Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Histoire du 1er RPIMa

20 Janvier 2013 , Rédigé par 1er RPIMa Publié dans #Forces spéciales

1 - Georges Bergé, le fondateur

Avez-vous des hommes ?
J'en aurai.
Avez-vous des instructeurs, un camp d'entraînement, des moyens ?
J'en aurai. Face à l'amiral Muselier, commandant les forces aériennes françaises libres, le capitaine Georges Bergé se raidit dans sa certitude. Dans sa poche, une simple feuille dactylographiée : son projet de création d'une compagnie de parachutistes. Un mot, un seul, écrit de la main du général de Gaulle, le remplit de joie : « d'accord ». Nous sommes le 15 septembre 1940. Le 29 septembre l'ordre général numéro 765 stipule :

« A compter du 15 septembre 1940 est créée la 1re Compagnie d'Infanterie de l'Air des Forces Françaises Libres. Elle est commandée par le capitaine Bergé ».

La foi inébranlable de Georges Bergé ouvrira la porte à la formidable épopée des parachutistes SAS de la France Libre.
Mais qui est Bergé ? La trentaine, de taille moyenne, trapu et tout en muscles. De son origine gasconne il garde une incroyable ténacité et une certaine malice.
Une immense volonté perce au travers de son regard. Ayant embrassé la carrière militaire, issu de l'école de St Maixent, le lieutenant Bergé a très vite compris l'intérêt de l'arme parachutiste alors à ses balbutiements. Volontaire pour la 601e compagnie de l'air, il doit, le cœur déchiré, quitter en juillet 1937 cette unité suite à une banale opération de l'appendicite. Le voici donc inapte définitif à l'arme aéroportée sans avoir jamais connu l'ivresse d'un premier saut.

En 1939, au début des hostilités, il combat dans les rangs du 13e Régiment d'Infanterie de Nevers. Le 18 juin 1940, capitaine à titre temporaire, il est blessé à trois reprises au cours d'une résistance désespérée qu'il mène dans la région d'Arras à la tête de son unité.

En convalescence à Mimizan dans les Landes, il entend le 17 juin le dramatique message du maréchal Pétain, mettant fin aux hostilités. Le bouillant Gascon ne peut se résoudre à la défaite. Il s'embarque à St Jean de Luz sur un bateau polonais et le 23 juin 1940 il est à Londres.

2 - Premières missions en France

La 1re Compagnie d'Infanterie de l'Air (1re CIA ) comporte moins de trente hommes à la mi-octobre 1940. Issus de toutes les armes ou jeunes évadés de France, ils entament dans les camps britanniques un rude apprentissage de commandos et de parachutistes. Un premier contingent est breveté parachutiste le 25 décembre, puis un autre le 21 février. Dans la nuit du 14 au 15 mars 1941, une équipe de cinq hommes, dont Bergé, est parachuté près d'Elven dans le Morbihan. C'est la mission Savanah, première opération en France occupée. Le 5 avril, Bergé rejoint l'Angleterre à bord du sous-marin Tigris. Un second parachutage a lieu dans la nuit du 11 au 12 juin 1941. Cette opération, Joséphine B, vise la destruction de la centrale électrique de Pessac en Gironde. Elle est une totale réussite. La preuve est ainsi faite de l'efficacité de ces premières « opérations spéciales ». Le 1er mai 1941, l'effectif de la 1re CIA atteint la centaine d'hommes.
Un centre français de préparation d'agents clandestins, la Station 36, est ouvert. Il est alors décidé en juillet de scinder la compagnie en deux parties : une section restera affecté à la Station 36 et formera des agents clandestins sous contrôle du Bureau Central Renseignements Action (BCRA). Deux sections, sous les ordres de Bergé, sont destinées à l'action directe en uniforme. Elles prennent l'appellation de 1re Compagnie Parachutiste qui est rattachée à l'Armée de Terre.

3 - SAS Brigade

 

   

Le long voyage : le 21 juillet une cinquantaine de parachutistes embarquent sur un paquebot britannique transformé pour l'occasion en transport de troupes, le Cameronian. 46 jours de mer pour atteindre Durban en Afrique du Sud. Puis encore l'Océan indien et la Mer Rouge pour finalement débarquer à Suez vers la mi-septembre 1941. Par la route ensuite, ce fut Haïfa, puis Beyrouth par le train, puis enfin Damas où, le 15 octobre 1941, la compagnie repasse sous le contrôle de l'Armée de l'Air sous l'appellation de 1re Compagnie de Chasseurs Parachutistes (1re CCP).

Bergé fait reprendre l'entraînement, s'agite en tous sens pour mener ses hommes au combat. Il fait la connaissance à Damas du lieutenant Jordan, qui deviendra son fidèle adjoint. Enfin il obtient satisfaction et, le 31 décembre, la compagnie fait mouvement sur l'Egypte.

David Stirling, le seigneur de Kabrit

C'est au camp de Kabrit, sur la rive occidentale du canal de Suez que Bergé fait la connaissance du créateur des Special Air Service (SAS) britanniques, le capitaine David Stirling. L'homme est Ecossais, âgé de 26 ans, totalement anticonformiste. De ses 1,98 mètres, il dirige depuis peu la SAS brigade, issue de ses propres conceptions. Le nom est pompeux puisque environ 80 hommes forment l'unité. Mais le concept est révolutionnaire. Les hommes sont soumis à un examen préliminaire avant d'être acceptés. Leurs compétences sont variées et complémentaires. Elles vont de la mécanique aux transmissions, en passant par l'étude des armes étrangères, la navigation de nuit,les connaissances médicales, les explosifs.. Des modules hautement qualifiés de quatre hommes sont ainsi créés. Les missions dévolues sont uniquement stratégiques. Il s'agit d'effectuer des raids dans la profondeur du dispositif ennemi, d'attaquer les centres vitaux, les terrains d'atterrissage, les voies d'approvisionnement et, si l'occasion s'y prête, de recruter, entraîner et armer des éléments de guerrillas locales. Les facteurs « ruse » et « surprise » sont primordiaux. Les SAS doivent être capables d'utiliser tous les moyens de transport, du parachute au sous-marin.

Entre Bergé et Stirling le courant passe instantanément. Les Free French sont acceptés. La brigade passe à 130 hommes.

Who dares Wins (Qui Ose Gagne)

Désormais le French SAS Squadron a trouvé les motifs d'espérer. Ses hommes portent l'insigne du SAS, poignard ailé arborant la devise Who Dares Wins. Ils regardent avec envie le « badge » récompensant les missions menées : une paire d'ailes égyptiennes bleu azur brodées de fil d'argent. L'occasion de combattre va leur être donnée.

Crète

Dans la nuit du 14 au 15 juin 1942, le désormais commandant Bergé avec une équipe de cinq hommes : Mouhot, Sibard, Léostic, le capitaine anglais Jellicoe et le lieutenant Grec Pétrakis débarquent sur les côtes de Crète. Leur mission est de détruire les avions se trouvant à Héraklion et qui, par leurs actions de bombardement sur les convois ravitaillant l'île de Malte, risquent de faire capituler ce pion essentiel allié en Méditerranée. Winston Churchill accorde la plus grande importance à cette mission. Plus de 20 avions sont détruits. C'est une réussite malgré la mort au combat de Pierre Léostic, âgé de 17 ans et la capture du commandant Bergé, de Sibard et de Mouhot: Malte est sauvée.

La guerre du désert

Dans le même temps, en juin et juillet 1942, Stirling lance les SAS contre une dizaine d'aéroports en Cyrénaïque. Après des infiltrations sur les arrières ennemis de plusieurs milliers de kilomètres, les SAS attaquent. Les mitrailleuses Vickers des jeeps font merveille. Plusieurs dizaines d'avions explosent. La victoire est totale mais amère. Les SAS paient leur courage et leur témérité. Le 27 juillet 1942, l'aspirant André Zirnheld, pour ne citer que lui, tombe mortellement blessé par les tirs d'un avion ennemi qui a repéré sa jeep. Plus tard, dans ses papiers personnels, on découvrira un texte qui deviendra la prière des parachutistes :

« Donnez-moi mon Dieu ce qu'il vous reste.
Donnez-moi ce qu'on ne vous demande jamais ».

Les SAS poursuivent le combat sans relâche. Les opérations combinées se poursuivent jusqu'en septembre 1942 avec les attaques de Tobrouk et Benghazi. Désormais, le capitaine Jordan assure le commandement du French Squadron et une deuxième compagnie est créée à partir de la 1re compagnie qui rentre en Angleterre.

En janvier 1943, la 2e Compagnie Parachutiste S.A.S. se bat en Tunisie. Elle force la trouée de Gabès et effectue 34 destructions sur la voie ferrée Sfax-Gabès.

Dans ces derniers combats, le major Stirling et le capitaine Jordan sont capturés. Ils rejoindront le commandant Bergé dans un camp de prisonniers en Allemagne.

4 - Bataillons du ciel

La nouvelle brigade SAS

En novembre 1943 sont créés, les 3e et 4e Bataillons d'Infanterie de l'Air (BIA). Regroupés en Ecosse en janvier 1944, ils vont désormais s'entraîner en prévision de la Libération du sol national. Intégrés à la nouvelle brigade Special Air Service (SAS), composée des 1er et 2e SAS britanniques et de la Compagnie de parachutistes belges indépendante, ils seront, sans encore le savoir, les premiers soldats alliés à toucher le sol de France.

Le 11 mai 1944, le Lord maire d'Edimbourg remet au 4e BIA le drapeau commun des SAS avec l'appellation Forces Aériennes et sur lequel sont inscrites les batailles suivantes : Crète 1942, Libye 1942, Tunisie 1943.

Une nuit avant l'aube

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les premiers parachutistes du 4e BIA sautent sur la Bretagne avec pour objectif d'empêcher les forces allemandes de remonter vers la Normandie, lieu de l'opération Overlord. Quatre sticks organisent les bases de Dingson et Samwest. Le premier tué de la Libération sera le caporal Bouétard. Dix huit autres sticks (les cooney-parties) sèment la confusion dans le dispositif ennemi, frappent sans discontinuer convois et infrastructures. Entre le 9 et le 17 juin, le reste du bataillon est parachuté dont son chef le commandant Bourgoin, ancien de Tunisie où il a laissé un bras. Tendresse britannique : son triple parachute est tricolore. Le 4e BIA perdra un quart de son effectif en Bretagne. Des anciens de Libye, comme l'adjudant basque Itthuria, ne verront que l'aube de la Liberté. Les terribles combats du maquis de St Marcel verront combattre au coude à coude maquisards et SAS.

Pour sa part le 3e SAS, sous les ordres du commandant Château-Jobert dit Conan, agit début juillet en Vendée, en Maine et Loire et en Charente. Ils tiennent le front nord de la poche de la Rochelle, multipliant les attaques et les sabotages. Ce seront entre autres les opérations Dickens et Moses. En août, ce sera l'opération Derry dans le Nord Finistère.

La conquête

Dans un élan irrésistible, en avant des forces alliées, les SAS vont s'infiltrer, par jeeps ou par parachutage dans toute la France. On les retrouve sur la Loire, dans le Centre, en Bourgogne, dans la vallée du Rhône. Partout ce ne sont que combats de rencontre, destructions de ponts, de routes, harcèlements d'une folle audace comme ce 4 septembre 1944 à Sennecey le Grand en Saône et Loire où le capitaine Combaud de Roquebrune à la tête de quatre jeeps attaque un convoi dans le village. Il y tue trois cents Allemands mais est mortellement atteint ainsi que ses hommes au cours du second passage dans le village.

