les établira avec son Esprit de Grâce de façon qu'ils ne se sépareront absolument jamais de Lui.“[...] ces deux noms semblent désigner, en plus les deux églises, des Juifs et des Gentils. Celle des Juifs par Jakin, à droite, puisque Dieu voulait à la longue l'établir, à son époque, mais qu'elle n'a pourtant pas trouvé sa stabilité [...] celle des Gentils par Boaz, à gauche, à cause de sa force présente, qui fut en elle lorsqu'elle adhéra au Christ dès la première écoute. Le Christ inscrira sur ces colonnes de meilleurs noms que ceux de Jakin et Boaz, car avant tout il y inscrira le nom de son Dieu [...]”(Villard de Honnecourt no 7).
C'est dans ce même contexte écossais qu'apparaissent les premières acceptations de personnes étrangères au métier dans les loges opératives (dès 1600).
Plusieurs témoignages du XVIIe siècle, dès 1637, attestent de l'existence d'un mot de maçon mais sans que l'on sache s'il était lié au nom des deux colonnes bien que cela semble probable.
Les deux colonnes du Temple sont, elles, citées dans un rituel maçonnique écossais du 17 éme siècle, c'est la plus ancienne attestation avec la première mention des mots maçonniques liés aux noms des deux colonnes du Temple de Salomon. ( livre du pasteur KIRK publié en 1691)
Les deux colonnes, par leur relation avec le mot de maçon, semblent donc liées à l'évolution des loges opératives en loges spéculatives avec une origine écossaise parfaitement attestée.
Samuel Prichard dans Masonry Dissected, montre qu'en 1730, l'évolution était arrivée à son terme :“- Qu'avez-vous vu en passant sous le porche ?
- Deux grandes colonnes
.- Comment s'appellent-elles ?
- J.B., c'est-à-dire Jachim et Boaz.
- Quelle est leur hauteur ?
- Dix-huit coudées
- Quelle est leur circonférence ?
- Douze coudée.
- Comment sont-elles décorées ?
- Avec deux chapiteaux.
- De quelle hauteur sont les chapiteaux ?
- Cinq coudées.
- Comment sont-ils décorés ?
- De réseaux et de grenades.”(Villard de Honnecourt no 8, traduction de Gilles Pasquier

3 LES DEUX COLONNES : SYMBOLISME
D’après la bible, les deux colonnes et leurs chapiteaux sont en bronze.
Dans la Bible : l'airain est un métal sacré, alliage d’étain, cuivre et zinc symbolisant l'alliance indissoluble du ciel et de la terre.
Le bronze symbolise la victoire sur les sept. péchés capitaux.
Hauteur : 18 coudées soit 8,10 mètres
Circonférence : 12 coudées soit 5,4 mètres
Diamètre : 3,7 coudées soit 1,7 mètres
Epaisseur des parois : 4 doigts soit 7,5 cm, elles sont donc creuses.
Le chapiteau coulé également en bronze a une hauteur de 5 coudées.
La densité du bronze étant de 9, on peut estimer leur poids à 40 tonnes.
De même l'attribution de couleurs aux colonnes est donc discutable :
La couleur des colonnes varie d’un rite à l’autre et me semble discutable.
On peut leur donner comme signification la commémoration des colonnes de Feu et de nuée qui eurent un effet opposé mais bénéfique aux enfants d’Israël. Ce qui donne Rouge pour la colonne J. ; car c’est celle qui éclairait de son feu les enfants d’Israël ; Blanc ou noir, pour la colonne B car c’est celle des nuées ténébreuses qui aveuglaient les soldats du pharaon.
3.1 LES GRENADES
La base de chaque chapiteau était décorée d'un treillis (ou d'une guirlande) supportant des grenades au nombre de 200 ; la symbolique maçonnique a ramené ce nombre à trois, le nombre de l’Apprenti.
C'est un tout autre symbole que la présence des grenades. La grenade est un symbole de la fécondité ; ses multiples graines assurant la postérité. Ces graines multiples sont aussi le symbole de l’humanité réunie dans l’œuf ou des maçons réunis dans la loge.
L’Eglise y a aussi vu sa propre représentation, renfermant l'ensemble de ses enfants ; elles sont le symbole de toutes les églises réunies en une seule.
Dans ce même ordre d'idée pourquoi ne pas y voir tous les maçons du monde unis dans une même fraternité, unis entre eux par un idéal commun : devenir meilleur.
La grenade est aussi le fruit de la Mort ; Perséphone, fille de Démeter, enlevée dans les enfers par HADES, fût contrainte, après avoir mangé des pépins de grenade de passer 1/3 de l’année dans l’obscurité et les 2 autres tiers auprès de sa mère Démeter.
La grenade nous parle du mythe de l’éternel retour.
La liberté s’obtient par la mort pour obtenir la résurrection.
La grenade nous invite à mourir en nous même pour ressusciter dans la lumière.
3.2 LES FLEURS DE LYS
Quant aux chapiteaux ils sont ornés de lys, emblème royal.
La tradition biblique donne à cette fleur, en plus de l'allusion courante à la virginité, l’innocence et la beauté, le symbole de l'être élu, du choix de l'être aimé, et de l'abandon à la volonté de Dieu, abandon mystique qui se concrétise au franchissement des colonnes. Son pistil démesuré peut l’assimiler à un symbole sexuel.
Le lys de Palestine qui était probablement une anémone de couleur rouge pouvait également symboliser une flamme transformant ainsi les deux colonnes en flambeaux.
Le lys de Palestine faisait allusion à la virginité perdue.
En fait le Lys symbolise la candeur d’âme avec laquelle on se présente en loge.
Vu l'influence égyptienne sur l'architecture de l'époque, il est possible que la fleur en question soit un lotus. Le lotus est le symbole du vagin
3.3 LE NOM DES DEUX COLONNES
3.3.1 COLONNE J
On retrouve là ce symbole clef de la stabilité, déjà lisible dans la nature même de toute colonne et sur lequel la Bible insiste par le nom donné à la colonne J. qui signifie :
" il établira" ou "il érigera" ou « il mettra debout ».
La connotation phallique est de nouveau proche.
3.3.2 COLONNE B
Boaz signifiant "en force" « avec force » ou « de façon puissante » comme l’hébreu se lit de droite à gauche nous lisons maintenant :
"Il érigera avec Force".
On ne peut qu’être d’accord avec le symbolisme sexuel des colonnes ;
Symbole sexuel du fait en particulier de leur dualité (opposition masculin-féminin), renforcée par la présence des grenades (fécondité) et des lys (virginité),
On l'a même expliqué par référence aux initiales B. et J. qui correspondent à des lettres respectivement féminines et masculines dans l'alphabet hébreu, beth et yod.
LES DEUX COLONNES supportent le cosmos, font la liaison entre la terre et le ciel.
Elles permettent de ranger les outils des Apprentis et des Compagnons.
C’est l’instruction initiatique que les apprentis et les compagnons viennent recevoir comme salaire auprès de ces deux colonnes. Elles renferment les archives de la maçonnerie, les rouleaux des constitutions et les inscriptions des règles des Arts.
3.4 DUALITE DES DEUX COLONNES

BOOZ – BOAZ

 

JACHIN - JAKIN

B

 

J

PASSIF

 

ACTIF

GAUCHE

 

DROITE

Coté gauche du corps humain

 

Coté droit du corps humain

FEMININ

 

MALE

RECEPTIF

 

CREATIF

BLANCHE ou NOIRE

 

ROUGE

Bleu couleur du manteau de la vierge

 

couleur du sang,

LUNE

 

SOLEIL

MERCURE

 

SOUFRE

1° SURVEILLANT

 

2° SURVEILLANT

NIVEAU

 

PERPENDICULAIRE

EN FORCE

 

IL METTRA DEBOUT

AVEC FORCE

 

IL ERIGERA (connotation phallique)

Puissant en lui

 

Que Dieu affermisse

GENTILS

 

JUIFS

4 FABRICATION
Le livre des Rois (1 R 7.13-22) indique : “Il [Hiram] coula deux colonnes de bronze. La hauteur d'une colonne était de dix-huit coudée [une coudée = 0,48 mètre, ou 0,52 mètre selon les hypothèses], et un fil de douze coudées en mesurait le tour ; de même la seconde colonne. Il fit deux chapiteaux pour les placer au sommet des colonnes ; ils étaient coulés en bronze.
De cinq coudées était la hauteur du premier chapiteau, de cinq coudées était la hauteur du second chapiteau. Il fit deux réseaux pour les chapiteaux [...] Il fit des grenades ; il y en avait deux rangées tout autour de l'un des réseaux [...] Il fit de même pour le second chapiteau. Les chapiteaux [...] étaient un ouvrage en forme de lis, ils avaient quatre coudées [...] les grenades étaient au nombre de deux cents [...) (voir article “Temple”)
“Il dressa les colonnes pour le Oulam du Hékhal. Il dressa la colonne de droite et il l'appela du nom de Yakhin ; il dressa la colonne de gauche et il l'appela du nom de Boaz [...]”
Dans le livre des Chroniques (2 Ch 3.15-17), les colonnes sont données pour être de trente-cinq coudées (mesure probablement exagérée) avec des chapiteaux de cinq coudées décorés de “chaînettes en collier sur lesquelles étaient fixées cent grenades”.
Jérémie (Jr 52.21-23) ajoute que l'épaisseur des colonnes était de quatre doigts et qu'elles étaient creuses. “Il y avait quatre-vingt-seize grenades [sur le chapiteau] qui pendaient librement.” Le total des grenades était de cent, sur le réseau, tout autour.”
Le Livre des Rois (1 R 7.46) ajoute : “C'est dans le district du Jourdain qu'il les coula en plein sol, entre Succoth et Zarthan (Tsérédatha).” Si Succoth est à peu près identifiée au dessus du Yabboq, à l'est du Jourdain, Zarthan ne l'est pas avec précision, mais on pense qu'elle devait être située approximativement à la même hauteur, mais sur la rive droite du fleuve.
Les traductions qui paraissent convenir le mieux aux noms de ces deux colonnes sont : pour Boaz : “En Lui la force”, pour Yakhin : “Il établira ou Il affermira, ou encore, Il dirigera”
Certains versets, peu clairs, pourraient donner à penser que ces colonnes étaient érigées dans le porche, d'autres, plus précis, les situent sans ambiguïté devant le porche, ce qui correspond tout à fait à la position que donnent les spécialistes de la recherche archéologique au Moyen-Orient.

5 LA POSITION DES DEUX COLONNES
La Bible est extrêmement claire sur la position des colonnes :
R 7.21 «il dressa les colonnes dans le portique du temple ; il dressa la colonne de droite, et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche, et la nomma Boaz. »
Reste à savoir la signification de droite et gauche qui dépend de la position du spectateur. Un autre passage de la Bible, au sujet de la mer d'airain, complète cette description :
R.7.39« , il plaça la mer du côté droit de la maison au sud-est. »
Il faut savoir d'autre part que, pour "s'orienter", les Israélites avaient coutume de se placer face au soleil levant, face à l'Orient. Dans cette position la droite indique le Sud et la gauche le Nord.
Il n'y a donc pas d'ambiguïté et la position des colonnes historiquement sont : B… au Nord à gauche et J.. au Sud à droite.
Les deux colonnes étaient à l’extérieur du temple.
En 1717, la position des colonnes était respectée mais à l’intérieur du temple derrière la porte d’entrée située à l’Est.
Une des théories de l'inversion des Colonnes est qu’en 1739 ou 1730, après les divulgations de Samuel Pritchard par la Grande Loge d’Angleterre. On inversa les colonnes et les mots d’apprentis et de compagnons pour filtrer et éloigner les maçons irréguliers et les profanes.
Certaines loges indépendantes comme la Grande Loge d’Ecosse et la grande loge d’Irlande ne suivirent pas cet exemple il n’est pas certain que cette affirmation soit exacte.
C'est la première Grande Loge de Londres, devenue, après 1753, la Grande Loge des Modernes, qui essaimera tout d'abord sur le continent et donnera naissance au Rite Français (ou Moderne) : B… au Sud, J ... au Nord.
Le rétablissement des colonnes date de la réunification des deux obédiences en 1813 pour devenir la Grande Loge Unie d’Angleterre.
Certains rites sur le continent, comme le Rite Français (ou Moderne) ont conservé l’inversion ainsi que les mots de maçon correspondants.
Les deux colonnes de nos temples maçonniques furent les seules colonnes présentes jusqu’à la fin du XVIII siècle. Elles étaient regardées comme des attributs essentiels de la loge.
FORCE et BEAUTE .
La SAGESSE étant représentée par le V.M.

