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Fraternité et Solidarité

4 Avril 2013 , Rédigé par André M Publié dans #Planches

Avant d'entrer dans le vif du sujet, nous allons faire une petit détour dans une boulangerie. Cela nous permettra d'associer le sentiment fraternel et la farine du pain. Nous savons ce que représente la fraternité quand nous bénéficions de ses bienfaits. De même nous apprécions le goût du pain quand le boulanger fait bien son travail.

Mais lorsque l'inimitié s'installe dans une communauté, lorsque le sentiment fraternel disparaît au profit du jugement; avons-nous la volonté de rester objectif et d'entreprendre un voyage intérieur afin de mieux comprendre le sens du déséquilibre communautaire ? De même lorsque le pain est fade, trop cuit ou rassis, allons-nous trouver le boulanger pour savoir ce qui s'est passé ? Où changeons-nous de boulangerie ? Où encore cessons-nous de manger du pain ? Le travail que nous développerons dans cette planche s'apparente à celui qui consiste à chercher conjointement avec le boulanger le pourquoi du mauvais goût.

De cette façon nous irons dans le moulin pour comprendre les techniques de mouture de la farine, puis chez le paysan pour mieux saisir les interrelations entre la nature, le sol, les engrais et le type de blé. Puis, nous chercherons à comprendre le processus de germination du grain de blé en faisant confiance à notre intuition. Nous irons aussi parler avec la boulangère et avec l'association des maîtres boulangers pour leur annoncer que notre désir le plus fort est que tous les pains sur cette terre puissent avoir un bon goût. Enfin en tant qu'amateur de bon pain, nous nous assurerons que la qualité de la farine soit optimale chez tous les boulangers.

La Fraternité est selon le Larousse un "lien de solidarité qui devrait unir tous les membres de la famille humaine" et la solidarité " un sentiment d'un devoir moral entre les membres d'un groupe ou d'une communauté fondé sur l'identité de situation d'intérêt.". Notons que la solidarité met en évidence un sentiment d'un devoir moral c'est à dire de l'acceptation d'un ensemble de règle de conduite considérées comme bonne de façon absolue ou découlant d'une certaine conception de la vie.

La fraternité est donc par définition le comportement normal d'un groupe d'individus voulant assurer la cohésion et l'identité d'une communauté. Nous concevons aussi qu'il est indispensable d'établir des liens de solidarité pour en assurer la pérennité. D'autre part, nous pouvons imaginer que la dimension du groupe, son environnement, son organisation interne, ses objectifs, son niveau culturel, son histoire, son idéologie, sa conception de la spiritualité sont des paramètres essentiels qui vont qualifier le sentiment fraternel et les actions de solidarité.

N'y aurait-il pas alors dans cette évidente recherche d'identité du groupe et de sa gestion le germe de l'exclusion des autres groupes ? La définition de la fraternité du Larousse confirme bien que le lien de solidarité doit unir tous les membres de la famille humaine. C'est cela l'important. Malheureusement, notre société humaine est multiple, car elle est constituée de peuples et de nations avec des histoires très différentes qui n'ont pratiquement jamais cohabité pacifiquement. D'autre part les idéologies ont engendré des comportements antagonistes qui sont viscéralement intégrés dans les mentalités des peuples. Pourtant chaque individu vit une histoire unique, reflétant un potentiel historique générateur d'attitudes complexes pouvant être géré par la raison. La réalité montre que tout est totalement interdépendant que le passé souvent rattrape le présent et que malheureusement la raison est plus la fille de l'instinct que de la synthèse.

Ce constat fait que le multiple sous toutes ses formes est la substance ontologique de référence. Il ressort évidemment que l'analyse prime sur la synthèse et privilégie les mouvements désordonnés. l'Homme est agité, à l'égal d'un simple matelot sur un bateau perdu dans une tempête dont il ne sait plus quand elle a commencé, ni quand elle finira. Cela a pour conséquence que l'évolution de la société semble sans espoir, car rien de bon ne peut sortir du multiple. Mais au-delà de la multiplicité existe l'unicité qui heureusement apparaît lorsque le bateau navigue dans l'oeil du cyclone, dans cet espace de calme absolu qui transforme l'énergie au bénéfice d'une volonté sans faille vers la conquête du Soi, sous peine de retrouver les éléments déchaînés.

Nous voyons bien que la définition de la famille humaine est complexe, mais sans une approche spécifique de cette notion il ne peut y avoir de lien de solidarité universelle. En maçonnerie, nous sommes dans un effort constant pour édifier un temple universel. Cet effort s'exerce avant tout dans la connaissance de soi, car c'est en l'homme, et en lui seul que réside l'universalité. Celle-ci prendra véritablement un sens lorsque l'enseignement pratiqué dans les loges portera ses fruits et lorsque les initiations permettront l'émergence d'un état de conscience élargit. Cette transmutation des valeurs est la condition nécessaire pour que le maçon puisse insérer sa pierre dans l'édifice. C'est dans une telle situation que la Beauté de l'oeuvre sera perçue et que le véritable travail commencera.

Parler de fraternité universel, c'est d'abord s'intéresser au premier Homme et rechercher ce qu'il représente puisque en quelque sorte nous sommes ses descendants directs.

Toutes les civilisations ont cherché à comprendre l'origine du monde et de l'apparition de l'homme. Au 6 ème siècle avant J.-C. un poète grecque nommé Parménide a qualifié cette recherche par ces quelques mots: " il y a qu'il y a."

Nous sommes aujourd'hui encore et toujours dans ce besoin de chercher ce que signifie le savoir. Le progrès, bien sûr, a éliminé toutes les pratiques sacrées de nos ancêtres car aujourd'hui la foudre et les étoiles ont livré leur secret. Il n'est donc plus nécessaire de continuer à déifier les forces de la nature. C'est la conscience qui maintenant remplace les éléments expliqués par la science. L'âme et l'esprit sont les composants de cette recherche et sont constitutifs de la notion de spiritualité. Ce n'est plus un regard interrogatif vers un mystère cosmique mais c'est une prise de conscience de soi qui engendre le mystère de soi et des autres.

Cette nouvelle orientation nécessite une relecture des mythes et légendes afin de trouver de nouveaux équilibres plus en rapport avec les dernières découvertes de la psychanalyse et de la psychologie des profondeurs. Mais c'est évidemment plus difficile aujourd'hui, car dans notre civilisation mécaniste, l'intuition n'est plus reconnue comme une valeur à part entière puisqu'elle fournit des informations qui ne satisfont pas les critères de reproductibilité demandés par l'expérimentation scientifique.

Le plérôme des sorciers d'antan appartenait aux sphères célestes tandis que celui de l'homme moderne est dans sa psyché. Mais au-delà des notions de progrès qui engendrent un égocentrisme toujours plus fort, il reste des valeurs primordiales qui caractérisent la notion de premier Homme.

L'une de celles-ci est l'androgynie qui est fondamentale pour la compréhension du sentiment fraternel.

Il faut, tout d'abord, être clair, il n'existe pas d'androgyne sur terre. Tout au plus, il y a quelques individus qui ont la malchance de naître hermaphrodite, c'est à dire de posséder deux sexes distincts dans un même corps et de vivre un véritable calvaire. L'androgynie est donc un mythe et doit être compris comme tel. Il représente un état irrationnel qui détermine un espace dans notre conscience où cohabite une symbiose apaisée des forces constitutives de notre existence matérielle. Dans la tradition il est dit qu'au début l'homme et la femme ont un même corps pourvu de deux visages et que Dieu a fait naître l'homme et la femme en faisant don à chacun d'un dos. Selon le mythe de la Genèse, Eve est née d'une côte d'Adam ce qui confirme l'indifférenciation primordiale.

L'androgyne se retrouve aussi dans ''alchimie" puisque la pierre philosophale est appelée Rebis, l'être double qui naît de la fusion de Sol et de Luna, c'est à dire du souffre et du mercure. L'oeuvre au Blanc, inspirée par le souffre est appelée Rebis car elle est autonome et parfaitement pur. Le Rebis est souvent représenté comme l'oeuf philosophique des alchimistes ou l'oeuf cosmique contenant en essence l'état androgyne dont la partie féminine brandit l'équerre et la partie masculine le compas.

La tradition maçonnique a repris les éléments androgynes de l'oeuf cosmique alchimique en intégrant l'équerre et le compas en tant que symbole du premier grade. D'autre part, le tracé à partir de l'équerre donne des angles droits qui mènent naturellement au carré puis avec l'aide du compas il est possible d'inscrire un cercle autour du carré et de déterminer une nouvelle figure symbolisant l'androgyne primordial. Le soleil et la lune situé à l'orient de part et d'autre du V.'. M.'. donne analogiquement la direction à suivre , c'est à dire le retour vers l'Un , vers l'androgynie.

La tradition chinoise exprime la notion d'androgynie, relative au divin par le duo complémentaire lumière-obscurité. L'Etre originel est androgyne avant de recevoir sa polarité, c'est à dire avant que l'oeuf primordial ne se casse en deux moitiés et exprime les notions complémentaires mâle et femelle, ciel et terre, Yang et Yin. Le Yin et Yang à l'instar de l'Adam de la Genèse représente cette nécessaire fusion des principes complémentaire associé à la notion de liberté car il est nécessaire d'être libre pour parcourir les chemins qui mènent à l'oeuf cosmique et au paradis. Il en est de même pour le maçon qui doit s'élever suffisamment haut afin de découvrir les lignes de partage du pavé mosaïque et entreprendre une marche volontaire pour discerner au loin, du côté de l'orient, une ligne d'horizon baignée d'une lueur d'espoir.

L'androgynie est un symbole universel puisqu'il est présent dans de nombreuses traditions et à des époques différentes. Il est donc un élément de la loi de correspondance et peut donc être utilisé valablement dans une réflexion analogique.

Ce symbole est important, car il qualifie une origine primordiale où existe un état indifférencié qui est le générateur d'énergie fraternelle. Ce retour à l'Unité est la quête de l'initié, ou de tout individu suffisamment libre pour entreprendre de tels voyages intérieurs. Une telle démarche n'est pas facile car elle dépend du niveau de conscience ou du degré de liberté mais, quel que soit celui-ci, il sera nécessaire de travailler, de privilégier le plus souvent les devoirs que les droits. C'est dans une telle disposition d'esprit que la quête sera fructueuse et transformera l'obscurité du début en une pénombre prometteuse. La recherche de la Lumière est l'objectif premier du maçon, car il ne peut se satisfaire d'un clair obscure illuminé par des flashs dont l'origine est douteuse.

Les chemins ne seront pas les mêmes pour tous, mais le sommet de la montagne reste toujours présent en dépit du vécu et du karma des vies antérieures. Le désir et le besoin de marcher en direction de l'Orient reste tributaires d'une composante culturelle spécifique. Ainsi le matérialiste, souvent agnostique, adversaire convaincu de la métaphysique cherche la Vérité dans la réalité visible plutôt que dans des concepts spirituels ou ésotériques. Pour ne pas s'affronter à ses angoisses existentiels il trouve toujours des pirouettes intellectuelles qui le satisfont. Il privilégie la raison raisonnante qui apporte des explications et qui élude les problèmes atypiques. Le hasard détermine la cohérence en attendant mieux. Son comportement est difficile, car il donne force à une logique de conflit afin de d'identifier le vainqueur du vaincu. Son sentiment de fraternité est souvent très fort, mais il est défensif car appliqué unilatéralement à ce qu'il juge conforme à sa raison. L'universalité fraternelle est souvent absente, mais peut se développer dans une logique comportementale liée à l'acceptation d'une cohérence philosophique.

Il y a ensuite le théologien qui trouve toujours une réponse à ses angoisses métaphysiques dans les textes sacrés de la Bible, du Coran ou de la Thora pour ne parler que des religions monothéistes. Son comportement est dicté par la nature du dogme qui est la croyance en un Dieu unique et révélé, dont la finalité est le salut de l'âme pour tout ceux qui respectent les directives sacrées. Croire en un dogme c'est malheureusement exclure les autres philosophies du salut quel que soit le contenu universel de leurs textes sacrés. Une expression forte comme "aimez-vous les uns les autres" donne sa pleine mesure dans la communauté chrétienne. Pour qu'elle trouve une valeur universelle elle doit être élargie à la famille humaine par la conversion de tous au dogme chrétien. Cette attitude pose un vrai problème pour tout ceux qui réprouvent les propositions dogmatiques.

Il y a enfin le spiritualiste qui cherche le plus souvent dans la Tradition ésotérique les réponses à sa spiritualité. Son comportement premier est de donner du sens aux symboles proposés par la Tradition et de trouver une voie personnelle qui l'engage à chercher inlassablement sa propre dignité pour mieux respecter celle des autres. Son devoir est de rendre intelligible l'invisible et de transmettre aux générations futures la Vérité.

Les trois courants de pensées que nous venons d'évoquer se retrouve dans la maçonnerie à la fois au niveau des obédiences et des Frères. Le Grand Orient de France est l'exemple d'un courant de pensée rationaliste et agnostique tandis que les loges régulières c'est à dire celles reconnues par la Grande Loge Unie d'Angleterre sont d'inspiration théiste ou déiste par la reconnaissance constitutive du G\A\D\L\U\.

Ce qui unit indifféremment chaque maçon c'est l'initiation qui donne à la fois la qualité de frère et la reconnaissance d'un sentiment fraternel. Ce dernier s'exprimera distinctement selon la densité des courants de pensées que nous avons identifiés plus haut et sera fonction de la famille culturelle et spirituelle du frère (agnostique, théiste ou déiste) et du rite pratiqué dans sa loge (REAA, Rectifié, Français, Memphis Misraïm etc.). Ainsi un Frère agnostique membre d'une loge pratiquant le rituel rectifié se posera bien évidemment des interrogations différentes sur le sens de sa venue en maçonnerie qu'un frère chrétien.

Avons-nous le droit de remodeler son psychisme pour qu'il colle au rituel ? Bien sûr que non et par cet exemple nous montrons l'importance que l'on doit accorder aux enquêteurs afin que ceux-ci orientent le candidat vers une loge adaptée à ses pensées. Dans le cas cité, il aurait été préférable que le candidat frappe à la porte d'une loge pratiquant le REAA

La maçonnerie est multiple dans ses rituels parce que les hommes sont multiples dans leurs conceptions philosophiques. Les différents rituels permettent d'aborder dans les meilleures conditions une progression initiatique dont le seul but est la recherche de la Vérité. Mais au-delà du bon choix de la loge, il est nécessaire qu'un sentiment fraternel, véritable ciment de l'édifice rituélique accompagne la progression du nouveau frère. Rien ne pourra s'accomplir et s'assembler sans lui quelle que soit la volonté intellectuelle d'un candidat ou des membres d'une loge.

Mais qu'est-ce qui est à l'origine de ce sentiment fraternel ?

Nous sommes tous des Frères, c'est à partir de cette affirmation forte que le V.'. M.'. qualifie la communauté d'une Loge et définit magistralement le sentiment fraternel. Mais de quelle façon une telle affirmation peut-elle être reçue par un nouveau Frère, car dans un premier temps ce dernier doit s'identifier dans une nouvelle structure psychique, s'accepter dans une démarche initiatique pleine de mystères, partager ses doutes et ses joies dans un contexte méditatif et finalement aimer ce qu'il devient. Puis, parallèlement, il doit ressentir le sens communautaire de sa loge, s'intéresser à son activité, participer aux décisions et aimer inconditionnellement sa loge à travers l'amour de ses Frères. Enfin, il doit appréhender le sens de la famille humaine en général et tout faire pour que le sentiment fraternel l'engage dans une attitude humaniste globale dans le monde profane.

Comme nous le voyons le parcours est exigeant et demande une persévérance tenace car, rien ne sera épargner à celui qui a choisit d'être un fils de Lumière.

Son espoir est la certitude d'être sur le bon chemin qui mène vers la source d'où jaillit la Vérité. Mais parfois rien ne se passe comme prévu. L'échec est au bout du chemin . Pourquoi ?

Le théologien Anders Nygren dans son livre Eros et Agape a remarquablement distingué l'amour éros de l'amour agape. Son analyse nous permettra de bien distinguer ce qui parfois fait problème avec le sentiment fraternel.

L'éros est un désir, une aspiration, une faim qui nous fait convoiter ce qui nous manque. Amour et valeur sont dans ce cas étroitement liés. L'Homme cherche à vouloir se faire reconnaître des dieux qui est la suprême valeur. Mais les dieux n'aiment pas les hommes car ils vivent sans se laisser troubler par le désir ou la nécessité. L'amour n'appartient qu'aux hommes et va de bas en haut. Dans une telle conception, l'amour est intéressé et doit se mériter. Le modèle grecque de l'amour est l'amitié. L'ami doit mériter l'amour qu'on lui porte. Toute défaillance de l'ami rompt cette amitié. Enfin, c'est l'homme qui va chercher Dieu dans son for intérieur à travers la mystique et qui se fond avec lui.

Dans l'autre conception, l'amour agape va du haut vers le bas, de Dieu vers l'homme. Il aime sans tenir compte de la valeur, d'une manière spontanée et immotivée. Dieu aime toutes ses créatures sans limites et ne réserve pas seulement son amour aux justes, à ceux qui font du bien, mais il s'adresse à tous, aux justes, aux injustes, aux bons et aux méchants. Il support le refus, l’ingratitude. Cette conception de l'amour agape est vécue pleinement parce que le Christ est mort sur la croix pour sauver les hommes. Nous n'avons donc rien à redouter de nos péchés puisque le fils de Dieu s'est sacrifié pour nous. Un tel acte engendre naturellement l'amour du prochain et le sentiment fraternel. Aimer sans raison son prochain, ses ennemis son Frère et par suite la famille humaine est la voie qui mène à un comportement social respectueux des diversités.

La voie initiatique maçonnique est sans ambiguïté puisqu'elle demande au néophyte à la fois d'aimer ses frères et de rechercher en lui-même la Vérité en clair de vivre l'amour agape en toutes occasions jusqu'à même verser son sang et sacrifier sa vie pour un frère et d'identifier l'amour éros par la mort du vieil homme. C'est une démarche difficile qui nécessite beaucoup d'humilité, de persévérance et de patience afin d'éviter de créer des confusions puisque en tout temps un choix peut être fait entre l'amour agape et l'amour éros.

Dans la conception matérialiste du destin humain qui est celle, rappelons-le, de notre société libérale dite de progrès infini l'amour agape n'apporte aucunes valeurs particulières. Au contraire, elle tend à contrarier l'objectif premier qui est de maximiser le profit pour quelques actionnaires. C'est le règne de l'amour éros puisque le mérite est de récompenser et de distinguer le plus fort en exploitant tous les autres. Nous retrouvons aujourd'hui quelques deux milles ans plus tard, la conception policée de la spirituelle grecque, qui accordait des droits distincts aux élites et aux serviteurs. D'un côté, les nantis-actionnaires recherchaient une béatitude infinie dans le but d'être reconnus des dieux, représentés aujourd'hui par le capital. De l'autre côté, les esclaves-salariés étaient assujettis corps et âme à leur maître, n'intéressaient pas les dieux car sans valeur propre. Depuis le début du vingtième siècle, le libéralisme n'a pas trop montré son caractère esclavagiste vu qu'il devait se méfier d'un socialisme de type agape prôné par l'idéologie communiste.. Mais après la chute du mur de Berlin le capitalisme pur et dur peut régner sans partage et retrouver les vertus de l'amour éros.