Le 1er août 1944, les 4e et 3e SAS se sont transformés en 2e et 3e Régiment de Chasseurs Parachutistes. Le 11 novembre, sous l'Arc de Triomphe, le 2e RCP est cité à l'ordre de la Nation et reçoit la croix de la Libération. Son drapeau reçoit les inscriptions Bretagne 1944 et France 1944. En octobre, les deux régiments sont regroupés à Epernay et Esternay. Tous les parachutistes portent désormais le béret amarante des aéroportés britanniques, offert pour leur bravoure au combat. Du 30 décembre 1944 au 11 janvier 1945, le 2e RCP participe à la contre offensive américaine dans les Ardennes belges. Il libère le village de St Hubert en Belgique et reçoit l'inscription sur son drapeau : Ardennes Belges 1945.

Hollande, le dernier combat

En février 1945, les deux régiments sont regroupés à Owell-Park en Angleterre. Ils pansent leurs plaies et instruisent les jeunes résistants incorporés. Dans la nuit du 7 avril, ils sont parachutés en Hollande avec pour mission de désorganiser le dispositif allemand avant l'attaque du 2e corps d'armée canadien. Cinquante deux sticks sont largués sur 19 zones de saut. C'est l'opération Ahmerst. Deux sticks, à trente kilomètres l'un de l'autre, encerclés, ont refusé de se rendre. Leurs pertes sont lourdes : sept brulés vifs et quatorze blessés. Une nouvelle inscription ornera la soie du drapeau : Hollande 1945.

5 - Indochine : le sang des bérets rouges

Demi-brigade de parachutistes SAS

Le 8 mai 1945, l'Allemagne capitule. Comme à chaque fin de conflit il convient de dissoudre des unités et de rendre à la vie civile les engagés « pour la durée de la guerre ».

Les unités parachutistes passent définitivement sous le contrôle de l'armée de terre. Le 3e Régiment de Chasseurs Parachutistes (3e RCP) est dissous et le lieutenant-colonel de Bollardière prend le commandement du 2e RCP qui se regroupe à Tarbes. Le drapeau reçoit le 27 septembre la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur et est décoré de la Bronze Star Medal US ainsi que de la croix de guerre belge. Quelques années plus tard, en 1950, la Bronzen Leew Hollandaise viendra s'y rajouter. Entre février et avril 1946, deux bataillons SAS sont créés et constitués à 70% d'anciens des 2e et 3e RCP ainsi que d'anciens du 1er RCP. Ils sont immédiatement embarqués pour l'Indochine où ils formeront, en juillet 1946, la Demi-Brigade de Parachutistes SAS. Cette unité prendra pour emblème le drapeau officiel créé en juin 46 par le Service Historique de l'Armée de Terre (SHAT) pour le 2e RCP. Entre le mois de février 1946 et celui de juillet 1948, deux citations sur la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures viendront récompenser les parachutistes SAS.

Les parachutistes coloniaux

La guerre d'Indochine s'intensifiant et le système des relèves d'unités devant se rôder, le commandement décide dès l'hiver 1947, la création d'un groupement aéroporté colonial au sein de la grande unité qu'est la 25e Division Aéroportée (25eDAP). Après de multiples controverses, l'Etat-Major des Armées (EMA) tranche le 13 août 1948 prévoyant la création pour le 1er octobre à Vannes, en Bretagne de la Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes. Le colonel Massu en prend le commandement.L'insigne de manche sera la « Chimère » bleu azur sur fond amarante. A partir de cette date, la relève des bataillons d'Indochine est assurée. Ce ne sont pas moins de 13 bataillons, formés à Meucon, à Quimper, et à Saint Brieuc qui iront combattre en terre indochinoise. Sur les plis de leurs fanions, des dizaines de citations à l'ordre de l'armée témoignent de leur bravoure. Dans des combats sans merci contre un ennemi fanatisé, les parachutistes coloniaux écrivent avec leur sang les plus belles pages de l'arme parachutiste. Les noms de Mao Khé, Tu Lé, Bien Hoa, Lang Son, That Khé, Na San, Dien Bien Phu . sont synonymes de sacrifices. Anéantis, recréés, de nouveau détruits, leur histoire est connue de tous. Ils ont pour nom le 1er , le 2, le 3, le 5, le 6, le 7, le 8 sans oublier les Bawouan qui tombèrent en chantant la Marseillaise. Une pensée particulière va au 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux, dernier bataillon parachuté dans la « cuvette » dans la nuit du 2 au 3 mai 1954. Sans oublier aussi le sergent-chef Prigent dit le Mousse du « 6 ». Parachuté en Bretagne en 1944, il avait miraculeusement survécu au peloton d'exécution allemand. Il est mort comme combien d'autres.
En 1950, le général de Linares remet la fourragère aux couleurs de la croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs (TOE) sur le drapeau de la demi-brigade.

La fin d'un empire

Les accords de Genève en milieu de 1954 mettent fin au conflit indochinois. Les troupes françaises rejoignent la métropole.
La demi-brigade quitte Vannes pour Bayonne et Mont de Marsan fin 1953 début 1954. En février 1955 elle devient Brigade de Parachutistes Coloniaux. Elle reçoit sur son drapeau l'inscription : « Indochine 1946-1954 ». Le 14 juillet de la même année, le président Coty le décore de la croix de la Légion d'honneur.
La brigade assure alors la formation et la relève des personnels des régiments de parachutistes coloniaux qui combattent en Algérie où ils stationnent.

En février 1958, elle devient Brigade Ecole de Parachutistes coloniaux et se voit attribuer un nouveau drapeau avec cette inscription.
En 1960, elle devient Brigade de Parachutistes d'Infanterie de Marine. Les régiments retrouvent également leurs appellations de troupes de marine, celles créées par le cardinal Richelieu et qui en plusieurs siècles d'histoire ont servi à travers les océans sur les cinq continents.
Entité administrative, la BPIM se meurt doucement, poussée par le vent de l'histoire. En 1962, elle sera dissoute.

6 - "Qui ose gagne"

« Le régiment c'est l'homme et l'homme c'est le régiment » David Stirling

Avant que la brigade ne se meure, le 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de Marine (1er RPIMa) est créé à Bayonne le 1er novembre 1960. Son premier chef, le colonel Moulié est également le dernier SAS en activité à le commander. En octobre 1962, il reprend le drapeau de la Demi Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes (DBCCP) avec les souvenirs des SAS et ceux des parachutistes coloniaux.
Bayonne, sa garnison, deviendra le passage obligatoire pour tout engagé parachutiste. Sur les traces des anciens, les jeunes parachutistes verseront leur sueur dans les montagnes basques. L'entrée de la Citadelle par la porte Royale, en petite foulée, est déjà un souvenir impérissable des bérets rouges à ancre d'or. Les douves se prêtent bien aux diverses pistes du risque, aux parcours de tirs et aux démonstrations d'explosifs. Ainsi va le 1er RPIMa dans son rôle d'instruction jusque dans les années 1975. Mais l'armée change. La professionnalisation touche les régiments. Des stages nationaux sont créés pour les cadres et militaires du rang. Les unités assurent elles-mêmes les préparations.
Alors débute pour le régiment une profonde mutation qui le mènera peu à peu à s'orienter vers le renseignement et l'action. La création du Groupement Opérationnel dans les années 1974-1980 ouvre la voie à de nouvelles techniques. Les anciennes sont réactualisées avec des moyens et des procédures nouvelles. Ce nouveau groupement devient discret sans être secret. Il garde une profonde expérience coloniale en s'investissant dans de nombreuses missions d'assistance à des pays frères africains. Il intervient en tête de dispositif dans diverses opérations sous forme de commandos, particulièrement entraînés et autonomes.

En 1991, lors de la guerre du Golfe, il forme un groupement de commandos d'action dans la profondeur qui intervient en Irak sous les ordres de son Chef de Corps, le colonel Rosier.
Au cours de la prise d'As Salman, le sergent Schmitt et le caporal-chef Cordier sont tués. Plus de vingt hommes sont blessés. Une troisième palme sur la croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs (TOE) vient décorer le drapeau qui lui a été confié le 26 janvier 1981.

En 1992, la création du commandement des opérations spéciales fortifie le 1er RPIMa dans ses missions héritées des SAS. Le domaine RAPAS (Recherche AéroPortée et Actions Spécialisées) en fait un régiment sans équivalent dans l'armée de terre.
En juillet 1997, il quitte la 11e Division Parachutiste pour intégrer le Groupement Spécial Autonome qui deviendra deux années plus tard le Commandement des Forces Spéciales Terre et en 2002, la Brigade des Forces Spéciales Terre (BFST) où aux côtés du Détachement ALAT des Opérations Spéciales (DAOS) et du 13e Régiment de Dragons Parachutistes (13e RDP), il poursuit inlassablement ses missions.

Depuis sa création, la liste des interventions auxquelles le 1er RPIMa a participé est longue. Le monde entier reste son champ d'action. Citons sans chronologie les noms qui fleurent bon l'aventure mais également le sang et les larmes : Tchad, RCA, RCI, Zaïre, Congo, Bosnie, Kosovo, Comores, Yémen, Niger, Cambodge, Afghanistan ..

Ainsi, fidèle à son héritage SAS colonial parachutiste, sous la devise « Qui Ose Gagne », le 1er RPIMa est résolument tourné vers l'avenir et sa place, au sein de l'Armée de Terre, est à nulle autre pareille.

 
 

Source : http://www.rpima1.terre.defense.gouv.fr/

 

Lire la suite

Mali : comment fonctionnent les forces spéciales françaises

20 Janvier 2013 , Rédigé par AFP Publié dans #Forces spéciales

Ces unités d'élite sont en première ligne pour ce type d'opération.

Elles combattent en première ligne, mobilisent ce qu'il reste de l'armée malienne et fuient les médias, surtout audiovisuels : les Forces spéciales (FS) sont au coeur de l'engagement français au Mali. Un reporter de l'AFP a rencontré cette semaine certains de ces soldats de l'ombre qui attendaient à Markala, à 270 km au nord-ouest de Bamako, l'arrivée de la première colonne blindée des forces régulières françaises à quitter Bamako pour le nord du Mali.

A condition de ranger l'appareil photo, deux d'entre eux ont donné quelques éléments sur leur mission : d'abord remobiliser des soldats maliens en déroute face à l'offensive des groupes islamistes, qu'ils auraient été dans l'impossibilité d'arrêter sans l'aide des soldats français descendus des avions et des hélicoptères. « Régiment malien... Ouais, si on veut » dit l'un des deux membres des FS. « En fait il n'y a qu'une poignée de courageux qui, quand les barbus attaquent, tiennent une demi-heure et filent ».

Technique et armement moderne

Quand ils sont arrivés, il y a presque une semaine, les forces spéciales françaises ont pris contact avec les soldats maliens qui n'avaient pas fui et leur ont assuré qu'ils n'étaient plus seuls, que des renforts arrivaient. Ils ont été aidés en cela par la campagne aérienne intensive, qui a non seulement arrêté la progression des jihadistes mais a détruit la plupart des bases et des dépôts d'armes des forces islamistes, faisant des dizaines de morts dans leurs rangs.

