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L'Initiation ultime

5 Février 2013 , Rédigé par GLSA Publié dans #Planches

La vie est notre passage biologique sur cette terre. La vie ayant un début - la naissance - et une fin - la mort -, nous débuterons notre propos par cette idée biologique et symbolique. Selon le dictionnaire la Vie étant un ensemble de phénomènes assurant l’évolution de tous les organismes du règne végétal et animal depuis la naissance jusqu’à la mort, plusieurs symboles sont associés à la notion de cette vie.

ROBERT EDMOND LAVERRIÈRE (Revue maçonnique suisse: novembre 2003)

De l’arbre de vie des légendes en passant par l’eau et la terre, le symbolisme est d’une grande richesse mais très diffus dans les différents thèmes se rapportant à l’idée de la vie.

C’est-à-dire en partant de la naissance ou au début de tout. La mort étant la fin de la vie, elle est en fait un symbole à part entière. Dès la naissance l’idée de la mort devient l’ultime dessein. Parler de la vie en commençant par la fin, soit la mort, est une façon de conjurer les fantômes dans notre mémoire. Encore que vouloir les chasser est une volonté bien mince, car il faudrait employer une sorte de thérapie et se focaliser sur leurs pouvoirs. Afin qu’ils restent là, comme des esprits qui veillent sur nous.

La mort va donc hanter nos rêves, sachant qu’elle est inéluctable. Elle traîne avec elle le lot de frustrations sentimentales et de séparations physiques, alors qu’elle fait partie de la vie. La vie et la mort forment un tout, il s’agit de notre présence terrestre. Ce constat peut s’étendre aux règnes biologiques cités plus haut

La terre, soit le symbole de la vie et de la mort

A l’aube de la Création le magma désorganisé fut le chaos originel. Dans le symbolisme on évoque le mythe de la vie avec l’apparition de l’oeuf du monde ou l’oeuf cosmique. Et l’embryon du monde va surgir des eaux primordiales. La vie va apparaître avec le thème mythique de la destruction. Toutes les traditions des peuples et leurs légendes se réfèrent à l’organisation de la matière par le processus de la création. Soit il s’agit d’une entité androgyne, soit du principe féminin selon la plupart des cosmogonies. La déesse-mère associée à la terre et à la mer, apporte la vie. Le principe féminin va être la lune. La coquille, la mandorle et autre losange vont devenir les emblèmes de la femme et de la vie. Mais pour donner la vie, la dualité demande le couple féminin-masculin. Mais que dire du principe masculin? C’est le soleil, l’air et le feu. Et partant du constat de liaison entre la terre et le ciel, nous avons l’arbre, la colonne et enfin le phallus.

C’est la lune, éternelle Isis qui remonte le Nil dans les roseaux mythiques de l’Egypte ancienne à la recherche du corps épars de son époux Osiris, divinité de la renaissance et du domaine des morts. Le dernier morceau retrouvé dans la légende est le phallus. La vie peut revenir sur terre. La terre glaise est, dans de nombreux mythes, la matière à partir de laquelle les divinités auraient créé l’homme. Dans certaines légendes babyloniennes, c’est la méthode de la poterie qui fut employée. Ces légendes se fondent sur d’autres qui nous viennent de la nuit des temps et remontent au néolithique. Comme la terre se trouve à l’origine et est aussi la fin dans la notion de l’Ouroboros, le serpent de l’éternel retour, elle devient le but de la quête de l’homme. Le contraire de la mort n’est donc pas la vie mais la renaissance. En effet, comme la naissance nous fait passer d’une vie antérieure à la vie terrestre, de même la mort est de fait symboliquement une renaissance à la vie de l’âme. On retrouve ici le sens profond du mot cimetière, qui vient du grec et signifie «chambre nuptiale». La mort est le retour à la terre, elle est une sorte d’inceste sacré qui nous promet une nouvelle naissance. L’homme recherche la terre d’immortalité, avec la terre des vivants et celle des morts, dans sa quête vers le divin. Dans cette vision on trouve l’île d’Avallon celtique, et la descente aux enfers de Demeter. La symbolique végétale de la pomme prend une dimension sacrée.

La terre promise de nos ancêtres va devenir le lieu vers un devenir, l’abstraction du voyage vers un autre pays. Et le cours du temps prend son importance. Ce sont les saisons, avec le symbolisme de la fécondité et de la fertilité. La mort dans la terre devient renaissance pour le grain de blé.

L’eau

En tant qu’élément originel l’eau est considérée dans de nombreux mythes de la création du monde comme la source de toute vie. Elle nous renvoie aussi à la notion de destruction, le déluge étant l’illustration la plus remarquable à ce sujet. Mais il y en a d’autres selon les légendes et l’histoire des peuples. Remarquons que c’est dans l’eau de la mer que plonge chaque soir le soleil à l’Occident, dans le but de réchauffer le royaume des morts pendant la nuit, cela dans l’inconscient des premiers peuples.

Dans la description symbolique l’eau peut être océan, mare, lac, rivière. Elle tombe du ciel dans les orages avec la foudre pour compagne, ou en une pluie bienfaitrice apportant la vie sur la terre. Cela nous renvoie au symbolisme du grain de blé et des connaissances des premiers peuples sédentaires et agricoles. La source, la rivière et le lac deviennent mystère, le lieu des elfes et des démons, les fées sont présentes pour rendre magique cette «source» de vie et de mort. L’homme considère l’eau comme élément passif, lui accordant un statut sacerdotal par le baptême, purification que connaissaient déjà les civilisations antiques.

L’arbre de vie

Le règne végétal va apporter son lot de symbolismes. L’arbre de vie dont les feuilles repoussent au printemps est le plus grand symbole de résurrection. Il relie le monde souterrain, que nous avons un jour quitté, pour rejoindre le ciel, dont les nuages nous envoient la pluie fécondante. Afin d’être la liaison entre le visible et l’invisible. C’est l’échelle pour atteindre l’illumination.

Les arbres sacrés sont nombreux dans les différentes civilisations et selon les climats des régions. Par souci symbolique nous citerons les arbres se rapportant à l’immortalité tels le cyprès - arbre de vie et de mort -, le cèdre - qui fut utilisé dans l’architecture du Temple de Salomon, le chêne des anciens Gaulois, le frêne Yggdrastill des légendes celtes et nordiques. La liste est encore chargée d’acquis divers avec le grenadier, référence aux colonnes J et B du temple maçonnique. Notons pour la petite histoire que les talismans taillés dans les bois de buis, figuier et autres if viennent des anciennes croyances animistes. Enfin, l’acacia nous ramène à notre symbolique sur la vie et la mort.

La mémoire et l’absence

Après la mort virtuelle dans le cabinet de réflexion, sortant de la terre, le passage par l’air redonne la vie à l’impétrant. Ensuite la cérémonie prend une dimension ésotérique par l’eau et le feu. Le passage par les quatre éléments est une renaissance, une nouvelle vie et cette évocation nous est donnée au cours des cérémonies de nos Saints-Jean. Ces derniers sont l’expression du dieu Janus, également placé à la fin et au début de chaque année. Passage obligé du calendrier, son nom est associé au premier mois de l’année. La vie et la mort sont une dualité exprimée lors de nos cérémonies. La mort est vaincue symboliquement de même qu’ésotériquement.

Appréhender le sujet de la mort demande un bref arrêt sur les moments de tristesse que nous avons vécu. Au hasard de sa destinée tout homme fait sa connaissance, il n’est jamais préparé à affronter ce choc émotionnel dans ses sentiments. En donnant la vie terrestre on donne la mort, obligatoirement du point de vue biologique. Cette définition a le mérite de nous obliger à nous pencher un instant sur des considérations sentimentales. Celles-ci, basées sur notre fonction amicale et amoureuse, font appel à ces moments de séparations définitives dans notre existence terrestre. Peut-on croire que le souffle qui était dans ce corps aimé s’est envolé vers un ailleurs insaisissable ? La mort devient l’absence.

La mort est la rupture de nos liens affectifs, ne reste que le souvenir. Et le temps se charge de rendre ce souvenir moins triste, plus acceptable. La mort prend la dimension du mystère. Et l’homme reste devant une inconnue, qui prendra par nécessité intellectuelle une dimension religieuse. L’homme ne pouvant admettre la dure réalité de la vie biologique. La mort ne nous épargne pas ces instants où démunis nous constatons notre imperfection devant la dépouille de celui qui nous précède vers cette éternité et qui nous attend. C’est le départ de ceux qui vous mirent au monde, d’un père, d’une mère, qui avaient parcouru tant de chemin avec nous. C’est la séparation d’avec un ami, un frère, un de ceux qui avait été le compagnon de voyage, partageant les souvenirs d’adolescent et d’adulte. C’est la disparition d’un enfant, d’une épouse, catastrophes sentimentales, séparations sans retour qui laissent l’homme abattu sur le bord de la route. Ce départ est une coupure d’avec le partage de l’existence. Ici le bouleversement devient difficile à supporter, le désarroi est en rapport avec le vide physique et sentimental. L’amour partagé devient souvenir. Celui qui reste doit traîner avec lui la mémoire et l’absence!

L’homme restera toujours un révolté face à la mort

Squelette portant une robe noire, muni d’une faux, celle des agronomes qui fauchaient le blé levé, voilà l’image type de ce genre d’apparition de cauchemar. La mort nous invite à une danse macabre. Symboliquement, la mort désigne la fin absolue. Elle est l’aspect périssable et destructible de l’existence. Elle est l’introductrice aux mondes inconnus des Enfers ou des Paradis. C’est l’ambivalence du rite de passage. La mort est une révélation. Sur ces situations qui relèvent de la douleur incomprise, les poètes du romantisme nous laissent des pages d’une telle intensité que la simple lecture d’un texte nous renvoie, funeste miroir, vers notre mémoire et nos songes. Et nous devons rester avant d’aller dormir dans ces belles allées où le silence demande le recueillement. Combien de pierres tombales renvoient vers des existences, faites de passion et de génie, tombées dans l’oubli du temps. Ici s’estompe la vie, ici s’arrête le bruit, la parole et le souffle de l’autre. Sa présence s’est faite ombre.

La mort est une belle allégorie, assise sur le bord du sentier de notre rêverie, pour une rencontre un soir ou un matin de pluie avec nous. L’imagerie populaire associe par relation la mort soit avec la fin de l’automne, soit avec l’hiver en rapport avec le rythme des saisons. Une ruine, une porte de fer rouillée, un ciel chargé de nuages, conviennent pour l’évocation de la mort. Enfin, la nuit reste le moment privilégié des peurs ancestrales, associée à la mort du soleil qui vient de disparaître à l’Occident sous nos latitudes. Alors les esprit vont sortir de la forêt, autre peur viscérale des premiers hommes, pour venir troubler les vivants. Notre vague à l’âme en écrivant ces lignes ne peut décrire la mort en plein soleil, pour suivre la poésie. Pourtant ce serait beau de partir à midi. Ultime rendez-vous avec la camarde, comme pour tirer une dernière fois sa révérence à une existence riche en moment d’une grande intensité. Savoir qu’une stèle, laissera au détour d’un chemin de cimetière l’épitaphe résumant une vie que le temps et le vent viendront troubler pour mettre une patine, celle de l’oubli. Savoir que d’autres continueront notre travail, et que nul n’est irremplaçable. Savoir que notre vie, lors du bilan final, fut la mieux remplie en fonction de notre position sociale dans cette société d’hommes. Savoir aussi dans notre imagination que nous partons, peut-être pour un voyage. Mais lequel? L’homme restera toujours un révolté face à la mort.

La mort maçonnique

Lors de notre initiation nous sommes confrontés à la situation de mourir à quelque chose. Mourir à la vie profane. Plus rien ne sera semblable après. A commencer par l’acceptation de la mort physique. Certes le nouvel initié avait une approche intellectuelle de la question avant cette fameuse soirée. Mais la chaîne d’union l’avait certainement rassuré. Nous ne sommes que des passants sur la continuité de cette connaissance. Le corps n’a qu’un temps mais l’esprit reste, selon l’instruction de certains rituels. La mort est un passage privilégié dans le rituel maçonnique quels que soient les degrés, mais reste symbolique.

La mort est donc une transition, pour les cherchants et les hommes qui croient en un ailleurs. Sans vouloir en faire une question de principe, appartenant au règne animal, faut-il se rappeler que l’homme au début de la préhistoire, dans sa quête d’absolu décida d’un au-delà en donnant une sépulture à la dépouille des membres du clan. Alors l’homme se posa la question primordiale: quelle Vie après la Mort? L’humanité inventait la religion comme première réponse, et les peuples se mirent en marche vers l’Occident pour suivre la course du soleil. Et nos rituels donnent une idée de ces pérégrinations dans la manière de conduire nos travaux. Quitter cette existence sera l’initiation ultime pour le franc-maçon.

source : http://www.freimaurerei.ch/f/alpina/artikel/artikel-2003-11-01.php

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1ère Tenue de la RL Loge Laurence Dermott

4 Février 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

La RL Indépendante  Laurence Dermott c’est réunie le lundi 4 février 2013 pour la première fois.

Après avoir ouvert à 19h les Travaux au Grand Architecte de l’Univers selon le Rite de Grande Loge, les 12 Frères présents ont travaillé à partir d’un texte tiré d’Ahiman Rezon et de « ce que doit savoir un Maître Maçon » de Papus.

A 20h 45mn, le Vénérable Maître a fermé la Loge et les Frères sont repartis satisfaits.

Prochaine Tenue : le lundi 8 avril sur le thème de la Kabbale.

http://logedermott.over-blog.com

 

 

 

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Conscience et Mort

4 Février 2013 , Rédigé par M\ P\ Publié dans #Planches

Lors d’une tenue funèbre, les trois Lumières nous rappellent : « Les hommes naissent. Leur existence poursuit son cours. Ils meurent. Tous passent et, venant de la terre, leur dépouille retourne à la terre. »
Ainsi tous nous mourrons. Comme les animaux, l’homme est victime de la vieillesse ou d’accidents. Mais il peut aussi se suicider ou donner volontairement la mort, ce qui le distingue des animaux.
Conscience et mort sont les problèmes existentiels de l’homme car il a conscience de son destin de mort.

1.La conscience de la mort

L’homme est un animal pensant qui est depuis fort longtemps sciemment confronté à la mort. Il a célébré le sacrifice humain. Il a été anthropophage et l’est encore en Papousie. Il pratique la guerre. Il condamne à la peine de mort. Certains mammifères comme les cervidés ou les singes se battent entre eux et le vainqueur devient le chef. Mais le combat s’arrête généralement avant la mort du vaincu avec une réelle conscience d’un rituel
L’esprit guerrier de l’homme est grégaire. Un écrivain américain  l’attribue à des réminiscences inconscientes du temps où il était la proie des animaux carnivores contre lesquels il s’est battu. Cette thèse ne résiste pas à l’analyse car la guerre n’est pas une addition de meurtres perpétrés par des individus mais une manifestation du pouvoir des humains.
Evidemment la conscience des hommes pris individuellement a déjà bien évoluée mais que la conscience collective est encore peu développée. Ainsi la définition de crime contre l’humanité est toute récente. Elle est contemporaine de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui stipule à l’article premier que : « tous les êtres humains sont doués de raison et de conscience ».

Les hommes sont doués de conscience sans doute parce qu’ils sont les seuls êtres à concevoir la mort, synonyme de disparition irrémédiable : Ils célèbrent leurs morts, leur construisent des sépultures, des totems ou même des pyramides.
Ainsi le rituel funèbre du GODF énonce que « Les rameaux déposés sur la dalle sont le signe de l’amour fraternel qui unit tous les francs-maçons et qui relie les vivants aux morts. Ils symbolisent la vie qui continue et la pensée, noble étincelle, qui persiste à éclairer nos esprits alors que les cerveaux d’où elle a jailli ne sont plus que poussière. »

« La vie et la mort ne sont que des moments de l’évolution universelle ». En quelques mots, le franc-maçon convient que l’homme est un moment de l’humanité. La mortalité s’inscrit dans le temps. Le Franc Maçon du GODF n’a pas de doctrine métaphysique sur la mort car l’obédience lui garantit la liberté absolue de conscience. Notre constitution considère que « les conceptions métaphysiques relèvent du domaine exclusif de l’appréciation individuelle » et que « la franc-maçonnerie se refuse à toute affirmation dogmatique ». Les instructions pour les candidats proposés à l’initiation maçonnique précisent que « chacun conserve sa totale liberté, il ne lui est demandé que bonne volonté et travail dans la recherche de la Vérité.
Cependant, chacun ayant tendance à découvrir sa propre Vérité, la quête spirituelle du F.M. est aussi le symbole de l’Amour et de la Perfection ».

La quête spirituelle du Franc Maçon rejoint les interrogations du philosophe :
D’où je viens ? Le profane qui sonne à la porte du temple est invité à renaître. L’initiation est une naissance qui l’engage à réfléchir à son passé, à remonter aux sources de l'Universel.
Qui suis-je ? L’initié franc-maçon l’est pour la vie. Il part à la recherche de la Lumière et de la Connaissance. Il travaille « à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité ».
Où vais-je ? Eternelle question du devenir de l’homme après la mort.
Question métaphysique et philosophique malheureusement délaissée aux sages et aux religions.
Toutes les interrogations sur la mort, quelles soient philosophiques ou religieuses, sont indissociables de la place que l’Homme s’attribue dans l’Univers.

2. L’Univers
L’univers - croyons nous aujourd’hui - est âgé d’environ quinze milliards d’années. A l’origine tout est énergie, lumière, ondes. Puis l’énergie devient masse. Alors apparaissent les galaxies. Il y a 4,6 milliards d’années naît notre système solaire. L’eau condensée est source de vie dans la mer puis sur terre.

L’espèce humaine est la dernière espèce de mammifères qui apparaît il y a 4 millions d’années. L’homo sapiens est un animal doué du langage. Il est alors capable d’abstraction. L’intuition devient aussi imagination. Il pense et s’invente des dieux qui donnent du sens à ce qu’il ne comprend pas.

Les religions ont toutes leur propre réponse aux questions métaphysiques existentielles. Et elles intègrent, plus ou moins facilement, les dernières découvertes scientifiques décrivant la genèse de l’homme et son évolution.
L’évolution est représentée par une pyramide de la complexité qui s’est construite dans le temps : La base est constituée par l’énergie originelle.