6 COMPAGNONNAGES
II semble difficile de clore ce chapitre sans évoquer Védréra et Macaboé, deux colonnes évoquées par certains compagnonnages (F. Icher, Sur le chemin des Compagnons).Ces deux colonnes auraient été édifiées par Maître Jacques lui même, sur le chantier du Temple de Salomon.
Chacune d'elles était composée de seize faces et représentait une partie de l'histoire sainte, depuis la création du monde jusqu'à la construction du Temple.Védréra signifie “colonne de vie”. Le catéchisme qui s'y rapporte précise :- Pourquoi appelle-t-on Védréra la Colonne de Vie ?
- A cause des sujets qui étaient gravés sur chaque face.
- Que représentaient les quatre faces du côté de la porte ?
- La création du monde.
- Que représentaient les quatre faces du côté de la gauche ?
- Le Paradis terrestre.
- Que représentaient les quatre faces vis-à-vis du Sanctuaire ?
- Le songe de David voyant son fils Salomon comme le plus grand roi de la terre et le prophète Samuel lui annonçant que ce rêve s'accomplirait.
- Que représentaient les quatre dernières faces ?
- Le rassemblement des matériaux et des ouvriers pour la construction du Temple.
Certains récits signalent également que le bas-relief de la colonne Védréra comprenait une équerre et un compas entrelacés, une étoile au milieu de laquelle était gravée la lettre “L” (louange), un livre avec un “V” (vérité) et un maillet sur lequel figurait un “P” (pouvoir).
L'autre colonne, Macaboé était décrite de la même façon :
- Pourquoi l'appelait-on Colonne de la Douleur ?
- A cause, des sujets graves sur chaque face.
- Que représentaient les quatre faces du côté de la porte ?
- Les mauvais anges chassés du ciel, le serpent faisant manger le fruit défendu à la femme, la femme en donnant à l'homme, et ensuite l'homme et la femme allant se cacher.
- Que représentaient les quatre faces du côté gauche ?
- Dieu ayant Adam et Eve devant lui et les chassant du paradis terrestre, la naissance de leur premier enfant et la mort d'Abel tué par son frère Caïn.
- Que représentaient les quatre faces vis-à-vis du Sanctuaire ?
- La construction de l'Arche de Noé, le Déluge, la sortie de l'Arche et la construction de la Tour de Babel.
- Que représentaient les quatre dernières faces ?
- Trois seulement étaient gravées. Elles représentaient Jacques quittant son Père, son arrivée à Messine, les adieux au philosophe Xantès et son arrivée à Jerusalem.
La quatrième face était restée en blanc, parce que Jacques attendait d'être reçu Maître pour y graver sa réception.
Sur le bas-relief, dit-on encore, étaient représentés une table sur laquelle il y avait du pain coupé en morceaux ainsi qu'un vase de vin et, près de cette table, un homme offrant du pain et du vin à un autre, nu et à genoux, qui refusait cette offrande...

7 CONCLUSION
On voit que, si l'histoire est précise pour la position des colonnes, leur utilisation en maçonnerie a parfois suivi des chemins différents. L'essentiel est de comprendre que le symbolisme originel qui leur est lié ne les séparait pas, les deux mots étant unis et formant un dialogue insécable.
L’important est que les apprentis viennent chercher leur salaire à la colonne J et les compagnons à la colonne B
Pour moi franchir ces colonnes en entrant c’est accepter d’abandonner mes pensées négatives et mes comportements négatifs, c’est m’ouvrir au sacré et travailler afin de tracer ma voie.
En quittant le temple, à la fin des travaux, je franchis de nouveau les colonnes, pierre brute rendue polie au cours des tenues, je franchis les colonnes pour rejoindre dans le monde profane tous les maçons du monde où chacune de ces pierres nouvellement polies contribue ainsi à la reconstruction symbolique du Temple de Salomon.
L’Apprenti maçon devra dépasser la dualité et se réaliser dans le nombre trois.
Entre les deux colonnes, nous pouvons unir les opposés en réalisant la triade sacrée :
TERRE – HOMME – CIEL
Nous vivrons alors l’harmonie universelle parfaite ou l’homme devient le lien entre le ciel et la terre créant ainsi l’unité de toute chose.
Cherchons la 3 éme colonne qui avec J et B défini un plan sur lequel l'on peut construire. Trois points forment un plan géométrique, une surface, le triangle, celui qui figure à tous les rituels au-dessus du VM.

Source : www.ledifice.net

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Les Piliers

25 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Le pilier est un organe vital de structure architecturale sur lequel se concentrent de façon ponctuelles les charges de la superstructure (par exemple les charges d'une charpente ou celles des maçonneries des niveaux supérieurs)..
La maçonnerie est l'art de bâtir une construction par assemblage d'objets élémentaires liés de manière non réversible. C'est l'art du maçon et du bâtisseur par définition. Le terme maçonnerie peut aussi désigner la Franc-maçonnerie opérative, qui s’appui elle aussi sur ces trois piliers : Liberté, Egalité, Fraternité.

Plutôt que de traiter « les piliers » nous avons pensé élargir notre réflexion sur « les piliers ».
Lorsque nous pénétrons pour nos travaux au 1er degrés dans l’Atelier, après avoir franchi cette ligne qui joint les Colonnes B et J, ligne séparant l’espace profane (à l’extérieur) de l’espace initiatique et dit sacré (à l’intérieur), nous nous retrouvons devant le Tableau de Loge, posé sur le Pavé Mosaïque, entouré de trois piliers disposé en trois points équilatéraux.
Cette union de trois, invariable de douze, symbole de la perfection et de la plénitude dans la tradition grecque antique, mais ces piliers symbolisaient en Maç\ : la Sagesse, la Force, et la Beauté.

La Beauté, c’est le jeune homme dirai je, la Pilier des App\, sa couleur est le vert
La Force, c’est l’homme, le pilier des Compagnons, pour celui-ci sa couleur est le rouge
La Sagesse, représenté par le bleu, c’est l’homme accompli, le pilier des Maîtres.
Nous voulu rappeler ces trois couleurs car elles nous sont apparues la première fois lors du travail sur le Soufre, le Sel, et le Mercure. Début de Alchimie intérieure, comme ci ces trois Piliers sans fioritures à l’intérieur du Temple nous invite à renouveler notre propre introspection, chaque fois que nous pénétrons dans le Temple.

Ces trois piliers supportent chacune une petite étoile allumée lors de l’ouverture des travaux, et éteintes lors de la fermeture des travaux.

Lors de l’Ouverture des travaux, elles symbolisent les qualificatifs que je viens d’exposer. A la fermeture des travaux, comme une mission à accomplir au-dehors, le VM\ fait éteindre l’étoile sur le piliers Sagesse en disant : « Que la Paix règne sur la terre », puis c’est le 1er surveillant dit : « Que l’Amour règne parmi les hommes », et enfin le second surveillant qui dit : que la joie sont dans les cœurs ».

Les trois piliers marquent le présent et le cheminement du Franc Maçon : Beauté pour Apprenti ; Force pour Compagnon et Sagesse pour Maître.

On peut s’interroger sur le nombre de piliers, pourquoi 3 et pas 4 comme il y a quatre angles au Tableau de Loge. Quatre est le nombre de la pierre et l’Apprenti dégrossit sa pierre. Il y a là une clé qu’il nous faut trouver.

Trois, c’est le nombre de l’App\, comme les 3 grandes Lumières, les 3 marches qui mènent à l’Orient, 3 comme l’âge de l’App\, 3 le nombre qui dirige la Loge avec les 3 bijoux mobiles que sont le VM\ et les 2 surveillants.

Mais, me direz vous, pourquoi n’y a-t-il pas ce 4ème pilier ?

Dans la réalité du symbolisme, le Franc Maçon travaille au temps présent. Les F\passés à l’O\ éternel sont certes représentés par cette étoile placée côté septentrion du plateau du VM\, devant le Secr\qui note le présent et représente la charge de Gardien du passé, la mémoire de la Loge.
Avant d’allumer les étoiles sur les 3 piliers, le Maître des Cérémonies prend la Lumière à cette étoile pour la transmettre à celles situées sur les piliers. Il est le Gardien de la Flamme. Il transporte cette flamme avec précaution pour ne pas la perdre et assurer la transmission.
Dans notre parcours Prof\, d’être humain, de la naissance à la mort nous côtoyons les trois lumières. À l’enfance la beauté: «quel beau bébé!...». À l’adolescence la force: «que tu es devenu fort, mon fils !..». Et à l’âge avancé: « écoute la sagesse des anciens!...» On nous montre depuis notre naissance la direction de la sagesse par ces mots: « Sois sage sinon...».

Nous avons émis l’idée, lors des travaux de Col\des App\ , que ce 4ème pilier existait virtuellement, qu’il était invisible à nos yeux, comme les Frères disparus qui sont toujours parmi nous. Mais l’étoile sur le plateau du VM\ est là pour nous les rappeler à notre mémoire.

Peut-on croire que le 4ème pilier est à construire par les générations de Francs Maçons qui se succéderont. Pour imager mon propos, je pense qu’il n’est pas sur le point d’être réaliser : la pierre serait définitivement taillée et l’ouvrage terminé, ce serait sans doute la fin de la Franc Maçonnerie.
Le 4ème pilier, serait-il le transmetteur fluidique qui unit les Francs Façons.
D’ailleurs lors des chaînes d’Union autour des trois piliers nous somme liés les pieds enracinés dans le sol, comme des piliers la tête dans le cosmos, éléments liant, entre la terre et le ciel, représentant autant de piliers que dans les plus immenses architectures de temples antiques.
Voici une citation de Montaigne en guise de conclusion : « Quand bien nous pourrions êtres savants du savoir d’autrui, au moins sages ne pouvons être que de notre propre sagesse ».

Voilà VM\ et vous tous mes FF\ en vos degrés et qualités, le résultat de notre réflexion sur les 3 piliers.

VM\
, j’ai dit

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Etude sur les Trois Piliers

23 Avril 2013 , Rédigé par C\ T\ (Par) Publié dans #Planches

J'ai été très heureux lorsqu'à un Convent, j'ai vu adopter une question se référant aux trois piliers, car on n'en parle jamais de ces fameux piliers ; ils ne figurent malheureusement même plus dans la majorité des Temples. Ce symbole, qui est certainement le plus profond de tous ceux proposés à notre méditation, est en général presque ignoré de nombreux initiés, et j'espère que le travail qui vous est proposé aura comme bienfaisante conséquence d'appeler l'attention sur la valeur ésotérique de notre Initiation.

Il est vrai que la question, telle qu'elle est formulée - rappelons en les termes : « Etude des Vertus et des Principes maçonniques évoqués par le symbolisme des 3 Piliers. » semble tendre à en restreindre la portée à une morale élémentaire...

Quelles sont les vertus dont s'agit ? La Force est bien une « vertu cardinale » selon la classification ecclésiastique, mais la Beauté ne l'est pas. Elle peut néanmoins acquérir la qualité de Vertu, si elle s'identifie à la Charité - ou amour de ses semblables - de même que la Force s'épanouira dans l'Espérance et la Sagesse dans la Foi. Vous apercevez de suite la correspondance des 3 Piliers de loge bleue avec les colonnes que vous rencontrerez dans un grade d'essence purement gnostique. Mais il est encore trop tôt d'en parler. L'étude des vertus et des principes maçonniques est certes très utile, mais pour que ces derniers soient valablement évoqués, il est d'abord indispensable de bien connaître le symbolisme des 3 Piliers. C'est sur cette étude que nous allons nous concentrer plus spécialement.

LES PILIERS ET LES COLONNES

D'abord que sont ces Piliers, dont deux portent le même nom que les deux colonnes J B situées à l'entrée du Temple. Où figurent-ils ? Quel est leur rôle et qu'ont-ils de commun avec les 3 chandeliers, dont il est question dans certains rituels et particulièrement au rite écossais adopté par le Droit Humain ? Je vous avoue ne pas avoir étudié cette parenté et j'en étais à chercher la solution de ce problème, rituellement très important, lorsque me parvint, voici quelques jours, un manuscrit fort important que me transmettait à fin d'édition le F\ René G\. Ce copieux manuscrit étudie minutieusement avec références nombreuses aux anciens rituels, l'historique des piliers, qu'il dénomme lui, les 3 Colonnes. J'avais déjà édité de ce même auteur une première brochure « Position des Colonnes J et B et l'Ordre des mots sacrés ».

Quoique différent sur certains points des avis de René G\, je me référerai à son consciencieux travail au cours de cet exposé.

René G\ tente tout d'abord de prouver l'identité entre les colonnes J et B et les 3 Piliers ; c'est pourquoi, il les dénomme « colonnes ». Car, d'après lui, il n'y aurait pas deux jeux de soutiens : J-B d'une part et Sagesse, Force, Beauté d'autre part, soit 5 éléments, mais trois seulement, c'est-à-dire les 3 colonnes du Temple. Je ne le suis pas dans cette interprétation. À mon avis, du point de vue ésotérique, il doit y avoir un jeu de deux colonnes J B, répliques de celles élevées par Salomon dans les parvis, à l'extérieur de la porte d'entrée du Temple de Jérusalem, si minutieusement décrites tant dans le Livre des Rois que celui des Chroniques, colonnes qui furent en maçonnerie, placées à l'intérieur, de chaque côté de la porte de notre Temple, - et par ailleurs, d'une manière tout à fait indépendante, les 3 soutiens que nous avons appelés « Piliers », pour les différencier des premières - dont deux répondent aux mêmes principes de Force et Beauté, tandis que le troisième (ou le premier, celui le plus près de l'Orient) s'appelait Sagesse. Je base mon opinion sur le fait que la fonction des deux groupes n'est pas du tout la même.

En effet, les deux colonnes J-B qui se trouvent de chaque côté de la porte - J au nord et B au sud, ou inversement (ceci est une question de rite que nous ne pouvons discuter ici ) ne supportent absolument rien. Aucune architrave ne les unit. Ce sont des « ascheras », réminiscences de pieux primitifs, pylônes que nous retrouvons en Egypte sous le nom d'Obélisques, aussi bien que, sous des formes différentes, chez les Phéniciens, les Tyriens etc.

