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Hauts Grades

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Pourquoi le Maître Maçon doit-il porter un Chapeau ?

21 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

L’une des choses qui peut intriguer le jeune Maître-Maçon, parmi de nombreuses autres, est le fait que le Franc-Maçon reste couvert en Chambre du Milieu. Tout au moins dans le Rite qui est le notre, le Rite Écossais Ancien et Accepté. Ceci ne laisse pas d’être surprenant, car habituellement le couvre-chef marque la supériorité, l’autorité, et l'on pourrait penser que seul le Très vénérable Maître ait le droit de rester couvert. Naturellement on peut y voir le signe de l’égalité de tous les Maîtres-Maçons, mais, si l’explication est valable, elle reste certainement un peu courte. Plus symboliquement, on peut considérer que le chapeau rappelle par sa forme le dôme, et donc la sphère céleste; il symbolise alors le ciel, domaine du divin. L’homme qui le porte devient alors médiateur entre la terre et le ciel, ce qui justifie :

__d’une part le sens de commandement et de supériorité attaché au port d’un couvre-chef, puisque tous les hommes ne peuvent se prétendre ainsi médiateurs entre la terre et le ciel ;
__d’autre part cela justifie également que les Maîtres-Maçons soient tous couverts : étant tous, par définition initiés, ils peuvent tous jouer ce rôle d’intermédiaire.

Si l’on se réfère à la bible, le grand-prêtre portait lui aussi un couvre-chef. Ce n’est que vers le 2ème siècle de notre ère que le port du chapeau commença à être étendu à tous, à la suite d’une discussion talmudique (traité « Chabbat »), sur le respect et la « crainte » de Dieu. Ainsi lorsqu’au moyen-âge la coutume fut adoptée par tous les juifs on put à la fois considérer que tous étaient semblables au grand-prêtre; et en même temps, suivant la tradition, affirmer que le chapeau rappelait qu’il y avait toujours quelque chose entre l’homme et Dieu. Le chapeau est aussi le substitut de la couronne, symbole de royauté, à la fois temporelle et spirituelle, le Franc-Maçon visant la seconde. La couronne elle-même figure le cercle ou la sphère, et encore une fois représente le cosmos. L’homme qui la porte peut donc être considéré comme celui qui joint la terre au ciel, et réciproquement il conduit l’influx venu du ciel vers la terre. En ce sens l’homme qui porte le chapeau est un homme debout, l’esprit et le regard tendus vers le ciel. Il est à ce moment une perpendiculaire vivante. La conception suivant laquelle la ou les pointes qu’on trouve sur certaines couronnes peuvent être assimilées à des condensateurs d’énergie, rôle attribué également aux cheveux. Vient confirmer cette interprétation : cet afflux d’énergie spirituelle que reçoit celui qui porte la couronne/chapeau le transforme pour un temps en axe du monde, pont entre ce qui est en haut et ce qui en bas. Les tricornes que portaient nos Frères du XVIIIème siècle se prêtaient parfaitement à ce symbolisme. Sans doute le chapeau est-il une forme moderne de l’ensemble calotte crânienne/corne (massacre en vénerie) dont se coiffaient nos ancêtres. Ceux-ci se sentaient, ainsi parés, certainement investis de la puissance divine. Le taureau, avec ses cornes, dont le nom se retrouve dans celui de la première lettre de l’alphabet hébraïque, représentait la force, la puissance, et par extension l’énergie venue du ciel. La couronne est aussi le nom de la plus mystérieuse des Sephiroth : Kether. Placée en haut de l’Arbre séphirothique, première manifestation de l’En-Sof, elle est invisible, inaccessible, inconcevable pour l’homme. De plus certaines écoles de Kabbalistes considèrent qu’elle fait partie du monde de l’émanation, monde lui même hors de notre compréhension, puisqu’entre lui et le monde de la matérialisation, se trouvent le monde de la création et celui de la formation. La couronne/ chapeau symbolise donc bien l’inaccessible, l’abîme qui nous sépare du Créateur. Dès lors le couvre-chef est à la fois symbole d’élévation et d’humilité pour les Frères qui forment la Chambre du Milieu. Élévation par l’initiation, élévation par l’évocation de ce qui nous dépasse, humilité devant le sentiment de petitesse devant le Transcendant, et par la découverte toujours renouvelée de l’immensité de la quête. Ce que vient souligner le fait que le Vénérable Maître qui ouvre les travaux se découvre lors de l’invocation au Grand Architecte de l’Univers, montrant ainsi qu’il renonce à ses velléités de puissance devant ce qu’il sait le dépasser infiniment. Le chapeau rappelle au Franc-Maçon sa place d’homme, intermédiaire entre la terre et le ciel; microcosme, image du macrocosme. Il lui signifie : à la fois qu’il est l’initié, l’élu c’est à dire chargé de plus de responsabilité et de devoirs qui sont, entre autres : maintient de la Tradition, amélioration de ses connaissances, polissage de sa pierre brute et dans le même temps lui fait se souvenir de son devoir d’humilité, je dirai de façon triviale que le chapeau évite à la tête d’enfler, car la tête doit pouvoir continuer à entrer dans le chapeau. Il est un autre aspect sans doute moins connu que j’aimerai évoquer : le chapeau rappelle symboliquement le morceau de membrane amniotique que l’enfant né-coiffé a gardé sur la tête au moment de sa naissance. Beaucoup de traditions attribuent des capacités ou des pouvoirs particuliers à ces enfants. En Islande ces enfants ont le don de seconde-vue : ils étaient les seuls à voir les batailles livrées en esprit. Dans les steppes sibériennes ces enfants devenaient des Chamanes. Tous étaient prédisposés aux extases. Ces thèmes symboliques, toujours situés vers les mois d’hiver, moments où l’on célèbre les morts, se retrouvent non seulement de l’Islande à la Sibérie mais également :

__en Russie, où l’enfant né-coiffé devient un loup-garou,

__dans le Frioul italien où le benandanti rejoint les troupes de morts, guidé par la Dame Oriente ou la Bonne Déesse, ou voyage en esprit, lors d’extases,

__à Olbia, ville grecque sur les bords de la mer Noire, en contact étroit avec la culture Scythe où Achille avant d’être un héros était un Dieu des morts,

__en Grèce où Ulysse est aimé de Calypso, étymologiquement « Celle qui cache ou qui voile », où Socrate se couvre le visage avant de mourir, tout comme César ou Pompée à Rome.

Ce geste a été compris comme le besoin de séparer symboliquement le profane du sacré. Or, dans le rapport entre initié et non initié, comme dans toute situation où la société se divise en deux groupes, il s’agit en définitive du rapport entre les morts et les vivants. En 1578 le médecin Français Laurent Joubert suggérait un parallélisme entre la membrane amniotique et le Suaire, confirmant ainsi qu’à travers l’extase on accède au monde des morts. Il est intéressant de noter que dans toutes ces cultures, on retrouve associé à cette symbolique de la membrane/ coiffe, une quantité importante de héros boiteux, soit par blessure (Ulysse, blessé à la cuisse par un sanglier, Héphaïstos, jeté de l’Olympe par Zeus) soit par perte d¹une chaussure ou d’une sandale, (Jason qui se présente à son oncle usurpateur avec une seule sandale; Persée qui reçoit l’une des sandales d’Hermes avant de combattre Gorgo.), tous héros passés par le monde des morts, et donc initiés. L’archétype en sera Oedipe « pied transpercés ». Oedipe qui après une enfance solitaire, rencontrera la Sphinx, figure de mort, et qui après s’être crevé les yeux deviendra un Voyant. Or nous retrouvons une claudication symbolique dans l’initiation maçonnique lorsque le profane, un pied déchaussé ou en pantoufle, entame les trois voyages. Ainsi, nous constatons que le port d’un couvre-chef, loin d’être une curiosité anecdotique, non seulement symbolise à la fois l’élection du Franc-Maçon, le rappel de son humilité nécessaire et de la crainte du sacré, mais en outre s’intègre dans un ensemble symbolique qui recouvre la totalité des rites initiatiques : naissance, passage dans le monde des morts, renaissance comme initié, avec tous les signes caractéristiques : claudication, extases, recherche et rassemblement d’ossements, rameaux révélateurs des cadavres, et résurrection. Tous ces signes se retrouvent à divers degrés dans la symbolique des trois premiers grades de la Franc-Maçonnerie. Claudication du profane, image du royaume des morts, rappel du pourrissement et de la renaissance, enfin recherche et découverte du Maître assassiné et sa résurrection dans le nouveau Maître. Le chapeau du Maître Maçon en chambre du Milieu est donc le témoin de tout un passé traditionnel et initiatique qui remonte jusqu’à l’aube de l¹humanité et il symbolise tout le parcourt initiatique du Franc-Maçon en Loge Bleue. À ce titre il est donc un élément essentiel des décors que l’on doit porter, élément parfois négligé, mais cependant fondamental.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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A propos de l’Installation Secrète du Vénérable Maître

20 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Je dois donc maintenant vous parler de la cérémonie d'installation secrète. Cérémonie d'installation secrète dont je ne peux rien vous dire parce que justement... elle est secrète.
Cela pourrait donc être très court, mais nous allons essayer d'aborder quelques éléments permettant de mieux pouvoir approcher et situer cette cérémonie dans l'ensemble du corpus maçonnique que nous développons.
Alors justement, que peut-on dire cette cérémonie ?
Et bien, sans dévoiler quoi que ce soit, nous pouvons dire que cette cérémonie comporte:
1/ une légende propre
2/ un serment particulier
3/ un mot particulier
4/ un signe particulier
5/ et un attouchement particulier.
A part ça, ce n'est pas un grade !
En fait, cette cérémonie possède toute les composantes d'un grade. Mais n'est pas un grade, car, comme vous le savez, la maçonnerie est composée de 3 grades et 3 grades seulement, y compris l'Arc Royal ! C'est en effet, avec cette formule magique que l'on est arrivé à mettre d'accord les Anciens et les Modernes lors de l'Union de 1813. On allait pas non plus en rajouter...
Alors d'où nous vient cette cérémonie, et quelles en sont les sources ?
Dès les Constitutions de 1723, quelques éléments nous permettent de savoir qu'il existait à cette date une cérémonie d'installation.
Page 71 de ces Constitutions de 1723,, se trouve un postscriptum intitulé: "Manière de constituer une nouvelle loge ainsi qu'elle est pratiqué par sa Grace le Duc de Warthon, le très vénérable Grand Maitre actuel, conformément aux anciens usages des maçons"
Dans ce postscriptum, une phrase se distingue comme réellement intéressante :
« Le Grand Maitre interrogera le candidat à la chaire de la façon suivante : Vous soumettez vous à ces obligation ainsi que les maitres de loge l'on fait de tout temps ? Quand le Candidat aura donné la certitude de sa cordiale soumission à ces devoirs, le Grand Maitre
l'installera suivant certaine cérémonie significative et d'ancien usage »
En fait, tout ceci ne nous apprend pas grand-chose, si ce n'est qu'il existe effectivement dès le tout début du XVIIIème siècle des usages d'installations. C'est tout ce que nous pourrons réellement apprendre avec certitude de ce post-scriptum.
Il faudra attendre les années 1740/50 et la création de la « Grande Loge des Antients » pour entendre à nouveau parler d'une cérémonie d'installation secrète.
Je vais très rapidement résumer cet épisode car nous n'avons pas le temps de rentrer dans les détails. Comme vous le savez en 1717, 4 loges se réunissent, forment une Grande Loge.
Cette Grande Loge va connaître un succès certain. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas eu, à côté de cette Grande Loge, d'autres loges « non affiliées » qui continuaient à exister et d'autres encore qui continuaient à se former ...
En tous les cas, ce que l'on sait, c'est que petit à petit, on va de plus en plus entendre parler de ces loges. Notons que dans ces loges se trouvent beaucoup d'écossais et d'irlandais, et que ceux-ci possédaient aussi leurs propres traditions.
A moment donné ces loges vont décider, elles aussi, de se constituer en Grande Loge. Elles choisiront de se faire appeler la « Grande Loge des Antients »
- 1 - , parce qu'à cette époque-là, ce qui était important c'était d'être ancien, et surtout pas moderne. Par moquerie, elles vont appeler la Grande Loge de Londres et de Westminster, déjà existante, la « Grande Loge des Modernes » !
Dans les différents reproches et récriminations que ces «Antients » ont envers la Grande Loge des Modernes, il faut citer l'Arc Royal, bien sûr, mais aussi le fait que elle ne pratiquait plus la cérémonie d'installation secrète.
« Avoir laissé tomber en désuétude la cérémonie ésotérique de l'installation du maitre, quoique quelques une de leurs loges aient pratiquée de bonnes heures une telle cérémonie et continuent, de leur propre initiative à le faire. »
- 2 - Pour les « Antients », cette cérémonie d'installation secrète est capitale ! Elle est très importante parce qu'elle est en fait, pour eux, l'antichambre de l'Arc Royal et on sait à quel point pour les « Ancients » l'Arc Royal est incontournable ! Lawrence Dermott qui sera la cheville ouvrière de cette « Grande Loge des Antients », pendant de très nombreuses années d'ailleurs, dira lui-même dans Ahiman Rezon (les constitutions de la Grande Loge des Antients ) que « l'Arc Royal est la moëlle de la maçonnerie » - 3 -.Lorsque ces « Ancients » vont créer leur Grande Loge , ils pratiqueront bien évidemment cette cérémonie. Mais ce qui est aussi intéressant à noter, c'est que par 'capillarité', je dirais, et bien un bon nombre de loges de la Grande Loge dite des « Moderns » vont elles aussi commencer à pratiquer cette installation secrète.
Ce qui fait (je vais très vite mais il nous faut résumer car le temps passe ... ) que lors de l'Union, en 1813, entre ces 2 grandes loges, le problème de l'installation secrète ne sera pas un problème ! C'est à dire que très vite dans la loge de promulgation, on acceptera le principe de pratiquer une installation et une installation secrète.
Voilà en bref, dirons-nous, comment les choses ont pu se passer...
Reste un élément intéressant que je voudrais rapidement aborder ici, il s'agit du mot de cette installation secrète !
Alors, je ne vais pas vous donner ce mot, bien évidement mais...
Là aussi je vais faire devoir faire un petit retour en arrière.
En 1717, au tout départ, nous étions en fait, dans un système qui ne comprenait que 2 grades : celui d'Apprenti Entré et celui d'Homme du Métier ou Maître.
Le terme de 'Maître', à ce moment-là, désignait une qualité. On disait 'Maître', exactement comme on aurait pu dire 'Chef d'entreprise' aujourd'hui.
Cette structuration est issue (et je parle sous le contrôle de notre Frère Patrick, ici présent, qui connait très bien tout cela , puisqu'il est le traducteur choisi par David Stevenson 
- 4 - ) d'un système qui nous vient de l'Ecosse basé sur un double système Incorporation / Loge qui fait que lorsque l'on était Maître dans l'Incorporation, on le restait dans la Loge.
On a donc 2 grades. A moment donné, le grade d'apprenti va tout doucement se scinder en 2 pour donner un grade d'apprenti et un autre de compagnon.
D'ailleurs c'est à ce moment que le « J » et le « B » qui à l'origine formaient ensemble le Mot du Maçon vont se retrouver séparés. L'interversion que l'on connait encore aujourd'hui de ces deux mots selon le rite prend ici ses sources.
Notre frère René Guilly a excellemment expliqué tout cela dans l'un de ses ouvrages sur les colonnes, que je vous convie à lire dans le détail.

 - 5 - Le grade de Maître, lui, va se trouver doté d'une légende et pour ce qui nous occupe, nous allons assister pendant un certain temps une sorte de concurrence entre deux mots différents pour ce grade. Un mot en « MB », qui a fini par gagner, et un mot en « G », que d'ailleurs un certain nombre de loges françaises possèdent toujours avec certaines modifications parfois mais avec la même racine. Ce mot « G » s'est en fait recyclé dans la cérémonie d'installation secrète.
Il est assez étonnant de voir que grâce à ce recyclage (ce n'est pas le seul il y en a beaucoup d'autres en maçonnerie) ce mot en » G » est resté au niveau du 3ème grade dans certains corpus maçonniques et est monté jusqu'à l'installation secrète dans d'autres.
Alors, je ne rentrerais pas dans le détail de ce qu'a pu être l'installation secrète en France. Si l'on fait des études assez poussées, des éléments fragmentaires ici et là plaidant pour l'existence de formes d'installation (Il n'est pas de notre objet de les traiter ici). Il y a de plus eu, de manière claire, aux alentours des années 1760, une installation secrète qui s'est passé en France sous la forme d'une cérémonie appelée "Vénérable Maitre de toutes les Loges, ou Maitre ad vitam" et qui s'est, elle aussi recyclée, puisqu'elle constitue aujourd'hui l'argument du 20ème grade du REAA (Le REAA a recyclée beaucoup de matériel dans ses Hauts Grades).
Quand on lit ce 20ème degré (puisque au REAA on dit degré) il est bien dit qu'il s'agit d'une cérémonie d'installation qui n'étant plus pratiquée en France se retrouve là et a voulu être perpétuée. Il faut savoir aussi qu'en France, la position du Vénérable Maître est assez différente de celle de l'Angleterre dans la mesure où, en France, la fonction de Vénérable Maitre est une fonction ad vitam. Lorsque l'on accède à la dignité de Vénérable Maitre et on le reste toute sa vie, on peut garder une loge toute sa vie si c'est nécessaire.
Bref, en France, l'installation secrète n'a pas fleuri...
L'installation secrète refera son apparition en France de manière tout a fait anecdotique. Ce sera en 1901, avec la création de la première loge Emulation en France: l'Anglo-Saxon Lodge, au sein de la Grande Loge de France (elle existe toujours). Et forcément cette loge pratiquait l'installation secrète. Il faut bien voir que l'installation secrète telle que nous la connaissons est une tradition totalement anglaise, de type Emulation.
Alors, quand en 1913 s'est créé la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies (qui deviendra la GLNF), un certain nombre de loges Emulation ont commencé à voir le jour, et cette cérémonie d'installation secrète a donc commencé à se répandre en France.
Au début, alors qu'il n'y avait que quelques Loges, cette installation secrète, celle-ci passait inaperçue. Mais à un certain moment, un problème a commencé à se poser.
Lequel ?
Un Vénérable du Rite Français ou du REAA, par exemple, qui venait visiter une loge Emulation d'installation devait sortir à un certain moment de la cérémonie parce qu'il n'avait pas reçu l'installation secrète. Voilà ce qui effectivement pouvait causer un certain problème
Dans certaines obédiences telles que la GLNF Opéra par exemple, (aujourd'hui la GLTSO), se sont créés des loges spécifiques de maitres installés dans lesquelles le grade était délivré aux frères qui avaient été reçu vénérables dans d'autres rites. .
La Grande Loge Nationale Française, elle, a choisi, non pas créer une loge de maitre installé, mais de donner ce grade de maitre installé à tous les Vénérables dans tous les rites. Ceci, en établissant une cérémonie d'installation secrète commune à tous les rites.
Cette installation secrète s'est aujourd'hui propagée dans de nombreuses obédiences et de nombreux rites. Avec bonheur parfois. Parfois moins...
Mais j'arrive à la fin du temps qui m'était imparti.
J'ai essayé de vous dire ce que je pouvais vous dire sur cette cérémonie secrète. J'ai essayé d'être le plus concis possible. Je vous renverrais sur le site rudyard-kipling.fr pour vous diriger vers quelque documentation pour pouvoir aller plus loin sur ce sujet. Je veux à nouveau saluer ici mon Maître René Guilly qui faisait paraître dès 1961, dans une revue qui s'appelle "le symbolisme", dans le numéro 353, un travail déjà totalement complet sur cette cérémonie d'installation secrète alors qu'à l'époque, quasiment personne ne savait même de quoi il s'agissait.-
6 -

