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Hauts Grades

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Serment et Obligation maçonnique

9 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Lorsque l’on évoque le serment et l’obligation maçonnique, cela sous-entend une multitude de sens : la fraternité, la liberté du franc-maçon, etc…  

A mon sens, comme le révèle les propos ci dessous, cela évoque d’abord pour moi la responsabilité et le devoir de solidarité que « doit » un franc maçon…  

Dans le contexte maçonnique, parler d’obligation au singulier signifie reconnaître l’ensemble de toutes celles incluses dans le serment solennel prêté lors de l’initiation et qui comprennent la famille, la patrie, ainsi que, désormais, le travail à effectuer sur soi-même en direction de la connaissance et de la fraternité.  

Ce contrat moral nous engage au plus profond de notre conscience, con science avec savoir. Le prendre à la légère reviendrait à en minimiser la portée et à en amoindrir les effets.    

Mon adhésion à l’Idéal Maçonnique implique l’acceptation de la route du Devoir ou plutôt des devoirs précis, qui ne sont pas une mince affaire si l’on songe aux nombre de situations complexes que l’individu est appelé à dénouer dans les circonstances les plus variées de son existence.

  On ne saurait alors se contenter de formulations toutes faites, de clichés et de stéréotypes lénifiants qui sont autant d’emplâtres sur des jambes de bois … La démarche maçonnique épouse étroitement celle de l’Obligation, les deux sont très étroitement consubstantielles.  

Non mes FF :. il s’agit toujours de savoir pourquoi, pour quelle raison, nous prenons telle décision et non telle autre. A contrario de l’obligation profane, l’obligation maçonnique n’est pas une entrave à la Liberté Individuelle, bien au contraire elle lui apporte une dimension supplémentaire et nous permet de changer de plan.  

Souvent la liberté profane est un affranchissement de règles élémentaires et une dispense de réflexion autorisant à suivre la voie égocentrique de son bon plaisir et de son seul désir, celui de son égo.    

À mon stade d’évolution, il n’est pas d’obligation sans responsabilité ni sans solidarité aux FF :. à l’Ordre et à la Maçonnerie toute entière  

L’obligation n’est plus à ce stade un devoir contraignant, imbue de son principe mais une règle librement et volontairement consentie, une règle à observer sans cesse à tout moment de jour comme de nuit à l’intérieur comme à l’extérieur afin d’espérer gravir le chemin tel l’Hermite du Tarot.  

Quant au serment, il est à chaque passage renouvelé sous la forme d’un serment à la fois plus précis et plus didacticiel, à la fois plus pressant et plus ouvert vers le monde de l’Esprit où on ne cultive que les vertus tout en s’engageant à se conformer aux règles statutaires de l’Obédience et de l’Atel :. Auquel on appartient.    

FACE A LA MORT, FACE A LA VIE, L’ENGAGEMENT LE SERMENT QUE NOUS ALLONS PRENDRE NE PEUT QU’ETRE SACRE.    

Il revêt une grande solennité́ dans un climat de confiance et de communion totale. Tous les FF :. de la loge sont debout et à l’ordre et, avec le VM, ils s’associent à lui.  
Il est solennel car il se prête main gauche sur le cœur et main droite dégantée avec les futurs FF :.comme témoins, en un lieu respectable et consacré
.
La confiance est mutuelle. Les FF :.ont consenti un gros investissement en se fiant à l’impétrant et en lui permettant d’être dans la situation où
il se trouve. Le candidat lui, a une confiance aveugle … il ne voit rien ou mal et ne connait rien ou presque, de ce qui se cache derrière les concepts qu’il jure de respecter, puisque sa démarche même consiste à le découvrir, à le respecter et en faire son profit.  

* Les engagements que l’on prend la 1ere fois sont lourds. En effet, si l’on dit : je promets de remplir mes devoirs envers ma famille, la patrie et l’humanité́ plus fidèlement que par le passé, cela signifie que la porte de l’amélioration continue est ouverte et progressive dans le temps. Mais quand ensuite il s’agit de pratiquer l’assistance envers les faibles, la justice envers tous, le dévouement envers son prochain et la dignité́ envers soi- même, là il n’y a pas de délai accordé, pas de marge de manœuvre. C’est tout, tout de suite. C’est une obligation de résultat dans le monde profane.  
Heureusement, par la suite on promet de travailler à son propre perfectionnement, ce qui ouvre à nouveau la porte à l’acceptation de débuts laborieux et peu glorieux, rendant à la tâche une dimension plus humaine.
Enfin on parle de Justice … tout un programme, si l’on considère l’avancée de chacun sur le chemin.
 

* La promesse d’une présence assidue. Cela va de soi, comment progresser sans côtoyer régulièrement les FF :. qui nous ont précédés? S’il est possible d’avancer sur le chemin de la connaissance avec une présence réduite à sa plus simple expression, alors pourquoi entrer en loge?
Nous sommes face à l’immensité́
et l’éternité́ de la tâche. Il nous faut persévérer sans relâche dans la recherche de la vérité́, cette savonnette qui, chaque fois que nous croyons la tenir, nous échappé et glisse plus loin dans une direction totalement imprévisible. Un appel à notre humilité́ et notre perfectibilité́ est lancé, en nous demandant de nous reconnaitre face à nos futurs FF :. comme imparfaits. Pour cela nous promettons de travailler à notre propre perfectionnement.
Arrivés à
ce point on notera que l’on promet d’abord de respecter des devoirs essentiellement tournés vers la vie profane (qui prendront toute leur signification au travers de notre démarche maçonnique), et ensuite les devoirs envers la loge et tout ce qui en découle.    

* Moment chargé de signification et d’émotion, la prestation du serment maçonnique, n’a pas lieu n’importe où … nous travaillons en Loge et faisons le serment de travailler à sa prospérité́ (matérielle et spirituelle). En cela nous garantissons la pérennité́ du toit protecteur.  

Nous ne travaillons pas n’importe comment: nous respectons les lois de la FM et les constitutions de la GODF. Nous ne travaillons pas seuls: nos FF :. sont là et nous nous engageons à les aimer et les aider, sans compromissions et dans l’honneur.  

En cela nous apprenons à donner avant de recevoir.  

Nous nous engageons donc à nous taire vis à vis du monde profane. Il ne s’agit pas là d’une culture du secret pour lui-même. Les non initiés, par définition ne peuvent comprendre l’essence même de la démarche, n’ayant pas éprouvé́ cette « vivance » que seule permet l’initiation maçonnique. Par conséquent quoique l’on dise, nos paroles ne pourront jamais être le reflet de cette réalité́ qui nous est si personnelle. Cela pourrait de surcroit être mal interpréteŕ et finalement se révéler nuisible. Il est donc salutaire pour soi-même, pour notre loge et pour la maçonnerie en général de faire silence.  

* Je finis enfin par l’auto sanction: si je manque à ma parole d’honneur je m’avilis et ce, surtout à mes yeux, avant que ceux des autres ne me renvoie l’image de mon déshonneur et de ma déchéance.    

Le serment en fait résume toute la vie maçonnique au temporel comme au spirituel.  

De cela nous devons nous en pénétrer de façon régulière et constante à chaque nouveau serment pour donner à notre carrière initiatique son plein épanouissement… .  

Source : http://anck131.over-blog.com/article-serment-et-obligation-maconnique-111774606.html

 

 

 

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Manifeste de Mannheim (1995)

8 Mars 2013 , Rédigé par Manifeste de Mannheim Publié dans #histoire de la FM

"Tous les hommes sont nés libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité".
Déclaration des Droits de l'Homme - Nations Unies 1948.

Conscients du fait que les innombrables francs-maçons de cette planète multiculturelle sont membres de différentes obédiences maçonniques,
Considérant qu'un franc-maçon ne peut pas divulguer la doctrine ou les règles de son obédience à un membre d'une autre obédience,
Convaincus que tous les francs-maçons - malgré les différences entre les obédiences autonomes - ont toujours été des frères et le seront toujours,

Assurés que tous les francs-maçons ont le droit de chercher l'obédience maçonnique qui leur convient le plus,

Convaincus de l'idée que la concurrence pacifique entre les doctrines maçonniques ne peut être obtenue que par un droit illimité de visiter les obédiences autres que la sienne,
Moralement convaincus que la règle biblique de l'hospitalité dans la vie de tous les jours doit s'appliquer davantage encore dans les relations maçonniques,
Certains que les principes universels de fraternité des Nations-Unies mentionnés ci-dessus doivent s'appliquer aux francs-maçons,
Etant tous les jours témoins de la tolérance croissante avec laquelle les églises chrétiennes ouvrent leurs temples à d'autres croyances chrétiennes,
Vivant avec l'expérience qu'en Europe les droits constitutionnels du citoyen individuel ont de plus en plus d'influence sur le droit civil concernant les associations et les clubs;
Persuadés que nous sommes aussi les porte-parole des francs-maçons féminins, qui ne sont pas admises à nos tenues,
Nous, les soussignés, déclarons que toutes les limites imposées aux francs-maçons pour leur interdire la visite de loges d'autres obédiences sont incompatibles avec :

Les lois bibliques,
en particulier avec les instructions de Jahweh (3.Moïse 19,33f), avec la doctrine de Moïse (5.Moïse 24,17f), avec les verdicts des Juges (Juges 19,20-23) et avec les exhortations de Job (Job 31-32);

La dignité humaine,
en particulier avec les réalisations socio-historiques de l'humanisme, avec les valeurs et les normes chrétiennes et celles du siècle des Lumières, et avec leur traduction dans la Constitution de l'Allemagne en son Art.1.
Le droit du citoyen à l'autodétermination informelle ayant été confirmé par un verdict de la Cour Constitutionnelle d'Allemagne en date du 15 Décembre 1983, renvoyant au principe par lequel les droits constitutionnels ont une influence sur le droit civil (ce qui, à son tour renvoie à la vie de la communauté des francs-maçons);

Les droits de l'Homme,
et en particulier avec la Déclaration des Droits de l'Homme des Nations Unis de 1948,
Art. 1 (Tous les hommes sont égaux en dignité et se rencontrent dans un esprit de fraternité),
Art. 18 (sur la liberté de conscience et la liberté de religion),
Art. 19 (sur le droit de collecter et de distribuer de l'information)
Art. 20 (sur le droit d'association et de réunion paisible),
Art. 27 (sur le droit de participation à la vie culturelle de la communauté),
Art. 30 (sur l'interdiction des lois par lesquels les droits mentionnés sont limités).
Nous, les soussignés, nous soumettons dès à présent à ces règles et estimons qu'elles ont priorité sur tout autre règlement administratif ou législatif établi par des organisations humaines et leurs représentants.
.
Mannheim, le 25 Novembre 1995

Source : http://www.almauniverselle.fr/

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Les spécificités du Serment d'Apprenti au Rite de Memphis Misraïm

8 Mars 2013 , Rédigé par J.C. Denis Publié dans #Planches

Il est fréquent d'entendre des FF\ Visiteurs manifester leur étonnement devant certaines parties de notre Rituel d'Initiation au 1er degré ; en premier lieu le prélèvement de quelques gouttes de sang du candidat destinées à signer son Serment. C'est donc sans surprise qu'à l'audition de récentes « Impressions d'Apprenti », j'ai perçu l'émotion du néophyte évoquant à ce sujet les pactes infernaux du Moyen âge…………

Satan se cacherait il en nos Loges, comme le croyaient les dévotes du début du siècle ? Cet usage, si étrange aux yeux de nos FF...et SS... des autres Rites, nous est spécifique ; il est apparu tôt à Memphis-Misrahn, puisque on le retrouve dans les rituels anciens, tel le manuscrit de 1824 publié dans la « Franc-Maçonnerie d'autrefois » de R. Ambelain ( p. 86 ). La connotation péjorative qui accompagne dans l'inconscient populaire l'emploi du sang a, certes, été grandement servi par le succès populaire de la Damnation de Faust, mais elle a toujours frappé les répugnantes manœuvres de la sorcellerie ; l'histoire de Gilles de Rai est dans toutes les mémoires, il n'y a donc pas lieu de s'étonner. Cela doit d'ailleurs nous inciter à rechercher les motifs de cet emploi dans l'ésotérisme du sang dans la magie des différents peuples et à toutes les époques. Nous essaierons ensuite de l'analyser dans le corpus du Rite.

Qu'est ce que le sang ? la première idée est de le lier à la Vie. Comment en serait il autrement puisque une importante perte de sang peut causer la mort. Les armes blanches surtout, mais aussi les armes à feu agissent ainsi : une blessure vasculaire est responsable d'anoxie tissulaire fatale si trop importante. A contrario, la Réanimation exploite ce merveilleux tissus vivant pour couper le cercle vicieux avant que ne soient lésés les tissus nobles. Associer la notion de vie et le sang est donc conforme à la logique mais aussi au raisonnement analogique intuitif ; en effet toutes les peuplades primitives ont associé le feu et le sang parce que tous deux sont chauds et mobiles ( les flammes dansent dit on), ils apposent ou protègent la Vie nous l'avons vu pour le sang, rappelons nous le rôle du feu qui protégea nos ancêtres des bêtes sauvages et du froid et leur permit la cuisson de leurs aliments. Dernier point commun feu et sang sont rouges.

La seconde notion qui vient à l'esprit est d'affecter au sang le rôle de support du Moi. Ici encore le sens commun pousse à cette notion : 1' expression populaire « être du même sang » y fait référence en visant les critères spécifiques d'une famille et depuis 1940 on sait que chacun appartient à un groupe sanguin hérité selon les règles de la génétique.
Mieux encore l'empreinte génétique établie à partir de noyaux cellulaires permet d'affirmer ou de récuser la paternité ou la culpabilité d'un quidam mis en cause. Dans le même sens vont les apports de l'Immunologie qui trouve dans les anticorps sanguins les archives de la pathologie de l'individu. Le sang définit donc l'espèce, la famille et l'individu avec son vécu.

