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L'égrégore et son énergie

Publié le par Loge EOS,

Egrégores: nom masculin pluriel, du verbe grec égrêgorein signifiant veiller. Les égrégores étaient dans les légendes juives, des anges qui, selon le Livre d’Enoch, s’unirent aux filles de Seth et engendrèrent les Géants, appelés ainsi parce qu’établis sur le Mont Hermon ils jurèrent d’y «veiller» jusqu’à ce qu’ils eussent possédé les filles des hommes.

Il semble qu’il ne faille pas chercher là l’origine probable de l’égrégore dont parlent les francs maçons, bien que l’idée de veilleur que l’on découvre dans l’origine grecque du mot n’est pas sans rapport avec notre travail. Sur Wikipédia, on peut lire ceci: «En ésotérisme, un égrégore est une force mentale puissante, créée et maintenue en activité par la forme pensée de nombreux individus unis dans un but commun. Une fervente prière collective, la montée du nazisme sous Adolf Hitler, les préjugés hérités de notre milieu, social culturel ou religieux sont tous des égrégores qui conditionnent selon leur ampleur la façon de penser de chacun».

Auteur de La Kabbale pratique, Robert Ambelain écrit: «On donne le nom d’égrégore à une force engendrée par un puissant courant spirituel et alimentée ensuite à intervalles réguliers, selon un rythme en harmonie avec la Vie universelle du Cosmos, ou à une réunion d’entités unies par un caractère commun. Dans l’invisible hors de la perception physique de l’homme, existent des êtres artificiels, engendrés par la dévotion, l’enthousiasme, le fanatisme, qu’on nomme des égrégores». On constate dans cette dernière définition un doux mélange des deux notions.

Si l’on cherchait la source du mot dans le latin on trouverait, pour nous maçons, l’étymologie la plus parlante: ex = sortant de, puis gregs, gregis = le troupeau, la foule, l’ensemble. Il s’agirait dès lors de l’énergie qui pourrait émerger d’une réunion. De tout temps les occultistes ont exploité ces énergies. En occultisme on entend souvent parler d’égrégore. De quoi s’agit-il exactement? En fait, on appelle égrégore l’ensemble des énergies cumulées de plusieurs personnes vers un but ou une croyance défini par elles. Nous serions en présence d’un champ d’énergie à la fois mentale, émotionnelle et spirituelle. L’action serait réciproque, à savoir que les individus alimentent l’égrégore et celui-ci agit sur eux. La puissance de l’égrégore serait fonction du nombre de ceux qui le maintiennent et de l’intensité de leur engagement dans le projet commun.

L’égrégore serait ainsi comme l’accumulateur d’une énergie possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes simultanément. On peut noter au passage que dans Matthieu, chapitre 18, verset 20, Jésus dit: «Là où deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux». Les chrétiens s’en inspirent pour créer un égrégore. Il faut cependant savoir que la religion n’est pas la seule à créer des égrégores.

En Amérique, et maintenant en Europe, fleurissent au sein des hôpitaux des «groupes de prières» priant pour la guérison des malades qui le leur demandent. On a constaté que par ce procédé ceux atteints d’une maladie grave se remettaient beaucoup plus rapidement et avaient des chances de guérison considérablement plus élevées que ceux ne bénéficiant pas de ces interventions. Tout simplement parce que le groupe en question canalise, par sa dévotion, une «énergie de guérison» fusionnant avec celle du patient et le renforçant dans sa lutte contre la maladie. Voilà un excellent exemple d’égrégore. Il en va de même pour l’activité professionnelle: vous travaillez dans une entreprise qui vous demande de constituer un groupe afin de réaliser un projet. Si dans votre groupe tous les membres sont soudés, sur la même longueur d’ondes, le projet sera terminé en un rien de temps et vous bénéficierez des félicitations de vos employeurs. Si au contraire il se trouve une ou plusieurs personnes démotivées, l’énergie développée par votre groupe sera quasiment nulle ou très négative, les idées manqueront, votre travail n’avancera pas, le moral de vos «troupes» sera au plus bas et vous essuierez un cuisant échec. Il eut été préférable de faire le travail seul, ça aurait été plus long mais bien moins difficile car sans entrave à sa réalisation.

Un égrégore n’est a priori ni bon ni mauvais, il représente la somme des énergies psychiques émises par les participants, et cette énergie neutre se colore pour le meilleur ou pour le pire des intentions du groupe. En retour l’égrégore exercera une puissante influence sur les membres du groupe.

En franc-maçonnerie on utilise le mot égrégore pour décrire un phénomène où les pensées s’unissent dans un même but mental, spirituel ou émotionnel. Leur puissance pendant ces moments exceptionnels que sont les tenues et plus particulièrement lors de la chaîne d’union est considérée comme supérieure à l’addition de chacune des pensées individuelles. Cela signifie de manière générale que plusieurs frères pensant et travaillant ensemble sur une idée auront par la somme de leurs réflexions plus d’efficacité que si chacun d’eux avait oeuvré séparément. Les maçons, ne l’oublions pas, sont des initiés grégaires, non des mystiques isolés.

Source : http://www.freimaurerei.ch/f/alpina/artikel/artikel-2008-03-01.php

 

Publié dans Planches

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Mystère des égrégores

Publié le par X

On appelle égrégore, l’ensemble des énergies cumulées de plusieurs personnes, vers un but ou une croyance défini par eux. Il agit comme un accumulateur d’une énergie aurique possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois.
C’est une manifestation parapsychique, un « être » ou une « force » créée par la pensée de gens qui ont un but commun. La vitalité d’un égrégore dépend du nombre de personne y participant mais aussi de l’énergie apporté par chacun ainsi que du temps passé à l’activer.
Plus ce but commun existe depuis longtemps, plus ceux qui le partagent sont nombreux, plus cet égrégore est puissant. À la limite, une seule personne s’investissant assez dans quelque chose pourrait créer un égrégore, une entité défendant son projet et l’aidant à le réaliser.

DEFINITION

C’est au médecin Pierre Mabille, compagnon de route du surréalisme et auteur de plusieurs ouvrages sur ce mouvement, que l’on doit une définition du terme égrégore dans son ouvrage Egrégores ou la vie des civilisations, paru en 1938 : « J’appelle égrégore, mot utilisé jadis par les hérmétistes, le groupe humain doté d’une personnalité différente de celle des individus qui le forment. Bien que les études sur ce sujet aient été toujours, ou confuses, ou tenues secrètes, je crois possible de connaître les circonstances nécessaires à leur formation. J’indique aussitôt que la condition indispensable, quoique insuffisante, réside dans un chos émotif puissant. Pour employer le vocabulaire chimique, je dis que la synthèse nécessite une action énergétique intense. »
Bien que connu sous différentes autres formes par le passé, la notion d’égrégores fut introduits en occultisme par Stanislas de Guaïta pour personnifier des forces physiques ou psychophysiques non surnaturelles en forme d’êtres collectifs.

ASPECTS PSYCHIQUES ET ENERGETIQUES
L’égrégore possède une composante à la foi psychique et énergétique. L’égrégore est une énergie qui contient toutes les vibrations des gens qui le créent, le font vivre… et qui leur échappe.
La concentration des personnes réunies dans un même but, avec les mêmes pensées intenses créée un égrégore qui se constitue, se développe, s’amplifie et devient actif.

Un savant français, Jean Charon, a publié aux éditions Tchou-Laffont un livre dont le titre est » L’infini sursis « , dans lequel il révèle le résultat de ses travaux sur » La mémoire des électrons et la projection de l’inconscient « .

Il me paraît important de citer ce qu’il écrit :

« Les électrons qui nous constituent contiennent un espace-temps qui n’obéit pas aux lois de notre univers quotidien. De plus la totalité de notre esprit est contenue dans chacune des particules. »

Les cellules qui constituent l’égrégore sont tirées de l’humanité. Il vit sur le plan physique par l’intermédiaire de l’être humain et sur le plan astral par la projection astrale de ceux qui y adhèrent.

Inutile de le rappeller, tout est une question d’énergies. Et dans une première approximation, on pourra considérer qu’un égrégore aurique est une « boule » d’energie visualisable dans l’astral qui a été crée la plupart du temps par un groupe d’individus humain. cette energie aurique, avec laquelle il possible d’intéragir, possede un caractère qui lui est propre, caractère attribué par ses créateurs. C’est comme un accumulateur d’une énergie possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois. Il est alors aisé de comprendre qu’il existe des égrégores aurique de toutes sortes (Egrégore chrétien, égrégore bouddhiste, égrégore islam, égrégore sectaire, égrégore satan, etc …) .

Un égrégore peut être perçu comme la résonance vibratoire aurique émise par la psyché d’un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme dont les composants sont de nature énergétique. La tradition ésotérique lui donne le nom de « forme pensée aurique».
Bien que d’essence subtile et impalpable, une forme pensée est aussi pénétrante, enveloppante et perceptible qu’une présence matérielle. Ce sont les courants émotionnels, mentaux et spirituels, émanant de l’ensemble des membres d’un groupe qui élaborent une forme pensée, pour ensuite la structurer.
La notion d’égrégore se rapproche de celle d’inconscient collectif, de conscience collective ou de champ morphogénétique ou de champs de conscience opérant entre eux.

ORIENTATION D’UN EGREGORE
Un égrégore est un agrégat de forces constituées de courants vitaux, émotionnels, mentaux et spirituels, suivant la qualité vibratoire de la forme pensée aurique. Ces courants vitaux, créés par le groupe d’individus duquel l’égrégore est issu, pénètrent la conscience du groupe sous forme de désirs, de concepts et d’aspirations.
La patrie, la république, la justice, la guerre ne sont rien d’autre que des images égrégoriques.
L’égrégore de nature astrale peut être orienté par le mental et nourrit essentiellement par l’énergie émotionnelle, (la forme pensée provoquée par les désirs, les aspirations, les rêves, les décision, les engagements, les idées, la volonté, d’un ou de plusieurs êtres humains.)
Dans un groupe, on suppose que si les objectifs et les orientations personnelles des participants sont de nature matérielle, les égrégores, leur double subtil, manifestent des intérêts analogues. Si au contraire, les buts et les orientations des personnes constituant un groupe sur le plan physique sont inclusifs, son égrégore sera animé des mêmes intentions.
« Il existe une raison importante pour laquelle les groupes ésotériques (quelle que soit leur origine) restent discrets. Leurs symboles, rituels et réunions, répétés à travers le temps, développent un égrégore, ou « esprit de groupe », qui lie les membres, les harmonise, les motive et les stimule afin de réaliser les objectifs du groupe. Il leur permet également de faire des progrès “spirituels” qu’ils ne feraient pas s’ils travaillaient seuls. Un égrégore peut cependant être perturbé par la pensée négative de personnes qui ne sont pas en accord avec les objectifs. Par conséquent, les groupes ésotériques tentent de se protéger de pensées négatives qui pourraient affecter leur égrégore. » ( Gaetan Delaforge in GNOSIS n°6)

En se focalisant sur un objectif et en agissant pour lui donner vie, une personne est en mesure de créer un égrégore susceptible de se développer pendant un temps indéterminé. Suivant l’intensité de l’idée émise et du nombre de personnes qui y adhéreront, ce temps peut durer de quelques jours à plusieurs millénaires.
Pour donner deux exemples:

Une association créée par un groupe d’amis, pendant une durée de deux mois autour du projet d’organiser un concert en vue de recueillir des fonds pour réaliser un objectif particulier, va créer un égrégore à durée de vie limitée.
Un égrégore peut être réactivé et transformé au cours des siècles.
L’égrégore de la Franc-Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme: spéculative, avait déjà un long passé avant d’être de nouveau réactivé au début du dix-huitième siècle. La maçonnerie spéculative est un sous-égrégore aurique de celui qui anime l’Esprit de la Maçonnerie qui et beaucoup plus ancien. La Maçonnerie actuelle, fondée en 1717 à Londres, est une émanation aurique de l’Egrégore Maçonnique dont il est difficile de connaître l’origine qui se perd dans la nuit des temps…
Selon certain enseignements de haure magie, l’égrégore peut parait il être détourné de son but original. Par exemple, l’église catholique est un excellent exemple d’égrégore aurique. La foi de millions de personnes dans les dogmes ancien de l’église, canalisé par les prêtres, donne un des plus puissant égrégore aurique connu, très prisé par les medium ou voyant occidentaux. Selon certains, le medium étant le manipulateur conscient d’énergie aurique, serait capable de se « brancher » sur l’égrégore aurique de l’église catholique.
La tradition Occulte rapporte le principe de l’envoûtement par messe triangulaire n’est plus pratiqué de nos jours. L’opérateur, devant pour ce faire, s’assurer la complicité de trois prêtres qui disaient simultanément trois messes dans trois »églises formant triangle. L’opérateur se plaçait au centre géométrique du triangle… Ce rituel utilisait l’égrégore catholique dévié de son emploi dans un but de nuisance. Il est à rapprocher de la pratique dite Média-Vita, largement utilisée jusqu’au XVe siècle et qui constituait avec les messes de saint Jude et de saint Sicaire des pratiques d’envoûtement autorisées et effectuées avec la complicité de l’église contre les ennemis de cette dernière… bien entendu.

NAISSANCE DE L’EGREGORE
L’égrégore est activé par une seul personne à la base l’idée créatrice fait que plein de personne adhère …
Selon la recherche ésotérique, un égrégore naîtrait, par exemple, d’une fervente prière collective, d’une thérapie de groupe, d’un soin énergétique, d’un rituel qui pourrait être chamanique par exemple. Mais il est tout autant être la résultante d’extrémismes religieux, politiques ou nationalistes ou même d’un évènement traumatisant susceptible d’engendrer une émotion collective puissante et durable tel que les attentats du 11 Septembre 2001…
Une idée collective est vouée à la vaporisation, si elle n’est pas ancré à la base par une personne ou un sujet…
Le collectif et fait de personne stable ou non stable avec des idées difluantes si pas un ancrage sur l’idée central qui dégagera le positif, avec la meilleur volonté du monde l’énergie temporaire se volatilisera.
Afin de donner à l’égrégore une forme concrète, on en fait une représentation symbolique, qui sera un support de visualisation. Ce signe représente sa nature, ses buts, ses moyens.
Nous aurons donc le sceau de salomon, l’étoile de David, le pentagramme, la croix latine, le triangle maçonnique, la croix gammée…
Le symbole porte en lui-même une représentation qui parle immédiatement à l’être humain de façon figurée. Tous ces innombrables signes et sceaux ne sont que des représenations de l’égrégore. Ces signes sont à la fois une protection, un support et un point de contact entre les membres. Ils deviennent alors de véritables pentacles.

ASPECT CONSTRUCTIFS DE L’EGREGORE

En Amérique et en Europe, on a expérimenté des « groupes de prières » dans les hopitaux , qui prient pour la guérison physique des malades qui le leur ont demandé. On s’est aperçu, que des malades atteint de maladies graves, et pour qui priaient ces groupes, se remettaient beaucoup pus rapidement et avaient des chances de guérison beaucoup plus élevé, que des malades qui ne bénéficiaient pas de ces groupes ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le « groupe de prières », par sa dévotion, va canaliser une énergie aurique et faire son prope égrégore que l’on pourrait appeler « énergie de guérison », et qui va se mêler à l’énergie aurique du malade visé, le rendant ainsi beaucoup plus fort, pour se battre contre la maladie !

Pour le travail, c’est la même chose : vous travaillez dans une entreprise qui vous demande de constituer un groupe afin de réaliser un projet. Si, dans votre groupe, chacun est soudés, « sur la même longueur d’onde aurique », votre projet sera terminé en un rien de temps, et vous bénéficierez des honneurs de vos employeurs. Par contre, si dans le groupe existe une ou plusieurs « brebis galeuse », l’énergie développée par votre groupe sera quasiment nulle ou très négative, les idées manqueront, votre travail n’avancera pas et le moral de vos « troupes » sera au plus bas ! Vous essuierez ainsi un cuisant échec auprès de vos responsables. Que se sera-t-il passé ? L’énergie développée par ce groupe à la base « malsain », sera inexistante, voire malsaine. La meilleure solution aurait donc été que vous fassiez le travail seul, ce qui aurez été plus long, mais beaucoup moins difficile, étant donné que vous n’auriez subi aucune entrave à sa réalisation, contrairement à ce qui se sera passé dans votre groupe aurique négatif.
L’efficacité d’un Egrégore aurique repose sur la cohérence du groupe. Cohérence au niveau de l’identité, des objectifs, cohérence dans le temps et par delà le temps.

