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Hauts Grades

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Les parachutistes français libres du "spécial air service" (SAS)

17 Février 2013 , Rédigé par Georges Caïtucoli Publié dans #Forces spéciales

Parmi les premiers volontaires qui rejoignent le général de Gaulle en 1940 figurent les Parachustistes de la France libre. Créé le 29 septembre 1940 à Londres par le général de Gaulle sous le nom de "1ère Compagnie de l'air", les Parachustistes de la France libre sont intégrés au Special Air Service (les SAS), une unité spéciale des forces armées britanniques. Aucun de ceux d'entre nous qui, déjà, en 1940, étaient dans une unité de combat, participant depuis des mois à une drôle de guerre, ne pouvaient imaginer le déferlement mécanisé qui se préparait pour, en quelques semaines, disloquer nos armées et infliger à notre Pays la plus grave défaite de son Histoire.
Le 18 juin 1940 de Londres le général de Gaulle lançait son Appel prémonitoire qui disait que la France avait perdu une bataille mais pas la guerre et, pari qui semblait fou, il annonçait la victoire pour demain.

Seule une poignée de volontaires au patriotisme intransigeant le rejoignit. Il y avait en Grande-Bretagne près de 200.000 soldats français de tous grades, rescapés des combats de Dunkerque. Quelques milliers seulement décidèrent de continuer à se battre, les autres regagnèrent la France sous le drapeau de la Croix rouge internationale. Il en sera de même un an plus tard, après la guerre fratricide de Syrie où l'armée Dentz repartira en France dans sa quasi totalité après s'être battue farouchement contre les alliés au lieu des les rejoindre.
On ne le sait pas assez mais, sous les ordres du général de Gaulle, avec le drapeau tricolore frappé de la croix de Lorraine il n'y eut, longtemps que bien peu de volontaires. Ils furent présents sur tous les fronts. Parmi eux les Parachutistes de la France libre.
Leur aventure commença le 29 septembre 1940 à Londres. Signé du général de Gaulle, l'ordre n° 765, portait création de la 1ere Compagnie de l'air. C'est donc très tôt que le chef de la France libre, toujours visionnaire, pensa que ce type d'unité serait le jour venu, parmi les premières à se battre à nouveau sur le sol de France pour la reconquête du territoire.
Il en confia le commandement au capitaine G. Bergé qui l'avait rejoint en Angle terre dès le mois de juin 1940 après avoir été blessé au cours de la bataille de France près d'Arras.
Les volontaires pour cette nouvelle unité souvent très jeunes, à défaut du nombre, avaient la détermination, la motivation et l'enthousiasme. Stimulés pendant des mois par un infatigable capitaine Bergé, ils seront parmi les meilleurs à l'issu des très durs entraînements de Paras auxquels ils furent soumis. Début 1941 la petite unité était opérationnelle et c'est dans ses rangs que le SOE et le SR français qui ne s'appelait pas encore BCRA choisiront les éléments devant effec tuer des missions armées en France, étant donc les premiers à se battre à nouveau en uniforme sur notre sol.
C'est ainsi que dans la nuit du 15 au 16 mars 1941 à Elven dans le Morbihan, le capitaine Bergé lui-même, sera parachuté avec quatre de ses hommes : Petit Laurent, Forman, Le Tac et Renault pour effectuer la mission dont le nom de code était Savanna.
Le but de l'opération était d'attaquer les pilotes d'une dangereuse escadrille allemande, la Kampfgeschwader 100, lors du trajet de leur car les amenant de Vannes où ils logeaient jusqu'à Meucon où se trouvait la piste d'envol.
Pourquoi cette cible ? C'était l'époque des terribles bombardements de nuit sur l'Angleterre. La Royal Air Force dans laquelle des Français se couvriront de gloire, infligeait à l'ennemi des pertes d'autant plus graves que les pilotes descendus outre-Manche étaient irrécupérables par l'ennemi. La relève manquait d'expérience. Pour y parer la Luftwaffe avait formé des escadrilles spéciales composés d'équipages chevronnés. C'est eux qui,précédant les bombardiers, repéraient les objectifs et les balisaient avec des bombes incendiaires. Les formations qui suivaient, délivrées qu souci de repérage, n'avaient plus qu'à déverser dans l'espace délimité, leur chargement de bombes. Hélas, Bergé et ses hommes postés en un point de ralentissement pour toute voiture, attendirent en vain le passage du car. Depuis quelques semaines des baraquements abritaient les pilotes à Meucon même, près de leur piste d'envol et le trajet en car avait été supprimé.
Les cinq hommes depuis une plage près de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée, furent récupérés par le sous-marin Tigris. Ils rame naient une masse de renseignements mais avaient été contraints de laisser sur place Joël Le Tac lequel n'avait pu à la fois pousser le Dinghy et y monter.
La deuxième mission porta le nom de Joséphine B. Dans la nuit du 11 au 12 mai, Forman, Varnier, Cabard eurent pour mission de détruire la centrale électrique de Pessac qui alimentait les diesels des sous-marins allemands camouflés près de Bordeaux.
Avec Joël Le Tac qui les avait rejoints, le groupe fit sauter six des huit transformateurs, le feu ravagea les autres.
C'est ainsi que les Parachutistes français libres firent, en uniforme, les première actions de résistance. Ils vont ensuite sous diverses formes participer à la lutte clandestine.
En effet, lorsque le Général décida d'envoyer la première compagnie au Moyen- Orient, là où se déroulait la bataille, elle était forte de neuf officiers, vingt sous-officiers et soixante-dix-sept hommes, mais à la demande du BCRA et du SOE un tiers de l'effectif fut maintenu en Grande-Bretagne pour assurer les missions à venir, en France. A ce titre et alors sans uniforme, ils assume ront souvent d'importantes responsabilités dans l'action clandestine.
Très tôt donc les Paras à la croix de Lorraine furent mêlés au combat intérieur. Ils le reprendront au moment du Débarquement.
Mais il ne me paraît pourtant pas possible de franchir cet espace de temps sans vous parler, même brièvement, de la bataille qu'ils livrèrent en Afrique du Nord jusqu'à la défaite totale de l'Afrika Korps en Tunisie. Le 21 juillet 1941, Bergé et le reste de ses hommes embarquent donc à Glasgow sur le Cameronian. Ils arrivent à Suez, à la mi-septembre après avoir contourné l'Afrique, mais que faire de cette unité dans le combat mené par la 8e Armée contre l'Afrika Korps de Rommel ? Avec le recul on se demande dans quelle opérations, elle aurait pu être engagée. Le destin allait leur offrir une fantastique opportunité !
Reportez-vous à la configuration du front dans la 2e partie de 1941. Rommel est aux portes de l'Egypte. La Royal Air Force est refoulée au Nil et toute une portion de la Méditerranée, hors de son rayon d'action est sous le total contrôle de la Luftwaffe qui a ainsi la possibilité d'attaquer les convois sans défense. C'est pour le commandement allié une situation gravissime. Pour renforcer la 8e Armée et lui permettre une contre-offensive, il faudrait que les convois arrivent. Pour qu'ils passent il faudrait que cette 8e Armée ait reconquis le terrain permettant ainsi à la RAF de les protéger.
C'est alors que David Stirling, lieutenant écossais, colosse de 26 ans, issu des Guards mais appartenant depuis longtemps aux Forces spéciales, propose un plan qui, lorsqu'il sera soumis par les généraux Auchinleck et Ritchie à l'Etat-Major en fera ricaner la moitié et consterner l'autre.
Tirant la leçon des échecs des raids impor tants effectués sur les côtes de Cyrénaïques auxquels il avait participé, il préconisait, au lieu et place, d'envoyer très à l'intérieur des lignes ennemies, des petits groupes d'hommes parfaitement entraînés pour ce genre de missions, afin d'y attaquer des objectifs variables mais principalement détruire de nuit, au sol, les avions de combat allemands sur leurs pistes d'envol.
Finalement parce que cela n'engageait que peu de monde et ne demandait qu'un matériel négligeable, Auchinleck laissa tomber : « Pourquoi non ? » Il ne restait plus qu'à pas ser à l'action et réussir.
David Stirling en bon britannique, choisit pour son unité un nom mystérieux : Spécial Air Service et une devise « Qui ose gagne ». Son recrutement principal se fit auprès des aventuriers des diverses « Spéciales forces » qu'il connaissait bien. Deux mois d'entraînements spécifiques suffirent pour des hommes déjà très rodés à ces exercices.
Après deux missions de tâtonnement, à la mi-novembre 1941, les premiers groupes appelés sticks, furent transportés à proximité de leur objectif par les véhicules des Long Ranch Desert Group, en passant par les zones fluides du front dans le Sud désertique.
Passant à l'action, Paddy Mayne prototype de cette espèce nouvelle de combattant, avec quatre de ses hommes, va pénétrer la nuit venue sur l'aérodrome de Tamet, et placer dans chaque avion une bombe Lewis amal game d'explosif et de matière incendiaire dotée d'une mise à feu à retardement. De loin, ayant quitté les lieux depuis des heures il entendra 24 explosions, signes d'autant de victoires.
Chacune de ces missions mériterait d'être racontée. Certaines furent tragiques mais en deux mois le scepticisme de l'Etat-Major fit place à l'euphorie. Paddy Mayne retourné à Tamet la nuit de Noël, avait fait sauter 27 nouveaux avions. Fraser et cinq hommes avaient fait mieux à Agebadia : 34 appareils, mais Lewis l'inventeur de la bombe, ami de toujours de David Stirling avait été tué.
Ces énormes succès avaient tout naturelle ment porté l'Etat-Major à demander la multiplication des raids. Pour cela il fallait des hommes parfaitement préparés exigeant de longs entraînements, ce qui avait été évité au départ, étant donné que le recrutement de David avait porté sur des camarades déjà très affûtés. Près du Caire à Kabret, il y avait un camp d'entraînement pour parachutistes. Bergé y fut envoyé afin de faire effectuer un stage aux nouvelles recrues engagées dans son unité en Syrie. David Stirling apprenant par hasard leur existence, découvrit ainsi une centaine de Paras tous brevetés, parfaitement entraî nés, extrêmement motivés dont le chef avait lui-même déjà effectué des missions clandestines. C'était exactement ce qu'il lui fallait. Le coup de foudre fut réciproque quand les Français eurent connaissance des exploits déjà accomplis par le Spécial Air Service. Il ne restait plus qu'à obtrenir d'y être affecté.
Tout aurait pu être facile. Ce ne le fut pas. Les relations entre de Gaulle et Chruchill atteignaient la crise. Après la bataille meurtrière livrée par les alliés en Syrie, les Britan niques considéraient que le mandat de la France sur ces régions n'avait plus de raison d'être. De Gaulle pensait exactement le contraire et envisageait pour marquer sa détermination de retirer du commandement allié toutes les Forces qui se battaient sous les plis du drapeau à la croix de Lorraine.
Pour mieux affirmer la présence française sur ces territoires, le chef de la France libre avait décidé de s'y rendre. « Il y a là une occasion de le rencontrer à ne pas laisser passer » précisa le général Catroux représentant du Général au Moyen-Orient, au capitaine Stirling qui avait obtenu une audience pour lui présenter sa requête. Il avait ajouté : « Dans la situation actuelle vous avez toutes les chances de n'obtenir qu'un refus. »
« Qui ose gagne », Stirling fraîchement nommé Major un mois plus tard entre, à Bey routh, dans le bureau du général de Gaulle qui, informé par Catroux des succès des SAS, le félicite chaudement.
Exposant sa demande, habilement, David met en valeur la possibilité pour un petit nombre de Français de s'associer à des actions pouvant par leur résultat, avoir un effet spectaculaire. La France libre en bénéficierait obligatoirement.
Hélas ! Un « C'est impossible Major » dit fermement et très vite, surprit complètement le patron des SAS. Pensant s'être mal fait entendre, il voulut reprendre son argumentation. Le Général ne lui en laissa pas le temps, se leva et termina la conversation en disant : « Désolé, n'insistez pas ». Comme toujours amène avec ses visiteurs il raccompagna Stirling. Celui-ci après avoir avalé un juron, exprima sa déception avant de quitter les lieux : « Pour la première fois, mon Général, moi officier écossais j'ai échoué dans ma mission. »
Le Général s'arrêta net. « Vous êtes écossais ? » « Définitivement mon Général » « Alors asseyez-vous. »
En dix minutes l'affaire était réglée et le chef de la France libre accordait à l'Ecossais au nom de la vieille alliance, ce qu'il n'aurait jamais consenti à l'Anglais. C'est ainsi que sous le nom de French Squadron, le capitaine Bergé et ses hommes furent intégrés au Spécial Air Service.
Leur adaptation aux combats dans le désert demanda quelques semaines, et dès le mois de mars 1942, ils participèrent aux côtés de leurs camarades britanniques aux missions réalisées en profondeur derrière les lignes pour, en priorité, attaquer au sol les avions de la Luftwaffe. Ne pouvant pas m'étendre sur les exploits ainsi réalisés je n'en citerai que deux, très symboliques.
Le 6 juin 1942, Bergé fraîchement nommé commandant, avec trois de ses hommes : Mouhot, Loestic et Sibard, le capitaine Lord Jellicoë et le lieutenant crétois Petrakis sont débarqués en Crète d'un sous-marin. Dans la nuit du 13 au 14 ils attaqueront l'aérodrome d'Héraklion détruisant 21 avions, les dépôts de bombes et de carburant. Dans la traque qui suivra, Loestic sera tué. Il avait 17 ans.
En juillet, David Stirling « le Major fantôme » ainsi maintenant appelé par les Allemands, inaugure une nouvelle forme de com bat. Il a armé des jeeps de mitrailleuses lourdes d'aviation Browning et de vickers jumelées. Groupées elles ont une puissance de feu considérable. Passant par les oasis du Sud, voyageant aux instruments, comme sur mer, pour traverser les immenses zones désertiques de Tripolitaine, il remonte avec son armada vers le Nord où sont situés ses objectifs.
Opérant ainsi, le 27 juillet, à une heure du matin 18 jeeps, soit 54 mitrailleuses pénétrent sur l'aérodrome de Sidi Hanneisch. Trois ont des équipages français. Balayant tout sur leur passage, elles remontent lentement la piste d'atterrissage, mitraillant les avions de combat rangés de part et d'autre. Arrivé au bout du terrain Stirling debout sur la jeep de tête compte vingt-cinq appareils qui flambent hachés par des balles explosives et incendiaires. D'autres étaient sûrement très touchés mais « pour ne pas avoir de remords » comme il le confiera à son navigateur, il valait mieux refaire un passage en sens inverse. Lorsque l'armada qui n'avait perdu qu'une voiture dans cette attaque éclair quitta les lieux, le travail avait été parachevé. La traque qui suivit fut féroce. Ne pouvant rouler dans le sable à cause des traces, les jeeps devaient emprunter le lit plein de rochers des oueds à sec. C'est là que André Zirnheld qui commandait l'une des voitures françaises sera tué le corps criblé des balles d'un Stuka. A la nuit ses camarades, avec des pierres, feront pour son corps un petit mau solée afin qu'il soit à l'abri des chacals. Dans ses papiers ramenés on découvrit plus tard une bouleversante prière qu'aujourd'hui tous les paras récitent : « Donnez-moi mon Dieu la force et le courage. »
Ces jeeps avant et après l'offensive victorieuse de El-Alamein navigueront sur les arrières ennemis, attaquant sans relâche et provoquant une telle insécurité, qu'un ordre secret signé du Fürher envoyé le 18 octobre 1942 ordonnait :
« Ces hommes sont dangereux, il faut les abattre. Je rendrai responsable devant le Conseil de guerre tous les commandants d'unités qui n'exécuteront pas cet ordre. » Rommel ne l'exécuta jamais mais plus tard en France et en Hollande il sera largement appliqué.
En mai 1943, l'Afrika Korps capitulait en Tunisie. Si un autre French Squadron fut créé sous le commandement du lieutenant de Sablé, plus tard tué en Hollande, pour, aux côtés des Britanniques du 1er SAS, effectuer des missions en Italie, les rescapés des batailles de Libye furent ramenés en Grande- Bretagne.
Autour d'eux de nouveaux volontaires évadés de France par l'Espagne ou venus d'Afrique du Nord vont permettre, de créer le 3e et le 4e régiment qui, avec les 1er et 2e Britanniques, vont former la brigade du Spécial Air Service sous les ordres du général Macleod.
Au printemps de 1944 tous étaient fin prêts, parfaitement préparés et motivés dans l'attente du jour « J ». Fin mai ils se retrouvèrent dans un camp secret entouré de barbelés dont ils avaient interdiction de sortir.
Début juin le colonel Bourgoin qui commandait le 4e SAS et son adjoint Puech-San- son étaient informés de ce que l'on attendait d'eux.
Overlord l'opération du débarquement aurait lieu en Normandie et une mission stra tégique était confiée aux SAS français. Son énoncé était très clair : coûte que coûte, empêcher les forces allemandes situées en Bretagne d'aller renforcer les défenses ennemies qui s'opposeront au débarquement. Cette unité serait donc, de fait, la première engagée dans la bataille de la Libération.
Les parachutistes de la France libre trois ans après leurs premières missions en France, allaient donc retrouver leur pays les armes à la main.
Pour cette mission il fut décidé que les premiers éléments seraient parachutés dans la nuit précédant le jour J afin d'opérer des destructions d'une part et de créer, d'autre part, deux bases permettant l'arrivée progressive du reste de l'effectif.
L'une Samwest, située dans la forêt de Duhaut, serait confiée aux sticks des lieutenants Botella et Deschamps. L'autre Dingson dans la forêt de Saint Marcel serait attribuée aux lieutenants Deplante et Marienne. A J+2 dix-huit sticks parachutés chacun dans une zone différente, effectue raient des missions de destructions précises. C'est dans ce cadre que l'un d'eux commandé par Michel de Camaret et Denis Cochin fera sauter un train dans le tunnel de la Corbinière immobilisant pour longtemps toute cir culation sur l'une des lignes principales de chemin de fer.
Au cours d'un brieffing il fut précisé que la très active résistance bretonne ayant été en partie décimée par la Gestapo, ses possibilités d'aide étaient mal connues. Les parachutages se feraient donc blind c'est-à-dire secrète ment, sans accueil au sol. Seule indication il y avait près de Saint-Marcel un terrain « accrédité » et sans doute des éléments de maquis mais impossibles à évaluer ni en quantité, ni en valeur.
Le 5 juin, un peu avant minuit, les quatre sticks étaient largués en théorie sur des dropping zones faciles à identifier de nuit par les pilotes. En réalité les écarts furent grands approchant parfois vingt kilomètres.
Pour le stick de Marienne ce fut le drame. Son avion tourna longtemps en rond à l'altitude de larguage soit deux cents mètres, à la recherche des points de repères. Le pilote donna l'ordre de saut en espérant qu'il ne s'était pas trop trompé.
En fait il se trouvait exactement au-dessus du principal poste d'observation allemand de la région, sur les hauteurs de Plumelec. Les guetteurs alertés depuis longtemps par le bruit des moteurs, virent les corolles des parachutes s'ouvrir à quelques centaines de mètres d'eux.
Au moment du saut un espace avait dû se produire car, au sol, un groupe de quatre hommes se retrouva très séparé des autres. Parmi eux Emile Bouétard. Ils se préparaient à enterrer leurs para chutes, impatients d'avoir des réponses aux imitations de cris d'oiseaux qu'à intervalles réguliers, grâce à des sifflets, ils lançaient dans la nuit pour retrouver les autres éléments du stick.
Pour eux la surprise fut totale. Bouétard un peu à l'écart, finissant de décrocher un parachute difficile à dégager des branches d'un arbre, était le plus proche de la patrouille allemande brusquement surgie. Il fut immédiatement abattu. Ses trois camarades maniaient la pelle ; leurs armes étaient à quelques pas d'eux. Il n'y eut pas de combat. Tué vingt minutes après avoir retrouvé sa Bretagne natale, Emile Bouétard était le premier mort de Overlord, la fantastique bataille pour la libération de notre pays qui serait déclenchée à l'aube.
A deux cents mètres de là, Marienne entendant la rafale d'arme automatique, se demandait comment leur venue avait pu être ainsi détectée. Ignorant tout des poursui vants, et subitement conscient du danger immédiat qu'il courrait avec le reste de son stick, il décida de partir aussitôt dans la direction opposée à celle des tirs entendus. Il mit deux nuits pour rejoindre à Saint-Marcel Desplante dont l'effectif était au complet.
Ils vont rapidement découvrir que les renseignements donnés au départ, n'étaient pas fiables. Près du terrain homologué depuis longtemps pour des parachutages et portant le nom de code « Baleine » il y avait des éléments de valeur du maquis, sous la responsabilité d'un homme de grande qualité, le colonel Morice. Les choses évoluèrent alors très vite.
La nouvelle du Débarquement et celle de l'annonce de l'arrivée de parachutistes français qui se propagea à travers la lande telle une traînée de poudre, provoquèrent la venue à Saint-Marcel de groupes parfois bien hiérarchisés mais aussi d'une masse d'incontrôlés qui spontanément quittèrent tout pour venir se battre.
L'ampleur de cet afflux posa rapidement problème à Dingson car cette donnée imprévue ne pouvait que modifier les plans d'action mis au point par les SAS à leur départ.
La question ne se posa pas dans les mêmes termes à Samwest, dans la forêt de Duhaut, où sans trop de difficulté les sticks de Des champs et Botella avaient été droppés. Les premières destructions effectuées, ils décou vrirent de petits éléments de maquis, réfugiés dans la forêt qui pouvaient d'une part les aider à organiser la base et d'autre part, leur donner d'utiles informations, sur les objectifs à détruire ou attaquer. Confiants ils avaient donné le feu vert pour la réception des premiers renforts et dans la nuit suivante trois nouveaux les avaient rejoints avec le capitaine Leblond à leur tête.
Leur implantation à peine amorcée, ce rassemblement qui n'avait pourtant rien de comparable à celui du Morbihan, avait été très vite détecté par les services de renseignement de l'ennemi.
