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Hauts Grades

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Christianisme primitif

27 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #RL Laurence Dermott

Pour tous ceux qui s’intéressent au christianisme primitif, je vous informe que c’est le sujet qui est traité actuellement sur le blog de la Loge de Recherche Laurence Dermott :

http://logedermott.over-blog.com

 

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Méditation Martiniste

27 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Les pauvres âmes que nous sommes tous ont en eux les trois lumières: celle des sens, celle de l'intelligence, celle du cœur. Suivant leur avancement, mais toujours à travers la lourde matière, l'une ou l'autre domine. Souvent la troisième ne brille que par instants,. heureux quand ces instants sont fréquents ! Tout d'abord dans la jeunesse, la pure lumière du cœur, pourtant très vive alors, tend à être éclipsée par celle des sens qui semble plus brillante, plus attirante; l'autre, l'imagination, ce que les hommes appellent l'esprit tend à supprimer la troisième, parce que l'âme est ivre comme d'un parfum trop fort. Pourtant il y a de brusques révélations: la tendresse, le pur rayon brille soudain, voilà le ciel entr'ouvert ! Hélas, plus le rayon a été brillant, plus l'âme est déçue ! Le rayon a dû passer par la chair, et il l'a purifiée certes, mais avec quelles douleurs!

D'autre part, l'Intelligence qui aspire à la lumière, l'a cherchée auprès d'elle, parmi les hommes, ses frères; mais, comme elle s'aperçoit vite que ce qu'elle a pris pour un flambeau n'était qu'une vague lueur ! Tristes, découragées, elles cherchent, elles cherchent encore les pauvres âmes, elles s'attachent à nouveau à des corps qui les meurtrissent et les déçoivent, jusqu'à ce qu'enfin, elles s'arrêtent éperdues. Les unes, les moins clairvoyantes, restent dans la chair ou dans la joie amère de leur orgueil, de leur égoïsme; les autres franchissent le cercle fatal, parce qu'elles ont, à travers les erreurs et les mensonges, toujours regardé le ciel, parce qu'à travers la chair, elles ont aimé l'Amour et que ne le trouvant jamais sans alliage ici-bas, elles y croient plus que jamais, mais aspirent à sa source. Et tout à coup, leurs illu-sions disparaissent, la vérité leur apparaît: les lu-mières n'en sont qu'une: l'Amour et l'Intelligence avec la Sagesse, la bienheureuse Trinité, resplendis-sent, unique soleil. Et tout est révélé, tout est compris, il n'y a plus de paroles, il n'y a que l'adoration.

Désormais, l'Ame purifiée et brûlante du vrai, du seul amour, ne connaîtra plus la solitude, dans chaque amour terrestre elle verra l'appel anxieux et ne songera qu'à prier pour appeler le divin amour, dans cette autre partie d'elle-même, car il y a des milliards d'âmes et il n'y a qu'une âme; et c'est une joie de penser qu'à travers les passions, les injures, les malédictions, les haines, les souffrances, tous les cris s'élèvent pour l'Amour, pour Lui seul. Et elle se sent enfin heureuse, définitivement consolée, la pauvre Psyché, puisque l'Amour n'est pas une illusion, puisque l'étincelle qui la vivifie saura retrouver le Soleil dont elle est venue. Sous le manteau dont elle est couverte, sous la chair dont elle est revêtue, les autres âmes la regarderont passer. Beaucoup, et ce sera sur celles-là qu'elle se penchera avec le plus de sollicitude, ne la reconnaîtront pas, la croiront ennemie, elle devra bien se cacher pour ne pas être atteinte par leur égarement. En revanche; d'autres se sentiront attirées et viendront pour sentir la chaleur divine. Celles-là chanteront ensemble l'Hymne de la joie, mais combien peu nombreuses seront-elles ! Qu'importe, l'Inconnue ira, humble et douce, tendre et con-solatrice, ne s'imposant jamais, secourant en silence, n'attendant rien de la terre qui ne peut rien lui donner, mais distribuant sans se lasser son inépuisable trésor. Son ami divin, toujours présent, sera sa force, il la soutiendra toujours, et la guidera jusqu'au bienheu-reux moment où il l'attirera si fort qu'elle quittera sa prison de chair!

Et les trois lumières éclairent aussi l'Alchimiste qu'est l'homme. C'est seulement un autre symbole: voici les ferments précieux, qui doivent être enfermés dans la matière, pour être purifiés; d'abord, c'est le noir, la lutte avec les passions, l'enfer du doute; et puis, c'est le blanc, le pressentiment de la Beauté. Et puis, c'est la pierre qui donne l'éternelle jeunesse, l'éternelle santé, l'éternelle beauté ! Et puis, c'est le métal précieux, enfin, enfin ! Je ne connais pas l'Alchimie, et n'ai jamais rien lu là-dessus, mais je sens qu'il faut l'entendre ainsi.

Qu'est-ce que c'est jamais, pour nous, une réalisation matérielle quelconque ? L'Or? Il est en nous, et les pierres précieuses et tout, tout ce que nous admirons dans l'Univers, et c'est notre cœur l'Athanor Magique et Immortel.

(Texte publié dans la revue L'INITIATION de Mars 1907)

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

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Marcher au milieu de la route avec les fils de Caïn

26 Mars 2013 , Rédigé par Traduction Chantal Duros Publié dans #spiritualité

Il est une histoire assez commune—celle de l'homme qui marche au milieu de la route et reçoit les missiles volants des parties en guerre des deux côtés! La leçon dans l'intolérance implicite est presque trop évidente pour requérir un commentaire : nous reconnaissons tous le danger aussi bien que les vertus de la Voie du Milieu. Les étudiants occultes s'enorgueillissent particulièrement eux-mêmes de leur liberté de pensée, leur ouverture d'esprit, leur tolérance, et parfois s'arrogent la seule propriété de la Voie du Milieu de Tolérance. Les étudiants en Philosophie Rosicrucienne n'en sont pas exempts.

Nous pensons tous que nous sommes tolérants parce que nous sommes étudiants des Enseignements de la Sagesse Occidentale; mais nous ne réalisons pas toujours que l'expression véritable de tolérance est purement un problème individuel, et n'a rien à faire avec la Philosophie Rosicrucienne. Nous ne devons pas non plus confondre indifférence et tolérance. Il est facile lorsque vous n'appartenez à rien de prier toute chose, ou de blâmer toute chose; mais être enveloppé cœur et âme dans une idée ou un mouvement et alors prier de tout cœur pour une idée ou un mouvement contraire, cela est tolérance; c'est marcher dans la Voie du Milieu. Par conséquent, définissons, dans un but de clarté, le véritable individu tolérant comme celui qui, parfois affilié, parfois non, est capable de discerner et d'évaluer la vérité et la beauté dans presque toutes les activités et associations humaines, sans égard pour ses propres inclinations personnelles.

Considérons un moment qu'il est rare que chaque philosophie, spécialement une philosophie religieuse, soit violemment partisane. Les fondateurs des systèmes philosophiques sont habituellement trop profondément conscients de leurs limitations humaines pour s'établir eux-mêmes ou leurs enseignements comme infaillibles.

Il a été dit en vérité que la plus grande punition d'un maître est d'avoir des disciples, car ce sont les adhérents à une philosophie qui déclarent la guerre aux choses non essentielles dans les enseignements.

Ainsi, par exemple, le Christianisme primitif se sépare en factions sur le compte de la fameuse hérésie Aryenne, et le Protestantisme moderne débat sur le baptême, où, quand et comment il sera administré; alors que parmi les Catholiques modernes la plus jeune génération se dispute avec la plus ancienne sur la nécessité de la Confession et la moindre attention au cérémonial. Ces disputes, cependant, ont peu à faire avec le Christianisme lui-même, avec ce que Carl spencer Lewis appelle "le simple (cœur) Christianisme", et sera finalement emporté d'un côté dans une parfaite union avec la Vérité. Toutes les vraies religions prennent la Voie du Milieu dans leurs enseignements ésotériques, amis les guerres et les rumeurs de guerres depuis des siècles portent témoignage que les suiveurs de tels enseignements furent incapables de distinguer le côté du milieu, et ainsi tombèrent dans la bataille.

La Philosophie Rosicrucienne, étant une interprétation ésotérique du Christianisme, prend la Route du Milieu; mais hélas, ceux qui sont étudiants la trouvent par conséquent extrêmement difficile à maintenir hors des fossés de l'erreur et de la bigoterie où nos compagnons des églises se sont retranchés. Ceci n'est pas une critique de l'Eglise. L'Eglise fait un travail merveilleux pour l'humanité, mais ses instruments sont humains, et donc sujets à ces erreurs qui sont le résultat de la mortalité et de la faillibilité. Nous, aussi, sommes sujets à l'erreur, à degré égal. L'esprit humain est normalement myope et nécessite les lunettes de l'Amour, aussi bien que de la Raison, pour corriger sa vision. Autrement nous ne pouvons pas voir pour marcher dans la Voie du Milieu de la Tolérance et de la Compassion.

Mais, nous ne pouvons pas simplement composer nos esprits pour l'amour, et puis l'amour. Nous devons aimer quelque chose. Ni ce n'est une excuse pour l'inaction de dire, "bien, si je ne peux faire ceci dans un esprit juste je ne le ferai pas du tout". Nous apprenons en agissant; et en faisant une bonne action, en prononçant un bon mot, nous élevons graduellement l'amour en les autres et leur réaction éveillera l'esprit juste en nous, car nous sommes tous un en Jésus Christ. Tout ce qui est nécessaire est que nous désirions avoir l'esprit juste.

Ceci est le seul moyen de développer l'Amour pour corriger notre courte vue mentale. Mais nous ne devons pas limiter notre pratique à nos collaborateurs. Nous devons mettre cela en pratique également sur nos opposants. Nous ne devons pas tomber dans l'erreur de croire que c'est suffisant d'être tolérant moralement et émotionnellement. Nous devons être intellectuellement tolérants, aussi. Nous devons avoir une compréhension intelligente des croyances de nos opposants. Ceci, aussi, est une expression de l'amour.

Les étudiants occultes, étant "Fils de Caïn", c'est à dire, prônant juger toute vie par la raison plutôt que par la foi, trouverons cette tolérance intellectuelle la plus difficile à atteindre. Ils peuvent sympathiser avec la sincérité des croyances de leurs opposants, mais ils ne pourront assister, se sentant juste un peu méprisants de la faiblesse intellectuelle apparente qu'ils découvriront parmi les Fils de Seth (ceux qui vivent par la foi). Et cela signifie que les descendants de Lucifer n'ont pas encore appris la leçon que leur arrogant ancêtre apprit lorsqu'il échoua à amalgamer l'expérience des âges ! Car puisque Lucifer chuta lorsqu'il refusa de travailler avec l'eau, dans la Période la Lune de l'évolution de la Terre, ainsi nous, aussi, pouvons chuter si nous refusons d'élever Seth à l'intérieur de nous au moyen du principe de l'Amour de la Madone (l'eau), à travers laquelle, immaculée, est né Jésus, le véhicule du Christ Intérieur.

Nous qui sommes les Fils de Caïn, afin de corriger nos faiblesses particulières, devons nous efforcer intellectuellement de comprendre les vérités et les beautés cosmiques du christianisme orthodoxe. Pour faire ceci, nous devons d'abord tous chevaucher notre dédain pour les Credos. Les Credos, nous pouvons les établir en tant que nos hypothèses fondamentales, sont les fruits naturels de cristallisation, et toutes les philosophies spirituelles lorsque revêtues de mots cristalliseront ici. Même notre propre philosophie—Max Heindel prévit le jour—tend à se cristalliser elle-même, et prendra un jour le chemin de toutes les philosophies exprimées par l'homme, bien que son esprit vivra toujours.

En tant que preuve du processus de cristallisation, nous observons que même aujourd'hui il y a des centaines de gens qui, à cause de quelques expériences psychiques dans leurs vies, veulent prendre les paroles de Max Heindel pour chaque chose sous le soleil, physique ou spirituel, même lorsqu'ils ne comprennent pas ces paroles inspirées. (Et combien de nous les comprennent ?) Ces gens ne se rassemblent pas vers la Théosophie, parce que leur instinct religieux a été construit autour de l'idéal du Christ. Par conséquent, ils acceptent le Rosicrucienne.

Les credos sont faits pour le rang et le classeur des gens. Les credos (du latin credere, croire, avoir foi) sont simplement des formulations explicites de la foi. Aussi la Philosophie Rosicrucienne tend la main à l'humanité, et des millions de croyants se rassemblent sous sa bannière—comme ils le veulent assurément; il est ainsi écrit—quel en sera le résultat ? La majorité d'entre eux sera extraite des masses qui comprennent actuellement le Christianisme orthodoxe, la Franc Maçonnerie orthodoxe, et l'agnosticisme. De quoi d'autre peuvent-ils être extraits ? Nous ne sommes pas une vague de vie de pionniers.

Bien sûr, puisque l'évolution avance, le véhicule matériel de l'esprit devient de plus en plus raffiné; néanmoins, il y a une place pour la cristallisation de ce véhicule relative aux besoins de son esprit énergisant, et quand un certain point de cristallisation est atteint, il doit se désintégrer. Il a alors prolongé son utilité.

Si les philosophies de l'homme évolué sont concernées, il y a toujours quelques-uns qui comprennent et beaucoup qui croient. Il en a toujours été ainsi, depuis le tout début de l'évolution de l'homme en tant qu'homme. Ceci a résulté en la division entre les maîtres et les élèves, les maîtres expliquant, les élèves croyant lorsqu'ils ne pouvaient pas raisonner. Maintenant les étudiants avancés peuvent comprendre le maître, et ont peu de difficulté à suivre ses instructions, mais il y en a beaucoup qui ne peuvent les entretenir. Pour le bienfait des étudiants moins avancés il devient nécessaire de présenter les enseignements dans la forme la plus simple possible. Ainsi, dans toutes les religions et toutes les philosophies, nous avons l'équivalent d'un Credo.

Malheureusement, les credos ne sont pas formés par le maître, mais par les élèves avancés après que le maître n'est plus présent avec ses explications éclairées. La raison de ceci n'est pas à chercher bien loin : chaque vérité cosmique peut être approchée sous différents angles. Les différents points de vue en résultant peuvent sembler contradictoires. Aussi longtemps que le maître vit pour les apparentes contradictions, tout est bien. Après qu'il soit parti, personne ne demeure que les étudiants brillants, qui, n'étant que des étudiants, échouent souvent dans leurs jugements. Cependant, il n'y a personne d'autre pour décider de ces points pour leurs frères plus lents, et le résultat est un Credo—c'est à dire, une déclaration claire et concise des enseignements saillants et fondamentaux d'une philosophie ou d'une religion, qui, bien qu'habituellement possédé d'une grande signification, peut néanmoins contenir des erreurs. Ceci n'est pas tout. Le Credo lui-même n'est pas toujours correctement compris par ses adhérents, et ceci résulte en nombreux commentaires par des intelligences inférieures; donc, une plus grande confusion.

Nous trouvons un exemple de cette confusion sémantique et épistémique parmi les églises Chrétiennes, car il n'y avait pas de credos jusqu'après l'influence personnelle du Christ et de Ses apôtres et que leurs disciples immédiats aient quitté la terre.

Un autre exemple est l'emprise de la science matérialiste sur l'esprit de masse. Aujourd'hui la majorité des gens acceptent les théories scientifiques en tant que faits donnés par Dieu (habituellement sans le Dieu), et avec peu ou pas d'effort pour les tester ou les comprendre. Il est aisé de démontrer ce fait : pas un individu parmi une centaine, ne peut prouver, ou donner la preuve, que la terre est ronde au lieu d'oblongue; qu'elle tourne sur son axe, ou qu'elle tourne autour du soleil. Cependant il croit ces faits aussi implicitement qu'il croit en Dieu. Et non peu d'individus optent pour la vérité de faits "scientifiques", ou à l'exclusion de, à la vérité de Dieu. Il serait en effet intéressant de demander à certains de nos jeunes agnostiques de collège de prouver les théories scientifiques qu'ils acceptent comme credo de leur existence.

L'humanité ne se désintoxiquera pas de cette condition de choses dans approximativement les sept cents années restant de la Dispensation des Poissons. Pas du tout ! Elle s'ajustera plutôt elle-même à une nouvelle croyance. En vérité, cet ajustement aura requis le don d'une impulsion additionnelle pour l'esprit, mais n'attendons pas trop de cela ! L'ajustement d'une religion à une domination scientifique—de la foi à la raison—requérrait un stimulus intellectuel, aussi, mais il n'a pas créé une nouvelle humanité.

