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Un Humaniste dans son Siècle : Victor Schoelcher

10 Décembre 2012 , Rédigé par A\ Z\ Publié dans #Planches

Le 19ème Siècle, entre autres événements, a été une période importante dans l'histoire de notre pays. Il fut marqué par le Premier Empire, les conquêtes coloniales en Afrique et en Asie, le retour de la République, la révolution industrielle. Les grands hommes qui ont écrit l'Histoire de cette époque se sont réalisés en prenant un engagement, en ayant un idéal pour lequel ils vont aller jusqu'au bout d'eux-mêmes afin de réaliser le but auquel ils se sont consacrés.
Un de ces hommes, Franc-maçon très jeune puisque ses biographes pensent qu'il a été initié alors qu'il était encore étudiant a concilié jusqu'à la fin de sa vie son idéal de liberté, d'égalité et de fraternité.
Sa longue existence, de 1804 à 1893, le fait apparaître comme un témoin important d'un siècle soumis à bien des bouleversements.
C'est un curieux personnage que ce Victor Schoelcher, né dans un milieu bourgeois et qui consacrera sa vie à l'émancipation des esclaves, alors que rien à l'origine ne pouvait laisser supposer ce destin.
Chaque année, dans nos trois départements d’Outre-mer, Guadeloupe, Guyane, Martinique, des hommages sont rendus à celui dont la mémoire est évoquée à travers des statues, des noms de rues, des écoles.
Personnage dont le nom en Métropole n'est pas complètement oublié, mais dont la vie et l’œuvre politique et écrite est méconnue de nos jours. C'est pour rappeler celui qu'aucune action sociale ne laissait indifférent et dont le poète Aimé Césaire a dit " c'est un homme dont chaque mot est une balle explosive ", que ces quelques lignes sont tracées aujourd'hui.

SA VIE JUSQU'A L'ABOLITION.

Victor Schoelcher nait le 22 juillet 1804 à Paris, rue du Faubourg Saint Denis, de parents d'origine alsacienne. Il est le deuxième des trois garçons qu'eurent ses parents. Son père est un artisan en faïences et porcelaines, qui par la suite créera une fabrique (aujourd'hui on dirait, une P M E) assez prospère.
  On n'a que peu de renseignements sur la scolarité que l'on suppose normale et sans problèmes, du jeune Victor, qu'il passe en partie au Lycée Louis le Grand.
Assez jeune, il est associé aux affaires de son père jusqu'au décès de ce dernier en 1834.
Après le décès de sa mère, survenu en 1839, i1 va se trouver à la tête d'un important capital qui va faire de lui un rentier n'ayant plus le souci de devoir travailler pour subvenir à ses besoins. Ses revenus lui permettent de favoriser ses goûts d'esthète et ainsi de se consacrer à la création de collections de livres, d'objets, et de financer ses propres publications.
Il ne s'est jamais marié et est toujours resté très discret sur ses quelques aventures féminines.
Il fréquente de manière assidue les salons de la bourgeoisie parisienne et s'y fait quelques amis. Ernest Legouvé, professeur à l'Ecole Normale de Sèvres et futur Inspecteur Général de l'Instruction Publique qui sera son ami sa vie durant. Il rencontrera également dans ces salons, Berlioz, Georges Sand, Chopin, Litz avec qui il se lie d'une amitié profonde.
Ces Salons sont des lieux de rencontre d'intellectuels. Des Clubs avant la lettre au sens actuel du mot, faisant suite aux Salons littéraires des Précieuses du 17° S, si brocardées par Molière.
Au cours de toutes ces années il va beaucoup voyager : Mexique et Cuba, qui sont encore des colonies espagnoles, les Caraïbes, l'Europe entre 1831 et 1840,et de nouveau les Caraïbes en 1840-1841,1'Orient en 1844 et 1845,1'Afrique en 1847 et 1848.
C'est au cours de ses premiers voyages au Mexique et à Cuba, ainsi qu'à celui effectué aux Caraïbes en 1829-1830 pour le compte de la Fabrique Schoelcher, qu'il va découvrir et être confronté pour la première fois à l'esclavage et au système colonial. Il va être psychologiquement marqué par ce qu'il a vu et qui l'a profondément indigné.
Dés cet instant il devient un abolitionniste des plus fervents.
Il va publier des comptes rendus de ses voyages dans "la Revue de Paris" et rédige son premier ouvrage :"L’esclavage des Noirs et la législation coloniale", ainsi qu'en annexe, une "charte coloniale", publiée en 1833. Cette dernière, composée de 30 articles, ne préconise pas l'abolition immédiate de l'esclavage, mais amène une suite de recommandations devant permettre d’accéder doucement à l'émancipation des esclaves. Cette charte permet de plus, d'humaniser la relation maitre-esclave.
Sans reproduire tous ses articles, citons entre autres :
- les enfants ne peuvent etre séparés par vente, de leurs parents.
- remise en vigueur du Code Noir établi sous Colbert, et qui oblige les propriétaires à certaines obligations envers leurs esclaves.
- création au profit des esclaves d'une caisse de prévoyance en cas d'incapacité de travailler.
- possibilité à l'esclave de racheter sa liberté.
- liberté de la presse dans les Colonies.( Celle ci est en effet aux mains des colons qui censurent tout ce qui ne va pas dans le sens de la ligne des possédants.)
C'est le second voyage de Schoelcher aux Antilles, en 1840-1841, qui est socialement et politiquement le plus intéressant.
Avant son départ, il a fait parvenir à la Société des Amis des Noirs, un manuscrit Intitulé :
" Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des Sangs Mêlés ".
Ce document ne reçoit qu'un intérêt assez mitigé des sociétaires qui n'y trouvent pas les solutions permettant de parvenir à une émancipation des esclaves.
Cette Société avait été créée en 1788 par Brissot de Warville, un homme qualifié de radical et d'activiste, qui avait été inspiré par William Pitt et le pasteur anglican Clarkson. Autour de lui il avait réuni l'abbé Grégoire, La Fayette, Talleyrand, Condorcet, Madame Roland, Mirabeau, pour ne citer que les plus connus. Il mourut sur l'échafaud en 1793.
Schoelcher va donc au cours de ce second séjour aux Antilles, rechercher des solutions permettant de résoudre le problème.
Ce voyage va se dérouler entre la Jamaïque, Cuba, la Dominique, (la seule île des Antilles où vivent encore de nos jours, des Indiens Caraïbes) la Guadeloupe et la Martinique, Saint Thomas encore Danoise à cette époque, et Haïti.
A propos des Indiens Caraïbes, je recommande vivement la lecture du livre du Père Jésuite Bartolomé de las Cases :"Très brève relation de la destruction des Indes" qui dénonce les atrocités faites par les Espagnols. Tout en sachant que c'est ce même Las Cases qui recommandait que les esclaves soient pris en Afrique, leur couleur noire prouvant que ce sont des créatures du diable.
Quoique ne recevant qu'un accueil plutôt réservé de la part des colons, Schoelcher va entreprendre une vaste enquête à travers les domaines agricoles insulaires.
Particulièrement en Haïti où l'esclavage a été aboli de manière immédiate dés l’indépendance de l’île obtenue en 1802 grâce à l'action menée par Toussaint Louverture
Cette enquête dans les différentes plantations visitées, va le faire changer d'opinion sur ses premières conclusions.
Au début de son engagement pour la cause abolitionniste, il avait analysé et étudié les systèmes coloniaux. Ce qui l'avait déterminé pour une émancipation progressive avec période d'adaptation. Mais après avoir vu les durs traitements subis par les esclaves, les abus auxquels se livrent les propriétaires, il va être un farouche partisan de l'émancipation immédiate.
Dés son retour de voyage, il écrit son livre "Des colonies françaises : Abolition Immédiate de l'esclavage ". Il y relate les souffrances des esclaves, leurs révoltes, leurs fuites dans les montagnes (marronage), et leur suicide parfois.
Non seulement il y dénonce les méfaits de l'esclavage au point de vue humain, mais également la traite des Noirs entre l'Afrique et l'Amérique. Pour les propriétaires, les esclaves sont un bétail, un instrument de travail. Hommes et femmes accomplissent les mêmes tâches épuisantes. Ils sont abrutis par la fatigue, le manque de nourriture et de soins, écrasés par les coups de fouets des régisseurs.
Il préconise le versement d'un salaire aux anciens esclaves, seul moyen selon lui de maintenir sur place les travailleurs devenus libres et dont le premier geste de liberté aurait été de quitter la plantation. Il faut, dit-il, utiliser d'abord les anciens esclaves et ne recourir à l'immigration de main d’œuvre nouvelle, que si elle vient d'Europe. Bon nombre des idées émises dans cet ouvrage seront reprises plus tard par la Commission d'abolition de l'esclavage.
Il est bien évident que Schoelcher, de par son engagement, subissait des attaques de la part des anti abolitionnistes qui l'accusaient de ne pas s'occuper des ouvriers blancs en France, dont le sort social était peu enviable. Il leur répondait que "s'occuper des nègres n’empêche pas de s'occuper des blancs."
Victor Hugo et Charles Dickens ont admirablement décrit la vie de ces ouvriers du 19ème S. dont la misère fut grande.
Entre 1840 et la fin officielle de l'esclavage en 1848 dans les Colonies françaises, Victor Schoelcher ne va pas cesser de réclamer l'émancipation immédiate, de dénoncer les trafics d'esclaves, de chercher des solutions économiques et de réorganisation sociale d'une économie coloniale. Le 18 juillet 1845 parait une Loi dite "Loi Mackau", du nom de son auteur, destinée à améliorer le sort des esclaves.

C'est un progrès, mais encore trop faible car faisant encore la part belle aux colons.
Schoelcher, dans une nouvelle publication "Histoire de l'esclavage dans les deux dernières années ", va reprendre ses arguments.
En 1845 Il entreprend un voyage en Egypte, en Grece et en Turquie.Au milieu de l'année 1847 il part pour l'Afrique, plus exactement pour le Sénégal, afin de faire une étude aux sources du problème de l'esclavage, et de démontrer que les Noirs " ont été doués de facultés semblables aux notres ".
Ce voyage a également pour but de dénoncer les thèses émises par Cuvier, Virey et d'autres encore, qui tendaient à démontrer la prétendue infériorité de la race noire par rapport à la race blanche.
A son retour, Schoelcher va trouver un nouveau gouvernement dirigeant la France. En effet, la Monarchie de Juillet a été renversée en février.
A sa demande il rencontre François Arago, le nouveau Ministre ayant en charge les Colonies, et le principe d'une abolition de l'esclavage est adopté le 4 mars 1848, de par le fait que "Nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves ".
Le 5 mars il est investi de fonctions gouvernementales en tant que Sous Secrétaire d'Etat aux Colonies. Il gardera ce poste jusqu'au 17 Mai.
Il est également nommé Président de la Commission d'Abolition de l'Esclavage.
Cette Commission va pratiquement siéger sans arrêt jusqu'à la mi-avril. Ses travaux donneront lieu à des décrets qui seront adoptés par le gouvernement le 27 avril 1848.
Le premier d'entre eux étant que l'esclavage sera totalement aboli deux mois après la promulgation du décret.
Avec le décalage d'un mois dû au transport, les décrets ne seront connus que fin mai aux Antilles.
Mais devant les manifestations spontanées et les émeutes, le gouverneur de la Martinique décide d'anticiper et l'esclavage est officiellement aboli le 23 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe. Il ne le sera que le 10 août en Guyane. Schoelcher a gagné ! Il a enfin réalisé le but qu'il s'était fixé.

SA VIE DE 1848 JUSQU'A SA MORT

L'abolition a pour conséquence de faire des affranchis, des citoyens français à part entière qui de ce fait, peuvent participer à la vie politique.
Sur la base du suffrage universel, des élections ont lieu en août 1848 et Schoelcher est élu représentant à l'Assemblée Constituante, en Guadeloupe et en Martinique. Il optera pour la représentation de la Martinique.
En juin 1849 il sera élu à l'Assemblée Législative pour représenter la Guadeloupe.
Ces élections vont être caractérisées par une opposition très violente entre Schoelcher et Bissette (l’ancien condamné au bagne en 1824). Ce dernier, partisan d'une réconciliation avec les colons blancs, n'hésitera pas à provoquer de graves incidents en Guadeloupe, incidents qui seront attribués aux partisans de Schoelcher et qui auront pour conséquence de faire invalider les élections. En janvier 1850, de nouvelles élections législatives en Guadeloupe donneront 80 % de voix à Schoelcher.
La presse, qui jusqu'alors était soit officielle, soit faite par les colons, va s'enrichir de nouveaux titres : le Progrès, la Liberté.
Cette presse, mettant en avant le courant idéologique de Schoelcher et de ses partisans, est qualifiée de " rouge " par ses adversaires.
Au lendemain de l'émancipation, un problème important se posait, celui du travail dans les exploitations agricoles.
Un nouveau mode d'exploitation va exister pendant quelques mois, celui de l'association. Le propriétaire apporte la terre, les outils, les bâtiments, tout en conservant son droit de propriétaire. L'ouvrier agricole apporte sa force physique.
La production est partagée au tiers ou au quart. Ce tiers ou ce quart étant attribué collectivement à un groupe de travailleurs, à charge pour eux de se le répartir.
Cette formule contribuera dans les premiers mois de liberté à un maintien sur l'exploitation des anciens esclaves, mais elle fera place rapidement, au salariat.
Le 2 décembre 1851 a lieu le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte qui établira quelques mois plus tard, le Second Empire. Les conséquences politiques en seront que les Assemblées, les représentations des Colonies, le suffrage universel, sont supprimées. Les maires et conseillers ne sont plus élus mais désignés.
L'abolition de l'esclavage se trouve toutefois confirmé, mais par un décret du 13 février 1852, se met en place un système répressif obligeant les travailleurs ruraux (qu’ils soient de Métropole ou des Colonies) d'avoir un engagement d'un an minimum ou d’être porteur d'un livret, sous peine d'amende ou d'emprisonnement.
Ce qui va obliger les ouvriers agricoles à accepter de travailler pour un salaire de misère.
Au lendemain du 2 décembre, Victor Schoelcher fait partie d'un mouvement de résistance au coup d'état, au coté de Victor Hugo, afin d'inciter la population à s'opposer à Louis Napoléon.
A la suite d'une fusillade dans le Faubourg saint Antoine, Schoelcher, traqué par la police, entre en clandestinité et quitte Paris fin décembre pour la Suisse, habillé en prêtre (lui qui était si profondément athée) Le 30 décembre il est à Bruxelles.
Le 9 janvier un décret d'expulsion parait, interdisant le territoire national ainsi que celui des colonies, à un certain nombre de personnes parmi lesquelles ont peut citer entre autres Schoelcher, Victor Hugo, Louis Blanc, Arago, Edgard Quinet, etc...
De Bruxelles il passe à Londres où il séjourne quelques mois, avant de se fixer définitivement à Chelsea.
L'amnistie étant offerte aux proscrits par Napoléon III, il la refuse ne voulant revenir en France que lorsque la République serait rétablie.
Durant les 18 années que va durer son exil, il occupera son temps à entretenir des relations avec les autres proscrits, à rédiger des publications sur le thème central de l ‘esclavage, sur la dénonciation du coup d'état, sur la politique coloniale de la France.
Il publiera également une " Vie de Haendel ".
Son séjour en Angleterre sera entrecoupé de voyages en Hollande, ainsi qu'à Jersey pour y rencontrer son ami Victor Hugo. Ce dernier utilisera d'ailleurs ses services pour faire parvenir du courrier ou des manuscrits vers la Belgique ou la Suisse, lorsqu'il ne pouvait se déplacer lui-même.

De son coté, Schoelcher informait régulièrement Hugo des faits et gestes des autres exilés qu'il ne pouvait recevoir à Jersey ou plus tard, à Guernesey.
En 1870 il quitte Londres pour Paris. Il y fait figure de vieille gloire du passé mais ses partisans se retrouvent vite autour de lui, utilisant pour l'aider, le support des Loges.
Dés son retour il accepte dans le Gouvernement de Défense Nationale, un poste de colonel de la Garde Nationale, fonction qu'il gardera jusqu'à l'armistice de 1871.
En tant qu'Alsacien d'origine, il soutiendra les résistants alsaciens et votera contre l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par la Prusse.
En février 1871, i1 est élu député de la Seine, en même temps que Victor Hugo, Gambetta, Edgard Quinet, Garibaldi, etc. ...
En avril de la même année, il est de nouveau élu député de la Martinique, sans toutefois y retourner, maintenant un contact étroit par courrier avec les journaux locaux et les Loges maçonniques.
En 1875, i1 est élu sénateur inamovible.
En 1882 il fonde avec le Guadeloupéen Gerville-Réache, de la R-L "les Vrais Frères Unis et Philanthropes Réunis", à l'Orient de Paris, le journal politique "le Moniteur des Colonies " dont les correspondants se retrouvent également dans les colonies françaises d'Afrique, d'Océanie et d'Asie.
Durant les années qui vont suivre, il rédigera de nombreuses publications sur la famille, sur l'immigration aux colonies, une étude sur Toussaint Louverture et même une vie de St Paul.
Les dernières années de sa vie se passeront à Houilles, prés de Paris. C'est là qu'il s'éteindra le 25 décembre 1893.
Dés le lendemain de son inhumation au cimetière du Père-Lachaise à Paris à laquelle assistait une foule immense composée de personnalités du monde politique, d'Associations, de journalistes, ainsi que des nombreux anonymes, une souscription était lancée pour l'édification d'un monument, à Saint Pierre, en Martinique.
Ce monument sera malheureusement détruit lors de l'éruption de la Montagne Pelée en 1902.
De nombreux autres comités se créèrent pour rendre hommage à la mémoire de celui qui, appliquant dans sa vie les principes de Liberté, d'Egalité, de Fraternité, développés en Loges, avait rendu sa dignité à l'homme Noir, afin qu'il ne vive plus jamais courbé, mais droit et libre.
Le 20 mal 1949, Victor Schoelcher entrait au Panthéon.
Cet homme dont nous connaissons mieux maintenant le but de sa vie, qui était il vraiment ?

