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Hauts Grades

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Devoir et liberté personnelle

4 Mai 2013 , Rédigé par B\A\ A\ Publié dans #Planches

Le thème proposé à notre réflexion est : « Devoir et liberté personnelle ».
Un des thèmes marquants au grade de maître secret est celui du Devoir, la fatalité du devoir.
Le Devoir se définit comme « Ce qu’on doit faire, ce à quoi l’on est obligé par la loi ou par la morale, par son Etat ou les bienséances. Faire son devoir, c’est agir comme on doit agir.
La liberté c’est le pouvoir d’agir ou de ne pas agir, le choix reconnu à chacun d’accepter ce qui existe. La Liberté caractérise un état exempt de toute contrainte.
Notre étude va s’articuler autour des points suivants :
qu’est-ce que le devoir ?
qu’est-ce que la liberté ?
comment le franc-maçon peut-il accomplir son devoir en étant un homme libre ?

I - Qu’est ce que le devoir ?

Les devoirs pour l’apprenti Franc-maçon qui s’engage sur le chemin de la connaissance sont : le silence, la présence régulière aux tenues, le maniement du maillet et du ciseau avec efficacité et persévérance etc…
Pour le compagnon, le devoir c’est la connaissance de soi à partir de la connaissance des fonctions de vie et le sens du devoir éclatera comme une étoile dans plusieurs directions.
Quant au Maître maçon, son devoir c’est la recherche de la parole perdue (connaissance). Le devoir du maître authentique est de transmettre sa lumière à ceux qui sont sur la voie et de nourrir son âme à la flamme d’un plus initié que lui.
Notre premier devoir est de nous mettre à couvert de toute pollution mentale et psychologique pour voir ce qui existe et que nous n’avons jamais pris le temps de regarder.
La Franc-maçonnerie n’impose pas comme premier devoir de faire son salut de toute force en fuyant la réalité de la vie quotidienne, mais de devenir un homme conscient de ses limites et de sa grandeur.
Les premiers devoirs sacrés et plus pressants que la nature et la conscience nous imposent sont : une famille à entretenir, des enfants à élever, de vieux parents à soutenir, des engagements civils à remplir.
Le Devoir est la grande loi de la franc-maçonnerie. Les Devoirs généraux de l’initié sont :
Fuir le vice et pratiquer la vérité
Se taire devant les profanes
Chercher la vérité
 Vouloir la justice (suivi des lois)
Aimer ses frères
Se soumettre à la loi
En ce qui concerne les principes, la Grande Loge Unie de CI se réfère aux anciens devoirs, notamment quant au respect des traditions de la franc-maçonnerie et quant à la pratique scrupuleuse et sérieuse du rituel et du symbolisme en tant que moyen d’accès au contenu initiatique de l’ordre. Les anciens devoirs des franc-maçons sont : un maçon est obligé d’obéir à la morale, d’appartenir à une loge et de soumettre aux règlements généraux. Les personnes admises comme membres d’une loge doivent être des hommes bons, loyaux, libres et de bonnes mœurs. Toute promotion doit être fondée uniquement sur la valeur réelle et sur le mérite personnel. Tout frère doit être secouru au besoin dans la limite des moyens. Le maçon doit cultiver l’amour fraternel. Au cours de l’initiation, le VM rappelle au récipiendaire que la franc-maçonnerie a pour but de lutter contre l’ignorance sous toutes ses formes : c’est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre selon l’honneur, pratiquer la justice (suivre la Loi), aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique. Ainsi lorsqu’on persévère dans la vertu, la vie devient calme et paisible.
Le franc-maçon ne doit jamais oublier le principe de morale sublime : « Ne fais jamais à autrui ce que tu ne voudrais pas qui te fût fais à toi-même ». Il doit être pénétré du principe qui en découle » : « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’ils te fassent à toi-même ». Un initié se soumet sans réserve à la loi. Il se soumet scrupuleusement à la législation de tous les pays où il leur est permis de se réunir librement. La grande route de devoir conduit à la vérité qui est la lumière. La parole perdue est la connaissance du devoir complet connu des anciens initiés. Cette parole perdue n’a pas été retrouvée. Et le maître secret se joint aux frères pour y travailler en suivant scrupuleusement la route du devoir qui est un but vers lequel l’on avance. La recherche du devoir et la ferme volonté de l’accomplir sans songer à une récompense, sans orgueil, ni ostentation, mais pour répondre aux exigences de sa conscience et la caractéristique du 4ème degré. En ce qui concerne la parole perdue, lors du meurtre d’Hiram, les maîtres décidèrent de changer la parole des maîtres. Le mot de maître communiqué au 3ème degré est un mot substitué et de ce fait , la vocation de maître est définie : il doit aller à la recherche de la parole perdue. Le devoir est donc la grande loi de la franc-maçonnerie.
Inflexible comme la fatalité
Exigeant comme la nécessité
Impératif comme la destiné
L’un des devoirs des membres des ateliers supérieurs est d’être actifs dans les loges bleues, d’y propager et défendre l’enseignement initiatique en s’interdisant de s’y prévaloir de leurs appartenances aux degrés supérieurs.
L’ordre maçonnique peut exiger du FM qu’il verse jusqu'à la dernière goutte de son sang pour sa défense et pour celle de ses frères : c’est le sacrifice suprême. Celui qui vit sans accomplir son devoir d’évolution et de connaissance, sans s’y adonner de toute son âme, quelles que soient ses obligations du moment, sent sa vie vide, difficile et insatisfaisante. « Malheur à ceux aspirent à ce dont ils sont indignes ».
« Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent porter ».
« Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui ensuite, les négligent ».

II- Qu’est ce que la liberté ?

C’est la possibilité d’agir, de penser, de s’exprimer, selon ses propres choix. C’est l’exercice des droits naturels de chaque homme, selon la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (révolution française de 1789). Mais c’est aussi la possibilité assurée par la loi et le système politique et social, d’agir comme on l’entend, sous réserve de ne pas porter atteinte aux droits d’autrui ou à la sécurité publique. La liberté n’est pas dans le refus mais dans l’acceptation et la juste adaptation. Le profane avance en tout premier fleuron ses droits. Il clame ses droits et oublie ses devoirs. Pour le franc-maçon c’est la liberté de l’initiable, de celui qui cherche, qui ne cultive ni certitudes, ni croyances bloquées, mais celui qui reste ouvert à l’autre et à la connaissance. Reçu Franc-maçon et virtuellement initié en homme libre, c’est à dire affranchi, consciemment libéré des préjugés vulgaires, des passions et du fanatisme aussi bien collectif et individuel, il avance, armé de ses outils, sur la voie étroite de sa quête initiatique. Notre liberté est d’accepter, accepter un collègue énervé, une femme en retard, un enfant dernier en classe, une averse sur un dimanche de pique nique, une voiture récalcitrante. Notre liberté réside dans notre capacité à accepter la réalité, y compris la réalité de notre refus, de notre énervement, de notre mesquinerie, de notre jalousie, de notre avarice ou de notre souffrance. Difficile à accepter la souffrance alors que d’instinct, nous cherchons le plaisir et le bien-être facile. Lorsque nous refusons la réalité nous entrons en conflit. Celui qui vit sous la pression de ses phantasmes, de ses peurs, de ses désirs et de ses aveuglements ne peut être libre. Il est l’esclave de ses pulsions automatiques.
Car la liberté du franc-maçon, loin d’être conférée, est progressivement conquise par le dégrossissage de la pierre brute, par le dépouillement de soi-même pour atteindre l’essence divine ; cette intériorité où l’on découvre l’autre, où l’on réalise qu’il nous est semblable.
Pour le célèbre physicien Albert Einstein, grand théoricien de la relativité, « la vraie valeur de l’homme se définit en examinant dans quelles mesures et dans quel sens il est parvenu à se libérer du moi ». C’est dans l’âme seule en effet que la vraie liberté peut se développer et s’épanouir. Mais comment accomplir son devoir tout en étant un homme libre ?

III- Comment le FM peut-il accomplir son devoir en étant un homme libre ?

Le Franc-maçon, homme libre, n’élude aucun des devoirs qu’implique un manifestation .Être libre pour un initié, ce n’est pas être libre vis-à-vis de ses devoirs, mais être libre de ses automatismes conscients et inconscients pour se tourner vers l’ordre réel, vers les énergies subtiles et orienter sa raisonnance .
Le  FM est un homme de la cité ; à ce titre et sans renoncer à sa vocation initiatique, mais bien plutôt en y prenant appui, il peut et doit affirmer sa position lorsque les valeurs considérées comme fondamentales se trouvent en péril, violées, méconnues ou attaquées. Il en est de la défense des droits de l’homme, de la protection des minorités, de la lutte contre le racisme ou l’exclusion etc. C’est par le véhicule de la liberté et guidés par son devoir que les FM ont toujours convoyé l’évolution et le progrès individuel et social. En pensant vrai, le maçon choisit d’agir selon le bon droit et la justice. Mais pour accomplir son devoir dans la liberté, il faut d’abord les connaître, les aimer et les utiliser au bénéfice de soi et de l’autre. Et il est plus facile de faire son devoir que de les connaître. La tolérance sera le point d’équilibre nécessaire, car parfois le devoir fait mal. Et dans nos ateliers, nous travaillons pour que s’accomplisse l’union de ces deux concepts, avec la liberté comme clé et chemin confié à l’initié, et le devoir comme grande loi de la franc-maçonnerie. L’initié jouit d’une entière liberté, parce qu’il est pleinement raisonnable et que par la suite, il ne peut faire qu’un usage de sa volonté. C’est en ce sens  que le maçon doit être libre dans une loge libre.

CONCLUSION

Cependant le devoir comme la liberté ne sont pas jamais pleinement accessibles à l’humain. Il s’agit de conquêtes de tous les jours, sans cesse remises en cause et que l’on doit s’efforcer de mettre en pratique dans le vécu quotidien sans découragement.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Choix du nom Royal York

3 Mai 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

Voici le document que j’ai envoyé à la GLNF en novembre 2005 pour expliquer mon choix :

« Le choix de ce nom pour notre loge fait directement référence au rôle et aux devoirs du Vénérable Maître qui est le représentant du Roi Salomon et qui guide les travaux de la loge.

Il est Roi et en possède les pouvoirs, mais il a avant tout des devoirs tant au niveau de la loge que vis-à –vis de la Grande Loge Nationale Française.  Au Rite York cela est particulièrement vrai . En effet  lors de la remise du chapeau au Vénérable Maître  il est dit : « As King Solomon wore a crown, as an emblem of Royal Dignity ».. La symbolique de ce chapeau,  est celle de la couronne, attribut par excellence du pouvoir Royal.

Au Pouvoir Royal est lié le Pouvoir Sacerdotal ; de tous temps les rois ont tiré leur légitimité de Dieu. Cette alliance du divin et de la royauté est très présente dans notre rite au travers des prières et des lectures de la Bible à l’Orient à côté du siège du Roi Salomon.

La loge qui pratique l’Art Royal sous la conduite de son Roi, le Vénérable Maître, le fait sous la protection des deux saint Jean, symboles de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance ce qui nous fait penser à un autre royaume, celui du Prêtre Jean, royaume de perfection et de vérité.

Au Rite York nous avons donc, lors de nos tenues, un Roi, le Vénérable Maître, « Prêtre-Roi » secondé dans sa mission sacerdotale par un chapelain et un royaume, la loge où se pratique l’Art Royal, sous la protection du Grand Architecte de l’Univers. Il nous est donc apparu que la dénomination « Royal York » était un symbole fort représentant la spiritualité et la tradition de notre rite venu d’Irlande et introduit aux Etats-Unis par les soldats irlandais pendant la guerre d’Indépendance. » D'où le blason qui est celui d'un régiment irlandais venu se battre en France en 1779 et qui porte la magnifique devise "In Hoc Signo Vinces". 

La réponse de la GLNF étant positive, j’ai reçu la patente le 14 janvier 2006 signée par le Grand Maître de l’époque JC F…..

Cette Respectable Loge a travaillé régulièrement depuis sa consécration, sous l’impulsion de Frères motivés et travailleurs, elle a été jumelée avec la RL Washington 21 ennovembre 2008 de la Grande Loge de New-York.

Je pense que la jalousie devant ce jumelage, la qualité de nos travaux et l’importance de notre développement  ont été à l’origine de nos surnoms locaux tel que « Loge de l’ISF »...

Moi-même chômeur puis dirigeant d’une TPE, j’ai été choqué de voir combien la « haine de la réussite » a pu donner à cette Loge des qualificatifs aussi peu fraternels.