NUTRITION DE L’EGREGORE
La puissance d’un égrégore dépend de sa « masse psychique concentrée ou mobilisée ».
La puissance et la nature de ces courants émis déterminent la qualité de la forme pensée aurique. Plus elle est alimentée et plus son rayonnement s’étend. En contrepartie, moins elle est nourrie et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégores se créent, se développent, puis s’anémient et disparaissent. La durée de vie d’un égrégore dépend des paramètres identiques à ceux de toutes institutions humaines. Plus elles sont vitalisées auriquement, plus on leur porte de l’intérêt et plus elles se renforcent. Dans le cas contraire, moins elles sont fertilisées et moins elles sont susceptibles de battre des records de longévité.
Un égrégore, nourrit par des millions de gens et ce, sur un laps de temps considérable (bien que le temps soit modifié voir inexistant dans la plupart des autres plans), peut être devenu indépendant et capable de se regénérer en se nourrissant des énergies de ses « esclaves », le chi. Peut-être même un égrégore peut-il développer un conscience, et ainsi devenir redoutable.
Les mêmes lois régissent le domaine matériel et le domaine psychique. Ce qui vaut pour l’un, vaut pour l’autre. Il n’y a aucune différence. Il en va bien évidemment de même pour ce qui touche au monde spirituel.
En tant qu’humain « moyen » ou non initié, la seul chose qu’on puisse faire pour lutter contre un égrégore, c’est savoir se contrôler: ses sentiments, émotions, pensées. Le fait de penser à un égrégore, on le nourrit. Détester, haïr, aimer, idolâtrer, prier, etc, on le nourrit.
Les égrégores, on ne les ressent pas, on les subit, en tant qu’humain « moyen », c’est tout ce qu’il y a à faire. Il parait que seul un mage initié peut lutter « activement » contre un égrégore.

Pour cela, les dirigeants de ces cercles organisent des rassemblements, des meetings, des cultes… Afin d’augmenter le pouvoir de l’égrégore, on a recours à des rituels qui sont des formules, des prières, des invocations, la visualisation d’une image concrétisatrice, l’encens, les chaînes d’union, les courants mentaux…
A travers la croyance que nous avons mise sur le sang, celui-ci libéré sous forme de sacrifice accroîtra sa vitalité et certaines sectes utilisent ce procédé, de même que certaines religions animistes et nos anciennes pratiques religieuses mais aussi lors du sacrifice du mouton pendant la fête de l’Aïd chez les musulmans. Ce sacrifice leur permet ainsi de renforcer la vitalité de l’égrégore. Les masses non- familiarisées avec ce concept n’y voient pourtant là qu’une banale tradition…

La vie matérielle de l’égrégore est assurée par le nombre des membres d’un groupe, par leur discipline, leur union, leur stricte observance des rituels, mais aussi par les courants de sympathie ou d’antipathie du monde..
L’Egrégore tire son énergie de l’énergie aurique psychique de chacun des membres de la communauté qui le nourrit auriquement par l’idée premiere. Etant autonome, il perdure tant qu’il est alimenté. Et pour nourrir un égrégore aurique, quoi de mieux que le recours à la Tradition qui assure le maintien des formes à travers le temps. Ainsi, se relier à une tradition ancienne, c’est pouvoir encore bénéficier ou subir l’énergie d’un égrégore du passé. Chaîne qui relie les adeptes d’une société par-delà le temps et l’espace. C’est l’Egrégore qui donne sa coloration, son esprit, son « ambiance » à une assemblée humaine. L’énergie disponible sur un chemin spécifique dépend de la qualité d’intégration de l’individu à l’Egrégore aurique qui préside à ce chemin. Mais toute médaille à son revers : ce qui relie est aussi ce qui enchaîne. Ce qui peut être une aide dans une voie spécifique est également une entrave pour tous ceux qui veulent s’en écarter. On comprend pourquoi les religions se battent pour convertir les masses à leur cause. Pour Bernard de Clairvaux (1090-1153) grand prédicateur de la 2ème croisade (1147-1149) c’était on ne peut plus clair « le baptême ou la mort » ou encore « conversion ou extermination ». Vous pouvez imaginer aisément que le système avait crucialement besoin d’énergie vitale pour porter ses égrégores qui n’ont rien à voir avec le bien ou le mal tout comme des bras pour
porter le fusil. Car le nombre réel de bénéficiaires de tels égrégores ne peut pas à lui seul fournir une aussi importante « masse psychique concentrée » pour les alimenter…

QUAND L’EGREGORE DEVIENT « ENTITE »
Selon certains auteurs, l’égrégore serait doté d’une véritable personnalité !
Cette « entité psychique » naîtrait d’un ensemble d’individualités réunis autour d’une même action.
Cette entité psychique collective est composée de toutes les entités individuelles, sans en être la somme, mais bien une entité indépendante de tous ses composants.

L’égrégore aurique formerait donc une entité produite par un puissant courant de pensées collectives. C’est également un artificiel, mais énorme et puissant, étant donné qu’il est produit collectivement, et dont les manifestations peuvent être indifférement bonnes ou mauvaises.

Cette entité est produite par la dévotion, le fanatisme, l’enthousiasme. Les grandes idéologies politiques, les religions sont des égrégores. Cela nous fait penser aux égrégores produits par les sectes religieuses, les matchs de football et les discours d’Hitler…

Selon Eliphas Levi, « les égrégores sont des dieux…Les agragores sont des esprits moteurs et créateurs de formes. Ils naissent du respir de Dieu ». Ou encore : « les égrégores de la terre sont les génies de la mer et des montagnes ; pour les anciens
c’étaient des dieux, pour la kabbale ce sont des esprits mortels ignorants et sauvages,
parce que la terre est un monde des plus imparfaits »

Ils sont des esprits moteurs et créateurs de formes ?. Ils naissent de la respiration aurique de dieu…

Ce que l’on peut retirer de cette interprétation un peu métaphorique d’E.Levi ; c’est que l’égrégore a une vie aurique propre capable d’influencer les humains et la marche de l’histoire.
» Les égrégores sont des créatures psychiques artificielles, créées par la pensée unanime d’une réunion d’individualités dynamisées et entretenues en vie par des rites, voire des sacrifices et qui acquièrent une puissance occulte d’action en rapport avec celles des impulsions qui leur sont suggérées par leurs animateurs. «

Dans son livre « Le grand livre de la Wicca et de la sorcellerie bénéfique » (Ed. Dynapost), Jacques Rubinstein relate l’expérience qu’il eut la possibilité de faire au cours d’une émission sur France inter, présenté par Marie Christine Thomas et Jacques Pradel :

« (…) ce soir là un « dieu » fut créé, féminin du nom de Véronica. Ce Dieu fut crée pour avoir 24 heures de vie. Là ne s’arrêta pas l’expérience car nous décidâmes ensemble, les journalistes et moi-même, de faire agir Véronica; on lui donna mission de supprimer dans la minute même, toute douleurs à ceux qui , à l’écoute, souffraient quelque part en leur corps physique. On indiqua aussi au public qu’il pouvait demander différentes choses à Véronica, dont l’action dans 24 heures ne pouvait se révéler que quelques jours ou semaines plus tard. Enfin, on demanda au public d’écrire. Cette expérience fut suivie par des gens groupés à Marseille, à Bordeaux, etc… Certains savants dont je tairai le nom pour éviter les moqueries déplacées, suivirent aussi l’émission. C’est par centaines et centaines que les lettres sont arrivées et arrivent encore. Le côté le plus marquant de l’expérience fut bien sûr le plus immédiat, celui de la cessation de toute douleur ! Ensuite venaient des résultats absolument inattendues et ce dans tous les domaines… »

MORT ET DESACTIVATION DE L’EGREGORE
Faute d’être entretenu et nourri régulièrement, un égrégore se
désagrège et meurt car il n’est pas autonome comme on peut le voir.
Il est également très difficile de se détacher d’un égrégore.
L’égrégore aurique devient une entité très puissante qui a sa vie propre et elle se détruit difficilement. Si on désire l’éliminer rapidement, il faut avoir recours à l’incinération de tout ce qui la concerne. Il est prescrit de procéder de façon inverse à celle qui est à l’origine de l’attachement. Ainsi, s’il y a eu une cérémonie d’initiation, lors de la liaison avec l’égrégore, il faudra alors procéder de façon inverse, mais identique pour produire le détachement.
Cependant, les reactions de l’égrégore à l’égard de la cellule expulsée sont parfois très dangereuses pour l’homme concerné. La meilleure façon de se protéger serait d’adhérer à un concept de force équivalente, ne serait-ce que pour un temps…

Source : http://esmp.free.fr/Bbilio-Numerique/d60/0075%20-%20Egregore.htm

 

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L’Egrégore

Publié le par D.L

L’origine de la franc Maçonnerie spéculative est un prodigieux labyrinthe où s’enchevêtrent les influences et les filiations. Parmi celles-ci, on peut citer sans ordre de préférence : La F\M\ opérative, la Kabbale, la Bible, la Mythologie antique, la Philosophie pythagoricienne, le Christianisme, la Chevalerie, le Compagnonnage, l’Alchimie et sa Philosophie hermétique, la Philosophie des lumières, le Rosicrussisme ou encore l’Occultisme … La liste n’est, bien entendu, pas exhaustive.

Nul ne peut donc douter que la maçonnerie est, à l’instar de nombre de sociétés initiatiques, un véritable syncrétisme, c’est à dire un rassemblement de doctrines disparates, un savant mélange d’influences diverses et variées.

A ce dédale intellectuel s’ajoute un vocabulaire maçonnique complexe et déroutant : Car, au sens trivial ou littéral des mots et des symboles, s’ajoute un sens maçonnique propre mais commun à tous les F\M\, que l’on appelle « l’Allégorie » ; chacun de nous par son propre travail sur les symboles , arrive par la suite à leur trouver un sens encore plus caché et personnel ; c’est ce qu’on peut qualifier de sens « anagogique » des mots ou des symboles.

C’est donc avec cette grande simplicité de mise en œuvre des mots dont la maçonnerie a le secret que j’ai choisi de vous parler de l’EGREGORE, mot dont j’ignorais même l’existence donc le sens littéral avant de recevoir la lumière.

Si, dans cette enceinte, nous parlons assez facilement d’EGREGORE à propos d’une tenue que nous sentons collectivement réussie, la signification profonde de ce terme, véritable néologisme maçonnique, échappe à bon nombre d’entre nous, moi en premier.

Mon niveau culturel philosophique étant proche de la « désagrégation », et mon LAROUSSE du 20° siècle en 6 volumes et 40 kilos étant désespérément muet à ce sujet, je me suis donc rabattu sur WIKIPEDIA la net encyclopédie (pas toujours très nette d’ailleurs) pour y trouver l’étymologie du mot EGREGORE.

Comme bien souvent avec la langue française, l’étymologie est double : Grecque et Latine.

D’après L’étymologie grecque, l’EGREGORE a un rapport avec l’action de veiller, car EGREGOREIN signifie « veiller » et EGREGOROS « veilleur ».

L’étymologie latine nous fournit un autre sens :
E-EX signifie sortant de, GREG-GREGIS : le troupeau la foule, OR : Celui qui agit. EGREGORE : Celui qui agit en sortant de la foule : l’EGREGORE est la résultante de l’action d’une foule.

C’est dans le livre d’HENOCH, apocryphe du 2ème siècle avant Jésus Christ qu’apparaît le terme EGREGORE : Il représentait les gardiens des 6 directions de l’espace, des entités à caractère énigmatiques, représentant le monde intermédiaire.
HENOCH est souvent confondu avec ENOCH qui appartient à une légende maçonnique dont il m’est interdit de révéler la teneur à ce degré, cela nous autorise néanmoins une filiation directe avec la maçonnerie.

Plus tard, c’est l’alchimie qui s’empara du terme EGREGORE dont la plus simple expression est le REBIS : La chose double, le mercure philosophique, la pierre qui se réalise par l’union, du soufre (le mâle, le soleil) et du mercure (la femelle, la lune), sous l’influence d’une action énergétique intense.
Nos FF\ passionnés d’alchimie ne manqueront pas d’abonder en ce sens par leurs interventions. Chacun d’entre nous cependant peut remarquer et analyser la présence des 2 astres en loge : La parole principielle est transmise à la loge par le V\M\, foyer de concentration des énergies, qui la reçoit de l’Orient où se trouve conjuguée l’action de la lune avec celle du soleil, réalisant ainsi une véritable triade énergétique qui, à l’instar de la pierre philosophale, base opérative du magistère des alchimistes, est semblable à la base des travaux en loge ; cette même triade énergétique se retrouve dans le triptyque Sagesse, Force, Beauté. Le terme EGREGORE est donc parfaitement compatible avec notre activité maçonnique où il s’applique comme dans l’alchimie.

Malgré les 2 analogies que j’ai évoquées, il semblerait que pour la F\M\, la véritable origine du terme EGREGORE viendrait de l’occultisme, doctrine philosophique du XIXème siècle, créée après le siècle des lumières et presque par réaction à sa philosophie induite. Syncrétisme de courants ésotériques, l’occultisme a emprunté l’hermétisme à l’alchimie. C’est un occultiste, un certain STANISLAS de GUAITA qui l’introduisit en maçonnerie.
Si de GUAITAI est un maçon inconnu pour la plupart d’entre nous, son secrétaire est beaucoup plus illustre puisqu’il s’agissait d’OSWALD WIRTH.

De nombreux maçons ont écrit des choses plus intéressantes les unes que les autres sur l’EGREGORE. Tous ne sont pas d’accord sur le sujet et certains considèrent parfois l’EGREGORE comme une fantaisie à caractère occulte qui n’a rien à voir avec le travail en loge.

Pour tenter une définition du terme dans le sens allégorique, je comparerais l’EGREGORE à un état collectif lorsque nous sommes en tenue, par lequel nous prenons conscience d’une sensation, d’un lien fort, à la fois physique et psychique, entre chacun d’entre nous.
Cet état de conscience que l’on peut qualifier de spirituel est souvent éphémère mais il peut être prolongé jusqu’après la tenue. Il trouve son apogée lors de la chaîne d’union, moment fort de la tenue où les sens physiques individuels sont combinés à la psyché du collectif.

Une telle conception de l’EGREGORE ne manque pas de faire peur à certains maçons qui pratiquent une maçonnerie proche des réalités sociétales. Cette maçonnerie là n’inclut pas d’ailleurs systématiquement la chaîne d’union lors de ses réunions. A ce titre, j’ai une anecdote mes FF\ ; je me souviens avoir assisté à une tenue d’extériorisation sur la Sécurité Sociale dans une loge parisienne du rite GROUSSIER où, à la fin de la tenue, le V\ M\, en bras de chemise, regarda sa montre et déclara : « Puisqu’il nous reste 5 minutes, nous allons faire une chaîne d’union ». Cela prouve quel intérêt, ce F\ portait à la dimension spirituelle de la chaîne d’union.
Mais, pour nous, adeptes du REAA, pour qui il est plus facile d’entrevoir une conception spirituelle de la maçonnerie, la présence de l’EGREGORE ne nous fait pas peur .

Il est évident qu’un état collectif de conscience tel qu’on l’attribue à l’EGREGORE, peut se retrouver ailleurs qu’en maçonnerie. Il en est ainsi lorsque les apôtres reçurent de Jésus Christ l’Esprit Saint après sa résurrection. Mais ce peut être le cas aussi au cours d’un match de football lors d’une « holà » ou encore lors d’un concert lorsque les assistants se tiennent par les bras en se balançant. C’est encore et malheureusement le cas dans toutes les sectes lorsqu’on se met à adorer des divinités de pacotilles pendant des transes collectives.
La F\M\ n’est pas la pratique d’une religion puisqu’elle est adogmatique, elle n’est pas un phénomène de foule puisqu’elle est sélective et rituélique, et elle est encore moins une secte car elle respecte la conscience des individus qui la composent.

Il est essentiel pour nous de bien connaître les limites, dans le sens contour, de l'EGREGORE, afin de pouvoir trouver celui-ci en toute sérénité.

Comme je l’évoquais plus haut, la F\M\, non seulement respecte la conscience individuelle de ses membres, par le principe de liberté absolue de conscience, mais elle favorise cette conscience individuelle par le processus d’individuation, conséquence dans notre recherche introspective à laquelle nous sommes invités dès le cabinet de réflexion. VITRIOL « Visite l’Intérieur de la Terre et tu Trouveras la pierre cachée », autrement dit, et pour paraphraser SOCRATE : Tu ne connaîtras l’univers et les dieux qu’en te connaissant toi-même.
Ainsi, si notre vie maçonnique est ponctuée régulièrement de réunions communes sous forme de tenues, il est essentiel que chacun d’entre nous travaille à ce processus d’individuation afin que le collectif soit le plus pur possible et débarrassé des scories profanes de notre inconscient.

