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Les origines du christianisme et la recherche du Jésus-Christ historique

10 Novembre 2012 , Rédigé par Acharya S Publié dans #spiritualité

Introduction

Dans le monde au cours des siècles passés, on a beaucoup écrit au sujet de la religion, de sa signification, de sa pertinence et de sa contribution à l'humanité. En Europe occidentale en particulier, de nombreux volumes ont été composés qui spéculent sur la nature et l’historicité du personnage principal des religions occidentales, Jésus-Christ. Beaucoup de gens ont essayé de creuser dans les rares indices restants relatifs à l'identité de Jésus et de proposer un croquis biographique qui soit soutient la foi, ou alors révèle le côté plus humain de cet homme-dieu qui nous est si proche. Évidemment, vu le temps et l'énergie dépensés à leur sujet, le christianisme et son fondateur légendaire sont très importants pour l'esprit et la culture occidentaux.

La Polémique

En dépit de toute cette littérature produite sans interruption et de l'importance du sujet, il y a chez le public un sérieux manque d'éducation formelle et étendue concernant la religion et la mythologie, et la plupart des individus sont terriblement mal informés à ce sujet. En ce qui concerne le christianisme, par exemple, on enseigne à la majorité des personnes, dans la plupart des écoles et églises que Jésus-Christ était une figure historique et réelle, et que la seule polémique le concernant est que certains le perçoivent en tant que fils de Dieu et Messie, alors que d'autres non. Cependant, bien que ce soit le débat le plus évident dans ce domaine aujourd'hui, il n'est pas le plus important. Aussi choquant que cela puisse paraître à l’homme de la rue, la polémique la plus profonde et durable à ce sujet est de savoir si un individu appelé Jésus-Christ a réellement existé.

Bien que cette controverse puisse ne pas être évidente au vu des publications habituellement disponibles dans les librairies populaires , quand on examine cette question de manière plus approfondie, on trouve un énorme volume de littérature qui démontre à maintes reprises, logiquement et intelligemment, que Jésus-Christ est un personnage mythologique au même titre que les hommes-dieux grecs, romains, égyptiens, sumériens, phéniciens ou indiens, qui sont tous actuellement perçus comme des mythes plutôt que comme des personnages historiques2. En fouillant plus avant dans cette grande quantité de documents, on peut découvrir les preuves que le personnage de Jésus est basé sur des mythes et des héros beaucoup plus anciens du monde antique. On s’aperçoit alors que cette histoire n'est pas une représentation historique d'un charpentier rebelle juif qui s'incarna physiquement dans le Levant il y a 2.000 ans. Autrement dit, on a démontré continuellement pendant des siècles que le personnage de Jésus-Christ, a été inventé et ne dépeint pas une vraie personne qui soit aurait été le fils de Dieu, ou qui aurait ensuite été transformée en un surhomme par ses disciples enthousiastes.

Historique et position de la discussion

Cette polémique a existé dès le début, et les écrits des "Pères de l’église" eux-mêmes indiquent qu'ils ont constamment été forcés par l'intelligentsia "païenne" à défendre ce que les non-chrétiens considéraient comme une fable absurde et fabriquée sans aucune preuve d’existence historique. Comme le signale le rév. Taylor : De façon ininterrompue depuis les temps apostoliques, mais jamais de façon si forte et emphatique que lors des tout débuts, l’existence du Christ en temps que personne fut vigoureseument niée. L’empereur Julien, qui succéda au "bon chrétien" Contantin, un fanatique meurtrier, réautorisa les cultes paiens, et affirma : Si quelqu’un veut savoir la vérité en ce qui vous concerne, Chrétiens, il saura que votre impiété est partiellement constituée de l’audace juive, et aussi de l’indifférence et du sens de la confusion des Gentils, et que vous avez mélangé non pas leurs meilleures, mais leurs pires caractéristiques. Selon ces dissidents, le nouveau testament aurait pu correctement s'appeler les "fictions d'Évangile."

Il y a un siècle, le mythologue Albert Churchward a dit : "On peut montrer que les évangiles canoniques sont une collection d'énonciations du Mythos et de l'Eschatologie égyptiens."

Dans La contrefaçon dans le christianisme, Joseph Wheless dit : "Les évangiles sont tous des contrefaçons sacerdotales rédigées plus d’un siècle après leurs prétendues dates." Ceux qui ont inventé certains des évangiles et des épîtres "alternatifs" qui furent écrits approximativement pendant les deux premiers siècles C.E. ont même admis qu'ils avaient forgé les documents. La contrefaçon pendant les premiers siècles de l'existence de l'église était manifestement effrénée, si commune en fait qu'une nouvelle expression a été inventée pour la décrire: "fraude pieuse." Une telle tromperie est fréquemment admise dans L'Encyclopédie Catholique. Certains des "grands" pères de l’église, tel Eusebius, ont été reconnus par leurs propres pairs comme étant d’incroyables menteurs qui ont régulièrement écrit leurs propres fictions sur ce que "le seigneur" avait dit et fait pendant "son" séjour allégué sur la Terre .

La Preuve

L'affirmation que Jésus-Christ est un mythe peut être démontrée non seulement par les travaux des dissidents et des "païens" qui ont su la vérité - et qui ont été perfidemment réfutés ou assassinés dans leur combat contre les prêtres chrétiens et les "pères de l’église," qui dupaient les masses avec leurs fictions - mais également par les énoncés des chrétiens eux-mêmes, qui révèlent sans interruption qu'ils ont su que le Christ était un mythe fondé sur des dieux plus anciens situés dans tout le monde antique connu. De fait, le pape Léon X, qui connaissait la vérité en raison de son rang élevé, fit cette déclaration curieuse, "Quel bénéfice cette fable du Christ ne nous a-t-elle pas apporté !" (emphase ajoutée.) Comme le dit Wheless : "les preuves à l’appui de ma thèse sont incroyablement faciles à trouver."

Les Gnostiques

De leur propre aveu, les premiers chrétiens étaient incessamment critiqués par d'autres érudits de grande réputation qui furent diffamés en tant que "païens" par leurs adversaires chrétiens. Ce groupe a inclu beaucoup de Gnostiques, qui se sont énergiquement opposés à l’affirmation d’une manifestation physique de leur dieu. On peut montrer que les chrétiens ont emprunté plusieurs des caractéristiques de leur homme-dieu aux Gnostiques, ce qui signifie "Ceux qui savent," une désignation vague s’appliquant à diverses confréries et écoles ésotériques. Les réfutations des chrétiens contre les gnostiques indiquent que l’homme-dieu chrétien était une insulte aux gnostiques, qui soutenaient que leur dieu ne pouvait prendre forme humaine.

Sources Bibliques

Il est frappant de constater que les documents chrétiens les plus anciens, les Epîtres attribués à "Paul," ne discutent jamais de l’historique de Jésus mais traitent exclusivement d’un être spirituel qui était connu à toutes les sectes gnostiques depuis des centaines et des milliers d'années. On peut montrer que les quelques références "historiques" à une vie réelle de Jésus citées dans l'Epître sont des interpolations et des contrefaçons, comme le sont, si l’on en croit Wheless, les épîtres eux-mêmes, qui n’auraient donc pas été écrits par Paul. Comme Edouard Dujardin le précise habilement, la littérature de Paul "ne se rapporte pas à Pilate, ou aux Romains, ou à Caiphe, ou au Sanhédrin, ou à Hérode, ou à Judas, ou aux femmes saintes, ou à aucune personne dans le récit évangélique de la Passion, et ne leur fait jamais aucune allusion; pour finir, elle ne mentionne absolument aucun des événements de la Passion, directement ou par allusion." Dujardin indique encore que d'autres écrits "chrétiens" les plus anciens tels la Révélation ne mentionnent aucun détail ou drame historiques . Mangasarien indique que Paul ne cite jamais les prétendus sermonts, prêches, paraboles et prières de Jésus, et qu’il ne fait pas plus mention de sa naissance surnaturelle et de ses prétendus merveilles et miracles, en fait tout ce qui aurait semblé très important pour ses fidèles si de tels exploits et paroles avaient été connu antérieurement à Paul.

Si l’on s’intéresse maintenant aux Evangiles, qui furent écrits vers le milieu du 2° siècle C.E., leurs prétendus auteurs, les apôtres, donnent des récits de Jésus et de sa généalogie qui se contredisent entre elles à plusieurs endroits. Sa naissance et son enfance sont mentionnées chez Marc, et bien que "Matthieu" et "Luc" affirment qu’il est "né d’une vierge," on fait remonter sa lignée de Joseph à la maison de David, de façon à ce qu’il "réponde à la prophétie." Dans les trois Evangiles synoptiques, on indique qu’il a enseigné durant un an avant de mourir, alors que chez "Jean" on parle de trois années. "Matthieu" indique que Jésus a donné le "Sermont de la Montagne" devant "les foules," alors que "Luc" mentionne une conversation privée avec quelques disciples. Les récits de la Passion et de la Résurrection différent totalement les uns des autres, et aucun n’indique à quel âge il est mort. Pour Wheless, "les soit-disant écrits ‘canoniques’ du Nouveau Testament constituent un texte confus et qui se contredit lui-même, l’estimation présente étant d’au moins 150 000 lectures possibles, ce fait étant connu et admis." De plus, sur les douzaines d’évangiles, certains qui à l’origine étaient considérés comme authentiques ou canoniques furent plus tard rejetés comme apocryphes ou faux, et vice-versa. Cela fait beaucoup pour "l’infaillible Parole de Dieu" et l’Eglise "infaillible!" La confusion est partout présente car au cours des siècles, des chrétiens plagiaires ont essayé d’amalgamer et de fusionner pratiquement tous les mythes, contes de fées, légendes, doctrines ou fragments de sagesse qu’ils pouvaient trouver à partir d’innombrables philosophies et religions à mystère qui existaient à l’époque. Ils ont ainsi contrefait, interpolé, mutilé, changé et réécri ces textes pendant des siècles.

Sources non-bibliques

En fait, il n’y a pas de référence non-biblique au personnage historique de Jésus par aucun des historiens connus de l’époque contemporaine et suivant la prétendue venue du messie. Walker indique qu’aucun écrivain de son temps ne l’a mentionné dans un écrit connu. L’éminent historien juif hélléniste et philosophe Philon (20 B.C.E.- 50 C.E.), vivant à l’époque supposée de Jésus, ne le mentionne pas. Les quelques quarante historiens qui se sont succédés dans les deux premiers siècles ne l’ont pas mentionné davantage." Il reste suffisamment d’écrit de [ces] auteurs … pour former une bibliothèque. Et pourtant dans cette masse de littérature juive et paienne, excepté deux passages contrefaits dans les écrits d’un auteur Juif, plus deux passages controversés dans les œuvres d’écrivains romains, on ne trouve aucune mention de Jésus-Christ." Leur silence constitue un témoignage assourdissant envers les historiens .

Dans toute l’œuvre de l’historien Juif Josèphe, formée de nombreux volumes, il y a seulement deux paragraphes qui prétendent se référer à Jésus. Quoique l’on ait beaucoup dit sur ces "références", elles ont été dénoncées par tous les érudits et même par les apologistes chrétiens comme étant des faux, comme l’ont été celles se référant à Jean le Baptiste et Jacques, "frère" de Jésus. L’évêque Warburton qualifia l’interpolation de Josèphe concernant Jésus de "faux avéré, de plus très stupide." Wheless indique que "la première mention de ce passage, avec son texte, se trouve dans l’Histoire de l’Eglise de cet écrivain très malhonnête qu’était Eusèbe, au quatrième siècle... " CE [Catholic Encyclopedia] admet que le passage mentionné ci-dessus "n’était pas connu d’Origène et des premiers écrivains patristiques." Wheless, un juriste, et Taylor, un ministre, s’accordent à dire qu’Eusèbe lui-même fabriqua le passage.

Si l’on considère la lettre à Trojan supposémment écrite par Pline le Jeune, qui est l’une des si rares "références" à Jésus ou à la Chrétienté exhibé par les Chrétiens comme preuve de l’existence de Jésus, on ne peut lui appliquer qu’un seul mot--"Chrétien"--et on a montré qu’il s’agissait d’un faux, comme est suspectée de l’être la lettre entière. En ce qui concerne le passage dans les travaux de l’historien Tacite, qui n’a pas vécu à l’époque supposée de Jésus mais qui est né 20 ans après sa prétendue mort, il est aussi considéré par les érudits compétents comme étant une interpolation et un faux. Les défenseurs des Chrétiens mettent aussi en avant le passage de Suétone se référant à une personne du nom de "Chrestus" ou "Chrestos" comme une référence à leur Sauveur ; quoiqu’il en soit, alors que certains ont spéculé qu’il y avait un Romain qui s’appelait ainsi à cette époque, le nom Chrestus" ou "Chrestos", qui signifie "utile", était fréquemment porté par des esclaves libérés. D’autres affirment que ce passage est aussi une interpolation.

De ces références, Dujardin dit que "même si elles sont authentiques, et dérivent de sources plus anciennes, elles ne nous ramèneraient pas avant la période lors de laquelle la légende évangélique prit forme, et ainsi ne pourraient attester que la légende de Jésus et non son historicité." Dans tous les cas de figure, ces "références" rares et brèves à un homme qui a supposamment bouleversé le monde peuvent difficilement être tenus pour des preuves de son existence, et il est absurde de faire reposer la religion Chrétienne dans son entier sur son authenticité supposée. Comme l’on dit, "les affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires"; cependant, aucune preuve d’aucune sorte de l’historicité de Jésus n’a jamais existé ou est sur le point de l’être.

Les Personnages

Il est évident qu’il n’y avait pas un personnage unique sur laquelle la religion chrétienne s’est fondée, et que ce "Jésus-Christ" est une compilation de légendes, héros, dieux et hommes-dieux. La place manque ici pour entrer dans le détail au sujet de chaque dieu qui a contribué à la formation du personnage de Jésus; qu'il suffise de dire qu'il y a d'abondance de documents pour prouver que ce sujet n'est pas une question de "foi" ou de "croyance." La vérité est que, à l’époque où ce personnage a censément vécu, il y avait une vaste bibliothèque à Alexandrie et un réseau incroyablement souple de confréries qui s’étendait de l'Europe à la Chine ; ce réseau d’information a eu accès à de nombreux manuscrits qui racontaient le même récit que celui du Nouveau Testament, avec des noms de lieu et d'appartenance ethnique différents. Dans la réalité, le récit de la vie de Jésus constitue un parallèle presque identique avec l'histoire de Krishna, par exemple, y compris dans ses détails, comme signalé entre autres par le mythologue et érudit distingué Gérald Massey il y a plus de cent ans, aussi bien que par le révérend Robert Taylor il y a cent-soixante ans, entre autres . Le conte de Krishna que l’on trouve dans les Védas hindous a été daté à au moins 1400 B.C.E. On peut dire la même chose du mythe d’Horus, qui est presque identique, dans ses détails, à l’histoire de Jésus, mais qui précède la version chrétienne de milliers d’années.

L'histoire de Jésus a incorporé des éléments de récits d'autres dieux enregistrés dans ce vaste territoire, comme par exemple ceux des sauveurs du monde et "fils de Dieu", dont la plupart précèdent le mythe chrétien, et dont un bon nombre furent crucifiés ou exécutés :

  • Adad d'Assyrie
  • Adonis, Apollon, Héraclès ("Hercule"), et Zeus en Grèce
  • Alcides de Thèbes
  • Attis de Phrygia
  • Baal de Phénicie
  • Bali d'Afghanistan
  • Beddru du Japon
  • Buddha en Inde
  • Crite de Chaldée
  • Deva Tat du Siam
  • Hésus des druides celtes
  • Horus, Osiris, et Sérapis d'Egypte, dont l'aspect barbu avec de longs cheveux a été adopté pour le personnage du Christ
  • Indra au Tibet
  • Jao au Népal
  • Krishna en Inde
  • Mikado des Sintoos
  • Mithra en Perse
  • Odin des Scandinaves
  • Prométhée au Caucase
  • Quetzalcoatl au Mexique
  • Salivahana aux Bermudes
  • Tammuz de Syrie (qui fut, dans un mouvement typique de la fabrication des mythes, plus tard transformé en disciple Thomas16)
  • Thor en Gaule
  • Monarque universel des Sibyles
  • Wittoba des Bilingonèses
  • Xamolxis de Thrace
  • Zarathustra/Zoroastre en Perse
  • Zoar des Bonzes

Les principaux protagonistes

Bouddha

Bien que la plupart des personnes pensent que Bouddha fut une personne qui vécut vers 500 B.C.E., on peut également démontrer que le personnage généralement dépeint comme Bouddha est une compilation des hommes-dieux, des légendes et paroles de divers hommes saints avant et après la période attribuée au Bouddha historique.

Le personnage de Bouddha a les points suivants en commun avec le Christ:

  • Bouddha est né de la Vierge Maya, qui était considérée comme la "Reine du Ciel".
  • Il était de naissance royale.
  • Il exécutait des miracles et des merveilles, guérissait les malades, nourrit 500 hommes à partir d’un "petit panier de gâteaux", et marcha sur les eaux.
  • Il a écrasé la tête d'un serpent.
  • Il a supprimé l’idolâtrie, était un "semeur de mots", et prêchait "l’établissement d’un royaume de justice".
  • Il enseigna la chasteté, la douceur, la tolérance, la compassion, l’amour et l’égalité de tous.
  • Il fut transfiguré sur une montagne.
  • Sakya Buddha fut crucifié pour expier ses fautes, souffrit durant trois jours en enfer, puis fut ressuscité.
  • Il est monté au Nirvana ou au "ciel."
  • Il était considéré comme le "bon berger "18 , le "Charpentier", "l’Infini et Eternel".
  • Il fut appelé "le Sauveur du Monde" et "la lumière du Monde".