SCHOELCHER TEL QU'EN LUI MEME

L'homme. Le Franc-Maçon
Victor Schoelcher est décrit comme un homme de grande taille, légèrement voûté, mince, au visage orné d'un collier de barbe. Quoique différent, on pourrait presque le comparer physiquement à Abraham Lincoln.
C'était un grand bourgeois, collectionneur averti
musicologue, militant des droits de l'Homme Il se définissait lui-même comme d’extrême gauche et anticlérical.
Il fut très jeune attiré par les idées républicaines, et écrivit des articles dans plusieurs journaux républicains :"La Revue Républicaine", dont il était actionnaire, la "Revue du Progrès Social", "la Réforme", dont le créateur était Ledru-Rollin.
Il rencontra également des hommes tels que Louis Blanc, Bakounine, Karl Marx, et bien d'autres.
Cette influence d'un idéal républicain lui vient des principes de la Révolution de 1789, et sa théorie coloniale est directement inspirée par les idées de la Révolution. D'autres courants d'influence le guideront.
Des écrits et documentations britanniques sur l'esclavage, mais surtout un homme et un livre très critique envers le système colonial, écrit en 1772 : "Histoire politique et philosophique du commerce des européens dans les 2 Indes."
L’auteur, l'Abbé Grégoire.
Ce livre dénonce le système d'exploitation de l'homme par l'homme, et il servira de référence aux débats anti-esclavagistes du 18ème siècle.
Les écrits de l'Abbé Grégoire étaient bien entendus connus de Schoelcher. Citons " Mémoire en faveur des gens de Couleur " où Grégoire reproche à la République d'avoir réservé la Déclaration des Droits de l'Homme aux seuls Blancs.
L'Abbé Grégoire, cher aux F:. M:. puisqu'une Loge porte son nom, est un petit prêtre de Lorraine qui va devenir une figure marquante de l'Assemblée Constituante. En 1789 il a 39 ans et s'est déjà fait remarquer pour avoir pris la défense des Juifs. Il sera un des premiers à rejoindre le Tiers Etat. La découverte du problème de l'esclavage le bouleverse et il se mettra au service de la cause des hommes de couleur. Moins radical que Brissot, il ne parle pas d'abolition, mais de citoyenneté pour tous les hommes libres de couleur.
N'oublions pas mes F:. pour comprendre le climat de cette époque, que des membres de cette Assemblée Constituante qui avait créé notre devise "liberté, égalité, fraternité," écrivaient également en 1791 : - La Déclaration des Droits de l'Homme, c'est le contrat social de la Nation, dont les gens de couleur n'ont jamais fait partie... l'esclavage est une condition nécessaire à l'existence de nos colonies... le préjugé de la couleur est la sauvegarde du système.
On ne peut citer ici toutes les œuvres de l'Abbé, mais signalons que d'autres hommes ont aussi influencé Schoelcher : Simon Bolivar et le géographe Humbolt entre autres. Mais c'est à partir de 1848 que ses différentes fonctions politiques lui permettront de mettre en œuvre ses conceptions républicaines.
Il était profondément anticlérical, déplorant que le clergé français soit à l'opposé du clergé anglican dont il avait apprécié les réalisations dans les colonies anglaises en 1841.
Malgré cela, c'est aux prêtres de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel, Congrégation fondée par Lamennais, qu'il confiera la mission d'éduquer les esclaves affranchis après 1848. (Avant la Loi de J. Ferry)
A son retour d'exil, il partipe activement à des réunions anticléricales, et préconise l'école laïque.
Victor Schoelcher fut très tôt Franc-Maçon.
Dés 1831, soit à l’âge de 27 ans, il est inscrit sur le tableau de la Loge "les Amis de la Vérité" puis en 1844, il figure sur celui de "la Clémente Amitié". Il y figure sous la profession d'homme de lettres. Il restera affilié à cette Loge jusqu'en 1846.
Durant son exil, il sera membre de la Loge, "les Philadelphes", à l'Orient de Londres. Loge animée par Louis Blanc.
A son retour d'exil, il fréquente régulièrement la Loge "Renaissance par les Emules d'Hiram" et assistera aux Convents du Grand Orient.
Lors de ses voyages, Schoelcher rencontra de nombreux Maçons, notamment en Haïti où, dit-il : "Il n'est pas de petite ville qui ne possède sa Loge". Parlant d'Haïti, il trouvait que le développement de la Franc-Maçonnerie y était tout à la fois exagéré et inefficace
Tout en étant membre de la Loge "I'Union", à l'Orient de Saint Pierre, en Martinique, c'est parmi les Francs-Maçons des Loges de Guadeloupe que se recrutaient ses plus fervents et plus actifs partisans.
Et en tout premier lieu, la Loge "les Disciples d'Hiram", première Loge à être composée d'hommes de couleur, créée en 1836. Les autres Loges, telles que "la Paix" ou "Saint Jean d'Ecosse" étant plus des Loges de colons ou pour les administrateurs de passage. Les très rares hommes de couleur qui y étaient initiés servaient surtout de domestiques lors des agapes.
Chacune de ces Loges avait des correspondants à Paris.
On a peu de renseignements sur les travaux de ces Loges, leurs archives ayant souvent été détruites.
On sait toutefois que lors de la création du premier journal républicain de la Guadeloupe, "le Progrès", créé en 1849, tous ses rédacteurs étaient membres de la Loge "les Disciples d'Hiram".
Victor Schoelcher a toujours mis ses idées en conformité avec son engagement de Franc-Maçon. Sauf dans les toutes dernières années de sa vie, quand l’âge fut devenu un handicap, il s'est toujours efforcé d’être un membre actif des différentes Loges qu'il fréquentait.

L'ESCLAVAGE A L'EPOQUE DE SCHOELCHER

Sous la Restauration (1814 - 1830), l’esclavage, qui avait été aboli par la Révolution (décret du 16 Pluviose An II) et rétabli par l'Empire (n'oublions pas que Joséphine de Beauharnais est née en Martinique), n’est pas remis en cause et la traite des Noirs se pratique comme au 18ème siècle. Au bénéfice de la Restauration, il faut signaler dés 1815, l’interdiction de la Traite des Noirs, qui aboutira en 1831 à un traité Franco-Anglais déclarant illégal cette sorte de commerce et l'assimilant à un crime. Malgré cela, Nantes reste toujours le point de départ de la traite. Le gouvernement se contentant simplement de recommander un traitement plus humain envers les esclaves.
Ce qui n'empêchera pas de leur part un certain nombre de révoltes se traduisant de part et d'autre par des morts. Citons celle d’août 1791, en pleine guerre civile entre blancs royalistes et républicains, qui fut la première grande révolte, et jetant dans la bataille, prés de 15.000 esclaves.
Dans les colonies le fondement de la société est l'esclavage.
Trois classes distinctes existent et se côtoient : les Blancs, les Libres de couleur, et les esclaves.
En 1781 à Saint Domingue (maintenant Haïti) il y avait 40.000 Blancs pour 20.000 affranchis et 500.000 nègres. Ce terme de nègres voulant dire esclaves, et n’ayant pas le sens péjoratif que certains lui donnent maintenant.
Les esclaves étaient principalement originaires du Dahomey, du Niger ou des Iles du Cap Vert. Ils furent importés vers les Antilles vers 1635 par les Hollandais qui furent ainsi les premiers à inaugurer la traite.
C’est prés de 30.000 Noirs qui chaque année allaient grossir le nombre des esclaves dans les seules colonies françaises.
Les conditions de travail étaient très dures dans les plantations.
Lever à 4 heures, journées de travail se prolongeant bien après la nuit tombée, surtout en période de récolte. Seuls ceux qui servaient directement le maître dans sa maison avaient un sort moins pénible.
La mortalité était d’environ 50%. Un tiers des Noirs importés mourrait dans les 3 ans, notamment ceux qui travaillaient dans la culture du café. Celle ci se faisant sur les pentes des mornes donc dans des conditions climatiques extrêmes pour un Africain.
Lorsqu’il trouve les conditions trop dures ou lorsqu’il est privé de nourritures, l’esclave s’enfuit dans les bois. Il devient marron.
Le marronage trouve un terrain particulièrement propice en Guadeloupe où les mornes
[5]offrent des repaires sûrs.
L’évadé ne peut vivre en ville où il serait vite repris. La montagne est le seul lieu où la survie est possible. On estime entre 1200 et 1500 le nombre d’esclaves réfugiés ainsi sur les hauteurs et organisés en camps.
Le seul jour de repos est le dimanche. L’esclave en profite pour nettoyer sa case et cultiver le tout petit jardin qu’il possède. Car au lieu de leur fournir la nourriture, le maître préfère bien souvent leur donner un bout de terrain, charge à l’esclave d’assurer sa propre subsistance.
Très souvent les esclaves préfèrent cette solution.
Quand ils en ont le loisir et la force, ils chantent et dansent. Au moment des fêtes religieuses, ils dansent devant une foule de spectateurs. Le nom en est resté : la bamboula.
Afin de créer une sorte de résistance aux colons et particulièrement aux régisseurs, les esclaves se regroupent dés 1793 en sociétés secrètes, par nations d’origine, qui prennent le nom de "convois." On connaît ainsi les convois de l’Espérance, des Oeillets, des Roses. Rien qu’à Saint Pierre, on comptait 17 convois en 1830.
Les membres profitent des cérémonies, des événements, pour se transmettre des consignes, faire parvenir des messages.
Nombre de leurs membres usaient du poison pour nuire aux colons. Soit directement contre les membres de leur famille, soit indirectement sur le bétail.
Mais ce qui préoccupe surtout les autorités de cette époque, est le sort des libres de couleur dont le nombre est plus important que celui des Blancs, et qui commencent à réaliser que cette catégorie sociale est une puissance montante.
Pour des raisons faciles à comprendre, la majorité de ceux ci sont des sang-mêlé. Mais la liaison avec un Blanc n'était pas le seul critère d'affranchissement.
Parmi eux il y avait également des Noirs libres, qui l'étaient devenus grâce à leur talent, ou des esclaves affranchis lors de guerres.
Ces libres de couleur, appelés dés le 18ème siècle Mulâtres, libres de fait ou affranchis officiellement, sont traité de façon humiliante. Il leur est interdit par exemple, d’être appelés Monsieur ou Madame dans les actes officiels. A la moindre occasion, ils sont lourdement condamnés juridiquement, et généralement aux travaux forcés à Brest. (Procès Bissette en 1824).
Ce n'est que grâce à un décret de 1790 qu'ils ont pu accéder au rang de personne humaine.
Malgré les pétitions sans cesse renouvelées faites par les libres qui réclament l'égalité des droits avec les Blancs, le gouvernement de la Restauration favorise l'hégémonie des colons blancs et particulièrement celle des grands planteurs sucriers.
Sous la Monarchie de juillet (1830 - 1848), le régime se montre un peu plus libéral. En avril 1833 une loi accorde l'égalité de droit entre les libres de couleur et les Blancs. Toutefois ils sont écartés des Conseils Généraux créés en 1827, très largement dominés par les colons.
A la même période, par ordonnance, les libres de fait peuvent régulariser leur situation et être officiellement affranchis.

Dés 1834 est créée une Société Française pour l'abolition de l'esclavage Cette même année est créée la " Revue des Colonies " animée par Bissette qui a été libéré en 1827. (Il porte gravé dans sa chair au fer rouge les 3 lettres G.A.L : galérien, de sa condamnation en 1824).
Cette revue, et cela se comprend, est violemment anti-esclavagiste.
En janvier 1840, une ordonnance royale permet aux juges et procureurs de vérifier sur place, c’est à dire dans les plantations, du bon respect des règlements relatifs aux esclaves.
En 1842 parait l'ouvrage de Schoelcher :" Des colonies françaises ", dont nous avons déjà parlé.
L'esclavage a aussi ses partisans, et il faut citer le colon Chabert de la Charrière en Guadeloupe, ou Granier de Cassagnac qui s'en prend à ces faux philanthropes et dresse de l'esclavage un tableau plus proche de "Paul et Virginie", que de la réalité.
Par ces avancées au coup par coup (exemple : loi Mackau en 1845), la Monarchie de juillet va aller vers une abolition de l’esclavage, mais ce sera la Seconde République de février 1848, qui officialisera cette abolition et ce, quelques mois après son arrivée au pouvoir.
Lorsque Louis-Napoléon fera son coup d'état en décembre 1851 et que le Second Empire verra le jour, l'abolition de l'esclavage sera confirmée.

Mes F\, vous venez d'entendre ce travail sur notre F\ Schoelcher et au cours de celui ci, plusieurs noms vous ont été cités.
Pour mieux comprendre cette partie de l'Histoire de nos Départements d'Outre Mers, permettez-moi de dire brièvement quelques mots sur les hommes qui ont fait cette Histoire et dont pour beaucoup, le but de leur vie se résumait à un seul mot : Liberté.

TOUSSAINT LOUVERTURE

C'est le père fondateur de la nation haïtienne.
En 1789 il a 45 ans. C’est un esclave affranchi qui sait lire et écrire, ayant été élevé par un bon maître (il y en avait) à qui il sera reconnaissant jusqu'à la fin de sa vie.
A la suite d'une révolution d'esclaves, il en devient très rapidement le chef et ses qualités politiques et militaires sont vite reconnues par la Révolution qui en fera un Général de la République.
Pendant 10 ans le destin de l’île, qui évolue vers l'indépendance, se confond avec le sien.
En 1802 il est fait prisonnier par les troupes napoléoniennes venues rétablir l'esclavage et sera déporté dans le Jura, où il mourra de froid en 1803, dans la solitude et le mépris de ses geôliers.

Le Colonel DELGRES

C'est un libre de couleur qui a obtenu ses galons de colonel en combattant aux frontières avec les soldats de l'an II de la République. Revenu en Guadeloupe, l’armée coloniale se révolte en 1802, suite au rétablissement de l’esclavage et il combat les troupes napoléoniennes. Cerné et vaincu par les troupes de la métropole, il se suicidera et près de 500 personnes suivront son exemple plutôt que de perdre la liberté.

Cap'tain VINCENT

C'est un ancien esclave dont l'une des gloires est d’être mort (et cela est vérifié) à l’âge de 120 ans, en 1780.
Il a obtenu ses galons de capitaine ainsi que sa liberté, à 37 ans, au siège de Carthagène en 1697, où l'avait entraîné son maître.
Présenté à Louis XIV, il sera par la suite Capitaine Général de toutes les milices de couleur.

Aimé CESAIRE

Le maire communiste de Fort de France.
Un très grand poète mondialement reconnu et dont l'influence littéraire est équivalente de celle de Léopold Senghor.

APPENDICE

Le sort des esclaves jusqu'à l'émancipation
" L'esclavage à la Barbade :
Le nombre des esclaves nègres qui sont dans cette île est considérable. On me dit qu'il est de plus de 60.000, ce qui est un nombre exorbitant pour une île comme la Barbade, qui n'a que 25 à 28 lieues de circuit.
Les Anglais ménagent très peu leurs nègres. Ils les nourrissent très mal, ils les poussent à outrance, les battent pour la moindre faute et semblent se soucier moins de la vie d'un nègre que de celle d'un cheval "
(Nouveau voyage aux Iles d’Amériques - R.P. Labat)
Le Code Noir - mars 1685 -(extraits)
Art 9 les hommes libres qui auront un ou plusieurs enfants de leur concubinage avec des esclaves, seront condamnés à une amende de 2000 livres de sucre, et s'ils sont les maîtres de l’esclave, outre l'amende, qu'ils soient privés de l'esclave et des enfants...
S'il n'est point marié et qu'il épouse dans les formes de l'église la dite esclave, celle ci sera affranchie par ce moyen et les enfants rendus libres et légitimes.
Art 12 : les enfants qui naîtront des mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront au maître des femmes esclaves...
Art 16 : défendons aux esclaves appartenant à plusieurs maîtres, de s'attrouper de jour comme de nuit,... à peine de punition du fouet et de la fleur de lys...
Art 29 : déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leur maître... sans que les enfants des esclaves y puissent prétendre par succession.
Art 33 : l'esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de celle ci, sera puni de mort.
Art 38 : l'esclave fugitif qui aura été en fuite un mois, aura les oreilles coupées et sera marqué de la fleur de lys sur une épaule. S'il récidive il aura le jarret coupé... la troisième fois il sera puni de mort...
Note : Le Code Noir, dont il faut se souvenir que sa rédaction date de 1685, comporte 60 articles qui sont tous de la même veine. C'étaient des dizaines d'autres interdictions dépouillant l'individu des attributs élémentaires de la personne humaine, en faisant un objet livré pieds et poings liés à la seule discrétion des maîtres. En 150 ans le sort des esclaves ne s'était guère amélioré malgré l'apparition d'une catégorie d'ouvriers, de domestiques et même d'affranchis.
Il reflète le profond mépris dont on tenait des hommes, simplement différents parce que d'une autre race et d'une autre couleur de peau.
Il faut de nos jours continuer à veiller afin que des idées similaires ne puissent de nouveau apparaître.
Décret du 27 avril 1848 (extraits)
Au nom du Peuple Français, le Gouvernement provisoire,
Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine. Qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ;
Qu'il est une violation flagrante au dogme républicain Liberté - Egalité - Fraternité
Article 1 : L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles- A la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres seront interdites.
Article 6 : les colonies purifiées de la servitude et les possessions de l'Inde, seront représentées à l'Assemblée Nationale.
Article 7 Le principe " que le sol de France affranchit l'esclave qui le touche" est appliqué aux colonies et possessions de la République.
Article 8 A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, vendre ou acheter des esclaves, et de participer soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînerait la perte de la qualité de citoyen français.
Fait à Paris, en conseil de gouvernement le 27 avril 1848.
Travail présenté devant la Commission d'Histoire de la GLDF
Guadeloupe : À mon arrière arrière grand-mère paternelle, Vénus Fanély, affranchie en 1833
Bruxelles : A mon arrière grand-oncle maternel, ami de Victor Hugo et de Schoelcher.

Source : www.ledifice.net

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Loge des Philadelphes à Narbonne

10 Décembre 2012 , Rédigé par M\ B\ Publié dans #Planches

A la fin du 18ème siècle apparaît à Narbonne un rite maçonnique connu sous le nom de « Rite Primitif » : le Rite des Philadelphes de Narbonne, ou encore le Rite de Narbonne.

Le Rite de Narbonne est d’abord une affaire de famille. Le père et ses six fils en sont les membres fondateurs. Parmi eux, figurent six officiers et un prêtre. Les tenues se déroulent tout simplement à la maison. Les Frères contractent le devoir de « sauver leurs fils, leurs neveux, leurs parents ».

Le Rit a pour adage : « je suis Homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger », qui tend à faire de tous les Hommes un peuple de Frères, ce qui constitue précisément une prétention à l’universalité. Toute une philosophie est contenue dans cette idée : il faut réhabiliter l’Homme, c’est à dire le remettre à la place qu’il a perdue. C’est un fondement du christianisme avec le symbolisme de la chute et, bien avant le christianisme, le but de plusieurs religions et philosophies, tel le platonisme, exprimé dans la phrase : « l’homme est un ange déchu qui se souvient des cieux ».

En 1790 la Loge des Philadelphes fit imprimer une brochure intitulée « Notion générale sur le caractère et l’objet du Rit primitif », et l’on y trouve des renseignements précieux. Le Rit est un mélange de thèmes mystiques empruntés à Martinès de Pasqually, en particulier à la Réintégration de l’Homme spirituel dans son essence originelle. L’initié doit aspirer à se dire de nouveau.

Le Rite Primitif fut pratiqué jusqu’en 1790-91. Dans la nuit du 5 au 6 août 1792, des effractions causèrent la perte des titres, registres et cartons. Les Frères décidèrent alors de supprimer les Tenues, de suspendre les admissions, de ne se réunir que par petits groupes et surtout de ne plus tenir de registres. En avril 1805, ils sollicitent du Grand Orient des lettres d’agrégation. Des difficultés surgirent quand il fallut produire les actes constitutifs du Rit, mais ces documents furent « miraculeusement retrouvés par un profane » et l’affiliation fut accordée le 27 septembre 1806.

Mais le Rite ne tarda pas à s’éteindre…

Le fondateur du Rite de Narbonne fut le marquis François-Marie de Chefdebien, né à Narbonne le 15 avril 1753, sous le règne de Louis XV. Sa famille était installée dans le Midi depuis le treizième siècle. Son arrière-grand-père repose près de l’autel de l’église d’Armissan. Son père, officier du régiment de Piémont-Infanterie fut fait prisonnier au cours de la guerre de Sept Ans et devint franc-maçon au cours de sa captivité, dans un pays en pleine effervescence rosicrucienne, un pays pour lequel son fils éprouva toujours une forte attirance : l’Allemagne.

Nous connaissons peu la jeunesse du marquis. Au hasard d’une lettre de son père nous apprenons « qu’il n’était que lieutenant en 1776 ». Deux ans plus tard son père sollicite pour lui une bourse pour l’Ecole Militaire. Mais cette même année, surprise, le jeune marquis prend la parole au Convent des Gaules qui s’est tenu à Lyon du 25 au 28 décembre 1778, à l’initiative des maçons français affiliés à la Stricte Observance, mais désireux d’acquérir leur autonomie par rapport à cet ordre. Cette prise de parole montre que François-Marie était alors un maçon d’une certaine envergure. Avait-il été initié dans son régiment, qui servait en Corse ? On peut le supposer. Le 29 février de l’année 1778, il fait état de lettres patentes accordées à trois de ses amis pour l’ouverture d’une loge des Hauts Grades, qui devint bientôt le « Chapitre de l’Amitié à l’Epreuve ». Dans ces lettres, il se désigne comme « Grand Inspecteur, Inquisiteur Général des Travaux du Premier, Second et Troisième Temple de Jérusalem ». Mais de quel rite ? Mystère.