Le développement technique, d'autre part, amplifie ce phénomène en accentuant l'individuation de tous. Il est en effet intéressant de noter que plus les besoins de base d'un individu sont réalisés, plus il devient égoïste, peu fraternel et pratique une solidarité indirecte c'est à dire, qu'il privilégie une action impersonnelle, par le paiement d'un chèque à une institution, par exemple, au lieu de réaliser un projet spécifique en tant que membre à part entière d'une association caritative.

La démarche maçonnique nécessite de comprendre le sens des deux amours agape et éros et de rechercher dans les rituels les symboles qui s'y rapportent. Lorsque le V.': M.'. ouvre les travaux en salle humide en disant de pratiquer la fraternité par l'harmonie, il indique que l'amour agape est la base de l'amour fraternel, qu'il doit être inconditionnel, sans jugement pour les actes passés comme nous l'avons définit plus haut. En faisant suivre le mot fraternité par le vocable harmonie, il enseigne qu'il existe en nous des forces antagonistes blanches et noires, souvent dissonantes et mal ordonnées, formatrices d'attitudes conflictuelles appartenant à l'amour éros. L'harmonie ou l'état androgyne est dans ce cas la seule voie qui donne du sens à la fraternité. En effet comment imaginer pratiquer une démarche fraternelle en gardant à l'esprit un sentiment de haine envers autrui en général ou d'un frère en particulier. Le paradoxe chez l'homme est qu'étant libre il acquière la possibilité de définir une fraternité à la carte et de lui trouver parfois une universalité subjective. Heureusement que l'harmonie remet tout à plat et casse l'édifice de la raison si minutieusement et patiemment construit et accepté. Le rituel maçonnique est alors une des voies qui propose de reconnaître la fraternité afin qu'elle satisfasse à nouveau à une morale fraternelle comprise par l'ensemble de la famille humaine. Une telle attitude présuppose évidemment le rejet de toutes considérations militaristes. En effet, comment concilier conjointement l'amour du genre humain et sa destruction. Le maçon doit être clair dans ses objectifs et ne peut pas cautionner deux attitudes antagonistes même si la raison d'état le demande. Dans notre rituel nous disons qu'il faut fuir les méchants. Il n'est jamais dit qu'il faut les tuer. C'est pourquoi, la maçonnerie doit entrer en sommeil chaque fois que les dispositions d'un état proposent des problèmes de conscience insoutenable pour un initié. La démarche est identique au niveau de la loge. Chaque fois qu'un frère a un comportement non fraternel. Il faut lui rappeler ses engagements et lui demander de retrouver le sens profond de son initiation et les vertus de l'amour agape car nous savons qu'une loge n'est que la représentation de l'ensemble de ses frères et qu'il suffit d'un seul maillon faible pour que la chaîne d'union perde de sa puissance spirituelle. Tous unis, main dans la main, loin des métaux, nous sommes alors une vraie fratrie, c'est à dire une communauté de frères égaux pratiquant avec l'intelligence divine symbolisée par notre coeur cette fraternité qui donne du sens à notre vie.

Que propose la loge pour vivre activement cette fraternité universelle ? Tout d'abord elle crée et constitue des francs-maçons. Ensuite elle s'assure que l'enseignement est suivit, puis elle propose un espace de communion fraternelle qui apaise les douleurs du monde profane. C'est dans une telle dimension spatio-temporelle sacrée que l’androgynie devient la source d’énergie fraternelle et qu’elle donne la force d'affronter dans la joie et sans peur la réalité du monde profane. Mais, l'homme privilégie spontanément le pouvoir au sentiment fraternel. Mais en même temps, il a aussi soif de connaissance et de comprendre le sens de sa vie. Pour ne pas rester esclave de sa pulsion égoïste, il doit retourner en loge. Cette demande mainte fois proposée par le rituel est essentiel, car il faut boire à la source du sens pour affronter cette abîme de complexité qu'est devenu la société humaine dans sa gestion du progrès technique.

Les loges maçonniques au 18 ème siècle comprenaient de nombreux frères d'origine aristocratiques, bien placés dans la société civile, ayant la confiance du roi et faisant partie de l'élite au pouvoir. Ils ont pourtant manifesté l'intention de partager leur idéal avec d'autres frères provenant de milieu plus modestes. Ils nous ont ainsi transmit cet élan égalitaire initiatique qui respecte la personnalité de chacun tout en lui insufflant un esprit chevaleresque. Par leurs actions, ils ont été les précurseurs de la démocratie et d'une fraternité, où l'intelligence du coeur a prédominé sur les intérêts corporatifs. Il faut encore plus aujourd'hui que hier donné un cadre de vie qui corresponde aux besoins de l'homme du vingt et unième siècle en définissant les rapports du temporel et du spirituel dans la cité. Le maçon peut parfaitement représenter ce lien et doit travailler dans ce sens. La loge, dans cette optique, est donc ce lieu de fermentation où s'exprime cette continuité chevaleresque, où les devoirs sont naturellement associés à la communauté et les droits à l'amélioration qualitative de sa personnalité. La structure d'une loge permet à chacun d'exprimer et de développer ses capacités propres et de faire valoir ses mérites sans flatteries aucunes. L'objectif final étant bien sûr d'acquérir suffisamment de force morale pour travailler avec joie dans la société profane afin de la transformer en une véritable démocratie moderne.

L'homme de demain, responsable de la Beauté divine sera à nouveau le porteur de l'arche d'alliance, sublime symbole des vertus chevaleresques et véritable pont entre le Haut et le Bas.

Nous pouvons être fier d'appartenir à une société qui a décidé de transmettre un tel esprit aux générations suivantes. Mais nous devons faire très attention de ne pas introduire des valeurs morales qui pourraient contrarier l'expansion naturelle du sentiment fraternel. Dans les temps qui courent il est tentant de considérer l'homme comme un produit asservit à un système économique et de l’aspirer au nom de la modernité et du progrès vers la négation de sa liberté principielle afin qu'il devienne un jeune loup au service d'une caste financière. La reconnaissance du mérite associée au seul force du pouvoir est contraire à l'idéal maçonnique et ne peut mener qu'à des actions n'apportant que ruines et pleurs. Le maçon est un constructeur qui doit insérer sa pierre dans un édifice reconnu par tous. C'est son credo. Ce dernier génère parallèlement une prise en compte d'une action sociale à la fois dans le monde profane et dans sa loge. La morale maçonnique est complexe car elle nécessite une adaptation permanente de nos pulsions duales au service d'un altruisme universel. C'est au nom de cette complexité que la tolérance dérange ; mais elle est nécessaire car elle gère la communication entre les différents niveaux de conscience. Sans elle, rien ne pourrait être créer au service de l'homme compte tenu de sa diversité caractérologique et de son karma. C'est une valeur essentielle qui permet à chacun de nous d'arpenter les chemins vicinaux de la connaissance dans une reconnaissance fraternelle respectueuse des mérites de chacun. Mais, par ailleurs, elle a disparut dans la bouche de nos grands commis d'entreprise. Car elle ne sert pas le profit, ni le" juste à temps".

Il y a donc une inadéquation entre les objectifs du monde moderne et ceux de l'homme en générale. Cela pose un vrai dilemme pour le maçon engagé dans le monde du travail. La discrimination par la recherche du plus fort et du plus qualifié engendre évidemment l'exclusion des moins performants. C'est inacceptable d'un point de vue maçonnique parce qu'elle crée deux castes qui génèrent des sentiments de haine l'une envers l'autre. Tout système qui construit des familles qui s'excluent par essence est mauvais. Comme nous l'avons dit plus haut, il faut s'élever au-delà de la ligne de partage du pavé mosaïque pour savoir où nous allons poser les pieds. Ce choix est celui du maçon et devrait être celui de tout homme responsable. Il doit simultanément s'accompagner d'une prise de conscience afin de briser le miroir qui reflète la virtualité égotique. De cette manière ils seront vraiment libres et de bonnes moeurs pour créer dans la joie.

Jérémy Bentham est un homme qui a accepté cette démarche. Il a développé l'utilitarisme qui est une tentative très intéressante d'organiser une société en terme de maximisation des utilités au service de tous. Son credo est que les hommes sont gouvernés par deux maîtres, le plaisir et la douleur et qu'ils tentent naturellement d'accéder au premier et d'éviter le second. Bentham part du principe que chaque individu préfère voir ses buts, ses idéaux, ses désirs réalisés plutôt que frustes. Il est donc normal d'un point de vue moral d'aider les autres afin qu'ils puissent réaliser leurs besoins.

D'autre part, chaque désir, chaque besoin valent indépendamment de sa valeur morale ou éthique. C'est donc une philosophie du progrès démocratique moderne car elle est respectueuse des mérites de chacun sans discrimination professionnelle ou par l'argent.

Dans un tel système, l'état doit évidemment intervenir en tant que gestionnaire du plaisir, du bonheur de chacun. Il doit réguler les dysfonctionnements des lois du marché par la création d'activités au service des plus démunis. Il doit intervenir dans les crises économiques pour identifier et satisfaire les besoins de chacun. Le monde politique n'est que le gestionnaire du bonheur des citoyens et non pas le valet inconditionnel d'un système commercial d'échange. Il doit créer des lois afin de satisfaire les besoins de tous pour le plaisir de vivre plutôt que la souffrance de vivre. Dans la tradition utilitariste le transfert de richesse des riches vers les pauvres augmente l'utilité de l'ensemble. Cette théorie est donc très proche de la conception maçonnique de la construction du temple universelle, car elle cherche à satisfaire les besoins de l'ensemble des citoyens dans un concept égalitaire tout en respectant les diversités professionnelles, culturelles, éthiques et spirituelles. C'est une tentative vraiment cohérente pour traduire rationnellement le commandement : " Aime ton prochain comme toi-même" et pour donner une définition rationnelle de l'altruisme. Il reste l'un des modèles fondamentaux de la construction de l'état moderne et égalitaire.

Si cette théorie n'a pas pu vraiment s'imposer dans toute son intégralité c'est que les nations et les peuples ne génèrent pas spontanément un sentiment fraternel universel. Chaque pays puise dans son histoire les raisons d'une discrimination sélective. Aucune morale altruiste ne naîtra d'une révolution sanglante qu'elles qu'en soient les beaux principes. Ainsi, la Liberté ne peut jaillir sur le dos de millions d'innocents sacrifiés en son nom, l'Egalité ne perdure pas dans la purification ethnique et la Fraternité n'apparaît pas sans spiritualité. Malgré les extraordinaires succès du progrès scientifique, le vingtième siècle a été le plus sanglant de l'histoire de l’humanité. Il y a donc une inadéquation violente entre la notion de progrès et la vie communautaire.

De même qu'une loge est un microcosme de la société, elle est aussi un lieu sacré où les maçons peuvent avoir les pieds sur Terre et la tête dans les Etoiles. C'est dans un tel laboratoire qu'ils apprennent à être libres en ayant l'intime conviction d'appartenir à une seule et même conscience collective. La Terre est issue du Ciel et chaque être naît pour vivre les vertus du Ciel, mais le Ciel n'a pas besoin d'aide. C'est la pratique du sentiment fraternelle qui permet avant tout de réaliser les efforts au service d'une vie communautaire harmonieuse. Vivre ensemble exige un savoir particulier dont la résultante première est l'existence de liens de solidarités pour assurer la cohésion et la pérennité de cette conscience collective.

Le maçon sait que les civilisations ne disparaissent pas à cause du Ciel mais par l'attitude des hommes. Son travail est sans relâche au service du perfectionnement de l'homme afin d'élargir son niveau de conscience et de responsabilité pour que l'Oeuvre en construction respecte la cohérence venant du Ciel et symbolisée par le G\ A\ D\ L\ U\

Mais ce hiatus entre progrès et vie communautaire n'est pas inéluctable car dans l'étude que nous venons de partager nous ressentons bien où le bas blesse. Le progrès ne peut pas être isolé du contexte politique, culturel, économique et spirituel. De même, l'Histoire des hommes ne peut pas être dissociée d'un état d'esprit qui rompt les déterminismes de la matière en établissant des rapports étroits entre le spirituel et le temporel. La Maçonnerie lutte contre tout ceux qui veulent esclavager la liberté. Pour ce faire elle privilégie l'esprit, le coeur et le caractère pour qu'il n'existe qu'une seule famille humaine fraternelle. Pour se faire comprendre elle doit aider les faibles, soulager ceux qui souffrent, combattre l'injustice, la misère, l'ignorance et prêcher inlassablement les vertus du coeur. Elle ne vit que par l'Homme et ne sera jamais le jouet d'une machine ou d'un concept fussent-ils le plus performant ou à la mode. Sa matière première est l'Amour, seule énergie divine qui nous rappelle que nous devons aimer la vie et en comprendre les arcanes.

C'est dans un tel état d'esprit que nous pourrons continuer à être moderne tout en vivant les symboles issus de la Tradition.

V\ M\ et Vous Tous mes Bien Aimés F\ Je vous remercie de votre attention.

Source : www.ledifice.net

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Le Geste

2 Avril 2013 , Rédigé par J\M\ D\ Publié dans #Planches

Je voudrais vous préciser que nous sommes le 14 octobre de l’an 2009 année profane, et ce, vous le savez, mais ce que nous oublions bien facilement c’est que depuis dix milles ans qu’est-ce qui a changé dans le monde ? rien, Les hommes continuent à s’entre-tuer allègrement pour divers prétextes : religieux, racistes, sexistes, politiques et que sais-je encore ! non rien à changer, d’autant que l’homme continue à exploiter l’autre, continue à escroquer l’autre etc. etc.

Le geste qui permet de tuer l’autre, et l’autre est bien sur l’ennemi, reste tel qu’il est, seules les armes ont changé et ce n’est pas sur puisque certains trucident leurs voisins avec des machettes et ce à grandes échelles.

Nous nous sentons tellement impuissant, chacun d’entre nous dans notre environnement familier, que nous nous créons le plus souvent possible, une petite bulle pour nous protéger !…

Mais c’est vrai, nous aussi à notre niveau, nous sommes plongés, touchés, affaiblis, dans nos affections, dans nos cœurs, par nos propres tragédies, mais simplement à notre petite échelle.

Alors assez souvent je me pose les questions suivantes, pourquoi sommes-nous là ici ensemble ? Pour faire quoi exactement ? N’est ce pas dérisoire ? Est-ce que nous ne nous ne faisons pas de la masturbation intellectuelle ?

Pour moi, il y a une réponse et celle là est simple : Pour améliorer l’homme et la société, en fait pour améliorer le monde ! Et puisque le monde commence en chacun de nous, pour nous améliorer ! Finalement vaste programme et pas si dérisoire que cela !

Quelle distance ! Je dirais même des années-lumière ou presque, entre le monde des finances, des pouvoirs, des guerres de religion, bref du monde dans sa complexité, dans sa vanité, dans sa folie, et chacun d’entre nous en son for intérieur !

Mais peut-être pas…voyons de plus prés…

Je pense alors souvent dans ces cas là (de doute de découragement) à le peine de mort.

Qui de nous n’a pas été tenté de dire : la mort pour ce pédophile, ce tueur d’enfant, pour ce criminel récidiviste, pour ce criminel contre l’humanité… Pourtant chez nous en France, la peine de mort a été abolie, et malgré tout, beaucoup encore autour de nous, sont encore pour cette sentence fatale. Nombreuses ces petites voix en chacun de nous, spontanées et sauvages qui seraient tentées..

Mais à force de travail sur soi, de réflexion, de contrôle des pulsions, à force d’intelligence, de lucidité, ce qui en nous est primaire, animal, est dominé, jugulé, domestiqué et ce qui prévaut enfin, c’est le bien, le juste, et non la barbarie…

On devine peu à peu où est le bien, certaines valeurs deviennent plus précises, plus impérieuses.

Alors oui nous avons raison d’être ici, ensemble, à travailler ensemble, c’est en s’améliorant soi-même que nous améliorons le monde, et cela sera sans fin, puisque tous les êtres qui naissent, auront ce combat à mener contre eux même.

Mais nous maçons, nous avons un gros avantage sur les non initiés, nous travaillons dans un endroit sacré et nous nous servons d’un rituel et des symboles:

Un rituel, ce sont des gestes et des paroles.

Gestes et paroles, sont le fondement de la tradition orale, l’écrit n’étant que pour mémoire.

Les gestes dans le temple sont souvent des mouvements bizarres, et beaucoup d’entre nous attachent peu d’importance à leur beauté, c’est à dire leur précision, leur exactitude, porteuses de sens.

Quant à moi, j’ai mis du temps à admettre que c’était important et c’est en travaillant et en avançant sur mon chemin que j’ai découvert leur rigueur, leur exigence, et que j’ai pu ainsi leur donner du sens.

Comment en effet pourrait-on ici faire un travail sur soi, si le rituel qui nous porte dans ce chantier n’est pas bien servi ?

Et un rituel est bien servi :
- Par la disposition des objets et des outils dans le temple (c’est le travail du maître des cérémonies avec l’aide des apprentis).
- Par les paroles et les sons (musique et coups de maillet avec le rythme qu’ils imposent)
- Et par les gestes.

Les gestes ne peuvent pas être compris dés notre initiation. C’est pourquoi tout d’abord, ils sont imposés sans explication, d’où l’importance des gestes modèles exécuter par les maîtres (théoriquement modèle bien sur).

Le néophyte fait des gestes qu’il ne comprend pas, en toute humilité et en toute confiance, il fait confiance aux maîtres qui eux en principe ont compris, ceux ci sont censés les réaliser à la perfection, c’est la transmission ! Ainsi avec cette aide, le nouvel apprenti comprendra plus tard qu’il est sur un chemin initiatique.

Evidemment les maîtres n’ont pas tous compris, ni tout compris ! Eux aussi sont sur leur chemin initiatique, à leur rythme, et sont loin de l’avoir totalement parcouru.. Et comme nous ne sommes pas initiés mais que nous nous initions nous même, le chemin pour certains peu être encore plus long.

Par cette initiation qui en fait n’en finit pas, nous sommes tous des apprentis, vous le savez bien.

C’est pourquoi les chantiers de maître permettent d’apprendre encore et encore.

Tout geste est un tracé ; ce tracé est porteur de sens ; ce n’est donc pas n’importe quoi ;

C’est le corps qui exécute ce tracé ; en fait le corps est le premier à être initié avant l’esprit, puisque l’initiation est créatrice de sensations et mise en éveil de tous nos sens. La compréhension viendra par la suite
Après la lecture, et l’interprétation qu’il se fera du rituel.

Un geste, je le fais, je le répète encore et encore, je le comprends ensuite, tout le monde connaît la vertu pédagogique de la répétition.

Le corps possède ses mémoires, il mémorise les attitudes, les gestes, le ressenti des mouvements, puis l’étude intellectuelle suivra, et c’est un champ d’investigation immense.

Nous sommes, nous maçons, d’abord physiquement dans le temps et dans l’espace du temple, de ce lieu sacré à partir de l’ouverture des travaux jusqu’à leur fermeture, nous y sommes alors différents du monde profane, et le franc-maçon s’y tient autrement : Nous sommes ne l’oubliez pas en tenue !

Car enfin, comment consentirions-nous à faire des gestes que tout profane trouverait idiots, insensés s’il les voyait, si nous ne savions pas au fond de nous, de façon très certaine, que ce n’est pas insensé justement, que tout geste à un sens, en tous cas celui que nous lui donnons, et que pour cela tout geste exige la perfection ou tout du moins sa recherche.