Horus d’Egypte

Les histoires de Jésus et d’Horus sont très semblables, Horus ayant de plus contribué à l’attribution du nom de Jésus-Christ. Horus et son père Osiris sont fréquemment interchangeables dans le mythe ("Moi et mon Père sommes un"). Les légendes relatives à Horus datent de milliers d'années, et il a avec Jésus les points communs suivants:

  • Horus est né de la vierge Isis-Meri le 25 décembre dans une grotte/crèche, sa naissance étant annoncée par une étoile à l’est et attendue par trois hommes sages.
  • Il enseignait à des enfants au Temple et fut baptisé à l’âge de trente ans.
  • Il a eu 12 disciples.
  • Il effectua des miracles et éleva un homme, El-Azar-us, d’entre les morts.
  • Il marcha sur l’eau.
  • Horus fut transfiguré sur la Montagne.
  • Il a été enterré dans un tombeau et a été ressuscité.
  • Il était aussi "la Voie, la Vérité, la Lumière, le Messie, le fils oint de Dieu, le Fils de l’Homme, le Bon Berger, l’Agneau de Dieu, le Mot", etc.
  • Il était "le Pêcheur" et était associé à l’Agneau, au Lion, au Poisson ("Ichthys")
  • L'épithète personnelle de Horus était "Iusa," "le fils éternel" de "Ptah," le "Père.".
  • Horus s'appelait "le KRST," ou "Oint," longtemps avant que les chrétiens en reprennent l'histoire .

En fait, dans les catacombes de Rome, on trouve des images d’Horus représenté comme un bébé tenu par Isis, la vierge mère - la "Madonne et l'enfant" initiaux  - et le Vatican lui-même est construit sur la papauté de Mithra, qui a de nombreux points communs avec Jésus et qui a existé longtemps avant que le personnage de Jésus ne soit formalisé. La hiérarchie chrétienne est presque identique à la version de Mithra à laquelle elle s’est substitué . Pratiquement tous les éléments du rite catholique, de l’obole à l’ostie et de l’eau bénite à l’autel jusqu’à la doxologie sont directement empruntés à d’anciennes religions à mystères paiennes.

Krishna

Les similitudes entre le personnage Chrétien et le messie Indien sont nombreuses. En effet, Massey trouve plus de 100 similarités entre les deux, et Graves, qui inclut les divers évangiles non-canoniques dans son analyse, en liste plus de 300. Il est intéressant de remarquer qu’une ancienne écriture usuelle de Krishna en anglais était "Christna", ce qui fait ressortir son rapport avec "Christ". On peut encore noter que, tout comme le messie Juif, beaucoup de gens pensaient que Krishna avait physiquement existé.

  • Krishna est né de la Vierge Devaki ("La Divine").
  • Son père était charpentier.
  • Sa naissance était attendue par des anges, des hommes sages et des bergers, et il se présenta avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
  • Il s'appelle Dieu des bergers.
  • Il fut persécuté par un tyran qui ordonna le meurtre de milliers d'enfants en bas âge.
  • Il était de naissance royale.
  • Il fut baptisé dans le Gange.
  • Il effectua miracles et merveilles.
  • Il ressuscitait les morts et guérissait les lépreux, les sourds et les aveugles.
  • Krishna utilisait des paraboles pour enseigner au peuple la charité et l’amour.
  • "Il vécut pauvre et il aima les pauvres."
  • Il fut transfiguré devant ses disciples.
  • Dans certaines traditions, il mourut sur un arbre ou fut crucifié entre deux voleurs.
  • Il ressuscita d’entre les morts et monta au ciel.
  • Krishna est appelé "le Dieu-Berger" et le "Seigneur des Seigneurs", et était considéré comme "le rédempteur, le premier-né, le Libérateur, le Mot Universel".
  • Il est la seconde personne de la trinité et s’est proclamé lui-même "la résurrection" et "la voie vers le Père".
  • Il était considéré comme "le Début, le Milieu et la Fin" ("alpha et omega"), comme un être omniscient, omniprésent et omnipotent.
  • Ses disciples lui donnèrent le titre de "Jezeus", ce qui signifie "pure essence".
  • Krishna doit revenir se battre avec le "Prince du Mal", qui désolera la Terre.

Mithra, le Dieu-Soleil de Perse

L'histoire de Mithra précède la fable chrétienne d’au moins six cent ans. D’après Wheless, le culte de Mithra était, peu avant l’ère chrétienne, le plus populaire et répandu des religions ‘paiennes’ de l’époque. Mithra a les caractéristiques suivantes en commun avec le Christ:

  • Mithra est né d'une vierge le 25 décembre.
  • Il était considéré comme un grand professeur et un maître itinérant.
  • Il était appelé "le Bon Berger."
  • Il était considéré comme "la Voie, la Vérité et la Lumière."
  • Il était encore considéré comme "le Rédempteur," "le Sauveur," "le Messie."
  • Il était identifié à la fois au Lion et à l'Agneau.
  • Son jour sacré était le dimanche, le "jour du Seigneur", des centaines d'années avant l'émergence du Christ.
  • Il avait sa fête principale à la date qui allait ensuite devenir Pâques, correspondant à sa résurrection.
  • Il avait 12 compagnons ou disciples.
  • Il effectuait des miracles.
  • Il a été enterré dans un tombeau.
  • Après trois jours, il s'est relevé.
  • Sa résurrection était célébrée chaque année.
  • Sa religion comportait une eucharistie ou "diner du Seigneur".

Prométhée de Grèce

On a affirmé que le Dieu Grec Prométhée venait d’Egypte, mais son drame se situa en fait dans les montagnes du Caucase. Prométhée partage avec le Christ de nombreux points communs.

  • Prométhée descendit du ciel comme un Dieu pour s’incarner en homme afin de sauver l’humanité.
  • Il fut crucifié, souffrit et fut ressuscité.
  • Il fut appelé le Verbe ou le Mot.

La tradition affirme que Prométhée fut crucifié sur un rocher, mais cependant certaines sources indiquent qu’il fut crucifié sur un arbre et que les Chrétiens modelèrent l’histoire et/ou mutilèrent le texte, comme ils le firent avec les œuvres de tant d’auteurs anciens. Quoiqu’il en soit, le Soleil caché par l’obscurité constitue un parallèle avec le récit chrétien de l’obscurité qui tomba quand Jésus fut crucifié. Cet événement remarquable, qui n’est pas enregistré dans l’histoire, n'est explicable qu’à l’intérieur d’un mythe et comme partie d’une pièce récurrente.

La création d'un mythe

Les chrétiens ont effectué une telle censure que cela a mené à l'analphabétisme virtuel du monde antique ; de plus, ils se sont assurés que leur secret serait caché des masses, mais les érudits des autres écoles et sectes n'ont jamais renoncé à leurs arguments contre l’historicisation d’un être mythologique très antique. Nous avons perdu les arguments de ces dissidents érudits parce que les chrétiens ont détruit toutes les traces de leurs travaux. Néanmoins, les chrétiens ont préservé les conflits avec leurs détracteurs par les propres réfutations.

Par exemple, un des premiers pères de l'église, Tertullien (160-220 C.E.) "ex-païen" et évêque de Carthage, admet ironiquement les véritables origines du récit du Christ et de tous les autres hommes-dieux en énonçant une réfutation de ses critiques, "Vous dites que nous adorons le soleil; mais vous aussi."Point notable, initialement croyant et défenseur acharné de la foi, Tertullien renonça ensuite au christianisme .

Le "fils" ("Son") de Dieu est le "soleil" ("Sun") de Dieu

La raison pour laquelle tous ces récits sont si semblables, avec un homme-dieu qui est crucifié et ressuscité, qui fait des miracles et a 12 disciples, est que ces contes sont basés sur les mouvements du soleil dans les cieux, un développement astrothéologique qui peut être retrouvé sur toute la planète parce qu'on peut observer le soleil et les 12 signes de zodiaque tout autour du globe. Autrement dit, Jésus-Christ et tous les autres sur qui son personnage est fondé sont des personnifications du soleil, et l'Évangile est simplement une répétition d'un texte mythologique (le "Mythos", voir plus haut) concernant les mouvements du soleil dans les cieux .

Par exemple, la plupart des hommes-dieux crucifiés ont leur anniversaire traditionnel le 25 décembre. C'est parce que les anciens se sont rendu compte que (d'une perspective géocentrique) le soleil effectue une descente annuelle vers le sud jusqu'au 21ème ou 22ème jour de décembre, le solstice d'hiver, qu’il cesse ensuite de se déplacer vers le sud pendant trois jours et puis recommence à se déplacer vers le nord. A ce moment, les anciens disaient que le "soleil de Dieu" "était mort" pour trois jours avant de "ressusciter" le 25 décembre. Les anciens se rendaient compte de façon très claire qu’ils avaient besoin du Soleil chaque jour et qu'ils auraient de gros ennuis si le soleil continuait à se déplacer vers le sud et ne s'arrêtait pas pour inverser sa direction. Ainsi, ces nombreuses cultures célébraient l'anniversaire du "soleil de Dieu" le 25 décembre26. Suivent les caractéristiques du "soleil de Dieu":

  • Le soleil "meurt" pendant trois jours le 22 décembre, lors du solstice d'hiver, quand il arrête son mouvement vers le sud, avant de renaître le 25 décembre, lorsqu’il reprend son mouvement vers le nord.
  • Dans certaines cultures, le calendrier commençait initialement dans la constellation de la Vierge, et le soleil était donc " né d'une Vierge."
  • Le soleil est la "Lumière du Monde."
  • Le soleil "vient sur des nuages, et chaque oeil le verra".
  • Le soleil se levant le matin est le "Sauveur de l'humanité".
  • Le soleil porte une "couronne d’épines" ou halo.
  • Le soleil "marche sur les eaux. "
  • Les "disciples" du soleil sont les 12 mois et les 12 signes du zodiaque ou constellations, par lesquels le soleil doit passer.
  • Le Soleil à 12 heures est dans la maison ou le temple du "Plus Haut" ; par conséquent , "il" commence le "travail de son père" à l’ "âge" de 12 ans.
  • Le Soleil entre dans chaque signe du Zodiaque à 30° ; en conséquence, le "soleil de Dieu" commence son ministère à l’ "âge" de 30 ans.
  • Le Soleil est tenu sur une croix ou "crucifié", ce qui représente son passage par les équinoxes, celle de Printemps étant Pâques (Easter), époque à laquelle il est ressuscité.

Contrairement à la croyance populaire, les anciens n'étaient pas ignorants et superstitieux au point de considérer leurs dieux comme de véritables personnes. En fait, cette propagande calomnieuse représente une partie de la conspiration pour faire croire que les anciens étaient effectivement la populace hébétée qui avait grand besoin de la "lumière de Jésus". La vérité est que les anciens n’étaient pas moins avancés dans leurs pratiques spirituelles et morales, et même plus avancés dans de nombreux cas, que les chrétiens avec leur prétendue spiritualité et idéologie qui, avec cette atteinte à l’historicité, ont en fait dégradé l’ancien Mythos. En effet, à la différence des chrétiens "supérieurs", l’élite intellectuelle des anciens se rendait bien compte que leurs dieux étaient de nature astronomique et atmosphérique. Platon, Socrate et Aristote savaient sûrement que Zeus, le père et dieu du ciel qui est arrivé en Grèce originaire d'Inde et/ou d'Egypte, n'était pas une véritable personne, malgré le fait que les Grecs avaient indiqué en Crète à la fois une caverne de naissance et une caverne de la mort de Zeus. De plus, on peut trouver à plusieurs endroits du monde des sites où ce prétendu Dieu est né, mort, a marché, souffert, etc, un procédé commun qui n’est pas monopolisé et n’a pas commencé avec la Chrétienté.

L’étymologie indique l'histoire

Zeus, connu aussi comme "Zeus Pateras," que nous prenons maintenant automatiquement pour un mythe et non pas une figure historique, prend son nom de sa version indienne, "Dyaus Pitar." A son tour Dyaus Pitar est relié au "Ptah" égyptien, et de Pitar et de Ptah vient le mot "pater," ou "père." "Zeus" provient de "Dyaus," qui est devenu "Deos," "Deus" "Dios" et "Dieu." "Zeus Pateras," comme Dyaus Pitar, signifie, "Dieu le père", un concept très ancien qui en aucun cas n’a commencé avec "Jésus" et la chrétienté. Il n’est pas question de considérer Zeus comme un personnage historique. Dyaus Pitar est devenu "Jupiter" dans la mythologie romaine, et de la même façon n'est pas représentatif d'un personnage réel et historique. Dans la mythologie égyptienne, Ptah, le père, est le "dieu-force" invisible, et le soleil était considéré comme le mandataire visible de Ptah qui apporte la vie éternelle sur terre; par conséquent, le "fils de Dieu" est vraiment le "soleil de Dieu." En effet, selon Hotema, le nom même du " Christ " vient du mot "Kris" (comme dans Krishna), qui est un nom pour le soleil.

En outre, puisque Horus s'est appelé "Iusa/Iao/Iesu" le "KRST" et que Krishna/Christna était appelé "Jezeus" plusieurs siècles avant un quelconque personnage juif portant le même nom, il serait plus sûr de considérer que Jésus-Christ n’est qu’une répétition de Horus et Krishna, entre autres. Selon le révérend Taylor, le titre "Christ" dans son forme hébraïque, signifiant "Oint" ("Masiah") a été porté par tous les rois d'Israel, et il était "tellement emprunté par tous les imposteurs, prestidigitateurs, et personnes prétendant à des communications surnaturelles, que la seule référence à ce mot est considérée comme une indication d’imposture dans l’évangile elle-même." Hotema établit que le nom de "Jésus-Christ" n'a été officiellement adopté sous cette forme que lors du premier Conseil de Nicée, en 325 C.E.

En réalité, même les noms de lieu et les appellations de beaucoup d'autres personnages du nouveau testament peuvent être considérés comme des traductions hébraïques des textes Egyptiens.

Par exemple, dans le fable de "Lazare," la momie élevée des morts par Jésus, les copistes chrétiens n'ont pas beaucoup changé son nom, puisque "El-Azar-us" étant la momie égyptienne élevée des morts par Horus probablement au moins 1.000 ans avant la version Juive. Ce récit est une allégorie pour le passage du soleil par la "constellation de la momie," lui apportant la lumière et la vie. Ce n'est pas une histoire vraie.

L'ennemi principal de Horus - initialement l'autre visage d’Horus ou son aspect "sombre" - était "Set" ou "Sata," d'où vient "Satan."  Horus lutte avec Set de la façon exacte dont Jésus lutta avec Satan, 40 jours dans le désert, entre autres similitudes. C'est parce que ce mythe représente le triomphe de la lumière sur l'obscurité, ou le retour du soleil pour soulager la terreur de la nuit.

"Jérusalem" signifie simplement la "ville de la paix," et il y a des raisons de suspecter que la ville réelle en Israel ait été nommée d’après la ville sainte de la paix des textes sacrés égyptiens qui existaient déjà avant que la ville ait été fondée. De même, "Béthany," célèbre site de la multiplication des pains, et qui signifie la "Maison de Dieu," est une allégorie pour la "multiplication du nombre à partir de l’Unité." N'importe quelle ville portant ce nom était probablement nommée à partir de l’endroit allégorique des textes qui existait avant la formation de la ville. Le prédécesseur et sa contrepartie égyptienne est "Bethanu."

Le Livre de la Révélation est égyptien et zoroastrien

On peut trouver certains noms de lieu allégoriques tels "Jérusalem" et "Israel" dans le Livre de la Révélation. Massey a établi que cette Révélation, loin d’avoir été écrite par un apôtre du nom de Jean pendant le 1er siècle C.E., était à cette date un texte très antique qui date des débuts de cette ère de l’histoire, c.-à-d. possiblement écrit depuis une période aussi considérable que 4.000 ans. Massey affirme que la révélation est liée à la légende mithraïque de Zoroastre/Zarathustra. De ce livre mystérieux, qui a stupéfié l’humanité pendant des siècles, Hotema dit : "Il est exprimé en termes de phénomène créatif ; son héros n’est pas Jésus mais le Soleil de l’Univers, son héroine est la Lune ; et tous ses autres protagonistes sont les planètes, les étoiles et les constellations ; le décor de la pièce comprend le Ciel, la Terre, les Rivières et la Mer. " La forme commune de ce texte a été attribuée par Churchward au scribe d’Horus, Aan, dont le nom n." (Horus a été également baptisé par "Anup le Baptiseur," qui est devenu "Jean le Baptiste.")

Le mot Israel lui-même, loin d'être une appellation juive, vient probablement de la combinaison de trois dieux régnants différents: Isis, la Déesse Mère de la Terre révérée dans tout le monde antique; Ra, le dieu-soleil égyptien; et El, le dieu Sémite que nous connaissons sous le nom de Saturne."El/Saturn" était un des noms les plus anciens pour le dieu des anciens Hébreux (d'où Emmanu-El, Micha-El, Gabri-El, Samu-El, etc.), et son culte se reflète dans le fait que les juifs considèrent toujours samedi ("Saturday") comme le "jour de Dieu."

En effet, le fait que les chrétiens adorent le dimanche ("Sunday") trahit les origines véritables de leur dieu et homme-dieu. Leur "sauveur" est en fait le soleil, qui est la "Lumière du monde que chaque oeil peut voir." Le soleil a été constamment considéré à travers l'histoire comme le sauveur de l'humanité pour d’évidentes raisons. Sans soleil, la planète ne durerait qu’un jour tout au plus. Le Soleil était tellement important pour les anciens qu’ils ont composé un "Livre du Soleil", ou "Helio Biblia", qui est devenu la "Sainte Bible" ("Holy Bible").

Les "patriarches" et "Saints" sont les Dieux d'autres cultures

Quand on étudie la fabrication des mythes, on peut aisément discerner et tracer un schéma qui s’est répété à travers l'histoire. Toutes les fois qu'une culture d’invasion prend le pas sur ses prédécesseurs, elle diffame les dieux précédents ou les transforme en dieux secondaires, "patriarches", ou, dans le cas de la chrétienté, "saints ." Ceci s’est produit à plusieurs reprises dans l'histoire. Un exemple de ce procédé est l’adoption du nom du dieu Hindou Brahma comme celui du patriarche Hébreu Abraham. Une autre école de pensée propose que le nom du patriarche Joshua ait été basé sur Horus en tant que "Iusa," puisque le culte de Horus avait migré à cette période vers le Levant. Dans cette théorie, le culte de Joshua, situé exactement dans la zone où le drame du Christ a prétendument eu lieu, fut passé dans l'histoire chrétie. Comme le dit Robertson, "le livre de Josuah nous conduit à penser qu’il avait plusieurs attributs du dieu-Soleil et que, comme Samson et Moise, il était une ancienne déité réduite à un statut de simple mortel."

