Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Le Serment

2 Mars 2013 , Rédigé par G\ D\ Publié dans #Planches

Je vous présente , ce midi , une planche sur « Le Serment ».
N’ayant jamais entendu traiter ce sujet depuis mon entrée en maçonnerie , j’avancerais prudemment , avec le souhait de voir de plus éclairés que moi vous apporter leurs lumières.
Tout d’abord , un peu d’histoire.
C’est dans la cérémonie de réception des Maçons opératifs , dès le Moyen-Age que se trouve certainement l’origine de notre actuelle cérémonie d’initiation.
Même si nous n’avons que peu de renseignements sur le déroulement précis de cette réception , elle s’adressait au Compagnon et rien n’indique que l’Apprenti était au centre d’une quelconque cérémonie.
Le manuscrit des Old Charges atteste , dans la maçonnerie spéculative anglaise où ce manuscrit était partiellement lu à l’impétrant, que la cérémonie d’initiation comportait essentiellement le serment et la communication des secrets , complétés par la remise du tablier.
Ces éléments centraux s’entourent des « perambulations » autour de la Loge , manière particulière d’avancer vers l’Orient pour y prêter serment sur les Trois Grandes Lumières.
Pour ceux qui se seraient plongé dans l’histoire de la Maçonnerie spéculative , force est de constater les multiples variantes rituelles qui ont existé au fil du temps.
Différents textes permettent d’affirmer que l’usage du serment appartenait à la Maçonnerie Ecossaise du XVII°siècle , Maçonnerie de transition conduisant de la Maçonnerie opérative à la Maçonnerie spéculative.
Dans les Loges françaises et pour autant que nous le sachions , dans les Loges continentales en général , la Bible est ouverte au Prologue de l’Evangile de saint Jean et , dès le XVIII° siècle le serment est prêté sur ce Prologue.
L’usage de prêter serment sur l’Evangile de saint Jean appartenait à la Maçonnerie anglaise qui l’avait transmis à la France , mais il a un temps disparu du fait de la déchristianisation.
Une anecdote à ce sujet :
Je cite un procès verbal de la descente de police effectuée le 8 juin 1745 dans une Loge se réunissant dans l’hôtel de Soissons à Paris :
« On est esté indigné de voir qu’au milieu des puérilités , des indécences et même des choses irreligieuses de cette réception , on fasse prêter un serment sur l’Evangile de Saint Jean… »

Le Lieutenant de Police Hérault mentionne déjà la divulgation de ce serment en 1737 et il est très choqué de ce qu’il considère comme une profanation de l’Evangile.
Reprenant ma planche sur le REGIUS je retrouve dans ce poème de 500 vers qui énumère les règlements du Métier , le point 14 qui parle du serment des Maçons :

« Il doit prêter un bon et fidèle serment
A son maître et à ses compagnons qui sont là ;
Il doit être inébranlable dans sa fidélité
A toutes ces ordonnances , où qu’il aille,
Et à son seigneur lige le Roi
Etre fidèle par dessus tout ;
Sur tous les points susmentionnés
Il faut que tu sois assermenté ;
Et tous doivent prêter le même serment
Des maçons , de gré ou de force
»
Vers 429-438

Le « là » dans la première phrase citée désignant l’assemblée qui est témoin du serment.
Qui prête serment ?
Le vers 428 du REGIUS parle de « celui qui sera dans la crainte » , or celui qui est dans la crainte de par la discipline stricte où le tient le Maître , c’est l’apprenti.
Comme nul texte n’affirme que l’apprenti prête serment , il faut envisager que c’est au sortir de l’apprentissage , au moment de venir compagnon que ce serment est exigé.
Celui qui a prêté serment « sera dans la crainte du parjure et de son châtiment »comme le rappelle notre rituel.
Point d’orgue de la cérémonie d’initiation , le serment consacre de manière solennelle et devant témoins , l’union de l’impétrant avec la Franc-maçonnerie.
Aussi longtemps qu’il n’a pas été prononcé , l’impétrant ne peut pas être créé , constitué et reçu Franc-maçon.
A partir de là , il est facile de considérer qu’il est la finalité de la cérémonie , l’engagement sans lequel l’entrée en initiation et sa poursuite sont impossibles.
L’initiation est une démarche volontaire , librement choisie et acceptée , c’est une forme de contrat passé entre deux parties , l’Ordre Maçonnique
et le nouvel apprenti dont il garantit réciproquement la loyauté et la fidélité.
C’est ce « réciproquement » qui a tant nourri notre réflexion , bien avant la cérémonie d’initiation , lorsque l’impétrant se présente , que sa lettre de motivation est lue , ainsi que les 3 enquêtes réglementaires.
En premier lieu , le candidat a t’il exprimé une réelle motivation à nous rejoindre ? Sa démarche semble-t-elle fondée ?Correspond-il à nos critères généraux ?
En second lieu , la Loge sera-telle capable d’accueillir et d’accompagner un tel candidat ? Pour la sérénité de la Loge et pour le bonheur de l’impétrant !
C’est donc , bien avant le prononcé du serment que cet engagement réciproque est évoqué et c’est l’assemblée entière des Frères qui s’y engage ou s’y refuse par un vote secret.
Ce serment solennel est d’ailleurs fragmenté en plusieurs étapes.
Dans le cabinet de réflexion , lors de l’épreuve de la Terre , le testament philosophique rempli par le candidat comporte une partie qui n’est pas incinérée dans laquelle engagement est pris de respecter un certain nombre d’obligations vis à vis de l’Ordre et de la Loge.
La signature est obligatoire pour attester de la complète connaissance des
engagements acceptés.
Personnellement , je ne me souvenais pas clairement de ce formulaire signé il y a bien longtemps.
Pour avoir vécu , dirigé et assisté à de nombreuses initiations , je me rappelle qu le Vénérable Maître en chaire demande à plusieurs reprises à l’impétrant s’il accepte d’aller plus avant dans la cérémonie , jusqu’à un dernier avertissement décisif qui prévient qu’à ce stade , il ne sera plus possible de se rétracter.
Reconnaissons que le candidat parvenu au terme des épreuves étonnerait son monde en disant : « Non , j’arrête là ! ».
L’engagement maçonnique se fait donc graduellement , prudemment , laissant à chacun la liberté totale d’aller au bout de son projet d’adhésion et jalonné d’avertissements réitérés avant que le serment définitif ne soit prononcé , face à l’Orient , sur les 3 grandes lumières de la franc-maçonnerie.
Ce n’est pas par pur hasard qu’un lieu particulier est réservé dans le Temple et dénommé Hôtel des serments ; on parle bien ici « des » serments , car chaque degré maçonnique exige le renouvellement du serment , même si le premier en constitue le pas décisif.
Mais ce serment n’est pas le fait d’un instant.
Si l’on met d’emblée de côté quelques métaux profanes qui pourraient altérer notre impression , chaque Frère porte en lui , au cœur de ses interrogations , de ses enthousiasmes ou de ses lassitudes , le poids de ce serment au fil du temps.
Le respecter en tenue , avec l’aide du rituel et des officiers n’est pas immuablement aisé , mais , hors de la tenue , en l’absence de l’assemblée des témoins , c’est un challenge à relever sans cesse.
Ai-je été digne de mon engagement ? Ai-je assez travaillé ? Suis-je assidu ?
Suis je « celui qui est sous la crainte » ? Du parjure et de son châtiment ?
Ou plus simplement , ce serment a t’il changé quelque chose dans ma vie ?
Questionnement répétitif qui jalonne notre parcours initiatique en relançant utilement la machine quand la motivation fléchit.
L’interrogation de l’Apprenti destiné à devenir Compagnon comporte , dans les pages de ce qu’on appelle couramment « le catéchisme » cette question :
« Qu’avez vous fait après avoir subi les épreuves ? »
Réponse : J’ai prêté serment de garder les secrets de l’Ordre Maçonnique et d’agir en toutes circonstances en bon et loyal Franc-Maçon ».
Remarquons qu’il est inscrit : « En toutes circonstances » , ce qui n’est pas limitatif aux Tenues , ni aux relations avec les Frères, mais bien un engagement de vie.
Pour conclure une citation de Georges Séféris :
« …l’important n’est pas de changer sa vie en rêvant d’une autre plus intéressante , mais de faire parler notre vie présente , telle qu’elle nous fût octroyée, cette humble vie , quotidienne , humaine , où doit exister tout ce que nous pourrions chercher….tout le problème est de savoir comment se dépouiller…..Je sens qu’il me faut retourner parmi les hommes , descendre très bas , tomber puis m’efforcer de remonter la pente à maintes reprises , comme une fourmi , pour pouvoir donner ma propre réponse ».

Et pour sur conclure , je ne résiste pas à vous lire cette citation de Lin-tsi :
«
C’est parce que vous courrez partout , incapable de mettre votre esprit au repos que le maître patriarche a dit :
« Voyez ce gaillard qui cherche sa tête avec sa tête
»

J’ai dit

G\ D\ REAA Reims

Résumé pour le F Secrétaire :

Le serment maçonnique prononcé lors de l’initiation s’enracine historiquement vers le XVII° siècle , selon les sources disponibles, dans la cérémonie de réception du Compagnon des Loges opératives.
Ce serment comporte plusieurs étapes :
- l’une qui engage les Frères de la Loge dans le processus d’admission , bien avant la cérémonie
- la seconde est au bas du testament philosophique et comporte un engagement signé par le candidat de se soumettre à un certain nombre d’obligations
- la troisième est la succession d’acceptations que le Vénérable Maître requière de l’impétrant tout au long du passage des épreuves
- la quatrième est le serment solennel prononcé à l‘autel des serments sur les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie
- le cinquième est le combat quotidien que le maçon mène hors du Temple pour rester digne de ce serment.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

500 textes dans le blog de la RL de Recherche Laurence Dermott

1 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #RL Laurence Dermott

Le blog de la Loge de Recherche Laurence Dermott contient maintenant 500 textes qui doivent aider tous les FM dans leurs travaux maçonniques.

Après l’Alchimie, la Gnose et la Kabbale, nous recherchons des textes et des planches sur St Jean .

Merci pour votre fidélité.

La newsletter du blog : http://logedermott.over-blog.com est à votre disposition pour vous envoyer automatiquement nos parutions.

Frat

Thomas

Lire la suite

Le Tablier : planche d'Apprenti

1 Mars 2013 , Rédigé par M\B\ Publié dans #Planches

Pour traiter le sujet que vous m’avez confié, j’ai découpé cette planche en trois parties :
- Le tablier et les définitions des encyclopédies,
- Ce que j’avais projeté de la symbolique du tablier,
- Les symboles du tablier vus par les experts en maçonnerie.

Le tablier et ses définitions dans les encyclopédies
- Anciennement :
o Table des jeux de table : Tric-Trac, Echec, Dames, …
o Bureaux de recette des droits du Roi.
- Parquet d’un pont suspenduou pont militaire,
- Emplacement en bois ou en pierre sur lequel on pose une ruche,
- Ornement sculpté sur la face d’un piédestal,
- Pièce de toile, de serge ou de cuir que femmes et artisans mettent devant eux,
- Etoffe enrichie de broderie qui se met autour d’une timbale,
- Cuir enrichi de broché mis au devant d’un cabriolet pour éviter pluie et éclaboussures,
- Doublure de voiles pour garantir les frottements des hunes et des barres sur les voiles,
- Morceau de peau cloué à la table qui enchâsse la pierre des batteurs d’or,
- Toile que l’on suspend sous les béliers pour les empêcher de saillir les brebis,
- En anatomie :
o Prolongement des lèvres de la vulve pour certains africains,
o Ensemble de pièces qui voilent les organes sexuels de quelques araignées,
- En botanique, Division inférieure pendante de l’enveloppe des orchidées,
- En argot, tablier de sapeur : Bourrelet qui retombe sur le ventre et parfois aux cuisses.

Ce que j’avais imaginé de la symbolique du tablier
Dans le sens Profane => Maçon, prolongement du tablier des maçons opératifs,
Dans le sens Maçon => Profane, rappeler ce qui ne doit pas être révélé.
Pont vers la connaissance de soi, le savoir et au bout : La lumière.
L’étude m’a montré les autres significations que mes courtes vues d’apprenti ignoraient.
Sans cette étude et sans vous mes Frères, de quelle synthèse aurais-je été capable seul !

La symbolique du tablier vu par les experts en maçonnerie
Le tablier est comme nous, il a besoin de liens pour rendre les services qui lui sont demandés.
Les symboles maçon sont tous liés entre eux : L’équerre au compas, au niveau, à la règle, à la pierre, au tablier, aux bâtisseurs, aux cathédrales, au temple de Salomon, à la voûte étoilée et à bien d’autres symboles qui bien que sous mes yeux, je ne vois pas encore.

Le tablier nous met à l’abri du monde profane :
Culture en miette, structures disloquées, familles éclatées, prolifération des sectes, des classes des idéologies et des minorités. Concubinage et mariage à l’essai, multiplication des vêtements et des séries automobiles. Sans compter : Les rois de la chanson, du sport, de la politique ou chacun ignore et méprise l’autre.
Comme dit Alain Souchon : … On nous Claudia Schifer, on nous Paul Loup Sulitzer, et ravagea la mouquère. Ah là là le mal qu’on peut nous faire !

C’est de tout cela que le tablier doit nous protéger et il doit être bien imperméable pour nous mettre à l’abri de ces attaques venant de toutes parts.
Il permet d’éloigner notre naturel sans écarter notre sincérité, de chasser tout ce qui n’a pas sa place en loge, en un mot « le profane ».
C’est pour ces raisons que ce symbole, porté à chaque tenue, quel que soit notre grade, de midi à minuit, est lui-même panier de symboles.

Comme pour l’enfant qui va à l’école, un des deux décors vestimentaire en loge est le tablier.
C’est le symbole général du travail que le Maçon effectue en loge et poursuit hors du temple.
Comme il est dit au rituel de fermeture des travaux au grade d’apprenti « Le travail d’un maçon ne s’arrête jamais V.·.M.·.».

Au temps des cathédrales, le tablier des opératifs protégeait les zones névralgiques sans autre pensée que se protéger des agressions extérieures.
Aujourd’hui, dans la Maçonnerie spéculative, il ne couvre que le bas ventre : Divisions figuratives, partie corporelle, là où les instincts se manifestent : La faim, le sexe.
En loge, nous venons vaincre nos passions. Le tablier doit nous aider dans ce combat.
Le cops humain est divisé en deux parties : le sec et l’humide, la lumière et l’inférieur.
- La noble portion qui contient la tête et le cœur, siége de la raison et des affections, celle qui est le siége des facultés raisonnables et spirituelles, celle qui doit travailler.
- Les parties corporelles vouées à accomplir les fonctions charnelles de la nature, siége de l’affectivité et des passions : Plexus solaire et génitales.
Le tablier maçonnique est identique au pagne que se sont fait Adam et Eve.
En lui-même n’est rien, mais il nous protége contre le vagabondage de notre esprit.

Si le tablier des opératifs couvrait toute la partie avant du corps, le tablier de l’apprenti, bien que plus petit, couvre aussi une surface plus importante que celui du compagnon ou du Maître. Cela montre que l’apprenti doit être plus protégé car les éclats de sa pierre brute son plus nombreux, plus gros et plus dangereux.

La bavette relevée de l’Apprenti est comme une flèche montante en direction du ciel, là ou il doit se diriger pour trouver la lumière.
Ce triangle en haut est l’expression du ternaire. C’est un symbole maçonnique fort.
Isocèle ou équilatéral, c’est l’équilibre et la spiritualité.

Le trois permet de surmonter l’opposition des contraires. Aucune action ne peut être menée à bien si les trois entités n’agissent pas ensemble

Hors du temple : La trinité ( Père, fils, saint esprit ), le temps ( Passé, présent, futur ), la nature ( Minéral, végétal, animal ), les couleurs primaires ( Rouge, bleu, jaune), l’alchimie ( Mercure, souffre, sel ), les pouvoirs ( Législatifs, exécutifs, judiciaires ), la famille ( Père, mère, enfant ), les états de la matière ( Solide, liquide, gazeux ), pour ne citer que ceux là.