Puis il y a eu l’affaire FS, l’explosion de la GLNF, le départ de beaucoup de loges bretonnes vers d’autres horizons (GL-AMF, GLTSO, GLDF, GLTF) et la scission de Royal York qui a suivie son leader naturel vers la GLTF.

L’article d’aujourd’hui ne montre pas la réalité de l’esprit qui règne dans cette nouvelle Loge Royal York de la GLTF. Les critiques venant majoritairement de membres de la GLNF ne doivent pas faire oublier que l’Esprit de la RL Royal York d’origine subsiste, que les travaux sont justes et parfaits et que les membres de cette Loge ne sont pas des « affairistes ».

Le meilleur exemple est le mien : créateur, fondateur, j’ai un Chiffre d’Affaires modeste et si je suivais le raisonnement des détracteurs de Royal York, mon CA aurait du exploser !

En voyant la Bannière de Royal York exposée au regard des profanes dans un article dont le titre est « Quand les réseaux s’entremêlent », je me dis que celui qui a laissé prendre cette photo est un faux frère indigne d’être un Franc-Maçon. 

Je n’ai aucune inquiétude sur l’avenir de Royal York à la GLTF, et j'aimerais que sa cousine Royal York N°1538 GLNF continue ses travaux dans la sérénité, ce  qui va sûrement arriver compte tenu de la qualité des membres qui la composent.

 

C’est tout ! (au York, normalement on n’utilise pas l’expression « j’ai dit »)

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Qui sont les francs-maçons rennais ?

3 Mai 2013 , Rédigé par Nicolas Legendre Publié dans #Royal York GLNF N°1538

La une du Mensuel de Rennes de mai 2013.

Il y a parmi eux des Rennais « qui comptent ». Mais aussi des citoyens lambda… ou presque. Extrêmement discrets, les francs-maçons de la capitale bretonne forment un microcosme hétérogène. Le Mensuel de mai, sorti en kiosque ce vendredi, consacre une quinzaine de pages d'enquête exclusive sur les loges rennaises.

« Vous avez déclenché une tempête dans le milieu maçonnique rennais. J’ai reçu au moins une dizaine de mails aujourd’hui de gens attirant mon attention sur la nécessité de vous tenir à l’écart. Vous foutez la trouille ! Vous dérangez les gens qui veulent vivre leur franc-maçonnerie tranquille. » C’est un « frère » de la capitale bretonne, interrogé dans le cadre de ce dossier, qui parle. Quelques instants auparavant, une autre source nous confiait ceci : « Ils sont tous hystériques ! Je reçois des appels sans arrêt à propos de cet article. » La veille et l’avant-veille, déjà, des échos semblables affolaient nos écrans radars.

Mardi 16 avril 2013. Le Mensuel enquête depuis plus de trois mois sur les arcanes de la franc-maçonnerie rennaise. Ça se sait. Pas étonnant : dans ce genre de cas, le téléphone arabe maçonnique surchauffe. Cela nous revient aux oreilles façon caisse de résonance. A tel point qu’on a l’impression de déflorer un scandale international, alors qu’on investigue sur une société initiatique ayant temple sur rue dans une ville de province. Point de Watergate ici, donc. Simplement un univers méconnu et quasi absent des médias locaux. Un monde attaché à la tradition mais en phase de mutation, composé d’individus le plus souvent soudés mais parfois en guerre, et de chapelles hétéroclites bien que liées entre elles. Un microcosme d’hommes et de femmes souvent actifs dans la cité, mais se réunissant pour diverses raisons à l’abri de son regard. Principal point commun entre les frères rennais : une discrétion de biche.

La région compte, selon nos estimations, moins de mille francs-maçons répartis dans une dizaine d’obédiences. C’est peu, comparé à la proportion d’initiés dans d’autres territoires français (Sud-est, Paris, Nord…). Jean Hanry, maçon depuis trente ans, est membre de l’atelier La Parfaite amitié de la Grande loge de France (GLDF), dont les frères se retrouvent à Saint-Jacques-de-la-Lande. Ce retraité de l’inspection académique explique : « La Grande loge de France compte cinq loges à Rennes pour 400 000 habitants dans l’agglomération. A Lille, c’est 42 loges pour un million d’habitants ! » Rennes et la Bretagne constituent donc des terres de mission pour la franc-maçonnerie, malgré une implantation séculaire...

Guerres interne, réseaux d'affaires, baisse d'influence... Découvrez la suite de cette enquête de 15 pages dans Le Mensuel sorti en kiosque aujourd'hui.

Source : http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2013/05/03/qui-sont-les-francs-macons-rennais-14309.html

Juste une remarque rapide. La RL Royal York N° 1538 et crée par mes soins en janvier 2006 est au cœur de cet article très bien documenté. Ce qui est étonnant, voire plus, est que le journaliste ai pu prendre une photo de la bannière de cette RL pour la publier. Cela suppose des « contacts » en interne à la GLNF car l’hypothèse d’une « photo volée » me semble peu probable. A suivre… T.D

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De l'ombre à la lumière

3 Mai 2013 , Rédigé par O\ M\ Publié dans #Planches

Ma recherche personnelle sur ce thème sera orientée sur mon profond ressenti exprimé quelques mois après mon initiation, et après presque un an de silence.
Mes quelques lectures ne feront que guider l’ajustement entre le ressenti et la symbolique décrite dans le rituel maçonnique.

L’ombre sera approchée plus précisément que la lumière dans le cadre du contenu de cette planche, la raison en est fort simple, même si le « rituel de l’initiation » débouche vers la lumière, ce ne sera qu’une étincelle en regard à ce chemin de la connaissance qui débute à mes yeux, cette humilité ne sera que le reflet de ce long parcours à la recherche de ma propre vérité, que je devrai acquérir par les travaux en loge exprimé par la connaissance des autres frères, aussi par mon travail, afin de tailler ma propre pierre de connaissance.

Deux approches symboliques seront donc décrites, celle de l’ombre puis celle de la lumière.

Depuis le cabinet de réflexion lors de l’initiation, l’impétrant est dans l’ignorance du sacré, dans cette pénombre la lueur de la bougie révèle la parcelle de lumière que nous avons au fond de nous, et celle –ci le réfugie dans sa conscience profonde, avant l’ultime étape de sa vie de profane, un pas encore, et le futur Franc-maçon découvrira la lumière quelques instants plus tard lors du retrait du bandeau.
L’ombre nous met face à ce que nous n’aimons pas, ce que nous rejetons, ce que nous refusons de voir, c’est aussi le reflet de nos cauchemars, de nos peurs. Mais l’affronter c’est tendre vers la guérison, si tant est qu’on la considère comme une maladie. Pour cette raison l’expérience du cabinet de réflexion, nous plonge après quelques minutes vers ce coté obscur de soi, rarement vécu dans le cadre d’un moment de réflexion, car inattendu mais réaliste, de plus la rédaction de notre « testament philosophique », inconcevable dans le monde profane, entraîne le futur apprenti vers une réflexion profonde du bien, donc vers la lumière.

Cette épreuve dite « de la TERRE » l’induira vers une profonde réflexion de son existence. Elle doit lui permettre de réfléchir sur son subconscient , sur ses pensées négatives (de peur, de tristesse …) enfouies au fond de lui. Ce cabinet est en quelque sorte une première matrice lui offrant la possibilité de réfléchir sur son testament philosophique, qu’il exprimera en reconnaissance de la fin de sa vie de profane.

Puis dans le prolongement du rituel d’initiation, l’humble postulant se trouvant à la porte du temple, est toujours plongé dans les ténèbres avant de poursuivre son premier voyage, celui de « l’épreuve de l’AIR. ».

Elle le déstabilise sur ces repères d’espace et de temps, elle le décoiffe en quelque sorte, de plus l’ambiance sonore environnante le provoque psychologiquement, elle le rend plus sage et plus prudent dans ses actions.

Portant ce bandeau, symbole de l’aveuglement, le postulant est moins dominé par ses passions et plongé dans l’ignorance de son devenir. Privé du sens de la vue, l’homme n’interprète pas de la même façon les bruits qui lui parviennent, ni ce qu’il touche.
Les intelligences ont besoin d’être préparé à recevoir la lumière ; une clarté trop brusque aveugle et n’éclaire pas, à la tombé du bandeau lors de l’initiation cet éblouissement produit des sensations douloureuses, soyons donc prudent à ne pas heurter les convictions sincères, et écouter les autres avant de faire parade à notre manière de voir les choses.

Platon dans son allégorie de la caverne raconte cette conception en prenant l'exemple de prisonniers enfermés depuis leur jeunesse dans une caverne et qui n'auraient vu que des ombres. N'ayant vu que cela, ils les prendront pour la vérité. Une fois libérés de la caverne, ils verront les vrais objets. Ils s'élèveront donc de plus en plus vers la vérité.
Il explique que l'Homme doit oublier ses conceptions traditionnelles pour s'élever de plus en plus vers la vérité.

Dans son deuxième voyage appelé « épreuve de l’EAU » le récipiendaire se dilue dans ses impressions et se repose du premier périple, celui-ci le rend plus serein pour la suite des épreuves, car il a poursuivi sa quête vers la connaissance.

Puis suit le troisième voyage, « l’épreuve du FEU », ce feu c’est la lumière sous tous ces aspects, il manifeste surtout l’éclairage de son royaume intérieur, cependant il n’existe pas qu’une seule sorte de lumière, elle variera selon l’aspect spirituel de sa personne, et de son esprit.

La loge dans son ensemble est la seconde matrice qui génère le nouvel homme et le conduit vers la lumière, son éclairage progressif transportera ce néophyte vers ce lieu spirituel en dehors du monde profane.

Les précisions du rituel d’initiation, nous montre que cette dualité entre ombre et lumière peut être aussi comparée dans l’autre sens, entre le bien et le mal, le blanc et le noir, l’émanation divine et le diable.
L’équilibre entre le blanc et le noir communément utilisé dans les jeux de dame ou d’échec, ainsi que sur la mosaïque carrée double au centre du temple, symbolise le centre de gravité de la loge. Nous les retrouvons aussi sur les pavements sacrés des sols de cathédrales, de labyrinthe, cette symbolique du noir donc de l’ombre sera en quelque sorte l’antichambre de la lumière.

La société actuelle, ne discerne pas les vérités essentielles, des zones d’ombres persistent. Les préjugés, le doute de soi et des autres, la force, la cruauté, la tyrannie prime sur le droit. A contrario l’ombre d’une image cachée, d’un visage couvert, d’une brume sur un paysage, suscite l’imagination, le rêve, soit l’antinomie d’une vision de l’esprit obscurcie par l’état du moment. L’ombre est donc le premier symbole de l’inconscient.

Approche symbolique de la lumière.

L’instruction du premier degré pose la question : qu’est ce que la FRANC-MAÇONNERIE ?
« C’est une alliance universelle d’hommes éclairés…. »
Depuis quand êtes vous franc-maçon ?
« Depuis que j’ai reçu la lumière »
Tout du moins sur le plan symbolique, la connaissance de certains frères apportera à l’apprenti quelques moyens pour parfaire la sienne.

L’espoir de percevoir cette lumière, sera la récompense du travail effectué pour ciseler sa propre pierre.
Jean l’évangéliste nous le dit « la vie était lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas reçue », ceci évoque la solitude de l’homme qui par sa force d’esprit éclairera les siens afin d’illuminer les ténèbres du mal.

Sous quelle forme symbolique la lumière est elle transmise en franc maçonnerie ?

La lumière de l’esprit sera seulement analogique à celle qui rend les choses visibles à l’œil, cette lumière blanche est juste un indice donné pour apprendre, au même titre que l’enfant à sa naissance découvre cette lumière matérielle, afin de solliciter ses fonctions visuelles, puis plus tard d’apprendre à lire.

Cette naissance selon l’esprit est semblable à la naissance selon la chair, comme la lumière matérielle sollicite les fonctions visuelles, la lumière spirituelle éclaire les choses abstraites qui sou tendent la réalité telle que nous la percevons.
Ce n’est ni le texte d’un livre ni les secrets des mots qui nous éclairent, ce sont ces lettres dans le sens ésotérique qui revêtent une importance capitale, en particulier la lettre A qui contient toutes les autres en elles, comme le grade d’apprenti doit semble t’il contenir les fondamentaux des grades en lui.

Si l’apprenti se situe en loge dans la partie la moins éclairée, le septentrion, c’est qu’il n’est pas à même de recevoir cette lumière de connaissance, sans avoir découvert la signification des symboles, par les étapes de son apprentissage instruites par le second surveillant. En effet ces étapes s’acquièrent les unes après les autres, car s’il s’expose à trop de connaissance , la métaphore d’un corps jamais exposé au soleil et non habitué aux rayons, brûlera par une lumière trop intense.