Et quand il a fallu engager le combat au sol, les Français, leur technique et leur armement moderne ont fait la différence. Quand les premiers Français sont arrivés, tout a changé » a confié à l'AFP le capitaine Cheichné Konaté, de l'armée malienne à Markala. « Le capitaine Benjamin et ses hommes ont été formidables », dit-il, évoquant le premier groupe de FS arrivés dans la région. « Ils nous ont aidés à reconstituer des défenses compactes. Des hommes qui étaient partis sont revenus. Sans eux, c'était fini pour nous ici ».

Souplesse et capacité d'improvisation

Même s'ils ne sont pas nombreux, les membres des FS disposent d'un appui aérien puissant, qui leur permet d'engager le combat avec des forces bien supérieures. « C'est à l'image de ce qui s'est passé en Afghanistan en 2001 avec des poignées de Special Forces américaines envoyés auprès de l'alliance du Nord contre les talibans », rappelle l'ancien chef d'un service français de renseignement, qui demande à rester anonyme. Ces soldats barbus à casquettes, immédiatement entrés dans la légende militaire américaine, montaient à cheval, demandaient qu'on leur parachute des selles et de l'avoine et désignaient, avec leurs pointeurs lasers, les cibles d'Al Qaïda et des talibans aux chasseurs-bombardiers américains.

« On emploie les forces spéciales dans ce genre de situation, quand il y a urgence et que l'on sait que l'on pourra compter sur leur souplesse, leurs capacités d'improvisation », ajoute la même source. « Des unités régulières, plus structurées, organisées, qui ont l'habitude de faire les choses d'une certaine façon auraient plus de mal à s'adapter », selon elle.

Galvanisation et formation

A Markala, les FS ont garé leurs jeeps surmontées de mitrailleuses et leurs 4x4 civils devant l'un des bâtiments d'une base. Comme toujours, ils côtoient les unités classiques qui s'installent, leur servent de guides, coordonnent leurs actions mais ne se mélangent pas à elles. Ils agissent souvent de nuit, discrètement, n'obéissant qu'à leur chaîne de commandement même si les forces régulières sont prévenues de leurs actions pour éviter les méprises. « C'est ce que l'on appelle l'assistance opérationnelle » précise Eric Dénécé, directeur du Centre français sur le renseignement, auteur de plusieurs ouvrages sur les FS.

« Dans ce rôle ils galvanisent, forment, encadrent et accompagnent au combat des forces amies. Ils savent travailler en petites équipes et, grâce à leur soutien aérien, ont un effet multiplicateur. Leur présence conforte et rend plus efficaces des forces locales qui elles connaissent le terrain, c'est primordial ».

Source : http://www.lesechos.fr

Lire la suite

Caïn et Abel, épreuve de la fraternité

20 Janvier 2013 , Rédigé par T\ M\ Publié dans #Planches

J’avais annoncé en premier titre de ce travail Caïn et Abel, échec de la fraternité. Cependant l’annonce faite, un F m’interrogea sur échec ou épreuve ; il venait de corriger le titre et orienter ce travail. Caïn et Abel épreuve de la fraternité.

La question de la fraternité est une question vieille comme la Bible. La Bible est traversée d’histoires de fraternité. Avec le 1er fratricide, c’est l’accent sur la difficulté à coexister qui est mis en avant. La Bible montre que ce sont dans des affaires de sang, de pouvoir et de métaux que se joue la coexistence.

Mon travail s’articule en trois points :

 1 Les Traditions,

 2 Commentaire de Gen4,

 3 Rapprochement à la démarche maçonnique.

CAIN ET ABEL GENESE 4

1 L'homme connut Éve sa femme. Elle devint enceinte, enfanta Caïn et dit: " J'ai procréé un homme, avec le Seigneur. "
2
Elle enfanta encore son frère Abel. Abel faisait paître les moutons, Caïn cultivait le sol.
3 A la fin de la saison, Caïn apporta au Seigneur une offrande de fruits de la terre;

4
Abel apporta lui aussi des prémices de ses bêtes et leur graisse. Le Seigneur tourna son regard vers Abel et son offrande,
5 mais il détourna son regard de Caïn et de son offrande. Caïn en fut très irrité et son visage fut abattu.

6
Le Seigneur dit à Caïn: " Pourquoi t'irrites-tu ? Et pourquoi ton visage est-il abattu ?
7 Si tu agis bien, ne le relèveras-tu pas ? Si tu n'agis pas bien, le péché, tapi à ta porte, te désire. Mais toi, domine-le. "
8 Caïn parla à son frère Abel et, lorsqu'ils furent aux champs, Caïn attaqua son frère Abel et le tua.
9 Le Seigneur dit à Caïn: " Où est ton frère Abel ? " - " Je ne sais, répondit-il. Suis-je le gardien de mon frère ? "
10 " Qu'as-tu fait ? reprit-il. La voix du sang de ton frère crie du sol vers moi.

11
Tu es maintenant maudit du sol qui a ouvert la bouche pour recueillir de ta main le sang de ton frère.
12 Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa force. Tu seras errant et vagabond sur la terre. "

13
Caïn dit au Seigneur: " Ma faute est trop lourde à porter.
14
Si tu me chasses aujourd'hui de l'étendue de ce sol, je serai caché à ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. "
15 Le Seigneur lui dit: " Eh bien! Si l'on tue Caïn, il sera vengé sept fois. " Le Seigneur mit un signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe.

16
Caïn s'éloigna de la présence du Seigneur et habita dans le pays de Nod à l'orient d'Éden.
25 Adam connut encore sa femme, elle enfanta un fils et le nomma Seth, " car Dieu m'a suscité une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué ".
26 A Seth, lui aussi, naquit un fils qu'il appela du nom d'Enosh. On commença dès lors à invoquer Dieu sous le nom de Seigneur.

Le texte de Genèse 4 présenté ici est celui de la traduction œcuménique de la Bible. Nul ne peut prétendre épuiser les significations de l’Ecriture, ni les élucider. Nous pouvons noter que selon les différentes traductions, les variations peuvent être d’importance.

1. Cependant des idées fortes se dégagent selon les Traditions :

La tradition juive ancienne développe des commentaires de lecture morale et explique qu’à ce stade de l’humanité, l’anéantissement d’un individu représente une catastrophe. Aucun homme ne peut prétendre vivre de manière autarcique et que l’inter dépendance constitue un des éléments fondamentaux de la vie en société.

La tradition chrétienne néo testamentaire noircit le personnage de Caïn. Jean 3.12 « Caïn était du mauvais et égorgea son frère. Et à cause de quoi l’égorgea t’il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et celles de son frère justes ». Les siècles suivants verront le délestage du texte biblique de son sens moral au profit d’un sens second, christologique à la coloration anti-juive.

Interprétations gnostiques. C’est ici la notion d’un dieu inférieur, le démiurge qui sera le violeur d’Eve et le père de Caïn et Abel, ignorants et imparfaits, porteurs ainsi une vision pessimiste du monde. Seth fruit lui de l’amour d’Adam et Eve marquera le début d’une descendance non corrompue, victoire du pouvoir de Dieu.

Réflexions musulmanes. Issues de la sourate 5. « Il se trouva de bonnes raisons pour tuer son frère et il le tua. » L’interprétation fera apparaitre la querelle fratricide comme le prélude du refus que les hommes opposeront aux envoyés de Mahomet.

L’Occident Médiéval chrétien marquera une évolution vers un récit fondateur de civilisation. Maitre Eckart retiendra le fait que Caïn et Abel représentent les deux tendances de l’homme plus que l’opposition entre deux types d’hommes. » Les deux fils, le bon et le méchant signifient notre double nature, sensuelle et rationnelle : la nature sensuelle nous pousse vers le mal, c’est l’aliment du péché et le désir charnel. La nature rationnelle nous pousse vers le bien, c’est la voix de la conscience ».

La vision de Luther : Caïn et Abel, le juste et l’hypocrite. Quand on présenta pour la 1ere fois son fils à Martin Luther (1483-1546), il l’embrassa et dit : » Dieu combien Adam dut aimer Caïn, le 1er homme qui soit né ! Et le voila devenu assassin de son frère ! Honte à toi Caïn ! Pour Luther dieu renverse le cours des choses, la promesse ne s’adressait pas à Caïn mais à Abel, et marque le début de l’existence de deux Eglises, la vraie et celle des méchants... Caïn n’est pas damné en fonction de son œuvre mais de son impiété. Luther se reconnait en Abel, il préfère l’autorité divine à celle de l’Eglise caïnite du Pape.

Ensuite au 19°siècle, c’est plutôt Caïn qui inspire, il est l’étendard de la révolte, des rebellions antireligieuses : Byron, Baudelaire « Race de Caïn, au ciel monte, et sur la terre jette Dieu ! », Leconte de Lisle » Celui qui m’a conçu ne m’a jamais souri ! » Hugo lui fera de Caïn la figure germinative du vaste enchainement de ténèbres vivantes qu’est l’histoire humaine. « Pour vous assassiner, justes, l’homme a toujours entre les mains assez du 1er fratricide… ».

Aujourd’hui, l’identité d’Abel représente tout ensemble Jésus et Israël, et plus largement encore toutes les victimes de la violence meurtrière.

Aux lectures traditionnelles lues au fil des époques, il convient de rajouter des lectures d’orientation kabbalistiques qui s’inspirent des noms hébreux, ou alchimiques. Caïn est différent d’Abel dès la naissance. « Elle acquis un homme avec le Seigneur. Elle donna aussi le jour à Abel ». Il n’est pas acquis avec Dieu, il est le fils de sa mère. Différence de principe. Caïn, Qayin, signifie acquérir, Abel, Hevel signifie le souffle .L’ancrage et le mouvement. Sans Abel, Caïn n’est rien, il va juste survivre, mais privé d’âme. La création ne subsiste que par la complémentarité des principes. La postérité humaine se fera par Seth, qui deviendra le Père de l’homme Gen 4.25. Les quatre lettres, quatre consonnes phonétisées mais imprononçables du Tétragramme sacré sont Yod, He, Waw, He, elles ne sont ni un pluriel ni un singulier mais un masculin-féminin. Masculin pour Yod et Waw, Féminin pour He. Le Tétragramme, c’est Père-Mère , principe male, principe femelle.

L’être fondamental est androgyne. Puis selon Gen 1.27 : « Dieu créa l’homme à son image, homme et femme il les créa. » ce qui n’est pas contre dit par Gen 2.22 « Puis de la cote tirée de l’homme, Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme ». Un Adam androgyne image de l’androgyne primordial. Dans le jeu des lettres hébraïques Abel, HEVEL contient le He féminin, et Caïn Qayin contient le yod masculin, comme pour Abram qui recevra le HE et deviendra Abraham GEn 17.5 » ton nom sera Abraham, car je te fais père d’une multitude »

Une lecture de Caïn et Abel qui les fait complémentaires de principes avant tout, ce que pourrait traduire l’image de Basile Valentin dans l’AZOTH du Rebis alchimique, matière double exactement équilibrée, au compas en main droite et équerre en main gauche. Vertu aurifique d’Abel.