En loge : Les trois piliers, les degrés qui la composent ( Maîtres, Compagnons et Apprentis ) avec les trois pas de leur marche, les 3 grandes et 3 petites lumières.
Le temple de Salomon, construit par 3 hommes ( Salomon, David et Hiram ).
Dans ce temple, s’il en manque un, les travaux s’arrêtent et le Nom ( Du grand architecte de l’Univers ) ne peut plus être communiqué.
Ceci montre aussi que le symbole du trois n’est pas que positif :
Trois coups portés à Hiram par trois mauvais compagnons par ignorance fanatisme et ambition. La mort d’Hiram fera perdre la Parole et le Nom.

Le rectangle en bas, c’est l’expression de quaternité pour la matérialité.
La pierre du Maçon comporte trois étapes : La pierre brute, la pierre cubique, la pierre cubique à pointe.
La bavette relevée c’est « la pierre cubique à pointe », le modèle du fini montré à l’Apprenti.

Parlons maintenant de sa blancheur.
Le blanc, c’est la mort, le linceul.
Au sortir du cabinet noir, mort symbolique, c’est un tablier blanc que l’on ceint à l’Apprenti. Résurrection, pureté, lumière. L’Apprenti est alors candeur, innocence et virginité. Il s’éveille à une nouvelle existence. Il ne sait rien ou presque rien.

Initialement, les tabliers étaient faits de peau d’agneau. Pour des considérations économiques, ils sont maintenant en succédanés de cuir, en lin en satin ou en soie.
La peau symbolise la séparation du monde du dedans avec celui du dehors, elle défend des agressions extérieures. On retrouve là symbolique première du tablier.
Le tablier, c’est aussi un changement de peau, un renoncement à sa personnalité de profane pour la durée de la tenue.
L’agneau c’est l’innocence et on renforce là, la symbolique du blanc.

Le blanc, c’est aussi la pureté, le tissu des LINceuls, la sainteté.
A la cérémonie d’initiation, il faut se sacrifier, accepter de mourir symboliquement dans le cabinet noir, pour renaître symboliquement après les épreuves d’initiation. La récompense étant le tablier, et les parallèles sont nombreux :
Sacrifice du Fils de Dieu par Dieu lui-même en rédemption de l’humanité.
Abraham qui devait tuer son propre fils, Isaac (Juifs) ou Ismaël (Islam), pour sauver les enfants Hébreux d’Egypte. Ce fils qui fut remplacé in extremis par un agneau.

Mais examinons maintenant la boucle de la ceinture.
Sans ce serpent en forme de boucle, le tablier tombe et là, plus de Maçon.
Le serpent c’est les ténèbres : La tentation, les passions et le mal. Le ventre est sa demeure. Mis à l’arrière, dompté par le maçon, il est condamné à tenir son tablier. Cela rappelle que les ténèbres sont toujours présentes et qu’il convient de les laisser derrière soi.

Ce que j’ai du mal à croire
Symbolique du cercle
C’est un symbole qu’un de nos frères m’a indiqué. Je ne l’ai pas trouvé dans la littérature.
Le tablier est ajusté, au corps du Maçon, par une ceinture que ferme le serpent.
Si le serpent est un vrai symbole, la figure crée par cette ceinture n’est pas réellement un cercle et je ne la prendrais donc pas comme un symbole. Il faut bien que le tablier tienne.

Symbolique de l’écu
Certains comparent le tablier au reflet de l’écu des chevaliers. Cette métaphore ne me plait guerre. La Maçonnerie ne peut pas être qu’un simple reflet ?

Pour conclure
Tous les symboles du tablier expriment une même et seule idée : Le salut.
Mais, à la fin de cette planche, je me pose une question :
Ce tablier, ne serait’il pas le tablier du pont qui doit me mener à l’intérieur de moi-même ?
Passage d’une rive à l’autre, du profane au sacré, de l’ombre à la lumière.
Là ou je dois trouver l’équilibre de ce ternaire que sont : Mon physique, mon intellect et mon ressenti ?
Ne serais-ce pas alors là le plus beau symbole maçonnique ?

J’ai dit V.·.M.·.

 

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Le Tablier

28 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Définir le symbolisme du Tablier est chose délicate. Pour mes investigations sur ce symbolisme, il a bien fallu que je m'étaye sur les connaissances d'autres frères afin d'essayer d'approcher au plus près et de ne pas en rester au premier stade de la simple description pour tenter d'en déchiffrer l'accès symbolique.

Je crois que le symbole est inflexible et obscur en toute chose. En conséquence, il faut patiemment s'imprégner de sa signification. C'est seulement par l'étude, la persévérance et la méditation que l'on peut arriver à atteindre l'ésotérisme, c'est à dire à l'enseignement, ce mot étant parallèlement synonyme de « INITIATION ».

En tant que franc-maçon, chaque fois, que dans l'exercice de ma participation aux rituels maçonniques, je me pare de mon Tablier, j'éprouve aussitôt un sentiment de nette rupture avec le monde extérieur et ses exigences temporelles. Je revêts l'état en même temps que mes décors qui le symbolisent et je prends place, pour ainsi m'exprimer dans le plan auquel mon initiation maçonnique m'a donné accès, de telle sorte que je ne suis plus alors une individualité assumant une fonction particulière, mais l'outil, le véhicule, personnalisant pour un temps donné, ma dignité de Franc-Maçon. Dans le contexte de la Maçonnerie, le Tablier est manifestement un attribut qui est une réalité servant de signe distinctif à un personnage ou à une collectivité. La balance, par exemple est l'attribut de la justice.

Le Tablier dans le symbolisme de l'homme

Héritier des traditions artisanales, il évoque de toute évidence le travail, au vu duquel son port apparaît nécessaire. Dans cette symbolique le tablier, qui caractérise le vêtement de l'Initié dans sa réception maçonnique, est en effet l'un des emblèmes du travail. Il rappel pour qui le porte, l'obligation d'avoir une vie active et laborieuse. On a pu penser, non sans raison que le rôle protecteur du tablier s'entendait à certaines parties de l'être. De là ce triple symbolisme du tablier :
Personne vouée au travail
Appartenance à une ambiance de travail
Protection contre les risques du travail.
L'homme est triple, cette trinité correspond à la tête, à la poitrine cœur et à l'estomac entrailles.

La Tête : Eclaircissement de la conscience, grâce à quoi il est donné à l'Esprit de contempler enfin le Divin, en toute clarté et en union mystique. Elle symbolise en général l'ardeur du principe actif. Elle inclut l'autorité de gouverner, d'ordonner, d'éclairer. Elle symbolise également l'Esprit manifesté, par rapport au corps qui est une manifestation de la matière.

Le Cœur Poitrine : purifications des forces corporelles, purification de l'âme. La poitrine des anges, selon le Pseudo Denys L'Aéropagite, symbolise le rempart inexpugnable à l'abri duquel un cœur généreux répand ses dons vivifiants. Symbole de protection. Il en fait ailleurs le siège de l'irascibilité, non au sens péjoratif du terme, mais au sens d'élan courageux provoqué par la lutte contre le mal.

L'estomac : épuration des métaux, ennoblissement de l'homme.
Lieu de transformation, il est comparé au laboratoire de l'alchimiste. La chaleur de l'estomac facilite toutes les transformations. Encore faut-il qu'elle ait pour chacun, et à chaque moment de son évolution, le degré et l'intensité qui conviennent.
A quelle partie pourrait correspondre le tablier de l'Apprenti. La tête étant le siège de la pensée, la poitrine cœur étant celle de l'émotion et de la miséricorde, assurément le Tablier correspond à l'estomac. L'estomac est l’Athanor de l'Alchimie du corps humain, donc le siège de la purification par les quatre éléments. Le Tablier recouvre donc la plus grande surface en effervescence de cette partie, pour la sauvegarder de toute blessure ou éclat de sa pierre brute.
Le Tablier constitue l'essentiel du décor du Maçon. Il se compose d'une surface rectangulaire et d'une bavette triangulaire, bavette relevée au grade d'Apprenti. Relevée, non en raison de son grade, mais en justesse de sa malléabilité au travail, ainsi le tablier apparaît dans cette phase comme un bouclier protecteur.

Le Tablier dans le symbolisme du nombre.
Le Tablier de l'apprenti est imaginé, médité et conçu, en deux parties, la bavette de forme triangulaire et du Tablier en lui-même ayant la forme d'un rectangle. Nous pouvons donc énoncer que 1 tablier 2 formes, 3(bavette triangulaire), 4 le tablier = 10 la décade, l'Alpha et l'Oméga de toutes choses. En effet 1+2+3+4 = 10.
Mais en vérité je crois quant à moi, que la valeur est le chiffre 7 (3+4= 7). Le sept représente la totalité de l'espace et la totalité du temps dans les sept degrés de la perfection. Mais ma conviction est que le vrai nombre est celui de notre intime compréhension.
Si nous traçons une ligne partant de la pointe du triangle au centre de la base du Tablier et d'autre part une transversale entre l'adhérence des deux figures, nous trouvons à cet emplacement précis, le point focale de l'homme à savoir le nombril ou l'omphalos qui en symbolique représente le centre du monde.

Le Tablier dans le symbolisme de la Bible.
Le Tablier est un héritage dit-on des Compagnons. Cependant la présence et la conservation de cet effet dans la franc-maçonnerie revêtent une signification symbolique que j'aimerai mettre en relation avec les différents habits mentionnés dans la Bible. Les auteurs sacrés décrivent effectivement l'Habit liturgique des fils d'Aaron. Pour d'autre, il rappellerait la tunique de peau dont Adam et Ave couvrirent leur nudité après la faute originelle. L'événement le plus concordant est extrait de l'Evangile de Jean (P 21, V 7)
« Le disciple, celui que Jésus préférait, dit donc à Pierre << C'est le Seigneur !>>. Simon -Pierre, apprenant que c'était le Seigneur, se noua un vêtement à la ceinture, car il était nu, et se jeta à la mer ».

Le Tablier en analogie avec d'autres assemblées.
On peut assimiler le Tablier Maçonnique avec d'autres vêtements. En effet on retrouve dans plusieurs civilisations ou religions une correspondance avec le manteau blanc, indépendamment des chevaliers, il existe effectivement divers effets et qui ont pour nom
- Le Taleth pour les hébreux (talith) << Par- dessus leurs couvre-chefs, ils avaient mis le blanc « Talith », l'écharpe de prière... >>.
- L'Aube, l'Etole, la Chasuble pour les chrétiens.
- La Toge et l'Epitoge chez les Anciens...

En concordance, les Maîtres soufis couvrent de leur blanc manteau l'enseignement de leurs disciples, en leur conférant leurs pouvoirs. Tous les religieux, et ce sur l'ensemble de la terre, au moment de se retirer du monde en revêtant l'habit et prononçant leurs vœux, se couvrent d'un manteau. Ce geste symbolise le retrait en soi-même et en Dieu, la séparation corrélative du monde et de ses tentations, le renoncement aux instincts matériels. Revêtir le Tablier, c'est indiquer le choix de la sagesse. C'est aussi assumer une dignité, une fonction, un rôle dont le manteau est l'attribut. Le Manteau ou le Tablier, symbole des transfigurations par l'effet d'artifices humains et des personnalités diverses qu'un homme peut assumer, est aussi par voie d'identification, le symbole de celui qui le porte. Donner son manteau c'est se donner soi-même. Quand Saint Martin coupe pour un pauvre la moitié de son manteau, cela signifie plus qu'un don matériel : le geste symbolise la charité qui anime le saint.
Le manteau d'Elie laissé à Elisée signifie que le disciple continue la tradition spirituelle reçue de son Maître et bénéficie de tous ses dons.
Comment et pourquoi Ceindre le tablier !
Pour cette interprétation, la ceinture du tablier est comparée à toutes autres significations du lien.
Etant maintenant sur le point d'être admis dans notre Temple et revêtue des insignes symboliques d'impersonnalité et de protection (le Tablier) L'apprenti doit être relié, rattaché à la tradition par l'intermédiaire de son initiateur.
Mettez-vous à nu, ceignez vos reins. (BBL SEG Isaïe 32,11)
Tressaillez, sereines agitez-vous sûres, dévêtues, nues, la ceinture sur les lombes (BBL CHRQ Isaïe 32,11)
Dévêtez-vous, dépouillez-vous, ceignez vos reins de (cilices) (BBL CRMPN Isaïe 32,11)

Pour concevoir et comprendre ce symbolisme je me servirai, des expressions « ceinture, corde » qui seront plus conformes à la réalité allégorique. La première ceinture dont parle la Bible, et qui doit être considérée comme le prime vêtement. Désigne les feuilles de figuier assemblées par Adam et Eve après le péché (Genèse 3,7). Dans la bible, elle est aussi symbole d'union étroite, d'attache constante dans le double sens de Liaison dans la bénédiction. (Ps 76, 1-13 « Toi le Lumineux » et la Ps 109,17-19 « Elohîm de ma louange ».

Les juifs célébraient la Pâque, selon l'ordre d'Adonaï (YHVH), une ceinture autour des reins. C'est le « kosti » dans l'initiation cathare, ou corde sacrée, fait de 72 fils de pure laine blanche qui ceignait 3 fois le corps. La boucle tient du symbolisme de la ceinture, du noeud, du lien. Il protège qui le porte.
Le Tablier enseigne à mesurer ce qu'on doit accomplir et à percevoir la magnificence de DIEU. Il faut garder sans cesse en esprit, que tous les travaux, initiations, rites, et les épreuves vers le « Grand Art » sont sous les auspices et A.L.G.D.G.A.D.L.U. Le Tablier dans l'Initiation Maçonnique rend hommage, comme témoignage de Foi Au Grand Architecte De L'Univers en sublimant cette offrande par ce cri d'abnégation, devise des Chevaliers :

<< Non nobis Domine ! non nobis, sed Nomini Tua da Gloriam ! >>
<< Ce n'est pas pour nous, Seigneur! ce n'est pas pour nous, mais pour la Gloire de Ton NOM ! >>.

Vénérable Maître, j'ai dit

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Le Tablier

27 Février 2013 , Rédigé par G\ C\ Publié dans #Planches

Le tablier maçonnique, est-il un décor, un attribut, un symbole, un outil ?

 

C'est, peut-être tout ça ensemble. Une chose est certaine : nous ne pouvons pas parler d'un aspect du tablier sans engager l'autre ; j'essaierai alors de donner un aperçu global de ce polygone en peau blanche (ou décorée), qui est le tablier du Franc-Maçon.

Mais avant tout regardons les étymologies de ces termes :

Décor : 1) ce qui sert à décorer un édifice…2) Représentation figurée du lieu où se passe l'action…3) Aspect extérieur du milieu dans lequel se produit un phénomène, vit un être…(Petit Robert)

Attribut : 1) Ce qui est propre, appartient particulièrement à un être, à une chose…2) Emblème caractéristique qui accompagne une figure mythologique, un personnage, une chose personnifiée…(Petit Robert)

Symbole : Métaphore qui a son fondement dans la raison et son correspectif dans la réalité (Pierre Vincenti PIOBB)

Outil : 1) Objet fabriqué qui sert à agir sur la matière, à faire un travail…(Petit Robert)

L'apprenti est appelé à quitter ses métaux, c'est à dire à travailler sur sa pierre brute, par conséquent il a besoin d'objet fabriqués pour cette action : le ciseau, le maillet, le tablier : nous pouvons, donc, affirmer qu'il s'agit là d'un outil selon l'étymologie du mot.

En effets le tablier en peau blanche de l'apprenti maçon sert à le protéger symboliquement des éclats de cette pierre, qu'il doit dégrossir avec force et détermination ; par ce même fait le port du tablier blanc, bavette relevée, le distingue des autres FF\ et SS\ ; par ce tablier on lui confère le droit-devoir de silence, d'observation et de réflexion en profondeur.