La troisième notion. plus floue celle-là. complète celle de Vie par celle d'Aine, principe impalpable qui quitte le corps en même temps que la Vie et serait tout ou partie supporté par le sang. Les Juifs utilisent le même mot (Ruach) pour dire souffle, Vie et esprit. Les évangiles prêtent au Christ les mots de corps et d'esprit, recoupant ce que chacun constate devant un mort : le corps est là, apparemment inchangé et pourtant sans vie. Il lui manque les analogies du feu signalées tout à l'heure : le mort est blanc et non rose ; il est froid et non chaud ; il est immobile, mieux il se raidit : l'Aine l'a quitté. Ame, feu, sang et vie sont donc bien analogiquement reliés. C'est Saül de Tarse, le Saint Paul des évangiles, qui distingua sans s'étendre d'ailleurs, Spiritus Animus et Anima : l'Esprit conscient (Psyché des Grecs), l'Esprit ou Etincelle Divine et 1 'Arne ou corps astral des Occultistes. D'autres ont préféré les termes : âme Divine, âme spirituelle et âme animale. De quelle sorte d'âme s'agit il dans la cas du sang ? Sur la première on ne peut que s'interroger, sur les seconde et troisième, point de doute : vie et esprit conscient sont inséparables et d'autre part qu'est ce que la vie « animale » sinon les instincts, les qualités et défauts du Moi. Cette dernière particularité explique que les anthropophages mangent la chair de l'ennemi pour s'approprier ses qualités et que les Juifs ne consomment pas de viande impure et soumettent les autres au rite préalable du casher.

La quatrième donnée nous a été suggérée par la lecture du livre « La mémoire du sang » où Alexandre de Dànaan qui fait état de croyances remontant à 1' Israël ancien, mais aussi à la vieille Egypte et à la Chine ancienne soit à plusieurs millénaires avant notre ère. Les deux piliers de cette thèse sont d'abord la liaison de cette âme animale au squelette et la pérennité de la première tant que le second n'est pas complètement dissous. Le Livre d' Hénoch est le second pilier; célèbre apocryphe Gnostique il conte la Chute des anges rebelles, leur « commerce » avec les filles des hommes d'où naquirent les Titans qui enseignèrent l'agriculture, la chasse, le travail des métaux, la magie etc... ; de cette postérité subsista un lignage dans certaines familles où l'aîné se voit confier le rôle de maintenir le rang social de la famille, le cadet étant chargé du culte des Ancêtres, et en premier lieu de pratiquer le culte du numen, chef de la lignée. Pour R. Guénon dont de Dànaan est un fervent admirateur, ce lignage issu des anges des ténèbres » serait le tissus de la contre initiation. Nous ne nous permettrons pas d'avoir d'opinion à ce sujet mais notons que, comme par hasard, la famille donnée en exemple est celle de Gastone Ventura, Grand Maître de Memphis-Misraïm Italie, Chevalier de Malte et Grand Maître du Martinisme Italien. Dans un de ses ouvrages, ce F\ relate la pérennité du rite de dulie dans sa famille depuis la plus haute antiquité Romaine.

Le sang, les os et les rites de magie. nous en savons assez maintenant pour mieux comprendre leurs motivations. Le sang et les os ( organes hématopoïétiques ) sont porteur de la Vie, expression matérielle de l'âme animale, du Moi et de l'esprit des ancêtres. Notons en passant qu'il n'y a pas que les ésotériste à lier âme et ossements. Avant nous les Juifs parlaient de « Habal a gardim », le souffle des ossements, et l'Eglise Catholique elle- même prescrit la présence de reliques osseuses de saints enchâssées dans la pierre de ses autels L'utilisation,de ce principe peut être fruste ou au contraire fort élaborée selon la mentalité des pratiquants ( nécromancie et fabrication d'une « mumie »). Le sang offert à une entité supérieure est destinée : - tantôt à lui rendre hommage : car la Vie doit retourner au Créateur et d'autre par le sacrifice de la vie d'animaux domestiques ou de prisonniers, par son caractère d'offrande de biens, ne peut que plaire à la divinité. De là les ruisseaux de sang offerts par les anciens et celui dont on peignait les voiles et les cornes de l'arche d'Alliance qui devait se signaler de loin tant par un épais nuage de mouches que par une tenace odeur de charogne. C'était, avec les aromates, le support nécessaire à un matérialisation partielle des entités révérées.

- tantôt à se concilier ses faveurs par une sorte de troc : tels étaient les sacrifices de remerciement analogues des ex-voto contemporains et aussi les rites propitiatoires où l'offrande précédait la demande ; on employait l'un ou l'autre selon la confiance accordée à l'Entité. A noter les rites de fondation où la vie rituellement offerte, est en partie destinée à animer un « esprit familier » voué à la protection de l'ouvrage et limité à sa durée. Ce principe est toujours en vigueur dans les opérations magiques.

La Circoncision est l'exemple parfait de ces aspects symboliques. Abraham offrit à son Dieu ce qu'il avait de plus cher, l'avenir de sa « race » représenté par son fils Jacob et ce dernier accepta son sacrifice, symbolisant la soumission du Peuple élu. La substitution d'un bélier au jeune garçon fut suggérée par un « ageloï » et désormais le sacrifice du premier né sera remplacé par le sang du prépuce de l'enfant ; ainsi sont explicités les termes de l'Alliance : Dieu reçoit l'hommage du sang et en retour bénit le Peuple dans sa postérité. La rituélie ne fait que renouveler l'alliance, c'est le rite de dulie du Peuple élu. Deuxième passage Biblique éclairant le premier : avant que l'Ange exterminateur ne vienne tuer les premiers-nés d'Egypte, les Hébreux protégèrent les leurs en traçant un signe sur leur porte avec le sang de la victime immonde à cet effet. Le sens est clair : rappel du pacte d'Abraham où l'offrande sanglante préalable remplace le premier-né.

Il doit vous sembler que je me suis égaré sur des chemins de traverse et que je divague. J'espère bien que non et pour vous en convaincre, abordons ensemble l'étude du Serment d'App\.

Celui- ci se passe au pied du plateau du V\M\, le candidat posant sa main sur l'Equerre, le Compas et la règle agencés selon le Sceau du carré de Saturne; cela revient à prêter serment à l'archange Schabtiel, archange majeur de Saturne, représentant le G\A\. Sans cela, on ne comprend plus le sens de la cérémonie....

Le candidat lit le Serment en prenant les SS\ et FF\ de la Loge à témoins et décline d'entrée son identité : « Moi, N etc. etc... ». Or l'Egypte croyait que le nom représentait l'Etre, notion reprise à son compte par la Bible qui fait nom- mer toutes les créatures par Adam ; MEMPHIS-MISRAÏM fait écho dans le libellé du Serment en condamnant le parjure éventuel à l'éternel oubli: son nom sera effacé et ne devra plus jamais être prononcé. Dont acte !

Il n'est plus étonnant désormais de voir le candidat signer de son sang ; il s'agit bien d'un pacte et la partie signataire y joint une partie d'elle même qui l'engage en tant qu'individu membre d'une lignée. Ce serait incompréhensible si le Rituel ne précisait pas que cette vie, de durée infime, n'était prolongée par sa sublimation par le feu. Et d'expliquer qu'elle est projetée dans l'invisible voire, mais ce qui vit dans l'invisible est appelé Entité ; il s'agit donc bien de la création d'une entité qui rejoint toutes celles de l'Ordre pour en constituer l'Eggrégore.

Arrêtons nous un instant et faisons le point car vous êtes en droit de douter de mon bon sens. Puis je seulement avancer une présomption de preuve à l'appui de ce que j'avance et heurte notre raison d'hommes de la fin du XXème siècle? Je produirai comme témoin à décharge notre Passé-Grand-Maître Robert Ambelain qui dans son ouvrage « La Franc-Maçonnerie d'autrefois » a publié nos rituels Maçonniques ; pour me justifier je ferai appel au chapitre consacré au Rituel dit « de la Mort Maçonnique » (p 196 à 200). Permettez moi de lire ; « Le Fr\ Terrible monte à l'O\ recevoir du Grand Maître le nom du condamné, transcrit à rebours en lettres rouges sur un triangle de papier blanc d'un empan de côté. Il le place avec la bougie allumée qu'il couche sur la Pierre Brute et écrase d'un coup de maillet. Puis il va jeter le tout dans l'urne funèbre ».... Un peu plus tard le Grand-Maître dit : « Que son nom n'existe plus ! à compter de cet instant ce nom ne sera plus jamais prononcé. ». L'entité créée par le feu lors du Serment d'Initiation est rappelée par le feu pour être détruite, maudite pour l'éternité. Son nom est frappé d'oubli ! Elle cesse d'exister ! Mais pour qu'il y ait mort, il faut bien qu'il y ait eu naissance préalable et ainsi la mort Maç... prouve la naissance de l'Entité lors du Serment d'Initiation. Croyance réelle des rédacteurs du Rituel ou manipulation encadrant la sincérité du prestataire de serment ?

Voici mes SS\ et FF\ un des sens que l'on peut donner à cette cérémonie ; certes tous ne me suivront pas sur cette voie qui comporte bien des interrogations et que refuseront la plupart, pour ne pas dire tous nos SS\ et FF\ des autres Rites. Vous êtes des Maçons libres dans une Loge libre, que chacun se détermine en son âme et conscience... mon rôle se limite à alimenter votre réflexion.

J'ai dit mes Soeurs et mes Frères.

Source : www.ledifice.net 

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Note sur le serment du premier grade

7 Mars 2013 , Rédigé par C.B Publié dans #Planches

LES TEXTES ÉCOSSAIS

Il existe 3 anciens textes, tous d'origine écossaise traitant du rituel maçonnique, il s'agit du manuscrit des Archives d'Édimbourg (1696), du manuscrit de Chetwode Crawley (1700), et, du manuscrit Kevan (1714-1720). Ces textes, sont identiques dans le fond puisque ils sont issus d'un original commun. C'est pourquoi il y a peu de divergences si ce n'est parfois des erreurs de traduction. A partir de ces textes, il a été établit un serment commun pratiqué en Écosse durant la période de 1696-1714. Toutefois, René Désaguliers précise qu'il existe un autre document, ayant été adopté par l'Angleterre en 1663, sur un serment plutôt d'origine opérative, que l'on retrouve dans les anciennes constitutions de 1722, et, qui fût publié J.Roberts.Il est à noter, que ce serment serait issu d'un mouvement en dehors de la dynamique de la réforme Andersonienne. D'autre part, le serment est prononcé sur la bible, au nom de Dieu et de saint Jean, mais également, sur les outils de la Franc-Maçonnerie. Si celui-ci venait à être trahi, l'entrant devra en répondre devant dieu, le jour du jugement dernier. Pour René Désaguliers, le serment détermine la condition préliminaire indispensable dans la communication des secrets. En effet, rien ne doit être révélé sous quelque forme que se soit sous peine de châtiments corporels abominables. De ce fait, ce secret ne peut être partagé qu'avec les autres maçons entrés. C'est par conséquent, l'un des éléments dont a hérité le serment au XVIIIème siècle qui sont les paroles de celui qui vient d'être reçu.

Ainsi en 1745, dans « le sceau rompu » le jeune récipiendaire doit répondre à ce qui lui permet d'être reconnu en tant que maçon, à savoir ses signes, ses marques, et, au point parfait de son entrée bien que cette dernière expression soit souvent difficile à comprendre et à interpréter. Qui plus est, à cette époque, dans la deuxième partie du serment, en dehors du fait qu'il doit garder les clés de la loge sur son honneur et à son corps défendant, afin, de ne rien dévoiler. puisque si il y avait une révélation sa gorge serait tranchée jusqu'à la racine.Le jeune apprenti promet également d'être au service de son maître, et, de tous ces frères en se rendant disponible du lundi matin au samedi soir. A l'issue de cet engagement, l'ensemble de la loge donne le mot à l'apprenti entré. En décortiquant cette dernière partie du texte, il apparaît 2 aspects bien distincts et fondamentaux pour la Franc Maçonnerie spéculative du XVIII siècle. A savoir, une première partie héritée de la maçonnerie opérative puisque la notion d'apprenti induit une professionnalisation en se mettant au service de sa corporation quels que soit le jour. Un second point qui est la notion de l'importance de l'engagement et du serment, en vertu de quoi si celui-ci était trahi apparaît une notion de châtiment. Ainsi, se dégage l'importance de la communication et de la transmission du mot et de ce fait « du secret » majeur, puisque il permet l'accès de l'apprentissage du jeune maçon, et, par la suite concédera à sa progression et à l'accession au mot du compagnon, voire à d'autres secrets. Enfin, ce document permet de faire ressortir l'importance de ne rien dévoiler, ni à l'écrit, ni à l'oral, des secrets transmis.L'interdiction de trahir sa parole en révélant le mot de l'apprenti reste antérieure à l'écriture puisque celle-ci s'est répandue assez tard.Du reste, René Désaguliers précise qu'il est normal de trouver une modification du serment précisant de ne rien révéler à l'écrit compte tenu de l'évolution de la société surtout dans les milieux ouvriers.

Toutefois la parole reste symbolique dans sa promesse du supplice, puisque, c'est par elle que l'on atteint la langue à sa racine en tranchant la gorge du traître. C'est la description que l'on a retrouvée par exemple dans « le mystère de la Franc-Maçonnerie » 1730.Ces éléments qui ont évolué dans le temps sont relativement différents des originaux, mais, se retrouvent au sein des instructions de l’apprenti des loges Française jusqu’à la fin du XVIII, et, sont actuellement présents dans les rituels Anglais. De même, la confirmation de ce châtiment se retrouve dans les instructions de l’apprenti au cœur des 3 textes Écossais. En effet, la clé de la loge est la métaphore de la langue du maçon qui lui permet les mots et les signes de reconnaissance lui permettant à la fois l’ouverture de la loge, la reconnaissance de la fraternité en tant que tels, mais aussi, la solidarité immédiate. C’est ce que l’on retrouve dans le cadre de l’engagement du jeune apprenti lorsqu'il prononce son serment. Ainsi, cette promesse confirme l’interdiction absolue de relever sous quelque forme que ce soit les secrets, et, surtout les mots. Il est toutefois intéressant de noter que les supports qui pourraient être utilisés pour dévoiler ces secrets sont relativement récents et sont des illustrations « folkloriques ». René Désaguliers, insiste sur la certitude que cet héritage provient de la Franc-Maçonnerie opérative. De plus, cette étude concerne uniquement le jeune entré qui finalement ne connaît qu’une seule partie du mot, et, non pas d’autres secrets. En effet, s’il connaissait la totalité du mot, il accèderait sans doute un jour à d’autres secrets professionnels ou pas.