Le 9 juin les Allemands attaquaient en force. En fin de journée, après un combat inégal, les sticks se dispersèrent emmenant leurs blessés dont certains, comme Botella, très grièvement. Quatre des leurs, blessés avaient été jetés dans le brasier de la ferme que les Allemands avaient incendiée. L'ennemi avait subi des pertes sévères mais Samwest n'avait pas eu le temps de s'organiser.
Le message annonçant cette nouvelle arriva au Quartier général des SAS alors que le commandement commençait à accepter l'idée d'un changement tactique pour la suite de l'exécution de la mission de Bretagne. Les informations de Déplanté enthousiastes et de Marienne beaucoup plus réservées engageaient à utiliser tous ces volontaires convergeant sur Saint-Marcel, pour constituer des groupes bien armés pouvant réaliser des actions de force aboutissant à créer l'insécurité dans toute la région ce qui correspondait bien à l'un des objectifs de la mission.
La perte de Samwest relança les discus sions sur le sujet. Lous admirent qu'il n'était pas possible de laisser se développer en un lieu précis un tel rassemblement. Si la Wehrmacht le décidait, avec ses moyens, artillerie et blindés compris, elle pouvait faire un carnage.
Sans adopter de décision définitive il fut admis que la dispersion devant s'effectuer rapidement, dans les prochains jours il faudrait parachuter un maximum d'armes, de matériels et de renforts en utilisant « baleine » la dropping zone de proximité.
Les divergences persistèrent concernant le délai. Ceux qui, à l'Etat-major, préconisaient l'abandon rapide de Dingson, estimaient que si les Allemands avaient attaqué si vite Samwest ce n'était pas pour permettre à la base de Saint-Marcel de se maintenir en plein coeur de leur dispositif.
Ne pouvant ignorer l'agitation grandis sante dans la région et les dizaines d'avions qui, chaque nuit, sur un terrain éclairé larguaient des hommes et des centaines de containers (700 en une seule nuit le 13 juin, lâchés par vingt-cinq avions) une intervention se préparait peut-être déjà. Le mystère n'a jamais été levé concernant cette inertie favorisant Dingson alors qu'il y avait eu rapidité et puissance pour attaquer Samwest. On a souvent mis en avant un certain cloisonnement entre les différents com mandements ennemis de la région sans que cela ait jamais pu être vérifié.
Profitant de cette situation, pendant une semaine ce fut, de nuit et même parfois de jour, une véritable noria d'avions lourdement chargés.
Bourgoin, suspendu à un parachute tricolore, y fut largué avec son adjoint Puech-Sanson et 150 de ses hommes, avait ordre d'apprécier la situation, de rendre compte et d'une part proposer les meilleurs moyens de poursuivre la mission en utilisant les nouvelles forces créées sur place, d'autre part éviter impérativement un affrontement direct avec l'ennemi, lourd de conséquence et donc prévoir une évacuation de Dingson avant l'intervention prévisible des Allemands.
« Dans quatre, cinq, six jours au grand maximum, nous devrons nous être évanouis dans la nature avec des secteurs d'interven tions précis pour chaque groupe » décida Bourgoin peu après son arrivée.
Deux événements vont réduire ce délai et totalement modifier les conditions prévues pour le retrait.
Le 16 juin, 120 containers sont largués par erreur sur la gare proche de Roc-Saint-André où un contingent allemand campe dans l'attente d'un train sans cesse retardé.
Le 17, deux voitures allemandes s'égarent dans la nuit et par une petite route, s'engagent dans le bois de Saint-Marcel. Elles sont stoppées et mitraillées au premier poste de garde mais l'un des occupants parvient quand même à s'enfuir dans la nuit. Son rapport va sans doute, accélérer plutôt que provoquer la décision d'intervenir de l'ennemi.
Le 18 tôt le matin, anniversaire de l'Appel du général de Gaulle, la base de Saint-Marcel dans un semi encerclement est attaquée simultanément de plusieurs directions, par une unité de la division de parachutistes alle mands Krets et par des commandos de chasse appuyés par des mortiers et une artillerie légère. Bourgoin n'aura pas l'initiative de l'évacuation qu'il espérait. Il n'y avait plus qu'une seule solution, tenir toute la journée pour, en profitant ensuite de la nuit, déclencher un départ général, le plus en ordre possible.
La bataille sera dure, meurtrière. Les SAS se sont répartis en quelques points vulnérables, entourés de jeunes maquisards qui vont connaître le baptême du feu, mais qui se battront avec un courage remarquable. On ne dira jamais assez combien les hommes de Caro, de Le Garrec, ceux du bataillon de Ploërmel vont dans ce combat contre des professionnels aguerris, étonner par leur sang froid, par leur fermeté face au danger. Ils furent tout au long de cette bataille formi dables.
L'ennemi dans ses premières attaques a subi de lourdes pertes qui l'ont obligé à se replier et attendre le renfort d'une unité d'infanterie. En début d'après-midi aidés par des tirs de mortiers lourds contre lesquels les assiégés ne peuvent rien car ils n'ont que des armes légères pour la riposte, une percée des Allemands menace de couper la base en deux.
Bourgoin et Puech qui ont bien mesuré les risques de cette offensive difficile à contenir sans artillerie sont en contact avec Londres et une intervention aérienne. Des avions patrouillent, qui pourront attaquer à l'heure dite des objectifs précis. A 16 h alors que l'ennemi progresse dangereusement, les chasseurs bombardiers font leur apparition, créant la surprise et obligeant à un repli massif et désordonné les unités qui menaçaient si dangereusement Dingson.
Marienne profitant du désarroi chez l'assaillant se lança alors dans une contre- attaque aussi téméraire que le personnage qui eut pour effet de bousculer les positions conquises par l'ennemi depuis le matin, en lui infligeant de lourdes pertes et en le rame nant près de ses bases de départ.   L'offensive allemande ne pouvait reprendre qu'après une réorganisation de ses effectifs et heureusement pour Dingson, la nuit approchait. Le formidable orage qui s'abattit sur toute la région en début de soirée fut le bienvenu et favorisa l'opération d'évacuation immédiatement engagée.
L'ennemi n'avait jamais réussi l'encercle ment qui était son but et qui aurait été pour les SAS et les maquisards pilonnés alors par l'artillerie, une véritable tragédie.
Dans la nuit sous une pluie diluvienne, les hommes et le principal des armes et du matériel se dispersèrent dans les directions prévues. A deux heures du matin, Puech-Samson malgré ses blessures et Marienne lui aussi blessé, assurant sa couverture avec ses hommes et un groupe du maquis, firent sau ter les réserves non transportables, avant de disparaître.
La bataille de Saint-Marcel était terminée. Elle fut le symbole de la lutte menée au coude à coude en Bretagne par les Paras de la France libre et les hommes des maquis. Elle fut une victoire car l'ennemi ne réussit pas à anéantir ce rassemblement de la jeunesse résistante bretonne dont seul le courage avait pu suppléer à son manque d'expérience du feu, encadrée par des paras SAS qui n'étaient pas préparés à ce type de combat. Les pertes allemandes furent très élevées. Plusieurs centaines de morts. Maquisards et SAS perdirent près de soixante d'entre eux.
On était le 18 juin, cela faisait 12 jours que la bataille faisait rage en Normandie et les forces ennemies n'avaient pas pu quitter la Bretagne où le combat va se poursuivre pendant des semaines, meurtrier mais victo rieux parce que les unités allemandes station nées en Bretagne ne pourront pas venir renforcer les défenses ennemies de Normandie.
Marienne héros de Saint-Marcel dont la légende est devenue telle que sa tête a été mise à prix par la Gestapo, avec le stick qu'il a reconstitué et un groupe de maquisards commandés par le fidèle Morizur qui ne le quitte plus depuis qu'il lui a servi de guide pour rejoindre Saint-Marcel, Marienne frappe et se dérobe, changeant constamment de halte. Il faudra un dramatique concours de circonstance et beaucoup de félonie pour l'abattre.
Londres parachute le 3 juillet, le lieutenant Gray avec un stick et des moyens radios. Mal droppé, séparé de son groupe, une patrouille allemande le capture alors qu'il n'avait pas encore réussi à s'orienter et s'approchait d'un bourg pour tenter de l'identifier, ignorant que l'ennemi y était installé en force.
Il est immédiatement pris en charge par une Gestapo très agressive menée hélas, par Zeller un ancien capitaine de vaisseau français. Ce dernier fait déshabiller Gray et l'exécute. Son adjoint Munoz également français va alors parcourir la lande en uniforme SAS et, papiers à l'appui, se faire passer pour Gray. C'est ainsi que les Bretons dupés, vont tout faire pour lui permettre de retrouver Marienne.
Deux fois ils arriveront trop tard car par prudence ce dernier change constamment de halte. La troisième, le 12 juillet les renseignements sont bons. La veille Marienne a été rejoint par le lieutenant Martin ancien héros de Libye, rescapé de Samwest, accompagné d'une partie de son stick. Ils vont passer une bonne partie de la nuit à évoquer des souvenirs et faire des plans pour les jours qui viennent.
Avant le lever du jour la Gestapo et un contingent allemand sont précédés par une traction avant. A son bord le faux lieutenant Gray qui abuse facilement la sentinelle FFI. Celle-ci, avant de comprendre pourquoi elle est poignardée, indique sans méfiance le lieu où dort Marienne, ses hommes et le groupe FFI qui l'accompagne.
La ferme est encerclée. Les SAS sont réveillés à coups de bottes pour apercevoir des mitraillettes pointées sur eux. Rassemblés dans la cour, paras et FFI seront allongés sur le sol et c'est dans cette position que les armes automatiques les exécuteront. Un seul, le sergent Judet, s'apercevra incrédule, alors que chargeurs vidés les Allemands exultent, qu'il n'a pas été atteint. D'un bond, courant comme un fou il atteint la lisière proche du bois avant que l'ennemi ait pu réagir. Huit mois plus tard parachuté en Hollande et capturé, il sera fusillé.
Fin juillet une compagnie du 3e SAS sous les ordres du commandant Sicaud et du lieu tenant Tupet Thomet sera droppée dans le Finistère pour favoriser l'avance d'une division mécanisée américaine qui prévoyait de déboucher du Cotentin pour foncer sur Brest. Le lieutenant Quelen empêchera les Allemands de faire sauter le viaduc de Morlaix, pendant que Tupet Thomé aidé d'un groupe de maquisards occupera Landerneau par surprise et tiendra la ville plusieurs heures.
Les combats livrés en Bretagne avaient débuté dans la nuit du 5 au 6 juin. Ils durè rent deux mois, livrés au coude à coude avec la Résistance bretonne. Sur 430 paras engagés dans cette opération, soixante-dix-sept seront tués, dont le tiers exécutés parfois après tortures ou achevés alors qu'ils étaient blessés, 192 blessés ou disparus.
Pour ces actions d'éclat le drapeau des SAS sera décoré de la croix de la Libération le 4 novembre 1944 par le général de Gaulle à l'Arc de Triomphe.
C'est de l'autre côté du pays dans le Lyonnais et la Bourgogne que les SAS, de façon différente qu'en Bretagne vont également se battre avec les hommes des maquis. Déjà début août pour préparer le débarquement prévu dans le Midi, des sticks du 3e SAS commandé par Chateau Jobert dit « Conan » ont été parachutés à proximité des nationales 6 et 7, cibles privilégiées avec la voie ferrée qui descend sur le Sud.
Contrairement à ce qui s'est passé en Bretagne, les renseignements concernant les forces de la Résistance dans la région sont parfaitement fiables, car sur place, les commandants militaires désignés par le général de Gaulle pour ces départements sont deux hommes extraordinaires ayant organisé des maquis solides et bien entraînés.
L'un Mary Basset règne dans le Lyonnais. L'autre André Jarrot appelé « Goujon » a déjà, clandestinement, fait plusieurs fois le voyage en Angleterre. Les SAS le connaissent bien, car des réunions avec les chefs de stick ont été organisées pour lui permettre de donner des informations sur les maquis qu'il commande, et étudier ensemble les meilleures façons de les utiliser avec efficacité, le jour venu. André Jarrot est l'extraordinaire exemple d'un homme que les circonstances vont révéler. Un courage exemplaire, un grand talent d'organisateur, un sens aigu des responsabili tés et un meneur d'hommes hors pair. A Londres il s'est lié d'amitié avec Guy de Combaud Roquebrune.
Entre ces deux hommes que bien des choses pourraient séparer un lien qui est celui des hommes de qualité, un lien cimenté par un patriotisme exigeant va se nouer entre eux. L'aristocrate obligé de fuir la Gestapo en quittant son foyer et ses 6 enfants pour rejoindre Londres mais qui refuse de hautes responsabilités diplomatiques pour choisir l'arme la plus exposée car il suppose que c'est celle qui, la première, sera engagée le jour de la reconquête et l'ancien garagiste, champion de France de moto, remarquable autodidacte devenant chef de guerre dans l'action clandestine il y a cette extraordinaire rencontre que seuls provoquent les grands brassages d'individualités des guerres et ces révélations d'individus que les circonstances exceptionnelles et dramatiques favorisent.
A Londres Guy de Combaud utilisant ses relations françaises (il était le beau-frère de François de Menthon) ou britanniques, a influencé de façon déterminante le haut com mandement au moment de son choix des unités devant être engagées dans et les missions qui suivront.
Les sticks du 3e SAS parallèlement aux missions du 4e SAS en Bretagne seront ainsi parachutés dans de nombreuses régions pour effectuer des destructions et semer le désordre dans le Maine-et-Loire et la Vendée avec le capitaine Fournier, dans la Vienne avec le capitaine Simon, en Corrèze avec le capitaine Wauthier et surtout en Saône-et-Loire avec le commandant Conan et d'impor tants effectifs en prévision du Débarquement du Sud qui se prépare. Partout les paras du général de Gaulle seront épaulés par les hommes des maquis. Partout ils partageront avec eux les succès, les revers, les sacrifices.
C'est ainsi qu'en Bourgogne les sticks de Colcombet et les hommes de Jarrot tendront à l'ennemi les embuscades les plus meur trières de la guerre dans des opérations typi quement SAS. Les bazookas postés parfois à moins de cinquante mètres de la route dans des taillis, stoppaient les convois qui étaient ensuite hachés par les tirs d'une concentra tion de fusils mitrailleurs.
Rouan et Porot de leur côté avec leurs hommes et l'appui d'un remarquable maquis commandé par l'intrépide Robert Jeandet réussirent près de Blanzy à hauteur du pont de Galuzot un des exploits les plus mar quants : celui de la prise d'un train blindé après une assez extraordinaire alternance de bluff et de manoeuvres d'intimidation réussissant à faire croire à l'ennemi qu'il n'y a pas une vingtaine de paras en uniforme prêts à l'attaquer, mais l'avant-garde d'une division aéroportée.
Alors que les SAS et les hommes de Jarrot ici, ceux de Marry Basset ailleurs, se battant ensemble de façon exemplaire, ont déjà rem porté de spectaculaires succès, Londres avise Conan de l'arrivée prochaine de renforts sous forme de jeeps armées.
Certes avant son départ en opération Hilaire Colcombet savait bien que son ami Guy de Combaud qui, parallèlement à son action disons diplomatique, avait reçu le commandement d'une unité de jeeps supé rieurement armées pour renouer avec la tradition de cette forme de combat qui s'était illustrée en Libye et Tunisie mais les problèmes posés par leur parachutage n'étaient pas résolus. Toute la question était là. Com ment les faire parvenir aux sticks en opéra tion pour renforcer leurs moyens ?
Le capitaine Guy de Combaud va opter pour une solution assez extraordinaire, paraissant folle. Début août, les coups de boutoir des Alliés recommençant à faire bou ger le front, il propose de profiter d'une attaque de blindés américains qui doit avoir lieu au sud d'Avranches pour s'infiltrer avec ses jeeps derrière les lignes ennemies et ensuite, en utilisant le tout terrain ou les chemins de campagne, traverser cette partie de la France occupée pour rejoindre ses camarades en Bourgogne. Ni plus, ni moins. C'est ainsi qu'après avoir parfois croisé des convois ennemis sur des routes secondaires et n'avoir eu qu'un tué et un blessé dans ce parcours aussi insolite qu'audacieux, au cours duquel le plus difficile sera le passage des rivières et des fleuves sur les ponts gardés, une nuit, près de Cluny, Jarrot et Colcombet avisés par Londres, retrouvaient à leur grand étonnement leur ami Guy de Combaud à la tête de quatre jeeps. Les autres avaient pris des directions différentes pour appuyer les actions des SAS en d'autres secteurs.
La participation dès le surlendemain des jeeps à une embuscade sur la nationale 7 au sud de Mâcon eut un effet foudroyant. La tête et la queue d'un fort convoi furent blo qués par des tirs précis de bazookas placés à la corne d'un bois qui surplombait la route à cinquante mètres de distance. Les fusils mitrailleurs Brengun entrèrent alors en action et subitement quatre jeeps après avoir lancé une fusée pour faire cesser le tir des SAS et des maquisards, débouchèrent dans le dos de l'ennemi avec leur puissance de feu cumulée de 12 mitrailleuses à tir rapide. A leur départ le convoi était anéanti.
« Du cousu main » fut la conclusion de Combaud. Fin août, Londres fit parvenir un message qui ordonnait de s'attaquer non plus aux convois qui descendaient, devenus d'ailleurs de plus en plus rares, mais seulement à ceux qui remontaient car les Allemands préparaient une ligne de défense près de Dijon.
Le 2 septembre au soir, Jarrot qui avait des informateurs partout apprend que le maire de Sennecey-le-Grand, gros bourg sur la nationale 7, a été sommé par la Kommandatur, de préparer un important ravitaillement en vivres pour un millier d'hommes qui seront regroupés dans sa petite ville avant d'être embarqués et dirigés vers le Nord. Dans une réunion tenue avec Jarrot, Conan, de Combaud, Colcombet et plusieurs chefs de sticks, le principe de l'attaque de ce convoi est décidé.
Il y a une difficulté, les SAS sont très au sud de Mâcon et les maquis aux environs de Cluny, donc tous très éloignés. Prévoir une attaque combinée ne sera pas aisée. Guy de Combaud avec ses jeeps peut seul être sur les lieux à temps. Il n'hésite pas et étudie la meilleure façon de réussir l'opération avec ou sans soutien.
Son succès va dépendre d'abord d'une information. Savoir où se formera le convoi et à quelle heure les camions chargés de leurs occupants démarreront. Le maire fait savoir qu'il a ordre de dégager complètement la grande rue et de livrer les vivres à six heures précises. Le départ devant avoir lieu une heure après.
« S'ils sont à l'heure, ce sera leur dernière » commenta Guy de Combaud. Tous furent exacts. Les quatre jeeps arrivèrent par le sud. Elles abordèrent le village par une petite rue gardée par des mitrailleurs qui déjà démontaient leur arme. Ahuris, ils virent les quatre voitures passer en trombe sans s'occuper d'eux. Un instant après elles débouchaient sur la grande rue, à quelques mètres de la queue du convoi.
Tirant de toutes leurs armes, lançant des gommons bombs faites avec du plastic bourré de ferrailles, les quatre jeeps, Guy de Combaud à leur tête, remontèrent le convoi en hachant et incendiant littéralement à bout portant chaque camion dont les occupants n'eurent jamais le temps de savoir d'où venait cet enfer qui s'abattait sur eux.
En bout de village il y avait une ruelle qui menait après avoir traversé une place à une petite route choisie comme voie de dégagement sur les indications de Jarrot. Hélas des camions imprévus y arrivaient, bouchant le passage. Les jeeps firent demi- tour. Elles furent tour à tour anéanties. Une seule par miracle put s'échapper pour échouer près du cimetière. Les habitants voisins réussirent à en extraire les blessés et les faire disparaître.
On ne sut jamais exactement les pertes allemandes ce jour-là, évaluées de toute façon à plusieurs centaines.
C'est en souvenir de ce raid héroïque, que les SAS français et britanniques ont érigé à Sennecey-le-Grand leur Mémorial dédié à tous ceux qui, sur tous les front sont morts en mission.
Ces quelques faits trop souvent méconnus montrent qu'en France dans toutes les régions les SAS ont livré leurs combats avec le soutien et la participation courageuse des forces de l'intérieur.
Je n'ai pas pu aborder dans cet exposé les missions effectuées par les Britanniques, mais comme nous, ils bénéficièrent partout de l'appui total des maquis et des résistants. Comme nous, ils ont mené leurs combats au coude à coude avec eux. Je citerai par exemple les hommes du Major Fraser (un héros de Libye) dans le Morvan avec une centaine de ses hommes ou ceux du Major Franck dans les Vosges. Au cours de ces opérations quarante- sept d'entre eux seront fusillés et l'ensemble de leurs pertes à l'échelle des nôtres.
Les unités du Spécial Air Service, qui avaient pour devise « Qui ose gagne » sont donc bien les seules à s'être battues sur tout le territoire pour la Libération de notre pays, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest ensemble avec les forces de l'intérieur, partageant avec elles les victoires et les sacrifices.
Pour les paras de la France libre du Spécial Air Service la bataille ne se terminera qu'en Hollande où ils seront parachutés début avril 1945. Dernières victoires, derniers sacrifices.
En trois ans et demi de combats sur tous les fronts leur drapeau sera le plus décoré de la guerre, recevant la croix de Compagnon de la Libération, la Légion d'honneur, la croix de guerre avec sept palmes, l'US bronze star, le lion de bronze hollandais.
Le général de Gaulle les citera ainsi :
« Pour les parachutistes, la guerre ce fut le danger, l'audace, l'isolement.
Entre tous, les plus exposés, les plus audacieux, les plus solitaires, ont été ceux de la France libre.
Coups de main en Crète, en Libye, en France occupée ; combats de la libération en Bretagne, dans le Centre, dans l'Ardenne ; avant-garde jetée du haut des airs dans la grande bataille du Rhin ; voilà ce qu'ils ont fait, jouant toujours le tout pour le tout, entièrement livrés à eux-mêmes, au milieu des lignes ennemies. Voilà où ils perdirent leurs morts et récoltèrent leur gloire.
Le but fut atteint, la victoire remportée. Maintenant ils peuvent regarder le ciel sans pâlir et la terre sans rougir ».