Les deux colonnes sont les bornes (les landmarks physiques) qui séparent le monde profane du domaine sacré. Il ne faudrait pourtant pas les confondre avec de simples poteaux indicateurs : « Ici commence le sacré ». Ce ne sont point de passives stèles-frontières, mais elles sont actives et efficaces. Leur structure de bronze n'a sans doute pas été choisie au hasard : le choix du bronze décèle une préoccupation magnétique, quant à la fonction des colonnes. Ces dernières sont en effet, des condensateurs de l'égrégore dégagé durant les offices divins. Lorsqu'un individu coupe le champ magnétique qui s'établit entre les deux pôles + et - (J et B) et voilà pourquoi elles doivent avoir des charges électromagnétiques contraires sa résonance psychique ne sera pas affectée de façon inharmonique s'il est un fidèle, c'est-à-dire si son état de pensée est accordé aux ondes qu'il traverse. Au contraire, s'il est un " infidèle " un incroyant ou un simple ignorant, la décharge produira un choc sur sa psyché, susceptible par des réitérations inconsidérées, de déclencher des formes névrotiques et de le précipiter jusque dans le déséquilibre obsessionnel.

Quoiqu'en maçonnerie, les colonnes figurées ne soient généralement pas de bronze, un effet du même ordre doit se produire, en accord avec la loi de similitude. On sait qu'en magie, la représentation d'un signe prend la place de ce signe et reproduit son action.

Nous dirons que dans notre Temple, on a même poussé plus loin les conditions favorisant le développement de cette charge psycho-magnétique par le moyen d'un fil conducteur la corde à lacs d'amour. Cette dernière, en effet, capte au sud, à l'est et au nord, c'est-à-dire sur tous les côtés où les initiés résident, la force émanant de leur pensée condensée et, par les pointes qui constituent les glands terminaux, transmettent l'influx dont la corde est saturée, respectivement aux deux colonnes, lesquelles sont et doivent rester isolées l'une de l'autre.

Voilà donc pour les colonnes. Mais avant d'aborder l'étude des Piliers, il est nécessaire de restituer dans son exactitude la disposition intérieure du Temple maç\ telle qu'elle ressort de l'ésotérisme de ses constituants.

LE TEMPLE

Rappelons que, primitivement, n'importe quel local clos et rectangulaire pouvait être très simplement et rapidement transformé en sanctuaire maçonnique. À cet effet, un fauteuil était placé devant le mur opposé à la porte et deux sièges de chaque côté de celle-ci ; puis on traçait à la craie sur le plancher un carré « long », à l'intérieur duquel étaient sommairement dessinés les emblèmes essentiels de la Franc-Maçonnerie. II entrait dans les attributions du « Tuileur » (couvreur ou Grand Expert) de tracer ce tableau avant l'ouverture des Travaux et de l'effacer soigneusement après la clôture.

Il fut trouvé plus expédient par la suite, de dérouler sur le plancher de la salle une toile peinte d'avance et une fois pour toutes, qui fut dénommé « Tapis de Loge ». Traditionnellement, un tapis ne se conçoit que bordé de franges. (Ici encore nous avons affaire à une action isolante). Ces franges furent stylisées sous forme de triangles, alternativement noirs et blancs, bordant le tour extérieur du tapis, tandis que la corde aux lacs d'amour, terminée par des sortes de glands, de « houppes » courait sur les 3 faces intérieurement. Cette corde reçut par habitude, le nom de « houppe dentelée », car elle suivait la disposition des triangles, des « dentelures » du tapis.

Certaines loges, arrivant peu à peu à acquérir la disposition de locaux réservés, firent figurer les décorations rituelles à leur place précise ; au lieu de rester sur un plan, les symboles furent érigés en volume. Ce fut le début de l'élévation du Temple, édifice conçu pour s'étendre jusqu'à la limite du « pensable » et devenant l'image de l'Univers « carré long qui s'étend de l'Est ù l'Ouest, dont la largeur est du Nord au Sud, la hauteur de la Terre aux Cieux (retenez bien cette expression ) et la profondeur de la surface de la Terre au Centre ». Ainsi s'exprime l'Instruction au 1er degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

La même instruction dit encore :
D - Quels sont les appuis de votre Loge?
R- Elle est fondée sur trois forts piliers.
D - Quels sont-ils?
R - Sagesse, Force, Beauté. Et plus loin....
D - Quelles figures allégoriques remarquez-vous dans votre Loge ?
R - Un portique élevé de trois marches, accompagné de deux colonnes de bronze.... etc.
On voit par là que, dans l'esprit des rédacteurs de ces textes, il doit bien y avoir 3 piliers plus 2 colonnes.

LES PILIERS

Si les colonnes figurent à droite et à gauche de la porte d'Occident, il n'en est pas de même des 3 Piliers qui sont assez rarement représentés quoique, par leur importance, leur présence soit aussi nécessaire que celle de J et B. Dans les loges où ils figurent, on s'est rarement souvenu de leur rôle exact et j'ai même vu le pavé mosaïque être disposé entre eux. De là à prétendre, comme je l'ai souvent entendu dire, qu'il est interdit de marcher sur le pavé mosaïque, il y a une déduction qui semble logique, mais qui est fausse en son essence. Cela tient à une confusion entre le pavé mosaïque et le tapis de la loge, qui est d'ailleurs concomitante avec celle entre la « houppe dentelée » et la « Chaîne d'Union ».

Il peut y avoir des similitudes revêtant des caractères différents. Cette confusion est d'autant plus ancrée dans l'esprit que l'on a pris l'habitude, je ne sais trop pourquoi, d'inclure l'image du pavé mosaïque dans la composition du tapis de la loge.

Le pavé mosaïque est inhérent au complexe des deux colonnes ; il doit être disposé entre elles, à l'entrée du Temple, de façon que l'on soit obligé d'en fouler les dalles pour s'avancer en loge. C'est sur lui, comme sur un canevas, que les pas rituels s'exécutent. Son action, de même nature que celle des colonnes doit par l'alternance des forces opposées, empêcher toute démarche profane. Le pavé mosaïque guide l'initié sur la voie droite, le maintient dans l'axe de l'Orient, tout en l'invitant à faire, par un changement de direction en équerre à gauche, le tour de l'espace délimité par les trois piliers, car bien entendu, il est formellement interdit, même pour la réception de dignitaires (et l'on ne s'en fait pas faute) de passer entre les piliers.

En tout cas, Règle absolue : l'aire délimitée par les 3 Piliers est un espace tabou, que personne n'est autorisé à fouler, sauf en certaines circonstances, le Grand Expert dans l'exercice de ses fonctions. On a compris par la description précédente, que les 3 Piliers s'érigent à peu près au centre de la loge, un peu plus près de l'Orient que de l'Occident.

Que sont ces Piliers ? Dans les temples antiques, c'étaient de simples pieux, comme ceux dont nous avons déjà parlé et qui délimitaient l'espace très saint, là où réside le dieu, tandis que les colonnes J B marquaient simplement les bornes du sanctuaire. Il ne faut pas oublier que tous les temples de l'Antiquité étaient constitués de 3 parties : un haut mur d'enceinte extérieur, enserrant tous les bâtiments sacrés, existait déjà du temps de Salomon, afin qu'aucun élément impur ne puisse pénétrer dans le lieu saint, car les esprits malins, les forces adverses, les pensées mauvaises cherchent toujours le point faible pour s'insinuer. La sécurité la plus élémentaire commande que le profane soit tenu à l'écart et que l'Assemblée des fidèles se trouve à l'abri des entités maléfiques. Entre nous, on est " à couvert "

Je ne peux pas reprendre la description du Temple de Salomon, mais il n'est pas inutile de rappeler que la première partie du temple proprement dit, s'appelait ULAM. La foule, plus ou moins cosmopolite, plus ou moins orthodoxe, les marchands de bondieuseries (comme à Lourdes) restait à l'extérieur de ULAM. C'était une première pièce complètement vide et ce dénuement devait provoquer une sorte de purification spirituelle nécessaire à qui veut pénétrer dans la Demeure Sainte. Au milieu du mur qui faisait face à l'entrée, se voyait une porte splendide à deux vantaux. Cette porte donnait accès au sanctuaire, le Hékal où se déroulaient les rites spéciaux.

Nous reconnaissons la porte à deux vantaux de notre propre Temple, qui n'admet que les initiés, les maçons venant prendre part aux « mystères accoutumés », ainsi qu'il est spécifié dans le Rituel Ecossais Ancien et Accepté. Ce qui prouve que des « mystères » existent bien chez nous aussi, contrairement à ce que beaucoup dénient.

Enfin, dissimulée à l'Occident, sous des rideaux soutenus par 4 piliers, voici le DEBHIR, réduit complètement obscur où les « Kéroubim » veillaient sur l'Arche d'Alliance contenant les Tables de pierre où Moïse avait gravé la Loi. Seul le Grand-Prêtre pouvait, en certaines circonstances, pénétrer le DEBHIR ; encore fallait-il qu'il se déchaussât et qu'il y entrât rituellement. Yahvé était censé y résider quelquefois.

L'origine du mot DEBHIR, dit Frédéric Thieberger, ancien professeur au Séminaire rabbinique de Prague, est obscure, ainsi que celle de ULAM ou ELAM. On souligne la ressemblance de ce dernier mot avec l'assyrien « ellamu » qui signifie « côté de la façade ". HEKAL est, dit-on, apparenté à l'akkadien « ekallu » : grande maison, ou palais.

Par ce rappel de la description du Temple que j'abrège, on voit se dessiner la similitude avec notre Temple maçonnique. Le Saint des Saints, le DEBHIR (mot que nous utilisons également), c'est l'espace isolé par nos trois piliers qui, de pieux grossièrement façonnés aux époques reculées, se sont transformés en colonnes assez hautes pour conserver leur caractère originel de troncs d'arbre, sur lesquels repose tout le Temple. On n'insistera jamais assez sur ce fait. Et là où ils n'existent pas, le Temple risque de s'écrouler, car il n'est pas soutenu, c'est-à-dire qu'il est privé de la Force Spirituelle, de son Harmonie, de sa Sagesse même.

PILIERS ET CHANDELIERS

Qui dit « spiritualité», évoque par association d'idées celle de Lumière, et peu à peu, par incompréhension de l'origine des piliers, le symbolisme de lumière est venu se superposer à celui des piliers, pour le plus grand dommage de deux groupes symboliques bien distincts. René G\ écrit dans le travail déjà cité : « Une des principales difficultés que nous ayons eu à surmonter a été précisément de parvenir à démêler et à séparer ces deux questions étroitement liées sinon par leur origine, du moins par plus de deux cents ans d'histoire du symbolisme maçonnique « spéculatif » ».

En fait, les piliers sont des supports répondant au ternaire : Sagesse - Force Beauté, tandis que les chandeliers en constituent un autre, attesté dans nombre de textes, comme le rituel officiel du G\O\D\F\ de 1880. Voici ce que nous lisons dans l'instruction au 1er degré :
D - Qu'avez-vous vu en recevant la Lumière ?
R - Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge. Le soleil pour gouverner le jour, la lune pour la nuit et le M\ pour sa Loge.

Telle est, en effet, la signification absolument constante des 3 grands chandeliers. Ne multiplions pas les citations qui deviendraient fastidieuses par leur abondance et leur similitude à peu près complète.

Dans les Rites où la séparation existe entre les Piliers et les Chandeliers, ces derniers se trouvent à des emplacements parfaitement identiques dans un grand nombre de gravures françaises de la seconde moitié du XVIIIe siècle, c'est-à-dire que les 3 chandeliers dont la base est souvent triangulaire, sont disposés l'un au Nord-Est, le second au Sud-Est et le troisième au Sud Ouest de la loge. En tenue de Maîtrise, ils occupent la même situation, mais portent chacun trois bougies, ce qui forme 9 « lumières » ou « étoiles ». Par simplification, on en est venu à réduire leur échelle et à les disposer sous forme de « bougeoirs » l'un sur le plateau du Vén\ qui est allumé le premier et duquel on porte le feu sur le plateau du l er Surveillant puis du second. Mais tout ceci n'est qu'affaire de détail et de rite, sans influer en rien sur le symbolisme général. Ce qui importe, c'est que ne soient pas confondus luminaires et piliers et qu'ils restent bien indépendants les uns des autres.

Remarquons que les positions indiquées pour les chandeliers au Nord-Est, Sud-Est, Sud-Ouest sont en rapport avec la course du soleil : ainsi que le remarque encore René G\ , le jour où le soleil se lève le plus au Nord-Est correspond au solstice d'été et celui où il se couche le plus au Sud-Ouest est celui du solstice d'hiver. Quand à celui du Sud-Est, il marque le milieu du jour. Ainsi se trouve également indiquée la durée du travail : le commencement au lever du soleil - le repos à midi la fin au coucher du soleil. Du moins en est-il ainsi dans certains grades dits « Supérieurs », dont la supériorité réside justement (et symboliquement) dans l'aptitude à un travail plus éclairé. Mais nous autres, pauvres bleus, malgré nos efforts, nous travaillons toujours à moitié dans l'obscurité, puisque les heures qui nous sont assignées sont de midi à minuit. Mais qu'importe, puisque la véritable illumination - celle qui seule compte - est celle qui se manifeste à l'intérieur de soi. L'étincelle allume l'athanor dans le chaud, dans le doux de l'intimité, car le sanctuaire mystique est situé au coeur de l'Initié et c'est là justement que prennent racine les arbres-piliers, soutiens du Temple commun.

POSITION DES PILIERS

À quels angles du tapis doivent se trouver les 3 Piliers ? Les textes, comme les avis, sont discutables, car il n'existe en symbolisme maç\ que des vérités relatives.