Le Convent des Gaules parvint à rompre avec la tradition templière dont se prévalait la Stricte Observance ; Chefdebien, cependant, resta fidèle à l’Ordre du Temple, ce qui était compréhensible dans une famille de militaires. Toute sa vie, il chérira le titre de « Chevalier à la Tête Casquée » conféré au 6ème grade de la Stricte Observance, selon le rituel d’adoubement des chevaliers du Moyen Age.

De cette empreinte maçonnique procède naturellement l’esprit qui préside à la création du Rite Primitif, sous le signe des Philadelphes, par le marquis de Chefdebien, alors âgé de 26 ans, en décembre 1779.

Renseignements collectés sur une planche présentée par un F\

Origine et Histoire

L'origine des rites maçonniques dits « égyptiens » remonte à plus de 200 ans. Ces rites ont revendiqué une première filiation, venant d'un Rite Primitif qui aurait été pratiqué à Paris en 1721, mais dont l'existence n'a jamais été historiquement démontrée. Ils se réclament aussi du Rite Primitif des Philadelphes à Narbonne en 1779.

Cependant leur histoire est plus complexe. Ceci est dû principalement à une triple particularité :

- la légitimité maçonnique y est réputée provenir principalement de la transmission de pouvoirs de dirigeant à dirigeant, via des documents appelés « chartes ».

- leurs dirigeants étaient, jusqu'à la scission de 1998, tous nommés à vie.

- leur pratique ayant toujours été extrêmement minoritaire dans la maçonnerie mondiale, la littérature les concernant est moins fournie et moins facilement accessible que pour d'autres rites.

Explications :

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, respectant par-dessus tout les principes traditionnels de la Franc-maçonnerie qu’il a maintenus et veut maintenir intacts, tient à déclarer qu’il respecte l’indépendance des autres Rites, et comme il ne s’immisce en rien dans les actes émanant de leur autorité, il entend que les autres Rites agissent à son égard de la même manière.

Le Rite de Memphis-Misraïm est l’héritier des traditions maçonniques du XVIIIe siècle, dont il a gardé les sages principes, la force morale et la discipline. H tire son origine de la Maçonnerie Occulte des Philalètes de Paris, des Frères Architectes Africains de Bordeaux, de l’Académie des Vrais Maçons de Montpellier, du Rite de Pernety d’Avignon, et surtout du Rite Primitif des Philadelphes de Narbonne.

C’est à ce Rite primitif des Philadelphes, établi vers 1779 à Narbonne par le Marquis de Chefdebien, que le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm fait remonter l’origine de ses principes et la forme de son organisation. Le régime était divisé en trois classes de maçons qui recevaient dix degrés d’instruction. Ces classes ou degrés n’étaient pas la désignation de tels ou tels grades, mais des dénominations de collections pouvant être étendues en un nombre infini de grades. La troisième classe formée de quatre chapitres de Rose-Croix s’occupait de la maçonnerie au point de vue ésotérique et étudiait particulièrement les sciences occultes.

Le Rite primitif de Narbonne fut agrégé au Grand Orient en 1806. Mais, en avril 1815, il y eut, à Montauban, une sorte de renaissance du Rite.

Le Rite primitif de Narbonne avait, en 1798, été importé en Égypte par des officiers de l’armée de Bona parte, qui avaient installé une Loge au Caire. C’est dans cette Loge que fut initié Samuel Honis, lequel, venu en France en 1814, rétablit à Montauban, en 1815, une grande Loge sous le nom Les Disciples de Memphis, avec l’assis tance de Gabriel Marconis de Nègre, du baron Dumas, du marquis de la Roque, de J. Petit et Hippolyte Labrunie, anciens frères du Rite. Le Grand Maître était le F\ Marconis de Nègre.

À la suite d’intrigues, cette grande Loge fut mise en sommeil le 7 mars 1816. Les travaux furent repris en 1826 par une partie de ses membres, mais sous l’obédience du Grand Orient de France.

Quelques années plus tard, plusieurs frères, parmi lesquels Étienne Marconis de Nègre, fils du Grand Maître des Disciples de Memphis et haut gradé du Rite de Misraïm, eurent l’idée de réunir les degrés des divers Rites pratiqués jusqu’alors et de les consolider sur les principes adoptés à Montauban.

Ils examinèrent les degrés des divers Rites, les révisèrent et les encadrèrent d’un certain nombre de degrés rassemblant et expliquant les dogmes religieux des anciens Hiérophantes et des Initiations anciennes, puis ils donnèrent à cette organisation le titre de Rite ancien et primitif de Memphis. Les degrés d’initiation furent divisés en trois séries et sept classes, qui sont bien moins des rangées de degrés que des Écoles, où, comme dans le Rite primitif de Narbonne, sont enseignées les sciences maçonniques.

La première série enseigne la partie morale, reposant sur la connaissance de soi-même. Elle offre l’explication des symboles, des emblèmes et des allégories ; elle dispose les initiés à l’étude de la philosophie maçonnique.

La deuxième série comprend l’étude de l’histoire et des Rites maçonniques les plus universellement répandus, ainsi que des mythes poétiques de l’antiquité et des initiations anciennes.

La troisième série renferme le complément de la partie historique de la philosophie, elle étudie le mythe religieux dans les différents âges, de même que toutes les branches de la science appelée occulte ou secrète ; enfin, relativement à la Maçonnerie, elle en fait connaître la partie mystique et transcendante, composée d’ésotérisme et de grands mystères, et admet les études occultes les plus avancées. Non seulement chacune de ces trois séries est formée de plusieurs divisions dans lesquelles sont conférés tous les degrés maçonniques modernes, mais encore, tout en conduisant progressivement à travers les anciens mystères où se révèle la raison d’existence de ces degrés, la dernière série révèle l’ésotérisme de la Maçonnerie, la Gnose, cette science qui s’est perpétuée de siècle en siècle jusqu’à nous et illumine aujourd’hui notre institution. Telle est l’origine et la constitution du Rite ancien et primitif de Memphis, auquel est venu s’adjoindre, par la suite, le Rite de Misraïm.

D’après ce qui vient d’être dit, on comprendra facile ment que le Rite de Memphis-Misraïm ne peut convenir qu’à un nombre très restreint d’individus, lis se recrutent principalement parmi les étudiants de l’Occultisme et de l’Hermétisme, lesquels, du fait de leurs études, sont plus aptes que les autres à comprendre les secrets maçonniques réels, ainsi que parmi les Maçons studieux qui ne se contentent pas de savoir faire certains signes ou d’apprendre la prononciation de certains mots dont ils ignorent le sens, mais sont désireux de remonter jusqu’à la source réelle de nos institutions et d’étudier la partie occulte et transcendante de la Maçonnerie.

Renseignements trouvés sur internet

Les origines de Memphis

Son origine la plus ancienne est probablement, (au-delà des légendes développées par Marconis de Negre qui font remonter son origine aux Templiers qui auraient eux-mêmes reçu une filiation remontant jusqu’à un sage d’Egypte converti par Saint Marc), la Loge Isis, fondée au Caire en 1798, qui comptait parmi ses membres des savants et des officiers français ainsi que des notables égyptiens initiés aux mystères des Pyramides. Plusieurs auteurs pensent que Napoléon Bonaparte s’est fait initier par Kléber dans cette loge, d’autres qu’il fut l’un des fondateurs. Une autre thèse veut qu’il a été initié à Valette à Malte, et encore une autre, au Caire, au Rite primitif de Narbonne, importé en Egypte. Les soldats appartenant aux divers courants ésotériques dont le Rite des Philadelphes entrent en contact avec les FF\ de la Grande Loge d’Egypte, descendants des R+C de la période constantinienne. Ainsi enrichis les FF\ de retour en France n’allaient certainement pas rester les bras croisés.

Selon d’autres maçons également égyptiens mais français, il aurait existé dès 1720 dans le midi de la France un Rite dit Primitif de Narbonne, issu des sources égyptiennes ou des Rose-Croix.

Ce Rite avait à peu près disparu lorsqu’en 1779 il fut restauré dans sa vigueur primitive par le Marquis de Chefdebien sur le modèle du Rite des Philalèthes et il prit le nom de Rite Primitif des Philalèthes ou Rite Primitif de Narbonne.

En 1798, des officiers de l’armée de Bonaparte, tous membres du Grand Orient de France et disciples du Rite de Narbonne, en mission en Egypte, sont en contact avec des initiés du Soufisme et des Collèges initiatiques Druzes du Liban.

Ils décident de renoncer à la filiation de la Grande Loge d’Angleterre et de créer un nouveau Rite. Ainsi naquit la Loge « Les Disciples de Memphis », au Caire, suivant la tradition du Rite de Narbonne.

A Memphis :
Par ailleurs, le Rite Primitif de Narbonne fut agrégé au grand Orient de France en 1806. Il avait été en 1798 importé de l’Egypte par des officiers de l’armée de Bonaparte. (Il a même été dit que Napoléon y aurait reçu la Lumière selon une circulaire interne du G\ O\ D\ F\) qui avaient installé une loge au caire. Pour notre part nous pensons que le futur Empereur a plutôt reçu une Initiation relevant des Grands Mystères en étant élevé probablement au Grade de Minerval sous les auspices des Illuminés de Bavière ou d’une de leur survivance occulte comme le suggère d’ailleurs une gravure de l’époque.

Source : www.ledifice.net

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La Grande Loge Unie d'Angleterre

9 Décembre 2012 , Rédigé par A. R. Publié dans #histoire de la FM

La Grande Loge Unie d'Angleterre vit le jour en 1813, et résulta de l'union de la Grande Loge des Modernes avec la Grande Loge des Anciens. Bien qu'à première vue la pomme de discorde entre les Modernes et les Anciens ait été le rituel, on sait aujourd'hui que ce sont surtout les différences de nature sociale et religieuse qui ont opposé les membres de ces deux Grandes Loges. En effet, les Modernes avaient un recrutement plus aristocratique que les Anciens, même si ceux-ci ont compté quelques grandes familles comme les Atholl. Les premières tentatives de rapprochement entre les Grandes Loges ne datent que de b dernière décennie du XVIIIe siècle et il semble que les Anciens en aient eu l'initiative, Citons le cas, assez exceptionnel de la Royal Gloucester Lodge constituée en 1772 par ceux-ci, qui demanda en 1792 une patente aux Modernes et qui lesta délibérément affiliée aux deux Grandes Loges jusqu'à leur unification, pratiquant tantôt le Rite Ancien tantôt le Rite Moderne.

Plusieurs raisons expliquent cette fusion. Les Anciens ne pouvaient qu'accroître leur prestige en rejoignant les aristocrates de la Grande Loge des Modernes, en particulier les membres de la famille royale. Les Modernes, quant à eux, souffraient d'une grave crise financière: ils s'étaient endettés pour construire le luxueux Freemasons' Hall. Un assez grand nombre de maçons « Modernes », qui acceptaient difficilement de voir leurs cotisations augmenter pour permettre à la Grande Loge de régler ses dettes, avaient peu à peu rejoint les Anciens. Enfin, le contexte politique donnait à l'unification de la maçonnerie anglaise un caractère urgent. Le gouvernement de Pitt avait suspendu l'Habeas corpus et tentait de s'opposer aux organisations réformistes anglaises, et en particulier aux tout nouveau% syndicats. En 1799, une loi (Combination Act) mit un terme au droit d'association.. Il était donc vital que la franc-maçonnerie montrât un visage uni et proclamât son allégeance au pouvoir royal, ce qu'elle fit. Quatre nobles jouèrent un rôle de premier p]an dans cette réalisation: le duc d'Atholl, pour les Anciens, le comte de Moira-Hastings, pour les Modernes, et deux princes, les ducs de Sussex et de Kent, respectivement Grands Maîtres des Anciens et des Modernes. Les Grandes Loges furent les seules associations épargnées par la loi de 1799.
En 1813, le duc de Sussex prit la tête de cette nouvelle association, qui se trouva ainsi totalement placée sous l autorité de la famille royale. Plusieurs historiens, notamment Robert Freke Gould, se sont penchés sur les Articles d'Union pou r étudier en détail les aménagements du rituel et les compromis effectués. Pour préparer l'union, les Modernes avaient mis en place la Loge de Promulgation, chargée de remettre à l'honneur quelques éléments du rituel abandonnés en 1750. Les Anciens avaient constitué des Loges d'lnstrucion afin d'harmoniser leurs propres rituels. Les articles de 1813 créèrent une nouvelle instance, la Loge de Réconciliation, afin de peaufiner le rituel de la nouvelle Grande Loge. Celle ci reconnut naturellement l'existence des trois degrés de la franc-maçonnerie, mais également celle du Royal Arch*, cher aux Anciens et que les Modernes avaient toujours ignoré. Du point de vue du rite, la victoire revenait aux Anciens, bien que numériquement ils aient été plus faibles. Sur le plan de l'organisation, les articles prévoyaient la répartition équitable de tous les officiers des Modernes et des Anciens dans la nouvelle instance. On désigna même deux Grands Chapelains. Afin de contenter tout le monde, 18 Grands Intendants furent nommés~ soient six de plus qu'auparavant. Certains d'entre eux reçurent le privilège de nommer leur successeur. L'article 8 stipulait que les 388 loges Modernes et les 260 loges Anciennes prendraient rang alternativement sur le registre de la nouvelle {Grande Loge, après tirage au sort pour les plus prestigieuses. Le nouveau registre comporta 647 loges (et non 648). C'est ainsi que la Grand Masters ' Lodge des Anciens, qui regroupait tous les anciens Grands Maîtres, se vit attribuer la première place, tandis que la loge Antiquily n° I des Modernes, non sans une certaine amertume, figura en deuxième place. Symboliquement, la Grande Loge se fixa pour tout premier devoir d'envoyer un message au prince régent? par l'intermédiaire du duc de Kent, l'assurant de son allégeance à la royauté et au gouvernement du pays.
Quatre comités furent créés pour gérer la nouvelle organisation, le comité des affaires générales (Board of General Purposes), le plus important, celui des finances, celui des oeuvres charitables et celui des écoles. En 1818, le comité des Affaires Générales absorba les autres. En 1815 un nouveau livre des Constitutions d'Anderson avait été édité: la partie historique ne fut pas revue. Le changement majeur concerna l'article 1 er, « Concernant Dieu et la religion ». On vit apparaître pour la première fois l'invocation au « Grand Architecte de l'Univers ».
Le duc de Sussex règna 30 ans sur la Grande Loge Unie d'Angleterre, de 1813 à sa mort, en 1843, avec autorité. Ainsi c'est le Grand Maître qui, à partir de 1815, nomma tous les officiers de la Grande Loge, sans que celle-ci ait son mot à dire, sauf pour le choix du trésorier. Afin de concrétiser l' union , le duc de Sussex s'assura du soutien des trois anciens Grands Maîtres Adjoints des Anciens, Perry, qui avait succédé au célèbre Laurence Dermott, Agar et Harper.
Les rois George IV puis Guillaume IV eurent le titre officiel de « Protecteur de l'Ordre ». Comme la Grande Loge des Modernes en son temps, la Grande Loge Unie d'Angleterre ne cessa de se rapprocher de la monarchie en initiant les membres de la famille royale et en participant à tous les jubilés. À la différence du siècle précédent, la famille royale ne se contenta pas d'un rôle honorifique mais occupa réellement les plus hautes fonctions de l'Ordre. Avant de monter sur le trône en 1901, le prince de Galles, le futur Édouard Vll, fut Grand Maître pendant une trentaine d'années. Il avait en effet accédé à cette fonction en 1874, lors d'une cérémonie au Royal Albert Hall. La même année ses deux frères, le duc de Connaught et le duc d'Albany, furent nommés par ses soins Premier et Second Grand Surveillant. Le plus jeune fils de la reine Victoria, le prince Léopold, devint Grand Maître Provincial du comté d'Oxford en 1875. On comprend que la francmaçonnerie ne put guère avoir de secrets pour la reine Victoria, bien qu'elle fût femme... En 1887, 7600 maçons se rassemblèrent au Royal Albert Hall pour fêter le jubilé de son accession au trône. Ils renouvelèrent cette attention dix ans plus lard Chaque fois, la Grande Loge Unie d'Angleterre fut récompensée de ses bons et loyaux services par une donation royale pour ses ouvres. Sans doute victimes de la morale victorienne, les dignitaires de la Grande Loge Unie voulurent se départir de la réputation que Hogarth leur avait faite en peignant des maçons en état d'ébriété à la sortie d'une tenue ayant eu lieu dans une taverne. Pour plaire à leur souveraine, ils décidèrent donc de dissocier le temple maçonnique de la taverne: la construction du nouveau local, Freemasons' Hall, fut même achevée un an avant celle de la taverne, en 1866.
La franc-maçonnerie britannique, fidèle à la tradition paternaliste de l'aristocratie se distingue par la création d'un nombre important d'institutions charitables. Deux écoles maçonniques étaient ainsi gérées par un comité spécial de la Grande Loge en 1814: l'école maçonnique des filles qui comptait à cette époque 62 enfants et celle des garçons, qui en rassemblait 55. Ces deux institutions prospérèrent tout au long du siècle. Lors des jubilés, elles reçurent des dons importants du pouvoir royal. En 1888, c'est le prince de Galles, alors Grand Maître, qui présidera le festival organisé à l occasion du centenaire de l'école maçonnique des filles. La demande formulée par le frère Crucifix (sic) en vue de la création d'un asile de vieillards et d'indigents déplut toutefois au Grand Maître, qui préférait l'ancien système de versements annuels aux familles de maçons démunis. Ce débat est intervenU en 1834, au moment où l'Angleterre votait ses nouvelles lois sur les pauvres qui généralisaient le système des workhouses. Les maçons étaient sensibles aux grands débats sur la pauvreté et hésitaient entre l'attitude paternaliste, la charité privée et le respect des nouvelles mesures gouvernementales en faveur de l'internement des pauvres. Finalement, c'est le projet de Crucifix qui l'emporta et un asile maçonnique fut créé, épargnant ainsi aux maçons les plus pauvres la rigueur des workhouses dans leurs vieux jours. Un hôpital maçonnique, qui pendant la Première Guerre mondiale fut transformé en hôpital militaire pour les soldats francs-maçons, fut ouvert en 1913. En matière de religion, la franc-maçonnerie fit preuve d'une tolérance très relative. Certes, elle prit la défense de ces maçons juifs anglais qui, en 1845 se virent refuser le droit de visite dans une loge de Berlin (la loge Royal York of Friendship) sous prétexte qu'ils n'avaient pas épousé la doctrine chrétienne. Cependant la Grande Loge ne fit pas toujours preuve d'une telle tolérance. Ainsi l'on constate que lorsque le Grand Maître, le marquis de Ripon, se convertit au catholicisme en 1874, il crut de son devoir de démissionner. Or il n'est pas certain que le marquis ait pris cette décision uniquement par fidélité au pape. Lorsqu'en 1877 le Grand Orient de France supprima de ses constitutions la référence au Grand Architecte de l'Univers, la Grande Loge Unie d'Angleterre rompit les relations avec l'obédience française.
Tout au long du XIXe siècle, les effectifs de la Grande Loge s'accrurent. Une augmentation particulièrement forte des effectifs se produisit entre 1844 (723 loges) et 1869 (1299). En 1856 un Comité pour les Colonies (Colonial Board) fut mis place afin de superviser l'expansion de la maçonnerie anglaise dans l'Empire, après quelques incidents survenus au Canada. La Grande Loge Unie d'Angleterre était devenue une institution impériale, soucieuse de servir la famille royale.
Au XXe siècle, fidèle à sa tradition, elle demeura très proche de la monarchie et resta liée aux milieux conservateurs.
Les Grands Maîtres de la Grande Loge Unie d'Angleterre . 1813, S.A.R. le duc de Sussex; 1844, le comte de Zetland; 1870, le marquis de Ripon; 1874, S.A.R. le prince de Galles; 1901, S.A.R. le duc de Connaught; 1939, Georges, duc de Kent; 1942, lord Harewood; 1946, lord Scarborough, 1947, le 10e duc de Devonshire; 1951, le l le. comte de Scarborough; 1969, S.A.R. le duc de Kent.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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Apprentif des loges de Lyon (1772)

9 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 1772 Publié dans #Rites et rituels

Lorsque le jour de réception d'un profane est arrivé et que l'heure indiquée a sonné, le Vénérable entre en Loge, précédé de ses deux Surveillants, qui doivent examiner si personne ne s'est glissé et caché dans la Loge. S'en étant bien assuré, ils disent au Maître des Cérémonies de faire entrer tous les Frères en commençant par les plus hauts grades. Lorsque toute la Loge est assemblée, le Vénérable frappe un coup et dit :

« Mes Frères, aidez-moi à ouvrir la Loge. Frère premier Surveillant, quel est le devoir des Surveillants ?»