Le geste précède la parole :
L’apprenti apprend les gestes et les réalise avant de pouvoir prendre la parole, dés la cérémonie d’initiation, et ensuite au silence sur la colonne du nord ou il prend place.

Mais pas seulement l’apprenti ! Tous les Compagnons et tous les maîtres ne prennent la parole qu’après l’avoir demandé et qu’après s’être mis à l’ordre, c’est même par un geste (le même) que les francs-maçons sont reconnus comme tels sur leurs colonnes respectives par les deux surveillants. C’est aussi par un geste appelé attouchement que les Francs-maçons se reconnaissent entre eux dans le monde profane.

Je l’ai dit plus haut, tout geste est un tracé, mais il faut apprendre à tracer droit, en effet dans tous nos gestes, l’équerre domine ; c’est à dire la droiture d’abord, et avant tout : respect des lois, des règlements, respect du rituel, rectitude morale, recherche du bien.

Mes frères n’oubliez pas la devise d’HARMONIO « rectitude et fraternité » Car comme disait un membre fondateur aujourd’hui passé à l’Orient éternel : La rectitude sans la fraternité serait de la rigidité, et la fraternité sans la rectitude serait du copinage.

Revenons à l’équerre, il y a aussi tout ce qu’elle symbolise : la mesure, les limites, l’équilibre, la verticale et l’horizontale donc tout l’espace.

Mais dans tout geste, l’équerre rappelle la droiture de ce qui sera dit ou fait, elle rappelle que nous nous sommes engagés dans cette recherche, par serments, recherche de travail sur le chantier pour tailler la pierre brute, recherche de la vérité, recherche de servir à améliorer l’homme et la société etc.. Etc..

Pour ma part je vois l’équerre tracée en préambule de tout comme une promesse de droiture.
Je vous soumets quelques exemples :
- On ne marche jamais dans le temple sans se tenir à l’ordre.
- On ne prend jamais la parole sans se tenir à l’ordre.
- On tient l’épée de la main gauche pour pouvoir se mettre à l’ordre de la main droite, sauf les officiers qui tiennent le glaive symbole de leur fonction de la main droite, et dresse celui-ci à la verticale, pour se mettre à l’ordre.
- L’équerre existe même dans la chaîne d’union, nos pieds doivent être en équerre ! Et cela est important car pour moi à ce moment précis, notre esprit va voguer vers les étoiles au-dessus de nous, nous serons alors en plein équilibre dans notre relation avec l’univers.
- Lorsque nous « traçons » un geste, il faut que celui-ci soit conforme, à ce qu’il doit signifier, au sens que nous lui donnons, il faut le réaliser avec tout son être, c’est à dire avec son corps et son esprit, c’est la seule condition.

Je suis persuadé, qu’un beau geste est fait par quelqu’un qui est concentré, attentif, absorbé par ce qu’il fait. Une personne distraite ou agitée, éparpillée, ne réussira pas à exécuter un beau geste ; n’oublions pas : il faut laisser les métaux à la porte du temple.

Peut être à méditer aussi sur les trois colonnettes présentent seulement au rite écossais ancien et accepté « sagesse, force, beauté ».

Donc il faut être concentré, afin de se rassembler, ou plutôt rassembler ce que nous avons en nous (assembler ce qui est épars en nous) tel est le travail à exécuter en loge.

Les frères qui ont eu à pratiquer des sports connaissent l’importance de la concentration pour exécuter un mouvement parfait et juste, qui permettra de marquer un essai ou mettre un ballon au fond des cages.

En fait nos gestes sont le reflet de ce que nous sommes, et nous savons tous, combien nos émotions peuvent perturber ceux-ci.

En conclusion, il m’a fallut beaucoup de temps pour comprendre que la méthode maçonnique s’adressait aussi au corps. L’esprit bien sur participe sans doute plus que le corps, mais le corps n’est pas exclus, loin de là.

Le geste fait partie de la tenue générale de tous les Francs-maçons dans leur temple, c’est un point de convergence des Sœurs et des Frères, c’est un processus collectivement vécu et ressenti ; il participe par-là même à l’Egrégore de la tenue, qui est l’expression la plus aboutie de l’harmonie de la loge.

C’est un outil de transmission et il exige en cela l’assiduité et le travail, il faut prendre place, toute sa place, mais rien que sa place, et celle ci doit être active.

Tout geste, comme tout le rituel, fait appel à l’ETRE dans sa totalité.

Tout geste maçonnique est un tracé, et le sens de ce geste dépend du sens qu’on lui donne et de la beauté qui en résulte.

Ce sens va nous toucher d’autant plus, qu’il participera à notre construction, qu’il s’inscrira dans la recherche initiatique fondamentale, car n’oublions pas et je le répète encore une fois, nous ne sommes pas initiés, nous nous initions nous même.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Gloire au travail

1 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

C’est le texte que le V\M\ m’a fait lire au cinquième voyage lors de mon passage au grade de Compagnon et, contrairement aux quatre premiers, j’ai fait ce dernier voyage sans outils dans les mains, pourquoi ?
Je dois reconnaître que c’est le voyage et le cartouche avec lesquels, j’ai le plus de problèmes, les autres cartouches et outils, je pense qu’en faisant l’effort de les connaître et, d’en appréhender leur contenu symbolique en travaillant… On devrait y arriver. (Tiens, c’est peut être déjà une réponse).


Dans un certain sens, je trouve cela un peu comique parce que ce texte m’est présenté alors que je ne travaille plus puisqu’en retraite d’autre part, certains ici me comprendront, quand je dis « Le travail » je ne sais pas ce que c’est en effet, toute ma carrière j’ai été fonctionnaire et permanent syndical et chacun sait que les fonctionnaires et les syndicalistes parlent beaucoup du travail mais le pratiquent peu ; mais non, je n’entrerais pas dans le petit jeu de certains, dont je vois bien l’œil pétiller, (des fonctionnaires ou des syndicalistes évidemment) qui me diront qu’il y a certains métiers qui ont la réputation de ne pas faire ployer ceux qui les exercent sous le joug du travail comme par exemple, certaines professions dites libérales, ou encore, les banquiers ou les cadres d’entreprises; je ne parlerai même pas des patrons qui chacun le sait profitent honteusement du labeur de ceux qui effectuent le travail pour eux, quand aux rentiers alors là, inutile d’en rajouter car ces malheureux ont beaucoup de mal actuellement avec les cours de bourse.


Oui mais, le travail c’est quoi ?

Si l’on s’en tient à ce qu’en dit le Larousse, les définitions de ce mot sont un peu trop nombreuses pour parler de toutes ici. Alors, limitons-nous à ce qui me semble le plus connu de tous.

Activité de l'homme appliquée à la production, à la création, à l'entretien de quelque chose.

2. Activité professionnelle régulière et rémunérée.

3. Toute occupation, toute activité considérée comme une charge.


Si l’on ne prend que ces trois là, on ne peut pas dire que cela m’aide beaucoup, dans ma démarche maçonnique, par contre, cela défini très bien pourquoi j’étais fonctionnaire, puisque j’ai dit en son temps, à mon chef immédiat, que je n’accomplissais ce boulot, qu’à titre alimentaire, j’avais été honnête avec lui mais, je ne sais pas pourquoi, il n’était pas content de ma réponse?


Un peu plus sérieusement, effleurons très succinctement l’histoire, mais comme je ne suis pas historien, si j’ai quelques erreurs, j’espère que vous les corrigerez et je sais aussi, pouvoir compter sur votre fraternelle bienveillance.


Dans les temps anciens, le Travail se conçoit parce qu’il fallait compenser la disproportion entre les besoins d’un groupe d’humains et les ressources naturelles dont il disposait.


Pour les animaux, le Travail n’existe pas, ils obéissent à leur seul instinct mais l’Homme lui est conscient et cette conscience évolue à partir du moment où le Travail correspond à un projet ; en imaginant ce qu’il veut produire, l’homme développe ses capacités de penser et sa volonté, il entame alors un processus d’auto définition.

Le Travail sépare donc l’Homme de l’animal et il transforme aussi l’organisation sociale du groupe humain, mais, en évoluant l’homme a il me semble perverti la notion première de Travail, qui était je pense d’assurer le bien être de sa famille, il l’a perverti en inventant pour le profit de quelques uns, l’esclavage et la servitude, chez les grecs, par exemple, le travail est jugé indigne de l’homme véritable qui lui ne s’occupe que de la Cité et de l’enseignement (ben oui V\M\ les grecs savaient déjà qu’enseigner ce n’était pas du travail) et seuls les esclaves sont chargés du reste du Travail ; pour Aristote par exemple, l’esclave n’est rien de plus qu’un outil animé au même titre qu’un bœuf ou un cheval.


Dès le début de l’humanité, il paraît qu’avec Eve on donne le ton : Il devient nécessaire de travailler pour donner naissance ou, pour se nourrir.
La pensée chrétienne dit que le Travail est une punition douloureuse puisque résultant du péché originel. Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front et tu enfanteras dans la douleur.

Le travail serait donc alors, la peine que l’on prend à faire quelque chose ?

Et cela dure plus ou moins, jusqu’à la Révolution française d’où on pourrait dater l'invention de la notion moderne de travail ; qui est défini alors comme ce qui crée de la richesse m
ais il n'est pas encore « valorisé » : il reste synonyme de peines et d'efforts tout au moins pour ceux qui l’effectuent car pour les donneurs d’ordres je pense que pour la plupart, ils n’en ont même pas conscience.
Au début du XIXe siècle, une autre conception du travail se fait jour : le travail est désormais défini comme une liberté créatrice, "l'essence de l'homme".
Le régime nazi reprend le thème du travail libérateur et positif, le slogan Arbeit macht frei sera même apposé à l'entrée des camps d'extermination.
Le régime de Vichy, imitant l'Allemagne
reprend la glorification du travail avec : Travail, Famille, Patrie. Mais ces deux régimes nient toute liberté individuelle comme cela se passera aussi, dans les régimes dits « Communistes » ou toute autre dictature d’ailleurs.

À la suite à la Seconde Guerre mondiale l’évolution de la nature des tâches provoque un déplacement de valeur : on passe de l’effort physique à l’intellectualisation des tâches.
Mais la modernisation des entreprises après-guerre ne concerne que les entreprises de pointe. Dans les secteurs plus classiques de l’industrie (automobile, métallurgie, textile), les conditions de travail sont quasiment restées les mêmes dans les usines, jusqu’aux années 1970, l’électrification, la mécanisation des tâches, l’organisation scientifique du travail en réalité ne profitent nullement au travailleur moyen ou de base ; le Travail est toujours vécu comme une contrainte et non comme une libération pour la grosse majorité de la population.
Ensuite, on y introduit les notions de productivité et de rentabilité, le Travail en chaîne de montage ou chronométré, ne permet pas non plus, la libération de l’homme, bien au contraire ; et, avec la mode de normes représentant une performance minimum à atteindre qui sont établies par des gens qui n’ont effectués ce travail que sur leurs ordinateurs ; on assiste à une telle dérive que les employés qui en sont chargés finissent par normer leur propre travail sans même souvent en prendre conscience, d’où parfois tellement de stress que cela a déjà conduit au suicide.

Oui, mais tout cela c’est le Travail dans le monde profane celui que l’on est obligé de faire parce qu’il faut se nourrir, subvenir à sa famille, prendre soin des siens, donner une éducation à ses enfants, alors, pourquoi « Gloire au Travail » en Maçonnerie ?
Je crois donc, qu’en Maçonnerie, il doit être question d’autre chose que de ce travail là, que le terme travail doit avoir un autre contenu.

A ce niveau, d’autres définitions me parlent un peu plus comme par exemple :

1. Ensemble des opérations que l'on doit accomplir pour élaborer quelque chose.

2. Ouvrage réalisé ou à réaliser, manuel, artistique, intellectuel.

3. Exercices accomplis pour acquérir la maîtrise d'une activité.


Avec ces définitions, ce mot commence à me parler, car après tout, ici nous sommes dans le Spéculatif et non dans l’Opératif, notre notion de Travail doit être perçue autrement que comme une charge; ben oui, ici si je fais un Travail, c’est mon choix et il ne peut être comparé au Travail que j’ai évoqué plus haut et que l’on pourrait considérer comme alimentaire.
Je crois qu’il s’agit ici, du travail libre, celui que l’on n’est pas obligé d’accomplir, un travail d’hommes libres comme sont les Francs Maçons.
Il me semble que le Travail ici en Loge est, une progression dans la recherche de la Vérité (bien que je doute la trouver jamais cette fameuse Vérité) et après une étape d’intériorisation et d’introspection comme Apprenti; comme Compagnon, je dois aller voir ailleurs pour confronter ce que j’ai appris avec ce qui se fait chez d’autres, je dois m’ouvrir vers l’extérieur et vers l’autre, je dois apprendre à me servir des outils que l’on m’a donné à tenir en mains, lors des quatre premiers voyages ; le Travail du Maçon est symboliquement de tailler sa pierre mais pour la polir finement, il faut aussi il me semble, la frotter aux autres.


Mais alors, ce 5éme voyage, effectué les mains libres, voudrait dire que je devrais avoir appris non seulement à me servir correctement de mes outils mais aussi enfin je crois, avoir approché la compréhension des autres cartouches et ce, dans le but de bien faire le Travail qui m’est demandé.

Et puisqu’en médecine, le terme Travail veut aussi dire: une phase de l'accouchement, et un accouchement il me semble que c’est bien, amener un être humain à la Lumière.

Ce 5éme voyage semble me dire que c’est le moment d’accoucher de ce que j’ai pu intégré en Loge ou lors de mes visites et que ce n’est qu’à cette condition que je pourrais entamer le voyage suivant, et transmettre ce que j’ai appris car cela doit aussi permettre d’enrichir mes Frères ; acquérir des connaissances, ne sert à rien si cet acquis n’est pas transmis, ce serait une perte de temps.


Mais maintenant que je pense avoir plus ou moins compris ce qu’on entend par Travail, pourquoi me demande-t-on de le glorifier ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Retournons voir le Larousse et que dit-il à glorifier ?

1. Honorer quelqu'un en proclamant sa gloire ; célébrer

2. Célébrer une action ; vanter, magnifier


On ne peut pas dire que cela m’aide beaucoup mais je vois un peu plus loin :

Glorifier Dieu, lui rendre gloire, le louer.

Faut-il alors voir le Travail comme un Dieu ?

Mais sur le cartouche il n’est pas écrit de « glorifier le Travail » mais bien « Gloire au Travail » et à « gloire » je trouve :

1. Renommée éclatante, célébrité, grand prestige dont jouit quelqu'un dans l'esprit d'un grand nombre de personnes.

2. Ce qui constitue l'occasion d'une légitime fierté, d'un orgueil justifié, ce qui suscite l'admiration.

3. Splendeur, éclat de quelque chose.


Là, je commence à comprendre un peu mieux ce dont on parle, c’est de la fierté du Travail bien fait, du Travail que l’on aime en effet, un musicien qui fait ses gammes n’a pas l’impression de travailler, un peintre qui par des dessins, un écrivain qui par des notes préparent l’un le futur tableau, l’autre le futur livre n’ont pas non plus l’impression de travailler.

Le Travail peut donc être vécu d’au moins deux façons, comme une source de revenus ou d’emmerdements dans le monde profane mais aussi en Loge, de joie profonde et je pense donc que c’est dans ce dernier sens qu’il faut comprendre « Gloire au Travail » et puis l’article 4 des Principes Généraux de notre Ordre dit bien que le Travail est un des devoirs essentiels de l’homme ; il ne peut donc s’agir que de celui qui est fait dans la joie,
du travail fait librement.

Le Travail du Compagnon me semble, être le fait de remonter vers la Lumière sans pour cela oublier ce que nous sommes au fond de nous, et qu’il faut parfois savoir redescendre et se remettre en question.
Le Travail maçonnique me semble être une progression constante dans la connaissance des symboles et des rituels qui je pense sont les vrais outils pour essayer d’appréhender ce que je suis et de ce qu’est l’autre dont il faut pouvoir comprendre la pensée et la façon de penser ainsi que sa différence et évidemment accepter avec modestie ces différences car toutes nous enrichissent.
En Franc-Maçonnerie, le travail nous permet d'avancer toujours plus en remettant en question nos certitudes et de nous changer petit à petit, en un homme nouveau.

Gloire au Travail lors du cinquième voyage les mains libres, me laisse à penser que j’ai plus ou moins appris pendant mes voyages précédents à me servir de mes outils, j’ai travaillé et il me semble que je dois avoir à peu près compris, ce que me disent les quatre premiers cartouches et je pense aussi que cela implique la persévérance pour réaliser le chef-d'œuvre que nous devrons présenter à la fin du voyage.

Donc, après avoir travaillé, je devrai arriver au bout de ce parcours de Compagnon, il me restera à entamer le suivant et, je crois que le Travail, comme on peut le concevoir ici, lui ne se terminera jamais, car s’il faut continuer à vouloir progresser, il faut toujours garder l’esprit ouvert, ne pas oublier ce que nous avons découvert au fond de nous et bien sur, continuer à chercher car chaque réponse trouvée amènera de nouvelles questions, et donc le doute; il me semble que le chef-d’œuvre lui sera toujours à parfaire, qu’il y aura toujours une petite imperfection à rectifier. Et, par suite, que nous douterons toujours de la perfection du travail accompli.

Et je doute mes Frères, je doute.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : www.ledifice.net

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La dimension géopolitique des opérations spéciales

31 Mars 2013 , Rédigé par André Ranson Publié dans #Forces spéciales

Après avoir été à la tête du Commandement des opérations spéciales françaises (COS), le général de corps d’armée André Ranson démontre ici pourquoi et comment les opérations spéciales sont aujourd’hui un outil géopolitique. Sa démonstration est étayée par cinq exemples : République Centrafricaine, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Afghanistan, République Démocratique du Congo. Les opérations spéciales représentent un apport significatif dans la panoplie des options offertes au décideur quand les circonstances ne sont pas favorables à une intervention massive, coûteuse ou trop visible. Dans tout appareil d’Etat, l’armée est bien l’institution dont l’analyse et la compréhension relèvent par excellence de l’analyse géopolitique, c’est à dire de la démarche qui permet de mieux comprendre les rivalités de pouvoir sur des territoires. Amiral Lacoste

République Centrafricaine, mars 2007

EN CE DEBUT de mois de mars 2007, la ville de Birao où se trouve un détachement français d’assistance aux Forces armées centrafricaines (FACA), est la cible d’une attaque d’un mouvement rebelle d’opposition au gouvernement. A ce moment, cette région au nord de la Centrafrique est de fait une zone peu contrôlée par le régime du président Bozizé, zone où cohabitent des mouvements armés de « libérateurs » de la RCA et des éléments rebelles tchadiens. Sa déstabilisation risque par contagion de déborder dans des zones déjà sensibles du Tchad et du Soudan. Déjà, en octobre 2006, une première chute de la ville avait justifié une action française en soutien des FACA. Une intervention d’urgence est à nouveau jugée nécessaire, tant pour soutenir le détachement français que pour assurer la crédibilité de nos engagements vis-à-vis de la RCA et éviter l’extension d’une nouvelle zone de non-droit dans une région déjà instable aux portes du Darfour. Moins de 48 heures après l’attaque, un assaut vertical sur l’aérodrome de Birao est mené par une soixantaine de chuteurs parachutistes du Commandement français des opérations spéciales (COS), largués en pleine nuit à 4000 mètres. Peu après le poser d’assaut d’avions du COS avec un élément plus important sur l’aérodrome ainsi dégagé, ils permettent grâce à un effet de surprise maximum de rétablir en quelques heures la situation. La rapidité de réaction du dispositif d’opérations spéciales et la compétence des opérateurs a encore une fois été un gage de réussite. Le dispositif d’intervention d’un Etat sur la scène géopolitique s’incarne essentiellement dans un dispositif diplomatique complété par un dispositif militaire et un dispositif regroupant les moyens secrets d’action et de coercition. Les dispositifs militaires sont généralement compris comme regroupant des moyens terrestres, maritimes et aériens et, depuis quelques années, nucléaires, balistiques et spatiaux. Cependant, depuis quelques décennies, la littérature et les media ont largement attiré l’attention sur les actions guerrières d’une nouvelle entité militaire, les « Forces Spéciales », qu’il s’agisse de l’encadrement des tribus en lutte contre le Viet-Minh par les Français du GCMA lors de la guerre d’Indochine, de l’action des « Bérets verts » américains au Vietnam, plus récemment de la chasse aux SCUDs menée par les « Special Forces » américaines, australiennes et britanniques en Irak ou encore des évènements tragiques survenus lors de l’opération « Restore Hope » en Somalie et popularisés par le film Black Hawk Down. Cependant, si les chroniqueurs et historiens ont largement rapporté les aventures hors du commun et les exploits tactiques – parfois les échecs - de ces soldats d’élite, ils se sont moins attachés à mettre en lumière la spécificité des« Opération Spéciales » elles-mêmes. Pourtant, c’est bien l’évolution du rôle dévolu à ces dispositifs d’opérations spéciales, mieux adaptés à la défense des intérêts stratégiques de la nation, permettant d’élargir la panoplie des outils dont dispose un gouvernement dans la prévention et la gestion des crises et des conflits et autorisant des formes nouvelles de maîtrise de la conflictualité, qui constitue une nouveauté et à laquelle il convient de porter attention. L’étude de l’organisation et de l’emploi de ces dispositifs, conçus pour faire face à l’inattendu et dont les objectifs ont une finalité tant politique que strictement militaire, relève clairement de l’analyse géopolitique.

