Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Les Trois piliers : Force Sagesse et Beauté

22 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Les trois piliers sont situés au centre de la loge autour du pavé mosaïque. Ils portent les trois lumières Sagesse Force et Beauté. Il tiennent une place importante dans la loge et sont chargés de symbolisme.

Les piliers sont un élément architectural majeur. Sans eux les édifices s’écroulent. Tout temple s’élève en prenant appui sur des piliers. Si l’un d’eux cède, tout l’édifice s’effondre.

Symbole par leur nombre, symbole par leur type, ils donnent par l’ouverture des travaux le caractère sacré au temple.

Ils signifient le désir de l’homme d’élever son âme et son esprit au delà des contingentements matériels et terrestres.

Le rituel nous approche de trois piliers visibles : la sagesse, la force, et la beauté :
Symbole de Force, ils soutiennent,
Symbole de beauté ils ornent
Symbole de sagesse, ils président à la construction de l’édifice.

Ils définissent l’espace et par la même ils peuvent aussi définir le temps.

Ici nous sentons une nouvelle atmosphère dans la loge.

Il n’est pas possible d’étudier successivement chaque colonne car elles sont liées les unes aux autres, leur vertu propre se renforce l’une l’autre comme se renforce les maillons d’une chaîne d’union.

Comme la chaîne d’union elles doivent exister en nous ensemble et rester solidaires toujours.

La force doit être guidée par la sagesse vers un idéal de beauté.

La sagesse si elle n’est qu’un simple savoir allié au raisonnement risque de faire de l’homme une simple machine , si elle possède un horizon de beauté sans l’énergie de la force, ses spéculations risquent de n’avoir aucun résultat concret.

Quant à la beauté, quelle beauté doit inspirer nos énergies et nos pensées ? Qu’est ce que la beauté ? Beaucoup de penseurs et de philosophes ont disserté sur la beauté, notamment Platon dans le banquet, mais une ligne directrice sous tend toutes ces réflexions, c’est l’Harmonie.

C’est cette notion d’harmonie qui nous fait passer de la beauté matérielle à la beauté morale. La beauté morale enrichissant d’ailleurs la beauté physique.

La beauté de l’âme qui va permettre au néophyte de s’engager sur le chemin, orne le temple.

Le sens de la beauté mobilise en l’homme l’exigence nécessaire à sa réalisation.

Loin de moi cependant, de penser que nous vivons toujours dans l’harmonie, mais je crois que ce qui compte, c’est la sincérité de sa recherche et l’authenticité de son comportement.

Individuellement, on peut douter sur la valeur efficiente que représente ce désir d’harmonie. Mais ne croyons pourtant pas qu’elle soit inutile, car la chaîne d’union ne nous rappelle t elle pas que nous ne sommes pas seuls, que nous devons nous unir en pensée à tous ceux qui par le monde ont le même idéal fraternel.
Et c’est déjà en loge, par le travail avec ses frères qui représentent son miroir et par le reflet qu’ils nous renvoient de nos progrès, que naît pour le Franc-maçon ce sentiment intime de joie et d’espérance.

Cette colonne beauté est la colonne du 2ème surveillant qui est symbolisé par le fil à plomb. Ce fil à plomb est essentiel à la colonne, car il contribue à élever sans cesse l’état moral et matériel des individus et de la société toute entière, il symbolise également la descente en soi. Comme la colonne signifie la liaison entre le centre de la terre et le ciel.

Ce souci d’élévation est important il nous relie à la voûte étoilée.
Ce fil à plomb nous rappelle que l’élévation des autres passe d’abord et nécessairement par l’élévation de son âme dans la conscience du tout de l’humanité.

Il est donc important que la vie du FM entretienne et perfectionne une sensibilité au monde extérieur, qu’elle soit sensible à la beauté et à l’harmonie de la nature et des êtres qui l’animent.

Et pour conclure, je permettrais de citer PLATON :
« Quand on s’est élevé des choses…jusqu’à cette beauté et qu’on commence à l’apercevoir on est bien prêt de toucher au but ; car la vraie voie de l’amour… c’est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle… en passant des belles actions aux belles sciences, pour aboutir …à la beauté absolue. »

Mais cette tâche n’apparaît guère facile pour l’homme ordinaire.

Mais pour un Franc-maçon ? Mes frères, je vous laisse méditer.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Manfred von Richthofen - Le Baron Rouge

21 Avril 2013 , Rédigé par T.D

Manfred von Richthofen est né en 1892 à Breslau, une ville de Silésie (aujourd'hui en Pologne). Descendant des Falkenhausen par sa grand-mère, il est originaire d'une famille de noblesse campagnarde. A l'âge de 11 ans ses parents l'inscrivent à l'école militaires. Manfred est un casse-cou dés l'enfance. Un jour, il grimpe au clocher de l'église de Wahlstadt et accroche son mouchoir au paratonnerre. Nul n'osera jamais aller l'enlever... Il poursuit ensuite ses études à l'Académie Militaire de Lichterfelde. Cavalier intrépide, il rejoint la cavalerie en tant qu'officier au 1er régiment de Uhlans lorsque la guerre éclate au mois d'août 1914. Après avoir combattu pendant huit jours les Cosaques, il est expédié à l'Ouest.

Quand la guerre des tranchées débute à Verdun, il est relégué à l'intendance et passe son temps à...tirer le sanglier. Il trouve évidemment cette existence indigne d'un soldat. Il écrit alors à son supérieur : "Chère Excellence, je ne suis pas allé à la guerre pour rassembler œufs et fromages !".

A la fin du mois de mai 1915, on l'envoi chasser un autre type de gibier. Il est, en effet, muté dans l'aviation, son plus cher désir. Il sert d'abord comme observateur dans le ciel de Russie puis de Belgique avec l'escadrille "Les Pigeons Voyageurs". Il demeure un grand chasseur mais c'est d'abord un ami des animaux, à Ostende Manfred achète à un fermier flamand un dogue d'Ulm pour cinq mark seulement. "Moritz" va suivre son maître sur tous les fronts où il ira combattre, il volera même une fois avec son maître. Avec le Lieutenant Georg Zeumer comme pilote, Manfred livre son premier combat aérien le 1er septembre 1915. C'est un match nul. Vexé, il quitte la cote belge pour le front de la Champagne, où la bataille fait rage et rencontre au wagon-restaurant son héros le Lieutenant Oswald Boelcke, qui a déjà abattu quatre avions.

En septembre, lors de son second combat, toujours en tant que mitrailleur, il abat un Farman mais celui-ci s'écrase derrière les lignes Alliées et cette première victoire ne sera pas comptée à Richthofen. Son mentor, Georg Zeumer lui conseil alors de voler de ses propres ailes. "Je lui aurais volontiers répondu que j'avais la frousse, mais c'est un mot qu'un défenseur de la patrie ne doit pas prononcer." écrit Manfred. Sa première tentative est un échec, il s'écrase à l'atterrissage...

Après un stage et d'autres examens, il est enfin autorisé à voler seul. La carrière de l'as des as de 14-18 peut enfin commencer.

Le 24 avril 1916, Richthofen, à bord d'un Albatros D.II biplace équipé d'une mitrailleuse fixe entre les plans de sa machine et à l'écart de l'hélice, met hors de combat un Nieuport français mais celui-ci s'abat derrière les lignes ennemies dans ce qui reste d'un bois à Douamont, près de Verdun. Cette victoire ne lui sera pas non plus comptée.

Son désir de voler en monoplace est enfin réalisé au mois de mai lorsqu'il reçoit un Fokker E.I mais on le renvoie aussitôt bombarder les Russes qui préparent une grande offensive. Son unité, la Kampfgeschwader 2, déverse des obus sur des gares bourrées de matériel et de troupes, sur des voies ferrées et des routes sillonnées de convois, sur des ponts et des dépôts de munitions. Le jeune aristocrate de Silésie et ses camarades causent à l'adversaire des dégâts considérables et des lourdes pertes.

Le 1er septembre, Oswald Boelcke, l'invite à rejoindre son escadrille, la Jasta 2 qui opère dans le ciel de Verdun. Le 17 du même mois il décroche son 1er succès confirmé en descendant un bombardier. Le pilote Anglais réussira à poser l'avion en catastrophe mais décédera de ses blessures peu de temps après. "...Tué en combat loyal !" écrira Richthofen.

Les aigles volent et tombent, le 28 octobre 1916, l'appareil d' Oswald Boelke est percuté en plein ciel par un de ses propre pilotes et perd la vie alors qu'il comptait 40 victoires. De son côté Manfred continue sa fulgurante ascension, le 11 novembre il reçoit la "Croix de Chevalier de l'Ordre Royal de la Maison des Hohenzolern avec Epées".

Janvier 1917. Les combats se multiplient, à sa 16ème, il est à la tête de tous les aviateurs de chasse encore en vie et reçoit l'Ordre "Pour Le Mérite".

Après avoir obtenu sa dernière victoire avec la Jasta 2 le 4 janvier, l'aîné des Richthofen reçoit le commandement de l'Escadrille n°11 qui est stationnée à Douai. C'est aussi à ce moment là qu'il décide de faire peindre son avion en rouge, ce n'est pas de la jactance. Manfred n'a jamais caché sa peur, mais son brave Albatros D.III ainsi qu'un Halberstadt D.II deviennent rapidement célèbres sur le front. Rejoindre la célèbre escadrille du Baron Rouge allait devenir le rêve de tous les pilotes de chasse. Il enseignait à ses hommes les secret qu' Oswald Boelcke lui avait appris. Il laissait une courte période d'adaptation à ses nouveaux pilotes, pendant laquelle il les jaugeait. Les tirs aux flancs et les fanfarons ne faisaient pas long feu. Manfred était en effet allergique aux cascadeurs car en situation de combat l'efficacité prime sur la fantaisie en vol : "Nous avons besoin de pilotes audacieux pas d'acrobates".

Le 7 avril, il est promu au rang de Rittmeister (Capitaine dans la cavalerie).
Il reste un ennemi loyal et généreux quand il le peut. Un jour qu'il vole seul, il pique sur un Vickers qui photographiait les lignes allemandes. Son attaque est si foudroyante que ses occupants n'ont pas le temps de réagir. Les deux hommes parviendront néanmoins à se poser avant l'explosion de leur machine. Manfred avait suivi la chute des anglais mais à 500 mètres son moteur le lâche brutalement, il ne peut atterrir que dans des barbelés à proximité de ses victimes dans un no man's land. Après une brève discussion avec les anglais venu à sa rencontre, il apprend que les britanniques le surnomme "Le Petit Rouge", amusé, Manfred les autorise à rentrer à leur base. Ce fair-play va naturellement le rendre sympathique aux Anglais.

Une carrière d'as n'est pas faite que de succès ! Sa dix-huitième lui coûte une aile et il est obligé d'effectuer un atterrissage forcé. A la mi-mars aux environs de Lens, il est à nouveau contraint de se poser en catastrophe. Il sortira encore indemne de cette aventure mais refusera de continuer à voler sur Albatros. Anthony Fokker dessine alors spécialement pour lui le fameux Fokker triplan. Une arme redoutable, qui sème la terreur durant le mois d'avril 1917, le "Bloody April" . A 25 ans il compte plus de 50 victoires. Pour la chasse alliée, l'objectif est désormais d'abattre Richthofen, rebaptisé "Le Diable Rouge". Toutes les escadrilles anglaises et américaines se mettent à traquer le fameux triplan.

Son frère Lothar, venu le rejoindre, marche sur ses traces. Ces Barons campagnards de Silésie qui combattent pour leur pays, le font de manière chevaleresque.

Manfred von Richthofen est devenu le symbole national du courage, de l'initiative, du désintéressement et de la chevalerie, noble dans ses actes et ses motivations. Après sa 48ème victoire, il est appelé à Berlin pour une tournée de propagande et surtout pour y être reçu par le Kaizer. Mais Avant de s'exécuter il prend son avion et décroche 4 nouveaux succès le 29 avril. En mai, le roi de Bulgarie Ferdinand, lui décerne la Croix de la Vaillance de 1ère Classe. Au mois de juin l'as des as se voit confier la 1ère Escadre allemande, Jagdgeschwader 1. Il commande à présent quatre Escadrilles, les Jasta 4, 6, 10 et 11. Son unité est stationnée près du château de Marcke en Belgique et sera plus tard rebaptisée "Escadre Freiherr von Richthofen" en sa mémoire.

