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Hauts Grades

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Le Rugby

25 Décembre 2012 , Rédigé par Gérard Durand Publié dans #Planches

L’ordre du jour de ce midi prévoyait une planche sur les dimensions de la vie.

Excusez moi mes frères, mais l’actualité sportive du moment, en l’occurrence, la coupe du monde de rugby, m’incite à oser une comparaison entre ce sport et notre démarche initiatique. 

Je ne parlerai pas en béotien, ayant moi-même, pendant de nombreuses années arpenté les chemins de l’Ovalie au poste de talonneur.

Comme en maçonnerie, c’est un monde où l’on se rencontre plus qu’on ne se croise et qui a tout d’une école de la vie.

Les codes s’acquièrent au fil du temps, sur le pré et dans les vestiaires où la nudité des corps nivelle les différences sociales et révèle peu à peu celle des esprits.

Il s’y raconte des légendes où s’affrontent les grands noms de notre panthéon ; il s’y vit des épopées où les émotions brutales et intenses tissent entre les hommes des liens indéfectibles.

Près de deux siècles après la naissance de ce jeu, novices et initiés partagent une culture faite de règles officielles ou officieuses, d’un langage, de rituels, d’un patrimoine et plus important que tout, un esprit !

Rappelons nous le geste frondeur de l’inventeur opératif du rugby , le jeune William Webb Elis qui , sur un terrain de football prend soudain le ballon à pleine main , et le porte dans les buts adverses , en opposition totale avec les règles du jeu.

Quel culot a-t-il fallut à ce jeune homme pour transgresser ainsi les règles établies de l’Angleterre victorienne !

Quel culot faut-il au franc-maçon dans ce monde moderne, industrialisé, rationalisé, dans ce monde où la technique et la technocratie triomphent pour affirmer que la pensée symbolique garde tout son sens et conserve toute sa valeur, constituant une approche originale de la réalité et que les outils peuvent permettre à l’homme d’aujourd’hui de déboucher sur un mode spécifique de connaissance et permettre de mieux appréhender la vie et de la vivre ?

L’idéal du rugby affirme que «  se mesurer à l’autre fait grandir ».

L’autre, a quinze têtes, trente bras et trente jambes,  est « un partenaire » avec qui l’on se construit dans l’affrontement.

Mais il suffit de coller l’oreille à une porte de vestiaire pour entendre une marée de mots d’une violence inouïe qui nous rappelle que, au rugby, la limite entre partenaire et ennemi est fragile. 

Notre vocabulaire aime jouer avec la métaphore du meurtre et de la guerre :

« Dépecer, découper en tranche, réduire en bouillie, faire de la chair à pâté, broyer, écraser….. » et tant d’autres…..

« Se construire ensemble »…. vraiment ???

Il faut reconnaître que ce combat sportif procède d’un rituel inversé par rapport à la maçonnerie ;

Ainsi devons nous laisser nos métaux (canifs, matraques, poings américains) à l’entrée du temple avant la tenue.

Au rugby, l’adversaire qui nous construit ( ?) devient tout à coup un monstre, très fort , très méchant ou au contraire , nul , vilain et boutonneux…

Mais dès que le match est fini, il est à nouveau un type sympa, plutôt vaillant, avec qui l’on va boire des coups, une bonne ambiance de salle humide en quelque sorte !

La vérité au rugby, comme en maçonnerie, c’est que l’adversaire ou le partenaire nous ressemble terriblement.

Fabien Galthié, célèbre international, répond ainsi à la question :

« Quels joueurs avez-vous le plus admirés » ?

Il en cite quelques uns et termine par ces mot : « Mais en grandissant, les modèles ont disparu. J’ai plutôt cherché à m’accomplir. A partir de 25-26 ans, j’avais surtout, en toute modestie, envie de ressembler à moi-même ». 

La beauté du rugby réside dans l’égalité et la victoire ne vaut que si l’on joue contre un adversaire à sa mesure.

L’idéal du rugby est en cela imprégné des valeurs chevaleresques chères à Coubertin : « Dis moi contre qui tu te bats, je te dirai qui tu es ».

La confrontation avec l’autre permet donc de se situer, de trouver sa place.

On se mesure à un adversaire égal, miroir de soi-même, comme dans le rituel d’initiation, pour affirmer sa propre identité.

L’idéal maçonnique dit : « se construire ensemble » et c’est bien ce qui fait l’essence même du rugby.

En fait, la franc-maçonnerie a joué un rôle déterminant dans l’émergence du sport moderne et l’évolution conjointe du courant humaniste franc-maçon et du rugby dans l’Angleterre du XIX° siècle n’est pas un hasard.

Rappelons pour mémoire qu’en 1723, le Frère James Anderson, écrivit les premières règles ou Principe -les Olds Charges toujours en vigueur aujourd’hui.

Un siècle plus tard , alors que la franc-maçonnerie commençait à exercer son influence dans la société anglaise , un personnage clé établit le lien d’origine entre les francs-maçons et le rugby : Sir Thomas Arnold , proviseur du collège de Rugby de 1828 à 1842 , et franc-maçon de grand rayonnement.

Sous son impulsion, la morale humaniste imprégna le monde de l’éducation en Angleterre, et par extension, le rugby.

Arnold arriva dans une institution affaiblie par une hiérarchie entre élèves très dure : les bizutages étaient violents, les plus jeunes se faisaient régulièrement humilier par leurs aînés qui s’adjugeaient un droit de regard tyrannique sur la vie du collège.

L’école avait reçu de nombreuses plaintes et certains éléments avaient même été exclus à la suite de rébellion contre les professeurs.

Franc-maçon à l’idéal humaniste, Arnold s’employa à changer l’esprit qui prévalait au collège : il mit au cœur de son projet éducatif l’idée d’un code de conduite de gentlemen inspiré des valeurs chrétiennes et adressé à toutes les classes sociales sans distinction de pedigree.

Cependant, s’il perçut l’impératif besoin de réformes, il eut l’intelligence de ne pas s’imposer comme un chef autoritaire et ennemi des étudiants.

Au contraire, convaincu de la justesse de ses principes, il s’appliqua à responsabiliser les élèves, à les considérer comme ses assistants et tenta habilement de changer les mentalités.

Les plus anciens ne devaient par exemple plus considérer  le commandement des plus jeunes comme un droit, mais comme un devoir.

Il fit du rugby un relais indirect de son enseignement.

Sa philosophie de l’éducation influença plusieurs générations d’élèves pour qui le rugby était un aspect essentiel de la vie de l’école.

A la fin de leurs études, les « Arnold’s men » se sentaient presque investis d’une mission messianique et voulaient partager avec la société tout entière les valeurs qui leur avaient été transmises.

Beaucoup d’entre eux continuèrent à prêcher la parole du Head master dans d’autres écoles, d’autres villes, d’autres pays.

Arnold avait de plus toujours encouragé les meilleurs talents à s’expatrier pour établir les principes chrétiens de bon gouvernement dans les nouvelles nations de l’Empire.

Cette dispersion de disciples passionnés de rugby aux quatre coins de la planète explique probablement l’essor du jeu, mais aussi sa survie. 

A Oxford, Cambridge et Rugby, dans toutes les écoles et universités qui connurent les premières le football rugby , le ferment franc-maçon servit de limon nourricier aux pratiquants , insufflant un esprit nouveau à ce sport d’équipe unique.

Dès sa naissance, le rugby s’est confondu avec les valeurs franc-maçonnes de fraternité, liberté et union entre les hommes, aussi différents soient-ils.

Le rugby porte haut et fort ces idéaux, qu’il finit même par incarner.

Il se construit autour d’un pivot moral essentiel chez les maçons : la diversité fait la force.

Une équipe et une Loge n’existent que par la complémentarité des différences, voilà notre fierté.

L’extrême variété des cultures, des morphologies, des tempéraments contribue au bonheur des hommes, à leur épanouissement.

Allons même jusqu’à dire : à leur beauté.

Antoine de Saint Exupéry, lui-même maçon écrivit :

« Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m’enrichis. » 

Dans la pensée maçonnique, la diversité enrichit seulement si les liens se nouent, si l’agrégat, si «  l’égrégore » fait de l’addition des individus, une équipe vivante.

La solidarité, la fraternité, grands idéaux maçonniques sont au cœur du jeu ; impossible de gagner sans l’adhésion totale du groupe, sans le soutien infaillible de ses coéquipiers.

Francs-maçons et rugbymen ont d’ailleurs aussi en commun le plaisir de la fête après l’effort, il y a une grande parenté entre agapes et troisième mi-temps !

Le rugby a pris son élan grâce au souffle des bâtisseurs. Il s’est construit sur leur morale et a trouvé son identité au cœur même de leur langage.

Tout se pense en termes de construction, de poutres maîtresses, de ligne de perspective.

Le vocabulaire rugbystique se colore logiquement de la métaphore architecturale, hautement symbolique de la pensée maçonnique.

En Ovalie, par exemple, on appelle certains stades « les temples » et depuis quelques temps on y construit « des loges » !

Les gens y viennent plus pour faire du business que pour réfléchir ou échanger, mais avouons que la coïncidence est troublante.

Plus sérieusement, la mêlée est souvent appelée « cathédrale » et ce sont bien « des piliers » qui la soutiennent.

Le pilier droit, le numéro 3 est d’ailleurs considéré comme la pierre angulaire de la bâtisse.

La mêlée peut-être envisagée comme l’extension sur le terrain de la loge maçonnique : on s’y prend par les épaules et dans l’obscurité des débats, l’union des forces et des dons produit une alchimie sacrée.

Au sein de ce « tas d’hommes » se partagent les secrets  inaccessibles aux non-initiés.

Sorti de la mêlée, le ballon passe de main en main, saisissante image de la transmission de la connaissance.

Pierre Mac Orlan a dit d’ailleurs :

« Une sortie de mêlée, c’est avec le recul du temps une entrée dans la vie ». 

L’histoire du rugby est en marche, ce jeu d’adolescents crée par des adolescents cristallise les valeurs essentielles pour eux : courage, force physique, fidélité et camaraderie.

Comme le dit l’Evangile de Jean : « on ne verse pas le vin nouveau dans de vieilles outres ».

Le football revisité devient rite initiatique, passage symbolique de l’enfance à l’adolescence et gagne ses premières lettres de noblesses, aux côtés des premiers poils sur le menton, des prix d’excellence et du premier baiser avec la fille du directeur.

Fort de cette place centrale dans la vie du collège, le football rugby modifie les comportements collectifs et les mentalités, d’autant plus que le brassage social vient modifier les recrutements habituels de ces écoles d’aristocrates. 

Vous comprendrez, mes Frères, en ces temps de sports médiatisés, pourquoi j’ai voulu vous faire partager cette belle aventure qui relie depuis près de deux siècles franc-maçonnerie et rugby. 

Pour ma part, à l’adolescence, complexé par ma petite taille et peu sportif, j’ai rencontré un homme qui avait pressenti chez moi une ou deux qualités (mon présentateur en quelque sorte).

Je me suis lancé dans le rugby où j’ai acquis combativité, confiance en moi et cet esprit dont je parlais plus avant et que je revis désormais dans ma Loge.

Vous remarquerez que dans ce sport, les décisions de l’arbitre ne sont pas contestées, pas plus que celles du Vénérable Maître ne le sont dans le Temple.

Bien sûr je fus couvert de bleus , de pansements et de boue ; parfois humilié quand mon équipe se déplaçait au sud de la Loire ; dès Clermont-Ferrand nous n’étions plus de taille , mais qu’importe , nous étions cassés mais indestructibles.

Nous sommes, bien loin des chauvinismes exacerbés, totalement baignés dans les valeurs essentielles de nos Ordres avec en plus, le bonheur et l’enthousiasme du spectateur.

Frères de tous les pays rassemblez vous comme se sont rassemblés les rugby mens de tant de pays ! 

Ah ! Oui, j’oubliais les résultats de la coupe du monde…. 

Cà n’est pas l’essentiel, je suis sûr que la troisième mi-temps mettra tout le monde d’accord !!!

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Tintin et la FM

25 Décembre 2012 , Rédigé par M\ H\ Publié dans #Planches

Vénérable Maître et vous tous mes frères en vos grades et qualités, je vais vous traiter de la planche intitulée, Tintin et la franc-maçonnerie.