2.  Suivons maintenant le texte de GEN 4

Le crime, ce meurtre fondamental est une des conséquences de la chute d’Adam et Eve. Il est l’explication totale : le malheur humain suit l’expulsion du lieu idéal où le crime n’existait pas. En Eden la médiation est inutile. Le sacrifice, l’offrande procédera de l’existence d’une distance entre Dieu et les humains, c’est l’aspiration à rétablir la relation.

En 4.1, Eve pense déjà avoir rétablit la relation : » j’ai acquis un homme avec le seigneur » Caïn est le sauveur d’Eve après la Désobéissance. Caïn l’acquis est reconnu, Abel le souffle, aucune louange ne l’accueille, il est ajouté à Caïn. Caïn est lié aux objets, au sol, Abel lui est en charge d’êtres vivants. Abel est régi par le principe de vie, il développe une vertu d’amour.

Viennent ensuite les offrandes. Il faut renouer la relation, faire acte d’allégeance. C’est Caïn qui a l’initiative de l’offrande et qui semble vouloir l’approbation de Dieu. Abel l’imite.

Dieu choisit l’offrande d’Abel. Dieu ne compare pas les offrandes, il indique un choix, un standard. Le troupeau d’ABEL, évoque lui la vie. Caïn réduit le monde au produit de son travail. L’offrande d’Abel choisie provoquera la colère de Caïn. Pour lui, YAHVE a commis une injustice. Caïn ne pouvant assouvir sa vengeance contre Yahve, va se retourner contre Abel. Abel n’est plus le frère, il est le rival. Dieu invite pourtant Caïn à dominer son sentiment de jalousie. Caïn découvre sa fragilité, sa peur d’être menacé par le droit d’autrui à exister ; peur fondamentale de l’humanité.

Caïn comme Adam ne saura pas renouveler le défi, le meurtre sera consommé. Il va éliminer son frère sans comprendre que la simple acceptation de son inconsistance serait elle-même bénédiction. Caïn ne reconnait pas sa faute et se transforme en accusateur. Sa réponse insolente signifie c’est toi Dieu qui n’a pas veillé sur mon frère, c’est toi qui l’as tué. Caïn se place en irresponsabilité, il lui est impossible d’émerger à lui-même. Abel meurt donc, l’Eternel ne la sauve pas. C’est bien à l’homme de veiller sur son frère. Responsabilité de l’un à l’autre, présence de l’un à l’autre.

Survient alors la parole de repentance, demande d’aide à l’Eternel. Caïn ignorant l’interdit du meurtre, Dieu refuse la peine de mort au nom de la vie. Si Caïn a échoué à garder son frère, Dieu gardera Caïn par le signe mystérieux.

EVE dit en GEN 4.25 « Dieu m’a accordé une autre descendance ». La postérité humaine passera ensuite par Seth ancêtre de Noé.C’est ce que dira EVE en GEN 4.25 « Dieu m’a accordé une autre descendance ». Seth signifie le refus de l’alternative entre bourreau et victime. Seth est l’émergence de l’humain dans l’être, il dépasse les limites d’Abel.

Ainsi le récit biblique de GEN 4, n’oppose pas seulement deux frères mais s’attache à éveiller à travers cette histoire notre propre responsabilité envers autrui, condition pour partager l’existence.

Comment Abel, le souffle, l’inconsistant, le second, ce vaniteux peut il prétendre à la bénédiction ? Cette vision de la vanité d’Abel est la notre, à tous. Caïn avait besoin d’Abel pour être complet, il devait être le gardien de ce souffle frère. Notre avenir dépend de l’acceptation de ce souffle qui est en nous et hors de nous. Le point de départ est la constante négation de l’Abel en nous. Nous sommes tous des meurtriers d’Abel, des gardiens de notre frère.

3 .Rapprochons maintenant la lecture de GEN 4 de notre démarche initiatique, de notre engagement maçonnique, chemin de vie, sculpture de soi. La Lumière que nous recevons et qui nous crée FM, est cette Lumière vers laquelle nous voyageons, retour au Principe. Principe créateur porteur du plan, postulat du sens au monde et à la vie. Il est de notre nature d’être obsédé par l’Insaisissable, Principe d’une Recherche, pas d’une Révélation. Différence de la Parole perdue et de la parole révélée. Le volume de la Loi Sacrée n’est pas la traduction de la Parole divine, il est le symbole de la Tradition, de l’histoire commune de l’humanité et qui doit être interprété sous l’angle de l’équerre et du compas, de la droiture de pensée et d’action, ainsi que de la justice. Construire et vivre une humanité apaisée exige l’amélioration de soi par une recherche constante sur notre propre nature et aussi mieux comprendre la nature de l’autre, sans qui nous ressentons que nous ne pouvons être nous même. La FM est une école de vie, une école à être où nous apprenons de Caïn et Abel à être le gardien de l’autre, de l’autre partie de soi-même. La possibilité de l’initiation, c’est rassembler ce qui est épars, c’est reconstituer l’intégralité de son être.

Ecole à être, école à veiller aussi. Etre l’appui, le soutien sur lequel et grâce auquel l’autre voit plus loin. Etre passeur de liberté par le don. Caïn donne avec la main, Abel offre avec le cœur, Caïn donne ce qu’il a, Abel offre ce qu’il est. Le rituel d’instruction au 1er et 3° degré : » Etes vous FM ? » » Mes FF me reconnaissent comme tel. La fraternité est d’abord une reconnaissance. Caïn n’a pas reconnu Abel. Le meurtre pouvait stériliser l’humanité comme la mort d’Hiram pouvait faire péricliter la construction de notre édifice. Les origines du grade de MM peuvent être rapprochées de Caïn et Abel.

Trois tuent Hiram, et trois refont l’unité du Maitre. Le maitre meurt par trois et renait par trois. Comme les deux frères doivent devenir trois par Seth pour refaire leur unité, l’accord avec Dieu, les trois principaux officiers de la Loge relèvent le Maitre. Notre mort symbolique, qui porte notre naissance spirituelle nous permet de refaire notre unité totalité. Le relèvement du Maitre se fait donc par l’action de trois, les cinq points parfaits de la Maitrise et la communication du mot sacré. Prise de Mains en griffe, rapprochement des pieds, des genoux, des cotés puis attraction des cœurs par appui des mains dans le dos, les cinq points parfaits fondent une réanimation successive pour sortir de la dualité du temps. La communication du mot sacré, mot substitué devient le souffle de revitalisation, reflet du souffle de vie d’Abel.

Les assassins d’Hiram, les mauvais compagnons porteurs de l’ignorance, le fanatisme et l’ambition sont des FF jaloux du salaire des MM comme Caïn, concentré des mêmes métaux, pouvait l’être de l’offrande d’Abel.

Les hommes perdent au 3° degré Hiram l’architecte, ils perdent ainsi le lien à la Grande Architecture, au Principe. C’est là la vocation des MM, la construction, la création ; l’homme est à l’image de Dieu, l’humanité est en charge du monde et doit le construire. La parole primitive fécondante est perdue avec la mort du Maitre, il faut une parole substituée et la faire revivre. La faire revivre passe par une élévation, le redressement du corps du Maitre.

Le FF entre dans le Temple à reculons, on l’amène au meurtre. Il remonte aux origines, à Caïn et Abel, s’affranchit-il du temps ? Il doit être reconnu innocent avant de se retourner. Après avoir enjambé le corps dans le cercueil, le FF prendra la place du MM dans le cercueil. L’un remplace l’autre, Maitre Hiram doit devenir un avec le nouveau Maitre. Les deux frères représentent la complétude d’Abel et Caïn. Dualité qui se résorbera dans l’unité du centre : le maitre devient le miroir pour tous les disciples à venir de leur être en devenir.

L’humanité entreprend une quête sans fin, la Parole n’est pas retrouvée une fois pour toutes, c’est une pensée vivante qui ne peut être figée et dont nous devons rassembler les éléments.Caïn et Abel, épreuve de la fraternité

Le nouvel Hiram, comme Seth, devient le germe d’une nouvelle humanité. Ainsi la violence primordiale ne définit pas l’échec de la fraternité, elle en est bien l’épreuve, épreuve toujours renouvelée comme le disent ses quelques mots :

Ici dans ce transport, moi Eve, avec mon fils Abel, si vous voyez mon fils ainé, Caïn fils d’Adam, dites lui que je… le poème n’est pas terminé, il est rapporté par Dan PAGIS, déporté à Auschwitz. Eve mère de tous les vivants, subit le même sort que son fils Abel. Elle est avec lui dans le wagon qui l’emmène au camp de la mort. Caïn a abusé de sa force, Caïn a obéit aux ordres.

L’histoire de l’humanité exige la plus grande vigilance, pour tous les Caïn que nous pouvons être.

TVM, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Rassembler ce qui est épars

19 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

L’instruction du troisième degré nous apporte, dans ses tous derniers mots, une réponse complète et sibylline pour "rechercher ce qui a été perdu, pour rassembler ce qui est épars ... et répandre partout la Lumière".

Si tout est dit dans cette ultime réponse il reste au nouveau Maître à donner un sens à ce qui semble devoir être la quête de tout FM , cet idéal dont la réalisation ne sera peut être jamais achevée.

C'est dans les Constitutions d'Anderson que l'on trouve cette phrase: "La Franc-Maçonnerie est destinée à rassembler ceux qui, sans elle, ne se seraient jamais rencontrés".

Qu'entendre alors par "Rassembler ce qui est épars", au delà de cette vocation première de la FM ?
On peut y voir trois aspects complémentaires et indissociables symbolisant les trois forces créatrices d'une utopie fondatrice.
"Rassembler ce qui est épars" est à la fois une valeur, un moyen et une finalité.

Commençons par la valeur.

1- Issus d'une souche unique, que les scientifiques s'accordent à situer en Afrique de l'Est, les premiers Hommes ont ensuite migré pour finalement occuper la presque totalité de cet espace restreint qu'est notre planète Terre.
Les conditions climatiques et géographiques ayant entrainé des adaptations morphologiques et culturelles importantes, l'Homme a créé des langues, des us et coutumes et des cultures spécifiques et différentes.
Car ce qui est épars, en premier lieu, c'est l'espèce humaine et c'est cette particularité qui a créé les différences…qui font toute la différence !
C'est, par ailleurs, au nom de ces différences que l'Homme se déchire et se bat depuis la nuit des temps.
Parfois pour l'imposer, d'autres fois pour la sauvegarder.
Mission, projet ou utopie, qu'importe le mot, seule l'action nous permettra d'œuvrer dans ce sens pour finalement atteindre l'Unité dont nous sommes tous issus.

Certains pourraient voir, dans cette volonté de rassembler, une contradiction entre la liberté de penser, qui nous garde de tout dogmatisme et la réunion des diversités.
Mais c'est sans compter sur la Fraternité, cette valeur humaniste qui nous anime et nous permet de nous réunir dans le respect de la différence, la tolérance de la diversité et nous encourage à construire l'œuvre autour d'un axe commun.


Il nous vient alors à l'esprit cette maxime de Saint Exupéry si souvent reprise sur nos colonnes:
"Si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m'enrichis".

Il nous faut donc rassembler et non assembler, car la pensée unique serait destructrice d'une démarche qui consiste à respecter chacun dans sa différence et à construire ensemble dans une dynamique où les esprits s'additionnent plus qu'ils ne s'opposent.

