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Hauts Grades

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Hommage à Camille Savoire

24 Décembre 2012 , Rédigé par DNRF Publié dans #histoire de la FM

Camille Savoire, Eq. a Fortitudine, joua un rôle essentiel dans le réveil du Régime Rectifié au XXe siècle.

Né le 6 juillet 1869. Initié, 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Écossaise qui avait été créée en 1880 et qui sera à l’origine de la Grande Loge de France, il quitta cette Grande Loge au bout d’un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans, jusqu’en 1935.

Médecin spécialiste de la tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe à l’occasion de congrès médicaux, et en profita pour établir de nombreux contacts avec des maçons étrangers et des liens avec plusieurs Obédiences en Europe. 33e du R.E.A.A., Savoire sera armé Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte le 11 juin 1910 en prenant pour nom d’ordre Eques a Fortitudine. Savoire entra en contact avec le Grand Prieuré d’Helvétie en cherchant à établir des contacts avec les Obédiences étrangères en s’affiliant à une structure amie du Grand Orient mais non ostracisée par son rejet à la référence au Grand Architecte de l’Univers, comme il l’expose lui-même : « Il me fallait pour cela obtenir l'affiliation à une Obédience qui soit à la fois en relations régulières avec le Grand Orient et les diverses Obédiences mondiales, sans excepter celles qui avaient frappé d'ostracisme le GO, ce qui rendait particulièrement difficile la réalisation de mon projet. Dans ce but, par l'intermédiaire de mon bien cher ami et F. Édouard de Ribaucourt, je m'adressai à son compatriote et ami d'enfance, le regretté F. Quartier-La-Tente [Edouard Quartier-La-Tente (1855-1925), pasteur, professeur de théologie, fut le Grand Maître de la Grande Loge Suisse Alpina de 1900 à 1905, il dirigea le Bureau International des Relations Maçonniques avant de devenir le premier chancelier de l'association Maçonnique Internationale (l'A.M.I.), fondée en 1921], Maçon érudit, fondateur du Bureau International des relations maçonniques. Cet excellent F. nous désigna immédiatement le Grand Prieuré d'Helvétie, dernière Obédience de la plus ancienne Maçonnerie, comprenant dans son Directoire, héritier par voie d'extinctions successives des anciens Directoires français pratiquant le Rite rectifié et agrégés successivement au Grand Orient de France par des traités conclus en 1776, 1781 et finalement en 1811 et 1841, et dont le Grand Prieuré d'Helvétie avait reçu les pouvoirs, archives et l'héritage en 1828, lors de la mise en sommeil du Directoire de Besançon qui les tenait de Strasbourg, et en 1841 pour le Directoire de Neustrie. Ces divers traités, jamais dénoncés, conservaient force et vigueur : Ce fut en vertu de l'un d'eux qu'avec Ribaucourt et Bastard je devins par équivalence avec le 33° grade que je possédais au GO de France Chevalier Bienfaisant de la Cité sainte, grade suprême du Rite Rectifié, sous le nom d'Eques a Fortitudine, avec la devise : "Pro Patria per Scientiam" et, en vertu d'un trait signé entre le Grand Directoire Rectifié et le Suprême Conseil de Suisse, je fus ipso-facto immatriculé en qualité de 33° au livre d'or de ce Suprême Conseil. »

En 1935, Camille Savoire écrivait une sorte de manifeste intitulé « Pourquoi voulons-nous réveiller le Rite Rectifié en France ? », dans lequel, évoquant sa fidélité à « l’esprit du christianisme primitif » il avait cette phrase magnifique : « …Je reconnais que c'est lors de mon admission au sein du Rectifié que j'ai trouvé le chemin de l'initiation et compris le caractère initiatique de la Franc-maçonnerie… »

Camille Savoire, rejoignit l’Orient éternel le 5 avril 1951, mais on a retrouvé, dans les archives de la famille Savoire, une correspondance entre Camille Savoire et le Père abbé Clément Guilloux qui demeurait au presbytère de Bains sur Oust dans le Canton de Redon en Bretagne, allant du 18 juin 1938 au 4 septembre 1945. Dans une lettre du 16 avril 1942, l’abbé Guilloux écrit à Savoire : « Après votre Maman qui fut une sainte si délicieusement aimante et équilibré, après votre Marc (le fils de Camille Savoire disparu) si raisonnable et si ferme dans ses espoirs et ses certitudes, vous éprouverez, vous aussi, comme saint Augustin : ‘‘Seigneur vous nous avez fait pour vous et notre âme n’est pas en repos tant qu’elle ne vous a pas trouvé’’. Quand le saint curé d’Ars trouvait autrefois des âmes qui en étaient à votre stade et qui voulaient encore discuter, il leur disait de sa voix douce et irrésistible : mettez-vous à genoux et confessez-vous. Le patient se laissait faire et ‘‘l’opération’’ finie, le curé condescendant (ou peut-être malicieux) lâchait : et maintenant, voyons donc ces objections. A quoi l’autre répondait : ‘‘mais je n’en ai plus’’. » (In D. Daffos et P. Hillion, De l’originalité de la pensée de Camille Savoire, Actes du Colloque SFERE du 14 avril 2007 – Palais du Luxembourg, n.d., p. 51).

Source : http://directoirenationaldeslogesreuniesetrectifie.hautetfort.com

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Le Parfait Maçon ou les véritables secrets des 4 grades : Apprenti, Compagnon, Maîtres ordinaires et Ecossais (2)

23 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 18ème siècle Publié dans #Rites et rituels

Réception des maîtres

Pour la loge des maîtres, il faut préparer deux toiles : sur la première qui est la seule qu'on présente d'abord à la vue du récipiendaire, est tracée la figure du tabernacle que Moïse fit élever à son retour du Mont Sinaï ; toute la longueur en est divisée en trois parties ; celle du milieu, appelée le sanctuaire, contient l'arche qui servit à déposer les tables de la loi, et dessus de l'arche sont placés deux chérubins avec des ailes; dans la partie basse, du côté du Septentrion, on représente une table, vis-à-vis, du côté du midi, un chandelier à sept branches. A droite et à gauche sont écrits les noms Bezeleel et Eliab qui sont ceux des deux habiles maçons auxquels l'érection du tabernacle fut confiée par Moïse : et dans la troisième partie, qui est celle d'en haut, est représenté Moïse lui-même, remettant l'encensoir à son frère Aaron.

Lorsque tous les arrangements sont faits, le maître signifie par un grand coup, que la loge est ouverte. Alors un des frères quitte sa place et va chercher en dehors le récipiendaire, qu'il amène à la porte de la loge ; il y frappe cette fois-ci trois coups, et le maître répond par le même nombre, qui sert de signal à l'introduction.

Le récipiendaire, étant entré dans la loge, va se prosterner aux pieds du maître qui le fait relever, en lui disant : Frère, ouvrez les yeux et soyez saisi d'un saint respect ; vous voyez devant vous le tabernacle érigé par le grand maître Moïse. Voici l'arche où Dieu se montrait présent par ses oracles ; à droite est la table pour l'oblation des pains, à gauche le chandelier à sept branches qui servait à éclairer le tabernacle ; mais tout ce qui frappe vos yeux n'est qu'une légère esquisse des merveilles que nous vous préparons.

Alors le récipiendaire se prosterne une seconde fois, et le vénérable lui présentant la pointe de son épée sur le cœur, lui fait encore répéter l'obligation, dans les mêmes termes que je l'ai rapporté.

Pendant cet intervalle, on substitue la seconde toile où est dessinée espèce de temple qu'on dit être celui de Salomon; outre le grand portail qui est placé à l'occident, il doit y avoir deux portes plus basses du côté de l'orient, et entre ces deux portes, un escalier pratiqué dans l'épaisseur du mur pour monter à trente chambres distribuées à l'entour du temple en forme de galeries. Le corps du bâtiment est composé de deux parties ; dans celle antérieure sont tracés une table, un grand chandelier avec un autel dans le milieu, et au-dessus de l'autel sont marquées les lettres A. et H. L'autre partie, qu'on nomme le sanctuaire, est décorée par la représentation de l'arche d'alliance que deux chérubins semblent couvrir de leurs ailes ; au-dessous de l'arche sont encore marquées un grand A. et une grande S.

Comme on présente ceci au récipiendaire pour le chef-d'œuvre de la maçonnerie, afin de le mettre à portée de ne rien laisser échapper de toutes ses beautés, on fait éteindre le feu de la terrine triangulaire et on y supplée par un grand nombre de bougies allumées qui représentent, dit-on, 10.000 chandeliers que Salomon avait fait faire pour éclairer le temple.Cela fait, le maître prend lui-même la peine de donner l'instruction à peu près ainsi qu'il suit.

Pendant que les Israélites voyageaient dans le désert, comme ils n'avaient encore aucune habitation fixe, Dieu inspira à Moïse d'ériger le tabernacle sur le dessein qu'il lui donna lui-même, afin qu'au moyen de ce temple portatif, ils fussent en état de lui rendre, dans tous les lieux, le culte qui lui était dû.

Moïse, après avoir conduit et gouverné les Israélites pendant quarante années, se sentant près de sa fin, fit assembler tout le peuple au bord du Jourdain, où il lui fit un excellent discours, et lui dicta les lois qu'il devait suivre pour arriver à la terre promise : il annonça, entre autres choses, au peuple, que le tabernacle qu'il avait établi n'était que la figure du temps futur, et que quand ce peuple serait une fois en possession du pays de Chanaam, Dieu choisirait lui-même une ville qui serait nommée la ville sainte, où on lui bâtirait un temple sur le modèle de ce tabernacle.

David, devenu roi des Hébreux environ 400 ans après, établit par inspiration divine son séjour à Jérusalem et résolut d'y bâtir le comme il avait été prédit par Moïse; mais Dieu lui con d'abandonner cette entreprise, parce que ses mains avaient été trop souvent teintes du sang de ses ennemis et lui fit connaître que cet honneur était réservé à Salomon son fils.

En effet, ce grand prince qui avait obtenu de Dieu l'esprit de sagesse, n'eut rien plus à coeur que la construction du temple, mais il ne put le commencer que dans la quatrième année de son règne et il l'acheva dans le cours de sept ans.

Quoique la maçonnerie, depuis Moïse jusqu'à Salomon, eût fait des progrès considérables, elle avait toujours été renfermée dans les deux degrés d'apprentis et compagnons, personne, excepté les chefs, n'ayant osé prendre encore le nom de maître. Ce fut, suivant les maçons Salomon qui. le premier, institua le degré de la maîtrise, ayant conservé aux deux premiers grades les signes anciens dont ils étaient en possession immémoriale, et ayant établi de nouveaux signes en faveur de ceux qu'il élevait au rang supérieur de maîtres.

Les ouvriers que ce roi employa à la construction du temple étaient nombre de 183.200. Savoir, 100.000 manœuvres ou apprentis, 80.000 compagnons et 3.200 maîtres.

Tous étaient subordonnés à deux grands architectes ou inspecteurs généraux qui étaient Adoram et Hiram, les maçons les plus accomplis y eût alors sur la terre.

Ceux-ci rendaient compte à Salomon directement de tout ce qui se passait, donnaient les plans des ouvrages, veillaient à leur exécution. Adoram avait de plus le détail du paiement de tous les ouvriers; et comme il était impossible qu'il les connût tous, il fut convenu que leurs signes et mots serviraient à les distinguer. Par ce moyen, celui qui donnait les mots et les signes du maître en avait la paie; ainsi des autres.

Entre les trente chambres qui entouraient le temple, en forme de galerie, il y en avait une, la plus ornée de toutes, uniquement réservée pour les conférences de Salomon avec Adoram et Hiram, qui se tenaient deux fois chaque semaine; deux autres chambres où était la trésorerie, et c'était à celles-là que les ouvriers se rendaient à différentes heures, et sans tumulte, pour recevoir leur paie; il y en avait aussi deux pour l'habitation des deux grands architectes, qui étaient obligés d'y coucher pour être à portée de veiller aux ouvrages de l'intérieur du temple ; et les vingt chambres de surplus servaient aux maçons à tenir leurs loges toutes les fois qu'il plaisait à leurs maîtres de les assembler régulièrement.*

Les lettres A. et H. marquées au-dessus de l'Autel, sont les initiales des noms d'Adoram et Hiram, grands architectes du temple. Salomon même les y fit graver afin d'immortaliser la mémoire de ces deux grands hommes.

Ici le maître suspend un moment l'instruction pour faire une peinture touchante et pathétique de la ruine de ce superbe édifice par Nabucodonosor, ce qui l'excite ainsi que tous les autres frères à pleurer en quelque sorte sur Jérusalem; mais pour abréger des lamentations inutiles, il ajoute : Pourquoi nous affliger si fort ? Le temple n'est pas détruit, mes frères, puisqu'il existe moralement en chacun de nous. Alors la joie renaît dans l'assemblée, tous les frères s'embrassent, et le vénérable continue l'instruction.

Les maîtres, dit-il, ont trois moyens pour se faire distinguer, savoir un signe pédestral, un double attouchement et deux paroles. Ils ont aussi des questions particulières.

Leur signe se fait en plaçant le pied gauche en avant et le pied droit derrière, en sorte que la pointe du pied droit, touchant au talon du pied gauche forme l'équerre.

Le double attouchement se communique de cette façon-ci. On présente la paume de la main droite horizontalement à celui qui se prétend maître. S'il l'est en effet, il ne manque pas d'y appuyer sur-le-champ sa main gauche à poing fermé, et tout de suite il étend à son tour sa main droite dans une position semblable à celle de l'autre frère qui y répond par le même mouvement du poing, comme s'ils se témoignaient par là, l'un à l'autre, qu'ils se reposent sur leur amitié réciproque comme sur leur plus ferme appui.

Les deux paroles des maîtres sont Adonaï, Schilo. Les frères maçons les prétendent sacrées, et même prophétiques. Pour moi, qui ne voyant tout ceci qu'avec les yeux d'un profane, puis tout au plus atteindre à la signification littérale, je me contente d'observer que, suivant l'explication ordinaire, Adonaï veut dire Seigneur, et Schilo signifie Son fils, ou celui à qui il est réservé.

Finissons par les questions.

- D. Etes-vous maître maçon ?

- R. Mon nom est Harodim.**

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu maître ?

- R. Dans une des vingt-cinq chambres.

- D. De combien était composée votre loge ?

- R. De neuf maîtres députés des 3.200.

- D. Qui est-ce qui y présidait ?

- R. Le grand architecte de l'univers, et après lui le premier d'entre les maçons.

- D. Qu'avez-vous vu lors de votre réception ?

- R. J'ai vu le tabernacle érigé par le grand maître Moïse.

- D. Combien avait-il de parties ?

- R. Trois.

- D. Que signifient ces trois parties ?

- R. Elles sont une figure du monde.

- D. Expliquez- moi cela.

- R. Celle du milieu représente le ciel où Dieu habite ; et les deux autres qui ne sont ouvertes qu'aux sacrificateurs, représentent la terre et la mer

- D. Que représente la table posée dans le tabernacle ?

- R. Elle est une figure de notre âme dont nous devons offrir et rapporter à Dieu toutes les oeuvres.

- D. Que représente le chandelier à sept branches ?

- R. Les septs vertus.

- D. Définissez-moi le tabernacle.

- R. C'était la figure du temps futur et le modèle d'un édifice plus parfait

- D. Quel était cet édifice ?

- R. Le temple de Salomon.

- D. Où a-t-il été bâti ?

- R. Sur la montagne, dans un lieu choisi par David, où était auparavant l'aire d'Oron Jebuseen. - D. Donnez-moi une autre réponse.

- R. Le temple a été bâti dans l'endroit même où Adam, le premier des hommes et des maçons, a été enterré.

- D. Que signifient les lettres A. et H. placées au-dessus de l'Autel ?

- R. Ce sont les noms d'Adoram et Hiram, les deux grands architectes du temple de Salomon.

- D. Où avez-vous reçu votre paie ?

- R. Dans les deux chambres de la galerie.

- D. Quel est le nom d'un maître maçon ?

- R. Harodim ou Menatzchim.

- D. Quel est le nom d'un compagnon ?

- R. Gabelin.

- D. Quel est le nom d'un apprenti ?

- R. Louvet.

- D. Quel est le nom du fils d'un maçon ?

