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Mythologie et Initiation

8 Novembre 2012 , Rédigé par G\ C\ Publié dans #Planches

Le Rituel d’Initiation d’un profane est riche de références aux Mythes, tout comme la Franc-Maçonnerie fait continuellement référence à des Mythes : égyptiens, grecs, bibliques, chevaleresques.
Pourquoi ce souci d’un référentiel aussi particulier que la Mythologie ancienne ? Que représente-t-elle, cette science au croisement entre éthique, ethnologie, symbolisme, philosophie et art littéraire ? Ne pourrions-nous nous exprimer de manière plus directe et contemporaine, plutôt que de faire recours à la métaphore mythologique, souvent fondée sur une vision scientifique du monde désormais dépassée par les connaissances de la science positive ?
Pourquoi lors du dernier Convent, le Grand Maître nous a demandé d’amplifier les connaissances mythologiques ?

J’essaierai de donner une réponse à chaque question par l’analyse de la mythologie même.

Pierre VINCENTI PIOBB écrivait, à propos de la mythologie :
« Lorsque la Littérature aura cessé de tout exprimer sous la forme du roman – pourtant si souple et si ingénieuse qu’elle est susceptible de charmer et d’instruire à la fois – lorsqu’elle éprouvera le besoin de donner aux pensées une tournure plus utile et plus pratique pour le perfectionnement de l’humanité, elle reprendra, peut-être, les méthodes de l’Antiquité.
Celles-ci n’ont pas dit leur dernier mot – autant qu’il semble.
Certes, les Anciens, ceux de la Grèce, de l’Egypte et de la Chaldée – ceux de la Chine ancestrale également, ont su si bien raconter les histoires.
Il faut vraiment être un petit bourgeois dont les fibres cardiaques sont cuirassées d’une cote de la Bourse, pour ne pas saisir toute la beauté des mythologies du passé.
Ceux qui veulent y voir des traditions populaires sont ou des malfaisants ou des niais... »

La mythologie semble être différente et beaucoup plus complexe qu’un simple ouvrage littéraire.
En réalité la Mythologie est une méthode d’enseignement et de transmission d’un savoir fondamental pour la société humaine. (J’emploie le mot « fondamental » dans son acception étymologique, c’est-à-dire : fondement et non pas celle historique : important). On arrive à cette conclusion parce que dans l’histoire plurimillénaire de l’humanité, la mythologie a toujours exposé une métaphysique, liée à une conception cosmogonique, source d’une vision philosophique de la réalité. Par conséquent la métaphysique donnant naissance à une philosophie pouvait rassembler les hommes, voir les peuples qui se reconnaissaient dans cette pensée, dans une période spécifique et dans un lieu géographique donné.
C’était ainsi que les philosophies engendraient les religions, qui, loin d’être les croyances telles que nous les considérons aujourd’hui, avaient pour but la pratique d’une morale se rattachant à une condition éthique définie. C’était une manière de régler les comportements réciproques des composants d’une société humaine, afin de mieux vivre ensemble. Néanmoins étant un absolu philosophique concernant la « science du Bien et du Mal » pouvait être affirmé comme un dogme.
Et telle a été la situation du Christianisme, lorsqu’à partir du mythe du Christ, qui est l’histoire d’un Dieu devenant Homme, sa philosophie a voulu s’imposer comme mouvement politique pour remplacer l’Empire Romain.
Ce dernier avait toujours respecté les différentes cosmogonies, les différentes mythologies et les relatives philosophies, se limitant à la seule domination militaire et économique. Mais sa conception pluraliste de la philosophie devait se transformer en son pire ennemi, car elle n’a pas permis de faire face au dogme monothéiste, qui prétendait unifier les hommes en une unique vision du bien et du mal.
On entrevoit ici la complexité d’une conception mythologique et la nécessité d’en comprendre les mécanismes pour juger objectivement les phénomènes philosophiques, moraux, politiques de l’humanité.
Car pour schématiser, nous pouvons affirmer que : la mythologie est l’exposé d’une métaphysique. Cette dernière s’exprime par une philosophie qui relie les hommes dans une religion. La religion crée un dogme qui engendre une morale. La morale règle la vie d’une société. En remontant le parcours nous nous apercevons que toutes les société ont été bâties sur une fondation mythologique et que c’est la banaliser de la considérer comme un ensemble de traditions populaires ou de fables pour enfants.

Techniquement il faut faire une certaine différence entre un mythe, une légende et une fable. La distinction se situe au niveau du contenu, mais aussi sur la forme littéraire : la fable étant le récit le plus artistiquement conçu et le plus libre dans l’expression.

Le Mythe : le mythe peut être « constitutif » ou « relatif ». Il est constitutif lorsqu’il parle d’un Dieu et qu’il fondateur d’une religion. Il s’agira, donc, d’un mythe constitutif fondamental. C’est celui qu’il faut aborder lorsqu’on veut étudier une métaphysique. Par exemple le mythe de Vénus est constitutif, car il traite du principe d’attraction universelle, à l’origine de notre vie sur cette planète et une des forces fondamentales pour notre astrophysique. La religion de Vénus a été une des plus importantes de l’antiquité gréco-romaine.
Mais une religion est issue d’une philosophie et, en même temps, elle développe un positionnement philosophique, lequel a parfois besoin d’être précisé, surtout dans les rapports qu’il instaure avec la pensée fédératrice.
Pour faire cela le Mythographe fait recours au mythe constitutif accessoire, qui traite d’un dieu (voir d’un principe ou d’une force) en relation étroite avec celui du mythe fondamental.
Par exemple lorsque dans le mythe du Christ, donc de l’humanisation de la Divinité on doit faire référence à l’humus énergétique de l’être, à la terre nourrice, on introduit le mythe de la Vierge, à laquelle nous attribuons le processus matériel d’anthropomorphisation de la divinité abstraite.

Aux principes métaphysiques font suite les manifestations philosophiques, qui, ayant un rapport avec la psychologie humaine, peuvent (et souvent doivent) donner des directive éthiques. Or l’éthique est étroitement dépendante des coutumes traditionnelles d’un lieu géographiquement défini, d’un peuple. C’est le motif pour lequel parfois nous sommes amenés à confondre mythologie et ethnologie ou tradition populaire.
Deux autres types de mythes vont spécifier le mythe fondamental : il s’agit des mythes relatifs : celui moral et celui ethnique.
Le premier doit avoir une fonction éducative pour les individus, comme, par exemple, le mythe de Persée, fils de Jupiter et néanmoins sans qualité divine. Il s’agit d’un héros dont les exploits sont, pour les jeunes, un modèle à imiter.
Le deuxième a une fonction initiatique, afin d’enraciner les hommes dans la tradition culturelle de leur pays. C’est le cas d’Orphée, fils d’Apollon, et des mystères Orphiques, très importants dans les traditions initiatiques grecques.

La Légende : afin de détailler le mythe, les auteurs se servaient des affabulations, plus au moins artistiques. Ces affabulations prenaient la forme de légendes à caractère ethnique ou morale, en fonction de leur finalité.
L’affabulation consiste à utiliser une histoire vraie – ou susceptible de l’être – pour en faire un mythe. L’affabulation est donc l’adaptation mythique d’une réalité. Elle donne à penser que l’histoire racontée représente ce qui est susceptible de survenir dans la vie courante ; ou bien, ce qui constitue des faits qui se sont réellement produits.
Son rôle éducatif ne reste plus à être démontré, c’est presque une évidence.
La légende type est celle d’Hercule. On sait qu’elle a une réplique phénicienne, si bien que beaucoup ont pensé que le Héros grec avait été emprunté à Tyr. Ce n’est nullement nécessaire de supposer une importation mythique. L’Hercule grec et l’Hercule phénicien, que l’on voit en statue, sous le nom de colosse d’Amathonte, sont tous deux le même personnage légendaire dont l’existence se trouve racontée « à titre d’exemple généralisé » pour une raison touchant les questions métaphysiques, mais non pas concernant celles-ci.
Les légendes sont philosophiques et non pas religieuses.

La Fable : enfin les fables viennent compléter l’œuvre mythographique. La fable utilise uniquement l’invention ; aujourd’hui nous dirions le virtuel. Tout est possible dans les fables, où l’irréalité semble prendre concrétude par la forme artistique poussée. La fable a une finalité initiatique et d’élévation progressive de l’âme humaine. Elle fait appel au senti, au coté féminin de l’être, pour l’éveiller à la perception d’un domaine autre que celui de la réalité matérielle quotidienne. Elle fait appel à la vue éloignée, à la mise en perspective de la subjectivité individuelle. D’ailleurs elle s’adresse à l’individu et non pas à la collectivité sociale, car l’initiation est individuelle et pour elle l’humanité peut progresser dans son ensemble, par l’amélioration et l’élévation individuelle de ses composants.
La fable plus que les autres forme sus exposées fait recours au symbolisme et à la métaphore, et, comme le symbolisme, elle est faite pour toucher l’âme des individus.
Parfois les fables ont une seule source commune, comme les fables de La Fontaine, dérivées de celles de Phèdre, qui se refont à celles grecques d’Esope et aux Védas hindous. Mais le plus souvent elles sont indépendantes et enracinées dans des cultures spécifiques, comme Les Milles et une Nuit arabes ; Schéhérazade venant de Perse.
Mais toutes ont en commun une voie initiatique, des épreuves, la lutte entre le bien et le mal en chacun de nous, un dernier obstacle à franchir et la conquête finale d’une lumière qui éveille notre âme endormie sous les toiles d’araignée des habitudes et des lieux communs.

La Franc-Maçonnerie, comme toute autre société initiatique, bâtit sa structure éducative progressive autour d’un mythe fédérateur : celui de l’homme droit axé sur sa conscience d’être matériel et spirituel, masculin et féminin, humain et divin. Un homme sublimé après avoir été putréfié, mort et ressuscité. Or comme les différents peuples définis géographiquement avaient des mythes, des religions, des légendes et des fables adaptés à leur culture et à leur histoire, ainsi le Franc-Maçonnerie fait recours à des mythes interprétant des sensibilités particulières. On appelle ceux-ci des Rites.
Le Mythe constitutif fondamental au Rite de Memphis-Misraïm est celui d’Osiris, de la mort et de la résurrection.

Monsieur (Madame), s’initier « c’est apprendre à mourir » dans le Monde Antique ! La corde que vous portez dès cet instant au cou ne doit donc point, à vos yeux, revêtir de caractère infamant, ni vexatoire. Il ne s’agit point d’une inutile brimade. Cette corde symbolique n’est autre que l’image du lien fluidique reliant votre forme subtile à l’enveloppe charnelle que la Mort matérielle vous a fait abandonner. Quittant la Chambre de Réflexion et son appareil funèbre, vous traversez, ainsi qu’en un mauvais rêve, le sombre Amenti, l’Hadès, le Royaume des morts. Guidé par l’Hermès souterrain, conducteur des âmes dans l’Au-delà, vous vous dirigez en aveugle vers la Lumière ineffable, et ce sous sa seule conduite. Que ceci vous fasse pénétrer l’ésotérique enseignement de notre Rituélie : sans nulle intervention providentielle, sans quelque occulte et mystérieuse prédestination, il y a peu de chances pour que l’âme humaine, enténébrée, retrouve le chemin de sa Liberté première. Tel est l’enseignement formel de la Gnose...

Le Mythe constitutif accessoire est celui d’Isis : la force d’attraction universelle, qui arrive à rassembler ce qui est épars et apparemment perdu, par un amour inconditionné.

Nous vous faisons toucher la terre, notre mère à tous, que l'antiquité a nommée Déméter ou Isis. Souvenons-nous que nous sommes terre et que nous retournerons à la terre, n'oublions pas que la Vie et l'Amour sont une seule et même chose. Nos ancêtres ont écrit « l'Amour est plus fort que la Mort ».

Mais il y a aussi le mythe relatif d’Hermès, d’Agapée et de Séléné avec ses rites lunaires. Cet ensemble nous situe dans l’espace culturel d’Occident et dans la philosophie de l’enseignement progressif, basé sur le rapport entre Maître et Elève. C’est la différence fondamentale entre l’Initiation Occidentale et celle Orientale, cette dernière fondée plus sur la solitude et la méditation.

Monsieur (Madame), héritière des antiques cénacles ésotériques et occultes, la Franc-Maçonnerie a conservé le secret d'un très ancien breuvage, véritable philtre, composé de plantes cueillies à certaines époques lunaires, travaillées et infusées à certaines autres, et finalement consacrées selon les Rites millénaires. Ce breuvage a pour but de vous dépersonnaliser. Quelques semaines après son ingestion, inoffensive quant à la santé physique, votre personnalité passée se dissoudra lentement. Insensiblement, avec les jours, vous deviendrez un autre être. Lentement l'Egrégore qui anime et conduit notre antique Société, vous pénétrera, substituera sa volonté à la votre et, au prochain anniversaire de votre Réception, il ne restera plus rien de l'homme (la femme) que vous êtes actuellement. Vous ne serez plus alors, selon l'antique et très occulte formule que "pareil au cadavre que la main du laveur des morts tourne et retourne à son gré". Une dernière fois, Monsieur (Madame), consentez-vous à mourir à votre vie passée ?

Nous continuons la cérémonie d’initiation par l’introduction des fables initiatiques : celle des voyages sur le chemin ardu des épreuves et du combat contre soi-même ; contre sa propre carapace faite d’ambition, d’orgueil, de réminiscences d’un passé que l’on évite d’abandonner par commodité et, peut-être, par lâcheté. Notre cadavre nous est montré par terre avec un poignard dans le cœur : c’est le traître, mais non pas le traître envers l’Ordre, mais envers nous-mêmes. Nous serons vraiment des initiés, lorsque nous aurons su nous débarrasser de notre manifestation pour rejoindre l’unité essentielle de l’être. Les tâches les plus humbles nous attendent, sur le chemin de l’initiation. Saurons nous les affronter sans nous sentir lésés dans nos acquis sociaux ? Saurons-nous, directeurs de sociétés, chefs d’entreprises, juristes célèbres, servir les autres sans nous sentir abaissés au rang de bonnes. Saurons nous, ouvriers manuels, étudier les conceptions les plus ardues ? Voilà le sens éducatif et initiatique de la grande fable de l’initiation maçonnique.

Monsieur (Madame), puisque telle est votre volonté, quoi qu'il arrive, de devenir Maçon. Et que c'est librement que vous acceptez les conséquences de toute cette rituélie ésotérique, sur vous-même et en vous-même, il vous appartient donc de continuer votre lente assimilation à l'Âme de notre Fraternité. Tout à l'heure vous avez bu le Breuvage de l'Oubli, destiné à vous dépersonnaliser, à vous enlever tout volonté propre. Voici une seconde Coupe, celle du Breuvage de Mémoire, l'Eau de Mnémosymée… Quand vous l'aurez absorbée, votre possession sera totale, absolue. l’Âme occulte de la Maçonnerie tout entière sera passée en vous. En n'importe quelle région du Monde, vous ne ferez plus qu'un avec tous vos Frères et Sœurs. Leurs amitiés, leurs répugnances seront les vôtres. Alors que l'Eau d’Oubli faisait de vous un corps sans vie, sans volonté propre, l'Eau de Mémoire, fera de vous le Maçon militant, le véritable Enfant de la Veuve.

La légende clôture la cérémonie : celle de la veuve et de l’orphelin ; une histoire vraisemblable. Une histoire qui met le néophyte face à la philosophie maçonnique ; au concept plus difficile à intégrer : celui de l’amour inconditionnel ; de l’amour qui offre sans rien demander en retour ; qui accepte l’autre sans critique, tout simplement parce qu’il est issu de la même unité. Et c’est dans ce petit et simple geste de l’aumône que l’on glorifie la devise Liberté, Egalité, Fraternité, devenant pour toujours le guide lumineux de l’Initié.

Il reste un dernier Rite à accomplir, notre séculaire Fraternité a pris en charge le soutien d’une malheureuse Veuve et de son Enfant. C’est au nom de cette Veuve et de cet Orphelin que je vous demande de bien vouloir verser votre obole dans le Tronc de Bienfaisance. Frère (Sœur) Maître des Cérémonies accompagnez notre Frère (Sœur) Hospitalier auprès de notre nouvel(le) apprenti(e) afin qu'il (elle) lui verse son obole.

Mon Frère (Ma Sœur) nous savions que vos métaux ne vous étaient pas rendus. Si notre Frère Hospitalier a malgré cela été délégué près de vous, c'est pour vous montrer combien il est pénible de ne pouvoir secourir son prochain dans le malheur. Frère Expert, veuillez rendre ses métaux à notre apprenti. Le tronc de bienfaisance circulera à la fin de nos travaux, vous y déposerez votre obole. Puisse, l’Initiation que vous venez de recevoir vous faire comprendre toute l’importance de cet acte de charité.

Pourtant, sachez que lorsque je vous ai parlé d’aumône en faveur d’une Veuve et d’un Orphelin, ce n’était pas d’une aumône matérielle, ni à des personnages de chair, que je faisais allusion…La Veuve et son Orphelin, entités-principes dont la Maçonnerie ne prétend être que la main agissante, et la servante fidèle, ne sont point de ce Monde ! Pour votre instruction présente, il importe que vous y voyez déjà bien autre chose. Dès à présent, admettez, si vous le voulez bien, qu’il s’agisse de l’Humanité toute entière, privée de son Animateur initial, l’Homme Total, et que le but de la Maçonnerie Humaine soit de rebâtir ce Foyer lointain où l’Humanité a grandi, où elle a connu le Bonheur ineffable. Et d’ores et déjà, vous concevrez que la nécessaire édification d’un Temple Social ici-bas, but immédiat de la Franc-Maçonnerie, se double, en des plans plus subtils et en des « Régions Spirituelles » fort lointaines pour la créature charnelle, de l’édification d’un autre Temple, parure d’un Jardin Mystique, au sein, lui-même, d’un Eternel Royaume et que la Franc-Maçonnerie dénomme l’Orient Eternel. Et ce Temple, c’est d’abord en nous-même que nous devons l’édifier, selon l’adage antique « OMNIA AB UNO ET IN UNUM OMNIA », soit : « Un est en Tout et Tout dans Un !» Les pierres de ce Temple sont nos possibilités . Il dépend donc de nous que par leur taille elles deviennent des Vertus morales, intellectuelles et spirituelles.

J’ai dit.

  

Source : www. ledifice.net

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Mythes et rituels

8 Novembre 2012 , Rédigé par JCD Publié dans #Planches

De tous temps les sociétés initiatiques on eu recours aux mythes comme « tuteur » de la formation et de l’évolution de leurs adeptes. Soit en reprenant des mythes plus anciens et en les adaptant soit en les créant de toutes pièces. Ainsi en va-t-il du Compagnonnage avec le père Soubise, maître Jacques ou Salomon.
Des Roses-Croix avec Christian Rosencrus issus de l’imagination d’un certain Jean Valentin Andrea (1586-1654) abbé d’Adelsberg, dans un titre « Fama fraternilatis » puis « Réforme universelle du monde entier » et enfin « Rosa florescens, contra Menapii calumnias ». Des sociétés inspirées de des ouvrages se formèrent par la suite en Allemagne et perdurent jusqu’à nos jours…
La maçonnerie n’échappe pas à cette règle et les analogies sont nombreuses avec d’autres légendes et autres emprunts aux civilisations méditerranéennes.

Pas évident quand on se réclame de la tradition laïque au GODF !
Alors pourquoi continuons-nous à étudier ces mythes et légendes ?
Pour continuer le travail de rectification commencé le jour de notre initiation, le travail sur soi afin d’inlassablement enrichir notre réflexion, notre connaissance des subtilités, des émotions, des ressorts intimes qui motivent l’Homme et induisent son comportement. S’améliorer et améliorer la société ….. nous nous y efforçons sans doute … mais la tâche n’est pas achevée comme nous le répète sans cesse, et avec justesse, notre rituel.

Le mythe du meurtre et de la résurrection est un classique des sociétés initiatiques. Pour nous elle intervient dans l’univers de la construction du temple de Salomon.
Le mythe antérieur qui a sans doute fortement influencé cette légende est celui d’Isis ou plus précisément par analogie le mythe d’Osiris.

Ce mythe nous est essentiellement connu par le récit tardif de Plutarque, car les textes égyptiens eux-mêmes sont peu nombreux et assez évasifs.
Selon ce mythe le Dieu Seth, jaloux de son frère Osiris, va s’attaquer physiquement à lui et le tuer. Comment?
Ayant obtenu les mensurations de son frère (qui, selon la légende était un géant), Seth fit fabriquer un magnifique coffre qu’il promit d’offrir lors d’un banquet à celui à qui il s’adapterait le mieux. Naturellement ce fut Osiris.
Lorsque ce dernier se fut allongé dans le coffre, les 72 complices de Seth en clouèrent le couvercle et jetèrent dans le Nil ce qui allait devenir le premier sarcophage, et Osiris périt noyé mettant fin a un règne de 28 ans, (durée qui peut être rattaché au cycle lunaire de 28 jours).
Le sarcophage clos, parfaitement adapté à la forme d’Osiris dérive jusqu’à Byblos où il se trouve emprisonné, encastré, dans le tronc d’un tamaris. Le souverain local fait couper l’arbre qui devient une colonne du palais royal.
Après de multiples péripéties, Isis réussit à retrouver le cadavre de son frère et mari, et le ramena en Égypte. Malgré toutes ses précautions, Seth retrouva le cadavre de son frère et il entra dans une colère noire, et pour interdire à son frère une sépulture digne de son rang, il découpa le cadavre en morceaux. Il dispersa ensuite les morceaux, pensant ainsi se débarrasser définitivement de sa victime.
Mais Isis ne s’avoua pas vaincue, elle entreprit de recueillir les morceaux épars de son époux et entrepris une seconde quête.