La différence entre une secte, religieuse ou non et la F\M\ est essentiellement là : La secte prends n’importe quel individu et va rejeter ceux qui ont une trop grande capacité à comprendre, car l’état de conscience collective sectaire vise à annihiler la conscience individuelle au profit de l’endoctrinement.
La F\M\ prend les individus tels qu’ils sont mais cherche, au contraire à sélectionner ses membres en décelant chez eux une capacité à apprendre. Elle les aide à se débarrasser de l’inconscient qui encombre l’individu et façonne leur aptitude à restituer la lumière reçue par un rayonnement altruiste et leur probité.
L’EGREGORE maçonnique est donc un état de conscience collectif fort et subtil dans lequel les consciences restent individualisées. Il ya dans l’EGREGORE Maçonnique les deux origines étymologiques du mot Grecque et Latine qui sont indissociables: L’EGREGORE est une expression du collectif, mais l’état de veille est permanent.

Sa réalisation dépend de la combinaison de plusieurs facteurs qui s’inscrivent pleinement dans le droit fil de notre thème annuel de travail « l’engagement ». Chacun de ces facteurs pourrait, à lui seul, d’ailleurs faire l’objet d’une planche.

Le premier facteur est la réalisation de « l’effet rituel ». il conditionne le bon déroulement de la tenue. « L’effet rituel » est variable selon les rites, en ce sens que le R\E\A\A\ produit un « effet rituel » généralement plus fort que d’autres rites plus épurés. Mais il dépend surtout de la qualité de son exécution par la loge. Nous connaissons de loges travaillant au R\ F\ GROUSSIER qui exécutent leur Rituel parfaitement, alors que celui-ci est très dépouillé. A contrario, il existe des Loges au R\ E\ A\ A\ qui par leur défaillance dans la mise en œuvre du rite perdent tout « effet rituel ».
Pour cela, chacun des membres de la loge doit être dans un bon état de réceptivité, et de sensibilité. Notre engagement à étudier et comprendre le rituel fera le respect de celui-ci ; et le respect du rituel nous permet de sacraliser l’espace et le temps, cela est déterminant pour l’accès à la dimension spirituelle de nos travaux.

Ensuite, le deuxième facteur essentiel est l ‘acquis commun accompagné de l’apport individuel et le partage de ceux-ci entre les FF\. , quelque soit le degré auquel travaille la loge. L’initiation est isomorphe, c’est à dire identique pour tous les FF\ . Les initiés, eux, étant à l’opposé hétéromorphes. Néanmoins, pour que nos travaux soient partagés activement, il est essentiel que chacun y participe, quelque soit son grade. Il s’agit là d’un engagement crucial : Celui des APP\ est l’écoute active, celui des COMP\ l’apport de leur ressenti, éclairé par leurs voyages maçonniques, celui des M\, le devoir de transmission et de rassemblement et celui du V\M\ le rebond de la parole.
Le devoir qui s’impose à chacun d’entre nous est essentiel. Non seulement l’assiduité est un minimum requis, mais la participation active aux travaux de la loge est un élément essentiel de cohésion du groupe. Elle nous évitera tout phénomène de « gouroutisation ».
La pensée collective n’existe que si nous collectons la pensée de chacun ; il s’agit pour notre loge d’un véritable défi qui constitue notre engagement, d’autant plus, que par les aléas de la vie profane et maçonnique, notre loge a vu un certain nombre de ses membres s’éloigner dernièrement.

Ce qui peut être perçu aujourd’hui, comme un effort important pour certains d’entre nous deviendra parfaitement naturel demain pour eux , si ceux-ci respectent cet engagement dès aujourd’hui.

N’ayons pas de complexe, même la plus simple des réflexions est une réflexion, c’est à dire le reflet de l’esprit, alors que les formules ampoulées cachent, parfois derrière le fard des mots savants, la platitude des idées.
Donnons, donnons, donnons mes FF\, et nous recevrons d’autant plus.

Enfin, la réalisation de l’EGREGORE dépend d’un élément déterminant, troisième facteur indispensable : Il s’agit de la fraternité. Elle doit être naturelle, car l’amour est le carburant de nos idées. Le regard fraternel permet à l’autre de s’exprimer en toute confiance.

L’engagement de fraternité et d’amour est une aide considérable dans notre chemin initiatique. Cette aide nous permet de franchir les écueils et d’affronter les aléas. Rappelons nous notre premier voyage, sans le soutien fraternel de nos FF\, nous aurions été incapables d’affronter cette épreuve.

La fraternité n’est ni un mot, ni un concept ; c’est un engagement que tout F\M\ doit respecter, c’est un état d’esprit qui conditionne, entre autres, la réalisation de l’EGREGORE.

En résumé, et pour revenir à l’étymologie grecque du mot : « veilleur », A mon Sens, chacun d’entre nous, en son grade et sa qualité, est responsable de la réalisation de l’EGREGORE à chaque tenue , et chacun doit veiller au respect de ses engagements : L’engagement de s'approprier le rituel et garantir sa bonne exécution pour obtenir « l’effet rituel » ; l’engagement de participer activement à chacune de nos tenues ; et enfin, l’engagement d’entretenir l’état d’esprit fraternel qui doit régner entre nous.

Pour conclure, et si vous le voulez bien mes FF\ , je confierai à Jean Sébastien BACH le soin d’agrémenter la fin de ces propos : J’ai choisi la cantate 140 dite « Cantate du Veilleur. ». Hormis son titre qui me semble approprié, cette musique me fait penser à un EGREGORE qui se construit en loge, comme la mélodie se construit par l’apport progressif et harmonieux de tous les instruments dans un rituel musical bien ordonné ; quant aux paroles qu’il écrivit pour celle-ci, elles illustrent, à mon sens, parfaitement le rapport entre l’EGREGORE et l’amour que j’évoquais auparavant…

« Mon ami est à moi, et je lui appartiens,
Que rien ne désunisse l’amour.
Je veux avec toi me délecter de roses célestes,
Viens avec moi te délecter de roses célestes.
Là sera la joie en plénitude,
Là seront les délices ! »


Que l’EGREGORE soit ce soir notre rose céleste !

Source : www.ledifice.net

 

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Concours de nouvelles maçonniques

Publié le par Thomas Dalet

!cid ED1A992C-F743-4862-B3BC-4D845EFB93E0À l'occasion du 2e Salon maçonnique du livre et de la Culture de Rennes organisé, les 6/7 avril 2013 par l'I.M.F.-Bretagne sous l’égide de l'Institut maçonnique de France, est lancé un concours de nouvelles maçonniques ouvert à tous, du 1er juillet au 31 décembre 2012.

Pour entrer dans le cadre du concours, la nouvelle doit simplement être consacrée, directement ou indirectement, à un ou des éléments issus des trois premiers degrés de la franc-maçonnerie : que l’un au moins des principaux protagonistes soit franc-maçon, que la nouvelle se déroule dans l’univers de la maçonnerie ou l’évoque, ou qu’elle mette en scène allégoriquement un thème symbolique de la franc-maçonnerie, qu'elle évoque tel ou tel personnage maçonnique historique... Le champ d’expression est large et toute liberté est donnée au candidat pour la rédaction de son texte sans restriction de genre (historique, drame, polar, thriller, comédie…).

L'objectif de ce concours ouvert à tous, maçon comme profane, est, outre la promotion d'un genre littéraire moins développé aujourd’hui, de mettre en scène les valeurs, la culture, le patrimoine ainsi que tout autre aspect plus ou moins connu de la maçonnerie.

Un jury paritaire de 12 membres (50/50 hommes-femmes, maçons-profanes, Rennais-non Rennais, au nombre desquels on trouvera notamment Roger Dachez, Eric Giacometti, Jacques Ravenne, mais aussi des auteurs bretons réputés de polars, des libraires, des éditeurs…) décernera trois  premiers prix et les dix meilleures nouvelles seront publiées dans un recueil.
Le palmarès sera révélé le samedi 6 avril 2013, premier jour du salon. 

   

Caractéristiques techniques des nouvelles : maximum 40 feuillets de 1.500 signes (sans minimum)

Date limite de remise : 31 décembre 2012.


Renseignements, règlement complet et formulaire d’inscription : imf-bretagne@gmail.com ou Institut Maçonnique de France – Bretagne, 31 rue des 3 Maries, 35150 Corps-Nuds 

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L'Egrégore, Chaîne d'Union et fraternité invisible

Publié le par Jean Luc Maxence

Charles Baudelaire, expert s'il en est en Fleurs du mal, disait que « la plus belle astuce du Diable est de nous persuader qu'il n'existe pas » . Évidemment, en transposant cette phrase célèbre, on peut écrire que les égrégores diviseurs, souvent, usent de la même malignité que Satan, se font oublier et veulent nous persuader qu'ils n'existent pas, en effet.
Alors, qu'en est-il en réalité ?... Ce qui s'impose, c'est la constatation vérifiable que dans presque toutes les cultures connues, en effet, on observe la présence d'un monde plus ou moins vaste d'êtres bons ou mauvais peuplant cet espace intermédiaire qui présente en même temps la dimension du Réel concret et celle de l'au-delà problématique...

L'homo religiosus a cherché depuis l'origine l'expression ou la personnification de la puissance des forces cachées ... Confronté à des phénomènes naturels qu'il ne savait guère interpréter ou expliquer, phénomènes bénis comme une tombée de pluie dans un désert ou maudit comme un tremblement de terre ou un déluge, il a progressivement inventé la métaphysique. L'homme s'est trouvé alors dans la démarche... créative ô combien...de tenter de capturer et d'influencer l'insaisissable grâce à une représentation sous des figures mythiques et magiques.

Au fond, s'inspirant de Ysé Tardan Masquelier qui introduit le langage symbolique en écrivant « il n'y a pas de symbole sans homme pour le penser » , nous dirons qu'il n'y a pas davantage d'égrégore sans homme pour le penser.

Pourtant, il s'agit de ne pas oublier qu'un symbole quel qu'il soit peut avoir plusieurs contenus de sens, en effet... »Un mythe est une vision unitaire du monde, il instaure des correspondances entre les divers ordres du réel, se fonde sur une intuition analogique, propose une explication globale »... Ainsi, entre la manière dont l'occultiste Eliphas Lévis considérait les égrégores quand il écrivait : « les égrégores sont des dieux ... Les agragores sont des esprits moteurs et créateurs de formes. Ils naissent du respir de Dieu ». Ou encore « les égrégores de la terre sont les génies de la mer et des montagnes ; pour les anciens c'étaient des dieux, pour la kabbale ce sont des esprits mortels ignorants et sauvages, parce que la terre est un monde des plus imparfaits » et ce qu'est devenu en notre siècle le mot d'égrégore lorsqu'il est employé en Loge maçonnique, il y a tout un monde !

Employé couramment dans le Temple, il signifie alors quelque chose comme le résultat hypothétique de la communion des énergies mystiques quand la chaîne d'union, durant une tenue maçonnique, est constituée... C'est opéré ainsi un important et incontestable glissement de signifiant.

Le terme « égrégore », pour les maçons de quelque obédience ou ordre que ce soit, semble, d'apparence tout au moins, faire l'impasse totale sur la presque totalité des données symboliques et mythiques . ... Le mot égrégore occupe souvent la bouche des Francs-maçons réunis en atelier...

Mais qui donc se souvient du récit mythique et significatif des anges qui veillèrent sur le « Mont Hermon » pour leur simple dimension d'être collectif ? ... Il semble bien que ce terme d'égrégore quand il est prononcé dans le cadre d'un rituel maçonnique, et « à couvert », n'a gardé que sa signification immédiate d'effets collectifs, d'énergies communautaires, en quelque sorte.

L'égrégore à raz les pâquerettes, à raz son sens premier, en somme...
Et pourtant, à peu près tous les historiens de la Franc-maçonnerie, savent et évoquent volontiers le véritable danger qu'il y a de négliger les effets qui peuvent être provoqués par une évocation, en quelque sorte « légère » de l'égrégore, par une demande intense et collective de frères espérant sa venue au cœur d'une chaîne d'union... On retrouve dans le souci qu'ils ont d'avertir leurs alter ego des périls ainsi encourus, cet effroi devant le Sacré.

En fait, l'égrégore pour les Francs-maçons est un temps particulièrement rare et privilégié dans la pratique du rituel collectif qui se déroule dans la Loge, moment où les frères présents au cours de la tenue éprouvent le sentiment d'une très intense communication entre eux, quels que soient leurs degrés et qualités, d'une communion fraternelle des énergies et vibrations... En résumé, l'égrégore semble un mot un peu galvaudé que l'on murmure souvent à voix basse, qui veut traduire des minutes d'émotion, la complicité exceptionnelle d'un groupe rassemblée autour d'un tableau de Loge (Naos), lors de la chaîne d'union, laquelle est donc cette figure constituée par l'ensemble des frères réunis, et se tenant par la main dégantée, de manière à former une boucle... Cette chaîne d'union peut être fermée si chacun croise les bras pour que le droit passe toujours par-dessus le gauche... Ce rite si particulier a lieu en général lors de la clôture des cérémonies, et elle est l'occasion d'une exhortation orale prononcée par le Vénérable Maître qui rappelle de façon solennelle le sens de ce geste qui lie fraternellement les personnes présentes ce jour-là dans la Loge à toutes celles qui les ont précédées et à tous les maçons de la terre, et même à ceux qui viendront après.

De même, a la fin des agapes, dans certains rites, les convives seront appelés à former à nouveau la chaîne... Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, par exemple, celle-ci est formée à la fin des travaux et complétée par une sorte d' « exhortation-prière » dont les termes sont laissés à l'initiative du Vénérable Maître... En fait, il est presque toujours rappelé que les frères doivent poursuivre au-dehors l'œuvre accomplie en Loge, dans le Temple, et l'égrégore, dans son sens commun de communion des énergies mystiques, s'y fait sentir souvent... Une connivence passe... Une fraternité agissante passe de chacun à chacun...

Alors, Dieu sait quoi d'indéfinissable descend parfois sur l'assemblée... Comme des anges, peut-être ? Comme si le groupe des officiants fort et UN par le certitude de son identité de vue, d'espérance, de pensée... Au fond, en maçonnerie, la chaîne d'union crée aussi, quand le rite est réussi, une force UNE, une entité invisible, peut-être ?...

Spirituel est toujours l'égrégore des Francs-maçons quand ceux-ci sont des initiés dignes de ce nom, c'est-à-dire toujours en quête d'un supplément de connaissance et de sagesse... Soyez Veilleur, souffle en quelque sorte l'égrégore... Et veilleurs jusqu'au bout de la quête que vous avez entreprise... Demeurez comme des dieux attentifs... Comme des dieux et des hommes devenus ainsi qu'un seul dieu par la vertu mystérieuse d'une fusion collective autour d'un même amour mutuel... Ainsi, plus souvent qu'il n'y paraît, en Loge, l'espace formé par la chaîne d'union devient le mont Hermon lui-même... Et les frères qui se transmettent connaissance et enseignement se sentent devenir à la ressemblance des égrégores remplis de la Sagesse des légendes mythiques...

Le collectif se transforme en entité en soi... l'entente est possible... Alors, toute chaîne d'union a son soleil mystique, comme dirait Eliphas Lévis... Tout « atelier » devient créateur et inspirateur d'initiatives de création... Toute entraide s'avère possible... Les apparences du voile sont transpercées de part en part, les visions communes deviennent lucides, le « vous êtes tous frères » s'incarne véritablement... La magie fraternelle opère à plein.

Toutefois, cette fraternité de l'égrégore triomphant, invisible et souvent indéfinissable, ne doit pas être confondue avec une connivence ou une convergence d'intérêts matériels ou, pire, par cette sorte de mafia maçonnique tant de fois dénoncée au-dehors par les profanes !... Si l'égrégore qui jaillit parfois de la chaîne d'union fait des miracles d'unité et de compréhension mutuelle, si elle suscite parfois des actes créatifs exceptionnels, l'égrégore peut être aussi parfois le hideux prétexte aux lâchetés collectives les plus criantes, aux injustices de caste, à l'esprit sectaire même... Les pires aliénations sont hélas possibles, les pires défigurations... Qui veut faire l'ange unitaire et gardien fait parfois le diable paranoïaque !
Il s'agit en somme de discerner l'égrégore qui ouvre vers la métanoïa des mystiques D transformation intérieure) et celui qui incite aux réflexes d'homéostasie, c'est-à-dire au repliement sur soi même et sur ses égoïsmes, y compris collectifs.
Ainsi, comme l'ange Gabriel, l'égrégore peut avoir une aile de lumière et une aile d'ombre.