- R. Louveteau.

- D. Qui est-ce qui éclaire votre loge ?

- R. Dix mille et un chandeliers.

- D. Quelle est la plus grande de toutes ces lumières ?

- R. C'est le maître de la loge.

- D. Comment voyage le maître ?

- R. Sur terre et sur mer, de l'orient à l'occident, et du midi au septentrion.

- D. Donnez-moi le signe de maître.

- R. Le voici.

- D. Donnez-moi l'attouchement.

- R. C'est l'ouvrage de deux [sic].

- D. Donnez-moi les paroles de maître.

- R. Adonaï Schilo.

- D. Donnez-m'en l'explication.

- R. Adonaï signifie le Seigneur, Schilo signifie son fils, ou celui à qui il est réservé.

Il me reste à observer que le très vénérable ouvre et ferme toujours ses loges d'apprentis, compagnons et maîtres par quelques-unes des questions propres à chacun de ces degrés, dont la dernière, commune à tous les grades, est toujours celle-ci.

- D. Quel est le devoir d'un maçon ?

- R. Obéir. travailler et se taire.

A quoi le maître ajoute, quand c'est pour ouvrir la loge :

- Obéissons, travaillons et taisons-nous.

Et si c'est pour la fermer, il dit :

- Nous avons obéi, mes frères, nous avons travaillé, taisons-nous.

* Il faut supposer que Salomon ne régla l'ordre et la destination de ces trente chambres, qu'après qu'on eut entièrement achevé le corps, et ce qu'on appelle la grosse maçonnerie du bâtiment.

** Harodim signifie conducteur ou intendant des ouvrages ; c'est le nom qu'on donnait aux 3200 maîtres. Suivant le troisième livre des Rois chap. 5. v.16, ils étaient 3300 et le livre des Chroniques, chap.2., verset 18 fait même monter le nombre à 3600.

Repas des maçons

Les francs-maçons ne connaissent dans leurs festins ni l'intempérance, ni les excès ; leur conversation ordinaire roule sur les avantages de la confraternité ou sur des choses absolument indifférentes ; ils observent surtout un silence respectueux sur toutes les matières de religion et d'État, et ne sont pas moins attentifs à bannir de leurs entretiens toutes paroles méfiantes ou dissolues. Comme on n'admet entre eux aucune distinction de rangs, tous les frères se trouvent à leur aise, et les talents se déploient en liberté. Quant à certains vides qu'il n'est pas possible d'éviter, ils se trouvent remplis, ou par l'exercice des santés qu'on boit, ou par le chant des hymnes et cantiques de la confrérie. Ainsi on peut dire qu'ils passent agréablement quelques heures dans l'oubli de tous les autres hommes, mais non d'eux-mêmes. Je leur devais la justice de cet aveu, ayant eu le bonheur d'être le témoin oculaire de leurs innocents plaisirs.

Leur façon de boire est aussi singulière qu'amusante ; je ne sais si elle varie suivant les loges* . J'ignore aussi s'il y a des loges où le vin s'appelle poudre, et la bouteille Baril, comme l'avance un écrivain moderne; mais il est sûr que dans celle où j'ai assisté, le vin, l'eau, et toutes choses, se nommaient par leurs vrais noms. Mon manuscrit ne dit pas un mot de ce qui regarde les repas, mais je rapporte ici ce que j'ai vu et entendu.

Quand le très vénérable veut porter une santé, il frappe un grand coup sur la table qui est disposée en fer à cheval ; son premier surveillant répond par un autre coup; et ces deux coups frappés, il s'observe parmi les frères un profond silence.

Alors le très vénérable dit : Mes frères, je vous porte telle santé, préparez-vous à me la rendre. Tous remplissent aussitôt leurs gobelets, se lèvent, et sont obligés d'avoir toujours les yeux sur le maître pour imiter ses mouvements. Voici de quelle manière les maçons boivent en loge.

On prend d'abord tous ensemble son (1) gobelet, on le porte à la bouche, et (2) chacun boit ; quand on a bu on (3) l'éloigne de soi en ligne directe, ensuite on (4) tire une ligne transversale à droite, puis une autre à (5) gauche (ce qui forme deux équerres); de là on (6) rapporte le gobelet vis-à-vis de soi à la hauteur de la bouche, on le (7) hausse au niveau des yeux, on le laisse (8) tomber une seconde fois vis-à-vis de la bouche; et tous enfin le (9) posent sur la table en un seul coup; ce qui fait en tout neuf différents temps ou mouvements : et la solennité se termine par un battement de mains uniforme suivi d'un vivat.

* On assure que les maçons d'Allemagne font un autre exercice en buvant.

Secret des maçons écossais

On débite parmi les maçons, qu'il y a encore plusieurs degrés au-dessus des maîtres dont je viens de parler ; les uns en comptent six en tout, et d'autres vont jusqu'à sept. Ceux qu'on appelle maçons écossais, prétendent composer le quatrième grade. Comme cette maçonnerie, différente de l'autre en bien des points, commence à s'accréditer en France, le public ne sera pas fâché que je lui communique ce que j'en ai lu dans le même manuscrit, qui paraît en effet accorder aux Écossais le degré de supériorité sur les apprentis, compagnons et maîtres ordinaires.

Au lieu de pleurer, comme font leurs confrères, sur les débris du Temple de Salomon, les Écossais s'occupent à le rebâtir*.

Personne n'ignore qu'après soixante et dix ans de captivité dans Babylone, le grand Cyrus permit aux Israélites de relever le Temple et la cité de Jérusalem ; que Zorobabel, de la race de David, fut constitué par lui le chef et le conducteur de ce peuple, dans son retour en la cité sainte ; que la première pierre du temple fut posée du règne de Cyrus, mais qu'il ne fut achevé que dans la sixième année de celui de Darius, monarque des Perses.

C'est de ce grand événement que les Écossais tirent l'époque de leur institution et, quoiqu'ils soient postérieurs aux autres maçons de plusieurs siècles, ils se disent supérieurs en grade. Voici sur quoi ils fondent leur prééminence.

Lorsqu'il fut question de réédifier le temple du Seigneur, Zorobabel choisit dans les trois états de la maçonnerie les ouvriers les plus capables ; mais comme les Israélites eurent beaucoup d'obstacles et de traverses à souffrir pendant le cours de leurs travaux, de la part des Samaritains et des autres nations voisines, jamais l'ouvrage n'eût été conduit à sa fin, si ce prince n'eût eu la précaution de créer un quatrième grade de maçons, dont il fixa le nombre à 753, choisis entre les artistes les plus excellents. Ceux-ci, non seulement avaient l'inspection sur tous les autres, mais ils étaient aussi chargés de veiller à la sûreté des travailleurs ; ils faisaient toutes les nuits la ronde, tant pour faire avancer les travaux que pour reconnaître les embûches, ou prévenir les attaques de leurs ennemis.

Leur emploi étant beaucoup plus pénible que celui des autres maçons, il leur fut aussi accordé une paie plus avantageuse; et pour pouvoir les reconnaître, Zorobabel leur donna un signe et des mots particuliers.

Le signe des Écossais se fait en portant l'index de la main droite sur la bouche, et le second doigt de la main gauche sur le cœur.

Et, leurs paroles sont Scilo, Shelomeh abif. Le premier de ces mots n'est différent du Schilo des maîtres ordinaires, que par la suppression de la lettre h, et il exprime la même chose. Les deux autres mots Shelomeh abif, signifient en français Salomon mon père.

Enfin, les maîtres écossais ont aussi un langage et des questions qui leur sont propres ; j'ai même ouï dire à quelques-uns d'eux, que ces questions sont en grand nombre, mais malheureusement le manuscrit de mon frère n'en rapporte que huit. Les voici:

- D. Etes-vous maître écossais ?

- R. J'ai été tiré de la captivité de Babylone.

- D. Qui vous a honoré du grade écossais ?

- R. Le prince Zorobabel, de la race de David et de Salomon.

- D. En quel temps ?

- R. Soixante et dix ans après la ruine de la Cité sainte.

- D. A quoi s'occupent les maçons écossais ?

- R. A reconstruire le Temple de Dieu.

- D. Pourquoi cela ?

- R. Pour accomplir ce qui a été prédit.

- D. Pourquoi les maçons écossais portent-ils l'épée et le bouclier ?*

- R. En mémoire de ce que, dans le temps de la reconstruction du Temple, Neémie ordonna à tous les ouvriers d'avoir toujours l'épée au côté, et leurs boucliers proches d'eux pendant le travail pour s'en servir en cas d'attaque de leurs ennemis.

- D. Comment a été bâti le nouveau Temple ?

- R. Sur les fondements de celui de Salomon, conformément à son modèle. - D. Quelle heure est-il ?

- R . Le Soleil se lève.

Ou bien :

- Le Soleil est couché.

C'est par cette dernière question que les maçons écossais ouvrent et ferment leurs loges.

* Mon manuscrit ne fait aucune mention de la Loge Écossaise, mais je présume qu'on y doit dessiner quelques sujets analogues à la réédification du Temple, pour laquelle ces maçons supposent être assemblés.

** Les maçons écossais portent tous un grand cordon rouge, auquel pend une forme de Bouclier.

Conclusion

La maçonnerie, prise dans le sens mystérieux, n'est, sans contredit qu'un être de raison et qu'une pure chimère étayée sur de grands mots vides de sens, et sur de frivoles allusions qui ne peuvent séduire que les simples.

Mais elle me paraît tout autre dans le point de vue moral ; et si elle pour base une philanthropie saine et réfléchie, si son but est de concilier les esprits et de rapprocher les cœurs de tous les hommes par des principes uniformes de sagesse et de vertu, cette société pourrait devenir aussi utile qu'agréable; et ce serait, à mon sens, la meilleure école de l'humanité.

Les francs-maçons n'en imposent point, quand ils disent que leur doctrine n'a rien de contraire à la religion; mais je ne puis penser qu'aucun d'eux pousse l'enthousiasme jusqu'à s'imaginer qu'elle fasse partie de la religion même. On ne peut mieux comparer la maçonnerie, selon moi, qu'à ces pièces dramatiques qui, quoique fondées sur quelques traits de l'histoire sainte, ne sont pas moins réputées des ouvrages profanes.

Il faut en convenir; jamais œuvre de ce genre n'a été honorée d'un plus grand succès: Il y a plusieurs siècles que les représentations s'en perpétuent ; et la ville de Londres seule contient 129 théâtres, où la maçonnerie s'exécute journellement.

On n'en compte tout au plus qu'une vingtaine dans Paris ; cependant toutes personnes impartiales, même parmi les maçons, conviennent que c'en est trop encore, eu égard aux abus qui s'y sont glissés, et l'on estime que pour rétablir en France l'art royal* dans une partie de son lustre et son crédit, il faut nécessairement en rendre l'accès plus difficile, en diminuant d'abord le nombre des loges, et en ne confiant ensuite le gouvernement de celles qu'on laissera subsister qu'à des sujets qui, avec les avantages de l'éducation, soient partagés des qualités essentielles de l'âme, surtout d'une probité à l'épreuve.

Un ouvrage de cette importance n'est réservé sans doute qu'au chef suprême de la maçonnerie. C'est donc aux confrères vraiment zélés, et principalement aux officiers de ce qu'on appelle la grande loge, d'agir puissamment auprès de ce prince, pour obtenir de lui cette wréformation, sans laquelle l'ordre des francs-maçons venant à tomber peu à peu dans l'avilissement, perdra tout à la fois et sans retour l'estime du public et la protection de son illustre grand maître.

* C'est un des titres pompeux que les frères donnent à la maçonnerie.

Source : http://reunir.free.fr/fm/divulgations/parfaitmacon.htm

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Le Parfait Maçon ou les véritables secrets des 4 grades : Apprenti, Compagnon, Maîtres ordinaires et Ecossais (1)

23 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 18ème siècle Publié dans #Rites et rituels

Réception des apprentis

Suivant le manuscrit en question, que son auteur suppose avoir été extrait sur les archives même de la société maçonnique, la première loge a été tenue par le Grand Architecte de l'univers en présence d'Adam dans le paradis terrestre; il s'agissait d'y instruire l'homme de l'excellence de son espèce, des différents secrets de la nature, de l'usage qu'il devait en faire ; et comme la prescience de Dieu embrasse toutes les choses futures, cet être suprême qui voyait dès lors la chute prochaine d'Adam, voulut bien lui donner d'avance les premières leçons de l'architecture, dont lui et ses descendants devaient retirer une si grande utilité dans l'état malheureux où les précipita sa désobéissance. Adam profita si bien des instructions de son créateur, que les francs-maçons assurent qu'il en composa un livre* où l'art des bâtiments était parfaitement expliqué. Or la femme n'était point encore formée lorsque cela se passa entre Dieu et Adam, et c'est la première raison qu'allèguent les francs-maçons pour se justifier sur l'exclusion que leur ordre donne si incivilement au sexe.

Ils puisent encore un second motif d'exclusion dans l'origine et les circonstances de la chute de notre premier père. Leurs loges étant, selon eux, une espèce de paradis terrestre dont ils appréhendent d'être chassés, comme de l'autre, si les femmes y mettent une fois le pied.

Comme je n'ai pas dessein de les suivre dans toutes leurs visions, je supprime ici plusieurs articles du manuscrit ; mais j'ai cru ce préambule nécessaire pour l'intelligence de ce que j'ai à dire sur le premier degré de la maçonnerie.

Sept frères assemblés, et même moins, forment une loge, mais elle n'est estimée complète et régulière que quand ils sont au nombre de neuf.

Le lieu où ils s'assemblent, et qui se nomme la loge, ne doit être éclairé que par une grande terrine de forme triangulaire remplie d'esprit de vin, ou autres matières combustibles auxquelles on met le feu et qu'on a l'attention de renouveler.

Il y a quelques loges où on substitue des flambeaux à la place de la terrine : trois frères postés en triangle sont obligés de les porter ; mais cette façon, qui est incommode, n'a pas été reçue universellement.

Le maître, que l'on appelle le vénérable, orné d'un grand cordon bleu auquel pendent une équerre et une truelle d'or, est placé à l'orient de la loge, ayant à sa droite son second surveillant et à sa gauche l'orateur; le premier surveillant se tient vis-à-vis de lui pour exécuter ses ordres. Tous les officiers ont aussi le cordon bleu. Quant aux simples frères, ils n'ont aucun ornement qui les distingue, et ils se rangent des deux côtés de la loge en nombre égal.

Dans un espace vide qui est au milieu de la salle, et qui sépare les deux colonnes des frères, on étend un grand tapis formant un carré long où est peint une espèce de jardin** représentant le Paradis Terrestre, avec l'arbre de la science du bien et du mal, autour duquel sont placés les figures d'Adam, d'Eve et du serpent. C'est dans l'angle à gauche de ce carré, du côté du maître, que l'on pose sur un fourneau élevé la terrine triangulaire dont j'ai parlé.

Celui qui désire être reçu apprenti maçon, doit être proposé par un des frères de la loge, qui prend la qualité de son parrain ; c'est celui-ci qui est chargé de préparer le postulant, et cette préparation consiste d'abord à lui faire laver les yeux, la bouche et les oreilles. Après cette ablution, il faut qu'il se dépouille de sa jarretière du genou droit, et qu'il découvre sa poitrine. On ne doit lui laisser aucune sorte d'armes, pas même des ciseaux et un couteau ; le parrain est chargé d'en faire une exacte visite. Cela fait, il lui met un bandeau sur les yeux et le conduit à la porte de la loge.

Il y frappe un coup, le maître répond par un autre, et la porte s'ouvre ; alors le parrain fait faire au récipiendaire neuf fois le tour de la loge, et pendant cette longue et fatigante marche, il y a des frères qui aiguisent des outils, d'autres font un cliquetis d'épées, et d'autres enfin sont chargés de jeter des étoupes et de la poix-résine dans la terrine enflammée ; tout cela dans la vue d'intimider le récipiendaire.