Un point important est cependant à signaler : de même que les colonnes Force - Beauté (J - B) sont constamment attribuées aux deux surveillants, le Pilier Sagesse est-il toujours et dans tous les rites, identifié au Maître de la Loge. La place du Maître à l'Est est assurément l'une des plus anciennes et des plus sûres de la Franc-Maçonnerie. Mais est-il possible de préciser davantage ? Si nous nous reportons à une gravure de 1735 représentant le tableau des Loges de la Grande Loge d'Angleterre, nous voyons très nettement que la chaire du Maître est placée au coin Sud-Est d'une table en équerre.

De même, un passage du texte : " A mason's examination " datant de 1723, précise :
D - Comment les maçons se placent-ils pour le travail ? R - Le Maître au Sud-Est
D - Où le Maître place-t-il sa marque sur l'ouvrage ? R - Au coin Sud-Est.

Bernard E. Jones dans son Freemason's Guide and Compendium rapporte que lorsque Sir Christopher Wren, le célèbre architecte de la Cathédrale St Paul, mourut le 25 Février 1723 à l'âge de 95 ans, il fut enterré au coin Sud-Est de la crypte de ce fameux édifice. (fait cité par René G\ )

Néanmoins, le rite ancien de 1753 parait avoir adopté pour le Maître lui-même une position plein Est. Cet usage a prévalu en Angleterre et il est à l'heure actuelle absolument universel, au point qu'il serait insolite désormais, de replacer le Maître de la Loge au Sud-Est.

Cependant cette place doit être rappelée par la position Sud Est du Pilier Sagesse et aussi de l'autel des Serments qui est une des marques essentielles des prérogatives du Maître.

Les Piliers disposés aux angles Sud-Est Sud-Ouest et Nord Ouest du Tapis de la Loge, constituent la « niche de lumière " selon l'expression soufique, au Centre de laquelle nous déposons tous nos symboles initiatiques et qui s'avère être le révélateur permanent de notre création intérieure, notre « Shekkina » personnelle, notre Saint des Saints individuel. La shekkina est la lumière qui éclaire l'obscurité de notre être profond et c'est en ce sens que nous la considérons comme sacrée et que jamais nous ne piétinerons les images de notre propre sensibilité compréhensive.

LE NOM DES PILIERS

Une question se pose maintenant Pourquoi les Piliers portent-ils un nom ? Et quelle est la portée des noms qui leur furent attribués ?

Dans les pays orientaux, d'où sont issues les coutumes présidant à l'érection des temples, une prescription exigeait qu'on donnât des noms, souvent humains, à toutes les colonnes symboles. Salomon ne manqua pas d'obéir à cette loi en choisissant les noms de Jakin et Boaz pour les deux colonnes flanquant l'entrée de son temple. Il serait trop long et hors de notre sujet d'étudier la valeur de ces deux noms, ce que j'ai fait d'ailleurs en certains de mes ouvrages, mais rappelons-nous qu'une chose innommée n'existe pas et c'est la raison pour laquelle, selon la Genèse, Dieu a réservé à l'homme la prérogative de " nommer toutes choses ». C'était tout simplement transposer la création du principe en acte, ou autrement dit d'actualiser, ou de faire pénétrer dans le temps, ce qui précédemment n'était qu'à l'état de possibilité non manifestée, parce qu'intemporelle.

Nos piliers acquièrent donc une personnalité du fait de l'application d'un nom et dès lors la Sagesse éclaire notre conscience, la Force habite notre âme et la Beauté rayonne de notre esprit. Ces trois qualités qui sont appelées à transcender notre psyché, il est nécessaire que nous en saisissions non seulement la valeur morale, mais que nous les intégrions à notre subconscient ; on n'explique pas la Sagesse, mais on ressent intimement sa présence ; on n'évalue pas une force d'âme, mais on subit son attraction ; on ne définit pas la Beauté, mais on en éprouve intuitivement le charme et l'harmonie.

Sans vouloir remonter, comme le fait notre F\ René G\, aux origines chrétiennes du terme Sagesse, où il désignerait selon lui la seconde personne de la trinité religieuse et par conséquent le Verbe, reproduisons cependant cette citation de Moïse Mahménide, extraite de « la Cabale » de Papus et commentant le premier verset de la Genèse qui commence par le mot hébreu :

« Bereschit ». Je cite : « la doctrine de nos Maîtres est que le mot « Bereschit » (qui signifie : au commencement ) indique que l'Univers a été créé par l'entremise des dix Séphiroth. Ce mot désigne également la Séphira appelée Sagesse (la deuxième sur l'Arbre séphirothique). Elle est le fondement de tout le sujet de notre texte, car il est écrit (Prov.III/19 ) : « L'Eternel a fondé la Terre par la Sagesse et agencé les Cieux pari l'lntelligence » Notons que l'Intelligence (Binah) est la troisième séphira dans 1a hiérarchie des émanations.

Le mot « Bereschit » désigne donc la Sagesse qui, bien que seconde de la Couronne, est cependant la première qui se manifeste. Papus souligne dans une note que ceci est conforme à l'Évangile de Saint Jean : la Parole qui se manifeste « au commencement » est le seul moyen que l'on ait de prendre conscience du non-manifesté; c'est ce que je disais tout à l'heure au sujet du nom.

Ainsi ces deux termes si usités en maçonnerie : Sagesse et Parole - que l'on songe à la Parole Perdue au 3éme et 18éme degrés - sont tous deux équivalents et la Sagesse est la Parole Créatrice, le « Logos », d'où dérive le mot « Loge », l'endroit où l'on ne prononce que des paroles constructives...

Cette constatation va nous permettre de jeter un regard dans des sphères un peu plus hautes - oh ! rapidement, car je ne veux pas mettre votre esprit à la torture.

L'ARBRE DE VIE

On a souvent comparé la Loge à l'Arbre de Vie de la Cabbale, connu aussi sous le nom d'arbre séphirotique, dont je vais vous dire un mot. Pourquoi l'Arbre de Vie ? Parce qu'il serait capable de nous rendre l'immortalité que la science nous a fait perdre, selon la légende. Aussi son approche fut-elle soigneusement défendue par les « Kéroubim » que nous avons déjà vus, armés d'une épée flamboyante, garder la « Shekkina » où repose la Loi.

Si bien gardé qu'il fût, cet Arbre de Vie est resté sous les regards de l'homme curieux. Sa représentation la plus accessible aux peuples d'occident se trouve dans la Cabbale, dont l'éminent spécialiste Paul Vulliaud déclare « qu'elle semble bien elle-même n'être qu'une tradition antécédente, qui est la Tradition Universelle, dont tous les peuples ont conservé plus ou moins le souvenir. »

Ressemblant quelque peu à un arbre généalogique, l'arbre Séphirothique groupe dans un ordre cosmique les Séphiroth (ou émanations) qui représentent les sphères d'influence de l'Univers sur l'Homme et, dans un autre ordre d'idée, les différentes étapes de la Création, de l'Incarnation de l'Esprit dans la Matière, dans la numération René Guénon dirait : « dans la multiplicité », et son retour vers l'Unité. Ses trente-deux Voies sont les 10 Nombres et les Vingt-deux Lettres hiéroglyphiques de l'Alphabetum.

La trente et unième, se rapportant à la lettre Shin représente la lampe magique et s'appelle l'Intelligence perpétuelle. Celle-là régit le Soleil et la Lune et les autres étoiles et figures, chacun dans son ordre respectif.

Or, si nous parcourons ces canaux, nous trouvons que la séphira 2 appelée " Hocma " signifie " Sagesse », que la séphira 7 (Netzah) est la Force victorieuse et que la séphira 8 (Hod) est la Beauté (à ne pas confondre avec la splendeur qui réside en la séphira 6, laquelle est appelée Tipheret et représente le Soleil ou le Cœur en illuminant la Shekkina, privée elle, de toute lumière profane.)

Ces trois sphères d'influence occupent justement sur l'Arbre la place des 3 Officiers directeurs de la Loge, et Lumières de l'Atelier.

Comme une force ne se révèle telle qu'au moment où elle rencontre une réaction, de même les 3 Piliers, pour manifester leur puissance doivent obligatoirement s'adjoindre l'esprit d'un quatrième.

Les nombres vont l'indiquer :

Séphira 2 + séphira 7 + séphira 8 = Une quatrième qui en est la synthèse, et qui ne peut être autre que la 17e (2 +7+ 8 =17)

Or, il n'existe pas 17 séphiroth, dix en est le nombre. Cherchons donc à réduire le nombre 17 par addition :

17 = 1 + 7 = 8. Nous voyons que la 8ème séphira (Beauté) se dédouble, sans donner de nom à la synthèse.

N'oublions pas toutefois que les 32 Voies de l'Arbre séphirothique comprennent les 10 Nombres élémentaires et les 22 Lettres de l'Alphabetum, et que chacune de ces lettres correspond à un nombre lequel désigne une lame majeure du Tarot. Quelle est la 17 ème Lettre ? Phé dont la valeur est 80, et qui figure sur la lame dite : « Les Étoiles ».

Les lumières humaines sont promises â devenir des Étoiles, donc à s'intégrer au Cosmos, si elles sont entretenues par la 3ème séphira (Binah) - qui est en fait le quatrième pilier. Or, la séphira 3, c'est l'Intelligence compréhensive.

Il est en effet inutile d'éclairer la Sagesse, la Force et la Beauté devant des Imbéciles. Ils ne pourraient en faire qu'un mauvais usage, surtout de la Force ! Mais si nous adjoignons le 4 ème Pilier d'Intelligence, alors tout s'éclairera, en bas comme en haut, et ce 4e Pilier sera celui qui relie la terre au ciel, le Pilier du Monde, et qui permettra à l'Intelligence Supérieure d'habiter la Shekkina, le cœur de tous les Adeptes.

Qu'on ne vienne pas dire que ce calcul est « arrangé » pour les besoins de la cause ou que c'est « par hasard » que les choses s'arrangent ainsi.

Nous allons prendre comme vérification le second chemin possible ; celui de la multiplication.

2 x 7 x 8 = 112, nombre où nous voyons les deux colonnes II et une troisième, qui est double 2.

Nous arrivons au même résultat que par le procédé additif: la séphira 8 crée ce parèdre qui se nommera 3 ou l'Intelligence et constituera le Quatrième Pilier, représentant la séphira « Daath » - tout aussi invisible l'un que l'autre; je ne puis m'étendre sur cette correspondance qui m'entraînerait trop haut sur l'arbre séphirotique, mais les cabalistes me comprendront. Le quatrième Pilier, quoique non apparent, existe donc réellement et je dirai même que sans lui, les autres ne seraient pas, car ils n'auraient nulle valeur.

Ce pilier est fluidique, indécelable, impalpable. Comme l'Intelligence, il est Esprit qui se déverse sur les âmes prêtes à le recevoir, il est la relation du divin et de l'humain.

Le 4e pilier est aussi peu concret que l'échelle reliant la terre au ciel entrevue par Jacob dans un songe, alors que sa tête reposait sur une pierre cubique qui lui servait d'oreiller. Le long de cette échelle éthérique, les « anges » - disons les émanations - semblaient « monter et descendre », sans toutefois se repo-ser sur les échelons. Ils se mouvaient dans l'atmosphère selon la verticale évolutive, à la manière des poissons dans l'eau ou des grains de poussière dans un rayon solaire.

L'Échelle n'était plus un support, mais seulement un guide, une colonne sans consistance, une trajectoire gravée dans l'espace. L'effusion Ciel-Terre s'opérait, comme celle que l'on peut discerner sur l'Arcane XVII, où un ange semble déverser sur terre les impondérables nécessaires à la formation d'une échelle immatérielle, privée d'inutiles échelons.

À son réveil, Jacob dressa la pierre qui lui avait servi de chevet, la consacra avec de l'huile et l'appela : Beth-El la maison du Seigneur.

Ainsi de cette pierre matérielle sortit, beaucoup plus tard, un temple matériel lui aussi, mais dont l'érection avait été suggérée par l'Intelligence dirigée le long de l'échelle-pilier cosmique.

De cette façon s'organise, à travers les 4 éléments primordiaux, le Sphinx tétramère, succédané hermétique du gardien Kerub, à l'épée flamboyante, donc :
- La tête humaine, avec la plasticité de l'Eau, enregistre le Savoir.
- Les griffes du lion, mordantes comme le Feu, incitent à Oser.
- Le corps de taureau, dense comme la Terre, signe le vouloir tandis que les ailes de l'aigle, fuyantes dans l'Air, suggèrent de se taire.

Tels sont les 4 Verbes-préceptes de la Magie opérative, mais « Celui-là seul, dit Eliphas Lévi, se maintient au-dessus des autres hommes, qui ne prostituent pas à leurs commentaires et à leur, risées, les secrets de son Intelligence. »

Nous ne rêvons plus guère, en notre époque artificielle et superficielle, terriblement rivée à la terre, mais si notre Temple perdure, malgré les cataclysmes, les guerres et les attaques, c'est parce que ses assises sont solidement ancrées sur Jakin et Boaz et que, d'autre part, les piliers-racines spirituelles du «fondement » (arcane 9) sont sans cesse nourries par la sève de Binah, par la condensation des entités qui, inlassablement « montent et descendent » le long de notre quatrième Pilier.