Le 6 juillet 1917, entre Ypres et Armentières, le Baron Rouge est abattu par la Capitaine Douglas Cunnel et le Sous-Lieutenant Albert Woodbridge. Il est surtout grièvement touché à la tête et va même se retrouver momentanément paralysé, heureusement alors que son avion était en chute libre et se rapprochait dangereusement du sol, il retrouva l'usage de ses membres avant de remettre sa machine en vol horizontal et de se poser dans ses lignes. Il est immédiatement transporté à l'hôpital de Courtrai. C'est la jeune et joli infirmière Katie Osterdorf, qui passa toute la première nuit au chevet du pilote, inconscient et anesthésié. Sa blessure fait dix centimètres de longueur et, si le crâne n'est pas percé, l'as souffrira cependant de bourdonnements désagréables jusqu'à la fin de sa vie.

1918: L'Allemagne veut garder son héros intact. Berlin le réclame pour instruire les jeunes pilotes. Manfred refuse. Le 20 avril, il abat, ses soixante-dix-neuvième et quatre-vingtième adversaires. Le lendemain, un dimanche, il repart vers midi moins le quart à la tête de deux escadrilles. Dans l'une se trouve son cousin, le Sous-Lieutenant Baron, Wolfram von Richthofen qui est venu le rejoindre.

Il fait gris et froid. Son unité attaque six anglais près d'Amiens, c'est la mêlée. Elle met aux prises Sopwith-Camel, Fokker D.VII et Albatros D.III. Avec sa fougue habituelle, Manfred plonge sur un adversaire, Wilfred May qui pique aussitôt du nez mais ce n'est qu'une feinte. Il tente d'échapper à son poursuivant par une descente en feuille morte. Le novice Wolfram suit son célèbre cousin mais Manfred, qui ne souhaite pas que celui s'expose à une éventuel riposte de la DCA, lui fait signe d'abandonner la poursuite et continue seul la chasse. Il signe ainsi son arrêt de mort. Le Canadien Roy Brown qui a assisté en retrait à toute la scène, attend le départ de Wolfram avant de prendre le triplan rouge en chasse. Entre-temps le Rittmeister avait suivi May jusque dans ses lignes et au moment même où il remporte sa 81ème victoire, Manfred est lui même touché par plusieurs balles. Son avion tombe chez les alliés près de la 53ème batterie australienne, qui revendique cette victoire. Pour l'anecdote Brown prétendra lui aussi avoir descendu von Richthofen. C'est la fin pour l'as des as. Des délégations d'aviateurs de tous les pays vont participer aux obsèques. Les pilotes qu'il a si souvent combattus, portent en respect Manfred à sa dernière demeure, au cimetière de Bertangles, sous une salve d'honneur.

En partant pour la guerre, il avait écrit à sa mère : "Si nous ne devions plus nous revoir, recevez ici mes remerciements les plus chaleureux pour tout ce que vous avez fait pour moi. Votre fils reconnaissant et obéissant."

Source : http://www.aeroweb-fr.net/biographies/manfred-von-richthofen-le-baron-rouge

Lire la suite

La Sagesse

20 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La précipitation et le superficiel sans la réflexion et l’introspection sont à l’opposé de la Franc maçonnerie. Alors en ces temps où l’information circule à la vitesse de la lumière, où l’être humain est assoiffé de rapidité d’acquisition de connaissances événementielles, où certains se targuent d’avoir des centaines d’Amis, ou d’adresses e-mails, tous joignables à tout instant, la Sagesse peut-elle apparaître désuète aux yeux de chacun, ou dépassée ?

Je ne crois pas, car elle reste une des vertus essentielles, d’autant plus qu’elle est une des grandes valeurs de la franc-maçonnerie, au même titre que l’amour de l’autre et de la fraternité.

Depuis notre naissance on a inculqué le fait d’être sage, et de le rester en toute circonstance.

La Sagesse ne devrait pas nous être étrangère, mais en Loge nous découvrons qu’il n’en est rien.

Lors de la prière d’ouverture au grade d’apprenti, il est dit :

« Daigne accorder à notre zèle un succès heureux, afin que le Temple que nous avons entrepris d’élever pour Ta gloire, étant fondé sur la Sagesse, décoré par la Beauté et soutenu par la Force qui viennent de Toi, soit un séjour de paix et d’union fraternelles, un asile pour la vertu, un rempart impénétrable au vice, et le sanctuaire de la vérité »

A la lecture du catéchisme, se pose la question concernant le temple:
” quels sont ses fondements “, la réponse ” trois grandes colonnes, ou pilier, qui sont la Sagesse pour inventer, la beauté pour orner, et la force pour exécuter “.

Nous sommes convenus, en entrant en franc-maçonnerie, d’établir notre pensée, notre action, pour essayer le plus possible de se situer dans ce que l’on nomme aujourd’hui une éthique, qui est un but, un chemin , une manière de vivre..
Il s’agit de l’objectif d’essayer de vivre, en esthétique de Sagesse, de beauté, et de force en soi, afin d’acquérir la capacité d’être un véritable être humain, et non une sorte d’animal.

Il contient l’enseignement de la justice et apprend à discerner les hommes méchants de ceux que le bien anime. Il apprend qu’il est besoin d’un long travail et d’un vif désir pour obtenir la sagesse.

La sagesse désigne le savoir et la vertu d’un être. Elle caractérise celui qui est en accord avec lui-même et avec les autres, avec son corps et ses passions (vertus de tempérance, de modération et de justice), et a cultivé ses facultés mentales, tout en accordant ses actes à ses paroles.

Dans son acception populaire, la sagesse est attribuée à celui ou celle qui prend des décisions raisonnables, aux dépens de ses propres intérêts parfois. On dit aussi couramment des enfants qu’ils sont “sages” quand ils obéissent ou ne sont pas bruyants.

Chez les philosophes grecs, la sagesse (« sophia » en grec) est l’idéal de la vie humaine. Il peut se définir comme un état de réalisation qui s’appuie sur une connaissance de soi et du monde, s’accompagne d’un bonheur suprême et correspond à l’état de perfection le plus élevé que puisse atteindre un humain. La sagesse est le “savoir être heureux” ou encore la science du bonheur. Plusieurs chemins sont possibles.

La sagesse tragique de l’obscur Héraclite propose des maximes qui mettent en lumière le perpétuel mouvement des choses, changement qui nous force à rechercher les solutions adaptatives les meilleures et auxquelles on doit s’acclimater par une connaissance de la raison des choses : “la sagesse consiste en une seule chose : connaître le symbole qui agit toujours et partout.”

A la suite de Socrate, modèle de la sagesse antique, les Stoïciens et les Epicuriensdéfinissent la sagesse comme la maîtrise des désirs par la raison et la connaissance de ce qui est de notre ressort et de ce qui ne l’est pas. Les Sophistes évoquent la relativité de la vérité qui s’élabore dans le discours, dans le maniement de la rhétorique, de la logique et de la résolution des contradictions.

Chez les Académiciens, il s’agit de rechercher le Bien et Aristote propose avec prudence les activités contemplatives et théoriques pour y arriver. Socrate prône la cogitation, l’humilité, l’acceptation de son ignorance et le respect absolu des lois de la cité, en l’occurrence : Athènes.

Dans notre rite, la Sagesse est la vertu dévolue au pilier situé vers l’Orient et correspond donc au vénérable Maître, à la Lumière.

Alors que les Apprentis et le Second Surveillant ont comme colonne celle de la force, dans d’autres rites la sagesse leur est attribuée. Autant les Apprentis doivent avoir la force pour exécuter, il peut se concevoir qu’ils aient la sagesse pour se connaître eux-mêmes. Cependant il est difficile d’imposer un ordre de réflexion dans notre cheminement.

Mais là ne se situe pas le débat.

La maxime « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux » nous permet d’avoir une vision de nos forces et nos faiblesses.

Or se connaître véritablement, avoir la vision parfaite de ses forces et ses faiblesses, se souvenir de toutes ses erreurs, les déplorer, et surtout de comprendre ce qui peut l’être encore, savoir interpréter le monde et les hommes avec humanité sincère et désintéressée, en privilégiant l’Etre sur l’avoir, belle attitude relevant de la Sagesse.

Cependant si l’arrivée dans la sagesse se perçoit aisément, il s’avère qu’elle est difficile à acquérir, et qu’elle ne s’obtient que par la maitrise ou plutôt par la domination du corps et des sens, ces perturbateurs de l’attention par les désirs qu’ils engendrent.

Une fois acquise, la sagesse présidera à la construction de notre édifice, avec la force comme soutient et la beauté pour résultat.

Reconnaître ses faiblesses c’est déjà progresser. Gardons l’espérance de se rapprocher un peu plus du sommet de la montagne, de l’arbre de Vie.

La sagesse symbolise l’esprit, source de toute compréhension, la raison, la vérité.

Il est nécessaire de reconnaître son ignorance (« Connais-toi toi-même ») pour que l’on entreprenne le cheminement vers la connaissance qui pourra nous conduire vers la sagesse.

L’humilité est une vertu du sage.

Celui qui s’abaisse sera élevé, celui qui s’élève sera abaissé dit-on.

Il est vrai que la sagesse peut s’acquérir avec l’âge, pour autant que l’on soit à son écoute.

La culture et le savoir n’en sont pas des exemples.

La sagesse est un état de vivre en harmonie avec ses principes et son idéal de vie.

Les trois Vertus du Temple que sont la Force, la Beauté, la Sagesse permettent de retrouver son Ame, son Esprit, et son corps, juste équilibre d’une progression harmonieuse. Elles engagent à agir avec toute la sagesse (de l’esprit), la force (de caractère), et la beauté (du cœur).

Ce ternaire maîtrise son moi et parvient à s’immiscer dans un moi collectif, de l’autre, et l’amour de son prochain

Les Frères sans cesse travaillent leur pierre, sans cesse ils affûtent leurs outils, pour parvenir à la perfection ou plutôt la recherche de perfection puisqu’elle est l’apanage du Grand Architecte.

Tel sera ce cheminement horizontal, sur le sol autour et en suivant le tableau de loge, et vertical vers le haut du temple qui a une hauteur infinie.

Il faudra recommencer, retravailler, réfléchir, puis consterné de son imperfection, reprendre l’ouvrage, redresser, malgré ce sentiment d’imprécision, une lueur de satisfaction, enfin chacun aboutit à son harmonie.

Il faut garder en soi la force de ne pas s’éloigner de ses enseignements, de sa quête, et de ne jamais quitter les chemins qui conduisent vers le vrai.

Il faut se remettre au travail pour progresser, sans régresser, et pour bâtir, car une fois acquise, la sagesse permettra la construction de notre édifice.

Ces valeurs doivent être travaillées car elles sont indissociables des Vertus Théologales ou Sacrées que sont la Foi, l’Espérance et la Charité.

« Dans les secrets que vole l’homme à Dieu, il y a beaucoup de savoir, beaucoup de pouvoir, et très peu de sagesse » a dit un sage.

J’ai dit V.M.

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/2911

Lire la suite

Sagesse - Force et Beauté

19 Avril 2013 , Rédigé par A\ B\ Publié dans #Planches

Ce sont les trois qualités initiatiques que le Franc Maçon a le devoir de développer en lui, par son travail et par sa réflexion, il doit en faire le credo de son initiation et le but suprême de ses efforts de ses connaissances et de son élévation.

Je vais essayer de d’expliquer mes idées sur la question.

Les mathématiciens s’accordent pour dire qu’Euclide possédait l’Essentiel.

Mais quel était cet Essentiel.

C’était et c’est encore la science des Mathématiques et de la Géométrie, qui sont toujours associés à la Sagesse et que Bernard de Clairvaux , abbé de Cîteaux, fit étudier par les moines bâtisseurs que ceux-ci nommèrent le « Trait » et adaptèrent à l’architecture religieuse dont les ouvriers du bâtiment tirèrent un enseignement qu’ils transformèrent en science dans l’art de concevoir et bâtir des édifices et qui engendrèrent le Compagnonnage avec ses règles strictes de connaissance et de secret, et dont nous pouvons dire que la Franc Maçonnerie est issue et dans laquelle on vénère, peut-être plus qu’ailleurs, la Sagesse qui est vertu, savoir, prudence, don de l’esprit et science politique.