Ce qui est épars c'est la diversité de l'Homme, cette diversité qui fait de chacun de nous un Être à part, unique et complexe.
La démarche M\ doit donc permettre à chacun de travailler, de construire et de s'élever marche après marche, vers l'Unité en s'enrichissant de la complexité de l'Autre.
Et c'est la Fraternité qui rend possible une telle démarche. Démarche qui, soulignons-le, tend à l'universalité dans l'unité sans jamais tomber dans l'uniformité.
Alors notre chaîne d'union peut devenir une chaine de Fraternité qui nous invite à progresser tous ensemble vers notre idéal en associant la verticalité et l'horizontalité que sont la pensée et l'action.

2-"Rassembler ce qui est épars" est donc également un moyen, et c'est le symbolisme qui nous en donne la mesure.

Car "faire symbole" c'est étymologiquement rapprocher les deux morceaux d'un même objet par deux individus différents afin de leur permettre de se rejoindre et de se reconnaître.
"Faire symbole" c'est déjà poser un acte pour retrouver l'Unité.
Ce qui présuppose que cette unité a existé, à été perdue, qu'elle est reconstructible et qu'il existe une démarche pour la retrouver.
Le symbolisme maçonnique est un moyen, une démarche unificatrice qui permet l'échange au delà des différences de cultures, d'origines de religions ou d'opinions.

Il nous conduit à ce que Jung appelait l'inconscient collectif et nous reconnecte au sens le plus secret des représentations archétypales auxquelles nous pouvons nous accéder par l'intermédiaire du symbole.
C'est la voie royale de la connaissance mais également un puissant moyen de réconciliation avec soi-même et par conséquent avec les autres.
N'est-ce pas là une matérialisation du verbe "rassembler" ?
C'est la démarche symbolique, en tant que moyen, qui nous conduit à l'Unité de l'Être en tant que finalité. Car elle nous plonge dans l'univers de la conscience en transcendant celui de notre mental et de notre moi.
Ainsi l'Être et le Moi se trouvent rassemblés au plus intime de nous-mêmes.

Le symbolisme est la voie qui permet l'émergence de l'Être et le silence de l'égo par les représentations intimes qu'il créé et l'espace sacré intemporel dans lequel il nous immerge.
Moyen universel, le symbolisme maçonnique est un outil initiatique au sens premier du terme car il nous permet de progresser sur la voie de l'Unité fondamentale à laquelle nous aspirons et pour laquelle nous avons demandé la Lumière lors de notre première entrée dans le Temple.

3- "Rassembler ce qui est épars" est, en troisième lieu, une finalité.
Comme dans le mythe d'Osiris dans lequel Isis l'épouse et veuve fidèle rassemble les morceaux épars de son mari puis insuffle une étincelle de vie pour être fécondée, nous avons, en tout premier lieu, pour contribuer à la réalisation de l'idéal maçonnique, à rassembler, en nous, ce qui est épars.
Nos antinomies, nos contradictions semblent occuper notre espace mental et sont à l'origine de la plupart de nos décisions et actions. Lorsqu'ils deviennent conflits internes ils sont à l'origine de tous les désordres psychiques que nous connaissons, que nous avons connu ou que nous connaitrons.

Une des principales caractéristiques de notre vision humaine consiste à considérer chaque élément de notre environnement comme étant différent des autres et surtout à donner à chaque élément plusieurs significations différentes et parfois opposées.
Notre mental semble être comme un prisme qui décompose la réalité en plusieurs fragments de couleurs.
Ce qui pourrait sembler être un chaos intérieur est en fait le résultat d'une pensée multiple due à des structures psychiques différentes et parfois opposées.
La réconciliation de ces différentes structures est un premier objectif que le symbolisme peut nous permettre d'atteindre.
Elle exige cependant une connaissance approfondie du "soi" dont on ne peut faire l'économie.
Pour Unifier notre Temple intérieur et contribuer à la création du Temple extérieur nous devons faire nôtre la maxime socratique :
"Connais toi toi-même et tu connaitras l'Univers et les Dieux".

Se connaître c'est tout d'abord apprendre à regarder les multiples aspects de notre personnalité et à reconnaître leurs différentes façons de voir le monde, leur perception subjective, leurs peurs et leurs attentes.
Certaines de nos attentes peuvent alors être contradictoires et même conflictuelles. Nous sommes alors tiraillés et confrontés à des choix qui sont faits de renoncements et de sacrifices.
Vivre en harmonie avec soi-même est une vaste entreprise de développement de soi, de conscientisation et de travail intérieur continuel.

Cette harmonie intérieure nous conduit alors à distinguer l'Esprit de l'égo et de les unifier.
"Rassembler ce qui est épars" revient à passer du multiple à l'Unité, c'est atteindre la Sagesse par la Connaissance, la Tolérance et l'Amour Fraternel.

C'est atteindre le centre de nous-mêmes où brille cette Lumière que nous pourrons alors répandre autour de nous.
Dans un monde où la pensée scientifique semble régler en maitre, le profane en vient à croire qu'il est un grain de sable noyé dans un Univers dont on ne connaît pas les limites.

Le FM sur le chemin de son initiation accède a la connaissance que l'Univers tout entier est contenu au plus profond de lui; car ce qui est épars n'est peut être pas ce qui est perdu mais simplement ce qui est enfoui en lui-même.

source : http://anck131.over-blog.com/

Lire la suite

Rassembler ce qui est épars

19 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

 

Rassembler ce qui est épars

L’homme et la multiplicité

L’homme fait l’expérience du multiple. D’abord dans sa relation au monde, où il ressent la multiplicité de l’émanation. Ensuite avec l’autre, lorsqu’il fait l’expérience du relatif, de la division et des contraires. Enfin, à l’intérieur de lui-même, lorsqu’il ressent la multiplicité de son être avec sa part d’ombre faite de pulsions et d’émotions.

Selon C.G. Jung, la dispersion apparaît en effet comme fatale dès lors il y a eu séparation de la conscience individuelle avec le Tout. La conscience se crée comme séparation et différentiation. Le binaire induit la multiplicité et la dispersion est ainsi la condition existentielle même de l’homme.

L’aspiration à retrouver l’Unité et la quête d’un ordre

L’être humain a pourtant, de tout temps, perçu une unité fondamentale dans la manifestation dont il se sent partie intégrante. Le parcours du soleil, le rythme des saisons et la chaîne même de la Vie, où toute mort est le germe d’un renouveau, donne l’intuition de régularité et de complétude, d’un rapport secret entre le rythme de l’âme et de celui de l’univers, de ce qu’on pourrait appeler un « ordre ».

Cet ordre est intimement lié aux grands mystères de l’existence. Il n’appartient pas au rationnel, car placé au-delà de la raison, qu’il englobe. C’est le reflet d’un Principe primordial organisateur, qui est pour moi, ce dont la G\ L\ D\ F\ proclame l’existence sous le nom de Grand Architecte de l’Univers.

Rassembler ce qui est épars peut certes s’entendre sur le plan social, c’est à dire réunir des hommes qui sans la maçonnerie auraient continué de s’ignorer. Mais c’est aussi une démarche intérieure. En premier lieu chercher à réunifier toutes les parties de son être avec l’Un, en se reliant au Principe, ou plutôt à le Retrouver, s’il existait en potentialité dès le commencement.

La vision symbolique du monde

Pour Mircea Eliade, c’est par une vision symbolique du monde que l’homme a de tout temps cherché à se relier. L’homme en quête de sens reconnaît un point fixe qui devient symboliquement Centre de l’univers, et autour duquel s’ordonne l’espace selon les deux directions cardinales. Ce centre est l’Axis Mundi, porte des cieux, liaison symbolique avec une réalité supérieure. A l’espace matériel fait d’une infinité éparse de lieux neutres, se superpose ainsi un espace sacré symboliquement ordonné.

En loge, nous récréant à chaque tenue un monde sacralisé, situé symboliquement hors du temps profane et reliant notre monde physique à une réalité principielle. La loge ordonnée par son aménagement symbolique et par le rituel est le reflet du monde organisé selon le Principe comme celui de l’esprit humain en fonctionnement harmonieux. C’est le creuset dans lequel le maçon peut se transformer par le travail conjoint de l’imagination et de la raison rassemblées.

La construction de l’univers

Selon la tradition biblique, le monde naît d’un chaos originel par séparation. La Parole organise, in-forme l’univers, c’est à dire lui donne forme.

Selon la tradition ésotérique, l’esprit se dissout en se multipliant dans la matière, puis se recentre, se conscientise, en refaisant son unité dans la « divinité - Un ». C’est du centre que tout émane et c’est dans le centre que tout se recrée. Ce double mouvement est celui du solve et coagula des alchimistes.

Malgré une expression bien sûr toute autre, la vision scientifique d’aujourd’hui va dans ce sens. On admet que l’univers se serait formé à partir d’une énergie originelle, d’un chaos. Des fragments d’énergie se seraient condensés en particules, puis en noyaux, en atome, …, jusqu’en matière vivante porteuse de conscience. Il y a eu succession d’émergences, faisant apparaître à chaque étape un ordre organisateur à partir d’éléments multiples dispersés.

L’histoire de l’univers apparaît ainsi comme une sorte de cycle de dispersions puis de rassemblement d’éléments épars, du chaos jusqu’à la vie conscience. Le théologien Pierre Teilhard de Chardin y a vu une évolution créatrice orientée vers le divin. Peut-être pourrait-on dire : vers le retour au Principe, vers la spiritualisation. La vie consciente Etait à l’origine en potentialité dans la matière. Alors il doit exister, ou plutôt Etre un Principe, qui est le sens même de la vie.

Qu’est ce qu’aller dans le sens de la vie ? Un être vivant dans la satisfaction égocentrique ne lèguera vraisemblablement que peu de choses, et n’a je pense que peu de joie de vivre. A l’inverse, un être qui a eu à coeur de transcender sa condition d’homme matériel en recherchant vérité et justesse de ses actes deviendra maillon d’une chaîne de transmission. Je crois donc que se relier à l’ordre, c’est avant tout s’inscrire dans celui-ci en poursuivant son déploiement, en premier lieu à l’intérieur de soi-même.

Le retour à l’Un comme construction

Le rassemblement dans l’Un n’est pas la fusion, qui serait retour au chaos, mais la création d’ordre permettant de réintégrer l’image de l’ordre principiel en toute chose.

Le maçon s’attache à chercher la Vérité. Pour cela il remet en cause ses vérités relatives en s’enrichissant de celles des autres, mais aussi en puisant aux mythes, aux traditions, aux philosophies. Convaincu que se tient en chacun et en chaque chose une part de la Vérité originelle, il cherche et rassemble en construisant. Le ternaire nous enseigne qu’il peut être possible de passer de deux points de vues relatifs et apparemment antagonistes à un nouveau point de vue transcendant les deux autres. Celui-ci sera probablement rassemblé dans une nouvelle vision se rapprochant plus prêt de la vérité. C’est une construction. Nous nous approchons de la Vérité en reliant des éléments épars, et en reliant nous créons de l’ordre et construisons.