Aussi, la Dispensation du verseau n'abolira ni la nécessité pour, ni l'abus de Credo. Mais alors au lieu du Credo orthodoxe il y aura un Credo Rosicrucien, ou son équivalent, bien que la Philosophie Rosicrucienne, par sa véritable nature, ne se cristallisera jamais dans une forme aussi établie que les credos de l'Age des Poissons—tout comme la tyrannie de la science, due à quelques siècles d'évolution, n'est pas (encore)aussi rigide que la tyrannie théologique du Moyen Age.

Et ainsi, ayant vu que ce Credo ou son équivalent est une excroissance naturelle de l'évolution sur le plan physique, nos intellects de Caïn rebelles ne deviennent-ils pas un peu plus humbles ? Ne voyons-nous pas le moyen d'amalgamer le feu et l'eau par la compréhension intellectuelle des Fils de Seth ? Ne réalisons-nous pas que les Credos de l'Eglise sont parmi les plus valables documents de l'humanité, remplis de lumière spirituelle pour le cœur ?

Nous ne pouvons pas, en ce moment entrer dans une longue discussion sur la signification ésotérique des Credos de l'Eglise Orthodoxe; cependant nous ne pouvons pas conclure sans donner quelque idée de la façon de trouver cette signification. Il n'est point besoin d'arguer que nous ne pouvons obtenir quelque chose à partir de rien; donc, si par la méditation sur un Credo nous apprenons un fait occulte dont nous étions auparavant ignorants, mais qui peut être vérifié par des autorités occultes, alors le Credo contient certainement une vérité occulte.

Faisons un examen rapide du Credo des Apôtres, le document de l'Eglise le plus valable sur le plan occulte. Le Credo est le suivant :

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du Ciel et de la Terre. Et en Jésus Christ, Son Fils Unique, notre Seigneur; qui a été engendré de l'Esprit Saint; qui est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli; est descendu aux enfers; est monté aux cieux; le troisième jour est ressuscité des morts; s'est assis à la droite du Père Tout-Puissant; d'où il viendra pour juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte église catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle. Amen.

La méditation sur ce Credo en relation à la Philosophie Rosicrucienne révélera le fait (si vous ne le savez pas déjà) que Marie, dans cette formulation, représente le Cœur; le Saint Esprit, la Force sexuelle; Jésus, la Robe Nuptiale d'Or; et le Christ, l'Esprit de Vie. Le Credo, bien sûr, a sa signification cosmique, mais l'interprétation individuelle sera d'un intérêt plus intime pour nous. Ponce Pilate, représentant l'esprit inférieur, nous montre l'intellect s'efforçant de bien faire, mais tombant dans l'erreur. Pour prouver l'exactitude de cette analyse, voyons comment ces facteurs oeuvrent dans le grand schéma du Golgotha individuel.

La force sexuelle régénérée (le Saint Esprit), s'élevant du Feu de l'Esprit à travers la moelle épinière, fait vibrer certains éthers à tel point qu'ils deviennent lumineux. Ces éthers, cependant, sont ceux qui dans le cœur, (né de la Vierge marie) furent extraits du courant sanguin, coulant le long de la Corde d'Argent vers l'atome germe du corps vital au plexus solaire, et furent réfractés dans la moelle épinière, lorsqu'ils s'élevèrent en volume croissant vers la tête. Se déversant à la fin, ils pénètrent l'aura entière, formant la Robe Nuptiale d'Or. Rappelez-vous que ce Vêtement Nuptial d'Or correspond à Jésus, et par conséquent véritablement "né d'une Vierge" (le Cœur purifié), ayant été conçu par la force sexuelle régénérée, qui construit les branches de la croix du cœur. Le Cœur Immaculé, alors, porte en avant la Robe Nuptiale d'Or en tant que résultat des principes féminins d'Amour, de Pureté et de Service.

Puis, alors que l'Esprit Solaire, Christ, a pris possession des véhicules de Jésus, ainsi le Christ Intérieur, l'Esprit de Vie, prend possession de ce Vêtement Nuptial d'Or composite.

Max Heindel nous informe que cette substance est la force ou l'esprit cristallisé. Il établit également que la Région des Forces Archétypales est la ligne de séparation entre l'esprit et la matière. Il s'ensuit, par conséquent, que l'Esprit de Vie est un voile de force (comme le sont aussi les deux autres aspects de l'égo, les Esprits Humain et Divin), à travers lequel se manifeste l'égo.

Cette Force Esprit de Vie ne peut pas se manifester dans le monde physique sans un véhicule relié à cette région. Le Vêtement Nuptial d'Or est ce véhicule. Plus il est hautement organisé, plus puissamment l'égo peut amener les Forces de l'Esprit de Vie à porter la vie ici dans la région physique; et puisque l'Esprit de Vie est le véhicule qui porte les rapports de toutes les incarnations passées, et qui y est en contact, parce qu'il y est relié avec le monde de la Sagesse Cosmique, il s'ensuit logiquement que le tissage du Vêtement Nuptial d'Or nous mettra en contact avec la sagesse Cosmique, et que nos esprits également deviendront illuminés, et que nous apprendrons sans avoir recours aux livres. Puis ce sera l'histoire entière de nos incarnations qui nous sera révélée.

Pour comprendre ce qui est signifié par la déclaration que Jésus Christ fut "crucifié, mort, et enseveli; descendu aux enfers, et le troisième jour ressuscita des morts", il est nécessaire de connaître ce qu'Il fit en enfer. Selon Dante, dans l'Enfer, Il travailla parmi les esprits du Purgatoire durant ce temps, et prit avec lui un tiers des âmes des morts, qui montèrent aux cieux ensuite. Ceci nous révèle le fait, par conséquent, qu'il est nécessaire pour Jésus, conçu de façon immaculée et né du Cœur Vierge, et adombré par le Pouvoir Christ, de descendre jusqu'aux enfers de notre propre nature inférieure (envoyé là par le jugement, l'esprit inférieur, ou Ponce Pilate), et d'élever ces forces jusqu'aux cieux avec nous. Ceci nous rappellera la déclaration de Max Heindel que le développement spirituel dépend de la victoire du corps vital sur le corps désir. Nous nous souvenons aussi qu'il est nécessaire pour l'Initié de rencontrer et de maîtriser le Gardien du seuil, et un fait postérieur est amené à la lumière par le Credo, à savoir que le Gardien n'est pas totalement transmué à la première Initiation. L'Initié rachète une partie du Gardien, et fait serment de racheter le reste, tel qu'il est révélé dans la tradition de l'Eglise que le Christ prit avec Lui un tiers des âmes en enfer. Remarquons plus loin que le Gardien est composé des trois essences du péché : l'essence péché des actes mauvais, l'essence péché des pensées mauvaises, l'essence péché des mauvaises émotions, générées durant toutes nos vies terrestres.

Pour comprendre la signification des "trois jours"—un terme trouvé dans la littérature occulte—nous devons réaliser que les trois segments de la moelle épinière sont gouvernés par la Lune, Mars et Mercure. A la lumière des Enseignements Rosicruciens, il est évident que le Feu de l'Esprit, qui est élevé à travers la moelle épinière et coloré principalement selon celle des trois vibrations planétaires avec laquelle il a le plus d'affinité, n'est pas élevé en totalité à la première Initiation. Au contraire, l'Initiation est consommée lorsque suffisamment de Feu a été élevé pour fournir le moteur au pouvoir, et cette même quantité de pouvoir rend l'Initié capable de sublimer partiellement ou racheter le Gardien.

L'Esprit Feu triple, dont la montée en développement spirituel est reliée aux trois signes ardents, le Bélier, le Lion et le Sagittaire, s'élève à travers les trois segments de la moelle épinière et vitalise les trois paires de nerfs spinaux à la base du cervelet, qui ainsi représente "les trois jours". Le travail du candidat suivant immédiatement l'Initiation a une référence spéciale avec les trois segments de la moelle épinière et ces trois paires de nerfs, et l'élévation ultérieure du Feu Spinal, au moyen duquel la sublimation partielle du gardien mentionnée plus haut est accomplie. Par conséquent, l'individu "Christifié" passe trois jours en enfer, mais prend avec lui dans les cieux seulement un tiers de la population de l'enfer. Un travail continu est nécessaire pour élever suffisamment de pouvoir afin de racheter complètement le Gardien.

Lorsque Jésus (symbolisé par le Vêtement Nuptial d'or), à présent Jésus Christ (car Il incarne le Christ Intérieur, l'Esprit de Vie), s'élève d'entre les morts, Il monte aux cieux, où Il s'assoit à la droite du Père Intérieur, l'Esprit Divin. Ce fait référence au fait que les deus Aspects Principaux de l'Esprit doivent toujours œuvrer ensemble, car le Père et le Fils sont Un, et positif et négatif doivent s'unir dans le travail de création. L'ascension dans les cieux, bien sûr, se réfère à la complétion de l'expérience Initiatique, par laquelle l'égo libéré fonctionné à volonté sur les deux plans, dans et en dehors du corps dense.

"De là Il viendra juger les vivants et les morts" fait référence au jugement de l'égo sur tous les péchés et les bonnes actions de toutes nos incarnations, à la fois avec châtiment pour les premiers, lequel jugement est impossible sans la sagesse cosmique et la mémoire du Christ Intérieur, l'Esprit de Vie, et est par conséquent notre Juge.

Il semble difficilement nécessaire de donner l'interprétation des sentences de conclusion du Credo des Apôtres, mais certains mots peuvent être utiles pour ceux qui n'en ont pas fait une étude.

Nous croyons tous en l'Esprit Saint, puisqu'il est le pouvoir créateur de vie, (la force sexuelle en étant un des aspects), et c'est le pouvoir par lequel toute fie en forme est conçue. Sans ce principe de Déité il ne pourrait y avoir de vie d'aucune sorte.

Nous croyons en l'église catholique, dans le sens où catholique signifie universelle, et nous savons que l'enseignement du Christ est destiné à être embrassé par le monde entier, car Il est l'Esprit Intérieur, dont le corps, nous, l'humanité, sommes le temple et l'église des croyants et des connaisseurs.

Nous croyons en la communion des saints, car nous savons que tous les individus purs et saints, dédiés au service de l'humanité, ont leur pouvoir pour communier directement avec Jésus et Christian Rose Croix sur des plans invisibles; et nous avons tous en notre pouvoir, par contact avec le Christ Intérieur, de connaître consciemment l'amour du Christ Cosmique, et de communier avec Lui.

Nous croyons au pardon des péchés, puisque nous savons que les rapports du péché dans le pôle négatif de l'éther réflecteur peut être effacé par contrition, repentance, réforme et restitution. Et que Jésus et le Christ Intérieur nous aident à effectuer ce pardon ne pose guère de doute; ni que ce pardon ne puisse pas être volontairement accompli s'il ne l'avait été en sacrifice véritable sur le Golgotha il y a deux mille ans.

Nous croyons en la résurrection de la chair dans le sens que nous renaissons encore et encore sur cette terre dans une succession de corps physiques. Le moment venu, nous ressusciterons de façon permanente dans les régions éthériques (dans la Période de Jupiter pour l'humanité collective) afin de vivre dans nos corps de l'âme.

Nous croyons en la vie éternelle parce que nous savons qu'en tant qu'étincelles de divinité envoyées de Dieu il ne peut y avoir de mort ontologique pour nous.

Ayant donné ce compte rendu très insuffisant sur les Mystères du Credo des Apôtres—ce document le plus ancien, le plus occulte de l'Eglise Orthodoxe, dont l'origine a supposément suivi les Apôtres eux-mêmes—nous espérons que avons présenté les doctrines de l'Eglise sous une lumière nouvelle, afin que d'autres étudiants dévoués à notre Philosophie Rosicrucienne soient inspirés pour faire une étude intensive des enseignements de l'Eglise Chrétienne, Protestante, Orthodoxe, et Catholique, et ainsi hâtent le jour de notre union en Christ avec les Vérités Cosmiques de la Franc Maçonnerie et du Catholicisme. En vérité, l'Eglise a son pouvoir; et son plus grand pouvoir est l'Amour. Nous ne pouvons jamais espérer donner au monde ce que l'Eglise lui a donné à moins de comprendre en nos cœurs, et avec nos intellects, les perles de sagesse incorporées dans le grand cœur des institutions de Seth.

Nous terminerons avec ceci, proposant à tous les Fils de Caïn de s'efforcer de marcher au Milieu de la Route. Ceci signifie s'efforcer de comprendre intellectuellement les vérités cosmiques qui doivent être trouvées dans les croyances des Fils de Seth, et dans les paroles d'un de nos étudiants Rosicruciens, "pour sentir et connaître ces vérités dans le cœur; car 'tel que l'homme pense en son cœur, ainsi est-il'. Ainsi seul à travers le pouvoir uni de la tête et du cœur apprendront-ils à laisse s'écouler la Mer d'Airain.

RAYS JUILLET AOUT 2002 ANITA OLIN

  

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/marcher_au_milieu.htm

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L'homme debout se met en marche

25 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La religion chrétienne a magnifié le symbolisme de la croix. Les quatre bras de la croix du Christ sont les quatre horizons qui crucifient le monde. Le pied, planté en terre, représente les assises, les fondations de la vraie foi. Le montant vertical est l’Ascension.
Les deux bras horizontaux sont ceux de Jésus qui embrasse le monde dans un geste de charité et d’amour fraternel. Une légende veut que la Croix fût faite du bois d’un acacia planté par Seth sur la tombe d’Adam.
Le Golgotha est donc, selon cette tradition, le lieu où repose le premier homme de l’ancienne humanité et où meurt pour renaître l'homme d'un nouveau monde.
Une autre légende, affirme que la Croix est faite du bois de l'Arbre de Science. Ainsi, l'arbre ayant causé la chute d'Adam est celui de la Rédemption.

Ces deux récits mythiques, d'une grande richesse symbolique, font que l'Arbre de Vie, l'Arbre de Science et la Croix sont axes du monde.
La croix évoque aussi la fusion ou la séparation, l'implosion ou l'explosion, selon que l'on considère un mouvement centripète ou centrifuge.
La Croix du Golgotha, avec son pied planté en terre, est récepteur d'énergies, mais aussi émetteur.
La croix évoque également le chiffre quatre : les quatre points cardinaux, les quatre saisons, les quatre éléments, les quatre Évangélistes...
La croix est un symbole qui, sous ses formes diverses, se rencontre à peu près partout, et cela dès les époques les plus reculées; elle est donc fort loin d'appartenir proprement et exclusivement au christianisme, comme certains pourraient être tentés de la croire.

Adam, le premier Homme symbolique, était Androgyne et Inconscient de sa nature. Il possédait encore, dans son expression de l’unité vivante, toutes les potentialités futures. Il s’assimilait à l’Unité Universelle.

Au début de l’involution, la Croix se révèle par deux lignes qui se croisent. Par la suite, chacune des quatre branches de La croix désigne la même force, mais considérées dans leurs états vibratoires opposés.
Le trait vertical, qui représente à mes yeux mon fil à plomb, ma recherche intérieure; celui qui m’a permis de découvrir les richesses enfouies au plus profond de moi-même, d’élever mon esprit, est de nature active et positive, il manifeste sa force dans le plan divin et dans le plan physique. C’est pour cela que je puis dire que «Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.»
Ce trait vertical est la Perpendiculaire, la ligne de connaissance de soi. Elle m’est indispensable pour corriger mes penchants excessifs, éviter des erreurs ou les rectifier; elle me permet également de déceler et excuser les erreurs ou les fautes des autres, de peser mes mots et mes gestes.

Le trait horizontal, ou mon Niveau, est quant à lui de nature passive, réceptive, il manifeste également ses qualités dans les deux plans, il m’a permis de m’élever encore plus dans le plan spirituel.
Grâce à lui je remets de l’ordre dans ma vie quotidienne, je lâche prise sur le passé et repars d’un pied neuf chaque jour.
Les extrémités de la ligne horizontale de la Croix ou du niveau symbolisent un état passif: l’un plonge dans l’accessible et l’autre s’étend dans l’éternité de l’esprit.
Je suis fascinée par la croix elle me prouve visuellement que le contacte que j’établis entre mon fil à plomb et ma règle graduée et que je nomme «ma ligne de foi» a crée des changements dans ma vie intérieure qui se répercutent dans ma vie extérieure.
Pour moi le centre d’une croix est le cinq, l’homme réalisé, c’est le pilier invisible qui représente chaque maçon en évolution, le quatrième pilier de notre carré long.

La Croix est l’un des cinq symboles fondamentaux qui sont, suivant l’ordre de leur apparition dans le monde de l’intelligence Humaine :
le centre ou le point.
le cercle.
le triangle.
le carré.
la croix.

