Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Apprentif des loges de Lyon (1772)

9 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 1772 Publié dans #Rites et rituels

Lorsque le jour de réception d'un profane est arrivé et que l'heure indiquée a sonné, le Vénérable entre en Loge, précédé de ses deux Surveillants, qui doivent examiner si personne ne s'est glissé et caché dans la Loge. S'en étant bien assuré, ils disent au Maître des Cérémonies de faire entrer tous les Frères en commençant par les plus hauts grades. Lorsque toute la Loge est assemblée, le Vénérable frappe un coup et dit :

« Mes Frères, aidez-moi à ouvrir la Loge. Frère premier Surveillant, quel est le devoir des Surveillants ?»

Le premier Surveillant : « C'est de voir si la Loge est couverte ».

Le Vénérable : « Frère premier Surveillant, assurez-vous de l'intérieur, tandis que le Frère deuxième Surveillant s'assurera de l'extérieur de la Loge.»

Le premier Surveillant dit au deuxième Surveillant :

« Frère deuxième Surveillant, tandis que je vais tuiler l'intérieur, ayez soin de tuiler l'extérieur de la Loge, écartez-en les profanes.»

Le Frère deuxième Surveillant ayant mis la Loge à couvert, frappe trois coups sur l'épaule du premier Surveillant et lui dit :

« Frère premier Surveillant, la Loge est couverte à l'extérieur.»

Le premier Surveillant dit :

« Vénérable, la Loge est parfaitement couverte, tant en dehors qu'en dedans, nul profane ne peut voir ni entendre nos mystères, nous pouvons commencer.»

Le Vénérable frappe trois coups et dit :

« A l'ordre, mes Frères.»

Le premier et le deuxième Surveillants répètent et tous les Frères en apprentif.

     

OUVERTURE DE LA LOGE  

Le Vénérable : «Frère premier Surveillant, que venez-vous faire ici ? »

Le premier Surveillant : «Vénérable, vaincre mes passions, soumettre mes volontés et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.»

Le Vénérable : «Etes-vous Maçon ? »

A. : «Mes Frères et compagnons me reconnaissent comme tel.»

D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ? »

A. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»

D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»

A. : «Tout ce qui a rapport à mon obligation, ou bien toute équerre, niveau ou perpendiculaire. »

D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»

A. : «Certaines manières réglées et mystérieuses prendre la main pour se reconnaître.»

D. : «Qu'entendez-vous par le mot ?»

A. : «Une parole consacrée et mystérieuse qui sert à nous faire reconnaître.»

D. : «Donnez-moi le signe d'appr\ »

On le donne

D. : «Que signifie-t-il ?»

A. : «Il me rappelle mon obligation et la peine à laquelle je me suis soumis qui est d'avoir la gorge coupée au cas que je devienne parjure.»

D. : «Donnez l'attouchement au Frère le plus voisin de colonne pour qu'il me parvienne par le midy. Le Frère deuxième Surveillant fera de même de son côté pour qu'il me parvienne par le septentrion.»

On le fait

Le Vénérable : «Quel est le mot d'app\ ?»

Le premier Surveillant : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu.»

On le donne

Le Vénérable : «Où se tient le Vénérable en Loge ?»

Le premier Surveillant : «A l'Orient.»

Le Vénérable : «Pourquoi ?»

Le premier Surveillant : «Comme le soleil commence sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge, I'éclairer et mettre les ouvriers au travail.»

Le Vénérable : «A quelle heure s'ouvre la Loge d'appr\ ? »

Le premier Surveillant : «A midi» (dans quelques Loges, on dit à la première heure).

Le Vénérable : «Quelle heure est-il ?»

Le premier Surveillant : «Midi plein» (la 1ère d'un jour très brillant).

Le Vénérable : «Pourquoi dites-vous cela ?»

Le premier Surveillant : «Parce que le grade d'apprentif est le premier.»

Le Vénérable frappe en app. et dit : «Puisqu'il est midi plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d'app\ est ouverte. »

En disant cela, le Vénérable et tout l'Orient font le signe d'app\

Le premier Surveillant interpelle les Frères qui sont sur sa colonne, chacun par ses qualités et grades, et dit que la Loge d'app\ est ouverte. En disant cela, il fait le signe d'app\ et tout le midy le fait en même temps que lui.

Le Vénérable Surveillant fait de même, ainsi que la colonne du Septentrion.

Le Vénérable et tous les Frères ayant fait ensemble la triple acclamation, s'écrient\\\ ...

 

FORMULE DE RECEPTION

Le Vénérable : «Mes Frères, nous sommes assemblés pour procéder à la réception au grade d'apprentif, de M. N. qui a été admis unanimement par le tenu de la dernière assemblée de laquelle le Frère secrétaire va vous lire le verbal.»

Le Frère secrétaire fait lecture dudit verbal.

Le Vénérable : «Mes Frères je vous prie de réitérer votre consentement si vous persistez dans la même intention. Si quelqu'un de vous a quelques raisons valables d'opposition, qu'il les dise hardiment, nous sommes tous Maçons, par conséquent discrets.»

Le Vénérable frappe un coup pour avertir les Frères de donner leur consentement en étendant la main droite sur le tracé de la Loge. Le consentement étant donné, le Vénérable députe un Frère pour préparer le profane, avant que le Frère Terrible sorte de la Loge.

Le Vénérable dit au Frère proposant : «Le discernement que cette Loge a toujours connu en vous, et le zèle que vous avez témoigné pour le service de l'art royal, nous sont garantie que le sujet proposé vous est parfaitement connu, et que vous nous répondez foi de Maçon des bonnes qualités du récipiendaire. C'est sur votre témoignage qu'il va être introduit, mais souvenez-vous que vous vous engagez formellement pour lui, et que vous nous répondez personnellement de ce profane. N'oubliez pas que vous vous engagez de plus à l'instruire de notre doctrine et de nos mystères. Je vous déclare au nom de cette Loge qu'il ne sera point admis à aucun autre grade, qu'il ne nous ait donné des preuves de sa condition, de sa sagesse, de son zèle. C'est à ces conditions m. c. f. que la Loge vous accepte pour répondant. Allez donc avec le Frère Préparateur le mettre dans l'état convenable à sa réception.»

Le Surveillant Proposant et le Frère Préparateur sortent ensemble et vont auprès du récipiendaire dans la Chambre des réflexions ; ils doivent l'aborder d'un air sérieux et poli. Le proposant lui fait une exhortation et lui dit qu'il espère n'avoir point à rougir de ce qu'il l'a proposé à la Loge. Il lui demande la rétribution prescrite par les règlements et le laisse entre les mains du Frère Préparateur. Il rentre en Loge et remet au Frère Trésorier les droits de réception de la part du Profane.

Le Surveillant Préparateur ayant fait quelques questions au récipiendaire, relatives à la démarche qu'il fait de se présenter pour être reçu, il doit lui présenter le danger des épreuves auxquelles il va être soumis et l'importance des obligations qu'il va contracter. Que la démarche qu'il fait est de la plus grande conséquence ; une fois engagé, il ne pourra plus s'en dédire, qu'il examine sérieusement ses dispositions, ses forces et son courage ; il est encore libre de se retirer, s'il a le moindre regret.

S'il le voit dans une ferme résolution, il lui dira d'un ton ferme :

« Monsieur, êtes-vous déterminé à obéir aveuglément et sans résistance, sur tout ce que je vais exiger de vous ? »

Si le récipiendaire répond OUI, le Surveillant Préparateur poursuit :

« Donnez-moi donc votre épée (s'il en a une), votre argent, votre montre, votre tabatière si elle est en métal, vos bagues, tous vos bijoux, vos boucles de souliers, de jarretière, même ceinture de culotte enfin tout ce que vous avez sur vous de métal sans oublier même les épingles. Cette précaution est absolument nécessaire.

Il ajoute, après avoir fait tout cela :

«Ce n'est pas encore assez Monsieur, il faut ôter vos jarretières, mettre votre soulier gauche en pantoufles, découvrir à nu votre genouil droit, quitter votre habit et votre veste, sortir votre bras gauche hors de la chemise, découvrir votre poitrine et votre mamelle gauche, vous voilà actuellement dans l'état où vous devez vous présenter. Voyez à présent, Monsieur, le cas que nous faisons des parures et des ajustements profanes. En ouvrant sur votre situation actuelle les yeux de l'âme, fermez ceux du corps, vous allez en être privé pour quelque temps. Heureux si le premier usage que vous en ferez est pour apercevoir la véritable lumière. Le bandeau mystérieux dont je vais les couvrir, va vous faire perdre de vue tous les objets qui ont jusqu'à présent fixé vos regards profanes. Etes-vous dans la ferme résolution de faire ce sacrifice à notre ordre ? Vous devez bien sentir que toutes ces préparations nous rendent absolument maîtres de vous. Vous êtes en notre pouvoir. c'est vous-même qui vous y êtes livré de votre propre mouvement, nous sommes assez généreux pour vous remettre en liberté si vous vous repentez de cette démarche. Nous n'exigerons pas même le secret de votre part sur ce qui s'est déjà passé. Ainsi, consultez-vous et ne faites rien dont vous dussiez vous repentir.»

Si le récipiendaire persiste, on lui met le bandeau sur les yeux en lui demandant sa parole d'honneur qu'il ne voit pas. En fait, le Frère Préparateur, le laissant en cet état à sa réflexion, rentre en Loge et vient rendre compte au Vénérable des dispositions du récipiendaire en lui apportant tous ses métaux.

Le Vénérable ayant donné ordre au Frère Préparateur d'aller chercher le profane, il va le prendre dans la Chambre des Réflexions par la main droite, lui fait appuyer de la gauche la pointe de l'épée sur la poitrine, en cet état le conduit jusqu'à la porte de la Loge à laquelle il frappe en Maçon. Le deuxième Surveillant en avertit le premier et celui-ci le Vénérable qui dit de voir ce que c'est. Le Vénérable Surveillant entrouvre et demande qui frappe ? Le Surveillant Préparateur répond : « C'est un gentilhomme profane qui demande à être reçu Maçon ». Le deuxième Surveillant referme et rend cette réponse au Vénérable par le premier Surveillant.

Le Vénérable dit :

«Demandez-lui son nom, son surnom, son pays, son âge, sa profession et sa religion.»

Le Frère Préparateur rend réponse à toutes ces questions.

Le Vénérable : «Demandez-lui encore s'il est dans les dispositions d'être fidèle à la Religion, à son Prince, à l'Etat, à l'Ordre du Maçon, d'aimer et de secourir ses Frères »

On rend réponse  

Le Vénérable : « Demandez au Frère Préparateur si ce profane est en état décent et s'il est soumis à toutes les épreuves que nous lui avons proposées.»

Le deuxième Surveillant lui ayant rendu réponse, le Vénérable frappe en Maçon et dit : «Introduisez le profane en la manière accoutumée.»

Le deuxième Surveillant ouvre la porte. Le Frère Préparateur ayant introduit le récipiendaire entre les deux Surveillants, lui dit : « C'est dans ce moment terrible M. , que vous devez vous armer de courage, j'ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour vous mettre en état d'être reçu Maçon, c'est à vous d'achever par votre fermeté et votre constance, la carrière que vous avez commencée. Je vous abandonne à présent pour ne vous plus revoir de ma vie, à moins que vous ne vous rendiez digne de devenir mon Frère. Adieu, Frère Surveillant, je vous remets ce profane, vous en répondez à présent ». Le Frère deuxième Surveillant lui met la main sur l'épaule gauche et lui saisit le bras gauche, il dit alors :

«Frère premier Surveillant, le profane est entre nos mains.»

Le premier Surveillant met sa main gauche sur l'épaule droite du récipiendaire et lui saisit le bras droit. Il dit alors :

«Vénérable, le profane est entre nos mains, nous sommes Maîtres de lui.»

Le Vénérable ayant frappé en Maçon, tous les Frères se lèvent et se tiennent debout sans remuer, cracher ni moucher. Alors, le Vénérable, s'adressant au récipiendaire, lui dit d'un ton ferme et imposant :

«M. N. N., que pensez-vous faire ici ?»

«N'est-ce point la fin de curiosité qui vous amène ici, parlez vrai ?»

«Quel autre motif a pu vous déterminer, vous qui n'avez aucune idée de nos mystères ?»

«Vous sentez-vous assez de force et de courage pour supporter les épreuves par lesquelles il vous faudra nécessairement passer, quelque violente qu'elles puissent être ?»

«Etes-vous dans la disposition sincère d'aimer vos Frères, de les secourir dans leur besoin, les aider de vos lumières et de vos conseils, de votre bourse même, autant que vos moyens vous le permettront et de risquer votre vie pour secourir un de vos Frères en danger de perdre la sienne ?»

«Pouvez-vous, sans indiscrétion et sans nommer personne, ni la donner à connaître, nous confier en nous racontant quelque trait de bienfaisance de votre part ? Vous ne devez pas comprendre sous ce titre l'aumône faite à un pauvre, dont l'importunité a été peut-être l'unique cause, il nous faut des faits réels et que vous puissiez accorder avec la discrétion d'un galant homme.»

Si le récipiendaire a cité quelque action bienfaisante de sa part, le Vénérable lui dira :

«Nous n'attendions par moins, Monsieur, de votre grandeur d'âme et de la noblesse des sentiments qui vous ont ouvert ce Temple de la bénéficience ; ce que vous venez de nous dire est d'un augure très flatteur pour notre Loge, voilà Monsieur, des actions qui nous assurent des qualités de nos candidats. Après une action d'humanité aussi belle, nous ne devons plus avoir de méfiance à votre égard, nos craintes commencent déjà à s'évanouir. Les épreuves qui vous restent à subir vont pour jamais nous attacher à vous par des liens indissolubles. Mais, avant d'aller plus loin, je dois vous assurer que la fausseté des imputations que des ennemis jaloux nous font chaque jour, les foudres du Vatican injustement lancées contre nos temples, en ont respecté les murs : une fausse prévention ayant fait élever des orages contre nous, la sagesse du Maçon les a dissipés, notre conduite et nos œuvres nous ont fait connaître. Etre fidèle à la Religion, à son Prince, à l'Etat, aimer ses Frères, les aider dans leurs besoins, étendre nos vues de bienfaisance jusque sur le profane, fuir et détester le vice, plaindre les vicieux sans les haïr, voilà en abrégé Monsieur quels sont nos devoirs, nos lois, notre morale, si dans la suite vous apercevez le contraire de ce que je vous dis vous pouvez vous devez même le révéler, le publier : ainsi, n'ayez aucun regret de vous engager dans un Ordre respectable, cet honneur et cette faveur insigne sont recherchés tous les jours par des princes, des nobles et des roturiers. Ils se font gloire de se donner le doux nom de Frère. Selon ce que vous venez d'entendre, quelles sont vos dispositions ? Parlez librement, nous ne demandons que des sujets sincères et vrais. Qu'une fausse honte de vous désister de votre entreprise, ne vous engage pas à faire une démarche qui put vous causer un repentir. Vous êtes libre de profiter de ce moment de liberté qui vous reste, elle va expirer et il ne nous sera plus possible de vous la rendre ; voulez-vous vous retirer, partir ? »  

On laisse le profane à ses réflexions pendant un moment, après lequel, s'il persiste, le Vénérable ordonne au Frère deuxième Surveillant de le faire voyager.  

Le deuxième Surveillant prend alors le récipiendaire et le fait voyager trois fois autour de la Loge, en commençant par le Septentrion et finissant par le Midi. Après chaque tour, les Frères secouent leur tablier. Le récipiendaire ayant fini ses voyages, le Vénérable Surveillant dit : « Frère premier Surveillant, je vous remets le profane, commencez vos fonctions, les miennes sont finies.»  