Celle-ci consiste à rassembler les différents morceaux d’Osiris dispersés par Seth afin de reconstituer le corps d’Osiris. Seul le phallus d’Osiris ne fut pas retrouvé, avalé par un poisson !.
Isis, avec l’aide de sa sœur Nephtys et d’Anubis réussit à reconstituer l’intégrité physique d’Osiris qui représente ainsi la première momie. Anubis, en reconstituant le corps de son père défunt devint le précurseur « modèle » des embaumeurs.
Isis, par la magie de son verbe, réanime alors son époux et après s’être transformée en milan ou en hirondelle lui redonne le souffle en battant des ailes. Elle reconstitue magiquement le phallus, puis elle réussit à se faire féconder pour pouvoir ainsi concevoir un fils, un héritier, Horus.
On voit ainsi que dans ce mythe, on ne peut pas parler d’une résurrection mais plutôt d’un renouvellement d’existence, d’une perpétuité. Horus continua d’aider aux fonctions essentielles d’Osiris qui « revit » où « survit » grâce à lui.

Pour les Egyptiens Osiris était relié à l’agriculture, sa mort et sa résurrection symbolisant les cycles végétatifs.
La légende tardive de Plutarque correspond en fait à une mise en forme de textes égyptiens authentiques plus anciens où le corps d’Osiris n’est pas démembré mais plutôt se décompose. Comme vous le voyez il y a là une évolution vers le contenu de notre rituel. Dans cette version Isis arrête magiquement cette décomposition grâce à l’aide de Thot et d’Horus. Ceux-ci revivifient le corps en déversant sur lui des signes Ankh (ce hiéroglyphe signifiant « la VIE »). Au passage ce signe Ankh est également utilisé, avec la même signification de « souffle », « vie » chez les … Dogons.

Puisque nous sommes dans un contexte symbolique j’avancerai une analogie osée.
Qu’est ce qui est perdu dans le mythe d’Osiris ? C’est son phallus. C’est lui qui est « substitué » magiquement par Isis et c’est à partir de ce « membre retrouvé » (les associations de mots ne sont pas fortuites) que le pouvoir symbolique du mythe est perpétué.
Dans notre rituella fertile semence d’Osiris « perdue » est devenue la parole.
Cela doit donner à la transmission orale, une importance vitale; à commencer par nos différents rituels qui constituent autant de clefs permettant de perpétuer la tradition maçonnique.
Il est clair que nous avons peu de secrets corporatifs à nous communiquer pour élaborer notre « chef d’œuvre » compagnonnique. Alors réfléchissons à ces paroles distillées dans nos cérémonies … Imprégnons nous de leurs sens profonds et surtout soyons les passeurs, si ce n’est du savoir maçonnique (de la science), des conditions de mise en situation de les acquérir.

Il me revient une formule maçonnique qui symbolise pour moi la continuité de la chaîne maçonnique de transmission entre nous:

Recevoir
Apprendre à recevoir
Apprendre à donner
Donner

Cette tâche, notre tâche, n’est pas chose facile, les embûches sont nombreuses.
Des détails contenus dans les deux mythes nous le suggèrent. Tout d’abord la quête du corps est longue ; Isis s’y reprendra même à deux fois…
La découverte du corps, de la substance, de notre quête n’est pas suffisante. Il y a ensuite une phase magique dans le mythe égyptien pour pouvoir utiliser ce corps. Phase dans laquelle Isis est aidée par d’autres personnages. …Pour nous également… Ne faut-il pas en déduire que la quête de notre but n’est pas un simple parcours de santé ? Qu’il nous faudra du temps, nous aider de tous les enseignements glanés au cours de notre cheminement et, enfin que ce ne peut être une quête solitaire, ce n’est qu’ensemble que nous pourrons créer la synergie nécessaire à la poursuite du cycle de vie maçonnique.
Et encore nous faudra-t-il éviter bien des obstacles.
… Ce ne sont pas des sauterelles ou un scorpion représentant le malheur ou la sécheresse dans les légendes égyptiennes, mais bien des dangers plus « humains » :

Ces dangers peuvent être externes à nous même, mais, ne nous leurrons pas, … ces dangers sont bien potentiellement présents en chacun de nous.

Rectifions !!!

Car notre mythe n’est-il pas l’esprit maçonnique par excellence présent en chaque maçon ? Poursuivre l’œuvre c’est continuer de faire vivre la maçonnerie dans ce qu’elle a de plus beau de plus pur « l’idéal maçonnique ». Et ces travers qui nous guettent que sont-ils ?, sachons les reconnaître afin d’éviter de s’égarer et se perdre.

Dans notre mythe, le premier défaut incarne l’ignorance, non pas qu’il soit sot ou inculte mais simplement parce qu’imbu de sa connaissance que je qualifierai de « technique », nous pouvons ne pas voir en quoi, au-delà de notre œuvre personnelle, s’inscrit celle-ci dans quelque chose de plus grand cette connaissance.

Le second défaut symbolise le fanatisme. C’est un « Ayatollah », il détient l’outil qui permet de vérifier l’équerrage de la pierre taillée et l’applique à tous oubliant sans doute de se l’appliquer à lui même. Sachons être tolérants entre nous, non parce que nous sommes lâches ou complaisants, mais parce que c’est la garantie de notre propre expression de maçon libre avec nos propres défauts.

Le troisième, toujours selon la légende, symbolise l’ambition. Celle-ci tue au sens que pour parvenir à son but il faut éliminer l’autre. S’accaparer le chantier, la corporation, prendre le pouvoir pour diriger l’œuvre de façon partiale ou doctrinaire. Mais là la légende s’égare, cela n’existe pas !

Rectifions, rectifions !

La Franc-maçonnerie a, semble-t-il, également utilisé initialement des rituels basés sur d’autres légendes.
La légende des trois fils est présente sur un document en Anglais daté de 1726.
Cette légende raconte comment trois fils se rendirent sur la tombe de leur père pour trouver les indices du secret que possédait ce fameux prédicateur.
Dans la tombe ils trouvèrent un corps presque entièrement décomposé dont les os se détachaient en les touchant. Ils essayèrent de le relever … et devant l’état de décomposition le nommèrent d’un mot que nous connaissons également !
Pour information le père s’appelait Noé et les 3 fils Sem ; Cham et Japhet.

La seconde légende est datée de 1926. Bazalliell était réputé pour ses connaissances en matière de construction de bâtiment. Les 2 frères du roi Alboy-in souhaitaient être instruits par Bazalliell qui ne fut d’accord qu’à condition qu’ils ne révèlent rien sans se joindre à un autre pour faire une triple voix. A sa mort son épitaphe fut « Ci-gît la fleur de la Maçonnerie frère d’un roi et de deux princes. Ci-gît le cœur qui savait tous les secrets. Ci-gît la langue qui ne révéla rien. ». Et tout le monde pensa que les secrets furent à jamais perdus puisque les princes qui étaient tenus par leur serment n’étaient que deux et non trois. Voici donc une autre version perte d’un secret.

Il existe plusieurs rites qui s’appuient sur un support, un mythe différent, pour aider à réfléchir sur d’autres thèmes, d’autres qualités maçonniques. …

Rappelons-nous les défauts énumérés plus haut :
Sur l’ignorance, notre démarche est initialement inscrite dans les trois degrés qui mènent à la maîtrise.
Il nous faut donc discerner l’essentiel de l’accessoire dans notre engagement initiatique.
Le fanatique lui voulait « tailler » les autres avec son référentiel personnel …. Peut importe le rite, le parcours, l’important est le but.

L’important est d’être fidèle à notre propre référentiel. Veillons simplement à ce qu’il ne soit pas faussé et appliquons le à nous même avant de vouloir l’imposer à d’autres.
Enfin l’ambition de ceux qui voudraient, à coup de maillet, forger la maçonnerie à leur volonté, à leur intérêt.
Le perfectionnement impose, encore plus qu’ailleurs, de se garder de ces défauts et lorsqu’ils sont découverts, de les éradiquer.

Rectifions, rectifions, rectifions.

La Maçonnerie, son rituel, ses mythes, et après ? ….

Et si une partie de la réponse était dans une autre question « La Maçonnerie, et avant ? » !
Cette question, nous pouvons, nous devons, nous la poser de temps en temps pour vérifier si les raisons qui nous ont poussé à entrer en maçonnerie sont des faits aujourd’hui avérés, où bien si nous nous sommes trompés sur certains principes.
En avons-nous « perdus » ?
N’en avons-nous pas trouvé d’autres auxquels nous ne pensions pas initialement ? Certains se sont-ils « substitués » ? Comme la fraternité, difficilement perceptible de l’extérieur ou l’étendu du concept de laïcité ?

Ce questionnement paraît important et devoir être remis sans cesse sur l’ouvrage … C’est à ce prix que nous servirons notre ordre et donnerons envie à des profanes de nous rejoindre.

 

Source : http://www.franc-maconnerie-godf-cannes.org/la-loge-au-travail

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Petits Mystères et Grands Mystères

8 Novembre 2012 , Rédigé par PVI Publié dans #spiritualité

La lecture de ce titre fait immédiatement penser à René Gué­non. On sait qu'il a développé l'idée de degrés dans l'initiation, en distinguant Petits Mystères et Grands Mystères.

Aux Petits Mystères, il faisait correspondre l'initiation à tout ce qui se rapporte au développement de l'état humain, celui-ci étant considéré dans son intégralité. L'objectif est la restauration de l'état primordial. C'est dans ce contexte que Guénon situait les initiations de métier, dont la nôtre.

Quant aux Grands Mystères, il leur donnait (ou reconnaissait) comme finalité de conduire à la Délivrance finale, à l'Identité suprême ; une telle démarche ne pouvant s'opérer qu'à travers des états « supra-individuels ».

Ainsi la transformation de l'initié se fait-elle tout d'abord — par les Petits Mystères — dans le sens de l'épanouissement de toutes les facultés normales de l'homme, facultés dont cer­taines ne sont qu'en puissance.

Mais des initiés peuvent aller au-delà et accéder à une véri­table déification, à travers les Grands Mystères. Un tel état dé­borde l'aptitude normale de l'homme, mais lui est néanmoins natu­rel parce que l'homme a le privilège de pouvoir connaître d'autres états que son état humain proprement dit. D'ailleurs — toujours selon Guénon — pour qualifier cet ultime épanouissement de la démarche initiatique il ne convient même plus de parler d'un « état », car l'initié est parvenu au-delà de tout état conditionné quel qu'il soit.

L'initiation apparaît ainsi comme étant non seulement un éveil mais une accession à des états supérieurs. Ceci permet de mar­quer la différence qu'il y a, selon Guénon, entre Initiation et reli­gions au sein de l'unique tradition, de la Tradition.

N'oublions pas la nécessité, souvent rappelée par Guénon, d'une transmission de l'influence spirituelle. Celle-ci doit être reçue par le canal d'une « chaîne initiatique » régulière et ininter­rompue. Ce qui revient à dire que le rite n'a pas d'efficacité en soi, et qu'il faut une influence « proprement non humaine » (1).

On sait que René Guénon a évoqué l'existence de centres spirituels, dont toute initiation régulière procèderait directement ou indirectement. Ces centres, eux-mêmes secondaires, relève­raient d'un Centre suprême qui conserverait le dépôt immuable de la Tradition, telle qu'elle était en son état primordial.

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Ces quelques rappels ne rendent qu'imparfaitement compte du rigoureux déploiement logique de l'ceuvre de Guénon. Cette logique prend son départ dans la métaphysique de l'Un. Celle-ci affirme qu'il n'y a qu'une Réalité. Elle est l'unique réalité. Et le peu de réalité que nous avons nous-mêmes, nous le lui empruntons. Thèse panthéiste, a-t-on dit, en se référant notamment à la vision de l'hindouisme qui est couramment admise. Thèse moniste plutôt, répliquent ses partisans les plus éclairés... En tout cas, thèse inadmissible par le courant judéo-chrétien et par l'Islam ortho­doxe (2). En effet les « religions du Livre » ont toujours lutté farouchement contre toutes les infiltrations panthéistes, qu'elles aient été réelles ou seulement apparentes.

Pour ce courant jaloux de préserver la transcendance divine, Dieu est bien la seule Réalité, mais il n'est pas simplement une sorte de tout qui ressemble plus à un magma qu'à un Dieu. Il est vivant, et capable de créer ex-nihilo d'autres réalités qui sont elles-mêmes des réalités dans leur ordre d'existence. Alors ce Dieu des « Sémites » devient le Dieu de l'Election (Judaïsme), le Dieu de l'Amour (Christianisme) et de la Miséricorde (Islam). Et cette sorte de passion, que Dieu a pour l'homme, va jusqu'à faire de chacun de nous une réalité unique en soi. Ainsi à une métaphysique un peu glacée — celle de la Connaissance — s'ajoute une incommensurable dimension d'Amour.

En définitive, Guénon conduit son lecteur jusqu'à une option fondamentale. Et le système guénonien — outre son indiscutable rigueur logique — vaut ce que vaut l'option faite... Tout dialogue ou discussion avec les tenants d'une autre option (ou révélation) fondamentale ne peut que tourner court. Guénon en a fait l'expé­rience au cours de sa rencontre avec Maritain, rencontre sans lendemains.

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Inopérante également serait toute mise en parallèle de l'ex­posé de Guénon et des thèses « scientistes », voire de l'acquis des sciences profanes. Tout en sachant que Guénon a évoqué d'autres courants initiatiques — l'alchimie chinoise notamment — nous n'examinerons ici que l'acquis historique concernant les Mystères antiques.

Ce que nous en savons vraiment est assez mince. Le secret initiatique a été bien gardé. Aussi les historiens sont-ils bien loin d'avoir la vision limpide des Mystères qui est celle de Guénon. Ce que l'historien connaît le mieux concerne surtout les prélimi­naires aux Mystères car ils se déroulaient en public.

Les hellénistes savent que les termes mêmes de Grands Mystères et de Petits Mystères nous viennent d'Eleusis, dont le culte a une longue histoire (3). La croyance éleusinienne est centrée, comme on le sait, sur le thème de l'enlèvement de Coré par le dieu des morts ; la légende décrit le désespoir de sa mère Déméter (la Cérès des Latins), la menace de Déméter de rendre la terre infertile si sa fille ne lui est pas rendue, et enfin l'arbi­trage de Zeus qui décide que Coré passera chaque année quatre mois chez son époux et le reste auprès de sa mère. Déméter et Coré étant des divinités agraires, la légende illustrait ainsi l'alter­nance des saisons, associée initialement à un culte de la fécon­dité (4).

Quant aux Mystères éleusiniens, on est allé jusqu'à les ana­lyser en quatre ou cinq phases :

- la muésis ou initiation préalable : elle incluait en particulier une purification par l'eau (et peut-être aussi la période de jeûne souvent évoquée dans les textes antiques) ;

- les Petits Mystères : ils étaient célébrés en février-mars. Ils étaient le préambule obligatoire à l'initiation aux Grands Mys­tères. On suppose que les Petits Mystères consistaient en des représentations de la légende de Déméter et aussi de celle de Dionysos, qui fut tardivement associé au culte des deux déesses ;

- les Grands Mystères : ils étaient célébrés en septembre- octobre. On suppose que, à l'intérieur de rites complexes, se déroulait un jeu scénique auquel l'initié participait, et qui lui donnait le sentiment d'une réelle présence des déesses ;

- l'époptie : elle était, semble-t-il, un degré encore supérieur.

Elle ne pouvait être postulée qu'un an après. Le terme époptie indiquant la contemplation, on suppose qu'elle impliquait le dévoilement de certains objets ayant un caractère hautement sacré.

L'ensemble de la célébration de septembre se terminait par une libation à l'intention des morts, puis par des festivités avant de se séparer.

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La réflexion historique laisse supposer une certaine évolution de ces Mystères, à l'intérieur du thème fondamental. Evolution, comme le suggère la confusion, à partir d'une certaine époque, entre Coré « la Fille du blé » et Perséphone qui était la Reine des enfers. Evolution, comme l'indique aussi l'adjonction tardive de Dionysos, qui était à Athènes une sorte de dieu des âmes. Sur le thème du cycle de la végétation, ou plus particulièrement celui des céréales, s'est greffée une démarche existentielle s'inspirant du tragique de la condition humaine (naissance, fécondité, mort, angoisse de l'au-delà) (5).

Le mystère du grain qui « meurt », en vue d'une plus grande fécondité moyennant certains soins, a pu illustrer l'espoir qu'il peut en être de même pour l'homme après sa mort, s'il reçoit les protections divines nécessaires. En effet, selon la vision antique traditionnelle, l'au-delà n'était que désespérance pour l'homme ordinaire : il était condamné à y errer, lamentablement anonyme au sein de foules sombres et confuses. C'est la possibilité d'échap­per à ce sort que l'on venait chercher à Eleusis. Et le « projet initiatique » ne semble pas avoir dépassé cette aspiration à deve­nir un « heureux habitant des Champs-Elysées ». On est loin des déploiements de la thèse de Guénon (6).

On peut d'autre part considérer comme certain que l'initié acquérait le sentiment de la présence effective des déesses. Il s'agissait beaucoup moins d'un progrès dans la Connaissance que d'une sorte de sacrement d'Amour. C'était d'ailleurs dans la logique du contexte historique : on note en particulier que les divinités du panthéon gréco-latin — jadis si familières avec les hommes, ainsi que Homère l'a décrit — n'apparaissaient plus que comme de froides allégories ; les Mystères apportaient à nouveau le senti­ment d'une véritable présence divine, présence protectrice pou­vant se continuer dans l'Au-delà.

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Le peu que nous allons dire des Mystères d'Isis et d'Osiris ne peut que le confirmer (7). Là aussi il s'agit d'obtenir la pro­messe de se trouver « brillant parmi les ténèbres de l'achéron D. Pour obtenir un viatique pour l'Au-delà, il fallait « disposer de tous les rites dont Osiris avait bénéficié le premier » (Chr. Des- roches Noblecourt).

Là aussi on note un affinement spirituel progressif. A l'origine, Osiris et Isis, divinités agraires (8), étaient des formes fécon­dantes peu préoccupées de délicatesse morale. Mais sous la pression de fidèles eux-mêmes — de plus en plus sensibles au problème moral de la rétribution — l'éloge de la rectitude des mœurs, de l'effort personnel, etc., a nettement teinté l'enseigne­ment initiatique... autant qu'on peut le savoir.

Comme à Eleusis, le sentiment de la présence effective des divinités semble avoir joué un rôle déterminant au cours des Mystères. Il suffit de lire la fin des Métamorphoses d'Apulée, pour constater combien Lucius — revenu de sa scabreuse méta­morphose en âne — entretient un véritable commerce spirituel avec Isis (apparition, songes, etc.), car, en échange de sa promesse d'immortalité, la déesse exige un culte et des sacrifices person­nels.

En définitive les Mystères antiques ne semblent pas avoir apporté la révélation de quelque sagesse primordiale, invariante quoique plus ou moins voilée. Issus des cultes archaïques des premières sociétés agraires, ils se sont spiritualisés dans le sens des aspirations de leur propre clientèle, beaucoup plus qu'ils n'ont dirigé ces aspirations. Et une étude plus approfondie ferait appa­raître une tendance croissante au syncrétisme (nous en avons vu un exemple, concernant l'entrée de Dionysos dans le culte d'Eleu­L-is). On est loin de la vision que nous donne René Guénon.

Des remarques de ce genre ternissent-elles la limpidité de l'analyse de Guénon concernant les Mystères ? On n'est manifes­tement pas dans le même plan. Et la thèse de Guénon donne très vite le sentiment qu'elle a conquis une existence autonome.

Guénon ne situe pas son analyse au plan de l'histoire, même s'il en évoque parfois quelques aspects (en ayant un peu tendance à choisir ou présenter ses exemples pour les besoins de la cause, il faut le dire franchement). Sa référence est ailleurs ; elle est dans une « vérité unique, éternelle et immuable, transcendant tous les langages, toutes les philosophies, tous les symboles mêmes » (Paul Sérant).

On sait la place que la synthèse guénonienne a prise dans le panorama maçonnique. A propos des Mystères, son analyse concernant la Franc-Maçonnerie (insertion dans les Petits Mys­tères, société initiatique dégénérée, etc.), a eu un impact consi­dérable dans ce milieu... Mais l'arrêt rendu par ce juge impassible n'a de valeur que si l'on reconnaît la validité de la loi qui le fonde.

On revient ainsi au problème de la validité de l'option fon­damentale faite par Guénon. Les tenants de la métaphysique de l'Un la déclarent totalement démontrable, donc exempte de tout postulat. Ses adversaires lui reprochent son simplisme réducteur. Alors ?... Le Franc-Maçon, qui est toujours dans la crainte de sacrifier à quelque dogme au cours des Travaux, doit savoir tout cela quand il se réfère à Guénon.

Jh. Le Roch - Morgère.