Source : http://www.charles-de-gaulle.org

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Mali : comment fonctionnent les forces spéciales françaises

17 Février 2013 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Forces spéciales

Ces unités d'élite sont en première ligne pour ce type d'opération. AFP

 

Elles combattent en première ligne, mobilisent ce qu'il reste de l'armée malienne et fuient les médias, surtout audiovisuels : les Forces spéciales (FS) sont au coeur de l'engagement français au Mali. Un reporter de l'AFP a rencontré cette semaine certains de ces soldats de l'ombre qui attendaient à Markala, à 270 km au nord-ouest de Bamako, l'arrivée de la première colonne blindée des forces régulières françaises à quitter Bamako pour le nord du Mali.

A condition de ranger l'appareil photo, deux d'entre eux ont donné quelques éléments sur leur mission : d'abord remobiliser des soldats maliens en déroute face à l'offensive des groupes islamistes, qu'ils auraient été dans l'impossibilité d'arrêter sans l'aide des soldats français descendus des avions et des hélicoptères. « Régiment malien... Ouais, si on veut » dit l'un des deux membres des FS. « En fait il n'y a qu'une poignée de courageux qui, quand les barbus attaquent, tiennent une demi-heure et filent ».

Technique et armement moderne

Quand ils sont arrivés, il y a presque une semaine, les forces spéciales françaises ont pris contact avec les soldats maliens qui n'avaient pas fui et leur ont assuré qu'ils n'étaient plus seuls, que des renforts arrivaient. Ils ont été aidés en cela par la campagne aérienne intensive, qui a non seulement arrêté la progression des jihadistes mais a détruit la plupart des bases et des dépôts d'armes des forces islamistes, faisant des dizaines de morts dans leurs rangs.

Et quand il a fallu engager le combat au sol, les Français, leur technique et leur armement moderne ont fait la différence. Quand les premiers Français sont arrivés, tout a changé » a confié à l'AFP le capitaine Cheichné Konaté, de l'armée malienne à Markala. « Le capitaine Benjamin et ses hommes ont été formidables », dit-il, évoquant le premier groupe de FS arrivés dans la région. « Ils nous ont aidés à reconstituer des défenses compactes. Des hommes qui étaient partis sont revenus. Sans eux, c'était fini pour nous ici ».