Le Vénérable dit alors au premier Surveillant de reconduire le profane à l'Orient. Le récipiendaire étant alors au pied du trône, le Vénérable lui dit : « Monsieur, les épreuves que vous avez subies sont légères en comparaison de celles que vous avez à essuyer, je vous en avertis afin que vous puissiez agir en pleine liberté ; persistez-vous avec le même courage que vous avez témoigné jusqu'à présent ? »  

Après la réponse du candidat, on le fait asseoir sur un tabouret et le Vénérable lui adresse le discours suivant :

« Monsieur, I'empressement que vous avez montré pour entrer dans le très ancien, très respectable et illustre Ordre des Frères Maçons et le témoignage authentique que notre cher Frère, votre proposant, nous a rendu de vos qualités, nous font un présage heureux que vous possédez les vertus nécessaires pour parvenir au Temple de la Vérité. Mais, avant de vous dévoiler nos mystères sacrés, il faut qu'au nom de cette respectable société, dont j'ai l'avantage d'être le chef, j'entre avec vous dans le détail des qualités qui doivent caractériser un vrai Maçon. Sans chercher à combattre les préjugés répandus contre notre Ordre, préjugés dont la fausseté se démontre au premier examen, je vais m'attacher uniquement à vous rappeler les dispositions que nous exigeons de vous et les règles auxquelles il faudra nécessairement vous soumettre pour arriver à la perfection dont il est le but. Tous les législateurs politiques n'ont pu former des établissements durables ; quelque sages qu'aient été leurs lois, elles n'ont pu s'étendre dans tous les pays et dans tous les siècles. Comme elles avaient dans chaque Etat des vues particulières, elles n'ont pu devenir universelles, ni convenir au goût et au génie de chaque nation. L'amour de la patrie mal entendu et la diversité des intérêts, détruisant bientôt chez les uns et les autres, l'amour de l'humanité. Dès lors, le monde entier, qui dans sa primitive institution ne devait former qu'une république universelle, dont chaque nation était une famille et chaque particulier un enfant, vit la discorde, la haine, la jalousie, l'orgueil, le vil intérêt lui déchirer le flanc ; tous les membres épars de ce grand corps sanguinolent et se détruisant bientôt par eux-mêmes. Ce fut pour faire revivre et répandre ces anciennes maximes, prises dans la nature même de l'homme, que notre Ordre fut établi. Voulant par là, réunir tous les hommes d'un esprit éclairé et d'une humeur douce et agréable, non seulement par l'amour des beaux arts, mais encore plus par les principes de la vertu la plus éprouvée. Telle a été Monsieur, l'intention de nos ancêtres, quelle obligation n'avons-nous pas à ces hommes supérieurs, qui uniquement guidés par le désir d'un bien général, ont imaginé un établissement dont le seul but est la réunion des esprits et des œuvres cimentée par les liens de la plus solide vertu ? La saine morale est l'étude la plus essentielle de notre société. Les beaux arts et la contemplation de la nature viennent ensuite nous distraire agréablement en élevant notre esprit vers le Créateur. Si les Ordres religieux furent établis pour rendre les hommes plus parfaits, les Ordres militaires pour inspirer l'amour de la gloire ; l'Ordre des Francs-Maçons fut institué pour former des hommes aimables, de bons citoyens et de bons sujets, inviolables dans leurs promesses, fidèles observateurs des lois de l'amitié et plus amateurs de la vertu, que des récompenses qui lui sont dues. Nous bannissons de nos Loges toutes disputes pouvant altérer la tranquillité de l'esprit, la douceur des mœurs et les sentiments d'amitié que nous devons à nos Frères. C'est là qu'uniquement occupés du soin de nous instruire, nous pratiquons le bien et démasquons le vice. C'est là que l'orgueil est forcé de plier et qu'une aimable égalité est substituée aux vains titres de grandeur et de noblesse. C'est là enfin, que la Charité, la mère et le principe des autres vertus, y brille dans tout son éclat et embellit un Ordre dont elle est le soutien et le fondement. Loin de rien entreprendre contre les intérêts de la Religion, du Prince et de l'Etat, nos vœux les plus sincères ne tendent qu'à la gloire du suprême architecte de l'univers, qu'à la prospérité du souverain qui nous gouverne et à la splendeur de l'Etat dans lequel nous vivons. Mais un profond silence sur des matières si respectables nous est expressément ordonné, sous peine d'exclusion irrévocable. Enfin, les dernières qualités que nous exigeons encore de vous, sont une discrétion à toute épreuve sur tous les secrets qui vous ont été révélés, une volonté ferme et constante d'aimer vos Frères, de les protéger, de les secourir dans leurs besoins, de les éclairer de vos lumières, de les édifier par vos bons exemples, de sacrifier tout ressentiment personnel, et de rechercher en un mot, tout ce qui peut contribuer à la paix, à la concorde et à l'union de la Société. Je ne sais Monsieur, si j'aurai réussi dans le plan que je viens de vous offrir des obligations que vous allez contracter, mon dessein a été de vous frayer la voie que vous devez suivre, j'espère que l'ardeur que vous témoignez suppléera à tout ce qui me reste à vous dire. Puisse le Grand Architecte de l'Univers, nous accorder toute la satisfaction que nous nous promettons, et que votre initiation s'accomplisse pour la plus grande gloire, la prospérité de l'Ordre et votre avancement dans la perfection. Selon ce que je viens de vous dire, Monsieur, êtes-vous résolu de prononcer avec toute la liberté d'esprit, l'engagement et l'obligation que je vais vous dicter ? Etes-vous dans la ferme résolution et la signer et sceller de votre sang ? En ce cas-là, Monsieur, mettez-vous à genoux, pour venir vous-même, découvrez la place de votre cœur, à nu ; la pointe de ce compas doit reposer dessus, tandis que vous prononcerez le serment redoutable qui va vous ouvrir la porte de notre Temple. Levez la main droite vers le trône de l'Etre Suprême qui vous voit et vous entend, répétez avec moi.»  

A l'instant où le profane va prononcer son engagement, le Vénérable frappe le coup de silence, tous les Frères s'approchent en tournant sur lui la pointe de leurs épées. Le premier Surveillant dit alors brusquement au récipiendaire :

«Arrête, téméraire ! Tu vas prononcer l'arrêt de mort. Tremble dans ce moment redoutable. Si ton cœur n'est pas d'accord avec ta bouche, retire-toi.»

Le Vénérable lui fait répéter mot à mot la formule suivante :

 

FORMULE

«Oui ! grand Dieu, je promets d'être fidèle à ta sainte religion, à mon souverain et à ma patrie, d'aimer et de secourir mes Frères dans leurs besoins, autant que mes facultés et la providence me le permettront. Je promets un attachement et une fidélité inviolables à l'Ordre respectable du Franc-Maçon. Je promets, en homme d'honneur, de garder très étroitement le secret sur les mystères qui me seront confiés, étant résolu fermement, de perdre plutôt la vie que de révéler à un profane, rien de ce qui a rapport à la Maçonnerie. Plutôt que de manquer à ma parole, je préférerai avoir la gorge coupée, mon corps brûlé et mes cendres jetées au vent. Que le Grand Architecte de l'Univers soit à mon aide et me préserve d'oublier mes engagements.»

Le Vénérable dit ensuite :

«Vous voilà maintenant engagé d'une manière irrévocable, il n'est plus en votre pouvoir de vous rétracter, vous nous appartenez bien légitimement, puisque vous vous êtes donné volontairement à nous. Je compte qu'en répétant avec moi, vous avez senti la force et l'étendue des obligations que vous contractiez et que vous êtes bien dans l'intention de les exécuter. Voyons à présent si votre sang est aussi pris que votre volonté.»

En donnant trois coups de maillet sur la tête du compas qui repose sur son cœur, il lui dit :

«Par le pouvoir dont cette respectable Loge m'a revêtu, je vous reçois Maçon. Levez-vous. Le titre de Frère va désormais vous appartenir et je vais proclamer votre admission aux quatre parties de ce Temple.»

«Frères premier et deuxième Surveillants, Vénérables passés Maîtres, Vénérable en exercice, Off. Dign\ M en F\ G\ qui composez cette R\ L\ reconnaissez le F\ N pour apprentif Maçon et applaudissons à son admission.»

On fait la triple acclamation.

«Frère premier Surveillant, reconduisez le Frère à l'Occident et mettez-le en état de voir la Lumière.»

Le premier Frère l'emmène à l'Occident, lui ôte les bandeaux et ne les laisse tomber que lorsque le Vénérable a frappé le troisième coup du signal, à l'instant deux Frères placés aux deux côtés du récipiendaire jettent sur une bougie allumée une pincée de poix résinée, pour faire une grande flamme au moment où il voit le jour. Lorsque le bandeau est levé, le premier Surveillant dit au Vénérable : «Tout est prêt». Les Frères ont eu soin de tourner la pointe de leurs épées contre le récipiendaire et le Vénérable dit : «Mon Frère, ces épées dont vous voyez la pointe dirigée contre votre cœur, vous annoncent le châtiment qui vous serait réservé si jamais vous deveniez indiscret, de même qu'elles vous assurent du secours que vous devez attendre de vos Frères, si vous étiez dans le cas d'en avoir besoin.»

Le Vénérable frappe ou remet les épées : le Patron du récipiendaire vient l'embrasser et le conduit hors de la Loge pour le faire habiller. Il le conduit ensuite entre les deux Surveillants, lesquels avertissent le Vénérable que le récipiendaire demande à être revêtu en Maçon. Le Vénérable ordonne à son Frère premier Surveillant de faire monter les trois marches d'escalier et de faire avancer le récipiendaire par trois pas d'app\. Le récipiendaire étant en face du Vénérable, le Vénérable dit :

« M\ C\ F\ vous entrez dans un nouveau monde, bien différent de celui dont vous sortez. Il faut vous dépouiller de toutes les passions qui pourraient affaiblir les heureuses dispositions que nous avons remarquées en vous, décoré des ornements maçonniques dont nous allons vous revêtir. Faites-nous connaître de plus en plus votre zèle et votre attachement à vos devoirs, que vous êtes digne de la faveur signalée que nous allons vous faire, et justifier notre choix par votre exactitude à les remplir. Je vais commencer à vous dévoiler nos mystères, mais ne croyez pas parvenir tout d'un coup dans le sanctuaire de la vérité. Un voile épais vous la cachera encore longtemps (ou pendant quelque temps), ce n'est que dans le dernier des hauts grades, que vous la verrez toute nue ; nous allons seulement vous confier quelques objets de la Maçonnerie qu'on appelle allégorique, méritez par votre conduite que nos emblèmes vous soient expliqués.»

 

HISTOIRE DU GRADE

«Quoique notre Ordre soit fort ancien, pour des raisons que vous saurez ensuite, nos ancêtres ont jugé à propos de fixer la première époque de la Maçonnerie à la construction du Temple, sous le règne de Salomon. Comme cet édifice était considérable, il était nécessaire d'établir un Ordre pour faire exécuter sans confusion tous les différents ouvrages. Le sage roi établit donc différentes classes d'ouvriers à qui il confia les différents travaux. La première classe était celle des apprentifs. Leur devoir était d'aider les compagnons et de dégrossir les pierres brutes, enfin on les chargea des ouvrages plus aisés, comme de porter les matériaux dont on pouvait avoir besoin. On leur donna un tablier, qui est la marque de tout Maçon, un signe, un attouchement et un mot pour se faire reconnaître, car sans cette précaution, il aurait été impossible de les distinguer des autres pour payer chaque fois le salaire convenu.

«Il fut assigné à chaque classe un lieu où ce payement devait leur être fait. Les apprentifs se rendirent auprès d'une colonne nommée JAKIN, qui était à gauche du parvis du Temple. Là, après avoir donné le signe, le mot et l'attouchement convenus, ils recevaient leurs salaires. Ce sont ces mêmes signes, attouchement et mot qui sont parvenus jusqu'à nous sous le secret le plus inviolable et que je vais vous communiquer.»

Le Vénérable la lui donne

« Je vous revêts de ce tablier, plus noble et plus ancien que le cordon de la Toison d'Or et que vous devrez toujours, porter en Loge. Sa blancheur vous dénote la conduite d'un vrai Maçon. Je vous donne aussi ces gants, symbole de la pureté des mœurs d'un Maçon dont les mains ne doivent jamais se prêter à aucune action malhonnête. Quoique dans nos Loges nous n'admettions pas de femmes, cependant le cœur d'un Maçon est sujet à des faiblesses attachées à notre nature. Il peut aimer, il doit estimer le beau sexe. Je vous remets donc ce gant de femme, M\ F\ R\ à condition que vous ne le donniez qu'à une personne estimable par ses mœurs et en qui vous aurez remarqué des qualités dignes de fixer le cœur d'un galant homme. Etant assuré à présent de la générosité de votre âme, je n'hésite plus à vous rendre vos métaux et vos bijoux, persuadé de la disposition où vous êtes à les sacrifier au soulagement de vos Frères dans le besoin.

«Je vous félicite (en l'embrassant) à présent M\ C\ F\ du bonheur que vous avez d'être Maçon. C'est un avantage bien grand pour vous et vous le reconnaîtrez un jour. Allez vous faire connaître à vos Frères.»

Le Surveillant des Cérémonies conduit le récipiendaire à tous les Surveillants de la Loge auxquels il donne le signe, le mot et l'attouchement. Il revient ensuite le dire au Vénérable qui lui dit : « Il me reste à vous donner le mot de passe pour entrer dans nos Loges : allez vous placer M\ C\ F\ pour entendre l'instruction que va vous donner le C\ F\ orateur, au nom de la Loge».

 

DISCOURS DE L'ORATEUR

Le discours fini, on ramène le récipiendaire entre les Surveillants pour lui expliquer le tableau, ensuite le Vénérable ordonne au Frère premier Surveillant de le faire travailler sur la pierre brute. Il le fait en apprentif, après quoi on applaudit au travail du N\ Récipiendaire.

Le Vénérable ordonne ensuite au Frère Surveillant de faire la lecture des règlements que le N\ doit signer.

S'il n'y a plus de travail à faire, on ferme la Loge de la manière suivante, cependant le Vénérable invite auparavant le récipiendaire à signaler son entrée dans l'Ordre, par quelque aumône en faveur des pauvres ; le récipiendaire ayant donné l'exemple, on fait courir le tronc des pauvres.

     

INSTRUCTION

Le Vénérable D. : «Etes-vous Maçon ?»

Le 1er Surveillant : « Mes Frères et compagnons me reconnaissent pour tel.»

D. : «Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?»

N. : «Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.»

D. : «Qui vous a engagé à vous faire recevoir Maçon ?»

N. : «Mon propre désir et ma sincère volonté.»

D. : «Que vous en a-t-il coûté ?»

N. : «La Lumière et mes métaux.»

D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ?»

N. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»

D. : «Donnez-moi le signe ; on le donne »

D. : «Que signifie-t-il ?»

N. : «Il me rappelle mon obligation par laquelle j'ai consenti à avoir la gorge coupée, si je deviens parjure à mes engagements.»

D. : «Donnez-moi l'attouchement.»

N. : «On le donne au Vénérable Surveillant.»

D. : «Donnez-moi le mot.»

N. : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu» (on l'épelle).

D. : «Que veut dire ce mot ?»

N. : «Le Seigneur est mon espérance.»

D. : «D'où vient ce mot ?»

N. : «D'une colonne qui était à la gauche du parvis du Temple auprès de laquelle les Apprentifs allaient recevoir leur salaire.»