Vous avez dit « spécial » !

Ce ne sont pas la complexité croissante du monde moderne ni les nouvelles formes de menaces asymétriques qui ont ouvert la voie à des opérations militaires non conventionnelles. Sans remonter à l’Antiquité, le qualificatif de « spécial » est apparu en 1941 chez les Britanniques lorsque David Stirling a jeté les bases du Spécial Air Service (SAS), alors que, de son côté, le Premier ministre Winston Churchill poussait à la mise sur pied du Special Operations Executive (SOE) ayant pour mission de coordonner l’action subversive et le sabotage derrière les lignes ennemies. Aux Etats-Unis, le président Roosevelt créait en 1942 l’Office of Strategic Services (OSS), placé sous la responsabilité du chef de l’état-major combiné, avec comme objectifs le renseignement opérationnel dans le cadre des batailles en cours, la guerre psychologique contre l’ennemi et l’aide à la résistance dans les territoires occupés. Au sein de l’OSS, une section Opérations spéciales (OSS/SO) devait organiser des groupes de résistance opérant derrière les lignes ennemies, mais également monter à l’intérieur du théâtre des opérations toutes les opérations clandestines qui n’auraient pas été assignées à l’armée. Entre la section SO de l’OSS et le SOE, un accord avait été conclu en juin 1942, aux termes duquel la planète était répartie en zones d’action sous contrôle américain ou britannique en fonction des commandements militaires en vigueur. L’OSS se vit ainsi attribuer la Chine, la Mandchourie, la Corée, l’Australie, la Finlande et l’Afrique du nord, tandis que le SOE s’arrogeait le reste du monde dont la France. Ces diverses organisations, placées à la césure entre les forces conventionnelles et les services secrets (en particulier le Secret Intelligence Service britannique) étaient conçues pour permettre, non sans conflits d’intérêts entre elles, d’assurer au meilleur coût/efficacité une adaptation des objectifs de la grande stratégie au niveau des théâtres d’opérations. Elles conservaient cependant une forte connotation militaire, venant simplement en appui des opérations classiques conduites par les Etats-majors, notamment grâce à des actions de renseignement, de sabotage ou de harcèlement contre l’occupant. De nos jours, la nouvelle « conflictualité » à laquelle les décideurs doivent faire face n’est plus faite d’un péril majeur et caractérisé mais de menaces et de risques tout à la fois diffus et fortement imbriqués. Comme le souligne Aymeric Chauprade « l’environnement international est particulièrement instable, marqué par des menaces multiformes et diffuses. Les risques de crises perdurent, liés aux désaccords frontaliers, au statut de certaines minorités, aux passions religieuses ou à la présence d’arsenaux militaires importants et mal contrôlés. L’instabilité de certains Etats, les ambitions de certaines puissances régionales ou les tensions interethniques ainsi que développement du crime organisé et des trafics et l’apparition d’un terrorisme agissant à l’échelle de la planète représentent des risques réels ». Et même si l’emploi de la force armée n’est plus susceptible à elle seule d’apporter des réponses à ces nouvelles formes de chaos, les gouvernants cherchent à introduire dans leur panoplie militaire des dispositifs souples, légers, réactifs, actionnés en boucle courte, qui garantissent aux plus hautes autorités une liberté d’action accrue et leur offrent des options opérationnelles nouvelles et imaginatives, en complément des opérations conventionnelles.

Le concept français d’Opérations Spéciales

Les opérations spéciales sont des « opérations militaires menées par le commandement des opérations spéciales et des unités des forces armées spécialement désignées, organisées, entraînées et équipées, appelées forces spéciales, pour atteindre des objectifs militaires ou d’intérêt militaire présentant un caractère stratégique et imposant un contrôle politico-militaire étroit et permanent. Ces actions, qui utilisent des techniques opérationnelles et des modes d’action inhabituels aux forces conventionnelles [..] sont conduites en temps de paix, crise ou guerre, indépendamment des opérations conventionnelles ou en coordination avec celles-ci. [..] Elles s’en distinguent par un cadre espace-temps différent, la nature et la sensibilité de leurs objectifs, des modes opératoires particuliers et la discrétion qui entoure leur préparation et leur exécution. Elles peuvent s’exercer sans aucune notion d’exclusive dans les champs physiques et immatériels». Ainsi, les opérations spéciales renvoient à des objectifs pour lesquels les capacités, procédures et techniques employées ou principes d’engagement des forces conventionnelles n’apportent pas de réponse appropriée, qu’il s’agisse par anticipation de rechercher du renseignement dès l’apparition de signes de tension, de répondre dans l’urgence à un début de crise tout en préparant l’engagement ultérieur de forces plus conséquentes, de s’attaquer à des objectifs de haute valeur ajoutée, de contraindre un adversaire à la négociation dans une ambiance hostile, ou d’acquérir une supériorité temporaire et localisée. Mais les opérations spéciales ne se définissent pas seulement par leurs objectifs mais aussi par leur pratique, dont les principales caractéristiques sont l’acceptation d’un risque physique, politique et militaire généralement plus élevé que pour d’autres troupes, l’emploi d’opérateurs parfois en nombre, mais aussi souvent en petites équipes qui compensent alors leur vulnérabilité par la discrétion dans la préparation et l’exécution de leurs actions, opérateurs faisant preuve à la fois de réflexion et d’agressivité, d’imagination et de jugement, de non-conformisme et de stabilité psychique et émotionnelle, maîtrisant des procédés d’infiltration et de combat multiples et spécifiques.

Dispositif français d’opérations spéciales

Dans ce contexte, il faut distinguer, au sein du ministère de la défense français, plusieurs opérateurs « spéciaux » dont il importe de préciser les domaines et limites d’action et les interactions possibles. Alors que la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) traite du renseignement de sécurité au sens large et reste seule habilitée à l’action clandestine à l’étranger, pour le renseignement comme pour l’action, la Direction du Renseignement Militaire est la « tête de chaîne » de tous les moyens de renseignement des armées qui s’informent sur les dispositifs militaires étrangers dans les zones d’engagement actuelles ou potentielles. Le dispositif d’opérations spéciales des armées, auquel nous nous intéressons, agit pour sa part uniquement sur les théâtres d’opérations en dehors du territoire national et de manière ouverte, et donc avec des personnels en uniforme, ce qui n’exclut pas très souvent une grande discrétion. Il peut arriver qu’une action clandestine précède une opération spéciale, à laquelle elle passe à terme le relais. Aux Etats-Unis, un exemple clair en a été donné par l’action des forces paramilitaires de la CIA infiltrées en Afghanistan dès octobre 2001, qui ont négocié avec l’Alliance du Nord l’accord pour insertion ultérieure d’équipes militaires de l’USSOCOM en vue d’aider l’Alliance à renverser le régime Taliban. Le dispositif d’opérations spéciales des armées s’articule autour du Commandement des opérations spéciales (COS), un commandement interarmées à vocation uniquement opérationnelle, et des Forces Spéciales, soit environ 3000 personnes des formations ou éléments de forces des trois armées et du service de Santé et quelques dizaines de réservistes sélectionnés qui jouent un rôle particulier du fait de leurs compétences civiles et professionnelles. L’officier général commandant des opérations spéciales, répondant directement aux ordres du chef d’état-major des armées, peut puiser selon les besoins dans le réservoir des Forces Spéciales, constitué pour l’armée de terre par un régiment à vocation d’action spécialisée et un régiment à vocation de renseignement appuyés par une unité d’hélicoptères spécialement conçus pour l’appui aux opérations spéciales, pour la marine par cinq commandos marine dont un commando d’action sous-marine, alors que l’armée de l’air entretient les aéronefs et personnels nécessaires aux actions aériennes spécialisées. Toutes ces unités disposent d’équipements spécifiques et bénéficient d’un entraînement intensif. Constituant une ressource rare, elles ne doivent donc être employées qu’à bon escient, et en toute priorité dans des missions que les forces conventionnelles ne peuvent remplir du fait de la nature ou de la sensibilité de leurs objectifs, de l’ambiance de secret dans lequel elles doivent être menées, des modes d’actions auxquels elles font appel ou encore d’un environnement particulier lorsqu’il faut agir en unité isolée dans un milieu fortement hostile. Cependant, l’efficacité et l’économie des forces commandent que ces forces spéciales puissent également être parfois employées pour des opérations conventionnelles, agissant alors dans une logique de « métier » liée à leurs aptitudes particulières. C’est le cas par exemple lorsqu’un commando de la marine arraisonne, au large des Canaries, un cargo chargé de stupéfiants dans le cadre de l’action de l’Etat en mer contre les narcotrafiquants ou bien lorsque des commandos de l’air assurent en Afghanistan, au profit de la coalition, la permanence du sauvetage et de la récupération de pilotes abattus.

Deux grands champs d’action

On comprend dès lors qu’il existe deux grands champs d’action, non exclusif l’un de l’autre, pour les opérations spéciales : d’une part des opérations qui requièrent des compétences particulières non encore détenues au sein des forces conventionnelles, d’autre part des opérations parfois plus classiques mais qui justifient néanmoins le cadre approprié des opérations spéciales en raison de leur extrême sensibilité. Ce qui fait le spécial, en définitive, c’est la nature ou le niveau de l’objectif à traiter ou bien la nature, la sensibilité des conséquences d’un succès ou d’un échec de ces opérations, qui recouvrent un vaste éventail de missions possibles : reconnaissances effectuées dans des zones où ne sont pas déployées de forces conventionnelles, actions destinées à affaiblir les moyens et la volonté de l’adversaire telles que sabotages, propagande ou soutien à mouvements de partisans, extractions de ressortissants menacés en mettant à profit le rapport agressivité/effectifs élevé spécifique aux Forces Spéciales, ou encore entrée en premier dans une zone de conflit en préliminaire d’un engagement plus massif (action connue sous le vocable « d’ouverture de porte ») , mais aussi missions à caractère plus politico-militaire tels l’encadrement de forces militaires locales à la demande d’un pays ami, la négociation et les contacts avec diverses factions antagonistes lors d’une interposition ou bien encore missions centrées sur l’information dans le cadre d’une politique d’influence. Ces diverses missions sont accomplies sous contrôle direct du général commandant le COS, ou bien sous contrôle délégué à un commandant d’opération sur un théâtre extérieur. Dans ce dernier cas, il faut désormais s’habituer à découvrir dans les états-majors une composante « opérations spéciales » à côté des trois composantes traditionnelles Terre – Air – Mer . Les diverses combinaisons possibles offrent finalement au décideur politique un vaste choix d’options mais également l’assurance d’un contrôle strict des actions menées et d’un cadre juridique clair. De plus, la renommée d’efficacité des forces spéciales et l’aura qui les entoure sont elles mêmes facteurs de dissuasion sur une scène internationale ou des perturbateurs sont toujours tentés de profiter de la faiblesse de certains Etats amis qui savent alors pouvoir compter sur l’intervention de leur allié. Quelques situations tirées d’opérations militaires récentes illustrent divers rôles spécifiques des opérations spéciales sur la scène géopolitique.

Bosnie – Herzégovine 1995-2007

Si à la suite des accords de Dayton les pays de la coalition ont confié la chasse des criminels de guerre inculpés par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) non aux forces classiques de l’IFOR puis de la SFOR mais à leurs dispositifs d’opérations spéciales, c’est moins en raison de la dangerosité des fugitifs et de leurs gardes rapprochées qu’en raison de la sensibilité politique d’arrestation de leaders qui conservent encore dans une partie de la population un prestige intact et des risques d’embrasement qui en découlent dans certaines communautés. Ces missions nécessitent alors un contrôle politico-militaire extrêmement étroit de la part des autorités de l’OTAN comme des autorités nationales qui veillent à la stabilité politique fragile de la Bosnie-Herzégovine, ainsi qu’une liaison permanente avec les activités du TPIY que les opérations spéciales sont par nature aptes à garantir.

Kosovo 1999-2000

Au moment de la campagne aérienne menée par l’OTAN en 1999, des spécialistes du COS ont pu participer aux opérations d’information en direction de la population serbe afin d’expliquer la position de la communauté internationale. En juin de cette même année, après la signature des accords et alors que se met en place la KFOR force internationale chargée de veiller à leur application, l’action discrète d’un petit groupe d’hommes des Forces Spéciales précédant de plusieurs heures à Mitrovica l’arrivée des chars Leclerc de la brigade française, obtient du chef local de l’UCK qu’il diffère l’avancée de ses partisans et du commandement local serbe qu’il fasse retraite sans combat ni exactions d’arrière garde. Cette « ouverture de porte », sans recours à la violence mais dans une ambiance extrêmement tendue, est caractéristique des capacités intrinsèques aux opérations spéciales. Plus tard, en août 2000, alors que la mine et l’usine de plomb de Zvecan, dans la partie serbe du Kosovo, rongés par la rouille et la négligence, sont devenus « une bombe à retardement », un Tchernobyl chimique potentiellement catastrophique pour les populations, les Serbes ne veulent pas entendre parler de fermeture. Il faut donc intervenir par surprise. Le 14 août, vers 3 heures du matin, l’opération Vulcain est déclenchée En moins de trois quarts d’heures, les Forces Spéciales investissent discrètement la place, inspectent chaque recoin et contrôlent les points les plus sensibles, dépôt d’hydrocarbures et transformateur à pyralène. Les gardes ensommeillés n’ont pas eu le temps de mettre la main à leur arme ou d’activer les pièges. Quand le jour se lève, le complexe industriel est sous le contrôle de l’administration de l’ONU sans casse ni effusion de sang.

Afghanistan 2003

Dans le cours de l’année 2003, un détachement important de Forces Spéciales françaises s’installe à Spin Boldack, dans le sud-est de l’Afghanistan. Mais alors que les forces françaises conventionnelles déployées depuis quelque temps à Kaboul le sont dans une logique d’efficacité militaire au sein d’une coalition internationale, la décision de mener une opération spéciale dans le sud-est à une portée politique plus fondamentale. Certes les aptitudes des forces spéciales font merveille dans une région où talibans, trafiquants et bandits font bon ménage, située de plus sur les routes d’infiltration en provenance du Pakistan. Mais surtout la présence de forces françaises à cet endroit, dans une relation bilatérale sous leadership américain, est un signal donné au plus fort de la tension entre la France et les Etats-Unis, signifiant que l’on peut être en désaccord frontal sur le sujet Irakien tout en continuant d’être des alliés fidèles pour la lutte contre le terrorisme entamée à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Cette option politique avait été rendue techniquement possible sur le plan militaire grâce à la certification acquise par le COS en 2002 de la part de ses homologues américain et britannique qui avaient alors vérifié son niveau de compétence et d’intéropérabilité avec leurs propres procédures.

République Démocratique du Congo, 2003

En juin 2003 dans l’Est du Congo à Bunia, les massacres inter ethniques poussent la communauté internationale à agir. Il faut rétablir la sécurité dans la ville, puis élargir le périmètre dans une région infestée de centaines de miliciens armés et d’enfant soldats, ce qu’on appelle pudiquement un environnement non permissif. Il s’agit dès lors de montrer sa force d’entrée, de prendre l’ascendant sur l’adversaire sans se laisser entraîner par les nombreuses provocations ni risquer de donner des prétextes à intervenir aux milices de la région, voire aux pays voisins. Surtout, il est impératif de réussir la mission sans dérapages, il en va de la crédibilité de l’Union européenne pour laquelle il s’agit de la première véritable opération militaire. C’est donc tout naturellement qu’une opération spéciale est organisée en phase préliminaire de l’opération ARTEMIS, faisant appel à des forces spéciales françaises, britanniques et suédoises pour investir la ville, redonner confiance aux populations, puis assurer l’arrivée en sûreté de contingents plus nombreux qui assureront la mission dans la durée.

Conclusion

VENANT en complément d’un dispositif conventionnel qui reste indispensable et s’appuyant sur des forces spécialisées disponibles immédiatement pour remplir dans l’urgence des missions souvent risquées, les opérations spéciales constituent un outil de liberté et d’action dans la main du chef d’état-major des armées et du Président de la République, chef des armées. Elles représentent un apport significatif dans la panoplie des options offertes au décideur quand les circonstances ne sont pas favorables à une intervention massive, coûteuse ou trop visible. Constituant un atout dont l’efficacité se mesure tout autant à l’aune de critères politiques que de critères strictement militaires, elles concourent au statut de puissance de la France.