En effet, la légende de Moïse, loin d'être celle d’un personnage Hébreu historique, peut être retrouvée dans l’Extrême et le Moyen-Orient antique, le personnage ayant différents noms et appartenances ethniques, selon l’endroit: "Manou" est le législateur Indien ; "Nemo le législateur," qui a descendu les tablettes de la Montagne de Dieu, vient de Babylone; on trouve "Mises" en Syrie et en Egypte, où "Manes le législateur occupe aussi la scène ; Minos est le réformateur Crétois et les Dix Commandements ("Décalogue") sont une simple répétition du code Babylonien d’Hammurabi et des Védas Hindous, entre autres. Comme Moïse, Krishna a été placé par sa mère dans un bateau de roseau, et abandonné au fleuve avant d’être découvert par une autre femme Il y a un siècle, Massey a souligné, et Graham a récemment réitéré, que l'exode lui-même n'est pas un événement historique. Que la réalité de l'exode soit remise en question est renforcé par le manque d‘un quelconque enregistrement archéologique, comme le signale La revue biblique d'archéologie ("BAR"), de Septembre/Octobre 1994.

Comme la majorité des personnages bibliques principaux, Noé est également un mythe , il y a bien longtemps emprunté aux Egyptiens, aux Sumériens et à d'autres, comme n'importe quel érudit expérimenté pourrait le démontrer, et cependant nous trouvons toutes sortes de livres – dont certains transmettant même la "vérité finale" fournie par un être mystique, omniprésent, omniscient et éternel, comme Jésus lui-même – jasant sur un véritable Noé historique, ses aventures extraordinaires, et la "Grande Inondation !"

De plus, l’ "Esther" du Livre d'Esther dans le Vieux Testament est une réminescence de la déesse Ishtar, Astarte, Astoreth ou Isis, dont vient "Pâques" ("Easter") et au sujet de laquelle peu est dit dans le "Mot infaillible de Dieu" Le motif de la Vierge Mère/Déesse/Reine des Cieux se retrouve sur tout le globe, bien avant l’ère Chrétienne, Isis étant par exemple aussi appelée "Mata-Meri" ("Mère Marie"). Comme le dit Walker, "Mari" était le "nom de base pour la Déesse connue des Chaldéens comme Marratu, des Juifs comme Marah, des Perses comme Mariham, des Chrétiens comme Marie. Les sémites adoraient une combinaison androgyne de la Déesse et du Dieu, appelé Mari-El (Marie-Dieu), qui correspondait à l’Egyptien Meri-Ra, qui combinait le principe féminin de l’eau au principe masculin du Soleil. "

Même le nom hébraïque de Dieu, "Yahweh," a été pris du mot égyptien, "IAO."

Dans l’une des tromperies Chrétiennes les plus connues, et afin de convertir les fidèles du "Seigneur Bouddha", l’Eglise le canonisa comme St Josaphat", ce qui représentait l’interprétation chrétienne du titre bouddhique "Bodhisat".

Les "Disciples" sont les maisons du zodiaque

De plus, ce n'est pas une coincidence s'il y a 12 patriarches et 12 disciples, 12 étant le nombre de maisons astrologiques, ou mois. En effet, comme les 12 tâches herculéennes et les 12 "aides" d’Horus, les 12 disciples de Jésus sont symboliques des maisons du zodiaque et ne correspondent à aucune personne qui a joué un rôle vers 30 C.E. On peut montrer que les disciples sont d’anciennes déités/héros folkorique/constellations. Pierre est facilement identifié à un personnage mythologique , et on a dit que Judas représente le Scorpion, "le médisant," la période de l'année où les rayons du soleil s'affaiblissent et où le soleil semble mourant.Jacques, le "frère de Jésus" et "frère du Seigneur", est équivalent à Amset, le frère d’Osiris et frère du Seigneur. Massey dit que "Taht-Matiu était le scribe des dieux, et dans l’art Chrétien Matthieu est dépeint comme le scribe des dieux, avec un ange assis à côté de lui, pour lui dicter l’Evangile." Certains conjecturent que l'apôtre Paul est lui-aussi inventé.

Jésus était-il un maître d'Essène?

Pour ce qui est de Jésus assimilé à un Essénien selon les Rouleaux "secrets" de la Mer Morte, on avait spéculé sur ce fait depuis des siècles, donc avant la découverte des rouleaux, mais Massey a habilement argué du fait que plusieurs des enseignements présumés de Jésus étaient en contradiction avec ou étaient inexistants dans la philosophie des Esséniens. Les Esséniens ne croyaient pas à la résurrection corporelle, ni à un messie fait chair. Ils n’acceptaient pas l’historicité de Jésus. Ils n'étaient pas des sectateurs de la Bible des Hébreux, ou de ses prophètes, ou du concept de la chute originelle qui doit produire un sauveur. Massey remarque plus loin que les Esséniens étaient des antialcooliques et mangeaient pour vivre plutôt que l’inverse. Comparé à eux, Jésus, l'Essénien assumé, semble être un glouton et un alcoolique. En outre, tandis que selon Josèphe les Esséniens détestaient prêter des serments, Jésus adorait faire prêter serment à ses disciples. Comme beaucoup de doctrines Esséniennes sont inclues dans le Nouveau Testament, la liste des disparités entre les Esséniens des Rouleaux de la Mer Morte et leur prétendu grand maître Jésus se poursuit.

Qumran n'est pas une Communauté d’Esséniens

À cet égard, il convient de noter qu'il y a une autre discussion pour savoir si Qumran, le site traditionnellement associé aux Rouleaux de la Mer Morte, était une communauté d'Esséniens. Dans BAR, précédemment citée, on signale que les trouvailles archéologiques indiquent que Qumran n'était pas une communauté d'Esséniens mais était probablement une halte pour des voyageurs et des négociants traversant la Mer Morte. Dans BAR, on a également présumé que le ton fervent et le style guerrier de certains des rouleaux déterrés près de Qumran dénient une origine Essénienne et indiquent plutôt une attribution possible aux fanatiques Zélotes Juifs. Dans Qui a écrit les Rouleaux de la Mer Morte, Norman Golb plaide avec succès que ces documents n'ont pas été écrits par des scribes d'Essène, mais étaient une collection de livres d'une variété de bibliothèques qui ont été cachés dans des cavernes à l'est d'Israel par des Juifs qui voulaient échapper aux armées de Rome pendant la première révolte 70 A.D. Golb a aussi présumé que Qumran était une forteresse et non un monastère. De toute façon, il est impossible d'identifier l’ "enseignant de justice" trouvé dans les rouleaux à Jésus-Christ.

Le nouveau testament fut-il composé par les Thérapeutes?

En 1829, le Rév. Taylor a habilement plaidé que l'histoire entière de l’Évangile existait déjà longtemps avant le début de l'ère chrétienne et fut probablement composé par les moines égyptiens d’Alexandrie appelés les "Thérapeutes"Cette théorie découle en partie de l’affirmation de l’un des premiers pères de l’église, Eusèbe qui, dans ce qui semble un de ses rares moments d’honnêteté, "admit…que les épîtres et évangiles Chrétiennes canoniques étaient les anciens écrits des Esséniens et des Thérapeutes reproduits au nom de Jésus." Taylor affirme lui-aussi que "les Thérapeutes Egyptiens, voyageurs, ramenèrent toute l’histoire d’Inde jusqu’à leurs monastères en Egypte où, quelques temps après les débuts de la monarchie Romaine, il fut transformé en Christianisme." En outre, Wheless démontre qu'on peut trouver une grande partie du récit de "Jésus-Christ" dans le livre d'Enoch, qui prédate l'arrivée supposée du maître juif de centaines d'années D’après Massey, ce sont les Gnostiques ‘paiens’ – ce qui incluait des membres des Esséniens/Thérapeutes et des confréries Nazaréennes, entre autres – qui amenèrent en fait à Rome les textes ésotériques (gnostiques) contenant le Mythos, sur lesquels les nombreux évangiles, incluant les quatre canoniques, se basèrent. Wheless dit que "les Evangiles et autres brochures du Nouveau Testament, écrites en Grec et citant 300 fois les Septuagint Grecs et plusieurs auteurs paiens Grecs, comme Arathus et Cléanthe, furent écrits non pas par des paysans Juifs illettrés mais par des Pères et des prêtres ex-paiens de langue Grecque loin de la Terre Sainte des Juifs." Mead affirma : " Nous pouvons en conclure que les originaux de nos quatre Evangiles furent probablement écrits en Egypte, sous le règne d’Hadrien."

Conclusion

Comme le dit Walker, "Les efforts des érudits pour éliminer le paganisme des Evangiles, afin de retrouver le personnage historique de Jésus, se sont avérés aussi désespérés que de rechercher le noyau d’un oignon." L'histoire "Évangélique" de Jésus n'est pas une représentation effective d'un "maître" historique qui a marché sur la terre il y a 2.000 ans. C'est un mythe établi à partir d'autres mythes et hommes-dieux, qui étaient à leur tour des personnifications du mythe omniprésent du dieu-soleil.

Le Christ des Evangiles n’est en aucun cas un personnage historique ou un modèle suprême de l’humanité, qui souffrit, essaya et échoua à sauver le monde par sa mort. Il est impossible d’établir l’existence d’un personnage historique même en tant qu’imposteur. Car dans ce cas les deux témoins que sont la mythologie astronomique et le gnosticisme s’avèrent être un alibi. Le Christ est une figure populaire qui n’a jamais existé, une figure d’origine paienne ; une figure qui fut le Bélier et ensuite le Poisson ; une figure qui était sous forme humaine le portrait et l’image d’une douzaine de dieux différents.

Gerald Massey

Source : http://www.truthbeknown.com/francais.htm

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Note historique sur les relations entre le Suprême Conseil pour la France et la Grande Loge Nationale Française (1965-1980)

9 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Dans son communiqué en date du 29 octobre 2010 adressé à tous les Frères

appartenant au Rite Ecossais Ancien et Accepté et publié sur le site internet du SCPLF, le T. Ill. F. Jean- Luc FAUQUE 33e, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, écrit notamment.  En 1965, en raison des tensions internes à la Grande Loge de France qui la bannissaient de la Maçonnerie régulière, le T. Ill. F. Charles RIANDEY 33e, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, fut missionné par les Souverains Grands Commandeurs des Juridictions Sud et Nord des Etats- Unis d’Amérique, du dominion du Canada et des Pays- Bas pour rétablir le Suprême Conseil en France qui avait été déclarée « Territoire inoccupé du Rite Ecossais ». Pour satisfaire à cette mission et en accord avec les Suprêmes Conseils précités, la Grande Loge Nationale Française, présidée par le Grand Maître E. Van Hecke, fut retenue pour administrer les trois premiers degrés symboliques du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le Suprême Conseil pour la France fut confirmé par tous les Suprêmes Conseils réguliers du monde comme le deuxième plus ancien Suprême Conseil après celui de la Juridiction Sud des Etats- Unis créé en 1804 par le Comte Alexandre de Grasse- Tilly. C’est dans ces circonstances que le Rite Ecossais Ancien et Accepté a rejoint la Grande Loge Nationale Française qui procéda, à partir de 1965, à la transmission des trois premiers degrés écossais. Depuis lors, les liens fraternels n’ont cessé de s’intensifier antre le Suprême Conseil pour la France et la Grande Loge Nationale Française. Le Suprême Conseil entend ici rappeler :  

- Qu’il détient un droit imprescriptible sur les trente trois degrés du Rite Ecossais

Ancien et Accepté qui lui est conféré par les Grandes Constitutions de 1786 – Lois fondamentales de l’Ordre écossais – seules références à sa régularité.  Ces affirmations sont toutefois en contradiction avec le propre témoignage de son prédécesseur, le T. Ill ; F. Charles RIANDEY (1892- 1976) Souverain Grand commandeur du Suprême Conseil de France (1961-1965) puis du Suprême Conseil pour la France (1965- 1975) et l’analyse historique irréfutable des évènements de 1964- 1965 faite par Alain BERNHEIM, le meilleur historien de l’Ecossisme.

Dans son ouvrage, Confession d’un Grand Commandeur de la Franc- Maçonnerie, ses mémoires posthumes publiés en 1989 par Raoul MATTEI qui lui succéda à la tête du SCPLF entre 1976 et 1981, Charles RIANDEY tint à apporter, pp. 168-176, les précisions suivantes. « Le projet de remise en ordre du Rite Ecossais en France élaboré par Hofman [Willem HOFMAN, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil des Pays- Bas dont RIANDEY avait fait la connaissance lors de la Conférence des Grands Commandeurs européens à Francfort en juin 1962] fut adopté par les trois Grands Commandeurs des Etats- Unis et du Canada. Il m’incombait à le mettre en exécution. La première phase consistait à faire régulariser par la Grande Loge Nationale Française en même temps que moi, un certain nombre de Frères choisis par moi et consentants, parmi lesquels on pourrait ultérieurement prendre ceux qui seraient appelés à

constituer l’embryon du Suprême Conseil à réorganiser. Je pris accord avec le Grand Maître Van Hecke. [Au mois de février 1964, RIANDEY avait rencontré secrètement VAN HECKE et en avait informé HOFMAN. Il le revit le 16 octobre 1964 après la ratification par le Convent de la Grande Loge de France le 17 septembre 1964 du traité d’alliance avec le Grand Orient de France] Il fut convenu que la cérémonie de régularisation aurait lieu le 1er février 1965 dans le temple loué rue Froidevaux, à Paris, et que quatorze Frères, désignés par moi et acceptés par Van Hecke, seraient régularisés. De plus, Van Hecke désira régulariser le 9 février à sa propre loge « Persévérance », boulevard Bineau, à Neuilly, Drapanaski qu’il connaissait personnellement et moi- même. Donc à la date du 9 février 1965, seize Frères, appartenant anciennement à la Grande Loge de France, étaient devenus des Maîtres Maçons réguliers de la Grande Loge Nationale Française. Le lendemain, j’adressai au Suprême Conseil rue Puteaux ma démission. La deuxième phase du projet Hofman consistait à ré initier ou à initier jusqu’au 33e degré une dizaine de Frères choisis par moi. J’en désignai neuf qui, avec moi, allèrent à Amsterdam le 13 février 1965. Là, nous fûmes ré initiés ou initiés du 4e au 33e degré. Nous reçûmes nos diplômes de 33e. Il était indiqué sur le mien que j’avais mission de réformer en France un Suprême Conseil régulier en appliquant strictement les règles édictées par les Grandes Constitutions de 1786. Je fus, en outre, nommé membre actif du Suprême Conseil des Pays- Bas et installé comme tel, afin de donner à la mission dont j’étais investi une base maçonnique légale. J’abordai ensuite la troisième phase du plan Hofman ….. Il me fallait appeler auprès de moi, choisi parmi les neufs ré initiés ou initiés au 33e degré, celui qui allait être le Lieutenant Grand Commandeur. J’hésitai entre Paul Naudon, qui avait été membre du Suprême Conseil rue Puteaux, et Georges Hazan. Je me décidai pour ce dernier …….  Il avait été Grand Maître de la Grande Loge de France……Il accepta et me promit aussitôt allégeance. Je lui proposai de choisir comme troisième Paul Naudon. Il fut d’accord. Ce dernier, convoqué, accepta à son tour et prit le poste de Ministre d’Etat que nous lui offrîmes. A trois nous désignâmes un quatrième, à quatre un cinquième, toujours à l’unanimité, conformément aux Grandes Constitutions. Les principes offices furent ainsi pourvus et le Suprême Conseil fut formé ……… Van Hecke devait se rendre aux Etats- Unis pour assister, en février, à la Conférence des Grands Maîtres américains, à Washington. Il me suggéra d’y aller avec lui, ce qui me procurerait l’occasion de rencontrer Luther Smith, Bushnell et Berkinshaw [Grands Commandeurs des Suprêmes Conseils des Juridictions Sud et Nord et du Canada]…… Luther Smith me pria d’assister à une conférence dans son cabinet de la « House of the Temple » avec Bushnell et Berkinshaw. J’y emmenai Van Hecke ……..Cette conférence avait pour objet de passer en revue les évènements de France, de faire le point, d’envisager des mesures à prendre, et, enfin, d’examiner sous quelle forme les trois Suprêmes Conseils, des USA et du Canada, pourraient aider le Suprême Conseil pour la France, réorganisé.  La conférence dura deux longues heures. Je relatai comment avait été réorganisé le Suprême Conseil pour la France. Les modalités suivies furent approuvées. Je dis nos espoirs de refaire en France un Rite Ecossais parfaitement régulier, et fort. Sur la proposition de Bushnell, il fut convenu que le Suprême Conseil pour la France, réorganisé, serait considéré comme le continuateur de celui créé en 1804. Il fut décidé que je rédigerais un « Manifeste » au monde maçonnique pour annoncer la renaissance du Rite en France, que je soumettrais le projet de ce « Manifeste », pour accord, aux trois Grands Commandeurs, et que ceux- ci, de leur côté, s’associant à Hofman, rédigeraient une note, signée des quatre, qui serait adressée à tous les Suprêmes Conseils, qui les informerait de l’irrégularité dans laquelle était tombé le groupe Bonnet- Bittard [Stanislas BONNET, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France de 1965 à 1967 et son successeur Henri BITTARD, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France de 1967 à 1975] et leur demanderai de reconnaître le Suprême Conseil Réorganisé……………………………………………………………………………..