La marche étant achevée, on le fait arrêter vis-à-vis du vénérable, qui lui dit d'un ton ferme : Qui êtes-vous, Monsieur ? Et que demandez-vous ? Le premier surveillant répond pour lui que c'est un gentilhomme qui demande à être reçu apprenti maçon, et le récipiendaire confirme que c'est la vérité. S'il en est ainsi, dit le vénérable, ouvrons-lui les portes du temple de la vertu. Tandis qu'on lui ôte le bandeau, tous les frères à genoux font tomber en perpendiculaire leur main gauche sur leur cuisse et tiennent de la droite leurs épées qu'ils croisent en forme de berceau. Le maître lui dit alors: Venez à moi, Monsieur, en traversant cette voûte de fer et d'acier ; ce que le récipiendaire exécute en tremblant. Sa frayeur redouble quand, à son approche, le vénérable tire un poignard qu'il avait tenu caché jusqu'alors, et se met en attitude de le lui plonger dans le cœur en s'écriant : C'est ainsi que nous punissons ici les traîtres. Mais le second surveillant, qui est à côté du récipiendaire, le fait prosterner humblement aux genoux du maître, que cette soumission désarme. Alors le frère orateur lui fait une courte exhortation sur le mérite de l'ordre, sur la fidélité due aux engagements qu'il va contracter, sur le danger imminent qu'il y aurait de les violer, et finit en l'assurant que la maçonnerie n'a rien de contraire à la religion, à l'État et aux bonnes mœurs. Après cela, le maître lui fait prêter l'obligation dans les termes qui suivent.

«Foi de gentilhomme, je promets en présence de Dieu tout-puissant et de cette honorable compagnie, que je garderai fidèlement les secrets de la confrérie des maçons, et que je ne les révèlerai jamais par paroles, écriture, impression, gravure, peinture, signes, caractères, et de quelque manière que ce soit, sous peine de passer pour infâme***, et d'être percé du glaive vengeur, et précipité ensuite dans un abîme, afin qu'il ne soit plus fait aucune mention de moi dans la confrérie des maçons.»

Voilà mot pour mot, et sans la moindre altération, le contenu de I'obligation que contractent les frères ; c'est une simple promesse qu'ils font, et non pas un serment, comme l'ont rapporté des écrivains mal instruits ou de mauvaise foi. Or il me semble que les maçons donnent assez de prise sur eux par leurs visions et par les cérémonies superstitieuses qu'ils pratiquent, sans les charger encore de fautes imaginaires.

Aussitôt que le récipiendaire a répété l'obligation, le maître se fait apporter une auge, dans laquelle il feint de gâcher avec sa truelle, passe légèrement et à diverses reprises sur la bouche du nouveau reçu, et la lui arrête un moment sur les lèvres, en lui disant : C'est le sceau de la discrétion que je vous applique.

Après cette mômerie, le maître le fait passer à sa gauche; on lui donne un tablier et deux paires de gants, dont il y en a une pour sa maçonne, puis le frère orateur lui explique ce qu'il faut qu'il sache en qualité d'apprenti c'est-à-dire deux signes, un mot du guet, et des questions auxquelles tout apprenti doit savoir répondre.

Le premier signe se fait en appliquant les second et troisième doigts de la main gauche sur ses lèvres, et posant le pouce sous le menton. Tout franc-maçon qui aperçoit ce signe, doit répartir par un autre, en se pinçant le lobe de l'oreille droite avec le pouce et le petit doigt de la même main.

Quand deux apprentis maçons qui se rencontrent se sont éprouvés par ce double signe, ils s'abouchent et s'examinent par les questions suivantes.

- D. Etes-vous apprenti maçon ?

- R. Je le crois.

- D. Pourquoi ne dites-vous pas que vous en êtes sûr ?

- R. Parce qu'un apprenti n'est sûr de rien.

- D. Comment êtes-vous parvenu à la maçonnerie ?

- R. Par une voûte de fer et d'acier.

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

- R.Dans une loge régulière.

- D. Qu'est-ce que c'est qu'une loge régulière ?

- R. C'est une loge composée de neuf, bien couverte, et inaccessible aux profanes.

- D. Qui sont ceux que vous appelez profanes ?

- R. Ceux qui ne sont pas maçons.

- D. Ceux qui, sans être maçons, sont dignes de l'être, sont-ils aussi des profanes ?

- R. Tous les hommes vertueux sont nos amis, mais nous ne reconnaissons que les maçons pour nos frères.

- D. Comment écarte-t-on les profanes de la loge ?

- R. Par l'épée et le silence.

- D. Comment s'appelle votre loge ?

- R. La loge du grand architecte du monde.

- D. Qui vous a fait apprenti ?

- R. La truelle et ma vertu.

- D. A quoi vous sert votre truelle ?

- R. A remuer et lier dans mon âme des sentiments d'honneur et de vertu, et à les employer de façon qu'il s'élève un édifice digne de la plus noble des sociétés.

- D. Où est située votre loge ?

- R. En Terre Sainte.

- D. Comment êtes-vous vêtu en arrivant dans la loge ?

- R. Un véritable maçon ne prend point garde aux ajustements.

- D. A quoi s'appliquent donc les maçons ?

- R. A régler leur conduite, et former leurs moeurs.

- D. Quel est l'état d'un maçon ?

- R. D'être heureux.

- D. Comment parvient-on à cette félicité ?

- R. Par l'union des vertus.

- D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la loge ?

- R. L'image de la séduction.

- D. Comment vous en garantirez-vous ?

- R. Par ma discrétion, soutenue des principes et des lois de la maçonnerie

- D. Donnez-moi un signe de l'apprenti.

- R. J'obéis.

- D. Vous ai-je compris ?

- R. Oui. J'en suis content.

- D. Donnez-moi le mot.

- R. Ahadam.

- D. Qu'entendez-vous par ce mot ?

- R. Il me rappelle mon origine, ce que je suis, et ce que je dois être pour parvenir au comble de la félicité.

- D. Quels sont les devoirs des maçons ?

- R. Obéir, travailler et se taire.

- D. De quelle espèce est votre obéissance ?

- R. Elle est libre et volontaire.

- D. A quoi travaillez-vous ?

- R. A me rendre aimable et utile dans la société.

- D. De quoi vous servez-vous dans vos ouvrages ?

- R. De ma truelle et d'une terrine.****

- D. Avez-vous déjà reçu des gages ?

- R. Plus que je n'en mérite.

En supposant à ces différentes questions un principe et un objet réel, je ne puis disconvenir qu'il n'y en ait quelques-unes de raisonnables édifiantes.

Quant au mot du guet Ahadam, ce ne peut être autre chose que le nom d'Adam qui a été corrompu. Les personnes instruites savent qu'Adam en langue hébraïque signifie roux, et que le premier homme fut appelé de ce nom, parce que la terre dont Dieu le forma était de couleur rousse qui est celle de la terre naturelle. C'est pourquoi les francs-maçons, qui ont souvent ce mot dans la bouche, disent qu'ils s'en servent pour se rappeler leur origine. Mais à quoi bon transformer ainsi en mystère une vérité connue de tous les hommes ? Y a-t-il un chrétien, même un sage paganisme, qui ne confesse que nous sommes poudre, et que nous retournerons en poudre ?*****

Telles sont néanmoins les seules instructions qui se donnent en loge aux apprentis maçons, si ce n'est qu'en leur expliquant le tableau de la chute du premier homme qui est exposé à leurs yeux, l'orateur a grand soin d'assaisonner son récit de quantité de traits mordants contre la mémoire de notre pauvre mère Eve.

* Les talmudistes prétendent qu'Adam fit un livre sur la création du monde et un autre sur la divinité. D'autres lui attribuent le psaume 92 et deux cantiques, dont il fit l'un la première fois qu'il connut Eve, et l'autre était une espèce de psaume pénitentiel qu'ils récitèrent après leur péché. Mais personne jusqu'à présent ne l'avait fait l'auteur d'un livre d'architecture.

** A la Loge où je me suis trouvé, on le dessine sur le le plancher.

*** Mon frère qui n'a écrit sans doute les secrets des francs-maçons que pour lui tout seul et afin de les mieux inculquer dans sa mémoire, s'est imaginé ne donner en cela qu'une légère entorse à son obligation. C'est ainsi que l'homme sacrifie tout à son opinion. Je n'ai garde de le justifier sur son imprudence ; je supplie seulement les frères qui le reconnaîtront au portrait que j'en fais, de lui sauver la peine de I'infamie en faveur de l'intention, et en considération du zèle et de l'attachement inviolable, même excessif, qu'il a toujours témoigné pour le corps.

**** Cette terrine est apparemment relative à la terrine triangulaire dont mention dans l'inventaire du coffre de mon frère le franc-maçon.

***** Genèse, III, 19.

Réception des compagnons

Le théâtre change ici, et la toile étendue sur le plancher représente les deux colonnes d'Enoch, I'Arche de Noé et la Tour de Babel. Ainsi on fait sauter tout d'un coup les compagnons par-dessus seize et dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis la tenue de la première loge par Dieu dans le Paradis Terrestre; mais on a soin de leur donner une instruction abrégée de ce qui s'est passé de mémorable dans la maçonnerie pendant ce long espace de temps. Une partie en est puisée dans l'Histoire Sainte, ajustée à la manière et au style de la confrérie.

Adam, le premier de tous les francs-maçons, forma, leur dit-on, lui-même une loge de ses enfants mâles, auxquels il communiqua les connaissances qu'il tenait immédiatement de Dieu.

Caïn, qui lui succéda dans la charge de Grand maître des maçons, s'étant fixé vers la région orientale d'Éden, se signala par la fondation d'une ville qu'il nomma Enoch, du nom de son fils.

Depuis, Jabel ou Jabal, un de ses descendants, connu sous le nom de Père des pasteurs, éleva les premières tentes et Tubalcaïn son frère eut l'art de travailler avec le marteau, ayant excellé en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer.

Mais le maçon le plus renommé de tous, fut Enoch, fils de Jared, qui mérita par sa vertu d'être transporté hors du commerce des homme, et réintégré dans le Paradis Terrestre. L'esprit de prophétie dont il était doué lui ayant fait connaître que la colère de Dieu ne tarderait pas à se manifester par un déluge universel, la crainte qu'il eut que les sciences ne se perdissent, le porta à élever deux grandes colonnes, où il grava les principes et les règles des différents arts, et principalement de l'architecture. Il fit l'une de pierre et l'autre de brique, afin que s'il arrivait que les eaux ruinassent celle-ci, la colonne de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'il y avait écrit. Sa prévoyance réussit, car on assure que cette colonne de pierre était encore sur pied en Syrie du temps de l'empereur Vespasien. Voilà tout ce que l'école des frères apprend aux compagnons du progrès que fit la science des maçons pendant ce premier âge du monde.

On les instruit ensuite de ce qui s'est passé du temps du grand maître Noé.

Les hommes avaient vécu jusqu'alors dans l'exercice de la vertu et dans le culte du vrai dieu ; mais ceux qui vinrent depuis s'étant portés à commettre toutes sortes de crimes, Dieu, dans sa colère, résolut de les exterminer, et Noé fut le seul qui trouva grâce devant lui. Dieu l'avertit qu'il allait inonder la terre et lui ordonna, pour se sauver, de bâtir une arche à trois étages, dont il lui marqua la forme et les proportions. Elle était entièrement de bois de cèdre, qui de sa nature est incorruptible; aussi les maçons prétendent-ils qu'elle s'est conservée jusqu'à présent dans son entier, ce qui est un peu contraire au rapport de l'historien juif qui dit que, de son temps, les Arméniens en montraient encore quelques restes.

Sept jours avant le déluge, Noé, qui avait bâti l'arche, y entra avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils, et par là furent conservés avec le genre humain toutes les traditions et les secrets communiqués par Dieu à Adam, et en particulier ceux de la maçonnerie.

Parmi les docteurs de la loi des maçons, il y en a qui assurent que, pendant une année et plus de séjour que Noé fit dans l'arche, il y tint avec ses fils plusieurs belles loges, ayant toujours la précaution de s'enfermer à l'étage le plus haut pour être moins exposés à la curiosité de leurs femmes.

Quand Noé et sa famille furent sortis de l'arche, eux et leurs descendants séjournèrent longtemps sur le haut des montagnes dans la crainte d'une nouvelle inondation. Peu à peu ils s'enhardirent à descendre dans les plaines et y firent différents établissements. Tous les hommes n'avaient eu jusqu'alors qu'un même langage, mais étant encore devenus rebelles aux ordres de Dieu, dans l'appréhension qu'ils eurent de sa vengeance, Nembrod, aussi vaillant qu'audacieux, et le plus habile maçon de son temps, les rassura en leur offrant de les protéger contre Dieu même, s'il menaçait la terre d'un second déluge, et de bâtir pour ce sujet une tour qui serait élevée jusqu'au ciel. Une entreprise aussi folle échoua de la manière que tout le monde sait. Dieu ayant confondu le langage des architectes, ils furent obligés d'abandonner l'ouvrage et de se disperser. Ce fut sans doute cette confusion des langues qui détermina depuis les maçons à introduire entre eux une nouvelle manière de se connaître et de converser par signes. C'est dommage en vérité qu'ils ne l'eussent point encore imaginé dans le temps même de la déroute des ouvriers de Babel, car moyennant ce bel expédient, la tour eût pu être achevée, et comme l'histoire nous la dépeint d'une structure extrêmement solide, nous aurions eu le plaisir de voir de nos jours ce rare monument.

Au reste, si les frères maçons se plaignent de ce que je n'ai point une prévention aveugle pour tous leurs sentiments, ils seront forcés de convenir, du moins intérieurement, que je suis esclave de la vérité dans tout ce que je rapporte de leur doctrine et de leurs cérémonies. Voici celles qui se pratiquent à la réception des compagnons.

Les frères sont placés à l'ordinaire autour du nouveau tableau, et l'appareil extérieur est semblable à ce qu'on a vu pour les apprentis, sinon qu'on pose devant le vénérable, une pierre élevée à la hauteur de la main, sur laquelle il y a un marteau, et que tous les frères ont la tête couverte d'un voile dont la blancheur est le symbole de l'innocence nécessaire à tout maçon qui veut entrer dans l'arche de Noé, où ce commencement de l'acte est supposé se passer.

La loge étant en état, l'apprenti qui aspire au grade de compagnon, assisté de son parrain, heurte deux coups à la porte, à quoi le vénérable répond du dedans par deux coups.

L'apprenti entre et va se placer à la gauche du premier surveillant ; le maître lui demande ce qu'il veut, et le premier surveillant répond pour lui, que c'est un digne apprenti qui désire d'être élevé au second grade ; le maître lui fait alors ces trois questions.

- D. Etes-vous apprenti ?

- R. Je le crois.

- D. Savez-vous travailler ?*

- R. Je cherche à l'apprendre.

- D. Comment me prouverez-vous que vous êtes apprenti ?

- R. Prenez-moi à l'essai.

Après cette dernière question, on le fait approcher du maître, qui lui présente un marteau avec lequel l'apprenti doit frapper deux coups sur la pierre, et sitôt qu'il a fourni cette preuve de son talent et qu'il a confirmé son obligation de ne point révéler les secrets, on le fait passer à la droite et le frère orateur lui explique tout de suite la science des compagnons.

Ceux-ci, pour se faire connaître, ont deux signes, deux mots et deux questions différentes de celles des apprentis.

Le premier signe consiste à élever le pouce de la main droite avec le petit doigt de la main gauche en forme d'équerre, et ce signe est appelé manuel.

Le deuxième, que quelques-uns nomment pectoral, se fait en posant le bout du petit doigt de la main gauche sur la pointe du cœur.

Les paroles sont Manhu, Magdal ou Magdala, deux mots hébreux dont on trouvera l'explication dans les questions qui sont affectées au grade des compagnons.

- D. Etes-vous compagnon maçon ?

- R. J'en reçois la paie.

- D. Comment voyagent les maçons ?

- R. Dans l'arche de Noé.

- D. Que représente l'arche ?

- R. Le coeur humain agité par les passions, comme l'arche l'était par les vents sur les eaux du déluge.

- D. Quel était le pilote de l'arche ?

- R. Noé, grand maître des francs-maçons de son temps.

- D. Quel est le pilote de votre âme ?

- R. La raison.

- D. Quelle [est] sa bannière ?

- R. La maçonnerie.

- D. Quelle [est] sa cargaison ?

- R. De bonnes oeuvres.

- D. Quel est le port auquel elle surgit ?

- R. A celui où se terminent toutes les misères humaines.

- D. Que représente la tour de Babel ?