Le big-bang a généré les particules élémentaires comme les quarks et les électrons puis les neutrons et les protons qui enfin donnent naissance aux atomes puis aux molécules. Des biomolécules naîtra la vie avec les cellules. Les cellules s’organisent en « organismes ». Au sommet pourrait émerger la conscience. Cette pyramide ainsi complétée présente neuf étages. Elle est sagesse et perfection.
Pyramide de la complexité
Big bang Espace Echelle des sciences
? ? ? Etoiles Planètes
Organismes Psychologie
Cellules Biologie
Biomolécules Biochimie
Molécules Chimie
Atomes Physique
Neutrons Protons Mathématiques
Quarks Electrons 8
ENERGIE

Auguste Comte en 1975 a établi une autre échelle dite des sciences. La psychologie qui a trait au mental c’est à dire à la conscience et à l’inconscience coiffe la biologie, la biochimie, la chimie, la physique et les mathématiques.
L’apparition de la vie est le fondement de la biologie. La vie s’inscrit entre la naissance et la mort. Le dernier degré de perfection de la nature est, à ce jour, l’apparition de l’homme dont le niveau de conscience lui permet de comprendre et d’agir sur lui - même et sur son environnement.

3. La conscience
La conscience, l’esprit, l’âme sont des concepts difficiles à définir. Selon le Larousse, l’esprit est principe immatériel, substance incorporelle ou âme. L’âme est principe de vie et de pensée de l’homme. La conscience est perception, perception plus ou moins claire des phénomènes qui nous renseignent sur notre propre existence.
Le dualisme distinguant la matière inconsciente de l’esprit conscient eut son utilité historique. Ce dualisme matière - esprit a permis de soustraire à l’autorité de l’Eglise les travaux des scientifiques sur la matière. En France, la séparation de l'Eglise et de l’Etat en a été l’expression législative.

Le biologiste Francis CRICK dans son ouvrage, intitulé « L’hypothèse stupéfiante : à la recherche de l’âme », explique que toute notre vie mentale est déterminée par ce qui se passe à l’intérieur du crâne. CRICK suggère que l’activation synchronisée des neurones à 40 Hz (de 35 à 75 Hz) pourrait être le corrélât cérébral de la conscience.
Le biologiste Roger PENROSE (4) pense que la réponse au problème de la conscience ne doit pas être recherché au niveau des neurones qui sont trop gros mais du coté de la structure interne des neurones. Le niveau interne ou cytosquelettique des neurones est le siège de phénomènes relevant de la mécanique quantique. Lorsque ce niveau quantique entre en rapport avec le niveau macroscopique des échanges neuronaux, la conscience apparaît.
PENROSE imagine ainsi une dualité onde - corpuscule existant au niveau moléculaire des neurones à l'exemple de la dualité onde / particule ou dualité matière / énergie (fission et fusion thermonucléaire, laser...) qui ont bouleversé le XXème siècle.
Il est admis que la conscience est associée au fonctionnement du cerveau.
Il est courant d’imaginer que les pensées sont une représentation holographique des images mentales, c’est à dire que les images abstraites sont le résultat d’interférences entre des ondes codées.

Pour les matérialistes, la conscience est intrinsèquement liée à la matière du cerveau. Donc la mort du corps annihile la conscience : l’existence s’arrête là.
La majorité des hommes croit cependant que l’esprit qui s’affichait comme la conscience au sens large, est libéré de la matière vivante et peut même se réincarner. L’esprit ou la conscience se réincarne alors le plus souvent en un animal. Cet animal, à son tour, est-il doué de conscience ? L'animal antérieur à l'homme est-il déjà doué de conscience ? Autrement dit la conscience est-elle le propre de l’homme ?

4. La conscience est-elle le propre de l’homme ?
Les animaux savent communiquer. Des singes apprennent le langage des sourds - muets. Les animaux pensent. La barrière entre l’homme et l’animal se fracture de toutes parts. Où se trouve la limite?
L’infériorité des animaux est évidente…comme l’était celle de l’esclave et il n’y a pas si longtemps celle de la femme qui n’avait pas d’âme. Le franc-maçon ne doit-il pas s’interroger sur la supériorité de l'homme ?

La pensée occidentale évolue au point d’admettre maintenant que les animaux, eux aussi mortels, souffrent, éprouvent des sentiments comme de la peur, de la joie, de la jalousie. Hier la loi considérait les animaux comme des « choses » ou des « objets ». Depuis le 6 janvier 1999, selon la loi française 99-5 (articles 24 et 25) les animaux sont maintenant considérés comme des êtres sensibles. De son coté le Conseil Européen a décrété un moratoire sur les xénogreffes ou prélèvements d’organes animaux pour les implanter sur l’homme en raison de la sensibilité des animaux et des risques de transmission de maladies du type de celle de l’ESB, encéphalite spongiforme bovine.

Si les animaux ont un brin de conscience, pouvons-nous nous en nourrir ? Personne d’entre nous ne mange du chien ou du chat dont on connaît les sensibilités. Et pourquoi alors manger du cochon réputé plus intelligent ?
Plus qu’une démonstration, je vous livre quelques citations (5) d’auteurs occidentaux, pensées lourdes de sens s’inscrivant au cœur de notre sujet de la conscience des êtres vivants et de la mort :
Pythagore : « Aussi longtemps que les hommes massacreront les animaux, ils se tueront entre eux ».
Léonard de Vinci : « Le temps viendra où les hommes regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent le meurtre de leurs semblables ».
Tolstoï : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura la guerre ».
Einstein : « Rien ne peut être plus bénéfique à la santé humaine, ni accroître les chances de survie de la vie sur terre, qu’une évolution vers un régime végétarien ».
George Bernard Shaw : « Tant que nous sommes nous-mêmes des tombeaux vivants d’animaux assassinés, comment pouvons-nous espérer des conditions de vie idéales sur cette Terre ? »

La question de la nourriture du corps est évacuée par les occidentaux prompts à préférer le spirituel et les grandes idées au détriment du matériel lorsque cela les arrange. Notre frère anarchiste Elisée Reclus plaidait déjà en 1901 pour le végétarisme dans la revue « La Réforme alimentaire ».
Le Franc Maçon n’ignore pas l’importance de ses moindres actes lorsqu’il affirme que tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas.

Le rite d’affiliation de Menphis Misraïm rappelle au Franc Maçon : « Fils de la Veuve, considérant que la Tradition Hermétique ancienne et la Science Moderne enseignent que la Vie réside très réellement au sein des trois règnes de la Nature : minéral, végétal et animal, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, considérant qu’il est hautement probable que la Nature équilibre au mieux du Plan Universel et de ses différentes finalités, les manifestations vitales en présence, qu’elle harmonise ainsi le cheminement de chacun des trois règnes, nous croyons que l’Homme a des devoirs envers la Nature, envers tous les Etres Vivants, et qu’il lui appartient de s’en montrer le protecteur intelligent. Fils de la Veuve, croyez-vous cela ? » Frères et Sœurs, Fils de la Veuve, croyez-vous cela ?

L’homme parce qu’il a une conscience supérieure à celle des autres êtres vivants a des devoirs, en particulier celui de ne pas rester indifférent car l’indifférence est intolérable comme l’exprimait Einstein : « Le monde est menacé d’avantage par ceux qui tolèrent le mal que par ceux qui s’emploient à le faire ».
La conscience du bien et du mal est une manifestation de l’esprit humain que d’aucuns préféreraient attribuer à une âme. Sans nous engager dans ce débat, considérons maintenant des théories modernes accréditant l’hypothèse d’une conscience supérieure de l’homme ou l’existence d’une entité immatérielle assimilée à l’esprit.

5. La conscience supérieure ou l’Esprit
Le physicien Jean E. CHARON, en 1974  estime que le Vivant ordonne le milieu : il postule que la perte d’entropie de la matière est compensée par l’accroissement de celle du vivant (négentropie). Pour lui, le vivant est un émetteur - récepteur capable de capter et de produire le rayonnement négentropique, rayonnement inconnu qu’il voit néanmoins à l’œuvre.
Il s’interroge alors sur la mort où la structure matérielle se désagrège mais où persisterait « sous une forme quelconque dans la durée une part de nous même comme un phénomène d’espace - temps caractérisé par un rayonnement susceptible d’être un jour décrit par des équations mathématiques ».
Dés 1977, il démontre que certaines particules, comme les électrons qui peuvent être assimilés à des micro trous noirs, sont de micro - univers formés d’un espace - temps particulier, définis comme l’esprit, réunion de la matière et du mental . Il développe alors la théorie de la relativité complexe qui conduit à considérer que les deux faces sensibles de notre Monde sont la Matière et l’Esprit. Mathématiquement, cela consiste à introduire dans la théorie d’EINSTEIN les nombres complexes, nombres constitués d’une partie réelle et d’une partie imaginaire. Il déclare alors : « Oui, frère humain, abandonnes ton anthropocentrisme. Quand tu annonces « je pense », tu devrais dire plus correctement « il pense » comme tu dis « il pleut ». Car ce qui pense en toi, ce sont des milliards d’électrons qui enferment un espace - temps où peuvent se dérouler les processus spirituels ».

Huit ans plus tard  CHARON montre aussi comment notre Moi humain est associé au psychisme propre aux particules entrant dans notre corps, fournissant ainsi un éclairage nouveau à la notion d’inconscient collectif de JUNG.
CHARON a vu dans le paradoxe EPR (Einstein, Podolski et Rosen) la preuve d’une communication entre particules . Rappelons cette expérience réalisée en 1957 : Deux particules associées présentent des spins contraires. Elles sont séparées. Le spin de l’une est inversé et l’on constate que le spin de l’autre s’inverse. Ces expériences ont été récemment reconduites dans l’anneau du CERN à Genève. Le phénomène a été reproduit avec des particules séparées alors de 10 kilomètres.

Pour Alain ASPECT, Professeur à l’Ecole Polytechnique, « ces deux particules éloignées constituent pourtant un tout inséparable » . Même si ce grand problème n’est pas résolu, demain il va servir pour la cryptographie quantique de messages…

Revenons à Jean CHARON qui en 1985 reprend la conception de Teilhard de Chardin  selon laquelle les structures vivantes évolueraient en obéissant à une sorte de loi de complexification - conscience. Le niveau de conscience s’élève par seuils de mémoire hiérarchisant ainsi le minéral, le végétal, l’animal et l’humain. Il laisse alors entrevoir l’évolution vers un ultra humain doué d'une conscience plus développée.
Sans citer CHARON, le Pr Régis DUTHEIL, biophysicien et Brigitte DUTHEIL ébauchent une théorie où existe un second monde parallèle au nôtre.

Dans cet univers, les vitesses des particules sont supérieures à celle de la lumière si bien que la notion de temps n’existe pas. Cet univers « d’espace - temps superlumineux » n’est constitué que d’information et de conscience.
Cet espace non temporel est instantanéité et permanence. Il contient l’ensemble des informations et des significations. Cet espace de la conscience totale qui est conscience individuelle et conscience collective nous est inconnu : nous l’entrevoyons par bribes, par séquences grâce au cerveau qui serait le filtre des échanges entre ces deux univers.
Le cerveau serait le lien sous forme de filtre entre la matière biologique et l’esprit. Il est l’instrument où s’affichent des images de type holographiques.
Notre monde, notre univers visible à l’œil ou avec nos instruments est souslumineux. C’est celui des théories où la vitesse des ondes et particules a pour limite la vitesse de la lumière.
Au delà commence le monde superlumineux que laisse entrevoir cette nouvelle théorie qui bouleverse les notions de naissance et de mort. La mort est alors une sorte de renversement : le corps physique disparaît et la conscience se retrouve libre de toute entrave au delà du mur de lumière.

L’entrée dans le monde de la mort c’est-à-dire dans l’espace - temps superlumineux nécessite le franchissement du mur superlumineux ; mur qui serait celui entrevu dans les expériences aux frontières de la mort dites « NDE », near death experience. Cette conscience superlumineuse ne rappelle-t-elle pas cette assertion maçonnique : « la pensée, noble étincelle, qui persiste à éclairer nos esprits alors que les cerveaux d’où elle a jailli ne sont plus que poussière. » ?
Au rite de Menphis-Misraïm, le Vénérable lors de la Tenue Funèbre déclare que «le Monde Sensoriel n’est que l’une des formes passagères du Fluide Cosmique impondérable, que nous nommons la Grande Ame Universelle, source de toute Harmonie, et dont le détenteur immatériel est le Nombre. C’est pourquoi, couverts par les Ailes de la Dame du Sycomore, votre Protectrice, vous passerez le Seuil, tenant en vos mains la Pierre Lapis, la Croix Ansée et le rameau de Myrte, constellée des narcisses de la Connaissance » .

6. Tradition et modernité
L’étude des symboles, des religions, des témoignages des voyages aux frontières de la mort et celle des expériences mystiques montrent toutes que le passage dans la mort s’accompagne de trois phénomènes: la sensation de transgresser des barrières temporelles et spatiales par le franchissement d’une barrière, l’émerveillement dans un bain de lumière et enfin le sentiment de connaissance totale qui annihile toute velléité de recherche de la vérité. Le franchissement du mur est une initiation qui débouche dans un monde de lumière où règnent la connaissance et la vérité.

Jean Marie TJIBAOU avait entrepris une thèse sur les traditions des kanaks où les défunts s’appellent les Vivants. Je le cite : « L’existence individuelle n’est qu’une période transitoire sans grande signification si elle n’est pas rapportée à la totalité des « échanges » qui, dans ce monde et dans l’autre, confèrent à la société et à l’univers leur sens et leur cohésion. L’esprit d’une personne défunte s’en va d’abord danser dans le pays sous marin des morts, puis, au bout de quelques générations, remonte le long des cours d’eau jusqu’au pays des ancêtres maternels où il vient se confondre avec l’être totémique - animal, plante, pierre ou phénomène atmosphérique… - qui est aux origines de la Vie ».

Les Kongos en Afrique croient à une vie post mortem dans un monde souterrain. Les Indiens comme les Kanaques imaginent le cycle de la vie et de la mort comme celui de l’eau qui va de la pluie à la mer. Au Mexique, les Morts s’en retournent dans les demeures du Soleil. Toutes les traditions accréditent l’idée d’un monde des morts.

Dans le Livre des Morts égyptien, le défunt élu emprunte la barque sacrée.

Les Celtes, les Germains et les Scandinaves croyaient en une vie dans l’au - delà.
L’immortalité est aussi présentée comme un ancien privilège de l’homme, privilège perdu par indiscipline. Il est un dieu déchu ou un pêcheur. La réincarnation et la résurrection sont d’autres possibilités d’immortalité.

La pensée bouddhique vise à l’extinction totale de l’individualité dans le nirvana, afin de fuir le monde régi par la loi du karma. Mais dans la mort la conscience individuelle rejoint le flot de conscience dont elle est issue. Comme l’énergie, la conscience au sens bouddhique, se conserve. La Voie du Pèlerin bouddhiste emprunte la rivière symbolique de la Vie et de la Mort.

En Chine, confucianisme et taoïsme conçoivent l’âme comme mi - céleste, mi - terrestre.

Les philosophes comme Socrate, Platon, Descartes, Spinoza, Leibnitz, Kant, Hegel, et Schopenhauer croyaient en l’immortalité.
La tradition rapporte des cas de réapparition, de voix d’outre tombe. La théorie de la relativité générale a prévu dans des conditions extrêmes le voyage dans le futur ou dans le passé. Enoncé en 1930 comme le paradoxe de Langevin, un voyageur se déplaçant à une vitesse voisine de celle de la lumière pendant un an trouverait à son retour une Terre vieillie d’un siècle. Le voyage dans le passé repose sur l’hypothèse du temps qui s’arrête pour qui voyage à la vitesse de la lumière (18). A son retour sans avoir vieilli, ses enfants seront des grands pères.

Récemment, en 1994, des physiciens ont extrait de l’énergie du vide en imposant une forte tension électrique aux bornes d’un condensateur. Cette énergie négative est justement celle qu’il faudrait pour créer un champ antigravitationnel nécessaire pour maîtriser un jour le champ gravitationnel d’un trou noir .
Le trou noir est la tombe de la matière. Attirée par un énorme champ de gravité, la matière s’effondre sur elle même. Les électrons s’écrasent sur les noyaux. Le vide disparaît. L’espace n’existe plus, ni le temps. Les astrophysiciens observent les trous noirs de l’Univers. D’autres, comme Jean CHARON, les ont imaginé à l’échelle microscopique. Le trou noir comme la mort n’est pas une fin. Dans son allocution de Prix Nobel, SAKAROV considérait le trou noir comme une porte vers un autre univers, un univers d’antimatière.

Les physiciens et les astrophysiciens sont en quelque sorte les alchimistes d’aujourd’hui voire les grand prêtres d'hier.
Autrefois l’alchimie était la seule pratique et pensée métaphysique extra - religieuse. En recherchant l’élixir d’immortalité, elle a engendré la science, enrichi notre connaissance du réel et contribué à l’évolution matérielle de notre temps.
Aujourd’hui les physiciens, à la recherche d’un tout cohérent et d’une théorie générale, prolongent la recherche de la perfection ultime de la connaissance qui s’apparente à la quête de la pierre philosophale par les alchimistes. Un récent numéro de Sciences et Avenir s’en est fait l’écho (20).
Les scientifiques empreints de l’incertitude de la mécanique quantique et de conceptions probabilistes du monde n’ont plus la prétention de tout savoir. L’évolution de la pensée reprend son cours alors que le profane reste encore figé dans une pensée unique.

7. Evolution
L’évolution des consciences est lente: L’homme fut anthropophage, il a été esclavagiste, misogyne au point que la femme n’avait pas d’âme. Les premiers progrès de la science l’ont rendu matérialiste. Aujourd’hui si la science moderne ne peut donner d’explication rationnelle à nos interrogations métaphysiques, elle nous permet d’évoluer avec plus de sérénité et de retrouver plus de sagesse.