(1) Guénon note que c'est aussi le cas des rites religieux.
(2) La restriction réserve le cas de certains penseurs, dont des soufis. Ce n'est pas le lieu d'examiner l'hypothèse d'une certaine « contamination d'une fraction de l'Islam par l'Hindouisme.
(3) L'Hymne à Déméter — dit « homérique = en raison de sa métrique — remonte au Vile siècle avant notre ère, il évoque déjà des rites d'initiation enseignés par la déesse aux familles nobles d'Eleusis. Le culte s'y perpétua jusqu'à la destruction du sanctuaire par Alaric, en 396.
(4) La tendance générale est de faire revenir Coré sur terre pendant toute la belle saison (Coré étant alors vue comme une déesse de la végéta­tion, parmi tant d'autres) mais on peut faire une lecture différente : Coré étant « la Fille du blé = repartirait sous terre dés la fin de la récolte, à l'instar du grain que l'on enfermait alors dans les ténèbres des jarres.
(5) L'initiation qui, à l'origine, consistait en la révélation de techniques agraires à garder secrètes, et aussi probablement en des rites de fécondité, est devenue ainsi une démarche et un accueil de plus en plus spirituels.
(6) II y a néanmoins un épisode obscur de la légende de Déméter qui pourrait être interprété en ce sens. Cet épisode concerne Déiphon (ou Damo­phon), un marmot royal que Déméter, dans son chagrin, avait nourri de son lait et avait entrepris de rendre divin par la lente épreuve du feu (ce qui échoua du fait de l'incompréhension humaine). Or on sait de façon certaine qu'un grand feu était allumé au cours des Grands Mystères et que certains mystes se sont jetés dedans. Avaient-ils la promesse d'une divinisation ? on ne le saura jamais. Cet épisode ne semble pas avoir retenu l'attention des spécia­listes.
(7) Comme celui d'Eleusis, ce culte a eu une longue histoire, tant en ce concerne l'évolution de la fonction d'Osiris qu'en ce qui regarde le culte lui- même qui se continua de façon certaine, du moins dans la vallée du Nil, jus­qu'en 551.
(8) On peut voir au Louvre, dans la « crypte de l'Osiris a, des moules à l'image du dieu momifié qui contenait du limon ensemencé de grain que des libations incitaient symboliquement à rester en germination dans les tombes.

  

Source : www.ledifice.net

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Les Mystères d'Eleusis (Rite initiatique).

8 Novembre 2012 Publié dans #Planches

1 - Le mythe - Déméter et Coré -

Dans une première approche, le mythe de Déméter et Coré apparaît simple à lire. Coré rejoint son époux au royaume des morts et c'est l'Hiver. Coré rejoint sa mère, dans le monde vivant et c'est l'Eté … Déméter, dans son désespoir de perdre sa fille, l'hiver retient la Vie. Déméter, dans la joie de retrouver Coré, l'été rend la Terre à nouveau féconde et les blés mûrissent … Ainsi explicité par le mythe, le cycle des Saisons alterne tristesse et joie, de la mort à la vie jusqu'à la mort en espérance de vie.

Première approche, où l'on voit aisément que dans la douleur de la mort on met de l'espérance … Coré morte revivra et sa résurrection libère la vie … Morte certes et l'hiver porte le deuil. Mais vivante dans la mort, elle fera ressurgir l'été et ses moissons … Morte bien sûr, mais porteuse de vie, de l'espérance de vie. Parce qu'on met les morts en terre, la Terre s'ouvre et absorbe la jeune fille pour le royaume des morts. Coré crie, certes, mais personne ne peut rien contre l'inéluctable… Pas même sa mère Déméter l'égale de Zeus.

Coré crie, certes, mais Hadès l'emmène pour la passion et la voilà morte pour les vivants … Mais au Royaume des Morts, elle règne … Donc elle est vivante : elle est sur la couche d'Hadès, respectée. Elle règne sur les morts, reine des morts. Elle n'a pas disparu puisqu'on la retrouve. Elle vit dans la mort … II y aurait donc une vie dans la mort ?

Et l'on voit bien, dans nos climats tempérés, que dans la mort apparente de l'hiver les germes de vie, dans la terre, préparent la renaissance du printemps … la résurrection. Et que si les sèves stagnent, les bourgeons se forment, en attente. Et gardent l'Espoir. Dans la terre disparaît la graine, mais de la terre jaillit le germe de vie, porteur de l'espérance …

Et tout à coup, apparaissent des Lois : certes les dieux sont fantasques, avec leurs passions et leurs volontés folles qui s'imposent au monde des hommes … Mais il y a des Lois que la volonté des dieux ne sait transgresser. Puisque Coré a mangé un pépin de grenade, elle restera inéluctablement liée au royaume des morts et à son époux Hadès. Elle a mangé le pépin de grenade : le mariage est donc indissoluble même contre la volonté des dieux. Hadès sait bien que ni Zeus ni Déméter n'y pourront rien. II y a l'Inéluctable à quoi les dieux eux-mêmes se soumettent. II y a des Lois … Le monde est régi par des Lois …

Première approche encore, le mythe semble lisible. La nuit Déméter, la nourrice, cache l'enfant dans le feu, dans une braise ardente … Forgé ainsi au feu, l'enfant deviendra immortel. Il aurait la vie éternelle, échappant à la vieillesse et à la mort. Le feu source de vie, garant de vie … Déméter, la déesse de la vie et de la fécondité, révèle le secret des dieux immortels. Par le feu, la vie triomphe de la mort …

Souvenons-nous : d'aucuns disent ailleurs : "C'est par le feu que la nature se régénère" (Igne Natura Renovatur Integra ou INRI). Mais aussi la déesse soufflait doucement sur l'enfant. Par le souffle, elle donne la vie et l'enfant grandit sans prendre le sein, ni aucune nourriture … Par le souffle seulement, il se nourrit de l'air que ventile la nourrice.

Autre secret : le Souffle. L'air source de vie … La Terre, le Feu, L'Air … Et voici la faute, La Faute … Parce que l'Homme n'a pas su avoir confiance, n'a pas fait confiance au dieu … Parce que l'Homme ne sait pas voir son Destin, son heur et son malheur, il commet "la faute la plus grave" qui l'exclut du monde des dieux, lui interdit l'immortalité, le ramène à la vieillesse et à la mort inéluctable, à son destin d'homme mortel. Et cette défiance, ce manque de confiance, relèvent de la folie. Et c'est de cette folie que relève le destin mortel de l'homme … II ne sait pas voir son destin, il ne fait pas confiance à la sagesse des dieux, il n'est pas digne de l'immortalité … La Faute le renvoie au monde des mortels …

Mais, pour compenser la Faute folle, vient l'ordre divin : élever un Temple à Eleusis et un Autel où la déesse fondera les Mystères pour instruire les hommes. Déméter enseigne le Rite sacré qu'il ne faudra pas divulguer ni transgresser. "Les beaux rites les rites augustes qu'il est impossible de pénétrer" sur lesquels il faut garder le secret. "Le respect est si fort qu'il arrête la voix". Le Secret … Dès lors, la lecture du mythe devient plus difficile, puisque le Mystère est couvert par le secret, puisqu'il est dit qu'on ne peut le pénétrer, puisque personne n'a transgressé, ni rien révélé.

Cependant un esprit maçonnique est alerté sur quelques indices qui lui paraissent familiers. L'épreuve de la Terre qui s'ouvre pour emmener Coré dans un voyage douloureux … Les vertus du feu qui ouvrent à la vie éternelle et dépassent la mort. La purification par l'air, le Souffle, qui alimentent le corps et permettent son épanouissement. L'eau enfin, quand Déméter se réfugie de tristesse au puits des Vierges, près d'Eleusis, où les jeunes filles viennent puiser l'eau, sans peine - est-il précisé - dans des vases en bronze rutilant. Lecture plus difficile donc avec le secret …

On voit aussi que les plantes portent sens. Elles sont présentes dans le mythe qui énumère avec insistance les fleurs que cueillent Coré et ses amies "les belles jeunes filles à l'ample poitrine" au moment de l'enlèvement. Des roses, des crocus, de belles violettes dans les prairies, des lis, des iris, des jacinthes, et des narcisses, fleurs d'eau, dont la beauté et le parfum réjouissent et les dieux et les hommes et " les vagues marines ". Le safran, couleur de la sagesse, dont on sait que les mystes se parent dans leur voyage initiatique.

On rencontre aussi la grenade dont le pépin "doux et sucré" scelle à jamais l'union et rend irréversible le cours des choses … Elle orne aujourd'hui nos colonnes maçonniques dès l'entrée du Temple. Aussi la menthe du pouliot dans la boisson sacrée de Déméter, plante aromatique certes mais tranquillisant, agent de la sérénité … Enfin le blé, nourriture des hommes, dont la croissance bien sûr demande le travail des hommes, mais dont la génération et la culture relèvent des pouvoirs de la divinité …

De ce que l'on sait, du peu que l'on sait, les Mystères de Déméter appelaient à des Voyages sur la Terre "aux vastes chemins" au moins en Trois étapes : d'Eleusis à Athènes où l'on transporte les objets sacrés (hiéra) qui portent un sens aux yeux des initiés ; d'Athènes jusqu'à la mer pour les purifier à l'eau marine ; enfin la procession des initiés retourne à Eleusis pour y rapporter les objets sacrés purifiés et guides des mystes.

Ces trois voyages étaient développés sur sept jours pour ouvrir la voie aux Initiations d'Eleusis. Ainsi, dans les brumes des mystères, on devine des Nombres. Coré passera un tiers de l'année au royaume des morts et deux tiers de l'année chez les vivants.

On sait que l'initié doit attendre un an entre les Petits mystères et les Grands mystères, puis cinq ans pour les suivants : 1 - 3 - 5 - 7. Et Neuf : Déméter "pendant neuf jours ne cessa de parcourir la terre" à la recherche de l'Espoir pour retrouver sa fille … Et Dix … Le 10° jour elle reçut la nouvelle du soleil qui lui avait révélé la vérité : l'enlèvement de Coré et la volonté de Zeus : 1 - 3 - 5 - 7 - 9 - 10. Des voyages, des Nombres …

On devine aussi des Emblèmes, des Mots pour se reconnaître, des formules confidentielles … Des Signes : le Triangle isocèle de la Sagesse, la Clé pour sceller les lèvres de l'initié … Ou encore des Lumières, des flambeaux et des bruits, des tintamarres, des musiques fortes de cymbales et tambourins … Mais encore des Silences, du Silence et des Secrets insistants, rigoureux, impératifs …

Et enfin, à l'évidence, pas d'enseignement … Pas d'école, pas de dogme … L'Initiation appelle à l'Emotion … A force d'impressions qui forgent l'âme et portent à la réflexion, elle soulève d'enthousiasme l'initié. "Ceux qu'on initie ne doivent pas apprendre quelque chose nous dit Aristote, mais éprouver des Emotions et être mis dans certaines dispositions".

Le franc-maçon se trouve en pays familier …

(Source : Homère, Hymnes à Déméter - Paris, Les belles Lettres, 1997, pp. 42-58).

Source : http://www.troispoints.info/article-22414375.html

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Des mythes et symboles de la mort et de la résurrection

8 Novembre 2012 , Rédigé par C.M Publié dans #Planches

Lors de notre élévation au grade de Maître, nous vivons tous une nouvelle initiation : l’initiation à la mort. On peut alors s’interroger. Si la mort désigne, comme nous le dit le Dictionnaire des Symboles, la fin absolue de quelque chose de positif : un être humain, une amitié, la paix, alors Pourquoi un tel psychodrame ? Sur quel chemin veut-on nous emmener ? Si en tant que symbole, la mort est l’aspect périssable et destructible de l’existence, si elle est aussi l’introductrice dans les mondes inconnus des Enfers ou des Paradis (toujours selon le dictionnaire des symboles) alors Quel paradis nous est promis ou interdit ? Quel enfer veut-on nous faire approcher et quitter ? Au total, que va faire le maître de cette nouvelle vie qui s’offre à lui ?

La mort a toujours été au centre de toute réflexion ou méditation sur la vie. Platon disait : « La vie d’un philosophe n’est qu’une longue méditation sur la vie. » paradoxe, car la mort apparaît comme la négation ou tout au moins la cessation de la vie. Ainsi les hommes refusant de fait la mort comme définitive se sont inventés par le biais des religions une survie qui serait éternelle. Mais les religions ne sont que l’expression vulgarisée d’une vieille sagesse transmise dans le secret, de maître à disciple, à ceux qui sont capables de recevoir la vérité sur la vie qui inclut la mort comme inéluctable perspective. Aussi, des mystères antiques égyptiens, grecs et romains à la Franc-Maçonnerie, le cœur de toute initiation passe par la symbolique de la mort et de la résurrection qui ne concerne en rien la survie indéfinie de l’âme après la cessation de la vie et qui n’est pas immédiatement accessible à l’initié. Ainsi, les Mystes d’Eleusis n’accédaient aux « grands mystères » qu’après avoir été au moins un an auparavant, initiés aux « petits » ; et nous, Francs-Maçons ne sommes nous élevés au grade de maître qu’après avoir été reçus apprentis, puis avoir « vu » comme compagnon « l’Etoile Flamboyante ».

Mais remontons d’abord dans le Temps. La symbolique de la mort et de la résurrection remonte à la plus Haute Antiquité avant d’aboutir pour nous Francs-Maçons à la légende d’Hiram.
Trois mille ans avant J-C déjà, une légende rapportait l’existence d’un roi fabuleux, Tammouz, amant ou époux de la déesse-mère, qui mourait en même temps que la nature et ressuscitait trois jours plus tard.

C’est encore Ishtar, déesse babylonienne de la fécondité et de la fertilité dont Oswald Wirth nous conte l’histoire de sa descente aux enfers. « Lasse de frivolité, la déesse babylonienne se détourne de vivants et s’enfonce dans le séjour des morts. Elle s’y heurte à sept enceintes, qu’elle ne peut franchir qu’en se dépouillant graduellement de ses métaux et de ses vêtements. Elle se présente ainsi dans un état d’absolue nudité devant la reine des Enfers, sa sœur, qui, après avoir provoqué Ishtar à se révolter en lui reprochant ses fautes, la punit en la faisant accabler de tous les maux et en la retenant prisonnière. Les vivants ne connurent plus alors ni l’amour, ni ses rites. Les races étant menacées de s’éteindre, les dieux tremblent de manquer de dévots et d’offrandes. Les dieux inférieurs ont alors recours aux supérieurs et implorent la libération immédiate d’Ishtar. Ainsi, l’Enfer sera contraint de rendre sa proie. Ishtar est donc revivifiée, puis reconduite de porte en porte jusqu’à la sortie de la sombre demeure. En chemin, elle rentre en possession de tout ce qui lui appartient. La vie terrestre reprend son cours normal. » Pour Wirth, ce mythe fait allusion au renouvellement printanier de la végétation mais a une portée plus subtile. Descente aux enfers, dépouillement puis restitution des métaux, mort et résurrection, marquent autant de phases du programme constant de toutes initiations.

Vient ensuite la légende d’Osiris. Râ, devenu vieux, avait choisi Osiris son fils aîné, pour lui succéder. Celui-ci, aidé de sa sœur-épouse Isis se révèle excellent souverain. Mais Seth, frère jaloux, lui tend un piège, le tue, dépèce son corps et en jette les morceaux dans le Nil afin d’empêcher sa reconstitution et sa résurrection. Cependant, Isis, à force de patience et d’obstination « rassemble les morceaux épars », reconstruit le corps de son mari jusqu’à l’appendice manquant, grâce à quoi elle peut devenir mère des œuvres du dieu qu’elle a ressuscité. Et ainsi les Egyptiens, lors des fêtes en l’honneur d’Osiris, prenaient le deuil, pleuraient pendant trois jours puis célébraient sa résurrection qui apportaient à tous l’assurance d’une vie posthume. Dieu agraire, il symbolisait aussi le grain inerte enfoui dans le sol qui germe et lève.

Comment ne pas évoquer également les mystères d’Eleusis. Même si nous ne savons que fort peu de choses, le secret ayant été rigoureusement gardé, Cicéron nous a tout de même relaté les frayeurs qui précèdent la mort puis la joie qui accompagne la renaissance.
Et je ne puis passer sous silence la Passion du Christ et sa résurrection, puisque réelle ou légendaire, elle s’inscrit dans la même tradition. Comme le roi Tammouz trois mille ans avant lui, le Christ ressuscite trois jours après sa mort et après être descendu trois jours aux enfers.
Mais la symbolique de la mort et de la résurrection n’est pas l’apanage des grandes civilisations. Dans toutes les parties du monde, les populations « non civilisées » célèbrent de véritables mystères auxquels on n’est admis que par voie d’initiation. Ils renferment presque toujours des scènes mimées où l’élément dramatique le plus fréquent est la simulation d’une mort suivie d’une résurrection. On retrouve de tels rites en Australie, dans l’archipel des Iles Fidji, au Congo, en Nouvelle-Guinée.
Les similitudes de ces initiations pourtant très éloignées dans l’espace et dans le temps peuvent surprendre. On approche ici du caractère universel du message transmis par ces mystères pour tous les hommes, de toutes les contrées et de toutes les époques.

« Nul ne saurait se dire véritablement initié, tant qu’il n’est pas mort trois fois » rappelle Wirth. Notre réception au grade d’apprenti figure de manière symbolique, la mort de l’être profane et sa résurrection en tant qu’initié. Le processus débute lors notre recueillement au sein du cabinet de réflexion où la tête de mort côtoies l’énigmatique VITRIOL. C’est notre première mort initiatique suivie de l’initiation, seconde mort initiatique où nous nous libérons de notre esclavage pour devenir un homme libre. Enfin, nous mimons la mort puis la résurrection d’Hiram et accédons à la troisième mort symbolique.
Mais pourquoi cette cérémonie qui nous touche à jamais, épisode parfois douloureux, toujours perturbant ? Est-ce le vrai commencement ?

La mort a plusieurs significations. Elle peut être libératrice des peines et des soucis. Elle n’est pas une fin en soi. Mors janua vitae : la mort porte de la Vie. Au sens ésotérique, le dictionnaire des symboles nous dit qu’elle symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation. Maître Hiram meurt donc pour donner naissance à un nouvel Hiram : la vie a vaincu la mort, l’esprit a dominé la matière, la Lumière a triomphé des ténèbres, le compas peut couvrit l’équerre. Le Maître doit mourir pour permettre au Compagnon de réaliser sa propre naissance, pour lui donner la possibilité de s’accomplir pleinement et devenir un nouvel Hiram spirituel. Ainsi la lumière que chacun peut recevoir et transmettre brillera éternellement et nous pouvons dissiper notre angoisse devant la mort. Car pour nous qui sommes intégrés dans « une chaîne d’union », notre propre mort devient une péripétie inévitable, d’importance secondaire dès l’instant que le groupe lui survit. L’initié ne doit pas avoir peur de mourir. Ayant éprouvé son courage en mimant la mort, il sait qu’il vivra éternellement, non pas dans un au-delà mythique, mais dans la « Chaîne d’union » qui lui survivra grâce aux autres maillons qu’il aura lui-même contribué à engendrer et façonner.

Puis vient le temps où il faut quitter le linceul noir. La « remontée » débute par le mot de passe des Maîtres Maçons : Tubalcaïn qui signifie que nul ne saurait se prétendre tel s’il n’a visité les enfers, ses propres enfers. Tubalcain, Maître du Feu, des métaux et des Enfers nous montre la voie. Nous devons forger nos métaux, nous rendre maître de notre énergie intérieure, sortir de l’enfer qui peut s’appeler tour à tour vanité, ignorance, fanatisme, peur de l’autre, rejet, jalousie, colère, pulsion, mensonge, haine, oubli, jugement.

Ensuite arrive le temps de la résurrection. Que faire de cette résurrection ? Tout d’abord, le mot interroge. Littéralement il signifie se lever une nouvelle fois, en mythologie et religion c’est le retour de la mort à la vie , le terme grec anastasis utilisé dans le Nouveau Testament signifie relèvement ou action de lever ou d’être levé une nouvelle fois à partir d’une position couchée.
L’aspirant à la maîtrise est donc prêt pour la résurrection, prêt à quitter le tombeau « qui a sept pieds de long sur cinq de large et trois de profondeur ». Hiram est alors ressuscité « par les cinq points de la Maîtrise », réanimation d’un corps afin de lui redonner vie. Il peut désormais être l’homme qui s’applique à la réalisation d’une œuvre et , tel l’architecte Hiram qui construisait le Temple du Roi Salomon, à la construction d’un temple du Cœur et de l’Esprit. Maître, il sera celui qui se heurte au pouvoir et à l’ambition, à l’ignorance, au mensonge et au fanatisme, les trois mauvais Compagnons de la légende. Il devient l’espoir d’un monde du bien et du beau. Il quitte sa vieille dépouille et endosse l’habit d’un homme imaginatif, créatif et libre. Il abandonne dans le cercueil son « corps psychique » pour renaître « corps spirituel », purifié, libéré et heureux. Il est le symbole de l’homme de valeur qui, malgré les tentations et les persécutions, remporte la victoire sur ses faiblesses et ses passions ; il est le symbole d’homme fidèle au devoir, du Franc-Maçon qui préfère mourir que de faillir à sa tâche.

Ainsi la résurrection, cadeau de l’initiation à la mort, nous montre au bout du chemin le paradis, ou plutôt notre Paradis, ce lieu de notre esprit où selon la tradition toltèque règne la joie, où on est heureux, libre d’aimer et d’être qui l’on est vraiment si on réussit à détruire le parasite c’est-à-dire nos défauts.
La route vers notre paradis reste longue, tortueuse mais cette nouvelle vie qui s’offre à nous est surtout synonyme de recherche, de beauté, d’envie et d’actions. Poursuivre le chemin, continuer notre quête, voilà notre saint Graal, notre inaccessible étoile.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Zoroastre : Gatha Ahounavaïti

7 Novembre 2012 , Rédigé par Carlos Bungé Publié dans #spiritualité

1.Maintenant  je veux répandre,

Parmi tous ceux qui m'écoutent,

Le savoir qui vient au Sage!

Pouvoir divin suprême,

Veuille accueillir mes prières!

Et Toi, Bon Esprit, écoute

Mes prières et mes hymnes!

Pureté, viens me guider!

Et vous, divins immortels,

Par vos, leçons salutaires,

Éclairez-moi sans tarder!

 

2.Écoutez avec sagesse.

Ce qui est bon et parfait!

En votre esprit discernez

Ce que chacun devra faire

Pour son corps, pour tout son être,

Afin de se relever

Et accomplir le Grand Œuvre!

Voici les enseignements

Que chacun devra connaître

Pour acquérir le Savoir.