Souplesse et capacité d'improvisation

Même s'ils ne sont pas nombreux, les membres des FS disposent d'un appui aérien puissant, qui leur permet d'engager le combat avec des forces bien supérieures. « C'est à l'image de ce qui s'est passé en Afghanistan en 2001 avec des poignées de Special Forces américaines envoyés auprès de l'alliance du Nord contre les talibans », rappelle l'ancien chef d'un service français de renseignement, qui demande à rester anonyme. Ces soldats barbus à casquettes, immédiatement entrés dans la légende militaire américaine, montaient à cheval, demandaient qu'on leur parachute des selles et de l'avoine et désignaient, avec leurs pointeurs lasers, les cibles d'Al Qaïda et des talibans aux chasseurs-bombardiers américains.

« On emploie les forces spéciales dans ce genre de situation, quand il y a urgence et que l'on sait que l'on pourra compter sur leur souplesse, leurs capacités d'improvisation », ajoute la même source. « Des unités régulières, plus structurées, organisées, qui ont l'habitude de faire les choses d'une certaine façon auraient plus de mal à s'adapter », selon elle.

Galvanisation et formation

A Markala, les FS ont garé leurs jeeps surmontées de mitrailleuses et leurs 4x4 civils devant l'un des bâtiments d'une base. Comme toujours, ils côtoient les unités classiques qui s'installent, leur servent de guides, coordonnent leurs actions mais ne se mélangent pas à elles. Ils agissent souvent de nuit, discrètement, n'obéissant qu'à leur chaîne de commandement même si les forces régulières sont prévenues de leurs actions pour éviter les méprises. « C'est ce que l'on appelle l'assistance opérationnelle » précise Eric Dénécé, directeur du Centre français sur le renseignement, auteur de plusieurs ouvrages sur les FS.

« Dans ce rôle ils galvanisent, forment, encadrent et accompagnent au combat des forces amies. Ils savent travailler en petites équipes et, grâce à leur soutien aérien, ont un effet multiplicateur. Leur présence conforte et rend plus efficaces des forces locales qui elles connaissent le terrain, c'est primordial ».

 Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202511878731-mali-comment-fonctionnent-les-forces-speciales-francaises-530216.php

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La Franc-Maçonnerie et le Sacré

16 Février 2013 , Rédigé par D\ B\ Publié dans #Planches

Vénérable Maître et vous tous mes biens aimés Frères, je viens ce soir vous présenter ma réflexion, sur «la Franc -Maçonnerie et le sacré » une liaison certes dangereuse mais pour nous fondamentale .Effectivement, quand je dis « Et le sacré » je parle bien de la conjonction de coordination et non du verbe « être », d’où la notion de danger à l’égard de certaines autres courants de « Pensée Maçonnique et profane ».

Une réflexion comme celle que j’entends mener sur« La Franc-Maçonnerie et le sacré » ne saurait faire l’économie d’une petite définition de la religion. Parmi toutes celles qui ont pu être données, deux ont retenu particulièrement mon attention, parce que ensemble elles rendent bien compte de la complexité du sujet.
Pour le Larousse la religion est « un ensemble de doctrines et de pratiques qui constitue le rapport de l’homme avec la puissance divine ».
Pour le Robert c’est un « ensemble d’actes rituels liés à la conception d’un domaine sacré distinct du profane et destiné à mettre l’âme humaine en rapport avec Dieu ».
Ainsi la Franc-Maçonnerie traditionnelle en générale et la notre en particulier pourrait être considérée comme religion selon le Robert. L’initiation qu’elle pratique s’accomplit au travers d’actes rituels à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, reconnu comme Dieu révélé .Que ce soit au travers de signes, de gestes, de maximes morales. L’initié est donc mis en rapport avec Dieu.
Mais cela suffit-il pour que «La Franc-Maçonnerie » soit considérée comme une religion ?

Pour certains la réponse est positive .Pour d’autres, parmi lesquels je me range, elle ne l’est pas.
Ceux qui assimilent volontiers la Maçonnerie traditionnelle à une religion forment un assemblage hétéroclite, composé d’athées et de croyants, Maçons ou pas.

Pour certains croyants qui ont une conception «totalitaire »de l’institution ecclésiale, en ce sens que celle-ci doit être le seul témoin du sacré auquel ils se rattachent, notre Franc-Maçonnerie traditionnelle avec sa référence à un Dieu révélé et ses rites initiatiques accomplis à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, apparaît comme une sorte de contre- église, distribuant dans ses cérémonies des simulacres de sacrements. Aussi condamnent-il aujourd’hui la Franc-Maçonnerie à cause de son caractère religieux.
Certains Maçons, pour justifier l’évolution de la Franc-Maçonnerie, déclarent volontiers que leur rejet de Dieu comme Grand Architecte de L’univers correspond non seulement à un désir de liberté de conscience mais à une envie de clarification vis-à-vis de la religion. D’autres vont même jusqu'à répudier la notion d’initiation. Pour être complet, il y a aussi ceux qui ont gardé les principaux signes extérieurs de la
Franc-Maçonnerie traditionnelle mais qui les sont vidés de leur contenu. Ainsi parle-t-on volontiers d’initiation et de sacré, mais par rapport à un Grand Architecte de l’Univers qu’on refuse d’identifier à Dieu et qui peut donc être n’importe quoi, pour pas dire n'importe qui.
En identifiant le Grand Architecte de l’Univers à Dieu, nous avons pas le sentiment d’avoir transformé nos Loges en chapelles, nous sommes simplement restés fidèles à la tradition du vieux Métier des bâtisseurs qui se voulait à l’origine chrétienne.

Cette Franc-Maçonnerie de 1723 n’est pas entrée en guerre avec l’Eglise. Ses principes n’avaient rien de contraire à ceux de la foi chrétienne, et il ne serait venu à l’idée de personne de dire d’un chrétien Franc-Maçon de l’époque qu’il avait double appartenance. Il devrait en être de même aujourd’hui. En effet, le sacré auquel se réfère la tradition judéo-chrétienne est lié à un Dieu ineffable et jamais totalement connaissable. La réalité divine ne s’épuise donc pas dans la création et dans la rédemption.
Aussi « l’Eglise institution » ne saurait avoir le monopole du sacré, bien que pour nous chrétiens, elle demeure le lien obligé dans l’obtention du salut. De plus, la Franc-Maçonnerie ne propose aucune quête de salut. Le sacré de nos rites d’initiation est un sacré de création qui s’adresse d’abord et avant tout à la construction de notre « être » en ce monde. La Franc-Maçonnerie ne dispense pas un enseignement sur l’au-delà.
Pour bien préciser ma pensée, je voudrais aborder le problème des rapports entre l’initiation maçonnique et les sacrements. Nous vivons en effet en pays de culture chrétienne, aussi est-ce par rapport au christianisme que je me situerais, et ce, dans un esprit le plus œcuménique possible. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi l’exemple du baptême, sacrement commun à tous les chrétiens.
L’initiation symbolique transforme obligatoirement l’homme, elle se trouve dés lors en similitude avec la transformation du sacrement chrétien.

Comparons le baptême et l’initiation. Le mot baptême dérive du grec « baptizein » qui signifie immerger, laver. L’Ancien Testament connaissait déjà des rites de purification par l’eau .Ezéchiel (36, v25) Dieu dit à son peuple « je vous aspergerai d’une eau pure, et vous serez purs ; de toutes vos impuretés et de toutes vos Saletés je vous purifierai ».Après l’exil, à Babylone, les rites d’ablution se multiplièrent, en particulier chez les pharisiens dans le but de permettre l’accès au temple pour les sacrifices. Jean Baptiste, quand a lui dans la droite ligne du psaume 51, donnera au baptême d’eau le sens du pardon des péchés et de la conversion du cœur pour se préparer à vivre les temps nouveaux, l’ère messianique du christianisme.

D’une certaine façon donc, on peut constater que le baptême entre en concurrence avec le culte sacrificiel du Temple, les sacrifices étant offerts pour le pardon des péchés. De plus, Jean Baptiste annonça explicitement la venue du Messie qui devait baptiser de feu et d’esprit. La transition, entre le baptême de Jean le baptiste et celui de Jésus, s’opéra lors du baptême de Jésus lui-même, par Jean Baptiste .Après le baptême d’eau, dés que Jésus remonte des eaux du Jourdain, l’Esprit de Dieu, confirmé par la voix, descend sur Jésus sous forme d’une colombe. Pour les Evangiles, il y a beaucoup de passage qui parle du sujet, j’ai retenu les derniers versets de celui de Marc qui rapporte l’ordre de Jésus ressuscité à ses apôtres, passage très important parce que considéré comme étant un des textes d’institution du baptême. Jésus leur dit: « Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création, celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné .Voici les signes qui accompagneront ceux qui ont cru :En mon nom, ils chasseront les démons ;ils parleront de nouvelles langues;ils saisiront des serpents ;s’ils boivent quelques breuvage mortel, il ne leur fera point mal ;ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. Le seigneur, après leur avoir parlé fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu».

Ce texte, qui institue le baptême comme sacrement, c’est-à-dire, pour reprendre une définition de saint Augustin, « comme le signe visible d’une grâce invisible » appelle trois petites remarques théologiques.
Premièrement le baptême est lié à la foi, il lui apparaît même comme primordial. Le baptême et la foi, lien qui est souvent perdu de vue dans nos grandes Eglises pratiquant le baptême d’enfants.
Deuxièmement le baptême et le salut. Il apparaît comme nécessaire au salut mais non pas d’une nécessité absolue, ni une condition sine qua non. Il n’y a pas, en effet, de parallélisme entre les deux formules. Il est dit : « celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » on ne dit pas « et ne sera pas baptisé » là encore la foi prime.
Troisièmement les signes qui accompagnent ceux qui auront cru sont des signes que l’on pourrait appeler « des signes magiques ou paranormaux », tel le pouvoir de guérison, la connaissance d’aspects cachés du sacré, l’immunité devant la maladie.

En résumé, à partir du texte évangélique, le baptême n’est pas un acte magique, il n’a d’action salutaire que là où la foi a été placée dans le cœur de l’homme par le Saint Esprit ; la volonté humaine mue par la foi est donc sollicitée.
Saint Paul dans l’épître au romains chapitre VI v. 3&4 nous dit : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Christ Jésus, c’est en sa mort que nous avons été baptisés?Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous menions une nouvelle vie » Ici Paul fait du baptême un véritable rite d’incorporation à la mort et à la résurrection du Christ, ce n’est plus en tant que rite purificateur par l’eau seulement que le baptême lave du péché Il associe le récipiendaire à l’acte salutaire du Christ en le faisant passer par deux phases : la mort et la résurrection. En fait le sacrement de baptême se rattache essentiellement à la mort et à la résurrection de Jésus. Lorsque Jésus triomphe de la mort, il reçoit auprès de son Père la gloire du fils de Dieu. De même nous au moment de notre baptême, nous passons d’un monde sans Dieu, d’un monde mort à une vie avec Dieu qui, celle-là, est éternelle.

Sans vouloir entrer dans des détails fastidieux je dirai simplement que le rite maçonnique, dans beaucoup de ses degrés, et ce, dés le premier même, évoque l’idée de la mort et de la résurrection. Certes le cadre ainsi que le but de l’initiation, puis les passages et élévations se présentent d’une manière différente de ceux du rite baptismal. Il est question de la mort de réalités anciennes, de la naissance à des réalités nouvelles, d’accès à des vérités éternelles, ce sont-là autant de points communs entre baptême et initiation. Où est alors la différence ? Dans un mode différent d’approche du sacré si, bien entendu, on conserve à l’initiation maçonnique sa dimension traditionnelle, la foi seule rend le baptême efficace pour le salut, et oriente la volonté humaine dans le sens des Evangiles, alors que le pouvoir de l’initiation est un pouvoir agissant sur l’éveil des forces qui existent déjà dans l’individu et qu’il faut appeler à se manifester. Ces forces en éveilleront d’autres au fur et à mesure des passages de degrés et de l’expérience acquise de la vie initiatique jusqu'à un certain épanouissement .L’initiation maçonnique n’agit que là où elle rencontre quelque chose :
Volonté de connaissance, de recherche, désir de progrès etc. Je ne connais pas pour autant tout ce à quoi appelle le sacrement religieux et qui ressemble aussi aux objectifs de l’initiation.

Toujours est-il que ce que les jansénistes appelaient la grâce, n’est pas une condition rédhibitoire de l’élévation en maçonnerie fût-elle traditionnelle, mais elle n’est pas non plus incompatible.
Le chrétien baptisé témoigne des évangiles, le maçon purifie sa pensée de tous les préjugés de tous les sophismes, de toutes les passions aveugles, et de tous les bas appétits, pour renaître à une vie supérieure.

L’un honore Dieu, l’autre honore la fraternité maçonnique toute entière.
Le maçon rectifié honore l’un et l’autre.

Ah…sacrée Maçonnerie !!!

Source : www.ledifice.com

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Des mythes et symboles de la mort et de la résurrection

14 Février 2013 , Rédigé par C.M Publié dans #Planches

Lors de notre élévation au grade de Maître, nous vivons tous une nouvelle initiation : l’initiation à la mort. On peut alors s’interroger. Si la mort désigne, comme nous le dit le Dictionnaire des Symboles, la fin absolue de quelque chose de positif : un être humain, une amitié, la paix, alors Pourquoi un tel psychodrame ? Sur quel chemin veut-on nous emmener ? Si en tant que symbole, la mort est l’aspect périssable et destructible de l’existence, si elle est aussi l’introductrice dans les mondes inconnus des Enfers ou des Paradis (toujours selon le dictionnaire des symboles) alors Quel paradis nous est promis ou interdit ? Quel enfer veut-on nous faire approcher et quitter ? Au total, que va faire le maître de cette nouvelle vie qui s’offre à lui ?

La mort a toujours été au centre de toute réflexion ou méditation sur la vie. Platon disait : « La vie d’un philosophe n’est qu’une longue méditation sur la vie. » paradoxe, car la mort apparaît comme la négation ou tout au moins la cessation de la vie. Ainsi les hommes refusant de fait la mort comme définitive se sont inventés par le biais des religions une survie qui serait éternelle. Mais les religions ne sont que l’expression vulgarisée d’une vieille sagesse transmise dans le secret, de maître à disciple, à ceux qui sont capables de recevoir la vérité sur la vie qui inclut la mort comme inéluctable perspective. Aussi, des mystères antiques égyptiens, grecs et romains à la Franc-Maçonnerie, le cœur de toute initiation passe par la symbolique de la mort et de la résurrection qui ne concerne en rien la survie indéfinie de l’âme après la cessation de la vie et qui n’est pas immédiatement accessible à l’initié. Ainsi, les Mystes d’Eleusis n’accédaient aux « grands mystères » qu’après avoir été au moins un an auparavant, initiés aux « petits » ; et nous, Francs-Maçons ne sommes nous élevés au grade de maître qu’après avoir été reçus apprentis, puis avoir « vu » comme compagnon « l’Etoile Flamboyante ».

Mais remontons d’abord dans le Temps. La symbolique de la mort et de la résurrection remonte à la plus Haute Antiquité avant d’aboutir pour nous Francs-Maçons à la légende d’Hiram.
Trois mille ans avant J-C déjà, une légende rapportait l’existence d’un roi fabuleux, Tammouz, amant ou époux de la déesse-mère, qui mourait en même temps que la nature et ressuscitait trois jours plus tard.