C'est pour cela sans doute que sa fascination persiste en nos cœurs, que son aimantation se répercute d'un bout à l'autre de la chaîne d'union... L'égrégore, en définitive, fait penser symboliquement au pavé mosaïque de la Loge ... Carrés blancs et carrés noirs y font la vie contrastée et le choix possible...

Alors, au-delà de ses légendes d'origine, l'égrégore ne peut mourir tant que nous l'appelons sincèrement pour des œuvres de lumière...

Extrait du livre de Jean Luc Maxence par JDI

Source : http://esmp.free.fr/Bbilio-Numerique/0004-Egregore.htm

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Les égrégores

Publié le par Jean-Paul Thouny

Les égrégore sont des entités produites par de puissants courants de pensées collectives et cohérentes.

L'égrégore est une
forme pensée ou champ énergétique construit par un groupe de personne ayant la même intentionnalité, par exemple : groupe de philatélistes, club sportif, syndicat, église, parti politique… ou tout simplement ensemble de personnes pouvant être disséminées sur la planète mais, vivant les mêmes émotions : amour, haine, colère, compassion…

Un ensemble de personnes qui se focalisent sur un même objet, avec une certaine intensité, déploient une énergie mentale, affective, passionnelle, spirituelle… qu'ils mettent en commun. Cette activité concentrée sur un objet en particulier génère une forme pensée ou, champ énergétique composé d'énergie mentale, d'émotionnelle, d'énergie spirituelle.

L'égrégore est une énergie structurée par l'objet sur lequel elle se finalise, et remplie de toutes les émotions que les participants mettent en commun.

Interaction entre les membres du groupe et l’égrégore

L'égrégore condense, rassemble ce que chaque membre y apporte. Et chaque membre, du coup, reçoit de l’égrégore dans lequel il entre, plus que ce qu'il a apporté. Il y a donc interaction entre les membres du groupe et l’égrégore.

Ce sont les membres rassemblés qui constituent l'égrégore, mais cet égrégore va adombrer les membres. Les membres sont donc sous l'ombre, ou a l'ombre de l'égrégore, qui est comme un nuage au-dessus d'eux. Et il y a bien interaction au sens où le membre nourrit l'égrégore, mais l'égrégore agit sur le membre.

Si nous rejoignons par la pensée un égrégore d'amour, nous recevrons en retour de l'amour. Alors que s'il s'agit de colère, il en sera tout autre et, nous recevrons en retour… de la colère !

L'égrégore est constitué par les personnes qui en sont le facteur déclenchant. La puissance de l'égrégore va s'amplifier en fonction du nombre de participants, mais également en fonction de l'intensité de la recherche, de la focalisation de ses membres sur l'objet et, de leur implication existentielle ou passionnelle. En s'impliquant passionnément dans l'objet d'un égrégore, les membres font un apport important d'énergie à l'égrégore.

L'égrégore est une entité vivante

L'égrégore est un concept vitalisé, réelle entité, qui pour être viable, doit être alimenté régulièrement par les membres du groupe se maintenant tous dans la même énergie vibratoire.

C'est pour cela, que les dirigeants de groupes à l'origine d'égrégores, organisent des meetings, des cultes, des rassemblements… Également, afin d'augmenter le pouvoir de l'égrégore, certains ont recours à des rituels qui peuvent consister en des formules, des symboles, des prières, des invocations, des visualisations d'images concrétisatrices, des courants mentaux, des chaînes d'union, brûler de l'encens...

Chaque membre du groupe devient une "cellule" de l'égrégore. Il vit sur le plan physique par l'intermédiaire des êtres humains membres du groupe, et sur le plan astral par la projection astrale de ceux qui y adhèrent.

La vie matérielle de l'égrégore est assurée par le nombre des membres d'un groupe, par leur discipline, leur union, leur stricte observance des rituels, mais aussi par les courants de sympathie ou d'antipathie du monde...

Forme donnée à l'égrégore

Afin de donner à l'égrégore une forme concrète, on en fait une représentation symbolique, qui sera un support de visualisation. Ce signe représente sa nature, ses buts, ses moyens. Nous aurons donc le sceau-de-salomon, l'étoile de David, le pentagramme, la croix latine, le triangle maçonnique, les symboles du Reiki…

Le symbole porte en lui-même une représentation qui parle immédiatement à l'être humain de façon figurée. Tous ces innombrables signes et sceaux ne sont que des représentations de l'égrégore. Ces signes sont à la fois une protection, un support et un point de contact entre les membres. Ils deviennent alors de véritables pentacles.

L'égrégore peut devenir une entité très puissante qui a sa vie propre et elle se détruit difficilement. Si on désire l'éliminer rapidement, il faut avoir recours à l'incinération de tout ce qui la concerne.

 

Attachement à l'égrégore

Il est également très difficile de se détacher d'un égrégore. Il est prescrit de procéder de façon inverse à celle qui est à l'origine de l'attachement. Ainsi, s'il y a eu une cérémonie d'initiation, lors de la liaison avec l'égrégore, il faudra alors procéder de façon inverse, mais identique pour produire le détachement. Dans la religion catholique, le baptême est annulé par l'excommunication.

Cependant, les réactions de l'égrégore à l'égard de la cellule expulsée sont parfois très dangereuses pour la personne concernée. La meilleure façon de se protéger est d'adhérer à un concept de force équivalente, ne serait-ce que pour un temps… Mais surtout de bien choisir le groupe auquel on adhère, intentionnellement ou non… Les conséquences peuvent être très différentes suivant le groupe.

En tant qu’humain “moyen” ou non initié, la seule chose qu’on puisse faire pour lutter contre un égrégore, c’est savoir se contrôler : sentiments, émotions, pensées. Le fait de penser à un égrégore, on le nourrit. Détester, haïr, aimer, idolâtrer, prier, etc., on le nourrit.

Aspects psychiques et énergétiques de l'égrégore

L’égrégore possède une composante à la foi psychique et énergétique. L’égrégore est une énergie qui contient toutes les vibrations des gens qui le créent, le font vivre… et qui leur échappe.

La concentration des personnes réunies dans un même but, avec les mêmes pensées intenses créées un égrégore qui se constitue, se développe, s’amplifie et devient actif.

Un égrégore est une “boule” d’énergie visualisable dans l’astral qui a été créé la plupart du temps par un groupe d’individus humain. Cette énergie, avec laquelle il est possible d’interagir, possède un caractère qui lui est propre, caractère attribué par ses créateurs. C’est comme un accumulateur d’une énergie possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois. Il est alors aisé de comprendre qu’il existe des égrégore de toutes sortes (Égrégore chrétien, égrégore bouddhiste, égrégore islamiste, égrégore sectaire, égrégore satanique, égrégore politique, égrégore syndical, égrégore de guérison, etc.).

Un égrégore peut être perçu comme la résonance vibratoire émise par la psyché d’un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme dont les composants sont de nature énergétique. La tradition ésotérique lui donne le nom de « forme pensée aurique».

Bien que d’essence subtile et impalpable, une forme pensée est aussi pénétrante, enveloppante et perceptible qu’une présence matérielle. Ce sont les courants émotionnels, mentaux et spirituels, émanant de l’ensemble des membres d’un groupe qui élaborent une forme pensée, pour ensuite, la structurer.

La notion d’égrégore se rapproche de celle d’inconscient collectif, de conscience collective, de champ morphogénétique ou de champs de conscience opérant entre eux.

Orientation d'un égrégore

Un égrégore est un agrégat de forces constituées de courants vitaux, émotionnels, mentaux et spirituels, suivant la qualité vibratoire de la forme pensée aurique. Ces courants vitaux, créés par le groupe d’individus duquel l’égrégore est issu, pénètrent la conscience du groupe sous forme de désirs, de concepts et d’aspirations.
La patrie, la république, la justice, la guerre, la paix ne sont rien d'autre que des images égrégoriques.

L’égrégore de nature astrale peut être orienté par le mental et nourrit essentiellement par l’énergie émotionnelle, (la forme pensée provoquée par les désirs, les aspirations, les rêves, les décisions, les engagements, les idées, la volonté, d’un ou de plusieurs êtres humains.)
Dans un groupe, on suppose que si les objectifs et les orientations personnelles des participants sont de nature matérielle, les égrégores, leur double subtil, manifestent des intérêts analogues. Si au contraire, les buts et les orientations des personnes constituant un groupe sur le plan physique sont inclusifs, son égrégore sera animé des mêmes intentions.

En se focalisant sur un objectif et en agissant pour lui donner vie, une personne est en mesure de créer un égrégore susceptible de se développer pendant un temps indéterminé. Suivant l’intensité de l’idée émise et du nombre de personnes qui y adhéreront, ce temps peut durer de quelques jours à plusieurs millénaires.

Pour donner deux exemples:
Une association créée par un groupe d’amis, pendant une durée de deux mois autour du projet d’organiser un concert en vue de recueillir des fonds pour réaliser un objectif particulier, va créer un égrégore à durée de vie limitée.

Un égrégore peut être réactivé et transformé au cours des siècles.
L’égrégore de la Franc-Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme : spéculative, avait déjà un long passé avant d’être de nouveau réactivé au début du dix-huitième siècle.

La maçonnerie spéculative est un sous-égrégore aurique de celui qui anime l’Esprit de la Maçonnerie qui et beaucoup plus ancien. La Maçonnerie actuelle, fondée en 1717 à Londres, est une émanation aurique de l’Egrégore Maçonnique dont il est difficile de connaître l’origine qui se perd dans la nuit des temps…

Naissance de l'égrégore

L’égrégore est activé par une seule personne à la base et l’idée créatrice fait peut générer l'adhésion d'un nombre important de personnes, lesquelles vont donner vie à l'égrégore.

Selon la recherche ésotérique, un égrégore naîtrait, par exemple, d’une fervente prière collective, d’une thérapie de groupe, d’un projet, d’un rituel qui pourrait être chamanique par exemple. Mais il peut tout autant être la résultante d’extrémismes religieux, politiques ou nationalistes ou même d’un événement traumatisant susceptible d’engendrer une émotion collective puissante et durable tel que les attentats du 11 septembre 2001…

Aspects constructifs de l'égrégore

En Amérique et en Europe, on a expérimenté des “groupes de prières” dans les hôpitaux , qui prient pour la guérison physique des malades qui le leur ont demandé. On s’est aperçu, que des malades atteints de maladies graves, et pour qui priaient ces groupes, se remettaient beaucoup pus rapidement et avaient des chances de guérison beaucoup plus élevées, que des malades qui ne bénéficiaient pas de ces groupes ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le “groupe de prières”, par sa dévotion, va canaliser une énergie aurique et faire son propre égrégore que l’on pourrait appeler “énergie de guérison”, et qui va se mêler à l’énergie aurique du malade visé, le rendant ainsi beaucoup plus fort, pour se battre contre la maladie !

Pour le travail, c’est la même chose : vous travaillez dans une entreprise qui vous demande de constituer un groupe afin de réaliser un projet. Si, dans votre groupe, chacun est soudé, “sur la même longueur d’onde aurique”, votre projet sera terminé en un rien de temps, et vous bénéficierez des honneurs de vos employeurs. Par contre, si dans le groupe existent une ou plusieurs “brebis galeuse”, l’énergie développée par votre groupe sera quasiment nulle ou très négative, les idées manqueront, votre travail n’avancera pas et le moral de vos “troupes” sera au plus bas ! Vous essuierez ainsi un cuisant échec auprès de vos responsables. Que se sera-t-il passé ? L’énergie développée par ce groupe à la base “malsain”, sera inexistante, voire malsaine. La meilleure solution aurait donc été que vous fassiez le travail seul, ce qui aurait été plus long, mais beaucoup moins difficile, étant donné que vous n’auriez subi aucune entrave à sa réalisation, contrairement à ce qui se sera passé dans votre groupe aurique négatif.

L’efficacité d’un égrégore repose sur la cohérence du groupe. Cohérence au niveau de l’identité, des objectifs, cohérence dans le temps et par-delà le temps.

Nourriture et mort de l'égrégore

La puissance d’un égrégore dépend de sa « masse psychique concentrée ou mobilisée ». La puissance et la nature de ces courants émis déterminent la qualité de la forme pensée aurique. Plus elle est alimentée et plus son rayonnement s’étend.

En contrepartie, moins elle est nourrie et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégore se créent, se développent, puis s’anémient et disparaissent. La durée de vie d’un égrégore dépend des paramètres identiques à ceux de toutes les institutions humaines. Plus elles sont vitalisées auriquement, plus on leur porte de l’intérêt et plus elles se renforcent. Dans le cas contraire, moins elles sont fertilisées et moins elles sont susceptibles de battre des records de longévité.

Faute d’être entretenu et nourri régulièrement, un égrégore se désagrège et meurt car il n’est pas autonome comme on peut le voir.

Source : http://www.energie-sante.net/fr/HP002_les-egregores.php

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La notion "d'égrégore" dans la Tradition Maçonnique

Publié le par J\P\ L\

Pour nombre d’entre vous, mes Frères , la question de l’égrégore est bien connue grâce, en particulier, à un très beau travail, il y a 2 ans, de notre Frère J\F\ B\ sur cette notion.

Alors ! ,direz-vous, pourquoi revenir sur cette question ?

Pour trois raisons, deux générales et une personnelle :

  1. Tous n’étaient pas présents en janvier 1998 ; il y a aussi les nouveaux Apprentis . D’autre part, chacun ici, sur un sujet, aura son propre apport qui nourrira la réflexion personnelle. C’est ainsi qu’il est, à mes yeux, admirable de voir sur nos Colonnes, des Maçons, toujours présents, ayant entendu au cours de leur vie maçonnique maintes fois traiter un thème et y prendre encore ce que j’appelle " du grain à moudre ".
  2. Et, liée à la précédente raison, le FM ne se donne aucune limite à la recherche de la " Vérité ". Il ne prend pas pour acquis ce qui lui est proposé ; il cherche. Non pas qu’il doute forcément ; non, il s’interroge ; il questionne.
  3. Ainsi, la troisième raison, vient justement de cette interrogation personnelle sur cette notion d’égrégore ; notion floue, bizarre et énigmatique même dans son étymologie que nous rappellerons pour mémoire plus loin. Et le hasard, (ah ! Ah ! ...le hasard...) me fit entrer un jour dans une librairie où j’ai mes habitudes car j’y trouve des écrits maçonniques parfois anciens à petits prix. Et que vois-je, ce jour-là ? Un cahier de Villard de Honnecourt, tome XIV, année 1978. Thème traité, entre autres : " une curieuse énigme : égrégores bibliques et égrégores maçonniques " par notre F\ Ray\ Dev\. Ni une, ni deux, vous vous en doutez ! Et d’ailleurs quelques-uns d’entre vous, Comp\ ont déjà en leur possession cet article de 28 pages qui soulève la question de la réalité ou fiction de cette notion d’égrégore. Je ne vais pas vous asséner la lecture de ce travail fouillé, précis et détaillé. Pour ceux d’entre vous que ça intéresse, le F\ Secrétaire tient sur son plateau, des copies de cet article à votre disposition. J’en reprendrai devant vous quelques éléments, en particulier historiques, pour montrer que cette notion d’égrégore n’est " absolument pas dans la Tradition Maçonnique ". Mais je vous dirai aussi, au travers d’un point de vue personnel, ce que je mets dans cette notion, qui n’existe pas tangiblement, mais qui, après tout, peut très bien faire partie de la Tradition du futur...ou du futur de la Tradition.

Mais d’abord, rappelons quelques points de définitions qui, déjà, montrent que cette notion d’égrégore est plus que mystérieuse...

Dans le Robert, entre " égrener " et " égrillard ", il n’y a pas " d’égrégore ". Dans le dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, en deux volumes – nouvelle édition, point d’égrégore non plus...Larousse, idem.

En fait, nous dit Ray\ Dev\, le mot " égrégore " est né " d’une succession d’erreurs d’interprétation et de traduction d’un texte araméen et de ces versions grecques ". Il n’existe pas dans les textes bibliques, et s’appuyer sur le livre d’Hénoch, pour y trouver matière à substance, relève plus de " fabulation ou d’ignorance " que de réalité.
Exemple : nous devrions chercher des " égrégores " dans un texte mal traduit qui dit, entre autre, ceci :" Les anges qui, s'étant aperçus que les filles des hommes étaient belles, firent serment de veiller sur le mont HERMON... jusqu’à ce qu'ils les eussent possédées. "

Pour plaisante que paraisse la démarche de ces séraphins quelque peu coquins, il ne semble pas que nous puissions y trouver la source du concept d'éGRéGORE mais bien plutôt l’origine, peut-être, du " sexe des Anges " comme dit le langage populaire...