- R. L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre.

- D. Qu'opposez-vous à cet orgueil ?

- R. Le caractère et le coeur d'un maçon éclairé par les principes et les lois de la maçonnerie.

- D. Quel est le mot des compagnons ?

- R. Il y en a deux.

- D. Quels sont-ils ?

- R. Manhu, Magdal ou Magdala .

- D. Quelle est leur signification ?

- R. Manhu signifie qu'est ceci, Magdala signifie La Tour.

- D. Qui est-ce qui a causé la destruction de la tour ?

- R. La confusion des langues.

- D. De quoi nous instruit cet événement ?

- R. Il nous apprend que sans la religion, l'homme n'est que faiblesse et néant.

- D. Que nous apprend-il encore ?

- R. Que sans l'union et l'intelligence des âmes, l'harmonie de la société peut subsister.

Voilà tout ce que renferme mon manuscrit sur les deux premiers grades de l'école maçonnique. Il y a toute apparence que le but de ces docteurs est louable, et qu'ils n'ont en vue que de travailler à rendre les hommes discrets justes et sociables. Mais, je le répète, pourquoi leur présenter des vérités sous une forme si nouvelle, et qu'était-il besoin d employer des moyens si extraordinaires pour les exciter à des vertus qui leur sont tracées par la religion, la raison et la nature même ?

* On souffle apparemment à l'oreille de l'apprenti les réponses aux deuxième et troisième questions, car elles doivent être nouvelles pour lui, n'étant point du nombre de celles rapportées dans le manuscrit sur le premier degré de la maçonnerie.

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Le Parfait Maçon

23 Décembre 2012 , Rédigé par L. D. C. Gimel. Publié dans #Planches

Depuis une cinquantaine d’années et dans le sillage de l’historiographie maçonnique anglaise, l’histoire de la franc-maçonnerie française comme institution est assez bien connue. Pour preuve, les travaux de Pierre Chevalier, Histoire de la franc-maçonnerie française, 1974, ceux d’André Combes et consorts, le tout finalisé dans le Que Sais-Je ? de Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, 2003.

Mais à côté de cette histoire évènementielle, l’histoire culturelle de l’Ordre, l’histoire des rituels, bref l’histoire de la tradition maçonnique a encore de beaux jours devant elle. Dans ce domaine, on doit signaler évidemment les travaux novateurs –il y a déjà près de 50 ans !- de René Désaguliers, Les Pierres de la Franc-maçonnerie, Les deux grandes colonnes de la Franc-maçonnerie et Les Trois grands piliers de la franc-maçonnerie (3ème édition, 2011), 3 ouvrages fondamentaux à conseiller à tous plutôt que les innombrables et laborieux livres de symbolique maçonnique. A signaler également cette intéressante collection « Que Sais-je ? » consacrée aux rites maçonniques. A signaler enfin des travaux parus dans diverses revues comme l’étude de Pierre Mollier sur le grade de Chevalier du Soleil publiée, il y aura bientôt 20 ans dans Renaissance Traditionnelle. Et justement, dans son dernier numéro cette revue publie une remarque étude de Bernard Dat sur Le Parfait Maçon.

Le Parfait Maçon est une divulgation des usages et rites maçonniques parue en 1744 dans ce qu’on appelle le « train de divulgations » qui court en France de 1737 à 1751. Mais, avec une autre divulgation parue la même année, La franc-maçonne ou La franche-maçonne, cette divulgation est considérée comme atypique en ce qu’elle diffère notablement de toutes les autres publiées à cette époque.

En quoi ? D’abord par les thèmes symboliques qui servent de trame aux grades d’Apprenti, Compagnon et Maître mais surtout dans le fait qu’elle est la première à dévoiler un embryon de rituel d’un 4ème grade dit Ecossais. C’est ainsi que Bernard Dat sous-titre son travail : « une source méconnue des hauts grades ».

L’étude de Bernard Dat est de bonne méthode et il est bon de rappeler ces évidences.

1. Notre auteur dresse d’abord l’état de la bibliographie sur le sujet.

2. Il décrit ensuite les 4 grades du Parfait Maçon.

3. Il recherche les sources de ces grades.

a) D’abord les sources livresques : Il en découvre principalement 2 : L’Histoire des Juifs de Flavius Josèphe et L’Histoire des Francs-maçons de La Tierce (1742), adaptation des Constitutions de 1723. Que l’oeuvre de Flavius Josèphe ait joué un si grand rôle dans l’élaboration de ces grades, ceci est cohérent avec ce que nous savons de la diffusion de cet ouvrage à cette époque. Dans son étude sur Les bibliothèques privées à Paris au milieu du XVIIIe siècle, Michel Marion note que l’ouvrage le plus fréquemment cité est bien sûr la Bible bientôt suivi des œuvres de Josèphe.

[Paris, Bibliothèque nationale, 1978. Sur les 100 ouvrages le plus fréquemment cités dans les inventaires, la Bible apparaît en premier et L’Histoire des Juifs en 14ème position, pp. 159-161.] Nombre d'auteurs de rituels maçonniques, on le sait, concevaient un grade comme un commentaire et une déambultation dans l'histoire biblique

b) Ensuite les sources iconographiques qui relèvent des mêmes ouvrages, édition de 1738 pour L’Histoire des Juifs avec ses gravures.

4. Bernard Dat étudie ensuite « quelques expressions et mots essentiels » de ces rituels comme « obéir, travailler et se taire », les mots de reconnaissance, étude qui « donne des clés majeures pour la compréhension du (…) rituel, sa nature (…) et son objectif spirituel ». Sa conclusion est simple : nous sommes en présence d’« un rituel profondément chrétien ». Faut-il s’en étonner dans un pays où le catholicisme gallican est religion d’Etat ?

5. Bernard Dat conclut son étude sur le fait que Le Parfait Maçon est une « source de hauts grades » et en montre sa descendance dans les grades de « Maître Ecossais », « L’Ecossais Napolitain », « Le Maître Parfait Ecossais », le « Grand Architecte » et le « Chevalier de l’Etoile d’Orient de Jérusalem », ainsi que les rituels écossais du Danemark.

6. En annexe sont publiés Le Parfait Maçon et les 3 grades des chevaliers de l’Etoile d’Orient de Jérusalem. La publication de tels textes est d’utilité maçonnique car il donne accès, pour les frères intéressés, aux sources mêmes de la tradition maçonnique. Se confronter à ces textes, c’est l’essence même de la méthode maçonnique.

*

Dans l’introduction du Parfait Maçon, l’auteur explique les raisons de la publication de ce texte. Celui-ci aurait été découvert fortuitement de la manière suivante : un homme visite son frère de sang qui est Maçon et il lui demande de lui expliquer ce que c’est que la Franc-maçonnerie. Et d’abord, quel est son but ? C’est celui d’unir les hommes dans l’harmonie lui répond-il. N’est-elle pas le « centre de l’union » comme le stipule le titre 1er des Constitutions de 1723 ? Il ajoute que la Maçonnerie est une bonne chose pour le pays dans lequel elle se trouve –en l’occurrence la France- et qu’à tout le moins, si on ne l’apprécie pas, on doit la considérer alors comme un passe-temps tolérable, sans grande importance ni danger. Or, peu de temps après cette conversation, le Franc-maçon meurt et l’auteur du texte hérite de ses effets. Il entre ainsi en possession de livres et de matériel de loges. Que dit-il avoir trouvé ?

- 4 tableaux roulés avec des dessins et des éléments d’architecture qui correspondent à 4 grades.

- une réserve de 22 tabliers et 5 rubans bleus. Ces habillements restaient donc dans la Loge ainsi que le montre les procès-verbaux de police de l’époque.

- un ange, etc.

En 1744, il y a déjà eu la publication de plusieurs divulgations. Contrairement à elles Le Parfait Maçon se présente comme la révélation des véritables secrets des maçons, jugeant que les autres ne sont que des tromperies. Le fait est que même s’il a un caractère atypique, ce texte a tout de même une forme très vraisemblable.

Quant au fait que la FM est un « sans (…) danger », c’est peut-être une manière de faire écho aux deux vagues de tracasseries de la Maçonnerie par la police, la première en 1737/8 et la seconde justement en 1744/5. Certains ont même pensé que le comte de Clermont lui-même, Grand Maître depuis 1743, ne serait pas étranger à cette deuxième vague dans la mesure où il aurait voulu régénérer l’Ordre en se débarrassant d’éléments dévoyés.

Les grades :

1. le grade d’apprenti.

La 1ère loge s’est tenue au paradis terrestre où Dieu a donné à Adam les premières leçons d’architecture avant la chute afin qu’il puisse –si besoin en serait- se préparer à s’en servir pour une « remontée », une « réintégration ». Adam a ensuite rédigé le 1er livre de Maçonnerie. Sur tout cela, on peut relire le début des Constitutions de 1723. On explique ensuite les règles de constitutions d’une loge, le nombre de frères qui convient –au moins 9 mais ce nombre varie selon les textes- l’illumination de la Loge. On nous dit ensuite que le Vénérable Maître est décoré d’une équerre et d’une truelle d’or (comme on peut le voir sur la célèbre gravure de 1735) et on décrit les conditions de réception d’un candidat.

Il y a des voyages.

L’obligation, et c’est intéressant, est une simple promesse et non un serment. Rappelons qu’en 1738 avait été fulminée la 1ère bulle d’excommunication papale reposant, entre autre, sur la condamnation du serment maçonnique, et que l’antimaçonnisme en général s’était déjà emparé de cette question. Bernard Dat y voit un signe que ce texte est plus spécialement destiné à des frères catholiques et qu’il dévoilerait ainsi une maçonnerie de type stuartiste. Plus généralement, il fallait s’attendre à ce que, dans un pays catholique, la franc-maçonnerie d’origine anglaise protestante, plutôt fondée sur l’Ancien testament, se « christianise » en France au cours du XVIIIème siècle. Cette « christianisation » culminera dans le grade de Rose-Croix.

Le Vénérable Maître applique alors la truelle –sceau de la discrétion- sur la bouche du nouveau reçu. Ce geste se retrouve dans la Maçonnerie d’adoption. On donne enfin au candidat un tablier, deux paires de gants, les signes et les mots avant de lui lire le catéchisme.

2. Le tableau de loge du 2ème grade, comme celui du 1er, fait référence aux Anciens Devoirs. Il représente l’arche de Noé et la tour de Babel.

3. Pour la réception au grade de Maître, il y a 2 tableaux. Le premier représente le Tabernacle au désert et le second le Temple de Salomon. Le récit fait au candidat porte sur le Temple de Salomon : Salomon, Hiram et Adonhiram –ses deux collaborateurs- se réunissent pour conférer dans le Temple. Il y a ici l’idée d’une spéculation sur l’architecture intérieure du Temple, les salles qui s’y trouvent et leur emploi.

4. Au grade de Maître Écossais, on révèle le secret des Maîtres Maçons. On trouve l’expression « Maître ordinaire » pour désigner les frères du 3ème grade. Les Écossais ont la volonté de reconstruire le Temple de Salomon et pas seulement de rester dans ses ruines d’où l’apparition des personnages de Zorobabel, Cyrus et Darius. Dans le catéchisme, il est précisé que les Écossais portent l’épée et la truelle.

La divulgation du Parfait Maçon est rédigée d’une manière relativement correcte par rapport aux divulgations connues à cette époque. Il semble qu’on veuille insister sur le fait que la Maçonnerie n’est pas ce qu’on dit d’elle, autrement dit que les divulgations précédentes sont plus dangereuses et néfastes pour l’Ordre qu’utiles. Il y a donc une intention de défendre la Maçonnerie et ce, d’un double façon : en la protégeant des attaquent venant de l’extérieur et en la régénérant de l’intérieur.

1. A usage externe, ces textes veulent jeter le trouble dans l’esprit du public relativement à la vague de publications faites de 1737 à 1744.

2. A usage interne, on veut adresser aux Maçons le message suivant :

a) la Maçonnerie est dégénérée, le recrutement est trop laxiste et les frères trop ignorants ;

b) heureusement, les Frères Écossais sont les conservateurs de la pureté de la Franc-Maçonnerie et ils peuvent la régénérer sous la direction du nouveau Grand Maître, le comte de Clermont.

Par ailleurs, Le Parfait maçon et la Franc-maçonne ont servi de base à l’élaboration, vers 1760, de la Maçonnerie d’adoption. 2 gravures donnent les thèmes de cette Maçonnerie.

Enfin, la truelle qui décore le Vénérable Maître est une référence directe à la Maçonnerie anglaise et irlandaise. Elle figure dans le sceau de la Grande Loge d’Irlande avec la devise : « Cemented with love ». Elle a rapidement été dévaluée dans la Maçonnerie française et ne figure pas dans les autres divulgations disponibles à cette époque. Cela indique donc que ces divulgations atypiques s’inspirent d’autres sources et nous renseignent sur une autre maçonnerie de ce temps-là.

Et surtout, ce texte donne une description succincte d’un grade « écossais » encore à peine évoqué à cette époque. Il développe le thème de la reconstruction du Temple, thème que l’on retrouvera dès 1748, dans le grade de Chevalier d’Orient.

L. D. C. Gimel. Etude de Bernard Dat RT N°161

 Source : http://liberlatomorum.jimdo.com

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Les 5 Points Parfaits de la Maîtrise

23 Décembre 2012 , Rédigé par D\ A\R\ Publié dans #Planches

La méthode maçonnique nous confronte, à chaque degré, à une représentation symbolique et mythique dont nous devons chercher la signification intérieure qui nous est propre. Dans cette recherche nous sommes aidés par nos frères pendant les Tenues, ce qui nous permet d’enrichir, de développer et d’assurer nos interprétations personnelles. Ce soir mes frères, je vous propose d’échanger des idées sur mes interprétations concernant un des symboles du troisième degré : les 5 Points Parfaits de la Maîtrise.

Maître Hiram, notre modèle de conduite, a été abattu en affrontant les trois plus grands ennemis de la Franc-maçonnerie. Notre héros mythique gît sous l’Acacia, symbole de régénération, ce qui nous indique que nous sommes prêts pour une nouvelle transformation. Symboliquement nous sommes au fond de nous-mêmes au centre d’une mort dynamique et une nouvelle forme de vie nous attend… Mais nous ne pouvons pas nous mettre sur la voie par nous-mêmes. La chair a quittée les os, tout se désuni, et le squelette ne peut pas se relever tout seul.

Le V\ M\, aidé par deux frères, relève le cadavre par les 5 points parfaits de la maîtrise. La posture finale scelle une alliance entre deux êtres qui n’en font plus qu’UN : le V\ M\ et le frère qui représente Hiram. Le nouveau Maître est encore faible. Seule la vie végétative est présente en lui. L’esprit est encore engourdi et pour le réveiller des paroles de Vie sont prononcées.

Le Mémento du Maître nous dit : « Question : Quelles sont les véritables marques (les traits distinctifs) d’un Maître ? » « Réponse : La Parole et les cinq points parfaits de la maîtrise ». Je crois que ceci permet d’affirmer que les Cinq Points Parfaits et la communication du mot substitué forment un tout : le Relèvement ! D’autre part si nous considérons que le nouveau Maître ne reste pas dans la mort, le Rituel semble nous indiquer que la légende d’Hiram est composée par deux phases indissociables : la Mort et le Relèvement. Notre rituel nous dit : « …Hiram renaît ainsi dans ses disciples et, en particulier, dans le Maître nouvellement initié… » Le nouveau Maître est debout maintenant et un homme debout est symbolisé par le nombre UN.

Le Nombre UN est un symbole unificateur : il tend à unifier les contraires et à réaliser une synthèse des opposés. Le nouveau Maître régénéré est alors censé être capable d’accomplir en lui l’harmonie, l’équilibre et la cohabitation des contraires. Il peut se placer, donc, au Centre de l’Union, et travailler à réunir ce qui est épars. Pour moi mes frères, à ce moment là, le nouveau Maître se trouve dans le point qui constitue le centre du cercle. Le point où se rejoignent tous les processus de retour et de convergence de recherche l’unité. Quand on parle d’unité je pense ce soir aux deux aspects de la dynamique qui est au centre de nous-mêmes en tant que Francs-Maçons la Mort Initiatique et la Vie Initiatique. Je vois, aussi, notre jeune Maître au centre d’une croix, dont chaque branche a deux dimensions : A la verticale : une dimension intellectuelle et une dimension spirituelle. A l’horizontale une dimension philosophique et une dimension social.

