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La Tolérance

8 Janvier 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

Autant galvaudée que le mot amour, la tolérance est très certaine­ment la chose du monde la plus mal partagée. Oui pourtant ne s'en réclame pas, à part quelques originaux inconscients ou au contraire trop lucides et trop francs ? En fait, de même qu'une très grande majorité de nos contemporains est prête à dire : « Je ne suis pas raciste mais... » elle pourrait tout aussi facilement ajouter : « Je suis tolérant mais... » et les restrictions qui suivraient alors transformeraient rapidement la tolérance en peau de chagrin.

La Franc-Maçonnerie, vous le savez sans doute, place la tolérance au rang de ses plus grandes vertus. On ne peut, en principe, être à la fois Franc-Maçon et intolérant. Je dis « en principe », car les Francs- Maçons demeurent des hommes. L'initiation, même quand elle est réelle, ne supprime pas toutes les faiblesses humaines et quand elle n'est que virtuelle, elle illustre admirablement la maxime : « Ne jetez pas les choses saintes aux pourceaux », la caricature d'initié étant cent fois pire que le profane le plus fruste.

N'envisageons donc que l'initiation réelle et son apport dans le domaine de la tolérance. En quoi la démarche initiatique constitue-t-elle une voie privilégiée pour vivre une telle vertu ? La réponse peut se résumer par les deux sentiments qu'elle implique et par sa méthode. Les sentiments : la confiance et l'humilité, la méthode, le symbolisme.

La confiance : pour prétendre à l'initiation maçonnique il faut avant tout faire confiance. Aucun livre si bien documenté soit-il, aucune confé­rence si habilement présentée soit-elle ne peut donner une image exacte de l'initiation. Celle-ci ne s'apprend pas, elle se vit. Celui qui y aspire doit donc faire entièrement confiance à ce qu'il ne connaît pas, hommes et institution, qu'il ait ou non des amis maçons, cela revient en fait au même. Son esprit doit donc être disponible et si tel n'est pas le cas, le devenir. Et c'est là un premier pas fait sur le chemin de la tolé­rance. L'homme qui en effet accepte de franchir la barrière de l'inconnu, sans garantie, tout simplement parce qu'il fait confiance à d'autres hommes différents de lui, mais qu'il ressent, confusément peut-être comme partageant le même idéal, cet homme-là sera plus qu'un autre apte à franchir d'autres barrières, à communiquer donc à être tolérant. Une des grandes raisons de l'accroissement actuel de l'intolérance, et ce à tous les niveaux de ce que nous appelons la vie profane, vient du manque de confiance qui règne entre les hommes. Nous vivons dans une civilisation où la preuve écrite a enterré la parole donnée et où les garanties de toutes sortes constituent les décors nécessaires à ce qu'on appelle communément une vie réussie. Cette quête effrénée du confort, cette recherche constante de garanties, ce besoin de preuves ne peuvent fabriquer que des esprits mesquins et intolérants. Pour les amateurs de sécurité et de certitudes à tout prix le fanatisme n'est pas loin. Aussi malheur à l'aventure et à l'inconnu, d'où le règne du conformisme et des réactions d'opposition qu'il suscite, qui bien souvent ne sont que d'autres conformismes, d'autant plus intolérants qu'ils sont inconscients. Et, dans les deux cas, triomphent l'orgueil de l'homme, l'affirmation égoïste du moi, l'expression sans frein ni limite de la volonté de puissance humaine génératrice de toutes les intolérances.

Contre cela l'initiation propose, après la confiance, l'humilité. Celle- ci en est d'ailleurs le corollaire. Il ne peut en effet y avoir de vraie confiance sans réelle humilité, c'est-à-dire sans une authentique remise en question de ses habitudes et des différents éléments de la vie quotidienne qui procurent le sentiment de sécurité. Mais à ce stade il faut déjà avoir pénétré dans la vie initiatique qui seule, avec bien sûr la voie mystique, peut conférer à l'humilité une valeur positive et une grande efficacité. Car dans le monde profane, dans la vie professionnelle ou politique par exemple, l'humilité ne conduit pas à grand chose, tout au plus à obtenir le qualificatif de brave homme, touchant euphémisme, qui va de pair avec le manque d'engagement et l'inefficacité. Or, tel n'est pas l'idéal maçonnique. L'humilité que nous enseignons dans nos Temples n'a pas pour but de nous empêcher de nous affirmer dans des engagements précis. N'oubliant pas ses origines compagnonniques et chevaleresques, un Franc-Maçon est par nature un homme d'action qui doit s'efforcer d'être là où il se trouve le meilleur et si possible le premier. Et c'est de son initiation qu'il puisera cette force, par la connaissance de son moi débarrassé de tous ses masques. Car en fin de compte, l'humilité initiatique est une ascèse qui mène à l'affirmation du moi, du moi réel qu'on ne parvient à connaître que par de durs efforts sur soi-même conduisant obligatoirement à la tolérance, dans le cadre maçonnique du moins. Là les efforts ne sont pas accomplis seuls. Certes le travail initiatique est d'abord affaire personnelle, mais là où il est vécu, dans la Loge, il prend une dimension communautaire et fraternelle. Aussi le Franc-Maçon peut-il dans une telle structure prendre conscience que celui qui est différent de lui n'est pas obligatoirement son ennemi. Parce qu'il est son frère, l'autre ne va pas seulement le déranger et l'agresser, il va aussi lui apporter et l'aider. Et cette aide se révélera particulièrement efficace quand l'initié parvenu à un certain stade va se trouver face à un autre. homme, à la fois plus proche et plus lointain que ses autres frères, lui-même, dépouillé de tous ses masques.

Découverte souvent bien amère que celle de cet autre, cet étranger, cet ennemi même quelquefois qui n'est que soi-même enfin mis à nu. L'atti­tude de profonde tolérance qu'elle engendre est alors fondée sur la compréhension de la nature humaine dans tous ses aspects, les plus beaux comme aussi les plus laids. Ce qui ne veut pas dire qu'une telle tolérance se nourrira d'enthousiasme naïf ou de lâche complaisance. Car pour elle, beauté ou laideur dans les manifestations humaines devront être constamment dépassées comme autant d'apparences pres­que toujours trompeuses. A l'instar de ce qui aura constitué sa propre démarche de remise en question, la recherche de son moi, véritable course d'obstacles, passage de barrières du beau et du laid intimes, l'initié s'il est logique avec lui-même ne pourra aborder ce qui est différent chez l'autre qu'avec tolérance. Par l'aide de l'autre, inconnu devenu fraternel, il se sera connu lui-même et du même coup rendu compte que l'étranger n'était pas seulement à l'extérieur de lui mais aussi en lui.

Confiance pour aller vers l'inconnu, humilité pour vivre le passage de l'inconnu au connu, voilà donc les deux conditions nécessaires pour parvenir à la tolérance au sens où nous l'entendons. Mais celles-ci ne seraient pas suffisantes sans ce qui est essentiel à la méthode maçon­nique, à savoir le symbolisme. L'enseignement maçonnique, en effet, parce qu'il ne procède d'aucune vérité révélée, n'utilise pas de dogmes. Il use uniquement de symboles dont les origines remontent aux initiations de l'Antiquité païenne et à la Bible. De par sa nature même le symbole est moins contraignant que le mot et à plus forte raison que n'importe quelle formulation dogmatique. Ce qui ne veut cependant pas dire qu'il peut avoir n'importe quelle signification. Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple, le symbolisme du rite écossais pratiqué à la Grande Loge de France est-il clairement de type masculin. Les femmes ne peuvent donc qu'en être exclues, ce qui bien évidem­ment ne leur interdit pas d'autres formes d'initiation. Attitude intolé­rante dira-t-on ? Non ! Simplement cohérente. La tolérance produite par le symbolisme maçonnique ne permet pas n'importe quoi. De plus ce symbolisme est le fruit d'une Tradition qui n'est pas sans comporter quelques indications sur la manière de le comprendre. On ne peut donc supprimer ou remettre en cause ce que la Tradition a constamment enseigné, sinon il n'y a plus d'Ordre et il n'y a plus d'initiation.

Cette référence à la Tradition n'intervient-elle pas alors malgré tout comme une ombre à la tolérance maçonnique, n'est-elle pas de même nature que ce recours à l'irrationnel qui, comme me le disait il y a quelque temps un très vieux frère presque centenaire, serait à la base des plus dangereux fanatismes contemporains ? Et de citer pêle-mêle, l'Ayatollah et les sectes comme générateurs d'angoisse et de fanatisme chez les hommes. Tout en étant conscient des risques réels que tout recours à l'irrationnel fait courir à la tolérance, je, ne puis m'empêcher de songer à ceux qui proviennent de systèmes parfaitement rationnels aussi meurtriers et intolérants, pour ne pas dire plus que les idéologies religieuses fanatiques. Que certains maçons du passé aient jadis dénoncé avec vigueur l'obscurantisme religieux et ses conséquences, cela a sans doute eu sa valeur quoique leur démarche d'alors n'ait pas toujours constitué un modèle de tolérance.

Cependant aujourd'hui face à certaines idéologies totalitaires, dont le fanatisme et l'intolérance ne prennent pas leur source dans la reli­gion, un combat maçonnique antireligieux serait aussi désuet qu'inutile, voire même aberrant s'il voulait vraiment se placer sur le terrain de la lutte du rationnel contre l'irrationnel. La Franc-Maçonnerie traditionnelle et régulière se réfère en effet constamment au Grand Architecte de l'Univers, principe d'ordre de la création, base et fondement de toute initiation. Quelle que soit l'interprétation qu'un Franc-Maçon donne de ce symbole celui-ci transcende obligatoirement la raison individuelle, donc ce qui est couramment appelé, le rationnel. L'initiation tradition­nelle, accomplie à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, qui équi­vaut à la recherche constante d'une plus grande harmonie avec ce prin­cipe d'ordre, doit donc conduire au dépassement de soi, comme cela a été dit précédemment, y compris de sa propre raison. Il s'agit donc, qu'on le veuille ou non d'une approche de l'irrationnel que le Franc- Maçon traduit en symboles, d'autres utilisant les dogmes ; d'autres encore des manifestations paranormales, aucune de ses traductions ne s'excluant d'ailleurs les unes les autres pourvu qu'elle ne prétendent pas incarner à elles seules la Vérité. Fidèle à sa vocation originelle, la Franc-Maçonnerie pratiquée à la Grande Loge de France, véritable « Centre d'Union « entre les hommes qui comme l'écrivait le pasteur Anderson au Chapitre I de ses constitutions « devient le moyen de nouer une véritable amitié parmi des personnes qui eussent dû demeurer perpé­tuellement éloignées », cette Franc-Maçonnerie-là a donc bien pour mis­sion aujourd'hui encore, de rassembler et d'unir. Par les sentiments de confiance et d'humilité qu'elle implique, par sa méthode symbolique, elle représente en Occident le seul Ordre initiatique capable d'accom­plir cette grande oeuvre dans la clarté et dans la Vérité, car la tolérance n'est pas pour elle affaire de concession, elle relève de son essence même, elle est son âme. Dans cette grande fraternité universelle qu'est la Franc-Maçonnerie, la tolérance, vous l'avez maintenant compris, ne consiste pas seulement à supporter l'autre plus ou moins contraint et forcé. Elle invite au contraire à l'entendre et à l'aimer pour être enrichi par lui par ce qu'il porte de différent.

AVRIL 1980

Source : www.ledifice.net

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Humour et tolérance

7 Janvier 2013 , Rédigé par L\ D\ Publié dans #Planches

Loin de vouloir faire de l'esprit dès le début de ce tracé, il convient toutefois de signaler que le mot humour est un mot d'origine anglaise, venant lui même de l'ancien français humor qui signifie humeur. En effet, on attribuait cette disposition d'esprit qu'est l'humour à l'influence des humeurs du corps (les liquides organiques). Certains sont tentés par ailleurs d'attribuer l'origine du mot humour à la racine étymologique des mots humilité et humanité qui serait humus, le bon fumier qui fait pousser toutes sortes de fleurs y compris celle du mal.

S'il est pourtant vrai que l'humour rend humble, cette vertu - car le philosophe contemporain André Comte-Sponville la compte f bien au nombre des grandes vertus de son petit traité - cette vertu est même selon moi un instrument alchimique aux merveilleuses capacités transmutatoires. Car l'humour relativise ce qu'il touche et peut transformer des situations désespérées en catastrophes acceptables, transmuter la tristesse en joie, la désillusion en comique. Louis Scutenaire (1905-1987, écrivain belge, anarchiste de la langue française) disait que l'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire. Juste.
Avoir de l'humour c'est prendre un peu de distance mais garder les deux pieds dans la réalité. C'est une galipette mentale mais on retombe sur ses 2 pieds. L'humour est jeu, un jeu de l'esprit. D'ailleurs ne dit-on pas "faire de l'esprit" ? Sans esprit donc pas d'humour. Cela ne nous étonne guère car le rire (à l’instar de l’esprit) est le propre de l'homme.

Par ailleurs, l’humour permet, comme la tolérance, d’accepter ou de mieux accepter (une personne, une situation). Tous deux disent oui. Tous deux s’inscrivent dans le mouvement.

Dans un monde comme le nôtre, manquer d'humour c'est manquer d'humilité, c'est manquer de lucidité, de légèreté, c'est être trop plein de soi, trop dupe de soi, trop sévère ou trop agressif, c'est manquer toujours de générosité, de douceur et de miséricorde. Or qu'est donc la tolérance si ce n'est la fille de l'humilité et de la compassion... Humour et tolérance semblent donc être au moins des cousins ! La tolérance aussi est un exercice de relativité. Elle permet aussi de recadrer et de recentrer les choses. En ce sens, humour et tolérance sont tous deux des voies du milieu. L’humour, le rire a à voir avec l’absurde mais il n’est ni vraiment le sens ni le non-sens mais plutôt un passage entre les deux. La tolérance se positionne entre refus et acceptation et nécessite souvent une approche différente de celle que l’on aurait eu spontanément pour se frayer un chemin / trouver une solution.
Humour comme tolérance ne font ni dans le trop ni dans le trop peu.
Humour et tolérance demandent de l'exercice pour être efficaces.

Ceci dit, ils me semblent nécessaires dans le groupe social. Ne serait-ce que parce que les conditions de vie de nos groupes sociaux sont complexes voire difficiles. Nos conditions humaines nous obligent à l'humilité et donc à l'humour. Elles nous y condamnent presque. D'ailleurs, ne nous entendons-nous pas dire quelques fois : mieux vaut en rire qu'en pleurer ou encore la vie est déjà bien assez triste (ou dure) comme ça ?

L'humour est un art en ce sens que comme l'art, il demande une aptitude et une certaine habileté. Il en va de même pour la tolérance qui demande une certaine pratique. Humour et tolérance ont tous deux leurs règles et leurs techniques. Humour et tolérance sont des formes d'écoute et d'aide qui vont au delà des mots et s'adressent directement à nos âmes.

L'humour est une vertu en cela que bien pratiquée elle est aussi un puissant vecteur de sens. Je rejoins volontiers le dessinateur Wolinski lorsqu'il dit que l'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre. En effet, pour faire de l'humour, il faut jouer avec des images et des mots et donc remonter au sens. Et comme tout jeu, il a son côté distrayant mais aussi ses règles. On peut rire de tout mais pas n'importe comment.

Pratiquer l'humour c'est déguiser la réalité pour mieux lui faire toucher nos coeurs et nos esprits. L'humour est un suppositoire qui ne fait son effet que quand il est à l'intérieur. L'humour est une forme d'esprit subtile.

Humour et tolérance demandent par ailleurs une certaine liberté pour être bien pratiqués. En cela ils ne peuvent être pratiqués que par des esprits avisés et expérimentés. Voilà pourquoi je les élève au rang de vertus. Celui signifie en clair que celui qui les pratique et y tend serait vertueux. Un homme de bien comme diraient les Chinois. A propos, selon la tradition orientale, trois critères permettent de distinguer le sage des autres : l'humilité, la compassion et l'humour (c-à-d. tolérance et humour). Le sourire du Bouddha en témoigne : l'homme sage ne peut se prendre trop au sérieux.

Prenons cette petite histoire du Maître Zen qui reçoit un disciple pour un entretien. Il lui sert alors le thé dans un petit bol posé sur une table basse. Il sert le thé tout en continuant à entretenir son disciple. Il sert tant et si bien que le bol déborde et le thé se répand sur la table puis goûte au sol. Le disciple n'ose interrompre le maître qui continue à servir. Puis, n'y tenant plus, il finit par dire : "Maître, arrêtez, la tasse déborde et il y a du thé partout !". Le Maître sourit et dit : "C'est juste. Vois-tu, il en va de l'esprit comme de la tasse : lorsqu'il est plein, il ne peut plus rien recevoir". Le sens de cette image est profond. Une longue théorie et quelques livres n'eurent eu que peu de force comparativement à cette image. L’humour, le cocasse, révèle le sens, met en relief des vérités, stimule les esprits et réjouis les coeurs.

Mais pour avoir de l'humour, il faut aussi rester simple, tout en étant lucide (de luce, la lumière).
Lucidité bien ordonnée commence par soi-même, il en va de même pour la simplicité.
L'humour est comme la tolérance : il doit être éclairé et pratiqué simplement.
A trop rire on finit par pleurer.
A trop tolérer on finit par nuire.

Pour bien nuancer et comprendre l'humour, il convient de le distinguer clairement de l'ironie.
Tandis que l'humour est humble car il a pour cible soi-même, l'ironie au contraire est une arme pointée sur autrui (les hommes, les femmes, les gais, les noirs, les juifs, les vieux, les FM:., les blondes et j'en passe et des meilleures). L'ironie s'inspire d'une inquiétude ou d'une insécurité mal assumée qu'il veut travestir en puissance. D'où les -ismes (sexisme, racisme, ethnocentrisme, etc...). L'ironie abaisse, blesse, accuse, condamne, méprise. C'est vrai qu'on se moque peu des riches et des puissants. L'ironie c'est rire contre.

L'humour c'est rire avec. L'humour est donc fondamentalement fraternel. Il implique une sorte d'égalité et permet de rire de soi. J'irai même jusqu'à dire que l'humour est une forme d'amour. En tous cas il n’est pas possible sans une certaine forme de sympathie. D'ailleurs les deux mots ne riment-ils par merveilleusement bien l'un avec l'autre ? Fraternité, simplicité, éclairage, mais me direz vous, c’est très maçonnique tout ça ! Eh bien oui, je crois que, entre autres, les FF\ de tous les pays cultivent l’humour (et en tous cas doivent le faire), l'humour vrai, celui qui consiste à ne pas se prendre trop au sérieux, celui qui colore la vie et illumine les visages et les cœurs.

Mes FF\, qu’il me soit permis de finir avec cette phrase de notre F :. Pierre Dac qui disait :
« A l’éternelle triple question toujours demeurée sans réponse : qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? et où allons-nous ?, je réponds : en ce qui me concerne je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne ».

CITATIONS
- L'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre. Georges Wolinski
- L'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire. Louis Scutenaire
- La seule chose absolue, dans un monde comme le nôtre, c'est l'humour. Albert Einstein
- L'humour, c'est la politesse du é_sespoir. Chris Marker (et non Boris Vian)
- L'humour est nénarrable, solite, décis, pondérable, commensurable, tempestif, déniable et trépide. Jacques Prévert
- Qui a de l'humour déjà presque du génie. Celui qui n'est que spirituel n'a généralement même pas d'esprit. Arthur Schnitzler
- Vouloir définir l'humour, c'est déjà prendre le risque d'en manquer. Guy Bedos
- L’éternité c’est long, surtout vers la fin. Woody Allen
- Sourire de ce qu’on aime, c’est l’aimer deux fois plus.

BIBLIOGRAPHIE
- Petit traité des grandes vertus, André Compte-Sponville
- Bouquin des Citations, Claude Gagnière
- Le petit Larousse illustré, 2004

Source : www.ledifice.net

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La tolérance

7 Janvier 2013 , Rédigé par M.T Publié dans #Planches

J’ai trois ans et c’est à l’intérieur de mes trois points que je vais vous entretenir sur la tolérance. Pour réaliser cette planche, je me suis inspiré des ouvrages suivants :
- La tolérance. par Nicole Czechowski - édition Autrement.
- La tolérance. textes choisis & présentés par Julie Saada-Gendron chez Flammarion.
- Guide des idées littéraires. par Henri Benac chez Hachette.
- Causeries initiatiques pour le travail en loge d’apprentis - édition Plantagenet.

J'ai divisé ma planche en 9 parties :
1- Pourquoi j'ai choisi de vous parler de la tolérance ?
2- Qu'est-ce que la tolérance ?
3- Les définitions des différentes tolérances.
4- La tolérance de l'esprit.
5- Tolérance et intolérance.
6- Rapport entre le Pouvoir et la tolérance.
7- Quelle est la limite de la tolérance ?
8- La tolérance est-elle une vertu ?
9- Quelle est la place de la tolérance en Franc-Maçonnerie ?

1- Pourquoi j'ai choisi de vous parler de la tolérance ?

Parce que c’est le premier sentiment que j’ai ressenti, très fort, quand je suis arrivé ici, juste après mon initiation. C’était d’ailleurs assez extraordinaire la force et la puissance de ce ressenti. Ce sujet s’est en quelque sorte, imposé à moi tout de suite et je ne souhaite pas me poser plus de questions à ce propos je le vis en frère, j’en suis très heureux, c’est tout. Ce travail m’a déjà beaucoup apporté dans ma vie personnelle. Si la Franc-maçonnerie ce n’était que çà, ce serait déjà merveilleux, mais aujourd'hui, je suis sûr de n’être qu’au début de mon chemin, ….. alors ……

Quelques jours plus tard, un soir, en rentrant d’une des premières tenues, j’ai regardé la télé. il était plus de minuit plein. Sur TF1, un débat : Je me disais, l’animateur est pas terrible, les intervenants sont agressifs, le chirurgien qui parle est con …. J’ai appliqué cette vertu de la tolérance et j’ai découvert à travers les propos des personnes que j’entendais parler à la télé ……. de la souffrance. J'ai compris.

Je peux commencer mon propos par ce qui pourrait être ma conclusion :

Tolérer c’est connaître,
connaître c’est comprendre, ou compatir, (n'est-ce pas André-Marie)
comprendre c’est aimer,
aimer c’est devenir sage,
être sage c’est devenir lumière, lumière pour les autres bien-sûr ….

tout à fait au hasard de mes lectures j’ai relevé ce propos que je laisse à votre esprit de sagacité (sagacité : vivacité d’esprit) : Si quelqu’un veut pour le salut de son âme, adopter quelque dogme ou pratiquer quelque culte, il faut qu’il croit du fond de l’âme que ce dogme est vrai, qu’il lui sera agréable, et que ce culte sera accepté par Dieu ; mais aucune peine, aucune technique, ne peut le moins du monde instiller (ou faire pénétrer) dans les âmes une conviction de ce genre.
Instiller : c’est à dire faire pénétrer au goutte à goutte.

Il faut pour changer un sentiment dans les âmes, une lumière que ne peut en aucune autre façon produire le supplice des corps pour pénétrer cette âme.

Si j’ai bien compris et sans aucune prétention, n’est-ce pas le chemin de la Franc-maçonnerie ? n’est-ce pas le chemin de tout Frère, en tout cas ce midi, j’ai trois ans, et c’est mon chemin.

2- Qu ‘est-ce que la tolérance ?

D’après VOLTAIRE (1694 – 1778) c’est l’apanage de l’humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. L’ignorance étant universellement partagée, la tolérance doit s’exercer de chaque homme à l’égard de tous les autres.
Il se produit un " partage d’erreurs et de vérités que les hommes se distribuent ou se transmettent ou se disputent " et personne ne peut assurer que " la vérité est constamment chez lui, et l’erreur constamment chez l’autre ".

