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La Parole

8 Décembre 2012 , Rédigé par Jean-Loup DUJARDIN PVI Publié dans #Planches

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement tourné vers Dieu.
Tout fut par Lui, et rien de ce qui fut ne fut sans Lui.
En Lui était la Vie et la Vie était la Lumière des Hommes.
Et la Lumière brille dans les Ténèbres et les Ténèbres ne l'ont point comprise».

La lecture de cinq versets du Prologue de St-Jean nous entraîne dans une méditation réflexive de la genèse de la Parole et de ce qu'elle signifie. Si nous ajoutons à cette lecture celle des vers du Livre des Secrets :

«Lorsqu'une parole s'élève du savoir La lumière de la paix jaillit de ce cœur»
«La parole ne sied plus à la langue
Car elle ne convient qu'à la raison et à l'âme»,

nous commençons à entrevoir le rôle de la Parole dans son rapport à l'homme et son rôle dans la structuration de celui-ci. De tous temps, l'homme a cherché à connaître le mystère de son histoire, et celui de son évolution. Afin de tenter de répondre à ces questions, les penseurs, les sages ont étudié la nature humaine, ayant découvert, petit-à ­petit, certains secrets des forces qui nous entourent et qui sont partie inté­grante de nous-mêmes. Certains peuvent s'étonner que ces penseurs, ces initiés n'aient pas restitué, de manière compréhensible pour tous, l'ensemble de leur savoir, mais plus mis sur la Voie de la connaissance afin que nous approprions ce que nous sommes capables de vivre, d'inté­grer, de restituer, et donc d'accéder à une certaine maîtrise qui permet d'équilibrer notre pensée réflexive et active.

Si nous analysons la base de toute recherche, pensée, religion, l'on trouve la constatation commune d'une force de l'insuffisance du connu et de la parcelle pour comprendre le tout, et nous comprenons mieux que les sens mis sur le mot «Parole», selon l'espace-temps dans lesquels ils se situent, n'auront pas la même définition, le même poids, le même rôle sociétal et symbolique.

L'origine du mot «Parole» en latin ecclésiastique donne «Parabola» : parabole, devenu à travers diverses traductions, évolutions, «Parole du Christ».

En grec, la référence n'est plus religieuse mais rhétorique. «Parole» vient de «Logos», signifiant Mot, Discours, Phrase, Intelligence, Idée et sens profond d'un être, Pensée divine elle-même. Elément non négligeable de la philosophie qui elle-même, d'après Pythagore, est la contemplation réfléchie de l'Univers et la sagesse de la connaissance de la Vérité, la science acquise par la réflexion. Selon la Loi Astrale, «Logos» est le souf­fle créateur du divin Hermès.

Dans la recherche du Comment et du Pourquoi des êtres et des choses, la science apporterait plutôt une réponse à la question Comment ? Alors que la philosophie, faisant appel aux connaissances acquises par la science, apporterait ou tenterait d'apporter une réponse à la question Pourquoi ? Ce qui permet à Platon, dans sa «République», de dire que le «Logos» a le sens de la raison organisatrice.

Avec le temps, la philosophie a introduit le concept de Langage, ce qui permet à Rousseau de dire «La Parole distingue l'homme entre les ani­maux. Le Langage distingue les nations entre elles. On ne connaît d'où est un homme qu'après qu'il ait parlé». Pour Rousseau, n'oublions pas de nous placer dans son contexte, la Parole est du côté de la Nature, donc de l'Universel, tandis que le Langage signifie les notions de codification dans les mots et donc du côté de ce qui sépare. Car Rousseau distingue deux entités chez l'homme, le besoin et la passion, et donc si nous parlons, c'est parce que nous avons des passions, plus tard il dira des désirs.

Les mots pouvant devenir des gestes qui eux-mêmes deviennent porteurs de messages codifiés, forme de langage qui, si nous regardons, lisons avec attention, devient Parole dite, énoncée. Le langage du corps et le langage des mots jouent un rôle prépondérant dans l'équilibration et la communi­cation de celui qui s'exprime. Alors que notre culture avance comme pos­tulat, que toute relation humaine ne peut passer que par le support de la parole, il n'est pas rare que celle-ci n'intervienne que plus tard dans les inter-actions, inter-relations entre les hommes Le langage verbal réalise- t-il un type de logique plus élaboré que le langage du corps ? Le langage des mots nous permet d'accéder au stade ultérieur de la superstructure. Parler, n'est-ce pas transformer en information technique un langage ? La Parole, le Symbolique, le Social nous permettent d'être, de fonction­ner dans un ensemble, de vivre avec l'autre et l'ensemble.

Lorsque Nietzsche s'interroge, dans le «Livre du Philosophe», sur le fait de savoir si l'expression du Langage est adéquate à toutes les réalités, ne s'éloigne-t-il pas du «Logos» dans son rôle unificateur de la Raison. Mais Nietzsche pose une question fondamentale en nous disant «Nous ne pos­sédons rien cependant, rien que des métaphores des choses qui ne corres­pondent pas du tout aux entités originelles». Ne nous demande-t-il pas : Y a-t-il eu une Parole Vraie qui pourrait concilier l'Etre et l'Univers. Dans son travail, Nietzsche nous dit que le philosophe est pris dans le filet du Langage. Ne peut-on pas objecter quant au piège du filet des mots du Langage, qu'un filet laisse passer la lumière, et que si nous avons perdu la Parole Vraie, ne doit-on pas la rechercher au fond de nous-mêmes, dans nos «entités originelles».

Et que le Langage peut se classer en comportements pragmatiques (pour quoi faire), comportements syntaxiques (comment ça communique), et en comportements sémantiques (qu'est-ce que ça dit).

Certes le «filet Langage» nous interdit l'accès direct aux éléments de connaissance, mais, n'est-ce pas pour nous permettre d'accéder à la connaissance, et nous permettre par là même, d'établir un espace empê­chant un fusionnel qui nous interdirait un recul réflexif.

Pour la linguistique moderne ou structurale, le Langage se compose de la parole et de la langue. «Le signe linguistique unit non une chose et un nom, mais un concept et une image acoustique».

Pour plus de clarté, Saussure explorera, par la suite, le signifiant et le signifié. Et nous ne pouvons guère faire autrement que de constater que la Parole est un signe composé d'un signifiant — image acoustique — et d'un signifié — concept — car il estime que le signe est une unité à double face. Et c'est Saussure qui différenciera la Langue comme système de

signes et la Parole comme unicité de signes, et de dire «Le signe linguisti­que unit non une chose et un nom mais un concept et une image acousti­que».

Cette notion d'unicité, nous la retrouvons chez les Bambaras, symbolisée par le chiffre UN, chiffre du Maître de la Parole et de la Parole elle- même. Elle se trouve être accentuée par Descartes pour qui toutes «Les intelligences n'ont qu'un seul et unique maître, le Verbe Divin», et par ce poème du Livre des Secrets :

«Il a créé l'Homme, il lui a enseigné à parler clairement Car l'être doué de Parole en aucun cas n'est entré dans la maison à cause d'une réponse».

Et par cette pensée du Tao : «La divine Parole est l'apparition de l'esprit lumineux».

Ne nous faut-il pas rapprocher l'origine du mot Parole à ses différentes fonctions avec les religions et la création car qui le premier a nommé ? A travers ces quelques éléments — rappels réflexifs concernant l'origine, la «genèse» de la Parole, nous voyons que celle-ci véhicule, de manière latente, Unicité - Création - Sacré - Connaissance - Alliance - Savoir - Pouvoir. Nous visualisons ces différentes notions dans un diagramme hébraïque  :

Bar \ Parole / Dabor
Baro-------------------------------------------------------------------------------Baror
Berit / Midbar \ Davou
Filiation \ Parole / Marcher
Créer------------------------------------------------------------------------------Choisir
Alliance / Désert \ Murmurer

Je développerai les différents liens entre ces concepts ultérieurement, mais je dois préciser que ce diagramme m’a servi de guide, de trace mnésique tout au long de mon travail réflexif.

Si j'ai voulu faire cette référence, ici, c'est que le vocabulaire hébraïque garde la racine BAR dans Baro, Bar, Berit, Baror, Midbar, et la racine DA dans Dabor, Davou, montrant ainsi me semble-t-il le lien d'unicité de Dabar, de la Parole, et ce, même au niveau de la linguistique, ce qui n'est pas possible de rendre avec la langue française. D'après ce que je viens d'évoquer au niveau de l'origine de la Parole, on déduit facilement dans les différentes sociétés la place de celui qui va détenir la «Parole Vraie» ou la «Parole Originelle». Que ce soit le sorcier, le shaman, le chef, le roi, le pape, le président... Tous auront une place privilégiée dans le groupe social qui leur correspond parce que leurs paroles seront tenues pour vraies. Si l'on regarde plus précisément la sorcellerie où comme nous le dit J. Favret Saade «C'est une parole et seulement une qui noue et dénoue le sort et quiconque se met en position de la dire est redoutable». Là encore, on retrouve cette notion d'unicité radicale et puissante. On s'aperçoit de l'effet de cette parole sur l'autre, que celui qui reçoit cette parole comme «sort» n'est plus qu'un être désincarné et soumis à celle-ci. Ici, c'est la puissance extrême de la Parole. Mais, si l'on regarde certains discours tenus par des dictateurs, chefs de secte, l'envoûtement est comparable à celui de la sorcellerie, d'où la fonction thamaturgique du langage.

C'est pourquoi je suis en accord avec Didier Anzieu lorsqu'il dit : «La Parole orale et encore plus écrite (Tables de la Loi) a un pouvoir peau» ou encore lorsqu'il ajoute :

«La Parole de l'autre si elle est vraie» (je dirais où elle est tenue pour vrai, a la valeur du vrai pour celui qui la reçoit), «va tisser une peau symboli­que qui soit équivalent sur les plans phonologique et sémantique des écho­tactilismes originaires entre le tout petit et son environnement familial et maternel» (j'ajouterais social et culturel).

Je voudrais maintenant me référer au diagramme précédemment évoqué pour présenter la Parole dans sa dimension philo-sociologique. Nous avons vu ultérieurement que la Parole est la conséquence de la filiation originelle, à son tour elle devient source de fécondité dans la «bouche» du père. Effectivement, la Parole du père aura pour fonction de séparer les corps (celui de la mère et celui de l'enfant) en différenciant les sens. C'est cette séparation par la nomination et la transmission qui va permettre à l'enfant d'avoir accès au symbolique. Ainsi, si la mère permet l'entrée dans le langage, c'est le père qui donne les clefs pour s'inscrire dans la Parole et être de la Parole. D'où l'importance de la loi du Père, de sa

parole si rare, mais si tranchante, puissante ! d'où la place de l'homme dans nos sociétés et même dans les sociétés ! Car la Parole Divine a la pre­mière nommé Moïse, Lao Tseu, Mahomet, Jésus, Bouddha, etc. La Parole Créatrice, grâce à la différenciation des sens, va permettre la circu­lation de la Parole, cette Parole.

«Nul ne peut parfaire son initiation que par la révélation directe de l'Esprit Universel qui est la voix qui parle de l'intérieur».

Et Pythagore de nous préciser «Que toute ta vie, que toutes tes paroles s'inspirent de la plus pure justice».

Nous avons essayé de montrer que la différenciation des sens a pour ori­gine le Père. Dès lors, le nom associe le Verbe à un mouvement. La Parole dite donnée, va créer une situation. Elle va délimiter la place du «Je» et du «Tu». Elle va me situer en tant que «supérieur» parce que mon dis­cours a un effet sur l'autre. Pourtant, dans un même et identique mouve­ment, je perds de cette pseudo-puissance car je perds quelque chose de moi, mais ce, dans un mouvement positif pour le Franc-maçon car dans sa relation à l'autre, il va savoir Recevoir - Donner - Echanger.

Et si créer est situé entre Filiation et Alliance, ce n'est pas pour rien car comme le dit Sibony «la Création se fait par déchirure (que nous pouvons nommer filiation) et par alliance».

Alliance à l'autre. Alliance à l'Autre. Alliance des corps.

Pour Sibony, c'est «L'alliance de l'Un avec l'Autre» et l'on retrouve une fois encore cette notion d'Unicité. Mais dès lors qu'il y a Alliance, cela signifie-t-il que l'homme marche par la Parole ? C'est-à-dire qu'il ne cesse d'avancer à «coups de discours». Est-ce que la Parole fait marcher l'homme ? C'est avancer en donnant pas l'ensemble. Association difficile à interpréter. Je pense qu'il faut entendre le verbe «marcher» à la fois dans le sens avancer, de traverser, rechercher, d'accéder à... Mais parler est-il un choix ? Est-ce que désirer parler c'est choisir de parler ? Mais il nous faut apprendre à parler, à répandre des idées utiles qui nous sont enseignées. La Parole ne peut se contenter d'être un ensemble harmo­nieux de mots, elle se doit d'être pensée, construite avant que d'être don­née. Car comme le disait Platon, on ne sait que ce qu'on découvre par soi- même. Silence et Parole, indissociable symbiose dans notre quête de la connaissance. N'est-ce pas dans le silence, la solitude et la méditation que l'esprit s'élève et atteint une radieuse harmonie, et que l'on est à même de sentir la Parole qui nous dévoile l'immensité qui nous entoure.

La Parole est une grande force, elle peut avoir une immense répercussion, elle est un pouvoir pour éduquer, guider sur la voie. Elle doit donc être utilisée avec justesse et rigueur. N'est-ce point pour cela que dans nos tra­vaux nous ne pouvons prendre la parole plus de deux fois sur la même question.

Murmurer, encore un verbe et un mouvement. Le murmure est-il une mi- parole ?

Nous voyons que choisir est situé entre deux verbes, alors que créer l'était entre deux noms, et donc que ce sont trois mouvements. Tous trois expri­ment la position du corps par rapport au mouvement de parler. Le verbe choisir est-il mis au milieu pour mieux montrer que notre choix doit se porter sur le mouvement de «marcher», donc un mouvement qui vient de notre profond intérieur, qui nous entraîne vers l'autre.

J'essaye d'apprendre à marcher... parler... Nous parlons... écoutons... vivons...

Il n'est pas mauvais quelques fois d'emprunter des chemins de traverse pour trouver sa voie du milieu.

Le silence ne renvoie pas au désert, à l'absence de parole. Il peut être :

— Flux de mots, de verbiage, Parole fausse vidée de sa valeur originelle car transformée, déformée par la dite communication des hommes entre eux. N'est-ce pas cette fausse parole qui permet à Lao Tseu de dire «La Parole crédible n'est pas belle, la belle Parole n'est pas crédible».

— Un discours mais sans parole, ce qui, selon Lacan, est une demande, «Je te demande de refuser ce que je t'offre parce que ce n'est pas ça» et de préciser «cet appel est la trace d'un non être originel qui cherche l'être à travers quoi il puisse décliner» et Grimaldi (2) de préciser «La révélation de cette sémantique et de cette syntaxe universelle, c'est-à-dire d'un symbolisme universel, du désir des lois universelles, de l'étiologie univer­selle, des frustrations, des inhibitions, des refoulements, en faisant accé­der le malade du silence à l'innommable et de l'inavouable au langage de l'explication et de la compréhension en rendant communicable ce qui l'excommuniait, le fait accéder à la communauté».

Nous le voyons, la Parole est loin d'être simple et de désigner une simple fonction mécanique de l'appareil phonatoire de l'homme, elle comprend aussi des types de représentation de mots, de choses, d'affects, ensemble d'éléments qui auront tous un rôle prépondérant dans la construction — maturation de l'homme. Et s'il est vrai que c'est le «père» qui nous inscrit dans la Parole et nous permet d'être Parole, il est tout aussi exact que, pour pouvoir utiliser ses clefs, il faut, outre la maturation de système pho­natoire et nerveux, avoir acquis le concept «JE». Car «JE» ne peut être intégré que par le stade du miroir, miroir qui réfléchit l'image du corps propre.

Alors, chaque parole viendra se placer dans les limites mêmes de l'enve­loppe charnelle. C'est pourquoi Anzieu (3) dit «La Parole orale et encore plus écrite a un pouvoir peau», et Sibony (4) «Ce qui morcelle nécessaire­ment le corps, c'est la présence de mots tromqués, multipliés et incrustés sur lui qui lui laisse désirer, lui laisse du jeu pour alterner ses déclins et ses renaissances». Toutefois, le corps exprime, même marqué par ces paroles fausses ou absentes, mais qui vont créer des vides, des vacances.

Ne sommes-nous pas, nous, Francs-maçons, à la recherche d'une Parole Vraie ?

La Parole est trace, la Parole est inscription sur et dans le corps. Dès lors, se pose la question de la Parole tabou et de la Parole instituée. La Parole tabou est un interdit de la Parole. Cet interdit crée des vides, laisse place aux fantasmes. La Parole instituée est, à mon avis, la Parole qui empêche l'homme d'accéder à la recherche de la Parole originelle pour adopter une Parole conventionnelle de l'institution sociale.

Mais la nomination lorsque nous la recevons, nous l'entendons, c'est elle qui nous fait exister en nous différenciant du reste de l'Univers, que ce soit des personnes et des choses et ce, tout en sachant que nous sommes partie intégrante. J'entends mon nom, donc je suis, je prend corps, je suis à la fois Unique et Universel. Je parle, et ma voix m'apparaît comme mes­sagère entre les bruits organiques, Parole qui, avec le temps originel et universel, deviendra ordonnée et fécondatrice.

Je voudrais, en guise de conclusion, citer un auteur, et vous m'en excuse­rez, mais il me semble difficile pour qui recherche la Vérité et la Lumière de ne pas énoncer avec transparence les éléments qui lui ont permis de réfléchir, et par là même de penser et d'accéder à une certaine connais­sance.

«Tante, dis-moi quelque chose, j'ai peur parce qu'il fait si noir». La tante lui répondit :
«A quoi cela te servirait-il puisque tu ne peux pas me voir».
«Ça ne fait rien» répondit l'enfant «du moment que quelqu'un parle, il fait clair».


Source : www.ledifice.net

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A propos du Masculin et du Féminin

8 Décembre 2012 , Rédigé par Marcel Comby Publié dans #Conférences

Si l’on s’en tient aux réalités de l’ordre du manifesté (notre monde terrestre) les notions de masculin et de féminin s’imbriquent dans un ensemble confus et incohérent. Il faut partir de l’hypothèse que l’Homme en général est SYMBOLE. Ce terme est pris dans le sens de ce qui est transparent, de ce qui nous renvoie à une réalité plus élevée.

Dieu est envisagé comme le Principe Suprême situé au-delà de toute forme, de toutes distinctions, de toutes différences, renfermant toute chose dans son Unité (dans sa non dualité). D’où il découle que toute manifestation du Principe, c'est-à-dire toute création, devra se distinguer de lui tout en demeurant en Lui. La création procède donc d’une différenciation, d’une dualité au sein de la Non dualité.
La « manifestation universelle », autrement dit la Création, comporte un double principe : l’un est actif ; l’autre est passif. Cette vision de l’Univers est partagée par différentes Traditions de l’humanité.

La Tradition Egyptienne parle de Osiris et Isis
La Tradition Chinoise parle du Yin et du Yang
La Tradition Hindoue parle de Purusha et de Prakriti
La Tradition chrétienne parle du Verbe créateur et de la Vierge

En d’autres termes il s’agit de la dualité : principe masculin et principe féminin.
On devine une certaine logique
l’acte de créer : principe masculin
l’état de créé : principe féminin
Telle semble être l’origine de cette grande notion de dualité à partir de laquelle s’organise le Monde, se construisent et s’énoncent les grands dogmes de la religion catholique.
Adam et Eve, cités dans la Genèse, constituent l’exemple primordial de cette bipolarité : masculin – féminin.

Les questions fondamentales que je me suis posées durant ma vie, se rapportent au cloisonnement existant entre les conceptions occidentales et les conceptions orientales de l’Etre. J’ai été, de façon permanente, attaché, non à un syncrétisme des religions, mais à une vision unifiée de l’esprit…d’autant plus que la science moderne fait découvrir de nouvelles réalités. En ce sens, le problème de la place de Marie, Mère de Dieu et celui de l’âme, dans la métaphysique chrétienne, m’ont inspiré de nombreuses réflexions. Venons-en à l’essentiel :

Selon la philosophie du Védantâ, Dieu doit être conçu comme une Réalité Infinie excluant toute limite et toute détermination. La conception universelle et totale de la Divinité supposerait l’existence d’une « Possibilité universelle » qui se reflète à tous les niveaux de l’Existence universelle qui en constitue « l’apparence extérieure ». Ainsi tout être manifesté tel l’être humain, n’est que l’apparence ou la manifestation extérieure de sa « possibilité principielle » qui représente alors son « Archétype éternel » en Dieu. (cf JUNG) L’ensemble de tous les Archétypes représente, au niveau de la Divinité une « conception » de la Divine Essence, conception purement principielle, non manifestée et indifférenciée. Dans ce cadre, se situe par exemple ce que l’Eglise catholique appelle : l’Immaculée Conception. Selon ce schéma de pensée, le Mal réside dans l’illusion séparative ou séparativité apparente. Cela entraîne cet état mental selon lequel l’entité manifestée « Homme » semble complètement autonome.. .
Le Mystère concernant la Vierge, exempte du péché originel, est donc lié au fait surnaturel selon lequel Marie s’identifie à la Possibilité Universelle, ce qui n’affecte pas sa liberté ni l’ensemble de ses caractéristiques humaines. La dogmatique mariale ne peut donc être discutée au seul niveau des neurones, des chromosomes et de la logique formelle ! Retrouver en soi son « Archétype éternel », c’est réaliser en soi le mystère de la Vierge, ce qui dépasse de loin les démarches purement affectives que nous inspire la féminité et le courage d’une femme que nous jugeons sublime. On se retrouve un peu au sein des doctrines orientales qui s’appuient sur le principe de l’identification et de la fusion…avec, il est vrai, une Réalité tout autre. : la Nature.