A mesure que l’homme les assimile, ces symboles se complètent et s’adaptent à la Connaissance Humaine.
D’un point, qu’est la première figure tracée par le compas, je trace un cercle. Du point, symbole du début de toute manifestation, de nous même, grain qui meurt pour renaître, nous formons le cercle.
Le carré apparaît dans la mouvance du cercle. Le plus irregulier des carrés n’est rien d’autre qu’un cercle cabossé, qui se souvient de son ancienne perfection.
Dès lors il y a possibilité à un observateur de se trouver à l’intérieur. Symboliquement un homme intérieur est appelé centre.
Comme le cercle, le carré est une figure centrée. Le centre du carré coïncide avec le centre du cercle. Ce point commun est le lieu favorable de toutes les ruptures, de tous les passages d’un monde à un autre.
La croix est le symbole qui fait passer du carré au cercle. La croix est une figure qui joint deux à deux les points diamétralement opposés, communs au cercle et au carré inscrit. En elles se joignent le ciel et la terre, entre elles se mêlent le temps et l’espace.

En commençant ma planche je ne réalisais pas ou allaient me mener mes recherches.
Attirée par l’Etoile Flamboyante, dévoilée à mes yeux et à mes sens par un parcours douloureux que j’ai comparé à un chemin de Croix, je n’ai jamais pu les dissocier complètement.
Je les superposais toujours et j’ai fini par déceler l’Homme en chacune d’elles sans trop savoir m’en expliquer les raisons.
Maintenant je connais les origines de cette attirance. Je vois, reconnais, le symbole de vie dans la Croix; elle représente à mes yeux Immortalité et Résurrection comme l’Etoile.
Je suis fascinée par ces deux symboles au travers desquels il m’est permis de voir la force centrifuge émanent du centre du cercle où il m’est possible de les inscrire à l’aide de mon Compas.
Avec mon compas ouvert à 45 degrés je commence à dominer la matière, je travaille avec plus de discernement et de justice.

« Nul Homme terrestre ne percevra l’Esprit, si ce n’est en sa propre Chair ». Scwaller de Lubicz.

Le centre de la croix représente l’Homme dans sa totalité, dans ce qu’il a de divin, la conscience. Ce centre d’où tout part et où tout revient, le cinquième point ou l’Unité, le Verbe, l’Amour Universel.
Ce point et ce cercle sont donc à mes yeux, l’amour et la sagesse.
Le cercle représente l’Univers, le point L’Etre suprême qui le tient et l’anime.
Ce centre est le point ou je pose mon levier, je m’appuie sur l’Amour.
L’amour c’est travailler à son propre bonheur pour ensuite l’offrir à l’autre.
Dans mes recherches sur la croix, J’ai constaté que la croix est également, l’homme debout, qui a pris conscience de son état.
Etre debout ne suffit pas, il faut être en marche, pouvoir agir, ce qui m’amène à mon étoile.
L’Etoile est le chemin initiatique de la compagnonne. Je suis matière et j’ai la possibilité de me transformer, de me définir.
Avant d’agir, je peux me déplacer en parcourant intérieurement le tracé de mon étoile.
De l’Orient, surgit une impulsion créatrice, l’éveil du sens des responsabilités et je passe du haut vers le bas; vers la Force source de volonté, de courage et de joie afin que mes actions soient bien fondées.
L’idée remonte doucement vers la Raison, la puissance expansive de l’amour réel, impersonnel, le don de soi afin de rencontrer la stabilité provisoire et de permettre la visualisation par l’Intuition.
La chute douce développe avec harmonie l’action dans la sage direction du Feu qui anime, vers la Beauté. Elle permet la réalisation de l’action avec Sagesse et permet ma transformation en être authentique, autonome et réfléchi.
Pour qu’elle devienne flamboyante je dois être bien dans «ma peau» et pour cela je dois être capable, afin de rayonner, d’équilibrer: tout ce que j’ai en moi de beauté et d’imagination, sans perdre la raison mais avec la force décuplée que me donne mon levier afin d’arriver vers la Sagesse.

Ayant trouvé l’équilibre entre la Matière et l’Esprit, n’étant plus complètement dans les Ténèbres, j’ai poursuivi mon chemin avec sincérité droiture et discernement.
Etant en mesure de concilier les extrêmes en m’appuyant sur les bases, on ne peut plus solides, que mes Instructrices m’ont transmises, je pense être enfin arrivée à la Synthèse; que j’espère réussir, avec l’aide de vous toutes mes Sœurs.

La Première Instructrice ou deuxième surveillante m’a fait passer du Deux au trois, elle m’a montré la Lumière qui Luit dans les Ténèbres et que le gris peut être cette Lumière.
Que rien n’est Tout Blanc comme Rien n’est Tout Noir, que le Trois est, cette Lumière. Elle m’a montré le Cinq, donc moi-même.

La Deuxième Instructrice ou première surveillante, n’a pas eu la tâche plus facile!!!!!
Celle-ci m’a montré les Dangers des outils mal employés. Elle m’a enseigné l’Art de Construire.
J’ai donc appris à utiliser ma Règle et mon Niveau.
J’utilise maintenant mon Equerre pour Contrôler et Vérifier mon Levier avant de l’utiliser.

Le cordon de ma première surveillante est orné d’un niveau à son extrémité. Il lui permet de seconder la vénérable Maîtresse durant les travaux en Loge et faire en sorte que toute la tenue se déroule selon les usages de la F M au Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Si nécessaire, elle peut, d’un seul coup de maillet, prendre la parole et ainsi aider la Vénérable Maîtresse quant à la direction et le sens des travaux en cours.
Après la Vénérable, elle est la première à avoir la parole, elle l’assiste directement pour ouvrir et fermer nos travaux , et veille, avec la collaboration de la Couvreuse, à ce que le Temple soit couvert.
Le Fil à Plomb suspendu sur l’angle droit, lui indique ou rappelle son état d’Apprentie permanent et les difficultés que nous rencontrons toutes.
La droiture et la rectitude dont elle est garante, ne doivent pas être contestées, troublées durant les travaux en cours.

Au cours des instructions, elle s’efforce de trouver le niveau des compagnonnes placées sous sa responsabilité. Elle se place au niveau de chacune, et, à l’aide de son propre Niveau, elle détecte la sensibilité, la perspicacité de chacune, avec beaucoup de patience.
Ce travail accompli, elle pourra rectifier quelques imperfections, sinon toutes, avec sa règle.
Ainsi, je peux m’élever en toute rectitude et droiture au plus haut niveau que je serai capable d’atteindre.

Lentement , mais sûrement., en essayant à chaque voyage, d’élever mon propre Niveau, je reviens vers ma surveillante Epanouie, rayonnante et plus Forte.
L’équerre mesure la Rectitude, voire les aspérités de la Pierre du Temple Vivant que je suis.
Je cherche le meilleur emplacement, le point d’appui qui me permettra de poser mon Levier et de m’élever, tel un oiseau , vers des niveaux toujours plus hauts, infinis.

J’ai dit V\M\

Source : www.ledifice.net

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Les chuteurs opérationnels

24 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Forces spéciales

Le stage de chuteur opérationnel dure 14 semaines et il est divisé en quatre parties bien distinctes. La première est consacrée à une phase d’évaluation technique de chaque stagiaire en saut à ouverture commandée individuel qui comprend 3 à 5 sauts d’évaluation de la maitrise de la chute libre et du pilotage sous voile et 6 à 8 sauts de position rapprochée de sécurité (PRS). La PRS consiste à faire chuter un stagiaire à proximité d’autres chuteurs afin qu’il maitrise tous les déplacements latéraux et verticaux dans le but d’éviter un contact violent à grande vitesse au cours de la phase de chute libre.
Après cette phase individuelle et essentiellement technique (environ 15 jours), le stagiaire « chut ops » va débuter une phase opérationnelle. En commençant, tout d’abord, par l’instruction au pliage sur le parachute d’arme G9. A partir de ce moment là et jusqu’à la fin de son stage, chaque stagiaire réalisera tous ses sauts dans des conditions opérationnelles avec le parachute G9, sa gaine de transport et son armement.
La première étape de la phase de saut opérationnel débutera par 8 à 10 sauts individuels de maitrise de la chute libre en gaine et d’apprentissage du pilotage de la voile du parachute G9. Chaque stagiaire devra exécuter un certain nombre d’exercices en chute et sous voile dans le but d’appréhender sereinement et en toute sécurité les situations d’instabilité en chute avec gaine (exercice de déséquilibre volontaire) et de pilotage sous voile à proximité d’autres parachutistes. Par la suite, après cette phase individuelle, vient une phase de saut opérationnel en équipe. Au cours du stage, cette période sera déterminante car les stagiaires seront confrontés progressivement à la réalité du saut opérationnel en équipe constitué. Il s’agira, pendant 8 à 10 semaines, de faire évoluer 8 à 10 stagiaires en chute à proximité les uns des autres, de jour comme de nuit,
dans le but de poser cette équipe constituée sur une zone de mise à terre de plus en plus restreinte (un terrain de 30 mètres sur 30)
Les deux dernières semaines du stage seront consacrées à l’apprentissage de l’Infiltration Sous Voile (I.S.V.).
Très technique, ce type de saut ne constitue pas malgré tout une difficulté particulière pour le chuteur. C’est en réalité la préparation préalable de ce saut qui s’avère particulièrement délicate. En effet, pour effectuer un saut de ce genre, il faut déjà prévoir une demi-journée principalement dédiée à l’étude des cartes, des messages météorologiques et aux calculs de points. Ces calculs de points consistent à mettre en œuvre le système de navigation des chuteurs opérationnels (S.N.C.O.) – composé d’une calculette, d’un G.P.S. et d’un compas boule – en intégrant les données suivantes : force, direction et puissance des vents, à partir du largage du parachutiste jusqu’à son arrivée au sol (en relation avec le message météo de la cellule météo de l’armée de terre de Satory), la finesse (distance horizontale parcourue par rapport à la distance verticale subie) de la voile du parachute et enfin la masse équipée du parachutiste. Ainsi, l’équipe pourra fixer le point de largage à partir duquel, après le déploiement des parachutes, cette dernière commencera son Infiltration Sous Voile. Le but reste avant tout d’utiliser les vents à bon escient afin d’atterrir dans les meilleures conditions sur la zone préalablement définie avant le saut. Au FL 120 (environ 3.600 mètres), sans bouteille d’oxygène, le chuteur peut effectuer, en moyenne, une infiltration d’environ 12 kilomètres. En revanche, au FL 240 (environ 7.200 mètres), la distance moyenne d’infiltration est de 30 kilomètres.
Cette technique présente, évidemment, un grand intérêt sur le plan tactique. En effet, elle permet, dans certaines conditions, de larguer une équipe de chuteurs à partir d’un espace aérien sécurisé et de mettre en place ces derniers en zone hostile.

A quoi servent les « chutops » au sein d’une unité ?...

Les chuteurs opérationnels sont généralement mis en place en avance de phase des unités et ceci dans le but de mener des missions de renseignements, d’action derrière les lignes ennemies, la combinaison des deux permettant généralement de préparer la mise à terre d’autres éléments, le plus souvent par aérolargage. Ils doivent donc être entrainés à évoluer en autonomie complète dans un milieu tactique et géographiquement très hostile. A ce titre, on exige que ces derniers possèdent un remarquable niveau physique et technique. La réussite de leur mission sera déterminante pour les missions des unités mises en place par la suite. Ces chuteurs appartiennent à des équipes très spécialisés dont chaque élément maitrise parfaitement son domaine d’emploi et doit, le cas échéant pallier l’absence d’un coéquipier.
Ainsi, une équipe de « chuteurs ops » se composé généralement d’un officier, de deux transmetteurs, d’un infirmier, d’un binôme « renseignement/photo », d’un binôme « appui et tireur d’élite », et enfin d’un binôme « franchissement et mobilité ». Cependant, en fonction des unités et des missions, cette organisation peut être très différente.

Comment choisir ces futurs chuteurs ?

Dans les unités, les officiers, les sous-officiers et les EVAT aux capacités intellectuelles, techniques, physiques et psychologiques supérieures à la moyenne sont d’abord sélectionnés. La formation, par la suite, sera longue et exigeante et impliquera la maitrise de nombreux savoir faire : les transmissions, les soins d’urgence, l’armement et le tir, les cadres de missions, le franchissement, le corps à corps, l’effraction, la manipulation des explosifs, la survie ou encore le saut opérationnel à grande hauteur.
Au total, entre la formation en équipe aux différentes techniques et le stage "chuteurs opérationnel", il s'écoule pratiquement un an...

Source : http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/t10085-la-formation

Commentaire T.D : mon neveu ( 1er RPIMA) doit prochainement suivre ce stage.