Pour moi la philosophie est bien plus qu’un discours théorique. Comme dans la Grèce classique je crois que la philosophie a un aspect vital, existentiel et que c’est un mode de vie. Ainsi sur le plan du Niveau le Franc-maçon a un rôle en société. Dans ce rôle il est censé être animé par la Lumière qui éclaire le Temple. Dans cette dimension horizontale je distingue aussi deux cercles. Un premier constitué par la famille, les amis et la Franc-maçonnerie. Le deuxième formé par l’activité au niveau professionnel, associatif et politique. Chaque frère choisi librement s’il agit dans les deux cercles ou s’il préfère le plus restreint. Celui de la cité n’attire pas forcement tous les Francs-Maçons.

Le travail à la Perpendiculaire, d’autre part, implique une activité en vue de notre transformation. Les rituels du premier et du deuxième degré nous indiquent l’ensemble d’exercices moraux et intellectuels à suivre en vue de notre perfectionnement en tant qu’Initiés Francs-Maçons. Lors de l’Initiation au premier degré les épreuves nous indiquent que les préjuges profanes doivent cesser d’animer notre intellect et que nous sommes censés acquérir des nouvelles habitudes morales, des nouvelles connaissances et renforcer notre volonté. Puis, en tant que Compagnon cette dimension intellectuelle est approfondie par les sujets de méditation des 5 voyages et par le renforcement de notre capacité à : donner à notre raisonnement une limite, à ramener les faits à leurs proportions réelles, à donner aux mots leurs sens propre, à donner aux rapports entre les choses une mesure et enfin à considérer toutes les choses en leur relativité. (Plantagenêt) Dans le troisième degré nous rencontrons les 5 points parfaits de la maîtrise. Le nombre 5 évoque l’homme accompli, ainsi les cinq points sont « parfaits » parce qu’ils unissent la nature humaine et la nature spirituelle du nouveau Maître. Les cinq points peuvent symboliser aussi ce qui permet, aux Maîtres Francs-Maçons, l’articulation à la force qui anime l’Univers et qui nous transcende.

Ce qui nous transcende et la spiritualité dont je vous parle, mes frères, est à faire en dehors de tout contexte ecclésiastique. Religion vient du latin unir, relier. Le sentiment d’union vient du cœur de l’Homme. L’être humain cherche à comprendre et à connaître ce qui le relie à toutes les espèces vivantes et à la création, car il a comprit que tout ce qui l’entoure vit et meure comme lui. Dans nos Rituels dans le travail à la Perpendiculaire, la spiritualité est présente au premier degré avec la Mort symbolique au monde profane et au deuxième degré avec le symbolisme de la lettre G. Pour moi, « la spiritualité » est la mise en action de la partie immatérielle de l’être humain. C’est l’activité de l’ensemble de nos facultés psychiques et intellectuelles. Par conséquent, je considère que la spiritualité d’un Franc-maçon ne peut pas être circonscrite seulement à ce qui est de l’ordre de l’âme en tant que principe immortel subsistant après la mort. Je laisse cela aux théologiens.

La spiritualité d’un Franc-maçon peut être considérée comme humaniste, car nous sommes engagés dans la recherche de la vérité et de la moralité par l'intermédiaire des moyens humains et en solidarité avec l'humanité. La spiritualité maçonnique soutient une morale universelle fondée sur la communauté de la condition humaine. Enfin, elle nous suggère aussi que les solutions aux problèmes sociaux et culturels sont de caractère humain et ne doivent pas être égoïstes. Pour moi un Maître Franc-maçon doit chercher à se dépasser et je trouve, là, le lien avec la transcendance. « La transcendance », est quelque chose de plus qu’un simple phénomène de notre conscience. Elle est ce qui dépasse le subjectif dans notre Conscience. Elle est l’objet vers lequel la Conscience entreprend l’action de faire mieux qu’à l’ordinaire. La transcendance est dans le Vivant et elle est, donc, accessible à l’Homme. Pour moi c’est l’Etoile Flamboyante que nous sommes censés guetter et trouver dans notre propre vie. Et, en tant que Maîtres au centre du cercle. D’autre part, je pense que l’immanence est aussi une dimension humaine et donc liée à la transcendance dans l’Homme. C’est pourquoi je crois que la voie initiatique de la Franc-maçonneries nous permet de trouver le chemin vers la Connaissance qui est immanente en nous. Je crois, aussi, trouver là un des buts de la pratique des nos rituels : la découverte, en nous-mêmes, de ces deux dimensions, sans que cela implique nécessairement l'adhésion à un corpus de croyances religieuses-ecclésiastiques. Par conséquent, je crois que nous pouvons considérer la spiritualité maçonnique comme transcendante et humaniste : sans dogmes ni cultes mais uniquement des règles morales. Nous sommes des laïques ayant pris leur spiritualité en main.

Quand le Compagnon frappe à la porte de la Chambre du Milieu il entre dans un lieu de tristesse et il trouble les Maîtres dans leur deuil. Après le Relèvement la Lumière revient, la douleur des Maîtres s’estompe et le Temple devient resplendissant. Hiram est régénéré dans le nouveau Maître. Pour moi ceci symbolise le travail spirituel à mettre en route au centre de nous même. Et nous trouvons le 1er des 5 points parfaits : le pied droit avancé, symbole de la marche vers un but unique. Je pense qu’à partir du 3ème degré la voie spirituelle est inévitable pour le Maître Franc-maçon qui veut continuer à développer cette dimension de sa Conscience.

La Conscience en tant que force qui permet l’intégration de tous les éléments et structures physiques et psychiques de l’existence de l’être humain. En développant notre Conscience nous pouvons harmoniser non seulement le corps et l’esprit mais aussi les différentes facultés de l’esprit et par conséquent l’immanence et la transcendance présentes dans l’être humain. Sans Loge il n’y a pas de Travail maçonnique, le nouveau chemin qui se présente au nouveau Maître est favorisé par la réflexion collective en Loge en alliance avec nos frères. Nous rencontrons, maintenant, deux autres points parfaits : Le 3ème point parfait : Les mains droites entrelacées, symbole de l’union nos efforts qui tendent vers le même but. Et, le 5ème point : La main gauche sur l’épaule droite qui symbolise l’entraide dans la recherche de la Vérité. Ce chemin ne reste pas moins une voie personnelle, intérieure, silencieuse et nous voilà toujours en plein dans le Secret maçonnique.

Cette voie secrète n’est constituée que par l’éphémère empreint de notre navigation dans l’océan de notre Conscience. Mais à force de persévérance le sens spirituel de la Tradition progressivement finira peut-être par se dévoiler au Maître Franc-maçon. Et, le 2ème point nous apparaît: Le genou droit plié symbole du culte du travail. Mais il s’agit de l’hommage au travail initiatique c'est-à-dire sans la moindre intention d’obtenir une récompense. Cette voie où nous partons à la recherche des choses derrière les formes et au-delà des apparences je crois qu’elle s’accompli dans l’action et la morale et c’est la recherche de la raison d’être de notre Existence.

Enfin, le symbole du 4ème point parfait de la maîtrise se présente à nous : Nos poitrines se touchent et nous partageons nos sentiments à travers nos cœurs spirituels. Ainsi, avec le renforcement de la spiritualité, structure de notre Conscience, animée par des valeurs personnelles et maçonniques ; avec la solidité et la force minérale de la pierre cubique ; placés au centre de nous-mêmes et au centre de l’Union nous pourrons, en tant que Maîtres Francs-Maçons, donner un dynamisme « autre » à notre comportement en Loge à notre agir à l’extérieur du Temple et à notre modeste contribution personnelle «…au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité ».

J’ai dit, V\ M\

Source : www.ledifice.net

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Les Trois voyages et les Quatre Eléments

22 Décembre 2012 , Rédigé par S\ N\ Publié dans #Planches

Vénérable Maître et vous mes très chers Frères en vos grades et qualités, je vais vous parler des trois voyages et des quatre éléments.

Il est a peu près certains que durant l’antiquité, l’Egypte pharaonique ait connu une science ésotérique comportant une initiation aux mystère avec des voyages et des épreuves !

Malheureusement, même si la filiation est incontestable, faute de document probant, aucun rapprochement précis n’est possible entre l’initiation maçonnique et l’initiation aux mystères antiques.

Néanmoins, on peut constater une certaine analogie entre les deux. Ainsi, les plus anciens rituels maçonniques font état de la purification par les quatre éléments.

Ces quatre éléments, réels à l’origine, sont devenus dans la maçonnerie moderne purement symboliques et représentent le développement de la vie à travers les entités élémentaires primordiales. Il s’agit la terre, de l’air, de l’eau et du feu.

De la même manière, les trois voyages symbolisent ceux que faisaient les philosophes antiques pour acquérir leurs connaissances. S’ils sont au nombre de trois c’est parce qu’ils représentent les contrées où la science fut développée aux origines. Ces contrées étaient la Perse, la Phénicie et l’Egypte.

Selon les auteurs, le premier voyage symbolise de la vie humaine. Il représente les passions, les conflits d’intérêts, la difficulté d’entreprendre, les obstacles du chemin parcouru vers la lumière.

Pour surmonter ces épreuves, le voyage de l’eau est nécessaire, puisqu’elle est source de purification du corps et une sorte de baptême philosophique qui lave l’âme de ses souillures.

Enfin, le voyage du feu est une épreuve qui doit amener chacun à la démonstration de la vérité qui se cache en soi en se confrontant aux flammes de ses passions.

Les quatre éléments ont une symbolique encore plus riche, puisqu’on les fait correspondre, notamment, aux quatre périodes de la vie (enfance, adolescence, âge mûr et vieillesse), aux quatre saisons (printemps, été, automne, hivers), aux quatre points cardinaux (est, sud, nord, ouest), aux quatre âges du Monde (âge d’or, d’argent, d’airain et de fer), aux quatre animaux idéalisés de la création (le lion, le taureau, l’homme et l’aigle représentés par le Tétramorphe), ou encore aux quatre parties de l’Homme (Spiritus, Animus, Mens et Corpus).

Or, à ces quatre parties du corps correspond son pendant symbolique :

Feu Spiritus (esprit) Initiation
Eau Animus (âme) Religion
Air Mens (Mental) Philosophie
Terre Corpus (corps) Vie matérielle

Cette symbolique est à rapprocher de celle de l’astrologie traditionnelle : à l’élément Feu correspond l’ardeur et l’enthousiasme ; à l’élément Eau, la sensibilité et l’émotivité ; à l’élément Air, l’intellectualité ; à l’élément Terre, la matérialité.

D’ailleurs, au-delà de cela, il existe une réelle correspondance des signes zodiacale avec les quatre éléments :

Feu : Bélier, Lion, Sagittaire
Eau : Cancer, Scorpion, Poisson
Air : Gémeaux, Balance, Verseau
Terre : Taureau, Vierge, Capricorne

Dans l’initiation maçonnique, le récipiendaire sort d’abord de la terre. Il est ensuite successivement, purifié par l’air, par l’eau et par le feu. Il s’affranchit par paliers de la vie matérielle, de la philosophie et de la religion, afin de parvenir à l’initiation pure.

Le rite français fait subir au récipiendaire une triple purification par l’eau, une double purification par l’air, et une seule purification par le feu ; en donnant implicitement le nombre quatre à l’élément terre et réaliser la « TETRACTYS » Pythagoricienne.

La Tétractys, qu’il ne faut pas confondre avec le nombre quatre, est la série des quatre premiers nombres dont la sommes est égale à dix.

. Feu
.. Air
Eau
…. Terre

Selon les pythagoricien la Tétractys est sacrée et résume les enseignements relatifs au Monde créé :

Esprit créateur
Matière
Union de l’esprit et de la matière
Forme créée.

Vous l’aurez compris, en réalité le récipiendaire ne fait pas trois voyages mais bien quatre. Le premier est celui qui part du Cabinet de Réflexion et qui va jusqu’à la porte du Temple. En effet, arrivé devant la porte du Temple, celui-ci est virtuellement deux fois né. Enfin, en sortant du Temple, il est en principe en possession de sa nouvelle naissance symbolique, à condition, qu’il le veuille vraiment et fasse sienne la devise du Sphinx tétramorphe des initiations antiques, puis des alchimistes, et aujourd’hui du parfait maçon :

SAVOIR, VOULOIR, OSER, SE TAIRE


J’ai dit.

S\ N\

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Les Quatre éléments

22 Décembre 2012 , Rédigé par H\ M\ Publié dans #Planches

Le monde ne peut être figé et la pensée spirituelle ne peut s'enfermer dans un dogme. Le dogme est l'ennemi du doute qui doit imprégner chaque maçon.
Tous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments, et la matière élémentaire résulte de l'équilibre qui s'établit entre eux. Les quatre Éléments se trouvent nécessairement réunis en tout objet physique.

Les Elément sont la « TERRE » lieu de vie, l’« AIR » qui produit la volatilité, l’« Eau » qui resserre les corps, et le FEU qui les dilate.

Aux Eléments se rattachent les qualités élémentaires, qui sont le sec, l'humide, le froid et le chaud.

Dans l’initiation maçonnique, les quatre éléments signifient une purification par le feu, l’eau, l’air et la terre. L'initié doit être purifié pour entrer en maçonnerie.

Les Quatre éléments

LA TERRE

La Terre lieu de vie, est la base. DIEU a formé l’homme à partir de la poussière de la terre, quelque part le Vénérable est dieu en loge. Le premier contact avec la terre à lieu dans le cabinet de réflexion. Au chaud de la terre l’apprenti maçon entre en contact avec le premier élément.

Une mort symbolique

L'initiation commence par le passage par le Cabinet de réflexion 'durant lequel est vécue " la mort au vieil homme", puis elle se poursuit dans le Temple.

Partant du passage dans le Cabinet de réflexion mais dépassant le cadre de celui-ci, le postulant est placé au cœur de cette terre afin d’y être recrée. Rituellement cette mort symbolique est le commencement d’un long chemin dont on prend conscience très vite en tant qu’apprenti. Le chemin est long et il faut beaucoup travailler, motiver son esprit faire grandir son âme.

Le sanctuaire est- une sorte de sanctuaire ou le postulant est seul, rien ne vient nous troubler, on est seul dans ce lieu de vie et de mort.

Ce lieu, symboliquement une grotte, est équivalent aux ténèbres malgré la petite bougie qui laisse l’espoir d’un monde meilleur. En sortant à la lumière on renaît grâce à la bougie et on découvre de mystérieux symboles.

Ce lieu de gestation laisse entrevoir la beauté de l’après initiation ce qui rassure le postulant apeuré par les ténèbres. La terre est la vie mais aussi la mort.

L’espoir d’un monde nouveau et meilleur

En loge l'épreuve de la terre laisse entrevoir un nouveau monde est il beau comme on l'espère. ? Les mystères sont ils maîtrisables. Dépouillé mais bien vivant, le postulant emprunte le chemin des ténèbres ou malgré le noir il doit agir avec vigilance et persévérance et emprunter en pleine lumière, les yeux bandés, le chemin au cœur du temple, lieu de recueillement et de silence.

Le cabinet de réflexion est exactement l'inverse de ce que le postulant va trouver dans le temple Les différentes épreuves de la terre, la marche, la planche à bascule, conduit le postulant à s'interroger "ou ai je mis les pieds "qui me portent à peine.?

Ce qui peut sembler le plus naturel, la marche, devient compliqué dans le temple, cela doit rendre humble le postulant...il est dans un nouveau monde.

Un symbolisme prédominant

Le symbolisme est très important en tant que véhicule d’une voie progressive intérieure, c’est-à-dire initiatique L’équerre permet de délimiter l’espace terrestre en le divisant en quatre régions selon les quatre directions (les quatre points cardinaux). Elle est non seulement le symbole du carré, mais aussi du nombre 4 tous deux représentant la solidification et la densification du monde.

L’équerre symbolique implique l’idée de rectitude, de rigueur, de précision. Le maçon se doit « d’être à l’équerre », c'est-à-dire droit, rigoureux et ferme dans ses pensées, ses actes et ses paroles.