Au niveau du Cosmos et de la Genèse, il est écrit : « L’Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux… ». Le symbolisme associé à cette phrase fait apparaître le double Principe, sachant que les eaux représentent, par leur plasticité, la soumission au principe actif de l’Esprit.

Au niveau de la nature humaine, le couple Adam – Eve représente « l’Androgyne primordial » et au niveau le plus bas, se situent l’homme et la femme tels que nous les connaissons. Notre société actuelle se risque d’introduire un élément de chaos dans cette belle hiérarchie du manifesté, en ne reconnaissant plus les valeurs spécifiques des deux sexes dans leurs essences respectives.
Dans la démarche inverse qui va du manifesté au Non manifesté, le Mystère nous conduit vers l’existence du couple : Saint-esprit – Vierge Marie et celle du couple : Christ – Eglise. Ici le couple se comprend comme la Réalité présidant à une nouvelle naissance qui s’opère par une alchimie spirituelle débouchant sur un état de l’âme. Cet état ontologique n’est en rien une situation morale ou un ensemble d’actes vertueux, mais quelque chose d’indicible qui se traduit théoriquement par le fait qu’on est !, à l’exemple des eaux primordiales qui offrent toute leur plasticité à la volonté divine.
Trois conditions, sont requises pour atteindre effectivement cette plasticité de l’âme.
1 --- La transmission de l’influence spirituelle ou communication du Saint-esprit par les rites tels que les sacrements. C’est, d’une certaine manière : la Voie.
2 --- La connaissance de la doctrine donc de la Vérité.
3 --- La pratique de la méditation et de l’oraison qui conduit à la Vie,
au sens le plus large.

En récitant l’Ave Maria, l’âme s’applique à elle-même les paroles de l’Ange à Marie, et la répétition quasi indéfinie, le rythme du Rosaire, engendre cette vibration qui transforme l’âme en son prototype virginal. L’Ave Maria contient, comme deux joyaux incrustés, les noms de Jésus et Marie, et de ce fait, apparaît comme le moyen susceptible de créer dans l’âme une réceptivité à la Grâce qui est l’application à l’univers humain du Fiat Lux de le Genèse venant organiser le chaos, du mystère de l’Incarnation, du Verbe, Lumière du monde, descendant dans le sein virginal de Marie, pour y engendrer le Christ. L’âme humaine doit donc s’identifier au sein virginal de Marie pour devenir le « lieu » de la Génération du Verbe. La Volonté du Père est d’engendrer éternellement le Fils.
Cette « naissance éternelle » du Fils se produit en dehors du temps et de l’espace : l’âme devient alors, dans ces conditions, intemporelle et s’inscrit dans une perspective ontologique qu’on ne sait pas imaginer.

Notre raison, notre langage, notre cœur, ne peuvent saisir le sens primordial et toute la portée du Mystère selon lequel l’âme s’identifie à la Vierge . Cette affirmation rend compte d’une certaine continuité et d’une complémentarité des métaphysiques occidentales et orientales.
L’homme occidental se noie dans son activisme et son matérialisme. Il redoute tout ce qui lui paraît abstrait et intangible, alors il se réfugie parfois dans le faux « merveilleux », une solution qui l’arrange et qui lui procure des vérités illusoires. En fait, l’homme de notre temps régressera, dans tous les cas où il perdra progressivement…ce qu’on pourrait appeler la conscience de son âme !

Les deux mots : Masculin – Féminin ne s’appliquent pas seulement au domaine biologique incluant le sens de l’individu, mais à un domaine plus élevé et plus étendu.
Le mâle émet la puissance de vie ; ce principe est sujet à la mort.
La femelle est porteuse de vie et elle anime.
Eve issue d’Adam signifie que l’élément spirituel est au-delà de l’élément vital.
Adam précède Eve : le vital est antérieur au spirituel.
La distinction mâle et femelle est un signe de séparation (eaux supérieures et eaux inférieures ; ciel et terre dans la Genèse) Dans le premier récit de la Création, l’homme est androgyne : la séparation n’a pas encore eu lieu. Cette séparation est à la base de la dualité : animus – anima, à la base de toutes les dualités. Le don et la réceptivité. Par la suite dans le Christ il n’y a plus ni homme ni femme. Chaque être humain retrouve en lui son image. Le masculin et le féminin sont les deux dimensions de l’unique plérôme du Christ. En Dieu ces deux aspects complémentaires sont parfaitement unifiés.
Pour Nicolas Berdiaeff, la femme est plus liée à l’âme du monde et c’est à travers sa force que l’homme communie avec elle. Dans les évangiles les femmes sont porteuses d’aromates et par conséquent elles ont un grand rôle à jouer. On a dit un jour que la femme était l’avenir de l’homme et on parle de « L’Eternel féminin ». Teilhard de Chardin y voit là le reflet de l’Amour, une grande force cosmique. Marie est la plus parfaite incarnation de cet Eternel féminin rempli de fabuleuses richesses. Toute femme possède donc en soi tous les constituants transcendantaux de la Beauté divine. Serait-ce rendre gloire à Dieu que d’attribuer à la femme une mission pour laquelle elle n’est créée ?

Jésus était un transmetteur de la puissance de la Vie ! Pourquoi pas « l’Eternel
Masculin » ?
Marie serait alors la trace de l’axe de la Vie selon Teilhard.
L’intérêt des visions de Teilhard sur ce sujet réside dans le fait que la Mère de Dieu n’est pas qu’une créature que l’on vénère souvent d’une manière trop anthropomorphique, mais la partenaire « cosmique » du Verbe qui s’est incarnée en elle, une Energie lumineuse et chaste.. Teilhard, dans l’Eternel Féminin, montre tous les aspects de la Femme qui transcendent notre propre interprétation qui s’appuie le plus souvent sur le sexe. En ce sens Teilhard a sublimé ses perceptions de la féminité en les transposant dans une mystique mariale qui n’est pas sans cohérence avec le dogme catholique.
Teilhard est sensible à la beauté et il sait que cette réalité peut tout aussi bien conduire vers le vrai et le bien que vers l’abîme des passions incontrôlées. On retrouve d’ailleurs dans la Sagesse hindoue le principe de « fusion » avec la mère divine, symbole du principe féminin., force vitale universelle.

 

Source : http://www.associationlyonnaise-teilhard.com/

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Le Baphomet

8 Décembre 2012 , Rédigé par Spartakus FreeMann Publié dans #spiritualité

Nous arrivons à présent au coeur d’une figure mythique liant les rites secrets des Templiers à ceux des Ophiens, nous voulons parler du Baphomet, ce « dieu » ou symbole des Templiers. Nous insistons ici pour que le lecteur comprenne bien que nous ne voulions pas lier la Baphomet en tant que fantasme au courant Naasène. Nous voulons prendre distance avec ces rêveurs, chasseurs de gueuses considérations, qui, s’imaginant fils de Baphomet, pensent être les dieux de leurs frères humains. Nous voulons simplement montrer que le fluide coule depuis toujours, sub terraneus ou publicitaire, ayant traversé les fleuves du temps et de l’espace, afin de nous effleurer de ses vertes volutes. Les Chercheurs de Lumière ne ressentent que peu de plaisir dans les jeux généalogiques…

Le terme de Baphomet remonte au procès des Templiers, ce serait la fameuse « tête magique », prétendue idole des pauvres chevaliers du Christ. Cet objet du culte templier était tantôt une idole ayant une seule tête barbue et tantôt une idole possédant trois têtes, mais il n’est jamais fait mention – à notre connaissance – de son corps. Une de ces têtes sera d’ailleurs retrouvée avec l’inscription « CAPUT LVIII ». Dans les comptes rendus du procès, ces têtes étaient censées donner la richesse, le pouvoir et la santé aux chevaliers. Selon Hugh Schonfield, dans son « The Essene Odyssey », on ne peut qu’admettre, en considérant les implications de ces têtes et du décodage du Baphomet comme étant la Sagesse qu’« il ne peut y avoir que peu de doutes sur le fait que l’idole des Templiers représentait la Sophia en son aspect féminin et isiaque et qu’elle était liée à Marie Madeleine dans son aspect chrétien ». Baphomet n’en reste pas moins le champ psychique généré par l’ensemble des êtres vivants sur cette planète.

Depuis l’Ère Shamanique, on l’a souvent représenté comme Pan , Pangenitor, Pamphage, le Destructeur, Shiva-Kali – le phallus créateur et l’abominable et destructrice mère – comme Abrasax  comme le Démon du sexe et de la mort à tête d’animal, comme l’Archonte démoniaque qui dirige ce monde, comme Ishtar ou Astarté – déesse de l’amour et de la guerre – comme l’Anima Mundi ou Monde des Âmes ou simplement comme la « Déesse ».

D’autres représentations comprennent l’Aigle, ou le Baron Samedi, ou Thanateros, ou Cernunnos. Aucune image ne peut représenter la totalité de ce que cette force est, mais on la montre conventionnellement comme un dieu hermaphrodite, divinité sous la forme d’un homme qui comprend diverses caractéristiques mammaires ou reptiliennes. L’image contient souvent des éléments floraux et minéraux ainsi que des éléments ramenant au concept de la mort car cette force comprend aussi la mort. Vie et Mort ne sont que de simples phénomènes au travers desquels la force vitale se réincarne continuellement. Nier la mort c’est nier la vie. Les aspects de la divinité mâle et femme qu’est Baphomet sont toujours soulignés car c’est par le sexe que la vie est créée et la sexualité mesure la force vitale ou la vitalité, quelle que soit la manière dont elle est exprimée.

Presque toutes les mythologies gardent en mémoire des légendes relatives aux énergies reptiliennes qui précédèrent les dieux eux-mêmes. Ainsi, dans de nombreuses cosmologies, nous avons des serpents-Leviathans entourant l’univers, ou des Tiamat-dragons d’où émergent toutes les existences. Les dieux sont souvent décrits comme ayant emprisonné ces forces reptiliennes, ou cherchant à les détruire. Il existe un ensemble de documents templiers sur lesquels on peut examiner des symboles et des personnages dont l’essence remonterait aux cultes de Priape ou du Serpent . Sur l’un de ces documents, l’on peut examiner une figure nue portant une coiffure à la Cybèle qui tient une chaîne de ses deux mains et qui est entourée de symboles divers, le soleil et la lune au-dessus d’elle, en dessous, le Pentagrammeet l’Hexagrammeet sous ses pieds un crâne humain. Cette chaîne est le symbole des anneaux du serpent et donc de la fraternité des ophiens.

On trouve aussi un texte en langue arabe que l’on ne peut traduire directement, mais toutefois, si l’on applique une grille de décodage, le sens est : « Que Meté soit loué ! Il fait germer et fleurir toutes choses ! Il est notre principe qui est un et sept ! Abjure ta foi et abandonne-toi à tous les plaisirs ».

Sur un autre document, on peut examiner deux personnages androgynes :

- le premier est plutôt féminin mais pourvu d’un sexe masculin. Il tient une chaîne dans chaque main.

- le second est de type masculin portant une barbe et ayant un sexe féminin. Il porte également une chaîne dans chaque main. Sur les côtés sont disposées 12 étoiles, à gauche en bas, il y a un Pentagramme et à droite un Hexagramme. Sous ses pieds, il y a un crâne humain.

Lisons à présent un extrait de « Les demeures philosophales » de Fulcanelli :

« Dans l’expression hermétique pure, correspondant au travail de l’Oeuvre, Baphomet vient des racines grecques Bapheus, teinturier, et mès, mis pour mètè, la lune, à moins qu’on ne veuille s’adresser à mèter, génitif mètros, mère ou matrice, ce qui revient au même sens lunaire, puisque la lune est véritablement la mère ou la matrice mercurielle qui reçoit la teinture ou semence du soufre, représentant le mâle, le teinturier, Bapheus – dans la génération métallique. Baphè a le sens d’immersion et de teinture. Et l’on peut dire, sans trop divulguer, que le soufre, père et teinturier de la pierre, féconde la lune mercurielle par immersion, ce qui nous ramène au baptême symbolique de Mété exprimé encore par le mot baphomet. Celui-ci apparaît donc bien comme l’hiéroglyphe complet de la science, figurée ailleurs dans la personnalité du dieu Pan, image mythique de la nature en pleine activité. Le mot latin Bapheus, teinturier, et le verbe meto, cueillir, recueillir, moissonner, signalent également cette vertu spéciale que possède le mercure ou lune des sages, de capter, au fur et à mesure de son émission, et cela pendant l’immersion ou le bain du roi, la teinture qu’il abandonne et que la mère conservera dans son sein durant le temps requis. C’est là le Graal, qui contient le vin eucharistique, liqueur de feu spirituel, liqueur végétative, vivante et vivifiante introduite dans les choses matérielles. Quant à l’origine de l’Ordre, à sa filiation, aux connaissances et aux croyances des Templiers, nous ne pouvons mieux faire que citer textuellement un fragment de l’étude que Pierre Dujols, l’érudit et savant philosophe, consacre aux frères chevaliers dans sa »Bibliographie générale des Sciences occultes« . »Les frères du Temple, dit l’auteur, – on ne saurait plus soutenir la négative, furent vraiment affiliés au Manichéisme. Du reste, la thèse du baron de Hammer est conforme à cette opinion. Pour lui, les sectateurs de Mardeck, les Ismaéliens, les Albigeois, les Templiers, les Francs-maçons, les Illuminés, etc., sont tributaires d’une même tradition secrète émanée de cette Maison de la Sagesse (Dar-el-hickmet), fondée au Caire vers le XIe siècle, par Hakem. L’académicien allemand Nicolai conclut dans un sens analogue et ajoute que le fameux baphomet, qu’il fait venir du grec Baphomètos, était un symbole pythagoricien. Nous ne nous attarderons point aux opinions divergentes de Anton, Herder, Munter, etc., mais nous nous arrêterons un instant à l’étymologie du mot baphomet. L’idée de Nicolai est recevable si l’on admet, avec Hammer, cette légère variante : Baphè Mètèios, qu’on pourrait traduire par baptême de Mété. On a constaté, justement, un rite de ce nom chez les Ophites. En effet, Mété était une divinité androgyne figurant la Nature naturante. Proclus dit textuellement que Métis, nommé encore Epikarpaios, ou Natura germinans, était le dieu hermaphrodite des adorateurs du Serpent. On sait aussi que les Hellènes désignaient, par le mot Métis, la Prudence vénérée comme épouse de Jupiter. En somme, cette discussion philologique avère de manière incontestable que le Baphomet était l’expression païenne de Pan. Or, comme les Templiers, les Ophites avaient deux baptêmes : l’un, celui de l’eau, ou exotérique ; l’autre, ésotérique, celui de l’esprit ou du feu. Ce dernier s’appelait le baptême de Mété. Saint Justin et saint Irénée le nomment l’illumination. C’est le baptême de la Lumière des Francs-maçons ».

Source : http://www.esoblogs.net/2932/le-baphomet/

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Qui est le Diable?

7 Décembre 2012 , Rédigé par DAVID C. PACK Publié dans #Conférences

Qui est au juste le diable ? La Bible l’appelle le « dieu de ce siècle». D’où vient-il ? Dieu l’a-t-il créé tel qu’il est aujourd’hui ? Est-ce un ange déchu ? Voici les réponses selon la Parole de Dieu !

Le diable a suscité un grand intérêt depuis des millénaires. On l’a représenté comme un fantôme, un croque-mitaine, un revenant, ou encore, un homme charmeur à l’air diabolique, habillé tout de rouge, avec des cornes et portant une fourche. On l’a même présenté sous l’épithète nébuleuse de « génie du mal », ou comme étant la cause de toute la méchanceté des êtres humains.

Plusieurs personnes sont familières avec l’expression anglaise « the devil made me do it ». Bien que ces descriptions soient communes, elles sont toutes fausses ! Même amalgamées, elles sous-estimeraient malgré tout la réalité de ce formidable esprit déchu.

Plusieurs chrétiens fervents prononcent de longs et puissants sermons à propos de ce « diable méchant ». Les groupes plus émotifs iront jusqu’à dire à leurs fidèles, dans leurs croisades : « Ce soir , nous allons vaincre le diable ». Et une majorité de personnes présentes à ces réunions les quittent persuadées que c’est ce qu’ils ont fait.

Elles se trompent ! Elles n’ont, en fait, qu’éprouvé un sentiment temporaire de satisfaction personnelle. Malheureusement, le diable aussi quitte ces réunions plus que satisfait de ce qu’il a vu et provoqué.

Il n’y a qu’un nombre restreint de personnes qui sachent vraiment qui est le diable. Cette brochure lève le voile de mystère, de confusion, d’ignorance, de mythologie, de superstition et d’erreur qui couvre la vérité sur son origine et son identité.

La fascination croissante au sujet du diable

Aujourd’hui, il est pratiquement impossible de regarder autour de soi sans tomber sur quelque référence à propos du diable ou des démons. Arrêtez-vous quelques moments pour réfléchir à la fréquence avec laquelle une telle chose se produit.

Allumez la télévision. Allez au cinéma. Entrez dans une librairie. Jusqu’à quel point le sujet du diable, des démons, des anges ou, en général, du monde des esprits est-il mentionné ? Il existe des séries télévisées entières qui portent sur ce sujet et il y en a de nouvelles à chaque saison. Il y a maintenant bien des années que les films ont fait du diable un de leur sujet favori. Mais, de nos jours, ces films apparaissent plus fréquemment et ils sont de plus en plus curieux, bizarres, étranges, macabres et terrifiants qu’ils ne l’étaient auparavant.

Il n’y a qu’à songer au phénomène « Harry Potter ». Certains auteurs écrivent exclusivement à propos du monde des esprits, incorporant souvent dans l’intrigue une fausse compréhension des prophéties. Et des légions de fans achètent leurs livres.

De plus le satanisme et la sorcellerie se pratiquent maintenant d’une façon plus ouverte que jamais.

Des millions de personnes dépensent des sommes colossales en téléphonant à des diseuses de bonne aventure, en se faisant lire les lignes de la main, en consultant des astrologues, des sorcières, des enchanteurs, ou en faisant appel aux médiums ou à la lecture d’une boule de cristal; tout cela dans le but de connaître ce que le futur leur réserve.

Le diable est un produit de haute consommation…et les gens achètent plus que jamais.

Confusion inutile.

La Bible est le fondement de toute connaissance. Nous disons souvent : « Enlevez la poussière qui couvre votre Bible. Étudiez-la soigneusement et constatez que la vraie vérité s’est toujours trouvée inscrite dans ses pages. Ne nous croyez pas sur parole. Mais croyez-y plutôt parce que vous en aurez trouvé la preuve dans votre propre Bible ».

La Bible contient les réponses à toutes les grandes questions de la vie. Sa vérité pure et simple n’est pas enseignée dans les églises de ce monde. Depuis leur tendre jeunesse les gens croient qu’on leur a enseigné ce qui se trouvait dans la Parole de Dieu. Or ce que cette Parole dit à propos de l’origine de Satan, le diable, va vous surprendre. Laissez-la vous en faire la révélation selon ses propres mots.

Paul a écrit : « Mais examinez (prouvez) toutes choses; retenez ce qui est bon » (I Thessaloniciens 5 :21); et, « afin que vous discerniez (prouviez) quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Romains 12 :2).

Nous allons examiner les différents versets qui expliquent l’origine de Satan et qui il est. Pour comprendre, nous devons d’abord mettre de côté nos propres idées préconçues et accepter seulement ce qui peut être prouvé par la Bible.

Quelle est l’origine de Satan ?

Le diable existe et il est bel et bien vivant. La Bible l’appelle le « dieu de ce siècle» (II Corinthiens 4 :4). Apocalypse 12 :9 affirme qu’il « séduit toute la Terre ». Ceci implique nécessairement qu’il a aussi caché la vérité à propos de sa véritable identité. Depuis quand est-il appelé le diable ? A-t-il toujours été ce prince des ténèbres, méchant, meurtrier, menteur et destructeur ? A-t-il vraiment été créé ainsi ?

Non, il ne le fut pas.

Voyons ce qu’en dit la Bible. Elle décrit Satan à travers plusieurs passages qui nous permettent d’obtenir une vue d’ensemble du personnage. La présente brochure a pour but premier d’étudier les passages expliquant l’origine du diable. (Notre brochure,« Un monde en captivité », étudie plus en profondeur les passages au sujet de son rôle, de ses stratégies et de ses astuces. Demandez-nous cette brochure gratuite qui complète celle-ci afin de comprendre pleinement la façon dont il opère.)