C’est encore Ishtar, déesse babylonienne de la fécondité et de la fertilité dont Oswald Wirth nous conte l’histoire de sa descente aux enfers. « Lasse de frivolité, la déesse babylonienne se détourne de vivants et s’enfonce dans le séjour des morts. Elle s’y heurte à sept enceintes, qu’elle ne peut franchir qu’en se dépouillant graduellement de ses métaux et de ses vêtements. Elle se présente ainsi dans un état d’absolue nudité devant la reine des Enfers, sa sœur, qui, après avoir provoqué Ishtar à se révolter en lui reprochant ses fautes, la punit en la faisant accabler de tous les maux et en la retenant prisonnière. Les vivants ne connurent plus alors ni l’amour, ni ses rites. Les races étant menacées de s’éteindre, les dieux tremblent de manquer de dévots et d’offrandes. Les dieux inférieurs ont alors recours aux supérieurs et implorent la libération immédiate d’Ishtar. Ainsi, l’Enfer sera contraint de rendre sa proie. Ishtar est donc revivifiée, puis reconduite de porte en porte jusqu’à la sortie de la sombre demeure. En chemin, elle rentre en possession de tout ce qui lui appartient. La vie terrestre reprend son cours normal. » Pour Wirth, ce mythe fait allusion au renouvellement printanier de la végétation mais a une portée plus subtile. Descente aux enfers, dépouillement puis restitution des métaux, mort et résurrection, marquent autant de phases du programme constant de toutes initiations.

Vient ensuite la légende d’Osiris. Râ, devenu vieux, avait choisi Osiris son fils aîné, pour lui succéder. Celui-ci, aidé de sa sœur-épouse Isis se révèle excellent souverain. Mais Seth, frère jaloux, lui tend un piège, le tue, dépèce son corps et en jette les morceaux dans le Nil afin d’empêcher sa reconstitution et sa résurrection. Cependant, Isis, à force de patience et d’obstination « rassemble les morceaux épars », reconstruit le corps de son mari jusqu’à l’appendice manquant, grâce à quoi elle peut devenir mère des œuvres du dieu qu’elle a ressuscité. Et ainsi les Egyptiens, lors des fêtes en l’honneur d’Osiris, prenaient le deuil, pleuraient pendant trois jours puis célébraient sa résurrection qui apportaient à tous l’assurance d’une vie posthume. Dieu agraire, il symbolisait aussi le grain inerte enfoui dans le sol qui germe et lève.

Comment ne pas évoquer également les mystères d’Eleusis. Même si nous ne savons que fort peu de choses, le secret ayant été rigoureusement gardé, Cicéron nous a tout de même relaté les frayeurs qui précèdent la mort puis la joie qui accompagne la renaissance.
Et je ne puis passer sous silence la Passion du Christ et sa résurrection, puisque réelle ou légendaire, elle s’inscrit dans la même tradition. Comme le roi Tammouz trois mille ans avant lui, le Christ ressuscite trois jours après sa mort et après être descendu trois jours aux enfers.
Mais la symbolique de la mort et de la résurrection n’est pas l’apanage des grandes civilisations. Dans toutes les parties du monde, les populations « non civilisées » célèbrent de véritables mystères auxquels on n’est admis que par voie d’initiation. Ils renferment presque toujours des scènes mimées où l’élément dramatique le plus fréquent est la simulation d’une mort suivie d’une résurrection. On retrouve de tels rites en Australie, dans l’archipel des Iles Fidji, au Congo, en Nouvelle-Guinée.
Les similitudes de ces initiations pourtant très éloignées dans l’espace et dans le temps peuvent surprendre. On approche ici du caractère universel du message transmis par ces mystères pour tous les hommes, de toutes les contrées et de toutes les époques.

« Nul ne saurait se dire véritablement initié, tant qu’il n’est pas mort trois fois » rappelle Wirth. Notre réception au grade d’apprenti figure de manière symbolique, la mort de l’être profane et sa résurrection en tant qu’initié. Le processus débute lors notre recueillement au sein du cabinet de réflexion où la tête de mort côtoies l’énigmatique VITRIOL. C’est notre première mort initiatique suivie de l’initiation, seconde mort initiatique où nous nous libérons de notre esclavage pour devenir un homme libre. Enfin, nous mimons la mort puis la résurrection d’Hiram et accédons à la troisième mort symbolique.
Mais pourquoi cette cérémonie qui nous touche à jamais, épisode parfois douloureux, toujours perturbant ? Est-ce le vrai commencement ?

La mort a plusieurs significations. Elle peut être libératrice des peines et des soucis. Elle n’est pas une fin en soi. Mors janua vitae : la mort porte de la Vie. Au sens ésotérique, le dictionnaire des symboles nous dit qu’elle symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation. Maître Hiram meurt donc pour donner naissance à un nouvel Hiram : la vie a vaincu la mort, l’esprit a dominé la matière, la Lumière a triomphé des ténèbres, le compas peut couvrit l’équerre. Le Maître doit mourir pour permettre au Compagnon de réaliser sa propre naissance, pour lui donner la possibilité de s’accomplir pleinement et devenir un nouvel Hiram spirituel. Ainsi la lumière que chacun peut recevoir et transmettre brillera éternellement et nous pouvons dissiper notre angoisse devant la mort. Car pour nous qui sommes intégrés dans « une chaîne d’union », notre propre mort devient une péripétie inévitable, d’importance secondaire dès l’instant que le groupe lui survit. L’initié ne doit pas avoir peur de mourir. Ayant éprouvé son courage en mimant la mort, il sait qu’il vivra éternellement, non pas dans un au-delà mythique, mais dans la « Chaîne d’union » qui lui survivra grâce aux autres maillons qu’il aura lui-même contribué à engendrer et façonner.

Puis vient le temps où il faut quitter le linceul noir. La « remontée » débute par le mot de passe des Maîtres Maçons : Tubalcaïn qui signifie que nul ne saurait se prétendre tel s’il n’a visité les enfers, ses propres enfers. Tubalcain, Maître du Feu, des métaux et des Enfers nous montre la voie. Nous devons forger nos métaux, nous rendre maître de notre énergie intérieure, sortir de l’enfer qui peut s’appeler tour à tour vanité, ignorance, fanatisme, peur de l’autre, rejet, jalousie, colère, pulsion, mensonge, haine, oubli, jugement.

Ensuite arrive le temps de la résurrection. Que faire de cette résurrection ? Tout d’abord, le mot interroge. Littéralement il signifie se lever une nouvelle fois, en mythologie et religion c’est le retour de la mort à la vie , le terme grec anastasis utilisé dans le Nouveau Testament signifie relèvement ou action de lever ou d’être levé une nouvelle fois à partir d’une position couchée.
L’aspirant à la maîtrise est donc prêt pour la résurrection, prêt à quitter le tombeau « qui a sept pieds de long sur cinq de large et trois de profondeur ». Hiram est alors ressuscité « par les cinq points de la Maîtrise », réanimation d’un corps afin de lui redonner vie. Il peut désormais être l’homme qui s’applique à la réalisation d’une œuvre et , tel l’architecte Hiram qui construisait le Temple du Roi Salomon, à la construction d’un temple du Cœur et de l’Esprit. Maître, il sera celui qui se heurte au pouvoir et à l’ambition, à l’ignorance, au mensonge et au fanatisme, les trois mauvais Compagnons de la légende. Il devient l’espoir d’un monde du bien et du beau. Il quitte sa vieille dépouille et endosse l’habit d’un homme imaginatif, créatif et libre. Il abandonne dans le cercueil son « corps psychique » pour renaître « corps spirituel », purifié, libéré et heureux. Il est le symbole de l’homme de valeur qui, malgré les tentations et les persécutions, remporte la victoire sur ses faiblesses et ses passions ; il est le symbole d’homme fidèle au devoir, du Franc-Maçon qui préfère mourir que de faillir à sa tâche.

Ainsi la résurrection, cadeau de l’initiation à la mort, nous montre au bout du chemin le paradis, ou plutôt notre Paradis, ce lieu de notre esprit où selon la tradition toltèque règne la joie, où on est heureux, libre d’aimer et d’être qui l’on est vraiment si on réussit à détruire le parasite c’est-à-dire nos défauts.
La route vers notre paradis reste longue, tortueuse mais cette nouvelle vie qui s’offre à nous est surtout synonyme de recherche, de beauté, d’envie et d’actions. Poursuivre le chemin, continuer notre quête, voilà notre saint Graal, notre inaccessible étoile.

J’ai dit

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Les 5 Points Parfaits de la Maîtrise

13 Février 2013 , Rédigé par D\ A\R\ Publié dans #Planches

La méthode maçonnique nous confronte, à chaque degré, à une représentation symbolique et mythique dont nous devons chercher la signification intérieure qui nous est propre. Dans cette recherche nous sommes aidés par nos frères pendant les Tenues, ce qui nous permet d’enrichir, de développer et d’assurer nos interprétations personnelles. Ce soir mes frères, je vous propose d’échanger des idées sur mes interprétations concernant un des symboles du troisième degré : les 5 Points Parfaits de la Maîtrise.

Maître Hiram, notre modèle de conduite, a été abattu en affrontant les trois plus grands ennemis de la Franc-maçonnerie. Notre héros mythique gît sous l’Acacia, symbole de régénération, ce qui nous indique que nous sommes prêts pour une nouvelle transformation. Symboliquement nous sommes au fond de nous-mêmes au centre d’une mort dynamique et une nouvelle forme de vie nous attend… Mais nous ne pouvons pas nous mettre sur la voie par nous-mêmes. La chair a quittée les os, tout se désuni, et le squelette ne peut pas se relever tout seul.

Le V.M. , aidé par deux frères, relève le cadavre par les 5 points parfaits de la maîtrise. La posture finale scelle une alliance entre deux êtres qui n’en font plus qu’UN : le V.M. et le frère qui représente Hiram. Le nouveau Maître est encore faible. Seule la vie végétative est présente en lui. L’esprit est encore engourdi et pour le réveiller des paroles de Vie sont prononcées.

Le Mémento du Maître nous dit : « Question : Quelles sont les véritables marques (les traits distinctifs) d’un Maître ? » « Réponse : La Parole et les cinq points parfaits de la maîtrise ». Je crois que ceci permet d’affirmer que les Cinq Points Parfaits et la communication du mot substitué forment un tout : le Relèvement ! D’autre part si nous considérons que le nouveau Maître ne reste pas dans la mort, le Rituel semble nous indiquer que la légende d’Hiram est composée par deux phases indissociables : la Mort et le Relèvement. Notre rituel nous dit : « …Hiram renaît ainsi dans ses disciples et, en particulier, dans le Maître nouvellement initié… » Le nouveau Maître est debout maintenant et un homme debout est symbolisé par le nombre UN.

Le Nombre UN est un symbole unificateur : il tend à unifier les contraires et à réaliser une synthèse des opposés. Le nouveau Maître régénéré est alors censé être capable d’accomplir en lui l’harmonie, l’équilibre et la cohabitation des contraires. Il peut se placer, donc, au Centre de l’Union, et travailler à réunir ce qui est épars. Pour moi mes frères, à ce moment là, le nouveau Maître se trouve dans le point qui constitue le centre du cercle. Le point où se rejoignent tous les processus de retour et de convergence de recherche l’unité. Quand on parle d’unité je pense ce soir aux deux aspects de la dynamique qui est au centre de nous-mêmes en tant que Francs-Maçons la Mort Initiatique et la Vie Initiatique. Je vois, aussi, notre jeune Maître au centre d’une croix, dont chaque branche a deux dimensions : A la verticale : une dimension intellectuelle et une dimension spirituelle. A l’horizontale une dimension philosophique et une dimension social.

Pour moi la philosophie est bien plus qu’un discours théorique. Comme dans la Grèce classique je crois que la philosophie a un aspect vital, existentiel et que c’est un mode de vie. Ainsi sur le plan du Niveau le Franc-maçon a un rôle en société. Dans ce rôle il est censé être animé par la Lumière qui éclaire le Temple. Dans cette dimension horizontale je distingue aussi deux cercles. Un premier constitué par la famille, les amis et la Franc-maçonnerie. Le deuxième formé par l’activité au niveau professionnel, associatif et politique. Chaque frère choisi librement s’il agit dans les deux cercles ou s’il préfère le plus restreint. Celui de la cité n’attire pas forcement tous les Francs-Maçons.

Le travail à la Perpendiculaire, d’autre part, implique une activité en vue de notre transformation. Les rituels du premier et du deuxième degré nous indiquent l’ensemble d’exercices moraux et intellectuels à suivre en vue de notre perfectionnement en tant qu’Initiés Francs-Maçons. Lors de l’Initiation au premier degré les épreuves nous indiquent que les préjuges profanes doivent cesser d’animer notre intellect et que nous sommes censés acquérir des nouvelles habitudes morales, des nouvelles connaissances et renforcer notre volonté. Puis, en tant que Compagnon cette dimension intellectuelle est approfondie par les sujets de méditation des 5 voyages et par le renforcement de notre capacité à : donner à notre raisonnement une limite, à ramener les faits à leurs proportions réelles, à donner aux mots leurs sens propre, à donner aux rapports entre les choses une mesure et enfin à considérer toutes les choses en leur relativité. (Plantagenêt) Dans le troisième degré nous rencontrons les 5 points parfaits de la maîtrise. Le nombre 5 évoque l’homme accompli, ainsi les cinq points sont « parfaits » parce qu’ils unissent la nature humaine et la nature spirituelle du nouveau Maître. Les cinq points peuvent symboliser aussi ce qui permet, aux Maîtres Francs-Maçons, l’articulation à la force qui anime l’Univers et qui nous transcende.

Ce qui nous transcende et la spiritualité dont je vous parle, mes frères, est à faire en dehors de tout contexte ecclésiastique. Religion vient du latin unir, relier. Le sentiment d’union vient du cœur de l’Homme. L’être humain cherche à comprendre et à connaître ce qui le relie à toutes les espèces vivantes et à la création, car il a comprit que tout ce qui l’entoure vit et meure comme lui. Dans nos Rituels dans le travail à la Perpendiculaire, la spiritualité est présente au premier degré avec la Mort symbolique au monde profane et au deuxième degré avec le symbolisme de la lettre G. Pour moi, « la spiritualité » est la mise en action de la partie immatérielle de l’être humain. C’est l’activité de l’ensemble de nos facultés psychiques et intellectuelles. Par conséquent, je considère que la spiritualité d’un Franc-maçon ne peut pas être circonscrite seulement à ce qui est de l’ordre de l’âme en tant que principe immortel subsistant après la mort. Je laisse cela aux théologiens.

La spiritualité d’un Franc-maçon peut être considérée comme humaniste, car nous sommes engagés dans la recherche de la vérité et de la moralité par l'intermédiaire des moyens humains et en solidarité avec l'humanité. La spiritualité maçonnique soutient une morale universelle fondée sur la communauté de la condition humaine. Enfin, elle nous suggère aussi que les solutions aux problèmes sociaux et culturels sont de caractère humain et ne doivent pas être égoïstes. Pour moi un Maître Franc-maçon doit chercher à se dépasser et je trouve, là, le lien avec la transcendance. « La transcendance », est quelque chose de plus qu’un simple phénomène de notre conscience. Elle est ce qui dépasse le subjectif dans notre Conscience. Elle est l’objet vers lequel la Conscience entreprend l’action de faire mieux qu’à l’ordinaire. La transcendance est dans le Vivant et elle est, donc, accessible à l’Homme. Pour moi c’est l’Etoile Flamboyante que nous sommes censés guetter et trouver dans notre propre vie. Et, en tant que Maîtres au centre du cercle. D’autre part, je pense que l’immanence est aussi une dimension humaine et donc liée à la transcendance dans l’Homme. C’est pourquoi je crois que la voie initiatique de la Franc-maçonneries nous permet de trouver le chemin vers la Connaissance qui est immanente en nous. Je crois, aussi, trouver là un des buts de la pratique des nos rituels : la découverte, en nous-mêmes, de ces deux dimensions, sans que cela implique nécessairement l'adhésion à un corpus de croyances religieuses-ecclésiastiques. Par conséquent, je crois que nous pouvons considérer la spiritualité maçonnique comme transcendante et humaniste : sans dogmes ni cultes mais uniquement des règles morales. Nous sommes des laïques ayant pris leur spiritualité en main.