D. : « Quel est le mot de passe d'Apprentif ?»

N. : « TUBALCAIN.»

D. : «Que veut dire ce mot ?»

N. : «C'est le nom du premier ouvrier dont il soit fait parler dans l'écriture.»

D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»

N. : «Tout équerre, niveau ou perpendiculaire.»

D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»

N. : «J'entends la façon de se prendre la main pour se reconnaître entre Frères.»

D. : «Qu'entendez-vous par parole ?»

N. : «Un mot sacré et mystérieux qui sert à me faire reconnaître pour Apprentif.»

D. : «Quel est le point parfait de votre entrée ?»

N. : C'est la manière de se camper et de marcher en Maçon.»

D. : «Qui vous a introduit en Loge ? »

N. : «Un gentilhomme de mes amis, que j'ai ensuite reconnu pour Maçon.»

D. : «Comment avez-vous été annoncé en Loge ?»

N. : «Par trois grands coups.»

D. : «Que signifient-ils ?»

N. : «Trois passages de l'Ecriture Sainte : Demandez et vous recevrez ; Cherchez et vous trouverez ; Frappez et on vous ouvrira.»

D. : «Que vous ont produit ces trois coups ?»

N. : «Le deuxième Surveillant qui m'a fait voyager 3 fois d'Occident en Orient par le Septentrion et 3 fois d'Orient en Occident par le Midy.»

D. : «Quand êtes-vous entré en Loge, qu'avez-vous vu ?»

N. : «Rien que l'esprit humain puisse comprendre.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Parce que j'étais privé de la véritable Lumière.»

D. : «Comment étiez-vous habillé, quand on vous a introduit en Loge ?»

N. : «J'étais nu, ni vêtu, ni chaussé, ni déchaussé mais cependant d'une manière décente et séparé de tous métaux.»

D. : «Pourquoi étiez-vous séparé de tous métaux ?»

N. : «Parce que dans le temps où l'on construisit le Temple de Salomon, tous les matériaux étaient taillés et prêts à être mis en œuvre, de sorte que l'on n'entendit frapper aucun coup de marteau.»

D. : «Pourquoi dans ce voyage mystérieux, vous faisait-on lever le pied et baisser la tête ? »

N. : «Parce que lors de la construction, il fallait lever le pied pour passer sur les matériaux et baisser la tête pour passer sous les échafauds.»

D. : «Qu'avez-vous fait après vos voyages ?»

N. : «J'ai contracté une obligation à laquelle je serai fidèle même au péril de ma vie.»

D. : «Où vous a-t-on conduit après cette obligation ?»

N. : «Aux extrémités des ouvrages pour voir la Lumière.»

D. : «Quand on vous a donné la Lumière, qu'avez-vous vu ?»

N. : «Trois grandes Lumières le soleil, la lune et l'étoile flamboyante ou le Vénérable »

D. : «Expliquez-moi cela ?»

N. : «Comme le soleil éclaire pendant le jour et la lune pendant la nuit, de même l'étoile flamboyante ou le Vénérable, préside à la Loge pour l'éclairer de ses sages conseils et de ses lumières.»

D. : «Comment êtes-vous parvenu au Temple ?»

N. : «Par un escalier à 3 marches et par 3 pas en équerre, à la manière des Maçons.»

D. : «Que signifient ces 3 marches et ces 3 pas ?»

N. : «Les 3 voyages mystérieux, ou l'épreuve que l'on m'a fait subir.»

D. : «Comment voyagent les Apprentifs ?»

N. : «D'Occident en Orient pour chercher la Lumière.»

D. : «Comment vous appelez-vous ?»

N. : «HORUS, qui veut dire silence.»

D. : «Quel âge avez-vous ?»

N. : «Trois ans et plus.»

D. : «Qu'est-ce que cela veut dire ?»

N. : «Les années d'épreuve que l'on exigeait jadis avant d'être reçu Maçon.»

D. : «Dans quelle Loge avez-vous été reçu ?»

N. : «Dans une Loge juste et parfaite.»

D. : «Qu'appelez-vous une Loge juste et parfaite ?»

N. : «Trois la forment - Cinq la composent - Sept la rendent juste et parfaite.»

D. : « Comment appelez-vous votre Loge ?»

N. : «La Loge Saint-Jean.»

D. : «Ou est-elle située ?»

N. : «Dans un lieu saint et sacré, tel que la Vallée de Josaphat.»

D. : «Sur quoi est-elle fondée ?»

N. : «Sur trois grandes colonnes : SAGESSE, FORCE et BEAUTE ; sagesse pour entreprendre, force pour exécuter, beauté pour orner.»

D. : «Quelle est la forme de votre Loge ?»

N. : «La même que celle d'un globe.»

D. : «Quelle est sa longueur ?»

N. : «De l'Orient à l'Occident.»

D. : «Quelle est sa largeur ?»

N. : «Du Septentrion au Midi.»

D. : «Quelle est sa profondeur ?»

N. : «Depuis la surface jusqu'au centre.»

D. : «Sa hauteur ?»

N. : «Un espace immense.»

D. : «Qu'entendez-vous par là ?»

N. : «Que le globe terrestre renferme tous les Maçons, lesquels ne composent qu'une seule et même Loge.»

D. : «Où se tient le Vénérable en Loge ?»

N. : «A l'Orient.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Comme le soleil ouvre sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge, mettre les ouvriers en œuvre et les éclairer de sa Lumière.»

D. : «Où se tiennent les Frères Surveillants ?»

N. : «A l'Occident.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Comme le soleil termine sa carrière de ce côté, de même les Surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge, payer les ouvriers et les envoyer contents.»

D. : «Où se tiennent les Apprentifs ?»

N. : «Au Septentrion.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Afin que de ce côté obscur ils puissent considérer les travaux des compagnons.»

D. : «Avez-vous reçu des gages ?»

N. : «Oui, Vénérable.»

D. : «Où les avez-vous reçus ?»

N. : «A la colonne J.»

D. : «A quelle heure se ferme la Loge ?»

N. : «A minuit.»

D. : «Quelle heure est-il ?»

N. : «Minuit plein.»

Le Vénérable frappe trois coups et dit : «Puisque la Loge se ferme à minuit, et qu'il est minuit plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d'Apprentif est fermée » , en disant cela, le Vénérable et tout l'Orient font le signe d'apprentif.

Le premier Surveillant frappe et annonce que la Loge est fermée. Il fait le signe, de même que la colonne du midy.

On fait la triple acclamation.

Le deuxième Surveillant fait de même avec le Septentrion.

 

(Bibliothèque de Lyon. Fonds Costes. ms 5937 (307)

Lire la suite

Les trois coups distincts (1760)

9 Décembre 2012 , Rédigé par les 3 coups distincts Publié dans #Rites et rituels

Catéchisme caractéristique des Anciens Devoirs de la maçonnerie opérative anglaise, daté de 1760 et intitulé « Les Trois coups distincts »  

Ce texte est le reflet de la tendance religieuse qui animait depuis 1756, la toute débutante maçonnerie spéculative en ce pays (publication à cette date de l’Ahiman Rezon, pamphlet en réaction de la maçonnerie philosophique et non confessionnelle illustrée par les Constitutions d’Anderson de 1720).
A cet égard, il marque une rupture en se positionnant comme un catéchisme symbolique entaché de religiosité. Il donne une nouvelle orientation à la maçonnerie anglaise.
 

« Les Trois coups distincts » est l’un des premiers textes à évoquer un certain nombre de thèmes qui connaîtront une extraordinaire diffusion dans la maçonnerie mondiale au cours des deux siècles suivants, en particulier au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Parmi ces thème, retenons entre autres celui très spirituel des oppositions rencontrées sur le chemin.  


Degré d'apprenti

« Le maître : Y a-t-il un lien qui nous unit, mon frère ?
Réponse : Oui vénérable.
Maî.: Quel est ce lien mon frère ?
Rép.: C'est un secret.
Maî.: Quel est ce secret, mon frère ?
Rép.: La maçonnerie.
Maî.: Alors je suppose que vous êtes maçon.
Rép.: Mes frères et mes compagnons me reconnaissent et m'acceptent comme tel.
Maî.: Pouvez-vous me dire quel genre d'homme un maçon doit-il être ?
Rép.: Un homme né d'une femme libre.
Maî.: Où vous êtes-vous d'abord préparé pour devenir maçon ?
Rép.:Dans mon coeur.
Maî.: Comment avez-vous été admis ?
Rép.:Par trois coups distincts.
Maî.: Qu'est-ce qu'on vous a dit ?
Rép.: Qui va là ?
Maî.: Qu'avez-vous répondu, mon frère ?
Rép.: Quelqu'un qui demande à prendre part au bienfait de cette très respectable loge dédiée à saint Jean, comme ont fait beaucoup de frères et compagnons avant moi. Maî.: Comment espérez-vous l'obtenir ?
Rép.: En étant libre et de bonne réputation.
Maî.: Après avoir fait cette prière, qu'est-ce qu'on vous a dit ?
Rép.: On me demanda en qui j'ai mis ma confiance.
Maî.: Qu'avez-vous répondu, mon frère ?
Rép. En Dieu.
Maî. ; Que vous a-t-on dit ensuite ?
Rép.: On me prit par la main droite, on me dit de me lever et de me laisser guider sans crainte d'aucun danger.
Maî.: Après cela, que vous a-t-on demandé de faire ?
Rép.: On me fit faire trois fois le tour de la loge.
Maî.: Où avez-vous rencontré la première opposition ?
Maî.: Que vous a-t-il répondu ?
Rép.: Derrière le second surveillant au midi où je frappai trois coups comme je l'avais fait à la porte.
Maî. : Que vous a-t-il répondu ?
Rép. : Il a dit : Qui va là ?
Maî.: Qu'avez-vous répondu ?
Rép.: J'ai fait la même réponse qu'à la porte : C'est quelqu'un qui demande à être reçu.
Maî.: Où avez-vous rencontré la seconde opposition ?
Rép.: Derrière le premier surveillant à l'ouest où je répétai ce que j'avais dit à la porte. Il dit : Qui va là ? J'ai répondu que c'était quelqu'un qui demandait à être reçu.
Maî.: Où avez-vous rencontré la troisième opposition ?
Rép. :Derrière le maître à l'est, où je répétai la même chose qu'auparavant.
Maî.: Que vous fit faire le maître ?
Rép.: Il m'ordonna de retourner au premier surveillant à l'ouest pour y recevoir des instructions.
Maî.: Dites-moi, mon frère, après que vous avez prêté cette obligation, quelle est la première question qu'on vous a posée ?
Rép.: On me demanda quel était mon plus grand désir ?
Maî.: Et qu'avez-vous répondu ?
Rép.: Recevoir la lumière.
Maî.: Qui vous a conduit à la lumière ?
Rép.: Le maître et le reste des frères.
Mai.: Qu'avez-vous vu en premier lorsque vous avez reçu la lumière ?
Rép.: La Bible, l'équerre et le compas.
Maî.: Vous a-t-on dit ce qu'ils signifiaient ?
Rép.:Les trois grandes lumières de la maçonnerie.
Maî.: Expliquez-les, mon frère.
Rép.: La Bible dirige et gouverne notre foi; l'équerre sert à ajuster nos actions ; le compas doit nous maintenir dans une juste mesure avec tous les hommes, en particulier avec un frère.

Maî.: Que vous a-t-on dit ensuite ?
Rép.: Le maître m'a fait monter à l'angle nord-est de la loge, c'est-à-dire à sa droite.
Maî.:Vous a-t-il remis quelque chose ?
Rép. : Il m'a remis un tablier dont il me revêtit en me disant que c'était un signe d'innocence plus ancien que la Toison d'or ou que l'Aigle romaine, et plus honoré que l'Ordre de la Jarretière, ou que tout autre Ordre existant sous le soleil, qu'on pourrait me conférer à présent ou à l'avenir.
Maî.: Que vous montra-t-on encore ?
Rép.: Je m'assis à la droite du maître et il me montra les outils de l'apprenti entré.
Maî.: Quels étaient ces outils ?
Rép.: La règle à 24 divisions, l'équerre et le marteau ordi­naire ou maillet d'ajusteur.
Maî.: A quoi servent-ils ?
Rép.: L'équerre sert à régler mon travail, la règle à 24 divi­sions à le mesurer, le maillet à éliminer toute la matière superflue afin que l'équerre puisse s'y apposer et s'y ajuster aisément.
Maî.: Mon frère, puisque nous ne sommes pas tous des maçons opératifs, nous appliquons ces outils à nos moeurs; c'est ce que nous appelons spiritualisation. Expliquez cela.
Rép. : La règle à 24 divisions représente les 24 heures du jour.
Maî.: A quoi les passez-vous, mon frère ?
Rép. : Je passe six heures à travailler, six heures à servir Dieu, et six heures à rendre service à un frère ou à un ami tant que cela est en mon pouvoir sans porter préjudice ni à moi-même ni à ma famille.
Maî.: Vous m'avez dit, mon frère, que vous avez donné trois coups distincts à la porte. Pouvez-vous me dire ce qu'ils signifiaient ?
Rép.: Un certain passage de l'Ecriture.
Maî.: Quel est ce passage, mon frère ?
Rép.: Demande et tu recevras, cherche et tu trouveras, frappe et on t'ouvrira.
Maî.: Comment interprétez-vous ce texte en maçonnerie ?
Rép.: J'ai cherché dans mon esprit. J'ai demandé à un ami. J'ai frappé et la porte de la maçonnerie m'a été ouverte.
Maî.: Pourquoi a-t-on touché votre sein gauche dénudé avec une épée, une lance ou quelque autre arme ?
Rép. : Parce que c'est le sein gauche qui se trouve le plus près du coeur.
C'était un aiguillon visant davantage ma conscience que ma chair.
Maî.: Mon frère, nous avons longtemps parlé de loge. Dites-moi, qu'est-ce qui compose une loge ?
Rép. : Un certain nombre de maçons réunis ensemble pour travailler.
Maî.: Pouvez-vous me dire combien composent une loge ?
Rép.: Trois, cinq, sept ou onze.
Maî.: Pourquoi trois composent-ils une loge ?
Rép.: Parce qu'il y eut trois Grands-maîtres à la création du monde ainsi qu'à la création de ce noble morceau d'archi­tecture qu'est l'homme, lequel est si parfait dans ses propor­tions que les anciens conçurent leur architecture d'après les mêmes lois.
Maî.: Quelle est la seconde raison, mon frère ?
Rép.: Il y eut trois Grands-maîtres lors de la construction du temple de Salomon.
Maî.: Pourquoi cinq composent-ils une loge ?
Rép.: Parce que tout homme est pourvu de cinq sens.
Maî.: Quels sont les cinq sens ?
Rép.: L'ouïe, la vue, l'odorat, le goût et le toucher.
Maî.: A quoi vous servent ces cinq sens en maçonnerie ?
Rép.: L'ouïe, la vue et le toucher me sont très utiles.
Maî.: A quoi servent-ils, mon frère ?
Rép. : L'ouïe sert à entendre le mot, la vue à voir le signe, le toucher à sentir l'attouchement. Je peux de la sorte reconnaître un frère tant dans l'obscurité qu'en pleine lumière.
Maî.: Pourquoi sept composent-ils une loge ?
Rép.:Parce qu'il y a sept arts libéraux... /...
Mai.: Pourquoi onze composent-ils une loge, mon frère ?
Rép.: Parce qu'il y avait onze patriarches lorsque Joseph fut vendu en Égypte et considéré comme mort.
Mai.: Quelle est la deuxième raison, mon frère ?
Rép.: Il ne resta que onze apôtres après la trahison du Christ par Judas.
Maî.: Quelle forme a votre loge ?
Rép.: Celle d'un carré long.
Maî.: Quelle est sa longueur, mon frère ?
Rép.:Elle va de l'orient à l'occident.
Maî.: Quelle est sa largeur, mon frère ?
Rép.: Elle va du septentrion au midi.
Maî.: Quelle est sa hauteur, mon frère ?
Rép.: Elle va de la surface de la terre jusqu'au ciel.
Maî.: Quelle est sa profondeur, mon frère ?
Rép.: Elle va de la surface de la terre jusqu'à son centre.
Maî.: Pourquoi dit-on que la loge s'étend de la surface de la terre jusqu'à son centre ?
Rép.: Parce que la maçonnerie est universelle.
Maî.: Pourquoi votre loge est-elle orientée de l'orient à l'occident ?
Rép. : Parce que toutes les églises et chapelles le sont, ou devraient l'être.
Maî.: Pourquoi cela, mon frère ?
Rép.: Parce que l'Évangile a été d'abord prêché en orient avant de s'étendre à l'occident.
Maî.: Qu'est-ce qui soutient votre loge ?
Rép.:Trois grands piliers.
Maî.: Quel est leur nom ?
Rép. :Sagesse, force et beauté.
Maî.: Pourquoi dit-on que votre loge est soutenue par ces trois grands piliers : sagesse, force et beauté ?
Rép. : Parce que la sagesse, la force et la beauté contri­buent à l'achèvement de tout travail, et qu'on ne peut rien accomplir sans elles.
Maî.: Pourquoi en est-il ainsi, mon frère ?
Rép.: Parce que la sagesse conçoit, que la force soutient et que la beauté orne.
Maî.:Votre loge est-elle couverte ?
Rép. : Oui, par un dais orné de nuages de diverses cou­leurs. »

Lire la suite

Melchisédek (2)

9 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #fondements bibliques de la FM

Le texte montre que ce personnage est mentionné comme étant un homme qui n'avait pas leur généalogie. Il n'est pas affirmé qu'il n'avait aucune généalogie.