L’ÉVOLUTION DU SERMENT D'APRÈS DES ARCHIVES CONNUES

Le manuscrit d’origine anglaise Sloane (1700) mentionne impérativement de ne rien dévoiler à l’écrit, directement ou indirectement, et de garder secret tout ce que les maçons, et, de surcroît les surveillants auront révélés, cette confidence ne pouvant être partagée qu’entre frères. Ce document souligne également de respecter les obligations des constitutions, et, bien entendu de garder les secrets fidèlement sous peine d’avoir la langue tranchée à sa racine. C’est pourquoi l’entrant promet sur le livre sacré et sur les outils, et, souhaite que Dieu lui vienne en aide pour le voir et l’aider à tenir ses engagements. Ce texte témoigne d’une tradition commune avec les textes écossais, cette transmission est toujours d’actualité à notre époque. Par ailleurs, l’analyse de ce document permet de faire ressortir l’élargissement du secret et notamment du mot maçon. En effet, cela s’applique à tout ce que les maîtres estiment devoir être non révélé, cette idée n’existant pas dans les textes précédemment étudiés. De plus, il y a une obligation de faire références à la constitution notamment aux Anciens Devoirs puisque ceux-ci étaient lus lors des réceptions. Après 1723, dans deux textes, « le grand mystère des Francs-Maçons révélés » (1724) et « l’institution des Francs Maçon » (1725) émerge une nouvelle condition qui se trouve être un concept inédit. Il s’agit de la solidarité envers tous ses frères en fonction de nos moyens et de nos possibilités et au nom de ce qui a été transmis par l’ancienne et noble science. Enfin, dans le « manuscrit Graham » (1726) se retrouve tous les points du serment et des anciennes obligations des précédents textes comme bien évidement de garder puis de cacher les secrets. Mais, c’est surtout la solidarité qui s’élargit à un devoir de fraternité, d’amour, et de secours pour ses frères, mais aussi, pour son prochain, toujours en fonction de ses possibilités et sans compromettre les intérêts de celui qui agit. C’est pourquoi, l’entrant s’abstiendra de vouloir mentir, commettre des adultères…

C’est à partir de 1726, dans les archives que nous avons, qu’il apparaît une diminution de l’aspect opératif dans les serments, mais, aussi un changement dans la formulation de ceux-ci. Ainsi, dans le « manuscrit Wilkinson » (1727), « le mystère de la Franc- Maçonnerie » (1730), et, « la maçonnerie disséquée » (1730) documents relativement similaires, mais, qui conservent pour chacun d’entre eux des textes préexistants, on note l’apparition du premier état du serment maçonnique spéculatif. De plus, on constate que le mot maçon n’est plus utilisé, mais que l’on emploie le terme des secrets. D’autre part, on peut soulever un autre point, puisque disparaît la spécificité opérative car il n’existe plus de référence aux anciens devoirs. Ainsi, dans les écrits de Samuel Prichard, la référence aux anciens devoirs est bien occultée. Toutefois, on continue de promettre évidement de respecter son serment en présence de dieu et de la vénérable assemblée. Il apparaît également cette notion, de ne de ne jamais révéler les secrets et les mystères de la Franc Maçonnerie et des maçons, sous quelque forme que se soit, sauf, à un frère. De plus, si ces secrets étaient dévoilés, le châtiment serait tout autant terrible que dans les anciens textes. En analysant la période, après la publication de ce serment, on constate dans les manuscrit Anglais tels que « Dialogue entre Simon et Philippe » 1740 et « Joachin et Boaz » 1762 qu’il a peu évolué et n’apporte pas de variation notable. En revanche en France, dans les plus anciens textes, on repère une évolution qui est intéressante sur bien des points et qui ne sont pas à négliger. En effet, l’aspect fondamental qui prime au premier abord est l’évolution de la prise à témoin de Dieu, qui est du reste une des caractéristiques Anglaise permettant de respecter sa promesse sur sa foi de gentilhomme avec l’aide et au nom du Grand Architecte De l’Univers qui est Dieu. On le constate aussi, dans d’autres références littéraires telles que « le sceau rompu » 1745, « le maçon démasqué » 1751 ou encore dans le rituel de 1758 « Elément de la maçonnerie » . Cependant, il apparaît en 1765, dans le serment d’un manuscrit écrit apparemment de la main de Jean-Baptiste Willermoz, cette simple phrase : « je promets devant le grand architecte de l’univers ».Celle-ci va être récupérée en 1801 par le G.O.D.F qui s’en servira dans l’édition de son premier rituel qui sera « le régulateur maçon ».Elle sera prononcée dans cette obédience jusqu’à une modification du contenu du rite et sera même éliminée de celui-ci à partir de 1877.Ainsi dés 1765, cette phrase reste plus que présente dans les rituels, et notamment dans les premiers rituels du Rite Rectifié rédigé par Monsieur Thibault fils en 1781, après le couvent des Gaules, et, dans le Rite Écossais Ancien et Accepté que l’on peut lire dans « le guide des maçons écossais » 1830D’autre part, il est intéressant de souligner et de comparer au moins 2 aspects de ce serment qui sont : La bible et les évangiles et l’évolution propre du R.E.R En effet, en Écosse et en Angleterre la bible reste un des moteurs indissociable de l’orchestration du serment. Dès lors, dans tous les manuscrits traitant de l’engagement, on prête serment avec l’aide de Dieu et de la bible qui nous soutiendront dans notre tâche. C’est ce qu’ on lit dans « le manuscrit Sloane » le serment se prononçant par le contenu de ce livre, mais parfois, la formule varie de manière légèrement différente, ainsi dans « Le grand mystère des francs-maçons révélé » 1724, on lit dans la phrase du rituel cette petite modification : par le contenu de l’écriture sainte, ou encore en mentionnant la sainte bible comme dans « le grand mystère ouvert à tous » 1726 , « la confession du maçon » 1727 , ou « la maçonnerie disséquée » 1730

Par contre au XVIII siècle, dans les premières sources Françaises tels que « la divulgation du préfet de police Herault » 1738, « le secret des francs-maçons » 1744 …, l’engagement est prononcé avec l’aide de dieu et sur les évangiles, la plupart du temps identifié par celui de Saint Jean. Cependant, il existe toutefois des exceptions, en effet l’évangile n’est pas forcement mentionné, C’est ce que l’on peut par exemple observer dans « le sceau rompu » qui ne fait référence qu’à la bible, ou dans cet autre exemple « les instructions d’Honoré Renard » dont les propos restent évasifs en ne parlant que de livre de la loi. De plus, dans « le régulateur maçon » du G.O.D.F, 1801, on constate l’absence de la bible et de l’évangile puisque ce n‘était pas d’usage. Toutefois, ce n’est pas une généralité puisque dans la loge Jeanne d’Arc à l’Orient d’Orléans l’apprenti prête serment sur l’évangile, le compas et l’équerre. Pour terminer sur ce premier point, traitant de la bible et des évangiles, certains rituels Français comme « le guide des maçons écossais » 1830, s’inspire de la tradition faite outre manche, c’est à dire la bible, ainsi l’ évangile est absent du fait de cette répercussion. D’un point de vue purement propre à l’évolution du Rite Écossais Rectifie (R.E.R), les rituels de 1780 mentionnent à propos de la promesse prononcée de ne jamais révéler les secrets de la franc-maçonnerie toujours avec l’aide de Dieu. Toutefois, cette partie tient une place moins importante dans l’engagement du maintient des secrets en comparaison avec d’autres points beaucoup plus cités. D’autre part, le fait d’obéir aux lois de l’Etat n’est pas innovateur puisque cela l’était déjà dans « le grand mystère des Francs-Maçons révélé » 1724 qui spécifiait d’être fidèle au roi. Par contre il apparaît un élément précurseur dans les rituels, qui se traduit par la disparition pure et simple de toute représaille sous quelques formes que ce soit. Dans la forme définitive de 1785-1787, la structure de ce rituel, au niveau des devoirs a subi une évolution qu’il est intéressant de considérer et d’étudier. Celle-ci se démarque par les modifications suivantes.Avant même de prêter serment et d’être le garant des secrets, il est demandé au futur maçon d’être croyant, voire pratiquant, comme cela était le cas à cette époque, et de rester fidèle plus particulièrement à la chrétienté.Il réapparaît également dans cet engagement, une répression morale par le fait d’être mis à l’écart et de ne plus avoir de fierté si la promesse était trahie. De plus, on peut souligner le fait que le châtiment physique a été éliminé comme cela l’a été en Angleterre. Toutefois, cette absence amène une difficulté dans la connaissance de ce rituel, mais aussi, pour l’accomplissement d’une certaine gestuelle.Ainsi, pour mieux comprendre la disparition du châtiment physique, il est induit dans l’éthique de ces nouveaux rites, de se référer à l’ancien serment qui permettra de comprendre les mystères de l’ordre, c’est pourquoi en 1782, le convent général de Wilhelmsbad, indiqua que celui-ci devait être conservé dans les instructions. De cette façon, dans l’ancienne formule du serment des apprentis, l’existence d’un châtiment physique que l’on connaît est bien présente. Dès lors, il correspond en tout point à ce que l’on retrouve dans les documents décrivant les serments.Toutefois, René Désaguliers tient à préciser, que cet ancien texte ne correspond pas aux premiers rituels rectifiés du Convent des Gaules de 1778, en effet, l’origine de cette formulation est imprécise mais fait partie en gros de la tradition spéculative.

CONCLUSION CONCERNANT L’ÉTUDE DU SERMENT

Cette étude nous a permis de mettre en évidence dans le serment de la Franc-Maçonnerie opérative l’importance du secret notamment celui du mot de l’apprenti, même, si parfois cette perspective peut nous paraître étonnante, voire difficilement compréhensible. Qui plus est, le signe qui l’accompagne est sans doute issu d’une très ancienne transmission, dont sa visualisation permet d’appréhender les représailles qui s’y raccrochent. De ce fait nait la certitude que sans engagement il n’y a pas de terme et dans la logique des choses ni de maçon, ni de réception. C’est pourquoi, le serment est, et demeure un élément indispensable et fondamental pour toutes initiations. Parfois, et, selon le contexte, il peut exister des serments sans cérémonie, mais, le contraire est une absurdité et va à l’inverse de la tradition, voire de la transmission. Au niveau individuel, le serment a revêtu plus ou moins de l’importance selon les origines et le pays où il est prononcé. Ainsi, dans les pays Anglo-saxon, on lui donne plus de valeurs et on ne peut pas promettre n’importe quoi comparativement aux pays latins où l’on accorde à celui-ci moins de rigueur. De telle sorte que, ceux qui les rédigent doivent faire attention de ne pas faire preuve de zèle et d’autorité. De ce fait, le serment au fil du temps a subi des transformations aussi bien dans sa forme que dans ses contenus, et au delà de ce constat, a permis l’émergence d’une multitude de nouvelles clauses Celles-ci s’éloignent du sens premier initial qui est le secret du mot, pour revêtir un sens plus symbolique lié à la franc-maçonnerie spéculative. C’est pourquoi, il existe des landmarks qui sont les garants d’une morale dans la rédaction d’un serment. Ces garde fous permettent d’éviter tout abus et d’éviter des clauses trop abusives, comme se fut parfois dans des obédiences, autant sur un plan maçonnique, que sur un plan profane. Dans ce sens pour qu’un serment soit respecté et appliqué il faut qu’il soit le moins contraignant possible pour éviter sa dévaluation.

LES OBLIGATIONS FONDAMENTALES ET COMPLÉMENTAIRES DANS LE RITE FRANÇAIS TRADITIONNEL

Lors de la rédaction des rituels du Rite Français traditionnel, c’est de manière spontanée et incontournable qu’il a été rédigé un serment issu de cette étude et de ces réflexions. En ce qui concerne la structure de celui-ci, les rédacteurs de ce texte ont distingué 2 nécessités. Une obligation fondamentale qui comporte la notion de garder les secrets et de ne pas les divulguer sous quelques formes que se soient, la divulgation étant liée au châtiment, elle hérite de la tradition opérative. Et Une obligation complémentaire qui regroupe l’idée de fraternité, mais aussi, de ne pas révéler l’appartenance de ses membres, ainsi, que les statuts et règlements. De plus elles sont liées l’une à l’autre, et sont la base du fondement du serment. Pour conclure voici en résumé le texte du serment qui se pratique dans le Rite Français Traditionnel.

Au niveau des obligations fondamentales :

L’entrant s’engage devant le Grand Architecte De l’Univers qui est Dieu, et sur l’Évangile de Saint Jean sur lequel est posé une épée, mais également, en présence de la respectable Loge. Ainsi, il prononce de cette façon son engagement sur son honneur, et de son plein gré de ne rien révéler et de ne rien dévoiler de ce qui lui a été confie, ou qui lui sera dit, des secrets de la Franc-Maçonnerie passés ou à venir. Cette obligation ne peut se partager qu’avec un frère reconnu en tant que tel. De plus, l’entrant s’engage à ne jamais écrire sous quelque forme que se soit ces secrets, et n’engagera personne à le faire. Il veillera à ce que cela soit respecté dans les mesures de ses capacités. Le récipiendaire fait cette promesse sans arrière pensée, et si celle ci était rompue il s’ensuivrait des représailles indescriptibles.

Au niveau des obligations complémentaires :

Le futur Apprenti s’engage toujours sur l’évangile à aimer ses frères fraternellement et à ne pas divulguer sans leur autorisation leur activité maçonnique. Et il promet aussi, durant toute sa vie de maçon de respecter les statuts, les règlements de son obédience et également de tout ce qui régit les règles et obligations de sa loge. Il conclu en invoquant l’aide de dieu et de l’évangile, afin, que sa promesse et ses obligations ne soient jamais trahies et qu’il puisse les appliquer.

Épilogue:

A travers la recherche du travail historique de René Désaguliers, on peut souligner que les serments avant et après la réforme Andersonniene ont été rédigés en prenant compte des anciennes obligations. Il est important de noter que ces serments ont évolué dans leurs contenus et tiennent compte de la progression de la société notamment lors de « la démocratisation de l’alphabétisation » dans les milieux les plus simples. Ensuite ces serments vont être transmis et vont pratiquement ne plus subir de modifications notables, et c’est sous ces formes aujourd’hui que s’effectue la parole donnée, gardienne des secrets de notre engagement quels que soient les rites. Dès lors, l’engagement en France ou Outre Manche va reprendre tout ce qui fait la valeur du serment, et de la parole donnée toujours avec l’idée d’une croyance religieuse d’origine judéo-chrétienne, puisque cette promesse se fait selon l’origine de la nationalité de l’entant sur la bible ou l’évangile. C’est pourquoi, notre auteur /notre frère considère que le serment dépasse le temps et les frontières. Il est le lien invisible entre tous les maçons puisqu il s’agit d’un héritage commun. De plus, c’est également un élément indissociable et indispensable lors de toute réception. Ainsi, sans lui, l’authenticité que l’on accorde à ces cérémonies ne peut être qu’une pale reproduction de la valeur que l’on accorde à la transmission et aux contenus que cela inclus. C’est pourquoi, cet engagement est, et doit rester la clé de voûte de l’héritage universel de la transmission maçonnique et de ses secrets. Ce n’est que de cette manière que s’effectuera naturellement la transmission comme elle s’est toujours effectuée et que cette fraternité survivra à notre passage sur terre.

