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La tolérance

9 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La tolérance est une notion relativement récente et son concept même est encore bien loin d'être considéré comme une vertu dans notre monde actuel.

Passé ce constat sur lequel nous reviendrons, il nous faut, avant toute chose, définir cette tolérance, à laquelle nous adhérons et que nous nous efforçons de pratiquer, cultiver et propager.

Définitions de la Tolérance.

Je n'aime guère commencer une planche par la citation d'un article du dictionnaire. Je trouve cette méthode un peu réductrice par sa tendance à encadrer la réflexion et, par là même, imposer des limites à la pensée personnelle. J'ai cependant cédé et j'ai ouvert les livres. Je dis "les" livres car j'ai recueilli ainsi plusieurs définitions établies à des périodes différentes. Bien m'en a pris, car cela m'a confirmé ce que je pressentais:

- La tolérance est une notion moderne, elle a considérablement évolué dans sa forme et dans sa pratique et reste aujourd'hui capable de muter encore, ce qui lui donne le paradoxe de demeurer tout à la fois forte et fragile.

- La tolérance n'est pas un sentiment inné. L'homme, comme les autres êtres organisés, n'est pas tolérant par nature.

Mais puisque j'ai évoqué les définitions livresques, je vous en livre quelques unes :

- Augustin la définissait ainsi à la fin du IVème siècle :

"Ce qui est appelé tolérance n'a lieu d'être qu'envers les maux" .

- Antoine Furetière (Dictionnaire universel de 1684) :

" Tolérance : patience par laquelle on souffre, on dissimule quelque chose, la tolérance qu'on a pour les vices est souvent cause de leur augmentation" .

" Tolérer: souffrir quelque chose, ne pas s'en plaindre, n'en pas faire la punition. Il faut tolérer les défauts de ceux avec qui nous avons à vivre. On tolère à Rome les lieux de débauche, mais on ne les approuve pas. Il faut tolérer les abus quand on ne peut pas les retrancher tout à fait; tolérer les crimes qu'on ne peut pas punir"

L'exemple cité n'est pas sans rappeler la célèbre phrase "La tolérance, il y a des maisons pour cela! ". Son auteur, Paul Claudel s'est-il inspiré de cette définition? Toujours est-il qu'il nous renvoie à "la case départ" à une époque, 1921, où le concept de tolérance était assez proche de ce qu'il est aujourd'hui. Cette position réactionnaire illustre assez bien le côté force et fragilité que j'évoquais précédemment.

Le Grand Larousse de1927 nous offre le texte suivant :

" Tolérance : Action de tolérer, supporter avec indulgence ce qui est contraire à nos sentiments, à notre manière de voir" .

Et enfin, en 2000, le Petit Larousse illustré nous dit :

" Tolérance : respect de la liberté d'autrui, de ses manières de penser et d'agir, de ses opinions politiques et religieuses.

" Tolérant : indulgent dans les relations sociales" .

Que de différences en l'espace de quelques siècles ! Pour mieux comprendre cette évolutions, les définitions ne suffisent pas, il nous faut connaître l'histoire de la Tolérance.

Histoire de la Tolérance.

C'est en France que la Tolérance se manifeste pour la première fois de manière officielle, codifiée et formelle. Nous sommes en 1598, l'église catholique romaine en est alors à son maximum d'intolérance et dans deux ans, Giordano Bruno sera livré au bûcher…

La France est , selon la formule: "la fille aînée de l'église" et le pouvoir séculier est au main d'un monarque qui tient son pouvoir, toujours selon la formule: "de la grâce de Dieu".

Depuis près de 36 ans, catholiques et protestants se déchirent et s'entretuent. Le roi d'alors s'appelle Henri IV, c'est un homme intelligent, bien conseillé et bien entouré. Il a une volonté réelle de mettre un terme à cet affrontement entre catholiques et protestants. Habile et fin politique, il multiplie les tentatives par un engagement personnel considérable : né protestant en 1553, il abjure en 1572, se rétracte en 1576 et enfin se convertit en 1593. Sa célèbre phrase "Paris vaut bien une messe" lui vaudra de paraître comme opportuniste et il aurait ainsi maintenu cette image s'il n'avait été plus loin.

Henri IV constate alors que les voies de la rigueur et de la douceur ont échoué à faire disparaître le protestantisme du royaume, il va alors tenter de permettre la permanence, dans cette France "Très chrétienne", de la R.P.R. (Religion Prétendue Réformée). Il se fonde alors sur la conception d'alors de la tolérance : " Acceptation d'un mal que l'on ne peut pas empêcher". Le roi Henri va alors créer ce qui constitue le véritable texte fondateur de la Tolérance : l'édit de Nantes. L'édit de Nantes est promulgué en trois étapes les 3 avril, 30 avril et 2 mai 1598.

L'édit de Nantes est un ensemble de 95 articles dont certains règlent d'une manière extrêmement précise les droits et devoirs des deux communautés en présence. Hostile à tout compromis, le Pape Clément VIII proteste auprès de l'ambassadeur de France et nombreuses sont les manifestations contre cet acte régalien.

Un certain Langlet Le Poirier tente d'assassiner le roi en août 1589; il est dénoncé avant de concrétiser son projet et est ensuite condamné à mort et exécuté. 21 ans plus tard, et pour les mêmes raisons, un nommé Ravaillac parviendra à ses fins et connaîtra le même supplice. Henri IV aura payé son audace de sa vie.

Revenons à l'édit de Nantes… Dans le droit de l'ancien régime, la loi du roi n'a de réelle valeur qu'une fois qu'elle a été enregistrée par les parlements régionaux. Ainsi et selon les régions, l'édit n'est enregistré qu'entre 1599 pour les premiers et 1609 pour les plus réfractaires (Rouen), ce qui représente 11 ans entre la promulgation et la prise d'effet! C'est donc peu dire que les réticences et les résistances ont été vives.

Obstacles à l'application, manifestations, protestations, tentatives homicides puis régicide abouti, toutes ces réactions prouvent, s'il en était besoin, combien l'édit royal bouleverse les sociétés en présence et combien il est difficile de faire admettre les idées novatrices et les principes progressistes.

Quoiqu'il en fut, la loi est appliquée et les protestants peuvent désormais jouir des mêmes droits civils, publics et privés que les catholiques. Ils acquièrent également la liberté de culte et de réunion.

Citons l'article 6 de l'édit de Nantes :

"Et pour ne laisser aucune occasion de troubles et de différends entre nos sujets, avons permis et permettrons à ceux de ladite RPR, vivre et demeurer par toutes les villes de notre royaume et pays de notre obéissance, sans être enquis, vexés, molestés ni astreints à faire quelque chose pour le fait de la religion contre leur conscience, ni pour raison d'icelle être recherché ès maisons et lieux où ils voudront habiter, en se comportant au reste selon qu'il est contenu en notre présent édit".

Hélas, toutes les histoires ne se terminent pas comme les contes de fées, et, moins de cent ans plus tard, en 1685, l'édit du "Bon roi Henri" était révoqué par son propre petit fils, un certain Louis, quatorzième du nom.

Mais la première pierre était posée et le concept de la tolérance allait évoluer malgré les obstacles que tous les humanistes acharnés à le faire progresser allaient rencontrer. L'édit de Nantes peut être considéré comme le texte fondateur de la liberté de conscience et de la tolérance.

Les Anglais, alors en pleine difficulté avec leur monarchie et l'affrontement des communautés reprennent l'idée de tolérance, rapprochent l'édit de Nantes des écrits de Thomas Moore (L'utopie) et définissent la tolérance dans un sens innovant : non plus un pis aller, mais une nécessité inhérente à l'homme naturel et politique. Le pas était fait, né du besoin de concorde religieuse, la tolérance devient le moteur de la concorde religieuse et de la concorde civile. C'est véritablement à ce moment qu'apparaît le sens moderne de la tolérance et précisément en mai 1689 par le vote du "Toleration Act". Soit quatre ans après que la France eut révoqué l'édit de Nantes….

Au XVIIIème siècle, face aux églises, Voltaire et les autres philosophes du siècle des lumières semblent avoir de la peine à pratiquer la vertu de tolérance. En 1763, l'apologie mise en scène dans le "Traité sur la Tolérance" révèle une morale très claire, Elle révèle une tentation face aux religions: celle de ne faire de la tolérance qu'une entreprise de réduction de l'autre au semblable.

La tolérance entre confessions est toutefois possible et Voltaire, dans les "Lettres anglaises " ne dit-il pas :" un Anglais, comme un homme libre va au ciel comme il lui plaît" et il ajoute : "s'il y avait, en Angleterre qu'une religion, le despotisme serait à craindre; s'il y en avait deux, elles se couperaient la gorge; mais il y en a trente et elles vivent en paix et heureuses". Et l'encyclopédie conclut, en 1765, par cette définition : " La tolérance est en général la vertu de tout être faible destiné à vivre avec des êtres qui lui ressemblent."

Sur le terrain politique, et après bien des batailles, un édit qualifié de "Tolérance" est promulgué en 1787. Il correspond aux revendications de Voltaire issues de son combat lors de l'affaire Callas mais reste très en-deçà des édits de pacifications et de l'édit de Nantes. Le roi Louis XVI y accorde à ses sujets qui ne professent point la religion catholique, les droits que la nature ne cesse de réclamer en leur faveur.

Le point le plus important et le plus novateur de cet édit est qu'il crée un état civil laïque pour les sujets non catholiques ; les déclarations de naissance, de mariage et de décès peuvent être faites, pour ces derniers, devant un officier de justice en lieu et place du curé de la paroisse. Deux ans avant la révolution! C'est la préparation à la laïcisation de l'état civil français.

C'est ensuite 1789 et les révolutionnaires sont très partagés quant à la tolérance. Laborde et Mirabeau s'affrontent à ce propos le 22 août 1789. On est en pleine discussion sur la déclaration des droits de l'homme qui sera publiée le 26 août. Celle-ci est peu explicite sur la liberté de religion et la confond avec la liberté d'opinion qu'elle formule ainsi dans son article 10 : "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi" . On ne peut nier l'esprit tolérant de ce texte que l'on peut qualifier d'article de tolérance de la déclaration des droits de l'homme.

Mettant fin à la révolution, le premier consul Bonaparte signe, le 16 juillet 1801 le concordat avec le pape Pie VII. Les disposition en sont promulguées par la loi d'avril 1802 et étendues aux cultes réformés et luthériens puis au culte "israélite" (selon le terme de l'époque).

On peut interpréter le régime concordataire comme l'aboutissement de la tolérance civile, fondée sur la neutralité active de l'état qui, loin d'être indifférent, accorde son aide à tous les cultes reconnus et n'en privilégie aucun.

Ce premier pas qui va de la tolérance vers une véritable laïcité est repris par Jules Ferry en 1881 et trouve son apogée le 9 décembre 1905 au moyen de la loi de séparation de l'église et de l'état. La république assure, de manière formelle, la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.

Mais si la tolérance est un chemin qui mène à la laïcité, il n'est pas le seul et il convient de ne pas considérer tolérance et laïcité comme synonymes.

Très rapidement, nous venons de parcourir un peu plus de quatre siècles de notre histoire moderne et nous avons vu naître et évoluer le concept de tolérance. De cette épopée, il apparaît qu'il s'agisse davantage d'une histoire de l'intolérance que d'une histoire de la tolérance.

De l'intolérance à la tolérance.

La tolérance n'est ni innée ni spontanée, c'est une démarche née de son contraire, c'est à dire venue par réaction face à l'intolérance. Réaction issue à la fois de volontés politiques et de principes humanistes. L'homme est intolérant, chacun croit détenir la vérité et dénie ce droit à l'autre. L'homme est un animal grégaire, sa constitution en sociétés est un facteur important dans le développement de son intolérance. L'intolérance individuelle devient alors intolérance sociétale, corollaire du sentiment d'appartenance et rejet commun des dissemblables.

Permettez-moi d'ouvrir une parenthèse et vous donner un exemple : J'ai toujours été troublé de ce que les groupes humains, possédant leur propre langage, ont inventé un mot pour désigner l'autre et, par là même, souligner sa non-appartenance au groupe.

Ainsi :

Pour un nudiste, je suis un "Textile" .
Pour un normand, je suis un "Horsain".
Pour un corse, je suis un "Pinzzuti".
Pour un juif, je suis un "Goy".
Pour un gitan, je suis un "Gadjio".

La liste n'est pas exhaustive, cherchez bien, il y en a d'autres. D'ailleurs, nous, francs-maçons, ne qualifions nous pas de "profane" celui ou celle qui n'appartient pas à notre assemblée ? Sans commentaire.

Je n'aurai pas l'outrecuidance d'affirmer que toute société qu'elle se constitue autour de principes religieux, d'origines ethniques, de tradition de culture ou tout à la fois, est par nature intolérante, mais je pense que toute religion, toute société porte en elle les germes de l'intolérance et que la tolérance n'est autre que l'anticorps qu'il nous faut activer et développer à la manière d'un système immunitaire.

La tolérance s'est tout d'abord appliquée au plan des religions avant d'être étendue à la liberté civile. Il s'agit bien d'une extension et non d'une substitution et au poids considérables des religions se sont ajoutés ce que j'appellerai les dogmes athées, pensons à Hitler, Staline ou Pol Pot…

Quant aux religions, si la Saint Barthélemy nous paraît bien lointaine et si nos regards se tournent volontiers vers Gaza ou Kaboul, n'oublions pas aussi de regarder ce qui perdure à Belfast.

L'affirmation de Voltaire : "l'intolérable, c'est le fanatisme" paraît ainsi toujours d'actualité. Mais comment distinguer, à travers expressions et manifestations, le fanatisme intolérable et la conviction tolérable?

La tolérance aujourd'hui.

Aujourd'hui, la tolérance reste l'instrument indispensable au progrès de l'humanité. La tolérance continue de faire face à l'intolérant, à la fois son ennemi et son géniteur.

En ce XXIème siècle naissant, deux autres dangers menacent la tolérance:

Trop de tolérance tue la tolérance.

Dans les propos publics de nombre d'hommes politiques, une expression s'est faite jour: "tolérance zéro" utilisée principalement à propos de délinquance et d'incivilité. C'est une dérive sémantique perverse qui tend à faire de la tolérance le synonyme de laxisme, permissivité ou angélisme. Toutes choses que la tolérance n'est pas. Toutes choses qui lui font perdre du terrain.

Les égoïsmes et l'indifférence de nos société modernes constituent également une menace: "Je suis tolérant" tend aussi à signifier, aujourd'hui, qu'on ne souhaite pas y regarder de trop près. "A chacun sa vérité" devient alors "Chacun pour soi" et l'on aboutit très rapidement à ce que j'appellerai la tolérance de "Dupont-la-joie" illustrée par la célèbre brève de comptoir : "Les arabes, ils ne dérangent pas pourvu qu'ils restent chez eux".

La tolérance et la franc maçonnerie.

La tolérance n'est vraiment incontestable que dans la maçonnerie libérale, les maçonneries dogmatiques, dites "régulières" restent marquées, sinon d'intolérance, du moins d'une tolérance qu'elles ne conçoivent qu'en second lieu après la croyance obligatoire. Sachons également qu'aux Etats Unis, il existe des Loges pour noirs et des Loges pour blancs.

Comme on a pu le voir, la tolérance ne doit pas être l'attitude restrictive qui supporte la différence parce qu'il est impossible de faire autrement. La tolérance exprime le fait positivement contraire du concept d'intolérance que tous les maçons doivent réprouver. La tolérance exige courage et lucidité.

La maçonnerie, conçue pour être le centre de l'union, a su poser la vraie définition de la tolérance. Rappelons nous l'article premier de notre Constitution : " ….elle a pour principe la tolérance mutuelle…" En ajoutant l'adjectif "mutuelle", l'indispensable est dit car la tolérance ne vaut que par le partage. La tolérance n'est pas une attitude univoque de ceux qui en sont adeptes, la tolérance ne s'exprime véritablement que grâce aux prosélytes.

Comment pratiquer et répandre cette tolérance qui constitue le véritable moteur de l'éthique maçonnique ? Nous disposons pour cela d'outils symboliques. L'équerre et le compas se trouvent parfaitement associés pour cet exercice.

L'équerre nous donnera les limites de la tolérance, car il y en a. L'équerre est la mesure même de l'acceptable, hors de sa rectitude, commence l'intolérable. Le compas, plus souple, plus ou moins ouvert, s'adapte aux situations, donne la dimension exacte du comportement. Et ce n'est pas un hasard si le compas, situé sous l'équerre au degré d'apprenti, commence à émerger aux compagnons et finit au premier plan pour les maîtres.

Alors, unissons nos efforts et continuons à pratiquer cette tolérance qui unit nos dissemblances. Continuons avec mesure, lucidité et humilité notre quête vers l'inaccessible.

Et puisqu'il est question de lucidité, je conclurai, très provisoirement, en citant cette réflexion de Jankelevitch :

"La tolérance, si peu exaltant que soit le mot, est une solution passable; en attendant mieux, c'est à dire en attendant que les hommes puissent s'aimer, ou simplement se connaître ou se comprendre, estimons nous heureux s'ils commencent par se supporter" .

Source : www.ledifice.net

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La méthode maçonnique peut-elle participer à la construction d’un monde meilleur?

9 Janvier 2013 , Rédigé par V.G. Publié dans #Planches

Le but d’une méthode est de substituer une idée claire, exacte et complète à une notion confuse, superficielle et incomplète.
Le but de la méthode maçonnique est de substituer une humanité dans laquelle l’acceptation de l’autre avec toutes ses différences serait une évidence et naturelle à une humanité dans laquelle l’acceptation de l’autre est exception.

Pour atteindre ce but le Grand Orient de France met à disposition de ses membres des moyens et une méthode :
Des moyens qui sont définis par l’article 1° de sa constitution
Une méthode qui consiste:

  • à tenter de polir « l’être » en taillant le « moi » par un travail assidu, qu’il soit individuel ou collectif.
  • à répandre au dehors les vérités qu’il aura ainsi acquises.
  • à préparer, l’avènement d’une humanité meilleure et mieux éclairée dans laquelle règnera la tolérance et où les valeurs de Justice, de Liberté, de Solidarité, de Fraternité et d’amour ne seront plus des mots dont on se gargarise mais une volonté ferme et résolue. Ce travail de tout les instants qui, prenant appuis sur le passé, forge le présent et prépare l’avenir.

Alors, cette méthode peut-elle participer à construction d’un monde meilleur ?

Certainement… mais, quel monde ? Le monde physique? Le monde vivant? Ou de façon plus restrictive celui des Humains qui pensent égoïstement que la construction d’un monde meilleur pour eux est, de facto, meilleur pour tous. Mais cette dimension seule, à notre sens, ne pourra pas résister encore longtemps sans y englober les autres tant aujourd’hui leur interdépendance est étroite.
Nous n’aborderons pas le sujet sous cet angle aujourd’hui, en considérant que « Le monde » évoqué par la question ne concerne que l’humain car la franc-maçonnerie, crée par l’homme et pour l’homme, n’a d’autre objectif que de s’occuper de celui–ci dans sa dimension sociale, créative et spirituelle.
En cela, nous prendrons le sujet dans sa globalité en ne dissociant pas l’esprit et les objectifs de l’idéal maçonnique du G.O.D.F définis par les moyens mis à disposition, de la méthode qui est le vecteur qui en assure leur diffusion.
Car il va sans dire que si la méthode structure pour diffuser c’est tout de même le contenu des valeurs qu’elle permet de véhiculer qui peuvent participer de la construction d’un monde meilleur.
Le présent travail, sans vouloir méconnaitre l’importance que peuvent revêtir l’étude du sacré et l’apport de l’art dans le perfectionnement intellectuel et l’amélioration morale de l’humanité, en fera toutefois abstraction afin d’en souligner sa dimension sociale.

A ce stade de notre réflexion et afin d’en éclairer l’approche, il nous apparaît nécessaire d’effectuer un bref rappel historique :
Au 17 et 18° siècle le contexte politique social et religieux entretenait des conflits partout en Europe. Les intellectuels mettaient en cause les certitudes religieuses et la paix sociale nécessitait une plus grande tolérance dans le domaine des religions. Cette préoccupation, qui agitait les esprits, se retrouvait aussi dans maçonnerie spéculative naissante. Au début du 19ème siècle, dans tous les rituels publiés, l’invocation au Grand Architecte De L’Univers ne figurait que dans la prestation de serment. Il semble cependant que l’interprétation divine du G.A.D.L.U. était la plus généralement acceptée pour se conformer à ce que souhaitaient les gouvernants de l’époque. Plus tard en 1849 la majorité conservatrice du convent, troublée par les événements de 1848 fait adopter et intégrer dans la constitution « le Principe de l’existence de Dieu et de l’immortalité de l’âme ». Cette affirmation venait en opposition avec la notion de liberté de conscience et de tolérance. A compter de 1860 et presque à tous les convents, des batailles sont livrées pour aboutir en 1877 à la révision de l’article 1°. A compter de cette date et afin de permettre à chaque maçon d’y trouver sa place, l’assemblée conventuelle précise que la Franc Maçonnerie n’est ni déiste, ni athée, ni même positive. Et, qu’en tant qu’institution affirmant et pratiquant la solidarité humaine, elle EST étrangère à tout dogme et à tout crédo religieux.