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Le Chemin Vers Dieu

23 Mars 2013 , Rédigé par Sedir Publié dans #spiritualité

IL ne faut voir en ces quelques idées qu'un essai pour revêtir d'une forme moderne les immuables et mystiques certitudes que la poussière des civilisation déforme devant nos regards et nous empêche d'étreindre.
Il me semble que beaucoup d'opinions peuvent se mettre d'accord, avec un peu de tolérante impartialité. Si je parle des mondes invisibles et de la prière, que le rationaliste ne me tienne pas pour superstitieux. Si j'admire les dogmes et le culte du catholicisme, que le socialiste ou le libertaire ne me traite pas de clérical. Si j'affirme la réalité du miracle, ou la grandeur de la Vierge, que le protestant ne referme pas cette brochure.
Si j'accorte peu d'importance pratique à l'exégèse, que le moderniste ne hausse pas les épaules. Si j'admets que la pluralité des existence soit possible, si j'espère que toute créature sera sauvée, si je regrette le pullulement des petites dévotions machinales, que le catholique ne se scandalise pas; saint Irénée, saint François de Sales, le Curé d'Ars ont été du même avis sur ces points. Si je proclame Jésus de Nazareth unique Fils de Dieu, venu en chair et ressuscité corporellement, que les néo-spiritualistes et les amateurs d'occultisme ne protestent
Tout le monde aujourd'hui parle d'un renouveau religieux. Enfanté par la crainte de la mort, entretenu par un utilitarisme égoïste, dirigé par l'ambition, il n'est réel que chez bien peu d'entre nous. N'est-elle pas du Curé d'Ars, cette terrible exclamation : " Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! S'il se comprenait, il mourrait ! ".
Jamais un plus grand nombre de prières liturgiques n'ont été récitées; jamais un plus grand nombre de fidèles n'ont reçu tous les jours la communion; jamais les médailles, les indulgences, les formules pieuses n'ont été répandues avec autant de prodigalité. Et pourtant jamais les dévotes n'ont été plus médisantes, les cupides plus rapaces, les luxurieux plus dévergondés.
Osera-t-on dire que c'est Jésus qui ne tient pas Ses promesses ? A une douzaine de pauvres hommes, frustes et malhabiles, Jésus donna les pouvoirs les plus formidables que l'orgueil ait jamais pu rêver. Guérir les corps, guérir les âmes. Quel médicament ? presque rien, une seule onde imperceptible de compassion. Mais ces hommes étaient des disciples. Ils ne convoitaient plus aucune beauté de l'immense Nature, plus aucune forme de tout ce qui existe; ils ne désiraient plus que Ce qui est. Leurs propres disciples ensuite, et les disciples de ces disciples persistèrent dans l'abnégation; l'Esprit resta sur eux et les miracles continuèrent de jaillir sous leurs mains vénérables. Mais après, qu'advint-il ? Pourquoi les paroles du Maître ne guérissent-elles plus les malades, ne clarifient-elles plus les coeurs souillés ?
Irai-je donc vers la philosophie, vers la science, pour remplacer l'ineffable Verbe auquel la terre se raccroche depuis deux mille ans ? Attendez, attendez, me disent les princes de l'intelligence; nous n'avons pas fini notre enquête; il nous manque quelques milliards de faits. Attendre ? Mais mon âme se meurt d'incertitude, de fatigue et d'anémie !
Certainement l'École et l'Église sont de très grandes, de très précieuses éducatrices. Mais elles ne procurent pas à tous cette paix profonde qui est la signature du Vrai; le long de leurs routes on rencontre l'inquiétude et la désillusion; donc ces routes ne sont pas directes.
Jésus seul indique la route directe. Ceux qui L'ont pris pour guide, après avoir essayé d'autres chemins, l'affirment.
Il dit - vous qui ne Le croyez pas, écoutez cela - Il ose dire : " Venez à moi, vous tous qui peinez et qui êtes accablés ! ". Pourquoi donc allez-vous à d'autres avant une tentative d'aller à Lui ?
Réfléchissons un peu là-dessus, avant de vouloir résoudre des questions plus complexes.
Pour se diriger, l'homme se sert de sa conscience et de sa raison. S'il est honnête, il cherche à réduire les empiètements de ses intérêts et de ses instincts, en s'aidant des lumières scientifiques, philosophiques et religieuses. Je dis : s'il est honnête, car pour un homme malhonnête, les durs chocs en retour du
Destin sont les seuls procédés qui puissent amollir ses égoïsmes, en les transformant petit à petit.
Les gens de bien, ceux qui s'inquiètent d'autre chose que de leur coffre-fort ou de leur place; ceux qui pensent parfois à d'autres enfants qu'à leurs enfants, qui sentent, même rarement, même superficiellement, le poids de la souffrance générale, c'est à ceux-là que je m'adresse, en leur rappelant la force immense des convictions partagées, des énergies mises en commun et des élans ingénus vers un idéal unique.
Une conscience toute pure apercevrait en elle-même la Route, la Vérité, la Réalité. Mais il n'y a pas de conscience sans tache sur la terre. C'est pourquoi nous interrogeons les faits, les livres et les hommes.
Or, la science, en tant que constatation des faits, ne peut nous fournir d'autre règle de vie que la loi du plus fort.
La philosophie, en tant que collection d'idées, n'aboutit qu'à la morale humaine du bien effectué par raison. Epictète et Marc-Aurèle, cela engendre l'orgueil, un orgueil très haut, mais très pernicieux, parce qu'il invite à s'isoler de la masse.
La religion restera toujours séparée de la science et de la philosophie, parce que sa racine est ailleurs que dans les faits ou dans l'intelligence. On peut bien bâtir une philosophie scientifique, ou une religion philosophique. C'est bâtir sur le sable; les conclusions de la science ne changent-elles pas tous les vingt ans, et si la philosophie, en soi, répond à un besoin de l'intelligence et affirme la réalité de la pensée, les systèmes philosophiques ne se réfutent-ils pas les uns les autres ? Dans ce chaos d'approximations et de synthèses provisoires, une âme forte, une âme simple, une âme éprise d'absolu retrouvera toujours la déception du vide métaphysique.
De telles âmes portent en secret la certitude de leur immortalité, la certitude de Dieu, la certitude d'un avenir de bonheur et de liberté. Elles refusent de se perdre dans l'indéfini du savoir humain; elles refusent également toutes les petites idolâtries, tous les petits opportunismes, parasites tenaces qui épuiseraient le christianisme si Jésus n'était le Chef du christianisme.
Elles n'admettent pas le protestantisme trop rationaliste de ces pasteurs qui ne croient plus à l'intervention divine. Que vaut une religion sans surnaturel, dans une civilisation qui a reculé si loin les limites du possible naturel ?
Quant aux spiritualistes laïques, comme Tolstoï; quant aux sectes plus ou moins mystérieuses, filles de l'Orient plein de ruses, les " simples " dont je parle n'y aperçoivent que des échafaudages adroits, certes, mais fragiles et dangereux.
Les théologiens affirment que Dieu est démontrable. Sans doute. Mais qu'est-ce qu'une foi basée seulement sur la raison ? Si l'on cherche des motifs de vivre, des forces contre la douleur, des moyens pour faire de soi un chef-d'oeuvre, il faut une vue de Dieu directe, personnelle, jaillie de nos entrailles. Il faut que Dieu nous parle au coeur.
Or, il y a deux coeurs dans notre coeur, deux coeurs et une pensée. Un coeur de Ténèbres, de matière et d'égoïsme : notre Moi; un coeur de Lumière, d'esprit et de charité : notre Ame. La pensée, elle, n'est qu'un miroir; elle reflète les actes du coeur prépondérant.
Dans ce sanctuaire intime, dans ce coeur double qui travaille surtout au-delà de notre conscience s'élaborent nos visions du monde, nos motifs d'agir, et ces buts réels de nos fatigues, dont nos buts apparents ne sont que les étincelles éparpillées.
Dans ce sanctuaire Dieu nous parle; dans ce sanctuaire notre intelligence s'organise; de ce sanctuaire jaillissent les énergies par lesquelles nous venons à bout de l'impossible, nous nous haussons Au de nous-mêmes, nous remportons sur la mort - sur n'importe quelle sorte de mort - une victoire éclatante dans le moment même qu'elle paraît nous écraser.
Le caractère essentiel de l'être humain n'est pas la faculté de connaître, mais la faculté d'aimer. L'Amour agit au fond de nous-mêmes avant l'Intelligence. Pour comprendre quelque chose consciemment, il faut d'abord aimer cette chose inconsciemment. Le chimiste ne découvre rien dans ses cornues, s'il n'a en lui la vocation de la chimie. Et l'ignorant peut, par ses intuitions, dépasser le savant, s'il admire et s'il aime les créatures avec une ferveur plus intense.
Pascal a vigoureusement décrit cette faculté mystique de l'Amour, qui s'ignore soi-même et qui ne devient consciente qu'après avoir traversé le prisme mental.
Tout est Amour dans l'univers. Tout procède de l'Amour; tout retourne à l'Amour, après d'innombrables vicissitudes parmi les royaumes de la Haine. La lutte pour la vie est l'école de l'Amour essentiel. Les êtres passent d'une béatitude antérieure ignorante à une béatitude ultérieure définitive, consciente et omnisciente, par le moyen de travaux multiples dont l'ensemble constitue la vie universelle et les existences particulières.
Ceci a lieu sur ce petit globe terrestre, et aussi-pourquoi pas ? -- sur les millions de planètes dont les astronomes ne sont point encore parvenus à établir le catalogue complet.
Aux positivistes je dirai que l'âme est immortelle, que nos morts sont vivants et tout près de nous. Car il y a d'autres espaces dans l'Univers que l'espace terrestre et d'autres modes d'agrégation des molécules matérielles que ceux de notre physique.
Je leur dirai que Dieu existe comme entité individuelle; qu'Il Se préoccupe non seulement de la direction générale des mondes, mais aussi de notre direction particulière, à chacun; qu'Il peut intervenir dans nos petits malheurs; que le miracle existe; et que si Renan déclare le contraire, c'est qu'il n'a pas voulu se mettre dans les conditions propres à observer ce phénomène.
Je dirai aux catholiques que Dieu ne S'irrite jamais, ne punit jamais, ne condamne jamais définitivement. Quand les hommes s'obstinent dans le mal, Il laisse aller les choses et ce sont les chocs en retour que nous appelons faussement la colère divine.
Je dirai aux catholiques qu'il y a en effet dans la création un enfer et un paradis, comme il y a un nadir et un zénith; l'un et l'autre sont perpétuels; les êtres passent de l'un à l'autre, selon leurs travaux et leurs besoins, mais ils n'y restent jamais perpétuellement. Partout où l'on travaille, où l'on souffre, c'est une forme de l'enfer; partout où l'on se repose, c'est une forme du paradis.
Je leur dirai que ce catholicisme est la plus belle, la plus haute, la plus complète des religions; qu'il les mène certainement à ce Dieu qu'ils adorent, le seul vrai Dieu, le plus trahi de tous les dieux. Je leur demanderai de relire la Passion de Notre Jésus, du Jésus de toute l'humanité; qu'ils regardent où se trouvent aujourd'hui et Ponce-Pilate et Caïphe; et qu'ayant vu, ils se retournent vers le Christ, toujours crucifié, avec une foi plus ardente et un dévouement total.
Je dirai aux rationalistes de l'Église protestante, aux spiritualistes de toute école que ce Jésus est plus qu'un homme, et-plus qu'un dieu; qu'Il Se manifeste sans prendre aucun intermédiaire à quiconque veut bien aller vers Lui par l'accomplissement de Ses préceptes; que leur science ne sera jamais qu'une bribe; que le surnaturel existe, en dehors de tout ce qui reste d'inconnu dans le naturel.
Et à tous je dis ces choses, simplement pour qu'ils les entendent au moins une fois. Car je sais que toute activité est utile, et que tout homme suit en définitive la voie qu'il est capable de suivre, pour le moment. Toutes les voies mènent à la voie étroite de l'Évangile, où marche l'Amour.
Nos travaux, nos fatigues, nos passions, nos désirs, nos haines, nos indifférences sont des écoles de l'Amour. Nous devons apprendre l'Amour : à nous d'abord, à tout ce que nous croyons être notre moi, à tous les êtres autour de nous, au-dessous, au-dessus de nous; c'est le seul but de la vie, c'est le seul pourquoi de la création.
Mais cette attitude mystique doit jaillir spontanément du profond de nous-mêmes; les livres des sages, les exemples des saints ne le font éclore que si nous avons déjà travaillé profondément le sol de notre esprit. C'est une initiation, une régénération, une naissance nouvelle, annonciatrice de cette troisième et définitive naissance, par laquelle on devient enfant de Dieu et l'on possède le Ciel, même au fond de l'Enfer, je veux dire au fond de la douleur.
Or, toute naissance suppose une mort. Notre être, étant composé de bien d'autres choses que d'un corps de matière, peut subir bien d'autres morts que la mort physique. Mais ce ne sont jamais que des douleurs transformatrices et toute agonie appelle une joie et un progrès.
Un changement intellectuel, une crise sentimentale, une vue neuve, cela veut dire la mort de quelque chose dans le psychisme et la naissance de quelque autre chose, jusqu'alors endormie.
Tout désir satisfait amène une désillusion. Si l'homme voulait entrer dans le dessein de Dieu, il entreprendrait les travaux de la vie pour eux-mêmes, pour agrandir cette vie; mais nous ne sommes pas capables d'une telle abnégation dans le devoir; nous ne voulons nous donner de la peine que moyennant un profit personnel. Alors la Nature nous traite en enfants; elle nous montre l'appât des jouissances : l'amour aux passionnés, la richesse aux cupides, la gloire aux ambitieux, la science aux intelligents, la quiétude des petites rentes aux médiocres. Et, pour conquérir ces mirages, toutes les fatigues nous paraissent douces. Mais, à l'heure de la mort, en dépit de notre égoïsme, nous avons tout de même été utiles.
Peu à peu, nous apprenons à travailler, non plus pour nous, mais pour le bien général.
Ainsi la souffrance est vraiment un bienfait. La joie de vivre aussi est un bienfait. Ces deux soeurs viennent tour à tour visiter notre esprit. Elles changent seulement de costumes jusqu'à ce que nous apercevions, derrière elles, leur mère toujours jeune : la Vie. Et notre être total se développe en tous sens, comme un arbre robuste qui résiste aux autans et qui, par ses racines profondes comme par ses rameaux étalés au soleil, extrait de la terre et du ciel le double aliment de sa croissance séculaire.
Les fatigues et les peines et leurs pères, les désirs, ne sont que des entraînements pour un effort définitif, les rejetons d'un désir primordial, perpétuel et permanent. Il faut le savoir et le proclamer : tout être humain porte en son coeur la passion de Dieu; tout être humain doit comprendre la souffrance universelle; tout être humain n'accomplit qu'un seul travail : la conquête de l'Absolu.
Nous autres, les mystiques, nous devons parler de Dieu à tout le monde; nous devons ne jamais contraindre personne; nous devons nous vouer, avant tout, à l'oeuvre fraternelle.
Tout le monde est appelé à devenir un mystique; et ce n'est pas Dieu qui tarde à lancer cet appel, c'est nous qui nous rendons sourds volontairement.
Dieu, certes, pourrait arracher nos mains de dessus nos oreilles; mais Il ne veut de nous qu'un service librement consenti. Il attend. Il a l'éternité pour attendre, au besoin. Nos incartades, de plus en plus graves, finissent fatalement par nous attirer une réaction assez sévère pour nous déconcerter. Dans l'histoire de l'âme la plus criminelle, un malheur surgit toujours, assez soudain, assez douloureux, assez déchirant, pour tout dévaster en elle, pour la rejeter vers le vide primitif, pour que tout croule de ce qui était son orgueil et sa force.
Mais, derrière ces ruines, le réel apparaît. Et ce Réel-là, nous savons d'expérience qu'il est un être, qu'il est ce Jésus, au nom de qui on a semé tant de mensonges. Nous savons qu'Il est le seul véridique, le seul indulgent, le seul parfaitement, immuablement notre Ami.
Cette vision se nomme dans le langage religieux, le repentir; et la qualité du travail qui s'ensuit s'appelle la renonciation.
Les livres des sages sont pleins de sentences sur le renoncement. Mais il y a le renoncement de l'orgueil dédaigneux; il y a l'humble renoncement de l'Amour, qui balbutie dans les larmes et qui se prosterne.
Il se découvre un coeur ignoré qui aurait tant voulu demeurer pur; il s'accuse et il s'abandonne avec courage au Destin justicier. Dès lors sa vie ne sera plus qu'expiation. Depuis les prosaïques travaux de son corps jusqu'aux plus rares efforts de son esprit, il convertira toutes les fatigues en un sacrifice perpétuel. Tel est, en nous, l'enfantement du Divin. La valeur de nos oeuvres s'en trouve accrue jusqu'à l'infini, puisque, par cette volonté constante de saisir Dieu, le disciple Le touche en effet. Il tâche à mettre dans ses oeuvres toutes ses forces et toute son âme, mais
il en abandonne le bénéfice à ses frères autour de lui.
Ce magnifique effort s'accommode de toutes les mentalités, de toutes les positions sociales, de toutes les sortes d'énergies. Il n'exige qu'un coeur ardent et une intention pure. Ainsi, en effet, tout homme chemine vers son Idéal, puisque Dieu est, entre autres choses et d'abord, la totalité des idéals du genre humain.
Toute créature se nourrit de ce que la Nature lui offre d'analogue à elle. Le corps physique se nourrit d'aliments matériels; l'intelligence se nourrit d'idées; l'âme, étincelle du Verbe, ne peut se nourrir que du Verbe.
Le Verbe, c'est la puissance divine descendant chez les créatures et se donnant à elles. Il est le sacrifice innombrable et parfait. Le sacrifice sera donc aussi la nourriture de notre âme. Chaque fois que nous nous serons privés de quelque chose au profit d'un être, notre âme grandira. Accepter, rechercher la dernière place, le mépris, la difficulté, la pauvreté, tout ce que les hommes craignent et fuient, voilà la nourriture spirituelle du disciple de Jésus. Le sacrifice est sa vie; l'Amour en est la flamme. Il donne sans cesse : son argent, son temps, sa science, son habileté, son affection; il offre tout cela à quiconque le lui demande; la sensation même de la présence divine qui le béatifie, il la donnerait pour soulager n'importe lequel de ses frères.
Car, peu à peu, son esprit pénètre dans un monde de gloire où tout respire la paix, l'allégresse et l'harmonie. Peu à peu le Maître du monde devient pour lui un Ami au lieu d'un Seigneur. Peu à peu, la Vie parle directement à sa conscience, cette Vie que ni le savant ni le philosophe ne peuvent saisir. Peu à peu, les forces divines descendent, le miracle devient possible, le mystère se dépouille de ses voiles.
On rencontre, en effet, des hommes que rien ne distingue de la foule; ils ont un métier, une famille comme tout le monde; cependant, lorsqu'on entre dans leur confiance, on les voit accomplir des choses extraordinaires, on leur entend dire des vérités profondes. Mais, faiseurs de miracles ou voyants, ils offrent cette particularité étonnante qu'ils ne semblent pas tenir à leurs privilèges. Et ce détachement, c'est le signe qu'ils appartiennent à Dieu, qu'ils sont dans la Vérité.
Le disciple vrai du Christ n'est donc ni un solitaire, ni un contemplatif; c'est un actif; il doit s montrer entreprenant comme les plus courageux, également impassible dans le succès ou dans l'échec, ouvert à tout, s'intéressant à tout, mais tournant tout dans le sens de Dieu. La forme de son existence, telle que son éducation, ses aptitudes et son milieu la déterminent, reste la même. C'est la qualité de cette existence qu'il transmue, par son zèle, par son amour, embrassant dans une constante étreinte toute la Nature et tout le Ciel.
Pour accomplir une telle mission, il faut que le disciple s'oublie lui-même. qu'il oublie qu'il s'est oublié. Il faut, tout le jour, qu'il sorte de soi, vers ses frères. Il faut, la nuit, qu'il rentre en soi, pour retrouver Dieu et entendre Jésus.
Où puisera-t-il tant de force ?
Dans l'Amour, alimenté du sacrifice. Charité, humilité, prière : voilà la devise du vrai mystique. Là se cachent tous les secrets et tous les dons. Toutes les autres méthodes de culture spirituelle sont factices. Car la vérité, c'est la vie; la vie, c'est l'Amour. Ces serviteurs de Dieu, ces soldats du Christ, ces laboureurs de l'Esprit sont les seuls hommes qui, dès cette terre, peuvent étreindre leur idéal.
Rappelez-vous les émotions les plus exquises, les sensations les plus grandioses, les conceptions les plus vastes que vous ayez pu éprouver ou élaborer. Tout cela n'est plus qu'insipide, banal et mesquin, en face des extases et des illuminations qu'un seul regard du Christ dispense à Ses amis. Conciliez l'immense et l'infinitésimal, rassemblez en votre âme la saveur de la toute-puissance et celle de la toute-tendresse, peut-être obtiendrez-vous une image de l'atmosphère où respire le disciple.
Vous concevrez pourquoi certains hommes semblent immuables parmi les situations les plus diverses; pourquoi ils ne s'étonnent de rien jusqu'à paraître insensibles, tout en ne ménageant aucune peine pour adoucir même la souffrance d'une plante; pourquoi enfin un simple regard, reçu d'eux comme en passant, nous émeut jusqu'au tréfonds.
Ces amateurs d'impossible, s'étant voués à Jésus, assument les martyres toujours recommençant que le monde réserve aux apôtres du divin. Ils sont énigmatiques et ils inspirent confiance.
Ils regardent les choses sous un angle inconnu et leur vision ne leur fournit que des motifs d'indulgence et de pitié. Les autres sont de pierre; eux sont de feu; ils se consument, ils incendient autour d'eux. Ils æ taisent beaucoup, mais leur parole est opérante; ils se cachent pour faire le bien; mais, ayant encore dans les yeux la magnificence de l'Éternité, ils donnent à chaque minute, à chaque être qui passe, sa vraie valeur : une valeur infinie.
Tel est l'état du vrai disciple; tel est le chemin direct pour aller à Dieu; voilà la méthode la plus fructueuse pour aider nos frères.
Il est possible, au sein des pires malheurs, de garder la paix. Il est possible que quelques paroles tombées de notre bouche redonnent le courage au vaincu. Il est possible qu'à notre demande le Ciel distribue la santé. détourne l'accident, attendrisse un coeur endurci. Il est possible que l'Au-delà dévoile ses mystères.
Si vous le voulez, le Christ vous prendra avec Lui; vous consumant aux fatigues de la charité, vous ressusciterez sans cesse par les flammes de la prière. Vous serez dans le Ciel en vivant sur la terre, et vous répandrez autour de vous l'atmosphère du Ciel.
Mais il faut vouloir vous-mêmes. Nul ne peut faire le travail à votre place. Nul ne peut vous apporter l'eau des fontaines éternelles-sauf le Christ en personne.
Cette eau arrive à notre coeur par la conscience et à notre intellect par l'Évangile.
Une patiente et ferme discipline morale clarifie la première et, dans la mesure de cette purification, la lecture de l'Évangile nourrit notre cerveau. L'Évangile contient tout; toute science, divine ou humaine, secrète ou patente, spéculative ou pratique. Les secrets des astres y sont écrits, comme ceux de l'âme humaine; ceux du microbe et ceux du génie; ceux de l'art comme ceux des mathématiques.
L'homme n'a pas besoin d'un autre homme pour se désaltérer à ces sources, car personne n'est aussi proche de Dieu que soi-même. Nul besoin d'intermédiaires, nul besoin d'autre rite que la simple et confiante demande, d'un autre culte que la charité, d'une autre discipline que l'Amour fraternel.
Toutes ces choses sont expérimentables; elles sont certaines. Le devoir de ceux qui les constatent est d'inviter leurs frères aux mêmes essais. Tous les hommes sont conviés au même Banquet. Afin que se réalise, dans la plus large mesure, cet ordre divin qui est en même temps un souhait et une prière; " Comme Je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ".