1
- The Grand Lodge of the Most Ancient and Honourable Fraternity of Free and Accepted Masons (according to the Old Constitutions granted by His Royal Highness Prince Edwin, at York, Anno Domini nine hundred and twenty six, and in the year of Masonry four thousand nine hundred and twenty six)
2
- Bernard.
E. Jones. « Freemason's Guide and Compendium»(Londres, Harrap, nouv. éd. 1956)
3
- Laurence Dermott – Ahiman Rezon « cette partie de la maçonnerie communément appelée Arche Royale (qui est, je le crois fermement, la s, le coeur et la moelle de la franc-maçonnerie) »that Part of Masonry commonly called the Royal Arch (which I firmly believe to be the Root, Heart, and Marrow of Free-Masonry)
4
- Les premiers francs-maçons , Les loges écossaises originelles et leurs membres David Stevenson (Auteur), Patrick Sautrot (Traduction). Editions Ivoire-clair. 2000
5
- Les deux grandes colonnes de la franc-maconnerie. René Desaguliers (Auteur) Dervy 1997
6
- Notes sur la cérémonie ésotérique d'installation des Maîtres de Loges par René GUILLY. Revue «LE SYMBOLISME» numéro 353, année 1961

Bibliographie complémentaire:

- The Freemason At Work.
Harry Carr. 1976. Lewis Masonic.
- A commentary on the Freemasonic Ritual. Dr E. H Cartwright, 1947. Fenrose Ldt.
- The Degrees of Pure and Ancient Freemasonry. Robert Freke Gould. Ars Quatuor Coronatorum. Volume16. 1903
- The Origin of the ‘Ancients’. H. Saddler Ars Quatuor Coronatorum. Volume 85. 1972
- The Development of Installation at Bristol. E. Ward. Ars Quatuor Coronatorum. Volume 71. 1958
- The Installation Ceremony N. B. Spencer. Ars Quatuor Coronatorum. Volume 72. 1959
- The Evolution of the Installation Ceremony and Ritual. Harry Carr. Ars Quatuor Coronatorum. Volume 89. 1976
- The Ceremony of Installation.
H. C. Booth. Ars Quatuor Coronatorum. Volume 89. 1976

Commentaire : comme d’habitude un très beau travail ! Certains Frères devraient s’en inspirer pour comprendre l’importance de cette cérémonie qui suit le Franc-Maçon toute sa vie.

source : http://www.rudyard-kipling.fr/Travaux-installation-secrete-du-venerable-maitre.html

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Science, alchimie et Franc-Maçonnerie

19 Février 2013 , Rédigé par F∴ R∴ B∴ Publié dans #Planches

 « Essence et Souffle s’unissent et donnent naissance à l’Embryon mystérieux; celui – ci se noue et donne naissance à un corps. C’est le procédé du Cinabre intérieur ( nei-tan ) qui conduit à ne pas mourir. » (T’ai-si king ).

Introduction

Cet extrait du T’ai – si king ou Livre de la respiration embryonnaire ne donne certes qu’un petit aperçu de ce qu’était l’alchimie intérieure chinoise appelée nei-tan, qui s’est développée au début de notre ère dans l’empire du Milieu. Il résume néanmoins en quelques phrases tout le processus de cet Art et sert d’introduction au but de ce travail, qui est celui de m’attaquer aux préjugés, aux mythes et à l’incompréhension, qui se sont perpétués au fil des siècles, au sujet de l’alchimie, non seulement dans le monde profane, mais aussi parmi nos Frères. Et de contester en premier lieu une idée préconçue et tenace en Occident, celle qui veut que sans un laboratoire dans sa cave avec fourneaux et alambics l’on ne puisse être considéré comme un alchimiste. Cette idée est fausse. L’alchimie intérieure chinoise, dont le support principal était le Taoïsme, nous a donné la preuve que l’on peut faire de l’alchimie sans travailler dans sa cave, en ne pratiquant que le nei-tan ou alchimie intérieure, dont le seul laboratoire est l’homme et ses différents « corps », grossiers et subtils. Cette alchimie intérieure était constituée par une véritable école initiatique basée sur une discipline morale et spirituelle, ainsi que des exercices ritueliques englobant le corps et l’esprit. Les pratiques de laboratoire avec travail sur les métaux et le cinabre furent vite considérées comme secondaires et sans grand intérêt par la grande majorité des Adeptes. Comme l’affirme Isabelle Robinet, éminente spécialiste du taoïsme: « L’alchimie intérieure, qui apparaît vers le VIII ème siècle en Chine, succède à la fois à l’alchimie de laboratoire ou extérieure et aux pratiques corporelles dont elle est l’héritière…… Elle élabore une discipline mentale qui doit induire en l’adepte une vision multi-dimensionelle du monde et le conduire à la coïncidence des contraires et à l’illumination, en lui faisant prendre conscience de la parcelle de lumière éternelle qui est en chaque être, qu’il doit nourrir et développer. »

Il n’est pourtant pas difficile de comprendre que, contrairement à ce que pensent certains occidentaux, le but de la transmutation alchimique est l’homme lui – même et non de vulgaires métaux. C’est là le vrai sens du terme « opératif ». De toute façon ceux qui ont passé leur vie au milieu des fourneaux se sont plutôt ruinés ou sont morts intoxiqués par le mercure, sans connaître le Secret de l’alchimie qui est de tout autre ordre. C’est le secret de la Vie. Car telle est la définition de l’alchimie : Science de la Vie, Science de la Vérité, Science de l’Immortalité ( immortalité de l’Ame bien sûr car il serait bien prétentieux et insensé de prétendre à l’immortalité de notre support temporaire corporel).

Je le répète à l’instar des Adeptes : « il y a un seul Vase, une seule Matière, un seul Four et un seul Laboratoire ». C’est l’homme lui même dans sa réalité grossière et subtile, ses corps de chair et d’esprit.

Il y a une autre idée préconçue au sujet de l’alchimie. Je l’ai parfois entendue sur la bouche de mes Frères. « Non, l’alchimie est trop compliquée pour moi. Je n’y arriverai jamais. Tous ces symboles abstrus et anachroniques à décrypter ! » Il est facile d’y répondre. Imaginez, mes Très Chers Frères, un profane qui entre dans un Temple maçonnique…et qui est confronté à nos symboles et rituels. Comment réagira-t-il ? Comme celui qui m’a dit un jour: « Mais pourquoi est-ce que vous, les Francs- Maçons, utilisez des symboles compliqués au lieu de vous exprimer comme tout le monde ? ».

Il faut bien reconnaître que si l’on veut aller plus loin qu’une vision morale ou sociale, les symboles maçonniques sont tout aussi difficiles à interpréter que ceux de l’alchimie. On peut même se demander combien de Francs – Maçons ont fait l’effort de déchiffrer le sens des différents mots, batteries, signes, couleurs, légendes ou symboles propres à chaque Grade. J’en conviens, tout cela nécessite d’une bonne dose de volonté et de perspicacité, plus qu’en a le commun des occidentaux, plus préoccupé par la vie profane effrénée, que par la quête fondamentale sur le pourquoi de son existence sur terre. Et ceci même parmi nous Francs- Maçons.

Quant à ceux qui prétextent que l’alchimie est une utopie irréalisable, je leur poserais la même question au sujet des buts de notre Ordre. Au risque d’en choquer certains, je suis persuadé que les buts spirituels de la Franc-Maçonnerie, les mêmes que ceux de l’alchimie, sont tout à fait réalisables et ne consistent pas seulement en un idéal que l’on ne pourra de toute façon jamais atteindre dans la réalité. Cette dernière affirmation est typique de la mentalité occidentale, qui sous le couvert d’une fausse modestie, démontre son manque de foi et de confiance en ses propres capacités. Une excuse en quelque sorte pour ne pas faire l’effort demandé.

Je dirais même que les symboles maçonniques et alchimiques voilent une Vérité non seulement réalisable, mais aussi d’une extrême simplicité de compréhension. La Vérité ne peut être que simple dans sa Grandeur. Son accès a été rendu sciemment compliqué. Ce sont les Adeptes qui ont créé un rempart presque infranchissable, afin que la Science ne tombe pas en mains mal intentionnées, afin que seul le chercheur perspicace et de bonne volonté, mu par l’intelligence du cœur, puisse l’atteindre. Si en alchimie on parle de transformer le Plomb en Or, c’est aussi pour mettre sur la fausse piste les profanes avides ou pour détourner vers le laboratoire ceux qui ne croient qu’en la matière et en elle seule.
- Et l’Amour dans tout ça ?- me répondit un jour un Frère à qui je faisais noter l’importance de l’alchimie dans la Voie initiatique. Il voulait par là me faire comprendre que cette recherche paraissait à ses yeux trop solitaire, égoïste et peu intéressée à l’évolution de l’humanité. J’aurais aimé lui répondre que l’Amour sans la Connaissance est tout aussi néfaste et aveugle que la Connaissance sans Amour et que le perfectionnement moral et spirituel de l’humanité n’est possible que par le préalable perfectionnement moral et spirituel individuel. Mais je lui répondis autrement: que les Adeptes en alchimie ne faisaient pas étalage de leurs qualités de cœur comme le font certains qui parlent à tort et à travers de tolérance et d’amour et qui au premier écueil se comportent en parfaits égoïstes, plus sensibles aux défauts des autres qu’aux leurs.

Physique quantique et alchimie

Un préjugé tenace fait de l’alchimie une véritable utopie sans aucun fondement scientifique. Or rien n’est plus faux. Les dernières découvertes de la physique quantique se rapprochent de façon étonnante des anciennes théories alchimiques, qui se révèlent comme une connaissance scientifique avant la lettre. Nous savons que la méthode expérimentale a été bousculée ces dernières décennies. L’observateur, par sa présence en chair et en os, modifie la valeur d’une expérience donnée. L’alchimiste, qui agit sur le plan subtil, en dehors de l’espace-temps, lui ne modifie pas la valeur de l’expérience.

De plus, la théorie de la relativité a balayé non seulement le caractère absolu de l’espace et du temps, mais aussi l’opposition entre matière et énergie. La matière selon la théorie quantique peut apparaître suivant les circonstances sous un aspect corpusculaire ou un aspect ondulatoire. Ce sont deux aspects d’une même réalité. Le réel n’est donc pas toujours visible et le visible n’est pas toujours réel.

Or, cette dualité de la matière est un des leitmotiv de l’alchimie. Cette dernière affirme en effet que la Matière première se transforme en énergie; que cette énergie obtenue ou extraite de la Matière agit en retour sur les éléments « corpusculaires » en les transmuant, en leur donnant une autre forme. L’alchimie affirme aussi qu’il y a deux états ou fonctions de la matière qui coexistent en alternance, le Solve et le Coagula, le Solve, appelé aussi le Volatil, état de dissolution, de décomposition de la matière, symbolisé par une sinusoïde et le Coagula, dit, aussi le Fixe, état condensé et corpusculaire, symbolisé par une ligne droite. Le Fixe ou aspect corpusculaire, déterminé, individuel correspond au Soufre et le Volatil, aspect vibratoire, ondulatoire, indéterminé correspond au Mercure. Le Sel est l’union du Soufre et du Mercure, soit l’état à la fois ondulatoire et corpusculaire, dont le sigle est bien connu en Franc-Maçonnerie, l’équerre et le compas réunis. Il suffit aussi d’observer le caducée d’Hermes pour comprendre cette union des deux états. Le Mercure y est représenté par les deux serpents qui s’entrecroisent dont le caractère ondulatoire formé par la lettre S est évident. Le Soufre ou Fixe correspond à la ligne droite centrale qui forme un T majuscule. Réunis il forment le Sel ou caducée d’Hermes….et les deux aspects coexistants de la matière selon la physique quantique. Les lettres S symbolisant le Mercure et T, le Soufre, réunies, forment le caducée et ne représentent rien d’autre que la Pierre des Philosophes tant recherchée par les alchimistes et les Francs-Maçons. Il s’agit bien de notre Pierre, soit un ensemble de deux choses, qui réunies par une troisième, nous ramènent à l’Unité.

L’écroulement de notions scientifiques qui paraissaient absolues telles que celle d’espace-temps, de réalité matérielle d’un objet, de loi de cause à effet, de méthode expérimentale infaillible, amène la physique moderne vers une réalité tout autre que celle, soumise à nos sens, à laquelle le matérialisme absolu des siècles passés nous avait habitué. Il faudra du temps pour réapprendre à vivre la réalité…à moins d’avoir assimilé l’enseignement hermético-alchimique.

Certains physiciens vont encore plus loin dans le rapprochement entre la science et l’alchimie, sans l’affirmer explicitement bien sûr. Le Professeur Régis Dutheil nous propose une théorie explicative de l’univers basée sur la notion de lumière et précisément sur le dépassement de la vitesse de la lumière. Il y aurait selon lui un monde en deçà de la vitesse de la lumière, le notre, soumis à l’espace-temps et un autre situé au delà de la vitesse de la lumière dit univers « superlumineux », où le temps n’existe plus et où la causalité n’a donc plus de sens.

L’alchimie affirme la même chose. Il y a deux mondes qui coexistent: le matériel soumis à l’espace – temps et le spirituel, hors du temps et de l’espace. L’alchimiste doit entrer dans le monde spirituel afin de le matérialiser et ensuite revenir dans le matériel afin de spiritualiser ce dernier. Mais pour cela il doit avoir pris connaissance et entière possession des deux mondes, le matériel et le spirituel,…. le sous lumineux et le superlumineux, pour employer les termes du Prof. Dutheil.

Et comment l’Initié peut-il passer la barrière entre les deux mondes ? Par la Mort initiatique qui permet le contact avec le monde spirituel. Il s’agit d’un état de transe méditative ou mort apparente. Ceci est confirmé d’une manière étonnante par le Prof Dutheil. Pour ce dernier il n’y a pas d’autre moyen actuellement disponible pour passer la barrière qui sépare l’univers sous lumineux du superlumineux que l’éveil à d’autres états de conscience – dit-il – par le Joga ou la méditation. C’est une reconnaissance « de facto » de la supériorité de la Voie initiatique sur la science, faite par un scientifique.

Ordre et Chaos

Selon l’alchimie transmuer le Plomb en Or signifie obtenir un composé stable et durable à partir d’un composé instable, appelé « Chaos » par les Adeptes. Ce problème du passage d’un composé instable et chaotique à un ensemble ordonné et durable, qui est posé par la théorie alchimique et que l’on retrouve dans notre Ordre sous l’axiome « Ordo ab Chao », est abordé aussi dans la théorie du Prof. Dutheil, et de la façon suivante. Notre physicien reprend la fameuse théorie de l’entropie. Selon celle-ci dans les molécules il existe un certain ordre. Par exemple les molécules ayant beaucoup d’énergie se trouvent les unes à côté des autres dans un certain endroit de l’espace, alors que celles qui ont peu d’énergie occupent un autre endroit de ce même espace. Il y a là une structure d’ordre. Une évolution appelée « entropie » se produira alors: les molécules ayant beaucoup d’énergie vont en céder une partie à celles qui en ont moins. On aura donc un ensemble de molécules sans aucune différenciation. On est donc passé d’une structure d’ordre à une structure de désordre. Le physicien Maxwell a supposé l’existence d’un principe dans l’univers, appelé ensuite « démon de Maxwell », qui, grâce à un système d’information qu’il doit nécessairement obtenir, remet de l’ordre, en replaçant les molécules à haute énergie d’un côté et celles à basse énergie de l’autre. Il rétablit l’ordre en quelque sorte. Pour un autre savant, Kammerer, il y aurait une force basée sur l’information, dans l’univers, qui tend à réunir les semblables « épars » en un ordre défini et stable. Or, selon Dutheil cette force se trouve dans l’espace superlumineux et peut être atteinte par le passage de l’homme dans cet espace, là ou existe l’information. L’homme alors informé pourrait se constituer ensuite selon un mode ordonné et définitif. Tandis que s’il restait dans ce bas monde sans information il irait vers la dégradation progressive de ses cellules en un mode uniforme de désordre, c’est à dire vers la mort tout court, comme c’est le cas habituellement pour le commun des mortels.

Cette théorie du Prof Dutheil correspond à celle de l’alchimie et de la Franc – Maçonnerie dont le but est de transformer un composé instable et caduque (la Pierre brute) en un composé parfait, stable et éternel (la Pierre cubique). Ce qui en alchimie se traduit symboliquement par la transmutation du Plomb en Or et spirituellement par la formation du corps-spirituel immortel dit Corps glorieux. Mais pour ce faire l’alchimiste doit, comme le Franc – Maçon, passer le seuil entre le monde matériel et le monde spirituel, entre le monde souslumineux et le monde superlumineux, pour utiliser les termes de Dutheil. Cela correspond à ce que l’alchime et la Franc-Maçonnerie appellent la Mort initiatique ou état de transe profonde qui nous fait passer dans l’au-delà, afin d’avoir accès, comme le dit Dutheil, « à l’information qui nous permettrait de faire de l’ordre » c’est à dire de transformer notre être périssable en composé stable, de passer en somme d’un état de chaos à celui d’ordre. Il s’agit véritablement, si la théorie de Dutheil est prouvée, d’un rapprochement historique entre la science, la F.M . et l’alchimie.

Pour peu que l’on ait des rudiments d’alchimie, l’on s’aperçoit que certains termes utilisés par cette dernière tels chaos, semblables, catégories sont les mêmes que ceux qu’utilisent les physiciens modernes. Depuis toujours en alchimie la Matière première initiale a été appelée Chaos ou Chaos des Sages. C’est notre Pierre brute. Il s’agit en effet de cette matière instable, laide et imparfaite qui pourtant donnera un ensemble stable et ordonné à la fin des Opérations. D’autre part les alchimistes ont répété maintes fois cet axiome: « les semblables s’unissent avec les semblables ». Et ceci afin « d’imiter la Nature ». L’alchimiste est appelé le singe, car il est sensé singer la nature. C’est ce qu’affirme Maxwell dans sa notion d’ordre : il faut réunir les semblables avec les semblables pour recréer l’ordre, les catégories.
Le physicien, comme l’alchimiste, doit singer la nature.

Mais ce qui pour nous est le plus important, c’est l’évidente unité, je dirai superposition entre l’enseignement maçonnique et alchimique en ce qui concerne le passage entre les deux mondes, par ce qu’on appelle la mort du vieil homme et la naissance du nouveau. La Mort initiatique appelée aussi Putréfaction est l’Opération la plus importante et la plus délicate de l’alchimie. Il ne s’agit bien entendu pas d’une mort réelle, autrement on irait vers cette destruction que justement l’on cherche à éviter. Cette Mort nous permet de déstructurer sans détruire, juste ce qu’il faut pour nous faufiler dans le monde d’à côté et pour reconstruire ensuite un ensemble plus stable, grâce à l’ « information » que nous y avons trouvée. A ce propos je cite encore le Prof. Dutheil qui donne sa version des choses: « La mort est donc actuellement (tant que la physique des particules superlumineuses n’est pas plus développée) le seul moyen que nous ayons de rentrer en contact avec le monde superlumineux. »

Les fils de la Lumière

Selon le Pr. Dutheil: « la référence de base de notre univers est donc la lumière » (et sa vitesse Ndr). Nous Maçons et alchimistes ne pouvons pas le contredire vu que le Prologue de l’Evangile de S. Jean, notre patron mutuel, l’atteste.
Selon la théorie de Dutheil le passage de l’état sous lumineux à l’état superlumineux nous donne « une vision instantanée et non causale des événements avec une évolution vers un état d’information et de signification maximal». Celui qui vit en permanence dans l’état superlumineux répercute cet état d’ordre sur le « petit monde » dans lequel il vit. C’est là tout le processus alchimique que nous Maçons pratiquons en travaillant dans le Temple (et en dehors du Temple…), grâce aux symboles et aux rituels, à l’accession de la Connaissance , qui nous permettra de rayonner ensuite dans « notre petit monde ».

