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Résultat pour “Noé”

Ordre des Noachites Français (1816)

8 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

La terreur de 1815 régnait encore, quand cet Ordre, qui eut beaucoup de partisans, fut fondé à Paris en 1816. La conception en est due à de fidèles amis de l'empereur Napoléon Ier, qui avaient présentes à la pensée toutes les circonstances de sa mort ; à ces vieux compagnons de sa gloire, qui avaient combattu avec lui sur le Rhin et le Danube, vers l'Océan et la Méditerranée ; franchi, sur ses pas, les Alpes et les Pyrénées, et pour qui les îles d'Elbe et de Sainte-Hélène sont ce que la Mecque est pour l'Osmanli.

Cet ordre était divisé en trois degrés :

1. Chevalier,

2. Commandeur,

3. Grand-Elu en trois points.      1. Juge secret,

                                                   2. Parfait initié,

                                                   3. Chevalier de la Couronne de chêne.

 On trouve, dans chaque degré, des allusions faciles à comprendre ; citons.  1er degré. Acclamation. Gloire à l'architecte (Napoléon) !

INSTRUCTION.

Demande. — Sous quel maître avez-vous travaillé ?

Réponse. — Sous l'architecte Phaleg.

D. — Quel était Phaleg ?

R. — Un habile ouvrier (que ses connaissances maçonniques élevèrent à la direction des travaux de la tour de Babel. Il travailla quatorze ans comme appr., comp. et maître (de 1790 à 1804) et dix ans comme architecte.

D. — Quelle est cette tour ?

R. — Un vaste édifice qui devait mettre les hommes à l'abri d'un nouveau déluge.

D. Où était-elle située ?

R. Dans une plaine entre deux montagnes et deux lacs.

D. — Combien avait-elle d’étage ?

R. ¾ Huit.

D. — Quels en étaient les noms ?

R. — Adam, Eve, Noé, Lamech, Naamah, Phaleg, Oubal, Orient, (les huit initiales composent le mot Napoléon).

D. ¾ Quel âge avez-vous ?

R. Je n'ai vécu que dix ans (de 1804 a 1814).

CLOTURE.

D. — Quelle heure est-il ?

R — L'heure où les ouvriers de la tour furent dispersés.

ANNONCE.

Gardons-le dans nos cœurs ! La loge est obscurcie. Gloire à l'architecte !

 

2e DEGRE.

L'aspirant porte une urne couverte d'un voile.

D. — Quel est ton nom ?

R. — Fidelis.

D. — D'où viens-tu ?

R. — Insulæ (d'une île).

D. — Qu as-tu vu ?

R. — Salixium (un saule).

D. — Que rapportes-tu ?

R. — Urna (une urne).

D. — Que contient-elle ?

R. — Cineres Phalegi (les cendres de Phaleg).

 CLOTURE.

D.    Quelle heure est-il ?

R. — Six heures moins dix minutes. — Consummatum est ! etc.

Le G.-M. de cet ordre était le général Bertrand, alors à Sainte-Hélène et qui ne se doutait pas de cet honneur. En son absence, l'Ordre fut dirigé par un suprême-commandeur et deux lieutenants. Cet ordre n’a de maçonnique que la forme. Il a subsisté avec beaucoup de discrétion, pendant plusieurs années ; puis il s'éteignit. (V. le Tuileur général.)

source : www.ledifice.net

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Le culte opéré par le Christ selon Martines de Pasqually

1 Mai 2012 , Rédigé par A Valle Sancta Publié dans #spiritualité

Martines de Pasqually dans son Traité (§ 161) fait la liaison entre le culte qu'il promeut dans son Ordre et le culte institué par le Christ pour son Eglise :

 

"Le Christ n'a-t-il pas opéré un culte infiniment plus grand que tous les autres (...) ? C'est ce dernier qui nous prouve clairement que tous les cultes passés n'étaient que des figures de ce qu'il a fait. En effet, le Christ a laissé, par son institution spirituelle divine, à ses disciples la prière et l'invocation journalière de six heures en six heures qui complètent le jour ordinaire de 24 heures. Ces mêmes disciples, qui composent l'Eglise chrétienne, font encore aujourd'hui leur prière et leur invocation quatre fois par jour. Voilà qui rappelle le premier ordre spirituel du culte divin établi chez les premières nations noéchites par les sages enfants de Noé. Secondement, le Christ a fixé à ses disciples le temps où ils exerceraient les quatre grands cuites divins et l'Eglise chrétienne observe fidèlement cette institution par ses quatre grandes fêtes annuelles, dont deux doivent se faire aux deux solstices et les deux autres aux deux équinoxes ; c'est là ce qui rappelle le second ordre spirituel du culte divin établi chez les premières nations dont nous avons assez longtemps parlé. Je n'entrerai point dans d'autres détails à ce sujet, vous en ayant assez dit pour vous convaincre que le cérémonial, ainsi que les temps convenables aux opérations du culte divin, ont été dès le commencement fixés et réglés parmi les hommes, que toutes ces choses ont été transmises par l'esprit divin et qu'elles ne proviennent point de convention humaine. "

Cela mériterait plus ample analyse pour voir dans quelle mesure Martines ne chercherait pas une inclusion dans l'Eglise de son Ordre ou peut être même, une folie, l'annexion de l'Eglise !

 

Source : le blog de A Valle Sancta

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Traité sur la réintégration des êtres

17 Juillet 2012 , Rédigé par Martinès de Pasqually Publié dans #spiritualité

Cet ouvrage se présente comme un cours. Il est à priori inachevé, difficile à lire et à comprendre de prime abord. Il faut le lire et le relire pour en extraire les idées maîtresses.

Il est parfois un commentaire de la bible, d’autres fois un complément, et il est nécessaire d’avoir une bonne connaissance de la Genèse et de l’Exode. Sa chronologie est la suivante : Adam, Caïn, Abel, Enoch, Noé, les sages Noachides, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et Saul.

Ce travail est un résumé personnel du Traité, et contient certainement des imprécisions, et malgré le soin apporté, sans doute des erreurs d’interprétation.

Le contenu du Traité sera abordé au travers de la pneumatologie et cosmologie martinézienne. Le côté Arithmologie a été volontairement écarté pour ne pas compliquer ce travail.

Tout est parti de Dieu et doit y revenir. L’homme a subi une chute allant au delà de ce qu’avait prévu le créateur. L’homme s’est séparé de la conscience de son créateur, il fut rejeté hors de son sein et s’est retrouvé emprisonné dans la matière.

Il y a expulsion préalable, et drame. La doctrine de Martines de Pasqually, comme l’indique le titre du traité, est une doctrine de la réintégration, et cette réintégration incombe à l’homme.

Avant de commencer, il est nécessaire de préciser la signification de quelques termes :
Création : Elle provient de l’imagination divine et doit retourner au néant.
Emanation : Elle appartient aux êtres spirituels qui sont réels et impérissables.
Prévarication : Action de celui qui manque aux devoirs de sa charge.

Type : répétition d’un modèle de manière différente, qui se reproduit régulièrement, et qui est la figure réelle d’un fait passé.

L’immensité a pour centre la divinité. Cette immensité est semblable à un cercle, et la Divinité en occupe le centre, et ce cercle n’existe que par son centre.

Dieu est 1, mais renferme 3 facultés que sont la pensée, la volonté et l’action. Le nombre 4 lui convient. Pour MDP l’essence de Dieu est quatrine.

Avant le temps, Dieu émana hors de lui-même des êtres entièrement spirituels que l’on distingue par leurs vertus, leurs puissances et leurs noms. Ils formaient 4 classes : supérieur, majeur, inférieur, mineur.

L’éternel a la loi en lui. L’être émané reçoit la loi et son principe et les mêmes facultés, pensées, volonté, action.

Or, il arriva que certains de ces chefs spirituels dévorés d’ambition, voulant égaler leur principe divin, se mirent à opérer leur volonté d’émanation, empiétant sur la toute puissance divine.

Ce fut la première prévarication.

L’être supérieur créa alors l’Univers physique pour y contenir ces esprits pervers, où ils furent séparés de leur Principe. Emanés à l’origine, ils furent émancipés. Ainsi fut séparé le pur de l’impur, le bien d’avec le mal et ainsi commença le temps. Ces esprits pervers étant toujours dotés de la pensée, volonté, action, peuvent cependant continuer à agir en privation.

Le créateur ne prend aucune part aux causes secondes spirituelles. Tout être spirituel est libre d’agir selon sa volonté. Ainsi Dieu n’est pas, et ne peut pas, être l’auteur du mal.

Cet univers dans lequel Dieu enferma les esprits pervers est composé de 3 parties :

  1. le Particulier qui est composé de tous les corps célestes et terrestres,
  2. le Général d’où émanent tous les aliments nécessaires au particulier,
  3. l’Univers, qui est une immense circonférence qui contient le Général et le Particulier.

Pour contenir avec encore plus de puissance ces esprits pervers, Dieu procéda à une seconde émanation, et lui donna son verbe de puissance pour régir l’espace et le temps.

Il émana donc un mineur spirituel, dont le nom fut ADAM, qui signifie « homme-Dieu très fort en sagesse, vertu et puissance » que les initiés nomment « Homme-roux » ou « Réaux » (qui est l’Adam KADMON de la Kabbale).

En compagnie des esprits restés fidèles au créateur, Adam avait pour tâche de contenir les esprits pervers dans l’univers, et de les molester.

Adam était un pur esprit, et lisait à découvert les pensées et les opérations divines, et le créateur lui fit concevoir les 3 principes qui régissent l’univers.

Sur ordre du créateur, il procéda à une opération sur le particulier où il reçut la loi, à une 2ème opération sur le Général où il reçut le précepte et à une 3ème sur l’univers où il reçut le commandement.

Puis le créateur abandonna Adam à son libre arbitre. Et Adam commença à réfléchir sur sa puissance manifestée par ces 3 premières opérations, qui étaient presque aussi grandes que celles du créateur.

Ces réflexions ne tardèrent pas à être connues des esprits pervers. Le chef de ces esprits pervers se présenta à lui sous la forme apparente d’un corps de gloire, et s’annonça comme un envoyé de l’être bon, et le persuada d’opérer – c’est à dire de créer – des créatures.

Adam avait en lui le pouvoir de créer une postérité de forme spirituelle, et il possédait le « verbe de reproduction », mais ne pouvait l’utiliser qu’avec la coopération du créateur.
Mais sous la pression du prince des Démons, chef des esprits pervers, il entreprit une 4ème opération. Il abusa injustement de sa puissance, et en similitude avec son créateur, il opéra les 6 actes de pensées spirituelles qu’il avait en son pouvoir.

Ce fut la 2ème prévarication.

Cette deuxième prévarication est une répétition de celle des 1er esprits pervers. Cependant, si cette 2ème prévarication provient de la volonté d’Adam, elle ne vient pas directement de sa pensée, car cette pensée lui a été suggérée par les esprits pervers.

Toute pensée divine nous vient par un bon intellect. Toute pensée des esprits pervers nous vient par un mauvais intellect. Et, c’est d’après cette communication de l’intellect que l’homme opère sa volonté. Car c’est la volonté qui adopte la pensée, qu’elle soit bonne ou mauvaise.

Adam connaissait la pensée de son créateur. Il était « pensant ». Lorsqu’il fut laissé seul sous la dépendance de son libre-arbitre, par son orgueil, il se rendit susceptible de communication soit divine, soit perverse. Il devint alors « pensif ».

Au lieu d’une forme glorieuse, le fruit de la prévarication d’Adam fut une forme ténébreuse, composée uniquement de matière à laquelle il donna le nom de « HOUWA » ou « Homesse » (c’est à dire Eve).

Le créateur chassa Adam, suite à sa trahison et précipita l’homme dans les abîmes de la terre. Il ne fut plus qu’un être matériel temporel, de sujétion spirituelle divine (mais non démoniaque) emprisonné dans la forme qu’il avait lui-même créée.

J’en profite ici pour faire un petit clin d’œil au rituel, en vous rappelant la première maxime lors de la cérémonie de réception : « l’homme est l’image immortelle de Dieu ; mais qui pourra la reconnaître s’il la défigure lui-même ? »

Le mineur par sa nature spirituelle divine était émané être « pensant ». La jonction avec l’intellect l’a fait dégénérer et l’assujettir à être « pensif ». En passant de l’état de « pensant » à l’état « pensif », il perd la communication avec Dieu, car celle-ci ne devient possible que par un intermédiaire spirituel.

Cependant, la sévère punition dont Adam fut frappé l’amena à se repentir, et le créateur se réconcilia avec lui, mais ne lui rendit qu’une puissance inférieure à celle qu’il possédait avant son crime.

Après cette réconciliation, le Créateur ordonna à l’homme de croître et de se multiplier.

Adam et Eve exécutèrent cet ordre avec une telle passion des sens de leur matière, que le 1er homme retarda par là son entière réconciliation.

Ainsi naquit KAIN (dont le nom signifie « fils de ma douleur ») puis sa sœur KANI 11 (« enfant de confusion ») et ABAC9 (« enfant de matière »). Ce fut la première postérité d’Adam.

Puis après un intervalle de 6 ans, Adam et Eve eurent 4 autres enfants. L’aîné s’appela ABA4 (enfant de paix) qui fut comme l’homme-dieu, juste sur terre. Nous le connaissons sous le nom d’ABEL. Celui-ci se comporta comme Adam aurait dû se comporter. Le culte qu’Abel rendait au Créateur était le type que le créateur attendait de son 1er mineur (qui était donc Adam).

Ce fut la 2ème postérité d’Adam.

Kaïn fut obligé de céder son droit d’aînesse à Abel. Encouragé par ses 2 sœurs, Caïn opéra un culte au prince des Démons pour avoir une puissance supérieure à celle d’Abel. Emporté par la haine, Kaïn porta sur Abel trois coups avec un poignard en bois. Le premier lui perça la gorge, le second le cœur, le 3ème les entrailles. Abel mourut.

Kaïn fut punit par le créateur, et fut relégué dans un coin de l’univers. Il eut en cet endroit une postérité de 10 mâles et 11 femelles, fonda une ville qu’il nomma HENOCH. Son premier fils fut Hénoch, le second Tubal-Kaïn. Ce dernier reçut le secret de la fonte des métaux, et des arts utiles. Kaïn fut tué accidentellement par son 10ème fils, BOOZ, lors d’une partie de chasse.

