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Résultat pour “Noé”

REAA : Réception du 22ème degré (1)

27 Juin 2012 , Rédigé par REAA Rituel du 22ème degré Publié dans #hauts grades

 

T.S.                             Frère Maître des Cérémonies, allez quérir les Frères Noachites que nous attendons et amenez-les à la porte du temple.

 

MUSIQUE

 

Le M.d.C. sort et conduit les Noachites, préparés par le M.d.C. adjoint, (dont le « principal » porte tablier et gants jaunes) à la porte du temple.

 

II frappe lentement en Chevalier Prussien:

 

X          X          X

 

Couvr.             entrouvre la porte

Qui frappe ainsi ?

 

M.d.C.             Des Noachites qui désirent travailler à la réédification du temple.

 

Couvr.             Referme la porte

2d Sage Prince, ce sont des Noachites qui désirent travailler à la réédification du temple.

 

2d S.P.             1er Sage Prince, ce sont des Noachites qui désirent travailler à la réédification du temple.

 

1er S.P.           Très Sage, ce sont des Noachites qui désirent travailler à la réédifi­cation du temple.

 

T.S.                  Frère Couvreur, ouvrez la porte du temple.

 

Le couvreur exécute.

Le M.d.C., conduisant les N., avance d'un pas dans le temple.

 

T.S.                  Frère Maître des Cérémonies, répondez-vous de ces Noachites ?

 

M.d.C.             Oui, Très Sage.

 

T.S.                  Sont-ils instruits ?

 

M.d.C.             Oui, Très Sage.

 

T.S.                  Savent-ils lire et écrire ? Sont-ils braves, forts, résignés ?

Et surtout, sont-ils vertueux ?

 

M.d.C.             Oui, Très Sage, il le sont.

 

T.S.                  Frère Maître des Cérémonies, introduisez ces Frères Noachites plus avant, entre les Sages Princes.

 

T.S.                  Frères Noachites, consentez-vous à jurer sur le Volume de la Loi Sacrée, dépôt de la foi des sectateurs de la Vertu, de tout abandonner pour suivre vos Frères au Mont Liban et de consacrer votre vie entière à la réédification du Temple du Grand Architecte de l’Univers ?

 

Chaque R.       Oui.

 

T.S.                  Frère Maître des Cérémonies, donnez une hache à un Noachite.

 

Le M.d.C. fait asseoir les récipiendaires autres que le « principal », puis prend la hache posée devant le tableau, la pose sur l'épaule droite du récipiendaire la lame vers le bas et la lui fait soutenir de la main droite au bas du manche.

 

T.S.                  Frère Maître des Cérémonies, faites faire au Frère Noachite le premier des trois voyages mystérieux.

 

Le M.d.C. se place devant le 1er S.P, puis le néophyte, suivi du 2d S.P.

 

Les deux S.P. portent également la hache sur l'épaule droite de la même façon que le récipiendaire.

 

Partant de l'Occident, on fait lentement le tour du tableau à chaque voyage, avec un arrêt devant le F.Orateur pour la lecture des textes.

 

A chaque arrêt les S.P. encadrent le néophyte.

 

MUSIQUE DOUCE pendant les voyages.

 

Orat.               (Genèse VI, 7 à 14)

Et le Seigneur dit: J'exterminerai de la surface de la terre les hommes que j'ai créés, et depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits. Mais Noé, que nous appelons maintenant Noé, avait trouvé grâce aux yeux du Seigneur.

 

Voici l'histoire de Noé:

Noé était un homme juste, intègre parmi ses contemporains, et il marchait avec Dieu. Noé engendra trois fils, Shem, Kham et Yaphet. La terre se corrompit au regard de Dieu et elle se remplit de violence. Dieu vit la terre: Elle était pervertie car toute chair avait une conduite perverse sur la terre. Le Seigneur dit à Noé: “La fin de toute chair est arrivée, je l'ai décidé, car la terre est pleine de violence à cause des hommes et je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche en bois de gopher. Tu disposeras cette arche en cellules et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors.

 

1er S.P.           Très Sage, le premier voyage est terminé.

 

T.S.                  Frère Noachite, consentez-vous à jurer d'employer le précieux outil que vous portez à la construction du nouveau Temple ?

 

N.                    Oui.

 

T.S.                  Frère Maître des Cérémonies, faites faire au Noachite le deuxième voyage.

 

Orat.               (1Rois V, 1 à 13)

Le Roi de Tyr, Hiram, envoya ses serviteurs vers Salomon, car il avait appris qu'on l'avait oint pour roi à la place de son père, et Hiram avait toujours aimé David. Et Salomon envoya ce message à Hiram: "Tu sais que mon père David n’a pu bâtir une maison pour le nom du Seigneur à cause des guerres que ses ennemis lui ont faites de tous côtés, jusqu'à ce que le Seigneur les eut mis sous la plante de ses pieds. Maintenant le Seigneur m'a donné le repos de toutes parts.

Je n'ai ni adversaire, ni contrariété du sort. J'ai l'intention de construire une maison au nom du Seigneur, comme le Seigneur l'a dit à mon père David: 'Ton fils, que je mettrai à ta place sur ton trône, ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom.'

Maintenant, ordonne que l’on me coupe des cèdres du Liban.

Mes serviteurs seront avec tes serviteurs, et je te payerai le salaire de tes serviteurs tel que tu l’auras fixé. Tu sais, en effet, qu'il n’y a personne parmi nous qui soit habile à couper les bois comme les Sidoniens."

 

Lorsque Hiram entendit les paroles de Salomon, il éprouva une grande joie et dit: "Béni soit aujourd'hui le Seigneur qui a donné à David un fils sage pour chef à ce grand peuple."

Et Hiram manda ceci à Salomon: "J'ai reçu ton message. Je satisferai tous tes désirs en bois de cèdre et de cyprès.

Mes serviteurs les descendront du Liban à la mer; iIs les disposeront en radeaux et je les expédierai par mer à destination de l'endroit que tu m’indiqueras; là, je les ferai délier et tu les prendras.

Et toi, tu feras ce que je désire, en livrant des vivres à ma maison.”

(Rois IV, 24 à 26)

 

Ainsi Hiram livrait à Salomon des bois de cèdre et de cyprès autant qu'il en voulut; et Salomon livrait à Hiram vingt mille kors de blé pour l’entretien de sa maison plus vingt kors d’huile d'olives concassées, et cela chaque année. Et le Seigneur donna la sagesse à Salomon, comme il le lui avait promis, et il y eut bonne entente entre Hiram et Salomon et tous deux conclurent une alliance.

1er S.P.           Très Sage, le deuxième voyage est terminé.

 

T.S.                             Frère Noachite, avant votre admission à ce grade, le Collège des Princes exige de vous que vous consentiez à signer de votre sang l'obligation qui doit vous lier.

 

Etes-vous prêt à le faire ?

 

N.                                Oui.

 

T.S.                             Frère Maître des Cérémonies, faites faire au Noachite le troisième voyage.

 

Orat.               (Ezrah III, 6 à 8)

Dès le premier jour du septième mois, les enfants d’Israël commencèrent à offrir des holocaustes au Seigneur, bien que les fondations du sanctuaire du Seigneur ne fussent pas encore posées. Puis on donna de l'argent aux tailleurs de pierre et aux charpentiers; aux Sidoniens et aux Tyriens on remit vivres, boissons et huile, pour qu’ils acheminent par mer jusqu’à Yaffa du bois de cèdre en provenance du Liban, selon l'autorisation accordée par Cyrus, roi de Perse.

C’est la seconde année de leur arrivée au Temple de Dieu à Jérusalem, le deuxième mois, que Zorobabel, fils de Shealtiel, et Yehoshu’a, fils de Yehotsadaq, avec le reste de leurs frères, les prêtres, les lévites et tous les gens rentrés de captivité à Jérusalem, commencèrent l’ouvrage, et ils confièrent aux lévites de vingt ans et au dessus la surveillance des travaux du second Temple du Seigneur.

 

1er S.P.           T.S., le troisième voyage est terminé

 

Les deux S.P. restent à côté du candidat.

 

T.S.                  Frère Maître des Cérémonies, prenez sa hache au Noachite et retirez-lui ses décors et ses gants. Vous l’amènerez ensuite avec ses compagnons, les autres Noachites, devant l’autel, afin qu’ils prêtent tous leur serment d’obligation.

 

Le M.d.C. enlève la hache au Noéide et la pose devant le tableau.

Il conduit les Noachites devant l'autel, les deux S.P. restant à leurs côtés.

 

T.S.                  Princes du Liban, mes Frères, debout et à l’ordre.

 

Mon Frère, posez votre main droite sur les trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie, et vous, mes Frères, reliez-vous à lui en posant la main droite sur l’épaule de celui qui est devant vous.

Frère Orateur, veuillez donner lecture du serment des Chevaliers Royal Hache.

 

Orat.               Sur ce Volume de la Loi Sacrée, dépôt de la foi des sectateurs de la Vertu, moi ............................ je renouvelle expressément et sans aucune restriction, tous les engagements que j’ai déjà contractés.

 

Je jure de tout abandonner pour suivre les Princes du Liban, mes Frères, et de travailler ma vie entière à la réédification du temple, en me servant du précieux outil qui m'a été confié.

 

Ainsi m’aide le Grand Architecte de l'Univers.

 

T.S.                  Mes Frères, que chacun d'entre vous, à l'appel de son nom, pose la main droite sur les trois Grandes Lumières et dise "Je le jure".

 

                        Vous, Frère…, vous Frère… .

 

Mes Frères, je prends acte de votre serment.

 

Le T.S. se rend vers l’autel avec sa hache pour la consécration (un récipiendaire à la fois).

 

T.S.                  Mon Frère, genou droit en terre.

 

Mes Frères, formons la croix spatiale.

 

Les SS. PP. croisent leurs haches dans le plan horizontal au-dessus de la tête du Noachite Le T.S. tient sa hache verticalement, le bout du manche sur l’intersection des deux haches des SS.PP.. Le corps du candidat complète ainsi la croix spatiale.

 

T.S.                  A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers,

Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil pour la Belgique, et en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés par le Souverain Grand Commandeur,

Je vous crée, vous consacre et vous reçois Chevalier Royal Hache, Prince du Liban, 22e degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

 

Le T.S. donne sa hache au M.d.C. pour l’accolade.

 

T.S.                  Chevalier Royal Hache, levez-vous !
Au nom de tous vos Frères, je vous donne l'accolade fraternelle.

Frère Maître des Cérémonies, veuillez reconduire les Sages Princes à leur stalle.

Les régions au repos.

 

Le T.S. reprend sa hache et regagne sa stalle.

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PHALEG פּלג

28 Juillet 2014 , Rédigé par Lurker Publié dans #Planches

« M. des Cér. - Quel est le nom des apprentis, qui leur sert de mot de reconnaissance?
PHALEG
M. des Cér. - Que signifie ce mot ?

Dieu m’a créé. »
Rite Ecossais Rectifié Rituel d’Apprenti

Le Rejet des métaux de J.B. Willermoz

On notera que dans ses cahiers, concernant l'agent inconnu, Willermoz précise que le message qui lui est délivré « tente, d'une part, de « dévaloriser » si l'on peut dire, ou de minimiser l'importance du personnage clé de la Légende du Troisième Grade, d'autre part, à l'inverse, tente de revaloriser le grade d'Elu, de même que les grades de vengeance que Willermoz avait tant décrié, et enfin, et surtout, de substituer le mot de passe du 1er grade à savoir Tubalcaïn! par Phaleg ». Néanmoins, et avant de continuer la lecture de cet article, je ne saurais trop attirer l'attention du lecteur sur deux éléments qui me paraissent fondamentaux dans l'apparition de Phaleg au premier degré du RER. Tout d'abord la présence effective de membres du groupe des Illuminés de Bavière au Convent de Wilhelmsbad et, en second lieu, le fait que Weisthaupt, fondateur des Illuminés et Louis Claude de Saint-Martin entretenaient de bonnes relations...... c'est à dire que ceux dont l'objet était la "dispersion" de la culture chrétienne et celui qui insista auprès de Willermoz afin qu'il remplace le nom du forgeron fondeur par celui du Roi constructeur de Bable se connaissaient bien.... la dispersion est donc le Maître mot car "Phaleg" ne signifie pas "Dieu m'a créé" mais "Dieu a dispersé"..... Ce « mot de passe » dont certains prétendent qu'il fut hérité de la franc-maçonnerie dite Noachite est resté jusqu’à nos jours, dans la pratique du Régime Écossais rectifié, celui des Apprentis. Il y a remplacé celui utilisé au Rite importé de la Grande Loge de Londres de 1717, Tublacaïn, et qui deviendra le Rite des « moderns », lequel donnera naissance à la plupart des avatars connus sur le continent. Passer de Tubalcaïn à Phaleg n’est pas innocent à cette époque, parce que cela revient, dans un certain contexte ultraciste et mystique très influent dans la maçonnerie savoiso-lyonnaise, à revendiquer un retour à une chrétienté plus rigoureuse, plus "intégriste" ( c'est d'ailleurs l'argument premier et la sollicitation de Louis Claude de Saint Martin auprès de Willermoz en ce sens qui emporta la décision) et d'argumenter d'un rapprochement de la maçonnerie des « ancients » ( argument aussi hypothétique que reposant sur l'ignorance de ce qu'elle pouvait être réellement... mais ne leur jetons pas la pierre, 90% de ceux qui parlent des "ancients", même encore aujourd'hui, ne les ont pas étudiés). Le pauvre Saint Martin, très influencé par Adam Weisthaupt, n'en avait très probablement pas fréquenté beaucoup car il ne retint que l'affirmation de Dermott en 1788, qui clamait que « Les Innovations qui se sont glissées sournoisement dans la maçonnerie... tendent à dénaturer l'intégrité du système. Il est du devoir de la Confrérie de s'en protéger. Nous croyons néanmoins que le moment est proche où ces désagréments disparaîtront et que la maçonnerie retrouvera ses marques1 ». Hypothétique, dis-je parce que les "ancients" dont il est question, bien que catholiques majoritairement n'utilisaient pas Tubalcaïn au Premier degré du Rite... et pas du tout Phaleg...

Sans penser, à aucun moment, que Willermoz ait pu avoir quelque influence sur le conflit anglais qui opposait les deux maçonnerie (il eut fallu pour cela qu'il les fréquentât), nous sommes bien obligés de constater une certaine convergence de vues. Aucune précision n’a jamais été donnée concernant ces marques, que la maçonnerie devait retrouver... et l'on sait, sauf à en ignorer le contenu, qu'il ne s'agit pas du degré de Maître de Marque... néanmoins, les « ancients » précisaient dans le « Ahiman Rezon », que les maçons étaient descendants de Noé, nous verrons plus loin l’importance de cette affirmation, et, de ce fait, qu’ils devaient respecter la religion du pays dans lequel ils se trouvaient pourvu qu'elle soit fondée sur la chrétienté. Exigence qui n’existe pas sous cette forme chez Anderson. Outre ce choix dans le conflit qui opposait les deux Grandes Loges en Angleterre et dont l’Europe maçonnique ne manquait pas d’être informée, la modification du mot de passe revient aussi, et plus philosophiquement cette fois, à substituer la forge au bénéfice de la dispersion du Verbe. Ce point est loin d’être anecdotique dans une pratique maçonnique qui réintégrera les dimensions et les formes de ce même Verbe en le faisant chair dans l’esprit de l’Evangile de Saint Jean. Le choix est clair et le déterminisme délibérément chrétien qui disperse la forge de Caïn au bénéfice de la Parole perdue. Il n’est plus question d’une construction pluridisciplinaire, d’un architecte polytechnicien, mais bien de la pierre de faîte qui avait été rejetée. S'agissant d'une démarche dont l’objectif était de « réintégrer » la Franc-maçonnerie de l’époque dans une forme de chrétienté rigoureuse dominée par les ultra racistes et d’en conforter l’objet par un thésaurus compatible avec une foi catholique stricte, ou, pour le moins, de « rectifier » les errements déistes du courant anglais des « moderns », il ne paraît pas surprenant outre mesure que les mythes relatifs de trop près aux descendances de Caïn et rappelant par trop les anciennes croyances liées à la forge aient été « mis de côté ». On peut donc penser qu’à la suite de l’intervention de l' « Agent Inconnu », et tout autant sur les insistances répétées de ses Maîtres martinistes qui militaient activement pour la disparition des références à la descendance de Caïn comme une garantie de réaffirmation chrétienne, Willermoz ait pu terminer, en 1785, son dernier rituel et, ainsi conforté par ses Maîtres en « sciences mystiques », rejeter les métaux qui restaient, pour eux-tous, un rappel trop manifeste de la chute de l’Homme. Cependant, les relations de Willermoz avec cet inconnu épistolaire ne sont pas les seules sources auxquelles ait puisé le Lyonnais. On gardera en mémoire que c’est en 1765 que le fondateur du RER constitue, à Lyon, à la suite des Chapitres de Metz, un « Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir, Rose Croix ». C'est-à-dire, un an avant la publication, par le Frère Bérage2 de sa traduction du « Septième degré de la Maçonnerie » ; le grade de « Noachite » ou « Chevalier Prussien », devenu, depuis, le 21ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et introduit en France vers 1757. Le nom même de « Chevalier prussien », à ce moment de la réforme entamée de la Stricte Observance Templière, n’est probablement pas du au hasard. C’est la logique de son intégration dans le corpus des Aréopages des Degrés Philosophiques du Rite Ecossais Ancien et Accepté qui pourrait paraître étonnante dans la mesure où son contenu renvoi apparemment de manière trop précise à l’origine Templière de la maçonnerie et, plus particulièrement à une origine chevaleresque « teutonique » pour n’être que philosophique. Dans sa version ultime du Rite Ecossais Rectifié, Jean-Baptiste Willermoz, fidèle en cela au courant de pensée qui prétend que la construction de la Tour de Babel est la véritable origine de la franc-maçonnerie, introduit, au grade d’Apprenti, un personnage pour le moins Noachite puisqu’il est déjà l’un des éléments fondamentaux des hauts grades :« Phaleg ».