La distinction est faite dans ce texte, cependant, que les dîmes étaient reçues par des hommes mortels. Il y est attesté qu’elles ont été reçues par quelqu’un qui est attesté comme vivant. Ceci est le fondement du texte se rapportant au Messie. Cependant, Hébreux 7:11 dit spécifiquement que le Messie est ressuscité en tant qu'un autre sacrificateur.

 Le concept de vivant peut découler de l'Esprit Saint qui donne la vie aux patriarches, comme il l’a fait à la maison de David. Ainsi, le texte dans Hébreux 7:8 pourrait se rapporter à l'assignation de l'Esprit à Melchisédek, en tant qu’un des élus. Ce n'est pas essentiel que ce texte vise le Messie. Hébreux 7:11 Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce Lévitique, – car c’est sur ce sacerdoce que repose la loi donnée au peuple, – qu’était-il encore besoin qu’il parût un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et non selon l’ordre d’Aaron ?

Ainsi, le changement du sacerdoce est aussi lié au changement de la loi. De là, Melchisédek était d'un ordre, qui a été ré-institué dans le Messie et les élus.

Le sacerdoce de Melchisédek fait partie d'une promesse de Dieu. Hébreux 6:17-20 C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution, intervint par un serment,  afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée.  Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

Le Messie est ici devenu un sacrificateur pour toujours d’après l'ordre de Melchisédek. Il n'est pas identifié comme étant ce sacrificateur. Il est un Souverain Sacrificateur pour toujours d’après l'ordre. Ainsi, Melchisédek a établi un ordre. Jésus est allé comme étant un précurseur en notre nom. En d'autres termes, nous deviendrons aussi des sacrificateurs de cet ordre. Hébreux 7 montre la relation de Melchisédek au sacerdoce. Hébreux 7:1-28 En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, – qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, qui le bénit, et à qui Abraham donna la dîme de tout, – qui est d’abord roi de justice, d’après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix,

Le texte soutient que Melchisédek signifie à la fois roi de justice et roi de Salem, ou de paix. La compréhension des Hébreux, tant selon Milik et Vermes, est que Melchisédek signifie Mon Roi est Justice et il est le roi de l'Armée de lumière. Le nom de Satan est Melkiresha’ signifiant Mon Roi est Méchanceté (voir J.T. Milik Journal of Jewish Studies, 1972, pp. 126-135 et aussi Vermes, op. cit., pp. 252-253). Il n'y a aucun doute que nous avons affaire aux batailles de Satan/Messie des derniers jours, selon l’opinion des MMM. qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, –mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, – ce Melchisédek demeure sacrificateur à perpétuité.

Il est tenu comme étant sans père et sans mère et sans généalogie (apatoor, ametoor, agenealogetos). Il n'a ni début de jours, ni fin de vie, mais ressemblant au Fils de Dieu, il continue à être un sacrificateur pour toujours. L’opinion messianique de ce texte semble être fondée sur l’hypothèse qu’il n'avait aucune généalogie et qu'il était éternel. De là, il était le Messie. Le texte dit qu'il ressemblait au Fils de Dieu. Il ne dit pas qu'il était le Fils de Dieu. Le mot est aphomoioo ; assimiler étroitement, ou être rendu comme. Ainsi, il a été rendu comme le Fils de Dieu. L'intention est tout aussi valable que cette entité, étant l’un des patriarches, a été rendue conforme à l'image du Fils de Dieu, de même que tous les élus, dans l’esprit, et a été nommé sacrificateur du type qui remplacerait l'ordre Aaronique, même avant que l'ordre Aaronique n'ait été nommé. Le texte dit qu’il demeure un sacrificateur à perpétuité (voir l’Interlinéaire de Marshall). Le terme demeure un sacrificateur pour toujours est interprété pour nécessiter la vie continue. Ce n'est pas le cas autre que dans le même sens queles élus sont mentionnés comme étant endormis.

La signification de ces textes est discutée ci-dessous, par rapport à la loi régissant le sacerdoce. Considérez combien est grand celui auquel le patriarche Abraham donna la dîme du butin.Ceux des fils de Lévi qui exercent le sacerdoce ont, d’après la loi, l’ordre de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire, sur leurs frères, qui cependant sont issus des reins d’Abraham ; et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses.

Le texte dit aussi que cet homme n’étant pas de leur ascendance (voir l’Interlinéaire de Marshall) a reçu les dîmes d’Abraham. Il ne dit pas qu'il n'avait pas de généalogie. Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur. Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; mais là, c’est celui dont il est attesté qu’il est vivant.

Ce texte est le texte clef pour l'affirmation que Melchisédek n'est pas humain. La même affirmation est faite des élus. Ils ne meurent pas, ils s’endorment (1Cor. 15:6,18).

De plus, Lévi, qui perçoit la dîme, l’a payée, pour ainsi dire, par Abraham ; car il était encore dans les reins de son père, lorsque Melchisédek alla au-devant d’Abraham. Le paiement des dîmes au sacerdoce était pour montrer que les lois de Dieu continuaient, et ne dépendaient pas de Moïse et du sacerdoce lévitique. Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce Lévitique, –car c’est sur ce sacerdoce que repose la loi donnée au peuple, – qu’était-il encore besoin qu’il parût un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et non selon l’ordre d’Aaron ?

Ici, le Messie est clairement affirmé comme étant un autre sacrificateur d’après l'ordre de Melchisédek. Il n'y a aucune suggestion ici que Melchisédek est le même être. Si tel était le cas, alors il y a peu de doute que l'auteur de l’épître aux Hébreux aurait souligné le point. Ce qu'il essayait de faire, était de souligner le rapport entre le Messie et Melchisédek, car il est démontré être le cas, que l'espérance des sectes judaïques du premier siècle s’attendaient à Michel comme étant le Messie et Melchisédek. L’épître aux Hébreux devait faire un lien pour montrer que la prophétie avait été accomplie dans le Messie, comme étant d’après l’ordre de Melchisédek et le précurseur du sacerdoce des élus dans cet ordre. L'ordre était sans généalogie, parce que les élus seraient choisis à partir de toutes les tribus d'Israël et ensuite à partir des Païens, qui étaient eux-mêmes ajoutés aux tribus en tant que sacrificateurs. Ainsi, la lignée entière des élus était sans mère, ou père, ou généalogie, dans le sacerdoce. Les critères de sélection ne dépendaient pas de tels détails. Car, le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un changement de loi. En effet, celui de qui ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a fait le service de l’autel ; car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n’a rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce.

L'extension du sacerdoce au-delà de Lévi est spécifiquement mentionnée à partir de ce texte. Le texte poursuit pour mentionner la ressemblance du Messie à Melchisédek. Cela devient plus évident encore, quand il paraît un autre sacrificateur à la ressemblance de Melchisédek, institué, non d’après la loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une vie impérissable ; car ce témoignage lui est rendu : Tu es sacrificateur pour toujours Selon l’ordre de Melchisédek. Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, – car la loi n’a rien amené à la perfection, – et introduction d’une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu.

L'intention d'éliminer la généalogie comme objectif du texte est rendue explicite ici. Le sacerdoce est conféré non pas par la descendance physique, mais par la puissance d'une vie indestructible (voir Rom. 1:4). Ainsi, l'Esprit Saint a conféré le pouvoir sur Melchisédek, comme il a fait sur Abraham et tous les patriarches, aussi bien que David, les Juges et les Prophètes, continuant aux apôtres et aux élus. L'importance du texte n'est pas dans le fait que Melchisédek pourrait avoir été le Messie, mais, plutôt, il est plus important s'il ne l'était pas. Et, comme cela n’a pas eu lieu sans serment, car, tandis que les Lévites sont devenus sacrificateurs sans serment, Jésus l’est devenu avec serment par celui qui lui a dit : Le Seigneur a juré, et il ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours, Selon l’ordre de Melchisédek. – Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente.

C'est le témoignage de Dieu que les élus sont entrés en fonction. Le Messie a reçu la fonction par la promesse de Dieu par serment.

Le sacerdoce lévitique était empêché par la mort de continuer dans ses fonctions. Ils vont participer à la deuxième résurrection. L'ordre de Melchisédek participera à la première résurrection. Ceux des élus ont une meilleure résurrection (Héb. 11:35). De plus, il y a eu des sacrificateurs en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents. Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible.

La continuation pour toujours est à travers la mort, à la résurrection. Le sacerdoce n'est pas enlevé des élus, vu qu’il n'a pas été enlevé du Messie et des patriarches.C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, – car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. 28 En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait pour l’éternité.

Ainsi, le Messie était le couronnement de ce nouvel ordre de sacerdoce qui s'est étendu à ceux qui ont été choisis par Dieu, qui a nommé le Messie et l'a rendu parfait pour toujours.

Nous avons vu que quelques sectes judaïques identifiaient le Messie comme étant Michel (à partir de Dan. 12:1). Les suppositions sont basées sur le fait que Michel se tient pour le peuple d'Israël et que la Nation d'Israël a été donnée à Yahovah par le Très-Haut, quand Il a divisé les nations entre les fils de Dieu (comparer Deut. 32:8 RSV, la LXX et les MMM). Melchisédek a la signification de Mon Roi est Justice (Vermes Dead Sea Scrolls in English, p. 253). Il a été aussi supposé que Melchisédek était un nom pour le chef de l'Armée de Lumière, qui, comme nous l’avons vu, est une fonction du Messie (Vermes, p. 260).

Ces hypothèses sont faites à partir de la partie endommagée du Testament d’Amram. Ce serait compatible avec la connexion de Melchisédek-Messie parmi les Esséniens. Cependant, si Melchisédek était le Messie, il y a alors un problème sérieux avec l'incarnation et le sacrifice. Nous allons maintenant examiner le rapport de la loi au sacerdoce.

Le titre semble avoir été le titre héréditaire du roi de Jérusalem (ou Urusalaim). Des centaines d’années après Abraham, nous rencontrons un autre roi portant un titre semblable de Seigneur de Justice ou Mon Seigneur est Justice, durant l'occupation de Canaan par Israël, sous Josué. Ici, dans Josué 10:1, nous rencontrons Adoni-Tsédek, ce qui est une autre variation de Melchisédek, régnant à Jérusalem. Le titre, dans ses variantes, est ainsi héréditaire et est dévolu au Messie en vertu de son règne à partir de Jérusalem, et était peut-être envisagé dans ce sens par David aussi. De cette façon aussi, les élus sont des sacrificateurs d’après l'ordre de Melchisédek, parce qu'ils gouvernent avec lui à Jérusalem en tant qu'élohim (cf. Zach. 12:8 ; Apo. 7:1-17).

La supposition chrétienne que Melchisédek est le Messie repose sur un malentendu des textes dans Hébreux 7:3. Les termes sans père, mère et généalogie (apator etc.) se réfèrent à l’obligation d’être enregistré dans la lignée d’Aaron (Néh. 7:64) pour le sacerdoce lévitique.

Le terme début de jours et de fin de vie, se réfère à l’obligation de débuter ces fonctions à l’âge de trente ans et de cesser à cinquante ans (Nom. 4:47). Le Souverain Sacrificateur succédait le jour de la mort de son prédécesseur. Melchisédek n'a aucune telle condition. Hébreux enregistre dans la traduction Interlinéaire de Marshall qu'il était un homme (Héb. 7:4). Il a été rendu comme le Fils de Dieu (Héb. 7:3). Cependant, il n'était pas le Fils de Dieu qui était un autre sacrificateur(Héb. 7:11). Ainsi, tous les élus peuvent participer au sacerdoce, étant rendus comme le Fils de Dieu, indépendamment de la lignée et de l'âge, continuant à perpétuité. Quand à savoir qui était Melchisédek, nous pouvons seulement conjecturer. Les Esséniens ont interprété le texte de façon messianique comme l’ont fait quelques fondamentalistes modernes. Les éléments des Pauliciens qui partageaient aussi cette opinion ont été appelés les Melchisédekiens, mais ils l’ont gardé distinct du Messie en tant que le médiateur céleste (voir l’étude La Distribution Générale des Églises Observant le Sabbat (No. 122)). Hébreux semble avoir été écrit afin de corriger cette erreur, mais a lui-même été mal interprété. Le Midrash soutient qu'il était Sem (Rashi) étant roi (melek) d’un endroit de justice (tsedek) (Abraham ibn Ezra et Nachmanides). Cet endroit était là où le temple serait construit pour la Présence Divine, que le Midrash applique à Jérusalem dans l'ensemble, à partir du texte la Justice a logé en elle (Ésaïe 1:21) (ibn Ezra et Nachmanides, voir Soncino, fn. Genèse. 14:18). Plus important encore, le concept d’un Conseil des Élohim était absolu et est indéniable, comme étant le sens correctement compris des textes de l'Ancien Testament impliquant les élohim. La structure subalterne des Élohim est comprise d'une part, mais mal comprise par rapport à Michel et Melchisédek d’autre part.

Apocalypse 4 et 5 montrent que ce groupe compte trente entités incluant quatre chérubins. Ainsi, trente pièces d'argent ont été exigées pour la trahison de Christ (Matt. 27:3,9 cf. Zach. 11:12-13) vu qu’elle était une infraction contre la Divinité entière. Les Anciens sont chargés des prières des saints (Apo. 5:8) et Christ est leur Souverain Sacrificateur. Il était le membre des Anciens, qui a été trouvé digne d'ouvrir le rouleau du plan de Dieu, ayant racheté les hommes et les a faits un royaume et des sacrificateurs à notre Dieu, c'est-à-dire, le Dieu du Conseil et de Christ (Apo. 5:9-10).

La rançon des hommes fait partie d'une restauration du temps de la fin, qui arrive au second avènement du Messie en tant que Roi d'Israël, son premier avènement étant compris comme étant le Messie d'Aaron. Ce premier avènement messianique était l'expiation pour les péchés et l'établissement du sacerdoce de Melchisédek. La restauration du temps de la fin était comprise comme étant une extension des élohim tels que dépeints dans Zacharie 12:8. Dans la restauration des derniers jours, quand le Messie viendra à Sion, tel que compris d’Hébreux 12:22-23, la séquence de l'avènement impliquait la défense de Jérusalem et le renforcement des habitants physiques de la cité pour le règne Millénaire. Mais remarquez ce que Zacharie continue à exposer : Et celui qui est faible parmi eux en ce jour-là sera comme David ; et la Maison de David sera comme Dieu (élohim), comme l’Ange de Jéhovah devant eux (l’emphase est ajoutée).

La signification ici, consistait en ce qu’il a été donné à Zacharie la compréhension que l'Ange de YHVH était un élohim et que la maison de David (qui était mort depuis longtemps) devait se composer de ceux qui deviendraient eux-mêmes élohim, en tant que partie de la maison de David.