Copyright 1er février 2008-Ranson/Diploweb.com

Source : http://www.diploweb.com/La-dimension-geopolitique-des.html

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Les Obédiences maçonniques et la tolérance

30 Mars 2013 , Rédigé par Daniel NKOUTA Publié dans #Planches

Une conjonction exclusive ? Sans doute ! Une exclusion pétrifiée ? Là est l'impasse !
Dans la clôture dogmatique, faisant fi d'un questionnement et d'une recherche, qui nous installe dans un psittacisme doctrinaire ravalant le débat à des escar­mouches stéréotypées de quelque catéchisme que ce soit, un endoctrinement utilitaire faisant l'économie d'une recherche intelligente de la vérité : tel est le mal de ce siècle finissant qui pourrait survivre dans le siècle qui commence.
Qui que nous soyons, cette clô­ture dogmatique nous épie. L'ouverture, de plus en plus difficile, nous dérange dans nos trop commodes certitudes. Elle exige le courage de nos peurs surmon­tées. Disons-le, une science qui refuse le questionnement et la recherche intelligente de la vérité se dégrade en idéologie. Un Ordre Initiatique qui refuse le question­nement et la recherche intelligente de la vérité se dégrade en religion.
Il s'infère de ceci, que la Franc- Maçonnerie qui ne s'est jamais définie ni dans l'une ni dans l'autre, méprise le dogmatisme. Je reprendrai ici le propos qu'imprimait notre Très Illustre Frère Georges MARTIN en lettres capitales sur la première page des Bulletins du Droit Humain :
« Les religions s'occupent des relations que les humains doivent entretenir avec la puissance divine pour mériter et obtenir le bonheur éternel après la mort. La Franc- Maçonnerie mixte groupe sous sa bannière les humains de toutes races, toutes religions et nationali­tés afin de rechercher en commun et continuellement les moyens d'assurer chacun la plus grande somme de bien-être matérielle et de bonheur moral pendant sa vie.
Les religions divisent les humains, la Franc-Maçonnerie mixte veut les unir ».
Dans l'ouvrage intitulé « Psycha­nalyse de l'Initiation maçonnique » paru aux Éditions Dervy-Livres en 1975, le premier ouvrage sur la Maçonnerie que j'ai acquis un mois après ma Réception au Grade d'Apprenti à l'Orient de Bordeaux le 13 mai 1985 dans la Respectable Loge RAOUL DELAGE de la Grande Loge de France, notre très Illustre Sœur Grand Dignitaire de la Maçonnerie Fémi­nine Française Éliane BRAULT, écrit à la page 83 ce qui suit :
« Les religions offrent la rési­gnation, avec les promesses de récompense dans un monde hypothétique ; mais aussi avec l'obli­gation d'être rivé à un adversaire
guettant la faute en permanence. La Franc-Maçonnerie ne peut don­ner un conseil; elle apporte le soutien d'une conscience lucide et le libre choix ».
Dans le silence et la quiétude des Temples travaillant aux Rites placés sous le patronage de Saint Jean, le Maillet du Vénérable Maître vient de frapper d'un coup le plateau :
Mon Frère, d'où venez-vous ?
De la Loge de Saint-Jean.
 Qu'y fait-on à la Loge de Saint-Jean ?
On y élève des Temples à la vertu, et l'on y creuse des cachots pour les vices.
Que venez-vous faire ici ?
Vaincre mes passions, soumet­tre ma volonté et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.
Qu'entendez-vous par Maçonnerie ?
 J'entends l'étude des Sciences et la pratique des Vertus.
Tels sont les propos rituels du catéchisme de l'Apprenti contenu dans un manuel classique du XVIIIe siècle: Recueil de la Maçonnerie Adoniramite.
La Franc-Maçonnerie se pré­sente donc comme un Art, celui de bâtir un nouvel homme dans lequel les vertus s'épanouiront au maximum devenant exempt de vices.
De son côté, l'instruction au Premier Degré Symbolique nous enseigne que :
« La Franc-Maçonnerie a pour principes : la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions mé­taphysiques comme étant du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogma­tique. Elle a pour devise : Liberté ­Égalité-Fraternité ».
Tous ces propos sont fort précis et clairs. C'est le lieu de s'interroger sur les schismes qui déchirent la Franc-Maçonnerie, le Franc-Maçon se disant fraternel et tolérant.
Que vaut alors l'interdiction faite par une Puissance maçon­nique à ses membres de fréquenter des Frères et Sœurs d'une autre Puissance maçonnique ? Exactement ce que vaut l'excommunication de l'Église catholique romaine à l'égard de la Franc-Maçonnerie.
Cette question qui a fait couler beaucoup d'encre ici et là, pose la grave interrogation sur la capacité réelle qu'a une Obédience maçonnique, à dénier à un Frère ou une Sœur étranger à cette Obédience sa qualité d'Initié, donc de Maçon, et par là même celle de la régula­rité de sa Loge.
En réalité, tout Maçon, à quelque Rite ou Obédience qu'il appar­tienne, ou qu'il appartienne à une Loge indépendante qui n'est rattachée à aucune Obédience, est régulier, s'il a été reçu Apprenti Franc-Maçon dans les formes requises dans une Loge régulière. Il est dès lors légitime de dire que si nous venions à rencontrer un Frère ou une Sœur dans notre par­cours , il serait simplement insensé de conditionner sa reconnais­sance comme tel à son apparte­nance à telle ou telle autre Obédience. En tant qu'Initié, il est mon Frère, elle est ma Sœur.
Mais au fait qu'est ce qu'une Loge régulière ?
Vouloir affirmer la régularité d'une Loge à partir de son souchage à une Obédience me paraît être une hérésie, une aberration.
Le Frère Jules BOUCHER, s'insurgeant contre les censeurs de la régularité maçonnique écrivait :
« Ceux qui parlent de régularité sont obligés de jeter un voile dis­cret sur leurs propres origines, car l'histoire n'a pas les complaisances des fabricants de Rituels et elle remet cruellement à leur propre place les “excommunieurs” d'aujourd'hui qui furent souvent,
sinon toujours, les irréguliers d'hier»

(J. BOUCHER, La Symbolique maçonnique, chez DERVY 1991 page 196).
En effet, en juin 1717, au jour de la Saint-Jean, quatre Loges londoniennes se réunirent et approuvèrent une Charte. En 1721, cette Charte fut présentée et acceptée par Lord Montaigu qui devint leur Protecteur, et en 1723, elle est publiée sous la signature de: Anderson Author. Anderson, commandité par le Roi George, traita avec un imprimeur en acco­lant son nom à ce document connu désormais sous le nom de Constitutions d'Anderson, qui fut depuis légué à la postérité, comme acte fondateur de la première Obédience maçonnique : la Grande Loge Unie d'Angleterre.
Et sur ce point, Marius LEPAGE, qui a fréquenté les Loges anglaises distributrices de la régularité, reconnaît et déclare ce qui suit :
« Quand on étudie l'histoire de la Grande Loge d'Angleterre en toute impartialité historique, on voit que les Landmark ne sont pas autre chose qu'un mot bien frappé, derrière lequel il n 'y a rien, mais qui est très utile pour sortir d'une situation embarrassante quand on ne sait plus logiquement quoi répondre. Naturellement la Grande Loge d'Angleterre, en toute bonne foi, a cru bien faire en altérant les inaltérables Landmark ».
Henri JULIEN in Régularité exo­térique et Tradition ésotérique en Franc-Maçonnerie, page 24, écrit à son tour: « Landmark, Constitutions d 'ANDERSON, nous restons dans un plan réglementaire ? Cela est peut-être pratiquement utile, mais cela n'a rien à voir avec l'essence initiatique de la Maçonnerie ».
La régularité en réalité ne provient que de la reconnaissance et de cette spiritualité bien personnelle qui ne s'édicte pas; seuls les principes sont transmissibles dans la grande chaîne d'union, et dans les règles traditionnelles régies par la tolérance et la fraternité. Et pour reprendre le propos de notre Frère
Rémi BOYER in Secret de la Franc- Maçonnerie Égyptienne, Denis LABOURE aux Éditions Chariot d'Or, page 10 :
« Depuis quand la reconnais­sance initiatique est–elle obtenue autrement que par un acte parfait sans autre témoin que le Réel ? »
N'ayant pu, hélas, par l'effet de mode résister aux sirènes de la reconnaissance profane, ce virus de la Maçonnerie spéculative a fait irruption dans les Temples où l'on prétend travailler au Rite Égyptien, oubliant que le Rite Égyptien dont la finalité demeure sacerdotale au sens alchimique, a pour caractéristique d'être de nature vibratoire, ce qui nécessite un travail réel sur soi, autrement dit la Gnose, et que ce travail nécessite la présence d'un pyramidion initiatique secret mais bien réel : la HIEROPHANIEdes écoles de mystères, ce para
tonnerre, véhicule de l'énergie vitale seule capable de donner vie à nos travaux, qui guide les esprits sans pouvoir s'incarner de manière apparente. De nos jours, il faut le déplorer, la fonction de HIEROPHANIEse trouve « récupérée » sans droit ni titre, de manière publique personnelle par certains individus, alors qu'il s'agit d'une fonction ésotérique et mystique sécrète, et cela au prétexte de l'introduction dans les structures à caractère initiatique de cette notion étrangère à l'Initiation : la démocratie de démocrates, le pouvoir de la masse, hérésie qui a permis l'élection ou la désignation dans le domaine initiatique de certains personnages sans réelle vertu initiatique voire philosophique, ce qui a conduit notre Rite dans la situation de turbulences dans laquelle il se bat depuis quelques années.

J'ai dit !

Publié dans le Khalam - Bulletin N° 28 - Juin 2009

 Source : www.ledifice.net

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Initiable et Perfectible

29 Mars 2013 , Rédigé par F\ François Edorh Publié dans #Planches

Nous venons à la Franc-maçonnerie par hasard – même si dit-on, le hasard n’existe pas – guidés souvent par un parent ou un camarade ou un ami maçon qui, sous le couvert du secret, et de la discrétion maçonnique nous prive du minimum essentiel devant nous éclairer dans nos décisions, dans nos choix : obédience, rite, obligations même celle d’ordre financier qui nous suivront toute notre vie maçonnique.

Combien d’entre nous peuvent-ils s’enorgueillir d’avoir réussi fermement à se convaincre au moment de leur demande d’adhésion à l’Ordre de ce qu’ils viennent effectivement y chercher ?

Nous connaissons la récitation-réponse aux questions posées à l’audition sous le bandeau : « Mon but en entrant dans la Franc-maçonnerie, c’est mon perfectionnement…» et vous en connaissez la suite.

Quels sont donc les devoirs, les responsabilités d’un présentateur d’un profane qui frappe à la porte du Temple ? Mais que peut attendre un profane naïf d’un Maître présentateur qui n’est pas différent de « Celui qui a reçu la semence parmi les épines » de la parabole du semeur Matthieu 13-V22 ? Or le présentateur garantit la qualité du profane.
Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités,

Le thème de la planche qui fait l’objet de nos réflexions de ce jour à savoir : « Initiable et perfectible » semble à mon humble avis devoir nous amener à méditer un tant soit peut sur la problématique de la qualité de nos recrutements de profanes, de la qualité de ceux-là que nous accueillerons dans la chaîne sacrée de la franc-maçonnerie universelle à travers présentateurs, enquêteurs et tous autres Maîtres de la Loge dès l’instant que le parrainage d’une demande d’adhésion constitue pour le profane concerné un blanc-seing, une garantie de présomption de qualité pour ledit candidat et plus rien ne paraît plus pouvoir remettre en cause son passé douteux, fut-il ténébreux, puisque avons-nous l’habitude d’accepter que tout homme est perfectible.

La Constitution de la Grande Loge de France en son chapitre premier » La Franc-maçonnerie universelle et ses principes » dispose que :
« La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité.
Elle constitue une alliance d’hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances.
La Franc-maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’humanité.
A cet effet, les Francs-maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel. »

Il résulte de cette introduction à la Constitution que l’entrée dans l’Ordre se fait par initiation dans le but de perfectionner l’humanité. Et cette déclaration soulève des interrogations :
Quelle signification révèlent les termes initiation et perfectionnement ? Quelles conditions faut-il remplir, quelle qualité faut-il présenter pour être éligible à l’initiation ? En d’autres termes, tout candidat à l’initiation est-il initiable ? Tout homme est-il perfectible ? Toute initiation induit-elle le perfectionnement de l’homme ? Le perfectionnement de l’homme est-il subordonné à une initiation ?
Pour tenter de répondre à tous ces questionnements, j’articulerai mon morceau d’architecture autour de deux axes :
I - L’INITIATION ET L’INITIABLE
II- L’HOMME PERFECTIBLE EST-IL INITIABLE ?

I L’INITIATION ET L’INITIABLE

L’initiation selon le Petit Larousse Illustré 1989, est soit, « l’action de révéler ou de recevoir la connaissance d’une pratique, les premiers rudiments d’une discipline ;
soit, la cérémonie qui fait accéder un individu à un nouveau groupe d’appartenance (classe d’âge, métier par exemple) dans les sociétés non industrielles ;
soit l’ensemble de rites d’application dans les cultes à mystères de l’Antiquité orientale et gréco-romaine ; soit, aujourd’hui, l’ensemble de cérémonies introduisant dans des sociétés secrètes. »

Comme on le voit, l’initiation se pratique dans beaucoup de pays et dans plusieurs domaines.

Dans nos sociétés traditionnelles africaines, elle se rencontre dans les classes d’âge : les évalas en pays Kabyè, la circoncision chez les Bambaras en Côte-d’Ivoire ou au Mali, l’excision dans certaines régions africaines, l’Akpéma chez les filles Kabyè, etc. ; l’initiation de métier de forgeron dans le village de Yohonou, l’initiation au Fa (la géomancie), au Vodou qui prend plusieurs aspects qu’on ne saurait, par prudence, développer ici. Dans certaines circonstances et dans certaines contrées, des batteurs de tam-tam et des chanteurs titulaires (Hasinon) reçoivent des initiations appropriées pour être performants.
En pays Guins, les Rois sont soumis à des initiations spéciales avant leur intronisation et leur décès est tenu au secret pendant longtemps avant d’être divulgué le moment venu.
Chez les Pédas, les nouveaux-nés subissent trois initiations :
. « Esunkuku » première sortie de l’enfant
. « Edjédada » initiation à l’alimentation en dehors du sein maternel
symbolisée par le sel
. « Vodukon » le baptême au cours duquel est attribué le nom Pédah.

Comme on le constate, nos traditions africaines regorgent de richesses culturelles de moins en moins maîtrisées à cause de leur transmission par voie orale.
D’ailleurs le Passé Vénérable Maître GBEDZE Emmanuel dans sa récente planche sur « Le Secret, le Serment et la Tradition » avait eu à souligner le peu d’intérêt que nous initiés francs-maçons nous portons à la maîtrise de la connaissance desdites traditions. Malheureusement, et c’est le drame, des confessions et sectes religieuses contribuent intensément à leur destruction, à leur disparition.

A ce propos Martin GRAY dans son ouvrage « LE NOUVEAU LIVRE » déclare :
«
Dans les sociétés, jadis, le passage de l’adolescence à l’état adulte donnait lieu à une initiation. Les Anciens, les sorciers, entouraient l’adolescent qui subissait des épreuves. Au terme de ces cérémonies, l’adolescent était devenu un guerrier et pouvait affronter la société des hommes, dont désormais il était membre.

Où sont nos initiations ? Où sont les aînés et les prêtres qui entourent les adolescents ? Qui leur dit que le temps vient, pour eux des responsabilités ? Qui leur dit que la société dont ils font partie doit être respectée ? Qui leur parle du sacré des choses ? Des Ancêtres ?
Dans notre temps sans racines où seule la consommation rapide des objets détermine nos actions, les adolescents sont laissés sans cérémonie initiatique.
Alors, ne t’étonne pas s’ils les organisent à leur gré et s’ils prennent des risques pour se prouver qu’ils sont devenus hommes. Quand ils se lancent à grande vitesse sur des circuits dangereux, quand ils pratiquent la violence et même le vol, quand ils se droguent parfois, ils cherchent à se prouver qu’ils sont des initiés.
»

Je ne saurais clore ce volet d’initiations non maçonnique sans faire allusion à celles qui se pratiquent dans les religions importées notamment chez les Chrétiens Catholiques à savoir le baptême, le diaconat et l’épiscopat.
Que représente à présent l’initiation en Franc-Maçonnerie ?

En Franc-Maçonnerie, le terme d’initiation désigne la réception ou l’admission d’un apprenti. Il n’apparaît pour la première fois dans la terminologie maçonnique qu’en 1801 et devient officiel en 1826, faisant son apparition dans la Constitution du Grand Orient de France.

Durant tout le XVIIIème siècle, la cérémonie d’apprenti en France est simplement appelée réception. Dans les années 1740, lorsque le récipiendaire frappe à la porte de la Loge, il était présenté comme un gentilhomme qui demande à être reçu maçon, et cela qu’il fût noble ou roturier.

Selon Irène MAINGUY :
«
l’initiation a une vocation universelle, visant à favoriser les possibilités de réalisation de tout être (homme ou femme) qui a la volonté de travailler à l’épanouissement harmonieux de ses potentialités physiques, psychiques et spirituelles, de recréer en lui ou elle un prototype d’être parfait, crée à l’image de Dieu, comme celui décrit dans la Genèse.

L’initiation veut dire à la fois commencement et mise en route. C’est un processus qui sert à ouvrir l’entendement et permet de comprendre non seulement les apparences de ce qui nous entoure, mais aussi la nature profonde des choses. Par ce chemin, la connaissance conduit à l’unité, comme l’ignorance à la multiplicité dans laquelle il y a danger de se perdre.
»

Etre initié, c’est renaître autrement à soi-même. L’initiation correspond à un processus volontaire pour s’extraire du monde profane, du monde chaotique, de la matière, pour recevoir par l’intermédiaire d’une chaîne ininterrompue, l’influence spirituelle. Celle-ci ne sera opérante que par un travail actif sur soi, permettant petit à petit à l’initié de rectifier, comme dans l’image de la taille de sa pierre qui représente la succession de ses efforts jusqu’à la perfection espérée.

L’initiation est le point de départ qui permet à tout cherchant de pouvoir développer ses possibilités latentes, d’éveiller son entendement, son esprit. Ce travail individuel nécessite l’effort, le courage, la lutte et la persévérance. C’est une voie active, de quotidiennes remises en questions, un état d’instabilité permanent, inconfortable, mais nécessaire à l’éveil de la conscience.

Trois critères sont généralement admis pour que l’initiation puisse un jour être effective :
La qualification ou aptitude de l’être
La réception régulière des rites et la transmission du rituel
La réalisation personnelle par l’effort physique, intellectuel et spirituel

Selon Benoist, les conditions les plus impératives pour recevoir l’initiation peuvent se résumer en quatre points : la pureté du corps, la noblesse des sentiments, l’ampleur de l’horizon intellectuel et la hauteur de l’esprit.
On ne saurait trop souligner le caractère rituel de toute initiation et aucune n’existe sans le respect et l’accomplissement de certains rites. L’initiation est une cérémonie qui a des règles et des exigences en matière de lieu, de temps et d’action.

- Le Lieu : L’initiation, une cérémonie à caractère sacré ne peut se dérouler que dans un lieu sacralisé par un rituel, un temple ou autre lieu clos, à couvert du monde profane, fréquenté par des initiés seulement.
- Le Temps : Le rituel se situe dans un temps privilégié immuable de douze heures entre midi et minuit.
- L’Action : C’est le symbolisme contenu et mis en action dans les différentes étapes de la réception.
Guérillot quant à lui constate que toutes les voies initiatiques véritables guident l’homme vers le respect de lui-même et de l’autre. Toutes, d’une façon ou d’une autre dérivent de la loi d’Amour. Elles sont difficiles et réclament des efforts incessants. Aucune ne confère de pouvoirs, de supériorité, de savoirs cachés mais toutes sont des voies d’humilité et d’accomplissement du devoir. »

Mais alors, quelles conditions doit-il remplir, quelles qualités doit posséder un postulant pour paraître éligible aux mystères d’une initiation ?
Dans notre Afrique profonde et traditionnelle, les personnes âgées dépositaires de nos secrets ou détentrices de pouvoirs occultes pour l’entretien et la protection de la famille, de la communauté ne les transmettent qu’à des jeunes sérieux, dignes de probité, qui font preuve de circonspection et de maîtrise de soi dans leur comportement.
En effet, à quoi serviront nos valeurs initiatiques si elles doivent contribuer à l’autodestruction de nos sociétés ?