C’est sur la colonne du nord, où il est installé après son initiation, que le nouvel apprenti prend contact avec la sagesse, celle qui lui a été imposée par l’obligation de silence; ce silence qui lui permet d’écouter, et non d’entendre, et ensuite de réfléchir sur ce qui a été vu et entendu durant la tenue et en tirer, avec sagesse, tous les enseignements nécessaires à son cheminement, car la sagesse est une affaire de pénétration intérieure, elle ne ressemble pas à la science, l’une est profane et l’autre sacrée, elle est dans l’esprit de chacun, jeune ou vieux car il n’y a pas de limite d’âge pour acquérir ou posséder la sagesse et les vieillards n’en possèdent pas plus que les autres, même si on en a fait une croyance populaire.

Car la Sagesse nous inspire des sentiments qui doivent faire de nous des hommes capables d’apprécier, avec discernement, le monde qui nous entoure, sans préjuger de telle ou telle situation sociale, économique ou foncière pour donner ou non son amitié, son respect, son aide ou son amour à autrui. La sagesse doit être le régulateur de nos instincts et de nos élans, elle doit nous maintenir dans une juste appréciation des situations qui se présentent à nous et nous forcer à agir avec justice vis-à-vis de tous et de tout en nous évitant les impulsions préjudiciables à notre bon raisonnement. Si, malgré tout, nous cédons à une mauvaise attitude, la sagesse devra nous faire découvrir nos errements et nous obliger à reprendre le bon chemin ; il faudra, pour cela, faire appel, comme le faisaient les compagnons lors des calculs des constructions qu’ils envisageaient, a la Force, pour eux celle des matériaux utilisés et pour nous celle de notre caractère, celle que nous devons maîtriser, justement par la sagesse car l’une ne peut agir sans l’aide de l’autre ; il est impensable qu’un individu sans sagesse puisse se maîtriser et reconnaître ses erreurs.

Lors de son initiation, le néophyte est instruit d’un mot qui représente la Colonne qui lui est dévolue pour y exécuter son travail, on lui apprend que celle-ci a pour signification : « La force est en lui » ou plus simplement « En Force »

Si on lui donne ce principe en réflexion c’est qu’il doit s’en servir avec toute la sagesse dont il est capable et pour cela maîtriser ses pulsions, prendre conscience qu’il aura beaucoup à faire pour débarrasser son ego des scories qui l’imprègnent et tailler sa pierre, comme il est dit dans le rituel, pour en faire un élément digne de figurer dans le parement du Temple intérieur qu’il a commencé a édifier en demandant à être initié.

La sagesse ne s’apprend pas, elle s’acquiert « On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous »écrit Marcel PROUST et les chinois disent « Le sage s’interroge sur lui-même, le sot interroge les autres »

La sagesse a toujours été un élément majeur de la connaissance, elle suppose un savoir et a pour but la connaissance, elle ne recherche pas le pouvoir elle est sa propre finalité.

Dans EXODE (31-2.3 ) Il est dit : « Vois, j’ai nommé Betsaléel, fils d’Uri, fils de Hur de la tribu de Juda, je l’ai rempli de l’esprit de Dieu, lui donnant la Sagesse (hokhmah) intelligence et savoir pour toutes sortes d’ouvrages. »

Cette sagesse c’est Dieu qui la répartit et c’est l’attribut qu’il met en œuvre pour réaliser la création de l’Univers, dans PROVERBES on retrouve cette sagesse qui se tient, dès l’origine, près du Dieu créateur ; il y est dit : « Quand il disposa les Cieux, j’étais là ; quand il affermit les fondations de la terre, j’étais à côté de lui comme un frère de lait. »

C’est en tant qu’attribut divin que la Sagesse figure dans la triade ‘’SAGESSE, FORCE et BEAUTE ‘’ ces trois piliers qui soutiennent la loge, image de l’Univers, un des trois, la Sagesse est associée à la lumière qui émane du V\M\, il est symétriquement relié à la Force, qui elle aussi émane du V\M\

Anderson nous dit une chose très importante, qui recoupe ce que je disais au début de cette planche : « Cette géométrie selon laquelle il a ordonné le monde, le GADLU l’a inscrite dans le cœur d’Adam, créé à son image » et il ajoute plus avant dans son écrit : « Nous ne faisons que nous efforcer de l’imiter, mais nous ne sommes pas arrivés à sa perfection » et j’ajoute que nous devons nous efforcer d’y arriver, mais, nous maçons, savons au moins que le sacré est en nous et que la sagesse, un de ses attributs, est donc aussi en nous, qu’il nous faudra la développer, mais que la révélation ne s’en fera pas complètement en ce monde.

C’est donc dans ce but qu’il nous faudra user de la Force, force de travail, et force de caractère, car comme la force, symbole du deuxième pilier soutien l’édifice, elle devra soutenir nos efforts pour arriver à tailler correctement et avec passion notre pierre pour en faire un objet admirable et plein de beauté qui pourra provoquer autour de nous l’admiration et le désir de nous ressembler et éventuellement de nous rejoindre pour acquérir les qualités et les vertus qui seront devenues les nôtres, cela par un travail incessant avec en tête la détermination d’atteindre un but que nous avons fixé lors de notre entrée dans le Temple.

Pour reprendre l’exemple des bâtisseurs dont nous sommes peut-être issus ; après avoir, avec sagesse, dressé leurs plans et calculé les poussées des matériaux, ils ont recherché les pierres qui présentaient les meilleures qualités et la force nécessaire pour résister aux forces contraires et à l’usure du temps, ils les ont dressées et mises en place pour qu’elles soient en accord avec ce qu’ils avaient calculé ; tout comme il nous faudra savoir, avant de nous aventurer dans une voie qui ne correspond pas à notre attente et à nos aspirations, si nous serons capables d’aller au terme de notre engagement et si la tâche n’est pas au dessus de nos forces. Car l’aboutissement et le résultat de notre travail ne sera jamais perçu de façon concrète par ceux qui nous entourent et qui nous assistent, il ne sera que l’impression que nous aurons de notre réussite ou de notre échec.

Si nous arrivons à percevoir une amélioration de notre ego, alors, et alors seulement nous pourrons penser que le travail accompli peut être apprécié pour sa force et aussi sa beauté, car le travail réalisé avec amour et conscience, même s’il n’est pas sublime, est toujours beau à regarder, c’est ce que nous cherchons à faire en travaillant sur nous même, pour comme le dit aussi le rituel, porter au dehors ce que nous avons réalisé ou reçu dans le temple et éclairer de nos lumières le monde profane où il est nécessaire de rayonner pour faire connaître et admirer la beauté de notre travail.

Les compagnons lorsqu’ils avaient terminé le gros œuvre de leurs édifices les paraient , extérieurement, de statues et de sculptures symboliques qui les rendaient agréables à regarder et qui donnaient envie de pénétrer dans le sanctuaire pour y prier et, à l’occasion, y recevoir l’instruction d’une connaissance ignorée, c’est ce qui devrait arriver au contact de chacun d’entre nous, et donner au profane qui nous côtoie, qu’il soit un familier ou un étranger le désir de nous ressembler, d’accéder à la beauté de notre rayonnement et de notre connaissance.

A la fermeture des travaux, le V\M\ , à l’extinction de la colonne Sagesse dit : Que la Paix règne sur la terre ; rejoignant ainsi l’essence même de la sagesse, car le sage est toujours en paix, avec lui-même et avec le monde ; car le sage ne sait pas, il comprend, le silence du sage n’est ni sottise ni ignorance mais refus d’éclat, il recherche et veux la paix, pour lui et pour l’univers, pour cette recherche toujours il médite.

Mes Frères, je n’ai pas fait, comme souvent, l’explication et la définition des trois symboles que je vous ai présentés, cela a été fait tant de fois, j’ai voulu donner le sens et le ressenti que j’ai de ces trois piliers qui sont devant moi à chaque tenue et que je contemple en réfléchissant à ce qu’ils peuvent représenter pour moi, Franc Maçon, qui cherche un sens à sa vie en suivant son chemin de lumière.

J’ai dit.

 Source : www.ledifice.net

Lire la suite

La Beauté

18 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

"On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux..."

Saint Exupéry

Nous avons tout d'abord exploré le célèbre Sagesse - Force - Beauté et pour les SS\ ou les FF\ qui travaillent au Rite Ecossais Ancien Accepté, il y a beaucoup d'évidences mais aussi beaucoup de questions.

Certains pensent qu'ils faut de la Force pour arriver à la connaissance, puis à la Sagesse afin d'apercevoir la Beauté. Mais la beauté ou une beauté ?

Est-elle toujours la même ou est-elle évolutive, suit-elle le parcours des éternels Apprentis que nous sommes ?

Chercher la Beauté n'est-ce pas chercher la Vérité, la perfection? Si oui, un Maçon est éternellement sur le chemin de La Vérité, de la perfection. Ce chemin devrait donc s'embellir avec les progrès réalisés.

Comme tout symbole qui se respecte, ce ternaire nous a permis de faire évoluer le fil de nos réflexions très rapidement vers d'autres horizons.
Ainsi, dans la construction d'une cathédrale ou de tout autre édifice, les trois valeurs sont obligatoirement présentes. La Force pour qu'il tienne debout, La Sagesse pour qu'il soit conforme a son utilisation, et la Beauté pour qu'il ne soit pas nu, mais décoré de sculptures, de mosaïques, de fresques...

Mais pour une construction moderne, par exemple, trouverait-on une façade en aluminium belle?

Et là, nous sentons bien que ce sujet ne peut être enfermé dans un simple symbole à couvert de nos Temples et restreint à un "usage" maçonnique. Non !

Le beau ou la beauté sont des notions qui emplissent la vie de l'homme et que l'on retrouve à chaque instant de sa vie.
Nous avons donc envisagé une nouvelle approche de la beauté en étudiant la subjectivité de ce qui est beau.
Quel est donc cet étrange rapport qui nous lie à quelque chose que nous trouvons beau et que notre plus proche ami trouve détestable au possible ? N'y aurait-il pas, encore une fois, une étrange résonance manichéenne entre la sagesse, la force et ce que nous estimons être un exemple de beauté...

Peut-on "forcer" quelqu'un à trouver beau quelque objet qui le laisse ordinairement, complètement indifférent ? Certainement pas. D'où une analyse plus poussée vers l’ego et ses racines comme l'éducation ou l'expérience.

Apprécier la beauté ne peut qu'être une approche personnelle et impossible à partager. La meilleure preuve, s'il en est, est l'approche d'un concert par des malentendants ou la visite d'un musée par un malvoyant. Pourquoi restreindre la vision de la beauté par un sens unique, la vue ? Et pourtant, alors que nous nous étions évadés de l'universalité des œuvres d'art, nous avons pu noter un commentaire qui nous ramenait indiciblement à notre ternaire d'origine. Je cite : "Cette supériorité de la beauté sur la force et sur la sagesse se retrouve dans toutes les autres œuvres d'art. L'élégance d'un discours et la séduction d'un tableau, le sublime d'une symphonie ou l'attrait d'une affiche, résultent de cette même hiérarchie des trois vertus fondamentales. Certes, ces productions ne seraient pas telles si elles manquaient de force ou si elles avaient été composées sottement. Mais seule, leur beauté les rend dignes de cette distinction...".

La beauté a aussi son époque et une certaine "fugitivité". Telle œuvre ou telle symphonie ou tel dessin, considéré comme l'un des canons de son époque n'a pratiquement plus aucun retentissement quelques années plus tard. La beauté serait-elle touché par le phénomène de mode ?
Et nous avons doucement glissé vers l'approche plus en profondeur de la philosophie de la beauté.

Le paradoxe de la confrontation entre la subjectivité et l'objectivité de la beauté. Préférer la soupe au pistou à la soupe aux choux n'est qu'un jugement de préférence. Préférer Massenet à Bach est un jugement qui juge plutôt le jugeant que le jugé par rapport à la complexité esthétique de l’œuvre musicale. Quelque chose, dans la beauté, semble dépasser la pauvre appréciation que nous nous sentons capable de porter sur elle. Paradoxe de l'écrasement personnel confronté aux exaltations du dépassement.