Source : http://aprt.biz

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Le Serment aux Trois Degrés

6 Mars 2013 , Rédigé par M\ J\ Publié dans #Planches

Le Serment prêté en Maçonnerie représente le point d’orgue du rite d’Initiation. C’est un lien invisible, un pacte d’union entre tous les maçons du monde. Il scelle l’Engagement que l’on prend à l’intérieur de soi devant tout l’Atelier.
Nous faisons un calcul d’espérance selon lequel les progrès de l’Humanité sont possibles par ce qu’ils dépendent de nous. Ces avancées seront réalisables grâce au travail que je jure faire sur moi et avec l’aide et le concours de tous les Maçons.

Il est rappelé à chaque tenue, à chaque degré par le signe d’ordre lors du passage des 2 surveillantes à l’ouverture et aussi tout au long des travaux jusqu’à leur fermeture.

Chaque grade se distingue par une gestuelle qui lui est propre.

L’Invocation formulée oralement et publiquement aux différents degrés donne tout son caractère sacré et solennel à la promesse qui va être prise car elle est prononcée sous le signe de la libre volonté. Elle prend à témoin l’assemblée des Sœurs debouts et à l’ordre de chaque degré concerné étant elles aussi liées par le même serment.

Le Serment se déroule en trois moments. Il est introduit par une invocation qui précède la promesse et il est suivi d’une imprécation. L’invocation rappelle les conditions du serment. La promesse énonce le contenu de l’engagement pris et l’imprécation définit le châtiment auquel le parjure s’expose s’il ne venait pas à respecter sa promesse.

Quelque soit le degré, cette promesse qui suit rappelle les grands principes de la Franc Maçonnerie et renforce aux différents degrés l’engagement initiale. Devant l’hôtel des Serments, à l’Orient, dégantée le récipiendaire s’engage de façon solennelle
De ne jamais révéler le secret maçonnique
De respecter les lois
D’observer les règles graduelles de l’apprentissage, du compagnonnage et de la Maitrise
Et enfin à se conformer à la règle de la fraternité maçonnique (entraide et Amour).

L’imprécation est symbolisée par les différents châtiments (gorge, cœur et entrailles) que l’on retrouve symboliquement à chaque degré.
Il devient définitivement scellé par les mots : je le jure !!
Il nous lie par le secret, la loi, et la même quête partagée au sein d’une fraternité universelle qu’est la Maçonnerie

Ainsi pouvons-nous retenir 3 éléments :
- Le caractère sacre et solennel,
- l’idée de promesse et d’engagement que le serment contient,
- enfin sa forme publique et orale.

Aux trois degrés le Serment se prête à l’Orient devant l’hôtel des Serment. Il est prononcé sous le signe du libre engagement, ce qui lui donne toute sa force. Dans notre loge à Balkis on jure sur la règle, l’équerre et le compas.

Les obligations contractées sur les 3 grandes lumières seront renouvelées de grade en grade, mais aussi lors de la cérémonie d’installation des officières de la loge.

Quelque soit le niveau, le Serment se prononce toujours après les épreuves du grade concerné, sauf au grade d’apprentie ou il est fait en plusieurs fois puisque déjà après avoir franchie la porte basse il est demandé un premier engagement, puis après avoir bu la coupe d’amertume un second et enfin le serment définitif viendra après les épreuves. Ce premier grand serment s’apparente symboliquement au passage du monde profane au monde Sacré. Plus encore la prestation du Serment constitue l’engagement volontaire du postulant, condition essentielle pour recevoir la consécration de la Vénérable qui transmet son influence spirituelle.

On note une progression à chaque grade :

Au second degré, le serment engage au renoncement d’une part de liberté, ceci est juré devant tout l’atelier debout et à l’ordre. L’engagement pris alors est solennel. Il revêt bien deux formes l’un devant les personnes reconnus, et l’autre à l’intérieur de soi. C’est un serment de fidélité à la parole donnée l’engagement est bien pris face à soi et par rapport à l’Ordre. Je ne suis pas sure que la future apprentie prenne la mesure de ce qu’elle jure et je pense même que c’est beaucoup plus tard lors du serment prêté au troisième que les deux premiers prennent véritablement tout leur sens. Les deux premiers serments permettent la mise en place d’une nouvelle personnalité, singulière tandis que le troisième donne la liberté et les moyens de pouvoir transmettre devant le groupe rassemblé.
J’ai une image qui me traverse l’esprit : Et si je dessinais une simple croix ? Les Serments prêtés aux deux premiers degrés représenteraient la ligne horizontale et le troisième degré la verticale qui viendrait couper cette ligne selon une perpendiculaire. Cette verticalité donne une orientation différente. Apprentie on m’a amené à travailler sur la pierre brute compagnonne sur la pierre cubique, j’ai modestement aussi franchie les portes du savoir et je me suis rapprochée de l’Etoile. Puis sur un tout autre plan par le troisième serment je me suis condamnée à la recherche de la Lumière, à poursuivre et à développer la Méthode, à passer du « je » à « nous » par l’échange, de la quête individuelle à la recherche de nouvelles donnes dans une re-naissance.

Tout comme on comprend combien le « je le jure » prononcé avec toute la solennité on peut comprendre aussi ce que signifie le parjure. Il est d’ailleurs inclus dans la formule du Serment : ainsi on peut entendre « préférer avoir la gorge tranchée » au 1er degré, « de m’arracher le cœur et le jeter aux rapaces » au second, et plus encore, « que mon corps puisse être coupé en deux parties »

CONCLUSION

Tout être humain a pour mission de perpétuer et de transmettre.
En Maçonnerie les serments prononcés aux différents grades engagent vers une mission pour toute une vie. Il m’engage toute entière dans un libre choix, de ma propre volonté à travailler sans cesse à l’amélioration de la condition Humaine, à rassembler ce qui est épars, à transmettre ce que j’ai reçu et transmettre aussi le peu que me laissera le temps. Ceci est aussi possible grâce à l’appui de tous mes frères et mes sœurs.

La Fraternité quant à elle permet par sa synergie de mettre en place des stratégies pour les plus faibles : le savoir par l’obligation de l’école, le respect des lois, le partage des richesses.

En ces périodes de turbulences seul le cœur peut prendre le relais et si par malheur je défaillais qu’il me soit effectivement appliqué toutes les sentences citées plus haut.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Marque, Arche Royale, Cryptiques... Aperçu sur les 'Side Degrees'de la Maçonnerie Anglo-saxonne

6 Mars 2013 , Rédigé par Philippe R. et Philippe M. Publié dans #Rites et rituels

Le propos de cet exposé est de vous présenter un "survol" des systèmes maçonniques pratiqués en Angleterre -au-delà- des 3 premiers grades.
Nous nous limiterons à l'Angleterre, même si nous serons parfois amenés à parler de l'Irlande, de l'Ecosse, de la France ou d'autres orients encore.
Nous ne pourrons pas aborder ici les spécificités de toutes ses constitutions qui sont parfois très différentes.
Tous les systèmes possèdent un ensemble de grades au-delà des 3 premiers. Comme si le génie maçonnique d'un rite ne pouvait se satisfaire de 3 grades pour s'exprimer...
- RER continue avec MESA, Ecuyer Novice, CBCS et plus...
- Rite Français possède 4 voir 5 ordres après les 3 premiers grades
- REAA: 33 degrés
- Memphis Misraïm peut monter jusqu'à 99 grades. Champion toutes catégories !
- Rite Swendenborg: 6 grades
- Rite Suédois: 12 grades
- Rite Brésilien (!): 33 degrés...

L'Angleterre, comme les autres pays possède aussi des systèmes maçonniques "beyond the craft" (titre d'un best seller de Keith Jackson sur le sujet + Delving Further Beyond the Craft du Rev. Neville Barker Cryer)
En Angleterre on ne parle pas de Hauts Grades, c’est une expression qui est typiquement continentale, d’ailleurs les anglais eux-mêmes lorsqu’ils parlent de nos Hauts Grades (le plus souvent ceux du REAA), ils parlent de High Degrees, mais pour les grades anglais au-delà du 3° grade, ils parlent d'additionnal degrees, d'extra-craft degrees, de side-degrees.
En fait le terme de 'side degrees' n’est pas le plus usité, mais en France le terme de side degrees a bien plu parce qu’il est assez explicite. Il montre bien que ces grades sont 'à côt' et non 'au-dessus'.
c’est un concept que l’on n’a pas réellement en France, le concept de craft, c'est-à-dire de métier. Pour les anglais, la maçonnerie, ce sont les 3 premiers grades et les 3 premiers grades seulement ! Et les anglais ont unterme pour celà: The Craft. Le Métier.
Le reste c’est 'beyond the Craft', au-delà du Métier !
Tous ces grades sont des grades complémentaires qui viennent abonder,, éclairer les 3 premiers grades, et qui en tout cas ne se situent pas au dessus ! C’est un concept qui est important à retenir parce qu’il détermine une véritable différence dans la manière d’aborder ces grades entre l’Angleterre et les pays anglo-saxon en général et le continent.

D'ailleurs, à leurs débuts, tous les hauts grades que nous connaissons n'étaient pas si 'hauts', ils n'ont été 'rangés' ainsi, parfois de façon très arbitraire, qu'au XIX° siècle pour la plupart.
Le XVIII° siècle a été très prolifique en création de grades, car c'est à ce moment que la plupart de ces grades sont apparus. Ils se sont ensuite solidifiés au cours du temps et ont souvent ensuite « intégré » un système - ou plusieurs
Alors pourquoi une telle floraison de grades à ce siècle ?
En fait, pour la plupart de ces grades, il ne s'agit pas d'inventions à proprement parler mais plutôt d'émergences de pratiques différentes, de légendes qui n'ont pas été retenues par les systèmes du moment et qui se constitueront en grades pour pouvoir exister.
En Angleterre au XVIIIème donc, comme partout où la maçonnerie s'est installée (France, Allemagne, toute l'Europe, mais aussi les Etats-Unis), les grades vont fleurir.
Mais il va falloir compter avec une composante qui va aller grandissant dans le siècle:
La « Grandelogisation » de la Maçonnerie va créer des structures de pouvoir qui vont vouloir contrôler cette Maçonnerie. Quitte à ce qu'il y ait affrontement.
Ce sera le cas avec les Grandes Loges des Antients et les Modernes qui s'affronteront pendant près de 70 ans. Retenons l'exemple de l'Arche royale: Les modernes s'opposeront farouchement à l'Arche Royale promue par les Antients cequ n'empêchera pas de nombreux grands officiers des modernes à fréquenter des Chapitres de l'Arche Royale. Ce qui montre bien que cette réprobation est plus affaire de contrôle et de pouvoir qu'un problème purement maçonnique.
Les pratiques « différentes » vont forcément avoir de plus en plus de mal à trouver leur place.
Et cela va être encore moins facile avec l'arrivée du Duc de Sussex, grand architecte de l'union de 1813 au poste de Grand Maître de la Grande Loge (désormais) Unie d'Angleterre qu'il mènera d'une main de fer durant 30 ans
Cette Union des deux Grandes Loges de 1813 va avoir non seulement une influence profonde sur les grades bleus anglais, mais aussi sur tous les autres grades pratiqués en dehors des 3 bleus.
Relisons l'article 2 des Articles de l'Union de 1813,
"La pure et Ancienne Maçonnerie consiste en trois grades et pas plus, c'est à dire ceux d'Apprenti Entré, de Compagnon du Métier et de Maître Maçon y compris l'Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale . Cet article n'a pas pour intention d'empêcher une Loge ou un Chapitre de tenir une réunion à quelque grade que ce soit des Ordres de Chevalerie selon avec les constitutions des dits Ordres ."
Voici un article qui paraît très consensuel, dans la mesure où l'on intègre par un tour de passe-passe rhétorique, l'Arche Royale aux 3 premiers grades et semble autoriser la pratique des grades chevaleresques.
La réalité est toute autre.
Si l'Arche Royale va effectivement bénéficier d'un régime de faveur, tel ne va pas être le cas des autres grades. En lisant bien cet article, on y voit bien que ceux-ci ne font pas partie de « la pure et ancienne Maçonnerie »Mais ce qui n'est pas dit, c'est que le Duc de Sussex a décidé de les mettre sous le boisseau.
Comment ?
Simplement en devenant (aussi) le Grand Superintendent of the Grand Conclave of Knights Templar et en ne réunissant ce Grand Conclave qu'une fois en 30 ans.
D'autre part, en plaçant des hommes à lui partout ou cela était possible pour contrôler la plupart des autres grades

Pourquoi ?
La manoeuvre de Sussex est claire
1/ Après plus de 60 ans de luttes fratricides entre le 2 Grandes Loges rivales et des négociations à n'en plus finir pour arriver à un accord, il n'est pas question, maintenant que la Maçonnerie a retrouvé une unité, de perdre quelque contrôle que ce soit sur tout ce qui s'y passe. Sussex aura donc toutes les manettes en main. Toutes.
2/ En ce début de XIX° siècle, l'heure est au rassemblement. Le Royaume Uni a vu le jour en 1801 et regroupe désormais l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Ecosse et l'Irlande. Une union difficile mais enfin réalisée.
Par ailleurs, grâce à son empire colonial, le Royaume-Uni devient la nation la plus puissante au monde.
Nous avons donc d'un côté, un royaume fraîchement uni regroupant, anglicans, presbytériens et catholiques, tous chrétiens, mais avec des interprétations parfois tout à fait différentes du Nouveau Testament. De l'autre, un Royaume en pleine expansion coloniale, englobant sous sa bannière juifs, musulman, sikhs, bouddhistes et indouhistes
Il n'est pas question que la Maçonnerie puisse être un ferment de désunion. Au contraire.
Sussex va donc à la fois « déchristianiser » les rituels partout ou il le peut et couper les ailes de tous les grades « indéchristianisables » comme bien sûr les grades chevalresques (mais aussi ceux du REAA dont il demandera et obtiendra une patente -française - pour la Grande Bretagne. Il la laissera de même en sommeil)
Les références maçonniques seront désormais partout exclusivement vétéro-testamentaires, ceci étant plus acceptable par tous.
Et on insistera sur la croyance en un Grand Architecte « indenominational », ouvrant ainsi la porte des loges à toutes les composantes du Royaume-Uni et de son Empire.
Quand le Duc de Sussex décedera en 1843, il laissera une Maçonnerie anglaise forte et unifiée. Comme il la voulait.
Le comte de Zetland qui lui succèdera à la Grande Maîtrise (pendant 26 ans) conservera globalement une ligne fidèle à son prédécesseur, mais la Maçonnerie anglaise étant désormais plus solide, elle était prête à laisser un peu de place aux nombreux grades qui vont désormais s'organiser en structures indépendantes, sous le regard désormais bienveillant (mais toujours vigilant) de la Grande Loge Unie d'Angleterre.
Après ce bref rappel historique, nous allons « passer en revue » rapidement les principaux side-degrees présents en Angleterre.