Dans le même temps qu'il élimine « Tubalcain », il rejette les « métaux » et procède à la suppression des « fondeurs » et des « forgerons ». Ce n'est pas, non plus, une surprise que la lignée de Caïn et ses forgerons soient enlevés au profit d'un roi-architecte qui voulut gagner le séjour de Dieu par l'érection d'une tour dont l'ambition était d'atteindre le séjour de Dieu. Mais surtout et en toute logique, à la suite de Martinès de Pasqualy qui constate la chute de l'homme hors du domaine spirituel dans la matière et incite à œuvrer pour l'accomplissement d'un retour vers l'esprit, il coupe la branche Caïnite de la symbolique maçonnique au grade d'apprenti maçon, celle qui laisse perdurer les artisans de la chute de l'Homme. Dans cette perspective, Martinez lui-même mais aussi J. Boehme, Swedenborg et Saint-Martin sont considérés comme missionnés par Dieu, éclairés par la lumière de la Sophia, la Sagesse d'intelligence, des Illuminés. On comprend qu'il y ait, après la Chute, deux postérités et deux humanités. La seconde postérité d'Adam, qui est celle de Seth, s'est rendue susceptible de réconciliation ne serait-ce que par l'Alliance conclue avec Noé et ses fils. Celle de Caïn doit encore être réconciliée. "Elle paie encore le tribut à la justice du Créateur3" et Tubalcain fermait la boucle. Ceux qui composent l'Assemblée des élus qui seuls ont été réconciliés par la venue du Christ sont missionnés dans le plan du rachat divin et reçoivent l'inspiration intellectuelle, la gnose, SOPHIA, ce sont les "illuminés". Même si le concept de dispersion de la parole ne constituait pas une nouveauté à cette époque, il est bien évident que sa personnification dans l’architecte de Babel avait largement disparu de la pratique du rite français sur lequel s’appuyait Willermoz. Ce n’était pas une nouveauté, néanmoins, les rituels du RER de 1785 replacent la Tour de Babel dans le cadre de l’Apprentissage maçonnique comme un élément qui n’aurait jamais du être occulté. Cela est confirmé dans les pratiques rituelles depuis au moins 1744, selon le témoignage de l’ouvrage « le parfait maçon », certaines pratiques maçonniques liaient le noachisme et la mythologie adamique à l’apprentissage, laissant les colonnes d’Enoch et la Tour de Babel. Au compagnonnage4.

Phaleg, l'architecte de la Tour et la maçonnerie noachite

Selon Albert Galatin MacKey, c’est tout naturellement que la Franc-maçonnerie Noachite s’est inscrite dans la chaîne symbolique de la franc-maçonnerie bien qu’à l’origine elle ait été conçue pour rester un système indépendant qui aurait substitué Noé à Salomon et Phaleg, constructeur de la Tour de Babel, à Hiram. De ce qu’il est possible de comprendre des anciennes légendes fondatrices de la maçonnerie, du moins, telles qu’elles ressortent des manuscrits gothiques, il n’est pas inimaginable qu’une ancienne légende relative à la Chute ou à un mythe nécromantique de même nature que celui qui a survécu ait donné à Noé le rôle de Père fondateur. Des fragments d’une telle légende auraient pu survivre et être intégrés dans le corpus symbolique de la maçonnerie spéculative du XVIIIème siècle alors que d’autres disparaissaient. Les souvenirs récurrents auraient alors servi de base à la fondation de cette maçonnerie. En effet, la légende de Noé n’a jamais été bien loin ; en 1738, « Noachidæ » apparait dans les Constitutions d’Anderson. Il est défini relativement aux familles ou tribus de la descendance des fils de Noé, Sem, Cham, et Japhet. Ces légendes affirment même que le premier Grand Maître des Maçons était Ham, fils de Noé et bâtisseur de la première ville, Shinaar. Comme à l’habitude, on le voit, les légendes maçonniques sont loin d’être vérifiables, particulièrement dans la Bible puisque cette légende ne tient compte ni de Caïn, ni de Hénoch ( Gen. 4 ;17), mais, là encore, il s’agit de la descendance de Caïn. Cette création de Shinaar donne néanmoins l’assurance du lien entre Noé, sa descendance et la maçonnerie opérative. Sans trop de conjectures hasardeuses, on peut raisonnablement reconstruire le processus par lequel la légende d’Hiram trouve sa place en maçonnerie. Les opératifs du moyen âge connaissaient Hiram et le Roi Salomon, les certitudes en sont données par les descriptions de Naym Green, Minus Green ou Nayman the Grec dans les anciens devoirs, en effet, ce maçon qui enseigna la maçonnerie à Charles Martel était réputé avoir travaillé sur le chantier du temple de Salomon avec Hiram. Certaines différences notoires dans les définitions des rôles des différents personnages laissent, cependant, entendre, que leur identification à cette époque n'implique pas que l'on ait conçu, pour eux, les mêmes rôles. L’architecte était donc connu, à défaut de la légende nécromantique qui le met en scène et il y a de fortes probabilités pour que cette légende fut d’abord celle racontant les faits et geste de Noé et de Cham et ayant pour but de démarrer une histoire du Temps permettant de mémoriser les évènements et leurs conséquences. Mentionné 7 fois dans la Bible, Phaleg, de la 4ème génération des fils de Noé, fut, comme son père, Roi de Babylone, lieu dont le nom signifie « la confusion », architecte de la Tour de Babel, il aurait vécu de -2247 à -2208 avant l'ère chrétienne. Il n'apparait que durant les chronologies généalogiques des livres du Pentateuque et de Saint Luc. Ainsi, il est dit que Phaleg, aussi appelé Palag ou Péleg, est le 13ème descendant de la dynastie de Seth, fils d'Héber, (Gen.11;16), descendant de Sem, fils de Noé. Les rosicruciens et les Illuminés du XVIIème siècle qui introduisirent la mystique en maçonnerie à partir du début du XVIIIème siècle, non seulement connaissaient la légende de Noé, mais encore la transposaient eux-mêmes dans leurs propres mythes fondateurs en insistant sur les aspects dramatiques, comme celui de la montagne du déluge sous laquelle gît la dépouille de Christian Rozencreutz. Les rédacteurs modernes pourraient alors tout à fait facilement introduire Hiram et les grands projets de Salomon dans le paysage postdiluvien de la première alliance. Phaleg peut alors retrouver sa place, au moment du passage de l’opératif au spéculatif, alors que le monde change sous l’influence des lumières et de la révolution industrielle des années 1700. Les Écritures précisent que son père lui donna le nom de Phaleg, פּלג (pâlag), qui signifie à la fois « partage » et « tremblement de terre », parce que c'est de son temps l'on commença à partager la terre (Gen 10 :25 et 1Chr 1;19 – on remarquera que ces deux versets sont quasiment identiques5). Soit que Noé ait commencé à partager les terres à ses neveux après le déluge, quelques années avant la construction de Babel, soit que Phaleg soit venu au monde l'année même de l'entreprise de Babel et de la confusion des langues, soit que Héber, par un esprit prophétique, ait donné à son fils le nom de Phaleg quelques années avant la tour de Babel6 (Gen. 11; 5 à 8 – Dt 32;8). Il n'en demeure pas moins que, selon les Écritures, la lignée dans laquelle il s'inscrit est assez bien définie et que, dans la liste des engendrements, on le retrouve porteur de la lignée d'Abram. Ainsi, d'Arphaxad, fils de Sem, par Salé, par Heber (Hébreux), par Phaleg, par Réu, par Sarug, par Nachor naquit Tharé qui engendra Abraham. Celui-ci eut trois femmes : Cétura, qui lui donna entre autres fils : Madian... Agar qui lui donna Ismaël... et Saraï, l'épouse légitime, qui lui donna Isaac. Celui-ci engendra Esau et Jacob (Israël). De ce dernier est issu le peuple des Hébreux. Selon l'historien américain P. K. Hitti7, ce peuple hébreu émigra en Palestine, à travers la Syrie entre 1500 et 1200 av. J.-C. Ce fut la seconde émigration, bien définie dans le temps et l'histoire, d'un peuple sémite vers le Croissant fertile. Il naquit en l'an du monde 1757, avant Jésus-Christ; soit, 2243, avant l'ère vulgaire 2247. Ce qui embarrasse ici les interprètes, c'est,

1° que Phaleg n'est venu au monde que cent ans après le déluge. Or il semble qu'alors le nombre des hommes n'était pas encore assez grand pour faire une entreprise comme celle de Babel.

2° que Jectan, frère de Phaleg, avait déjà treize fils au temps de la dispersion arrivée après la confusion de Babel (Ge 10 :26-28). Phaleg étant né l'an 34 de Héber, (Ge XI, 16), il est impossible que Jectan, son frère, ait pu avoir ce nombre d'enfants lors de la naissance de Phaleg. Il semble donc qu'il n'est pas né au temps de la dispersion. A cela on peut répondre que Moïse a rapporté les noms des treize fils de Jectan dans la Genèse, (Ge 10, 26), par anticipation, quoiqu'ils ne fussent nés qu'assez longtemps après la confusion de Babel? Mais comme ils occupèrent un assez grand pays, il était important de les faire connaître, et de les nommer parmi les autres descendants de Noé, qui se partagèrent les provinces d'Orient. Quoi qu'il en soit, Phaleg, âgé de trente ans, engendra Réu (Ge 11 :18), et mourut âgé de deux cent trente-neuf ans.

Histoire de Phaleg

Phaleg, qui avait conçu l'idée de la tour de Babel et en avait dirigé la construction.
La tour de Babel, le mot Babel signifiant en hébreu "confusion" "Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les cieux. "Après qu’ils eurent jeté les fondations de cet édifice, le Seigneur, dit encore l'Ecriture, jeta les yeux sur la terre et vit l’orgueil des enfants des hommes. Il descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires. A cette fin, il mit la confusion dans les langues des ouvriers. Phaleg, se sentant coupable, se condamna à une pénitence rigoureuse, il se retira dans le nord de l'Allemagne, où il arriva après bien des peines et des fatigues endurées dans des pays déserts où il n'avait trouvé pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages.
Dans cette région, que l'on appelle la Prusse, il construisit quelques cabanes pour se mettre à l'abri des intempéries.
ll érigea un Temple en forme de triangle, dans lequel il s'enfermait pour implorer la miséricorde de l'Eternel et la rémission de son péché. L'an 553, en fouillant à quinze coudées de profondeur dans les mines de sel de Prusse, on découvrit un bâtiment de forme triangulaire au milieu duquel se trouvait une colonne de marbre blanc. Sur sa base, toute cette histoire était écrite en hébreu.
A côté de cette colonne, il y avait un tombeau de grès, contenant de la poussière et une pierre d'agate portant l'épitaphe suivante:
" Ici reposent les cendres de l'architecte de la tour de Babel.
Le Seigneur eut pitié de lui, parce qu'il devint humble."

Le texte de la colonne nous dit aussi que Phaleg était fils d'Eber, dont le père était fils d’Arpaxad, qui était fils de Shem, fils aîné de Noé. Mot de passe au 21ème degré REAA – « Noachite » ou « Chevalier Prussien » : Phaleg (dit d’une façon lourde et empreinte de tristesse).

1 Cf. la lettre adressée en 1788 par le Grand Secrétaire des Ancients à Lord Elcho, Grand Maître de la Grande Loge d'Ecosse (Charles Bolton 1897, Grand Master's Lodge No. 1: 22, cité par Hextall, AQC ( Ars Quatuor Corronatum – revue de la Loge de Recherche Ars Quatuor Corronati ) 23: 48. Citée aussi par Alain Bernheim in « ÉTUDES MAÇONNIQUES - MASONIC PAPERS - LA FRANC-MAÇONNERIE, L’ANGLETERRE ET LES MYTHES » : « The Innovations which have of late crept into Masonry in this Kingdom ... as they tend to affect the integrity of the system, it is the duty of the Brotherhood to discountenance. We trust the time is not far distant when, sensible of the inconvenience as well as the fault of the Deviation, they will come back within the Landmarks of the Craft. » Trad JJ.

2 « Les plus secrets mystères des hauts grades de la maçonnerie dévoilés, ou, Le vrai Rose-Croix » - Par Bérage - Publié « à Jérusalem » en 1766.

3Cf. Martinez de Pasqualy « traité de la réintégration des êtres ».

4 Cf. « Le parfait maçon : les débuts de la maçonnerie française (1736-1748) » : anthologie Par Johel Coutura, Société française d'étude du XVIIIe siècle, Collaborateur Société française d'étude du VIIIe siècle - Publié par Université de Saint-Etienne, 1994

5Gen 10:25 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » 1Ch 1:19 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » L'identité presque parfaite de ces deux versets n'est pas chose courante dans le Pentateuque et mérite d'être soulignée. En général, la répétition de termes ou de commandement indique leur importance car l'Éternel ne se répète jamais. On retrouve Phaleg dans Luc 3;35, c'est à dire la généalogie de Jésus.

6Cf. RP. Dom Augustin Calmet in « Dictionnaire, historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible » - Chez Marc Bousquet à Genève 1730

7Philip Khuri Hitti fut un Historien spécialiste de l'Islam décédé en 1978, fondateur du département d'études du proche-orient à l'Université de Princeton,

Source : http://truthlurker.over-blog.com/article-36031099.html

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Nautoniers de l’Arche Royale Cérémonie d’élévation (3)

18 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel de Nautonier Publié dans #hauts grades

2ème S. La détresse d'un Frère peut avoir trois causes différentes :

Premièrement, des circonstances difficiles dans les­quelles il peut-être nécessaire de rechercher le conseil d'un Frère. Le Frère sollicité donnera conseil dans la mesure de ses possibilités, avec franchise et sincérité, sa conduite devant être mise d'équerre selon la règle qui dit "Fais aux autres ce que tu aimerais qu'ils te fassent".

Deuxièmement, la détresse d'un Frère peut provenir de son extrême pauvreté. Il peut n'avoir rien à manger, ni aucun vêtement décent à se mettre. Dans un tel cas, le Frère qui en a connaissance se doit de soulager cet­te détresse, en se souvenant que donner attire une plus […] Frère dans le besoin et lui refuse sa compassion, ne peut prétendre que l'Amour de Dieu habite en lui.  Ainsi, en sages dispensateurs des multiples dons de Dieu, nous devons toujours avoir la main et le cœur, prêts à secourir un Frère dans la détresse.

Troisièmement, la détresse d'un Frère peut provenir de ce qu'il est entouré d'ennemis, le mettant dans l'obligation d'appeler un Frère à l'aider de sa force physique.

Le Second Surveillant se lève et se met à l'ordre au Signe d'Appel.

Le Frère qui perçoit le Signe d'Appel doit immédiatement se porter à son secours.

Le Second Surveillant quitte le Signe d'Appel et s'assoit.

Tel doit être son amour envers son Frère que, s'il l'en croit digne, il préfèrera mourir à ses côtés plutôt que de l'abandonner.

Le Triangle doit toujours être porté sur les convoca­tions importantes des Nautoniers de l'Arche Royale. Si vous l'y voyez, vous devez vous y rendre dans tou­te la mesure du possible. En cas d'empêchement ma­jeur, vous devez exposer vos raisons par écrit, et y ap­poser la même marque. Le Frère ou la Loge recevant ainsi vos excuses écrites, les acceptera et considérera que vous avez rempli vos devoirs.

V.C.N. Frère Premier Diacre, veuillez conduire notre Frère auprès de mon fils Japhet pour y être revêtu de ses décors.

Le Premier Diacre conduit le Candidat au piédestal du Premier Surveillant, en suivant le Parcours Triangu­laire, suivi du Second Diacre.  Le Candidat est placé au Sud du piédestal du Premier Surveillant, faisant fa­ce au Nord, les deux Diacres se tiennent derrière le Candidat, également face au Nord. Le Premier Diacre retire au Candidat son tablier de M.M.M. et le passe au Second Diacre qui le met de côté.

Le Premier Surveillant se lève et pose son sceptre sur le piédestal.

1erS. Frère…, je vous revêts de ce tablier (le Premier Surveillant ceint le Candidat du tablier de Nau­tonier, aidé si nécessaire par le Premier Diacre) et vous décore de ce bijou (le Premier Surveillant lui épingle le bijou  sur la gauche de la poitrine).  Je vous recommande de ne jamais porter ce tablier si vous êtes en désaccord avec un Frère, car c'est un symbole d'amour et de vertu et, comme tel, d'une plus grande valeur que n'importe quel présent pouvant être fait par un Empereur ou un Roi.  En conséquence, vous devrez d'abord vous réconcilier avec ce Frère afin de pouvoir siéger en Loge dans l'harmonie et l'affection fraternelle. Que la Paix soit avec tous ceux qui appliquent cette règle.

Puis il s'assied et reprend son sceptre en main.

Le Vénérable Commandeur, assis, montre en les expli­quant les Outils de Travail disposés sur son piédestal.

V.C.N. Je vous présente les Outils de Travail d'un Nautonier, utilisés par Noé pour la construction de l'Arche.

Ce sont une Hache, avec laquelle il abattit des arbres et les équarrit ; une Scie, avec laquelle il débita les arbres en planches ; et une Tarière, avec laquelle il perça des trous dans les planches. De même avec la Hache, il tailla des chevilles et les enfonça de manière à assembler les planches.