Nous passerons sur l’origine latine, soit disant, du mot car il nous faudrait faire un tour de passe-passe sémantico-linguistique pour ajouter en préfixe un E à la racine " grex- gregoris " qui donne troupeau et l’adjectif, grégaire. Et par conséquent, nous sommes loin, ici, d’une approche éventuelle d’une quelconque notion maçonnique possible...les Frères n’étant justement pas des moutons formant troupeau à qui l’on pourrait faire accroire que " les vessies sont des lanternes ".

C’est à partir de la racine grecque ancienne " egregoroi ", qui veut dire " veilleur " et non pas " égrégore " ou du verbe " egregoren " qui signifie " être éveillé " que des auteurs, très éveillés eux, voire " illuminés ", ont introduit cette notion d’égrégore.

Occultistes, magiciens, voire soit disant kabbaliste, ces auteurs français du XIXe siècle sont au nombre de trois :

  1. Alexandre Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909)
  2. Eliphas Levi, autrement dit Alphonse-Louis Constant (1810-1875)
  3. Stanislas de Guaïta (1861-1898)

Ces 3 auteurs inventent le concept occultiste d’égrégore, concept qui bien sûr n’est jamais présent dans les textes maçonniques antérieurs, ni même dans leurs textes, sinon posthumes comme c’est le cas pour Eliphas Levi.

C’est dire que la question de l’égrégore ne s’inscrit absolument pas dans la Tradition Maçonnique et qu’il faudra même attendre un fameux Maçon, Oswald Wirth, pour trouver le chaînon de transmission dans la FM française, et uniquement française, le mot et le concept occultiste d’égrégore.

Mais avant revenons rapidement sur ces trois auteurs.

Alexandre Saint-Yves d'Alveydre est une sorte de visionnaire qui sera le premier a évoquer, sans jamais la nommer précisément, la notion d’égrégore. Mais c’est à partir de lui, et particulièrement un de ses écrits, "Mission des Juifs ", que sera reprise une idée qu’il développe en dictant cet ouvrage, inspiré qu’il est par " la puissance et les origines surhumaines des juifs ", un être Collectif occulte créé spontanément par le Pouvoir humain et susceptible d'être doué d'une puissance terrifiante. "

Cette notion rappelle curieusement la Shekina du Talmud et de la kabbale hébraïque - signifiant la présence particulière de Dieu en son peuple, présence parfois conçue comme une entité indépendante, intermédiaire, plutôt que comme une " émanation " du peuple juif. Saint-Yves s'en est-il inspiré ? Peut-être.

Toujours est-il que le véritable instigateur, formalisateur du concept occultiste d’égrégore est le deuxième personnage de notre histoire, Eliphas Lévi, autrement dit Alphonse-Louis Constant qui fut magicien, kabbaliste, historien mais aussi FM .

Il écrira plusieurs ouvrages qui auront de l’influence sur des contemporains comme de futurs auteurs. Citons par exemple :
· 1860 – Histoire de la Magie
· 1861 - La clef des grands mystères
· 1865 - Philosophie occulte (2* série)

Mais c’est dans un ouvrage posthume, rédigé vers 1869-1870 " Le livre des Splendeurs " qu’il mentionne pour la première fois les égrégores. Son inspiration vient d’une traduction en anglais d’un texte éthiopien du Livre d’Hénoch " dont nous avons parler tout à l’heure. Il assimile " ces anges " à des " veilleurs " qu’il nomme d’ailleurs " éggrégores " avec deux G.

Voici quelques passages de ce qu’il écrit :
" Or le livre d'Hénoch nous raconte qu'il existait des Eggrégores, c'est-à-dire des génies qui ne sommeillent jamais... "
" Ce que dans nos ouvrages précédents nous avons appelé des larves et des vampires, des coagulations et des projections malsaines de la lumière astrale, ce serait en réalité, suivant le livre d'Hénoch, des âmes hybrides et monstrueuses formées du commerce des Eggrégores avec les prostituées de l'ancien monde ; les âmes des géants exterminés par le déluge, des exhalaisons morbides de la terre et de la bave du serpent Python. "

Dans " Le Grand Arcane, publié, en première édition, en 1898 ", il écrit :

" Ces forces colossales ont parfois pris une figure et se sont présentées sous l'apparence de géants : ce sont les Eggrégores du livre d'Hénoch ; créatures terribles pour qui' nous sommes ce que sont pour nous les infusoires ou les insectes microscopiques qui pullulent entre nos dents et sur notre épiderme. Les égrégores nous écrasent sans pitié parce qu'ils ignorent notre existence,- ils sont trop grands pour nous voir, et trop bornés pour nous deviner. "

Cependant plus loin dans cet ouvrage, il tempère son point de vue, voire fait un virage à 180°:

" Ces éggrégores, s'il fallait admettre leur existence, seraient les agents plastiques de Dieu, les rouages vivants de la machine créatrice, multiformes comme Protée mais enchaînés toujours à leur matière élémentaire... "

" Les Arabes, Poétiques conservateurs des traditions Primitives de l'Orient, croient encore à ces gigantesques génies. Il en est des blancs et des noirs, les noirs sont malfaisants et se nomment les Afrites. Mahomet a conservé ces génies et en a fait des anges si grands que le vent de leurs ailes balayent les mondes dans l'espace. Nous avouons ne pas aimer cette multitude infinie d'êtres intermédiaires qui nous cachent Dieu et semblent le rendre inutile... Nous avons des milliards de dieux à vaincre ou à fléchir sans pouvoir jamais arriver à la liberté et à la paix. C’EST POURQUOI NOUS REJETONS DÉFINITIVEMENT ET ABSOLUMENT LA MYTHOLOGIE EGGRÉGORES ".

"ICI NOUS RESPIRONS LONGUEMENT ET NOUS NOUS ESSUYONS LE FRONT COMME UN HOMME QUI SE RÉVEILLE APRÈS UN RÊVE PÉNIBLE... "
Et, dix lignes plus bas :

" ... TOUTE LA FANTASMAGORIE GIGANTESQUE DE L’ANCIEN MONDE N’EST PLUS QU'UN COLOSSAL ÉCLAT DE RIRE QUI SE NOMME GARGANTUA DANS RABELAIS."

Souvenons-nous que, de son vivant, Lévi disait fréquemment à ses amis, en plaisantant, qu'il était " la réincarnation de Rabelais 1 "

Plus loin, page 164, Éliphas Lévi termine comme suit ses propos sur les "éggrégores" :
" Les véritables eggrégores, c'est-à-dire les veilleurs de nuit, auxquels nous aimons à croire, ce sont les astres du ciel avec leurs yeux toujours étincelants... Nous aimons à Penser aussi que chaque peuple a son ange protecteur ou son génie ... Tout cela est. possible quoique douteux et peut servir aux hypothèses de l'astrologie ou aux fictions de l'épopée ... "

J’ai tenu à reprendre ces citations car vous mesurez mieux ainsi, mes FF\ , dans quoi s’origine cette notion d’égrégore, avec cette fois un seul G.

C’est finalement un autre auteur, Stanislas de Guaïta qui publie dans " La Clef de la Magie Noire (1897) ses réflexions les plus complètes et les plus précises sur les égrégores occultistes.

En voici les textes principaux, dont la pagination est celle de l'édition originale, de 1897 :

Pages 279-280 :
" Il doit nous suffire d'esquisser ici quelles combinaisons souvent fortuites donnant naissance à des êtres collectifs, plus ou moins éphémères ou durables, - sortes de vivantes synthèses, résultats du groupement de plusieurs individualités, sous les conditions requises. "
Page 290 :
" C’est ainsi que, dans l’ordre politique ou social, ou religieux, des millions d’hommes , hiérarchiquement organisés, tant de siècle durant, sous le niveau d’une règle inflexible, ont pu créer –conscients ou non de leur oeuvre dans l’invisible- des êtres virtuels, des entités collectives, en un mot des Dominations fastes ou néfastes, d’une puissance et d’une durée également incalculables "
Page 295 :
" La chaîne magique est un moyen sûr de créer des Potentiels collectifs à qui rien ne résiste" "
Est-ce là une allusion à notre Chaîne d’Union que nous connaissons en FM ? Rien ne le prouve.
Enfin, page 533 :
" Nous rappelons pour mémoire la souveraineté que déploient les êtres collectifs, que nous avons qualifiés d’égrégores. "

Pour l’instant, reconnaissons qu’il est difficile d’identifier dans ces conceptions avancées par ces auteurs, une quelconque relation avec un symbole, un idéal, des outils, voire un vécu maçonniques...

Cependant, un auteur bien connu en FM ,Oswald Wirth, va donner, si je puis dire ses lettres de noblesse à la notion d’égrégore, qui finalement n’apparaît en FM que dans les années 1935 seulement ; autrement dit, mes Frères  nous sommes dans le contemporain, dans notre siècle, rien à voir avec les fondements de la FM ni avec la Tradition Primordiale dont parle René Guénon et sur lequel nous reviendrons brièvement tout à l’heure...

Pour l’instant, il s’agit d’Oswald Wirth qui va conceptualiser pour nous FM cette notion d’égrégore.

Oswald Wirth n’est pas que  FM; il est aussi occultiste et fervent admirateur de Guaïta qu’il exprime dans son ouvrage " L'Occultisme vécu (1887). Toute sa confiance aussi en ses pouvoirs paranormaux.

Wirth déclare que Guaita lui fit remarquer l'existence de l'" esprit ", dit égrégore, que se constitue toute assemblée humaine, grande ou petite. Cette notion occultiste, Wirth l'adopte. Il la fait sienne. Il en fait état bien souvent dans ses livres.

Ainsi dans " le livre du Maître ", réédité en 1972 :

" Faut-il faire remonter au Logos de Platon, à son Grand Architecte ou Démiurge, la Lumière qui éclaire progressivement initié ? Plus modestement nous pouvons nous arrêter à celui que les Maçons appellent leur Maître Hiram. Mais comment nous représentons- nous cette mystérieuse entité ?"

" Loin d'être un personnage, c'est une personnification. Mais de qui? De la Pensée initiatique, de cet ensemble d’idées qui survivent, alors même qu'aucun cerveau n 1 est plus capable de vibrer sous leur influence. Ce qui est précieux ne meurt pas et subsiste comme à l'état latent, jusqu'au jour où s'offrent des possibilités de manifestation... ", je ne peux poursuivre...nous sommes au 1er degré.

A la page 195 du Livre du Maître :
"... La vertu pentaculaire réside dans l’idée, les sentiments d'énergie ou l'état d’âme que l'image évoque... Mais que dire d'un pentacle invisible, tracé par toute une vie d'efforts mis au service d'un idéal supérieur ? Il ne s'agit plus ici d'enfantillages et de grimoire, mais du renforcement de la puissance secrète des Initiés... "

Et plus loin

A la Page 205 :
" L’Initié véritable tend à concentrer sur lui les énergies diffuses d'une vaste ambiance ; il dispose ainsi d'une manière très réelle, d'une puissance illimitée, provenant des dieux, au sens initiatique du mot. Le Maçon, qui s'est voué de toute son intelligence et de tout son cœur à l'exécution du plan de l’architecte Suprême, Peut accomplir un travail de beaucoup supérieur à ses moyens personnels : il n'est pas seul, car avec lui se solidarisent toutes les énergies que stimule la même bonne volonté. La Chaîne d'Union est effective pour tout adepte sincère, qui , ayant réalisé l'équilibre reçoit dans la mesure où il donne, en bénéficiant du courant qu'il a su établir en le transmettant. "

Nous voyons ici qu’Oswald Wirth parle en FM , qu’il s’est emparé de la notion fournie par Guaïta pour la faire vivre dans notre univers maçonnique.

Ainsi donc, Oswald Wirth n'est pas l'introducteur direct du mot égrégore en Franc-Maçonnerie. Il en fut, à partir de Stanislas de Guaita, le premier chaînon transmetteur.

L'introduction proprement dite du mot et du concept allait être opérée principalement par son disciple, Marius Lepage (1901-1972).

Symboliste, occultiste et Franc-Maçon, Marius Lepage fut, à peu près, pour Oswald Wirth ce que fut ce dernier pour Stanislas de Guaita. Sans être le secrétaire, il a été l'ami fidèle et le disciple.

C’est au cours de l’année 1935 que parut, de la plume de Marius Lepage, le premier article maçonnique où intervenait le mot égrégore associé au concept occultiste. Il s'agissait d'une nouvelle étude sur la chaîne d'union dont, sept ans plus tôt, Oswald Wirth avait donné, dans le même périodique, une version inspirée de celle de Guaita mais où l'égrégore de la loge était décrit sans être nommément cité.

Et c’est finalement, notre Frère Jules Boucher (1902-1955) qui allait véritablement donner du corps à ce concept d’égrégore, aujourd’hui :

" On appelle "égrégore" une entité, un être collectif issu d'une assemblée. Toute assemblée d'individus forme un égrégore. Il y a un égrégore pour chaque religion et "cet égrégore est puissant de toute la force des fidèles accumulée au cours des siècles. De même, pour la Franc-Maçonnerie, chaque Loge possède son égrégore ; chaque Obédience a le sien et la réunion de tous ces égrégores forme le grand Égrégore Maçonnique. "

Cette définition demeure imprécise et ne renseigne pas sur la nature intime des égrégores ; dès lors qu'elle ne se situe pas d'emblée dans le fantastique, elle permet des interprétations plus ou moins rationnelles.

" Dans l'actuelle terminologie occultiste, le mot égrégore s'applique aux âmes de collectivités, des groupes humains. Ainsi il y aurait un égrégore de la France, de la Franc-Maçonnerie, pour nous limiter à ces deux exemples. "

Alors, mes Frères , comment devons-nous l’entendre, nous, cette notion d’égrégore ?

Et bien chacun fera son apport lors de notre Agape fraternelle ; il ne s’agit pas de se fermer parce qu’une idée semble farfelue, floue, imprécise, voire irrationnelle.

Je pense que nous touchons, au travers de cette notion, un élément fort de notre vécu maçonnique, à chaque tenue, lors du processus rituel.

Aussi bien dans l’ouverture que dans la fermeture des travaux, mais aussi dans la fameuse " Chaîne d’Union " dont nous parlait Oswald Wirth.

Cette vibration que nous pouvons ressentir, présente, lorsque nous sommes nous-mêmes présents, elle a sa traduction dans des notions que nous connaissons mieux, que nous appréhendons mieux ; je veux parler des notions de fraternité, de tolérance envers nous, mais aussi d’amour fraternel sincère qui nous habite les uns envers les autres et que nous devons cultiver comme un trésor qui n’existe pas, peu s’en faut, dans le monde profane.

Nous sommes " les enfants de la Veuve ". A nous de faire rayonner dans ce monde profane un peu de la Lumière, du moins quelques rayons, entr’aperçus dans ces moments forts que sont nos Tenues.

J’ai dit, VM 

Source : www.ledifice.net

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L'égrégore origine du concept et définitions

Publié le par Michel Seguy

Si je suis venu à l’Orient aujourd’hui, au plateau d’Orateur, ce n’est pas pour
vous faire une planche personnelle sur l’Egrégore mais plutôt pour dévoiler
l’origine du mot et compiler les définitions qui en ont été faite.

Un travail de recherche en quelque sorte avec le souci premier de fournir au
plus jeune d’entre nous, une aide à la compréhension sur un sujet devenu
aujourd’hui incontournable en FM

Vous ne pourrez en trouver aucune trace de ce mot sur les dictionnaires
traditionnels tel que le Larousse, le Robert, ni même le dictionnaire historique
de la langue française en 2 volumes ni même sur le Larousse en 5 volumes.

Vous ne pourrez pas non plus en parler avec vos Frères de rites anglo-saxons tel
qu’émulation ou le rite d’York.

En effet ce mot Egregore ne figure pas non plus dans la tradition Maçonnique, ni
dans aucun rituel.

Pourtant il est fort probable qu’il fasse partie, demain de cette tradition
Maçonnique.

En effet, depuis 141 ans, les auteurs les plus éclairés et les plus prestigieux
F\M\ s’essayent et planchent sur ce sujet magnifiquement abstrait et ésotérique
à souhait. Je veux parler de Guaita, Wirth, Lepage, Boucher et même notre
préstigieuse L\ de recherche Villard de Honnecourt.