Netzah et Hod (séphiroth 7 et 8) sont souvent appelées les « Colonnes du Temple " et se confondent avec Jakin-Boaz. Cependant, il y a une grande différence :

Ces dernières président à la nouvelle naissance corporelle de l'Apprenti, après l'abandon de ses métaux qu'il a confiés à leur garde, et auprès desquelles il touche son salaire.

Quant aux Piliers, ils animent sa chair par le Souffle de la Connaissance Intelligente, de la Connaissance Initiatique.

Source : www.ledifice.net

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Les Trois piliers : Force Sagesse et Beauté

22 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Les trois piliers sont situés au centre de la loge autour du pavé mosaïque. Ils portent les trois lumières Sagesse Force et Beauté. Il tiennent une place importante dans la loge et sont chargés de symbolisme.

Les piliers sont un élément architectural majeur. Sans eux les édifices s’écroulent. Tout temple s’élève en prenant appui sur des piliers. Si l’un d’eux cède, tout l’édifice s’effondre.

Symbole par leur nombre, symbole par leur type, ils donnent par l’ouverture des travaux le caractère sacré au temple.

Ils signifient le désir de l’homme d’élever son âme et son esprit au delà des contingentements matériels et terrestres.

Le rituel nous approche de trois piliers visibles : la sagesse, la force, et la beauté :
Symbole de Force, ils soutiennent,
Symbole de beauté ils ornent
Symbole de sagesse, ils président à la construction de l’édifice.

Ils définissent l’espace et par la même ils peuvent aussi définir le temps.

Ici nous sentons une nouvelle atmosphère dans la loge.

Il n’est pas possible d’étudier successivement chaque colonne car elles sont liées les unes aux autres, leur vertu propre se renforce l’une l’autre comme se renforce les maillons d’une chaîne d’union.

Comme la chaîne d’union elles doivent exister en nous ensemble et rester solidaires toujours.

La force doit être guidée par la sagesse vers un idéal de beauté.

La sagesse si elle n’est qu’un simple savoir allié au raisonnement risque de faire de l’homme une simple machine , si elle possède un horizon de beauté sans l’énergie de la force, ses spéculations risquent de n’avoir aucun résultat concret.

Quant à la beauté, quelle beauté doit inspirer nos énergies et nos pensées ? Qu’est ce que la beauté ? Beaucoup de penseurs et de philosophes ont disserté sur la beauté, notamment Platon dans le banquet, mais une ligne directrice sous tend toutes ces réflexions, c’est l’Harmonie.

C’est cette notion d’harmonie qui nous fait passer de la beauté matérielle à la beauté morale. La beauté morale enrichissant d’ailleurs la beauté physique.

La beauté de l’âme qui va permettre au néophyte de s’engager sur le chemin, orne le temple.

Le sens de la beauté mobilise en l’homme l’exigence nécessaire à sa réalisation.

Loin de moi cependant, de penser que nous vivons toujours dans l’harmonie, mais je crois que ce qui compte, c’est la sincérité de sa recherche et l’authenticité de son comportement.

Individuellement, on peut douter sur la valeur efficiente que représente ce désir d’harmonie. Mais ne croyons pourtant pas qu’elle soit inutile, car la chaîne d’union ne nous rappelle t elle pas que nous ne sommes pas seuls, que nous devons nous unir en pensée à tous ceux qui par le monde ont le même idéal fraternel.
Et c’est déjà en loge, par le travail avec ses frères qui représentent son miroir et par le reflet qu’ils nous renvoient de nos progrès, que naît pour le Franc-maçon ce sentiment intime de joie et d’espérance.

Cette colonne beauté est la colonne du 2ème surveillant qui est symbolisé par le fil à plomb. Ce fil à plomb est essentiel à la colonne, car il contribue à élever sans cesse l’état moral et matériel des individus et de la société toute entière, il symbolise également la descente en soi. Comme la colonne signifie la liaison entre le centre de la terre et le ciel.

Ce souci d’élévation est important il nous relie à la voûte étoilée.
Ce fil à plomb nous rappelle que l’élévation des autres passe d’abord et nécessairement par l’élévation de son âme dans la conscience du tout de l’humanité.

Il est donc important que la vie du FM entretienne et perfectionne une sensibilité au monde extérieur, qu’elle soit sensible à la beauté et à l’harmonie de la nature et des êtres qui l’animent.

Et pour conclure, je permettrais de citer PLATON :
« Quand on s’est élevé des choses…jusqu’à cette beauté et qu’on commence à l’apercevoir on est bien prêt de toucher au but ; car la vraie voie de l’amour… c’est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle… en passant des belles actions aux belles sciences, pour aboutir …à la beauté absolue. »

Mais cette tâche n’apparaît guère facile pour l’homme ordinaire.

Mais pour un Franc-maçon ? Mes frères, je vous laisse méditer.

Source : www.ledifice.net

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Manfred von Richthofen - Le Baron Rouge

21 Avril 2013 , Rédigé par T.D

Manfred von Richthofen est né en 1892 à Breslau, une ville de Silésie (aujourd'hui en Pologne). Descendant des Falkenhausen par sa grand-mère, il est originaire d'une famille de noblesse campagnarde. A l'âge de 11 ans ses parents l'inscrivent à l'école militaires. Manfred est un casse-cou dés l'enfance. Un jour, il grimpe au clocher de l'église de Wahlstadt et accroche son mouchoir au paratonnerre. Nul n'osera jamais aller l'enlever... Il poursuit ensuite ses études à l'Académie Militaire de Lichterfelde. Cavalier intrépide, il rejoint la cavalerie en tant qu'officier au 1er régiment de Uhlans lorsque la guerre éclate au mois d'août 1914. Après avoir combattu pendant huit jours les Cosaques, il est expédié à l'Ouest.

Quand la guerre des tranchées débute à Verdun, il est relégué à l'intendance et passe son temps à...tirer le sanglier. Il trouve évidemment cette existence indigne d'un soldat. Il écrit alors à son supérieur : "Chère Excellence, je ne suis pas allé à la guerre pour rassembler œufs et fromages !".

A la fin du mois de mai 1915, on l'envoi chasser un autre type de gibier. Il est, en effet, muté dans l'aviation, son plus cher désir. Il sert d'abord comme observateur dans le ciel de Russie puis de Belgique avec l'escadrille "Les Pigeons Voyageurs". Il demeure un grand chasseur mais c'est d'abord un ami des animaux, à Ostende Manfred achète à un fermier flamand un dogue d'Ulm pour cinq mark seulement. "Moritz" va suivre son maître sur tous les fronts où il ira combattre, il volera même une fois avec son maître. Avec le Lieutenant Georg Zeumer comme pilote, Manfred livre son premier combat aérien le 1er septembre 1915. C'est un match nul. Vexé, il quitte la cote belge pour le front de la Champagne, où la bataille fait rage et rencontre au wagon-restaurant son héros le Lieutenant Oswald Boelcke, qui a déjà abattu quatre avions.

En septembre, lors de son second combat, toujours en tant que mitrailleur, il abat un Farman mais celui-ci s'écrase derrière les lignes Alliées et cette première victoire ne sera pas comptée à Richthofen. Son mentor, Georg Zeumer lui conseil alors de voler de ses propres ailes. "Je lui aurais volontiers répondu que j'avais la frousse, mais c'est un mot qu'un défenseur de la patrie ne doit pas prononcer." écrit Manfred. Sa première tentative est un échec, il s'écrase à l'atterrissage...

Après un stage et d'autres examens, il est enfin autorisé à voler seul. La carrière de l'as des as de 14-18 peut enfin commencer.

Le 24 avril 1916, Richthofen, à bord d'un Albatros D.II biplace équipé d'une mitrailleuse fixe entre les plans de sa machine et à l'écart de l'hélice, met hors de combat un Nieuport français mais celui-ci s'abat derrière les lignes ennemies dans ce qui reste d'un bois à Douamont, près de Verdun. Cette victoire ne lui sera pas non plus comptée.

Son désir de voler en monoplace est enfin réalisé au mois de mai lorsqu'il reçoit un Fokker E.I mais on le renvoie aussitôt bombarder les Russes qui préparent une grande offensive. Son unité, la Kampfgeschwader 2, déverse des obus sur des gares bourrées de matériel et de troupes, sur des voies ferrées et des routes sillonnées de convois, sur des ponts et des dépôts de munitions. Le jeune aristocrate de Silésie et ses camarades causent à l'adversaire des dégâts considérables et des lourdes pertes.

Le 1er septembre, Oswald Boelcke, l'invite à rejoindre son escadrille, la Jasta 2 qui opère dans le ciel de Verdun. Le 17 du même mois il décroche son 1er succès confirmé en descendant un bombardier. Le pilote Anglais réussira à poser l'avion en catastrophe mais décédera de ses blessures peu de temps après. "...Tué en combat loyal !" écrira Richthofen.

Les aigles volent et tombent, le 28 octobre 1916, l'appareil d' Oswald Boelke est percuté en plein ciel par un de ses propre pilotes et perd la vie alors qu'il comptait 40 victoires. De son côté Manfred continue sa fulgurante ascension, le 11 novembre il reçoit la "Croix de Chevalier de l'Ordre Royal de la Maison des Hohenzolern avec Epées".

Janvier 1917. Les combats se multiplient, à sa 16ème, il est à la tête de tous les aviateurs de chasse encore en vie et reçoit l'Ordre "Pour Le Mérite".

Après avoir obtenu sa dernière victoire avec la Jasta 2 le 4 janvier, l'aîné des Richthofen reçoit le commandement de l'Escadrille n°11 qui est stationnée à Douai. C'est aussi à ce moment là qu'il décide de faire peindre son avion en rouge, ce n'est pas de la jactance. Manfred n'a jamais caché sa peur, mais son brave Albatros D.III ainsi qu'un Halberstadt D.II deviennent rapidement célèbres sur le front. Rejoindre la célèbre escadrille du Baron Rouge allait devenir le rêve de tous les pilotes de chasse. Il enseignait à ses hommes les secret qu' Oswald Boelcke lui avait appris. Il laissait une courte période d'adaptation à ses nouveaux pilotes, pendant laquelle il les jaugeait. Les tirs aux flancs et les fanfarons ne faisaient pas long feu. Manfred était en effet allergique aux cascadeurs car en situation de combat l'efficacité prime sur la fantaisie en vol : "Nous avons besoin de pilotes audacieux pas d'acrobates".

Le 7 avril, il est promu au rang de Rittmeister (Capitaine dans la cavalerie).
Il reste un ennemi loyal et généreux quand il le peut. Un jour qu'il vole seul, il pique sur un Vickers qui photographiait les lignes allemandes. Son attaque est si foudroyante que ses occupants n'ont pas le temps de réagir. Les deux hommes parviendront néanmoins à se poser avant l'explosion de leur machine. Manfred avait suivi la chute des anglais mais à 500 mètres son moteur le lâche brutalement, il ne peut atterrir que dans des barbelés à proximité de ses victimes dans un no man's land. Après une brève discussion avec les anglais venu à sa rencontre, il apprend que les britanniques le surnomme "Le Petit Rouge", amusé, Manfred les autorise à rentrer à leur base. Ce fair-play va naturellement le rendre sympathique aux Anglais.

Une carrière d'as n'est pas faite que de succès ! Sa dix-huitième lui coûte une aile et il est obligé d'effectuer un atterrissage forcé. A la mi-mars aux environs de Lens, il est à nouveau contraint de se poser en catastrophe. Il sortira encore indemne de cette aventure mais refusera de continuer à voler sur Albatros. Anthony Fokker dessine alors spécialement pour lui le fameux Fokker triplan. Une arme redoutable, qui sème la terreur durant le mois d'avril 1917, le "Bloody April" . A 25 ans il compte plus de 50 victoires. Pour la chasse alliée, l'objectif est désormais d'abattre Richthofen, rebaptisé "Le Diable Rouge". Toutes les escadrilles anglaises et américaines se mettent à traquer le fameux triplan.

Son frère Lothar, venu le rejoindre, marche sur ses traces. Ces Barons campagnards de Silésie qui combattent pour leur pays, le font de manière chevaleresque.

Manfred von Richthofen est devenu le symbole national du courage, de l'initiative, du désintéressement et de la chevalerie, noble dans ses actes et ses motivations. Après sa 48ème victoire, il est appelé à Berlin pour une tournée de propagande et surtout pour y être reçu par le Kaizer. Mais Avant de s'exécuter il prend son avion et décroche 4 nouveaux succès le 29 avril. En mai, le roi de Bulgarie Ferdinand, lui décerne la Croix de la Vaillance de 1ère Classe. Au mois de juin l'as des as se voit confier la 1ère Escadre allemande, Jagdgeschwader 1. Il commande à présent quatre Escadrilles, les Jasta 4, 6, 10 et 11. Son unité est stationnée près du château de Marcke en Belgique et sera plus tard rebaptisée "Escadre Freiherr von Richthofen" en sa mémoire.

Le 6 juillet 1917, entre Ypres et Armentières, le Baron Rouge est abattu par la Capitaine Douglas Cunnel et le Sous-Lieutenant Albert Woodbridge. Il est surtout grièvement touché à la tête et va même se retrouver momentanément paralysé, heureusement alors que son avion était en chute libre et se rapprochait dangereusement du sol, il retrouva l'usage de ses membres avant de remettre sa machine en vol horizontal et de se poser dans ses lignes. Il est immédiatement transporté à l'hôpital de Courtrai. C'est la jeune et joli infirmière Katie Osterdorf, qui passa toute la première nuit au chevet du pilote, inconscient et anesthésié. Sa blessure fait dix centimètres de longueur et, si le crâne n'est pas percé, l'as souffrira cependant de bourdonnements désagréables jusqu'à la fin de sa vie.