Les aventures de Tintin et Milou sont un fil conducteur des âmes et des esprits tendus vers l’équilibre. Elles ont la même force, la même profondeur que les contes, les légendes et les mythes. Le mot aventure a pour racine le sanscrit avantara qui peut se traduire par transformation intérieure, mues, passages.

Le décryptage des dessins d’Hergé constitue un trésor inestimable pour ceux en mal de Sagesse. Il s’agit d’une œuvre qui puise ses sources dans la mythologie, l’alchimie, la franc-maçonnerie et se termine par l’album inachevé, l’Alph-Art, étoile des philosophes.

Il serait trop long de détailler dans cette planche tous les signes qu’Hergé a installé dans ses dessins. J’espère que vous avez en mémoire quelques albums. En ce qui me concerne c’est avec un grand plaisir que je me suis replongé dans les albums de mon enfance, sentant l’odeur un peu moisie des vieux livres d’antan. Nous retiendrons que ceux qui ont un rapport avec notre sujet.

Tout d’abord pour vous convaincre qu’il ne s’agit pas seulement de bandes dessinées pour enfants sages de 7 à 77 ans, nous allons décrire succinctement les personnages essentiels d’Hergé à l’aune de l’Olympe et de ses archétypes. Signalons déjà que les nombres 7 et 77 sont tirés de la Bible et concernent Caïn et sa descendance, en qualité de constructeur de la première ville, l’ancêtre des bâtisseurs.
C’est surtout dans les quatre albums centraux que sont le secret de la licorne, le trésor de rackham le rouge, les 7 boules de cristal et le temple du soleil qu’Hergé a condensé avec humour et profondeur la quête spirituelle d’un homme dégagée de tout dogme et de toute croyance transcendantale.

Tintin c’est Athéna, la déesse au casque d’or à cimier, incarnant la Sagesse, divinité androgyne, dotée d’une éternelle jeunesse, vierge, protectrice des enfants comme Tchang, Abdallah, Zorrino. Tintin est armé dans 18 albums sur 22 comme Athéna, casquée et armée naissant du crâne de Zeus. Il est utile de rappeler que Tintin, avec sa houppe, présente un signe maçonnique évident.

Haddock c’est Dionysos, dieu des défoulements et de l’exubérance, boit-sans-soif et piètre cavalier. Haddock apparaît la première fois dans le crabe aux pinces d’or comme un marin barbu sur un navire noir comme Dionysos surnommé « Pélagios », celui de la mer.

La Castafiore est la déesse Cybèle, vierge et mère à la fois, porteuse d’un nez aquilin et d’une chevelure blonde. Elle chante Faust, opéra ésotérique, dans l’album les bijoux de la Castafiore. Hergé a sélectionné la phrase : « Ah je ris de me voir si belle en ce miroir ». Et lorsqu’elle rit, elle accomplit le rite des mystères, ce fameux « rit » qui unit les F.M. Elle symbolise l’énergie enfermée dans la terre et tient dans sa main droite la fameuse clé qui donne accès aux bijoux, à cet oeuf primordial, cet oeuf d’émeraude, oeuf cosmique, germe primordial.

Tournesol c’est Hermès, dieu coiffé du pétase, chapeau mou, rond à petits bords, à barbe pointue, portant un manteau long de couleur verte. C’est le maître des lettres, des sciences et des inventions, affublées de pieds ailés (patins à réaction), qui tient le caducée à la main, bâton enroulé de serpents ou un parapluie rappel alchimique du principe humide qu’est le mercure. C’est le dieu du discours, Hermès Trismégiste, celui qui a 3 voix, qui est triphone ou « Tryphon ». C’est un dieu lunaire, toujours dans la lune sous le crayon d’Hergé. Tournesol est sourd vis à vis de ce qui ne l’intéresse pas. Les Grecs mettaient l’ouïe sous la tutelle d’Hermès qui était le messager des dieux, sourds aux paroles vulgaires. Hermès conduit les âmes vers la lune pour qu’elles s’y purifient avant de les ramener sur terre pour une nouvelle incarnation. Les aventures du savant sur la lune sont donc prévisibles. Hermès est psychopompe et est comparé à l’Anubis égyptien. Les prêtresses d’Anubis, lors des funérailles du défunt, l’accompagnaient aux cris de « à l’ouest, à l’ouest ». L’obsession du professeur Tournesol pour cette destination s’éclaire. Le pendule de Tournesol est le parfait hiéroglyphe du fil à plomb de Thot-Hermès.
Rastapopoulos est le Ka, qui correspond en Égypte à la force vitale immortelle plus ou moins pure selon le degré de sainteté atteint dans une vie. Ici
Rastapopoulos est au stade le plus bas, celui de l’être instinctif passionnel, représentant hybride de deux dieux, saturne et mars. Il est astro pop(o)ulas, celui qui détruit par la force de l’astre. Dans les cigares du pharaon, très en colère, il lève les deux bras en l’air, signe du ka. Il a le poing fermé, symbolique spécifique de saturne. Dans coke en stock il est en costume blanc, pivoine rouge à la boutonnière, fleur consacrée à Ploutos ou dieu de la terreur, connu sous le nom de Hadès.

Dupond et Dupont ce sont Castor et Pollux, jumeaux nés de l’union d’un dieu et d’une mortelle Léda, dont l’un est d’essence divine, Dupond, fils de Zeus, dios kuroï, Pollux et l’autre d’essence humaine fils de Tundaride, alias Castor. Ils ont une lance, Hergé leur donnent une canne. Ils montent sur deux chevaux, Hergé leur offre une Citroën de même cylindrée. Ce sont des dieux des marins, leur présence sur un bateau était gage de voyage heureux comme dans le trésor de Rackham le Rouge. Ce sont les dieux de l’hospitalité, ils mettaient à l’épreuve les habitants des villes où ils se rendaient en s’y présentant déguisés.

Les Dupondt sont dessinés avec trois poils sur le crâne. Ce sont des maîtres au sens maçonnique du terme, ces derniers étant appelés « trépelus » ou braves à trois poils et portent une canne à la main. Les Dupondt deviennent dans l’or noir, de beaux vénérables à la longue chevelure et à la barbe de prophètes sous l’action de comprimés de N14. Le vénérable dont le nom vient de Vénus, est le Maître qui préside les travaux à la gloire du G.A.D.L.U.

Dans Vol 714 pour Sydney, 714 selon la science kabbalistique des chiffres et des lettres est le G.A.D. L.U.
7 est la septième lettre de notre alphabet, c’est la lettre G.
1 c’est le A
4 c’est le D
L’addition :7+1+4= 12 qui correspond à la lettre L
L’addition : 7+14= 21 qui correspond à la lettre U
C’est bien le G.A.D.L.U.

La connaissance du 714 ne peut se faire qu’au prix d’une très longue initiation. Puisque nous avons que trois ans, nous ne pouvons qu’évoquer ici dans les cigares du pharaon, l’analogie entre l’épisode du tombeau égyptien, ou Tintin frôle la mort et les rites initiatiques aux mystères des prêtres de l’ancienne Egypte.

Un des grands moment du début de l’initiation maçonnique s’appelle le « dépouillement des métaux » qui vient de l’alchimie. Il faut renoncer aux biens terrestres. Ce rôle est attribué dans le secret de la licorne à André Filoselle qui dérobe le portefeuille de Tintin qui se laisse faire. Les Dupondt qui refusent de s’engager sur le chemin dans cet album ont attaché leur porte feuille avec un élastique. Toute l’évolution de l’homme l’amène à passer de l’avidité égoïste à la fraternité. Tintin a cette qualité qui fait discerner chez le profane, le futur initié : il a le « cœur pur », expression fréquente en chevalerie traduisant la pureté des intentions. En termes différents il a le bon profil, c’est-à-dire un désintérêt pour la recherche effrénée de l’argent et du pouvoir.

C’est dans l’île noire, que Tintin sera initié en Ecosse, berceau de la F.M. Il subira les quatre épreuves classiques du feu, de l’air, de l’eau et de la terre. Tintin sera sauvé de la maison en flammes du docteur Muller, qui est un faux-monnayeur. Puis en poursuivant ce dernier, Tintin survivra à un crash aérien. Dans l’île noire, il échappera à la montée de la marée dans la caverne ou il s’est réfugié et en ressortira indemne pour terrasser le « dragon » Ranko. Il s’agit d’une véritable aventure initiatique puisqu’il risque sa vie à chacune de ces étapes. Notons que Tintin se retrouve en écossais après être tombé dans les épines de l’île noire. Il est le lys au milieu des épines, surnom de la vierge. Milou victime des chardons, est initié à l’ordre de St André du Chardon, saint patron de l’Ecosse et patron de l’Ordre de la Toison d’Or.

Le choc est fréquent chez Hergé. Il a une fonction d’éveil brusque qui fait changer de plan.Le choc physique ou mental court-circuite la conscience, et nous branche directement sur l’inconscient. Bas les masques ! En F.M. le choc est essentiel pour passer du monde profane au monde sacré. Les coups de maillet sonores du Vénérable et des deux Surveillants le rappellent aux F.M.

C’est dans l’album les 7 boules de cristal, que Tintin déjà initié va jouer le rôle de parrain du capitaine Haddock dans l’initiation au grade d’apprenti. Il est vrai que la farce cache le message.

Tintin n’hésite pas à forcer l’entrée interdite (au profane) pour rendre visite au général Alcazar dans sa loge car lui seul peut franchir le barrage et conduire son filleul.

Tintin guide Haddock sur les marches d’un escalier à vis, escalier que l’impétrant doit gravir lors de son initiation. En haut de l’escalier, se trouvent un panneau en forme de X, puis une porte à croix en X et un décor en X et une troisième porte en X.

Tintin cherche, demande et frappe comme dans le rituel maçonnique. Tintin frappe quatre coups et la porte s’ouvre sur le général Alcazar, lui-même F.M. qui fait mine de ne pas le reconnaître. Il a beau le dévisager, il ne reconnaît pas son ancien aide de camp. Ce n’est que par l’attouchement spécifique que la mémoire revient à Alcazar.

Hergé va traiter l’initiation de Haddock de façon très drôle. Le capitaine va avaler deux breuvages dont le premier est le breuvage d’amertume, breuvage de l’oubli, conformément au rite. Le futur initié, la vue masquée, le cou ceint d’une corde, oublieux de la notion du temps et de l’espace, fait ses voyages, parsemés d’embûches physiques, et épreuves psychiques.

Il est aidé par un maître, Tintin, qui vérifie que les voyages sont accomplis et surmontés avec courage. Au terme des passages symboliques par la terre, l’air, l’eau, et le feu, il découvre la lumière et reçoit son salaire au pied de la colonne des apprentis.

Hergé dessine la planche à bascule et les fenêtres grillagées typiques de la loge au grade d’apprenti.
Haddock fait son entrée sur la scène du théâtre de couleur bleue, tendue de rouge. Haddock trébuche et tombe dans la timbale, recouvrant la vue, ébloui par l’étoile flamboyante, entouré de ses frères.
Un des serments d’initiation est « j’ai mangé du tambour, et bu de la cymbale et j’ai appris le secret de la religion ». Le tambour, cette grande timbale est le symbole de la cuve d’airain qui se trouvait devant le temple près de la colonne jachin.

Nous n’aborderons pas aujourd’hui en détail dans cette planche au grade d’apprenti, l’album les 7 boules de cristal puisqu’en rentrant dans la villa aux murs verts et tapis verts de M. Bergamotte, nous pénétrons dans une loge verte de Saint André, après un sévère tuilage, décor d’une loge au grade de Maître. Il va s’y dérouler une initiation au troisième degré.

De même dans le Temple du Soleil, Haddock est initié au deuxième degré. Signalons que sur la couverture de l’album les 7 boules de cristal, est dessinée la table d’émeraude qui constitue le texte fondateur de l’alchimie ou Art royal.

Cet album correspond à l’œuvre au blanc, ou petit oeuvre, le Moi se réalise hors de toute tension intérieure, dans la paix avec les autres. Le temple du soleil correspond à l’oeuvre au rouge, ou grand oeuvre, c’est l’aboutissement de l’Homme transcendant les traditions, l’intégration du Soi, l’individu est en communion avec l’Univers.