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Le problème du Christ

22 Mars 2013 , Rédigé par Phaneg Publié dans #spiritualité

 

Il existe un problème du Christ : en lui seul, il contient tous les autres ; on peut y trouver une réponse, et dire ce que devient l'Etre en qui s'est résolue cette énigme, la plus importante de toutes.

En réalité, nous ne venons sur terre que pour cela, c'est là le but réel de notre vie, le seul nécessaire. En Jésus, je l'affirme, se trouve la vérité totale, et si quelqu'un accomplit au mieux Ses commandements, Il se fera Lui-même connaître à lui. Nous voyons ainsi que l'énigme du Christ, c'est par Son aide seule que l'on peut la résoudre et qu'alors tous les autres problèmes seront aussi résolus: car, en l'identité vraie du Sauveur se cachent leurs solutions définitives.

En quelques uns de mes lecteurs peut rayonner une foi toute simple et toute pure, Pour eux, je tiens à le dire : le problème du Christ ne se pose pas, puisqu'il est déjà résolu, au moins pour un temps.

Je voudrais surtout m'adresser à ceux qui ont perdu toute foi, rechercher d'abord ce que cela signifie, et voir quelles sont les causes de l'incrédulité religieuse. A mon avis c'est là un phénomène tout naturel de l'évolution humaine. Le désert du doute me paraît indispensable à traverser pour parvenir à l'oasis de la certitude. Il ne faut donc pas vous chagriner outre mesure, mères croyantes, dont le fils se dit, se croit athée ; femmes dont le mari refuse de partager la foi, car cela indique seulement pour eux un changement dans le travail. Un homme n'est pas , en effet, matérialiste parce qu'il le veut, mais parce qu'une loi secrète le force à développer certaines facultés de volonté, de raisonnement, d'adaptation, de réflexion qui autrement resteraient en sommeil ; et puis, le matérialisme porte en lui-même ses germes d'évolution. En général, après cette période, l'être humain en traverse une autre où les lumières brillantes de l'intelligence ne l'intéressent plus ; c'est au-delà de la nature qu'il cherchera sa voie.

Il est alors convaincu que tout est vie, mais il confond la vie, principe créateur, avec la vie sensible ; il est panthéiste. Puis, dès qu'il a fait un pas de plus, il comprend que la source inconnaissable de toute existence est à jamais séparée de ses créations. Elle les pénètre mais n'en est jamais pénétrée.

L'homme est à ce moment spiritualiste, il croit en Dieu, mais ce spiritualisme est encore en partie philosophique. L'évolution continue, et l'être humain deviendra un mystique dès qu'il aura compris le Christ et aura répondu à Son appel séculaire.

Le philosophe Auguste Comte a présenté cette évolution complète, et il est mort mystique , après avoir été athée. Et c'est là une loi générale. Ainsi, la perte de la foi n'est qu'un épisode de notre lente ascension vers la vie.

Quoi qu'il en soit, de même qu'aux confins du désert se dressait autrefois le sphinx terrible et mystérieux, posant au voyageur le célèbre : qui suis-je ? De même à tous les moments de notre route, à n'importe quel détour de notre chemin se dresse la figure de Jésus de Nazareth, posant à tous la même question, mais combien plus centrale, combien plus importante, définitive et absolue ! Combien plus miséricordieuse aussi, car Jésus est patient, et il attend les siècles nécessaires pour que nous entendions sa demande ; sa bonté comprend que nous cherchions, hélas ! partout, la réponse avant de la lui demander à Lui-même. Avant que nous lui disions : Seigneur, toi seul peux me dire qui tu es. Toi seul peux dévoiler pour moi la splendeur unique, et alors je vivrai, moi qui étais mort !

Ainsi, devant le sommeil universel, se pose vraiment la difficile énigme : Qui est Jésus? Nous allons tenter d'examiner les différentes réponses que les hommes font à cette question ; mais auparavant, je ne crois pas inutile de dire quelques mots sur ce qu'est un monde, notre terre en particulier, ce que furent pour elle le Christianisme et les Chrétiens.

Toutes les Ecoles ont examiné d'innombrables explications du problème de la Création. Tour à tour le matérialisme, le panthéisme, le spiritualisme philosophique, ont tenté de percer cette obscurité et il faut bien le dire : tous ont échoué. Si haut que soit parvenue l'intelligence humaine, elle doit s'avouer battue devant l'éternité de la matière comme devant l'éternité de l'Esprit.

Il est à mon sens bien préférable de revenir à l'Evangile et de rechercher plutôt quelques indices en nous-mêmes, à la lumière de l'amour et de l'humilité vraie. Pour l'humble foi, donc, la Création est une pensée de Dieu, pensée incessante, sans commencement ni fin comme l'homme ne peut être sans pensée; ainsi ou Dieu n'est pas ; ou, ainsi que le dit Jésus " Il agit continuellement " et de sa vie inaccessible et inconnaissable s'échappent, sans jamais la diminuer, des rayons de vie qui sont les créations.

En principe, la force créatrice, à laquelle on a donné le nom de Dieu, contient donc en germe les univers, comme le gland contient le chêne. Ainsi notre terre est formée, et les différentes vagues de la vie l'ont pénétrée tour à tour ; puis, le moment venu, notre monde fut lentement préparé par toute une floraison de sauveurs, de messies, à la venue de la Vie totale. Le Verbe, ainsi que le dit saint Paul, réunit hors le temps et l'espace, autour de lui, les esprits des créatures qui l'accompagnent dans sa mission.

La Vierge céleste prépare le corps où elle s'incarnera, le précurseur, les apôtres sont choisis, ainsi que toutes les créatures minérales, végétales, animales qui auront un rôle à jouer autour du Christ. Mais les ténèbres ont aussi été créées et ont refusé la lumière ; c'est du reste leur but, et de même la Terre se prépare tout de suite à repousser cette invasion céleste qu'elle pressent. Son esprit recherche l'alliance de l'être que l'Evangile appelle " le Prince de ce monde " et leurs efforts réunis n'ont pas encore cessé.

Ainsi le Christianisme, débarrassé de toute conception philosophique ou théologique, nous apparaît comme la manifestation totale, la pénétration complète de la vie créatrice sur notre monde (qui n'en voulut pas).

Telle est la cause réelle des luttes séculaires entre la vérité et l'erreur, entre le bien et le mal, entre l'esprit et la matière, et nous pouvons déjà entrevoir dans cette simple explication de la foi, les premières lueurs bien confuses encore, de la lumière définitive où resplendira pour nous l'identité réelle du Christ Jésus.

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Quelles sont donc les différentes opinions qui existent sur le Christ ? parmi ceux du moins qui veulent bien penser parfois à Lui et tenter de le comprendre.

Ils sont du reste relativement peu nombreux ceux qui se préoccupent de la question ! On est malheureusement obligé de constater que, de nos jours - comme au temps où le Christ passait avec Ses disciples pauvrement vêtus dans les voies de Jérusalem ou sur les routes de Judée - la grande majorité des savants, des riches, des assouvis et aussi ceux qui plient sous le poids de la douleur a oublié Celui qui seul pouvait les rendre heureux !

Bien rares sont ceux qui pensent à Lui et veulent Le connaître. Bien rares ceux qui prennent le temps de diriger vers Lui l'appel secret de leur coeur! Tous vont à leur travail, à leurs pauvres joies si fragiles, tous se révoltent sans penser à Celui qui sauve, guérit et console ; ils L'ont oublié.

Et puis viennent ceux qui se souviennent de Lui pour le haïr; ceux que Son existence gêne sans doute, puisque ces chefs d'écoles sont arrivés à prétendre que le Christ n'a jamais existé. Enfin ceux qui se servent de Lui comme d'un drapeau.

Chose curieuse, ceux-là, les magnétiseurs, les spirites, les occultistes, etc., tous Le placent au plus haut degré. Ils se sont souvenus de cette blanche figure qu'on avait montrée à beaucoup d'entre eux, quand ils étaient tout petits, mais ils ne voient en Jésus qu'un homme. Si nous continuons notre enquête, nous verrons que, s'approchant peu à peu de la vérité, quelques philosophes arrivent à la conception du " Christ archange solaire ", comme si Jésus n'était pas immensément au-dessus de tous les archanges et de tous les soleils ! Il y a, disent-ils, deux Christ : celui qui est dans le Ciel et celui qui a fondé la religion chrétienne sur la terre. Pour certains, enfin, et même parmi les théologiens, Jésus a été un homme en qui s'est manifestée au maximum la puissance de Dieu.

Nous arrivons enfin à la vérité : Jésus, Dieu et homme à la fois, Jésus Fils unique du Père... Amour, vie totale créatrice, Dieu tout entier, manifesté clairement parmi nous. C'est ce que Jean exprime dans sa première lettre en disant : " La VIE s'est manifestée, nous l'avons vue ; nous en rendons témoignage ! Nous vous annonçons cette Vie Eternelle qui était avec le Père et qui nous a été manifestée ".

Pour toute création quelle qu'elle soit, se produit cette pénétration totale et complète de la vie, qui seule peut conduire une créature à sa perfection. Qu'il s'agisse donc d'un minéral, d'un végétal, d'un animal, d'un homme, d'un ange ou d'un monde comme le nôtre, la loi est la même et tout être ne peut atteindre son but ultime tant qu'il n'a pas reçu et consenti à recevoir le rayon du Verbe qui lui est destiné.

Alors dès qu'un homme, par exemple, a obtenu du Christ le don merveilleux de connaître Son identité véritable, tout change pour lui. L'Evangile, au lieu de lui présenter un code quelconque de morale, devient le livre unique qui dévoile peu à peu ses mystères, à l'amour, à l'action. Les paroles du Christ - si obscures s'Il n'est qu'un homme - s'éclairent et deviennent nos guides infaillibles, vers la Vie, s'Il est le Père Lui-même tout entier manifesté, mais non compréhensible bien entendu.

Il est dès lors évident que le Verbe seul peut se révéler à nous progressivement et donner cette Lumière, non seulement à notre coeur, en qui se cache une parcelle de la vie éternelle, mais à notre cerveau tyrannique ; Lui seul est capable de nous faire comprendre cette union parfaite de la vie infinie et de l'humanité la plus pure ; cette limitation de la vie sans limite, et cette pénétration de l'absolu dans le relatif, Jésus, notre maître, a enfin seul le pouvoir de purifier tellement notre raison qu'elle parvienne sans preuves à la certitude de Sa Divinité.

Nous pouvons cependant l'aider en contemplant trois particularités de Sa vie sur la terre : Sa Naissance, Sa Mort réelle, Sa Résurrection. Oui, le Christ a voulu naître en suivant en apparence les lois terrestres, mais Sa naissance fut entièrement surnaturelle ; Il a voulu permettre à la mort, Sa créature, de prendre Son corps humain. Il a voulu la combattre et Il l'a vaincue. Il a repris cet organisme entièrement détruit et nul autre messie n'a fait cela. Enfin Sa Résurrection fut réelle et totale, Ses apparitions ne furent pas opérées à l'aide d'un corps fluidique quelconque, mais Il fut, jusqu'à Son départ, exactement le même qu'avant le Calvaire et pendant Sa mission.

Eh bien, quand vous saurez avec une certitude inébranlable que ces trois affirmations sont véridiques ; quand vous saurez cela par vous-mêmes, après avoir souffert, cherché et trouvé; quand Jésus vous apparaîtra en Sa décisive et définitive identité (non, bien entendu dans Sa splendeur totale qu'aucun de nous ne pourrait contempler sans mourir), mais lorsque Sa divinité vous semblera démontrée, le problème que j'ai voulu seulement signaler sera résolu en vos coeurs; vous serez alors changés. En vous 1'esprit dominera la matière et vous serez chrétiens.

Je prie ceux qui ne peuvent encore croire en Jésus, Dieu et homme, de Le considérer au moins comme leur ami. Qu'ils aiment Sa doctrine si pure ; qu'ils ne se rebutent pas de ses obscurités ; qu'ils voient enfin en Jésus-Christ Celui qui a donné Sa vie pour tous les hommes.

Quant à vous, chrétiens vrais, en qui s'est déjà accompli l'ineffable mystère, vous à qui Jésus a répondu Lui-même à la question qu'Il pose à tous, vous n'avez plus qu'à comprendre un peu plus chaque jour les profondeurs sublimes de l'Evangile et les réaliser dans votre vie ; vous n'avez plus qu'à rendre éternelles, par l'action, les vraies lumières reçues en vos demeures secrètes.

Dès ce moment le Christ est votre guide, votre ami, votre maître. Suivez-Le, Aimez-Le. Il vous revêtira un jour de la robe lumineuse qui vous permettra l'entrée dans le Royaume de Son Père.