L’affirmation du Prof. Dutheil que la référence de base de notre univers est donc la lumière, si évidente soit elle, reste une théorie du point de vue scientifique, non partagée par l’ensemble des savants. Il en est autrement dans le domaine initiatique et alchimique. En particulier dans la Kabbale, comme nous le propose le Baal Haorot : « Si tu veux, tu le pourras. Fils de l’homme, regarde! Contemple la lumière de la Présence qui réside dans tout l’existant. » (Orot Haqodech,I,64). Il n’est pas besoin de souligner quelle importance ont dans la Kabbale pratique les trois mots suivants: Lumière, vibration, énergie.

Mais si nous voulons convaincre le profane il faut lui donner des preuves scientifiques. Il n’y en a pas…

Et pourtant des éléments troublants apparaissent si l’on compare les rythmes de la vie humaine avec les rythmes cosmiques, en particulier ceux du soleil, donc de la lumière par excellence dans notre système planétaire.

Considérons en premier la vitesse de la lumière, cette barrière entre les deux univers, selon le Pr. Dutheil.

Vous savez tous que la vitesse de la lumière est de 300000 km à la seconde. Nous pouvons extrapoler sur une heure ou un jour et nous aurons:

Vitesse de la lumière par seconde : 300000 km
Vitesse de la lumière par minute : 18000000
Vitesse de la lumière par heure : 1080000000
Vitesse de la lumière par 24 h : 25920000000

Nous pouvons comparer ce mouvement de la lumière dans le système métrique à une sorte de respiration ou expansion de l’univers, à un déploiement du Verbe. Or, quel est notre étonnement si nous le comparons à la respiration de l’homme. Statistiquement l’homme respire en moyenne 18 fois par minute, soit 9 inspirations et 9 expirations. Extrapolons sur une heure ou un jour comme nous avons fait pour la vitesse de la lumière et nous aurons :

Nombre de respirations par minute : 18
Nombre de respirations par heure : 1080
Nombre de respirations par 24 h : 25920

Ces chiffres se superposent au nombre de millions de km de la vitesse de la lumière. Nous pouvons affirmer que l’homme respire en consonance avec la lumière, si l’on admet la valeur du système métrique comme un choix « illuminé ».

Or, il y a plus: la durée en années de la précession des équinoxes correspond aussi à 25920. Qu’est ce la précession des équinoxes ? Vous savez tous que l’axe de la terre est incliné ( 23 degrés 27 premiers) et que cette dernière tourne sur elle – même comme une toupie. Or, l’axe de la terre n’est pas fixe. Il se déplace progressivement et circulairement (coniquement) de sorte qu’il revient à la même position de départ après 25920 années. Le jour de l’équinoxe de printemps le soleil ne se lève donc pas chaque année au même point de l’horizon. Il reviendra se lever au même point après 25920 années. Le lever du soleil se fait progressivement par les 12 constellations zodiacales, de sorte qu’il reste dans la zone d’une constellation en moyenne 25920 : 12 = 2160 années. C’est ce que nous appelons une Ere. Nous quittons en ce moment l’Ere des Poissons pour entrer (en 2031 ?) dans l’Ere du Verseau. Or, le déplacement de l’axe terrestre d’un degré (sur les 360 qu’il va accomplir en 25920 années) se fait en 72 ans. Par le calcul simple : 25920 années divisées par le nombre de degrés d’un cercle 360 = 72 années.

Ce phénomène astronomique nous amène tout droit vers le deuxième rythme important de l’homme, celui des battements cardiaques qui est de 72 par minute. Le cœur bat en moyenne 72 fois par minute, ce qui le relie directement au soleil par le phénomène de la précession des équinoxes. Nos 72 battements cardiaques par minute sont donc en relation avec la lumière et précisément celle du soleil.

Mais il y a un autre lien intéressant entre le rythme cardiaque et la Lumière. C’est le Delta, dit fort à propos « lumineux ». Il s’agit du triangle sacré qui représente pour nous Franc-Maçons la Lumière par excellence, la Lumière spirituelle divine, placée entre la lumière du Soleil et de la Lune. Ce triangle sacré appelé Delta « lumineux », dans le centre duquel se trouve l’œil de Dieu, présente un angle supérieur de 108 degrés et une somme des deux angles de la base de 72 degrés, ce qui résume bien la divinité « lumineuse » en haut 1(08) et son déploiement dans la matérialité en bas signifiée par le 72. Le rapport de ce triangle entre le haut et le bas soit 1/72 est ainsi constitué, qui est à la base de la légende égyptienne expliquant la différence de 5 jours entre l’année solaire (365) et lunaire (360). Dans cette légende Hermès -Toth gagne aux dés en jouant avec la Lune. Il lui ravit 1/72 ème de l’année. C’est à dire que 1/72 ème de l’année lunaire de 360 jours correspond à 5 jours. Et ces 5 jours s’ajouteront aux 360 autres pour constituer l’année solaire de 365 jours (chiffres approximatifs !). Ce calcul confirme le lien du chiffre 72 avec le soleil et les cycles de l’univers, auxquels l’homme est relié par son cœur. Le cœur représente donc la Lumière qui est déployée dans l’homme, à l’intérieur de l’homme. Il existe en résumé un subtil rapport entre les battements cardiaques de l’homme à la minute, la respiration de l’homme sur 24 heures, la vitesse de la lumière sur 24 heures, et enfin le soleil et donc la lumière, qu’il est sensé représenter dans notre système solaire. Un fait est sûr: les 25920 années que comportait le cycle de la précession des équinoxes correspondaient à la fameuse Grande année pythagoricienne et platonicienne. Selon Platon il s’agissait de la Grande année cosmique ou « pulsation » de l’univers.

Que pense l’alchimie de tout cela? Le cœur y est assimilé au Soleil philosophique et à l’Or. Pour les alchimistes le cœur est le siège du Soleil philosophique ou Soleil intérieur, symbolisé extérieurement par le soleil, lui même cœur du système solaire. L’équivalence cœur = Soleil philosophique = Feu-Lumière = Christ = Or alchimique = chiffre 8 = X est une des pièces maîtresses de la symbolique alchimique. Le sigle de l’Or et du Soleil philosophique est le même: un point au milieu d’un cercle. Quant au chiffre 8, symbole de l’énergie serpentine ou solaire que nous avons vue « onduler » sur le caducée, il correspond bien au facteur X, inconnue du Grand Œuvre selon le grand Adepte Fulcanelli. Ce qui nous amène à la formule suivante : 72 (72 battements par minute) : 9 (9 inspirations ou expirations par minute) = 8.

Or, la Pierre philosophale est dite aussi Escarboucle et décrite comme une étoile à 8 branches avec un 9ème point central (S ).

Le rôle de la respiration et du cœur dans l’ascèse alchimique ou celle du Joga est essentiel. Il s’agit d’agir sur notre corps afin d’activer les énergies, la partie ondulatoire de nous mêmes, justement symbolisée par le chiffre 8, afin de nous faire passer la barrière qui nous sépare de l’invisible et transformer entièrement notre Nature par la Lumière ignée, pour devenir « fils de la Lumière ».

L’ADN ou caducée d’Hermes

Les biologistes moléculaires commencent à s’apercevoir que les théories anciennes des alchimistes et des gnostiques au sujet du serpent cosmique représentent une connaissance intuitive de la structure de l’ADN, notre patrimoine génétique. En effet la notion alchimique de « Principe vital et universel, ayant une forme serpentine et provenant du cosmos, principe unique et double à la fois, Matière première de toute chose, Mère de l’Univers, Principe qui s’exprime en nous sous la forme des 4 Eléments », et bien cette notion décrit ni plus ni moins la structure de l’ADN.

L’ADN est une hélice double en forme de 8 ou de deux serpents entrecroisés. Il est un, mais à la fois deux. Les deux rubans sont unis par des ponts, à la même enseigne que les marches d’une échelle, d’où le terme d’échelle double ( !). Ces ponts sont constitués par 4 acides aminés: Adénine, Guanine, Timine, Cytosine. Ces quatre bases ne peuvent s’accoupler que par paires spécifiques : A avec T et G avec C. Cela implique qu’un des deux rubans est le duplicata de l’autre et que le message génétique est double.

L’ADN est apparu abruptement sur la terre. Il est le maître des transformations sur celle –ci car il a façonné les êtres, tout en restant rigoureusement le même, malgré les 4 millions d’années où il s’est démultiplié. De même il ne varie pas, comme substance, d’une espèce à l’autre; il n’y a que l’ordre des lettres qui change. Selon les biologistes le 97% de l’ADN « fait des choses que nous ne comprenons pas pour l’instant », et selon le biologiste Jeremy Narby : « Dispersés dans cet océan de non sens, les gènes représentent une sorte de terre ferme où le langage de l’ADN devient compréhensible. Tous les mots ont 3 lettres, et comme l’alphabet de l’ADN dispose de quatre caractères, il y a 4x4x4 = 64 mots possibles. Les 64 mots du code génétique possèdent tous un sens et correspondent soit à un des 20 acides aminés utilisés dans la construction des protéines, soit à l’un des deux signes de ponctuation (« start » « stop » ). Il y a donc 22 sens possibles pour 64 mots. »

Vous conviendrez avec moi que cette similitude est troublante. Non seulement par le fait que le Principe alchimique du Un – Tout, base et Mère de l’univers est double et triple à la fois et de forme en « double hélice ». Non seulement par les 4 Eléments qu’il contient en son sein comme les 4 acides aminés dans l’ADN. Non seulement par l’affirmation qu’il est à la base de tous les êtres et de tout ce qui vit dans l’univers. Mais aussi dans des détails « croustillants » tels que l’importance du chiffre 8 et de ses multiples en alchimie, désignant cette Energie à la fois ondulatoire et corpusculaire à la base des trans-mutations. Or que voyons – nous dans l’ADN ? Une mise en évidence du chiffre 8, car selon les biologistes le message génétique est doublement double, c’est à dire 2x2x2=8 ou le cube de deux.. Que voyons – nous dans l’ADN ? Les 4 bases dédoublées ou 4×2=8. Plus encore : l’affirmation qu’il y a 22 sens possibles pour 64 mots ne passe pas inaperçue. Le 64 ou 8×8 soit le pavé mosaïque, les Mandalas hindous, le jeu d’échec ou de l’Oie, le drapeau templier. Le 22 soit les 22 lettres de l’alphabet hébraïque, les 22 Lames majeures des tarots, les 22 Grands Maîtres de l’Ordre du Temple, les 22 chapitres de l’Apocalypse.

Une mise en garde s’impose à ce point. Il s’agit ici d’une symbolique comparée, qui confirme le sens universel du symbole archétypal. Le fait que les symboles alchimiques correspondent à la structure de l’ADN ne signifie nullement que la Vérité est dévoilée, que nous avons découvert la Réalité que cachaient les symboles. Gardons nous de prendre un symbole pour la réalité qu’il sous entend. La structure de l’ADN est elle même le symbole d’autre chose, qui dépasse notre entendement, et qu’elle nous permet seulement de palper. Ce qui est important ici c’est la surprenante similitude et unité entre les symboles initiatiques et la nature, l’univers.

Dans ce même ordre d’idées nous pouvons comparer les quatre Eléments de l’alchimie soit la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu aux quatre composants essentiels de toute matière organique: Carbone, Azote, Hydrogène et Oxygène. Convenez que la similitude est troublante. Le carbone dont le sigle est C nous rappelle la couleur noire et la Terre. L’azote, dont le sigle est N et qui constitue le 80% env. de l’air que nous respirons peut donc être relié à l’Air. L’hydrogène de sigle H, principal constituant de l’eau (H2O), peut être relié à l’Eau. Enfin l’oxygène principal activateur du feu, dont le sigle est O, peut être relié au Feu. Les deux Eléments alchimiques subtils, le Feu et l’Air se retrouvent réunis par leur sigle chimique dans la syllabe OZ, si l’on considère le sigle de l’azote N comme renversé. Je vous laisse déduire les implications initiatiques. D’autre part le nom de l’élément chimique appelé azote vient de l’ancienne terminologie alchimique. Dans cette dernière l’Azot correspondait à la Matière première de toute chose ou Matrice de l’Oeuvre. Pourquoi ? Parce que ce terme contenait la première et la dernière lettre de l’alphabet hébraïque l’aleph et le tau, la première et la dernière de l’alphabet grec l’alpha et l’oméga et enfin la première et la dernière du nôtre le a et le z. Il correspondait donc par ce fait au Tout-Un.

Cette Matière première, base du Grand Œuvre, était rappelée par les Adeptes dans la très célèbre phrase : « Ignis et Azot tibi sufficiunt. » . Le Feu et l’Azot te suffisent, …..pour parfaire le Grand Œuvre.

Cette Matière première ou Un – Tout était imagée par les alchimistes grecs, non seulement sous la forme d’un serpent en double hélice mais aussi sous l’aspect d’un serpent qui se mord la queue appelé Ouroboros, accompagné de l’inscription « en to pan ». En to pan : dans le tout ou Un le Tout. Le Tout est constitué par une seule et même chose: la Matière première, Principe dont tout dépend. C’est la substance sur laquelle nous devons travailler au départ du Grand Œuvre, notre Pierre brute. La tête qui mord la queue c’est la constante mutation temporelle, la forme nouvelle qui succède à l’ancienne, la Mort et la Renaissance. Mais c’est aussi l’union des fonctions alchimiques, le Solve et le Coagula, soit le serpent avalé et celui qui avale. La queue c’est le Volatil, la forme ondulatoire, la tête c’est le Fixe, la forme corpusculaire. La forme circulaire est spécifique de l’esprit, mais en alchimie elle signifie aussi la Matière indistincte du départ, le Chaos en opposition à la Matière spécifique, différenciée, l’Ordo qui se présente elle sous la forme symbolique d’un cercle avec un point au milieu. Le point ponctue, détermine. C’est l’esprit corporifié et individualisé. Le même symbole ou sigle est utilisé pour l’Or alchimique car c’est un corps stable, parfait et individualisé. Le Dieu fait homme et l’homme devenu Dieu.

L’œuf ou la poule ?

Vous connaissez tous l’histoire de l’œuf et de la poule. Lequel est arrivé en premier. L’œuf ou la poule ? C’est un peu le même problème entre l’alchimie et de la Franc – Maçonnerie, tellement le symbolisme de l’une est calqué sur l’autre. Leur similitude est une lapalissade, à condition de connaître les deux d’une manière assez approfondie. Car celui qui ne connaît que l’œuf ne verra aucun rapport avec la poule et vice versa. Des Franc- Maçons et non des moindres, ont affirmé que la part de l’alchimie dans la Franc- Maçonnerie consiste en un apport extérieur ajouté et limité à quelques symboles, principalement dans le cabinet de réflexion. Connaissaient – ils vraiment l’alchimie ? De l’autre côté des soi-disant alchimistes ont accusé la Franc Maçonnerie de dilettantisme. Mais les grands Adeptes tel Fulcanelli ont insisté sur le parallèle entre notre Ordre et l’alchimie, car eux avaient compris que derrière l’écorce le tronc était le même. Car si certains symboles de l’art de construire n’avaient apparemment peu à faire avec l’iconographie alchimique, il suffisait d’enlever l’écorce ou de casser la coquille pour y découvrir un symbolisme strictement parallèle. Ce n’était pas le même langage certes, mais le sens était le même. Il suffisait d’un bon traducteur. Mais pour cela il fallait connaître les deux idiomes. Il est bien connu et tout à fait humain, que l’on rejette ce que l’on ne peut comprendre. Toute critique objective doit commencer par l’étude. Pour celui qui a approfondi l’étude de l’alchimie une constatation s’impose. La Franc- Maçonnerie et en particulier le Rite Ecossais Ancien et Accepté retrace dans la suite de ses grades, d’une manière très stricte et dans l’ordre exact, toutes les Opérations du Grand Œuvre alchimique et hermétique, en commençant par la Cérémonie d’Initiation au premier grade qui est elle-même un résumé de tout le Grand Oeuvre. Je n’oublie bien entendu pas la Kabbale, dont l’importance dans la Franc- Maçonnerie n’est plus à prouver, et qui est plus proche de l’alchimie qu’on ne puisse le penser au premier abord.
Ce n’est pas ici le lieu pour montrer le parallélisme entre le processus alchimique et les différents degrés initiatiques. Le petit résumé qui suit suffira pour le faire comprendre, en des termes simples adaptés au vocabulaire maçonnique. Que les Adeptes, dont je ne fais pas partie je le précise, me pardonnent ce raccourci et ma liberté d’expression.

Premier œuvre ou Œuvre au Noir ou Terre

C’est avant tout la prise de conscience du « Connais toi toi -même » et de la nécessité de la quête de l’Essentiel, du Réel. Cette quête doit être le but principal de notre vie terrestre. Il faut ensuite se débarrasser des corps étrangers, des habitudes profanes et revenir à l’« état de Nature » (dépouillement des métaux). Dans l’étape suivante il s’agit de découvrir en quoi consiste la Matière première. Les Adeptes affirment qu’elle est sous terre, dans les cavernes et les minières.(cabinet de r.) Elle est appelée aussi Pierre des philosophes, car c’est une pierre et pourtant pas une pierre. Son aspect est laid, grossier, brut ( Pierre brute ) et surtout de couleur noire. Elle possède tout ce dont nous avons besoin pour parfaire l’Oeuvre.( Valeur de la Pierre brute en soi ). Elle contient les deux Principes (Soufre et Mercure, Soleil et Lune, Fixe et Volatile, J et B…), les trois Etats ( Soufre – Mercure – Sel, Soleil – Lune – Etoile…) et les quatre Eléments (Terre, Air, Eau, Feu ). Les Adeptes signalent qu’il faut transformer la Terre en Eau, l’Eau en Air et l’Air en Feu. Le départ du Grand Œuvre alchimique consiste dans la reconnaissance et mise en action des quatre Eléments. Parmi eux les acteurs principaux sont l’Eau et le Feu. Ces quatre Eléments sont utilisés par l’alchimiste pour voyager dans l’inconnu, pénétrer dans les méandres de son être et enfin se purifier.
On dépose la Matière dans un vase (le calice). Le contenu du vase est amère et mortel au début, mais se transforme ensuite en breuvage d’immortalité. La matière est ensuite dissoute sous l’action de l’Eau et du Feu. C’est la Putréfaction. Philosophiquement cela correspond à l’esprit et l’âme qui se dégagent de la matière lors de la Mort initiatique (mort du Maitre), c’est à dire la Volatilisation du Fixe.

Deuxième Œuvre ou Œuvre au Blanc ou Eau

La Matière dissoute et putréfiée semble morte. Mais ce n’est qu’apparence. Elle va renaître sous la forme d’un sublimé blanc. C’est la matérialisation de l’esprit ou Fixation du Volatile. L’alternance de Mort et Renaissance, de Solve et Coagula est le leitmotiv de l’alchime. On meurt pour renaître à nouvelle vie. (mort du vieil homme). Ce deuxième Œuvre aboutit à la formation de notre Eau ou Mercure des Sages, philosophiquement au Corps spirituel (une rose).