En conséquence, le Convent de 1877 décide le remplacement du principe de l’existence de Dieu et de l’immortalité de l’âme par le principe unique « De la liberté absolue de conscience » permettant ainsi à chacun de ses membres, l’exercice d’une spiritualité à l’abri de toute contrainte autre que celle librement consentie par l’acceptation des principes généraux de l’ordre définis par l’article 1° de la constitution dont lecture ci après :

« La franc maçonnerie, institution essentiellement PHILANTHROPIQUE, PHILOSOPHIQUE et PROGRESSIVE, a pour objet

  • LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ
  • L’ÉTUDE DE LA MORALE
  • LA PRATIQUE DE LA SOLIDARITÉ.

Elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité.
Elle a pour principes :

  • LA TOLÉRANCE MUTUELLE
  • LE RESPECT DES AUTRES ET DE SOI -MÊME
  • LA LIBERTÉ ABSOLUE DE CONSCIENCE.

Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique.
Elle a pour devise : LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ. »

Les moyens ainsi définis, et ayant déjà une réponse sur le pour qui (l’humanité), essayons succinctement d’approcher le sens du pourquoi (l’idéal) afin de déterminer si le comment (la méthode) peut participer de la construction d’un monde meilleur.
INSTITUTION ESSENTIELLEMENT PHILANTHROPIQUE, PHILOSOPHIQUE ET PROGRESSIVE .
La franc-maçonnerie se définit comme une institution, c’est à dire une réunion d’hommes ayant des buts et des aspirations communs. Même si la démarche du franc maçon se conçoit d’abord comme individuelle, elle se réalise surtout avec et au contact d’autres. Il s’agit bien d’un parcours initiatique « en réunion » car la franc-maçonnerie serait inexistante et inopérante sans cette interdépendance, cette symbiose, et cet égrégore qui règnent entre les frères. Si la personnalité de chacun est essentielle, être franc maçon c’est également faire partie d’un tout, d’un édifice dans lequel chaque pierre, qu’elle soit brute ou polie, est un élément indispensable à son équilibre et à son maintien.
Elle se veut essentiellement PHILANTHROPIQUE, PHILOSOPHIQUE et PROGRESSIVE,

La philanthropie, mérite que l’on s’y attarde un instant car elle est la base de l’action maçonnique, elle est une vertu douce, patiente et désintéressée qui utilise la connaissance de sa propre faiblesse pour compatir à celle d’autrui et ne demande que le bien de l’humanité.
Mais bien que la philanthropie, dans son sens premier soit synonyme de charité ou amour de l’humanité nous assistons aujourd’hui à un détournement de celui-ci. Sous son couvert nous subissons le développement de l’action de puissantes fondations à travers le monde dont le but plus ou moins avoué ne s’inscrit pas dans une démarche humaniste mais dans une forme d’engagement qui invite à reconsidérer assez sérieusement ce principe de solidarité qui nous est si cher afin de le remplacer par un principe de charité privée dans lequel la sensibilité de celui qui reçoit sera soumise aux impératifs de l’égo de celui qui donne lui-même soumis à l’influence de ses options philosophiques ou religieuses.
Au même titre que les valeurs portées par la méthode maçonnique peuvent subir l’influence de ces mêmes options dont elle se réclame et dans lesquelles elle évolue.
Mais qu’est ce que la philosophie et à quoi sert- elle ?

Reprenons à notre compte la maxime d’Epicure : La philosophie est une activité qui, par des discours et des raisonnements nous procure la vie heureuse …..
Les discours et les raisonnements, nous savons faire et eux aussi participent de la méthode maçonnique, mais contribuent- ils à construire un monde meilleur ?

Alors essayons de ne pas êtres dupes des petits bonheurs faciles et trompeurs qui s’obtiennent en cachant la réalité. Chacun de nous ressent bien que :
-« l’avoir » ne nous est pas suffisant et que « l’être » nous est indispensable.
-la recherche de cette exigence de perfection qui nous a conduits dans ce temple, nous apprend que philosopher c’est préférer la vérité même si elle est contraire à nos espérances.
-philosopher c’est la recherche de la connaissance, c’est tenter d’approcher la sagesse, c’est apprendre à vivre et à aimer la vie.
-aimer la vie c’est aimer les joies qu’elle procure et en accepter les drames qu’elle fait subir, c’est chercher à changer les choses qui dépendent de nous pour les améliorer et c’est aussi accepter, sans colère inutile et avec tolérance, celles qui n’en dépendent pas.
Et en ce sens La Franc-maçonnerie est progressive car elle oblige le franc-maçon à agir en homme conscient de ses droits et de ses devoirs, acteur d’un progrès sans cesse à inventer dans la recherche du vrai, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité.

LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

Afin de ne pas réduire l’anthropologie à une seule étude physique ou historique de l’humanité, Kant a jugé nécessaire d’établir une anthropologie philosophique,élément indispensable et indissociable dont la sagesse prend en compte le perfectionnement de l’humanité, c’est à dire le progrès dans cette société « où l’homme se civilise, se moralise par l’art et les sciences »
Or, ces développements ne sont rendus possibles que par le caractère transcendantal de l’homme lui permettant de s’élever au dessus des lois de la nature. Ces lois il les découvre, essaie de les comprendre et les utilise. Cet homme que Voltaire désigne comme « Un animal pas comme les autres », est ainsi capable de découvrir et de dévoiler l’ordre du monde grâce à la raison qui le destine à mettre en jeu toutes ses puissances mentales pour acquérir une connaissance VRAI.
Alors s’il est vrai que l’homme est essentiellement « pensée et liberté », si exister pour lui, signifie donner un sens à tout et si, pour ce faire, il s’interroge et cherche à comprendre sans relâche le pourquoi de son interrogation , alors nous pouvons entrevoir la nature de son désir et son but. Ce désir que Platon dans le « banquet » nous fait appréhender comme « vouloir la chose dont on ne dispose pas encore » est pour chacun ce besoin vital et nécessaire d’accéder au VRAI à LA VÉRITÉ. Et nous savons que pour cela nous devrons livrer bataille car si la vérité est à découvrir, à dévoiler, elle n’est jamais donnée elle est toujours conquise.
« Nous devons gagner à la sueur de notre front, le pain de notre esprit » disait Malebranche.
Mais qu’est ce que la vérité ? Où et comment la trouver ? En suis je capable ?
Voilà les questions que se pose le franc-maçon et auxquelles nous n’apporterons pas de réponse car si la vérité philosophique se définit comme la conformité de ce que je dis avec ce qui est , nous savons tous que sa recherche est subjective et que chacun de nous doit toujours garder présent à l’esprit cette phrase d’André GIDE:
« Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent »

L’ÉTUDE DE LA MORALE

L’étude des règles qui dirigent l’activité libre des hommes n’est pas le fait du hasard si elle constitue un élément important de l’objet du G.O.D.F. Il relève du débat permanent au sein de la loge ,que la recherche de la connaissance vrai de la morale n’est jamais définitive et ne doit relever d’aucun dogme.
Ces règles librement consenties hors du dogme délimitent cet espace de liberté, dans lequel chacun de nous évolue sans entraves ni interdits. Elles marquent le degré de civilisation d’une société et participent du bien vivre ensemble.
Là où les morales religieuses s’affirment, sans autres soucis d’explications que celles relevées dans les écrits livrés à l’interprétation d’un clergé, nous constatons à la lumière d’évènements récents qu’il n’est pas nécessaire de rapporter combien cet espace de liberté peut être restreint.
En franc maçonnerie, quand elle se juge et se commande, la morale n’est que l’affirmation de la liberté. Elle répond à la question « que dois-je faire » et ignore totalement le « que doivent faire les autres » soulignant ainsi les devoirs et les obligations que nous nous sommes fixés.
Et c’est parce qu’elle participe à une certaine conception du bien et du mal de l’autorisé et de l’interdit, de l’admissible et de l’inadmissible que la morale est en perpétuelle évolution. Toute règle librement consentie a une relation de soi à autrui bien entendu mais elle s’impose d’abord à soi comme le dit COMTE SPONVILLE pour qui « la morale n’est légitime qu’à la première personne sinon l’on n’est pas moral mais moralisateur ce qui est sensiblement différent. »
Les conséquences de la crise économique que nous vivons ne viennent – elles pas illustrer quotidiennement cet écart entre le discours moralisateur de ceux pour qui la loi morale est la cupidité et le cynisme et la pratique d’une entraide, d’un altruisme, bref d’une fraternité et d’une solidarité entre ceux qui souffrent.

LA PRATIQUE DE LA SOLIDARITÉ

Le rituel du rite français précise ainsi qu’il suit les termes de l’obligation prêtée par le nouvel initié :
« Je promets … et de mettre en pratique, en toutes circonstances, la grande loi de solidarité humaine qui est la doctrine de la franc-maçonnerie »
« Je pratiquerai l’assistance envers les faibles, la justice envers tous, le dévouement envers ma famille, ma patrie et envers l’humanité, la dignité envers moi-même. »
C’est aujourd’hui, dans ce monde en tourmente et qui souffre, dans ce monde qu’il soit physique vivant ou humain, que nous pouvons mesurer toute l’importance de cette valeur, de cette règle morale qu’est la solidarité. La franc-maçonnerie l’a voulue seulement humaine et l’a érigée en doctrine, mais ne serait-il pas nécessaire d’en étendre ses bienfaits aux mondes physique et vivant afin de ne pas en épuiser les ressources et d’en protéger les espèces.
La pratique de la solidarité, sous toutes ses formes, chacun de nous se doit au sein de la maçonnerie d’en faire une règle morale incontournable car c’est en partie par elle et la diffusion de cette chaleur humaine que nous puisons dans le travail en loge que nous pourrons participer à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Cette chaleur humaine qui s’alimente des principes capitaux de notre ordre que sont la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, et la liberté absolue de conscience

LA TOLÉRANCE

Tolérer c’est :

  • accepter l’opinion contraire,
  • laisser faire ce que l’on pourrait empêcher ou combattre,
  • c’est renoncer, sans abandonner, à une part de sa force, de son pouvoir, de sa colère,
  • c’est déposer et non abandonner ses métaux à l’extérieur comme à l’intérieur du temple.

La tolérance intervient quand la connaissance fait défaut en nous laissant dans le domaine des opinions. Elle fait abstraction du « moi » au bénéfice d’autrui. Elle nous oblige à nous remettre en question en nous laissant entrevoir que ce que nous tenions pour vrai ne l’est sans doute pas plus que la vérité de l’autre. Elle ne peut se concevoir que si l’action ou l’opinion tolérée n’est pas contraire à la règle morale où à la loi.

La tolérance mutuelle, est un principe fondateur de la franc-maçonnerie. Elle est le fruit d’un respect et d’une confiance réciproque entre les frères. Mais d’une confiance encore modérée dans son action dans le monde profane. Confiance modérée car dans ce monde où le cynisme et l’égoïsme règnent en maitre, le respect et l’indulgence apparaissent encore comme une faiblesse. Ce monde dans lequel la souffrance de l’autre, qu’elle soit physique ou morale, est intolérable et inacceptable pour un maçon. Son acceptation devient soit cruauté, soit égoïsme ou même indifférence.
Cependant poussée à sa limite, la tolérance finirait par se nier elle même et deviendrait faiblesse ou laxisme, servant de terreau au développement de l’intolérance. C’est ce que Karl Popper philosophe des sciences contemporain appelait le paradoxe de la tolérance et qu’il exprimait ainsi « Si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants et que l’on ne défende pas la société tolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis et la tolérance avec eux. »
Pourtant, la maçonnerie ne nous enseigne-t-elle pas que c’est par l’acceptation de l’opinion de l’autre, le respect et l’instauration d’une confiance réciproque que nous progresserons vis à vis de ceux qui ne la respecte pas. Il s’agit donc et dans tout les cas, d’une évaluation des risques où si l’on préfère, du degré de respect et de confiance que nous devons accorder. Tolérer devient avant out une démonstration de force. Que nous abordions sa dimension politique, morale, ou religieuse, la tolérance n’existe que parce que nous permettons ce que nous sommes en mesure d’interdire ou en tout cas capable d’affronter efficacement. Il m’est facile de tolérer une opinion différente de la mienne si je me sens suffisamment fort pour ne pas être mis en danger
En voici un exemple : Je cite :
«
Tous ceux qui ne se soumettent pas à la vérité sur le bien et sur le mal moral, vérité établie par la loi divine, norme universelle et objective de la moralité, tous ceux là vivent dans le péché.
Il n’y a de liberté ni en dehors de la vérité ni contre elle.
La vérité morale s’impose à tous et ne saurait dépendre ni des cultures, ni de l’histoire, ni d’une quelconque autonomie de l’homme ou de la raison. C’est la voix de Jésus Christ, la voie de la vérité sur le bien et le mal qu’on entend dans la réponse de l’église
»
Ces paroles sont extraites de l’encyclique « veritatis splendor » publiée par Jean Paul II en 1993.
Cet exemple, en tant que maçons du G.O.D.F, il m’est facile de le tolérer car son affirmation se heurte à la force de mes convictions forgées dans le principe de liberté absolue de conscience et au refus de toute affirmation dogmatique.
Ce principe même et cette affirmation qui rendent à l’homme sa liberté de choisir le cadre dans lequel il souhaite que celle- ci s’exerce, m’incitent devant les propos d’une rare violence tenus récemment par la même institution à pratiquer l’intolérance et à prolonger mon action dans une laïcité qui, au regard de ce qui précède, ne peut être que la forme institutionnalisée de la tolérance.

LE RESPECT DES AUTRES ET DE SOI MÊME- LA LIBERTÉ ABSOLUE DE CONSCIENCE – REFUS DE TOUTE AFFIRMATION DOGMATIQUE

Nous avons évoqué un peu plus haut que le respect des autres était une composante indispensable à la tolérance pour tisser ce lien de confiance nécessaire à l’épanouissement des relations humaines. Le respect c’est considérer l’autre dans un rapport d’égalité, établir une distance suffisante pour ne pas empiéter sur ses convictions, ou son intimité. Le respect c’est également l’accepter dans ses différences.
Se respecter soi-même c’est avoir conscience du respect que devons aux autres.

Et maintenant, une fois n’est pas coutume, si nous parlions un peu du G.A.D.LU!
Comme nous l’avons indiqué dans notre bref rappel historique la volonté du convent de 1877, de rejoindre l’esprit initial des constitutions d’ANDERSON, œuvre pour une liberté absolue de conscience en précisant que les conceptions métaphysique sont du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de chacun.
Le fait de ne pas croire en un dieu révélé ne signifie pas que nous sommes contre toute spiritualité religieuse, contre toute métaphysique. Mais bien au contraire pour une spiritualité résultant du fonctionnement du cerveau qui permet dans ces domaines une évolution par l’interprétation. Cette évolution dont notre frère PROUDHON un des chefs spirituels de l’anarchisme nous en montre le chemin.
Replaçons-nous à son époque (1809- 1865) et écoutons son propos le jour de son initiation à la R.L SPUCAR à l’orient de Besançon. Au cours de l’épreuve du cabinet de réflexion à la question d’usage à cette époque qui était : quels sont vos devoirs envers Dieu ? Il répondait « GUERRE A DIEU ».
C’est lui qui quelques temps plus tard, écrivait, dans une apostrophe devenue célèbre « Nous étions comme des Néants devant ta majesté invisible à laquelle nous donnions le ciel comme dais et la terre comme escabeau; et maintenant te voilà détrôné et déchu. Ton nom, le dernier mot du savant, la sanction du juge, la force du prince, l’espoir du pauvre, le refuge du coupable, ce nom désormais voué au mépris et à l’anathème, sera sifflé parmi les hommes; car dieu c’est hypocrisie et mensonge, Dieu c’est tyrannie et misère ; Dieu c’est le mal ».
Et ce même PROUDHON après avoir été initié aux symboles de la maçonnerie, n’hésita pas à écrire je cite :
« Après avoir subi les épreuves, ….Par delà un cérémonial dont quelques détails peuvent être discutables, il est une PHILOSOPHIE, supérieure qui ne COMMUNIQUE POINT, et que je ne puis révéler, bien qu’elle constitue selon moi le véritable mystère de la Franc-Maçonnerie: le conceptualisme, la négation de toute phénoménalité, l’affirmation de l’absolu, tel est le caractère fondamental de toutes les doctrines religieuses. Le G.A.D.L.U n’est ni substance, ni cause, ni créateur, ni rédempteur, ni Satan, ni rien de ce qui correspond à un concept TRANSCENDANT. Toute métaphysique est ici écartée. C’est la personnification de l’équilibre universel, il tient le compas, le niveau, l’équerre et le marteau. Dans l’ordre moral, il est la justice. La maçonnerie n’est pas une église. Elle ne repose pas sur un dogme ni sur une adoration, elle n’affirme rien que la raison ne puisse pas comprendre.

Sous le BÉNÉFICE DE CETTE INTERPRÉTATION, je consens à rendre gloire au G.A.D.L.U dont le lumineux triangle, plus précieux pour moi que le nom d’un Jehova cruel et vindicatif m’a révélé toutes ces choses » Mais PROUDHON ajoutait
« Il faut être étrangement pauvre d’esprit, ce me semble, pour ne pas voir que le rationalisme tolérant de la F.M fondé sur le dédain de toute théologie et sur la substitution d’une idée positive et réelle au concept métaphysique, est la négation même de l’élément religieux, remplacé par l’idée de Justice dans la conscience du F.M. »
C’est sans contestation une évolution chez PROUDHON, mais le fond de sa pensée rejette toujours toute transcendance, pour se loger dans l’immanent, dans le présent, dans le réel, dans ce que la raison peut clairement comprendre.
Alors mes frères concentrons notre esprit sur la réalité de notre contact avec l’univers dont nous sommes partie intégrante et poursuivons la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. Ainsi l’article 1° de notre constitution, enrichi des commentaires qui l’accompagnent, rattache la franc-maçonnerie, tout au long de son histoire, au domaine des valeurs morales et nous fait entrer avec celui de la sagesse qui englobe l’expérience spirituelle de l’humanité. Cette sagesse qui couvre un champ plus vaste que la spiritualité inclus des chemins profanes plus laïques.
Appliquons nous à réaliser une Franc-Maçonnerie collée aux réalités de l’univers et de la planète, ne poursuivons pas d’infructueuses cogitations apparemment métaphysiques sur lesquelles ni notre esprit, ni nos neurones n’auront prises. Tout cela nous détournerait de notre tâche d’amélioration de la société. Même si, chronologiquement, avant ou après la création de l’univers, à côté de notre hypothétique fonction d’architecte, de maitre d’œuvre, il y avait un maitre d’ouvrage, aujourd’hui son existence relèverait du domaine exclusif des conceptions métaphysiques et dogmatiques ce qui, de mon point
de vue, l’exclurait du champ de la Franc-Maçonnerie.
Pour conclure, nous dirions que « la méthode maçonnique » n’est autre que celle que nous venons d’appliquer à la rédaction de cette planche. Elle consiste en un tout dans lequel l’analyse est inséparable de la synthèse. Méthode, dans laquelle partant d’un principe général nous essayons d’en déduire toutes les idées que ce principe contient, d’en extraire les plus fécondes, et d’en étendre leur bienfait à l’humanité par une action tant individuelle que collective avec l’aide des moyens de communication moderne en faisant apparaître une franc maçonnerie sans mystères au service de l’homme.
En ce sens la méthode maçonnique participe à la construction d’un monde meilleur.
Si nous avions à la définir par un seul mot, Nous l’appellerions philanthropie

-car comme elle, c’est par l’apprentissage et l’utilisation de la connaissance de nos propres faiblesses que nous parvenons à laisser nos métaux à la porte du temple.
-Car comme elle, la maçonnerie se pratique comme une vertu patiente et désintéressée.
-Car comme elle, elle ne demande que le bien de l’humanité

Nous terminerons en citant une phrase de DESCARTES dont la maçonnerie, un siecle plus tard, s’est emparée et a instituée en méthode :
« L’on s’écoutera parler les uns les autres avec douceur et respect, sans faire paraître jamais de mépris pour ce qui sera dit dans l’assemblée. L’on ne s’étudiera point à se contredire, mais seulement à rechercher la vérité«

Source : http://www.franc-maconnerie-godf-cannes.org

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Tolérance et exclusion

8 Janvier 2013 , Rédigé par Bernard P Publié dans #Planches

Je tiens à préciser que cette planche n’est pas une planche d’actualité et en aucun cas elle ne traite de l’exclusion du maçon reconnu comme tel par ses Frères mais de l’exclusion du profane à être reconnu par nous pour devenir l’un des nôtres.

Je me demande, encore aujourd’hui, les raisons qui m’ont poussées à traiter d’un sujet aussi « brûlant » et épineux.

Il est question, entre autre, de la gestuelle imposée dans nos rituels et à laquelle ne peuvent pas se conformer, entre autres, les personnes infirmes.

A première vue, les termes « Tolérance » et « Exclusion » sont, on ne peut plus antinomiques. Qui dit Tolérance, di acceptation de l’autre, de ses défauts, de sa différence.