Mais en entrant dans le temple, face au vénérable situé à l’orient, lieu d’où provient cette lumière symbolique, je ressens cette séparation du monde profane qui me connecte à ce monde sacré ou cette lumière de l’esprit tend à m’atteindre au fur et à mesure de la tenue.

Cette lumière est en quelque sorte la découverte d’une vie dédiée aux mystères de la Franc maçonnerie, donc au perfectionnement de sa connaissance symbolique.

Pour conclure , cet apprenti placé dans la pénombre du septentrion devant tout mettre en œuvre pour tendre vers l’orient lors de son long parcours de vie maçonnique, franchira lentement le passage de l’ombre à la lumière en modifiant ses émotions en raisons, mais si l’homme est perfectible, cette quête de connaissance le rendra t’il meilleur ?

En tant qu’apprenti j’ai besoin de comprendre et j’ai besoin de temps pour parfaire ma pierre comme cette première planche m’en a pris beaucoup.
De retour dans le monde profane à l’issue de chaque tenue, le Franc-maçon ; homme du lien aura pour mission d’apporter en dehors du temple cette lumière tant recherchée afin que les hommes puissent mieux se comprendre entre eux.

J’ai dit Vénérable Maître
source :
www.ledifice.net

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L'Apprenti reçoit la Lumière

2 Mai 2013 , Rédigé par B\ A\ Publié dans #Planches

« Son visage resplendit comme le soleil,
et Ses vêtements devinrent blancs comme la lumière »
(Mt, 17,2).

Lorsque notre Bien Aimé Frère Bernard m’a demandé - au lendemain de son installation au trône d’Orient, de préparer un travail que je présenterais dans votre Juste et Parfaite Loge, j’étais content de l’intérêt qu’il montrait pour le résultat d’un tel travail. Mais très vite j’ai senti la charge qui aller peser sur moi vu l’objectif que le Vénérable Maître s’est fixé pour cette année maçonnique. En effet, Bernard souhaitait orienter les travaux de la Loge en direction des nouveaux frères, Apprentis, Compagnons ou jeunes Maîtres, comme moi.

Cet objectif, je le ressentais comme étant orienté pour tous ceux qui, comme moi, désirent mieux s’imprégner de la doctrine qui sous-tend notre Rite. Mais il se trouve que je devais apporter ma contribution à ce projet. Lourde charge je vous disais, et ce d’autant plus que le thème que Bernard m’a proposé, et que je présente ce soir à votre amour fraternel - critique et instructif, est le suivant : « le Retour de la Lumière ou l’Apprenti reçoit la Lumière... » !

Lourde charge donc...

Pour vous expliquer la façon dont je conçois cette étape-clef de la réception de l’Apprenti au Rite Ecossais Rectifié, j’ai choisi d’étudier d’abord les points du rituel qui prépare le candidat-récipiendaire à prêter le serment qui le transformera en Apprenti digne de recevoir la Lumière. Donc la première partie traitera des étapes préparatoires avant l’engagement. La deuxième partie essaiera de cerner l’état d’Apprenti qui reçoit la Lumière à l’issu de l’engagement. Enfin, dans un troisième temps, je m’aventurerais dans une tentative de réponse à la question qui vient tout de suite à l’esprit : de quelle Lumière s’agit-il ?

La cérémonie qui mène le candidat de la porte de la Maison des Maçons au porche du Temple est toute entière orientée vers ce point culminant. Car c’est bien l’objectif ultime du candidat devenu Apprenti que de recevoir la Lumière.

Avant l’engagement...

Avant même que le candidat n’intègre le processus que la Loge s’apprête à lancer, la Lumière fait son apparition lorsque le Vénérable Maître l’invoque lui demandant de « nous aider à vérifier [nos travaux] » . Notons que même la référence directe à Dieu – c'est-à-dire la prière d’ouverture, n’a lieu qu’une fois la Loge illuminée .

Le processus étant lancé à l'intérieur de la loge, le candidat peut maintenant être accueilli par le Frère Préparateur qui le met à l’ombre de la ville et de ses lumières artificielles ! D’ailleurs c’est dans cette même optique qu’il est incité à prouver « la défiance sincère où il est de [lui] - même » ce qu’il fera en acceptant d’être « privé de la lumière élémentaire » . Le Préparateur profitera de ce premier contact pour lui expliquer que l’homme est abandonné aux fausses lueurs de sa propre direction . Le candidat mettra un jour ces explications en parallèle avec le dépouillement des métaux qu'il quitte en quittant la lumière élémentaire. Et Willermoz d’écrire dans son Discours d'Apprentif que « l’homme livré à ses passions est dans les ténèbres, son origine et sa fin ne lui sont plus présents »

En posant le bandeau sur les yeux du candidat, le Préparateur annonce qu'il faut que soit éprouvé par les ténèbres celui qui, jouissant de la lumière, refuse de la prendre pour guide.  Le ton est annoncé... Il y aura des épreuves et le candidat commence peut-être à comprendre qu’il aura à réparer une erreur qu’il ne pense pas avoir commise. D’ailleurs cette phrase du Préparateur sera à mettre en parallèle avec la phrase qui entoure le Triangle d’Orient et qui est extraite du prologue de l'Evangile de Saint Jean. Malheureusement le candidat n’a pas encore le cœur prêt pour comprendre, mais l’hypothèse fondamentale du Régime Ecossais Rectifié est annoncée d’emblée : l’homme avait la Lumière, mais par sa faute, il l’a perdu... Ce leitmotive, on le retrouve partout : de cette phrase initiale du Préparateur au Triangle d’Orient en passant par la Première Maxime...

Suivra une mise en évidence de la confiance que le candidat devra accorder à son guide. Mais qui est ce Guide ? Le Préparateur invite le candidat à n’avoir aucune crainte. « Son guide marche dans la lumière et ne peut l’égarer » . Il se trouve que les rédacteurs de notre Rituel ont placé cette invitation à la confiance juste après l’indication initiale (dont nous parlions plus haut) sur la Lumière dont jouissait l’homme mais qu’il a refusé de prendre pour guide. C’est donc que cette Lumière se propose à nouveau comme Guide, la confiance devant régner cette fois-ci. Si l’on accepte le parallèle fait plus haut avec le prologue de Jean, on découvre l’identité véritable de ce mystérieux guide envoyé, rappelons le, par le Vénérable Maître, celui qui, « comme le soleil, se place à l’Orient pour éclairer les travaux de la Loge »

Les trois coups de maillet qui ont annoncés l’ouverture des travaux de la Loge accompagnent le candidat puisque les portes de la Loge s’ouvriront seulement suite à trois coups identiques. Mais entre-temps une annonce essentielle est faite à celui qui n’a pas encore d'oreilles pour entendre . En effet, lorsque le Préparateur annonce « un homme dans les ténèbres, et cherchant la Lumière, qui demande à être reçu Franc-Maçon » il ne fait qu’annoncer le but de l’ensemble des travaux : être reçu Franc-Maçon pour trouver (ou retrouver) la Lumière ! D’ailleurs, le Vénérable Maître - prenant le relais, pousse le récipiendaire à répondre qu’il « désire recevoir la Lumière ». Il s’agira désormais de rendre l’homme vicieux et corrompu digne de la recevoir! Dans cette mission, le premier acte sera la purification par les éléments qui élimineront les vices et corruptions qui caractérisent l’homme encore dans les ténèbres. Notons au passage qu’à l’issu des trois voyages, les trois coups - simples cette fois-ci, commencent à l’Occident pour remonter à l’Orient - du Deuxième Surveillant au Vénérable Maître, comme pour annoncer l’arrivée imminente de celui qui n’est pas encore Apprenti... D’ailleurs le Vénérable Maître évalue la situation en affirmant que le récipiendaire était en bonne voie car il n’a pas trouvé « la lumière qu’il désire » dans les trois régions élémentaires dont il a éprouvé la rigueur . Il l’a appris à ses dépens et sait donc maintenant que ce n'est pas dans les éléments qu’il trouvera la Lumière, objet de son désir. En même temps les éléments, en l’éprouvant, l’ont renforcé même si ce qu’il a acquis jusqu'à présent est encore insuffisant...

Car c’est seulement avec l’aide de ses guides qu’il parviendra au troisième palier. Ces guides le transportent à l'Orient mais il redescendra très vite car il manque encore de forces. Mais rien n’est perdu puisque notre candidat sait qu’il « doit sans cesse s’élever pour contempler l’extérieur de l’édifice et sa régularité » . Par la suite, devenu Apprenti, il comprendra que l’édifice dont le Vénérable lui parle est « le Temple de Salomon réédifié mystiquement par les Franc–Maçon » et ce de manière à suivre les directives de l’Apôtre Paul quand il dit : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ Lui-même étant la pierre angulaire. En Lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En Lui vous êtes une habitation de Dieu dans l’Esprit »

Mais pour l’instant on n’en est pas encore à ce stade de compréhension ! Le candidat, pour devenir Apprenti doit encore s’engager librement sur l’Evangile de Jean le Théologien et ce en prouvant encore une fois sa confiance en son guide car « seule la force de [sa] volonté peut assurer [ses] progrès »

... Après l’engagement

Juste avant de prêter son serment, la confiance du candidat est éprouvée une dernière fois et à cette occasion on lui explique pour la première fois de cette cérémonie que lorsqu’on y parle de la véritéqu’il aime et désire de connaître » c’est bel et bien du Christ qu’on parle. En effet, le Vénérable Maître cite le Seigneur en disant « Celui qui est la Vérité même a dit...»

Juste après l’engagement, c’est une imitation du Christ qu’on demande au candidat en cours de réception lorsqu’il est poussé à donner son sang ! Le candidat devenu Apprenti à l’issu de ces deux épreuves et du serment a tout à portée de main : il sait inconsciemment que le moteur de l’ensemble du processus initiatique est Jésus le Christ, celui qui est la Vérité même. Comme le Christ, le candidat a « consenti » à répandre son sang. A partir de là il est « reçu Maçon Apprenti [...] par trois coups que le Vénérable Maître a frappé sur la tête du compas dont la pointe appuyait sur [son] cœur » . Quand on connaît la signification des trois coups, on comprend mieux la nécessité de cette étape dans la réception de l’Apprenti. En effet, l’Orateur expliquera par la suite clairement le rôle que joua le sang dans les trois alliances (celle d'Abraham, celle de Moïse et celle du Christ). Les trois coups figurent donc les trois alliances scellées par l’Apprenti et notamment la dernière de ces lois, la loi de grâce .

A partir de ce stade l’Apprenti est inconsciemment (j'allais dire virtuellement) en état de recevoir la Lumière... Il en reçoit un premier rayon qui lui montre les dangers qui l’environnent. En effet, les épreuves ne sont pas finies encore... Le Vénérable Maître conditionne sa capacité à sortir de sa propre obscurité par la sincérité de son désir. Et Willermoz d’écrire dans son même Discours d’Apprentif : « quelqu’éloignée que soit la lumière elle est si grande qu’elle éclaire quiconque la cherche sincèrement » . C’est cette sincérité qui lui permet de voir la Justice qui lui est proposée comme vertu du grade. Et nous pouvons citer Saint Jean le Théologien dans sa première épître : « Si vous savez qu’Il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de Lui » . Le premier acte qu’on lui demande est de pardonner et ainsi cette première vertu est complétée par sa contrepartie : la Clémence .Avec ce premier acte se poursuit le parallèle avec l’expérience du Christ qui de Sa croix et en répandant Son sang réclame le pardon de Ses bourreaux auprès de Son Père, le seul Juge. Et toujours avec Jean : « Ce commandement ancien est la parole que vous avez entendue [...]. Celui qui prétend être dans la lumière tout en haïssant son frère est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière »

Mais notons quand même que jusqu'à cet instant les Neuf Lumières d’Ordre sont encore cachés et seules des lueurs s’en échappent. D’ailleurs avant de dégager ces lumières, le Vénérable Maître précise que « celui qui perd la lumière commence à perdre la vie, et la vérité s’éloigne de lui » .Ainsi nous avons une idée de ce que peuvent représenter les Neufs Lumières d’Ordre puisque la vie, la lumière et la vérité ne sont autres que des signifiants d’un même signifié johannique, c’est-à-dire le Christ. Cette référence à la personne du Christ avant le retour final de la Lumière montre bien la Source de l’illumination de la Loge.