Quand le Compagnon frappe à la porte de la Chambre du Milieu il entre dans un lieu de tristesse et il trouble les Maîtres dans leur deuil. Après le Relèvement la Lumière revient, la douleur des Maîtres s’estompe et le Temple devient resplendissant. Hiram est régénéré dans le nouveau Maître. Pour moi ceci symbolise le travail spirituel à mettre en route au centre de nous même. Et nous trouvons le 1er des 5 points parfaits : le pied droit avancé, symbole de la marche vers un but unique. Je pense qu’à partir du 3ème degré la voie spirituelle est inévitable pour le Maître Franc-maçon qui veut continuer à développer cette dimension de sa Conscience.

La Conscience en tant que force qui permet l’intégration de tous les éléments et structures physiques et psychiques de l’existence de l’être humain. En développant notre Conscience nous pouvons harmoniser non seulement le corps et l’esprit mais aussi les différentes facultés de l’esprit et par conséquent l’immanence et la transcendance présentes dans l’être humain. Sans Loge il n’y a pas de Travail maçonnique, le nouveau chemin qui se présente au nouveau Maître est favorisé par la réflexion collective en Loge en alliance avec nos frères. Nous rencontrons, maintenant, deux autres points parfaits : Le 3ème point parfait : Les mains droites entrelacées, symbole de l’union nos efforts qui tendent vers le même but. Et, le 5ème point : La main gauche sur l’épaule droite qui symbolise l’entraide dans la recherche de la Vérité. Ce chemin ne reste pas moins une voie personnelle, intérieure, silencieuse et nous voilà toujours en plein dans le Secret maçonnique.

Cette voie secrète n’est constituée que par l’éphémère empreint de notre navigation dans l’océan de notre Conscience. Mais à force de persévérance le sens spirituel de la Tradition progressivement finira peut-être par se dévoiler au Maître Franc-maçon. Et, le 2ème point nous apparaît: Le genou droit plié symbole du culte du travail. Mais il s’agit de l’hommage au travail initiatique c'est-à-dire sans la moindre intention d’obtenir une récompense. Cette voie où nous partons à la recherche des choses derrière les formes et au-delà des apparences je crois qu’elle s’accompli dans l’action et la morale et c’est la recherche de la raison d’être de notre Existence.

Enfin, le symbole du 4ème point parfait de la maîtrise se présente à nous : Nos poitrines se touchent et nous partageons nos sentiments à travers nos cœurs spirituels. Ainsi, avec le renforcement de la spiritualité, structure de notre Conscience, animée par des valeurs personnelles et maçonniques ; avec la solidité et la force minérale de la pierre cubique ; placés au centre de nous-mêmes et au centre de l’Union nous pourrons, en tant que Maîtres Francs-Maçons, donner un dynamisme « autre » à notre comportement en Loge à notre agir à l’extérieur du Temple et à notre modeste contribution personnelle «…au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité ».

J’ai dit, V.M.

Source : www.ledifice.net

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Citation de René Désaguliers

12 Février 2013 , Rédigé par René Désaguliers Publié dans #Rites et rituels

Le régime Ecossais rectifié ne saurait être considéré comme un rite maçonnique ordinaire. Seul sans doute de son espèce, c’est un rite de pensée, de pensée spirituelle et théosophique. C’est délibérément que les fondateurs – et entre tous J.B. Willermozont tenté sur le tronc vigoureux mais désordonné et creux de la Maçonnerie française du XVIIIe siècle la pensée mystique et théurgique de Martines de Pasqually. Par cet acte, le devenir d’une partie de la FM s’est trouvé engagé dans une voie différente, difficile, mais ô combien exaltante. C’est un fait historique qu’il faut reconnaitre. C’est une donnée de la Maçonnerie française qu’il est dangereux, surtout lorsqu’on prétend appartenir à ce régime, de méconnaitre. Que s’écartent ceux qui s’indignent ou s’effraient. Que les autres cherchent, travaillent et méditent.

René Désaguliers, Renaissance Traditionnelle, n°10, avril 1961.

Source : http://initiationetvoyages.wordpress.com/tag/rer/

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Willermoz et Cagliostro

12 Février 2013 , Rédigé par A.Joly Publié dans #histoire de la FM

« Willermoz a conté ses entrevues avec Cagliostro à Charles de Hesse (Lettre du 6 au 8 novembre 1784. (« Il venait dans le désir d'établir le rite égyptien en France et son chef-lieu à Lyon. Il avait jeté les yeux pour cela sur la Loge de la Bienfaisance de Lyon ») ; il en fit part aussi, d'une façon plus officielle, au duc d'Havré de Croy, le 13 décembre 1785 (Lyon, ms. 5458, pièce 11). Ils eurent ensemble quatre entretiens longs et graves, dont le dernier ne dura pas moins de cinq heures. La dernière conversation porta sur la nature de Jésus-Christ. « Il parut, écrit Willermoz, embarrassé et hésita. Il termina cependant par déclarer que Jésus-Christ n'est pas Dieu, qu'il était seulement fils de Dieu, comme lui Cagliostro, et un philosophe. Je lui demandai comment donc il expliquait tels et tels passages de l'Évangile qu'il avait nommés quelquefois. Il prétendit que tous ces versets étaient faux et ajoutés au texte. Il me demanda à son tour quelle était ma croyance sur ce point. Je lui fis ma profession de foi. » (Willermoz, Lettre à Ch. de Hesse, 8, 9 novembre 1784).L'aventurier sentit que la partie était perdue. Mais il était homme à chercher avantage même d'une défaite. Celle-là lui permettait de revenir sur ses embarrassantes promesses. Il allégua qu'étant donnée cette différence de croyance, il lui était impossible de donner aucune preuve de son pouvoir. À quoi l'autre répliqua qu'une différence d'opinion n'empêchait pas les faits. Cagliostro persista dans son refus. Willermoz fit remarquer que c'était manquer à la parole donnée. Cagliostro prétendit qu'on la lui avait extorquée. Willermoz se fâcha devant une mauvaise foi aussi impudente." (A. Joly, Un mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, 1730-1824, Protat Frères, 1938, pp. 209- 211).

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Lettre de JB Willermoz au Duc de Havré et de Croy (1785)

11 Février 2013 , Rédigé par JBW Publié dans #histoire de la FM

MS fg 5.458 Page 11 bibliothèque de lyon

Lettre du F :. Willermoz ainé, membre du directoire écossais d’auvergne séant à Lyon, et chancelier général du ressort provincial, au TRF Duc De Havré et de Croy grand maître provincial du ressort et vénérable maître de la respectable loge de la bienfaisance à l’orient de paris ; l’an de la vrai lumière le 13 décembre 5785. A Lyon  

TRF

C’est depuis dix jours seulement que j’ai reçu la lettre daté du 25 gbre dernier que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser pour le directoire. J’y ai présenté aussitôt les divers objets mentionné dans votre lettre et sur lesquels vous désirez connaitre sa manière de pensée.

La séance a été employée plutôt en examen et réflexions sur les questions proposées qu’en délibération positive. C’est la substance de ces réflexions que je suis chargé de vous présenter T.R.F.

Le directoire n’a point été étonné de voir par ces à coté de vos propositions, le vif intérêt que vous paraissez prendre a la satisfaction de la respectable loge que vous présidez et celle de tous ses en particulier ; mais comme vous avez donné constamment en toute occasion des preuves non équivoques de votre zèle et de votre attachement pour le Régime rectifié et pour le maintien des lois qui peuvent rendre ce régime particulièrement utile à tous ses membres successivement, le Directoire se flatte que son illustre Maître Provincial ne désapprouvera pas pour l’accomplissement d’un but si important il soit sur quelques uns des points proposés d’un avis différent de celui du Vénérable Maître de la Respectable loge de la bienfaisance à paris.

Les réflexions du Directoire ont eu pour base la connaissance de l’esprit du régime rectifié ; connaissance qui vous est trop familière pour avoir besoin d’être rappelée ici, puisque ce ne serait qu’au nom d’un corps dont vous êtes le chef et l’organe ; et si je le fais, c’est plutôt pour ceux à qui vous jugerez à propos dans un temps ou dans l’autre de le faire connaitre, afin qu’ils voient alors que c’est moins votre opinion que celle du corps entier,  que vous lui présenterez.

Le Régime rectifié a un but général qui lui est commun avec tous les autres régimes maçonniques. Ce but est le point de ralliement de tous les régimes : voila pourquoi il y a entre les uns et les autres des rapports respectifs. Mais ce but n’est pas exclusif : il est même le moindre, car il n’explique ni les symboles ni les emblèmes maçonniques, qui cependant doivent être un jour expliqués dans leurs vérités ;  et tous les régimes qui n’ont pas les lumières nécessaires pour les expliquer ainsi à ceux dont le temps est venu, sont des régimes arbitraires qui ne sont point dans la vérité maçonnique.

Ce n’est point à nous à juger aucun cas ces régimes, mais nous pouvons dire avec confiance que c’est aux fruits qu’ils portent eux même, et à ceux qu’ils font produire dans leur sein que tout homme réfléchi pourra fort aisément les juger .On est aussi fondé à juger que tout homme qui porte le titre de maçon, s’il ne manifeste pas en lui les fruits de la vérité, n’est pas dans un régime vrai, ou est, quel qu’il soit, indigne d’y être.

Le but de bienfaisance tout louable qu’il est, n’exigeant par lui-même ni mystère ni serment et n’expliquant rien, ne peut être le vrai but de l’initiation maçonnique.

Le régime rectifié a un but plus essentiel celui de former des hommes vertueux qui le soient non par pure spéculation, comme cela arrive si souvent mais d’une manière active qui les rende capables de connaître ensuite et quand il plaira à Dieu, tout ce qui peut faire ou commencer ici bas le vrai bonheur de l’homme. Ainsi il admet dans les loges tous les hommes vertueux et tous ceux qui désirent de bonne foi de le devenir, pour leur en procurer en leur temps  les fruits.

Mais tous ceux qui ne se rangent eux même par l’effet d’une volonté propre et ferme dans l’une de ses classes, y sont déplacés et ne doivent point être étonné de si voir oubliés, jusqu’à ce qu’ils soient élevés eux même convenablement.

Quoiqu’il soit interdit dans le régime rectifié comme dans tous les autres, de se livrer dans nos assemblées à aucune discussion dogmatique il n’en est pas moins vrai que le régime ne reconnait pas de véritable vertu, si elle n’est fondée sur les bases sacrées de la religion et comme aussi il n’y a pas deux religions vraies le Sérénissime Grand Maître général de l’ordre rectifié eut raison d’inscrire dans sa lettre circulaire de 1779 ces paroles remarquables

Et qui dit un vrai Maçon,

Dit un vrai chrétien.

 Car ces deux titres sont inséparables dans la vraie et primitive institution maçonnerie qui a été si fort défigurée par tous.

Ces principes dont je viens de faire une exposition sommaire, et qui seront mieux développés dans le nouveau code des règlements maçonniques, qui paraîtra (j’espère) dans le courant de l’année prochaine, sont l’unique et inviolable base de toutes les opérations du Directoire général du ressort provincial, soit pour les délibération journalières, soit pour les constitutions des nouveaux établissement maçonniques, et l’avancement des F.F. dans les hauts grades du régime, comme il ne marche jamais que tenant à la main une règle positive, qui manque presque partout ailleurs, il est moins exposé à errer qu’on ne l’est ailleurs, ou l’arbitraire suppléé forcement au défaut de loi positive. Il ne pourrait s’écarter de la sienne sans s’exposer au danger de manquer le but, et s’il le manquait devenu par la indigne du dépôt de lumière qui lui est confié pour préparer successivement le bien de tous, ce dépôt lui serait bientôt retiré, et il mériterait dès lors le reproche juste et amer de tous ceux qui entrant successivement dans la même carrière, se verraient privés de la portion de lumière qui leur était destinée et qu’ils devraient recevoir par lui.

Car se sont les grades les plus élevés sans les instructions qui les accompagnent et qui les expliquent et qui ne se trouvent pas partout ? Voila la cause de cette inflexibilité qu’on a tenté quelque fois de reprocher au régime, et pour lui au Directoire, qui uni a son chef provincial, en est l’organe, lorsqu’il a résisté à des considérations particulières ou locales, qui paraissent être d’un grand poids aux yeux de chaque prétendant, mais qui n’étaient rien aux yeux d’une administration éclairée, qui ne doit considérer dans l’homme prétendant , quelque décoré qu’il puisse être, que l’homme même, tel qu’il est aux yeux de la divinité.

L’administration Directoriale vient d’en faire dans le courant de cette l’année, une pénible expérience envers un illustrissime frère déjà très avancé dans les hauts grades du régime, et frère d’un roi régnant actuellement en Europe, qui présumant que le régime possédait des lumières essentielles qui ne sont pas ailleurs, demandant un aveu sur ce point et s’il pouvait y participer, elle eut le courage et dut l’avoir de lui dire verbalement par ses députés qu’elles existaient, mais qu’il ne pouvait pas y participer, parce qu’il y avait en lui des défauts personnels qui y mettaient obstacle ; qu’il devait travailler à les détruire, que lorsqu’il y aurait réussi , on lui offrirait ce qu’il désirait actuellement s’il y était destiné ; mais qu’il ne devait pas le demander, avant qu’on le lui offrit. On a aujourd’hui la satisfaction d’apprendre qu’il y travaille sérieusement.

Il y a bien des régimes différents dans la maçonnerie, on peut cependant la réduire à quatre classes principales.

Il y en a de bons (c'est-à-dire) les régimes qui dirigent les maçons vers un vrai but, bon et essentiel, qui est le seul fondamental, tel est le régime rectifié, qui est peut-être aujourd’hui le seul de cette classe.

Il y en a des nuls, c'est-à-dire, qui n’ont ni vices ni systèmes dangereux, mais aussi qui manquent de tous moyens et lumières nécessaires pour conduire les maçons au vrai but fondamental ;  tel sont le régime national français et peut-être aussi tous les régimes nationaux.

Il y en a d’illusoires et dangereux : illusoires en ce qu’ils ne peuvent donner, dangereux en ce qu’ils excitent la cupidité et la curiosité pour le merveilleux, et comme il y a plus de Maçons curieux que de vraiment vertueux, ils détournent la multitude du gout et de la recherche du vrai but fondamental.

Enfin il y en a qui sont essentiellement mauvais et corrompus ; mais heureusement le nombre en est rare,  surtout en Europe, où ce régime existe plutôt chez des individus pervertis que dans des sociétés entières.

Le régime que Cagliostro a voulu établir en France,  sous le nom de rit Egyptien,  est mixte et participe aux deux dernières classes. Il est illusoire et trompeur en plusieurs points sur lesquels il veut s’en faire « accroire » ; dangereux et mauvais en quelques autres qui pourraient avoir plus de réalité, mais heureusement pour ses sectateurs, le moderne instituteur de ce régime mixte, n’est pas assez savant en cette partie,  pour le rendre aussi mauvais qu’il aurait pu le devenir entre ses mains, et la Divine providence, qui veille au bien des humains, en a arrêté les progrès dés sa naissance. Je puis parler pertinemment de cet homme et de ses principes.

 Arrivé à Lyon en octobre 1784, il avait projeté d’empoisonner le Régime Rectifié, par le Directoire de Lyon, dont il me savait membre, en m’offrant de m’établir personnellement dépositaire général de tout son savoir et de tous ses secrets, si je voulais favoriser la propagation de son régime.