Le franc-maçon est Tolérant. Il est dit, dans les Constitutions d’Anderson, « qu’un maçon est obligé, par son engagement, d’obéir à la loi morale ; et s’il entend bien l’Art Royal, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. » Plus loin, « que les personnes reçues membres d’une Loge doivent être des Hommes bons et sincères, nés libres, d’âge mûr et discret, et non des esclaves, des femmes, ni des hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation. »

Une certaine exclusion apparaît dans cette phrase, pour ce qui concerne les femmes. Ramsay disait : « ce n’est point un outrage à sa fidélité ; mais on craint que l’amour entrant avec ses charmes ne produise l’oubli de la Fraternité. Nombres de Frères et d’amis seraient de faibles armes pour garantir les cœurs de la rivalité. »

En ce qui concerne les hommes immoraux ou scandaleux, cela me semble logique et sans appel.

Les esclaves ; pourquoi pas ? Et encore !!!

Qu’en est-il aujourd’hui dans nos obédiences, dans nos loges ?

Je ne citerai pas la « seule » obédience dite « régulière » qui rejette d’un bloc tout ce qui le lui appartient pas et ceux qui ne pensent pas comme elle. Elle ne m’intéresse vraiment pas car, dans celle-ci, ne règne qu’exclusion et intolérance.

En ce qui concerne les femmes, la situation s’est bien améliorée et cela est bien, à l’exception de l’obédience préalablement citée pour qui la femme n’est bonne qu’à procréer, et encore.

Mais chez nous, Frères tolérants et fraternels, la porte de nos temples est-elle accessible à tous ?

Sommes-nous prêts à accueillir tout homme libre et de bonnes mœurs ? Même s’il est pauvre, malade, muet, aveugle, infirme ou ex-bagnard ? Jean Valjean eut-il été admis chez nous à son époque ?

Je pense que, si ce postulant est tout cela en même temps, il y a lieu d’hésiter un moment. Mais prenons un profane qui frappe à notre porte après avoir franchi dans le bon sens celle de Fresnes ou toute autre prison. Imaginons que son casier judiciaire est chargé après avoir purgé une peine de prison conséquente suite au meurtre de l’assassin de sa femme et de ses enfants. Cet homme, rejeté par la société, par ses amis peut-être, doit-il être rejeté par nous, nous qui, du jour au lendemain, pouvons être confrontés à une situation analogue ? Cet homme ayant purgé sa peine, ayant toujours été un excellent père de famille, n’est-il plus libre et de bonnes mœurs ? Doit-on lui jeter l’opprobre et ne rien faire pour soulager sa souffrance et pour l’aider à se retrouver, à retrouver son « moi » ? La main tendue n’existe-t-elle pas pour lui ?

Autre exemple d’exclusion de nos temples : le fric ! Ce fric responsable de tous les maux de l’humanité. Le Smicart, le Rmiste, le SDF a-t’il une chance d’entrer chez nous ? Il peut être libre et de bonnes mœurs, avoir un Q.I. respectable et de ce fait, pouvoir participer à nos travaux sans problème, nous apporter ses connaissance. La valeur de ses raisonnements nous serait vraisemblablement très profitable, mais malheureusement à la sempiternelle question des frères enquêteurs « pourrez-vous payer vos cotisations ? » S’il répond par trois fois : « Non ! » ; une partie peut-être, et en me privant terriblement : je renonce ! Quel serait le résultat du vote ? Bien sûr, nous ne sommes pas une œuvre de charité, mais ne nous privons pas d’une si belle pierre qui rendrait notre édifice encore plus beau et plus solide.

Je pense du fond du cœur, qu’un atelier se disant tolérant et rejetant l’exclusion sous toutes ses formes devrait pouvoir accueillir de telles situations et œuvrer à l’aider à s’en sortir en sein de sa fraternité. Le tronc de la veuve existe pour subvenir aux besoins d’un Frère ou de sa famille dans la détresse. N’est-il pas tentant d’imaginer un « tronc d’accueil d’amour » permettant de tendre la main à cet homme qui aurait pu être notre Frère ? Réfléchissez, ce n’est vraisemblablement pas une utopie.

Un autre cas d’école : un maçon est un homme debout, mais cela est incompatible avec le fauteuil roulant du tétraplégique ou même de l’hémiplégique. Notre rituel, nos déplacements en loge sont incompatibles avec ce genre de véhicule. Et pourtant… Cet homme que la maladie, l’accident, a diminué pour toujours au regard de la société, de son entourage, n’a-t’il plus le droit non plus de s’élever parmi nous dans la sagesse, la recherche de lui-même ?

Même l’initiation lui est interdite : comment voyager ? Comment prêter serment sur les 3 grandes lumières de la franc-maçonnerie ? Comment donner l ‘accolade fraternelle ? Comment enfin, entrer dans la chaîne d’union et serrer avec vigueur et tendresse les mains des Frères qu’il n’aura jamais ? Et au fait, que fait-on du Frère en pleine santé à qui cela arrive ? je ne sais pas et je suis certain que l’un d’entre vous me le dira à la fin de ma planche. Pour illustrer mon propos, je vous raconterai la belle histoire suivante : il y a quelques temps, j’ai visité un atelier et je ne regrette pas ce voyage car j’ai eu le bonheur de constater la beauté de l’amour et de la fraternité. Dans cet atelier, j’ai découvert une chose surprenante : le deuxième surveillant, troisième lumière de la loge, ne pouvait pas se déplacer dans la loge du fait d’un handicap sévère à une jambe. A chaque tenue, un Frère volontaire exécutait à sa place les déplacements d’ouverture et de fermeture des travaux suivant les invocations que ce Frère, privé de ses jambes, lançait de son plateau. Quelle émotion de voir évoluer de voir évoluer ces deux Frères en symbiose totale. L’un étant le geste, l’autre la parole, pour que la lumière rayonne sur l’ensemble es Frères de l’atelier et que les travaux puissent vivre. Qu’est-ce que l’égrégore sinon cela ?

Je poursuivrai par l’homme noble de cœur et d’esprit, parfaitement adapté à devenir une superbe pierre polie de belle qualité, mais non-voyant. Comment, tout d’abord, peut-il recevoir la Lumière ? Cela peut paraître simple car cette Lumière est en nous, vacillante dans notre corps profane, mais visible même dans les ténèbres de la cécité pour qui sait la recevoir et surtout la découvrir au plus profond de lui-même.

Mais nos ateliers et nos rituels ne sont pas fait pour celui qui est entouré de ténèbres. Notre cabinet de réflexion nous est dévoilé « sans le bandeau ». Comment imaginer ce cabinet sans la petite flamme de la bougie qui permet à l’impétrant de découvrir, sans pour cela comprendre, les multiples symboles qu’il découvre le jour de son initiation et qui porterons sa réflexion à venir ? Comment ce même aveugle pourra-t-il reconnaître cet ennemi hypothétique à qui il devra essayer de pardonner ? Comment pourra-t-il découvrir et assimiler tous ces symboles qui jalonnent notre chemin initiatique ? Comment pourra-t-il suivre nos rituels ? Comment, deuxième ou premier surveillant, pourra-t-il « voir » la main levée de ce Frère qui souhaite la parole pour demander au Vénérable-Maître le départ de celui qui ne l’a jamais vu ?

« Gémissions ! Gémissons ! Gémissions, mais espérons ! »

Je pourrais continuer cette liste terrible des exclus de nos temples et l’intolérance qui parfois y règne (« il n’a pas de voitures pour venir en tenue » ; « il a des horaires trop irréguliers dans sa profession pour être assidu » ; « il n’a rien lu sur la Franc-Maçonnerie » ; « il n’a pas assisté à des conférences, ni écouté la Grande-Loge vous parle à la T.S.F. » ; « il est pédé comme un foc » ; « il est flic » ; etc…). Mais, pour conclure cette planche, même si tous les cas dont j’ai parlé sont en fait de faux problèmes et que tous peuvent venir auprès de nous, qu’il serait beau de voir, même et surtout du monde profane, une loge qui se composerait comme suit :

Trois Frères la dirigeraient :

Le Vénérable-Maître ; ancien du Front National : ayant reçu la Lumière, ferait rayonner plus que quiconque la tolérance et le respect de l’autre dans une fraternité sans plus aucune exclusion.

Le premier Surveillant ; tétraplégique : dirigerait par sa voie d’éveil le jeune Maître malhabile dans l’ouverture et la fermeture des travaux.

Le second Surveillant ; S.D.F : offrirait les richesses de son cœur aux jeunes apprentis en leur apprenant l’humilité.

Cinq l’éclaireraient :

L’Orateur ; repris de justice : ferait respecter les lois de la franc-maçonnerie en général et de la fraternité en particulier.

Le Secrétaire ; aveugle : pour qui la planche tracée de nos travaux serait en braille et de ce fait donnerait plus de relief à ceux-ci.

Sept la rendraient juste et parfaite :

L’Expert ; sourd : lisant sur les lèvres et les yeux de son Vénérable-Maître toute la sagesse de la loge afin de mener au mieux sa tâche.

Le Couvreur ; muet à toute tentation de corruption de profanes venant forcer la porte de notre temps, mais reconnaissant les siens à la chaleur fraternelle de leurs mains.

Source : http://laurentremise.typepad.fr/

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La Tolérance

8 Janvier 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

Autant galvaudée que le mot amour, la tolérance est très certaine­ment la chose du monde la plus mal partagée. Oui pourtant ne s'en réclame pas, à part quelques originaux inconscients ou au contraire trop lucides et trop francs ? En fait, de même qu'une très grande majorité de nos contemporains est prête à dire : « Je ne suis pas raciste mais... » elle pourrait tout aussi facilement ajouter : « Je suis tolérant mais... » et les restrictions qui suivraient alors transformeraient rapidement la tolérance en peau de chagrin.

La Franc-Maçonnerie, vous le savez sans doute, place la tolérance au rang de ses plus grandes vertus. On ne peut, en principe, être à la fois Franc-Maçon et intolérant. Je dis « en principe », car les Francs- Maçons demeurent des hommes. L'initiation, même quand elle est réelle, ne supprime pas toutes les faiblesses humaines et quand elle n'est que virtuelle, elle illustre admirablement la maxime : « Ne jetez pas les choses saintes aux pourceaux », la caricature d'initié étant cent fois pire que le profane le plus fruste.

N'envisageons donc que l'initiation réelle et son apport dans le domaine de la tolérance. En quoi la démarche initiatique constitue-t-elle une voie privilégiée pour vivre une telle vertu ? La réponse peut se résumer par les deux sentiments qu'elle implique et par sa méthode. Les sentiments : la confiance et l'humilité, la méthode, le symbolisme.

La confiance : pour prétendre à l'initiation maçonnique il faut avant tout faire confiance. Aucun livre si bien documenté soit-il, aucune confé­rence si habilement présentée soit-elle ne peut donner une image exacte de l'initiation. Celle-ci ne s'apprend pas, elle se vit. Celui qui y aspire doit donc faire entièrement confiance à ce qu'il ne connaît pas, hommes et institution, qu'il ait ou non des amis maçons, cela revient en fait au même. Son esprit doit donc être disponible et si tel n'est pas le cas, le devenir. Et c'est là un premier pas fait sur le chemin de la tolé­rance. L'homme qui en effet accepte de franchir la barrière de l'inconnu, sans garantie, tout simplement parce qu'il fait confiance à d'autres hommes différents de lui, mais qu'il ressent, confusément peut-être comme partageant le même idéal, cet homme-là sera plus qu'un autre apte à franchir d'autres barrières, à communiquer donc à être tolérant. Une des grandes raisons de l'accroissement actuel de l'intolérance, et ce à tous les niveaux de ce que nous appelons la vie profane, vient du manque de confiance qui règne entre les hommes. Nous vivons dans une civilisation où la preuve écrite a enterré la parole donnée et où les garanties de toutes sortes constituent les décors nécessaires à ce qu'on appelle communément une vie réussie. Cette quête effrénée du confort, cette recherche constante de garanties, ce besoin de preuves ne peuvent fabriquer que des esprits mesquins et intolérants. Pour les amateurs de sécurité et de certitudes à tout prix le fanatisme n'est pas loin. Aussi malheur à l'aventure et à l'inconnu, d'où le règne du conformisme et des réactions d'opposition qu'il suscite, qui bien souvent ne sont que d'autres conformismes, d'autant plus intolérants qu'ils sont inconscients. Et, dans les deux cas, triomphent l'orgueil de l'homme, l'affirmation égoïste du moi, l'expression sans frein ni limite de la volonté de puissance humaine génératrice de toutes les intolérances.

Contre cela l'initiation propose, après la confiance, l'humilité. Celle- ci en est d'ailleurs le corollaire. Il ne peut en effet y avoir de vraie confiance sans réelle humilité, c'est-à-dire sans une authentique remise en question de ses habitudes et des différents éléments de la vie quotidienne qui procurent le sentiment de sécurité. Mais à ce stade il faut déjà avoir pénétré dans la vie initiatique qui seule, avec bien sûr la voie mystique, peut conférer à l'humilité une valeur positive et une grande efficacité. Car dans le monde profane, dans la vie professionnelle ou politique par exemple, l'humilité ne conduit pas à grand chose, tout au plus à obtenir le qualificatif de brave homme, touchant euphémisme, qui va de pair avec le manque d'engagement et l'inefficacité. Or, tel n'est pas l'idéal maçonnique. L'humilité que nous enseignons dans nos Temples n'a pas pour but de nous empêcher de nous affirmer dans des engagements précis. N'oubliant pas ses origines compagnonniques et chevaleresques, un Franc-Maçon est par nature un homme d'action qui doit s'efforcer d'être là où il se trouve le meilleur et si possible le premier. Et c'est de son initiation qu'il puisera cette force, par la connaissance de son moi débarrassé de tous ses masques. Car en fin de compte, l'humilité initiatique est une ascèse qui mène à l'affirmation du moi, du moi réel qu'on ne parvient à connaître que par de durs efforts sur soi-même conduisant obligatoirement à la tolérance, dans le cadre maçonnique du moins. Là les efforts ne sont pas accomplis seuls. Certes le travail initiatique est d'abord affaire personnelle, mais là où il est vécu, dans la Loge, il prend une dimension communautaire et fraternelle. Aussi le Franc-Maçon peut-il dans une telle structure prendre conscience que celui qui est différent de lui n'est pas obligatoirement son ennemi. Parce qu'il est son frère, l'autre ne va pas seulement le déranger et l'agresser, il va aussi lui apporter et l'aider. Et cette aide se révélera particulièrement efficace quand l'initié parvenu à un certain stade va se trouver face à un autre. homme, à la fois plus proche et plus lointain que ses autres frères, lui-même, dépouillé de tous ses masques.

Découverte souvent bien amère que celle de cet autre, cet étranger, cet ennemi même quelquefois qui n'est que soi-même enfin mis à nu. L'atti­tude de profonde tolérance qu'elle engendre est alors fondée sur la compréhension de la nature humaine dans tous ses aspects, les plus beaux comme aussi les plus laids. Ce qui ne veut pas dire qu'une telle tolérance se nourrira d'enthousiasme naïf ou de lâche complaisance. Car pour elle, beauté ou laideur dans les manifestations humaines devront être constamment dépassées comme autant d'apparences pres­que toujours trompeuses. A l'instar de ce qui aura constitué sa propre démarche de remise en question, la recherche de son moi, véritable course d'obstacles, passage de barrières du beau et du laid intimes, l'initié s'il est logique avec lui-même ne pourra aborder ce qui est différent chez l'autre qu'avec tolérance. Par l'aide de l'autre, inconnu devenu fraternel, il se sera connu lui-même et du même coup rendu compte que l'étranger n'était pas seulement à l'extérieur de lui mais aussi en lui.

Confiance pour aller vers l'inconnu, humilité pour vivre le passage de l'inconnu au connu, voilà donc les deux conditions nécessaires pour parvenir à la tolérance au sens où nous l'entendons. Mais celles-ci ne seraient pas suffisantes sans ce qui est essentiel à la méthode maçon­nique, à savoir le symbolisme. L'enseignement maçonnique, en effet, parce qu'il ne procède d'aucune vérité révélée, n'utilise pas de dogmes. Il use uniquement de symboles dont les origines remontent aux initiations de l'Antiquité païenne et à la Bible. De par sa nature même le symbole est moins contraignant que le mot et à plus forte raison que n'importe quelle formulation dogmatique. Ce qui ne veut cependant pas dire qu'il peut avoir n'importe quelle signification. Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple, le symbolisme du rite écossais pratiqué à la Grande Loge de France est-il clairement de type masculin. Les femmes ne peuvent donc qu'en être exclues, ce qui bien évidem­ment ne leur interdit pas d'autres formes d'initiation. Attitude intolé­rante dira-t-on ? Non ! Simplement cohérente. La tolérance produite par le symbolisme maçonnique ne permet pas n'importe quoi. De plus ce symbolisme est le fruit d'une Tradition qui n'est pas sans comporter quelques indications sur la manière de le comprendre. On ne peut donc supprimer ou remettre en cause ce que la Tradition a constamment enseigné, sinon il n'y a plus d'Ordre et il n'y a plus d'initiation.

Cette référence à la Tradition n'intervient-elle pas alors malgré tout comme une ombre à la tolérance maçonnique, n'est-elle pas de même nature que ce recours à l'irrationnel qui, comme me le disait il y a quelque temps un très vieux frère presque centenaire, serait à la base des plus dangereux fanatismes contemporains ? Et de citer pêle-mêle, l'Ayatollah et les sectes comme générateurs d'angoisse et de fanatisme chez les hommes. Tout en étant conscient des risques réels que tout recours à l'irrationnel fait courir à la tolérance, je, ne puis m'empêcher de songer à ceux qui proviennent de systèmes parfaitement rationnels aussi meurtriers et intolérants, pour ne pas dire plus que les idéologies religieuses fanatiques. Que certains maçons du passé aient jadis dénoncé avec vigueur l'obscurantisme religieux et ses conséquences, cela a sans doute eu sa valeur quoique leur démarche d'alors n'ait pas toujours constitué un modèle de tolérance.

Cependant aujourd'hui face à certaines idéologies totalitaires, dont le fanatisme et l'intolérance ne prennent pas leur source dans la reli­gion, un combat maçonnique antireligieux serait aussi désuet qu'inutile, voire même aberrant s'il voulait vraiment se placer sur le terrain de la lutte du rationnel contre l'irrationnel. La Franc-Maçonnerie traditionnelle et régulière se réfère en effet constamment au Grand Architecte de l'Univers, principe d'ordre de la création, base et fondement de toute initiation. Quelle que soit l'interprétation qu'un Franc-Maçon donne de ce symbole celui-ci transcende obligatoirement la raison individuelle, donc ce qui est couramment appelé, le rationnel. L'initiation tradition­nelle, accomplie à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, qui équi­vaut à la recherche constante d'une plus grande harmonie avec ce prin­cipe d'ordre, doit donc conduire au dépassement de soi, comme cela a été dit précédemment, y compris de sa propre raison. Il s'agit donc, qu'on le veuille ou non d'une approche de l'irrationnel que le Franc- Maçon traduit en symboles, d'autres utilisant les dogmes ; d'autres encore des manifestations paranormales, aucune de ses traductions ne s'excluant d'ailleurs les unes les autres pourvu qu'elle ne prétendent pas incarner à elles seules la Vérité. Fidèle à sa vocation originelle, la Franc-Maçonnerie pratiquée à la Grande Loge de France, véritable « Centre d'Union « entre les hommes qui comme l'écrivait le pasteur Anderson au Chapitre I de ses constitutions « devient le moyen de nouer une véritable amitié parmi des personnes qui eussent dû demeurer perpé­tuellement éloignées », cette Franc-Maçonnerie-là a donc bien pour mis­sion aujourd'hui encore, de rassembler et d'unir. Par les sentiments de confiance et d'humilité qu'elle implique, par sa méthode symbolique, elle représente en Occident le seul Ordre initiatique capable d'accom­plir cette grande oeuvre dans la clarté et dans la Vérité, car la tolérance n'est pas pour elle affaire de concession, elle relève de son essence même, elle est son âme. Dans cette grande fraternité universelle qu'est la Franc-Maçonnerie, la tolérance, vous l'avez maintenant compris, ne consiste pas seulement à supporter l'autre plus ou moins contraint et forcé. Elle invite au contraire à l'entendre et à l'aimer pour être enrichi par lui par ce qu'il porte de différent.

AVRIL 1980

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Humour et tolérance

7 Janvier 2013 , Rédigé par L\ D\ Publié dans #Planches

Loin de vouloir faire de l'esprit dès le début de ce tracé, il convient toutefois de signaler que le mot humour est un mot d'origine anglaise, venant lui même de l'ancien français humor qui signifie humeur. En effet, on attribuait cette disposition d'esprit qu'est l'humour à l'influence des humeurs du corps (les liquides organiques). Certains sont tentés par ailleurs d'attribuer l'origine du mot humour à la racine étymologique des mots humilité et humanité qui serait humus, le bon fumier qui fait pousser toutes sortes de fleurs y compris celle du mal.

S'il est pourtant vrai que l'humour rend humble, cette vertu - car le philosophe contemporain André Comte-Sponville la compte f bien au nombre des grandes vertus de son petit traité - cette vertu est même selon moi un instrument alchimique aux merveilleuses capacités transmutatoires. Car l'humour relativise ce qu'il touche et peut transformer des situations désespérées en catastrophes acceptables, transmuter la tristesse en joie, la désillusion en comique. Louis Scutenaire (1905-1987, écrivain belge, anarchiste de la langue française) disait que l'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire. Juste.
Avoir de l'humour c'est prendre un peu de distance mais garder les deux pieds dans la réalité. C'est une galipette mentale mais on retombe sur ses 2 pieds. L'humour est jeu, un jeu de l'esprit. D'ailleurs ne dit-on pas "faire de l'esprit" ? Sans esprit donc pas d'humour. Cela ne nous étonne guère car le rire (à l’instar de l’esprit) est le propre de l'homme.