Ces deux étapes suivent l’étape initiale, l’oeuvre au noir, correspondant à la remise en cause des conditionnements sociaux de l’individu.

Il est donc possible de mettre en parallèle les étapes de l’alchimie et celles d’autres initiations comme celle de la F.M. qui a gardé l’essentiel de la doctrine spirituelle. Toute initiation est une transformation psychique.
Les quatre albums centraux montrent la voie initiatique : la réalisation de l’Homme. Haddock-Tintin-Tournesol, « trois frères unys » en un héros. Tintin est celui qui agit, c’est la main. Haddock est celui qui ressent, c’est le cœur. Tournesol est celui qui pense, invente, c’est le cerveau. Que cherche ce héros ? A s’améliorer lui-même (Haddock), à vivre une spiritualité intense (Tournesol), à agir pour Le Bien , le Vrai, le Juste (Tintin).

Ce héros en trois s’oppose aux faux frères que sont Barnabé et les frères Loiseau. La secte, les pseudos initiations sont les dangers que côtoie Tintin. Pas de pitié pour les membres de la secte Kih-Osh, singerie de l’initiation véritable, mais du respect pour les hommes habités par la quête de la sagesse comme l’inca Huasca.

Hergé établit dans ses quatre albums centraux la construction suivante, constitutive de toute initiation : énigme + voyage + trésor. Hergé nous décrit une énigme : ou est le trésor de Rackham le rouge ? Ou a disparu Tournesol dans les 7 boules de cristal ?
Pour les F.M. l’énigme correspond à l’impétrant enfermé dans le cabinet de réflexion : que va-t-il m’arriver ? Que vais-je faire ?... Il n’y a pas d’initiation sans voyage. Ceux de Tintin présent dans 22 albums sur 24 symbolisent le seul grand voyage qui est intérieur, quête de la sagesse et de l’harmonie.

Le candidat F.M. effectue ses voyages dans le Temple , les yeux bandés du plus difficile au plus calme. Au bout du voyage, le trésor revêt plusieurs formes selon les cultures. Hergé nous montre le trésor de Rackham le rouge dans le château de Moulinsart et le trésor des Incas dans le temple du soleil. Notons que le château de Moulinsart est un lieu symbolique sacré, avatar du temple intérieur, reliant Tintin, Haddock et Tournesol dans la fraternité. Dans le trésor de Rackham le rouge, la crypte du château est agencée comme le temple F.M. c’est-à-dire un carré long avec les colonnes B. et J. et la porte à double battant. Haddock avec sa longue hallebarde ressemble au Maître des cérémonies et Tintin avec son épée, au Couvreur. Tournesol déjà Maître rentre rituellement.

Dans la F.M. le trésor est épuré : Le bandeau tombe du candidat, il découvre la Lumière ! les Frères accueillent leur nouveau frère avec chaleur et attention. Ce frère n’est plus le même car il a franchi victorieusement les épreuves.

De même Haddock n’est plus un marin ivrogne mais un châtelain. Il a mis du temps à tailler sa pierre brute, juguler son ivrognerie.

Le nouvel initié est accueilli comme un enfant dans certaines traditions afin de lui signifier une seconde naissance. La F.M. a gardé ce symbole de l’enfant né à une vie nouvelle. Quand on l’interroge, le jeune apprenti répond : « je ne sais ni lire, ni écrire, je puis qu’épeler... » Hergé reprend ce balbutiement chez certains de ces personnes comme le jeune Zorrino.

Il n’y a pas de véritable initiation sans secret. Tout nouvel initié fait le serment solennel de ne jamais révéler ce qu’il a vu et entendu pendant la cérémonie. Secret et initiation sont liés indissolublement. Ce qu’a découvert l’initié, c’est un trésor. Nos trois amis, Tintin, Haddock et Tournesol prêtent serment de ne jamais révéler le trésor des Incas.
Force est de constater qu’Hergé, alias Georges Remi est un parfait connaisseur du cérémonial F.M. mais aussi de la symbolique rosicrucienne, et de l’alchimie et de C.G. Jung. Il les a manifestement étudiés à fond pour les mettre en scène de façon si déguisée.

Bien sûr nous pourrions évoquer l’hypothèse qu’il ne s’agisse en définitive que d’une oeuvre banale d’un auteur innocent, soumise à notre délire d’interprétation.

Il faut rappeler qu’Hergé a écrit le secret de la licorne pendant la seconde guerre mondiale au moment où des F.M. se faisaient déportés sur dénonciation pour leur appartenance à la F.M. Dans cet album Les Dupondt recherchent la teinturie ou Aristide Filoselle a fait laver sa redingote dans la rue, sous l’enseigne Acacia. Être sous l’acacia c’est être F.M. en exercice dans une loge. Il faut un sacré courage pour signer cet album dans ce contexte.

Je préfère donc l’hypothèse suivante : Hergé est en réalité un Maître, qui déclarait d’ailleurs lors d’une émission de Jacques Chancel : j’ai réalisé l’individuation.

Nous n’avons fait ici qu’effleurer grâce aux auteurs Bertrand Portevin et Jacques Fontaine, l’œuvre secrète d’Hergé tant elle est riche en symboles. Cette oeuvre secrète permet d’éviter de donner des perles aux pourceaux, tout en transmettant de façon inaltérée le message divin. Enfin elle permet d’ensemencer le terreau de la jeunesse pour y faire croître le projet du G.A.D.L.U.

Désormais je ne pourrai plus lire un album d’Hergé sans me demander ce qu’il a bien voulu nous transmettre. Si l’on conserve cet état d’esprit, il peut nous permettre d’aborder notre propre vie, un peu comme un album d’Hergé à la recherche d’événements signifiants, porteurs de sens symbolique et qui nourrissent notre âme.

J’ai dit Vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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Les différents Suprêmes Conseils en France

25 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

Suprême Conseil de France (1804/1821) souché sur la GLDF

Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté (1804/1815) souché sur le GODF

Suprême Conseil Universel Mixte souché sur le Droit Humain (1899)

Suprême Conseil  pour la France  souché sur la GLNF (1965)

Suprême Conseil Féminin de France souché sur la GLFF (1972)

 

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Les Grands Prieurés Rectifiés en France

24 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

Le Grand Prieuré des Gaules (1935)

Le Grand Prieuré de France (1962)

Le Grand Prieuré Indépendant de France 

Le Grand Prieuré Indépendant des Gaules (1965)  

Les Grands Prieurés Unis des Trois Provinces (1974)  

Le Grand Prieuré Réformé et Rectifié d’Occitanie (1995)  

Le Grand Prieuré Rectifié de France (2001)  

Le Grand Prieuré Rectifié des Gaules (2012)

 

Ma connaissance du monde RER en France étant limitée, merci de me signaler si j’ai oublié un ou plusieurs Grands Prieurés, ou si j'ai fait des erreurs !

 

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Principes fondamentaux du RER

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

Les trois lettres R.E.R désignent à la fois le Rite Ecossais Rectifié, rite maçonnique réformé et fixé lors du Convent des GAULES en 1778 et le Régime Ecossais Rectifié, qui est le plus ancien "système initiatique" complet, constitué lors du Convent de KOHLO en 1772, réformé lors du Convent des GAULES en 1778 puis adopté par toute l'Europe au Convent de WILHELMSBAD en 1782.

Le Régime Ecossais Rectifié fut mis en sommeil en France en 1828 et les dernières archives de la Vème Province de Bourgogne furent remises au Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (GPIH) qui avait été créé par le Concordat d'indépendance approuvé par le Convent de BÂLE en 1779 et qui devint de ce fait, le "conservateur" du R.E.R. jusqu'en 1935, date à laquelle le GPIH vint à PARIS, pour y réveiller de façon définitive le R.E.R et restituer ses archives à la France.

Le Régime Ecossais Rectifié est un ordre initiatique chrétien, organisé en 3 classes :

* la Franc-Maçonnerie Rectifiée, réformée une première fois à DRESDE en 1754 avec la Stricte Observance par le Baron de HUND, puis codifiée et réformée une seconde fois à LYON par Jean-Baptiste WILLERMOZ, sur laquelle doivent être obligatoirement souchées les deux autres classes,

* un Ordre de chevalerie, l'ordre des CBCS (Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte) appelé aussi "Ordre intérieur" et qui administre également, par l'intermédiaire du Grand Directoire Ecossais de France, des loges temporaires appelées "loges vertes" en raison de la couleur de leurs décors, pour transmettre le 4ème grade de Maître Ecossais de Saint André,

* un Tiers-Ordre, appelé aussi "classe secrète", organisé en Collège Métropolitain de Profès et Grand Profès, ainsi qu'en Collèges particuliers, mais qui n'a aucune relation fonctionnelle ou hiérarchique sur les classes inférieures et qui ne recrute que par cooptation discrète.

La Dignité de Commandeur de la Cité Sainte (CCS) n'est pas un grade. Elle constitue l'Ordre d'Honneur du Régime Ecossais Rectifié et elle est décernée à des Chevaliers qui ont rendu des services éminents et désintéressés à l'Ordre. Il ne peut y avoir que 9 CCS, symbolisés par les 9 rais du bijou d'Ordre (crachat). Le plus ancien d'entre eux porte la Dignité de Grand-Croix de la Cité Sainte (GCCS) ad vitam et il est seul habilité à conférer la Dignité de CCS sur cooptation unanime de son Chapitre. Des Chevaliers CBCS méritants, en nombre non limité, peuvent se voir décerner la distinction de Gardien de la Cité Sainte (GCS) par le Chapitre de la Cité Sainte réuni sous l'autorité de son Grand-Croix.

Le RER bénéficie de deux documents historiques, exceptionnels de cohérence et de précision, pour ses règles de fonctionnement. Il s'agit :

* d'une part, du CODE MACONNIQUE DES LOGES REUNIES ET RECTIFIEES, adopté au Convent des Gaules en 1778, pour les loges bleues de Saint Jean et les loges vertes de Maîtres Ecossais de Saint André,

* d'autre part, du CODE GENERAL DE L'ORDRE DES CBCS, adopté au Convent de Wilhelmsbad en 1782 pour l'Ordre intérieur.

En vertu du Principe d'exclusivité territoriale, il ne peut exister qu'un seul Grand Prieuré souverain sur un territoire donné. Ce Principe est universellement admis et respecté, non seulement par les Grands Prieurés Rectifiés réguliers mais également par les Grands Prieurés de Knight Templars (KT) et de Knights of Malta (KM). Et seul un Grand Prieuré Rectifié souverain sur son territoire peut délivrer lettre-patente à une obédience maçonnique pour créer et consacrer de nouvelles loges rectifiées et leur délivrer une Charte de constitution leur permettant de pratiquer le RER et de vérifier la validité des rituels rectifiés utilisés par celle-ci.

Les Chevaliers CBCS travaillent en Commanderies, qui sont la cellule de base composée de 9 Chevaliers CBCS au plus et qui s'assemblent en Préfectures. Il faut au moins 3 Préfectures pour ériger un Grand Prieuré Rectifié souverain sur un territoire, administré par son Conseil National. L'organe de gouvernance est le GRAND CHAPITRE, où chaque Chevalier "a voix au chapitre", et qui comprend au complet 45 Chevaliers CBCS, le Grand Prieur élu n'étant que le "primus inter pares". Le respect des délibérations du Grand Chapitre est le "rempart pour se préserver du despotisme" comme le stipule le CODE DES CBCS et comme l'a maintes fois rappelé le GPIH, conservateur du RER depuis 1828.

Il est interdit expressément par le CODE RECTIFIE la constitution de Prieurés « in partibus » c’est-à-dire ne remplissant pas les conditions d’effectifs minimum de CBCS, de Commanderies et de Préfectures requis, afin d’éviter les dissidences et le fractionnement de l’Ordre. Et il n'est pas permis de créer un nouveau Grand Prieuré rectifié lorsqu'un Grand Prieuré rectifié, régulier et souverain préexiste sur un même ressort.

Les constitutions, élections, créations etc... ont lieu au cours des 9 fêtes de l'Ordre réparties selon le calendrier réformé. Les 6 fêtes des Protecteurs de l'Ordre sont réservées à l'Ordre intérieur : Saint Hugues, Saint Georges, Saint Jacques, Saint Bernard, Saint Michel, Saint André.