Troisième Œuvre ou Œuvre au Rouge ou Feu. Cette phase est appelée aussi Régime du Feu. Le Feu est l’acteur principal du Grand Œuvre. Il est présent dans toutes les phases mais spécialement dans cette dernière où il doit être augmenté progressivement. Le Phénix, selon les alchimistes, renaît de ses cendres après s’être placé lui même sur un bûcher (bûcher du Grand Maitre). Philosophiquement il s’agit de la production d’un corps spirituel ou de Lumière, totalement superposable au corps physique. Ce dernier n’est donc plus indispensable pour la survie de l’Individu.

Le résultat des Opérations est la formation de la Pierre philosophale qui va transmuer les métaux « vulgaires » en Argent ou Lune (Petite Lumière) et ensuite en Or ou Soleil (Grande Lumière).

La Pierre philosophale est imagée par les alchimistes sous la forme d’un cube, d’une Escarboucle, d’une lettre de l’alphabet qui réunit trois Eléments eu Un : Y,T ou enfin sous la forme d’un personnage ou oiseau à deux têtes réunies par un seul corps qui stylise un Y.

Que celui qui a des oreilles pour entendre….

source : http://logetradition.ch/2012/03/09/science-alchimie-et-franc-maconnerie/

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Entre Règle et Transgression

18 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Ici tout est symbole,
Enfin…, jusqu’ici tout était symbole. Maintenant, tout devient paradoxe.
Vivre le rituel du 3eme degré maçonnique permet dans le même moment, de se plonger dans la reconstitution d’un crime à peine découvert, et d’assister à une résurrection.
Un véritable électrochoc pour beaucoup d’entre nous, et d’abord pour moi, …en tout cas, une expérience beaucoup plus puissante que la torpeur des premières cérémonies.
Et c’est cette opposition de styles et de rythmes probablement porteurs d’enseignements initiatiques que je souhaite revoir aujourd’hui en chambre du milieu.
Jusqu’à présent, nous avions appris, et peut être assimilé, les vertus indispensables à notre progression au sein de notre fraternité, à savoir la patience, l’écoute, le goût de l’effort.
Les deux premiers degrés s’appuient sur une symbolique opérative utilisant les outils des travailleurs de pierre du temps des bâtisseurs de cathédrale.
Et à ces occasions, privilégiaient les Voyages, comme exercices pratiques d’une spiritualité en quête d’autonomie.
Au 3eme degré symbolique, à ce stade de notre évolution, on n’évoque plus qu’une séparation brutale, une rupture, l’éradication du Maître, toujours dans la pénombre,
et peut être même la culpabilité et le doute en face de cette INDIVIDUATION, c'est-à-dire à la prise en compte de l’indépendance de chaque individu.
Au 3eme degré symbolique, il n’y a plus de symboles, mais un mythe. Les références matérielles cèdent la place à des références spirituelles.
N’y a-t-il pas une contradiction importante de ces différents enseignements rituelliques ??
Alors, l’initiation = Transition ou transgression ??
Aussi je vais essayer de comprendre la logique des étapes et l’imbrication de ce mythe dans le parcours maçonnique dans un premier temps,
Pour retirer dans un second temps, les enseignements initiatique de ce psychodrame.

1- Pour arriver au mythe d’Hiram, donc au grade de maître, j’ai parcouru notre chemin initiatique et essayer d’en extraire la cohérence.
Après avoir cassé des cailloux en dégrossissant la pierre brute lorsque nous étions apprenti,
et avoir traversé l’âge de la pierre polie avec le compagnonnage, nous sommes enfin devenus maîtres.
Qu’importe ce qui nous a motivé, et comment nous avons eu l’opportunité de devenir franc-maçon, ce qui compte ici est que nous ayons franchi avec succès les épreuves.
* D’abord les épreuves de sélection,
- les requêtes,
- les enquêtes,
- le passage sous le bandeau
Et un jour l’initiation, où nous nous sommes retrouvés symboliquement au centre de la terre.
· Le néophyte que nous étions, allait renaître à un autre monde, …le même jusqu’ici mal interprété.
· Puis, nous avons subi l’épreuve de la terre, qui nous a rappelé notre condition de mortel, de généré de la terre retournant à la terre.
· Et juste après, les portes se sont refermées sur nous, confirmant que si nous n’étions pas vraiment initiés, nous étions déjà acceptés.
Après l’épreuve de la terre, le futur initié reçoit successivement :
- l’énergie vitale donnée par le second surveillant avec l’air,
- la force par le premier surveillant avec l’eau,
- et enfin l’énergie spirituelle transmise par le Vénérable avec le feu
Après notre REnaissance à l’ordre maçonnique, et une enfance plutôt heureuse et silencieuse, nous sommes entrés avec le deuxième degré dans une adolescence, c'est-à-dire une autre période de transition.
Puis, 5 voyages qui nous ont aidé, et qui nous aident encore à grandir.
Et en fin de parcours, nous avons été élevés à la maîtrise.
Ce raccourci de notre précédent cheminement maçonnique montre tout le paradoxe de la cérémonie d’exaltation, qui met en scène un meurtre, c’est à dire les derniers instants violents du maître Hiram.
Pourquoi faire accepter par chacun qu’une initiation soit le résultat d’une progression lente, et finalement saisir l’ancien compagnon que nous avons abandonné, d’un acte aussi brutal que subversif.
Quelle interprétation donner à cette cérémonie de passage au 3 eme degré symbolique qui renverse l’ordre instauré en loge ???
Plusieurs explications me viennent à l’esprit :

  1. Tout d’abord, la qualité et le comportement du maître Hiram peut avoir par la force des choses poussé à l’acte ses propres compagnons d’armes.

Dans le livre des rois, la bible présente Hiram comme un habile bronzier, fils d’une veuve de la tribu de Nephtali.
Vénérables Maîtres, Hiram était déjà un enfant de la veuve, comme chaque maçon de cette assemblée, fatalement un enfant de la veuve !!!! Mais de laquelle ???
La bible continue ainsi : « Hiram était rempli de sagesse, d’intelligence. Il arriva auprès du roi Salomon, et il exécuta tous ses ouvrages (Roi 7.14) . »
- Selon les écrits, ce maître manifeste de grandes qualités d’organisation. Mais a-t-il apporté le soin et l’écoute que ses ouvriers étaient en droit d’attendre de lui ?
- N’a t-il pas exigé d’eux beaucoup d’eux sans retour d’échanges, d’estimes ou de salaire ?
Ces questions doivent être posées puisque trois compagnons, de corps de métiers différents en étaient réduits à frapper à mort leur Maître, le maître d’une œuvre de 7 ans….
La franc maçonnerie qui nous encourage à progresser et à partager, n’est elle pas en contradiction avec elle-même en prenant comme modèle un individu peut-être orgueilleux et jaloux de son autorité ???
Cet acte malheureux confirme ce que nous avons appris de nos précédents voyages ….
Ce qui s’enferme, meurt, ce qui est vivant est poreux.
Il faut pour avancer veiller à entretenir la porosité des limites, permettre ainsi le brassage et l’échange.
En définitive, Hiram n’avait peut-être plus la qualité de maître en incarnant les vertus de la maîtrise,… c'est-à-dire de tolérance, de bienfaisance, et la fraternité.
, et le mythe nous explique qu’il devait donc céder sa place.
Mais alors, céder sa place de maître par la violence, est-ce là le nouvel idéal de progression que nous propose la maçonnerie ?
Evidemment, cette explication, même si elle apporte un éclairage à un geste aussi grave, s’avère peu concluante.  

  1. A mon sens, la mise en scène de ce meurtre peut être appréciée plutôt comme le point d’orgue de nos précédentes périodes de maturation et de voyages.  
  2. Pour cela, il faut croire à la logique de la démarche maçonnique.
    Pour renaître à la vie d’un initié, l’impétrant doit « enterrer sa vie de garçon » - et accepter l’idée de la mort.
  • Déjà, l’obscurité d’une cave ou d’un tombeau,
  • le crâne d’un précédent locataire,
  • un testament philosophique sans témoin,
  • la perte du sens, la perte des sens, la perte de conscience du temps et de l’espace.

Tout contribue dans la cérémonie d’initiation à cette « petite mort » volontaire, qui ressemble d’ailleurs plus à un suicide qu’à un meurtre.
On ne peut pas considérer le rituel d’exaltation à la maîtrise comme étant fondamentalement en opposition de ce point de vue avec les précédents enseignements maçonniques.
« Pour que soit possible une véritable rupture, l’homme ordinaire doit mourir symboliquement.

2- Mourir oui, et encore, … mais tuer, pourquoi vouloir tuer le maître respecté depuis 7 ans ?
En un mot, permettez- moi de reconstituer les circonstances de ce crime telles qu’elles nous sont relatées lors de ces obscures lamentations. 
Hiram dirigeait la construction du temple de Salomon. Il avait divisé ses ouvriers en trois classes : les apprentis, les compagnons et les maîtres.
3 compagnons guettèrent le maître pour le surprendre au moment ou il viendrait à midi inspecter les travaux en l’absence des ouvriers :
- Le premier compagnon voulut frapper le maître à la tête avec sa règle. Le coup fut détourné et ne porta que sur l’épaule.
- Le second compagnon armé d’un levier frappa alors le maître à la nuque. Hiram durement touché réussit tout de même à fuir en titubant vers l’orient.
- Le troisième compagnon arrêta le maître en le frappa violemment d’un coup de maillet au front, et l’étendit mort à ses pieds.
Les trois compagnons cachèrent d’abord le cadavre, puis allèrent l’enterrer à la nuit près d’un bois.
Voila les faits : rien qu’un fait, rien qu’un fait divers,….. Pensez donc, un meurtre au pays de Salomon !!!
Mais c’est aussi un fait d’hiver, car nous avons compris que nous nous trouvons à la fin d’un cycle, un cycle de construction du temple de Salomon qui devient enfin réalité.
La fin prochaine d’une construction qui a fédéré tant d’énergie dans l’édification du grand d’œuvre.
Avoir bâti un atelier de plusieurs milliers d’ouvriers, accorder divers corps de métier aux contraintes et aux exigences multiples relève de l’exploit quotidien.
Ceux qui sont appelés à titre personnel professionnel ou associatif ou pire familial, à rassembler et à animer les tempéraments et les humeurs d’hommes et de femmes en nombre, connaissent très exactement les joies et les déceptions du Maître Hiram.
La franc maçonnerie ne met pas cet aspect des choses en exergue, mais il faut reconnaître qu’il est exceptionnel qu’une communauté humaine soit capable d’une telle dynamique, d’un tel égrégore.
On suppose néanmoins que l’organisation et la mise en ordre stricte ont pour une large part permis d’accorder les volontés et les énergies.
Le récit aurait probablement explicité l’importance de la règle admise par tous, garant de l’ordre et de l’harmonie.
Tant on sait que l’humaine condition admet difficilement la concorde universelle sur une aussi longue période.
Dans notre cérémonie, pas de détail sur les succès et les difficultés, pas de détail sur les frustrations et les rancœurs de cette communauté de bâtisseurs en mouvement. Dommage…
La cérémonie d’exaltation que nous sommes amenés à vivre et à revivre nous emporte immédiatement dans la recherche des meurtriers qui ont évidemment marqué une vive et franche opposition à une règle qu’ils estiment désormais sans objet.
La représentation du meurtre, ou de tentatives de meurtre a été le point central de précédents mythes fondateurs de notre civilisation.
J’en veux pour preuve, le premier meurtre répertorié de l’humanité : le meurtre d’Abel par Caïn.
Deux mots de l’ancien testament (c’est aussi dans la bible)
Caïn et Abel sont deux frères, enfants d’Adam et Eve.
Caïn l’aîné est cultivateur donc sédentaire, et Abel est éleveur de bétail.
Le comportement de Dieu à l’égard de Caïn est ambigu : il favorise Abel, mais d’un autre coté, il prodigue des conseils paternels à Caïn.
L’injustice de Dieu n’est qu’apparente.
Elle constitue une épreuve destinée spécialement à Caïn pour éprouver son amour filial avec Dieu. L’attribution des épreuves est un signe d’élection.
Caïn réagit mal. Il jalouse Abel et le tue pour en finir.
Selon les textes bibliques, le premier meurtre de l’histoire de l’humanité a pour mobile la jalousie religieuse – la jalousie par rapport à l’amour du père.
Caïn, terrassé par le remords, quitte Eden et marche vers le soleil levant, en se condamnant à mourir de faim.
Il finir par s’installer avec sa famille dans le pays de Nod, à l’est d’Eden.
En définitive, le premier criminel de notre civilisation est le premier voyageur, mais aussi le premier bâtisseur.
Notre ancêtre, en quelque sorte, mes Vénérables Maîtres !!!!
« Adam connut de nouveau sa femme et lui fit un autre fils qu’il nomma Seth.
Deux lignées désormais s’opposent:
- celle qui crée et bâtit,
- et celle qui survit et qui dure.
La première conduit à Tubalcain, et la seconde à Noé. La franc maçonnerie a choisit évidemment l’axe dessiné par Tubalcain.
De ce texte mythique, on retiendra que pour marcher et connaître de nouveaux espaces, il faut les traverser, c’est-à-dire passer au travers.
Progresser, c’est donc nécessairement transgresser la loi, se mettre en mouvement.
Ce voyage de Caïn nous montre à la fois une fuite et une quête, à la fois une introspection et une prospection.
Rien de neuf pour ceux qui utilisent le fil à plomb et la perpendiculaire.
Mais plus novateur est le mode opératoire proposé dans la cérémonie du 3eme degré maçonnique, ou l’on ne peut continuer son initiation qu’en supprimant définitivement et symboliquement les obstacles à sa progression au moment opportun. Transgresser, c’est dont remettre en question l’ordre et donc la règle commune au moment ou cela s’impose. Le bon moment, …
N’y voyons donc pas ici une apologie du meurtre, mais plutôt une métaphore du choix permanent de l’initié, qui peut à tout moment et en tout lieu :
- ou adopter le comportement transgressif de Caïn, et se remettre en déséquilibre, en marche,
- ou bien se fondre dans l’attitude obéissante de Seth, suivre la règle dans tout ce que la règle a de structurant, de rassurant et de confortable.

2-2 La psychanalyse confirme par ailleurs cette explication du meurtre du Maître Hiram.

Selon la psychanalyse, en un temps primitif, des hommes vivaient dans de petites hordes soumises au pouvoir dictatorial d’un chef qui s’appropriait les femelles.
Les fils de la tribu en rébellion contre le père mettront fin à la horde sauvage dans un acte de violence collective en le tuant et en mangeant son cadavre.
Ce crime va amener un fort sentiment de culpabilité, et la création d’un ordre nouveau basé sur des forts interdits, des tabous qui remplaceront le père mort, le totem.
Dans cette même veine d’explication, le complexe d’Oedipe mis à jour par Freud au cours du 20eme siècle réaffirme l’expression de deux désirs refoulés dont celui du meurtre du père.
Selon ces théories, la maturation de l’esprit humain aboutit inévitablement à une rivalité reposant sur une ambivalence de sentiments, entre l’amour et la haine du maître (ou du père), entre l’espoir et la terreur que peut engendre sa défaillance.
Voici donc les tics de cette petite mécanique psychanalytique.
Près de deux siècles plus tôt que les tenants de la horde sauvage, la maçonnerie va assassiner le père du chantier, celui qui détient le savoir, celui qui détient le pouvoir.
Etre maître nous explique le rituel, c’est faire partie des frères qui partagent le meurtre du père, même si le rite prévoit la résurrection ultérieure d’Hiram, en mêlant ainsi l’instinct de mort à l’instinct de vie.
On peut quand même s’étonner dans la mesure ou l’on admet la nécessité du meurtre symbolique rituel, de ce que tout homme est l’assassin potentiel d’un ancien assassin à qui l’on ne reproche pas son crime, bien au contraire. En effet, celui que l’on admire n’a-t-il pas lui-même tué pour devenir maître ? Et celui qui va commettre le crime n’est-il pas suicidaire puisque implicitement il est candidat à être lui-même une future victime d’un crime identique ?
Dans la progression initiatique, il faut donc renoncer à une partie de ce qui fait autorité sur nous même, avant de se remettre en état de déséquilibre.
Sur un plan philosophique, tuer le maître, c’est un gage de liberté qui montre une disposition profonde de l’homme à faire et défaire selon son libre arbitre.
Le symbolisme qui apparaît est que chacun est capable du meilleur et du pire…. Avec les mêmes outils…
Au total, Transgresser la règle du Maître, c’est marquer sa maturité, c’est ensuite désirer et concevoir un futur pour soi, et c’est enfin passer à l’acte.
Vénérables Maîtres, Mes Frères, une conclusion s’impose d’évidence : Nous sommes tous des assassins. Et il faut exécuter notre victime avec préméditation.
Conclusion
En définitive, Tuer Hiram, c’est prendre la condition d’exalter au sens littéral et au sens symbolique.
L’assassinat d’Hiram rejoint le meurtre du père, ou d’une figure emblématique de l’autorité qui borde, borne et limite.
On retrouve cela sous forme de légende ou de mythe dans pratiquement toutes les civilisations
Selon le précepte suivant :
La règle fondamentale est structurante ; plus elle est puissante, plus la libération apparaît comme un un idéal pour l’homme
La recherche de sa liberté n’est pas linéaire : elle est faite de régressions temporaires, et de transgression qui ramène l’intelligence à des formes antérieures afin de retrouver le carrefour des possibles.
Cet Hiram que l’on tue dans un meurtre nécessaire et constituant, est finalement plus grand mort que vivant.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Recherche

17 Février 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

Je recherche pour un Frère le règlement intérieur de la Loge des « Neuf Sœurs ».

Merci.

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Les parachutistes français libres du "spécial air service" (SAS)

17 Février 2013 , Rédigé par Georges Caïtucoli Publié dans #Forces spéciales

Parmi les premiers volontaires qui rejoignent le général de Gaulle en 1940 figurent les Parachustistes de la France libre. Créé le 29 septembre 1940 à Londres par le général de Gaulle sous le nom de "1ère Compagnie de l'air", les Parachustistes de la France libre sont intégrés au Special Air Service (les SAS), une unité spéciale des forces armées britanniques. Aucun de ceux d'entre nous qui, déjà, en 1940, étaient dans une unité de combat, participant depuis des mois à une drôle de guerre, ne pouvaient imaginer le déferlement mécanisé qui se préparait pour, en quelques semaines, disloquer nos armées et infliger à notre Pays la plus grave défaite de son Histoire.
Le 18 juin 1940 de Londres le général de Gaulle lançait son Appel prémonitoire qui disait que la France avait perdu une bataille mais pas la guerre et, pari qui semblait fou, il annonçait la victoire pour demain.