Par ailleurs, l’humour permet, comme la tolérance, d’accepter ou de mieux accepter (une personne, une situation). Tous deux disent oui. Tous deux s’inscrivent dans le mouvement.

Dans un monde comme le nôtre, manquer d'humour c'est manquer d'humilité, c'est manquer de lucidité, de légèreté, c'est être trop plein de soi, trop dupe de soi, trop sévère ou trop agressif, c'est manquer toujours de générosité, de douceur et de miséricorde. Or qu'est donc la tolérance si ce n'est la fille de l'humilité et de la compassion... Humour et tolérance semblent donc être au moins des cousins ! La tolérance aussi est un exercice de relativité. Elle permet aussi de recadrer et de recentrer les choses. En ce sens, humour et tolérance sont tous deux des voies du milieu. L’humour, le rire a à voir avec l’absurde mais il n’est ni vraiment le sens ni le non-sens mais plutôt un passage entre les deux. La tolérance se positionne entre refus et acceptation et nécessite souvent une approche différente de celle que l’on aurait eu spontanément pour se frayer un chemin / trouver une solution.
Humour comme tolérance ne font ni dans le trop ni dans le trop peu.
Humour et tolérance demandent de l'exercice pour être efficaces.

Ceci dit, ils me semblent nécessaires dans le groupe social. Ne serait-ce que parce que les conditions de vie de nos groupes sociaux sont complexes voire difficiles. Nos conditions humaines nous obligent à l'humilité et donc à l'humour. Elles nous y condamnent presque. D'ailleurs, ne nous entendons-nous pas dire quelques fois : mieux vaut en rire qu'en pleurer ou encore la vie est déjà bien assez triste (ou dure) comme ça ?

L'humour est un art en ce sens que comme l'art, il demande une aptitude et une certaine habileté. Il en va de même pour la tolérance qui demande une certaine pratique. Humour et tolérance ont tous deux leurs règles et leurs techniques. Humour et tolérance sont des formes d'écoute et d'aide qui vont au delà des mots et s'adressent directement à nos âmes.

L'humour est une vertu en cela que bien pratiquée elle est aussi un puissant vecteur de sens. Je rejoins volontiers le dessinateur Wolinski lorsqu'il dit que l'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre. En effet, pour faire de l'humour, il faut jouer avec des images et des mots et donc remonter au sens. Et comme tout jeu, il a son côté distrayant mais aussi ses règles. On peut rire de tout mais pas n'importe comment.

Pratiquer l'humour c'est déguiser la réalité pour mieux lui faire toucher nos coeurs et nos esprits. L'humour est un suppositoire qui ne fait son effet que quand il est à l'intérieur. L'humour est une forme d'esprit subtile.

Humour et tolérance demandent par ailleurs une certaine liberté pour être bien pratiqués. En cela ils ne peuvent être pratiqués que par des esprits avisés et expérimentés. Voilà pourquoi je les élève au rang de vertus. Celui signifie en clair que celui qui les pratique et y tend serait vertueux. Un homme de bien comme diraient les Chinois. A propos, selon la tradition orientale, trois critères permettent de distinguer le sage des autres : l'humilité, la compassion et l'humour (c-à-d. tolérance et humour). Le sourire du Bouddha en témoigne : l'homme sage ne peut se prendre trop au sérieux.

Prenons cette petite histoire du Maître Zen qui reçoit un disciple pour un entretien. Il lui sert alors le thé dans un petit bol posé sur une table basse. Il sert le thé tout en continuant à entretenir son disciple. Il sert tant et si bien que le bol déborde et le thé se répand sur la table puis goûte au sol. Le disciple n'ose interrompre le maître qui continue à servir. Puis, n'y tenant plus, il finit par dire : "Maître, arrêtez, la tasse déborde et il y a du thé partout !". Le Maître sourit et dit : "C'est juste. Vois-tu, il en va de l'esprit comme de la tasse : lorsqu'il est plein, il ne peut plus rien recevoir". Le sens de cette image est profond. Une longue théorie et quelques livres n'eurent eu que peu de force comparativement à cette image. L’humour, le cocasse, révèle le sens, met en relief des vérités, stimule les esprits et réjouis les coeurs.

Mais pour avoir de l'humour, il faut aussi rester simple, tout en étant lucide (de luce, la lumière).
Lucidité bien ordonnée commence par soi-même, il en va de même pour la simplicité.
L'humour est comme la tolérance : il doit être éclairé et pratiqué simplement.
A trop rire on finit par pleurer.
A trop tolérer on finit par nuire.

Pour bien nuancer et comprendre l'humour, il convient de le distinguer clairement de l'ironie.
Tandis que l'humour est humble car il a pour cible soi-même, l'ironie au contraire est une arme pointée sur autrui (les hommes, les femmes, les gais, les noirs, les juifs, les vieux, les FM:., les blondes et j'en passe et des meilleures). L'ironie s'inspire d'une inquiétude ou d'une insécurité mal assumée qu'il veut travestir en puissance. D'où les -ismes (sexisme, racisme, ethnocentrisme, etc...). L'ironie abaisse, blesse, accuse, condamne, méprise. C'est vrai qu'on se moque peu des riches et des puissants. L'ironie c'est rire contre.

L'humour c'est rire avec. L'humour est donc fondamentalement fraternel. Il implique une sorte d'égalité et permet de rire de soi. J'irai même jusqu'à dire que l'humour est une forme d'amour. En tous cas il n’est pas possible sans une certaine forme de sympathie. D'ailleurs les deux mots ne riment-ils par merveilleusement bien l'un avec l'autre ? Fraternité, simplicité, éclairage, mais me direz vous, c’est très maçonnique tout ça ! Eh bien oui, je crois que, entre autres, les FF\ de tous les pays cultivent l’humour (et en tous cas doivent le faire), l'humour vrai, celui qui consiste à ne pas se prendre trop au sérieux, celui qui colore la vie et illumine les visages et les cœurs.

Mes FF\, qu’il me soit permis de finir avec cette phrase de notre F :. Pierre Dac qui disait :
« A l’éternelle triple question toujours demeurée sans réponse : qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? et où allons-nous ?, je réponds : en ce qui me concerne je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne ».

CITATIONS
- L'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre. Georges Wolinski
- L'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire. Louis Scutenaire
- La seule chose absolue, dans un monde comme le nôtre, c'est l'humour. Albert Einstein
- L'humour, c'est la politesse du é_sespoir. Chris Marker (et non Boris Vian)
- L'humour est nénarrable, solite, décis, pondérable, commensurable, tempestif, déniable et trépide. Jacques Prévert
- Qui a de l'humour déjà presque du génie. Celui qui n'est que spirituel n'a généralement même pas d'esprit. Arthur Schnitzler
- Vouloir définir l'humour, c'est déjà prendre le risque d'en manquer. Guy Bedos
- L’éternité c’est long, surtout vers la fin. Woody Allen
- Sourire de ce qu’on aime, c’est l’aimer deux fois plus.

BIBLIOGRAPHIE
- Petit traité des grandes vertus, André Compte-Sponville
- Bouquin des Citations, Claude Gagnière
- Le petit Larousse illustré, 2004

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La tolérance

7 Janvier 2013 , Rédigé par M.T Publié dans #Planches

J’ai trois ans et c’est à l’intérieur de mes trois points que je vais vous entretenir sur la tolérance. Pour réaliser cette planche, je me suis inspiré des ouvrages suivants :
- La tolérance. par Nicole Czechowski - édition Autrement.
- La tolérance. textes choisis & présentés par Julie Saada-Gendron chez Flammarion.
- Guide des idées littéraires. par Henri Benac chez Hachette.
- Causeries initiatiques pour le travail en loge d’apprentis - édition Plantagenet.

J'ai divisé ma planche en 9 parties :
1- Pourquoi j'ai choisi de vous parler de la tolérance ?
2- Qu'est-ce que la tolérance ?
3- Les définitions des différentes tolérances.
4- La tolérance de l'esprit.
5- Tolérance et intolérance.
6- Rapport entre le Pouvoir et la tolérance.
7- Quelle est la limite de la tolérance ?
8- La tolérance est-elle une vertu ?
9- Quelle est la place de la tolérance en Franc-Maçonnerie ?

1- Pourquoi j'ai choisi de vous parler de la tolérance ?

Parce que c’est le premier sentiment que j’ai ressenti, très fort, quand je suis arrivé ici, juste après mon initiation. C’était d’ailleurs assez extraordinaire la force et la puissance de ce ressenti. Ce sujet s’est en quelque sorte, imposé à moi tout de suite et je ne souhaite pas me poser plus de questions à ce propos je le vis en frère, j’en suis très heureux, c’est tout. Ce travail m’a déjà beaucoup apporté dans ma vie personnelle. Si la Franc-maçonnerie ce n’était que çà, ce serait déjà merveilleux, mais aujourd'hui, je suis sûr de n’être qu’au début de mon chemin, ….. alors ……

Quelques jours plus tard, un soir, en rentrant d’une des premières tenues, j’ai regardé la télé. il était plus de minuit plein. Sur TF1, un débat : Je me disais, l’animateur est pas terrible, les intervenants sont agressifs, le chirurgien qui parle est con …. J’ai appliqué cette vertu de la tolérance et j’ai découvert à travers les propos des personnes que j’entendais parler à la télé ……. de la souffrance. J'ai compris.

Je peux commencer mon propos par ce qui pourrait être ma conclusion :

Tolérer c’est connaître,
connaître c’est comprendre, ou compatir, (n'est-ce pas André-Marie)
comprendre c’est aimer,
aimer c’est devenir sage,
être sage c’est devenir lumière, lumière pour les autres bien-sûr ….

tout à fait au hasard de mes lectures j’ai relevé ce propos que je laisse à votre esprit de sagacité (sagacité : vivacité d’esprit) : Si quelqu’un veut pour le salut de son âme, adopter quelque dogme ou pratiquer quelque culte, il faut qu’il croit du fond de l’âme que ce dogme est vrai, qu’il lui sera agréable, et que ce culte sera accepté par Dieu ; mais aucune peine, aucune technique, ne peut le moins du monde instiller (ou faire pénétrer) dans les âmes une conviction de ce genre.
Instiller : c’est à dire faire pénétrer au goutte à goutte.

Il faut pour changer un sentiment dans les âmes, une lumière que ne peut en aucune autre façon produire le supplice des corps pour pénétrer cette âme.

Si j’ai bien compris et sans aucune prétention, n’est-ce pas le chemin de la Franc-maçonnerie ? n’est-ce pas le chemin de tout Frère, en tout cas ce midi, j’ai trois ans, et c’est mon chemin.

2- Qu ‘est-ce que la tolérance ?

D’après VOLTAIRE (1694 – 1778) c’est l’apanage de l’humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. L’ignorance étant universellement partagée, la tolérance doit s’exercer de chaque homme à l’égard de tous les autres.
Il se produit un " partage d’erreurs et de vérités que les hommes se distribuent ou se transmettent ou se disputent " et personne ne peut assurer que " la vérité est constamment chez lui, et l’erreur constamment chez l’autre ".

C’est respecter la liberté de conscience, sortir des cadres établis, ouvrir les " chasses gardées ", les domaines réservés, casser les habitudes de pensée quand elles conduisent au conformisme. Le pari est de rétablir l’échange.

3- Définitions des différentes tolérances :

Le mot tolérance se rattache à la racine indo-européenne tol. Tel. tla. Dont dérive tollere et tolerare. :
Tollere : signifie soulever, enlever, quelquefois détruire.
Tolerare : signifie porter, supporter parfois combattre.
Ainsi l'idée de guerre et l'idée d'effort, sous-tendent la notion de tolérance. Cela nous renvoie plutôt à une fonction de l'intellect qui nous pousse à faire un effort pour nous arracher aux dogmes des orthodoxies ( toutes doctrines officiellement enseignées par une Eglise) et à la pesanteur de l'homogène, afin de s'ouvrir à la rencontre de l'autre différent.

Le dictionnaire me dit : Tolérant: attitude de quelqu’un qui admet chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres.

Ensuite si je consulte une encyclopédie je peux lire qu’il y a plusieurs sortes de tolérance, on parlera de :
- Tolérance mathématique : excédant ou insuffisance par rapport à une valeur prise pour référence.
- Tolérance physique : ce lacet de 1 mètre de long en coton est fabriqué avec une tolérance de plus ou moins 1 centimètre.
- Tolérance par abandon : latitude laissée à quelqu’un d’aller dans certains cas, contre une loi ou un règlement. Par exemple : le stationnement est toléré.
- Tolérance médicale : ce médicament n’est pas bien toléré dans telle situation par tel patient, il peut y avoir rejet, il y a acceptation ou non acceptation.
- Principe de tolérance de Carnap Rudolp (Philosophe et logicien Américain du 20ème siècle) selon lequel il ne s’agit pas de formuler des interdits mais de parvenir à des conventions.
- Tolérance de l’esprit : Je suis Tolérant avec le monde qui m’entoure, avec mes proches, dans mes idées, mes opinions, avec le monde qui n’arrête pas de se faire la guerre et de s’entre-tuer, justement, et sans doute, au début à cause d’un manque de Tolérance.
- Tolérance de la nature, ou de la matière, qu' elle soit minérale ou végétale, quand je pense à cette forêt vierge par exemple où toutes sortes de plantes poussent et se tolèrent ou ne se tolèrent pas, un lierre qui envahira un grand arbre et sera capable à force de pousser, de l’étouffer, et de le faire mourir …à moins que ce ne soit lui, le grand arbre qui se laisse envahir, se laisser mourir sans réagir … pour mieux laisser le lierre se développer et vivre.
Comme c’est curieux, est-ce que ça ne veut pas dire, qu’encore une fois, c’est la nature qui nous donne l’exemple et qui nous montre.

Comme c’est curieux, tolérer ce pourrait être : laisser l'idée de l’autre vivre et laisser la nôtre mourir…ou l’inverse ?

La nature, peut même se rebeller quand ça dépasse certaines limites, quand cela devient insupportable, intolérable, ou qu'on arrive à des déséquilibres : je pense aux tremblements de terre, aux raz de marée, aux cataclysmes de tout genre.

4- Mais je m’intéresserai à la tolérance de l’esprit, c’est à dire à un autre élément que sont la terre, l’eau, l’air, le feu, ou même le sel dont parlait mon frère Louis. Le sel n’est-il pas lui même tolérant ou non tolérant , Louis nous a démontré que là aussi le sel accepte ou rejette tolère ou ne tolère pas, que cela devient inacceptable quand c’est une addition salée, pire, que cela devient insupportable, ce manque de sel dans le cerveau de la maman de Liliane avec les effets irrémédiables dont parlait mon frère Jean-Marc.

Donc la tolérance de l’esprit, (dans son acceptation philosophique !)
à quoi ça sert me direz-vous ?
A faire évoluer l’humanité vers plus d’amour, plus de paix surtout, plus de sagesse, vers la lumière.

Je me souviens de mon premier travail ici sur la pierre avec mes frères apprentis et j'aimerais y faire référence, car tout est peut-être lié en fin de compte ?

Nous parlions des éléments que sont la Terre, L’Eau, l' Air et le Feu. j’avais dit en conclusion que chacun des éléments en combinaison avec les autres formait un tout. Et je me souviens de ma conclusion : chacun des 4 éléments est conducteur vers une autre réalité que lui-même.

La tolérance me conduira-t-elle vers une autre réalité ?
aujourd’hui j’en suis convaincu : surtout depuis que je l’ai expérimentée et appliquée dans ma vie profane, mais dans un esprit de Frère qui devait m'habiter, lors d’événement personnel grave, comme le décès de mon papa où je vois des personnes qui me sont chères se faire du mal entres elles, cela m'a guidé, éclairé pour les aider à avancer dans la paix.

5- Tolérance et intolérance.

Etre Tolérant suppose qu’on en mesure les limites et qu’on évalue les obstacles.

On respecte la loi, on ne la tolère pas. On tolère les opinions d’autrui, mais on respecte sa personne, car elle est distincte de ses opinions. On peut donc respecter cette personne sans tolérer ses opinions.

Affirmation des particularismes, diversités culturelles, une condition du savoir et non plus une concession faite à l’erreur ou au vice, conserver l’idée qu’elle est avant tout un effort sur soi, dans un discours partagé.
Car il faut avoir le courage d'aller plus loin, la force de faire les efforts nécessaires et prendre le temps.

La tolérance se définit dans l’écart des pratiques et des opinions par rapport à une norme affirmée universelle. Elle est une sorte de condescendance de la vérité pour l’erreur et ne dure qu’autant que cette erreur ne peut être résorbée. On peut du même coup lui assigner une limite. Notamment l’intolérance :

Mais qu’est-ce que l’intolérance ?

L’intolérance est partout et elle présente mille visages.
Nous tolérons la misère, l’exclusion, les sans-abri, l’ordre moral, le racisme même pour peu qu’il sache se cacher sous une apparence de bienséance. Que ne tolérons nous pas à la longue, à quoi ne finissons nous pas à nous habituer ? Lâcheté, permissivité molle, paresse, mépris, indifférence … Il faudrait retourner le problème du côté de ce verbe qui n’existe pas intolérer : qu’est-ce que l’intolérable ? ce qui provoque un refus et une insurrection. Contre un état de fait, un comportement, des idées, une injustice et qui dans le même mouvement traduit une souffrance à partir d’un certain seuil de tolérance ...

A voir les ligues nationalistes et antisémites, les attaques dans les années 1880 contre les ouvriers Italiens venus travailler en France dans le bâtiment, puis les Polonais dans les années 1950 venus travailler dans les mines de charbons, puis plus proche de nous les Nord-Africains que j’ai vu arriver, étant enfant, dans le Nord de la France.
Intolérable ! ces joueurs de Foot étrangers dans les équipes nationales et pourtant qu’est-ce qu’on est tolérant quand ils deviennent champion du monde et que la souffrance disparaît, n’existe plus et fait place à la joie et à l’amour d’un peuple éperdu de reconnaissance. Où est la limite entre tolérance et intolérance : au seuil de la souffrance je pense.

Mon frère Max, Comment parler de la tolérance ou de l’intolérance dans le monde, sans évoquer l’expérience tragique des juifs dans les pays de l’exil. Qui trois ans après la shoah confirmait la voie à prendre : indépendance politique pour les juifs, égalité civile et politique pour les minorités et respect de leur personnalité culturelle.

Compte tenu de notre histoire en diaspora, ( dispersion des juifs au cours des siècles – dispersion d’une ethnie quelconque – Tsigane ) , on comprend que la tolérance ou l'intolérance prenne en Israël une signification toute particulière.

Comment ne pas penser également de cette autre collectivité l' Afrique du Sud qui elle aussi, a tant souffert et souffre encore de l’intolérance à cause de l'apartheid.

Pour aller au delà de ce que je qualifierai " d’un respect distancié " entre deux réalités sociales, il faut un élément transcendant : la souffrance, la connaissance, et l’amour. Car d'ailleurs la volonté politique seule ne suffit pas à faire disparaître l'intolérance, on a besoin de ces éléments transcendants. Par exemple c’est aussi à l’hôpital, ou à l’université et surtout dans l’intimité d’un couple que quelque chose se construit dans une certaine proximité, connaissance, et un amour.

J'ai parlé de volonté politique:

6- Quel est le rapport entre le Pouvoir et la tolérance ?

L'intérêt d'un Etat (ou d'une petite commune par exemple) est de tenir à l’unité de religion et sous le couvert de la religion à obliger tout le monde à penser comme eux.
IL est possible de fonder la tolérance sur des dispositifs institutionnels, juridiques et politiques.
L’histoire nous montre bien aussi que le pouvoir tolère de ses administrés certains comportements ou habitudes. Le point commun de ces relations du pouvoir et de la tolérance est le caractère précaire, fugace, révocable, fongible de la tolérance .
( Fongible : qui se consomme par l’usage et peut être remplacé par d’autres choses identiques.)
Et cela garantit à un pouvoir quelqu'il soit, l’exercice d’un lien social. Allons encore plus loin, une tolérance qui se répète, se généralise devient la loi. C’est une source du droit que nulle constitution n’a prévue et pourtant, notre histoire juridique est ponctuée par ces luttes entre le flou et l’énoncé.

Avec le monopole de la loi s’est donc érigé le monopole public de la tolérance et depuis nous sommes en négociation permanente avec les détenteurs de la loi. De l’automobiliste au voleur de grands magasins en passant par les fraudeurs fiscaux la permanence de négociation s’est établie. Cette tolérance révèle une tolérance de maître à dominé.

Mais attention ne confondons pas, cela ne veut pas dire que celui qui tolère est supérieur, c'est faut. Il ne peut y avoir que réciprocité d'idées et personne ne détient LA vérité.

Là ou il y a différence, différence qu’aucun projet unitaire ne veut ou ne peut éliminer, un code de bonne conduite se constitue, que l’on nomme tolérance.