Le premier Surveillant : « C'est de voir si la Loge est couverte ».

Le Vénérable : « Frère premier Surveillant, assurez-vous de l'intérieur, tandis que le Frère deuxième Surveillant s'assurera de l'extérieur de la Loge.»

Le premier Surveillant dit au deuxième Surveillant :

« Frère deuxième Surveillant, tandis que je vais tuiler l'intérieur, ayez soin de tuiler l'extérieur de la Loge, écartez-en les profanes.»

Le Frère deuxième Surveillant ayant mis la Loge à couvert, frappe trois coups sur l'épaule du premier Surveillant et lui dit :

« Frère premier Surveillant, la Loge est couverte à l'extérieur.»

Le premier Surveillant dit :

« Vénérable, la Loge est parfaitement couverte, tant en dehors qu'en dedans, nul profane ne peut voir ni entendre nos mystères, nous pouvons commencer.»

Le Vénérable frappe trois coups et dit :

« A l'ordre, mes Frères.»

Le premier et le deuxième Surveillants répètent et tous les Frères en apprentif.

     

OUVERTURE DE LA LOGE  

Le Vénérable : «Frère premier Surveillant, que venez-vous faire ici ? »

Le premier Surveillant : «Vénérable, vaincre mes passions, soumettre mes volontés et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.»

Le Vénérable : «Etes-vous Maçon ? »

A. : «Mes Frères et compagnons me reconnaissent comme tel.»

D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ? »

A. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»

D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»

A. : «Tout ce qui a rapport à mon obligation, ou bien toute équerre, niveau ou perpendiculaire. »

D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»

A. : «Certaines manières réglées et mystérieuses prendre la main pour se reconnaître.»

D. : «Qu'entendez-vous par le mot ?»

A. : «Une parole consacrée et mystérieuse qui sert à nous faire reconnaître.»

D. : «Donnez-moi le signe d'appr\ »

On le donne

D. : «Que signifie-t-il ?»

A. : «Il me rappelle mon obligation et la peine à laquelle je me suis soumis qui est d'avoir la gorge coupée au cas que je devienne parjure.»

D. : «Donnez l'attouchement au Frère le plus voisin de colonne pour qu'il me parvienne par le midy. Le Frère deuxième Surveillant fera de même de son côté pour qu'il me parvienne par le septentrion.»

On le fait

Le Vénérable : «Quel est le mot d'app\ ?»

Le premier Surveillant : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu.»

On le donne

Le Vénérable : «Où se tient le Vénérable en Loge ?»

Le premier Surveillant : «A l'Orient.»

Le Vénérable : «Pourquoi ?»

Le premier Surveillant : «Comme le soleil commence sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge, I'éclairer et mettre les ouvriers au travail.»

Le Vénérable : «A quelle heure s'ouvre la Loge d'appr\ ? »

Le premier Surveillant : «A midi» (dans quelques Loges, on dit à la première heure).

Le Vénérable : «Quelle heure est-il ?»

Le premier Surveillant : «Midi plein» (la 1ère d'un jour très brillant).

Le Vénérable : «Pourquoi dites-vous cela ?»

Le premier Surveillant : «Parce que le grade d'apprentif est le premier.»

Le Vénérable frappe en app. et dit : «Puisqu'il est midi plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d'app\ est ouverte. »

En disant cela, le Vénérable et tout l'Orient font le signe d'app\

Le premier Surveillant interpelle les Frères qui sont sur sa colonne, chacun par ses qualités et grades, et dit que la Loge d'app\ est ouverte. En disant cela, il fait le signe d'app\ et tout le midy le fait en même temps que lui.

Le Vénérable Surveillant fait de même, ainsi que la colonne du Septentrion.

Le Vénérable et tous les Frères ayant fait ensemble la triple acclamation, s'écrient\\\ ...

 

FORMULE DE RECEPTION

Le Vénérable : «Mes Frères, nous sommes assemblés pour procéder à la réception au grade d'apprentif, de M. N. qui a été admis unanimement par le tenu de la dernière assemblée de laquelle le Frère secrétaire va vous lire le verbal.»

Le Frère secrétaire fait lecture dudit verbal.

Le Vénérable : «Mes Frères je vous prie de réitérer votre consentement si vous persistez dans la même intention. Si quelqu'un de vous a quelques raisons valables d'opposition, qu'il les dise hardiment, nous sommes tous Maçons, par conséquent discrets.»

Le Vénérable frappe un coup pour avertir les Frères de donner leur consentement en étendant la main droite sur le tracé de la Loge. Le consentement étant donné, le Vénérable députe un Frère pour préparer le profane, avant que le Frère Terrible sorte de la Loge.

Le Vénérable dit au Frère proposant : «Le discernement que cette Loge a toujours connu en vous, et le zèle que vous avez témoigné pour le service de l'art royal, nous sont garantie que le sujet proposé vous est parfaitement connu, et que vous nous répondez foi de Maçon des bonnes qualités du récipiendaire. C'est sur votre témoignage qu'il va être introduit, mais souvenez-vous que vous vous engagez formellement pour lui, et que vous nous répondez personnellement de ce profane. N'oubliez pas que vous vous engagez de plus à l'instruire de notre doctrine et de nos mystères. Je vous déclare au nom de cette Loge qu'il ne sera point admis à aucun autre grade, qu'il ne nous ait donné des preuves de sa condition, de sa sagesse, de son zèle. C'est à ces conditions m. c. f. que la Loge vous accepte pour répondant. Allez donc avec le Frère Préparateur le mettre dans l'état convenable à sa réception.»

Le Surveillant Proposant et le Frère Préparateur sortent ensemble et vont auprès du récipiendaire dans la Chambre des réflexions ; ils doivent l'aborder d'un air sérieux et poli. Le proposant lui fait une exhortation et lui dit qu'il espère n'avoir point à rougir de ce qu'il l'a proposé à la Loge. Il lui demande la rétribution prescrite par les règlements et le laisse entre les mains du Frère Préparateur. Il rentre en Loge et remet au Frère Trésorier les droits de réception de la part du Profane.

Le Surveillant Préparateur ayant fait quelques questions au récipiendaire, relatives à la démarche qu'il fait de se présenter pour être reçu, il doit lui présenter le danger des épreuves auxquelles il va être soumis et l'importance des obligations qu'il va contracter. Que la démarche qu'il fait est de la plus grande conséquence ; une fois engagé, il ne pourra plus s'en dédire, qu'il examine sérieusement ses dispositions, ses forces et son courage ; il est encore libre de se retirer, s'il a le moindre regret.

S'il le voit dans une ferme résolution, il lui dira d'un ton ferme :

« Monsieur, êtes-vous déterminé à obéir aveuglément et sans résistance, sur tout ce que je vais exiger de vous ? »

Si le récipiendaire répond OUI, le Surveillant Préparateur poursuit :

« Donnez-moi donc votre épée (s'il en a une), votre argent, votre montre, votre tabatière si elle est en métal, vos bagues, tous vos bijoux, vos boucles de souliers, de jarretière, même ceinture de culotte enfin tout ce que vous avez sur vous de métal sans oublier même les épingles. Cette précaution est absolument nécessaire.

Il ajoute, après avoir fait tout cela :

«Ce n'est pas encore assez Monsieur, il faut ôter vos jarretières, mettre votre soulier gauche en pantoufles, découvrir à nu votre genouil droit, quitter votre habit et votre veste, sortir votre bras gauche hors de la chemise, découvrir votre poitrine et votre mamelle gauche, vous voilà actuellement dans l'état où vous devez vous présenter. Voyez à présent, Monsieur, le cas que nous faisons des parures et des ajustements profanes. En ouvrant sur votre situation actuelle les yeux de l'âme, fermez ceux du corps, vous allez en être privé pour quelque temps. Heureux si le premier usage que vous en ferez est pour apercevoir la véritable lumière. Le bandeau mystérieux dont je vais les couvrir, va vous faire perdre de vue tous les objets qui ont jusqu'à présent fixé vos regards profanes. Etes-vous dans la ferme résolution de faire ce sacrifice à notre ordre ? Vous devez bien sentir que toutes ces préparations nous rendent absolument maîtres de vous. Vous êtes en notre pouvoir. c'est vous-même qui vous y êtes livré de votre propre mouvement, nous sommes assez généreux pour vous remettre en liberté si vous vous repentez de cette démarche. Nous n'exigerons pas même le secret de votre part sur ce qui s'est déjà passé. Ainsi, consultez-vous et ne faites rien dont vous dussiez vous repentir.»

Si le récipiendaire persiste, on lui met le bandeau sur les yeux en lui demandant sa parole d'honneur qu'il ne voit pas. En fait, le Frère Préparateur, le laissant en cet état à sa réflexion, rentre en Loge et vient rendre compte au Vénérable des dispositions du récipiendaire en lui apportant tous ses métaux.

Le Vénérable ayant donné ordre au Frère Préparateur d'aller chercher le profane, il va le prendre dans la Chambre des Réflexions par la main droite, lui fait appuyer de la gauche la pointe de l'épée sur la poitrine, en cet état le conduit jusqu'à la porte de la Loge à laquelle il frappe en Maçon. Le deuxième Surveillant en avertit le premier et celui-ci le Vénérable qui dit de voir ce que c'est. Le Vénérable Surveillant entrouvre et demande qui frappe ? Le Surveillant Préparateur répond : « C'est un gentilhomme profane qui demande à être reçu Maçon ». Le deuxième Surveillant referme et rend cette réponse au Vénérable par le premier Surveillant.

Le Vénérable dit :

«Demandez-lui son nom, son surnom, son pays, son âge, sa profession et sa religion.»

Le Frère Préparateur rend réponse à toutes ces questions.

Le Vénérable : «Demandez-lui encore s'il est dans les dispositions d'être fidèle à la Religion, à son Prince, à l'Etat, à l'Ordre du Maçon, d'aimer et de secourir ses Frères »

On rend réponse  

Le Vénérable : « Demandez au Frère Préparateur si ce profane est en état décent et s'il est soumis à toutes les épreuves que nous lui avons proposées.»

Le deuxième Surveillant lui ayant rendu réponse, le Vénérable frappe en Maçon et dit : «Introduisez le profane en la manière accoutumée.»

Le deuxième Surveillant ouvre la porte. Le Frère Préparateur ayant introduit le récipiendaire entre les deux Surveillants, lui dit : « C'est dans ce moment terrible M. , que vous devez vous armer de courage, j'ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour vous mettre en état d'être reçu Maçon, c'est à vous d'achever par votre fermeté et votre constance, la carrière que vous avez commencée. Je vous abandonne à présent pour ne vous plus revoir de ma vie, à moins que vous ne vous rendiez digne de devenir mon Frère. Adieu, Frère Surveillant, je vous remets ce profane, vous en répondez à présent ». Le Frère deuxième Surveillant lui met la main sur l'épaule gauche et lui saisit le bras gauche, il dit alors :

«Frère premier Surveillant, le profane est entre nos mains.»

Le premier Surveillant met sa main gauche sur l'épaule droite du récipiendaire et lui saisit le bras droit. Il dit alors :

«Vénérable, le profane est entre nos mains, nous sommes Maîtres de lui.»

Le Vénérable ayant frappé en Maçon, tous les Frères se lèvent et se tiennent debout sans remuer, cracher ni moucher. Alors, le Vénérable, s'adressant au récipiendaire, lui dit d'un ton ferme et imposant :

«M. N. N., que pensez-vous faire ici ?»

«N'est-ce point la fin de curiosité qui vous amène ici, parlez vrai ?»

«Quel autre motif a pu vous déterminer, vous qui n'avez aucune idée de nos mystères ?»

«Vous sentez-vous assez de force et de courage pour supporter les épreuves par lesquelles il vous faudra nécessairement passer, quelque violente qu'elles puissent être ?»

«Etes-vous dans la disposition sincère d'aimer vos Frères, de les secourir dans leur besoin, les aider de vos lumières et de vos conseils, de votre bourse même, autant que vos moyens vous le permettront et de risquer votre vie pour secourir un de vos Frères en danger de perdre la sienne ?»

«Pouvez-vous, sans indiscrétion et sans nommer personne, ni la donner à connaître, nous confier en nous racontant quelque trait de bienfaisance de votre part ? Vous ne devez pas comprendre sous ce titre l'aumône faite à un pauvre, dont l'importunité a été peut-être l'unique cause, il nous faut des faits réels et que vous puissiez accorder avec la discrétion d'un galant homme.»

Si le récipiendaire a cité quelque action bienfaisante de sa part, le Vénérable lui dira :

«Nous n'attendions par moins, Monsieur, de votre grandeur d'âme et de la noblesse des sentiments qui vous ont ouvert ce Temple de la bénéficience ; ce que vous venez de nous dire est d'un augure très flatteur pour notre Loge, voilà Monsieur, des actions qui nous assurent des qualités de nos candidats. Après une action d'humanité aussi belle, nous ne devons plus avoir de méfiance à votre égard, nos craintes commencent déjà à s'évanouir. Les épreuves qui vous restent à subir vont pour jamais nous attacher à vous par des liens indissolubles. Mais, avant d'aller plus loin, je dois vous assurer que la fausseté des imputations que des ennemis jaloux nous font chaque jour, les foudres du Vatican injustement lancées contre nos temples, en ont respecté les murs : une fausse prévention ayant fait élever des orages contre nous, la sagesse du Maçon les a dissipés, notre conduite et nos œuvres nous ont fait connaître. Etre fidèle à la Religion, à son Prince, à l'Etat, aimer ses Frères, les aider dans leurs besoins, étendre nos vues de bienfaisance jusque sur le profane, fuir et détester le vice, plaindre les vicieux sans les haïr, voilà en abrégé Monsieur quels sont nos devoirs, nos lois, notre morale, si dans la suite vous apercevez le contraire de ce que je vous dis vous pouvez vous devez même le révéler, le publier : ainsi, n'ayez aucun regret de vous engager dans un Ordre respectable, cet honneur et cette faveur insigne sont recherchés tous les jours par des princes, des nobles et des roturiers. Ils se font gloire de se donner le doux nom de Frère. Selon ce que vous venez d'entendre, quelles sont vos dispositions ? Parlez librement, nous ne demandons que des sujets sincères et vrais. Qu'une fausse honte de vous désister de votre entreprise, ne vous engage pas à faire une démarche qui put vous causer un repentir. Vous êtes libre de profiter de ce moment de liberté qui vous reste, elle va expirer et il ne nous sera plus possible de vous la rendre ; voulez-vous vous retirer, partir ? »  

On laisse le profane à ses réflexions pendant un moment, après lequel, s'il persiste, le Vénérable ordonne au Frère deuxième Surveillant de le faire voyager.  

Le deuxième Surveillant prend alors le récipiendaire et le fait voyager trois fois autour de la Loge, en commençant par le Septentrion et finissant par le Midi. Après chaque tour, les Frères secouent leur tablier. Le récipiendaire ayant fini ses voyages, le Vénérable Surveillant dit : « Frère premier Surveillant, je vous remets le profane, commencez vos fonctions, les miennes sont finies.»  

Le Vénérable dit alors au premier Surveillant de reconduire le profane à l'Orient. Le récipiendaire étant alors au pied du trône, le Vénérable lui dit : « Monsieur, les épreuves que vous avez subies sont légères en comparaison de celles que vous avez à essuyer, je vous en avertis afin que vous puissiez agir en pleine liberté ; persistez-vous avec le même courage que vous avez témoigné jusqu'à présent ? »  

Après la réponse du candidat, on le fait asseoir sur un tabouret et le Vénérable lui adresse le discours suivant :

« Monsieur, I'empressement que vous avez montré pour entrer dans le très ancien, très respectable et illustre Ordre des Frères Maçons et le témoignage authentique que notre cher Frère, votre proposant, nous a rendu de vos qualités, nous font un présage heureux que vous possédez les vertus nécessaires pour parvenir au Temple de la Vérité. Mais, avant de vous dévoiler nos mystères sacrés, il faut qu'au nom de cette respectable société, dont j'ai l'avantage d'être le chef, j'entre avec vous dans le détail des qualités qui doivent caractériser un vrai Maçon. Sans chercher à combattre les préjugés répandus contre notre Ordre, préjugés dont la fausseté se démontre au premier examen, je vais m'attacher uniquement à vous rappeler les dispositions que nous exigeons de vous et les règles auxquelles il faudra nécessairement vous soumettre pour arriver à la perfection dont il est le but. Tous les législateurs politiques n'ont pu former des établissements durables ; quelque sages qu'aient été leurs lois, elles n'ont pu s'étendre dans tous les pays et dans tous les siècles. Comme elles avaient dans chaque Etat des vues particulières, elles n'ont pu devenir universelles, ni convenir au goût et au génie de chaque nation. L'amour de la patrie mal entendu et la diversité des intérêts, détruisant bientôt chez les uns et les autres, l'amour de l'humanité. Dès lors, le monde entier, qui dans sa primitive institution ne devait former qu'une république universelle, dont chaque nation était une famille et chaque particulier un enfant, vit la discorde, la haine, la jalousie, l'orgueil, le vil intérêt lui déchirer le flanc ; tous les membres épars de ce grand corps sanguinolent et se détruisant bientôt par eux-mêmes. Ce fut pour faire revivre et répandre ces anciennes maximes, prises dans la nature même de l'homme, que notre Ordre fut établi. Voulant par là, réunir tous les hommes d'un esprit éclairé et d'une humeur douce et agréable, non seulement par l'amour des beaux arts, mais encore plus par les principes de la vertu la plus éprouvée. Telle a été Monsieur, l'intention de nos ancêtres, quelle obligation n'avons-nous pas à ces hommes supérieurs, qui uniquement guidés par le désir d'un bien général, ont imaginé un établissement dont le seul but est la réunion des esprits et des œuvres cimentée par les liens de la plus solide vertu ? La saine morale est l'étude la plus essentielle de notre société. Les beaux arts et la contemplation de la nature viennent ensuite nous distraire agréablement en élevant notre esprit vers le Créateur. Si les Ordres religieux furent établis pour rendre les hommes plus parfaits, les Ordres militaires pour inspirer l'amour de la gloire ; l'Ordre des Francs-Maçons fut institué pour former des hommes aimables, de bons citoyens et de bons sujets, inviolables dans leurs promesses, fidèles observateurs des lois de l'amitié et plus amateurs de la vertu, que des récompenses qui lui sont dues. Nous bannissons de nos Loges toutes disputes pouvant altérer la tranquillité de l'esprit, la douceur des mœurs et les sentiments d'amitié que nous devons à nos Frères. C'est là qu'uniquement occupés du soin de nous instruire, nous pratiquons le bien et démasquons le vice. C'est là que l'orgueil est forcé de plier et qu'une aimable égalité est substituée aux vains titres de grandeur et de noblesse. C'est là enfin, que la Charité, la mère et le principe des autres vertus, y brille dans tout son éclat et embellit un Ordre dont elle est le soutien et le fondement. Loin de rien entreprendre contre les intérêts de la Religion, du Prince et de l'Etat, nos vœux les plus sincères ne tendent qu'à la gloire du suprême architecte de l'univers, qu'à la prospérité du souverain qui nous gouverne et à la splendeur de l'Etat dans lequel nous vivons. Mais un profond silence sur des matières si respectables nous est expressément ordonné, sous peine d'exclusion irrévocable. Enfin, les dernières qualités que nous exigeons encore de vous, sont une discrétion à toute épreuve sur tous les secrets qui vous ont été révélés, une volonté ferme et constante d'aimer vos Frères, de les protéger, de les secourir dans leurs besoins, de les éclairer de vos lumières, de les édifier par vos bons exemples, de sacrifier tout ressentiment personnel, et de rechercher en un mot, tout ce qui peut contribuer à la paix, à la concorde et à l'union de la Société. Je ne sais Monsieur, si j'aurai réussi dans le plan que je viens de vous offrir des obligations que vous allez contracter, mon dessein a été de vous frayer la voie que vous devez suivre, j'espère que l'ardeur que vous témoignez suppléera à tout ce qui me reste à vous dire. Puisse le Grand Architecte de l'Univers, nous accorder toute la satisfaction que nous nous promettons, et que votre initiation s'accomplisse pour la plus grande gloire, la prospérité de l'Ordre et votre avancement dans la perfection. Selon ce que je viens de vous dire, Monsieur, êtes-vous résolu de prononcer avec toute la liberté d'esprit, l'engagement et l'obligation que je vais vous dicter ? Etes-vous dans la ferme résolution et la signer et sceller de votre sang ? En ce cas-là, Monsieur, mettez-vous à genoux, pour venir vous-même, découvrez la place de votre cœur, à nu ; la pointe de ce compas doit reposer dessus, tandis que vous prononcerez le serment redoutable qui va vous ouvrir la porte de notre Temple. Levez la main droite vers le trône de l'Etre Suprême qui vous voit et vous entend, répétez avec moi.»  