Quand à Adam, il fut réconcilié avec l’éternel par la mort d’Abel. Il conçut SETH (« admis à la postérité de Dieu ») qui hérita de tous les dons puissants d’Abel, et fut directement instruit par HELY (« qui est l’envoyé spirituel de Dieu »).

Ce fut la 3ème postérité d’Adam.

A partir de cet instant, le sort de l’humanité est fixé à jamais. Le genre humain est composé de 2 classes :

  1. Les fils de Caïn
  2. Les fils de Seth.

Les premiers sont habiles aux arts utiles, mais le seigneur les laisse errer dans les ténèbres spirituelles. Les fils de Caïn doivent encore être réconciliés. Après le Déluge, les fils de Caïn renaîtront au travers des fils de Cham.

Les seconds, les fils de Seth, se sont rendus susceptibles de réconciliation. Ils pratiquent un culte agréable à Dieu. Plus tard, la postérité de Seth, malgré la défense divine s’unit avec les filles de la postérité de Kaïn et perdit les connaissances divines que Seth leur avait communiqué.

La suite sera le récit détaillé des chutes et réconciliations qui ne dureront qu’un temps.

De temps en temps, apparaîtra un mineur élu, qui transmettra les instructions du créateur. Ces mineurs élus, êtres « pensants », directement émanés du divin, s’incarneront dans la forme des corps des différentes postérités d’Adam.

Ces mineurs élus sont au nombre de 10 : Abel, Enoch, Noé, Melkisedech, Joseph, Moïse, David, Salomon, Zorobabel, et le Messie. (Il ne pas confondre Hénoch, 1er fils de Caïn avec Enoch 7ème fils de Seth).

Naquit donc Enoch (dont le nom signifie Dédicace), 7ème fils de la postérité de Seth. C’était un esprit saint, sous une forme spirituelle, et il est le premier à avoir enseigné à élever des édifices divins sur leur base. Il est le type de réconciliation du genre humain. Il était assisté de 10 sujets, et le 6ème suscita la dissension. Il ne resta donc plus que 9 justes qui se réunirent avec Enoch en assemblée où ils eurent la vision des malheurs qui allaient arriver sur terre. Enoch fut ravi au ciel, ainsi, il retourna au sein du Créateur.

Noé (dont le nom signifie « Repos ou Soulagement ») est le 10ème des patriarches, et est le type vrai du Créateur, flottant sur les eaux. Il avait été choisi pour être témoin de la justice divine, et pour régénérer le culte divin sur terre.

C’est ainsi qu’eut lieu le déluge, manifestation divine contre les chefs démoniaques qui persécutaient de plus en plus les mineurs. Le déluge est la manifestation de sa Justice. L’arche est la manifestation de sa Clémence.

Noé, par l’exercice de son culte, intercédait par son invocation la miséricorde du Créateur. Noé obtint grâce, et la terre fut réconciliée avec les hommes. Le symbole de cette réconciliation est représenté par le signe spirituel que l’on nomme « Arc-en-Ciel », symbole des 7 principaux esprits universels du monde céleste.

Puis Noé fit le partage de la terre :

- à l’ouest Sem (qui est le type d’Abel)
- au midi Cham (qui est le type de Caïn)
- au nord Japhet (qui est le type de Seth)

Quant à Noé, il résida au centre de la terre.

Puis le traité nous fait part d’une seconde postérité de Noé, dont le rôle essentiel fut la division du temps.

Nous en arrivons à Abraham, dont le nom signifie « père élevé en multitude ». Le premier fils d’Abraham, Ismaël fut conçu sans la participation divine, mais par la concupiscence des sens. En cela, Ismaël répète le type de Kaïn, et Abraham, le type d’Adam. Puis naquit Isaac, conçu sans passion des sens, dont le nom signifie « réjouissance en Dieu ». Isaac répète le type d’Abel.

Abraham, pour se réconcilier avec l’Eternel se rendit sur le mont Moria où il se prépara à offrir Isaac en sacrifice. Mais son geste fut arrêté par l’ange du seigneur. Face à la pureté de ses intentions, Abraham fut réconcilié et ceci se traduisit par une nouvelle alliance, la circoncision. Suite à cette réconciliation, Abraham devint le type du Créateur et Isaac est le type du Christ. D’Isaac naquirent Esaü et Jacob (les jumeaux).

Jacob et Esaü sont les répliques des 1er esprits prévaricateurs et du premier mineur, Adam, qui fut déchu. Jacob était l’aîné de conception, mais Esaü fut l’aîné de naissance. Ce dernier fut dépouillé de son droit d’aînesse par Jacob, auquel l’écriture a donné le nom de « supplanteur ». Jacob répète le type des 1er esprits prévaricateurs, en ce sens qu’il a trompé son père et usurpé le droit d’aînesse de son frère.

Jacob eut une postérité nombreuse qui prospéra dans les richesses matérielles, à tel point qu’elle en oublia le culte divin.

Jacob qui avait perdu de vue son origine spirituelle divine se rendit sur le mont Moria pour opérer la pensée qu’il avait conçue contre son Créateur. Un ange lui apparut alors et le terrassa. Jacob, épouvanté, forma un vrai désir de se remettre en grâce et manifesta son souhait de réconciliation. Quatre anges vinrent l’instruire de ce qu’il devait encore faire pour obtenir du Créateur son entière réconciliation. Jacob retourna sur le sommet de la montagne, et épuisé, s’endormit sur le côté gauche. Il vit alors en songe les 4 anges qui l’avaient instruit et les 7 esprits qui montaient et descendaient sur lui, ainsi que la gloire du Créateur, d’où entraient et sortaient ces 7 esprits. Il marqua cet endroit où, plus tard, l’on construirait le temple du seigneur. Puis Jacob opéra une dernière invocation, où Jacob reconnut véritablement Abraham comme le type du Créateur, Isaac comme le type du fils divin, et dans lui-même le vrai type de l’esprit de Dieu.

Puis nous arrivons à l’époque de Moïse.

Egypte est le lieu dont le nom signifie « terre de malédiction », lieu de privation divine. Les nations qui habitent ce lieu représentent les 1er esprits prévaricateurs qui opèrent indépendamment du Créateur.

La postérité d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ayant elle aussi prévariqué, tomba sous la puissance des habitants de l’Egypte. C’est la vraie figure, des mineurs spirituels qui succombent sous la puissance des démons.

Moïse flottant sur les eaux du Nil, tel Noé flottant sur son arche, est le type du Créateur qui flottait sur le fluide radical. Moïse est un mineur élu, il est le vrai type de la création universelle.

Moïse s’offrit en sacrifice à l’Eternel, et celui-ci lui envoya un ange qui lui donna pour mission de conduire son peuple entre le désert de Madian et le mont Horeb. Il reçut du Créateur les 4 puissances divines nécessaires pour opérer contre les 4 régions démoniaques. Il reçut les mêmes pouvoirs qu’Adam, avant que celui-ci ne perde son état de gloire. Le Créateur, à la demande de Moïse qui se croyait incapable de remplir sa mission, lui dit de prendre son frère Aaron, pour interpréter sa parole, et Ur pour exécuter ses opérations.

Moïse se rendit en terre d’Egypte, où il demanda à Pharaon, type du prince des démons, de rendre la liberté aux Hébreux. Pharaon refusa. Eurent lieu les 7 plaies d’Egypte, puis la Pâque où eut lieu l’immolation de l’agneau par Aaron, marque de l’alliance du Créateur avec Israël. Par la cuisson de l’agneau, Moïse figurait aux Israélites la purification de leur forme corporelle.

Pharaon, épouvanté par les fléaux laissa partir les Hébreux pour un temps, mais voyant qu’ils ne revenaient pas, les pourchassa.

Suit la description de la traversée de la mer rouge (dont le nom signifie « abîme d’amertume ») sous la protection de la colonne de feu à l’avant, et de la colonne de nuée à l’arrière.

La première division Israélite, sous la conduite d’Aaron, représente la sortie des 3 parties de la terre, qui s’opérera par la voie du Messie. Quant à l’armée de Pharaon, privée de la lumière céleste, car obscurcie par la colonne de nuée ténébreuse qui leur cachait la colonne de feu qui éclaire les justes, elle suivit en aveugle la route qui s’ouvrait devant eux, et fut engloutie.

Après la destruction de l’armée d’Egypte, Israël se soumit entièrement à la puissance du Créateur, sous la conduite de Moïse et de ses 3 principaux chefs : Aaron, Ur et Josué.

Moïse, Aaron, Ur et Josué sont le type de la quatriple essence divine. Moïse est le Créateur, Aaron le Libérateur, Ur le Conducteur et Josué le Défenseur.

Puis Moïse se rendit sur le mont Sinaï, dont le nom signifie « hauteur et élévation de la gloire divine ». Auparavant il donna ses ordres à son frère Aaron à qui il confia les enfants d’Israël. Vers le milieu de la montagne, il vit avec Josué la gloire de Dieu. Il laissa là Josué, et à l’instant la nuée grandit jusqu’à la moitié de la montagne. Josué ne le revit que 40 jours après.

Moïse reçut sur le mont Sinaï les tables de la loi, gravées par l’esprit de l’Eternel. Lorsqu’il redescendit, portant les tables de la loi, il vit avec Josué les enfants d’Israël danser avec Aaron autour d’un veau d’or.

Moïse brisa les tables de la loi, choisit 15 élus dans la Tribu de Lévi, qui passèrent au fil du poignard une multitude d’Israélites. Le camp d’Israël fut ainsi purifié, et les Israélites retrouvèrent grâce devant l’Eternel.

La construction du veau d’or, et un type de la prévarication d’Adam, lorsqu’il créa par orgueil la forme corporelle qui lui servit plus tard de prison.

La suite du Traité concerne l’explication du tableau universel au travers du grand discours de Moïse. Nous allons donc aborder la cosmologie martinezienne.

Cosmologie

Selon la doctrine de Martinez de Pasqually, l’immensité se décompose en trois parties :

  1. le surcéleste
  2. le céleste
  3. le terrestre

Le surcéleste

Il est composé de 4 cercles spirituels, qui sont imperceptibles aux mortels ordinaires. C’est le lieu où s’opère la volonté divine. Il contient des êtres spirituels dépourvus de corps de matière. Il n’a aucune action possible entre le monde surcéleste et le monde céleste qui lui est immédiatement « inférieur ».

Le céleste

Il est composé de 7 cercles planétaires, qui fixent la distance entre le surcéleste et le terrestre. Ces 7 cieux reçoivent leurs pouvoirs du surcéleste et les transmettent au corps général terrestre.

A ces 7 cercles sont attribués les noms des planètes du système solaire. Dans l’ordre : en haut Saturne qui est adjacente au surcéleste, puis Soleil, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, et tout en bas Lune.

Le terrestre

Au sens mystique, la terre est triangulaire, et ce triangle est équilatéral, orienté ouest, sud, nord. C’est pourquoi l’écriture fait mention de 3 nations (la postérité de Noé – Sem, Cham et Japhet).

Les angles de ce triangle indiquent la nature et la composition des corps de matière. Les corps de matière sont composés de 3 principes constitutifs universels. La forme corporelle qui sert de véhicule à l’action spirituelle temporelle, provient de ces 3 principes.

Ces 3 principes sont le soufre, le sel et le mercure.
Au mercure correspond la terre.
Au sel correspond l’eau.
Au soufre correspond le feu.
Il existe une quatrième composante, qui est l’axe feu central, et qui est la force de cohésion de ces 3 principes.

Comme on peut le voir il n’est absolument pas question de l’air. La raison est que l’air, par l’oxygène qu’il contient est le vecteur de la dissolution de l’enveloppe charnelle lors de la mort physique.

Retour à Moïse

Moïse, après l’épisode du veau d’or retourna sur le mont Sinaï d’où il rapporta les secondes Tables de la Loi. Il reçut aussi l’ordre de construire un tabernacle pour les y déposer.

Le Tabernacle dont Moïse reçut les plans de l’éternel et qui fut construit par Bethsaléel est le type de la forme apparente de l’univers, et fait 4 sortes d’allusions spirituelles :

  1. Au monde surcéleste (l’intérieur du tabernacle).
  2. Au monde céleste (les 4 portes pour entrer dans l’enceinte du tabernacle).
  3. Au monde terrestre (l’extérieur du Tabernacle).
  4. Au corps de l’homme.

Le corps de l’homme, le tabernacle, et le temple de Salomon, sont la répétition de la création, et l’image du grand temple universel.

Un mot sur les 4 portes de l’enceinte du tabernacle.
La porte d’orient est le cœur.
La porte d’occident est l’œil (la conviction – le terrestre).
La porte du midi est la bouche (la parole puissante - le céleste).
La porte du nord est l’oreille (la conception – le surcéleste).

La suite du traité nous conte l’histoire de Saül, et se termine brusquement sur cet épisode.

Un dernier mot sur la réintégration

Réintégration nécessite au préalable réconciliation. Ceux qui se seront réconciliés les premiers attendront dans le monde céleste que tout le monde le soit. La réintégration n’aura lieu que lorsque tous les mineurs que nous sommes se seront réconciliés avec l’Eternel.

Ce jour là, nous retournerons dans l’état de gloire de notre premier père (Adam en l’occurrence) avant qu’il n’ait prévariqué.

Telle est la doctrine du « Traité sur la réintégration des êtres ».

Source : www.ledifice.net

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Hiram et les anciens devoirs : Noé, Bazalliel et Hiram

19 Juillet 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #fondements bibliques de la FM

La plupart des sources de la légende maçonnique d’Hiram-Abif tne reposent que sur des ressemblances entre certains éléments légendaires, mais ne rejoignent pas l’ensemble de l’économie de la légende. C’est Roger Dachez qui relève une source qui semble assez proche contextuellement : le manuscrit Graham de 1726, catéchisme maçonnique qui présente des parallèles certains avec d’autres écrits du même genre, comme " The whole institutions of free-masons opened" de 1725.

Premier récit :

Il s’agit d’« un texte de confession chrétienne qui [ ... ] n’hésite pas à manier la typologie » et une symbolique proprement chrétienne. Ainsi la plupart des symboles maçonniques qui y sont mis en oeuvre sont expliqués « en référence » ou « en considération » d’éléments chrétiens : la Trinité, le Christ et ses deux natures, la visite des Mages à la crèche, etc. De même, les vrais et bons constructeurs sont opposés à ceux qui construisirent la tour de Babel par orgueil, insultant de cette manière la Divinité. Le texte s’achève sur trois récits successifs, que les maçons possèdent « par tradition et aussi par référence à l’Écriture ».