Par la Sagesse et la maîtrise de Noé, l'Arche, cette in­génieuse structure, archétype de la Beauté, prit forme et sa Force et sa solidité assurèrent la sauvegarde tem­porelle de Noé, de sa famille et de toutes les créatures vivantes qu'elle renfermait.

Mais ces Outils ont d'autres significations que je vais maintenant vous exposer.

La Hache abattit les arbres et ceux-ci coupés, symbolisèrent la chute du vieux monde. La Scie, divisant le bois en planches, symboli­se la séparation que fit le Seigneur entre Noé et sa fa­mille et le reste de l'humanité.  La Tarière perçant les planches nous enseigne que l'affliction même peut susciter humilité et introspection.

De même que l'Arche fut construite à l'aide de ces ou­tils, en persévérant dans la Foi, l'Espérance et l'Amour, éléments sous la chaleur intense et lors de la désinté­gration de la terre.

Les déplacements en Loge sur un Parcours Triangu­laire, que vous avez suivi depuis votre entrée, étaient destinés à fixer dans votre esprit la forme de la Loge. On vous arrêta à chacun de ses sommets pour vous rappeler la Sagesse, la Force et la Beauté qui présidè­rent à la construction de l'Arche, et la signification morale de ces trois points vous fut alors expliquée.

Debout pour contracter votre Obligation, vous fûtes dans l'attitude de Noé lorsqu'il offrit son holocauste en remerciement au Seigneur de l'avoir préservé du Dé­luge. Le Suprême Commandeur de l'Univers plaça alors Son arc dans les nuées et scella Son alliance avec Noé, les eaux ne devant jamais plus devenir dé­luge pour détruire toute chair.

Les principaux officiers de la Loge, disposés en Tri­angle, représentent Noé et ses fils, Japhet et Sem.

Ce Triangle symbolise aussi le Soleil, la Lune et les Etoiles. Les membres les plus éminents de la société sont, plus que d'autres, en mesure de faire le bien , mais tous les autres, s'ils agissent régulièrement, par­viennent à une égale distinction si, chacun à sa place, ils se rendent plus utile à leurs semblables. Le plus distingué est celui qui remplit le mieux sa fonction et non celui qui occupe la plus haute position, car la Lu­ne bien qu'elle emprunte sa lumière au Soleil, té­moigne aussi de la Gloire de Dieu et les fleurs des champs proclament Sa puissance au même titre que les Étoiles du firmament.

V.C.N. Veuillez maintenant prêter attention à l'expli­cation des neuf pas.

Les deux Diacres et le Candidat reculent en ligne pour s'arrêter sur le côté Sud du Parcours Triangulaire, fa­ce au Nord de telle sorte que le Candidat puisse voir lu démonstration.

Le Premier Surveillant, portant son sceptre, quitte son pié­destal et se rend directement au sommet Ouest du Tri­angle posé au sol, s'y arrête à environ un pas, face à l'Orient et dispose ses pieds pour former un angle de 60°.

1er S. Les trois premiers pas faits sur le Triangle sont comparables aux premiers pas réguliers en Maçonne­rie symbolique ou du Métier mais ils ont ici une signi­fication supplémentaire. On vous a déjà dit que les trois points du Triangle représentent la Sagesse, la Force et la Beauté. L'homme, dans son ignorance, au début de son pèlerinage terrestre se croit en sécurité et, négligeant souvent l'usage de la boussole infaillible, s'écarte de la vraie voie et court ainsi le risque d'être en­glouti par les eaux.

Cependant, ayant fait le premier pas régulier (le Premier Surveillant fait le premier pas du pied droit et ramène le pied gauche, formant un angle de 60°) il peut observer l'endroit où règne la Beauté. Le danger qui le menace à présent est encore plus grand qu'auparavant car, si son pas dévie de la ligne droite, son sort sera celui du roseau ballotté au gré de chaque souffle d'air (le Premier Surveillant évoque ce balancement en impri­mant à son sceptre, tenu verticalement devant lui, un mouvement pendulaire).

Si cependant mon Frère vous faites le deuxième pas (le Premier Surveillant fait le deuxième pas du pied droit) avec fermeté et détermination (le Premier Surveillant ramène son pied gauche à 60°),  vous appuyant sur le point de la Force, vous vous trouverez sur la voie de la Sagesse et, dès lors, votre chemin sera facile car, quand la Sagesse (le Premier Surveillant fait le troisième pas du pied droit) guide vos pas (le Premier Surveillant ramène le pied gauche à 60°),  vous pouvez en toute confiance compter atteindre l'élévation qui est l'objet de vos désirs et la fin et le but de tous vos efforts.

Le quatrième pas (le Premier Surveillant fait le quatrième pas amenant son pied droit et l'achève en ramenant le pied gauche pour former un angle de 60°) vous amène au milieu du Triangle d'où, entouré par la Sagesse, la Force et la Beauté, (le Premier Surveillant montre les sommets du Triangle du bas de son sceptre en même temps qu'il nomme Sagesse [à la pointe ouest, derrière lui], Force [à lui pointe nord à sa gauche] et Beauté [à la pointe sud à sa droite]) vous pourrez gravir l'échelle permettant d'atteindre l'Arche, refuge sûr et havre de repos.

Les cinq derniers pas impliquent que, durant votre progression, vous devez toujours être attentif à prati­quer sans répit les cinq vertus principales qui caracté­risent les Francs-Maçons :

(le Premier Surveillant fait du pied gauche le cinquième pas) la Vigilance,

(le Premier Surveillant fait du pied gauche le sixième pas) la Discrétion,

(le Premier Surveillant fan le septième pas du pied gauche) l'Amour Fraternel,

(le Premier Surveillant fait le huitième pas du pied gauche) la Vérité,

(le Premier Surveillant fait enfin le neuvième pas, toujours en partant du pied gauche) et la Charité.

Le Premier Surveillant, sans saluer ni s'incliner devant le Commandeur, retourne à sa place en suivant le Par­cours Triangulaire via le Sud et l'Ouest et s'assoit.

Les deux Diacres encadrant le Candidat s'avancent en­semble de front et se tiennent devant le piédestal du Vé­nérable Commandeur face à lui.

V.C.N. Comme certains droits sont exigés pour votre Élévation, il n'est que juste que je vous dise en vertu de quelle autorité nous agissons.

 Le Vénérable Com­mandeur se lève et déploie devant lui la Charte qui lui a été tendue par le Passé Commandeur Immédiat, afin qu'elle puisse être vue par le Candidat. Si la Charte est accrochée au mur, la Passé Commandeur Immé­diat l'aura décrochée au moment opportun, sinon il se tiendra à côté pour la montrer au Candidat pendant l'explication du Vénérable Commandeur.

Voici la Charte qui nous a été octroyée par la Gran­de Loge de l'Ancienne et Honorable Fraternité des Nautoniers de l'Arche Royale pour la France, amarrée à la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque de France. Vous pouvez en prendre connaissance mainte­nant ou lors de toute autre tenue de la Loge. Voici le Livre de la Constitution, des Statuts et Rè­glements de la Grande Loge de l'Ancienne et Hono­rable Fraternité des Nautoniers de l'Arche Royale pour la France.

Le Vénérable Commandeur en remet un exemplaire au Candidat.

Voici le Règlement intérieur de la Loge.

Le Vénérable Commandeur remet un exemplaire du Rè­glement Intérieur au Candidat.

Par ces deux documents vous apprendrez à connaître vos devoirs envers l'Ordre des Nautoniers de l'Arche Royale en général et cette Loge en particulier.

V.C.N. Vous êtes dorénavant qualifié pour prendre place dans une Loge de Nautoniers de l'Arche Royale.

Le Vénerable Commandeur souhaite, en quelques mots improvisés, la bienvenue au Candidat que les deux Diacres conduisent ensuite à un siège au Sud, puis ils regagnent leur place par le Parcours Triangulaire. Là, le Premier Diacre confie un instant sa verge au Se­cond Diacre, s'avance vers le Triangle posé au sol et le retourne de manière à ce que l'un de ses sommets soit dirigé vers l'Est. Il revient ensuite à sa place, récupère sa verge du Second Diacre, puis tous deux s'assoient et placent leur verge dans le support.

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Bible et hauts grades(1)

1 Mai 2005 Publié dans #hauts grades

« quel était le premier édifice érigé sous la direction divine ? »

« L’arche de Noé. »

« Dans que but fut-elle construite ? »

« Pour sauver les élus du Déluge. »

« Combien de personnes y avait-il à sauver ? »

« Huit : quatre hommes et quatre femmes. »

« Nomme les hommes. »

« Noé, Japhet, Sem et Cham, tous vrais maçons. »

« Combien y a-t-il de travaux faits par des mains humaines appelés Merveilles   du Monde ? »

« Sept. »

« Nomme-les. »

« La Tour de Babel, les Pyramides d’Egypte, la Statue de Zeus par Phidias à Olympe en Péloponnèse, le Temple d’Artémis à Ephèse, le Mausolée d’Halicarnasse, le Phare d’Alexandrie et le Colosse de Rhodes. »

« Combien y eut-il de personnes nommées avant d’être nées ? »

 « Trois. »

« Qui étaient-elles ? »

« Bézaléel, Maher-Shalal-Hash-Baz et le Roi Cyrus le Grand. »

« Qu’étaient-ils ? »

 « Bézaléel était un ouvrier inspiré du Tabernacle dans lequel résidait la Divine Schekinah et dans lequel était déposée l’arche d’Alliance qui devint ensuite le modèle pour le Temple du Roi Salomon, conforme à un modèle délivré au Mont Horeb par Dieu à Moïse qui devint ensuite Grand Maître de la Loge d’Israël ; le deuxième, le fils d’une Prophétesse dont nous lisons dans les Prophéties d’Isaïe, ch. Vii ; et le troisième, Cyrus le Grand, était le Fondateur de la Monarchie Perse, conquérant de l’Asie et restaurateur du Temple Saint. »

« Combien y a-t-il de personnes dites ne jamais être mortes ? »

« Deux, Hénoch et Elie. »

« Qu’étaient-ils ? »

 « Hénoch était le cinquième après Seth et le septième depuis Adam et prophétisa l’inondation et l’incendie général ; et de peur que les Arts et Sciences ne disparaissent du savoir des hommes, il érigea deux piliers, un de briques, l’autre de pierre, sur lesquels ces Arts étaient gravés jusqu’au bout, de telle sorte que si le pilier de pierre périssait sous les flammes, le pilier de briques resterait, et que si le pilier de briques était détruit par l’eau, le pilier de pierre resterait, et ceci pouvait se voir en son temps sur la Terre de Syrie, selon Joseph. Le second, Elie le Tishbite, qui, après avoir réalisé de nombreux miracles en présence des Rois et de la Princesse d’Israël pour les ramener vers l’adoration du vrai Dieu, était ravi au Ciel par un chariot de feu. »

« Que devraient célébrer les Francs-Maçons principalement ? »

« Trois grands événements : la Création du Monde, le Déluge de Noé et la Rédemption de l’Homme. »

« Dans quel but ? »

« A la Gloire de Dieu. »

« où a lieu, pour la première fois, un Chapitre de l’Ordre ? »

« Au sommet saint du Mont Moriah dans le Royaume de Judée. »

« Pourquoi le Mont Moriah a-t-il été consacré ou nommé saint ? »

« En raison de trois grands sacrifices faits sur son sommet : premièrement, Abraham, à la commande de Dieu, sacrifiant son fils Isaac ; deuxièmement, la prière et le sacrifice du Roi David pour apaiser la peste ; troisièmement, la prière et le sacrifice du Roi Salomon à la consécration du Saint-Temple. »

« Le mont Moriah a-t-il un égal dans le monde ?

« Seul le Mont Calvaire. »

« Pourquoi le Mont Calvaire a-t-il été consacré ou nommé saint ? »

« En raison d’un grand sacrifice fait sur son sommet. »

« Lequel ? »

« Le sacrifice du Messie pour la rédemption du monde. »

« Ayant auparavant discuté des honneurs et des dignités qui te sont accordés en tant que Franc-Maçon, je désire savoir quel est le premier et plus grand honneur jamais accordé aux Francs-Maçons ? »

« La descente de la Divine Schekinah, d’abord au sacre du Saint-Tabernacle, puis à la consécration du Temple de Dieu par le Roi Salomon, se plaçant sur l’Arche ou le Trône dans le Saint des Saints, couverte par les ailes du Chérubin où elle continua à donner ses réponses d’oracle pour plusieurs générations. »

« Combien ? »

« Quatorze. »

« La Schekinah n’a-t-elle jamais été destituée ? »

« Elle l’a été. »

« Pourquoi ? »

« Parce que les Israélites se sont prouvés  infidèles à leur Dieu. »

 « Digne Grand Gardien Second (se lève et salue), les Maçons avaient-ils une place au Temple du Roi Salomon ? »

« Oui. »

« Comment s’appelait ce lieu ? »

« La Chambre du Milieu. »

« Quelles étaient les qualifications requises pour être admis dans cette Chambre du Milieu ? »

« Fidélité, Hospitalité et Taciturnité. »

« Lorsqu’ils étaient admis, que voyaient-ils digne d’observation ? »

« Le Dallage Mosaïque, l’Etoile Ardente et la Bordure Ornée. »

« Que représentait le Dallage Mosaïque ? »

« La Loi remise à Moïse au Mont Sinaï. »

« Donne aux Frères le Signe de cette Loi. »

« Que représente l’Etoile Ardente. »

« La Gloire de Dieu apparaissant au Mont Sinaï lors de la remise de cette Loi. »

« Que représente la Bordure Ornée ? »

« Les ornements d’une vie vertueuse, conformément à cette Loi. »

« Le Temple du Roi Salomon avait-il un égal dans le monde ? »

« Seul le Temple mystique du corps du Christ. »

« Les Francs-maçons peuvent-ils y espérer une place ? »

" Ils peuvent. »

« Comment s’appelle cette place ? »

« La Chambre du Milieu également. »

« Quelles sont les qualifications requises pour être admis dans cette Chambre du Milieu ? »

« Foi, Espoir et Charité. »

« Lorsque tu es admis, qu’espères-tu voir digne d’observation ? »

« La Page de Chevalet, la Pierre de Taille Considérée et le Thurnal   Broché. »

« Comment sont-ils placés ? »

« La page de Chevalet sur le Dallage Mosaïque, la Pierre de Taille Considérée sur   l’Etoile Ardente et le Thurnal Broché sur la Bordure Ornée. »

« Que représente pour nous le Thurnal Broché ? »

« La Grâce Divine pénétrant nos durs cœurs de pierre. »

« Qu’est la Pierre de Taille Considérée ? »

« Le Grand Architecte de l’Eglise qui Se nomma la Rose de Charon et le Muguet. »

« Et qu’est la Page de Chevalet ? »

« Le chemin du Salut qui nous est présenté dans le Livre des Bonnes Nouvelles. »

« Ce livre est-il autrement appelé ? »

« Les Evangiles Saints. »

 

 

 

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Le Mythe du Déluge

27 Février 2015 , Rédigé par GLISRU Publié dans #Planches

Dans cet Atelier, nous sommes convenus au moment de sa création de travailler sur les différentes Traditions pour essayer d'y retrouver cette sorte de Parole perdue qui est le souvenir des origines, ce que d'autres appellent la Vérité primordiale. C'est dans cette recherche que j'ai rencontré le mythe du déluge qui est commun à presque toutes les Sociétés du monde. Il est généralement admis que le mythe du déluge, que l'on retrouve donc dans presque toutes les traditions du monde, à l'exception notable de l'Afrique, recouvre un événement réel, probablement d'une amplitude plus faible que celle décrite par tous les textes ou légendes orales, qui se serait produit dans les temps anciens et qui aurait laissé un souvenir amplifié dans la mémoire des hommes. Dans ma recherche de trouver derrière les mythes les faits rééls je me suis donc intéressé à ce mythe du déluge. Mais avant je voudrais citer une intervention du professeur Antoine Faivre, lors d'un récent colloque sur le légendaire maçonnique. Celui-ci définit 3 approches très différentes et qui seraient chacune la façon de voir la maçonnerie par les maçons eux-mêmes, même si quelquefois ils les mêlent allègrement. La première, qu'il définit comme empirico-critique, est purement objective et historique. C'est celle qui voit dans la maçonnerie une institution créée de toutes pièces au 18ème siècle et qui a comme objectif principal l'exercice de la charité, accessoirement la rencontre d'esprits curieux. La deuxième, qu'il définit comme mytho-romantque, a une origine inconnue, remontant aux temps les plus anciens, et véhiculant des mythes universels, selon une transmission ininterrompue. Enfin, la troisième, qu'il définit comme universalisante, la considère comme un réservoir d'images ou d'archétypes à caractère universel, et la filiation n'a ici pas d'importance. En tous les cas on y retrouve toutes les traditions du monde, filles comme elle de la tradition pérenne. Il est clair que je m'inscris en priorité dans cette dernière approche, même si la deuxième ne me laisse pas indifférent. Quant à la première, elle ne correspond pas du tout à l'image que je me fais de la Maçonnerie, école initiatique authentique. Pourquoi je voulais citer cette intervention ? et bien c'est pour justement venir justifier cette réflexion, allant bien au-delà de la Maçonnerie, pour retrouver dans les mythes en général, et ce soir dans celui du déluge en particulier, les échos de cette tradition pérenne, ce que j'appelle la connaissance du premier instant, ce premier instant étant étendu à toute la protohistoire de l'homme. Je voudrais donc d'abord vous présenter les différentes versions de ce mythe, selon les traditions anciennes, puis, ensuite, je souhaiterais apporter ma vision personnelle de cet événement vraisemblablement réel. Extrêmement répandus, les mythes de catastrophes cosmiques racontent comment le monde a été détruit et l’humanité anéantie, à l’exception d’un couple ou de quelques survivants. Les mythes du déluge sont les plus nombreux, et presque universellement connus ( bien qu’extrêmement rares en Afrique, et j'essaierai d'en comprendre la raison ). À côté des mythes diluviens, d'autres relatent la destruction de l’humanité par des cataclysmes cosmiques: tremblements de terre, incendies, écroulement de montagnes, épidémies. Évidemment, cette fin du monde n’est pas représentée comme radicale, mais plutôt comme la fin d'une humanité, suivie de l’apparition d’une humanité nouvelle. Mais l'immersion totale de la Terre dans les eaux, ou sa destruction par le feu, suivie de l'émersion d’une Terre vierge, symbolisent la régression au Chaos et la cosmogonie. Dans un grand nombre de mythes, le Déluge est rattaché à une faute rituelle qui a provoqué la colère de l’Être suprême. Parfois il résulte simplement du désir d'un Être divin de mettre fin à l'humanité. Mais, si l'on examine les mythes qui annoncent l'imminence du Déluge, on retrouve, parmi les causes principales, non seulement les péchés des hommes, mais aussi la décrépitude du monde. On peut dire alors que le Déluge a ouvert la voie à la fois à une re-création du monde et à une régénération de l'humanité. Nous autres, en Occident ou plus précisément dans ce que je préfère appeler le monde méditerranéen, nous connaissons en priorité le mythe du déluge décrit dans la Bible hébraïque. Rappelons nous en le texte, qui est en Genèse, 6-5 à 9-20 : Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme se multipliait sur la terre : à longueur de journée, son cœur n'était porté qu'à concevoir le mal, 6 et le Seigneur se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Il s'en affligea 7 et dit : « J'effacerai de la surface du sol l'homme que j'ai créé, homme, bestiaux, petites bêtes et même les oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits ».8 Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur.