En présence de ce simple tablier les Maîtres et les Compagnons seront confrontés à leur conscience, car, s'ils avaient su quitter leurs métaux, s'ils avaient vécu correctement leur apprentissage, s'ils avaient appris la vertu de prudence, en aucun moment ils n'abuseront de leurs grades pour affirmer une supériorité quelconque, aussi vide que ridicule, mais ils sauront se montrer et être disponibles, compréhensifs et observateurs afin de montrer dans les faits le chemin difficile de l'évolution personnelle.

Avant d'en rappeler les significations symboliques, nous voyons ici le tablier comme attribut et décor du Maçon.

Cela confirme l'attitude opérationnelle qu'un Maçon ne doit jamais oublier : un F\ ou une S\ initiée doit toujours se rappeler qu'en Maçonnerie chaque symbole a d'abord un correspectif dans la réalité.

C'est depuis l'usage réel qu'on peut comprendre un symbole : un maillet sert pour battre sur le ciseau ; un compas pour tracer des cercles ; une règle pour mesurer ; etc. Un Maçon ne se reconnaîtra qu'au pied du mur, qu'il aura su bâtir ; tout le reste n'est qu'une vision gratuite de l'esprit.

Il nous reste à analyser brièvement la signification symbolique du tablier.

Pour cela je vous renvoie à la copieuse bibliographie sur le sujet ; je m'attacherai uniquement à quelques symboles considérés plus fondamentaux que d'autres, surtout au grade d'apprenti.

Robert AMBELAIN affirme que le tablier est avant tout le symbole de la « prudence » : vertu fondamentale pour l'initié. Cela est déjà signifié par les trois sommets du triangle : l'apprenti doit apprendre à tenir compte du motif de chaque fait, afin d'en prévoir les conséquences.

Cette pratique permet d'être prudent et de maîtriser les passions et les émotions, qui poussent à agir hâtivement sous les impulsions plus basses de l'individu, indépendamment du raisonnement, caractéristique majeure et unique de l'être humain.

Une attitude prudente nécessite la maîtrise de l'orgueil et de l'ambition personnelle, au profit d'un équilibre savant et subtil de l'esprit et de la matière, du coté masculin et féminin de l'être.

C'est tout le travail de dégrossissage de la pierre brute !

Et les tailleurs de pierre nous apprennent que les éclats sont souvent source de graves blessures, pour cela il faut se protéger et notamment sur les chacras plus bas, d'où provient l'énergie terrestre : la plus forte, la plus passionnée, la plus violente.

L'éveiller inconsidérément ne servirait pas le travail de maîtrise de la personnalité.

La protection du 1 er , 2 ème , 3 ème chacras obtenue par le port du tablier, marque cette séparation entre matière et esprit nécessaire d'abord pour les équilibrer, avant de rabattre le haut sur le bas, la bavette sur le tablier.

Analyser, expérimenter, comprendre, agir avec prudence : c'est le travail de l'apprenti.

Avant d'éveiller le plexus solaire, par l'action de la force terrestre, il faut explorer les profondeurs de l'être et méditer sur le déterminisme individuel.

A ce propos observons encore la forme du tablier : un pentagone.

Le pentagone est une des trois « figures mères », elle nous révèle l'aspect sensible de l'être et des choses : les cinq sens, éléments primordiaux de la connaissance.

Les philosophes disent : « toutes connaissances nous viennent des sens » mais je rajouterais : « c'est la raison qui nous en expliquera l'essence »

Les sens nous donnent accès à la matière, sur laquelle et avec laquelle nous bâtirons notre cathédrale.

Voilà pourquoi l'apprenti a accès à la terre par les sens : la terre est le premier élément auquel il est confronté dans le cabinet de réflexion. Mais ça sera par sa sensibilité qu'il pourra s'en élever.

Je termine ici ma petite et certainement incomplète analyse du tablier d'apprenti, en renvoyant celui-ci à des études et des réflexions plus approfondies.

Néanmoins je tiens à souligner que le tablier est un outil de travail ; ça veut dire qu'un maçon doit travailler, afin de grandir et que sa valeur se mesure dans les résultats concrets obtenus.

Comment voulons-nous améliorer l'homme et l'humanité, si nous nous employons à gratifier notre Ego et à satisfaire la soif de décors et de pouvoir ?

Ne mourrons pas étouffés, ensevelis sous les éclats de notre pierre brute !

Alors, si j'étais incapable de démontrer ce que j'affirme, si le pouvoir m'aveugle, si je n'étais pas disponible envers vous, si je ne savais pas vous comprendre et vous aimer, mes Sœurs et mes Frères, revêtez-moi d'un tablier blanc d'apprenti et renvoyez-moi dans le cabinet de réflexion, afin que de mon être putréfié et calciné puisse un jour en sortir la quintessence, dans une vraie réalisation de l'être.

J'ai dit

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Le tablier et les gants

26 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Le tablier
Il constitue l’essentiel du « décor » du Maçon.
Ce Tablier, porté par tous les Maçons et qui nous donne le droit de nous présenter dans le temple, est l’emblème du travail, « qui rappelle qu’un Maçon doit toujours avoir une vie active et laborieuse, et doit prendre part à l’œuvre de la construction universelle », selon Oswald Wirth.

Il se compose d’un rectangle (références à l’espace du Temple), surmonté d’une bavette triangulaire (rappel de la symbolique tertiaire). D’ailleurs ses dimensions sont des multiples de trois : 225mm…

Aux grades d’apprenti et de Compagnon, il est fait de peau blanche épaisse sans aucun ornement – symbole de pureté - sans doute pour mieux se protéger. En effet, l’apprenti et le compagnon ont à travailler durement pour tailler la pierre brute, et si l’esclave maudit son labeur forcé, l’homme libre qu’est le Franc-Maçon, répugne à la mollesse et à l’oisiveté. Ce travail doit avoir une action constante, féconde et utile au plus grand nombre.

L’apprenti porte le tablier avec la bavette relevée. Pour François Ménard, cela est fait pour protéger l’épigastre, lié au plexus solaire, et qui correspond au chakra ombilical dont dépendent nettement les « sentiments » et les « émotions » contre lesquels l’apprenti surtout doit se protéger afin d’atteindre à la sérénité d’esprit qui fera de lui un initié réel. D’autre part, restant ainsi « isolés », les sentiments propres et les émotions dudit Apprenti ne risquent pas de gêner par leurs radiations la paix profonde du Temple dans lequel il est admis. Ce risque étant supposé ne plus exister chez le Compagnon et chez le Maître, ceux-ci peuvent sans inconvénient abaisser la bavette de leur Tablier.
Peut-être pourrions nous l’interpréter également de telle façon :
• Suite à mon initiation, ce tablier à la bavette relevée, protège mon ombilic car l’on vient de me couper ce cordon ombilical qui me lié au monde profane. Etant apprenti et juste né, cette partie de mon corps reste encore fragile et exposé, alors que je me dois de dégrossir cette pierre brute…
• Ou alors tout simplement pourrait-on dire que « Le tablier est ouvert, car l’apprenti est là pour recevoir »…

Au grade de Maître, le Tablier varie selon les Rites, les Grades et les Obédiences, et peut porter des ornements, des décors de grande qualité. Sans doute est-ce là le signe que la pierre que l’on continu de travailler est maintenant dégrossie, et qu’il s’agit plus d’un polissage soigneux, que d’une taille grossière.


Les Gants
Les Gants de Maçons sont toujours de couleur blanche à tous les rites et à tous les grades symboliques. Ils sont, avec le Tablier, un des éléments indispensables des décors individuels de chaque maçon et nous donnent le droit de pénétrer dans le Temple.
Ils symbolisent la pureté du cœur et des mœurs et l’égalité entre les Maçons.
En effet, si le tablier distingue le grade du Maçon, les Gants placent tous les Maçons sur le même pied d’égalité.

Au Moyen Age, les tailleurs et les poseurs de pierre comme les morteliers portent des Gants dans un souci de protection. A la même époque, le Gant est associé à la noblesse et à la chevalerie. Il est également présent parmi les vêtements liturgiques du haut clergé romain.
Enfin, les Gants sont également un attribut vestimentaire de la sociabilité élitaire dans laquelle se développe la Franc-Maçonnerie moderne.
Toujours au Moyen-Age, c’est le nouvel apprenti qui devait offrir une paire de Gants blancs au Maître, voir à tous les membres de la Loge.
Dans la Maçonnerie moderne, c’est au contraire l’initié qui reçoit une paire de Gants blancs.
Dans certains rites ou ateliers, on offre au nouvel apprenti une deuxième paire de Gants pour la femme (la personne) qu’il estime le plus. La remise d’une paire de Gants à la « clandestine », la femme jugée la plus digne, doit rappeler au néophyte le souvenir de ses engagements, la dame étant censée être se conscience et la gardienne de son honneur en cas de défaillance. Oswald Wirth rapporte que Goethe, initié le 23 juin 1780 dans la loge Amalia zu den drei Rosen, sise à Weimar, offrit la seconde paire de Gants à Charlotte von Stein, en lui faisant remarquer que si l’hommage était de peu de prix, il présentait la caractéristique rare et précieuse de ne pouvoir être réalisé qu’une seule fois par un Maçon. La dame fut pour lui à la fois une égérie, une maîtresse, une muse et un mentor. Bien que la rencontrant presque chaque jour, il lui écrivit 1 700 lettres et billets.
Il est à noté également que dans certains grades supérieurs, notamment de l’écossisme, les gants sont noirs, quelques fois pour le Maître Secret (4°), rouges pour le Prince de Jérusalem (16°), jaunes pour le Noachite (21°), ou blanche doublée et bordée de rouge pour le Grand Commandeur du Temple.
Si les Gants sont indispensables pour pénétrer dans le Temple, des rituels précisent dans quelles circonstances il est nécessaire, convenable, d’ôter les gants : par exemple lors d’une chaîne d’union,…

Source : http://godf-gueret.blogspirit.com/planches/

Lire la suite

Les gants blancs

25 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Lors de mon initiation, j'avais eu un éclair particulier, lorsque le V\M\, m'avait remis les gants blancs, un instant j'avais eu l'impression d'avoir déjà vécu ce moment précis. Si à ce jour je n'ai pu retrouver l'origine de cette vision, j'ai mis à profit certaines recherches et approches sur les gants blancs. Puis-je vous proposer de les partager en réclamant toute votre indulgence quant à mon ignorance dans les matières que j'aborde ce midi.

Pour simple qu'il paraissait, le sujet est vite apparu plus riche et plus étendu qu'on ne pouvait l'imaginer. Aussi, je m'attacherai essentiellement à la paire de gants blancs destinée à l'A\ et me contenterai d'évoquer celle qui revient à « l'âme sœur » du néophyte.
Ce travail vous rapportera, dans une première partie, ce que disent certains auteurs faisant référence. Je m'attacherai pour cette phase à commenter uniquement les points forts de leurs analyses. Dans une deuxième partie, je tenterai une approche personnelle de facettes qui pourraient révéler un nouvel aspect du sujet pour lesquelles je souhaite et j'attends tous vos avis et commentaires.
En annexe et sans vous les lire, je joins les extraits « in extenso des ouvrages » que j'ai pu parcourir.

Dans son ouvrage intitulé CAUSERIES INITIATIQUES POUR LE TRAVAIL EN LOGES D'APPRENTIS, dans le chapitre consacré aux gants, EDOUARD PLANTAGENET aborde quatre thèmes.

Le premier thème, à la suite directe de son commentaire sur le tablier blanc, trouve une continuité logique par le passage de la couleur blanche qui, chez lui, plus encore que la pureté, évoque la perfection. Cette perfection, c'est celle à laquelle doit tendre chaque maçon et c'est la valeur vraie qui doit être reconnue chez les individus et notamment chez la femme à qui sera remise la première paire de gants blancs.
De son commentaire, on peut extraire cette phrase parfaitement représentative : « Le Maçon n'est tenu qu'au respect justifié par la valeur intellectuelle ou morale de ceux dont les travaux, la vie, la mentalité et l'attitude forcent « l'estime » et méritent l'hommage de ce sentiment qui doit être pour nous ce qu'il a de plus précieux et de plus grand ».
Nous comprenons donc, que les gants blancs seront représentatifs de la valeur intellectuelle ou morale de celui qui les porte ou de celui qui les reçoit.

Le deuxième thème abordé par EDOUARD PLANTAGENET est axé sur la paire de gants blancs offerte à la femme la plus estimée. Il nous apprend que ces gants ont été parfois remplacés par un message écrit sur vélin décoré d'un emblème maçonnique, il était hommage des Frères, transmettait estime et affection.

Dans le troisième thème, EDOUARD PLANTAGENET nous indique que les gants sont évidemment utilisés et portés au cours des travaux rituéliques et qu'alors, les gants rappellent que le maçon doit avoir les mains vierges de toute souillure. Il rappelle en plus, que trois paires étaient envoyées, au sein du GRAND ORIENT DE FRANCE, aux trois commissaires installateurs d'un nouvel atelier et que ceux-ci les revêtaient rituéliquement au seuil du temple, avant d'y pénétrer.
Il serait impensable qu'un Frère maçon ne soit pas ganté de blanc immaculé pour les Travaux en Loge, cette tradition doit être perpétuée insiste-t-il.
Pour conclure, il rappelle que la signification profonde que revêt le port du tablier et des gants blancs par le Maçon, est son détachement de « l'arrière-monde » et son affectation, sa vocation aux durs travaux de l'édification, sur le plan terrestre, du Temple de l'Humanité.

Dans son ouvrage intitulé DES RITS MAÇONNIQUES, VÉCU INITIATIQUE ET FRANC-MAÇONNERIE, PHILIPPE LANGLET aborde principalement l'étude comparée des différents Rits Maçonniques, dont ceux liés à la transmission des gants, Rits anciens ou modernes. Il y met en avant les différences au niveau de la rituélie et plus loin au niveau du contenu.
L'auteur nous fait remarquer que les rits modernes transmettent les gants blancs immédiatement après la remise du tablier blanc et donc bien avant toute instruction du nouvel apprenti, alors que les rits anciens, ainsi que Memphis Misraïm donnent les gants après l'instruction.

Relevons cette phrase significative de l'analyse de PHILIPPE LANGLET : « Les Rits de type ancien procèdent à la reconnaissance et à la grippe, à main nue, avec tout ce que cela suppose de contact subtil entre les mains, alors que les Rits modernes ont déjà couvert les mains de leurs apprentis, et que les mains sont donc cachées et isolées. »
Ici, j'ai été séduit par l'idée du transmis des éléments subtils de la communication à mains nues, l'idée de ce rapprochement extrême entre le F:. Expert et le néophyte qu'il instruit. L'apprenti continuerait ainsi son initiation à travers le monde du ressenti, à l'image de ce qu'il a vécu précédemment.
Nous pourrions nous interroger sur le fait qu'à ce moment, et dans notre rituélie, le F\ Expert ait les mains gantées et donc qu'il existe un filtre ou une protection entre l'enseignant et l'enseigné. Ne faudrait-il pas, au même titre qu'au moment de la chaîne d'union, alors que la volonté est manifeste, de vouloir que les FF\ soient unis de la manière la plus intense et que les forces vives et subtiles puissent circuler entre tous, ne faudrait-il donc pas que le F\ Expert puisse, déganté, transmettre son enseignement avec la même intensité, marquant ainsi le début de la chaîne à laquelle le néophyte pourra désormais être intégré ?

PHILIPPE LANGLET aborde ensuite les aspects du contenu de la transmission des gants, faisant remarquer que l'aspect opératif des gants est désormais oublié dans les significations et qu'ils ne gardent plus que les aspects symboliques et moralisants, tels la Conscience pure, la dignité et la candeur.
Il se penche pour terminer sur la paire offerte, d'une façon maladroite dit-il, comme justification, et particulièrement dans les Rits Modernes, aux objections qui pourraient être faites du refus d'admettre les femmes dans les Loges.