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L'Evangile et le Savoir

21 Mars 2013 , Rédigé par Sedir Publié dans #spiritualité

On peut dire, en donnant aux mots leur acception la plus large, que notre temps est intelligence et sensualité; c'est la principale cause pour laquelle il reste sourd aux appels de Dieu. Tout le monde saisit a peu près pourquoi la religion met en garde contre le charme des jouissances sensibles; mais, aux yeux de l'élite, les joies intellectuelles gardent un prestige qui empêche de voir combien souvent elles nous éloignent du divin.
Or l'Évangile nous parle toujours de morale et de piété, jamais de recherches scientifiques ou philosophiques. Est-ce par opposition ? Certainement non; Dieu ne nous aurait pas pourvus de facultés mentales aussi actives pour nous défendre ensuite de les faire travailler. Est-ce par oubli ? Non plus, car cet Évangile, écrit au nom du Verbe en vue des besoins propres de nos siècles, doit servir de guide pour tous les genres d'activités, et offrir toutes les directives, sous peine de perdre son caractère de perfection infaillible, de décevoir la confiance des croyants, sous peine enfin de ruiner leur foi. Il est impossible que notre Père Se joue ainsi de ceux qui s'abandonnent à Lui.
Je voudrais dire aujourd'hui, pour aider, si possible, aux entretiens qu'il vous arrivera d'avoir avec des contradicteurs quelconques, dans quelle attitude le pur disciple de Jésus-Christ aborde le problème du savoir, où il le situe, comment il le résout. On nous reproche parfois de ne mettre aucun frein à nos imaginations, d'être de faux mystiques, des contempteurs de l'intelligence; je désirerais montrer plus explicitement que je ne l'ai encore fait de quelle façon la doctrine littérale de l'Évangile sous-entend une méthode de connaissance avant tout pratique, réaliste, expérimentale et directe; de quelle façon le vrai disciple reçoit des notions exactes sur les choses et sur les êtres, quelle est sa critique, d'où il tire ses certitudes.
*
La connaissance ordinaire emploie trois procédés; d'abord l'observation : expérience naturelle des phénomènes de la Nature, expérience artificielle que le savant institue dans son laboratoire; ensuite la méditation sur les rapports réciproques des phénomènes; enfin la contemplation sans raisonnement de laquelle jaillit l'intuition.
Ces enquêtes, que nous menons dans la sphère de la pleine conscience, nous appartiennent; nous sommes libres de les entreprendre ou de les ignorer. L'être humain n'est ni un monarque absolu, ni un esclave; il jouit d'une autonomie relative qu'il étend ou qu'il restreint selon qu'il s'attache à la volonté divine ou à la sienne propre. De même qu'il a sur son corps certains droits et envers lui certains devoirs, il a des droits sur son intelligence et des devoirs envers elle. Tous deux sont des instruments de travail au moyen desquels il devrait réaliser les seuls desseins de Dieu, que la lumière de son coeur transmet à son libre arbitre.
Plus que tout autre, le disciple a le droit de faire marcher son cerveau, avec le devoir de contenir cette activité au-dedans de certaines limites; l'intellectuel sort de ces limites plutôt par l'esprit de ses recherches que par leu. nature, car rien ne lui paraissant plus noble ou plus utile que les accroissements du savoir, sa passion cérébrale peut lui faire oublier ces défenses divines, avertissements bénévoles d'un Père tout animé de sollicitude. Il a tort d'être insatiable, comme d'autres travailleurs ont tort qui ruinent leur santé pour acquérir la fortune. Je sais bien que les richesses de l'avare finissent toujours par revenir à la masse, comme les hardiesses du savant provoquent des découvertes utiles; mais je crois que l'un et l'autre obtiendraient un résultat meilleur, plus normal, sans réactions fâcheuses, en obéissant, dans la conduite de leur activité, aux directives évangéliques. Toutes nos puissances, corporelles ou intellectuelles, sont des servantes que Dieu nous prête; elles ne sont pas nos esclaves, elles ne nous appartiennent pas en propre; nous devons les faire travailler, même et surtout lorsqu'elles sont paresseuses, mais nous devons aussi leur donner le repos nécessaire; nous devons les spiritualiser, je veux dire les rendre réceptives à l'influence de l'Esprit, en les tournant, par la purification de nos mobiles, par la prière, par la charité, vers les buts que
Dieu nous propose, chaque jour, chaque heure et chaque minute.
" Il n'est pas de secret qui ne doive être découvert ", lisons-nous dans l'Évangile. Je crois à l'universalité absolue de cette parole; seulement, c'est le procédé de ces découvertes qui change selon que l'explorateur se fie à la seule matière, ou à la seule intelligence, ou au seul Christ.
Dans le langage de l'Évangile, le mot Vérité n'a pas un sens scientifique, ni philosophique, ni même seulement moral; son sens, comme d'ailleurs le vrai sens de tous les termes de ces Écritures, englobe les trois premiers, les dépasse et les transforme; c'est un sens spirituel, accessible, non par l'esprit de l'homme, mais par l'Esprit du Très-Haut. Et cet Esprit descend sur nous, non pas lorsqu'on cherche à le capter par les soupirs de la prière platonique, mais lorsqu'on se place dans son rayonnement, en " aimant Dieu de tout son coeur, de toute son intelligence, de toutes ses forces, et son prochain comme soi-même pour l'amour de Dieu ". Remarquons cet appel à l'intelligence prononcé par Jésus pour parfaire notre amour de Dieu. Selon la sagesse humaine, une discipline intellectuelle existe; la discipline de la sagesse mystique est morale d'abord, et totale ensuite.
Pour comprendre l'Évangile, il faut une certaine manière de voir dont l'observance de cette discipline seule nous rend susceptibles d'être instruits par le Ciel. Cet état d'âme se nomme la pauvreté intérieure, la première des béatitudes, récompense déjà inestimable et inconcevable aux plus sages des humains. Quand le disciple s'y trouve établi, un monde nouveau s'offre à ses regards, de nouvelles terres, de nouveaux cieux; ou, plus exactement, le monde qu'il percevait jusqu'alors par ses formes sensibles, ou par les abstractions mathématiques, par les méditations philosophiques, ce monde s'éclaire d'un jour inconnu. Au lieu des formes et des lois, ce sont les types essentiels qui se montrent à lui, l'esprit des choses, les esprits des êtres, leurs relations centrales, leur simplicité permanente.
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Le savant, le philosophe recherchent l'inconnu dans les limites de leurs sens corporels ou de leurs facultés mentales, limites dont ils ne peuvent sortir sans entrer soit dans les groupes aventureux des divers occultismes, soit dans la cohorte mystique des serviteurs du Christ. En tant qu'hommes de science ou de pensée, leurs travaux restent légitimes parce qu'ils savent qu'ils ne sont que des hommes, sujets à l'erreur et incapables d'appréhender l'ensemble total des phénomènes et des lois.
Tandis que les recherches des occultismes deviennent illégitimes devant Dieu, parce que l'esprit qui les inspire n'est pas humble. Le disciple du Christ ne scrute pas les mystères s'il n'en a reçu la permission; il ne se préoccupe que de se rendre moins indigne de recevoir ceux que son Maître jugera utile de lui dévoiler. Le savant et le philosophe se servent honnêtement et humblement des instruments de travail dont ils sont pourvus. Mais à la base des enquêtes de l'occultiste on trouve cette conviction, tacite ou expresse, que lui n'est pas un homme comme les autres, qu'il appartient à une élite, qu'il est capable de perfectionner par lui-même et ses sens et sa raison. Et cette attitude orgueilleuse l'empêche de voir comment il ne s'élève qu'en refoulant sous ses pieds un grand nombre de créatures, matérielles ou immatérielles, en négligeant des travaux immédiats, donc d'une utilité urgente, et combien ses découvertes demeurent fatalement partielles, puisque ses moyens d'investigation restent, par nature, limités. L'occultiste, en un mot, oublie qu'aucun individu ne peut par ses propres forces sortir du créé, du fini, du conditionné.
Toutefois je n'indique dans ce court entretien que des types généraux. Je sais que tous les adeptes de l'ésotérisme ne se croient pas des surhommes et que quelques chrétiens, au contraire, se croient parfaits; des gens faisant profession de science exacte ou de pensée impartiale se montrent intolérants; très peu d'individus sont homogènes : le tempérament nous tire dans un sens, le caractère dans un autre, la mentalité dans un troisième.
Aussi voudra-t-on bien m'excuser si je ne présente que des ébauches. Il me faudrait, pour reproduire toutes les nuances de la psychologie, de la métaphysique ou de la théologie, un savoir universel, un talent que je ne possède pas et une existence plus libre d'autres besognes indispensables. C'est sans doute à cause de cette hâte constante que j'ai dû bien souvent mal définir ma pensée et offrir au public une peinture trop vague de la doctrine dont s'inspirent nos " Amitiés Spirituelles ". Je ne sortirai pas de mon sujet en essayant aujourd'hui de distinguer mieux ce qui nous sépare des autres écoles spiritualistes, puisque je préciserai par là même l'attitude du disciple de l'Évangile en face des méthodes de la sagesse humaine.
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Quoique certains prétendent, la doctrine évangélique ne constitue pas la surface, mais le fond de nos convictions. Et réciproquement, en dépit des ressemblances extérieures, ce que j'ai pu dire de la structure et des habitants des mondes invisibles ne constitue pas le fond de nos études, mais l'accessoire. Dès qu'on parle de l'Invisible, le public vous étiquette spirite, ou occultiste, ou théosophe; or, en ces matières, la qualité, la nature des connaissances recherchées dépendent d'abord de l'intention dans laquelle on effectue ces recherches et de la méthode qu'on y emploie.
Comme l'explique excellemment un théologien moderne, " sous le nom d'occultisme viennent se ranger toute une masse d'enseignements et de procédés qui se proposent d'atteindre à la connaissance de l'essence des choses en dehors des voies normales. Son ambition serait d'arriver à un certain point commun par où tous les êtres se touchent et ainsi de prévoir leur naissance comme d'agir sur leur production ".
Or les " Amitiés Spirituelles ", en fait d'enseignements ou de procédés, se bornent à redire ceux que nous donne l'Évangile. Leur ambition n'est pas de faire de leurs adhérents des mages, ni des surhommes, mais des hommes, de simples chrétiens. Aucun fidèle, de n'importe quelle confession, ne peut nous reprocher notre croyance que l'Évangile renferme tout. Aucun non plus ne peut rejeter la " théorie des plans ", la théorie selon laquelle il existe dans la Nature un certain nombre de degrés ou de combinaisons de la substance universelle, puisque les théologies admettent ces degrés, puisque les révélations des saints les décrivent, puisque nous croyons, selon la parole du Christ, que le Créateur reste indépendant de Son oeuvre.
Aucun dogme ne s'oppose ni à la pluralité des mondes habités, ni à la pluralité des existences, ni à cet animisme qu'on nous reproche d'avoir adopté, comme de simples sauvages. D'autant plus, je le répète, que ces théories n'ont pour nous qu'une importance très relative; on peut lire, sous les signatures de la vénérable Marie d'Agreda, de sainte Hildegarde, sainte Françoise Romaine, de la vénérable Catherine Emmerich, de bien d'autres encore, des histoires fort semblables à des contes de fées : qui s'aviserait d'en conclure que le catholicisme n'est bon que pour les cerveaux faibles ? Nous n'avons jamais prétendu qu'il soit nécessaire au disciple d'entrer en relations avec les esprits des choses, ni avec les dieux, ni même avec les anges; nous croyons même - ou plutôt nous savons qu'un homme peut monter très haut vers Dieu sans bénéficier d'aucune vision, d'aucune faculté miraculeuse; nous sommes d'accord en cela avec la théologie la plus orthodoxe, et c'est cela que j'ai voulu dire en écrivant qu'un saint qui saurait être un saint ne serait plus un saint.
On nous reproche de tout matérialiser, d'épaissir toutes les notions. Mais faut-il redonner les définitions classiques de l'essence et de la substance, de l'esprit et de la matière ? Qu'est-ce que la troisième personne de la divine Trinité, l'Esprit Saint, duquel il est écrit " l'Esprit souffle où il veut, et comme il le veut, nul ne sait d'où il vient, ni où il va " ? Si cet agent insaisissable souffle où il veut, c'est qu'il est libre; si nul ne peut connaître son parcours, c'est qu'il n'obéit à aucune loi; par suite, quoi que ce soit que des conditions quelconques régissent n'est pas l'Esprit pur; donc tous les êtres invisibles, par la simple raison qu'ils furent créés, qu'ils ne sont pas Esprit, sont matière : matière imperceptible à nos sens ou à nos instruments, mais matière. La physique moderne démontre bien que la lumière, l'électricité ont un poids; ces fluides appartiennent donc à la matière; pourquoi pas d'autres aussi ?
Notre compréhension de l'Évangile n'est pas pour cela matérialiste. Au contraire; nous nous inscrivons en faux contre les deux adages occultistes : le hasard n'existe pas, le surnaturel n'existe pas. Si par le premier de ces aphorismes l'initié entend que tout ce qui vit dans l'orbe de la création est soumis à une loi, d'accord; mais s'il entend que ces lois, rigides et fatidiques dans l'univers créé, sont toutes-puissantes, non. Au-dessus, ou en dedans de la trame du déterminisme il y a la puissance du Ciel, la grâce divine, l'amour, l'Esprit libre, vers la réception de qui nous chrétiens, tendons de toute notre ferveur. Il y a les mondes physiques, il y a les mondes hyperphysiques, et les métaphysiques; tout cela, c'est du créé, du naturel, du conditionné, du relatif; tout cela, c'est le royaume du Destin et de la Justice. En dehors et en dedans de tout cela, antérieurement, simultanément et ultérieurement à cela, il y a le royaume de la Miséricorde, le royaume de Dieu, le Surnaturel. Pour nous le surnaturel est; il est même la seule réalité, la seule vérité, la seule vie, la seule voie; il se nomme Jésus-Christ; or, ce caractère unique du Christ, aucun occultisme ne l'admet.
Quand l'apôtre Paul s'écrie qu'actuellement les hommes voient les choses comme dans un miroir, il dit vrai; la seule réalité, c'est le royaume de Dieu, l'éternité; la création, c'est les ombres flottantes et inverties des habitants du Ciel et des forces éternelles. Nous, nous essayons de nous rendre dignes des visitations divines; les occultismes, eux, veulent se saisir des ombres; et dans le grand public, ce sont ces ombres, l'astral, le spiritus mundi, l'akasha, qu'on croit être le surnaturel.
Il est donc faux d'assimiler notre foi " au rêve de toutes les magies, de tous les occultismes, de toutes les variétés de la " Christian Science ". " Commander aux forces de la Nature, exercer sur toutes les puissances une action nécessitante et contraignante, dominer la maladie ", tout cela en soi-même ne nous intéresse pas. Si nous voulions dominer quoi que ce soit, commander qui que ce soit, nous ne serions pas des chrétiens. Tout ce que nous désirons, c'est de soulager nos frères; quand nous ne trouvons plus d'argent pour secourir le mal heureux, plus de remède pour calmer le malade, nous demandons l'aide du Ciel. Et si je vous parle, trop souvent peut-être, des merveilles secrètes de l'univers, c'est pour abattre les préjugés, animer la foi et faire comprendre que rien n'est impossible à Dieu.
J'accorde que je vous raconte des choses invraisemblables; mais pas plus invraisemblables que les résurrections de saint Vincent Ferrier, les discours du petit Pauvre d'Assise aux oiseaux, les miracles de nombreux thaumaturges, comme ce maçon que saint Philippe de Néri voit tomber d'un faîte et qui s'arrête en l'air le temps que le saint aille demander à son supérieur la permission de le sauver; saint Paul l'a dit le premier : la sagesse du chrétien est folie aux yeux des hommes.
En effet, le monde est un vaste mécanisme, mais au sein duquel palpitent les germes de la liberté, germes qui se développent dans la mesure où ces êtres réalisent la loi de Dieu, la loi de l'Amour. C'est une parole du Christ que nos renoncements nous libèrent, à condition qu'ils se fassent, non pas pour devenir libres, mais par pure charité. Nous ne le voyons que trop, hélas ! que nous ne sommes libres que dans une mesure infime. Et quand Jésus commande à Ses apôtres d'appeler la paix sur la maison où ils entrent, Il S'exprime comme si la maison elle-même pouvait entendre ces souhaits; en d'autres circonstances, Il S'exprime également comme si le figuier, la fièvre, les péchés, la montagne, la tempête pouvaient entendre Ses commandements. Or Jésus n'était pas un rhéteur; s'Il S'adresse à des choses en apparence inanimées comme si elles possédaient de la raison et un certain libre arbitre, c'est qu'elles possèdent, en effet, ces prérogatives dans une mesure quelconque. Le rituel romain formule aussi ses exorcismes et ses bénédictions comme si l'eau, l'huile, le champ, l'édifice les pouvaient entendre et comprendre; sont-ce des figures de rhétorique, ou bien les vieux pontifes et Jésus sont-ils des animistes, comme le Fuégien ou le Papou ?
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Je n'ai pour l'intelligence aucun dédain. Mais à une époque où on la déifie, où on nomme sentiment et passion ce qui n'est qu'effervescence des sensibilités, je crois bien faire en proclamant le coeur comme le vrai centre de l'homme; le mental est un instrument, la sensibilité en est un autre, le corps un troisième. L'Église aujourd'hui recommande l ?étude de la plus vaste pensée catholique, de saint Thomas d'Aquin; puis-je me permettre de rappeler que saint Augustin a écrit : " Aime, et fais ce que tu voudras " ? C'est une parole profondément vraie, à condition que cette charité généreuse ne reste pas platonique et aille sans cesse jusqu'aux actes. Vous m'avez souvent entendu vous mettre en garde contre le quiétisme, vous exhorter à la discipline des renonciations, à l'effort sain des réalisations altruistes; je ne crois pas avoir jamais célébré les romantiques enthousiasmes de la vie intérieure. Nous savons que suivre le Christ est une oeuvre d'équilibre, et que les plus grands de Ses serviteurs furent des êtres de bon sens pratique et d'énergie.
Nous ne faisons pas non plus profession de dédaigner aucune des merveilles que la terre offre à notre étude. Je ne crois pas qu'aucun de nous ait jamais formulé de blâme contre le dogme ou la discipline du catholicisme; nous admirons ses saints, ses cathédrales, sa langue, sa pensée; nous ne nous sommes jamais permis la vingtième partie des critiques qu'on peut lire dans les oeuvres de plusieurs de ses docteurs et de ses Pères. Si bien que des anticléricaux ont prétendu que nous sommes des jésuites déguises. Comment contenter tout le monde ?
Quand je me permets d'attirer l'attention des chercheurs sincères sur le mirage des pratiques dévotes, je ne prétends point que celle-ci soient vaines, mais qu'elles ne constituent pas l'essentiel de la vie religieuse. Entre une mère de famille qui, se dévouant aux siens, trouve sur ses heures de repos le temps de secourir quelque voisine nécessiteuse, et la dame qui ne manque pas la messe, qui satisfait aux quêtes, mais qui déchire les réputations ou traite mal ses domestiques, je crois que Dieu préfère la première; Jésus nous le dit d'ailleurs, et nombre de Ses serviteurs canonisés l'ont répété.
Quant à décrire Dieu, quant à Le définir, on nous reproche d'éluder ces précisions; mais pourquoi expliquer l'évidence ? Notre époque réaliste, préférant les faits aux abstractions, a surtout besoin de vérifier les résultats pratiques de bonheur, de libre rayonnement, te vive et bienfaisante énergie que procure l'obéissance aux maximes évangéliques. Les " Amitiés Spirituelles " ne s'adressent pas à ceux qui ont trouvé l'équilibre intérieur dans le sein de l'une ou l'autre Église; elles s'adressent à ceux qui cherchent çà et là, qui se fatiguent à la poursuite des fantômes déistes, ou ésotéristes, ou des sagesses humaines, qui ne voient plus clair à force d'explorer les régions intermédiaires. A ceux-là nous nous efforçons de montrer le Christ, lumière originelle, invariable et la mieux à notre portée.
Que dire de la miséricorde divine à une génération sur laquelle se sont abattus les malheurs les plus effroyables et en apparence hors de proportion avec les fautes qu'elle peut avoir commises ? Ne faut-il pas la ramener doucement et de loin, en lui montrant ce que l'on sait du mécanisme de la vie universelle, depuis les causes morales jusqu'à leurs effets physiques, vers une conception plus humble de ses propres mérites ? Ne faut-il pas, étant donné le peu d'effet des consolations dévotes, détourner les regards de ceux qui souffrent vers leurs compagnons qui souffrent davantage encore ? Ne faut-il pas leur parler du Fils avant de leur parler du Père ?
Au surplus, nous proclamons partout que l'élément nécessaire à la perfection des bonnes oeuvres, c'est qu'on les accomplisse non par dignité morale, ni dans l'espoir d'une récompense future, mais par compassion et par obéissance. Ne disons-nous pas, d'après l'autorité de la parole divine, que la véritable obéissance, celle du disciple, n'est pas une contrainte, mais un libre zèle ? Et ce sentiment peut-il naître dans une âme où ne brûle pas l'amour de Dieu ?
On nous accuse de panthéisme : matérialiste selon les uns, spiritualiste selon les autres, émanationiste suivant d'autres encore. Or, nous croyons à un
Dieu personnel et non impersonnel; à un Dieu libre, indépendant de Son oeuvre et non contraint par elle, sauf les esclavages où Il Se réduit, par amour, en la personne de Son Fils. L'âme éternelle qui brille au centre de notre être n'est pas une parcelle de Dieu, au sens oriental de cette expression; c'est une Lumière éternelle qui a reçu la possibilité de se joindre au moi; jamais nous n'avons prétendu que le disciple parfait devienne identique au Verbe; il en devient une partie intégrante, oui; il ne devient pas le Verbe. J'ai écrit que cette âme éternelle " est la fenêtre par où les autres foyers de l'individu peuvent apercevoir Dieu "; c'est donc qu'elle n'est pas Dieu.
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Non, nous ne regardons pas avec mépris la masse chrétienne. Nous montrons le plus grand respect pour tous ceux qui, dans cette foule immense, ne font pas passer les rites avant l'effort moral et l'oeuvre charitable; le catholicisme primitif ne distribuait-il pas son enseignement par degrés ? Cela même, nous ne nous le permettons pas; nous disons simplement à ceux qui viennent : " Si vous faites ce que Jésus-Christ demande, et dans la mesure où vous le ferez, le Saint-Esprit vous apprendra tout ce dont vous pourrez avoir besoin ". Et, ce disant, nous ne rééditons ni le pélagianisme, ni le quiétisme, ni le luthéranisme, ni le calvinisme; inutile n'est-ce pas ? de rouvrir les vieux livres de controverse, dont vous avez certainement étudié les arguments, lorsque vous cherchiez la Vérité.
Il nous semble justement que, si le Père est béni par le Fils pour avoir caché Ses secrets aux sages et les avoir révélés aux petits enfants, nous sommes en soumission plénière à cette louange auguste, puisque nous recommandons de ne pas scruter ces choses secrètes, de se suffire avec le tout petit peu que l'on comprend, quitte à se rendre le moins indigne, par la purification du coeur, par la lutte contre les défauts, par l'amour fraternel, de recevoir les lumières supplémentaires que Dieu jugera bon de nous envoyer. Oui, " la vie éternelle, c'est de Te connaître, Toi seul Dieu véritable, et celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ ". Je répète cela sans cesse à tous ceux qui demandent des explications sur les arcanes; c'est en effet la voie unique et, vous le savez bien, je vous ai toujours dissuadés de vouloir découvrir dans l'Évangile autre chose que le sens littéral et usuel de ses paroles.
Si nous tendons à la simplicité d'esprit, ce n'est pas en éliminant telles pratiques religieuses ou telles convictions. Simplifier n'est pas supprimer, mais organiser. Les créatures les plus parfaites, la science nous les montre comme étant celles dont les complexités et les richesses obéissent à une loi unique, à un plan clair qui se reproduit tout le long de leur structure. L'appartenance à une Église, de pensée, de coeur et de fait, comble les besoins religieux du plus grand nombre, sans doute. Si ceux-là nous parlent, nous nous bornons à leur rappeler que l'oeuvre de charité prime tout, ensuite l'effort ascétique, enfin le culte. Mais il y a une certaine quantité d'individus qui, même après des essais loyaux et prolongés, ne se sentent pas satisfaits. Est-ce qu'ils devront se voir abandonnés, parce que leurs besoins de coeur ou d'esprit ne s'accommodent pas des cadres déjà existants ? Est-ce que le Pasteur ne quitte pas Son troupeau pour aller à la recherche d'une brebis aventureuse ? Et quand Il l'a retrouvée, est-ce qu'Il la punit, ou la traîne au bout d'une corde ? Non, Il la ramène sur Ses épaules.
Qu'on nous laisse donc vivre notre utopie, si utopie il y a. Nous savons d'ailleurs qu'elle est la plus magnifique réalité. Qu'on nous laisse chacun dans le cadre modeste de notre existence, au foyer, à l'atelier, aux champs, au bureau, essayer d'y vivre comme Jésus le demande, et d'aider à y vivre nos camarades de labeur. Qu'on nous laisse parler du Christ, selon notre coeur, quand ceux que nous avons aidés nous demandent pourquoi nous avons fait cela. Il nous suffit de les ramener à ce Maître très bon. Que si, effrayés de se voir seuls en face de Lui, malgré Sa mansuétude et Son abaissement, ils se rallient ensuite à quelque troupeau de chrétiens plus strictement organisé que le nôtre, nous ne tentons point de les retenir; qu'ils aillent au catholicisme, ou au protestantisme, ne peut-on pas partout se sacrifier, donner à son prochain sa bourse, son bonheur et sa vie ? Jésus-Christ n'est-Il pas présent partout ? Et notre voeu le plus profond n'est-il pas qu'Il soit le mieux servi et par le plus grand nombre ?
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Au surplus, l'espèce d'apologie que je viens de me permettre est sans grande importance; je l'ai faite parce qu'il est poli de répondre à ceux qui vous adressent la parole, en essayant, comme dit l'apôtre, " de se faire tout à tous ". Mais la Vérité de Dieu ne se laisse pas enchaîner aux discours d'un homme; entre le pauvre homme que je suis et le serviteur que je voudrais être, entre ce que sont nos groupes et ce que j'aimerais qu'ils soient, il y a une distance bien longue. Pour la parcourir, vous, mes Amis, comme moi, ce ne sont pas des connaissances qu'il nous faut, ce sont des forces, ce sont des faits, ce sont des oeuvres. Le désir de Dieu, c'est que nous devenions parfaits; demandons-Lui sans relâche cette perfection. Il nous la donnera, ou plutôt Il nous fournira les moyens de l'acquérir. A nous de les prendre. Ensuite, nos récompenses seront ces grâces de l'Esprit entre lesquelles je nommerai les deux qui se rapportent à notre sujet : le don de science et le don de sagesse.
Le savoir que le Verbe communique à Ses fidèles est fait des mystères du Royaume, de choses inaccessibles et inconcevables " préparées par Dieu pour ceux qui L'aiment " et que l'Esprit leur présente; aimer Dieu, c'est imiter le Christ, scandale et folie pour le monde, c'est vivre à l'image du Christ, et par suite voir l'univers avec un regard semblable à celui dont Jésus l'embrassait. Ce que je vous dis là peut paraître bien orgueilleux, mais cette union disproportionnée entre le disciple et le Maître, c'est l'amour qui la produit, un amour mutuel où n'entre que la ferveur des plus humbles sacrifices; l'orgueil en est exclu; et, au reste, Dieu seul peut nous hausser à Son point de vue.
Ce savoir ne sert au disciple qu'à convaincre par le cerveau ceux dont le coeur reste fermé. Il y a des scepticismes que le miracle même n'ébranle pas, mais qu'un raisonnement, une idée, un tour de phrase déconcertent. Le savoir du disciple pour convaincre doit rester expérimental; le disciple ne parle que de ce dont il est convaincu, de ce qu'il a vu, et uniquement pour éclairer son prochain; la charité, encore la charité, toujours la charité. C'est un devoir pour le chrétien d'exprimer ses convictions, chaque fois que les circonstances le demandent, et le chef des apôtres conseille d'ajouter à ce devoir celui de " défendre nos espérances, avec douceur et respect ". Il ne nous dit pas : attaquez, polémiquez, soyez éloquents. Il dit : défendez-vous, avec douceur, avec respect. Quelle leçon, cette douceur, pour bien des apologistes; et ce respect dans la controverse, les précautions morales seules recommandées, nouvelle preuve que, pour le chrétien, tout savoir lui arrive par le coeur.
Ce qui empêche tant de gens de comprendre l'Évangile, ce n'est pas le manque d'intelligence, c'est le manque de coeur; la vérité ne trouve pas d'écho en eux : a Parce que je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas ". Ils ne voient pas que la Vérité vit, qu'elle est concrète, qu'elle doit par conséquent se trouver dans l'Etre le plus vivant, le plus réel, le plus universel à la fois et le plus divin : dans le Verbe. Jésus-Christ seul a pu dire : Je suis la voie, la vérité et la vie. Il est l'objet à connaître, la méthode de connaître et, en nous, la faculté par laquelle nous pouvons connaître; Il l'a dit à Ses disciples la veille de Sa Passion, Il le leur répétera au jour de la Résurrection : " Je vous ai appris tout ce que j'ai entendu ".
Cette sorte de connaissance vivante, qui échappe aux contentions de l'esprit humain, c'est la vue du Verbe où qu'Il Se manifeste, en toute créature; elle est réservée non point à ceux qui voudraient la saisir directement, mais à ceux qui vivent de Sa vie, qui aiment ce Verbe, et Le servent; ce mode de la Vérité est bien vivant puisque Jésus affirme qu'il sanctifie : sanctifier, n'est-ce pas atteindre la vie parfaite, éternelle, vivre de cette vie où l'impureté n'a plus aucune part, te la vie du sacrifice enfin et de l'Amour ?
Voilà le mystère de l'Évangile. Les mystères naturels peuvent être conquis à force de volonté, surpris à force d'intelligence, par ceux qui ne respectent pas les défenses divines; le mystère christique est inviolable encore qu'il soit prêt à s'ouvrir pour quiconque est jugé capable de le recevoir; celui-là parle ensuite et agit, forçant l'attention de ses auditeurs, parce que ceux-ci ne discernent pas l'origine de sa sagesse et de ses oeuvres. Les hommes ordinaires sont liés à leur public; lui, c'est son public qui est lié à lui, parce qu'il s'est installé dans le Verbe, parce que le Verbe lui fait connaître la Vérité et que, seule, la Vérité délivre et affranchit.
On ne se rend pas compte que l'avarice, l'ambition, la vanité, n'importe quel défaut, altèrent le regard du savant, ternissent la raison du penseur, empoisonnent l'inspiration de l'artiste. Le savoir est une équation entre l'objet étudié, le sujet étudiant, le milieu qui les relie; ne faut-il pas que le premier puisse d'abord être aperçu, que le second réfléchisse nettement, par des sens normaux et un intellect clair, que le troisième enfin transmette l'image sans réfractions ? Or devant celui-là seul qui réalise les maximes du Christ aucune créature, aucune idée ne refuse de se présenter; celui-là seul qui combat ses égoïsmes purifie son corps et son cerveau; celui-là seul qui agit selon la Lumière se trouve à l'abri de toute déformation.
Si nous savons partager avec nos frères tout ce que nous possédons; si nous savons nous en tenir au seul Verbe, le Christ; si nous réalisons enfin, dans notre pensée, dans nos oeuvres, dans nos sentiments, les principes éternels de la Vie dont Jésus nous a montré l'application terrestre, nous vivrons dans la Lumière totalement : corps, esprit et âme; et " l'Esprit de Vérité nous conduira dans toute la Vérité ".
Telle est la méthode de connaissance que l'Évangile nous propose; tel est l'esprit dans lequel ceux d'entre les membres des " Amitiés Spirituelles " qui travaillent dans un domaine quelconque de l'art ou de la pensée ont à poursuivre leurs recherches, à conduire leurs méditations, à exalter leurs enthousiasmes. Et vous tous, d'ailleurs, qui d'une manière quelconque avez besoin de saisir ici ou là la vérité la plus vraie, l'expérience déjà maintes fois vous a prouvé que le Christ, seul sauveur de nos âmes, seul médecin de nos corps, est aussi le seul initiateur de nos esprits.