Fritjof CAPRA fut l’un des premiers en 1975 à montrer les affinités de la science moderne avec la sagesse orientale . Déjà Niels BOHR au tout début de la physique nucléaire admirait le bouddhisme. On constate que de plus en plus les théories scientifiques modernes rejoignent les croyances ancestrales. L’évolution conforte la tradition et l’enrichit. Les nouvelles hypothèses s’accordent avec de vieilles croyances  comme celle des Sioux dont voici un proverbe : « L’esprit n’est jamais né, l’esprit ne cessera jamais et il n’y eut pas de temps où il n’était pas. Fin et commencement sont des rêves ».
En admettant que le cerveau soit un filtre entre un monde réel de matière et un monde invisible de conscience, il faut convenir que la vie, porteuse de cette conscience, est l’interface entre ces deux mondes. La Vie et en particulier l’Homme se trouveraient à l’intersection d’un monde souslumineux et d’un monde superlumineux. Alors comme le dit Jonathan le Goëlan, « le corps n’est que l’incarnation de la pensée ».
Le monde superlumineux est atemporel comme fixe. Le monde souslumineux temporel tourne. A l’interface se déroule la chaîne de l’humanité.
L’humanité est quelque part atemporelle tandis que l’homme lui est mortel, même s’il veut l’oublier.

La science médicale a fait reculer les limites de la mort que l’on cache car la mort est source d’angoisse pour l’homme moderne dont l’existence n’est synonyme que de vie biologique et matérielle. La mort est le sujet tabou qui remplace celui de la sexualité.
Réhabiliter la mort, c’est pratiquer l’accompagnement des mourants, c’est refuser l’acharnement thérapeutique, c’est l’avènement de l’étude des phénomènes qui précédent et qui suivent la mort. C’est admettre que la mort ne s’oppose pas à la vie mais à la naissance.
La naissance est la porte d’entrée dans ce double univers. Le savoir implique de s’initier par l’apprentissage, par l’enseignement des maîtres aux connaissances du moment.
La vie poursuit son cours. La roue du monde temporel tourne. Celle du monde atemporel attend.

La mort est la porte de sortie obligée. Elle est l’heure de la Vérité.
Tels sont les trois degrés d’évolution de la matière vivante : Naissance. Vie. Mort.
L’Homme conscient évolue : Initiation. Connaissance. Vérité.
Sa « quête spirituelle est aussi le symbole de l’Amour et de la Perfection.
Avec tous les êtres, passés, présents et à venir, il forme la chaîne de l’humanité. Cette chaîne nous lie dans le temps comme dans l’espace, elle nous vient du passé et tend vers l’avenir. »
J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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La symbolique du Sablier : l’initié et la relation au temps

3 Février 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

S’il est un endroit qui marque les consciences des Francs maçons, le cabinet de réflexion peut être cité parmi ceux-ci. Dans la pénombre de ce local exigu, le futur initié est mis en présence de nombreux symboles. Parmi ceux-ci, on peut citer, le coq, les ossements, la formule alchimique du VITRIOL, le sablier, le sel, le mercure, le pain, l’eau, etc.

Dans ce lieux, l’association du sablier aux ossements, à la faulx et au coq, laisse entrevoir au futur initié, une relation avec le temps imparti, la mort prochaine et la résurrection.

Ce midi, V.M. et vous tous mes FF\ je vais vous présenter, dans le cadre de notre thème annuel de réflexion, ma contribution sur le sablier.

Aussi, aborderais-je, dans un premier temps, la symbolique proprement dite du sablier et ensuite j’évoquerai la relation qu’a l’initié avec le temps.

Du symbolisme du sablier.

Défini comme un appareil qui sert à mesurer le temps, composé de deux récipients identiques, en verre, superposés et communiquant entre eux par un conduit étroit où s’écoule du sable fin, le sablier est d’usage fréquents dans certains de nos jeux de société. On l’utilise régulièrement pour réglementer des parties. Il permet ainsi, dans de nombreux cas, de limiter le temps de jeux d’un joueur. Le temps imparti à chaque joueur est nécessaire à la réflexion, à la prise de décision et à la réalisation du jeu. Dans le même temps, l’adversaire est tenu d’attendre.
Le message d’importance véhiculé ici est l’invite à la patience ; à l’effort contenu dans la limite du temps imparti ; à la maîtrise de soi et à la gestion rationnelle du temps.

La symétrie en tous points des deux compartiments par rapport à son centre serait la traduction de l’opposition du ciel et de la terre, de la spiritualité et de la matérialité, du monde invisible et du monde visible, des ténèbre et de la lumière qui fort heureusement peuvent fusionner ou être ramenés en UN, Un le Tout qui intègre l’infiniment petit et l’infiniment grand, grâce à l’Initié symbolisé ici par l’allégorie du conduit étroit.
En cela, les deux compartiments identiques (celui du haut et celui du bas), rappelle l’inscription de la table d’Emeraude : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour le miracle d’une même chose ». L’interpénétration de ces deux mondes, quant à elle, ne peut se faire que par une porte étroite, réservée aux seuls initiés, détenteurs des clés. Le sabliernous enseigne donc, à l’instar du pavé mosaïque, que la loi du binaire ou la dualité régit le monde et que seul les véritables initiés peuvent s’élever au dessus de cette dualité, assurer l’équilibre des contraires afin de ramener cette dualité à l’unité.

La convergence des parois du vase supérieur vers le goulot, entraîne une contraction, dans l’espace et dans le temps, du sable qu’il contient. Cette contraction figure la difficulté, la douleur de l’enfantement, la naissance à venir et par analogie, la dispersion du sable au sortir du goulot, dans le nouvel espace, traduit un mouvement, une libération, donc la vie. De ce point de vue, le sablier nous enseigne que l’espace-temps du monde invisible préfigure l’espace-temps du monde visible.

Le sable fin qui symbolise la vie corporelle, nous enseigne que celle-ci n’est que poussière face à l’immensité de l’univers. Son écoulement progressif, grain par grain, révèle que le temps s’égrène irréversiblement et induit à terme, un arrêt du mouvement, annonciateur de mort. A cela, il faut ajouter que l’écoulement du sable, du haut vers le bas, est induit par la loi naturelle de la pesanteur qui sous tend, nos lourdeurs profanes, c'est-à-dire, les préjugés du vulgaire, nos vices, nos défauts, nos erreurs, etc. Ces lourdeurs profanes qui découlent de notre héritage social, éducatif, scolaire et religieux, empêchent semble t-il, toute élévation et nous entraînent inexorablement vers le bas, donc vers notre mort spirituelle.

Aussi, convient-il de se détacher de ce mouvement descendant en nous dépouillant de nos aspérités, de nos vices, de notre ego pour inverser la tendance et amorcer un mouvement ascendant, synonyme d’élévation spirituelle. Cette inversion de mouvement, à contre courant de l’ordre naturel des choses, ne peut se faire qu’au prix de gros effort sur nous-même et avec l’appui d’une aide ou d’une influence extérieure. Dans ce sens, le retournement du sablier par la main d’une tierce personne, figure l’espérance d’une nouvelle vie que confère l’initiation maçonnique. Ce message d’espérance est également véhiculé par le sable qui s’écoule non pas dans le vide mais dans le vase du bas.
$$$$$ La symbolique tirée du sablier, nous rappelle ici, la comptine pour enfant connue de nous tous et à haute portée initiatique ? celle de la fameuse souris verte qu’on attrape par la queue, donc que l’on retourne, qui est présentée à ces messieurs, c’est à dire qui va subir les épreuves, qui est trempée dans l’eau et huile, donc purifiée, et qui est transformée en escargot chaud, donc née de nouveau. $$$$

La durée invariable de l’écoulement, à chaque retournement, traduit une relativisation du temps entre la naissance et mort, entre le midi et le minuit maçonnique de chacun d’entre nous. Il matérialise également le cycle incessant de la vie et de la mort, de la lumière et des ténèbres.

Quant à l’apparence translucide du sablier, elle recèlerait également un message d’importance. En effet, la visibilité ainsi offerte à celui qui observe l’écoulement du sable, permet à ce dernier d’être fixé sur l’état d’avancement de l’écoulement et lui confère, de fait, la maîtrise du temps et de l’espace.
En cela, le sablier révèle au franc maçon, le caractère de préciosité du temps. Le temps du franc maçon doit être géré rationnellement et mis à profit pour son perfectionnement moral, intellectuel, matériel et pour son élévation vers les hauteurs célestes.

Le temps semble être à tout point de vue, une composante essentielle en Franc-maçonnerie. Mais, quelle relation peut-on alors faire entre le temps et l’initié ?

L’initié et la relation au temps.

Lors des travaux en loge, il est de coutume de s’informer de l’heure au début et à la fin des cérémonies, celles-ci sont invariablement et respectivement et ce quelque soit l’heure réelle: midi et minuit. Les travaux, quant à eux, sont toujours délimités dans un espace compris entre l’Orient et l’Occident, le Septentrion et le Midi.

Ces heures et cet espace conventionnels traduisent une relativisation du temps et de l’espace : le temps et l’espace de travail du franc maçon semble alors figés. Ces délimitations spatio-temporelles, commandent donc à tout franc maçon de maîtriser et d’utiliser rationnellement son temps et l’espace dans lequel il évolue. Elles rappellent également le caractère universel de la franc-maçonnerie.

Les heures de midi et minuit nous enseignent également qu’il n’est jamais midi au même âge pour tous les francs-maçons, il peut être midi, qui à 20 ans, qui à 30 ans, qui à 50 ans, etc. De même, il sera minuit pour chacun, à son âge. A chacun donc son temps : le temps de maturation ne peut être le même pour tous et chacun doit évoluer à son rythme.
Face à ce constat, il nous appartient de nous mettre dans un état de conscience qui intègre cette donne, et de travailler à notre rythme avec sérieux et régularité pour tendre vers l’Etre de lumière, but ultime de tout cherchant.

Le rituel en figeant l’espace et le temps, abolit le temps profane et permet à l’initié de rentrer dans le temps sacré, temps réactualisable et où les actes qui s’y produisent, sont réitérables à souhait, contrairement au temps profane qui s’écoule irréversiblement. Ainsi donc, les maçons d’hier, ceux passés à l’orient éternel, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain vivent dans le même temps et le même espace, il n’y a donc ni temps, ni espace. Le temps et l’espace n’existent pas, ils sont le produit de la conscience des initiés. Le temps sert uniquement à l’initié, comme un «conscientisateur» sur les bornes ou limites de son existence matérielle.

Dans ce contexte, ALBERT JACQUARD confirme que : « Il n’y a pas d’origine, il n’y a que l’éternité » et nous en donne la démonstration : En considérant quelques âges pris dans le système des nombres réels, par exemple 0, 10, 100 ans. Ces âges, pris à l’échelle logarithmique qu’il considère plus proche de la modélisation de l’univers, deviennent respectivement : moins l’infini, 1, 2. On s’aperçoit que l’écart entre 10 et 100 ans s’est considérablement réduit, l’enfant de 10 ans a quasiment le même âge que le vieillard de 100 ans, montrant ainsi que cette durée de vie humaine est infiniment petite face à l’éternité. Dans le même temps, le zéro, supposé être le point de départ est repoussé à moins l’infini, prouvant ainsi qu’il n’y a pas vraiment d’origine ou d’instant ; l’origine n’existe pas.

L’écoulement du sable et le retournement du sablier par un tiers, corroborent la non-existence du temps et révèle à l’initié que le début coïncide avec la fin et vis versa : c’est le serpent qui se mord la queue, l’OROBOUROS, emblème de l’Harmonie Ecossaise, représentée sur la médaille de la loge.
Le temps ne se déplace donc plus sur un plan rectiligne, mais sur une courbe fermée : le passé, le présent et le futur s’en retrouvent liés et n’en font plus qu’Un.

Plus près de chez nous, dans nos sociétés traditionnelles, l’initié au bwiti peut être amené un bref instant, grâce certains rituels, à pénétrer la porte temps pour ne pas dire à transcender le temps profane. Il est dans ce cas, mis en contact avec le passé, le présent et le futur. Le bwitiste devenu UN avec le temps, peut alors, voir au delà des yeux et rencontrer ses ancêtres, survoler certains évènements historiques, réaliser son bilan spirituel et physique et avoir des visions sur l’avenir. A cet instant, l’initié qui fusionne avec le divin rentre dans l’intemporalité. Le temps n’existe plus pour lui : il est dans le Temps, il est le Temps, il est le maître du Temps.
Le temps n’existe donc pas pour l’initié, seule la conscience se déplace vers les états de conscience supérieure pour opérer sa transmutation vers le Divin.

Mais l’écoulement du sable, comme nous l’avons vu supra, rappelle en permanence à l’homme ou à l’initié, une réalité essentielle : la durée limitée de son existence terrestre.
Ces bornes temporelles de notre existence, qui ressemblent fort à une épée de DAMOCLES, forcent chaque franc-maçon dont la période d’insouciance spirituelle s’achève dès son midi maçonnique, de jouir au mieux et ce, sans excès, de l’instant présent, comme si c’était le dernier.

A ce sujet, à l’instar de l’écoulement de plus en plus rapide du sable, à mesure que l’on s’approche de la fin, notre horloge interne, ne nous assujettit-elle pas, avec l’âge, et probablement en raison d’une circulation sanguine plus lente, au sentiment que les années sont de plus en plus courtes ? A n’en point douter, nous le sommes tous, et ceci nous interpelle à faire notre, les sources de sagesse infra :
1 « le temps vaut de l’or et rien ne remplace le temps»,
2 « il ne faut pas toujours remettre à demain»,
L’adoption de ces deux sources de sagesses, devrait nous permettre de mettre à profit le « temps présent » car la vie du corps est inéluctablement soumise à la loi de l’évolution, pour ne pas dire du temps qui impose un vieillissement naturel de nos cellules. Le franc maçon qui a toujours à l’esprit, le caractère de préciosité du temps, se doit donc de tailler sa pierre sans relâche, en vue de son insertion, à sa juste place, dans l’édifice en construction. Ce n’est qu’à ce prix que le maçon marquera son temps et alors les mots qui circulent dans la chaîne d’union lors des tenues funèbres : « rien ne meurt », « tout est vivant » trouveront une résonance particulière. A la disparition de son corps physique, subsistera son souvenir dans la mémoire collective et celle des autres maçons qui poursuivent l’œuvre.

Ainsi, l’inexistence du temps invite l’initié, à se mettre en permanence dans un état de conscience qui lui permet de jouir au mieux de l’instant présent, en rationalisant son temps, en vue de réaliser l’œuvre qui lui est destinée.

CONCLUSION.

En conclusion, V.M. et vous tous mes FF\en vos degré et qualités, le sablier est par excellence le symbole du temps qui passe, il nous met en garde contre nos propres pesanteurs qui induisent à terme, notre mort spirituelle. Il nous commande donc de nous alléger et de nous dépouiller de nos aspérités, en naissant de nouveau par l’initiation et les mystères qu’elle confère en vue d’une véritable ascension vers les hauteurs célestes.
Dans la globalité du cabinet de réflexion, le sablier sous-tend l’espérance de la nouvelle vie d’initié qui se dessine sur les cendres de la vie profane qui, lentement se consume sous les flammes purificatrices de la bougie. La mort du profane induit, dans ce contexte, une mort symbolique qui coïncide avec un changement d’état de conscience traduisant la résurrection, la nouvelle vie, la victoire de la lumière sur les ténèbres symbolisée par le coq ou le retournement du sablier.

Par ailleurs, le sablier nous renseigne sur les cycles immuables que sont la naissance et la mort, contraste d’obscurité et de lumière et la relation primordiale que l’initié a avec le temps. Le temps n’existe pas pour un initié, il est figé, seule sa conscience se déplace dans sa quête et celui-ci doit en permanence se référer au caractère éphémère de son existence terrestre pour œuvrer au mieux à son progrès, à celui de la cité et à celui de l’humanité.

V.M. et vous tous mes FF\, le dernier grain de sable tombe dans le vase du bas et le sablier indique maintenant « MINUIT »

J’ai dit V.M.

source : www.ledifice.net

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Mort initiatique et Orient éternel

2 Février 2013 , Rédigé par José B:. Publié dans #Planches

Pour notre Frère JMG qui a perdu un Frère de sa famille…

C'est toute la vie d'un Franc-maçon qui s'inscrit entre une mort initiatique virtuelle et une mort physique terriblement réelle et redoutée. C'est le parcours d'un voyageur sans bagage : les initiés sait qu'il s'est engagé dans une voie qui ne s'arrêtera qu'avec son dernier souffle et l'espoir d'avoir donné un sens à sa vie. Être initié, c'est apprendre à vaincre ses peurs et c'est faire de cette « maladie mortelle » le moteur de sa vie. C'est en effet la mort et l'impénétrable question qu'elle pose qui donne un sens à la vie.

L'homme primitif ne pouvait concevoir qu'il n'était qu'un être fini dans un univers infini. Alors, il se mit à ensevelir ses morts afin qu'ils puissent continuer de vivre dans l'espoir d'une renaissance. La mort ne pouvait être la fin de la vie, mais en revanche le commencement d'une autre. C'est pourquoi, dans toutes les traditions initiatiques, la mort est au coeur de la vie comme la vie est au coeur de la mort.

La vie et la mort sont comme le jour et la nuit : la nuit n'est pas la fin du jour, elle est le passage entre deux jours. Pour le soleil il n'y a pas de nuit. Pour la vie il n'y a pas de mort. La nuit n'existe que pour celui qui est dans les ténèbres. La mort n'existe pas dans la nature elle n'est qu'une invention de l'homme. La nature ne meurt pas : elle se régénère en permanence. L'arbre s'abat, mais la forêt demeure, de même que si les feuilles tombent, l'arbre, lui, ne meurt pas.

La mort n'existe pas, c'est nous qui existons et qui cessons d'exister le moment venu. La fin est écrite dès le commencement dans chacune de nos cellules. Au terme de sa vie, celui qui s'éteint porte en lui une étincelle de vie qui permettra à la nature de se régénérer 1. Entre ces deux instants, cet être aura eu le désir de vivre, la volonté de bâtir, la force de s'élever, le devoir de se construire et le besoin de donner un sens à sa vie en même temps qu'une direction et un but.

L'initiation fait sortir le profane de ses ténèbres et elle lui ouvre de nouvelle porte sur des vues nouvelles et tente de lui apprendre un regard nouveau sur l'univers et les choses. Elle nous apprend à ne plus mesurer le monde et la vie à l'aune de notre seule existence. Elle nous incite à considérer cette dernière comme un passage entre deux états vers une nouvelle destination que nous ne pouvons concevoir. De même qu'avant de devenir papillon, la chenille ne pouvait imaginer pouvoir vivre parmi les fleurs et voir le monde d'en haut. De même également, l'épi de blé n'a aucunement conscience d'avoir d'abord été un grain qui a pourri dans la terre.