Au tout début, Dieu avait créé trois archanges : Lucifer (qui devint Satan), Michel et Gabriel. Chacun dirigeait un tiers des anges qui avaient été créés par centaines de millions (Apocalypse 5 :11). Lucifer, et le tiers des anges sous sa gouverne était responsable du monde pré-adamique. Avec leur complicité, il se rebella contre le Gouvernement de Dieu. De nos jours, il règne en tant que « dieu de ce siècle » à la tête de ces anges déchus, appelés démons,

Genèse 1

Genèse 1 :1 dit : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la Terre ». C’est le point de départ de notre étude.

Le livre de Job décrit le moment où Dieu a créé le monde. Dieu pose à Job une série de questions : « Où étais-tu quand je fondais la Terre ? Dis le, si tu as de l’intelligence. Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ? Ou qui a étendu sur elle le cordeau ? Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d’allégresse, et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ? », (Job 38 :4-5,7). Ces « étoiles » étaient des anges (Apocalypse 12 :4) et sont décrits en tant que « fils de Dieu ». Les véritables étoiles du firmament ne chantent pas. Veuillez remarquer qu’il est dit que « tous poussaient des cris de joie et chantaient. » Au moment de la création dans Genèse 1 :1, il n’y avait pas encore de démons.

Ce passage nous indique que la Terre fut créée belle et parfaite au tout début. Il y avait beaucoup de joie et de nombreux chants. Lisez maintenant Genèse 1 :2.

Ce verset est mal traduit et ne rend pas le sens original hébreux. La version Segond de la Bible dit : « La terre était informe et vide ». Trois mots clés hébreux sont ici mal traduits, voilant, et en fait, cachant le véritable sens de ce verset.

Le mot traduit par « était » est hayah. Dans Genèse 2 :7, il est traduit correctement par « devint », et dans Genèse 9 :15 par « devient ».

Les mots traduits « informe et vide » sont tohu et bohu. Correctement traduits, ils signifient « chaotique », « dans la confusion », « informe » et « destruction ». En résumé, une Terre créée dans la perfection (verset 1), « devint chaotique et informe », (verset 2). Tohu et bohu sont traduits de façon identique dans Jérémie 4 :23 et Ésaïe 34 :11 qui les traduisent par « désolation et destruction ».

Remarquez maintenant Ésaïe 45 :18, qui illustre comment Dieu N’A PAS créé la Terre : « Car ainsi parle l’Éternel, le Créateur des cieux, le seul Dieu, qui a formé la Terre, qui l’a faite et qui l’a affermie, qui l’a créée pour qu’elle ne fût pas déserte, [tohu, signifiant informe, vide] qui l’a formée pour qu’elle fût habitée ». Il est clair que la Terre devint chaotique après que Dieu l’eut créée, soit entre les événements de Genèse 1 :1 et 1 :2. Le dernier verset décrit la recréation de la Terre il y a six mille ans de cela. Le verset 1 décrit la création originale de tout l’univers qui, selon les scientifiques, eut lieu aussi loin que dix-sept milliards d’années.

Le psaume 104 :30 dit de Dieu « Et tu renouvelles la face de la Terre ». Les sept jours de la semaine de la création est le moment où Dieu a renouvelé une Terre endommagée, brisée et alors couverte complètement par l’eau, (Genèse 1 :2). Nous verrons que ceci a été causé par le diable. Le passage dans Actes 3 :19-21 révèle que ce n’est que le retour du Christ qui amènera le « rétablissement [restauration] de toutes choses ».

Maintenant que nous savons ce qui est arrivé, demandons-nous : comment cela a-t-il pu se produire ? Comment la Terre d’abord dans une condition idyllique et parfaite lors de la création a-t-elle pu être détruite et devenir chaotique, dans la confusion, et vide ? Puisque Dieu n’est pas l’auteur du désordre, (I Corinthiens 14 :33), nous pouvons conclure qu’Il n’est pas Celui qui a détruit la Terre. Alors qui ou quoi en a été la cause ?

Ésaïe 14.

Lorsque l’on veut savoir ce que la Bible enseigne sur un sujet en particulier, on doit d’abord rassembler la totalité des points pertinents à celui-ci. Gardant cela à l’esprit, lisons ce qu’elle dit à propos de Lucifer après qu’il fut devenu Satan.

Ésaïe 14 :12-15 raconte une histoire remarquable qui renferme plusieurs indices sur la provenance de Lucifer, sur ce qu’il faisait et sur ce qui lui est arrivé. Lisez attentivement en portant une attention spéciale sur certaines phrases clés. « Te voilà tombé du ciel, astre brillant (heylel, en hébreux = Lucifer), fils de l’aurore ! Tu es abattu à terre, toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton coeur : Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu; je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, dans les profondeurs de la fosse ».

Il est évident que celui qui est appelé « Lucifer » n’est pas un homme. Les choses qu’il a accomplies sont d’une impossibilité totale pour tout être humain. Il n’y a que le diable qui puisse être le « vainqueur des nations » ou qui aurait pu dire : « Je monterai au ciel ». Ce n’est certainement pas d’un homme dont on dira qu’il est « abattu à terre » tel qu’écrit ici. Finalement, il n’y a aucun homme qui possède un trône pouvant être mis « au-dessus des étoiles de Dieu ».

Dieu habite dans la partie nord du ciel, « à l’extrémité du septentrion ». Job jette un peu de lumière sur la tentative de Lucifer pour détrôner Dieu : « Il [Dieu] étend le septentrion sur le vide, Il suspend la Terre sur le néant »,(Job 26 :7). Le « vide » du « septentrion » coïncide effectivement avec un espace anormalement vide d’étoiles comme l’ont fait remarqué les astronomes. Il n’y a aucun doute que Satan ait attaqué Dieu dans cette direction lorsqu’il a tenté de quitter son propre trône pour renverser celui de Dieu situé « à l’extrémité du septentrion ». C’est ce que la Bible révèle.

Ézéchiel 28

Ézéchiel 28 :12-17, tout en faisant un parallèle avec Ésaïe 14, renforce ce dernier et doit également être étudié. Ce compte rendu décrit ce que certains érudits affirment être le roi humain de Tyr. Une lecture attentive montre qu’en plus d’être ridicule, cela est impossible,.

Ce verset parle de quelqu’un qui « mettait le sceau à la perfection, était plein de sagesse, parfait en beauté » et qui avait été en « Eden, le jardin de Dieu ». Il n’y a aucun humain qui ait été parfait, et, en ce qui concerne le jardin d’Éden, le diable qui séduisit Ève y était sous la forme d’un serpent. Le verset 13 stipule : « tu fus créé ». Satan est un être qui a été créé. Le verset 14 l’appelle le « chérubin protecteur, aux ailes déployées ». (Exode 25 :17-20 décrit les deux chérubins restés fidèles qui « couvrent » de leurs ailes le trône de Dieu dans le tabernacle de l’Ancien Testament. Leurs ailes couvrent le « propitiatoire ».) Il n’y a aucun roi humain qui réponde à cette description.

La dernière partie d’Ézéchiel 28 :14 stipule que ce « roi » était sur « la sainte montagne de Dieu » et qu’il « marchait au milieu des pierres étincelantes ». Ceci décrit l’environnement immédiat autour du trône de Dieu. Le verset 15 mentionne que « l’iniquité [transgression de la Loi] a été trouvée » en lui et le verset 16 dit qu’il « a péché ».

Le verset 16 dit également que ce chérubin a été « précipité…hors du ciel » que Dieu le fait « disparaître.. du ciel ». Le verset 17 dit que son coeur « s’est élevé à cause de sa beauté » et que sa « sagesse a été corrompue par son éclat ». Ce verset se termine par Dieu qui le jette à terre « pour le donner en spectacle aux rois ».

Lucifer était un être de lumière, un « ange de lumière », tout comme ses « ministres », (II Corinthiens 11 :13-15). Le mot Lucifer signifie « porteur de lumière ». Cet être brillant, sage et parfait, avait par le passé apporté la lumière à tous ceux qui l’entouraient. Mais il s’est rebellé et il a péché, devenant ainsi le prince des ténèbres. Sa rébellion en a fait quelqu’un de tordu et de perverti. Bien qu’il possède une grande intelligence, il est devenu littéralement un ange déchu et dément incapable de distinguer le bien du mal.

La Bête et le faux prophète.

Que s’est -il passé lorsque Satan a été jeté sur la Terre ? Pour le savoir, il est nécessaire, avant de continuer, de fournir des informations additionnelles à propos de certaines prophéties qui n’ont pas encore été réalisées.

Deux individus, appelés la « Bête et le faux Prophète », dirigeront le grand système politico-religieux de la fin des temps décrit dans Apocalypse 17 et 18. Ce système sera écrasé et remplacé par Christ lors de Son retour. Apocalypse 16 :13-14 dit que les démons auront le pouvoir d’accomplir des prodiges par l’intermédiaire de ce système. La Bête représentant ce système sera un personnage important qui dominera le monde.

En plus, le dernier et grand faux Prophète induira le monde à adorer la Bête en tant que Dieu, (Apocalypse 16 :2, 19 :20). Cette séduction sera tellement forte, tellement étendue, qu’elle trompera éventuellement toute l’humanité au point de la conduire à combattre le Christ lorsqu’Il viendra, (Apocalypse 16 :9, 13-16; 17 :13-14).

Prenez note de II Thessaloniciens 2 :3-4, 8. Le verset trois parle de « l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même DIEU ». Le faux prophète aussi déclarera qu’il est Dieu.

Comparez ceci avec Ézéchiel 28 :2 et la référence au prince de Tyr, un homme. Ézéchiel écrit que ce prince dit : « Je suis Dieu, je suis assis sur le siège de Dieu ». II_Thessaloniciens 2 :8 décrit cet homme du péché comme « l’impie » qui sera identifié pour ce qu’il est lorsque Christ le détruira en même temps que la Bête, en les jetant dans l’étang de feu, lors de Son retour, (Apocalypse 19 :20). Ésaïe 14 :4 réfère au faux prophète en tant que roi de Babylone. C’est le même homme que le prince de Tyr.

Si nous poursuivons dans II_Thessaloniciens 2, le verset 9 fait une révélation étonnante à propos du faux prophète. Il dit que son apparition se fera « par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers ». Le verset 10 mentionne qu’il est capable de séduire toute personne qui n’a pas « reçu l’amour de la vérité ». Le verset 11 dit que Dieu enverra une « puissance d’égarement », à tous ceux qui croient volontiers ses mensonges.

Le chef de ce grand système mensonger sera possédé directement par le diable. Ceci procurera au faux Prophète un formidable pouvoir de séduction et la possibilité de faire des miracles. Satan, ayant toujours voulu remplacer Dieu, parlera par l’intermédiaire de ce chef religieux humain et déclarera au monde entier qu’en réalité, il est DIEU ! Cet avertissement de la Bible est sans équivoque. Les miracles qu’il accomplira tromperont la grande majorité des gens.

Vous laisserez-vous séduire lorsque ces événements se produiront, comme l’affirme avec certitude la prophétie ? (Demandez notre brochure « Qui ou qu’est-ce que la Bête de l’Apocalypse ? », afin d’en apprendre davantage à propos de ce dernier leader mondial).

Jeté sur la Terre avec tous ses démons.

Le douzième chapitre de l’Apocalypse raconte que Satan et ses démons furent « précipités sur la Terre », (verset 9, 13). En fait ce texte est une insertion au milieu du livre de l’Apocalypse. Il fait un bref résumé de l’histoire de l’Église du Nouveau Testament.

Les versets 3 et 4 décrivent Satan en tant qu’un « dragon » qui « entraînait le tiers des étoiles du ciel » et les « jetait sur la Terre ». Rappelez-vous que ces « étoiles » représentent le tiers des anges qui étaient sous l’autorité de Satan avant qu’il ne se rebelle.

II_Pierre 2 :4 offre un autre indice au sujet de cette « chute » de Satan et des anges qu’il « entraîna » avec lui. Remarquez « … Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, [Satan ne fut pas le seul à pécher] mais s’Il les a précipités dans les abîmes [le mot grec ici est tartaros et signifie soit prison ou lieu de détention ] de ténèbres ». Ceci démontre qu’un grand nombre d’autres esprits ont été mis dans cette sombre prison par Dieu avec le « prince des ténèbres ».

Apocalypse 12 :7-9 décrit plus en détails le moment où Satan et ses démons sont jetés sur la Terre pour la dernière fois sans plus aucun accès au ciel. Les versets 12 à 14 montrent que la réaction du diable est une grande colère et une grande fureur. Cette terrible époque surviendra dans le monde dans un avenir rapproché.

Le sort de Satan.

Qu’adviendra-t-il du diable après le retour du Christ ? Sera-t-il libre de se promener sur la Terre en continuant de « séduire » (Apocalypse 12 :9) et à « vaincre » les nations,(Ésaïe 14 :12) ? Sera-t-il encore le « dieu de ce siècle » (II Corinthiens 4 :4), et le demeurera-t-il à jamais ? Quel sera son sort ultime ?

Apocalypse 20 décrit le moment où le Christ instaure un règne de mille ans (verset 4) et écrit le « dernier chapitre » de l’histoire de Satan. Le verset 2 affirme qu’un ange (verset 1) le lie pour « mille ans » en « le jetant dans l’abîme » où il est « enfermé ». Cet ange scelle alors « l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduis[e] plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans [soient] accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps ».

Paul a mentionné ce temps où Satan sera lié lorsqu’il a dit : « Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds », (Romains 16 :20). Ceci constitue la grande promesse de Dieu faite à tous les véritables chrétiens et à toute l’humanité parce que Satan a persécuté les uns et séduit les autres pendant des milliers d’années.

L’apôtre Jude dit que Satan et ses démons seront jetés hors de l’univers dans un endroit que la Bible décrit comme sans lumière. Jude 13 compare ces êtres misérables à des « des astres errants, auxquels l’obscurité des ténèbres est réservée pour l’éternité ». Le prince des ténèbres et ses anges subiront le sort qu’ils méritent, celui qui est la conséquence de leurs actes. Celui qui avait un jour été le « porteur de lumière » a choisi les ténèbres. Dieu le placera donc dans la noirceur totale pour l’éternité.

Votre merveilleux potentiel.

Hébreux 2 :5 dit que la Terre est « soumise aux [bons] anges » pour l’instant mais mentionne clairement que ces anges ne continueront pas à régner dans le « monde à venir ».

D’autres versets dans ce chapitre décrivent ce qui arrivera quand les anges déchus, qui gouvernent le monde actuel, auront été remplacés : « Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui ? Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur, tu as mis toutes choses sous ses pieds. En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui ne Lui fût soumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses Lui soient soumises », (versets 6 à 8).

En parlant du Christ, les versets 9 et 10 continuent : « Mais Celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’Il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, Il souffrît la mort pour tous. Il convenait, en effet, […], et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut ».

Comprenez-vous ? Avez-vous saisi ce qui vient d’être dit ? Ces versets renferment le potentiel renversant qui nous attend, vous et moi. Les chrétiens sont appelés à hériter de « toutes choses » et à être couronnés de « gloire et d’honneur » tout cela nous est offert par l’appel de Dieu et le sacrifice de Christ, le « Prince de leur salut ».

Il ne peut y avoir de malentendu en ce qui concerne la signification de « toutes choses ». Rien (verste 8) ne sera exclu de cet héritage. (Demandez nos brochures gratuites, Quelle sera votre récompense dans la prochaine vie ?, Qu’est-ce que le Royaume de Dieu ? et Qu’est-ce au juste que le salut ? afin d’en apprendre davantage au sujet du merveilleux potentiel qui attend tous les véritables saints de Dieu).

Dans Matthieu 4 :9, Satan a offert au Christ le pouvoir sur « toutes choses » « s’Il se prosternait et l’adorait ». Ce sont les chrétiens qui recevront « toutes [ces] choses » mais à la seule condition d’adorer le vrai Dieu.

Le diable au grand jour.

Herbert W. Armstrong concluait sa brochure intitulée « Dieu a-t-il créé le diable ? » comme suit : « L’Éternel avait placé le grand chérubin Lucifer sur notre planète pour qu’il y administre le Gouvernement de Dieu, mais Lucifer refusa de respecter les ordres du Créateur. Il voulait remplacer le Gouvernement de Dieu par un gouvernement à lui. Et c’est ainsi qu’il se disqualifia ».

« L’Éternel donna à Adam l’occasion de remplacer Satan le diable. Lorsque le moment arriva de choisir, de voir si Adam vaincrait, s’il obéirait à Dieu, il échoua. Il obéit plutôt au diable, et devint, en quelque sorte, sa propriété à partir de ce moment, et toute la race humaine a suivi le courant par la suite. »

« Quatre mille ans plus tard vint Jésus-Christ. Il livra à Satan un combat spirituel sans merci et résista à la tentation. Il refusa d’obéir au diable. Il cita correctement les Écritures et obéit à Dieu.

En fin de compte, Il se tourna vers le diable, et lui donna cet ordre ; — Retire-toi Satan ! et Satan lui obéit.

À partir de ce moment, le successeur de Satan S’est qualifié pour gouverner la Terre. Toutefois Jésus est monté au ciel il y a 1900 ans. Il doit revenir bientôt et, quand Il reviendra, le diable sera destitué. Le Christ règnera alors ici-bas. Les lois divines seront rétablies. L’ordre et la paix s’installeront enfin.

Dieu n’a pas créé le diable. Il a créé un chérubin, Lucifer, qui était intègre dans ses voies. Mais, libre de choisir, il décida de se transformer en adversaire en se rebellant contre le Gouvernement de Dieu ».

Source : http://rcg.org/fr/brochures/witd-fr.html

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Du Diable

7 Décembre 2012 , Rédigé par Eliphas Levi Publié dans #spiritualité

Le christianisme, en formulant nettement la conception divine, nous fait comprendre Dieu comme l'amour le plus pur et leplus absolu, et définit nettement l'esprit opposé à Dieu. C'est l'esprit d'opposition et de haine, c'est Satan. Mais cet esprit n'est pas un personnage, et il ne faut pas le comprendre comme une espèce de dieu noir ; c'est une perversité commune à toutes les intelligences dévoyées. « Je me nomme légion, dit-il dans l'Évangile, parce que nous sommes une multitude, »

L'intelligence baissante peut être comparée à l'étoile dumatin, et si elle tombe volontairement dans les ténèbres après avoir brillé un instant, on peut lui appliquer cette apostrophe d'Isaïe au roi deBabylone : «Comment es-tu tombé du ciel, beau Lucifer, brillante étoile du matin! » Mais est-ce à dire pour cela que le Lucifer céleste, que l'étoile matinale de l'intelligence divine soit devenue un flambeau de l'enfer ? Le nom de porte-lumière est-il justement donné à l'ange des égarements et des ténèbres? Nous ne le pensons pas, à moins qu'on n'entende comme nous, et suivant les traditions magiques, par l'enfer personnifié en Satan et figuré par l'ancien serpent, ce feu central qui s'enroule autour de la terre, dévorant tout ce qu'il produit et se mordant la queue comme le serpent de Chronos, cette lumière astrale dont le Seigneur parlait lorsqu'il disait à Caïn : « Si tu fais le mal, le péché sera aussitôt à tes portes, c'est-à-dire le désordre s'emparera de tous tes sens ; mais je t'ai soumis la convoitise de la mort, et c'est à toi de lui commander. »

La personnification royale et presque divine de Satan est une erreur qui remonte au faux Zoroastre, c'est-à-dire au dogme altéré des seconds mages, les mages matérialistes de la Perse; ils avaient changé en dieux les deux pôles du monde intellectuel, et de la force passive ils avaient fait une divinité opposée à la force active. Nous avons signalé dans la mythologie de l'Inde la même monstrueuse erreur.

Arimane ou Schiva, tel est le père du démon, comme le comprennent les légendaires superstitieux , et c'est pour cela que le Sauveur disait : « Le diable est menteur comme son père. »

L'Église, sur cette question, s'en rapporte aux textes de l'Évangile, et n'a jamais donné de décisions dogmatiques dont la définition du diable fût l'objet. Les bons chrétiens évitent même de le nommer, et les moralistes religieux recommandent à leurs fidèles de ne pas s'occuper de lui, mais de lui résister en ne pensant qu'à Dieu.

Nous ne pouvons qu'admirer cette sage réserve de l'enseignement sacerdotal. Pourquoi, en effet, prêterait-on la lumière du dogme à celui qui est l'obscurité intellectuelle et la nuit la plus sombre du coeur ? Qu'il reste inconnu, cet esprit qui veut nous arracher à la connaissance de Dieu !

Nous ne prétendons pas ici faire ce que n'a pas fait l'Église, nous constatons seulement sur ce sujet quel fut l'enseignement secret des initiés aux sciences occultes.

Ils disaient que le grand agent magique, justement appelé Lucifer, parce qu'il est le véhicule de la lumière et le réceptacle de toutes les formes, est une force intermédiaire répandue dans toute la création ; qu'elle sert à créer et à détruire, et que la chute d'Adam a été une ivresse érotique qui a rendu sa génération esclave de cette lumière fatale ; que toute passion amoureuse qui envahit les sens est un tourbillon de cette lumière qui veut nous entraîner vers le gouffre de la mort; que la folie, les hallucinations, les visions, les extases, sont une exaltation très dangereuse de ce phosphore intérieur; que cette lumière enfin est de la nature du feu, dont l'usage intelligent échauffe et vivifie, dont l'excès au contraire brûle, dissout et anéantit.