Ne nous étonnons donc pas si le triste constat est que nous assistons de plus en plus à leur disparition parce qu’il existe hélas, de moins en moins de personnes dignes de confiance pour recevoir leur transmission.
En franc-maçonnerie, tout profane qui frappe à la porte du Temple détient-il toutes les aptitudes pour sa réception ? En d’autres termes, tout profane est-il initiable aux mystères de l’Art Royal ?

Initier quelqu’un, c’est le mettre à un début de chemin. Ce n’est pas le mettre dans « un » chemin, ni le mettre au début du « seul » chemin, ou encore de le mettre au début de notre chemin. Il s’agit de le mettre au début de « son » propre chemin. Le chemin non pas qu’il va suivre, ou poursuivre, mais qu’il va créer, avec l’aide des frères mais en restant libre de sa démarche.

L’initiation est une démarche accompagnée de serments faits à soi-même, en présence des autres, témoins de l’alliance promise par soi-même au « futur soi-même ».
La Franc-Maçonnerie à ses règles qui ne contraignent que ceux qui le veulent bien et assument de se conformer (et non obéir) à leurs serments et à leur conscience.

Pour Oswald WIRTH dans son ouvrage « Les mystères de l’Art Royal » :
« Tout bois n’est pas bon à faire un Mercure, toute roche ne fournit pas une pierre convenable aux constructeurs, tout aspirant à l’initiation n’est pas initiable. »

Pour demander à devenir Franc-maçon ; il faut désirer la lumière. Or nous ne désirons que ce qui nous manque ; il est donc nécessaire de se sentir dans les ténèbres pour éprouver le besoin d’en sortir… Celui qui croit posséder la vérité ne songe pas à la chercher, de même que le juste satisfait de sa vertu néglige son perfectionnement moral. Il est donc compréhensible que le savant figé dans sa science dédaigne de se faire initier, car riche de ce qu‘il sait, il n’a pas plus à solliciter une instruction nouvelle que le croyant certain de ses croyances.

L’initiation s’adresse donc aux esprits inquiets, à ceux que ne satisfait pas ce qu’ils ont pu apprendre. Il faut être mécontent de soi-même, de son savoir et de sa sagesse, pour aspirer à mieux. Celui qui adhère à un intangible credo religieux, philosophique, scientifique ou politique à tort de se diriger vers la porte du Temple… La vocation initiatique se rencontre parmi ces vagabonds spirituels qui errent dans la nuit après avoir déserté leur école ou leur église, faute d’y trouver leur Vraie Lumière.

L’Initiable doit être un « homme libre et de bonnes mœurs » ; c’est pourquoi d’ailleurs, dans le Rituel de réception au premier degré symbolique, la formule « libre et de bonnes mœurs » est proclamée par le Frère Expert d’abord en se portant garant du postulant avant son introduction dans le Temple par la porte basse, ensuite à la fin de chacun des trois voyages.
La même formule est également rappelée par le Frère Orateur dans la lecture des principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie du Rite Ecossais Ancien et Accepté, après l’entrée du candidat dans le Temple.

Dans cette formule traditionnelle « Né libre et de bonnes mœurs » la liberté de naissance ne concerne pas uniquement l’état de liberté relativement aux engagements que prend un Franc-Maçon à savoir : venir aux réunions et remplir ses devoirs d’initiés ; il s’agit de la liberté spirituelle qui implique une mort libératrice conduisant à une nouvelle naissance. Pour se dire initiatiquement libre, il faut s’être affranchi de l’esclavage profane.
L’initiable doit comprendre qu’en initiation pure, rien ne s’enseigne dogmatiquement et ce qu’il apprend, il ne peut le découvrir qu’en lui-même en s’initiant réellement aux mystères de l’Art c’est-à-dire, en acceptant de devenir un artiste de l’Art de penser, essentiellement basé sur l’impartial discernement du vrai et du faux. Un postulant qui refuse de s’initier à l’Art des penseurs pour se sentir capable de chercher en lui-même une vérité qui ne peut lui être offerte de l’extérieur, un postulant qui manque de perspicacité restera profane en dépit de la plus solennelle réception cérémonielle car, si contrairement aux espérances qu’il avait fait concevoir aux initiateurs il se montre inapte aux œuvres de l’esprit, il ira malheureusement grossir le nombre des appelés qui ne sont pas élus.

L’analyse des critères de qualification d’un candidat à l’initiation repose la problématique du choix, du recrutement de profane initiable aux mystères de la Franc-Maçonnerie même si nous admettons que tout homme est perfectible. Cependant, la question se pose de savoir si la perfectibilité de l’homme induit à l’évidence son initiation ?

II- L’HOMME PERFECTIBLE EST-IL INITIABLE ?

Etre perfectible, c’est être susceptible d’être perfectionné, de se perfectionner. Le perfectionnement, c’est la qualité, l’état de ce qui est parfait, qui n’est pas susceptible d’amélioration ; personne, chose parfaite en son genre. Perfectionner, c’est rendre plus proche de la perfection, améliorer. Se perfectionner, c’est devenir meilleur ; améliorer ses connaissances, progresser, devenir parfait c’est-à-dire réunir toutes les qualités.

Depuis les temps immémoriaux, le monde s’est édifié sous le signe de la perfection. Dans le Livre de la Genèse chapitre I versés 1 à 2 du Volume de la Loi Sacrée, il est déclaré : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »
Alors patiemment, de façon ingénieuse, Dieu perfectionne son œuvre. Ainsi pendant six jours – le septième pour se reposer – Dieu mit en place toutes les structures du monde : lumière, ténèbres, jour, nuit, ciel, terre, mer, soleil, lune, étoiles, végétation, arbres fruitiers, animaux, poissons, oiseaux etc. et enfin l’homme, qu’il dota du pouvoir de domination, de vertus, d’intelligence et de sagesse pour s’identifier à son créateur, gouverner et poursuivre avec perfection l’œuvre.

A travers des siècles, l’homme n’a donc cessé d’améliorer son existence par son génie créateur qui lui permet de s’investir dans des recherches scientifiques, techniques et technologiques pour transformer son milieu, son environnement, se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner, se déplacer sur terre, sous terre, sur mer, sous mer, dans le ciel, s’éclairer etc.

L’homme crée à l’image de Dieu ne porte-t-il pas lui-même le germe de la perfection ? Du fœtus du sein de sa mère, il se développe pour naître après neuf mois. Alors commence sa vie sur terre : enfance, adolescence, âge adulte, troisième âge, vieillesse, mort et peut-être réincarnation plus tard… l’éternel recommencement.

Dans toutes les dimensions de sa vie, l’être humain cherche toujours à se surpasser, à considérer chaque aboutissement comme un nouveau point de départ pour une meilleure conquête.

Ainsi donc tout homme, quel que soit son domaine de compétence est perfectible (élève, enseignant, intellectuel, artisan, artiste, sportif, paysan et j’en oubliais). Comment cela pourrait-il en être autrement face au rythme effréné imprimé au progrès scientifique, technique et technologique en ce début du troisième millénaire, ère de l’Internet, des bébés in vitro. Celui qui se dérobe à sa propre remise en cause, à son adaptation, à sa formation, au recyclage, bref à son perfectionnement par la connaissance est vite dépassé, se sclérose et s’auto élimine.

La Franc-Maçonnerie universelle souscrit à la perfectibilité de l’homme et la Grande Loge de France la proclame aux alinéas 3 et 4 du 1er Chapitre de sa Constitution en ces termes : « La Franc-Maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’Humanité.
A cet effet, les Francs-Maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel. »

Pour Jacky FRANKLIN, juif de confession et franc-maçon de la G\L\D\F\, « Dieu a fait le pari de la perfectibilité de l’homme en devenir. La création n’est pas terminée, l’homme continue la création. Pour être exact, il est créateur pendant six jours et le septième il redevient créateur pour honorer son Dieu. »

Pour le juif, l’éveil spirituel est la clé de son devenir. Il lui appartient de parfaire la création. C’est donc en toute logique que la Kabbale nous apprend que la première question qui est posée à celui qui accède au monde d’en haut après la mort terrestre, est : « Es-tu devenu ce que tu es ? »

Pour le Franc-Maçon, l’homme est aussi créateur de lui-même. Sa vie est un voyage, non pour faire mais pour devenir. Il devra passer du « Connais-toi toi-même » à « Deviens qui tu es » puis » Découvre ce à quoi tu sers. » Le voyage qui amène à la perfectibilité et à la liberté est un voyage à l’intérieur de soi qu’il faut accomplir en taillant la pierre, symbole de l’homme, du matériel au spirituel.

Il ressort de ces assertions que l’homme est perfectible dans toutes ses dimensions. Cependant j’incline à me persuader que sa perfectibilité n’induit pas l’évidence de son aptitude à une véritable initiation aux mystères de l’Art Royal s’il n’est pas au préalable initiable c’est-à-dire digne d’être initié, de s’initier à l’art de penser.

Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités, la Franc-Maçonnerie n’admet en son sein que des postulants libres et de bonnes mœurs, formule qui implique à mon humble avis un abandon véritable des métaux synonyme d’abandon du vieil homme pour un homme nouveau, d’une mort libératrice conduisant à une renaissance. Cela exige de l’éternel apprenti que nous devons être, que nous devons rester, une bonne dose de connaissance de soi, une permanente introspection par l’application de la formule hermétique VITRIOL, beaucoup d’humilité, de courage, de tolérance, de justice, de charité, de foi et d’Amour.

Mon très cher et aimé Frère, toi qui m’écoutes en ce moment, je t’invite à expérimenter avec moi cet exercice d’introspection et aussi de rétrospection pour te poser comme moi la question de savoir d’où tu viens, qui tu es, que deviens-tu ? C’est une invite à reprendre la barque du parcours initiatique pour répondre à la sollicitation : qu’as-tu fait, que fais-tu, que feras-tu de la lumière reçue dans ce temple et dans ton temple.
Je me souviens comme c’était hier des péripéties de mon initiation. Je ne sais pas si j’étais digne d’être admis aux épreuves, si j’étais initiable, mais je me rappelle toujours ce que mon parrain le Fr\ D’A\ A\ G\ Geo\ paix à son âme, passé Vénérable Maître de cette Loge : « François tu es un maçon sans tablier », peu après son affectation dans mon service à la Direction Générale du Plan et je n’y comprenais rien.

Quelques temps après ma demande d’admission à l’Ordre, j’ai été convoqué pour mon audition sous bandeau avec rendez-vous devant la Société d’Ameublement B\ non loin de la Colombe de la Paix. J’étais présent avant l’heure fixée mais, après plus d’une heure d’attente, j’ai déserté les lieux pour rentrer chez moi. Quelle lèse majesté à un Directeur de Service ? Vous avez certainement compris par mon comportement le sens du symbolisme de l’abandon des métaux. Je me suis assagi le jour du deuxième rendez-vous.
Après mon initiation on me demande de présenter mes impressions et je voudrais livrer à votre méditation la première phrase introduisant ma planche d’impressions d’initiation que j’ai empruntée à un auteur classique français : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Je laisse humblement à votre appréciation quel genre de franc-maçon je suis devenu. Un modèle à suivre ? je ne sais pas mais j’en doute. Ce que je sais –comme dirait l’autre – c’est que je ne sais rien, je suis resté un éternel apprenti. Ce que je sais également, c’est que les plateaux d’officiers me laissent indifférents et celui de commissaire aux comptes s’est imposé à moi ; autrement, j’aurais déserté les Colonnes du Delta du Bénin pour mieux me positionner dans la toute première Loge à l’occasion d’essaimage. J’ai été initié aux Hauts Grades dans une Loge sous les auspices du Suprême Conseil de l’Afrique de l’Ouest onze ans après ma cooptation par une loge du Suprême Conseil de France.

Nous étions cinq à recevoir la lumière ce 23 juin 1979. Nous sommes restés trois en activité, deux sur les colonnes du Delta du Bénin dont mon cher Fr\ T\ A\ et un sur les colonnes des Disciples d’Hiram. Les deux autres ont démissionné l’un au grade de Compagnon et le second après sa maîtrise.

Je profite de l’occasion pour rendre un vibrant hommage au premier passé Vénérable Maître de cette Loge et qui lui aura tout donné, toujours sur les colonnes parmi nous malgré ses problèmes de santé, le vigilant oeil du Maître, dusse sa modestie en souffrir, l’infatigable et Respectable Frère aîné G\ F\.

J’ai amené à la Franc-Maçonnerie comme présentateur plusieurs jeunes frères dont la majorité appartient à ma famille et je vous prie de m’en excuser. Ai-je gagné le pari ? A eux-mêmes d’abord et à vous de l’apprécier. Je souhaite cependant qu’ils soient des maillons solides dans notre chaîne d’union et que l’apprenti dépasse le Maître.
Pour les Francs-Maçons, l’homme est perfectible et il est perfectible par la connaissance, par la connaissance du monde, mais en même temps, par la connaissance de soi, car on ne libère pas les autres sans se libérer soi-même et les deux mouvements doivent aller en même temps. La Franc-Maçonnerie est donc une école qui permet à l’homme, avec les outils de la raison, de devenir lui-même.

Mais on n’entre pas facilement dans la franc-maçonnerie, car son idéal ou ses méthodes particulières ne conviennent pas à tout le monde. L’engagement maçonnique est sérieux et ne doit pas se prendre à la légère. Il suppose que la personne qui fait sa demande soit prête à faire un effort personnel sur elle et autour d’elle, qu’elle croie en la possibilité de s’améliorer et de parfaire la société, qu’elle recherche la tolérance et partage l’idéal de liberté, égalité et fraternité, qu’elle soit à l’aise dans un groupe, qu’elle ait une sensibilité s’accordant avec le symbolisme et la démarche initiatique.

Le choix des profanes postulant à l’initiation aux mystères de l’ordre doit être sérieux, rigoureux, sélectif.

Au nom du principe de la perfectibilité de l’homme, des frères favorisent grâce au parrainage, l’admission dans nos Temples, des profanes nullement ou insuffisamment préparés, pour servir de tremplin à l’arrangement de leurs affaires, pour du copinage ou du clientélisme.
Ces profanes « ininitiables » devenus francs-maçons malgré eux sont déçus dès leur réception et font des excuses avec oboles leur règle d’assiduité sur les colonnes s’ils ne les désertent pas à très brèves échéances, fiers qu’ils restent de leur ego, toujours lourds de leurs métaux.
Malheureusement et c’est le drame, certains de ces frères sont toujours parmi nous et réussissent à atteindre l’ultime grade de notre rite et semblent à mon humble avis constituer un danger pour notre ordre. Sinon, comment expliquer les récents évènements de triste mémoire tels qu’on nous les avait révélées à l’occasion de notre dernière fête du Rite à Abidjan. Comme disait un illustre maçon de notre Loge que je me permets de paraphraser, il faut tout cela pour faire la Franc-Maçonnerie.

A ce propos Oswald WIRTH déclare : «
Les disciplines de l’esprit ont leur raison d’être ; aussi convient-il que le croyant inébranlable en sa foi demeure fidèle à sa religion, que le philosophe ancré dans son système en reste prisonnier, que le scientifique s’en tienne à ses conceptions, que sectes et partis, doctrines et opinions conservent leurs adhérents. Ce n’est pas l’initiation qui les leur dispute. Religieux ou laïcs, les troupeaux humains retiennent les timorés que ne tourmente aucune soif d’indépendance ; il n’y a donc pas à émanciper ceux qui ne sauraient se passer de tutelle.
Quant aux autres, ils se libèrent d’eux-mêmes pour naître à une liberté qui les autorise à se dire nés libres. Ce sont eux que les Francs-Maçons reconnaissent dignes d’être admis aux épreuves de l’initiation.
»

CONCLUSION

Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités,
« Initiable et perfectible » tel est le thème du sujet de réflexion de notre tenue de ce jour et j’aurais pour ma part préféré l’inverse à savoir « perfectible et initiable ». Ce thème à mon sens pose la problématique des qualités des profanes qui frappent à la porte de nos temples c’est-à-dire leurs aptitudes à être éligibles aux mystères de l’Art Royal. En l’occurrence, c’est la responsabilité de toute la Loge en général, en particulier celle du présentateur et notamment celle des enquêteurs qui sont engagées.

Je vous ai livré une planche déjà longue et vous voudrez bien m’en excuser. Cependant, il y a lieu de souligner l’importance de l’admission d’un profane à l’initiation et l’attention qu’il faudra y attacher.

Selon Irène MAINGUY « Il ne faut pas prendre la chose à la légère et se dire que l’on verra bien après l’admission si le choix a été bon ou mauvais et que les indésirables s’élimineront d’eux-mêmes par la suite. Elle estime que l’admission faite à contretemps entraîne souvent des risques aux conséquences graves. En effet, celui qui est reçu et, après un temps plus ou moins long déserte nos temples est un élément qui peut devenir dangereux. N’ayant pas assimilé nos enseignements, il les dénigrera, les tournera en dérision et c’est parmi ces ex-Frères que l’on rencontre souvent les ennemis les plus acharnés de la maçonnerie ».
En ce sens, la G\L\D\F\ a conçu un schéma de rapport d’enquête qui permet, en l’exploitant avec soin, de cerner la qualité du profane, apprécier s’il est libre et de bonnes mœurs, libre parce que disposant librement de sa personne, libre de toute contrainte qui soit un obstacle, et que son esprit n’est pas inféodé à une idéologie totalitaire ; de bonnes mœurs c’est-à-dire homme loyal, d’honneur et de probité.

Je suggère à ce propos que soit envisagé à l’avenir à l’intention des Maîtres une ou des planches d’éducation maçonnique sur les enquêtes et le parrainage.

Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités, en cette année maçonnique, celle de notre 33ème anniversaire placée sous le signe de la solidarité, perfectibles et initiables, éternels apprentis, prenons l’engagement de toujours nous remettre en cause – cent fois sur le métier remettons l’ouvrage - afin de maintenir en éveil et faire briller au dehors la lumière spirituelle latente en nous pour faire de la Franc-Maçonnerie le Modèle souhaité. Puisse la sagesse assister notre légitime ambition, la force la soutenir, la beauté l’orner pour que la paix règne sur la terre, l’amour règne parmi les hommes et que la joie soit dans les cœurs. On n’est pas initié, on s’initie soi-même.

J’ai dit.

source : www.ledifice.net

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Christianisme primitif

27 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #RL Laurence Dermott

Pour tous ceux qui s’intéressent au christianisme primitif, je vous informe que c’est le sujet qui est traité actuellement sur le blog de la Loge de Recherche Laurence Dermott :

http://logedermott.over-blog.com

 

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Méditation Martiniste

27 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Les pauvres âmes que nous sommes tous ont en eux les trois lumières: celle des sens, celle de l'intelligence, celle du cœur. Suivant leur avancement, mais toujours à travers la lourde matière, l'une ou l'autre domine. Souvent la troisième ne brille que par instants,. heureux quand ces instants sont fréquents ! Tout d'abord dans la jeunesse, la pure lumière du cœur, pourtant très vive alors, tend à être éclipsée par celle des sens qui semble plus brillante, plus attirante; l'autre, l'imagination, ce que les hommes appellent l'esprit tend à supprimer la troisième, parce que l'âme est ivre comme d'un parfum trop fort. Pourtant il y a de brusques révélations: la tendresse, le pur rayon brille soudain, voilà le ciel entr'ouvert ! Hélas, plus le rayon a été brillant, plus l'âme est déçue ! Le rayon a dû passer par la chair, et il l'a purifiée certes, mais avec quelles douleurs!