 

3.Sachez qu'il est deux esprits :

 L'un est bon, l'autre contraire  

Qui remplissent les pensées,

Les paroles et les actes,

Que les Justes reconnaissent

Toujours avec certitude

Mais que les méchants confondent!

 

4.Sachez que ces deux esprits

Toujours sont antagonistes,

Et que, donnant vie, ou mort,

Ils décident de tout sort.

Aux méchants : l'esprit contraire!

Mais aux justes : Bon Esprit!

 

5.Sachez que l'esprit impur

Agit dans les malfaiteurs,

Alors que le Bon Esprit

Agit dans ceux qui sont purs,

Inspirés de Vérité.

Tous ceux dont les actes justes

Sont conformes à la Loi

Vont selon la Volonté

Du Pouvoir divin suprême.

 

6.Or, les êtres malfaisants

Point ne savent distinguer

Ces esprits toujours contraires,

Et d'eux, trop souvent s'empare

L'esprit de la violence.

Ceux qui vivent « dans le monde »

Vivent donc en malfaiteurs,

Et leurs actes sont nuisibles

A ce monde, comme à l'autre.

 

7.Celui qui vit sans reproche

Reçoit Sagesse et Pouvoir,

Bon Esprit et Pureté,

Santé, Force et Longue vie.

Qu'il les reçoive aujourd'hui,

Constamment, en abondance!

 

8.Mais les autres recevront

Le châtiment de leurs crimes!

Que Ton Règne s'établisse

En vertu du Bon Esprit,

O Pouvoir divin suprême ---

Parmi ceux qui ont vaincu.

L'adversaire mensonger,

En vivant la Vérité!

 

9.Soyons ceux qui reconstruisent

Le monde sur Vérité :

Des aides pleins de sagesse,

Dont la foi, la sainteté,

Apportent la joie au monde,

Au monde renouvelé!

Que nos cœurs toujours entendent

La voix de la Vérité!

 

10.C'est alors que l'adversaire

Croulera, anéanti!

Ceux qui Vivront dans la Loi

Recevront à tout jamais

Le bonheur du Bon Esprit,

Les trésors de Pureté

Du Pouvoir divin suprême.

 

11.O mortels! Écoutez donc

Les enseignements de vie

Que vous apporte ici-bas

Le Pouvoir divin suprême,

Et les règles de conduite

Qui procurent le bonheur

A ceux qui vivent en Justes,

Alors que tous les malheurs

Accableront, tôt ou tard,

Tous les êtres malfaisants.

Le bonheur définitif

N'est donné qu'aux hommes justes,

Eux seuls gagnent le Salut!

 

Source : les Gathas de Zoroastre 1933

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L’Avesta, Zoroastre et les sources des religions indo-iraniennes

7 Novembre 2012 , Rédigé par Jean Kellens

Même si les historiens et les philosophes grecs avaient quelque connaissance de la religion de l'ancien Empire perse, il fallut attendre le milieu du XVIIIe siècle pour qu'un voyageur français, Anquetil-Duperron, puisse acquérir auprès des Parsis de Pondichéry des manuscrits en nombre suffisant pour que commence l'étude de la langue et des textes de l'Avesta, puis de la mythologie, de la religion et des philosophies recueillies dans ce livre sacré.

Les Grecs et la figure de Zarathushtra

Une génération après les guerres médiques, quand les Grecs purent jeter sur l'Empire perse un regard apaisé, ils furent sensibles à un certain exotisme religieux. Hérodote se plaît à faire le tableau d'un peuple pratiquant une religion toute naturelle. Les Perses, dit-il, n'ont ni temples, ni idoles, ni autels. Ils adorent, au sommet des montagnes, le ciel tout entier. Ils exposent les cadavres aux chiens et aux oiseaux, ou les enterrent après les avoir enduits de cire. Leur morale est simple et raisonnable : une faute isolée ne compte pas, mais bien la balance entre les bonnes et les mauvaises actions que l'on accomplit durant sa vie ; et ils enseignent aux enfants trois choses seulement : monter à cheval, tirer à l'arc et dire la vérité. La fonction sacerdotale est confiée à la tribu mède des mages.

Le premier à mentionner le nom de Zarathushtra sous sa forme hellénisée Zoroastrès – dont nous ferons Zoroastre – est apparemment Xanthos le Lydien, un historien contemporain d'Hérodote, un peu plus âgé que lui. Son œuvre ne nous est pas parvenue mais d'après ce que nous en savons par d'autres auteurs, il aurait parlé au moins deux fois de Zoroastre. D'une part un fragment cité par Nicolas de Damas (Ier siècle de notre ère) raconte la terreur qui envahit les Lydiens quand un orage violent interrompit un sacrifice offert par le roi Crésus : ils se rappelaient, dit Xanthos « les oracles de la Sibylle et les logia de Zoroastre ». D'autre part, Diogène Laërce, qui commença à écrire sous le règne d'Alexandre Sévère, attribue à Xanthos une tradition qui situe Zoroastre six mille ans avant l'expédition de Xerxès contre la Grèce.

Quelques dizaines d'années plus tard (vers 380), dans le Premier Alcibiade, Platon attribue la paternité de la science des mages à un certain « Zoroastre d'Ahura Mazdâ », mentionnant ainsi le nom du fondateur de la doctrine et celui de son dieu. Désormais, l'Antiquité ne cessera de placer Zoroastre aux origines de sa propre sagesse. Une tradition que Clément d'Alexandrie attribue à un écrivain du Ier siècle avant notre ère, Cornélius Alexandre Polyhistor, rapporte que Pythagore reçut à Babylone l'enseignement de Zoroastre. Les philosophes voient en lui l'inspirateur du dualisme platonicien. Le dualisme iranien, présentant le monde comme le théâtre du combat entre un dieu bon, Ahura Mazdâ ou Ohrmazd, et un dieu mauvais, Angra Manyu ou Ahriman, est décrit pour la première fois par Plutarque, qui dit tenir son information de Théopompe (IVe s. avant notre ère). À l'époque hellénistique, on attribue à Zoroastre la paternité de la magie, dont le nom dérive effectivement de celui des mages, et de la science ésotérique des astrologues de Chaldée. Tout ceci est parfaitement fantaisiste : Zarathushtra n'est pas le contemporain de Pythagore et rien n'est plus étranger à la vieille religion iranienne que la magie, l'astrologie ou l'alchimie.

La naissance de l'orientalisme

Léguée par la tradition hellénistique, la figure légendaire de Zoroastre, prince des mages, maître des astrologues chaldéens, initiateur de Pythagore, persistera durant le Moyen Âge et la Renaissance. Mais il passe aussi pour l'inspirateur du dualisme manichéen honni. Il faut attendre le XVIIe siècle pour que la perspective se modifie de manière radicale. En 1660, le capucin français Raphaël du Mans rapportait, d'un long séjour à Ispahan, la nouvelle qu'une secte d'adorateurs du feu, les Guèbres, perpétuait en Iran la religion des mages. Quelques années plus tard, deux autres voyageurs signalaient les affinités de leur doctrine avec la religion chrétienne : Tavernier notait que les Guèbres avaient une connaissance confuse des mystères du christianisme et Chardin leur reconnaissait la foi en un dieu suprême, supérieur à la fois à quelques autres divinités et aux deux principes personnifiant le bien et le mal. À l'aube du siècle des Lumières, ces nouvelles d'Orient ne pouvaient laisser indifférent. Dès 1670, les libres-penseurs anglais Marsham et Spencer mettaient l'accent sur les ressemblances entre certaines doctrines païennes et le christianisme et les expliquaient par le fait que les juifs avaient subi l'influence de leurs voisins.

Lorsque, en l'an 1700, l'évêque anglican d'Oxford, Thomas Hyde, entreprend la compilation de tout ce qui est connu de la religion préislamique de l'Iran, il nourrit aussi l'intention de trancher une question d'importance pour la théologie chrétienne. Fallait-il considérer Zarathushtra comme un prophète positif, qui avait reçu quelques lumières de la révélation monothéiste, ou comme un hérétique, qui avait scindé l'unité divine en deux forces contraires, l'une bonne, l'autre mauvaise – une doctrine que Hyde allait définir en forgeant, en latin, le mot « dualisme » ? Quelle que soit l'ampleur de son érudition, Hyde n'est pas véritablement en mesure d'aborder efficacement cette question. À la connaissance des sources classiques, il joint celle de l'orientalisme naissant qui lui donne accès aux textes arabes et persans. Il a su, nous ne savons toujours trop comment, se procurer des manuscrits avestiques et pehlevis, mais il ne sait pas les lire. Privée de l'apport des documents originaux, son œuvre reste donc encore pré-scientifique. Ainsi armé, Hyde a cru pouvoir conclure que Zarathushtra était un prophète comparable à Abraham, qui avait su préserver pour un temps son peuple de la dégénérescence polythéiste. Les accusations de dualisme ne sont pas sans fondement mais elles sont sans portée. Le dualisme du fondateur n'est pas de nature religieuse mais philosophique et cette philosophie est imprégnée de morale. Elle fonde une éthique du comportement qui exige le discernement entre le bien et le mal et est soumise à une rétribution posthume.

Anquetil-Duperron et la première traduction de l'Avesta

C'est dans ce climat que survient un événement essentiel. La vieille religion iranienne n'avait pas seulement survécu en Iran même mais aussi en Inde où la communauté des Parsis, fuyant la conquête musulmane, avait essaimé en quelques points de la côte occidentale. En 1723, un Parsi de Surate offrit un manuscrit à un marchand anglais, qui le fit parvenir à la bibliothèque bodléienne d'Oxford : l'Europe apprenait ainsi que le livre de Zoroastre n'était pas perdu. Encore fallait-il l'avoir tout entier sous la main, puis le comprendre, ce qui n'était possible qu'avec le consentement du clergé parsi. Ce fut l'œuvre du Français Anquetil-Duperron (1731-1805), le Champollion des études iraniennes, bien méconnu aujourd'hui, en dépit d'une excellente biographie de Raymond Schwab (1934) et d'une page émue de Michelet. En 1754, à vingt-trois ans, renonçant à attendre des subsides qui ne viennent pas, il s'engage dans les troupes de la Compagnie des Indes et s'embarque pour Pondichéry avec des compagnons d'armes recrutés dans les prisons. Pour reprendre une expression de Raymond Schwab, la philologie iranienne commence comme finit Manon Lescaut, par un convoi de prisonniers vers les colonies. Anquetil traverse à grand-peine et à grand risque une Inde déchirée par la guerre franco-anglaise, puis, jouant habilement des rivalités qui déchirent la communauté parsie de Surate, il vainc les réticences, se fait montrer les manuscrits, expliquer leur écriture et leur langue. De retour en France, le 15 mai 1762, il dépose à la Bibliothèque du roi cent quatre-vingts manuscrits. L'analyse de ces documents lui prendra encore dix ans : sa traduction de l'Avesta, le livre réputé de Zoroastre, paraît en 1771.

L'exhumation de l'Avesta par Anquetil-Duperron est un fait décisif qui marque un changement d'époque. Désormais, la religion iranienne et la personne de son fondateur présumé échappent au domaine de la querelle philosophique pour devenir objet de science et de philologie sévère. Le personnage de Zoroastre ne cessera pas pour autant de hanter l'imaginaire occidental. Il reste, jusqu'à la fin du XIXe siècle au moins, objet d'utilisation littéraire. En 1756, dans son Essai sur les mœurs, Voltaire manifeste un grand intérêt pour Zoroastre, qui lui paraît pouvoir être utilisé dans la lutte contre le christianisme en ce que sa doctrine permet de relativiser la tradition judéo-chrétienne : Moïse n'est pas unique, il n'a pas eu le monopole de la révélation monothéiste. En 1810, Kleist exhorte ses compatriotes à la liberté dans un poème intitulé Prière de Zoroastre. Shelley, dans le discours à la Terre de Prométhée délivré, évoque la rencontre de Zoroastre et de son âme. Nietzsche, enfin, trouve piquant, selon son propre aveu, de mettre l'expression de l'immoralisme dans la bouche du premier moraliste, celui qui considéra le conflit entre le bien et le mal comme le moteur des choses. Ce ne sont là que quelques exemples.

Les origines de l'Avesta

Au milieu du premier millénaire avant notre ère, l'Iran – c'est-à-dire l'Iran actuel, l'Afghanistan et une partie de l'Asie centrale ex-soviétique – et le bassin des deux grands fleuves de l'Inde septentrionale, l'Indus et le Gange, sont habités par des peuples parlant une langue indo-européenne. La langue des Indiens et celle des Iraniens sont donc apparentées au grec, au latin, aux langues celtiques, germaniques, slaves..., d'une parenté si précise qu'elle peut être définie par un ensemble de lois phonétiques invariables ; de plus, elles présentent entre elles des affinités si grandes qu'elles apparaissent, à cette date ancienne, comme de faibles variantes dialectales d'un unique idiome indo-iranien.

Les premiers documents originaux que les Indo-Iraniens ont laissés de leur langue et de leur histoire sont des inscriptions royales : en Iran, les inscriptions que les rois achéménides, à partir de Darius I, on fait graver dans les provinces occidentales de leur empire, qui jouxtait le monde mésopotamien ; en Inde, les inscriptions, disséminées des rives du golfe du Bengale à la région de Kaboul, dans lesquelles le roi Açoka proclame sa soumission à la loi morale ou dharma, ce qui signifie peut-être sa conversion au bouddhisme. Ainsi, les documents iraniens sont les plus anciens : si les inscriptions d'Açoka se situent aux alentours de 255 avant notre ère, la plus ancienne inscription achéménide peut être datée avec précision de 519. Les Iraniens sont aussi les premiers à avoir été mentionnés par leurs voisins, une priorité de hasard qu'ils doivent au contact de civilisations maniant l'écriture. Un roi assyrien rapporte, sur une tablette que l'on date communément de 835, une campagne qu'il mena contre les Madai, ceux que les Grecs appelleront Médoi et nous, d'après eux, les Mèdes. Nous savons ainsi qu'au milieu du IXe siècle avant notre ère, la tribu qui, durant l'Antiquité, occupa la frontière nord-ouest du monde iranien, aux lisières du Caucase et de l'Arménie, avant de se dissoudre dans la diaspora et les invasions de nomades, se trouvait installée dans son habitat historique.

L'histoire proprement dite ne permet pas de remonter plus haut. Il est certain que les peuples de langue indo-européenne ne sont pas, en Inde et en Iran, des autochtones mais nous ne connaissons ni la date de leur arrivée ni l'itinéraire de leur migration, comme les participants d'un colloque consacré à cette question au Collège de France, en janvier 2000, ont été unanimes à le rappeler.

La présence de peuples de langue indo-européenne en Inde et en Iran est cependant documentée bien avant le VIe et même le IXe siècle avant notre ère. En vertu d'une tradition culturelle commune, les Indiens et les Iraniens ont pareillement assuré par transmission orale la conservation d'un corpus de textes très anciens et considérés comme sacrés : le Veda en Inde, l'Avesta en Iran. Ces livres, qui n'ont été mis par écrit que des siècles plus tard, font du lointain passé indo-iranien une catégorie dont il n'existe aucun équivalent : une préhistoire documentée ou une sorte particulière de protohistoire. Leur composition ne peut être située avec précision ni dans l'espace ni dans le temps, leurs auteurs et la société dont ils étaient l'expression nous sont entièrement inconnus. Tout ce que nous pouvons faire, d'une manière générale, c'est établir une chronologie relative, avec toutes les incertitudes et les approximations que cela suppose. D'une part, nous considérons que des vestiges linguistiques indiens du Proche-Orient, signalent le moment à partir duquel se sont trouvés réunis les ingrédients de la littérature sacrée indo-iranienne ; d'autre part, nous cherchons à évaluer l'archaïsme de la langue des textes védiques et avestiques par rapport à celle des premiers documents originaux, les inscriptions de Darius et d'Açoka. Cette démarche empirique nous amène, si n'interfère aucun argument d'une autre nature, à situer les plus anciennes parties des deux livres entre 1500 et 1000 avant notre ère.

Deux livres sacrés : l'Avesta et le Véda

L'Avesta, dont le nom, repris tel quel aux Parsis modernes, est la déformation d'un mot ancien signifiant « éloge », présente un double intérêt linguistique et religieux. Sa langue, l'avestique, est l'un des deux dialectes iraniens anciens connus qui font pendant au témoignage indien du sanskrit védique, le second étant le vieux-perse des inscriptions achéménides. C'est aussi le livre sacré de la religion préislamique de l'Iran, que les spécialistes appellent, selon leur goût, « mazdéisme » en se référant au nom de son dieu dominant, Ahura Mazdâ, ou « zoroastrisme » d'après le nom de l'homme qui est censé l'avoir fondée et prêchée, Zarathushtra ou Zoroastre. Si proche qu'il soit du Véda par la langue, le style et les conceptions religieuses, l'Avesta s'en distingue du moins par deux particularités d'ordre général qui font qu'il relève d'une problématique scientifique sensiblement différente. Tout d'abord, il est de dimension beaucoup plus modeste. Alors que le Veda n'est pas un livre, mais une bibliothèque tout entière, l'Avesta représente à peu près un livre de poche classique de 250 pages, si bien que l'analyse se trouve embarrassée, non par l'abondance inhumaine du matériel à traiter, mais par sa ladrerie, qui refuse trop souvent la confrontation de passages parallèles, seule technique d'éclairage possible quand il n'y a pas évidence linguistique. Le texte est aussi beaucoup plus mal transmis, non par déficience des techniques iraniennes de transmission orale mais parce que la tradition mazdéenne a connu, semble-t-il, des crises et des solutions de continuité. L'une, en tout cas, est sûre et décisive. La conquête arabe et l'islamisation de l'Iran, au VIIe siècle, ont provoqué la dispersion des écoles théologiques et entraîné une irrémédiable décadence de l'élocution liturgique. En dépit de tous les efforts accomplis par les communautés restées fidèles à la vieille religion, qu'elles soient demeurées en Iran ou aient migré vers l'Inde, pour conserver à leur doctrine une certaine qualité théorique, la transmission orale et, à cette époque, écrite de l'Avesta n'a cessé de se détériorer jusqu'à l'intervention, au siècle dernier, de l'érudition scientifique. Alors que le Veda est un texte irréprochable, où les fautes sont exceptionnelles, l'Avesta est corrompu et, pour être compris, doit faire l'objet d'un travail lent et difficile de restitution philologique, travail parfois désespéré et, en raison de l'indigence des faits qui nourrissent l'argumentation, toujours guetté par l'arbitraire.

Les différents manuscrits

Ces vicissitudes, jointes à l'absence de tout témoignage extérieur, expliquent que nous connaissions si mal l'histoire de l'Avesta, depuis sa composition jusqu'à son exhumation par Anquetil-Duperron, et encore les quelques choses sûres que nous sachions ont-elles bien souvent été acquises tout récemment. L'édition critique de l'Avesta, qui a été faite par Karl-Friedrich Geldner dans les dernières années du XIXe siècle, est fondée sur l'ensemble de la documentation significative provenant des communautés parsies. Tous les manuscrits importants et la plus grande partie des manuscrits secondaires ont été dépouillés et il est totalement exclu que nous recueillions, dans l'avenir, la manne d'un matériel nouveau. Le classement des manuscrits par famille et la détermination de leurs liens de filiation a mis en lumière le caractère récent de la tradition manuscrite qui nous est parvenue. Les deux plus anciens des manuscrits importants (J2 et K5) ont été écrits par le même copiste et sont datés de 1323, le plus vieux manuscrit (K7a) pourrait remonter, selon l'estimation la plus extrême, à 1268 et la mémoire des scribes ne va pas au-delà d'un modèle perdu qu'on peut situer aux environs de 1020. De plus, des fautes généralisées démontrent à l'évidence que tous les manuscrits sans exception dérivent d'un original perdu qu'on appelle le « manuscrit de base » et que ses imperfections invitent à situer à l'époque troublée de la migration vers l'Inde, c'est-à-dire entre le VIIIe et le Xe siècle. Il est donc vain de se bercer de l'espoir qu'un manuscrit ait pu conserver, contre tous les autres, la leçon miracle. Tous sont pareillement les rejetons du manuscrit de base et leur confrontation ne permet rien de plus que la restitution d'une version déjà corrompue de la fin du premier millénaire. Non seulement la tradition manuscrite est récente mais elle est aussi extraordinairement ténue.

Un progrès significatif a été accompli à la fin des années soixante lorsque Karl Hoffmann, par une analyse paléographique rigoureuse, a pu remonter aux sources de la transmission manuscrite. Par sa structure et les caractéristiques formelles de ses signes, l'alphabet avestique est clairement une invention érudite ad hoc de l'époque sassanide. Il n'est pas le fruit de l'évolution historique aveugle d'un système d'écriture, mais une création délibérée menée dans le but exclusif de mettre l'Avesta par écrit. L'inventeur s'est inspiré de deux modèles. Du point de vue de la forme, il a puisé l'essentiel du stock de ses signes dans l'écriture du pehlevi des livres – une forme particulière du dialecte moyen-perse –, elle-même dérivée de l'écriture araméenne. Mais, alors que celle-ci ne note pas les voyelles et va jusqu'à confondre plusieurs consonnes sous le même signe, il a adopté le principe typologique « un signe égale un son » des alphabets grecs et latins, qu'il connaissait et auxquels il a d'ailleurs emprunté deux signes. Ce principe de travail fournit de précieuses indications. Une indication chronologique tout d'abord : les caractéristiques formelles de l'écriture pehlevie que l'alphabet avestique reproduit n'ont été acquises qu'au début du VIIe siècle. Le fait que l'inventeur anonyme ait pris pour modèle le système alphabétique gréco-latin et une écriture qui servait à noter le dialecte moyen-perse suggère qu'il a travaillé dans une ambiance « occidentale », c'est-à-dire en Perse, qui était la province autochtone du pouvoir politique sassanide. L'alphabet avestique n'a jamais été utilisé pour un autre texte que l'Avesta. Il a très probablement servi à mettre par écrit un exemplaire unique du canon – disons : l'archétype sassanide –, déposé en lieu sûr, auquel le clergé pouvait se référer en ultime recours pour dénouer d'éventuelles controverses théologiques. La minutie véritablement maniaque avec laquelle il rend les plus subtiles variations phonétiques montre qu'il a été prévu pour transcrire finement les nuances de l'élocution liturgique solennelle. L'alphabet avestique a été inventé pour donner une forme écrite à un texte récité : ceci démontre qu'il n'y eut jamais auparavant de tentative pour mettre l'Avesta par écrit. Ajoutons que tous les textes connus n'ont sans doute pas été confiés à l'écriture et que ceux qui ont été mis par écrit ne l'ont probablement pas été avant la conquête arabe.