L'homme serait appelé à prendre un souverain empire sur cette lumière et à conquérir par ce moyen son immortalité, et menacé en même temps d'être enivré, absorbé et détruit éternellement par elle.

Cette lumière, en tant que dévorante, vengeresse et fatale, serait le feu de l'enfer, le serpent de la légende ; et l'erreur tourmentée dont alors elle serait pleine, les pleurs et le grincement de dents des êtres avortés qu'elle dévore, le fantôme de la vie qui leur échappe, et semble insulter à leursupplice, tout cela serait le diable ou Satan.

Les actions mal dirigées par le vertige de la lumière astrale, les mirages trompeurs de plaisir, de richesse et de gloire dont les hallucinations sont pleines, seraient les pompes et les œuvres de l'enfer.

Le père Hilarion Tissot croit que toutes les maladies nerveuses accompagnées d'hallucinations et de délire sont des possessions du diable, et en comprenant les choses dans le sens des kabbalistes, il aurait pleinement raison.

Tout ce qui livre notre âme à la fatalité des vertiges est vraiment infernal, puisque le ciel est le règne éternel de l'ordre, de l'intelligence et de la liberté.

Les possédés de l'Évangile fuyaient devant Jésus-Christ, les oracles se taisaient devant les apôtres, et les malades d'hallucinations ont toujours manifesté une répugnance invincible pour les initiés et les sages.

La cessation des oracles et des possessions était une preuve du triomphe de la liberté humaine sur la fatalité. Quand les maladies astrales se montrent de nouveau, c'est un signe funeste qui annonce l'affaiblissement des âmes. Des commotions fatales suivent toujours ces manifestations. Les convulsions durèrent jusqu'à la révolution française, et les fanatiques de Saint-Médard en avaient prédit les sanglantes calamités. Le célèbre criminaliste Torreblanca, qui a étudié à fond les questions de magie diabolique, en décrivant les opérations du démon, décrit précisément tous les phénomènes de perturbation astrale. Voici quelques numéros du sommaire de son chapitre XV de la Magie opératrice :


1. L'effort continuel du démon est tendu pour nous pousser dans l'erreur.
2. Le démon trompe les sens en troublant l'imagination, dont il ne saurait pourtant changer la nature.
3. Des apparences qui fappent la vue de l'homme se forme immédiatement un corps imaginaire dans l'entendement, et tant que dure le fantôme, les apparences l'accompagnent.
4. Le démon détruit l'équilibre de l'imagination par le trouble des fonctions vitales, soit maladie, soit irrégularité dans la santé.
5 et 6. Quand l'équilibre de l'imagination et de la raison est détruit par une cause morbide, on rêve tout éveillé, et l'on peut voir avec une apparence réelle ce qui n'existe réellement pas.
7. La vue cesse d'être juste quand l'équilibre est troublé dans la perception mentale des images.
8 et 9. Exemples de maladies où l'on voit les objets doubles, etc.
10. Les visions sortent de nous et sont des reflets de notre propre image.
11 - Les anciens connaissaient deux maladies qu'ils nommaient, l'une frénésie, dont l'une fait voir des formes imaginaires, l'autre fait entendre des voix et des sons qui n'existent pas, etc.

Il résulte de ces assertions, d'ailleurs fort remarquables, que Torreblanca attribue les maladies au démon, et que par le démon il entend la maladie elle-même ; ce que nous entendrions bien volontiers avec lui si l'autorité dogmatique le permettait.

Les efforts continuels de la lumière astrale pour dissoudre et absorber les êtres appartiennent à sa nature même ; elle ronge comme l'eau, à cause de ses courants continuels ; elle dévore comme le feu, parce qu'elle est l'essence môme du feu et sa force dissolvante.

L'esprit de perversité et l'amour de la destruction chez les êtres qu'elle domine n'est que l'instinct de cette force. C'est aussi un résultat de la souffrance de l'âme qui vit d'une vie incomplète et se sent déchirée par des tiraillements en sens contraires. Elle aspire à en finir, et craint cependant de mourir seule, elle voudrait donc
anéantir avec elle la création tout entière.

Cette perversité astrale se manifeste ordinairement par la haine des enfants. Une force inconnue porte certains malades à les tuer, des voix impérieuses demandent leur mort. Le docteur Brierre de Boismont cite des exemples terribles de cette manie qui nous rappelle les crimes de l'apavoine et d'Henriette Cornier (l).

Les malades de perversion astrales ont malveillants et s'attristent de la joie des autres. Ils ne veulent pas surtout qu'on espère; ils savent trouver les paroles les plus navrantes et les plus désespérantes, même lorsqu'ils cherchent à consoler, parce que la vie est pour eux une souffrance et parce qu'ils ont le vertige de la mort.

C'est aussi la perversion astrale et l'amour de la mort qui font abuser des oeuvres de la génération, qui portent à en pervertir l'usage ou à les flétrir par des moqueries sacriléges et des plaisanteries honteuses. L'obscénité est un blasphème contre la vie.

Chacun de ces vices s'est personnifié en une idole noire ou un démon qui est une image négative et défigurée de la divinité qui donne la vie; ce sont les idoles de la mort.

Moloch est la fatalité qui dévore les enfants.

Satan et Nisroch sont les dieux de la haine, de la fatalité et du désespoir.

Astarté, Lilith, Nahéma, Astaroth, sont les idoles de la débauche et de l'avortement.

Adramelech est le dieu
du meurtre.

Bélial, celui de la révolte éternelle et de l'anarchie. Conceptions funèbres d'une raison près de s'éteindre qui adore lâchement son bourreau pour obtenir de lui qu'il fasse cesser son supplice en achevant de la dévorer !

Le vrai nom de Satan, disent les kabbalistes. c'est le nom de Jéhovah renversé, car Satan n'est pas un dieu noir, c'est la négation de Dieu. Le diable est la personnification de l'athéisme ou de l'idolâtrie.

Pour les initiés, ce n'est pas une personne, c'est une force créée pour le bien, et qui peut servir au mal ; c'est l'instrument de la liberté. Ils représentaient cette force qui préside à la génération physique sous la forme mythologique et cornue du dieu Pan ; de là est venu le bouc du sabbat, le frère de l'ancien serpent, et le porte-lumière ou phosphore dont les poetes on fait le faux Lucifer de la légende.

 

(1) Histoire des hallucinations, 2e édition, 1853

source : http://graal.over-blog.com/article-6995293.html

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Lucifer : passage obligé vers la Connaissance

7 Décembre 2012 , Rédigé par J\M\ R\ Publié dans #Planches

« Comment es-tu tombé des Cieux
Astre du Matin, fils de l’Aurore
Comment as-tu été jeté par terre
Toi qui vassalisais toutes les Nations
Toi qui disais en ton cœur :
J’escaladerai les Cieux par-dessus les étoiles de Dieu
J’érigerai mon trône, je siégerai sur la montagne de l’assemblée, dans les profondeurs du Nord,
Je monterai au sommet des nuages noirs
Je ressemblerai au Très Haut
Comment ! Te voila tombé au Schéol, dans les profondeurs de l’abîme
»
ISAÏE XIV : 12-15



Voilà comment, par la mauvaise traduction de l’hébreu HEYLEL (Astre du Matin), un écrit concernant Nabuchodonosor, roi Babylonien, contemporain d’Isaïe, et qui venait de détruire le Temple de Salomon et réduire Israël en esclavage, a subitement, au Moyen-âge, concerné l’ange préféré de Dieu, lequel après une soi-disant rébellion envers son Créateur, aurait été précipité aux Enfers.

Malheureusement dans l’Ancien Testament, il n’est nullement question de déchéance angélique et encore moins d’un ange appelé LUCIFER, puisque ce terme est latin et donc nullement employé dans des écrits Esséniens ou Hébraïques de l’époque.

En fait LUCIFER, le « porteur de lumière », était, chez les Romains, le fils de Jupiter et de la Déesse Aurore, chargé d’atteler et de dételer les chevaux du char conduit par Apollon. Déjà, à l’époque, il personnifiait la Connaissance à travers une figure qui mêlait les attributs d’Hermès et d’Apollon.
Par ailleurs son nom a longtemps évoquait Vénus, l’étoile qui, le matin, éclairait l’Orient et qui le soir, en se couchant, prenait le nom de VESPER.

De nombreux Dieux ont été surnommés LUCIFER par les romains, entre autres, Osiris Apollon, Ishtar, Mithra et même Prométhée. A Rome, Diane chasseresse portait le nom de LUCIFERA. Chez les Gaulois, le dieu LUG représentait la Lumière et l’Intelligence.

Le Christ, lui-même, se donne le nom de l’étoile du matin et désigne l’esprit saint sous le nom d’HEYLEL (Apocalypse II 8 ; XXII,16)

Alors j’ai peine à croire, que LUCIFER soit brutalement assimilé à SATAN ou Belzébuth, et ce, au milieu du Moyen âge par le fait de Saint Jérome, lequel faisait en fait référence à un évêque de Sardaigne qui s’appelait Lucifer de Cagliari et qui provoqua le schisme entre l’église catholique et l’église Orthodoxe.

Alors LUCIFER, ANGE ou DEMON ?

Reprenons ce qu’enseigne le Christianisme.
LUCIFER est le nom attribué au plus grand de tous les anges, le préféré de Dieu, mais ce dernier selon le mythe de la chute des anges rebelles, fut poussé par son orgueil à se rebeller contre Dieu. Premier problème, le fait de se rebeller, relève de la possession du libre arbitre, capacité que les anges n’ont pas.
Donc si cette rébellion a lieu, c’est qu’elle est librement consentie par Dieu, mais dans quel but ? Vraisemblablement selon un schéma pré organisé et bien mis en place par Dieu lui-même, préparant la venue et le devenir de sa création suprême, faite à son image : l’Homme. Cette rébellion, se retrouve dans tous les grands récits des civilisations, avec la lutte des Titans et des Dieux.

Bref, Dieu créa la Terre et le ciel, les Ténèbres firent place à la lumière, puis au 6éme jour, il créa l’Homme à son image. Adam puis Eve apparaissent, ainsi que l’interdit formel de manger les fruits de l’arbre qui est au milieu du jardin. Le Serpent (assimilé à Lucifer) apparaît à Eve, la tente de manger le fruit interdit en lui disant :
« Aussitôt que vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts et vous serez comme des Dieux, connaissant le Bien et le Mal ».
L’irréparable est fait, Adam et Eve sont chassés, procréent, donnent naissance à Caïn, Abel (le préféré de Dieu) et à Seth. Caïn va assassiner Abel et par ce fait se débarrasse définitivement du Divin donc du spirituel qui est en lui, pour opter délibérément pour la Matière, étonnamment avec le soutien de DIEU qui le marque sur le front du signe de sa protection.

Par ce biais il sera le premier bâtisseur de villes, fera évoluer ses connaissances et aura dans sa descendance, un certain TUBALCAÏN maître des Forges et des Sciences de la Nature ainsi que plus tardivement HIRAM, maître d’œuvre du Temple de Salomon.

Voici, rapidement résumé, ce que raconte l’Ancien Testament. Problème : Dieu, étant Omnipotent et Omniscient, ne pouvait que prévoir cette évolution de l’Homme, car en lui proposant l’accès à la Connaissance, il ne faisait que lui offrir la Liberté ainsi que le libre arbitre. Un peu comme Prométhée le fera en volant le feu du Ciel et en l’offrant aux Hommes.

Ce faisant, il a permis le passage de l’Homme du statut de créature dépendante et inconsciente à celui d’individu libre d’agir avec tous les risques que cela comporte, une volonté d’oser se confronter à la Nature et à ses Lois et donc à Dieu lui-même.

Mais pourquoi se sert-il du Serpent »LUCIFER » pour rompre les chaînes de cet esclavage ?

Le choix du Serpent ramène à la symbolique de la peau et de cette mue qu’il subit et qu’il quitte afin de devenir éveillé, il est de plus dans toutes les cultures, le symbole de la Connaissance Divine.

Dans ce contexte, Dieu a prévu que l’Homme est appelé à jouir de la Connaissance, à l’acquérir et à accéder à la toute puissance sur la création que lui confère la Connaissance (ce qu’il n’a pas oublié de faire depuis).

Mais le résultat du passage de l’interdit et de la prise de Liberté de l’Homme, a pour conséquence la MORT. Cette mort qui est le début du cycle de transmutation de la création de l’Homme et de Dieu lui-même, impossible sous tutelle et sans liberté.

Cette mort acquise par transgression, devient un élément de la mise en marche du cycle cosmique, VIE-MORT, et donc de la possibilité de changement.

L’Homme doit passer d’un état passif, jouir de la Connaissance, à un état actif, Connaître, en passant par la prise de possession de la Connaissance. Le but à atteindre est la divinité de l’Homme, qui ayant cueilli les fruits de la Connaissance, doit en transmuter la substance afin de s’en approprier les principes avant que d’accéder à l’Immortalité que lui confèrera l’état de Connaissant.

En fait, le Serpent « LUCIFER » l’Homme et la Femme, participent à l’Unité en nous ramenant à l’UN. L’acte de rébellion consenti par Dieu, permet à l’Homme une amélioration sous forme de réintégration de sa propre divinité.

Les égrégores Dieu et Lucifer, sont les inconscients de l’Homme. La Connaissance a offert la liberté de choisir entre le Bien et le Mal et donc d’évoluer sur l’arbre de Vie.

LUCIFER libère l’homme de la tutelle de Dieu parce que Dieu l’a voulu. Il est un Dionysos judéo chrétien, génie de l’incarnation humaine, de l’individualité libre, expression visible de la vérité.

Il est l’autre Verbe de Dieu, Archange déchu qui remonte et entraîne avec lui toute l’évolution humaine. Dans sa chute il aurait perdu une émeraude fixée à son front et dans laquelle aurait été taillé un vase qui ne serait autre que le GRAAL lequel aurait servi à récupérer « le sang du Christ » dont le symbole représente la Connaissance suprême qui procure l’illumination spirituelle, la montée des Ténèbres de la foi vers la Lumière de la GNOSE.

Le terme est lâché : GNOSE

Cette Connaissance mystique des anciens Initiés (Isis, Eleusis, Dionysos, Pythagore) qui évoque la conception de la présence, en l’Homme, d’une étincelle divine dans le Monde soumis au destin, à la naissance et à la mort, et qui doit être réveillée par la contrepartie du Soi pour être finalement réintégrée dans le Tout Universel.

L’Homme se doit d’évoluer selon un schéma sur lequel se base quasiment l’intégralité des Ordres Initiatiques :
Niveau de la Matière : les Hyliques , esclaves prisonniers de la grotte de Platon, retenus par les chaînes de l’ignorance, incapables d’aller au delà de l’apparence et dont la pensée reste au niveau du geste et du rite confondant le mot et l’esprit.

Niveau de l’Esprit : les Psychiques, qui ont fait évoluer leur intellect et leur affectif, mais leurs mots n’aboutissent pas à l’idée claire et juste car l’intolérance, les passions et la peur, les aveuglent.

Niveau de l’Ame ou du Spirituel : les Pneumatiques qui sont les mystiques éclairés et initiés, ayant abandonné les préjugés, les fausses certitudes et valeurs, libres de la pesanteur de la matière. Ils sont capables de retrouver le sens perdu de la Parole et ont accès à la Gnose en s’élevant au niveau du spirituel.

Cette Gnose permet d’opérer la métamorphose de l’Homme et sa mutation interne.

Lorsque le profane se trouve dans le cabinet de réflexion, il lit ce mot : VITRIOL mais il ne sait pas encore qu’en inversant deux de ces lettres, le I et le R, il pourra écrire plus tard « L’OR I VIT « L’or, ce métal pur et précieux , qui pour les Alchimistes représente bien plus que cela, il est cette étincelle de Divinité que l’homme doit rechercher par la transmutation de ce métal vil et impur, le Mercure qui n’est autre que le symbole alchimique de LUCIFER.

Il s’avère que l’Alchimie assimile LUCIFER à l’œuvre au noir, la Putréfaction, sous une forme non démoniaque mais rédemptrice. Il représente la Pierre Brute, matière initiale de l’œuvre, qui sous son aspect vil et repoussant, n’en demeure pas moins le pilier de toute l’œuvre, car recelant en son sein, la lumière à suivre, l’étoile que suivirent les mages pour parvenir à l’Enfant philosophal.

LUCIFER représente des forces immenses qui travaillent en nous obscurément, à la réalisation du parangon humain. Les deux natures chez l’Homme sont Mortelle, être de chair, et Originelle Immortelle, être de lumière.

Deux voies différentes s’ouvrent à la prise de conscience :
L’Involution (VITRIOL) qui est la matérialisation progressive de l’esprit
L’Evolution qui est la réapparition de l’Esprit émergeant au sein de la Matière qu’il a fécondée, animée, évertuée.

Comme l’Alchimiste, l’Homme peut engager la transformation, la transmutation de sa propre nature existentielle.

« Lumière et vie, voilà ce qu’est le Dieu et Père de qui est né l’Homme. Si donc tu apprends à te connaître comme étant fait de vie et de lumière et que ce sont là les éléments qui te constituent, tu retourneras à la Vie. » (Hermès Trismégiste)

La poursuite du grand Œuvre est le symbole du chemin nécessaire à la réalisation de la transfiguration de l’âme, prélude à la résurrection de la figure divine originelle : l’Homme véritable, l’Adam Kadmon.

Créé par Dieu, l’ange devenu Homme par la chair doit de son vivant et dans ses actes opérer une mue pour ressusciter en toute conscience et librement sa grandeur angélique.

LUCIFER : PASSAGE OBLIGE VERS LA CONNAISSANCE

La quête Luciférienne est la quête du Graal, nous sommes tous des enfants de LUCIFER, ceux qui font des efforts vers la Connaissance et la Sagesse. En loge, nous venons chercher la lumière que nous dispense « notre Lucifer », notre très Vénérable Maître car c’est par lui que se transmet la Lumière qui ouvre nos travaux, qui nous fait passer des Ténèbres à la Lumière, du monde profane au Macrocosme, de Lucifer au GADLU.

Dieu et LUCIFER, lumière et obscurité sont les deux facettes de cette réalité suprême qui n’est qu’un.

LUCIFER est la réflexion de Dieu à l’intérieur de nous même, l’ombre de notre Etre Divin en nous même. L’influx Luciférien est une force sans laquelle la Terre n’aurait pu poursuivre son évolution.

La chute du grain de blé et son implantation en cette Terre, lui donnent une particulière chance d’éclosion : celle de devenir Dieu.

Celui qui veut monter doit d’abord descendre, la chute hors du Monde de Lumière, l’exil et le combat dans le Monde de l’Aveuglement et de l’Ignorance, permet la triomphale rédemption finale.

LUCIFER et CHRIST sont complémentaires, ils sont les Ténèbres et la Lumière, le Pentagramme pointe en bas évoquant la Connaissance transcendante qui renvoie à la quête d’immortalité et d’absolu pour LUCIFER et pointe en haut pour CHRIST dont la rédemption lui permet l’accès au Divin.

Mais alors, lorsque le Compagnon voit pour la première fois l’Etoile Flamboyante, celle-ci ne devrait elle pas être pointe vers le bas et ne se redresser que lorsqu’il passe des Ténèbres à la Lumière, qu’il renaît HIRAM ?

Le sceau de Salomon est explicite, un Triangle vers le haut et un Triangle vers le bas ce qui permet à l’Homme Luciférien de se positionner au centre, pas encore pneumatique mais plus du tout Hylique. Un peu comme le positionnement du Maître maçon qui, une fois la transmutation opérée, est passé de l’Equerre au compas mais revient se positionner au centre pour parfaire son évolution spirituelle.

Albert Pike Maître maçon du XIX ème Siècle avait déjà largement compris la nécessité du passage obligé par l’instruction Luciférienne et avait dit à ce propos, je cite : « Pour les F :. M :. Gnostiques, le G.A.D.L.U est Lucifer, »le porteur de Lumière ». La Franc maçonnerie devrait être maintenue dans la pureté de la doctrine luciférienne « (sic).

Mais le Connaissant n’en est pas pour autant un Sage. Le savoir pouvant donner le pouvoir, l’évolution spirituelle de l’Homme se fera en fonction de la bonne ou mauvaise utilisation qu’il en fera. Il se doit de dompter son savoir et de le faire évoluer de la Matière vers l’Esprit, de l’Equerre vers le Compas en faisant que le Compas reste ouvert sur l’Equerre, de LUCIFER vers le DIVIN.

« Il est de la nature de la Lumière de ne pouvoir paraître à nos yeux sans être revêtue de quelque corps et il faut que ce corps soit propre aussi à recevoir la Lumière.

Là où donc est la Lumière, là doit être aussi nécessairement le véhicule de cette lumière. Voila le moyen le plus facile pour ne point errer. Cherche donc la Lumière de ton Esprit, la Lumière qui est enveloppée dans les Ténèbres et apprends de là que le sujet le plus vil de tous les ignorants est le plus noble selon les Sages » (BOUDDHA)

Gnôthi Seauton (Connais toi toi-même)

J’ai dit Très Vénérable Maître.