Pour ma part j'estime qu'il est bon de remarquer les qualités exceptionnelles qui sont attribuées à la récipiendaire de l'autre paire de gants blancs, dans les rites de Memphis Misraïm et Misraïm, en vous relisant ce que dit le V\M\ : « La seconde paire, vous l'offrirez à la Femme que vous chérissez le plus, non pas pour sa beauté matérielle, non pas pour l'attrait qu'elle constitue pour vos sens, mais à la Femme qui concrétise pour vous, à son maximum, l'Âme-Soeur, la Femme-Idéale, la parèdre, dans le monde physique, de la Mère-Éternelle, la Natura Naturanda ».
Il apparaît que l'image qui nous est donnée de cette compagne serait au-delà de l'humain et tendrait vers un absolu qui ne peut être qu'au-dessus des querelles sexistes. C'est l'être auprès duquel il vous est possible, même en perdition de vous ressourcer, de vous retrouver, voire de renaître.

Chez JULES BOUCHER, dans l'ouvrage qu'il a intitulé LA SYMBOLIQUE MAÇONNIQUE, on trouve en première partie l'approche symbolique de pureté à laquelle s'attache l'auteur. Il fait référence à la pureté des Maçons vis à vis du meurtre de l'Architecte légendaire du temple de Salomon…
Il est le seul à faire l'analogie du port des gants en Loge et lors des cérémonies religieuses catholiques par les Evêques et les Cardinaux et que là aussi ils sont porteurs de la notion de pureté.
Il fait référence à Wirth essentiellement en ce qui concerne la paire destinée à la femme la plus estimée, en se gardant de la confondre avec la femme la plus aimée, car disait Wirth l'amour étant aveugle, le Maçon pourrait se tromper sur la valeur morale de celle qui doit être l'inspiratrice de toutes les œuvres grandes et généreuses.

JULES BOUCHER passe ensuite des gants symboles aux gants objets de rituel.
Il rappelle que le magnétisme des mains est réel, particulièrement l'extrémité des doigts et les mains gantées de blanc ne laissent filtrer qu'un magnétisme transformé et bénéfique. L'impression qui peut être ressentie dans une assemblée de Maçons, où tous sont gantés de blanc, dit-il, est une impression d'apaisement, de sérénité, de quiétude qui émane tout naturellement.
Je tiens à relever, dans son texte, telle quelle la phrase suivante qui est particulièrement significative et que je livre à votre réflexion.
« La modification apportée par ce « signe extérieur » est plus profonde qu'on pourrait être tenté de le croire. Il en est ainsi d'ailleurs pour maints symboles qui deviennent efficients lorsque, du plan « mythique », ils passent sur le plan « rituel » ».

Encore un ouvrage consulté, est le Dictionnaire des Symboles Maçonniques de JEAN FERRE.
Il y traite le sujet des gants en deux étapes, la première nous rappelant l'aspect initial, opératif des gants ; les gants en cuir épais des ouvriers mais aussi les gants réservés aux Maîtres qui marquaient ainsi leur suprématie sur les exécutants. Les gants protecteurs d'une part et les gants signes de compétence accrue d'autre part.
Il vient à la symbolique désormais classique de la couleur blanche, qui évoque pour lui, la candeur et la pureté des actions qui doivent régner chez l'honnête homme. Il aborde succinctement la paire offerte à la femme la plus estimée et rappelle que Goethe avait bien remarqué l'aspect unique de ce cadeau qui ne se renouvelle jamais dans la vie d'un maçon et de la personne à qui il transmet ce cadeau.

C'est d'ailleurs quelque chose qui me semble aussi particulièrement remarquable. Cette paire de gants va être désormais le lien entre « l'âme sœur » du nouvel apprenti et les FF\ qui ainsi les reçoivent, elle et lui qui sont logiquement indissolubles.
On peut même dire que ces gants offrent la possibilité de transmettre à cette « âme-sœur » une part, réduite au silence certes, mais une part unique de l'Initiation. De plus, le rituel de l'Initiation est unique, non renouvelable, de même, cette paire de gants est unique et ne pourra être offerte qu'une seule fois à une seule personne.

ROBERT AMBELAIN, dans son ouvrage : SCALA PHILOSOPHORUM OU LA SYMBOLIQUE MACONNIQUE DES OUTILS, comme FERRET,
Définit le Tablier et les Gants comme habillement du Maçon, les Décors étant constitués des Cordons ou des Sautoirs d'Officiers.
Faisant référence à Jean Pierre Bayard, il relève la symbolique de pureté des cœurs et des œuvres, qui se traduit de la même façon par le port des gants blancs par les évêques et les cardinaux.
Ensuite, il fait référence à Jules Boucher, au magnétisme des mains transformé par les gants blanc, l'efficience des symboles qui passent du plan mythique au plan rituel.
Se rapportant à Oswald Wirth il relève que les gants blancs évoquent pour le Maçon le souvenir de ses engagements et que la seconde paire se destine à la femme digne de « l'Amour Parfait ».
Il passe ensuite à la symbolique liturgique religieuse chrétienne, établissant une multiple analogie intéressante mais assez complexe entre Jacob, le Nouvel Adam, l'Evêque et enfin Hiram en souvenir de qui nous portons les gants blancs.

L'approche suivante, maçonnique, revêt pour lui des aspects plus subtils. Il y trouve symbole de douceur, souplesse déférence envers l'Ordre et les Frères; l'expression du mérite du nouvel apprenti, ainsi que les symboles d'honneur et de dignité, pour terminer il évoque encore le symbole de pureté, droiture.
Au terme de ces lectures, il est des éléments qui sont explicitement décrits par les différents auteurs et que j'annexe à la fin de ce travail. Ce sont les explications les plus généralement reproduites, sur lesquels je ne reviendrai pas.
Il est cependant envisageable, considérant la diversité des sensibilités et des individualités, que certaines interprétations soient encore possibles. Modestement je vais tenter une approche par une réflexion essentiellement axée sur la paire reçue par le nouvel apprenti. Réflexion en deux parties, la première relèvera la fonction protectrice du gant, la deuxième la fonction d'habillement.

Les gants objets de protection.
Les Gants et leur matérialité :
Les gants sont, comme le tablier, objets de protection, un peu comme une deuxième peau. Dans certains rites ou à certaines époques, ils furent réellement en peau.
Ainsi en est-il dans de nombreux métiers où ils sont protection, protection agissant d'ailleurs dans les deux sens. Soit qu'ils protègent les mains de celui qui les porte, soit qu'ils protègent l'objet ou la personne sur quoi ou sur qui intervient celui qui les porte. Maçons opératifs, tailleurs de pierre, forgerons, verriers et bien d'autres encore les portent pour se protéger. Médecins, dentistes, chirurgiens, se couvrent les mains pour se protéger mais également pour préserver leurs patients d'une éventuelle contamination. Photographes manipulant les clichés, les orfèvres lorsqu'ils traitent et polissent des métaux précieux, portent ces gants afin de ne pas altérer la qualité de leur travail. Il en va de même pour les serveurs en tenue qui évitent ainsi tout risque d'altération des mets qu'ils présentent. Il est sans doute intéressant de remarquer que les trois derniers portent des gants blancs, afin que toute souillure soit immédiatement visible.
Les gants évitent donc les contacts inopportuns, involontaires ou non recherchés.

Les Gants et les Mains chargées :
Si on voit mal ce qui peut agresser physiquement les mains d'un Maçon spéculatif, à l'inverse, nous avons vu, et Jules BOUCHER nous le dit aussi dans ses commentaires, comme objet rituel, les gants filtrent les ondes magnétiques émises au niveau des mains. Les gants dans ce contexte serviront à protéger les F\ en Loge et à générer une atmosphère bénéfique aux actes spirituels.
L'éminent professeur Yves Rocard, physicien Français de renom, s'est penché d'une manière scientifique sur les phénomènes de perception humaine des champs magnétiques. Il a évidemment abordé de la même manière les émissions magnétiques des êtres humains, particulièrement au niveau des mains. Il a rapporté résultats et mesures dans son ouvrage intitulé « la science et les sourciers ». Il nous y confirme que cette influence se transmet grâce à la magnétite, présente dans les mains et liée au système nerveux. Cette influence est encore mesurable à plus de trente centimètres de distance, et les mains de certains magnétiseurs sont capables, par manipulation, de momification.

La main du Maçon va émettre à travers le gant des ondes chargées par le gant lui-même, chargées aussi des symboles et des signifiants, de la pureté et de la perfection, de l'unité et de l'harmonie.
L'eau se charge en sels et minéraux, parfois en substances toxiques, durant sa migration à travers les strates diverses du sous-sol, avant de resurgir en source bonne ou mauvaise. Le Feng Shui\ prononcer Feng Shouai) nous apprend que les courants, les fluides, le Ch'i\ prononcer tchi) se chargent des qualités de ce qu'ils traversent, mais aussi des éventuelles pollutions qu'ils rencontrent. Afin de préserver la qualité des ondes ou fluides émis par les doigts, il faut que le filtre soit beau et bon, propre et sain, de telle sorte que les émanations génèrent la beauté et la qualité, la pureté et la perfection.

Les Gants et le détachement :
Par le biais de la protection et les distances que les gants induisent chez celui qui les porte avec ce qui est manipulé, on peut également comprendre qu'il est bon que le Maçon mette la distance avec les choses matérielles, les choses tactiles, les choses du monde profane afin de lui permettre d'aborder des matières plus subtiles, et d'œuvrer de manière plus indépendante à l'édification du « temple de l'humanité ».
De même la distance engendrée par les gants, dans les recherches qu'il entreprend, permettent au maçon de rester éloigné des apparences qui pourraient l'induire en erreur. De libérer son esprit des réactions « à fleur de peau ». Ce n'est pas son corps qui lui dira de quoi est faite cette substance nouvelle, mais c'est bien la compréhension et l'analyse qui vont le guider.

Si l'on se rapporte au symbole que nous avons ici développé, les gants blancs signifient aussi que celui qui les porte est protégé des contraintes matérielles extérieures et de leurs agressions, mais encore que celui qui les porte a tout mis en œuvre pour éviter de souiller le Sacré ou l'œuvre Sacrée auquel il touche lors des Tenues en Loge.
Outre le soin qu'il aura de ne pas altérer la qualité de son travail, tel le bon orfèvre, le Maçon qui polit son ouvrage n'y laissera même pas les empreintes de ses doigts, car il ne peut revendiquer l'appropriation du Sacré; la trace qu'il doit y laisser c'est le polissage lui-même, la substance de son œuvre, subtilité de son travail. Rien ne restera de sa sueur. Il y laissera, seule son âme, seuls son souffle et son esprit, afin que l'Œuvre vive et rayonne.
Les gants pièces d'habillement (voir Robert Ambelain et Jean Ferré)

Les gants partie d'uniforme et les dualités :
Avec le tablier blanc, les gants blancs font partie de l'habillement, certains disent des décors du Maçon. Le but n'est pas ici de déterminer le choix des termes qui doit être fait, le tablier blanc et les gants sont les signes visibles de l'appartenance du maçon. Un peu plus si l'on considère qu'ils viennent compléter les vêtements noirs, cravate et chaussures noires, qui font partie ici de ce qui rend « uniforme » une réunion de Maçons. Cet élément vient ajouter à la ressemblance des FF\ qui ne veulent arborer aucune particularité et manifestent ainsi leur égalité et leur unité. Cette unité, (même vestimentaire) permet alors d'approcher le spirituel, sans heurt, sans effort particulier qui serait engendré par une quelconque dissonance, il faut que règne l'harmonie.
Cet élément de la tenue vestimentaire du maçon, comme le tablier blanc ou le fond du tablier blanc, la chemise blanche, entrent en opposition avec les vêtements noirs et sont alors à l'image du Pavé Mosaïque, symbole des dualités et complémentarités universelles, ténèbres et lumière, matérialité et spiritualité, corps et esprit...que le Maçon doit s'efforcer de réunir afin de les intégrer dans son travail et dans le Tout, et qu'ils ne soient plus objets de dualité mais compléments indissociables.

Les gants signes du visible
Dans plusieurs, pour ne pas dire presque tous les uniformes, les gants blancs font partie de la tenue dite d'apparat. L'apparat n'est pas implicitement synonyme, de dorure, de stuc ou de parade. L'apparat, c'est ce qui appert, c'est ce qui est visible ou que l'on doit voir, par analogie c'est ce que l'on veut montrer. L'uniforme d'apparat veut montrer des hommes parfaits dans un ensemble parfait, et voici de nouveau rassemblés l'unité et la perfection. Le blanc des gants est ici encore signe visible de netteté, de pureté. La main gantée de blanc, est plus visible, le gant blanc amplifie et parfait son mouvement.

Les gants signes du service.
Certaines professions font usage des gants blancs durant leur travail ou dirai-je plus volontiers durant leur service. Plus précisément encore quand il s'agit, comme dit plus haut, du service à table. On a pu voir que la propreté des gants était garante, signe immédiat et flagrant de la qualité ou de l'intégrité des plats présentés. Plus encore on peut assimiler le port du gant blanc à la notion de service lui-même. Voilà aussi que ce gant blanc devient humilité, car il est signe de déférence vis à vis de la personne ou de l'œuvre servie.

Jules Boucher nous a fait remarquer que les Evêques et Cardinaux portaient des gants (blancs à l'origine) durant les offices, privilège de leur rang, mais qu'il me soit permis de rappeler que Ministre ou ministre du culte veut dire serviteur ou serviteur du culte.
Ces gants sont donc, à ce moment déférence et respect vis-à-vis du sacré qu'ils touchent, et signe de leur humilité vis à vis de l'œuvre à accomplir.
Il doit en être de même pour le Maçon dont l'œuvre n'est pas moindre, il est bon que les gants soient le symbole de l'oubli de soi dans l'uniformisation, l'image du profond respect qu'il porte à son œuvre et à l'Œuvre dans sa globalité. Servir à quelque chose, ou simplement servir est l'essence qui maintient vivant, c'est une des racines de l'être.
Les gants blancs en tant que symbole n'ont pas été choisis au hasard, dans quelque office qu'ils aient été retenus. Pour maintenir la qualité de ce symbole à travers les générations et les hommes, il faut que ses qualités même matérielles, ses spécificités ne soient pas altérées, bien au contraire il faut que ce symbole soit complet et parfaitement entretenu, il est un des signes de notre raison d'être.

Le gant ne peut être souillé qui révélerait une âme manquant de respect à ce qu'elle est, à Ceux qu'elle sert, à l'œuvre à laquelle elle s'applique, le gant ne peut être troué qui montrerait que celui qui le porte est en danger, n'est pas entier, intègre, totalement voué à son Œuvre. Le gant est blanc, sans souillure aucune, il nous protège, protège les FF\, nous représente serviteurs loyaux et purs, il nous projette vers le sacré et nous permet d'œuvrer dans une atmosphère saine et bénie.
V\M\ et vous tous mes FF\ en vos degrés et fonctions, ma conclusion est un peu partout dans ce qui précède, mais mon refrain d'apprenti sera dans ces lignes que je reprends.
Le Maçon qui polit son ouvrage n'y laissera même pas les empreintes de ses doigts, car il ne peut revendiquer l'appropriation du Sacré; la trace qu'il doit y laisser c'est le polissage lui-même, la substance de son œuvre, subtilité de son travail. Rien ne restera de sa sueur. Il y laissera, seule son âme, seuls son souffle et son esprit, afin que l’Œuvre vive et rayonne.

V\M\ J'ai dit.
A\M\ N\

NOTES

Extrait de : EDOUARD E. PLANTAGENET
CAUSERIES INITIATIQUES POUR LE TRAVAIL
EN LOGES D'APPRENTIS
Ed. DERVY

... et c'est pourquoi le tablier est blanc, immaculé et pur.
En le conservant tel, chacun peut, sur son plan, réaliser cette « perfection » à laquelle aspire tout Initié.
Cette perfection s'affirme encore à l'origine de cette tradition maçonnique qui veut qu'il soit offert deux paires de gants blancs au nouvel initié. La première qu'il est invité d'offrir à son tour à la femme qu'il estime le plus, lui signifie qu'affranchi des préjugés profanes et libéré des passions qui troublent l'esprit de l'homme, le Maçon est inaccessible aux considérations sociales ou aux influences passionnelles gui inspirent les manifestations extérieures d'un respect conventionnel qu'il est d'usage de témoigner à certaines personnes en raison de leur rang ou de la place qu'elles occupent dans la vie particulière des individus. Le Maçon n'est tenu qu'au respect justifié par la valeur intellectuelle ou morale de ceux dont les travaux, la vie, la mentalité et l'attitude forcent « l'estime » et méritent l'hommage de ce sentiment qui doit être pour nous ce qu'il a de plus précieux et de plus grand.