Poursuivons avec Jean l’Evangéliste qui dans la même épître écrit que « le monde passe avec ses convoitises, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » . Et la Loge découvre les yeux de l'Apprenti avec le Sic Transit Gloria Mundi qui matérialise la vitesse à laquelle passe la gloire de ce monde, par opposition à l’immuabilité de l’autre Gloire, celle qui vient de Dieu, et que matérialise dans la Loge les rayons entourant le Triangle d’Orient !

De quelle Lumière s’agit-il ?

Quand nous parlons de Lumière qui éclaire la Loge et éclaire ainsi plus particulièrement notre Apprenti nouvellement reçu, on se demande tout de suite de quelle Lumière il peut s’agir et quelle peut en être la source ?

Nous venons tout de suite de parler du Triangle d’Orient et des rayons de gloire qui l’entourent et ma première réaction fut de considérer que la source de Lumière qui éclaire la Loge était bel et bien ce Triangle symbolisant la Déité trine, source unique de tout bien et de toute perfection. Mais malgré l’attrait pour un Maçon rectifié de ce symbole très chrétien, il s’avère rapidement que ce Triangle n’est qu’un symbole... Or on sait tous que la Maçonnerie rectifiée ne se contente pas de symbole : la plus grande preuve de ceci est notre refus d’admettre l’Evangile - volonté divine révélée, au même niveau que l’Equerre et le Compas - symboles maçonniques par excellence. Un symbole ne peut donc pas être la source qui éclaire la Loge et qui mène le candidat de l’état de récipiendaire à celui d’Apprenti !

Je viens de citer ce que d’autres modèles maçonniques appellent les grandes lumières... Pourquoi la source que nous recherchons ne serait-elle pas triple et représentée par les Trois grandes lumières de la Maçonnerie rectifiée ? Alors la source de notre Lumière serait « le soleil, la lune et le Vénérable Maître » comme le dit notre Instruction par Demandes et Réponses. Cela paraît d’autant plus vrai que la même Instruction explique à l’Apprenti que ce qu’il aperçut (sous entendu « en premier ») lorsqu’on lui a donné la lumière furent les « Trois grandes lumières »!

Mais alors que dire des bougies des officiers qui éclairent physiquement notre Loge ? Si les Trois grandes lumières sont la source qui nous éclaire, qu’en est-il de ces autres lumières ? ! La réponse se trouve non plus dans l’I.D.R., mais au tout début du Rituel d’Apprenti, lorsque les fondateurs de notre Rite décrivent l’entrée en Loge, en quelque sorte la pré-ouverture des travaux...

Reportons nous à la troisième partie du Rituel, chapitre VIII intitulé « Entrée du Vénérable Maître en Loge » . Il y ait dit qu’après que les Frères soient entrés en Loge, le Vénérable Maître et les Dignitaires de l’Ordre « s’habillent ensemble dans une chambre voisine. Le Vénérable Maître se décore de son bijou et de ses gants, et allume lui-même son chandelier à trois branches » . Suit l’entrée du cortège composé dans un ordre précis : le Maître de Cérémonie, suivi des deux surveillants puis des dignitaires de l’Ordre et enfin du Frère portant le chandelier à trois branches précédant immédiatement le Vénérable Maître.

Ainsi c’est le Vénérable Maître, après s’être isolé et décoré, qui allume le chandelier. Il en est la source. Et ailleurs dans le rituel il est dit au nouvel Apprenti : « L’Orient maçonnique signifie le principe de la lumière que cherche le Maçon. Elle vous a été représentée par le chandelier à trois branches qui brûlait sur l’autel d’Orient comme étant l’emblème de la triple puissance du Grand Architecte de l‘Univers. Cette lumière est le premier vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté » .

Rappelons que c’est ensuite en partant de l’étincelle que constitue ce chandelier que le Vénérable Maître descend lui même de l’Orient pour éclairer les trois flambeaux entourant le tapis. Et par la suite, les Surveillants et le Secrétaire éclaireront leurs propres bougeoirs à partir de ces flambeaux. Ainsi nous remarquons un mouvement descendant du Vénérable Maître quittant son plan pour aller au plan intermédiaire qui est celui des flambeaux entourant le tapis. De même nous pouvons noter le mouvement parallèle menant les officiers de leurs régions, situées sur le même plan, vers les flambeaux.

Ainsi pouvons-nous considérer que la Lumière part de l’Orient pour éclairer les Surveillants qui eux mêmes participent à la répandre sur les Frères. De même à plusieurs reprises durant la tenue les coups de maillets partent de l’Orient pour descendre vers les Surveillants. Dans le même ordre la lumière du Soleil éclaire la Lune. Notons que nous ne pouvons pas regarder de face la lumière solaire alors que celle lunaire est plus facile à admirer. Nous retrouvons ici les Trois grandes lumières étudier plus haut...

Nous voyons donc clairement que la Source unique de tout bien et de toute perfection qui éclaire nos travaux est le Vénérable Maître ou plutôt ce qu’il représente : le Christ, qui est d'ailleurs souvent figuré en Occident, élevé sur Sa croix et entouré de la Lune et du Soleil .Cela est d’autant plus plausible que le récipiendaire ne devient Apprenti qu’après s'être uni à nous en prenant son engagement sur le prologue de l’Evangile de Jean, le co-patron de nos loges, « celui qui a réuni les ouvriers dispersés » celui qui a dit que « le Verbe était la Lumière véritable qui éclaire tout homme [...] et le Verbe s’est fait chair » .

Rappelons nous l'appel du Vénérable Maître lorsqu'il ponctue son rituel par le fameux « Unissez vous à moi mes frères » . Cet appel du Maître de la Loge, nous pouvons le mettre en parallèle avec l'appel du Disciple Bien Aimé lorsqu'il écrit : « Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres (...).Si nous marchons dans la Lumière comme il est dans la Lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, Son fils, nous purifie de tout pêché » . La Loge est cimenté par ce sang. Son objectif est cette union demandée par le Vénérable qui est la communion réclamée par l'Evangéliste. Et cet objectif n'est imaginable que si les Apprentis que nous sommes acceptons la Lumière qui luit dans les ténèbres.

Et pour conclure je préfère me taire pour laisser parler ceux qui ont non seulement vu la Lumière, mais qui, en plus, l’ont acquise... Saint Syméon le Nouveau Théologien, dans ses Homélies nous écrit : « Lumière est le Père, Lumière est le Fils, Lumière est le Saint Esprit. Les Trois sont une seule Lumière intemporelle, indivisible, sans confusion, éternelle, incréé, intarissable, sans mesure, invisible - parce qu’elle est en dehors et au dessus de toutes choses - Lumière que personne n’a jamais pu voir avant d’être purifié, ni recevoir avant de l’avoir vue. Car il faut d’abord l’avoir vue pour l’acquérir ensuite avec des peines et des labeurs multiples »

Source : www.ledifice.net

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La Colonne d'Harmonie

1 Mai 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

  1. Introduction

« Ut queant laxis, Resonare fibris, Mira gestorum, Famuli tuorum, Solve polluti, Labii reatum, Sancte Iohannes ».

« Afin que tes serviteurs puissent chanter, avec des voix libérées, le caractère admirable de tes actions, ôte, Saint Jean, le péché de leur lèvre souillée ».

Dès le début de la codification de la musique, celle-ci fut placée, comme la franc-maçonnerie, sous le patronage de Saint Jean. C’est en effet Gui d’Arezzio, au XIème siècle, qui choisit les premières syllabes des hémistiches de l’office de Saint Jean Baptiste pour désigner les notes de la toute première gamme ; « Ut ré mi fa sol la ». Le « Si », initiales de « Sancte Iohannes » fut ajouté à la fin du XVIème siècle par Anselme de Flandres et le « Do » apparut en 1673 avec l’italien Bononcini et devint synonyme « d’ut ».

Nous nous attacherons, au travers de cette planche, à dégager la caractère symbolique de la musique et à discuter de la place qu’elle occupe dans nos loges par rapport à celle qu’elle pourrait prendre.

  1. Le son

Qu’est-ce qu’un son ? Le son est le fils de la matière. En effet, la physique nous apprend que le son est une onde, une vibration qui se propage telle les rides concentriques à la surface de l’eau lorsque l’on vient d’y jeter une pierre. Cette onde, fruit d’une source oscillante, s’étend de proche en proche, tant qu’elle rencontre de la matière solide, liquide ou gazeuse. Mais est irrémédiablement arrêtée par le vide.

Nous avons plusieurs mots de vocabulaire pour désigner les sons. Deux se détachent particulièrement et se rapportent à notre propos ; le « bruit » et la « musique ». Faisons encore appel à la physique pour différencier l’un de l’autre. Qu’est-ce qui caractérise un bruit ? Un ensemble d’ondes comportant chacune une hauteur (la Tonie) qui dépend de la fréquence, une intensité physiologique (la Sonie) dépendante de l’amplitude des vibrations, et le timbre, lié à la forme de la vibration. Le paradoxe est que la musique a, physiquement, la même définition.

Mais l’organisation des sons n’est pas identique, bien entendu. Le bruit est un chaos aléatoire de sons, alors que la musique, elle, n’est qu’ordre. Qu’est-ce qui nous permet donc de faire la différence entre l’ordre et le chaos ? L’intellect...

De part sa nature même, nous pouvons déduire la nature fortement symbolique de la musique. Il s’agit même d’un symbole ternaire.

De même que le son et l’intellect donnent en élément ternaire, la musique, l’équerre et le compas donnent naissance à l’harmonie.

Le son, la matière, l’équerre, alliés à l’intellect, l’esprit, le compas, donnent la musique, l’harmonie, la vie.
2.1. La symbolique du son.

Afin de cerner la nature symbolique de la musique, nous devons reprendre la symbolique de ce qui la compose ; le son.

« Au commencement était le verbe ». Le « verbe », le « mot », le « son », le « souffle ».

La tradition hindoue donne le son comme principe créateur de l’univers, bien avant la lumière. Le « souffle créateur » du démiurge anima tout l’univers lorsque fut prononcé la formule « Aum Bhur Bhuva Svah » (« Aum Terre ! Atmosphère! Ciel ! »). C’est l’énergie fantastique contenue dans le mot originel « Aum » qui donne aux mantra toute leur valeur à la limite du magique.

Le son exprime « Dieu » tout en étant « Dieu » lui-même. « Aum », le son des origines, est un symbole ternaire. Composé de trois lettres, il symbolise les trois divinités suprêmes du panthéon Hindou ; Brahma, Vishnu, Shiva.

Le son est à la base de la théologie Hindou, contrairement à la théologie judéo-chrétienne qui est basée sur la lumière. Le démiurge Hindou appela la vie en offrant à l’univers un son primordial, alors que Yahvé commença son œuvre par cet ordre ; « Que la lumière soit ! »

  1. La musique

Nous venons de voir que le son à une forte importance symbolique pour la religion Hindou. Un peu moins pour nous. Existe-t-il une symbolique d’un élément dérivé du son ; la musique ?
Dans toutes les religions polythéistes d’orient ou d’occident, la musique se rattache à un dieu particulier. Chez les égyptiens, Thoth ou Osiris l’ont inventée. Chez les grecs, c’est Apollon, pour les Hindous, c’est Brahma.

Mais la musique prend rapidement une autre dimension une fois passée par les mains des mathématiciens grecs, notamment Pythagore qui étudie les rapports entre les sons. Mais c’est Lassus, en 540 av. JC, qui écrivit le premier sur la nature de la musique. Cette étude mathématique des sons avait déjà été faite 2000 ans plus par les chinois.

L’école pythagoricienne rattache la musique à la perfection des nombres et aux mouvements de l’univers, l’harmonie étant le but final sur les deux plans concernés.

La tradition chrétienne s’inspirera fortement de Pythagore dans sa conception de la musique, notamment par le biais de saint Augustin (354-430) et de Boèce (480-524).

« Le rythme ternaire est nommé perfection, tandis que le binaire est toujours considéré comme imparfait. La symbolique du nombre 7 est reprise sur le plan musical, nombre musical, nombre d’Athéna ».

Boèce distingue trois types de musiques symbolique :
- La musique du monde qui correspond à l’harmonie des astres issue de leur mouvement, à la succession des saisons et au mélange des éléments. La mélodie est d’autant plus aiguë que le mouvement est plus rapide, d’autant plus grave qu’il est lent.
- La musique de l’Homme ; elle régit l’homme et c’est en lui même qu’il la saisit. Elle suppose un accord de l’âme et du corps, une harmonie des facultés de l’âme et des éléments constitutifs du corps.
- La musique instrumentale qui règle l’usage des instruments.