1918: L'Allemagne veut garder son héros intact. Berlin le réclame pour instruire les jeunes pilotes. Manfred refuse. Le 20 avril, il abat, ses soixante-dix-neuvième et quatre-vingtième adversaires. Le lendemain, un dimanche, il repart vers midi moins le quart à la tête de deux escadrilles. Dans l'une se trouve son cousin, le Sous-Lieutenant Baron, Wolfram von Richthofen qui est venu le rejoindre.

Il fait gris et froid. Son unité attaque six anglais près d'Amiens, c'est la mêlée. Elle met aux prises Sopwith-Camel, Fokker D.VII et Albatros D.III. Avec sa fougue habituelle, Manfred plonge sur un adversaire, Wilfred May qui pique aussitôt du nez mais ce n'est qu'une feinte. Il tente d'échapper à son poursuivant par une descente en feuille morte. Le novice Wolfram suit son célèbre cousin mais Manfred, qui ne souhaite pas que celui s'expose à une éventuel riposte de la DCA, lui fait signe d'abandonner la poursuite et continue seul la chasse. Il signe ainsi son arrêt de mort. Le Canadien Roy Brown qui a assisté en retrait à toute la scène, attend le départ de Wolfram avant de prendre le triplan rouge en chasse. Entre-temps le Rittmeister avait suivi May jusque dans ses lignes et au moment même où il remporte sa 81ème victoire, Manfred est lui même touché par plusieurs balles. Son avion tombe chez les alliés près de la 53ème batterie australienne, qui revendique cette victoire. Pour l'anecdote Brown prétendra lui aussi avoir descendu von Richthofen. C'est la fin pour l'as des as. Des délégations d'aviateurs de tous les pays vont participer aux obsèques. Les pilotes qu'il a si souvent combattus, portent en respect Manfred à sa dernière demeure, au cimetière de Bertangles, sous une salve d'honneur.

En partant pour la guerre, il avait écrit à sa mère : "Si nous ne devions plus nous revoir, recevez ici mes remerciements les plus chaleureux pour tout ce que vous avez fait pour moi. Votre fils reconnaissant et obéissant."

Source : http://www.aeroweb-fr.net/biographies/manfred-von-richthofen-le-baron-rouge

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La Sagesse

20 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La précipitation et le superficiel sans la réflexion et l’introspection sont à l’opposé de la Franc maçonnerie. Alors en ces temps où l’information circule à la vitesse de la lumière, où l’être humain est assoiffé de rapidité d’acquisition de connaissances événementielles, où certains se targuent d’avoir des centaines d’Amis, ou d’adresses e-mails, tous joignables à tout instant, la Sagesse peut-elle apparaître désuète aux yeux de chacun, ou dépassée ?

Je ne crois pas, car elle reste une des vertus essentielles, d’autant plus qu’elle est une des grandes valeurs de la franc-maçonnerie, au même titre que l’amour de l’autre et de la fraternité.

Depuis notre naissance on a inculqué le fait d’être sage, et de le rester en toute circonstance.

La Sagesse ne devrait pas nous être étrangère, mais en Loge nous découvrons qu’il n’en est rien.

Lors de la prière d’ouverture au grade d’apprenti, il est dit :

« Daigne accorder à notre zèle un succès heureux, afin que le Temple que nous avons entrepris d’élever pour Ta gloire, étant fondé sur la Sagesse, décoré par la Beauté et soutenu par la Force qui viennent de Toi, soit un séjour de paix et d’union fraternelles, un asile pour la vertu, un rempart impénétrable au vice, et le sanctuaire de la vérité »

A la lecture du catéchisme, se pose la question concernant le temple:
” quels sont ses fondements “, la réponse ” trois grandes colonnes, ou pilier, qui sont la Sagesse pour inventer, la beauté pour orner, et la force pour exécuter “.

Nous sommes convenus, en entrant en franc-maçonnerie, d’établir notre pensée, notre action, pour essayer le plus possible de se situer dans ce que l’on nomme aujourd’hui une éthique, qui est un but, un chemin , une manière de vivre..
Il s’agit de l’objectif d’essayer de vivre, en esthétique de Sagesse, de beauté, et de force en soi, afin d’acquérir la capacité d’être un véritable être humain, et non une sorte d’animal.

Il contient l’enseignement de la justice et apprend à discerner les hommes méchants de ceux que le bien anime. Il apprend qu’il est besoin d’un long travail et d’un vif désir pour obtenir la sagesse.

La sagesse désigne le savoir et la vertu d’un être. Elle caractérise celui qui est en accord avec lui-même et avec les autres, avec son corps et ses passions (vertus de tempérance, de modération et de justice), et a cultivé ses facultés mentales, tout en accordant ses actes à ses paroles.

Dans son acception populaire, la sagesse est attribuée à celui ou celle qui prend des décisions raisonnables, aux dépens de ses propres intérêts parfois. On dit aussi couramment des enfants qu’ils sont “sages” quand ils obéissent ou ne sont pas bruyants.

Chez les philosophes grecs, la sagesse (« sophia » en grec) est l’idéal de la vie humaine. Il peut se définir comme un état de réalisation qui s’appuie sur une connaissance de soi et du monde, s’accompagne d’un bonheur suprême et correspond à l’état de perfection le plus élevé que puisse atteindre un humain. La sagesse est le “savoir être heureux” ou encore la science du bonheur. Plusieurs chemins sont possibles.

La sagesse tragique de l’obscur Héraclite propose des maximes qui mettent en lumière le perpétuel mouvement des choses, changement qui nous force à rechercher les solutions adaptatives les meilleures et auxquelles on doit s’acclimater par une connaissance de la raison des choses : “la sagesse consiste en une seule chose : connaître le symbole qui agit toujours et partout.”

A la suite de Socrate, modèle de la sagesse antique, les Stoïciens et les Epicuriensdéfinissent la sagesse comme la maîtrise des désirs par la raison et la connaissance de ce qui est de notre ressort et de ce qui ne l’est pas. Les Sophistes évoquent la relativité de la vérité qui s’élabore dans le discours, dans le maniement de la rhétorique, de la logique et de la résolution des contradictions.

Chez les Académiciens, il s’agit de rechercher le Bien et Aristote propose avec prudence les activités contemplatives et théoriques pour y arriver. Socrate prône la cogitation, l’humilité, l’acceptation de son ignorance et le respect absolu des lois de la cité, en l’occurrence : Athènes.

Dans notre rite, la Sagesse est la vertu dévolue au pilier situé vers l’Orient et correspond donc au vénérable Maître, à la Lumière.

Alors que les Apprentis et le Second Surveillant ont comme colonne celle de la force, dans d’autres rites la sagesse leur est attribuée. Autant les Apprentis doivent avoir la force pour exécuter, il peut se concevoir qu’ils aient la sagesse pour se connaître eux-mêmes. Cependant il est difficile d’imposer un ordre de réflexion dans notre cheminement.

Mais là ne se situe pas le débat.

La maxime « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux » nous permet d’avoir une vision de nos forces et nos faiblesses.

Or se connaître véritablement, avoir la vision parfaite de ses forces et ses faiblesses, se souvenir de toutes ses erreurs, les déplorer, et surtout de comprendre ce qui peut l’être encore, savoir interpréter le monde et les hommes avec humanité sincère et désintéressée, en privilégiant l’Etre sur l’avoir, belle attitude relevant de la Sagesse.

Cependant si l’arrivée dans la sagesse se perçoit aisément, il s’avère qu’elle est difficile à acquérir, et qu’elle ne s’obtient que par la maitrise ou plutôt par la domination du corps et des sens, ces perturbateurs de l’attention par les désirs qu’ils engendrent.

Une fois acquise, la sagesse présidera à la construction de notre édifice, avec la force comme soutient et la beauté pour résultat.

Reconnaître ses faiblesses c’est déjà progresser. Gardons l’espérance de se rapprocher un peu plus du sommet de la montagne, de l’arbre de Vie.

La sagesse symbolise l’esprit, source de toute compréhension, la raison, la vérité.

Il est nécessaire de reconnaître son ignorance (« Connais-toi toi-même ») pour que l’on entreprenne le cheminement vers la connaissance qui pourra nous conduire vers la sagesse.

L’humilité est une vertu du sage.

Celui qui s’abaisse sera élevé, celui qui s’élève sera abaissé dit-on.

Il est vrai que la sagesse peut s’acquérir avec l’âge, pour autant que l’on soit à son écoute.

La culture et le savoir n’en sont pas des exemples.

La sagesse est un état de vivre en harmonie avec ses principes et son idéal de vie.

Les trois Vertus du Temple que sont la Force, la Beauté, la Sagesse permettent de retrouver son Ame, son Esprit, et son corps, juste équilibre d’une progression harmonieuse. Elles engagent à agir avec toute la sagesse (de l’esprit), la force (de caractère), et la beauté (du cœur).

Ce ternaire maîtrise son moi et parvient à s’immiscer dans un moi collectif, de l’autre, et l’amour de son prochain

Les Frères sans cesse travaillent leur pierre, sans cesse ils affûtent leurs outils, pour parvenir à la perfection ou plutôt la recherche de perfection puisqu’elle est l’apanage du Grand Architecte.

Tel sera ce cheminement horizontal, sur le sol autour et en suivant le tableau de loge, et vertical vers le haut du temple qui a une hauteur infinie.

Il faudra recommencer, retravailler, réfléchir, puis consterné de son imperfection, reprendre l’ouvrage, redresser, malgré ce sentiment d’imprécision, une lueur de satisfaction, enfin chacun aboutit à son harmonie.

Il faut garder en soi la force de ne pas s’éloigner de ses enseignements, de sa quête, et de ne jamais quitter les chemins qui conduisent vers le vrai.

Il faut se remettre au travail pour progresser, sans régresser, et pour bâtir, car une fois acquise, la sagesse permettra la construction de notre édifice.

Ces valeurs doivent être travaillées car elles sont indissociables des Vertus Théologales ou Sacrées que sont la Foi, l’Espérance et la Charité.

« Dans les secrets que vole l’homme à Dieu, il y a beaucoup de savoir, beaucoup de pouvoir, et très peu de sagesse » a dit un sage.

J’ai dit V.M.

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/2911

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Sagesse - Force et Beauté

19 Avril 2013 , Rédigé par A\ B\ Publié dans #Planches

Ce sont les trois qualités initiatiques que le Franc Maçon a le devoir de développer en lui, par son travail et par sa réflexion, il doit en faire le credo de son initiation et le but suprême de ses efforts de ses connaissances et de son élévation.

Je vais essayer de d’expliquer mes idées sur la question.

Les mathématiciens s’accordent pour dire qu’Euclide possédait l’Essentiel.

Mais quel était cet Essentiel.

C’était et c’est encore la science des Mathématiques et de la Géométrie, qui sont toujours associés à la Sagesse et que Bernard de Clairvaux , abbé de Cîteaux, fit étudier par les moines bâtisseurs que ceux-ci nommèrent le « Trait » et adaptèrent à l’architecture religieuse dont les ouvriers du bâtiment tirèrent un enseignement qu’ils transformèrent en science dans l’art de concevoir et bâtir des édifices et qui engendrèrent le Compagnonnage avec ses règles strictes de connaissance et de secret, et dont nous pouvons dire que la Franc Maçonnerie est issue et dans laquelle on vénère, peut-être plus qu’ailleurs, la Sagesse qui est vertu, savoir, prudence, don de l’esprit et science politique.

C’est sur la colonne du nord, où il est installé après son initiation, que le nouvel apprenti prend contact avec la sagesse, celle qui lui a été imposée par l’obligation de silence; ce silence qui lui permet d’écouter, et non d’entendre, et ensuite de réfléchir sur ce qui a été vu et entendu durant la tenue et en tirer, avec sagesse, tous les enseignements nécessaires à son cheminement, car la sagesse est une affaire de pénétration intérieure, elle ne ressemble pas à la science, l’une est profane et l’autre sacrée, elle est dans l’esprit de chacun, jeune ou vieux car il n’y a pas de limite d’âge pour acquérir ou posséder la sagesse et les vieillards n’en possèdent pas plus que les autres, même si on en a fait une croyance populaire.

Car la Sagesse nous inspire des sentiments qui doivent faire de nous des hommes capables d’apprécier, avec discernement, le monde qui nous entoure, sans préjuger de telle ou telle situation sociale, économique ou foncière pour donner ou non son amitié, son respect, son aide ou son amour à autrui. La sagesse doit être le régulateur de nos instincts et de nos élans, elle doit nous maintenir dans une juste appréciation des situations qui se présentent à nous et nous forcer à agir avec justice vis-à-vis de tous et de tout en nous évitant les impulsions préjudiciables à notre bon raisonnement. Si, malgré tout, nous cédons à une mauvaise attitude, la sagesse devra nous faire découvrir nos errements et nous obliger à reprendre le bon chemin ; il faudra, pour cela, faire appel, comme le faisaient les compagnons lors des calculs des constructions qu’ils envisageaient, a la Force, pour eux celle des matériaux utilisés et pour nous celle de notre caractère, celle que nous devons maîtriser, justement par la sagesse car l’une ne peut agir sans l’aide de l’autre ; il est impensable qu’un individu sans sagesse puisse se maîtriser et reconnaître ses erreurs.