Les 3 seules fêtes appliquées par la classe maçonnique sont la Saint Jean Baptiste, la Saint Jean l'Evangéliste et la Fête du Renouvellement de l'Ordre.

Source : http://gprg.jimdo.com/principes-du-rer/

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Origine du GPRG

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

Le 20 août 2012, en la fête de Saint Bernard de Claire Vallée, des Chevaliers CBCS réguliers français se sont réunis à LYON, Capitale des Gaules, et ont constaté que le territoire de France était vacant de tout Grand Prieuré Rectifié souché sur des loges RER régulières, depuis la date du 07 juillet 2012. En effet la juridiction du GPRF (Grand Prieuré Régulier de France) a choisi le 07 juillet de quitter la France et de se soucher sur des loges bleues du "Système de Zinnendorf", au sein du FreiMaurer Orden allemand. Or, le FreiMaurer Orden, si respectable soit-il, n'a jamais été une Puissance Rectifiée et n'est pas souverain en France.

Après avoir recueilli selon les anciens usages, l'avis du Collège Métropolitain des Profès Rectifiés, ces Chevaliers CBCS réunis à LYON en nombre et qualités suffisantes, se sont constitués en Commanderies, rassemblées en 3 Préfectures (Neustrie, Ligurie, Occitanie) et ont proclamé la Constitution du Grand Prieuré Rectifié des Gaules (GPRG), souverain en France et souché sur des loges RER régulières de France.

Cette constitution s'est faite conformément au Principe international d'exclusivité territoriale et en respectant scrupuleusement les règles de Constitution priorales du CODE GENERAL DE l'ORDRE DES CBCS, adopté au Convent des GAULES en 1778 et étendu à toute l'Europe au Convent de WILHELMSBAD de 1782. La proclamation a été faite en outre, en rappelant les prescriptions transmises par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (GPIH) qui a restitué à la France ses Archives à NEUILLY en 1935... "pour un réveil définitif du RER en France".

Après la perte de reconnaissance de la GLNF par la Grande Loge Unie d'Angleterre le 12 septembre dernier, la réunion du Grand Chapitre du GPRG a été convoquée comme il se doit chaque année, le 29 septembre 2012 en la fête de la Saint-Michel à NEUILLY.

Compte-tenu de la situation d'éclatement maçonnique sans précédent et de l'absence présente d'obédience reconnue régulière par la GLUA, il a été proposé au vote des Chevaliers CBCS présents de soucher le GPRG sur toutes les loges RER de France constituées régulièrement et appartenant à toute obédience pratiquant le R.E.R de façon régulière, qui soit engagée dans la recomposition du paysage maçonnique français, en vue du retour à la reconnaissance de régularité par la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA).

Le Grand Chapitre du GPRG a missionné son Grand Prieur, son Visiteur Général et son Grand Chancelier, élus pro-tempore dans l'attente du prochain Convent National, de prendre contact tous les 3 avec les Grands Maîtres de ces Obédiences, en vue de travailler à des accords de reconnaissance mutuelle et de préciser les modalités pratiques de leur coopération dans le respect de leur souveraineté réciproque et des CODES RECTIFIES.

Le Grand Chapitre réuni à NEUILLY a procédé ensuite au rétablissement du Grand Directoire Ecossais de France (GDEF) pour régir les loges de Maîtres Ecossais de Saint André (4ème grade du rite) et dont le Collège d'Officiers Maçonnique sera installé prochainement en la fête de la Saint André, selon les anciens usages et rituels RER authentiques.

Les principes d'accueil, d'ouverture et de reconnaissance sont les mêmes pour le Grand Directoire Ecossais de France que pour le Grand Prieuré Rectifié des Gaules, puisque selon le CODE GENERAL du Convent des Gaules de 1778, les loges de Maîtres Ecossais de Saint André sont dirigées par des Députés Maîtres inamovibles, qui ne sont autres que des Commandeurs élus dans l'Ordre intérieur.

En fonction des circonstances et de l'évolution de la situation en France, le Grand Directoire Ecossais de France pourra passer des accords soit avec des Directoires particuliers ou des Régences Ecossaises relatifs à chaque Obédience maçonnique régulière. C'est ce que fit en son temps, Jean-Baptiste Willermoz avec la Grande Loge des Maîtres Réguliers de LYON et avec le Grand Orient lorsque celui-ci travaillait encore à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

Il est par ailleurs rappelé que le CODE MACONNIQUE DES LOGES RECTIFIEES du convent des Gaules de 1778, concerne l'ensemble des 4 grades rectifiés de la maçonnerie de métier. Conformément à l'Acte d'Union de 1813 entre les Grandes Loges anglaises des Anciens et des Modernes, autorisant la pratique de l'Arche Royale comme 4ème grade complémentaire au grade de Maître au sein de la Grande Loge Unie d'Angleterre, le Grand Directoire Ecossais de France s'engage à aider et à favoriser toute disposition en ce sens pour le 4ème Grade de Maître Ecossais de Saint André au sein des nouvelles Obédiences françaises, sans exclusive ni obligation cependant, comme ce fut le cas en 1935 lors du réveil définitif du Régime Ecossais Rectifié en France par le GPIH (Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie).

 Source : http://gprg.jimdo.com/origine-du-gprg/

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Grand Prieuré Rectifié des Gaules : une refondation devenue nécessaire

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

La fin du XXème siècle a vu un grand nombre de dérives se produire dans les ordres initiatiques, qui se sont traduites souvent par des modifications statutaires fantaisistes et néfastes. Ainsi la transformation du GPDG en "Grand Prieuré des Ordres Unis" aboutissait à la crise de 2000 et à sa perte de reconnaissance par la GLNF (Grande Loge Nationale Française) puis par tous les Grands Prieurés Réguliers du monde, suite à son accord d'intervisite avec les loges du Grand Orient de France acceptant la mixité en loge et sa transformation ultime, en petite obédience maçonnique multi-rites et multi-grades non reconnue.

La GLNF remplaçait alors ex-abrupto ce "GPDG-Ordres Unis" par 2 associations distinctes, créées elles-mêmes ex-nihilo, d'une part le DNLERF (Directoire National des Loges Ecossaises Régulières de France) et d'autre part, le GPRF (Grand Prieuré Régulier de France).

Dix ans après, la GLNF à son tour, entrait dans une grave crise statutaire qui conduisait à l'élaboration d'un "livre blanc" et au besoin d'une Refondation qui redonne la souveraineté aux loges. Ainsi se constituait la Grande Loge de l'Alliance Maçonnique Française, (GL-AMF) consacrée à TOURS, le 28 avril 2012.

De même, était publiée en date du 25 septembre 2012, la création de la Grande Loge indépendante de France (GLIF) pour regrouper des Loges constituées elles-mêmes en associations du même type et se disant « Grande Loge souveraine pour les grades du Métier dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté...» dont notamment, le Rite Ecossais Rectifié.

La GLIF et la GL-AMF sont engagées officiellement, de même que la GLDF (Grande Loge de France) dans le travail de recomposition du paysage maçonnique français, après la perte par la GLNF de sa reconnaissance par les 5 grandes loges européennes (Allemagne, Suisse, Belgique, Autriche, Luxembourg) en juin 2012, puis par les deux autres Grandes loges britanniques en Juillet 2012 (Ecosse, Irlande), en prémisse du retrait définitif de reconnaissance de la GLNF par la GLUA (Grande Loge Unie d'Angleterre) le 12 septembre 2012.

En parallèle, après des hésitations longues et difficiles à comprendre, le GPRF donnait des consignes de démissions de la GLNF ou de ralliement contradictoires, puis décidait de quitter la France le 07 juillet 2012, pour se soucher sur une obédience allemande, aussi respectable soit-elle, mais qui n'a aucune légitimité sur le R.E.R (Rite Ecossais Rectifié) et qui n'a jamais constitué une Puissance Rectifiée, d'autant plus que son fondateur, le dissident Zinnendorf, l'a toujours combattu...

Les membres de ce GPRF se retrouvent désormais souchés sur des loges qui ont fait acte d'obédience au FreiMaurer Orden, qui sont désormais inscrites sous sa matricule et qui doivent obligatoirement ouvrir leurs travaux "sous les auspices du FreiMaurer Orden"...

Devant tant de confusions, un deuxième « Livre blanc rectifié » circulait fin juin 2012 et appelait à une Refondation en France, d'un vrai Grand Prieuré Rectifié souverain qui soit souché sur des loges rectifiées régulières, qu'elle qu'en soit pour l'heure, l'obédience d'appartenance.

En effet, la situation actuelle d'éclatement sans précédent, fait qu'il y a des loges RER régulièrement constituées qui se retrouvent au sein de multiples obédiences travaillant, dans le cadre de la recomposition du paysage maçonnique français, au retour à la reconnaissance de leur régularité par la Grande Loge Unie d'Angleterre : c'est le cas notamment de la GL-AMF, de la GLIF ou même encore la GLDF dont certaines loges peu nombreuses certes, travaillent encore au R.E.R mais sans pouvoir le faire au-delà du 3ème grade, depuis qu'elles ont rallié la GLDF en 1958 et bien qu'elles soient les héritières légitimes de la Grande Loge Rectifiée créée à NEUILLY en 1935. Et cette liste n'est pas limitative.

Le « Livre blanc rectifié » s'attache notamment à redonner la souveraineté aux Commanderies et à respecter la gouvernance du Grand Chapitre dans le respect des CODES RECTIFIES pour se "préserver de tout despotisme" et comme l'a toujours demandé le GPIH (Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie). Le GPIH, conservateur du RER depuis 1828, a maintes fois rappelé que seules des Commanderies assemblées en 3 Préfectures minimum peuvent ériger un Grand Prieuré Rectifié régulier, légitime et souverain sur un territoire, qui à son tour, a seul le pouvoir d'autoriser par Traité, une obédience maçonnique de son ressort à délivrer des Chartes pour fonder de nouvelles loges maçonniques au R.E.R. et à valider les rituels rectifiés utilisés.

C'est en plein mois d'août 2012, que ce deuxième travail de Refondation a été entrepris par un groupe de Chevaliers CBCS généreux, aux qualités et au nombre requis, ayant tous entre 20 et 30 ans de maçonnerie rectifiée et soucieux seulement de rebâtir ce qui a été ébranlé, pour transmettre aux jeunes générations, dans la transparence, la légitimité et l'authenticité, ce joyau de fraternité et de bienfaisance, que doit être le R.E.R...

Source : http://gprg.jimdo.com/

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Hommage à Camille Savoire

24 Décembre 2012 , Rédigé par DNRF Publié dans #histoire de la FM

Camille Savoire, Eq. a Fortitudine, joua un rôle essentiel dans le réveil du Régime Rectifié au XXe siècle.

Né le 6 juillet 1869. Initié, 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Écossaise qui avait été créée en 1880 et qui sera à l’origine de la Grande Loge de France, il quitta cette Grande Loge au bout d’un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans, jusqu’en 1935.