Seule une poignée de volontaires au patriotisme intransigeant le rejoignit. Il y avait en Grande-Bretagne près de 200.000 soldats français de tous grades, rescapés des combats de Dunkerque. Quelques milliers seulement décidèrent de continuer à se battre, les autres regagnèrent la France sous le drapeau de la Croix rouge internationale. Il en sera de même un an plus tard, après la guerre fratricide de Syrie où l'armée Dentz repartira en France dans sa quasi totalité après s'être battue farouchement contre les alliés au lieu des les rejoindre.
On ne le sait pas assez mais, sous les ordres du général de Gaulle, avec le drapeau tricolore frappé de la croix de Lorraine il n'y eut, longtemps que bien peu de volontaires. Ils furent présents sur tous les fronts. Parmi eux les Parachutistes de la France libre.
Leur aventure commença le 29 septembre 1940 à Londres. Signé du général de Gaulle, l'ordre n° 765, portait création de la 1ere Compagnie de l'air. C'est donc très tôt que le chef de la France libre, toujours visionnaire, pensa que ce type d'unité serait le jour venu, parmi les premières à se battre à nouveau sur le sol de France pour la reconquête du territoire.
Il en confia le commandement au capitaine G. Bergé qui l'avait rejoint en Angle terre dès le mois de juin 1940 après avoir été blessé au cours de la bataille de France près d'Arras.
Les volontaires pour cette nouvelle unité souvent très jeunes, à défaut du nombre, avaient la détermination, la motivation et l'enthousiasme. Stimulés pendant des mois par un infatigable capitaine Bergé, ils seront parmi les meilleurs à l'issu des très durs entraînements de Paras auxquels ils furent soumis. Début 1941 la petite unité était opérationnelle et c'est dans ses rangs que le SOE et le SR français qui ne s'appelait pas encore BCRA choisiront les éléments devant effec tuer des missions armées en France, étant donc les premiers à se battre à nouveau en uniforme sur notre sol.
C'est ainsi que dans la nuit du 15 au 16 mars 1941 à Elven dans le Morbihan, le capitaine Bergé lui-même, sera parachuté avec quatre de ses hommes : Petit Laurent, Forman, Le Tac et Renault pour effectuer la mission dont le nom de code était Savanna.
Le but de l'opération était d'attaquer les pilotes d'une dangereuse escadrille allemande, la Kampfgeschwader 100, lors du trajet de leur car les amenant de Vannes où ils logeaient jusqu'à Meucon où se trouvait la piste d'envol.
Pourquoi cette cible ? C'était l'époque des terribles bombardements de nuit sur l'Angleterre. La Royal Air Force dans laquelle des Français se couvriront de gloire, infligeait à l'ennemi des pertes d'autant plus graves que les pilotes descendus outre-Manche étaient irrécupérables par l'ennemi. La relève manquait d'expérience. Pour y parer la Luftwaffe avait formé des escadrilles spéciales composés d'équipages chevronnés. C'est eux qui,précédant les bombardiers, repéraient les objectifs et les balisaient avec des bombes incendiaires. Les formations qui suivaient, délivrées qu souci de repérage, n'avaient plus qu'à déverser dans l'espace délimité, leur chargement de bombes. Hélas, Bergé et ses hommes postés en un point de ralentissement pour toute voiture, attendirent en vain le passage du car. Depuis quelques semaines des baraquements abritaient les pilotes à Meucon même, près de leur piste d'envol et le trajet en car avait été supprimé.
Les cinq hommes depuis une plage près de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée, furent récupérés par le sous-marin Tigris. Ils rame naient une masse de renseignements mais avaient été contraints de laisser sur place Joël Le Tac lequel n'avait pu à la fois pousser le Dinghy et y monter.
La deuxième mission porta le nom de Joséphine B. Dans la nuit du 11 au 12 mai, Forman, Varnier, Cabard eurent pour mission de détruire la centrale électrique de Pessac qui alimentait les diesels des sous-marins allemands camouflés près de Bordeaux.
Avec Joël Le Tac qui les avait rejoints, le groupe fit sauter six des huit transformateurs, le feu ravagea les autres.
C'est ainsi que les Parachutistes français libres firent, en uniforme, les première actions de résistance. Ils vont ensuite sous diverses formes participer à la lutte clandestine.
En effet, lorsque le Général décida d'envoyer la première compagnie au Moyen- Orient, là où se déroulait la bataille, elle était forte de neuf officiers, vingt sous-officiers et soixante-dix-sept hommes, mais à la demande du BCRA et du SOE un tiers de l'effectif fut maintenu en Grande-Bretagne pour assurer les missions à venir, en France. A ce titre et alors sans uniforme, ils assume ront souvent d'importantes responsabilités dans l'action clandestine.
Très tôt donc les Paras à la croix de Lorraine furent mêlés au combat intérieur. Ils le reprendront au moment du Débarquement.
Mais il ne me paraît pourtant pas possible de franchir cet espace de temps sans vous parler, même brièvement, de la bataille qu'ils livrèrent en Afrique du Nord jusqu'à la défaite totale de l'Afrika Korps en Tunisie. Le 21 juillet 1941, Bergé et le reste de ses hommes embarquent donc à Glasgow sur le Cameronian. Ils arrivent à Suez, à la mi-septembre après avoir contourné l'Afrique, mais que faire de cette unité dans le combat mené par la 8e Armée contre l'Afrika Korps de Rommel ? Avec le recul on se demande dans quelle opérations, elle aurait pu être engagée. Le destin allait leur offrir une fantastique opportunité !
Reportez-vous à la configuration du front dans la 2e partie de 1941. Rommel est aux portes de l'Egypte. La Royal Air Force est refoulée au Nil et toute une portion de la Méditerranée, hors de son rayon d'action est sous le total contrôle de la Luftwaffe qui a ainsi la possibilité d'attaquer les convois sans défense. C'est pour le commandement allié une situation gravissime. Pour renforcer la 8e Armée et lui permettre une contre-offensive, il faudrait que les convois arrivent. Pour qu'ils passent il faudrait que cette 8e Armée ait reconquis le terrain permettant ainsi à la RAF de les protéger.
C'est alors que David Stirling, lieutenant écossais, colosse de 26 ans, issu des Guards mais appartenant depuis longtemps aux Forces spéciales, propose un plan qui, lorsqu'il sera soumis par les généraux Auchinleck et Ritchie à l'Etat-Major en fera ricaner la moitié et consterner l'autre.
Tirant la leçon des échecs des raids impor tants effectués sur les côtes de Cyrénaïques auxquels il avait participé, il préconisait, au lieu et place, d'envoyer très à l'intérieur des lignes ennemies, des petits groupes d'hommes parfaitement entraînés pour ce genre de missions, afin d'y attaquer des objectifs variables mais principalement détruire de nuit, au sol, les avions de combat allemands sur leurs pistes d'envol.
Finalement parce que cela n'engageait que peu de monde et ne demandait qu'un matériel négligeable, Auchinleck laissa tomber : « Pourquoi non ? » Il ne restait plus qu'à pas ser à l'action et réussir.
David Stirling en bon britannique, choisit pour son unité un nom mystérieux : Spécial Air Service et une devise « Qui ose gagne ». Son recrutement principal se fit auprès des aventuriers des diverses « Spéciales forces » qu'il connaissait bien. Deux mois d'entraînements spécifiques suffirent pour des hommes déjà très rodés à ces exercices.
Après deux missions de tâtonnement, à la mi-novembre 1941, les premiers groupes appelés sticks, furent transportés à proximité de leur objectif par les véhicules des Long Ranch Desert Group, en passant par les zones fluides du front dans le Sud désertique.
Passant à l'action, Paddy Mayne prototype de cette espèce nouvelle de combattant, avec quatre de ses hommes, va pénétrer la nuit venue sur l'aérodrome de Tamet, et placer dans chaque avion une bombe Lewis amal game d'explosif et de matière incendiaire dotée d'une mise à feu à retardement. De loin, ayant quitté les lieux depuis des heures il entendra 24 explosions, signes d'autant de victoires.
Chacune de ces missions mériterait d'être racontée. Certaines furent tragiques mais en deux mois le scepticisme de l'Etat-Major fit place à l'euphorie. Paddy Mayne retourné à Tamet la nuit de Noël, avait fait sauter 27 nouveaux avions. Fraser et cinq hommes avaient fait mieux à Agebadia : 34 appareils, mais Lewis l'inventeur de la bombe, ami de toujours de David Stirling avait été tué.
Ces énormes succès avaient tout naturelle ment porté l'Etat-Major à demander la multiplication des raids. Pour cela il fallait des hommes parfaitement préparés exigeant de longs entraînements, ce qui avait été évité au départ, étant donné que le recrutement de David avait porté sur des camarades déjà très affûtés. Près du Caire à Kabret, il y avait un camp d'entraînement pour parachutistes. Bergé y fut envoyé afin de faire effectuer un stage aux nouvelles recrues engagées dans son unité en Syrie. David Stirling apprenant par hasard leur existence, découvrit ainsi une centaine de Paras tous brevetés, parfaitement entraî nés, extrêmement motivés dont le chef avait lui-même déjà effectué des missions clandestines. C'était exactement ce qu'il lui fallait. Le coup de foudre fut réciproque quand les Français eurent connaissance des exploits déjà accomplis par le Spécial Air Service. Il ne restait plus qu'à obtrenir d'y être affecté.
Tout aurait pu être facile. Ce ne le fut pas. Les relations entre de Gaulle et Chruchill atteignaient la crise. Après la bataille meurtrière livrée par les alliés en Syrie, les Britan niques considéraient que le mandat de la France sur ces régions n'avait plus de raison d'être. De Gaulle pensait exactement le contraire et envisageait pour marquer sa détermination de retirer du commandement allié toutes les Forces qui se battaient sous les plis du drapeau à la croix de Lorraine.
Pour mieux affirmer la présence française sur ces territoires, le chef de la France libre avait décidé de s'y rendre. « Il y a là une occasion de le rencontrer à ne pas laisser passer » précisa le général Catroux représentant du Général au Moyen-Orient, au capitaine Stirling qui avait obtenu une audience pour lui présenter sa requête. Il avait ajouté : « Dans la situation actuelle vous avez toutes les chances de n'obtenir qu'un refus. »
« Qui ose gagne », Stirling fraîchement nommé Major un mois plus tard entre, à Bey routh, dans le bureau du général de Gaulle qui, informé par Catroux des succès des SAS, le félicite chaudement.
Exposant sa demande, habilement, David met en valeur la possibilité pour un petit nombre de Français de s'associer à des actions pouvant par leur résultat, avoir un effet spectaculaire. La France libre en bénéficierait obligatoirement.
Hélas ! Un « C'est impossible Major » dit fermement et très vite, surprit complètement le patron des SAS. Pensant s'être mal fait entendre, il voulut reprendre son argumentation. Le Général ne lui en laissa pas le temps, se leva et termina la conversation en disant : « Désolé, n'insistez pas ». Comme toujours amène avec ses visiteurs il raccompagna Stirling. Celui-ci après avoir avalé un juron, exprima sa déception avant de quitter les lieux : « Pour la première fois, mon Général, moi officier écossais j'ai échoué dans ma mission. »
Le Général s'arrêta net. « Vous êtes écossais ? » « Définitivement mon Général » « Alors asseyez-vous. »
En dix minutes l'affaire était réglée et le chef de la France libre accordait à l'Ecossais au nom de la vieille alliance, ce qu'il n'aurait jamais consenti à l'Anglais. C'est ainsi que sous le nom de French Squadron, le capitaine Bergé et ses hommes furent intégrés au Spécial Air Service.
Leur adaptation aux combats dans le désert demanda quelques semaines, et dès le mois de mars 1942, ils participèrent aux côtés de leurs camarades britanniques aux missions réalisées en profondeur derrière les lignes pour, en priorité, attaquer au sol les avions de la Luftwaffe. Ne pouvant pas m'étendre sur les exploits ainsi réalisés je n'en citerai que deux, très symboliques.
Le 6 juin 1942, Bergé fraîchement nommé commandant, avec trois de ses hommes : Mouhot, Loestic et Sibard, le capitaine Lord Jellicoë et le lieutenant crétois Petrakis sont débarqués en Crète d'un sous-marin. Dans la nuit du 13 au 14 ils attaqueront l'aérodrome d'Héraklion détruisant 21 avions, les dépôts de bombes et de carburant. Dans la traque qui suivra, Loestic sera tué. Il avait 17 ans.
En juillet, David Stirling « le Major fantôme » ainsi maintenant appelé par les Allemands, inaugure une nouvelle forme de com bat. Il a armé des jeeps de mitrailleuses lourdes d'aviation Browning et de vickers jumelées. Groupées elles ont une puissance de feu considérable. Passant par les oasis du Sud, voyageant aux instruments, comme sur mer, pour traverser les immenses zones désertiques de Tripolitaine, il remonte avec son armada vers le Nord où sont situés ses objectifs.
Opérant ainsi, le 27 juillet, à une heure du matin 18 jeeps, soit 54 mitrailleuses pénétrent sur l'aérodrome de Sidi Hanneisch. Trois ont des équipages français. Balayant tout sur leur passage, elles remontent lentement la piste d'atterrissage, mitraillant les avions de combat rangés de part et d'autre. Arrivé au bout du terrain Stirling debout sur la jeep de tête compte vingt-cinq appareils qui flambent hachés par des balles explosives et incendiaires. D'autres étaient sûrement très touchés mais « pour ne pas avoir de remords » comme il le confiera à son navigateur, il valait mieux refaire un passage en sens inverse. Lorsque l'armada qui n'avait perdu qu'une voiture dans cette attaque éclair quitta les lieux, le travail avait été parachevé. La traque qui suivit fut féroce. Ne pouvant rouler dans le sable à cause des traces, les jeeps devaient emprunter le lit plein de rochers des oueds à sec. C'est là que André Zirnheld qui commandait l'une des voitures françaises sera tué le corps criblé des balles d'un Stuka. A la nuit ses camarades, avec des pierres, feront pour son corps un petit mau solée afin qu'il soit à l'abri des chacals. Dans ses papiers ramenés on découvrit plus tard une bouleversante prière qu'aujourd'hui tous les paras récitent : « Donnez-moi mon Dieu la force et le courage. »
Ces jeeps avant et après l'offensive victorieuse de El-Alamein navigueront sur les arrières ennemis, attaquant sans relâche et provoquant une telle insécurité, qu'un ordre secret signé du Fürher envoyé le 18 octobre 1942 ordonnait :
« Ces hommes sont dangereux, il faut les abattre. Je rendrai responsable devant le Conseil de guerre tous les commandants d'unités qui n'exécuteront pas cet ordre. » Rommel ne l'exécuta jamais mais plus tard en France et en Hollande il sera largement appliqué.
En mai 1943, l'Afrika Korps capitulait en Tunisie. Si un autre French Squadron fut créé sous le commandement du lieutenant de Sablé, plus tard tué en Hollande, pour, aux côtés des Britanniques du 1er SAS, effectuer des missions en Italie, les rescapés des batailles de Libye furent ramenés en Grande- Bretagne.
Autour d'eux de nouveaux volontaires évadés de France par l'Espagne ou venus d'Afrique du Nord vont permettre, de créer le 3e et le 4e régiment qui, avec les 1er et 2e Britanniques, vont former la brigade du Spécial Air Service sous les ordres du général Macleod.
Au printemps de 1944 tous étaient fin prêts, parfaitement préparés et motivés dans l'attente du jour « J ». Fin mai ils se retrouvèrent dans un camp secret entouré de barbelés dont ils avaient interdiction de sortir.
Début juin le colonel Bourgoin qui commandait le 4e SAS et son adjoint Puech-San- son étaient informés de ce que l'on attendait d'eux.
Overlord l'opération du débarquement aurait lieu en Normandie et une mission stra tégique était confiée aux SAS français. Son énoncé était très clair : coûte que coûte, empêcher les forces allemandes situées en Bretagne d'aller renforcer les défenses ennemies qui s'opposeront au débarquement. Cette unité serait donc, de fait, la première engagée dans la bataille de la Libération.
Les parachutistes de la France libre trois ans après leurs premières missions en France, allaient donc retrouver leur pays les armes à la main.
Pour cette mission il fut décidé que les premiers éléments seraient parachutés dans la nuit précédant le jour J afin d'opérer des destructions d'une part et de créer, d'autre part, deux bases permettant l'arrivée progressive du reste de l'effectif.
L'une Samwest, située dans la forêt de Duhaut, serait confiée aux sticks des lieutenants Botella et Deschamps. L'autre Dingson dans la forêt de Saint Marcel serait attribuée aux lieutenants Deplante et Marienne. A J+2 dix-huit sticks parachutés chacun dans une zone différente, effectue raient des missions de destructions précises. C'est dans ce cadre que l'un d'eux commandé par Michel de Camaret et Denis Cochin fera sauter un train dans le tunnel de la Corbinière immobilisant pour longtemps toute cir culation sur l'une des lignes principales de chemin de fer.
Au cours d'un brieffing il fut précisé que la très active résistance bretonne ayant été en partie décimée par la Gestapo, ses possibilités d'aide étaient mal connues. Les parachutages se feraient donc blind c'est-à-dire secrète ment, sans accueil au sol. Seule indication il y avait près de Saint-Marcel un terrain « accrédité » et sans doute des éléments de maquis mais impossibles à évaluer ni en quantité, ni en valeur.
Le 5 juin, un peu avant minuit, les quatre sticks étaient largués en théorie sur des dropping zones faciles à identifier de nuit par les pilotes. En réalité les écarts furent grands approchant parfois vingt kilomètres.
Pour le stick de Marienne ce fut le drame. Son avion tourna longtemps en rond à l'altitude de larguage soit deux cents mètres, à la recherche des points de repères. Le pilote donna l'ordre de saut en espérant qu'il ne s'était pas trop trompé.
En fait il se trouvait exactement au-dessus du principal poste d'observation allemand de la région, sur les hauteurs de Plumelec. Les guetteurs alertés depuis longtemps par le bruit des moteurs, virent les corolles des parachutes s'ouvrir à quelques centaines de mètres d'eux.
Au moment du saut un espace avait dû se produire car, au sol, un groupe de quatre hommes se retrouva très séparé des autres. Parmi eux Emile Bouétard. Ils se préparaient à enterrer leurs para chutes, impatients d'avoir des réponses aux imitations de cris d'oiseaux qu'à intervalles réguliers, grâce à des sifflets, ils lançaient dans la nuit pour retrouver les autres éléments du stick.
Pour eux la surprise fut totale. Bouétard un peu à l'écart, finissant de décrocher un parachute difficile à dégager des branches d'un arbre, était le plus proche de la patrouille allemande brusquement surgie. Il fut immédiatement abattu. Ses trois camarades maniaient la pelle ; leurs armes étaient à quelques pas d'eux. Il n'y eut pas de combat. Tué vingt minutes après avoir retrouvé sa Bretagne natale, Emile Bouétard était le premier mort de Overlord, la fantastique bataille pour la libération de notre pays qui serait déclenchée à l'aube.
A deux cents mètres de là, Marienne entendant la rafale d'arme automatique, se demandait comment leur venue avait pu être ainsi détectée. Ignorant tout des poursui vants, et subitement conscient du danger immédiat qu'il courrait avec le reste de son stick, il décida de partir aussitôt dans la direction opposée à celle des tirs entendus. Il mit deux nuits pour rejoindre à Saint-Marcel Desplante dont l'effectif était au complet.
Ils vont rapidement découvrir que les renseignements donnés au départ, n'étaient pas fiables. Près du terrain homologué depuis longtemps pour des parachutages et portant le nom de code « Baleine » il y avait des éléments de valeur du maquis, sous la responsabilité d'un homme de grande qualité, le colonel Morice. Les choses évoluèrent alors très vite.
La nouvelle du Débarquement et celle de l'annonce de l'arrivée de parachutistes français qui se propagea à travers la lande telle une traînée de poudre, provoquèrent la venue à Saint-Marcel de groupes parfois bien hiérarchisés mais aussi d'une masse d'incontrôlés qui spontanément quittèrent tout pour venir se battre.
L'ampleur de cet afflux posa rapidement problème à Dingson car cette donnée imprévue ne pouvait que modifier les plans d'action mis au point par les SAS à leur départ.
La question ne se posa pas dans les mêmes termes à Samwest, dans la forêt de Duhaut, où sans trop de difficulté les sticks de Des champs et Botella avaient été droppés. Les premières destructions effectuées, ils décou vrirent de petits éléments de maquis, réfugiés dans la forêt qui pouvaient d'une part les aider à organiser la base et d'autre part, leur donner d'utiles informations, sur les objectifs à détruire ou attaquer. Confiants ils avaient donné le feu vert pour la réception des premiers renforts et dans la nuit suivante trois nouveaux les avaient rejoints avec le capitaine Leblond à leur tête.
Leur implantation à peine amorcée, ce rassemblement qui n'avait pourtant rien de comparable à celui du Morbihan, avait été très vite détecté par les services de renseignement de l'ennemi.
Le 9 juin les Allemands attaquaient en force. En fin de journée, après un combat inégal, les sticks se dispersèrent emmenant leurs blessés dont certains, comme Botella, très grièvement. Quatre des leurs, blessés avaient été jetés dans le brasier de la ferme que les Allemands avaient incendiée. L'ennemi avait subi des pertes sévères mais Samwest n'avait pas eu le temps de s'organiser.
Le message annonçant cette nouvelle arriva au Quartier général des SAS alors que le commandement commençait à accepter l'idée d'un changement tactique pour la suite de l'exécution de la mission de Bretagne. Les informations de Déplanté enthousiastes et de Marienne beaucoup plus réservées engageaient à utiliser tous ces volontaires convergeant sur Saint-Marcel, pour constituer des groupes bien armés pouvant réaliser des actions de force aboutissant à créer l'insécurité dans toute la région ce qui correspondait bien à l'un des objectifs de la mission.