J\M\ R\

Source : www.ledifice.net

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Le livre d'Enoch (7)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 91

1. Voici ce qui a été écrit par Enoch : Il écrivit ce traité de la sagesse pour tous les hommes appelés à gouverner ou à juger les autres hommes. Il l'écrivit encore pour tous mes enfants qui devront habiter sur la terre dans la suite des âges, et marcher dans les sentiers de la droiture et de la paix.

2. Que votre esprit ne s'afflige point pour ce qui doit vous arriver. Car le Très-Saint et le Très-Haut a marqué à chacun son temps.

3. Que l'homme juste se réveille de son sommeil ; qu'il se lève et marche dans le sentier de la justice, dans les voies de la bonté et de la grâce. La miséricorde s'abaissera sur l'homme juste, et il sera revêtu à jamais de puissance et de sainteté. Il vivra dans le bien et dans la justice, et sa marche s'opérera dans la lumière éternelle ; mais pour le pécheur, il ne marchera que dans les ténèbres.

CHAPITRE 92

1. Enfin Enoch commença à parler d'après un livre.

2. Et il dit : Sur les enfants de la justice, sur les élus du monde, sur la plante de la justice et de la pureté.

3. Sur toutes ces choses je m'en vais vous parler ; je vous les expliquerai toutes, mes enfants, moi qui suis Enoch. Car par les visions que j'ai eues, j'ai acquis une grande connaissance ; et il m. a été donné de lire les tables mêmes du ciel.

4. Alors Enoch commença à parler d'après un livre, et dit : Je suis né le septième jour de la première semaine, tandis que le jugement et la justice attendaient avec patience.

5. Mais après moi, dans la seconde semaine, une grande iniquité s'élèvera, et la fraude pullulera sur la terre.

6. Et il y aura alors une première fin, et un seul homme sera sauvé.

7. Mais dès que la première semaine sera terminée, l'iniquité s'accroîtra, et le Seigneur mettra à exécution le décret porté contre les pécheurs.

8. Ensuite, pendant la troisième semaine, un homme sera choisi pour être la tige d'un peuple fort et juste, et après lui la plante de la justice poussera pour jamais.

9. Ensuite, pendant la période de la quatrième semaine, les saints et justes auront des visions ; l'ordre dans les générations sera établi, et on construira pour elles une demeure ; dans la cinquième semaine s'élèvera pour eux une maison glorieuse et puissante.

10. Puis, pendant la sixième semaine, tous ceux qui s'y trouveront seront enveloppés des ténèbres ; et leurs coeurs oublieront la sagesse, et un homme sera enlevé d'au milieu d'eux.

11. Pendant cette même période, la maison puissante et magnifique sera la proie des flammes, et la race des élus sera dispersée par toute la terre.

12. Ensuite, pendant la septième semaine, il sortira une race perverse, dont les oeuvres nombreuses seront des oeuvres d'iniquité. Alors les justes et les élus seront récompensés, et il leur sera donné une connaissance sept fois plus grande sur toutes les parties de la création.

13. Viendra ensuite une autre semaine, la semaine de la justice, qui possédera le glaive du jugement et de la justice, pour frapper tous les oppresseurs.

14. Alors les pécheurs seront livrés entre les mains des justes, qui, pendant cette semaine, se mériteront une demeure par leur justice, et bâtiront un palais au grand Roi. Après cette semaine viendra la neuvième, pendant laquelle viendra le jugement universel.

15. Les oeuvres de l'impie s'effaceront de dessus la terre. Le monde sera condamné à la destruction, et tous les hommes marcheront dans la voie de la justice.

16. Puis, dans la septième partie de la dixième semaine, sera le jugement éternel, qui sera exercé contre les vigilants, et le ciel tout entier germera au milieu des anges.

17. Le premier ciel sera enlevé et s'évanouira, le deuxième apparaîtra, et toutes les puissances célestes brilleront d'une splendeur sept fois plus grande. Puis viendront beaucoup d'autres semaines, dont le nombre est incalculable, qui se passeront dans la sainteté et la justice.

18. Il n'y aura plus alors de péchés.

19. Qui parmi les enfants des hommes entendrait la voix du Saint et n'en serait pas ému ?

20. Qui pourrait compter ses pensées ? Qui pourrait contempler l'oeuvre de la création du ciel, comprendre ses merveilles ?

21. Il pourrait peut-être voir son âme, mais jamais son esprit. Il ne pourrait en parler sagement, ni s'élever jusqu'à sa hauteur. Qu'il regarde les limites des cieux, et il verra qu'il lui est impossible d'en atteindre l'immensité.

22. Qui des enfants des hommes pourra sonder la longueur et la largeur de la terre ?

23. À qui ont été révélées les dimensions de toutes choses ! Y-a-t-il un seul homme qui puisse, par son intelligence, embrasser le ciel, sonder sa profondeur, descendre jusqu'à ses fondements ?

24. Qui sache le nombre des étoiles, et connaisse le lieu de repos de tous les luminaires ?

CHAPITRE 93

1. Et maintenant, mes enfants, je vous exhorte à aimer la justice, à marcher dans ses sentiers. Car les sentiers de la justice méritent qu'on y entre ; tandis que ceux de l'iniquité s'interrompent tout à coup et se terminent par un abîme.

2. Les voies de l'iniquité et de la mort seront révélées aux hommes illustres ; mais ils s'en tiendront éloignés, et n'y marcheront jamais.

3. C'est à vous que je m'adresse, ô justes ! ne suivez-vous point les sentiers de la malignité et de la persécution. Fuyez les voies de la mort, ne vous en approchez même point, car vous péririez !

4. Choisissez plutôt la justice, et la vie sainte et pure.

5. Marchez dans le chemin de la paix, et vous serez dignes de la vie éternelle. Gardez la mémoire de mes paroles, ne les laissez jamais s'effacer de votre coeur, car je sais que les pécheurs poussent avec violence l'homme à commettre le mal. Mais ils ne réussiront en aucun endroit, et leurs desseins seront sans résultat.

6. Malheur à ceux qui élève l'iniquité et la prévention, et qui soutiennent la fraude, car ils seront renversés et n'obtiendront jamais la paix.

7. Malheur à ceux qui édifient leur demeure dans le péché ; car les fondements de cette demeure seront renversés, et tomberont par le fer. Malheur encore à ceux qui possèdent l'or et l'argent, car ils périront ; malheur donc à vous, riches, car vous mettez votre confiance dans les richesses ; mais vous perdez ces richesses, car vous avez oublié le Très-Haut au jour de votre prospérité.

8. Vous avez commis le blasphème et l'iniquité ; vous êtes destinés au jour du carnage, au jour des ténèbres, au jour du grand jugement.

9. Je vous le dis en vérité, je vous le dis : celui qui vous a créé vous perdra.

10. Il n'aura point de pitié de votre sort ; mais, au contraire, il se réjouira de votre perte.

11. Et les justes qui sont au milieu de vous seront en ces jours la risée des pécheurs et des impies.

CHAPITRE 94

1. Plût à Dieu que mes yeux fussent deux nuages d'eau pour pleurer mes vices et verser des torrents de larmes, et calmer ainsi les angoisses de mon coeur.

2. Qui vous a permis de commettre ainsi l'iniquité et l'impureté ? Malheur à vous, pécheurs, voici le jugement !

3. Les justes ne craindront pas les méchants, car Dieu les soumettra un jour à votre puissance, afin que vous tiriez d'eux une vengeance suivant votre bon plaisir.

4. Malheur à vous qui maudissez, vous périrez à cause de votre pêché ! Malheur à vous qui faites le mal à votre voisin ! parce que vous aurez la récompense qui méritent vos oeuvres.

5. Malheur à vous, témoins de mensonge, qui augmentez l'iniquité, car vous périrez !

6. Malheur à vous ! pécheurs, qui repoussez les justes, qui accueillez et rejetez selon vos caprices ceux qui commettent l'iniquité, car vous serez réduits sous leur joug.

CHAPITRE 95

1. Ayez donc bon espoir, ô justes ! car les pécheurs périront devant vous ; vous deviendrez leur maître et vous les commanderez comme vous voudrez.

2. Au jour du châtiment des pécheurs, votre race sera exaltée et s'élèvera comme celle de l'aigle. Votre nid sera porté à des hauteurs plus sublimes que celui du milan ; vous monterez, vous pénétrerez dans les entrailles de la terre, et dans les cavernes des rochers, pour échapper aux pécheurs.

3. On vous croira perdus, et on gémira et l'on pleurera.

4. Mais ne craignez point ceux qui vous tourmentent ; car vous serez sauvés, et une lumière éclatante vous environnera, et une parole de paix sera entendue du ciel. Malheur à vous pécheurs ! car vos richesses vous feront passer pour des saints ; mais votre conscience vous convaincra que vous n'êtes que des pécheurs. Et cette accusation intérieure sera votre condamnation.

5. Malheur à vous qui vous nourrissez du meilleur froment et buvez les meilleures liqueurs, et qui, dans l'orgueil de votre puissance, écrasez le pauvre !

6. Malheur à vous qui buvez l'eau en tout temps ! car vous aurez bientôt votre récompense ; vous serez consumés, vous serez exterminés, parce que vous ne vous êtes point désaltérés aux sources de la vie.

7. Malheur à vous qui commettez l'iniquité, la fraude et le blasphème ! vous laisserez de vous un mauvais souvenir.

8. Malheur à vous, puissants, qui foulez aux pieds la justice ! car voici venir le jour de votre perte. Alors, pendant que vous souffrirez les châtiments mérités par vos crimes, les justes goûteront des jours nombreux et fortunés.

CHAPITRE 96

1. Les justes ont confiance ; mais les pécheurs seront confondus et périront au jour de l'iniquité.

2. Vous-même, vous en aurez conscience ; car le Très-Haut se souviendra de votre perte, et les anges s'en réjouiront. Que ferez-vous donc, pécheurs, et où fuirez-vous au jour du jugement, quand vous entendrez la voix des prières des justes ?

3. Vous ne leur ressemblez point, car il s'élèvera contre vous une parole terrible : Vous êtes les compagnons des pécheurs.

4. Dans ces jours, les prières des justes s'élèveront vers Dieu ; Mais le jour de votre jugement arrivera, et toutes vos iniquités seront révélées devant le Grand et le Saint.

5. Votre visage se couvrira de honte ; tout ce qui aura la même réalité du crime sera rejeté.

6. Malheur à vous, pécheurs ! que vous soyez au milieu de la mer ou sur l'aride plaine, car un mauvais témoignage est porté contre vous. Malheur à vous qui possédez de l'argent et de l'or, richesses que vous n'avez point acquises par des voies justes ! Vous vous dites : Nous sommes riches, nous vivons dans l'abondance et nous avons acquis tout ce que nous pouvons désirer.

7. Nous ferons donc tout ce qui nous fera plaisir, car nous avons des monceaux d'argent ; nos greniers sont pleins, et les familles de nos colons sont aussi nombreuses que les eaux d'une source abondante.

8. Ces fausses richesses s'écouleront comme de l'eau, et vos trésors s'évanouiront ils vous seront enlevés, parce que vous les avez acquis injustement ; et vous serez accablés de la malédiction divine.

9. Je vous maudis aussi, prudents du siècle, vous, véritables insensés qui, les yeux toujours fixés sur la terre, avez cherché à vous couvrir de robes plus élégantes qu'une jeune fiancée et plus riche que celles des vierges. Vous affectez partout la majesté, la magnificence, le luxe et la fortune ; mais votre or, vos grandeurs et vos richesses s'évanouiront comme une ombre.

10. Car ce n'est pas là qu'est la sagesse. Aussi périront-ils avec leurs richesses, avec leur fausse gloire, avec leurs vains honneurs.

11. Ils périront avec honte et mépris, et leurs âmes seront jetées dans la fournaise ardente.

12. Je vous le jure, ô pécheurs ! ni montagnes, ni collines n'ont été créées pour servir à la parure d'un efféminé.

13. Le pêché ne vient point d'en haut ; mais les hommes ont trouvé le secret de faire le mal ; mais malheur à ceux qui le commettent !

14. La femme n'a point été créée stérile, mais c'est de ses propres mains qu'elle s'est privée d'enfants.

15. Mais j'en jure par le Grand et le Saint : Toutes vos mauvaises oeuvres seront manifestées, et aucun ne pourra se soustraire au grand jour.

16. Ne pensez pas et ne dites pas : Mon crime est caché, mon pêché n'est connu de personne ; car, dans le ciel, on note exactement devant le Très-Haut tout ce qui se fait sur la terre et toutes les pensées des hommes. On sait chaque jour les persécutions dont vous vous rendez coupables.

17. Malheur à vous, insensés, car vous périrez dans votre folie. Vous ne voulez point écouter les sages, vous n'obtiendrez point la récompense des justes.

18. Sachez donc que vous êtes destinés au jour de la justice ; n'espérez pas vivre après avoir été des pécheurs ; vous mourrez, car vous n'avez pas profité du prix de la Rédemption.

19. Oui, vous êtes destinés pour le jour de la colère divine, pour le jour du deuil et de la honte de vos âmes.

20. Malheur à vous dont le coeur est endurci, qui commettez si facilement le crime et vous nourrissez de sang ! Qui vous a donné les biens dont vous jouissez ? N'est-ce point le Très-Haut qui les a répandus sur la terre pour votre usage ? Vous l'avez oublié : aussi point de paix pour vous !

21. Malheur à vous, qui aimez l'iniquité. A quel titre recevriez-vous quelque récompense ? Sachez qui vous serez livrés entre les mains des justes, qui briseront vos têtes, qui n'auront pour vous aucune miséricorde !

22. Malheurà vous, qui triomphez en la persécution des justes, car vous n'aurez point de sépulture.

23. Malheur à vous qui rendez inutile la parole du Seigneur ; car pour vous point d'espérance de la vie.

24. Malheur à vous qui écrivez des paroles trompeuses, des paroles injustes ; car vos mensonges, vos iniquités sont écrites aussi, et aucune ne sera oubliée.

25. Point de paix pour le pêcheur ! La mort, la mort seule pour le pêcheur !

CHAPITRE 97

1. Malheur à ceux qui se conduisent en impies, qui louent et flattent le mensonge. Vous êtes des pervers, et votre vie est une vie abominable.

2. Malheur à vous, qui altérez les paroles de la vérité : ils pêchent contre le décret éternel.

3. Et ils font condamner l'innocent.

4. Dans ces jours, ô justes, vous mériterez que vos prières soient exaucées ; elles monteront et seront déposées devant les anges, comme un témoignage accusateur contre les crimes des pécheurs.

5. Dans ces jours, les peuples seront dans l'épouvante, et les générations effrayées se lèveront au jour du jugement suprême.

6. Dans ces jours, les femmes enceintes mettront au monde et abandonneront le fruit de leurs entrailles. Les enfants tomberont sous les yeux de leurs mères ; et pendant qu'ils suceront leur lait, elles le repousseront et seront sans pitié pour les fruits de leurs amours.

7. Je vous l'annonce encore, ô pécheurs, le châtiment vous attend au jour de la justice, qui n'aura point de fin.

8. Ils adoreront les pierres, les images d'or, d'argent et de bois, les esprits immondes, les démons et toutes les idoles des temples ; mais ils n'en obtiendront aucun secours. Leurs coeurs deviendront stupides à force d'impiété ; et leurs yeux seront aveuglés par la superstition. Dans les songes et les visions, ils seront impies et superstitieux, ils seront menteurs et idolâtres. Aussi périront-ils tous !

9. Mais dans ces jours, bienheureux seront ceux qui auront reçu la parole de sagesse, qui auront cherché et suivi les voies du Très-Haut, qui auront marché dans les sentiers de la justice, et non pas dans les routes de l'impiété.

10. Oui, ils seront sauvés !

11. Mais, malheur à vous qui dévoilez le mal de votre prochain : vous tombez dans l'abîme.

12. Malheur à vous, qui posez les fondements du péché et de la fraude ; qui êtes durs et amers pour vos semblables : vous serez consumés !

13. Malheur à vous, qui élevez à la sueur des autres vos palais ; chacune des pierres qui les composent, chaque partie de ciment qui les assemble est pour vous un péché. Ainsi, je vous le dis, vous n'aurez point de paix.

14. Malheur à vous, qui méprisez la masure et l'héritage de vos pères, et qui rendez un culte impie aux idoles ! Non, point de paix pour vous !

15. Malheur à ceux qui commettent l'iniquité, qui sont des instruments de persécution, qui tuent leur prochain. Car Dieu lui-même flétrira votre gloire, il endurcira vos coeurs, il allumera le feu de sa colère, et vous exterminera tous !

16. Alors les justes et les saints, témoins des effets de sa vengeance, se rappelleront vos crimes et vous maudiront.

CHAPITRE 98

1. En ce jour les pères seront massacrés avec leurs enfants, et les frères avec leurs frères ; le sang coulera comme les flots d'un fleuve.

2. Car l'homme n'arrêtera point son bras prêt à frapper son fils, et les enfants de ses enfants ; il croira agir avec miséricorde, et ne les épargnera pas.

3. Le pécheur ne craindra point d'égorger son frère plus honoré que lui. Le meurtre se continuera sans relâche depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher. Le cheval aura du sang jusqu'à son poitrail et son char jusqu'à l'essieu.

CHAPITRE 99

1. Dans ce temps-là les anges descendront dans les lieux cachés, et tous ceux qui ont aidé aux crimes seront réunis dans le même endroit.

2. Alors le Très-Haut descendra pour exercer sa justice sur tous les pécheurs, et il donnera aux saints anges la garde des justes et des saints, et ils les défendront comme la prunelle de l'oeil, jusqu'à ce que tout mal et toute iniquité aient été réduits au néant.

3. Quand les justes seraient ensevelis dans le plus profond sommeil, ils n'auraient rien à craindre ; les sages entreverront la vérité.

4. Et les enfants de la terre auront l'intelligence de toutes les paroles contenues dans ce livre, persuadés désormais que les richesses ne sauraient les sauver d'un châtiment que leurs crimes auraient mérité.

5. Malheurà vous, pécheurs, qui tourmentez les justes et les faites consumer par le feu, au jour de la grande tribulations, vous recevrez la récompense de vos oeuvres.

6. Malheur à vous, pervers de coeur, qui cherchez à avoir du mal une connaissance complète ; il arrive que la peur vous surprend. Personne ne viendra à votre aide.

7. Malheur à vous, pécheurs, car les paroles de votre bouche et les oeuvres de vos mains ont été mauvaises ; aussi tomberez-vous dans les flammes éternelles.

8. Sachez que les anges dans le ciel rechercheront exactement toutes vos oeuvres ; ils interrogeront le soleil, la lune et les étoiles, sur vos péchés, parce que vous avez osé juger les justes.

9. Tout rendra témoignage contre vous : les nuages, la neige, la rosée et la pluie ; car à cause de vous, toutes ces créatures resteront suspendues pour ne point vous être utiles.

10. Offrez donc des sacrifices à la pluie, pour qu'elle tombe enfin, et priez la rosée qu'elle reçoive de vous de l'or et de l'argent. Mais, efforts impuissants ! la glace, le froid, les vents orageux et tous les frimas fondront sur vous ; et vous n'en pourrez supporter la violence.

CHAPITRE 100

1. Regardez le ciel, enfants des cieux ; contemplez les oeuvres du Très-Haut, et craignez-le, et ne commettez point le mal en sa présence.

2. S'il fermait les fenêtres du ciel, et retenait la pluie et la rosée, laissant ainsi la terre aride et desséchée, que feriez-vous ?

3. Quand il appesantit sa colère sur vous et sur vos oeuvres, vous ne savez point implorer sa clémence ; vous blasphémez contre sa justice, et vos paroles sont pleines de superbe et d'arrogance. Donc point de paix pour vous !

4. Voyez ce navire, comme il flotte au gré des vents, et menacé sans cesse par une catastrophe épouvantable !

5. Aussi le pilote tremble-t-il, parce qu'il emporte avec lui sur l'océan ses richesses ; il tremble d'être submergé et de périr !

6. Or, la mer, ses ondes tumultueuses, ses abîmes profonds, ne sont-ils pas l'ouvrage du Tout-Puissant ? N'est-ce pas lui qui en a posé les limites, et tracé les rivages ?

7. A sa voix l'onde recule épouvantée, et les poissons qui vivent dans son sein, sont frappés de mort. Et vous, pécheurs, qui vivez sur la terre, ne le craignez-vous point ? N'est-il pas le créateur de tout ce qu'elle renferme ?

8. Et qui donc, sinon lui, a donné la science et la sagesse à tous ceux qui vivent sur la terre et à ceux qui sont sur mer ?

9. Or, les nautoniers ne redoutent-ils pas l'océan ? Vous seuls, pécheurs, n'aurez aucune crainte du Très-Haut ?

CHAPITRE 101

1. Dans ces jours, quand vous serez enveloppés par des flammes ardentes, où fuirez-vous, où chercherez-vous un asile ?

2. Et quand sa parole s'élèvera contre vous, ne tremblerez-vous pas, ne serez-vous par épouvantés ?

3. Tous les grands luminaires tressailliront de peur ; la terre frémira d'épouvante et d'effroi.

4. Tous les anges accompliront leur sévère mission, et chercheront à s'effacer devant la majesté suprême ; quant aux fils de la terre, ils seront frappés de stupeur.