En France, la première paire de gants a, pendant longtemps, été remplacée par une feuille de vélin de vingt centimètres de long sur treize de large, pliée dans le sens de la longueur. Cette feuille, décorée d'un emblème maçonnique, compas, équerre, triangle ou bouquet d'acacia, portait le texte suivant :
Dans une circonstance solennelle, le Vénérable d'une Loge m'a dit :
« Nous n'admettons pas actuellement les femmes à l'initiation maçonnique mais nous honorons leurs vertus, et aimons à rappeler leur souvenir. Cet emblème vous est donné par vos Frères, pour que vous le donniez vous-même à la femme qui a le plus de droit à votre estime et à votre affection. »
« Acceptez, Madame, ce souvenir à titre d'hommage. »
(Rituel du G\ O\ D\ F\, 1887)

La seconde paire de gants doit être portée en Loge, au cours de travaux rituéliques. Pour être digne d'y participer, le Maçon doit avoir les mains vierges de toute souillure et pendant de longues années il fut même d'usage, au sein du G\ O\ D\ F\ d'envoyer lors de l'Installation d'un nouvel Atelier, trois paires de gants blancs aux trois Commissaires installateurs, et ceux-ci les revêtaient rituéliquement au seuil du Temple, avant d'y pénétrer.
Aujourd'hui, quoique certaines Maçonnerie aient laissé tomber ces coutumes en sommeil, la grande majorité des Ateliers disséminés à travers le monde, n'admettraient pas à leurs travaux un F\ non ganté de blanc.

En tout état de cause, un Maçon en revêtant ces emblèmes de pureté et de travail que sont les gants et le tablier, doit se souvenir que, même au sens symbolique que les Ecritures donnent à ce geste consacré, celui-ci l'arrache définitivement aux mystères de l'arrière monde et le voue - comme le furent Adam et Eve dès l'instant où la « tunique de peau » couvrit leur nudité transcendante - aux durs travaux de l'édification, sur le plan terrestre, du Temple de l'Humanité.

Extrait de : PHILIPPE LANGLET
DES RITS MAÇONNIQUES
VÉCU INITIATIQUE ET FRANC-MAÇONNERIE
ED. DERVI

Les gants
Tous les Rits, bien sûr, remettent les gants au jeune maçon après qu'il ait revêtu son tablier. Les Rits du groupe Ancien ne les remettent qu'après toutes les phases d'instruction et de reconnaissance. Ceux du groupe Moderne procèdent à cette remise, dans la logique qui les animent, immédiatement après avoir donné le tablier, c'est-à-dire bien avant toute instruction, et toute reconnaissance. C'est ce qu'on constate aux Rits Ecossais Rectifiés et aux Rits Français. Le Rit Emulation et le Rit d'York n'en font pas une composante cérémonielle : les jeunes maçons se verront remettre leurs gants au moment de reprendre un aspect vestimentaire normal, et les porteront pour revenir dans la Loge. Il n'y a que le Rit Ecossais Ancien Accepté qui, pour cette procédure, y accorde l'importance « moderne ». Le Rit Memphis Misraïm donnera les gants, de la même façon que les Rits anciens, après l'instruction. Nous constatons ici encore une profonde différence dans les pratiques.

Les Rits de type ancien procèdent à la reconnaissance et à la grippe, à main nue, avec tout ce que cela suppose de contact subtil entre les mains, alors que les Rits modernes ont déjà couvert les mains de leurs apprentis, et que les mains sont donc cachées et isolées.
Voyons ce qu'en disent les rituels actuels. Au Rit Français Traditionnel : « Les gants, par leur blancheur, vous avertissent de la candeur qui doit toujours régner dans l'âme d'un honnête homme, et la pureté de nos actions. Le Vénérable ajoute en lui donnant des gants de femme : Nous n'admettons pas les femmes dans nos mystères, mais en rendant hommage à leurs vertus, nous aimons à en rappeler le souvenir dans nos travaux. Voilà, mon Cher Frère, des gants que vous donnerez à la femme que vous estimez le plus. »

Pour le Rit Ecossais Ancien Accepté de la Grande Loge De France : « Mon frère, suivant une très ancienne tradition, qui remonte tout au moins aux Maçons opératifs du XVI’siècle, je vous remets maintenant une paire de gants blancs, dont vous vous servirez dans nos Tenues solennelles. Ils vous indiquent que les mains d'un Franc-Maçon doivent rester pures de tous actes blâmables, de même que sa conscience sera pure de tous sentiments vils. Autrefois, on remettait aussi au nouveau Frère une paire de gants blancs de femme, qu'il destinait à celle qui avait le plus de droit à son respect et à son estime. N.B. Il est conseillé de remettre une rose au nouveau Frère. »

Au Rit Ecossais Ancien Accepté de la Grande Loge Nationale de France F, après le premier travail sur la Pierre brute, le néophyte reçoit ses gants. Le Vénérable Maître dit : « Mon frère, suivant une très ancienne tradition, je vous remets maintenant une paire de gants blancs, dont vous vous servirez dans nos tenues. Ils indiquent que les mains d'un Franc-Maçon doivent rester pures de tous actes blâmables, de même que sa conscience sera pure de tous sentiments vils. Autrefois, on remettait aussi une paire de gants blancs de femme, qu'il destinait à celle qui avait le plus de droit à son respect et à son estime. N.B. : Il est possible de procéder ainsi ou d'offrir une rose. »

Dans le rituel, sous-titré « d'après les Rituels Anciens » et qui est censé dater de 1802, le Rit Ecossais Ancien Accepté de la Grande Loge Nationale de France déclare : « Mon frère, suivant une très ancienne tradition qui remonte tout au moins aux Maçons opératifs du XVI, siècle, je vous remets maintenant une paire de gants blancs, dont vous vous servirez dans nos Tenues solennelles. Ils indiquent que les mains d'un franc-maçon doivent rester pures de tous actes blâmables, de même que sa conscience sera pure de tous sentiments vils. Autrefois, on remettait aussi au nouveau Frère une paire de gants blancs de femme, qu'il destinait à celle qui avait le plus de droit à son respect et à son estime. Aujourd'hui on substitue aux gants une rose. La Franc-Maçonnerie, d'après une tradition immémoriale, n'admet pas les femmes dans son sein, mais elle leur rend le tribut de respect et d'amour qui leur est dû. »

Au Rit Ecossais Rectifié, le Frère Apprenti reçoit les vêtements de son grade, d'abord le tablier, puis les gants. « La Loge vous donne ces gants blancs. Leur couleur vous annonce que vos mains ne doivent jamais se prostituer à des actes contraires à vos devoirs et à la dignité de votre âme. En lui donnant des gants de femme : Nos lois et la bienséance ne nous permettent pas d'admettre les femmes dans nos assemblées. Mais nous nous faisons un devoir d'honorer en elles la modestie et la vertu. C'est donc pour vous avertir du respect que tout homme doit à celles qui en sont dignes, que la loge vous présente ces gants de femme. Recevez-les au nom de l'Ordre pour celle que vous estimerez le plus. »

Au Rit français du Grand Orient De France, la procédure est simple. « Après l'avoir revêtu de tablier, le Vénérable lui donne des gants, puis, Ne souillez jamais la blancheur éclatante de ces gants dans les eaux bourbeuses du vice, ils sont le symbole de votre admission dans le Temple de la vertu. »

Au Rit Memphis Misraïm, on peut lire : « Mon Frère, il est d'usage immémorial dans la Maçonnerie que ceux que vous venez de prendre pour Frères vous offrent deux paires de gants de peau blanche. L'une d'elles vous est destinée. Vous les porterez et les consacrerez au même usage que ceux que vous voyez portés et utilisés par les Assistants de cette respectable Loge. La seconde paire, vous l'offrirez à la Femme que vous chérissez le plus, non pas pour sa beauté matérielle, non pas pour l'attrait qu'elle constitue pour vos sens, mais à la Femme qui concrétise pour vous, à son maximum, l'Âme-Soeur, la Femme-Idéale, la parèdre, dans le monde physique, de la Mère-Éternelle, la Natura Naturanda. »

Dans quelques rituels anciens, nous trouvons des éléments proches, en France, de ce qui se pratique actuellement.
La Réception d'un Frey-Maçon \1737) : « ...on lui donne une paire de Gants d'hommes pour lui, et une autre de Gants de femme pour celle qu'il estime le plus... »
Le Parfait Maçon \1744) : « ...on lui donne un tablier et deux paires de gants, dont une pour sa maçonne... ».
Citons le rituel de la Mère Loge Ecossaise de Marseille \ 1751) : « ...le ceint d'un Tablier blanc, lui donne deux paires de gants de la même couleur dont une paire pour homme l'autre pour femme, il lui dit de destiner celle-ci à la personne qu'il estimera le plus, espérant que ce sera la plus vertueuse que si les maçons excluent le sexe de leur société, ce n'est pas par défaut d'estime, mais par crainte d'indiscrétion. »
Le Guide... : « Le vénérable prend des gants d'homme, et dit : Ne souillez jamais la blancheur éclatante de ces gants, en trempant vos mains dans les eaux bourbeuses du vice ; ils sont le symbole de votre admission dans le temple de la vertu. Il prend ensuite des gants de femme, et dit : Ceux-ci sont destinés pour celle que vous aimez le plus, persuadé qu'un maçon ne saurait faire un choix indigne de lui. »
Quant au rituel d'Uzerche \1780), il nous livre un discours semblable à tous ceux de l'époque : « Voilà une paire de gans d'homme qui vous démontrera qu'un bon maçon ne doit jamais tremper ses mains dans l'iniquité. Voilà une paire de gans de femme que vous ferés présens a votre maçonne. Ils sont pour leur marquer que pour détruire \illisible) vulgaire nous nous souvenons d'elles dans nos délibérations. »
Les rituels français anciens comme actuels nous montrent ainsi de grandes ressemblances.

L'aspect cérémoniel de la remise des gants ne se trouve que dans les Rits de type Moderne ou au Rit Ecossais Ancien Accepté qui s'en rapproche ici. Il est surprenant que les Rits qui remettent les gants en grande cérémonie n'en évoquent jamais l'aspect « opératif », mais plutôt l'aspect moral et en remettent généralement une deuxième paire, ce qui est devenu récemment « une rose » pour les variantes \trans-obédientielles) du Rit Ecossais Ancien Accepté. Les gants ne sont pas considérés sous l'angle d'une protection de travail mais d'un ornement. Nous nous trouvons face à deux parties dans le discours lié aux gants. Il y a d'abord remise d'une première paire de gants en moralisant l'objet : « conscience pure », « dignité », « candeur », et en même temps, on remet une deuxième paire de gants, en justifiant par avance des objections qui pourraient s'élever du monde profane sur le refus d'admettre les femmes.

C'est à propos de cette remise que les Rits Modernes abordent donc, de façon maladroite et presque clandestine, l'absence des femmes dans les Loges. Il faut se « dédouaner » de ce qui pourrait se dire ou de ce qui pouvait se dire sur le refus d'admettre des femmes. Il faut d'autant plus se dédouaner que le premier discours justifiant de cette absence était le bavardage, la faiblesse, et l'état de dépendance « naturelle » de la femme, tous arguments sentant bien leur époque. Les Maçons « modernes » ont toujours eu des difficultés à assumer cet aspect traditionnel. Ces Rits sont bien, on peut le constater une fois de plus, modernes dans leur démarche, car ils tiennent toujours plus compte des considérations du monde que les Rits anciens. Il semble que cette démarche ne soit pas spécifiquement française, et qu'elle ait plutôt été en rapport avec le milieu où la Maçonnerie spéculative a commencé à « recruter » ses adeptes. Les rituels pratiqués outre-Manche connaissaient les mêmes procédures, comme on peut le trouver dans L'Examen d'un maçon \1723) : « Quand un Franc-Maçon est reçu, il reçoit pour tout cadeau de la fraternité une paire de gants d'homme et une de gants de femme, et un tablier de cuir ». Ce document constitue, selon H. Carr, « la première référence connue aux gants de femme en relation avec les pratiques de Maçons non-opératifs ».

EXTRAIT DE : JULES BOUCHER
LA SYMBOLIQUE MAÇONNIQUE
ED. DERVY

LES GANTS BLANCS
Les gants blancs des Maçons sont, est-il besoin de le dire, symbole de pureté.
L'usage de porter des gants blancs n'est pas encore tombé en désuétude et bien des Maçons français respectent cette tradition. Il serait souhaitable que cette coutume soit généralisée. Dans certains pays étrangers c'est une règle stricte qui ne souffre aucune exception.
L'Apprenti, lors de sa réception, recevait, naguère encore, deux paires de gants blancs : l'une pour lui et l'autre qu'il devait remettre à « la femme qu'il estimait le plus ».
« Les gants blancs, dit Wirth, reçus le jour de son initiation, évoquent pour le Maçon le souvenir de ses engagements. La femme qui les lui montrera lorsqu'il sera sur le point de défaillir lui apparaîtra comme sa conscience vivante, comme la gardienne de son honneur. Quelle mission plus haute pourrait-on confier à la femme que l'on estime le plus ? »
« Le Rituel, ajoute Wirth, fait remarquer que ce n'est pas toujours celle que l'on aime le plus, car l'amour, souvent aveugle, peut se tromper sur la valeur morale de celle qui doit être l'inspiratrice de toutes les œuvres grandes et généreuses. »

Les gants blancs symbolisent aussi, dans la liturgie catholique, la pureté du cœur et des œuvres. Les évêques et les cardinaux sont seuls admis au privilège du port des gants. Il faut noter que si, primitivement, les gants liturgiques étaient blancs, à partir du XII’siècle, leur couleur fut assortie à celle des ornements sacerdotaux.
On dit aussi que les gants blancs du Maçon signifient que ses mains sont nettes parce qu'il n'a pas participe au meurtre d'Hiram

Les gants blancs sont, en Maçonnerie, non seulement un symbole, mais encore objets rituels.
On sait de façon certaine, qu'un magnétisme réel émane de l'extrémité des doigts et les mains gantées de blanc ne peuvent laisser filtrer qu'un magnétisme transformé et bénéfique.
D'une assemblée de Maçons, où tous sont gantés de blanc, se dégage une ambiance très particulière que ressent d'ailleurs très nettement le moins averti. Une impression d'apaisement, de sérénité, de quiétude, s'ensuit tout naturellement.
La modification apportée par ce « signe extérieur » est plus profonde qu'on pourrait être tenté de le croire. Il en est ainsi d'ailleurs pour maints symboles qui deviennent efficients lorsque, du plan « mythique », ils passent sur le plan « rituel ».

EXTRAIT DE : JEAN FERRE
DICTIONNAIRE DES SYMBOLES MAÇONNIQUES
ED : DU ROCHER

- Les gants
Il est certain que les tailleurs de pierre et les maçons ne portaient pas continuellement des gants pour travailler. De nos jours encore, il est rare de voir sur un chantier des ouvriers gantés.
Volonté de Vouvray, Honnête Compagnon Tailleur de pierre du Devoir, écrit :
La massette retombait plus souvent sur la main que sur l'outil... Ma main gauche commençait à présenter une belle teinte bleue... Ma main était toute sale de sang séché et craquelé...
Quand les ouvriers portaient des gants, ceux-ci étaient en cuir très épais. Ils n'ont rien à voir avec ceux des Maçons spéculatifs du XVIIIe siècle ou des Maçons d'aujourd'hui, en fin coton blanc. Le port des gants était sans doute réservé aux Maîtres qui marquaient ainsi leur suprématie sur les exécutants. Nicolas de Briard décrit ainsi un chantier :
Les Maîtres des maçons ayant en main la baguette et les gants disent aux autres : « par ici me le taille » et ils ne travaillent point.