La Franc-maçonnerie procure les métaphores propres à éclairer les voies obscures qui relient les désirs aux idées, les émotions aux représentations du monde, le cœur et l'esprit.. Bien souvent, le discours sur les symboles et les mythes s'enlise dans l'occultisme et le dogmatisme, créant ainsi des malentendus. Ce qui est important c'est la voie intérieure, l'introspection, tout vient de l'intérieur et tout retourne a l'intérieur.

Le rite est l’acte "magique" qui a pour objet d’orienter une force occulte vers une action positive, déterminée et qui consiste en gestes, paroles ou attitudes adaptées à chaque circonstances. L’ordre y est prescrit et s’inscrit dans une tradition.

Chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces Éléments, en plus ou moins grande quantité. Ce qui expliquerait le caractère plus ou moins volatil, chaud, froid, humide, ou sec de chaque matière.

L’EAU

Source de vie

Elle est à la fois source de vie, purification, régénérescence ; L'eau est la source de toute chose et de toute existence. La voie d'eau est dite longue car c’est la voie de l'éveil progressif. On est baptisé étant enfant avec l'eau et l'initié est un enfant de 3 ans. La voie de l'eau brule le périssable pour ne garder que l'essentiel, on laisse les métaux à la porte du temple. Déjà, .on ne garde que l'essentiel son esprit et son cœur. La voie d'eau est la voie de l'éveil progressif, elle est la voie de l'humilité et il y a la coupe des libations qui rappelle à l'initié ses engagements, le dynamisme et vie, la capacité de renouvellement qui est enseigné par le travail en loge. Lorsque les hommes se détourne de dieu, ils subissent le châtiment ultime, le déluge symbole de la purification du monde, le déluge est la destruction et l'instauration d'un nouvel ordre, dissolution de tous les éléments et régénération. Il est à la fois source de vie, purification, régénérescence (mort du profane et naissance de l’initié ).

L'eau contient la totalité des potentialités de création. L'initié doit être mis en contact avec cette totalité, la nature de l'eau est fluidité et mobilité. Elle enseigne que la vie dont elle est porteuse est mouvement et que le sacre ne saurait se satisfaire d'immobilisme, et cette élévation permet de respirer c'est le premier et le dernier acte de la vie.

L'eau contint la totalité des potentialités de création l'une des tache d'une loge initiatique est de mettre en contact l'initié avec cette totalité. La nature de l'eau est fluidité et mobilité, elle enseigne que la vie dont elle est porteuse est mouvement

L'Eau contient la vie, la transporte, la conserve et la régénère. L'eau est la médiatrice entre le ciel et la terre. L'eau est vecteur de transmission et de purification, l'eau est utilisée en loge comme l'eau du baptême, s'agissant d'une naissance d'une renaissance par l'eau. On crée un frère, la purification a lieu par le lavement des mains dans un vase. La main est reliée au cœur. Grâce à ses mains le maçon construit. La main renvoie à l'une des capacités de rendre visible ce que le cœur a perçu, la main est liée à l'intelligence du cœur avec laquelle chacun des outils présents en loge doit être utilisé pour le bien commun. L'eau permet de faire rayonner l'esprit et les sentiments et d'élever la matière vers l'esprit via le cœur. L'eau est la voie lente d'approche du sacré, elle est la voie de l'humilité.

L’AIR

L'épreuve de l'air c'est découvrir la pensée divine à l'œuvre dans la création.

Le maçon se doit d'être libre comme l'air. L'air invite a rejeter l'immobilisme. L'air ouvre sur le mystère de la vie, l'air est le souffle de vie, et permet de parcourir les chemins de l'invisible, le voyage du maçon est un voyage ascensionnel sur la route du ciel et le voyage vers l'immortalité. Voyage vers la connaissance et la grande sagesse, le maçon initie voit la lumière et l'esprit de l'air lui enseigne la fluidité et le mouvement permettant l'accès vers le merveilleux et de rejoindre l'air lumineux qui tisse l'âme de l'initié, le travail en loge permet comme l'oiseau de s'envoler vers dieu et de rêver de l'immortalité.

L'esprit c'est la respiration cosmique. Dans l'espace sacre du temple, l'air a toute sa place, l'apprenti qui a la foi a conscience qu'il est en quête du mystère de la vie et de la création.

Chaque tenue est semblable à la création originelle indissociable de la purification par l'air. La capacité de renouvellement d'une loge initiatique est garante de la vitalité de ses membres, les frères sont placés dans le temple rituellement comme au premier jour tout rappelle la naissance. Le sacre est toujours présent.

L’air, vecteur de sensations.

Le souffle et la parole ne font qu'un.
Observer et caractériser en quoi l’air est porteur de sensations : odeurs (gaz, parfums), ondes sonores et lumineuses, rythmes saisonniers, etc.

L'âme, le corps et l'esprit de l'apprenti ont besoin de l'air pour s'élever et atteindre le firmament et en la sagesse divine.

L’air est imaginaire, et symbolique

L’oiseau maître du ciel a toujours été très présent dans les croyances sous forme de divinités, de pratiques divinatoires ou de symboles. L’âme peut ressembler a un oiseau lorsqu'elle s'envole pour rejoindre dieu..

Le vent est l'exemple suprême de la force de l'air et de la purification. L'apprenti apprend a percevoir la lumière au cœur des ténèbres, l'épreuve de l'air met l'apprenti en contact avec l'invisible, l'air véhicule la vie et le souffle, reçoit la puissance d'unir le haut et le bas, l'épreuve de l'air est un acte de construction, elle participe à la naissance de l'apprenti, le vent divin, le souffle divin est le véhicule. Et l'air par sa nature mobile est insaisissable l'âme et l'esprit sont purifiés. L'apprenti a les yeux bandés et se trouve donc en relation avec l'invisible. L'apprenti perçoit puisqu'il ne voit pas. L’apprenti a perdu ses repères. L'air balaie les mauvaises pensées, les pensées profanes, il fait partie de la renaissance, avec le tumulte qui est fait, on pense à l'orage, l'épreuve de l'air marque l'ébranlement de la conscience qui surgit en l'être,.
L'air a une fonction de lien entre ciel et terre, par le don de l'air une loge initiatique reçoit la puissance d'unir le haut et le bas. l'apprenti est en bas il doit vouloir et pouvoir s'élever !
La puissance d'unir le haut et le bas l'épreuve de l'air est bien un acte de construction, l'air enseigne la capacité d'élévation et d'abstraction ; L'apprenti apprend à accorder son cœur avec celui de la loge et plus précisément avec les cœurs de ses frères,

Les phénomènes du ciel sont des manifestations de l’action des forces divines (foudre, météorites).mais l'apprenti qui croit ne doit pas avoir peur.

L'air dans la civilisation

L'air est l'un des quatre éléments et selon les récits mythiques, il est, avec le feu, un élément actif, un élément mâle alors que la terre et l'eau sont des éléments féminins. Il représente le monde subtil entre le Ciel et la Terre, entre les hommes et Dieux. C'est l'élément qui remplit les êtres, il est donc associé au souffle de vie. Symbole de la vie, invisible, universel et purificateur.

L'air est symbole de mouvements, de liberté, de subtilités, d'allègement. L'air est associé au souffle, au souffle de vie, et suivant les religions, à l'âme. Si l'air est invisible, il nous rend sensibles aux vents, aux odeurs, à la chaleur. la sagesse s'élève de la terre en l'air et de nouveau descend sur la terre acquérant la puissance du haut et du bas.

L'air remplit l'espace entre le ciel et la terre si on veut rejoindre l'esprit, le ciel, il faut utiliser l'air. L'air permet la circulation de la lumière, c’est un agent de liaison des espaces. L'air véhicule la vie en sa qualité de souffle divin. Dieu est derrière le souffle de vie, le souffle est le véhicule

LE FEU

Le feu puissance spirituelle

Si nous pouvons percevoir trois éléments par le toucher, il en est tout autrement de la chaleur du feu. Nous ressentons aussi la chaleur sans avoir de contact avec elle. Nous la percevons dans notre corps.la chaleur est intérieure, la tradition initiatique évoque le passage par le feu comme une naissance spirituelle de l'être, traditionnellement la naissance par le feu est naissance à la conscience créatrice de l'univers et ouvre sur la notion d'immortalité, le feu et la chaleur indiquent le réveil net la mise en mouvement, c'est la puissance spirituelle. Le baptême seconde naissance se réalise par le feu l'esprit est représente comme une flamme qui se transmet. On pense à l'expression baptême du feu. On parle d'illumination et de naissance de l'esprit. A l’église le feu est celui de la flamme du cierge. Le feu peut être destructeur mais également créateur. Le feu, permet l'entrée dans le sacre, traverser le feu sans être brule fait de vous un être a part, il faut passer par le feu pour cheminer sur la voie qui mène é la lumière, la franc maçonnerie fait vivre cette épreuve au novice, lui permettant d'intégrer ce nouveau corps, on ressent un souffle chaud qui vous lèche le visage et on est purifié. Cette chaleur est magique, ce feu illumine le temple et c'est merveilleux, le feu transforme la mort en vie, on touche au merveilleux. Le novice découvre le feu créateur et la chaleur qui s'en dégage participe à l'œuvre de création. Le feu dans les ténèbres apporte la lumière, Le feu met à l'épreuve.

Le serment est un moyen d’allumer le feu le feu intérieur, il embrase le destin de l'être, on alimente ce feu intérieur par le travail en loge et dans le temple.

Le feu constructeur

Les travaux et la participation aux offices,.l'énergie individuelle est offerte aux frères du temple; le feu a une double nature, il peut réchauffer ou bruler, lors de l'initiation le feu est positif de telle sorte que s'agissant du feu sacre, il a pour but de nourrir. Le but est de combattre le mauvais feu, par le feu sacré, car le feu sacre est le feu de l'âme. Il faut rejeter les feux de son ego et de ses passions, il faut maitriser le feu des passions, rejeter les feux destructeurs, feux des ignorants et faire naitre le feu positif, constructeur. Le feu est éternel et l'amour fraternel. Le feu est donné à l'initié pour qu'il soit constitué par cette force de création et donner le meilleur de soi en toute gratuité, édifié par une loge initiatique, lors de l'instant créateur, la descente de la lumière s'opère par le feu au cœur des ténèbres, et de la peur du noir brille ce feu matériel et immatériel, feu sacrificiel, la lumière de l'impétrant rayonne au delà de son corps. Intérieurement le feu est notre père, qui sait tout et voit tout, pour la tradition chrétienne le centre est le père, ou brule le feu sacré et la lumière est le fils et le saint esprit et la flamme qui les relit. Percevoir la lumière lors de chaque tenue permet le voyage. Le voyage d'une loge s’accomplit symboliquement à chaque tenue de midi à minuit heure des travaux.

Le feu serait l'élément premier à l'origine de toute matière

LA SYMBOLIQUE DU QUATRE

Chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces Éléments, en plus ou moins grande quantité. Il faut rajouter quatre qualités accessoires que sont le chaud et le froid d'une part (deux qualités actives) et le sec et l'humide d'autre part, (deux qualités passives).

QUATRE QUALITES

LE CHAUD

Le chaud est d'une manière générale un principe d'énergie, d'activité et d'impulsion.

LE FROID

Par opposition, le froid est un principe de passivité et de résistance.

LE SEC

Le sec est un processus d'analyse, de séparation, d'individualisation, de contraction et de repli sur le détail ou sur soi. Il se déroule dans une atmosphère rigide et cassante, allant aux extrêmes.

L’HUMIDE

Par opposition, l’humide est un processus de synthèse, de liaison et de collectivisation, d'ouverture sur la globalité et le collectif. Il est conduit dans une atmosphère de détente et de souplesse. ous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments :

Le feu est un phénomène naturel ; dans la nature, il peut résulter de la foudre ou de la fermentation (production de gaz inflammables et de chaleur). Sa domestication par l'Homme et sa capacité à le conserver (l'entretien du foyer On distingue par exemple trois sortes de feu : la flamme brûlante, la lumière et les résidus incandescents de la flamme (braises).

L éléments conjonction d'une qualité active et d'une qualité passive agissant sur une matière première indifférenciée génère l'un ou l'autre des éléments. Dans cette analyse, la terre hérite des qualités froides et sèches (ce sont les qualités de la cendre), le feu est sec et chaud, l'air est chaud et humide (qualités du souffle exhalé) et l'eau est froide et humide.

D'autre part, cette génération des éléments par une interaction de qualités élémentales implique une dynamique des éléments. La réalité n’est pas figée : Les éléments peuvent se transformer l'un dans l'autre. Le feu peut donc se transformer par la modification d'une de ses deux qualités soit en air, soit en terre ; la terre en feu ou en eau ; l'eau en terre ou en air ; et ce dernier en eau ou en feu.

Aristote met en correspondances les sens et les éléments.

La vue, la couleur est liée au feu, l'intermédiaire des sons est l'air, l'odorat s'exerce au moyen d'un médium qui est l'air ou même l'eau, rien ne produit une sensation de saveur sans humidité, le toucher est lié à la terre. Aristote donne toujours la suite éther, feu, air, eau, terre, et c'est l'ordre qui prévaudra, l'éther (et non le feu) étant alors considéré comme la matière des astres et l'élément où ils séjournent.

QUATRE POINTS CARDINAUX

Le cadre de vie, le lieu géographique et le climat sont également soumis au jeu des qualités. Les quatre points cardinauxcorrespondent aux éléments ainsi qu’aux complexions et aux tempéraments. Ainsi, l'Est est chaud et humide, le Sud chaud et sec, le Nord froid et sec, et l'Ouest froid et humide.

Ces considérations sur les points cardinaux ont donc suscité la construction d’une théorie explicative de la géographie et des climats. Le nord possède en effet un climat froid, et l'eau y gèle (le fait qu’elle soit solide lui ôte sa qualité humide et explique que le nord soit sec); les régions ouest sont essentiellement constituées des immensités océanes (donc humides), et les régions sud sont constituées en grande partie par le vaste désert africain du Sahara (donc sec). Quant à l'Est, c'est traditionnellement là que l'on situe le paradis terrestre, d'où prennent leur source quatre fleuves (le Nil, le Tigre, l'Euphrate et le Gange), et où règne une douce chaleur (humide à cause des fleuves). Notons au passage qu’il s’agit d’une vision du monde très centrée sur l’Europe, du fait de son origine grecque à laquelle s’est ajoutée au Moyen Âge le récit biblique du jardin d’éden.

QUATRE SAISONS

La théorie des quatre éléments, s’applique également au domaine de la structuration du temps, dans la mesure où chacune des quatre saisons correspond à l’un des éléments classiques. Le printemps est chaud et humide comme l'air, l'été chaud et sec comme le feu, l'automne froid et sec comme la terre, l'hiver froid et humide comme l'eau.

QUATRE CATEGORIES D’ÊTRES VIVANTS

De même que l'univers est divisé en quatre éléments, les êtres vivants sont classés en quatre catégories ; règnes : minéral (les pierres sont considérées comme faisant partie des êtres vivants au Moyen Âge, sinon dans l’Antiquité), végétal, animal et humain. Les animaux sont eux-mêmes répartis en quatre catégories selon leur appartenance à l'un ou l’autre des quatre éléments. Il existera dans la pensée religieuse du Moyen Âgel'idée que plus on monte vers le ciel, plus on se rapproche de Dieu, et que plus on descend, plus on se rapproche du diable et de l’enfer. puis les oiseaux ordinaires, simples volatiles voyageant dans les airs, suivis des poissons nageant dans l’eau, pour terminer en bas de l'échelle par les quadrupèdes qui vivent sur l'élément terre. À l'intérieur d'une même catégorie animale, il existe également une hiérarchisation des êtres en fonction de l’élément dont ils se rapprochent le plus : les oiseaux incapables de voler et marchant sur le sol comme la poule sont moins bien considérés que le gibier d’eau comme le canard, proche de l'élément aquatique, lui-même moins noble que les oiseaux de plein ciel comme le passereau ou l’épervier.(Au Moyen Âge la fauconnerie, chasse noble par excellence était réservée à la noblesse). De la même manière, les poissons de fond tel que le turbot sont inférieurs aux poissons de surface et d’eau vive tel que le saumon. Les végétaux sont également généralement associés à la terre, mais les épices au feu. Une telle répartition entre les divers éléments existe également pour les minéraux.