Il faut avoir accès à un 24 volumes pour trouver le mot EGGREGOR (avec 2 G).

Les Eggregores avec sont des anges. Membres de la hiérarchie intermédiaire entre
les hommes et Dieu, cousins des Séraphins ou autres des Chérubins.

D’après Raymond DAVIS orateur de Villard de Honnecourt qui a planché en 28 pages
sur ce sujet (tome 14, de l’année 1978)

Le mot Egrégore serait né d’une succession d’erreurs d’interprétation et de
traduction d’un texte araméen traduit vers l’Hébreu puis vers le grec, puis vers
le romain exactement comme le fut la bible, d’ailleurs.
Dans le livre d’Hénoch on trouve donc trace des Eggregores sur le Mont Hermon. :

« S’étant aperçu que les femmes des hommes étaient belles ils décidèrent de
rester là et de veiller jusqu’à ce qu’ils les eussent possédées… »

Un peu coquins les angelots ! En tous cas cette petite phrase nous fait 2
révélations importantes :

Nous découvrons ici le « sexe des anges » qui est le même que le notre… !

Et beaucoup plus sérieusement nous relevons le mot « veiller ».

Une spéculation sémantico-linguistique sur l’origine latine du mot nous envoie à
la racine « Grex-Gregoris » qui donne troupeau.

A l’idée de « veille », vient donc se rajouter l’idée de rassemblement de
plusieurs entités en une seule, en l’occurrence un troupeau.

La racine Grecque « Egregoroi » nous donne veilleur et le verbe Egregoren
signifie être éveillé.

Voilà qui commence à nous donner matière sur les origines du mot mais depuis 1
siècle et demi, le concept, comme la définition à été abondamment mûrie,
méditée, envisagée, conceptualisée.

C’est tout d’abord un occultiste, magicien et kabbaliste « Alexandre St Yves
d’Alveydre » qui fait réapparaître les Egregores au milieu du 19ème siècle dans
un livre intitulé « Mission des Juifs » ouvrage qu’il écrit, je cite : « inspiré
par la puissance et les origines surhumaines des juifs. Cet être collectif
occulte, créé spontanément par le pouvoir humain et susceptible d’être doué
d’une puissance terrifiante »

Peu après ce livre, un autre auteur français : « Alphonse-Louis CONSTANT »
(Historien, Kabbaliste et F\M\) reprend le concept dans différents livres et
tente de faire le lien avec les Eggregores du livre d’Hénoch,

Il voit des génies qui ne sommeillent jamais, des géants doués de forces
colossales qui prennent toutes sortes de formes et d’objectifs.

Tantôt larves nuisibles, vampiriques ou projections malsaines, tantôt agents du
bien, rouages de la machine créatrice.

Pour lui, «Gargantua » était un Eggregore.

Et surtout il émet l’hypothèse que chaque peuple a son ange protecteur ou son
génie. Son Eggregore.

En 1897 Stanislas de GUAÏTA (le fameux), celui là même qui inspira tant Oswald
WIRTH, publie « les clefs de la magie noires » Les réflexions les plus complètes
et les plus précises sur les Egrégores occultistes.

En voici quelques extraits :

« Il doit nous suffire d’esquisser quelques combinaisons, souvent fortuites,
donnant naissance à des êtres collectifs, plus ou moins éphémères ou durables.
Sorte de synthèses vivantes, résultats du groupement de plusieurs
individualités, sous les conditions requises… »

Plus loin :

« C’est ainsi que dans l’ordre politique, social ou religieux, des millions
d’hommes, hiérarchiquement organisés, tant de siècles durant, sous le niveau
d’une règle inflexible, ont pu créer, (conscient ou non de leur œuvre dans
l’invisible) des êtres virtuels, des entités collectives, en un mot, des
dominations fastes ou néfastes, d’une puissance et d’une durée incalculable. »

Plus loin :

« La chaîne magique est un moyen sûr de créer des potentiels collectifs à qui
rien ne résiste »

Faisait-il , là, une allusion à notre chaîne d’union ?

C’est plus tard, en 1935 exactement, que Oswald Wirth va donner à la notion
d’Egregore toutes ses lettres de noblesse.

1935, c’est à dire que nous sommes très loin de la tradition primordiale dont
nous parle René Guenon.

Et pourtant cette notion d’Egregore tel que « De Guaitas ou Wirth » nous
permettent de l’envisager, comment pourrait-on s’en passer demain puisqu’elle
est belle et bien là maintenant, omniprésente, parmi nous…
Nous pouvons presque la toucher !

D’autres auteurs éclairés (ou un peu allumés pour certain), nous parlent de la
présence dans toutes nos tenues, d’un grand Maître de la Grande L\ Blanche qui
se tiendrait au nord, juste derrière les Apprentis.

Celui là ne serait pas le fruit de nos pensés collectives mais peut-être le
garant ou le surveillant de notre Egregore, un peu comme les Maîtres-chiens,
omniprésents et omnipotents sur les terrains des écoles canines…

Dans le livre des Maîtres, notre guide à tous, réédité en 1972, Oswald Wirth
nous dit que Guaita lui fit remarquer l’existence incontestable mais jusque là
non considérée, de l’Esprit collectif, issu de toutes assemblés humaines, grande
ou petite, vibrant à l’unissons.

Et que faisons-nous lorsque nous nous réclamons tous de la légende de Hiram ?

Ne créons nous pas une personnalisation d’un esprit collectif ? Hiram serait-il
devenu un Egregore ?

Je cite Oswald Wirth :

« L’initié véritable tend à concentrer sur lui les énergies diffuses d’une vaste
ambiance ; il dispose ainsi d’une manière très réelle, d’une puissance
illimitée, provenant des Dieux, au sens initiatique du mot.

Le M\ qui s’est voué de toute son intelligence et de tout son cœur à l’exécution
du plan de l’architecte suprême, peut accomplir un travail de beaucoup supérieur
à ses moyens personnels : il n’est pas seul car avec lui se solidarisent toutes
les énergies que stimule la même bonne volonté.

La Chaîne d’Union est effective pour tout adepte sincère, qui, ayant réalisé
l’équilibre reçoit dans la mesure ou il donne, en bénéficiant du courant qu’il a
su établir en transmettant. »

Après Guaita et Wirth, c’est Marius LEPAGE qui repris le concept et qui le
premier, fit entrer le mot dans des articles maçonniques qui traitent de la
Chaîne d’Union .

Puis finalement c’est Jules BOUCHER entérina le concept en lui donnant le corps
d’une définition que voici :

« On appelle EGREGORE, une entité, un être collectif issu d’une assemblée.

Toute assemblée d’individu forme un Egrégore.

Il y a un Egrégore pour chaque religion et cet Egrégore est puissant de toutes
les forces des fidèles accumulées au cours des siècles.

De même pour la FM , chaque Loge possède son Egrégore et la réunion de tous ces
Egrégores forme le grand Egregore Maçonnique. »

Certes cette définition demeure imprécise et dans l’actuelle terminologie
occultiste, le mot Egregore s’applique aux âmes de toutes collectivités, vibrant
à l’unisson, sans distinction de finalité.

Il peut probablement exister aussi un Egrégore pour la France, pour une équipe
de foot pour une association philosophique, ou un mouvement politique rouge ou
noir.

Sa couleur, sa forme et sa finalité sera seulement différente.

Il est fort probable que :

Plus les vecteurs des individus sont similaires, plus leurs buts sont identiques
et moins l’Egrégore sera diffus et informe, plus il sera déterminé et puissant.

La question est :

Existe t’il dans le monde des réunions d’hommes aussi nombreux que les F\M\(nous
sommes des millions) qui se réunissent aussi souvent et depuis si longtemps pour
pratiquer des rituels aussi précis, puisque nous sommes sans équivoque à la
virgule prêt… ?

Il y en a peu !

Si l’on accepte de croire à l’existence immatérielle de ces Egrégores, et si
l’on considère la somme des pensées de tous les maçons de tous les temps alors
nous pouvons imaginer la puissance de l’Egrégore maçonnique.

Si nous le comparons maintenant à une vague, alors nous sommes de milliard de
gouttes d’eau, se ruant toutes dans la même direction.

Je pense que nous touchons avec ce sujet, à l’idée initiale qu’avait eu notre
 VM en début d’année lorsqu’il souhaitait comme thème de l’année, que nous
intégrions notre vécu Maçonnique dans la société actuelle.

Cette vibration que nous pouvons ressentir à l’ouverture des travaux comme dans
la fameuse « Chaîne d’Union » intègre les notions de Fraternité, de tolérance,
d’Amour, de connaissance, de Lumière, de sagesse, de philanthropie, de Force, de
Beauté, de perfection…etc

Telle est la finalité de l’Egregor Maçonnique en un mot c’est la quête de la Gnose.

Et si nous somme cette goutte d’eau, infime partie de la vague immense et
déferlante, alors éclaboussons au dehors l’essence de nos êtres intimes et
toutes les vertus qui caractérisent notre Egrégore.

J’ai dit VM et vous tous mes Frères

Merci de m’avoir écouté.

Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/qabalah/message/2026

Publié dans Planches

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Préface (1908)

Publié le par Gustave BORD

Depuis plus d'un siècle les historiens et les économistes se demandent comment un pays, foncièrement monarchique et catholique comme la France, a pu brusquement changer d'idéal et de foi. Suivant leurs passions politiques ou religieuses, ils ont donné à ce phénomène social les causes les plus diverses.      

Il est hors de toute discussion que la société française était gravement malade à la fin du XVIIIe siècle, puisque de son sein sont sortis les doctrines et les acteurs de la Révolution. Ce qu'il nous paraît important de savoir, ce n'est donc pas si le corps social était contaminé, mais de quel mal il était atteint. Se mourait-il de vieillesse, avait-il une maladie organique, ou était-il en proie à une maladie infectieuse résultat d'une inoculation morbide ? Le mal était-il guérissable ou mortel ?      

Aucun historien de bonne foi n'a mis en doute que l'âme du pays ne fût royaliste et croyante. L'Etat ne succombait pas faute de l'aliment nécessaire à son fonctionnement régulier; le déficit financier n'eut de gravité que parce que les adversaires de la monarchie s'en firent une arme. En réalité le mal, superficiel et passager, n'atteignait pas le gouvernement dans son essence même ; à l'extérieur, la France était puissante et respectée.      

Aucun pays ne jouissait alors de plus de libertés, d'esprit de tolérance, que la France. Son gouvernement paternel était d'une douceur extrême, souvent même débonnaire ; si on le compare au gouvernement anglais qu'on lui oppose sans cesse, il faudra constater que quarante ans s'étaient à peine écoulés depuis la répression féroce de Cumberland en Ecosse et des ministres en Irlande. A la veille de notre Révolution, les catholiques, exclus de toutes les fonctions publiques, étaient traqués dans les rues de Londres par les émeutiers dirigés par le maçon Gordon. Le moindre attorney distribuait, sous des noms différents, des lettres de cachet dont les rois de France se servaient de moins en moins. Le régime barbare des prisons anglaises, comparé au régime de la Bastille est tout à l'avantage de la forteresse royale.      

La jurisprudence anglaise avait, plus que la nôtre, envahi et déformé l'esprit des lois. C'est sur ce dernier point cependant que le gouvernement de la France était le plus attaquable ; mais les parlements étaient plus responsables que le roi et son conseil de cet encombrement judiciaire.      

Dans la Grande Chambre siégeaient officiellement les adversaires les plus déclarés du pouvoir royal. Néanmoins, sans la faiblesse incompréhensible du souverain, la monarchie française, qui avait en maintes circonstances prouvé sa souplesse et son énergie, aurait dominé l'esprit public, mis à la raison les parlements révoltés et vaincu l'inertie de leur résistance.      

Il faut donc qu'un mal plus terrible ait envahi ce qu'on appelait alors l'opinion publique ; le but de cette étude est de prouver que le mal, qui devait contaminer le monde entier, n'était pas seulement la franc-maçonnerie, mais surtout l'esprit maçonnique.      

C'est bien là qu'il faut chercher les véritables causes et l'explication logique de la Révolution : identité des formules et des dogmes de la maçonnerie avec les principes de 1789; les maçons et les jacobins emploient les mêmes manoeuvres et livrent les mêmes combats.      

L'esprit maçonnique enfanta l'esprit révolutionnaire, voilà ce que nous voulons démontrer.        

Je ne puis me dissimuler la difficulté de la tâche que j'ai entreprise : écrire, au milieu de notre époque de luttes ardentes et de haines féroces, une histoire impartiale de la franc-maçonnerie en France, en un mot faire oeuvre d'historien et non de polémiste, semble presque impossible.      

Cependant j'ai voulu, avec intensité, être juste envers ceux qui ne pensent pas comme moi ; par réaction, j'ai peut-être été dur envers mes amis. Je m'en excuse, mais je ne le regrette pas.      

L'étude de la franc-maçonnerie a été l'objet de nombreux travaux depuis une cinquantaine d'années.      

Presque tous sont l'oeuvre d'adversaires déclarés de l'Ordre ; la plupart des auteurs sont plus que des adversaires, ils sont des ennemis acharnés d'une institution qui les irrite, les trouble et les déconcerte d'autant plus que ceux qu'ils attaquent ne répondent jamais, laissent le débat sommeiller, empêchant ainsi la discussion sinon de naître, au moins de prendre corps.      

Les francs-maçons, de leur côté, ont publié divers ouvrages sur l'histoire de leur Ordre ; quelques-uns sont bien faits, mais leurs auteurs ne disent que ce qu'ils savent ou peuvent dire : tels ceux de Ragon, Rebold. Jouaust, Amiable, Daruty, Findel, Gould, etc. La plupart de ces ouvrages paraissent même être des oeuvres de bonne foi. En dehors des documents manuscrits, pour établir ma conviction, j'ai eu souvent recours à leurs aveux et jamais aux accusations de leurs contradicteurs, lorsque celles-ci n'étaient pas justifiées par des preuves indiscutables.      

Malgré tous ces travaux, par suite de la passion des adversaires, plus on a écrit sur la matière, plus on semble avoir fait l'obscurité sur le sujet traité.      

A quelles causes peut-on attribuer de semblables résultats ?      

Est-ce à dire, d'après l'exposé ci-dessus, que la franc-maçonnerie soit injustement attaquée ?      

Après avoir étudié la franc-maçonnerie, adversaire sincère et convaincu de l'idée maçonnique, j'ose le dire, sans parti pris, je crois que les causes de l'imbroglio dans lequel les partis se débattent tiennent aux raisons suivantes :      

Les anti-maçons déterminés cherchent d'une part ce qui n'existe pas : l'origine juive de l'Ordre, ou une direction occulte exclusivement dans les mains de l'Angleterre.      

Les francs-maçons, de leur côté, se taisent sur ces questions, parce qu'ils n'en savent pas plus long sur leur Ordre que leurs adversaires ; beaucoup parmi eux croient même, comme de simples profanes, aux fameux secrets qu'ils espèrent connaître quand ils seront plus avancés dans les hauts grades. D'autre part, les attaques dirigées contre eux ne sont pas faites pour leur déplaire ; elles leur donnent un prestige mystérieux dont ils profitent ; le silence des frères apparaît sous forme de prudence et de discrétion, alors qu'il a son origine uniquement dans leur ignorance qui devient ainsi de l'habileté.      

Quelle définition peut-on donner de la franc-maçonnerie ?      

La franc-maçonnerie est une secte religieuse, qui, après quelques tâtonnements, s'organisa surtout en Europe, vers 1725, professa une doctrine humanitaire internationale et se superposa aux autres religions.      

Son but avoué était de faire arriver les hommes à un état de perfection basé sur leur égalité sous toutes les formes ; indifférente à toutes les religions, elle devait conduire ses adeptes à ne croire à aucune. La généralisation de l'idée égalitaire devait l'amener rapidement à combattre même l'hypothèse d'une supériorité divine et à nier l'existence d'un être supérieur, créateur du monde. Sa définition d'un Dieu simplement architecte de l'univers supprime, en effet, le Dieu créateur, base de toutes les religions révélées. Le Dieu des francs-maçons est simplement la force qui régit la matière, la loi de l'univers dont les hommes ne peuvent percevoir que les manifestations sensibles à leurs sens limités ; un Dieu inconscient du bien et du mal, qui conduit ses adeptes à admettre qu'il n'y a ni bien ni mal absolus en dehors des nécessités de leur propre conservation. Pour la secte, toute autorité est un mal provisoirement nécessaire, qu'on doit tendre à supprimer pour arriver à l'état de perfection. Les prêtres de cette religion d'incroyants sont les initiés actifs ; les fidèles, conscients ou inconscients, sont tous les profanes incroyants et tous ceux imbus des idées égalitaires, car les uns et les autres collaborent au succès du Grand Oeuvre : maçons parfaits, initiés incomplets ou profanes latomisés . Par latomisé nous désignons toutes les personnes, initiées ou profanes, imprégnées de la doctrine maçonnique.      