La différence entre les différentes sortes de gants est visible dans l'ouvrage de Pierre du Colombier, Les Chantiers des Cathédrales \p. 17 et 103). Dans le vitrail de Chartres, le tailleur dont la tête est sous le compas porte des gants épais, alors que le Maître des maçons est finement ganté.
Les gants du Maçon ne sont pas un simple accessoire de mode ou d'élégance. Ils ont un véritable contenu symbolique. Les rituels disent que les compagnons portèrent des « gants blancs pour indiquer qu'ils étaient innocents du meurtre ». Le Maçon doit les garder continuellement en Loge sauf pendant les prestations de serment et pour la chaîne d'union.
Au Rite Français, comme au Rite Ecossais Rectifié, le Vénérable remet deux paires de gants au néophyte.

Les gants, par leur blancheur, vous avertissent de la candeur qui doit toujours régner dans l'âme d'un honnête homme, et la pureté de nos actions.
Nous n'admettons pas les femmes dans nos mystères, mais en rendant hommage à leurs vertus, nous aimons à en rappeler le souvenir dans nos travaux. Voilà mon cher Frère, des gants que vous donnerez à la femme que vous estimez le plus.
Au lendemain de son Initiation, le Frère Goethe offrit la seconde paire de gants à Mme Von Stein en lui expliquant que ce cadeau ne pouvait se faire qu'une fois dans la vie d'un Maçon.
Tablier et gants font partie de l'habillement du Maçon, plutôt que des décors maçonniques. Cependant, au Rite Ecossais Rectifié, le Vénérable dit :
Ne paraissez jamais en Loge sans être décoré de ce tablier blanc.
Les autres rites emploient le mot « revêtu ».

EXTRAIT DE : ROBERT AMBELAIN
SCALA PHILOSOPHORUM OU LA SYMBOLIQUE MACONNIQUE DES OUTILS.
ED : EDIMAF

Les gantelets formés de mailles ou de lamelles de fer qui se chevauchent, gardent les mains du chevalier des blessures, mais surtout des contacts impurs. Qu'il n'oublie point que toute sa force vient de Dieu, le souverain Seigneur et qu'après avoir déposé ses armes et ôté ses gantelets il lui reste l'impérieux devoir de joindre ses mains nues pour rendre grâce par la prière à Celui qui lui donna la force de vaincre... - Ravmond Lulle.

Tablier et Gants blancs constituent l'habillement du Maçon. Les Cordons ou les Sautoirs d'officiers, sont des décors.
En son ouvrage le symbolisme maçonnique traditionnel, notre ami Jean-Pierre Bayard nous dit ceci.
Les gants blancs doivent servir dans toutes les tenues. Cette tradition remonterait aux Maçons opératifs du XIVème siècle. Ces gants indiquent que les mains d'un Franc-Maçon doivent rester pures de tous actes blâmables, de même que sa conscience sera pure de tous sentiments vils. Nous apprendrons par la suite qu'ils prouvent que les mains sont vierges de toute souillure parce qu'elles n'ont point participé au meurtre d'Hiram.
Cette pureté des cœurs et des œuvres se traduit de la même façon par le port de gants blancs uniquement par les évêques et les cardinaux. - \J-P Bayard : « Le Symbolisme Maçonnique Traditionnel », édition du Prisme Edimaf Editeur 1982).
Une exception est faite pour tous les grades à cordons noirs. Au cours des tenues, on y porte des gants de même couleur.

« Les gants blancs sont, en Maçonnerie non seulement un symbole, mais encore objets rituels. On sait, de façon certaine, qu'un magnétisme réel émane de l'extrémité des doigts et les mains gantées de blanc ne peuvent laisser filtrer qu'un magnétisme transformé et bénéfique. D'une assemblée de Maçons, où tous son gantés de blancs, se dégage une ambiance très particulière que ressent d'ailleurs très nettement le moins averti. Une impression d'apaisement, de sérénité, de quiétude, s'ensuit tout naturellement. La modification apportée par ce « signe extérieur - est plus profonde qu'on pourrait être tenté de le croire. Il en est ainsi d'ailleurs pour maints de nos symboles, qui deviennent efficients lorsque, du plan - mythique…ils passent sur le plan -rituel-... » \cf. Jules Boucher : La Symbolique Maçonnique. \Dervy éditeur l981).

Lors de sa réception dans les Obédiences fidèles à la tradition maçonnique séculaire, conscientes de leurs responsabilités initiatiques, l'Apprenti reçoit deux paires de gants blancs, l'une pour lui-même et qu'il portera au cours des Tenues rituelles, et la seconde destinée à la femme qu'il estime le plus...
Ici, nous citerons Oswald Wirth, disciple de Stanislas de Guaita, et donc ésotériste averti:
« Les gants blancs, reçus le jour de son initiation, évoquent pour le Maçon le souvenir de ses engagements. La femme qui les lui montrera, lorsqu'il sera sur le point de défaillir, lui apparaîtra comme sa conscience vivante, comme la gardienne de son honneur. Quelle mission plus haute pourrait-on confier à la femme que l'on estime le plus ? ».
Le Rituel, continue Oswald Wirth, fait observer que ce n'est pas toujours celle que l'on aime le plus, car l'amour, souvent aveugle peut se tromper sur la valeur morale de celle qui doit être l'inspiratrice de toutes les œuvres généreuses et grandes... - \1). Cf. Oswald Wirth : Le livre de l'Apprenti. \Dervy éditeur l982).

En effet, au dix-huitième siècle, la grande époque de la Franc-Maçonnerie, on donnait le nom de clandestine à la femme jugée la plus digne par le nouveau Maçon. Ce terme vient du latin clandestinus, qui a pour suppôt le même latin clam signifiant secret, caché. Nous pouvons donc supposer qu'il s'agissait là de la dame de pensée des Cours d'Amour, des trouvères et des troubadours, et donc proche en temps que tradition de l'Amour parfait, cher à Dante, aux Cathares et à toute la Chevalerie médiévale.
Ce geste d'offrande des gants symboliques, nous en aurons un nouvel aspect en nous souvenant que lorsque Goethe, reçu Apprenti à Weimar le 23 juin 1780, lors de la Saint Jean d'Eté, offrit les siens à Mme de Stein, il lui fit observer que si le cadeau était en apparence fort modeste, il présentait ce caractère particulier de ne pouvoir être offert par un Maçon qu'une seule fois en sa vie.

L'Eglise, bien avant la Franc-Maçonnerie spéculative, sa sœur jumelle dans l'univers des archétypes, a connu de très bonne heure, l'usage des gants.
Leur emploi, sous les noms latins de wanti. manicae, n'est pas toutefois antérieur à la fin du neuvième siècle. Au douzième, il était si habituel qu'Honorius d'Autun, évêque de cette ville, en faisait remonter l'origine aux Apôtres. Il n'y a là qu'une adaptation liturgique d'une pièce de vêtement profane, dans le but d'orner les mains de l'Evêque, comme ses pieds l'étaient depuis plus longtemps encore \voir le cérémonial du lavement des pieds, considéré comme sacrement, à une certaine époque et en certaines régions de la Chrétienté).
Réservé le droit aux Evêques, le port des gants en tant qu'insigne de dignité, fut concédé aux Abbés dès 1070. En dehors de Rome on les portait souvent avec la Chape. Du dixième au douzième siècle, les gants étaient ordinairement de fil. La soie s'y substitua peu à peu, bien qu'il y ait eu jusqu'à la fin du Moyen Age des gants de fil et même de laine. Durand de Mende ne paraît connaître que l'usage des gants blancs, mais on trouve cependant des gants de couleur \celle de la liturgie du jour) à partir du douzième siècle.

Les gants liturgiques furent toujours des gants à doigtiers distincts, et non de banales « mitaines ». Chaque doigt relevant d'une symbolique planétaire particulière \1) se devait en effet de conserver son indépendance et, partant son rayonnement propre. A l'image de la Sainte Tunique on tenait souvent à ce qu'ils fussent tissés d'une seule pièce pour montrer que la diversité de rayonnement offerte par les doigts, s'accommodait d'une dépendance générale en vue du but commun : la bénédiction et la vie spirituelle. Leur forme varia avec les époques, par adaptation aux modes laïques du temps.

On les ornait souvent au revers de la main, de plaquettes de métal émaillées ou non, ou encore de médaillons bradés, emblématiques du rôle sacramentel des mains de l'Officiant. A la fin du Moyen Age, on substitua à ces ornements mobiles des broderies, exécutées sur l'étoffe même du gant, comme celles que l'emmanchure portait d'ailleurs depuis longtemps.
En fait, dans la symbolique liturgique, les gants épiscopaux, quelle que soit leur matière \fil, soie, laine), évoquent les mains de Jacob, recouvertes de la peau du chevreau \voir Genèse, chap. XXVII, 16). On sait que Jacob signifie supplanteur. On connaît la vision de Salomon : « Et j'ai vu le second Adolescent se lever en la place de l'Autre \Ecclésiastique : IV, 16-15). Dans le port des gants, il y a l'idée d'affranchissement, de succession, de substitution. Le nouvel homme supplante le vieil homme, la Lumière repousse les Ténèbres au Non-Etre qu'elles n'auraient jamais dû dépasser, en ses limites ultimes ; le « Nouvel Adam » supplante le ténébreux souverain qu'il s'était imprudemment donné. Tel est l'enseignement ésotérique du christianisme réellement initiatique. Il peut être accepté, et interprété, par le Maçon.

On observera l'importance des gants épiscopaux dans le fait qu'à la fin de la Cérémonie du Sacre d'un Evêque, le Consécrateur remet, en même temps, au nouvel Elu, et la Mitre et les Gants. L'Evêque nouvellement sacré illustre alors la phrase célèbre des Evangiles : « Voici l'heure où le Prince de ce Monde va être jeté dehors... » \Jean : Evangile, XII, 31). Reflet du Christ il est, lui aussi, un supplanteur.
Peut-être le Maçon doit-il relire la légende d'Hiram, en cette version druse rapportée par Gérard de Nerval en son Voyage en Orient, tout particulièrement dans les derniers paragraphes des Nuits de Ramazan : « Ainsi se vérifiait la prédiction que l'ombre d'Hénoch avait faite, dans l'empire du Feu à son fils Adoniram en ces termes : Tu es destiné à nous venger, et ce Temple que tu élèves causera la perte de Salomon... »
C'est donc en souvenir d'Hiram, supplanteur de Salomon auprès de Balkis, que les Fils de la Veuve porteraient des gants, symbole de cette permanente mission : destruction de toute tyrannie.

Maçonniquement, le gant revêt des aspects plus subtils encore que dans la liturgie religieuse chrétienne.
Le gant symbolisera en effet la douceur, la souplesse, la déférence envers l'ORDRE et envers les Frères de la Loge. Ne dit-on pas « prendre des gants... » lorsque l'on veut exprimer toutes ces qualités ?

Il exprimera également et tout naturellement le mérite pour l'Apprenti qui a triomphé des épreuves initiatiques et est parvenu à obtenir que le Vénérable de l'Atelier lui confère enfin la « Lumière ». Car la locution ancienne « se donner les gants de telle chose », signifie par-là s'approprier le mérite de cette chose \3).

Il est donc également symbole d'honneur et de dignité. Au Moyen Age, le seigneur suzerain, conférant une charge ou un fief en « fermage », était tenu de donner ses gants aux sergents qui l'avaient assisté, lui comme ses vassaux présents. Ceci exprimait une marque de confiance et de gratitude pour la garde ainsi assurée.

Le gant est encore symbole initiatique par excellence, il est l'initiation en soi, car pour exprimer le fait d'avoir la première idée, le mérite, le profit, la découverte de telle autre chose, on disait jadis que l'on « en avait les gants », c'est-à-dire l'initiative primordiale. Il est aussi symbole de précision, de perfection, « cela me va comme un gant ».

Il était également l'image de l'inédit, de la révélation, d'un message, car on donnait jadis des gants au messager porteur d'une nouvelle importante.
Cette locution existe encore en Espagne, « para guantès » est en effet l'équivalent ibérique « pour les gants » de notre « pourboire ».

Le gant est encore symbole de pureté, de droiture, de foi. L'ancienne locution propre aux filles « qui ont perdu leurs gants » signifie en effet qu'elles ont perdu leur virginité. On connaît les vers de La Fontaine :
« Mainte fille a perdu ses gants,
Et femme au retour s'est trouvée,
Qui ne sait la plupart du temps
Comme la chose est arrivée... ».

On donne le nom de - gant de Notre-Dame - à l'ancolie, encore nommée aiglantine, et qui n'est autre que l'achillée. Léonard de Vinci l'a placée à l'entrée de son Labyrinthe.
L'achillée est cette plante dont les géomanciens taoïstes de la vieille Chine se servaient pour confectionner les cinquante baguettes avec lesquelles ils interrogeaient le Yih-King, ce livre des transpositions divinatoires établi par lé mythique Fo-Hi. Elle est alors le symbole de la divination elle-même
Cette plante passait en outre dans les anciens herbolaires, pour, cueillie et infusée selon des rites précis, guérit les maux d'yeux, amplifier la vision. D'où son autre nom d'aiglantine, l'aigle étant le seul oiseau, capable, par sa double paupière de contempler le soleil en face.
Ainsi donc, placé par Léonard de Vinci à l'entrée du Labyrinthe, le « gant de Notre-Dame » est l'image de la divination, de la claire-vue susceptible de conduire le Myste, à travers les pièges du Labyrinthe, jusqu'à la mystérieuse « Chambre du Milieu » et, sous son nom d'aiglantine, il nous suggère la valeur de la doctrine joannite pour cette délicate opération. Nous observerons que le Labyrinthe classique avait trois entrées, tout comme les Cathédrales gothiques bâties par les Maçons constructeurs. Et ceci le rattache au symbo1isme de la Vierge céleste, qui va de l'Isis antique, mère d'Horus, le Verbe d'Osiris, à Marie, mère de Jésus, le Verbe du Père. Ainsi donc, les gants maçonniques relèvent du symbolisme zodiacal du Signe de la Vierge \1).

Nous observerons également que le plus célèbre des Labyrinthes antiques était celui de Cnossos en Crète, découvert en 1902 par le docteur Evans, d'Oxford. Il était, en latin, dénommé Absolum, mot bien près de notre Absolu. Nous ajouterons que pour les alchimistes familiers de la célèbre « cabale solaire » ou cabale phonétique, Cnossos est bien pris de Gnosis, signifiant -Connaissance… Et nous retrouvons le gant maçonnique, avec toutes ses précédentes significations ésotériques : divination, claire-vue, connaissance, initiation etc.
C'est par son « gant » que « Notre-Dame »- de Saint-Wandrillc \la célèbre abbaye bénédictine) est censée conduire le Mvste vers la Lumière, puisqu'elle est dite : ...a negocio perambulante in Tenebris, soit « Celle qui conduit ceux qui cheminent dans les ténèbres... ». Ce qui signifie que c'est par la Connaissance que l'initié assure son salut posthume. - Si nous avions à choisir entre le Salut et la Gnose, nous dit Clément d'Alexandrie, notre intérêt serait de choisir la Gnose... -

Le fait de se déganter est, d'autre part marque d'honneur, lorsque l'on se prépare à rencontrer quelqu'un à qui l'on désire manifester son respect tel lors de la présentation à un Souverain où lorsque les Maçons font la chaîne d'union en invoquant le Grand Architecte de l'Univers.
Un des aspects les plus profonds de cet usage séculaire se trouve dans le rituel de la Vénerie \chasse à courre). Au moment où le maître d'équipage doit « servir » \abattre) le « gibier » noble, \loup, sanglier, chevreuil, cerf) à la dague \c'est-à-dire au fer, tel un gentilhomme), et cela en présence des vassaux \les membres de l'équipage) et des valets d'armes, \les chiens de meute), les trompes sonnent l'hallali à terre. \On doit descendre de cheval).
A ce moment même tout le monde doit se déganter, et c'est le privilège du premier piqueux de confisquer les gants de ceux qui oublient que les honneurs rendus à l'animal qui va mourir, unissent dans un même sacrifice, aussi mystérieux que grandiose, l'Homme, la Bête et la Forêt. Cf. R. Ambelain Symbolisme et rituel de la chasse à courre. \R. Laffont édit. 1981)

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Nouveaux textes du blog de la RL Laurence Dermott

24 Février 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #RL Laurence Dermott

Après une série de textes sur la Kabbale, le nouveau thème du blog de la Loge de Recherche Laurence Dermott sera « St Jean ».