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

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Le jour d'après

20 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

En regardant la photo prise en 2006 de mon installation en tant que VM de la Loge Royal York de la GLNF, je me suis rendu compte des conséquences de l’explosion de cette obédience.

Tel Frère à démissionné, un autre est parti à la GLDF, un autre à la GL-AMF et enfin plusieurs autres à la GLTF.

Maintenant que les retombées sont en train de disparaître, il convient d’analyser les conséquences de cet essaimage : des obédiences de tailles et de statuts différents, cherchant à récupérer la reconnaissance de la GLUA, fonctionnant en groupe comme la GL-AMF et la GLIF, ou en solo comme la GLTF.

Si à mon avis ce ne sera pas le nombre qui permettra à telle ou telle obédience de se faire reconnaître par les anglais et les américains, ce ne peut-être que le respect des landmarks, de la tradition et  de la qualité des travaux.

Bien sûr la GLNF « nouvelle » est candidate à sa propre succession, mais jusqu’à maintenant, le nouveau Grand Maître n’a pas l’air d’avoir rompu avec les erreurs de son prédécesseur. La clarté ne règne pas sur les colonnes.

Le système reste autant centralisé et l’organisation n’a guère évoluée. Beaucoup attendent des actions, des modifications statutaires et règlementaires qui ne viennent pas. Il paraît qu’en Maçonnerie, il faut donner du temps au temps…

Très sceptique au départ, voir méfiant et résolument contre la GLTF, j’ai pu constater qu’au fil du temps et dans la discrétion, elle maintenait les Traditions de notre Ordre tout en se développant, de façon inégale certes, sur le territoire national.

Cette volonté très forte de ses dirigeants de respecter la régularité et les principes de la pure Maçonnerie me fait penser que j’ai sous estimé la valeur de cette obédience même si tous ceux qui sont à sa tête au niveau national sont loin de me plaire…Les échos que je perçois par différents canaux me renvoient la qualité des travaux et la Fraternité qui y règne. L’égrégore est présente à chaque tenue et si la Bretagne est le reflet de la GLTF dans sa totalité, son avenir devrait se construire sous de très bons auspices …Pourquoi pas la reconnaissance ?