Pour compléter le Suprême Conseil, je demandai à Van Hecke de désigner quatre membres de la Grande Loge Nationale Française qui, initiés par nos soins du 3e au 33e degré, pourraient être présentés aux suffrages des dix membres déjà incorporés au Suprême Conseil. En lui faisant cette demande, je lui précisai que, dans le but de maintenir l’indépendance réciproque de la Grande Loge Nationale Française et du Suprême Conseil, il convenait de renoncer à ce que lui, Grand Maître, et Derosière, Député Grand Maître, fussent parmi les quatre, ce qui n’empêchait pas de les initier tous deux jusqu’au 33e degré. Il en convint sans la moindre difficulté. Il désigna Robinson, Johnson, Baylot et Lepage……………………………………………………….   Presque aussitôt après, une autre tenue fut convoquée pour initier jusqu’au 33e degré et pour régulariser à ce grade les Frères récemment consacrés comme Maîtres Maçons de la Grande Loge Nationale et susceptibles d’être nommés membres actifs du Suprême Conseil ………………………………………………………………………… Après avoir complété le Suprême Conseil et pourvu aux Offices, il devenait urgent de reconstituer les ateliers des hauts grades. Mais seuls pouvaient les composer des frères régularisés aussi dans les hauts grades qu’ils possédaient rue Puteaux. Je pressai Cerbu de hâter la régularisation au grade de Maître Maçon, par la Grande Loge Nationale, sinon de la totalité des membres de la Grande Loge de District, du moins de ceux d’entre eux qui appartenaient précédemment à des Ateliers de hauts grades. J’éprouvai quelques résistances de la part de Cerbu, déçu de n’avoir pas été nommé membre actif du Suprême Conseil ; mais il avait été régularisé au 33e degré et il céda, me promettant de faire le maximum d’efforts pour convaincre les intéressés de se soumettre à la régularisation. De leur côté, les dirigeants de la Grande Loge Nationale, Van Hecke le premier, souhaitaient que la Grande Loge de district ne s’éternisât pas. Aussi apportèrent- ils la plus grande bonne volonté à organiser de nombreuses séances de régularisation. En quelques semaines, au prix de sacrifices de temps considérables de leur part, la presque totalité des possesseurs de hauts grades furent ré initiés au 3e degré . Le Suprême Conseil, à son tour, entra en action et, dans un minimum de temps, plusieurs loges de perfection, plusieurs chapitres et l’aréopage de Paris furent reconstitués et consacrés………………………………………………………………………. La consécration du Suprême Conseil réorganisé, qui avait pris le titre de « Suprême Conseil du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et accepté pour la France » …..

eut lieu le 24 avril 1965. » Dans son article, Présentation des problèmes historiques du Rite Ecossais Ancien et Accepté, publié dans le N° 61 de janvier 1985 de la revue Renaissance traditionnelle (pp. 1- 29), Alain BERNHEIM a tenu à apporter, pp. 24- 26, les précisions suivantes sur la création du SCPLF.  Il n’est peut- être pas inutile que je vous rappelle les circonstances ayant amené la création du Suprême Conseil pour la France. Les FF. souhaitant avoir des enseignements à ce sujet peuvent consulter trois livres écrits par des membres – ou ex- membres – de ce Suprême Conseil : les TT. Ill. FF. Cerbu, Marsaudon et Naudon.  C’est le F. Cerbu, alors Grand Chancelier de la Grande Loge de France, qui raconte que quelques mois avant la soumission du Traité d’Alliance Fraternelle entre le Grand Orient de France et la Grande Loge aux Convents des deux Obédiences, le F. Bushnell, Grand Commandeur de la Juridiction Nord des USA, vint à Paris et lui proposa devant témoins d’assurer la reconnaissance de la Grande Loge de France par les Grandes Loges américaines si le Traité projeté échouait (le F. Cerbu devant poser sa candidature à la Grande Maîtrise contre le Grand Maître sortant Richard Dupuy, artisan du Traité). 

« Et la Grande Loge Nationale Française . » demandèrent les FF. Riandey et Bittard, présents à l’entretien. « Ne vous occupez pas de cela, j’en fais mon affaire », répondit Bushnell(Marcel Cerbu, Le combat des Francs- Maçons, 1976).

On peut se rapporter au texte du Convent de la Grande Loge de France (1964) et au rapport du F. Cerbu (notamment p. 33). Mais le Traité fut ratifié le 17 septembre 1964 ce qui produisit une réaction atomique en chaîne :

- Le jour suivant, le Suprême Conseil annula ses trois décrets de 1894, 1904 et 1927 qui avaient accordé l’autonomie administrative à la Grande Loge de France.

- Deux mois plus tard le Suprême Conseil de France mit ses membres devant

l’alternative de quitter la Grande Loge ou d’être rayés des listes du Suprême Conseil.

- Puis le Suprême Conseil annula ce dernier décret, déposa le F. Riandey et élit le F. Bonnet comme Grand Commandeur à la place du F. Riandey. - Le 10 février 1965 le F. Hofman, Grand Commandeur du Suprême Conseil de Hollande, déclara le Suprême Conseil de France irrégulier, et que, de ce fait, la France

était désormais « territoire inoccupé ». Son Suprême Conseil réinitia aux 33 grades de l’Ecossisme le F. Riandey. Dans son La Chair quitte les os, le Grand Commandeur Honoraire du Grand Collège des Rites Corneloup écrit , p. 121.  

« Riandey portera devant l’histoire une lourde responsabilité et la honte de s’être laissé soumettre à une humiliante régularisation qui permettrait de conclure – faussement – qu’elle est l’aveu que les initiations et les investitures que le T. Ill. F. Riandey, Souverain Grand Commandeur, avait reçues avant la guerre, à une époque où personne au monde ne mettait en doute l’orthodoxie du Suprême Conseil de France , n’étaient que de vains simulacres ».  Le « Suprême Conseil pour la France » fut installé le 24 avril 1965 par le Suprême

Conseil de Hollande, tant en son nom qu’en celui des deux Juridictions américaines et du Suprême Conseil du Canada. Vous savez les problèmes que ce troisième Suprême Conseil en territoire français souleva au sein des Suprêmes Conseils du monde entier et notamment à la IXe Conférence Internationale, réunie à Bruxelles en 1967. [Au mois de juin 1967, à la IXe Conférence Internationale de Bruxelles, où quatorze Suprêmes Conseils étaient représentés, six délégations, dont celle d’Allemagne, quittèrent la Conférence après avoir protesté contre la présence du Suprême Conseil de RIANDEY, ainsi que le mentionne le compte rendu publié en 1980 dans Annalem, pp. 72- 73].

Le F. Naudon semble avoir été le seul membre du Suprême Conseil de France à suivre le Grand Commandeur Riandey au départ de l’opération. Mais le F. Marsaudon rejoignit ensuite ce « Suprême Conseil pour la France » dont il fut nommé Grand Commandeur Honoraire. Dans son livre de souvenirs, Souvenirs et réflexions, paru en 1976, il rapporte sa stupéfaction d’avoir entendu lors de la fête de l’Ordre Ecossais, le 27 avril 1975, le Grand Commandeur Honoraire Hollandais Hofman avoir glorifié en public ces évènements en les qualifiant de «coup d’état », terme qu’avait déjà employé le Grand Commandeur Riandey dans une lettre au F. Marsaudon (p. 352).

Source : http://deusmeumquejus.over-blog.com/

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Documents inédits sur les premières années du Suprême Conseil pour la France

9 Novembre 2012 , Rédigé par Archives Centrales du Bd Bineau Publié dans #histoire de la FM

Le témoignage critique du Baron MARSAUDON.  

Le Baron Yves MARSAUDON (1899-1985), administrateur de la Marine marchande puis directeur général d’une compagnie maritime, chevalier de Malte en 1946 puis ministre de l’Ordre à Paris, a été initié en 1926 au sein de la loge La République de la Grande Loge de France. Membre actif du Suprême Conseil de France dès 1937 puis ministre d’Etat en 1946, il s’affilia également au Régime Ecossais Rectifié où il fut armé Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte. Elevé dans la religion catholique romaine puis devenu libre-penseur, il revint, via la Franc-Maçonnerie après trente ans d’étude initiatique et philosophique, vers la croyance au sein de l’Eglise orthodoxe grecque. Ce retour à la tradition le conduisit, en 1964, à rejoindre la Grande Loge Nationale Française où il devint fondateur de la loge Saint Jean d’Ecosse n°88, dont le premier Vénérable Maître fut en 1965 Henry BARANGER (futur Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France pendant un quart de siècle), et membre de la loge Isis n°92 à l’orient de Toulouse.  

MARSAUDON à VAN HECKE (25 février 1965)[Archives Centrales du boulevard Bineau. 7WB25]. Depuis longtemps, je souhaitais me mettre en règle de point de vue maçonnique et je savais parfaitement qu’une seule Obédience, en France, me permettrait cet « aggiornamento », c’est la Grande Loge Nationale Française.  Retiré à Cambo les Bains, au pays basque, MARSAUDON entretint une correspondance amicale avec le Grand Maître VAN HECKE qui tenait en grande estime et lui avait décerné la plus haute distinction honorifique de l’Obédience, Passé 1er Grand Surveillant. Il n’hésita pas ainsi à s’interroger sur la sincérité de la démarche de la majorité des Frères venus de la Grande Loge de France.  

MARSAUDON à VAN HECKE (25 mars 1965)[Archives Centrales du boulevard Bineau. 7WB25].

C’est le drame dont nous avons parlé. Certains ont quitté la Grande Loge de France non préparés au renouveau total exigé par l’entrée dans la Maçonnerie régulière. Je pense de plus en plus comme vous qu’il est préférable de miser à terme sur 300 Frères véritablement initiables et décidés franchement à nous suivre plutôt que sur 600, dont la moitié nous quittera inéluctablement.  

Il s’indigna également de la régularisation de l’ancien Grand Maître de la Grande Loge de France (1933-1934, 1935-1938, 1952-1955 et 1961-1963), Louis DOIGNON, pourtant athée notoire.

MARSAUDON à VAN HECKE (2 novembre 1965) [Archives Centrales du boulevard Bineau. Art. 308]. 

J’ai appris que la régularisation de DOIGNON était chose faite. Je ne reviendrai pas sur cette question puisque vous l’avez tranchée par l’affirmative. Mais, je dois cependant vous signaler que si l’entrée d’un maçon, athée de toujours (ce n’est pas moi qui le dis, mais bien lui qui s’en est vanté toute son existence), a beaucoup fait rire au sein des obédiences françaises irrégulières, la chose a été prise infiniment plus au sérieux à l’étranger. J’ai eu des conversations en SUISSE et en Italie avec des Frères – et non des moindres – qui ne comprennent pas. Je souhaite, quant à moi, que ce cas (il n’est pas isolé, mais les autres intéressés sont moins « connus comme tels »), demeure une exception, sans quoi notre Obédience ne serait plus la G.L.N.F. et on aurait beau jeu de nous accuser de faire du nombre à n’importe quel prix.  Enfin, il perçut, dès l’origine, les déviances du Suprême Conseil pour la France dont il avait pourtant été nommé Grand Commandeur Honoraire.  

MARSAUDON à VAN HECKE (7 décembre 1965)[Archives Centrales du boulevard Bineau. Art. 308].  

En ce qui concerne le Suprême Conseil créé par RIANDEY, je me félicite de plus en plus de mon abstention. La véritable inflation de 33e qui se manifeste n’aidera pas notre ami à retrouver l'audience de la province (ni de Paris). Autrefois, on consacrait un ou deux 33e tous les deux ans !!! Ce sont des méthodes sud-américaines qui sont dorénavant en vigueur, mais c’est de cette manière que les hauts-grades sont morts en Argentine par exemple …… Elles sont, en tous cas, sévèrement jugées et à l’étranger et parmi les maçons sérieux. Je sais que même au sein de son organisme, RIANDEY n’est pas approuvé à ce sujet, sauf par ses thuriféraires habituels. On me demande ce que j’en pense !!!! Vous avez, au cours de notre récent entretien, prononcé le mot « orgueil » ….

C’est hélas, tristement exact. Périsse le Rite mais qu’il réussisse, lui, à n’importe quel prix. Dans tout cela, ce qui m’inquiète le plus, ce sont les conséquences que ces agissements pourront avoir sur le plan des loges bleues pas encore tout à fait ristallisées.   

Les réticences du Suprême Conseil d’Angleterre.   

Quinze mois après la création du Suprême Conseil pour la France, le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française, Ernest VAN HECKE, prit l’initiative d’écrire à Sir Donald MAKGILL, Baronet, Grand Secrétaire Général du Suprême Conseil d’Angleterre, pour demander à Londres de bien vouloir reconnaître la nouvelle juridiction française des hauts grades écossais.  

VAN HECKE à MAKGILL (1er septembre 1966) [Archives Centrales du boulevard Bineau. 9WB38].  

Comme je vous l’ai précisé lors de notre rencontre en juin dernier, l’avenir des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté en France est clarifié par le fait que leurs Membres sont tous des Francs-Maçons réguliers et que leur recrutement est limité aux Frères de la Grande Loge Nationale Française. Je suis convaincu qu’une prise de position ferme du Suprême Conseil d’Angleterre reconnaissant la régularité du Suprême Conseil pour la France constituerait une contribution majeure à la Franc-Maçonnerie Universelle de la même manière que l’appui donné en 1953 par la Grande Loge Unie d’Angleterre à la Grande Loge Nationale Française permit l’implantation et le développement de la Franc-Maçonnerie Régulière en France. Votre appui au Suprême Conseil pour la France qui serait ainsi amené à rechercher auprès de l’Angleterre conseil et protection en ferait également un bastion de la Régularité face aux nombreuses déviances présentes sur le Continent.

Je suis absolument convaincu que l’Angleterre peut jouer un rôle déterminant. J’ai pris la liberté d’insister sur ce point car je reste persuadé qu’une telle initiative émanant du Suprême Conseil d’Angleterre serait inscrite en lettres rouge dans l’histoire de tous les Suprêmes Conseils Réguliers et constitueraient un évènement d’une immense portée ainsi qu’un heureux présage pour la Franc-Maçonnerie Régulière Européenne.  Je suis persuadé que vous examinerez cette requête avec l’attention requise et je ne doute pas que vous serez également convaincu qu’elle représente pour l’Angleterre un moyen d’influer sur le cours des évènements maçonniques en France. Dans sa réponse, Sir Donald MAKGILL tint à préciser au TRF VAN HECKE, 33e, Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française, que la reconnaissance du Suprême Conseil pour la France ne pourrait intervenir qu’au terme d’un délai de plusieurs années nécessaire au Suprême Conseil d’Angleterre pour s’assurer de la viabilité de la nouvelle Juridiction et après concertation avec les Suprêmes Conseils irlandais et écossais.  

MAKGILL à VAN HECKE (23 septembre 1966)[Archives Centrales du boulevard Bineau. 39WB38].  

Mon Suprême Conseil tient à témoigner toute sa sympathie au nouveau Suprême Conseil institué par le Très Puissant Frère Charles RIANDEY et espère, qu’au cours des prochaines années, il s’affirmera et se développera en recrutant ses membres au sein de la Grande Loge Nationale Française.

La question de la reconnaissance et de l’établissement de relations d’amitié est une décision particulièrement délicate si on prend en considération certains évènements similaires et certaines résolutions prises par mon Suprême Conseil dans le passé. Tout d’abord, il a toujours été dans nos usages de reconnaître seulement des Suprêmes Conseils qui sont représentatifs des pays dans lesquels ils se trouvent et, malheureusement, une fraction de l’ancien Suprême Conseil est encore présente dans votre pays, ce qui signifie que nous devrons dénoncer la résolution qui avait été précédemment adoptée. Deuxièmement, il n’a jamais été dans nos usages de reconnaître des Suprêmes Conseils qui n’ont pas été formés depuis plusieurs années et votre éminente Juridiction a été constituée depuis seulement 18 mois. Notre Suprême Conseil pense donc qu’il serait contraire à nos usages et à nos résolutions de reconnaître aussi rapidement un nouveau Suprême Conseil. Nous reconnaissons peu de Suprêmes Conseils dans le monde et nous n’avons jamais attribué de reconnaissance ni signé de traités d’amitié avant d’être réellement convaincus de la fiabilité et de la viabilité de ces Juridictions. Mon Suprême Conseil espère, par conséquent, que vous répondrez à ces conditions ; mais il gardera toujours à l’esprit la possibilité de reconsidérer sa position initiale afin d’établir des relations d’amitié avec le nouveau Suprême Conseil pour la France après avoir consulté, selon nos usages, les Suprêmes Conseils d’Irlande et d’Angleterre qui nous sont particulièrement proches.  

L’élimination par RIANDEY de toute opposition au sein du Suprême Conseil pour la France.   

Cette mode de gouvernance arbitraire transparait dans la correspondance que lui adressa Jean BAYLOT après la mise à l’écart en 1972 du grand historien Paul NAUDON, qu’il avait pourtant choisi comme Ministre d’Etat en 1965, suivie, en 1974, de sa propre éviction sous le prétexte fallacieux de sa désignation comme Grand Prieur des Gaules en 1973, après le décès d’Antonin WAST dont il était le Grand Chancelier.  

BAYLOT à RIANDEY (11 avril 1972)[Archives Centrales du boulevard Bineau. 39WB38].  

On m’a informé que la rubrique qui prévoit qu’il sera conféré des honorariats à des Membres du Suprême Conseil lors de notre Tenue du Vendredi 14 Avril concernerait le Fr. Paul Naudon. Je n’ose pas croire à cette information qui pourtant m’est revenue de plusieurs côtés avec insistance. Or, il est évident que sauf le cas de délabrement physique ou mental, où cette mesure est vis-à-vis du bénéficiaire un acte de charité, l’honorariat ne peut être conféré que sur la demande expresse du promu. Cela va de soi. L’imposer équivaudrait à annuler le caractère définitif du mandat qui est celui des Grands Inspecteurs Généraux appelés au Suprême Conseil. Je pense qu’un fait qui rerviendrait au mépris de ces considérations serait frappé de nullité. C’est vous dire que dans le cas où contrairement à mon attente et passant outre à ces objections il serait procédé à un vote, je vous demanderai de tenir comte de mon vote formellement hostile.  

BAYLOT à RIANDEY (14 avril 1974)[Archives Centrales du boulevard Bineau. 39WB38].