C'est ainsi que l'initiation, pur produit de l'esprit humain qui se veut immortel, s'imposa comme une évidence à celui qui ne voulait pas mourir. C'est pourquoi, si les croyances, les rites et les religions sont différentes, elles débouchent toutes sur une même espérance en une autre forme de vie. Pour les Mésopotamiens c'est la vie terrestre qui primait. Pour les Égyptiens, la vie n'était qu'un bref passage dans l'éternité. Dans les mystères d'Eleusis, on exhortait les fidèles à se purifier avant de rejoindre le séjour bien heureux d'où ils avaient été exilés. Les Gaulois, eux également, croyaient à la réincarnation. Dans la religion celte, la mort était un changement d'existence dans un lieu où le temps n'existait plus. Pour les Incas et les Mayas, la vie d'outre-tombe était basée sur le comportement terrestre du défunt. Dans le Livre des Morts tibétains, il faut utiliser la mort comme une porte pour entrer dans d'autres vies heureuses jusqu'à la libération finale. En Inde, la réincarnation est toujours au centre de la religion. Pour les Orientaux, la mort n'est qu'un état de conscience parmi d'autres inscrits dans un cycle de vie éternelle. Dans la religion chrétienne, l'amour finit par triompher de la mort et l'Eucharistie efface ainsi la malédiction biblique. En Islam on ne meurt pas, puisque l'âme est immortelle, et cette vie se poursuit dans un autre monde.

Ces différentes attitudes face à la mort peuvent être regroupées autour de trois grandes conceptions :
1 -- la vision matérialiste, d'Épicure à l'humanisme athée, qui considère que la mort est absurde et insensée. Elle n'est que l'interruption d'un fonctionnement bio psychique et tout simplement un scandale.
2 -- la vision spirituelle, qui domine en Occident, veut que la vie, la souffrance et la mort ne soit que des épreuves et des passages vers une vie éternelle, dans un lieu hors de l'espace et du temps.
3 -- les visions bouddhistes et hébraïques qui estiment que la mort est le moment le plus sacré de l'existence. Considérée comme illusoire, la mort n'est pas la fin de la vie, mais la fin d'une illusion et le commencement d'une délivrance.
Notre monde occidental moderne s'est coupé des grandes traditions initiatiques qui nous préparaient à la mort. En perdant la pratique de l'Initiation, l'homme moderne perdit le sens de la mort qui l'aidait à trouver le sens de sa vie. D'où l'angoisse métaphysique et la souffrance spirituelle...

À notre époque en effet nous évacuons tout ce qui touche à la mort. Or, elle n'existe que par le regard que l'on porte sur elle. Elle a une signification et un retentissement proportionnel à la profondeur des sentiments que l'on accorde au défunt. L'homme actuel croit que cette vie lui appartient, et se révolte à l'idée que la mort puisse venir la lui reprendre. Il la fuit, alors qu'il devrait l'attendre comme une délivrance. Il met toute son énergie à vouloir mourir le plus tard possible, alors qu'il devrait prendre tout son temps pour se préparer à mourir le moins mal possible.

Alors pourquoi cette peur de la mort ? La peur de la mort contient toutes les peurs : la peur de l'inconnu, celle de l'invisible, la peur du mystère, celle de la solitude, la peur du vide, du châtiment, des dieux infernaux, la peur du néant et de la nuit... Les initiations primitives étaient les rites de passage notamment de l'enfance à l'âge adulte. Une fois initiée l'enfant devait avoir définitivement vaincu la peur de la mort. C'est la voie que propose l'Initiation : affronter la mort plutôt que la redouter. Elle ne nous apprend pas à en triompher mais à chasser la peur qui la précède. La crainte écartée et la mort apprivoisée, les initiés portent alors un nouveau regard sur la vie. Car les rites initiatiques ont tout le même but : faire découvrir les concepts éternels qui animent toutes sortes de vie.

C'est pourquoi au terme des épreuves, les initiés ne craint plus la mort. Il a le sentiment de ne plus être seul et de ne pas être un fruit du hasard ou de la nécessité, mais au contraire d'être venu au monde pour quelque chose avec une mission. C'est le Maître soufi Attar qui disait : « Le seul remède contre la mort et la peur qu'elle engendre, c'est de la regarder constamment en face ». Et Arnaud Desjardins écrivait également dans « l'Audace de vivre » : « La peur de la mort est d'autant plus grande, qu'on n'a pas osé vivre. »C'est aussi Albert Einstein qui écrivait : « ce fut plus beau sentiment que l'on puisse éprouver, c'est le sens du mystère. Celui qui n'a jamais connu cette émotion, qui ne possèdent pas le don d'émerveillement, ni de ravissement, autant vaudrait qu'il fût mort : ses yeux sont déjà fermés. » Belle phrase pour un scientifique de sa taille !

Toutes les initiations commencent par une mort qui est le commencement d'un chemin s'ouvrant sur le Mystère. C'est ce qui va permettre à l'initié son propre dépassement. L'apprenti découvrira que s'il veut trouver sa propre vérité il lui faudra chercher à travers ses morts symboliques sa propre lumière et chasser ses ombres. Devenu compagnon, il connaîtra la violence du fanatisme et de l'ambition ; quant au maître, il ne retournera à la terre que pour revenir à la lumière. En attendant que d'autres épreuves ne le confrontent encore à la mort...

La mort fait de nous tantôt le bourreau, tantôt la victime. Je suis Hiram qu'on assassine, mais je suis également le mauvais compagnon qui assassine. Tous les héros mythiques, les bons et les mauvais sont en nous, tous les personnages se déchirent dans notre monde intérieur : le vice et la vertu le courage et la lâcheté, l'amour et la haine. La sagesse n'est pas non plus très loin de l'égarement... L'Initiation nous ouvre les yeux sur tous les extrêmes dont nous sommes capables. Penser à la mort, c'est avoir toujours à l'esprit que ce que l'on croit être un dû n'est qu'un prêt : c'est donner du prix à la vie.

La mort initiatique nous rappelle la vanité du pouvoir et l'inutilité si des luttes fratricides. De même que le grain qui meurt aura généré une moisson nouvelle, de même le tombeau d'Hiram aura servi de fondation au Temple, et le sacrifice de Jésus aura donné naissance à la religion chrétienne. La mort est fondatrice. Le héros, en franchissant les portes de la mort, entre dans le monde de l'Idée, pour que celle-ci se matérialise et se réalise dans le monde des hommes. La mort n'est pas belle à nos yeux quand tout se désunit. Mais l'oeuvre au noir a commencé son processus pour aboutir à une nouvelle oeuvre au blanc, invisible à nos yeux. Dans la nature tout nous dit que rien ne meure pour rien, et que tout ce qui meurt est appelé à « devenir ».
Ainsi va la vie de l'homme. Pendant que l'âme porte en elle la nostalgie d'une Parole perdue, le corps se raidit, s'essouffle, s'éteint, se désagrège enfin. Et l'on quitte cette terre avec un goût d'inachevé, sans avoir la certitude d'avoir pleinement rempli notre mission.

De la mort initiatique à l'Orient éternel, l'initié se sera préparé à une mort sereine. S'il a bien fait son travail, il pourra alors s'endormir en pensant qu'on n'emporte en mourant que ce que l'on a donné...


Source : Ordo ab Chao numéro 56

Source : http://www.temple-parvis.com/mort-initiatique-et-orient-eternel-2.html

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Communiqué – Consécration de la GLTF le 19 janvier 2013

2 Février 2013 , Rédigé par GLTF Publié dans #histoire de la FM

Rédigé le 30 janvier 2013

La GLNF a traversé la crise la plus grave de l’histoire de la Franc Maçonnerie. Grave sur tous les aspects, mais surtout dans la durée. Devant cette situation inextricable et déshonorante pour leurs cœurs de maçons, de nombreux Frères, lassés des querelles permanentes au sein de leur Obédience, ont manifesté depuis plus d’une année, le désir de tourner la page et de construire un avenir plus serein.

Ces Frères, calmes, responsables et déterminés, écartant toute tentation d’aventure les éloignant des principes fondamentaux régissant la Franc Maçonnerie traditionnelle, ces Frères ont décidé unanimement de créer une nouvelle Obédience, portant le nom de GRANDE LOGE TRADITIONNELLE DE FRANCE (GLTF).

La GLTF, à l’image de ce qu’était la GLNF avant qu’elle ne soit pervertie par les agissements des derniers Grands Maîtres, prône les grands principes intangibles de la Régularité Maçonnique, auxquels elle adhère pleinement.

Fondamentalement respectueuse de la tradition maçonnique, la GLTF travaille donc suivant les principes intangibles de la régularité maçonnique :

·         Croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers

·         Respect des Landmarks

·         Respect des Anciens Devoirs

·         Respect des us et coutumes de l’Ordre

·         Respect de la Règle en 12 points

·         Respect des Obligations des Francs-maçons

 

La consécration le samedi 19 janvier 2013

Moment solennel et indispensable à son existence maçonnique, plus de 500 Frères représentant les 41 Loges pétitionnaires, ont rempli entièrement la Salle du conclave du Palais des papes en Avignon.

Le Grand Maître désigné de la GLTF, Jean-Luc VENTURINO, a pris ses fonctions au cours d’une cérémonie forte et pleine de solennité, respectant bien sûr les anciens usages et coutumes établis suivant la tradition maçonnique. Un moment que tous les Frères présents n’oublieront jamais.

Dans son allocution aux accents maçonniques bienveillants et chaleureux, le Grand Maître de la GLTF a défini les principaux objectifs de cette nouvelle Obédience pour les années à venir :

·         donner à tous les frères en quête de perfectionnement moral et d’élévation spirituelle, le cadre de travail digne de la hauteur de ce qu’ils sont venus chercher en loge.

·         travailler dans la paix et l’harmonie selon les critères de la Franc-maçonnerie régulière et traditionnelle

·         mettre en application, en toutes occasions les préceptes d’exemplarité, de fraternité et de solidarité.

·         développer l’obédience par un choix rigoureux des profanes et un engagement fort des parrains

C’est par une longue ovation que l’assemblée a salué l’élection du TRF Jean-Luc VENTURINO comme premier Grand Maitre de la Grande Loge Traditionnelle de France.

A ce jour, la nouvelle Grande Loge compte 850 Frères pour 41 loges réparties en 3 Provinces : Provence-Méditerranée, Bretagne-Atlantique et Camargue-Languedoc. Une page importante de la Franc Maçonnerie Universelle vient de se tourner, l’Ordre, la Rigueur, la Paix et l’Amour de l’autre sont à nouveau les missions sacrées de cette nouvelle Obédience qui porte le nom de GLTF, l’histoire en gardera la trace …

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Les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie

2 Février 2013 , Rédigé par Gérard REYNAUD Publié dans #Planches

Je voudrais tout d'abord pour commencer cette conférence, rappeler l'énoncé des deux premiers articles de la Déclaration de Principes de la Grande Loge de France, en date du 5 mars 1955 :

"Article Premier : La Grande Loge de France travaille à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

Article Deuxième : Conformément aux traditions de l'Ordre, trois gran­des lumières sont placées sur l'autel des loges : l'Equerre, le Compas et un Livre de la Loi Sacrée. Les obligations des Maçons sont prêtées sur ces Trois Grandes Lumières".

Chacun peut, je pense, à la lecture de ces deux premiers articles, pren­dre conscience de l'importance capitale de ces trois grandes lumières dans la démarche initiatique de la Franc-Maçonnerie.

Dans la Déclaration de Principes, elles viennent juste derrière la men­tion du Grand Architecte de l'Univers, véritable clef de voûte de toute la symbolique maçonnique. Principe fondamental qui donne à l'initiation son caractère traditionnel. L'invocation au Grand Architecte de l'Univers appa­raît comme indispensable pour qu'il y ait véritablement communication du sacré, mise en relation entre ce Principe d'Ordre et le candidat qui contracte une alliance librement consentie, au point culminant de la cérémonie d'ini­tiation, lorsque le récipiendaire va prêter serment.

C'est pourquoi, la Grande Loge de France, rappelle avant toute chose, dans sa Déclaration de Principes qu'elle "travaille à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers".

Une fois ce principe fondamental énoncé, nous allons très rapidement comprendre l'importance et la place des Trois Grandes Lumières. L'article 2 nous apporte trois précisions qu'il importe ici de rappeler brièvement :

Premièrement : il lie les Trois Grandes Lumières à la Tradition de l'Or­dre et précise leur place dans la Loge : sur l'autel, à cet endroit qui est l'un des plus remarquables du point de vue de la "géographie symbolique" de la Loge, là où nous accomplissons lors de l'ouverture et de la fermeture des travaux des gestes rituels d'une très haute signification, mais aussi parce que c'est 1à, que nous nous lions à l'Ordre.

Deuxièmement : les Trois Grandes Lumières se composent de deux caté­gories d'objets : l'Equerre et le Compas, puis le Volume de la Loi Sacrée. L'Equerre et le Compas qui sont les outils nécessaires à toute construction. Outils qui nous ont été transmis par les maçons opératifs constructeurs d'édi­fices sacrés, au Moyen Age. Mais bien que l'Ordre maçonnique soit aujourd'hui totalement spéculatif, l'Equerre et le Compas conservent pour nous toute leur efficacité, car nous aussi nous construisons un Temple, un Temple de pierres vivantes qui doivent être harmonieusement assemblées et disposées selon les règles de la Sagesse, avec l'Energie de la Force et le souci de la Beauté. Chaque franc-maçon est donc invité, à l'aide de l'Equerre et du Compas, à s'améliorer progressivement, à passer de l'état de chaos à celui de l'ordre, à devenir une pierre aux proportions telles qu'elle puisse s'intégrer dans l'édifice commun, sans jamais pour autant perdre sa propre identité, de la même façon que dans les édifices anciens les compagnons- tailleurs de pierre inscrivaient dans leur oeuvre, leur marque distinctive. Car la Franc-Maçonnerie est — ou devrait être — ce lieu privilégié où la per­sonnalité peut véritablement s'épanouir en harmonie avec les autres, et la Loge ne peut en aucun cas ressembler à je ne sais quelle société profane où les hommes s'assemblent par grégarisme.

Le deuxième objet lié au couple Equerre-Compas c'est le Volume de la Loi Sacrée. Au Rite Ecossais ancien et accepté, dans ce Temple de la Grande Loge de France où vous êtes cet après-midi, le Volume de la Loi Sacrée c'est la Bible — Ancien et Nouveau Testament —, Bible que nous avons coutume d'ouvrir au Prologue de l'Evangile selon Saint Jean.

Il y a donc, comme vous le voyez, Trois Grandes Lumières et non pas deux, car les outils de la construction, l'Equerre et le Compas, doivent tra­vailler en vue d'une finalité, conformément à un ordre, à une Loi Morale, étant entendu que le mot morale n'a, ici, rien à voir avec la morale sociale. Sans ce Volume de la Loi Sacrée l’œuvre de construction ne serait pas reliée au Principe qui lui donne son sens et sa finalité initiatiques.

Troisièmement : l'article 2 nous dit que les obligations du franc-maçon sont prêtées sur les Trois Grandes Lumières. Il y a là, je crois une affirma­tion tout à fait essentielle. L'obligation, c'est ce moment décisif, ce moment capital où va se nouer l'alliance entre l'Ordre et le nouvel initié. Cette prise d'Obligation réintègre celui qui entre dans la Loge, dans l'espace et le temps sacralisé de la Loge ouverte, mais aussi dans la Tradition ici représentée par le Volume de la Loi Sacrée. Lors de cette prise d'Obligation, les Trois Gran­des Lumières "concentrent" en elles, toute la Tradition à laquelle le pro­fane va se lier à l'Ordre pour devenir franc-maçon.

Aussi loin que nous remontions dans le temps, en gardant les pieds sur terre, c'est-à-dire texte à l'appui, nous pouvons dire qu'il y a sous une forme implicite ou explicite, présence des Trois Grandes Lumières. Les Manus­crits des Anciens Devoirs, qu'il s'agisse du Régius de 1390, du Cooke de 1410 ou ceux plus tardifs d'Edimbourg de 1696 ou Dumfrier de 1710, mon­trent bien que nos ancêtres les maçons opératifs et ceux qui parmi eux étaient des acceptés, prêtaient leurs Obligations à l'aide des outils du Métier repré­sentant la connaissance et la transmission de cette connaissance, dans le secret de l'initiation et juraient obéissance et fidélité à Dieu et à la Sainte Eglise, en présence de tout ou partie du Livre Sacré. N'oublions pas, en effet, que la Franc-Maçonnerie est fille de la Chrétienté et que toutes les anciennes corporations de métier avaient une règle qui énonçait en préambule la fidé­lité à Dieu et à l'Eglise.

En ce qui concerne la présence du Livre, il est probable qu'avant le XVIe/XVII° siècle nous n'avions qu'un fragment de la Bible, l'un des récits évangéliques par exemple. L'usage intégral de la Bible ne commence vrai­ment qu'avec la Réformation de l'Eglise au XVI° siècle. Le texte de Samuel Prichard "Masonry Dissected" de 1730 atteste la présence de la Bible, dans les Loges spéculatives anglaises de l'époque.

Nous reviendrons sur toutes les questions posées par la présence du Volume de la Loi Sacrée sur l'autel des Loges.

J'en viens maintenant, si vous le voulez bien, à la signification symbo­lique de l'Equerre et du Compas. Je ne ferais qu'évoquer la signification symbolique de ces deux outils, car la véritable compréhension du symbole repose avant tout sur le vécu, dans le cadre du rituel de Loge.

Je n'affirme rien, car on ne peut nommer le symbole dans son essence sans courir le risque de le transformer en un signe sans vie, ou au mieux en une belle allégorie. Il n'y a plus alors, de symbole, mais seulement un signe, ce qui est fondamentalement différent. Il faut également éviter de sépa­rer, d'isoler, ce qui n'a de sens que dans le cadre d'une vision globale. Les symboles ne parlent qu'à celui qui les perçoit dans leur unité, qu'à celui qui lève un coin du voile sur le très complexe réseau de relations analogiques qu'ils entretiennent entre eux. C'est alors seulement qu'ils sont, pour repren­dre l'expression de Goethe, une fenêtre ouverte sur l'ineffable réalité. Gar­dons nous également, par une utilisation répétée et par là trop souvent sim­pliste de priver nos symboles de toute force évocatrice, car ils deviendraient alors le tombeau de notre mémoire. Si j'évoque ici séparément l'Equerre et le Compas, c'est uniquement pour mettre sur une voie, car à aucun moment je n'oublie qu'ils doivent être aussitôt réenvisagés dans leur rela­tion réciproque.