D'autre part, l'Intelligence qui aspire à la lumière, l'a cherchée auprès d'elle, parmi les hommes, ses frères; mais, comme elle s'aperçoit vite que ce qu'elle a pris pour un flambeau n'était qu'une vague lueur ! Tristes, découragées, elles cherchent, elles cherchent encore les pauvres âmes, elles s'attachent à nouveau à des corps qui les meurtrissent et les déçoivent, jusqu'à ce qu'enfin, elles s'arrêtent éperdues. Les unes, les moins clairvoyantes, restent dans la chair ou dans la joie amère de leur orgueil, de leur égoïsme; les autres franchissent le cercle fatal, parce qu'elles ont, à travers les erreurs et les mensonges, toujours regardé le ciel, parce qu'à travers la chair, elles ont aimé l'Amour et que ne le trouvant jamais sans alliage ici-bas, elles y croient plus que jamais, mais aspirent à sa source. Et tout à coup, leurs illu-sions disparaissent, la vérité leur apparaît: les lu-mières n'en sont qu'une: l'Amour et l'Intelligence avec la Sagesse, la bienheureuse Trinité, resplendis-sent, unique soleil. Et tout est révélé, tout est compris, il n'y a plus de paroles, il n'y a que l'adoration.

Désormais, l'Ame purifiée et brûlante du vrai, du seul amour, ne connaîtra plus la solitude, dans chaque amour terrestre elle verra l'appel anxieux et ne songera qu'à prier pour appeler le divin amour, dans cette autre partie d'elle-même, car il y a des milliards d'âmes et il n'y a qu'une âme; et c'est une joie de penser qu'à travers les passions, les injures, les malédictions, les haines, les souffrances, tous les cris s'élèvent pour l'Amour, pour Lui seul. Et elle se sent enfin heureuse, définitivement consolée, la pauvre Psyché, puisque l'Amour n'est pas une illusion, puisque l'étincelle qui la vivifie saura retrouver le Soleil dont elle est venue. Sous le manteau dont elle est couverte, sous la chair dont elle est revêtue, les autres âmes la regarderont passer. Beaucoup, et ce sera sur celles-là qu'elle se penchera avec le plus de sollicitude, ne la reconnaîtront pas, la croiront ennemie, elle devra bien se cacher pour ne pas être atteinte par leur égarement. En revanche; d'autres se sentiront attirées et viendront pour sentir la chaleur divine. Celles-là chanteront ensemble l'Hymne de la joie, mais combien peu nombreuses seront-elles ! Qu'importe, l'Inconnue ira, humble et douce, tendre et con-solatrice, ne s'imposant jamais, secourant en silence, n'attendant rien de la terre qui ne peut rien lui donner, mais distribuant sans se lasser son inépuisable trésor. Son ami divin, toujours présent, sera sa force, il la soutiendra toujours, et la guidera jusqu'au bienheu-reux moment où il l'attirera si fort qu'elle quittera sa prison de chair!

Et les trois lumières éclairent aussi l'Alchimiste qu'est l'homme. C'est seulement un autre symbole: voici les ferments précieux, qui doivent être enfermés dans la matière, pour être purifiés; d'abord, c'est le noir, la lutte avec les passions, l'enfer du doute; et puis, c'est le blanc, le pressentiment de la Beauté. Et puis, c'est la pierre qui donne l'éternelle jeunesse, l'éternelle santé, l'éternelle beauté ! Et puis, c'est le métal précieux, enfin, enfin ! Je ne connais pas l'Alchimie, et n'ai jamais rien lu là-dessus, mais je sens qu'il faut l'entendre ainsi.

Qu'est-ce que c'est jamais, pour nous, une réalisation matérielle quelconque ? L'Or? Il est en nous, et les pierres précieuses et tout, tout ce que nous admirons dans l'Univers, et c'est notre cœur l'Athanor Magique et Immortel.

(Texte publié dans la revue L'INITIATION de Mars 1907)

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

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Marcher au milieu de la route avec les fils de Caïn

26 Mars 2013 , Rédigé par Traduction Chantal Duros Publié dans #spiritualité

Il est une histoire assez commune—celle de l'homme qui marche au milieu de la route et reçoit les missiles volants des parties en guerre des deux côtés! La leçon dans l'intolérance implicite est presque trop évidente pour requérir un commentaire : nous reconnaissons tous le danger aussi bien que les vertus de la Voie du Milieu. Les étudiants occultes s'enorgueillissent particulièrement eux-mêmes de leur liberté de pensée, leur ouverture d'esprit, leur tolérance, et parfois s'arrogent la seule propriété de la Voie du Milieu de Tolérance. Les étudiants en Philosophie Rosicrucienne n'en sont pas exempts.

Nous pensons tous que nous sommes tolérants parce que nous sommes étudiants des Enseignements de la Sagesse Occidentale; mais nous ne réalisons pas toujours que l'expression véritable de tolérance est purement un problème individuel, et n'a rien à faire avec la Philosophie Rosicrucienne. Nous ne devons pas non plus confondre indifférence et tolérance. Il est facile lorsque vous n'appartenez à rien de prier toute chose, ou de blâmer toute chose; mais être enveloppé cœur et âme dans une idée ou un mouvement et alors prier de tout cœur pour une idée ou un mouvement contraire, cela est tolérance; c'est marcher dans la Voie du Milieu. Par conséquent, définissons, dans un but de clarté, le véritable individu tolérant comme celui qui, parfois affilié, parfois non, est capable de discerner et d'évaluer la vérité et la beauté dans presque toutes les activités et associations humaines, sans égard pour ses propres inclinations personnelles.

Considérons un moment qu'il est rare que chaque philosophie, spécialement une philosophie religieuse, soit violemment partisane. Les fondateurs des systèmes philosophiques sont habituellement trop profondément conscients de leurs limitations humaines pour s'établir eux-mêmes ou leurs enseignements comme infaillibles.

Il a été dit en vérité que la plus grande punition d'un maître est d'avoir des disciples, car ce sont les adhérents à une philosophie qui déclarent la guerre aux choses non essentielles dans les enseignements.

Ainsi, par exemple, le Christianisme primitif se sépare en factions sur le compte de la fameuse hérésie Aryenne, et le Protestantisme moderne débat sur le baptême, où, quand et comment il sera administré; alors que parmi les Catholiques modernes la plus jeune génération se dispute avec la plus ancienne sur la nécessité de la Confession et la moindre attention au cérémonial. Ces disputes, cependant, ont peu à faire avec le Christianisme lui-même, avec ce que Carl spencer Lewis appelle "le simple (cœur) Christianisme", et sera finalement emporté d'un côté dans une parfaite union avec la Vérité. Toutes les vraies religions prennent la Voie du Milieu dans leurs enseignements ésotériques, amis les guerres et les rumeurs de guerres depuis des siècles portent témoignage que les suiveurs de tels enseignements furent incapables de distinguer le côté du milieu, et ainsi tombèrent dans la bataille.

La Philosophie Rosicrucienne, étant une interprétation ésotérique du Christianisme, prend la Route du Milieu; mais hélas, ceux qui sont étudiants la trouvent par conséquent extrêmement difficile à maintenir hors des fossés de l'erreur et de la bigoterie où nos compagnons des églises se sont retranchés. Ceci n'est pas une critique de l'Eglise. L'Eglise fait un travail merveilleux pour l'humanité, mais ses instruments sont humains, et donc sujets à ces erreurs qui sont le résultat de la mortalité et de la faillibilité. Nous, aussi, sommes sujets à l'erreur, à degré égal. L'esprit humain est normalement myope et nécessite les lunettes de l'Amour, aussi bien que de la Raison, pour corriger sa vision. Autrement nous ne pouvons pas voir pour marcher dans la Voie du Milieu de la Tolérance et de la Compassion.

Mais, nous ne pouvons pas simplement composer nos esprits pour l'amour, et puis l'amour. Nous devons aimer quelque chose. Ni ce n'est une excuse pour l'inaction de dire, "bien, si je ne peux faire ceci dans un esprit juste je ne le ferai pas du tout". Nous apprenons en agissant; et en faisant une bonne action, en prononçant un bon mot, nous élevons graduellement l'amour en les autres et leur réaction éveillera l'esprit juste en nous, car nous sommes tous un en Jésus Christ. Tout ce qui est nécessaire est que nous désirions avoir l'esprit juste.

Ceci est le seul moyen de développer l'Amour pour corriger notre courte vue mentale. Mais nous ne devons pas limiter notre pratique à nos collaborateurs. Nous devons mettre cela en pratique également sur nos opposants. Nous ne devons pas tomber dans l'erreur de croire que c'est suffisant d'être tolérant moralement et émotionnellement. Nous devons être intellectuellement tolérants, aussi. Nous devons avoir une compréhension intelligente des croyances de nos opposants. Ceci, aussi, est une expression de l'amour.

Les étudiants occultes, étant "Fils de Caïn", c'est à dire, prônant juger toute vie par la raison plutôt que par la foi, trouverons cette tolérance intellectuelle la plus difficile à atteindre. Ils peuvent sympathiser avec la sincérité des croyances de leurs opposants, mais ils ne pourront assister, se sentant juste un peu méprisants de la faiblesse intellectuelle apparente qu'ils découvriront parmi les Fils de Seth (ceux qui vivent par la foi). Et cela signifie que les descendants de Lucifer n'ont pas encore appris la leçon que leur arrogant ancêtre apprit lorsqu'il échoua à amalgamer l'expérience des âges ! Car puisque Lucifer chuta lorsqu'il refusa de travailler avec l'eau, dans la Période la Lune de l'évolution de la Terre, ainsi nous, aussi, pouvons chuter si nous refusons d'élever Seth à l'intérieur de nous au moyen du principe de l'Amour de la Madone (l'eau), à travers laquelle, immaculée, est né Jésus, le véhicule du Christ Intérieur.

Nous qui sommes les Fils de Caïn, afin de corriger nos faiblesses particulières, devons nous efforcer intellectuellement de comprendre les vérités et les beautés cosmiques du christianisme orthodoxe. Pour faire ceci, nous devons d'abord tous chevaucher notre dédain pour les Credos. Les Credos, nous pouvons les établir en tant que nos hypothèses fondamentales, sont les fruits naturels de cristallisation, et toutes les philosophies spirituelles lorsque revêtues de mots cristalliseront ici. Même notre propre philosophie—Max Heindel prévit le jour—tend à se cristalliser elle-même, et prendra un jour le chemin de toutes les philosophies exprimées par l'homme, bien que son esprit vivra toujours.

En tant que preuve du processus de cristallisation, nous observons que même aujourd'hui il y a des centaines de gens qui, à cause de quelques expériences psychiques dans leurs vies, veulent prendre les paroles de Max Heindel pour chaque chose sous le soleil, physique ou spirituel, même lorsqu'ils ne comprennent pas ces paroles inspirées. (Et combien de nous les comprennent ?) Ces gens ne se rassemblent pas vers la Théosophie, parce que leur instinct religieux a été construit autour de l'idéal du Christ. Par conséquent, ils acceptent le Rosicrucienne.

Les credos sont faits pour le rang et le classeur des gens. Les credos (du latin credere, croire, avoir foi) sont simplement des formulations explicites de la foi. Aussi la Philosophie Rosicrucienne tend la main à l'humanité, et des millions de croyants se rassemblent sous sa bannière—comme ils le veulent assurément; il est ainsi écrit—quel en sera le résultat ? La majorité d'entre eux sera extraite des masses qui comprennent actuellement le Christianisme orthodoxe, la Franc Maçonnerie orthodoxe, et l'agnosticisme. De quoi d'autre peuvent-ils être extraits ? Nous ne sommes pas une vague de vie de pionniers.

Bien sûr, puisque l'évolution avance, le véhicule matériel de l'esprit devient de plus en plus raffiné; néanmoins, il y a une place pour la cristallisation de ce véhicule relative aux besoins de son esprit énergisant, et quand un certain point de cristallisation est atteint, il doit se désintégrer. Il a alors prolongé son utilité.

Si les philosophies de l'homme évolué sont concernées, il y a toujours quelques-uns qui comprennent et beaucoup qui croient. Il en a toujours été ainsi, depuis le tout début de l'évolution de l'homme en tant qu'homme. Ceci a résulté en la division entre les maîtres et les élèves, les maîtres expliquant, les élèves croyant lorsqu'ils ne pouvaient pas raisonner. Maintenant les étudiants avancés peuvent comprendre le maître, et ont peu de difficulté à suivre ses instructions, mais il y en a beaucoup qui ne peuvent les entretenir. Pour le bienfait des étudiants moins avancés il devient nécessaire de présenter les enseignements dans la forme la plus simple possible. Ainsi, dans toutes les religions et toutes les philosophies, nous avons l'équivalent d'un Credo.

Malheureusement, les credos ne sont pas formés par le maître, mais par les élèves avancés après que le maître n'est plus présent avec ses explications éclairées. La raison de ceci n'est pas à chercher bien loin : chaque vérité cosmique peut être approchée sous différents angles. Les différents points de vue en résultant peuvent sembler contradictoires. Aussi longtemps que le maître vit pour les apparentes contradictions, tout est bien. Après qu'il soit parti, personne ne demeure que les étudiants brillants, qui, n'étant que des étudiants, échouent souvent dans leurs jugements. Cependant, il n'y a personne d'autre pour décider de ces points pour leurs frères plus lents, et le résultat est un Credo—c'est à dire, une déclaration claire et concise des enseignements saillants et fondamentaux d'une philosophie ou d'une religion, qui, bien qu'habituellement possédé d'une grande signification, peut néanmoins contenir des erreurs. Ceci n'est pas tout. Le Credo lui-même n'est pas toujours correctement compris par ses adhérents, et ceci résulte en nombreux commentaires par des intelligences inférieures; donc, une plus grande confusion.

Nous trouvons un exemple de cette confusion sémantique et épistémique parmi les églises Chrétiennes, car il n'y avait pas de credos jusqu'après l'influence personnelle du Christ et de Ses apôtres et que leurs disciples immédiats aient quitté la terre.

Un autre exemple est l'emprise de la science matérialiste sur l'esprit de masse. Aujourd'hui la majorité des gens acceptent les théories scientifiques en tant que faits donnés par Dieu (habituellement sans le Dieu), et avec peu ou pas d'effort pour les tester ou les comprendre. Il est aisé de démontrer ce fait : pas un individu parmi une centaine, ne peut prouver, ou donner la preuve, que la terre est ronde au lieu d'oblongue; qu'elle tourne sur son axe, ou qu'elle tourne autour du soleil. Cependant il croit ces faits aussi implicitement qu'il croit en Dieu. Et non peu d'individus optent pour la vérité de faits "scientifiques", ou à l'exclusion de, à la vérité de Dieu. Il serait en effet intéressant de demander à certains de nos jeunes agnostiques de collège de prouver les théories scientifiques qu'ils acceptent comme credo de leur existence.

L'humanité ne se désintoxiquera pas de cette condition de choses dans approximativement les sept cents années restant de la Dispensation des Poissons. Pas du tout ! Elle s'ajustera plutôt elle-même à une nouvelle croyance. En vérité, cet ajustement aura requis le don d'une impulsion additionnelle pour l'esprit, mais n'attendons pas trop de cela ! L'ajustement d'une religion à une domination scientifique—de la foi à la raison—requérrait un stimulus intellectuel, aussi, mais il n'a pas créé une nouvelle humanité.

Aussi, la Dispensation du verseau n'abolira ni la nécessité pour, ni l'abus de Credo. Mais alors au lieu du Credo orthodoxe il y aura un Credo Rosicrucien, ou son équivalent, bien que la Philosophie Rosicrucienne, par sa véritable nature, ne se cristallisera jamais dans une forme aussi établie que les credos de l'Age des Poissons—tout comme la tyrannie de la science, due à quelques siècles d'évolution, n'est pas (encore)aussi rigide que la tyrannie théologique du Moyen Age.

Et ainsi, ayant vu que ce Credo ou son équivalent est une excroissance naturelle de l'évolution sur le plan physique, nos intellects de Caïn rebelles ne deviennent-ils pas un peu plus humbles ? Ne voyons-nous pas le moyen d'amalgamer le feu et l'eau par la compréhension intellectuelle des Fils de Seth ? Ne réalisons-nous pas que les Credos de l'Eglise sont parmi les plus valables documents de l'humanité, remplis de lumière spirituelle pour le cœur ?

Nous ne pouvons pas, en ce moment entrer dans une longue discussion sur la signification ésotérique des Credos de l'Eglise Orthodoxe; cependant nous ne pouvons pas conclure sans donner quelque idée de la façon de trouver cette signification. Il n'est point besoin d'arguer que nous ne pouvons obtenir quelque chose à partir de rien; donc, si par la méditation sur un Credo nous apprenons un fait occulte dont nous étions auparavant ignorants, mais qui peut être vérifié par des autorités occultes, alors le Credo contient certainement une vérité occulte.

Faisons un examen rapide du Credo des Apôtres, le document de l'Eglise le plus valable sur le plan occulte. Le Credo est le suivant :

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du Ciel et de la Terre. Et en Jésus Christ, Son Fils Unique, notre Seigneur; qui a été engendré de l'Esprit Saint; qui est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli; est descendu aux enfers; est monté aux cieux; le troisième jour est ressuscité des morts; s'est assis à la droite du Père Tout-Puissant; d'où il viendra pour juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte église catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle. Amen.

La méditation sur ce Credo en relation à la Philosophie Rosicrucienne révélera le fait (si vous ne le savez pas déjà) que Marie, dans cette formulation, représente le Cœur; le Saint Esprit, la Force sexuelle; Jésus, la Robe Nuptiale d'Or; et le Christ, l'Esprit de Vie. Le Credo, bien sûr, a sa signification cosmique, mais l'interprétation individuelle sera d'un intérêt plus intime pour nous. Ponce Pilate, représentant l'esprit inférieur, nous montre l'intellect s'efforçant de bien faire, mais tombant dans l'erreur. Pour prouver l'exactitude de cette analyse, voyons comment ces facteurs oeuvrent dans le grand schéma du Golgotha individuel.

La force sexuelle régénérée (le Saint Esprit), s'élevant du Feu de l'Esprit à travers la moelle épinière, fait vibrer certains éthers à tel point qu'ils deviennent lumineux. Ces éthers, cependant, sont ceux qui dans le cœur, (né de la Vierge marie) furent extraits du courant sanguin, coulant le long de la Corde d'Argent vers l'atome germe du corps vital au plexus solaire, et furent réfractés dans la moelle épinière, lorsqu'ils s'élevèrent en volume croissant vers la tête. Se déversant à la fin, ils pénètrent l'aura entière, formant la Robe Nuptiale d'Or. Rappelez-vous que ce Vêtement Nuptial d'Or correspond à Jésus, et par conséquent véritablement "né d'une Vierge" (le Cœur purifié), ayant été conçu par la force sexuelle régénérée, qui construit les branches de la croix du cœur. Le Cœur Immaculé, alors, porte en avant la Robe Nuptiale d'Or en tant que résultat des principes féminins d'Amour, de Pureté et de Service.

Puis, alors que l'Esprit Solaire, Christ, a pris possession des véhicules de Jésus, ainsi le Christ Intérieur, l'Esprit de Vie, prend possession de ce Vêtement Nuptial d'Or composite.