C’est respecter la liberté de conscience, sortir des cadres établis, ouvrir les " chasses gardées ", les domaines réservés, casser les habitudes de pensée quand elles conduisent au conformisme. Le pari est de rétablir l’échange.

3- Définitions des différentes tolérances :

Le mot tolérance se rattache à la racine indo-européenne tol. Tel. tla. Dont dérive tollere et tolerare. :
Tollere : signifie soulever, enlever, quelquefois détruire.
Tolerare : signifie porter, supporter parfois combattre.
Ainsi l'idée de guerre et l'idée d'effort, sous-tendent la notion de tolérance. Cela nous renvoie plutôt à une fonction de l'intellect qui nous pousse à faire un effort pour nous arracher aux dogmes des orthodoxies ( toutes doctrines officiellement enseignées par une Eglise) et à la pesanteur de l'homogène, afin de s'ouvrir à la rencontre de l'autre différent.

Le dictionnaire me dit : Tolérant: attitude de quelqu’un qui admet chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres.

Ensuite si je consulte une encyclopédie je peux lire qu’il y a plusieurs sortes de tolérance, on parlera de :
- Tolérance mathématique : excédant ou insuffisance par rapport à une valeur prise pour référence.
- Tolérance physique : ce lacet de 1 mètre de long en coton est fabriqué avec une tolérance de plus ou moins 1 centimètre.
- Tolérance par abandon : latitude laissée à quelqu’un d’aller dans certains cas, contre une loi ou un règlement. Par exemple : le stationnement est toléré.
- Tolérance médicale : ce médicament n’est pas bien toléré dans telle situation par tel patient, il peut y avoir rejet, il y a acceptation ou non acceptation.
- Principe de tolérance de Carnap Rudolp (Philosophe et logicien Américain du 20ème siècle) selon lequel il ne s’agit pas de formuler des interdits mais de parvenir à des conventions.
- Tolérance de l’esprit : Je suis Tolérant avec le monde qui m’entoure, avec mes proches, dans mes idées, mes opinions, avec le monde qui n’arrête pas de se faire la guerre et de s’entre-tuer, justement, et sans doute, au début à cause d’un manque de Tolérance.
- Tolérance de la nature, ou de la matière, qu' elle soit minérale ou végétale, quand je pense à cette forêt vierge par exemple où toutes sortes de plantes poussent et se tolèrent ou ne se tolèrent pas, un lierre qui envahira un grand arbre et sera capable à force de pousser, de l’étouffer, et de le faire mourir …à moins que ce ne soit lui, le grand arbre qui se laisse envahir, se laisser mourir sans réagir … pour mieux laisser le lierre se développer et vivre.
Comme c’est curieux, est-ce que ça ne veut pas dire, qu’encore une fois, c’est la nature qui nous donne l’exemple et qui nous montre.

Comme c’est curieux, tolérer ce pourrait être : laisser l'idée de l’autre vivre et laisser la nôtre mourir…ou l’inverse ?

La nature, peut même se rebeller quand ça dépasse certaines limites, quand cela devient insupportable, intolérable, ou qu'on arrive à des déséquilibres : je pense aux tremblements de terre, aux raz de marée, aux cataclysmes de tout genre.

4- Mais je m’intéresserai à la tolérance de l’esprit, c’est à dire à un autre élément que sont la terre, l’eau, l’air, le feu, ou même le sel dont parlait mon frère Louis. Le sel n’est-il pas lui même tolérant ou non tolérant , Louis nous a démontré que là aussi le sel accepte ou rejette tolère ou ne tolère pas, que cela devient inacceptable quand c’est une addition salée, pire, que cela devient insupportable, ce manque de sel dans le cerveau de la maman de Liliane avec les effets irrémédiables dont parlait mon frère Jean-Marc.

Donc la tolérance de l’esprit, (dans son acceptation philosophique !)
à quoi ça sert me direz-vous ?
A faire évoluer l’humanité vers plus d’amour, plus de paix surtout, plus de sagesse, vers la lumière.

Je me souviens de mon premier travail ici sur la pierre avec mes frères apprentis et j'aimerais y faire référence, car tout est peut-être lié en fin de compte ?

Nous parlions des éléments que sont la Terre, L’Eau, l' Air et le Feu. j’avais dit en conclusion que chacun des éléments en combinaison avec les autres formait un tout. Et je me souviens de ma conclusion : chacun des 4 éléments est conducteur vers une autre réalité que lui-même.

La tolérance me conduira-t-elle vers une autre réalité ?
aujourd’hui j’en suis convaincu : surtout depuis que je l’ai expérimentée et appliquée dans ma vie profane, mais dans un esprit de Frère qui devait m'habiter, lors d’événement personnel grave, comme le décès de mon papa où je vois des personnes qui me sont chères se faire du mal entres elles, cela m'a guidé, éclairé pour les aider à avancer dans la paix.

5- Tolérance et intolérance.

Etre Tolérant suppose qu’on en mesure les limites et qu’on évalue les obstacles.

On respecte la loi, on ne la tolère pas. On tolère les opinions d’autrui, mais on respecte sa personne, car elle est distincte de ses opinions. On peut donc respecter cette personne sans tolérer ses opinions.

Affirmation des particularismes, diversités culturelles, une condition du savoir et non plus une concession faite à l’erreur ou au vice, conserver l’idée qu’elle est avant tout un effort sur soi, dans un discours partagé.
Car il faut avoir le courage d'aller plus loin, la force de faire les efforts nécessaires et prendre le temps.

La tolérance se définit dans l’écart des pratiques et des opinions par rapport à une norme affirmée universelle. Elle est une sorte de condescendance de la vérité pour l’erreur et ne dure qu’autant que cette erreur ne peut être résorbée. On peut du même coup lui assigner une limite. Notamment l’intolérance :

Mais qu’est-ce que l’intolérance ?

L’intolérance est partout et elle présente mille visages.
Nous tolérons la misère, l’exclusion, les sans-abri, l’ordre moral, le racisme même pour peu qu’il sache se cacher sous une apparence de bienséance. Que ne tolérons nous pas à la longue, à quoi ne finissons nous pas à nous habituer ? Lâcheté, permissivité molle, paresse, mépris, indifférence … Il faudrait retourner le problème du côté de ce verbe qui n’existe pas intolérer : qu’est-ce que l’intolérable ? ce qui provoque un refus et une insurrection. Contre un état de fait, un comportement, des idées, une injustice et qui dans le même mouvement traduit une souffrance à partir d’un certain seuil de tolérance ...

A voir les ligues nationalistes et antisémites, les attaques dans les années 1880 contre les ouvriers Italiens venus travailler en France dans le bâtiment, puis les Polonais dans les années 1950 venus travailler dans les mines de charbons, puis plus proche de nous les Nord-Africains que j’ai vu arriver, étant enfant, dans le Nord de la France.
Intolérable ! ces joueurs de Foot étrangers dans les équipes nationales et pourtant qu’est-ce qu’on est tolérant quand ils deviennent champion du monde et que la souffrance disparaît, n’existe plus et fait place à la joie et à l’amour d’un peuple éperdu de reconnaissance. Où est la limite entre tolérance et intolérance : au seuil de la souffrance je pense.

Mon frère Max, Comment parler de la tolérance ou de l’intolérance dans le monde, sans évoquer l’expérience tragique des juifs dans les pays de l’exil. Qui trois ans après la shoah confirmait la voie à prendre : indépendance politique pour les juifs, égalité civile et politique pour les minorités et respect de leur personnalité culturelle.

Compte tenu de notre histoire en diaspora, ( dispersion des juifs au cours des siècles – dispersion d’une ethnie quelconque – Tsigane ) , on comprend que la tolérance ou l'intolérance prenne en Israël une signification toute particulière.

Comment ne pas penser également de cette autre collectivité l' Afrique du Sud qui elle aussi, a tant souffert et souffre encore de l’intolérance à cause de l'apartheid.

Pour aller au delà de ce que je qualifierai " d’un respect distancié " entre deux réalités sociales, il faut un élément transcendant : la souffrance, la connaissance, et l’amour. Car d'ailleurs la volonté politique seule ne suffit pas à faire disparaître l'intolérance, on a besoin de ces éléments transcendants. Par exemple c’est aussi à l’hôpital, ou à l’université et surtout dans l’intimité d’un couple que quelque chose se construit dans une certaine proximité, connaissance, et un amour.

J'ai parlé de volonté politique:

6- Quel est le rapport entre le Pouvoir et la tolérance ?

L'intérêt d'un Etat (ou d'une petite commune par exemple) est de tenir à l’unité de religion et sous le couvert de la religion à obliger tout le monde à penser comme eux.
IL est possible de fonder la tolérance sur des dispositifs institutionnels, juridiques et politiques.
L’histoire nous montre bien aussi que le pouvoir tolère de ses administrés certains comportements ou habitudes. Le point commun de ces relations du pouvoir et de la tolérance est le caractère précaire, fugace, révocable, fongible de la tolérance .
( Fongible : qui se consomme par l’usage et peut être remplacé par d’autres choses identiques.)
Et cela garantit à un pouvoir quelqu'il soit, l’exercice d’un lien social. Allons encore plus loin, une tolérance qui se répète, se généralise devient la loi. C’est une source du droit que nulle constitution n’a prévue et pourtant, notre histoire juridique est ponctuée par ces luttes entre le flou et l’énoncé.

Avec le monopole de la loi s’est donc érigé le monopole public de la tolérance et depuis nous sommes en négociation permanente avec les détenteurs de la loi. De l’automobiliste au voleur de grands magasins en passant par les fraudeurs fiscaux la permanence de négociation s’est établie. Cette tolérance révèle une tolérance de maître à dominé.

Mais attention ne confondons pas, cela ne veut pas dire que celui qui tolère est supérieur, c'est faut. Il ne peut y avoir que réciprocité d'idées et personne ne détient LA vérité.

Là ou il y a différence, différence qu’aucun projet unitaire ne veut ou ne peut éliminer, un code de bonne conduite se constitue, que l’on nomme tolérance.

Par contre, que faire contre ceux qui érigent sciemment l’intolérance en politique ?
Et que faire contre cette intolérance vis à vis des idées qui s’aggrave dans le cas de la discrimination entre les personnes.

Prenons garde à l'énervement des passions opéré par les médias, la simplification outrancière des arguments pour mieux se faire entendre, et qui chassent la tolérance en ce qu’elle suppose de nuances, de dialogue. La complexité n’est qu’un alibi pour des intellectuels velléitaires. Le simplisme exige toujours des solutions immédiates, montrables, aisément reproductibles.
A ce sujet, depuis quelques temps, l’idée de médiation a surgi dans le social par exemple, et de cette relation humaine , restitue à chacun sa complexité et autorise une tolérance vraie, car négociée, reconnue par les individus, librement décrétée.
L’enjeu est celui là pour sortir d’une tolérance – bordel, d’une tolérance dérèglement, d’une tolérance cache-misère pour entrer dans une tolérance de dialogue.

1791 Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
art 11 : la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

7- Quelles sont donc les limites de la tolérance ?

Je l'ai dit précédemment la limite de la tolérance et de l'intolérance : c'est le seuil de la souffrance.

Attention également car une tolérance absolue peut aussi aboutir à la confusion ou à l'indifférentisme …

On peut également dire : La tolérance c'est le relativisme culturel, c'est à dire que toutes les cultures se valent. Problème : est-ce qu' au nom de la tolérance et du relativisme culturel (qui est donc que toutes les cultures se valent) on peut justifier des atteintes aux droits de l'Homme tel que l'excision par exemple.
Par contre, l'Ethnocentrisme c'est l'intolérance. C'est à dire juger la culture des autres en fonction de sa propre culture.

8- La tolérance est-elle une vertu ?

La tolérance n’a plus le même sens : elle devient le principe ou la règle pratique que l’on se donne dans un certain rapport à autrui, et plus précisément à autrui en tant qu'indiffère ou s’oppose à mes propres convictions. Qui tolère peut y trouver un bénéfice. La tolérance peut s’offrir, comme un idéal de vie en commun dont la forme exemplaire serait le dialogue, discours partagé qui nous engage à " accueillir l’étranger ".

Helvétius (philosophe Français du 18ème) fonde la liberté d’expression sur l’utilité publique : elle est un facteur de promotion de la vérité, éclairant les individus et rendant possible le progrès commun.

En matière de religion, cependant, on ne sait ni quelle est la vrai religion, ni qui est habilité à la reconnaître comme telle. Chacun est donc tenu de suivre la religion que lui indique sa conscience.
Le seul critère de vérité devient la sincérité et la tolérance avec laquelle la pratique ses membres. Voltaire le reprendra à sa manière en affirmant, dans l’article tolérance : « Que nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs » invitant à nous pardonner réciproquement nos sottises.

La tolérance repose moins sur un ensemble de devoirs énoncés par la conscience au titre d’une morale naturelle, que sur un constat d’ignorance ; dont on déduit la nécessité de reconnaître un droit à la pluralité en matière d’opinions. Cette tolérance fait prévaloir la question de la liberté sur celle de la vérité, et celle de la pratique morale sur le dogmatique.

En tout cas il paraît évident que la réponse se joue sur le plan des idées. Dans un certain sens la tolérance serait une vertu intellectuelle.
Dans cette conception, la tolérance est affaire de réciprocité ; La tolérance est mutuelle ou elle n’est pas, elle doit être tenue pour une obligation morale, un compromis utilitaire.

Il faut souligner qu'il y a une bonne et une mauvaise tolérance. La mauvaise est celle qui vient de l'indifférence à l'égard d'une vérité ou d'une hiérarchie entre les vérités, tandis que la bonne tolérance est le fait de pouvoir écouter les idées d'autrui bien qu'on ne soit pas d'accord et justement d'en discuter.
La tolérance est une véritable vertu morale et ce n'est pas simplement une indulgence pour faciliter la convivialité des hommes entre eux.
La tolérance n’est associée à l’indulgence que parce qu’elle est réciproque, n’introduisant aucun rapport de domination entre celui qui tolère et celui qui est toléré.

La tolérance apparaît comme une donnée incontestable de l’horizon intellectuel, politique et juridique du libéralisme. Pour l'homme c’est la Liberté de croyance, d’opinions, d’expression, inaliénable de se déterminer par lui-même.

Nous avons consacré à la face du monde ce propos : Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
La tolérance est un espace de Liberté, d'Egalité, de Fraternité.

La tolérance cesse également, ainsi, d’être seulement un problème de morale et de politique pour devenir une position théorique et même une des conditions du savoir. Elle suppose une séparation des savoirs sans permettre à aucun d’exercer une hégémonie, une suprématie. La science par exemple dit David Hume (philosophe du 18ème) ne pouvait naître que dans un pays de tolérance et de liberté.

Liberté de pensée, liberté intérieure de conscience, ou d’opinions dont la forme extérieure est le droit à l’expression publique. Liberté de satisfaire nos goûts de choisir les intérêts que nous poursuivons et de conduire notre vie comme nous l’entendons.
La liberté d’expression a aussi une fonction de vertu : elle permet aux hommes de développer leur entendement par une confrontation des opinions.

Pierre Bayle (philosophe du 17ème) nous fait remarquer que chacun peut reconnaître en l’autre la sincérité de ses convictions, même si la vérité qu’il soutient diffère de la nôtre. Le devoir d’obéissance à sa propre conscience fonde ainsi le droit à la liberté religieuse, droit qui n’a de sens que s’il est réciproque. Ce qui hélas, n’est pas le cas aujourd’hui dans certaines religions ou plus exactement et plus précisément avec certains extrémistes qui ne tolèrent pas les autres religions …..
Cependant, Bayle ajoute " La persévérance dans l’erreur est en réalité une fidélité à sa conscience en tant qu’elle est le signe d’une détermination invincible et insecouable vers la vérité ".

Voltaire tire les leçons de l’histoire et nous invite à la tolérance dans son fameux traité sur le sujet. L’hérésie est naturelle parce qu’elle tient à la nature bornée de notre esprit. Elle appelle à la tolérance. En revanche, le fanatisme dégénère en maladie parce qu’il consiste à prendre son opinion pour vérité unique, et à saisir les armes pour le défendre. L’intérêt des nations exige la tolérance. Nous devons mutuellement nous pardonner nos erreurs ; la discorde est le grand mal du genre humain, et la tolérance en est le seul remède.

La tolérance est une vertu humaine et une vertu sociale.

9- Quelle est place de la tolérance en Franc-Maçonnerie ?

Je l’ai dit, c’est la première des choses que j’ai très vite ressenti en venant ici : une immense tolérance, une grande écoute et un amour.
Pour l'apprenti que je suis, être tolérant c’est d’abord s’accepter soi-même, ensuite c’est accepter l’autre, c’est découvrir un autre monde et par voie de conséquence c’est progresser dans l’humanité.
Quand la tolérance s'installe, le dialogue s'ouvre, l'ignorance recule, la connaissance avance.
Lessing écrivain Allemand du 18ème et Franc-Maçon, soutient un idéal de fraternité universelle par delà les divisions religieuses, nationales ou sociales, évoquant l’idéal maçonnique de fraternité et d’universalité qui conditionne la pratique de la tolérance.

Extraits du livre de Plantagenet " Causeries initiatiques pour le travail en loge d’apprentis "
Page 27, je cite :
"un Maçon dans quelque endroit ou dans quelque circonstance que ce soit se doit à lui-même de ne pratiquer que la tolérance, de ne priser que la vertu et de ne respecter que l’intelligence et le talent".

Page 118, je cite encore :
"la loi du maçon : pondération, tolérance, fraternité."

Un peu plus loin je lis : "faire taire ses passions et oublier jusqu'à ses intérêts personnels, il se met à l’ordre. Il n’est plus un homme. Son geste l’a purifié, le cours de ses pensées s’est modifié, il n’est plus que solidarité, fraternité et amour."

Mais revenons à la question posée : qu’est-ce qu'être tolérant ?
C’est d’abord être tolérant avec soi-même c’est savoir que l’on a des opinions, des avis, des idées propres à soi et quelquefois, pour ne pas dire le plus souvent, des idées différentes des autres. Cela peut poser un problème personnel un cas de conscience dirons-nous si quelqu’un n’est pas suffisamment tolérant avec ses propres idées. C’est la première des tolérances.

Ensuite c’est d’être tolérant avec l’autre, pas toujours facile dans la vie, dans le monde, pas toujours admis par les états, les gouvernements, les ethnies, les partis, les lobbys, les corporatismes, les groupes en tous genre ……

Et pourtant c’est la seule façon de permettre d’abord à l’autre d’être lui-même, de lui accorder le droit à la liberté de conscience, de lui donner la possibilité de vous apporter quelque chose de différent, de vous enrichir, de vous donner une idée de plus , autre, qui puisse vous faire évoluer, … grandir.

Je me souviens de cet axiome : quand deux hommes se rencontrent et qu’ils échangent
1 franc, ils repartent riches d’un franc chacun, mais quand deux hommes se rencontrent et qu’ils échangent 1 idée, ils repartent riches de deux idées chacun.

Donc être tolérant avec l’autre c’est l’accepter comme il est, c’est lui permettre de le laisser s’exprimer complètement, profondément, même et surtout si on n’est pas d’accord avec ses idées, c’est mieux l’observer, mieux le laisser vivre, lui donner ou mieux je dirais : lui offrir la possibilité d’évoluer ….. à lui aussi, comme à nous d’ailleurs, bref c’est mieux le comprendre, c’est l’aimer donc.

Pour terminer mon propos :
Permettez moi de vous rapporter une deux réflexions personnelles et ensuite de vous proposer deux citations de GANDHI.

Réflexion personnelle :
- Comment combattre l’intolérance ? par encore plus de tolérance.
- Il n’y a qu’une seule arme invincible contre l’intolérance, c’est l'Amour, mais ce n’est pas une arme dont tout le monde dispose, ni dont on puisse user à l ‘égard de tous.

GANDHI. Je vous donne deux citations, la première :
<- Ma religion n’est pas une religion de prison. Elle offre une place aux plus déshéritées des créatures de Dieu. Mais elle est à l'épreuve de l’insolence, de l’orgueil de race, de religion ou de couleur. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir sur terre une seule religion. C’est pourquoi je m’efforce de découvrir ce qu’elles ont en commun et de prêcher la tolérance mutuelle.

Deuxième citation
- La règle d’or de la conduite c'est la tolérance mutuelle, car nous ne pensons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents.

Je ne puis résister, en tant que Maître des colonnes d’harmonies au plaisir, de vous faire écouter un morceau de musique de 4 minutes environ, qui pour moi symbolise la tolérance.
Ce morceau je le décompose (bien-sûr) en 3 parties :
- 1ère partie jusque 1 mn 40 : des violons nous bercent et nous balancent dans une douceur de l’esprit, tout semble bien dans le meilleur des mondes. C’est le bonheur, c’est l'équilibre, c'est l’amour.
- Vers 1 mn 40 environ, la 2ème partie : une dissonance brutale, casse le rythme, met le trouble, nous perturbe. C’est la chose étrangère, l'autre idée, l'inacceptable.
vers 2 mn 40 : Le rythme se calme, un violon réfléchit seul, tolérant il fait la part des choses. L’humanité progresse et se redéveloppe par l'intermédiaire de la harpe qui relance un violon.
- Violon, vite accompagné par les autres violons dans la 3ème partie vers 3 mn 20 pour repartir dans une mélodie avec un bercement plus assuré et renforcé par ce nouvel apport, et pour terminer dans les toutes deux dernières secondes par un envol pour vers …plus loin et plus haut.
Musique : "Fantaisie sur Greensleeves" de Ralph Vaughan Williams (compositeur Anglais fin 19ème début 20ème)

Vénérable Maître, j'ai dit.
source :
www.ledifice.net

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Célébrités FM (3)

6 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

19. MILITAIRES ET MARINS

BEAUHARNAIS, Alexandre François de (1760‑1794) Premier mari de Joséphine Tascher de la Pagerie qui épousera Napoléon 1er . Membre de la Loge La Pureté au régiment de la Sarre.

BEAUHARNAIS, Eugène de (1781‑1824), fils du précédent, beau‑fils de Napoléon 1er , il fut vice‑roi d'Italie sous le nom de Eugène Napoléon. Vénérable d'honneur de la Loge Saint‑Eugène à Paris.

BEAUVAU,Charles Juste de (1720‑1793) Maréchal de France, membre de l'Académie française. Appartint à la loge d'Albi La Parfaite Intelligence.

BIRON, Armand Louis de Gontaud, duc de G., puis duc de Lauzun (1745‑1793) Officier de la guerre d'Amérique, député de la noblesse du Quercy aux États‑Généraux. Général en chef de l'Armée du Rhin, destitué, condamné à mort, en 1790. Il appartint aux Loges Saint‑Jean de Montmorency Luxembourg et La Candeur, à Paris, avant 1789, et en 1791, à la Loge Les Pvrénées, à Bagnères‑de‑Bigorre.

BRADLEY, Omar Nelson 11893‑1981) Général américain qui commandit la 1ère armée américaine lors du débarquement de Normandie. Elevé à la maîtrise à West Point lodge No 877, High Falls, État de New York.

BLÜCHER, prince Gebhardt Lebrecht von(1742‑1819) Général prussien, artisan de la défaite française de Waterloo. Membre actif de la Loge Archimedes à Altenburg.

BONAPARTE, Jérôme (1784‑1860) Frère de Napoléon, roi de Westphalie de 1807 à 1813. Il avait été initié en 1801 à la loge de Toulon La Paix. Devint Grand Maître de la Grande Mère Loge de Westphalie.

BONAPARTE, Joseph (1768‑1844) Frère de Napoléon, roi de Naples, puis roi d'Espagne. Initié en 1793 à la Loge La Parfaite Sincérité à Marseille, il devint en 1805 Grand Maître du Grand Orient de France.

BONAPARTE, Louis (1778‑1846) Frère de Napoléon et père de Napoléon III. Il fut Grand Maître adjoint de 1803 à 1806, remplacé par Cambacérès.