L'Arche Royale

Et nous allons commencer par le moins « side-degree » des « side-degrees »: L'Arche Royale
Il est le moins « side-degree » des « side-degrees » parce que, comme le dit l'article 2 de l'Union de 1813: « La pure et Ancienne Maçonnerie consiste en trois grades et pas plus, c'est à dire ceux d'Apprenti Entré, de Compagnon du Métier et de Maître Maçon y compris l'Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale. »L'Arche Royale est en effet à la fois « en dedans » et « en dehors » des 3 grades bleus.
Comment est-ce possible ?
Pour mieux comprendre, il faut à la fois en savoir plus sur ce grade lui même et ses sur sources.
L'Arche Royale est aujourd'hui le corps maçonnique anglais le plus puissant après la GLUA avec plus de 100 000 membres
Les locaux du Supreme Grand Chapter of Royal Arch Masons of England se trouvent au 60 Great Queen St à Londres, c'est à dire au même endroit que ceux de la GLUA , le numéro de téléphone est le +44 20 7831 9811, c'est à dire le même que celui de la GLUA. Le 1er Grand Principal est le Prince Edward George Nicholas Paul Patrick, Duke de Kent, Grand Maître de la GLUA
Le Pro. 1er Grand Principal est Peter Geoffrey Lowndes, Pro Grand Master de la GLUA.
Le Grand Scribe Esdras est Nigel Brown, Grand Secrétaire de la GLUA...
Je m'arrête là...
Contrairement à beaucoup d'autres constitutions qui demandent aux nouveaux compagnons d'être Maîtres Maçons de la Marque, voire aussi Passé-Maître, voire aussi Excellent Maître (passage des voiles), les qualifications pour devenir Compagnon de l'Arche Royale en Angleterre se limitent à 4 semaines révolues de Maîtrise. Ce qui rend ce grade forcement très accessible.
Ce n'est pas innocemment que les Anglais placent l'Arche Royale dans la continuité immédiate du 3° grade. L'Arche Royale est en effet pratiquée comme le « prolongement » du 3° grade, puisque l'on y retrouve ce que l'on a perdu au 3° grade...
Quel est l'argument de ce grade ?
Nous sommes pendant la construction du 2° Temple, après l'exil à Babylone. Le candidat, parvenu à Jérusalem va participer aux travaux et faire une importante découverte.
Selon la légende de Philostorge. (arianiste) auteur « histoire ecclésiastique »
Le chapitre est dirigé par un ensemble de 3 principaux représentant Zorobabel, le Roi, Aggée, le Prophète et Josué, le Grand Prêtre.
Il s'agit certainement de l'une des plus belles cérémonies de tout le corpus maçonnique anglais. Ce n'est pas pour rien que Laurence Dermott, l'auteur d'Ahiman Rezon (les constitutions des Ancients) dira de l'Arche Royale: « qu'il croit profondément qu'elle est la Racine, le Coeur et la Moëlle de la Franc-Maçonnerie » (which I firmly believe to be the Root, Heart, and Marrow of Free-Masonry) Ce n'est pas pour rien que les Antients défendront bec et ongles l'Arche Royale pendant près de 70 ans en Angleterre, quitte à devoir créer une Grande Loge rivale...
Alors justement, d'où nous vient cette Arche Royale ?
Nous n'en entendons parler en Angleterre que sur la fin des années 1740, et par ceux qui, justement, formeront plus tard la Grande Loge des Ancients avec comme principal reproche le fait que la Grande Loge qu'ils appelleront des « Modernes » ne pratiquait pas l'Arche Royale.
Un grand nombre de ces maçons non-intégrés à Grande Loge de Londres (Laurence Dermott en tête) sont d'origine Irlandaise. C'est donc de ce côté que nous avons tendance à aller chercher des origines possibles à notre Arche Royale. Il semble en effet que ces maçons Irlandais ne retrouvaient pas à Londres les pratiques qu'ils connaissaient en Irlande.
Quelle était donc cette pratique Irlandaise ?
Philip Crossle, Past Senior Grand Deacon de la Grand Loge d'Irlande dans "The Irish Rite" Address to The Manchester Association for Masonic Research, publié le 31 mars 1927 avance la théorie suivante:
si l'on pratique en Irlande dès les années 1730 un système à 3 grades - Apprenti, Compagnon, Maître - ces mots ne recouvrent en fait pas les mêmes contenus que les grades anglais.
En effet, le grade d'apprenti Irlandais inclurait les grades d'apprenti et compagnon anglais, le grade de compagnon serait celui de Maître et celui de Maître comprendrait en fait l'installation secrète, l'Arche Royale et un groupe de grades le la Red Cross of Constantine.
Voici une théorie qui explique tout, enfin et qui a été beaucoup reprise il y a peu, comme si on la redécouvrait.
Voilà donc une théorie qui explique tout.
Une théorie que l'on retrouve un peu partout en France depuis ces dernières années, même dans les revues que l'on croyait les plus sérieuses.
Le problème est que l'on ne vous dit jamais que cette théorie a été immédiatement controversée dès 1930 par John Heron Lepper, dans AQC n° 42 .
Et John Heron Lepper n'est pas n'importe qui. Il est Fondateur et Passé-Maître de la Loge de Recherche CC de la Grande Loge d'Irlande, LA Loge de Recherche Irlandaise mais il est aussi le cosignataire avec ce même Philip Crossle de « The History of the Grand Lodge of Free and Accepted Masons of Ireland » publié en1925. Il connait bien Crossle et démonte dans cet article des AQC ses théories en dénonçant le fait que Crossle ne s'appuie sur aucun document et qu'il ne fait que bâtir sur des suppositions et des supputations. Il faut bien reconnaître que lorsque l'on lit l'article de l'article de Crossle, on ne trouve rien de concret venant étayer les constructions mentales de celui-ci.
J'avoue avoir été déçu de voir « s'envoler » cette théorie que je trouvais aussi très séduisante. Il est dommage que certains aient propagé cette théorie en France sans avoir été jusqu'au bout des recherches possibles...
J'’en parlais avec Patrick tout à l’heure « Il faut nous remettre en contact avec nos amis Irlandais des loges de recherche parce que là il reste vraiment beaucoup de travail à accomplir sur ces sujets ! »
Bref, les sources de l'Arche Royale ne semblent pas encore vraiment découvertes...

La Maçonnerie de la Marque

Passons à un autre « side-degree» qui a connu une belle carrière (sans jeu de mot) en Angleterre: La Maçonnerie de la Marque
La Marque, c'est aujourd'hui 45 000 membres en Angleterre.
Et le Grand Maître est... le Duc de Kent
Signalons aussi que The Grand Lodge of Mark Master Masons of England and Wales and its Districts and Lodges Overseas abrite en ses locaux de nombreux autres « side-degrees»:
Order of The Secret Monitor, Allied Masonic Degrees, Knights Templar, Royal & Secret Masters, Knights beneficent of The Holy City, Scarlet Cord, Red Cross of Constantine, Royal Order of Scotland, Knight Masons et bien sûr aussi les Royal Ark Mariners qui est un grade conféré en Angleterre par La Marque, mais nous verrons cela plus tard.
Comme le dit très justement John Oakley-Smith, DPGM de la Province of Hertfordshire: « La GLUA encourage les Maîtres Maçons à compléter leur 3° grade par l'exaltation à l'Arche Royale; elle ne fait aucune suggestion concernant le fait qu'un compagnon devrait compléter son 2° grade par un avancement à la Marque. Malgré tout, nous espérons que tous les Maîtres maçons voudront le faire car c'est simplement un accident de l'histoire qui fait qu'en Angleterre et au Pays de Galles, celui qui est exalté à l'Arche Royale n'a pas reçu précédemment le grade de la Marque. »
Oui, le Grade de la Marque est bien positionné comme un complément du 2° grade.
D'ailleurs, en Ecosse, il est pratiqué en loge bleue, comme complément du grade de compagnon. D'ailleurs, il faut dire aussi que la Marque a failli être intégrée à la GLUA.
En effet, en mars 1856 (quelques années après le mort de Sussex), la Grande Loge présenta une motion disant que la Marque pourrait être « un bon complément du Grade de Compagnon du Métier », malheureusement à la session de juin, la motion ne fut pas adoptée.
Une Grande Loge des Maçons de la Marque fut donc crée ce même mois de juin.
La Marque plonge ses racines dans les plus anciennes pratiques de la Maçonnerie.
On trouve des Marques de Maçon sur de très nombreux monuments, partout en Europe. Elles servaient à identifier celui qui avait taillé la pierre.
Dès 1598, William Schaw, Maître des Travaux du roi Jacques VI d'Écosse, qui va organiser les loges Ecossaises, note dans les fameux statuts qui portent son nom (article XIII):
« Le jour de la réception dudit Compagnon du Métier où Maître sera dument enregistré son nom et sa marque, ils seront inscrits dans le livre avec les noms de six qui l'ont admis et des apprentis entrés. »
Robert Moray premier initié connu en FM Initié en le 20 mai 1641 alors qu'il est général. Sur le sol anglais (Newcastle) mais par une délégation de la Loge d'Edimbourg.
Scientifique écossais. Il a aussi été diplomate, espion, et philosophe. L'un des fondateurs de la Royal Society Enterré Abbaye de Westmister
Marque pentagramme agapè. Il la conservera sa vie durant.
Il faudra pourtant attendre 1758 pour apparaisse au détour d'un réglement de la Loge Doric Kilwinning, un article mentionnant les coûts « d admitted’ an ‘Entrid Apprentice’, ‘passint to a felow Craft’, ‘Raising to Master’ and ‘made a Mark Master’ »
En 1769, les procès verbaux du Chapitre de l'Arche Royale Poenix de Portsmouth mentionnent clairement une réception à la Marque
« Le Grand Maître Provincial ayant récemment reçu la Marque a fait des frères Maçons de la Marque et Maîtres de la Marque. Et chacun a choisi sa Marque. Il nous a aussi enseignéla manière d'écrire en chiffres qui est utilisée à ce grade... »
Remarquons que les deux grades de la Marque sont déjà présents.
Le rituel de la Marque pratiqué aujourd'hui est un rituel qui conserve des aspects très opératifs.
Le candidat est chargé de tailler sa pierre.
La cérémonie est vraiment étonnante.
L'un de ses interêts est de ne pas avoir été trop déchristianisé et ses racines chrétiennes transparaissent souvent clairement.

Royal Ark Mariner.

Comme nous le disions plus haut, en Angleterre, spécifiquement, la Marque confère aussi le Grade de Royal Ark Mariner.
Chaque loge de RAM est d'ailleurs souchée sur une loge de la Marque et en porte aussi le nom.
Le thème de ce grade developpe l'histoire de Noé et de son Arche.
Je dois signaler que la légende noachite est très ancienne. La légende très proche de celle d'hiram est mentionnée dès 1723 dans le manuscrit « Graham ». Il témoigne déjà de l'existence d'une légende présentant plusieurs points communs avec la légende d'Hiram, mais c'est alors Noé qui y tient la place centrale. Il y est notamment question d'une perte consécutive à son décès ainsi que de la tentative de ses trois fils de relever son corps.
La première mention du grade est attestée en 1790 dans les comptes rendus d'une réunion tenue à Bath.
Un Grand Master's Royal Ark Council a été créé en 1872, sous la protection de la GL de la Marque.

Les Grades Cryptiques

Ces grades étaient déjà pratiqués « confidentiellement » en Angleterre dès la fin du XVIII° siècle mais le Grand Conseil n'a été créé en qu'en 1873 en vertu d'une charte émise par le Grand Conseil de New York. Le grade est administré depuis le Mark Masons’ Hall, à Londres.
Ces grades Cryptiques connaissent un véritable succès en Angleterre.
Les candidats doivent être à la fois Maître de la Marque et Compagnon de l'Arche Royale.
Cet ordre délivre 4 grades illustrant tous des épisodes bibliques se situant entre 974 et 534 avant JC. Ils se situent entre l'épisode de la Marque (1° temple) et l'Arche Royale (2° temple)
1. Sélect Master

Le grade s'attache aux mesures prises par les Trois Grands Maîtres pour préserver les secrets authentiques du Maître Maçon
2. Royal Master

Fait référence aux tentatives d'un certain compagnon du métier pour obtenir les secrets. Peu de temps avant sa mort, Hiram Abif explique qu'avec de la patience et de l'industrie, il sera, en temps voulu, de les recevoir. Ce discours est considéré comme l'un des plus beaux moments de rituel maçonnique
3.Most Excellent Master
L'achèvement du Temple et l'installation de l'Arche de l'alliance dans le Saint des Saints
4. Super Excellent Master
La destruction du premier temple par Nabuchodonosor et l'enterrement des secrets sous les décombres.

The Secret Monitor or Brotherhood of David and Jonathan

Ce grade est basé sur l'amitié remarquable entre David et Jonathan.
Il est peut-être originaire d'Écosse, a été développé à New York, puis il est revenu en Grande Bretagne et en Angleterre à la fin du 18ème siècle.
Pendant un temps, le grade dépendait du Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés, mais en 1931 le Grand Conseil de l'Ordre du Moniteur Secret prit son indépendance. L'Ordre est administré à partir de Mark Masons’ Hall. Les candidats doivent être maîtres maçons de bonne réputation.
L'ordre vit en ce moment un problème d'homonymie avec David et Jonathan qui est un mouvement chrétien homosexuel

Allied Masonic Degrees

Le Grand Conseil de l'Ordre des Grades Maçonniques Alliés a été créé dans les années 1870 et le siège est à Mark Masons’ Hall.
Le but était, pour plusieurs grades peu pratiqués, d'unir leurs forces dans un même ordre.
Depuis 1931, l'Ordre délivre 5 grades:
1. St. Lawrence the Martyr: Ce grade apprend la valeur de la force et de l'humilité face à l'adversité comme en témoigne le martyre de Saint-Laurent.
2. Knight of Constantinople. Le grade se déroule sous le règne de l'empereur Constantin le Grand. Il enseigne les vertus de l'humilité et de l'égalité.
3. Grand Tilers of Solomon or Masons Elect of Twenty-seven. Ce grade présente une certaine similitude avec le grade Cryptique de Select Master. Il met en garde contre les dangers de la négligence et du jugement hâtif.
4. The Red Cross of Babylon. Ce grade est probablement l'un des plus anciens, début XVIII7me vraissemblablement. (Voir plus haut). Il est profondément mystique et est généralement associé à l'Arche Royale. Il souligne l'importance de la fidélité, de l'intégrité et de la Vérité.
5. The Holy Order of the Grand High Priest. est aussi un grade ancien (du même type que la Red Cross of Babylon) et est aussi étroitement associé à l'Arche royale. La cérémonie est dramatique et il est d'une nature profonde et spirituelle.
Les candidats à l'Ordre doit être à la fois Maîtres de la Marque et Compagnons de l'Arche Royale.