Max Heindel nous informe que cette substance est la force ou l'esprit cristallisé. Il établit également que la Région des Forces Archétypales est la ligne de séparation entre l'esprit et la matière. Il s'ensuit, par conséquent, que l'Esprit de Vie est un voile de force (comme le sont aussi les deux autres aspects de l'égo, les Esprits Humain et Divin), à travers lequel se manifeste l'égo.

Cette Force Esprit de Vie ne peut pas se manifester dans le monde physique sans un véhicule relié à cette région. Le Vêtement Nuptial d'Or est ce véhicule. Plus il est hautement organisé, plus puissamment l'égo peut amener les Forces de l'Esprit de Vie à porter la vie ici dans la région physique; et puisque l'Esprit de Vie est le véhicule qui porte les rapports de toutes les incarnations passées, et qui y est en contact, parce qu'il y est relié avec le monde de la Sagesse Cosmique, il s'ensuit logiquement que le tissage du Vêtement Nuptial d'Or nous mettra en contact avec la sagesse Cosmique, et que nos esprits également deviendront illuminés, et que nous apprendrons sans avoir recours aux livres. Puis ce sera l'histoire entière de nos incarnations qui nous sera révélée.

Pour comprendre ce qui est signifié par la déclaration que Jésus Christ fut "crucifié, mort, et enseveli; descendu aux enfers, et le troisième jour ressuscita des morts", il est nécessaire de connaître ce qu'Il fit en enfer. Selon Dante, dans l'Enfer, Il travailla parmi les esprits du Purgatoire durant ce temps, et prit avec lui un tiers des âmes des morts, qui montèrent aux cieux ensuite. Ceci nous révèle le fait, par conséquent, qu'il est nécessaire pour Jésus, conçu de façon immaculée et né du Cœur Vierge, et adombré par le Pouvoir Christ, de descendre jusqu'aux enfers de notre propre nature inférieure (envoyé là par le jugement, l'esprit inférieur, ou Ponce Pilate), et d'élever ces forces jusqu'aux cieux avec nous. Ceci nous rappellera la déclaration de Max Heindel que le développement spirituel dépend de la victoire du corps vital sur le corps désir. Nous nous souvenons aussi qu'il est nécessaire pour l'Initié de rencontrer et de maîtriser le Gardien du seuil, et un fait postérieur est amené à la lumière par le Credo, à savoir que le Gardien n'est pas totalement transmué à la première Initiation. L'Initié rachète une partie du Gardien, et fait serment de racheter le reste, tel qu'il est révélé dans la tradition de l'Eglise que le Christ prit avec Lui un tiers des âmes en enfer. Remarquons plus loin que le Gardien est composé des trois essences du péché : l'essence péché des actes mauvais, l'essence péché des pensées mauvaises, l'essence péché des mauvaises émotions, générées durant toutes nos vies terrestres.

Pour comprendre la signification des "trois jours"—un terme trouvé dans la littérature occulte—nous devons réaliser que les trois segments de la moelle épinière sont gouvernés par la Lune, Mars et Mercure. A la lumière des Enseignements Rosicruciens, il est évident que le Feu de l'Esprit, qui est élevé à travers la moelle épinière et coloré principalement selon celle des trois vibrations planétaires avec laquelle il a le plus d'affinité, n'est pas élevé en totalité à la première Initiation. Au contraire, l'Initiation est consommée lorsque suffisamment de Feu a été élevé pour fournir le moteur au pouvoir, et cette même quantité de pouvoir rend l'Initié capable de sublimer partiellement ou racheter le Gardien.

L'Esprit Feu triple, dont la montée en développement spirituel est reliée aux trois signes ardents, le Bélier, le Lion et le Sagittaire, s'élève à travers les trois segments de la moelle épinière et vitalise les trois paires de nerfs spinaux à la base du cervelet, qui ainsi représente "les trois jours". Le travail du candidat suivant immédiatement l'Initiation a une référence spéciale avec les trois segments de la moelle épinière et ces trois paires de nerfs, et l'élévation ultérieure du Feu Spinal, au moyen duquel la sublimation partielle du gardien mentionnée plus haut est accomplie. Par conséquent, l'individu "Christifié" passe trois jours en enfer, mais prend avec lui dans les cieux seulement un tiers de la population de l'enfer. Un travail continu est nécessaire pour élever suffisamment de pouvoir afin de racheter complètement le Gardien.

Lorsque Jésus (symbolisé par le Vêtement Nuptial d'or), à présent Jésus Christ (car Il incarne le Christ Intérieur, l'Esprit de Vie), s'élève d'entre les morts, Il monte aux cieux, où Il s'assoit à la droite du Père Intérieur, l'Esprit Divin. Ce fait référence au fait que les deus Aspects Principaux de l'Esprit doivent toujours œuvrer ensemble, car le Père et le Fils sont Un, et positif et négatif doivent s'unir dans le travail de création. L'ascension dans les cieux, bien sûr, se réfère à la complétion de l'expérience Initiatique, par laquelle l'égo libéré fonctionné à volonté sur les deux plans, dans et en dehors du corps dense.

"De là Il viendra juger les vivants et les morts" fait référence au jugement de l'égo sur tous les péchés et les bonnes actions de toutes nos incarnations, à la fois avec châtiment pour les premiers, lequel jugement est impossible sans la sagesse cosmique et la mémoire du Christ Intérieur, l'Esprit de Vie, et est par conséquent notre Juge.

Il semble difficilement nécessaire de donner l'interprétation des sentences de conclusion du Credo des Apôtres, mais certains mots peuvent être utiles pour ceux qui n'en ont pas fait une étude.

Nous croyons tous en l'Esprit Saint, puisqu'il est le pouvoir créateur de vie, (la force sexuelle en étant un des aspects), et c'est le pouvoir par lequel toute fie en forme est conçue. Sans ce principe de Déité il ne pourrait y avoir de vie d'aucune sorte.

Nous croyons en l'église catholique, dans le sens où catholique signifie universelle, et nous savons que l'enseignement du Christ est destiné à être embrassé par le monde entier, car Il est l'Esprit Intérieur, dont le corps, nous, l'humanité, sommes le temple et l'église des croyants et des connaisseurs.

Nous croyons en la communion des saints, car nous savons que tous les individus purs et saints, dédiés au service de l'humanité, ont leur pouvoir pour communier directement avec Jésus et Christian Rose Croix sur des plans invisibles; et nous avons tous en notre pouvoir, par contact avec le Christ Intérieur, de connaître consciemment l'amour du Christ Cosmique, et de communier avec Lui.

Nous croyons au pardon des péchés, puisque nous savons que les rapports du péché dans le pôle négatif de l'éther réflecteur peut être effacé par contrition, repentance, réforme et restitution. Et que Jésus et le Christ Intérieur nous aident à effectuer ce pardon ne pose guère de doute; ni que ce pardon ne puisse pas être volontairement accompli s'il ne l'avait été en sacrifice véritable sur le Golgotha il y a deux mille ans.

Nous croyons en la résurrection de la chair dans le sens que nous renaissons encore et encore sur cette terre dans une succession de corps physiques. Le moment venu, nous ressusciterons de façon permanente dans les régions éthériques (dans la Période de Jupiter pour l'humanité collective) afin de vivre dans nos corps de l'âme.

Nous croyons en la vie éternelle parce que nous savons qu'en tant qu'étincelles de divinité envoyées de Dieu il ne peut y avoir de mort ontologique pour nous.

Ayant donné ce compte rendu très insuffisant sur les Mystères du Credo des Apôtres—ce document le plus ancien, le plus occulte de l'Eglise Orthodoxe, dont l'origine a supposément suivi les Apôtres eux-mêmes—nous espérons que avons présenté les doctrines de l'Eglise sous une lumière nouvelle, afin que d'autres étudiants dévoués à notre Philosophie Rosicrucienne soient inspirés pour faire une étude intensive des enseignements de l'Eglise Chrétienne, Protestante, Orthodoxe, et Catholique, et ainsi hâtent le jour de notre union en Christ avec les Vérités Cosmiques de la Franc Maçonnerie et du Catholicisme. En vérité, l'Eglise a son pouvoir; et son plus grand pouvoir est l'Amour. Nous ne pouvons jamais espérer donner au monde ce que l'Eglise lui a donné à moins de comprendre en nos cœurs, et avec nos intellects, les perles de sagesse incorporées dans le grand cœur des institutions de Seth.

Nous terminerons avec ceci, proposant à tous les Fils de Caïn de s'efforcer de marcher au Milieu de la Route. Ceci signifie s'efforcer de comprendre intellectuellement les vérités cosmiques qui doivent être trouvées dans les croyances des Fils de Seth, et dans les paroles d'un de nos étudiants Rosicruciens, "pour sentir et connaître ces vérités dans le cœur; car 'tel que l'homme pense en son cœur, ainsi est-il'. Ainsi seul à travers le pouvoir uni de la tête et du cœur apprendront-ils à laisse s'écouler la Mer d'Airain.

RAYS JUILLET AOUT 2002 ANITA OLIN

  

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/marcher_au_milieu.htm

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L'homme debout se met en marche

25 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La religion chrétienne a magnifié le symbolisme de la croix. Les quatre bras de la croix du Christ sont les quatre horizons qui crucifient le monde. Le pied, planté en terre, représente les assises, les fondations de la vraie foi. Le montant vertical est l’Ascension.
Les deux bras horizontaux sont ceux de Jésus qui embrasse le monde dans un geste de charité et d’amour fraternel. Une légende veut que la Croix fût faite du bois d’un acacia planté par Seth sur la tombe d’Adam.
Le Golgotha est donc, selon cette tradition, le lieu où repose le premier homme de l’ancienne humanité et où meurt pour renaître l'homme d'un nouveau monde.
Une autre légende, affirme que la Croix est faite du bois de l'Arbre de Science. Ainsi, l'arbre ayant causé la chute d'Adam est celui de la Rédemption.

Ces deux récits mythiques, d'une grande richesse symbolique, font que l'Arbre de Vie, l'Arbre de Science et la Croix sont axes du monde.
La croix évoque aussi la fusion ou la séparation, l'implosion ou l'explosion, selon que l'on considère un mouvement centripète ou centrifuge.
La Croix du Golgotha, avec son pied planté en terre, est récepteur d'énergies, mais aussi émetteur.
La croix évoque également le chiffre quatre : les quatre points cardinaux, les quatre saisons, les quatre éléments, les quatre Évangélistes...
La croix est un symbole qui, sous ses formes diverses, se rencontre à peu près partout, et cela dès les époques les plus reculées; elle est donc fort loin d'appartenir proprement et exclusivement au christianisme, comme certains pourraient être tentés de la croire.

Adam, le premier Homme symbolique, était Androgyne et Inconscient de sa nature. Il possédait encore, dans son expression de l’unité vivante, toutes les potentialités futures. Il s’assimilait à l’Unité Universelle.

Au début de l’involution, la Croix se révèle par deux lignes qui se croisent. Par la suite, chacune des quatre branches de La croix désigne la même force, mais considérées dans leurs états vibratoires opposés.
Le trait vertical, qui représente à mes yeux mon fil à plomb, ma recherche intérieure; celui qui m’a permis de découvrir les richesses enfouies au plus profond de moi-même, d’élever mon esprit, est de nature active et positive, il manifeste sa force dans le plan divin et dans le plan physique. C’est pour cela que je puis dire que «Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.»
Ce trait vertical est la Perpendiculaire, la ligne de connaissance de soi. Elle m’est indispensable pour corriger mes penchants excessifs, éviter des erreurs ou les rectifier; elle me permet également de déceler et excuser les erreurs ou les fautes des autres, de peser mes mots et mes gestes.

Le trait horizontal, ou mon Niveau, est quant à lui de nature passive, réceptive, il manifeste également ses qualités dans les deux plans, il m’a permis de m’élever encore plus dans le plan spirituel.
Grâce à lui je remets de l’ordre dans ma vie quotidienne, je lâche prise sur le passé et repars d’un pied neuf chaque jour.
Les extrémités de la ligne horizontale de la Croix ou du niveau symbolisent un état passif: l’un plonge dans l’accessible et l’autre s’étend dans l’éternité de l’esprit.
Je suis fascinée par la croix elle me prouve visuellement que le contacte que j’établis entre mon fil à plomb et ma règle graduée et que je nomme «ma ligne de foi» a crée des changements dans ma vie intérieure qui se répercutent dans ma vie extérieure.
Pour moi le centre d’une croix est le cinq, l’homme réalisé, c’est le pilier invisible qui représente chaque maçon en évolution, le quatrième pilier de notre carré long.

La Croix est l’un des cinq symboles fondamentaux qui sont, suivant l’ordre de leur apparition dans le monde de l’intelligence Humaine :
le centre ou le point.
le cercle.
le triangle.
le carré.
la croix.

A mesure que l’homme les assimile, ces symboles se complètent et s’adaptent à la Connaissance Humaine.
D’un point, qu’est la première figure tracée par le compas, je trace un cercle. Du point, symbole du début de toute manifestation, de nous même, grain qui meurt pour renaître, nous formons le cercle.
Le carré apparaît dans la mouvance du cercle. Le plus irregulier des carrés n’est rien d’autre qu’un cercle cabossé, qui se souvient de son ancienne perfection.
Dès lors il y a possibilité à un observateur de se trouver à l’intérieur. Symboliquement un homme intérieur est appelé centre.
Comme le cercle, le carré est une figure centrée. Le centre du carré coïncide avec le centre du cercle. Ce point commun est le lieu favorable de toutes les ruptures, de tous les passages d’un monde à un autre.
La croix est le symbole qui fait passer du carré au cercle. La croix est une figure qui joint deux à deux les points diamétralement opposés, communs au cercle et au carré inscrit. En elles se joignent le ciel et la terre, entre elles se mêlent le temps et l’espace.

En commençant ma planche je ne réalisais pas ou allaient me mener mes recherches.
Attirée par l’Etoile Flamboyante, dévoilée à mes yeux et à mes sens par un parcours douloureux que j’ai comparé à un chemin de Croix, je n’ai jamais pu les dissocier complètement.
Je les superposais toujours et j’ai fini par déceler l’Homme en chacune d’elles sans trop savoir m’en expliquer les raisons.
Maintenant je connais les origines de cette attirance. Je vois, reconnais, le symbole de vie dans la Croix; elle représente à mes yeux Immortalité et Résurrection comme l’Etoile.
Je suis fascinée par ces deux symboles au travers desquels il m’est permis de voir la force centrifuge émanent du centre du cercle où il m’est possible de les inscrire à l’aide de mon Compas.
Avec mon compas ouvert à 45 degrés je commence à dominer la matière, je travaille avec plus de discernement et de justice.

« Nul Homme terrestre ne percevra l’Esprit, si ce n’est en sa propre Chair ». Scwaller de Lubicz.

Le centre de la croix représente l’Homme dans sa totalité, dans ce qu’il a de divin, la conscience. Ce centre d’où tout part et où tout revient, le cinquième point ou l’Unité, le Verbe, l’Amour Universel.
Ce point et ce cercle sont donc à mes yeux, l’amour et la sagesse.
Le cercle représente l’Univers, le point L’Etre suprême qui le tient et l’anime.
Ce centre est le point ou je pose mon levier, je m’appuie sur l’Amour.
L’amour c’est travailler à son propre bonheur pour ensuite l’offrir à l’autre.
Dans mes recherches sur la croix, J’ai constaté que la croix est également, l’homme debout, qui a pris conscience de son état.
Etre debout ne suffit pas, il faut être en marche, pouvoir agir, ce qui m’amène à mon étoile.
L’Etoile est le chemin initiatique de la compagnonne. Je suis matière et j’ai la possibilité de me transformer, de me définir.
Avant d’agir, je peux me déplacer en parcourant intérieurement le tracé de mon étoile.
De l’Orient, surgit une impulsion créatrice, l’éveil du sens des responsabilités et je passe du haut vers le bas; vers la Force source de volonté, de courage et de joie afin que mes actions soient bien fondées.
L’idée remonte doucement vers la Raison, la puissance expansive de l’amour réel, impersonnel, le don de soi afin de rencontrer la stabilité provisoire et de permettre la visualisation par l’Intuition.
La chute douce développe avec harmonie l’action dans la sage direction du Feu qui anime, vers la Beauté. Elle permet la réalisation de l’action avec Sagesse et permet ma transformation en être authentique, autonome et réfléchi.
Pour qu’elle devienne flamboyante je dois être bien dans «ma peau» et pour cela je dois être capable, afin de rayonner, d’équilibrer: tout ce que j’ai en moi de beauté et d’imagination, sans perdre la raison mais avec la force décuplée que me donne mon levier afin d’arriver vers la Sagesse.

Ayant trouvé l’équilibre entre la Matière et l’Esprit, n’étant plus complètement dans les Ténèbres, j’ai poursuivi mon chemin avec sincérité droiture et discernement.
Etant en mesure de concilier les extrêmes en m’appuyant sur les bases, on ne peut plus solides, que mes Instructrices m’ont transmises, je pense être enfin arrivée à la Synthèse; que j’espère réussir, avec l’aide de vous toutes mes Sœurs.

La Première Instructrice ou deuxième surveillante m’a fait passer du Deux au trois, elle m’a montré la Lumière qui Luit dans les Ténèbres et que le gris peut être cette Lumière.
Que rien n’est Tout Blanc comme Rien n’est Tout Noir, que le Trois est, cette Lumière. Elle m’a montré le Cinq, donc moi-même.

La Deuxième Instructrice ou première surveillante, n’a pas eu la tâche plus facile!!!!!
Celle-ci m’a montré les Dangers des outils mal employés. Elle m’a enseigné l’Art de Construire.
J’ai donc appris à utiliser ma Règle et mon Niveau.
J’utilise maintenant mon Equerre pour Contrôler et Vérifier mon Levier avant de l’utiliser.

Le cordon de ma première surveillante est orné d’un niveau à son extrémité. Il lui permet de seconder la vénérable Maîtresse durant les travaux en Loge et faire en sorte que toute la tenue se déroule selon les usages de la F M au Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Si nécessaire, elle peut, d’un seul coup de maillet, prendre la parole et ainsi aider la Vénérable Maîtresse quant à la direction et le sens des travaux en cours.
Après la Vénérable, elle est la première à avoir la parole, elle l’assiste directement pour ouvrir et fermer nos travaux , et veille, avec la collaboration de la Couvreuse, à ce que le Temple soit couvert.
Le Fil à Plomb suspendu sur l’angle droit, lui indique ou rappelle son état d’Apprentie permanent et les difficultés que nous rencontrons toutes.
La droiture et la rectitude dont elle est garante, ne doivent pas être contestées, troublées durant les travaux en cours.

Au cours des instructions, elle s’efforce de trouver le niveau des compagnonnes placées sous sa responsabilité. Elle se place au niveau de chacune, et, à l’aide de son propre Niveau, elle détecte la sensibilité, la perspicacité de chacune, avec beaucoup de patience.
Ce travail accompli, elle pourra rectifier quelques imperfections, sinon toutes, avec sa règle.
Ainsi, je peux m’élever en toute rectitude et droiture au plus haut niveau que je serai capable d’atteindre.

Lentement , mais sûrement., en essayant à chaque voyage, d’élever mon propre Niveau, je reviens vers ma surveillante Epanouie, rayonnante et plus Forte.
L’équerre mesure la Rectitude, voire les aspérités de la Pierre du Temple Vivant que je suis.
Je cherche le meilleur emplacement, le point d’appui qui me permettra de poser mon Levier et de m’élever, tel un oiseau , vers des niveaux toujours plus hauts, infinis.

J’ai dit V\M\

Source : www.ledifice.net

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