CAULAINCOURT, Gabriel Louis, comte de (1740‑1808) Maréchal de camp, comte d'Empire. Il appartient à la Loge Les Amis Réunis, à Paris. Son fils, Armand, Auguste, Louis de C., duc de Vicence, général de division, fut ambassadeur en Russie. Grand Officier d'Honneur du Grand Orient.

CLARKE, Mark Wayne (1896‑1984) Général américain. Chef d'état‑major des forces terrestres en 1942, commanda le 15e groupe d'armée en Italie 1944‑1945. Commandant en chef des forces des Nations‑Unies en Corée. Mystic Tie Lodge, Indianapolis.

FOY, Maximilien Sébastien (1775‑1825) Il servit à l'armée du Nord, à celle du Rhin, en Espagne et au Portugal. Vénérable d'Honneur de la Loge La Bienfaisance, au Havre.

GROUCHY, Emmanuel, comte de (1766‑1847) Officier de l'Ancien Régime qui se rallia à la Révolution puis à l'Empire. Sa défaite à Waterloo s'explique en partie par les ordres contradictoires de Napoléon auxquels il était tenu d'obéir. Il avait appartenu à la Loge L'Héroïsme à Beauvais.

HUGO, Joseph Léopold Sigisbert, comte (1773‑1828) Le général, père du poète (qui ne fut jamais maçon) fut membre de la Loge L'Initié, à Aix‑en‑Provence.

JOFFRE, Joseph Jacques Césaire (1852‑1931) Maréchal qui commanda les troupes alliées pendant la guerre 1914‑1918. Vainqueur de la bataille de la Marne. Initié à la Loge Alsace Lorraine, Paris, en 1875.

LA FAYETTE, Marie Joseph Motier, marquis de (1757‑1834) Initié avant le 25 décembre 1775, affilié à la Loge Saint Jean d'Écosse du Contrat Social. En 1806, il est Vénérable de la loge Les Amis de la Vérité de Rosoy en Brie.

LA TOUR D'AUVERGNE, Théophile Malo Corret de (17431800) Capitaine, premier grenadier de la République (1799). Il aurait été membre d'une Loge dépendant du Grand Orient de Bouillon.

LATOUR‑MAUBOURG, Marie Victor, Nicolas de Fay, marquis de (1768‑1850) Colonel de cavalerie de l'armée de La Fayette, aide de camp de Kléber. Après 1815, il fut ambassadeur à Londres. Membre de la Loge L'Intimité, à Niort.

LAURISTON, Jacques Alexandre Bernard Law, marquis de (1768‑1828) Petit neveu de John law, il fut condisciple de Bonaparte à l'École de Brienne. Il fit une brillante carrière militaire et diplomatique. Il était membre de la Loge Sully à l'orient de Toul‑Artillerie. Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France.

MACARTHUR, Douglas (1880‑1964) Général d'armée (cinq étoiles) en 1944. Commanda les troupes américaines en Extrême Orient et reçut la réédition du Japon. Reçu "au maillet" (at sight) puis affilié à la Loge Manila, Philippines.

MARSHALL, George (1880‑1959) Général et homme d'état, ambassadeur en Chine. En tant qu'auteur du Plan marshall, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1953. Fait maçon "au maillet" (at sight) en 1941, District of Columbia.

MURPHY, Audie (1924‑1971) Acteur de cinéma américain, le soldat le plus décoré de la seconde guerre mondiale. Membre du Rite Écossais à Dallas, Texas.

PERSHING, John Joseph (1860‑1948) Général qui conduisit les volontaires américains en 1917. En arrivant à Paris, il se rendit sur la tombe de La Fayette et dit: "la Fayette, nous voici!" Initié à Lincoln Lodge, Lincoln, Nebraska, en 1888.

ROCHAMBEAU, Donatien Marie‑Joseph, baron de Vimeur de (1755‑1813) officier qui participa à la Guerre d'indépendance américaine. Gouverneur de Saint‑Domingue (1791). Membre de la Loge Saint‑Jean d'Écosse du Contrat Social, à Pari.

SUFFREN de SAINT TROPEZ, Pierre Henri, bailli de (1726-1788) Le célèbre marin, amiral depuis 1784, a fait partie, en 1786, de la loge L'Olympique de la Parfaite Estime.

SURCOUF, Robert (1773‑1827) Corsaire, baron d'Empire. Il fut initié en 1796 à la loge La Triple Espérance, à Port‑Louis, lie Maurice. En 1809, il était membre de la loge La Triple Essence, à Saint-Malo.

VILLARET de JOYEUSE, Louis Thomas (1750‑1812) Vice‑amiral d'escadre, gouverneur de la Martinique. Membre de la Loge et du Chapitre L'Union à Lorient, et membre honoraire de la Loge L'Harmonie à Saint‑Pierre de la Martinique.

20. MUSICIENS ET COMPOSITEURS

ARMSTRONG, Louis 1900‑1971) Musicien de jazz américain. Aussi à l'aise comme trompettiste que comme chanteur, il est reconnu comme l'un des meilleurs musiciens de son temps. Membre de la Loge Montgomery No 14, Obédience Prince Hall, New York.

BASIE, William "Count" (1904‑1984) Pianiste et chef d'orchestre de jazz américain, fut longtemps un survivant des premiers grands orchestres de ce genre. Membre de la Franc‑Maçonnerie de l'Obédience Prince Hall à New York.

BERLIN, Irving (1888‑1989) Chanteur et compositeur américain dont la chanson la plus connue est White Christmas. Également auteur de films musicaux: Top Hat, Annie du Far West. Initié à Munn Lodge No 196, ville de New York.

BOIELDIEU, François Adrien (1775‑1834) Compositeur de musique lyrique, la plus célèbre étant un opéra‑comique La Dame blanche. II appartint à la Loge Les Arts et l'Amitié du Grand Orient.

CLÉMENT, Jean‑Baptiste (1836‑1903) Auteur de la chanson Le temps des cerises. Délégué à la Commune de Paris. Succéda à Clemenceau comme maire de Montmartre. Initié à la Loge Les Rénovateurs à Clichy, près de Paris, en 1898.

ELLINGTON, Edward Kennedy "Duke" (1899‑1974) Musicien de jazz américain. Compositeur, arrangeur et pianiste, il a été une figure marquante de la musique du vingtième siècle. Il a donné ses impressions d'initiation dans la chanson I'm beginning to sec the Light, chantée par Louis Armstrong. Initié à Social Lodge, Washington D.C. de Prince Hall Affiliation.

HAYDN, Franz Joseph (1732‑1809) Compositeur autrichien, le premier grand compositeur symphonique, également célèbre pour sa musique de chambre, ses messes et ses deux oratorios, La Création et Les Saisons. Encouragé à devenir maçon par Mozart, il fut initié à Vienne en 1785, à la Loge Zur Wahren Eintracht.

KREUTZLER, Rodolphe (1766‑1831) Violoniste et compositeur, auteur d'opéras‑comiques. Il appartint à la Loge La Concorde, de la cour de Versailles.

LISZT, Ferénc, germanisé en Franz (1811‑1866) Le célèbre pianiste et compositeur fut initié en 1841 à la Loge L'Union, Francfort‑sur‑le Main.

MEHUL, Étienne Nicolas (1763‑1817) L'auteur du Chant au Départ est mentionné comme membre de la Société Olympique (souchée sur la Loge l'Olympique de la Parfaite Estime) en 1786.

MEYERBEER, Giacomo (1791‑1864) Compositeur allemand, du début du 19e siècle, auteur de Robert le Diable e t Les Huguenots. Membre de la Loge française Les Frères Unis Inséparables.

MONTÉHUS, Gaston Mardochée Brunswick dit (1872‑1958) Le chantre antimilitariste et révolutionnaire de la Belle Époque fut initié en 1902 à la Loge L'Union de Belleville, Grand Orient.

MOZART, Wolfgang Amadeus. (1756-1791) Compositeur autrichien. Il fut initié en 1784 par la loge de Vienne « la Bienfaisance ».

POTTIER, Eugène (1816‑1897) Auteur du chant des travailleurs du‑monde entier: L'Internationale (1871). Initié en exil à New York à la Loge des proscrits de la Commune, Loge Les Égalitaires.

ROUGET DE L'ISLE, Claude Joseph (1760‑1836) Compositeur français, auteur, en 1792, du Chant de guerre pour l'armée du Rhin, rebaptisé La Marseillaise. Membre de la Loge ,es Frères Discrets, à Charleville.

SIBELIUS, Jean (1865‑1957) Compositeur finlandais. Initié à la loge Suomi, à Helsinki. Un des fondateurs de la Maçonnerie finlandaise puisque l'Ordre avait été interdit par les Tsars en 1822.

SPONTINI, Gasparo Luigi Pacifico (1774‑1851) Compositeur, directeur du Théâtre italien de Paris. Membre de la Loge L'Age d'Or, à Paris.

WHITEMAN, Paul (1891‑1967) Musicien américain de jazz surnommé le Roi du Jazz. La plupart des grands musiciens de la période d'après guerre ont joué dans son orchestre. Membre de St. Cécile Lodge, New York City.

21. POLITIQUES

AUGAGNEUR, Victor (1855‑1931) Médecin et homme politique. Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon, maire de Lyon, député, ministre des travaux publics, de l'Instruction Publique. Gouverneur de Madagascar. Il fut Vénérable de la Loge Les Amis de la Vérité à Lyon.

BAILLY, Jean Sylvain (1736‑1793) Maire de Paris, président de la Constituante, membre de l'Académie française. II appartint à la Loge parisienne Les Neuf Sueurs.

BERRYER, Pierre Nicolas (1757‑1841) Le défenseur du maréchal Ney était membre de la Loge Salomon, à Paris.

BLANC, Louis (1811‑1882) Journaliste et homme politique, il fut membre du gouvernement provisoire en 1848. Il appartint à la Loge de Londres Les Philadelphes.

BOURGEOIS, Léon (1851‑1925) Homme politique, ministre et président du Conseil, un des promoteurs de la Société des Nations. Prix Nobel de la Paix. Initié à la Loge La Sincérité à Reims en 1882.

BROSSOLETTE, Pierre (1903‑1944) Professeur agrégé d'histoire, journaliste au journal Le Populaire de 1936 à 1939. Résistant, arrêté en 1944, il se suicida le 22 mars, respectant jusqu'à la mort la "loi du silence".

CACHIN, Gilles Marcel (1869‑1958) Directeur de l'Humanité en 1918. Membre du Comité directeur du parti communiste. Initié à La Concorde castillonnaise en 1889, démissionna en 1901.

CAMBACÉRES, Jean‑Jacques Régis de, duc de Parme (1753‑1824) Un des rédacteurs du Code civil. membre de la Loge Ancienne et de la Réunion des Élus, à Montpellier, Vénérable de la Loge Saint‑Jean de la Grande Maîtrise, à Paris.

CAVOUR, Comte Camillo di (1810‑1861) Fondateur de l'unité italienne, il en devint le premier chef de gouvernement en 1861. Ses activités maçonniques se restreignirent à son Piémont natal.

CHURCHILL, Sir Winston Leonard Spencer (1874‑1965) Premier Ministre de la Grande‑Bretagne pendant la seconde guerre, inspirateur de la lutte contre le nazisme. Prix Nobel de littérature en 1953. Initié à Studholme Lodge, Londres en 1901.

DIFFENBAKER, John George (1895‑1979) Premier Ministre du Canada de 1957 à 1963. Membre d'une loge de l'Ontario.

EBOUÉ, Félix (1884‑1944) Petit‑fils d'esclave, il devint le premier Gouverneur Général de couleur d'une colonie française (Tchad 1938). En 1940, il rallia le Congo aux Forces Françaises Libres. Après la guerre, il participa à la décolonisation. Initié à la Loge La France Équinoxiale, en 1922, à Cayenne. Son épouse appartint au Droit Humain et sa fille, Ginette, à la Grande Loge Féminine de France.

FERSEN, Jean Alex, comte de (1754‑1810) Le colonel du Royal Suédois fit partie, en 1786, de la Loge L'Olympique de la Parfaite Estime.

FOUCHÉ, Joseph, duc d'Otrante (1759‑1820) Celui dont on a surtout retenu qu'il fut ministre de la Police pendant les Cent‑Jours, fut initié avant 1789 à la Loge Sophie Madeleine, Reine de Suède à Arras.

FROSSARD, Louis Ludovic Oscar (1889‑1946) II fut le premier secrétaire du Parti communiste. Après sa rupture avec celui‑ci, il fut initié à la Loge L'Internationale. Il en démissionna en 1937 et fit partie du gouvernement de Vichy.

GARIBALDI, Giuseppe (1807‑1882) Homme politique italien et chef militaire, ardent défenseur de la liberté. En 1870, il offrit ses services à la France, à la tête de ses Chemises Rouges. Initié à Montevideo en 1844 à la Loge L'Asile de la Vertu (irrégulière). La même année, il passa à la Loge régulière Les Amis de la Patrie, Grand Orient de France. En 1881, il fut élu Grand Maître Mondial du Rite de Memphis-Misraïm.

GAMBETTA, Léon (1838‑1882) Il fut l'un des chefs de l'opposition à la fin du second Empire, puis l’animateur de la Défense nationale en 1870‑1871, et clé la Défense républicaine après le 16 mai 1877. Initié à la Loge La Réforme, à Marseille, en 1869.

GOMPERS, Samuel (1850‑1924) Fondateur et premier président de la fédération syndicale américaine (American Fédération of Labour). II fut membre de Dawson Lodge, Washington, D.C.

KELLOGG, Frank B. (1856‑1937) Homme d'état américain qui reçut le prix Nobel de la Paix en 1929 pour le Pacte Briand‑Kellogg, signé à Paris par quinze nations en 1928 et par soixante‑quatre en 1934. Le pacte établissait une Cour Permanente de Justice internationale pour éviter le recours à la guerre entre les états. Kellogg y fut nommé juge en 1930. Il avait été reçu maître à la Loge de Rochester, Minnesota, en 1880.

KOSSUTH, Lajos (1802‑1894) Patriote hongrois, nommé gouverneur de la Hongrie pendant la courte période d'indépendance. Il rejoignit ensuite Garibaldi en Italie où il se fixa. Il fut initié en 1852 à Cincinnati Lodge, Ohio.

LAGUARDIA, Fiorello H (1882‑1947) Diplomate qui fut 3 fois maire de New York. Initié à Garibaldi Lodge, New York City, en 1913.

LE CHAPELIER, Isaac René Guy (1754‑1794) Député du tiers de Rennes aux États‑Généraux, rédacteur du Serment du Jeu de Paume, président de la Constituante le 4 août, fit abolir la loi interdisant les corporations. Vénérable de la Loge La Parfaite Union à Rennes.

MAZARYK, Jan (1886‑1948) Homme d'état Tchécoslovaque, fils de Tomas Mazaryk, premier président du pays. Exilé en Angleterre pendant la guerre, il combattit pour la libération de son pays. A partir de 1945, en tant que ministre des Affaires étrangères, il combattit le communisme, ce qui l'amena à se suicider en 1948. II fut initié à la Loge Jan Amos Komensky à Prague.

MAZZINI, Giuseppe (1805‑1872) Patriote italien. Après son bannissement, il fonda le mouvement clandestin Jeune Italie, et pendant le reste de sa vie, il lutta pour la libération et l'unification de l'Italie. Il devint Grand Maître du Grand Orient d'Italie.

PORTALIS, Jean Étienne Marie (1745‑1807) Un des principaux rédacteurs du Code civil; du Concordat et des articles organiques. Vénérable de la Loge L'Étroite Persévérance des Amis Réunis.

RAMADIER, Paul (1888‑1961) Il participa à la Résistance et fut ministre du Ravitaillement de De Gaulle en 1944. Initié en 1913 à la Loge La Parfaite Union, à Rodez, il fut toujours un maçon actif.

STRESEMANN, Gustav (1878‑1929) Homme d'état allemand qui négocia le retour de la Ruhr à l'Allemagne en 1925, et signa avec Briand le traité de Locarno en 1926, ce qui lui valut le Prix Nobel de la Paix. Initié en 1925 à la Loge Friedrich der Grosse.

SCHCELCHER, Victor (I304‑1893) Homme politique. Ayant voyagé aux colonies, il se fit l'apôtre de l'abolition de l'esclavage qu'il réalisa le 27 avril 1848 lorsqu'il fut ministre de la Marine du gouvernement provisoire. initié avant 1848 à la Loge Les Amis de la Vérité, à Paris, puis affilié à La Clémente Amitié.

22. SAVANTS ET MÉDECINS

ARAGO, Emmanuel (IF12‑1896) Membre du Gouvernement de la Défense nationale en 1870, il fut en 1878 Grand Orateur du Suprême Conseil de France.

ASHMOLE, Elias (1617‑1692) "Antiquaire" anglais. Sa remarquable collections d'objets rares, offerte en 1677 à l'Université d'Oxford, est devenue le Ashmoli, Museum. Dans son journal intime, il mentionne sa réception en maçonnerie, avec le colonel Henry Mainwaring. à Warrington, Lancashire, en 1646.

CABANIS, Pierre Jean Georges (1757‑1808) Auteur d'une traduction de l'llliade, se tourna ensuite vers les sciences naturelles et la médecine (il écrivit en vers son serment Ce médecin). Son principal ouvrage est le traité des Rapports du physique et du moral de l'homme (1802). Il fut admis en 1778 à la Loge Les Neuf Sueurs.

CASSINI, César François (1716‑1784) Directeur de l'Observatoire de paris créé par son père. Il fut surtout l'initiateur de la Carte de France en 180 feuilles. Membre de la Loge La Philosophie, Paris (1779).

CHAPTAL, Jean Antoine (1756‑1832) Chimiste. Il créa en France les premières fabriques de produits chimiques. Initié avant 1789 à la Loge La Parfaite Union à Montpellier.

CHASTENET DE PUYSÉGUR, Armand Marc Jacques, (1751-1825) Un des plus célèbres disciples de Messmer. Il laissa le souvenir d'un magnétiseur remarquable. Membre de la Loge La Candeur (1778).

DUPUYTREN, baron Guillaume (1777‑1835) Chirurgien dont les plus illustres patients furent Louis XVIII et Charles X. Par testament, il fonda le musée qui porte son nom. Membre de la Loge Sainte‑Caroline à Paris.

HELVETIUS, Claude Adrien (1715‑1771) Sa pensée rationaliste a été influencée par Montesquieu et Voltaire. Il aurait été, avec Jérôme Lalande, l'un des fondateurs de l'éphémère Loge Les Sciences, vers 1766. Toutefois, il ne figure sur aucune liste du Grand Orient.

JENNER, Edward, Dr. (1749‑1823) L'inventeur de la vaccination qui permit d'éradiquer la variole dans le monde entier. Il appartint à la Loge Faith and Friendship à Berkeley, Angleterre, dont il fut Vénérable.

KING, Charles Glen (1896‑) Biochimiste nutritionniste américain. Il a isolé (1932) puis synthétisé la vitamine C. Initié à Whitman Lodge, N°49 Pulman, Washington, en 1919.

LALANDE, Joseph Jérôme de (1732‑1807) Astronome. En 1801 il publia le premier répertoire valable des étoiles (environ 50000). Il fut aussi directeur de l'Observatoire de Paris. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs.

LAPLACE, Pierre Simon (1749‑1827) Géomètre et physicien, membre de l'Académie française. Officier d'Honneur du Grand Orient.

LACÉPEDE, Bernard Germain Étienne de Laville, comte de (1756‑1825) Il est surtout connu pour ses oeuvres de naturaliste et quelques ouvrages de musique. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs. En 1815, il se joignit à la minorité attachée à l'indépendance du Rite Écossais et Accepté, mais en 1821, il accepta d'être membre du Suprême Conseil de France Unifié.

LITTRÉ, Emile (1801‑1881) Philosophe, médecin, érudit, lexicographe, homme politique. Il a laissé derrière lui une oeuvre colossale dont la plus cornue est son Dictionnaire de la langue française (1844‑ 1873).

MAYO, Dr. Charles H. (1865‑1939) Médecin américain. Avec son frère William, il fonda la Clinique Mayo et la Fondation Mayo pour la Recherche médicale à Rochester, Minnesota. La Clinique Mayo ‑qui débuta dans le bâtiment du Temple maçonnique de Rochester est une association de médecins volontaires, la plus vaste de son espèce dans le monde. La Fondation pour la Recherche médicale fait maintenant partie de l'Université du Minnesota. Le Dr. Mayo fut initié à la Rochester Lodge en 1890, comme son père l'avait été avant lui et son fils Charles le fut après lui.

RICHET, Charles Robert (1850‑1935) Physiologue français qui découvrit le phénomène de l'anaphylaxie (maintenant appelé allergie). Prix Nobel de médecine en 1913. Membre de la Loge Cosmos, Grande Loge de France.

SAVOIRE, Dr. Camille (1869‑1951) Entre les deux guerres, il fut au premier plan de la lutte contre la tuberculose. Initié en 1892 à la Loge La Réforme dépendant de la Grande Loge Symbolique Écossaise, affilié en 1893 à La Lumière, de Neuilly, du Grand Orient.

WITHERING, William (1741‑?) En analysant u n remède "de bonne femme", il découvrit l'action de la digitaline sur le coeur. Il fut initié à la Lodge of Holyrood House, St. Luke, Edimbourg, en 1763.

23. SPORTIFS

DEMPSEY, William Harrison "Jack" (1895‑1983) Champion du ronde de boxe (poids lourds) en 1919, pendant 7 ans. Membre de Kenwood Lodge, Chicago, Illinois.

CAMPBELL, Sir Malcom (1885‑1948) Coureur automobile qui établit plusieurs records à Salt Lake City et Daytona beach. Membre de divers groupements maçonniques.

COBB, Ty (rus) R. (né en 1886) Considéré comme le meilleur joueur de base‑ball de tous les temps. Initié à Royston Lodge, Detroit, 1907.

LIPTON, Sir Thomas Johnstone (1850‑1931) Négociant et plaisancier écossais. Aussi célèbre comme importateur de thé (de sa production) que comme participant à l'America Cup. Initié à Scotia Lodge, Glascow, Écosse, en 1870.

ROBINSON, "Sugar Ray" (né en 1921) Boxeur américain. Champion du monde des poids milourds en 1951 et cinq fois champion du monde des poids moyens entre 1951 et 1958. Membre de Joppa Lodge de Prince Hall, New York City.

Source : http://www.franc-maconnerie.org/celebrite-f-m

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Célébrités FM (2)

6 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

13. ECRIVAINS ET PHILOSOPHES

ABOUT, Edmond (1828‑1885) Écrivain français brillant, journaliste, membre de (Académie française en 1884. Romans célèbres: Le roman d'un brave homme, L'homme à l'oreille cassée. Initié en 1862 à la Loge La Nouvelle Jérusalem, Orient de Nancy.

BOSWELL, James (1740‑1795) Écrivain écossas dont La biographie du Dr. Johnson (1791) est un des classiques de la littérature anglaise. Membre de Cannongate Kilwinning Lodge à Édimbourg (Maître en 1759)

BURNS, Robert (1759‑1796) Poète écossais devenu le poète national de l'Écosse. Il fut initié à St. David's Lodge, Tarbolton et demeura un maçon enthousiaste, affilié à d'autres loges, dont Cannongate‑Kf winning Lodge à Édimbourg; il en fut le poète‑lauréat en 1787. Son poème Au1d Lang Syne est célèbre dans le monde entier.

CASANOVA, Giovanni, Jacopo, Casanova de Seingalt (1725-1798) Écrivain, militaire, personnage politique, il fut un grand voyageur, surtout connu pour ses Mémoires et ses aventures amoureuses. Initié à Lyon en 1750, il passa ses deux autres grades à Paris dans une loge anglaise.