Lors de son initiation, le néophyte est instruit d’un mot qui représente la Colonne qui lui est dévolue pour y exécuter son travail, on lui apprend que celle-ci a pour signification : « La force est en lui » ou plus simplement « En Force »

Si on lui donne ce principe en réflexion c’est qu’il doit s’en servir avec toute la sagesse dont il est capable et pour cela maîtriser ses pulsions, prendre conscience qu’il aura beaucoup à faire pour débarrasser son ego des scories qui l’imprègnent et tailler sa pierre, comme il est dit dans le rituel, pour en faire un élément digne de figurer dans le parement du Temple intérieur qu’il a commencé a édifier en demandant à être initié.

La sagesse ne s’apprend pas, elle s’acquiert « On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous »écrit Marcel PROUST et les chinois disent « Le sage s’interroge sur lui-même, le sot interroge les autres »

La sagesse a toujours été un élément majeur de la connaissance, elle suppose un savoir et a pour but la connaissance, elle ne recherche pas le pouvoir elle est sa propre finalité.

Dans EXODE (31-2.3 ) Il est dit : « Vois, j’ai nommé Betsaléel, fils d’Uri, fils de Hur de la tribu de Juda, je l’ai rempli de l’esprit de Dieu, lui donnant la Sagesse (hokhmah) intelligence et savoir pour toutes sortes d’ouvrages. »

Cette sagesse c’est Dieu qui la répartit et c’est l’attribut qu’il met en œuvre pour réaliser la création de l’Univers, dans PROVERBES on retrouve cette sagesse qui se tient, dès l’origine, près du Dieu créateur ; il y est dit : « Quand il disposa les Cieux, j’étais là ; quand il affermit les fondations de la terre, j’étais à côté de lui comme un frère de lait. »

C’est en tant qu’attribut divin que la Sagesse figure dans la triade ‘’SAGESSE, FORCE et BEAUTE ‘’ ces trois piliers qui soutiennent la loge, image de l’Univers, un des trois, la Sagesse est associée à la lumière qui émane du V\M\, il est symétriquement relié à la Force, qui elle aussi émane du V\M\

Anderson nous dit une chose très importante, qui recoupe ce que je disais au début de cette planche : « Cette géométrie selon laquelle il a ordonné le monde, le GADLU l’a inscrite dans le cœur d’Adam, créé à son image » et il ajoute plus avant dans son écrit : « Nous ne faisons que nous efforcer de l’imiter, mais nous ne sommes pas arrivés à sa perfection » et j’ajoute que nous devons nous efforcer d’y arriver, mais, nous maçons, savons au moins que le sacré est en nous et que la sagesse, un de ses attributs, est donc aussi en nous, qu’il nous faudra la développer, mais que la révélation ne s’en fera pas complètement en ce monde.

C’est donc dans ce but qu’il nous faudra user de la Force, force de travail, et force de caractère, car comme la force, symbole du deuxième pilier soutien l’édifice, elle devra soutenir nos efforts pour arriver à tailler correctement et avec passion notre pierre pour en faire un objet admirable et plein de beauté qui pourra provoquer autour de nous l’admiration et le désir de nous ressembler et éventuellement de nous rejoindre pour acquérir les qualités et les vertus qui seront devenues les nôtres, cela par un travail incessant avec en tête la détermination d’atteindre un but que nous avons fixé lors de notre entrée dans le Temple.

Pour reprendre l’exemple des bâtisseurs dont nous sommes peut-être issus ; après avoir, avec sagesse, dressé leurs plans et calculé les poussées des matériaux, ils ont recherché les pierres qui présentaient les meilleures qualités et la force nécessaire pour résister aux forces contraires et à l’usure du temps, ils les ont dressées et mises en place pour qu’elles soient en accord avec ce qu’ils avaient calculé ; tout comme il nous faudra savoir, avant de nous aventurer dans une voie qui ne correspond pas à notre attente et à nos aspirations, si nous serons capables d’aller au terme de notre engagement et si la tâche n’est pas au dessus de nos forces. Car l’aboutissement et le résultat de notre travail ne sera jamais perçu de façon concrète par ceux qui nous entourent et qui nous assistent, il ne sera que l’impression que nous aurons de notre réussite ou de notre échec.

Si nous arrivons à percevoir une amélioration de notre ego, alors, et alors seulement nous pourrons penser que le travail accompli peut être apprécié pour sa force et aussi sa beauté, car le travail réalisé avec amour et conscience, même s’il n’est pas sublime, est toujours beau à regarder, c’est ce que nous cherchons à faire en travaillant sur nous même, pour comme le dit aussi le rituel, porter au dehors ce que nous avons réalisé ou reçu dans le temple et éclairer de nos lumières le monde profane où il est nécessaire de rayonner pour faire connaître et admirer la beauté de notre travail.

Les compagnons lorsqu’ils avaient terminé le gros œuvre de leurs édifices les paraient , extérieurement, de statues et de sculptures symboliques qui les rendaient agréables à regarder et qui donnaient envie de pénétrer dans le sanctuaire pour y prier et, à l’occasion, y recevoir l’instruction d’une connaissance ignorée, c’est ce qui devrait arriver au contact de chacun d’entre nous, et donner au profane qui nous côtoie, qu’il soit un familier ou un étranger le désir de nous ressembler, d’accéder à la beauté de notre rayonnement et de notre connaissance.

A la fermeture des travaux, le V\M\ , à l’extinction de la colonne Sagesse dit : Que la Paix règne sur la terre ; rejoignant ainsi l’essence même de la sagesse, car le sage est toujours en paix, avec lui-même et avec le monde ; car le sage ne sait pas, il comprend, le silence du sage n’est ni sottise ni ignorance mais refus d’éclat, il recherche et veux la paix, pour lui et pour l’univers, pour cette recherche toujours il médite.

Mes Frères, je n’ai pas fait, comme souvent, l’explication et la définition des trois symboles que je vous ai présentés, cela a été fait tant de fois, j’ai voulu donner le sens et le ressenti que j’ai de ces trois piliers qui sont devant moi à chaque tenue et que je contemple en réfléchissant à ce qu’ils peuvent représenter pour moi, Franc Maçon, qui cherche un sens à sa vie en suivant son chemin de lumière.

J’ai dit.

 Source : www.ledifice.net

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La Beauté

18 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

"On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux..."

Saint Exupéry

Nous avons tout d'abord exploré le célèbre Sagesse - Force - Beauté et pour les SS\ ou les FF\ qui travaillent au Rite Ecossais Ancien Accepté, il y a beaucoup d'évidences mais aussi beaucoup de questions.

Certains pensent qu'ils faut de la Force pour arriver à la connaissance, puis à la Sagesse afin d'apercevoir la Beauté. Mais la beauté ou une beauté ?

Est-elle toujours la même ou est-elle évolutive, suit-elle le parcours des éternels Apprentis que nous sommes ?

Chercher la Beauté n'est-ce pas chercher la Vérité, la perfection? Si oui, un Maçon est éternellement sur le chemin de La Vérité, de la perfection. Ce chemin devrait donc s'embellir avec les progrès réalisés.

Comme tout symbole qui se respecte, ce ternaire nous a permis de faire évoluer le fil de nos réflexions très rapidement vers d'autres horizons.
Ainsi, dans la construction d'une cathédrale ou de tout autre édifice, les trois valeurs sont obligatoirement présentes. La Force pour qu'il tienne debout, La Sagesse pour qu'il soit conforme a son utilisation, et la Beauté pour qu'il ne soit pas nu, mais décoré de sculptures, de mosaïques, de fresques...

Mais pour une construction moderne, par exemple, trouverait-on une façade en aluminium belle?

Et là, nous sentons bien que ce sujet ne peut être enfermé dans un simple symbole à couvert de nos Temples et restreint à un "usage" maçonnique. Non !

Le beau ou la beauté sont des notions qui emplissent la vie de l'homme et que l'on retrouve à chaque instant de sa vie.
Nous avons donc envisagé une nouvelle approche de la beauté en étudiant la subjectivité de ce qui est beau.
Quel est donc cet étrange rapport qui nous lie à quelque chose que nous trouvons beau et que notre plus proche ami trouve détestable au possible ? N'y aurait-il pas, encore une fois, une étrange résonance manichéenne entre la sagesse, la force et ce que nous estimons être un exemple de beauté...

Peut-on "forcer" quelqu'un à trouver beau quelque objet qui le laisse ordinairement, complètement indifférent ? Certainement pas. D'où une analyse plus poussée vers l’ego et ses racines comme l'éducation ou l'expérience.

Apprécier la beauté ne peut qu'être une approche personnelle et impossible à partager. La meilleure preuve, s'il en est, est l'approche d'un concert par des malentendants ou la visite d'un musée par un malvoyant. Pourquoi restreindre la vision de la beauté par un sens unique, la vue ? Et pourtant, alors que nous nous étions évadés de l'universalité des œuvres d'art, nous avons pu noter un commentaire qui nous ramenait indiciblement à notre ternaire d'origine. Je cite : "Cette supériorité de la beauté sur la force et sur la sagesse se retrouve dans toutes les autres œuvres d'art. L'élégance d'un discours et la séduction d'un tableau, le sublime d'une symphonie ou l'attrait d'une affiche, résultent de cette même hiérarchie des trois vertus fondamentales. Certes, ces productions ne seraient pas telles si elles manquaient de force ou si elles avaient été composées sottement. Mais seule, leur beauté les rend dignes de cette distinction...".

La beauté a aussi son époque et une certaine "fugitivité". Telle œuvre ou telle symphonie ou tel dessin, considéré comme l'un des canons de son époque n'a pratiquement plus aucun retentissement quelques années plus tard. La beauté serait-elle touché par le phénomène de mode ?
Et nous avons doucement glissé vers l'approche plus en profondeur de la philosophie de la beauté.

Le paradoxe de la confrontation entre la subjectivité et l'objectivité de la beauté. Préférer la soupe au pistou à la soupe aux choux n'est qu'un jugement de préférence. Préférer Massenet à Bach est un jugement qui juge plutôt le jugeant que le jugé par rapport à la complexité esthétique de l’œuvre musicale. Quelque chose, dans la beauté, semble dépasser la pauvre appréciation que nous nous sentons capable de porter sur elle. Paradoxe de l'écrasement personnel confronté aux exaltations du dépassement.

Il y a aussi le paradoxe de la relativité de la beauté selon les cultures lorsqu'il se confronte à la forme d'universalité que présentent les grandes œuvres, conférant à la beauté quelque chose d'extra-temporel et d'extra-catégoriel. Il en est de même du paradoxe de la perception esthétique par rapport à la perception ordinaire, l'une semble rencontrer des essences et l'autre rencontrer des objets comme si la beauté (ou plutôt le mouvement de l'homme qui la ressent) transmuait les objets en essences, le visible en invisible, le concept en affect.
Il en est de même du paradoxe de la communication comme si le créateur et le récepteur étaient également constitutifs d'une double présence corrélative d'une double absence : le peintre est dans le tableau sans être dans le paysage.
Il en est de même, également, du paradoxe du discours sur la beauté qui oscille toujours entre l'inexprimable et l'indicible, dans le premier cas " le sifflet est coupé ", dans le deuxième cas on parle et on parle encore et inlassablement sans que le flux du discours ne réussisse à déterminer quoi que ce soit.

Pourrait-on pousser la question jusqu'à appliquer à la Beauté une définition classique de la Vérité: "adéquation de la chose avec elle-même?".
De même qu'il est admis maintenant qu'il n'y a pas UNE vérité absolue, mais des vérités, toutes partielles et provisoires, il n'y a pas UNE beauté absolue, mais des perceptions personnelles, contingentes, provisoires, fonctions des individus, et donc de leur niveau de conscience.

De ces hauteurs philosophiques, nos pensées nous ont amené à réfléchir sur la beauté du laid. De fait, quelque chose de très laid peut atteindre les sommets de la beauté par un autre chemin que celui qui, conventionnel, tente à repousser toute chose qui au prime abord nous rebute.

Et nous avons aussi songé à la beauté du geste. La beauté et l'harmonie du geste de l'artisan, quand avec le temps et l'expérience, l'esprit guide la main, quand du geste précis, simple et facile, sort sous nous yeux une belle œuvre, un bel ouvrage. Beauté du mouvement, né du temps et l’expérience, la sagesse, et de la main, la force. Beauté de l’œuvre née de l'esprit. L'esprit guide la main et crée la beauté. L’œuvre, l'objet terminé ne sera encore une fois, qu'une épure. L'artisan enrichit de cette nouvelle expérience reprendra ses outils pour créer une nouvelle œuvre qu'il voudra plus belle encore. Ces objets, il les oubliera les uns après les autres, pour celui qui reste toujours à fabriquer et dans sa recherche du beau geste.

Chose étrange mais naturelle, pourrait-on dire, chez des Maçons sur un chantier, les contributions ont doucement évolué vers un autre concept, difficilement séparable de la beauté, le bonheur.

La beauté, le beau devenait un moyen d'accéder vers un état de plénitude de l'être humain. La beauté devenait un accessit de la sérénité, une porte ouverte vers le bonheur. Peut-être avions-nous trouvé là un futur sujet de THEMA ?

De même, une nouvelle approche se fera vers l'amour. Comme si la beauté ne pouvait être qu'un moyen d'accéder à des états, certes toujours positifs, de l'être humain comme l'amour et le bonheur.

Nous sommes alors revenus à un nouveau concept de la beauté en décortiquant la géométrie et la beauté d'une équation, voir même la relativité d'Einstein. Le beau se cache n'importe où et l'important est de garder tous ses sens - pas seulement la vue - en éveil.