Sem, Cham et Japhet, les trois fils de Noé, se rendent à la tombe de leur père pour tenter d’y découvrir quelque chose à son sujet, qui les guiderait jusqu’au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. ... Ces trois hommes étaient déjà convenus que s’ils ne trouvaient pas le véritable secret, la première chose qu’ils découvriraient leur tiendrait lieu de secret .
Arrivés à la tombe, ils ne trouvent rien d’autre que le corps de leur père, corrompu, et dont la main et l’avant-bras se détachent en morceau ; ils le relèvent alors « en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos », selon la méthode que l’on apprend plus loin être celle des « cinq points des compagnons francs-maçons », et qui sont mis en correspondance avec « cinq origines, une divine et quatre temporelles » : le Christ, Pierre, Moïse, Bazalliell et Hiram.

Ils s’écrient alors : « Marrow in this bone (moelle dans cet os) », qui n’est pas sans analogie phonétique avec certaines des variantes du Mac-Benah hiramique.

Deuxième récit :

Il suit immédiatement celui des trois fils de Noé, rapporte l’histoire de Bazalliell qui, sous le règne du roi Alboyne (ou Alboyin), « sut par inspiration que les titres secrets et les attributs principiels de Dieu étaient protecteurs, et il bâtit en s’appuyant dessus’ ». Sa renommée s’étendit tant que les deux plus jeunes frères du roi voulurent être instruits par lui, ce à quoi il consentit à la condition qu’ils ne révélassent pas ses secrets sans qu’un troisième fût là pour joindre sa voix à la leur. A sa mort, conformément à sa volonté, il fut enterré dans la vallée de Josaphat par les deux princes qui gravèrent sur sa tombe :

Ci-gît la fleur de la maçonnerie, supérieure à beaucoup d’autres, compagnon d’un roi et frère de deux princes. Ci-gît le cœur qui sut garder tous les secrets, la langue qui ne les a jamais révélés .

Et l’on crut alors « que les secrets de la maçonnerie étaient complètement perdus parce qu’on n’en entendait plus parler ».

Troisième récit :

Il prend place pendant la construction du Temple de Salomon et met en scène le bronzier Hiram de Tyr du Premier Livre des Rois 7 dont les versets 13 et 14 sont cités quasiment littéralement :

Cela dit, nous lisons au Premier Livre des Rois, chapitre 7, verset 13, que Salomon envoya chercher Hiram à Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali et son père était un tyrien qui travaillait le bronze. Hiram était rempli de sagesse et d’habileté pour faire toutes sortes d’ouvrages de bronze. Il vint auprès du roi Salomon et lui consacra tout son travail. Cet Hiram, « rempli de sagesse », ayant reçu l’inspiration divine à l’instar de Salomon et Bazalliell, « bon maître » et surveillant « le plus sage de la terre’ », résout une querelle de salaires entre manœuvres et maçons en donnant aux seconds « un signe » que les premiers n’ont pas.

Ces trois récits successifs présentent d’étonnantes similitudes avec la légende d’Hiram telle que rapportée par Masonry dissected : non seulement Hiram y est présent conjoignant les caractéristiques du bronzier des Livres des Rois et de l’artisan expert des Livres des Chroniques, particulièrement auprès des maçons, mais encore nous avons le récit d’un relèvement en cinq points (pour la première fois attesté dans un document maçonnique) d’un cadavre corrompu, la mention d’un secret perdu à la suite d’une mort et que ses chercheurs s’entendent à substituer s’ils ne le découvraient pas, une formule en M. B. liée à cette substitution, l’obligation de garder un secret. Simplement, pour ces derniers éléments, ce n’est pas Hiram qui en est le porteur, mais Noé puis Salomon. Tout se passe donc comme si les maçons de la Grande Loge de Londres, auxquels se rapportent Masonry dissected, avaient superposé les trois récits du Graham (dont au moins deux, celui de Noé et celui de l’Hiram biblique, sont connus des Anciens Devoirs) pour les fondre dans une nouvelle légende, celle d’Hiram-Abif.

Dans cette ligne, les Constitutions de 1738 amplifient elles aussi, par rapport à la version de 1723, leur récit concernant Hiram et elles ajoutent :

[ ... ] en l’absence de Salomon (Hiram Abif) était en Chaire en tant que Député Grand Maître, et en sa présence était Premier Grand Surveillant ou principal Inspecteur et Maître d’Ouvrage. Mais bien qu’HIRAM ABIF ait été Tyrien par le sang, cela ne modifie en rien ses énormes capacités ; car les Tyriens étaient alors les meilleurs Artisans, grâce aux encouragements du roi HIRAM ; et ces textes [des Rois et des Chroniques] attestent que Dieu avait donné sagesse, intelligence et habileté mécanique à cet HIRAM ABIF pour accomplir tout ce que demanda SALOMON, non seulement en construisant le TEMPLE dans sa magnificence coûteuse, mais aussi en fondant, façonnant et créant tous les saints accessoires, selon la Géométrie, et pour découvrir tout ce qui lui sera présenté ! Et les Écritures nous assurent qu’il soutint sa réputation en des travaux plus importants que ceux de Aholia et Bezaleel, ce pour quoi les Loges l’honoreront jusqu’à la fin des temps. [... Le Temple] fut achevé dans le court délai de 7 Ans et 6 Mois, au grand Etonnement du Monde, quand les Frères célébrèrent la pose de la dernière pierre. Mais leur Joie fut bientôt interrompue par la mort soudaine de leur cher Maître HIRAM ABIF, qu’ils enterrèrent décemment dans la Loge près du Temple selon l’usage ancien.

Ce texte de la nouvelle version des Constitutions officielles de la Grande Loge de Londres ne reprend pas la totalité de la légende rituelle pratiquée par des maçons de cette même Grande Loge depuis plus de dix ans et ceci se comprend si l’on prend en considération le fait que les rituels devaient rester secrets alors que les constitutions étaient aisément accessibles au lectorat non maçon. En outre, fut annexée à cette édition des Constitutions une Défense de la maçonnerie, publiée en l’an 1730, à l’occasion d’un pamphlet intitulé Dissection de la maçonnerie et signée du pseudonyme Euclide. Cette défense, loin de réfuter la légende hiramique de Masonry dissected, entend au contraire la confirmer en convoquant le récit virgilien de l’invocation d’Anchise par Énée et de la découverte du corps de Polydore par Énée, ainsi qu’en évoquant l’usage oriental de l’acacia pour l’embaumement des morts.

Cette approbation plus qu’implicite du récit de Prichard explique donc que l’évocation d’Hiram par les Constitutions de 1738 rappelle certains éléments de cette légende : Hiram-Abif meurt avant la fin de la construction (ce qui n’apparaît pas dans la Bible), il est enterré décemment (près du Temple cependant, alors que Masonry dissected disait « dans le Saint des Saints »). Plus globalement, sa figure est plus dominante encore que dans les Constitutions de 1723, puisque le roi Hiram qui était dans ces dernières « grand maître de la loge de Tyr » n’apparaît plus comme tel dans l’énumération des fonctions hiérarchiques maçonniques.

Enfin, on aura remarqué dans les Constitutions de 1738 la présence d’un certain constructeurs Bezaleel qui pourrait bien être le Bazalliell du manuscrit Graham, qui renverrait alors au Beçalel (nom qui signifie « à l’ombre de Dieu ») artisan expérimenté du Tabernacle et de ses accessoires, de l’Arche et de ses ornements, et des vêtements sacerdotaux, doté de la sagesse divine, versé dans la Torah, le Talmud et la science des lettres, ancêtre de Salomon et compagnon d’Oholiav (le Aholia des Constitutions de 1738 et, peut-être, le Alboyn du Graham) avec lequel il a contemplé sur le Sinaï le sanctuaire céleste. La description qu’en donne la Bible peut aisément expliquer qu’une assimilation se soit faite entre Beçalel et l’Hiram du Temple :

Le Seigneur adressa la parole à Moïse :

« Vois : j’ai appelé par son nom Beçalel, fils d’Ouri, fils de Hour, de la tribu de Juda. Je l’ai rempli de l’esprit de Dieu pour qu’il ait sagesse, intelligence, connaissance et savoir-faire universel ; création artistique, travail de l’or, de l’argent, du bronze, ciselure des pierres de garniture, sculpture sur bois et toutes sortes de travaux. De plus, j’ai mis près de lui Oholiav, fils d’Ahisamak, de la tribu de Dan, et j’ai mis la sagesse dans le cœur de chaque sage pour qu’ils fassent tout ce que je t’ai ordonné : la tente de la rencontre, l’arche pour la charte, le propitiatoire qui est au-dessus, tous les accessoires de la tente, la table et ses accessoires, le chandelier pur et tous ses accessoires, l’autel du parfum, l’autel de l’holocauste et tous ses accessoires, la cuve et son support, les vêtements liturgiques, les vêtements sacrés pour le prêtre Aaron, les vêtements que porteront ses fils pour exercer le sacerdoce, l’huile d’onction, le parfum à brûler pour le sanctuaire. Ils feront exactement comme je te l’ai ordonné. » (Ex 3 1, 1 -11 cf. 36-39.)

Si l’on rapproche cette description biblique de Beçalel de celle d’Hiram dans le Deuxième Livre des Chroniques 2, 12-13 :

Je t’envoie donc maintenant un spécialiste doué d’intelligence, Huram-Abi, fils d’une femme danite et d’un père tyrien, qui sait travailler l’or, l’argent, le bronze, le fer, la pierre, le bois, la pourpre, le violet, le lin et le carmin, exécuter toute sculpture et réaliser tout projet qui lui sera confié

On comprend que le Graham puisse considérer qu’« Hiram avait reçu une inspiration divine, tout comme le sage roi Salomon ou encore le saint Betsaléel » (n’oublions pas que 1 R 7, 13, précise qu’il est « rempli de sagesse, plenum sapientia, filled with wisdom »).

Ainsi, entre 1723, première mention d’Hiram-Abif dans un texte maçonnique, les Constitutions, qui ne connaît encore que deux grades, apprenti (apprentice) et compagnon (fellow), et 1730, où, dans Masonry dissected, se rencontre, associés, une légende maçonnique achevée d’Hiram et l’attestation d’un troisième grade, le maître, la maçonnerie anglaise a donc vu émerger ensemble le troisième grade et la légende hiramique.

source : www.ledifice.net

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Le Parfait Maçon ou les véritables secrets des 4 grades : Apprenti, Compagnon, Maîtres ordinaires et Ecossais (1)

23 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 18ème siècle Publié dans #Rites et rituels

Réception des apprentis

Suivant le manuscrit en question, que son auteur suppose avoir été extrait sur les archives même de la société maçonnique, la première loge a été tenue par le Grand Architecte de l'univers en présence d'Adam dans le paradis terrestre; il s'agissait d'y instruire l'homme de l'excellence de son espèce, des différents secrets de la nature, de l'usage qu'il devait en faire ; et comme la prescience de Dieu embrasse toutes les choses futures, cet être suprême qui voyait dès lors la chute prochaine d'Adam, voulut bien lui donner d'avance les premières leçons de l'architecture, dont lui et ses descendants devaient retirer une si grande utilité dans l'état malheureux où les précipita sa désobéissance. Adam profita si bien des instructions de son créateur, que les francs-maçons assurent qu'il en composa un livre* où l'art des bâtiments était parfaitement expliqué. Or la femme n'était point encore formée lorsque cela se passa entre Dieu et Adam, et c'est la première raison qu'allèguent les francs-maçons pour se justifier sur l'exclusion que leur ordre donne si incivilement au sexe.

Ils puisent encore un second motif d'exclusion dans l'origine et les circonstances de la chute de notre premier père. Leurs loges étant, selon eux, une espèce de paradis terrestre dont ils appréhendent d'être chassés, comme de l'autre, si les femmes y mettent une fois le pied.

Comme je n'ai pas dessein de les suivre dans toutes leurs visions, je supprime ici plusieurs articles du manuscrit ; mais j'ai cru ce préambule nécessaire pour l'intelligence de ce que j'ai à dire sur le premier degré de la maçonnerie.

Sept frères assemblés, et même moins, forment une loge, mais elle n'est estimée complète et régulière que quand ils sont au nombre de neuf.

Le lieu où ils s'assemblent, et qui se nomme la loge, ne doit être éclairé que par une grande terrine de forme triangulaire remplie d'esprit de vin, ou autres matières combustibles auxquelles on met le feu et qu'on a l'attention de renouveler.

Il y a quelques loges où on substitue des flambeaux à la place de la terrine : trois frères postés en triangle sont obligés de les porter ; mais cette façon, qui est incommode, n'a pas été reçue universellement.

Le maître, que l'on appelle le vénérable, orné d'un grand cordon bleu auquel pendent une équerre et une truelle d'or, est placé à l'orient de la loge, ayant à sa droite son second surveillant et à sa gauche l'orateur; le premier surveillant se tient vis-à-vis de lui pour exécuter ses ordres. Tous les officiers ont aussi le cordon bleu. Quant aux simples frères, ils n'ont aucun ornement qui les distingue, et ils se rangent des deux côtés de la loge en nombre égal.

Dans un espace vide qui est au milieu de la salle, et qui sépare les deux colonnes des frères, on étend un grand tapis formant un carré long où est peint une espèce de jardin** représentant le Paradis Terrestre, avec l'arbre de la science du bien et du mal, autour duquel sont placés les figures d'Adam, d'Eve et du serpent. C'est dans l'angle à gauche de ce carré, du côté du maître, que l'on pose sur un fourneau élevé la terrine triangulaire dont j'ai parlé.

Celui qui désire être reçu apprenti maçon, doit être proposé par un des frères de la loge, qui prend la qualité de son parrain ; c'est celui-ci qui est chargé de préparer le postulant, et cette préparation consiste d'abord à lui faire laver les yeux, la bouche et les oreilles. Après cette ablution, il faut qu'il se dépouille de sa jarretière du genou droit, et qu'il découvre sa poitrine. On ne doit lui laisser aucune sorte d'armes, pas même des ciseaux et un couteau ; le parrain est chargé d'en faire une exacte visite. Cela fait, il lui met un bandeau sur les yeux et le conduit à la porte de la loge.