Par contre, que faire contre ceux qui érigent sciemment l’intolérance en politique ?
Et que faire contre cette intolérance vis à vis des idées qui s’aggrave dans le cas de la discrimination entre les personnes.

Prenons garde à l'énervement des passions opéré par les médias, la simplification outrancière des arguments pour mieux se faire entendre, et qui chassent la tolérance en ce qu’elle suppose de nuances, de dialogue. La complexité n’est qu’un alibi pour des intellectuels velléitaires. Le simplisme exige toujours des solutions immédiates, montrables, aisément reproductibles.
A ce sujet, depuis quelques temps, l’idée de médiation a surgi dans le social par exemple, et de cette relation humaine , restitue à chacun sa complexité et autorise une tolérance vraie, car négociée, reconnue par les individus, librement décrétée.
L’enjeu est celui là pour sortir d’une tolérance – bordel, d’une tolérance dérèglement, d’une tolérance cache-misère pour entrer dans une tolérance de dialogue.

1791 Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
art 11 : la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

7- Quelles sont donc les limites de la tolérance ?

Je l'ai dit précédemment la limite de la tolérance et de l'intolérance : c'est le seuil de la souffrance.

Attention également car une tolérance absolue peut aussi aboutir à la confusion ou à l'indifférentisme …

On peut également dire : La tolérance c'est le relativisme culturel, c'est à dire que toutes les cultures se valent. Problème : est-ce qu' au nom de la tolérance et du relativisme culturel (qui est donc que toutes les cultures se valent) on peut justifier des atteintes aux droits de l'Homme tel que l'excision par exemple.
Par contre, l'Ethnocentrisme c'est l'intolérance. C'est à dire juger la culture des autres en fonction de sa propre culture.

8- La tolérance est-elle une vertu ?

La tolérance n’a plus le même sens : elle devient le principe ou la règle pratique que l’on se donne dans un certain rapport à autrui, et plus précisément à autrui en tant qu'indiffère ou s’oppose à mes propres convictions. Qui tolère peut y trouver un bénéfice. La tolérance peut s’offrir, comme un idéal de vie en commun dont la forme exemplaire serait le dialogue, discours partagé qui nous engage à " accueillir l’étranger ".

Helvétius (philosophe Français du 18ème) fonde la liberté d’expression sur l’utilité publique : elle est un facteur de promotion de la vérité, éclairant les individus et rendant possible le progrès commun.

En matière de religion, cependant, on ne sait ni quelle est la vrai religion, ni qui est habilité à la reconnaître comme telle. Chacun est donc tenu de suivre la religion que lui indique sa conscience.
Le seul critère de vérité devient la sincérité et la tolérance avec laquelle la pratique ses membres. Voltaire le reprendra à sa manière en affirmant, dans l’article tolérance : « Que nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs » invitant à nous pardonner réciproquement nos sottises.

La tolérance repose moins sur un ensemble de devoirs énoncés par la conscience au titre d’une morale naturelle, que sur un constat d’ignorance ; dont on déduit la nécessité de reconnaître un droit à la pluralité en matière d’opinions. Cette tolérance fait prévaloir la question de la liberté sur celle de la vérité, et celle de la pratique morale sur le dogmatique.

En tout cas il paraît évident que la réponse se joue sur le plan des idées. Dans un certain sens la tolérance serait une vertu intellectuelle.
Dans cette conception, la tolérance est affaire de réciprocité ; La tolérance est mutuelle ou elle n’est pas, elle doit être tenue pour une obligation morale, un compromis utilitaire.

Il faut souligner qu'il y a une bonne et une mauvaise tolérance. La mauvaise est celle qui vient de l'indifférence à l'égard d'une vérité ou d'une hiérarchie entre les vérités, tandis que la bonne tolérance est le fait de pouvoir écouter les idées d'autrui bien qu'on ne soit pas d'accord et justement d'en discuter.
La tolérance est une véritable vertu morale et ce n'est pas simplement une indulgence pour faciliter la convivialité des hommes entre eux.
La tolérance n’est associée à l’indulgence que parce qu’elle est réciproque, n’introduisant aucun rapport de domination entre celui qui tolère et celui qui est toléré.

La tolérance apparaît comme une donnée incontestable de l’horizon intellectuel, politique et juridique du libéralisme. Pour l'homme c’est la Liberté de croyance, d’opinions, d’expression, inaliénable de se déterminer par lui-même.

Nous avons consacré à la face du monde ce propos : Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
La tolérance est un espace de Liberté, d'Egalité, de Fraternité.

La tolérance cesse également, ainsi, d’être seulement un problème de morale et de politique pour devenir une position théorique et même une des conditions du savoir. Elle suppose une séparation des savoirs sans permettre à aucun d’exercer une hégémonie, une suprématie. La science par exemple dit David Hume (philosophe du 18ème) ne pouvait naître que dans un pays de tolérance et de liberté.

Liberté de pensée, liberté intérieure de conscience, ou d’opinions dont la forme extérieure est le droit à l’expression publique. Liberté de satisfaire nos goûts de choisir les intérêts que nous poursuivons et de conduire notre vie comme nous l’entendons.
La liberté d’expression a aussi une fonction de vertu : elle permet aux hommes de développer leur entendement par une confrontation des opinions.

Pierre Bayle (philosophe du 17ème) nous fait remarquer que chacun peut reconnaître en l’autre la sincérité de ses convictions, même si la vérité qu’il soutient diffère de la nôtre. Le devoir d’obéissance à sa propre conscience fonde ainsi le droit à la liberté religieuse, droit qui n’a de sens que s’il est réciproque. Ce qui hélas, n’est pas le cas aujourd’hui dans certaines religions ou plus exactement et plus précisément avec certains extrémistes qui ne tolèrent pas les autres religions …..
Cependant, Bayle ajoute " La persévérance dans l’erreur est en réalité une fidélité à sa conscience en tant qu’elle est le signe d’une détermination invincible et insecouable vers la vérité ".

Voltaire tire les leçons de l’histoire et nous invite à la tolérance dans son fameux traité sur le sujet. L’hérésie est naturelle parce qu’elle tient à la nature bornée de notre esprit. Elle appelle à la tolérance. En revanche, le fanatisme dégénère en maladie parce qu’il consiste à prendre son opinion pour vérité unique, et à saisir les armes pour le défendre. L’intérêt des nations exige la tolérance. Nous devons mutuellement nous pardonner nos erreurs ; la discorde est le grand mal du genre humain, et la tolérance en est le seul remède.

La tolérance est une vertu humaine et une vertu sociale.

9- Quelle est place de la tolérance en Franc-Maçonnerie ?

Je l’ai dit, c’est la première des choses que j’ai très vite ressenti en venant ici : une immense tolérance, une grande écoute et un amour.
Pour l'apprenti que je suis, être tolérant c’est d’abord s’accepter soi-même, ensuite c’est accepter l’autre, c’est découvrir un autre monde et par voie de conséquence c’est progresser dans l’humanité.
Quand la tolérance s'installe, le dialogue s'ouvre, l'ignorance recule, la connaissance avance.
Lessing écrivain Allemand du 18ème et Franc-Maçon, soutient un idéal de fraternité universelle par delà les divisions religieuses, nationales ou sociales, évoquant l’idéal maçonnique de fraternité et d’universalité qui conditionne la pratique de la tolérance.

Extraits du livre de Plantagenet " Causeries initiatiques pour le travail en loge d’apprentis "
Page 27, je cite :
"un Maçon dans quelque endroit ou dans quelque circonstance que ce soit se doit à lui-même de ne pratiquer que la tolérance, de ne priser que la vertu et de ne respecter que l’intelligence et le talent".

Page 118, je cite encore :
"la loi du maçon : pondération, tolérance, fraternité."

Un peu plus loin je lis : "faire taire ses passions et oublier jusqu'à ses intérêts personnels, il se met à l’ordre. Il n’est plus un homme. Son geste l’a purifié, le cours de ses pensées s’est modifié, il n’est plus que solidarité, fraternité et amour."

Mais revenons à la question posée : qu’est-ce qu'être tolérant ?
C’est d’abord être tolérant avec soi-même c’est savoir que l’on a des opinions, des avis, des idées propres à soi et quelquefois, pour ne pas dire le plus souvent, des idées différentes des autres. Cela peut poser un problème personnel un cas de conscience dirons-nous si quelqu’un n’est pas suffisamment tolérant avec ses propres idées. C’est la première des tolérances.

Ensuite c’est d’être tolérant avec l’autre, pas toujours facile dans la vie, dans le monde, pas toujours admis par les états, les gouvernements, les ethnies, les partis, les lobbys, les corporatismes, les groupes en tous genre ……

Et pourtant c’est la seule façon de permettre d’abord à l’autre d’être lui-même, de lui accorder le droit à la liberté de conscience, de lui donner la possibilité de vous apporter quelque chose de différent, de vous enrichir, de vous donner une idée de plus , autre, qui puisse vous faire évoluer, … grandir.

Je me souviens de cet axiome : quand deux hommes se rencontrent et qu’ils échangent
1 franc, ils repartent riches d’un franc chacun, mais quand deux hommes se rencontrent et qu’ils échangent 1 idée, ils repartent riches de deux idées chacun.

Donc être tolérant avec l’autre c’est l’accepter comme il est, c’est lui permettre de le laisser s’exprimer complètement, profondément, même et surtout si on n’est pas d’accord avec ses idées, c’est mieux l’observer, mieux le laisser vivre, lui donner ou mieux je dirais : lui offrir la possibilité d’évoluer ….. à lui aussi, comme à nous d’ailleurs, bref c’est mieux le comprendre, c’est l’aimer donc.

Pour terminer mon propos :
Permettez moi de vous rapporter une deux réflexions personnelles et ensuite de vous proposer deux citations de GANDHI.

Réflexion personnelle :
- Comment combattre l’intolérance ? par encore plus de tolérance.
- Il n’y a qu’une seule arme invincible contre l’intolérance, c’est l'Amour, mais ce n’est pas une arme dont tout le monde dispose, ni dont on puisse user à l ‘égard de tous.

GANDHI. Je vous donne deux citations, la première :
<- Ma religion n’est pas une religion de prison. Elle offre une place aux plus déshéritées des créatures de Dieu. Mais elle est à l'épreuve de l’insolence, de l’orgueil de race, de religion ou de couleur. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir sur terre une seule religion. C’est pourquoi je m’efforce de découvrir ce qu’elles ont en commun et de prêcher la tolérance mutuelle.

Deuxième citation
- La règle d’or de la conduite c'est la tolérance mutuelle, car nous ne pensons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents.

Je ne puis résister, en tant que Maître des colonnes d’harmonies au plaisir, de vous faire écouter un morceau de musique de 4 minutes environ, qui pour moi symbolise la tolérance.
Ce morceau je le décompose (bien-sûr) en 3 parties :
- 1ère partie jusque 1 mn 40 : des violons nous bercent et nous balancent dans une douceur de l’esprit, tout semble bien dans le meilleur des mondes. C’est le bonheur, c’est l'équilibre, c'est l’amour.
- Vers 1 mn 40 environ, la 2ème partie : une dissonance brutale, casse le rythme, met le trouble, nous perturbe. C’est la chose étrangère, l'autre idée, l'inacceptable.
vers 2 mn 40 : Le rythme se calme, un violon réfléchit seul, tolérant il fait la part des choses. L’humanité progresse et se redéveloppe par l'intermédiaire de la harpe qui relance un violon.
- Violon, vite accompagné par les autres violons dans la 3ème partie vers 3 mn 20 pour repartir dans une mélodie avec un bercement plus assuré et renforcé par ce nouvel apport, et pour terminer dans les toutes deux dernières secondes par un envol pour vers …plus loin et plus haut.
Musique : "Fantaisie sur Greensleeves" de Ralph Vaughan Williams (compositeur Anglais fin 19ème début 20ème)

Vénérable Maître, j'ai dit.
source :
www.ledifice.net

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Célébrités FM (3)

6 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

19. MILITAIRES ET MARINS

BEAUHARNAIS, Alexandre François de (1760‑1794) Premier mari de Joséphine Tascher de la Pagerie qui épousera Napoléon 1er . Membre de la Loge La Pureté au régiment de la Sarre.

BEAUHARNAIS, Eugène de (1781‑1824), fils du précédent, beau‑fils de Napoléon 1er , il fut vice‑roi d'Italie sous le nom de Eugène Napoléon. Vénérable d'honneur de la Loge Saint‑Eugène à Paris.

BEAUVAU,Charles Juste de (1720‑1793) Maréchal de France, membre de l'Académie française. Appartint à la loge d'Albi La Parfaite Intelligence.

BIRON, Armand Louis de Gontaud, duc de G., puis duc de Lauzun (1745‑1793) Officier de la guerre d'Amérique, député de la noblesse du Quercy aux États‑Généraux. Général en chef de l'Armée du Rhin, destitué, condamné à mort, en 1790. Il appartint aux Loges Saint‑Jean de Montmorency Luxembourg et La Candeur, à Paris, avant 1789, et en 1791, à la Loge Les Pvrénées, à Bagnères‑de‑Bigorre.

BRADLEY, Omar Nelson 11893‑1981) Général américain qui commandit la 1ère armée américaine lors du débarquement de Normandie. Elevé à la maîtrise à West Point lodge No 877, High Falls, État de New York.

BLÜCHER, prince Gebhardt Lebrecht von(1742‑1819) Général prussien, artisan de la défaite française de Waterloo. Membre actif de la Loge Archimedes à Altenburg.

BONAPARTE, Jérôme (1784‑1860) Frère de Napoléon, roi de Westphalie de 1807 à 1813. Il avait été initié en 1801 à la loge de Toulon La Paix. Devint Grand Maître de la Grande Mère Loge de Westphalie.

BONAPARTE, Joseph (1768‑1844) Frère de Napoléon, roi de Naples, puis roi d'Espagne. Initié en 1793 à la Loge La Parfaite Sincérité à Marseille, il devint en 1805 Grand Maître du Grand Orient de France.

BONAPARTE, Louis (1778‑1846) Frère de Napoléon et père de Napoléon III. Il fut Grand Maître adjoint de 1803 à 1806, remplacé par Cambacérès.

CAULAINCOURT, Gabriel Louis, comte de (1740‑1808) Maréchal de camp, comte d'Empire. Il appartient à la Loge Les Amis Réunis, à Paris. Son fils, Armand, Auguste, Louis de C., duc de Vicence, général de division, fut ambassadeur en Russie. Grand Officier d'Honneur du Grand Orient.

CLARKE, Mark Wayne (1896‑1984) Général américain. Chef d'état‑major des forces terrestres en 1942, commanda le 15e groupe d'armée en Italie 1944‑1945. Commandant en chef des forces des Nations‑Unies en Corée. Mystic Tie Lodge, Indianapolis.

FOY, Maximilien Sébastien (1775‑1825) Il servit à l'armée du Nord, à celle du Rhin, en Espagne et au Portugal. Vénérable d'Honneur de la Loge La Bienfaisance, au Havre.

GROUCHY, Emmanuel, comte de (1766‑1847) Officier de l'Ancien Régime qui se rallia à la Révolution puis à l'Empire. Sa défaite à Waterloo s'explique en partie par les ordres contradictoires de Napoléon auxquels il était tenu d'obéir. Il avait appartenu à la Loge L'Héroïsme à Beauvais.

HUGO, Joseph Léopold Sigisbert, comte (1773‑1828) Le général, père du poète (qui ne fut jamais maçon) fut membre de la Loge L'Initié, à Aix‑en‑Provence.

JOFFRE, Joseph Jacques Césaire (1852‑1931) Maréchal qui commanda les troupes alliées pendant la guerre 1914‑1918. Vainqueur de la bataille de la Marne. Initié à la Loge Alsace Lorraine, Paris, en 1875.

LA FAYETTE, Marie Joseph Motier, marquis de (1757‑1834) Initié avant le 25 décembre 1775, affilié à la Loge Saint Jean d'Écosse du Contrat Social. En 1806, il est Vénérable de la loge Les Amis de la Vérité de Rosoy en Brie.

LA TOUR D'AUVERGNE, Théophile Malo Corret de (17431800) Capitaine, premier grenadier de la République (1799). Il aurait été membre d'une Loge dépendant du Grand Orient de Bouillon.

LATOUR‑MAUBOURG, Marie Victor, Nicolas de Fay, marquis de (1768‑1850) Colonel de cavalerie de l'armée de La Fayette, aide de camp de Kléber. Après 1815, il fut ambassadeur à Londres. Membre de la Loge L'Intimité, à Niort.

LAURISTON, Jacques Alexandre Bernard Law, marquis de (1768‑1828) Petit neveu de John law, il fut condisciple de Bonaparte à l'École de Brienne. Il fit une brillante carrière militaire et diplomatique. Il était membre de la Loge Sully à l'orient de Toul‑Artillerie. Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France.

MACARTHUR, Douglas (1880‑1964) Général d'armée (cinq étoiles) en 1944. Commanda les troupes américaines en Extrême Orient et reçut la réédition du Japon. Reçu "au maillet" (at sight) puis affilié à la Loge Manila, Philippines.

MARSHALL, George (1880‑1959) Général et homme d'état, ambassadeur en Chine. En tant qu'auteur du Plan marshall, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1953. Fait maçon "au maillet" (at sight) en 1941, District of Columbia.

MURPHY, Audie (1924‑1971) Acteur de cinéma américain, le soldat le plus décoré de la seconde guerre mondiale. Membre du Rite Écossais à Dallas, Texas.

PERSHING, John Joseph (1860‑1948) Général qui conduisit les volontaires américains en 1917. En arrivant à Paris, il se rendit sur la tombe de La Fayette et dit: "la Fayette, nous voici!" Initié à Lincoln Lodge, Lincoln, Nebraska, en 1888.

ROCHAMBEAU, Donatien Marie‑Joseph, baron de Vimeur de (1755‑1813) officier qui participa à la Guerre d'indépendance américaine. Gouverneur de Saint‑Domingue (1791). Membre de la Loge Saint‑Jean d'Écosse du Contrat Social, à Pari.

SUFFREN de SAINT TROPEZ, Pierre Henri, bailli de (1726-1788) Le célèbre marin, amiral depuis 1784, a fait partie, en 1786, de la loge L'Olympique de la Parfaite Estime.

SURCOUF, Robert (1773‑1827) Corsaire, baron d'Empire. Il fut initié en 1796 à la loge La Triple Espérance, à Port‑Louis, lie Maurice. En 1809, il était membre de la loge La Triple Essence, à Saint-Malo.

VILLARET de JOYEUSE, Louis Thomas (1750‑1812) Vice‑amiral d'escadre, gouverneur de la Martinique. Membre de la Loge et du Chapitre L'Union à Lorient, et membre honoraire de la Loge L'Harmonie à Saint‑Pierre de la Martinique.

20. MUSICIENS ET COMPOSITEURS

ARMSTRONG, Louis 1900‑1971) Musicien de jazz américain. Aussi à l'aise comme trompettiste que comme chanteur, il est reconnu comme l'un des meilleurs musiciens de son temps. Membre de la Loge Montgomery No 14, Obédience Prince Hall, New York.

BASIE, William "Count" (1904‑1984) Pianiste et chef d'orchestre de jazz américain, fut longtemps un survivant des premiers grands orchestres de ce genre. Membre de la Franc‑Maçonnerie de l'Obédience Prince Hall à New York.

BERLIN, Irving (1888‑1989) Chanteur et compositeur américain dont la chanson la plus connue est White Christmas. Également auteur de films musicaux: Top Hat, Annie du Far West. Initié à Munn Lodge No 196, ville de New York.

BOIELDIEU, François Adrien (1775‑1834) Compositeur de musique lyrique, la plus célèbre étant un opéra‑comique La Dame blanche. II appartint à la Loge Les Arts et l'Amitié du Grand Orient.

CLÉMENT, Jean‑Baptiste (1836‑1903) Auteur de la chanson Le temps des cerises. Délégué à la Commune de Paris. Succéda à Clemenceau comme maire de Montmartre. Initié à la Loge Les Rénovateurs à Clichy, près de Paris, en 1898.

ELLINGTON, Edward Kennedy "Duke" (1899‑1974) Musicien de jazz américain. Compositeur, arrangeur et pianiste, il a été une figure marquante de la musique du vingtième siècle. Il a donné ses impressions d'initiation dans la chanson I'm beginning to sec the Light, chantée par Louis Armstrong. Initié à Social Lodge, Washington D.C. de Prince Hall Affiliation.

HAYDN, Franz Joseph (1732‑1809) Compositeur autrichien, le premier grand compositeur symphonique, également célèbre pour sa musique de chambre, ses messes et ses deux oratorios, La Création et Les Saisons. Encouragé à devenir maçon par Mozart, il fut initié à Vienne en 1785, à la Loge Zur Wahren Eintracht.

KREUTZLER, Rodolphe (1766‑1831) Violoniste et compositeur, auteur d'opéras‑comiques. Il appartint à la Loge La Concorde, de la cour de Versailles.

LISZT, Ferénc, germanisé en Franz (1811‑1866) Le célèbre pianiste et compositeur fut initié en 1841 à la Loge L'Union, Francfort‑sur‑le Main.

MEHUL, Étienne Nicolas (1763‑1817) L'auteur du Chant au Départ est mentionné comme membre de la Société Olympique (souchée sur la Loge l'Olympique de la Parfaite Estime) en 1786.