A l'instant où le profane va prononcer son engagement, le Vénérable frappe le coup de silence, tous les Frères s'approchent en tournant sur lui la pointe de leurs épées. Le premier Surveillant dit alors brusquement au récipiendaire :

«Arrête, téméraire ! Tu vas prononcer l'arrêt de mort. Tremble dans ce moment redoutable. Si ton cœur n'est pas d'accord avec ta bouche, retire-toi.»

Le Vénérable lui fait répéter mot à mot la formule suivante :

 

FORMULE

«Oui ! grand Dieu, je promets d'être fidèle à ta sainte religion, à mon souverain et à ma patrie, d'aimer et de secourir mes Frères dans leurs besoins, autant que mes facultés et la providence me le permettront. Je promets un attachement et une fidélité inviolables à l'Ordre respectable du Franc-Maçon. Je promets, en homme d'honneur, de garder très étroitement le secret sur les mystères qui me seront confiés, étant résolu fermement, de perdre plutôt la vie que de révéler à un profane, rien de ce qui a rapport à la Maçonnerie. Plutôt que de manquer à ma parole, je préférerai avoir la gorge coupée, mon corps brûlé et mes cendres jetées au vent. Que le Grand Architecte de l'Univers soit à mon aide et me préserve d'oublier mes engagements.»

Le Vénérable dit ensuite :

«Vous voilà maintenant engagé d'une manière irrévocable, il n'est plus en votre pouvoir de vous rétracter, vous nous appartenez bien légitimement, puisque vous vous êtes donné volontairement à nous. Je compte qu'en répétant avec moi, vous avez senti la force et l'étendue des obligations que vous contractiez et que vous êtes bien dans l'intention de les exécuter. Voyons à présent si votre sang est aussi pris que votre volonté.»

En donnant trois coups de maillet sur la tête du compas qui repose sur son cœur, il lui dit :

«Par le pouvoir dont cette respectable Loge m'a revêtu, je vous reçois Maçon. Levez-vous. Le titre de Frère va désormais vous appartenir et je vais proclamer votre admission aux quatre parties de ce Temple.»

«Frères premier et deuxième Surveillants, Vénérables passés Maîtres, Vénérable en exercice, Off. Dign\ M en F\ G\ qui composez cette R\ L\ reconnaissez le F\ N pour apprentif Maçon et applaudissons à son admission.»

On fait la triple acclamation.

«Frère premier Surveillant, reconduisez le Frère à l'Occident et mettez-le en état de voir la Lumière.»

Le premier Frère l'emmène à l'Occident, lui ôte les bandeaux et ne les laisse tomber que lorsque le Vénérable a frappé le troisième coup du signal, à l'instant deux Frères placés aux deux côtés du récipiendaire jettent sur une bougie allumée une pincée de poix résinée, pour faire une grande flamme au moment où il voit le jour. Lorsque le bandeau est levé, le premier Surveillant dit au Vénérable : «Tout est prêt». Les Frères ont eu soin de tourner la pointe de leurs épées contre le récipiendaire et le Vénérable dit : «Mon Frère, ces épées dont vous voyez la pointe dirigée contre votre cœur, vous annoncent le châtiment qui vous serait réservé si jamais vous deveniez indiscret, de même qu'elles vous assurent du secours que vous devez attendre de vos Frères, si vous étiez dans le cas d'en avoir besoin.»

Le Vénérable frappe ou remet les épées : le Patron du récipiendaire vient l'embrasser et le conduit hors de la Loge pour le faire habiller. Il le conduit ensuite entre les deux Surveillants, lesquels avertissent le Vénérable que le récipiendaire demande à être revêtu en Maçon. Le Vénérable ordonne à son Frère premier Surveillant de faire monter les trois marches d'escalier et de faire avancer le récipiendaire par trois pas d'app\. Le récipiendaire étant en face du Vénérable, le Vénérable dit :

« M\ C\ F\ vous entrez dans un nouveau monde, bien différent de celui dont vous sortez. Il faut vous dépouiller de toutes les passions qui pourraient affaiblir les heureuses dispositions que nous avons remarquées en vous, décoré des ornements maçonniques dont nous allons vous revêtir. Faites-nous connaître de plus en plus votre zèle et votre attachement à vos devoirs, que vous êtes digne de la faveur signalée que nous allons vous faire, et justifier notre choix par votre exactitude à les remplir. Je vais commencer à vous dévoiler nos mystères, mais ne croyez pas parvenir tout d'un coup dans le sanctuaire de la vérité. Un voile épais vous la cachera encore longtemps (ou pendant quelque temps), ce n'est que dans le dernier des hauts grades, que vous la verrez toute nue ; nous allons seulement vous confier quelques objets de la Maçonnerie qu'on appelle allégorique, méritez par votre conduite que nos emblèmes vous soient expliqués.»

 

HISTOIRE DU GRADE

«Quoique notre Ordre soit fort ancien, pour des raisons que vous saurez ensuite, nos ancêtres ont jugé à propos de fixer la première époque de la Maçonnerie à la construction du Temple, sous le règne de Salomon. Comme cet édifice était considérable, il était nécessaire d'établir un Ordre pour faire exécuter sans confusion tous les différents ouvrages. Le sage roi établit donc différentes classes d'ouvriers à qui il confia les différents travaux. La première classe était celle des apprentifs. Leur devoir était d'aider les compagnons et de dégrossir les pierres brutes, enfin on les chargea des ouvrages plus aisés, comme de porter les matériaux dont on pouvait avoir besoin. On leur donna un tablier, qui est la marque de tout Maçon, un signe, un attouchement et un mot pour se faire reconnaître, car sans cette précaution, il aurait été impossible de les distinguer des autres pour payer chaque fois le salaire convenu.

«Il fut assigné à chaque classe un lieu où ce payement devait leur être fait. Les apprentifs se rendirent auprès d'une colonne nommée JAKIN, qui était à gauche du parvis du Temple. Là, après avoir donné le signe, le mot et l'attouchement convenus, ils recevaient leurs salaires. Ce sont ces mêmes signes, attouchement et mot qui sont parvenus jusqu'à nous sous le secret le plus inviolable et que je vais vous communiquer.»

Le Vénérable la lui donne

« Je vous revêts de ce tablier, plus noble et plus ancien que le cordon de la Toison d'Or et que vous devrez toujours, porter en Loge. Sa blancheur vous dénote la conduite d'un vrai Maçon. Je vous donne aussi ces gants, symbole de la pureté des mœurs d'un Maçon dont les mains ne doivent jamais se prêter à aucune action malhonnête. Quoique dans nos Loges nous n'admettions pas de femmes, cependant le cœur d'un Maçon est sujet à des faiblesses attachées à notre nature. Il peut aimer, il doit estimer le beau sexe. Je vous remets donc ce gant de femme, M\ F\ R\ à condition que vous ne le donniez qu'à une personne estimable par ses mœurs et en qui vous aurez remarqué des qualités dignes de fixer le cœur d'un galant homme. Etant assuré à présent de la générosité de votre âme, je n'hésite plus à vous rendre vos métaux et vos bijoux, persuadé de la disposition où vous êtes à les sacrifier au soulagement de vos Frères dans le besoin.

«Je vous félicite (en l'embrassant) à présent M\ C\ F\ du bonheur que vous avez d'être Maçon. C'est un avantage bien grand pour vous et vous le reconnaîtrez un jour. Allez vous faire connaître à vos Frères.»

Le Surveillant des Cérémonies conduit le récipiendaire à tous les Surveillants de la Loge auxquels il donne le signe, le mot et l'attouchement. Il revient ensuite le dire au Vénérable qui lui dit : « Il me reste à vous donner le mot de passe pour entrer dans nos Loges : allez vous placer M\ C\ F\ pour entendre l'instruction que va vous donner le C\ F\ orateur, au nom de la Loge».

 

DISCOURS DE L'ORATEUR

Le discours fini, on ramène le récipiendaire entre les Surveillants pour lui expliquer le tableau, ensuite le Vénérable ordonne au Frère premier Surveillant de le faire travailler sur la pierre brute. Il le fait en apprentif, après quoi on applaudit au travail du N\ Récipiendaire.

Le Vénérable ordonne ensuite au Frère Surveillant de faire la lecture des règlements que le N\ doit signer.

S'il n'y a plus de travail à faire, on ferme la Loge de la manière suivante, cependant le Vénérable invite auparavant le récipiendaire à signaler son entrée dans l'Ordre, par quelque aumône en faveur des pauvres ; le récipiendaire ayant donné l'exemple, on fait courir le tronc des pauvres.

     

INSTRUCTION

Le Vénérable D. : «Etes-vous Maçon ?»

Le 1er Surveillant : « Mes Frères et compagnons me reconnaissent pour tel.»

D. : «Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?»

N. : «Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.»

D. : «Qui vous a engagé à vous faire recevoir Maçon ?»

N. : «Mon propre désir et ma sincère volonté.»

D. : «Que vous en a-t-il coûté ?»

N. : «La Lumière et mes métaux.»

D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ?»

N. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»

D. : «Donnez-moi le signe ; on le donne »

D. : «Que signifie-t-il ?»

N. : «Il me rappelle mon obligation par laquelle j'ai consenti à avoir la gorge coupée, si je deviens parjure à mes engagements.»

D. : «Donnez-moi l'attouchement.»

N. : «On le donne au Vénérable Surveillant.»

D. : «Donnez-moi le mot.»

N. : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu» (on l'épelle).

D. : «Que veut dire ce mot ?»

N. : «Le Seigneur est mon espérance.»

D. : «D'où vient ce mot ?»

N. : «D'une colonne qui était à la gauche du parvis du Temple auprès de laquelle les Apprentifs allaient recevoir leur salaire.»

D. : « Quel est le mot de passe d'Apprentif ?»

N. : « TUBALCAIN.»

D. : «Que veut dire ce mot ?»

N. : «C'est le nom du premier ouvrier dont il soit fait parler dans l'écriture.»

D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»

N. : «Tout équerre, niveau ou perpendiculaire.»

D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»

N. : «J'entends la façon de se prendre la main pour se reconnaître entre Frères.»

D. : «Qu'entendez-vous par parole ?»

N. : «Un mot sacré et mystérieux qui sert à me faire reconnaître pour Apprentif.»

D. : «Quel est le point parfait de votre entrée ?»

N. : C'est la manière de se camper et de marcher en Maçon.»

D. : «Qui vous a introduit en Loge ? »

N. : «Un gentilhomme de mes amis, que j'ai ensuite reconnu pour Maçon.»

D. : «Comment avez-vous été annoncé en Loge ?»

N. : «Par trois grands coups.»

D. : «Que signifient-ils ?»

N. : «Trois passages de l'Ecriture Sainte : Demandez et vous recevrez ; Cherchez et vous trouverez ; Frappez et on vous ouvrira.»

D. : «Que vous ont produit ces trois coups ?»

N. : «Le deuxième Surveillant qui m'a fait voyager 3 fois d'Occident en Orient par le Septentrion et 3 fois d'Orient en Occident par le Midy.»

D. : «Quand êtes-vous entré en Loge, qu'avez-vous vu ?»

N. : «Rien que l'esprit humain puisse comprendre.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Parce que j'étais privé de la véritable Lumière.»

D. : «Comment étiez-vous habillé, quand on vous a introduit en Loge ?»

N. : «J'étais nu, ni vêtu, ni chaussé, ni déchaussé mais cependant d'une manière décente et séparé de tous métaux.»

D. : «Pourquoi étiez-vous séparé de tous métaux ?»

N. : «Parce que dans le temps où l'on construisit le Temple de Salomon, tous les matériaux étaient taillés et prêts à être mis en œuvre, de sorte que l'on n'entendit frapper aucun coup de marteau.»

D. : «Pourquoi dans ce voyage mystérieux, vous faisait-on lever le pied et baisser la tête ? »

N. : «Parce que lors de la construction, il fallait lever le pied pour passer sur les matériaux et baisser la tête pour passer sous les échafauds.»

D. : «Qu'avez-vous fait après vos voyages ?»

N. : «J'ai contracté une obligation à laquelle je serai fidèle même au péril de ma vie.»

D. : «Où vous a-t-on conduit après cette obligation ?»

N. : «Aux extrémités des ouvrages pour voir la Lumière.»

D. : «Quand on vous a donné la Lumière, qu'avez-vous vu ?»

N. : «Trois grandes Lumières le soleil, la lune et l'étoile flamboyante ou le Vénérable »

D. : «Expliquez-moi cela ?»

N. : «Comme le soleil éclaire pendant le jour et la lune pendant la nuit, de même l'étoile flamboyante ou le Vénérable, préside à la Loge pour l'éclairer de ses sages conseils et de ses lumières.»

D. : «Comment êtes-vous parvenu au Temple ?»

N. : «Par un escalier à 3 marches et par 3 pas en équerre, à la manière des Maçons.»

D. : «Que signifient ces 3 marches et ces 3 pas ?»

N. : «Les 3 voyages mystérieux, ou l'épreuve que l'on m'a fait subir.»

D. : «Comment voyagent les Apprentifs ?»

N. : «D'Occident en Orient pour chercher la Lumière.»

D. : «Comment vous appelez-vous ?»

N. : «HORUS, qui veut dire silence.»

D. : «Quel âge avez-vous ?»

N. : «Trois ans et plus.»

D. : «Qu'est-ce que cela veut dire ?»

N. : «Les années d'épreuve que l'on exigeait jadis avant d'être reçu Maçon.»

D. : «Dans quelle Loge avez-vous été reçu ?»

N. : «Dans une Loge juste et parfaite.»

D. : «Qu'appelez-vous une Loge juste et parfaite ?»

N. : «Trois la forment - Cinq la composent - Sept la rendent juste et parfaite.»

D. : « Comment appelez-vous votre Loge ?»

N. : «La Loge Saint-Jean.»

D. : «Ou est-elle située ?»

N. : «Dans un lieu saint et sacré, tel que la Vallée de Josaphat.»

D. : «Sur quoi est-elle fondée ?»

N. : «Sur trois grandes colonnes : SAGESSE, FORCE et BEAUTE ; sagesse pour entreprendre, force pour exécuter, beauté pour orner.»

D. : «Quelle est la forme de votre Loge ?»

N. : «La même que celle d'un globe.»

D. : «Quelle est sa longueur ?»

N. : «De l'Orient à l'Occident.»

D. : «Quelle est sa largeur ?»

N. : «Du Septentrion au Midi.»

D. : «Quelle est sa profondeur ?»

N. : «Depuis la surface jusqu'au centre.»

D. : «Sa hauteur ?»

N. : «Un espace immense.»

D. : «Qu'entendez-vous par là ?»

N. : «Que le globe terrestre renferme tous les Maçons, lesquels ne composent qu'une seule et même Loge.»

D. : «Où se tient le Vénérable en Loge ?»

N. : «A l'Orient.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Comme le soleil ouvre sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge, mettre les ouvriers en œuvre et les éclairer de sa Lumière.»

D. : «Où se tiennent les Frères Surveillants ?»

N. : «A l'Occident.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Comme le soleil termine sa carrière de ce côté, de même les Surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge, payer les ouvriers et les envoyer contents.»

D. : «Où se tiennent les Apprentifs ?»

N. : «Au Septentrion.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Afin que de ce côté obscur ils puissent considérer les travaux des compagnons.»

D. : «Avez-vous reçu des gages ?»

N. : «Oui, Vénérable.»

D. : «Où les avez-vous reçus ?»

N. : «A la colonne J.»

D. : «A quelle heure se ferme la Loge ?»

N. : «A minuit.»

D. : «Quelle heure est-il ?»

N. : «Minuit plein.»

Le Vénérable frappe trois coups et dit : «Puisque la Loge se ferme à minuit, et qu'il est minuit plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d'Apprentif est fermée » , en disant cela, le Vénérable et tout l'Orient font le signe d'apprentif.

Le premier Surveillant frappe et annonce que la Loge est fermée. Il fait le signe, de même que la colonne du midy.

On fait la triple acclamation.

Le deuxième Surveillant fait de même avec le Septentrion.

 

(Bibliothèque de Lyon. Fonds Costes. ms 5937 (307)

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Les trois coups distincts (1760)

9 Décembre 2012 , Rédigé par les 3 coups distincts Publié dans #Rites et rituels

Catéchisme caractéristique des Anciens Devoirs de la maçonnerie opérative anglaise, daté de 1760 et intitulé « Les Trois coups distincts »  

Ce texte est le reflet de la tendance religieuse qui animait depuis 1756, la toute débutante maçonnerie spéculative en ce pays (publication à cette date de l’Ahiman Rezon, pamphlet en réaction de la maçonnerie philosophique et non confessionnelle illustrée par les Constitutions d’Anderson de 1720).
A cet égard, il marque une rupture en se positionnant comme un catéchisme symbolique entaché de religiosité. Il donne une nouvelle orientation à la maçonnerie anglaise.
 

« Les Trois coups distincts » est l’un des premiers textes à évoquer un certain nombre de thèmes qui connaîtront une extraordinaire diffusion dans la maçonnerie mondiale au cours des deux siècles suivants, en particulier au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Parmi ces thème, retenons entre autres celui très spirituel des oppositions rencontrées sur le chemin.  