La ré harmonisation de la conscience de l’homme

Mais pour être apte à construire, il faut d’abord établir l’ordre, c’est-à-dire l’harmonie, en soi-même. En proie à la dispersion, le profane est, selon les termes du psychologue Paul Diel, un homme « banal », centré sur ses désirs immédiats. Une avalanche de désirs contradictoires se renforcent et se multiplient sans jamais se satisfaire. L’imagination d’où naît les désirs et la raison qui conçoit leur réalisation fonctionnent alors sous le contrôle de ce que N\ F\ Jacques Trescases appelle un « faux maître », substitué au vrai Maître, qui serait, selon l’ordre rétabli, l’instanciation en nous de la Loi morale.

Aller dans le sens de la vie, c’est retrouver un fonctionnement intérieur harmonieux où a été rétablie la loi « surconsciente » qui réagit l’Etre.

Ces pôles psychiques : action, sensation, raison - soleil, imagination - lune, et Loi surconsciente, au nombre de 5, sont en correspondance symboliques avec les 5 officiers éclairant la Loge, image de notre être intérieur harmonieux. Comme le remarque encore N\ F\ Jacques
Trescases, le fonctionnement juste de la psyché est donné par le tracé de l’étoile Flamboyante, image de l’homme ré harmonisé, qui a intégré en lui l’ordre de l’univers.

Mais le compagnon n’a fait que voir l’étoile flamboyante. Pour intégrer pleinement en lui cet ordre, il lui faut encore rétablir le maître en lui tel qu’il existe en puissance. C’est l’un des sens même du psychodrame du meurtre d’Hiram, qui marque symboliquement à travers le vécu de la mort la restauration de l’élan spirituel. Hiram personnifie l’homme qui fait perdurer l’ordre éternel de construction, mort sous les coups de l’imagination, de la raison et du jugement moral déréglés, c'est-à-dire de la vanité humaine. Par l’effort unis des trois F\ F\ dirigeant la Loge, qui est au contraire la dynamique harmonieuse, et seulement par lui, le Maître peut être relevé.

L’accession à la maîtrise marque donc symboliquement la capacité acquise par l’initié à poursuivre la construction et à l’ordre du monde en rassemblant. C’est donc je pense le commencement du travail proprement spirituel.

Le chemin vers l’Unité retrouvée

L’œuvre à venir du Maître maçon est résumée en conclusion de la cérémonie d’exaltation : « Chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la lumière ».

Retrouver la Parole perdue, ce serait restaurer l’ordre principiel où toute chose se trouverait à sa juste place. C’est le but ultime.

Mais, pour citer Oswald With, rien ne se détruit dans le monde des idées. A partir de ce que nous lèguent les traditions, il se trouve nécessairement dans l’univers des parcelles de cette parole perdue. Le maître maçon a donc le devoir d’explorer tous les points de vue, toutes les traditions, pour y puiser les traces de l’Esprit et les rassembler. Dans de nombreuses traditions, telles le mythe d’Osiris, il est nécessaire de rechercher ce qui a été perdu et dispersé par toute la terre pour ramener un mort à la vie. De même le maître doit-il voyager sans relâche de l’Orient à l’Occident. En passant par le septentrion et le midi, c'est-à-dire suivant le parcours juste de tout initié, il chemine donc symboliquement toute la surface de la terre, Ce parcours de l’horizon signifie plusieurs choses : d’abord qu’il n’y a pas de limite pour lui dans la recherche de la vérité autre que celles de ses capacités présentes.

Ensuite que ce parcours se fait en se conformant à des cycles. Il faut rassembler dans le monde des idées à l’Orient, mais, une connaissance est vaine si elle n’est agissante et retransmise dans le monde manifesté, c'est-à-dire à l’Occident. Le parcours est donc une alternance de lumière et d’ombre, d’intuition et de raison, d’élaboration et de mise en oeuvre, de conception et de retransmission.

Enfin la surface de l’horizon est pour l’imagination un cercle. Le parcours suivant le carré est celle de l’initié, mais elle appartient encore à la manifestation. En passant de l’angle droit au cercle, forme parfaite et image de l’éternité, sans commencement ni fin, et dans lequel le carré s’inscrit, le maître accède à un autre plan à partir de son propre centre. Symboliquement devient médiateur entre le monde manifesté et le Principe. Il est « au milieu », entre l’équerre et le compas.

Certes l’homme spirituel que le maître aspire à devenir appartient encore à la matérialité, mais il se rapproche de l’image du Principe qu’il porte en lui.

Rassembler ce qui est épars, c’est une tâche jamais achevée, un idéal dont au mieux on se rapproche de manière asymptotique. Si cet idéal était atteint, alors la parole perdue serait retrouvée et cela marquerait l’accession à un nouveau plan de conscience pour l’initié. Mais un nouveau cycle recommencerait car toute connaissance humaine est inaboutie. Tout achèvement ne saurait être que relatif et le travail se poursuit indéfiniment.

V .M, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Qu’entendre par « réunir ce qui est épars » ?

19 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

L’expression « réunir ce qui est épars » nous pose une question et sous-entend un postulat.
• Que cherche-t-on à réunir ? des hommes, des idées, des hommes qui ont des idées, des bonnes volontés, des membres d’une même famille intellectuelle, professionnelle, politique, philosophique ?
• Le verbe « Réunir » c'est-à-dire : rassembler, rejoindre sous entend qu’il existait avant la séparation une entité cohérente, ce que l’on appelle en mathématique un « ensemble » qui pour une raison quelconque a éclaté !

Le besoin de réunir, de rassembler est une des composantes historiquement fondatrice de ce qu’est la FRANC-MAÇONNERIE !
Dès sa genèse, à Londres, il est dit dans l’article 1 de la constitution des FFMM :. de 1723 concernant Dieu et la religion « la Maç :. devient le centre de l’union et le moyen de nouer une amitié sincère entre les personnes qui n’auraient pu que rester à une perpétuelle distance »

Il faut se rappeler que l’Angleterre sort d’une longue guerre civile, La Grande Loge apparaît comme un lieu où pouvait s’accomplir la réconciliation des élites et du peuple, des diverses confessions qui s’étaient durement affrontées, où la légitimité des institutions pouvait s’ancrer, où la prospérité économique du royaume pouvait être impulsée !

Le Maçon devient, je cite « un paisible sujet vis-à-vis des pouvoirs civils … qui ne doit pas se mêler aux complots et conspirations contre la paix et le bien être de la nation »

La F:.Maç:. spéculative d’alors rassemble ce qui est épars : « des anglais qui s’étaient déchirés pour des raisons religieuses, politiques, philosophiques et qui voulaient reconstruire leur nation! »

Elle réunit des gens de condition plutôt modeste, artisans, commerçants qui cherchent essentiellement à s’entraider, à se secourir en ces temps difficiles, animés par le même esprit de tolérance et d’ouverture vis-à-vis « de cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord »

Pour la première fois, un pouvoir parlementaire s’installait dans une grande monarchie européenne et les FFMM :. s’unissaient pour lutter contre tous les despotismes !

Ces valeurs humanistes fondatrices allaient devenir ce que Roger DACHEZ dans son « histoire de la franc-Maçonnerie Française » appelle « l’universalisme Andersonnien » qui a traversé le temps jusqu’à nous.

Institution essentiellement philosophique, philanthropique et progressive, la FMaç :. conserve cependant comme base « la croyance en l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme »
Il fallut attendre 1865 pour qu’apparaisse dans la Constitution du G :.O :.D :.F :. un alinéa affirmant « la liberté de conscience comme un droit propre à chaque homme »

L’idée de laïcité germait en FMaç :. et quelques années plus tard, l’obligation de croire en Dieu ne serait plus une condition indispensable à l’initiation. Cette nouvelle valeur fondamentale de réunion à la française provoquait la scission avec la Grande Loge d’Angleterre.

Depuis les obédiences n’ont fait que proliférer sans véritablement enrichir l’univers maçonnique!
Malgré ces divisions, nous continuons tous, à la fin de chaque tenue, main dans la main, à appeler de nos voeux le rapprochement de tous les hommes par la fraternité.

« Réunir ce qui est épars » devrait donc consister tout d’abord à réunir tous les FFMM :. en forgeant cette chaîne qui relie tous les hommes de bonne volonté, à élever leur esprit vers l’idéal de notre ordre pour enfin « étendre à tous les membres de l’humanité les liens fraternels qui nous unissent sur toute la surface du globe »

« Réunir ce qui est épars » c’est rendre enfin la Franc-maçonnerie universelle car elle est, par nature, UNIVERSELLE !

En effet, si dans la pensée moderne tout nombre entier est un multiple de l’unité ; chez les pythagoriciens qui nous ont tant influencés, les nombres résultent de la division de l’unité !
Nous retrouvons chez les gnostiques ce même concept d’une « unité divine » qui se serait divisée en chaque être humain appelé à se réunir dans le monde parfait d’En Haut.

Ce monde parfait, c’est ce « temple de l’humanité » que nous cherchons à édifier jour après jour, pierre après pierre, c’est cette quête qui nous unit, nous réunit, chacun à sa place, selon ses moyens, sur ce chantier universel !

Nous sommes donc appelés, nous FFMM :., de par nos origines, nos influences et notre pensée, un jour à nous réunir !


Espérons ! Espérons ! Espérons ! Et le plus vite sera le mieux !

Source : http://reunionetraison.monsite-orange.fr/page7/index.html

Lire la suite

Rassembler ce qui est épars

19 Janvier 2013 , Rédigé par S\ B\ Publié dans #Planches

Quel travail ! La tâche du maçon est de chercher ce qui a été perdu, « rassembler ce qui est épars » et répandre partout la lumière.

On comprend mieux pourquoi le travail d’un maçon ne s’arrête jamais. Dans l’immédiat, tentons de rassembler ce qui est épars.

Si l’on s’en tient au mot, il s’agit de collationner ce qui se trouve dispersé, ce qui est en fait un message d’espoir dans la mesure où cela n’a pas disparu. Cela signifie également que l’objet final est le retour à l’unité ce qui indique trois choses :

  • L’unité a déjà existé.
  • Elle n’existe plus pour le moment.
  • Elle existera probablement à nouveau.

Dans le fait de rassembler, ne s’agit-il pas tout simplement de se retrouver grâce aux autres, une sorte de mutualisation. C’est ensemble que nous y arriverons. Lors de la cérémonie d’élévation au troisième degré, le premier surveillant qui tente de relever le corps dit « Tout se désuni », cela devient épars. Il fait état de son impuissance, seul il ne peut y arriver. Mais c’est grâce à l’union et aux cinq points parfaits de la maîtrise que nous pouvons à nouveau aller de l’avant. La Maçonnerie ne s’est pas créée seule, il a fallu être plusieurs donc, déjà se rassembler. De même, en loge, il y a plusieurs officiers, ce qui permet une unité. Rassembler ce qui est épars c’est recréer l’unité où elle semble avoir disparu. Rappelons-nous lors de l’initiation au troisième degré, on rentre à reculons, on est plongé dans le noir, il n’y a plus d’officiers, tout semble désuni. Il faut donc réorganiser, reconstruire.

N’est-ce pas non plus un message pour essayer de comprendre et de rassembler ce que l’on a appris et d’en faire une synthèse :

  • L’apprenti écoute et observe. Il a un rôle passif.
  • Le compagnon cherche, voyage, s’instruit. Il a un rôle actif.
  • Le maître réalise des plans, il construit, il met en place, il rassemble les expériences et les connaissances de l’apprenti et du compagnon. Cependant, il n’est ni actif, ni passif : il pense.