En Bretagne, grâce à l’implication de ses membres, cette obédience va rapidement prendre une place prépondérante dans le paysage maçonnique et tout cela sans « haine ni violence »…Comme le dit l’Ecclésiaste « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux … Un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix…

Le temps de la haine et de la guerre est fini.

Qui va récupérer la reconnaissance de la GLUA et des américains ? La GLNF y travaille, mais elle est encore loin de faire oublier ses erreurs passées, le Groupe des 4  autour de la GLDF se positionne mais avec l’inconvénient d’être essentiellement formé de Loges REAA (sauf la GLIF) et puis il y a la GLTF, la troisième voie qui cherche à revenir aux fondamentaux de la GLNF tels qu’ils ont été posés par Edouard de Ribaucourt.

D’aucun diront que je « retourne ma veste », pourquoi pas ? Après tout depuis 3 ans les injures et les règlements de compte ont été légion parmi les ex ou actuels membres de la GLNF.

Non, pour moi aussi le temps de la guerre est terminé. Je compte rester maçon sans obédience et travailler avec tous les Frères de bonne volonté pour essayer de faire de la recherche au travers de la RL indépendante Laurence Dermott.

Ma main est tendue vers tous ceux qui voudront bien la prendre. La GLTF est la bienvenue sur ce blog au même titre que toutes les autres obédiences.

T.D

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Le secret maçonnique

20 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Une fois n’est pas coutume, je souhaiterais aborder cette planche sur un plan très personnel ; non, parce que je suis à la recherche d’un divan confortable et d’une oreille avertie, mais parce qu’à mes yeux, il ne sert strictement à rien ni pour vous, ni pour moi, d’aborder la question du secret initiatique de manière essentiellement intellectuelle. Le mot « intellectuel » étant entendu ici dans sons sens péjoratif d’intellectualisme, cette maladie contagieuse qui nous contamine tous et qui guette tout jeune maçon introduit fraîchement dans ce bouillon de culture qu’est trop souvent la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui.

Cette approche personnelle du secret initiatique confèrera à mon travail une vertu dont je me suis trop souvent éloigné dans mes laïus précédents : celle de la brièveté.

Ceci démontrera par là même qu’il est plus facile, du moins pour ce qui me concerne, de faire un discours long et charpenté de citations et d’exemples, sur l’initiation que de parler de sa propre initiation, ou simplement d’y faire allusion…

Mon père qui n’était pas un intellectuel, et qui n’en était pas pour autant frustré, avait coutume de répéter cette maxime qui semble sortie tout droit de l’Almanach Vermot, ce recueil du bon sens populaire : « Un secret à deux, ce n’est plus un secret ! ».

Son discours était-il inspiré ? Je pourrais le penser aujourd’hui, en constatant qu’en ponctuant chacun de ses « airs entendus » de cette litote lapidaire, il énonçait une réalité que j’ai mis des années de maçonnerie sage et tranquille à découvrir : si le secret initiatique existe, il est impossible d’en parler à deux, et a fortiori à plusieurs.

C’est pourtant à cet exercice que se livrent les 1er et second surveillants dans l’ouverture des travaux du rituel dit de 1802, que je cite en ces lieux non par provocation, mais pour les besoins de la cause :

- « Mon Frère, qu’y a t il entre nous ? » commence le 1er surveillant

Question à laquelle le second surveillant répond :

- « Un secret, mon Frère ! »

Et le 1er surveillant de poursuivre par une question qui brûle les lèvres de tous ceux qui assistent à cette ouverture des travaux :

- « Quel est ce secret ? »

Pour aboutir à cette réponse :

- « La Franc-Maçonnerie. »

qui, pour le moins, dénoterait d’une pauvreté intellectuelle affligeante chez les rédacteurs de ce rituel, si nous n’y soupçonnions une volonté de provoquer chez nous, un questionnement rédempteur.

En fait, nous apprenons par là que le secret initiatique qui intrigue tant ceux qui ne le détiennent pas, c’est tout simplement la Franc-Maçonnerie.

Nous pouvons imaginer que c’est le même sentiment d’étonnement et de frustration dont ont été saisis, ceux qui s’attendaient à découvrir le secret du peuple élu à leur entrée dans Jérusalem au mois d’août de l’an 70 après Jésus-Christ.

Le 24ème jour de ce même mois, les soldats de Titus entrent dans le Temple de Jérusalem et y mettent le feu. Alors qu’ils pénètrent au centre du Temple, dans le Saint des Saints, au cœur de l’ancien palais d’or et de cèdre, là où seul le Grand Prêtre pouvait pénétrer au jour du Kippour, ils se précipitent pour savoir enfin ce qu’il y avait de si mystérieux en ce lieu, pour que les Juifs le gardent avec autant de précautions. Le général romain qui guidait ses soldats vers le centre des centres pensait enfin percer ce secret.

Soulevant alors le rideau du lieu saint, ils ne purent qu’être stupéfaits par le spectacle s’offrant à leurs yeux : il n’y avait rien ! Absolument rien !… Là, au centre de tous les centres, au centre du monde, au « lieu » par excellence, dans le cœur brûlant de Jérusalem, dont l’oubli entraînait pour le Juif que sa dextre se dessèche et que sa langue colle au palais, là était simplement un lieu désespérément vide de tout !

Et bien, mes Frères, pour ce qui me concerne, car comme je vous l’ai annoncé en introduction, c’est une vision personnelle qui préside au travail que je vous livre ce soir, le secret initiatique est aussi un « lieu vide tout »…

Mais ce lieu n’est « vide de tout » que pour celui qui comme ce général romain n’a pas pris la peine de passer par l’ascèse nécessaire et préalable à une véritable expérience que bien pompeusement, je vais qualifier ici de « spirituelle » à défaut de termes plus adéquats pour qualifier cette ouverture de notre intellect (ici, dans le bon sens du terme) vers justement ce qui ne peut être nommé.

Pour celui qui a vécu la plus minime expérience qui soit, ce « lieu vide de tout » déborde d’une plénitude qui lui confère à jamais la Sagesse, la Force et la Beauté, ces attributs qui soutiennent le Temple ainsi élaboré.

Parler plus longuement de ce secret initiatique serait faire œuvre de rhétorique et discuter à l’envi sur l’initiation, chose facile et à la portée de tout homme, mais qui sont autant d’éléments disqualifiants pour parvenir à l’expérience évoquée plus haut, qui est justement le seul moyen pour avoir une petite idée de ce que peut être ce secret si secret.

S’il était besoin de preuve, il suffirait d’être attentif un moment à cette volonté incompréhensible dans le cadre initiatique qui est le notre, que l’on peut constater chez nombre de maçons, à vouloir trouver une réalité concrète et rationnelle à cette idée de secret maçonnique.

Sans vouloir approfondir de trop cette piste purement « intellectuelle », qu’il nous soit permis un instant d’en cerner les quelques lieux communs les plus généralement assénés de manière rassérénante dans nos loges :

Il en est qui trouvent une racine historique à ce secret maçonnique - alors même, que nous le verrons plus loin, cela ne peut être – en rappelant la fameuse tradition opérative : Au temps des « opératifs », les francs-maçons, hommes de métier disposant des secrets du métier, auraient opté pour « dévoiler » dans leurs œuvres ce qui devait rester caché dans leur cœur.

Et alors que ce qui précède nous laisserait croire que le secret maçonnique trouve sa source dans le métier, pour le Chevalier André-Michel de Ramsay, il n’en est rien, lorsqu’il déclare dans son fameux discours en 1737 : « C'était, selon les apparences, des mots de guerre que les croisés se donnaient les uns aux autres, pour se garantir des surprises des Sarrasins, qui se glissaient souvent déguisés parmi eux pour les trahir et les assassiner ». Mais il ajoute tout de suite : « Ces signes et ces paroles rappellent le souvenir ou de quelque partie de notre science ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la foi. » Autrement dit, ce secret, loin de trouver sa source dans l’histoire, va la puiser dans « quelque mystère de la foi »… C'est-à-dire dans un temps mythique et non plus historique.

Vouloir ancrer le secret maçonnique dans l’histoire des hommes ne conduit qu’à faire une confusion entre ce qui est secret et ce qui est ésotérique. Ce qui est ésotérique n’est pas secret, mais tout simplement caché, voilé. Caché en vertu de la discipline de l’arcane exprimée sans ambiguïté dans Mathieu VII, 6 : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent.».

Cette discipline de l’arcane propre à toute tradition risquant de remettre en cause l’ordre social établi par les dogmes, c'est-à-dire par des règles essentiellement humaines, il est donc tout aussi naturel qu’important que les « empêcheurs de tourner en rond » observent une discrétion minimale sur leur manière de penser, surtout si cette façon de penser est génératrice de réaction, d’oppression voire, comme cela a toujours été le cas au cours de l’histoire humaine, de répression !

Henri Corbin prétendait « qu'il convient d'avancer de façon inconnue pour nous protéger de ceux qui sont inaptes au cheminement, par manque de qualifications, cela ne les concerne pas, et de ceux qui nous sont hostiles, cela ne les concerne que trop ».

Pour ne point se prendre trop au sérieux, je vous rappellerais ce mot fort à propos et plein de bon sens de l’humoriste Pierre Desproges qui disait que « l’on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». On peut en effet parler de tout, mais pas avec tout le monde.

Face à cette nécessité de se protéger des attaques éventuelles de l’extérieur, toute organisation ésotérique se doit d’instaurer des règles internes de fonctionnement, et notamment la première d’entre elles : un serment prêté par tout membre de l’organisation de garder secrets les enseignements reçus, tout comme devaient rester secrets les règles et astuces du métier, qui faisaient justement la différence entre celui qui y avait été initié et celui qui y restait « profane » au sens étymologique de ce terme, à savoir celui qui demeurait devant le Temple, sans pouvoir y entrer…

Comme toute règle de droit, ce serment devait être assorti de sanctions à peine d’être tout aussi inapplicable qu’inappliqué. Delà, les imprécations quelques peu surannées diffusées par nos rituels : gorge tranchée ou autre torture plus ou moins barbare qui rappelle les supplices infligés au Moyen-Âge à celui qui s’était rendu coupable d’un crime de lèse-majesté.

Cette discrétion observée quant aux « secrets » du métier, valait aussi et vaut toujours quant à l’identité des membres de l’organisation.

Il pourrait être objecté ici à juste titre que c’est là une règle élémentaire de courtoisie que de ne pas trahir la confiance qui nous est faite, lorsque nous sommes amenés à connaître la qualité de tel ou tel homme, dans la mesure où notre sens de la morale, de la justice ou de la loyauté envers quelque chose de supérieur, ne nous obligent pas à justement révéler ce que nous aurions été conduits à apprendre.

C’est ainsi que dévoiler tel ou tel frère, sans son accord préalable, ne constitue pas une violation du fameux secret maçonnique, mais tout simplement une violation du serment prêté lors de notre initiation.

Il en serait de même à coup sûr de l’inobservance, malheureusement trop souvent constatée, du principe du secret des délibérations : Ainsi en est-il du Frère peu scrupuleux qui va dévoiler dès sa sortie de l’Atelier, les observations formulées par tel ou tel Frère sur tel ou tel autre Frère admis, par exemple à présenter un travail d’augmentation de salaire.

Mais pour regrettables que sont de tels incidents, plus souvent provoqués par la bêtise que par une réelle volonté de nuire à l’organisation, personne ne pourrait soutenir sans provoquer l’hilarité générale que ces manquements méritent d’être punis d’un égorgement.

Que dire alors de la révélation des mots, signes et attouchements, qui ont déjà fait l’objet d’indiscrétions multiples, et qui alimentent en permanence les étagères du rayon « ésotérisme » des grandes surfaces. Aucun maçon sain de corps et d’esprit (ce qui a priori constitue un pléonasme dont vous voudrez bien me pardonnez) ne peut croire qu’en révélant ces « secrets » de polichinelle, il s’expose à la terrible vengeance d’une sorte de Sainte-Vehme reconstituée pour l’occasion.

Mais, même lorsqu’il donne – sans penser peut-être d’ailleurs que c’est là quelque chose de paradoxal pour un franc-maçon – un caractère « symbolique » à ces sanctions, il ne peut imaginer que c’est en ça que réside le secret initiatique.

Tout simplement parce, que toute cette perspective s’inscrit à un espace-temps, et penser que le secret initiatique puisse se concevoir dans un temps historique risque de rendre inopérante toute tentative d’en percer un jour le ….. secret !

Bien au contraire, le secret initiatique s’inscrit dans un espace-temps qui n’a rien à voir avec l’histoire, et c’est bien pour cela qu’il se trouve être incommunicable avec des mots fussent-ils tirés de nos rituels.

Le seul moyen pour un homme de percer ce secret est de se faire initier. C’est là, cependant, une condition nécessaire mais insuffisante. Encore faut-il pour cet homme devenu maçon de vivre au sein de sa maçonnerie, l’expérience qui lui dévoilera le secret, mais qui ne lui révèlera qu’à lui seul, car le langage par lequel le secret est révélé n’est utilisé que par les deux entités sujet et objet de cette révélation… Pour chacun d’entre nous, il s’avère langage particulier, même si le secret qu’il révèle semble être le même pour tous.

Si l’on reprend alors l’échange entre les deux surveillants qui ouvre les travaux dans le rituel de 1802 :

Frère Second surveillant qu’y a-t-il entre nous ?

Un secret mon Frère !

On comprend bien dès lors que tous deux parlent bien du même secret. Mais lorsque le 1er surveillant demande au second surveillant de lui dire quel est ce secret, ce dernier ne peut faire que cette réponse qui peut paraître dubitative : « La franc-maçonnerie ». Il indique par là que pour découvrir ce secret, il faut passer non seulement par la méthode, mais surtout par l’application de cette méthode dans ce qu’elle a de plus pur, dans ce qu’elle est de débarrassée de toutes les pesanteurs dont la vie dans le monde et dans l’histoire l’a chargées.

On peut alors donner sa juste valeur à ce sonnet anonyme du XVIIIe siècle :

« Pour le public, un franc-maçon

Sera toujours un vrai problème,

Qu'il ne saurait résoudre à fond

Qu'en devenant Maçon lui-même. »

Je pourrais, pour illustrer mon propos, inventer un autre dialogue, dans lequel le 1er surveillant demanderait au second : « quel goût ont les fraises ? », et le second surveillant lui répondrait par cette lapalissade : « les fraises ont le goût de la fraise ! ».

Comment expliquer en effet à quelqu’un qui n’a jamais goûté à une fraise, ce qu’est le goût des fraises ?

Nous savons bien que cela est impossible, et que le secret du goût des fraises est tout aussi incommunicable que le secret maçonnique. Cette incommunicabilité n’ôte cependant rien à sa réalité : les fraises ont un goût, c’est sûr ! Et pour le connaître, il est nécessaire et suffisant d’y goûter, d’en faire l’expérience.

Mais quand bien même cette expérience aurait lieu pour deux êtres, qui dès lors, comme nos deux surveillants du rituel de 1802, semblent parler de la même chose… S’agit-il bien de la même chose ? Qu’est-ce qui peut me dire que le goût que je trouve aux fraises que je mange est le même que celui que mon Frère en maçonnerie trouve à ses propres fraises ?

Les fraises sont identiques et communes à tous, leur goût demeure à jamais particulier à chacun, sans possibilité de communication sur le sujet avec un autre que Celui qui a fait que les fraises aient un goût, car comme le disait Sohrawardi : « Pourquoi Dieu a-t-il créé ses créatures, si ce n’est pour pouvoir converser avec elles en secret ? »

Eric-Emmanuel Schmitt nous dit dans son évangile selon Pilate : « Il est évident que pour décrire le séjour de Jésus au désert, je me sers de ma nuit au désert lorsque, au mois de février 1989, je suis entré athée dans le Sahara et ressorti croyant… En fait, je n’utilise pas tant que cela mon expérience singulière. Je n’écris que ce qui est nécessaire à mon livre. Je continue à garder pour moi cette nuit sous les étoiles qui a changé ma vie. »

Je vais donc le suivre sur ce point et arrêter là mes tentatives inutiles de vous parler de ce qui, par définition, est indicible, en me contentant (et ce ne sera déjà pas si mal si j’y parviens) d’espérer donner envie à ceux qui n’ont jamais mangé de fraises, ceux dont on dit ici, qu’ils ne savent ni lire ni écrire, mais seulement épeler, d’apprendre ce secret merveilleux qu’est le goût de la fraise.

J’ai dit !

Source : http://fm.alsace.tradition.over-blog.com/article-le-secret-ma-onnique-110966558.html

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