Zacharie a écrit à la fin de la période de la Bible, comme étant l’un des derniers livres à être écrit (prétendument vers 410-3 AEC (Avant l’ère Courante), se référer à l’Appendice 77 de la Compagnon Bible). La compréhension de la séquence n'a donc pas été changée pendant la durée de la compilation du texte.

La conclusion selon laquelle le Messie est Melchisédek n'est pas une opinion généralement tenue par l'Église de Dieu au cours des deux mille ans. Elle a été tenue par quelques groupes et quelques sectes judaïques. Il s’avère que le Messie n'était pas Melchisédek, mais que l'avancement de la vie éternelle à Melchisédek à travers sa position dans l'Esprit Saint a été mal compris. Le fait de la question n'est pas essentiel à la foi, ce n'est non plus un point de doctrine qui est essentiel à la fraternisation. L'attribution du rôle au Messie affaiblit probablement l'argument de l'extension du sacerdoce aux élus en tant que élohim, plutôt que renforcer la position. La controverse repose certainement sur une construction étroite d'un verset.

Source : http://www.logon.org/french/

 

Lire la suite

Melchisédek (1)

9 Décembre 2012 , Rédigé par x Publié dans #fondements bibliques de la FM

L'identité de l'être connu sous le nom de Melchisédek a fait l’objet de spéculations au cours des années. Certains ont proposé une identité messianique pour Melchisédek ; d'autres l'ont identifié aux patriarches. Pour isoler son identité probable, nous devons examiner les textes appropriés et le cadre historique durant lequel il a vécu. L'impact logique sur l'unicité de l'incarnation messianique est aussi un facteur que l'on doit considérer si, par exemple, on proposait une identité messianique. En d'autres termes, si on soutient que Melchisédek était Jésus Christ, cela doit être comparé aux textes appropriés et à la conséquence pour le salut humain d'un tel avènement double. Cette période se situait aussi à l’intérieur même de la durée de vie des patriarches qui ont vécu après le déluge. Il y a, sans aucun doute, une certaine signification à être tirée de cette considération.

Le monde durant la période après le déluge était d’un seul langage et sous un seul sacerdoce. Le point de vue judaïque était que ce sacerdoce était centré à Salem sous Melchisédek. L'identité de Melchisédek a été une énigme. Melchisédek selon le Midrash était identifié avec Sem (Rashi : voir Soncino).On l’a appelé ainsi parce qu'il était le roi (melech) d’un lieu célèbre pour sa justice (tsedek) [selon Abraham ibn Ezra] N[achmanides] pareillement : Il a gouverné au lieu où un jour serait construit le Temple où demeurait la Présence Divine qui est appelée tsedek. Le Midrash applique le terme à Jérusalem dans son ensemble, comme c’est écrit, la Justice logeait en elle (Ésaïe. 1:21) (commentaire de la Soncino à Genèse 14:18).

Melchisédek était le sacrificateur du Dieu Très-Haut. Nachmanides soutient que c’était :Uniquement parce qu’Abraham savait que c'était le cas qu’il lui a donné une dîme. LeTrès-Haut signifie au dessus de tous les autres dieux (N) (Soncino).

Rashi soutient que le pain et le vin, donnés par Melchisédek à Abraham, étaient des rafraîchissements pour les combattants épuisés par la bataille et pour les prisonniers libérés. Il démontrait ainsi qu'il n'avait aucun ressentiment contre Abraham pour avoir tué sa progéniture (viz. Cherdorlaomer, etc.) (voir la Soncino). Cet aspect est important indépendamment de la lignée de ceux impliqués. C'est plus important vu la descendance directe des victimes. La signification du pain et du vin, donnés à Abraham, est rattachée directement à la signification du Pain et du Vin qui feraient partie intégrante du Pain et du Vin établis par le Messie, au Dîner du Seigneur. Cet événement présageait avec impatience le symbolisme de l'Esprit Saint habitant en nous, vu qu’il était administré sous le nouveau sacerdoce selon l'ordre de Melchisédek, tel qu’introduit par le Messie. Le fait que Melchisédek a présagé cet événement n'exige pas qu'il soit le Messie. En effet, s'il l’était, il y a toutes sortes de problèmes dans le concept du sacrifice sans péché du Messie. Était-il né ? Était-il un homme ? Si oui, était-il né d'une vierge, alors ? Il n'était certainement pas de la lignée de David. S'il était un ange, qu'est-ce que cela implique pour le gouvernement de Salem à ce stade ? Quel était le sacerdoce là ? Pourquoi un sacerdoce angélique n'est pas enregistré ailleurs ? Quel usage a un ange pour les dîmes de la guerre ? S'il n'est pas mort, que peut-on alors dire des œuvres de Jean et de la doctrine de l'Antéchrist ? Les problèmes logiques présentés par un tel aspect messianique de Melchisédek sont énormes. 

Le sujet de Melchisédek est souvent incompris, tout simplement parce que la séquence et la signification de l'histoire ne sont pas comprises. L'Église de Dieu, pendant plus de deux mille ans, n'a pas tenu une opinion unanime sur le sujet et les opinions concernant la question n'ont pas été vues comme étant un point de doctrine ou central pour le salut. Certes, jusqu'aux étapes les plus intolérantes de l'Église en ce siècle, la question n’a pas été considérée comme justifiant la conformité doctrinale. Il sera utile d’examiner l'histoire de la construction du récit.Genèse 11:1-32  Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.  Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.  L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté.  Allons ! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres.  Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville.  C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre.

Ici, nous voyons la dispersion des gens, à cause du système qui était mis en place à Babel, sous le gouvernement établi par Nimrod là et à Accad, à Erec et à Calné. De là, il a construit Ninive, Rehoboth Hir, Calach (Genèse 10:10-11). Le sacrificateur de Dieu, cependant, était Sem, étant le fils de Noé. Noé a vécu 350 ans après le déluge (Genèse 9:28) et il est mort à l’âge de 950 ans (Genèse 9:29). Sem a été central dans le rétablissement après le déluge.Voici la postérité de Sem. Sem, âgé de cent ans, engendra Arpacschad, deux ans après le déluge. Sem vécut, après la naissance d’Arpacschad, cinq cents ans ; et il engendra des fils et des filles.  Arpacschad, âgé de trente-cinq ans, engendra Schélach.  Arpacschad vécut, après la naissance de Schélach, quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles. Schélach, âgé de trente ans, engendra Héber. Schélach vécut, après la naissance d’Héber, quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles. Héber, âgé de trente-quatre ans, engendra Péleg. Héber vécut, après la naissance de Péleg, quatre cent trente ans ; et il engendra des fils et des filles.  Péleg, âgé de trente ans, engendra Rehu. Péleg vécut, après la naissance de Rehu, deux cent neuf ans ; et il engendra des fils et des filles.  Rehu, âgé de trente-deux ans, engendra Serug.  Rehu vécut, après la naissance de Serug, deux cent sept ans ; et il engendra des fils et des filles. Serug, âgé de trente ans, engendra Nachor. Serug vécut, après la naissance de Nachor, deux cents ans ; et il engendra des fils et des filles. Nachor, âgé de vingt-neuf ans, engendra Térach.  Nachor vécut, après la naissance de Térach, cent dix-neuf ans ; et il engendra des fils et des filles. Térach, âgé de soixante-dix ans, engendra Abram, Nachor et Haran. Voici la postérité de Térach. Térach engendra Abram, Nachor et Haran. –Haran engendra Lot.  Et Haran mourut en présence de Térach, son père, au pays de sa naissance, à Ur en Chaldée. – Abram et Nachor prirent des femmes : le nom de la femme d’Abram était Saraï, et le nom de la femme de Nachor était Milca, fille d’Haran, père de Milca et père de Jisca.  Saraï était stérile : elle n’avait point d’enfants. Térach prit Abram, son fils, et Lot, fils d’Haran, fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d’Abram, son fils. Ils sortirent ensemble d’Ur en Chaldée, pour aller au pays de Canaan. Ils vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent.  Les jours de Térach furent de deux cent cinq ans ; et Térach mourut à Charan. 

Il y a un certain nombre de points importants qui ressortent du texte de Genèse 11. Le premier point se rapporte à l'âge de Sem et des autres. À partir de ces textes, nous pouvons établir les dates après le déluge de leur naissance et de leur mort. Les années sont d’une durée énorme. Ces époques ne sont pas acceptées comme étant des périodes littérales dans les temps modernes. En effet, suggérer que ces temps soient réels, c’est d’inviter la dérision. Cependant, un littéraliste ne peut pas l'avoir des deux manières. Si la Bible est littéralement vraie et que Melchisédek a existé, alors, les dates sont également vraies et Sem est un candidat. Les histoires des nations environnantes de Canaan dans le Moyen-Orient devraient aussi refléter les histoires concernant l'établissement des villes. Les personnages pourraient aussi être reflétés dans les histoires des nations, peut-être par d'autres noms. Il doit être rappelé que les noms avaient une signification et les noms donnés aux patriarches n'étaient pas nécessairement les mêmes que ceux par lesquels ils étaient connus dans d'autres pays. Par exemple, Noé a été connu dans l'Épopée de Gilgamesh comme étant Uta-Napishtim (il a été appelé le lointain) (voir Budge Babylonian Life and History, 2ème édition, Londres, 1925, pp. 92 ff). Il y a beaucoup de conjecture que les mythes Égyptiens concernent l'histoire de Sem en sa qualité de destructeur des systèmes apostats égyptiens. Cet aspect entier est trop compliqué pour cette oeuvre et doit être traité ultérieurement. Le mythe égyptien qui peut réfléchir sur Sem est l'histoire de Typhon, le frère d’Osiris qui avait le gouvernement de l'Égypte et qui avait essayé d'établir le modèle égyptien sur le reste du monde. Typhon est dépeint comme étant un usurpateur méchant qui a organisé une conspiration de soixante-douze membres. Avec ces derniers, il a confiné Osiris en cachette par la tromperie et l'a jeté dans le Nil. La signification ici est que le nombre soixante-douze se rapporte au Conseil Gouvernant de Dieu.

Le Sanhédrin était un conseil de soixante-dix ; cependant, il y avait toujours un minimum de soixante et onze en total et, plus tard, plus le Nasi. Le Messie a envoyé les soixante-dix après leur nomination (Luc 10:1). Ils revinrent avec joie en disant : même les démons nous sont soumis (Luc 10:17). L'autorité a été transférée ici à l'Église. Dans les deux cas, le nombre dans le texte est énuméré dans l’Interlinéaire de Marshall à partir du texte de Nestles comme étant hebdomekonta [duo] ou soixante-douze. Ainsi, on a compris que les soixante-dix sont accompagnés de deux, faisant soixante-douze.C'est en fait le Conseil des Élohim. De là, le mythe d'Osiris et d’Isis place Typhon en tant que la tête de ce Conseil, mais méchant en tant que anti-Égypte (voir Bullfinch’s Mythology, Avenel Books, New York, 1979, pp. 293 ff). Ainsi, on pouvait dire que Typhon tenait la place de sacrificateur du Dieu Très-Haut à la tête du Conseil. Il serait égal aussi à Melchisédek. Sem est souvent considéré sous cet aspect. Cependant, le taureau d’Apis est aussi associé à Osiris, étant considéré comme le dépôt de l'âme d'Osiris, et pour se transférer à chaque successeur d'Apis. Ainsi, la légende est liée aux mythes d’abattage du taureau et de là, les cultes du mystère. Sem, en tant que successeur de Noé et de la nouvelle terre, et le Messie aussi ont une pertinence à ces histoires. Ainsi, Melchisédek peut être considéré comme ayant à la fois l'application tant à Sem qu'au Messie. Le judaïsme le verrait comme étant Sem, à cause des considérations littérales. Les Essénienspouvaient, et en effet, l’ont allégorisé comme étant le Messie et Michel.

Sem a vécu 502 ans après le Déluge et sa vie a des implications pour le gouvernement des nations. Nous pouvons construire un tableau comme suit :

Patriarche

Âge à la naissance du fils

Naissance

Année de la Mort après le Déluge (D.)

Sem

100

 

D. + 502

Arpacschad

35

D. + 2

D. + 440

Schélach

30

D. + 37

D. + 470

Héber

34

D. + 67

D. + 531

Péleg

30

D. + 101

D. + 340

Rehu

32

D. + 131

D. + 370

Serug

30

D. + 163

D. + 393

Nachor

29

D. + 193

D. + 341

Térach

70

D. + 222

D. + 427

Haran

Nachor

Abram

 

D. + ?

D. + ?

D. + 352

Avant D. + 296.

La dispersion des nations s’est produite quand Abraham avait 48 ans, à la mort de Péleg, 340 ans après le Déluge (Seder Olam Rabbah, Ch. 1).

Abram (Abraham) a quitté Haran après la mort de Térach, en D. + 427 ans (1921 AEC selon le TM). Il avait soixante-quinze ans (Genèse 12:4). Nous sommes certains que les patriarches vivants à la mort de Térach et durant l'occupation de Canaan par Abram, étaient Sem, Arpacschad, Schélach et Héber.Sem était l'aîné. À partir de Genèse 9:26, Yahovah (ou Jéhovah) est déclaré comme étant le Dieu de Sem, et Japhet doit vivre dans ses tentes. Sem est ici béni, bien que Japhet soit l'aîné (Genèse 10:22). Sem est donc le sacrificateur du Dieu Très-Haut au temps d'Abraham. La distribution des autres est inconnue, mais Sem a eu Arpacschad et Elam, et Assur qui devait émerger en tant que les Assyriens. Le royaume antique d'Elam, une fois joint avec les autres, a formé la base de l'empire Babylonien.

Le mouvement des tribus indique que la répartition des nations en villes et régions limite les possibilités du sacerdoce du Dieu Très-Haut, à Salem, comme étant celui de Sem ou d’Arpacschad, étant donné les implantations connues des autres fils. Arpacschad est mort en D. + 440 (1908 AEC selon le TM) ; il est donc probable que le patriarche toujours vivant et aîné, soit celui mentionné en tant que Mon Roi est Justice, bien que Schélach ou Héber soient encore des possibilités. Sem est appelé le père de tous les fils d'Héber (Genèse 10:21). Ainsi, il est possible que le mot hébreu s'étende au-delà des Israélites à d'autres peuples relatifs. Ceci est une autre étude à part entière.

Rashi dit que la bénédiction d'Abraham par Melchisédek, dans Genèse 14:20, est, en premier, une bénédiction d'Abraham pour avoir livré bataille et, ensuite, de Dieu pour l'avoir aidé. Le fait qu'Abraham ait donné un dixième de tout, indiquait ainsi que ses descendants donneraient des dîmes aux sacrificateurs (selon Nachmanides). La dîme était destinée à être une offrande de remerciement à Dieu, et le seul sacrificateur apte à la recevoir était Melchisédek. L'interprétation judaïque traditionnelle, par conséquent, était que Melchisédek était Sem et que le sacerdoce après le déluge était aussi centré à Jérusalem.