Médecin spécialiste de la tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe à l’occasion de congrès médicaux, et en profita pour établir de nombreux contacts avec des maçons étrangers et des liens avec plusieurs Obédiences en Europe. 33e du R.E.A.A., Savoire sera armé Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte le 11 juin 1910 en prenant pour nom d’ordre Eques a Fortitudine. Savoire entra en contact avec le Grand Prieuré d’Helvétie en cherchant à établir des contacts avec les Obédiences étrangères en s’affiliant à une structure amie du Grand Orient mais non ostracisée par son rejet à la référence au Grand Architecte de l’Univers, comme il l’expose lui-même : « Il me fallait pour cela obtenir l'affiliation à une Obédience qui soit à la fois en relations régulières avec le Grand Orient et les diverses Obédiences mondiales, sans excepter celles qui avaient frappé d'ostracisme le GO, ce qui rendait particulièrement difficile la réalisation de mon projet. Dans ce but, par l'intermédiaire de mon bien cher ami et F. Édouard de Ribaucourt, je m'adressai à son compatriote et ami d'enfance, le regretté F. Quartier-La-Tente [Edouard Quartier-La-Tente (1855-1925), pasteur, professeur de théologie, fut le Grand Maître de la Grande Loge Suisse Alpina de 1900 à 1905, il dirigea le Bureau International des Relations Maçonniques avant de devenir le premier chancelier de l'association Maçonnique Internationale (l'A.M.I.), fondée en 1921], Maçon érudit, fondateur du Bureau International des relations maçonniques. Cet excellent F. nous désigna immédiatement le Grand Prieuré d'Helvétie, dernière Obédience de la plus ancienne Maçonnerie, comprenant dans son Directoire, héritier par voie d'extinctions successives des anciens Directoires français pratiquant le Rite rectifié et agrégés successivement au Grand Orient de France par des traités conclus en 1776, 1781 et finalement en 1811 et 1841, et dont le Grand Prieuré d'Helvétie avait reçu les pouvoirs, archives et l'héritage en 1828, lors de la mise en sommeil du Directoire de Besançon qui les tenait de Strasbourg, et en 1841 pour le Directoire de Neustrie. Ces divers traités, jamais dénoncés, conservaient force et vigueur : Ce fut en vertu de l'un d'eux qu'avec Ribaucourt et Bastard je devins par équivalence avec le 33° grade que je possédais au GO de France Chevalier Bienfaisant de la Cité sainte, grade suprême du Rite Rectifié, sous le nom d'Eques a Fortitudine, avec la devise : "Pro Patria per Scientiam" et, en vertu d'un trait signé entre le Grand Directoire Rectifié et le Suprême Conseil de Suisse, je fus ipso-facto immatriculé en qualité de 33° au livre d'or de ce Suprême Conseil. »

En 1935, Camille Savoire écrivait une sorte de manifeste intitulé « Pourquoi voulons-nous réveiller le Rite Rectifié en France ? », dans lequel, évoquant sa fidélité à « l’esprit du christianisme primitif » il avait cette phrase magnifique : « …Je reconnais que c'est lors de mon admission au sein du Rectifié que j'ai trouvé le chemin de l'initiation et compris le caractère initiatique de la Franc-maçonnerie… »

Camille Savoire, rejoignit l’Orient éternel le 5 avril 1951, mais on a retrouvé, dans les archives de la famille Savoire, une correspondance entre Camille Savoire et le Père abbé Clément Guilloux qui demeurait au presbytère de Bains sur Oust dans le Canton de Redon en Bretagne, allant du 18 juin 1938 au 4 septembre 1945. Dans une lettre du 16 avril 1942, l’abbé Guilloux écrit à Savoire : « Après votre Maman qui fut une sainte si délicieusement aimante et équilibré, après votre Marc (le fils de Camille Savoire disparu) si raisonnable et si ferme dans ses espoirs et ses certitudes, vous éprouverez, vous aussi, comme saint Augustin : ‘‘Seigneur vous nous avez fait pour vous et notre âme n’est pas en repos tant qu’elle ne vous a pas trouvé’’. Quand le saint curé d’Ars trouvait autrefois des âmes qui en étaient à votre stade et qui voulaient encore discuter, il leur disait de sa voix douce et irrésistible : mettez-vous à genoux et confessez-vous. Le patient se laissait faire et ‘‘l’opération’’ finie, le curé condescendant (ou peut-être malicieux) lâchait : et maintenant, voyons donc ces objections. A quoi l’autre répondait : ‘‘mais je n’en ai plus’’. » (In D. Daffos et P. Hillion, De l’originalité de la pensée de Camille Savoire, Actes du Colloque SFERE du 14 avril 2007 – Palais du Luxembourg, n.d., p. 51).

Source : http://directoirenationaldeslogesreuniesetrectifie.hautetfort.com

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Le Parfait Maçon ou les véritables secrets des 4 grades : Apprenti, Compagnon, Maîtres ordinaires et Ecossais (2)

23 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 18ème siècle Publié dans #Rites et rituels

Réception des maîtres

Pour la loge des maîtres, il faut préparer deux toiles : sur la première qui est la seule qu'on présente d'abord à la vue du récipiendaire, est tracée la figure du tabernacle que Moïse fit élever à son retour du Mont Sinaï ; toute la longueur en est divisée en trois parties ; celle du milieu, appelée le sanctuaire, contient l'arche qui servit à déposer les tables de la loi, et dessus de l'arche sont placés deux chérubins avec des ailes; dans la partie basse, du côté du Septentrion, on représente une table, vis-à-vis, du côté du midi, un chandelier à sept branches. A droite et à gauche sont écrits les noms Bezeleel et Eliab qui sont ceux des deux habiles maçons auxquels l'érection du tabernacle fut confiée par Moïse : et dans la troisième partie, qui est celle d'en haut, est représenté Moïse lui-même, remettant l'encensoir à son frère Aaron.

Lorsque tous les arrangements sont faits, le maître signifie par un grand coup, que la loge est ouverte. Alors un des frères quitte sa place et va chercher en dehors le récipiendaire, qu'il amène à la porte de la loge ; il y frappe cette fois-ci trois coups, et le maître répond par le même nombre, qui sert de signal à l'introduction.

Le récipiendaire, étant entré dans la loge, va se prosterner aux pieds du maître qui le fait relever, en lui disant : Frère, ouvrez les yeux et soyez saisi d'un saint respect ; vous voyez devant vous le tabernacle érigé par le grand maître Moïse. Voici l'arche où Dieu se montrait présent par ses oracles ; à droite est la table pour l'oblation des pains, à gauche le chandelier à sept branches qui servait à éclairer le tabernacle ; mais tout ce qui frappe vos yeux n'est qu'une légère esquisse des merveilles que nous vous préparons.

Alors le récipiendaire se prosterne une seconde fois, et le vénérable lui présentant la pointe de son épée sur le cœur, lui fait encore répéter l'obligation, dans les mêmes termes que je l'ai rapporté.

Pendant cet intervalle, on substitue la seconde toile où est dessinée espèce de temple qu'on dit être celui de Salomon; outre le grand portail qui est placé à l'occident, il doit y avoir deux portes plus basses du côté de l'orient, et entre ces deux portes, un escalier pratiqué dans l'épaisseur du mur pour monter à trente chambres distribuées à l'entour du temple en forme de galeries. Le corps du bâtiment est composé de deux parties ; dans celle antérieure sont tracés une table, un grand chandelier avec un autel dans le milieu, et au-dessus de l'autel sont marquées les lettres A. et H. L'autre partie, qu'on nomme le sanctuaire, est décorée par la représentation de l'arche d'alliance que deux chérubins semblent couvrir de leurs ailes ; au-dessous de l'arche sont encore marquées un grand A. et une grande S.

Comme on présente ceci au récipiendaire pour le chef-d'œuvre de la maçonnerie, afin de le mettre à portée de ne rien laisser échapper de toutes ses beautés, on fait éteindre le feu de la terrine triangulaire et on y supplée par un grand nombre de bougies allumées qui représentent, dit-on, 10.000 chandeliers que Salomon avait fait faire pour éclairer le temple.Cela fait, le maître prend lui-même la peine de donner l'instruction à peu près ainsi qu'il suit.

Pendant que les Israélites voyageaient dans le désert, comme ils n'avaient encore aucune habitation fixe, Dieu inspira à Moïse d'ériger le tabernacle sur le dessein qu'il lui donna lui-même, afin qu'au moyen de ce temple portatif, ils fussent en état de lui rendre, dans tous les lieux, le culte qui lui était dû.

Moïse, après avoir conduit et gouverné les Israélites pendant quarante années, se sentant près de sa fin, fit assembler tout le peuple au bord du Jourdain, où il lui fit un excellent discours, et lui dicta les lois qu'il devait suivre pour arriver à la terre promise : il annonça, entre autres choses, au peuple, que le tabernacle qu'il avait établi n'était que la figure du temps futur, et que quand ce peuple serait une fois en possession du pays de Chanaam, Dieu choisirait lui-même une ville qui serait nommée la ville sainte, où on lui bâtirait un temple sur le modèle de ce tabernacle.

David, devenu roi des Hébreux environ 400 ans après, établit par inspiration divine son séjour à Jérusalem et résolut d'y bâtir le comme il avait été prédit par Moïse; mais Dieu lui con d'abandonner cette entreprise, parce que ses mains avaient été trop souvent teintes du sang de ses ennemis et lui fit connaître que cet honneur était réservé à Salomon son fils.

En effet, ce grand prince qui avait obtenu de Dieu l'esprit de sagesse, n'eut rien plus à coeur que la construction du temple, mais il ne put le commencer que dans la quatrième année de son règne et il l'acheva dans le cours de sept ans.

Quoique la maçonnerie, depuis Moïse jusqu'à Salomon, eût fait des progrès considérables, elle avait toujours été renfermée dans les deux degrés d'apprentis et compagnons, personne, excepté les chefs, n'ayant osé prendre encore le nom de maître. Ce fut, suivant les maçons Salomon qui. le premier, institua le degré de la maîtrise, ayant conservé aux deux premiers grades les signes anciens dont ils étaient en possession immémoriale, et ayant établi de nouveaux signes en faveur de ceux qu'il élevait au rang supérieur de maîtres.

Les ouvriers que ce roi employa à la construction du temple étaient nombre de 183.200. Savoir, 100.000 manœuvres ou apprentis, 80.000 compagnons et 3.200 maîtres.

Tous étaient subordonnés à deux grands architectes ou inspecteurs généraux qui étaient Adoram et Hiram, les maçons les plus accomplis y eût alors sur la terre.

Ceux-ci rendaient compte à Salomon directement de tout ce qui se passait, donnaient les plans des ouvrages, veillaient à leur exécution. Adoram avait de plus le détail du paiement de tous les ouvriers; et comme il était impossible qu'il les connût tous, il fut convenu que leurs signes et mots serviraient à les distinguer. Par ce moyen, celui qui donnait les mots et les signes du maître en avait la paie; ainsi des autres.

Entre les trente chambres qui entouraient le temple, en forme de galerie, il y en avait une, la plus ornée de toutes, uniquement réservée pour les conférences de Salomon avec Adoram et Hiram, qui se tenaient deux fois chaque semaine; deux autres chambres où était la trésorerie, et c'était à celles-là que les ouvriers se rendaient à différentes heures, et sans tumulte, pour recevoir leur paie; il y en avait aussi deux pour l'habitation des deux grands architectes, qui étaient obligés d'y coucher pour être à portée de veiller aux ouvrages de l'intérieur du temple ; et les vingt chambres de surplus servaient aux maçons à tenir leurs loges toutes les fois qu'il plaisait à leurs maîtres de les assembler régulièrement.*

Les lettres A. et H. marquées au-dessus de l'Autel, sont les initiales des noms d'Adoram et Hiram, grands architectes du temple. Salomon même les y fit graver afin d'immortaliser la mémoire de ces deux grands hommes.

Ici le maître suspend un moment l'instruction pour faire une peinture touchante et pathétique de la ruine de ce superbe édifice par Nabucodonosor, ce qui l'excite ainsi que tous les autres frères à pleurer en quelque sorte sur Jérusalem; mais pour abréger des lamentations inutiles, il ajoute : Pourquoi nous affliger si fort ? Le temple n'est pas détruit, mes frères, puisqu'il existe moralement en chacun de nous. Alors la joie renaît dans l'assemblée, tous les frères s'embrassent, et le vénérable continue l'instruction.

Les maîtres, dit-il, ont trois moyens pour se faire distinguer, savoir un signe pédestral, un double attouchement et deux paroles. Ils ont aussi des questions particulières.

Leur signe se fait en plaçant le pied gauche en avant et le pied droit derrière, en sorte que la pointe du pied droit, touchant au talon du pied gauche forme l'équerre.

Le double attouchement se communique de cette façon-ci. On présente la paume de la main droite horizontalement à celui qui se prétend maître. S'il l'est en effet, il ne manque pas d'y appuyer sur-le-champ sa main gauche à poing fermé, et tout de suite il étend à son tour sa main droite dans une position semblable à celle de l'autre frère qui y répond par le même mouvement du poing, comme s'ils se témoignaient par là, l'un à l'autre, qu'ils se reposent sur leur amitié réciproque comme sur leur plus ferme appui.