La franc-maçonnerie ne tend donc pas à un perfectionnement des sociétés existantes en tenant compte de leurs origines, de leur tempérament, de leur situation, mais à un retour à l'état de nature, à une agglomération d'êtres humains, satisfaits d'une vie végétative, pourvu que ses avantages matériels soient également répartis entre tous les citoyens.      

La maçonnerie spéculative, celle qui fera l'objet de cette étude, a emprunté ses idées et ses formules à la maçonnerie professionnelle.      

Cette première forme de la maçonnerie corporative, assurément fort ancienne, correspondait à une société restreinte, à une sélection hiérarchisée dans laquelle on pouvait appliquer utilement les doctrines d'égalité. Lorsque la maçonnerie s'est développée, lorsqu'elle a frappé aux portes de tous les métiers, de toutes les professions, elle est devenue nécessairement destructive de tout ordre social.    

 Sur elle sont venus se greffer tous les esprits curieux chimériques. Cette lutte contre tout principe d'autorité n'était certes pas nouvelle ; au moyen âge, les passionnés de religion naturelle avaient déjà pris toutes les formes : métaphysiciens, ils s'étaient jetés dans la kabbale ; savants, dans l'alchimie ; médecins, dans l'empirisme ; astronomes, dans l'astrologie...      

Plus tard, ces assoiffés de liberté absolue, d'égalité chimérique, de libre examen, ont fait la Réforme, le jansénisme, l'encyclopédisme, la maçonnerie et le jacobinisme.      

Si les jacobins ont été les triomphateurs éphémères de l'entité égalitaire, les francs-maçons en ont été les protagonistes ; ce sont eux qui ont mis les combattants en présence, après avoir préparé le terrain de telle façon, que l'ancienne France devait fatalement succomber.       

La franc-maçonnerie n'est pas née spontanément, elle n'est pas non plus une société secrète antique, ayant traversé et dirigé l'humanité depuis des siècles, et qui ne s'est trahie que lorsque son succès s'est manifesté d'une manière indiscutable. Elle est née lentement, poursuivant tour à tour des buts différents. L'organisation matérielle qui avait présidé à sa constitution prit, à la longue, la forme d'un dogme, puis celle d'une idée sociale transformatrice, lorsque les francs-maçons imaginèrent de réglementer l'humanité sur le modèle de leur Ordre. C'est à partir de ce moment que naquit vraiment la franc-maçonnerie telle qu'elle existe encore de nos jours.      

La franc-maçonnerie est, depuis près de deux siècles, une société secrète dans le sens strict du mot. En effet, quel que soit le but qu'elle poursuit, en admettant que ce but soit celui qu'elle proclame, elle fait tous ses efforts pour tenir cachées aux profanes ses délibérations et ses décisions. Si toutes les fantasmagories initiatiques qu'elle pratique ont un caractère mystérieux d'apparence puérile, le serment du silence a des conséquences beaucoup plus graves, bien que ce serment ait une tare initiale qui ne devrait pas affecter la conscience de ceux qui l'ont prêté, puisqu'on le leur a fait faire au sujet d'engagements imprécis, et même non révélés.      

Le caractère secret de la société maçonnique a entraîné ses adversaires dans une série de fausses déductions. Ils ont défini la franc-maçonnerie, sous prétexte qu'elle cachait ses délibérations : société qui détient un secret religieux, social et politique, ayant un but caché criminel, et ils se sont mis à la recherche de ce secret.      

« Faire croire qu'on dispose d'une puissance occulte, c'est presque la posséder », est un axiome maçonnique. La F:., M:., en effet, a intérêt à laisser croire qu'elle a eu et qu'elle a encore une influence occulte lui permettant d'intervenir dans l'histoire des peuples chaque fois qu'elle le croit nécessaire. L'affirmation est facile à faire et impossible à contrôler ; le maçon mis en mesure de faire la preuve de ses assertions se retranche toujours derrière son fameux secret. Ceux qui l'attaquent sur ce terrain ou sont ses complices, ou font naïvement son jeu .      

Lorsque le dogme maçonnique naquit, ses protagonistes entrevirent-ils les résultats sociaux que devait produire son application ? Assurément non. Aucun esprit n'était assez profond et assez avisé pour prévoir le cataclysme qu'il devait enfanter. On peut même dire que ceux qui soulevèrent la tempête étaient à ce point aveugles qu'ils furent les premières victimes de la tourmente. Cela était logique ; cela était juste. N'est-ce pas ainsi que la Providence, l'Être suprême comme disaient les jacobins, intervient dans les actes collectifs des hommes et fait marcher l'histoire des peuples ?      

Nous aurons donc à prouver, au cours de cet ouvrage, que, pendant tout le XVIIIe siècle, la propagation de l'idée maçonnique fut funeste à la société, et que cette idée, néfaste par essence, entraîna, sans qu'ils s'en soient doutés, la plupart des francs-maçons beaucoup plus loin qu'ils ne l'avaient prévu.      

Mais encore faut-il distinguer les maçons conscients isolés dans une vingtaine de loges, des maçons inconscients qui furent le plus grand nombre : dans les tableaux des loges, nous voyons figurer des représentants de toutes les branches de la société française ; le bataillon serré s'avance, maillets battants, à la conquête de l'autorité pour la supprimer. Côte à côte défilent la noblesse authentifiée par d'Hozier et la noblesse née d'hier, incertaine ou usurpée ; le clergé janséniste et l'armée ; la magistrature et le barreau ; la finance et l'administration; la grande et la petite bourgeoisie ; l'industrie et le commerce...      

Et lorsqu'on commence à entrevoir quelle sera l'issue du combat, la plupart des metteurs en oeuvre se retirent et regrettent l'ouvrage accompli. Parmi les maçons, il faut le reconnaître, parce que c'est la vérité et la justice, il y eut plus de victimes que de bourreaux. Si nous en rencontrons dans les assemblées électorales de 1789, à la Bastille le 14 Juillet et à Versailles les 5 et 6 Octobre, nous en trouvons au Dix Août, aux Tuileries; en Septembre, ils sont foule dans les prisons, et on en rencontre à Coblentz, à Bruxelles et à Londres aussi bien qu'à la Force ou à la Conciergerie...      

Le dogme nouveau, déformation d'une vérité chrétienne, pouvait, il est vrai, séduire des esprits généreux mais superficiels. Mais aussi il développa outre mesure la juste fierté humaine et la transforma en orgueil dégradant et haineux ; transportée du cercle limité d'une loge à l'humanité entière, l'évolution de ce dogme devait conduire les peuples à la haine de toutes les supériorités sur la terre et à la destruction de toute croyance en un Dieu créateur et maître du monde.      

Lorsque le Christ a enseigné l'égalité et l'humilité, il a dit aux despotes qui gouvernaient le monde : Devant mon Père, vous n'êtes pas plus que ceux que vous dominez sur cette terre. Cette idée sublime de l'humble égalité qui régénéra l'humanité, se transforma, sous l'impulsion de la franc-maçonnerie, en une idée abominable, parce que ceux qui la pilotèrent, enseignèrent l'égalité orgueilleuse et qu'ils dirent aussi bien à la brute qu'à l'infortuné : Vous êtes les égaux des plus hautes intelligences, des puissants et des riches et vous êtes le nombre.      

C'est ce dogme, chrétien en apparence, que la franc-maçonnerie répandit. A défaut d'initiés proprement dits, la propagande égalitaire fit des latomisés dont le rôle fut très important : Diderot, d'Alembert, Rousseau, la Baumelle, Maupertuis, n'étaient probablement pas maçons Voltaire ne fut initié que quelques mois avant sa mort, alors que son oeuvre destructrice était faite depuis longtemps.      

Le latomisé fut, à la vérité, un perturbateur tout aussi terrible que l'initié, car sa mentalité était la cause fatale de l'ambiance créée par le dogme égalitaire. La mentalité maçonnique agissait en effet autant sur le latomisé que sur l'initié, et la plupart d'entre eux ne voyaient pas exactement la transformation que la maçonnerie avait produite sur leur intelligence, sur leur volonté et sur leur conscience. Voilà précisément où se trouve la force de la franc-maçonnerie. Là aussi est le danger qu'elle présente.      

Le premier effet de l'initiation est de purifier l'apprenti de toute mentalité chrétienne, s'il en a une ; puis, le compagnon revenu à l'état de nature, sans préjugés religieux et sociaux, sera capable, en devenant maître, d'avoir une mentalité nouvelle.

La Franc-Maçonnerie en France des origines à 1815

 

Publié dans histoire de la FM

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Essais sur la Franc-Maçonnerie (1820)

Publié le par Le Tuileur de Vuillaume

Il nous a semblé convenable de faire précéder un ouvrage consacré à la Maçonnerie, de quelques vues sur cette institution aussi étonnante par son ancienneté que par les ténèbres dont se trouve enveloppée son origine.

 

La Maçonnerie pourrait être comparée aux fameuses pyramides d'Egypte, d'où elle semble sortir. Ces constructions gigantesques, quoique dépouillées des marbres qui les rebâtissaient, quoique leurs issues soient fermées, et leurs souterrains silencieux, ces monument attestent encore, par leur grandeur et leur majesté, la puissance. de leurs fondateurs et leurs connaissances dans les arts et dans les sciences. Les pyramides semblent encore annoncer à l'esprit étonné, les mystères auxquels elles conduisaient ; de même la Maçonnerie, aujourd'hui décolorée, est encore une grande institution, dont l'histoire excite vivement la curiosité, et sur laquelle on ne sait quel jugement porter.

 

Est-ce une institution moderne ? est-ce une suite des anciens mystères ? ou bien, est-ce l'un et l'autre ? Rien n'est écrit dans les archives de la société sur ce sujet; tout est de tradition; comment faire la part de ce qui est antique, et la séparer de ce qui est ou serait moderne ?

 

Nous n'entreprendrons pas de faire cette séparation, nous le laissons à la sagacité du lecteur ; nous nous borneront à présenter là-dessus nos idées, sans prétendre ' imposer à personne notre sentiment pour règle. Petit-être ouvrirons-nous à d'autres une route nouvelle -à parcourir; nous nous estimerons heureux, si nous parvenons à faire jaillir quelques étincelles de lumière nouvelle.

 

On a déjà beaucoup écrit sur la Maçonnerie, sans rien éclairer. Les écrivains non Maçons en ont parlé peut-être avec trop de mépris, et presque toujours dans l'ignorance de la chose. Les écrivains Maçons, les orateurs de loges en ont parlé avec enthousiasme, et souvent avec des préventions qui leur ont fait manquer ou dépasser le but. Ni les uns ni les autres ne nous ont appris ce que l'on désirait de savoir; ils n'ont pu pénétrer dans le secret de l'institution, ou ils ne l'ont pas voulu ; ils se sont tus sur son histoire ; tout paraît muet à cet égard.

 

Ce n'est pas moins une chose bien extraordinaire, que l'on en soit encore à désirer des faits positifs sûr l'histoire d'une société si répandue dans tous les pays civilisés, surtout lorsque l'on apprend qu'elle a compté parmi ses membres les, hommes les plus éclairés de tous les teins, lorsque l'on y voit encore aujourd'hui des hommes justement estimés pour l'étendue de leurs connaissances et de leurs lumières.

 

Comment des savants ( de toutes les nations ont’ils pu participer aux mystères de la Franc-Maçonnerie sans paraître seulement  s'être informés de leur sources ?

Comment, s'ils l'ont fait, et s'ils ont été mis dans le secret, n'en ont-ils laissé aucune trace dans leurs ouvrages ? Ils affectent en général sur ce sujet le silence le plus profond.

 

Serait-ce que, comme les initiés : aux mystères des anciens, la religion du serment les eût arrêtés au moment de parler ? Mais ce serment ne leur interdisait pas les recherches sur

l'histoire de la Maçonnerie; ce n'est donc que le défaut de documents qui les a empêchés de s'en occuper.

 

Et nous, privés de même des matériaux nécessaires, oserons-nous présenter au lecteur nos conjectures sur l'origine de cette noble institution ?

 

Ce n'est certes pas sans une extrême défiance de nous-même que nous allons essayer de soulever un coin du voile épais qui la couvre; mais nous avons pour excuse cette défiance elle-même, et la conscience de nous livrer avec un cœur simple à la recherche de la vérité.

 

Quels que soient les doutes élevés par plusieurs écrivains sur l'ancienneté de la Franc- Maçonnerie, nous ne persistons pas moins à croire qu'elle a son berceau dans les mystères Egyptiens. Les trois grades connus sous le titre de Maçonnerie bleue justifient notre opinion ; mêmes épreuves, même enseignement, mêmes résultats, tout y est semblable, à la différence, cependant, des machines qu'avaient à leur disposition les prêtres initiants de l'antiquité, du temps qu'ils employaient à la préparation du Néophyte, et de celui qui lui était nécessaire pour l'étude des sciences, dont on se borne, dans l'initiation maçonnique, à donner la nomenclature.

 

Nous pouvons juger de ce qu'étaient les obstacles à vaincre dans l'initiation par le beau tableau du VIéme livre de l'Enéïde, où Virgile conduit son héros dans les enfers, tableau qui a été regardé, même du temps d'Auguste, comme la. peinture des épreuves de l'initiation ancienne. On trouve dans L’Anne d’Or d'Apulée des détails très piquants sur la nature de ces épreuves..

 

On trouve enfin dans les voyages de Sethos et dans ceux de Pythagore, ouvrages remplis d'érudition et de recherches curieuses sur les mœurs de l'antiquité, on y trouve, disons-nous, des récits qui paraissent fort exacts, des travaux auxquels on soumettait ceux qui prétendaient à l'initiation. ils étaient si grands, et, les épreuves si terribles, qu'il est dit qu'Orphée y succomba, et qu'il n'obtint sa grâce qu'en faveur des mélodieux accords de sa lyre.

 

Que les Maçons qui veulent comparer et s'instruire, se donnent la peine de lire les ouvrages que nous venons d'indiquer ; ils reconnaîtront que les épreuves modernes sont une

véritable représentation des anciennes auxquelles l'état actuel de nos connaissances, ni les rapports des individus avec la société, ne permettent plus d'assujettir les aspirants.

 

Les prêtres initiant participaient, dans les temps dont nous parlons, au pouvoir du gouvernement; la société civile n'avait ni le droit ni la volonté de leur demander compte des individus qui étaient entrés dans l'intérieur de leurs temples, quelquefois pour n'en sortir

jamais.

 

Ces temples occupaient une vaste étendue de terrain, absolument fermée aux profanés ( On nommait temple, non seulement le lieu où l'on se réunissait pour les cérémonies du culte, mais encore toute l'enceinte des bâtiment occupés par les prêtres destinés à ce service. )

 

A 'aide de la physique, dans laquelle ils étaient instruits, ils pouvaient en imposer à l'imagination, déjà préparée par la terreur et par les dangers réels auxquels on avait exposé le Néophyte.

 

Tout aujourd'hui s'oppose à l'emploi des mêmes moyens ; mais le souvenir en est fidèlement conservé.

 

Comment donc les mystères sont-ils parvenus jusqu'à nous ? A quelle époque les initiés ont- ils pris le nom de Francs-Maçons ? C'est ce qui nous paraît difficile à déterminer; mais cette incertitude ne détruit pas ce que nous avons dit pour prouver que les mystères anciens et la Franc-Maçonnerie sont une même chose; et telle est à cet égard notre persuasion, que nous ne pensons pas que l'on en puisse encore douter.

 

Nous conviendrons avec tout le monde qu'après la Maçonnerie bleue, qui se compose des trois premiers grades ou degrés, le surplus est d'invention moderne, quoique ces additions mêmes nous paraissent appartenir à des temps déjà éloignés. Une grande partie des additions appartient à l'histoire des Templiers; une autre paraît avoir servi de lien aux philosophes hermétiques, lorsqu'ils s'occupaient de la recherche de la pierre philosophale, folie à laquelle nous devons la découverte de la chimie, l'une des sciences les plus belles et les plus utiles. Une autre partie enfin semblerait être due à un reste de judaïsme conservé par les initiés de l'Orient, et que nous regardons comme ceux par qui nous avons reçu les mystères actuels.