Mais qu’est-ce qui est épars ? La connaissance ? Mais quelle connaissance ? Elle évolue sans cesse. Ce n’est pas un puzzle classique où il suffit d’emboîter les pièces que l’on trouve, encore faudrait-il toutes les trouver. Les pièces évoluent, on s’en approche puis on s’en éloigne car ce qui semble être trouvé se transforme et amène à se poser une autre question. C’est une quête sans fin.

Dans les divers degrés d’instruction, le maçon découvre de nouveaux symboles, donc de nouvelles pièces mais il se rend compte également que chaque symbole peut avoir plusieurs sens. Ainsi, son regard d’apprenti, de compagnon ou de maître n’est pas le même. Dans la vie profane, il en est de même : les diverses expériences et connaissances acquises nous font jeter un regard différent sur la vie.

Mais ne serait-ce pas plutôt l’être humain qui est épars car en prenant la main du corps qu’il tente de relever, le 1er surveillant s’écrie « Tout se désuni ».

Mais faut-il se rassembler soi-même ou rassembler les autres ? Cela ne serait-il pas un désir constant de créer une chaîne d’union universelle ? Ou est-ce soi-même qu’il faut rassembler car il me semble aller dans tous les sens, je m’éparpille. Il s’agit donc de s’améliorer tant intellectuellement que physiquement. N’est-ce pas prendre un nouveau départ, se recréer, un peu comme une nouvelle naissance ou plutôt comme une renaissance ? Ne faut-il pas rapprocher cela du mythe d’Osiris. En effet, Seth découpa le corps d’Osiris en quatorze morceaux qu’il répandit à travers la terre d’Egypte. Isis, son épouse, retrouva les morceaux épars du corps divin et les recueillit. Le corps fut reconstitué par les Dieux et Osiris fut ainsi reconstruit, réanimé et revivifié.

Il faut arriver à rassembler les éléments pour avoir une vue d’ensemble, pour comprendre autre chose, quelque chose qui n’est pas au-dedans, ni au-dehors mais au-dessus.

Il s’agit de trouver un moyen de relier l’intelligence à l’esprit. La connaissance est importante, encore faut-il savoir l’interpréter. Avec de l’uranium, on peut produire de l’énergie, pour nous éclairer ou nous détruire. Face à une création artistique, nous avons des approches différentes selon nos différentes connaissances mais également selon notre sensibilité. Notre esprit n’est-il pas un mélange de rationnel et d’irrationnel ?

« Rassembler ce qui est épars », je dois confesser que je n’y suis pas arrivé mais cela m’a ouvert d’autres voies, d’autres pistes. J’ai l’impression de toucher, d’approcher des idées sans pouvoir totalement les définir, ce qui est assez difficile à appréhender pour un esprit cartésien. De plus, j’ai le sentiment de ne pouvoir jamais y parvenir ou de ne pas vouloir y parvenir car cela serait synonyme de fin, or le monde ne s’arrête jamais et cette quête me donne l’envie de découvrir, de rechercher et n’est-ce pas là le plus important ? Comme nous le rappelle Sénèque dans les « lettres à Lucilius » : « Celui qui cherche la sagesse est un sage, celui qui croit l’avoir trouvée est un fou ».

Le maître que je suis dans la vie professionnelle apprend chaque jour, que ce soit dans le domaine artistique, technique ou humain. Je suis donc toujours dans l’apprentissage.

Le maître que je suis dans la vie maçonnique me fait trouver régulièrement en loge de nouveaux messages. Je suis également toujours dans l’apprentissage et essaie de rassembler ce qui est épars.

Cette quête n’est-elle pas à rapprocher de la définition de l’idéal proposée par un Frère que je cite « L’idéal est une conception de l’esprit mais qui part d’un réel vrai pour arriver à un réel en puissance ».

J’ai dit Très Vénérable Maître

 

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Rassembler ce qui est épars

18 Janvier 2013 , Rédigé par P\ A\ Publié dans #Planches

A la question de savoir dans quel but voyagent les Maîtres FM l'instruction du troisième degré nous apporte, dans ses tous derniers mots, une réponse complète et sibylline :
"Pour rechercher ce qui a été perdu. Pour rassembler ce qui est épars et répandre partout la lumière"

Si tout est dit dans cette ultime réponse il reste au nouveau Maître à donner un sens à ce qui semble devoir être la quête de tout FM, cet idéal dont la réalisation ne sera peut être jamais achevée.

C'est dans les Constitutions d'Anderson que l'on trouve cette phrase: "La Franc-Maçonnerie est destinée à rassembler ceux qui, sans elle, ne se seraient jamais rencontrés".

Qu'entendre alors par "Rassembler ce qui est épars", au delà de cette vocation première de la FM ?
On peut y voir trois aspects complémentaires et indissociables symbolisant les trois forces créatrices d'une utopie fondatrice.
"Rassembler ce qui est épars" est à la fois une valeur, un moyen et une finalité.

Commençons par la valeur.

Issus d'une souche unique, que les scientifiques s'accordent à situer en Afrique de l'Est, les premiers Hommes ont ensuite migré pour finalement occuper la presque totalité de cet espace restreint qu'est notre planète Terre.
Les conditions climatiques et géographiques ayant entrainé des adaptations morphologiques et culturelles importantes, l'Homme a créé des langues, des us et coutumes et des cultures spécifiques et différentes.
Car ce qui est épars, en premier lieu, c'est l'espèce humaine et c'est cette particularité qui a créé les différences…qui font toute la différence !
C'est, par ailleurs, au nom de ces différences que l'Homme se déchire et se bat depuis la nuit des temps.
Parfois pour l'imposer, d'autres fois pour la sauvegarder.
Mission, projet ou utopie, qu'importe le mot, seule l'action nous permettra d'œuvrer dans ce sens pour finalement atteindre l'Unité dont nous sommes tous issus.

Certains pourraient voir, dans cette volonté de rassembler, une contradiction entre la liberté de penser, qui nous garde de tout dogmatisme et la réunion des diversités.
Mais c'est sans compter sur la Fraternité, cette valeur humaniste qui nous anime et nous permet de nous réunir dans le respect de la différence, la tolérance de la diversité et nous encourage à construire l'œuvre autour d'un axe commun.
Il nous vient alors à l'esprit cette maxime de Saint Exupéry si souvent reprise sur nos colonnes:
"Si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m'enrichis".
Il nous faut donc rassembler et non assembler, car la pensée unique serait destructrice d'une démarche qui consiste à respecter chacun dans sa différence et à construire ensemble dans une dynamique où les esprits s'additionnent plus qu'ils ne s'opposent.
Ce qui est épars c'est la diversité de l'Homme, cette diversité qui fait de chacun de nous un Être à part, unique et complexe.
La démarche M\ doit donc permettre à chacun de travailler, de construire et de s'élever marche après marche, vers l'Unité en s'enrichissant de la complexité de l'Autre.
Et c'est la Fraternité qui rend possible une telle démarche. Démarche qui, soulignons-le, tend à l'universalité dans l'unité sans jamais tomber dans l'uniformité.
Alors notre chaîne d'union peut devenir une chaine de Fraternité qui nous invite à progresser tous ensemble vers notre idéal en associant la verticalité et l'horizontalité que sont la pensée et l'action.

"Rassembler ce qui est épars" est donc également un moyen, et c'est le symbolisme qui nous en donne la mesure.
Car "faire symbole" c'est étymologiquement rapprocher les deux morceaux d'un même objet par deux individus différents afin de leur permettre de se rejoindre et de se reconnaître.
"Faire symbole" c'est déjà poser un acte pour retrouver l'Unité.
Ce qui présuppose que cette unité a existé, à été perdue, qu'elle est reconstructible et qu'il existe une démarche pour la retrouver.
Le symbolisme maçonnique est un moyen, une démarche unificatrice qui permet l'échange au delà des différences de cultures, d'origines de religions ou d'opinions.
Il nous conduit à ce que Jung appelait l'inconscient collectif et nous reconnecte au sens le plus secret des représentations archétypales auxquelles nous pouvons nous accéder par l'intermédiaire du symbole.
C'est la voie royale de la connaissance mais également un puissant moyen de réconciliation avec soi-même et par conséquent avec les autres.
N'est-ce pas là une matérialisation du verbe "rassembler" ?
C'est la démarche symbolique, en tant que moyen, qui nous conduit à l'Unité de l'Être en tant que finalité. Car elle nous plonge dans l'univers de la conscience en transcendant celui de notre mental et de notre moi.
Ainsi l'Être et le Moi se trouvent rassemblés au plus intime de nous-mêmes.
Le symbolisme est la voie qui permet l'émergence de l'Être et le silence de l'égo par les représentations intimes qu'il créé et l'espace sacré intemporel dans lequel il nous immerge.
Moyen universel, le symbolisme maçonnique est un outil initiatique au sens premier du terme car il nous permet de progresser sur la voie de l'Unité fondamentale à laquelle nous aspirons et pour laquelle nous avons demandé la Lumière lors de notre première entrée dans le Temple.

"Rassembler ce qui est épars" est, en troisième lieu, une finalité.
Comme dans le mythe d'Osiris dans lequel Isis l'épouse et veuve fidèle rassemble les morceaux épars de son mari puis insuffle une étincelle de vie pour être fécondée, nous avons, en tout premier lieu, pour contribuer à la réalisation de l'idéal maçonnique, à rassembler, en nous, ce qui est épars.
Nos antinomies, nos contradictions semblent occuper notre espace mental et sont à l'origine de la plupart de nos décisions et actions. Lorsqu'ils deviennent conflits internes ils sont à l'origine de tous les désordres psychiques que nous connaissons, que nous avons connu ou que nous connaitrons.

Une des principales caractéristiques de notre vision humaine consiste à considérer chaque élément de notre environnement comme étant différent des autres et surtout à donner à chaque élément plusieurs significations différentes et parfois opposées.
Notre mental semble être comme un prisme qui décompose la réalité en plusieurs fragments de couleurs.
Ce qui pourrait sembler être un chaos intérieur est en fait le résultat d'une pensée multiple due à des structures psychiques différentes et parfois opposées.
La réconciliation de ces différentes structures est un premier objectif que le symbolisme peut nous permettre d'atteindre.
Elle exige cependant une connaissance approfondie du "soi" dont on ne peut faire l'économie.
Pour Unifier notre Temple intérieur et contribuer à la création du Temple extérieur nous devons faire nôtre la maxime socratique :
"Connais toi toi-même et tu connaitras l'Univers et les Dieux".
Se connaître c'est tout d'abord apprendre à regarder les multiples aspects de notre personnalité et à reconnaître leurs différentes façons de voir le monde, leur perception subjective, leurs peurs et leurs attentes.
Certaines de nos attentes peuvent alors être contradictoires et même conflictuelles. Nous sommes alors tiraillés et confrontés à des choix qui sont faits de renoncements et de sacrifices.
Vivre en harmonie avec soi-même est une vaste entreprise de développement de soi, de conscientisation et de travail intérieur continuel.
Cette harmonie intérieure nous conduit alors à distinguer l'Esprit de l'égo et de les unifier.