Melchisédek en tant que le Messie

L'affirmation que le Messie était Melchisédek provient en partie d'un malentendudes textes en rapport à la généalogie. Il y avait une vue existante à l’époque de Christ dans certaines sectes judaïques, comme nous le savons à partir des Manuscrits de la Mer Morte, que Melchisédek était le Messie. L’opinion était aussi combinée à l’idéeque le Messie était l'archange Michel. L’opinion que Melchisédek était le Messie semble être fondée sur le fait que le Messie aurait dû venir pour exécuter deux fonctions. Cela peut être déduit à partir d’un certain nombre de prophéties, mais aussi, principalement, à partir de la fonction du souverain sacrificateur le Jour des Expiations, où il y avait une dualité de vêtements, représentant une fonction sacerdotale et expiatoire par les vêtements de lin, et au changement du souverain sacrificateur en vêtements de cérémonie royaux à la fin, indiquant aussi le roi Messie. Ainsi, le premier avènement était en tant que sacrificateur, et le second était en tant que roi Messie. La Judée était sous le joug romain et les gens voulaient un libérateur. Ainsi, peut-être certains ont vu dans Melchisédek la fonction de sacrificateur. Il a été prophétisé que le Messie serait un sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédek, dans Psaume 110:4.Psaume 110:1-7 De David. Psaume. Parole de l’Éternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.  L’Éternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance : Domine au milieu de tes ennemis ! Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ; Avec des ornements sacrés, du sein de l’aurore Ta jeunesse vient à toi comme une rosée.  L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, À la manière de Melchisédek.  Le Seigneur, à ta droite, Brise des rois au jour de sa colère. Il exerce la justice parmi les nations : tout est plein de cadavres ; Il brise des têtes sur toute l’étendue du pays. Il boit au torrent pendant la marche : C’est pourquoi il relève la tête. 

À partir du verset 1 du Psaume, nous savons que c'est le Messie qui est mentionné. La nomination est ici en tant qu'un sacrificateur pour toujours, d’après l’ordre de Melchisédek. Il n'est pas affirmé que le Messie était Melchisédek.

À partir des Manuscrits de la Mer Morte (MMM) (Damascus Rule VII en particulier, aussi à partir du fragment de la grotte IV), nous savons que le Messie avait deux avènements ; en tant que le Messie d'Aaron (ou Messie sacrificateur) et le Messie d'Israël (ou roi Messie). La communauté des MMM comprenait qu'ils étaient l’unique Messie (voir Vermes The Dead Sea Scrolls in English, p. 49 pour la discussion des textes). 

Les MMM ont donné une série de treize fragments de la grotte XI sur Melchisédek. Ils ont été publiés en 1965 par A S. van der Woude. Le texte se présente sous la forme d'un Midrash eschatologique, dans lequel, la proclamation de la liberté aux captifs dans les temps de la fin (Ésaïe 61:1) :est comprise comme faisant partie de la restauration générale de la propriété au cours de l'année du Jubilé [Lév. 25:13], vue dans la Bible [Deut. 15:2] en tant qu'une rémission des dettes. Le libérateur céleste est Melchisédek. Identique à l'archange Michel, il est le chef des 'fils du Ciel’ ou ‘dieux de Justice’ et il est mentionné en tant qu’élohim et el. Ces mots hébreux signifient normalement 'Dieu', mais certains contextes spécifiques à la tradition juive expliquent élohim comme étant conféré principalement à un 'juge'. Ici, Melchisédek est dépeint comme présidant au jugement final et à la condamnation de sa contrepartie démoniaque, Bélial/Satan, le Prince des Ténèbres, ailleurs appelé aussi Melkiresha’ [voir aussi Vermes, ibid., pp. 253,260]. Le grand acte de délivrance est attendu le Jour des Expiations à la fin du dixième cycle du Jubilé. Ce manuscrit révèle des informations non seulement sur le personnage de Melkizedek de l'Épître aux Hébreux vii, mais aussi sur le développement du concept messianique dans le Nouveau Testament et dans le christianisme antique. (Sur le messianisme voir G. Vermes, Jesus the Jew, London, 1973, pp. 129-59, 250-56)... Et concernant ce qu'Il a dit, Durant [cette] année du Jubilé [chacun de vous retournera à sa propriété [Lév. 25:13] ; et de même Et ceci est la méthode de relâche :] Chaque créancier relâchera ce qu'il a prêté [à son prochain et à son frère], car la relâche de Dieu [a été proclamée] [Deut. 15:2]. [Et elle sera proclamée à] la fin des jours concernant les captifs comme [Il a dit, de proclamer la liberté aux captifs [Ésaïe 61:1]. Son interprétation est qu'Il] les assignera aux Fils du Ciel et à l’héritage de Melchisédek ; c[ar Il partagera] leur [lot] parmi les po[rtions de Melchisé]dek, qui les conduira là et leur proclamera la liberté, leur pardonnant [les fautes] de toutes leurs iniquités (Vermes, ibid., p. 266).

On voit ainsi que Melchisédek était considéré comme étant l'Archange Michel et qu'il était le personnage messianique à qui le jugement était remis. Ceci est basé sur le texte dans Zacharie 3:1-10, qui montre aussi l'opposition à Satan dans ce processus. Le personnage était aussi compris comme étant l'Élohim qui juge les saints de Dieu, comme c’est écrit dans les Psaumes, où il est dit que : ÉLOHIM a pris sa place dans le conseil divin ; au milieu des dieux, il détient le jugement [Ps. 82:1]. Et c'était à son sujet qu'il a dit : que (l'assemblée des peuples) revient aux hauteurs au-dessus d'eux ; EL (dieu) jugera les peuples [Ps. 7:7-8]. Quant à cela il a d[it : jusqu’à quand jugerez-vous] injustement et aurez-vous égard à la personne des méchants ? Pause. [Ps. 82:2], son interprétation concerne Satan et les esprits de son lot [qui] se sont rebellés en se détournant des préceptes de Dieu vers... Et Melchisédek exécutera la vengeance des jugements de Dieu ... et il les arrachera [de la main de] Satan et de la main de tous les esp[rits de] son [lot]. Et tous les ‘dieux [de Justice’] viendront à son aide [pour] participer à lade[struction] de Satan .... (De Vermes, p. 267).

Ésaïe 52:7 utilise élohim dans le contexte de l’avènement messianique à Sion (voir Héb. 12:22-23).

On le voit à partir du texte de Vermes, qu’il n'y avait aucun doute que les textes cités étaient messianiques. Il n’y avait aussi aucun doute qu’il a été donné à Satan un rôle de pouvoir en jugement. Le terme son lot est utilisé pour montrer l'assignation des devoirs des pouvoirs célestes, conformément au processus trouvé dans le Temple, d'allouer la responsabilité et les périodes de service en tirant au sort. Le Conseil des dieux est ainsi vu en tant queles élus et l'Armée loyale, à qui l'on a donné le pouvoir. L'attribution de Melchisédek, comme étant le Messie, était donc maintenue comme une forte convictionparmi la Communauté de la Mer Morte, au temps de Christ, et l'association s’est retrouvée dans le Livre aux Hébreux. La similitude dans le Livre aux Hébreux, cependant, est dérivée du texte dans Hébreux 7:6-8.Hébreux 7:6-8 et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses. Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur.  Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; mais là, c’est celui dont il est attesté qu’il est vivant. 

 

Source : http://www.logon.org/french/

Lire la suite

Ma famille irlandaise : les Kelly ou O'Kelly : "les petits enfants de la bagarre"

8 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #perso

Kelly-20Coat-20of-20Arms.jpg

L’histoire du pays se retrouve dans les noms de famille irlandais. Une histoire qui remonte à deux mille ans et qui est pleine de guerriers et de héros, ou plutôt d’enfants et de petits-enfants de guerriers et de héros. Les quatre noms les plus répandus en Irlande font référence à ce passé mouvementé et militaire.

Le nom le plus répandu est « petit-fils du chien de la mer », Ó Murchú, en anglais Murphy. Être un chien de la mer n’a rien de péjoratif, mais signifie plutôt ‘guerrier de la mer’. En deuxième place se situe une famille aussi belliqueuse que la première, les « petits-enfants de la bagarre », les Ó Ceallaigh, en anglais les O’Kelly. En troisième place se trouvent les « petits-enfants des yeux noirs », les Ó Súilleabháin, en anglais les O’Sullivan. En quatrième position, honneur aux Gallois, Breathnach, les Walsh en anglais, qui témoignent de la présence des Gallois en Irlande, arrivés avec les Normands au XIIIe siècle. En cinquième position des noms les plus nombreux, la première des familles ‘Mac’, c’est-à-dire fils, le « fils du forgeron », les Mac Gabhann , en anglais Mc Gowan ou Smith.

Avec les cinq familles ci-dessus nous apprenons plusieurs choses sur les noms de famille irlandais. Le Ó signifie ‘petit-fils’, ‘descendance de’, le Mac signifie ‘fils’. Dans les patronymes irlandais il y a autant de Mac que de Ó. En Écosse on parle également une langue gaélique, nous retrouvons donc Mac dans les patronymes du pays. En revanche, les Écossais n’ont pas pris l’habitude typiquement irlandaise de faire référence au grand-père, la plupart de familles écossaises s’appellent Mac, le Ó est rarement utilisé. Le Mac et le Mc signifient la même chose, à savoir « fils », et ne sont que deux conventions orthographiques différentes, le Mc étant simplement une abréviation du Mac.

 

Les noms de famille existent souvent en double, à savoir en gaélique d’origine, et en anglais de bricolage. Ceci s’explique par l’occupation anglaise qui a duré des siècles, jusqu’à en 1921 pour la partie sud, et les efforts énormes déployés pour anéantir la société gaélique. Tout était bon à détruire : les classes dirigeantes, le système de gouvernement, la religion, les lois, la culture et la langue. Les noms en gaélique n’ont pas été épargnés. On leur a donné soit une orthographe à l’anglaise, tel que Mc Gowan pour Mac Gabhann, soit un équivalent en anglais, par exemple Smith, « le forgeron ». Dans les deux cas, la version anglaise était souvent brutale et sans ménagement. Les Irlandais ont compris eux-mêmes l’inconvénient de s’afficher avec un nom trop gaélique et beaucoup ont supprimé les Ó et Mac. Depuis le départ des Anglais du sud du pays en 1921 il a eu un certain retour aux orthographes d’origine, cependant la plupart des Irlandais continuent avec ce qui est maintenant un système de double nom, permis depuis l’indépendance, tout Irlandais de la République ayant droit à deux noms, l’un en gaélique, l’autre en anglais.

Source : http://www.chronique-gaelique.com/html/noms_de_familles.html

Lire la suite

Hymne national irlandais

8 Décembre 2012 , Rédigé par Hymne national irlandais Publié dans #Chants

Lire la suite

La GLTSO

8 Décembre 2012 , Rédigé par Étienne TADDEI TRGM Publié dans #histoire de la FM

Les origines anciennes

L'histoire de notre Obédience se confond avec celle de sa Loge créatrice N°1 "Le Centre des Amis". Nous suivrons ce fil conducteur pour notre historique.En 1778, des Francs Maçons, officiers suisses au régiment de Sonnenberg, appartenant à une Loge militaire française "Henri IV", créent une nouvelle Loge "Guillaume Tell". Elle reçoit sa patente du Grand Orient de France, travaille au Rite Français et recrute parmi les Gardes Suisses du Roi. En 1792, la monarchie tombe, les Tuileries sont investies par les révolutionnaires et les Gardes Suisses, dont de nombreux Frères de la Loge "Guillaume Tell", restés fidèles à leur serment d'attachement au roi, sont massacrés par la foule bien qu'ils fussent désarmés. L'année suivante, les quelques Frères survivants créent une nouvelle Loge "Le Centre des Amis". Ce nom veut bien dire ce qu'il veut dire. Cette nouvelle Loge était essentiellement une tentative pour regrouper, après la tourmente révolutionnaire, tous les adeptes fidèles à l'esprit maçonnique, une sorte d'association fraternelle de francs-maçons se recrutant par affiliation, seul moyen de préserver le secret et d'éviter les trahisons fréquentes dans ces périodes troublées. Les Frères composant cette Loge représentaient l'éventail des tendances politiques de l'époque à l'exception des extrémistes. En cela, ils étaient dans la plus pure tradition maçonnique telle qu'elle est exprimée dans l'article I des Constitutions d'Anderson : "la Maçonnerie devient le centre d'union, et le moyen de nouer une Amitié sincère entre des personnes qui n'auraient pu que rester perpétuellement étrangères". En 1808, "Le Centre des Amis" cesse de pratiquer le Rite Français et adopte le Rite Ecossais Rectifié avec l'autorisation officielle du Grand Orient (son obédience) et la patente de Jean-Baptiste Willermoz, fondateur du Rite et "Grand Chancelier du Directoire de Lyon du Régime Rectifié"(Régime = structure gérant les différents grades du Rite). Parallèlement le Régime Ecossais Rectifié se développe en France (3 Directoires : Bourgogne, Auvergne, Septimanie) et surtout en Suisse. "Le Centre des Amis" continuera ses travaux, fidèle à l'esprit maçonnique le plus pur et le plus élevé, puis les événements politiques et le vieillissement de ces membres aboutira à sa "mise en sommeil" en 1841. Toutes les archives sont alors confiées à la Préfecture (entité hiérarchique du Régime Rectifié) de Genève. 

Les origines modernes

En 1910, quelques frères du Grand Orient de France veulent réorienter les travaux dans un esprit plus spiritualiste et libéral. En effet, depuis 1848 et la IIème République, le Grand Orient a pris un virage plus humaniste, progressiste et s'implique dans la vie politique. En 1877, il renonce à la croyance au Grand Architecte de l'Univers et devient officiellement athée. Ces frères, dont le plus célèbre, Edouard de Ribaucourt, animés par le même esprit que les fondateurs du "Centre des Amis" de 1793, choisissent de "réveiller" cette Loge et de travailler au RER. Le Grand Prieuré d'Helvétie (structure suprême du Régime Rectifié toujours vivant en Suisse) retransmit les archives et les patentes nécessaires et les aide à "réveiller" officiellement "Le Centre des Amis" au RER dans le giron du Grand Orient de France (GODF). Cependant, le GODF ne pouvant plus tolérer la référence au GADLU, principe fondamental du RER, "Le Centre des Amis" doit quitter cette obédience en 1913. Avec l'aide d'une Loge anglaise de Bordeaux ils créent une nouvelle obédience "la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises" (GLNIRF) qui est immédiatement reconnue officiellement par la Grande Loge d'Angleterre. Cette obédience, avec "Le Centre des Amis" comme Loge N°1, prend de l'essor entre les deux guerres. Vient ensuite la tourmente de la deuxième guerre mondiale pendant laquelle toute la Maçonnerie est interdite par le régime de Vichy et les maçons pourchassés (un grand nombre est exterminé dans les camps de concentrations). En 1948, toujours autour du "Centre des Amis N°1", ce qui reste de la GLNIRF se reconstitue en Grande Loge Nationale Française (GLNF) (dite Bineau du nom du boulevard de Neuilly où se déroule cette cérémonie). Cette obédience reste actuellement la seule reconnue comme "régulière" par la Grande Loge Unie d'Angleterre. 

La création officielle

En 1958, les frères du "Centre des Amis N°1" et d'une autre Loge travaillant au RER, "Les Philadelphes" font le constat d'une totale main mise anglaise sur l'obédience (1/4 seulement de frères français !), une discipline toute britannique, de nombreuses tracasseries visant à museler le RER et l'interdiction de tout contact fraternel avec les maçons des autres obédiences françaises. Sept loges et une trentaine de grands officiers de la GLNF décident alors de fonder leur propre obédience pour échapper à la tutelle anglaise. Ainsi naît la "Grande Loge Nationale Française Opéra" (du nom de l'avenue où se tint son nouveau siège social). En adoptant le RER comme rite principal et en renouant avec la Tradition maçonnique ancienne, elle reconnaît officiellement les autres obédiences françaises et permet à tous ses frères des échanges fraternels avec tous les maçons "non réguliers". Depuis, elle continue d'entretenir des relations très suivies avec ces obédiences amies tout en restant attachée à une discrétion sur le plan médiatique et politique, afin de privilégier le travail maçonnique initiatique qui reste son objectif prioritaire. En 1982, lors de son Convent du 8 janvier l'obédience prend le nom de "Grande Loge Traditionnelle et Symbolique OPERA" pour marquer ses principes fondamentaux et pour bien se démarquer nominalement, de la GLNF Bineau. Notre obédience a travaillé à plusieurs reprises avec les autres obédiences pour essayer de réunir l'ensemble des différents courants maçonniques :

1961 avec le Centre de Liaison et d'Information des Puissances Maçonniques Signataires de l'Appel de Strasbourg (CLIPSAS).