Les deux paroles des maîtres sont Adonaï, Schilo. Les frères maçons les prétendent sacrées, et même prophétiques. Pour moi, qui ne voyant tout ceci qu'avec les yeux d'un profane, puis tout au plus atteindre à la signification littérale, je me contente d'observer que, suivant l'explication ordinaire, Adonaï veut dire Seigneur, et Schilo signifie Son fils, ou celui à qui il est réservé.

Finissons par les questions.

- D. Etes-vous maître maçon ?

- R. Mon nom est Harodim.**

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu maître ?

- R. Dans une des vingt-cinq chambres.

- D. De combien était composée votre loge ?

- R. De neuf maîtres députés des 3.200.

- D. Qui est-ce qui y présidait ?

- R. Le grand architecte de l'univers, et après lui le premier d'entre les maçons.

- D. Qu'avez-vous vu lors de votre réception ?

- R. J'ai vu le tabernacle érigé par le grand maître Moïse.

- D. Combien avait-il de parties ?

- R. Trois.

- D. Que signifient ces trois parties ?

- R. Elles sont une figure du monde.

- D. Expliquez- moi cela.

- R. Celle du milieu représente le ciel où Dieu habite ; et les deux autres qui ne sont ouvertes qu'aux sacrificateurs, représentent la terre et la mer

- D. Que représente la table posée dans le tabernacle ?

- R. Elle est une figure de notre âme dont nous devons offrir et rapporter à Dieu toutes les oeuvres.

- D. Que représente le chandelier à sept branches ?

- R. Les septs vertus.

- D. Définissez-moi le tabernacle.

- R. C'était la figure du temps futur et le modèle d'un édifice plus parfait

- D. Quel était cet édifice ?

- R. Le temple de Salomon.

- D. Où a-t-il été bâti ?

- R. Sur la montagne, dans un lieu choisi par David, où était auparavant l'aire d'Oron Jebuseen. - D. Donnez-moi une autre réponse.

- R. Le temple a été bâti dans l'endroit même où Adam, le premier des hommes et des maçons, a été enterré.

- D. Que signifient les lettres A. et H. placées au-dessus de l'Autel ?

- R. Ce sont les noms d'Adoram et Hiram, les deux grands architectes du temple de Salomon.

- D. Où avez-vous reçu votre paie ?

- R. Dans les deux chambres de la galerie.

- D. Quel est le nom d'un maître maçon ?

- R. Harodim ou Menatzchim.

- D. Quel est le nom d'un compagnon ?

- R. Gabelin.

- D. Quel est le nom d'un apprenti ?

- R. Louvet.

- D. Quel est le nom du fils d'un maçon ?

- R. Louveteau.

- D. Qui est-ce qui éclaire votre loge ?

- R. Dix mille et un chandeliers.

- D. Quelle est la plus grande de toutes ces lumières ?

- R. C'est le maître de la loge.

- D. Comment voyage le maître ?

- R. Sur terre et sur mer, de l'orient à l'occident, et du midi au septentrion.

- D. Donnez-moi le signe de maître.

- R. Le voici.

- D. Donnez-moi l'attouchement.

- R. C'est l'ouvrage de deux [sic].

- D. Donnez-moi les paroles de maître.

- R. Adonaï Schilo.

- D. Donnez-m'en l'explication.

- R. Adonaï signifie le Seigneur, Schilo signifie son fils, ou celui à qui il est réservé.

Il me reste à observer que le très vénérable ouvre et ferme toujours ses loges d'apprentis, compagnons et maîtres par quelques-unes des questions propres à chacun de ces degrés, dont la dernière, commune à tous les grades, est toujours celle-ci.

- D. Quel est le devoir d'un maçon ?

- R. Obéir. travailler et se taire.

A quoi le maître ajoute, quand c'est pour ouvrir la loge :

- Obéissons, travaillons et taisons-nous.

Et si c'est pour la fermer, il dit :

- Nous avons obéi, mes frères, nous avons travaillé, taisons-nous.

* Il faut supposer que Salomon ne régla l'ordre et la destination de ces trente chambres, qu'après qu'on eut entièrement achevé le corps, et ce qu'on appelle la grosse maçonnerie du bâtiment.

** Harodim signifie conducteur ou intendant des ouvrages ; c'est le nom qu'on donnait aux 3200 maîtres. Suivant le troisième livre des Rois chap. 5. v.16, ils étaient 3300 et le livre des Chroniques, chap.2., verset 18 fait même monter le nombre à 3600.

Repas des maçons

Les francs-maçons ne connaissent dans leurs festins ni l'intempérance, ni les excès ; leur conversation ordinaire roule sur les avantages de la confraternité ou sur des choses absolument indifférentes ; ils observent surtout un silence respectueux sur toutes les matières de religion et d'État, et ne sont pas moins attentifs à bannir de leurs entretiens toutes paroles méfiantes ou dissolues. Comme on n'admet entre eux aucune distinction de rangs, tous les frères se trouvent à leur aise, et les talents se déploient en liberté. Quant à certains vides qu'il n'est pas possible d'éviter, ils se trouvent remplis, ou par l'exercice des santés qu'on boit, ou par le chant des hymnes et cantiques de la confrérie. Ainsi on peut dire qu'ils passent agréablement quelques heures dans l'oubli de tous les autres hommes, mais non d'eux-mêmes. Je leur devais la justice de cet aveu, ayant eu le bonheur d'être le témoin oculaire de leurs innocents plaisirs.

Leur façon de boire est aussi singulière qu'amusante ; je ne sais si elle varie suivant les loges* . J'ignore aussi s'il y a des loges où le vin s'appelle poudre, et la bouteille Baril, comme l'avance un écrivain moderne; mais il est sûr que dans celle où j'ai assisté, le vin, l'eau, et toutes choses, se nommaient par leurs vrais noms. Mon manuscrit ne dit pas un mot de ce qui regarde les repas, mais je rapporte ici ce que j'ai vu et entendu.

Quand le très vénérable veut porter une santé, il frappe un grand coup sur la table qui est disposée en fer à cheval ; son premier surveillant répond par un autre coup; et ces deux coups frappés, il s'observe parmi les frères un profond silence.

Alors le très vénérable dit : Mes frères, je vous porte telle santé, préparez-vous à me la rendre. Tous remplissent aussitôt leurs gobelets, se lèvent, et sont obligés d'avoir toujours les yeux sur le maître pour imiter ses mouvements. Voici de quelle manière les maçons boivent en loge.

On prend d'abord tous ensemble son (1) gobelet, on le porte à la bouche, et (2) chacun boit ; quand on a bu on (3) l'éloigne de soi en ligne directe, ensuite on (4) tire une ligne transversale à droite, puis une autre à (5) gauche (ce qui forme deux équerres); de là on (6) rapporte le gobelet vis-à-vis de soi à la hauteur de la bouche, on le (7) hausse au niveau des yeux, on le laisse (8) tomber une seconde fois vis-à-vis de la bouche; et tous enfin le (9) posent sur la table en un seul coup; ce qui fait en tout neuf différents temps ou mouvements : et la solennité se termine par un battement de mains uniforme suivi d'un vivat.

* On assure que les maçons d'Allemagne font un autre exercice en buvant.

Secret des maçons écossais

On débite parmi les maçons, qu'il y a encore plusieurs degrés au-dessus des maîtres dont je viens de parler ; les uns en comptent six en tout, et d'autres vont jusqu'à sept. Ceux qu'on appelle maçons écossais, prétendent composer le quatrième grade. Comme cette maçonnerie, différente de l'autre en bien des points, commence à s'accréditer en France, le public ne sera pas fâché que je lui communique ce que j'en ai lu dans le même manuscrit, qui paraît en effet accorder aux Écossais le degré de supériorité sur les apprentis, compagnons et maîtres ordinaires.

Au lieu de pleurer, comme font leurs confrères, sur les débris du Temple de Salomon, les Écossais s'occupent à le rebâtir*.

Personne n'ignore qu'après soixante et dix ans de captivité dans Babylone, le grand Cyrus permit aux Israélites de relever le Temple et la cité de Jérusalem ; que Zorobabel, de la race de David, fut constitué par lui le chef et le conducteur de ce peuple, dans son retour en la cité sainte ; que la première pierre du temple fut posée du règne de Cyrus, mais qu'il ne fut achevé que dans la sixième année de celui de Darius, monarque des Perses.

C'est de ce grand événement que les Écossais tirent l'époque de leur institution et, quoiqu'ils soient postérieurs aux autres maçons de plusieurs siècles, ils se disent supérieurs en grade. Voici sur quoi ils fondent leur prééminence.

Lorsqu'il fut question de réédifier le temple du Seigneur, Zorobabel choisit dans les trois états de la maçonnerie les ouvriers les plus capables ; mais comme les Israélites eurent beaucoup d'obstacles et de traverses à souffrir pendant le cours de leurs travaux, de la part des Samaritains et des autres nations voisines, jamais l'ouvrage n'eût été conduit à sa fin, si ce prince n'eût eu la précaution de créer un quatrième grade de maçons, dont il fixa le nombre à 753, choisis entre les artistes les plus excellents. Ceux-ci, non seulement avaient l'inspection sur tous les autres, mais ils étaient aussi chargés de veiller à la sûreté des travailleurs ; ils faisaient toutes les nuits la ronde, tant pour faire avancer les travaux que pour reconnaître les embûches, ou prévenir les attaques de leurs ennemis.

Leur emploi étant beaucoup plus pénible que celui des autres maçons, il leur fut aussi accordé une paie plus avantageuse; et pour pouvoir les reconnaître, Zorobabel leur donna un signe et des mots particuliers.

Le signe des Écossais se fait en portant l'index de la main droite sur la bouche, et le second doigt de la main gauche sur le cœur.

Et, leurs paroles sont Scilo, Shelomeh abif. Le premier de ces mots n'est différent du Schilo des maîtres ordinaires, que par la suppression de la lettre h, et il exprime la même chose. Les deux autres mots Shelomeh abif, signifient en français Salomon mon père.

Enfin, les maîtres écossais ont aussi un langage et des questions qui leur sont propres ; j'ai même ouï dire à quelques-uns d'eux, que ces questions sont en grand nombre, mais malheureusement le manuscrit de mon frère n'en rapporte que huit. Les voici:

- D. Etes-vous maître écossais ?

- R. J'ai été tiré de la captivité de Babylone.

- D. Qui vous a honoré du grade écossais ?

- R. Le prince Zorobabel, de la race de David et de Salomon.

- D. En quel temps ?

- R. Soixante et dix ans après la ruine de la Cité sainte.

- D. A quoi s'occupent les maçons écossais ?

- R. A reconstruire le Temple de Dieu.

- D. Pourquoi cela ?

- R. Pour accomplir ce qui a été prédit.

- D. Pourquoi les maçons écossais portent-ils l'épée et le bouclier ?*

- R. En mémoire de ce que, dans le temps de la reconstruction du Temple, Neémie ordonna à tous les ouvriers d'avoir toujours l'épée au côté, et leurs boucliers proches d'eux pendant le travail pour s'en servir en cas d'attaque de leurs ennemis.

- D. Comment a été bâti le nouveau Temple ?

- R. Sur les fondements de celui de Salomon, conformément à son modèle. - D. Quelle heure est-il ?

- R . Le Soleil se lève.

Ou bien :

- Le Soleil est couché.

C'est par cette dernière question que les maçons écossais ouvrent et ferment leurs loges.

* Mon manuscrit ne fait aucune mention de la Loge Écossaise, mais je présume qu'on y doit dessiner quelques sujets analogues à la réédification du Temple, pour laquelle ces maçons supposent être assemblés.

** Les maçons écossais portent tous un grand cordon rouge, auquel pend une forme de Bouclier.

Conclusion

La maçonnerie, prise dans le sens mystérieux, n'est, sans contredit qu'un être de raison et qu'une pure chimère étayée sur de grands mots vides de sens, et sur de frivoles allusions qui ne peuvent séduire que les simples.

Mais elle me paraît tout autre dans le point de vue moral ; et si elle pour base une philanthropie saine et réfléchie, si son but est de concilier les esprits et de rapprocher les cœurs de tous les hommes par des principes uniformes de sagesse et de vertu, cette société pourrait devenir aussi utile qu'agréable; et ce serait, à mon sens, la meilleure école de l'humanité.