Il y a aussi le paradoxe de la relativité de la beauté selon les cultures lorsqu'il se confronte à la forme d'universalité que présentent les grandes œuvres, conférant à la beauté quelque chose d'extra-temporel et d'extra-catégoriel. Il en est de même du paradoxe de la perception esthétique par rapport à la perception ordinaire, l'une semble rencontrer des essences et l'autre rencontrer des objets comme si la beauté (ou plutôt le mouvement de l'homme qui la ressent) transmuait les objets en essences, le visible en invisible, le concept en affect.
Il en est de même du paradoxe de la communication comme si le créateur et le récepteur étaient également constitutifs d'une double présence corrélative d'une double absence : le peintre est dans le tableau sans être dans le paysage.
Il en est de même, également, du paradoxe du discours sur la beauté qui oscille toujours entre l'inexprimable et l'indicible, dans le premier cas " le sifflet est coupé ", dans le deuxième cas on parle et on parle encore et inlassablement sans que le flux du discours ne réussisse à déterminer quoi que ce soit.

Pourrait-on pousser la question jusqu'à appliquer à la Beauté une définition classique de la Vérité: "adéquation de la chose avec elle-même?".
De même qu'il est admis maintenant qu'il n'y a pas UNE vérité absolue, mais des vérités, toutes partielles et provisoires, il n'y a pas UNE beauté absolue, mais des perceptions personnelles, contingentes, provisoires, fonctions des individus, et donc de leur niveau de conscience.

De ces hauteurs philosophiques, nos pensées nous ont amené à réfléchir sur la beauté du laid. De fait, quelque chose de très laid peut atteindre les sommets de la beauté par un autre chemin que celui qui, conventionnel, tente à repousser toute chose qui au prime abord nous rebute.

Et nous avons aussi songé à la beauté du geste. La beauté et l'harmonie du geste de l'artisan, quand avec le temps et l'expérience, l'esprit guide la main, quand du geste précis, simple et facile, sort sous nous yeux une belle œuvre, un bel ouvrage. Beauté du mouvement, né du temps et l’expérience, la sagesse, et de la main, la force. Beauté de l’œuvre née de l'esprit. L'esprit guide la main et crée la beauté. L’œuvre, l'objet terminé ne sera encore une fois, qu'une épure. L'artisan enrichit de cette nouvelle expérience reprendra ses outils pour créer une nouvelle œuvre qu'il voudra plus belle encore. Ces objets, il les oubliera les uns après les autres, pour celui qui reste toujours à fabriquer et dans sa recherche du beau geste.

Chose étrange mais naturelle, pourrait-on dire, chez des Maçons sur un chantier, les contributions ont doucement évolué vers un autre concept, difficilement séparable de la beauté, le bonheur.

La beauté, le beau devenait un moyen d'accéder vers un état de plénitude de l'être humain. La beauté devenait un accessit de la sérénité, une porte ouverte vers le bonheur. Peut-être avions-nous trouvé là un futur sujet de THEMA ?

De même, une nouvelle approche se fera vers l'amour. Comme si la beauté ne pouvait être qu'un moyen d'accéder à des états, certes toujours positifs, de l'être humain comme l'amour et le bonheur.

Nous sommes alors revenus à un nouveau concept de la beauté en décortiquant la géométrie et la beauté d'une équation, voir même la relativité d'Einstein. Le beau se cache n'importe où et l'important est de garder tous ses sens - pas seulement la vue - en éveil.

Un aspect a été très brièvement évoqué et aurait sans doute mérité qu'on s'y implique un peu plus : La beauté du diable. Cet facette de la beauté, qu'on pourrait qualifier d'obscure ou de contraire. Inévitablement, on pense à une beauté concernant un être humain, homme ou femme, et qui viendrait servir d'excuse à une faute commise. Une belle piste négligée ?

Comme celle des sentiers fleuris de l'erreur...

En conclusion, je dirai que la beauté est un sujet impossible à cloisonner ou à approcher de façon claire, précise et nette sans mêler dans une curieuse égrégore qui nous ressemble, des concepts humains. J'emprunterai cette citation extraite de l'une de vos contributions en guise de conclusion : "La saisie du beau en tant qu'émotion attachée à l'exécution d'un rituel maçonnique s'effectuera plus facilement, me semble-t-il, lorsque les préjugés anti-intellectualistes auront été mis au rancart et que la subjectivité aura trouvé son complément dialectique : l'objectivité."

QUELQUES TEXTES ET EXTRAITS CHOISIS

Voie lactée, ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses,
Nageurs morts, suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses,

Moi qui sais des lais pour les reines,
La complainte de mes années
Des hymnes d'esclaves aux murènes
La romance du mal-aimé
Et des chansons pour les sirènes.

Guillaume Apollinaire
La chanson du mal-aimé - (in Alcools)

 

Socrate demande à Hippias de définir "le beau" (NB: en grec, "to kalon" est un neutre ayant valeur de générique, le grec est finalement beaucoup plus adapté à l'expression des concepts que le français).
Hippias commence par dire que le beau, c'est une belle jeune fille. Alors Socrate lui demande si par hasard on ne pourrait pas trouver également de la beauté dans une belle jument. Et Hippias en convient. Socrate demande alors si dans une belle terrine, bien décorée, d'agréables proportions, on ne trouve pas aussi "le beau". Hippias en convient, mais trouve qu'il s'agit là d'une forme de beauté atténuée.
S'il faut parler d'objets, dit-il, parlons d'objets précieux. Plus c'est précieux, plus c'est beau. Tout ce qui est couvert d'or est donc beau.
Oui, dit Socrate, certainement, mais la statue d'Athéna de Phidias n'a pas les yeux en or, elle n'a rien en or.
Hippias ne la trouve-t-il donc pas belle? Si fait, dit Hippias, elle est belle.
Mais alors, dit Socrate, que dire de la cuillère qui sert à tourner la soupe: si elle est en or, elle va casser la terrine. Mieux vaut une cuillère en bois de figuier, qui parfume de plus le ragout sans faire prendre de risque à la vaisselle. N'est-elle pas belle? Hippias est perdu.
Socrate, multipliant les exemples, le pousse dans ses retranchements. Il convient finalement qu'il s'agit d'une idée (eidos), ce que nous traduirions par concept.

PLATON La Pléiade Tome 1
Paris les Belles Lettres ("Budé").

 

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
O Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore;
Tu répands des parfums comme un soir orageux;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
O Beauté ! monstre énorme, effrayant ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine !
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?

Charles BAUDELAIRE
Hymne à la Beauté

 

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Sagesse, Force, Beauté

16 Avril 2013 , Rédigé par P\ V\ Publié dans #Planches

Ma démarche initiatique, sans cesse perturbée par mes doutes intérieurs et leur assise déstabilisatrice, porte les fruits d’une prise de conscience, parfois douloureuse et difficile, mais tant emprise de Vérité. Ce long éveil, tantôt gênant, tantôt rassurant, qui me façonne et m’enrichit, puise ses sources dans mon vécu : celui des rites de fondation de notre Temple et de propagation de la Lumière.
Mais cet éveil, n’est-il pas aussi un processus de transformation qui, tels les trois Piliers Sagesse, Force et Beauté, s’élève inlassablement vers un idéal ? Vous comprenez alors combien le dégrossissement de ma Pierre brute, guidé par la verticalité du Fil à Plomb, support d’introspection et d’élévation, s’assimile à une graine qui germe et s’enracine peu à peu en s’inscrivant dans une dynamique permanente, vivante et évolutive.
L’ossature, sincère et authentique, qui guide notre chemin, anime notre esprit et embellit notre cœur, ne s’assimile t’elle pas à trois passerelles sans fin, irrationnelles, que nous construisons à chaque Tenue et préservons jalousement des regards profanes ?
Sagesse, Force et Beauté, physiquement représentées par trois Piliers mais conceptuellement insaisissables, sont des vecteurs fondamentaux de mon éveil initiatique.

Au centre de la Loge, un espace délimité par trois piliers placés aux trois angles d’un carré long : le pilier Sagesse, de style ionique au sud-est ; le pilier Force, de style dorique au nord-ouest et le pilier Beauté, de style corinthien au sud-ouest. Ils portent chacun une flamme appelée « Etoile ».
Parmi les trois styles de colonnes grecques, seul l’ordre dorique, le plus ancien et le plus simple, obéit à un système strictement réglementé. Il combine une colonne sans base, au fût fuselé, orné de vingt cannelures, un chapiteau à échine nue, un entablement à frise où alternent métopes et triglyphes. Moins codifié, l’ordre ionique, se caractérise par une colonne cannelée élancée posée sur une base composée de moulures et un chapiteau présentant une double volute, au centre de laquelle apparaît généralement une moulure ornée d’oves. Enfin, empruntant sa base et son fût à la colonne ionique, l’ordre corinthien se caractérise par son chapiteau à corbeille orné de rangées de feuilles d’acanthe et par son entablement richement décoré.
A l’Ordre, entre les Colonnes, les pieds en équerre face à l’Orient, les trois Piliers constituent un repère incontournable pour notre marche vers la lumière. Ils matérialisent, à mon sens, la voie tracée qu’il appartient de suivre pour passer du monde visible au monde intelligible, des ténèbres à la lumière, de la terre au ciel.
A l’intérieur de l’espace délimité par les trois Piliers : le Pavé Mosaïque et le Tableau de Loge sur lequel est tracé les symboles permettant à la Loge de vivre. Les trois Piliers sont l’assise de la Loge, tel un espace sacré support de la construction de mon Temple intérieur. Symbole rassurant et source de création, il m’inspire pérennité dans le plan et croissance dans l’élévation. Au sol, le Un devient deux puis en élévation, le Deux devient Trois. Cette Unité retrouvée constitue, pour moi, la trace d’un pas sur lequel je prends appui pour m’élever, guidé par la verticalité du Fil à Plomb.

La Sagesse, vertu de conscience, me rappelle le Cabinet de Réflexion, épreuve de la Terre. Livré à soi-même, sans recours et sans bruit, seul un flambeau allumé comme éclairage rassure le Candidat. L’animation de l’Etoile Sagesse, en Tenue, symbolise pour moi ce feu précieux qui a guidé l’écriture de mon Testament philosophique, témoigné du dépôt de mes Métaux et illuminé le Sablier. Au cours du 1er voyage de l’Initiation, l’Epreuve de l’Air, le Récipiendaire prend conscience des difficultés de toute vie humaine méprisant toute Sagesse dans ses desseins et toute prudence dans ses élans. Il me semble que l’apprentissage de la Sagesse est un fondamental du travail d’Apprenti. Le Signe d’Ordre et le recours au Silence forgent sa capacité d’écoute. La Sagesse, c’est aussi une forme de connaissance vecteur de l’entendement de soit et du respect d’autrui. Je ne peux m’empêcher de me référer aux trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie : Le Volume de la Loi Sacrée dont seule notre Sagesse nous permet d’entendre le Verbe. L’Equerre, symbole de la Loi morale qui nous inspire la droiture dans nos pensées et nos actions. Le Compas, instrument de mesure et de comparaison permettant d’apprécier la portée et les conséquences de nos actes.

Notre démarche de perfectionnement ne peut être effective que si elle est animée par une Force intérieure qui naît de la dynamique de l’Homme en Devenir. Seule cette Force rend efficiente la Sagesse, sans laquelle elle ne pourrait être utilisée à bon escient. Ainsi, le Ciseau de l’Apprenti serait impropre à sa fonction s’il n’était animé par la Force du Maillet. Ceci me permet d’assimiler le Ciseau à la Sagesse, le Maillet à la Force et la Pierre brute, ou l’œuvre, à la Beauté. Mon Tablier d’Apprenti me rappelle, sans cesse, la tâche ardente à laquelle je me suis engagé pour travailler sans relâche au bonheur commun. L’apprentissage de mes Devoirs et de mes Vertus nécessite une attention permanente, celle de l’auto rectification et de la maîtrise de mécanismes dont seule l’harmonie entre l’entendement et l’univers fera éclater la Vérité. A ce titre, l’animation du Pilier Force symbolise pour moi une mise en garde de la fragilité de mes connaissances maçonniques en faisant échos aux mots « vigilance » et « persévérance » inscrits sur les murs du Cabinet de Réflexion.