9 Voici la famille de Noé : Noé, homme juste, fut intègre au milieu des générations de son temps. Il suivit les voies de Dieu, 10 il engendra trois fils : Sem, Cham et Japhet. 11 La terre s'était corrompue devant Dieu et s'était remplie de violence. 12 Dieu regarda la terre et la vit corrompue, car toute chair avait perverti sa conduite sur la terre. 13 Dieu dit à Noé : « Pour moi, la fin de toute chair est arrivée ! Car à cause des hommes la terre est remplie de violence, et je vais les détruire avec la terre ».

14 « Fais-toi une arche de bois résineux. Tu feras l'arche avec des cases. Tu l'enduiras de bitume à l'ntérieur et à l'extérieur. 15 Cette arche, tu la feras longue de trois cents coudées, large de cinquante et haute de trente. 16 Tu feras à l'arche un toit à pignon que tu fixeras à une coudée au-dessus d'elle. Tu mettras l'ntrée de l'arche sur le côté, puis tu lui feras un étage inférieur, un second et un troisième.

17 « Moi, je vais faire venir le déluge — c'est-à-dire les eaux — sur la terre, pour détruire sous les cieux toute créature animée de vie ; tout ce qui est sur terre expirera. 18 J'établirai mon alliance avec toi.

« Entre dans l'arche, toi et avec toi, tes fils, ta femme, et les femmes de tes fils. 19 De tout être vivant, de toute chair, tu introduiras un couple dans l'arche pour les faire survivre avec toi ; qu'il y ait un mâle et une femelle ! 20 De chaque espèce d'oiseaux, de chaque espèce de bestiaux, de chaque espèce de petites bêtes du sol, un couple de chaque espèce viendra à toi pour survivre. 21 Et toi, prends de tout ce qui se mange et fais-en pour toi une réserve ; ce sera ta nourriture et la leur». 22 C'est ce que fit Noé ; il fit exactement ce que Dieu lui avait prescrit.

7.1 Le Seigneur dit à Noé : « Entre dans l'arche, toi et toute ta maison, car tu es le seul juste que je vois en cette génération. 2 Tu prendras sept couples de tout animal pur, un mâle et sa femelle — et d'un animal impur un couple, un mâle et sa femelle, 3 — ainsi que des oiseaux du ciel, sept couples, mâle et femelle, pour en perpétuer la race sur toute la surface de la terre. 4 Car dans sept jours, je vais faire pleuvoir sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits, j'effacerai de la surface du sol tous les êtres que j'ai faits ». 5 Noé se conforma à tout ce que le Seigneur lui avait prescrit.

6 Noé était âgé de six cents ans quand eut lieu le déluge — c'est-à-dire les eaux — sur la terre. 7 À cause des eaux du déluge, Noé entra dans l'arche et avec lui ses fils, sa femme et les femmes de ses fils. 8 Des animaux purs et des animaux impurs, des oiseaux et de tout ce qui remue sur le sol, 9 couple par couple, mâle et femelle vinrent à Noé dans l'arche comme Dieu l'avait prescrit à Noé.

10 Sept jours passèrent et les eaux du déluge submergèrent la terre.

11 En l'an six cents de la vie de Noé, au deuxième mois, au dix-septième jour du mois, ce jour-là tous les réservoirs du grand abîme furent rompus et les ouvertures du ciel furent béantes. 12 La pluie se déversa sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. 13 En ce même jour, Noé entra dans l'arche avec ses fils, Sem, Cham et Japhet, et avec eux, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils 14 ainsi que toutes les espèces de bêtes, toutes les espèces de bestiaux, toutes les espèces de petites bêtes qui remuent sur la terre, toutes les espèces d'oiseaux, tout volatile, toute bête ailée. 15 Ils vinrent à Noé dans l'arche, couple par couple, de toute créature animée de vie. 16 C'étaient un mâle et une femelle de toute chair qui entraient. Ils entrèrent comme Dieu l'avait prescrit à Noé. Le Seigneur ferma la porte sur lui.

17 Le déluge eut lieu sur la terre pendant quarante jours. Les eaux s'accrurent et soulevèrent l'arche, et elle fut élevée au-dessus de la terre. 18 Les eaux furent en crue, formèrent une masse énorme sur la terre, et l'arche dériva à la surface des eaux. 19 La crue des eaux devint de plus en plus forte sur la terre et, sous toute l'étendue des cieux, toutes les montagnes les plus élevées furent recouvertes 20 par une hauteur de quinze coudées. Avec la crue des eaux qui recouvrirent les montagnes, 21 expira toute chair qui remuait sur la terre, oiseaux, bestiaux, bêtes sauvages, toutes les bestioles qui grouillaient sur la terre, et tout homme. 22 Tous ceux qui respiraient l'air par une haleine de vie, tous ceux qui vivaient sur la terre ferme moururent.

23 Ainsi le Seigneur effaça tous les êtres de la surface du sol, hommes, bestiaux, petites bêtes, et même les oiseaux du ciel. Ils furent effacés, il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. 24 La crue des eaux dura cent cinquante jours sur la terre.

Vous connaissez la suite, avec la fin des pluies et l'épisode de l'envoi d'oiseaux de couleurs différentes qui ont été largement identifiés à des étapes alchimiques. Cependant, on sait aujourd'hui que cette histoire est largement répandue dans d'autres Traditions et que même celle-ci, celle de la Bible, est à l'évidence la fusion de deux versions indépendantes. Les Hébreux ont, en effet, très probablement, emprunté le mythe aux Babyloniens. Mais le thème du Déluge est encore plus ancien puisqu'il est déjà attesté chez les Sumériens. Le nom du Noé sumérien est Ziusudra; et dans la version babylonienne, il est appelé Utnapishtim. Le Déluge est raconté dans la 11ème tablette de l'Épopée de Gilgamesh: les Dieux décident d'anéantir le genre humain, mais le dieu Ea prévient Utnapishtim et lui conseille de construire un bateau pour sauver sa famille et un certain nombre d'animaux. Le Déluge est provoqué par une pluie torrentielle qui dure sept jours. Le huitième, Utnapishtim lâche une colombe et, peu après, une hirondelle, mais les oiseaux reviennent. Finalement, il lâche un corbeau qui ne revient plus. Alors Utnapishtim débarque sur le mont Nishir et offre un sacrifice aux Dieux. Mais ici eux-ci découvrent avec surprise que le genre humain n'a pas été anéanti. Ils décident pourtant que, désormais, Utnapishtim ne sera pas mortel et le transportent, avec sa femme, dans un pays fabuleux et inaccessible, « aux bouches des fleuves ». C’est là que, longtemps après, Gilgamesh, en quête de l'immortalité, lui rend visite et apprend l'histoire du Déluge. Il est évident que ce mythe est à l'identique celui développé par la Bible, avec cette seule exception – de taille ! – c’est que les hommes ne sont pas anéantis. Il est vrai que le Dieu juif est particulièrement violent et vindicatif, et cette destruction totale de sa création n'est pas étonnante compte tenu de la mentalité du bonhomme, même si beaucoup, depuis la nuit des temps, s'interrogent sur ce Dieu qui a d'une part créé des hommes à son image mais mauvais, et qui ensuite détruit sa créature. Nous sommes évidemment loin d'un Dieu bon et parfait, et les Gnostiques ont largement, en leur temps, développé leurs théories pour justifier l'injustifiable. Un mythe similaire est connu dans l’Inde. Absent dans le Véda, le mythe du Déluge est attesté pour la première fois dans le Satapatha Brahmana (I, VIII, 1), rituel rédigé probablement au VIIe siècle avant notre ère.: un poisson avertit Manu de l'imminence du déluge et lui conseille de construire un bateau. Lorsque la catastrophe éclate, le poisson tire le bateau vers le nord et l'arrête près d’une montagne. C’est là que Manu attend l'écoulement des eaux. À la suite d'un sacrifice, il obtient une fille, et de leur union descend le genre humain. Dans la version transmise par le Mahabharata, Manu est un ascète. Dans le Bhagavata Purana (VIII, XXIV, 7 sq.), le roi-ascète Satyavrata est averti de l'approche du Déluge par Hari (Vishnu) qui a pris la forme d’un poisson. En tous les cas rien ne semble relier ici cette catastrophe avec un quelconque ressentiment des Dieux vis à vis des hommes. On peut juste s'interroger sur leur incapacité à sauver ces hommes qui sont leur création et qui ont un rôle essentiel à jouer, celui d'être leur miroir, celui dans lequel ils peuvent voir leur beauté et leur puissance. Sans création les Dieux restent inconnus et inutiles ! En Iran, la fin du monde est consécutive à un déluge résultant de la fonte des neiges accumulées pendant un terrible hiver. Ahura Mazdâ conseille à Yima, le premier homme, qui est aussi le premier roi, de se retirer dans une forteresse.. Yima prend avec lui les meilleurs parmi les hommes et les différentes espèces d'animaux et de plantes. Le déluge met fin à l'âge d’or, qui ne connaissait ni la vieillesse ni la mort. Dans l'état actuel de nos connaissances de ces textes nous n'avons pas non plus de traces d'une quelconque décision divine de grand nettoyage même si ici le retour à une situation normale voit la disparition d'un monde ancien, celui de l'âge d'or. On peut ici s'interroger sur le pourquoi de la fin de cet âge… En Grèce, c'est Prométhée qui avertit son fils, Deucalion, que Zeus a décidé l’anéantissement des hommes de l’âge du bronze. Deucalion s’échappe avec sa femme dans une arche. A nouveau une décision divine de tout recommencer. Le mythe du Déluge se rencontre aussi chez certaines peuplades autochtones de l’Inde ( Bhils, Mundas, Santals, etc.), chez les Lepchas de Sikkim et en Assam. Il est encore plus répandu dans l’Asie du Sud-Est, en Mélanésie et en Polynésie. Les versions recueillies en Australie parlent d’une grenouille géante qui avait absorbé toutes les eaux. Souffrant de la soif, les animaux décidèrent de faire rire la grenouille. En voyant l'anguille se tordre, la grenouille éclata de rire et les eaux s'écoulèrent de sa bouche, provoquant le déluge. La grenouille est une des images mythiques de la Lune. Et puisque la Lune est, par excellence le symbole de la mort et de la résurrection, elle gouverne aussi les eaux, les inondations et les marées. Chez les peuples de l'Amérique du Sud, le déluge est provoqué généralement par un des jumeaux mythiques qui, frappant la terre de son talon, fait jaillir les eaux souterraines. En Amérique centrale et en Amérique du Nord, les versions du déluge sont assez nombreuses: la catastrophe est produite soit par des inondations soit par des pluies. Il est à noter qu'en comparaison avec les mythes narrant la fin du monde dans le passé, les mythes se référant à une fin à venir sont assez peu nombreux chez les primitifs, au contraire de nos Sociétés méditerranéennes ou indo-européennes. Mais cette rareté est peut-être due au fait que les ethnologues n'ont pas posé cette question dans leurs enquêtes. En outre, il est parfois difficile de préciser si le mythe concerne une catastrophe passée ou à venir. Ainsi, par exemple, selon E.H. Man, les Andamanais, un peuple en voie de disparition qui vit aux confins de la Birmanie et de la Thaïlande, croient qu'après la fin du monde une nouvelle humanité, jouissant d'une condition paradisiaque, fera son apparition: il n’y aura plus ni maladies, ni vieillesse, ni mort. Mais un autre anthropologue, A. Radcliffe Brown, estime que son collègue Man a en fait combiné plusieurs versions, recueillies d'informateurs différents. En réalité, précise Radcliffe Brown, il s’agit bien d'un mythe relatant la fin et la re-création du monde; mais le mythe se rapporte au passé et non pas à l'avenir. Mais comme, suivant la remarque de F. F. Lehmann, la langue andamanaise ne possède pas de temps futur, il n'est pas facile de décider s’il s’agit d’un événement passé ou d'une fin à venir. Nous sommes donc ici passés du mythe du déluge, celui de la fin d'une époque pour entrer dans une nouvelle, plutôt inscrite dans le passé, à la possibilité que ces évènements se rencontrent aussi dans le futur. Parmi les mythes primitifs de la fin, très rares sont ceux qui ne présentent pas d'indications précises concernant l'éventuelle re-création du monde. Ainsi, dans une des îles Carolines, Aurepik, c'est le fils du Créateur qui est responsable de la catastrophe. Lorsqu'il s'apercevra que le chef ne s'occupe plus de ses sujets, il submergera l'île au moyen d'un cyclone. Il n’e st pas certain qu'il s’agisse d’une fin définitive: et l'idée d'une punition des « péchés » implique généralement la création ultérieure d'une nouvelle humanité, instruite de ce qui s'est passé avant elle et devant, en principe, en tirer les conclusions. On peut penser qu'en ce qui concerne le texte biblique notre bonhomme IAWEH s'est largement fourvoyé et que probablement les hommes d'après le déluge n'ont rien à envier à ceux d'avant dans le domaine de la méchanceté. Plus difficiles à interpréter sont les croyances des Négritos de la péninsule de Malacca. Les Négritos savent qu'un jour Karei mettra fin au monde parce que les humains ne respectent plus ses préceptes. Aussi, pendant l'orage, s'efforcent-ils de prévenir la catastrophe en faisant des offrandes expiatoires de sang. La catastrophe sera universelle, elle frappera sans distinction pécheurs et non-pécheurs, et ne préludera pas, semble-t-il, à une nouvelle création. C’est pourquoi les Négritos appellent Karei « mauvais », et voient en lui l 'adversaire qui leur a « volé le Paradis ». Un exemple singulièrement frappant est celui des Guaranis du Mato Grosso. Sachant que la Terre sera détruite par le feu et par l'au, ils partirent à la recherche du « Pays sans péché », sorte de paradis terrestre, situé au-delà de l'Océan. Ces longs voyages, inspirés par les chamans, et effectués sous leur direction, ont commencé au 16ème siècle et ont duré jusqu'en 1912. Certaines tribus croyaient que la catastrophe serait suivie d’un renouvellement du monde et du retour des morts. D'autres tribus attendaient et désiraient la fin définitive du monde. La majorité des mythes amérindiens de la fin impliquent soit une théorie cyclique (comme chez les Aztèques), soit la croyance que la catastrophe sera suivie par une nouvelle création, soit, enfin, dans certaines régions de l'Amérique du Nord, la croyance à une régénération universelle effectuée sans cataclysme. Dans ce processus de régénération, seuls les pécheurs périront. Selon les traditions aztèques, il y a eu déjà trois ou quatre destructions du monde, et la quatrième ( ou la cinquième ) est attendue pour l'avenir. Chacun de ces mondes est régi par un « Soleil », dont la chute ou la disparition marque la Fin. La croyance que la catastrophe est la conséquence fatale de la « vieillesse » et de la décrépitude du monde semble assez répandue dans les deux Amériques. Selon les Cherokees, quand le monde sera vieux et usé, les hommes mourront, les cordes se casseront, et la Terre s'abîmera dans l’Océan, la Terre étant imaginée comme étant une grande île suspendue à la voûte céleste par quatre cordes. Dans un mythe Maidu, le Créateur assure au couple qu'il avait créé : « Lorsque ce monde sera trop usé, je le referai entièrement; et quand je l'aurai refait, vous connaîtrez une nouvelle naissance.» En somme, ces mythes primitifs de la fin du monde, par déluge ou incendie, car l'élément eau n'est pas le seul à être utilisé, le feu est également largement employé et je voudrais y revenir, impliquent plus ou moins clairement la re-création d'un univers nouveau, expriment la même idée archaïque, et extrêmement répandue, de la « dégradation » progressive du cosmos, ou de la chute pour retrouver une idée largement répandue sur nos Colonnes, nécessitant sa destruction et sa re-création périodiques. C'est de ces mythes d'une catastrophe finale, qui sera en même temps le signe annonciateur de l'imminente re-création du monde, que sont sortis et se sont développés les mouvements prophétiques modernes et les mouvements millénaristes des sociétés primitives. La théorie de la création et de la destruction cycliques du monde a été largement développée dans l’Inde, à partir des Brahmanas et surtout dans les Puranas. C'est la doctrine des quatre yugas, les quatre âges du monde. Le cycle complet, le kalpa, se termine par une « dissolution », un pralaya, qui se répète d'une manière plus radicale ( mahapralaya, la « grande dissolution ») à la fin du millième cycle. Selon le Mahabharata et les Purana, l'horizon s'enflammera, sept ou douze soleils apparaîtront au firmament et dessécheront les mers, brûleront la Terre. Ensuite, une pluie diluvienne tombera sans arrêt pendant douze ans, la Terre sera submergée et l'humanité détruite (Vishnu Purana, 24, 25). Puis tout recommencera ad infinitum. Cette théorie des quatre Yugas, avec son premier, celui de l'âge d'or, et son dernier, celui du fer, appartient à la doctrine traditionnelle et se retrouve dans beaucoup de traditions. Il semblerait que ce nouveau cycle, ce kalpa, ait débuté vers environ 63000 ans avant notre ère, et l'âge d'or, le Krita-Yuga, a duré 26000 ans. L'âge suivant, le Trêta-Yuga, ou âge d'argent, qui a correspondu à l'apparition des continent s de l'Atlantide au Nord, et de la Lémurie, au Sud, s'est terminé par le déluge biblique, vers 11000 ans avant notre ère. Puis vint le Dvapara-Yuga, l'âge d'airain. La fin de ce cycle , et nous sommes en plein dans le Kali-Yuga, l’âge du fer, est annoncée pour le 21ème siècle…. En Grèce, la doctrine cyclique fait son apparition avec Héraclite qui aura une grande influence sur la doctrine stoïcienne de l'Éternel Retour. Au 3ème siècle avant notre ère., Bérose vulgarisait dans tout le monde hellénistique la doctrine chaldéenne de la « grande année ». L'Univers y est considéré comme éternel, mais il est anéanti et reconstitué périodiquement chaque « grande année » - le nombre correspondant de millénaires varie d'une école à l'autre - lorsque les sept planètes se réuniront dans le signe du Cancer ou « grand hiver », un déluge se produira. Quand elles se rencontreront dans le signe du Capricorne, au solstice d'été de la « grande année », l'Univers entier sera consumé par le feu. Selon un texte perdu d'Aristote, les deux catastrophes avaient lieu aux deux solstices: la conflagration au solstice d'été, le diluvium au solstice d'hiver. On le voit, le mythe du déluge participe largement de deux théories : L'une qui voudrait que le Dieu créateur, excédé par sa création, ait un jour envie de tout détruire. L'autre qui exprime le principe d'une création cyclique, d'un retour indispensable au néant avant que de repartir. En Inde cela est clairement symbolisé par le souffle de Brâhma, celui qui crée en expirant et qui à la fin du cycle reprend sa création en inspirant, et ainsi de suite. Cette théorie est du reste parallèle à celle des astrophysiciens modernes qui parlent d'un monde en expansion puis en contraction, du big bang au big crash. Il est évident que si nous voulons retrouver derrière les mythes la réalité des évènements, cette seconde théorie semble plus proche de ce qui s'est passé, puisqu'aussi bien elle peut être exprimée d'une façon scientifique. Mais la première peut aussi révéler des évènements réels, enfouis dans la mémoire des hommes et traduits avec les mots et les symboles à la disposition d'autres hommes, longtemps après, et qui ne pouvaient qu'être interprétés à cette aune. Du strict point de vue scientifique, l'historicité du Déluge a longtemps été niée. Actuellement, un grand nombre de savants de toutes disciplines envisagent sérieusement que la dernière transgression, c'est-à-dire l'ennoyage des plates-formes continentales à la suite des déglaciations, pourrait être en connexion avec ces mythes. Et il est vrai que cet épisode géologique a entraîné une augmentation du niveau de la mer, mais de 100 mètres environ sur une durée de 10.000 ans, même! Si certaines estimations sont de 130 m sur 8.000 ans, soit, en gros, 2 mètres par siècle ou encore pour se plus de la durée de vie humaine de un mètre tous les 50 ans ! Personne ne peut raisonnablement affirmer qu'une telle élévation du niveau de la mer ( 2 cm par an !!! même si localement on a pu avoir une élévation de quelques dizaines de cm par an à certaines périodes ) peut être assimilée à ce que toutes les traditions, d'un bout à l'autre de la planète, décrivent comme un événement ayant été brutal, rapide, limité dans le temps, excessivement destructeur, etc. Alors, même si cette explication est parfaitement valable pour expliquer les traces d'habitats préhistoriques actuellement sous la mer, il va bien falloir trouver autre chose pour "élucider" le mystère du déluge... Depuis de nombreuses années les conséquences de la chute d'un astéroïde ou d'un fragment de comète dans l'océan ont été modélisées et un consensus s'est établi dans la communauté scientifique autour des effets possibles dans cette hypothèse. Dans le cas d un impact océanique très au large ( sans cratère visible, donc...), le phénomène le plus évident serait de gigantesques tsunamis. Un tsunami ( le mot est à préférer à raz-de-marée car le phénomène en question n'a rien à voir évidemment avec la marée...) peut se déplacer en pleine mer à des allures pouvant aller jusqu'à 700 km/h. En atteignant les côtes, et donc des fonds moins élevés, il ralentit et c'est là que, paradoxalement, le danger commence ! En effet, tout se passe alors pour les vagues comme pour les voitures sur l'autoroute lors d'un ralentissement: le front ( rapide ) des vagues rattrapant l'avant (ralenti). Sur une autoroute c'est le carambolage. Sur la côte, on observe une compression qui va entraîner une élévation considérable des vagues déferlantes. Le facteur de compression peut facilement atteindre 40! Ainsi un simple train de vagues d'une hauteur de 1 m en mer se transformera en une série de vagues tueuses d'une hauteur de 40 m.! C'est environ la hauteur d'un immeuble de 12 étages, autant dire que bien peu de choses risquent d'être encore debout après le passage de la première vague, alors à la dixième... Et quand on pense que les deux-tiers de la surface terrestre sont constitués d'océans, on peut également conclure que c'est ce type d'impact qui a le plus de probabilité d'arriver. Et plutôt deux fois qu'une ! Avec à chaque fois les mêmes conséquences bien sûr ! Ce qui fait parler de déluge au singulier est très certainement faux et que l'on devrait parler de déluges périodiques. Il semble toutefois que dans de nombreuses traditions on ait gardé en fait le souvenir d'un déluge plus important que les autres et on peut supposer que c'est celui-ci qui est responsable, par exemple, de la destruction de l'Atlantide.. L'Atlantide et la Lémurie, ces continents disparus sur lesquels des civilisations de très haut niveau – pour les autres hommes de l'époque – auraient vécu, peuvent avoir disparu suite à un cataclysme tel qu'une immense inondation d'origine ensuite oubliée. Il était facile ensuite, très longtemps après, d'imaginer ces catastrophes comme étant d'origine divine, et liée à l'inconduite des hommes. Et en fait les 2 théories peuvent être simultanées, le cycle des mondes pouvant être marqué par une catastrophe soudaine. Mais je vois aussi, dans le thème de l'eau, autre chose : Et si finalement, en oubliant ces possibles catastrophes dont personne n'a jamais eu la moindre preuve, le souvenir du déluge n'était que le souvenir du moment où le premier être vivant est sorti de l'eau, cette eau qui jusque la avait abrité toute forme de vie, milieu même dans lequel la vie était née Dans la mesure où l'homme s'est cru la création d'un dieu, il n'a jamais pu imaginer ne pas avoir existé avant un quelconque déluge, qui serait toujours venu, pour lui, le punir pour ses fautes. En fait le déluge était l'état primordial, ou tout au moins il a précédé l'apparition de la vie sur la terre. Or comme cette apparition de le vie sur la terre ferme semblerait vieille de 345 millions d'années, je vous laisse apprécier le lointain souvenir que ceux qui ont écrit les mythes du déluge pouvaient en avoir. En fait je suis en train, ici, de me demander si je ne suis pas en train de réinventer les archétypes ? Car là on côtoie le mythe de la mer initiale, celle par exemple que Brâhma a baratté pour en exprimer la vie, ou le lac des égyptiens, ou les eaux primordiales de la Bible… Et puis, pourquoi pas, intéressons nous aussi à une possible dimension psychanalytique : cette eau serait celle du liquide amniotique dans lequel tout enfant a baigné tout au long de sa présence dans le ventre de sa mère. Le souvenir heureux de cet avant baignant dans un liquide serait traduit par un déluge après lequel tout a été différent, et la vie de l'homme finalement très difficile. J'ai lu, pour m'aider dans ma réflexion, différents textes, et l'un est même allé jusqu'à proposer, la aussi, sous le couvert de la psychanalyse, que, je cite : « le déluge serait une projection cosmogonique à la fois du flux séminal et d'un déversement du liquide amniotique, exprimant ainsi le désir inconscient de grossesse masculine propre aux sociétés patriarcales, le mythe remplaçant de manière symbolique l'incapacité biologique du mâle à enfante « !!!! Je vous laisse méditer sur cette suggestion. Quant à moi, je m'interrogeais, plus haut, sur les deux éléments sources de destruction, le feu et l'eau. A ce moment de ma réflexion je vois l'eau non plus comme un élément destructeur mais au contraire comme l'élément fondateur de la vie. Ce sont les hommes, par leurs mythes, qui ont cru y voir un élément négatif, ou tout au moins purificateur. L'eau est, au contraire, créatrice de vie, elle lave, abreuve, féconde. Tout organisme vivant a besoin d'eau pour vivre. En revanche, le feu reste bien, lui, un élément destructeur, purificateur. Et puis je posais aussi la question du pourquoi de l'absence presque totale du mythe du déluge en Afrique. J'avoue ne pas avoir de réponse si je veux rester dans la dimension évolutionniste, où l'homme serait apparu en Afrique, car il aurait malgré tout comme origine cette soupe initiale, cette eau au sein de laquelle la vie a vu le jour, après une alchimie complexe. Et donc tous les hommes devraient posséder en eux ce souvenir initial. En revanche, si le déluge est le souvenir d'un cataclysme réel, pourquoi les hommes d'Afrique ne s'en souviendraient ils pas alors qu'en Asie ou en Amérique les Traditions l'évoquent largement ? je n'ai donc ici non plus, pas plus de réponse satisfaisante. Une possible absence de grands fleuves, d'éloignement des côtes, ne me convainc pas. Peut-être m'en apporterez vous une ?