Très Illustre et Puissant Souverain Grand Commandeur J’ai un goût marqué pour la simplicité. Moyen de vérité dans l’attitude, elle clarifie les situations et favorise le choix. Vous souffrirez donc que, sans expéditionnaire interposé, je vous dise mon sentiment sur la décision qu’à votre demande, quelques personnes ont prise, se disant constituées en Conseil Restreint. Véridique quant à l’effectif, cette qualification se trouve démentie par la mission exercée. La lecture du règlement ne laisse aucun doute sur son compétence. Si l’on ajoute que la question soulevée, à votre diligence, ne figurait pas à l’ordre du jour, la personne mise en cause n’étant avisée ni des griefs, ni du débat, force est de conclure que la décision prise irrégulièrement est nulle. Je la tiens pour telle. Les motifs sont de grande fantaisie. Je n’ai pas à recourir aux connaissances historiques dont votre courtoisie veut bien me créditer, pour affirmer que la prétendue incompatibilité qu’édicteraient règlements, usages et coutumes n’existe que dans une imagination fertilisée par le désir, quasi lancinant, de me voir disparaître de votre Suprême Conseil. Elle n’est pas davantage autorisée par le texte des Constitutions et du Règlement Intérieur. Lorsque vous vous serez vainement évertué à découvrir d’introuvables précédents, je vous citerai la liste impressionnante de partage des  responsabilités dans des rites divers, en France comme dans la Maçonnerie Universelle. Etat de choses dont on devrait se louer puisqu’il traduit des raisons d’amitié et de cohésion. Venu à la régularité en méditant surtout le Rituel du 18ème degré, j’ai toujours considéré les Rites comme facteurs d’une même ordonnance de construction. Votre geste hostile y contredit. Cela était déjà apparu lorsque vous êtes malencontreusement intervenu à propos des Rituels Symboliques, annonçant des projets de correction dont, par la suite, on n’a rien su. Il était clair dès lors, que vous considériez les Rites comme des corps échappant à l’œuvre d’ensemble, vivant d’une vie propre, zone de franc-alleu ou peut être tenure féodale à vocation suzeraine. Notre désaccord est certes total. Pour moi, tout doit concourir, en étroite association au grand et seul objectif de la l’affermissement d’une maçonnerie régulière. Vous comprendrez que je m’absorbe dans ce dessein, avec le concours fraternel de ceux qui le partagent. Reste à déplorer un exclusivisme dont je demande parfois si, faute de lui découvrir des bases doctrinales ou spirituelles, on ne doit pas tout simplement songer à l’allégorie des pavots de Tarquin. Tenant votre décision pour nulle, je ne m’égarerai pas dans des affrontements aussi médiocres que sans profit. ’exhorterai toujours mes frères de la Franc-Maçonnerie régulière, et particulièrement ceux qui pratiquent le Rite Ecossais Rectifié à apporter toute leur foi active au chantier commun. Soyez assuré qu’ainsi attaché au destin de la Franc-Maçonnerie de Tradition, je sais que la première et la meilleure des dispositions pour la servir est l’aptitude à la Fraternité. Jean BAYLOT 33e SC  

L’ingérence de RIANDEY dans la révision des rituels des trois premiers grades du

REAA.  

Marque de fabrique de la tradition écossaise française formulée au sein du Suprême Conseil de France depuis le début du 19ème siècle, cette volonté hégémonique est ici illustrée par le courrier adressé par Charles RIANDEY au Grand Maître Auguste-Louis DEROSIERE lors de la procédure de révision des rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté.  

RIANDEY à DEROSIERE (20 mars 1973)[Archives Centrales du boulevard Bineau. 39WB38].  

Vous m’avez envoyé un projet de rituels pour le premier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté. J’ai examiné attentivement ce projet, dans l’esprit qui doit être le mien, c'est-à-dire celui du Chef responsable et gardien du Rite en France, et je ne peux pas l’approuver. Il contient, en effet, des passages provenant d’autres Rites et des appogiatures qui y ont été malencontreusement introduites au cours des dernières années où le Rite Ecossais Ancien et Accepté siégeait encore rue Puteaux. Je me garderais bien d’élever la moindre objection s’il s’agissait de quoi que ce soit d’autre concernant des Loges Bleues placées sous votre autorité. Mais les rituels font partie intégrante du processus initiatique propre au Rite Ecossais Ancien et Accepté, et, sur ce plan, la compétence des hautes instances du Rite est requise et doit être totale.  

Source : http://deusmeumquejus.over-blog.com/  

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Ecole des Francs-Maçons

8 Novembre 2012 , Rédigé par X

Signalé par un Frère cherchant P.A.B

·         Il existe à Saint-Etienne une école élémentaire dont le nom est quelque peu surprenant. Il s'agit de "l'école des Francs-maçons" : 4 classes, 72 éléves (selon le site "Réseaux Citoyen"). A première vue, on peut se demander pourquoi un conseil municipal a, un jour, décidé de nommer ainsi une école. Le but avoué de cet établissement est-il de faire tout plein de petits initiés??? ou bien encore de servir de havre de paix aux enseignants maçons ???
C'est en recherchant l'adresse de cette école que la lumière apparait : 8 Bis rue des Francs Maçons. Le nom de l'école n'était qu'en relation avec le nom de la rue... Celui-ci remonte à 1819. "Il vient de la Loge « Sainte Joséphine de la Franche-Amitié » qui rend hommage à l’épouse de Napoléon. A l’origine nommée « La Franche-Amitié », elle avait demandé en 1805 au Grand Orient d’ajouter « Sainte Joséphine » à son titre distinctif. Elle a disparu avec l’Empire. La rue en question avait été rebaptisée « Rue Fougerolles » pendant Vichy. Dans la rue Antoine Durafour (un Franc-Maçon, ceci-dit au passage) perpendiculaire, anciennement « Grande rue Saint-Roch », un certain nombre de Loges battaient également maillet."

A priori, c'est tout de même un cas unique!

Source : http://entre-les-colonnes.blog.fr/2007/01/27/ecole_elementaire_des_francs_macons~1629808/

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Mythologie et Initiation

8 Novembre 2012 , Rédigé par G\ C\ Publié dans #Planches

Le Rituel d’Initiation d’un profane est riche de références aux Mythes, tout comme la Franc-Maçonnerie fait continuellement référence à des Mythes : égyptiens, grecs, bibliques, chevaleresques.
Pourquoi ce souci d’un référentiel aussi particulier que la Mythologie ancienne ? Que représente-t-elle, cette science au croisement entre éthique, ethnologie, symbolisme, philosophie et art littéraire ? Ne pourrions-nous nous exprimer de manière plus directe et contemporaine, plutôt que de faire recours à la métaphore mythologique, souvent fondée sur une vision scientifique du monde désormais dépassée par les connaissances de la science positive ?
Pourquoi lors du dernier Convent, le Grand Maître nous a demandé d’amplifier les connaissances mythologiques ?

J’essaierai de donner une réponse à chaque question par l’analyse de la mythologie même.

Pierre VINCENTI PIOBB écrivait, à propos de la mythologie :
« Lorsque la Littérature aura cessé de tout exprimer sous la forme du roman – pourtant si souple et si ingénieuse qu’elle est susceptible de charmer et d’instruire à la fois – lorsqu’elle éprouvera le besoin de donner aux pensées une tournure plus utile et plus pratique pour le perfectionnement de l’humanité, elle reprendra, peut-être, les méthodes de l’Antiquité.
Celles-ci n’ont pas dit leur dernier mot – autant qu’il semble.
Certes, les Anciens, ceux de la Grèce, de l’Egypte et de la Chaldée – ceux de la Chine ancestrale également, ont su si bien raconter les histoires.
Il faut vraiment être un petit bourgeois dont les fibres cardiaques sont cuirassées d’une cote de la Bourse, pour ne pas saisir toute la beauté des mythologies du passé.
Ceux qui veulent y voir des traditions populaires sont ou des malfaisants ou des niais... »

La mythologie semble être différente et beaucoup plus complexe qu’un simple ouvrage littéraire.
En réalité la Mythologie est une méthode d’enseignement et de transmission d’un savoir fondamental pour la société humaine. (J’emploie le mot « fondamental » dans son acception étymologique, c’est-à-dire : fondement et non pas celle historique : important). On arrive à cette conclusion parce que dans l’histoire plurimillénaire de l’humanité, la mythologie a toujours exposé une métaphysique, liée à une conception cosmogonique, source d’une vision philosophique de la réalité. Par conséquent la métaphysique donnant naissance à une philosophie pouvait rassembler les hommes, voir les peuples qui se reconnaissaient dans cette pensée, dans une période spécifique et dans un lieu géographique donné.
C’était ainsi que les philosophies engendraient les religions, qui, loin d’être les croyances telles que nous les considérons aujourd’hui, avaient pour but la pratique d’une morale se rattachant à une condition éthique définie. C’était une manière de régler les comportements réciproques des composants d’une société humaine, afin de mieux vivre ensemble. Néanmoins étant un absolu philosophique concernant la « science du Bien et du Mal » pouvait être affirmé comme un dogme.
Et telle a été la situation du Christianisme, lorsqu’à partir du mythe du Christ, qui est l’histoire d’un Dieu devenant Homme, sa philosophie a voulu s’imposer comme mouvement politique pour remplacer l’Empire Romain.
Ce dernier avait toujours respecté les différentes cosmogonies, les différentes mythologies et les relatives philosophies, se limitant à la seule domination militaire et économique. Mais sa conception pluraliste de la philosophie devait se transformer en son pire ennemi, car elle n’a pas permis de faire face au dogme monothéiste, qui prétendait unifier les hommes en une unique vision du bien et du mal.
On entrevoit ici la complexité d’une conception mythologique et la nécessité d’en comprendre les mécanismes pour juger objectivement les phénomènes philosophiques, moraux, politiques de l’humanité.
Car pour schématiser, nous pouvons affirmer que : la mythologie est l’exposé d’une métaphysique. Cette dernière s’exprime par une philosophie qui relie les hommes dans une religion. La religion crée un dogme qui engendre une morale. La morale règle la vie d’une société. En remontant le parcours nous nous apercevons que toutes les société ont été bâties sur une fondation mythologique et que c’est la banaliser de la considérer comme un ensemble de traditions populaires ou de fables pour enfants.

Techniquement il faut faire une certaine différence entre un mythe, une légende et une fable. La distinction se situe au niveau du contenu, mais aussi sur la forme littéraire : la fable étant le récit le plus artistiquement conçu et le plus libre dans l’expression.

Le Mythe : le mythe peut être « constitutif » ou « relatif ». Il est constitutif lorsqu’il parle d’un Dieu et qu’il fondateur d’une religion. Il s’agira, donc, d’un mythe constitutif fondamental. C’est celui qu’il faut aborder lorsqu’on veut étudier une métaphysique. Par exemple le mythe de Vénus est constitutif, car il traite du principe d’attraction universelle, à l’origine de notre vie sur cette planète et une des forces fondamentales pour notre astrophysique. La religion de Vénus a été une des plus importantes de l’antiquité gréco-romaine.
Mais une religion est issue d’une philosophie et, en même temps, elle développe un positionnement philosophique, lequel a parfois besoin d’être précisé, surtout dans les rapports qu’il instaure avec la pensée fédératrice.
Pour faire cela le Mythographe fait recours au mythe constitutif accessoire, qui traite d’un dieu (voir d’un principe ou d’une force) en relation étroite avec celui du mythe fondamental.
Par exemple lorsque dans le mythe du Christ, donc de l’humanisation de la Divinité on doit faire référence à l’humus énergétique de l’être, à la terre nourrice, on introduit le mythe de la Vierge, à laquelle nous attribuons le processus matériel d’anthropomorphisation de la divinité abstraite.

Aux principes métaphysiques font suite les manifestations philosophiques, qui, ayant un rapport avec la psychologie humaine, peuvent (et souvent doivent) donner des directive éthiques. Or l’éthique est étroitement dépendante des coutumes traditionnelles d’un lieu géographiquement défini, d’un peuple. C’est le motif pour lequel parfois nous sommes amenés à confondre mythologie et ethnologie ou tradition populaire.
Deux autres types de mythes vont spécifier le mythe fondamental : il s’agit des mythes relatifs : celui moral et celui ethnique.
Le premier doit avoir une fonction éducative pour les individus, comme, par exemple, le mythe de Persée, fils de Jupiter et néanmoins sans qualité divine. Il s’agit d’un héros dont les exploits sont, pour les jeunes, un modèle à imiter.
Le deuxième a une fonction initiatique, afin d’enraciner les hommes dans la tradition culturelle de leur pays. C’est le cas d’Orphée, fils d’Apollon, et des mystères Orphiques, très importants dans les traditions initiatiques grecques.

La Légende : afin de détailler le mythe, les auteurs se servaient des affabulations, plus au moins artistiques. Ces affabulations prenaient la forme de légendes à caractère ethnique ou morale, en fonction de leur finalité.
L’affabulation consiste à utiliser une histoire vraie – ou susceptible de l’être – pour en faire un mythe. L’affabulation est donc l’adaptation mythique d’une réalité. Elle donne à penser que l’histoire racontée représente ce qui est susceptible de survenir dans la vie courante ; ou bien, ce qui constitue des faits qui se sont réellement produits.
Son rôle éducatif ne reste plus à être démontré, c’est presque une évidence.
La légende type est celle d’Hercule. On sait qu’elle a une réplique phénicienne, si bien que beaucoup ont pensé que le Héros grec avait été emprunté à Tyr. Ce n’est nullement nécessaire de supposer une importation mythique. L’Hercule grec et l’Hercule phénicien, que l’on voit en statue, sous le nom de colosse d’Amathonte, sont tous deux le même personnage légendaire dont l’existence se trouve racontée « à titre d’exemple généralisé » pour une raison touchant les questions métaphysiques, mais non pas concernant celles-ci.
Les légendes sont philosophiques et non pas religieuses.

La Fable : enfin les fables viennent compléter l’œuvre mythographique. La fable utilise uniquement l’invention ; aujourd’hui nous dirions le virtuel. Tout est possible dans les fables, où l’irréalité semble prendre concrétude par la forme artistique poussée. La fable a une finalité initiatique et d’élévation progressive de l’âme humaine. Elle fait appel au senti, au coté féminin de l’être, pour l’éveiller à la perception d’un domaine autre que celui de la réalité matérielle quotidienne. Elle fait appel à la vue éloignée, à la mise en perspective de la subjectivité individuelle. D’ailleurs elle s’adresse à l’individu et non pas à la collectivité sociale, car l’initiation est individuelle et pour elle l’humanité peut progresser dans son ensemble, par l’amélioration et l’élévation individuelle de ses composants.
La fable plus que les autres forme sus exposées fait recours au symbolisme et à la métaphore, et, comme le symbolisme, elle est faite pour toucher l’âme des individus.
Parfois les fables ont une seule source commune, comme les fables de La Fontaine, dérivées de celles de Phèdre, qui se refont à celles grecques d’Esope et aux Védas hindous. Mais le plus souvent elles sont indépendantes et enracinées dans des cultures spécifiques, comme Les Milles et une Nuit arabes ; Schéhérazade venant de Perse.
Mais toutes ont en commun une voie initiatique, des épreuves, la lutte entre le bien et le mal en chacun de nous, un dernier obstacle à franchir et la conquête finale d’une lumière qui éveille notre âme endormie sous les toiles d’araignée des habitudes et des lieux communs.

La Franc-Maçonnerie, comme toute autre société initiatique, bâtit sa structure éducative progressive autour d’un mythe fédérateur : celui de l’homme droit axé sur sa conscience d’être matériel et spirituel, masculin et féminin, humain et divin. Un homme sublimé après avoir été putréfié, mort et ressuscité. Or comme les différents peuples définis géographiquement avaient des mythes, des religions, des légendes et des fables adaptés à leur culture et à leur histoire, ainsi le Franc-Maçonnerie fait recours à des mythes interprétant des sensibilités particulières. On appelle ceux-ci des Rites.
Le Mythe constitutif fondamental au Rite de Memphis-Misraïm est celui d’Osiris, de la mort et de la résurrection.

Monsieur (Madame), s’initier « c’est apprendre à mourir » dans le Monde Antique ! La corde que vous portez dès cet instant au cou ne doit donc point, à vos yeux, revêtir de caractère infamant, ni vexatoire. Il ne s’agit point d’une inutile brimade. Cette corde symbolique n’est autre que l’image du lien fluidique reliant votre forme subtile à l’enveloppe charnelle que la Mort matérielle vous a fait abandonner. Quittant la Chambre de Réflexion et son appareil funèbre, vous traversez, ainsi qu’en un mauvais rêve, le sombre Amenti, l’Hadès, le Royaume des morts. Guidé par l’Hermès souterrain, conducteur des âmes dans l’Au-delà, vous vous dirigez en aveugle vers la Lumière ineffable, et ce sous sa seule conduite. Que ceci vous fasse pénétrer l’ésotérique enseignement de notre Rituélie : sans nulle intervention providentielle, sans quelque occulte et mystérieuse prédestination, il y a peu de chances pour que l’âme humaine, enténébrée, retrouve le chemin de sa Liberté première. Tel est l’enseignement formel de la Gnose...

Le Mythe constitutif accessoire est celui d’Isis : la force d’attraction universelle, qui arrive à rassembler ce qui est épars et apparemment perdu, par un amour inconditionné.

Nous vous faisons toucher la terre, notre mère à tous, que l'antiquité a nommée Déméter ou Isis. Souvenons-nous que nous sommes terre et que nous retournerons à la terre, n'oublions pas que la Vie et l'Amour sont une seule et même chose. Nos ancêtres ont écrit « l'Amour est plus fort que la Mort ».

Mais il y a aussi le mythe relatif d’Hermès, d’Agapée et de Séléné avec ses rites lunaires. Cet ensemble nous situe dans l’espace culturel d’Occident et dans la philosophie de l’enseignement progressif, basé sur le rapport entre Maître et Elève. C’est la différence fondamentale entre l’Initiation Occidentale et celle Orientale, cette dernière fondée plus sur la solitude et la méditation.

Monsieur (Madame), héritière des antiques cénacles ésotériques et occultes, la Franc-Maçonnerie a conservé le secret d'un très ancien breuvage, véritable philtre, composé de plantes cueillies à certaines époques lunaires, travaillées et infusées à certaines autres, et finalement consacrées selon les Rites millénaires. Ce breuvage a pour but de vous dépersonnaliser. Quelques semaines après son ingestion, inoffensive quant à la santé physique, votre personnalité passée se dissoudra lentement. Insensiblement, avec les jours, vous deviendrez un autre être. Lentement l'Egrégore qui anime et conduit notre antique Société, vous pénétrera, substituera sa volonté à la votre et, au prochain anniversaire de votre Réception, il ne restera plus rien de l'homme (la femme) que vous êtes actuellement. Vous ne serez plus alors, selon l'antique et très occulte formule que "pareil au cadavre que la main du laveur des morts tourne et retourne à son gré". Une dernière fois, Monsieur (Madame), consentez-vous à mourir à votre vie passée ?