CHATRIAN, Alexandre (1826‑1890) En collaboration avec Erckmann, auteur de romans rustiques se rapportant à (Alsace. Le plus célèbre est L'Ami Fritz. Cl.atrian fut initié en 1875 à la loge parisienne Alsace‑Lorraine.

CLARETIE, Arsène Arnaud, dit Jules (1840‑1913) Auteur dramatique, membre de l'Académie Française. Membre de la loge L'École Mutuelle, Paris.

DELILLE, abbé Jacques (1738‑1813) Poète devenu célèbre par sa traduction en vers des géorgiques de Virgile, à développer une poésie didactique et pittoresque de la nature dans Les Jardins. Membre de l'Académie française. Il appartint à la Loge parisienne Les Neuf Sueurs.

COLLODI, Carlo (Carle, Lorenzini) (1826‑1890) Journaliste, écrivain italien. Auteur de Pinocchio (1883).

DE COSTER, Charles (1827‑1879) Écrivain belge. Les Aventures d'Uylenspiegel sont une dénonciation de l'oppression politique. Initié à la Loge Les Vrais Amis, Bruxelles, 1857.

DOYLE, Sir Arthur Conan (1859‑1930) D'abord médecin sans clientèle, devint écrivain et acquit la célébrité par la création de Sherlock Holmes et Docteur Watson qui figurent dans 3 romans et 56 nouvelles. Conan Doyle fut reçu Maître à la Loge Phoenix Portsmouth. Parmi les frères présents se trouvait un Docteur Watson qui partit bientôt pour l'Écosse et ne paru pas avoir servi de modèle à (ami de Sherlock Holmes.

FLORIAN, Jean‑Pierre, Clarie, Chevalier de (1755‑1794) Petit‑neveu de Voltaire, romancier, auteur dramatique, surtout connu par ses fables. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs (1779).

GOBLET D'ALUIELLA, Eugène Félicien, comte (1846‑1925) Homme d'état belge et historien des religions. Son ouvrage, La migration des symboles, fait encore autorité. Il lutta pour la tolérance religieuse en Belgique.Initié à Bruxelles en 1870, Loge les Amis Philanthropes. Grand Maître du Grand Orient de Belgique en 1884.

GOETHE,Johann, Wolfgang von (1749‑1832) Poète allemand qui institua l'école romantique. Il est la plus grande figure de la littérature allemande. Ses chefsd'oeuvre, Faust et Wilhem Meister, sont mondialement connus. Il fut également actif dans le monde politique et scientifique. Initié à la Loge Amalia, à Weimar (1780) et demeura toute sa vie un maçon actif.

KIPLING, Rudyard (1865‑1939) Connu comme le chantre de l'Empire britannique, il est aussi l'auteur de poèmes maçonniques célèbres: If... (Si...), The Mother Lodge (La Mère Loge), My freshly‑cut Ashlar (Ma pierre fraîchement taillée), et de contes initiatiques: Le Liure de la Jungle, Kim, L'homme qui voulait être roi, etc. Initié en 1887 à Hope and Esperance Lodge, Lahore, Inde.

LACLOS Choderfos de (1741‑1803) Militaire et écrivain, auteur des Liaisons dangereuses (1782). Initié à Toul, vers 1763, dans une loge militaire, L'Union, dont il devint Vénérable par la suite.

LESSING, Gotthold Éphraïm (1729‑1781) Initié à la Loge Zn den Drei Rosen, Hambourg, en 1771. Il ne fut pas an franc‑maçon très actif, mais pourtant son oeuvre est très empreinte de ce qu'on pourrait appeler l'idéologie maçonnique.

MAINE de BIRAN, Marie François Pierre Gauthier de B., dit Maine de B. (1766‑1824) Il a posé les principes d'une philosophie relativiste qui durera jusqu à nos jours. Membre (1813) de la Loge La Fidélité, à Bergerac.

MAISTRE,Joseph‑Marie, comte de (1753‑1821). Philosophe, écrivain, ambassadeur à St Pétersbourg. Membre de la Loge La Sincérité, Chambéry.

MARMONTEL, Jean‑François (1723‑1799) Auteur de Bélisaire, de Contes moraux et d'intéressants Mémoires, il fat un maître de la libre pensée et un champion de la tolérance. Il était membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

MARTI,José, Julian, (1853‑1895). Libérateur et écrivain cubain. Ses oeuvres et ses idées eurent un rôle fondamental dans la formation de la conscience hispano‑américaine et la libération de l'Amérique latine. L'anniversaire de sa naissance est, chaque année, très officiellement célébré par les maçons cubains.

MONTESQUIEU, Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de (1698‑1755) Le célèbre auteur des Lettres Persanes et de L'Esprit des Lois fut initié à la loge Horn Tavern de Westminster, Londres, en 1730.

POUCHKINE,Alerandre (1799‑1837) Poète russe, auteur de Eugène Onegin et Boris Godonou, devenus opéras et ballets. Initié en 1821 à la Loge Ovid, à Kischinev.

PRESTON, Williari (1742‑1718) Auteur maçonnique anglais. Son livre, Illustration of Masonry (1772), fut l'ouvrage maçonnique le plus populaire en Angleterre pendant 75 ans. Il fut Vénérable de la prestigie_ase Loge Antiquity N° 2, Londres, et exerça une influence considérable à la fois sur le rituel maçonnique e sur la philosophie.

PROUDHON,Pierre Joseph (1809‑1865) Philosophe, théoricien du socialisme. Il appartint à la Loge de Besançon Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié.

PYAT, Félix (1810‑1889) Écrivain, journaliste et homme politique. Membre de la Loge La Clémente Amitié, à Paris.

RAMSAY, André Michel, chevalier de (1686‑1743) Écrivain, précepteur du prince de Turenne et du fils de Jacques III. Son Discours fit de lui une des colonnes de la Franc‑Maçonnerie, tendant à relier celle‑ci aux premiers ordres chevaleresques et aux croisades.

SALTEN, Felix (Felix Saltzmann) (1869‑1945) Écrivain austro‑hongrois, auteur d'histoires pour enfants. La plus célèbre est celle de Bambi, dont Walt Disney fit un dessin animé. Membre de la loge Zur Wahreit, Vienne, Autriche.

SCOTT, Sir Walter (177‑1832) Poète et romancier écossais, dont le roman historique le plus connu est Ivanhoe. Il reçut les trois premiers degrés le même jour à Saint David's Lodge, Edimbourg, le 2 mars 1801.

SHERIDAN, Richard Brinsley (175‑1816) Dramaturge irlandais, membre du Parlement, correspondant de la Loge Antiquity N°2, de Londres.

SWIFT, Jonathan (1667‑1745) Poète et satiriste irlandais dont l'oeuvre la plus célèbre est sans conteste Les Voyages de Gulliuer. Il est dit appartenir à la loge qui se réunissait à la taverne "The Goat‑at‑the‑Foot‑of‑the‑Haymarket", de Londres.

TWAIN, Samuel L. Clemens, dit M.T. (1835‑1910) Le célèbre humoriste américain fut initié en 1861 à la Loge Polar Star, Saint Louis, Missouri.

VOLTAIRE, François Marie Arouet dit. (1694‑1778) Initié le 7 avril 1778, soit un peu moins de deux mois avant sa mort. On a dit, parce qu'il avait été dispensé d'une grande partie des épreuves, qu'il avait été initié avant cette date, mais il n'en existe aucune preuve.

WILDE, Oscar O'Flahertie Wills (1854‑1900) Dramaturge anglo‑irlandais, auteur de Un mari sérieux et de 11 est important d'être constant. Initié à Apollo Lodge, Oxford, en 1875.

14. ÉDUCATION

COMBES, Émile,Justin Louis (1835‑1921) Ancien séminariste, Docteur ès lettres. Fit voter la loi du 7 juillet 1904 interdisant l'enseignement à toutes les congrégations. Initié en 1869 à la Loge Les Amis Réunis, Barbezieux.

DECROLY, Ovide (1871‑1932) Médecin et psychologue belge aux méthodes d'éducation originales, fondées sur le "centre d'intérêt". Initié en 1902 à la Loge "Les Amis Philanthropes" à Bruxelles. Appartint également au Droit Humain.

FERRER GUARDIA, Francisco (1859‑1909) Pédagogue libertaire qui fonda en 1901 la Eseula Moderna (l'École moderne) de Barcelone. Initié en 1884 à la Loge Veridad, de Barcelone, affilié à la Loge Les Vrais Experts, Grand Orient, Paris, en 1890.

FERRY, Jules François Camille (1832‑1893) Son nom est attaché aux grandes lois de la Ille république qui organisèrent l'enseignement laïque, gratuit et obligatoire. Initié en 1875 à la loge La Clémente Amitié, puis affilié à la Loge Alsace‑Lorraine, Paris.

FONTANES, Louis Jean Pierre, marquis de (1757‑1821) Écrivain et journaliste, membre de l'Institut puis de l'Académie française, professeur à l'École Centrale, Grand Maître de l'Université. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs, Paris.

FOURCROY, Antoine François comte de (1755‑1809) Chimiste, naturaliste, médecin, fut directeur de l'Instruction publique il participa à l'organisation de l'enseignement public. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs, Paris.

LAKANAL, Joseph (1762‑1845) Il fit adopter par la Convention les décrets établissant les trois degré<; d'instruction et la loi sur l'enseignement (1794). Il contribua à l'organisation des écoles centrales et normales et de l'École des Langues orientales vivantes. On ignore la date de son initiation, mais sous l'Empire il étai, membre des Loges Le Point Parfait et La Triple Harmonie,à Paris.

PERRONET, Jean Adolphe (1708‑1794) Créateur et directeur de l'École des Ponts et Chaussées. I1 appartint à la Loge Uranie. Paris (1787‑1789).

PESTALOZZI, Jean Henry (1746‑1827) Aurait appartenu à la Loge suisse Alpina. Sans référence.

CARNOT, Lazare (1801‑1888) Ministre de l'Instruction Publique en 1848, il s'efforça de développer l'enseignement primaire. Initié en 1840 dans la Loge Les Amis Incorruptibles.

MACÉ, Jean (1815‑1894) Écrivain et journaliste, fondateur de la Ligue de l'Enseignement. Membre de la Loge La Parfaite Harmonie à Mulhouse, et de la Loge Alsace‑Lorraine à Paris.

ZAY, Jean (1904‑1944) Ministre de l'Éducation Nationale du Front Populaire, avec des projets de réforme qui seront repris quelque vingt années plus tard. Initié en 1926 à la Loge Étienne Dolet, Orléans. Assassiné par la Milice.

15. EXPLORATEURS, ADMINISTRATEURS

AUSTIN, Stephen (1793‑1836) Pionnier américain, "le père du Texas". A partir de 1822, il fut le chef des premiers colons américains au Texas. La cité de Houston porte son nom. Initié à Louisiana Lodge No 109, à Sainte Genevieve, Missouri.

BANKS, Sir Joseph (1743‑1820) Botaniste anglais, membre de la Royal Society de 1778 à sa mort. Il fit le tour du monde avec le capitaine Cook, à bord de l'Endeavour, de 1768 à 1771. Avec les collections botaniques rapportées, il fonda Kew Gardens, jardin botanique proche de Londres, célèbre dans le monde entier.

BRAZZA, Pierre Savorgnan de (1852‑1905) Explorateur de l'Afrique équatoriale. Généreux et humain, sans jamais employer la force, il organisa la colonie du Congo français. Initié en 1888 à la Loge Alsace‑Lorraine, Paris.

BRUCE, James (17130‑1794) Explorateur écossais qui découvrit le Nil bleu en Abyssinie. Membre de la Loge Cannogate Kilwinning, Edimbourg.

BYRD, Richard E. (1888‑1957) Amiral américain, pionnier de l'aviation et explorateur polaire. Premier homme à survoler le Pôle Nord en 1926. De 1928 à 1956 il organisa cinq expéditions au Pôle Sud. Sur chaque pôle, il lança un drapeau maçonnique. Initié à De‑Federal Lodge à Washington D.C. En 1935, il fonda la First Aritartic Lodge, G.L. de Nouvelle‑Zélande.

CLEAVELAND, Moses (1754‑1806) Homme de loi, soldat de l'indépendance et pionnier. II explora les territoires du Nord‑Ouest devenus l'Ohio et fonda la ville de Cleaveland en 1796. Initié en 1779 dans une loge militaire (American Union).

HEDGES, Cornelius (1831‑1907) Il fut à l'origine (le la fondation du parc national de Yellowstone. II fut initié à Independence Lodge, Independence, Iowa.

DRAKE,Edwin L. (1819‑1880) Pionnier américain du pétrole: il fut le premier à extraire le pétrole par forage pour la plus vieille compagnie pétrolière du monde (Pennsylvania Rock Oil). II fut membre de Oil Creek Lodge, Titusville, Pennsylviana.

ROTHSCHILD, Nai han Meyer (1777‑1836) Financier anglo‑allemand. Il établit à Londres la plus importante succursale de la banque de commerce fondée par son père. Son frère James, également franc‑maçon, fonda la succursale de Paris. Nathan Meyer fut initié, en 1802, à la Loge Emulation N°21, Londres.

16. FEMMES

BARTON, Clara (1821‑1912) Elle fonda en 18 77 le Comité National Américain qui devint en 1881 h. Croix Rouge Américaine. Elle fut initiée à l'Eastern Star à son propre domicile par Rob Morris, fondateur de l'ordre. Affiliée en 1906 au Chapitre Clara Barton, Oxford, Massachusetts.

BÉQUET DEVIENNE, Marie (1854‑1913) Initiée à 39 ans, une des pionnières du Droit Humain. Généreuse, active, intelligente, pendant 40 ans elle créa des oeuvres sociales, les anima et les soutint; elle fut une grande dame de l'aide sociale. Au 9 bis rue Jean-Baptiste Dumas, à Paris 17e, elle fonda un Centre maternel et Foyer de l'enfance.

BESANT, Annie (1847‑1933) Féministe anglaise qui prit part à la lutte ouvrière avant de devenir membre de la Société Théosophique. A partir de 1893 elle vécut surtout en Inde où elle découvrit Krishnamurti et prépara activement le pays à l'indépendance.

BONAPARTE, Joséphine, née Tascher de la Pagerie (1763-1814) Epouse de Beauharnais en première noce puis de Napoléon‑Bonaparte. Elle appartenait à une Loge d'Adoption.

BONNEVIAL, Marie (1841‑1918) Une des premières institutrices de l'enseignement public, limogée pour avoir aidé les victimes de la Commune. Active ensuite dans l'enseignement professionnel des jeunes filles et le syndicalisme, ainsi qu'à la Ligue de l'Enseignement. Initiée en 1893 au Droit Humain.

CLARK‑BOITEUX, Edith (1906‑1937) Aviatrice et surtout parachutiste qui effectua des essais pour l'armée de l'air. Elle se tua au cours d'un saut expérimental. Initiée en 1926 à la Loge Général Peigné (Loge d'Adoption de la Grande Loge de France), dont elle devint ensuite Vénérable Maîtresse.

COWAN, Edith (1866‑1932) Première femme élue au Parlement australien, deuxième de l'Empire britannique. En 1915, membre de la Commission de la justice pour les enfants. O.B.E. (Officer of the British Empire). Un billet de banque australien porte son effigie. Initiée à la Fédération Australienne du Droit Humain en 1916.

DERAISMES, Maria (1828‑1894) Conférencière et journaliste. Première femme initiée en franc‑maçonnerie, à la Loge Les Libres Penseurs (Grande Loge Symbolique) en 1882. Avec le Dr Georges Martin, elle fonde la première Loge de ce qui deviendra l'obédience mixte Le Droit Humain, mais elle mourra avant la fondation de celui‑ci.

EBOUÉ‑FONTAINE, Ginette (1923‑1992) Fille de Félix Eboué qui rallia le Congo à la France Libre. En 1942, elle s'évada de France et entra dans la Résistance à Brazzaville. Fonctionnaire international de l'UNESCO, responsable du programme d'aide aux mouvements de Libération nationale et de lutte contre l'apartheid en Arique du Sud. Initiée en 1968 à la Loge le Libre Examen, Grande Loge Féminine de France.

LAMBALLE, Marie‑Thérèse Louise, princesse de (1750‑1792) Fondatrice de la Loge d'Adoption Saint‑Jean de la Candeur. En 1780 elle devint la Grande Maîtresse des Loges Écossaises Féminines Régulières de France (Rite Écossais Philosophique).

MICHEL, Louise (1830‑1905) Institutrice, prit part à la Commune, fut déportée en Nouvelle‑Calédonie. Revenue en france, condamnée à six ans de réclusicn comme anarchiste. Initiée en 1904 à la La Philosophie Sociale, de la Grande Loge Symbolique Ecossaise.

MONNESTIERMarianne (née en 1908) Journaliste de radio et de presse, fondatrice d'un journal féminin. En tant que femme de lettres, elle a écrit, entre autres, Les Sociétés Secrètes féminines. Elle fut initiée en 1957 à la Loge La Nouvelle Jérusalem, à Paris. (Grande Loge Féminine de France)

RASPAIL, Simone I 1908‑1991) Première femme reçue interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine, elle fut ensuite pharmacien chef des hôpitaux de la région parisienne, fondatrice‑directrice du Laboratoire Enfance et Famille, dans le 19e arrondissement. Initiée en 1976 à la Loge Hélios, Versailles (Grande Loge Féminine)

ROYER, Clémence (1830‑1902) Elle appartint au groupe des femmes d'élite qui aidèrent Maria Deraismes à fonder la Loge‑Mère du droit Humain. Authentique savant, traductrice de l'Origine des Espèces de Darwin.

17. GRANDS COMMANDEURS, GRANDS MAITRES

ANTIN,Louis de Pardaillan duc de Gondrin, (1707‑1743) Initié par le duc de Richmond en son château d'Aubigny, il fut proclamé le 24 juin 1738 Grand Maître général et perpétuel des maçons dans le royaume de France.

BOURBON‑CONDÉ, Louis de, comte de Clermont (17091771) Commandant en chef pendant la campagne d'Allemagne. Membre de l'Académie française. Grand Maître de la Grande Loge de France de 1737 à sa mort.

HALL, Prince (1748‑1807) Premier franc‑maçon américain de couleur. Pasteur de l'église Méthodiste, initié en 1775 dans une loge militaire irlandaise. En 1784, une charte pour African Lodge est émise par la Grande Loge d'Angleterre... et parvient en 1787. En 1791 est fondée Africain Grand Lodge avec Prince Hall comme Grand Maître. La Franc‑Maçonnerie Prince Hall est solidement établie aux États‑Unis et dans d'autres parties du monde.

MARTIN, Georges (1844‑1916) Docteur en médecine, ardent féministe au sein de la Franc‑Maçonnerie. On lui doit d'abord l'initiation de Maria Deraismes dans une Loge masculine, puis la fondation de l'Ordre Mixte International Le droit Humain auquel, avec son épouse, il consacra le reste de sa vie ainsi que leur fortune personnelle.

PIKE,Albert (1809‑1891) Juriste, auteur et militaire américain. Il vécut un temps parmi les Peaux‑rouges, dont il parlait la langue. Il s'installa au temple de Washington et consacra sa vie au Rite Écossais. II récrivit les rituels des 33 grades (Rite de Pike, version américaine du Rite Écossais) et fut Souverain Grand Commandeur du Rite Écossais, Juridiction Sud, de 1859 à sa mort. Il avait été initié à la Loge Western Star, Little Rock, Arkansas. Son ouvrage, Morals and Dogmas, est demeuré inachevé.

VIENNET, Jean Pons Guillaume (1777‑1868) Homme politique et écrivain. En 1860 il est Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, et en 1862 il tient tête au général Magnan‑un profane promu Gr.~pd Maître du Grand Orient par Napoléon III qui veut faire absorber le Suprême Conseil par le Grand Orient. L'opiniâtreté de Viennet fait renoncer au projet.

18. INVENTEURS ET INDUSTRIELS

CITROËN, André (1878‑1935) Ingénieur et constructeur automobile. Producteur de la célèbre 2 CV. Initié en 1904 à la Loge La Philosophie Positive, Paris.

COLT, Samuel (1814‑1862) Il fit breveter son revolver en 1835 : il avait 21 ans. Ses armes furent utilisées pour la conquête de l'Ouest et font partie du folklore de cette période. Membre de la Loge Pythagoras à Harfort, Connecticut et St John's au Cap.

FABER, Eberhard (1859‑1946) Industriel américain qui succéda à son père à la tête de la fabrique de crayons de Brooklyn. I1 appertain à Chancellor Walworth lodge, New York City.

FORD, Henry (1863‑1947) Industriel et philanthrope. Son organisation du travail à la chaîne mit ses propres voitures à la portée des ouvriers. A partir de 1914, il établit un système d'intéressement aux bénéfices pour ses ouvriers. Membre de Palestine lodge de Detroit, Michigan.

GILLETTE, King C. (1855‑1932) Il inventa le rasoir de sûreté qui est devenu son nom et améliora la finesse des lames. Demeura à la tête de son industrie pendant près de trente ans.

HILTON,Charles C. (1843‑1905) Après avoir dirigé des hôtels à Chicago, il fonda l'Hôtel Hilton puis la chaîne d'hôtels bien connue. Initié à William Warren Lodge de Chicago en 1866.

JONES, Melvin (né en1880) Homme d'affaires américain. Fondateur du Lions Club International en 1917. Membre de Garden City lodge, Chicago, illinois.

LEVER, William Hesketh, Ifs vicomte LEVERHULME (1851-1925) Son nom est assccié aux produits Lever (savonnerie). II créa Port Sunlight (du même nom que le savon), près de Liverpool et y fonda un musée qu'il légua ensuite à la ville. Il fut initié le 8 juillet 1902 à William Hesketh Lever Lodge, à Port Sur light, fondée en son honneur et consacrée le 4juin1902.

MACADAM, John Loudon (1756‑1836) Ingénieur écossais qui expérimenta son revêtement de surface à Ayr, Écosse, puis à Falmouth, Cornouailles. Son procédé pour rendre les routes imperméables a été adopté dans le monde entier. Il fut probablement initié en Amérique et fut un maçon actif en Écosse.

MASSIQUOT, Guillaume (1840‑1870) Inventeur de la machine à couper le papier, le massicot (en anglais: "guillotine"). Membre du Chapitre d'Arras, à Paris.

MONTGOLFIER, Jacques Étienne (1745‑1799) Avec son frère, Joseph Michel, il développa le premier ballon gonflé à l'air chaud. Le premier envol eut lieu en 1783, suivi par un autre à Paris devant une assistance de 300000 personnes, parmi lesquelles se trouvait Benjamin Franklin. Montgolfier fut initié à la Loge Les neuf Sueurs, Paris, en 1784.

PILATRE DE ROZIER, Jean‑François (1756‑1785) Aéronaute. Membre de la loge Saint‑François du Parfait Consentement (Grande Loge de Clermont).

PULLMAN, George M. (1831‑1897) Ingénieur américain. En 1858, il convertit deux wagons de chemin de fer en wagons‑couchettes, et en 1863 construisit le prototype "The Pioneer", du "Pullman car" actuel. Membre de Renovation Lodge, Albion, New York.

SAX, Antoine Joseph (Adolph) (1814‑1894) Facteur d'instruments de musique belge. I1 inventa le saxhorn (1845) et le saxophone (1846). initié à la Loge Les Vrais Amis de l'Union en 1842.

SUCHARD, Philippe (1797‑1884) Industriel et philanthrope à Neufchâtel. II a créé la marque de chocolat qui porte son nom. Membre de la Loge La Bonne Harmonie, Neufchâtel.

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Célébrités FM (1)

6 Janvier 2013 , Rédigé par x Publié dans #histoire de la FM

1. ARTISTES PEINTRES, GRAVEURS, SCULPTEURS

BARTHOLDI, Frédéric Auguste (1834‑1904) Sculpteur, auteur du Lion de Belfort et de La Liberté éclairant le monde érigée dans le` port de New York. Il fut membre de la loge parisienne Alsace‑Lorraine.