 

On demandera peut-être comment la Maçonnerie bleue a emprunté le fond de son système dans la Bible, et employé le langage hébraïque pour ses mots mystérieux ? nous croyons pouvoir donner de ce fait une assez bonne raison.

 

On paraît s'accorder sur l'opinion que les mystères, ou plutôt la Maçonnerie, ont été introduits 'en Europe par les croisés, et ce serait peut-être à cette époque qu'ils auraient pris le nouveau nom. On ne serait pas surpris que ceux qui s'armaient dans la vue de reconquérir la Terre Sainte, d'y planter l'étendard de la foi catholique, ayant trouvé les mystères conservés dans cette partie de l'Asie par le peu de chrétiens qui y étaient encore, les aient adoptés comme un lien qui les unit plus étroitement à des hommes qui pouvaient et qui devaient leur être fort utiles; il ne serait pas étonnant, disons-nous, que les nouveaux initiés eussent adopté, avec la langue des premiers, le projet même de la reconstruction du temple de Jérusalem, reconstruction qui est toujours l'objet des vœux du peuple Juif, et que, par cette raison, ils se fussent désignés sous le titre de Maçons libres, par opposition au métier de maçons proprement dit, qui n'était exercé que par les esclaves ou par les serfs, et parce qu'en effet il fallait être de condition libre pour être admis â l'initiation. Bien ne nous parait plus naturel.

 

Cela posé, il nous semble facile de concevoir comment la Maçonnerie a puisé dans la Bible les moyens et les titres de son organisation, ou plutôt de sa réorganisation. On sait que les premiers chrétiens étaient des Juifs réformés ; qu'avant que la religion nouvelle eût pris une forme extérieure, les réformés n'en suivaient pas moins la loi de Moïse. Les initiés, qui avaient fait la révolution, durent être bientôt dépassés par de nouveaux zélateurs : il y a apparence qu'ils n'adoptèrent pas toutes les innovations ; les schismes dont l'histoire de la religion chrétienne est remplie, en sont la preuve. Les initiés demeurèrent donc Chrétiens-Juifs, la Bible était toujours leur livre sacré, leur loi fondamentale ; et leurs formules restèrent hébraïques.

 

Que les mystères aient subi quelques changements lorsque les Européens furent initiés en assez grand nombre pour former une société à part, cela est possible; mais ils n'auront pas voulu, sans doute, se séparer absolument des Hébreux qui leur avaient enseigné ces mystères, et ils auront pris dans l'histoire de ceux-ci, dans leurs livres canoniques, les mots et les emblèmes de la Maçonnerie ; c'était un moyen certain de continuer à s'entendre et de lier les mystères anciens aux nouveaux. Telle était la destinée de la religion judaïque, de produire toutes les institutions de la catholicité.

 

Mais depuis longtemps, sans doute, les mystères égyptiens avaient dû être accommodés à la croyance et au culte des Hébreux; la Franc-Maçonnerie, que nous ne faisons remonter qu'à l'époque des Croisades, pourrait bien dater de temps plus reculés ; et, dans ce cas, la question posée se trouverait toute résolue, puisque les Hébreux ne devaient pas chercher ailleurs que dans leurs livres les emblèmes avec lesquels ils voulaient familiariser les initiés.

 

Ceux qui, depuis, ont ajouté aux degrés de l'initiation, n'auront eu qu'à suivre le premier thème; et il était tout simple qu'ils puisassent dans les mêmes sources.

 

Les chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, connus sous lé nom de Templiers, ou leurs successeurs Francs-Maçons, paraissent être, comme nous l'avons dit, les auteurs de la majeure partie de ces additions. Nous penserions qu'elles avaient été imaginées par les Templiers dans les teins de leur splendeur pour s'isoler de la foule des initiés, si nous ne remarquions pas que les nouveaux degrés d'initiation ont presque tous pour motif la situation de l'Ordre après sa chute.

 

Nous ne faisons pas de doute, comme on voit, que les Templiers étaient des initiés, même dès leur institution; nous pensons encore que c'est à eux que l'Europe doit la Maçonnerie, et que ce sont là les pratiques secrètes qui ont servi de prétexte à l'accusation d'irréligion et d'athéisme qui les a conduits à une fin si tragique. Tout confirme cette opinion.

 

Les malheurs de ces chevaliers, les persécutions auxquelles ils succombèrent, les forcèrent à chercher un dernier refuge dans ces mêmes mystères, à l'établissement desquels ils avaient tant contribué ; ils y trouvèrent quelques consolations et des secours. Leur situation n'étant pas commune aux autres initiés, ils songèrent à se resserrer entre eux, sans cependant se séparer de la grande famille des Francs-Maçons ; ils formèrent les grades ou degrés que nous voyons ajoutés aux trois premiers, et ne les communiquèrent, sans doute, qu'à ceux des initiés sur l'attachement desquels ils croyaient pouvoir compter.

 

Les Templiers ont disparu dans l'ordre civil ( L'Ordre des Templiers s'est cependant conservé en France, et prouve une succession non interrompue de grands-maîtres depuis J. Molay, qui, avant de périr, désigna J. M. Larmenius pour son successeur. La Charte originale de transmission, et quelques insignes de l'ordre, sont conservés avec soin dans la maison conventuelle qui subsiste à Paris. On compte parmi les grands- maîtres depuis J. Molay plusieurs princes de la Maison de Bourbon.); mais ils ont laissé des successeurs dans la Franc-Maçonnerie, et leurs institutions leur ont survécu.

 

Telle nous paraît être l'histoire et la marche de la Franc-Maçonnerie.

Mais, nous demande-t-on chaque jour, qu'est- ce que la Maçonnerie ? Quels sont donc ses mystères, dont on parle tant aux initiés, et qu'on ne leur. révèle jamais ?

 

Cette question, qui nous a été faite souvent, même par des Francs-Maçons, mérite considération, et. nous allons y 'répondre. Nous ne pouvons cependant nous défendre de quelque surprise, toutes les fois qu'un initié nous interroge sur ce sujet, et nous jugeons qu'il ne s'est pas donné la peine de réfléchir, ou qu'il n'a été frappé que de la superficie des formes.

 

Nous conviendrons, si on l'exige, que la Franc-Maçonnerie, devenue aujourd'hui presque vulgaire n'est plus en effet ce qu'elle était dans ses commencement; mais nous ajouterons qu'il n'est pas nécessaire qu'il en soit autrement, et qu'au surplus, ce n'est pas la faute de l'institution, mais bien celle des hommes et des circonstances, qui ne sont plus et ne doivent plus être les mêmes.

 

Nous avons vu que la Franc-Maçonnerie et les mystères anciens ont un tel rapport entre eux, que l'on peut, sans trop bazarder, considérer l'une comme la succession des autres. Or qu'étaient-ce que les anciens mystères ? qu'y enseignait-on aux initiés? quelle révélation leur était faite ?

 

Si nous consultons lés ouvrages qui ont traité des mystères, nous apprenons que leur secret était la doctrine des sages, des philosophes de l'antiquité, qui, abandonnant au peuple ignorant et stupide l'idolâtrie qui leur paraissait si chère, se réunissaient pour n'adorer qu'un seul Dieu, créateur et conservateur de toutes choses, un Dieu vengeur et rémunérateur, le seul Dieu éternel digne des hommages des hommes.

 

L'initiation était divisée en plusieurs degrés ou époques; l'initié n'était éclairé que successivement et avec précaution, pour ne point trop choquer les préjugés de sa première éducation; il fallait qu'il fût déjà sorti de l'âge des passions; on le persuadait en l'instruisant, et on n'avait garde de lui imposer la croyance par. l'autorité. On le- formait dans les sciences humaines, alors renfermées dans le seul sanctuaire des temples, avant de lui montrer la vérité. C'était seulement après des études qui duraient au moins trois ans, et quelquefois davantage, que l'on conduisait le Néophyte dans l'intérieur, dans la partie la plus secrète du temple, où on lui dévoilait le vrai but de l'initiation.

 

Les initiés regardaient donc avec mépris l'idolâtrie., dont ils avaient appris à connaître l'absurdité ; et si, rendus à la société, ils respectaient les cultes établis, et s'y soumettaient, ce n'était que par déférence pour des opinions qu'il eût été dangereux de combattre ouvertement.

Aussi, à mesure que l'initiation s'est étendue, à mesure que la philosophie et les arts ont éclairé les peuples, le  culte des idoles, a perdu son crédit, et i1 a fini par être absolument oublié.

 

Tel était le but secret des grands mystères, et il a été atteint, mais après des efforts, in-

nombrables.

 

De l'initiation sont sortis tous les philosophes qui ont illustré l'antiquité; à l'extension seule des mystères on a dû le changement qui s'est opéré dans la religion des peuples. Lorsque les mystères sont devenus vulgaires, cette grande révolution a été :faite.

 

Moise, élevé eu Egypte, dans la cour du Pharaon,.et sans doute initié aux mystères égyptiens, est le premier, qui ait, établi le culte public du Dieu des initiés, du vrai Dieu. Son décalogue. n'est autre chose que la loi qui gouvernait les initiés, et sa physique est toute puisée dans les temples de Memphis.

 

Mais la loi de Moïse n'était encore qu'un essai imparfait de;l'application des:principes de l'initiation; les temps n'étaient pas encore venus, où ces principes deviendraient la religion universelle, à cause de cela nommée catholique. Il n'entre pas dans notre plan d'examiner ce qui s'est opposé à ce que la religion hébraïque ait fait des prosélytes, ni ce qui l'a empêchée de s'étendre hors de la maison d'Israël ; mais après l'accomplissement des temps, on voit sortir du sein de cette religion, et probablement du secret même de ses initiations, une religion nouvelle, plus pure que la première, qui n'appelle plus seulement une famille, une nation, mais tous4les peuples de la terre à la participation de ses mystères.

 

L'initiation ancienne était donc la vraie religion, celle qui, depuis, a été nommée à juste titre catholique, parce qu'elle doit être celle de toutes les nations éclairées de l'univers, la religion qu'avait d'abord enseignée Moïse, celle qu'a prêchée Saint Jean, celle enfin de Jésus. Oui, la religion chrétienne est sortie des mystères de l'initiation, telle qu'elle était dans sa première simplicité ; et c'est cette sainte religion que l'on a conservée avec soin dans les temples de la Franc-Maçonnerie.

 

Nous pourrions, par des rapprochements sans nombre, faire voir que jusqu'aux formes du culte, que jusqu'à la hiérarchie ecclésiastique, tout, dans la religion chrétienne, est tiré des usages et des rituels des initiés, prédécesseurs des Francs-Maçons, si les bornes que nous nous sommes prescrites dans cet Essai nous le permettaient. L'Évangile cet œuvre de la morale la plus douce, la plus pure, ce livre vraiment divin, était le code des initiés, et l'est encore de la Maçonnerie.

 

Si nous avons démontré que la Franc-Maçonnerie est une succession des anciens mystères, (et nous croyons y être parvenus) si, disons-nous, les mystères étaient eux-mêmes la véritable religion de Jésus, il s'ensuit que la Maçonnerie est cette même religion qui, constamment, a combattu le matérialisme de l'idolâtrie, mais qui, avec la même constance, a refusé d'admettre les dogmes mystiques que la superstition, ou bien le zèle enthousiaste de quelques âmes ardentes ont trouvé le moyen d'enter sur l'arbre évangélique.

 

On nous dira peut-être que, cela étant ainsi, les mystères ont dû être sans objet raisonnable, dès le moment de l'établissement et de la profession publique du culte et de la croyance des initiés ; que le secret de leurs assemblées devenait au moins inutile.

 

Nous sentons toute la force de cette objection ; mais qui ne sait que la religion catholique a lutté pendant plus de trois siècles contre le paganisme, qui était le culte dominant, et contre les persécutions sans nombre que cette religion, son ennemie naturelle, a dû lui susciter ? qui ne sentira que le secret lui a été longtemps nécessaire avant d'obtenir seulement la tolérance, et enfin jusqu'au moment où Constantin la plaça sur le trône ? et encore, depuis le triomphe de la religion catholique, qui a été aussi l'époque des plus grands schismes et des disputes théologiques les plus sanglantes, les hommes sages et paisibles qui voulaient conserver pure la science divine, n'ont- ils pas dû se tenir éloignés des disputant, se renfermer de nouveau dans le secret des initiations, et par ce moyen en' transmettre l'esprit dans toute son intégrité ? Il nous semble que c'est ainsi que l'on peut rendre raison de la perpétuité des assemblées secrètes des initiés, et expliquer la transmission de leurs mystères jusqu'à nos jours ; de là les persécutions suscitées contre les Maçons par les ministres d'une religion qui aurait dû les regarder comme ses appuis les plus solides et ses plus fermes soutiens.

 

Quoi qu'il en soit de la succession des mystères, il paraît évident, par les emblèmes qui décorent les Loges des Maçons de tous les rites, que, lors de leur introduction en Europe sous le nom de Franc-Maçonnerie, on y a reconnu un but religieux.. Mais la Maçonnerie avait encore un autre but, c'était celui de l'hospitalité envers les soldats chrétiens, envers les veuves et les orphelins des guerriers morts pour la religion dans les champs de l'Asie; et l'on doit reconnaître dans cette dernière intention la cause du crédit qu'obtint dès l'origine cette institution.. toute philanthropique.

 

L'Europe se lassa enfin d'envoyer périr la fleur de ses citoyens dans un pays si funeste à ses armées; les calamités qui avaient accompagné une guerre éloignée et désastreuse cessèrent; mais l'amour, du. prochain ne cessa point d'animer les initiés. Francs-Maçons ; les liens qui les unissaient ne furent point brisés pour cela, et les malheurs ordinaires de la vie ne manquèrent pas d'offrir à leurs vertus bien des moyens de s'exercer.

 

Une occasion terrible s'en présenta bientôt. Les chevaliers du temple, qu'ils regardaient, avec raison, comme leurs instituteurs, périrent par une catastrophe épouvantable ; ceux qui échappèrent aux échafauds se réfugièrent parmi les Francs-Maçons, qui les accueillirent comme des fils accueillent leur père, les soutinrent et les protégèrent de tout leur pouvoir.

Peu curieux de disputes théologiques, les Francs-Maçons se firent une loi de ne s'occuper jamais d'opinions religieuses; ils oublièrent en quelque sorte que leur institution était le dépôt de la vraie religion catholique ; ils se bornèrent à prêcher dans l'intérieur de leurs temples, la morale de l'Évangile, à recommander la soumission aux lois civiles, à exalter toutes les Vertus sociales et particulièrement l'hospitalité et la bienfaisance.

 

Il ne s'ensuit pas de là, sans doute, que tous les Maçons individuellement soient vertueux; mais la société maçonnique l'est par essence ; elle ne pourrait subsister sans cela. Combien d'actes particuliers de générosité ne pourrions- nous pas citer pour prouver que la Maçonnerie est un véritable bienfait pour la société ! Combien d'établissements de bienfaisance fondés et entretenus par dés loges, ne pourrions-nous pas désigner à la 'reconnaissance publique! Mais ce serait affliger lés Maçons que de lés nommer; la première de leurs maximes est de cacher soigneusement la Main qui donne.

 

Nous avons vu que la Franc Maçonnerie est une institution religieuse et philanthropique.

Sous le premier aspect, la sagesse de ses principes, la pureté et la douceur de sa morale, si conforme à celle de l'évangile, doivent nécessairement en faire l'objet d'un profond respect.

Sous le second rapport, qui la rend si recommandable, c'est une institution que l'on ne peut trop encourager.

 

C'est, n'en doutons pas, par un trait de la plus haute sagesse de la part des Francs-Maçons, que le côté religieux est abandonné à la sagacité des initiés, et que l'on néglige de leur révéler les mystères que cachent aux yeux superficiels les signes emblématiques de la Maçonnerie; tandis que tous les discours, tous les exemples sont dirigés de manière à recommander l'amour de ses semblables comme la vertu distinctive des vrais Maçons.

 

Tel est le véritable but de cette institution si injustement méprisée par ceux qui ne la connaissent pas. Les initiés savent que nous n'avons rien dit que de vrai; si notre bonne foi ne peut persuader les non-initiés, nous espérons au moins de leur esprit de justice qu’ils ne condamneront pas à l'avenir nos frères sans les entendre, et qu'ils avoueront que si nous avons représenté la Maçonnerie telle qu'elle est en effet, elle est digne de l'estime des honnêtes gens.

 

Le Tuileur de Vuillaume

Publié dans histoire de la FM

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