De tout temps, donc, la musique et les recherches qui s’y rattachent ne visent qu’à la compréhension des lois de l’univers et à la glorification des principes créateurs.

  1. La musique en maçonnerie

4-1- Historique
4-1-1- La « colonne »
Quelle définition peut-on donner de la colonne d’harmonie ? Comme nous le verrons plus avant, cette dernière à évolué au fil du temps mais aussi en fonction des lieux. On peut généraliser le terme en disant qu’il s’agit d’une formation d’instruments, de chanteurs, ou bien même des deux réunis propre à produire de la musique ou des chants lors de tenues maçonniques. De nos jours, on peut dire que la colonne d’harmonie est l’ensemble des moyens propres à reproduire de la musique. A noter que le cœur formé par l’ensemble des F\ d’un atelier et chantant a capella ne peut être qualifié du terme de « colonne d’harmonie ».

4.1.2. Le chant
On trouve la présence de chants et de chansons très tôt dans l’Histoire de la maçonnerie. En effet, les constitutions de la Grande Loge d’Angleterre, parues en 1723 fut agrémenté de 4 chants maçonnique dont 3 avec musique. Il faut toutefois noter dès de le départ que ces chants trouvent place après les lettres d’approbation de la Grande Loge, ce qui signifie qu’elles n’appartiennent pas aux constitutions elles-mêmes, mais qu’il s’agit d’un ajout.

Ces chants de 1723 sont ; la « chanson de l’apprenti », la « chanson du compagnon », la « chanson du (vénérable) maître », et la « chanson du surveillant ».

Déjà, dans la structure de ces chants, des strophes sont précédées du mot « Chœur », ce qui démontre que l’ensemble des F\ répondait à un soliste.

Les premières chansons ne tardent pas à franchir le « channel ». Mais sur le continent, les habitudes vont devenir vite différentes de celles du côté anglais. En effet, les premiers chants continentaux font partie des chansons à boire et des chansons de banquet d’ordre dont la qualité laisse à désirer.

« Des actes ? Des actes de la F\ M\ ? Je n’en connais pas d’autres que leurs discours et leurs chansons qui sont général mieux imprimés qu’ils ne sont pensés et exprimés ». Suivant Gotthold Ephraim Lessing en 1778.

En Angleterre, les chants sont très vite intégrés au rituel lui même. Dès 1740, le livre de la « loge de l’amitié » à Londres démontre que les chansons historiques, contenant les mêmes messages que les constitutions, remplacent de manière plaisante la lecture obligatoire de ses dernières.

Sur le continent, ces chants restent assez exceptionnels, réservés aux tenues de commémoration ou d’une importance particulière.

4.1.3. Perception de la colonne dans l’ancien temps.
Dans toute l’Europe, les musiciens professionnels sont très demandés par les loges. Il n’est pas rare qu’ils soient exemptés de capitation en échange des services qu’ils rendent aux ateliers. On les appelle les « F\ à talent ».

« Le F\ (Henry) EVERY recommanda monsieur Stephen Harrison, de la cathédrale de Lincoln, maître de musique, comme personne digne d’être admise membre de cette société, et il proposa de donner une Guinée pour contribuer aux frais de son admission. Le sieur Cecil Wray proposa aussi de donner une Guinée, le sieur christopher Hales, une demi-guinée, et le sieur Cecil Wray ajouta une autre Guinée. Et considérant que monsieur Harrison pourrait être utile et divertissant pour la société, la loge accepta de l’admettre pour ladite somme de 3 livres, 13 shillings et 6 pence ».

(N.B. La cérémonie coûtait à la loge de Lincoln dans les années 1730 la somme de 5 livres et 5 shillings au néophyte).

On assiste aussi à la création de véritables loges de concerts, tant à Paris qu’à Berlin. Mes ces ateliers ne rentrent pas dans le cadre d’une simple colonne d’harmonie.

Que pourrait-on penser aujourd’hui de ces F\ dont l’entrée en loge était, au minimum, facilitée par leur talent, et au maximum, en était la seule cause ?

4.1.4. Géographie de la colonne d’harmonie.
C’est en Allemagne que la colonne d’harmonie et, par extension, la musique maçonnique, prend son essor. Cet intérêt pour la musique fut présent en premier lieu dans l’armée, puis, les loges militaires étant très bien représentées, la musique entra tout naturellement en maçonnerie. Pourtant, on notera que la colonne d’harmonie fut bien moins accueillie et représentée en France, pourtant traditionnellement patrie des arts et des lettres. Nous y reviendrons plus avant, mais cette différence perdure encore de nos jours.

4.1.5. Mozart et la musique maçonnique.
On ne peut parler de musique et de maçonnerie sans parler de Wolfgang Amadeus Mozart.
Celui-ci composa 3 cantates à l’attention des loges viennoises mais la majorité de ses œuvres maçonniques sont perdues. Il nous reste aussi 3 lieds (sorte de cantiques) formellement identifiés. A noter que la musique maçonnique était avant Mozart et Liszt d’une qualité proche du zéro absolu.

Je laisserai à d’autres F\, autrement plus « calés » que je ne le suis en musique et en solfège, le soin de décortiquer chacune de ces œuvres pour y découvrir tous « messages maçonniques » secrets inscrits entre les notes.

4.2. La musique et l’art.

« - Que signifie le deuxième voyage ?

- Par l’équerre et le compas, le deuxième voyage (...) le compagnon doit faire aux arts une part importante, aussi bien à ceux qui ont pour objet l’expression du beau qu’à ceux qui tendent à la réalisation de l’utile, les uns et les autres étant nécessaires au développement de l’humanité. Les arts embellissent aussi bien la vie individuelle que la vie collective. La qualité du goût dans l’ancienne Grèce créa la perfection de la cité en même temps que l’harmonie du corps humain ». « L’art, a dit Aristote, est la joie des hommes libres
».

Il s’agit d’un extrait du recueil d’instruction au grade de C\. Le compagnon, pour que sa formation soit complète doit apprendre et comprendre l’art. Or, quid de l’art au sein de nos loges maçonniques ? Quelle chose plus difficile à définir et à cerner que l’art ? Quoi de plus dépendant de l’appréciation personnelle ?

On pourrait dire, « libre comme l’art »...

La poésie, la musique, la peinture... Que de recherches en perspectives pour le compagnon ! Et Pourtant, l’art se réduit en loge à la portion congrue... A mon sens, la maçonnerie peut parfois tomber dans un petit travers ; disséquer l’art grâce au scalpel de la raison, ce qui provoque invariablement la mort de la beauté. Afin de pouvoir être des maçons accomplis, notre recherche ne doit laisser aucune zone d’ombre.

Au travers de la colonne d’harmonie, je vais donc, mes F\, vous faire part de mes interrogations sur l’art en maçonnerie.

4.3. La colonne d’harmonie aujourd’hui.

Il y a 2 ans j’ai pris la suite du F D. P., qui avait pris lui-même la relève de notre V\ M\ qui est celui qui a instauré la colonne d’harmonie dans cet atelier.

Plusieurs problèmes se sont posés à moi.

Le premier ; quel genre de musique peut-on passer en loge ? Très sincèrement, le classique et moi, à l’époque, cela ne faisait pas bon ménage. Je n’ai donc pas passé que du classique. Je me souviens encore de nombre de regards interrogateurs qui se sont tournés vers moi à plusieurs reprises.

Certains se souviennent de ce que je disais à l’époque ; « Ne pas passer du Mozart en tenue, ce n’est pas forcement faire insulte à Mozart. Ne passer que du Mozart, c’est faire insulte à tous les autres ».

La question reste toutefois en suspend ; selon vous, mes F\, y-a-t-il des musiques à passer ou à ne pas passer en Loge ?

Deuxième problème ; quand faut-il mettre de la musique en loge ? Et là, nous touchons un point primordial auquel il est important de donner une réponse ; quel est le rôle de la musique en Loge ? Là encore, j’ai devant les yeux de grands moulinets me demandant de « couper les moteurs », car la musique, pour eux, n’avait pas lieu d’être à un moment donné.
Peut-on dire, comme je l’ai entendu, que la musique n’est là que pour « boucher les trous », une sorte d’interlude, disons. Ou, au contraire, devons-nous la considérer comme au service du rituel, qu’elle peut rehausser ?

Mes voyages de compagnon m’ont conduit dans différents orients. J’ai visité des ateliers, appartenant à presque toutes les obédiences. A chaque visite, je me suis intéressé à la colonne d’harmonie, puisque tel est le poste que j’occupe au sein de ma loge mère.

J’ai pu discerner 3 cas distincts ;

Il y a des ateliers ou toute trace de colonne d’harmonie est absente. Vous discutez plus facilement avec votre voisin dans les temps morts.

D’autres, qui ont l’air de ne posséder qu’une seule cassette ; vous avez « la flûte enchantée » de Mozart quand vous entrez, « la flûte enchantée » de Mozart vous vous asseyez, « la flûte enchantée » de Mozart quand vous vous levez, « la flûte enchantée » de Mozart quand vous repartez...

Je vous laisse deviner de quelle cassette il peut bien s’agir ! Et puis les derniers, qui ont une grande palette de musiques.

Je me suis étonné d’une telle disparité. J’ai fini par relire le règlement général dans un premier temps ; « Titre IV, Article 34 ; Dans les Loges, les offices au rite français sont ceux de... »
Suit l’énumération de tous les plateaux ; Horreur ! La colonne d’harmonie n’y figure pas !
C’est très vexant...

La colonne d’harmonie n’est pas ressente ; nous l’avons vu plus haut, dès 1740, s’arrachent les F\ musiciens. Comment se fait-il que la maçonnerie moderne ait envoyé la musique « à la trappe ? »

En réfléchissant sur la question, je me suis dit que -finalement-, cette absence au tableau de loge n’était peut-être pas un mal... En effet, la colonne d’harmonie n’étant en rien obligatoire, elle était l’expression même de la souveraineté de la Loge, souveraineté qui nous est cher à tous.

Les loges sont à l’image des maçons ; elles évoluent. Quant une loge commence à faire l’effort de s’acheter un peu de matériel musical, (même si ce n’est que pour passer « la flûte enchantée » de Mozart), quand elle consacre un peu de temps à la poésie, ne serait-ce qu’une minute, quand certains F\ se proposent de dessiner un nouveau tableau de loge, tous ces signes nous font comprendre que l’art prend peu à peu la place qui doit être la sienne et que le second voyage est peut-être en voie d’être terminé.

  1. Conclusion

Ce soir, mes F\, la colonne d’harmonie est restée muette. Vous avez depuis longtemps l’habitude de la musique en loge. On m’a souvent dit que l’on appréciait ce qu’on avait une fois qu’on l’avait perdu.
Voilà pourquoi j’ai repris -provisoirement- ma place sur les colonnes. Le plateau de la colonne d’harmonie, bien que très ancien, en est encore à ses débuts. Comment ressentez-vous son avenir ?

Source : www.ledifice.net

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Les Deux Colonnes

29 Avril 2013 , Rédigé par C\ T\ Publié dans #Planches

Il y a cela un peu plus d'un an, alors apprenti, je vous présentais un travail pour passer au grade de compagnon. Une année de silence, à l'écoute de mes frères, pour découvrir le travail en Loge et les grands principes qui fondent notre Ordre.

Une année d'échanges, où j'ai appris beau­coup en acceptant les règles multi-centenaires que nos anciens ont forgées tout au long de leurs rencontres.

Il est toujours agréable de revenir sur ces moments passés dans les ateliers sur la colonne du Nord, où la chaleur humaine le dispute à la franche amitié !

Ayant obtenu le grade de compagnon, j'ai tout d'abord changé de place dans le Temple. Je me suis retrouvé sur la colonne du Midi, sous le regard attentif du Premier Surveillant, place que je m'honore d'occuper à chaque tenue.

Ainsi, au fil des mois, de réunions en agapes fraternelles, de conversations chaleureuses en travaux importants je n'ai cessé de tailler la Pierre Brute, afin d'améliorer mes connaissances pour mieux comprendre le monde et faire triompher mes idéaux.

Apprenti, Compagnon, le Temple est pour moi, l'endroit essentiel où se construit la Franc -Maçonnerie. C'est dans ce lieu que tout se façonne, c'est de ce lieu que tout se développe. En son sein tout est symbole et rappelle les étapes que nous devons fran­chir pour mieux connaître le monde et ses mystères. C'est au cours des séances que nous avons ensemble, que se découvre pro­gressivement tout ce qui le constitue.