MEYERBEER, Giacomo (1791‑1864) Compositeur allemand, du début du 19e siècle, auteur de Robert le Diable e t Les Huguenots. Membre de la Loge française Les Frères Unis Inséparables.

MONTÉHUS, Gaston Mardochée Brunswick dit (1872‑1958) Le chantre antimilitariste et révolutionnaire de la Belle Époque fut initié en 1902 à la Loge L'Union de Belleville, Grand Orient.

MOZART, Wolfgang Amadeus. (1756-1791) Compositeur autrichien. Il fut initié en 1784 par la loge de Vienne « la Bienfaisance ».

POTTIER, Eugène (1816‑1897) Auteur du chant des travailleurs du‑monde entier: L'Internationale (1871). Initié en exil à New York à la Loge des proscrits de la Commune, Loge Les Égalitaires.

ROUGET DE L'ISLE, Claude Joseph (1760‑1836) Compositeur français, auteur, en 1792, du Chant de guerre pour l'armée du Rhin, rebaptisé La Marseillaise. Membre de la Loge ,es Frères Discrets, à Charleville.

SIBELIUS, Jean (1865‑1957) Compositeur finlandais. Initié à la loge Suomi, à Helsinki. Un des fondateurs de la Maçonnerie finlandaise puisque l'Ordre avait été interdit par les Tsars en 1822.

SPONTINI, Gasparo Luigi Pacifico (1774‑1851) Compositeur, directeur du Théâtre italien de Paris. Membre de la Loge L'Age d'Or, à Paris.

WHITEMAN, Paul (1891‑1967) Musicien américain de jazz surnommé le Roi du Jazz. La plupart des grands musiciens de la période d'après guerre ont joué dans son orchestre. Membre de St. Cécile Lodge, New York City.

21. POLITIQUES

AUGAGNEUR, Victor (1855‑1931) Médecin et homme politique. Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon, maire de Lyon, député, ministre des travaux publics, de l'Instruction Publique. Gouverneur de Madagascar. Il fut Vénérable de la Loge Les Amis de la Vérité à Lyon.

BAILLY, Jean Sylvain (1736‑1793) Maire de Paris, président de la Constituante, membre de l'Académie française. II appartint à la Loge parisienne Les Neuf Sueurs.

BERRYER, Pierre Nicolas (1757‑1841) Le défenseur du maréchal Ney était membre de la Loge Salomon, à Paris.

BLANC, Louis (1811‑1882) Journaliste et homme politique, il fut membre du gouvernement provisoire en 1848. Il appartint à la Loge de Londres Les Philadelphes.

BOURGEOIS, Léon (1851‑1925) Homme politique, ministre et président du Conseil, un des promoteurs de la Société des Nations. Prix Nobel de la Paix. Initié à la Loge La Sincérité à Reims en 1882.

BROSSOLETTE, Pierre (1903‑1944) Professeur agrégé d'histoire, journaliste au journal Le Populaire de 1936 à 1939. Résistant, arrêté en 1944, il se suicida le 22 mars, respectant jusqu'à la mort la "loi du silence".

CACHIN, Gilles Marcel (1869‑1958) Directeur de l'Humanité en 1918. Membre du Comité directeur du parti communiste. Initié à La Concorde castillonnaise en 1889, démissionna en 1901.

CAMBACÉRES, Jean‑Jacques Régis de, duc de Parme (1753‑1824) Un des rédacteurs du Code civil. membre de la Loge Ancienne et de la Réunion des Élus, à Montpellier, Vénérable de la Loge Saint‑Jean de la Grande Maîtrise, à Paris.

CAVOUR, Comte Camillo di (1810‑1861) Fondateur de l'unité italienne, il en devint le premier chef de gouvernement en 1861. Ses activités maçonniques se restreignirent à son Piémont natal.

CHURCHILL, Sir Winston Leonard Spencer (1874‑1965) Premier Ministre de la Grande‑Bretagne pendant la seconde guerre, inspirateur de la lutte contre le nazisme. Prix Nobel de littérature en 1953. Initié à Studholme Lodge, Londres en 1901.

DIFFENBAKER, John George (1895‑1979) Premier Ministre du Canada de 1957 à 1963. Membre d'une loge de l'Ontario.

EBOUÉ, Félix (1884‑1944) Petit‑fils d'esclave, il devint le premier Gouverneur Général de couleur d'une colonie française (Tchad 1938). En 1940, il rallia le Congo aux Forces Françaises Libres. Après la guerre, il participa à la décolonisation. Initié à la Loge La France Équinoxiale, en 1922, à Cayenne. Son épouse appartint au Droit Humain et sa fille, Ginette, à la Grande Loge Féminine de France.

FERSEN, Jean Alex, comte de (1754‑1810) Le colonel du Royal Suédois fit partie, en 1786, de la Loge L'Olympique de la Parfaite Estime.

FOUCHÉ, Joseph, duc d'Otrante (1759‑1820) Celui dont on a surtout retenu qu'il fut ministre de la Police pendant les Cent‑Jours, fut initié avant 1789 à la Loge Sophie Madeleine, Reine de Suède à Arras.

FROSSARD, Louis Ludovic Oscar (1889‑1946) II fut le premier secrétaire du Parti communiste. Après sa rupture avec celui‑ci, il fut initié à la Loge L'Internationale. Il en démissionna en 1937 et fit partie du gouvernement de Vichy.

GARIBALDI, Giuseppe (1807‑1882) Homme politique italien et chef militaire, ardent défenseur de la liberté. En 1870, il offrit ses services à la France, à la tête de ses Chemises Rouges. Initié à Montevideo en 1844 à la Loge L'Asile de la Vertu (irrégulière). La même année, il passa à la Loge régulière Les Amis de la Patrie, Grand Orient de France. En 1881, il fut élu Grand Maître Mondial du Rite de Memphis-Misraïm.

GAMBETTA, Léon (1838‑1882) Il fut l'un des chefs de l'opposition à la fin du second Empire, puis l’animateur de la Défense nationale en 1870‑1871, et clé la Défense républicaine après le 16 mai 1877. Initié à la Loge La Réforme, à Marseille, en 1869.

GOMPERS, Samuel (1850‑1924) Fondateur et premier président de la fédération syndicale américaine (American Fédération of Labour). II fut membre de Dawson Lodge, Washington, D.C.

KELLOGG, Frank B. (1856‑1937) Homme d'état américain qui reçut le prix Nobel de la Paix en 1929 pour le Pacte Briand‑Kellogg, signé à Paris par quinze nations en 1928 et par soixante‑quatre en 1934. Le pacte établissait une Cour Permanente de Justice internationale pour éviter le recours à la guerre entre les états. Kellogg y fut nommé juge en 1930. Il avait été reçu maître à la Loge de Rochester, Minnesota, en 1880.

KOSSUTH, Lajos (1802‑1894) Patriote hongrois, nommé gouverneur de la Hongrie pendant la courte période d'indépendance. Il rejoignit ensuite Garibaldi en Italie où il se fixa. Il fut initié en 1852 à Cincinnati Lodge, Ohio.

LAGUARDIA, Fiorello H (1882‑1947) Diplomate qui fut 3 fois maire de New York. Initié à Garibaldi Lodge, New York City, en 1913.

LE CHAPELIER, Isaac René Guy (1754‑1794) Député du tiers de Rennes aux États‑Généraux, rédacteur du Serment du Jeu de Paume, président de la Constituante le 4 août, fit abolir la loi interdisant les corporations. Vénérable de la Loge La Parfaite Union à Rennes.

MAZARYK, Jan (1886‑1948) Homme d'état Tchécoslovaque, fils de Tomas Mazaryk, premier président du pays. Exilé en Angleterre pendant la guerre, il combattit pour la libération de son pays. A partir de 1945, en tant que ministre des Affaires étrangères, il combattit le communisme, ce qui l'amena à se suicider en 1948. II fut initié à la Loge Jan Amos Komensky à Prague.

MAZZINI, Giuseppe (1805‑1872) Patriote italien. Après son bannissement, il fonda le mouvement clandestin Jeune Italie, et pendant le reste de sa vie, il lutta pour la libération et l'unification de l'Italie. Il devint Grand Maître du Grand Orient d'Italie.

PORTALIS, Jean Étienne Marie (1745‑1807) Un des principaux rédacteurs du Code civil; du Concordat et des articles organiques. Vénérable de la Loge L'Étroite Persévérance des Amis Réunis.

RAMADIER, Paul (1888‑1961) Il participa à la Résistance et fut ministre du Ravitaillement de De Gaulle en 1944. Initié en 1913 à la Loge La Parfaite Union, à Rodez, il fut toujours un maçon actif.

STRESEMANN, Gustav (1878‑1929) Homme d'état allemand qui négocia le retour de la Ruhr à l'Allemagne en 1925, et signa avec Briand le traité de Locarno en 1926, ce qui lui valut le Prix Nobel de la Paix. Initié en 1925 à la Loge Friedrich der Grosse.

SCHCELCHER, Victor (I304‑1893) Homme politique. Ayant voyagé aux colonies, il se fit l'apôtre de l'abolition de l'esclavage qu'il réalisa le 27 avril 1848 lorsqu'il fut ministre de la Marine du gouvernement provisoire. initié avant 1848 à la Loge Les Amis de la Vérité, à Paris, puis affilié à La Clémente Amitié.

22. SAVANTS ET MÉDECINS

ARAGO, Emmanuel (IF12‑1896) Membre du Gouvernement de la Défense nationale en 1870, il fut en 1878 Grand Orateur du Suprême Conseil de France.

ASHMOLE, Elias (1617‑1692) "Antiquaire" anglais. Sa remarquable collections d'objets rares, offerte en 1677 à l'Université d'Oxford, est devenue le Ashmoli, Museum. Dans son journal intime, il mentionne sa réception en maçonnerie, avec le colonel Henry Mainwaring. à Warrington, Lancashire, en 1646.

CABANIS, Pierre Jean Georges (1757‑1808) Auteur d'une traduction de l'llliade, se tourna ensuite vers les sciences naturelles et la médecine (il écrivit en vers son serment Ce médecin). Son principal ouvrage est le traité des Rapports du physique et du moral de l'homme (1802). Il fut admis en 1778 à la Loge Les Neuf Sueurs.

CASSINI, César François (1716‑1784) Directeur de l'Observatoire de paris créé par son père. Il fut surtout l'initiateur de la Carte de France en 180 feuilles. Membre de la Loge La Philosophie, Paris (1779).

CHAPTAL, Jean Antoine (1756‑1832) Chimiste. Il créa en France les premières fabriques de produits chimiques. Initié avant 1789 à la Loge La Parfaite Union à Montpellier.

CHASTENET DE PUYSÉGUR, Armand Marc Jacques, (1751-1825) Un des plus célèbres disciples de Messmer. Il laissa le souvenir d'un magnétiseur remarquable. Membre de la Loge La Candeur (1778).

DUPUYTREN, baron Guillaume (1777‑1835) Chirurgien dont les plus illustres patients furent Louis XVIII et Charles X. Par testament, il fonda le musée qui porte son nom. Membre de la Loge Sainte‑Caroline à Paris.

HELVETIUS, Claude Adrien (1715‑1771) Sa pensée rationaliste a été influencée par Montesquieu et Voltaire. Il aurait été, avec Jérôme Lalande, l'un des fondateurs de l'éphémère Loge Les Sciences, vers 1766. Toutefois, il ne figure sur aucune liste du Grand Orient.

JENNER, Edward, Dr. (1749‑1823) L'inventeur de la vaccination qui permit d'éradiquer la variole dans le monde entier. Il appartint à la Loge Faith and Friendship à Berkeley, Angleterre, dont il fut Vénérable.

KING, Charles Glen (1896‑) Biochimiste nutritionniste américain. Il a isolé (1932) puis synthétisé la vitamine C. Initié à Whitman Lodge, N°49 Pulman, Washington, en 1919.

LALANDE, Joseph Jérôme de (1732‑1807) Astronome. En 1801 il publia le premier répertoire valable des étoiles (environ 50000). Il fut aussi directeur de l'Observatoire de Paris. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs.

LAPLACE, Pierre Simon (1749‑1827) Géomètre et physicien, membre de l'Académie française. Officier d'Honneur du Grand Orient.

LACÉPEDE, Bernard Germain Étienne de Laville, comte de (1756‑1825) Il est surtout connu pour ses oeuvres de naturaliste et quelques ouvrages de musique. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs. En 1815, il se joignit à la minorité attachée à l'indépendance du Rite Écossais et Accepté, mais en 1821, il accepta d'être membre du Suprême Conseil de France Unifié.

LITTRÉ, Emile (1801‑1881) Philosophe, médecin, érudit, lexicographe, homme politique. Il a laissé derrière lui une oeuvre colossale dont la plus cornue est son Dictionnaire de la langue française (1844‑ 1873).

MAYO, Dr. Charles H. (1865‑1939) Médecin américain. Avec son frère William, il fonda la Clinique Mayo et la Fondation Mayo pour la Recherche médicale à Rochester, Minnesota. La Clinique Mayo ‑qui débuta dans le bâtiment du Temple maçonnique de Rochester est une association de médecins volontaires, la plus vaste de son espèce dans le monde. La Fondation pour la Recherche médicale fait maintenant partie de l'Université du Minnesota. Le Dr. Mayo fut initié à la Rochester Lodge en 1890, comme son père l'avait été avant lui et son fils Charles le fut après lui.

RICHET, Charles Robert (1850‑1935) Physiologue français qui découvrit le phénomène de l'anaphylaxie (maintenant appelé allergie). Prix Nobel de médecine en 1913. Membre de la Loge Cosmos, Grande Loge de France.

SAVOIRE, Dr. Camille (1869‑1951) Entre les deux guerres, il fut au premier plan de la lutte contre la tuberculose. Initié en 1892 à la Loge La Réforme dépendant de la Grande Loge Symbolique Écossaise, affilié en 1893 à La Lumière, de Neuilly, du Grand Orient.

WITHERING, William (1741‑?) En analysant u n remède "de bonne femme", il découvrit l'action de la digitaline sur le coeur. Il fut initié à la Lodge of Holyrood House, St. Luke, Edimbourg, en 1763.

23. SPORTIFS

DEMPSEY, William Harrison "Jack" (1895‑1983) Champion du ronde de boxe (poids lourds) en 1919, pendant 7 ans. Membre de Kenwood Lodge, Chicago, Illinois.

CAMPBELL, Sir Malcom (1885‑1948) Coureur automobile qui établit plusieurs records à Salt Lake City et Daytona beach. Membre de divers groupements maçonniques.

COBB, Ty (rus) R. (né en 1886) Considéré comme le meilleur joueur de base‑ball de tous les temps. Initié à Royston Lodge, Detroit, 1907.

LIPTON, Sir Thomas Johnstone (1850‑1931) Négociant et plaisancier écossais. Aussi célèbre comme importateur de thé (de sa production) que comme participant à l'America Cup. Initié à Scotia Lodge, Glascow, Écosse, en 1870.

ROBINSON, "Sugar Ray" (né en 1921) Boxeur américain. Champion du monde des poids milourds en 1951 et cinq fois champion du monde des poids moyens entre 1951 et 1958. Membre de Joppa Lodge de Prince Hall, New York City.

Source : http://www.franc-maconnerie.org/celebrite-f-m

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Célébrités FM (2)

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13. ECRIVAINS ET PHILOSOPHES

ABOUT, Edmond (1828‑1885) Écrivain français brillant, journaliste, membre de (Académie française en 1884. Romans célèbres: Le roman d'un brave homme, L'homme à l'oreille cassée. Initié en 1862 à la Loge La Nouvelle Jérusalem, Orient de Nancy.

BOSWELL, James (1740‑1795) Écrivain écossas dont La biographie du Dr. Johnson (1791) est un des classiques de la littérature anglaise. Membre de Cannongate Kilwinning Lodge à Édimbourg (Maître en 1759)

BURNS, Robert (1759‑1796) Poète écossais devenu le poète national de l'Écosse. Il fut initié à St. David's Lodge, Tarbolton et demeura un maçon enthousiaste, affilié à d'autres loges, dont Cannongate‑Kf winning Lodge à Édimbourg; il en fut le poète‑lauréat en 1787. Son poème Au1d Lang Syne est célèbre dans le monde entier.

CASANOVA, Giovanni, Jacopo, Casanova de Seingalt (1725-1798) Écrivain, militaire, personnage politique, il fut un grand voyageur, surtout connu pour ses Mémoires et ses aventures amoureuses. Initié à Lyon en 1750, il passa ses deux autres grades à Paris dans une loge anglaise.

CHATRIAN, Alexandre (1826‑1890) En collaboration avec Erckmann, auteur de romans rustiques se rapportant à (Alsace. Le plus célèbre est L'Ami Fritz. Cl.atrian fut initié en 1875 à la loge parisienne Alsace‑Lorraine.

CLARETIE, Arsène Arnaud, dit Jules (1840‑1913) Auteur dramatique, membre de l'Académie Française. Membre de la loge L'École Mutuelle, Paris.

DELILLE, abbé Jacques (1738‑1813) Poète devenu célèbre par sa traduction en vers des géorgiques de Virgile, à développer une poésie didactique et pittoresque de la nature dans Les Jardins. Membre de l'Académie française. Il appartint à la Loge parisienne Les Neuf Sueurs.

COLLODI, Carlo (Carle, Lorenzini) (1826‑1890) Journaliste, écrivain italien. Auteur de Pinocchio (1883).

DE COSTER, Charles (1827‑1879) Écrivain belge. Les Aventures d'Uylenspiegel sont une dénonciation de l'oppression politique. Initié à la Loge Les Vrais Amis, Bruxelles, 1857.

DOYLE, Sir Arthur Conan (1859‑1930) D'abord médecin sans clientèle, devint écrivain et acquit la célébrité par la création de Sherlock Holmes et Docteur Watson qui figurent dans 3 romans et 56 nouvelles. Conan Doyle fut reçu Maître à la Loge Phoenix Portsmouth. Parmi les frères présents se trouvait un Docteur Watson qui partit bientôt pour l'Écosse et ne paru pas avoir servi de modèle à (ami de Sherlock Holmes.

FLORIAN, Jean‑Pierre, Clarie, Chevalier de (1755‑1794) Petit‑neveu de Voltaire, romancier, auteur dramatique, surtout connu par ses fables. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs (1779).

GOBLET D'ALUIELLA, Eugène Félicien, comte (1846‑1925) Homme d'état belge et historien des religions. Son ouvrage, La migration des symboles, fait encore autorité. Il lutta pour la tolérance religieuse en Belgique.Initié à Bruxelles en 1870, Loge les Amis Philanthropes. Grand Maître du Grand Orient de Belgique en 1884.

GOETHE,Johann, Wolfgang von (1749‑1832) Poète allemand qui institua l'école romantique. Il est la plus grande figure de la littérature allemande. Ses chefsd'oeuvre, Faust et Wilhem Meister, sont mondialement connus. Il fut également actif dans le monde politique et scientifique. Initié à la Loge Amalia, à Weimar (1780) et demeura toute sa vie un maçon actif.

KIPLING, Rudyard (1865‑1939) Connu comme le chantre de l'Empire britannique, il est aussi l'auteur de poèmes maçonniques célèbres: If... (Si...), The Mother Lodge (La Mère Loge), My freshly‑cut Ashlar (Ma pierre fraîchement taillée), et de contes initiatiques: Le Liure de la Jungle, Kim, L'homme qui voulait être roi, etc. Initié en 1887 à Hope and Esperance Lodge, Lahore, Inde.

LACLOS Choderfos de (1741‑1803) Militaire et écrivain, auteur des Liaisons dangereuses (1782). Initié à Toul, vers 1763, dans une loge militaire, L'Union, dont il devint Vénérable par la suite.

LESSING, Gotthold Éphraïm (1729‑1781) Initié à la Loge Zn den Drei Rosen, Hambourg, en 1771. Il ne fut pas an franc‑maçon très actif, mais pourtant son oeuvre est très empreinte de ce qu'on pourrait appeler l'idéologie maçonnique.

MAINE de BIRAN, Marie François Pierre Gauthier de B., dit Maine de B. (1766‑1824) Il a posé les principes d'une philosophie relativiste qui durera jusqu à nos jours. Membre (1813) de la Loge La Fidélité, à Bergerac.

MAISTRE,Joseph‑Marie, comte de (1753‑1821). Philosophe, écrivain, ambassadeur à St Pétersbourg. Membre de la Loge La Sincérité, Chambéry.

MARMONTEL, Jean‑François (1723‑1799) Auteur de Bélisaire, de Contes moraux et d'intéressants Mémoires, il fat un maître de la libre pensée et un champion de la tolérance. Il était membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

MARTI,José, Julian, (1853‑1895). Libérateur et écrivain cubain. Ses oeuvres et ses idées eurent un rôle fondamental dans la formation de la conscience hispano‑américaine et la libération de l'Amérique latine. L'anniversaire de sa naissance est, chaque année, très officiellement célébré par les maçons cubains.

MONTESQUIEU, Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de (1698‑1755) Le célèbre auteur des Lettres Persanes et de L'Esprit des Lois fut initié à la loge Horn Tavern de Westminster, Londres, en 1730.