L'Equerre est un instrument fixe qui donne un angle droit. Elle a pour propriété de rendre les corps carrés. Elle est, de tout temps utilisée par les tailleurs de pierre. Quelle peut-être la signification symbolique de l'Equerre pour un franc-maçon spéculatif aujourd'hui ? On peut je pense proposer deux niveaux de réflexion :

Le premier concerne la forme de la loge elle-même, son espace géogra­phique. Les limites de la loge sont tracées à l'aide de l'équerre et cette loge est elle-même symboliquement construite aux dimensions de l'univers. N'ou­blions pas en effet que les anciennes représentations cosmologiques repré­sentaient la terre comme un carré et que dans cette perspective l'Equerre a une double signification : elle est à la fois le symbole de cette terre et l'ou­til qui sert à délimiter, à marquer l'espace terrestre. Il est utile, je crois, de rappeler ici que si ces anciennes représentations cosmologiques de l'univers n'ont plus aucune valeur scientifique depuis longtemps, elles conservent néan­moins pour nous toute leur actualité symbolique si l'on veut bien réfléchir sur les conséquences du rapport analogique des dimensions de la loge comme carré long et de la terre telle qu'elle est figurée dans la géographie des anciens.

L'Equerre est donc à la fois pour nous, la matière et l'instrument ordon­nateur de cette matière. Elle symbolise la nécessaire unité que l'on doit recher­cher par delà la multiplicité des apparences et l'obligation faite au franc- maçon de concilier les contraires pour pouvoir construire selon les normes de l'Ordre universel.

Sans le travail de l'Equerre il n'y a donc pas — symboliquement — de matière ordonnée, donc pas de vie possible selon l'être, car le chaos est toujours synonyme d'indifférenciation et de mort. Ainsi le franc-maçon réac­complit à l'aide de l'Equerre, le geste ordonnateur de Dieu qui dans le récit de la Genèse, sépare et met en place les éléments de l'univers, geste qui rend la vie possible. Cette action ne doit pas toutefois le conduire — du moins je l'espère — à se prendre lui-même pour Dieu !

Ainsi l'Equerre est cet instrument qui harmonise les contraires, unis­sant le passif et l'actif. Voilà pourquoi nous disons qu'elle est symbole d'équité, de rectitude, d'équilibre. C'est pourquoi aussi, elle est le signe du Maître de Loge, car c'est lui qui conduit le travail des ouvriers, de ces ouvriers qui ont pour unique ambition de contenir leurs passions pour s'édifier con­formément aux normes de la sagesse.

Le Compas est quant à lui un instrument de mesure, permettant de tra­cer des cercles, de mesurer, de reporter. Alors que l'Equerre est fixe , il est lui — le Compas — mobile. Il est le symbole actif du potentiel créateur de la pensée et la Tradition en fait le symbole du Grand Architecte lui-même. Alors que l'équerre nous renvoyait à la matière et à l'objet, le compas nous renvoie au sujet et à l'esprit, au dynamisme créateur de la pensée. Toute­fois, souvenons-nous qu'il convient de ne pas oublier la relation existant entre l'Equerre et le Compas. Si nous ne perdons pas de vue la relation réci­proque de ces deux outils, nous voyons qu'il y a des limites à ne pas fran­chir. Le compas ouvert à plus de 90° devient un instrument instable et ino­pérant.

Et il y a là une leçon que nous devons méditer. Il doit toujours y avoir un équilibre de relation entre l'Equerre et le Compas et cet équilibre nous indique les bornes que nous ne saurions franchir, limites au-delà desquelles nous sortons de l'initiation maçonnique proprement dite. La pluralité de sens de nos symboles ne nous autorise pas pour autant à nous lancer dans un pseudo-ésotérisme, qui, évacuant le sain garde-fou de la raison, ressem­ble en fait au délire de la pensée.

Un texte de Bernard Palissy tiré de son Dessin du Jardin Delectable, illustre les mésaventures de celui qui serait amené à considérer les outils en dehors de leurs relations réciproques : "Puisque nous sommes sur le pro­pos de la géométrie, il advint la semaine passée, qu'estant en mon repos sur l'heure de minuit, il m'estoit avis que mes outils de géométrie s'estoient eslevez l'un contre l'autre et qu'ils se débatoyent à qui appartenoit l'hon­neur d'aller le premier. Et estant en ce debat, le Compas disoit : "Il m'ap­partient l'Honneur car c'est moy qui conduit et mesure toutes choses aussi, quand on veut reprouver un homme de sa despense superflue on l'admo­neste de vivre par compas". La Reigle disoit au compas : "Tu ne sais pas ce que tu dis : tu ne saurois rien faire qu'un rond seulement, mais moy, je conduis toutes choses directement et du long et de travers ; et en quelque sorte que ce soit, je fais mon cher droit devant moi. Ainsi, quand un homme est mal vivant, on dit qu'il vit dereiglement qui est autant à dire que, sans moi, il ne peut vivre droitement. Voilà pourquoi l'honneur m'appartient d'aller devant". Lors l'Escarre dit : "C'est à moy à qui l'honneur appar­tient, car pour un besoin, on trouvera deux reigles en moy ; aussi, c'est moy qui conduis les pierres angulaires et principales du coin, sans lesquelles nûl bâtiment ne pourroit tenir".

Ce petit texte illustre parfaitement les dangers qui nous guettent si nous séparons l'Equerre et le Compas, et l'impuissance, l'incapacité qui résulte de cette séparation. C'est pourquoi, d'ailleurs, tous les hommes ne sont pas initiables, car tous ne portent pas en eux cette indispensable "nostalgie" de l'Unité, sans laquelle il n'y a pas, à mes yeux, de démarche initiatique possible.

Retenons pour le moment, qu'à l'image des autres hommes, l'initié n'étant ni ange ni bête pour reprendre l'expression de Pascal, il convient pour lui de s'édifier entre l'Equerre et le Compas. Car cette relation com­plémentaire qui unit l'Equerre et le Compas c'est bien celle qui unit le réel et la pensée, la matière et l'esprit, l'objet et le sujet.

Puisque l'homme n'est ni Dieu ni un pur esprit, le sujet ne peut se con­cevoir, se penser lui-même en dehors d'une relation avec l'objet. Voilà pour­quoi le symbolisme maçonnique place le franc-maçon entre l'Equerre et le Compas, indiquant du même coup que le compas a besoin de l'équerre pour réaliser ce dont il est potentiellement et virtuellement capable de même que l'équerre a besoin du compas pour travailler selon la règle de l'esprit. Ainsi donc je pense que l'on peut affirmer que l'équerre et le compas n'ont véri­tablement de sens que dans le cadre de leur relation réciproque.

Venons-en maintenant au Volume de la Loi Sacrée. Quelle est sa signi­fication dans le cadre de l'initiation maçonnique ? Quelles sont les relations qu'il entretient avec les outils symboliques, l'Equerre et le Compas ? Voilà bien deux questions importantes. Mais je parlerai aussi du rapport entre les Trois Grandes Lumières et le Grand Architecte de l'Univers, car on ne peut les isoler du Principe qui leur donne tout leur sens.

La présence du Volume de la Loi Sacrée sur l'autel des Loges pose plu­sieurs types de problèmes. Le premier d'entre eux peut se résumer par cette simple question : quel livre ? Il faut se souvenir, pour répondre à cette ques­tion, que la Franc-Maçonnerie n'est pas, Dieu merci, un bloc monolithi­que. L'universalité de l'Ordre n'est pas synonyme d'uniformité. J'en veux pour preuve, l'existence à travers le monde de plusieurs rites qui ont chacun leur légitimité traditionnelle. En Franc-Maçonnerie universalité ne veut pas dire uniformité, pas plus que l'idée de diversité ne doit être confondue avec celle de confusion.

Si nous appliquons ce qui vient d'être dit à la présence du Volume de la Loi Sacrée dans la Loge symbolique de tradition écossaise, nous pouvons dire que seule la Bible doit être présente comme Livre Sacré, sur l'autel des Serments. Il n'y a là aucune affirmation sectaire, et encore moins un quel­conque mépris pour d'autres livres sacrés. La raison d'une telle affirmation se situe à un tout autre niveau. Je m'explique : le rite écossais ancien et accepté est très marqué par ses origines judéo-chrétiennes. Qu'il s'agisse des noms symboliques, des noms de certaines pièces du mobilier de la loge, de la référence à la construction du Temple de Salomon comme à celle de l'Évan­gile de Saint Jean, des légendes qui servent de cadre à la transmission de la connaissance initiatique, tout cela est assurément d'origine biblique. La Bible étant prise ici, non pas comme Parole de Dieu révélée, mais comme le Livre de la Loi Morale et le Livre qui contient l'essentiel des symboles du Rite. La présence de la Bible dans la loge écossaise, comme Volume de la Loi Sacrée, relève donc ici de la simple logique. Remarquons aussi que le développement au niveau mondial du rite écossais ancien et accepté, cor­respond grosso-modo à l'espace culturel d'origine judéo-chrétien et il n'y a là, je pense, nul hasard.

La Bible est ici, le Volume de la Loi Sacrée, car il faut bien en dehors de tout critère de foi religieuse — ce qui est le cas à la Grande Loge de France — qu'il y ait un consensus culturel minimum dans lequel tous les hommes de l'esprit, quelles que soient leurs conceptions particulières, reconnaissent dans ce Livre, la présence d'une Loi plus haute que toutes les autres lois. Tous les hommes de bien — en Occident — reconnaîtront je pense la voca­tion de la Bible à exprimer les valeurs du sacré, pour la simple raison que ce Livre est hautement significatif, qu'on le lise comme Parole de Dieu ou comme Livre de sagesse ou d'histoire. On peut même dire qu'il est consubs­tantiel à la civilisation occidentale à laquelle nous appartenons.

Dans la Franc-Maçonnerie de tradition, le Volume de la Loi Sacrée a une double signification. D'une part, il est la référence de toute l'architec­ture symbolique, d'autre part, il exprime la Loi Morale qui s'offre comme étant la Règle de tous ceux qui veulent s'édifier selon l'Esprit par l'initia­tion.

Cette Loi Morale qui transcende l'homme n'est nulle part ailleurs mieux représentée que par le Volume de la Loi Sacrée. Ce sont ces deux raisons qui fondent sa présence dans la loge écossaise. C'est cette présence qui donne à la prise de serment son caractère indélébile, ce qui explique du même coup les terribles châtiments dont parlent presque tous les textes d'Obligations, châtiments auxquels s'exposent le parjure. La rupture du serment est en effet un acte de profanation au niveau ontologique et a pour conséquence un véri­table retranchement du sacré.

La présence du Volume de la Loi Sacrée lors de la prise d'Obligation (mais aussi pendant tous les travaux de loge) est une nécessité absolue, car il n'y a pas de véritable initiation sans communication du sacré sans mise en relation entre le Transcendant et l'Immanent sans alliance entre celui qui aspire A franc-maton et le Principe d'Ordre universel qu'exprime

le Grand architecte de l'Univers, sans volonté et s’intégrer dans cette Loi Morale exprimée da ns le volume de la Loi Sacrée.

Où serait alors, la Tradition de l'Ordre, le lien au Principe, la Loi Morale, si d'aventure nous disposions un simple livre blanc sur l'autel des Serments, ou même le livre des Constitutions d'Anderson ?

Cette question m'amène à vous parler maintenant de deux types de posi­tion que l'on rencontre dans la Franc-Maçonnerie, positions qui sont diffé­rentes de celles de la G.L.D.F. Et il importe de les étudier pour bien com­prendre la position de la Grande Loge de France qui, tout en tenant ferme­ment à l'invocation au Grand Architecte de l'Univers et à la présence du Volume de la Loi Sacrée, refuse l'identification au Dieu révélé pour le Grand Architecte, et la "Volonté exprimée d'En-Haut" pour le Livre de la Loi Sacrée.

La première confusion consiste à identifier le symbolique au religieux. Pour des raisons historiques très complexes, que je ne peux pas analyser ici par manque de temps, la cassure entre le catholicisme romain et la Franc- Maçonnerie en France, essentiellement par la faute de l'Eglise romaine du XIXe siècle a amené le développement d'une Maçonnerie assez largement anti-cléricale quand elle n'était pas tout simplement anti-religieuse. Une Maçonnerie largement ouverte aux idées philosophiques positivistes, appe­lée à rapidement se séparer de tout ce qui pouvait être considéré comme une réminiscence suspecte d'un passé religieux détesté. Le Grand Architecte de l'Univers fit les frais de l'opération et à partir de 1877 bon nombre de Loges françaises s'en séparèrent. Le Volume de la Loi Sacrée disparut lui aussi, car voyez-vous, le Grand Architecte de l'Univers et le Volume de la Loi Sacrée, sont deux inséparables. L'un ne va pas sans l'autre. Cette situation, qui je le répète est le point d'aboutissement d'un mouvement qui parcourre le XIXe siècle, depuis le Concordat de 1802, mouvement qu'il faut analyser, non dans un esprit de polémique mais plutôt de compréhension afin d'en tirer les leçons pour nous aujourd'hui, aboutit à un changement fondamen­tal dans l'orientation d'un grand nombre de loges. Elles devinrent alors, ces loges, des sociétés axées sur la réflexion politique, des forces de propo­sition dans le domaine législatif, ce qui me semble contraire à la vocation traditionnelle de l'Ordre qui ne doit se préoccuper ni de politique ni de reli­gion. Je crois de plus qu'en politique l'efficace est à rechercher, entre autre dans l'Unité de pensée et d'action. Or la loge — selon la Tradition — doit être le milieu le plus hétérogène qu'il soit, socialement, politiquement, reli­gieusement, philosophiquement, faute de quoi elle ne peut jouer son rôle de centre de l'union.

Inutile de rappeler également que la disparition des Trois Grandes Lumières, entraîne dans ce cas, une désagrégation lente mais certaine de la pratique du rituel, pourtant indispensable pour accéder au contenu initiati­que de l'ordre. .,,..,. .

La deuxième confusion réside dans l'identité entre le religieux et le symbolique. Attitude d'origine anglo-saxonne qui s'éclaire lorsque l'on remonte aux origines de la Maçonnerie spéculative, née au début du XVIIIe siècle en Angleterre. Deux courants s'opposent : celui de la première Grande Loge de Londres que l'on reconnaît avec les Constitutions d'Anderson de 1723. Celui dit des Anciens qui va se constituer en Grande Loge à partir de 1756.

Le passage à une Maçonnerie totalement spéculative au début du XVIIIe siècle pose aux Maçons londoniens plusieurs questions sur la con­servation des traditions du Métier dans la situation nouvelle et la possibilité pour la Maçonnerie de survivre au métier opératif. Les Constitutions de James Anderson de 1723 vont répondre à ces questions et poser comme prin­cipe, dans cette Angleterre saignée par les conflits politiques et religieux, la nécessité pour la Maçonnerie de jouer le rôle de centre de l'union. La référence au Dieu de tel ou telle religion particulière va alors disparaître dans les Obligations du Franc-Maçon pour céder la place à l'énoncé d'une loi morale sur laquelle tous les hommes qui demandent l'initiation peuvent et doivent être d'accord : ce sera le fameux article 1 "Concernant Dieu et la Religion" :

"Un maçon est obligé, par son engagement d'obéir à la Loi Morale et, s'il comprend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irreligieux. Mais quoique dans les temps anciens, les Maçons fussent obli­gés, dans chaque pays d'être de la religion de ce pays ou nation, quelle qu'elle fût, aujourd'hui, il a été considéré plus commode de les astreindre seulement. à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, laissant à chacun ses propres opinions, c'est-à-dire d'être des hommes de bien et loyaux ou des hommes d'honneur et de probité, quelles que soient les déno­minations ou croyances religieuses qui aident à les distinguer, par suite de quoi, la Maçonnerie devient le centre de l'Union et le Moyen de nouer une amitié fidèle parmi des personnes qui auraient pu rester à une perpétuelle distance".

On le voit, il n'y a plus de référence explicite au Dieu du christianisme, puisque c'est de lui dont il était question dans les Manuscrits des Anciens Devoirs. Seuls ceux qui refusent l'évidence rationnelle — pour le XVIII° siècle d'un ordre universel, "les athées stupides" et les libertins sont écartés de l'Ordre.

Nous sommes assez proche, somme toute du déisme philosophique, bien qu'Anderson et Désaguliers n'ont jamais été des déistes. N'oublions pas qu'ils étaient pasteurs et que comme tels, ils sont toujours restés attachés aux dog­mes de la religion chrétienne, qui n'ont pas grand chose à voir avec le déisme philosophique.

Mais comme Maçons, ils ont oeuvré pour l'alliance la plus large possi­ble, au-delà des croyances particulières. Ceci apparaît dans l'édition de 1738 des Constitutions, où l'on parle du maçon comme devant être un bon noa­chite. Or l'alliance de Dieu avec Noé est l'alliance la plus universelle qui soit. Il suffit pour s'en convaincre de se reporter au chapitre 9 de la Genèse : verset 11 :

"J'établis mon alliance avec vous, il n'arrivera plus que toute chair soit retranchée par les eaux du déluge et il n'y aura plus de déluge".

Puis il établit le signe de cette alliance : verset 12 :

"Dieu dit : Voici le signe de l'alliance que je place entre moi et vous ainsi que les êtres vivants qui sont avec vous pour les générations à venir."

L'alliance noachite est si universelle qu'elle s'applique en fait à tous les êtres vivants, humains et autres qui vivent sur la terre. Anderson sug­gère donc que tout homme, si il est un homme juste, un homme d'honneur et de probité entre de fait dans le cadre de cette alliance universelle contrac­tée entre Dieu et Noé. Car c'est bien parce qu'il est un homme juste que Noé est sauvé des eaux du déluge.