Nous continuons la cérémonie d’initiation par l’introduction des fables initiatiques : celle des voyages sur le chemin ardu des épreuves et du combat contre soi-même ; contre sa propre carapace faite d’ambition, d’orgueil, de réminiscences d’un passé que l’on évite d’abandonner par commodité et, peut-être, par lâcheté. Notre cadavre nous est montré par terre avec un poignard dans le cœur : c’est le traître, mais non pas le traître envers l’Ordre, mais envers nous-mêmes. Nous serons vraiment des initiés, lorsque nous aurons su nous débarrasser de notre manifestation pour rejoindre l’unité essentielle de l’être. Les tâches les plus humbles nous attendent, sur le chemin de l’initiation. Saurons nous les affronter sans nous sentir lésés dans nos acquis sociaux ? Saurons-nous, directeurs de sociétés, chefs d’entreprises, juristes célèbres, servir les autres sans nous sentir abaissés au rang de bonnes. Saurons nous, ouvriers manuels, étudier les conceptions les plus ardues ? Voilà le sens éducatif et initiatique de la grande fable de l’initiation maçonnique.

Monsieur (Madame), puisque telle est votre volonté, quoi qu'il arrive, de devenir Maçon. Et que c'est librement que vous acceptez les conséquences de toute cette rituélie ésotérique, sur vous-même et en vous-même, il vous appartient donc de continuer votre lente assimilation à l'Âme de notre Fraternité. Tout à l'heure vous avez bu le Breuvage de l'Oubli, destiné à vous dépersonnaliser, à vous enlever tout volonté propre. Voici une seconde Coupe, celle du Breuvage de Mémoire, l'Eau de Mnémosymée… Quand vous l'aurez absorbée, votre possession sera totale, absolue. l’Âme occulte de la Maçonnerie tout entière sera passée en vous. En n'importe quelle région du Monde, vous ne ferez plus qu'un avec tous vos Frères et Sœurs. Leurs amitiés, leurs répugnances seront les vôtres. Alors que l'Eau d’Oubli faisait de vous un corps sans vie, sans volonté propre, l'Eau de Mémoire, fera de vous le Maçon militant, le véritable Enfant de la Veuve.

La légende clôture la cérémonie : celle de la veuve et de l’orphelin ; une histoire vraisemblable. Une histoire qui met le néophyte face à la philosophie maçonnique ; au concept plus difficile à intégrer : celui de l’amour inconditionnel ; de l’amour qui offre sans rien demander en retour ; qui accepte l’autre sans critique, tout simplement parce qu’il est issu de la même unité. Et c’est dans ce petit et simple geste de l’aumône que l’on glorifie la devise Liberté, Egalité, Fraternité, devenant pour toujours le guide lumineux de l’Initié.

Il reste un dernier Rite à accomplir, notre séculaire Fraternité a pris en charge le soutien d’une malheureuse Veuve et de son Enfant. C’est au nom de cette Veuve et de cet Orphelin que je vous demande de bien vouloir verser votre obole dans le Tronc de Bienfaisance. Frère (Sœur) Maître des Cérémonies accompagnez notre Frère (Sœur) Hospitalier auprès de notre nouvel(le) apprenti(e) afin qu'il (elle) lui verse son obole.

Mon Frère (Ma Sœur) nous savions que vos métaux ne vous étaient pas rendus. Si notre Frère Hospitalier a malgré cela été délégué près de vous, c'est pour vous montrer combien il est pénible de ne pouvoir secourir son prochain dans le malheur. Frère Expert, veuillez rendre ses métaux à notre apprenti. Le tronc de bienfaisance circulera à la fin de nos travaux, vous y déposerez votre obole. Puisse, l’Initiation que vous venez de recevoir vous faire comprendre toute l’importance de cet acte de charité.

Pourtant, sachez que lorsque je vous ai parlé d’aumône en faveur d’une Veuve et d’un Orphelin, ce n’était pas d’une aumône matérielle, ni à des personnages de chair, que je faisais allusion…La Veuve et son Orphelin, entités-principes dont la Maçonnerie ne prétend être que la main agissante, et la servante fidèle, ne sont point de ce Monde ! Pour votre instruction présente, il importe que vous y voyez déjà bien autre chose. Dès à présent, admettez, si vous le voulez bien, qu’il s’agisse de l’Humanité toute entière, privée de son Animateur initial, l’Homme Total, et que le but de la Maçonnerie Humaine soit de rebâtir ce Foyer lointain où l’Humanité a grandi, où elle a connu le Bonheur ineffable. Et d’ores et déjà, vous concevrez que la nécessaire édification d’un Temple Social ici-bas, but immédiat de la Franc-Maçonnerie, se double, en des plans plus subtils et en des « Régions Spirituelles » fort lointaines pour la créature charnelle, de l’édification d’un autre Temple, parure d’un Jardin Mystique, au sein, lui-même, d’un Eternel Royaume et que la Franc-Maçonnerie dénomme l’Orient Eternel. Et ce Temple, c’est d’abord en nous-même que nous devons l’édifier, selon l’adage antique « OMNIA AB UNO ET IN UNUM OMNIA », soit : « Un est en Tout et Tout dans Un !» Les pierres de ce Temple sont nos possibilités . Il dépend donc de nous que par leur taille elles deviennent des Vertus morales, intellectuelles et spirituelles.

J’ai dit.

  

Source : www. ledifice.net

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Mythes et rituels

8 Novembre 2012 , Rédigé par JCD Publié dans #Planches

De tous temps les sociétés initiatiques on eu recours aux mythes comme « tuteur » de la formation et de l’évolution de leurs adeptes. Soit en reprenant des mythes plus anciens et en les adaptant soit en les créant de toutes pièces. Ainsi en va-t-il du Compagnonnage avec le père Soubise, maître Jacques ou Salomon.
Des Roses-Croix avec Christian Rosencrus issus de l’imagination d’un certain Jean Valentin Andrea (1586-1654) abbé d’Adelsberg, dans un titre « Fama fraternilatis » puis « Réforme universelle du monde entier » et enfin « Rosa florescens, contra Menapii calumnias ». Des sociétés inspirées de des ouvrages se formèrent par la suite en Allemagne et perdurent jusqu’à nos jours…
La maçonnerie n’échappe pas à cette règle et les analogies sont nombreuses avec d’autres légendes et autres emprunts aux civilisations méditerranéennes.

Pas évident quand on se réclame de la tradition laïque au GODF !
Alors pourquoi continuons-nous à étudier ces mythes et légendes ?
Pour continuer le travail de rectification commencé le jour de notre initiation, le travail sur soi afin d’inlassablement enrichir notre réflexion, notre connaissance des subtilités, des émotions, des ressorts intimes qui motivent l’Homme et induisent son comportement. S’améliorer et améliorer la société ….. nous nous y efforçons sans doute … mais la tâche n’est pas achevée comme nous le répète sans cesse, et avec justesse, notre rituel.

Le mythe du meurtre et de la résurrection est un classique des sociétés initiatiques. Pour nous elle intervient dans l’univers de la construction du temple de Salomon.
Le mythe antérieur qui a sans doute fortement influencé cette légende est celui d’Isis ou plus précisément par analogie le mythe d’Osiris.

Ce mythe nous est essentiellement connu par le récit tardif de Plutarque, car les textes égyptiens eux-mêmes sont peu nombreux et assez évasifs.
Selon ce mythe le Dieu Seth, jaloux de son frère Osiris, va s’attaquer physiquement à lui et le tuer. Comment?
Ayant obtenu les mensurations de son frère (qui, selon la légende était un géant), Seth fit fabriquer un magnifique coffre qu’il promit d’offrir lors d’un banquet à celui à qui il s’adapterait le mieux. Naturellement ce fut Osiris.
Lorsque ce dernier se fut allongé dans le coffre, les 72 complices de Seth en clouèrent le couvercle et jetèrent dans le Nil ce qui allait devenir le premier sarcophage, et Osiris périt noyé mettant fin a un règne de 28 ans, (durée qui peut être rattaché au cycle lunaire de 28 jours).
Le sarcophage clos, parfaitement adapté à la forme d’Osiris dérive jusqu’à Byblos où il se trouve emprisonné, encastré, dans le tronc d’un tamaris. Le souverain local fait couper l’arbre qui devient une colonne du palais royal.
Après de multiples péripéties, Isis réussit à retrouver le cadavre de son frère et mari, et le ramena en Égypte. Malgré toutes ses précautions, Seth retrouva le cadavre de son frère et il entra dans une colère noire, et pour interdire à son frère une sépulture digne de son rang, il découpa le cadavre en morceaux. Il dispersa ensuite les morceaux, pensant ainsi se débarrasser définitivement de sa victime.
Mais Isis ne s’avoua pas vaincue, elle entreprit de recueillir les morceaux épars de son époux et entrepris une seconde quête.

Celle-ci consiste à rassembler les différents morceaux d’Osiris dispersés par Seth afin de reconstituer le corps d’Osiris. Seul le phallus d’Osiris ne fut pas retrouvé, avalé par un poisson !.
Isis, avec l’aide de sa sœur Nephtys et d’Anubis réussit à reconstituer l’intégrité physique d’Osiris qui représente ainsi la première momie. Anubis, en reconstituant le corps de son père défunt devint le précurseur « modèle » des embaumeurs.
Isis, par la magie de son verbe, réanime alors son époux et après s’être transformée en milan ou en hirondelle lui redonne le souffle en battant des ailes. Elle reconstitue magiquement le phallus, puis elle réussit à se faire féconder pour pouvoir ainsi concevoir un fils, un héritier, Horus.
On voit ainsi que dans ce mythe, on ne peut pas parler d’une résurrection mais plutôt d’un renouvellement d’existence, d’une perpétuité. Horus continua d’aider aux fonctions essentielles d’Osiris qui « revit » où « survit » grâce à lui.

Pour les Egyptiens Osiris était relié à l’agriculture, sa mort et sa résurrection symbolisant les cycles végétatifs.
La légende tardive de Plutarque correspond en fait à une mise en forme de textes égyptiens authentiques plus anciens où le corps d’Osiris n’est pas démembré mais plutôt se décompose. Comme vous le voyez il y a là une évolution vers le contenu de notre rituel. Dans cette version Isis arrête magiquement cette décomposition grâce à l’aide de Thot et d’Horus. Ceux-ci revivifient le corps en déversant sur lui des signes Ankh (ce hiéroglyphe signifiant « la VIE »). Au passage ce signe Ankh est également utilisé, avec la même signification de « souffle », « vie » chez les … Dogons.

Puisque nous sommes dans un contexte symbolique j’avancerai une analogie osée.
Qu’est ce qui est perdu dans le mythe d’Osiris ? C’est son phallus. C’est lui qui est « substitué » magiquement par Isis et c’est à partir de ce « membre retrouvé » (les associations de mots ne sont pas fortuites) que le pouvoir symbolique du mythe est perpétué.
Dans notre rituella fertile semence d’Osiris « perdue » est devenue la parole.
Cela doit donner à la transmission orale, une importance vitale; à commencer par nos différents rituels qui constituent autant de clefs permettant de perpétuer la tradition maçonnique.
Il est clair que nous avons peu de secrets corporatifs à nous communiquer pour élaborer notre « chef d’œuvre » compagnonnique. Alors réfléchissons à ces paroles distillées dans nos cérémonies … Imprégnons nous de leurs sens profonds et surtout soyons les passeurs, si ce n’est du savoir maçonnique (de la science), des conditions de mise en situation de les acquérir.

Il me revient une formule maçonnique qui symbolise pour moi la continuité de la chaîne maçonnique de transmission entre nous:

Recevoir
Apprendre à recevoir
Apprendre à donner
Donner

Cette tâche, notre tâche, n’est pas chose facile, les embûches sont nombreuses.
Des détails contenus dans les deux mythes nous le suggèrent. Tout d’abord la quête du corps est longue ; Isis s’y reprendra même à deux fois…
La découverte du corps, de la substance, de notre quête n’est pas suffisante. Il y a ensuite une phase magique dans le mythe égyptien pour pouvoir utiliser ce corps. Phase dans laquelle Isis est aidée par d’autres personnages. …Pour nous également… Ne faut-il pas en déduire que la quête de notre but n’est pas un simple parcours de santé ? Qu’il nous faudra du temps, nous aider de tous les enseignements glanés au cours de notre cheminement et, enfin que ce ne peut être une quête solitaire, ce n’est qu’ensemble que nous pourrons créer la synergie nécessaire à la poursuite du cycle de vie maçonnique.
Et encore nous faudra-t-il éviter bien des obstacles.
… Ce ne sont pas des sauterelles ou un scorpion représentant le malheur ou la sécheresse dans les légendes égyptiennes, mais bien des dangers plus « humains » :

Ces dangers peuvent être externes à nous même, mais, ne nous leurrons pas, … ces dangers sont bien potentiellement présents en chacun de nous.

Rectifions !!!

Car notre mythe n’est-il pas l’esprit maçonnique par excellence présent en chaque maçon ? Poursuivre l’œuvre c’est continuer de faire vivre la maçonnerie dans ce qu’elle a de plus beau de plus pur « l’idéal maçonnique ». Et ces travers qui nous guettent que sont-ils ?, sachons les reconnaître afin d’éviter de s’égarer et se perdre.

Dans notre mythe, le premier défaut incarne l’ignorance, non pas qu’il soit sot ou inculte mais simplement parce qu’imbu de sa connaissance que je qualifierai de « technique », nous pouvons ne pas voir en quoi, au-delà de notre œuvre personnelle, s’inscrit celle-ci dans quelque chose de plus grand cette connaissance.

Le second défaut symbolise le fanatisme. C’est un « Ayatollah », il détient l’outil qui permet de vérifier l’équerrage de la pierre taillée et l’applique à tous oubliant sans doute de se l’appliquer à lui même. Sachons être tolérants entre nous, non parce que nous sommes lâches ou complaisants, mais parce que c’est la garantie de notre propre expression de maçon libre avec nos propres défauts.

Le troisième, toujours selon la légende, symbolise l’ambition. Celle-ci tue au sens que pour parvenir à son but il faut éliminer l’autre. S’accaparer le chantier, la corporation, prendre le pouvoir pour diriger l’œuvre de façon partiale ou doctrinaire. Mais là la légende s’égare, cela n’existe pas !

Rectifions, rectifions !

La Franc-maçonnerie a, semble-t-il, également utilisé initialement des rituels basés sur d’autres légendes.
La légende des trois fils est présente sur un document en Anglais daté de 1726.
Cette légende raconte comment trois fils se rendirent sur la tombe de leur père pour trouver les indices du secret que possédait ce fameux prédicateur.
Dans la tombe ils trouvèrent un corps presque entièrement décomposé dont les os se détachaient en les touchant. Ils essayèrent de le relever … et devant l’état de décomposition le nommèrent d’un mot que nous connaissons également !
Pour information le père s’appelait Noé et les 3 fils Sem ; Cham et Japhet.

La seconde légende est datée de 1926. Bazalliell était réputé pour ses connaissances en matière de construction de bâtiment. Les 2 frères du roi Alboy-in souhaitaient être instruits par Bazalliell qui ne fut d’accord qu’à condition qu’ils ne révèlent rien sans se joindre à un autre pour faire une triple voix. A sa mort son épitaphe fut « Ci-gît la fleur de la Maçonnerie frère d’un roi et de deux princes. Ci-gît le cœur qui savait tous les secrets. Ci-gît la langue qui ne révéla rien. ». Et tout le monde pensa que les secrets furent à jamais perdus puisque les princes qui étaient tenus par leur serment n’étaient que deux et non trois. Voici donc une autre version perte d’un secret.

Il existe plusieurs rites qui s’appuient sur un support, un mythe différent, pour aider à réfléchir sur d’autres thèmes, d’autres qualités maçonniques. …

Rappelons-nous les défauts énumérés plus haut :
Sur l’ignorance, notre démarche est initialement inscrite dans les trois degrés qui mènent à la maîtrise.
Il nous faut donc discerner l’essentiel de l’accessoire dans notre engagement initiatique.
Le fanatique lui voulait « tailler » les autres avec son référentiel personnel …. Peut importe le rite, le parcours, l’important est le but.

L’important est d’être fidèle à notre propre référentiel. Veillons simplement à ce qu’il ne soit pas faussé et appliquons le à nous même avant de vouloir l’imposer à d’autres.
Enfin l’ambition de ceux qui voudraient, à coup de maillet, forger la maçonnerie à leur volonté, à leur intérêt.
Le perfectionnement impose, encore plus qu’ailleurs, de se garder de ces défauts et lorsqu’ils sont découverts, de les éradiquer.

Rectifions, rectifions, rectifions.

La Maçonnerie, son rituel, ses mythes, et après ? ….

Et si une partie de la réponse était dans une autre question « La Maçonnerie, et avant ? » !
Cette question, nous pouvons, nous devons, nous la poser de temps en temps pour vérifier si les raisons qui nous ont poussé à entrer en maçonnerie sont des faits aujourd’hui avérés, où bien si nous nous sommes trompés sur certains principes.
En avons-nous « perdus » ?
N’en avons-nous pas trouvé d’autres auxquels nous ne pensions pas initialement ? Certains se sont-ils « substitués » ? Comme la fraternité, difficilement perceptible de l’extérieur ou l’étendu du concept de laïcité ?

Ce questionnement paraît important et devoir être remis sans cesse sur l’ouvrage … C’est à ce prix que nous servirons notre ordre et donnerons envie à des profanes de nous rejoindre.

 

Source : http://www.franc-maconnerie-godf-cannes.org/la-loge-au-travail

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Petits Mystères et Grands Mystères

8 Novembre 2012 , Rédigé par PVI Publié dans #spiritualité

La lecture de ce titre fait immédiatement penser à René Gué­non. On sait qu'il a développé l'idée de degrés dans l'initiation, en distinguant Petits Mystères et Grands Mystères.

Aux Petits Mystères, il faisait correspondre l'initiation à tout ce qui se rapporte au développement de l'état humain, celui-ci étant considéré dans son intégralité. L'objectif est la restauration de l'état primordial. C'est dans ce contexte que Guénon situait les initiations de métier, dont la nôtre.

Quant aux Grands Mystères, il leur donnait (ou reconnaissait) comme finalité de conduire à la Délivrance finale, à l'Identité suprême ; une telle démarche ne pouvant s'opérer qu'à travers des états « supra-individuels ».