Degré d'apprenti

« Le maître : Y a-t-il un lien qui nous unit, mon frère ?
Réponse : Oui vénérable.
Maî.: Quel est ce lien mon frère ?
Rép.: C'est un secret.
Maî.: Quel est ce secret, mon frère ?
Rép.: La maçonnerie.
Maî.: Alors je suppose que vous êtes maçon.
Rép.: Mes frères et mes compagnons me reconnaissent et m'acceptent comme tel.
Maî.: Pouvez-vous me dire quel genre d'homme un maçon doit-il être ?
Rép.: Un homme né d'une femme libre.
Maî.: Où vous êtes-vous d'abord préparé pour devenir maçon ?
Rép.:Dans mon coeur.
Maî.: Comment avez-vous été admis ?
Rép.:Par trois coups distincts.
Maî.: Qu'est-ce qu'on vous a dit ?
Rép.: Qui va là ?
Maî.: Qu'avez-vous répondu, mon frère ?
Rép.: Quelqu'un qui demande à prendre part au bienfait de cette très respectable loge dédiée à saint Jean, comme ont fait beaucoup de frères et compagnons avant moi. Maî.: Comment espérez-vous l'obtenir ?
Rép.: En étant libre et de bonne réputation.
Maî.: Après avoir fait cette prière, qu'est-ce qu'on vous a dit ?
Rép.: On me demanda en qui j'ai mis ma confiance.
Maî.: Qu'avez-vous répondu, mon frère ?
Rép. En Dieu.
Maî. ; Que vous a-t-on dit ensuite ?
Rép.: On me prit par la main droite, on me dit de me lever et de me laisser guider sans crainte d'aucun danger.
Maî.: Après cela, que vous a-t-on demandé de faire ?
Rép.: On me fit faire trois fois le tour de la loge.
Maî.: Où avez-vous rencontré la première opposition ?
Maî.: Que vous a-t-il répondu ?
Rép.: Derrière le second surveillant au midi où je frappai trois coups comme je l'avais fait à la porte.
Maî. : Que vous a-t-il répondu ?
Rép. : Il a dit : Qui va là ?
Maî.: Qu'avez-vous répondu ?
Rép.: J'ai fait la même réponse qu'à la porte : C'est quelqu'un qui demande à être reçu.
Maî.: Où avez-vous rencontré la seconde opposition ?
Rép.: Derrière le premier surveillant à l'ouest où je répétai ce que j'avais dit à la porte. Il dit : Qui va là ? J'ai répondu que c'était quelqu'un qui demandait à être reçu.
Maî.: Où avez-vous rencontré la troisième opposition ?
Rép. :Derrière le maître à l'est, où je répétai la même chose qu'auparavant.
Maî.: Que vous fit faire le maître ?
Rép.: Il m'ordonna de retourner au premier surveillant à l'ouest pour y recevoir des instructions.
Maî.: Dites-moi, mon frère, après que vous avez prêté cette obligation, quelle est la première question qu'on vous a posée ?
Rép.: On me demanda quel était mon plus grand désir ?
Maî.: Et qu'avez-vous répondu ?
Rép.: Recevoir la lumière.
Maî.: Qui vous a conduit à la lumière ?
Rép.: Le maître et le reste des frères.
Mai.: Qu'avez-vous vu en premier lorsque vous avez reçu la lumière ?
Rép.: La Bible, l'équerre et le compas.
Maî.: Vous a-t-on dit ce qu'ils signifiaient ?
Rép.:Les trois grandes lumières de la maçonnerie.
Maî.: Expliquez-les, mon frère.
Rép.: La Bible dirige et gouverne notre foi; l'équerre sert à ajuster nos actions ; le compas doit nous maintenir dans une juste mesure avec tous les hommes, en particulier avec un frère.

Maî.: Que vous a-t-on dit ensuite ?
Rép.: Le maître m'a fait monter à l'angle nord-est de la loge, c'est-à-dire à sa droite.
Maî.:Vous a-t-il remis quelque chose ?
Rép. : Il m'a remis un tablier dont il me revêtit en me disant que c'était un signe d'innocence plus ancien que la Toison d'or ou que l'Aigle romaine, et plus honoré que l'Ordre de la Jarretière, ou que tout autre Ordre existant sous le soleil, qu'on pourrait me conférer à présent ou à l'avenir.
Maî.: Que vous montra-t-on encore ?
Rép.: Je m'assis à la droite du maître et il me montra les outils de l'apprenti entré.
Maî.: Quels étaient ces outils ?
Rép.: La règle à 24 divisions, l'équerre et le marteau ordi­naire ou maillet d'ajusteur.
Maî.: A quoi servent-ils ?
Rép.: L'équerre sert à régler mon travail, la règle à 24 divi­sions à le mesurer, le maillet à éliminer toute la matière superflue afin que l'équerre puisse s'y apposer et s'y ajuster aisément.
Maî.: Mon frère, puisque nous ne sommes pas tous des maçons opératifs, nous appliquons ces outils à nos moeurs; c'est ce que nous appelons spiritualisation. Expliquez cela.
Rép. : La règle à 24 divisions représente les 24 heures du jour.
Maî.: A quoi les passez-vous, mon frère ?
Rép. : Je passe six heures à travailler, six heures à servir Dieu, et six heures à rendre service à un frère ou à un ami tant que cela est en mon pouvoir sans porter préjudice ni à moi-même ni à ma famille.
Maî.: Vous m'avez dit, mon frère, que vous avez donné trois coups distincts à la porte. Pouvez-vous me dire ce qu'ils signifiaient ?
Rép.: Un certain passage de l'Ecriture.
Maî.: Quel est ce passage, mon frère ?
Rép.: Demande et tu recevras, cherche et tu trouveras, frappe et on t'ouvrira.
Maî.: Comment interprétez-vous ce texte en maçonnerie ?
Rép.: J'ai cherché dans mon esprit. J'ai demandé à un ami. J'ai frappé et la porte de la maçonnerie m'a été ouverte.
Maî.: Pourquoi a-t-on touché votre sein gauche dénudé avec une épée, une lance ou quelque autre arme ?
Rép. : Parce que c'est le sein gauche qui se trouve le plus près du coeur.
C'était un aiguillon visant davantage ma conscience que ma chair.
Maî.: Mon frère, nous avons longtemps parlé de loge. Dites-moi, qu'est-ce qui compose une loge ?
Rép. : Un certain nombre de maçons réunis ensemble pour travailler.
Maî.: Pouvez-vous me dire combien composent une loge ?
Rép.: Trois, cinq, sept ou onze.
Maî.: Pourquoi trois composent-ils une loge ?
Rép.: Parce qu'il y eut trois Grands-maîtres à la création du monde ainsi qu'à la création de ce noble morceau d'archi­tecture qu'est l'homme, lequel est si parfait dans ses propor­tions que les anciens conçurent leur architecture d'après les mêmes lois.
Maî.: Quelle est la seconde raison, mon frère ?
Rép.: Il y eut trois Grands-maîtres lors de la construction du temple de Salomon.
Maî.: Pourquoi cinq composent-ils une loge ?
Rép.: Parce que tout homme est pourvu de cinq sens.
Maî.: Quels sont les cinq sens ?
Rép.: L'ouïe, la vue, l'odorat, le goût et le toucher.
Maî.: A quoi vous servent ces cinq sens en maçonnerie ?
Rép.: L'ouïe, la vue et le toucher me sont très utiles.
Maî.: A quoi servent-ils, mon frère ?
Rép. : L'ouïe sert à entendre le mot, la vue à voir le signe, le toucher à sentir l'attouchement. Je peux de la sorte reconnaître un frère tant dans l'obscurité qu'en pleine lumière.
Maî.: Pourquoi sept composent-ils une loge ?
Rép.:Parce qu'il y a sept arts libéraux... /...
Mai.: Pourquoi onze composent-ils une loge, mon frère ?
Rép.: Parce qu'il y avait onze patriarches lorsque Joseph fut vendu en Égypte et considéré comme mort.
Mai.: Quelle est la deuxième raison, mon frère ?
Rép.: Il ne resta que onze apôtres après la trahison du Christ par Judas.
Maî.: Quelle forme a votre loge ?
Rép.: Celle d'un carré long.
Maî.: Quelle est sa longueur, mon frère ?
Rép.:Elle va de l'orient à l'occident.
Maî.: Quelle est sa largeur, mon frère ?
Rép.: Elle va du septentrion au midi.
Maî.: Quelle est sa hauteur, mon frère ?
Rép.: Elle va de la surface de la terre jusqu'au ciel.
Maî.: Quelle est sa profondeur, mon frère ?
Rép.: Elle va de la surface de la terre jusqu'à son centre.
Maî.: Pourquoi dit-on que la loge s'étend de la surface de la terre jusqu'à son centre ?
Rép.: Parce que la maçonnerie est universelle.
Maî.: Pourquoi votre loge est-elle orientée de l'orient à l'occident ?
Rép. : Parce que toutes les églises et chapelles le sont, ou devraient l'être.
Maî.: Pourquoi cela, mon frère ?
Rép.: Parce que l'Évangile a été d'abord prêché en orient avant de s'étendre à l'occident.
Maî.: Qu'est-ce qui soutient votre loge ?
Rép.:Trois grands piliers.
Maî.: Quel est leur nom ?
Rép. :Sagesse, force et beauté.
Maî.: Pourquoi dit-on que votre loge est soutenue par ces trois grands piliers : sagesse, force et beauté ?
Rép. : Parce que la sagesse, la force et la beauté contri­buent à l'achèvement de tout travail, et qu'on ne peut rien accomplir sans elles.
Maî.: Pourquoi en est-il ainsi, mon frère ?
Rép.: Parce que la sagesse conçoit, que la force soutient et que la beauté orne.
Maî.:Votre loge est-elle couverte ?
Rép. : Oui, par un dais orné de nuages de diverses cou­leurs. »

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Melchisédek (2)

9 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #fondements bibliques de la FM

Le texte montre que ce personnage est mentionné comme étant un homme qui n'avait pas leur généalogie. Il n'est pas affirmé qu'il n'avait aucune généalogie.

La distinction est faite dans ce texte, cependant, que les dîmes étaient reçues par des hommes mortels. Il y est attesté qu’elles ont été reçues par quelqu’un qui est attesté comme vivant. Ceci est le fondement du texte se rapportant au Messie. Cependant, Hébreux 7:11 dit spécifiquement que le Messie est ressuscité en tant qu'un autre sacrificateur.

 Le concept de vivant peut découler de l'Esprit Saint qui donne la vie aux patriarches, comme il l’a fait à la maison de David. Ainsi, le texte dans Hébreux 7:8 pourrait se rapporter à l'assignation de l'Esprit à Melchisédek, en tant qu’un des élus. Ce n'est pas essentiel que ce texte vise le Messie. Hébreux 7:11 Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce Lévitique, – car c’est sur ce sacerdoce que repose la loi donnée au peuple, – qu’était-il encore besoin qu’il parût un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et non selon l’ordre d’Aaron ?

Ainsi, le changement du sacerdoce est aussi lié au changement de la loi. De là, Melchisédek était d'un ordre, qui a été ré-institué dans le Messie et les élus.

Le sacerdoce de Melchisédek fait partie d'une promesse de Dieu. Hébreux 6:17-20 C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution, intervint par un serment,  afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée.  Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

Le Messie est ici devenu un sacrificateur pour toujours d’après l'ordre de Melchisédek. Il n'est pas identifié comme étant ce sacrificateur. Il est un Souverain Sacrificateur pour toujours d’après l'ordre. Ainsi, Melchisédek a établi un ordre. Jésus est allé comme étant un précurseur en notre nom. En d'autres termes, nous deviendrons aussi des sacrificateurs de cet ordre. Hébreux 7 montre la relation de Melchisédek au sacerdoce. Hébreux 7:1-28 En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, – qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, qui le bénit, et à qui Abraham donna la dîme de tout, – qui est d’abord roi de justice, d’après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix,

Le texte soutient que Melchisédek signifie à la fois roi de justice et roi de Salem, ou de paix. La compréhension des Hébreux, tant selon Milik et Vermes, est que Melchisédek signifie Mon Roi est Justice et il est le roi de l'Armée de lumière. Le nom de Satan est Melkiresha’ signifiant Mon Roi est Méchanceté (voir J.T. Milik Journal of Jewish Studies, 1972, pp. 126-135 et aussi Vermes, op. cit., pp. 252-253). Il n'y a aucun doute que nous avons affaire aux batailles de Satan/Messie des derniers jours, selon l’opinion des MMM. qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, –mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, – ce Melchisédek demeure sacrificateur à perpétuité.

Il est tenu comme étant sans père et sans mère et sans généalogie (apatoor, ametoor, agenealogetos). Il n'a ni début de jours, ni fin de vie, mais ressemblant au Fils de Dieu, il continue à être un sacrificateur pour toujours. L’opinion messianique de ce texte semble être fondée sur l’hypothèse qu’il n'avait aucune généalogie et qu'il était éternel. De là, il était le Messie. Le texte dit qu'il ressemblait au Fils de Dieu. Il ne dit pas qu'il était le Fils de Dieu. Le mot est aphomoioo ; assimiler étroitement, ou être rendu comme. Ainsi, il a été rendu comme le Fils de Dieu. L'intention est tout aussi valable que cette entité, étant l’un des patriarches, a été rendue conforme à l'image du Fils de Dieu, de même que tous les élus, dans l’esprit, et a été nommé sacrificateur du type qui remplacerait l'ordre Aaronique, même avant que l'ordre Aaronique n'ait été nommé. Le texte dit qu’il demeure un sacrificateur à perpétuité (voir l’Interlinéaire de Marshall). Le terme demeure un sacrificateur pour toujours est interprété pour nécessiter la vie continue. Ce n'est pas le cas autre que dans le même sens queles élus sont mentionnés comme étant endormis.

La signification de ces textes est discutée ci-dessous, par rapport à la loi régissant le sacerdoce. Considérez combien est grand celui auquel le patriarche Abraham donna la dîme du butin.Ceux des fils de Lévi qui exercent le sacerdoce ont, d’après la loi, l’ordre de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire, sur leurs frères, qui cependant sont issus des reins d’Abraham ; et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses.

Le texte dit aussi que cet homme n’étant pas de leur ascendance (voir l’Interlinéaire de Marshall) a reçu les dîmes d’Abraham. Il ne dit pas qu'il n'avait pas de généalogie. Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur. Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; mais là, c’est celui dont il est attesté qu’il est vivant.

Ce texte est le texte clef pour l'affirmation que Melchisédek n'est pas humain. La même affirmation est faite des élus. Ils ne meurent pas, ils s’endorment (1Cor. 15:6,18).

De plus, Lévi, qui perçoit la dîme, l’a payée, pour ainsi dire, par Abraham ; car il était encore dans les reins de son père, lorsque Melchisédek alla au-devant d’Abraham. Le paiement des dîmes au sacerdoce était pour montrer que les lois de Dieu continuaient, et ne dépendaient pas de Moïse et du sacerdoce lévitique. Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce Lévitique, –car c’est sur ce sacerdoce que repose la loi donnée au peuple, – qu’était-il encore besoin qu’il parût un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et non selon l’ordre d’Aaron ?

Ici, le Messie est clairement affirmé comme étant un autre sacrificateur d’après l'ordre de Melchisédek. Il n'y a aucune suggestion ici que Melchisédek est le même être. Si tel était le cas, alors il y a peu de doute que l'auteur de l’épître aux Hébreux aurait souligné le point. Ce qu'il essayait de faire, était de souligner le rapport entre le Messie et Melchisédek, car il est démontré être le cas, que l'espérance des sectes judaïques du premier siècle s’attendaient à Michel comme étant le Messie et Melchisédek. L’épître aux Hébreux devait faire un lien pour montrer que la prophétie avait été accomplie dans le Messie, comme étant d’après l’ordre de Melchisédek et le précurseur du sacerdoce des élus dans cet ordre. L'ordre était sans généalogie, parce que les élus seraient choisis à partir de toutes les tribus d'Israël et ensuite à partir des Païens, qui étaient eux-mêmes ajoutés aux tribus en tant que sacrificateurs. Ainsi, la lignée entière des élus était sans mère, ou père, ou généalogie, dans le sacerdoce. Les critères de sélection ne dépendaient pas de tels détails. Car, le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un changement de loi. En effet, celui de qui ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a fait le service de l’autel ; car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n’a rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce.

L'extension du sacerdoce au-delà de Lévi est spécifiquement mentionnée à partir de ce texte. Le texte poursuit pour mentionner la ressemblance du Messie à Melchisédek. Cela devient plus évident encore, quand il paraît un autre sacrificateur à la ressemblance de Melchisédek, institué, non d’après la loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une vie impérissable ; car ce témoignage lui est rendu : Tu es sacrificateur pour toujours Selon l’ordre de Melchisédek. Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, – car la loi n’a rien amené à la perfection, – et introduction d’une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu.

L'intention d'éliminer la généalogie comme objectif du texte est rendue explicite ici. Le sacerdoce est conféré non pas par la descendance physique, mais par la puissance d'une vie indestructible (voir Rom. 1:4). Ainsi, l'Esprit Saint a conféré le pouvoir sur Melchisédek, comme il a fait sur Abraham et tous les patriarches, aussi bien que David, les Juges et les Prophètes, continuant aux apôtres et aux élus. L'importance du texte n'est pas dans le fait que Melchisédek pourrait avoir été le Messie, mais, plutôt, il est plus important s'il ne l'était pas. Et, comme cela n’a pas eu lieu sans serment, car, tandis que les Lévites sont devenus sacrificateurs sans serment, Jésus l’est devenu avec serment par celui qui lui a dit : Le Seigneur a juré, et il ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours, Selon l’ordre de Melchisédek. – Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente.

C'est le témoignage de Dieu que les élus sont entrés en fonction. Le Messie a reçu la fonction par la promesse de Dieu par serment.

Le sacerdoce lévitique était empêché par la mort de continuer dans ses fonctions. Ils vont participer à la deuxième résurrection. L'ordre de Melchisédek participera à la première résurrection. Ceux des élus ont une meilleure résurrection (Héb. 11:35). De plus, il y a eu des sacrificateurs en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents. Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible.

La continuation pour toujours est à travers la mort, à la résurrection. Le sacerdoce n'est pas enlevé des élus, vu qu’il n'a pas été enlevé du Messie et des patriarches.C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, – car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. 28 En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait pour l’éternité.

Ainsi, le Messie était le couronnement de ce nouvel ordre de sacerdoce qui s'est étendu à ceux qui ont été choisis par Dieu, qui a nommé le Messie et l'a rendu parfait pour toujours.

Nous avons vu que quelques sectes judaïques identifiaient le Messie comme étant Michel (à partir de Dan. 12:1). Les suppositions sont basées sur le fait que Michel se tient pour le peuple d'Israël et que la Nation d'Israël a été donnée à Yahovah par le Très-Haut, quand Il a divisé les nations entre les fils de Dieu (comparer Deut. 32:8 RSV, la LXX et les MMM). Melchisédek a la signification de Mon Roi est Justice (Vermes Dead Sea Scrolls in English, p. 253). Il a été aussi supposé que Melchisédek était un nom pour le chef de l'Armée de Lumière, qui, comme nous l’avons vu, est une fonction du Messie (Vermes, p. 260).

Ces hypothèses sont faites à partir de la partie endommagée du Testament d’Amram. Ce serait compatible avec la connexion de Melchisédek-Messie parmi les Esséniens. Cependant, si Melchisédek était le Messie, il y a alors un problème sérieux avec l'incarnation et le sacrifice. Nous allons maintenant examiner le rapport de la loi au sacerdoce.