La Beauté exprime, à mon sens, le mariage de la Sagesse et de la Force, dans un juste rapport. Animée par la Fraternité et la Tolérance, la Beauté ne peut être que Amour, ciment de la réalisation de chacun dont la fusion des Forces crée une œuvre de perfection. Ainsi, la Loge dont les ouvriers sont à leur poste et à leur office rappelle l’harmonie de l’Univers. De même, le Pavé Mosaïque, entouré des trois Piliers rappelle l’équilibre entre les forces de polarités contraires. La diversité ordonnée concourt à la Beauté du Un, le Tout. Détachée des émotions profanes, esthétiques et subjectives, cette Beauté originelle est d’essence divine et éternelle. Elle est intangible, comme est intangible l’harmonie de l’univers. Il me semble que l’ouverture et la ritualisation des Travaux contribuent à gommer les individualités pour permettre à chacun de se fondre dans l’harmonie de l’Unité.

L’acte fondateur de la Tenue par l’animation rituelle des trois grands Piliers, par le Feu, me révèle un espace subtil d’expansion de la Lumière intérieure. La Lumière, dont l’origine est à l’Orient, se répand progressivement dans le Temple sous forme d’un chemin ordonné et temporisé correspondant à la hiérarchie des fonctions de la Loge.
Allumé à l’Etoile du Vénérable Maître, le flambeau, porté par le Maître des Cérémonies, anime successivement les Piliers Sagesse, Force et Beauté, permettant ainsi l’illumination de l’Orient, de l’Occident et du Midi. Cette perception du temps ritualisé de la Lumière cheminant dans le Temple engendre à mon sens une dynamique de création. Il fait passer, tout en sacralisant le temple, du temps profane au temps de l’initiation : l’éternité. La construction de mon Temple intérieur selon la Sagesse, la Force et la Beauté peut alors suivre la voie ainsi tracée qui conduit vers le centre et rend visible le Tableau d’Apprenti.
Les Piliers, porteurs d’Etoiles les reliant à la Voûte Etoilée, sont tels des passerelles vers l’infini rendant pénétrables les mystères de l’Univers. Lorsqu’un Pilier est érigé, de haut en bas, il incarne à mon sens la dualité entre Terre et Ciel, Ténèbres et Lumière. Seule l’érection du 3ème Pilier permet l’union des deux pôles opposés, rendant l’Œuvre stable et structurée, berceau de la création.
La constitution de la Loge est indissociable des cycles éternels. Tels les cycles de la Lune, laquelle est inlassablement occultée puis dévoilée, la Lumière se retire à minuit plein en retournant à l’Unité originelle de la lumière de l’Orient. Le voilement des Etoiles Sagesse, Force et Beauté conduit à mon sens à l’animation du 4ème pilier, pilier fictif, que constitue chaque Frère. L’Etoile qui le couronne, c’est la Lumière qui brille en lui pour continuer au-dehors l’œuvre entreprise au-dedans. Animée par la Paix, l’Amour et la Joie, cette étoile fait de lui un Homme éveillé, conscient et utile à la société.

La Sagesse, la Force et la Beauté désignent trois vertus dont il appartient à chaque Frère de s’approprier pour participer au dynamisme créateur de la Lumière. Seul le ternaire permet l’accomplissement de l’Œuvre dont les Piliers, surmontés d’Etoiles, éclairent la Voie. En tant qu’Apprenti, l’érection du Pilier Beauté m’évoque une symbolique particulière. Troisième Pilier à être érigé, il me rappelle mon initiation aux trois premiers nombres, pensée ternaire permettant de réunir tout ce qui est éparse et nécessaire à l’accomplissement de l’Œuvre. Au cours de la cérémonie d’Initiation, c’est au plateau du deuxième surveillant qu’a lieu la purification par l’Air. Cet Air qui sépare ce que l’Apprenti doit tenter de réunir en conciliant les contraires. Cette conciliation est seule garante de l’intégration à la Loge.
Chaque Pilier est, à mon sens, synthèse des quatre éléments : Terre, Air, Eau et Feu. La base repose sur la Terre ; le fût s’élance dans l’Air ; la forme évasée des chapiteaux rappelle l’Eau ; les Piliers sont reliés aux Etoiles par le Feu qui les anime. Cet ordre énuméré correspond aussi à une loi de croissance. Inspiré par la Perpendiculaire, le jeune Apprenti est telle la sève terrestre qui puise ses minéraux dans la Terre et aspire à s’élever humblement le long de la base du pilier, pour rejoindre son chapiteau, attiré par le Feu fraternel qui le couronne.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Sagesse Force et Beauté

15 Avril 2013 , Rédigé par L\ D\ Publié dans #Planches

Quelles doivent être les qualités d’un M\ ?

Le Larousse précise : DOIT, suivi d’un infinitif, indique la NECESSITE, l’OBLIGATION. Cette question est déjà en soi un élément de réponse important, il faut et c’est un DEVOIR d’avoir en SOI ces Trois qualités : SAGESSE, FORCE et BEAUTE, parce que c’est ce qui soutien notre Temple. Dès le départ de notre Travail en Maçonnerie, ces Trois Piliers sont indispensables à la construction de notre être moral. Les lois de la physique nous enseignent qu’il faut au minimum trois points pour établir une base stable de construction ; ces Trois Points définissent la surface de sustentation à l’intérieur de laquelle doit se situer le Centre de Gravité de l’édifice pour lui conférer son équilibre. Il apparaît évident que les Trois Piliers doivent être de dimensions harmonieuses sinon égales pour assurer la solidité de la construction. Il me semble que ces qualités pourraient vite devenir des défauts sans la mesure et l’équilibre dans les proportions réciproques de chacune d’elles.

Au cours des différents degrés de l’Initiation j’ai appris que ces Trois grands Piliers Sagesse, Force et Beauté sont symboliquement représentés par le V\.M\., le 1er S\ et le 2ème S\. Ainsi que, de façon allégorique : la Sagesse conçoit, la Force éxécute et la Beauté l'orne

La Sagesse est un don de Dieu, attribuée à Salomon : Salomon que l’on s’efforce de faire revivre en nous ;

La Force nous est représentée par le Roi de Tyr, c’est lui qui fournit les Bois et matériaux de construction nécessaires à la construction du Temple : Temple que l’on s’efforce de construire en nous ;

La Beauté c’est Hiram par les ornements qu’il destine à embellir ce monument magnifique qu’est le Temple : Beauté de ce Temple qui est la Beauté de notre âme.

Si la Sagesse est un don de Dieu, j’associe la Force au côté masculin et la Beauté au côté féminin qui sont en chacun de nous et c’est pour moi le dépassement de la dualité terrestre par la Divine dimension céleste.

Le M\ que je suis se rend compte qu’après avoir sondé mon Cœur et après avoir été éprouvé par la matière, j’ai pris le chemin qui conduit à la Charge de M\, vers plus d’harmonie, moins de tensions et plus de conscience.

Pour tendre vers plus de Sagesse dans ma conduite non pas tant par les connaissances acquises mais plus par le questionnement et la prise de conscience de l’étendue de mon ignorance. J’essaye de me voir par les autres et d’accorder mes actes à mes paroles ;

Pour sentir la Force de cette Chaîne d’Union avec mes Frères. Je sens bien toute la puissance de ce vieil adage : « l’Union fait la Force » mes Frères me l’on déjà prouvé à maintes reprises et j’ai eu cette sensation d’exister dans un tout ;

Pour donner plus de Beauté à mon caractère ; pour moi, cette qualité de Beauté est la plus difficile à cerner : c’est d’abord montrer, laisser voir et se découvrir pour les autres, dévoiler son caractère et donc aller vers les autres car je me pose la question : la Beauté est-elle dans le « regard » ou dans ce qui est regardé.

Ce Temple en chacun de nous, je le perçois comme un peintre ayant visualisé et ébauché son tableau et qui va ensuite mettre des couleurs pour le rendre visible.

Je comprend ces Qualités comme associées à mes Actes, Paroles et Attitudes :
Mes Actes sont aujourd’hui beaucoup plus conscients et plus Actions que réactions,
Mes Paroles sont plus mesurées, mes propos plus respectueux de l’opinion d’autrui,
Mes Attitudes vers une recherche de l’autre, un rapprochement et un bien-être avec l’autre.
Je le résume en terme de meilleur équilibre.

Toutefois, au travers de ces Qualités de M\ que je m’efforce d’acquérir, le doute reste toujours présent :
I – Mon Ego n’est-il pas le fil directeur de ma démarche ? et n’est-ce pas par égoïsme que je mène cette quête du bien-être ?
II – Ma volonté n’est-elle pas tournée vers un désir croissant de reconnaissance et de valorisation ?
III – Le travail que je m’efforce d’accomplir restera-t-il toujours une contrainte ?

D’un autre côté, on a coutume d’opposer la Folie à la Sagesse et pourtant ne faut-il pas être fou et passionné pour se dépasser, gravir des montagnes et franchir des obstacles qui raisonnablement ne pourraient pas l’ être ?

De même oppose-t-on la Faiblesse à la Force ; mais on connaît tous le proverbe de la main de fer dans le gant de velours. La Force n’est-elle pas un défaut pour s’imposer par rapport aux moins forts ?

Ou encore les extrêmes Laideur / Beauté : que penser de ces qualificatifs à moins qu’ils ne soient pris qu’au sens figuré.

Au piège de la signification des mots, de l’expression de mes idées et de ma limitation à exprimer ce qui reste très conceptuel, je me rends compte que la construction de mon Temple et ma quête de Lumière ont besoin d’encore plus de travail…

Cette réflexion me force à croire que, de ces 3 Qualités, il ne peut en rester qu’ une seule et unique lors de l’achèvement terrestre de toute destinée humaine :
- Qu’il serait donc inutile de se créer un quatrième pilier, une quatrième Qualité qui induirait une cinquième etc …
- Que les 3 Qualités du M\ sont indissociables pour aboutir à cette infinie et complexe simplicité que je cherche ;
- Enfin qu’il serait vain de prétendre être Sage sans la Force de mes Frères et sans la Beauté de l’œuvre qu’ont entrepris de réaliser les F\.M\.

J’ai dit T\.V\.M\.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Les techniques de camouflage et le sniper.

14 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Forces spéciales

Définition :

Le camouflage est un moyen technique ou naturel de se cacher pour ne pas être vu, voire, pour se confondre avec les éléments environnants. Le camouflage donne une apparence trompeuse et confond le "camouflé" qui est moins visible. Les militaires utilisent le camouflage pour se cacher et surprendre l'ennemi. Plusieurs variétés d'animaux et d'insectes se camouflent de façon naturelle grâce à leurs formes et couleurs qui se confondent avec les éléments de la nature. Ainsi, ils ont un moyen de se protéger des prédateurs.