La perte de Samwest relança les discus sions sur le sujet. Lous admirent qu'il n'était pas possible de laisser se développer en un lieu précis un tel rassemblement. Si la Wehrmacht le décidait, avec ses moyens, artillerie et blindés compris, elle pouvait faire un carnage.
Sans adopter de décision définitive il fut admis que la dispersion devant s'effectuer rapidement, dans les prochains jours il faudrait parachuter un maximum d'armes, de matériels et de renforts en utilisant « baleine » la dropping zone de proximité.
Les divergences persistèrent concernant le délai. Ceux qui, à l'Etat-major, préconisaient l'abandon rapide de Dingson, estimaient que si les Allemands avaient attaqué si vite Samwest ce n'était pas pour permettre à la base de Saint-Marcel de se maintenir en plein coeur de leur dispositif.
Ne pouvant ignorer l'agitation grandis sante dans la région et les dizaines d'avions qui, chaque nuit, sur un terrain éclairé larguaient des hommes et des centaines de containers (700 en une seule nuit le 13 juin, lâchés par vingt-cinq avions) une intervention se préparait peut-être déjà. Le mystère n'a jamais été levé concernant cette inertie favorisant Dingson alors qu'il y avait eu rapidité et puissance pour attaquer Samwest. On a souvent mis en avant un certain cloisonnement entre les différents com mandements ennemis de la région sans que cela ait jamais pu être vérifié.
Profitant de cette situation, pendant une semaine ce fut, de nuit et même parfois de jour, une véritable noria d'avions lourdement chargés.
Bourgoin, suspendu à un parachute tricolore, y fut largué avec son adjoint Puech-Sanson et 150 de ses hommes, avait ordre d'apprécier la situation, de rendre compte et d'une part proposer les meilleurs moyens de poursuivre la mission en utilisant les nouvelles forces créées sur place, d'autre part éviter impérativement un affrontement direct avec l'ennemi, lourd de conséquence et donc prévoir une évacuation de Dingson avant l'intervention prévisible des Allemands.
« Dans quatre, cinq, six jours au grand maximum, nous devrons nous être évanouis dans la nature avec des secteurs d'interven tions précis pour chaque groupe » décida Bourgoin peu après son arrivée.
Deux événements vont réduire ce délai et totalement modifier les conditions prévues pour le retrait.
Le 16 juin, 120 containers sont largués par erreur sur la gare proche de Roc-Saint-André où un contingent allemand campe dans l'attente d'un train sans cesse retardé.
Le 17, deux voitures allemandes s'égarent dans la nuit et par une petite route, s'engagent dans le bois de Saint-Marcel. Elles sont stoppées et mitraillées au premier poste de garde mais l'un des occupants parvient quand même à s'enfuir dans la nuit. Son rapport va sans doute, accélérer plutôt que provoquer la décision d'intervenir de l'ennemi.
Le 18 tôt le matin, anniversaire de l'Appel du général de Gaulle, la base de Saint-Marcel dans un semi encerclement est attaquée simultanément de plusieurs directions, par une unité de la division de parachutistes alle mands Krets et par des commandos de chasse appuyés par des mortiers et une artillerie légère. Bourgoin n'aura pas l'initiative de l'évacuation qu'il espérait. Il n'y avait plus qu'une seule solution, tenir toute la journée pour, en profitant ensuite de la nuit, déclencher un départ général, le plus en ordre possible.
La bataille sera dure, meurtrière. Les SAS se sont répartis en quelques points vulnérables, entourés de jeunes maquisards qui vont connaître le baptême du feu, mais qui se battront avec un courage remarquable. On ne dira jamais assez combien les hommes de Caro, de Le Garrec, ceux du bataillon de Ploërmel vont dans ce combat contre des professionnels aguerris, étonner par leur sang froid, par leur fermeté face au danger. Ils furent tout au long de cette bataille formi dables.
L'ennemi dans ses premières attaques a subi de lourdes pertes qui l'ont obligé à se replier et attendre le renfort d'une unité d'infanterie. En début d'après-midi aidés par des tirs de mortiers lourds contre lesquels les assiégés ne peuvent rien car ils n'ont que des armes légères pour la riposte, une percée des Allemands menace de couper la base en deux.
Bourgoin et Puech qui ont bien mesuré les risques de cette offensive difficile à contenir sans artillerie sont en contact avec Londres et une intervention aérienne. Des avions patrouillent, qui pourront attaquer à l'heure dite des objectifs précis. A 16 h alors que l'ennemi progresse dangereusement, les chasseurs bombardiers font leur apparition, créant la surprise et obligeant à un repli massif et désordonné les unités qui menaçaient si dangereusement Dingson.
Marienne profitant du désarroi chez l'assaillant se lança alors dans une contre- attaque aussi téméraire que le personnage qui eut pour effet de bousculer les positions conquises par l'ennemi depuis le matin, en lui infligeant de lourdes pertes et en le rame nant près de ses bases de départ.   L'offensive allemande ne pouvait reprendre qu'après une réorganisation de ses effectifs et heureusement pour Dingson, la nuit approchait. Le formidable orage qui s'abattit sur toute la région en début de soirée fut le bienvenu et favorisa l'opération d'évacuation immédiatement engagée.
L'ennemi n'avait jamais réussi l'encercle ment qui était son but et qui aurait été pour les SAS et les maquisards pilonnés alors par l'artillerie, une véritable tragédie.
Dans la nuit sous une pluie diluvienne, les hommes et le principal des armes et du matériel se dispersèrent dans les directions prévues. A deux heures du matin, Puech-Samson malgré ses blessures et Marienne lui aussi blessé, assurant sa couverture avec ses hommes et un groupe du maquis, firent sau ter les réserves non transportables, avant de disparaître.
La bataille de Saint-Marcel était terminée. Elle fut le symbole de la lutte menée au coude à coude en Bretagne par les Paras de la France libre et les hommes des maquis. Elle fut une victoire car l'ennemi ne réussit pas à anéantir ce rassemblement de la jeunesse résistante bretonne dont seul le courage avait pu suppléer à son manque d'expérience du feu, encadrée par des paras SAS qui n'étaient pas préparés à ce type de combat. Les pertes allemandes furent très élevées. Plusieurs centaines de morts. Maquisards et SAS perdirent près de soixante d'entre eux.
On était le 18 juin, cela faisait 12 jours que la bataille faisait rage en Normandie et les forces ennemies n'avaient pas pu quitter la Bretagne où le combat va se poursuivre pendant des semaines, meurtrier mais victo rieux parce que les unités allemandes station nées en Bretagne ne pourront pas venir renforcer les défenses ennemies de Normandie.
Marienne héros de Saint-Marcel dont la légende est devenue telle que sa tête a été mise à prix par la Gestapo, avec le stick qu'il a reconstitué et un groupe de maquisards commandés par le fidèle Morizur qui ne le quitte plus depuis qu'il lui a servi de guide pour rejoindre Saint-Marcel, Marienne frappe et se dérobe, changeant constamment de halte. Il faudra un dramatique concours de circonstance et beaucoup de félonie pour l'abattre.
Londres parachute le 3 juillet, le lieutenant Gray avec un stick et des moyens radios. Mal droppé, séparé de son groupe, une patrouille allemande le capture alors qu'il n'avait pas encore réussi à s'orienter et s'approchait d'un bourg pour tenter de l'identifier, ignorant que l'ennemi y était installé en force.
Il est immédiatement pris en charge par une Gestapo très agressive menée hélas, par Zeller un ancien capitaine de vaisseau français. Ce dernier fait déshabiller Gray et l'exécute. Son adjoint Munoz également français va alors parcourir la lande en uniforme SAS et, papiers à l'appui, se faire passer pour Gray. C'est ainsi que les Bretons dupés, vont tout faire pour lui permettre de retrouver Marienne.
Deux fois ils arriveront trop tard car par prudence ce dernier change constamment de halte. La troisième, le 12 juillet les renseignements sont bons. La veille Marienne a été rejoint par le lieutenant Martin ancien héros de Libye, rescapé de Samwest, accompagné d'une partie de son stick. Ils vont passer une bonne partie de la nuit à évoquer des souvenirs et faire des plans pour les jours qui viennent.
Avant le lever du jour la Gestapo et un contingent allemand sont précédés par une traction avant. A son bord le faux lieutenant Gray qui abuse facilement la sentinelle FFI. Celle-ci, avant de comprendre pourquoi elle est poignardée, indique sans méfiance le lieu où dort Marienne, ses hommes et le groupe FFI qui l'accompagne.
La ferme est encerclée. Les SAS sont réveillés à coups de bottes pour apercevoir des mitraillettes pointées sur eux. Rassemblés dans la cour, paras et FFI seront allongés sur le sol et c'est dans cette position que les armes automatiques les exécuteront. Un seul, le sergent Judet, s'apercevra incrédule, alors que chargeurs vidés les Allemands exultent, qu'il n'a pas été atteint. D'un bond, courant comme un fou il atteint la lisière proche du bois avant que l'ennemi ait pu réagir. Huit mois plus tard parachuté en Hollande et capturé, il sera fusillé.
Fin juillet une compagnie du 3e SAS sous les ordres du commandant Sicaud et du lieu tenant Tupet Thomet sera droppée dans le Finistère pour favoriser l'avance d'une division mécanisée américaine qui prévoyait de déboucher du Cotentin pour foncer sur Brest. Le lieutenant Quelen empêchera les Allemands de faire sauter le viaduc de Morlaix, pendant que Tupet Thomé aidé d'un groupe de maquisards occupera Landerneau par surprise et tiendra la ville plusieurs heures.
Les combats livrés en Bretagne avaient débuté dans la nuit du 5 au 6 juin. Ils durè rent deux mois, livrés au coude à coude avec la Résistance bretonne. Sur 430 paras engagés dans cette opération, soixante-dix-sept seront tués, dont le tiers exécutés parfois après tortures ou achevés alors qu'ils étaient blessés, 192 blessés ou disparus.
Pour ces actions d'éclat le drapeau des SAS sera décoré de la croix de la Libération le 4 novembre 1944 par le général de Gaulle à l'Arc de Triomphe.
C'est de l'autre côté du pays dans le Lyonnais et la Bourgogne que les SAS, de façon différente qu'en Bretagne vont également se battre avec les hommes des maquis. Déjà début août pour préparer le débarquement prévu dans le Midi, des sticks du 3e SAS commandé par Chateau Jobert dit « Conan » ont été parachutés à proximité des nationales 6 et 7, cibles privilégiées avec la voie ferrée qui descend sur le Sud.
Contrairement à ce qui s'est passé en Bretagne, les renseignements concernant les forces de la Résistance dans la région sont parfaitement fiables, car sur place, les commandants militaires désignés par le général de Gaulle pour ces départements sont deux hommes extraordinaires ayant organisé des maquis solides et bien entraînés.
L'un Mary Basset règne dans le Lyonnais. L'autre André Jarrot appelé « Goujon » a déjà, clandestinement, fait plusieurs fois le voyage en Angleterre. Les SAS le connaissent bien, car des réunions avec les chefs de stick ont été organisées pour lui permettre de donner des informations sur les maquis qu'il commande, et étudier ensemble les meilleures façons de les utiliser avec efficacité, le jour venu. André Jarrot est l'extraordinaire exemple d'un homme que les circonstances vont révéler. Un courage exemplaire, un grand talent d'organisateur, un sens aigu des responsabili tés et un meneur d'hommes hors pair. A Londres il s'est lié d'amitié avec Guy de Combaud Roquebrune.
Entre ces deux hommes que bien des choses pourraient séparer un lien qui est celui des hommes de qualité, un lien cimenté par un patriotisme exigeant va se nouer entre eux. L'aristocrate obligé de fuir la Gestapo en quittant son foyer et ses 6 enfants pour rejoindre Londres mais qui refuse de hautes responsabilités diplomatiques pour choisir l'arme la plus exposée car il suppose que c'est celle qui, la première, sera engagée le jour de la reconquête et l'ancien garagiste, champion de France de moto, remarquable autodidacte devenant chef de guerre dans l'action clandestine il y a cette extraordinaire rencontre que seuls provoquent les grands brassages d'individualités des guerres et ces révélations d'individus que les circonstances exceptionnelles et dramatiques favorisent.
A Londres Guy de Combaud utilisant ses relations françaises (il était le beau-frère de François de Menthon) ou britanniques, a influencé de façon déterminante le haut com mandement au moment de son choix des unités devant être engagées dans et les missions qui suivront.
Les sticks du 3e SAS parallèlement aux missions du 4e SAS en Bretagne seront ainsi parachutés dans de nombreuses régions pour effectuer des destructions et semer le désordre dans le Maine-et-Loire et la Vendée avec le capitaine Fournier, dans la Vienne avec le capitaine Simon, en Corrèze avec le capitaine Wauthier et surtout en Saône-et-Loire avec le commandant Conan et d'impor tants effectifs en prévision du Débarquement du Sud qui se prépare. Partout les paras du général de Gaulle seront épaulés par les hommes des maquis. Partout ils partageront avec eux les succès, les revers, les sacrifices.
C'est ainsi qu'en Bourgogne les sticks de Colcombet et les hommes de Jarrot tendront à l'ennemi les embuscades les plus meur trières de la guerre dans des opérations typi quement SAS. Les bazookas postés parfois à moins de cinquante mètres de la route dans des taillis, stoppaient les convois qui étaient ensuite hachés par les tirs d'une concentra tion de fusils mitrailleurs.
Rouan et Porot de leur côté avec leurs hommes et l'appui d'un remarquable maquis commandé par l'intrépide Robert Jeandet réussirent près de Blanzy à hauteur du pont de Galuzot un des exploits les plus mar quants : celui de la prise d'un train blindé après une assez extraordinaire alternance de bluff et de manoeuvres d'intimidation réussissant à faire croire à l'ennemi qu'il n'y a pas une vingtaine de paras en uniforme prêts à l'attaquer, mais l'avant-garde d'une division aéroportée.
Alors que les SAS et les hommes de Jarrot ici, ceux de Marry Basset ailleurs, se battant ensemble de façon exemplaire, ont déjà rem porté de spectaculaires succès, Londres avise Conan de l'arrivée prochaine de renforts sous forme de jeeps armées.
Certes avant son départ en opération Hilaire Colcombet savait bien que son ami Guy de Combaud qui, parallèlement à son action disons diplomatique, avait reçu le commandement d'une unité de jeeps supé rieurement armées pour renouer avec la tradition de cette forme de combat qui s'était illustrée en Libye et Tunisie mais les problèmes posés par leur parachutage n'étaient pas résolus. Toute la question était là. Com ment les faire parvenir aux sticks en opéra tion pour renforcer leurs moyens ?
Le capitaine Guy de Combaud va opter pour une solution assez extraordinaire, paraissant folle. Début août, les coups de boutoir des Alliés recommençant à faire bou ger le front, il propose de profiter d'une attaque de blindés américains qui doit avoir lieu au sud d'Avranches pour s'infiltrer avec ses jeeps derrière les lignes ennemies et ensuite, en utilisant le tout terrain ou les chemins de campagne, traverser cette partie de la France occupée pour rejoindre ses camarades en Bourgogne. Ni plus, ni moins. C'est ainsi qu'après avoir parfois croisé des convois ennemis sur des routes secondaires et n'avoir eu qu'un tué et un blessé dans ce parcours aussi insolite qu'audacieux, au cours duquel le plus difficile sera le passage des rivières et des fleuves sur les ponts gardés, une nuit, près de Cluny, Jarrot et Colcombet avisés par Londres, retrouvaient à leur grand étonnement leur ami Guy de Combaud à la tête de quatre jeeps. Les autres avaient pris des directions différentes pour appuyer les actions des SAS en d'autres secteurs.
La participation dès le surlendemain des jeeps à une embuscade sur la nationale 7 au sud de Mâcon eut un effet foudroyant. La tête et la queue d'un fort convoi furent blo qués par des tirs précis de bazookas placés à la corne d'un bois qui surplombait la route à cinquante mètres de distance. Les fusils mitrailleurs Brengun entrèrent alors en action et subitement quatre jeeps après avoir lancé une fusée pour faire cesser le tir des SAS et des maquisards, débouchèrent dans le dos de l'ennemi avec leur puissance de feu cumulée de 12 mitrailleuses à tir rapide. A leur départ le convoi était anéanti.
« Du cousu main » fut la conclusion de Combaud. Fin août, Londres fit parvenir un message qui ordonnait de s'attaquer non plus aux convois qui descendaient, devenus d'ailleurs de plus en plus rares, mais seulement à ceux qui remontaient car les Allemands préparaient une ligne de défense près de Dijon.
Le 2 septembre au soir, Jarrot qui avait des informateurs partout apprend que le maire de Sennecey-le-Grand, gros bourg sur la nationale 7, a été sommé par la Kommandatur, de préparer un important ravitaillement en vivres pour un millier d'hommes qui seront regroupés dans sa petite ville avant d'être embarqués et dirigés vers le Nord. Dans une réunion tenue avec Jarrot, Conan, de Combaud, Colcombet et plusieurs chefs de sticks, le principe de l'attaque de ce convoi est décidé.
Il y a une difficulté, les SAS sont très au sud de Mâcon et les maquis aux environs de Cluny, donc tous très éloignés. Prévoir une attaque combinée ne sera pas aisée. Guy de Combaud avec ses jeeps peut seul être sur les lieux à temps. Il n'hésite pas et étudie la meilleure façon de réussir l'opération avec ou sans soutien.
Son succès va dépendre d'abord d'une information. Savoir où se formera le convoi et à quelle heure les camions chargés de leurs occupants démarreront. Le maire fait savoir qu'il a ordre de dégager complètement la grande rue et de livrer les vivres à six heures précises. Le départ devant avoir lieu une heure après.
« S'ils sont à l'heure, ce sera leur dernière » commenta Guy de Combaud. Tous furent exacts. Les quatre jeeps arrivèrent par le sud. Elles abordèrent le village par une petite rue gardée par des mitrailleurs qui déjà démontaient leur arme. Ahuris, ils virent les quatre voitures passer en trombe sans s'occuper d'eux. Un instant après elles débouchaient sur la grande rue, à quelques mètres de la queue du convoi.
Tirant de toutes leurs armes, lançant des gommons bombs faites avec du plastic bourré de ferrailles, les quatre jeeps, Guy de Combaud à leur tête, remontèrent le convoi en hachant et incendiant littéralement à bout portant chaque camion dont les occupants n'eurent jamais le temps de savoir d'où venait cet enfer qui s'abattait sur eux.
En bout de village il y avait une ruelle qui menait après avoir traversé une place à une petite route choisie comme voie de dégagement sur les indications de Jarrot. Hélas des camions imprévus y arrivaient, bouchant le passage. Les jeeps firent demi- tour. Elles furent tour à tour anéanties. Une seule par miracle put s'échapper pour échouer près du cimetière. Les habitants voisins réussirent à en extraire les blessés et les faire disparaître.
On ne sut jamais exactement les pertes allemandes ce jour-là, évaluées de toute façon à plusieurs centaines.
C'est en souvenir de ce raid héroïque, que les SAS français et britanniques ont érigé à Sennecey-le-Grand leur Mémorial dédié à tous ceux qui, sur tous les front sont morts en mission.
Ces quelques faits trop souvent méconnus montrent qu'en France dans toutes les régions les SAS ont livré leurs combats avec le soutien et la participation courageuse des forces de l'intérieur.
Je n'ai pas pu aborder dans cet exposé les missions effectuées par les Britanniques, mais comme nous, ils bénéficièrent partout de l'appui total des maquis et des résistants. Comme nous, ils ont mené leurs combats au coude à coude avec eux. Je citerai par exemple les hommes du Major Fraser (un héros de Libye) dans le Morvan avec une centaine de ses hommes ou ceux du Major Franck dans les Vosges. Au cours de ces opérations quarante- sept d'entre eux seront fusillés et l'ensemble de leurs pertes à l'échelle des nôtres.
Les unités du Spécial Air Service, qui avaient pour devise « Qui ose gagne » sont donc bien les seules à s'être battues sur tout le territoire pour la Libération de notre pays, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest ensemble avec les forces de l'intérieur, partageant avec elles les victoires et les sacrifices.
Pour les paras de la France libre du Spécial Air Service la bataille ne se terminera qu'en Hollande où ils seront parachutés début avril 1945. Dernières victoires, derniers sacrifices.
En trois ans et demi de combats sur tous les fronts leur drapeau sera le plus décoré de la guerre, recevant la croix de Compagnon de la Libération, la Légion d'honneur, la croix de guerre avec sept palmes, l'US bronze star, le lion de bronze hollandais.
Le général de Gaulle les citera ainsi :
« Pour les parachutistes, la guerre ce fut le danger, l'audace, l'isolement.
Entre tous, les plus exposés, les plus audacieux, les plus solitaires, ont été ceux de la France libre.
Coups de main en Crète, en Libye, en France occupée ; combats de la libération en Bretagne, dans le Centre, dans l'Ardenne ; avant-garde jetée du haut des airs dans la grande bataille du Rhin ; voilà ce qu'ils ont fait, jouant toujours le tout pour le tout, entièrement livrés à eux-mêmes, au milieu des lignes ennemies. Voilà où ils perdirent leurs morts et récoltèrent leur gloire.
Le but fut atteint, la victoire remportée. Maintenant ils peuvent regarder le ciel sans pâlir et la terre sans rougir ».