Ainsi vous le voyez : nulle obligation de foi dans cet article Pr. Vous allez voir qu'il en est tout autrement avec la Constitution dite Ahiman Rezon, rédigée par Laurence Dermott qui sera Grand Maître de la Grande Loge dite des Anciens, après 1756. Je cite :

"Un maçon est obligé, de par sa tenue de croire fermement et d'adorer fidèlement le Dieu éternel aussi bien que les enseignements sacrés que les Dignitaires et Pères de l'Eglise ont rédigés et publiés pour l'usage des hom­mes sages, de telle sorte qu'aucun de ceux qui comprennent bien l'Art puis­sent possiblement marcher sur le sentier irréligieux du malheureux libertin ou être induit à suivre les arrogants professeurs d'athéisme ou de déisme, ni a être souillé par les erreurs grossières de l'aveugle superstition, mais qu'il puisse avoir la liberté d'embrasser la foi qu'il jugera convenable pourvu qu'en tous instants il témoigne du respect dû à son Créateur, et agisse dans le monde avec honneur et honnêteté, prenant pour règle permanente de ses actes le précepte d'or qui engage chacun à faire à autrui ce qu'il voudrait qu'on lui fit".

On le voit les deux textes s'opposent franchement. A une Maçonnerie — Centre de l'Union basée sur une alliance la plus universelle possible, on oppose une Maçonnerie ouvertement théiste qui exige le préalable de la foi, rejetant du même coup tous les hommes de l'esprit qui ne s'inscrivent pas dans une démarche de foi religieuse. Si l'on ne perd pas de vue ces deux textes, on comprendra du même coup l'évolution ultérieure, qui aboutit en 1929 à l'énoncé de règles terriblement restrictives, par la Grande Loge Unie d'Angleterre — entre temps auto-proclamée Grande Loge Mère du Monde — règles devant servir à la délivrance de patentes dites de "régularité".

Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement par la Constitution d'une rigoureuse orthodoxie maçonnique qui va se développer à partir de l'acte d'union de 1813 qui vit la naissance de la Grande Loge Unie d'Angle­terre. Les Modernes, le courant andersonien, animés qu'ils étaient par un profond désir d'unité, firent de telles concessions, qu'ils obtinrent une union au profit quasi exclusif des "Anciens", qui finirent par imposer, grâce à une habile politique, leur point de vue sur à peu près tous les points.

Dès lors on ira de restriction en restriction. La Grande Loge à l'image de l'Angleterre impériale deviendra très victorienne. En 1929 paraît une nou­velle édition des "landmarks" revus et corrigés devant servir à la reconnais­sance des Grandes Loges étrangères.

Citons, dans le cadre de notre travail les articles 2 et 3 :

Article 2 : Que la croyance au Grand Architecte de l'Univers et en sa Volonté révélée sont les conditions essentielles à l'admission des membres.

Article 3 : Que tous les initiés doivent prêter leur obligation sur le Livre de la Loi Sacrée, ou les yeux fixés sur ce Livre ouvert, par lequel est expri­mée la Révélation d'En-Haut par laquelle la conscience de l'individu qu'on initie est irrévocablement lié".

Ce texte représente même une régression considérable par rapport aux Constitutions Ahiman Rezon de la Grande Loge des Anciens.

Comment situer alors tous les hommes de foi, qui de par le monde se rattachent à des religions qui ne connaissent pas l'idée de révélation ?

On voit donc, par cette approche historique très approximative, par manque de temps, que le rite écossais ancien et accepté est doublement fidèle à la tradition andersonienne.

L'obligation de la croyance en Dieu, telle qu'elle est définie par les textes anglais de 1929 n'existe pas dans les Constitutions d'Anderson. Et ce qui est inacceptable ce n'est pas l'affirmation d'une telle obligation, mais plu­tôt de prétendre qu'elle est le critère de la seule et unique Maçonnerie (celle qui est admise par les Anglais, naturellement !).

La défense d'une telle position peut aussi mener à l'énoncé de la thèse de la "révélation au-delà des croyances", thèse qui n'est pas sans soulever de nombreux problèmes d'ordre théologique, que je ne vais pas débattre ici.

S'il est exact que la foi n'est pas la croyance, je crois qu'il y a quelque danger à vouloir les opposer systématiquement, et l'on risque de transfor­mer la notion de révélation en une idée générale et abstraite alors que la révélation est au contraire un processus concret inscrit dans une histoire, un temps et un espace déterminés. Ne risque-t-on pas non plus d'aboutir à l'idée que la Maçonnerie serait en quelque sorte une super-religion qui unifie ou qui prétend unifier toutes les religions particulières ? On tombe alors dans un syncrétisme qui ne peut en aucun cas satisfaire les croyants des différentes religions.

La Franc-Maçonnerie est un Ordre initiatique et n'a pas de ce fait à se préoccuper des dogmes religieux, qui ne sont pas de son domaine. Elle n'impose pas à ses membres de déclaration préalable de foi, car elle a pour unique préoccupation, dans le cadre de sa démarche de permettre à ses adep­tes d'accéder au contenu initiatique de l'Ordre par "la pratique scrupuleuse du rituel et du symbolisme". Elle tient les différentes démarches religieuses dans un même respect, mais elle s'interdit toute ingérence dans ce domaine.

Nous avons vu que la double présence du symbole du Grand Archi­tecte de l'Univers et des Trois Grandes Lumières, assure dans la Loge, la communication du sacré sans laquelle il n'y a pas d'initiation régulière.

Nous savons également que la Bible comme Volume de la Loi Sacrée est le témoin de cette Transcendance universelle, de cette Tradition, de cette Loi Morale qui donne son sens et sa finalité à l'initiation maçonnique.

Puisque l'on parle de cette Loi morale dans laquelle tous les hommes de bonne volonté qui sont initiables doivent se reconnaître, comment la carac­tériser ?

Un premier principe nous apprend que si nous construisons dans la sépa­ration, nous construisons en vain, car la séparation nous pousse à travailler les uns contre les autres. Tout est alors promis au néant et à la mort. C'est bien ce que veut nous dire Saint Jean, dans sa première Epitre : "Celui qui aime son frère demeure dans la Lumière et ne risque pas de tomber. Mais celui qui a de la haine pour son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres et ne sait où il va, parce que les ténèbres ont rendu ses yeux aveugles".

La Loi Morale que "nous portons dans nos coeurs avec la voûte étoilée au-dessus de nos têtes" pour reprendre l'expression de Kant c'est donc bien fondamentalement la loi d'amour, sans laquelle il n'y a pas de construction possible en Franc-Maçonnerie. Cette loi d'amour par laquelle toute chose s'édifie en conformité avec le plan du grand Architecte de l'Univers, cette loi dont le Volume disposé sur l'autel de la loge est le symbole vivant, doit être le principe même de toute notre action.

Ainsi compris, je crois que le Volume de la Loi Sacrée demeure l'un des plus important symboles de cette Tradition maçonnique que chaque initié à le devoir de transmettre. Il est, avec l'Equerre et le Compas, le témoin de cette Lumière du Grand Architecte de l'Univers avec lequel le maçon veut collaborer dans l'oeuvre de construction universelle.

L'Equerre, le Compas et le Volume de la Loi Sacrée, ne peuvent être séparés. Sans le Livre, pas d'obligation au caractère irrévocable, mais aussi pas de guide pour les outils de la construction. Pas de sens, pas de finalité à cette construction. Sans les outils, pas de rencontre possible entre le haut et le bas, le Transcendant et l'Immanent. Pas d'équilibre entre méditation et action.

Quelle peut être alors, pour parler maintenant sur un plan plus géné­ral, la signification des Trois Grandes Lumières pour le franc-maçon en dehors de la loge ?

D'emblée je disais qu'elles nous invitent à prendre conscience de la tri­ple dimension de l'homme, composé de corps, âme, esprit pour reprendre les termes de l'anthropologie biblique. Cette prise de conscience est lourde de conséquences.

Elle nous permet d'échapper à la tentation si moderne de réduire l'homme à l'unidimensionnalité. La réduction par les vus des besoins de l'homme à leur seule dimension économique et sociale, l'acharnement à vou­loir privatiser toute expression de la spiritualité, l'envahissement du politi­que dans tous les domaines de la vie humaine, conduisent les hommes à la perte de la liberté, à l'esclavage idéologique, à la perte de la mémoire historique, à l'exaltation toujours plus effrénée de faux besoins matériels, comme unique objet, comme unique sens de la vie.

Les doctrines matérialistes du XXe siècle, sont à coup sûr, "l'opium du peuple" le plus raffiné que l'esprit humain divisé contre lui-même, ait inventé jusqu'à présent.

Il me plaît ici de rappeler ces admirables paroles d'Henri de Lubac, car elles expriment bien l'état de délabrement spirituel dans lequel végète l'homme d'aujourd'hui, après avoir été enfermé dans la camisole de force du matérialisme : "Qu'est-il devenu cet homme, qui je vous le rappelle est celui d'aujourd'hui assez largement. Trop souvent hélas un être que l'ose appeler encore "être". Une chose qui n'a plus de dedans, une cellule toute entière immergée dans une masse en devenir. Homme social et historique dont il ne reste rien qu'une pure abstraction en dehors des rapports sociaux et de la situation dans la durée par quoi il se définit. Qu'on y cherche donc pas quelque retraite inviolable, qu'on y prétende pas découvrir quelque valeur imposant à tous le respect. Rien n'empêche en fait — et les idéologues tou­tes catégories ne s'en privent pas — de l'utiliser comme un matériel, comme un outil. Rien n'empêche même de le rejeter comme inutilisable. Il a beau se laisser concevoir sur des types fort différents, selon que prédomine tel ou tel système d'explication. Mais sous ses diversités l'on retrouve toujours le même caractère fondamental ou plutôt l'on constate la même absence. Cet homme est, à la lettre, dissous. En réalité et dans un tel cas, je n'hésite­rais pas à dire qu'il n'y a plus d'homme parce qu'il n'y a plus rien qui dépasse l'homme".

En face de cela la Franc-Maçonnerie de tradition affirme que le Maçon est situé entre ciel et terre, entre l'Equerre et le Compas, entre l'ordre de la nature et celui de l'esprit.

La présence des Trois Grandes Lumières nous indique alors ce lieu vers lequel nous devons marcher, ce point au centre du cercle, qui renferme la Lumière, point vers lequel nous avançons progressivement par l'initiation, point qui réside à l'intérieur de nous-mêmes et qu'il convient de dégager la nuée ténébreuse qui l'entoure pour qu'il puisse réaliser les virtualités qui sont en lui.

C'est cette Lumière que nous cherchons dans l'initiation. C'est par cette recherche que nous passons de la matière à l'esprit. C'est par ce patient tra­vail que nous devenons maître de nous-mêmes et que nous nous intégrons dans cet ensemble harmonieux qu'est le Temple maçonnique ayant accédé à la compréhension de cette Loi Universelle pour pouvoir agir ensuite en conformité avec cette Loi.

Je dirais pour finir, en reprenant le propos du T.R.G.M. Henri Tort ­Nouguès que "cette Equerre, ce Compas, posés sur le Volume de la Loi Sacrée, ces Trois Grandes Lumières, c'est pour nous Francs-Maçons Ecos­sais, la Franc-Maçonnerie dans son Essence et sa pérennité".

(*) Conférence prononcée par Gérard REYNAUD dans le cadre du Cercle Condorcet-Brossolette, au Grand Temple de la G.L.D.F. le samedi 21 janvier 1984.

PVI

Source : www.ledifice.net

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Le Franc-Maçon est-il un Utopien qui s'ignore?

1 Février 2013 , Rédigé par Emmanuel Publié dans #Planches

La récente affaire de la "levée des excommunications" par Benoît XVI et les remous qu'elle a provoqués dans les milieux catholiques nous a conduit à suivre l'évolution de divers blogs et autres forums d'obédience catholique. Non que nous soyons très concernés par ces décisions papales mais parce qu'elles furent en de nombreuses occasions celle de remuer à nouveau la sauce infernale du chaudron du complot judéo-maçonnique.

A côté des grands organes de presse tels que Le Pèlerin, La Vie, La Croix qui s'efforcent de présenter sur le sujet des dossiers aussi objectifs que possible et, pour cela, sont souvent qualifiés de "presse de gauche, progressiste et moderniste" par tout ce que la catholicité compte de +- intégriste, on trouve de nombreux sites de cette mouvance où le réductionnisme, le révisionnisme, voire le négationnisme, et le culte idolâtre de la papauté romaine se montrent en plein jour accompagnés des habituels refrains anti-maçonniques.

Sur l'un de ces forums nous avons eu l'occasion de suivre les écrits de suppôts d'un catholiscisme crispé sur ses vieilles lunes et rengaines. Opposition frontale où les accusations de collusion entre maçonnerie et nazisme révèlent bien vers quoi penchent les é-mules de l'évêque Williamson. Inclination qui tend à imputer insidieusement à la FM le génocide juif, en raison de la signature d'un accord de coopération entre le régime nazi et le gouvernement français de l'époque qui comptait quelques francs-maçons, ou, à imputer au franc-maçon américain Roosevelt les 100 millions de morts du communisme, au motif qu'il aurait attendu quatre ans après l'ouverture du premier camp de concentration avant d'intervenir contre le nazisme. Et, au passage, à remercier les Japonnais de leur action contre Pearl Abour. Le tout bien sûr en oubliant de mentionner le Concordat du 20 juillet 1933 signé par l'ECAR avec les nazis qui procura à l'église d'Allemagne quelques avantages notables. Concordat, disons plutôt alliance avec le régime, dont l'un des buts cachés était de faire, avec quelques raisons, obstacle à l'extension du communisme bolchevique. De très nombreux catholiques allemands rachetèrent par leur conduite de résistance exemplaire ce triste épisode.

Beaucoup plus intéressant est le débat entre certains membres d'un de ces forums sur le thème de la levée des excommunications Au départ ce fil se constituait d'échanges, de commentaires sur la décision du pape et le positionnement des intégristes de la FSSPX. Progressivement, par un glissement assez fréquent, on vit apparaître des petits bouts de phrases mettant en cause la FM, puis on commença à parler de la laïcité comme source de tous les maux de la société. On vit sortir des noms : Besancenot, Laguiller..., des juxtapositions hasardeuses comme le nazisme et le sionnisme, le communisme et ses 100 millions de morts comparé aux 6 millions de juifs du nazisme etc...

Et cela continua avec apparition de-ci, de là, d'un discours intégriste pur et dur avec des petites phrases du genre ".../... La Shoah est une conséquence de l’antisémitisme des Lumières.../... Elle est le fruit de la sécularisation encouragée aujourd’hui par certains Juifs.../... Le camp du faux progrès est en train de comprendre que cette réconciliation tant attendue entre catholiques sonne la fin de ses victoires contre la famille (comprendre par ex le divorce, le pacs, l'homosexualité...), la vie (comprendre par ex l'IVG, le droit de mourir dans la dignité...) et la liberté (comprendre par ex : la suppression de l'éducation religieuse obligatoire, la laïcité opposée à la théocratie...)...". Petites phrases qualifiées de "mises au point claires et nettes" précédant de peu une tentative de justification des propos de l'évêque négationniste.

Un seconf fil dérivé du précédent fut ouvert sous l'intitulé "Le revisionnisme communiste". Très intéressant il éclaire bien la manière dont ces révisio-négationnistes procèdent. Ainsi il est fréquent de lire des mises en // macabres opposant les 100 millions de morts du communisme et les 6 millions de juifs condamnés par le nazisme. Comme si le crime de l'un était de même nature que celui de l'autre, comme si les morts de l'un étaient quantité négligeable comparés au nombre des morts de l'autre.

Le procédé est subtil pour qui lit trop rapidement ces textes. Textes qui n'ont qu'un but pour ces catholiques aveuglés par les écrits d'un Léon XIII contre le modernisme, le socialisme, le progrès social... ou par ceux du sinistre évêque Jouin violemment antisémite et anti maçonnerie. Il s'agit en effet rien moins que de faire ressortir l'horreur (réelle) des crimes lénino-marxistes, bolcheviques et staliniens, en guerre ouverte contre l'ECAR, pour banaliser ceux du nazisme avec qui elle a su trouver de nombreux acommodements, comme elle a su en trouver avec les régimes fascistes de Franco, Salazar et récemment Pinochet, quitte à tuer par des mots des lumières comme Mgrs Romero ou Camara et la théologie de la libération ou les prêtres ouvriers.

C'est une de ces macabres comparaisons qui a enclenché la polémique dans laquelle un de nos frères tentait de faire ressortir la différence de nature entre le nazisme et le communisme. Un autre intervenant faisant du nazisme un avatar mineur du bolchevisme dans le but d'en minimiser les horreurs.

S'efforçant de toujours distinguer entre "l'idée" communiste des philosophes les plus éclairés et sa dramatique "application" marxiste-léniniste et bolchevico-stalinienne, notre frère exposait que l'idée du communiste utopique plonge ses racines au plus profond de l'histoire des hommes, se serait nourrie des principes du Christianisme et des Lumières jusqu'à la "rupture de sens" marxiste qui allait aboutir à la dictature du prolétariat, en réalité celle d'une nomenklatura au moins aussi calamiteuse que la précédente tsariste. A l'appui de sa thèse, il faisait état des très nombreuses tentatives de vie communautaire telles que le monachisme, différents phalanstères, les Utopiens qui, à la suite de Thomas More (saint catholique), tentèrent de développer la cité idéale, Gaston Ledoux, génial architecte des Salines Royales d'Arc-et-Senans, Baboeuf... jusqu'au constat établi par de nombreux philosophes matérialistes comme Karl Marx ou Blanqui (à qui l'on doit d'ailleurs l'invention de la formule "lutte des classes") qui constatèrent que cette idée généreuse ne pourrait trouver à se réaliser que par le moyen d'une révolution violente destinée à renverser l'ordre du monde dominé par les grands possédants.

C'est contre cette idée généreuse, mais dévoyée en doctrine violente par le triste constat de l'état de la société, que s'éleva un Léon XIII, pape romain, et que prit corps la pensée catholique formulée dans "La Doctrine Sociale de L'Eglise" qui, sans rien remettre en cause de l'ordre social établi, affirme que "c'est par volonté divine que les puissants le sont et commandent, que les pauvres sont pauvres et doivent remercier Dieu de l'état qui est le leur". Il y a bien sûr de grands passages exaltant les vertus du partage. Mais depuis ces cent dernières années on a vu ce qu'en firent les classes dirigeantes et de quel prix les travailleurs ont payé leurs "acquis sociaux", sans que cela entraine de vigoureuses condamnations de qui s'érige, au dessus de tous, en conscience du monde.

C'est dans cette volonté de renverser l'ordre du monde de façon violente que réside la "rupture de sens" entre l'idée d'un communiste philosophique, noble, et son application marxiste-léniniste et stalinienne, sauvage, notamment sous l'impulsion des bolcheviques qui conduisit aux 100 millions de morts par la famine, emprisonnement, torture et autres moyens dégradants et criminels.