5. Mais vous, pécheurs, objets de l'exécration éternelle, il n'y aura point de salut pour vous.

6. Ne craignez point, âmes des justes, mais attendez en paix et sécurité le jour de votre mort, comme un jour de justice. Ne pleurez point de ce que vous âmes descendront avec tristesse et amertume dans la demeure de la mort, et de ce qu'en cette vie vos corps n'ont point reçu la récompense que méritaient vos bonnes oeuvres, mais qu'au contraire, les pécheurs triomphaient aux jours de votre vie ; car voici venir pour eux le jour de l'exécration et des supplices.

7. Quand vous mourrez, les pécheurs diront de vous : Les justes meurent donc comme nous ! Quels fruits ont-ils retirés de leurs oeuvres ? Voici qu'ils quittent la vie de la même manière que nous, dans le trouble et dans l'anxiété. En quoi donc sont-ils mieux traités que nous ? Nous sommes donc égaux ? Qu'auront-ils, que verront-ils de plus que nous ? Voici, ils sont morts, et jamais ils ne reverront la lumière ! Mais moi, je vous le dis, ô pécheurs, vous vous êtes rassasiés de chair et de boisson ; dépouilles de vos frères, rapines, péchés de toutes espèces, rien ne vous a coûté pour acquérir des richesses ; vos jours ont été des jours de joie et de félicité. Mais n'avez-vous pas vu la fin des justes, comme elle est accompagnée de paix et de calme ! C'est qu'ils n'ont point connu l'iniquité jusqu'au jour de leur mort. Ils sont morts, et ils sont comme s'ils n'avaient jamais été, et leurs âmes sont descendues à la demeure de la mort.

CHAPITRE 102

1. Or, je vous le jure, ô justes, par la grandeur de sa splendeur, par son royaume et par sa majesté ; je vous jure que j'ai eu connaissance de ce mystère, qu'il m .a été donné de lire les tables du ciel ; de voir l'écriture des saints, de découvrir ce qui y était inscrit à votre sujet.

2. J'ai vu que le bonheur, la joie et la gloire vous sont préparés, et attendent ceux qui mourront dans la justice et dans la sainteté. Vous recevrez alors la récompense de vos peines, et votre portion de maux que vous avez reçue sur la terre.

3. Oui, les esprits de ceux qui mourront dans la justice vivront et se reposeront à jamais ; ils seront exaltés, et leur mémoire sera éternelle devant le trône du Tout-Puissant. Et ils n'auront plus à craindre aucune honte.

4. Malheur à vous, pécheurs, si vous mourrez dans vos péchés ; et ceux qui vous ressemblent diront de vous : Heureux sont les pécheurs ! Ils ont accompli leurs jours et leur existence, et ils meurent maintenant dans la félicité et l'abondance. Ils n'ont connu pendant leur vie ni les chagrins, ni les angoisses ; ils meurent pleins d'honneur, et ils n'ont été soumis à aucun jugement.

5. Mais ne leur a-t-il pas été prouvé que leurs âmes seront forcées de descendre dans les domaines de la mort, où les attendent des maux et des tourments de toutes espèces ? Oui, leurs esprits tomberont dans les ténèbres, dans les pièges, dans ces flammes qui ne s'éteindront jamais ; et la sentence de leur jugement sera éternelle.

6. Malheur à vous, car vous n'aurez plus de paix ; et c'est en vain que devant les justes et les saints vous chercherez à vous excuser, en disant : Nous avons connu, nous aussi, les jours de l'affliction, nous avons supporté une foule de maux.

7. Nos esprits ont été consommés, réduits, amoindris.

8. Nous étions perdus, et personne ne nous portait secours, et personne ne nous encourageait, pas même de la voix ; mais on nous a laissés accablés par le malheur, et c'en était fait de nous.

9. Nous n'espérions plus jouir de la vie.

10. Et cependant nous avons pensé être un jour au premier rang.

11. Et nous voici au dernier ! Nous sommes devenus la proie des pécheurs et des impies ; ils ont fait peser leur joug sur nous.

12. Et ceux qui nous abhorraient et nous opprimaient, étaient puissants contre nous, et nous baissions la tête devant ceux qui nous haïssent, et ils ont été sans pitié pour nous.

13. Nous voulions les fuir, pour jouir de la paix ; mais nous n'avons trouvé aucun lieu qui pût nous servir de refuge contre leur persécution. Nous avons été porter plainte auprès des princes, et nous avons élevé la voix contre ceux qui nous dévoraient ; mais nos cris ont été inutiles, et ils n'ont pas voulu écouter notre voix.

14. Au contraire on protège ceux qui nous dépouillent et nous dévorent, ceux qui nous affaiblissent et cachent leur oppression, qui nous énervent et nous massacrent et cachent notre meurtre et ne se souviennent pas qu'ils ont levé leurs mains contre nous.

CHAPITRE 103

1. Quant à vous, ô justes, je vous jure que dans le ciel les anges rappellent devant le trône du Tout-Puissant votre justice, et vos noms sont écrits devant le Très-Haut.

2. Ayez donc bon espoir ; car si vous avez été en butte aux maux et aux afflictions de cette vie, vous brillerez dans le ciel comme des astres, et les célestes barrières s'abaisseront devant vous. Vos cris demandent justice, et vous serez vengés de tous les maux que vous avez soufferts depuis le commencement, et de tous ceux qui vous ont persécutés, ou qui ont été les ministres de vos persécuteurs.

3. Attendez donc, et ne vous laissez point abattre ; car vous jouirez d'une joie égale à la joie même des anges ; et au jour du jugement vous n'aurez aucune condamnation à craindre.

4. Ne vous découragez donc pas, ô justes, quand vous voyez les pécheurs heureux et florissants dans leurs voies !

5. Ne devenez point leurs complices ; mais tenez-vous loin de leur foule persécutrice ; vous êtes associés aux troupes célestes. Pour vous, pécheurs, qui dites : Toutes nos transgressions seront oubliées ; sachez au contraire que tous vos crimes sont soigneusement inscrits dans le livre du ciel.

6. De sorte, je vous le dis encore, que la lumière et les ténèbres, le jour et la nuit, seront des témoins contre vous et vos fautes. Ne commettez donc plus l'impiété, ni le mensonge ; ne faussez plus la vérité, ne vous élevez plus contre la parole du Saint et du Puissant. Ne vous inclinez plus devant de vaines idoles ; car vos péchés, vos impiétés seront jugés comme de très grands crimes.

7. Maintenant, écoutez le mystère qui vous concerne : Beaucoup de pécheurs corrompront et fausseront la parole de la vérité.

8. Ils prononceront de mauvaises paroles, commettront le mensonge, composeront des livres dans lesquels ils déposeront les pensées de leur vanité. Mais s'ils y déposaient mes paroles,

9. Ils ne les changeront, ni ne les altéreront point ; mais ils écriront avec exactitude tout ce que j'ai dit sur eux depuis le commencement.

10. Je vais vous révéler encore un autre mystère : Des livres de joie seront donnés aux justes et aux sages ; et ils croiront en ces livres qui contiendront les règles de la sagesse.

11. Et ils s'en réjouiront et tous les justes seront récompensés parce qu'ils ont appris à connaître toutes les voies de l'équité.

CHAPITRE 104

1. Dans ce temps-là le Seigneur leur ordonnera de rassembler les enfants de la terre, afin qu'ils prêtent l'oreille aux paroles de sa sagesse ; il leur dira : Montrez-leur cette sagesse, car c'est vous qui êtes leurs chefs et leurs maîtres ;

2. Montrez-leur la récompense qui doit échoir à tous ceux qui en suivront les préceptes ; car Moi et mon Fils, nous ferons société éternelle avec eux, dans les voies de la justice. Paix à vous, enfants de justice, joie et félicité.

CHAPITRE 105

1. Après quelque temps, Mathusala, mon fils, donna une femme à son fils Lamech.

2. Celle-ci, devenue enceinte, mis au monde un enfant dont la chair était blanche comme la neige, et rouge comme une rose ; dont les cheveux étaient blancs et longs comme de la laine, et les yeux de toute beauté. A peine les eut-il ouverts, qu'il inonda de lumière toute la maison. Comme de l'éclat même du soleil.

3. Et à peine fut-il reçu des mains de la sage-femme, qu'il ouvrit la bouche en racontant les merveilles du Seigneur. Alors Lamech, son père, plein d'étonnement, alla trouver Mathusala, et lui annonça qu'il avait un fils qui ne ressemblait point aux autres enfants. Ce n'est point un homme, dit-il, c'est un ange du ciel ; à coup sûr, il n'est point de notre espèce.

4. Ses yeux sont brillants comme les rayons du soleil, sa figure est illuminée ; il ne parait pas être de moi, mais d'un ange.

5. Je crains bien que ce prodige soit le présage de quelque événement sur la terre.

6. Et maintenant, ô mon père, je te supplie d'aller trouver Enoch, mon aïeul, et de lui en demander d'explication, car il fait sa demeure avec les anges.

7. Après avoir ouï les paroles de son fils, Mathusala vint me trouver aux extrémités de la terre, car il savait que j'y étais, et il m'appela.

8. A sa voix, j'accourus à lui, et je lui dis : Me voici, mon fils ; pourquoi es-tu venu me trouver ?

9. Et il me répondit : Un grand événement m'amène auprès de toi ; une merveille difficile à comprendre, dont je viens te demander l'explication.

10. Ecoute donc, ô mon père, et sache que mon fils Lamech vient d'avoir un fils qui ne lui ressemble nullement, et qui ne paraît pas appartenir à la race des hommes. Il est plus blanc que la neige, plus rouge que la rose ; ses cheveux sont plus blancs que la laine, et ses yeux jettent des rayons comme le soleil ; quand il les ouvre, il remplit la maison de lumière.

11. Et aussitôt après qu'il est sorti des mains de la sage-femme, il a ouvert la bouche et béni le Seigneur.

12. Son père Lamech, effrayé de cette merveille, est accouru vers moi, ne croyant pas que cet enfant était de lui, mais qu'il était né d'un ange du ciel ; et voici, je suis venu à toi afin que tu me découvres la vérité de ce mystère.

13. Alors, moi, Enoch, je lui répondis : Le Seigneur est sur le point de faire une nouvelle oeuvre sur la terre. Je l'ai vu dans une vision. Je t'ai parlé du temps de mon père Jared, de ceux qui, nés du ciel, avaient cependant transgressé la parole du Seigneur. Voici : Ils commettent l'iniquité, et ils ont transgressé les ordonnances, et habitaient avec les femmes des hommes, et engendraient avec elles une postérité infâme.

14. Pour ce crime, une grande catastrophe surviendra sur terre ; un déluge l'inondera et la dévastera pendant une année.

15. Cet enfant qui vous est né survivra seul à ce grand cataclysme avec ses trois fils. Quand tout le genre humain sera détruit, lui seul sera sauvé.

16. Et ses descendants enfanteront sur la terre des géants, non pas nés de l'esprit, mais de la chair. La terre sera donc châtiée, et toute corruption sera lavée. C'est pourquoi, apprends à ton fils Lamech, que le fils qui lui est né est véritablement son fils ; qu'il l'appelle du nom de Noah, parce qu'il vous sera survivant. Lui et ses fils ne participeront point à la corruption, et se garderont des péchés qui couvriront la face de la terre. Malheureusement, après le déluge, l'iniquité sera encore plus grande qu'auparavant ; car je sais ce qui doit arriver ; le Seigneur lui-même m'en a révélé tous les mystères, et j'ai pu lire dans les tables du ciel.

17. J. y ai lu que les générations succéderont aux générations jusqu'à ce que se lève la race sainte, jusqu'à ce que le crime et l'iniquité disparaissent de la face de la terre, jusqu'à ce que tous participent à la justice.

18. Et maintenant, ô mon fils, va et annonce à ton fils Lamech,

19. Que l'enfant qui lui est né est véritablement son fils, et qu'il n'y a aucune fraude dans sa naissance.

20. Et quand Mathusala eut entendu les paroles de son père Enoch, qui lui avait révélé tous les mystères, il s'en retourna plein de confiance, et appela l'enfant du nom de Noah, parce qu'il devait être la consolation de la terre après la grande catastrophe.

21. Voici un autre livre qu'Enoch écrivit pour son fils Mathusala, et pour ceux qui doivent venir après lui, et conserver ainsi que lui la parole et la simplicité de leurs moeurs. Vous qui souffrez, attendez avec patience le moment où les pécheurs auront disparu, et la puissance des méchants aura été anéantie ; attendez que le péché se soit évanoui de la terre ; car leur noms seront effacés des saints livres, leur race sera détruite, et leurs esprits seront tourmentés. Ils crieront, ils se lamenteront dans un désert invisible, et brûleront dans un feu qui ne se consumera jamais. Là aussi j'ai aperçu comme une nuée, que mes yeux ne pouvaient pénétrer ; car de sa partie inférieure on ne pouvait distinguer sa partie supérieure. J'y vis aussi la flamme d'un feu ardent, semblable à de brillantes montagnes, agitées par un tourbillon et poussées à droite et à gauche.

22. Et j'interrogeai un des saints anges qui étaient avec moi, et je lui dis : Quelle est cette splendeur ? Ce n'est point le ciel que je vois, c'est évidemment la flamme d'un vaste foyer ; j'entends des cris de douleurs, des cris de désespoir.

23. Et il me répondit : Là, dans ce lieu que tu vois, sont tourmentés les esprits des pécheurs et des blasphémateurs, de ceux qui se sont mal conduits, qui ont perverti ce que Dieu avait dit par la bouche de ses prophètes. Car on conserve dans le ciel la liste de leurs noms et de leurs mauvaises oeuvres ; et les anges en prennent connaissance, et ils savent les châtiments qui leur sont réservés ; ils savent aussi ce qui est réservé à ceux qui ont crucifié leur chair, et qui ont été persécutés par les hommes méchants ; à ceux qui ont aimé leur Dieu, qui n'ont point mis leur affliction dans l'or et dans l'argent, qui, loin de livrer leur corps aux voluptés de ce monde, ont tourmenté leurs corps par des supplices volontaires.

24. A ceux qui, depuis le jour de leur naissance, n'ont point ambitionné les richesses terrestres, mais se sont regardés comme un esprit voyageur sur la terre.

25. Telle a été leur conduite, et cependant Dieu les a bien éprouvés ! mais leurs esprits ont toujours été trouvés purs et innocents, et prêts à bénir le Seigneur ; j'ai consigné dans mes livres toutes les récompenses qu'ils auront méritées, pour avoir aimé les choses célestes plus qu'eux-mêmes. Voici ce que Dieu dit : Quand ils étaient persécutés par les méchants, couverts d'opprobres et d'injures, ils ne cessaient de me louer. Maintenant j'élèverai leurs esprits jusqu'au séjour de la lumière ; je transformerai ceux qui sont nés dans les ténèbres, et qui n'ont point rapporté à eux la gloire que leur foi leur avait méritée.

26. Je conduirai dans le séjour des splendeurs ceux qui aiment mon nom, je les ferai asseoir sur des trônes de gloire, je les ferai tressaillir d'une joie éternelle ; car le jugement de Dieu est rempli d'équité.

27. Il donnera à ces fidèles une demeure fortunée ; quant à ceux qui sont nés dans les ténèbres, ils se verront précipités dans les ténèbres, pendant que les justes jouiront d'un bonheur sans mesure. Les pécheurs en les voyant pousseront des cris de désespoir, tandis que les justes vivront dans la splendeur et la gloire, et n'éprouveront à jamais la vérité des promesses d'un Dieu qu'ils ont aimé.

 

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Le livre d'Enoch (6)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 88

1. Alors un des quatre hommes s'approcha des autres taureaux, et leur enseigna des mystères tels, qu'ils en tremblaient. Et un homme naquit, et il bâtit un grand navire. Il habitait dans ce navire, et avec lui trois taureaux et une couverture se fit au-dessus d'eux.

2. Je levai de nouveau mes regards au ciel, et j'aperçus une grande voûte ; et il y avait au-dessus sept cataractes qui versaient des torrents de pluie dans un village.

3. Je regardai encore, et voici que les fontaines de la terre se répandaient sur la terre dans ce village.

4. Et l'eau commença à tourbillonner et à monter sur la terre, en sorte que je ne pouvais plus apercevoir ce village, parce qu'il était tout couvert d'eau.

5. Il y avait en effet beaucoup d'eau, de ténèbres et de nuages ; et voici que la hauteur de l'eau surpassait la hauteur de tous les villages.

6. L'eau les couvrait en entier, et enveloppait la terre.

7. Et tous les taureaux qui y étaient réunis furent submergés et périrent dans les eaux.

8. Mais le navire flottait sur la surface de ces mêmes eaux. Cependant tous les taureaux, les éléphants, les chameaux et les ânes, et les troupeaux périssaient dans cette immense inondation ; ils disparaissaient engloutis, et je ne pouvais plus les voir dans l'abîme d'où ils ne pouvaient plus se retirer.

9. Je regardai encore, et voici les cataractes qui cessèrent de tomber d'en haut, et les fontaines de la terre de couler, et les abîmes s'entrouvrirent.

10. Et les eaux s'y précipitèrent, et la terre apparut.

11. Et le navire s'arrêta sur la terre, les ténèbres se dissipèrent et la lumière apparut.

12. Alors, le boeuf blanc, qui avait été fait homme, sortit de l'arche, et avec lui trois taureaux.

13. Et un des trois taureaux était blanc, et semblable à ce boeuf ; un autre était rouge comme du sang, et le troisième était noir ; et le taureau blanc se retira des autres.

14. Et les bêtes des champs, et les oiseaux commencèrent de se multiplier.

15. Et les différentes espèces de ces animaux se rassemblèrent, les lions, les tigres, les loups, les chiens, les sangliers, les renards, les chameaux et les porcs.

16. Les sirets, les milans, les vautours, les congas et les corbeaux.

17. Et parmi eux naquit un boeuf blanc.

18. Et ils commencèrent à se mordre les uns les autres ; et le boeuf blanc, qui était né parmi eux, engendra un onagre et un boeuf blanc, et ensuite plusieurs onagres. Et le boeuf blanc qui fut aussi engendré par lui, engendra à son tour un sanglier noir et une brebis blanche.

19. Le sanglier engendra beaucoup d'autres sangliers.

20. Et la brebis engendra douze autres brebis.

21. Quand ces douze brebis furent grandes, elles en vendirent une d'entre elles à des ânes.

22. Et les ânes vendirent la brebis à des loups.

23. Et elle grandissait parmi eux.

24. Alors le Seigneur amena les autres brebis pour habiter avec la première et paître avec elle au milieu des loups.

25. Et elles se multiplièrent, et leurs pâturages étaient en abondance.

26. Mais les loups commencèrent à les épouvanter et à les persécuter, et ils exterminaient leurs petits.

27. Et ils les placèrent dans les profondeur d'un grand fleuve.

28. Alors les brebis commencèrent à se lamenter à cause de la perte de leurs petits, et à se tourner vers leur Seigneur ; une d'elles cependant parvint à s'échapper et se retira parmi les onagres.

29. Et je vis les brebis gémissant, priant et implorant le Seigneur.

30. De toutes leurs forces, jusqu'à ce que le Seigneur descendît à leurs cris du haut de son séjour céleste et daignât les visiter.

31. Et il appela la brebis, qui avait échappé à la dent des loups, et lui enjoignit d'aller trouver ces loups meurtriers, et de les avertir de ne plus offenser les brebis.

32. Alors la brebis alla trouver les loups, forte de la parole du Seigneur, et une autre brebis vint au-devant de la première et marcha avec elle.

33. Et toutes deux étant entrées dans la demeure des loups leur défendirent de persécuter encore les brebis.

34. Ensuite je vis les loups opprimant de plus en plus le troupeau de brebis. Et les brebis crièrent encore vers le Seigneur, et le Seigneur descendit au milieu d'elles.

35. Et il commença à exterminer les loups, qui hurlaient ; mais les brebis gardaient le silence et ne poussaient plus de cris.

36. Et voici que je vis qu'elles émigrèrent du pays des loups. Les yeux de ces loups étaient aveuglés, et ils sortirent et ils poursuivirent les brebis de toutes leurs forces. Mais le Seigneur des brebis marchait avec elles et les conduisait.

37. Et toutes les brebis le suivaient.

38. Son visage était terrible ; son aspect brillant et magnifique. Cependant les loups commencèrent à poursuivre les brebis, jusqu'à ce qu'ils les eurent atteintes au bord d'une grande mer.

39. Alors la mer fut divisée, et les eaux se tinrent de chaque côté, comme un mur.

40. Et le Seigneur des brebis, qui les conduisait, se plaça entre elles et les loups.

41. Cependant les loups n'apercevaient point les brebis, mais ils les poursuivaient jusqu'au milieu de la mer, et alors les eaux se refermèrent derrière eux.

42. Mais dès qu'ils virent le Seigneur, ils se retournèrent pour fuir de devant sa face.

43. Mais alors les eaux se réunirent d'après les lois naturelles ; et elles engloutirent les loups. Et je vis tous ceux qui avaient poursuivi les brebis, submergés dans les flots.