Selon G/LEGRAND EGM 21/3 breveté T.E. 1er RHP, cela va donc être l’art d’utiliser des artifices visuels pour tromper le cerveau dans son travail de reconnaissances de formes ou de silhouettes, précédemment apprises par l’expérience et l’apprentissage. « Quand dans la recherche de l’ennemi, nous explorons ce qui nous entoure, nos yeux cherchent avant tout à repérer une forme connue qui se détache sur l’uniformité du milieu ambiant ». Tout ce qui tranche sur l’uniformité ambiante sera immédiatement décelé par le cerveau. Il se fera alors un travail de comparaison de la forme perçue (perception parfois favorisée par la couleur) avec une base de données de formes stockées dans notre mémoire. Dans les mécanismes de reconnaissances effectués par le cerveau, la forme est plus importante que ce qui construit son contour. Pour identifier une silhouette humaine il faut qu’il y ait le contour de la tête, des épaules, le tronc avec ou sans membres supérieurs, et le « V » inversé des jambes. Le grand principe du camouflage, c’est de se fondre le plus possible dans l’environnement ambiant. L’œil dupé par le maquillage des formes ne verra qu’une uniformité et ne s’arrêtera pas sur une forme connue et perceptible. Tout l’art du camouflage va consister à utiliser des contrastes de couleurs à rompre, à modifier la silhouette, à casser la forme pour entraver la perception d’une forme humaine. Ainsi, le cerveau trompé ne disposera plus d’une forme perceptible à comparer avec ses modèles de référence et il sera en défaut de solution d’identification. Briser la silhouette pourra ainsi se faire en utilisant des lambeaux de tissus flottants ou de chanvre de type « Ghillie suit ». Il peut être également utile de casser les formes avec des branches ou, de recouvrir les pieds avec des feuilles ou des fougères. Dans la perception de notre environnement, tout ce qui est clair et lumineux nous paraît en relief, avançant vers nous et donc plus proche de nous. Au contraire tout ce qui est sombre, voire noir, nous paraît être en creux, nous fuyant et donc, loin de nous. Le camouflage va consister à altérer le remplissage de la silhouette en rendant vide ce qui est plein et en mettant en relief ce qui est creux pour tromper les mécanismes de perception du cerveau. Pour cela, il faut utiliser des tâches de couleurs. L’œil fonctionne à la reconnaissance vers les 25 mètres et donc, il faudra utiliser des tâches suffisamment grandes pour être perçues à cette distance. L’utilisation de traits ou de taches trop petits fera une bouillie certes, uniforme, mais ne permettra pas d’altérer complètement la perception des reliefs à plus de 5 mètres.

Le camouflage

Le camouflage est le premier facteur permettant à l’O.T. d’échapper aux ennemis. En plus de connaître la meilleure façon de s’habiller pour être bien camouflé, l’O.T. doit aussi savoir comment utiliser le terrain, les positions de tir efficaces et les itinéraires permettant de rester caché.

Indicateurs pour la cible:

Un indicateur est quelque chose que l’O.T. fait (ou ne devrait pas faire) pour ne pas que la cible le repère. L’O.T. doit impérativement connaître ses indicateurs s’il veut repérer sa cible autant que de rester caché à ses yeux. Ces indicateurs sont regroupés en trois groupes:

Le son, le mouvement, le mauvais camouflage.

Le son:

Le son peut provenir du mouvement, du raclement de l’équipement ou de la voix. L’ennemi peut prendre un petit bruit comme naturel, mais un son de voix veut dire que quelqu’un est proche. Des habits silencieux doivent être préférés avant de partir en mission et ceux-ci ne doivent pas faire de bruit lors de la marche ou de la course. L’O.T. doit se déplacer lentement, avec des mouvements déliés, en étant conscient de l’endroit où il met les pieds.

Le mouvement:

L’œil est attiré par tout mouvement. Une cible immobile est impossible à détecter, une cible bougeant lentement est difficile à localiser mais un mouvement rapide ou saccadé sera facilement repéré. Un O.T. doit être capable de se déplacer en étant indétectable même par les équipements optiques. Encore une fois, le mouvement doit être lent et délié.

Mauvais camouflage:

Un grand nombre de cibles seront repérées à cause d’un mauvais camouflage (voir ci-après).

Elles sont divisées en trois groupes:

Les éclats:

Les éclats proviennent des objets exposés et non teints en sombre. Les lentilles des optiques reflètent la lumière. Cela peut être évité en restant dans l’ombre ou en ombrageant la sortie de la lunette avec unSunGuard, un anti-reflet et/ou une technologie anti-éblouissante qui est employée par les l’armée des États-Unis, le corps des marines et les forces spéciales pour camoufler leurs systèmes optiques et ainsi couper la lueur qui pourrait s’apercevoir. Tout objet reflétant la lumière doit être camouflé.

Les formes:

Les formes des objets, comme celles des corps, des armes ou autres équipements doivent être cassées. Les formes peuvent être vues à grandes distances. C’est pourquoi, elles doivent être rendues méconnaissables voire, invisibles dans le décor.

Contraste avec le décor:

Lorsqu’on se met en position, le décor doit être choisi afin qu’il absorbe l’apparence de l’O.T. Le contraste, c’est la différence avec le fond par exemple, un homme en noir sur une colline qui découpe le ciel. Une différence de forme ou de couleur avec le terrain est le plus courant. L’O.T. doit utiliser la couleur du décor et rester dans l’ombre le plus possible.

La phrase mnémotechnique à retenir par l’O.T. est : « FOMEC BLOT » pour :

Formes Ombres Mouvements Eclat Couleurs Bruits Lumière Odeurs Traces

LE MAQUILLAGE DU VISAGE

Le stick de camouflage:

Lors de l’utilisation du stick, toutes les zones exposées de la peau doivent être couvertes, ce qui inclu les mains, la nuque et les oreilles. Les parties du visage qui sont naturellement sombres doivent être éclaircies et les claires, assombries (front, nez, menton, pommettes).

Le dessin et la couleur sont choisis en fonction de la végétation environnante et de l’ombre. Pour la jungle et les bois, le noir et le vert clair sont bons. Le gris et le blanc serviront dans la neige alors que le marron clair et le sable seront de mise dans le désert.

Quant aux motifs de camouflage, ils peuvent aller de rayures irrégulières à des taches grossières. Un mélange des deux sera certainement plus adaptable à la situation. Le camouflage n’est pas un jeu, des formes stylisées ou des couleurs inadaptées ne se fondront pas dans le paysage. 

LE RELIEF DU VISAGE

Le visage humain est en relief (de haut en bas) :

• Les deux bosses frontales ;

• Les arcades sourcilières ;

• Le nez ;

• Les pommettes ;

• Le menton.

Et est en creux :

• Les orbites ;

• La glabelle ou l’espace qui sépare du front les deux arcades sourcilières ;

• Les joues ;

• L’espace sus-mentonnier.

Nous disposons de trois couleurs fondamentales: noir, vert et marron.

• Le noir va donner une impression de creux et effacer le relief ;

• Le vert va mettre en relief des creux normalement ombrés ;

• Le marron va servir pour les zones intermédiaires et faire les liaisons.

Doivent être passés au noir : Bosses frontales ; Arcades ; Nez ; Pommettes ; Menton ; Conques des oreilles.

En vert : Orbite droite ; Glabelle ; Sillon naso-génien ; Creux des joues.

En marron :

Orbite gauche ; Joues ; les raccords intermédiaires.

Le camouflage sera en rapport avec les différentes missions et leur environnement.

Il est clair que pendant une progression tactique vers l’objectif, le luxe serait de posséder au moins 3 à 4 tenues différentes, chose bien sûr rendue impossible par souci de légèreté.

Un tireur se déplaçant par exemple, en milieu neigeux favorisera le blanc, son arrivée en rocailles ou terrain urbain, lui imposera de changer son camouflage. Il sera donc obligé de porter une sous-tenue adéquate, la tenue blanche étant une « sur-tenue ».

LE NOIR sera utilisé pour les nuits noires, sans lune ;

LE BLEU MARINE sera favorisé par rapport au noir les nuits claires ;

LE KAKI est un très bon palliatif car il se fond extrêmement bien dans l’obscurité. 

LE MILIEU

Forêt:

En forêt, le feuillage, le camouflage artificiel et la peinture sont utilisés pour faire un mélange réaliste et comparables aux textures du terrain. En zone très chaude et humide, une tenue légère doit être portée car la perte hydrique est importante. La végétation est habituellement épaisse ce qui procure un large choix pour le camouflage.

Zone urbaine:

Lorsqu’il se trouve en compagnie des troupes régulières, l’O.T. doit s’habiller comme les autres soldats (en milieu militaire) par contre, lorsqu’il opère seul, il doit se fondre dans la zone où il se trouve. Une tenue aux couleurs du combat urbain peut-être portée en reproduisant les tons des débris et des maçonneries de la zone, sans oublier un voile approprié pour casser la forme du visage. Les mouvements doivent être extrêmement lents et contrôlés surtout en plein jour. Le mouvement est toujours préférable dans l’ombre et il vaut mieux être en position aux premières lueurs.

Désert:

Normalement, dans le désert ou sur le sable, le camouflage n’est pas indispensable bien que le camouflage multicam ou tan sera recommandé. Comme d’habitude, une tenue avec une couleur cassant la silhouette sera demandée. La plupart du temps, les mouvements devront se faire dans l’ombre.

Neige:

Dans une zone très enneigée ou dans un bois recouvert de neige, une tenue totalement blanche, avec à la limite, un peu de gris doit être portée. Avec de la neige au sol mais des branches découvertes, un pantalon blanc avec un haut vert et marron sera préféré. Une capuche ou un voile en zone enneigée est très efficace et l’équipement doit être rayé ou totalement recouvert de blanc. En zone enneigée, la luminosité de nuit est presque identique à celle de jour et offre donc de nombreuses opportunités à l’O.T. 

LA GHILLIE SUIT

La ghillie suit est un uniforme de camouflage qui est garni de morceaux d’étoffe de diverses formes et couleurs. Des bandes de garnitures sont pliées en deux et attachées principalement sur l’arrière, les manches, les jambes et les épaules. Les bandes sont ensuite coupées ou usées pour prendre l’aspect de la végétation. La GHILLIE peut aussi comprendre un morceau de tissu camouflé qui, lui aussi, est fixé aux épaules ou dans le dos et qui pourra se rabattre pour servir de voile. Ce voile servira en position d’arrêt pour casser la forme du visage, cacher la lunette, les mouvements des mains et l’éjection des étuis.

Debout, le voile doit descendre jusqu’à l’estomac ou la ceinture afin d’être sûr qu’il couvrira toutes les zones déjà citées. En progression, le voile serra toujours rabattu en arrière pour laisser le champ de vision dégagé. Il ne sera porté qu'à proximité de l’ennemi. La GHILLIE ne rend personne invisible. L’O.T. doit toujours tirer avantage du camouflage naturel. De petites boucles doivent être présentes sur la tenue afin de pouvoir y fixer de la végétation naturelle correspondante à celle du terrain d’opération.

Tenue de fortune: Si les éléments nécessaires à la construction d‘une GHILLIE SUIT ne sont pas disponibles, une tenue de fortune peut être réalisée.

La garniture peut être remplacée par des morceaux de vielles chaussettes, couvertures, toile de jute ou, tout autre matériaux utilisable. Le tout est ensuite fixé sur la tenue. Le but est de casser la forme et d’obtenir une texture proche de celle de la ghillie. Les matériaux doivent être usés et tachés à l’aide de boue, tache de café, charbon ou peinture.

Attention, l’huile ou la graisse ne seront pas utilisés à cause de l’odeur. Quand le feuillage vieilli ou que le terrain change, la tenue doit être adaptée. Il faut toujours penser au voile ou au moins à une casquette, camouflée elle aussi. 

LES POINTS IMPORTANTS A RETENIR DANS LE CAMOUFLAGE SONT :

Penser à sélectionner un camouflage identique des pieds à la tête ;

Bien se renseigner sur le type de terrain lors de l’élaboration de la mission ;

Eviter tout objet bruillant (camouflage auditif) tel que les gourdes à moitié pleines, etc. Et brillant (camouflage visuel) tel que les cadrans de montre, ...

Rappeler vous que le camouflage englobe aussi le camouflage par l’odeur !

Ne pas oublier les gants adaptés ;

Les chaussures sont la « bête noire » du tireur, il faudra donc soit, les enterrer sous des feuilles ou de la végétation soit, y déposer par dessus un chèche camo soit encore, peindre une vieille paire de brodequins à la peinture à l’huile ;

Le camouflage du visage, fastidieux et peu agréable sur des missions longues si on a opté pour de la peinture cam, pourra être réalisé à l’aide de filet cam , ou de cagoule cam, la forme du dessus du crâne sera « cassée » par un chapeau de brousse, par ailleurs bien pratique pour y accrocher des feuillages ;

L’arme, elle aussi, devra posséder son camouflage adapté, on l’accentuera aussi sur les lunettes, créatrices de reflets, si le verre n’est pas traité. On se munira donc de cache, et de prolongateur d’objectif. Rappelez-vous aussi qu’au départ du coup, un nuage de fumée et une flamme sont inévitables ! Il faudra donc garder à l’esprit que son poste de tir doit être quitté à chaque coup de feu tiré, même si celui-ci vous semblait excellent. Il faudra l’aménager le plus rustiquement possible, sachant qu’il faudra aussi le quitter très vite.