Inscrivez-vous à la newsletter du blog pour recevoir les textes automatiquement.

http://logedermott.over-blog.com

Bon dimanche.

Lire la suite

Le paritarisme dans les rapports sociaux

24 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Le paritarisme est une notion qui est apparue après 1945 dans le cadre de la rénovation entreprise après la seconde guerre mondiale. Dans les rapports sociaux, le paritarisme avait pour but de mettre sur un même pied d’égalité salariés et employeurs, tant au niveau d’organismes «paritaires» que dans le cadre de négociation «paritaires».

Les représentants des salariés sont les cinq syndicats généralistes « reconnus » :
CFDT,
CFE-CGC,
CFTC,
CGT,
CGT-FO.

Pour les employeurs, les syndicats sont organisés par taille d ‘entreprises :
MEDEF : représente les branches industrielles des grandes entreprises,
CGPME : représente les PME (tous secteurs d’activité),
UPA : représente les artisans,
UNAPL : les professions libérales.

A l’exception de l’UNAPL - qui n’est pas habilitée – ces structures participent aux grandes négociations nationales » qui aboutissent à des ANI (accord national interprofessionnel), ANI qui sont le prélude à la loi qui intervient en général dans année qui suit.

Les syndicats sont organisés de manière pyramidale.
Au niveau des salariés, il y a des syndicats locaux, voire d’entreprise, qui se fédèrent à des structures plus larges, lesquelles sont membre d’une confédération.
Pour ce qui concerne les employeurs, les syndicats représentent en général une branche d’activité bien précise et recouvre le territoire national ; dans l’industrie, il existe par exemple des structures départementales voire locales.

Pour ce qui me concerne et pour que mes propos soient bien interprétés, je suis un acteur du « paritarisme » en tant que représentant « patronal » en tant qu’adhérent du syndicat majoritaire dans les activités d’expert comptable et de commissaire aux comptes : « Institut Français des Experts Comptables » – IFEC.
Sa vocation est nationale, des sections régionales n’ayant pas de personnalité juridique distincte quadrillent toute la France, DOM inclus.
La branche est couverte par un second syndicat patronal : « Experts Comptables de France » ECF
Il est issu d’un ancien syndicat de comptables agréés et agît en tant que fédération, les structures locales ayant une personnalité juridique indépendante de celle de la fédération.
Chaque syndicat a vocation à accueillir tous les experts-comptables mais l’histoire fait que l’IFEC représente les grands cabinets – dont les ‘Big Four’ - mais aussi des cabinets individuels n’ayant qu’un salarié voire aucun.
ECF représente plutôt les cabinets petits et moyens –dont la gestion est souvent assurée en couple – et qui ont souvent été créés par la génération précédente.
Le paritarisme commence déjà à l’intérieur de chaque syndicat !
Ayant été négociateur de l’accord de branche sur les « 35 heures » signé en janvier 1999, je préside la délégation IFEC et la délégation patronale depuis l’automne 2003.
Vous comprendrez bien qu’au sein de mon propre syndicat, le paritarisme existe entre nos plus grands adhérents – KPMG France : 7500 salariés, PWC : 5000 salariés … - et les plus petits. Ce n’est pas chose facile. D’ailleurs, si les plus grands sont dotés de moyens importants – DRH puissante – les plus petits ne sont pas en reste car leur structure est souvent familiale – « Monsieur & Madame » – très « proches » de leurs salariés – parfois trop. Cependant, le nombre de cabinets dont l’effectif est inclus dans la fourchette 50 – 300 salariés n’est que de 133 !
Quelques chiffres pour cadrer la problématique :
Le paritarisme, même en adhérents est difficile à maîtriser surtout dans l’approche des rémunérations et du temps de travail car les plus grands cabinets sont dotés de structures représentatives du personnel, ils négocient des accords d’entreprise qu’ils essaient ensuite de faire valider dans les accords de branche !
Une fois réglé nos propres problèmes – nous y parvenons car nous connaissons la sanction du désaccord - le débat se porte au niveau inter patronal. …

L’étage suivant est une structure nommée « Commission Sociale Inter Patronale – CSIP ».
Elle est composée par les délégations des syndicats de la branche ; nous sommes accompagnés dans tous nos travaux par un avocat en droit social spécialisé notamment dans la négociation collective.
Vous avez bien compris que ce qui parfois a été difficilement négocié au niveau de mon syndicat doit être approuvé par nos collègues et amis. Nous trouvons assez facilement des accords au niveau des rémunérations mais les clivages « petits-gros » engendrent des désaccords sont parfois lourds.
La négociation inter patronale en vue d’un accord « Formation » a duré près de 3 années, les salariés s’en sont rapidement rendu compte et en ont un peu abusé.
En France, les seuils liés aux effectifs sont très importants :
Jusqu’à 9 salariés peu de contraintes,
De 10 à 20 salariés délégués du personnel, cotisations sur salaires spécifiques ou majorées
De 21 à 49 salariés Idem ci dessus avec des cotisations encore majorées
De 50 à 300 salariés Idem plus Comité d’entreprise, comité d’hygiène et de sécurité, nomination de délégués syndicaux …
De 300 à 1000 salariés Idem plus bilan social plus accord d’entreprise sur les seniors
Plus de 1000 salariés Idem plus négociation sur le stress..
Ainsi, chacun s’arc-boute sur le maintien des seuils et souhaite faire payer le maximum aux étages supérieurs, tout en prônant la mutualisation des ressources …
Une fois les « patrons » d’accord, il ne reste plus qu’à convaincre les salariés de la branche
Nous entrons maintenant dans le « paritarisme », le vrai !


Les principaux syndicats de salariés sont représentés dans la branche. Leurs représentants sont désignés – selon moi - par les confédérations, ils sont soit en activité dans le milieu professionnel, soit ce sont des permanents du syndicat qu’ils représentent.

Passons en revue les avantages et les inconvénients de ces choix :

Représentants des salariés en activité dans un cabinet
Avantages Inconvénients
Pratique le métier au quotidien. Manque parfois de recul. Comprend souvent la teneur des propos tenus par la délégation patronale. Mais souvent « pinaille » sur des toutes petites choses.
Appartenant en totalité à l’effectif de grands cabinets, ils ont déjà négocié des accords d’entreprise.
Mais ils tentent de les faire améliorer dans un accord de branche.
Certains profitent de la présence d’un représentant de leur cabinet dans la délégation patronale pour exprimer un besoin personnel et perturbent ainsi les négociations.

Représentants des salariés « permanents » des syndicats
Avantages Inconvénients
Voit les choses de beaucoup plus haut. Reste parfois théorique car il ne pratique pas le métier au quotidien. Technicité indiscutable. Ils peuvent en abuser en aller au delà de la loi … Annonce ses intentions Mais même s’il est certains de ne pas signer un accord de branche, il tente de le faire améliorer le plus possible. Participe souvent à d’autre négociation de branche et aux négociations nationales Tente toujours d’améliorer ce qu’il n’a pu obtenir à l’étage au dessus. Quelques cas de « fou furieux » qui pourrit la négociation.
Donc en fonction de l’instant, du thème et de l’ambiance générale, nous nous employons les uns et les autres à ce que la négociation - telle une bille dans un flipper – soit conclue par un accord qui ne comporte pas trop de désagrément pour les deux parties. Tout est donc traité à minima.

La réunion des syndicats de salariés et de syndicats patronaux forme la « Commission Paritaire ». Souvent – et c’est le cas dans notre branche – le Ministère du Travail délègue un de ses représentants. L’ensemble forme la « Commission Mixte Paritaire – CMP ».
Le représentant du ministère peut être soit une « potiche » ou un excellent « go beetween » se comportant en facilitateur sans esprit partisan ; ça existe !
Avantage supplémentaire, il informe la CMP des projets de loi ou de décret et calme le jeu si besoin.
Pour en terminer avec le décor, je vous précise que la CMP est réunie 9 à 10 fois par an, chaque réunion est précédée - bien entendu - par des réunions préparatoires à tous les niveaux.

D’autres structures paritaires périphériques à la CMP concernent – en principe - les mêmes personnes :
CPNE : Commission Paritaire Nationale de l’Emploi,
CPNI : Commission Paritaire Nationale d’Interprétation,
SPP : Section Professionnelle Paritaire,
OPMQ : Observatoire Professionnel des Métiers et des Qualifications.

En un mot, il y a de quoi s’occuper !

Qui finance ?
Les représentants des syndicats de salariés sont rémunérés par leur employeur dans le cadre de leurs délégations, leurs frais de déplacement sont pris en charge par les syndicats patronaux.
Pour les syndicats patronaux, les frais de déplacement sont pris en charge par nos syndicats respectifs, les ressources de nos syndicats sont en majorité alimentées par les cotisations de nos adhérents complétées par le ‘sponsoring’.
Par contre, à ce stade, il est intéressant de préciser que les syndicats (salariés et employeurs)
détiennent le monopole de la négociation et de l’affectation des ressources issues de la formation professionnelle.
A ce titre, le paritarisme est financé par des fonds prélevés sur les cotisations obligatoires versées– et même aussi sur celles versées à titre facultatif – par les cabinets à l’OPCA désigné par la Branche (Organisme Paritaire Collecteur Agréé).

Pour l’année 2009, la collecte s’est élevée à 26.000.000 €, elle est calculée sur la masse salariale annuelle brute 2008 et utilisée comme suit :
Frais de péréquation (5% en 2008 d’une partie de la cotisation) : 1.300.000 € (Passera à 13% en 2010 soit sur base 2009 : 2 500 000 €)
Frais de fonctionnement (6% sur la quasi totalité de la collecte) : 1.560.000 €
Il ne restera donc en 2010 que 80% de la collecte pour la formation de la branche

Les 1.560.000 € sont ventilés comme suit :
Financement du paritarisme : environ 500.000 €
Financement de l’OPMQ : environ 300.000 €
Fonctionnement de l’OPCA : 760.000 €

Le financement du paritarisme alimente deux étages :

Financement des syndicats de salariés 250.000 €
. CFDT 50.000 €
. CFE-CGC 50.000 €
. CFTC 50.000 €
. CGT 50.000 €
. CGT-FO 50.000 €

Financement des syndicats patronaux 250.000 €
Aux 4 structures nationales 125.000 €
. CG-PME 32.000 €
. MEDEF 32.000 €
. UNAPL 32.000 €
. UPA 32.000 €

Aux 2 syndicats de « terrain » 125.000 €
. IFEC 62.500 €
. ECF 62.500 €

Les fonds doivent légalement être dédiés – à chaque niveau - au développement et à la promotion de la formation ainsi qu’aux frais engagés pour les négociations touchant à la formation …
L’utilisation de ces fonds doit être « sommairement » justifiée chaque année. Elle couvre des frais directs et indirects incluant une quote part des permanents du syndicat ..
Il convient d’aborder maintenant ce qui se traite pendant ces CMP et pendant la réunion des commissions satellites.
La CMP est le lieu où se négocient les conventions collectives et leurs avenants.
Les conventions collectives sont en principe plus favorables que la loi et sont adaptées aux métiers de la branche d’activité. Elles couvrent donc tout ou partie d’une branche d’activité ou simplement une région :
– 3231 hôtels de tourisme trois, quatre et quatre étoiles de luxe (région parisienne) 3003 hôtels et restaurants (chaînes).

La réforme de la représentativité des syndicats (loi de 2008) a semble t’il ouvert la boîte de Pandore car le décor figé depuis 1966 va certainement être bouleversé, certains syndicats vont purement et simplement disparaître et qui apparaitra ?
Une convention ou un accord étendu s’applique à tous les employeurs adhérents ou non d’un syndicat patronal. Par contre, avant extension, l’applique n’est rendue obligatoire
qu’aux adhérents du syndicat patronal signataire.

Cependant, dans les deux cas, les tous les salariés des employeurs adhérents sont concernés.
L’extension n’est pas automatique car la tutelle – Ministère du Travail – aidé par les « superstructures » patronales et salariales procèdent à un examen de licéité tant par rapport à la loi que par apport aux accords conclu au premier niveau.
L’extension d’un accord – sauf en matière de salaire où l’application est immédiate – nécessite actuellement un délai de 6 mois environ.
La loi oblige les partenaires sociaux à négocier – et non à aboutir – des thèmes à fréquence variable : les salaires « minimum » doivent faire l’objet d’une négociation annuelle. C’est un morceau de bravoure où deux solutions sont envisageables :
Une volonté de ne pas aboutir : effectivement ça existe ! et des deux côtés ! En période d’inflation de l’ordre de 3 %, les employeurs proposent par exemple 1,5 % ; les salariés vont en demander 6 ou 7 %. Trouver un accord dans ces conditions n’est pas prêt d’aboutir.
Une volonté d’aboutir : dans les mêmes conditions économiques, l’employeur propose 2,5%, les salariés 3,54,0 % et nous finirons à 3,3 – 3,5 %.
A noter que la négociation sur les salaires est piégeuse car le paramètre SMIC vient perturber la simplicité du + x %. Dans le cadre de l’application de la loi sur les 35 heures, toutes les branches se sont retrouvées avec des SMIC base 35, 36 37 et/ou 38 heures … Il a bien fallu un jour les fusionner par le haut si bien que le SMIC a augmenté beaucoup plus vite que les salaires moyens, écrasant au passage encore un peu plus la hiérarchie des salaires. Pour compenser et rester « légal » - le premier niveau après négociation doit être égal au SMIC et si possible le dépasser pour qu’il tienne au moins 6 mois ! En règle générale, les coefficients les plus bas sont plus augmentés que les coefficients les plus élevés.
Nous avions présenté une augmentation des salaires « minimum » allant de 4,64 % pour le coefficient le plus bas – 170 à 1,72 % pour le coefficient le plus élevé 600.
Sont également traités collectivement, les problèmes que nos gouvernants confient au paritarisme. Une loi encadre les problèmes et les partenaires sociaux négocient …
Sur les bases actuelles, nous devons encore traiter rapidement :
La formation : ici tout est en ordre et bien connu,
Les handicapés,
Les seniors,
L’égalité homme/femme (il faut lire stricte égalité),
Les jeunes,
Les tuteurs,
L’épargne salariale,
Le stress au travail (Renault et France Télécom notamment),
La GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences),
Etc. …

D’autres tâches sont confiées aux partenaires sociaux des branches.
La loi – assez souvent depuis la loi sur les 35 heures – laisse la possibilités aux entreprises de négocier un accord d’entreprise en présence d’un délégué syndical s’il en a été désigné un ou en présence du mandataire d’un syndicat de salariés appartenant à l’entreprise – en aucun cas, il ne peut être désigné par l’employeur ou par les salariés
même par un référendum !
Un tel accord sera validé par la CPNE – Commission Paritaire Nationale de ‘Emploi – configuration paritaire restreinte de la CMP chargée de donner un avis sur l’accord qui lui sera obligatoirement soumis pour être validé.
Autre structure, la CPNI –Commission Nationale Paritaire d’Interprétation – règle les problèmes d’interprétation de la convention collective entre un salarié et un employeur.
Les interprétations modifient les conventions collectives.
En conclusion, au vu du temps consacré par les acteurs du paritarisme de la branche concernée – sur la base de 15 réunions de 20 personnes par an (incluant les réunions préparatoires et les déplacements) soit 15 heures en moyenne - ressort à 4500 heures auquel il convient d’ajouter les permanents des syndicats, les représentants du Ministère du Travail et notre avocat, vu le peu de résultat que nous obtenons, le découragement peut gagner les négociateurs.
Certaines réunions sont d’une pénibilité extrême car tous les cas de figure ont leur place :
Désaccord intersyndical (patronal),
Désaccord intersyndical (salariés),
Absence de « travail préalable »,
Propositions insuffisantes,
Demandes exorbitantes,
Evénements extérieurs parasitant le travail déjà accompli,
Tentative de régler un litige « personnel »,

Vous comprendrez bien que tous les éléments contraires à ceux qui viennent d’être cités vont nous permettre d’avancer fabuleusement bien et de sortir des textes signés par l’ensemble des partenaires sociaux !
Je vous l’assure cela arrive de temps à autre …
Cependant, certains thèmes dépassent, à mon avis, la capacité voire la compétence de nos commissions.
Avant de l’évoquer, je vous rappelle la hiérarchie des textes régissant les rapports sociaux :
Légal
. La Constitution de la V° République,
. La Loi,
. Les décrets,
Conventionnel
. Les conventions collectives,
. Les accords collectifs ou d’entreprise
Contractuel
. Le contrat de travail.