De même que le chaos règne dans l'univers lorsque les éléments sont en déséquilibre, ils conduiront au chaos sur terre en l'absence de la sagesse,

Les 4 éléments permettent à l'initié de prendre conscience qu'en s'offrant au temple et à la loge, il s'approche de la perception du mystère et que la loge ouvre le chemin vers le divin, à charge pour le maçon de savoir s'y rendre et trouver le Graal divin.

Source : www.ledifice.net

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L'agnostique et l'athée ont-ils une place au REAA ?

22 Décembre 2012 , Rédigé par P\ M\ 33ème A.M.H.G. Publié dans #Planches

C’est une question récurrente que se posait déjà en 1979 le chapitre « les arts réunis » de Rouen sous la signature du F. Messac , dans une forme un peu différente : « N’y a-t-il pas un cléricalisme maçonnique ? »
Ma démarche interrogative nous conduira sur des voies entrecroisées .
Peut-on dire que la maçonnerie du R.E.A.A. est une religion, quelle a ses clercs, une forme de symbolique quasi dogmatique, un langage figé, une gestuelle fixe, donc un rituel rigide à contenu orienté par ses références, sa symbolique imposée, ses mots et phrases, qui, d’une façon pavlovienne, peuvent irriter l’agnostique et l’athée, sans parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale ?
L’étymologie des mots désignant le fait de ne pas croire en dieu est toujours négative : a-thée ; in-croyant ; a-gnostique ; in-fidèle ; mé-créant ; la croyance est la norme, l’incroyance, l’exception.
Qu’en est-il au REAA alors que la moitié du monde n’a jamais connu dieu ?
Au REAA, encore plus qu’au G.O. l’art. 1er devrait imprégner la démarche des « sages » . L’attitude progressiste, tant sur le fond que dans la forme, et par là même progressive, doit être le carburant courant.
Quand on se permet de faire une incursion dans la littérature, on trouve des articles vieux de 30 ans. Mais, qu’est-ce donc au regard des 20 siècles de catéchèse primaire de l’église Romaine ? En maçonnerie, pas de tradition catéchisée, formatée, enkystée !!

Revenons à nos moutons agnostiques ou athées …
Aspect 1er : la maçonnerie peut-elle être assimilée à une forme de religion ? Réponse oui !
Au sens le plus commun religion = croyance, nous croyons en l’homme .
« Etymologiquement, ce serait ce qui relie, venant du verbe latin « religare » , ou, plus exactement, selon Cicéron, « religio », viendrait de « religere » ; qui aurait comme signification « recueillir » ou « relire » ou bien, « ce que l’on relit avec recueillement ».
La religion est donc l’amour d’une loi, d’une parole, d’un logo, c’est l’esprit de la mémoire, c’est le sacré de cette mémoire, c’est le lien mythique de communion ; une fidélité donc, une foi, la foi venant du latin « fidès » , mais cette fidélité peut se départir de tout théisme. » C.S.
La maçonnerie peut être une forme de religion basée sur le sacré d’une tradition , support d’une morale, ou d’une éthique.
La maçonnerie est philosophiquement fondée sur deux postulats : « la croyance en la perfectibilité de l’humanité et du cosmos ; et la croyance en l’efficacité de la raison et du travail comme facteurs d’une organisation architecturale du monde tendant vers un idéal de perfection. » F. Péraldi 1927
Cette définition permet d’aborder le lien, la trame, la toile de fond qui se constitue de références historiques réelles ou supposées, de symboles devant être librement interprétés, du mythe qui en constitue le support, le tout créant cette religion maçonnique et ses croyants.
Seulement voila, ses croyants sont polyculturels, de connaissances et civilisations diverses, de conceptions et de finalités de l’homme parfois opposées. Leur démarche intellectuelle, spirituelle, sociale, est plus que diversifiée.
Et, dans la situation nous intéressant ce jour, les clercs traditionalistes maçonniquement catéchisés ont quelques frictions avec les libéraux évolutifs progressistes visant le rassemblement, « l’intercommunicabilité. »

Quelles peuvent en être les raisons ?
En premier lieu, ce que les sociologues appèlent les formes de tempérament,la typologie, ensuite, et le catalogue sera loin d’être exhaustif ; le déficit de connaissances historiques, de la façon dont s’est constituée cette tradition, ce mythe, l’interprétation de ce conglomérat de connaissances ; la traduction, la mise en forme de cette ou ces interprétations. La conception dans l’évolutivité de cette tradition, et, ensuite, le terrain, la personnalité du réceptionniste, du croyant, sa façon dont il a été éduqué, formé, éveillé. Quelle que soit la forme que l’arbuste ait prise au cours de sa formation, il en sera bien difficile d’en modifier la structure à l’âge adulte malgré la plasticité neuronale découverte par les physiologistes.
Reprenons le cours de cette étude en ayant toujours à l’esprit la question posée en titre.
Donc l’histoire ; chacun sait ici que les chrétiens n’ont rien inventé, même s’ils ont mis en relief une « certaine philosophie » de l’homme. Il y a syncrétisme.
Nous remontons à Osiris pour la légende d’Hiram ; à Vichnou pour la parole perdue ; aux Egyptiens pour le tétragramme ; et, les civilisations sumériennes, et araméennes transpirent dans nos rites, nos mythes, nos symboles. Mais, la catéchèse chrétienne a tellement formaté la culture et les croyances pendant 20 siècles , que même en maçonnerie nous lui en attribuons la paternité.
En bien des circonstances nous ne faisons pas le décantage prôné par les lumières , nous concevons mal une laïcité post-chrétienne. Prenons quelques exemples de plats prêts à consommer par le croyant chrétien ; voyons « Hoschée » acclamation voulant dire « Sauveur » ; quelle devra être l’acrobatie intellectuelle de l’athée face à cet éventuel sauveur ; oui, mais quel sauveur ? Sauveur de qui, de quoi, en quel lieu ? Et nous pouvons ajouter « Emmanuel », le tétragramme, et même I.N.R.I. sans pour autant être exhaustif.
Nous reprochons aux jésuites d’être hypocrites, mais allons donc, regardons-nous à ces sujets, car, là, il faut aborder le principe du réflexe conditionné, cette fonction pavlovienne qui a inculqué un sens aux mots, aux gestes ; écoutons J.R. Ragache qui nous dit : « je me demande si le danger de l’homme n’est pas le danger de la perte de sens des mots. » pourquoi leur attribuer plusieurs sens ? Alors que « seul le doigté des F.F. , leur sens aigu de la nuance, leur éveil perpétuel, leur promptitude à ne pas confondre l’homme et son ombre, creusent un gouffre entre les trois « Hoschée » et « ainsi soit-il » Les arts Réunis N° 91-
Peut-être qu’une certaine inadéquation existe entre ce que l’on nous présente et ce que nous sommes . Se pose alors la question : la quelle des deux parties doit, évoluer, se libérer, ne pas adhérer, se désolidariser ?
Personne n’oblige l’athée à aller à l’office ; personne non plus ne l’oblige à poursuivre au R.E.A.A.
Peut-on, un instant, penser à un travail de reconstruction, de refonte, où chaque être humain pourrait s’y reconnaître et adhérer ? Sans doute pas !! La majorité actuelle ne s’y prête pas, à tord ou à raison, mais tels sont les faits !! Doit-on considérer qu’il y a , d’une part, une volonté conservatrice, ou, de colonialisme du traditionnel ; ou bien, d’autre part, une incursion par la force pour imposer une évolution particulière non souhaitée ??
Aux questions posées ; la maçonnerie du REAA est-elle une forme de religion ? La réponse est oui ; Possède-t-elle ses clercs ; c’est-à-dire y a-t-il un attachement plus important aux structures, aux apparences, qu’aux valeurs progressistes ? Là aussi la réponse est oui, car ni fond, ni forme n’évoluent.
Le discours de base, sur la philosophie, (fondement de la maçonnerie) qui, d’essence, incite à l’insolence, dont les concepts fondamentaux se trouvent sans cesse modifiés par l’évolution scientifique et culturelle, qui est une « recherche de sens » permanente, n’est pas ici programmée ; car elle ne s’inscrit pas dans une vision progressiste globale, universaliste ; mais est-ce possible ?
Même si le message diffusé est acceptable par tout un chacun, la forme, la manière, la verbalisation, la gestuelle, peuvent égratigner certains tenants d’un matérialisme et d’un athéisme clair et net ; sans bien sûr parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale.

Source : www.ledifice.com

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Refusons la Trahison

21 Décembre 2012 , Rédigé par Fra\ PAR\ Publié dans #Planches

 

Présentation : La trahison est un phénomène omniprésent dans l'histoire, l'imaginaire et l'expérience sociale. Pensons simplement aux figures qui l'incarnent - de la « balance » au déserteur, du « collabo » à la « girouette ». Le concept recouvre des réalités diverses. Les actes de trahison divisent les chroniqueurs, analystes, romanciers qui ne les interprètent pas de la même manière et qui leur donnent quantité de noms différents : trahison, défection, félonie, désertion, malice, méchanceté… Les associations systématiques de termes ne sont pas rares : « traître et larron », « traître et félon », « traître déloyal ».

Je rappellerai par ailleurs cette évidence : il nous est à tous arrivé un jour d'être trahis ou de trahir à notre tour, de révéler un secret, d'être infidèles, d'être pris dans des loyautés conflictuelles ou de faire défection. Plus banale et commune qu'on ne le croit généralement, cette expérience n'en est pas moins spectaculaire et bouleversante : la trahison frappe de stupeur et met en crise aussi bien l'individu que l'ensemble social qui en est la victime.

Le dictionnaire historique de la langue française rapproche le terme de transgressum, transgredi : qui signifie à l’origine « passer de l’autre côté », « dépasser », puis, qui en est venu à signifier « enfreindre ». La trahison est l’abandon de la confiance accordée précédemment à un individu, à une institution, un groupe, l’abandon d’un engagement, d’un contrat. C’est la violation d’un pacte de fidélité, basée sur une parole (qui n’a pas toujours été prononcée). Elle soulève la question de la promesse et de l’action : le faire sans le dire ou le dire sans le faire.

L’étymologie nous ouvre encore d’autres pistes. Trahir vient du latin tradere qui a donné transdare : « livrer, transmettre », en d’autres termes, il peut s’agir de livrer quelqu’un, une information, un secret. Dans le monde médiéval, nombreux sont les traîtres qui livrent un homme à ses ennemis, les renégats, les transfuges... Quand on pense au mot trahison viennent les mots félonie, mensonge, tromperie, adultère, reniements, hérésies.

La trahison ne fait pas partie en tant que telle de la liste des commandements reçus par Moïse (le décalogue). Et pourtant, la plupart des commandements ont un rapport avec la trahison : croire à d'autres dieux c'est bien une trahison, voler c'est bien trahir son prochain, mentir c'est bien trahir son interlocuteur, etc. etc. ..

En politique, dans la société médiévale très codifiée, c’est le vassal qui rompt son serment de fidélité et refuse de servir correctement son seigneur ou pire qui ose prendre les armes et se révolter contre son seigneur. La trahison prend l’aspect du crime de lèse-majesté, et rompt l’équilibre établi, parfois de longue date, la cohésion de la société et son organisation traditionnelle.

Des exemples : pendant des siècles, la figure de Judas a été l'incarnation du traître par excellence, mais aujourd'hui encore, les interprétations quant à ses motivations profondes divergent. Je vous renvoie au livre de Paul Maskens « On a trahi JUDAS ».

Quelques cas de traitres dans l'histoire ancienne:

  • La trahison du peuple juif par rapport à Dieu
  • Jugurtha (chef de la cavalerie carthaginoise) se fait "acheter" par Rome et trahit Hannibal,
  • Alcibiade trahit Athènes et son peuple
  • Isabeau de Bavière brade la France à l'Angleterre
  • Le Grand Condé passe aux Espagnols

Et dans l'histoire récente:

  • Talleyrand trahit roi et empereur
  • Laval et Pétain deviennent collaborateurs 

Si nous quittons la politique, la trahison touche aussi la sphère domestique : c’est l’infidélité de la femme, ou de l’homme, l’hostilité des fils envers leur père, le rapt… autant de comportements qui troublent les normes sociales et familiales. C’est Brutusqui participe au complot contre César.

Mais là où ça blesse véritablement c'est la trahison amoureuse. Faire confiance, c'est déjà un grand cadeau que l'on offre à l'autre personne. La trahison est vécue par la personne trahie comme une déception à l'égard de la partie qui ne l’a pas respecté, et fait beaucoup de mal parce qu'elle porte atteinte à un sentiment que partage Dieu et l'humanité : je veux parler de l'amour. Ainsi, lorsque vous aimez quelqu'un et qu'il vous trahit c'est très difficile à vivre. Le plus grand risque est de basculer de l'amour à la haine. Dans les légendes de la table ronde, Guenièvre, épouse du roi Arthur, aime en secret Lancelot.

Enfin, la trahison peut aussi avoir une dimension religieuse. Le terme fides désigne la fidélité, mais aussi la foi. Sont renégats ceux qui rompent avec le rite et ses symboles ; ceux ne respectent pas le sacré et prêtent sur les saintes reliques des serments hypocrites. On peut citer la dure condamnation de Jan Hus, qui était théologien, universitaire et réformateur religieux tchèque, et qui fut excommunié en 1411, brulé sur le bucher en 1415, duquel on a dit « de Jan Hus, il ne doit rien rester » .

Le visage et la destinée du traître : L’attitude du traître provient le plus souvent d’une mauvaise nature : ses agissements ne sont que la manifestation d’une prédisposition psychique où s’enracine la propension à trahir dans tous les domaines. Ainsi le traître est-il le plus souvent coupable de trahisons multiples. Son visage, tel qu’on le trouve dans les chroniques ou la littérature de fiction révèle quelque chose de maléfique ou de monstrueux.

Le traître est la face cachée du personnage enfin dévoilée : son autre face, nécessairement inquiétante parce qu’inconnue jusque-là. La trahison suppose une volte face du traître : c’est un retournement de soi. Dans les récits, la trahison marque les corps et les visages. La mauvaise âme devient visible et, sous la plume des auteurs du Moyen Age, la métamorphose est souvent animale (loup, chien enragé…).

Dans la légende d’HIRAM, le terme de ‘mauvais’ est retenu pour qualifier les 3 compagnons. Comment les imaginer ? Surement, ils sentent le souffre, témoin cette chanson ‘ Les mauvais compagnons ‘ par Plume Latraverse, chansonnier du début du siècle, qui commence ainsi : « les mauvais compagnons sont les amis du démon… Démasquer le traître est la hantise des sociétés qui, comme la société médiévale reposent très largement sur un code d’honneur et sur une parole donnée. L’accusation de trahison appelle le châtiment car il s’agit d’une faute grave.

Sous la révolution française, on parlait de traître à la patrie : c’était la guillotine assurée. Au 20e siècle, on parle toujours de traître, mais aussi de dissident. Le traitre démasqué y est toujours aussi souvent exécuté de manière sommaire. En Russie, il part pour le goulag ou l’hôpital psychiatrique, en Europe, pour le camp de travail ou de déportation, en Asie, pour le camp de rééducation.

Chez Dante, les traîtres sont dans le neuvième cercle de l’enfer, là où, emprisonnés dans la glace, ils sont devenus matière inerte. Ailleurs, ce sont ceux que l’on ne veut plus reconnaître, ceux dont on veut anéantir le souvenir par une damnatio memoriæ, condamnation décernée par le sénat romain, c'est-à-dire un ensemble de condamnations post mortem à l'oubli. Par extension moderne à des contextes non romains, on utilise l'expression pour désigner des mesures comparables :
· l'effacement des cartouches du pharaon hérétique Akhenaton par ses successeurs ;
· l'interdiction à Éphèse de citer le nom d'Érostrate, incendiaire de l'Artémision ;
· le recouvrement du portrait du doge de Venise Marino Faliero, après son coup d'État manqué.
· l'oubli dans lequel furent rejetés, par ordre de Napoléon Bonaparte, les héros de la Révolution Française comme le général Dumas et le chevalier de Saint-Georges.