Il y frappe un coup, le maître répond par un autre, et la porte s'ouvre ; alors le parrain fait faire au récipiendaire neuf fois le tour de la loge, et pendant cette longue et fatigante marche, il y a des frères qui aiguisent des outils, d'autres font un cliquetis d'épées, et d'autres enfin sont chargés de jeter des étoupes et de la poix-résine dans la terrine enflammée ; tout cela dans la vue d'intimider le récipiendaire.

La marche étant achevée, on le fait arrêter vis-à-vis du vénérable, qui lui dit d'un ton ferme : Qui êtes-vous, Monsieur ? Et que demandez-vous ? Le premier surveillant répond pour lui que c'est un gentilhomme qui demande à être reçu apprenti maçon, et le récipiendaire confirme que c'est la vérité. S'il en est ainsi, dit le vénérable, ouvrons-lui les portes du temple de la vertu. Tandis qu'on lui ôte le bandeau, tous les frères à genoux font tomber en perpendiculaire leur main gauche sur leur cuisse et tiennent de la droite leurs épées qu'ils croisent en forme de berceau. Le maître lui dit alors: Venez à moi, Monsieur, en traversant cette voûte de fer et d'acier ; ce que le récipiendaire exécute en tremblant. Sa frayeur redouble quand, à son approche, le vénérable tire un poignard qu'il avait tenu caché jusqu'alors, et se met en attitude de le lui plonger dans le cœur en s'écriant : C'est ainsi que nous punissons ici les traîtres. Mais le second surveillant, qui est à côté du récipiendaire, le fait prosterner humblement aux genoux du maître, que cette soumission désarme. Alors le frère orateur lui fait une courte exhortation sur le mérite de l'ordre, sur la fidélité due aux engagements qu'il va contracter, sur le danger imminent qu'il y aurait de les violer, et finit en l'assurant que la maçonnerie n'a rien de contraire à la religion, à l'État et aux bonnes mœurs. Après cela, le maître lui fait prêter l'obligation dans les termes qui suivent.

«Foi de gentilhomme, je promets en présence de Dieu tout-puissant et de cette honorable compagnie, que je garderai fidèlement les secrets de la confrérie des maçons, et que je ne les révèlerai jamais par paroles, écriture, impression, gravure, peinture, signes, caractères, et de quelque manière que ce soit, sous peine de passer pour infâme***, et d'être percé du glaive vengeur, et précipité ensuite dans un abîme, afin qu'il ne soit plus fait aucune mention de moi dans la confrérie des maçons.»

Voilà mot pour mot, et sans la moindre altération, le contenu de I'obligation que contractent les frères ; c'est une simple promesse qu'ils font, et non pas un serment, comme l'ont rapporté des écrivains mal instruits ou de mauvaise foi. Or il me semble que les maçons donnent assez de prise sur eux par leurs visions et par les cérémonies superstitieuses qu'ils pratiquent, sans les charger encore de fautes imaginaires.

Aussitôt que le récipiendaire a répété l'obligation, le maître se fait apporter une auge, dans laquelle il feint de gâcher avec sa truelle, passe légèrement et à diverses reprises sur la bouche du nouveau reçu, et la lui arrête un moment sur les lèvres, en lui disant : C'est le sceau de la discrétion que je vous applique.

Après cette mômerie, le maître le fait passer à sa gauche; on lui donne un tablier et deux paires de gants, dont il y en a une pour sa maçonne, puis le frère orateur lui explique ce qu'il faut qu'il sache en qualité d'apprenti c'est-à-dire deux signes, un mot du guet, et des questions auxquelles tout apprenti doit savoir répondre.

Le premier signe se fait en appliquant les second et troisième doigts de la main gauche sur ses lèvres, et posant le pouce sous le menton. Tout franc-maçon qui aperçoit ce signe, doit répartir par un autre, en se pinçant le lobe de l'oreille droite avec le pouce et le petit doigt de la même main.

Quand deux apprentis maçons qui se rencontrent se sont éprouvés par ce double signe, ils s'abouchent et s'examinent par les questions suivantes.

- D. Etes-vous apprenti maçon ?

- R. Je le crois.

- D. Pourquoi ne dites-vous pas que vous en êtes sûr ?

- R. Parce qu'un apprenti n'est sûr de rien.

- D. Comment êtes-vous parvenu à la maçonnerie ?

- R. Par une voûte de fer et d'acier.

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

- R.Dans une loge régulière.

- D. Qu'est-ce que c'est qu'une loge régulière ?

- R. C'est une loge composée de neuf, bien couverte, et inaccessible aux profanes.

- D. Qui sont ceux que vous appelez profanes ?

- R. Ceux qui ne sont pas maçons.

- D. Ceux qui, sans être maçons, sont dignes de l'être, sont-ils aussi des profanes ?

- R. Tous les hommes vertueux sont nos amis, mais nous ne reconnaissons que les maçons pour nos frères.

- D. Comment écarte-t-on les profanes de la loge ?

- R. Par l'épée et le silence.

- D. Comment s'appelle votre loge ?

- R. La loge du grand architecte du monde.

- D. Qui vous a fait apprenti ?

- R. La truelle et ma vertu.

- D. A quoi vous sert votre truelle ?

- R. A remuer et lier dans mon âme des sentiments d'honneur et de vertu, et à les employer de façon qu'il s'élève un édifice digne de la plus noble des sociétés.

- D. Où est située votre loge ?

- R. En Terre Sainte.

- D. Comment êtes-vous vêtu en arrivant dans la loge ?

- R. Un véritable maçon ne prend point garde aux ajustements.

- D. A quoi s'appliquent donc les maçons ?

- R. A régler leur conduite, et former leurs moeurs.

- D. Quel est l'état d'un maçon ?

- R. D'être heureux.

- D. Comment parvient-on à cette félicité ?

- R. Par l'union des vertus.

- D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la loge ?

- R. L'image de la séduction.

- D. Comment vous en garantirez-vous ?

- R. Par ma discrétion, soutenue des principes et des lois de la maçonnerie

- D. Donnez-moi un signe de l'apprenti.

- R. J'obéis.

- D. Vous ai-je compris ?

- R. Oui. J'en suis content.

- D. Donnez-moi le mot.

- R. Ahadam.

- D. Qu'entendez-vous par ce mot ?

- R. Il me rappelle mon origine, ce que je suis, et ce que je dois être pour parvenir au comble de la félicité.

- D. Quels sont les devoirs des maçons ?

- R. Obéir, travailler et se taire.

- D. De quelle espèce est votre obéissance ?

- R. Elle est libre et volontaire.

- D. A quoi travaillez-vous ?

- R. A me rendre aimable et utile dans la société.

- D. De quoi vous servez-vous dans vos ouvrages ?

- R. De ma truelle et d'une terrine.****

- D. Avez-vous déjà reçu des gages ?

- R. Plus que je n'en mérite.

En supposant à ces différentes questions un principe et un objet réel, je ne puis disconvenir qu'il n'y en ait quelques-unes de raisonnables édifiantes.

Quant au mot du guet Ahadam, ce ne peut être autre chose que le nom d'Adam qui a été corrompu. Les personnes instruites savent qu'Adam en langue hébraïque signifie roux, et que le premier homme fut appelé de ce nom, parce que la terre dont Dieu le forma était de couleur rousse qui est celle de la terre naturelle. C'est pourquoi les francs-maçons, qui ont souvent ce mot dans la bouche, disent qu'ils s'en servent pour se rappeler leur origine. Mais à quoi bon transformer ainsi en mystère une vérité connue de tous les hommes ? Y a-t-il un chrétien, même un sage paganisme, qui ne confesse que nous sommes poudre, et que nous retournerons en poudre ?*****

Telles sont néanmoins les seules instructions qui se donnent en loge aux apprentis maçons, si ce n'est qu'en leur expliquant le tableau de la chute du premier homme qui est exposé à leurs yeux, l'orateur a grand soin d'assaisonner son récit de quantité de traits mordants contre la mémoire de notre pauvre mère Eve.

* Les talmudistes prétendent qu'Adam fit un livre sur la création du monde et un autre sur la divinité. D'autres lui attribuent le psaume 92 et deux cantiques, dont il fit l'un la première fois qu'il connut Eve, et l'autre était une espèce de psaume pénitentiel qu'ils récitèrent après leur péché. Mais personne jusqu'à présent ne l'avait fait l'auteur d'un livre d'architecture.

** A la Loge où je me suis trouvé, on le dessine sur le le plancher.

*** Mon frère qui n'a écrit sans doute les secrets des francs-maçons que pour lui tout seul et afin de les mieux inculquer dans sa mémoire, s'est imaginé ne donner en cela qu'une légère entorse à son obligation. C'est ainsi que l'homme sacrifie tout à son opinion. Je n'ai garde de le justifier sur son imprudence ; je supplie seulement les frères qui le reconnaîtront au portrait que j'en fais, de lui sauver la peine de I'infamie en faveur de l'intention, et en considération du zèle et de l'attachement inviolable, même excessif, qu'il a toujours témoigné pour le corps.

**** Cette terrine est apparemment relative à la terrine triangulaire dont mention dans l'inventaire du coffre de mon frère le franc-maçon.

***** Genèse, III, 19.

Réception des compagnons

Le théâtre change ici, et la toile étendue sur le plancher représente les deux colonnes d'Enoch, I'Arche de Noé et la Tour de Babel. Ainsi on fait sauter tout d'un coup les compagnons par-dessus seize et dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis la tenue de la première loge par Dieu dans le Paradis Terrestre; mais on a soin de leur donner une instruction abrégée de ce qui s'est passé de mémorable dans la maçonnerie pendant ce long espace de temps. Une partie en est puisée dans l'Histoire Sainte, ajustée à la manière et au style de la confrérie.

Adam, le premier de tous les francs-maçons, forma, leur dit-on, lui-même une loge de ses enfants mâles, auxquels il communiqua les connaissances qu'il tenait immédiatement de Dieu.

Caïn, qui lui succéda dans la charge de Grand maître des maçons, s'étant fixé vers la région orientale d'Éden, se signala par la fondation d'une ville qu'il nomma Enoch, du nom de son fils.

Depuis, Jabel ou Jabal, un de ses descendants, connu sous le nom de Père des pasteurs, éleva les premières tentes et Tubalcaïn son frère eut l'art de travailler avec le marteau, ayant excellé en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer.

Mais le maçon le plus renommé de tous, fut Enoch, fils de Jared, qui mérita par sa vertu d'être transporté hors du commerce des homme, et réintégré dans le Paradis Terrestre. L'esprit de prophétie dont il était doué lui ayant fait connaître que la colère de Dieu ne tarderait pas à se manifester par un déluge universel, la crainte qu'il eut que les sciences ne se perdissent, le porta à élever deux grandes colonnes, où il grava les principes et les règles des différents arts, et principalement de l'architecture. Il fit l'une de pierre et l'autre de brique, afin que s'il arrivait que les eaux ruinassent celle-ci, la colonne de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'il y avait écrit. Sa prévoyance réussit, car on assure que cette colonne de pierre était encore sur pied en Syrie du temps de l'empereur Vespasien. Voilà tout ce que l'école des frères apprend aux compagnons du progrès que fit la science des maçons pendant ce premier âge du monde.

On les instruit ensuite de ce qui s'est passé du temps du grand maître Noé.

Les hommes avaient vécu jusqu'alors dans l'exercice de la vertu et dans le culte du vrai dieu ; mais ceux qui vinrent depuis s'étant portés à commettre toutes sortes de crimes, Dieu, dans sa colère, résolut de les exterminer, et Noé fut le seul qui trouva grâce devant lui. Dieu l'avertit qu'il allait inonder la terre et lui ordonna, pour se sauver, de bâtir une arche à trois étages, dont il lui marqua la forme et les proportions. Elle était entièrement de bois de cèdre, qui de sa nature est incorruptible; aussi les maçons prétendent-ils qu'elle s'est conservée jusqu'à présent dans son entier, ce qui est un peu contraire au rapport de l'historien juif qui dit que, de son temps, les Arméniens en montraient encore quelques restes.

Sept jours avant le déluge, Noé, qui avait bâti l'arche, y entra avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils, et par là furent conservés avec le genre humain toutes les traditions et les secrets communiqués par Dieu à Adam, et en particulier ceux de la maçonnerie.

Parmi les docteurs de la loi des maçons, il y en a qui assurent que, pendant une année et plus de séjour que Noé fit dans l'arche, il y tint avec ses fils plusieurs belles loges, ayant toujours la précaution de s'enfermer à l'étage le plus haut pour être moins exposés à la curiosité de leurs femmes.

Quand Noé et sa famille furent sortis de l'arche, eux et leurs descendants séjournèrent longtemps sur le haut des montagnes dans la crainte d'une nouvelle inondation. Peu à peu ils s'enhardirent à descendre dans les plaines et y firent différents établissements. Tous les hommes n'avaient eu jusqu'alors qu'un même langage, mais étant encore devenus rebelles aux ordres de Dieu, dans l'appréhension qu'ils eurent de sa vengeance, Nembrod, aussi vaillant qu'audacieux, et le plus habile maçon de son temps, les rassura en leur offrant de les protéger contre Dieu même, s'il menaçait la terre d'un second déluge, et de bâtir pour ce sujet une tour qui serait élevée jusqu'au ciel. Une entreprise aussi folle échoua de la manière que tout le monde sait. Dieu ayant confondu le langage des architectes, ils furent obligés d'abandonner l'ouvrage et de se disperser. Ce fut sans doute cette confusion des langues qui détermina depuis les maçons à introduire entre eux une nouvelle manière de se connaître et de converser par signes. C'est dommage en vérité qu'ils ne l'eussent point encore imaginé dans le temps même de la déroute des ouvriers de Babel, car moyennant ce bel expédient, la tour eût pu être achevée, et comme l'histoire nous la dépeint d'une structure extrêmement solide, nous aurions eu le plaisir de voir de nos jours ce rare monument.

Au reste, si les frères maçons se plaignent de ce que je n'ai point une prévention aveugle pour tous leurs sentiments, ils seront forcés de convenir, du moins intérieurement, que je suis esclave de la vérité dans tout ce que je rapporte de leur doctrine et de leurs cérémonies. Voici celles qui se pratiquent à la réception des compagnons.

Les frères sont placés à l'ordinaire autour du nouveau tableau, et l'appareil extérieur est semblable à ce qu'on a vu pour les apprentis, sinon qu'on pose devant le vénérable, une pierre élevée à la hauteur de la main, sur laquelle il y a un marteau, et que tous les frères ont la tête couverte d'un voile dont la blancheur est le symbole de l'innocence nécessaire à tout maçon qui veut entrer dans l'arche de Noé, où ce commencement de l'acte est supposé se passer.