Premières lectures et premières interprétations

Les manuscrits d'Anquetil-Duperron déposés à la Bibliothèque du roi en 1762 ne sont pas à proprement parler des morceaux de l'Avesta, quoique ce titre ait été donné à leur collection. À l'exception de quelques brefs fragments épars, le canon sassanide a disparu au début du IIe millénaire. Les textes d'Anquetil en sont des extraits choisis et assemblés pour les besoins de deux anthologies liturgiques distinctes. La première est le récitatif d'un long sacrifice qui associait, dans sa version maximale, les trois livres Yasna, Visprad et Vidêvdâd ; la seconde rassemble les hymnes sacrificiels consacrés aux divinités autres qu'Ahura Mazdâ (Yashts) et les assortit de quelques liturgies privées (Xorda Avesta). Il est probable que ces anthologies utilitaires étaient constituées avant la collation du canon sassanide.

Le premier déchiffrement de ces textes a paru justifier le vieux débat sur le système religieux du mazdéisme. C'est que ce système semble varier selon les livres constitutifs et, dans chaque cas, épouser des contours flous. Les Yashts témoignent d'un polythéisme soigneusement hiérarchisé, le cœur du Yasna d'un monothéisme indécis qui montre le dieu unique entouré d'abstractions divinisées. Les notations dualistes sont disséminées dans l'ensemble des textes, mais se font plus insistantes dans le Vidêvdâd. En somme, un beau désordre, qui explique qu'Anquetil-Duperron, tout en travaillant sur les textes originaux, n'ait pas remis en cause l'interprétation de Hyde.  

Les travaux de Martin Haug…

Le premier philologue à qui le développement de la grammaire comparée indo-européenne et, plus spécifiquement, indo-iranienne ait permis de comprendre suffisamment l'Avesta pour tenter une analyse rigoureuse de son système religieux est l'Allemand Martin Haug. Aux alentours de 1860, il lui est apparu que le corpus métrique qui occupe les chapitres 29 à 34, 43 à 51 et 53 du Yasna, les Gâthâs ou « Chants », présentait une triple singularité : leur langue est nettement plus archaïque que celle du reste du corpus ; Zarathushtra n'y fait pas figure de héros légendaire, mais agit dans la réalité actuelle, sans majoration merveilleuse ; enfin, elles ne mentionnent jamais d'autre nom divin que celui d'Ahura Mazdâ. C'est sur la base de ces trois observations que Haug établit une chronologie des diverses expressions religieuses du mazdéisme. Puisque l'Avesta commence par les Gâthâs, le mazdéisme commence par le monothéisme. Celui-ci est l'œuvre d'une personnalité historique, Zarathushtra, et ses disciples l'ont laissée « se détériorer » soit en dualisme, soit en polythéisme hiérarchisé.

Haug ne peut cependant éluder le fait qu'il existe des rapports synchroniques entre le monothéisme des origines et le dualisme, puisque ce sont les Gâthâs elles-mêmes qui semblent esquisser la théorie des deux forces antagonistes dans une strophe (Y 30.3) que Haug traduit ainsi : « In the beginning, there was a pair of twins, two spirites, each of peculiar activity : these are the good and the base, in thought, word and deed. Choose one of these two spirites ! Be good, not base ! ». Haug est ainsi amené à reproduire l'interprétation de Hyde en présentant le monothéisme comme la théologie de Zarathushtra et le dualisme comme sa philosophie. Ayant pris conscience de l'unité de la personne divine, le prophète s'est trouvé contraint d'expliquer comment la création d'un être parfait pouvait être imparfaite. Il l'a fait philosophiquement, en supposant l'existence de deux causes primordiales inhérentes à l'homme et à Dieu lui-même. Appelées mainiiu ou « esprit », elles sont des forces de l'état mental et néanmoins créatrices, l'une de tout ce qui est bon, l'autre de tout ce qui est mauvais. Plus tard, confondant la théologie et la philosophie du fondateur, les docteurs mazdéens ont constitué une vraie religion dualiste. Le bon manyu a été confondu avec Ahura Mazdâ lui-même et le mauvais est devenu son adversaire frontal. Si grand et si durable qu'ait été son succès, on voit que cette manière de rendre le monothéisme compatible avec le dualisme est doublement suspecte. Elle reproduit une interprétation pré-scientifique et attribue à l'auteur des Gâthâs une spéculation qui n'est pas exhumée du texte mais d'une philosophie prétendument universelle. Haug a cependant le mérite et l'excuse d'avoir procédé avec une logique impeccable : il a lu la strophe Y 30.3 et a cru devoir en conclure que le vieux débat était justifié. C'était légitime à défaut d'être juste.

… et ceux de James Darmesteter

Quinze ans plus tard, le Français James Darmesteter faisait de la religion de l'Avesta une analyse radicalement différente de celle de Haug. Pour Darmesteter, il ne fait aucun doute que la religion préislamique de l'Iran a été, de manière constante, un dualisme. Mais ce dualisme ne peut avoir été original, puisqu'il est issu de la vieille religion indo-iranienne que l'on définissait alors comme un polythéisme naturaliste. L'évolution s'explique par l'histoire de la personnalité des deux protagonistes, Ahura Mazdâ et Angra Manyu. Le premier est un ancien dieu du ciel lumineux qui a évolué en dieu du bien parce que, comme son équivalent indien Dyaus pitar ou Varuna, il a créé l'ordre du monde et s'en est fait le gardien. Le dualisme mazdéen n'est pas le fruit d'une spéculation philosophique mais l'aboutissement d'une très ancienne représentation mythologique. L'ordre dans la nature ne va pas sans une lutte constante dans la nature contre les forces du désordre. Darmesteter situe les origines d'Angra Manyu dans un motif mythologique développé par les hymnes védiques : le ravissement de la lumière et des eaux par un serpent qui les enferme dans son étreinte. Un dieu lumineux abat le monstre et libère les captives. Cette péripétie a pour fondement naturaliste la lutte censée se livrer dans l'orage. Les ténèbres envahissent le monde mais, frappées par l'arme de l'éclair, elles en sont finalement expulsées, tandis que la pluie ruisselle. Angra Manyu est le serpent transfiguré par adaptation à la dimension spirituelle qu'a prise son adversaire et par transposition depuis un mythe cosmogonique ponctuel dans une représentation générale de l'histoire du monde. Le mal, comme les ténèbres, envahit l'univers. Son irruption met en marche le temps et les grands cycles naturels ; son élimination après 6 000 ans de conflit, en marque la fin. Le scénario de Darmesteter diffère donc de celui de Haug par trois aspects essentiels.
1. Le dualisme mazdéen ne relève pas d'une spéculation distincte du système religieux. C'est l'héritage d'une antique mythologie.
2. Son fondement n'est pas l'antagonisme entre les deux esprits du comportement, mais celui entre Rta et Druj, l'ordre et le désordre dans le monde. L'opposition n'est pas d'ordre éthique, mais d'origine cosmogonique.
3. Puisque le dualisme n'est pas greffé sur un monothéisme préexistant, dont les traces sont imperceptibles, il n'y a aucune raison de penser que le mazdéisme est le produit d'une révolution de la pensée religieuse. Comme Darmesteter l'écrivait si bien deux ans plus tôt : « Le mazdéisme est au même titre que le védisme un développement spontané et libre de la religion indo-iranienne, se transformant sans secousse, et sans qu'il soit besoin d'invoquer une invasion étrangère, ou une révolution intérieure. » En corollaire, la figure de Zarathushtra est sans consistance historique ; il serait lui aussi, comme adversaire d'Angra Manyu, un combattant de l'orage.

Vers de nouvelles lectures

Dans l'absolu, le scénario de Darmesteter n'est ni plus ni moins convaincant que celui de Haug mais il est survenu à contretemps dans l'histoire de notre discipline. L'usage monomaniaque de la mythologie de l'orage a indisposé ceux-là mêmes, les védisants, qui étaient les mieux préparés à percevoir les aspects mythologiques du mazdéisme et Darmesteter lui-même n'a pas tardé à prendre ses distances. L'abus de mythologie naturaliste a discrédité son interprétation mais, en la récusant, on a fait ce qu'on appelle « jeter le bébé avec l'eau du bain ». En fait, Darmesteter a eu l'intuition d'un mode de développement du mazdéisme qu'il n'avait pas les moyens adéquats d'investiguer : pouvait-on en 1877, aborder les mythes autrement qu'en appliquant la méthode à laquelle Max Müller a attaché son nom ? Pourtant, Darmesteter avait justement perçu que le fondement du dualisme mazdéen était l'antagonisme entre Rta et Druj et que cet antagonisme avait été inséré dans une histoire mythique du monde, où, débordant la cosmogonie dont il tient ses origines, il envahit la durée et se résout en eschatologie. Un tel scénario, s'il n'est pas la transposition du combat de l'orage, est néanmoins de nature mythologique, à charge pour nous d'en faire une nouvelle exégèse.

Source : http://2005.clio.fr/

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Le Zoroastrisme

7 Novembre 2012 , Rédigé par Grigán

Introduction

Le zoroastrisme est une religion polythéiste à tendance hénothéiste, peut-être à l'origine d'une notion purement monothéiste de Dieu, dont Ahura Mazda est la divinité suprême, seul responsable de la mise en ordre du chaos initial, le créateur du ciel et de la terre. Par monothéisme, on entend un seul Dieu transcendant ; par polythéisme, plusieurs dieux transcendants : il s'agit bien de la situation du zoroastrisme. Elle a été professée par Zarathoustra, dont le nom a été prononcé Zoroastre par les Grecs. Elle a été fondée au cours du Ier millénaire av. J.-C. dans l'actuel Turkestan occidental, et est devenue la religion officielle des Perses sous la dynastie des Sassanides (224-651), jusqu'à ce que la conquête arabe importe l'islam.
Les zoroastriens vénèrent le feu éternel, symbole divin. Zoroastre prêchait un dualisme reposant sur la bataille entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres, dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain. Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), tardivement identifié à Ahura Mazda, et un esprit mauvais (Angra Mainyu) assimilé à Ahriman, opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants.

Histoire

~ Genèse ~

Le zoroastrisme se présente comme une réforme de la religion pratiquée par des tribus de langue iranienne qui se sont installées dans le Turkestan occidental entre le IIe et le Ier millénaire av. J.-C. Ces tribus étaient étroitement apparentées aux Indo-Aryens, lesquels ont apporté le sanskrit et toutes ses langues dérivées en Inde du Nord, à partir de l'an 1700 avant l'ère chrétienne. Ces peuples constituent une famille dite indo-iranienne. La comparaison du zoroastrisme avec la religion indienne est donc utile pour comprendre sa genèse. Ces deux religions avaient un dieu appelé Mitra par les Indiens et Mithra par les Iraniens (où th est prononcé comme en anglais), qui signifie le soleil ou dieu soleil. Il a évolué de manière très divergente chez ces deux peuples. Chez les Indiens, selon François Cornillot, le Mitra originel s'est scindé en trois dieux, Mitra, Aryaman et Varuna. Chez les Iraniens, ce dieu a en revanche gardé son unité. Dieu souverain, il était le fils d'Ahura Mazdâ, qui semble avoir été le Ciel. Les zoroastriens se sont efforcés d'éliminer le culte de Mithra au profit de celui d'Ahura Mazdâ, justifiant le nom de mazdéisme donné parfois à leur religion. La Perse antique, sous la dynastie des Achéménides, n'était pas vraiment mazdéenne : elle vénérait autant Mithra qu'Ahura Mazdâ. Les Grecs considéraient ce dernier comme équivalent à Zeus, leur dieu céleste. Selon Hérodote (I, 131), la coutume des Perses « est de monter sur les plus hautes montagnes pour offrir des sacrifices à Zeus, dont ils donnent le nom à toute l'étendue du ciel ». Quant à Mithra, il était étroitement apparenté au Soleil.

Il faut remarquer que le terme ahura était également connu des Indiens, qui le prononçaient asura. Ce sont les Iraniens qui ont transformé le s originel en un h. Dans les passages les plus anciens du Rig-Veda, le mot asura représente l'Être suprême, comme chez les Iraniens. Plus tard, changeant de sens, il s'est appliqué aux anti-dieux, aux démons. Le culte du sauma était commun aux Indiens et aux Iraniens. Ce terme est devenu soma chez les premiers et haoma chez les seconds. Au sens propre, ce mot désignait une plante, l'éphédra, que l'on utilisait pour préparer une boisson hallucinogène. Pensant qu'elle permettait aux dieux de conserver leur immortalité, on la leur offrait lors de sacrifices. Les participants en buvaient eux-mêmes et accédaient au monde divin, à une « immortalité provisoire ». Dans une langue iranienne parlée à l'est de l'Afghanistan, le wakhî, l'éphédra est appelé yimïk, terme provenant de haumaka-. Selon le Rig-Veda, l'élément de base du soma est un champignon, substitution qui s'explique par le fait qu'en Inde, il n'y a pas d'éphédra. Dans l'actuel Turkménistan méridional (ancienne Margiane), l'archéologue russe Viktor Sarianidi a fouillé les ruines d'un bâtiment dit de «Togolok-21». Il s'agissait d'un temple où l'on pratiquait le culte du feu et où l'on préparait le haoma. Ce bâtiment faisait partie d'une culture, dite bactro-margienne, datée de -2200 à -1700, qui s'étendait à l'est jusqu'à la Bactriane, le long du cours de l'Amou-Daria. Sur tout le territoire de cette culture, on a trouvé des amulettes avec des représentations de lutte entre des serpents et des dragons ayant une attitude nettement agressive, avec des yeux énormes et une gueule grande ouverte. C'était une représentation primitive de la lutte entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort, qui caractérisait la religion indo-iranienne et que le zoroastrisme conserverait. Il semble que la culture bactro-margienne ait plutôt été indo-aryenne. Elle contenait également un « substrat » culturel non indo-européen difficile à cerner, comme le prouve le fait même de construire des temples : les vrais Indo-Iraniens ont longtemps préféré les sanctuaires en plein air.

~ Le zervanisme ~

Les fondements de cette école sont contenus dans l'enseignement de Zarathushtra lui-même, puisqu'il affirme que le Bon et le Mauvais Esprits étaient jumeaux. Les Achéménides se sont posé la question de savoir qui était leur père. Certains pensaient que c'était l'Espace (Thwasha en avestique), d'autres que c'était le Temps (Zrvan). La seconde opinion s'est imposée et les Sassanides l'ont adoptée dès le début de leur dynastie. Le zervanisme est une doctrine philosophique, mais elle s'est teintée de mythes. On raconte que Zurvân, le dieu primitif, faisait des sacrifices dans l'espoir d'obtenir un fils. Puisqu'il n'obtint rien durant un millier d'années, il eut des doutes sur l'utilité de ses sacrifices. Le fils tant espéré arriva enfin. Ce fut Ahura Mazdâ, dont le nom était prononcé Ohrmazd à l'époque sassanide. Mais les doutes de Zurvân dotèrent Ohrmazd d'un jumeau qui était Ahriman (Angra Mainyu). Les Iraniens considèrent soit que Zurvân a tout seul donné naissance aux jumeaux, soit que c'est sa femme Khvashîzagh qui les a mis au monde. Ahriman sortit le premier. Son père lui demanda : « Qui es-tu ? ». Ahriman lui répondit qu'il était son fils, mais Zurvân répliqua : « Mon fils est d'une odeur suave, et il est lumineux, et toi, tu es ténébreux et puant ». Ohrmazd s'étant présenté et ayant une odeur suave, Zurvân le reconnut pour fils. Mais puisqu'Ahriman était sorti le premier, il put dominer le monde et Ohrmazd fut obligé de lutter contre lui. On pensait que sa victoire aurait lieu 9 000 ans plus tard. Les zervanistes ont de la sorte une conception pessimiste du monde. Contrairement à Zarathushtra, ils attribuent une mauvaise nature aux femmes. Dès leur création par Ohrmazd, elles se rendirent auprès d'Ahriman. Celui-ci leur ayant permis de demander ce qu'elles voudraient, Ohrmazd craignit qu'elles ne voulussent avoir des rapports avec les « justes »et qu'il n'en résultât du mal pour eux. Il eut alors l'idée de créer le dieu Narsâï et le mit tout nu derrière Ahriman afin d'orienter vers lui le désir des femmes. Ce fut effectivement ce qui se produisit. La théologie zervaniste est connue par des textes comme le Bundahishn et par des témoignages d'Arabes. On sait ainsi que la Lumière a produit un certain nombre de personnes faites de lumière, d'une nature divine, et que Zurvân était la plus grande d'entre elles. Il fait également partie d'une tétrade : Ashôqâr « celui qui rend viril », Frashôqâr « celui qui rend éclatant », Zarôqâr « celui qui rend vieux » et Zurvân, qui regroupe ces trois aspects puisqu'il comprend la puberté, la maturité et la vieillesse. Parfois aussi, on lui donne deux aspects, qui sont le Temps illimité (Zurvân akanâragh) et le Temps à la longue domination (Zurvân dêrang-khvadhây) correspondant à une période de 12 000 ans.

~ Le zoroastrisme à l'époque Achéménide ~

Cyrus le Grand et la plupart des souverains de la Perse antique, ont voulu éviter d'imposer leur religion lors des conquêtes. Au contraire, ils ont laissé aux peuples le libre choix de leur foi et l'ont respecté. C'est sur la base de cette doctrine que lors de la conquête de Babylone la charte des droits des nouveaux sujets de Cyrus le Grand stipulait : « Je n'ai autorisé personne à malmener le peuple et détruire la ville. J'ai ordonné que toute maison reste indemne, que les biens de personne ne soient pillés. J'ai ordonné que quiconque reste libre dans l'adoration de ses dieux. J'ai ordonné que chacun soit libre dans sa pensée, son lieu de résidence, sa religion et ses déplacements, que personne ne doit persécuter autrui ».
Alexandre le Grand, après la défaite des Achéménides, ordonna d'incendier les bibliothèques de la Perse, pensant ainsi détruire la pensée zoroastrienne. Mais désirant, cependant, faire profiter les Grecs de la science et de la philosophie des Iraniens, il ordonna de traduire, avant de les faire détruire, un nombre important de traités se trouvant dans les bibliothèques. Ces traités ont constitué une partie des fondements de la science et de la philosophie occidentale. Alexandre le Grand, créateur de la Grande bibliothèque d'Alexandrie, a commencé par pratiquer l'autodafé sur les écrits de Zoroastre.

~ Le zoroastrisme sous les Sassanides ~

On peut dire qu'avec l'avènement de la dynastie des Sassanides en Perse, en 224, commence la période de gloire du zoroastrisme : il devient très officiellement religion d'État. Le grand-père d'Ardashêr I, le fondateur de cette dynastie, avait été préposé au temple de la grande déesse iranienne Anâhitâ, dans la ville de Stakhr (non loin de Persépolis). À son fils Shapur I, Ardashêr déclare : « Ô mon fils, la religion et l'État sont sœurs. Elles ne peuvent pas survivre l'une sans l'autre. La religion est le contrefort de l'État et l'État est son protecteur. Et ce qui est privé de son support s'écroule et ce qui n'est pas défendu est perdu. »Les prêtres de rang supérieur étaient alors appelés des môbadh. La Perse était divisée en districts ecclésiastiques confiés à des môbadh. Tous étaient placés sous l'autorité du môbadhân môbadh, qui était l'équivalent exact du shahanshah dans le domaine laïc, c'est-à-dire du « roi des rois », l'empereur des Perses. Cette unification fut surtout l'œuvre du môbadh Kartir, dont la carrière commença sous le règne de Shapur I et qui devint môbadhân môbadh sous le règne de son successeur. À un rang inférieur, se trouvaient les môgh, terme qui est devenu magus chez les auteurs gréco-latins, puis mage en français, et qui a servi à désigner tous les prêtres iraniens. Les môghân môgh étaient des préposés des grands temples. Le zoroastrisme joua en Perse un rôle sans doute encore plus important que le catholicisme dans l'Europe du Moyen Âge, tant la religion imprégnait la vie des gens. C'était la religion des Iraniens, un aménagement de leur héritage culturel, tandis que le catholicisme est pour les Européens d'origine étrangère.