BORGLUM, Gutzon (John Gutzon de la Mothe Burglum) (1871‑1941) Sculpteur et artiste peintre, célèbre pour la sculpture des têtes colossales du Mont Rushmore et d'une tête colossale de Lincoln. Maçon actif depuis 1904 à Howard Lodge No 35, New York City.

CAGLIOSTRO, Giuseppe Balsamo, comte (1743‑1795) Il parcourut l'Europe et fut connu à Paris pour ses talents de guérisseur et sa pratique des sciences occultes. Il fut initié à Londres parla Loge l'Espérance, en 1776. Peu après, il installa son Rite Égyptien qui avait aussi des loges d'Adoption, présidées par son épouse, Serafina.

CHAGALL, Marc (1887‑1985) Artiste russe qui passa la partie la plus productive de sa vie à Paris. Il exerça son art dans la peinture, la gouache, la gravure, la céramique et le vitrail. Initié en 1912, probablement à la Loge de Vitebsk, Biélorussie.

CHALGRIN, Jean‑François (1739‑1811) Constructeur de 'église St‑Philippe du Roule, du Collège de France et de l'Arc de triomphe. Loge Les Coeurs Simples de l'Etoile Polaire, Paris.

CORBETT, Harvey W. (1874‑1954) Architecte. Concepteur du Rockefeller Centre à New York, d'inspiration maçonnique certaine, et du mémorial de George Washington. Membre de la loge Sangamore de New York.

CORTOT, Jean‑Pierre (1787‑1843) Statuaire, auteur du fronton de l'Assemblée Nationale. Il appartint à la Loge Ix Grand Sphinx, Paris.

GRIS, Juan (Jose Gonzales) (1887‑1927) Peintre espagnol, venu à Paris en 1906, où il travailla d'abord avec Picasso. En 1922, il créa des décors pour les ballets Diaghilev. Initié à la Loge Voltaire, Paris, en 1923.

HOUDON, Jean Antoine (1741‑1828) Sculpteur, élève de Pigalle. Sa statue la plus célèbre est le Voltaire du Théâtre‑Français. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

LOUTHERBOURG, Philip James (1740‑1812). Peintre allemand qui vécut la plupart du temps en Angleterre. Il fut célèbre pour ses paysages et produisit également une série d'aquarelles pour le Rite Égyptien de Cagliostro.

MUCHA, Alphonse Marie (1860‑1939) Peintre et dessinateur tchèque, chef de file de l'Art Nouveau que ses affiches et décors contribuèrent à l'aire connaître. Il fut un maçon enthousiaste, et en 1923, il fut élu Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de Tchécoslovaquie.

POYET, Bernard (1742‑1824) Architecte du duc d'Orléans, puis de la Ville de Paris et du Ministère de l'Intérieur. Il appartint, en 1783, à la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

VERNET, Antoine Charles Horace, dit Carle (1758‑1835) Peintre de batailles, Grand Prix de Rome, membre de l'Académie royale de peinture et sculpture. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

2. ARTISTES ET PRODUCTEURS DE SPECTACLE

DAC, Pierre (1895‑1975) Humoriste. Membre de la Grande Loge.

GROCK (Kart Adrian Wettach (1880‑1959) Artiste de cirque suisse aux nombreux talents. Membre de la Loge Alpina.

GÉMIER, Firmin Tonnerre, dit G. (1869‑1933) Directeur du Théâtre Antoine puis de l'Odéon. Créateur du Théâtre National Populaire (TNP). Il appartint aux Loges La Clémente Amitié et Ernest Renan, à Paris.

HOUDINI, Harry (Erich Weiss) (1874‑1926) Illusionniste et contorsionniste. Auteur de nombreux ouvrages de magie. Initié en 1923 à St. Cecil Lodge, New York City.

KEAN, Edmund (1787‑1833) Acteur anglais, le plus grand tragédien de son temps, spécialiste du théâtre de Shakespeare. Membre de St. Mark Lodge, Glasgow, Écosse.

ZIEGFELD, Florenz 1869‑1932) Producteur de théâtre et music‑hall. Les Ziegfeld's Follies ont été montées à New York en 1907. On les a revues récemment ei~ film. Initié à Accordia Lodge, Chicago, Illinois, en 1866.

3. AVIATEURS, ASTRONAUTES

ALDRIN, colonel Fdvin "Buzz" (né en 1930) Astronaute américain. En 1969, il fut le co-pilote lors de l'alunissage d'Apollo 11. La photo d'Aldrin sur la lune est devenue une image classique de la conquête de l'espace. Initié à Montclair Lodge No 144, New Jersey.

BOSSOUTROT, Lucien (1890‑1958) Réalisateur du premier vol commercial Paris‑Londres (1919). Initié en 1928 à la Loge Les Inséparables du Progrès, un des fondateurs de la Loge Eole (GODF).

COOPER, Leroy Gordon (né en 1927) Effectua les vols records de Mercury 7, 1963 et Gemini 5, 1965. Membre de Carbondale Lodge, Colorado.

GLENN, John (né en 1921) Le premier Américain à voler en orbite autour de la terre. Elu sénateur de l'Ohio en 1974, deux fois réélu. Membre de Concord Lodge, Concord, Ohio.

GRISSOM, Virgil "GLis" (1926‑1967) En 1965, en tant que pilote de Gemini 3, il effectua les premières manoeuvres humaines dans l'espace. Périt dans l'incendie d'Apollo 1 en 1967. Membre de Mitchell Lodge, Indiana.

IRWIN, James Benscn (né en 1930) Astronaute américain qui pilota le module lunaire Falcon de la mission Apollo 15 (4e alunissage où Irwin et David Scott y passèren E 67 heures). Membre de la Loge Tejon, Colorado Spring, Colorado.

LINDBERGH, Charles (1902‑1974) Réalisa en solitaire la première traversée de l'Atlantique. Membre de la Loge Leystone, Saint‑Louis, Missouri, dont le fanion l'accompagnait lors de la traversée

4. CHEFS D'ÉTAT ETRANGERS

ALLENDE, Salvador (1908‑1973) Docteur en médecine, élu Président du Chili en 1970, assassiné trois ans plus tard lors du coup d'état qui renversa le gouvernement élu démocratiquement. Franc-Maçon depuis 1935, initié à la Loge Progresso N°4 de Valparaiso.

ATATURK, Mustapha Kemal (1881‑1938) Chef des "Jeunes Turcs" et père de la Turquie moderne dont il fut le Président de 1923 jusqu'à sa mort. Il était membre d'une loge italienne, Macedonia Resortae Veritas.

BENES, Edouard (1884‑1946) Président de la Tchécoslovaquie élu en 1935, il démissionna en 1938 lors de l'invasion des Sudètes. Président du gouvernement Tchécoslovaquie en exil dont le siège était à londres, réélu Président en 1946. Initié à la Loge Ian Alos Komensky N° 1 à Prague vers 1924.

BERNADOTTE, Jean Baptiste (1763‑1844) Maréchal de France, prince de Pontecorvo, puis roi de Suède sous le nom de Charles XIV, ancêtre de l'actuelle famille régnante. Il avait été initié en France par une loge militaire.

BOLIVAR, Simon (1783‑1830) Le libérateur de l'Amérique du Sud, né à Caracas, fut initié par Miranda à La Grande Réunion Américaine. Fondateur de la Colombie et de la Bolivie. Il créa des Loges en Amérique du Sud, mais à la fin de sa vie, devant les manoeuvres de ses compatriotes, il suspendit l'activité des loges.

BONGO, Omar (Albert, Bernard) (né en 1936) Président de la République du Gabon. Grand Maître de la Grande Loge du Gabon en 1983

ISMAILPacha (1830‑1895) Khédive (Vice‑roi) d'Égypte 1863‑1879. Il encouragea la construction du canal de Suez. En 1879 il fit présent aux États‑Unis de l'obélisque érigé à New York. Il fut Grand Mail re de la Grande Loge d'Égypte.

M'BA, Léon (1902‑1968) Président de la République du Gabon. Initié à la Loge Akademos, Paris, G.O.D.F.

YRIGOYEN, Ippolyto (1852‑1933) Deux fois Président de la République argentine (19161922 et 1928‑1930), sa seconde présidence ayant été interrompue par un coup d'état militaire. Initié en 1882 à la Loge Docente à Buenos Aires.

5. PRÉSIDENTS DES ETATS-UNIS

WASHINGTON, George (1732‑1799) Premier Président, 1789‑1796. Le héros de l'indépendance américaine fut initié le 4 novembre 1752 à la Loge de Fredericksburgh, Virginia.

MONROE, James (1757‑1831) Cinquième Président, 1817‑1725. Il fut initié à la Loge Williamsburg, Virginia.

JACKSON, Andrcw (1767‑1845) Septième Président, 1829‑1837. Il reçut les trois degrés à Harmony Lodge N° 1 Nashville, Tennessee.

POLK, James Knox (1795‑1849) Onzième Président, 1845‑1849. Il reçut les trois degrés en 1820, à la Columbia Lodge N° 21, Columbia.

BUCHANAN, James (1791‑1868) Quinzième Président, 1857‑1861. Initié à Lancaster Lodge N° 43 Lancaster, Pennsylvania.

JOHNSON, Andrew (1767‑1845) Dix-septième Président, 1865‑1869, successeur de Lincoln. Il reçut les trois degrés à Greenville Lodge N° 19, Greenville, Tennessee, en 1851. Il fut le premier Président à appartenir au Rite Écossais Ancien et Accepté, où il devint 32°. Également Chevalier Templier.

GARFIELD, James Abram (1831‑1881) Vingtième Président, en 1881. Initié en 1864 à la Columbus Lodge N° 246 Garrettsville, Ohio. Chevalier Templier et membre du REAA.

MC KINLEY, William (1843‑1901) Vingt-cinquième Président, 1897‑1901. Initié à Hiram Lodge N° 21 Winchester, Virginia en 1865. Chevalier Templier.

ROOSEVELT, Théodore (1858‑1919) Vingt-sixième Président, 1901‑1909. Initié en 1901 à Mattinecock Lodge N° 806 Oyster Bay, New York. Il fut toujours un maçon actif.

TAFT, William H. (1857‑1930) Vingt-septième Président, 1909‑1913. Devenu Maçon e 1909. Fut surtout "honoraire".

HARDING, Warren G. (1865‑1923) Vingt‑neuvième Président, 1921‑1923. Initié en 1920. Chevalier Templier, 331 du REAA. Premier Président devenu Shriner.

ROOSEVELT, Franklin Delano (1882‑1945) Trente-deuxième Président, 1933‑1945. Initié en 1911 Holland Lodge N° 8, New York City. Membre du REAA. I assista à l'initiation de ses trois fils.

TRUMAN, Harry S. (1884‑1972) Trente-troisième Président, 1945‑1953. Initié en 1909 à Belton Lodge N° 450, Belton, Missouri. Grand Maître de la Grande Loge de cet État. Chevalier Templier, et 33e d Rite Écossais Ancien et Accepté.

JOHNSON, Lyndon B. (né en 1908) Trente-sixième Président, 1963‑1969. Initié en 1937 à Johnson City Lodge N° 561 Johnson City, Texas.

FORD, Gerald Rudolph (né en 1913) Trente-huitième Président, 1974‑1977. Initié en 1949 à Malta Lodge, Grand Rapid, Michigan.

CLINTON, Bill (né en 1948) Quarante-troisième Président, 1992.

6. PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

GRÉVY, François, Jules, Paul (1807‑1891) Le premier Président républicain de la République aurait appartenu à la Loge La Constante Amitié, Arras.

FAURE, Félix (1841‑1899) Il fut membre (le la Loge L'Aménité, Orient de Le Havre, (GODF).

MILLERAND, Alexandre (1859‑1943) Initié en 1883 à la Loge L'Amitié.

DOUMERGUE, Gaston (1863‑1937) Membre de la Loge L'Echo du Grand Orient, Nîmes.

DOUMER, Paul (1857‑1932) Initié en 1879 dans la Loge L'Union Fraternelle, membre d'un certain nombre de Loges, ainsi que du Conseil de l'Ordre (Secrétaire en 1892).

7. ROYAUME DE BELGIQUE

La famille de Saxe a toujours compté de nombreux francs‑maçons. Elle est la famille régnante de Belgique.

FRÉDÉRIC de Saxe-Cobourg-Gotha George, Chrétien, (1799‑1869). Il devint roi des belges sous le nom de Léopold 1er , passe pour avoir été initié à la Loge bernoise Zur Hoffnung (1813). Devenu roi, il protégea la Franc-Maçonnerie. Son neveu, Ernest, Auguste, Charles (1818‑1893), devenu duc régnant en 1831 sous le nom de Ernest 11, fut membre de la Loge Ernst Zum Kompass à l'Orient de Sage et de La Sincère Amitié à l'Orient de Paris.

8. ROYAUME‑UNI DE GRANDE‑BRETAGNE

Contrairement à une idée reçue, la Franc‑Maçonnerie britannique n'a jamais pour Grand Maître le souverain régnant (à plus forte raison si c'est une femme!). Le Grand Maître actuel est le duc de Kent. Il est de coutume de nommer "Past Master"un membre de la famille royale. Il est alors "doublé" par un Acting Grand Master ou Pro Grand Master. Le duc d'York (futur George VI) et ses deux frères (dont le futur Edouard VIII) étaient francs‑maçons. Le duc d'Edimbourg appartient à Royal Navy Lodge. Le prince Charles et ses frères ne sont pas membres de la Franc‑Maçonnerie.

9. ROIS DE FRANCE

ORLÉANSLouis Philippe Joseph, duc de Chartres puis duc d'Orléans (1747‑1793) Connu sous le nom de "Philippe‑Égalité. Il fut Grand Maître du Grand Orient de France.

LOUIS XVIII(1755‑1824) Roi de France de 1814 à 1824. Il aurait été initié en 1784, alors qu'il n'était encore que le comte de Provence, en même temps que son frère le comte d'Artois.

CHARLES X(1757‑1836) Roi de France de 1824 à 1830. Il aurait fréquenté les Loges maçonniques avant de monter sur le trône. Son second fils, Charles duc de BERRY (1778‑1820), assassiné à Paris par le fanatique Louvel, appartenait à la Loge La Trinité.

10. CHEFS RELIGIEUX

ABD EL‑KADER(1808‑1883) Émir arabe, adversaire acharné de la France lors de la conquête de l'Algérie. Il résida ensuite à Damas où, en 1860, il protégea contre les musulmans les milliers de chrétiens qui s’étaient réfugiés auprès de lui. Il reçut les trois grades de la Franc‑Maçonnerie le 18 juin 1864, dans la loge Les Pyramides, Alexandrie, au nom de la Loge parisienne Henri IV.

AGHA KHAN III (Muhammad Shah) (1877‑1957) Prince et chef religieux des ismaéliens nizarites dans l'Inde, l'Asie centrale, l'Iran, la Syrie et l'Asie orientale. Initié en 1899. Obsèques maçonniques.

FISHER, Geoffrey F. (1877‑1972) Pasteur de l'Église d'Angleterre en 1913, évêque de Chester en 1932, de Londres en 1939 puis archevêque de Canterbury en 1945, c'est‑à‑dire chef spirituel de l'Église, le roi ou la reine étant le chef temporel. Initié en 1916, Grand Chapelain de la Grande Loge Unie d'Angleterre (1937 et 1939), Grand Maître Provincial du Norfolk.

VIVEKANANDA, Swami Nerendramah Datta (1863‑1902) Homme politique indien, ensuite ascète. Il s'efforça de faire comprendre aux occidentaux le bouddhisme et le yoga. Initié en 1884 à la Loge Anchor and Hope, Calcutta.

11. ACTEURS DE CINÉMA

FAIRBANKS, Douglas Sr. (Douglas Ullman (1833‑1939) Acteur américain du cinéma muet, célèbre pour Les trois Mousquetaires, e t ses films de Zorro.. Membre de Beverly Hills Lodge, Californie.

GABLE, Clark (1907‑1960) Tête d'affiche du cinéma américain pendant trente ans. Reçut un Oscar en 1934. Son plus grand succès fut dans Autant en emporte le cent (1939). Beverly Hills Lodge, Californie.

HARDY, Oliver (1892‑1957) Le célèbre partenaire de Stan Laurel était membre de Salomon Lodge, Jacksonville, Floride.

LLOYD, Harold C. (1893‑1971) Il fut l'un des plus célèbres acteurs du cinéma muet. Initié à Alexander Hamilton Lodge, Hollywood, Californie, en 1925.

SELLERS, Peter (1925‑1980) Artiste de théâtre, de cinéma et de radio anglais. Son, film le plus connu est La panthère Rose. Il fut initié à Chelsea Lodge, Londres.

12. PRODUCTEURS DE CINEMA

DE MILLE, Cecil B. (1881‑1959) Pionnier d'Hollywood. Producteur de films à grand spectacle: Les Dix Commandements, Samson et DaLilah. Membre de la Loge Prince of Orange, New York City.

GRIFFITH, David W. (1880‑1948) Le "père du film d'art". Membre de St. Cecile Lodge, New York City.

MAYER, Louis B. (1885‑1957) Producteur de cinéma américain. En 1924, sa société rejoignit celle de Sam Goldwyn pour former la MetroGoldwyn‑Mayen une des plus solides sociétés de production hollywoodienne. Membre de St. Cecile Lodge, New York City.

WARNER, Jacques (1892‑1978) Producteur, le dernier des 4 frères qui fondèrent leur compagnie en 1923 et furent promoteurs des films parlants en 1927 avec The Jazz Singer dont la vedette était Al Jonson, franc‑maçon. Warner fui initié en 1938 à la Mount Olive Loge, Los Angeles, Californie.

ZANUCK, Darryl F. (:.902‑1979) Producteur américain, co‑fondateur de la 20th‑century Productions en 1933, qui devint la 20th‑Century‑Fox en 1935. Membre de la Mount Olive Lodge, Los Angeles.

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En Vérité, en Vérité, je vous dis de toi, Franc-Maçonnerie, je suis épris

5 Janvier 2013 , Rédigé par Frère Jacques Publié dans #Poèmes

Si j'ai pu évoquer certains Frères qui la composent.

Ils n'existent fort heureusement qu'à petites doses.

J'ai pu vous paraître incisif, un peu espiègle,

Parlant de ces hommes qui n'appliquent pas la règle.

 

Mais à quoi bon avoir des propos flatteurs

Envers des Frères que je qualifie de tricheurs

Sans être grand prophète, ils nous quitteront

N'ayant rien compris, ils seront déçus d'être Maçons.

 

Notre Ordre est avant tout philosophique,

Délivré du profane qui se veut tyrannique

On se doit de respecter les règlements

Sans pour autant oublier les sentiments.

 

Tout ce qui est bien vient du cœur,

Dit le renard à son petit Prince

Je crois que c'est la clef du bonheur:

Réfléchissez, la formule n'est pas mince.

 

Dans la vie tout n'est pas morose;

L'amour, la fraternité sont de belles choses.

Tout n'est jamais complètement noir,

En toute circonstance, il faut garder espoir.

 

Quelle est la bonne recette pour être Maçon?

Que faut-il faire pour être au diapason?

Qui peut se targuer d'avoir la formule

Qui fera des grands, des émules ?

 

Que l'on soit nombreux, là n'est pas le contexte.

A un moment donné, on est seul avec son texte.

 

Faut-il une éducation par un vrai gourou ?

Réussir tout seul à cogiter dans son trou ?

Ceux qui expriment de grandes idées,

Sont-ils eux-mêmes des gens parfaits ?

 

Initiations à travers un groupe, certes oui.

Essayer de répondre à des questions, oui.

Le renard dit que l'essentiel est invisible

Ce tout n'est-il pas déjà intraduisible ?  

 

Force de constater que la recherche est individuelle

Qu’elle se pratique à toutes les échelles

Que celui à qui l’ont est censé donner des leçons,

A parfois plus que vous bon sens et raison.

 

Initié, qu’est ce que cela veut vouloir dire,

Puisque l’étymologie du mot est : commencement de

Que l’on soit au zénith ou au nadir

Ne sommes-nous point persuadés d’en savoir plus ?

 

Ce qui convient à l’un peut déplaire à l’autre,

C’est pourquoi on peut toujours commettre une faute,

Il est malgré tout rare que les nouveaux sur la piste

Soient initiés et …… supérieurs à de vieux artiste

 

Les degrés de compréhension ne sont pas égaux

Certains comprennent vite, d’autres pas assez tôt.

Pourquoi ne pas tenir compte des motivations,

Qui peuvent se modifier après l’initiation ?

 

Liberté, liberté de pensée, liberté d’évoluer

En tous endroits avec des frères différents.

Voies tracées pour tous nos ateliers

Afin de convenir au mieux à nos tempéraments.

 

A quoi cela sert de se gargariser que l’on est meilleur,

En toute franchise, pourquoi le dirait-on ?

C’est à la Loge de le prouver, de tenir cette gageure,

D’essayer, par l’exemple, d’en faire des Maçons.

 

Pourquoi le nier ? Souvent c eux qui donnent des leçons

Seraient bien plus avisés d’en prendre pour de bon.

Les plus brillants orateurs ne sont pas toujours les plus solides,

Et certains cachent des ambitions, des idées perfides.

 

J’ai trop vécu, pris de coups, et trop d’expérience

Pour ne pas savoir qu’à l’intérieur des obédiences,

Parfois les plus beaux serments ne sont qu’indifférence.

Pour s’en rendre compte, il faut du temps, de la science.

 

Essayons de ne pas nous prendre trop au sérieux,

C’est la meilleure façon de ne pas devenir vieux.

Eternels débats où chaque Ordre veut inculquer

 Avec force raisons qu’il détient la vérité

 

Il serait plus sage de ne pas se voiler la face:

Que les profanes, même les plus sagaces,

Font leur demande parce qu'ils ont un ami,

Qu'ils connaissent très peu la Franc-maçonnerie.

 

N'est-il pas plus raisonnable qu'il en soit ainsi?

Sinon, à quoi bon servirait la période d'apprenti ?

Il veut venir parce que son ami rayonne,

Qu'il croit en lui, que ses théories sont bonnes.

 

Votre serviteur a émis des tas d'idées en vrac,

Peut-être est-ce là le privilège des Jacques.

Ce que je puis vous dire, ce dont je suis certain,

Même si je devenais alchimiste ou devin:

 

MAAT me guette peut-être pour demain

Car nul n'est maître de son destin.

Jusqu'à la cérémonie de la pesée des âmes,

J'aurai essayé de communiquer ma flamme.

 

En cultivant la forme active du verbe aimer,

En respectant toutes les formes de pensée,

Persuadé de n'être pas seul à détenir la vérité

D'avoir à tout moment pratiqué la Fraternité.

 

Oui, je dis cela sans forfanterie

C'est pourquoi je déteste la mesquinerie

Qu'à titre de testament philosophique,

Chacun se mette en cause, se critique,

Afin d'avoir beaucoup d'indulgence

Pour tous ceux qui donnent de leur présence.

 

Quand le Grand Architecte me donnera rendez-vous

Qu’il puisse me dire: "Tu as été fou, fou,

Mais comme ta bonté est extrême,

Viens près de moi, André, ... je te nomme Cent Cinquantième!

 

Si cette modeste planche a éveillé quelques consciences,

Ce sera pour moi la plus belle récompense.

 

J'ai dit.

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Les élucubrations d'un vieux Maître Apprenti (extrait)

5 Janvier 2013 , Rédigé par Frère Jacques Publié dans #Humeur

(* élucubrations: s'emploie surtout au pluriel et Ironiquement. Élaboration progressive, œuvre ou théorie résultant de recherches longues et patientes.)  Je me présente: Frère JACQUES, nom prédestiné! Pensez donc, le Frère Jacques. Bien que connaissant la chanson, rassurez-vous, mon intention n'est nullement de vous endormir.