Judas est pris de remords, et se pend. Au 3e degré, on ne nous dit pas ce que deviennent les compagnons après le meurtre. Parviennent ils à s’échapper, sont ils rattrapés ? Condamnés ? Comment ? Sont-ils pris de remords ? Se suicident-ils comme Judas ? on peut tout imaginer.. Et sûrement dans la saga qui nous attend dés le 4e degré. Mais imaginons un instant que les compagnons ne soient pas coupables : les indices laissés près de la tombe sont trop évidents pour être réels.

Avançons l’hypothèse que les meurtriers ne soient pas des compagnons mais des maîtres qui voulaient prendre la place d’HIRAM. La cérémonie d’élévation devient alors un simulacre destiné à masquer leurs responsabilités. Ce symbolisme donne au compagnon une nouvelle dimension de ses responsabilités, il ne doit plus faire confiance aux autres et devenir autonome dans sa recherche. Il renaît aidé par les surveillants et le vénérable maître mais devra s’en éloigner pour prendre en main, seul, sa destinée.

L’enjeu de la trahison : La trahison résulte d’une interprétation des comportements. C’est un jugement de valeur : l’accusation de trahison traduit un mécontentement, une jalousie, une peur ou une incompréhension face aux agissements d’un individu qui, soudainement, ne coïncident plus avec les pratiques sociales, culturelles et religieuses communément admises ou attendues. Elle peut honorer les traîtres ou les perdre. Mais toujours, elle révèle les hommes pour ce qu'ils sont vraiment et permet de révéler un pan du secret de chacun.

La trahison se produit quand il y a déjà un lien et une certaine fidélité entre les personnes concernées, basée en général sur un certain nombre d'ententes explicitement dites ou non dites entre soi et l'autre. Le trahi a le sentiment que l'autre serait toujours solidaire et fidèle. On peut sombrer dans la phobie des autres et le manque de confiance en le genre humain. Et comme dit le proverbe marocain : " celui qui a été mordu par un serpent aura peur d'une ficelle."

La trahison est souvent causée par l’envie, la soif de pouvoir, l’ambition, la volonté de s’élever au dessus de sa condition, de sortir d’un état de dépendance, de s’affranchir d’une domination. Le traître viole une relation qui s’était sacralisé : il abandonne le sacré pour retomber dans le profane. Le traitre tombe du ciel pour se faire engloutir par l’enfer.

L'effet de surprise augmente la trahison et lui donne toute son ampleur : elle arrive quand on ne l'attend pas. Je dirai que le moment de trahison est comme dans un bal masqué au moment ou les masques tombent tout d’un coup. C’est par exemple l’instant qu’ont choisi les comploteurs pour passer à l’action. Elle peut être vécu de manière très violente et avec beaucoup d'amertume.

Le braconnier devient garde-chasse. Le théoricien de la liberté devient le traître qui la poignarde. Le traître, c’est celui qui après avoir provoqué l’émeute, sauve la société en danger en passant de l’autre côté de la barricade.

Mais revenons au mythe d’HIRAM : Les 3 réclamants jugent donc qu’ils en savent assez et qu’il est temps de leur donner la maîtrise. Ce à quoi HIRAM répond que le conseil des maîtres ne l’a pas décidé et se refuse à parler. Il me semble que les 2 parties en présence manquent un peu de souplesse. Pour la partie réclamante, il est temps et urgent. Pour l’autre, il faudra attendre. N’est pas le signe que les maîtres en seraient venus à confondre l’esprit avec la lettre ? Ou que la maitrise se serait laissé corrompre par un certain pouvoir ? Les 3 compagnons exigent que l’attestation de l’achèvement de leur état leur soit donnée. Il n’est pas dit que ceux-ci refusent le rite, puisqu’ils en demandent l’esprit, c'est-à-dire le signe, les mots et attouchements, par contre, ils récusent la cérémonie ou en quelque sorte la lettre. Qu'attendre sur un chantier qui serait presque terminé ? le salaire semble donc réclamé en toute justice !. On peut interpréter ainsi que les compagnons vont bientôt se retrouver remerciés et risquent de se retrouver au chômage. Les compagnons, sans être blanchis, apparaissent tout à coup à nos yeux moins noirs.

Ainsi donc, le traître est-il toujours condamnable ? De héros, certains sont devenus traîtres, honnis et bannis dans leur propre camp. D'autres, en revanche, sont devenus héros en trahissant. La trahison est une question de point de vue, et reste relative aux lieux et aux époques ; elle peut grandir ou défaire un homme, servir un pays ou le condamner, être un acte de courage ou un aveu de faiblesse.

La trahison est une notion qui dépend du contexte politique et juridique car l’interprétation des comportements change en fonction de la conjoncture et de l’évolution des institutions et du droit. Ainsi le contenu de la trahison reste-t-il parfois difficile à déterminer et les divers degrés entre haute trahison et petite traîtrise difficile à évaluer, plus ou moins louable. Clemenceau disait « Un traître est celui qui quitte son partipour s'inscrire à un autre ; et un converti, celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre ».

Transgresser, c'est en quelque sorte franchir le Rubicon éthique ou moral, ne pas respecter une loi, ne pas se conformer à des règles considérées comme acquises, intégrées et acceptées de tous. Pourtant, la désobéissance citoyenne ne peut – elle pas se justifier dans certains cas ? En 1944, qui reprochera à Charles de Gaulle d’avoir appelé à continuer le combat en Juin 1940 ? En 2009, Le 1er ministre Fillon qui décide d'apposer une plaque de plus, sur les murs de Matignon, évoquera dans son discours le "rebelle visionnaire".

Celui qui remet en cause l’ordre établi peut passer pour un traitre, alors qu’il pense sincèrement qu’il faut évoluer ou faire évoluer. Il est facile de le taxer de traître alors qu’il pense seulement pouvoir s’émanciper. Faire dissidence, transgresser sont des termes qui sont en lisière de la trahison.

Lorsqu’un atelier a initié pour la première fois une femme, peut-on dire que la loge a trahi l’esprit maçonnique ? Une obédience mixte a-t-elle moins de légitimité aujourd’hui qu’une obédience masculine ?

Faisons une dernière hypothèse à propos du mythe d’HIRAM et imaginons que les 3 compagnons ne soient pas coupables et qu’ HIRAM soit décédé de mort naturelle : les maîtres souhaitent camoufler cette mort en assassinat. Explication : Pour ne pas démobiliser les ouvriers, des maîtres organisent le psychodrame de la légende de la mort d’HIRAM. Cette version semble plus vraisemblable car lorsque le corps est retrouvé, il est déjà en décomposition : la chaire quitte les os, tout se désunit… Le symbolisme est alors celui de la continuité de la vie car la disparition du meilleur ne doit pas arrêter le chantier.

Hiram m’agace un peu, parfois, car il apparaît comme un être parfait. Mais lui-même, n’a-t-il pas essayé de tuer son maître un jour ? Qu’en savons-nous ?

Le maître c’est le père spirituel. Tuer le père, dans la métapsychologie freudienne, c’est au-delà du complexe d’Oedipe, arriver enfin à être adulte à son tour. Pour Jung toutefois, en stipulant que le soi inconscient est son propre père, Jung fait pièce au meurtre originaire de Freud.

Quoi qu’il en soit, cette envie de tuer pour liquider une situation que l’on juge révolu ne serait pas choquante en soi, sauf si elle est barbare et violente. Elle s’inscrit pourtant dans le mouvement du monde naturel. Dans notre civilisation, dans telle discipline, artistique par exemple on entend dire parfois « l’élève a dépassé le Maître ». Cela sous-tend la notion de transmission initiatique. Nous sommes en plein dans notre symbolisme de franc-maçon où il est dit ‘ transmettre par l’exemple’.

CONCLUSION : Laissons en paix nos compagnons surtout s’ils ne sont coupables, ou alors laissons les à leur remords, qui est un sentiment terrible, Caïn en sait quelque chose !

Ce qu’incarnent les compagnons, ce sont nos défauts, nos vices… Il faut les combattre, il faut se combattre, mais aussi il faut savoir se pardonner et se réconcilier avec soi-même. On se juge souvent de manière très dure, sans complaisance.

La légende montre les risques de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition. HIRAM perd sa vie physique (la gorge), sa vie sentimentale (le cœur) et sa vie spirituelle (le front) mais renaît par l’acacia grâce à ses qualités. HIRAM sera donc resté fidèle à son engagement et n’aura pas trahi. A son image, soyons fidèles à notre engagement maçonnique (vaste sujet).

Car au fond de soi, on sait dans notre quotidien, au plus profond de soi, à quel moment on trahit. Alors avant de passer à l’acte, demandons-nous s’il n’y a pas une autre solution, une autre voie… Et si malgré tout, cela doit arriver, pouvoir expliquer, pouvoir s’expliquer avant … c’est toujours possible si l’intention est sincère, si on joue la carte de l’authenticité.

Péguy nous dit : " le véritable traître est celui qui vend sa foi, qui vend son âme ". On peut toujours évoluer, mais on peut le faire, le dire, de manière fraternelle.

Pour conclure, mes biens chères sœurs, mes biens chers frères, je dirai que l’honneur du franc-maçon est de ne jamais trahir !

J’ai dit

source www.ledifice.net 

Commentaire : la trahison et la Maçonnerie sont des mots qui vont très bien ensemble. Enfin, on apprend à tout âge !

 

 

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Le Franc-Maçon dans sa loge

21 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Certains Frères comparent parfois le Franc-Maçon à une «pierre de sa Loge». Cette notion semble vide de sens. Qu’y a-t-il de commun entre une pierre à bâtir et une pierre à tailler ? Or le Franc-Maçon « taille sa pierre brute ».

La Loge, cet Atelier où le Maçon œuvre à l’édification du Temple intérieur- dont elle se veut d’ailleurs le modèle - serait-elle un conglomérat de «pierres», une bâtisse résultant de la somme des Frères qui s’y réunissent ? Et qui se réunissent pour faire quoi ?

S’ils veulent mener à bien la taille de la pierre jusqu’à en dégager sans altération le Centre, s’ils veulent effectuer ce travail sur soi, si particulier qu’il faut des mains pures (gants blancs), l’Apprenti et le Compagnon doivent apprendre à se discipliner, à agir avec tact et respect. Dès ses premiers pas en Loge. Le Franc-Maçon doit être « juste » dans ses expressions, précis dans ses affirmations et dans ses gestes.

Le tact est l’une de ses premières qualités. Il s’agit en quelque sorte du sentiment exact de ce qui convient ou ne convient pas. Par son tact, le Franc-Maçon fait preuve de véritable culture, laquelle inclut la politesse, la prudence, la connaissance de l’homme, la présence d’ esprit, la modestie, la réflexion et la maîtrise de soi. Le terme « tact » vient de « toucher » : il indique qu’on est au courant, qu’on est informé. Il y a manque de tact lorsqu’on s’exprime par curiosité, par indiscrétion ou par flatterie. Il n’est cependant pas toujours facile d’établir à partir de que moment l’intérêt se mue en curiosité, l’amabilité en indiscrétion et la courtoisie en flatterie.

Parmi les diverses formes de politesse, la salutation – cette marque d’attention qu’on accorde à autrui et à plus forte raison à un F
- est de loin la plus importante. C’est si vrai, que l’on n’attendra pas d’être salué pour salué à son tour ; au contraire on éprouvera une légitime satisfaction à saluer le premier. Signe d’estime, le salut ne peut être que cordial. Il exprime la bienvenue et doit comporter et susciter la certitude d’une amitié réciproque : regard aimable, parole bienveillant, sourire empreint de compréhension. Le salut maçonnique est un signe d’union.

L’attitude du Maçon envers le Vénérable et ses Officiers mérite également qu’on s’y arrête. Le Vénérable Maître en Chaire est bien davantage qu’un simple président : il est à vénérer au sens maçonnique, par des hommes qui dépassent l’homme, qui ne vénère aucun homme, contrairement à ce qui se passe chez les profanes. Si le Franc-Maçon qualifie le Maître en Chaire de Vénérable, c’est qu’il voit et vénère en lui « le Fils (de la Lumière) » qui est censé l’avoir absorbé et l’avoir ainsi « élevé à la maîtrise », à sa Maîtrise à lui, raison pour laquelle il est en droit de retenir l’attention des Frères de la Loge.

Le Vénérable Maître s’est chargé d’une lourde responsabilité : il doit pouvoir compter sur le respect et sur l’obéissance des FF
. Il est foncièrement indécent de le prendre à partie ou de le critiquer en Loge. Ces égards s’adressent moins à la personne qu’à la fonction, ou qu’à l’autorité profonde qu’elle représente.

Il en va naturellement de même, par extension, pour le Maître Député et pour les deux Surveillants. En effet, la vie de la Loge dépend, dans une large mesure, de l’autorité que les FF
reconnaissent au Vénérable Maître et aux premiers Officiers.

L’intérêt porté à l’acquisition des connaissances est primordial dans une Loge. Au cours des échanges et discussions, le FM évitera en toutes circonstances de blesser un Frère ;il s’agit de distinguer nettement entre le fond de la discussion et la personne qui s’y engage. Toutefois, on se gardera de tomber dans l’excès contraire en manifestant une susceptibilité qui, imitant la liberté de parole, menace la vie intellectuelle de l’Atelier et démontre une maturité maçonnique fort incomplète. En toute occasion en effet, le Maçon sacrifie tout à la Vérité, en premier lieu soi-même et sa vanité.

Il est beau et bon, voire bénéfique à tous points de vue que les Frères prennent part au bonheur ou au malheur de l’un des leurs.

Ils seront aussi serviables en toutes circonstances l’un envers l’autre, aussi bien en Loge que dans le monde profane. Le degré d’entraide ne dépendra pas de la plus ou moins grande amitié qui nous lie à un Frère ; en faite sa seule appartenance à l’Alliance maçonnique – alliance moins entre les FF
qu’entre chacun d’eux et l’œil de l’Univers – doit le transformer en Frère, en être aimé auquel nous devons assistance. La trahison, figurée par la tromperie et par désir d’exploiter, serait la chose la plus répugnante entre deux Franc-Maçon.

Et que dire du serment ? La Franc-Maçonnerie, par l’engagement qu’elle requiert serait inconcevable sans serment. On peut décrire ainsi la différence entre la conception profane et la conception maçonnique du serment : on assermente le profane afin de pouvoir compter sur lui afin qu’il ne déçoive pas la con fiance placée en lui : en revanche le Franc-Maçon prête serment pour que lui-même sache pouvoir compter sur soi, afin d’éviter de dévier dans la voie de son propre accomplissement. Le caractère social, c’est-à-dire profane du serment n’a rien à faire ici.

L’esprit de conciliation conditionne la vie maçonnique communautaire. D’autre part le Franc-Maçon aura la probité et le courage de reconnaître ses erreurs en s’en excusant et chaque Frère doit être prêt, avant même que son interlocuteur ne fasse le premier pas, à rétablir la paix et la concorde menacées.

De toute façon, il faudrait que les Frères apprennent dès leur entrée dans notre Ordre que « les usages sociaux » sont absolument désuets à nos yeux et qu’ils ne doivent en rien inspirer le FM dans son comportement en Loge, face à ses Frères. Il en va comme de notre conception du Maître et de la Maîtrise, par rapport à celle qui cours dans le monde profane, profanateur du sacré qui habite l’homme : la nôtre implique une « élévation », une vision désintéressée, et par là-même inspiré et opérante, des choses.

Le profane peut devenir a tous égards un maître : son maître, le maître de sa colère, de sa peur, de ses inhibitions face à autrui, de son envie, de sa jalousie, de sa haine ou de sa propre vie. Le Franc-Maçon, par contre, accède à une Maîtrise, à une maîtrise qui se rapporte à un Art dit royal de par sa participation à l’autorité royale du Grand Architecte de l’Univers sur l’ensemble et le détail des données constitutives de l’Univers. Il y parvient en s’ouvrant à plus grand que lui, en s’adjoignant un Guide intérieur régulièrement mieux informé que lui sur ce qui est.

Le plus bel outil requiert un ouvrier qui sache s’en servir. L’outil par excellence du Maître Maçon est ce Guide, celui-ci figurant le condition de son succès. Encore faut-il qu’il sache lui donner la parole, lui accorder dans la tourmente la place nécessaire, toute la place abandonnée par L’Ego défunt.

Source : www.ledifice.net

 

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