44. Mais pour les brebis, elles passèrent la mer, et s'avancèrent dans ce désert qui n'avait ni arbre, ni eau, ni verdure. Et elles commencèrent à ouvrir les yeux et à voir.

45. Et je vis le Seigneur de ces brebis vivre avec elles, et leur fournir les eaux nécessaires,

46. Avec la brebis qui conduisait les autres.

47. Et cette brebis monta sur le sommet d'un rocher élevé, et le Seigneur des brebis l'envoya vers les autres.

48. Et je vis le Seigneur de ces brebis au milieu d'elles, et son visage était sévère et terrible.

49. Et dès qu'elles l'eurent aperçu, les brebis furent épouvantées.

50. Et toutes tremblantes elles envoyèrent la brebis qui les conduisait, et celle qui était avec elle et elles lui disait : Nous ne pouvons ni rester devant le Seigneur, ni le regarder en face.

51. Alors la brebis, qui les conduisait, remonta de nouveau sur le sommet de la montagne.

52. Et les autres brebis commencèrent à être aveuglées, et à s'égarer dans la voie que leur avait montrée la brebis. Mais celle-ci n'en savait rien.

53. Et le Seigneur était courroucé contre elles ; et quand la brebis apprit ce qui se passait au pied de la montagne,

54. Elles en descendit à la hâte, et s'étant approchée d'elles, elle en trouva beaucoup,

55. Qui étaient aveuglées,

56. Et qui avaient quitté leur voie. Et quand les autres brebis l'aperçurent, elle craignaient et tremblaient en sa présence.

57. Et elles désiraient revenir à leur étable.

58. Alors cette brebis, conduisant les autres brebis avec elle, s'approcha de celles qui s'étaient égarées,

59. Et elle commença à les frapper ; et elles étaient épouvantées en sa présence. Alors elle ramena au bercail celles qui s'étaient égarées.

60. Je vis aussi dans une vision, que cette brebis se faisait homme, et il bâtit au Seigneur une bergerie, et il les y établit.

61. Je vis encore tomber une brebis qui était venue au-devant de celle qui était le conducteur des autres. Je vis enfin périr un grand nombre d'autres brebis, leurs petits grandir à leur place, entrer dans un pâturage nouveau et venir au bord d'un fleuve.

62. Et la brebis qui les avait conduites et qui était devenue homme, se sépara d'elles et mourut.

63. Et toutes les brebis la cherchaient, et l'appelaient avec des cris lamentables.

64. Et je vis aussi qu'elles cessèrent de la pleurer, et qu'elles franchirent les eaux d'un fleuve.

65. Là s'élevèrent d'autres brebis, pour remplacer celles qui étaient mortes, et qui les avaient conduites auparavant.

66. Enfin je les vis entrer dans ce lieu fortuné, dans une terre de bénédiction et de joie.

67. Elles s'y rassasiaient ; et leurs bergeries étaient élevées sur cette terre bienheureuse, et leurs yeux étaient tantôt ouverts, tantôt aveuglés, jusqu'à ce qu'une brebis se levât au milieu d'elles, et les conduisît de telle sorte qu'elle les ramena toutes et leur ouvrit les yeux.

68. Mais les chiens, les renards et les sangliers commencèrent à les dévorer, jusqu'à ce qu'une autre brebis devint la ruine du troupeau, et le bélier qui les conduisit. Ce bélier commença en effet à frapper de ses cornes les chiens, les renards et les sangliers, et à les exterminer tous.

69. Mais la première brebis en ouvrant les yeux vit la gloire du bélier pâlir et s'éteindre.

70. Car il commença à frapper aussi les brebis, à les persécuter, et à oublier toute sa dignité.

71. Alors le seigneur envoya cette première brebis à une autre brebis, pour l'élever comme le bélier et le conducteur du troupeau en place de celle qui a terni sa gloire.

72. Elle y alla et lui parla et l'institua bélier ; et les chiens ne cessaient de vexer les brebis.

73. Et le premier bélier persécutait le second.

74. Alors celui-ci se leva, et s'enfuit de devant la face du premier bélier. Et je vis des chiens qui maltraitaient ce premier bélier.

75. Mais le second se leva, et il conduisait les jeunes brebis.

76. Et il engendra beaucoup d'autres brebis, mais enfin il succomba.

77. Et il eut pour successeur un jeune bélier qui devint le chef et le conducteur du troupeau.

78. Et sous lui, les brebis croissaient et se multipliaient.

79. Et tous les chiens, les renards et les sangliers le craignaient et fuyaient de devant lui.

80. Car ce bélier frappait et mettait en déroute toutes les bêtes féroces, en sorte qu'ils leur étaient désormais impossible d'opprimer les brebis ou d'en ravir une seule.

81. Et la bergerie devint grande et magnifique, et on y éleva une haute tour au moyen de ces brebis.

82. La bergerie était peu élevée, mais la tour était fort haute.

83. Et le Seigneur des brebis se plaça en cette tour, et voulut qu'on lui dressât une table magnifique.

84. Mais je vis bientôt que les brebis commencèrent à errer de nouveau, à suivre diverses routes et à abandonner leur bergerie.

85. Et le Seigneur en appela quelques-unes et les envoya vers les autres.

86. Mais celles-ci commencèrent à tuer les premières. Une d'elles cependant parvint à éviter le châtiment dont on la menaçait, et prenant la fuite, prêcha contre ceux qui voulaient la tuer.

87. Et le Seigneur des brebis la délivra de leurs mains, la fit monter et asseoir auprès de moi et y rester.

88. Il envoya encore à ces brebis prévaricatrices de ses commandements, d'autres brebis, pour avoir des témoins contre elles.

89. Je vis encore que ces brebis, en abandonnant le Seigneur, et la tour élevée en son honneur, erraient en aveugles en des régions inconnues.

90. Enfin je vis le Seigneur lui-même se venger, car il en faisait un grand carnage ; mais elles crièrent vers lui ; alors il abandonna son temple et les laissa en la puissance des lions, des tigres, des loups, des renards et de toute espèce de bêtes.

91. Et ces bêtes commencèrent à les déchirer.

92. Je vis aussi que le Seigneur, qu'elles avaient abandonné, les livrait à des lions féroces et cruels, et à toute espèce de bêtes.

93. Alors je criai de toutes mes forces, et j'implorai le Seigneur pour ces brebis que dévoraient toute espèce de bêtes féroces.

94. Mais il ne répondit point, et il regardait d'un oeil satisfait ces brebis qu'on dévorait, qu'on exterminait. Enfin il appela soixante-dix pasteurs et leur donna le soin de veiller sur le troupeau.

95. Et il leur dit : Que chacun de vous veille sur les brebis, et qu'il fasse ce que je lui commanderai ; je vous en donnerai à chaque un certain nombre à conduire.

96. Et celles que je vous dirai d'exterminer, vous les exterminerez ; et il les leur livra.

97. Alors il en appela un autre et lui dit : Comprends et fais attention à tout ce que les pasteurs feront à ces brebis ; car ils en feront périr beaucoup plus que je ne leur en désignerai.

98. Et toute transgression, tout meurtre que les pasteurs commettront, sera noté ; c'est-à-dire qu'il faudra indiquer celles qu'ils auront tuées par mon ordre, et celles qu'ils auront fait périr de leur propre autorité.

99. Tout meurtre commis par les pasteurs leur est compté. Ne manque donc pas d'écrire combien de brebis ils auront fait périr de leur propre autorité, combien ils en auront livré au supplice, afin que ce compte soit contre eux un témoignage, que je sache tout ce qu'ils auront fait ; s'ils ont exécuté mes ordres, ou s'ils ont négligé de les accomplir.

100. Mais qu'ils ignorent ce que je te commande ; ne leur ouvre point les yeux ; ne leur donne point d'avertissement ; mais compte avec soin tous les meurtres qu'ils commettront, et donnes-en-moi une connaissance exacte. Et je vis comment ces pasteurs gouvernaient le troupeau chacun son temps. Et ils commencèrent à tuer plus de brebis qu'ils n'en devaient faire périr.

101. Et ils abandonnèrent les brebis dans la puissance des lions, en sorte que plusieurs d'entre elles furent dévorées par les lions et par les tigres ; et que les sangliers se jetèrent sur elles, brûlèrent la tour consacrée au Seigneur et détruisirent la bergerie.

102. Et je fus bien chagrin de l'incendie de cette tour, et de la ruine de la bergerie.

103. Car ensuite il me fut impossible de la voir.

104. Quant aux pasteurs et leurs complices, ils livraient eux-mêmes les brebis à toutes les bêtes féroces, pour les faire dévorer. Chacune d'elles leur était livrée à son tour, et en son temps. Or, chacune aussi était inscrite dans un livre ; et toutes celles qui périssaient y étaient soigneusement notées.

105. Cependant chaque pasteur en faisait périr bien plus qu'il ne le devait.

106. Alors je commençai à pleurer et à m'indigner sur le sort misérable de ces brebis.

107. Et je vis dans ma vision comment celui qui écrivait, notait jour après jour les meurtres commis par les pasteurs ; comment il monta, se présenta au Seigneur des brebis et lui donna le livre qui renfermait le compte exact de tout ce que les pasteurs avaient fait, la note de tous ceux qu'ils avaient fait périr.

108. Et de tout le mal qu'ils avaient commis.

109. Et le livre fut lu devant le Seigneur des esprits, qui, étendant la main, le signa et puis le déposa.

110. Ensuite je vis comment les pasteurs avaient l'empire pendant douze heures.

111. Et voici que trois de ces brebis revenues de la captivité, retournèrent et rentrèrent dans le lieu de la bergerie, et commencèrent à relever tout ce qui y avait été détruit.

112. Mais les sangliers les en empêchaient, mais leurs efforts étaient inutiles.

113. Et les brebis continuèrent à édifier, comme auparavant, et relevèrent la tour qu'on nomma la tour haute.

114. Et ils recommencèrent à placer une table devant la tour, mais le pain qu'ils y placèrent était impur et pollué.

115. De plus, toutes les brebis étaient aveuglées ; elles ne pouvaient voir, pas plus que les pasteurs.

116. Les pasteurs les livraient aussi pour les faire périr en grand nombre.

117. Mais le Seigneur des brebis se taisait, et toutes les brebis furent entraînées. Pasteurs et brebis, tout était confondu, et nul ne les défendait des attaques des bêtes sauvages.

118. Alors celui qui écrivait le livre, monta et le remit au Seigneur des brebis. Mais en même temps il le pria pour elles, en portant témoignage contre les pasteurs qui les avaient fait périr. Et après avoir déposé le livre, il s'en alla.

CHAPITRE 89

1. Et je remarquai comment trente-sept pasteurs reprirent soin du troupeau jusqu'à ce que chacun disparût à son tour, comme les premiers. Alors les brebis furent confiées à d'autres pasteurs, qui les gardèrent chacun un certain temps.

2. Puis j'aperçus dans ma vision tous les oiseaux du ciel qui accouraient, les aigles, les milans et les corbeaux. Et les aigles conduisaient tous les autres.

3. Et ils commencèrent à dévorer les brebis, à leur crever les yeux avec leurs becs, et à se nourrir de leur chair.

4. Et les brebis poussaient des cris lamentables, de se sentir ainsi dévorer.

5. Et je criais aussi, et je gémissais dans mon sommeil contre le pasteur chargé de la garde du troupeau.

6. Et je vis les brebis dévorer par les chiens, par les aigles et les vautours. Leur chair, leur peau, leurs muscles, tout était consommé ; il ne leur restait que les os, qui tombaient à terre. Et le nombre des brebis diminuait considérablement.

7. Et je vis ensuite vingt-trois pasteurs placés à la tête du troupeau, et dont les temps respectifs accumulés forment cinquante-huit âges.

8. Alors les agneaux furent mis au monde par les brebis blanches, et ils commencèrent à ouvrir les yeux et à voir, et à appeler leurs mères.

9. Mais les brebis ne les regardaient pas, n'écoutaient point leurs plaintes ; mais elles étaient sourdes, aveugles et endurcies.

10. Et j'aperçus dans ma vision les corbeaux qui s'abattaient sur ces agneaux.

11. Qui les saisissaient, et qui dévoraient les brebis après les avoir déchirées.

12. Je vis aussi les cornes de ces agneaux s'accroître, mais les corbeaux cherchaient à les ébranler.

13. Voici enfin qu'une grande corne poussa sur la tête d'une de ces brebis, et les yeux de toutes les autres furent ouverts.

14. Et la première les regardait, et leurs yeux furent ouverts, et elle les appelait.

15. Les boeufs la voyant, se précipitèrent sur elle.

16. Cependant les aigles, les milans, les corbeaux et les vautours continuèrent à persécuter les brebis, volant sur elles et les dévorant. Et les brebis se taisaient, mais les boeufs se lamentaient et poussaient des gémissements.

17. Alors les corbeaux luttèrent avec elle.

18. Cherchant à briser la corne, mais leurs efforts étaient inutiles.

19. Et je regardai jusqu'à ce que vinrent les pasteurs, les aigles, les milans et les vautours,

20. Qui poussaient les corbeaux à briser la corne de ce boeuf, et qui combattaient avec lui. Mais il soutenait leur choc et demandait du secours.

21. Alors je vis venir l'homme qui avait inscrit les noms des pasteurs, et qui était monté en la présence du Seigneur des brebis.

22. Il vint porter du secours au boeuf, et annonça à tous qu'il était venu porter du secours au boeuf.

23. Et voici que le Seigneur des brebis descendit enflammé de colère, et tous ceux qui l'aperçurent s'enfuirent. Les autres se prosternèrent dans son tabernacle, et les aigles, les milans, les corbeaux et les vautours se réunirent et entraînèrent avec eux toutes les brebis des champs.

24. Tous se réunirent et cherchèrent à briser la corne du boeuf.

25. Alors je vis l'homme qui écrivait par l'ordre du Seigneur, prendre le livre de la destruction accomplie par les douze derniers pasteurs, et il prouva qu'ils avaient fait périr plus de monde que ceux qui les avaient précédés.

26. Je vis encore venir à eux le Seigneur des brebis, tenant en sa main le sceptre de sa colère, en frapper la terre, qui s'entrouvrit, et les bêtes et les oiseaux du ciel cessèrent de persécuter les brebis, et tombèrent dans les gouffres béants de la terre, qui se referma sur eux.

27. Je vis aussi donner une grande épée aux brebis, qui poursuivaient à leur tour les bêtes sauvages, et les exterminaient.

28. Mais toutes les bêtes et tous les oiseaux du ciel se retirèrent de devant leur face.

29. Etje vis un trône élevé dans une région fortunée,

30. Sur lequel siégeait le Seigneur des esprits, qui prit tous les livres,

31. Et les ouvrit.

32. Alors le Seigneur appela les sept premiers hommes blancs, et leur ordonna d'amener la première étoile, qui avait précédé toutes les autres, dont les parties sexuelles étaient semblables aux parties sexuelles des chevaux, qui enfin était tombée la première, et tous l'amenaient devant lui.

33. Et il dit à l'homme qui écrivait en sa présence, et qui était un des sept hommes blancs : Prends ces soixante-dix pasteurs, auxquels j'ai confié les brebis, et qui en ont fait périr beaucoup plus que je ne l'avais ordonné. Et voici ; je les vis enchaînés et debout devant lui. Et on commença par juger les étoiles, et elles furent reconnues coupables, et amenées au lieu du jugement ; et on les jeta dans un lieu profond, et rempli de flammes. Ensuite les soixante-dix pasteurs furent jugés et reconnus coupables ; ils furent également précipités dans l'abîme enflammé.

34. Dans le même temps, je vis au milieu de la terre un abîme rempli de feu.

35. C'est là qu'étaient conduites les brebis aveugles, qui avaient été jugées coupables ; toutes, elle étaient précipitées dans ce gouffre de feu.

36. Et ce gouffre se trouvait situé à la droite de cette bergerie.

37. Et je vis les brebis brûler et leurs os consumés par le feu.

38. Et je me tenais debout, considérant comment cette antique bergerie fut détruite ; mais auparavant on en avait enlevé les colonnes, l'ivoire et toutes les richesse qu'elle renfermait, et on les avait amoncelées dans un lieu situé à l'orient.

39. Je vis aussi le Seigneur des brebis élever une maison plus grande et plus haute que la première, et la bâtir dans le même endroit où avait été la première. Toutes ses colonnes étaient neuves, l'ivoire neuf, et en plus grande quantité qu'auparavant.

40. Et le Seigneur des brebis habitait à l'intérieur. Et toutes les bêtes sauvages, tous les oiseaux du ciel s'inclinèrent devant les brebis qui restaient et les adorèrent, leur adressèrent des prières, en leur obéissant en toutes choses.

41. Alors les trois hommes, qui étaient revêtus de blanc, et qui me prenant par la main m'avaient fait monter, m'enlevèrent encore, et me placèrent au milieu des brebis, avant le commencement du jugement.

42. Les brebis étaient toutes blanches, la laine longue et pure de toute tache. Et toutes celles qui avaient péri ou qu'on avait exterminées, toutes les bêtes sauvages, tous les oiseaux du ciel se réunirent dans cette maison, et le Seigneur des brebis tressaillait d'allégresse de voir rentrer les brebis au bercail.

43. Et je vis qu'elles déposaient l'épée qui leur avait été donnée, qu'elles la reportaient dans la bergerie, et la scellaient en présence du Seigneur.

44. Les brebis étaient enfermées dans la maison, qui avait peine à les contenir toutes. Et leurs yeux étaient ouverts, et elles contemplaient le Bon, et il n'en était pas une parmi elles qui ne l'aperçût.

45. Je vis aussi que la maison était grande et large, et pleine de monde. Et voici qu'il naquit un veau blanc, dont les cornes étaient grandes, et toutes les bêtes sauvages, tous les oiseaux du ciel l'adoraient et l'imploraient incessamment.

46. Alors je vis leur nature à tous se transformer, et ils devenaient des veaux blancs.

47. Et le premier d'entre eux fut fait Verbe, et le Verbe devint un grand animal, et il portait sur sa tête de grandes cornes noires.

48. Et le Seigneur des brebis se réjouissait à la vue de tous ces veaux.

49. Et moi qui m'étais prosterné, je fus réveillé, mais je conservais la mémoire de tout ce que j'avais vu. Telle est la vision qui m'apparut pendant mon sommeil. Je célébrai à mon réveil le Seigneur de toute justice, et je lui en rendis toute la gloire.

50. Ensuite je répandis beaucoup de larmes, et elles coulaient sans s'arrêter par le souvenir de ce que j'avais vu. Car toutes ces choses s'accompliront et toutes les actions des heureux se manifesteront en leur temps.

51. Et je pensai la nuit au songe que j'avais eu, et je pleurai amèrement, plein de trouble encore de la vision que j'avais eue.

Cinquième Section. Les Parénèses

CHAPITRE 90

1. Et maintenant, ô mon fils Mathusala ! fais-moi venir tous tes frères, et rassemble devant moi tous les enfants de ta mère. Car la voix intérieure m'anime, l'esprit d'en haut s'empare de moi ; je vais vous révéler ce qui doit vous arriver dans la suite des âges.

2. Alors Mathusala s'en alla, et il rassembla devant Enoch tous ses frères et tous ses parents.

3. Alors Enoch, s'adressant à tous ses enfants :

4. Écoutez, dit-il, mes enfants, écoutez les paroles de votre père, et prêtez oreille à ce que je vais vous dire ; car vous devez être attentifs quand je vous parle. Mes bien-aimés, suivez les sentiers de la justice et ne vous écartez point.

5. N'ayez point le coeur double, et ne faites point amitié avec les hommes trompeurs ; mais marchez dans les sentiers de la justice, suivez la bonne route, et que la vérité soit votre compagne.

6. Car je vous l'annonce : la persécution régnera un jour sur la terre ; mais à la fin, Dieu en fera une grande justice ; quand l'iniquité sera consommée, elle sera extirpée jusque dans sa racine. Cependant elle repousse encore ; mais, vains efforts ! ses oeuvres seront encore anéanties ; toute oppression, toute impiété sera de nouveau punie.

7. C'est pourquoi, lorsque l'iniquité, le péché, le blasphème, la tyrannie, toute espèce de mal, en un mot, se sera accru sur la terre ; quand la désobéissance, l'iniquité et l'impunité auront prévalu, alors viendra du ciel un supplice épouvantable.

8. Le Seigneur de toute sainteté apparaîtra dans sa colère, et il infligera aux coupables un châtiment terrible.

9. Le Seigneur de toute sainteté apparaîtra dans sa colère, et viendra juger la terre.

10. Alors la persécution sera extirpée jusqu'à la racine, et l'iniquité sera exterminée.

11. Tous les points de la terre seront dévorés par le feu, avec leurs habitants. Tous, de quelque côté qu'ils viennent, seront jugés et punis selon leurs oeuvres, et leurs supplices seront éternels.

12. Alors le juste se réveillera de son sommeil, et le seigneur s'élèvera contre les méchants.

13. Alors les racines de l'iniquité seront détruites, les pécheurs périront par le feu, et les blasphémateurs seront exterminés.

14. Ceux qui oppriment leurs frères, comme ceux qui blasphèment, périront par le glaive.

15. Et maintenant, laissez-moi, mes enfants, vous tracer les sentiers de la justice et ceux de l'iniquité.

16. Puis je vous dirai ce qui doit arriver.

17. Écoutez-moi donc, ô mes enfants ! marchez dans la voie de la justice, évitez la voie de l'iniquité : car tous ceux qui suivront cette voie périront à jamais.