POUCHKINE,Alerandre (1799‑1837) Poète russe, auteur de Eugène Onegin et Boris Godonou, devenus opéras et ballets. Initié en 1821 à la Loge Ovid, à Kischinev.

PRESTON, Williari (1742‑1718) Auteur maçonnique anglais. Son livre, Illustration of Masonry (1772), fut l'ouvrage maçonnique le plus populaire en Angleterre pendant 75 ans. Il fut Vénérable de la prestigie_ase Loge Antiquity N° 2, Londres, et exerça une influence considérable à la fois sur le rituel maçonnique e sur la philosophie.

PROUDHON,Pierre Joseph (1809‑1865) Philosophe, théoricien du socialisme. Il appartint à la Loge de Besançon Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié.

PYAT, Félix (1810‑1889) Écrivain, journaliste et homme politique. Membre de la Loge La Clémente Amitié, à Paris.

RAMSAY, André Michel, chevalier de (1686‑1743) Écrivain, précepteur du prince de Turenne et du fils de Jacques III. Son Discours fit de lui une des colonnes de la Franc‑Maçonnerie, tendant à relier celle‑ci aux premiers ordres chevaleresques et aux croisades.

SALTEN, Felix (Felix Saltzmann) (1869‑1945) Écrivain austro‑hongrois, auteur d'histoires pour enfants. La plus célèbre est celle de Bambi, dont Walt Disney fit un dessin animé. Membre de la loge Zur Wahreit, Vienne, Autriche.

SCOTT, Sir Walter (177‑1832) Poète et romancier écossais, dont le roman historique le plus connu est Ivanhoe. Il reçut les trois premiers degrés le même jour à Saint David's Lodge, Edimbourg, le 2 mars 1801.

SHERIDAN, Richard Brinsley (175‑1816) Dramaturge irlandais, membre du Parlement, correspondant de la Loge Antiquity N°2, de Londres.

SWIFT, Jonathan (1667‑1745) Poète et satiriste irlandais dont l'oeuvre la plus célèbre est sans conteste Les Voyages de Gulliuer. Il est dit appartenir à la loge qui se réunissait à la taverne "The Goat‑at‑the‑Foot‑of‑the‑Haymarket", de Londres.

TWAIN, Samuel L. Clemens, dit M.T. (1835‑1910) Le célèbre humoriste américain fut initié en 1861 à la Loge Polar Star, Saint Louis, Missouri.

VOLTAIRE, François Marie Arouet dit. (1694‑1778) Initié le 7 avril 1778, soit un peu moins de deux mois avant sa mort. On a dit, parce qu'il avait été dispensé d'une grande partie des épreuves, qu'il avait été initié avant cette date, mais il n'en existe aucune preuve.

WILDE, Oscar O'Flahertie Wills (1854‑1900) Dramaturge anglo‑irlandais, auteur de Un mari sérieux et de 11 est important d'être constant. Initié à Apollo Lodge, Oxford, en 1875.

14. ÉDUCATION

COMBES, Émile,Justin Louis (1835‑1921) Ancien séminariste, Docteur ès lettres. Fit voter la loi du 7 juillet 1904 interdisant l'enseignement à toutes les congrégations. Initié en 1869 à la Loge Les Amis Réunis, Barbezieux.

DECROLY, Ovide (1871‑1932) Médecin et psychologue belge aux méthodes d'éducation originales, fondées sur le "centre d'intérêt". Initié en 1902 à la Loge "Les Amis Philanthropes" à Bruxelles. Appartint également au Droit Humain.

FERRER GUARDIA, Francisco (1859‑1909) Pédagogue libertaire qui fonda en 1901 la Eseula Moderna (l'École moderne) de Barcelone. Initié en 1884 à la Loge Veridad, de Barcelone, affilié à la Loge Les Vrais Experts, Grand Orient, Paris, en 1890.

FERRY, Jules François Camille (1832‑1893) Son nom est attaché aux grandes lois de la Ille république qui organisèrent l'enseignement laïque, gratuit et obligatoire. Initié en 1875 à la loge La Clémente Amitié, puis affilié à la Loge Alsace‑Lorraine, Paris.

FONTANES, Louis Jean Pierre, marquis de (1757‑1821) Écrivain et journaliste, membre de l'Institut puis de l'Académie française, professeur à l'École Centrale, Grand Maître de l'Université. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs, Paris.

FOURCROY, Antoine François comte de (1755‑1809) Chimiste, naturaliste, médecin, fut directeur de l'Instruction publique il participa à l'organisation de l'enseignement public. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs, Paris.

LAKANAL, Joseph (1762‑1845) Il fit adopter par la Convention les décrets établissant les trois degré<; d'instruction et la loi sur l'enseignement (1794). Il contribua à l'organisation des écoles centrales et normales et de l'École des Langues orientales vivantes. On ignore la date de son initiation, mais sous l'Empire il étai, membre des Loges Le Point Parfait et La Triple Harmonie,à Paris.

PERRONET, Jean Adolphe (1708‑1794) Créateur et directeur de l'École des Ponts et Chaussées. I1 appartint à la Loge Uranie. Paris (1787‑1789).

PESTALOZZI, Jean Henry (1746‑1827) Aurait appartenu à la Loge suisse Alpina. Sans référence.

CARNOT, Lazare (1801‑1888) Ministre de l'Instruction Publique en 1848, il s'efforça de développer l'enseignement primaire. Initié en 1840 dans la Loge Les Amis Incorruptibles.

MACÉ, Jean (1815‑1894) Écrivain et journaliste, fondateur de la Ligue de l'Enseignement. Membre de la Loge La Parfaite Harmonie à Mulhouse, et de la Loge Alsace‑Lorraine à Paris.

ZAY, Jean (1904‑1944) Ministre de l'Éducation Nationale du Front Populaire, avec des projets de réforme qui seront repris quelque vingt années plus tard. Initié en 1926 à la Loge Étienne Dolet, Orléans. Assassiné par la Milice.

15. EXPLORATEURS, ADMINISTRATEURS

AUSTIN, Stephen (1793‑1836) Pionnier américain, "le père du Texas". A partir de 1822, il fut le chef des premiers colons américains au Texas. La cité de Houston porte son nom. Initié à Louisiana Lodge No 109, à Sainte Genevieve, Missouri.

BANKS, Sir Joseph (1743‑1820) Botaniste anglais, membre de la Royal Society de 1778 à sa mort. Il fit le tour du monde avec le capitaine Cook, à bord de l'Endeavour, de 1768 à 1771. Avec les collections botaniques rapportées, il fonda Kew Gardens, jardin botanique proche de Londres, célèbre dans le monde entier.

BRAZZA, Pierre Savorgnan de (1852‑1905) Explorateur de l'Afrique équatoriale. Généreux et humain, sans jamais employer la force, il organisa la colonie du Congo français. Initié en 1888 à la Loge Alsace‑Lorraine, Paris.

BRUCE, James (17130‑1794) Explorateur écossais qui découvrit le Nil bleu en Abyssinie. Membre de la Loge Cannogate Kilwinning, Edimbourg.

BYRD, Richard E. (1888‑1957) Amiral américain, pionnier de l'aviation et explorateur polaire. Premier homme à survoler le Pôle Nord en 1926. De 1928 à 1956 il organisa cinq expéditions au Pôle Sud. Sur chaque pôle, il lança un drapeau maçonnique. Initié à De‑Federal Lodge à Washington D.C. En 1935, il fonda la First Aritartic Lodge, G.L. de Nouvelle‑Zélande.

CLEAVELAND, Moses (1754‑1806) Homme de loi, soldat de l'indépendance et pionnier. II explora les territoires du Nord‑Ouest devenus l'Ohio et fonda la ville de Cleaveland en 1796. Initié en 1779 dans une loge militaire (American Union).

HEDGES, Cornelius (1831‑1907) Il fut à l'origine (le la fondation du parc national de Yellowstone. II fut initié à Independence Lodge, Independence, Iowa.

DRAKE,Edwin L. (1819‑1880) Pionnier américain du pétrole: il fut le premier à extraire le pétrole par forage pour la plus vieille compagnie pétrolière du monde (Pennsylvania Rock Oil). II fut membre de Oil Creek Lodge, Titusville, Pennsylviana.

ROTHSCHILD, Nai han Meyer (1777‑1836) Financier anglo‑allemand. Il établit à Londres la plus importante succursale de la banque de commerce fondée par son père. Son frère James, également franc‑maçon, fonda la succursale de Paris. Nathan Meyer fut initié, en 1802, à la Loge Emulation N°21, Londres.

16. FEMMES

BARTON, Clara (1821‑1912) Elle fonda en 18 77 le Comité National Américain qui devint en 1881 h. Croix Rouge Américaine. Elle fut initiée à l'Eastern Star à son propre domicile par Rob Morris, fondateur de l'ordre. Affiliée en 1906 au Chapitre Clara Barton, Oxford, Massachusetts.

BÉQUET DEVIENNE, Marie (1854‑1913) Initiée à 39 ans, une des pionnières du Droit Humain. Généreuse, active, intelligente, pendant 40 ans elle créa des oeuvres sociales, les anima et les soutint; elle fut une grande dame de l'aide sociale. Au 9 bis rue Jean-Baptiste Dumas, à Paris 17e, elle fonda un Centre maternel et Foyer de l'enfance.

BESANT, Annie (1847‑1933) Féministe anglaise qui prit part à la lutte ouvrière avant de devenir membre de la Société Théosophique. A partir de 1893 elle vécut surtout en Inde où elle découvrit Krishnamurti et prépara activement le pays à l'indépendance.

BONAPARTE, Joséphine, née Tascher de la Pagerie (1763-1814) Epouse de Beauharnais en première noce puis de Napoléon‑Bonaparte. Elle appartenait à une Loge d'Adoption.

BONNEVIAL, Marie (1841‑1918) Une des premières institutrices de l'enseignement public, limogée pour avoir aidé les victimes de la Commune. Active ensuite dans l'enseignement professionnel des jeunes filles et le syndicalisme, ainsi qu'à la Ligue de l'Enseignement. Initiée en 1893 au Droit Humain.

CLARK‑BOITEUX, Edith (1906‑1937) Aviatrice et surtout parachutiste qui effectua des essais pour l'armée de l'air. Elle se tua au cours d'un saut expérimental. Initiée en 1926 à la Loge Général Peigné (Loge d'Adoption de la Grande Loge de France), dont elle devint ensuite Vénérable Maîtresse.

COWAN, Edith (1866‑1932) Première femme élue au Parlement australien, deuxième de l'Empire britannique. En 1915, membre de la Commission de la justice pour les enfants. O.B.E. (Officer of the British Empire). Un billet de banque australien porte son effigie. Initiée à la Fédération Australienne du Droit Humain en 1916.

DERAISMES, Maria (1828‑1894) Conférencière et journaliste. Première femme initiée en franc‑maçonnerie, à la Loge Les Libres Penseurs (Grande Loge Symbolique) en 1882. Avec le Dr Georges Martin, elle fonde la première Loge de ce qui deviendra l'obédience mixte Le Droit Humain, mais elle mourra avant la fondation de celui‑ci.

EBOUÉ‑FONTAINE, Ginette (1923‑1992) Fille de Félix Eboué qui rallia le Congo à la France Libre. En 1942, elle s'évada de France et entra dans la Résistance à Brazzaville. Fonctionnaire international de l'UNESCO, responsable du programme d'aide aux mouvements de Libération nationale et de lutte contre l'apartheid en Arique du Sud. Initiée en 1968 à la Loge le Libre Examen, Grande Loge Féminine de France.

LAMBALLE, Marie‑Thérèse Louise, princesse de (1750‑1792) Fondatrice de la Loge d'Adoption Saint‑Jean de la Candeur. En 1780 elle devint la Grande Maîtresse des Loges Écossaises Féminines Régulières de France (Rite Écossais Philosophique).

MICHEL, Louise (1830‑1905) Institutrice, prit part à la Commune, fut déportée en Nouvelle‑Calédonie. Revenue en france, condamnée à six ans de réclusicn comme anarchiste. Initiée en 1904 à la La Philosophie Sociale, de la Grande Loge Symbolique Ecossaise.

MONNESTIERMarianne (née en 1908) Journaliste de radio et de presse, fondatrice d'un journal féminin. En tant que femme de lettres, elle a écrit, entre autres, Les Sociétés Secrètes féminines. Elle fut initiée en 1957 à la Loge La Nouvelle Jérusalem, à Paris. (Grande Loge Féminine de France)

RASPAIL, Simone I 1908‑1991) Première femme reçue interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine, elle fut ensuite pharmacien chef des hôpitaux de la région parisienne, fondatrice‑directrice du Laboratoire Enfance et Famille, dans le 19e arrondissement. Initiée en 1976 à la Loge Hélios, Versailles (Grande Loge Féminine)

ROYER, Clémence (1830‑1902) Elle appartint au groupe des femmes d'élite qui aidèrent Maria Deraismes à fonder la Loge‑Mère du droit Humain. Authentique savant, traductrice de l'Origine des Espèces de Darwin.

17. GRANDS COMMANDEURS, GRANDS MAITRES

ANTIN,Louis de Pardaillan duc de Gondrin, (1707‑1743) Initié par le duc de Richmond en son château d'Aubigny, il fut proclamé le 24 juin 1738 Grand Maître général et perpétuel des maçons dans le royaume de France.

BOURBON‑CONDÉ, Louis de, comte de Clermont (17091771) Commandant en chef pendant la campagne d'Allemagne. Membre de l'Académie française. Grand Maître de la Grande Loge de France de 1737 à sa mort.

HALL, Prince (1748‑1807) Premier franc‑maçon américain de couleur. Pasteur de l'église Méthodiste, initié en 1775 dans une loge militaire irlandaise. En 1784, une charte pour African Lodge est émise par la Grande Loge d'Angleterre... et parvient en 1787. En 1791 est fondée Africain Grand Lodge avec Prince Hall comme Grand Maître. La Franc‑Maçonnerie Prince Hall est solidement établie aux États‑Unis et dans d'autres parties du monde.

MARTIN, Georges (1844‑1916) Docteur en médecine, ardent féministe au sein de la Franc‑Maçonnerie. On lui doit d'abord l'initiation de Maria Deraismes dans une Loge masculine, puis la fondation de l'Ordre Mixte International Le droit Humain auquel, avec son épouse, il consacra le reste de sa vie ainsi que leur fortune personnelle.

PIKE,Albert (1809‑1891) Juriste, auteur et militaire américain. Il vécut un temps parmi les Peaux‑rouges, dont il parlait la langue. Il s'installa au temple de Washington et consacra sa vie au Rite Écossais. II récrivit les rituels des 33 grades (Rite de Pike, version américaine du Rite Écossais) et fut Souverain Grand Commandeur du Rite Écossais, Juridiction Sud, de 1859 à sa mort. Il avait été initié à la Loge Western Star, Little Rock, Arkansas. Son ouvrage, Morals and Dogmas, est demeuré inachevé.

VIENNET, Jean Pons Guillaume (1777‑1868) Homme politique et écrivain. En 1860 il est Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, et en 1862 il tient tête au général Magnan‑un profane promu Gr.~pd Maître du Grand Orient par Napoléon III qui veut faire absorber le Suprême Conseil par le Grand Orient. L'opiniâtreté de Viennet fait renoncer au projet.

18. INVENTEURS ET INDUSTRIELS

CITROËN, André (1878‑1935) Ingénieur et constructeur automobile. Producteur de la célèbre 2 CV. Initié en 1904 à la Loge La Philosophie Positive, Paris.

COLT, Samuel (1814‑1862) Il fit breveter son revolver en 1835 : il avait 21 ans. Ses armes furent utilisées pour la conquête de l'Ouest et font partie du folklore de cette période. Membre de la Loge Pythagoras à Harfort, Connecticut et St John's au Cap.

FABER, Eberhard (1859‑1946) Industriel américain qui succéda à son père à la tête de la fabrique de crayons de Brooklyn. I1 appertain à Chancellor Walworth lodge, New York City.

FORD, Henry (1863‑1947) Industriel et philanthrope. Son organisation du travail à la chaîne mit ses propres voitures à la portée des ouvriers. A partir de 1914, il établit un système d'intéressement aux bénéfices pour ses ouvriers. Membre de Palestine lodge de Detroit, Michigan.

GILLETTE, King C. (1855‑1932) Il inventa le rasoir de sûreté qui est devenu son nom et améliora la finesse des lames. Demeura à la tête de son industrie pendant près de trente ans.

HILTON,Charles C. (1843‑1905) Après avoir dirigé des hôtels à Chicago, il fonda l'Hôtel Hilton puis la chaîne d'hôtels bien connue. Initié à William Warren Lodge de Chicago en 1866.

JONES, Melvin (né en1880) Homme d'affaires américain. Fondateur du Lions Club International en 1917. Membre de Garden City lodge, Chicago, illinois.

LEVER, William Hesketh, Ifs vicomte LEVERHULME (1851-1925) Son nom est assccié aux produits Lever (savonnerie). II créa Port Sunlight (du même nom que le savon), près de Liverpool et y fonda un musée qu'il légua ensuite à la ville. Il fut initié le 8 juillet 1902 à William Hesketh Lever Lodge, à Port Sur light, fondée en son honneur et consacrée le 4juin1902.

MACADAM, John Loudon (1756‑1836) Ingénieur écossais qui expérimenta son revêtement de surface à Ayr, Écosse, puis à Falmouth, Cornouailles. Son procédé pour rendre les routes imperméables a été adopté dans le monde entier. Il fut probablement initié en Amérique et fut un maçon actif en Écosse.

MASSIQUOT, Guillaume (1840‑1870) Inventeur de la machine à couper le papier, le massicot (en anglais: "guillotine"). Membre du Chapitre d'Arras, à Paris.

MONTGOLFIER, Jacques Étienne (1745‑1799) Avec son frère, Joseph Michel, il développa le premier ballon gonflé à l'air chaud. Le premier envol eut lieu en 1783, suivi par un autre à Paris devant une assistance de 300000 personnes, parmi lesquelles se trouvait Benjamin Franklin. Montgolfier fut initié à la Loge Les neuf Sueurs, Paris, en 1784.

PILATRE DE ROZIER, Jean‑François (1756‑1785) Aéronaute. Membre de la loge Saint‑François du Parfait Consentement (Grande Loge de Clermont).

PULLMAN, George M. (1831‑1897) Ingénieur américain. En 1858, il convertit deux wagons de chemin de fer en wagons‑couchettes, et en 1863 construisit le prototype "The Pioneer", du "Pullman car" actuel. Membre de Renovation Lodge, Albion, New York.

SAX, Antoine Joseph (Adolph) (1814‑1894) Facteur d'instruments de musique belge. I1 inventa le saxhorn (1845) et le saxophone (1846). initié à la Loge Les Vrais Amis de l'Union en 1842.

SUCHARD, Philippe (1797‑1884) Industriel et philanthrope à Neufchâtel. II a créé la marque de chocolat qui porte son nom. Membre de la Loge La Bonne Harmonie, Neufchâtel.

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Célébrités FM (1)

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1. ARTISTES PEINTRES, GRAVEURS, SCULPTEURS

BARTHOLDI, Frédéric Auguste (1834‑1904) Sculpteur, auteur du Lion de Belfort et de La Liberté éclairant le monde érigée dans le` port de New York. Il fut membre de la loge parisienne Alsace‑Lorraine.

BORGLUM, Gutzon (John Gutzon de la Mothe Burglum) (1871‑1941) Sculpteur et artiste peintre, célèbre pour la sculpture des têtes colossales du Mont Rushmore et d'une tête colossale de Lincoln. Maçon actif depuis 1904 à Howard Lodge No 35, New York City.

CAGLIOSTRO, Giuseppe Balsamo, comte (1743‑1795) Il parcourut l'Europe et fut connu à Paris pour ses talents de guérisseur et sa pratique des sciences occultes. Il fut initié à Londres parla Loge l'Espérance, en 1776. Peu après, il installa son Rite Égyptien qui avait aussi des loges d'Adoption, présidées par son épouse, Serafina.

CHAGALL, Marc (1887‑1985) Artiste russe qui passa la partie la plus productive de sa vie à Paris. Il exerça son art dans la peinture, la gouache, la gravure, la céramique et le vitrail. Initié en 1912, probablement à la Loge de Vitebsk, Biélorussie.

CHALGRIN, Jean‑François (1739‑1811) Constructeur de 'église St‑Philippe du Roule, du Collège de France et de l'Arc de triomphe. Loge Les Coeurs Simples de l'Etoile Polaire, Paris.

CORBETT, Harvey W. (1874‑1954) Architecte. Concepteur du Rockefeller Centre à New York, d'inspiration maçonnique certaine, et du mémorial de George Washington. Membre de la loge Sangamore de New York.

CORTOT, Jean‑Pierre (1787‑1843) Statuaire, auteur du fronton de l'Assemblée Nationale. Il appartint à la Loge Ix Grand Sphinx, Paris.

GRIS, Juan (Jose Gonzales) (1887‑1927) Peintre espagnol, venu à Paris en 1906, où il travailla d'abord avec Picasso. En 1922, il créa des décors pour les ballets Diaghilev. Initié à la Loge Voltaire, Paris, en 1923.