The Operatives The Worpshipful Society of Free Masons, Rought Masons, Walkers, Slators, Paviors, Plainsteres, and Bricklayers

Cette « société » a une histoire des plus étonnantes.
En 1909, Clémént Stretton, maçon très actif de la GLUA, annonça avoir été admis en 1867, soit 4 ans avant son initiation, dans une loge entièrement opérative et secrète.
Cette société en serait la continuation.
Le rituel est plus archaïque que celui de la Maçonnerie symbolique,
Il contient des instructions pratiques qui lui donnet forcément une couleur opérative.
Il y a 7 degrés, à savoir.
I ,Indentured Apprentice (apprenti sous contrat )
II, Fellow of the Craf;
III, Super-Fellow, Fitter & Marker (monteur et marqueur);
IV, Super-Fellow, Fitter & Marker (Monteur poseur);
V, Intendent, Overseer, Super Intendent & Warden;
VI, Passed Master;
VII, Master Mason dont trois sont Grand Maîtres Maçons.

Un candidat à la Société doit être maître maçon, un maître maçon de la Marque et Compagnon de l'Arche Royale.

Knights Templar The United Religious, Military and Masonic Orders of the Temple and St. John of Jerusalem, Palestine, Rhodes and Malta, of England and Wales and Provinces Overseas

L'Ordre, originaire de France, est actif en Angleterre depuis 1777.
Il s'organisera en Grand Conclave dès 1791. Mais (voir plus haut) le Duc de Sussex en prenant le contrôle, il connaitra une période de sommeil pendant presque 30 ans. Il survivra gr-âce à la persistance de quelques irréductbles Perceptories.
L'Ordre se compose de deux degrés:
Knights Templar et Knights of Malta Le candidat au premier grade est dans la position d'un pèlerin voyageant symboliquement à travers les difficultés et les dangers jusqu'à ce qu'il soit reçu comme un chevalier.
Ce grade enseigne l'humilité et demande instamment au candidat de vivre sa vie comme un chevalier chrétien. Le second grade se déroule au moment où les chevaliers venus de Palestine atteingnent leur dernière demeure à Malte. Les enseignements insistent sur leurs vertus chrétiennes.
Les cérémonies sont très spectaculaires et l'apparat des vêtures rajoutent à la solennité.

CBCS Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte Knight Benevolent of the Holy City

Une forme de Régime Ecossais Rectifié existe bel et bien en Angleterre. L'ordre est évidemment assez « confidentiel », mais présent.
Il délivre les grades de:
Scot.
Master of St Andrew
Perf. Master of St Andrew
Squire Novice
Knight Benevolent of the Holy City

Il faut être Knight Templar pour être reçu à ces grades.

Holy Royal Arch Knight Templar Priest Ordre des Chevaliers Prêtres du Temple et de la Sainte Arche Royale


Le siège de l'Ordre est à York d'où il administre l'Ordre en Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, des parties de l'Europe, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et bien d'autres parties du Commonwealth et l'Amérique du Sud.
L'ordre est un ordre chrétien et le candidat doit être maître installé, Compagnon de l'Arche Royale et Chevalier du Temple.
L'ordre réunit 30 grades, dont les plus anciens (irlandais) datent de la fin du XVIII° siècle.
La plus grande partie des travaux réalisés dans les Tabernacles lors des cérémonies consiste en la lecture de l'Écriture.
Tenue de parade se compose d'une tunique blanche (la même que celle d'un chevalier du Temple), un manteau de couleur blanche et une mitre.

Red Cross of Constantine Croix Rouge de Constantin

The Masonic and Military Order of the Red Cross of Constantine and the Orders of the Holy Sepulchre and of St. John the Evangelist
Même si les grades pratiqués sont attestés des le début du XIXème siècle, l'ordre ne s'est formé qu'en 1865
L'Ordre est un grade Chevalerie Chrétienne.
Les candidats doivent être maîtres maçons et Compagnons de l'Arche Royale.
Lors de leur installation, ils prennent part à la victoire miraculeuse de Constantin le Grand sur l' empereur Maxence et sa conversion ultérieure au christianisme. Le candidat découvre ensuite de la bannière de Constantin, après sa vision dans le ciel, Dès lors, il devient Chevalier de la Croix-Rouge de Constantin.
Le candidat est ensuite conduit dans un sanctuaire des Chevaliers du Saint-Sépulcre ou il assiste à la découverte de la vraie croix par sainte Hélène mère de Constantin dans la période entre la Crucifixion et de la Résurrection du Christ.
L dernière partie de la cérémonie concerne la découverte d'un livre d'une importance singulière et la formation des Chevaliers de St Jean l'Evangéliste, au moment de l'empereur romain Julien l'Apostat.

The Ancient and Accepted Rite Rite Ecossais Ancien et Accepté - Rose+Croix

Le Suprême Conseil pour l'Angleterre et le Pays de Galles a été créé qu'en 1845 en vertu d'un brevet du Conseil suprême de la juridiction maçonnique du Nord des États-Unis d'Amérique.
Le rite se compose de 33 degrés mais seuls sont pratiqués les 18°, 30°, 31°, 32° et 33° degrés. Les degrés de 4 à 17 et de 19 à 29 sont donnés 'par communication'.
Les candidats doivent être chrétiens

Societas Rosicruciana in Anglia

La société est organisée en neuf grades.
Cette « société » est assez atypique en Angleterre. En plus de travailler les cérémonies, les membres sont invités à prendre une part active à la réflexion sur les grands problèmes de la vie.Ainsi, l'objet de la société est de rassembler des francs-maçons dans une optique philosophique d'érudition dans le sens le plus large.
L'admission à la société est limitée à maîtres maçons qui croient dans les principes fondamentaux de la foi trinitaire chrétienne.

Royal Order of Scotland Ordre Royal d’Ecosse

Le Royal Order of Scotland fait partie des plus anciens Ordres maçonniques. Sa pratique est attestée à Londres dès 1740 .
La Grande Loge d'Edimbourg contrôle les 90 Grandes Loges provinciales situées dans de nombreuses régions du monde. L'Ordre a toujours proclamé que le roi des Ecossais en était le Grand Maître héréditaire.
Le Royal Order of Scotland compte deux grades, à savoir:
1. Le Heredom de Kilwinning, conféré par le Grand chapitre provincial.
2. Knighthood of the Rosy Cross(Chevalier de la Rose-Croix), conféré par la Grande Loge provinciale.
Le Royal Order of Scotland affirme que ses rituels sont restés inchangés depuis plus de 260 ans.
Le rituel est récité presque entièrement sous forme de catéchismes qui riment.
L'adhésion à cet ordre chrétien ne se fait que sur invitation.
Le candidat doit etre maître maçon depuis au moins cinq ans et être membre de la Rose-Croix et / ou la Croix-Rouge de Constantin et / ou des chevaliers du Temple.

Order of the Red Branch of ERI

Cet ordre dit être issu d'un ordre très ancien en Irlande patronné par les rois de l'Irlande
En fait, cet ordre a été composé par le très inventif Bro. John Yarker (1833-1913).
Il developpe 3 grades:
Man-at-Arms Esquire Knight
Le thème du grade et rataché à l'histoire du héros Irlandais Brian Boru

Rite of Baldwin of Seven Degrees

Le rite de Baldwynn tient une position tout à fait particulière dans la maçonnerie anglaise puisqu'il n'est pratiqué qu'à Bristol

 Source : http://www.rudyard-kipling.fr/Travaux-side-degrees-de-la-maconnerie-anglaise.html

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Serments maçonniques : Les « penalties » ou châtiments physiques, éléments du serment maçonnique.

5 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Combien n'ont pas eu de léger sourire intérieur lorsqu'on leur a demandé d'accepter d'avoir la gorge tranchée, les tripes arrachées, le corps dispersé au delà des flots ?

Notre S. C.P. qui a déjà écrit sur ce mur, notamment sur le Lewis ou encore sur les colonnes (record de fréquentation sur ce blog tous titres confondus... yesss pour elle !), nous a gratifée d'une étude pour le moins instructive au sujet des châtiments inscrits dans les anciens serments Emulation. Elle nous propose d'étudier ces "penalties" et de les aborder comme un exemple de débat rituélique dans la maçonnerie anglaise

Les serments rituéliques anglais comportent, pour chaque grade des châtiments physiques sévères.

Une anecdote illustre le débat sur les châtiments physiques dans le rituel anglo-saxon : une cérémonie d'initiation se déroule, le candidat, bouddhiste, ayant satisfait à toutes les conditions et procédures; tout se passe normalement, jusqu'au moment où il lui est demandé de prêter serment. Il écoute attentivement, se fait répéter le texte, et en particulier celui lié aux châtiments physiques du parjure, puis se lève et quitte le temple, laissant les membres de l'assistance stupéfaits.

La place, le rôle des châtiments physiques ou pénalties ont suscité un débat de fond véritablement passionné au sein de la GLU d'A depuis les années 1960, débat repris au milieu des années 80 dans le contexte particulier d'une forte vague d'anti-maçonnisme.

En 1984, paraît l'ouvrage de Stephen Knight, intitulé «The Brotherhood », « la fraternité ».

Pour l'anecdote, Stephen Knight est par ailleurs l'auteur de « From Hell » dans lequel il met en exergue un lien entre la franc-maçonnerie, la famille royale et Jack l'éventreur, Malheureusement pour la Grande Loge Unie d'Angleterre « The Brotherhood » devint un best-seller national. Cet ouvrage a déclenché une vague de fond d'antimaçonnisme en Angleterre. Il y reprend de nombreuses antiennes bien connus des continentaux sur le complot maçonnique, allant parfois jusqu'à rafraichir de très vieilles théories. Il axe ses réflexions sur les conséquences néfastes du secret d'appartenance en le répercutant sur certains scandales politico-financiers dans lesquels ont été mêlés des FM ou supposés tels - ceux-ci ayant bien entendu pu bénéficier de protections, passe-droits divers en raison de cette appartenance. Il insiste beaucoup sur la place de la FM dans la police londonienne5. Ces attaques ne sont pas demeurées localisées, mais le scandale a pris de l'ampleur et s'est répercuté dans les institutions politiques locales relayé par certaines branches du parti travailliste et par certains groupes religieux.

Cette situation peut prêter à sourire pour des FM français, habitués depuis bien longtemps à constituer l'un des marronniers de printemps ou d'automne et à faire face par le mépris ou le silence aux attaques politico-religieuses et aux débordements imaginatifs de l'anti-maçonnisme.

Mais tel n'est pas le positionnement de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Celle-ci s'est toujours beaucoup manifestée en public : processions de francs-maçons en décors pour un événement local particulier, participation des francs-maçons aux cérémonies de pose de pierres de fondation, pour des bâtiments publics ou des lieux de culte …. .

Le Craft, ou métier, appellation de la franc-maçonnerie, a longtemps constitué l'un des piliers de la société anglaise, pilier social et moral au service de la grandeur de Britannia avec dans l'ordre hiérarchique croissant, l'Eglise d'Angleterre et la Royauté. Pour comprendre cette trinité, il suffit de se rappeler que si la Reine est chef de l'Eglise Anglicane, de nombreux rois ont été grand maître (par exemple son propre père, George VI qui cumulait donc les deux fonctions). Celle-ci est occupée aujourd’hui par le duc Edward de Kent, son cousin, Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre, par ailleurs Premier Grand Principal de l’Arche Royale et c'est un autre membre de la famille royale, Michaël de Kent (frère du précédent) qui est Grand Maître de la Grande Loge de Marque.

Ainsi, toute atteinte à la franc-maçonnerie s'avère dangereuse pour l'institution royale elle-même.

C'est dans ce contexte qu'a resurgi le débat sur les châtiments physiques ou pénalties contenues dans les obligations de chaque grade du Craft.

En 1963-64, déjà, une conférence proposée aux AQC intitulée « les pénalités maçonniques » met en exergue un malaise latent sur cette question ( quelle place, quel sens donner à ces pénalties ? Comment les justifier dans un monde moderne et ouvert ? Comment peut-on les prêter sur le VLS) et abouti au vote d'une modification du rituel du serment en replaçant les mots « sous peine d'avoir » par « de conserver constamment à l'esprit l'ancienne pénalité »9. Mais déjà la proposition initiale était de transférer les pénalités du serment vers une autre partie de la cérémonie. Il est à noter qu'aucun des participants éminents et des référents du débat n'a envisagé une suppression pure et simple, le rôle des pénalités étant par trop lié à la signification symbolique du signe pénal.

Le débat va donc resurgir au milieu des années 1980.

Les modifications antérieurement apportées vont apparaître insuffisantes face à l'explosion anti-maçonniques et permettre aux tenants de modifications plus poussées de rouvrir le débat. Il est vrai que parmi ces maçons favorables à de plus amples modifications se trouvaient le GM, duc de Kent, ce dernier ayant fait savoir que la présence des pénalités dans le serment constituait pour lui un « bourdon dans le chapeau ».

Le 11 juin 1986, la Grande Loge Unie d'Angleterre a voté la motion de modification du rituel, les pénalités étant ôtées du serment pour être reportées à une autre partie du rituel et devenir ainsi strictement symboliques et allégoriques.

En 1964 comme en 1986, les arguments pour ou contre les modifications étaient les mêmes.

Dans un schéma synthétique :

·         Arguments contre la suppression des pénalties du serment : les pénalités sont parties inhérente à la tradition maçonnique et au rituel et modifier le rituel c'est porter atteinte aux landmarks, c'est-à-dire aux principes fondamentaux et fondateurs du Craft, lignes fortes auxquelles nul ne doit déroger. Je précise que cette référence à la tradition est cruciale dans un pays monarchique et s'étend à la nécessaire stabilité des institutions sociales.