La loge étant en état, l'apprenti qui aspire au grade de compagnon, assisté de son parrain, heurte deux coups à la porte, à quoi le vénérable répond du dedans par deux coups.

L'apprenti entre et va se placer à la gauche du premier surveillant ; le maître lui demande ce qu'il veut, et le premier surveillant répond pour lui, que c'est un digne apprenti qui désire d'être élevé au second grade ; le maître lui fait alors ces trois questions.

- D. Etes-vous apprenti ?

- R. Je le crois.

- D. Savez-vous travailler ?*

- R. Je cherche à l'apprendre.

- D. Comment me prouverez-vous que vous êtes apprenti ?

- R. Prenez-moi à l'essai.

Après cette dernière question, on le fait approcher du maître, qui lui présente un marteau avec lequel l'apprenti doit frapper deux coups sur la pierre, et sitôt qu'il a fourni cette preuve de son talent et qu'il a confirmé son obligation de ne point révéler les secrets, on le fait passer à la droite et le frère orateur lui explique tout de suite la science des compagnons.

Ceux-ci, pour se faire connaître, ont deux signes, deux mots et deux questions différentes de celles des apprentis.

Le premier signe consiste à élever le pouce de la main droite avec le petit doigt de la main gauche en forme d'équerre, et ce signe est appelé manuel.

Le deuxième, que quelques-uns nomment pectoral, se fait en posant le bout du petit doigt de la main gauche sur la pointe du cœur.

Les paroles sont Manhu, Magdal ou Magdala, deux mots hébreux dont on trouvera l'explication dans les questions qui sont affectées au grade des compagnons.

- D. Etes-vous compagnon maçon ?

- R. J'en reçois la paie.

- D. Comment voyagent les maçons ?

- R. Dans l'arche de Noé.

- D. Que représente l'arche ?

- R. Le coeur humain agité par les passions, comme l'arche l'était par les vents sur les eaux du déluge.

- D. Quel était le pilote de l'arche ?

- R. Noé, grand maître des francs-maçons de son temps.

- D. Quel est le pilote de votre âme ?

- R. La raison.

- D. Quelle [est] sa bannière ?

- R. La maçonnerie.

- D. Quelle [est] sa cargaison ?

- R. De bonnes oeuvres.

- D. Quel est le port auquel elle surgit ?

- R. A celui où se terminent toutes les misères humaines.

- D. Que représente la tour de Babel ?

- R. L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre.

- D. Qu'opposez-vous à cet orgueil ?

- R. Le caractère et le coeur d'un maçon éclairé par les principes et les lois de la maçonnerie.

- D. Quel est le mot des compagnons ?

- R. Il y en a deux.

- D. Quels sont-ils ?

- R. Manhu, Magdal ou Magdala .

- D. Quelle est leur signification ?

- R. Manhu signifie qu'est ceci, Magdala signifie La Tour.

- D. Qui est-ce qui a causé la destruction de la tour ?

- R. La confusion des langues.

- D. De quoi nous instruit cet événement ?

- R. Il nous apprend que sans la religion, l'homme n'est que faiblesse et néant.

- D. Que nous apprend-il encore ?

- R. Que sans l'union et l'intelligence des âmes, l'harmonie de la société peut subsister.

Voilà tout ce que renferme mon manuscrit sur les deux premiers grades de l'école maçonnique. Il y a toute apparence que le but de ces docteurs est louable, et qu'ils n'ont en vue que de travailler à rendre les hommes discrets justes et sociables. Mais, je le répète, pourquoi leur présenter des vérités sous une forme si nouvelle, et qu'était-il besoin d employer des moyens si extraordinaires pour les exciter à des vertus qui leur sont tracées par la religion, la raison et la nature même ?

* On souffle apparemment à l'oreille de l'apprenti les réponses aux deuxième et troisième questions, car elles doivent être nouvelles pour lui, n'étant point du nombre de celles rapportées dans le manuscrit sur le premier degré de la maçonnerie.

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Rite Français De Tubalcain à Phaleg

17 Avril 2012 , Rédigé par D SAPPIA Publié dans #Rites et rituels

Tous les rites maçonniques, possèdent comme mot de passe, TUBALCAIN, soit au premier grade pour les rites modernes soit au troisième grade pour les les rites anciens.

Il existe cependant une exception, à cette règle, elle concerne, le Rite Ecossais Rectifié, qui pour les raisons développées ci-dessous, va remplacer au premier grade, le mot Tubalcaïn par Phaleg.

"Nous sommes, tard dans la nuit, le Mardi 5 Avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz et deux de ses proches, reçoivent une bien étrange visite assortie d'une bien étrange révélation, qui encore aujourd'hui marque le Régime Ecossais Rectifié.
En effet, un messager, Pierre-Paul-Alexandre de Monspey se présente à eux. C'est un frère, membre de la Loge La Bienfaisance qui apporte à Willermoz onze cahiers rédigés par sa sœur Marie-Louise de Monspey dite Madame de Vallière, qui sous l'emprise d'une force extranaturelle et sous l'emprise de ce qu'elle appelle des "batteries", sortes de coups qu'elle reçoit dans son corps, écrit ce qu'un être supérieur lui fait écrire. Ces cahiers sont destinés à Willermoz lui-même, qui dans un premier temps est surpris, mais qui très vite eu égard à la foi qui est la sienne, eu égard à ses croyances et aux pratiques qui lui ont été enseignées par Martines de Pasqually ne peut douter de la véracité de ce miracle, qui de plus tombe bien, dans un contexte où en 1785 son système maçonnique est encore loin d'être stable...
Dans ces cahiers on trouve entre autres choses une demande consistant à substituer le mot de passe du 1er grade à savoir Tubalcaïn !
Que nous dit "l'Agent Inconnu" sur Tubalcaïn ?

Tubalcaïn est placé sur le même niveau qu'Adam en ce qui concerne la chute et la perversion de l'homme. Il est qualifié d' "agent diabolique" et portant les "vices charnels», "c'est un nom d'abomination", car Tubalcaïn est "coupable des plus honteuses prévarications", qu'il n'apprit l'art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques.

Ainsi ce nom, devait être supprimé au profit de Phaleg, fondateur des Loges et donc de la Maçonnerie.

Le 5 Mai 1785, Jean-Baptiste Willermoz remplace Tubalcaïn par Phaleg, sur décision de la Régence Ecossaise de Lyon et par Arrêté du Directoire d'Auvergne.
Arguant que la décision avait été prise à Wilhemsbad, et donc le dimanche 5 mai 1785 le Directoire Provincial d'Auvergne avec à sa tête le Chevalier Gaspard de Savaron officialise la décision.

Ecoutons Willermoz:
« C'est que Tubalcain qui fut fils de Lamech le Bigame et de Stella fut le premier qui ait connu l'art de travailler avec le marteau et fut habile en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer, c'est pourquoi il est appelé l'inventeur, le Père de l'art de travailler les métaux... Mais on n'a pas remarqué que c'est une contradiction de donner à l'apprenti ce mot de ralliement après lui avoir fait quitter tous ses métaux qui sont l'emblème des Vices. En effet d'un côté on lui apprend que ce n'est point sur les métaux que le vrai maçon doit travailler ; et de l'autre on le met dans le cas de croire que Tubalcain le père et l'inventeur du travail sur les métaux serait le premier instituteur de la maçonnerie élevée.
Si Tubalcain fut le fondateur d'une initiation quelconque, on voit quel devrait être l'objet, et le but par ce qu'en dit l'Ecriture, et dans ce siècle où tant de maçons s'occupent de l'Alchimie, un Régime qui en connaît les dangers ne doit pas conserver un nom qui ne s'est perpétué que par l'ignorance, ou le défaut de plusieurs qui n'ont pas aperçu ce rapport et cette inconséquence, et sont encore par là liés à ceux qui s'occuperaient à imiter Tubalcain qui le premier a touché les métaux.
Si de cette observation on pousse à l'examen du temps, auquel vécut Tubalcain, on voit que c'est avant le Déluge, fléau par lequel Dieu voulut effacer de dessus la terre les ouvrages des hommes. Tout ce qui remonte à cette époque ne doit pas paraître pur, et l'on doit craindre de tenir à quelques-uns de ceux qui ont attiré la colère de Dieu sur les hommes. Si l'initiation de Tubalcain s'est propagée, elle est impure, et il paraîtra important de rompre tous les rapports avec lui, puisqu'on fait quitter aux maçons tous les métaux, emblème vrai et retenu de tous les régimes, comme pour les séparer...
C'est donc après le Déluge au temps de la confusion des langues qu'on trouve la raison de la fondation d'une initiation secrète qui a dû se perpétuer et qui est l'objet de la recherche des maçons. Une étude de la vérité faite dans des intentions pures a conduit à apprendre que c'est dans les documents de Sem qu'il faut chercher la fondation de la vraie initiation.
Sem fut béni par Noé et l'on est fondé à croire que Phaleg, fils d'Heber et descendant de Sem, qui fut père de Tous les enfants de Geber, est le fondateur de la seule vraie initiation et ce motif parait déterminant pour substituer au nom de Tubalcain, celui de Phaleg.
Cham, maudit par Noé, aura eu son initiation : tout l'atteste, et que son mot de ralliement ait été Tubalcain. Il est l'emblème des vices, et il convient aux enfants de Chanaan qui l'auront transmis ; mais on doit se rappeler qu'il est dit :
Que Chanaan soit maudit,
Qu'il soit à l'égard de ses frères l'esclave des esclaves
Jaloux de descendre de Sem les vrais maçons doivent s'empresser de se séparer à jamais des enfants de Chanaan... »
Nous pourrions donc arrêter notre travail historico-symbolique, tellement tout est dit.... Mais continuons un peu, et notamment avec la lecture du compte rendu du Directoire qui arrête « unanimement, définitivement et pour toujours :
Que le nom de Tubalcain serait supprimé et remplacé par celui de Phaleg dont on donnerait l'explication vraie à l'apprenti, que ce changement aurait lieu pour la première assemblée de la Loge de la Bienfaisance et le plus tôt possible dans celle du district.
Qu'à l'avenir il ne sera plus demandé ce mot de passe aux FF visiteurs, parce qu'on ne pourrait pas sans inconséquences les recevoir en donnant un mot proscrit. On se contentera des mots du Grand Orient de France plus secrets que celui de Tubalcain, en usant de tous les ménagements et remplissant les égards que la fraternité commande, ils se retireront et useront en tout de toutes les précautions que la prudence leur suggérera pour ne point blesser les Loge, qui ne verraient pas le même danger à conserver ce mot proscrit parmi les frères du district.
Afin que les Loges constituées par le Directoire n'en prétendent cause d'ignorance et ayant à s'y conformer, expédition en forme sera envoyée à chacune d'elles, les invitant à ne point s'écarter sous quelque prétexte que ce puisse être de cet arrêté fait en connaissance de cause, comme aussi à déclarer dans un court délai si elles ont mis en exécution le changement dont il s'agit.
"
D. SAPPIA
DES AMIS PROVINCIAUX DE RENAISSANCE TRADITIONNELLE
 
Source : le blog de Montaleau
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A la recherche de l'Arche de Noé

5 Décembre 2012 , Rédigé par La plume et le rouleau Publié dans #spiritualité

LES TENTATIVES SERIEUSES D’ASCENSION COMMENCENT AU XIXEME SIECLE

Au XIXème siècle, le site du Mont Ararat fait partie de l’empire ottoman. C’est à partir de cette époque que les tentatives vont s’enchaîner à un rythme effréné. En 1800, l’américain Claudius James Rich tente l’aventure. Sans succès. En 1829, c’est le tour de l’arménien (c’est bien le moins) Khatchadour Abovian : nouvel échec. La même année, l’alpiniste estonien Friedrich Parrot de Dorpat, fort de son succès au Mont Rose (Alpes françaises) et au Mont Perdu (Pyrénées) se lance à son tour à l’assaut du Mont : il est le premier à parvenir au sommet.Au plan de l’alpinisme, c’est un beau succès. Au plan de l’archéologie, c’est un fiasco : car d’arche, point…Pourtant, en 1833, une patrouille militaire turque revient en assurant avoir vu « la proue d’un très grand vaisseau sortant d’un glacier » (rappelons que l’Ararat est un volcan recouvert par les glaces).En 1876, un anglais du nom de Viscount James Bryce, homme politique, diplomate et professeur de droit, redescend, triomphant, du Mont Ararat : un morceau de bois de 1 m X 20 cms à la main ! Son récit a tout d’une affabulation : aucune société scientifique ni religieuse ne se donne même la peine de l’examiner… Le même scepticisme et la même déconvenue attendent également le glaciologue britannique Gascoyne qui revient, en 1883, avec un récit douteux de « restes d’un antique vaisseau pris dans la glace ». En 1893, c’est un ecclésiastique qui tente de nouveau l’aventure : l’archidiacre de Jerusalem et de Babylone Jean Joseph Nouri escalade le Mont. Il en revient enthousiaste, ayant vu là-haut (avec les yeux de la foi ?) un assemblage de « poutres d’un rouge sombre, d’un bois très épais » dont il prétend qu’il constitue les restes de la célèbre embarcation.De riches américains proposent alors de financer une expédition avec l’ambition d’exposer le trophée lors de l’exposition universelle de Chicago de 1896 : peine perdue, les autorités ottomanes refusant un éventuel visa… d’exportation !C’est au début du XXème siècle que le décollage (c’est le cas de le dire) de nouvelle technologie va donner un nouvel essor aux espoirs des explorateurs bibliques de tout poil. C’est qu’avec les progrès de l’aviation, on peut désormais voir les choses de haut et disposer de points de vue inaccessibles à de simples pèlerins pédestres. En 1916, l’aviateur russe Vladimir Roskovitski survole l’Ararat sur son versant oriental et aperçoit l’auguste vestige qu’il photographie ! Hélas, le cliché n’est pas rendu public assez vite et disparait dans les tourments de la révolution bolchevique !L’entre-deux-guerres voit une période de relative accalmie sur le front diluvien mais, dès 1949, les expéditions reprennent. Le docteur Smith, missionnaire américain en retraite et qui se dit appelé par Dieu lui-même (c’est une manie chez les Américains), se lance à la recherche de l’arche, avant de renoncer lamentablement. Les expéditions ultérieures sont cependant compliquées par la Guerre Froide : la Turquie adhère à l’OTAN en 1952 et sa frontière avec l’Union Soviétique devient dès lors hautement « sensible ».L’année 1955 est marquée par une expédition à la couverture médiatique d’une rare intensité (spécialement en France). Un dénommé Fernand Navarra, 41 ans, démolisseur de bateau de profession, avait déjà tenté, sans succès, l’ascension en 1952 et 1953. En 1955, il s’élance de nouveau à l’assaut de l’Ararat en compagnie de son fils de 11 ans. Dans des conditions de difficultés et de risque invraisemblables, Navarra, s’attaque à la glace et, le 6 juillet exactement, à 7 heures du matin (Paris Match le raconte avec emphase), Navarra extrait de la glace un morceau de bois de 1,50 m ! « Refoulant ses larmes » et « gorgé de fierté » nous narre l’hebdomadaire qui ne recule pas devant le poids des mots, il crie « j’ai trouvé ! » (On s’en serait douté).Il revient en France, triomphant, et n’hésitera pas à découper le morceau de bois en divers morceaux qu’il offrira à des hôtes qui lui sembleront dignes de recevoir la précieuse relique… Pour divers archéologues qui se penchent sur le morceau, celui-ci se situe dans une « fourchette » de 3 000 à 5 000 ans : celle du Déluge ! Mais, depuis 1940, on a découvert le « carbone 14 » : cet « isotope » radioactif de carbone. Simplifions-en la compréhension. Un organisme vivant assimile les atomes de carbone de toute nature mais, durant sa vie, la proportion de radiocarbone « 14 » par rapport au carbone « normal » est de 0,000000000001 pour 1. À partir de l'instant où cet organisme meurt, la quantité de radiocarbone qu'il contient ainsi que son activité radiologique décroissent au cours du temps selon une loi exponentielle. Un échantillon de matière organique issu de cet organisme peut donc être daté en mesurant, à un instant t le rapport entre « carbone 14 » et « carbone normal », ce qui permet de déduire par calcul l’année de la mort de l'organisme.On soumet donc le morceau de bois de Navarra à l’examen. Le verdict est sans appel : moins de 1 300 ans...