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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l'Arche de Noé

16 Mai 2005 , Rédigé par Martinez de Pasqualy Publié dans #histoire de la FM

…Voici ce que Noé dit encore avant de congédier les habitants de l'arche, pour aller ensuite occuper chacun le lieu qui leur était destiné : 'Qu'il te souvienne, terre, et vous, animaux raisonnables et irraisonnables, que le terrible fléau dont vous êtes les témoins a servi de punition aux criminels envers le Créateur et, en même temps, qu'il vous souvienne de la miséricorde et de la bonté divines qui vous ont préservés de cet horrible châtiment. Les eaux qui se sont élevées jusqu'aux portes du firmament et qui ont dérobé toute la nature à vos yeux vous représentent le néant où était la nature universelle avant que le Créateur eût conçu, dans son imagination, d'opérer la création, tant spirituelle que temporelle. Il vous fait voir clairement que tout être temporel vient immédiatement par l'ordre de sa pensée et de sa volonté et que tout être spirituel divin vient directement de son émanation éternelle.

 

Gardez-vous de confondre la création avec l'émanation ! La création n'appartient qu'à la matière apparente, qui, n'étant provenue de rien si ce n'est de l'imagination divine, doit rentrer dans le néant, mais l'émanation appartient aux êtres spirituels qui sont réels et impérissables. Tous les esprits, soit majeurs, soit mineurs, existeront éternellement dans une personnalité distincte, dans le cercle de la Divinité. L'Eternel est appelé Créateur, non seulement pour avoir créé l'univers, mais aussi parce qu'il ne cesse et qu'il ne cessera jamais de créer des vertus et des puissances d'action spirituelle en faveur des êtres qui émanent de lui.

 

Ces êtres spirituels sont certainement innés dans la Divinité, comme le séminal de la reproduction des formes est inné dans le corps général et particulier de l'univers. Vous ne pouvez refuser é la Divinité ce privilège d'émanation spirituelle, puisque vous avez sous vos yeux une preuve physique que cette loi subsiste dans la reproduction des formes. Ne perdez jamais de vue ce que le Créateur a fait pour vous. Vous êtes le vrai témoignage de la manifestation de sa gloire et de sa justice. N'admettez jamais que lui, pour être le moteur créateur de tout ce qui s'apparaît à vos yeux corporels et spirituels, et soyez convaincus que rien n'est, n'existe et n'existerait sans sa volonté. N'oubliez jamais que tout est provenu de lui, et non de ces maudits esprits tentateurs qui, par leurs insinuations démoniaques, ont précipité vos semblables dans les affreux abîmes de la matière, ayant eu l'orgueil de se faire considérer par les hommes comme les vrais dieux, vivifiants, vivants et de vie éternelle. Demeurez en paix sous la protection du Créateur dans la portion de terre qui vous est échue à chacun en partage ! Soyez les gardiens de cet héritage, ainsi que le sera votre postérité, de génération en génération jusqu'à la fin des siècles! Malheur à celui de vous qui effacera de sa mémoire les lois, préceptes et commandements que le Créateur donne pour la seconde fois à la créature universelle et à ceux qui sont innés dans tout être spirituel dès son émanation !

 

Parmi ces êtres spirituels, les majeurs sont ceux dont l'Eternel se sert pour instruire les hommes de sa volonté et ils font leur séjour près le trône de la Domination divine. Les inférieurs sont ceux qui actionnent dans toute l'étendue de la création universelle, soit sur le corps terrestre, soit sur l'aquatique et le fougueux, ou l'axe central. Souvenez-vous que le Créateur, en régénérant la terre, vous a également régénérés. Il a répété devant vous le type de la création universelle, afin que vous instruisiez vos postérités que tous les habitants de la terre ont été confondus dans les abîmes de leur dieu de matière avec le reste des brutes. Fasse le Créateur tout-puissant que vous et votre postérité ne fournissiez jamais un pareil exemple ! Car il ne serait plus question de mineur préservé pour la régénération de la terre et de ses habitants. Tout serait réduit en cendre et en poussière, tout rentrerait dans le néant et les mineurs spirituels seraient précipités pour une éternité dans la privation divine. Allez et jouissez en paix de la bénédiction que je répands sur vous, au nom et par la toute-puissance de l'Eternel…. 

 

 

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Le Mythe du Déluge

30 Septembre 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Dans cet Atelier, nous sommes convenus au moment de sa création de travailler sur les différentes Traditions pour essayer d'y retrouver cette sorte de Parole perdue qui est le souvenir des origines, ce que d'autres appellent la Vérité primordiale.

C'est dans cette recherche que j'ai rencontré le mythe du déluge qui est commun à presque toutes les Sociétés du monde.

Il est généralement admis que le mythe du déluge, que l'on retrouve donc dans presque toutes les traditions du monde, à l'exception notable de l'Afrique, recouvre un événement réel, probablement d'une amplitude plus faible que celle décrite par tous les textes ou légendes orales, qui se serait produit dans les temps anciens et qui aurait laissé un souvenir amplifié dans la mémoire des hommes.

Dans ma recherche de trouver derrière les mythes les faits rééls je me suis donc intéressé à ce mythe du déluge.

Mais avant je voudrais citer une intervention du professeur Antoine Faivre, lors d'un récent colloque sur le légendaire maçonnique. Celui-ci définit 3 approches très différentes et qui seraient chacune la façon de voir la maçonnerie par les maçons eux-mêmes, même si quelquefois ils les mêlent allègrement.

La première, qu'il définit comme empirico-critique, est purement objective et historique. C'est celle qui voit dans la maçonnerie une institution créée de toutes pièces au 18ème siècle et qui a comme objectif principal l'exercice de la charité, accessoirement la rencontre d'esprits curieux.

La deuxième, qu'il définit comme mytho-romantque, a une origine inconnue, remontant aux temps les plus anciens, et véhiculant des mythes universels, selon une transmission ininterrompue.

Enfin, la troisième, qu'il définit comme universalisante, la considère comme un réservoir d'images ou d'archétypes à caractère universel, et la filiation n'a ici pas d'importance. En tous les cas on y retrouve toutes les traditions du monde, filles comme elle de la tradition pérenne.

Il est clair que je m'inscris en priorité dans cette dernière approche, même si la deuxième ne me laisse pas indifférent. Quant à la première, elle ne correspond pas du tout à l'image que je me fais de la Maçonnerie, école initiatique authentique.

Pourquoi je voulais citer cette intervention ? et bien c'est pour justement venir justifier cette réflexion, allant bien au-delà de la Maçonnerie, pour retrouver dans les mythes en général, et ce soir dans celui du déluge en particulier, les échos de cette tradition pérenne, ce que j'appelle la connaissance du premier instant, ce premier instant étant étendu à toute la protohistoire de l'homme.

Je voudrais donc d'abord vous présenter les différentes versions de ce mythe, selon les traditions anciennes, puis, ensuite, je souhaiterais apporter ma vision personnelle de cet événement vraisemblablement réel.

Extrêmement répandus, les mythes de catastrophes cosmiques racontent comment le monde a été détruit et l’humanité anéantie, à l’exception d’un couple ou de quelques survivants.