Source : http://www.charles-de-gaulle.org

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Mali : comment fonctionnent les forces spéciales françaises

17 Février 2013 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Forces spéciales

Ces unités d'élite sont en première ligne pour ce type d'opération. AFP

 

Elles combattent en première ligne, mobilisent ce qu'il reste de l'armée malienne et fuient les médias, surtout audiovisuels : les Forces spéciales (FS) sont au coeur de l'engagement français au Mali. Un reporter de l'AFP a rencontré cette semaine certains de ces soldats de l'ombre qui attendaient à Markala, à 270 km au nord-ouest de Bamako, l'arrivée de la première colonne blindée des forces régulières françaises à quitter Bamako pour le nord du Mali.

A condition de ranger l'appareil photo, deux d'entre eux ont donné quelques éléments sur leur mission : d'abord remobiliser des soldats maliens en déroute face à l'offensive des groupes islamistes, qu'ils auraient été dans l'impossibilité d'arrêter sans l'aide des soldats français descendus des avions et des hélicoptères. « Régiment malien... Ouais, si on veut » dit l'un des deux membres des FS. « En fait il n'y a qu'une poignée de courageux qui, quand les barbus attaquent, tiennent une demi-heure et filent ».

Technique et armement moderne

Quand ils sont arrivés, il y a presque une semaine, les forces spéciales françaises ont pris contact avec les soldats maliens qui n'avaient pas fui et leur ont assuré qu'ils n'étaient plus seuls, que des renforts arrivaient. Ils ont été aidés en cela par la campagne aérienne intensive, qui a non seulement arrêté la progression des jihadistes mais a détruit la plupart des bases et des dépôts d'armes des forces islamistes, faisant des dizaines de morts dans leurs rangs.

Et quand il a fallu engager le combat au sol, les Français, leur technique et leur armement moderne ont fait la différence. Quand les premiers Français sont arrivés, tout a changé » a confié à l'AFP le capitaine Cheichné Konaté, de l'armée malienne à Markala. « Le capitaine Benjamin et ses hommes ont été formidables », dit-il, évoquant le premier groupe de FS arrivés dans la région. « Ils nous ont aidés à reconstituer des défenses compactes. Des hommes qui étaient partis sont revenus. Sans eux, c'était fini pour nous ici ».

Souplesse et capacité d'improvisation

Même s'ils ne sont pas nombreux, les membres des FS disposent d'un appui aérien puissant, qui leur permet d'engager le combat avec des forces bien supérieures. « C'est à l'image de ce qui s'est passé en Afghanistan en 2001 avec des poignées de Special Forces américaines envoyés auprès de l'alliance du Nord contre les talibans », rappelle l'ancien chef d'un service français de renseignement, qui demande à rester anonyme. Ces soldats barbus à casquettes, immédiatement entrés dans la légende militaire américaine, montaient à cheval, demandaient qu'on leur parachute des selles et de l'avoine et désignaient, avec leurs pointeurs lasers, les cibles d'Al Qaïda et des talibans aux chasseurs-bombardiers américains.

« On emploie les forces spéciales dans ce genre de situation, quand il y a urgence et que l'on sait que l'on pourra compter sur leur souplesse, leurs capacités d'improvisation », ajoute la même source. « Des unités régulières, plus structurées, organisées, qui ont l'habitude de faire les choses d'une certaine façon auraient plus de mal à s'adapter », selon elle.

Galvanisation et formation

A Markala, les FS ont garé leurs jeeps surmontées de mitrailleuses et leurs 4x4 civils devant l'un des bâtiments d'une base. Comme toujours, ils côtoient les unités classiques qui s'installent, leur servent de guides, coordonnent leurs actions mais ne se mélangent pas à elles. Ils agissent souvent de nuit, discrètement, n'obéissant qu'à leur chaîne de commandement même si les forces régulières sont prévenues de leurs actions pour éviter les méprises. « C'est ce que l'on appelle l'assistance opérationnelle » précise Eric Dénécé, directeur du Centre français sur le renseignement, auteur de plusieurs ouvrages sur les FS.

« Dans ce rôle ils galvanisent, forment, encadrent et accompagnent au combat des forces amies. Ils savent travailler en petites équipes et, grâce à leur soutien aérien, ont un effet multiplicateur. Leur présence conforte et rend plus efficaces des forces locales qui elles connaissent le terrain, c'est primordial ».

 Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202511878731-mali-comment-fonctionnent-les-forces-speciales-francaises-530216.php

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La Franc-Maçonnerie et le Sacré

16 Février 2013 , Rédigé par D\ B\ Publié dans #Planches

Vénérable Maître et vous tous mes biens aimés Frères, je viens ce soir vous présenter ma réflexion, sur «la Franc -Maçonnerie et le sacré » une liaison certes dangereuse mais pour nous fondamentale .Effectivement, quand je dis « Et le sacré » je parle bien de la conjonction de coordination et non du verbe « être », d’où la notion de danger à l’égard de certaines autres courants de « Pensée Maçonnique et profane ».

Une réflexion comme celle que j’entends mener sur« La Franc-Maçonnerie et le sacré » ne saurait faire l’économie d’une petite définition de la religion. Parmi toutes celles qui ont pu être données, deux ont retenu particulièrement mon attention, parce que ensemble elles rendent bien compte de la complexité du sujet.
Pour le Larousse la religion est « un ensemble de doctrines et de pratiques qui constitue le rapport de l’homme avec la puissance divine ».
Pour le Robert c’est un « ensemble d’actes rituels liés à la conception d’un domaine sacré distinct du profane et destiné à mettre l’âme humaine en rapport avec Dieu ».
Ainsi la Franc-Maçonnerie traditionnelle en générale et la notre en particulier pourrait être considérée comme religion selon le Robert. L’initiation qu’elle pratique s’accomplit au travers d’actes rituels à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, reconnu comme Dieu révélé .Que ce soit au travers de signes, de gestes, de maximes morales. L’initié est donc mis en rapport avec Dieu.
Mais cela suffit-il pour que «La Franc-Maçonnerie » soit considérée comme une religion ?

Pour certains la réponse est positive .Pour d’autres, parmi lesquels je me range, elle ne l’est pas.
Ceux qui assimilent volontiers la Maçonnerie traditionnelle à une religion forment un assemblage hétéroclite, composé d’athées et de croyants, Maçons ou pas.

Pour certains croyants qui ont une conception «totalitaire »de l’institution ecclésiale, en ce sens que celle-ci doit être le seul témoin du sacré auquel ils se rattachent, notre Franc-Maçonnerie traditionnelle avec sa référence à un Dieu révélé et ses rites initiatiques accomplis à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, apparaît comme une sorte de contre- église, distribuant dans ses cérémonies des simulacres de sacrements. Aussi condamnent-il aujourd’hui la Franc-Maçonnerie à cause de son caractère religieux.
Certains Maçons, pour justifier l’évolution de la Franc-Maçonnerie, déclarent volontiers que leur rejet de Dieu comme Grand Architecte de L’univers correspond non seulement à un désir de liberté de conscience mais à une envie de clarification vis-à-vis de la religion. D’autres vont même jusqu'à répudier la notion d’initiation. Pour être complet, il y a aussi ceux qui ont gardé les principaux signes extérieurs de la
Franc-Maçonnerie traditionnelle mais qui les sont vidés de leur contenu. Ainsi parle-t-on volontiers d’initiation et de sacré, mais par rapport à un Grand Architecte de l’Univers qu’on refuse d’identifier à Dieu et qui peut donc être n’importe quoi, pour pas dire n'importe qui.
En identifiant le Grand Architecte de l’Univers à Dieu, nous avons pas le sentiment d’avoir transformé nos Loges en chapelles, nous sommes simplement restés fidèles à la tradition du vieux Métier des bâtisseurs qui se voulait à l’origine chrétienne.

Cette Franc-Maçonnerie de 1723 n’est pas entrée en guerre avec l’Eglise. Ses principes n’avaient rien de contraire à ceux de la foi chrétienne, et il ne serait venu à l’idée de personne de dire d’un chrétien Franc-Maçon de l’époque qu’il avait double appartenance. Il devrait en être de même aujourd’hui. En effet, le sacré auquel se réfère la tradition judéo-chrétienne est lié à un Dieu ineffable et jamais totalement connaissable. La réalité divine ne s’épuise donc pas dans la création et dans la rédemption.
Aussi « l’Eglise institution » ne saurait avoir le monopole du sacré, bien que pour nous chrétiens, elle demeure le lien obligé dans l’obtention du salut. De plus, la Franc-Maçonnerie ne propose aucune quête de salut. Le sacré de nos rites d’initiation est un sacré de création qui s’adresse d’abord et avant tout à la construction de notre « être » en ce monde. La Franc-Maçonnerie ne dispense pas un enseignement sur l’au-delà.
Pour bien préciser ma pensée, je voudrais aborder le problème des rapports entre l’initiation maçonnique et les sacrements. Nous vivons en effet en pays de culture chrétienne, aussi est-ce par rapport au christianisme que je me situerais, et ce, dans un esprit le plus œcuménique possible. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi l’exemple du baptême, sacrement commun à tous les chrétiens.
L’initiation symbolique transforme obligatoirement l’homme, elle se trouve dés lors en similitude avec la transformation du sacrement chrétien.

Comparons le baptême et l’initiation. Le mot baptême dérive du grec « baptizein » qui signifie immerger, laver. L’Ancien Testament connaissait déjà des rites de purification par l’eau .Ezéchiel (36, v25) Dieu dit à son peuple « je vous aspergerai d’une eau pure, et vous serez purs ; de toutes vos impuretés et de toutes vos Saletés je vous purifierai ».Après l’exil, à Babylone, les rites d’ablution se multiplièrent, en particulier chez les pharisiens dans le but de permettre l’accès au temple pour les sacrifices. Jean Baptiste, quand a lui dans la droite ligne du psaume 51, donnera au baptême d’eau le sens du pardon des péchés et de la conversion du cœur pour se préparer à vivre les temps nouveaux, l’ère messianique du christianisme.

D’une certaine façon donc, on peut constater que le baptême entre en concurrence avec le culte sacrificiel du Temple, les sacrifices étant offerts pour le pardon des péchés. De plus, Jean Baptiste annonça explicitement la venue du Messie qui devait baptiser de feu et d’esprit. La transition, entre le baptême de Jean le baptiste et celui de Jésus, s’opéra lors du baptême de Jésus lui-même, par Jean Baptiste .Après le baptême d’eau, dés que Jésus remonte des eaux du Jourdain, l’Esprit de Dieu, confirmé par la voix, descend sur Jésus sous forme d’une colombe. Pour les Evangiles, il y a beaucoup de passage qui parle du sujet, j’ai retenu les derniers versets de celui de Marc qui rapporte l’ordre de Jésus ressuscité à ses apôtres, passage très important parce que considéré comme étant un des textes d’institution du baptême. Jésus leur dit: « Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création, celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné .Voici les signes qui accompagneront ceux qui ont cru :En mon nom, ils chasseront les démons ;ils parleront de nouvelles langues;ils saisiront des serpents ;s’ils boivent quelques breuvage mortel, il ne leur fera point mal ;ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. Le seigneur, après leur avoir parlé fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu».

Ce texte, qui institue le baptême comme sacrement, c’est-à-dire, pour reprendre une définition de saint Augustin, « comme le signe visible d’une grâce invisible » appelle trois petites remarques théologiques.
Premièrement le baptême est lié à la foi, il lui apparaît même comme primordial. Le baptême et la foi, lien qui est souvent perdu de vue dans nos grandes Eglises pratiquant le baptême d’enfants.
Deuxièmement le baptême et le salut. Il apparaît comme nécessaire au salut mais non pas d’une nécessité absolue, ni une condition sine qua non. Il n’y a pas, en effet, de parallélisme entre les deux formules. Il est dit : « celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » on ne dit pas « et ne sera pas baptisé » là encore la foi prime.
Troisièmement les signes qui accompagnent ceux qui auront cru sont des signes que l’on pourrait appeler « des signes magiques ou paranormaux », tel le pouvoir de guérison, la connaissance d’aspects cachés du sacré, l’immunité devant la maladie.

En résumé, à partir du texte évangélique, le baptême n’est pas un acte magique, il n’a d’action salutaire que là où la foi a été placée dans le cœur de l’homme par le Saint Esprit ; la volonté humaine mue par la foi est donc sollicitée.
Saint Paul dans l’épître au romains chapitre VI v. 3&4 nous dit : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Christ Jésus, c’est en sa mort que nous avons été baptisés?Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous menions une nouvelle vie » Ici Paul fait du baptême un véritable rite d’incorporation à la mort et à la résurrection du Christ, ce n’est plus en tant que rite purificateur par l’eau seulement que le baptême lave du péché Il associe le récipiendaire à l’acte salutaire du Christ en le faisant passer par deux phases : la mort et la résurrection. En fait le sacrement de baptême se rattache essentiellement à la mort et à la résurrection de Jésus. Lorsque Jésus triomphe de la mort, il reçoit auprès de son Père la gloire du fils de Dieu. De même nous au moment de notre baptême, nous passons d’un monde sans Dieu, d’un monde mort à une vie avec Dieu qui, celle-là, est éternelle.

Sans vouloir entrer dans des détails fastidieux je dirai simplement que le rite maçonnique, dans beaucoup de ses degrés, et ce, dés le premier même, évoque l’idée de la mort et de la résurrection. Certes le cadre ainsi que le but de l’initiation, puis les passages et élévations se présentent d’une manière différente de ceux du rite baptismal. Il est question de la mort de réalités anciennes, de la naissance à des réalités nouvelles, d’accès à des vérités éternelles, ce sont-là autant de points communs entre baptême et initiation. Où est alors la différence ? Dans un mode différent d’approche du sacré si, bien entendu, on conserve à l’initiation maçonnique sa dimension traditionnelle, la foi seule rend le baptême efficace pour le salut, et oriente la volonté humaine dans le sens des Evangiles, alors que le pouvoir de l’initiation est un pouvoir agissant sur l’éveil des forces qui existent déjà dans l’individu et qu’il faut appeler à se manifester. Ces forces en éveilleront d’autres au fur et à mesure des passages de degrés et de l’expérience acquise de la vie initiatique jusqu'à un certain épanouissement .L’initiation maçonnique n’agit que là où elle rencontre quelque chose :
Volonté de connaissance, de recherche, désir de progrès etc. Je ne connais pas pour autant tout ce à quoi appelle le sacrement religieux et qui ressemble aussi aux objectifs de l’initiation.

Toujours est-il que ce que les jansénistes appelaient la grâce, n’est pas une condition rédhibitoire de l’élévation en maçonnerie fût-elle traditionnelle, mais elle n’est pas non plus incompatible.
Le chrétien baptisé témoigne des évangiles, le maçon purifie sa pensée de tous les préjugés de tous les sophismes, de toutes les passions aveugles, et de tous les bas appétits, pour renaître à une vie supérieure.

L’un honore Dieu, l’autre honore la fraternité maçonnique toute entière.
Le maçon rectifié honore l’un et l’autre.

Ah…sacrée Maçonnerie !!!

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Des mythes et symboles de la mort et de la résurrection

14 Février 2013 , Rédigé par C.M Publié dans #Planches

Lors de notre élévation au grade de Maître, nous vivons tous une nouvelle initiation : l’initiation à la mort. On peut alors s’interroger. Si la mort désigne, comme nous le dit le Dictionnaire des Symboles, la fin absolue de quelque chose de positif : un être humain, une amitié, la paix, alors Pourquoi un tel psychodrame ? Sur quel chemin veut-on nous emmener ? Si en tant que symbole, la mort est l’aspect périssable et destructible de l’existence, si elle est aussi l’introductrice dans les mondes inconnus des Enfers ou des Paradis (toujours selon le dictionnaire des symboles) alors Quel paradis nous est promis ou interdit ? Quel enfer veut-on nous faire approcher et quitter ? Au total, que va faire le maître de cette nouvelle vie qui s’offre à lui ?

La mort a toujours été au centre de toute réflexion ou méditation sur la vie. Platon disait : « La vie d’un philosophe n’est qu’une longue méditation sur la vie. » paradoxe, car la mort apparaît comme la négation ou tout au moins la cessation de la vie. Ainsi les hommes refusant de fait la mort comme définitive se sont inventés par le biais des religions une survie qui serait éternelle. Mais les religions ne sont que l’expression vulgarisée d’une vieille sagesse transmise dans le secret, de maître à disciple, à ceux qui sont capables de recevoir la vérité sur la vie qui inclut la mort comme inéluctable perspective. Aussi, des mystères antiques égyptiens, grecs et romains à la Franc-Maçonnerie, le cœur de toute initiation passe par la symbolique de la mort et de la résurrection qui ne concerne en rien la survie indéfinie de l’âme après la cessation de la vie et qui n’est pas immédiatement accessible à l’initié. Ainsi, les Mystes d’Eleusis n’accédaient aux « grands mystères » qu’après avoir été au moins un an auparavant, initiés aux « petits » ; et nous, Francs-Maçons ne sommes nous élevés au grade de maître qu’après avoir été reçus apprentis, puis avoir « vu » comme compagnon « l’Etoile Flamboyante ».