Le titre semble avoir été le titre héréditaire du roi de Jérusalem (ou Urusalaim). Des centaines d’années après Abraham, nous rencontrons un autre roi portant un titre semblable de Seigneur de Justice ou Mon Seigneur est Justice, durant l'occupation de Canaan par Israël, sous Josué. Ici, dans Josué 10:1, nous rencontrons Adoni-Tsédek, ce qui est une autre variation de Melchisédek, régnant à Jérusalem. Le titre, dans ses variantes, est ainsi héréditaire et est dévolu au Messie en vertu de son règne à partir de Jérusalem, et était peut-être envisagé dans ce sens par David aussi. De cette façon aussi, les élus sont des sacrificateurs d’après l'ordre de Melchisédek, parce qu'ils gouvernent avec lui à Jérusalem en tant qu'élohim (cf. Zach. 12:8 ; Apo. 7:1-17).

La supposition chrétienne que Melchisédek est le Messie repose sur un malentendu des textes dans Hébreux 7:3. Les termes sans père, mère et généalogie (apator etc.) se réfèrent à l’obligation d’être enregistré dans la lignée d’Aaron (Néh. 7:64) pour le sacerdoce lévitique.

Le terme début de jours et de fin de vie, se réfère à l’obligation de débuter ces fonctions à l’âge de trente ans et de cesser à cinquante ans (Nom. 4:47). Le Souverain Sacrificateur succédait le jour de la mort de son prédécesseur. Melchisédek n'a aucune telle condition. Hébreux enregistre dans la traduction Interlinéaire de Marshall qu'il était un homme (Héb. 7:4). Il a été rendu comme le Fils de Dieu (Héb. 7:3). Cependant, il n'était pas le Fils de Dieu qui était un autre sacrificateur(Héb. 7:11). Ainsi, tous les élus peuvent participer au sacerdoce, étant rendus comme le Fils de Dieu, indépendamment de la lignée et de l'âge, continuant à perpétuité. Quand à savoir qui était Melchisédek, nous pouvons seulement conjecturer. Les Esséniens ont interprété le texte de façon messianique comme l’ont fait quelques fondamentalistes modernes. Les éléments des Pauliciens qui partageaient aussi cette opinion ont été appelés les Melchisédekiens, mais ils l’ont gardé distinct du Messie en tant que le médiateur céleste (voir l’étude La Distribution Générale des Églises Observant le Sabbat (No. 122)). Hébreux semble avoir été écrit afin de corriger cette erreur, mais a lui-même été mal interprété. Le Midrash soutient qu'il était Sem (Rashi) étant roi (melek) d’un endroit de justice (tsedek) (Abraham ibn Ezra et Nachmanides). Cet endroit était là où le temple serait construit pour la Présence Divine, que le Midrash applique à Jérusalem dans l'ensemble, à partir du texte la Justice a logé en elle (Ésaïe 1:21) (ibn Ezra et Nachmanides, voir Soncino, fn. Genèse. 14:18). Plus important encore, le concept d’un Conseil des Élohim était absolu et est indéniable, comme étant le sens correctement compris des textes de l'Ancien Testament impliquant les élohim. La structure subalterne des Élohim est comprise d'une part, mais mal comprise par rapport à Michel et Melchisédek d’autre part.

Apocalypse 4 et 5 montrent que ce groupe compte trente entités incluant quatre chérubins. Ainsi, trente pièces d'argent ont été exigées pour la trahison de Christ (Matt. 27:3,9 cf. Zach. 11:12-13) vu qu’elle était une infraction contre la Divinité entière. Les Anciens sont chargés des prières des saints (Apo. 5:8) et Christ est leur Souverain Sacrificateur. Il était le membre des Anciens, qui a été trouvé digne d'ouvrir le rouleau du plan de Dieu, ayant racheté les hommes et les a faits un royaume et des sacrificateurs à notre Dieu, c'est-à-dire, le Dieu du Conseil et de Christ (Apo. 5:9-10).

La rançon des hommes fait partie d'une restauration du temps de la fin, qui arrive au second avènement du Messie en tant que Roi d'Israël, son premier avènement étant compris comme étant le Messie d'Aaron. Ce premier avènement messianique était l'expiation pour les péchés et l'établissement du sacerdoce de Melchisédek. La restauration du temps de la fin était comprise comme étant une extension des élohim tels que dépeints dans Zacharie 12:8. Dans la restauration des derniers jours, quand le Messie viendra à Sion, tel que compris d’Hébreux 12:22-23, la séquence de l'avènement impliquait la défense de Jérusalem et le renforcement des habitants physiques de la cité pour le règne Millénaire. Mais remarquez ce que Zacharie continue à exposer : Et celui qui est faible parmi eux en ce jour-là sera comme David ; et la Maison de David sera comme Dieu (élohim), comme l’Ange de Jéhovah devant eux (l’emphase est ajoutée).

La signification ici, consistait en ce qu’il a été donné à Zacharie la compréhension que l'Ange de YHVH était un élohim et que la maison de David (qui était mort depuis longtemps) devait se composer de ceux qui deviendraient eux-mêmes élohim, en tant que partie de la maison de David.

Zacharie a écrit à la fin de la période de la Bible, comme étant l’un des derniers livres à être écrit (prétendument vers 410-3 AEC (Avant l’ère Courante), se référer à l’Appendice 77 de la Compagnon Bible). La compréhension de la séquence n'a donc pas été changée pendant la durée de la compilation du texte.

La conclusion selon laquelle le Messie est Melchisédek n'est pas une opinion généralement tenue par l'Église de Dieu au cours des deux mille ans. Elle a été tenue par quelques groupes et quelques sectes judaïques. Il s’avère que le Messie n'était pas Melchisédek, mais que l'avancement de la vie éternelle à Melchisédek à travers sa position dans l'Esprit Saint a été mal compris. Le fait de la question n'est pas essentiel à la foi, ce n'est non plus un point de doctrine qui est essentiel à la fraternisation. L'attribution du rôle au Messie affaiblit probablement l'argument de l'extension du sacerdoce aux élus en tant que élohim, plutôt que renforcer la position. La controverse repose certainement sur une construction étroite d'un verset.

Source : http://www.logon.org/french/

 

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Melchisédek (1)

9 Décembre 2012 , Rédigé par x Publié dans #fondements bibliques de la FM

L'identité de l'être connu sous le nom de Melchisédek a fait l’objet de spéculations au cours des années. Certains ont proposé une identité messianique pour Melchisédek ; d'autres l'ont identifié aux patriarches. Pour isoler son identité probable, nous devons examiner les textes appropriés et le cadre historique durant lequel il a vécu. L'impact logique sur l'unicité de l'incarnation messianique est aussi un facteur que l'on doit considérer si, par exemple, on proposait une identité messianique. En d'autres termes, si on soutient que Melchisédek était Jésus Christ, cela doit être comparé aux textes appropriés et à la conséquence pour le salut humain d'un tel avènement double. Cette période se situait aussi à l’intérieur même de la durée de vie des patriarches qui ont vécu après le déluge. Il y a, sans aucun doute, une certaine signification à être tirée de cette considération.

Le monde durant la période après le déluge était d’un seul langage et sous un seul sacerdoce. Le point de vue judaïque était que ce sacerdoce était centré à Salem sous Melchisédek. L'identité de Melchisédek a été une énigme. Melchisédek selon le Midrash était identifié avec Sem (Rashi : voir Soncino).On l’a appelé ainsi parce qu'il était le roi (melech) d’un lieu célèbre pour sa justice (tsedek) [selon Abraham ibn Ezra] N[achmanides] pareillement : Il a gouverné au lieu où un jour serait construit le Temple où demeurait la Présence Divine qui est appelée tsedek. Le Midrash applique le terme à Jérusalem dans son ensemble, comme c’est écrit, la Justice logeait en elle (Ésaïe. 1:21) (commentaire de la Soncino à Genèse 14:18).

Melchisédek était le sacrificateur du Dieu Très-Haut. Nachmanides soutient que c’était :Uniquement parce qu’Abraham savait que c'était le cas qu’il lui a donné une dîme. LeTrès-Haut signifie au dessus de tous les autres dieux (N) (Soncino).

Rashi soutient que le pain et le vin, donnés par Melchisédek à Abraham, étaient des rafraîchissements pour les combattants épuisés par la bataille et pour les prisonniers libérés. Il démontrait ainsi qu'il n'avait aucun ressentiment contre Abraham pour avoir tué sa progéniture (viz. Cherdorlaomer, etc.) (voir la Soncino). Cet aspect est important indépendamment de la lignée de ceux impliqués. C'est plus important vu la descendance directe des victimes. La signification du pain et du vin, donnés à Abraham, est rattachée directement à la signification du Pain et du Vin qui feraient partie intégrante du Pain et du Vin établis par le Messie, au Dîner du Seigneur. Cet événement présageait avec impatience le symbolisme de l'Esprit Saint habitant en nous, vu qu’il était administré sous le nouveau sacerdoce selon l'ordre de Melchisédek, tel qu’introduit par le Messie. Le fait que Melchisédek a présagé cet événement n'exige pas qu'il soit le Messie. En effet, s'il l’était, il y a toutes sortes de problèmes dans le concept du sacrifice sans péché du Messie. Était-il né ? Était-il un homme ? Si oui, était-il né d'une vierge, alors ? Il n'était certainement pas de la lignée de David. S'il était un ange, qu'est-ce que cela implique pour le gouvernement de Salem à ce stade ? Quel était le sacerdoce là ? Pourquoi un sacerdoce angélique n'est pas enregistré ailleurs ? Quel usage a un ange pour les dîmes de la guerre ? S'il n'est pas mort, que peut-on alors dire des œuvres de Jean et de la doctrine de l'Antéchrist ? Les problèmes logiques présentés par un tel aspect messianique de Melchisédek sont énormes. 

Le sujet de Melchisédek est souvent incompris, tout simplement parce que la séquence et la signification de l'histoire ne sont pas comprises. L'Église de Dieu, pendant plus de deux mille ans, n'a pas tenu une opinion unanime sur le sujet et les opinions concernant la question n'ont pas été vues comme étant un point de doctrine ou central pour le salut. Certes, jusqu'aux étapes les plus intolérantes de l'Église en ce siècle, la question n’a pas été considérée comme justifiant la conformité doctrinale. Il sera utile d’examiner l'histoire de la construction du récit.Genèse 11:1-32  Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.  Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.  L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté.  Allons ! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres.  Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville.  C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre.

Ici, nous voyons la dispersion des gens, à cause du système qui était mis en place à Babel, sous le gouvernement établi par Nimrod là et à Accad, à Erec et à Calné. De là, il a construit Ninive, Rehoboth Hir, Calach (Genèse 10:10-11). Le sacrificateur de Dieu, cependant, était Sem, étant le fils de Noé. Noé a vécu 350 ans après le déluge (Genèse 9:28) et il est mort à l’âge de 950 ans (Genèse 9:29). Sem a été central dans le rétablissement après le déluge.Voici la postérité de Sem. Sem, âgé de cent ans, engendra Arpacschad, deux ans après le déluge. Sem vécut, après la naissance d’Arpacschad, cinq cents ans ; et il engendra des fils et des filles.  Arpacschad, âgé de trente-cinq ans, engendra Schélach.  Arpacschad vécut, après la naissance de Schélach, quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles. Schélach, âgé de trente ans, engendra Héber. Schélach vécut, après la naissance d’Héber, quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles. Héber, âgé de trente-quatre ans, engendra Péleg. Héber vécut, après la naissance de Péleg, quatre cent trente ans ; et il engendra des fils et des filles.  Péleg, âgé de trente ans, engendra Rehu. Péleg vécut, après la naissance de Rehu, deux cent neuf ans ; et il engendra des fils et des filles.  Rehu, âgé de trente-deux ans, engendra Serug.  Rehu vécut, après la naissance de Serug, deux cent sept ans ; et il engendra des fils et des filles. Serug, âgé de trente ans, engendra Nachor. Serug vécut, après la naissance de Nachor, deux cents ans ; et il engendra des fils et des filles. Nachor, âgé de vingt-neuf ans, engendra Térach.  Nachor vécut, après la naissance de Térach, cent dix-neuf ans ; et il engendra des fils et des filles. Térach, âgé de soixante-dix ans, engendra Abram, Nachor et Haran. Voici la postérité de Térach. Térach engendra Abram, Nachor et Haran. –Haran engendra Lot.  Et Haran mourut en présence de Térach, son père, au pays de sa naissance, à Ur en Chaldée. – Abram et Nachor prirent des femmes : le nom de la femme d’Abram était Saraï, et le nom de la femme de Nachor était Milca, fille d’Haran, père de Milca et père de Jisca.  Saraï était stérile : elle n’avait point d’enfants. Térach prit Abram, son fils, et Lot, fils d’Haran, fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d’Abram, son fils. Ils sortirent ensemble d’Ur en Chaldée, pour aller au pays de Canaan. Ils vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent.  Les jours de Térach furent de deux cent cinq ans ; et Térach mourut à Charan. 

Il y a un certain nombre de points importants qui ressortent du texte de Genèse 11. Le premier point se rapporte à l'âge de Sem et des autres. À partir de ces textes, nous pouvons établir les dates après le déluge de leur naissance et de leur mort. Les années sont d’une durée énorme. Ces époques ne sont pas acceptées comme étant des périodes littérales dans les temps modernes. En effet, suggérer que ces temps soient réels, c’est d’inviter la dérision. Cependant, un littéraliste ne peut pas l'avoir des deux manières. Si la Bible est littéralement vraie et que Melchisédek a existé, alors, les dates sont également vraies et Sem est un candidat. Les histoires des nations environnantes de Canaan dans le Moyen-Orient devraient aussi refléter les histoires concernant l'établissement des villes. Les personnages pourraient aussi être reflétés dans les histoires des nations, peut-être par d'autres noms. Il doit être rappelé que les noms avaient une signification et les noms donnés aux patriarches n'étaient pas nécessairement les mêmes que ceux par lesquels ils étaient connus dans d'autres pays. Par exemple, Noé a été connu dans l'Épopée de Gilgamesh comme étant Uta-Napishtim (il a été appelé le lointain) (voir Budge Babylonian Life and History, 2ème édition, Londres, 1925, pp. 92 ff). Il y a beaucoup de conjecture que les mythes Égyptiens concernent l'histoire de Sem en sa qualité de destructeur des systèmes apostats égyptiens. Cet aspect entier est trop compliqué pour cette oeuvre et doit être traité ultérieurement. Le mythe égyptien qui peut réfléchir sur Sem est l'histoire de Typhon, le frère d’Osiris qui avait le gouvernement de l'Égypte et qui avait essayé d'établir le modèle égyptien sur le reste du monde. Typhon est dépeint comme étant un usurpateur méchant qui a organisé une conspiration de soixante-douze membres. Avec ces derniers, il a confiné Osiris en cachette par la tromperie et l'a jeté dans le Nil. La signification ici est que le nombre soixante-douze se rapporte au Conseil Gouvernant de Dieu.

Le Sanhédrin était un conseil de soixante-dix ; cependant, il y avait toujours un minimum de soixante et onze en total et, plus tard, plus le Nasi. Le Messie a envoyé les soixante-dix après leur nomination (Luc 10:1). Ils revinrent avec joie en disant : même les démons nous sont soumis (Luc 10:17). L'autorité a été transférée ici à l'Église. Dans les deux cas, le nombre dans le texte est énuméré dans l’Interlinéaire de Marshall à partir du texte de Nestles comme étant hebdomekonta [duo] ou soixante-douze. Ainsi, on a compris que les soixante-dix sont accompagnés de deux, faisant soixante-douze.C'est en fait le Conseil des Élohim. De là, le mythe d'Osiris et d’Isis place Typhon en tant que la tête de ce Conseil, mais méchant en tant que anti-Égypte (voir Bullfinch’s Mythology, Avenel Books, New York, 1979, pp. 293 ff). Ainsi, on pouvait dire que Typhon tenait la place de sacrificateur du Dieu Très-Haut à la tête du Conseil. Il serait égal aussi à Melchisédek. Sem est souvent considéré sous cet aspect. Cependant, le taureau d’Apis est aussi associé à Osiris, étant considéré comme le dépôt de l'âme d'Osiris, et pour se transférer à chaque successeur d'Apis. Ainsi, la légende est liée aux mythes d’abattage du taureau et de là, les cultes du mystère. Sem, en tant que successeur de Noé et de la nouvelle terre, et le Messie aussi ont une pertinence à ces histoires. Ainsi, Melchisédek peut être considéré comme ayant à la fois l'application tant à Sem qu'au Messie. Le judaïsme le verrait comme étant Sem, à cause des considérations littérales. Les Essénienspouvaient, et en effet, l’ont allégorisé comme étant le Messie et Michel.

Sem a vécu 502 ans après le Déluge et sa vie a des implications pour le gouvernement des nations. Nous pouvons construire un tableau comme suit :

Patriarche

Âge à la naissance du fils

Naissance

Année de la Mort après le Déluge (D.)

Sem

100

 

D. + 502

Arpacschad

35

D. + 2

D. + 440

Schélach

30

D. + 37

D. + 470

Héber

34

D. + 67

D. + 531

Péleg

30

D. + 101

D. + 340

Rehu

32

D. + 131

D. + 370

Serug

30

D. + 163

D. + 393

Nachor

29

D. + 193

D. + 341

Térach

70

D. + 222

D. + 427

Haran

Nachor

Abram

 

D. + ?

D. + ?

D. + 352

Avant D. + 296.

La dispersion des nations s’est produite quand Abraham avait 48 ans, à la mort de Péleg, 340 ans après le Déluge (Seder Olam Rabbah, Ch. 1).

Abram (Abraham) a quitté Haran après la mort de Térach, en D. + 427 ans (1921 AEC selon le TM). Il avait soixante-quinze ans (Genèse 12:4). Nous sommes certains que les patriarches vivants à la mort de Térach et durant l'occupation de Canaan par Abram, étaient Sem, Arpacschad, Schélach et Héber.Sem était l'aîné. À partir de Genèse 9:26, Yahovah (ou Jéhovah) est déclaré comme étant le Dieu de Sem, et Japhet doit vivre dans ses tentes. Sem est ici béni, bien que Japhet soit l'aîné (Genèse 10:22). Sem est donc le sacrificateur du Dieu Très-Haut au temps d'Abraham. La distribution des autres est inconnue, mais Sem a eu Arpacschad et Elam, et Assur qui devait émerger en tant que les Assyriens. Le royaume antique d'Elam, une fois joint avec les autres, a formé la base de l'empire Babylonien.

Le mouvement des tribus indique que la répartition des nations en villes et régions limite les possibilités du sacerdoce du Dieu Très-Haut, à Salem, comme étant celui de Sem ou d’Arpacschad, étant donné les implantations connues des autres fils. Arpacschad est mort en D. + 440 (1908 AEC selon le TM) ; il est donc probable que le patriarche toujours vivant et aîné, soit celui mentionné en tant que Mon Roi est Justice, bien que Schélach ou Héber soient encore des possibilités. Sem est appelé le père de tous les fils d'Héber (Genèse 10:21). Ainsi, il est possible que le mot hébreu s'étende au-delà des Israélites à d'autres peuples relatifs. Ceci est une autre étude à part entière.

Rashi dit que la bénédiction d'Abraham par Melchisédek, dans Genèse 14:20, est, en premier, une bénédiction d'Abraham pour avoir livré bataille et, ensuite, de Dieu pour l'avoir aidé. Le fait qu'Abraham ait donné un dixième de tout, indiquait ainsi que ses descendants donneraient des dîmes aux sacrificateurs (selon Nachmanides). La dîme était destinée à être une offrande de remerciement à Dieu, et le seul sacrificateur apte à la recevoir était Melchisédek. L'interprétation judaïque traditionnelle, par conséquent, était que Melchisédek était Sem et que le sacerdoce après le déluge était aussi centré à Jérusalem.