Aujourd'hui, je vous propose d'étudier un des éléments qui forme le tableau de l'apprenti et que l'on retrouve bien sûr dans celui de compagnon, c'est-à-dire : Les deux colonnes du Temple.

Edmond GLOTON, dans la Chaîne d'Union rappelle avec concision la place qu'elles doivent occuper dans nos ateliers : "Beaucoup de nos frères pensent à tort qu'il faut pour abriter les travaux de leur atelier un local spécialement aménagé. N'importe quelle salle peut convenir, du moment que le tracé de la loge figure entre les colonnes".

Cet élément essentiel au Temple, que nous avons en perma­nence sous les yeux, provoque de nombreuses réflexions, voire des interrogations. Aussi, je me propose d'envisager tout ce qui peut, de près ou de loin, nous permettre de mieux comprendre l'intérêt que nous avons, de considérer ce sujet sous tous ces aspects.

Bien entendu, sur le plan architectural, les colonnes ne sont pas nées dans l'esprit de l'homme par hasard. En effet, il y a plu­sieurs centaines de milliers d'années, nos ancêtres vivaient dans des grottes ou des abris pour se protéger, se reposer. Dans les forêts, ils ont découvert naturellement ce que pouvait représenter un tronc d'arbre qui s'élève vers le ciel. Dans les grottes ils ont rencontré des concrétions calcaires : stalagtites et stalagmites qui ne pouvaient que les inspirer.

De là bien sûr, est née toute une symbolique, où l'imaginaire humain se développant, a conduit les hommes à modifier lente­ment leur mode de vie.

En coupant les arbres, ils ont exploité un matériau différent de ceux qu'ils avaient l'habitude d'utiliser : l'os, la pierre.

Je ne m'étendrai pas sur toutes les religions primitives qui ont vénéré l'arbre et sa forme en trois parties : les racines : la vie ; le tronc : la force ; le feuillage : l'espoir, symbolique constamment employée par les hommes jusqu'à nos jours et ce sont ces formes étranges qui décorent de nombreuses grottes, qui ont servi nos pre­miers artistes pour leur représentation du monde et de sa magie.

Déjà, nous pouvons sentir l'approche informelle qu'ont eue ces premiers hommes, du monde extérieur et du monde intérieur, à travers ces formes identiques, apparentes ou cachées, données aux profanes ou révélées aux initiés, que nous avons intellectuali­sées, stylisées, sous forme de colonnes.

Au fil des millénaires, nos ancêtres ont saisi tout l'intérêt qu'il y avait à utiliser cette forme pour construire leur habitation. Des maisons sur pilotis aux cabanes sommaires, le tronc de l'arbre a permis la sédentarisation des tribus vagabondes à la recherche de nourriture, donnant donc naissance à l'agriculture, mais aussi aux premiers villages, lieux essentiels où allaient se développer les civilisations. On retrouve à travers les fouilles archéologiques les différents procédés employés pour la construc­tion, où devaient se marier avec une grande précision deux dimensions essentielles : l'horizontale et la verticale.

Le passage à la pierre se fait tout naturellement lorsque l'homme veut donner à la construction une importance magique ou religieuse, c'est-à-dire, intégrer la dernière dimension qui nous échappe ou qui nous fuit, je veux dire : le temps.

Ainsi, les premiers édifices qui accueillent, ou permettent un culte, sont des temples, où les colonnes sont les éléments indis­pensables à sa solidité.

Lente progression de l'esprit de l'homme qui affirme sa place sur la terre, en prenant possession du sol pour organiser sa vie sociale et chercher à comprendre le monde qui l'entoure en éle­vant des temples à la gloire de forces qu'il craint ou qu'il vénère.

Ainsi, techniquement, toute construction quelle qu'elle soit, des premiers âges jusqu'à nos jours, ne peut se passer de cet ins­trument indispensable, capital qu'est la colonne !

Je ne me prive pas du plaisir de vous rappeler quelques vers de Victor Hugo, dans un de ses plus célèbres- poèmes : " endormi", tiré de la Légende des Siècles :

"Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu. Une race y montait comme une longue chaîne. Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu !"

A travers toutes les formes de l'art, les hommes ont mêlé à leurs oeuvres les colonnes, ou comme pièce principale, ou comme décor.

Des temples grecs ou romains aux tableaux de Piero Della Francesca, de Buren aux monuments à la gloire des ancêtres; nombreux sont les artistes qui ont rappelé ou utilisé cet élément indispensable à la construction de l'humanité. Car, bien souvent le commun des mortels a oublié la place essentielle que jouent les colonnes, pour la construction du monde, une marche vers un avenir meilleur !

Tout savoir, toute connaissance, toute découverte, se construit et ne peut se développer qu'à partir de basés solides, et c'est la colonne qui en forme le squelette, entre la base qui prend appui sur la terre ferme et le chapiteau qui en est l'extrémité. Tout nous montre que, sans elle, plus rien de concret ou de positif ne peut exister. Elle devient le symbole de la solidité que Samson, prison­nier des Philistins remit en question en écartant les colonnes de leur temple, qui, en s'effondrant offrit à son peuple la victoire.

Plus les colonnes du temple seront solides et assurées, plus difficile sera la tâche de ceux qui veulent l'ébranler: Au-delà de leur place symbolique, à l'entrée de notre demeure, face à nous, elles nous rappellent en permanence, que pour. assurer la conti­nuité de notre labeur, nous devons constamment œuvrer sans relâche à la construction d'une vie meilleure en respectant les grands principes qui sont les nôtres, socle de notre action.

Symbole de solidité bien sûr, mais symbole de vie aussi, comme l'arbre où la base en est la racine qui va puiser dans la terre des ressources nécessaires, indispensables à tout développe­ment. Le lien est très fort entre les différentes parties qui la constitue, comme l'arbre formant un tout. Ainsi, les hommes ont souvent dressé des colonnes un peu partout sur la terre, pour sym­boliser la vie et tenter de laisser l'empreinte indélébile de leur passage.

Car, au-delà de la vie qu'elle représente à travers le monde végétal, elle est aussi représentation humaine. Représentation sensuelle, la colonne est un phallus dressé comme signe de fécon­dité et de reproduction. L'homme marque en l'érigeant sa puis­sance dominatrice sur le monde dangereux qui l'entoure. Elle est là, pour signer sa présence, et que d'autres après lui, qui seront nés de sa semence, pourront contempler. C'est debout que l'homme avance dans le temps, déchirant le voile de l'obscurité qui l'entoure, il veut montrer qu'il est lui-même par sa position verticale, celui qui construit, celui sur qui tout repose.

Je reviendrai sur ce symbole très fort de l'homme dressé devant l'univers qui l'écrase.

Les deux colonnes qui signent l'entrée de notre temple sous la voûte constellée d'étoiles nous rappellent sans cesse ce que nous sommes, et ce vers quoi nous nous dirigeons.

Ce mariage magique, entre des hommes amis, des colonnes dressées, l'univers infini, doit nous inciter à la plus grande et pro­fonde méditation sur notre devenir, la place que nous occupons dans la création.

Je terminerai la dimension symbolique des colonnes en rap­pelant brièvement ce que tout à l'heure j'évoquais au niveau de la verticalité : sa base forme une équerre parfaite qui lui permet d'ailleurs de rester en place sans aucun appui extérieur.

Liant l'horizontale et la verticale, la colonne symbolise l'espace.

L'équerre qu'elle forme avec le sol, rectifie, ordonne la matière, symbolisant la droiture, le respect des lois, des règle­ments. Symbole permanent que l'on retrouve sur le tableau de l'Apprenti et du Compagnon.

Enfin, elles sont doubles, c'est-à-dire qu'elles nous incitent à réfléchir sur la dualité, donc sur le nombre deux.

A l'entrée du Temple, deux colonnes qui encadrent la porte, nous ouvrent le passage avant d'aller prendre place pour com­mencer les travaux.

A la question : "Comment avez-vous été reçu compagnon ?", notre réponse a été : en passant de la colonne du Nord à celle du Midi. La colonne J, dont la couleur est rouge, correspond au soleil et signifie la raison, dont la clarté dissipe les ombres de l'erreur. La colonne B, dont la couleur est blanche, correspond à la lune. Cela veut dire que la raison elle-même a besoin, pour

donner toute sa mesure, de sensibilité, de sentiment, d'imagina­tion. Ainsi, grâce à la discipline de la raison dont il ne doit jamais se distraire, le Compagnon peut, doit s'élever à la conception imaginative, réglée elle, de ce qui pourrait et devrait être.

Ainsi, en passant entre les deux colonnes, à l'entrée du Temple, nous franchissons une étape qui nous conduit en un lieu sacré, chargé d'histoire, de symboles. `

En effet, il faut retourner dans le passé pour saisir toute l'importance de ces colonnes qui indiquaient l'entrée du Temple de Salomon. La Bible nous le décrit. Pour y pénétrer, il fallait passer entre deux colonnes que le roi Salomon avait fait exécuter par HIRAM de Tyr, de la tribu de Nephtalli, homme sage, intelli­gent, ayant une grande connaissance d'un noble matériau qui est l'airain.

La Bible nous explique leurs mesures : dix-huit coudées de hauteur, douze de circonférence, douze à leur base ; leurs chapi­teaux cinq ! La somme de ces nombres correspond au, nombre des constellations et des signes du zodiaque. Reliées entre elles par un portique, elles donnent accès à un lieu sacré. Leur solidité grâce à l'airain devait leur permettre de résister au temps, et au déluge.

La colonne de droite fut nommée Jachin et celle, de gauche Boaz.

Le mot Jachin s'écrit en hébreu avec les lettres Iod, Caph, lod, Nun. Le mot Boaz s'écrit avec les lettres Beth, Aïn, et Zaïn. Nous retrouvons, grâce à ces lettres une autre écriture. Jakin avec un K et Booz avec deux 0. Bien sûr, ces appellations ne relèvent pas du hasard ou de l'improvisation. De nombreuses études ont été faites à leur sujet. Il n'y eut jamais de contestation sur le sens symbolique de ces deux colonnes. La première étant suffisam­ment caractérisée comme masculine par le Iod initial qui la désigne communément. Ce caractère hébraïque correspond en effet à la masculinité par excellence. Beth, la deuxième lettre de l'alphabet hébreu, est considérée, d'autre part, comme essentielle­ment féminine, car son nom signifie maison, d'où l'idée de récep­tacle, de caverne, d'utérus.

La colonne J, qui correspond au soleil est donc masculine, active. La symbolique des couleurs- exige qu'elle soit rouge. La colonne B qui correspond à la Lune est féminine, passive, donc blanche ou noire.

Ces deux symboles nous montrent bien l'antagonisme des forces qui règlent la marche de l'univers, l'antagonisme qui forme l'humanité, porte le monde dans lequel nous vivons.

Au-delà de cet affrontement, il y a une profonde et très secrète complémentarité, car, l'une et l'autre se nourrissent mutuellement, forment un tout que nous découvrons au sein du Temple, sous la voûte étoilée, en direction de l'Orient où siège le Vénérable. De ce triangle parfait reliant les trois forces essen­tielles qui portent notre action, nous siégeons de part et d'autre pour ne point rompre le lien magique qui façonne notre Ordre.

Pour faire respecter celui-ci, est placé, devant chaque colonne, un surveillant, qui, comme son nom l'indique, veille au bon déroulement des travaux des Frères placés de part et d'autre de l'entrée se faisant face en deux colonnes, correspondant à la lettre J et la lettre B.

Les deux colonnes formées par les Frères sont les bornes du monde créé et de même que les surveillants ont sous leur dépen­dance les Apprentis et les Compagnons, de même les deux colonnes correspondent aux surveillants. Derrière le premier sur­veillant se dresse la colonne B. Il doit surveiller les travaux des compagnons placés devant. C'est la colonne du Midi. Derrière le deuxième surveillant se dresse la colonne J, dont la mission est l'instruction des Apprentis. C'est la colonne du Nord.

Ces colonnes, autrefois, étaient dressées extérieurement de chaque côté de la partie principale du Temple. Elles correspon­daient aux obélisques des sanctuaires égyptiens. Elles étaient cou­vertes de hiéroglyphes ou de dessins mystérieux, que les initiés, seuls, devaient apprendre à saisir le sens.

Le salaire reçu auprès de celles-ci, n'a rien de matériel, c'est l'instruction initiatique sur laquelle veille les surveillants.

A l'image du matériau utilisé : l'airain, alliage noble de diffé­rents métaux : étain; argent, cuivre, elles représentaient l'incor­ruptibilité, l'immortalité, l'inflexible justice. Elles sont générale­ment surmontées de trois grenades ouvertes, les graines noyées dans la pulpe transparente symbolisant les Maçons unis entre eux par un idéal commun.