Personnellement, j’ai beaucoup de mal actuellement à engager et à conclure la négociation sur la GPEC – gestion révisionnelle des emplois et des compétences - car elle atteint bien souvent à l’intime de chaque cabinet et devrait – à mon avis - être abordée au niveau de l’entreprise et non au niveau de la branche.
A titre d’exemple, deux membres de la délégation patronale appartiennent à un cabinet dont l’effectif se situe au niveau de 125 collaborateurs.
Dans un cas, l’effectif est composé de salariés âgés de plus de 50 ans à hauteur de 35% soit 45 personnes dont 20% ayant dépassé 55 ans – soit 25 personnes concernées.
Dans l’autre, l’effectif est composé de salariés âgés de plus de 50 ans à hauteur de 15% soit 19 personnes.
Comme aujourd’hui la mode est aux quotas, comment proposer à la branche – ou même simplement de tendre vers – qu’un effectif soit composé de 35 % ou de 15% de seniors, tout en faisant remarquer que les dits seniors sont déjà pris en considération qu’ils atteignent 45 ans soit à mi vie professionnelle ?
C’est à partir de la « seconde partie de carrière » de 45 , 50 ou 55 ans, selon les situations, aux choix des entreprises et après avis des instances représentatives du personnel que l’on devient seniors … alors que l’âge de départ à la retraite tendra rapidement vers une fourchette « 65-70 ans » !
Bien entendu, de tels problèmes doivent être solutionnés, mais au niveau de l’entreprise. Les représentants des salariés veulent inclure des chiffres dans un tel accord : ce qui pour le
moins me semble suicidaire !
Sujet sensible également : la parité « homme femme » ! Comme nous l’avons vu la branche est très féminisée, les femmes représentent – de manière assez homogène d’ailleurs, 60 % de l’effectif . Par contre, nous devons travailler sur des éléments plus fins tels que la répartition des femmes dans la hiérarchie, les salaires à travail égal ….
Quel programme ! Utile mais difficile de traiter dans les conditions que je vous ai décrites.

En conclusion, je pense que cette tâche s’apparente au mythe de Sisyphe, qui, selon Wikipédia, pour « avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamné à faire rouler éternellement, un rocher jusqu'en haut d'une colline dont il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet. Toutefois, Homère ne faisait pas mention de la raison de ce châtiment. Certaines traditions le justifient par la réputation de brigand et de malfaiteur que Sisyphe avait acquise de son vivant ».
Comme lui, à l’issue de ces travaux nous pourrons mesurer le développement de nos muscles …
J’ai dit et je reste à votre disposition pour répondre à vos questions.

Metz, le 25/01/2010

Le Frère Secrétaire

Source : http://www.republique-ecole-fraternite.com/

Commentaire : ayant aussi, depuis plus de 12 ans, plusieurs mandats paritaires, je suis tout à fait d’accord avec l’analyse de ce Frère

Lire la suite

Les Gants Blancs

23 Février 2013 , Rédigé par Solange Sudarskis Publié dans #Planches

On peut caractériser une société traditionnelle par le fait que tous les individus de cette société s'y insèrent en une hiérarchie sociale harmonieuse qui permet de s'accomplir pleinement et de donner carrière aussi bien à l'exercice efficace d'un métier qu’à une réalisation spirituelle effective.

La F \M\est une société traditionnelle, elle a conservé ces deux aspects du perfectionnement et certains de ses rituels et symboles manifestent l'origine du métier de bâtisseur en même temps que les valeurs spirituelles sur lesquelles elle repose. Les gants sont un de ces symboles à la fois professionnels et gnostiques.

Dans l'histoire du costume, les gants sont, dans un premier temps, considérés comme symbole de déférence, de soumission, de loyauté en particulier. Dès les premiers temps du christianisme, il est d’usage de se déganter devant un supérieur. C'est une exigence que l’on retrouve tout au long des siècles : les juges royaux demeurent mains nues dans l’exercice de leurs fonctions, et on ôte ses gants pour entrer dans les Grandes et Petites Écuries du Roi-Soleil ; aujourd’hui encore, un homme se dégante pour serrer la main d’une femme. Se déganter est un acte de respect et on peut considérer que c'est sur ce registre que le F\M\ se dégante pour prêter ses serments.

C’est en acte de soumission que le gant est offert au roi, au Moyen âge, par ses villes vassales. Lors des cérémonies rituelles du couronnement en France, l’archevêque, en bénissant et en présentant une paire de gants au souverain, lui assure, par ce geste, possession de son domaine et loyauté de ses sujets.

En Occident, c’est vers le VIIe siècle que les gants deviennent des accessoires de luxe et donc de mode.

Les comptes d’Isabeau de Bavière mentionnent en 1408 des gants « brodés tout autour », Montaigne ne s’en serait pas plus passé que de sa chemise et Catherine de Médicis les offre en cadeau très apprécié aux dames de la cour ; ils sont alors en soie ou en cuir, si fins qu’ils peuvent être roulés dans une coque de noix, usage qui persistera encore au XIXe siècle, en Angleterre surtout, où la noix est pendue ostensiblement à la taille pour bien marquer la faveur royale. Henri III et ses mignons les affectionnent, pour la nuit, imprégnés de musc, ambre gris, civette et benjoin.

Laissons là les fioritures de l'histoire et revenons à nos gants blancs.

La première pensée qu'il me vient est que les gants blancs sont des masques de main.

Le directeur de la prison dela Force où était enfermé Lacenaire en 1835 dit de son pensionnaire: « ses actes comme sa personne étaient en contradiction perpétuelle, il était charitable et assassin, il aimait le sang et ses traits n'exprimaient que la douceur. Il n'était repoussant que par ses mains qu'il avait laides et difformes. C'est par là que j'avais deviné Lacenaire. Ainsi ce tigre cachait-il ses griffes sous ses gants. »

Que cachons nous sous nos gants ? Et bien je dirai que nous ne cachons pas, mais que nous essayons de dominer, comme avec la bavette remontée du tablier, nos pulsions les plus ténébreuses pour les tourner en lumière.

La tragédie antique masquait de blanc les acteurs. Cela permettait, outre l'identification cathartique aux personnages, la possibilité de laisser surgir le tragique c'est à dire de doubler les significations et les situations qui se rapportent à l'homme; mais à quel homme ? Ni à vous, ni à moi non plus, mais à l'homme en général, mais à une image de l'homme au centre de l'univers dramatique et c'est ce que l'on peut appeler une philosophie. Derrière le masque, qu'elle qu'en soit sa couleur, l'attitude ne réussit pourtant jamais à se dissimuler. Le blanc ne saurait suffire pour faire d'une main repliée dans son poing une main tendue. Eloge dela Caresse ! La main s'ouvre, déploie ses doigts vers le dehors. Mais lorsqu'elle atteint et rencontre le monde, objet ou sujet, chose ou être humain, les doigts ne se referment pas en un main-tenant, elles restent tendues, ouvertes. Ainsi la main se fait caresse. La caresse, comme je l'ai souvent évoqué sur la planche à tracer, s'oppose à la violence de la griffe. La caresse est un concept ou plutôt un anti-concept qu'Emmanuel Lévinas introduit en philosophie en 1947 dans son essai Le temps et l'autre. Ecoutons le: "La caresse est un mode d'être du sujet, où le sujet, le contact d'un autre va au-delà de ce contact. Le contact, en tant que sensation, fait partie de la lumière". On peut dire avec le philosophe Ouaknin que la caresse découvre une intention, une modalité de l'être qui ne se pense pas dans son rapport au monde comme saisir, posséder ou connaître. La caresse n'est pas un savoir mais une expérience, une rencontre, la caresse n'est pas connaissance de l'être mais son respect.

La main gantée de blanc c'est une main qui ne peut être que caresse.

La réflexion sur les fonctions du rituel a été profondément marquée par Durkheim, qui, utilisant des variables à la fois psychologiques et sociologiques (les «sentiments collectifs»), y a vu des expressions symboliques de l’unité d’une société et de ses valeurs fondamentales, expressions par lesquelles les individus se représentent la société dont ils sont membres.

Remarquons que dans le clergé seuls les évêques, archevêques et papes portent des gants et seul le pape les porte blancs.

Les gants blancs lissent notre identité commune et nous devenons comme semblables aux groupes de personnes qui mettent aussi des gants blancs rituels.

Ce gant blanc était l'attribut des tailleurs de pierre dans la tradition du rite de Salomon. Il signifiait que celui qui le portait était innocent de tout crime. Respect du compagnon pour la vie!

Mais comment un app\ pourrait être coupable de ce qu'il ne peut pas même approcher ? Faut-il alors n'évoquer pour le blanc des gants que les qualités profanes de pureté, de rectitude dans les actions, de respect de la parole donnée?

D'un point de vue initiatique nous savons que le blanc, étant la synthèse des couleurs de l'arc en ciel, évoque la lumière spirituelle. Le blanc, couleur initiatique, devient la couleur de la grâce de la transfiguration qui éblouit, éveillant l'entendement. Aux premiers temps du christianisme le baptême se nommait illumination. Et c'était après qu'il eut prononcé ses vœux que le nouveau chrétien, né à la vie véritable, endossait, selon les termes du Pseudo-Denys, des habits d'une éclatante blancheur, car, ajoute l'Aréopagite, échappant par une ferme et divine constance aux attaques des passions et aspirant avec ardeur à l'unité, ce qu'il avait de déréglé entre dans l'ordre, ce qu'il avait de défectueux s'embellit et il resplendit de toute la lumière d'une pure et sainte vie. Ne sourions pas trop car cela peut aussi s'appeler le perfectionnement de l'être, mais c'est la perfection qui reste à définir.

Le rituel est à considérer comme une sorte de code linguistique qui permet de découvrir, au-delà de la signification littérale des actes et croyances, leur signification « plus profonde»: les rituels sont des «énoncés symboliques sur l’ordre social », sur les valeurs fondamentales d’une société, des énoncés non analysables en termes rationnels, car ils se mesurent d’après d’autres standards et appartiennent à des registres cognitifs différents.

Les saint-cyriens en tenue d'apparat portent des gants blancs, symboles du savoir-vivre qui est savoir mourir, symboles d’une certaine société où honneur et panache sont inséparables.

Dans la tradition compagnonnique, le compagnon fini recevait avec ses gants de travail une autre paire de gants blancs, surnommée la clandestine parce qu'il la remettait à la femme de son choix qui n'était justement pas toujours sa femme légitime!La F \M\ masculine reprendra cette tradition dès l'initiation. Combien de mères, d'épouses, de sœurs ou d'amante reçurent cette manifestation d'Amour. Goethe en offrant à Mme de Staël cette seconde paire de gants en dira : C'est la seule chose qu'un homme puisse n'offrir qu'une fois dans sa vie.

La F \M\ se gante de blanc, pour toutes ces raisons peut-être et pour que les mains, en palpant ce qui est extérieur, captent, par leurs prédispositions d'antennes, la lumière de nos loges bleues.

Les gants liturgiques, et les nôtres puisqu'ils appartiennent aux rituels, ces gants furent toujours à doigtiers distincts et non des mitaines. Chaque doigt relevant d'une symbolique planétaire particulière se devait en effet de conserver son indépendance pour laisser agir son rayonnement propre, son énergie et pour mémoire je vous rappellerai : Vénus en pouce, Jupiter en index, Saturne pour le médium, le Soleil avec l'annulaire et Mercure, le petit messager, à l'auriculaire.

Permettez moi une remarque sur la possibilité de pouvoir opposer le pouce à chacun des autres doigts. Voyez ! Le pouce aligné avec le reste de la main donne au salut une connotation qui vaut tout aussi bien, je devrais dire aussi mal, celle où le pouce disparaît dans la paume.

Le pouce à l'équerre nous préserve de la forme des totalitarismes.

Je retourne ma main, comme un miroir, j'y vois dans les doigts écartés, les cinq points de l'étoile flamboyante dans la lumière indéfinissable de l'électrum des anciens.

Léonard de Vinci a placé à l'entrée de son labyrinthe un gant de Notre Dame surnommé aussi églantine, fleur blanche à 5 éperons. Cette plante est connue des herboristes pour la guérison des maux d'yeux et pour l'amplification de la vision qu'elle procure. Quand le toucher devient délicatesse et tact, alors la vue devient vision et intuition, l'ouïe permet l'entendement de la voie intérieure, le goût l'appréciation des valeurs spirituelles et l'odorat unit l'intelligence au savoir.

Mettre des gants blancs, c'est glisser sa main dans un athanor qui alchimise l'homme en être fraternel. Etre frère c'est avoir la même origine, être fraternel, c'est considérer toute vie comme équivalente d'une autre. C'est dépasser ses différences pour ne retenir que ce qui nous est commun ou partageable, c'est accepter l'autre pour lui-même, c'est ne pas vouloir, par une sur-conscience diminuer l'autre pour se grandir. Avec mes gants blancs, je demeure moi-même, l'autre me complète mais, à ses mains si semblables aux miennes, je n'oublie pas qu'il est aussi un peu de moi.

Parce que ganté de blanc, le F\M\n'est ni pouvoir ni violence mais fraternité; parce qu'il n'est pas fusion mais relation, il se dégage d'une assemblée de F\M\une impression d'apaisement et de sérénité. On ne peut manquer d'associer les gants blancs avec le niveau du 1er surv\ dans l'analogie de leur symbolique. Le gant, le niveau nous invitent à inventer une reliance avec les autres.

Il s'agit de vivre une fraternité organique fondée sur les vérités humaines, de fonder une communauté qui ne repose plus sur le combat pour le pouvoir ni sur la volonté de primer mais sur la joie d'être et l'exaltation des modalités généreuses de l'être. Dès lors que Walt Disney entrera en F\M\, le personnage Mickey sera complété avec des gants blancs qui lui assureront une définitive image de gentillesse.

Se recouvrir la chair par des gants de spiritualité c'est affirmer vouloir à la fois se protéger et protéger les autres des influences néfastes, que ce soit celles de notre nature ou celles des énergies et matières manipulées lors de cérémonies rituelles.

C'est aussi utiliser un objet pour fixer la conscience sur les exigences de "chair spirituelle" comprises par son interprétation symbolique.

Connaître, c'est participer de l'objet connu, dit Corbin.

Le port des gants est le message apparent du passage du F\M\ à un autre plan d'être. Alors, faut-il permettre, par courtoisie, pour le confort de mieux tourner ses pages, faut-il permettre aux F\et S\qui se présentent au plateau de l'Orat\ de quitter leurs gants au moment où ils s'expriment sur la planche qui trace les plans du chantier sur lequel se bâtit le temple ? Est ce qu'ils seraient autorisés à quitter leur tablier pour des raison de confort ?

Pour nous c'est justement le temps des symboles et nous ne saurions accorder de quitter ce qui nous protège tous et qui nous indique ainsi la voie de la matière spirituelle.

Et c'est dans la chaîne d'union, parce qu'en enlaçant nos mains, nous ouvrons aussi nos cœurs, que se quittera l'objet de la conscience, symbole intériorisé par l'égrégore et qui est devenu vivant dans la chair qui est le soufre, qui retient et fixe enfin l'esprit qui est le mercure. L'athanor n'est plus utile, le F\M\ est devenu pierre philosophale.

Source : http://solange-sudarskis.over-blog.com/article-650900.html

Lire la suite