Les mythes du déluge sont les plus nombreux, et presque universellement connus ( bien qu’extrêmement rares en Afrique, et j'essaierai d'en comprendre la raison ). À côté des mythes diluviens, d'autres relatent la destruction de l’humanité par des cataclysmes cosmiques: tremblements de terre, incendies, écroulement de montagnes, épidémies. Évidemment, cette fin du monde n’est pas représentée comme radicale, mais plutôt comme la fin d'une humanité, suivie de l’apparition d’une humanité nouvelle. Mais l'immersion totale de la Terre dans les eaux, ou sa destruction par le feu, suivie de l'émersion d’une Terre vierge, symbolisent la régression au Chaos et la cosmogonie. Dans un grand nombre de mythes, le Déluge est rattaché à une faute rituelle qui a provoqué la colère de l’Être suprême. Parfois il résulte simplement du désir d'un Être divin de mettre fin à l'humanité. Mais, si l'on examine les mythes qui annoncent l'imminence du Déluge, on retrouve, parmi les causes principales, non seulement les péchés des hommes, mais aussi la décrépitude du monde. On peut dire alors que le Déluge a ouvert la voie à la fois à une re-création du monde et à une régénération de l'humanité.

Nous autres, en Occident ou plus précisément dans ce que je préfère appeler le monde méditerranéen, nous connaissons en priorité le mythe du déluge décrit dans la Bible hébraïque.

Rappelons nous en le texte, qui est en Genèse, 6-5 à 9-20 :

Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme se multipliait sur la terre : à longueur de journée, son cœur n'était porté qu'à concevoir le mal, 6 et le Seigneur se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Il s'en affligea 7 et dit : « J'effacerai de la surface du sol l'homme que j'ai créé, homme, bestiaux, petites bêtes et même les oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits ».8 Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur.

9 Voici la famille de Noé : Noé, homme juste, fut intègre au milieu des générations de son temps. Il suivit les voies de Dieu, 10 il engendra trois fils : Sem, Cham et Japhet. 11 La terre s'était corrompue devant Dieu et s'était remplie de violence. 12 Dieu regarda la terre et la vit corrompue, car toute chair avait perverti sa conduite sur la terre. 13 Dieu dit à Noé : « Pour moi, la fin de toute chair est arrivée ! Car à cause des hommes la terre est remplie de violence, et je vais les détruire avec la terre ».

14 « Fais-toi une arche de bois résineux. Tu feras l'arche avec des cases. Tu l'enduiras de bitume à l'ntérieur et à l'extérieur. 15 Cette arche, tu la feras longue de trois cents coudées, large de cinquante et haute de trente. 16 Tu feras à l'arche un toit à pignon que tu fixeras à une coudée au-dessus d'elle. Tu mettras l'ntrée de l'arche sur le côté, puis tu lui feras un étage inférieur, un second et un troisième.

17 « Moi, je vais faire venir le déluge — c'est-à-dire les eaux — sur la terre, pour détruire sous les cieux toute créature animée de vie ; tout ce qui est sur terre expirera. 18 J'établirai mon alliance avec toi.

« Entre dans l'arche, toi et avec toi, tes fils, ta femme, et les femmes de tes fils. 19 De tout être vivant, de toute chair, tu introduiras un couple dans l'arche pour les faire survivre avec toi ; qu'il y ait un mâle et une femelle ! 20 De chaque espèce d'oiseaux, de chaque espèce de bestiaux, de chaque espèce de petites bêtes du sol, un couple de chaque espèce viendra à toi pour survivre. 21 Et toi, prends de tout ce qui se mange et fais-en pour toi une réserve ; ce sera ta nourriture et la leur». 22 C'est ce que fit Noé ; il fit exactement ce que Dieu lui avait prescrit.

7.1 Le Seigneur dit à Noé : « Entre dans l'arche, toi et toute ta maison, car tu es le seul juste que je vois en cette génération. 2 Tu prendras sept couples de tout animal pur, un mâle et sa femelle — et d'un animal impur un couple, un mâle et sa femelle, 3 — ainsi que des oiseaux du ciel, sept couples, mâle et femelle, pour en perpétuer la race sur toute la surface de la terre. 4 Car dans sept jours, je vais faire pleuvoir sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits, j'effacerai de la surface du sol tous les êtres que j'ai faits ». 5 Noé se conforma à tout ce que le Seigneur lui avait prescrit.

6 Noé était âgé de six cents ans quand eut lieu le déluge — c'est-à-dire les eaux — sur la terre. 7 À cause des eaux du déluge, Noé entra dans l'arche et avec lui ses fils, sa femme et les femmes de ses fils. 8 Des animaux purs et des animaux impurs, des oiseaux et de tout ce qui remue sur le sol, 9 couple par couple, mâle et femelle vinrent à Noé dans l'arche comme Dieu l'avait prescrit à Noé.

10 Sept jours passèrent et les eaux du déluge submergèrent la terre.

11 En l'an six cents de la vie de Noé, au deuxième mois, au dix-septième jour du mois, ce jour-là tous les réservoirs du grand abîme furent rompus et les ouvertures du ciel furent béantes. 12 La pluie se déversa sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. 13 En ce même jour, Noé entra dans l'arche avec ses fils, Sem, Cham et Japhet, et avec eux, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils 14 ainsi que toutes les espèces de bêtes, toutes les espèces de bestiaux, toutes les espèces de petites bêtes qui remuent sur la terre, toutes les espèces d'oiseaux, tout volatile, toute bête ailée. 15 Ils vinrent à Noé dans l'arche, couple par couple, de toute créature animée de vie. 16 C'étaient un mâle et une femelle de toute chair qui entraient. Ils entrèrent comme Dieu l'avait prescrit à Noé. Le Seigneur ferma la porte sur lui.

17 Le déluge eut lieu sur la terre pendant quarante jours. Les eaux s'accrurent et soulevèrent l'arche, et elle fut élevée au-dessus de la terre. 18 Les eaux furent en crue, formèrent une masse énorme sur la terre, et l'arche dériva à la surface des eaux. 19 La crue des eaux devint de plus en plus forte sur la terre et, sous toute l'étendue des cieux, toutes les montagnes les plus élevées furent recouvertes 20 par une hauteur de quinze coudées. Avec la crue des eaux qui recouvrirent les montagnes, 21 expira toute chair qui remuait sur la terre, oiseaux, bestiaux, bêtes sauvages, toutes les bestioles qui grouillaient sur la terre, et tout homme. 22 Tous ceux qui respiraient l'air par une haleine de vie, tous ceux qui vivaient sur la terre ferme moururent.

23 Ainsi le Seigneur effaça tous les êtres de la surface du sol, hommes, bestiaux, petites bêtes, et même les oiseaux du ciel. Ils furent effacés, il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. 24 La crue des eaux dura cent cinquante jours sur la terre.

Vous connaissez la suite, avec la fin des pluies et l'épisode de l'envoi d'oiseaux de couleurs différentes qui ont été largement identifiés à des étapes alchimiques.

Cependant, on sait aujourd'hui que cette histoire est largement répandue dans d'autres Traditions et que même celle-ci, celle de la Bible, est à l'évidence la fusion de deux versions indépendantes.

Les Hébreux ont, en effet, très probablement, emprunté le mythe aux Babyloniens. Mais le thème du Déluge est encore plus ancien puisqu'il est déjà attesté chez les Sumériens. Le nom du Noé sumérien est Ziusudra; et dans la version babylonienne, il est appelé Utnapishtim. Le Déluge est raconté dans la 11ème tablette de l'Épopée de Gilgamesh: les Dieux décident d'anéantir le genre humain, mais le dieu Ea prévient Utnapishtim et lui conseille de construire un bateau pour sauver sa famille et un certain nombre d'animaux. Le Déluge est provoqué par une pluie torrentielle qui dure sept jours. Le huitième, Utnapishtim lâche une colombe et, peu après, une hirondelle, mais les oiseaux reviennent. Finalement, il lâche un corbeau qui ne revient plus. Alors Utnapishtim débarque sur le mont Nishir et offre un sacrifice aux Dieux. Mais ici eux-ci découvrent avec surprise que le genre humain n'a pas été anéanti. Ils décident pourtant que, désormais, Utnapishtim ne sera pas mortel et le transportent, avec sa femme, dans un pays fabuleux et inaccessible, « aux bouches des fleuves ». C’est là que, longtemps après, Gilgamesh, en quête de l'immortalité, lui rend visite et apprend l'histoire du Déluge.

Il est évident que ce mythe est à l'identique celui développé par la Bible, avec cette seule exception – de taille ! – c’est que les hommes ne sont pas anéantis. Il est vrai que le Dieu juif est particulièrement violent et vindicatif, et cette destruction totale de sa création n'est pas étonnante compte tenu de la mentalité du bonhomme, même si beaucoup, depuis la nuit des temps, s'interrogent sur ce Dieu qui a d'une part créé des hommes à son image mais mauvais, et qui ensuite détruit sa créature.

Nous sommes évidemment loin d'un Dieu bon et parfait, et les Gnostiques ont largement, en leur temps, développé leurs théories pour justifier l'injustifiable.

Un mythe similaire est connu dans l’Inde.

Absent dans le Véda, le mythe du Déluge est attesté pour la première fois dans le Satapatha Brahmana (I, VIII, 1), rituel rédigé probablement au VIIe siècle avant notre ère.: un poisson avertit Manu de l'imminence du déluge et lui conseille de construire un bateau. Lorsque la catastrophe éclate, le poisson tire le bateau vers le nord et l'arrête près d’une montagne. C’est là que Manu attend l'écoulement des eaux. À la suite d'un sacrifice, il obtient une fille, et de leur union descend le genre humain.

Dans la version transmise par le Mahabharata, Manu est un ascète. Dans le Bhagavata Purana (VIII, XXIV, 7 sq.), le roi-ascète Satyavrata est averti de l'approche du Déluge par Hari (Vishnu) qui a pris la forme d’un poisson.

En tous les cas rien ne semble relier ici cette catastrophe avec un quelconque ressentiment des Dieux vis à vis des hommes.

On peut juste s'interroger sur leur incapacité à sauver ces hommes qui sont leur création et qui ont un rôle essentiel à jouer, celui d'être leur miroir, celui dans lequel ils peuvent voir leur beauté et leur puissance.

Sans création les Dieux restent inconnus et inutiles !

En Iran, la fin du monde est consécutive à un déluge résultant de la fonte des neiges accumulées pendant un terrible hiver. Ahura Mazdâ conseille à Yima, le premier homme, qui est aussi le premier roi, de se retirer dans une forteresse..

Yima prend avec lui les meilleurs parmi les hommes et les différentes espèces d'animaux et de plantes. Le déluge met fin à l'âge d’or, qui ne connaissait ni la vieillesse ni la mort.

Dans l'état actuel de nos connaissances de ces textes nous n'avons pas non plus de traces d'une quelconque décision divine de grand nettoyage même si ici le retour à une situation normale voit la disparition d'un monde ancien, celui de l'âge d'or.

On peut ici s'interroger sur le pourquoi de la fin de cet âge…

En Grèce, c'est Prométhée qui avertit son fils, Deucalion, que Zeus a décidé l’anéantissement des hommes de l’âge du bronze. Deucalion s’échappe avec sa femme dans une arche.

A nouveau une décision divine de tout recommencer.

Le mythe du Déluge se rencontre aussi chez certaines peuplades autochtones de l’Inde ( Bhils, Mundas, Santals, etc.), chez les Lepchas de Sikkim et en Assam. Il est encore plus répandu dans l’Asie du Sud-Est, en Mélanésie et en Polynésie. Les versions recueillies en Australie parlent d’une grenouille géante qui avait absorbé toutes les eaux. Souffrant de la soif, les animaux décidèrent de faire rire la grenouille. En voyant l'anguille se tordre, la grenouille éclata de rire et les eaux s'écoulèrent de sa bouche, provoquant le déluge. La grenouille est une des images mythiques de la Lune. Et puisque la Lune est, par excellence le symbole de la mort et de la résurrection, elle gouverne aussi les eaux, les inondations et les marées.

Chez les peuples de l'Amérique du Sud, le déluge est provoqué généralement par un des jumeaux mythiques qui, frappant la terre de son talon, fait jaillir les eaux souterraines.

En Amérique centrale et en Amérique du Nord, les versions du déluge sont assez nombreuses: la catastrophe est produite soit par des inondations soit par des pluies.

Il est à noter qu'en comparaison avec les mythes narrant la fin du monde dans le passé, les mythes se référant à une fin à venir sont assez peu nombreux chez les primitifs, au contraire de nos Sociétés méditerranéennes ou indo-européennes. Mais cette rareté est peut-être due au fait que les ethnologues n'ont pas posé cette question dans leurs enquêtes.

En outre, il est parfois difficile de préciser si le mythe concerne une catastrophe passée ou à venir. Ainsi, par exemple, selon E.H. Man, les Andamanais, un peuple en voie de disparition qui vit aux confins de la Birmanie et de la Thaïlande, croient qu'après la fin du monde une nouvelle humanité, jouissant d'une condition paradisiaque, fera son apparition: il n’y aura plus ni maladies, ni vieillesse, ni mort. Mais un autre anthropologue, A. Radcliffe Brown, estime que son collègue Man a en fait combiné plusieurs versions, recueillies d'informateurs différents.

En réalité, précise Radcliffe Brown, il s’agit bien d'un mythe relatant la fin et la re-création du monde; mais le mythe se rapporte au passé et non pas à l'avenir. Mais comme, suivant la remarque de F. F. Lehmann, la langue andamanaise ne possède pas de temps futur, il n'est pas facile de décider s’il s’agit d’un événement passé ou d'une fin à venir.

Nous sommes donc ici passés du mythe du déluge, celui de la fin d'une époque pour entrer dans une nouvelle, plutôt inscrite dans le passé, à la possibilité que ces évènements se rencontrent aussi dans le futur.

Parmi les mythes primitifs de la fin, très rares sont ceux qui ne présentent pas d'indications précises concernant l'éventuelle re-création du monde.

Ainsi, dans une des îles Carolines, Aurepik, c'est le fils du Créateur qui est responsable de la catastrophe. Lorsqu'il s'apercevra que le chef ne s'occupe plus de ses sujets, il submergera l'île au moyen d'un cyclone. Il n’e st pas certain qu'il s’agisse d’une fin définitive: et l'idée d'une punition des « péchés » implique généralement la création ultérieure d'une nouvelle humanité, instruite de ce qui s'est passé avant elle et devant, en principe, en tirer les conclusions.

On peut penser qu'en ce qui concerne le texte biblique notre bonhomme IAWEH s'est largement fourvoyé et que probablement les hommes d'après le déluge n'ont rien à envier à ceux d'avant dans le domaine de la méchanceté.

Plus difficiles à interpréter sont les croyances des Négritos de la péninsule de Malacca. Les Négritos savent qu'un jour Karei mettra fin au monde parce que les humains ne respectent plus ses préceptes. Aussi, pendant l'orage, s'efforcent-ils de prévenir la catastrophe en faisant des offrandes expiatoires de sang. La catastrophe sera universelle, elle frappera sans distinction pécheurs et non-pécheurs, et ne préludera pas, semble-t-il, à une nouvelle création. C’est pourquoi les Négritos appellent Karei « mauvais », et voient en lui l 'adversaire qui leur a « volé le Paradis ».

Un exemple singulièrement frappant est celui des Guaranis du Mato Grosso.

Sachant que la Terre sera détruite par le feu et par l'au, ils partirent à la recherche du « Pays sans péché », sorte de paradis terrestre, situé au-delà de l'Océan. Ces longs voyages, inspirés par les chamans, et effectués sous leur direction, ont commencé au 16ème siècle et ont duré jusqu'en 1912.

Certaines tribus croyaient que la catastrophe serait suivie d’un renouvellement du monde et du retour des morts. D'autres tribus attendaient et désiraient la fin définitive du monde.

La majorité des mythes amérindiens de la fin impliquent soit une théorie cyclique (comme chez les Aztèques), soit la croyance que la catastrophe sera suivie par une nouvelle création, soit, enfin, dans certaines régions de l'Amérique du Nord, la croyance à une régénération universelle effectuée sans cataclysme.

Dans ce processus de régénération, seuls les pécheurs périront.

Selon les traditions aztèques, il y a eu déjà trois ou quatre destructions du monde, et la quatrième ( ou la cinquième ) est attendue pour l'avenir. Chacun de ces mondes est régi par un « Soleil », dont la chute ou la disparition marque la Fin.

La croyance que la catastrophe est la conséquence fatale de la « vieillesse » et de la décrépitude du monde semble assez répandue dans les deux Amériques. Selon les Cherokees, quand le monde sera vieux et usé, les hommes mourront, les cordes se casseront, et la Terre s'abîmera dans l’Océan, la Terre étant imaginée comme étant une grande île suspendue à la voûte céleste par quatre cordes.

Dans un mythe Maidu, le Créateur assure au couple qu'il avait créé : « Lorsque ce monde sera trop usé, je le referai entièrement; et quand je l'aurai refait, vous connaîtrez une nouvelle naissance.»

En somme, ces mythes primitifs de la fin du monde, par déluge ou incendie, car l'élément eau n'est pas le seul à être utilisé, le feu est également largement employé et je voudrais y revenir, impliquent plus ou moins clairement la re-création d'un univers nouveau, expriment la même idée archaïque, et extrêmement répandue, de la « dégradation » progressive du cosmos, ou de la chute pour retrouver une idée largement répandue sur nos Colonnes, nécessitant sa destruction et sa re-création périodiques. C'est de ces mythes d'une catastrophe finale, qui sera en même temps le signe annonciateur de l'imminente re-création du monde, que sont sortis et se sont développés les mouvements prophétiques modernes et les mouvements millénaristes des sociétés primitives.