Les lys qui les décorent évoquent la flamme pure, fécondante qui doit briller dans chacun de nos coeurs, et nous aider tous ensemble, à faire triompher notre idéal.

Sept rangs de chaînes les entourent, placés entre les grenades et les lys. Elles ont une double valeur symbolique. Tout d'abord, elles suggèrent les liens qui emprisonnent les profanes, les main­tiennent dans l'ignorance, chaînes dont nous avons su nous libérer, qui, maintenant, deuxième symbole nous unissent définitivement.

Ainsi, elles réunissent ce que nous faisons régulièrement en nous donnant la main, pour mieux travailler ensemble : les sym­boles de fécondité, d'union.

C'est pour toutes ces raisons que les Frères qui ont fait circu­ler le tronc de la veuve et le sac aux propositions, viennent se placer, côte à côte entre les colonnes, face au Vénérable et attendent le signal pour les remettre à sa disposition.

De même, lorsque s'installe le Collège des Officiers, c'est entre celles-ci qu'ils sont acclamés par tous les Frères réunis.

Seul, le Pavé Mosaïque déplace la ligne droite qui relie l'axe médian entre les deux colonnes, et le Vénérable. Aucun Frère ne lui tourne le dos. Nous sommes là pour garantir, assurer le lien puissant, secret qui doit en permanence affirmer l'unité, la fécon­dité, et l'éternité de nos travaux. Chacun à sa place, séparé du monde profane par la porte du Temple et ses deux colonnes.

Je rappellerai brièvement que suivant le rite auquel l'on tra­vaille, la place des surveillants est inversée comme le sont les lettres J et B accrochées aux colonnes. Au-delà de ces diffé­rences, il y a le symbole attaché à la complémentarité de ces deux espaces, qui, en se faisant face forment une partie unie, labo­rieuse, disciplinée pour aider tous les Frères à travailler ensemble en s'inspirant des idées que portent en elles les deux colonnes fermant l'entrée de notre demeure et que vient achever le Vénérable Maître assis à l'Orient.

Tableau parfait de l'harmonie qui enveloppe la Loge, quand les travaux commencent. Harmonie que nous retrouvons sur le tapis de la Loge posé en son milieu sur le Pavé Mosaïque.

Symbole du tableau mystique du grade de Compagnon ou les deux colonnes reposant sur le Pavé Mosaïque sont entourées de tous les attributs qui constituent notre travail, notre but.

Au-dessus de la colonne B : le Niveau ; de la colonne J : la Perpendiculaire, reliés entre eux au milieu de celles-ci par le compas, pointes en haut, ouvert sur la lettre G aux cinq sens.

Ainsi, nombreuses sont les étapes à franchir, lorsque l'on se dirige vers l'Orient. Nombreux sont les signes qui nous guident vers plus de générosité, de perfection. Lé travail que nous avons commencé n'est jamais achevé. Mais avant qu'il soit entrepris, il faut d'abord franchir la porte sur laquelle on peut lire bien sou­vent : LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ, et passer entre les colonnes.

Comme je le rappelais au début, Edmond GLOTON résumait que, pour abriter un atelier, il suffisait que le tracé de la Loge figure entre les colonnes. Au nombre de deux, bien sûr. Deux seu­lement car elles forment ensemble deux parties d'un même tout. Elles sont face à face, en opposition, chacune représentant un symbole différent, au contenu conflictuel, donc de réflexion, somme d'équilibres réalisés ou de menaces latentes.

Ce dualisme qu'elles incarnent, sur lequel repose toute dia­lectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, est source de progrès, de vie. Ce principe de division porte en lui le principe de multiplication, donc générateur de fécondité. Nous le retrouvons dans les différentes civilisations qui nous ont précédées, où la mort et la vie, le mal et le bien ont pris différentes formes maté­rielles, spirituelles ou intellectuelles.

Nous avons découvert le principe actif de ce dualisme dès la naissance, où notre corps est formé de deux parties, du visage jusqu'aux membres. La beauté ou la laideur, la force ou la fai­blesse, l'intelligence ou la bêtise sont les aspects différents que peut prendre l'individu, donc son équilibre.

Ainsi, lorsque les colonnes évoquent les principes de mas­culinité ou de féminité, elles rappellent en permanence notre profonde, éternelle dualité, homme et femme, ou éternelle ambi­guïté : homme ou femme, ou éternelle complémentarité : homme/femme.

De même la science, instrument de connaissance, outil salvateur contre l'ignorance, l'absurdité séparant le vrai du faux, qui s'est développée sur ces contradictions, a fait germer les plus grandes théories, sur le principe magistral de la thèse et de l'antithèse, ouvrant ainsi la porte à des solutions qui nous conduisent à mieux comprendre le monde, mieux agir pour l'avenir de l'humanité.

Les vertus conjuguées des deux éléments essentiels qui constituent la base du devenir de l'univers, forment une puissance infinie où l'espace et le temps se confondent. L'absurdité de notre vie n'a d'égal que le sens de notre mort. Ainsi, tout simplement, au sein de ce temple, fraternellement rassemblés devant les colonnes, sous le regard de notre Vénérable Maître, nous essayons de construire, dans la contradiction, le dualisme, ce monde, plus juste, plus solidaire, auquel nous aspirons tous, que nous voulons, loin de tout égoïsme, malsain, faire partager demain, à ceux qui, au-delà des colonnes, dans le monde profane, veulent frapper à la porte du Temple.

Source : www.ledifice.net

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Le Krav Maga : une discipline née du chaos politique

28 Avril 2013 , Rédigé par Florent Bouteiller

Méthode de self défense pour certains, art-martial à part entière pour d’autres, le Krav Maga entretient une image sulfureuse du fait de ses origines. Enseigné dans les unités d’élite, son image fascine et son succès est grandissant. Retour sur les racines d’un sport créé par Imi Lichtenfeld.

Dans son ouvrage Krav Maga, Méthode originelle israélienne d’autodéfense et techniques de combat, Eyal Yanilov définit l’apprentissage de sa discipline ainsi : « Des méthodes d’entraînement spéciales sont employées pour simuler l’anxiété éprouvée lors d’une véritable agression, afin de vous préparer à la brutalité et la réalité d’une vraie lutte pour votre vie. […] Cette méthode nous prépare à assumer la violence continue de notre monde et permet à son adepte de protéger et sauver les vies. Elle est issue d’un environnement où la violence, de nature surtout politique, était malheureusement omniprésente. » L’auteur de ces lignes, devenu expert du Krav Maga sous la houlette de son fondateur Imi Lichtenfeld, souligne les circonstances particulières qui ont permis à sa discipline d’éclore pour attirer, bien des années plus tard, un grand nombre de pratiquants dans le monde.

Lorsqu’Imi Lichtenfeld crée le Krav Maga (« combat rapproché » en hébreu) dans le milieu des années 30, c’est avant tout pour protéger la communauté juive de Bratislava victime des violences nées de la montée du fascisme à cette époque en Europe. Fils de Samuel Lichtenfeld, détective et instructeur en chef de la police départementale, Imrich Lichtenfeld voit le jour à Budapest (Hongrie) en 1910. C’est pourtant à Bratislava qu’il grandit, ville de Tchécoslovaquie, dirigée à l’époque par la monarchie austro-hongroise et sous influence germanique. Durant son enfance, il pratique la lutte, la boxe, le judo, la gymnastique et la natation, et assiste aux cours de self-défense dispensés par son père. C’est en tant que lutteur qu’il acquiert une renommée, figurant parmi les meilleurs d’Europe. Entre 1936 et 1940, le nombre d’agressions antisémites ne cessent de grimper à cause des nazis qui ont réussi à se répandre dans toute la Slovaquie. Pour contrer ces attaques, Imi Lichtenfeld réunit plusieurs de ses amis issus de la boxe ou de la lutte. Objectif : empêcher les bandes antisémites de pénétrer à l’intérieur du quartier juif. Durant cette période, son groupe livrera de nombreux combats pour protéger la communauté juive locale. De cette expérience « en situation » Imi Lichtenfeld tirera plusieurs enseignements pour élaborer, quelques années plus tard, une méthode de self-défense réaliste et efficace : le Krav Maga.

Impopulaire auprès des autorités locales, il commence un long périple en 1940 qui le mènera en Palestine. C’est là qu’il intègre la Haganah, organisation clandestine sioniste fondée en 1920 qui se donne pour mission de protéger les juifs ayant émigré en Palestine. En 1948, après la fondation d’Israël, la Haganah fusionne avec deux autres groupes armés (l’Irgoun et le Lehi) pour donner naissance à Tsahal, l’actuelle force de défense d’Israël. Imi Lichtenfeld y devient chef-instructeur pour l’éducation physique. Parallèlement, il pratique le Kapap, discipline à la jonction entre le close combat et la self-defense. Pendant de longues années, il élabore une méthode simple, rapide et efficace pour former les soldats de Tsahal. Pour ce faire, il s’inspire directement des expériences rencontrées sur les lieux de conflits par les combattants. En 1964, Imi Lichtenfled crée officiellement le Krav Maga et ouvre une première école à Netanya, ville située au nord de Tel-Aviv. Son but est d’adapter l’enseignement du Krav Maga, jusque là dispensé aux militaires, aux populations civiles. Aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Rapidement, Netanya devient le centre privilégié des pratiquants de Krav Maga qui est reconnu en 1972 par le ministère national de l’éducation nationale israélien.

Implantation dans d'autres pays

Jusqu’alors limité au seul Etat d’Israël, le Krav Maga s’exporte au-delà des frontières au début des années 80. Les disciples les plus talentueux de son fondateur à l’instar de Kobi Lichtenstein en Amérique du Sud sont autorisés à enseigner. C’est aux Etats-Unis que le Krav Maga rencontre le plus de succès. Pour la première fois en dehors d’Israël, deux Américains, Allen Feldman et Darren Levine, se voient décerner le grade de ceinture noire. La méthode rencontre une telle popularité qu’en 1985, Eli Avikzar, un des premiers élèves d’Imi Lichtenfeld, est invité à dispenser des cours au département de police de Los Angeles. Très vite, le Krav Maga va étendre son influence à d’autres institutions d’élite comme le FBI ou la Drug Enforcement Administration (DEA) qui ont permis de populariser largement la discipline. En France, c’est sous l’impulsion de Richard Douieb que le Krav Maga se développe. Nommé en 1988 par Imi Lichtenfeld pour enseigner son savoir, le technicien devient en 1993 le formateur exclusif dans l’art du combat rapproché du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Le décès de son fondateur, en 1998, va profondément affecter le milieu du Krav Maga. Après la disparition d’Imi Lichtenfeld commencent à apparaître les premières dissensions. Une et indivisible sous l’ère Lichtenfeld, la Krav Maga Association, fondée en 1978, se morcelle. Aujourd’hui, il existe une quinzaine d’organisations mondiales qui se réclament toutes de son fondateur. La plus importante, en nombre de pratiquants est la Fédération européenne de Krav Maga (FEKM) dirigée par Richard Douieb. Elle revendique près de 12 000 élèves à travers 9 pays. Associée à la Fédération française de karaté (FFKDA) en 2005, elle est devenue indépendante le 15 septembre 2011.