Si la maçonnerie cède sur ce point aux pressions des médias, alors il lui faudra céder sur d'autres points, encore et encore.

Nul ne peut imaginer dans un pays comme le Royaume Uni que ces châtiments puissent être exécutés.

Le serment perdra beaucoup de sa force d'impact si les pénalités en sont supprimées.

·         Arguments pour la suppression des pénalties du serment : les pénalités ne font pas partie des landmarks, ces bornes frontières chargées de définir les principes fondateurs du Craft, le texte des obligations n'a pas été adopté avant 1816 soit trois ans après l'Acte d'Union.

La brutalité des pénalités, a pu rebuter des candidats à l'initiation et lors de la prestation du serment sur le Volume de la Loi Sacrée, heurter certains candidats dans leurs convictions religieuses en apparaissant contraires à celles-ci. Or le Craft n'implique « rien de contraire aux devoirs civils, moraux ou religieux ».

Les pénalités sont allégoriques, et doivent figurer parmi les autres explications symboliques de la cérémonie.

Comment exiger d'un candidat qu'il prête son serment sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte s'il doit dès cet instant dissocier les pénalités de l'ensemble de ce serment.?

Tous s'accordaient pour considérer que le véritable châtiment du parjure est la perte de l'honneur et de la bonne renommée telle que figurée dans le texte du serment. La sanction est alors de perdre le bonne renommée qui a permis l’admission dans la confraternité de la loge.

Les arguments utilisés faisaient surtout référence à un débat entre le rapport à la tradition, l'adaptation à la société, les conditions légales rendant éventuellement possible un tel changement, mais nettement moins de références à la signification historique ou symbolique de ces violentes pénalités physiques, comme si ce point importait peu au débat ou tout au moins importait nettement moins que la question de la place et de la valeur du serment et du rapport à la permanence de la tradition maçonnique. Appartenait-il à des francs-maçons de modifier un élément du rituel qui leur était parvenu intact?

A l'étude, il apparaît que les pénalités physiques ont été importées des lois en vigueur à l'époque médiévale, dans l’hypothèse du crime de haute trahison. La formule était « hung, drawn and quartered ». Le condamné était traîné derrière un cheval jusqu’au lieu de l’exécution, puis pendu sans que mort s’en suive, puis éventré et éviscéré (les organes / membres brûlés devant les yeux de la victime) et enfin équarri (démembré puis décapité). Les deux dernières étapes pouvaient être interverties. Il était d’usage que les restes soient exposés dans différents lieux ou différentes villes.

Par exemple, l’écossais Dafydd ab Gruffyd fut le premier noble à être ainsi exécuté après avoir trahi le Roi Edward 1er et s’être autoproclamé prince de Galles.

De même , William Wallace , plus connu sous le nom de Bravehearth connu un sort équivalent. Ses restes furent exposés dans quatre villes différentes. Guy Fawkes et ses complices furent aussi suppliciés selon cette règle.

Dans la marine, des peines équivalentes existaient, ainsi, une ordonnance en 1451 prévenait que dans l'hypothèse où était brisé un secret du Conseil du Roi alors le coupable serait maintenu à la limite des basses eaux, pour trois fois, et les mains et pieds liés, la gorge tranchée, la langue arrachée et le corps jeté à la mer.

Il ne s'agissait donc pas seulement prévenir, puis de punir en infligeant une souffrance à la mesure du crime commis et donc à la mesure de la menace de désordre sur l’ordonnancement social, mais il s’agissait bien de s'assurer qu'aucune sépulture chrétienne ne serait donnée au parjure et au traitre. Chassé de la communauté des vivants, chassé de la communauté des morts, chassé de la communauté des ressuscités.

Ces châtiments corporels correspondent à ceux incorporés dans les serments maçonniques. C'est Harry Carr qui a synthétisé l'analyse historique du rapport entre ces pénalités et la FM:

·         aux époques les plus anciennes, l'obligation était le thème central de l'admission dans le Métier, et les manuscrits de Olds Charges le confirment,

·         aux époques les plus anciennes, les obligations du Craft ressemblent fortement aux serments des guildes, c’est-à-dire qu'elles se constituaient d'un serment au Roi, au maitre et aux compagnons et aux lois du Métier ,

·         les formes les plus anciennes des obligations ne contiennent pas les pénalités. Le candidat jure « by my holidome », expression qui signifie « par ce que je tiens pour sacré »

·         à une date ultérieure, même lorsqu'il y a transmission de secrets, l'obligation ne contenait pas de pénalités,

·         le document maçonnique le plus ancien qui fasse référence à des pénalités physiques est le « Edinburgh Register House MS », daté de 1696. Les pénalités ne sont pas contenues dans l'obligation, mais étaient semble-t-il communiquées ultérieurement. A cette époque, n'étaient connus ou pratiqués que 2 degrés, et apparemment, l'apprenti entré reprenait son serment précédent lorsqu'il était fait compagnon,

·         Au 18ème siècle si l'on trouve couramment plusieurs formes de serment et de pénalités, celles-ci ne sont pas incorporées dans la plupart des obligations mais sont communiquées à un autre moment,

·         Les modalités des pénalités ne sont pas statiques mais ont évolué au début du 18ème siècle.,

·         lorsque la divulgation de Pritchard, Masonry dissected, a été publiée, en 1730, une série de pénalités physiques est déjà bien connue et implantée, mais elles sont incorporées, comme dans cette divulgation, dans le serment de l'apprenti,

·         l'allocation de pénalités spécifiques pour chaque degré constitue un développement ultérieur.

Il en ressort que les pénalties ne constituent pas des landmarks, ces fondements qui, pour un maçon anglais, ne doivent jamais être transgressés. Elles n'ont pas toujours figurée dans le texte des serments.

Les châtiments corporels n'ont pas leur place dans les Old Charges des maçons opératifs anglais.

Les plus anciennes mentions maçonniques des pénalités se trouvent dans les manuscrits écossais qui pratiquaient la maçonnerie (spéculative) du mot de maçon (Sloane, 1700; Dumfries 1710), mais pas dans les manuscrits anglais qui ne faisait pas référence à de telles pratiques.

Par contre, à partir de 1720, suite à l'importation de pratiques opératives écossaises chez les anglais spéculatifs, différentes divulgations vont mentionner les châtiments physiques.

Revenons maintenant à l'époque contemporaine : le débat sur les pénalités corporelles s'est clos pour la Grande Loge Unie d’Angleterre en juin 1986.

Mais une fois le calme revenu, il est vite apparu que ce dernier n'était qu'une impression de surface, les courants continuant d'agiter en profondeur des réflexions relative à la force du serment : quelle place pour l'engagement, pour l'obligation formalisée dans le serment ? Quelle garantie (inforcement) inclure pour s'assurer du respect de la valeur de l'obligation prise ?

Le serment constitue l'un des éléments forts de la cérémonie de réception par lequel le passage d'un état à un autre est marqué. L'obligation est constituée :

·         de la réalisation d'une affirmation formelle, ou de la déclaration d'une vérité ou de la promesse de remplir un engagement ;

·         en appelant comme référent / garant / témoin une entité ou un objet sacré

·         le manquement de l'observance entraînant des sanctions.

La formalisation de l'engagement sous la forme d'un serment donne à celui-ci la nature d'un engagement de l'individu dans sa référence au sacré, au transcendant, engageant celui-ci dans le monde des vivants comme dans le monde des morts, parce qu'il est prêté sur le VLS. Il engage totalement celui qui le prend et la force d'impact global donne toute sa puissance à une démarche maçonnique initiatique, quelque soit le cadre dans lequel elle s'exerce.

Le serment maçonnique contient donc un lien avec le numineux, sinon, il ne serait qu'une déclaration. L'ancienne expression « by my holidome » soit « par ce que je tiens pour sacré » évoquée précédemment, prend ici tout son sens. Toute réflexion sur le serment amène à considérer l'importance de la nécessité d'assurer la pleine opposabilité du serment et donc sa permanence et sa force de contrainte sur l'individu et son mental.

L'un des éléments symboliques cruciaux se retrouve dans l'idée que le serment se doit d'être durable comme la pierre, ce qui prend une signification particulière dans une culture dans laquelle certaines pierres jouent un rôle de garant, de manifestation du sacré en lien direct avec le numineux.

Nombreuses sont les cultures qui créent un espace, statue ou pierre dans laquelle s'incarne le dieu, d'où se manifeste l'énergie divine, et la pierre devient ce vers quoi l'on s'incline et la source de la Parole reliant tel un câble, une ligature, l'homme et son obligation.

Un bon exemple du rôle de la pierre garante du serment est constituée par le sacre, au Royaume uni même, des souverains sur la Pierre du Destin qui fait d'eux les rois d'Écosse et d'Angleterre.

Par ailleurs, le serment et les pénalités ont jouées un rôle important dans l'histoire des relations de la FM et de l'Église. Lorsque la FM s'est implantée en France, nombre de serments contenaient manifestement des pénalités physiques et certaines autorités s'étant émues de la violence contenues dans ce texte.

Combien devait être grand, et menaçant pour les pouvoirs en place, le secret révélé pour que sa divulgation soit protégée par de tels châtiments.

Les pénalités constituent une parfaite illustration de la perte de sens de certains éléments maçonniques lorsqu'ils ont quitté le Royaume Uni pour le continent et aussi une illustration des réinterprétations et acculturations continentales qui se sont alors opérées. Et les relations entre l'Église et la FM continentale constitue bien l'une des illustrations de ce décalage culturel où le passé et le présent fusionnent encore aujourd'hui.

S'il n'est pas le lieu et le temps d'analyser précisément l'histoire des relations entre l'Église et la FM, par contre, l'analyse de la place du serment apporte un éclairage sur ce point. Comme il a été dit précédemment, le serment créé une obligation et donc un lien de droit objet d'une sanction qui en assure l’opposabilité et la force.

Quittons ici le seul serment maçonnique stricto sensu pour nous intéresser au contexte des années 1720-1730 en Angleterre et en particulier la pensée de Désaguliers formalisée notamment dans les premiers articles des Consitutions d'Anderson.

L'une des théories explicatives des relations entre l'Église et la FM énonce que, la FM de Désaguliers, et donc post 1723, a établi une théorie juridique marquant une émancipation du droit naturel par rapport à la théologie mais aussi à la doctrine théocratique.

Pour Pierre Boutin, « le projet {de Désaguliers} visait à instaurer la souveraineté de la confraternité. (…) les (..) maçons entendaient fonder l'idée de l'exclusion des affaires de la religion du lieu de la construction juridique d'un individu libre-déterminé, créateur et sujet de droit , un individu apte à trouver sa dignité dans l'administration des affaires terrestres ».

Le serment et ses pénalités rattachent le FM à ce mouvement de création d’un monde de droit séparé.

La question posée devient donc celle de l’origine de la Parole fondatrice, fondatrice du bien et du mal, fondatrice de symboliques d’actes et de signes d’autorité transmis en son nom.

Désaguliers était presbytérien et entendait instituer un système de droit dans une société secrète, droit applicable à ses membres, éventuellement sanctionné par une justice intérieure, société elle-même inclue de la société globale. Les pénalités peuvent alors être identiques à celle de la punition du crime de lèse-majesté, la prééminence d’un système de droit sur l’autre étant en cause pour ses affaires internes et ce malgré l’affirmation du respect des règles de l'État par le franc-maçon.

Cette théorie de la séparation est très vertement combattue par Patrick Négrier. De plus, il est certain que se retrouve ici ce décalage culturel anachronique évoqué précédemment, les maçons anglais n’ayant pas plus aujourd’hui la même perception des rapports entre foi institutionnelle; franc-maçonnerie, droit interne, droit séculier, serment d’obligation.

Mais pour la part qui nous occupe, soit ici la force de l'inclusion des pénalités dans le serment, il importe peu de rentrer dans le fond de ce débat.

Il est bien plus crucial de garder à l'esprit que Pierre Boutin est français et a donc une vision continentale d’une pensée anglo-saxonne ; c’est un théologien, diplômé en droit canonique et qui se place du point de vue du droit canon de l'Église catholique romaine.

A ce titre, il fournit les éléments constitutifs de la pensée catholique notamment contemporaine sur la FM avec en filigrane le rôle historique joué par un serment contenant des châtiments physiques sévères, créateur pour ses détracteurs d’un univers de droit séparé, certains diraient d’un monde parallèle soumis à une autre parole fondatrice autre que celle de l'Église et du média de ses clercs.

Aujourd'hui, nous pratiquons un rite anglo-saxon profondément imprégné de sa culture fondatrice. Le risque est grand pour nous franc-maçons continentaux de ne pas le comprendre vraiment en nous montrant incapable de franchir le Channel culturel. Les châtiments physiques constituent un excellent sujet pour comprendre les écrits, la lettre et l'esprit de ce rituel pour éviter le piège de l'extrapolation continentale par une interprétation fondée sur une incompréhension culturelle. Le piège est tout aussi grand de la simple reproduction littérale sans compréhension. Intégrer le fonds culturel constitue donc la première étape d'une synthèse visant à s'en libérer, je ne suis pas un FM anglais, pour mieux pratiquer la synthèse qui nous est personnelle. Moi ? Je suis post-moderne, et donc schizophrène …. comme eux, même si certains préfèrent l’ignorer.

Source : http://truthlurker.over-blog.com/

 

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Mes serments

4 Mars 2013 , Rédigé par Liliane NAVARRO Publié dans #Planches

L’étymologie du mot serment vient du latin populaire sacrementurn ainsi que ceux de sacrement, sacrifice, sang, dé­versés du mot sacré. C'est l'affirmation d'un fait ou d'une obligation prenant à témoin Dieu ou ce qu'on regarde comme sacré. L'importance symbolique du serment est donc très ancienne. Le sang, véhicule de l'âme, est partie liée dans esprit de nos ancêtres au serment.

Le serment maçonnique, c'est avant tout moment où le profane devient par cet engagement initié. C'est le début du chemin vers la connaissance grâce laquelle il tend à reconstruire la métaphysique de son être matériel vers le spirituel.

La promesse solennelle du serment est scellée sur un livre reconnu comme sacré. Elle s'articule autour des trois parties :
- l'invocation
- la promesse
- l'imprécation

 

PREMIÈRE PARTIE : L'INVOCATION

Elle fait appel au Grand Architecte de Univers, le garant du serment. C'est le moment où cette promesse ineffabl­e et mystérieuse nous relie au divin. Cette promesse sacrée se situe hors du temps. Elle est aussi légère qu'un verbiage, qu'une vapeur d'alcool, mais plus dure que l'acier. Elle a pour dimension le cœur des Hommes. Rien ne peut la casser sous peine de parjure.