Je ne vais pas parler d'alchimie, ni de magie, pas même de géométrie. Je ne suis possesseur d'aucun secret, pas même celui de transformer du plomb en or. Dans mon temple intérieur, il n'y a pas d'Athanor, je n'ai pas trouvé non plus dans ma cave de grimoire poussiéreux révélant le secret de la longévité. Non, rien de tout cela.

Par contre, je vous le dis simplement, l'orateur à qui vous faites la faveur de prêter attention ce soir est (n'ayons pas peur des mots) un génial inventeur. Eh oui! Après bien des années d'observations, j'ai mis au point un appareil à mesurer la fraternité que j'ai appelé pompeusement le FRATERNOMÈTRE. Comment se présente-t-il ?

Le module est de forme pyramidale. La base est de couleur bleue, le sommet rouge. Sur le côté gauche (côté cœur) une première graduation bleue de 1 à 3, puis une deuxième rouge de 3 à 33. On peut améliorer le système pour certaines obédiences en allant jusque 99. Une cotation de 1 à 10 à l'intérieur de chaque degré permet de noter la fraternité à chaque niveau. Il y a bien une graduation au-dessous de zéro, couleur noire, mais je ne peux croire que l'appareil puisse servir à ce niveau dans le cadre de notre philosophie.

Comment réagit l'instrument vous demandez-vous? Systématiquement en fonction des diverses catégories de frères et de sœurs œuvrant au sein de nos ordres. Il suffit de se trouver à proximité du FRATERNOMÈTRE Qui réagit selon la couleur des auras. Mon invention n'étant pas encore brevetée, vous comprendrez ma discrétion et ma réticence à vous en dire davantage. Toutefois, mes observations m'ont permis de dresser une nomenclature, qui n'est d'ailleurs pas exhaustive, ayant fait réagir mon invention.

Bien sûr si par hasard au cours de cette énumération certains frères croyaient reconnaître un des nôtres, il ne s'agirait que d'une coïncidence, les Frères présents sur ces colonnes ne pouvant être concernés. Mais sait-on jamais? Un visiteur inconnu? De toute façon, on a toujours une possibilité d'essayer de se corriger. A chaque catégorie, je me suis permis de consulter le FRATERNOMÈTRE. Je vous ferai part de la citation ... Cet appareil qui va révolutionner les obédiences ne peut se tromper.

Si vous le permettez, je vais donc les citer : Classifications et notations qui évidement n'engagent que moi.

Les AMBITIEUX: Dès leur arrivée dans notre ordre, ils rêvent de brûler les étapes, ils se voient "vénérable" au bout de quelques mois et veulent par tous les moyens occuper un poste en vue, n'hésitant pas le cas échéant à dresser les Frères les uns contre les autres pour arriver à leurs fins. Ils sont atteint d'une grave maladie: la "cordonnite" et ont des décors chamarrés d'or. Ils ne pensent pas un seul instant que le passage d'un degré à un autre est une borne kilométrique indiquant l'amplitude de la fraternité sur l'autoroute qui mène à l'initiation. Je survolerai le cas de frères qui, dans la vie profane, ont atteint leur niveau d'incompétence. Ils ont vaguement conscience qu'ils ne sont rien mais voudraient tant avoir de l'importance que cela devient pour eux obsessionnel et les métamorphose (à fortiori si on leur confie une fonction) en petit tyranneaux, au mieux adjudants de quartier, n'ayant rien à voir avec nos règles de fraternité. Ceux-là en vérité peuvent être, à la rigueur dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les ORGUEILLEUX: Sous des prétextes les plus futiles, ils prennent la parole et ne la redonnent plus, pour faire étalage de leur science, de leur situation matérielle ou professionnelle, etc... Ils n'ont en aucun cas laissé leurs métaux à la porte du temple. Ils ignorent le mot "égalité" et cultivent le narcissisme à grande dose. Bienheureux si l'on échappe à une contre-conférence n'ayant pas forcément rapport avec le sujet évoqué par le frère au banc d'éloquence. Certains de ces Frères me font penser à ces vieux chevaux courant à Auteuil à qui on a mis les œillères afin qu'ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe autour d'eux. L'humour, ils ne connaissent pas : pensez donc, ils sont chargés de refaire le monde ... On ne plaisante pas avec les gourous!! Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les PAONS : Dignitaires, cousins des deux précédentes espèces, ils se distinguent par leur ton péremptoire. Inutile de leur demander qui ils sont, ils vous le diront à la première occasion. Ils connaissent tout, ce sont des puits de science, du moins, ils le croient. Je suis allé au zoo, c'est vrai qu'ils sont beaux ces paons lorsqu'ils font la roue. Sont-ils intelligents? Pas forcément. Il en est de même de ces faux spiritualistes qui sillonnent nos ateliers. Si par malheur vous vous hasardez à faire une objection, rapide rappel à l'ordre: "Je suis Maître depuis 1925". Il est 18°,33°,90°, que sais-je? Ils connaissent Alphonse, Jules, Paul ou Untel. A les entendre, il est évident que si le Grand Maître a pris telle décision, c'est sur leur conseil et les voilà partis dans des discussions filandreuses, tellement filandreuses qu'ils ont parfois du mal à suivre eux-mêmes le fil de leurs idées. On se demande ce qu'ils font dans les Loges bleues qui ne sont pour eux que de la roupie de sansonnets, peuplées de jeunes galopins ayant tout à apprendre. Ils ont le verbe haut, emphatique. Rien ne peut leur faire plus plaisir que si vous les écoutez béats d'admiration devant tant de connaissances. El1e est bien loin la cérémonie d'initiation. Ceux-là en vérité sont moyennement des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 5

Les DOGMATIQUES : Ces Frères font de la Franc-maçonnerie une religion. Ils assistent aux tenues 8 jours sur 7, ne peuvent comprendre que les autres Frères aient des obligations professionnelles ou familiales! Au nom de la tolérance, ils sont les plus intolérants qui soient. Ils se retrouvent souvent, du fait qu'ils ont négligé leur travail, à pointer au bureau de chômage le plus proche, quand ce n'est pas dans le pire des cas devant un juge, car leurs compagnes, lassées de jouer les Pénélopes ont demandé le divorce. En vérité, ces Frères là sont  Dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les FAINÉANTS: (Ils se disent débrouillards). Contrairement à d'autres, ils  ne veulent occuper aucun poste, ne faire aucune enquête et ne participer à aucuns travaux. Ce sont, selon notre langage imagé, des "plantes vertes" ou des potiches. Ils n'ont pas conscience que si tous les Frères avaient le même comportement, on pourrait mettre l'atelier en sommeil. Trop de Frères viennent épisodiquement quand ça leur chante ou que cela ne les dérange pas trop. On n'est pas Maçon 3 heures par mois, mais chaque heure du jour. A tous les Frères arrivés au grade de Maître qui pensent avoir atteint leur bâton de maréchal, je leur dis qu'ils se trompent lourdement, c'est le contraire: que c'est là, à ce moment précis que tout commence. Ceux-là, en vérité, peuvent être  aussi dangereux.                        

 FRATERNOMÈTRE : 3

Les PEUREUX : Ils laissent leur voiture à 1 Km du temple, ne veulent figurer sur aucun annuaire, sur aucune convocation. Ils craignent jour et nuit d'être découverts, à croire qu'ils ont attrapé une maladie honteuse. Ils ne mettront pas l’autocollant sur le pare-brise de leur voiture, c'est trop risqué! Lorsqu'ils se rendent à une tenue, ils surveillent le rétroviseur pour voir s'ils ne sont pas suivis. Tout juste s'ils n'achètent pas des chaussures à semelle de crêpe pour qu'on ne les entende pas se diriger vers le temple. Ils ont la peur chronique de perdre leur place si on apprend qu'ils sont Francs-Maçons. Rassurez-vous, plusieurs années s'écoulent, ils sont toujours en place ! Ils seront les premiers à nous trahir, voire à nous dénoncer en période troublée. De toute façon, ils nous quitteront. Ceux-là en vérité sont des Frères très dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les LUNETTES ROSES : Contrairement à la catégorie que je viens d'évoquer, ces Frères sont prolixes. Ils sont atteints de "maçonnite". Je m'explique: ils voient des Maçons partout: le curé, le cantonnier, le vidangeur, le Ministre, ils sont tous Maçons. D'ailleurs, ils tiennent leurs renseignements de sources sûres: "on lui a dit!!!" A la télévision, du perchiste au reporter, ils voient des Maçons partout: celui-ci à une pochette triangulaire, l'autre a un point sur la cravate, le troisième met les pieds en équerre. Ce ne sont que des Maçons ! A croire qu'ils sont tous venus d'Amérique pour faire souche en France. Si on leur prouve le contraire, ils ne sont pas décontenancés pour autant: "Alors, c'est un Maçon sans tablier", comme si cela pouvait exister! A quoi sert l'apprentissage, le chemin parcouru vers l'initiation? Hélas, si certains pensent qu'il y a des Maçons sans tablier, force est de constater que derrière certains tabliers, il n'y a malheureusement pas que des maçons. Ceux-là en vérité ne sont pas forcément dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les INDISCRETS: Cette catégorie est redoutable. Ce sont des bavards impénitents, ils ne peuvent garder aucun secret, et sont de véritables moulins à paroles, au bout de quelques minutes d'entretien, ils ont énuméré une cinquantaine de noms, n'importe où, n'importe quand à n'importe qui. Ils se promènent avec des insignes gros comme des phares de voiture. Ils vous aperçoivent, même accompagnés, ils vous sautent au cou pour vous embrasser. Ils vous téléphonent et égrènent des "mon Frère" à n'en plus finir sans se soucier s'ils ne vous portent pas préjudice. Ils vous envoient du courrier à votre travail sans se préoccuper si le courrier est ouvert par vous ou pas. A la période des vacances, ils vont gentiment vous envoyer une carte sans enveloppe mais vous assurent de leurs pensées les plus fraternelles et les plus maçonniques.  Si après cela votre entourage ignore que vous êtes Maçons, ce ne sera pas de leur faute, mais ce ne sera pas pour autant qu'ils vous retrouveront le cas échéant une autre place si vous perdez votre emploi. Ceux-là en vérité sont extrêmement dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les POLITICIENS: ils viennent en Loge tester leur pourcentage électoral et le nombre de voix à recueillir éventuellement dans l'assistance. Ils se fâchent parfois avec les Frères qui ne partagent pas leurs idées. Assidus en période électorale, ils retombent ensuite dans une douce torpeur pour ne se souvenir de vous qu'au bon moment. C’est tout juste s'ils ne collent pas leurs affiches dans les parvis. Élus, ils redeviendront rares, car très pris par leurs charges (c'est eux qui le disent !). Déboutés, ils accuseront la société, la franc-maçonnerie en particulier, de n'avoir rien compris et de ne pas avoir été le tremplin espéré. En vérité, ces Frères-là peuvent être dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 4

Les MÉCHANTS: Ceux-ci n'écoutent une planche, une conférence, que pour coincer l'orateur. Quand ils ont trouvé la faille, ils n'écoutent plus. Ils vont commencer par vous féliciter et pan! pan! pan! ... ils tirent à boulets rouges sur ce malheureux conférencier.

Ce sont des distributeurs automatiques de boules noires. Ces Sherlock Holmes en herbe décèlent tout de suite d'énormes défauts au pauvre profane qui passe sous le bandeau (il est vrai que pour le présentateur, son filleul est toujours la perle rare) mais tout de même où est la tolérance dans tout cela ? Ils ont oublié qu'un atelier les a accueillis en toute fraternité et peut-être beaucoup d'indulgence. Une autre sous-catégorie dans cette classification : ceux qui passent leur temps à tout critiquer, à leurs yeux, rien n'est bien: l'exécution du rituel, la tenue vestimentaire, la longueur des réunions, le choix et le lieu des agapes, etc ... A les entendre, seuls les amis qu'ils ont présentés sont intelligents, les autres .... bof !!! Le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire serait un miroir. Mais je doute qu'ils veuillent bien s'en servir, et pourtant, ça leur rendrait le plus grand service. On ne peut pas dire que' la mansuétude soit leur qualité essentielle, et ce sont souvent eux les artisans de la sclérose de certains ateliers. Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les OBÉDIENTIELS : J'aurai pu vous parler d'un Ordre où il y a obligation, pour entrer, de croire en un Dieu révélé. "Interdiction de visiter les mécréants ... Interdiction de ceci... Interdiction de cela ... Souscription obligatoire pour ceci ... Paiement pour cela ... etc ... etc ... " Étant un homme libre, j'ai pu retrouver ma plénitude et ma tranquillité, ouf !.., en me libérant de ce carcan intolérant. Parlons plutôt des Obédiences qui nous concernent, dites "libérales". Pour les Obédientiels, seule leur Obédience est bonne, les autres ne sont que de vagues sous-produits ou ersatz. A les entendre, ils appartiennent à la race élue. Pourtant, toutes ont leur raison d'exister. Que de temps gagné si l'on savait éviter ces querelles de clocher. Ne serait-il pas plus sage et raisonnable de ne point s'abaisser à des jalousies vaines et stupides, et d'œuvrer pour tout ce qui peut nous rassembler, nous grandir. Je parle en connaissance de cause, les ayant presque toutes pratiquées. Il me reste encore la grande Loge Féminine, mais je ne suis pas certain qu'elles m'accepteraient. Je reconnais pourtant que MISRAÏM est la Rolls de la spiritualité. Vous voyez, moi aussi je me laisse entraîner. Mais, pour justifier mes "voyages", ne dit-on pas qu'une petite grenouille au fond d'un puits ne voit qu'un petit coin de ciel? Ceux-là, en vérité, ne sont pas dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 6

Les DRAGUEURS: Ils sévissent dans les Obédiences mixtes ou féminines (du moins j'ose l'espérer, mais sait-on jamais !...) Ils ne viennent pas au Tenues pour pratiquer le Rituel ou écouter une planche, pour eux, c'est un problème mineur. Non, ils viennent pour la CHOSE : la philosophie ? Non, je le répète, pour la chose. Comme dirait Nougaro, pour eux, le problème qui se pose: séparer 50 Kg de chair rose de 50 grammes de nylon.

L'œil de velours, l'attitude avantageuse, ils repèrent leur proie en attendant de les accoster en chambre humide. Leur nombre d'or à eux, c'est 90 (vous l'avez compris, c'est le tour de poitrine). Il n'y a pas plus dévoués qu'eux pour raccompagner une Sœur ... Toutefois, et heureusement pour la Maçonnerie, ils oublient que nos sœurs n'ont pas les mêmes objectifs et viennent, elles, pour une fraternité sans arrière pensée.  En vérité, ces Frères ne sont pas forcément dangereux. Allez, la chair est faible !

FRATERNOMÈTRE : 6

Les AGAPEUX : Parfois doublés d'éthylisme prononcé, ces Francs-Maçons de comptoir sont indéracinables du bar. Si vous ne prenez pas avec eux quelques verres, vous êtes classés mauvais Maçon. Ils ont des haleines de cow-boy endurcis, parfois du mal à s'exprimer, et offrent un spectacle lamentable aux Frères sur les colonnes. Mais ne boudons pas notre plaisir, je vous avoue que j'ai une certaine admiration pour leur capacité d'ingurgitations ...

Les colonnes J. et B. représentent pour eux une marque de whisky (publicité non payée).  La Franc-maçonnerie n'est pour eux que prétextes à ripailles ou foirail, ce sont des professionnels des agapes. Ce sont souvent ces frères qui s'élèvent contre le montant des capitations, alors qu'ils dépensent le double en boissons. En vérité, ces Frères-là sont dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 5

Les FANTAISISTES: Parole d'honneur vous pouvez compter sur eux, ils seront toujours présents à vos côtés. La main sur le cœur, ils vous remercient de les avoir accueillis, parole, ils n'auront qu'un atelier. Après cette confession de foi, ils courent s'inscrire dans plusieurs loges, voire plusieurs obédiences. Vous ne les revoyez plus pendant deux mois puis ils reviennent décontractés, étonnés que l'on puisse leur rappeler leurs engagements. A ce propos, je suis toujours béat d'admiration devant les Frères qui ont tellement d'occupations le soir à 19 h 30, et ce, justement le jour de leur tenue, d'autant plus qu'en principe, celle-ci se déroule toujours à une date régulière. D'ailleurs s'ils ne sont pas présents (ce qui a leurs yeux n'est pas forcément indispensable), c'est que dans le monde profane, eux, ils œuvrent, ils sont efficaces, et bien voyons !!! C'est pourquoi je leur suggère de trouver une obédience qui initie par correspondance ... Ces infidèles, ou amnésiques, sont en vérité des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les MYSTÉRIEUX: Ils parlent à voix basse ... qu'aux seuls maîtres, naturellement. Ce sont de grands initiés et probablement détenteurs des secrets du GRAAL (mais chut ! Ne le dites surtout pas !), secrets que vous pourrez peut-être, un jour indéterminé, être amenés à comprendre. Mais, est ce bien sûr? Car eux, "les Maîtres", appartiennent à une Élite et vous ne représentez que de vulgaires parias. Je me demande s'ils ont bien compris le sens de l'initiation? En tout cas, on ne peut dire qu'ils œuvrent pour une grande cohésion. En vérité, ces Frères là peuvent être dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 4

Les RÉGLEMENTEUX: Ceux-ci brandissent le règlement en toutes occasions: Article 18, article 44, article 158, page tant. Ils paralysent l’atelier. Ils ne se rendent pas compte qu'ils créent un mauvais climat. Un règlement au sein d'une assemblée fraternelle ne devrait être consulté qu'à la dernière extrémité, en cas de litige problématique, le bon sens devant prendre le pas en toute occasion. Peut-être serait-il bon de leur rappeler qu'ils ne sont pas au centre des impôts ou dans un tribunal quelconque. Notre excellent frère CLEMENCEAU n'a-t-il pas dit que l'interprétation d'un règlement ne dispensait pas d'être intelligent. En vérité, ces Frères sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les INGRATS: Ils viennent vous contacter pleins de sollicitude et de modestie. "Mon Frère, pourrais-tu me faire obtenir dans le monde profane un travail, une intervention, une accession à un autre poste, l'obtention d'un appartement, tu serais le meilleur des frères". Tout cela évidemment demande du temps, un engagement personnel, et n'est pas forcément garanti de réussite. Si vous échouez, vous vous exposez à leurs vindictes. Si vous réussissez, ils vous dresseront des couronnes et vous assureront de reconnaissance et amitié éternelle qui, dans le meilleur des cas, se limiteront à six mois. Après, ils ne vous connaîtront plus et même au jour de l'an, sans être outre mesure protocolaire, oublieront de vous présenter leurs bons vœux. Soyez heureux si, à votre insu, ils ne disent pas du mal de vous. Il est vrai que RÂMA YANA dit: "Les sages prescrivent des punitions pour les meurtriers, les voleurs, les ivrognes et autres pécheurs, mais aucune expiation ne peut effacer la faute de ceux qui ont commis le crime d'ingratitude". Ceux-là en vérité sont des Frères ... peut-être pas dangereux, mais sûrement pas généreux!

FRATERNOMÈTRE : 1

Les RUMEURISTES : Ah, les rumeuristes ! ... ils vous attirent dans un coin discret, avec des airs de conspirateurs. En général, cela commence ainsi: "Surtout, tu me promets de ne pas répéter, ... c'est sous le maillet... je vais te confier un secret."  Là, je vais prendre un exemple complètement bidon, mais qui somme toute n'est pas toujours éloigné de la réalité: "J'ai vu un Frère embrasser l'épouse d'un Grand Officier, il la serrait de près " ... Ils vous disent ça avec un air entendu qui en dit long ... et c'est parti. 4 ou 5 intermédiaires et au bout de la chaîne la rumeur s'est amplifiée : "Sa femme le trompe, ils ont des amants, des enfants clandestins, ils se battent ... si, si, ils sont criblés de dettes, ils sont ruinés ... " Que sais-je encore! Démesure, mensonge, méchanceté, bêtise: tel est le résultat de ces rumeurs à coup sûr jamais positives.  "Je vais te confier un secret... Ne le répète pas ... sous le maillet. .. "STOP, ARRÊTEZ, de grâce, ARRÊTEZ! Je ne veux plus vous écouter. Si vous avez des informations ou des renseignements, adressez-vous aux intéressés. Ayez le courage de combattre ces fléaux, hélas trop fréquents dans nos obédiences, afin de clore définitivement la bouche à ces gens qui n'ont pas lieu d'exister dans nos Loges. Ces inconscients et irresponsables pourraient vous faire condamner à mort à votre insu. En vérité, ces gens-là sont extrêmement dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 0

Les SANS GÊNE: En toute fraternité, ils viennent chez vous sans avertir, à n'importe quelle heure, avec une préférence marquée pour les heures des repas. Ils ne repartent plus, ou avec beaucoup de mal ... Quelle présence ! Ils vous "bouffent" littéralement les neurones, on pourrait les assimiler à certaines petites bêtes qui s'accrochent obstinément, ce sont de véritables enzymes gloutons. Heureux s'ils ne fouillent pas dans le buffet, la bibliothèque, etc ... (si, si, cela existe, je l'ai vu), ignorant que le fait d'être Frère ou Sœur n'est pas incompatible avec une bonne éducation. Ils tutoient votre compagne sans attendre l'accord de celle-ci. (Elle est leur belle-sœur !) Ils sont étonnés que vous ne puissiez leur prêter de l'argent, comme si cela était normal. Allons, voyons ! Au cas où cela est possible et que vous acceptiez, ils vous rembourseront (ça arrive ...) quand ils le pourront, en auront le temps, sans se soucier qu'ils puissent vous mettre en difficulté (moi d'abord, les autres ensuite). En vérité, ces Frères sont des gens dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 0

Les AFFAIRISTES : Ah les affairistes ! Quel mal ont-ils pu faire à la franc Maçonnerie! Pour eux le sigle F\M\ représente le Fric Maximum. Leurs activités sont beaucoup plus intenses sur les parvis, les fraternelles, qu'à l'intérieur de nos temples. Quand vous pensez que des pseudo-Frères inscrits au G.I.T.E. n'ont pas mis les pieds dans des ateliers depuis de nombreuses années, on croit rêver ... si, si, vérifiez! D'autres, sous couvert de fraternité, vous comptent le prix fort, ne soignent pas forcément l'accueil ni la qualité de leur produit (une plaisanterie, peu fraternelle je vous l'accorde, circulait dans nos obédiences : on reconnaissait l'endroit où les Frères avaient déjeuné au nombre de boutons qu'ils avaient sur la figure). Ils sont en quête d'adresses, de numéros de téléphone et se renseignent sur les activités professionnelles des Frères et des Sœurs. Ils ne demandent pas le nom de l'Atelier; mais la profession. Leur mot de passe : "Donne-moi ton premier chiffre, je te donnerai le second". La franc-maçonnerie est devenue leur second métier, sinon le premier. La spiritualité, ils s'en moquent comme de leur première chemise, leur fraternité se borne aux bénéfices réalisés. C'est pourquoi il est toujours recommandé de s'adresser au Vénérable maître pour toutes les sollicitations, quelles qu'elles soient. Cela ne veut surtout pas dire qu'il ne faut pas nous entraider, bien au contraire, mais il y a la manière. En vérité, ces frères sont des gens extrêmement dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 0

Je m'arrête dans mon énumération. Bien sûr j'en oublie (volontairement ou non). En cherchant, on trouverait certainement d'autres personnages types, mais n'avons-nous pas dit le principal ?

Commentaire : chacun pourra mettre des noms derrière ces classifications ! J’avoue que ça me démange ! Notre Frère a oublié, les COCUS ! , ceux qui sont restés fidèles à des Frères qui n'en valaient pas la peine . En ce moment il y en a pas mal et j'en fait partie.