Les francs-maçons n'en imposent point, quand ils disent que leur doctrine n'a rien de contraire à la religion; mais je ne puis penser qu'aucun d'eux pousse l'enthousiasme jusqu'à s'imaginer qu'elle fasse partie de la religion même. On ne peut mieux comparer la maçonnerie, selon moi, qu'à ces pièces dramatiques qui, quoique fondées sur quelques traits de l'histoire sainte, ne sont pas moins réputées des ouvrages profanes.

Il faut en convenir; jamais œuvre de ce genre n'a été honorée d'un plus grand succès: Il y a plusieurs siècles que les représentations s'en perpétuent ; et la ville de Londres seule contient 129 théâtres, où la maçonnerie s'exécute journellement.

On n'en compte tout au plus qu'une vingtaine dans Paris ; cependant toutes personnes impartiales, même parmi les maçons, conviennent que c'en est trop encore, eu égard aux abus qui s'y sont glissés, et l'on estime que pour rétablir en France l'art royal* dans une partie de son lustre et son crédit, il faut nécessairement en rendre l'accès plus difficile, en diminuant d'abord le nombre des loges, et en ne confiant ensuite le gouvernement de celles qu'on laissera subsister qu'à des sujets qui, avec les avantages de l'éducation, soient partagés des qualités essentielles de l'âme, surtout d'une probité à l'épreuve.

Un ouvrage de cette importance n'est réservé sans doute qu'au chef suprême de la maçonnerie. C'est donc aux confrères vraiment zélés, et principalement aux officiers de ce qu'on appelle la grande loge, d'agir puissamment auprès de ce prince, pour obtenir de lui cette wréformation, sans laquelle l'ordre des francs-maçons venant à tomber peu à peu dans l'avilissement, perdra tout à la fois et sans retour l'estime du public et la protection de son illustre grand maître.

* C'est un des titres pompeux que les frères donnent à la maçonnerie.

Source : http://reunir.free.fr/fm/divulgations/parfaitmacon.htm

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Le Parfait Maçon ou les véritables secrets des 4 grades : Apprenti, Compagnon, Maîtres ordinaires et Ecossais (1)

23 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 18ème siècle Publié dans #Rites et rituels

Réception des apprentis

Suivant le manuscrit en question, que son auteur suppose avoir été extrait sur les archives même de la société maçonnique, la première loge a été tenue par le Grand Architecte de l'univers en présence d'Adam dans le paradis terrestre; il s'agissait d'y instruire l'homme de l'excellence de son espèce, des différents secrets de la nature, de l'usage qu'il devait en faire ; et comme la prescience de Dieu embrasse toutes les choses futures, cet être suprême qui voyait dès lors la chute prochaine d'Adam, voulut bien lui donner d'avance les premières leçons de l'architecture, dont lui et ses descendants devaient retirer une si grande utilité dans l'état malheureux où les précipita sa désobéissance. Adam profita si bien des instructions de son créateur, que les francs-maçons assurent qu'il en composa un livre* où l'art des bâtiments était parfaitement expliqué. Or la femme n'était point encore formée lorsque cela se passa entre Dieu et Adam, et c'est la première raison qu'allèguent les francs-maçons pour se justifier sur l'exclusion que leur ordre donne si incivilement au sexe.

Ils puisent encore un second motif d'exclusion dans l'origine et les circonstances de la chute de notre premier père. Leurs loges étant, selon eux, une espèce de paradis terrestre dont ils appréhendent d'être chassés, comme de l'autre, si les femmes y mettent une fois le pied.

Comme je n'ai pas dessein de les suivre dans toutes leurs visions, je supprime ici plusieurs articles du manuscrit ; mais j'ai cru ce préambule nécessaire pour l'intelligence de ce que j'ai à dire sur le premier degré de la maçonnerie.

Sept frères assemblés, et même moins, forment une loge, mais elle n'est estimée complète et régulière que quand ils sont au nombre de neuf.

Le lieu où ils s'assemblent, et qui se nomme la loge, ne doit être éclairé que par une grande terrine de forme triangulaire remplie d'esprit de vin, ou autres matières combustibles auxquelles on met le feu et qu'on a l'attention de renouveler.

Il y a quelques loges où on substitue des flambeaux à la place de la terrine : trois frères postés en triangle sont obligés de les porter ; mais cette façon, qui est incommode, n'a pas été reçue universellement.

Le maître, que l'on appelle le vénérable, orné d'un grand cordon bleu auquel pendent une équerre et une truelle d'or, est placé à l'orient de la loge, ayant à sa droite son second surveillant et à sa gauche l'orateur; le premier surveillant se tient vis-à-vis de lui pour exécuter ses ordres. Tous les officiers ont aussi le cordon bleu. Quant aux simples frères, ils n'ont aucun ornement qui les distingue, et ils se rangent des deux côtés de la loge en nombre égal.

Dans un espace vide qui est au milieu de la salle, et qui sépare les deux colonnes des frères, on étend un grand tapis formant un carré long où est peint une espèce de jardin** représentant le Paradis Terrestre, avec l'arbre de la science du bien et du mal, autour duquel sont placés les figures d'Adam, d'Eve et du serpent. C'est dans l'angle à gauche de ce carré, du côté du maître, que l'on pose sur un fourneau élevé la terrine triangulaire dont j'ai parlé.

Celui qui désire être reçu apprenti maçon, doit être proposé par un des frères de la loge, qui prend la qualité de son parrain ; c'est celui-ci qui est chargé de préparer le postulant, et cette préparation consiste d'abord à lui faire laver les yeux, la bouche et les oreilles. Après cette ablution, il faut qu'il se dépouille de sa jarretière du genou droit, et qu'il découvre sa poitrine. On ne doit lui laisser aucune sorte d'armes, pas même des ciseaux et un couteau ; le parrain est chargé d'en faire une exacte visite. Cela fait, il lui met un bandeau sur les yeux et le conduit à la porte de la loge.

Il y frappe un coup, le maître répond par un autre, et la porte s'ouvre ; alors le parrain fait faire au récipiendaire neuf fois le tour de la loge, et pendant cette longue et fatigante marche, il y a des frères qui aiguisent des outils, d'autres font un cliquetis d'épées, et d'autres enfin sont chargés de jeter des étoupes et de la poix-résine dans la terrine enflammée ; tout cela dans la vue d'intimider le récipiendaire.

La marche étant achevée, on le fait arrêter vis-à-vis du vénérable, qui lui dit d'un ton ferme : Qui êtes-vous, Monsieur ? Et que demandez-vous ? Le premier surveillant répond pour lui que c'est un gentilhomme qui demande à être reçu apprenti maçon, et le récipiendaire confirme que c'est la vérité. S'il en est ainsi, dit le vénérable, ouvrons-lui les portes du temple de la vertu. Tandis qu'on lui ôte le bandeau, tous les frères à genoux font tomber en perpendiculaire leur main gauche sur leur cuisse et tiennent de la droite leurs épées qu'ils croisent en forme de berceau. Le maître lui dit alors: Venez à moi, Monsieur, en traversant cette voûte de fer et d'acier ; ce que le récipiendaire exécute en tremblant. Sa frayeur redouble quand, à son approche, le vénérable tire un poignard qu'il avait tenu caché jusqu'alors, et se met en attitude de le lui plonger dans le cœur en s'écriant : C'est ainsi que nous punissons ici les traîtres. Mais le second surveillant, qui est à côté du récipiendaire, le fait prosterner humblement aux genoux du maître, que cette soumission désarme. Alors le frère orateur lui fait une courte exhortation sur le mérite de l'ordre, sur la fidélité due aux engagements qu'il va contracter, sur le danger imminent qu'il y aurait de les violer, et finit en l'assurant que la maçonnerie n'a rien de contraire à la religion, à l'État et aux bonnes mœurs. Après cela, le maître lui fait prêter l'obligation dans les termes qui suivent.

«Foi de gentilhomme, je promets en présence de Dieu tout-puissant et de cette honorable compagnie, que je garderai fidèlement les secrets de la confrérie des maçons, et que je ne les révèlerai jamais par paroles, écriture, impression, gravure, peinture, signes, caractères, et de quelque manière que ce soit, sous peine de passer pour infâme***, et d'être percé du glaive vengeur, et précipité ensuite dans un abîme, afin qu'il ne soit plus fait aucune mention de moi dans la confrérie des maçons.»

Voilà mot pour mot, et sans la moindre altération, le contenu de I'obligation que contractent les frères ; c'est une simple promesse qu'ils font, et non pas un serment, comme l'ont rapporté des écrivains mal instruits ou de mauvaise foi. Or il me semble que les maçons donnent assez de prise sur eux par leurs visions et par les cérémonies superstitieuses qu'ils pratiquent, sans les charger encore de fautes imaginaires.

Aussitôt que le récipiendaire a répété l'obligation, le maître se fait apporter une auge, dans laquelle il feint de gâcher avec sa truelle, passe légèrement et à diverses reprises sur la bouche du nouveau reçu, et la lui arrête un moment sur les lèvres, en lui disant : C'est le sceau de la discrétion que je vous applique.

Après cette mômerie, le maître le fait passer à sa gauche; on lui donne un tablier et deux paires de gants, dont il y en a une pour sa maçonne, puis le frère orateur lui explique ce qu'il faut qu'il sache en qualité d'apprenti c'est-à-dire deux signes, un mot du guet, et des questions auxquelles tout apprenti doit savoir répondre.

Le premier signe se fait en appliquant les second et troisième doigts de la main gauche sur ses lèvres, et posant le pouce sous le menton. Tout franc-maçon qui aperçoit ce signe, doit répartir par un autre, en se pinçant le lobe de l'oreille droite avec le pouce et le petit doigt de la même main.

Quand deux apprentis maçons qui se rencontrent se sont éprouvés par ce double signe, ils s'abouchent et s'examinent par les questions suivantes.

- D. Etes-vous apprenti maçon ?

- R. Je le crois.

- D. Pourquoi ne dites-vous pas que vous en êtes sûr ?

- R. Parce qu'un apprenti n'est sûr de rien.

- D. Comment êtes-vous parvenu à la maçonnerie ?

- R. Par une voûte de fer et d'acier.

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

- R.Dans une loge régulière.

- D. Qu'est-ce que c'est qu'une loge régulière ?

- R. C'est une loge composée de neuf, bien couverte, et inaccessible aux profanes.

- D. Qui sont ceux que vous appelez profanes ?

- R. Ceux qui ne sont pas maçons.

- D. Ceux qui, sans être maçons, sont dignes de l'être, sont-ils aussi des profanes ?

- R. Tous les hommes vertueux sont nos amis, mais nous ne reconnaissons que les maçons pour nos frères.

- D. Comment écarte-t-on les profanes de la loge ?

- R. Par l'épée et le silence.

- D. Comment s'appelle votre loge ?

- R. La loge du grand architecte du monde.

- D. Qui vous a fait apprenti ?

- R. La truelle et ma vertu.

- D. A quoi vous sert votre truelle ?

- R. A remuer et lier dans mon âme des sentiments d'honneur et de vertu, et à les employer de façon qu'il s'élève un édifice digne de la plus noble des sociétés.

- D. Où est située votre loge ?

- R. En Terre Sainte.

- D. Comment êtes-vous vêtu en arrivant dans la loge ?

- R. Un véritable maçon ne prend point garde aux ajustements.

- D. A quoi s'appliquent donc les maçons ?

- R. A régler leur conduite, et former leurs moeurs.

- D. Quel est l'état d'un maçon ?

- R. D'être heureux.

- D. Comment parvient-on à cette félicité ?

- R. Par l'union des vertus.

- D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la loge ?

- R. L'image de la séduction.

- D. Comment vous en garantirez-vous ?

- R. Par ma discrétion, soutenue des principes et des lois de la maçonnerie

- D. Donnez-moi un signe de l'apprenti.

- R. J'obéis.

- D. Vous ai-je compris ?

- R. Oui. J'en suis content.

- D. Donnez-moi le mot.

- R. Ahadam.

- D. Qu'entendez-vous par ce mot ?

- R. Il me rappelle mon origine, ce que je suis, et ce que je dois être pour parvenir au comble de la félicité.

- D. Quels sont les devoirs des maçons ?

- R. Obéir, travailler et se taire.