~ Le Zoroastrisme et l'arrivée de l'islam ~

L'arrivée des conquérants arabes qui a eu lieu lors de l'expansion de l'Islam, au milieu du VIIe siècle, a provoqué la défaite des sassanides. L'Islam considère les Zoroastriens comme Gens du livre, au même titre que les Juifs et les Chrétiens, cependant pour imposer l'Islam, ils ont ordonné, partout où ils pouvaient trouver un traité ou un écrit, de le détruire par le feu ou par l'eau. Ils ont aussi voulu empêcher les Perses de parler leur propre langue le farsi afin de les éloigner de leurs racines culturelles et chassèrent les Zoroastriens. De ce fait, il y eu une progressive diminution en importance de la culture perse, cette dernière ne formant plus qu'une des multiples facettes de l'immense empire islamique, qui s'étendait des Pyrénées à l'Indus. La majorité des Perses, de gré ou de force, se convertirent donc graduellement à l'islam, mais il subsiste encore aujourd'hui une communauté zoroastrienne en Iran (environ 40 000 fidèles) essentiellement dans la ville de Yazd et qui se considère comme la gardienne de la tradition trois fois millénaire de Zoroastre. Cette œuvre d'oppression se poursuivit longtemps en Iran, jusqu'à l'époque du Chah Reza Pahlavi, qui mit officiellement fin à l'oppression contre les zoroastriens et les adeptes des minorités religieuses. Aujourd'hui il n'y a plus, environ, que 200 000 zoroastriens dans le monde, essentiellement en Inde (les Pârsî), en Iran et dans les diasporas aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Le zoroastrisme reste, cependant, un élément important de la civilisation iranienne, et a joué un rôle important dans l'histoire politique et religieuse du Proche-Orient pendant plus d'un millénaire. Par ailleurs de nombreuses traditions iraniennes ainsi que le calendrier iranien ont des origines zoroastriennes. Des éléments de cette religion survivent dans le parsisme, un développement autonome du zoroastrisme dans le monde, qui se situe aujourd'hui en Inde.

Principes et textes du Zoroastrisme

Au début, la doctrine de Zoroastre s'est transmise oralement, comme d'autres. Puis lorsqu'un alphabet adéquat fut trouvé, l'Avesta, ensemble de textes sacrés, a été écrit. Mais, du texte initial, seul le quart est arrivé jusqu'à nous : les manuscrits ont été perdus ou détruits une première fois lors de l'invasion d'Alexandre le Grand qui fit brûler la bibliothèque du palais de Persépolis et une seconde fois lors de l'invasion arabe au VIIe siècle. Malgré tout l'équivalent d'un millier de pages sont parvenus jusqu'à notre époque. Les textes les plus sacrés sont dix-sept Gathas ou « hymnes sacrés » reconnus comme de Zoroastre lui-même, et témoignant de sa personnalité. Ils sont rédigés dans la langue la plus ancienne et la plus difficile à interpréter.

~ Les principes ~

Zoroastre n'a jamais prétendu être un prophète, il s'est contenté de donner des directions de recherche spirituelle. Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n'a pas besoin d'adoration, pas besoin d'intermédiaires, ne les menace pas de l'enfer pour leur promettre le paradis et ne joue pas de l'ignorance des peuples. Dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son « Fravahr », l'équivalent du karma hindouiste. La doctrine se résume en une maxime : Humata, Hukhta, Huvarshta ("Bonnes Pensées, Bons Mots, Bonnes Actions"). Zoroastre a condamné les rites et les sacrifices traditionnels offerts aux dieux par les Perses, mais il a gardé la tradition du culte du feu. Il a fondé sa doctrine sur la « bonne pensée », la « bonne parole »et la « bonne action ». Il s'était rendu compte que toute l'évolution du monde était basée sur « l'action » et « la réaction », donc la réponse à toute attitude charitable lui parut être la « bonne action ». Si en société, les gens s'adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et s'ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal.
Selon Zoroastre, la « bonté » est quelque chose comme une lumière qui vient du fond de soi, et cette bonté est inhérente à l'homme. Il y a en tout homme deux tendances l'une qui le porte au bien, l'autre qui le porte au mal ; ce que propose Zoroastre, c'est de toujours choisir le côté du bien, et cela se fait par une constante dialectique. Mais c'est l'homme qui choisit ; il n'y a pas d'obligation et celui qui remplit sa responsabilité pleine et entière envers les autres est un Saoshyant. Zoroastre a nommé son dieu Ahura Mazda, force créatrice du monde et des quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air, éléments que les zoroastriens vénérent et respectent au plus haut point puisque venant du Dieu. Il a aussi créé l'homme en lui donnant son libre arbitre afin qu'il puisse toujours choisir ce qu'il a à faire entre le bien et le mal. Tout homme est l'ouvrier du Dieu pour transfigurer le monde. Les trois commandements zoroastriens sont : « bonne pensée », « bonne parole », « bon acte », mais dans le monde, il n'y a qu'une voie, c'est la voie de la « droiture ».Les zoroastriens admettent une vie après la mort et un jugement des âmes; chaque être humain étant jugé selon ses mérites. Le fravahr est un des symboles de la doctrine de Zoroastre : c'est l'esprit de l'homme pré-existant à sa naissance et qui perdurera après sa mort et il ne peut se substituer à ce Dieu. Si les bonnes actions l'emportent sur les mauvaises, l'âme monte au ciel par un pont au-delà duquel l'attend le Seigneur de la Lumière. Dans le cas contraire, il s'agit d'une descente en Enfer. Mais lorsqu'enfin l'Enfer lui-même sera purifié, le royaume du Dieu s'installera sur Terre. Il existe donc toujours une possibilité de rédemption réelle des plus « méchants ».
Un autre thème important du zoroastrisme est donc sa promesse d'une vie éternelle après la mort, où les âmes seront départagées lors de la traversée du « Pont de Chinvat », et finissent soit au Paradis, soit en Enfer soit au Purgatoire. La notion de résurrection existe, celle-ci surviendra à la fin des temps avec l'avènement du « Saoshyant » qui rétablira la justice par une régénération du monde. Le zoroastrisme préfigure ainsi l'avènement du christianisme.

~ L'Avesta ~

L’oiseau VAREGHNA représentant la "Xvarnah", la gloire royale, le culte d'Ahura Mazdâ est aniconique.

~ Les Gâthâs ~

La partie la plus ancienne de l'Avesta, le texte sacré des zoroastriens, est constituée d'hymnes, les Gâthâ, censés avoir été composés par Zarathushtra lui-même. Il y apparaît nettement comme un prêtre. Ahura Mazdâ lui aurait donné la mission de rénover l'ancienne religion, s'affirmant comme le seul dieu du Bien, incarnation de la lumière, de la vie et de la vérité. Zarathushtra condamne le culte du haoma (étant entre autres, le culte de sacrifice du Taureau qui est l'animal le plus sacré reconnu par Zarathushtra), Ahura Mazdâ étant immortel par lui-même, ainsi que la pratique des sacrifices sanglants. Il enlève au Feu sa condition divine pour en faire un symbole concret de la Lumière. Ce n'est désormais plus en tant que dieu que le Feu est vénéré, mais en tant qu'aspect éminent d'Ahura Mazdâ. L'enseignement de Zoroastre se présente sous la forme de 17 "hymnes" appelés Gâthâs. Un combat cosmique entre Aša "La Vérité" (pahlavi : Ahlâyîh) et Druj "Le Mensonge" (pahlavi : Druz) est présenté comme base de toute existence. C'est un paradigme comparable au combat entre le "bien" et le "mal", l'"ombre" et la "lumière". Les deux forces en présence sont Ahura Mazdâ (Ohrmazd), alias Dieu, et Ahriman : le Bien et le Mal incarnés. Zoroastre décrit Ahura Mazdâ en une série de questions rhétoriques : « Qui établit la course du Soleil et des étoiles ? », « Qui nourrit et abreuve les plantes ? », « Qui créa l'ombre et la lumière ? », « A travers qui existent l'aurore, le crépuscule et la nuit ? » (Yasna 44, 4-6).
1. Vohu Manu (pahlavi : Wahman), « bonne âme » : le principe du « bon » ;
2. Ašem, après Ašem Vahištem (pahlavi : Ardwahišt) : « droit », vérité et incarnation de ce qui est « vrai », « bon » et « juste », la loi et les règles;
3. Xšaora- Vairya- (pahlavi : Šahrewar) : « meilleure règle », le pouvoir et le royaume d'Ahura Mazdâ, gardien des métaux ;
4. Spanta- Ârmatay-, (pahlavi : Spandarmad) : « pensée sacrée » : l'immortelle incarnation de la Terre ;
5. Haurvatat : « perfection »
6. Ameretatât (pahlavi : Amurdâd) : « immortalité », le gardien de la nourriture et des plantes ;
D'autres immortels de premier plan sont Geush Urvan, défenseur des animaux et Sraôša (pahlavi : Srôš) « Obéissance ».Les Gâthâ parlent des relations entre Ahura Mazdâ et six catégories divines appelées les Amesha Spenta, Immortels Bénéfiques. Ce sont :
~ Vohu Manô : Bonne Pensée.
~ Asha Vahishta : Meilleure Rectitude.
~ Xshathra Varya : Empire Désirable.
~ Spenta Armaiti : Bénéfique Pensée Parfaite.
~ Haurvatât : Intégrité.
~ Ameretât : Non-Mort.
Ces Immortels ne sont pas dissociables les uns des autres dans les Gâthâ et ne sont pas personnifiés. Il ne s'agit pas de polythéisme. Très proche de Vohu Manô, se trouve Spenta Mainyu, l'Esprit Bénéfique, lequel est opposé à Angra Mainyu, l'Esprit Mauvais, incarnation des ténèbres et de la mort. Bien qu'ennemis, ces deux Esprits sont jumeaux. À l'époque des Sassanides, Spenta Mainyu sera identifié à Ahura Mazdâ. Angra Mainyu est aidé par des démons, les daêva. Leur nom provient de l'ancienne dénomination indo-européenne des dieux, prononcée deva en sanskrit et avestique, qui a acquis un sens négatif dans la totalité du monde iranien (en faisant référence à la force du mal gouvernée par Angra Mainyu, avec une double face qui est le symbole du mensonge, contrairement au monde indien qui a gardé son sens positif), donc à une époque assez reculée. N'ayant plus de mots pour désigner les (bons) dieux, les Iraniens ont dû en inventer un autre, qui a été yazata(Yazata signifie "digne d'être adoré"). Les six Amesha Spenta sont qualifiés de yazata.

~ Les Yasht ~

Les autres parties de l'Avesta sont clairement postérieures aux Gâthâ. C'est en particulier le cas d'hymnes appelés les Yasht, où l'on voit resurgir tout un panthéon que Zarathushtra avait voulu éliminer. Ils sont la plus importante source d'information sur la mythologie iranienne. Le dixième Yasht est tout entier dévoué à la glorification de Mithra. Que s'est-il donc passé ? La tentation de Zarathushtra d'imposer une forme d'hénothéisme a-t-elle échoué ? Malgré leur contradiction, les Gâthâ et les textes de l'«Avesta récent» sont vénérés de la même manière par les zoroastriens.
Le pays où Zarathushtra aurait prêché est appelé airyânem vaêjô «le domaine des Aryens» par l'Avesta. Ce n'est pas très riche en renseignements, car Airya possède une vaste signification : c'est l'auto-ethnonyme de tous les Iraniens. Les spécialistes s'accordent à situer ce pays plus précisément dans le Turkestan occidental. Les Gâthâ ont sûrement été composés à une époque pré-Achéménide, donc avant le VIe siècle av. J.-C.. Ils dépeignent une société rurale d'éleveurs et de cultivateurs sédentaires conservant un système de relations claniques et tribales. On y trouve une protestation contre l'apparition d'une élite dominante. L'Avesta connaît le bronze, mais pas le fer. Il convient de remarquer la langue des Gâthâ est si proche de celle du Rig-Veda que leurs locuteurs pouvaient sans doute se comprendre. D'après une école de spécialistes, il n'y a pas de différence fondamentale entre le Rig-Veda et les Gâthâ, le culte d'Ahura Mazdâ étant le résultat d'une lente évolution. Cela permet de nier l'existence de Zarathushtra. À ce sujet, Bernard Sergent a démontré que les épisodes de sa vie, tels qu'ils sont racontés dans les textes iraniens, sont mythiques : ce personnage ne serait rien d'autre que le «modèle» du prêtre indo-européen, modèle d'une telle ancienneté qu'on le retrouve chez les Celtes, en la personne de Merlin (« Merlin et Zarathushtra », Bruxelles, Ollodagos, Actes de la société belge d'études celtiques, Vol. XIX, 2005, pp. 7-50). Dans ce cas, le terme de « mazdéisme » devrait être préféré à celui de « zoroastrisme ».

~ Rites ~

Chez les Zoroastriens les rites sont assez légers : prier cinq fois par jour pour se rappeler que la droiture est une bonne chose, que le bien est une bonne chose; faire une fête une fois par mois, plus cinq jours pour préparer le nouvel an. En se purifiant, prendre le repas avec nappe, nourriture, pains et fleurs. La naissance d'un Parsi n'est pas vraiment accompagnée de rites religieux. Durant son premier anniversaire, il peut effectuer sa Présentation au Temple, où le prêtre le marque au front avec de la cendre du Feu sacré et récite des bénédictions. Ce n'est pas une cérémonie obligatoire, tout au contraire du naojote, qui doit être effectué au maximum à l'âge de 15 ans, tant pour les garçons que pour les filles. C'est l'initiation, qui marque l'arrivée du Parsi à l'âge adulte. Chez lui, et non dans un temple, le Parsi reçoit une tunique blanche, le sudreh, nouée à la taille par un cordon de laine, le kûsti. Un Parsi pieux ne devrait jamais rester sans tunique, et lorsqu'il faut la changer, il devrait réciter des prières appropriées. Sans cette initiation, son âme resterait dans un état en quelque sorte virtuel et il vivrait comme un paria.
Chez les Parsis, le mariage est obligatoire et la stérilité est conçue comme une malédiction. Certains rites remontent au plus lointain passé indo-européen, comme le bain de la mariée. Les Parsis ne se marient qu'entre eux. Ce n'est pas une coutume nouvelle : dans la Perse sassanide, il était interdit d'épouser un non-zoroastrien. Bien plus, le contact avec des « infidèles » est source de souillures. Si l'on a mangé de la nourriture préparée par un non-zoroastrien ou si l'on a effectué un voyage, il est nécessaire d'effectuer des rites de purification. La vie étant conçue comme un don d'Ahura Mazdâ, la mort ne peut être considérée qu'avec horreur. On pense que la décomposition du corps est l'œuvre d'un démon. Des Parsis formant une sorte de caste, les Nasâlâsar sont chargés d'emmener les morts dans des « Tours du Silence », appelées dakhmâ par les Parsis. Les défunts y sont déposés, dénudés, afin d'y être dévorés par les vautours, de façon à ne pas souiller la terre, par inhumation, et le feu, par crémation. Leurs parents les accompagnent jusqu'à la Tour mais n'y entrent pas. Ils se rassemblent dans une petite chapelle bâtie à proximité de la Tour et y récitent des prières. L'âme du mort reste trois jours dans la Tour. Le quatrième jour, elle la quitte, mais elle doit alors franchir un pont. Il se produit une sorte de jugement : l'âme du juste franchit le pont et accède à la Maison des chants, tandis que celle du méchant tombe dans les Enfers. Cependant, toutes les âmes jouiront de l'instauration d'un Paradis terrestre consécutive à la victoire d'Ahura Mazdâ sur l'Esprit du Mal. Il s'agit d'une résurrection qui diffère de celle des chrétiens. L'enfer des zoroastriens est donc plutôt un purgatoire où l'on attend sa résurrection. La pratique du décharnement des corps remonte à un lointain passé et se retrouve dans les hauts villages du Tibet.

~ Le zoroastrisme et la société ~

Dans la doctrine de Zoroastre toute personne doit répondre de ses actes par la bonne pensée, or la bonne pensée est directement liée à la culture, les adeptes de cette doctrine ne doivent donc pas mettre en œuvre une parole quelconque de Zoroastre qui ne correspondrait pas à la science moderne. Les préceptes de Zoroastre sur la morale collective et les liens qui attachent les hommes restent encore aujourd'hui d'actualité, alors que la plupart des religions ne leur ont pas accordé d'importance. Par exemple :

~ L'égalité des hommes et des femmes a été soulignée à maintes reprises dans les Gathas et réalisée dans l'histoire de la Perse antique par l'avènement au pouvoir de femmes telle que Pourandokht.
~ Préserver la pureté de l'eau, de la terre, de l'air et du feu est un autre précepte des adeptes de cette doctrine.
~ L'esclavage et la soumission de l'être humain, présents dans d'autres religions, sont complètement rejetés dans la doctrine de Zoroastre.
~ Cette doctrine met l'accent sur l'importance de la récolte et rejette toute idée de paresse, de vivre au crochet d'autrui, de voler le bien d'autrui. Chacun doit vivre de ses efforts et pouvoir bénéficier de sa propre récolte.
~ L'idolâtrie, l'adoration de la pierre ou tout autre lieu construit, sont prohibées dans la pensée de Zoroastre. La maison de Dieu n'est pas celle construite par l'homme mais le cœur et l'esprit de ce dernier.
~ Aucune oppression ne peut être admise à l'égard des hommes, et si nécessaire, il faut se soulever pour l'éliminer.
~ Aucun mal ne doit être commis à l'égard des animaux et leur sacrifice doit être considéré comme un crime des hommes à l'égard des animaux.
Le calendrier était zoroastrien. Chaque mois était divisé en deux périodes de 7 jours et deux périodes de 8 jours, donc en 30 jours qui portaient tous des noms de divinités. Ces quatre périodes commençaient respectivement par les jours d'Ohrmazd, d'âdhur (le Feu), de Mihr (Mithra) et de Dên, la religion mazdéenne personnifiée (Dên mazdayasn, aussi appelée Bêdukht « fille de Dieu »). On voit que l'hénothéisme de Zarathushtra n'était pas plus vivant dans la Perse sassanide qu'aux époques antérieures, et cela d'autant plus que les rois des rois continuaient à vénérer Mithra. Cependant, six jours de la première période portaient les noms des Amesha Spenta. Elle s'achevait par le jour Dadhv « le Créateur »(Ohrmazd), qui clôturait également les deux périodes suivantes.
Le principe de ce découpage est décrit dans le chapitre III du Bundahishn «la Création Originelle», ouvrage probablement compilé à la fin de la dynastie des Sassanides (au VIIe siècle). C'est un traité qui parle de cosmologie, d'astronomie et d'eschatologie, et qui donne également des listes de rivières, de montagnes et de plantes. Les douze mois portaient également des noms de divinités. On y reconnaît les noms des Amesha Spenta :
1. Fravardîn (les fravarshi)
2. Urdvahisht (Asha Vahishta)
3. Khvardâdh (Haurvatât)
4. Tir (Tishtrya, le dieu des Pluies)
5. Amurdâdh (Ameretât)
6. Shahrêvar (Xshathra Vairya)
7. Mihr
8. Âbhan (« les eaux », Anâhitâ)
9. Âdhur
10. Dadhv
11. Vahman (Vohu Manô)
12. Spandarmadh (Spenta Armaiti)
Les fravarshi étaient des esprits tutélaires des morts, la partie protectrice de leurs âmes, qui revenaient durant les cinq derniers jours de l'année. C'était alors la fête de Fravardîghân, aussi appelée Hamaspathmaêdaya. Il s'agissait de cinq jours supplémentaires, nommés d'après les noms des cinq Gâthâ qui s'ajoutaient aux 12 mois de 30 jours. Cette fête, au caractère carnavalesque, était suivie par le Naurûz, le Nouvel An, le 1er Fravardîn. Malgré la conversion des Perses à l'islam et l'adoption du calendrier musulman, le Naurûz est toujours resté vivant. Il est célébré à l'équinoxe du printemps. Une autre grande fête était celle de Mihr, Mihrgân, au jour de Mihr (le 16e) du mois de Mihr. Elle avait lieu à l'automne et coïncidait avec le début de l'année avant l'époque des Sassanides. On peut également mentionner six fêtes de cinq jours réparties sur toute l'année, le Hamaspathmaêdaya étant la dernière. On les appelait les Gâhanbâr (phases de création). Tout temple, quel que soit le dieu (ou les dieux) auxquels il était consacré, comprenait un autel du feu. Il était placé dans une pièce sombre, afin que le feu sacré ne fût pas touché par les rayons du soleil. Les prêtres l'entretenaient selon un rituel extrêmement strict. Trois temples jouaient un rôle majeur : celui du Feu de Farnbagh, qui se serait trouvé dans la ville de Kâriyân (région du Fars), celui du Feu de Gushnasp, à Gandjak dans l'actuel Azerbaïdjan, et celui du Feu de Burzên-Mihr, au nord-ouest de Nishapur. Ces feux étaient respectivement celui des prêtres, celui des rois et celui des agriculteurs. Ils correspondent aux trois fonctions reconnues par Georges Dumézil chez tous les peuples indo-européens : la fonction cléricale, la fonction guerrière (à laquelle se rattachaient les rois) et la fonction de production. Ainsi, l'Avesta récent reconnaît trois états, celui des prêtres, celui des guerriers et celui des agriculteurs. Quand un empereur montait sur le trône, il effectuait une visite solennelle au Feu de Gushnasp. Il lui demandait également son aide pour vaincre ses ennemis.

~ Les Parsis ~

Les Arabes entreprirent la conquête de la Perse à partir de 636. La dynastie sassanide s'effondra en 651 à la mort de son dernier souverain, Yazdgird III. Les Perses, contraints par les envahisseurs Arabes, abandonnèrent le culte zoroastrien au profit de l'islam ; seules Yazd et Kerman, au centre du plateau iranien, demeurèrent des fiefs de leur ancienne religion. Les Arabes appelèrent ces zoroastriens des Gaur «Infidèles», terme qui est devenu Guèbres en France. Aujourd'hui, il en resterait environ 30 000, dont 6 000 à Yazd. Cependant, de nombreux pratiquants s'installèrent dans le nord de l'Inde actuelle où ils sont connus sous le nom de Pârsî. Ce terme n'est qu'une traduction en perse, du mot Persan. Aujourd'hui, les deux tiers de la communauté se trouvent à Mumbai.