Un aspect a été très brièvement évoqué et aurait sans doute mérité qu'on s'y implique un peu plus : La beauté du diable. Cet facette de la beauté, qu'on pourrait qualifier d'obscure ou de contraire. Inévitablement, on pense à une beauté concernant un être humain, homme ou femme, et qui viendrait servir d'excuse à une faute commise. Une belle piste négligée ?

Comme celle des sentiers fleuris de l'erreur...

En conclusion, je dirai que la beauté est un sujet impossible à cloisonner ou à approcher de façon claire, précise et nette sans mêler dans une curieuse égrégore qui nous ressemble, des concepts humains. J'emprunterai cette citation extraite de l'une de vos contributions en guise de conclusion : "La saisie du beau en tant qu'émotion attachée à l'exécution d'un rituel maçonnique s'effectuera plus facilement, me semble-t-il, lorsque les préjugés anti-intellectualistes auront été mis au rancart et que la subjectivité aura trouvé son complément dialectique : l'objectivité."

QUELQUES TEXTES ET EXTRAITS CHOISIS

Voie lactée, ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses,
Nageurs morts, suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses,

Moi qui sais des lais pour les reines,
La complainte de mes années
Des hymnes d'esclaves aux murènes
La romance du mal-aimé
Et des chansons pour les sirènes.

Guillaume Apollinaire
La chanson du mal-aimé - (in Alcools)

 

Socrate demande à Hippias de définir "le beau" (NB: en grec, "to kalon" est un neutre ayant valeur de générique, le grec est finalement beaucoup plus adapté à l'expression des concepts que le français).
Hippias commence par dire que le beau, c'est une belle jeune fille. Alors Socrate lui demande si par hasard on ne pourrait pas trouver également de la beauté dans une belle jument. Et Hippias en convient. Socrate demande alors si dans une belle terrine, bien décorée, d'agréables proportions, on ne trouve pas aussi "le beau". Hippias en convient, mais trouve qu'il s'agit là d'une forme de beauté atténuée.
S'il faut parler d'objets, dit-il, parlons d'objets précieux. Plus c'est précieux, plus c'est beau. Tout ce qui est couvert d'or est donc beau.
Oui, dit Socrate, certainement, mais la statue d'Athéna de Phidias n'a pas les yeux en or, elle n'a rien en or.
Hippias ne la trouve-t-il donc pas belle? Si fait, dit Hippias, elle est belle.
Mais alors, dit Socrate, que dire de la cuillère qui sert à tourner la soupe: si elle est en or, elle va casser la terrine. Mieux vaut une cuillère en bois de figuier, qui parfume de plus le ragout sans faire prendre de risque à la vaisselle. N'est-elle pas belle? Hippias est perdu.
Socrate, multipliant les exemples, le pousse dans ses retranchements. Il convient finalement qu'il s'agit d'une idée (eidos), ce que nous traduirions par concept.

PLATON La Pléiade Tome 1
Paris les Belles Lettres ("Budé").

 

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
O Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore;
Tu répands des parfums comme un soir orageux;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
O Beauté ! monstre énorme, effrayant ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine !
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?

Charles BAUDELAIRE
Hymne à la Beauté

 

Source : www.ledifice.net

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Sagesse, Force, Beauté

16 Avril 2013 , Rédigé par P\ V\ Publié dans #Planches

Ma démarche initiatique, sans cesse perturbée par mes doutes intérieurs et leur assise déstabilisatrice, porte les fruits d’une prise de conscience, parfois douloureuse et difficile, mais tant emprise de Vérité. Ce long éveil, tantôt gênant, tantôt rassurant, qui me façonne et m’enrichit, puise ses sources dans mon vécu : celui des rites de fondation de notre Temple et de propagation de la Lumière.
Mais cet éveil, n’est-il pas aussi un processus de transformation qui, tels les trois Piliers Sagesse, Force et Beauté, s’élève inlassablement vers un idéal ? Vous comprenez alors combien le dégrossissement de ma Pierre brute, guidé par la verticalité du Fil à Plomb, support d’introspection et d’élévation, s’assimile à une graine qui germe et s’enracine peu à peu en s’inscrivant dans une dynamique permanente, vivante et évolutive.
L’ossature, sincère et authentique, qui guide notre chemin, anime notre esprit et embellit notre cœur, ne s’assimile t’elle pas à trois passerelles sans fin, irrationnelles, que nous construisons à chaque Tenue et préservons jalousement des regards profanes ?
Sagesse, Force et Beauté, physiquement représentées par trois Piliers mais conceptuellement insaisissables, sont des vecteurs fondamentaux de mon éveil initiatique.

Au centre de la Loge, un espace délimité par trois piliers placés aux trois angles d’un carré long : le pilier Sagesse, de style ionique au sud-est ; le pilier Force, de style dorique au nord-ouest et le pilier Beauté, de style corinthien au sud-ouest. Ils portent chacun une flamme appelée « Etoile ».
Parmi les trois styles de colonnes grecques, seul l’ordre dorique, le plus ancien et le plus simple, obéit à un système strictement réglementé. Il combine une colonne sans base, au fût fuselé, orné de vingt cannelures, un chapiteau à échine nue, un entablement à frise où alternent métopes et triglyphes. Moins codifié, l’ordre ionique, se caractérise par une colonne cannelée élancée posée sur une base composée de moulures et un chapiteau présentant une double volute, au centre de laquelle apparaît généralement une moulure ornée d’oves. Enfin, empruntant sa base et son fût à la colonne ionique, l’ordre corinthien se caractérise par son chapiteau à corbeille orné de rangées de feuilles d’acanthe et par son entablement richement décoré.
A l’Ordre, entre les Colonnes, les pieds en équerre face à l’Orient, les trois Piliers constituent un repère incontournable pour notre marche vers la lumière. Ils matérialisent, à mon sens, la voie tracée qu’il appartient de suivre pour passer du monde visible au monde intelligible, des ténèbres à la lumière, de la terre au ciel.
A l’intérieur de l’espace délimité par les trois Piliers : le Pavé Mosaïque et le Tableau de Loge sur lequel est tracé les symboles permettant à la Loge de vivre. Les trois Piliers sont l’assise de la Loge, tel un espace sacré support de la construction de mon Temple intérieur. Symbole rassurant et source de création, il m’inspire pérennité dans le plan et croissance dans l’élévation. Au sol, le Un devient deux puis en élévation, le Deux devient Trois. Cette Unité retrouvée constitue, pour moi, la trace d’un pas sur lequel je prends appui pour m’élever, guidé par la verticalité du Fil à Plomb.

La Sagesse, vertu de conscience, me rappelle le Cabinet de Réflexion, épreuve de la Terre. Livré à soi-même, sans recours et sans bruit, seul un flambeau allumé comme éclairage rassure le Candidat. L’animation de l’Etoile Sagesse, en Tenue, symbolise pour moi ce feu précieux qui a guidé l’écriture de mon Testament philosophique, témoigné du dépôt de mes Métaux et illuminé le Sablier. Au cours du 1er voyage de l’Initiation, l’Epreuve de l’Air, le Récipiendaire prend conscience des difficultés de toute vie humaine méprisant toute Sagesse dans ses desseins et toute prudence dans ses élans. Il me semble que l’apprentissage de la Sagesse est un fondamental du travail d’Apprenti. Le Signe d’Ordre et le recours au Silence forgent sa capacité d’écoute. La Sagesse, c’est aussi une forme de connaissance vecteur de l’entendement de soit et du respect d’autrui. Je ne peux m’empêcher de me référer aux trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie : Le Volume de la Loi Sacrée dont seule notre Sagesse nous permet d’entendre le Verbe. L’Equerre, symbole de la Loi morale qui nous inspire la droiture dans nos pensées et nos actions. Le Compas, instrument de mesure et de comparaison permettant d’apprécier la portée et les conséquences de nos actes.

Notre démarche de perfectionnement ne peut être effective que si elle est animée par une Force intérieure qui naît de la dynamique de l’Homme en Devenir. Seule cette Force rend efficiente la Sagesse, sans laquelle elle ne pourrait être utilisée à bon escient. Ainsi, le Ciseau de l’Apprenti serait impropre à sa fonction s’il n’était animé par la Force du Maillet. Ceci me permet d’assimiler le Ciseau à la Sagesse, le Maillet à la Force et la Pierre brute, ou l’œuvre, à la Beauté. Mon Tablier d’Apprenti me rappelle, sans cesse, la tâche ardente à laquelle je me suis engagé pour travailler sans relâche au bonheur commun. L’apprentissage de mes Devoirs et de mes Vertus nécessite une attention permanente, celle de l’auto rectification et de la maîtrise de mécanismes dont seule l’harmonie entre l’entendement et l’univers fera éclater la Vérité. A ce titre, l’animation du Pilier Force symbolise pour moi une mise en garde de la fragilité de mes connaissances maçonniques en faisant échos aux mots « vigilance » et « persévérance » inscrits sur les murs du Cabinet de Réflexion.

La Beauté exprime, à mon sens, le mariage de la Sagesse et de la Force, dans un juste rapport. Animée par la Fraternité et la Tolérance, la Beauté ne peut être que Amour, ciment de la réalisation de chacun dont la fusion des Forces crée une œuvre de perfection. Ainsi, la Loge dont les ouvriers sont à leur poste et à leur office rappelle l’harmonie de l’Univers. De même, le Pavé Mosaïque, entouré des trois Piliers rappelle l’équilibre entre les forces de polarités contraires. La diversité ordonnée concourt à la Beauté du Un, le Tout. Détachée des émotions profanes, esthétiques et subjectives, cette Beauté originelle est d’essence divine et éternelle. Elle est intangible, comme est intangible l’harmonie de l’univers. Il me semble que l’ouverture et la ritualisation des Travaux contribuent à gommer les individualités pour permettre à chacun de se fondre dans l’harmonie de l’Unité.

L’acte fondateur de la Tenue par l’animation rituelle des trois grands Piliers, par le Feu, me révèle un espace subtil d’expansion de la Lumière intérieure. La Lumière, dont l’origine est à l’Orient, se répand progressivement dans le Temple sous forme d’un chemin ordonné et temporisé correspondant à la hiérarchie des fonctions de la Loge.
Allumé à l’Etoile du Vénérable Maître, le flambeau, porté par le Maître des Cérémonies, anime successivement les Piliers Sagesse, Force et Beauté, permettant ainsi l’illumination de l’Orient, de l’Occident et du Midi. Cette perception du temps ritualisé de la Lumière cheminant dans le Temple engendre à mon sens une dynamique de création. Il fait passer, tout en sacralisant le temple, du temps profane au temps de l’initiation : l’éternité. La construction de mon Temple intérieur selon la Sagesse, la Force et la Beauté peut alors suivre la voie ainsi tracée qui conduit vers le centre et rend visible le Tableau d’Apprenti.
Les Piliers, porteurs d’Etoiles les reliant à la Voûte Etoilée, sont tels des passerelles vers l’infini rendant pénétrables les mystères de l’Univers. Lorsqu’un Pilier est érigé, de haut en bas, il incarne à mon sens la dualité entre Terre et Ciel, Ténèbres et Lumière. Seule l’érection du 3ème Pilier permet l’union des deux pôles opposés, rendant l’Œuvre stable et structurée, berceau de la création.
La constitution de la Loge est indissociable des cycles éternels. Tels les cycles de la Lune, laquelle est inlassablement occultée puis dévoilée, la Lumière se retire à minuit plein en retournant à l’Unité originelle de la lumière de l’Orient. Le voilement des Etoiles Sagesse, Force et Beauté conduit à mon sens à l’animation du 4ème pilier, pilier fictif, que constitue chaque Frère. L’Etoile qui le couronne, c’est la Lumière qui brille en lui pour continuer au-dehors l’œuvre entreprise au-dedans. Animée par la Paix, l’Amour et la Joie, cette étoile fait de lui un Homme éveillé, conscient et utile à la société.

La Sagesse, la Force et la Beauté désignent trois vertus dont il appartient à chaque Frère de s’approprier pour participer au dynamisme créateur de la Lumière. Seul le ternaire permet l’accomplissement de l’Œuvre dont les Piliers, surmontés d’Etoiles, éclairent la Voie. En tant qu’Apprenti, l’érection du Pilier Beauté m’évoque une symbolique particulière. Troisième Pilier à être érigé, il me rappelle mon initiation aux trois premiers nombres, pensée ternaire permettant de réunir tout ce qui est éparse et nécessaire à l’accomplissement de l’Œuvre. Au cours de la cérémonie d’Initiation, c’est au plateau du deuxième surveillant qu’a lieu la purification par l’Air. Cet Air qui sépare ce que l’Apprenti doit tenter de réunir en conciliant les contraires. Cette conciliation est seule garante de l’intégration à la Loge.
Chaque Pilier est, à mon sens, synthèse des quatre éléments : Terre, Air, Eau et Feu. La base repose sur la Terre ; le fût s’élance dans l’Air ; la forme évasée des chapiteaux rappelle l’Eau ; les Piliers sont reliés aux Etoiles par le Feu qui les anime. Cet ordre énuméré correspond aussi à une loi de croissance. Inspiré par la Perpendiculaire, le jeune Apprenti est telle la sève terrestre qui puise ses minéraux dans la Terre et aspire à s’élever humblement le long de la base du pilier, pour rejoindre son chapiteau, attiré par le Feu fraternel qui le couronne.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : www.ledifice.net

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