- D. De quelle espèce est votre obéissance ?

- R. Elle est libre et volontaire.

- D. A quoi travaillez-vous ?

- R. A me rendre aimable et utile dans la société.

- D. De quoi vous servez-vous dans vos ouvrages ?

- R. De ma truelle et d'une terrine.****

- D. Avez-vous déjà reçu des gages ?

- R. Plus que je n'en mérite.

En supposant à ces différentes questions un principe et un objet réel, je ne puis disconvenir qu'il n'y en ait quelques-unes de raisonnables édifiantes.

Quant au mot du guet Ahadam, ce ne peut être autre chose que le nom d'Adam qui a été corrompu. Les personnes instruites savent qu'Adam en langue hébraïque signifie roux, et que le premier homme fut appelé de ce nom, parce que la terre dont Dieu le forma était de couleur rousse qui est celle de la terre naturelle. C'est pourquoi les francs-maçons, qui ont souvent ce mot dans la bouche, disent qu'ils s'en servent pour se rappeler leur origine. Mais à quoi bon transformer ainsi en mystère une vérité connue de tous les hommes ? Y a-t-il un chrétien, même un sage paganisme, qui ne confesse que nous sommes poudre, et que nous retournerons en poudre ?*****

Telles sont néanmoins les seules instructions qui se donnent en loge aux apprentis maçons, si ce n'est qu'en leur expliquant le tableau de la chute du premier homme qui est exposé à leurs yeux, l'orateur a grand soin d'assaisonner son récit de quantité de traits mordants contre la mémoire de notre pauvre mère Eve.

* Les talmudistes prétendent qu'Adam fit un livre sur la création du monde et un autre sur la divinité. D'autres lui attribuent le psaume 92 et deux cantiques, dont il fit l'un la première fois qu'il connut Eve, et l'autre était une espèce de psaume pénitentiel qu'ils récitèrent après leur péché. Mais personne jusqu'à présent ne l'avait fait l'auteur d'un livre d'architecture.

** A la Loge où je me suis trouvé, on le dessine sur le le plancher.

*** Mon frère qui n'a écrit sans doute les secrets des francs-maçons que pour lui tout seul et afin de les mieux inculquer dans sa mémoire, s'est imaginé ne donner en cela qu'une légère entorse à son obligation. C'est ainsi que l'homme sacrifie tout à son opinion. Je n'ai garde de le justifier sur son imprudence ; je supplie seulement les frères qui le reconnaîtront au portrait que j'en fais, de lui sauver la peine de I'infamie en faveur de l'intention, et en considération du zèle et de l'attachement inviolable, même excessif, qu'il a toujours témoigné pour le corps.

**** Cette terrine est apparemment relative à la terrine triangulaire dont mention dans l'inventaire du coffre de mon frère le franc-maçon.

***** Genèse, III, 19.

Réception des compagnons

Le théâtre change ici, et la toile étendue sur le plancher représente les deux colonnes d'Enoch, I'Arche de Noé et la Tour de Babel. Ainsi on fait sauter tout d'un coup les compagnons par-dessus seize et dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis la tenue de la première loge par Dieu dans le Paradis Terrestre; mais on a soin de leur donner une instruction abrégée de ce qui s'est passé de mémorable dans la maçonnerie pendant ce long espace de temps. Une partie en est puisée dans l'Histoire Sainte, ajustée à la manière et au style de la confrérie.

Adam, le premier de tous les francs-maçons, forma, leur dit-on, lui-même une loge de ses enfants mâles, auxquels il communiqua les connaissances qu'il tenait immédiatement de Dieu.

Caïn, qui lui succéda dans la charge de Grand maître des maçons, s'étant fixé vers la région orientale d'Éden, se signala par la fondation d'une ville qu'il nomma Enoch, du nom de son fils.

Depuis, Jabel ou Jabal, un de ses descendants, connu sous le nom de Père des pasteurs, éleva les premières tentes et Tubalcaïn son frère eut l'art de travailler avec le marteau, ayant excellé en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer.

Mais le maçon le plus renommé de tous, fut Enoch, fils de Jared, qui mérita par sa vertu d'être transporté hors du commerce des homme, et réintégré dans le Paradis Terrestre. L'esprit de prophétie dont il était doué lui ayant fait connaître que la colère de Dieu ne tarderait pas à se manifester par un déluge universel, la crainte qu'il eut que les sciences ne se perdissent, le porta à élever deux grandes colonnes, où il grava les principes et les règles des différents arts, et principalement de l'architecture. Il fit l'une de pierre et l'autre de brique, afin que s'il arrivait que les eaux ruinassent celle-ci, la colonne de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'il y avait écrit. Sa prévoyance réussit, car on assure que cette colonne de pierre était encore sur pied en Syrie du temps de l'empereur Vespasien. Voilà tout ce que l'école des frères apprend aux compagnons du progrès que fit la science des maçons pendant ce premier âge du monde.

On les instruit ensuite de ce qui s'est passé du temps du grand maître Noé.

Les hommes avaient vécu jusqu'alors dans l'exercice de la vertu et dans le culte du vrai dieu ; mais ceux qui vinrent depuis s'étant portés à commettre toutes sortes de crimes, Dieu, dans sa colère, résolut de les exterminer, et Noé fut le seul qui trouva grâce devant lui. Dieu l'avertit qu'il allait inonder la terre et lui ordonna, pour se sauver, de bâtir une arche à trois étages, dont il lui marqua la forme et les proportions. Elle était entièrement de bois de cèdre, qui de sa nature est incorruptible; aussi les maçons prétendent-ils qu'elle s'est conservée jusqu'à présent dans son entier, ce qui est un peu contraire au rapport de l'historien juif qui dit que, de son temps, les Arméniens en montraient encore quelques restes.

Sept jours avant le déluge, Noé, qui avait bâti l'arche, y entra avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils, et par là furent conservés avec le genre humain toutes les traditions et les secrets communiqués par Dieu à Adam, et en particulier ceux de la maçonnerie.

Parmi les docteurs de la loi des maçons, il y en a qui assurent que, pendant une année et plus de séjour que Noé fit dans l'arche, il y tint avec ses fils plusieurs belles loges, ayant toujours la précaution de s'enfermer à l'étage le plus haut pour être moins exposés à la curiosité de leurs femmes.

Quand Noé et sa famille furent sortis de l'arche, eux et leurs descendants séjournèrent longtemps sur le haut des montagnes dans la crainte d'une nouvelle inondation. Peu à peu ils s'enhardirent à descendre dans les plaines et y firent différents établissements. Tous les hommes n'avaient eu jusqu'alors qu'un même langage, mais étant encore devenus rebelles aux ordres de Dieu, dans l'appréhension qu'ils eurent de sa vengeance, Nembrod, aussi vaillant qu'audacieux, et le plus habile maçon de son temps, les rassura en leur offrant de les protéger contre Dieu même, s'il menaçait la terre d'un second déluge, et de bâtir pour ce sujet une tour qui serait élevée jusqu'au ciel. Une entreprise aussi folle échoua de la manière que tout le monde sait. Dieu ayant confondu le langage des architectes, ils furent obligés d'abandonner l'ouvrage et de se disperser. Ce fut sans doute cette confusion des langues qui détermina depuis les maçons à introduire entre eux une nouvelle manière de se connaître et de converser par signes. C'est dommage en vérité qu'ils ne l'eussent point encore imaginé dans le temps même de la déroute des ouvriers de Babel, car moyennant ce bel expédient, la tour eût pu être achevée, et comme l'histoire nous la dépeint d'une structure extrêmement solide, nous aurions eu le plaisir de voir de nos jours ce rare monument.

Au reste, si les frères maçons se plaignent de ce que je n'ai point une prévention aveugle pour tous leurs sentiments, ils seront forcés de convenir, du moins intérieurement, que je suis esclave de la vérité dans tout ce que je rapporte de leur doctrine et de leurs cérémonies. Voici celles qui se pratiquent à la réception des compagnons.

Les frères sont placés à l'ordinaire autour du nouveau tableau, et l'appareil extérieur est semblable à ce qu'on a vu pour les apprentis, sinon qu'on pose devant le vénérable, une pierre élevée à la hauteur de la main, sur laquelle il y a un marteau, et que tous les frères ont la tête couverte d'un voile dont la blancheur est le symbole de l'innocence nécessaire à tout maçon qui veut entrer dans l'arche de Noé, où ce commencement de l'acte est supposé se passer.

La loge étant en état, l'apprenti qui aspire au grade de compagnon, assisté de son parrain, heurte deux coups à la porte, à quoi le vénérable répond du dedans par deux coups.

L'apprenti entre et va se placer à la gauche du premier surveillant ; le maître lui demande ce qu'il veut, et le premier surveillant répond pour lui, que c'est un digne apprenti qui désire d'être élevé au second grade ; le maître lui fait alors ces trois questions.

- D. Etes-vous apprenti ?

- R. Je le crois.

- D. Savez-vous travailler ?*

- R. Je cherche à l'apprendre.

- D. Comment me prouverez-vous que vous êtes apprenti ?

- R. Prenez-moi à l'essai.

Après cette dernière question, on le fait approcher du maître, qui lui présente un marteau avec lequel l'apprenti doit frapper deux coups sur la pierre, et sitôt qu'il a fourni cette preuve de son talent et qu'il a confirmé son obligation de ne point révéler les secrets, on le fait passer à la droite et le frère orateur lui explique tout de suite la science des compagnons.

Ceux-ci, pour se faire connaître, ont deux signes, deux mots et deux questions différentes de celles des apprentis.

Le premier signe consiste à élever le pouce de la main droite avec le petit doigt de la main gauche en forme d'équerre, et ce signe est appelé manuel.

Le deuxième, que quelques-uns nomment pectoral, se fait en posant le bout du petit doigt de la main gauche sur la pointe du cœur.

Les paroles sont Manhu, Magdal ou Magdala, deux mots hébreux dont on trouvera l'explication dans les questions qui sont affectées au grade des compagnons.

- D. Etes-vous compagnon maçon ?

- R. J'en reçois la paie.

- D. Comment voyagent les maçons ?

- R. Dans l'arche de Noé.

- D. Que représente l'arche ?

- R. Le coeur humain agité par les passions, comme l'arche l'était par les vents sur les eaux du déluge.

- D. Quel était le pilote de l'arche ?

- R. Noé, grand maître des francs-maçons de son temps.

- D. Quel est le pilote de votre âme ?

- R. La raison.

- D. Quelle [est] sa bannière ?

- R. La maçonnerie.

- D. Quelle [est] sa cargaison ?

- R. De bonnes oeuvres.

- D. Quel est le port auquel elle surgit ?

- R. A celui où se terminent toutes les misères humaines.

- D. Que représente la tour de Babel ?

- R. L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre.

- D. Qu'opposez-vous à cet orgueil ?

- R. Le caractère et le coeur d'un maçon éclairé par les principes et les lois de la maçonnerie.

- D. Quel est le mot des compagnons ?

- R. Il y en a deux.

- D. Quels sont-ils ?

- R. Manhu, Magdal ou Magdala .

- D. Quelle est leur signification ?

- R. Manhu signifie qu'est ceci, Magdala signifie La Tour.

- D. Qui est-ce qui a causé la destruction de la tour ?

- R. La confusion des langues.

- D. De quoi nous instruit cet événement ?

- R. Il nous apprend que sans la religion, l'homme n'est que faiblesse et néant.

- D. Que nous apprend-il encore ?

- R. Que sans l'union et l'intelligence des âmes, l'harmonie de la société peut subsister.

Voilà tout ce que renferme mon manuscrit sur les deux premiers grades de l'école maçonnique. Il y a toute apparence que le but de ces docteurs est louable, et qu'ils n'ont en vue que de travailler à rendre les hommes discrets justes et sociables. Mais, je le répète, pourquoi leur présenter des vérités sous une forme si nouvelle, et qu'était-il besoin d employer des moyens si extraordinaires pour les exciter à des vertus qui leur sont tracées par la religion, la raison et la nature même ?

* On souffle apparemment à l'oreille de l'apprenti les réponses aux deuxième et troisième questions, car elles doivent être nouvelles pour lui, n'étant point du nombre de celles rapportées dans le manuscrit sur le premier degré de la maçonnerie.

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