Attention, la recherche du plus parfait des mimétismes ne peut se faire sans garder à l’esprit des règles élémentaires. A titre d’exemple, éviter de se tenir debout à coté d’un arbre. Ne pas se tenir à découvert sur une crête ou sur un toit de bâtiment. Eviter les grosses différences de couleur entre vous et l’environnement. Garder à l’esprit que votre matériel doit être camouflé avec la même efficacité que vous ne l’êtes vous-même. Utilisez le terrain … ne le subissez pas !  

CAMOUFLAGE DU MATERIEL

Le fusil:

L’un des objets prioritairement concerné par le camouflage est l’arme. Lors de son camouflage, il faut prendre garde que les éléments opérationnels tels que les organes de visée, le canon, le levier d’armement et le puits d’alimentation restent bien dégagés. Des filets de camouflages doivent être attachés à la crosse, à la poignée, au fût, et à la lunette pour casser leurs formes. L’enveloppe et le canon peuvent même être peints. Les fusils d’assaut peuvent aussi être équipés de la sorte du moment qu’ils restent opérationnels. Son camouflage devra être compatible avec votre camouflage de silhouette et ne devra en aucun cas vous gêner dans le maniement de l’arme.

L’optique:

Les équipements optiques sont camouflés de la même manière. Il faut penser à créer une «casquette» et ou une « chaussette » à l’aide d’un morceau de tissu ou d’un filet camouflé pour éviter les reflets.

Sacs et sangles:

Les sangles et autres brelages peuvent être camouflés par teinture ou en y fixant des garnitures. Le sac peut être recouvert d’un filet attaché en haut et en bas. Là aussi, il faudra fixer des garnitures pour casser la forme. De la végétation peut également être fixée.

Source : http://marksman.over-blog.fr/article-les-techniques-de-camouflage-et-le-sniper-72392774.html

Lire la suite

Sagesse Force et Beauté

13 Avril 2013 , Rédigé par G\ F\ Publié dans #Planches

Le sujet de ma planche de ce soir traite des trois piliers : Sagesse Force et Beauté, ces trois piliers doivent être en équerre au centre du temple et aux angles du tapis de loge, l’un à l’angle Orient septentrion, L’autre à l’angle occident septentrion et le troisième à l’angle occident midi.
Les Noms de ces trois piliers, soutient mystérieux de nos temples, sont investit d’une valeur symbolique et divine correspondant aux vertus : SAGESSE, FORCE, BEAUTE.
La Sagesse : le Père : la Force : le Fils et la Beauté le Saint Esprit.

Le Vénérable Maître évoque la Sagesse pour accomplir il demeure à l’orient comme le soleil qui annonce le jour : son rôle est d’éclairer les travaux de la loge, Le travail ne commence réellement qu’à midi.
Il invente, prépare le travail, définit les objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre.

La Force pour porter et diriger, la parole est prise par le premier surveillant, il demeure à l’occident pour observer le coucher du soleil, payer les compagnons puisque c’est la force qui encadre le domaine du travail.

Et la Beauté pour décoré et orner, le deuxième surveillant prend la parole pour invoquer la beauté. Du coucher du soleil à minuit la fin des travaux, le travail s’achève par la chaine d’union autour de ces trois piliers, pour exprimer successivement la joie l’amour et la paix, il précède nos retrouvailles à l’agape ou nous refaisons un pas dans la vie profane.
Ces piliers sont parfois dénommés grands flambeaux ou grands chandeliers, les piliers se disposent selon un tracé spécifique au rite.
Il y eut certainement à l’origine quatre piliers, le quatrième pilier relie directement le visible à l’invisible BINAH, l’intelligence suprême, étant dégagé de toute matière, existe mais n’apparait pas à nos yeux de mortels. D’ailleurs la disposition de ces trois piliers implique l’existence virtuelle du quatrième.

Chacun des trois piliers pourrait aussi représenter l’un des trois principaux ordres d’architecture grecs DORIQUE, IONIQUE et CORINTHIEN.
La colonne Dorique est courte et massive, elle évoque l’idée de force et de grandeur, son chapeau peu élevé présente une section rectangulaire.
Son nom lui viendrait de Dorus fils d’Hellên, roi d’Achaïe et du Péloponnèse.
La colonne Ionique est plus svelte et gracieuse : elle correspond à la sagesse elle présente vingt-quatre cannelures séparées par un filet et non par une arête vive, son chapiteau est caractérisé par un double enroulement en spirale appelé volute. Elle viendrait des ioniens d’Asie et du temple d’Ephèse.

La colonne Corinthienne est la plus belle, elle correspond à la Grace ou beauté son fût est cannelé, son chapiteau est une corbeille de feuille d’acanthe. Elle serait due au sculpteur Callimaque de Corinthe.

La Sagesse
Dans la plupart des rites la sagesse est la vertu dévolue au pilier ou grand chancelier situé vers l’orient et correspond donc comme je l’ai dit plus haut au Vénérable Maître.
En effet comment celui qui veut percer les mystères de l’univers pourrait-il avoir une espérance de succès, s’il ne commençait pas par se connaître lui-même. Les anciens nous ont légués cette pensée essentielle à tout cheminement initiatique : connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux.

Or se connaître véritablement, avoir la vision parfaite de ses forces et ses faiblesses, se souvenir de toutes les erreurs passées, les déplorer et surtout essayer de comprendre ce qui peut l’être encore, savoir appréhender le monde et les hommes avec une humanité profonde et altruiste, vivre désormais en privilégiant l’Etre sur l’avoir, correspond à une attitude qui relève de l’entrée dans la sagesse.
Toutefois si l’avènement définitif dans l’état de Sagesse se discerne aisément, il s’avère autrement redoutable à acquérir car son franchissement ne s’obtient que par la maîtrise ou la victoire totale sur le corps et les sens.
Comment celui qui n’est pas Sage parmi les Sages pourrait’ il avoir une vision, une conception juste du monde et de la vie? Par quelle magie accèderait-il à la réalité absolue de la création. Du créateur ou de la créature ? car celui qui aspire à voir se lever les voiles couvrant les secrets de la vie ne peut pas se mettre face à son miroir et s’interroger sur le mystère de la création et sur celui de l’homme.
Ce cheminement correspond aux étapes se rapportant à l’atteinte des états de Sagesse, Force et Beauté ou fusion substantielle avec le Créateur.

La force
Définition de la force : toute cause capable d’agir, de produire un effet.
La force n’est pas toujours négative. Très tôt la force du vent a été utilisé pour construire, les exemples ne manquent pas : les moulins à vent qui ont permis d’obtenir de la farine.
La force du vent fut également utilisée pour assécher les marais, dans la navigation et depuis peu pour la production d’électricité avec des éoliennes.
La force peut être aussi créatrice : le sculpteur emploi le ciseau et le maillet pour tailler la pierre et la transformer en œuvre d’art.
Il faut aussi penser à la force nécessaire pour extraire la pierre brute de la terre, la tailler puis la transporter afin d’obtenir une création originale et harmonieuse.
Bien entendu, nous pensons aux bâtisseurs de cathédrales, à ces maçons opératifs qui ont donné naissance à la Franc-maçonnerie, dont les membres ont trouvés dans ces diverses transformations la matière première à leurs travaux spéculatifs symboliques.
Le travail sur soi –même et l’amélioration qui doit en découler rejaillit sur toute la loge. Ainsi nous marchons sur la voie de la lumière et de la vérité, ou l’apprenti que nous étions tous pierre brute, apprend progressivement à la parfaire.
Toutefois il faut utiliser sa force et son énergie sans mépriser ses instincts les plus bas. Ces derniers sont sacrés car ils sont le stimulant nécessaire à toute action. Ils ne doivent pas être détruits car ils nous sont propres. Notre volonté doit dompter et utiliser les forces de l’inconscient pour réaliser le meilleur de nous-mêmes.

La beauté
Je pense que la beauté est peut-être tout simplement ce qui se rapproche le plus de ce que fait la nature constamment.
La beauté va de soi mais le concept du beau est presque impossible à définir. Puisqu'il diffère d'un individu à l'autre. Définir quelque chose comme beau ou vilain est profondément humain, ce n'est pas un concept universel, c'est quelque chose de profondément individuel et intime. Le concept du beau est défini par l'individu, ce n'est pas une règle mais un jugement.

Après on peut sans doute définir les grandes lignes de ce qu'est le concept du beau, en partant sur des généralités qui se recoupent chez la plupart des individus, mais de là à trouver une définition qui ferait de ce jugement individuel une règle universelle, ça devient plus difficile, et même peut être impossible.
Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps.

En conclusion je dirais
Mes frères !
Que la sagesse guide nos pas, dans nos pensées, dans nos propos comme dans nos actions !
Que la recherche continuelle d’une meilleure connaissance de nous même nous soutienne et soit notre force !
Que la joie d’être en harmonie les uns avec les autres, rayonne dans nos cœurs et nous orne !
Contemplons les trois petites lumières qui brillent dans ce temple comme dans notre cœur et ainsi :
Soyons en paix avec nous-mêmes et avec nos frères.

J’ai dit Vénérable Maître
source :
www.ledifice.net

Lire la suite

L'Agape

12 Avril 2013 , Rédigé par G\ G\ Publié dans #Planches

A brûle pourpoint, le commun des mortels pourrait penser que l’Agape est un simple repas entre convives. Alors que pour nous, maçons l’Agape devrait être tout autre chose, et je m’y pencherais plus longuement dans la suite de mon travail.

Dans un premier temps attardons-nous sur le repas au sens le plus commun du terme.

Le repas est composé de divers aliments, il est une nécessité pour l’homme.
Le repas est un acte vital qui permet d’apporter au corps humain le carburant nécessaire à son fonctionnement.
Se nourrir, se reposer et se reproduire sont les trois actes premiers qui rythment
l’existence de tout ce qui est vivant sur notre bonne vieille planète terre.

Au début, les premiers hominidés vivaient en petits groupes et se nourrissaient de plantes, racines et autres animaux qu’ils consommaient crus.

Imaginons un de ces petits groupes affamés pour cause de sécheresse, errant dans la savane à la recherche de sa pitance et tombant sur un feu de broussailles. Son premier réflexe est de fuir cet incendie qu’il sait dangereux et destructeur. Le feu s’éteint et la petite troupe reprend son chemin, l’estomac tenaillé par la faim.

Arpentant la terre roussie, un des hommes un peu plus curieux que les autres découvre la carcasse carbonisée d’une bête. Affamé, il arrache un lambeau de chair brûlant, le goûte, puis le dévore goulûment. Il constate que la viande ainsi cuite est plus tendre et plus goûteuse que la viande crue habituellement consommée.
Il fait part de ses constations au reste du petit groupe qui se jette sur la carcasse pour la dépecer et s’en délecter.

A partir de cet instant, l’homme va s’employer à maîtriser cet élément et parvenir enfin à domestiquer ce feu qui devient au fil du temps, plus un allié bienfaiteur qu’un monstre destructeur.

Je ne saurais trop vous conseiller, mes frères, de lire ou de relire un roman écrit par Joseph Henri ROSNY, dit ROSNY aîné, qui s’intitule « La Guerre du feu », et qui retrace cette épopée des ages farouches de la préhistoire.

Le feu maîtrisé il y a 400 000 ans, permet à l’homme non seulement de cuire ses aliments, mais aussi de se chauffer quant il fait froid, de s’éclairer quant il fait sombre et de se protéger contre ses prédateurs.
Il est sur que le rassemblement des hommes autour de ce feu protecteur, puis la mise en commun de leur pensée, contribua fortement à une évolution qui au fil des millénaires, fera passer l’homme d’une simple créature instinctive, à un être humain qui commence à raisonner et à se poser les quelques questions essentielles sur son existence.
Sa boîte crânienne s’amplifie, pour faire place à un cerveau qui grossit en volume, en masse et donc en intelligence.
Plus tard la maîtrise d’un autre élément, « l’eau », qui permet l’arrosage des cultures et ainsi l’obtention d’abondantes récoltes qui peuvent être stockée pour pallier d’éventuelles disettes, concourt à sédentariser cet homme nomade qui devient plus un agriculteur qu’un chasseur cueilleur.