Ainsi la transformation de l'initié se fait-elle tout d'abord — par les Petits Mystères — dans le sens de l'épanouissement de toutes les facultés normales de l'homme, facultés dont cer­taines ne sont qu'en puissance.

Mais des initiés peuvent aller au-delà et accéder à une véri­table déification, à travers les Grands Mystères. Un tel état dé­borde l'aptitude normale de l'homme, mais lui est néanmoins natu­rel parce que l'homme a le privilège de pouvoir connaître d'autres états que son état humain proprement dit. D'ailleurs — toujours selon Guénon — pour qualifier cet ultime épanouissement de la démarche initiatique il ne convient même plus de parler d'un « état », car l'initié est parvenu au-delà de tout état conditionné quel qu'il soit.

L'initiation apparaît ainsi comme étant non seulement un éveil mais une accession à des états supérieurs. Ceci permet de mar­quer la différence qu'il y a, selon Guénon, entre Initiation et reli­gions au sein de l'unique tradition, de la Tradition.

N'oublions pas la nécessité, souvent rappelée par Guénon, d'une transmission de l'influence spirituelle. Celle-ci doit être reçue par le canal d'une « chaîne initiatique » régulière et ininter­rompue. Ce qui revient à dire que le rite n'a pas d'efficacité en soi, et qu'il faut une influence « proprement non humaine » (1).

On sait que René Guénon a évoqué l'existence de centres spirituels, dont toute initiation régulière procèderait directement ou indirectement. Ces centres, eux-mêmes secondaires, relève­raient d'un Centre suprême qui conserverait le dépôt immuable de la Tradition, telle qu'elle était en son état primordial.

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Ces quelques rappels ne rendent qu'imparfaitement compte du rigoureux déploiement logique de l'ceuvre de Guénon. Cette logique prend son départ dans la métaphysique de l'Un. Celle-ci affirme qu'il n'y a qu'une Réalité. Elle est l'unique réalité. Et le peu de réalité que nous avons nous-mêmes, nous le lui empruntons. Thèse panthéiste, a-t-on dit, en se référant notamment à la vision de l'hindouisme qui est couramment admise. Thèse moniste plutôt, répliquent ses partisans les plus éclairés... En tout cas, thèse inadmissible par le courant judéo-chrétien et par l'Islam ortho­doxe (2). En effet les « religions du Livre » ont toujours lutté farouchement contre toutes les infiltrations panthéistes, qu'elles aient été réelles ou seulement apparentes.

Pour ce courant jaloux de préserver la transcendance divine, Dieu est bien la seule Réalité, mais il n'est pas simplement une sorte de tout qui ressemble plus à un magma qu'à un Dieu. Il est vivant, et capable de créer ex-nihilo d'autres réalités qui sont elles-mêmes des réalités dans leur ordre d'existence. Alors ce Dieu des « Sémites » devient le Dieu de l'Election (Judaïsme), le Dieu de l'Amour (Christianisme) et de la Miséricorde (Islam). Et cette sorte de passion, que Dieu a pour l'homme, va jusqu'à faire de chacun de nous une réalité unique en soi. Ainsi à une métaphysique un peu glacée — celle de la Connaissance — s'ajoute une incommensurable dimension d'Amour.

En définitive, Guénon conduit son lecteur jusqu'à une option fondamentale. Et le système guénonien — outre son indiscutable rigueur logique — vaut ce que vaut l'option faite... Tout dialogue ou discussion avec les tenants d'une autre option (ou révélation) fondamentale ne peut que tourner court. Guénon en a fait l'expé­rience au cours de sa rencontre avec Maritain, rencontre sans lendemains.

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Inopérante également serait toute mise en parallèle de l'ex­posé de Guénon et des thèses « scientistes », voire de l'acquis des sciences profanes. Tout en sachant que Guénon a évoqué d'autres courants initiatiques — l'alchimie chinoise notamment — nous n'examinerons ici que l'acquis historique concernant les Mystères antiques.

Ce que nous en savons vraiment est assez mince. Le secret initiatique a été bien gardé. Aussi les historiens sont-ils bien loin d'avoir la vision limpide des Mystères qui est celle de Guénon. Ce que l'historien connaît le mieux concerne surtout les prélimi­naires aux Mystères car ils se déroulaient en public.

Les hellénistes savent que les termes mêmes de Grands Mystères et de Petits Mystères nous viennent d'Eleusis, dont le culte a une longue histoire (3). La croyance éleusinienne est centrée, comme on le sait, sur le thème de l'enlèvement de Coré par le dieu des morts ; la légende décrit le désespoir de sa mère Déméter (la Cérès des Latins), la menace de Déméter de rendre la terre infertile si sa fille ne lui est pas rendue, et enfin l'arbi­trage de Zeus qui décide que Coré passera chaque année quatre mois chez son époux et le reste auprès de sa mère. Déméter et Coré étant des divinités agraires, la légende illustrait ainsi l'alter­nance des saisons, associée initialement à un culte de la fécon­dité (4).

Quant aux Mystères éleusiniens, on est allé jusqu'à les ana­lyser en quatre ou cinq phases :

- la muésis ou initiation préalable : elle incluait en particulier une purification par l'eau (et peut-être aussi la période de jeûne souvent évoquée dans les textes antiques) ;

- les Petits Mystères : ils étaient célébrés en février-mars. Ils étaient le préambule obligatoire à l'initiation aux Grands Mys­tères. On suppose que les Petits Mystères consistaient en des représentations de la légende de Déméter et aussi de celle de Dionysos, qui fut tardivement associé au culte des deux déesses ;

- les Grands Mystères : ils étaient célébrés en septembre- octobre. On suppose que, à l'intérieur de rites complexes, se déroulait un jeu scénique auquel l'initié participait, et qui lui donnait le sentiment d'une réelle présence des déesses ;

- l'époptie : elle était, semble-t-il, un degré encore supérieur.

Elle ne pouvait être postulée qu'un an après. Le terme époptie indiquant la contemplation, on suppose qu'elle impliquait le dévoilement de certains objets ayant un caractère hautement sacré.

L'ensemble de la célébration de septembre se terminait par une libation à l'intention des morts, puis par des festivités avant de se séparer.

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La réflexion historique laisse supposer une certaine évolution de ces Mystères, à l'intérieur du thème fondamental. Evolution, comme le suggère la confusion, à partir d'une certaine époque, entre Coré « la Fille du blé » et Perséphone qui était la Reine des enfers. Evolution, comme l'indique aussi l'adjonction tardive de Dionysos, qui était à Athènes une sorte de dieu des âmes. Sur le thème du cycle de la végétation, ou plus particulièrement celui des céréales, s'est greffée une démarche existentielle s'inspirant du tragique de la condition humaine (naissance, fécondité, mort, angoisse de l'au-delà) (5).

Le mystère du grain qui « meurt », en vue d'une plus grande fécondité moyennant certains soins, a pu illustrer l'espoir qu'il peut en être de même pour l'homme après sa mort, s'il reçoit les protections divines nécessaires. En effet, selon la vision antique traditionnelle, l'au-delà n'était que désespérance pour l'homme ordinaire : il était condamné à y errer, lamentablement anonyme au sein de foules sombres et confuses. C'est la possibilité d'échap­per à ce sort que l'on venait chercher à Eleusis. Et le « projet initiatique » ne semble pas avoir dépassé cette aspiration à deve­nir un « heureux habitant des Champs-Elysées ». On est loin des déploiements de la thèse de Guénon (6).

On peut d'autre part considérer comme certain que l'initié acquérait le sentiment de la présence effective des déesses. Il s'agissait beaucoup moins d'un progrès dans la Connaissance que d'une sorte de sacrement d'Amour. C'était d'ailleurs dans la logique du contexte historique : on note en particulier que les divinités du panthéon gréco-latin — jadis si familières avec les hommes, ainsi que Homère l'a décrit — n'apparaissaient plus que comme de froides allégories ; les Mystères apportaient à nouveau le senti­ment d'une véritable présence divine, présence protectrice pou­vant se continuer dans l'Au-delà.

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Le peu que nous allons dire des Mystères d'Isis et d'Osiris ne peut que le confirmer (7). Là aussi il s'agit d'obtenir la pro­messe de se trouver « brillant parmi les ténèbres de l'achéron D. Pour obtenir un viatique pour l'Au-delà, il fallait « disposer de tous les rites dont Osiris avait bénéficié le premier » (Chr. Des- roches Noblecourt).

Là aussi on note un affinement spirituel progressif. A l'origine, Osiris et Isis, divinités agraires (8), étaient des formes fécon­dantes peu préoccupées de délicatesse morale. Mais sous la pression de fidèles eux-mêmes — de plus en plus sensibles au problème moral de la rétribution — l'éloge de la rectitude des mœurs, de l'effort personnel, etc., a nettement teinté l'enseigne­ment initiatique... autant qu'on peut le savoir.

Comme à Eleusis, le sentiment de la présence effective des divinités semble avoir joué un rôle déterminant au cours des Mystères. Il suffit de lire la fin des Métamorphoses d'Apulée, pour constater combien Lucius — revenu de sa scabreuse méta­morphose en âne — entretient un véritable commerce spirituel avec Isis (apparition, songes, etc.), car, en échange de sa promesse d'immortalité, la déesse exige un culte et des sacrifices person­nels.

En définitive les Mystères antiques ne semblent pas avoir apporté la révélation de quelque sagesse primordiale, invariante quoique plus ou moins voilée. Issus des cultes archaïques des premières sociétés agraires, ils se sont spiritualisés dans le sens des aspirations de leur propre clientèle, beaucoup plus qu'ils n'ont dirigé ces aspirations. Et une étude plus approfondie ferait appa­raître une tendance croissante au syncrétisme (nous en avons vu un exemple, concernant l'entrée de Dionysos dans le culte d'Eleu­L-is). On est loin de la vision que nous donne René Guénon.

Des remarques de ce genre ternissent-elles la limpidité de l'analyse de Guénon concernant les Mystères ? On n'est manifes­tement pas dans le même plan. Et la thèse de Guénon donne très vite le sentiment qu'elle a conquis une existence autonome.

Guénon ne situe pas son analyse au plan de l'histoire, même s'il en évoque parfois quelques aspects (en ayant un peu tendance à choisir ou présenter ses exemples pour les besoins de la cause, il faut le dire franchement). Sa référence est ailleurs ; elle est dans une « vérité unique, éternelle et immuable, transcendant tous les langages, toutes les philosophies, tous les symboles mêmes » (Paul Sérant).

On sait la place que la synthèse guénonienne a prise dans le panorama maçonnique. A propos des Mystères, son analyse concernant la Franc-Maçonnerie (insertion dans les Petits Mys­tères, société initiatique dégénérée, etc.), a eu un impact consi­dérable dans ce milieu... Mais l'arrêt rendu par ce juge impassible n'a de valeur que si l'on reconnaît la validité de la loi qui le fonde.

On revient ainsi au problème de la validité de l'option fon­damentale faite par Guénon. Les tenants de la métaphysique de l'Un la déclarent totalement démontrable, donc exempte de tout postulat. Ses adversaires lui reprochent son simplisme réducteur. Alors ?... Le Franc-Maçon, qui est toujours dans la crainte de sacrifier à quelque dogme au cours des Travaux, doit savoir tout cela quand il se réfère à Guénon.

Jh. Le Roch - Morgère.

(1) Guénon note que c'est aussi le cas des rites religieux.
(2) La restriction réserve le cas de certains penseurs, dont des soufis. Ce n'est pas le lieu d'examiner l'hypothèse d'une certaine « contamination d'une fraction de l'Islam par l'Hindouisme.
(3) L'Hymne à Déméter — dit « homérique = en raison de sa métrique — remonte au Vile siècle avant notre ère, il évoque déjà des rites d'initiation enseignés par la déesse aux familles nobles d'Eleusis. Le culte s'y perpétua jusqu'à la destruction du sanctuaire par Alaric, en 396.
(4) La tendance générale est de faire revenir Coré sur terre pendant toute la belle saison (Coré étant alors vue comme une déesse de la végéta­tion, parmi tant d'autres) mais on peut faire une lecture différente : Coré étant « la Fille du blé = repartirait sous terre dés la fin de la récolte, à l'instar du grain que l'on enfermait alors dans les ténèbres des jarres.
(5) L'initiation qui, à l'origine, consistait en la révélation de techniques agraires à garder secrètes, et aussi probablement en des rites de fécondité, est devenue ainsi une démarche et un accueil de plus en plus spirituels.
(6) II y a néanmoins un épisode obscur de la légende de Déméter qui pourrait être interprété en ce sens. Cet épisode concerne Déiphon (ou Damo­phon), un marmot royal que Déméter, dans son chagrin, avait nourri de son lait et avait entrepris de rendre divin par la lente épreuve du feu (ce qui échoua du fait de l'incompréhension humaine). Or on sait de façon certaine qu'un grand feu était allumé au cours des Grands Mystères et que certains mystes se sont jetés dedans. Avaient-ils la promesse d'une divinisation ? on ne le saura jamais. Cet épisode ne semble pas avoir retenu l'attention des spécia­listes.
(7) Comme celui d'Eleusis, ce culte a eu une longue histoire, tant en ce concerne l'évolution de la fonction d'Osiris qu'en ce qui regarde le culte lui- même qui se continua de façon certaine, du moins dans la vallée du Nil, jus­qu'en 551.
(8) On peut voir au Louvre, dans la « crypte de l'Osiris a, des moules à l'image du dieu momifié qui contenait du limon ensemencé de grain que des libations incitaient symboliquement à rester en germination dans les tombes.

  

Source : www.ledifice.net

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Les Mystères d'Eleusis (Rite initiatique).

8 Novembre 2012 Publié dans #Planches

1 - Le mythe - Déméter et Coré -

Dans une première approche, le mythe de Déméter et Coré apparaît simple à lire. Coré rejoint son époux au royaume des morts et c'est l'Hiver. Coré rejoint sa mère, dans le monde vivant et c'est l'Eté … Déméter, dans son désespoir de perdre sa fille, l'hiver retient la Vie. Déméter, dans la joie de retrouver Coré, l'été rend la Terre à nouveau féconde et les blés mûrissent … Ainsi explicité par le mythe, le cycle des Saisons alterne tristesse et joie, de la mort à la vie jusqu'à la mort en espérance de vie.

Première approche, où l'on voit aisément que dans la douleur de la mort on met de l'espérance … Coré morte revivra et sa résurrection libère la vie … Morte certes et l'hiver porte le deuil. Mais vivante dans la mort, elle fera ressurgir l'été et ses moissons … Morte bien sûr, mais porteuse de vie, de l'espérance de vie. Parce qu'on met les morts en terre, la Terre s'ouvre et absorbe la jeune fille pour le royaume des morts. Coré crie, certes, mais personne ne peut rien contre l'inéluctable… Pas même sa mère Déméter l'égale de Zeus.

Coré crie, certes, mais Hadès l'emmène pour la passion et la voilà morte pour les vivants … Mais au Royaume des Morts, elle règne … Donc elle est vivante : elle est sur la couche d'Hadès, respectée. Elle règne sur les morts, reine des morts. Elle n'a pas disparu puisqu'on la retrouve. Elle vit dans la mort … II y aurait donc une vie dans la mort ?

Et l'on voit bien, dans nos climats tempérés, que dans la mort apparente de l'hiver les germes de vie, dans la terre, préparent la renaissance du printemps … la résurrection. Et que si les sèves stagnent, les bourgeons se forment, en attente. Et gardent l'Espoir. Dans la terre disparaît la graine, mais de la terre jaillit le germe de vie, porteur de l'espérance …

Et tout à coup, apparaissent des Lois : certes les dieux sont fantasques, avec leurs passions et leurs volontés folles qui s'imposent au monde des hommes … Mais il y a des Lois que la volonté des dieux ne sait transgresser. Puisque Coré a mangé un pépin de grenade, elle restera inéluctablement liée au royaume des morts et à son époux Hadès. Elle a mangé le pépin de grenade : le mariage est donc indissoluble même contre la volonté des dieux. Hadès sait bien que ni Zeus ni Déméter n'y pourront rien. II y a l'Inéluctable à quoi les dieux eux-mêmes se soumettent. II y a des Lois … Le monde est régi par des Lois …

Première approche encore, le mythe semble lisible. La nuit Déméter, la nourrice, cache l'enfant dans le feu, dans une braise ardente … Forgé ainsi au feu, l'enfant deviendra immortel. Il aurait la vie éternelle, échappant à la vieillesse et à la mort. Le feu source de vie, garant de vie … Déméter, la déesse de la vie et de la fécondité, révèle le secret des dieux immortels. Par le feu, la vie triomphe de la mort …

Souvenons-nous : d'aucuns disent ailleurs : "C'est par le feu que la nature se régénère" (Igne Natura Renovatur Integra ou INRI). Mais aussi la déesse soufflait doucement sur l'enfant. Par le souffle, elle donne la vie et l'enfant grandit sans prendre le sein, ni aucune nourriture … Par le souffle seulement, il se nourrit de l'air que ventile la nourrice.

Autre secret : le Souffle. L'air source de vie … La Terre, le Feu, L'Air … Et voici la faute, La Faute … Parce que l'Homme n'a pas su avoir confiance, n'a pas fait confiance au dieu … Parce que l'Homme ne sait pas voir son Destin, son heur et son malheur, il commet "la faute la plus grave" qui l'exclut du monde des dieux, lui interdit l'immortalité, le ramène à la vieillesse et à la mort inéluctable, à son destin d'homme mortel. Et cette défiance, ce manque de confiance, relèvent de la folie. Et c'est de cette folie que relève le destin mortel de l'homme … II ne sait pas voir son destin, il ne fait pas confiance à la sagesse des dieux, il n'est pas digne de l'immortalité … La Faute le renvoie au monde des mortels …

Mais, pour compenser la Faute folle, vient l'ordre divin : élever un Temple à Eleusis et un Autel où la déesse fondera les Mystères pour instruire les hommes. Déméter enseigne le Rite sacré qu'il ne faudra pas divulguer ni transgresser. "Les beaux rites les rites augustes qu'il est impossible de pénétrer" sur lesquels il faut garder le secret. "Le respect est si fort qu'il arrête la voix". Le Secret … Dès lors, la lecture du mythe devient plus difficile, puisque le Mystère est couvert par le secret, puisqu'il est dit qu'on ne peut le pénétrer, puisque personne n'a transgressé, ni rien révélé.