"Rassembler ce qui est épars" revient à passer du multiple à l'Unité, c'est atteindre la Sagesse par la Connaissance, la Tolérance et l'Amour Fraternel.
C'est atteindre le centre de nous-mêmes où brille cette Lumière que nous pourrons alors répandre autour de nous.

Dans un monde où la pensée scientifique semble régler en maitre, le profane en vient à croire qu'il est un grain de sable noyé dans un Univers dont on ne connaît pas les limites.

Le FM sur le chemin de son initiation accède a la connaissance que l'Univers tout entier est contenu au plus profond de lui; car ce qui est épars n'est peut être pas ce qui est perdu mais simplement ce qui est enfoui en lui-même.

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

liens

17 Janvier 2013 , Rédigé par T.D

Suite à la demande d’un de nos Frères blogeur, je souhaite préciser que je serai très heureux que mes deux blogs : http://hautsgrades.over-blog.comet http://logedermott.over-blog.comfigurent dans les liens des autres blogs maçonniques. Nous sommes une communauté qui s’agrandit tous les jours et c’est bien de pouvoir être en contact avec tous les passionnés de la blogosphère maçonnique.

De plus le but de mes blogs n’étant pas de « produire » des textes mais d’aller rassembler ce qui est épars je suis toujours en recherche pour trouver des planches ou des articles, voire des rituels.

Donc pas de problème pour les liens, au contraire!

Lire la suite

RPMF : conférence de presse de Marc Henry et des Grands-Maîtres des obédiences régulières françaises. Les véritables enjeux

17 Janvier 2013 , Rédigé par Jean-Laurent Turbet Publié dans #histoire de la FM

Ils étaient attendus, ils furent au rendez-vous lors de la Conférence de presse organisée par la Grande Loge de France le mardi 15 janvier 2013 au Press Club de France.

Les cinq Grands-Maîtres des obédiences françaises qui sont en train de former la future confédération des grandes loges régulières de France ont répondu présent. Marc Henry, Grand-Maître de la Grande Loge de France (GLDF), Jean Dubar, Grand-Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), Robert Guino, président du Conseil de la Loge Nationale Française (LNF), Alain Juillet, Grand-Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) et Jean-François Buherne, Grand-Maître de la Grande Loge Indépendante de France (GLIF) étaient côte à côte pour cette première.

Marc Henry a souhaité d’emblée mettre l’Europe au cœur de cette conférence de presse. C’est le thème de réflexion des frères de la Grande Loge de France cette année.

Il a annoncé la tenue d’un grand Colloque publique intitulé « L’Europe, et demain ? » qui aura lieu le 6 avril 2013 au Palais Brongniart à Paris.

Ce colloque sera organisé par la Grande Loge de France, La Grande Loge Féminine de France et la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra.

Il se tiendra sous la présidence et en présence de Bernard Cazeneuve, ministre des affaires européennes. Des invités de renom interviendront lors de ce colloque, à l’instar de Miguel Angel Martinez (vice-président du Parlement européen), Elie Barnavi, Jean-Marie Cavada, Bernard Guetta, Elisabeth Morin-Chartier ou Antoine Sfeir (la liste des intervenants n’est pas encore définitive). Réservez d'ores et déjà cette date dans votre agenda!

Ensuite il fut encore question d'Europe… mais d’Europe Maçonnique cette fois.

Depuis la déclaration de Bâle du 10 juin 2012, cinq grandes loges régulières européennes ont missionné la Grande Loge de France pour organiser en France le retour à la fraternité universelle.

De la déclaration de Bâle est né le projet de confédération des grandes loges régulières françaises, que les cinq obédiences présentes lors de la conférence de presse avaient annoncé dans un communiqué du 12 décembre dernier.

Le 15 janvier a été pour Marc Henry, le Grand-Maître de la Grande Loge de France une journée très médiatique. Il a tout d’abord été l’un des invités de Patrick Roger lors de l’émission « Europe 1 Midi » sur le thème « la France des réseaux » avec Catherine Jeannin-Naltet, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France. Une émission à écouter sans modération !

Marc Henry a ensuite donné une interview au site « La Lumière » de François Koch, de l’Express, intitulée Marc Henry (GLDF) : « La Confédération aura une direction à 5 têtes. ».

Preuve de l’intérêt des journalistes pour le discours de Marc Henry (qui apparaît comme un discours nouveau et intéressant - et pour tout dire différent - sur une Franc-Maçonnerie apolitique mais spirituelle qu’ils connaissent peu alors qu'elle existe depuis des lustres), de très nombreux journalistes étaient présents dont ceux notamment du Monde, du Point, de l’Express, du Figaro. Même Cyril Eldin, l’infoman de Canal+ avait fait le déplacement (mais que va-t-il en sortir ?).

Il s’agit en effet d’un événement tout à fait exceptionnel que la présence sur une même tribune des grands-maîtres de ces cinq obédiences. Marc Henry a eu raison de souligner que « C’est la première fois que des ex frères de la GLNF dialoguent officiellement avec d’autres obédiences françaises alors qu’ils étaient enfermés dans un système qui le leur interdisait ». Réunir ce qui est épars et devenir le centre de l'Union. Voici l'une des missions que s'est assignée Marc Henry.

Des représentants de ces obédiences s’étaient retrouvés quelques jours plus tôt, le samedi 12 janvier 2013, en tenue maçonnique régulière pour la consécration de la Grande Loge Indépendante de France qui a eu lieu au Temple Franklin Roosevelt de la GLDF.

Marc Henry mais également d’autres Grands Maîtres se sont exprimés pour expliquer la volonté de création de cette nouvelle confédération des grandes loges régulières.

Si l’on ne connaît pas encore le nom de cette confédération ni le nombre exact de ces membres possibles (estimés entre 50 000 et 60 000), la volonté affichée par tous est bien d’aboutir à la création de cette Confédération.

Sur les futurs membres, si l’on fait le total des adhérents des cinq obédiences aujourd’hui, cela donne environ 50 000 membres. Ce qui est déjà beaucoup. Mais maintenant il s'agit de dynamique et certainement pas d’arithmétique. Une confédération reconnue attirerait – c’est évident – des frères qui aujourd’hui sont « dans la nature ». Quid par exemple de la Grande Loge Traditionnelle de France, elle aussi issue de la GLNF, qui s’est créée en juin 2012 et qui revendiquait alors 55 Loges et 1 400 membres. Aura-t-elle vocation à entrer dans la confédération, ou bien ses loges entreront-elles dans une obédience membre de la confédération ?

Quid des dizaines de loges et des centaines (plus ?) de frères qui sont en attente de voir l’évolution de la situation. Quid aussi des loges encore membres de la GLNF et qui souhaiteront rejoindre la confédération ? Quid de frères ou de loges appartenant à des obédiences maçonniques non membres de la Confédération mais qui voudraient la rejoindre

Bref, nous voyons bien qu’il s’agit possiblement de beaucoup plus de frères et de loges qu’il n’y en a actuellement dans les cinq obédiences. Pour autant quel en est le chiffrage exact? L'honnêteté nous pousse à dire que personne n'en sait fichtre rien.

La question la plus posée par les journalistes présents a été celle des inter-visites.

Tous les Grands-Maîtres présents sont d’accord pour dire, évidemment, qu’il y aura un accord d’inter-visites entre les cinq grandes loges fondatrices de la Confédération (GLDF, GLTSO, LNF, GL-AMF, GLIF).

Alain Juillet a indiqué que pour la GL-AMF les inter-visites ne seront possibles que dans le cadre de cette Confédération. Elles ne s’appliqueront pas aux autres obédiences.

Marc Henry le Grand-Maître de la GLDF a nuancé cette opinion.

En disant déjà qu’il n’interdirait rien aux frères de la GLDF qui voudraient visiter d’autres obédiences. Si ces autres obédiences les acceptent. La GLNF interdisait (interdit toujours?) tout contact de quelque nature que ce soit avec les autres obédiences maçonniques. Ce n'est pas l'option prise par la GLDF qui entretient des relations fraternelles avec toutes les obédiences maçonniques françaises.

Pour ce qui concerne les visites de frères membres d’obédiences maçonniques qui ne font pas partie de la Confédération, Marc Henry ne voit pas pourquoi, compte-tenu de l’histoire de la GLDF, celle-ci ne pourrait pas continuer à les recevoir.

Mais, ajoute Marc Henry avec la subtilité qui le caractérise, la GLDF les recevra « pour autant qu’ils pratiquent notre rite, qu’ils acceptent de travailler à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, sur les trois grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie (volume de la Loi Sacrée qui est la Bible, compas et équerre), et qu’ils passent avec succès l’examen du Tuilage ».

En effet pour Marc Henry, l’important n’est pas l’obédience mais le principe « mes frères me reconnaissent comme tels ». Si l’on suit le raisonnement du Grand-Maître, comment reconnait-on un frère ? Mais par ses « mots, signes et attouchements ». Et donc après un Tuilage régulier. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour Jean-Théophile Désaguliers lui-même lorsqu’il est allé visiter la loge Mary’s Chapel d’Edimbourg en août 1721. Il a été dûment tuilé pour s’assurer de sa qualité de franc-maçon, tout passé Grand-Maître de la Grande Loge de Londres qu’il était…

En clair, la porte des temples de la GLDF restera ouverte, pour les frères des obédiences non membres de la Confédération, à ceux qui répondent parfaitement au Tuilage du REAA de la Grande Loge de France, travaillent à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers et sur le Volume de la Loi Sacrée, les conditions étant évidemment cumulatives.

Marc Henry, en répondant à une question, a souhaité souligner que les relations de la GLDF seraient évidemment maintenues avec toutes les obédiences maçonniques françaises lors de colloques (comme celui du 6 avril 2013 avec la GLFF et la GLTSO), réunions publiques et de travaux ou cérémonies communes notamment avec le Droit Humain et la Grande Loge Féminine de France.

Répondant encore à une question, Marc Henry a également rappelé que le Rite Ecossais Ancien et Accepté était à l’origine de la Franc-Maçonnerie mixte (DH) et féminine (GLFF) en France et qu’il n’y a aucun doute pour les frères de la GLDF que les sœurs sont non seulement initiables mais sont des initiées à l’égal des hommes.

Tous les Grands-Maîtres qui se sont exprimés reconnaissent que des ajustements et des calages sont encore nécessaires entre les obédiences. C’est bien ce qui fait l’objet des discussions en cours.

Et c’est bien pour cela que la forme de Confédération a été choisie. C’est pour respecter l’histoire et l’identité des Grandes Loges qui la composent.

Un verre de l’amitié a bien entendu clôturé cette conférence de presse.

Le Grand Orient de France a, dans la foulée de la conférence de presse des cinq obédiences françaises, annoncé l’organisation d’un « déjeuner pour une année sociale, sociétale, humaniste et solidaire », qui aura lieu le mercredi 23 janvier à 12 h 30 avec « les obédiences de la Franc-maçonnerie libérale et adogmatique ». Ces obédiences sont : Le Grand Orient de France, la Grande Loge Féminine de France, la Fédération Française du Droit Humain, la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm, la Grande Loge Mixte Universelle, la Grande Loge Mixte de France. Le prélude à une nouvelle confédération ?

Source : http://www.jlturbet.net

Lire la suite