Source : http://www.fmgeneration.be/article86.html

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Mithraïsme : Information catholique

7 Novembre 2012 , Rédigé par JP Arendzen. Publié dans #spiritualité

Une religion païenne consistant principalement le culte de l'ancienne langue indo-iranienne Mithra dieu Soleil. Il est entré en Europe en provenance d'Asie Mineure après la conquête d'Alexandre, se propagent rapidement sur tout l'Empire romain au début de notre ère, atteint son apogée au cours du troisième siècle, et disparut en vertu des règlements répressifs de Théodose à la fin du quatrième siècle. Ces derniers temps les recherches de Cumont ont mis en évidence en raison principalement de sa similitude supposée au christianisme.

ORIGINE

L'origine du culte de Mithra des dates à partir du moment que les Hindous et les Perses encore formé un seul peuple, pour le dieu Mithra se produit dans la religion et les livres sacrés des deux courses, c'est à dire dans les Védas et dans l'Avesta. Dans les hymnes védiques, il est fréquemment mentionné et est presque toujours associé à Varuna, mais au-delà de la survenance nus de son nom, on sait peu de lui (Rigveda, III, 59). Il est conjecturé (Oldenberg, «Die" Religion des Veda, «Berlin, 1894) que Mithra était le soleil levant, Varuna le soleil couchant, ou Mithra, le ciel diurne, Varuna, le ciel la nuit, ou le le soleil, l'autre la lune En tout cas, Mithra est une divinité solaire, la lumière ou de quelque sorte;.. mais dans les temps védiques la mention vague et général de lui semble indiquer que son nom était un peu plus d'une mémoire dans l'Avesta, il est beaucoup plus d'une divinité vivante et la décision que dans la piété indienne; néanmoins, il est non seulement secondaire à Ahura Mazda, mais il n'appartient pas aux sept vertus personnifiés ou Amshaspands qui entourent immédiatement Ahura, il n'est qu'un Yazad, un quartier populaire . demi-dieu ou le génie L'Avesta donne cependant nous sa position seulement après la réforme zoroastrienne, les inscriptions des Achéménides (septième à quatrième siècle avant J.-C.) lui attribuer amuch endroit plus élevé, le nommant immédiatement après Ahura Mazda et l'associant à l'Anaïtis déesse (Anahata ), dont le nom précède parfois le sien. Mithra est le dieu de la lumière, Anaïtis la déesse de l'eau. Indépendamment de la réforme zoroastrienne, Mithra conservé sa place de premier plan dans la divinité du nord-ouest des hauts plateaux iraniens. Après la conquête de Babylone ce culte persique est entré en contact avec l'astrologie chaldéenne et avec le culte national de Marduk. Pour une fois, les deux clergés de Mithra et Marduk (mages et chaldaei respectivement) ont coexisté dans la capitale et mithraïsme beaucoup emprunté à ces relations. Cette mithraïsme modifiés voyagé loin nord-ouest et est devenu le culte d'Etat d'Arménie. Ses dirigeants, soucieux de réclamation de descente des rois glorieux du passé, adopté Mithridate comme leur nom royal (donc cinq rois de Géorgie, et Eupator du Bosphore). mithraïsme alors entré en Asie Mineure, en particulier le Pont et la Cappadoce. Ici, il est entré en contact avec le culte phrygien d'Attis et Cybèle à partir de laquelle elle a adopté un certain nombre d'idées et de pratiques, mais apparemment pas les obscénités brute du culte phrygien. Cette phrygien-chaldéenne-indo-iraniennes la religion, dans laquelle l'élément iranien est resté prédominant, est venu, après la conquête d'Alexandre, en contact avec le monde occidental. hellénisme, cependant, et surtout la Grèce elle-même, est resté remarquablement exempt de son influence. Lorsque finalement les Romains prirent possession du royaume de Pergame , occupait l'Asie Mineure et stationnés deux légions de soldats sur l'Euphrate, le succès du mithraïsme dans l'Ouest a été sécurisé Il se propager rapidement à partir du Bosphore à l'Atlantique, de l'Illyrie à l'Angleterre Ses apôtres étaient avant tout des légionnaires;.. Par conséquent, il répandit d'abord pour les gares frontières de l'armée romaine.

Le mithraïsme était catégoriquement une religion soldat: Mithra, son héros, était surtout une divinité de la fidélité, la virilité, et la bravoure, le stress, il mis sur la bonne camaraderie et de fraternité, de son exclusion des femmes, et le lien secret parmi ses membres ont suggéré l'idée que le mithriacisme était Maçonnerie parmi les soldats romains. Dans le même temps les esclaves de l'Est et les commerçants étrangers maintenu sa propagande dans les villes. Lorsque mages venant de roi Tiridate d'Arménie, avait adoré dans Nero une émanation de Mithra, l'empereur voulait être initié dans leurs mystères. Comme mithraïsme passé comme un culte phrygien elle a commencé à participer à la reconnaissance officielle dont le culte phrygien avait longtemps joui à Rome. L'empereur Commode a été publiquement lancée. Son plus grand dévot a toutefois été le fils d'une prêtresse impériales du dieu-soleil à Sirmium en Pannonie, Valériane, qui selon le témoignage de Flavius ​​Vopiscus, n'a jamais oublié la grotte où sa mère l'a initié. A Rome, il a établi un collège de prêtres soleil et ses monnaies portent la légende «Sol, Dominus Imperii Romani". Dioclétien, Galère et Licinius construit à Carnuntum sur le Danube un temple à Mithra avec la dédicace: «Fautori Imperii Sui". Mais avec le triomphe du christianisme mithraïsme venu à une fin soudaine. Sous Julien qu'il a eu avec d'autres cultes païens une brève renaissance. Les païens d'Alexandrie lynché George arienne, évêque de la ville, pour tenter de construire une église sur une grotte près de la ville de Mithra. Les lois de Théodose Ier a signé son arrêt de mort. La paroi mages leurs grottes sacrées, et Mithra a pas de martyrs pour rivaliser avec les martyrs qui sont morts pour le Christ.

DOCTRINE

Le premier principe ou la plus haute fonction de Dieu était mithraïsme "Temps infini», ce qui a été appelé Aion ou saeculum, Kronos ou Saturne. Cette Kronos n'est autre que Zervân, une ancienne conception iranienne, qui a survécu le dualisme de Zoroastre forte, car Zervân était père de deux Ormuzd et Ahriman et relié les deux opposés dans une unité supérieure et était toujours adoré un millier d'années plus tard par les manichéens . Ce temps personnifié, ineffable, sans sexe, sans passion, était représenté par un monstre humain, avec la tête d'un lion et un serpent enroulé sur son corps. Il portait un sceptre et la foudre comme dieu souverain et tenu dans chaque main une clé en tant que maître des cieux. Il avait deux paires d'ailes pour symboliser la rapidité du temps. Son corps était couvert de signes zodiacaux et les emblèmes des saisons (soit astrologie chaldéenne combiné avec Zervanisme). Ce premier principe ciel engendra et la Terre, qui à son tour engendra son fils et l'égalité, l'océan. Comme dans la légende européenne, le Ciel ou Jupiter (Oromasdes) succède à Kronos. La Terre est le Armaiti Spenta des Perses ou le Juno de l'westerns, Océan est Apam-Napat ou Neptune. Les noms persans ne sont pas oubliés, bien que les grecs et les romains étaient habituellement utilisées. Ahura Mazda et Spenta Armaiti a donné naissance à un grand nombre de divinités secondaires et des héros: Artagnes (Hercule), Sharevar (Mars), Atar (Vulcain), Anaïtis (Cybèle), et ainsi de suite. D'un autre côté il y avait Pluton, ou Ahriman, également engendré de temps infini. Le Mal incarné augmenté avec l'armée des ténèbres à Oromasdes attaque et détrôner. Ils ont cependant été rejetées dans l'enfer, d'où ils s'échappent, se promener sur le visage de la terre et affligent l'homme. Il est du devoir de l'homme d'adorer les quatre éléments simples, eau et feu, air et terre, qui dans les principaux sont des amis de l'homme. Les sept planètes étaient des divinités bienfaisantes même. Les âmes des hommes, qui ont tous été créés ensemble dès le début et qui avait à la naissance, mais de descendre du ciel empyrée aux organes préparés pour eux, ont reçu des sept planètes leurs passions et leurs caractéristiques. Ainsi les sept jours de la semaine ont été consacrées aux planètes, sept métaux étaient sacrés pour eux, sept rites d'initiation ont été faites pour parfaire le Mithraist, et ainsi de suite. Comme les mauvais esprits toujours en embuscade pour l'homme malheureux, il a besoin d'un ami et sauveur qui est Mithra. Mithra est né d'une roche-mère par une rivière sous un arbre. Il est venu dans le monde avec le bonnet phrygien sur la tête (d'où sa désignation comme Pileatus, l'Unique plafonné), et un couteau dans sa main. Il est dit que les bergers regardé sa naissance, mais comment cela pourrait être, étant donné qu'il y avait pas d'hommes sur terre, n'est pas expliquée. Le premier héros-dieu donne bataille pour le soleil, conquiert lui, le couronne avec des rayons et fait de lui son ami éternel et collègues; non, le soleil devient en un sens de Mithra double, ou encore son père, mais Hélios Mithra est un dieu. Suit alors le combat entre Mithra et le taureau, le dogme central du mithraïsme. Ahura Mazda avait créé un taureau sauvage qui Mithra poursuivi, a surmonté, et traîné dans sa caverne. Ce voyage pénible lutte avec le taureau vers la grotte est le symbole de troubles de l'homme sur terre. Malheureusement, le taureau s'échappe de la caverne, après quoi Ahura Mazda envoie un corbeau avec un message à Mithra à trouver et il tuera. Mithra obéit à contrecoeur, et plonge son poignard dans le taureau comme il retourne à la grotte. Chose étrange, le corps du taureau mourir produit toutes les plantes saines et les herbes qui couvrent la terre, de sa moelle épinière du maïs, de son sang de la vigne, etc Le pouvoir du mal envoie ses créatures impures afin de prévenir ou de poison de ces productions, mais en vain. Du taureau procéder tous les animaux utiles, et le taureau, se résigner à la mort, est transporté vers les sphères célestes. L'homme est maintenant créé et soumis à l'influence néfaste d'Ahriman sous la forme de sécheresses, déluges, et les incendies, mais est sauvé par Mithra. Enfin l'homme est bien établie sur les rendements terre et au ciel Mithra. Il célèbre un dernier repas avec Hélios et ses autres compagnons, est pris dans son char de feu à travers l'océan, et maintenant dans le ciel protège ses partisans. Pour la lutte entre le bien et le mal continue dans le ciel entre les planètes et les étoiles, et sur la terre dans le cœur de l'homme. Mithra est le médiateur (Mesites) entre Dieu et l'homme. Cette première fonction provenait du fait que le dieu de lumière, il est censé flotter à mi-chemin entre le ciel et la terre supérieure. De même, un dieu-soleil, sa planète était censée occuper la place centrale parmi les sept planètes. L'aspect moral de sa médiation entre Dieu et l'homme ne peut être prouvée à l'ancienne. Comme dualistes mazdéenne mithriastes ont été fortement incliné vers l'ascétisme; abstention de nourriture et de la continence absolue leur semblait noble et louable, mais pas obligatoire. Ils se sont battus du côté de Mithra contre toute impureté, contre tout le mal dedans et dehors. Ils croyaient en l'immortalité de l'âme, après la mort des pécheurs ont été traînés hors de l'enfer; le juste passé à travers les sept sphères des planètes, à travers sept portes ouvrant sur un mot mystique à Ahura Mazda, laissant à chaque planète une partie de leur faible l'humanité jusqu'à ce que, comme de purs esprits, ils se tiennent devant Dieu. A la fin de l'Mithra monde va descendre à terre sur un autre taureau, dont il sera le sacrifice, et le mixage de son gras avec vin sacré, il fera tous les boire la boisson de l'immortalité. Il aura ainsi prouvé qu'il était Nabarses, c'est à dire «jamais vaincu".

CULTE

Il y avait sept degrés d'initiation dans les mystères de Mithra. L'un consacré (myste) est devenu en corbeau succession (corax), occulte (cryphius), soldat (miles), Lion (Leo), persan (Persès), solaire messager (heliodromos), et le père (pater). Dans les occasions solennelles, ils portaient un habit approprié à leur nom, et poussa des sons ou des gestes effectués en conformité avec ce qu'ils personnifiée. "Certains battent des ailes comme les oiseaux en imitant le bruit d'un oiseau, d'autres comme les lions rugissent», dit le Pseudo-Augustin (Quaest. Vet. Test de N.. En PL, XXXIV, 2214). Corbeaux, occulte et de soldats formés les ordres inférieurs, une sorte de catéchumènes; lions et ceux admis aux degrés les autres étaient des participants des mystères. Les pères mené le culte. Le chef des pères, une sorte de pape, qui a toujours vécu à Rome, a été appelé «Pater Patrum" ou Pater Patratus. «Les membres ci-dessous le degré de pater appelé un de l'autre« frère », et les distinctions sociales ont été oubliées dans l'unité de Mithra . Les cérémonies d'initiation pour chaque diplôme doit avoir été élaborée, mais ils ne sont que vaguement connues -. lustrations et baignades, branding avec métal chauffé au rouge, l'onction avec du miel, et d'autres un repas sacré a été célébrée du pain et du jus d'haoma qui dans le vin l'Ouest a été substitué. Ce repas était censé donner aux participants la vertu surnaturelle. mithriastes adoré dans des grottes, dont un grand nombre ont été trouvés. Il y avait cinq à Ostie seuls, mais ils étaient petits et pourrait peut-être maintenir au plus 200 personnes. Dans l'abside de la grotte était la représentation en pierre de tuer le taureau de Mithra, une sculpture en général de valeur artistique médiocre et toujours après le même modèle Pergamean. La lumière est tombé en général par des ouvertures dans le haut comme les grottes ont été près de la surface du sol. monstruosité hideuse représentant Kronos a également été démontré. Un feu a été maintenu perpétuellement brûle dans le sanctuaire. Trois fois par jour la prière a été offerte au soleil vers l'est, le sud ou l'ouest en fonction de l'heure . dimanche a été sanctifié en l'honneur de Mithra, et le seizième jour de chaque mois était sacré pour lui en tant que médiateur. Le Décembre 25 a été observé comme jour de son anniversaire, le natalis invicti, la renaissance de l'hiver-soleil, conquise par les rigueurs de la . saisons Une communauté mithriaque n'était pas simplement une congrégation religieuse, elle était un corps social et juridique avec ses decemprimi, magistri, curatores, defensores et patroni Ces communautés ne permettait aucune des femmes en tant que membres femmes pourraient se consoler en formant associtions à adorer Anaïtis.. -Cybèle;. mais si ces ont été associés à Mithra semble douteux Aucune preuve de l'immoralité des pratiques ou obscène, si souvent liée à ésotériques cultes païens, n'a jamais été établie contre mithraïsme, et aussi loin que peut être établie, ou plutôt il avait conjecturé une . élévatrice et stimulante effet sur ses disciples d'une remarque de chance de Tertullien (De Praescriptione, xl) que nous recueillons que leur «Pater Patrum" n'a été autorisée à se marier une fois, et que le mithriacisme avait son virgines et continentes, tels du moins semble l' meilleure interprétation de ce passage. Si, toutefois, la liturgie de Mithra Dieterich soit vraiment une liturgie de cette secte, comme il entretient habilement, sa liturgie ne peut nous frapper comme un mélange de grandiloquence et de charlatanisme dans lequel le myste doit tenir ses côtés, et rugissement au maximum de sa puissance jusqu'à ce qu'il soit épuisé, à siffler, claquer ses lèvres, et à prononcer des syllabes barbares agglomérations que les différents signes mystiques pour le ciel et les constellations sont dévoilés pour lui.

Rapport au christianisme

Une similitude entre Mithra et le Christ, même frappé les premiers observateurs, tels que Justin, Tertullien, et d'autres Pères, et dans la période récente a été demandé de prouver que le christianisme n'est qu'une adaptation du mithraïsme, ou tout au plus le résultat des mêmes idées religieuses et aspirations (par exemple, Robertson, «Christs païens", 1903). Contre cette procédure erronée et non scientifique, qui n'est pas approuvé par la plus grande autorité vivante sur le mithraïsme, les considérations suivantes doivent être présentées. (1) Nos connaissances concernant mithraïsme est très imparfaite; quelque 600 inscriptions brèves, principalement dédicatoire, quelque 300 souvent fragmentaires, exigus, des monuments presque identiques, quelques références occasionnelles dans les Pères ou Actes des martyrs, et une polémique contre le mithraïsme brève qui l'Eznig arménienne environ 450 probablement copié à partir de Théodore de Mopsueste (d. 428) qui a vécu lors mithraïsme était presque une chose du passé - ce sont nos seules sources, sauf si nous incluons l'Avesta dans lequel Mithra est en effet mentionné, mais qui ne peuvent pas une autorité pour mithraïsme romaine avec laquelle le christianisme est comparé. Notre connaissance est surtout ingénieuse conjecture; du fonctionnement réel intérieure du mithraïsme et le sens dans lequel il a été compris par ceux qui le professent à l'avènement du christianisme, nous ne savons rien. (2) Certaines similitudes apparentes existent, mais dans un certain nombre de détails, il est fort probable que le mithriacisme était l'emprunteur du christianisme. Tertullien environ 200 pouvait dire: «hesterni sumus et vestra omnia implevimus" ("nous sommes d'hier, pourtant votre monde entier est plein d'entre nous»). Il n'est pas naturel de supposer qu'une religion qui a rempli le monde entier, devrait avoir été copié au moins dans certains détails par une autre religion qui était très populaire au cours du troisième siècle. Par ailleurs, les ressemblances sont superficielles souligné et externes. La similitude des mots et des noms n'est rien, c'est le sens qui compte. Durant ces siècles, le christianisme a été inventant ses propres termes techniques, et a naturellement pris les noms, termes et expressions courantes en ce jour, et ainsi de ne mithraïsme. Mais sous des conditions identiques de chaque système de pensée de ses propres pensées. Mithra est appelé un médiateur, et est ainsi le Christ, mais Mithra origine que dans un sens cosmogonique ou astronomiques; le Christ, étant Dieu et homme, est par nature le Médiateur entre Dieu et l'homme. Et dans bien des cas similaires. Mithraïsme avait une Eucharistie, mais l'idée d'un banquet sacré est aussi vieille que la race humaine et existait à tous les âges et parmi tous les peuples. Mithra a sauvé le monde en sacrifiant un taureau, le Christ en se sacrifiant. Il n'est guère possible de concevoir une différence plus radicale que celle entre Mithra taurochtonos et Christ crucifié. Christ est né d'une Vierge, il n'ya rien à prouver que le même a cru de Mithra né de la roche. Christ est né dans une grotte, et Mithraistes adoré dans une grotte, mais Mithra est né sous un arbre près d'une rivière. Tout comme été faite de la présence de bergers adorant, mais leur existence sur des sculptures n'a pas été prouvée, et considérant que l'homme n'avait pas encore paru, il est un anachronisme à supposer leur présence. (3) Le Christ a été un personnage historique, récemment né dans une ville bien connue de la Judée, et crucifié sous un gouverneur romain, dont le nom figurait dans les listes ordinaires officiels. Mithra était une abstraction, une personnification même pas du soleil mais de la lumière du jour diffuse; son incarnation, si l'on peut être appelé, était censé avoir eu lieu avant la création de la race humaine, avant tout l'histoire. Les petites congrégations Mithra étaient comme les loges maçonniques pour quelques-uns et pour les hommes seulement, et même ceux qui la plupart du temps d'une classe, les militaires; une religion qui exclut la moitié de la race humaine n'est pas comparable à la religion du Christ. Mithraïsme était complète et tolérante de tout culte autre, le Pater Patrum lui-même était un adepte dans un certain nombre d'autres religions, le christianisme était essentiel exclusif, condamnant toutes les autres religions dans le monde, seul et unique dans sa majesté.

Source : http://mb-soft.com/believe/tfhm/mithrais.htm

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La doctrine et la philosophie de Zoroastre

6 Novembre 2012 , Rédigé par Dr. Bahram Varza Publié dans #spiritualité

Il existe actuellement quelque 200 000 zoroastriens à travers le monde dont la plupart, soit environ 100 000, vivent en Inde où ils sont connus sous le nom de persans. La plupart d’entre eux se sont émigrés en Iran au cours du IXe siècle, suite aux persécutions qu’ils subissaient de la part des Iraniens ignorants. Aujourd’hui encore, les Iraniens ignorent les fondements et les principes du zoroastrisme et considèrent les adeptes du zoroastrisme comme des adorateurs du feu, des impurs, au même titre que les juifs et les chrétiens. ( voir le Koran Sura 9 "Al Tauba" Ayeh 5 et 29 et 123)
Les Occidentaux ignorent encore davantage le zoroastrisme et leur seule référence au Zoroastre, reste l’ouvrage de l’éminent philosophe allemand, Nietsche, et son ouvrage, Ainsi dit Zaratustra. Compte tenu de ce qui vient d’être dit, il convient de décrire cette philosophie à la quelle croyaient les ancêtres des Iraniens et qui constituait, durant des siècles, les fondements de leur système de vie et de leur culture. Ceci permettra également d’étaler la véritable essence de la philosophie et de la doctrine de Zoroastre et de rejeter les préjugés dont elles en sont victimes.

Le premier monothéisme du monde relaté par l’histoire était-il une philosophie ou une religion ?