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Le livre d'Enoch (5)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 76

1. Le premier vent s'appelle oriental, parce qu'il est le premier. - Ezek 42 : 20 -

2. Le second, se nomme vent du midi, parce que c'est à ce moment que descend l'Éternel, le Béni à jamais.

3. Le vent d'occident, s'appelle encore vent de la diminution parce que c'est de son côté que tous les luminaires célestes s'affaiblissent et descendent.

4. Le quatrième vent, le vent du septentrion, se subdivise en trois parties ; l'une est consacrée à l'habitation des hommes, l'autre est occupée par des lacs, des vallées, des forêts, des rivières, des lieux couverts de ténèbres ou de neige ; la troisième enfin, est le paradis.

5. Je vis sept montagnes plus hautes que toutes les montagnes de la terre, d'où sortent les frimas, les jours, les saisons, et les années y vont et s'y évanouissent.

6. Je vis sept fleuves sur la terre, plus grands que tous les autres fleuves ; l'un coule de l'occident à l'orient, et va se jeter dans la grande mer.

7. Deux autres coulent du nord à la mer, et vont se jeter dans la mer Érythrée, vers l'orient. Quant aux quatre autres, deux coulent du nord vers la mer Érythrée, les deux derniers vont se jeter dans la grande mer, là où se trouve un immense désert.

8. Je vis sept grandes îles sur cette mer, deux proches de la terre, cinq dans la grande mer.

CHAPITRE 77

1. Les noms du soleil sont : Oz-iâres et Tomâs.

2. La lune a quatre noms : le premier est Asonia, le second Ebla ; le troisième Benaces, et le quatrième Erae.

3. Tels sont ces deux grands luminaires, dont les orbites sont comme les orbites du ciel, et dont les dimensions sont égales.

4. Dans l'orbite du soleil, il y a sept parties de lumière, qui sont réfléchies par la lune. Ces sept parties vont frapper la lune jusqu'à la dernière. Ils sortent par la porte de l'occident, après avoir éclairé le septentrion, et reviennent dans le ciel par la porte de l'orient.

5. Lorsque la lune se lève, elle apparaît dans le ciel ; et elle est éclairée par la moitié de la septième partie de la lune.

6. Cette lumière se complète au bout de quatorze jours.

7. Bientôt se complétèrent trois fois cinq parties de lumière, en sorte qu'après quinze jours, elle soit arrivée à sa parfaite croissance.

8. La lune alors réfléchit toute la lumière qu'elle reçoit du soleil.

9. Elle décroît ensuite, et elle suit dans sa décroissance la même marche qu'elle avait mise dans sa croissance.

10. En certains mois, la lune a vingt-neuf jours.

11. Il y a d'autres mois où elle n'a que vingt-huit jours.

12. Uriel me révéla encore une autre loi. C'est la manière dont la lumière émanant du soleil vient se répandre sur la lune.

13. Pendant tout le temps que la lune progresse dans sa lumière, elle s'avance devant le soleil, jusqu'à ce qu'au bout de quatorze jours sa lumière devienne pleine dans le ciel.

14. Mais quand elle décroît, ou que cette lumière est absorbée peu à peu dans le ciel, le premier jour s'appelle nouvelle lune, parce que c'est dans ce jour qu'elle recommence à recevoir la lumière du soleil.

15. Elle se trouve complète, le jour où le soleil descend à l'occident, pendant que la lune monte à l'orient.

16. Alors la lune brille pendant toute la nuit jusqu'à ce que le soleil se lève avant elle ; alors la lune s'évanouit devant le soleil.

17. Quand la lumière s'approche de la lune, elle décroît encore, jusqu'à ce qu'elle soit complètement éclipsée ; alors son temps est terminé.

18. Alors son orbite vide est sans aucun éclat.

19. Pendant trois mois elle accomplit sa période en trente jours, et pendant trois autres mois, elle l'accomplit en vingt-neuf jours.

20. Et pendant trois mois elle a une période de trente jours, et pendant trois mois, une période de vingt-neuf jours.

21. La nuit, elle apparaît pendant vingt jours comme une figure d'homme, et dans le jour, elle se confond avec le ciel.

CHAPITRE 78

1. Et maintenant, mon fils Mathusala, je t'ai tout fait connaître ; et la description du ciel est terminée.

2. Je t'ai fait voir le cours de tous les globes lumineux qui président aux saisons, aux différents temps de l'année, et leurs diverses influences, produisant les mois, les semaines et les jours. Je t'ai également fait voir les décroissements de la lune, qui ont lieu à la sixième porte, car c'est à cette porte que la lune perd sa lumière.

3. C'est par là que commence la lune ; c'est aussi là qu'elle finit à époque certaine, lorsqu'elle a parcouru cent soixante-dix-sept jours, c'est-à-dire vint-cinq semaines et deux jours.

4. Sa période est plus petite que celle du soleil ; elle a cinq jours de moins par semestre.

5. Quand elle se trouve dans son plein, elle présente la face d'un homme. C'est ainsi que me l'a fait connaître Uriel, le grand ange qui la régit.

CHAPITRE 79

1. Dans ces jours-là, Ouriel me dit : Et maintenant, mon fils, je t'ai tout montré, ô Enoch.

2. Je t'ai tout révélé. Tu vois le soleil, la lune et les anges qui dirigent les étoiles du ciel, qui président à leurs mouvements, à leurs phases, à leurs conversions.

3. Les jours des pécheurs ne seront point complets.

4. Leurs semences manqueront dans les champs et dans les campagnes ; les travaux de terre seront bouleversés, rien ne viendra pour eux en son temps. La pluie restera dans les airs, et le ciel sera d'airain.

5. En ce temps-là les produits de la terre seront tardifs ; ils ne fleuriront point en leur temps, et les arbres retiendront leurs fruits.

6. La lune changera son cours, elle n'apparaîtra point en son temps ; le ciel brûlant et sans nuages sera visible, et la stérilité s'étendra sur la face de la terre. Des météores sillonneront le ciel ; car beaucoup d'étoiles, se détournant de leur course accoutumée, erreront dans l'espace.

7. Et les anges qui les régissent ne seront point là pour les faire rentrer dans leur route ; et toutes les étoiles se soulèveront contre les pécheurs.

8. Les habitants de la terre seront confondus dans leurs pensées ; ils pervertiront toutes les voies.

9. Ils transgresseront les commandements du Seigneur et se croiront des dieux ; cependant le mal ne fera que se multiplier au milieu d'eux.

10. Mais le châtiment céleste ne se fera pas attendre : ils périront tous.

CHAPITRE 80

1. Et il me dit : << O Enoch, regarde ce livre qui est descendu des cieux ; lis ce qui y est contenu, et cherche à comprendre tout ce qu'il contient. >>

2. Alors j'aperçus tout ce qui venait du ciel. et je compris tout ce qui était écrit dans le livre. En le lisant, je connus toutes les oeuvres des hommes ;

3. Toutes les oeuvres des enfants de la chair, depuis le commencement jusqu'à la fin.

4. Et je louai le Seigneur, le Roi de gloire, l'Ouvrier de toutes ces merveilles.

5. Et je le célébrai à cause de sa longanimité, à cause de sa miséricorde envers les enfants du monde.

6. Et je m'écriai :" Bienheureux est l'homme qui meurt dans la justice et le bien, et auquel on ne peut opposer aucun registre de méfait ; qui n'a point connu l'iniquité. [G Pour être présenté au jour du Jugement]. " -Psa 1:1 ; Dan 7:10-

7. Alors les trois saints me saisirent, et, me transportant sur la terre, me déposèrent devant la porte de ma maison.

8. Et ils me dirent ::"Explique toutes ces choses à ton fils Mathusalem ; annonce à tous tes enfants que nulle chair ne sera justifiée devant le Seigneur, car Il est le Créateur. " -Job 9:2 ; Psa 14:1-

9. Pendant une année entière nous le laisserons avec tes enfants, jusqu'à ce que tu recouvres ta force première et que tu sois en état d'instruire ta famille, d'écrire toutes les choses que tu as vues, et de les expliquer à tes enfants. Mais, au milieu de l'année prochaine, on t'enlèvera du milieu des tiens ; et ton coeur retrouvera sa première force ; car l'élu découvrira à l'élu les secrets de la justice, le juste se réjouira avec le juste ; ils confesseront Dieu ensemble. Quant aux pécheurs, ils périront avec les pécheurs ;

10. Et les pervers avec les pervers.

11. Ceux-là mêmes qui auront vécu dans la justice mourront à cause des méfaits des hommes, et ils expireront à cause des actions des méchants. -2 Rois 22:20 ; Ésaïe 57:1-

12. Dans ces jours, ils cesseront de me parler.

13. Et je revins à mes frères, en louant et en bénissant le Seigneur.

CHAPITRE 81

1. Or, mon fils Mathusalem, je t'ai tout dit, tout écrit ; je t'ai tout révélé, et je t'ai donné un traité sur chaque chose.

2. Conserve, mon fils, les livres écrits de la main de ton père, et transmets-les aux générations futures.

3. Je t'ai donné la sagesse, à toi, à tes enfants et à ta postérité, afin qu'ils la transmettent, cette sagesse supérieure à toutes leurs pensées, à leur postérité. Et ceux qui la comprendront ne dormiront point ; mais ils ouvriront leurs oreilles pour la recevoir, afin de se rendre dignes de cette sagesse, qui sera pour eux comme une nourriture céleste.

4. Bienheureux les justes, bienheureux ceux qui marchent dans la justice, qui ne connaissent point l'iniquité, et qui ne ressemblent point aux pécheurs dont les jours sont comptés.

5. Quant à la marche du soleil dans le ciel, il entre et il sort par les différentes portes pendant trente jours, avec les chefs des mille espèces d'étoiles, avec les quatre qui leur sont ajoutés et qui sont relatifs aux quatre jours supplémentaires.

6. Les hommes sont dans de grandes erreurs au sujet de ces jours ; ils n'en font point mention dans leurs calculs. Mais ces jours supplémentaires existent : un à la première porte, un second à la troisième, un troisième à la quatrième, un dernier à la sixième porte.

7. L'année est ainsi composée de trois cent soixante-quatre jours.

8. Ainsi le calcul est exact. Car ces luminaires, ces mois, ces périodes, ces années et ces jours, Uriel me les a révélés et expliqués, lui qui, de par Dieu, a puissance sur tous ces astres, et qui règle leurs influences.

9. Voilà l'ordre des astres, chacun suivant l'endroit du ciel où il se lève et se couche, suivant les saisons, les temps, les périodes, les jours et les mois.

10. Voici les noms de ceux qui les dirigent, qui veillent sur leurs voies, sur leurs périodes, sur leurs influences.

11. Quatre d'entre eux ouvrent la marche ; ils partagent l'année en quatre parties. Douze autres viennent ensuite, qui forment les douze mois de l'année, divisés en trois cent soixante-quatre jours, avec les chefs des mille qui distinguent les jours, les jours ordinaires comme les jours supplémentaires ; qui, comme les premiers chefs, partagent l'année en quatre parties.

12. Les chefs des mille sont placés au milieu des autres, et chacun d'eux est à sa place. Or, voici les noms de ceux qui président aux quatre parties de l'année, savoir : Melkel, Helammelak ;

13. Meleyal et Narel.

14. Quant aux noms des autres, ce sont : Adnarel, Jyasural et Jeyeluineal.

15. Ces trois derniers marchent après les chefs de la classe des étoiles ; chacun marche régulièrement après ceux qui partagent l'année en quatre parties.

16. Dans la première partie de l'année apparaît Melkel, qu'on nomme encore Tamaâ et Zahaïa.

17. Les jours soumis à son influence sont au nombre de quatre-vingt-onze.

18. Et voici ce que l'on voit sur la terre pendant ces jours : sueur, chaleur et travail. Tous les arbres deviennent fertiles, les feuilles poussent, la moisson réjouit le laboureur, la rose et toutes les fleurs embellissent la campagne, et les arbres morts dans l'hiver se dessèchent.

19. Voici ceux qui commandent en second : Barkel, Zehabel et Heloyalel, auquel s'adjoint encore Helammelak, appelé aussi Soleil, ou très-brillant.

20. Les jours soumis à leur influence sont au nombre de quatre-vingt-onze.

21. Voici ce qui se passe sur la terre pendant ce temps : chaleur et sécheresse ; les arbres donnent leurs fruits, et les fruits sont excellents à sécher.

22. Les troupeaux vont à leurs pâturages, et les brebis mettent bas. On ramasse tous les biens de la terre ; on amoncelle les grains dans les greniers, et on porte le raisin dans les pressoirs.

23. Les noms des autres sont Gédael, Keel, Héel ;

24. Auxquels il faut ajouter Asphael.

25. Et les jours de son autorité sont expirés et finis.

Quatrième Section. Les songes visionnaires d'Enoch

CHAPITRE 82

1. Et maintenant, mon fils Mathusalem, je t'ai fait part de toutes les visions que j'ai vues avant toi. J'en eus encore deux autres avant de me marier, et l'une d'elles ne ressemblait pas à l'autre.

2. La première m'apparut pendant que j'étais occupé à lire ; et la seconde quelque temps avant d'épouser ta mère. C'étaient deux importantes visions.

3. Au sujet desquelles j'interrogeai le Seigneur.

4. Je reposais dans ma maison de mon aïeul Malaleel, et je vis le ciel brillant et radieux.

5. Et je me prosternai, et je vis la terre dévorée par un grand gouffre, et des montagnes suspendues au-dessus des montagnes.

6. Des collines tombaient sur les collines, les arbres les plus hauts se fendaient dans toute leur hauteur, et ils étaient précipités dans l'abîme et descendaient au fond.

7. A la vue de ce chaos, ma voix balbutiait. Je m'écriai : C'en est fait de la terre. Alors mon aïeul Malaleel me releva, et me dit : Pourquoi t'écries-tu, mon fils, pourquoi te lamentes-tu ?

8. Je lui racontai la vision que j'avais eue, et il me dit : Ce que tu as vu est grave, mon fils.

9. Et la vision que tu as eue est frappante ; elle se rapporte évidemment aux péchés de la terre, que l'abîme doit dévorer. Oui, il arrivera une grande catastrophe.

10. C'est pourquoi, ô mon fils, lève-toi et implore le Dieu de gloire, car tu es fidèle, et pour qu'il laisse quelques personnes sur la terre, et que les hommes ne périssent pas tous. Mon fils, la catastrophe viendra du ciel sur la terre ; et ce sera une grande ruine.

11. Alors je me levai et je suppliai le Seigneur ; j'écrivis mes prières pour les générations du monde, donnant à mon fils Mathusala toutes les explications qu'il pouvait désirer.

12. Et quand je fus sorti, et que j'eus vu le soleil se levant à l'orient, la lune descendant à l'occident, toutes les étoiles que Dieu a créées s'avançant majestueusement dans le ciel, alors je célébrai le Seigneur de toute justice, j'exaltai son Saint Nom, parce qu'il avait fait surgir le soleil aux fenêtres de l'orient ; il monte et s'élève à la face du ciel et il parcourt sa brillante carrière.

CHAPITRE 83

1. Et j'élevai les mains au ciel et je louai le Saint et le Très-Haut. Et j'ouvris la bouche, et me servant de la langue que Dieu a donnée à tous les enfants des hommes, pour servir d'instrument à leurs pensées, je le célébrai en ces termes :

2. Tu es béni, Seigneur, roi puissant et sublime, seigneur de toutes les créatures du ciel, Roi des rois, Dieu de tout l'univers, dont le règne, la domination et la majesté n'auront jamais de fin.

3. De siècle en siècle ton règne subsistera. Les cieux constituent ton trône à jamais, et la terre est ton marchepied d'éternité en éternité.

4. Car c'est toi qui les as faites, c'est toi qui les gouvernes. Rien ne peut se soustraire à ta puissance infinie. Avec toi la sagesse est immuable : elle veille sans cesse auprès de ton trône. Tu connais, tu vois, tu entends tout, rien ne peut se soustraire à ton puissant regard, car ton oeil est partout !

5. Voici les anges qui ont transgressé tes commandements ; et ta colère plane sur la chair de l'homme, jusqu'au grand jour du jugement.

6. Or, Seigneur, mon Dieu, roi puissant et clément, je t'implore, je te supplie ; exauce mes prières ; que ma postérité se perpétue sur la terre, que le genre humain ne périsse pas tout entier !

7. N'abandonne point la terre désolée, et qu'elle ne soit point détruite à jamais !

8. O Seigneur, extermine de la face de la terre la chair qui t'a offensé. Mais conserve la race des justes pour la perpétuer à jamais. O Seigneur ne détourne point ta face de ton serviteur.

CHAPITRE 84

1. Ensuite j'eus une autre vision, que je vais encore t'expliquer, ô mon fils. Et Enoch se leva et dit à son fils Mathusala : Laisse-moi t'entretenir, ô mon fils. Écoute la parole de ma bouche, et prête l'oreille à la vision et au songe de ton père. Avant d'épouser ta mère, j'eus une vision dans mon lit.

2. Voici un taureau sortant de la terre.

3. Et ce taureau était blanc.

4. Ensuite sortit une génisse, et avec elle deux jeunes veaux, dont l'un était noir et l'autre rouge.

5. Le noir frappa le rouge et le poursuivait par toute la terre.

6. Dès ce moment je m'aperçus plus le veau rouge ; mais le noir survint à une extrême vieillesse, et il y avait avec lui une génisse.

7. Ensuite je vis beaucoup de taureaux nés de ce couple, qui leur ressemblaient et qui les suivaient.

8. Et la première génisse sortit de la présence du premier taureau ; et elle chercha le veau rouge, mais elle ne le trouva point.

9. Et elle poussait des gémissements lamentables, en le cherchant.

10. Et elle continua ses cris jusqu'à ce que le taureau s'approcha d'elle ; dès ce moment elle cessa de se plaindre et de gémir.

11. Et puis elle mit au monde un taureau blanc.

12. Et après celui-ci beaucoup d'autres taureaux et d'autres génisses.

13. Je vis encore dans mon songe un boeuf blanc, qui grandit de la même manière, et finit par devenir un grand boeuf blanc.

14. Et de lui sortirent beaucoup d'autres boeufs qui lui étaient semblables.

15. Et ils commencèrent à produire d'autres boeufs blancs, qui leur étaient semblables, et ils se succédaient les uns aux autres.

CHAPITRE 85

1. Je levai encore les yeux, et je vis le ciel au-dessus de ma tête.

2. Et voici qu'une étoile tomba du ciel.

3. Et elle se dressait au milieu de ces taureaux et paraissait paître avec eux.

4. Ensuite je vis d'autres taureaux grands et noirs ; et voici qu'ils changeaient sans cesse de pâturages et d'étables, lorsque leurs jeunes veaux commencèrent à se lamenter avec eux ; et en regardant encore au ciel, je voyais beaucoup d'autres astres qui redescendaient et se précipitaient vers cette étoile unique.

5. Au milieu des jeunes veaux, les taureaux étaient avec eux et paissaient avec eux.

6. Je regardai et j'admirai ces choses, et voici que les taureaux commencèrent à entrer en feu et à monter sur les génisses ; celles-ci ayant conçu, mirent au monde des éléphants, des chameaux et des ânes.

7. Et les taureaux étaient épouvantés de cette génération monstrueuse, et aussitôt ils se mirent à les mordre et à les frapper de leurs cornes.

8. Et les éléphants dévorèrent les taureaux, et voici que tous les enfants de la terre frémissaient à ce spectacle et fuyaient épouvantés.

CHAPITRE 86

1. Je les regardai encore, et je les vis se frapper les uns les autres, se dévorer, et j'entendis la terre qui en gémissait. Alors je tournai une seconde fois mes regards vers le ciel, et dans une seconde vision, je vis sortir des hommes semblables à des hommes blancs. Il y en avait un, et trois autres qui l'accompagnaient.

2. Ces trois hommes qui sortirent les derniers, me prirent par la main, et m'élevant au-dessus de la terre et de ses habitants, me conduisirent dans un lieu élevé.

3. Et de là ils me montrèrent une haute tour environnée de collines plus basses ; et ils me dirent : Reste ici, jusqu'à ce que tu voies ce qui doit arriver par ces éléphants, ces chameaux et ces ânes, ces astres et toutes ces génisses. -----

CHAPITRE 87

1. Alors j'aperçus celui de ces quatre hommes blancs qui était sorti le premier.

2. Et il saisit la première étoile qui était tombée du ciel.

3. Et il lui lia les pieds et les mains, et la jeta dans une vallée, vallée étroite, profonde, horrible et ténébreuse.

4. Alors un des quatre tira un glaive et le donna aux éléphants, aux chameaux et aux ânes, qui commencèrent à s'en frapper mutuellement ; et toute la terre en frémit.

5. Et dans ma vision, voici : je vis un des quatre hommes qui étaient descendus du ciel, qui rassembla et saisit toutes les grandes étoiles, dont les parties sexuelles étaient semblables aux parties sexuelles des chevaux, et il les jeta toutes, pieds et mains liés, dans les cavernes de la terre.

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