LE SITE DE « DURUPINAR », NOUVEAU GRAAL DILUVIEN

C’est en 1959 que survient un évènement qui va entrainer, un an plus tard, l’expédition la plus spectaculaire jamais organisée et dont nous allons découvrir le suspense haletant. En 1959, donc, un capitaine de l'armée turque du nom d'Ilhan Durupinar identifie, lors d'une mission aérienne de cartographie menée pour le compte de l’OTAN, un étrange site montagneux situé au nord-est du pays, dans les monts Tenderuk. Ce site avait été mis fortuitement à jour une dizaine d’années auparavant, en 1948, suite à de fortes pluies combinées à trois séismes qui avaient débarrassé l’endroit de la couche de boue qui le recouvrait. Vu de loin (et de haut), il s’agirait de la forme d’un bateau ! Certes, si l’on se réfère à la lettre exacte de la Bible, le site n’est pas directement sur l’Ararat. Mais il n’en est pas loin : il se situe près d'un village appelé Uzengili, à environ trois kilomètres au nord de la frontière turco-iranienne, dans la province d’Agri et à seulement à vingt-deux kilomètres au sud de l’Ararat. Une broutille, à l’échelle biblique. Informé, le gouvernement turc décide donc d’envoyer, en 1960, une expédition en direction du « site de Durupinar », laquelle comprend notamment un pasteur protestant du nom de George E. Vandeman, le capitaine turc Ilhan Durupinar et des archéologues et géologues. Quand le petit groupe arrive enfin sur le site (1 804 mètre d’altitude), il y a bel et bien là une forme immense (près de 200 mètres de long), en forme de barque pointue à l’avant ! C’est l’étonnement, l’incrédulité, l’émotion qui frappent les hardis explorateurs. Toucherait-on enfin au but ? Les explorateurs arpentent le site et se mettent à creuser. Objectif : trouver des morceaux de bois. Quant aux bords de ce « bateau » sont-ils en pierre ou en minéral issu d’une fossilisation ? Car, dans ce cas, compte tenu de la lenteur de la transformation d’une matière minérale en pierre (plusieurs millions d’années !), l’« arche » serait aussi vieille que cela ? Est-ce réaliste ? Evidemment, non. Rappelons à cet égard quelques éléments simples (et grossiers) de chronologie historique :

- 13 000 000 000 d’années : formation de l’univers (« Big Bang »)

- 4 600 000 000 d’années : formation de la Terre

- 3 600 000 000 d’années : apparition de la vie (premiers organismes primitifs simplifiés)

- 200 000 000 d’années : les dinosaures

- 65 000 000 d’années : disparition des dinosaure

- 3 000 000 d’années : l’homo habilis (l‘hominidé tient un outil dans sa main pour travailler

- 100 000 d’années : l’homo sapiens (il enterre ses morts)

- 70 000 ans : Néolithique (« La guerre du Feu »…)

- 40 000 ans : la grotte de Lascaux

- 4 000 : les alignements de Carnac

- 3 761 : date présumée de la Création du monde selon les calculs fondés sur les données bibliques

- 2 200 ans : La pyramide de Chéops

- 800 : Bouddha

- 769 : Fondation de Rome

- 430 : apogée d’Athènes, construction du Parthenon sur l’Acropole

- 200 : La Grande Muraille de Chine

- 52 : Alésia

« 0 » : naissance de Jésus Christ (date conventionnelle compte tenu des incertitudes de comput)

1000 : an Mil

2006 : Ouverture du blog des chroniques de la Plume et du Rouleau (c’est important aussi)

Vous aurez observé au moins trois choses :D’abord que la présence de l’homme sur la Terre est un phénomène extrêmement récent et, à l’échelle de l’univers, largement anecdotique : un peu de modestie, donc…Ensuite qu’il a fallu longtemps pour passer de l’anthropopithèque qui s’est mis debout dans la savane (« Lucie ») à l’homme (vaguement) civilisé que nous sommes devenus : 3 millions d’années soit 1 500 fois le laps de temps qui nous sépare de Jésus ! Enfin que, à l’évidence, les données littérales bibliques ne correspondent pas du tout aux réalités archéologiques et scientifiques. Pendant deux jours, les géologues creusent le site de Durupinar. Ils dynamitentmême le sol à l'intérieur de la formation à l'allure de bateau. Mais l'équipe est déçue : elle ne trouve que de la terre et des rocs. De bois, aucun. Il faut se rendre à l’évidence qui corrobore les premières constatations : le site est uniquement le fruit d'un caprice de la nature, sans intervention humaine. C’est un site naturel. Curieux, certes, mais naturel...Inutile de dire que cette conclusion géologique n’a pas convaincu les forcenés les plus irréductibles qui, régulièrement, vont visiter ce site aisément accessible et qui voient dans l’étonnant vaisseau de pierre la véritable arche de Noé à jamais pétrifiée. Pour d’autres, la déception a été à la mesure de l’attente mais a bien vite laissé place, de nouveau, au fol espoir : si l’arche n’est pas là, c’est qu’elle est (forcément) ailleurs ! Et les expéditions reprennent : 1962, 1963, 1966, 1973, 1977 notamment, avec Ron Wyatt et David Fasold, deux protestants fondamentalistes américains qui tentent, sans convaincre personne, de mettre en avant des résultats positifs de recherche de métal sur le site…. Dans les années 1980, un astronaute américain, James B. Irwin, tente lui aussi l’aventure. Sans succès : « J’ai fait tout ce qui m’était possible mais l’arche continue à nous échapper » reconnaît-il piteusement… La quête de l’arche de Noé n’est pas sans péril : en 1990, l’australien Allen Roberts est même kidnappé quelque temps par la guérilla kurde ! Depuis lors, chaque année ou presque apporte son lot de marcheurs et de chercheurs qui reviennent invariablement bredouilles. Aux morceaux de bois parfois rapportés triomphalement et sans rapport avec les dimensions imposantes de l’Arche, le quotidien arménien Azg a trouvé une réponse globale : « L’arche de Noé n’est pas le seul bateau échoué sur Ararat (…) De nombreux pécheurs avaient aussi construit leurs propres embarcations en même temps que Noé, si bien que lors du Déluge, toute une flotte s’est échouée sur l’Ararat » ! (Azg, 6 août 2007). Il est en effet habituel que, à l’issue d’une tempête, tous les bateaux s’échouent à la même place, non ? (Sans même parler de la capacité de ces pauvres diables de pêcheurs à survivre 200 jours dans leur barcasse…) Devant ces échecs cent fois essuyés, et à partir des années 1990, de nouvelles technologies sont sollicitées : les satellites ! En 1995, l’armée américaine déclassifie une série de clichés initialement pris en 1949 et qui avaient révélé une « anomalie » située à l'extrémité nord-ouest du plateau occidental du mont Ararat, à 4 724 mètres d'altitude, à environ 2 kilomètres du sommet et au bord d’une pente très abrupte. En 2004, un riche homme d'affaires américain, Daniel McGivern acoquiné avec un professeur turc autrefois accusé de falsifications de photos, annonce alors avec force médiatisation une expédition coûteuse (900 000 dollars) afin d'établir la vérité sur l' « anomalie d'Ararat ».Il rassemble des images satellitaires spécialement réalisées mais ne reçoit finalement pas l’autorisation de la part des Turcs de gravir le sommet. Ses photos seront alors examinées par la CIA qui conclura prosaïquement à des « couches linéaires de glace recouvertes par de la glace et de la neige crûment, en tout cas : d’arche de Noé, point ! plus récemment accumulées ». Espérons toutefois que ces spécialistes américains n’étaient pas les mêmes qui jurèrent, en 2003, que le dictateur irakien Saddam Hussein fabriquaient des armes de destruction massives. Disons-le Redevenons sérieux. Place à l’érudition. La vraie.

A LA RECHERCHE DE L’EAU DU DELUGE…

Et commençons par une constatation basique : avant de chercher l’arche, préoccupons-nous du Déluge dont les traces, logiquement, devraient inscrites dans le sol. Quand le déluge a-t-il eu lieu ? Les exégètes juifs ont calculé, à rebours, le nombre des générations supposées entre David et Moïse pour arriver à une « fourchette ». Ramenée à l’aune du calendrier chrétien (pour que tout le monde comprennent), le Déluge aurait eu lieu entre 3 402 av. JC et 2 462 av. JC. Qu’en disent les archéologues et les géologues ? Rétablissons la chronologie, une fois de plus. La dernière des grandes glaciations a lieu il y a 100 000 ans et entraine une baisse du niveau des océans de l’ordre de 120 mètres. Par voie de conséquence, la Mer Noire, par exemple (nord de la Turquie) devient « endoréique » (= elle est alimentée par le Danube, le Don et le Dniepr et les eaux de pluie mais n’a pas d’écoulement extérieur, ses eaux s’évaporant simplement, comme la mer Caspienne actuelle). A l’époque, la Mer Noire ne communique plus avec l’actuelle Mer de Marmara dont elle est séparée par une langue de terre (un isthme) ni, bien sûr, avec la Mer Méditerranée. Le niveau de l’eau sur les rives de la Mer Noire est alors d’environ 100 mètres plus bas que celui d’aujourd’hui et, évidemment, les pêcheurs s’installent au plus près de l’eau. Environ 80 000 ans plus tard (c’est long !), le climat se réchauffe. Il y a donc 10 à 17 000 ans, les glaciers fondent, le niveau des mers et des lacs monte progressivement et oblige les civilisations établies sur les rives à s’installer plus haut. Le processus est lent. A la fin des années 1990, pourtant, des géologues américains (William Ryan et Walter Pitman) affirment que la région de la Mer Noire a été brutalement inondée il y a environ 7 500 ans. Cet évènement inopiné et inédit aurait, selon eux, fortement marqué les esprits des civilisations contemporaines et aurait contribué à forger le mythe du Déluge. Cette thèse n’a jamais fait l’objet d’un consensus de l’ensemble de la communauté scientifique internationale. Un universitaire français comme René Létolle, par exemple, a calculé que, même sur la base d’une débâcle des glaciers et d’une crue de fleuves telle que celle que l’on observe pour le Yukon (Canada) ou l’Indus (Inde), la montée des eaux aurait pris au moins vingt ans. Et « si cette hypothèse était confirmée, on devrait trouver des traces de telles crues postglaciaires, ce qui n’est pas le cas » dit-il (L’Histoire n° 251). Nous n’entrerons pas dans ce débat de spécialistes. L’essentiel est ailleurs. Depuis la fin du XIXème siècle, la recherche sur la bible a considérablement progressé du point de vue archéologique. Les « littéralistes », ceux qui tiennent la Bible pour un livre écrit d’un bout à l’autre dans un temps très court, sur l’inspiration de Dieu, et qu’il faut donc prendre au « pied de la lettre » sont de moins en moins nombreux et leur influence, réelle aux Etats-Unis, reste largement cantonnée à cette zone. Curieusement, ce sont des ecclésiastiques qui, parmi les premiers, se mettent à douter sérieusement de la Bible… ! Ainsi que le dit Luc Malterre (Les collections de L’Histoire – n°13), « c’est dans le catholicisme que naît l’exégèse critique moderne ». En 1890, Marie-Joseph Lagrage, un « dominicain » (l’ordre religieux de Saint Dominique est pourtant le plus « puriste » en matière de dogme chrétien) se rend à Jérusalem et y fonde un établissement d’enseignement qui prendra plus tard le nom d’« Ecole biblique de Jérusalem ». Son objectif : arpenter les lieux saints pour y retrouver les endroits où se sont déroulés les évènements mentionnés dans la Bible. Pourtant, rapidement, Lagrange déchante : il reconnaît que Moïse ne peut, par exemple, avoir objectivement vécu quarante ans avec quelques centaines ou milliers de personnes, femmes et enfants dans un désert où rien de pousse ! Alors ? Alors Lagrange propose une autre lecture, plus symbolique et moins littérale de la Bible : c’est un avant-gardiste. Trop. Bientôt taxé alors de « moderniste » par le pape Pie X en 1907, son ouvrage « commentaire sur la Genèse » est interdit de publication ! Mais en 1943, le pape Pie XII reconnait, dans son encyclique « Divino Afflante Spiritu » « la légitimité du discernement des genres littéraires dans l’Ecriture » : une position réaffirmée par le Concile de « Vatican II » (1962), lequel donne une impulsion décisive à la lecture non exclusivement littéral du texte biblique. Quant au père Lagrange, à l’heure où nous écrivons ces lignes, il fait l’objet d’un « procès en béatification » (= destiné à être admis au rang de « saint ») : une belle revanche... Ainsi, depuis 118 ans, l'École prestigieuse fondée par Lagrange mène à la fois des recherches archéologiques de haut niveau en Israël et dans les territoires et pays adjacents, et l'exégèse des textes bibliques avec pour objectif d’« Accepter que foi et raison débattent et s'éclairent mutuellement et de comprendre et faire comprendre la Bible, en étant attentif à son contexte, celui d’autrefois et celui d’aujourd’hui » (page d’accueil du site internet de l’école).