Notre rituel ne s’y trompe pas, le feu et l’eau sont avec la terre et l’air les quatre éléments qui sont à l’origine de tout et que le profane rencontre lors de son initiation au premier degré au cours des 3 voyages qui suivent la mort symbolique subit par l’impétrant dans le cabinet de réflexion.

Les petits groupes du début deviennent des communautés qui se structurent, se hiérarchisent, et regroupent leurs intelligences.

Il est sur que c’est autour du foyer maîtrisé et protecteur, que les hommes ébauchèrent les premières croyances, vénérations, idolâtreries qui deviendront à force de réflexions, de remise en question et d’intelligence, mythes, rites et religions.

Il est à noter que la tradition de la veillée autour du feu qui brûle dans l’âtre de la cheminée, réunissant la famille et les proches, était un instant propice à la discussion, pendant laquelle chacun faisait part de ses connaissances, de ses réflexions, de son expérience. Ce moment magique permettait le rapprochement des générations et contribuait à l’apaisement des passions et autre conflit latent. C’était aussi auprès du feu que se perpétuaient les traditions, et c’est aussi là que l’on inculquait à la jeunesse des bribes de vertu et de civilité.

Qu’en est-il de nos jours mes Frères ? Les télévisions qui brûlent dans nos foyers et qui nous isolent les uns des autres, sont-elles propices au rapprochement des êtres et de leurs pensées ? je ne le crois pas ! Au contraire les problèmes de notre société, tels qu’égoïsme, incivilité, « jemenfoutisme », perte des valeurs, et autres, ne viendraient-ils pas en partie de là.

Même de nos jours, le feu captive toujours autant l’être humain. La vue de cette flamme participe au vagabondage de l’esprit sur une multitude de chemins.
Selon l’expression consacrée, qui n’a pas après un bon repas autour du foyer,
« refait le monde ».

Mais revenons à notre expression repas.
Il est frappant de constater à la lecture des dictionnaires le double sens de certains mots qui ont un rapport avec ce terme, tels que :
- Nourriture qui est la substance que l’on mange mais aussi « l’éducation » au sens latin du terme « nutritura »,
- Nourrir ou se nourrir, qui veut dire, manger, consommer, s’alimenter mais aussi au vieux sens du terme ; « Elever, former ou encore se former, s’élever » ;
Ou une autre signification encore, au travers d’expression comme : « Se nourrir d’illusions, de rêves ».

On s’aperçoit ainsi que depuis des temps reculés le repas est non seulement l’instant que l’on passe à manger mais aussi et surtout l’instant que l’on passe à s’élever, s’instruire et se former.

Cet instant consacré au banquet qui suit la Tenue nous l’appelons : « Agape ».

Mais avant d’aller plus loin il convient de définir en s’aidant des dictionnaires, l’étymologie de ce terme.

Agape vient du mot grec « agapé » et du verbe « agapan » qui signifient amour et aimer au sens spirituel et divin, mais non désir, convoitise, ou chérir au sens érotique.

Le terme « Agapè » représente l’amour réfléchi, dicté par le cerveau siége de l’intellect, de la raison, de l’esprit, contrairement à l’amour « coup de foudre » qui est plus instinctif, plus animal, qui vient du cœur ou plutôt des tripes.

Notre rituel ne nous le rappelle-t-il pas, mes Frères ? Le Franc-maçon à l’ordre d’Apprenti, sa main droite, placée en équerre sur la gorge, cela ne signifie-t-il pas : « Qu’il paraît contenir le bouillonnement des passions qui s’agitent dans la poitrine et préserver ainsi la tête de toute exaltation fébrile, susceptible de compromettre notre lucidité d’esprit ».

Comme nous l’a exposé notre Frère Secrétaire au travers de son morceau d’architecture, les mots Charité, du latin « caritas », et agapé, sont des synonymes et peuvent se définir pour nous Maçon, comme amour fraternel et universel, au service de l’humain de toutes nos forces, de toutes nos ressources matérielles et morales, avec un entier désintéressement pouvant aller jusqu’au sacrifice de nous-même.

L’Agape est, au sens large, « un repas entre convives unis par un sentiment de fraternité ».

L’Agape est au sens ancien, le repas que prenaient en commun les premiers chrétiens.

L’œuvre la plus célèbre évoquant l’une de ces « agapes » a été réalisée par Léonard de VINCI et représente un repas que prit Jésus CHRIST avec ses Apôtres.
Ce tableau s’intitule « La CENE », du latin « cena » qui signifie d’ailleurs « repas du soir ».

Au cours de ces repas chacun des participants partageait l’eau, le pain et le vin, actes opératifs qui permettent de vivre le symbole de la communion.
Quand on étudie les rites des confréries initiatiques anciennes, on s’aperçoit que les repas rituels jouaient un rôle essentiel et que le feu et certains aliments en faisaient toujours partie.

Le thème de l’eau est présent dans toutes les traditions religieuses. Elle est le premier élément existant à l’origine de la vie. Dans la Bible elle tient une place importante. Elle possède une multitude de significations symboliques que nous n’aborderons pas ce soir.

La communion sous l’espèce du pain, ce fruit de la terre, signifiait la connaissance des mystères de la vie terrestre en même temps que le partage des biens de la terre et par suite l’union parfaite des frères affiliés.

Au degré supérieur, la communion sous l’espèce du vin, ce sang de la vigne, signifiait le partage des biens célestes, la participation aux mystères spirituels et à la science divine.

Dans les Sociétés secrètes égyptiennes le banquet marquait le premier degré de l’initiation.

Dans les anciens cultes grecs et notamment chez les Pythagoriciens, le caractère sacré du banquet était si fort, que les adeptes n’étaient admis au repas qu’au bout d’une durée de trois à cinq ans après leur entrée dans l’ordre.

On parle aussi au Moyen âge, selon un ancien mythe hermétique alchimique, d’une « Table de Lumières » couverte de mets, où seul l’initié est capable de la découvrir au terme de son voyage vers la connaissance. Il y rencontrera alors ceux qui ont entrepris de parcourir le même chemin.

Chaque réunion des Confréries médiévales du Royaume de France était aussi suivie par un banquet. A cette époque les travaux de table prenaient souvent le pas sur les travaux de l’esprit, et ce sont les dimensions festives de ces banquets qui furent pour les Confréries l’un des nombreux prétextes aux interdictions, condamnations et persécutions de la part du pouvoir. Ce n’est plus le cas de nos jours.

Dans notre Franc-maçonnerie régulière, héritières de ces plus anciennes traditions, l’Agape ne doit pas être considérée comme une pure nécessité physique mais doit être expressément considérée comme une valeur ajoutée à la Tenue.

« L’Agape étant la continuation de la Tenue,
la participation de tous les frères est une obligation ».

Cette phrase est inscrite sur toutes les convocations de toutes les Loges régulières du monde.

L’Agape invite à l’approfondissement du chemin de perfectionnement parcouru pendant la Tenue. Elle permet aux initiés de mieux comprendre la voie dans laquelle ils se sont engagés. L’Agape possède donc un rôle initiatique et il faut comprendre qu’il est impossible de saisir autrement son symbolisme sans le vider de son sens profond.

L’Agape est une des plus vielles et des plus solides traditions maçonniques.
Déjà les Constitutions d’ANDERSON y font allusion, ainsi que les « règlements » qui leur font suite. Dès cette époque les tenues se terminaient par un banquet et ANDERSON recommande aux frères de ne pas les transformer en orgies.

Dans notre Rite Ecossai Ancien et Accepté, l’Agape s’effectue dans une salle annexe du Temple.

La table du banquet est disposée traditionnellement en arc de cercle (Fer à cheval).
Le Vénérable Maître occupe le centre de l’Orient, entouré par tous ceux qui ont le droit d’être à ses cotés.

Tous les membres de l’Atelier et les Frères visiteurs doivent être vêtus de la même façon que lors de la Tenue, hormis le tablier et le sautoir. La signification pour les initiés que nous sommes est évidente. Tous en habits noirs, semblables, cela symbolise l’uniformité, la suppression des différences et le renoncement à la vanité.

Lors de ce banquet le Vénérable Maître veille à ce que tout soit en ordre afin que rien ne nuise au caractère rituélique de l’agape. Car cette institution du banquet où la communion matérielle s’ajoute à la communion des âmes est bien un rite essentiel réglé par une tradition.

Le repas s’ouvre dans un profond silence.

Le service de table est effectué par les Apprentis.

L’Agape est ponctuée par une série de « toasts » : Les « toasts officiels », au Président de la république, aux Souverains…, au Grand Maître ; Les « toasts traditionnels », à la grande Loge, au grand Maître provincial…

Au cours du repas la parole peut être donner aux participants à la discrétion du Vénérable Maître. Elle peut aussi être demandée par un Frère, mais toujours sous l’autorité du Vénérable Maître.

Il est de tradition qu’au moment du dessert, le Vénérable Maître prie l’Orateur de donner ses conclusions sous la forme d’une synthèse, sur les travaux effectués en Tenue et lors de l’Agape.

A la fin du repas, avant que les Frères ne se séparent le Vénérable Maître fait réciter le « toast du Tuileur » par un des Frères présents.

Je ne peux conclure sans parler des banquets traditionnels qui suivent les fêtes solsticiales. Je veux parler de la St Jean d’été et de la St Jean d’hiver.

Le banquet blanc de la St Jean d’été qui se déroule au mois de juin, où sont admis non seulement les frères mais aussi leurs familles et amis. Il est de tradition qu’à la fin de ce repas, l’ensemble des convives se réunit en communion autour du feu, et que soit prononcé un ou plusieurs discours.

Je m’attarderai plus longuement sur la St Jean d’hiver.
Dans notre Rite la Tenue du mois de décembre est essentiellement consacrée aux Travaux de Table et seuls les Frères Maçons y sont admis.

La table du banquet est disposée traditionnellement en fer à cheval dans un lieu faiblement éclairé.
Le Vénérable Maître occupe le centre de la partie de la table d’honneur qui constitue l’Orient. Se trouve devant lui un flambeau où brillent sept étoiles. A sa droite et à sa gauche prennent place les Frères que la Loge entend honorer.

Au milieu de la table, seront placés sur un socle les Trois Grandes Lumières, disposées comme en Loge d’Apprenti.

Les Officiers de la Loge doivent se placer comme ils le sont dans le Temple, et porteront le sautoir de leur Office.

Près du couvert du Vénérable Maître, on placera un pain et une coupe de vin rouge.

L’installation ainsi effectuée, les travaux de Table peuvent commencer.

Le déroulement de cette agape est semblable à celui d’une Tenue traditionnelle.
Cette cérémonie est réglée par un rituel assez particulier que l’on admet emprunté aux traditions des Loges militaires sous l’ancien Régime.

Lors de ce repas composé traditionnellement d’un plat unique très simple, on emploie un vocabulaire spécifique, où par exemple l’eau est la « poudre faible », le vin la « poudre forte », le pain la « pierre brute », le verre le « canon », les couteaux des « glaives », et d’une manière générale les ustensiles des « armes »…

Cette cérémonie se compose essentiellement, d’une entrée rituelle, d’une ouverture des Travaux de Table, de sept Santés prononcées tout au long du repas, d’une « Chaîne d’Union » qui se fait en joignant les serviettes, et enfin d’une fermeture des Travaux rituelle.

Cette cérémonie doit se dérouler avec une extrême rigueur conformément au rituel.
Tous les Frères se doivent d’y participer avec un grand sérieux.

En conclusion mes biens chers Frères, la prise de nourriture est l’acte qui unit l’homme au monde.

Son seul but n’est pas de satisfaire un besoin élémentaire, il reflète une certaine philosophie de la vie ; Une philosophie, car dans la vie humaine le repas est à la fois, un acte biologique, un acte social et un acte spirituel ; Une philosophie qui se retrouve dans les communautés initiatiques traditionnelles où pendant l’agape les paroles et gestes des initiés structurent l’espace spirituel où va s’accomplir le Grand Œuvre.

L’Agape rituélique, procurera aux initiés cette ivresse, ivresse spirituelle bien sûr, la seule à laquelle les hommes inspirés ont puisé de tout temps la lumière.

J’ai dit, Vénérable Maître.

source : www.ledifice.net

Lire la suite