Autre est l'idée que notre frère se fait de l'origine du nazisme. Ainsi qu'il l'expose cette idéologie est profondément perverse dès son origine car directement inspirée du vieux mythe païen et germanique de la race supérieure, élue, ainsi que de la volonté de refonder la nation allemande humiliée par la défaîte de 1918 et le Traité de Versailles. Et ce quand bien même le national-socialisme traîne derrière lui quelques bribes de politique sociale.

A la différence du communisme utopique, il n'y a pour le nazisme aucune "rupture de sens" entre son idée fondamentale et son application dans les faits puisqu'aussi bien, et par principe, il ne peut y avoir en même temps cohabitation de deux races supérieures, de deux races élues. Ainsi le juif, du peuple de dieu, devient-il d'emblée le "bouc émissaire" chargé de toutes les tares, coupable de tous les maux du monde et par là justiciable (sic) de tous les châtiments, en réalité de tous les crimes même les plus horribles.

Et c'est bien là que s'établit la distinction entre les crimes de masses et de classes commis par les bolcheviques au nom d'une dictature provisoire, au moins dans l'esprit des auteurs communistes et marxisants, nécessaire passage de l'idée à l'application réussie d'une société sans classe, et le génocide conçu, planifié, organisé et conduit par les nazis dont le Reich devait durer au moins 1 000 ans .

Force est de constater que ce n'est pas l'approche de ces intégristes révisionnistes qui amalgament sans distinction l'idée généreuse du communisme idéologique et ses applications désastreuses et font du nazisme un petit frère du communisme idéologique alors qu'il n'est au mieux que l'avorton du bolchevisme. Nous disons "au mieux" car il évident que même cette idée est inexacte puisque l'inspiration paganiste du nazisme n'a rien à voir avec celle du communisme philosophique (qui, rappelons-le ne doit pas être confondu avec ses déviations mauvaises que sont le bolchevisme, le léninisme et le stalinisme).

Le procédé est ici commode pour ceux qui veulent minimiser le génocide juif et le faire passer pour pas grand chose à côté des grands crimes soviétiques. Pour qui s'inscrit, malgré les repentances actuelles, dans la lignée de cette fraction de l'église catholique porteuse pendant près de deux millénaires de l'infâme accusation d'un peuple juif "déicide". Accusation qui est à la source du racisme et du complotisme juif et judéo-maçonnique des temps modernes. Pour qui veut à la suite de l'évêque Williamson faire preuve de réductionnisme voire même de complet négationnisme.

Ici deux questions se posent :

Quand l'église romaine se donnera-t-elle les moyens de réduire au silence ces malades de la conscience lobotomisés par deux millénaire d'évangélisation mal comprise?

Quelle est la position maçonnique sur ces questions touchant aux idées?

Nous laissons à l'église romaine le soin de répondre à la question qui lui revient.

Quant à la seconde il va de soi que, dans ce qui va suivre, nous n'engageons que nous et en aucun cas aucun de nos frères en maçonnerie de quelque appartenance qu'il soit. Cependant, pour ce que nous en connaissons, il est très clair qu'aucun maçon ne peut avoir de sympathie ni pour le nazisme ni pour les déviations bolcheviques, léninistes et staliniennes issues de l'idée du communisme utopique. Aucun d'entre-nous ne peut approuver ni ces régimes ni, et encore moins, leurs crimes.

Mais que peut-il en être de l'idée d'un communiste philosophique d'avant les matérialistes dont le principe est, comme dans le Christianisme, fondé sur le volontariat en vue : de la mise en commun, du partage, de l'exercice de la fraternité?

Se pourrait-il que les francs-maçons réunis en loge sans distinction de classes sociales, entraînés à partager la connaissance, les savoirs, le temps, le silence, le travail, le pain et le vin, à donner à manger à qui a faim, à boire à qui a soif, appliqués à mettre en actes une solidarité active, bien loin du simple copinage, de l'entremise et du lobbying, soient des "utopiens", voire des "communistes utopiques" qui s'ignorent?

Porter au dehors ce que nous recevons au dedans des loges n'est-ce pas chercher à impégner la société des idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, qui sont fondamentalement des valeurs évangéliques et républicaines, afin de parvenir sans violence à cette société idéale dont beaucoup de nos ainés ont tant rêvé? Pour laquelle un grand nombre a donné sa vie?

Le chemin est certes encore long, et nous sommes ouvriers malhabiles, mais, comme le disait un de nos vieux maîtres : "il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre" et, chaque jour, de remettre l'ouvrage sur le métier.

Gardons-nous cependant de céder à la tentation du pouvoir effectif.

C'est en effet par l'exemple que nous devons agir et non par ce qui ne manquerait pas une fois encore de dériver, après l'inéluctable "rupture de sens" entre l'idée et l'application, vers l'absurde et l'horreur. Et ce afin que, jamais, au grand jamais, quiconque puisse dire "qu'un mal affreux est sorti de nos loges et de la société des maçons".

Pour qu'au contraire les hommes soient dans la connaissance qui seule rend libre, dans le partage qui seul rend égaux et dans la fraternité puisqu'aussi bien, et ainsi que le proclament et les Evangiles et la maçonnerie depuis son origine, nous n'avons qu'un seul Père.

Une question demeure : Et Dieu ou le GADL'U:. dans tout ça?

Faisons en sorte que la Sagesse préside à la construction de notre Temple, que la Force le soutienne et que la Beauté l'orne, que l'Amour soit parmi les hommes, que la Paix soit sur terre et que la Joie soit dans les coeurs.

Dieu et le GADL'U:. devraient y trouver leur compte. 

Source : http://lodgamour.blogspirit.com/tag/nazisme

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Kabbalah et vie moderne

31 Janvier 2013 , Rédigé par Rav Itzhaq Ginsburgh Publié dans #spiritualité

INTRODUCTION
Les 7 lois noahides sont les commandements que Dieu a transmis à Adam, puis à Noé et à tous ses descendants après l'époque du déluge. Les 7 lois noahides existent depuis la genèse de la création et concernent toute l'humanité. A l'origine, elles faisaient partie de la « Torah », « la Loi », que Dieu donna au peuple d'Israël sur le Mont Sinaï. La Torah représente la source première de ces 7 commandements. Elle impose au peuple d'Israël l'obligation de les enseigner à toutes les nations du monde. Tout homme qui s'engage à suivre les 7 lois noahides reconnaît de facto que le but ultime de sa vie est de servir Dieu et de rétablir la paix dans le monde.

LA NATURE DE L'AME
Chaque âme humaine possède 10 « sephirot », les 10 pouvoirs spirituels d'expression de l'âme. Les 3 premières sephirot sont intellectuelles, et les 7 suivantes relèvent des émotions. Les 3 premiers pouvoirs liés à l'intellect représentent la force de motivation première de l'élément divin de l'âme. Les 7 autres pouvoirs émotionnels représentent la force de motivation première de l'élément animal de l'âme.
A l'état naturel de l'âme animale, les 3 pouvoirs de l'intellect sont au service des désirs terre-à-terre des 7 pouvoirs des émotions. La fonction essentielle des 7 lois noahides est de rectifier cet état. Pour un être humain, un recadrage spirituel implique le raffinement de ses 7 pouvoirs émotionnels innés, en s'engageant à appliquer les 7 commandements noahides. La nature primitive d'un homme va être ainsi transformée en une seconde nature, régénérée et rectifiée, lui permettant alors d'accéder aux 3 niveaux supérieurs de son âme et d'avoir une nouvelle vision du monde. Cette vision est la porte d'accès à la connaissance de l'unité divine. Une telle perception entraîne alors les 7 pouvoirs émotionnels à se mettre au service des 3 pouvoirs intellectuels de l'âme, aboutissant ainsi à la rectification de l'état naturel de l'âme.
Si un individu néglige ses obligations quant à l'observance des 7 lois noahides, il restera toujours dans l'incapacité d'accéder à la véritable unité divine et risquera perpétuellement de sombrer dans un panthéon de cultes païens : le culte du spectacle, de l'argent, du pouvoir, de la dépravation des mœurs , le culte de l'homme, de la nature, de l'autodiscipline, etc. Tous ces cultes ont pour but la négation du service des 3 pouvoirs intellectuels de l'âme au profit de la connaissance de l'unité divine. En bref, l'idolâtrie peut être définie comme le culte de n'importe quoi ou n'importe qui, autre que la véritable unité divine.
Le chiffre 7 a aussi une signification spéciale dans la tradition biblique. Il est chargé d'un caractère affectif. Selon les sages d'Israël, tous les septièmes sont « chéris ». A l'opposé, chez les nations, le chiffre 7 représente généralement la réalité séculaire. Par exemple, le septième jour de la création n'aura qualitativement rien de différent des six autres jours de la création. Il restera un jour de travail et d'activité matérielle, comme tous les autres jours. Tandis que pour les Juifs, c'est un jour de repos et de rupture de toute activité matérielle créatrice. Le septième jour va permettre à l'homme de vivre l'expérience du dévoilement de la transcendance divine. Le chiffre 7 symbolise, dans le Judaïsme, l'unité, tandis que dans la culture universelle, il représente la pluralité.

LES 7 LOIS NOAHIDES
Les 7 commandements noahides correspondent aux 7 pouvoirs émotionnels de l'âme, qui correspondent eux-mêmes aux 7 parties du corps principales.

HESSED = l'amour ; la bonté et la générosité gratuites

Interdiction de l'adultère, l'inceste, l'homosexualité et toute forme de débauche

BRAS DROIT

GUEVOURA = la force

Interdiction du meurtre

BRAS GAUCHE

TIPHERET = la beauté

Interdiction du vol

TORSE

NETSAH = la victoire

Interdiction du culte des idoles

JAMBE DROITE

HOD = splendeur, reconnaissance, remerciement

Interdiction du blasphème

JAMBE GAUCHE

YESSOD = fondement

Interdiction de consommer un membre arraché à un animal encore vivant

ORGANES SEXUELS

MALKHOUT = royauté

Etablissement d'une justice équitable

BOUCHE

La dépravation sexuelle représente la dégradation et la transformation en mal de la qualité de bonté et de générosité.
Le meurtre représente la dégradation et la transformation en mal de la qualité de la force.
La beauté est une qualité qui facilite l'intérêt et la considération dans les rapports sociaux. La dégradation de cette qualité et sa transformation en mal est représentée par le vol.
La foi en Dieu représente la victoire ultime de l'homme contre le mal (dont le seul pouvoir réel représente sa faculté à dévier la foi en Dieu). Elle ouvre la porte à l'éternité. La transformation en mal de la foi est le culte des idoles.
Le blasphème est le « partenaire » du culte des idoles. Il représente la transformation en mal de la gratitude à l'égard de Dieu.
Les 5 premiers des commandements noahides, ainsi que le 7ème, ont été donnés à Adam à l'origine. Le 6ème commandement a été donné à Noé, après le déluge. La Torah se réfère à Noé, comme étant le « Tsadik » (juste) et le « Yessod » (fondement) de sa génération. Les 10 premières générations de l'humanité avaient reçu de Dieu l'ordre d'être végétariens. Après le déluge, Dieu autorisa Noé et ses descendants à manger de la viande. Il leur interdit néanmoins de consommer un membre arraché à un animal encore vivant, ainsi que du sang provenant d'un animal encore vivant.
Le 7ème commandement noahide est le seul qui soit positif. Il consiste à établir un pouvoir exécutif destiné à juger toutes les transgressions liées aux 6 commandements précédents. Son but est de créer une société droite et juste. Il correspond à la royauté, représentant le fondement de tout gouvernement. La qualité de royauté reçoit un influx de tous les autres pouvoirs de l'âme. Dans le corps humain, cette faculté de régner correspond à la bouche, dont la fonction principale est de diriger et contrôler la société.

LES 7 PRINCIPES DE LA FOI
Chacune des 7 lois noahides contient une dimension interne reliée aux 7 principes du service de Dieu. Le « Tikoun » ou « réparation de l'univers » dépend de l'application des 7 lois noahides par les non-Juifs. Ayant reçu la Torah sur le Mont Sinaï depuis plus de trois mille ans, le peuple juif détient la responsabilité de transmettre à l'humanité l'héritage de ces 7 lois. Ainsi, un non-Juif ne pourra jamais accéder au rang d'un être vertueux par le mérite des 7 lois s'il ne ressent aucune affinité avec le peuple d'Israël, même si cet individu possède une grande finesse de caractère lui conférant un comportement des plus humanistes. De la relation d'un non-Juif avec un Juif dépendra donc le redressement spirituel de l'univers.
Lorsqu'un homme ressent une profonde affinité pour les Juifs, il reçoit un influx d'inspiration divine issue de l'âme même du peuple d'Israël. Il devient alors animé de la ferme motivation d'être un homme digne, dans toutes ses relations avec autrui, et de consacrer sa vie au service de Dieu. Le redressement total du monde va dépendre du degré d'inspiration et de spiritualité qu'il recevra par le biais du peuple juif jouant un rôle de prêtre parmi les nations, et
oeuvrant en faveur du bien de la société.
Quand les nations respecteront strictement les 7 commandements noahides, les hommes seront attirés les uns vers les autres, dans une relation d'amitié sincère et d'amour gratuit, et ce, dans un sentiment existentiel d'humilité vis-à-vis de son prochain. Le monde acceptera alors le joug de la royauté céleste, tel qu'il est défini dans la Torah, et accédera à une vision authentique de la vie.
La fonction initiale de chacun des 7 principes de la foi et du service divin pour les hommes est d'élever leur conscience à un niveau supérieur. Ce résultat sera forcément accompagné d'une plus grande capacité d'expression du libre arbitre.
Chacun des 7 pouvoirs émotionnels de l'âme, à savoir l'amour du bien, la force, la beauté, la victoire, la splendeur, le fondement, et la royauté, possède une dimension sous-jacente. Ce sont, respectivement : l'amour, la peur, la miséricorde, la confiance, la sincérité, la vérité et l'humilité. Nous allons examiner ci-après comment chacun des 7 pouvoirs conduit l'homme à un état déterminé de conscience, et à la mise en application d'un principe défini de la foi et du service divin.

L'AMOUR OU LA RECREATION PERPETUELLE DE L'UNIVERS
Il n'est pas nécessaire d'avoir une intelligence hors du commun pour se rendre compte que D. ieu a créé l'univers. Aucune entité ne peut se créer elle-même.
L'esprit humain étant toujours rattaché à la notion de temps, il faut rappeler que la genèse de la création du monde semble se situer dans un passé lointain. Depuis cet instant-là, l'univers a été porté à l'existence, avec sa quantité globale de matière et d'énergie. Il continue, certes, à exister et à évoluer naturellement, mais seule sa forme subit une transformation. Selon les lois de la physique, il n'y a nulle part création nouvelle de matière ou d'énergie, mais transformation de matière ou transformation d'énergie, à partir d'une matière ou d'une énergie déjà existantes.
Or, la conscience de l'existence de la présence divine débute par la perception du principe de la REcréation perpétuelle de l'univers, par Dieu. Si Dieu n'était pas impliqué dans un tel processus (comme Il l'a été depuis l'instant zéro), en réinsufflant dans le monde une impulsion créatrice à chaque instant, l'univers entier retournerait au néant primitif d'où il a été créé. Pour comprendre correctement ce processus de REcréation perpétuelle de l'univers, il faut apprécier l'amour infini que le Créateur porte à chacune de ses créatures, comme l'exprime le Psalmiste : « Le monde est construit à partir de l'amour du bien gratuit » (Psaumes, 89-3). Le prototype de l'amour du bien gratuit est représenté dans la Torah par le personnage d'Abraham. En hébreu, le nom propre AB-RA-HAM contient les même lettres que le mot HI-BAR-AM (= « lors de leur création »). Il y a donc similitude d'identité entre le bien gratuit et la création du monde.
En outre, la Bible établit clairement qu'Abraham et son épouse ont littéralement « créé » des individus vertueux en détournant des hommes païens du culte des idoles et en les guidant vers la connaissance et le service de Dieu. Or, cet amour infini que Dieu porte à la création, s'identifie, dans son essence, à la racine suprême de l'âme d'Abraham, le premier individu juif dans l'histoire de l'humanité. Par conséquent, si un non-Juif reconnait que son existence propre, ainsi que celle de toute entité matérielle réelle, dépend perpétuellement de ce même amour divin infini, il sera automatiquement attiré à aimer le peuple d'Abraham.
Le verbe « créer » contient, dans la langue hébraïque, les mêmes lettres que celles de l'adjectif « sain ». Etant donné que Dieu continue perpétuellement à « recréer » l'univers, Il continue aussi perpétuellement à insuffler en lui un courant de guérison. En d'autres termes, faire attention au processus de REcréation perpétuelle revient à attirer dans son existence personnelle une force de guérison divine. Une telle conscience permet de se guérir soi-même et d'acquérir le pouvoir de guérir les autres.
En résumé, le point de départ de la réparation spirituelle de l'humanité est la perception du processus de REcréation perpétuelle de l'univers.