La théorie de la création et de la destruction cycliques du monde a été largement développée dans l’Inde, à partir des Brahmanas et surtout dans les Puranas. C'est la doctrine des quatre yugas, les quatre âges du monde. Le cycle complet, le kalpa, se termine par une « dissolution », un pralaya, qui se répète d'une manière plus radicale ( mahapralaya, la « grande dissolution ») à la fin du millième cycle. Selon le Mahabharata et les Purana, l'horizon s'enflammera, sept ou douze soleils apparaîtront au firmament et dessécheront les mers, brûleront la Terre. Ensuite, une pluie diluvienne tombera sans arrêt pendant douze ans, la Terre sera submergée et l'humanité détruite (Vishnu Purana, 24, 25).

Puis tout recommencera ad infinitum.

Cette théorie des quatre Yugas, avec son premier, celui de l'âge d'or, et son dernier, celui du fer, appartient à la doctrine traditionnelle et se retrouve dans beaucoup de traditions.

Il semblerait que ce nouveau cycle, ce kalpa, ait débuté vers environ 63000 ans avant notre ère, et l'âge d'or, le Krita-Yuga, a duré 26000 ans.

L'âge suivant, le Trêta-Yuga, ou âge d'argent, qui a correspondu à l'apparition des continent s de l'Atlantide au Nord, et de la Lémurie, au Sud, s'est terminé par le déluge biblique, vers 11000 ans avant notre ère.

Puis vint le Dvapara-Yuga, l'âge d'airain.

La fin de ce cycle , et nous sommes en plein dans le Kali-Yuga, l’âge du fer, est annoncée pour le 21ème siècle….

En Grèce, la doctrine cyclique fait son apparition avec Héraclite qui aura une grande influence sur la doctrine stoïcienne de l'Éternel Retour.

Au 3ème siècle avant notre ère., Bérose vulgarisait dans tout le monde hellénistique la doctrine chaldéenne de la « grande année ». L'Univers y est considéré comme éternel, mais il est anéanti et reconstitué périodiquement chaque « grande année » - le nombre correspondant de millénaires varie d'une école à l'autre - lorsque les sept planètes se réuniront dans le signe du Cancer ou « grand hiver », un déluge se produira.

Quand elles se rencontreront dans le signe du Capricorne, au solstice d'été de la « grande année », l'Univers entier sera consumé par le feu. Selon un texte perdu d'Aristote, les deux catastrophes avaient lieu aux deux solstices: la conflagration au solstice d'été, le diluvium au solstice d'hiver.

On le voit, le mythe du déluge participe largement de deux théories :

L'une qui voudrait que le Dieu créateur, excédé par sa création, ait un jour envie de tout détruire.

L'autre qui exprime le principe d'une création cyclique, d'un retour indispensable au néant avant que de repartir. En Inde cela est clairement symbolisé par le souffle de Brâhma, celui qui crée en expirant et qui à la fin du cycle reprend sa création en inspirant, et ainsi de suite.

Cette théorie est du reste parallèle à celle des astrophysiciens modernes qui parlent d'un monde en expansion puis en contraction, du big bang au big crash.

Il est évident que si nous voulons retrouver derrière les mythes la réalité des évènements, cette seconde théorie semble plus proche de ce qui s'est passé, puisqu'aussi bien elle peut être exprimée d'une façon scientifique.

Mais la première peut aussi révéler des évènements réels, enfouis dans la mémoire des hommes et traduits avec les mots et les symboles à la disposition d'autres hommes, longtemps après, et qui ne pouvaient qu'être interprétés à cette aune.

Du strict point de vue scientifique, l'historicité du Déluge a longtemps été niée.

Actuellement, un grand nombre de savants de toutes disciplines envisagent sérieusement que la dernière transgression, c'est-à-dire l'ennoyage des plates-formes continentales à la suite des déglaciations, pourrait être en connexion avec ces mythes.

Et il est vrai que cet épisode géologique a entraîné une augmentation du niveau de la mer, mais de 100 mètres environ sur une durée de 10.000 ans, même! Si certaines estimations sont de 130 m sur 8.000 ans, soit, en gros, 2 mètres par siècle ou encore pour se plus de la durée de vie humaine de un mètre tous les 50 ans !

Personne ne peut raisonnablement affirmer qu'une telle élévation du niveau de la mer ( 2 cm par an !!! même si localement on a pu avoir une élévation de quelques dizaines de cm par an à certaines périodes ) peut être assimilée à ce que toutes les traditions, d'un bout à l'autre de la planète, décrivent comme un événement ayant été brutal, rapide, limité dans le temps, excessivement destructeur, etc.

Alors, même si cette explication est parfaitement valable pour expliquer les traces d'habitats préhistoriques actuellement sous la mer, il va bien falloir trouver autre chose pour "élucider" le mystère du déluge...

Depuis de nombreuses années les conséquences de la chute d'un astéroïde ou d'un fragment de comète dans l'océan ont été modélisées et un consensus s'est établi dans la communauté scientifique autour des effets possibles dans cette hypothèse.

Dans le cas d un impact océanique très au large ( sans cratère visible, donc...), le phénomène le plus évident serait de gigantesques tsunamis. Un tsunami ( le mot est à préférer à raz-de-marée car le phénomène en question n'a rien à voir évidemment avec la marée...) peut se déplacer en pleine mer à des allures pouvant aller jusqu'à 700 km/h.

En atteignant les côtes, et donc des fonds moins élevés, il ralentit et c'est là que, paradoxalement, le danger commence ! En effet, tout se passe alors pour les vagues comme pour les voitures sur l'autoroute lors d'un ralentissement: le front ( rapide ) des vagues rattrapant l'avant (ralenti). Sur une autoroute c'est le carambolage. Sur la côte, on observe une compression qui va entraîner une élévation considérable des vagues déferlantes. Le facteur de compression peut facilement atteindre 40! Ainsi un simple train de vagues d'une hauteur de 1 m en mer se transformera en une série de vagues tueuses d'une hauteur de 40 m.!

C'est environ la hauteur d'un immeuble de 12 étages, autant dire que bien peu de choses risquent d'être encore debout après le passage de la première vague, alors à la dixième...

Et quand on pense que les deux-tiers de la surface terrestre sont constitués d'océans, on peut également conclure que c'est ce type d'impact qui a le plus de probabilité d'arriver.

Et plutôt deux fois qu'une ! Avec à chaque fois les mêmes conséquences bien sûr ! Ce qui fait parler de déluge au singulier est très certainement faux et que l'on devrait parler de déluges périodiques.

Il semble toutefois que dans de nombreuses traditions on ait gardé en fait le souvenir d'un déluge plus important que les autres et on peut supposer que c'est celui-ci qui est responsable, par exemple, de la destruction de l'Atlantide..

L'Atlantide et la Lémurie, ces continents disparus sur lesquels des civilisations de très haut niveau – pour les autres hommes de l'époque – auraient vécu, peuvent avoir disparu suite à un cataclysme tel qu'une immense inondation d'origine ensuite oubliée.

Il était facile ensuite, très longtemps après, d'imaginer ces catastrophes comme étant d'origine divine, et liée à l'inconduite des hommes.

Et en fait les 2 théories peuvent être simultanées, le cycle des mondes pouvant être marqué par une catastrophe soudaine.

Mais je vois aussi, dans le thème de l'eau, autre chose :

Et si finalement, en oubliant ces possibles catastrophes dont personne n'a jamais eu la moindre preuve, le souvenir du déluge n'était que le souvenir du moment où le premier être vivant est sorti de l'eau, cette eau qui jusque la avait abrité toute forme de vie, milieu même dans lequel la vie était née.

Dans la mesure où l'homme s'est cru la création d'un dieu, il n'a jamais pu imaginer ne pas avoir existé avant un quelconque déluge, qui serait toujours venu, pour lui, le punir pour ses fautes.

En fait le déluge était l'état primordial, ou tout au moins il a précédé l'apparition de la vie sur la terre. Or comme cette apparition de le vie sur la terre ferme semblerait vieille de 345 millions d'années, je vous laisse apprécier le lointain souvenir que ceux qui ont écrit les mythes du déluge pouvaient en avoir.

En fait je suis en train, ici, de me demander si je ne suis pas en train de réinventer les archétypes ?

Car là on côtoie le mythe de la mer initiale, celle par exemple que Brâhma a baratté pour en exprimer la vie, ou le lac des égyptiens, ou les eaux primordiales de la Bible…

Et puis, pourquoi pas, intéressons nous aussi à une possible dimension psychanalytique : cette eau serait celle du liquide amniotique dans lequel tout enfant a baigné tout au long de sa présence dans le ventre de sa mère. Le souvenir heureux de cet avant baignant dans un liquide serait traduit par un déluge après lequel tout a été différent, et la vie de l'homme finalement très difficile.

J'ai lu, pour m'aider dans ma réflexion, différents textes, et l'un est même allé jusqu'à proposer, la aussi, sous le couvert de la psychanalyse, que, je cite : « le déluge serait une projection cosmogonique à la fois du flux séminal et d'un déversement du liquide amniotique, exprimant ainsi le désir inconscient de grossesse masculine propre aux sociétés patriarcales, le mythe remplaçant de manière symbolique l'incapacité biologique du mâle à enfante « !!!!

Je vous laisse méditer sur cette suggestion.

Quant à moi, je m'interrogeais, plus haut, sur les deux éléments sources de destruction, le feu et l'eau.

A ce moment de ma réflexion je vois l'eau non plus comme un élément destructeur mais au contraire comme l'élément fondateur de la vie.

Ce sont les hommes, par leurs mythes, qui ont cru y voir un élément négatif, ou tout au moins purificateur. L'eau est, au contraire, créatrice de vie, elle lave, abreuve, féconde. Tout organisme vivant a besoin d'eau pour vivre.

En revanche, le feu reste bien, lui, un élément destructeur, purificateur.

Et puis je posais aussi la question du pourquoi de l'absence presque totale du mythe du déluge en Afrique.

J'avoue ne pas avoir de réponse si je veux rester dans la dimension évolutionniste, où l'homme serait apparu en Afrique, car il aurait malgré tout comme origine cette soupe initiale, cette eau au sein de laquelle la vie a vu le jour, après une alchimie complexe.

Et donc tous les hommes devraient posséder en eux ce souvenir initial.

En revanche, si le déluge est le souvenir d'un cataclysme réel, pourquoi les hommes d'Afrique ne s'en souviendraient ils pas alors qu'en Asie ou en Amérique les Traditions l'évoquent largement ? je n'ai donc ici non plus, pas plus de réponse satisfaisante. Une possible absence de grands fleuves, d'éloignement des côtes, ne me convainc pas.

Peut-être m'en apporterez vous une ?

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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conférence Elus Cohen

15 Octobre 2005 Publié dans #histoire de la FM

Cinquième Instruction du Vendredy 21 janvier 1774.

“ A l’entrée du temple de Salomon étoient deux colonnes égales de 18 coudées de haut, celle à droite se nommoit Jak qui signifie : " il établira ", celle à gauche se nommoit Bo qui signifie " confusion " ; la première faisoit allusion à l'incorporisation de l'homme dans son corps de matière, la seconde à celui de la femme, elles étoient égales parceque l'être spirituel mineur de l'homme et de la femme ayant la même origine, la même émanation, ils sont égaux et ont le même acte à remplir; elles se divisoient en 3 parties, savoir 10, 4, 4. Ce qui représente par 10 la correspondance directe du mineur avec la divinité de la circonférence au centre, par 4 de la surface terrestre à la partie céleste, et par autre 4 de la partie céleste à celle surcéleste.

Le mot jak, " il établira ", annonce la puissance du commandement qui étoit réservée à l'homme dans son principe ; le mot Bo, "confusion", exprime celle qui a résulté de la prévarication du premier homme, qui fut une répétition de celle des premiers esprits qu'il devoit contenir, molester. Il pouvoit seul leur servir d'intellect Bon, et par sa communication avec eux leur inspirer le repentir; et dès lors faire cesser le mal ; mais en entraînant l'homme ils se sont privés de cette unique ressource.

L'homme, malgré sa chutte, a toujours le même oeuvre à remplir pour lequel il a été destiné, et doit travailler à sa réconciliation, seul moyen de réaquérir ses trois puissances sur l'ouest, nord et sud, qui figure le terrestre, céleste et surcéleste, et de se remettre en correspondance avec son quaternaire, molester sans cesse les esprits pervers en se refusant à leurs pièges et détruisant sans cesse leurs projets méchans, et enfin reprendre sur eux l'authorité qui luy étoit réservée, parceque si la miséricorde divine veut jamais opérer quelque bien en leur faveur, ce sera par la seule communication de l'homme avec eux qu'ils pourront en concevoir le désir, puisque l'homme a été établi à cette fin et que les décrets immuables de Dieu doivent avoir leur accomplissement; l'homme qui leur livre sa volonté contrarie les desseins (l'oeuvre) du Créateur et renonce autant qu'il est en luy à sa destination première ; par la jonction de volonté et d'action qu'il foit avec leur chef, il devient un avec luy et devient inférieur à luy et son sujet, il est luy-même un intellect démoniaque pour séduire et pervertir ses semblables par son exemple ; il se rend plus coupable qu'eux même et doit par conséquent s'attendre à un sort pire que le leur puisqu'il renforce le parti qu'il est chargé de détruire.

Le nombre de confusion de la seconde colonne est désigné par le rang binaire que tient la Première lettre du mot Booz dans l'alphabet hébraïque.

Ces deux colonnes avoient encore une autre application ; celle du midi désignoit l'âme de l'homme ou le mineur, celle du nord l'esprit Bon qui luy est donné pour le diriger. Si la partie du midy dans la Création universelle est celle où les esprits pervers sont plus spécialement relégués, celle du nord doit être habitée par des êtres capables et chargés de les contenir. Ce que l'Ecriture Sainte donne souvent à entendre soit en parlant du Démon de midy, soit en parlant de l'esprit saint qu'elle fait toujours venir du côté de l'aquilon.

Ces choses avoient été de même figurée avant le déluge par les deux colonnes, l'une de pierre ou de brique qui avoit été élevée dans la partie du nord par la postérité de Seth ; et l'autre par celle de terre qui avoit été élevée dans la partie du midy par celle de Kain ; la première annonçoit la force et la stabilité des oeuvres spirituelles bonnes ; elle résista aux inondations du déluge et fut conservée longtems après ; l'autre, annonçoit la foiblesse et la corruption des oeuvres de matière, ce qui étoit même désigné par le nombre de confusion de ses proportions ; aussi fut-elle totalement détruite par les eaux du déluge.

Il étoit déffendu aux enfans de Dieu de s'allier avec les enfans des hommes. Cette déffense ne doit point s'entendre matériellement. Les hommes de ce tems, ne pouvant se multiplier que selon les lois phisiques de la nature à laquelle ils étoient assujettis comme tous les autres animaux, devoient être libres de s'allier indistinctement avec les femmes des deux races ; mais il étoit déffendu aux enfans de Dieu, c'est-à-dire à ceux qui observoient les lois, préceptes et commandemens de Dieu, de s'allier avec des femmes qui les avoient oubliés ou les méprisoient, de crainte de se laisser pervertir et entraîner dans le même oubli par leur exemple.

Depuis Adam jusqu'au déluge, on n'a compté que deux nations ; celle des enfans de Seth établie au nord appellée enfans de Dieu, parceque sa loi s'y étoit conservée ; et celle de Kain, appellée enfans des hommes, reléguée au midy. Ces deux nations, par le lieu de leur demeure, figuroient les esprits pervers relégués au midy de la Création, et l'esprit Bon dans la partie nord ; on ne compte que deux nations provenues d'Adam parceque Abel, son second fils, ne laissa point de postérité matérielle ; il n'est venu que pour opérer par sa mort la réconciliation de son père Adam et être le type de la régénération universelle. Kain et sa postérité foit le type des esprits pervers premiers émanés et de leurs chefs. Seth et sa postérité foit le type des mineurs ou de l'homme second émané mais devenu l'aîné dans l'ordre spirituel ; il faut observer que c'est dans cette postérité de Seth et d'Enos son fils que se sont passés tous les types spirituels survenus parmi les hommes pour leur instruction jusqu'à Noé.

Dans l'origine on voit Adam, père temporel de toute sa postérité, faisant le type du Créateur, Abbel faisant celuy du régénérateur, et Seth celui de l'Esprit qui instruit et dirige.

Quoique tous les hommes ayant la même oeuvre de molestation à remplir, il ne s'ensuit pas une nécessité absolue pour l'accomplissement des décrets du Créateur et le bien de la Création, que tous le remplissent ; un petit nombre, un seul même, peut luy suffire, ce qui est prouvé en plusieurs endroits de l'Ecriture où pour sauver une partie considérable, il se contente d'y trouver dix justes, même un seul.

La postérité des hommes est sauvée du déluge par Noé trouvé seul juste aux yeux du Créateur. Noé à l'événement du déluge, âgé de 600 ans, fait le type du Créateur, flottant sur les eaux et conservant dans l'arche le germe de toutes les reproductions animales. Les dimensions de l'arche ont encore un rapport sensible avec la Création universelle : elle avoit 3 étages, ce qui rappelle les trois essences spiritueuses dont sont provenues toutes les formes corporelles. Par ses dimensions, de longueur 300 coudées, de largeur 50 et de hauteur 30, on y reconnoit dans son âge le nombre de Création, celuy des 3 essences et par le produit total celuy de confusion provenant de deux puissances de contradiction pour la soutenir d'une part et la détruire de l'autre, par 5 le nombre qui en a occasionné la construction.