Je ne m’en défiais encore aucunement parce qu’il m’avait fait inviter le lendemain de son arrivée, sous un nom qui m’était inconnu, ce qui donna lieu à plusieurs longues conférences, après lesqu’elles ayant reconnu les dangers et la perversité de ses principes, je lui tournai le dos en l’assurant qu’il ne me verrait plus.

D’après cet exposé sommaire, il est aisé de conclure que les loges réunies n’ont rien à gagner hors de leur propre régime, qu’elles ne peuvent que s’affaiblir en contractant trop d’affinité avec les régimes nuls, et qu’elles ne peuvent que perdre avec les autres, mais comme il existe un traité d’union entre les Directoires de France et le grand Orient de France , le Directoire ne veut y mettre aucun obstacle, mais ceux qui fréquentent les loges françaises n’ont pas encore bien senti la différence.

L’on ne peut recevoir les hauts grades que là où il y a Régence Ecossaise, or  il n’y a encore à Paris, ni collège, ni Régence, il faut donc se transporter où il y en a et plus on différera de s’y transporter jusqu'à ce que le nombre soit complet, plus aussi on retardera la formation de ses collèges, et de la Régence Ecossaise à Paris.

Les hommes s’accoutument à se créer des obstacles factices, comme ils se créent des besoins factices. Mais si tous ceux qui sont dignes des hauts grades ne sont pas assez  libres pour se déplacer, il convient que ceux qui sont plus libres le fassent les premiers ; c’est toujours un acheminement pour la formation de l’ensemble.

Signé   Willermoz

Chancelier Général du Ressort Provincial  

Transcription d’après original Olivier Kummer

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Jean-Baptiste Willermoz et les visions de Mademoiselle Rochette, 22 avril 1785

11 Février 2013 , Rédigé par Marjorie Larquey Publié dans #histoire de la FM

En 1785, Jean-Baptiste Willermoz décrivait Lyon comme « l’un des principaux centre de l’illuminisme et des sociétés secrètes, le confluent de tous les rites ». Lui-même a fortement contribué à la construction de l'imaginaire magique et mystérieux attaché à la ville. Né en 1730 dans le quartier de Saint-Nizier à Lyon, ce mystique a joué un rôle clé dans la constitution du système des hauts grades maçonniques. A vingt ans déjà, J.B. Willermoz entre dans sa première loge et poursuit dès lors l’œuvre maçonnique jusqu’à sa mort. Lyon est réputée comme étant le berceau des sciences occultes grâce aux nombreuses figures emblématiques qui y ont vécu tout en y inscrivant leurs rites. On compte parmi eux Cagliostro qui fit de l’ombre à J.B. Willermoz : se démarquant par son rite égyptien, il fonda la loge de La Sagesse Triomphante dont il fut le Grand Cophte. Elle fut le théâtre d’apparitions énigmatiques qui échauffèrent les esprits.

Parallèlement à l’éparpillement des sociétés secrètes, Lyon est touchée par l’influence du magnétisme animal dont F.A. Mesmer est le fondateur. Selon lui, l’univers baigne dans un fluide magnétique permettant la propagation de courants d’énergie qui pénètrent tous les corps vivants ; la santé ou les maux de chacun sont liés à des déséquilibres de ce fluide dont il est nécessaire de contrôler la circulation harmonieuse. C’est dans ce contexte de l’apogée du mesmérisme que ces sociétés mystiques expérimentent une nouvelle pratique, celle du somnambulisme magnétique, fondé par le marquis de Puységur. Selon cette méthode, un médecin, par le magnétisme, plongeait dans un état de sommeil une jeune femme – naturellement plus sensible disait-on. En raison de ses vertus thérapeutiques, le somnambulisme magnétique était prescrit pour soigner et traiter les maux les plus persistants. Ses adeptes, insérés dans des courants spiritualistes issus de l’illuminisme et des mouvements théosophiques, s’intéressèrent aussi aux propriétés du somnambulisme. Ils étaient en quête d’un message divin, de signes de l’au-delà. Ces somnambules devinrent en leurs mains d’étranges outils théologiques, des instruments aptes répondre aux questions métaphysiques.

Le 8 novembre 1784, Willermoz écrit : « Il s’est formé à Lyon une société magnétisante sur des principes plus harmonieux et plus certains que ceux de M. Mesmer ». Il s’agit de La Concorde, société dans laquelle une douzaine de francs-maçons travaillaient à la guérison d’autrui. Dès l’automne 1784, quatre jeunes filles, dont Jeanne Rochette, furent présentées à La Concorde pour y recevoir des soins.

Tout commença pour cette jeune femme lorsque la famille Sabots de Pizay l’emmena prendre les eaux du Mont Dore, pour la soigner de ses crises nerveuses, en même temps que leur fils qui souffrait du cœur. Ce dernier mourut en octobre 1784 et Mme de Pizay n’eut pas d’autre choix que de mettre la jeune femme entre de meilleures mains pour la guérir par cure magnétique. Dans un premier temps, Jeanne Rochette fut confiée au doyen du chapitre de Saint-Jean, le comte Castellas, qui la magnétisa dès le 6 novembre 1784. Peu après, l’histoire de la demoiselle prit soudainement une nouvelle tournure. Dès février 1785, d’après les témoins qui eurent la possibilité de l’observer, la somnambule aurait eu des sommeils « plus tranquilles et plus intéressants » dans la mesure où ils commencèrent à « fixer l’attention sur divers objets dont elle avait vaguement la vision » précise Willermoz. Ce dernier fut alors convié aux crises et décida de prendre en note les « sommeils » de Mlle Rochette – dont le nom est ici raturé – durant deux ans, de mars 1785 à août 1787. Bien qu’irrégulières, les séances furent toutes retranscrites méticuleusement, constituant ainsi « onze cayers », consultables à la Bibliothèque Municipale de Lyon. Seul un petit groupe d’élus pouvait participer aux crises somnambuliques ; on compte parmi eux J.B Willermoz et son frère, le médecin Pierre-Jacques Willermoz. Ce docteur en médecine de la faculté de Montpellier avait remporté un concours de chimie en 1761. Bien que ses capacités scientifiques aient été largement prouvées, il s'intéressa tout de même aux questions paranormales. Pour les autres spectateurs, l’occasion d’assister aux séances se fit plus rare ; ils devaient présenter une requête précise, soumise à l’accord de Jeanne Rochette. C’est de cette manière que « Mme Pizay mère » eut le droit de participer à la séance du 22 avril 1785, en raison de la mort récente de son fils.

Les récits de ses sommeils étaient assez décousus et farfelus. S’y mêlaient aussi bien des éléments de la vie réelle que des entités de l’au-delà. Le sommeil du 22 avril 1785 en est un parfait exemple. La visionnaire voit en apparition des anges et des saints, côtoyant les proches de ceux qui l’observent. Les parents, les membres de la famille, les disparus, les amis morts des personnes présentes aux crises somnambuliques occupent les sommeils de Jeanne Rochette. La somnambule évoque d’ailleurs le cadavre du jeune Sabot de Pizay, qu’elle aperçoit suspendu. Elle voit les proches de son entourage entourés de flammes, comme l’oncle de J.B. Willermoz, mais elle peut tout aussi bien les voir baignés de lumière. Elle les dit « délivrés », comme la mère de J.B. Willermoz, ou encore dans le tourment.

Pour assister aux sommeils, une condition était nécessaire, voire indispensable et Jeanne Rochette était intransigeante à ce sujet. La somnambule devait pouvoir faire entièrement confiance aux témoins. Plus qu’un futile caprice, la confiance avait, d’après elle, un impact direct sur la qualité de ses sommeils et par conséquent de ses révélations. La jeune femme fait référence deux fois à cette notion de confiance le 22 avril. Elle explique qu’elle a été limitée dans ses visions parce que Mme de Pizay et le médecin Willermoz ont manqué de confiance. A l’inverse, elle affirme à J.B. Willermoz qu’elle a pu lui faire part de ce qui se passait entre ce dernier et sa mère, parce qu’il a pleinement eu confiance en elle .

D’après J.B. Willermoz, il s'agit de bien plus qu’un récit fantastique où cohabitent le réel et le mystique et dans lequel se déroulent des événements curieux : la visionnaire aurait vraiment un don de clairvoyance. Le magnétiseur raconte lui-même que la somnambule lui a assurément prédit des événements qui avaient eu lieu entre sa mère et lui. Finalement, plus qu’un simple rôle de visionnaire, Jeanne Rochette revêt un nouveau statut : celui d’un oracle délivrant un enseignement spirituel.

En raison du succès qu’elle suscite auprès de ses élus, de leur écoute attentive et obéissance suprême, Jeanne Rochette acquiert un certain aplomb et devient une sorte d’intercesseur entre les vivants et les morts. La somnambule délivre une instruction morale, une initiation à ses assistants. Dès avril 1785, elle se présente comme investie de la mission de ramener ces hommes à Dieu. Au fur et à mesure des séances, une doctrine sur le somnambulisme magnétique semble se constituer par les recommandations que fait la jeune femme durant ses sommeils. Elle établit une sorte de code, de règles à respecter et, devenant très exigeante, elle demande une participation active au groupe de disciples qui s’est formé autour d’elle, notamment la prière pour les morts. Dans sa relation aux personnes qui la magnétisent ou l’observent, on constate qu’elle s’attribue les mêmes fonctions qu’un prêtre : elle conseille, bénit, et remet même les fautes, ou plutôt annonce le pardon au nom des saints patrons.

Source : http://atelier-histoire.ens-lyon.fr/AtelierHistoire/episodes/view/46

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Moi, le Franc-Maçon et le Chômage

10 Février 2013 , Rédigé par G.L Publié dans #Planches

Que peut-on développer sur un sujet aussi grave ? Déjà dans le monde profane, c’est très dur à vivre. Je compare ceci à une vaste gare S N C F dont le parvis serait un espace ménagé devant la porte d’un labyrinthe insondable : « la descente aux enfers ».
Tu rentres dans le royaume de « Hadès » ? L’invisible, selon une étymologie douteuse, est, chez les Grecs, le Dieu des morts. Cela se retrouve bien dans le monde profane. Pour la majorité des gens tu es Mort, tu ne peux plus apporter. Tu es une chose inutile, le petit grain de sable qui dérange leur petite vie. Je crois rêver parfois des propos que l’ont me tient. Ça relève du plus grand guignol, de l’oscar des plus grands imbéciles imbus de leur petite personne. Comme les anciens, ils ont peur. Tu es le pestiféré. Une fois rentré dans ce cycle, nul n’ose plus prononcer ton nom, de crainte d’exciter ta colère, car dans leur inconscient, tu es Hadès ? Ou autre ? Et ils préfèrent alors te le faire paraître autrement, te donner un surnom ami. Affreuse dérision plutôt qu’euphémisme, pour désigner l’Ami d’avant, le compagnon de sorties, d’agapes, de conseil, « lui bien sûr, aller le voir, il va tout faire, il connaît, sans problème, l’homme qui sait ». La dérision devient macabre quand on met entre les bras de Pluton une corne d’abondance. En symbolique, toutefois, le souterrain est le lieu de riches gisements, des métamorphoses, des passages de la mort à la vie de germination.

Mais que peut-on faire contre ces gens là disait un grand Poète. Sont-ils des Héliotropes de mauvais augures, symboles de la lumière mobile, végétaux solaires ? Puisent-ils leurs bêtises intellectuelles en permanence dans la face noire du soleil ? Au contraire de cette plante, qui symbolise l’attitude de l’âme qui tourne continuellement son regard et sa pensée vers l’être aimé, pour le soutenir, le guider, vers une présence contemplative et unitive. Fleur solaire elle chante, selon Proclus, la louange du chef de la série divine à laquelle appartiennent louanges spirituelles et louanges raisonnables ou physiques ou sensibles. Pour Proclus, l’Héliotrope, en sa couleur de ciel, prie parce qu’il se tourne toujours, en une insigne fidélité, vers son seigneur. (Corbin cite : « Chaque être connaît le mode de prière et de glorification qui lui est propre ».)

Pourquoi vos amis, du jour au lendemain, se retournent-il ainsi ? Je voudrais savoir de ce qui leur fait peur en vous, que représente pour ces gens là le mot le CHOMEUR ?... LES NOUVEAUX BANNIS DE CETTE FIN DE SIECLE.
Ne savent-ils pas que du jour au lendemain, ils peuvent être à votre place ? Sauf certains privilégiés. Ne voulant pas entamer de polémiques, je ne citerai personne. Il y a deux catégories en France ceux qui sont obligés de « la fermer », et ceux qui peuvent « gueuler » en ne risquant rien pour leur job, et c’est bien souvent dans cette catégorie de gens que se trouvent vos grands amis ?? Dommage pour ces personnes ! Elles ne connaissent rien de la vie : ni les files à l’ANPE, ni les longues attentes aux Assedic, ni les papiers qui ne vont jamais, ni la virgule que vous avez oubliée de mettre à la bonne place, ni votre gueule, ce jour là, qui ne revient pas, ni vos habits qui commencent à reluire à force de les mettre, ni les chaussures qui vous entrecroisent les pieds en passant devant un cordonnier par honte, ni le regard soupçonneux des gens qui vous croisent dans la rue. En fait, vous avez en permanence accroché au dos un warning, comme les pauvres lépreux du Moyen Age qui avaient une cloche. Comment pouvez-vous vivre avec en moyenne 2 400f par mois quand vous êtes chômeur de longue durée et âgé ? De ce fait, il y a deux sortes de personnes : ceux qui ont et qui regardent toujours en l’air ceux qui tirent la langue. Les premiers forment donc un microcosme. Gallien affirmait : « des anciens versés dans l’étude de la nature disent que le vivant est comme un microcosme » et dans les très riches heures du Duc de Berry, la planche intitulée « l’homme anatomique » montre la correspondance qui existe entre les douze constellations du zodiaque et les différents membres du corps humain. Le corps humain est un petit monde ou microcosme pour trois raisons.

La vérité
D’abord parce que les divers éléments constitutifs du cosmos (axe polaire - ourses célestes -constellations zodiacales et arctiques, quatre points cardinaux, cycles naturels et en particulier ceux du soleil, enfin sept planètes errantes, constellations australes et étoiles filantes) symbolisent traditionnellement des éléments ayant un rapport étroit avec la nature de l’homme, que ces éléments soient d’ordre ontologique, éthique ou psychologique, Diodore de Sicile a souligné la correspondance qui existe entre la symbolique cosmique et l’Homme. La réalité compte les cinq parties élémentaires dont nous avons déjà parlé : le souffle, le feu, le sec, et encore l’humide et enfin l’air. De même que chez l’homme nous comptons la tête (je crois que ces gens ne l’ont pas ou alors il leur manque les yeux et le cerveau) ; les mains (dans les poches quant ils vous croisent) ; les pieds (pour marcher plus vite) et les autres parties, d’une manière identique, le corps du Monde. Pauvres gens ! Je crois que là-haut, les portes ne seront que trop petites pour les laisser passer tous.

Ensuite, parce que comme l’indiqua Platon dans sa conception de l’apprentissage philosophique comme acte de mémoire, les mystères spirituels se trouvent ontologiquement inscrits comme des traces dans le corps humain (c’est à dire dans la sensibilité), à qui il suffit de se les remémorer pour en prendre conscience. Comme l’affirmait d’expérience, par conséquent avec raison, Don Juan Matus : « Toutes les facultés, les possibilités et les réalisations de la sorcellerie, des plus simples aux plus ahurissantes, étaient dans le corps humain lui même ».