1974 avec la Confédération Maçonnique Française, mais qui est restée lettre morte.

1999 avec un projet d'accord avec la Grande Loge de France (GLDF).

   2001 avec la création de La Maçonnerie Française regroupant les 9 principales Obédiences.

La GLTSO aujourd'hui

La GLTSO regroupe 250 Loges (dont certaines dans les territoires d'outre-mer et à l'étranger (Belgique, Italie, Thaïlande, ...) et près de 4.500 membres. Le rite majoritaire est le Rite Ecossais Rectifié, mais sont également pratiqués le Rite Français Traditionnel, le Rite Ecossais Ancien et Accepté et les Rites Anglo-Saxons (le Rite Emulation, le Rite d'York et le Rite Standard d'Ecosse). La GLTSO reste attachée à l'aspect initiatique de la Maçonnerie, à la pratique rigoureuse des rituels, l'étude des symboles, le perfectionnement spirituel de ses membres, la fraternité avec tous les maçons, quelle que soit leur appartenance. Ses travaux se déroulent sous l'égide du Grand Architecte de l'Univers. Elle n'opte pas pour une intervention directe dans la vie politique et la "société civile", mais enjoint ses frères "d'aller porter parmi les autres hommes les vertus dont ils ont promis de donner l'exemple". Elle participe en revanche aux œuvres humanitaires maçonniques, car la "Bienfaisance" est un devoir essentiel du maçon au RER. Exclusivement masculine par tradition historique, elle compte néanmoins, parmi les Obédiences qu'elle reconnaît, des structures mixtes ou féminines : la Grande Loge Féminine de France, le Droit Humain, Grande Loge Mixte de France, Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm et la Grande Loge Mixte Universelle. Tout homme "libre et de bonnes mœurs" croyant en la transcendance de l'être humain peut y rentrer quelles que soient ses opinions politiques et religieuses. Athées et matérialistes pourraient s'y sentir mal à l'aise, mais le rituel maçonnique peut aider à faire progresser sur le chemin de la Lumière et de la Vérité tous ceux qui ne se mettent pas un bandeau sur les yeux ! Les discussions politiques et religieuses stricto sensu y sont interdites, comme le veulent les Constitutions d'Anderson afin d'éviter toutes discordes "viscérales". Par contre, et la GLTSO est très stricte sur ce point, toutes les personnes appartenant à un mouvement extrémiste ou à une secte sont refusées ou exclues. Les profanes doivent s'engager, par écrit, sur ces deux points. Les principes maçonniques de tolérance et d'adogmatisme sont totalement opposés aux vues développées par ces mouvements politiques ou sectaires. Maintenir une Maçonnerie Traditionnelle Spiritualiste et Humaniste peut s'avérer être un défi dans notre monde matérialiste dominé par les puissances financières et médiatiques. Nous ne voulons pas "hurler avec les loups" et perdre notre authenticité pour être "à la mode". Nous avons l'Utopie de continuer à porter au troisième millénaire une Tradition Initiatique vivante pour aider l'Homme dans sa réalisation intérieure qui est son véritable but, seul moyen d'aider l'ensemble de l'humanité à progresser vers la Paix, la Justice, la Fraternité... 

source : www.gltso.org

Commentaire : la GLTSO, une obédience qui ne fait pas de bruit et qui a su maintenir la Tradition maçonnique avec des travaux de grande qualité.

Lire la suite
Lire la suite

La Parole

8 Décembre 2012 , Rédigé par Jean-Loup DUJARDIN PVI Publié dans #Planches

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement tourné vers Dieu.
Tout fut par Lui, et rien de ce qui fut ne fut sans Lui.
En Lui était la Vie et la Vie était la Lumière des Hommes.
Et la Lumière brille dans les Ténèbres et les Ténèbres ne l'ont point comprise».

La lecture de cinq versets du Prologue de St-Jean nous entraîne dans une méditation réflexive de la genèse de la Parole et de ce qu'elle signifie. Si nous ajoutons à cette lecture celle des vers du Livre des Secrets :

«Lorsqu'une parole s'élève du savoir La lumière de la paix jaillit de ce cœur»
«La parole ne sied plus à la langue
Car elle ne convient qu'à la raison et à l'âme»,

nous commençons à entrevoir le rôle de la Parole dans son rapport à l'homme et son rôle dans la structuration de celui-ci. De tous temps, l'homme a cherché à connaître le mystère de son histoire, et celui de son évolution. Afin de tenter de répondre à ces questions, les penseurs, les sages ont étudié la nature humaine, ayant découvert, petit-à ­petit, certains secrets des forces qui nous entourent et qui sont partie inté­grante de nous-mêmes. Certains peuvent s'étonner que ces penseurs, ces initiés n'aient pas restitué, de manière compréhensible pour tous, l'ensemble de leur savoir, mais plus mis sur la Voie de la connaissance afin que nous approprions ce que nous sommes capables de vivre, d'inté­grer, de restituer, et donc d'accéder à une certaine maîtrise qui permet d'équilibrer notre pensée réflexive et active.

Si nous analysons la base de toute recherche, pensée, religion, l'on trouve la constatation commune d'une force de l'insuffisance du connu et de la parcelle pour comprendre le tout, et nous comprenons mieux que les sens mis sur le mot «Parole», selon l'espace-temps dans lesquels ils se situent, n'auront pas la même définition, le même poids, le même rôle sociétal et symbolique.

L'origine du mot «Parole» en latin ecclésiastique donne «Parabola» : parabole, devenu à travers diverses traductions, évolutions, «Parole du Christ».

En grec, la référence n'est plus religieuse mais rhétorique. «Parole» vient de «Logos», signifiant Mot, Discours, Phrase, Intelligence, Idée et sens profond d'un être, Pensée divine elle-même. Elément non négligeable de la philosophie qui elle-même, d'après Pythagore, est la contemplation réfléchie de l'Univers et la sagesse de la connaissance de la Vérité, la science acquise par la réflexion. Selon la Loi Astrale, «Logos» est le souf­fle créateur du divin Hermès.

Dans la recherche du Comment et du Pourquoi des êtres et des choses, la science apporterait plutôt une réponse à la question Comment ? Alors que la philosophie, faisant appel aux connaissances acquises par la science, apporterait ou tenterait d'apporter une réponse à la question Pourquoi ? Ce qui permet à Platon, dans sa «République», de dire que le «Logos» a le sens de la raison organisatrice.

Avec le temps, la philosophie a introduit le concept de Langage, ce qui permet à Rousseau de dire «La Parole distingue l'homme entre les ani­maux. Le Langage distingue les nations entre elles. On ne connaît d'où est un homme qu'après qu'il ait parlé». Pour Rousseau, n'oublions pas de nous placer dans son contexte, la Parole est du côté de la Nature, donc de l'Universel, tandis que le Langage signifie les notions de codification dans les mots et donc du côté de ce qui sépare. Car Rousseau distingue deux entités chez l'homme, le besoin et la passion, et donc si nous parlons, c'est parce que nous avons des passions, plus tard il dira des désirs.

Les mots pouvant devenir des gestes qui eux-mêmes deviennent porteurs de messages codifiés, forme de langage qui, si nous regardons, lisons avec attention, devient Parole dite, énoncée. Le langage du corps et le langage des mots jouent un rôle prépondérant dans l'équilibration et la communi­cation de celui qui s'exprime. Alors que notre culture avance comme pos­tulat, que toute relation humaine ne peut passer que par le support de la parole, il n'est pas rare que celle-ci n'intervienne que plus tard dans les inter-actions, inter-relations entre les hommes Le langage verbal réalise- t-il un type de logique plus élaboré que le langage du corps ? Le langage des mots nous permet d'accéder au stade ultérieur de la superstructure. Parler, n'est-ce pas transformer en information technique un langage ? La Parole, le Symbolique, le Social nous permettent d'être, de fonction­ner dans un ensemble, de vivre avec l'autre et l'ensemble.

Lorsque Nietzsche s'interroge, dans le «Livre du Philosophe», sur le fait de savoir si l'expression du Langage est adéquate à toutes les réalités, ne s'éloigne-t-il pas du «Logos» dans son rôle unificateur de la Raison. Mais Nietzsche pose une question fondamentale en nous disant «Nous ne pos­sédons rien cependant, rien que des métaphores des choses qui ne corres­pondent pas du tout aux entités originelles». Ne nous demande-t-il pas : Y a-t-il eu une Parole Vraie qui pourrait concilier l'Etre et l'Univers. Dans son travail, Nietzsche nous dit que le philosophe est pris dans le filet du Langage. Ne peut-on pas objecter quant au piège du filet des mots du Langage, qu'un filet laisse passer la lumière, et que si nous avons perdu la Parole Vraie, ne doit-on pas la rechercher au fond de nous-mêmes, dans nos «entités originelles».

Et que le Langage peut se classer en comportements pragmatiques (pour quoi faire), comportements syntaxiques (comment ça communique), et en comportements sémantiques (qu'est-ce que ça dit).

Certes le «filet Langage» nous interdit l'accès direct aux éléments de connaissance, mais, n'est-ce pas pour nous permettre d'accéder à la connaissance, et nous permettre par là même, d'établir un espace empê­chant un fusionnel qui nous interdirait un recul réflexif.

Pour la linguistique moderne ou structurale, le Langage se compose de la parole et de la langue. «Le signe linguistique unit non une chose et un nom, mais un concept et une image acoustique».

Pour plus de clarté, Saussure explorera, par la suite, le signifiant et le signifié. Et nous ne pouvons guère faire autrement que de constater que la Parole est un signe composé d'un signifiant — image acoustique — et d'un signifié — concept — car il estime que le signe est une unité à double face. Et c'est Saussure qui différenciera la Langue comme système de

signes et la Parole comme unicité de signes, et de dire «Le signe linguisti­que unit non une chose et un nom mais un concept et une image acousti­que».

Cette notion d'unicité, nous la retrouvons chez les Bambaras, symbolisée par le chiffre UN, chiffre du Maître de la Parole et de la Parole elle- même. Elle se trouve être accentuée par Descartes pour qui toutes «Les intelligences n'ont qu'un seul et unique maître, le Verbe Divin», et par ce poème du Livre des Secrets :

«Il a créé l'Homme, il lui a enseigné à parler clairement Car l'être doué de Parole en aucun cas n'est entré dans la maison à cause d'une réponse».

Et par cette pensée du Tao : «La divine Parole est l'apparition de l'esprit lumineux».

Ne nous faut-il pas rapprocher l'origine du mot Parole à ses différentes fonctions avec les religions et la création car qui le premier a nommé ? A travers ces quelques éléments — rappels réflexifs concernant l'origine, la «genèse» de la Parole, nous voyons que celle-ci véhicule, de manière latente, Unicité - Création - Sacré - Connaissance - Alliance - Savoir - Pouvoir. Nous visualisons ces différentes notions dans un diagramme hébraïque  :

Bar \ Parole / Dabor
Baro-------------------------------------------------------------------------------Baror
Berit / Midbar \ Davou
Filiation \ Parole / Marcher
Créer------------------------------------------------------------------------------Choisir
Alliance / Désert \ Murmurer

Je développerai les différents liens entre ces concepts ultérieurement, mais je dois préciser que ce diagramme m’a servi de guide, de trace mnésique tout au long de mon travail réflexif.

Si j'ai voulu faire cette référence, ici, c'est que le vocabulaire hébraïque garde la racine BAR dans Baro, Bar, Berit, Baror, Midbar, et la racine DA dans Dabor, Davou, montrant ainsi me semble-t-il le lien d'unicité de Dabar, de la Parole, et ce, même au niveau de la linguistique, ce qui n'est pas possible de rendre avec la langue française. D'après ce que je viens d'évoquer au niveau de l'origine de la Parole, on déduit facilement dans les différentes sociétés la place de celui qui va détenir la «Parole Vraie» ou la «Parole Originelle». Que ce soit le sorcier, le shaman, le chef, le roi, le pape, le président... Tous auront une place privilégiée dans le groupe social qui leur correspond parce que leurs paroles seront tenues pour vraies. Si l'on regarde plus précisément la sorcellerie où comme nous le dit J. Favret Saade «C'est une parole et seulement une qui noue et dénoue le sort et quiconque se met en position de la dire est redoutable». Là encore, on retrouve cette notion d'unicité radicale et puissante. On s'aperçoit de l'effet de cette parole sur l'autre, que celui qui reçoit cette parole comme «sort» n'est plus qu'un être désincarné et soumis à celle-ci. Ici, c'est la puissance extrême de la Parole. Mais, si l'on regarde certains discours tenus par des dictateurs, chefs de secte, l'envoûtement est comparable à celui de la sorcellerie, d'où la fonction thamaturgique du langage.

C'est pourquoi je suis en accord avec Didier Anzieu lorsqu'il dit : «La Parole orale et encore plus écrite (Tables de la Loi) a un pouvoir peau» ou encore lorsqu'il ajoute :

«La Parole de l'autre si elle est vraie» (je dirais où elle est tenue pour vrai, a la valeur du vrai pour celui qui la reçoit), «va tisser une peau symboli­que qui soit équivalent sur les plans phonologique et sémantique des écho­tactilismes originaires entre le tout petit et son environnement familial et maternel» (j'ajouterais social et culturel).

Je voudrais maintenant me référer au diagramme précédemment évoqué pour présenter la Parole dans sa dimension philo-sociologique. Nous avons vu ultérieurement que la Parole est la conséquence de la filiation originelle, à son tour elle devient source de fécondité dans la «bouche» du père. Effectivement, la Parole du père aura pour fonction de séparer les corps (celui de la mère et celui de l'enfant) en différenciant les sens. C'est cette séparation par la nomination et la transmission qui va permettre à l'enfant d'avoir accès au symbolique. Ainsi, si la mère permet l'entrée dans le langage, c'est le père qui donne les clefs pour s'inscrire dans la Parole et être de la Parole. D'où l'importance de la loi du Père, de sa

parole si rare, mais si tranchante, puissante ! d'où la place de l'homme dans nos sociétés et même dans les sociétés ! Car la Parole Divine a la pre­mière nommé Moïse, Lao Tseu, Mahomet, Jésus, Bouddha, etc. La Parole Créatrice, grâce à la différenciation des sens, va permettre la circu­lation de la Parole, cette Parole.

«Nul ne peut parfaire son initiation que par la révélation directe de l'Esprit Universel qui est la voix qui parle de l'intérieur».

Et Pythagore de nous préciser «Que toute ta vie, que toutes tes paroles s'inspirent de la plus pure justice».

Nous avons essayé de montrer que la différenciation des sens a pour ori­gine le Père. Dès lors, le nom associe le Verbe à un mouvement. La Parole dite donnée, va créer une situation. Elle va délimiter la place du «Je» et du «Tu». Elle va me situer en tant que «supérieur» parce que mon dis­cours a un effet sur l'autre. Pourtant, dans un même et identique mouve­ment, je perds de cette pseudo-puissance car je perds quelque chose de moi, mais ce, dans un mouvement positif pour le Franc-maçon car dans sa relation à l'autre, il va savoir Recevoir - Donner - Echanger.

Et si créer est situé entre Filiation et Alliance, ce n'est pas pour rien car comme le dit Sibony «la Création se fait par déchirure (que nous pouvons nommer filiation) et par alliance».

Alliance à l'autre. Alliance à l'Autre. Alliance des corps.