 

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Spiritualité et tolérance

5 Janvier 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

La Tradition de la Grande Loge de France fête le solstice d'hiver et Saint Jean l'Evangéliste comme d'ailleurs elle célèbre le solstice d'été et Saint Jean Baptiste.

A cette occasion de la Saint Jean d'hiver, je présenterai quelques réflexions sur l'Evangile de Jean et plus précisément sur les cinq premiers versets de son Prologue.

Il s'agit là d'éclairer et de donner sens à la référence à la Bible que fait la Maçonnerie traditionnelle française. Tout d'abord l'Evangile de Jean. Ce quatrième Evangile, quatrième Evangile car il n'a pas pu par l'originalité de sa parole et l'intériorité de son discours pren­dre place dans l'ensemble des Synoptiques. Cet Evangile a nourri les traditions ésotériques, qu'elles soient sérieuses ou qu'elles soient plus farfelues, au sens que Malraux conférait à ce terme en faisant signe au Gargantua de Rabelais. Il faut aussi dire qu'il s'agit de l'Evangile de Lumière, de l'Evangile d'Amour. Aussi ce texte constitue-t-il un des éléments fondamentaux de la Tradition occi­dentale. Cependant d'autres textes bibliques sont l'objet d'une lec­ture privilégiée en Maçonnerie et plus particulièrement à la Grande Loge de France. La Génèse, certes, mais aussi et peut-être surtout le Livre des Rois avec le récit de la construction du Temple de Salomon. Sans doute en passant de l'hébreu au grec, de la Thora à l'Evangile des tournants culturels s'accomplissent. Mais si certains s'efforcent de déceler dans ces tournants des ruptures voire des bri­sures, le Maçon y entend bien plutôt l'écho d'une parole d'unité mais non d'uniformité. Une parole de création, une parole poétique au sens où la poésie est création, une parole qui dit et porte à la pré­sence les multiples visages du sensible en leur harmonie. Aussi écoutons-nous ces paroles poétiques comme celles de la création spirituelle, comme celles de l'esprit comme vertu de création, vertu qui fonde en nous notre humanité et que, plus qu'un autre, le Maçon s'est donné la tâche de développer et de faire rayonner.

Cette création, cette construction que nous faisons nôtre est tout aussi spirituelle que matérielle. Elle est celle tout autant du Temple de pierres que celle d'une Jérusalem céleste. S'il est vrai qu'à l'écoute des textes bibliques on ne peut entendre tout à fait la même chose dans l'Hébreu de la Genèse qui dit "au commencement Dieu créa la Terre et le Ciel", et dans le grec de Jean qui dit "au com­mencement était le Verbe", il n'y a pas pour autant de discordance mais bien plutôt une symphonie de deux paroles. Certes les proces­sus de création décrits dans la Genèse et dans les autres livres de la Thora sont empruntés à des techniques : aux techniques du potier, aux techniques du sculpteur, au point que les Proverbes font dire à la Sagesse qu'elle est auprès de Dieu comme Architecte.

Nous pouvons ainsi y dételer l'éloge du travail opératif qui donne forme et esprit à une matière. L'introduction par Jean du grec "Logos" renouvelle et modifie quelque peu la conception de la créa­tion. Le modèle n'est plus technicien mais verbal. C'est la parole qui, immédiatement, dès son énonciation inscrit dans le réel ce qu'elle nomme. Le mot crée le réel. Nous y sentons l'influence du rationalisme et de l'idéalisme grecs. La Franc-Maçonnerie initiati­que, symbolique et traditionnelle telle du moins qu'elle se pratique à la Grande Loge de France se plaît à faire résonner ensemble ces deux paroles, ces deux paroles de création afin d'affirmer sa voca­tion créatrice, sa vocation tant opérative que spéculative : vocation spéculative au sens où la vraie spéculation ou la vraie connaissance est une opération de l'esprit et aussi au sens où toute opération manuelle est la manifestation d'une spéculation de l'âme. Aussi la Franc-Maçonnerie est-elle l'exercice de la raison et de l'esprit pour construire les hommes, pierres d'un Temple qui n'est point fait de pierres mortes mais d'un Temple aux pierres vives pour reprendre une fois encore une expression de Rabelais.

C'est pour cela que la Grande Loge de France se définit elle-même dès le premier chapitre de ses Constitutions comme un Ordre initiatique, traditionnel et universel, fondé sur la Fraternité. constitue une alliance d'hommes libres et de bonnes meurs„ de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances. La Franc-Maçonnerie a donc pour but le perfectionnement de l'huma­nité. A cet effet les Francs-Maçons travaillent à l'amélioration constante de la condition humaine tant sur le plan spirituel et intel­lectuel que sur le plan du bien-être matériel.

Il s'agit là d'un double pari. D'un pari sur le sens et d'un pari sur l'homme. Un pari sur le sens est un pari sur la transcendance qui donne sens aux mots, aux actes et aux choses. Aussi si les Francs- Maçons pratiquent des rites, c'est pour manifester concrètement dans leurs paroles, actes et comportements que contrairement à la routine et à l'habitude profanes, ils cherchent à faire signe verres le sens. C'est pourquoi la Grande Loge de France travaille à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers. Le Grand Architecte de l'Univers est pour nous un symbole librement interprétable qui ne serait être renfermé ou réduit dans une définition, que ce soit Dieu, l'Huma­nité ou toute autre tentative de définition qui affirme la transcen­dance sans pour autant en exclure aucune.

Ce premier pari sur le sens et la transcendance en appelle un second sur la dignité et la liberté de l'homme. L'initiation ou plus prosaï­quement et plus approximativement la libre recherche, le penser libre, qui ne serait se confondre avec la simple libre pensée avec ses connotations restrictives d'aujourd'hui, implique un sujet libre et digne qui choisit librement et dignement de s'engager dans la 'voie de la recherche sur le chemin de la pensée dans une quête initiati­que. Aussi parce qu'elle est un Ordre symbolique et traditionnel, la Grande Loge de France ne peut qu'être entièrement et intimement attachée aux Droits de l'Homme. Elle refuse ainsi toute pseudo philosophie et toute idéologie de l'exclusion puisqu'elle se dé: finit comme un centre d'union des hommes en leur diversité.

Mais revenons quelques instants encore à la référence qui est faite à la Bible, du moins au sein de la Grande Loge de France. La Bible y est désignée comme le Livre de la Loi Sacrée. Le Livre qui à la fois fait signe vers la transcendance et appelle à une libre interprétation de son texte. La Bible, Thora et Nouveau Testament, Livre des Rois ou Evangiles, n'a donc pas dans les Loges le sens du livre de la révélation, même s'il y a des Maçons qui en leur conscience et en leur foi, le reçoivent aussi comme tel. Elle est Volume de la Loi Sacrée. Par l'ouverture de ce Volume on rappelle qu'il ne serait y avoir de progrès sur le chemin de la connaissance sans progrès dans le champ de l'éthique. Si précédemment le pari sur le sens et l'invo­cation au Grand Architecte de l'Univers fondait le pari sur la liberté et la dignité de l'homme, il faut maintenant dire que le pari sur l'homme, sur sa dignité, sur sa liberté fonde en retour la possi­bilité d'un pari sur le sens. C'est bien parce que l'homme est capable de rompre avec la sphère de la volonté de puissance pour celle de l'amour et de la fraternité qu'il peut parier sur le sens et la transcendance. L'une des originalités de la démarche maçonnique c'est que l'exigence éthique précède et conditionne l'ouverture à la connaissance. Ainsi la Bible à la Grande Loge de France comme Volume de la Loi Sacrée est Livre de la Tolérance ; celui au sein duquel Bayle puisait des exemples pour défendre la liberté de conscience ; celui que Spinoza lisait et soumettait à la critique his­torique et à l'exégèse rationnelle pour y trouver argument de la nécessaire liberté de penser. Ainsi la Franc-Maçonnerie telle que la conçoit la Grande Loge de France s'engage sur ce double pari, sur ce pari sur le sens et ce pari sur l'homme : elle invoque le Grand Architecte de l'Univers et affirme en même temps la dignité, la liberté et les droits de l'homme.

Elle assure ainsi le passage pour chaque homme à la libre recherche sans jamais nier les enracinements personnels, culturels ou religieux de chacun de ses membres. Elle assure la liberté de pensée qui est plus que la simple liberté de conscience. La liberté de conscience est tolérance négative, celle qui tolère l'erreur supposée chez l'autre qui ne fait qu'accepter son errance. La liberté de pensée est une tolérance positive, celle qui transforme l'errance en quête, qui affirme la nécessité de la pluralité des chemins de cette quête afin que règne la fraternité entre les hommes.

Source : www.ledifice.net

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Fondements initiatiques de la Tolérance

5 Janvier 2013 , Rédigé par Jean-Paul Ricker Publié dans #Planches

 Le poète est mort !
Il n'y a pas de bel âge pour mourir, mais enfin... il avait cent ans !
Il était assis là tranquillement sur un banc, et il avait l'air plutôt content, à contempler les arbres du jardin public et écouter les oiseaux.
Il pensait en lui-même : « J'ai cent ans et j'suis bien content J'suis assis sur un banc Et je regarde mes contemporains... »
Mais comme le jardin public était, à cette heure-là, vide de promeneurs et de passants, il ajouta, désabusé : « C'est dire si j'contemple rien ». Apparemment, le poète mourût content, mais les choses n'étaient pas si simples dans sa tête de poète.A défaut d'avoir pu entrer à l'Académie, il accéda directement au para­dis. Le paradis était un peu comme il l'avait imaginé et lui rappelait le petit square où, enfant, il jouait avec ses copains, à ce détail près que tous les bancs étaient occupés par des vieillards. Il choisit une place libre, et s'assit à côté du philosophe. Le philosophe, lui, était académicien. Mais il était mort bien longtemps auparavant. Il avait trois cents ans. Il commencèrent à bavarder. L'époque était bien choisie pour cette conversation, au moment où se fête, en France et partout dans le monde, le bi-centenaire de la Révolution française. Le philosophe n'avait pas connu la révolution. Il était mort 10 ans avant. Mais tout le monde s'accorde à reconnaître qu'il y avait puissamment contribué par ses écrits et ses engagements, tout au long du siècle. Ses écrits et ses engagements allaient d'ailleurs de paire : c'était un philo­sophe « engagé », comme on le dit des chanteurs, engagé par ses mots, engagé par ses actions. Les mots et les actions du philosophe avaient servi son long combat contre l'intolérance. Tout au long de sa vie, il n'eût de cesse de lutter con­tre l'intolérance, religieuse principalement, et de tenter, parfois avec suc­cès, de réhabiliter ceux qui en furent victimes. La révolution connût bien entendu ses excès, et fût un modèle d'intolé­rance, mais comme le disait Lalande, dans un discours maçonnique pro­noncé dans sa Loge, celle-là même qui quelques années auparavant avait accueilli notre philosophe en son sein : «Le malheur de notre condition est d'aller au-delà du terme ; ce sont les lois du mouvement qui nous entraînent ; et nous devons oublier les excès qui sont dans la nature » Le philosophe pouvait donc légitimement se satisfaire d'une révolution qui, en prenant pour devise les mots de « Liberté Egalité Fraternité» et en proclamant que «tous les hommes naissent libres et égaux en droit » avaient définitivement tordu le cou à l'intolérance. Ce n'était pas tellement l'avis du poète qui était plutôt du genre à penser que les Bastilles étaient encore à prendre. Ils avaient l'éternité pour en débattre.

Tolérance religieuse, civile, philosophique

A l'origine, le concept de tolérance est strictement religieux. A l'origine, c'est cependant fort tard, puisque le terme, même si on le trouve chez Montaigne, est inusité avant le XVIIème siècle, et c'est au XVII lème, qu'on en débat surtout. De même bien sûr son contraire l'intolérance et les adjectifs qui s'y rap­portent, à l'un comme à l'autre. On conçoit que sans dogme religieux il n'y ait pas lieu d'être tolérant ou intolérant. Or, les dogmes religieux ne naissent pas avec les Eglises. Ils naissent plus tard, beaucoup plus tard. Au fur et à mesure de la montée des dogmes, les concepts de tolérance et d'intolérance se génèrent spontanément. Simultanément, le mot tolérance est utilisé, plus communément cette fois dans deux domaines bien particu­liers. Le premier est le domaine monétaire. La tolérance, c'est la petite diffé­rence de poids de métal précieux, admise pour qu'une pièce de monnaie conserve sa valeur. Le second est le domaine médical. La tolérance, c'est la limite de l'accep­tation par l'organisme d'un médicament. On le voit : la tolérance, c'est affaire de petite dose. Point trop n'en faut ! Si on tolère un trop grand écart par rapport au poids d'or ou d'argent fixé pour donner sa valeur à une pièce, celle-ci n'en a plus aucune. Ecart en moins, cela va de soi. Si l'on administre une potion en ne veillant point au respect de la dose, on risque, par effet pervers, la mort du patient au lieu de sa guérison. Ecart en plus, bien entendu. Ecart en plus ou en moins, l'essentiel est de savoir garder la mesure. Au demeurant, la juste attitude est le strict respect de la norme, et tout écart est mal considéré : néfaste, préjudiciable et dangereux. En matière religieuse, tolérance est rendu synonyme d'indulgence. Les doc­teurs de la loi se contraignent à accepter, bon gré mal gré, quelques écarts d'interprétation par rapport aux dogmes de l'Eglise. Bossuet parle de «condescendance, touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels ». Les limites sont fixées. Là encore, la tolérance religieuse s'administre à petites doses puisque les Eglises ont le pouvoir de fixer le dogme, d'en autoriser l'interprétation dans le cadre qu'elles déterminent elles-mêmes, et, par voie de consé­quence, de qualifier d'hérétiques tous ceux qui dépasseront la limite. Dans l'affaire de la monnaie ou des médicaments, il faut un instrument de mesure : c'est la balance. De même les Eglises se doteront de la leur : les tribunaux écclésiastiques, dont la tâche sera de distinguer le pêcheur, cou­pable du grand écart, du paroissien, qui sait se cantonner dans les bonnes limites. Ainsi la tolérance justifie paradoxalement l'inquisition. Merci, mon Dieu ! Aux XVIIème et XVIIIème siècles, l'importance du débat religieux et ses énormes conséquences politiques, alimenteront en permanence le débat sur la tolérance. Catholique, doit-on ou non tolérer la réforme ? Protestant, doit-on ou non accepter la dissidence ? Le monde religieux se divise donc en deux parties, elles-mêmes subdivisées en deux autres parties, et ainsi de suite, selon le critère de l'acceptation ou du refus de la différence de pensée, à l'intérieur de normes très étroites. Cette pagaille nécessite que d'importants moyens soient mis en oeuvre, par les Eglises et les Etats, pour que les sanctions soient appliquées à grande échelle : législations restrictives, massacres organisés, guerres de religion. Ainsi, la tolérance justifie, paradoxalement les persécutions. Bayle et Bossuet seront, chacun dans leur camp, les deux grands anima­teurs de ce débat religieux. Bayle, en préconisant la plus grande liberté de conscience, Bossuet, en fixant les limites de cette liberté, ont l'un et l'autre utilisé et discuté le concept de tolérance civile. Si leurs opinions sont non seulement divergentes mais opposées, ils s'accordent au moins sur une définition commune de la tolérance civile, qui est la permission accordée de pratiquer d'autres cultes que le culte permis par l'Etat. La tolérance est octroyée par une autorité, non plus religieuse exclusive­ment, mais civile, le pouvoir d'Etat, qui, en fixant la norme, s'autorise à condamner ceux qui la transgressent. Pour défendre les principes de Liberté auxquels ils adhéraient, et, au minimum, pour protéger des vies humaines menacées, les philosophes du siècle des Lumières élargiront le concept à celui de tolérance philosophique. C'est, pour eux, l'admission du principe qui oblige à ne pas persécuter ceux qui pensent différemment en matière religieuse. La religion reste au coeur du débat, mais la tolérance n'est plus considérée seulement sous l'oeil du pouvoir qui légifère. La tolérance se conçoit désormais comme l'acceptation de la liberté de pensée. La tolérance devient alors une idée révolutionnaire. La tolérance n'est plus affaire de petite dose, mais un principe absolu, global, total, le corollaire des droits fondamentaux qui s'attachent à la personne humaine. Et quelques années plus tard, Mirabeau pourra dire : «Je ne viens pas prêcher la tolérance ; la liberté la plus illimitée de religion est, à mes yeux, un droit si sacré, que le mot tolérance qui voudrait l'exprimer me paraît, en quelque sorte, tyrannique lui-même, puisque l'autorité qui tolère pourrait ne pas tolérer ». Notre vieux philosophe avait appartenu au siècle des Lumières et, l'intolé­rance, il en avait été la victime. Mais jamais il n'avait baissé les bras, considérant : « Un jour tout sera bien, voilà notre espérance, Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion » Cette maxime, d'un raisonnable optimisme, l'avait constamment accom­pagné et lui avait donné quelque courage lorsque la tournure des événe­ments lui paraissait défavorable. Et puis notre philosophe croyait résolument en l'avenir de l'homme, même s'il se doutait bien que les choses iraient lentement. Il expliqua au poète, qui l'écoutait d'un air dubitatif : «Il y aura toujours des barbares et des fourbes qui fomenteront l'into­lérance, mais ils ne l'avoueront pas, et c'est avoir gagné beaucoup». Ce n'était pas l'avis du poète peu prompt à se réjouir d'une si petite vic­toire. Il voyait bien lui que la barbarie, individuelle ou collective, sponta­née ou organisée, avait le plus souvent triomphé sur la tolérance. Elle avait même été érigée en doctrines politiques ou religieuses. A l'optimisme du philosophe, il opposait son désespoir :  « Mort l'enfant qui vivait en moi, qui voyait en ce monde-là un jardin, une rivière
et des hommes plutôt frères, Le jardin est une jungle les hommes sont devenus dingues ».

Tolérance politique et tolérance morale

La montée des intégrismes, en Orient comme en Occident, a réactualisé le caractère religieux du débat sur la tolérance. Il n'empêche que, depuis la Révolution, le concept a perdu sa spécificité religieuse, au profit d'une acception beaucoup plus large, beaucoup plus globale, beaucoup plus politique. Le champ de la tolérance recouvre le domaine des opinions, en général, ce que Diderot avait pressenti en écrivant : «il y a dans les choses de goût, ainsi que dans les choses religieuses, une espèce d'intolérance que je blâme ». Comme le dit la sagesse populaire : «les goûts et les couleurs, ça ne se dis­cute pas », proverbe qui exprime bien l'idée que chacun a droit à son opi­nion et que toute opinion est respectable, et même tellement respectable qu'elle n'a pas besoin d'être discutée. Du coup, la tolérance est devenu un concept essentiellement politique. La tolérance politique est l'acceptation du pluralisme dans la conduite des affaires de l'Etat. Elle suppose et implique la démocratie et la laïcité. Elle s'oppose au totalitarisme et aux extrémismes. La tolérance étant politi­que, pleinement et totalement politique. Elle est donc au coeur de tous les débats avec ses partisans et ses adversaires. Ses adversaires la condamnent et la caricaturent. Ils la condamnent essentiellement au motif que la tolérance favorise la genèse et l'expression des pluralismes et en conséquence détruit la cohé­sion politique et sociale de la nation. Ils la caricaturent en associant systématiquement la tolérance à la fai­blesse de comportement, ou, pour parler comme nos hommes politiques, au laxisme, mot qui en remplace un autre, moins usité, le tolérantisme. C'est Beaumarchais, qui, avec humour, fait dire à l'un de ses personna­ges, aussi réactionnaire qu'odieux :«Qu'a-t-il produit (ce siècle) pour qu'on le loue ? Des sottises de toutes espèces : la liberté de penser, l'attraction, l'électricité, le tolérantisme, l'inoculation, le quinquina, l'Encyclopédie et les drames ». Au laxisme des partisans de la tolérance, les tenants de la fermeté oppo­sent ces valeurs, d'autant plus sûres qu'immuables, que sont l'ordre, la fermeté, l'intransigeance. Chacune de ces valeurs s'exprime naturelle­ment par rapport à des situations et des conduites pré-établies : l'ordre sera celui du système en place, ou système de référence, la fermeté quali­fiera la manière de conduire les affaires de la cité, l'intransigeance concer­nera la façon de réprimer les écarts, toutes situations et conduites émi­nemment politiques, au sens large du terme. Les partisans de la tolérance rétorquent plutôt en termes de morale. Car la justification de leur pensée réside d'abord dans une conception et une appréciation positive de l'homme. La tolérance morale c'est une façon de concevoir les rapports entre les hommes, sur la base d'un respect absolu des consciences, des idées, des caractères et des personnalités. Elle est indissociable non seulement de la foi en l'homme et en ses qualités, mais aussi de l'idée de sa constante per­fectibilité. Les tolérants ne peuvent pas répondre à leurs adversaires sur le plan idéo­logique ou politique. Il serait en effet paradoxal qu'il existât une idéologie Situer la tolérance sur le plan de la morale permet à ses partisans l'expres­sion de leurs idées propres comme celle des idées d'autrui. Pourvu qu'autrui montre, au minimum, quelque disposition à rendre la pareille. Ce qui règle, espérons-le une fois pour toutes, le grotesque débat sur les limites à la tolérance : «peut-on tolérer l'intolérable ? ». S'il s'agissait d'un débat idéologique, nous ergoterions sans fin sur le tolé­rable et l'intolérable en politique. Mais puisqu'il s'agit de morale, et qu'il ne s'agit que de cela, le débat est réglé d'avance. L'intolérance est définitivement intolérable. Nous nous en tenons bien entendu à l'interprétation présente du concept de tolérance, qui s'attache à son sens propre, que nous avons tenté de définir par rapport aux contextes historiques et philosophiques de l'épo­que où le problème de la tolérance fut posé avec acuité. Il existe bien entendu une série de sens figurés qui touchent à tous les domaines du comportement. Par exemple, mon patron fait preuve d'une certaine tolérance dans l'application des horaires de bureau. Qu'il ait rai­son ou non, nous pourrions en débattre longuement, nous ne le faisons pas, car d'une part cela nous arrange l'un et l'autre et que d'autre part le choix est le sien plus que le mien. Ce n'est pas là où se situe le débat fondamental : en matière de comporte­ment humain, et de morale, nous sommes en tout état de cause lui et moi d'accord, sur le fait que l'intolérance est intolérable. Encore qu'il ne soit pas toujours facile de discerner si tel comportement humain relève, ou non, de l'intolérance. Et les actes, même les plus barba­res, se parent souvent des plumes de la morale, en particulier dans les actes de barbarie collective et organisée. Et notre poète était fort troublé. Comme il l'avait été, tout au long de sa vie. Tantôt il avouait au philosophe avec émotion :  « Je ne suis qu'un militant du parti des oiseaux, des baleines, des enfants, de la terre et de l'eau ». Tantôt sa révolte l'emportait, et il se prenait non seulement à haïr la société, mais à en faire l'unique objet de sa vindicte : « J'ai chanté dix fois, cent fois j'ai hurlé pendant des mois, j'ai crié sur tous les toits...
...mais moi, on ne m'aura pas je tirerai le premier et j'oserai au bon endroit ».Tantôt, c'était le désespoir : « Dans ma guitare, y'a plus rien , plus un mot, plus un refrain ». Le philosophe, par définition et par fonction, était infiniment plus sage. Il expliqua au poète : «Tu parles du bon et du mauvais, du juste et de l'injuste : il me paraît que tout ce qui nous fait plaisir sans faire tort à personne est très bon et très juste; que tout ce qui fait tort aux hommes, sans nous faire de plai­sir est abominable; et que ce qui nous fait plaisir en faisant du tort aux autres est... très dangereux pour nous-mêmes et très mauvais pour autrui». A défaut d'avoir la moindre valeur sur le plan des conséquences idéologi­ques que l'on devrait en tirer, ce discours a un mérite particulier : il trace en effet le cadre d'un code de conduite très simple mais très efficace, pour régir les rapports entre les êtres humains. Il fixe précisément les limites entre le tolérable et l'intolérable. Il ramène la tolérance à ce qu'elle est : une affaire personnelle de morale individuelle.