Enfin, parce que c’est dans les phénomènes naturels, liés aux fonctions et à la vie de son propre corps, que tout être humain « Homme et Femme » peut découvrir, par analogie, les divers mystères ontologiques, éthiques et psychologiques en question.
Je ne crois pas qu’une certaine couche de la société bénéficie de cet apport de qualités, sinon nous les chômeurs ne serions pas traités de la sorte, avec tant de dédain. Combien de fois serions nous morts devant certains regards ! Il faudrait pourtant faire quelque chose, de la rééducation de l’âme. Les forcer une fois par mois à aller au restau du cœur pour voir la vie de tous les jours, parler à ces gens que leur regard ne croise jamais. Il doit y avoir une solution à ce problème mais je croie qu’ils ne pensent qu’à leur portefeuille. Il faudrait les passer au miroir.
Mais pas n’importe quel miroir, car pour voir le côté obscur de leur âme, il faut un vrai traitement de choc. Quelque chose qui les bouscule. Il faut faire peur. Mettre leur nez dedans. Leur faire toucher de toute la main, pourquoi pas des deux, la Misère que cela engendre, tant au point de vue physique de l’individu, que de son âme. Voir la détresse morale qui peu à peu vous envahi et vous terrasse totalement, vous fait perdre toute notion de la vie. En fait pour ces gens là, nous sommes la 4ème dimension ; des ectoplasmes surréalistes. Mais le plus dramatique dans tout ceci, c’est qu’ils en redemandent. Quoi de plus naturel de parader devant la télévision, en disant bien fort : « il faut faire ceci, cela. Je suis prêt à m’engager. » Il faut que cette situation cesse. Tout cela est inadmissible. Nous rentrons en l’an 2000 ? ? 3.000.000 de chômeurs ! Ah ces pauvres gens ! Bande de lâches. Paroles, paroles ! De toute façon, eux, ils ne tournent pas la tête devant une vitrine ; ils rentrent. Faudra-t-il rééditer 1789 ? Après tout pourquoi pas. Peut-être que cela leur apprendra à vivre un certain temps.

Mais en France, un problème demeure l’égoïsme individualisé, les castes, les corporations etc.… ?
Comment peut-on vivre avec tant d’égoïsme ? En soi, il faudrait que le miroir fasse son office. Mais sont-ils à même de comprendre le sens réel de ce symbole ? Mais quel miroir ? Une seule image, deux images, trois images ?
Pourtant dans le miroir se trouve beaucoup de choses : la Vaniteuse, la Déesse Amaterasu, l’Amour, la Prudence, la Connaissance de ses Vertus, le rendu à chacun de son dû, l’analyse de soi, sa réelle personnalité. Mais je crois qu’il faudra énormément de travail pour que leur image, se reflète avec une bonne aura. Car la signification des miroirs, par-delà leur fonction propre, provient de l’ancienne croyance selon laquelle l’image et son modèle sont liés par une correspondance magique. Les miroirs peuvent, par conséquent, retenir l’âme ou la force vitale de la personne qui s’y réfléchit ; c’est pourquoi on recommande, dans les coutumes populaires, de recouvrir les miroirs à la mort d’une personne pour ne point retenir son âme.
Ont-ils une âme ? Là est la question ???? Je crois plutôt que, comme les démons et les êtres surnaturels accompagnés de leur Bêtise, ils n’ont pas de reflet. Seul, peut être, celui de la bêtise vaniteuse. Pour ne pas dire autre chose de plus explicite et bien placé à leur encontre.

Eux, incarnations diaboliques, ne peuvent supporter leur propre image et meurent lorsqu’il leur arrive de se regarder. Mais malgré tout, les miroirs sont également des amulettes qui protègent des êtres et des forces sataniques. A l’origine, cette conception était rattachée à la surface de l’eau, qui servait aussi de moyen de divination, car elle semblait mettre en évidence une sorte d’anti-monde. C’est à dire nous les chômeurs. Je pense que côte à côte regardant la surface de l’eau, nous pourrions avoir deux visions différentes de la vie. L’une, où apparaissent des choses étranges non demandées, souvent plus étranges et plus profitables que celles que nous désirons contempler. Vont-ils comprendre la signification du reflet ou bien ne pas voir l’autre vision, celle de la vraie vie, celle que moi je vois dans le miroir : le dur combat permanent de chaque jour, du matin au soir. L’angoisse quasi permanente qui vous ronge comme une maladie insurmontable. La peur au quotidien qui vous tenaille les tripes. Le néant qui règne dans votre âme la question lancinante qui revient toujours. Vais-je pouvoir lutter ce jour ? Combien de fois faut-il se battre contre soi même ? Ça ils ne peuvent pas tout simplement l’effleurer au moins une fois. Pauvres gens ! Combien de fois passerez-vous à coté de la vraie richesse humaine ? Cela fait peur l’exclusion, la mise à l’index. Il me semble pourtant que l’Histoire a déjà frappé durement des êtres qui ne demandaient qu’à survivre dans l’Honneur tout simplement.

Sont-ils comme Frodon, le héros porteur de l’anneau qui vit au fond d’un ruisseau, dans une vallée sombre du pays de Lothorien, se former l’œil unique qui allait lui permettre dans une révélation terrifiante de tout savoir. Je pose la question : savoir quoi ? La Vérité Divine, la Science infuse, le pouvoir de diriger le monde, le pouvoir de vous marcher sur le corps, au sens propre et au sens figuré. Peut être que le miroir revêt pour eux une signification particulière comme dans la tradition Shinto. Attribut de la déesse du soleil Amaterasu, conservé dans le sanctuaire d’Ise où il demeure protégé des simples mortels. Fleur de lotus à huit pétales. Sont-ils intronisés à la naissance avec cet emblème à la main ? Croient-ils accéder au trône de la Vérité ? Mais selon une tradition que l’on ne peut vérifier, il porterait l’équivalent de l’inscription hébraïque de la révélation divine : « Je suis Celui qui Suis » cela veut tout dire.

Sont-ils comme Dionysos, le Dieu qui s’étant regardé et ayant contemplé sa propre image, se mit à créer la pluralité. Le reflet de ces gens là est donc le mode par lequel ils s’expriment dans l’apparence. Proclus précise d’ailleurs que les théologiens anciens ont proposé le miroir comme symbole de la conformité à la perfection intellectuelle de l’univers. C’est en tant que tel qu’il est repris par ces gens là.

Pourtant le miroir évoque le cycle de l’œuvre alchimique. A Notre Dame de Paris, l’initiateur présente d’une main un miroir et de l’autre la Corne d’Abondance. Tandis qu’à ses côtés, se voit l’arbre de Vie. Pourtant malgré leurs soit disant connaissances est ce qu’ils Savent que la matière première que l’homme doit élire pour commencer le Grand œuvre est appelé miroir de l’Art, parce qu’elle enseigne la composition des métaux dans les veines de la terre.
Le miroir marque donc le début pour eux du travail de leur esprit, pour essayer de retrouver ce que la nature a enfoui dans la plus profonde face sombre cachée de leur âme. Eux seraient plutôt du courant hermétiste, qui veut spiritualiser les corps et corporifier les esprits ; qui offre plutôt, quant à lui, l’idée d’un miroir double, composant l’invisible à partir du visible, de façon à faire apparaître ce qui est occulte et caché, dit Hermès dans les Sept Chapitres. C’est une réflexion réciproque entre le ciel et la terre, le corps et l’âme, l’esprit, la nature et Dieu, qui est ici proposée. Ramenant l’idée de la Création à celle de Connaissance. Les Soufis retrouvent une conception largement identique lorsqu’ils comparent l’Univers à un ensemble de miroirs dans lesquels l’essence infinie se contemple sous de multiples formes ou qui reflètent à divers degrés l’irradiation de l’Etre Unique. Se pourrait-il que ces gens là, se croient investis d’une mission divine, part rapport à nous les « sans » ? Je pose la question ?

Sont-ils à ce point barbaresques, aveugles, imbus de MOI, le seul mot qui est un sens pour eux. Ne faudrait-il pas leur faire retrouver la clé spéculative qui permet de réintégrer toutes les dualités existantes dans l’Unité de l’Essences Spirituelle, pour qu’ils puissent ouvrir les yeux sur la misère qu’ils peuvent engendrer. « Dans le tableau ou la vision de Dieu », ils pourraient se servir de cette leçon : « Nourris-moi de ton regard, Seigneur, et enseigne-moi comment ton regard voit tout : ce qui est invisible et ce qui est visible », la misère, l’âme morte que nous portons en nous car la solitude, l’effet d’être un fantôme de la vie devient vite un très lourd chariot à traîner ; et il arrive très souvent que les roues se cassent, pratiquement toujours, et là, pas de mains charitables ! « Et tout acte de la vision et toute puissance voyante de toute puissance visible et tout ce qui relève de ces formes de voir, puisque voir, pour toi c’est être la cause de ce qui est ».

Encore faut-il que la question soit posée : ne pas le faire, c’est implicitement reconnaître. D’une certaine façon, c’est ce que nous expliquons quand nous disons qu’avec Tout ceci, correspond, de fait, à ce que l’on peut appeler LA MISERE.
Donc la philosophie de ce qu’on a appelé : « philosophie des miroirs » consiste finalement dans l’unicité même du principe où, par derrière les effets de miroir, se révèle une même chose que de voir, d’être vu et d’exercer la vision. Au-delà des mots et des formules et slogans, moult problèmes sont posés Tout cela est loin d’être anodin Ceux qui souffrent eux-mêmes de ce conflit lancent leurs appels pour que cesse cette mascarade.
Faut-il leur rappeler la symbolique du travail, après lequel nous aspirons ? N’est ce pas de la dignité que nous recherchons à leurs yeux ? Sommes-nous vraiment des parias de l’humanité ? Et ceci est valable pour des initiés qui osent se nommer ainsi ! Comme pour des profanes, qui eux au moins ont une excuse.
Je vais donc là rappeler le symbole du travail.

Dans les idées et le langage de la # FRANC-MACONNNERIE #, le travail est un concept d’une dimension symbolique particulière. Il désigne la participation des loges à l’édification du « TEMPLE » de la philanthropie universelle ou temple de l’humanité. Le Maître allume tout d’abord la bougie située sur la colonne de la Sagesse en disant que la Sagesse dirige ces travaux. Ce sur quoi le Premier et le Deuxième surveillants allument les autres Lumières et déclarent que la Force les guide et que la Beauté les achève. Ce travail des loges ou travail du Temple, qui vise à l’élaboration d’un monument idéal, est porteur de bénédiction spirituelle. C’est un mystère qui fait naître une fraternisation spirituelle. L’Activité liée à un culte, libère et élève l’âme, de même que l’activité artistique. Elle sert le dieu qui est en nous et contribue ainsi, indirectement à la divinisation du Monde.

Dans la légende grecque du déluge, le couple humain survivant, Deucalion et Pyrrha, crée à partir des pierres, « les os de la Terre Mère » qu’ils jettent derrière leur dos, une nouvelle race humaine pour remplacer l’ancienne.
Devrons-nous faire pareil pour nous faire reconnaître de ces gens là ? Je pose la question ! Je pense qu’ils ne connaissent pas la grande vie symbolique de la « Pierre » qui mérite une attention spéciale. Dans la symbolique Maçonnique, la pierre brute représente le grade de l’apprenti, l’objectif à atteindre est la pierre taillée, que l’on pourra intégrer à la construction du Temple de l’humanité. Cette symbolique remonte aux chantiers de construction des cathédrales où le travail de la pierre était essentiel. Les clefs de voûte étaient souvent pourvues des signes de maîtrises des tailleurs de pierre, dont certains rappellent les dessins des runes. En tout état de cause, le passage de la pierre brute à la pierre taillée représente généralement le progrès de l’esprit et de l’âme. Je crois que ces gens là en sont très loin. Ils sont au stade de la poussière cosmique bien avant le big bang.

Ils nous considèrent comme la parabole christique de la Pierre dans la symbolique chrétienne. La pierre est souvent rattachée à la lapidation que les anciens pratiquaient envers les blasphémateurs. En faisons nous partie à leurs yeux, méprisés par les bâtisseurs. Mais malgré tout, nous sommes appelés à devenir comme les autres, une pierre angulaire qui permet à tout l’édifice de tenir. Mais je crois qu’il faut ajouter, l’équivalence du discours sur les Béatitudes à leur profit « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux ». Etant bien entendu que cette pierre angulaire est en fait la clef de voûte inébranlable où pourra s’appuyer la communauté. Où les portes de l’hadès ne tiendront pas contre elle.
Ne pourrait-on pas leur faire savoir que c’est leur cœur qui est de pierre. Allez donc voir le grand Liborius de Paderborn qui était censé aider à guérir les pierres qui se trouvent dans le corps humain, car on le représente avec trois pierres posées sur un livre.
Je crois savoir et pouvoir les comparer, au moine Narcisse qui ne quitte pas son couvent en pierre, se dédie à la spéculation intellectuelle, à la méditation de son Moi, À l’approche du regard qu’ils pourront nous lancer car malheureusement ils seront obligés de nous croiser dans la vie de tous les jours. En grec, Narkissos, héros de la mythologie grecque, était le fils du dieu–fleuve que Némésis fit boire à une source de l’Hélicon, la montagne des Muses et comme lui, au renvoi du reflet dans l’eau de son visage, ils en tombèrent désespérément amoureux. Pauvres gens. Comment nous perçoivent-ils ? Veulent-ils faire comme chez les Egyptiens, effacer de nos tombeaux le nom de nos familles, pour supprimer toutes traces ce qui conduit à la destruction et au néant.

Selon le Popol-Vuh des mayas, dans la première étape de la création du monde, les premiers hommes étaient incapables de dire le nom des Dieux et donc de les adorer. Les Dieux, furieux de cette ignorance, renvoyèrent les hommes à la boue primordiale. Veulent-ils agir comme eux et nous éliminer pour pouvoir recommencer la création ?
Nous sommes vraiment les handicapés de la société. Nous voulons êtres reconnus dans nos droits, pour ne pas êtres obligés de recourir à une mendicité, une charité dégradante, humiliante. Nous voulons du travail, pas de la pitié ! Mais que peut-on faire contre la rentabilité du portefeuille.
Je terminerai par ceci. Némésis, dont le nom signifie colère, personnifiait dans la mythologie grecque la révolte contre l’injustice. Elle était la Déesse de la vengeance et le juge impartial, ayant pour attributs la balance, l’épée et la règle graduée. En tant que Déesse, elle tient le Destin dans ses mains, et aide les hommes qui ont fait l’expérience d’un bonheur immérité et perdu le sens de la réalité à le retrouver.

Le nombre augmente tous les jours
Et combien vont mourir cet hiver, à la veille de l’an 2000.

Un peu d’humour : la santé est le plus beau cadeau de la vie. Quand on est riche et bien portant !

Source : www.ledifice.net

Commentaire : un très beau texte, un peu ancien qui parlera à ceux qui ont connu, où qui sont au chômage. Par moment et souvent le matin au réveil, on pense que la vie est foutue et que pour faire survivre sa famille, pour ôter la pression des prêts bancaires il suffit de se sacrifier et donc de se suicider pour faire jouer les assurances décès. Camus écrivait : « le sacrifice demeure la solution de ce qui n’a pas de solution". Le suicide comme « dépôt de bilan personnel » pour effacer les dettes bancaires voilà une solution pour celui qui a lu St Jean : « il n’y a pas de plus grand Amour que de donner sa Vie pour ses amis » (pour ceux qu’on aime).

Vu l’état de la société et une certaine misère humaine et financière qui s’installe le choix sera simple : que vais-je pouvoir faire pour épargner à ma famille la précarité et les angoisses du lendemain ? La révolution avec notre Frère Mélenchon ou le sacrifice ?

 

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