Cependant un esprit maçonnique est alerté sur quelques indices qui lui paraissent familiers. L'épreuve de la Terre qui s'ouvre pour emmener Coré dans un voyage douloureux … Les vertus du feu qui ouvrent à la vie éternelle et dépassent la mort. La purification par l'air, le Souffle, qui alimentent le corps et permettent son épanouissement. L'eau enfin, quand Déméter se réfugie de tristesse au puits des Vierges, près d'Eleusis, où les jeunes filles viennent puiser l'eau, sans peine - est-il précisé - dans des vases en bronze rutilant. Lecture plus difficile donc avec le secret …

On voit aussi que les plantes portent sens. Elles sont présentes dans le mythe qui énumère avec insistance les fleurs que cueillent Coré et ses amies "les belles jeunes filles à l'ample poitrine" au moment de l'enlèvement. Des roses, des crocus, de belles violettes dans les prairies, des lis, des iris, des jacinthes, et des narcisses, fleurs d'eau, dont la beauté et le parfum réjouissent et les dieux et les hommes et " les vagues marines ". Le safran, couleur de la sagesse, dont on sait que les mystes se parent dans leur voyage initiatique.

On rencontre aussi la grenade dont le pépin "doux et sucré" scelle à jamais l'union et rend irréversible le cours des choses … Elle orne aujourd'hui nos colonnes maçonniques dès l'entrée du Temple. Aussi la menthe du pouliot dans la boisson sacrée de Déméter, plante aromatique certes mais tranquillisant, agent de la sérénité … Enfin le blé, nourriture des hommes, dont la croissance bien sûr demande le travail des hommes, mais dont la génération et la culture relèvent des pouvoirs de la divinité …

De ce que l'on sait, du peu que l'on sait, les Mystères de Déméter appelaient à des Voyages sur la Terre "aux vastes chemins" au moins en Trois étapes : d'Eleusis à Athènes où l'on transporte les objets sacrés (hiéra) qui portent un sens aux yeux des initiés ; d'Athènes jusqu'à la mer pour les purifier à l'eau marine ; enfin la procession des initiés retourne à Eleusis pour y rapporter les objets sacrés purifiés et guides des mystes.

Ces trois voyages étaient développés sur sept jours pour ouvrir la voie aux Initiations d'Eleusis. Ainsi, dans les brumes des mystères, on devine des Nombres. Coré passera un tiers de l'année au royaume des morts et deux tiers de l'année chez les vivants.

On sait que l'initié doit attendre un an entre les Petits mystères et les Grands mystères, puis cinq ans pour les suivants : 1 - 3 - 5 - 7. Et Neuf : Déméter "pendant neuf jours ne cessa de parcourir la terre" à la recherche de l'Espoir pour retrouver sa fille … Et Dix … Le 10° jour elle reçut la nouvelle du soleil qui lui avait révélé la vérité : l'enlèvement de Coré et la volonté de Zeus : 1 - 3 - 5 - 7 - 9 - 10. Des voyages, des Nombres …

On devine aussi des Emblèmes, des Mots pour se reconnaître, des formules confidentielles … Des Signes : le Triangle isocèle de la Sagesse, la Clé pour sceller les lèvres de l'initié … Ou encore des Lumières, des flambeaux et des bruits, des tintamarres, des musiques fortes de cymbales et tambourins … Mais encore des Silences, du Silence et des Secrets insistants, rigoureux, impératifs …

Et enfin, à l'évidence, pas d'enseignement … Pas d'école, pas de dogme … L'Initiation appelle à l'Emotion … A force d'impressions qui forgent l'âme et portent à la réflexion, elle soulève d'enthousiasme l'initié. "Ceux qu'on initie ne doivent pas apprendre quelque chose nous dit Aristote, mais éprouver des Emotions et être mis dans certaines dispositions".

Le franc-maçon se trouve en pays familier …

(Source : Homère, Hymnes à Déméter - Paris, Les belles Lettres, 1997, pp. 42-58).

Source : http://www.troispoints.info/article-22414375.html

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Des mythes et symboles de la mort et de la résurrection

8 Novembre 2012 , Rédigé par C.M Publié dans #Planches

Lors de notre élévation au grade de Maître, nous vivons tous une nouvelle initiation : l’initiation à la mort. On peut alors s’interroger. Si la mort désigne, comme nous le dit le Dictionnaire des Symboles, la fin absolue de quelque chose de positif : un être humain, une amitié, la paix, alors Pourquoi un tel psychodrame ? Sur quel chemin veut-on nous emmener ? Si en tant que symbole, la mort est l’aspect périssable et destructible de l’existence, si elle est aussi l’introductrice dans les mondes inconnus des Enfers ou des Paradis (toujours selon le dictionnaire des symboles) alors Quel paradis nous est promis ou interdit ? Quel enfer veut-on nous faire approcher et quitter ? Au total, que va faire le maître de cette nouvelle vie qui s’offre à lui ?

La mort a toujours été au centre de toute réflexion ou méditation sur la vie. Platon disait : « La vie d’un philosophe n’est qu’une longue méditation sur la vie. » paradoxe, car la mort apparaît comme la négation ou tout au moins la cessation de la vie. Ainsi les hommes refusant de fait la mort comme définitive se sont inventés par le biais des religions une survie qui serait éternelle. Mais les religions ne sont que l’expression vulgarisée d’une vieille sagesse transmise dans le secret, de maître à disciple, à ceux qui sont capables de recevoir la vérité sur la vie qui inclut la mort comme inéluctable perspective. Aussi, des mystères antiques égyptiens, grecs et romains à la Franc-Maçonnerie, le cœur de toute initiation passe par la symbolique de la mort et de la résurrection qui ne concerne en rien la survie indéfinie de l’âme après la cessation de la vie et qui n’est pas immédiatement accessible à l’initié. Ainsi, les Mystes d’Eleusis n’accédaient aux « grands mystères » qu’après avoir été au moins un an auparavant, initiés aux « petits » ; et nous, Francs-Maçons ne sommes nous élevés au grade de maître qu’après avoir été reçus apprentis, puis avoir « vu » comme compagnon « l’Etoile Flamboyante ».

Mais remontons d’abord dans le Temps. La symbolique de la mort et de la résurrection remonte à la plus Haute Antiquité avant d’aboutir pour nous Francs-Maçons à la légende d’Hiram.
Trois mille ans avant J-C déjà, une légende rapportait l’existence d’un roi fabuleux, Tammouz, amant ou époux de la déesse-mère, qui mourait en même temps que la nature et ressuscitait trois jours plus tard.

C’est encore Ishtar, déesse babylonienne de la fécondité et de la fertilité dont Oswald Wirth nous conte l’histoire de sa descente aux enfers. « Lasse de frivolité, la déesse babylonienne se détourne de vivants et s’enfonce dans le séjour des morts. Elle s’y heurte à sept enceintes, qu’elle ne peut franchir qu’en se dépouillant graduellement de ses métaux et de ses vêtements. Elle se présente ainsi dans un état d’absolue nudité devant la reine des Enfers, sa sœur, qui, après avoir provoqué Ishtar à se révolter en lui reprochant ses fautes, la punit en la faisant accabler de tous les maux et en la retenant prisonnière. Les vivants ne connurent plus alors ni l’amour, ni ses rites. Les races étant menacées de s’éteindre, les dieux tremblent de manquer de dévots et d’offrandes. Les dieux inférieurs ont alors recours aux supérieurs et implorent la libération immédiate d’Ishtar. Ainsi, l’Enfer sera contraint de rendre sa proie. Ishtar est donc revivifiée, puis reconduite de porte en porte jusqu’à la sortie de la sombre demeure. En chemin, elle rentre en possession de tout ce qui lui appartient. La vie terrestre reprend son cours normal. » Pour Wirth, ce mythe fait allusion au renouvellement printanier de la végétation mais a une portée plus subtile. Descente aux enfers, dépouillement puis restitution des métaux, mort et résurrection, marquent autant de phases du programme constant de toutes initiations.

Vient ensuite la légende d’Osiris. Râ, devenu vieux, avait choisi Osiris son fils aîné, pour lui succéder. Celui-ci, aidé de sa sœur-épouse Isis se révèle excellent souverain. Mais Seth, frère jaloux, lui tend un piège, le tue, dépèce son corps et en jette les morceaux dans le Nil afin d’empêcher sa reconstitution et sa résurrection. Cependant, Isis, à force de patience et d’obstination « rassemble les morceaux épars », reconstruit le corps de son mari jusqu’à l’appendice manquant, grâce à quoi elle peut devenir mère des œuvres du dieu qu’elle a ressuscité. Et ainsi les Egyptiens, lors des fêtes en l’honneur d’Osiris, prenaient le deuil, pleuraient pendant trois jours puis célébraient sa résurrection qui apportaient à tous l’assurance d’une vie posthume. Dieu agraire, il symbolisait aussi le grain inerte enfoui dans le sol qui germe et lève.

Comment ne pas évoquer également les mystères d’Eleusis. Même si nous ne savons que fort peu de choses, le secret ayant été rigoureusement gardé, Cicéron nous a tout de même relaté les frayeurs qui précèdent la mort puis la joie qui accompagne la renaissance.
Et je ne puis passer sous silence la Passion du Christ et sa résurrection, puisque réelle ou légendaire, elle s’inscrit dans la même tradition. Comme le roi Tammouz trois mille ans avant lui, le Christ ressuscite trois jours après sa mort et après être descendu trois jours aux enfers.
Mais la symbolique de la mort et de la résurrection n’est pas l’apanage des grandes civilisations. Dans toutes les parties du monde, les populations « non civilisées » célèbrent de véritables mystères auxquels on n’est admis que par voie d’initiation. Ils renferment presque toujours des scènes mimées où l’élément dramatique le plus fréquent est la simulation d’une mort suivie d’une résurrection. On retrouve de tels rites en Australie, dans l’archipel des Iles Fidji, au Congo, en Nouvelle-Guinée.
Les similitudes de ces initiations pourtant très éloignées dans l’espace et dans le temps peuvent surprendre. On approche ici du caractère universel du message transmis par ces mystères pour tous les hommes, de toutes les contrées et de toutes les époques.

« Nul ne saurait se dire véritablement initié, tant qu’il n’est pas mort trois fois » rappelle Wirth. Notre réception au grade d’apprenti figure de manière symbolique, la mort de l’être profane et sa résurrection en tant qu’initié. Le processus débute lors notre recueillement au sein du cabinet de réflexion où la tête de mort côtoies l’énigmatique VITRIOL. C’est notre première mort initiatique suivie de l’initiation, seconde mort initiatique où nous nous libérons de notre esclavage pour devenir un homme libre. Enfin, nous mimons la mort puis la résurrection d’Hiram et accédons à la troisième mort symbolique.
Mais pourquoi cette cérémonie qui nous touche à jamais, épisode parfois douloureux, toujours perturbant ? Est-ce le vrai commencement ?

La mort a plusieurs significations. Elle peut être libératrice des peines et des soucis. Elle n’est pas une fin en soi. Mors janua vitae : la mort porte de la Vie. Au sens ésotérique, le dictionnaire des symboles nous dit qu’elle symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation. Maître Hiram meurt donc pour donner naissance à un nouvel Hiram : la vie a vaincu la mort, l’esprit a dominé la matière, la Lumière a triomphé des ténèbres, le compas peut couvrit l’équerre. Le Maître doit mourir pour permettre au Compagnon de réaliser sa propre naissance, pour lui donner la possibilité de s’accomplir pleinement et devenir un nouvel Hiram spirituel. Ainsi la lumière que chacun peut recevoir et transmettre brillera éternellement et nous pouvons dissiper notre angoisse devant la mort. Car pour nous qui sommes intégrés dans « une chaîne d’union », notre propre mort devient une péripétie inévitable, d’importance secondaire dès l’instant que le groupe lui survit. L’initié ne doit pas avoir peur de mourir. Ayant éprouvé son courage en mimant la mort, il sait qu’il vivra éternellement, non pas dans un au-delà mythique, mais dans la « Chaîne d’union » qui lui survivra grâce aux autres maillons qu’il aura lui-même contribué à engendrer et façonner.

Puis vient le temps où il faut quitter le linceul noir. La « remontée » débute par le mot de passe des Maîtres Maçons : Tubalcaïn qui signifie que nul ne saurait se prétendre tel s’il n’a visité les enfers, ses propres enfers. Tubalcain, Maître du Feu, des métaux et des Enfers nous montre la voie. Nous devons forger nos métaux, nous rendre maître de notre énergie intérieure, sortir de l’enfer qui peut s’appeler tour à tour vanité, ignorance, fanatisme, peur de l’autre, rejet, jalousie, colère, pulsion, mensonge, haine, oubli, jugement.

Ensuite arrive le temps de la résurrection. Que faire de cette résurrection ? Tout d’abord, le mot interroge. Littéralement il signifie se lever une nouvelle fois, en mythologie et religion c’est le retour de la mort à la vie , le terme grec anastasis utilisé dans le Nouveau Testament signifie relèvement ou action de lever ou d’être levé une nouvelle fois à partir d’une position couchée.
L’aspirant à la maîtrise est donc prêt pour la résurrection, prêt à quitter le tombeau « qui a sept pieds de long sur cinq de large et trois de profondeur ». Hiram est alors ressuscité « par les cinq points de la Maîtrise », réanimation d’un corps afin de lui redonner vie. Il peut désormais être l’homme qui s’applique à la réalisation d’une œuvre et , tel l’architecte Hiram qui construisait le Temple du Roi Salomon, à la construction d’un temple du Cœur et de l’Esprit. Maître, il sera celui qui se heurte au pouvoir et à l’ambition, à l’ignorance, au mensonge et au fanatisme, les trois mauvais Compagnons de la légende. Il devient l’espoir d’un monde du bien et du beau. Il quitte sa vieille dépouille et endosse l’habit d’un homme imaginatif, créatif et libre. Il abandonne dans le cercueil son « corps psychique » pour renaître « corps spirituel », purifié, libéré et heureux. Il est le symbole de l’homme de valeur qui, malgré les tentations et les persécutions, remporte la victoire sur ses faiblesses et ses passions ; il est le symbole d’homme fidèle au devoir, du Franc-Maçon qui préfère mourir que de faillir à sa tâche.

Ainsi la résurrection, cadeau de l’initiation à la mort, nous montre au bout du chemin le paradis, ou plutôt notre Paradis, ce lieu de notre esprit où selon la tradition toltèque règne la joie, où on est heureux, libre d’aimer et d’être qui l’on est vraiment si on réussit à détruire le parasite c’est-à-dire nos défauts.
La route vers notre paradis reste longue, tortueuse mais cette nouvelle vie qui s’offre à nous est surtout synonyme de recherche, de beauté, d’envie et d’actions. Poursuivre le chemin, continuer notre quête, voilà notre saint Graal, notre inaccessible étoile.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Zoroastre : Gatha Ahounavaïti

7 Novembre 2012 , Rédigé par Carlos Bungé Publié dans #spiritualité

1.Maintenant  je veux répandre,

Parmi tous ceux qui m'écoutent,

Le savoir qui vient au Sage!

Pouvoir divin suprême,

Veuille accueillir mes prières!

Et Toi, Bon Esprit, écoute

Mes prières et mes hymnes!

Pureté, viens me guider!

Et vous, divins immortels,

Par vos, leçons salutaires,

Éclairez-moi sans tarder!

 

2.Écoutez avec sagesse.

Ce qui est bon et parfait!

En votre esprit discernez

Ce que chacun devra faire

Pour son corps, pour tout son être,

Afin de se relever

Et accomplir le Grand Œuvre!

Voici les enseignements

Que chacun devra connaître

Pour acquérir le Savoir.

 

3.Sachez qu'il est deux esprits :

 L'un est bon, l'autre contraire  

Qui remplissent les pensées,

Les paroles et les actes,

Que les Justes reconnaissent

Toujours avec certitude

Mais que les méchants confondent!

 

4.Sachez que ces deux esprits

Toujours sont antagonistes,

Et que, donnant vie, ou mort,

Ils décident de tout sort.

Aux méchants : l'esprit contraire!

Mais aux justes : Bon Esprit!

 

5.Sachez que l'esprit impur

Agit dans les malfaiteurs,

Alors que le Bon Esprit

Agit dans ceux qui sont purs,

Inspirés de Vérité.

Tous ceux dont les actes justes

Sont conformes à la Loi

Vont selon la Volonté

Du Pouvoir divin suprême.

 

6.Or, les êtres malfaisants

Point ne savent distinguer

Ces esprits toujours contraires,

Et d'eux, trop souvent s'empare

L'esprit de la violence.

Ceux qui vivent « dans le monde »

Vivent donc en malfaiteurs,

Et leurs actes sont nuisibles

A ce monde, comme à l'autre.

 

7.Celui qui vit sans reproche

Reçoit Sagesse et Pouvoir,

Bon Esprit et Pureté,

Santé, Force et Longue vie.

Qu'il les reçoive aujourd'hui,

Constamment, en abondance!

 

8.Mais les autres recevront

Le châtiment de leurs crimes!

Que Ton Règne s'établisse

En vertu du Bon Esprit,

O Pouvoir divin suprême ---

Parmi ceux qui ont vaincu.

L'adversaire mensonger,

En vivant la Vérité!

 

9.Soyons ceux qui reconstruisent

Le monde sur Vérité :

Des aides pleins de sagesse,

Dont la foi, la sainteté,

Apportent la joie au monde,

Au monde renouvelé!

Que nos cœurs toujours entendent

La voix de la Vérité!

 

10.C'est alors que l'adversaire

Croulera, anéanti!

Ceux qui Vivront dans la Loi

Recevront à tout jamais

Le bonheur du Bon Esprit,

Les trésors de Pureté

Du Pouvoir divin suprême.

 

11.O mortels! Écoutez donc

Les enseignements de vie

Que vous apporte ici-bas

Le Pouvoir divin suprême,

Et les règles de conduite

Qui procurent le bonheur

A ceux qui vivent en Justes,

Alors que tous les malheurs

Accableront, tôt ou tard,

Tous les êtres malfaisants.

Le bonheur définitif

N'est donné qu'aux hommes justes,

Eux seuls gagnent le Salut!

 

Source : les Gathas de Zoroastre 1933

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