TOUT EST ENTRE LES MAINS DU CIEL, SAUF LA CRAINTE DU CIEL
Tout homme possède un libre-arbitre lui permettant de choisir librement d'appliquer ou d'ignorer les 7 commandements noahides. Néanmoins, les sages d'Israël enseignent que tout est entre les mains du ciel, sauf la crainte du ciel. Le libre arbitre de l'homme se rapporte essentiellement à la crainte du ciel que l'homme ressentira.
Ce précepte se réfère directement à la manière de servir Dieu. Le livre des Psaumes aborde ce sujet dans deux versets distincts. L'un dit : « Servez Dieu dans la joie » (Psaumes, 100-2) et l'autre énonce : « Servez Dieu dans la crainte » (Psaumes, 2-11). En fait, le premier verset s'adresse à ceux qui font partie du « peuple des serviteurs de Dieu », tandis que le second verset concerne ceux qui n'en font pas encore partie. Néanmoins, chaque être humain est libre de gravir les échelons de l'échelle de la foi. N'importe quelle personne dotée d'une âme motivée peut atteindre l'absolu divin, faire partie du peuple des serviteurs de Dieu et être considéré comme l'un de ses enfants à part entière.
Il existe de nombreux niveaux de la crainte divine. Le niveau le plus courant se réfère à la crainte du châtiment divin, qui va induire l'homme à s'abstenir de pécher. Chez un serviteur de Dieu, le niveau basique se réfère à la crainte du Roi de l'univers omnipotent. S'il est vrai que ces deux niveaux se réfèrent invariablement au pouvoir de Dieu de décréter la vie ou la mort, le premier niveau ne se focalise nullement sur le Roi tout-puissant lui-même, mais seulement sur la menace de la sanction divine. Lorsque le niveau de crainte divine éprouvée par un homme rejoint le niveau correspondant chez un serviteur de Dieu, ce même homme devient lui aussi apte à expérimenter une approche du Roi lui-même, et à s'adresser à lui dans ce même esprit de crainte. Cette étape représente l'origine essentielle du pouvoir de l'âme à agir sous l'emprise du libre-arbitre. Le seul et unique choix véritable qu'une personne fait dans sa vie est de s'adresser ou non à Dieu. A l'extrême, un serviteur de Dieu se tourne vers Dieu dans une relation d'amour l'amour qu'un fils porte à son père. Un homme se tourne vers Dieu dans une relation de crainte la crainte qu'un serviteur ressent pour son maître. Néanmoins, c'est le sentiment de crainte divine de l'âme d'un serviteur de Dieu qui va permettre au sentiment de crainte divine d'un homme de s'élever.
Le plus grand exemple, cité dans la Bible, d'une société se tournant vers Dieu est l'histoire du repentir de la cité de Ninive, relatée dans le livre de Jonas. Les Juifs font la lecture publique de cette histoire, au point culminant de la journée la plus sainte de l'année : le Yom Kippour ou « Jour du Grand Pardon ». Ce livre se réfère à l'action d'une seule âme juive, celle du prophète Jonas, qui devint un instrument entre les mains du Tout-Puissant afin d'inciter une multitude d'âmes à revenir sincèrement à Dieu et amender leur conduite. Il apparaît dans ce texte biblique que les habitants de Ninive étaient motivés, au début, par la crainte du châtiment divin. Cependant, après avoir entendu le miracle vécu par Jonas, ils reçurent une inspiration d'une dimension nouvelle et purent, à leur tour, ressentir une crainte du D. ieu d'Israël, d'un niveau supérieur.

LA MISERICORDE DIVINE ACCOMPLIT DES MIRACLES
Au commencement, Dieu avait l'intention de créer le monde selon le principe de justice : chaque individu serait alors jugé et rétribué en accord avec le mérite de ses intentions et de ses actes. Mais il vit que le monde ne pourrait alors subsister. Aussi Dieu fit-il passer au premier plan l'attribut de miséricorde et l'associa à l'attribut de justice, et ce fut ainsi qu'il put créer un univers durable.
L'ordre naturel de la création reflète l'attribut de rigueur divine, tandis que la miséricorde divine s'exprime sous forme de miracles qui viennent dépasser et remplacer les lois naturelles au sens strict du terme. La miséricorde divine s'étend sur toutes ses créatures, comme l'exprime le Psalmiste : « L'Eternel est bon pour toute la création, et sa miséricorde s'étend sur toutes ses
oeuvres » (Psaumes, 145-9).
Le processus de REcréation perpétuelle représente pour Dieu un acte d'amour gratuit. Les lois naturelles parfaitement établies, et qui restent vraies au-delà de la création de l'espace-temps, sont le reflet de l'attribut divin de toute-puissance et de jugement. La règle fondamentale de la rigueur divine est celle de « mesure pour mesure ». Dans son infinie miséricorde (qui représente la dimension profonde de l'attribut divin lié à la beauté), Dieu permet au règne du surnaturel de se manifester.
La reconnaissance de l'attribut divin de miséricorde et du désir et du pouvoir que Dieu a de changer le cours naturel des choses (sans rapport direct avec les mérites de l'homme) réveille dans le coeur de l'homme le désir de se tourner vers le Créateur et se consacrer à son service. Dans le langage des sages d'Israël, la prière est définie comme « une requête de miséricorde ». Nous prions que Dieu nous guérisse « miraculeusement » de toute maladie, qu'il pourvoit aux besoins des pauvres et gratifie les couples stériles d'une progéniture. Nous prions aussi Dieu qu'il nous accorde un esprit saint et un corps pur afin de le connaître et d'être apte à imiter son comportement.
Les sages d'Israël enseignent que le meilleur moyen pour « réveiller » la miséricorde divine est d'adopter soi-même un comportement de miséricorde, de sympathiser avec autrui et de faire preuve de miséricorde envers tous. En d'autres termes : « Quiconque témoigne de la miséricorde envers les autres sera lui-même jugé avec miséricorde par le Ciel ».
Si un homme analyse l'histoire du monde, des temps antiques à nos jours, il sera surpris de constater à quel point Dieu a fait preuve de miséricorde envers les enfants d'Israël. Même pendant les périodes d'extermination de l'exil, leur flambeau ne s'est jamais éteint. Lorsqu'on constatera un tel phénomène, on pourra avoir une approche véritable de ce que représente réellement l'attribut de miséricorde dans la manière de servir Dieu.
Dans les prophéties bibliques, le Messie est décrit comme un mendiant implorant la miséricorde humaine au seuil de l'entrée d'une maison. Seul un tel individu pourra apporter le salut à l'humanité entière. C'est seulement en reconnaissant la miséricorde divine et les actes miséricordieux dont l'Eternel gratifie toute la création que les hommes pourront se connecter avec l'âme du véritable sauveur de toute l'espèce humaine.

LA VICTOIRE (= LA CONFIANCE) OU L'AUTO-TRANSFORMATION
Dans le service de Dieu, la victoire ultime de l'âme humaine représente le triomphe du bon penchant de l'homme sur son mauvais penchant. Pour atteindre la victoire dans cette guerre spirituelle, il faut passer par une phase de métamorphose de sa personnalité.
La Torah demande à l'homme un changement de son comportement afin de devenir un individu vertueux. Les hommes qui acceptent les 7 lois noahides comme un héritage transmis par la Torah à l'humanité entière, par l'intermédiaire de Moïse le serviteur de Dieu, subissent alors ce changement souhaité et atteignent un niveau supérieur de libre-arbitre.
Comme pour tous les pouvoirs cachés de l'âme, la victoire possède une dimension cachée : le pouvoir de mettre toute sa confiance en Dieu. Lorsqu'un individu médite sur l'influence permanente de D. ieu sur le monde, combien le Créateur pourvoit continuellement aux besoins de chaque être humain et lui accorde toutes les ressources spirituelles nécessaires à l'amélioration de sa conduite et de ses traits de caractère, lui permettant ainsi de se transformer en une créature nouvelle, lorsqu'il médite sur tous ces bienfaits, un sentiment de confiance en Dieu va naître dans son âme.
La qualité de la victoire dérive de l'amour du bien gratuit. Dans le service divin, un tel amour correspond à la conscience du processus de REcréation perpétuelle. La victoire est envisageable lorsque l'on garde la conviction qu'il est toujours possible, et par conséquent jamais trop tard pour qui que ce soit de redresser son comportement et se transformer.
La victoire suit les 3 états précédents de conscience :
Conscience de l'amour du bien gratuit
Conscience de la crainte
Conscience de la miséricorde
Lorsqu'on a goûté à l'expérience de l'amour que Dieu nous porte (par exemple, lorsqu'il nous « crée » à nouveau à chaque seconde), nous allons nous tourner vers lui sous le dévoilement de la crainte, qui représente le cachet de l'expression du libre arbitre, et en venir finalement à reconnaître sa miséricorde. Le plus grand miracle opéré par Dieu est ce cadeau offert à l'homme de pouvoir s'améliorer. Si un homme suit le processus de semi-transformation de sa personnalité en un modèle d'être humain vertueux, processus nécessaire à l'obtention du titre de « juste parmi les nations », il brise son emprisonnement spirituel issu des niveaux obscurs inhérents à son âme animale (représentant l'état de l'être humain imprégné d'un mélange de bien et de mal) et accède au niveau de l'âme divine. Il dévoile ainsi l'attribut de victoire, et devient à son tour un homme « victorieux ».

LA SINCERITE : « JE SUIS LE SERVITEUR D'ABRAHAM » (Genèse, 24-34)
Tout homme est destiné à devenir un serviteur de Dieu. La conscience de la servitude est identifiée dans la Kabbalah à l'attribut divin de la « splendeur », dont la dimension cachée est la « sincérité ». Ainsi, un serviteur sincère se tiendra devant son maître dans un état de soumission totale. Cet état de soumission sincère va créer une auréole de « splendeur » qui réunira à la fois le maître et le serviteur.
La sincérité dérive de la crainte. Lorsqu'un homme acquiert les qualités de soumission et d'auto-engagement, il en vient à servir Dieu avec crainte et joie simultanément.
La victoire et la splendeur donc la confiance et la sincérité agissent comme deux partenaires. Ces deux qualités représentent deux formes d'auto-transformation. La victoire correspond soit à une transformation totale de l'âme animale, soit à un processus de semi-transformation requis afin de devenir un individu vertueux. La splendeur correspondra à la conversion totale à une identité de serviteur fidèle à Dieu.
Dans la Bible, un exemple classique de serviteur vertueux et fidèle à Dieu est Eliézer le Cananéen, serviteur d'Abraham. Par égard à sa vocation totale au service de son maître, Abraham l'a placé intendant sur toute sa maison. Dans sa dévotion sincère et absolue à la volonté d'Abraham, Eliézer a mérité se séparer du monde maudit pour entrer dans le monde béni. A travers l'exemple d'Eliézer, nous nous trouvons en présence d'un cas de réparation spirituelle de l'âme d'un homme, concernant l'interdiction noahide de blasphémer (la 5ème des 7 lois noahides), qui correspond à la qualité de la splendeur ou de la reconnaissance.
Eliézer proclame : « Je suis le serviteur d'Abraham » (Genèse, 24-34). Il ne se réfère pas à lui-même en citant son propre nom. Il a donc déjà atteint le niveau d'une prise de conscience existentielle : celle de n'exister qu'à travers l'identité de son maître Abraham.

LA VERITE : LA PROVIDENCE DIVINE
Les sages d'Israël se réfèrent à l'attribut divin de « vérité » comme étant le « sceau » de Dieu dans la création. Exactement à la manière d'un peintre qui signe son nom sur une de ses
oeuvres, Dieu a apposé son « emblème » par l'intermédiaire de l'attribut de vérité sur tout élément réel de la création. L'éternelle sensation de la présence de Dieu et de sa providence dans le monde, c'est cela la « signature » de Dieu sur l'oeuvre de sa création. Concrètement, Dieu et sa providence sont omniprésents. Dieu crée le monde avec l'attribut d'amour. Il opère des miracles avec celui de la miséricorde. Il fait connaître à toute la création sa présence et sa providence, grâce à l'attribut de vérité.
La providence divine est comparée, dans la Bible, aux « yeux du Créateur ». Elle observe avec vigilance et détermine le cours immédiat comme l'avenir à long terme de n'importe quel élément de la création, fut-il le plus minuscule. C'est elle qui jauge et module le « pouls de la vie » dans chaque créature vivante, dispensant continuellement le processus de la vie.
Il existe deux niveaux de conscience dans l'approche de la providence divine. Le premier niveau consiste à reconnaître le souci que Dieu porte au sort de chacune de ses créatures. Le second niveau consiste à reconnaître pleinement et totalement que le sort de chaque élément de la création, et de toutes les créatures, est invariablement lié à un processus d'évolution de l'univers divin vers un objectif déterminé et des buts bien définis. Chaque événement ou phénomène se réalisant dans le cosmos, du microsome au macrocosme, est intrinsèquement lié à un autre événement ou phénomène, ou même à d'autres événements qui contribuent tous à l'objectif ultime de Dieu : « lui façonner une résidence, ici-bas ». Après que le plus bas niveau de réalité matérielle a reconnu l'influence de cette lumière transcendante qui irradie l'univers et a fusionné avec elle, seulement alors la présence divine peut venir « résider » parmi nous.

LA MODESTIE : UNE DEMEURE POUR DIEU
Toutes les étapes du processus créateur (l'évolution des mondes, leur interaction et leur réunification ultime) dépendent de la dynamique du don et de la réception. La volonté de donner et celle de recevoir représentent les deux grandes forces cosmiques fondamentales de l'univers. La volonté de « donner » représente le principe « mâle » de la création, tandis que celle de « recevoir » en représente le principe « femelle ».
Se rendre compte du caractère « vide » de ses « récipients » propres, c'est expérimenter sa modestie existentielle. Cette qualité représente la dimension cachée de l'attribut divin de « royauté », le septième et dernier des pouvoirs émotionnels de l'âme. En conclusion de toute expérience émotionnelle, la sensation de modestie implique une dépendance totale envers la bienveillance divine.
Le désir ultime de Dieu en créant le monde est d'amener notre niveau de réalité le plus modeste à servir d'emplacement à la résidence divine, de demeure dans laquelle l'essence de Dieu puisse être révélée. La qualité de modestie désigne, dans l'âme, l'état de référence à ce « domicile ».
Toutes les âmes aspirent à s'élever, du niveau de l'animal à celui de l'homme, et d'acquérir le statut de fils premier-né de Dieu, et ce, comme si Dieu lui-même y avait apposé son sceau. En d'autres termes, c'est le receveur lui-même qui va attirer, depuis le niveau d'en bas où il est reclus, la volonté du donneur de descendre et de franchir le seuil de la demeure créée à son intention. Ce processus définit la mission de l'humanité : faire de ce monde une demeure plaisante, un domicile digne où la présence divine descendra illuminer la réalité toute simple et y apporter la bénédiction.
La relation entre les Juifs et les non-Juifs dans le processus de réparation spirituelle de l'humanité est un véritable partenariat, semblable au partenariat existant dans la vie d'un couple homme/femme. Dieu est le troisième « partenaire » dans tout mariage. C'est par son pouvoir que le couple s'accomplira et pourra porter ses fruits.

CHARTE SYNOPTIQUE DES 7 LOIS NOAHIDES

LA CRAINTE
La crainte du ciel
Le libre arbitre position en état de crainte vis-à-vis de Dieu
L'AMOUR DU BIEN GRATUIT
Vivre l'expérience du processus de la REcréation perpétuelle
l'amour, énergie créatrice
LA MISERICORDE
Se tourner vers Dieu par la prière
Implorer sa miséricorde
Reconnaître la vraie source de toutes les bénédictions
LA SINCERITE
Le service du roi
Le simple serviteur
Et le serviteur fidèle
LA VERITE
La providence divine
Le salut de l'homme et de l'animal
LA MODESTIE
Devenir un réceptacle
Le pouvoir inhérent à un récipient : « s'élever de son niveau inférieur »

Source : http://www.galenai.fr/index.php/7-lois-de-noe

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Un texte d'actualité (1744)

30 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

MES FRERES,
Je ne sçaurois plus longtems vous dissimuler la douleur dont mon cœur est saisi, à la vue du brigandage, qui déshonore la Maçonnerie. Cet astre bien faisant, à peine a-t-il été levé sur notre tête, à peine nous sommes nous réjouis à sa lumière naissante, qu'il a commencé de s'obscurcir ; que de taches n'a-t-il pas contractées insensiblement ! & dans ces momens qu'il devroit briller comme en son midi, il souffre, hélas ! Une éclypse totale, dont je ne prévois pas sitôt la fin ; mais parlons sans figure, il semble que nous travaillons, de concert avec nos ennemis, pour nous aliéner les cœurs. Les Prophanes se scandalisent avec raison ;

1°. de notre peu de délicatesse dans le choix des sujets ;

2°. du trafic honteux des initiations ;

3°. de la somptuosité de nos repas ;

4°. de notre peu de conformité avec les Loges si recommandables des Provinces ;

& 5°. enfin de l'imposture d'une Maçonnerie hermaphrodite & bâtarde, qui fera bientôt le rendez-vous du crime, & sous les ruines de laquelle nous sommes menacés d'être ensevelis. Voilà les maux dont le Public n'est que trop instruit ; en voici d'autres qu'il connoît moins.

1°. On ne lit jamais dans nos Loges les beaux Règlemens de celles d'Angleterre, qui seroient si capables de nous réformer ; ne seroit-ce pas parce que cette lecture seroit trop humiliante pour nous ?

2°. La plupart des Frères ne sçait presque rien de notre art, parce qu'on néglige leur instruction.

3°. Le nombre des Maîtres n'est pas en proportion avec celui des Maçons, tel Maître compte cinq cent Maçons, & plus de sa Loge, comment lui seroit-il possible de les assembler tous à la fois ? Il faut que les neuf dixièmes soient à attendre leur tour, qui vient à peine par semestre.

4°. L'ignorance est si générale que la plupart des Maîtres & des Surveillans ne sçavent pas encore que la Maçonnerie est composée de sept grades, & la Loge générale même a décidé à l'aveugle le 11 Décembre 1743, qu'elle ne regarderoit les Maçons du quatrième, c'est-à-dire, les Maîtres Ecossois, que comme de simples Apprentis & Compagnons.

5°. L'administration des fonds n'est ni ordonnée, ni justifiée, la recette & la dépense se font sans contrôle, sans reddition de compte, elles passent par des mains prodigues, ou infidèles. De là, que de profusions ! Que de déprédations ! Que de maçons pauvres abandonnés à leur indigence, faute de fonds pour les secourir ! Que de Prophanes qui fuyent une initiation, laquelle dans le besoin ne leur procureroit pas plus de ressource, qu'ils en trouvent dans le monde non-Maçon ! Voilà les maux qui nous attireront bientôt le mépris du Public & les défenses du Gouverneur, si nous différons de nous corriger ; je vous les expose, la larme à l'œil, & m'en remets à vous, qui êtes sages & zélés, pour y apporter les remèdes qu'ils demandent, afin qu'il ne soit point dit un jour, à notre honte, que nous ayions fait périr, par notre faute, l'établissement du monde le plus avantageux à la Société.

Non, ce n'est pas de moi mais avouez que ce texte est assez d'actualité !!! Il est tiré de "La Franc-maçonne ou Révélation des mystères des Francs-maçons", pseudo divulgation de 1744 (rituel complètement erroné) mais dont l'intérêt réside principalement dans le texte que je viens de vous livrer... D'une part du fait des critiques que nous pourrions reprendre à notre compte aujourd'hui et d'autre part sur l'allusion aux 7 Grades dès 1744...

Il s'agit sinon d'un délicieux petit roman libertin du XVIII° :-)
 

Publié par Philippe Michel dans « Musée de la Franc-Maçonnerie (groupe officiel)

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