La tolérance est une vertu

Curieuse et paradoxale déviation : les maisons où officient les dames de petites vertus sont les maisons de tolérance. Cette plaisante distorsion de langage n'est pas innocente. La preuve : elle a permis un bon mot «La tolérance, il y a des maisons fai­tes pour ça », non moins innocent, ce qui en explique la célébrité. La vertu est toujours un peu ridicule. Il est vrai que n'est pas vertueux qui peut, ni même qui veut, et que l'on n'est jamais vertueux naturellement si facilement. Alors, tant qu'à faire, autant marquer son impuissance à y accéder ou sa pensée à le devenir, en la tournant en ridicule. Il faut admettre aussi que la vertu a souvent servi de prétexte à de mauvais agissements : un régime politique prétendument vertueux, avait confié à ses fonctionnaires, le travail de briser la vie de familles juives, au nom de la patrie. Bien entendu, il avait substitué à la devise «Liberté, Egalité, Fraternité» celle de « Travail, Famille, Patrie» trois mots qu'il s'est employé méthodiquement à vider de toute substance. Il n'est pas facile, dans ces conditions, de distinguer les bonnes et les vraies vertus, les fausses et les mauvaises, et d'échapper au ridicule con­temporain qui méprise ou dédaigne l'homme vertueux. Mais revenons à notre propos sur la tolérance. La tolérance, disions-nous est une vertu. Qu'est-ce que cela signifie ? Pour bien le comprendre, distinguons la vertu, de la qualité et du don.

La qualité d'abord

Par qualité, il faut entendre toute caractéristique fondamentale. La défi­nition philosophique du mot qualité, à l'origine, explique qu'il s'agit bien des caractéristiques qui définissent un corps et sans lesquelles il ne pour­rait ni exister, ni être conçu. Cette définition s'applique à l'homme. Corneille, dans Polyeucte écrit : « Daignez considérer le sang dont vous sortez, Vos grandes actions, vos rares qualités... ». C'est pourquoi d'ailleurs les nobles exclusivement étaient appelés gens de qualité, de par leur naissance et leur sang, ce qui permet à Molière de répondre :
« Les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien appris ». La qualité est innée. Elle peut s'enrichir ou se détériorer, mais elle est acquise à la naissance.

Le don ensuite :

Le don aussi est inné. Mais, et la nuance est importante par rapport à la qualité, le don se détériore à coup sûr s'il n'est pas cultivé. Sans travail, le don n'est rien, ne vaut rien, ne sert à rien. Le don, inné certes, a besoin d'être exploité : au don s'ajoute alors le talent c'est-à-dire la maîtrise du savoir faire et seul son enrichissement par le talent permet au don de s'exprimer.

La vertu enfin :

La vertu est pure acquisition. Elle n'est jamais innée. Elle est pur travail, moral, intellectuel, culturel, travail sur soi-même.  Rien d'inné dans la vertu. C'est d'ailleurs ce qui rend la vertu si humaine, si spécifiquement humaine.

Résumons : La qualité est innée. Le don est inné, mais s'exploite par les connaissances acquises ou à acquérir. La vertu est pur acquis. Chacun d'entre-nous, à un moment instantané de son existence est une mosaïque - de qualités innées, - de dons innés, plus ou moins exploités par un savoir-faire acquis à force d'un travail plus ou moins approfondi, - de vertus, purement acquises. J'illustre ma pensée en comparant l'incomparable : l'homme et l'animal. C'est facilité d'exposé, je le reconnais, mais Mozart me pardonnera de le comparer à ma petite chatte. Mozart me flatte plus souvent les oreilles que je ne caresse celles de mon animal favori, je puis donc me permettre cette irrévérence. Mozart, c'est incontestable, avait des dons, révélés alors qu'il était si jeune, que l'on doit bien les considérer comme innés. Il avait aussi des qualités, lesquelles sûrement, lui ont permis d'exploiter ces dons. Mozart avait aussi des vertus dont je ne saurais dire s'il les a acquises en devenant franc-maçon ou s'il est devenu franc-maçon parce qu'ils les avaient précé­demment acquises. Mais peu importe. Disons que Mozart était doué, généralement doué, qu'il avait le goût du travail, et qu'il était tolérant. Ma petite chatte, elle aussi a des qualités et des dons. Elle a le don de la chasse et des qualités d'agilité qui lui permettent d'exploiter ce don, ce qui est dramatique pour les rongeurs de mon jardin. Elle n'est pas vertueuse pour autant. Elle n'a aucun sens de la tolérance et elle agresse systématiquement toute espèce d'animal rampant, marchant ou volant, et sans considération de poids et de taille, qui pénétrerait acci­dentellement son territoire. Elle n'est tolérante qu'à mon égard : il est vrai que je la nourris. Ma chatte n'appartient pas à l'espèce humaine. Ses qualités et ses dons relèvent de sa nature et de son instinct. Je l'aime comme cela. J'aime aussi Mozart pour ses qualités et ses dons. Où plutôt, j'aime sa musique pour ces raisons-là et j'aime le musicien, l'homme, pour ses ver­tus. Je ne l'aimerais pas s'il avait été un personnage ignoble, et sans doute dans ce cas, je n'écouterais pas sa musique. Et voilà pourquoi je dis que la vertu est humaine, spécifiquement humaine. Le vieux philosophe avait beaucoup de mal à expliquer cela au poète, autant que j'ai du mal à vous l'expliquer moi-même. Lui aussi, il utilisa une comparaison entre l'homme et l'animal : «Je pense que (l'homme) est un animal à deux pieds qui a la faculté de raisonner, de parler et de rire et qui se sert de ses mains beaucoup plus habilement que le singe... (il a) une mémoire infiniment supérieure, beaucoup plus d'idées et... une langue qui forme incomparablement plus de sons que la langue des bêtes». C'est bien pourquoi il faisait confiance à l'homme, capable de dépasser sa nature, de développer ses meilleurs instincts, de réfréner et de combattre les plus vils. Et à ce compte, la société finira bien par évoluer et les hom­mes, un jour qu'il espérait proche, vivront libres et égaux., dans un monde plus tolérant. La colère du poète était à son comble. Il hurla à en réveiller les âmes paisi­bles qui arpentaient les allées du jardin paradisiaque. « Qui a écrit que les homes
naissaient libres et égaux ? Libres, mais dans le troupeau, Egaux, devant le bourreau ». Il était tellement fâché qu'il en devenait vulgaire, ce qui n'est pas recom­mandé pour un poète. « Passent les jours et les semaines, Y a que le décor qui évolue, la mentalité est la même, tous des tocards, tous des faux-culs ». Le philosophe était peiné. Grâce au recul conféré par deux siècles de plus, il avait pris de la hauteur : il avait pu mesurer le formidable progrès éco­nomique, social, culturel que les hommes avaient accompli. Et pourtant, il n'était pas franchement choqué car il savait bien que les hommes avaient mal partagé le progrès. Dans le fond, il comprenait le poète. Mais sa foi en l'homme était iné­branlable. Puisque le progrès, même insuffisant et mal réparti, était obser­vable, il était toujours possible d'en espérer davantage. Il décida donc d'y croire encore et se résolut d'être pour toujours :  « Amant de tous les arts et de tout grand génie, Implacable ennemi du alomniateur,
Du fanatique absurde et du vil délateur ». Il s'arma de courage pour tenter d'entraîner le poète sur cette voie. Nous avons vu que la tolérance, vertu spécifiquement humaine, n'est ni instinctive ni naturelle. L'esprit de tolérance s'acquiert, se cultive, se développe. N'entrons pas dans le débat sur la nature de l'homme, puisqu'il ne con­cerne pas la tolérance. Mais interrogeons-nous plutôt sur la façon dont cet esprit est susceptible de germer dans le coeur des hommes, puis com­ment il peut s'y développer. Le petit de l'homme a de grands yeux : il les ouvre le jour et transmet à son cerveau, quotidiennement des milliers d'informations contradictoi­res. Les unes pèsent lourd, les autres ne lui laisseront qu'un souvenir fugace, certaines ne vivront que le temps d'une seconde, et quelques-unes tisse­ront l'écheveau de ses souvenirs. La nuit, le petit ferme les yeux. Son cerveau va décanter les informations du jour. Certaines, comme dans un ordinateur, seront immédiatement restituables, dès le réveil du lendemain. D'autres viendront enrichir un inconscient et un subconscient dont les socles se sont constitués, dit-on, dans la période pré-natale. Tout ceci est tellement complexe, que le petit va devoir trier, c'est-à-dire penser. Aucune des informations reçues n'étant objectives, sa pensée ne sera pas objective. Voilà que l'enfant est sujet pensant certes, mais sujet. Et heureusement puisque sa subjectivité est sa personnalité. Sujet unique et personnalisé, voilà notre enfant, trop tôt devenu homme, qui prend conscience que son existence est dépendante de celle d'autres sujets, non moins uniques et non moins personnalisés. Mais comme il est au centre de sa perception du monde, il ne peut pas faire autrement que de penser qu'il est le centre du monde, objet d'amour et de haine convergents vers sa personne, de même qu'il dirige comme une arme défensive ou agressive, son amour et sa haine vers autrui. C'est ainsi que les hommes, à la fois sujets et objets, communiquent entre eux. Je n'ai pas la prétention d'expliquer l'homme à travers ce raccourci méan­dreux. Ce n'est qu'une petite fable entre vous et moi, elle a pour objet d'exprimer très rapidement que les rapports humains sont infiniment complexes et qu'ils dépassent notre capacité à les appréhender. Cette démarche a un nom : elle s'appelle l'initiation. Cette démarche est la façon unique de développer en soi l'esprit de tolé­rance.  et c'est pourquoi devenir tolérant demande beaucoup de travail, en tout cas infiniment plus qu'il n'en faut pour passer le baccalauréat. Et c'est d'autant plus difficile qu'on ne trouve pas de maître es tolérance suscepti­ble de nous l'enseigner comme on m'a appris avec plus ou moins de talent, et avec plus ou moins de succès, les mathématiques ou la philoso­phie. Certes, vous en rencontrerez parfois qui vous feront la leçon : c'est qu'ils se sont octroyés eux-mêmes un diplôme qui a d'autant plus de valeur à leurs yeux qu'ils furent le propre examinateur de leurs multiples talents, et que ce jour-là ils se sont montrés très sévères, aussi sévères qu'on peut l'être lorsque l'examiné, c'est-à-dire la même personne, fait preuve d'une compétence et d'un savoir exceptionnels. Ces «gens de qualité », au sens où Molière ironisait, méritent le nom dont on les affuble : ce sont les pédants. Non, en matière de tolérance, l'apprentissage se fait seul. Il n'y a pas de maître ni d'élève, mais un homme seul, face à son miroir, et suffisamment courageux pour être tantôt l'un tantôt l'autre, et savoir au bon moment et à tout bout de champ inverser les rôles. La manœuvre a un but. Elle vise à ce que, de l'autre côté du miroir, appa­raisse non pas le reflet de soi-même, mais l'envers, qui révèle la face cachée. Elle aspire à faire prendre conscience que si l'homme est un bloc lisse ou fissuré selon les caractères, il n'est pas identique à l'extérieur, comme à l'intérieur, et que sa présentation homogène et cohérente, n'est qu'un masque qui recouvre ses contradictions. Elle amène à reconnaître, comme éléments fondamentaux de sa personna­lité, ce que les comportements quotidiens et habituels ont coutume d'occulter. Elle fait comprendre qu'on est à la fois l'un et l'autre, et démontre ainsi qu'autrui est semblable à soi-même, et que les différences entre les hommes sont infiniment moins importantes que ce qui les unit. Elle fait découvrir que nous nous différençons uniquement par l'assem­blage varié de composants identiques et donc que si nous ne sommes pas jumeaux, à coup sûr nous sommes frères. Cette démarche est celle dont procède la Grande Loge de France, maillon de la Franc-Maçonnerie Universelle, qui dès ses origines, c'est-à-dire, pour s'en tenir à la Franc-Maçonnerie moderne et à sa date de naissance officielle, en 1723, proclame dans ses Constitutions : «Un maçon est obligé d'obéir à la Loi morale... Mais, quoique dans les temps anciens les maçons fussent tenus dans chaque pays d'être de la Reli­gion, quelle qu'elle fut, de ce Pays ou de cette Nation, néanmoins il est maintenant considéré plus expédient de les astreindre à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, laissant à chacun ses propres opi­nions ; c'est-à-dire, d'être Hommes de bien et loyaux, ou Hommes d'Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Con­fessions qui aident à les distinguer ; par suite de quoi la Maçonnerie devient le Centre d'union, et le moyen de nouer une Amitié sincère entre des personnes qui n'auraient pu que rester perpétuellement étrangères ». La Franc-Maçonnerie n'ayant pas le monopole de l'initiation, sa nécessité n'est pas prouvée. Mais accordons-nous au moins sur ce mérite qu'on peut lui reconnaître, que lui reconnaissent en tous cas ses membres, celui de se proposer de les aider, collectivement, à la démarche individuelle. Car l'initiation est par essence individuelle. Les arts romanesques, de la littérature au cinéma en passant par le théâ­tre, en fournissent maints exemples. Le processus est toujours identique, Déstabilisation : mort profane,
Renaissance : vie nouvelle, Reconstruction : progressive, par épreuves et paliers successifs. Les événements dramatiques du vécu quotidien, sont, lorsqu'ils survien­nent, suffisamment douloureux pour provoquer un processus, toujours cruel. Le seul mérite de la Franc-Maçonnerie est de proposer une version pacifi­que, permanente et collective, de cette initiation individuelle. En 1723, notre philosophe n'avait pas trente ans. Il avait déjà cependant plusieurs écrits à son actif, essentiellement des pamphlets qui l'avaient fait mal voir du côté de la bonne société et l'avaient même contraint à séjourner à l'étranger plutôt qu'à Paris. Il fut d'autant plus séduit par les idées maçonniques, qu'il en professait d'identiques, Il ne devint pas franc-maçon pour autant, malgré qu'il ait été sollicité par ses amis philosophes qui, très nombreux, fréquentaient les loges. Il fut initié beaucoup plus tard. Mais il avait été de tout temps un bon compagnon de route. Aussi n'hésita-t-il pas à en parler au poète qui lui n'en voyait pas réelle­ment la nécessité. Lui-même en avait entendu parler, et avait même le souvenir vague d'un copain franc-maçon, dont les idées ne lui avaient pas paru véritablement révolutionnaires. Et puis le poète en avait marre des idées, qui ne sont jamais que des mots. Il avait tant vécu avec les mots que les mots commençaient à le fatiguer. « Fatigué, fatigué, fatigué d'espérer et fatigué de croire à ces idées brandies comme des étendards et pour lesquelles tant d'hommes ont connu l'abattoir ». Mais le philosophe n'était pas enclin à baisser les bras. Il se prenait d'ami­tié pour le poète, et voulait s'efforcer de le convaincre. Et il lui expliqua le problème et la solution : «Quand nos actions démentent notre morale, c'est que nous croyons qu'il y a quelque avantage pour nous à faire le contraire de ce que nous enseignons; mais certainement, il n'y a aucun avantage à persécuter ceux qui ne sont pas de notre avis et à nous en faire haïr, il y a donc, encore une fois, de l'absurdité dans l'intolérance ». Le philosophe voulut réconcilier le poète avec les idées généreuses, en lui faisant remarquer : «Nos histoires, nos discours, nos sermons, nos ouvrages de morale, nos catéchismes, respirent tous, enseignent tous aujourd'hui, ce devoir sacré de tolérance». Le poète résolut alors de s'endormir pour ne pas en écouter davantage. Il tourna le dos au philosophe en soupirant :  « J'crois plus à grand'chose Il est temps que j'me repose J'ai plus d'amour, plus de plaisir, plus de haine, plus de désirs ». Le philosophe en fut très malheureux. Il eût envie d'une promenade solitaire, lorsque soudain il se rappela que les membres de sa loge, «Les Neuf Sœurs », où il avait été finalement ini­tié et in extremis en 1778, se réunissaient ce soir là. Il décida de participer. N'imaginons pas que les francs-maçons puissent se targuer de détenir le monopole de la tolérance et qu'ils aient la prétention de l'enseigner à qui­conque frapperait à la porte du Temple. Les discours peuvent bien tenter de le faire, mais la Franc-Maçonnerie ne propose pas de discours. Elle offre à qui veut bien en saisir l'opportunité, une méthode qualifiée d'ini­tiatique, car, à l'instar de l'explication qui a précédé, elle tend un miroir dans lequel chacun de ses membres part à la recherche de sa propre image et, en définitive, y découvre autrui. Ce miroir, c'est la loge maçonnique, l'assemblée des frères, dans un lieu clos, temple sacralisé c'est-à-dire reconstitué dans un contexte universel. Le temple, c'est un lieu à la fois réel et symbolique. Réel, il est lieu de la réflexion et du travail des Frères. Symbolique, il représente l'univers cos­mique, le monde dans ses dimensions infiniment grandes et infiniment petites, macrocosmiques et microcosmiques. De ce fait, à l'intérieur du Temple, les frères ne sont plus les mêmes hom­mes que ceux que l'on croise dans le monde. Chacun d'entre eux apparaît aux autres comme une parcelle de l'humanité, et chaque mot, chaque phrase, chaque discours est reçu non pas comme un message médiatique habituel, mais comme un message messianique, enrichi d'universalisme. Ce mot que tu dis, cette phrase que tu construis, ce discours que tu pro­nonces, c'est ton expression et en même temps une part de la mienne, c'est ta pensée, comme c'est celle de millions d'hommes et de femmes qui, à travers le temps et l'espace, à un moment ou à un autre, dans des lieux identiques ou différents, se sont prononcés de la même façon que toi. Alors, je reçois tes mots, tes phrases, tes discours différemment et à mon tour je te parle différemment. Je t'écoute comme je te parle, je te perçois comme un autre moi-même, je me sens ton frère. Ce processus, qui se renouvelle à chaque réunion des frères en loge, a quelque chose de magique, il l'est en effet par la magie du rituel, rigou­reusement respecté dans les loges de la Grande Loge de France. Le rituel, c'est un moyen, à caractère mécanique et théâtral, qui vise à créer une rupture entre le monde profane, celui où la passion l'emporte sur la raison, la folie sur la sagesse, la haine sur l'amour, et le monde sacré où s'inversent les flux et les courants. Comme si le fleuve remontait son cours pour retourner à sa source et n'être plus qu'eau pure. Purs, nous ne le sommes jamais totalement, et le philosophe ne préten­drait pas l'être plus que le poète. Mais au moins nous essayons de nous abreuver auprès de nos frères disposés à nous donner à boire en parta­geant leur eau. Alors se développe en chacun de nous le sens d'autrui et du rapport privi­légié qui nous unit à lui. De ce fait la morale vacille : elle ne peut plus sui­vre la ligne de la verticale où le dogme circule du haut vers le bas, mais elle devient ruban horizontal, support flexible et évolutif par lequel ,'échan­gent les idées et transitent les comportements. La tolérance n'est plus alors ni ridicule ni visible. Car on comprend qu'elle est le ciment obligatoire des hommes qui oeuvrent pour le progrès de l'humanité. Notre philosophe l'avait bien mesuré : dans la société de l'Ancien Régime où l'intégrisme oligarchique freinait toute évolution progressiste, le Mou­vement des Lumières, en parfaite symbiose d'idées avec la Franc- Maçonnerie moderne dont les premiers pas ont accompagné ceux du siè­cle et qui a grandi avec lui, ont posé les bases de la société démocratique moderne. En 1789, la Révolution française a pulvérisé les institutions. Elle a suscité les espoirs les plus fous, en même temps que ses excès ont provoqué les plus cruelles désillusions. Mais elle continue de porter son message essen­tiel : les mots de « Liberté, Egalité, Fraternité» qu'elle a chipés à la Franc- Maçonnerie, ou peut-être est-ce l'inverse, grave problème qui divise les historiens, mais dont se moquent éperduement tous ceux qui, étant grave­ment privés du pouvoir de les écrire sur les pages de leurs cahiers et de les graver sur les murs de leurs édifices, pleurent en y rêvant. Ceux-là sont bien plus nombreux que nous et l'espoir est bien mince que leur nombre se réduise : c'est l'inverse qui nous menace. C'est la raison pour laquelle nous continuons à oeuvrer dans nos Temples, poursuivant notre utopie raisonnable, sans l'ombre d'un doute sur les objectifs que nous assigne notre Constitution : alliance d'hommes libres, acceptés en notre sein sans conditions de classe, de race, de religion, nous avons pour but le perfec­tionnement de l'humanité et travaillons à cet effet à l'amélioration cons­tante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel. Nous n'acceptons aucune entrave et ne nous assignons aucune limite dans notre recherche de la vérité et de la justice, dans le respect de la pensée d'autrui et de sa libre expression. Nous croyons que les hommes finiront bien par s'unir dans la pratique d'une morale universelle et dans le respect de la personnalité de chacun. Chaque pas franchi nous réjouit le coeur, chaque recul nous horrifie. Finalement chacun d'entre nous est, tantôt le philosophe, tantôt le poète. Mais peut-on être l'un sans l'autre ? Ne sommes-nous pas condamnés à ce perpétuel débat, tant il est ardu de progresser sur le chemin de la tolérance ? Et une soirée de plus, en loge maçonnique, ne suffira certes pas à changer le monde. C'est bien ce que pensait le philosophe qui quittait ses frères après une excellente soirée qui s'était achevée, comme à l'accoutumée, par de frater­nelles agapes, qu'il avait arrosées un peu trop copieusement. Finalement, il choisit de retourner aux côtés du poète endormi, pour y finir sa nuit. Il dormit mal. Lorsqu'au matin il se réveilla, il remarqua une lueur d'amusement dans le regard du poète qui l'observait avec une ten­dre attention. Le philosophe se sentit prêt à quelque concession. Il dit tristement : «J'ai été sensiblement affligé de ton état, et je te jure qu'il n'a pas peu contribué à me persuader que le meilleur des mondes possibles ne vaut pas grand-chose». Mais le poète, d'humeur nettement plus gaillarde ce matin-là, ne l'enten­dait pas de cette oreille et il rétorqua aussi sec : «Il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui le rire des enfants».
Le philosophe en fut rassuré. Enfin ils semblaient l'un et l'autre d'accord. Mais le poète, comme s'il avait deviné la pensée du philosophe poursui­vit : «Comment veux-tu que j'sois d'accord Avec toi
J'ai d'jà du mal à être d'accord Avec moi». Ce fut sa conclusion, ce sera donc la mienne. Nous quitterons là, le philosophe et le poète, qui ont bien involontaire­ment figuré dans ce scénario artificiel, mais cependant entièrement dialo­gué avec des phrases qu'ils ont l'un et l'autre écrites. Le philosophe était François-Marie Arouet, dit Voltaire. Ses dialogues sont extraits des textes suivants :
Poème sur le désastre de Lisbonne
Dictionnaire philosophique
Entretien d'un sauvage et d'un bachelier
Sixième discours en vers sur l'homme
Traité sur la tolérance
Epître à Horace
Voltaire est né il y a 295 ans. J'ai arrondi à 300. Dans le rôle du poète : Renaud Séchan, plus connu comme chanteur sous le nom de Renaud. Si je lui ai donné 100 ans, c'est qu'il s'est attribué lui- même cet âge dans sa chanson « Cent ans », dont provient le premier extrait. Les autres extraits proviennent des chansons suivantes :
Morts les enfants
Déserteur
Société tu m'auras pas
J'ai la vie qui m'pique les yeux
Triviale poursuite
Hexagone Mistral gagnant
Socialiste
Je les remercie l'un et l'autre.

Source : www.ledifice.net

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