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Forces spéciales

27 Avril 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Forces spéciales

Pour les fiançailles de mon neveu !314-350-large

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La position des colonnes au Rite Français

27 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Tous les rites que nous pratiquons font place à deux colonnes placées symboliquement à l'intérieur, à droite et à gauche de l'entrée ; l'une porte la lettre J, 1'autre la lettre B. Au delà de cette harmonie, une première dissonance apparaît, qui voit les rites modernes positionner la colonne J à gauche tandis que les rites anciens placent à gauche la colonne B. Attachons nous tout d'abord à comprendre l'origine de ces colonnes.Dans les documents maçonniques les plus anciens apparaissent une colonne en brique et une colonne en marbre, érigées par les fils de LAMECK pour y inscrire les arts et les sciences qu'ils avaient découverts, afin de les protéger du déluge.Flavius JOSEPH écrit dans les "Antiquités judaïques" : "Parce qu'ils avaient appris d'Adam que le monde périrait par l'eau et par le feu... ils bâtirent deux colonnes, l'une de brique, l'autre de pierre, sur lesquelles ils gravèrent les connaissances qu'ils avaient acquises".Le manuscrit COOKE, daté d'environ 1410, reprend la même idée : "Ayant appris que Dieu voulait se venger du péché par le feu ou par l’eau, ils s'efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées et se dirent qu'il existait une pierre qui résistait au feu qui s'appelait « Marbre » et une autre qui flottait sur l'eau qu'on appelait "lacerus" ...David STEVENSON, dans « Les origines de la Franc-Maçonnerie » indique à ce sujet : « Les deux colonnes des anciens devoirs représentent les colonnes sur lesquelles la connaissance vitale pour l'avenir de l’espèce humaine fut gravée ... Les légendes sur de telles colonnes sont originaires du moyen orient, elles représentaient une variante de l'idée d'une connaissance de valeurs issues du passé ». Ce premier symbolisme des colonnes tombe peu à peu en désuétude à partir des années 1725, du fait de l'importance prise par le développement du 3ème grade et la symbolique de l'édification du Temple de Salomon. La transition se constate dans la lecture du manuscrit DUMFRIES N° 4 (environ 1710), où l'on trouve à la fois une version simplifiée du récit originel et des explications détaillées sur les colonnes du Temple que SALOMON fit construire à Jérusalem. Le Rite Français conserve en partie la trace de la première légende, au travers du mot de passe d'Apprenti « TUBALCAIN », présenté dans l'instruction du premier grade comme le nom de celui des fils de LAMEKH qui inventa l'art de travailler les métaux. Au delà de cette référence à la symbolique d'origine, la présentation faite du tableau de Loge à tout nouvel Apprenti, indique clairement l'importance prise par le Temple de Jérusalem : "Vous voyez l'entrée du Temple que Salomon fit élever à Jérusalem à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, c'est lors de la construction de cet édifice fameux que, selon la tradition, la Franc-Maçonnerie reçut l'organisation qui est encore la sienne aujourd’hui... Vous voyez que l'entrée est précédée de deux colonnes et que celle du septentrion porte la lettre J, lettre initiale du mot sacré qui vient de vous être communiqué". Ce rapprochement entre colonne et mot sacré nous amène à étudier l'origine de ces mots. II convient de se rappeler qu'alors la Maçonnerie ne comportait que deux grades et que celui qui était dénommé « Maître » était le Maître de la Loge, c’est à dire le Vénérable. Le mot sacré était à la fois J et B qui ne constituait qu'un mot du premier grade dont l'un était la réponse à l'autre. Le manuscrit KEVAN indique : "Le mot est dans Roi, I - 7 - 21 dernier verset. Tout le verset et spécialement J et B." Le traité de Robert KIRK précise : « Le mot du Maçon est comme une tradition rabbinique en matière de commentaires sur J ET B, les deux colonnes élevées dans le temple de Salomon. » Les deux documents précités montrent l'unité du mot comprenant J et B. Le manuscrit SLOANE précise la façon dont il était donné : Question - Quel est votre nom ? Réponse : - J ou B. De même « A Mason's examination » de 1723 comporte la question : "Je suppose que vous avez été Apprenti" et la réponse : "J'ai vu J et B ". « The Whole Institutions of free masons opened » poursuit dans le même esprit : « Je vous salue bien Frères, j'ai grand désir de connaître votre nom. Réponse : « J et l'autre doit dire que le sien est B ». Toutefois avec l'apparition du grade de Maître, les rites ont éclaté J et B en        deux mots sacrés distincts, affectés l'un au premier grade, l'autre au second, et l'ont lié à l'une et l'autre des colonnes. Comment cette ventilation s'est elle opérée ? A partir de quelle symbolique ? Différentes hypothèses ont été évoquées. Nous repren­drons d'abord celle qui a le plus longtemps été retenue comme la clé explicative de la position inverse des colonnes entre les différents rites. Cette explication part du postulat que l'éclatement du mot J et B dont l'un répondait à l'autre en deux mots distincts, a amené B à être le mot d'Apprenti et J à être celui de Compagnon. Une divulgation de 1727, "A masons confession", indique en effet : "Concernant le mot, ils disent que B est le mot du Maçon et J un mot de Compagnon. Le premier est montré à un Apprenti lorsqu'il a prêté serment, le second est montré à celui qui a été Apprenti au moins pendant un an, quand il est admis à un degré supérieur dans leur Loge, après qu'il a prêté serment à nouveau". De là, la colonne des Apprentis située au nord aurait ainsi pris le nom de B alors que celle des Compagnons prenait la lettre J. A partir de cette position qui aurait été celle, à ses débuts, de la Grande Loge de Londres, une inversion aurait été volontairement produite du fait des désordres qui intervinrent dans les années 1730-1740, et amenèrent des imposteurs, ayant eu connaissance des mots, à s'introduire dans les assemblées maçonniques. Une décision aurait amené, afin de les piéger, cette inversion, suite à des plaintes réclamant la fin des désordres constatés. La dernière version des constitutions d'ANDERSON rapporte en effet que "quelques variations furent faites dans les formes établies" afin de mettre un terme aux abus constatés. La France, dont la jeune maçonnerie était très liée à la Grande Loge des Modernes, aurait ainsi suivi le mouvement d'inversion en 1740. Tel est, en tout état de cause, la disposition dans la première divulgation française de 1742 de l'abbé PERAU "le secret des Francs-maçons", qui positionne bien la colonne J côté Apprentis et la colonne B côté Compagnons au midi. Les tenants de cette hypothèse expliquent qu'ensuite la Grande loge des Modernes se rapprochant de sa rivale, la Grande Loge des Anciens, avait, déjà avant l'Act Of Union, rétabli la position originelle, mais que, du fait du blocus, la France n'en aurait pas eu connaissance ou qu'encore, du fait de l'antinomie profonde entre l'Angleterre et la France, le Grand Orient n`aurait pas souhaité suivre les mouvements britanniques, peu prisés au plus fort des guerres napoléoniennes. Face à cette explication qui connut ses heures de gloire mais parait actuellement rejetée par l'ensemble des historiens sérieux de la maçonnerie, l'explication qui émerge à l'issue d'un ensemble de recherches, est d'ordre symbolique. La différence entre les rites, vient d'une mise en oeuvre différente des symboles, dans une cohérence propre. L'origine symbolique de la colonne se trouve dans l'arbre qui, par ses racines souterraines, son tronc et ses branches qui s'élèvent vers le ciel, symbolise le lien entre ciel et terre. La prestance des grands arbres, leur robustesse, leur âge séculaire, la renaissance de leur feuillage à l'issue de chaque hiver, ont marqué l'antiquité qui attacha à leur majesté quelques sites. Ainsi à l'origine d'une géographie sacrée, ils évoquent comme le chêne de Saint Louis, l'endroit où l'on vient chercher justice, protection et communication. Avec les débuts de l’art de bâtir, la colonne a pris le pas sur l'arbre mais dans une position identique, c'est à dire que cette colonne était unique et n'intervenait pas pour soutenir quelque édifice ou même sculpture que ce soit. C'est dans cet esprit que des obélisques étaient dressées devant les Temples égyptiens et que deux colonnes furent dressées à l'entrée du Temple de Salomon, côté extérieur, afin de marquer l'axe de communication entre humain et divin - divin et humain. Située dans ce contexte symbolique, la position des colonnes, telle qu'elle est fixée pour les rites modernes, parait tout à fait conforme. Les travaux symboliques s'effectuent "en Loge" qui est la première phrase prononcée par le Vénérable à l'ouverture des travaux du premier grade du Rite Français. Le temple est à l'extérieur. C'est en fait l'humanité entière, conformément à l’article 4 de la règle en douze points de la Franc-Maçonnerie, qui constitue le Temple et son chantier. « La Franc-Maçonnerie vise par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l'humanité toute entière. » La colonne J, à l'intérieur de la Loge et à droite, la colonne B à gauche, sont conformes à la position biblique : A l'extérieur du temple, à droite pour J, à gauche pour B. Livre des rois : "Il dressa les colonnes aux portes du Temple, il dressa la colonne de droite et la nomma J, puis il dressa la colonne de gauche et la nomma B". Certes, sur le plan archéologique, il est faux de dire, comme le fait l'instruction du Rite Français au grade d’Apprenti, que la colonne J était placée au septentrion du Temple de Salomon. Elle était à droite et donc au midi. En effet les Temples de l'antiquité étaient orientés vers l'Est, le saint des Saints se situant à l'Ouest alors que nos Loges ont leur ouverture à l'Ouest et placent le Vénérable à l’Est. Mais dans le Rite Français, du coté Nord on trouve à l'Orient la Lune, sur le plateau du second Surveillant la sphère céleste, la colonne où siègent les Apprentis qui ne supportent qu'une faible lumière et travaillent en force à dégrossir la pierre brute ; c'est bien la colonne J qui en est le complément symbolique normal. A l'inverse sur la colonne du midi, nous trouvons le soleil, la sphère terrestre et les Compagnons à la recherche de leur chef d’oeuvre. La colonne B s'y place tout naturellement, si nous relisons la divulgation de 1725 « The Wolhe Institution of free masons opened » : "J signifie force et B beau ". Le manuscrit GRAHAM- MS de 1726 confirme au sujet des mots sacrés : « Leur nom signifie FORCE et leur réponse BEAUTE. » La conformité de cette position avec le Temple de Jérusalem ressort des écrits de PINHAS BEN YA'IR, Talmudiste du 2ème siècle après Jésus Christ qui, établissant une série de correspondances entre les parties du Temple et différents éléments de l'univers, met en rapport avec la colonne J la lune dont le rôle est d'établir le calendrier et les fêtes, et qui attribue à B le soleil qui jaillit sur le monde plein de puissance, révélant la beauté du monde. La place de l'Apprenti, dont il est dit dans le rituel du 2ème grade qu'il a travaillé à l'extérieur du Temple et s'est exercé à dégrossir la pierre brute, est bien au pied de la colonne J. La place du Compagnon auquel ce même rituel indique "c'est au travail de l'esprit que vous devez désormais vous livrer", trouve naturellement sa place prés de la colonne B. Si l'on se rappelle la première origine de la présence des colonnes, présentées comme connaissance de valeurs issues du passé et transmises à l'homme, la lecture des Anciens Devoirs éclairera plus encore sur le symbolisme auquel s'attache le Rite Français par rapport à J et B. Le DUMFRIES No 4 de 1710 indique : "Ces deux noms semblent désigner les deux Eglises des juifs et des gentils. Celle des juifs par J,    celle des gentils par B. The Whole institution of masony, déjà cité, précise en 1724 "J signifie force et B beau, et se rapportent aux deux fils d'Abraham, l'un de la femme libre et l'autre de l'esclave, et aussi aux deux Alliances, une des oeuvres et une de libre grâce". Ce dernier extrait fait immédiatement penser aux propos de Paul dans aux Galates : " Il est écrit qu'Abraham eut deux fils, un de l'esclave et un de la femme libre. Celui de l'esclave fut l'enfant de la chair, celui de la femme libre l'enfant de la promesse. Tout cela est allégorique car ces femmes sont les deux Alliances". La gravure célèbre d’Alexander SLADE (1754), "un maçon formé à l'aide des objets de sa Loge", comporte un élément qui prouve que l'éclairage des citations précédentes était bien celui qui était perçu à cette époque, car il place au bas de l'une des colonnes, la date de 1754, et au bas de l'autre celle de 5754, illustrant bien l'Ancien et le Nouveau Testament qui constituent la clé de nos travaux. L'Apprenti commence donc par la colonne J qui figure l'Ancien Testament et la force brutale de YAHWEH. Il est dans l'obscurité et entreprend la marche du fils de l'esclave. Le jour venu, après avoir dégrossi la pierre brute, il rejoindra la lumière de la Nouvelle Alliance et la marche du fils de la femme libre. Il contemplera la pierre cubique à pointe et recevra son salaire au prés de la colonne B, initiale de BOOZ, bisaïeul de DAVID et grand père de JESSE, dont ISAIE, annonçant le Messie, disait : " Il sortira un rejeton du tronc de JESSE et une fleur naîtra de ses racines." Nous renverrons enfin les curieux au musée de la Grande Loge Unie d'Angleterre, où ils pourront admirer un tablier du 18ème siècle prouvant bien que la symbolique d'origine du rite moderne est bien celle pratiquée au sein du Rite Français. On y distingue très nettement un fil à plomb tenu par une main entourée de nuages, associé à la sphère céleste alors qu'un niveau apparaît également mais associé à la sphère terrestre. Place des surveillants, place des symboles, place des colonnes, réalité de la Loge et conception du Temple, ne sont donc pas dues à des avatars historiques mais bien au profile d’un rite parfaitement cohérent, héritier de la Grande Loge Anglaise des Modernes.

Source : http://logephenix66.over-blog.org/article-la-position-des-colonnes-au-rite-francais-62815051.html

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