Mais remontons d’abord dans le Temps. La symbolique de la mort et de la résurrection remonte à la plus Haute Antiquité avant d’aboutir pour nous Francs-Maçons à la légende d’Hiram.
Trois mille ans avant J-C déjà, une légende rapportait l’existence d’un roi fabuleux, Tammouz, amant ou époux de la déesse-mère, qui mourait en même temps que la nature et ressuscitait trois jours plus tard.

C’est encore Ishtar, déesse babylonienne de la fécondité et de la fertilité dont Oswald Wirth nous conte l’histoire de sa descente aux enfers. « Lasse de frivolité, la déesse babylonienne se détourne de vivants et s’enfonce dans le séjour des morts. Elle s’y heurte à sept enceintes, qu’elle ne peut franchir qu’en se dépouillant graduellement de ses métaux et de ses vêtements. Elle se présente ainsi dans un état d’absolue nudité devant la reine des Enfers, sa sœur, qui, après avoir provoqué Ishtar à se révolter en lui reprochant ses fautes, la punit en la faisant accabler de tous les maux et en la retenant prisonnière. Les vivants ne connurent plus alors ni l’amour, ni ses rites. Les races étant menacées de s’éteindre, les dieux tremblent de manquer de dévots et d’offrandes. Les dieux inférieurs ont alors recours aux supérieurs et implorent la libération immédiate d’Ishtar. Ainsi, l’Enfer sera contraint de rendre sa proie. Ishtar est donc revivifiée, puis reconduite de porte en porte jusqu’à la sortie de la sombre demeure. En chemin, elle rentre en possession de tout ce qui lui appartient. La vie terrestre reprend son cours normal. » Pour Wirth, ce mythe fait allusion au renouvellement printanier de la végétation mais a une portée plus subtile. Descente aux enfers, dépouillement puis restitution des métaux, mort et résurrection, marquent autant de phases du programme constant de toutes initiations.

Vient ensuite la légende d’Osiris. Râ, devenu vieux, avait choisi Osiris son fils aîné, pour lui succéder. Celui-ci, aidé de sa sœur-épouse Isis se révèle excellent souverain. Mais Seth, frère jaloux, lui tend un piège, le tue, dépèce son corps et en jette les morceaux dans le Nil afin d’empêcher sa reconstitution et sa résurrection. Cependant, Isis, à force de patience et d’obstination « rassemble les morceaux épars », reconstruit le corps de son mari jusqu’à l’appendice manquant, grâce à quoi elle peut devenir mère des œuvres du dieu qu’elle a ressuscité. Et ainsi les Egyptiens, lors des fêtes en l’honneur d’Osiris, prenaient le deuil, pleuraient pendant trois jours puis célébraient sa résurrection qui apportaient à tous l’assurance d’une vie posthume. Dieu agraire, il symbolisait aussi le grain inerte enfoui dans le sol qui germe et lève.

Comment ne pas évoquer également les mystères d’Eleusis. Même si nous ne savons que fort peu de choses, le secret ayant été rigoureusement gardé, Cicéron nous a tout de même relaté les frayeurs qui précèdent la mort puis la joie qui accompagne la renaissance.
Et je ne puis passer sous silence la Passion du Christ et sa résurrection, puisque réelle ou légendaire, elle s’inscrit dans la même tradition. Comme le roi Tammouz trois mille ans avant lui, le Christ ressuscite trois jours après sa mort et après être descendu trois jours aux enfers.
Mais la symbolique de la mort et de la résurrection n’est pas l’apanage des grandes civilisations. Dans toutes les parties du monde, les populations « non civilisées » célèbrent de véritables mystères auxquels on n’est admis que par voie d’initiation. Ils renferment presque toujours des scènes mimées où l’élément dramatique le plus fréquent est la simulation d’une mort suivie d’une résurrection. On retrouve de tels rites en Australie, dans l’archipel des Iles Fidji, au Congo, en Nouvelle-Guinée.
Les similitudes de ces initiations pourtant très éloignées dans l’espace et dans le temps peuvent surprendre. On approche ici du caractère universel du message transmis par ces mystères pour tous les hommes, de toutes les contrées et de toutes les époques.

« Nul ne saurait se dire véritablement initié, tant qu’il n’est pas mort trois fois » rappelle Wirth. Notre réception au grade d’apprenti figure de manière symbolique, la mort de l’être profane et sa résurrection en tant qu’initié. Le processus débute lors notre recueillement au sein du cabinet de réflexion où la tête de mort côtoies l’énigmatique VITRIOL. C’est notre première mort initiatique suivie de l’initiation, seconde mort initiatique où nous nous libérons de notre esclavage pour devenir un homme libre. Enfin, nous mimons la mort puis la résurrection d’Hiram et accédons à la troisième mort symbolique.
Mais pourquoi cette cérémonie qui nous touche à jamais, épisode parfois douloureux, toujours perturbant ? Est-ce le vrai commencement ?

La mort a plusieurs significations. Elle peut être libératrice des peines et des soucis. Elle n’est pas une fin en soi. Mors janua vitae : la mort porte de la Vie. Au sens ésotérique, le dictionnaire des symboles nous dit qu’elle symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation. Maître Hiram meurt donc pour donner naissance à un nouvel Hiram : la vie a vaincu la mort, l’esprit a dominé la matière, la Lumière a triomphé des ténèbres, le compas peut couvrit l’équerre. Le Maître doit mourir pour permettre au Compagnon de réaliser sa propre naissance, pour lui donner la possibilité de s’accomplir pleinement et devenir un nouvel Hiram spirituel. Ainsi la lumière que chacun peut recevoir et transmettre brillera éternellement et nous pouvons dissiper notre angoisse devant la mort. Car pour nous qui sommes intégrés dans « une chaîne d’union », notre propre mort devient une péripétie inévitable, d’importance secondaire dès l’instant que le groupe lui survit. L’initié ne doit pas avoir peur de mourir. Ayant éprouvé son courage en mimant la mort, il sait qu’il vivra éternellement, non pas dans un au-delà mythique, mais dans la « Chaîne d’union » qui lui survivra grâce aux autres maillons qu’il aura lui-même contribué à engendrer et façonner.

Puis vient le temps où il faut quitter le linceul noir. La « remontée » débute par le mot de passe des Maîtres Maçons : Tubalcaïn qui signifie que nul ne saurait se prétendre tel s’il n’a visité les enfers, ses propres enfers. Tubalcain, Maître du Feu, des métaux et des Enfers nous montre la voie. Nous devons forger nos métaux, nous rendre maître de notre énergie intérieure, sortir de l’enfer qui peut s’appeler tour à tour vanité, ignorance, fanatisme, peur de l’autre, rejet, jalousie, colère, pulsion, mensonge, haine, oubli, jugement.

Ensuite arrive le temps de la résurrection. Que faire de cette résurrection ? Tout d’abord, le mot interroge. Littéralement il signifie se lever une nouvelle fois, en mythologie et religion c’est le retour de la mort à la vie , le terme grec anastasis utilisé dans le Nouveau Testament signifie relèvement ou action de lever ou d’être levé une nouvelle fois à partir d’une position couchée.
L’aspirant à la maîtrise est donc prêt pour la résurrection, prêt à quitter le tombeau « qui a sept pieds de long sur cinq de large et trois de profondeur ». Hiram est alors ressuscité « par les cinq points de la Maîtrise », réanimation d’un corps afin de lui redonner vie. Il peut désormais être l’homme qui s’applique à la réalisation d’une œuvre et , tel l’architecte Hiram qui construisait le Temple du Roi Salomon, à la construction d’un temple du Cœur et de l’Esprit. Maître, il sera celui qui se heurte au pouvoir et à l’ambition, à l’ignorance, au mensonge et au fanatisme, les trois mauvais Compagnons de la légende. Il devient l’espoir d’un monde du bien et du beau. Il quitte sa vieille dépouille et endosse l’habit d’un homme imaginatif, créatif et libre. Il abandonne dans le cercueil son « corps psychique » pour renaître « corps spirituel », purifié, libéré et heureux. Il est le symbole de l’homme de valeur qui, malgré les tentations et les persécutions, remporte la victoire sur ses faiblesses et ses passions ; il est le symbole d’homme fidèle au devoir, du Franc-Maçon qui préfère mourir que de faillir à sa tâche.

Ainsi la résurrection, cadeau de l’initiation à la mort, nous montre au bout du chemin le paradis, ou plutôt notre Paradis, ce lieu de notre esprit où selon la tradition toltèque règne la joie, où on est heureux, libre d’aimer et d’être qui l’on est vraiment si on réussit à détruire le parasite c’est-à-dire nos défauts.
La route vers notre paradis reste longue, tortueuse mais cette nouvelle vie qui s’offre à nous est surtout synonyme de recherche, de beauté, d’envie et d’actions. Poursuivre le chemin, continuer notre quête, voilà notre saint Graal, notre inaccessible étoile.

J’ai dit

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Les 5 Points Parfaits de la Maîtrise

13 Février 2013 , Rédigé par D\ A\R\ Publié dans #Planches

La méthode maçonnique nous confronte, à chaque degré, à une représentation symbolique et mythique dont nous devons chercher la signification intérieure qui nous est propre. Dans cette recherche nous sommes aidés par nos frères pendant les Tenues, ce qui nous permet d’enrichir, de développer et d’assurer nos interprétations personnelles. Ce soir mes frères, je vous propose d’échanger des idées sur mes interprétations concernant un des symboles du troisième degré : les 5 Points Parfaits de la Maîtrise.

Maître Hiram, notre modèle de conduite, a été abattu en affrontant les trois plus grands ennemis de la Franc-maçonnerie. Notre héros mythique gît sous l’Acacia, symbole de régénération, ce qui nous indique que nous sommes prêts pour une nouvelle transformation. Symboliquement nous sommes au fond de nous-mêmes au centre d’une mort dynamique et une nouvelle forme de vie nous attend… Mais nous ne pouvons pas nous mettre sur la voie par nous-mêmes. La chair a quittée les os, tout se désuni, et le squelette ne peut pas se relever tout seul.

Le V.M. , aidé par deux frères, relève le cadavre par les 5 points parfaits de la maîtrise. La posture finale scelle une alliance entre deux êtres qui n’en font plus qu’UN : le V.M. et le frère qui représente Hiram. Le nouveau Maître est encore faible. Seule la vie végétative est présente en lui. L’esprit est encore engourdi et pour le réveiller des paroles de Vie sont prononcées.

Le Mémento du Maître nous dit : « Question : Quelles sont les véritables marques (les traits distinctifs) d’un Maître ? » « Réponse : La Parole et les cinq points parfaits de la maîtrise ». Je crois que ceci permet d’affirmer que les Cinq Points Parfaits et la communication du mot substitué forment un tout : le Relèvement ! D’autre part si nous considérons que le nouveau Maître ne reste pas dans la mort, le Rituel semble nous indiquer que la légende d’Hiram est composée par deux phases indissociables : la Mort et le Relèvement. Notre rituel nous dit : « …Hiram renaît ainsi dans ses disciples et, en particulier, dans le Maître nouvellement initié… » Le nouveau Maître est debout maintenant et un homme debout est symbolisé par le nombre UN.

Le Nombre UN est un symbole unificateur : il tend à unifier les contraires et à réaliser une synthèse des opposés. Le nouveau Maître régénéré est alors censé être capable d’accomplir en lui l’harmonie, l’équilibre et la cohabitation des contraires. Il peut se placer, donc, au Centre de l’Union, et travailler à réunir ce qui est épars. Pour moi mes frères, à ce moment là, le nouveau Maître se trouve dans le point qui constitue le centre du cercle. Le point où se rejoignent tous les processus de retour et de convergence de recherche l’unité. Quand on parle d’unité je pense ce soir aux deux aspects de la dynamique qui est au centre de nous-mêmes en tant que Francs-Maçons la Mort Initiatique et la Vie Initiatique. Je vois, aussi, notre jeune Maître au centre d’une croix, dont chaque branche a deux dimensions : A la verticale : une dimension intellectuelle et une dimension spirituelle. A l’horizontale une dimension philosophique et une dimension social.

Pour moi la philosophie est bien plus qu’un discours théorique. Comme dans la Grèce classique je crois que la philosophie a un aspect vital, existentiel et que c’est un mode de vie. Ainsi sur le plan du Niveau le Franc-maçon a un rôle en société. Dans ce rôle il est censé être animé par la Lumière qui éclaire le Temple. Dans cette dimension horizontale je distingue aussi deux cercles. Un premier constitué par la famille, les amis et la Franc-maçonnerie. Le deuxième formé par l’activité au niveau professionnel, associatif et politique. Chaque frère choisi librement s’il agit dans les deux cercles ou s’il préfère le plus restreint. Celui de la cité n’attire pas forcement tous les Francs-Maçons.

Le travail à la Perpendiculaire, d’autre part, implique une activité en vue de notre transformation. Les rituels du premier et du deuxième degré nous indiquent l’ensemble d’exercices moraux et intellectuels à suivre en vue de notre perfectionnement en tant qu’Initiés Francs-Maçons. Lors de l’Initiation au premier degré les épreuves nous indiquent que les préjuges profanes doivent cesser d’animer notre intellect et que nous sommes censés acquérir des nouvelles habitudes morales, des nouvelles connaissances et renforcer notre volonté. Puis, en tant que Compagnon cette dimension intellectuelle est approfondie par les sujets de méditation des 5 voyages et par le renforcement de notre capacité à : donner à notre raisonnement une limite, à ramener les faits à leurs proportions réelles, à donner aux mots leurs sens propre, à donner aux rapports entre les choses une mesure et enfin à considérer toutes les choses en leur relativité. (Plantagenêt) Dans le troisième degré nous rencontrons les 5 points parfaits de la maîtrise. Le nombre 5 évoque l’homme accompli, ainsi les cinq points sont « parfaits » parce qu’ils unissent la nature humaine et la nature spirituelle du nouveau Maître. Les cinq points peuvent symboliser aussi ce qui permet, aux Maîtres Francs-Maçons, l’articulation à la force qui anime l’Univers et qui nous transcende.

Ce qui nous transcende et la spiritualité dont je vous parle, mes frères, est à faire en dehors de tout contexte ecclésiastique. Religion vient du latin unir, relier. Le sentiment d’union vient du cœur de l’Homme. L’être humain cherche à comprendre et à connaître ce qui le relie à toutes les espèces vivantes et à la création, car il a comprit que tout ce qui l’entoure vit et meure comme lui. Dans nos Rituels dans le travail à la Perpendiculaire, la spiritualité est présente au premier degré avec la Mort symbolique au monde profane et au deuxième degré avec le symbolisme de la lettre G. Pour moi, « la spiritualité » est la mise en action de la partie immatérielle de l’être humain. C’est l’activité de l’ensemble de nos facultés psychiques et intellectuelles. Par conséquent, je considère que la spiritualité d’un Franc-maçon ne peut pas être circonscrite seulement à ce qui est de l’ordre de l’âme en tant que principe immortel subsistant après la mort. Je laisse cela aux théologiens.

La spiritualité d’un Franc-maçon peut être considérée comme humaniste, car nous sommes engagés dans la recherche de la vérité et de la moralité par l'intermédiaire des moyens humains et en solidarité avec l'humanité. La spiritualité maçonnique soutient une morale universelle fondée sur la communauté de la condition humaine. Enfin, elle nous suggère aussi que les solutions aux problèmes sociaux et culturels sont de caractère humain et ne doivent pas être égoïstes. Pour moi un Maître Franc-maçon doit chercher à se dépasser et je trouve, là, le lien avec la transcendance. « La transcendance », est quelque chose de plus qu’un simple phénomène de notre conscience. Elle est ce qui dépasse le subjectif dans notre Conscience. Elle est l’objet vers lequel la Conscience entreprend l’action de faire mieux qu’à l’ordinaire. La transcendance est dans le Vivant et elle est, donc, accessible à l’Homme. Pour moi c’est l’Etoile Flamboyante que nous sommes censés guetter et trouver dans notre propre vie. Et, en tant que Maîtres au centre du cercle. D’autre part, je pense que l’immanence est aussi une dimension humaine et donc liée à la transcendance dans l’Homme. C’est pourquoi je crois que la voie initiatique de la Franc-maçonneries nous permet de trouver le chemin vers la Connaissance qui est immanente en nous. Je crois, aussi, trouver là un des buts de la pratique des nos rituels : la découverte, en nous-mêmes, de ces deux dimensions, sans que cela implique nécessairement l'adhésion à un corpus de croyances religieuses-ecclésiastiques. Par conséquent, je crois que nous pouvons considérer la spiritualité maçonnique comme transcendante et humaniste : sans dogmes ni cultes mais uniquement des règles morales. Nous sommes des laïques ayant pris leur spiritualité en main.

Quand le Compagnon frappe à la porte de la Chambre du Milieu il entre dans un lieu de tristesse et il trouble les Maîtres dans leur deuil. Après le Relèvement la Lumière revient, la douleur des Maîtres s’estompe et le Temple devient resplendissant. Hiram est régénéré dans le nouveau Maître. Pour moi ceci symbolise le travail spirituel à mettre en route au centre de nous même. Et nous trouvons le 1er des 5 points parfaits : le pied droit avancé, symbole de la marche vers un but unique. Je pense qu’à partir du 3ème degré la voie spirituelle est inévitable pour le Maître Franc-maçon qui veut continuer à développer cette dimension de sa Conscience.

La Conscience en tant que force qui permet l’intégration de tous les éléments et structures physiques et psychiques de l’existence de l’être humain. En développant notre Conscience nous pouvons harmoniser non seulement le corps et l’esprit mais aussi les différentes facultés de l’esprit et par conséquent l’immanence et la transcendance présentes dans l’être humain. Sans Loge il n’y a pas de Travail maçonnique, le nouveau chemin qui se présente au nouveau Maître est favorisé par la réflexion collective en Loge en alliance avec nos frères. Nous rencontrons, maintenant, deux autres points parfaits : Le 3ème point parfait : Les mains droites entrelacées, symbole de l’union nos efforts qui tendent vers le même but. Et, le 5ème point : La main gauche sur l’épaule droite qui symbolise l’entraide dans la recherche de la Vérité. Ce chemin ne reste pas moins une voie personnelle, intérieure, silencieuse et nous voilà toujours en plein dans le Secret maçonnique.

Cette voie secrète n’est constituée que par l’éphémère empreint de notre navigation dans l’océan de notre Conscience. Mais à force de persévérance le sens spirituel de la Tradition progressivement finira peut-être par se dévoiler au Maître Franc-maçon. Et, le 2ème point nous apparaît: Le genou droit plié symbole du culte du travail. Mais il s’agit de l’hommage au travail initiatique c'est-à-dire sans la moindre intention d’obtenir une récompense. Cette voie où nous partons à la recherche des choses derrière les formes et au-delà des apparences je crois qu’elle s’accompli dans l’action et la morale et c’est la recherche de la raison d’être de notre Existence.

Enfin, le symbole du 4ème point parfait de la maîtrise se présente à nous : Nos poitrines se touchent et nous partageons nos sentiments à travers nos cœurs spirituels. Ainsi, avec le renforcement de la spiritualité, structure de notre Conscience, animée par des valeurs personnelles et maçonniques ; avec la solidité et la force minérale de la pierre cubique ; placés au centre de nous-mêmes et au centre de l’Union nous pourrons, en tant que Maîtres Francs-Maçons, donner un dynamisme « autre » à notre comportement en Loge à notre agir à l’extérieur du Temple et à notre modeste contribution personnelle «…au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité ».

J’ai dit, V.M.

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