Le temple de Salomon avoit 60 coudées de long, 20 de large et 30 de haut ; l'oracle avoit 20 coudées de long, de large et de haut ; le temple avoit 40 coudées de long et 20 de large, devant le temple un vestibule de 20 coudées de long sur 20 de large. Mêmes rapports dans les dimensions du temple de Salomon. Large de 20, long de 60, haut de 30. Divisé en trois étages ou parties distinctes, le porche, le temple, le sanctuaire dans lequel étoit le Saint des Saints, ce qui annonce la correspondance de l'immensité divine avec la terre figurée par le porche par le moyen du céleste et surcéleste.

Depuis Noé il y a eu trois nations par Cam, Sem et Japhet. Cam l'aîné, relégué dans la partie du midy, répette le type de Kain et des premiers esprits émanés prévaricateurs. Sem, père de la postérité des Israelites par Abraham, fait le type de celle de Seth. Japhet est le père de la troisième nation qui est celle des gentils ches qui la lumière a été transportée par le mépris qu'en ont fait les Hébreux descendants de Sem en punition de leur abbandon de la loy divine ; et les chrétiens d'aujourd'huy ou les gentils provenus de Japhet sont devenus par la pure miséricorde du Créateur les aînés dans l'ordre de la grace des descendans de Sem. Mais comme ces descendants de Sem ont été le peuple choisi par le Créateur pour y manifester ses merveilles et sa gloire et que ses décrets doivent toujours s'accomplir, ils rentreront à la fin des tems dans leurs droits et par une réconciliation entière ils redeviendront les aînés des gentils qui, par l'abus de leur lumière, connoissances et secours, mériteront d'en être privés à leur tour, ce qui commence déjà dans le siècle présent à se manifester.

Les Egyptiens provenus de Cam figurent, avec leur roy, dans tout ce qui est raconté à leur sujet dans les Stes Ecritures, les esprits pervers démoniaques et leur chef. La terre d'Egypte figure la partie de la Création où ils sont relégués pour opérer leur volonté mauvaise, ce qui aide à expliquer bien des passages.

Le séjour des Israélites dans la terre d'Egypte où ils sont assujetis peut figurer l'état de l'homme dans le sein de la femme privé de toutes ses facultés et la privation sa lutte et ses appréhensions. L'aspect des Egyptiens qui les poursuivent désignent les peines et combats continuels de cette vie passagère.

L'arche au millieu de la mer est l'Esprit conducteur, le déffenseur bon compagnon qui aide à faire le trajet. Le passage de la mer Rouge peut être aussy envisagé comme le passage de cette vie à l'autre. Il se fait de nuit ce qui annonce la privation où nous sommes dans celle-cy. L'arche s'arrête au millieu de la mer et soutient les eaux pour en favoriser le passage. C'est l'Esprit conducteur, le déffenseur bon compagnon ; il conduit au port ceux qui le suivent avec confiance, mais il abandonne les eaux à leur cours naturel pour ceux qui le méconnoissent ou le méprisent. Privés de toute lumière céleste leurs yeux obscurcis par la nuée ténébreuse qui leur cache la colonne de feu qui éclaire les justes, ils suivent en aveugles la routte qui est frayée devant eux. Et ils sont engloutis sous les eaux. Le même passage qui a mis les israélites en sûreté précipite leurs ennemis dans les abîmes. Les divers campemens qu'ils font dans le désert après ce passage semble annoncer les travaux pénibles du mineur dans le cercle sensible. La loy qu'il reçoit au bas du Sinaï n'annonceroit elle point son retour à sa puissance première dans le Cercle Visuel et enfin l'entrée des israélites dans la Terre Promise, l'entrée du mineur dans le lieu de sa Réintégration spirituelle ou l'exercice entier de sa puissance dans le cercle rationnel... ”

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Caïn, Abel et Seth

16 Juillet 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Caïn (Le mot hébreu qayin peut signifier « forgeron » ou encore, à l'aide de la racine qnh « j'ai acquis » (cf. Gn 4,1).) est un personnage de la Bible et du Coran. Fils aîné d'Adam et Ève, il est considéré par les judéo-chrétiens comme le premier meurtrier de l'histoire. Cultivateur, l'offrande agricole qu'il fait à Dieu n'est pas agréée, à la différence de celle d'Abel (des premiers-nés de son troupeau et leur graisse). Caïn en est irrité, Dieu le lui reproche, et l'invite à changer d'attitude. Cependant Caïn tue son frère dans un excès de jalousie.

Abel est une victime de haute valeur symbolique, il est le type du juste persécuté, et une figure du Christ. Son sang est éloquent auprès de Dieu, mais celui de Jésus l'est plus encore (Hébreux 11:4 ; 12:24). Seth est le troisième fils d'Ève que Dieu lui a accordé pour remplacer Abel tué par Caïn. Seth est né quand Adam avait 130 ans. C'est la descendance de Seth qui conduit à Sem ... David ... et Joseph le "père" de Jésus. C'est à partir de Seth que la généalogie de Jésus est construite. En effet, la Bible nomme tous les descendants de Seth jusqu'à Joseph, l'époux de Marie, mère de Jésus.

Quant à Caïn, par son meurtre, il révèle la haine qui, dès la Genèse, habite le cœur de l'homme ; il est le type du mauvais, celui qui hait le juste, son frère. Abel est le juste qui crut la promesse de Dieu qui s'accomplit par l'offrande de sang.

Maudit par Dieu et contraint au bannissement du sol, Cain clame que sa punition est trop lourde et qu'il risque d'être tué par le premier venu. Dieu, pour lui signifier la gravité de son acte l'a déclaré protégé (en le marquant du « signe de Caïn »), le laissant dans sa condition de fugitif jusqu'à sa mort. Le signe en question était vraisemblablement le décret solennel de Dieu. Caïn prit le chemin de l'exil et se fixa au pays de la fuite, à l'est d'Éden (dans la Terre de Nod); il emmena avec lui sa femme, une fille non nommée d'Adam et Ève. Après la naissance d'Hénoch, Caïn se mit à bâtir une ville, qu'il appela d'après le nom de son fils. Selon les critères actuels, cette ville n'a pu être qu'un village fortifié, et les Écritures n'en disent pas davantage quant à l'époque où elle fut achevée. Ses descendances sont citées en partie et se distinguent par une vie de nomades et d'éleveurs de troupeaux, mais aussi par le maniement d'instruments de musique, dans le martelage d'outils, et dans la pratique de la polygamie et de la violence. La lignée de Caïn prit fin lors du Déluge à l'époque de Noé.

Source : http://pythacli.chez-alice.fr/civilisations/hebreux.htm

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Nautoniers de l'Arche Royale Cérémonie d'élévation (1)

18 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel Nautonniers Publié dans #hauts grades

V.C.N.  (assis) Mes fils, puisque par la providence de Dieu nous avons été préservés des eaux du déluge, que nous avons respecté Dieu et obéi à Sa voix en étant féconds et en nous multipliant sur la terre, savez-vous si quelque Frère désire rejoindre cette Loge de Nautoniers de l'Arche Royale pour y perpétuer long­temps le souvenir d'avoir été ainsi épargnés ? Les deux Surveillants se lèvent et se mettent au Signe d'Appel

1erS. Oui, le Frère…, et nous croyons que, s'il lui est permis d'entrer dans notre Arche, il s'y conduira en Frère sincère et fidèle. Les deux Surveillants quittent le Signe et se rassoient

V.C.N. Frères Diacres Les deux Diacres se lèvent et prennent leur verge

V.C.N.  Veuillez vous retirer, éprouver le Candidat en tant que Maître Maçon de Marque et le préparer selon la coutume ancienne.  

Le Premier Diacre confie sa verge au Second Diacre, s'avance jusqu'au Triangle, le retourne sur le sol de telle sorte qu'un angle soit dirigé vers l'Ouest, puis il revient à sa place et reprend sa verge des mains du Second Diacre. Les deux Diacres transfèrent leur verge dans la main gauche, saluent en faisant le Signe d'Appel, reprennent leur verge dans la main droite et quittent la Loge.  

Le Candidat portant le tablier de M.M.M., sans le bijou, est éprouvé comme M.M.M. par le Premier Diacre qui lui de­mande le Signe en trois parties, l'Attouchement et le Mot de M.M.M. On bande alors les yeux du Candidat.

Le Gardien Extérieur frappe une fois

 Gn.Int. (se lève et se met à l'ordre au Signe d'Appel)

Frère Second Surveillant on frappe à la porte Puis il quitte le signe

Le Second Surveillant, restant assis, frappe un coup avec son sceptre

Gn.Int. (va à la porte et l'ouvre) Qui va là ?

Gn.Ext. Les Frères Diacres.

Gn.Int. (referme la porte, se rend au Point d'Annonce et se met à ordre avec le Signe d'Appel)  Vénérable Commandeur, les Frères Diacres sont de retour.

V.C.N.  Admettez-les.

Le Garden Intérieur quitte le signe, va à la porte, l'ouvre, laisse entrer les deux Diacres, referme la porte, re­gagne sa place et s'assoit.

Les Diacres se rendent à leur place, transfèrent la verge.  Le Gardien Extérieur conduit le Candidat, les yeux ban­dés, près de la porte et y frappe      

 Gn.Int.  (se lève, se met à l'ordre au Signe d'Appel)  Frère Second Surveillant, une alerte.

Il quitte le signe.

2èmeS. (se lève, se met à l'ordre au Signe d'Appel et y reste jusqu'à la réponse du Vénérable Commandeur) Vé­nérable Commandeur, une alerte.

V.C.N. Sem, mon fils, voyez qui demande à être admis.

2èmeS. (quitte le signe et s'assoit) Frère Gardien Intérieur, voyez qui demande à être admis

Gn.Int. (se lève, va à la porte et l'ouvre) Qui vient ?

Gn.Ext. Un Maître Maçon de Marque éprouvé et reconnu.

Gn.Int. Quel est son nom ?

Gn.Ext. N.                                                     

Gn.Int. Comment est-il vêtu ?

Gn.Ext. Comme un Maçon dans la détresse.

Gn.Int. Est-il en possession du Mot de Passe?

Gn.Ext. Non, mais je le suis et réponds de lui

Gn.Int.  Alors, donnez-moi le Mot de Passe.

Le Gardien Extérieur donne le Mot de Passe à voix basse  .

Gn.Int. Que le Candidat attende avec patience que le Vénérable Commandeur en soit informé.  Le Gardien Intérieur referme la porte, se rend au Point d’Annonce et s'y met à l'ordre au Signe d'Appel.

 Gn.Int.  Vénérable Commandeur, un Maître Maçon de Marque dûment éprouvé et reconnu, affirmant que son nom est N., vêtu comme un Maçon dans la détres­se, sollicite son admission dans cette Loge de Nauto­niers de l'Arche Royale.

Il reste à l'ordre Jusqu'à la fin du dialogue avec le Vénérable Commandeur.

V.C.N. Est-il en possession du Mot de Passe ?

Gn.Int. Il ne l'est pas, mais celui qui le conduit me l'a donné pour lui.

V.C.N. Avancez et communiquez-le moi. Le Gardien Intérieur quitte le signe, s'avance jusqu'au devant du piédestal du Vénérable Commandeur par le Parcours Triangulaire, et prononce le Mot de Passe à haute voix.

V.C.N. Le Mot de Passe est juste.

Le Gardien Intérieur retourne au Point d'Annonce par le Parcours Triangulaire,  fait face au Vénérable Comman­deur et se remet à l'ordre au Signe d'Appel.

V.C.N. Admettez le Candidat. Le Gardien Intérieur quitte le signe mais reste sur place

V.C.N. Frères Diacres.  Les deux Diacres se lèvent et escortent le Gardien Intérieur à la porte. Le Candidat portant son tablier de M.M. M. est admis et placé entre les deux Diacres.

Le Gardien Intérieur referme la porte dès que le Candi­dat est entré. Le Candidat est placé devant la porte fermée, flanqué des deux Diacres, le Premier à sa droite, le Second à sa gauche. Le Gardien Intérieur prend le Triangle et en appuie l'un des angles sur la poitrine du Candidat en disant :

Gn.Int.  Entrez Frère N.

Puis il s'efface, regagne sa place et s'assoit.

Les deux Diacres encadrant le Candidat le conduisent au Point d'Annonce et tous trois font face à l'Orient

1erD. Saluez le Vénérable Commandeur en Maître Maçon de Marque.

Le Candidat fait le pas et salue avec le Signe en trois parties

Le Vénérable Commandeur frappe avec son sceptre

Tous se lèvent et gardent la main droite posée sur le cœur durant la prière.  Le Premier Diacre souffle au Candidat de faire de même. Les Diacres croisent les verges au-dessus de la tête du Candidat.

Chap. Glorieux Commandeur des Cieux et de la Terre, Toi qui parlas et tout s'accomplit, Toi qui ordonnas et tout s'arrêta, nous, les frêles créatures de Ta Providen­ce, pour les bénir. En Ton Nom, nous nous réunissons pour élever un Frère dans notre Ancienne et Hono­rable Fraternité, afin qu'il puisse avec nous continuer à commémorer la prodigieuse sauvegarde de Noé et de sa famille, lors du Déluge. Accorde qu'il devienne un vrai Frère, capable de péné­trer les mystères de la Fraternité de l'Arche.  Puisse-t-il sincèrement aimer ses Frères, certain que l'Amour est l'accomplissement de la Loi. Puissions-nous de même nous conduire dans cette Arche afin que, lorsque nous serons rappelés par Ton ordre nous puissions trouver un refuge dans les demeures du repos éternel. Tous  Ainsi soit-il.

 Les Diacres abaissent leurs verges. Tous quittent le Signe de Foi. Le Premier Diacre souffle au Candidat de fai­re de même.

V.C.N. Prenez place mes Frères. Tous s'assolent. Le Second Diacre retourne à sa place par le Parcours Trian­gulaire et s’assoit. Le Premier Diacre conduit le Candidat par le Parcours Triangulaire, d'abord vers l'Orient, puis vers le pié­destal du Second Surveillant où ils s'arrêtent,  faisant tous deux face au Second Surveillant.

2èmeS. (restant assis) Le premier point que vous, l'homme intérieur, devez vous rappeler, est que la Beauté de Dieu rayonne à travers la création dans la symétrie et l'ordre. Elle illustre aussi l'habilité remarquable et ma­gistrale que Noé déploya dans la construction de l'Arche, dont la simplicité était la Beauté même. Le Premier Diacre conduit directement le Candidat, toujours par le Parcours Triangulaire, devant le piédestal du Premier Surveillant où ils s'arrêtent, faisant tous deux face au Premier Surveillant.

1erS. Le deuxième point se nomme Force. Il nous rap­pelle que le Suprême Commandeur de l'Univers est Tout-Puissant et qu'Il vous soutiendra dans toutes les difficultés. Cette Omnipotence fut démontrée lorsque les eaux, recouvrant la surface de la terre, portèrent l'Arche dans laquelle Noé et sa famille furent épargnés. Le Second Diacre se lève et rejoint le Candidat. Le Premier Diacre suivi du Second Diacre conduit le Candidat, par le Parcours Triangulaire, jusqu'au pié­destal du Vénérable Commandeur où tous trois, côte à côte, lui font face.

V.C.N. (restant assis) Le troisième et dernier point se nomme Sagesse. Il vous rappelle que la Sagesse de Dieu est infinie et qu'Elle vous dirigera dans toutes vos entreprises. Emblème de ce divin attribut, il repré­sente aussi la Sagesse que Noé déploya en construi­sant l'Arche, qui préserva l'humanité de l'anéantissement.

V.C.N. Vous devez maintenant contracter un serment solennel si vous désirez avoir connaissance de nos mystères. Êtes-vous disposé à le faire ?

Cand. (répond seul, incité si nécessaire par le Premier Diacre qui lui dira simplement "Répondez")

V.C.N. Tenez-vous bien droit et donnez-moi vos deux mains que je place sur la Pierre de Porphyre.      Le Candidat s'exécute et le Vénérable Commandeur lui place les deux mains sur la Pierre de Porphyre.

Le Vénérable Commandeur frappe de son sceptre une fois, répété par les Premier et Second Surveillants. Tous se lèvent et font le Signe de Fidélité.

Les Diacres croisent les verges au-dessus du Candidat, la tenant de la main gauche, la main droite au Signe de Fi­délité.

V.C.N. Dites "Moi'', (le Candidat s' exécute) , déclinez vos prénoms et votre nom, (le Candidat le fait) , et ré­pétez après moi : en présence du Suprême Commandeur de l'Univers et devant cette Loge de Nau­toniers de l'Arche Royale, de mon plein gré et de ma propre volonté, je m'engage solennellement à conserver inviolés les secrets et mystères de cet Ordre de la Franc-Maçonnerie dénommé l'Ordre des Nautoniers de l'Arche Royale et de ne les révéler qu'à des Nautoniers de l'Arche bien connus ou s'avérant tels, après un examen. Je m'engage aussi à défendre l'honneur d'un Frère au­tant que cela sera compatible avec mes devoirs envers Dieu, mon prochain et moi-même et à l'assister pour autant que la prudence tire le cordeau et que la Justice tienne la balance. Je m'engage en outre à répondre à tous les signes ré­guliers et convocations dûment marquées, si cela est dans la mesure de mes possibilités. Tout ceci je le promets solennellement et je le jure sous peine d'avoir les c b et d'être e p 1 f et b d I (b) s d 1 t. Que le Suprême Commandeur de l'Univers m'aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette Obligation solennelle. Tous quittent le Signe de Fidélité et restent debout.

Les Diacres abaissent les verges et retirent les mains du Candidat de la Pierre de Porphyre.

V.C.N. Frère Premier Diacre, rendez notre Frère à la Lumière. Le Premier Diacre confie sa verge au Second Diacre, re­tire le bandeau du Candidat et le tend au Directeur des Cérémonies qui le range. Puis il récupère sa verge et reprend sa place à la droite du Candidat.

 

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