Melchisédek en tant que le Messie

L'affirmation que le Messie était Melchisédek provient en partie d'un malentendudes textes en rapport à la généalogie. Il y avait une vue existante à l’époque de Christ dans certaines sectes judaïques, comme nous le savons à partir des Manuscrits de la Mer Morte, que Melchisédek était le Messie. L’opinion était aussi combinée à l’idéeque le Messie était l'archange Michel. L’opinion que Melchisédek était le Messie semble être fondée sur le fait que le Messie aurait dû venir pour exécuter deux fonctions. Cela peut être déduit à partir d’un certain nombre de prophéties, mais aussi, principalement, à partir de la fonction du souverain sacrificateur le Jour des Expiations, où il y avait une dualité de vêtements, représentant une fonction sacerdotale et expiatoire par les vêtements de lin, et au changement du souverain sacrificateur en vêtements de cérémonie royaux à la fin, indiquant aussi le roi Messie. Ainsi, le premier avènement était en tant que sacrificateur, et le second était en tant que roi Messie. La Judée était sous le joug romain et les gens voulaient un libérateur. Ainsi, peut-être certains ont vu dans Melchisédek la fonction de sacrificateur. Il a été prophétisé que le Messie serait un sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédek, dans Psaume 110:4.Psaume 110:1-7 De David. Psaume. Parole de l’Éternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.  L’Éternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance : Domine au milieu de tes ennemis ! Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ; Avec des ornements sacrés, du sein de l’aurore Ta jeunesse vient à toi comme une rosée.  L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, À la manière de Melchisédek.  Le Seigneur, à ta droite, Brise des rois au jour de sa colère. Il exerce la justice parmi les nations : tout est plein de cadavres ; Il brise des têtes sur toute l’étendue du pays. Il boit au torrent pendant la marche : C’est pourquoi il relève la tête. 

À partir du verset 1 du Psaume, nous savons que c'est le Messie qui est mentionné. La nomination est ici en tant qu'un sacrificateur pour toujours, d’après l’ordre de Melchisédek. Il n'est pas affirmé que le Messie était Melchisédek.

À partir des Manuscrits de la Mer Morte (MMM) (Damascus Rule VII en particulier, aussi à partir du fragment de la grotte IV), nous savons que le Messie avait deux avènements ; en tant que le Messie d'Aaron (ou Messie sacrificateur) et le Messie d'Israël (ou roi Messie). La communauté des MMM comprenait qu'ils étaient l’unique Messie (voir Vermes The Dead Sea Scrolls in English, p. 49 pour la discussion des textes). 

Les MMM ont donné une série de treize fragments de la grotte XI sur Melchisédek. Ils ont été publiés en 1965 par A S. van der Woude. Le texte se présente sous la forme d'un Midrash eschatologique, dans lequel, la proclamation de la liberté aux captifs dans les temps de la fin (Ésaïe 61:1) :est comprise comme faisant partie de la restauration générale de la propriété au cours de l'année du Jubilé [Lév. 25:13], vue dans la Bible [Deut. 15:2] en tant qu'une rémission des dettes. Le libérateur céleste est Melchisédek. Identique à l'archange Michel, il est le chef des 'fils du Ciel’ ou ‘dieux de Justice’ et il est mentionné en tant qu’élohim et el. Ces mots hébreux signifient normalement 'Dieu', mais certains contextes spécifiques à la tradition juive expliquent élohim comme étant conféré principalement à un 'juge'. Ici, Melchisédek est dépeint comme présidant au jugement final et à la condamnation de sa contrepartie démoniaque, Bélial/Satan, le Prince des Ténèbres, ailleurs appelé aussi Melkiresha’ [voir aussi Vermes, ibid., pp. 253,260]. Le grand acte de délivrance est attendu le Jour des Expiations à la fin du dixième cycle du Jubilé. Ce manuscrit révèle des informations non seulement sur le personnage de Melkizedek de l'Épître aux Hébreux vii, mais aussi sur le développement du concept messianique dans le Nouveau Testament et dans le christianisme antique. (Sur le messianisme voir G. Vermes, Jesus the Jew, London, 1973, pp. 129-59, 250-56)... Et concernant ce qu'Il a dit, Durant [cette] année du Jubilé [chacun de vous retournera à sa propriété [Lév. 25:13] ; et de même Et ceci est la méthode de relâche :] Chaque créancier relâchera ce qu'il a prêté [à son prochain et à son frère], car la relâche de Dieu [a été proclamée] [Deut. 15:2]. [Et elle sera proclamée à] la fin des jours concernant les captifs comme [Il a dit, de proclamer la liberté aux captifs [Ésaïe 61:1]. Son interprétation est qu'Il] les assignera aux Fils du Ciel et à l’héritage de Melchisédek ; c[ar Il partagera] leur [lot] parmi les po[rtions de Melchisé]dek, qui les conduira là et leur proclamera la liberté, leur pardonnant [les fautes] de toutes leurs iniquités (Vermes, ibid., p. 266).

On voit ainsi que Melchisédek était considéré comme étant l'Archange Michel et qu'il était le personnage messianique à qui le jugement était remis. Ceci est basé sur le texte dans Zacharie 3:1-10, qui montre aussi l'opposition à Satan dans ce processus. Le personnage était aussi compris comme étant l'Élohim qui juge les saints de Dieu, comme c’est écrit dans les Psaumes, où il est dit que : ÉLOHIM a pris sa place dans le conseil divin ; au milieu des dieux, il détient le jugement [Ps. 82:1]. Et c'était à son sujet qu'il a dit : que (l'assemblée des peuples) revient aux hauteurs au-dessus d'eux ; EL (dieu) jugera les peuples [Ps. 7:7-8]. Quant à cela il a d[it : jusqu’à quand jugerez-vous] injustement et aurez-vous égard à la personne des méchants ? Pause. [Ps. 82:2], son interprétation concerne Satan et les esprits de son lot [qui] se sont rebellés en se détournant des préceptes de Dieu vers... Et Melchisédek exécutera la vengeance des jugements de Dieu ... et il les arrachera [de la main de] Satan et de la main de tous les esp[rits de] son [lot]. Et tous les ‘dieux [de Justice’] viendront à son aide [pour] participer à lade[struction] de Satan .... (De Vermes, p. 267).

Ésaïe 52:7 utilise élohim dans le contexte de l’avènement messianique à Sion (voir Héb. 12:22-23).

On le voit à partir du texte de Vermes, qu’il n'y avait aucun doute que les textes cités étaient messianiques. Il n’y avait aussi aucun doute qu’il a été donné à Satan un rôle de pouvoir en jugement. Le terme son lot est utilisé pour montrer l'assignation des devoirs des pouvoirs célestes, conformément au processus trouvé dans le Temple, d'allouer la responsabilité et les périodes de service en tirant au sort. Le Conseil des dieux est ainsi vu en tant queles élus et l'Armée loyale, à qui l'on a donné le pouvoir. L'attribution de Melchisédek, comme étant le Messie, était donc maintenue comme une forte convictionparmi la Communauté de la Mer Morte, au temps de Christ, et l'association s’est retrouvée dans le Livre aux Hébreux. La similitude dans le Livre aux Hébreux, cependant, est dérivée du texte dans Hébreux 7:6-8.Hébreux 7:6-8 et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses. Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur.  Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; mais là, c’est celui dont il est attesté qu’il est vivant. 

 

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Ma famille irlandaise : les Kelly ou O'Kelly : "les petits enfants de la bagarre"

8 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #perso

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L’histoire du pays se retrouve dans les noms de famille irlandais. Une histoire qui remonte à deux mille ans et qui est pleine de guerriers et de héros, ou plutôt d’enfants et de petits-enfants de guerriers et de héros. Les quatre noms les plus répandus en Irlande font référence à ce passé mouvementé et militaire.

Le nom le plus répandu est « petit-fils du chien de la mer », Ó Murchú, en anglais Murphy. Être un chien de la mer n’a rien de péjoratif, mais signifie plutôt ‘guerrier de la mer’. En deuxième place se situe une famille aussi belliqueuse que la première, les « petits-enfants de la bagarre », les Ó Ceallaigh, en anglais les O’Kelly. En troisième place se trouvent les « petits-enfants des yeux noirs », les Ó Súilleabháin, en anglais les O’Sullivan. En quatrième position, honneur aux Gallois, Breathnach, les Walsh en anglais, qui témoignent de la présence des Gallois en Irlande, arrivés avec les Normands au XIIIe siècle. En cinquième position des noms les plus nombreux, la première des familles ‘Mac’, c’est-à-dire fils, le « fils du forgeron », les Mac Gabhann , en anglais Mc Gowan ou Smith.

Avec les cinq familles ci-dessus nous apprenons plusieurs choses sur les noms de famille irlandais. Le Ó signifie ‘petit-fils’, ‘descendance de’, le Mac signifie ‘fils’. Dans les patronymes irlandais il y a autant de Mac que de Ó. En Écosse on parle également une langue gaélique, nous retrouvons donc Mac dans les patronymes du pays. En revanche, les Écossais n’ont pas pris l’habitude typiquement irlandaise de faire référence au grand-père, la plupart de familles écossaises s’appellent Mac, le Ó est rarement utilisé. Le Mac et le Mc signifient la même chose, à savoir « fils », et ne sont que deux conventions orthographiques différentes, le Mc étant simplement une abréviation du Mac.

 

Les noms de famille existent souvent en double, à savoir en gaélique d’origine, et en anglais de bricolage. Ceci s’explique par l’occupation anglaise qui a duré des siècles, jusqu’à en 1921 pour la partie sud, et les efforts énormes déployés pour anéantir la société gaélique. Tout était bon à détruire : les classes dirigeantes, le système de gouvernement, la religion, les lois, la culture et la langue. Les noms en gaélique n’ont pas été épargnés. On leur a donné soit une orthographe à l’anglaise, tel que Mc Gowan pour Mac Gabhann, soit un équivalent en anglais, par exemple Smith, « le forgeron ». Dans les deux cas, la version anglaise était souvent brutale et sans ménagement. Les Irlandais ont compris eux-mêmes l’inconvénient de s’afficher avec un nom trop gaélique et beaucoup ont supprimé les Ó et Mac. Depuis le départ des Anglais du sud du pays en 1921 il a eu un certain retour aux orthographes d’origine, cependant la plupart des Irlandais continuent avec ce qui est maintenant un système de double nom, permis depuis l’indépendance, tout Irlandais de la République ayant droit à deux noms, l’un en gaélique, l’autre en anglais.

Source : http://www.chronique-gaelique.com/html/noms_de_familles.html

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Hymne national irlandais

8 Décembre 2012 , Rédigé par Hymne national irlandais Publié dans #Chants

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La GLTSO

8 Décembre 2012 , Rédigé par Étienne TADDEI TRGM Publié dans #histoire de la FM

Les origines anciennes

L'histoire de notre Obédience se confond avec celle de sa Loge créatrice N°1 "Le Centre des Amis". Nous suivrons ce fil conducteur pour notre historique.En 1778, des Francs Maçons, officiers suisses au régiment de Sonnenberg, appartenant à une Loge militaire française "Henri IV", créent une nouvelle Loge "Guillaume Tell". Elle reçoit sa patente du Grand Orient de France, travaille au Rite Français et recrute parmi les Gardes Suisses du Roi. En 1792, la monarchie tombe, les Tuileries sont investies par les révolutionnaires et les Gardes Suisses, dont de nombreux Frères de la Loge "Guillaume Tell", restés fidèles à leur serment d'attachement au roi, sont massacrés par la foule bien qu'ils fussent désarmés. L'année suivante, les quelques Frères survivants créent une nouvelle Loge "Le Centre des Amis". Ce nom veut bien dire ce qu'il veut dire. Cette nouvelle Loge était essentiellement une tentative pour regrouper, après la tourmente révolutionnaire, tous les adeptes fidèles à l'esprit maçonnique, une sorte d'association fraternelle de francs-maçons se recrutant par affiliation, seul moyen de préserver le secret et d'éviter les trahisons fréquentes dans ces périodes troublées. Les Frères composant cette Loge représentaient l'éventail des tendances politiques de l'époque à l'exception des extrémistes. En cela, ils étaient dans la plus pure tradition maçonnique telle qu'elle est exprimée dans l'article I des Constitutions d'Anderson : "la Maçonnerie devient le centre d'union, et le moyen de nouer une Amitié sincère entre des personnes qui n'auraient pu que rester perpétuellement étrangères". En 1808, "Le Centre des Amis" cesse de pratiquer le Rite Français et adopte le Rite Ecossais Rectifié avec l'autorisation officielle du Grand Orient (son obédience) et la patente de Jean-Baptiste Willermoz, fondateur du Rite et "Grand Chancelier du Directoire de Lyon du Régime Rectifié"(Régime = structure gérant les différents grades du Rite). Parallèlement le Régime Ecossais Rectifié se développe en France (3 Directoires : Bourgogne, Auvergne, Septimanie) et surtout en Suisse. "Le Centre des Amis" continuera ses travaux, fidèle à l'esprit maçonnique le plus pur et le plus élevé, puis les événements politiques et le vieillissement de ces membres aboutira à sa "mise en sommeil" en 1841. Toutes les archives sont alors confiées à la Préfecture (entité hiérarchique du Régime Rectifié) de Genève. 

Les origines modernes

En 1910, quelques frères du Grand Orient de France veulent réorienter les travaux dans un esprit plus spiritualiste et libéral. En effet, depuis 1848 et la IIème République, le Grand Orient a pris un virage plus humaniste, progressiste et s'implique dans la vie politique. En 1877, il renonce à la croyance au Grand Architecte de l'Univers et devient officiellement athée. Ces frères, dont le plus célèbre, Edouard de Ribaucourt, animés par le même esprit que les fondateurs du "Centre des Amis" de 1793, choisissent de "réveiller" cette Loge et de travailler au RER. Le Grand Prieuré d'Helvétie (structure suprême du Régime Rectifié toujours vivant en Suisse) retransmit les archives et les patentes nécessaires et les aide à "réveiller" officiellement "Le Centre des Amis" au RER dans le giron du Grand Orient de France (GODF). Cependant, le GODF ne pouvant plus tolérer la référence au GADLU, principe fondamental du RER, "Le Centre des Amis" doit quitter cette obédience en 1913. Avec l'aide d'une Loge anglaise de Bordeaux ils créent une nouvelle obédience "la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises" (GLNIRF) qui est immédiatement reconnue officiellement par la Grande Loge d'Angleterre. Cette obédience, avec "Le Centre des Amis" comme Loge N°1, prend de l'essor entre les deux guerres. Vient ensuite la tourmente de la deuxième guerre mondiale pendant laquelle toute la Maçonnerie est interdite par le régime de Vichy et les maçons pourchassés (un grand nombre est exterminé dans les camps de concentrations). En 1948, toujours autour du "Centre des Amis N°1", ce qui reste de la GLNIRF se reconstitue en Grande Loge Nationale Française (GLNF) (dite Bineau du nom du boulevard de Neuilly où se déroule cette cérémonie). Cette obédience reste actuellement la seule reconnue comme "régulière" par la Grande Loge Unie d'Angleterre. 

La création officielle

En 1958, les frères du "Centre des Amis N°1" et d'une autre Loge travaillant au RER, "Les Philadelphes" font le constat d'une totale main mise anglaise sur l'obédience (1/4 seulement de frères français !), une discipline toute britannique, de nombreuses tracasseries visant à museler le RER et l'interdiction de tout contact fraternel avec les maçons des autres obédiences françaises. Sept loges et une trentaine de grands officiers de la GLNF décident alors de fonder leur propre obédience pour échapper à la tutelle anglaise. Ainsi naît la "Grande Loge Nationale Française Opéra" (du nom de l'avenue où se tint son nouveau siège social). En adoptant le RER comme rite principal et en renouant avec la Tradition maçonnique ancienne, elle reconnaît officiellement les autres obédiences françaises et permet à tous ses frères des échanges fraternels avec tous les maçons "non réguliers". Depuis, elle continue d'entretenir des relations très suivies avec ces obédiences amies tout en restant attachée à une discrétion sur le plan médiatique et politique, afin de privilégier le travail maçonnique initiatique qui reste son objectif prioritaire. En 1982, lors de son Convent du 8 janvier l'obédience prend le nom de "Grande Loge Traditionnelle et Symbolique OPERA" pour marquer ses principes fondamentaux et pour bien se démarquer nominalement, de la GLNF Bineau. Notre obédience a travaillé à plusieurs reprises avec les autres obédiences pour essayer de réunir l'ensemble des différents courants maçonniques :

1961 avec le Centre de Liaison et d'Information des Puissances Maçonniques Signataires de l'Appel de Strasbourg (CLIPSAS).

1974 avec la Confédération Maçonnique Française, mais qui est restée lettre morte.

1999 avec un projet d'accord avec la Grande Loge de France (GLDF).

   2001 avec la création de La Maçonnerie Française regroupant les 9 principales Obédiences.

La GLTSO aujourd'hui

La GLTSO regroupe 250 Loges (dont certaines dans les territoires d'outre-mer et à l'étranger (Belgique, Italie, Thaïlande, ...) et près de 4.500 membres. Le rite majoritaire est le Rite Ecossais Rectifié, mais sont également pratiqués le Rite Français Traditionnel, le Rite Ecossais Ancien et Accepté et les Rites Anglo-Saxons (le Rite Emulation, le Rite d'York et le Rite Standard d'Ecosse). La GLTSO reste attachée à l'aspect initiatique de la Maçonnerie, à la pratique rigoureuse des rituels, l'étude des symboles, le perfectionnement spirituel de ses membres, la fraternité avec tous les maçons, quelle que soit leur appartenance. Ses travaux se déroulent sous l'égide du Grand Architecte de l'Univers. Elle n'opte pas pour une intervention directe dans la vie politique et la "société civile", mais enjoint ses frères "d'aller porter parmi les autres hommes les vertus dont ils ont promis de donner l'exemple". Elle participe en revanche aux œuvres humanitaires maçonniques, car la "Bienfaisance" est un devoir essentiel du maçon au RER. Exclusivement masculine par tradition historique, elle compte néanmoins, parmi les Obédiences qu'elle reconnaît, des structures mixtes ou féminines : la Grande Loge Féminine de France, le Droit Humain, Grande Loge Mixte de France, Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm et la Grande Loge Mixte Universelle. Tout homme "libre et de bonnes mœurs" croyant en la transcendance de l'être humain peut y rentrer quelles que soient ses opinions politiques et religieuses. Athées et matérialistes pourraient s'y sentir mal à l'aise, mais le rituel maçonnique peut aider à faire progresser sur le chemin de la Lumière et de la Vérité tous ceux qui ne se mettent pas un bandeau sur les yeux ! Les discussions politiques et religieuses stricto sensu y sont interdites, comme le veulent les Constitutions d'Anderson afin d'éviter toutes discordes "viscérales". Par contre, et la GLTSO est très stricte sur ce point, toutes les personnes appartenant à un mouvement extrémiste ou à une secte sont refusées ou exclues. Les profanes doivent s'engager, par écrit, sur ces deux points. Les principes maçonniques de tolérance et d'adogmatisme sont totalement opposés aux vues développées par ces mouvements politiques ou sectaires. Maintenir une Maçonnerie Traditionnelle Spiritualiste et Humaniste peut s'avérer être un défi dans notre monde matérialiste dominé par les puissances financières et médiatiques. Nous ne voulons pas "hurler avec les loups" et perdre notre authenticité pour être "à la mode". Nous avons l'Utopie de continuer à porter au troisième millénaire une Tradition Initiatique vivante pour aider l'Homme dans sa réalisation intérieure qui est son véritable but, seul moyen d'aider l'ensemble de l'humanité à progresser vers la Paix, la Justice, la Fraternité... 

source : www.gltso.org

Commentaire : la GLTSO, une obédience qui ne fait pas de bruit et qui a su maintenir la Tradition maçonnique avec des travaux de grande qualité.

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