DEUXIÈME PARTIE : LA PROMESSE

Elle désigne l'engagement contracté en pleine liberté pris sans aucune inquiétude afin de pouvoir être observé. Le cœur serment comprend :
- L'engagement, énumérant les devoirs de la franc-maçonnerie,
- Les secrets, ceux ne concernant pas le monde profane.
Les grands secrets :
Le premier secret : ceux du rituel ; des textes sacrés, et des légendes maçonniques.
Le deuxième secret : les travaux maçon­niques et de ce qui se dit en loge.
Le troisième secret : le non-dévoilement de l'appartenance de ses sœurs et frè­res,
Le dernier secret ; les secrets personnels, ceux que l'on devinent, découvrent par le travail, le raisonnement et l'obser­vation au fils des années au sein de la loge.

Les devoirs :

Le premier des devoirs est celui de mé­diter les enseignements du rituel afin d'y calquer sa conduite.

Vient ensuite l'obligation de se taire de­vant les profanes. Il n'est pire erreur que la vérité mal comprise. Un maçon doit donc s'abstenir de toute divulgation sus­ceptible de porter préjudice à la franc- maçonnerie et à ses membres.

C'est aussi de considérer tous les Francs- maçons comme des Sœurs et frères. Mais c'est avant tout cette joie profonde, envahissante, cette petite voix intérieure qui vous dit «TU FAIS LE B0N CHOIX»

TROISIÈME PARTIE : L'IMPRÉCATION

Ce sont les châtiments consentis en cas de parjure. Le serment est donné par le Moi relié au Divin. Ce lien est puis­sant. Les châtiments infligés à l'homme dépendent de la force du serment, de l'idéal que prête l'homme dans celui-ci. Il ne peut se trahir sans tomber dans le chaos.

Le serment naît dans l'obscurité, sous le bandeau. La. nuit ne prépare-t-elle pas le jour? Le jour, il faut le rendre lumi­neux pour qu'il éclaire le futur, non-pas comme une chandelle de courte durée, niais comme un phare montrant la voie. La quiétude et la confiance aveugle que met le postulant dans sa détermination à tenir ce serment en sont l'énergie.

Il est prononcé, la main gauche armée du poignard rituel, la pointe de la lame sur son cœur, rappel du consentement, d'avoir le cœur percé en cas de félonie envers la maçonnerie. La main droite posée sur le Compas, l'Equerre et le Livre sacré I la loi I placé devant le Vénéra­ble Maître de la loge. Le récipiendaire, apprendra que ce sont les bijoux de la loge, marques de l'équité, de la justice, et de la droiture.

Chaque parole du serment articulée par le postulant est conséquente une fois celles-ci prononcées. Elles sont gravées à jamais dans sa mémoire. Il devient Frère, reconnu des membres de l'Ordre. La lumière lui est accordée, son parrain ôte son bandeau. Il peut commencer sa métamorphose d'initié.

Il est maintenant lié à l'invisible. Afin de concrétiser son serment, un dernier cérémonial reste à accomplir, celui de brûler le testament philosophique et le serment. Lors du troisième voyage de son initiation, celui du feu, le récipien­daire a donné quelques gouttes de son sang avec lequel il signe le serment. Le sang c'est la vie, le véhicule de l'âme. L'âme devra être aussi légère qu'une plume lors de sa pesée au royaume des morts. On peut aussi y voir le symbole du sacrifice lié à l'idée d'échange au niveau énergie matérielle, énergie spi­rituelle. L'objet du sacrifice est toujours précieux. Le sang c'est la vie, le facteur de transmission (celui de nos enfants}, quoi de plus inestimable ?

« La parole humaine s'altère, mais ce qui est confié au Feu perdure indéfini­ment. »

QUE REPRÉSENTE POUR MOI LE SERMENT ?

Hier, j'étais profane, aveuglé par le ma­térialisme de mon quotidien mais heu­reuse dans les ténèbres. Aujourd'hui je cloute, tourne en rond, me perds. Pour­tant, je m'acharne à rechercher la Lu­mière. Le chemin maçonnique est un combat contre soi même. Prêter serment est facile, s'y tenir plus difficile. Il est parfois dur de viser l'invisible.

Le serment n'est pas seulement un acte d'appartenance à la franc-maçonnerie, à un rite, à une Loge. C'est un engage­ment personnel qui dicte le futur de mon évolution au seing de cette institution. Cet acte volontaire contient bien plus de devoirs que de droits. Il faut bien des fois faire taire ses convictions, sortir des schémas bien tracés et sécurisant de ses idées pour si tenir. Le serment m'aide à oser sortir de l'obscurcissement de mon regard, sans l'endurcir. Il m'est difficile de repousser mon être de matière sans re­pousser mon Moi. Le serment, cette force aveugle me soutient dans les moments sombres, les phases d'abandon. Il est la petite voix qui titille ma conscience dans les décisions difficiles à prendre ou la fa­cilité est de mise. C'est le juge me rap­pelant nies devoirs. Le gardien du phare de ma spiritualité. Le pire serait de le tra­hir. Je briserai nia confiance, éteindrai la flamme de nia conscience. On peut vivre sans fortune ni intelligence, mais pas sans conscience. La conscience de l'homme, c'est la pensée de Dieu. Prêter serment, c'est mettre son âme en danger. Plutôt mourir que le parjure.

J'ai prêté serment une deuxième fois en franc-maçonnerie, non pas pour le re­nouveler. Le serment est unique et ne se prête qu'une fois. Il est souvenir éternel, reflet spirituel, écho réel. J'ai fait serment d'affiliation à votre loge. Dans cet en­droit clos où l'on travaille à couvert, ni par prudence, ni fortuitement. Dans ce lieu où les abstractions sociales et per­sonnelles sont bannies. Dans cette loge, où l'on oeuvre à la construction du tem­ple, à l'épanouissement de l'être. Et aussi à vous tous nies soeurs et frères qui avec ardeur vivifient la loge, avec amour con­courent à son développement spirituel.

Ce serment d'affiliation, je ne le considè­re pas comme un acte administratif. J'ai beaucoup réfléchi avant de frapper à vo­tre porte. « Ne dit-on pas, la réflexion est appelée l’œil de l'âme. » Cette réflexion, le temps l'a mûri. J'ai apprécié votre fra­ternité, l'atmosphère apaisante de vos te­nues. C'est un choix de cœur.

Je ne pensais pas vivre ce serment avec une telle émotion. Je baigne dans une bulle de volupté, les mots devant moi dansent une folle farandole. J'entends une voie, la mienne. Tout nie semble ir­réel, je flotte dans un rêve, bercée par la mélodie de la paix.

Je suis heureuse d'être maçon dans votre loge. Radieuse de pousser doucement ici parmi vous, éclairée de votre aura, les ra­cines arrosées par votre fraternité maçon­nique et nourrie de votre connaissance. Cette affiliation me permet de continuer à chercher la Lumière. Je dégrossis douce­ment nia pierre pour y révéler ses facet­tes. Chaque transformation et mutation de mes métaux engendreront l'amélio­ration de mon Être. Afin qu'un jour j'ac­complisse mon projet d'architecture et puisse transmettre la connaissance.

Mes serments, le serment de l'initiation et celui d'affiliation à votre loge sont les deux cordes de ma Ivre, vibrant à l'unis­son. Je terminerais en disant que les plus beaux serments sont ceux qu'on écrira ja­mais. Ils vivent dans la pensée des cœurs, demeurent dans le vent de la mémoire des hommes et perdurent dans le souffle du Divin.

J'ai dit, Vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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Première tenue « confédérale » à la Grande Loge de France.

3 Mars 2013 , Rédigé par Jean-Laurent Turbet Publié dans #histoire de la FM

La première Tenue commune entre les quatre Grandes Loges engagées dans le recomposition du paysage maçonnique français à la suite de la Déclaration de Bâle et dans l’édification, pour ce faire, d’une Confédération des Obédiences maçonniques traditionnelles et régulières, s’est déroulée ce mercredi 27 février 2013 dans le Grand Temple de la Grande Loge de France.

Ce processus qui a été annoncé lors de la déclaration du 31 janvier 2013 poursuit sereinement son cours.

Les quatre Grands Maîtres, Jean-François Buherne pour la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), Alain Juillet pour la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), Jean Dubar pour la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (la GLTSO) et Marc Henry pour la Grande Loge de France, ainsi que des délégations composées de frères de ces obédiences, ont assisté, dans la perspective de permettre une meilleure connaissance des Rites et des rituels entre Frères appartenant à des traditions maçonniques différentes, à une Tenue remarquablement menée par la loge « Les Compagnons Ecossais » N°766 de la Grande Loge de France.

Il s’agissait évidemment lors de cette tenue de présenter le Rite Ecossais Ancien et Accepté qui est le Rite de la Grande Loge de France. D’autres tenues communes seront également organisées par la suite dans les autres obédiences afin de présenter à tous les autres rites pratiqués par les trois autres obédiences.

Reprenant la thématique de la planche originale présentée par un Frère Maître de l’Atelier « Les Compagnons Ecossais» à propos de la dualité et du pavé mosaïque, le Très Respectable Grand Maître Marc Henry a fait le constat que plutôt que le système dépassé dans lequel chacun ne voyait que sa seule vérité, nous pouvions espérer être à l’aube d’une nouvelle organisation, permettant à chacun de s’enrichir de la différence de l’autre, comme le suggère l’Écossisme qui valorise les oppositions nécessaires et fécondes, en même temps que le respect d’autrui.

A l’issue de la Tenue, les participants ont fait part de leur émotion et de leur profonde satisfaction d’avoir participé à cette première manifestation concrète, lors d’une tenue rituelle, de l’élan fraternel qui vise à rassembler, tout en respectant les particularismes de chaque obédience et de chaque rite, plus de 50 000 francs-maçons réguliers de notre pays autour à la fois de valeurs et de principes fondamentaux communs.

Les échos venus de l’étranger, tant d’Europe que des Etats-Unis au lendemain de la Conférence des Grands Maîtres Américains de Kansas City permettent – au-delà de la désinformation à laquelle certains n’arrivent pas à renoncer – d’envisager très positivement l’avenir de cette construction commune, pour davantage de fraternité au travers d’un authentique universalisme initiatique.

Source : http://www.jlturbet.net/article-premiere-tenue-confederale-a-la-grande-loge-de-france-115791375.html

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Forces Spéciales russes : comment obtenir le béret rouge?

3 Mars 2013 , Rédigé par Daria Gonzales Publié dans #Forces spéciales

Les forces spéciales russes sont obligées de passer l’un des concours les plus difficiles et les plus impitoyables au monde pour recevoir le béret rouge, grade le plus prestigieux au sein des forces spéciales russes.

Le béret rouge fait partie de l’uniforme militaire dans plusieurs armées à travers le monde et symbolise souvent les forces spéciales. En Russie, les« bérets rouges » sont nés suite à la création d’une promotion d’étude des forces spéciales dans la division Felix Dzerjinski, fondée en 1978 en vue des Jeux olympiques de Moscou de 1980. Elle a servi de base pour la formation de la célèbre unité des forces spéciales « Vitiaz » (« preux » en russe).

C’est l’ancien commandant des Vitiaz et héros russe Sergueï Lisiouk qui a eu le premier l’idée de faire passer un examen spécial permettant aux militaires de recevoir le béret rouge. « Tout a commencé lorsque j’ai lu le livre Commando alpha de Miklos Saba, ancien soldat des forces spéciales américaines », explique Lisiouk. « Aux États-Unis, il faut réussir des épreuves éreintantes et suer sang et eau pour avoir le privilège de porter le béret vert. Ce livre m’a fait une très forte impression et m’a donné l’idée de mettre en place dans mon unité un examen offrant le droit de porter le béret rouge, et ce pour qu’il ne soit pas seulement un accessoire, mais un signe du plus haut niveau de qualification des forces spéciales... ».

Sergueï Lisiouk et son ami Viktor Poutilov ont créé les épreuves de ces examens, qui sont donnés dans toutes les unités de forces spéciales du pays depuis le 31 mai 1993, selon des critères physiques et tactiques précis.

Le concours russe pour obtenir le béret rouge est généralement composé de trois étapes.

La première est un test physique : huit kilomètres de cross suivis d’un sprint de 100 mètres. Une grande partie de la distance consiste soit à franchir des plans d’eau et des marécages sales à plat ventre, soit à traverser des zones« contaminées » avec un masque à gaz. Cette course à pied est également agrémentée d’obstacles : pièges, zones enfumées, incendies, etc. Parfois, le soldat doit même ramper ou sauter au-dessus de tirs de vraies flammes. En plus de cela, un groupe spécial de « travail psychologique » est présent sur tout le parcours. Ces gens, qu’on appelle les « psikhi » (« psychopathes » en langue parlée), courent à côté des militaires, leur crient dessus, leur jettent de la boue et de l’eau et leur lancent des pétards dans les pieds. À la fin de cette partie, le soldat enchaîne presque directement avec quatre sprints de 100 mètres, avant d’effectuer des tractions et des exercices d’acrobaties.

La deuxième étape commence juste après. Chaque concurrent doit démontrer qu’il maîtrise parfaitement les lance-roquettes antichars RPG-7, les lance-grenades automatiques AGS-17, les mitrailleuses PK ou PKT, les fusils d’assaut AK74M, les pistolets Makarov ou Stetchkine, ainsi que les SVD, fusils conçus pour les tireurs d’élite.

La troisième épreuve ne dure que 12 minutes, mais il s’agit de « 12 minutes d’enfer » pour la plupart des soldats. L’étape est divisée en 4 périodes de 3 minutes. Chacune de ces périodes est un round de combat à mains nues avec un nouvel opposant possédant déjà le béret rouge.

Pour obtenir ce fameux béret, il faut donc réussir toutes les étapes. Le Conseil des « bérets rouges », dont dispose chaque grande unité de forces spéciales, a le pouvoir de retirer ce grade au militaire sous certaines conditions. Ces tests d’obtention du béret rouge n’existent pas seulement dans les forces spéciales de l’armée, mais également dans quelques divisions d’élite du ministère de l’Intérieur russe, dans les forces spéciales « Berkout »(« aigle royal » en russe) de la police de Kiev, ainsi que dans celles du Belarus.

Source : http://larussiedaujourdhui.fr/articles/2012/05/02/comment_obtenir_le_beret_rouge_14565.html

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