Il est relativement facile de répondre à cette question. En effet, une simple recherche à travers la doctrine de Zoroastre permet de constater que ce penseur ne s’est jamais présenté comme un intermédiaire entre Dieu et les êtres humains. Il n’a jamais prétendu être un prophète ayant des contacts avec un Dieu dont le territoire s’étale sur 36 milliards d’années-lumière. Pour avoir une idée des dimensions de ce territoire, il faut indiquer que la vitesse de la lumière est de 300 000 km par seconde et que la lumière traverse 946 trillions de kilomètres par an. L’étendue de ces chiffres dépasse l’esprit humain. Il suffit simplement d’indiquer que pour atteindre le chiffre de 36 milliards un compteur doit fonctionner sans arrêt pendant 1000 ans. Zoroastre n’a jamais établi des préceptes détaillés pour ses adeptes, il leur a seulement fourni des directives générales, leur laissant le soin de distinguer, de par leur intelligence, la bonne action et de découvrir eux-mêmes l’existence du Créateur ayant créé la terre et le ciel. Par conséquent, si on considère un prophète comme adjoint de Dieu, Zoroastre n’en a pas été un, et sa doctrine ne peut être considérée comme une religion. En revanche, il a été un penseur qui, par son intelligence, a découvert l’existence de Dieu sans pour autant prétendre être son porte-parole.

L’époque et le lieu de vie de Zoroastre

La disparition des documents historiques, en particulier après les invasions d’Alexandre et des Arabes et la destruction des bibliothèques, a fait que nous ne possédons pas de preuves irréfutables concernant l’époque et le lieu de vie de Zoroastre. Dans le passé, certains chercheurs prétendaient qu’il vivait 6000 ans av. J.-C. Aujourd’hui on avance le chiffre de 4000 ans. Son lieu de naissance n’est pas connu même si certains chercheurs avancent l’idée qu’il vivait dans une des villes de Khorassan, Nichabour, Balkh ou Harat.
Il s’avère des Gathas, seuls vestiges des poèmes de Zoroastre, que, persécuté par les religieux de son époque, il dut quitter son lieu de naissance pour se réfugier auprès d’un des souverains de l’époque, Gashtasb, où il put convaincre ce dernier de monothéisme.

Quels ont été les raisons de la révolte de Zoroastre contre les croyances et les rites religieuses de son époque, c’est-à-dire contre le mithraïsme ?

A travers les tablettes datant de l’époque de Cyrus le Grand, imprégnée de la pensée de Zoroastre, on peut apercevoir qu’il considérait Ahuramazda comme créateur de la terre et du ciel et l’adorait. De même, selon le témoignage de Hérodote, historien grecque, les Iraniens de l’époque étaient monothéistes et critiquaient le polythéisme. Ceci constitue la raison du soulèvement de Zoroastre contre le mithraïsme, religion des Iraniens avant lui et qui n’était pas monothéiste. De même il haïssait la tradition de sacrifice des animaux, très courant dans le mithraïsme. Il condamnait également la consommation de boissons enivrantes “ Haoma ” qui empêche l’homme de réfléchir avec clarté et qui avait cours dans le mithraïsme. Pour ces raisons, muni de sa philosophie et de sa doctrine, Zoroastre se souleva contre le mithraïsme.

Les fondements de la doctrine de Zoroastre

Zoroastre a fondé sa doctrine sur la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action. Il s’était rendu compte que toute l’évolution du monde était basée sur l’action et la réaction. Car la réponse à toute attitude charitable était la bonne action. Par conséquent dans la société si les gens s’adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et s’ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal. Par conséquent un voleur ne doit pas s’étonner à devenir lui-même victime de vol et subir la rancune. Zoroastre n’a jamais adoré un Dieu qui aurait instauré sur terre son appareil de commerce, échangeant des parcelles du paradis avec ses créatures. Son créateur n’est pas un marchand et n’a nul besoin de l’adoration de ses créatures. Le Créateur de Zoroastre est le guide de ses créatures pour qu’ils connaissent une existence agréable, remplie de bonté. C’est pourquoi la doctrine de Zoroastre est fondée sur la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action. Et parce que dans cette doctrine toute personne munie de la bonne pensée doit choisir librement la juste voie, et que la culture et l’intelligence de l’homme constitue la partie la plus importante de la bonne pensée, par conséquent, les adeptes de cette doctrine doivent se forcer à acquérir les sciences et la culture de leur époque. Ainsi, la philosophie et la doctrine de Zoroastre resteront à jamais dynamiques et à l’abri de toute tendance rétrograde.

Fravahr

Fravahr est un des symboles de la doctrine de Zoroastre. Très succinctement, on peut indiquer que Fravahr est l’esprit de l’homme pré-existant à sa naissance et qui perdurera après sa mort. Il ne peut se substituer au Dieu ou à Ahouramazda. Certains auteurs ne veulent pas admettre que, contrairement à la plupart des religions, Zoroastre n’a pas conçu une figure ou une statue pour le Créateur. Aucune partie des Gathas ne fait allusion au visage de Ahuramazda. Dans Yasna 31, 8, il affirme :

“ Ô Mazda, lorsque je t’ai cherché avec mon intelligence et je t’ai regardé avec mon cœur, j’ai compris que tu es le début et la fin de toute chose, tu es la source de l’intelligence, tu es le créateur de la vérité et de la pureté et tu es le juge des actes de tous. ”

Pour assouvir leurs objectifs douteux, ces auteurs qualifient le zoroastrisme d’idolâtrie, utilisant pour argument les tablettes attribuées à un roi sassanide vivant mille ans après Zoroastre.

Il conviendrait que ces chercheurs se penchent sur les écrits de Hérodote, historien grec qui vivait environ 500 ans av. J.-C. Dans son Livre I, chapitre 131, Hérodote écrit :

“ La fabrication d’idoles et la construction de maisons de Dieu sont indécentes en Iran. Ceux qui contreviennent sont traités d’ignorants. À mon avis, contrairement aux Grecs, les Iraniens n’étaient pas attachés aux idoles ”.

Fravahr comportant deux portraits : Sépanta Minou, symbole du bien et Ankaré Minou, symbole du mal, certains ont cru que c’est Ahuramazada qui est en lutte contre Ankaré Minou. Il va de soi qu’un telle conception, fondement de la pensée de Zarvan ne correspond nullement à la philosophie et à la doctrine de Zoroastre et leur porte préjudice. De même certains écrivains reconnaissent Avicenne en tant que savant arabe, tandis que la plupart garde le silence sur le fait que ce fut Darius le Grand qui ordonna de creuser le Canal de Suez. Comme si la pensée iranienne dans le domaine des sciences et de la philosophie était incapable d’atteindre un tel summum.

La description de Fravahr

Il n’existe aucun document historique relatif à Fravahr à l’exception des sculptures retrouvés sur les tablettes de l’Iran antique comme celle de Takht-é-Dhamshid. Par conséquent, nous sommes obligés de nous référer aux paroles des anciens qui nous ont été transmises à travers les siècles.

1) Le visage de Fravahr ressemble à la figure humaine, ce qui est le signe de son attachement à l’être humain.
2) Il comporte deux ailes latérales chacune comportant trois rangées de plumes, symboles de “ la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action ” signes du dynamisme, de l’envol et du progrès.
3) Sa partie inférieure comporte trois éléments, symboles de “ la pensée, la parole et l’action mauvaises ” sources de la décadence de l’homme.
4) Fravahr comporte sur les deux côtés deux spires, symbole des deux forces : Sépanta Minou et Ankaré Minou. La première est dirigée vers le visage et la seconde est située derrière elle. Ceci constitue une autre référence au fait que nous devons nous avancer vers le bien et avoir le dos tourné au mal.
5) Au milieu de Fravahr est tracé un cercle, symbole de l’éternité de l’esprit.
6) Une main de Fravahr est dirigé vers le haut, symbole de l’effort pour atteindre le sublime.
7) Dans son autre main, il détient un anneau dont certains pensent qu’elle exprime l’importance accordée dans cette philosophie à l’alliance et à la fidélité en elle.
Dans la doctrine de Zoroastre, Fravahr ou l’esprit de l’homme comporte deux symboles du bien et du mal. Chacun doit s’efforcer de renforcer la puissance de son Sépanta Minou au détriment de Ankaré Minou. C’est à travers cette lutte que l’esprit humain pourra trouver sa perfection. Par ailleurs, le cercle étant symbole de l’éternité de l’esprit, on peut en conclure que plus les hommes s’efforcent de perfectionner leur esprit, plus celui-ci se trouvera à un niveau élevé dans un autre monde. C’est sur la base de ce précepte, que les Iraniens antiques rejetaient l’idée de deuil, de pleurs et de tristesse pour la disparition de leurs proches. En effet, si on admet que Fravahr ou l’esprit de nos proches entrent dans un monde supérieur après avoir quitté celui que nous connaissons, il faut s’en réjouir même si cette disparition reste amère pour les survivants. Ainsi, dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son Fravahr. C’est en vertu de cette pensée sublime que Cyrus le Grand ou la plupart des souverains de l’Iran antique, et l’histoire en témoigne, n’ont pas voulu admettre par la force la pensée de Zoroastre aux peuples. Au contraire, ils ont laissé aux peuples le libre choix de leur foi et l’ont respecté. C’est sur la base de cette doctrine que la Charte des droits de l’homme de Cyrus le Grand lors de la conquête de Babylone stipulait : “ Je n’ai autorisé personne à malmener le peuple et détruire la ville. J’ai ordonné que toute maison reste indemne, que les biens de personne ne soient pillés. J’ai ordonné que quiconque reste libre dans l’adoration de ses dieux. J’ai ordonné que chacun est libre dans sa pensée, son lieu de résidence, sa religion et ses déplacements, que personne ne doit persécuté autrui. ”

L’immortalité de Zoroastre

Comme nous l’avons indiqué, le fondement de la doctrine de Zoroastre est constitué par la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action.

À propos de la sincérité chez les Iraniens antiques, on peut lire dans le chapitre 136 du Livre I de Hérodote :

“ Entre l’âge de 5 ans et jusqu’à 20 ans, leurs fils apprennent trois choses, la cavalerie, le tir et la sincérité. ”

De même dans le chapitre 138 :

“ Ils ne prononcent jamais de paroles grossières et ne considèrent rien pire que le mensonge ; après le mensonge, c’est le prêt qu’ils détestent, car ils pensent que ceux qui empruntent seront obligés parfois de mentir ”.

Etant donné que dans la doctrine de Zoroastre toute personne doit répondre de ses actes par la bonne pensée, et que la bonne pensée est directement liée à la culture, par conséquent les adeptes de cette doctrine doivent se soustraire à mettre en œuvre une parole quelconque de Zoroastre qui ne correspondrait pas à la science moderne. Cela constitue un autre aspect des points forts de la pensée de Zoroastre. Cependant, comme le témoignent l’histoire et les spécialistes de cette doctrine, la plupart des préceptes de Zoroastre sur la morale collective et les liens qui attachent les hommes restent encore aujourd’hui d’actualité, alors que la plupart des religions ne leur pas accordé d’importance. Par exemple :
1) L’égalité des hommes et des femmes a été soulignée à maintes reprises dans les Gathas et réalisée dans l’histoire de l’Iran antique par l’avènement au pouvoir de femmes telle que Pourandokht. Il est utile de signaler qu’en 1994, lors de la dernière réunion des pays membres de l’Organisation des Nations-Unies, autour du thème de la “ surpopulation ”, “ l’égalité entre les hommes et les femmes ” a été relevée en tant qu’un des moyens pour enrayer ce danger.
2) Préserver la pureté de l’eau, de la terre, de l’air et du feu est un autre précepte des adeptes de cette doctrine. Dans le chapitre 138 du Livre I, Hérodote souligne le souci des Iraniens à préserver la pureté de l’eau.
3) L’esclavage et la soumission de l’être humain, parfois présents dans d’autres religions, sont complètement rejetés dans la doctrine de Zoroastre.
4) Cette doctrine met l’accent sur l’importance de la récolte. Elle rejette toute idée de la paresse comme il a été souligné dans de nombreux Gathas. La paresse, vivre au crochet d’autrui, vol le bien d’autrui sont fortement condamnés. Quiconque contreviendrait ce précepte serait considéré comme oppresseur et tout le monde a pour devoir de résister face à ces oppresseurs et à lutter pour libérer l’oppressé des mains de l’oppresseurs. Chacun doit vivre suivant ses efforts et bénéficier de sa propre récolte.
5) L’idolâtrie, l’adoration de la pierre ou tout autre lieu construit, sont prohibées dans la pensée de Zoroastre. La maison de Dieu n’est pas celle construite par l’homme mais le cœur et l’esprit de ce dernier.
6) La doctrine de Zoroastre n’admet aucune oppression à l’égard des hommes, elle prêche même qu’il faudrait se soulever pour l’éliminer. De même elle n’accepte pas celle commise à l’égard des animaux et considère leur sacrifice comme un crime des hommes à l’égard des animaux.

L’importance de la lumière et du feu dans la doctrine de Zoroastre

Dans cette doctrine, la lumière et le feu, l’élément le plus pur sur la terre et qui ne peut être sali d’aucune manière, est choisi comme le symbole d’Ahuramazda. C’est ainsi que certains, par ignorance ou par supercherie ont intitulé la doctrine de Zoroastre en tant que celle de l’adoration du feu afin de passer sous silence son aspect monothéiste. Il convient de souligner que ces mêmes ignorants qui veulent limiter la doctrine de Zoroastre en une adoration du feu, admettent eux-mêmes l’importance de la lumière et du feu et allument des bougies dans “ la maison de leur Dieu ”, de même que leur Livre relate la perspicacité du choix de la lumière et du feu.

Le miracle

Le miracle, c’est-à-dire la supercherie, est le fondement de nombreuses religions, propagés par les marchands de religion en vue d’attirer les peuples vers leur commerce. La propagation de l’idée du miracle à travers le temps est un facteur qui finit par ôter toute possibilité de réflexion aux adeptes de ces religions. Il est étonnant de constater que certaines personnes qui, par ailleurs, dans des domaines scientifiques occupent des rangs élevés, et relèvent avec facilité et perspicacité les supercheries des autres religions, sont souvent incapables d’étudier profondément leurs propres croyances religieuses et d’y déceler les vérités. Le lavage de cerveau qu’elles ont subi par les marchands de religion a fait qu’ils admettent dans le domaine de leurs croyances religieuses, des pensées erronées, sans valeur et superstitieuses qui n’ont aucun lien avec la connaissance et la culture. Quant à la question du “ miracle ” dans la doctrine de Zoroastre, il faut souligner que certains adeptes de cette pensée ont cru bon de lui attribuer un miracle et de le nommer “ prophète ” afin de diminuer oppression des musulmans intégristes. Or cela a porté un grave préjudice à cette doctrine. En effet, non seulement, cette action a terni l’image de cette pensée, mais elle n’a pas pu épargner ses adeptes des massacres subis pendant plusieurs siècles de la part des Arabes musulmans. Les Gathas, les seuls survivants des préceptes de Zoroastre, témoignent du fait qu’il ne s’est jamais prétendu être un prophète et que de ce fait il n’avait nul besoin de miracle pour tromper ses adeptes. Ceux qui ont étudié les Gathas et les écrits des historiens antiques, savent bien que le miracle n’a aucune place dans la doctrine de Zoroastre.

Pourquoi la philosophie de Zoroastre a été peu à peu oubliée ?

Il est facile de répondre à cette question. Zoroastre était opposé au commerce avec Dieu pour se pourvoir une place élevée et il rejetait le sacrifice des animaux qui constituait une source de revenus pour les dirigeants religieux. Par ailleurs, dans sa philosophie, il met l’accent sur le fait que chaque être humain poursuit sa perfection uniquement par le biais de la bonne pensée, la bonne parole et la bonne pensée. Il n’a laissé, par conséquent, contrairement à d’autres religions, aucune place aux dirigeants religions de se porter en intermédiaire entre Dieu et les hommes, de leur promettre le paradis et de leur menacer de l’enfer, et de rassembler, au passage, des sommes colossales. Selon Hérodote, Zoroastre enleva à ces marchands de religions, les temples et les maisons de Dieu qui étaient en réalité leurs propres maisons. Aussi, il ne leur restait plus aucun moyen de s’enrichir en profitant de l’ignorance des peuples, ce qui les incita à une intense animosité contre cette doctrine. Après la disparition de Zoroastre, les religieux de l’époque s’efforcèrent d’introduire de nouveaux les anciennes croyances dans sa doctrine afin d’ouvrir le chemin à l’exploitation de leurs adeptes. Ainsi, quelque temps après la mort de Zoroastre, la doctrine de Mithra et d’Anahita resurgit en Iran, de sorte que Xerxès adorait non seulement Ahuramazda mais également Mithra et Anahita et contrairement aux principes de Cyrus et de Darius le Grand, après avoir conquis les Grecs, il ordonna la destruction des temps d’Athènes, ce qui conduisit Alexandre le Macédonien, après la défaite des Acéménides, à ordonner d’incendier Takht-é-Djamshid et les bibliothèques de l’Iran, pensant ainsi détruire la pensée sublime de l’Iran. Par ailleurs, désirant faire profiter les Grecs de la science et de la philosophie des Iraniens, il ordonna de traduire, avant de les faire détruire, un nombre important de traités se trouvant dans les bibliothèques. Ces traités ont constitué une partie des fondements de la science et de la philosophie occidentale.
Les Arabes ont fait de même après l’invasion de l’Iran et la défaite des Sassanides. Partout où ils ont trouvé un traité ou un écrit, ils l’ont détruit par le feu ou par l’eau. Ils ont empêché les Iraniens de parler en farsi afin de les éloigner de leur racine culturelle pour qu’ils leur soit asservis à jamais comme les peuples de l’Egypte et de la Syrie. Or, avant qu’elle soit éteinte, la langue farsi fut ressuscitée par Ferdowsi Toussi. De même, pour assurer leur domination absolue sur les Iraniens, leurs Arabes leur imposèrent l’Islam et, dans ce contexte, ont massacré les Zoroastriens, sous prétexte qu’ils étaient adorateurs du feu. Malheureusement, l’œuvre des Arabes se poursuivit longtemps par les musulmans intégristes. Ce n’est qu’à l’époque de Réza Chah Pahlawie le Grand que fut mis fin à l’oppression contre les Zoroastriens et les adeptes des minorités religieuses en Iran. La parole et la philosophie de Zoroastre retransmis oralement pendant plusieurs siècles, ont été infiltrées des pensées et des préceptes qui n’ont aucun lieu avec les principes fondamentaux de l’enseignement de Zoroastre. Ceci fut principalement l’œuvre des marchands de religion qui recherchaient leurs propres intérêts. Ainsi certaines rites et philosophies des religions de Mithra, Anahita et Zarvan ont été introduites dans cette doctrine et lui ont porté préjudice. Aujourd’hui, les études linguistiques démontrent que de nombreux vestiges d’Avesta n’ont aucun lien avec les préceptes de Zoroastre et qui ont été ajouté à travers le temps. Sans doute, les spécialistes des Gathas et les liturgies de Zoroastre sont parfaitement conscients que les rajouts des ennemis de Zoroastre et des marchands de religion à cette philosophie comme le “ Vendidâd ” ne sont pas admis par les zoroastriens. On percevra la véritable nature de la philosophie de Zoroastre lorsque les linguistes et les chercheurs de la doctrine de Zoroastre purifieront ses liturgies et exploiteront les tablettes des époques de Cyrus et de Darius restées à l’abri des ennemis de l’Iran.

Pourquoi la doctrine de Zoroastre retrouvera sa magnificence ?

Sans doute, avec le développement de la science, de la culture et de l’intelligence, les êtres humains formuleront des questions qui dévoileront les supercheries des marchands de religion. Omar Khayyam, mathématicien, philosophe et poète iranien écrivait :
Sur mon passage, Tu as mis d’innombrables pièges
Tu dis que je te prends dans tes bras dès que j’y mets les pieds
Rien n’échappe à Ta volonté dans ce monde
Tout vient de Toi et Tu m’accuses d’être pécheur
Ou :
On dit qu’au jour du Jugement Dernier il y aura enquête
Et que le Créateur sera sévère
Mais de la Bonté absolue on n’attend que du bien
Ne t’en fais pas la fin sera heureuse
Il répond ainsi aux spéculations des marchands de religion. C’est alors que les esprits intelligents demandent : pourquoi les religieux dans les différentes religions prétendent être les seuls entremetteurs du paradis et avoir été mandatés par Dieu pour vendre des parts de celui-ci aux humains en échange d’une participation pécuniaire. Pourquoi les chefs de file d’une religion prétendent que ceux des autres religions sont des égarés destinés à l’enfer. De même, ces esprits clairvoyants se demandent : pourquoi, Dieu, créateur d’un univers si vaste que l’esprit humain est incapable de délimiter, aurait-il eu besoin de représentant pour guider quelques milliers ou quelques millions d’êtres humains. Sans doute, si nous utilisons notre intellect et notre conscience pour nous libérer des marchands des religions, un terme sera mis aux guerres sanglantes des religions à travers le monde. Car, comme l’affirme le philosophe et le poète iranien, Hafez :
Ne prends pas en considération les conflits intestinaux des sectes
Car, n’ayant pas trouver la vérité, elles se sont dirigées vers la fabulation
Les tenants des différentes religions ont toujours essayé de profiter de nos forces intérieures en vue de prouver la véracité de leur religion. Par exemple, l’effet d’Androphine (un produit équivalent à la morphine) produit par le cerveau et qui conduit l’être dans un état d’extase, l’autosuggestion, le lavage de cerveau ou l’effet du Placebo (substance inactive utilisée dans la guérison des malades) découvert par la médecine depuis plusieurs années, sont autant de moyens utilisés par les chefs de files des différentes religions pour attirer leurs adeptes. Il est à souligner que dans les religions toute question relative à la nature et aux fondements des préceptes est expressément prohibée, métamorphosant ainsi l’homme en un animal sans intelligence et sans capacité de réflexion. Etant donné que, parallèlement au développement de la science et de la culture, de plus en plus seront nombreux ceux qui se libéreront des chaînes de croyance aveugle des religions et que les plus clairvoyants s’avanceront vers la doctrine de Zoroastre par le biais de la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action, celle-ci retrouvera sa magnificence d’antan. Alors, peu importe le nom que sera donné à la nouvelle doctrine.

Source : http://www.zoroaster.net/france.htm

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