LA BIBLE, SYNTHESE DE MYTHES RELIGIEUX A DESTINATION DU PEUPLE JUIF

L’on sait désormais que la Bible est « un ensemble de livres composés, peu à peu, dans le milieu de la communauté juive, au cours du 1er millénaire avant l’ère chrétienne (…) On pense aujourd’hui que les éléments les plus anciens de la Bible peuvent remonter au IXème – VIIIème siècle av. JC. (…) L’époque de la domination perse sur le Moyen Orient, de 539 av. JC à 333 av. JC est un moment crucial dans l’histoire de la rédaction de la bible. C’est le moment où elle est rédigée comme un ensemble cohérent qui répond à une nécessité historique précise : trouver une forme d’identité aux Juifs pour que ceux-ci ne se dissolvent pas dans la masse des sujets de l’immense empire perse. Au peuple d’Israël, la Bible donne une histoire commune construite sur un schéma sans cesse renouvelé : le peuple se montre infidèle à Dieu qui lui envoie un oppresseur, puis Dieu lui pardonne et lui envoie un sauveur. » (François Briquel-Chatonnet, Les collections de L’Histoire n°13). La Bible est donc, pour les Juifs de l’empire perse, le moyen de ne pas se faire assimiler. S’adressant aux peuples du Proche Orient, la Bible s’approprie notamment des récits (le mythe d’un déluge et d’un navire salvateur) qui peuplent déjà tout un fonds mythologique préexistant. Ainsi en est-il de l’« épopée d’Atrahasis » écrite en akkadien (la langue de l’ancienne Babylone vers 1640 av. JC) où le dieu Enki demande au héros Atrahasis de démanteler sa maison pour construire un bateau en roseau afin d’échapper au déluge qu’un autre dieu, Enlil, va envoyer pour éradiquer l’humanité. Ainsi en est-il également de la « légende de Zizudra », écrite à la même époque mais en sumérien. Ainsi en est-il encore de la légende de Gilgamesh (roi d’Uruk) qui date de 2000 av. JC mais à laquelle on incorpore un épisode « diluvien » vers 1300 av. JC…Et ce récit de la survenance d’un déluge et la construction d’un bateau par un héros central va se décliner progressivement dans l’ensemble des cultures de l’humanité tout entière : on retrouve ainsi un récit de déluge dans la mythologie grecque (dont le « Noé » s’appelle Deucalion), en Inde (où il s’appelle « Manu ») ou même en Amérique du Sud. Partout, dans toutes les civilisations, la force symbolique de ce récit et sa violence frappent les imaginations : Dieu est en colère, il massacre ses propres créatures en n’accordant que parcimonieusement son pardon à quelques rares élu(e)s. Son pittoresque, aussi, frappe les imaginations : un bateau énorme, des animaux qui y rentrent deux par deux, des pluies torrentielles, un oiseau lâché et qui ne revient pas (signe qu’il a trouvé une terre où se poser)…Que faut-il en conclure ? Que, pour s’établir, une société a besoin de mythes fondateurs : des légendes merveilleuses, des actes héroïques, des batailles, des couronnements, des révolutions, des martyrs, du sang, des larmes, des drames … A cet égard, toutes les religions prennent part à cette entreprise de fondation en fournissant aux sociétés auxquelles elles sont attachés ce type d’évènements et la Bible, de par ses épisodes particulièrement romanesques, offre une mine inépuisable d’évènements édificateurs pour les croyants. Elle répond ainsi aux besoins de l’âme humaine qui, pour échapper à la tristesse matérielle du quotidien, à l’incompréhension née des malheurs et des circonstances accablantes, réclame, pour pouvoir survivre, du merveilleux, du surnaturel, des apparitions, des anges, des transformations, des miracles…. De l’espérance, quoi. Le Déluge et l’arche de Noé constituent l’un de ces mythes, et probablement celui le plus connu de l’ouvrage lui-même le plus connu de l’histoire de l’humanité. Mais en chercher la trace matérielle et tangible serait comme tenter de retrouver un poil de la barbe de Charlemagne ou un fil de la culotte du roi Dagobert…Car nous savons, ainsi que nous l’explique Antoine de Saint-Exupéry dans son livre « Le petit prince » : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».

La Plume et le Rouleau © 2008 Tous droits réservés

Source : http://laplumeetlerouleau.over-blog.com/article-16376821.html

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De Tubalcaïn à Phaleg

20 Mai 2012 , Rédigé par D Sappia APRT Publié dans #fondements bibliques de la FM

Tous les rites maçonniques, possèdent comme mot de passe, TUBALCAIN, soit au premier grade pour les rites modernes soit au troisième grade pour les les rites anciens.

Il existe cependant une exception, à cette règle, elle concerne, le Rite Ecossais Rectifié, qui pour les raisons développées ci-dessous, va remplacer au premier grade, le mot Tubalcaïn par Phaleg.

"Nous sommes, tard dans la nuit, le Mardi 5 Avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz et deux de ses proches, reçoivent une bien étrange visite assortie d'une bien étrange révélation, qui encore aujourd'hui marque le Régime Ecossais Rectifié.
En effet, un messager, Pierre-Paul-Alexandre de Monspey se présente à eux. C'est un frère, membre de la Loge La Bienfaisance qui apporte à Willermoz onze cahiers rédigés par sa sœur Marie-Louise de Monspey dite Madame de Vallière, qui sous l'emprise d'une force extranaturelle et sous l'emprise de ce qu'elle appelle des "batteries", sortes de coups qu'elle reçoit dans son corps, écrit ce qu'un être supérieur lui fait écrire.

Ces cahiers sont destinés à Willermoz lui-même, qui dans un premier temps est surpris, mais qui très vite eu égard à la foi qui est la sienne, eu égard à ses croyances et aux pratiques qui lui ont été enseignées par Martines de Pasqually ne peut douter de la véracité de ce miracle, qui de plus tombe bien, dans un contexte où en 1785 son système maçonnique est encore loin d'être stable...
Dans ces cahiers on trouve entre autres choses une demande consistant à substituer le mot de passe du 1er grade à savoir Tubalcaïn !
Que nous dit "l'Agent Inconnu" sur Tubalcaïn ?

Tubalcaïn est placé sur le même niveau qu'Adam en ce qui concerne la chute et la perversion de l'homme. Il est qualifié d' "agent diabolique" et portant les "vices charnels», "c'est un nom d'abomination", car Tubalcaïn est "coupable des plus honteuses prévarications", qu'il n'apprit l'art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques.

Ainsi ce nom, devait être supprimé au profit de Phaleg, fondateur des Loges et donc de la Maçonnerie.

Le 5 Mai 1785, Jean-Baptiste Willermoz remplace Tubalcaïn par Phaleg, sur décision de la Régence Ecossaise de Lyon et par Arrêté du Directoire d'Auvergne.
Arguant que la décision avait été prise à Wilhemsbad, et donc le dimanche 5 mai 1785 le Directoire Provincial d'Auvergne avec à sa tête le Chevalier Gaspard de Savaron officialise la décision.

 

Ecoutons Willermoz:
« C'est que Tubalcain qui fut fils de Lamech le Bigame et de Stella fut le premier qui ait connu l'art de travailler avec le marteau et fut habile en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer, c'est pourquoi il est appelé l'inventeur, le Père de l'art de travailler les métaux... Mais on n'a pas remarqué que c'est une contradiction de donner à l'apprenti ce mot de ralliement après lui avoir fait quitter tous ses métaux qui sont l'emblème des Vices. En effet d'un côté on lui apprend que ce n'est point sur les métaux que le vrai maçon doit travailler ; et de l'autre on le met dans le cas de croire que Tubalcain le père et l'inventeur du travail sur les métaux serait le premier instituteur de la maçonnerie élevée.

 

Si Tubalcain fut le fondateur d'une initiation quelconque, on voit quel devrait être l'objet, et le but par ce qu'en dit l'Ecriture, et dans ce siècle où tant de maçons s'occupent de l'Alchimie, un Régime qui en connaît les dangers ne doit pas conserver un nom qui ne s'est perpétué que par l'ignorance, ou le défaut de plusieurs qui n'ont pas aperçu ce rapport et cette inconséquence, et sont encore par là liés à ceux qui s'occuperaient à imiter Tubalcain qui le premier a touché les métaux.

 

Si de cette observation on pousse à l'examen du temps, auquel vécut Tubalcain, on voit que c'est avant le Déluge, fléau par lequel Dieu voulut effacer de dessus la terre les ouvrages des hommes. Tout ce qui remonte à cette époque ne doit pas paraître pur, et l'on doit craindre de tenir à quelques-uns de ceux qui ont attiré la colère de Dieu sur les hommes. Si l'initiation de Tubalcain s'est propagée, elle est impure, et il paraîtra important de rompre tous les rapports avec lui, puisqu'on fait quitter aux maçons tous les métaux, emblème vrai et retenu de tous les régimes, comme pour les séparer...
C'est donc après le Déluge au temps de la confusion des langues qu'on trouve la raison de la fondation d'une initiation secrète qui a dû se perpétuer et qui est l'objet de la recherche des maçons. Une étude de la vérité faite dans des intentions pures a conduit à apprendre que c'est dans les documents de Sem qu'il faut chercher la fondation de la vraie initiation.
Sem fut béni par Noé et l'on est fondé à croire que Phaleg, fils d'Heber et descendant de Sem, qui fut père de Tous les enfants de Geber, est le fondateur de la seule vraie initiation et ce motif parait déterminant pour substituer au nom de Tubalcain, celui de Phaleg.
Cham, maudit par Noé, aura eu son initiation : tout l'atteste, et que son mot de ralliement ait été Tubalcain. Il est l'emblème des vices, et il convient aux enfants de Chanaan qui l'auront transmis ; mais on doit se rappeler qu'il est dit :
Que Chanaan soit maudit,
Qu'il soit à l'égard de ses frères l'esclave des esclaves
Jaloux de descendre de Sem les vrais maçons doivent s'empresser de se séparer à jamais des enfants de Chanaan... »

 

Nous pourrions donc arrêter notre travail historico-symbolique, tellement tout est dit.... Mais continuons un peu, et notamment avec la lecture du compte rendu du Directoire qui arrête « unanimement, définitivement et pour toujours :
Que le nom de Tubalcain serait supprimé et remplacé par celui de Phaleg dont on donnerait l'explication vraie à l'apprenti, que ce changement aurait lieu pour la première assemblée de la Loge de la Bienfaisance et le plus tôt possible dans celle du district.
Qu'à l'avenir il ne sera plus demandé ce mot de passe aux FF visiteurs, parce qu'on ne pourrait pas sans inconséquences les recevoir en donnant un mot proscrit. On se contentera des mots du Grand Orient de France plus secrets que celui de Tubalcain, en usant de tous les ménagements et remplissant les égards que la fraternité commande, ils se retireront et useront en tout de toutes les précautions que la prudence leur suggérera pour ne point blesser les Loge, qui ne verraient pas le même danger à conserver ce mot proscrit parmi les frères du district.

 

Afin que les Loges constituées par le Directoire n'en prétendent cause d'ignorance et ayant à s'y conformer, expédition en forme sera envoyée à chacune d'elles, les invitant à ne point s'écarter sous quelque prétexte que ce puisse être de cet arrêté fait en connaissance de cause, comme aussi à déclarer dans un court délai si elles ont mis en exécution le changement dont il s'agit."

 

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le nombre 10

6 Octobre 2005 , Rédigé par Steve DEROSIER Publié dans #symbolisme

Pour Pythagore, 10 était le symbole de l'univers et il exprimait également l'ensemble des connaissances humaines.

Somme de 5 + 5, le nombre 10 représente les deux sens de courant contraire de la conscience: celle en involution et celle en évolution.

Selon H.‑P. Blavatsky, le 1 suivit du 0 indique la colonne et le cercle, c'est‑à‑dire le principe mâle et femelle, et ce symbole se rapporterait à la nature Androgyne et aussi à celle de Jéhovah, qui est à la fois mâle et femelle.

Le zéro en forme de cercle est un symbole d'unité, complétant ainsi la signification du chiffre 1 pour montrer que le nombre 10 renferme tous les nombres précédents comme un tout contient ses parties.

Représente le premier couple, le mariage: 1 = l'homme, 0 l'oeuf fécondé par le 1. Le dix donne l'image d'une régression spirituelle puisque le mariage est une conséquence de la chute de l'homme.

Le nombre dix est considéré comme le plus parfait des nombres, parce qu'il contient l'Unité qui a tout fait, et le zéro, symbole de la matière et du Chaos, duquel tout est sorti; il comprend donc dans sa figure le créé et l'incréé, le commencement et la fin, la puissance et la force, la vie et le néant.

Il représente la rectitude dans la foi parce que c'est le premier nombre "en extension" - de deux chiffres -, de même que cent et mille, explique Hugues de Saint-Victor.

Pour Agrippa, "dix est appelé le nombre de tout ou universel, et le nombre complet marquant le plein cours de la vie, car l'on ne compte plus depuis ce nombre que par réplique, et il implique en soi tous les nombres, ou il les explique par les siens en les multipliant. (...) Ce nombre est circulaire, de même que l'unité, parce qu'étant accumulé il revient à l'unité d'où il sort; et il est la fin et le complément de tous les nombres et le principe des dizaines." Il lui attribue aussi un sens de la totalité, de l'achèvement, celui du retour à l'unité après le développement du cycle des neuf premiers nombres: "De même que le dixième nombre reflue sur l'unité d'où il a tiré son origine ainsi tout flux retourne à ce qui lui a donné le principe de son affluence: ainsi l'eau court à la mer, d'où elle sort, le corps à la terre d'où il est tiré, le temps à l'éternité d'où il découle, l'esprit à Dieu qui l'a fait, et toute créature s'en va au néant dont elle a été créée."