Pour Sibony, c'est «L'alliance de l'Un avec l'Autre» et l'on retrouve une fois encore cette notion d'Unicité. Mais dès lors qu'il y a Alliance, cela signifie-t-il que l'homme marche par la Parole ? C'est-à-dire qu'il ne cesse d'avancer à «coups de discours». Est-ce que la Parole fait marcher l'homme ? C'est avancer en donnant pas l'ensemble. Association difficile à interpréter. Je pense qu'il faut entendre le verbe «marcher» à la fois dans le sens avancer, de traverser, rechercher, d'accéder à... Mais parler est-il un choix ? Est-ce que désirer parler c'est choisir de parler ? Mais il nous faut apprendre à parler, à répandre des idées utiles qui nous sont enseignées. La Parole ne peut se contenter d'être un ensemble harmo­nieux de mots, elle se doit d'être pensée, construite avant que d'être don­née. Car comme le disait Platon, on ne sait que ce qu'on découvre par soi- même. Silence et Parole, indissociable symbiose dans notre quête de la connaissance. N'est-ce pas dans le silence, la solitude et la méditation que l'esprit s'élève et atteint une radieuse harmonie, et que l'on est à même de sentir la Parole qui nous dévoile l'immensité qui nous entoure.

La Parole est une grande force, elle peut avoir une immense répercussion, elle est un pouvoir pour éduquer, guider sur la voie. Elle doit donc être utilisée avec justesse et rigueur. N'est-ce point pour cela que dans nos tra­vaux nous ne pouvons prendre la parole plus de deux fois sur la même question.

Murmurer, encore un verbe et un mouvement. Le murmure est-il une mi- parole ?

Nous voyons que choisir est situé entre deux verbes, alors que créer l'était entre deux noms, et donc que ce sont trois mouvements. Tous trois expri­ment la position du corps par rapport au mouvement de parler. Le verbe choisir est-il mis au milieu pour mieux montrer que notre choix doit se porter sur le mouvement de «marcher», donc un mouvement qui vient de notre profond intérieur, qui nous entraîne vers l'autre.

J'essaye d'apprendre à marcher... parler... Nous parlons... écoutons... vivons...

Il n'est pas mauvais quelques fois d'emprunter des chemins de traverse pour trouver sa voie du milieu.

Le silence ne renvoie pas au désert, à l'absence de parole. Il peut être :

— Flux de mots, de verbiage, Parole fausse vidée de sa valeur originelle car transformée, déformée par la dite communication des hommes entre eux. N'est-ce pas cette fausse parole qui permet à Lao Tseu de dire «La Parole crédible n'est pas belle, la belle Parole n'est pas crédible».

— Un discours mais sans parole, ce qui, selon Lacan, est une demande, «Je te demande de refuser ce que je t'offre parce que ce n'est pas ça» et de préciser «cet appel est la trace d'un non être originel qui cherche l'être à travers quoi il puisse décliner» et Grimaldi (2) de préciser «La révélation de cette sémantique et de cette syntaxe universelle, c'est-à-dire d'un symbolisme universel, du désir des lois universelles, de l'étiologie univer­selle, des frustrations, des inhibitions, des refoulements, en faisant accé­der le malade du silence à l'innommable et de l'inavouable au langage de l'explication et de la compréhension en rendant communicable ce qui l'excommuniait, le fait accéder à la communauté».

Nous le voyons, la Parole est loin d'être simple et de désigner une simple fonction mécanique de l'appareil phonatoire de l'homme, elle comprend aussi des types de représentation de mots, de choses, d'affects, ensemble d'éléments qui auront tous un rôle prépondérant dans la construction — maturation de l'homme. Et s'il est vrai que c'est le «père» qui nous inscrit dans la Parole et nous permet d'être Parole, il est tout aussi exact que, pour pouvoir utiliser ses clefs, il faut, outre la maturation de système pho­natoire et nerveux, avoir acquis le concept «JE». Car «JE» ne peut être intégré que par le stade du miroir, miroir qui réfléchit l'image du corps propre.

Alors, chaque parole viendra se placer dans les limites mêmes de l'enve­loppe charnelle. C'est pourquoi Anzieu (3) dit «La Parole orale et encore plus écrite a un pouvoir peau», et Sibony (4) «Ce qui morcelle nécessaire­ment le corps, c'est la présence de mots tromqués, multipliés et incrustés sur lui qui lui laisse désirer, lui laisse du jeu pour alterner ses déclins et ses renaissances». Toutefois, le corps exprime, même marqué par ces paroles fausses ou absentes, mais qui vont créer des vides, des vacances.

Ne sommes-nous pas, nous, Francs-maçons, à la recherche d'une Parole Vraie ?

La Parole est trace, la Parole est inscription sur et dans le corps. Dès lors, se pose la question de la Parole tabou et de la Parole instituée. La Parole tabou est un interdit de la Parole. Cet interdit crée des vides, laisse place aux fantasmes. La Parole instituée est, à mon avis, la Parole qui empêche l'homme d'accéder à la recherche de la Parole originelle pour adopter une Parole conventionnelle de l'institution sociale.

Mais la nomination lorsque nous la recevons, nous l'entendons, c'est elle qui nous fait exister en nous différenciant du reste de l'Univers, que ce soit des personnes et des choses et ce, tout en sachant que nous sommes partie intégrante. J'entends mon nom, donc je suis, je prend corps, je suis à la fois Unique et Universel. Je parle, et ma voix m'apparaît comme mes­sagère entre les bruits organiques, Parole qui, avec le temps originel et universel, deviendra ordonnée et fécondatrice.

Je voudrais, en guise de conclusion, citer un auteur, et vous m'en excuse­rez, mais il me semble difficile pour qui recherche la Vérité et la Lumière de ne pas énoncer avec transparence les éléments qui lui ont permis de réfléchir, et par là même de penser et d'accéder à une certaine connais­sance.

«Tante, dis-moi quelque chose, j'ai peur parce qu'il fait si noir». La tante lui répondit :
«A quoi cela te servirait-il puisque tu ne peux pas me voir».
«Ça ne fait rien» répondit l'enfant «du moment que quelqu'un parle, il fait clair».


Source : www.ledifice.net

Lire la suite

A propos du Masculin et du Féminin

8 Décembre 2012 , Rédigé par Marcel Comby Publié dans #Conférences

Si l’on s’en tient aux réalités de l’ordre du manifesté (notre monde terrestre) les notions de masculin et de féminin s’imbriquent dans un ensemble confus et incohérent. Il faut partir de l’hypothèse que l’Homme en général est SYMBOLE. Ce terme est pris dans le sens de ce qui est transparent, de ce qui nous renvoie à une réalité plus élevée.

Dieu est envisagé comme le Principe Suprême situé au-delà de toute forme, de toutes distinctions, de toutes différences, renfermant toute chose dans son Unité (dans sa non dualité). D’où il découle que toute manifestation du Principe, c'est-à-dire toute création, devra se distinguer de lui tout en demeurant en Lui. La création procède donc d’une différenciation, d’une dualité au sein de la Non dualité.
La « manifestation universelle », autrement dit la Création, comporte un double principe : l’un est actif ; l’autre est passif. Cette vision de l’Univers est partagée par différentes Traditions de l’humanité.

La Tradition Egyptienne parle de Osiris et Isis
La Tradition Chinoise parle du Yin et du Yang
La Tradition Hindoue parle de Purusha et de Prakriti
La Tradition chrétienne parle du Verbe créateur et de la Vierge

En d’autres termes il s’agit de la dualité : principe masculin et principe féminin.
On devine une certaine logique
l’acte de créer : principe masculin
l’état de créé : principe féminin
Telle semble être l’origine de cette grande notion de dualité à partir de laquelle s’organise le Monde, se construisent et s’énoncent les grands dogmes de la religion catholique.
Adam et Eve, cités dans la Genèse, constituent l’exemple primordial de cette bipolarité : masculin – féminin.

Les questions fondamentales que je me suis posées durant ma vie, se rapportent au cloisonnement existant entre les conceptions occidentales et les conceptions orientales de l’Etre. J’ai été, de façon permanente, attaché, non à un syncrétisme des religions, mais à une vision unifiée de l’esprit…d’autant plus que la science moderne fait découvrir de nouvelles réalités. En ce sens, le problème de la place de Marie, Mère de Dieu et celui de l’âme, dans la métaphysique chrétienne, m’ont inspiré de nombreuses réflexions. Venons-en à l’essentiel :

Selon la philosophie du Védantâ, Dieu doit être conçu comme une Réalité Infinie excluant toute limite et toute détermination. La conception universelle et totale de la Divinité supposerait l’existence d’une « Possibilité universelle » qui se reflète à tous les niveaux de l’Existence universelle qui en constitue « l’apparence extérieure ». Ainsi tout être manifesté tel l’être humain, n’est que l’apparence ou la manifestation extérieure de sa « possibilité principielle » qui représente alors son « Archétype éternel » en Dieu. (cf JUNG) L’ensemble de tous les Archétypes représente, au niveau de la Divinité une « conception » de la Divine Essence, conception purement principielle, non manifestée et indifférenciée. Dans ce cadre, se situe par exemple ce que l’Eglise catholique appelle : l’Immaculée Conception. Selon ce schéma de pensée, le Mal réside dans l’illusion séparative ou séparativité apparente. Cela entraîne cet état mental selon lequel l’entité manifestée « Homme » semble complètement autonome.. .
Le Mystère concernant la Vierge, exempte du péché originel, est donc lié au fait surnaturel selon lequel Marie s’identifie à la Possibilité Universelle, ce qui n’affecte pas sa liberté ni l’ensemble de ses caractéristiques humaines. La dogmatique mariale ne peut donc être discutée au seul niveau des neurones, des chromosomes et de la logique formelle ! Retrouver en soi son « Archétype éternel », c’est réaliser en soi le mystère de la Vierge, ce qui dépasse de loin les démarches purement affectives que nous inspire la féminité et le courage d’une femme que nous jugeons sublime. On se retrouve un peu au sein des doctrines orientales qui s’appuient sur le principe de l’identification et de la fusion…avec, il est vrai, une Réalité tout autre. : la Nature.

Au niveau du Cosmos et de la Genèse, il est écrit : « L’Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux… ». Le symbolisme associé à cette phrase fait apparaître le double Principe, sachant que les eaux représentent, par leur plasticité, la soumission au principe actif de l’Esprit.

Au niveau de la nature humaine, le couple Adam – Eve représente « l’Androgyne primordial » et au niveau le plus bas, se situent l’homme et la femme tels que nous les connaissons. Notre société actuelle se risque d’introduire un élément de chaos dans cette belle hiérarchie du manifesté, en ne reconnaissant plus les valeurs spécifiques des deux sexes dans leurs essences respectives.
Dans la démarche inverse qui va du manifesté au Non manifesté, le Mystère nous conduit vers l’existence du couple : Saint-esprit – Vierge Marie et celle du couple : Christ – Eglise. Ici le couple se comprend comme la Réalité présidant à une nouvelle naissance qui s’opère par une alchimie spirituelle débouchant sur un état de l’âme. Cet état ontologique n’est en rien une situation morale ou un ensemble d’actes vertueux, mais quelque chose d’indicible qui se traduit théoriquement par le fait qu’on est !, à l’exemple des eaux primordiales qui offrent toute leur plasticité à la volonté divine.
Trois conditions, sont requises pour atteindre effectivement cette plasticité de l’âme.
1 --- La transmission de l’influence spirituelle ou communication du Saint-esprit par les rites tels que les sacrements. C’est, d’une certaine manière : la Voie.
2 --- La connaissance de la doctrine donc de la Vérité.
3 --- La pratique de la méditation et de l’oraison qui conduit à la Vie,
au sens le plus large.

En récitant l’Ave Maria, l’âme s’applique à elle-même les paroles de l’Ange à Marie, et la répétition quasi indéfinie, le rythme du Rosaire, engendre cette vibration qui transforme l’âme en son prototype virginal. L’Ave Maria contient, comme deux joyaux incrustés, les noms de Jésus et Marie, et de ce fait, apparaît comme le moyen susceptible de créer dans l’âme une réceptivité à la Grâce qui est l’application à l’univers humain du Fiat Lux de le Genèse venant organiser le chaos, du mystère de l’Incarnation, du Verbe, Lumière du monde, descendant dans le sein virginal de Marie, pour y engendrer le Christ. L’âme humaine doit donc s’identifier au sein virginal de Marie pour devenir le « lieu » de la Génération du Verbe. La Volonté du Père est d’engendrer éternellement le Fils.
Cette « naissance éternelle » du Fils se produit en dehors du temps et de l’espace : l’âme devient alors, dans ces conditions, intemporelle et s’inscrit dans une perspective ontologique qu’on ne sait pas imaginer.

Notre raison, notre langage, notre cœur, ne peuvent saisir le sens primordial et toute la portée du Mystère selon lequel l’âme s’identifie à la Vierge . Cette affirmation rend compte d’une certaine continuité et d’une complémentarité des métaphysiques occidentales et orientales.
L’homme occidental se noie dans son activisme et son matérialisme. Il redoute tout ce qui lui paraît abstrait et intangible, alors il se réfugie parfois dans le faux « merveilleux », une solution qui l’arrange et qui lui procure des vérités illusoires. En fait, l’homme de notre temps régressera, dans tous les cas où il perdra progressivement…ce qu’on pourrait appeler la conscience de son âme !

Les deux mots : Masculin – Féminin ne s’appliquent pas seulement au domaine biologique incluant le sens de l’individu, mais à un domaine plus élevé et plus étendu.
Le mâle émet la puissance de vie ; ce principe est sujet à la mort.
La femelle est porteuse de vie et elle anime.
Eve issue d’Adam signifie que l’élément spirituel est au-delà de l’élément vital.
Adam précède Eve : le vital est antérieur au spirituel.
La distinction mâle et femelle est un signe de séparation (eaux supérieures et eaux inférieures ; ciel et terre dans la Genèse) Dans le premier récit de la Création, l’homme est androgyne : la séparation n’a pas encore eu lieu. Cette séparation est à la base de la dualité : animus – anima, à la base de toutes les dualités. Le don et la réceptivité. Par la suite dans le Christ il n’y a plus ni homme ni femme. Chaque être humain retrouve en lui son image. Le masculin et le féminin sont les deux dimensions de l’unique plérôme du Christ. En Dieu ces deux aspects complémentaires sont parfaitement unifiés.
Pour Nicolas Berdiaeff, la femme est plus liée à l’âme du monde et c’est à travers sa force que l’homme communie avec elle. Dans les évangiles les femmes sont porteuses d’aromates et par conséquent elles ont un grand rôle à jouer. On a dit un jour que la femme était l’avenir de l’homme et on parle de « L’Eternel féminin ». Teilhard de Chardin y voit là le reflet de l’Amour, une grande force cosmique. Marie est la plus parfaite incarnation de cet Eternel féminin rempli de fabuleuses richesses. Toute femme possède donc en soi tous les constituants transcendantaux de la Beauté divine. Serait-ce rendre gloire à Dieu que d’attribuer à la femme une mission pour laquelle elle n’est créée ?

Jésus était un transmetteur de la puissance de la Vie ! Pourquoi pas « l’Eternel
Masculin » ?
Marie serait alors la trace de l’axe de la Vie selon Teilhard.
L’intérêt des visions de Teilhard sur ce sujet réside dans le fait que la Mère de Dieu n’est pas qu’une créature que l’on vénère souvent d’une manière trop anthropomorphique, mais la partenaire « cosmique » du Verbe qui s’est incarnée en elle, une Energie lumineuse et chaste.. Teilhard, dans l’Eternel Féminin, montre tous les aspects de la Femme qui transcendent notre propre interprétation qui s’appuie le plus souvent sur le sexe. En ce sens Teilhard a sublimé ses perceptions de la féminité en les transposant dans une mystique mariale qui n’est pas sans cohérence avec le dogme catholique.
Teilhard est sensible à la beauté et il sait que cette réalité peut tout aussi bien conduire vers le vrai et le bien que vers l’abîme des passions incontrôlées. On retrouve d’ailleurs dans la Sagesse hindoue le principe de « fusion » avec la mère divine, symbole du principe féminin., force vitale universelle.

 

Source : http://www.associationlyonnaise-teilhard.com/

Lire la suite