HOUDON, Jean Antoine (1741‑1828) Sculpteur, élève de Pigalle. Sa statue la plus célèbre est le Voltaire du Théâtre‑Français. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

LOUTHERBOURG, Philip James (1740‑1812). Peintre allemand qui vécut la plupart du temps en Angleterre. Il fut célèbre pour ses paysages et produisit également une série d'aquarelles pour le Rite Égyptien de Cagliostro.

MUCHA, Alphonse Marie (1860‑1939) Peintre et dessinateur tchèque, chef de file de l'Art Nouveau que ses affiches et décors contribuèrent à l'aire connaître. Il fut un maçon enthousiaste, et en 1923, il fut élu Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de Tchécoslovaquie.

POYET, Bernard (1742‑1824) Architecte du duc d'Orléans, puis de la Ville de Paris et du Ministère de l'Intérieur. Il appartint, en 1783, à la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

VERNET, Antoine Charles Horace, dit Carle (1758‑1835) Peintre de batailles, Grand Prix de Rome, membre de l'Académie royale de peinture et sculpture. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

2. ARTISTES ET PRODUCTEURS DE SPECTACLE

DAC, Pierre (1895‑1975) Humoriste. Membre de la Grande Loge.

GROCK (Kart Adrian Wettach (1880‑1959) Artiste de cirque suisse aux nombreux talents. Membre de la Loge Alpina.

GÉMIER, Firmin Tonnerre, dit G. (1869‑1933) Directeur du Théâtre Antoine puis de l'Odéon. Créateur du Théâtre National Populaire (TNP). Il appartint aux Loges La Clémente Amitié et Ernest Renan, à Paris.

HOUDINI, Harry (Erich Weiss) (1874‑1926) Illusionniste et contorsionniste. Auteur de nombreux ouvrages de magie. Initié en 1923 à St. Cecil Lodge, New York City.

KEAN, Edmund (1787‑1833) Acteur anglais, le plus grand tragédien de son temps, spécialiste du théâtre de Shakespeare. Membre de St. Mark Lodge, Glasgow, Écosse.

ZIEGFELD, Florenz 1869‑1932) Producteur de théâtre et music‑hall. Les Ziegfeld's Follies ont été montées à New York en 1907. On les a revues récemment ei~ film. Initié à Accordia Lodge, Chicago, Illinois, en 1866.

3. AVIATEURS, ASTRONAUTES

ALDRIN, colonel Fdvin "Buzz" (né en 1930) Astronaute américain. En 1969, il fut le co-pilote lors de l'alunissage d'Apollo 11. La photo d'Aldrin sur la lune est devenue une image classique de la conquête de l'espace. Initié à Montclair Lodge No 144, New Jersey.

BOSSOUTROT, Lucien (1890‑1958) Réalisateur du premier vol commercial Paris‑Londres (1919). Initié en 1928 à la Loge Les Inséparables du Progrès, un des fondateurs de la Loge Eole (GODF).

COOPER, Leroy Gordon (né en 1927) Effectua les vols records de Mercury 7, 1963 et Gemini 5, 1965. Membre de Carbondale Lodge, Colorado.

GLENN, John (né en 1921) Le premier Américain à voler en orbite autour de la terre. Elu sénateur de l'Ohio en 1974, deux fois réélu. Membre de Concord Lodge, Concord, Ohio.

GRISSOM, Virgil "GLis" (1926‑1967) En 1965, en tant que pilote de Gemini 3, il effectua les premières manoeuvres humaines dans l'espace. Périt dans l'incendie d'Apollo 1 en 1967. Membre de Mitchell Lodge, Indiana.

IRWIN, James Benscn (né en 1930) Astronaute américain qui pilota le module lunaire Falcon de la mission Apollo 15 (4e alunissage où Irwin et David Scott y passèren E 67 heures). Membre de la Loge Tejon, Colorado Spring, Colorado.

LINDBERGH, Charles (1902‑1974) Réalisa en solitaire la première traversée de l'Atlantique. Membre de la Loge Leystone, Saint‑Louis, Missouri, dont le fanion l'accompagnait lors de la traversée

4. CHEFS D'ÉTAT ETRANGERS

ALLENDE, Salvador (1908‑1973) Docteur en médecine, élu Président du Chili en 1970, assassiné trois ans plus tard lors du coup d'état qui renversa le gouvernement élu démocratiquement. Franc-Maçon depuis 1935, initié à la Loge Progresso N°4 de Valparaiso.

ATATURK, Mustapha Kemal (1881‑1938) Chef des "Jeunes Turcs" et père de la Turquie moderne dont il fut le Président de 1923 jusqu'à sa mort. Il était membre d'une loge italienne, Macedonia Resortae Veritas.

BENES, Edouard (1884‑1946) Président de la Tchécoslovaquie élu en 1935, il démissionna en 1938 lors de l'invasion des Sudètes. Président du gouvernement Tchécoslovaquie en exil dont le siège était à londres, réélu Président en 1946. Initié à la Loge Ian Alos Komensky N° 1 à Prague vers 1924.

BERNADOTTE, Jean Baptiste (1763‑1844) Maréchal de France, prince de Pontecorvo, puis roi de Suède sous le nom de Charles XIV, ancêtre de l'actuelle famille régnante. Il avait été initié en France par une loge militaire.

BOLIVAR, Simon (1783‑1830) Le libérateur de l'Amérique du Sud, né à Caracas, fut initié par Miranda à La Grande Réunion Américaine. Fondateur de la Colombie et de la Bolivie. Il créa des Loges en Amérique du Sud, mais à la fin de sa vie, devant les manoeuvres de ses compatriotes, il suspendit l'activité des loges.

BONGO, Omar (Albert, Bernard) (né en 1936) Président de la République du Gabon. Grand Maître de la Grande Loge du Gabon en 1983

ISMAILPacha (1830‑1895) Khédive (Vice‑roi) d'Égypte 1863‑1879. Il encouragea la construction du canal de Suez. En 1879 il fit présent aux États‑Unis de l'obélisque érigé à New York. Il fut Grand Mail re de la Grande Loge d'Égypte.

M'BA, Léon (1902‑1968) Président de la République du Gabon. Initié à la Loge Akademos, Paris, G.O.D.F.

YRIGOYEN, Ippolyto (1852‑1933) Deux fois Président de la République argentine (19161922 et 1928‑1930), sa seconde présidence ayant été interrompue par un coup d'état militaire. Initié en 1882 à la Loge Docente à Buenos Aires.

5. PRÉSIDENTS DES ETATS-UNIS

WASHINGTON, George (1732‑1799) Premier Président, 1789‑1796. Le héros de l'indépendance américaine fut initié le 4 novembre 1752 à la Loge de Fredericksburgh, Virginia.

MONROE, James (1757‑1831) Cinquième Président, 1817‑1725. Il fut initié à la Loge Williamsburg, Virginia.

JACKSON, Andrcw (1767‑1845) Septième Président, 1829‑1837. Il reçut les trois degrés à Harmony Lodge N° 1 Nashville, Tennessee.

POLK, James Knox (1795‑1849) Onzième Président, 1845‑1849. Il reçut les trois degrés en 1820, à la Columbia Lodge N° 21, Columbia.

BUCHANAN, James (1791‑1868) Quinzième Président, 1857‑1861. Initié à Lancaster Lodge N° 43 Lancaster, Pennsylvania.

JOHNSON, Andrew (1767‑1845) Dix-septième Président, 1865‑1869, successeur de Lincoln. Il reçut les trois degrés à Greenville Lodge N° 19, Greenville, Tennessee, en 1851. Il fut le premier Président à appartenir au Rite Écossais Ancien et Accepté, où il devint 32°. Également Chevalier Templier.

GARFIELD, James Abram (1831‑1881) Vingtième Président, en 1881. Initié en 1864 à la Columbus Lodge N° 246 Garrettsville, Ohio. Chevalier Templier et membre du REAA.

MC KINLEY, William (1843‑1901) Vingt-cinquième Président, 1897‑1901. Initié à Hiram Lodge N° 21 Winchester, Virginia en 1865. Chevalier Templier.

ROOSEVELT, Théodore (1858‑1919) Vingt-sixième Président, 1901‑1909. Initié en 1901 à Mattinecock Lodge N° 806 Oyster Bay, New York. Il fut toujours un maçon actif.

TAFT, William H. (1857‑1930) Vingt-septième Président, 1909‑1913. Devenu Maçon e 1909. Fut surtout "honoraire".

HARDING, Warren G. (1865‑1923) Vingt‑neuvième Président, 1921‑1923. Initié en 1920. Chevalier Templier, 331 du REAA. Premier Président devenu Shriner.

ROOSEVELT, Franklin Delano (1882‑1945) Trente-deuxième Président, 1933‑1945. Initié en 1911 Holland Lodge N° 8, New York City. Membre du REAA. I assista à l'initiation de ses trois fils.

TRUMAN, Harry S. (1884‑1972) Trente-troisième Président, 1945‑1953. Initié en 1909 à Belton Lodge N° 450, Belton, Missouri. Grand Maître de la Grande Loge de cet État. Chevalier Templier, et 33e d Rite Écossais Ancien et Accepté.

JOHNSON, Lyndon B. (né en 1908) Trente-sixième Président, 1963‑1969. Initié en 1937 à Johnson City Lodge N° 561 Johnson City, Texas.

FORD, Gerald Rudolph (né en 1913) Trente-huitième Président, 1974‑1977. Initié en 1949 à Malta Lodge, Grand Rapid, Michigan.

CLINTON, Bill (né en 1948) Quarante-troisième Président, 1992.

6. PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

GRÉVY, François, Jules, Paul (1807‑1891) Le premier Président républicain de la République aurait appartenu à la Loge La Constante Amitié, Arras.

FAURE, Félix (1841‑1899) Il fut membre (le la Loge L'Aménité, Orient de Le Havre, (GODF).

MILLERAND, Alexandre (1859‑1943) Initié en 1883 à la Loge L'Amitié.

DOUMERGUE, Gaston (1863‑1937) Membre de la Loge L'Echo du Grand Orient, Nîmes.

DOUMER, Paul (1857‑1932) Initié en 1879 dans la Loge L'Union Fraternelle, membre d'un certain nombre de Loges, ainsi que du Conseil de l'Ordre (Secrétaire en 1892).

7. ROYAUME DE BELGIQUE

La famille de Saxe a toujours compté de nombreux francs‑maçons. Elle est la famille régnante de Belgique.

FRÉDÉRIC de Saxe-Cobourg-Gotha George, Chrétien, (1799‑1869). Il devint roi des belges sous le nom de Léopold 1er , passe pour avoir été initié à la Loge bernoise Zur Hoffnung (1813). Devenu roi, il protégea la Franc-Maçonnerie. Son neveu, Ernest, Auguste, Charles (1818‑1893), devenu duc régnant en 1831 sous le nom de Ernest 11, fut membre de la Loge Ernst Zum Kompass à l'Orient de Sage et de La Sincère Amitié à l'Orient de Paris.

8. ROYAUME‑UNI DE GRANDE‑BRETAGNE

Contrairement à une idée reçue, la Franc‑Maçonnerie britannique n'a jamais pour Grand Maître le souverain régnant (à plus forte raison si c'est une femme!). Le Grand Maître actuel est le duc de Kent. Il est de coutume de nommer "Past Master"un membre de la famille royale. Il est alors "doublé" par un Acting Grand Master ou Pro Grand Master. Le duc d'York (futur George VI) et ses deux frères (dont le futur Edouard VIII) étaient francs‑maçons. Le duc d'Edimbourg appartient à Royal Navy Lodge. Le prince Charles et ses frères ne sont pas membres de la Franc‑Maçonnerie.

9. ROIS DE FRANCE

ORLÉANSLouis Philippe Joseph, duc de Chartres puis duc d'Orléans (1747‑1793) Connu sous le nom de "Philippe‑Égalité. Il fut Grand Maître du Grand Orient de France.

LOUIS XVIII(1755‑1824) Roi de France de 1814 à 1824. Il aurait été initié en 1784, alors qu'il n'était encore que le comte de Provence, en même temps que son frère le comte d'Artois.

CHARLES X(1757‑1836) Roi de France de 1824 à 1830. Il aurait fréquenté les Loges maçonniques avant de monter sur le trône. Son second fils, Charles duc de BERRY (1778‑1820), assassiné à Paris par le fanatique Louvel, appartenait à la Loge La Trinité.

10. CHEFS RELIGIEUX

ABD EL‑KADER(1808‑1883) Émir arabe, adversaire acharné de la France lors de la conquête de l'Algérie. Il résida ensuite à Damas où, en 1860, il protégea contre les musulmans les milliers de chrétiens qui s’étaient réfugiés auprès de lui. Il reçut les trois grades de la Franc‑Maçonnerie le 18 juin 1864, dans la loge Les Pyramides, Alexandrie, au nom de la Loge parisienne Henri IV.

AGHA KHAN III (Muhammad Shah) (1877‑1957) Prince et chef religieux des ismaéliens nizarites dans l'Inde, l'Asie centrale, l'Iran, la Syrie et l'Asie orientale. Initié en 1899. Obsèques maçonniques.

FISHER, Geoffrey F. (1877‑1972) Pasteur de l'Église d'Angleterre en 1913, évêque de Chester en 1932, de Londres en 1939 puis archevêque de Canterbury en 1945, c'est‑à‑dire chef spirituel de l'Église, le roi ou la reine étant le chef temporel. Initié en 1916, Grand Chapelain de la Grande Loge Unie d'Angleterre (1937 et 1939), Grand Maître Provincial du Norfolk.

VIVEKANANDA, Swami Nerendramah Datta (1863‑1902) Homme politique indien, ensuite ascète. Il s'efforça de faire comprendre aux occidentaux le bouddhisme et le yoga. Initié en 1884 à la Loge Anchor and Hope, Calcutta.

11. ACTEURS DE CINÉMA

FAIRBANKS, Douglas Sr. (Douglas Ullman (1833‑1939) Acteur américain du cinéma muet, célèbre pour Les trois Mousquetaires, e t ses films de Zorro.. Membre de Beverly Hills Lodge, Californie.

GABLE, Clark (1907‑1960) Tête d'affiche du cinéma américain pendant trente ans. Reçut un Oscar en 1934. Son plus grand succès fut dans Autant en emporte le cent (1939). Beverly Hills Lodge, Californie.

HARDY, Oliver (1892‑1957) Le célèbre partenaire de Stan Laurel était membre de Salomon Lodge, Jacksonville, Floride.

LLOYD, Harold C. (1893‑1971) Il fut l'un des plus célèbres acteurs du cinéma muet. Initié à Alexander Hamilton Lodge, Hollywood, Californie, en 1925.

SELLERS, Peter (1925‑1980) Artiste de théâtre, de cinéma et de radio anglais. Son, film le plus connu est La panthère Rose. Il fut initié à Chelsea Lodge, Londres.

12. PRODUCTEURS DE CINEMA

DE MILLE, Cecil B. (1881‑1959) Pionnier d'Hollywood. Producteur de films à grand spectacle: Les Dix Commandements, Samson et DaLilah. Membre de la Loge Prince of Orange, New York City.

GRIFFITH, David W. (1880‑1948) Le "père du film d'art". Membre de St. Cecile Lodge, New York City.

MAYER, Louis B. (1885‑1957) Producteur de cinéma américain. En 1924, sa société rejoignit celle de Sam Goldwyn pour former la MetroGoldwyn‑Mayen une des plus solides sociétés de production hollywoodienne. Membre de St. Cecile Lodge, New York City.

WARNER, Jacques (1892‑1978) Producteur, le dernier des 4 frères qui fondèrent leur compagnie en 1923 et furent promoteurs des films parlants en 1927 avec The Jazz Singer dont la vedette était Al Jonson, franc‑maçon. Warner fui initié en 1938 à la Mount Olive Loge, Los Angeles, Californie.

ZANUCK, Darryl F. (:.902‑1979) Producteur américain, co‑fondateur de la 20th‑century Productions en 1933, qui devint la 20th‑Century‑Fox en 1935. Membre de la Mount Olive Lodge, Los Angeles.

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En Vérité, en Vérité, je vous dis de toi, Franc-Maçonnerie, je suis épris

5 Janvier 2013 , Rédigé par Frère Jacques Publié dans #Poèmes

Si j'ai pu évoquer certains Frères qui la composent.

Ils n'existent fort heureusement qu'à petites doses.

J'ai pu vous paraître incisif, un peu espiègle,

Parlant de ces hommes qui n'appliquent pas la règle.

 

Mais à quoi bon avoir des propos flatteurs

Envers des Frères que je qualifie de tricheurs

Sans être grand prophète, ils nous quitteront

N'ayant rien compris, ils seront déçus d'être Maçons.

 

Notre Ordre est avant tout philosophique,

Délivré du profane qui se veut tyrannique

On se doit de respecter les règlements

Sans pour autant oublier les sentiments.

 

Tout ce qui est bien vient du cœur,

Dit le renard à son petit Prince

Je crois que c'est la clef du bonheur:

Réfléchissez, la formule n'est pas mince.

 

Dans la vie tout n'est pas morose;

L'amour, la fraternité sont de belles choses.

Tout n'est jamais complètement noir,

En toute circonstance, il faut garder espoir.

 

Quelle est la bonne recette pour être Maçon?

Que faut-il faire pour être au diapason?

Qui peut se targuer d'avoir la formule

Qui fera des grands, des émules ?

 

Que l'on soit nombreux, là n'est pas le contexte.

A un moment donné, on est seul avec son texte.

 

Faut-il une éducation par un vrai gourou ?

Réussir tout seul à cogiter dans son trou ?

Ceux qui expriment de grandes idées,

Sont-ils eux-mêmes des gens parfaits ?

 

Initiations à travers un groupe, certes oui.

Essayer de répondre à des questions, oui.

Le renard dit que l'essentiel est invisible

Ce tout n'est-il pas déjà intraduisible ?  

 

Force de constater que la recherche est individuelle

Qu’elle se pratique à toutes les échelles

Que celui à qui l’ont est censé donner des leçons,

A parfois plus que vous bon sens et raison.

 

Initié, qu’est ce que cela veut vouloir dire,

Puisque l’étymologie du mot est : commencement de

Que l’on soit au zénith ou au nadir

Ne sommes-nous point persuadés d’en savoir plus ?

 

Ce qui convient à l’un peut déplaire à l’autre,

C’est pourquoi on peut toujours commettre une faute,

Il est malgré tout rare que les nouveaux sur la piste

Soient initiés et …… supérieurs à de vieux artiste

 

Les degrés de compréhension ne sont pas égaux

Certains comprennent vite, d’autres pas assez tôt.

Pourquoi ne pas tenir compte des motivations,

Qui peuvent se modifier après l’initiation ?

 

Liberté, liberté de pensée, liberté d’évoluer

En tous endroits avec des frères différents.

Voies tracées pour tous nos ateliers

Afin de convenir au mieux à nos tempéraments.

 

A quoi cela sert de se gargariser que l’on est meilleur,

En toute franchise, pourquoi le dirait-on ?

C’est à la Loge de le prouver, de tenir cette gageure,

D’essayer, par l’exemple, d’en faire des Maçons.

 

Pourquoi le nier ? Souvent c eux qui donnent des leçons

Seraient bien plus avisés d’en prendre pour de bon.

Les plus brillants orateurs ne sont pas toujours les plus solides,

Et certains cachent des ambitions, des idées perfides.

 

J’ai trop vécu, pris de coups, et trop d’expérience

Pour ne pas savoir qu’à l’intérieur des obédiences,

Parfois les plus beaux serments ne sont qu’indifférence.

Pour s’en rendre compte, il faut du temps, de la science.

 

Essayons de ne pas nous prendre trop au sérieux,

C’est la meilleure façon de ne pas devenir vieux.

Eternels débats où chaque Ordre veut inculquer

 Avec force raisons qu’il détient la vérité

 

Il serait plus sage de ne pas se voiler la face:

Que les profanes, même les plus sagaces,

Font leur demande parce qu'ils ont un ami,

Qu'ils connaissent très peu la Franc-maçonnerie.

 

N'est-il pas plus raisonnable qu'il en soit ainsi?

Sinon, à quoi bon servirait la période d'apprenti ?

Il veut venir parce que son ami rayonne,

Qu'il croit en lui, que ses théories sont bonnes.

 

Votre serviteur a émis des tas d'idées en vrac,

Peut-être est-ce là le privilège des Jacques.

Ce que je puis vous dire, ce dont je suis certain,

Même si je devenais alchimiste ou devin:

 

MAAT me guette peut-être pour demain

Car nul n'est maître de son destin.

Jusqu'à la cérémonie de la pesée des âmes,

J'aurai essayé de communiquer ma flamme.

 

En cultivant la forme active du verbe aimer,

En respectant toutes les formes de pensée,

Persuadé de n'être pas seul à détenir la vérité

D'avoir à tout moment pratiqué la Fraternité.

 

Oui, je dis cela sans forfanterie

C'est pourquoi je déteste la mesquinerie

Qu'à titre de testament philosophique,

Chacun se mette en cause, se critique,

Afin d'avoir beaucoup d'indulgence

Pour tous ceux qui donnent de leur présence.

 

Quand le Grand Architecte me donnera rendez-vous

Qu’il puisse me dire: "Tu as été fou, fou,

Mais comme ta bonté est extrême,

Viens près de moi, André, ... je te nomme Cent Cinquantième!

 

Si cette modeste planche a éveillé quelques consciences,

Ce sera pour moi la plus belle récompense.

 

J'ai dit.

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