Représente la révélation et la Loi Divine.

Les Hindous lui confèrent un pouvoir magique.

Dans la maçonnerie, le 10 signifie l'union ainsi qu'une bonne volonté exprimée en se joignant les mains.

Chez les Mayas, il représente la fin d'un cycle et le début d'un autre. Le dix était considéré comme étant le chiffre de la vie et de la mort.

En Chine, la croix représente le chiffre 10 - comme la totalité des nombres.

Bible

L'Esprit Saint descendit sur les apôtres dix jours après l'Ascension de Jésus.

Les dix lépreux guéris par Jésus. (Lc 17,11)

Les dix mines à faire valoir par chacun des dix serviteurs de la parabole. (Lc 19,13)

Les dix personnes ressuscitées dans la Bible:

Le fils d'une veuve (1 R 17,17-24)

Le fils de la femme Sunamite (2 R 4,32-37)

L'homme qui toucha les os d'Elisée (2 R 13,20-21)

Le fils d'une veuve (Lc 7,11-15)

La fille de Jaïrus (Lc 8,41-42 et 49-55)

Lazare (Jn 11,1-44)

Les saints morts avant Jésus (Mt 27,52-53)

Jésus (Mt 28,1-8)

Tabitha (Ac 9,36-43)

Eutychus (Ac 20,9-10)

Les dix cornes de la Bête de l'Apocalypse avec les dix diadèmes sur chacune des cornes. (Ap 13,1)

Les dix puissances impuissantes contre l'amour de Dieu. (Rm 8,38)

Les dix vices qui excluent du royaume de Dieu. (1 Co 6,10)

Les dix peuples dont l'hostilité envers Israël fut constante. (Ps 83,7‑9)

Booz prit dix témoins pour épouser Ruth. (Rt 4,2)

Dieu fit reculer l'ombre sur le cadran solaire d'Acaz de dix degrés comme signe qu'Il allait délivrer Ezékias de sa maladie mortelle et la ville où il était. (Is 38,1‑8) [15]

Les dix plaies d'Égypte envoyées par Dieu par l'intermédiaire de Moïse, selon la Bible: l'eau changée en sang, les grenouilles, les moucherons, les grosses mouches, la peste chez les animaux, l'épidémie d'ulcères et de tumeurs, la grêle et le tonnerre, les sauterelles, les ténèbres de trois jours, enfin la mort des premiers‑nés de chaque famille égyptienne. (Ex 7‑11) [5]

Les dix commandements de Dieu donnés à Moïse. (Ex 20,1) [12]

Les dix générations d'Adam jusqu'à Noé. (Gn 5)

L'homme est la dixième hiérarchie du "choeur céleste" qui remplacera, après le jugement dernier, celui des anges rebelles. [9]

Dans les révélations de J.N.S.R., Jésus énumère les dix Attributs qui forment le Caractère Saint de Dieu dont dépend l'Harmonie de tout l'Univers:

Dieu est Souverain

Dieu est d'une moralité parfaite

Dieu est Juste

Dieu est Amour

Dieu est Vie Éternelle

Dieu est Omniscient, possédant toutes les Connaissances

Dieu est Omniprésent, infiniment partout Présent

Dieu est Omnipotent, tout-Puissant

Dieu est Immuable, sans jamais de changement dans la Nature de Dieu ou dans Ses Attributs 10. Dieu est Vérité Dans un autre passage, Il mentionne:

Je Suis Dieu, Souverain.

Je Suis Dieu, Sauveur.

Je Suis Dieu, d'une moralité Parfaite.

Je Suis Dieu, Amour Miséricordieux.

Je Suis Dieu, Vie Eternelle.

Je Suis Dieu, Vérité.

Je Suis Dieu, Omniscient, possédant toutes les connaissances.

Je Suis Dieu, Omnipotent, Tout-Puissant.

Je Suis Dieu, Immuable: jamais de changement dans Ma Nature et Mes Attributs.

Je Suis Dieu, Juste.

Dieu doit faire en sorte qu'aucun de Ses Attributs ne soit contrarié au profit d'un autre.

La Genèse est composée de dix chapitres traitant de l'histoire du monde selon Darry: "Trois traitent de la création et de la vie d'Adam au Paradis Terrestre. Ils correspondent au monde kabbalistique de l'émanation. Trois traitent de la descendance d'Adam et des préparatifs du déluge. Ils correspondent au monde kabbalistique de la création. Trois traitent du déluge et de ses conséquences immédiates. Ils correspondent au monde kabbalistique de la formation. Le dixième en établissant la descendance de Noé nous informe de la réalisation d'une humanité désormais conforme aux desseins de Dieu."

Dans sa lettre à Marcella, Saint‑Jérôme mentionne dix noms divins qu'il repéra dans la Bible hébraïque. Les voici tels que les donne la Patrologie Latine (Paris, Migne, 1842, tome 22, col. 428‑429): EL; Eloim; Eloe; Sabaoth; Elion; Eser Ieje; Adonaï; Ia; (le Tétragramme) Yod, Hé, Waw, Hé; et Saddaï.

Selon les révélations reçues par Mary Jane Even, la Vierge Marie aurait ressenti une très grande douleur en son Âme après la mise à mort de son Fils avant que ne survienne sa Résurrection. Ces jours sombres furent si écrasants pour Elle qu'Elle semblait mourir de chagrin. A cause de Ses prières et de Sa souffrance qui aurait dépassé toute capacité humaine, Jésus aurait devancé de dix heures Sa Résurrection en réponse à Ses supplications.

Les dix jours pendant lesquels est ouvert le Livre de la vie, selon la tradition judaïque, entre le Roshashana et le Yom Kippour.

Les dix personnes nécessaires pour ouvrir une Synagogue, dans la religion juive.

Selon les récits de Maria Valtorta, dix chevaliers romains escortent Jésus lors du portement de sa croix jusqu'au Golgotha. [111]

Chaque année, dans le Temple de Jérusalem, durant l'office des Expiations, ou Kippour ‑ la plus solennelle des fêtes juives ‑ le grand prêtre prononçait à haute voix clairement et distinctement dix fois le Nom de Dieu, c'est‑à‑dire le Tétragramme YHWH.

C'est le nombre d'âmes que possèdent les hommes selon la tradition chinoise: 3 âmes supérieures, les houen, 7 âmes inférieures, les p'o. [1, 3, 7]

Les dix esprits du mal selon la Kabbale.

Le monde a été créé par dix paroles, dit le Zohar. [8]

La tradition kabbaliste révèle 10 noms de Dieu. Certains sont plus usités et plus connus que d'autres. Ces noms correspondent chacun à une séphirah particulière. Ces noms sont: Yhwh, Adny, Yah, El, Éloha, Élohim, Ehyeh, Chaddaï, El Chaddaï et Tsevaot.

Les anciens Égyptiens jeûnaient avant d'offrir un sacrifice et se conformaient à une discipline sévère pendant 10 jours.

Parmi les vers du Faust de Goethe, on retourve: Si neuf est un Dix n'est aucun Voilà tout le mystère

Les dix degrés dans la mystique juive, selon le Talmud, nécessaires pour atteindre la gloire divine, Schechimah.

La Dîme ou versement d'un dixième serait originellement une expression de droit divin.

Les dix Sibylles, ou Prophétesses, inspirées par Apollon, annonçant souvent des malheurs, sous une forme obscure.

Les Chaldéens plaçaient dix rois avant leur fameux déluge de Xisuthrus, qui terminait l'année, comme les Juifs plaçaient dix patriarches avant celui de Noé et dix autres de Noé à Abraham.

Les dix "Seigneurs d'existence", Pradjapati, que Brahma créa à l'origine comme forces créatrices secondaires.

Anciennement, l'année romaine n'avait que dix mois, commençant à mars et finissant à décembre. Les Romains divisaient ces mois lunaires en trois parties qu'ils appelaient calendes, nones et ides.

Chez les Indiens, les dix avatars ou incarnations de Wischnou représentaient les dix mois de l'année primitive pendant chacun desquels le dieu s'incarnait dans une nouvelle constellation, ce qui fait dire par certains auteurs que peut‑être les premiers zodiaques n'avaient que dix signes au lieu de douze. Wischnou, surnommé Narayane ou le dieu qui marche sur les eaux, est le verbe de Brahma. Dans sa première incarnation il pris la forme d'un énorme poisson et la seconde fois, il se changea en tortue. À la troisième incarnation, il pris la forme d'un sanglier; à la quatrième, celle d'un homme‑lion; à la cinquième, il prend la forme du nain Trivicrama; à la sixième, il s'incarne dans la personne de Rama; à la septième, il s'appelle Parasurame, ou le Grand‑Rama; à la huitième incarnation, il est Krisna; et la neuvième incarnation de Wischnou est celle de Bouddha. La dixième incarnation de Wischnou aura lieu à la fin du monde, quand la divinité entière descendra vengeresse et consommatrice. Après quoi, les justes seront emportés dans les demeures des bienheureux où ils recevront leur récompense. [63, 100, 5000]

Les dix règles de sagesse que Krichna reçut dans son supplice.

Les dix devoirs moraux du Code de Manou qui sont: la résignation, l'action de rendre le bien pour le mal, la tempérance, la probité, la pureté, la répression des sens, la connaissance des sastras, la connaissance de l'âme suprême, la véracité, l'abstinence de la colère. Le Code de Manou mentionne également les dix devoirs des religieux qui comprennent les cinq voeux laïques, les trois voeux spéciaux et deux voeux purement religieux. Les prêtres devaient s'abstenir: de s'enivrer, d'être impudiques, de voler, de tuer, de mentir, de manger trop, d'assister à des spectacles ‑ danses, théâtres ‑, de porter des ornements ou des parfums, d'user un lit, de recevoir de l'argent. Les dix semaines racontant l'histoire du monde que l'on retrouve dans l'Apocalypse des semaines de la Lettre d'Hénoch, connue aussi sous le nom de Livre de l'exhortation, des écrits de la bibliothèque de Qumrân.

Les dix séphiroths de l'Arbre séphirotique de la Kabbale qui sont considérés comme étant des attributs divins, comme l'indique leurs noms:

1. Kéther Couronne

2. Chokmah Sagesse

3. Binak Intelligence

4. Chesed Grâce, Grandeur ou Clémence

5. Geburah Justice, Force ou Rigueur

6. Tiphéreth Beauté ou Époux

7. Netzah Triomphe ou Victoire

8. Hod Gloire ou Splendeur

9. Jesod Fondement ou Base

10. Malchut Épouse, Royauté, Royaume ou Règne

 

 

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Théisme et Déisme

22 Juin 2012 , Rédigé par GLNF Publié dans #spiritualité

Pour bien comprendre et pouvoir se situer clairement dans une démarche métaphysique et spirituelle cohérente, il y a lieu de bien intégrer deux définitions de mots-clés essentiels qui vont parfois jusqu'à s'opposer au XVIIIe siècle, et qui, dans tous les cas recouvrent des concepts très différents, d'où découle une démarche différente. Elle reflète exactement la pensée des auteurs et de leurs oeuvres. Seule l'étude détaillée, en confrontant ces pensées et celle de la démarche de l'Ecole de Spiritualité que constitue la Franc-Maçonnerie de Tradition est en mesure de dégager les convergences et les divergences fondamentales entre les différents concepts que sous-tendent les positions du Déisme et du Théisme.

LE THEISME
C'est la "Doctrine qui admet l'existence personnelle d'un Dieu et son action providentielle dans le monde".

Le Théisme implique :
Que Dieu est l'a... tre en soi.
Que Dieu est le Tout Autre.
La Transcendance et l'Immanence.
La Révélation (par les Ecritures et par la Nature).
L'Alliance de Dieu avec les Hommes (Noé).
La relation personnelle et intime de l'Homme avec son Créateur.
L'Amour de Dieu pour l'Homme et de l'Homme pour Dieu.
Le désir de faire librement la Volonté de Dieu en réalisant son Plan Divin sur Terre.
Que l'Homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu.
Que l'Homme n'a pas sa fin en lui-même, mais par Révélation divine.
Que l'usage de la Raison par l'Homme pour connaître Dieu à partir des Créatures et de la Création est légitime mais insuffisante.
Que la Tradition se fonde sur la Révélation.

Ainsi, le Théisme sert de référence originelle à notre Ecole de Spiritualité. Celle-ci considère que notre perfectionnement personnel n'est pas une fin en soi, mais une préparation à l'aide de l'autre, et à la participation libre, volontaire et consciente, à parfaire la Création selon le Plan Divin.
L'image est voilée et non détruite et la ressemblance est détruite du fait de la Chute originelle. Le processus consiste à retrouver la ressemblance et à dévoiler l'image.

LE DEISME
C'est le "Système de ceux qui, rejetant toute révélation, croient seulement à l'existence de Dieu et à la religion naturelle". Dans le Déisme, Dieu est un concept qui répond à des formes académiques dont on se contente de reconnaître l'existence en tant qu'être suprême, mais sans révélation.

Dans ce contexte, Dieu est :
Neutre.
Indifférent.
Etre pur ou Pensée pure.
Replié sur lui-même.
Sans relation avec l'Homme, l'Univers de l'Homme et sa Création. Il est Eternel, et Immuable, excluant tout rapport avec le changement et le devenir.

Il y a continuité d'essence entre Dieu et l'Univers. C'est un Dieu ordonné à lui-même, et qui n'intervient pas dans le Monde. C'est une abstraction, un principe philosophique.
Le Déisme revendique le statut de "Religion Naturelle dans les limites de la Raison".
Ce sera, au XVIIIe siècle, la Philosophie des "Lumières". Dans le Déisme, pas de dialogue entre Dieu et l'Homme, ni entre l'Homme et Dieu (parce que Dieu est un Principe et que l'on ne dialogue pas avec un Principe abstrait). D'où l'individualisme de l'Homme par rapport à Dieu Créateur.

Le Déisme génère :
Le relativisme.
Le syncrétisme.
l'indifférentisme.
l'agnosticisme (qui considère que Dieu ne peut pas être connu).

Le Déisme sert de référence à des Ecoles de Pensée qui considèrent que la Pensée seule est divine, et que le perfectionnement de l'Homme et de la Nature ne peut aboutir à son total accomplissement qu'au moyen de la seule Raison Humaine.

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