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L'Alchimie : de l’art de la Transmutation

17 Janvier 2013 , Rédigé par Jean-Marie Pierret Publié dans #Alchimie

Alchimie résonne encore sous un voile de mystères et de questionnements. Aujourd’hui, ce mot ancien, dont l’origine viendrait de l’arabe (al-kymia), peut apparaître comme une sorte de quête perdue dans les plis d’un passé révolu. Cependant, elle est toujours là, présente et vivante dans le cœur de certains « amoureux de la nature ». Présentation par l’un d’eux : le peintre Jean-Marie Pierret, surtout connu pour ses peintures monumentales (Le Géant sur le barrage hydraulique de Tignes et le Verseau sur le site nucléaire de Cruas) alors que son approche de la Tradition et de l’Alchimie nourrit tout son art.

L’Alchimie occupe une place importante au sein des traditions, par sa doctrine, son symbolisme, ainsi que par le cheminement initiatique auquel le cherchant est invité. L’alchimie est donc une voie spirituelle, d’éveil, et de transformation qui obéit aux lois naturelles ainsi qu’à une doctrine particulière, liée à l’Art de la Transmutation : « L’art qui imite la nature dans ses principes » (Claude d’Ygé)

Nature et Alchimie

Le Moyen-Âge portait déjà les signatures d’une science obscure et étrange, celle de la magie du feu, celle des faiseurs d’or, connue sous le nom d’alchimie. On retrouve un peu partout sur les façades de cette époque, des sculptures taillées en ronde-bosse ou en bas-relief dans la pierre et le bois. Dragons, chimères et grimaçants, apparaissent comme les lettrines d’un grand livre ouvert sur un monde imaginaire, dont chaque page est un instant partagé avec le passant. De façon étonnante, ces sculptures habilement travaillées témoignent de l’art hermétique, de cet art occulte tout en décorant le cœur des cités, où évoluent des sociétés sous le rayonnement d’une église et de son pouvoir.

À la lumière de la renaissance, il se produit quelque chose dans les consciences qui va bouleverser le monde. On pense que pour se rapprocher du Créateur, il faut connaître sa création : la nature.

Elle devient le sujet fondamental de toutes les recherches, de toutes les avancées et cette nouvelle manière d’appréhender la vie, la met au centre de tous les intérêts et questionnements. Son étude entraîne de grands changements et désormais tout bascule sur cette terre qui tourne sur elle-même, car la nature devient le miroir où se concentrent toutes les réflexions.

Dans ce besoin de connaissances nouvelles, on retrouve la culture, les mythes et les traditions de la Rome antique, de l’ancienne Grèce et même de l’Égypte lointaine. Dès lors, mathématiciens, architectes, artistes et intellectuels prennent part à ce grand mouvement dont ils sont les acteurs. Ils s’inspirent des anciens et reconsidèrent la nature. C’est elle qui détient les arcanes, c’est elle qu’il faut interroger et connaître.

Elle ne cessera de questionner chercheurs, scientifiques et savants.

Dans ce grand bouillonnement de culture et d’idées, le symbolisme place l’homme au centre de cette nature qui est représentée, organisée et classifiée sous la forme de cercles concentriques. L’homme est au centre de ce schéma. Il est debout, environné des trois règnes, minéral, végétal et animal, ainsi que des quatre éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu. Cette composition représentant le monde terrestre s’élargit en d’autres cercles, qui symbolisent le monde céleste avec ses planètes, son zodiaque et ses étoiles.

Mais ce concept, cette représentation symbolique ou plutôt ce moyen mnémotechnique sera vite dépassé par les découvertes qui vont suivre. Dans cet étonnant bouleversement, des pouvoirs s’affrontent, l’Église se déchire à nouveau et l’oraison laisse peu à peu sa place à la raison. Au milieu de cette civilisation qui se reforge, l’alchimie qui a gardé son mystère, réapparaît plus forte et s’étend par delà les confessions dans toute l’Europe.

Pour le commun, l’alchimie consiste à transformer le plomb en or

Cette transformation ou transmutation s’opère grâce à la fabrication et l’obtention d’une pierre mystérieuse, aux dons multiples, connue sous le nom de « pierre philosophale ». De cette vision réductrice, on peut retenir deux choses essentielles et fondamentales :

La première, c’est le passage d’un état métallique à un autre, du plomb en or, soit d’une chose vile et grossière à une chose pure et étincelante. La seconde, qui est au cœur de cette vieille science, c’est la pierre. Elle retient toutes les attentions et les actions de l’alchimiste.

Aujourd’hui, cette idée de transmutation peut prêter à sourire et apparaître comme un ancien rêve dans lequel bon nombre se sont perdus en nourrissant chimères et illusions. Mais l’alchimie, cette science hermétique n’en demeure pas moins debout. Elle est toujours présente avec ses mystères et son ésotérisme.

Elle apporte, semble-t-il, une clef d’une « simplicité enfantine » pour développer cette notion de transmutation et donner (depuis de nombreux siècles) une solution qui se trouve dans la fabrication d’une pierre. Alors, cette pierre devient le sujet unique, comme une sorte d’élément médium, indispensable placé entre l’alchimiste et les « métaux ».

Elle est l’actrice principale de ce théâtre hermétique mis en scène par l’œuvrant qui opère selon les lois de la nature, tout en s’appuyant sur l’étude et la connaissance de textes hermétiques et d’un ésotérisme particulier. De ce fait, la pierre est intimement liée à l’aventure et l’évolution spirituelle du cherchant. Elle sera désignée comme « pierre des philosophes » tout au long de cet « opéra » laborieux et prendra le qualificatif de « philosophale » à son obtention.

C’est donc elle, la clef de toute réussite qu’il faut posséder pour entrer dans l’adeptat des alchimistes.En approchant la nature et la conception de la pierre, on découvre deux espaces fondamentaux, sortes de décors intimes dans lesquels évolue l’alchimiste : l’oratoire et le laboratoire.

L’Oratoire

Solve et coagula

On peut définir l’oratoire comme un lieu d’études, protégé par un voile de silence où l’artiste s’exerce à la méditation et à la réflexion afin d’obtenir la lumière nécessaire qui lui permettra d’ouvrir des textes hermétiques et une juste interprétation des symboles. C’est là que s’opèrent des transformations intérieures qui éclairent le cherchant en réponse à ses prières. C’est là qu’il comprend que pierre et prière sont deux mots, deux états, inséparables et intimement liés comme les deux serpents sur la verge de Mercure.

C’est là enfin qu’il accède à la claire lecture de ces textes étranges tenus fermés. « L’alchimie n’est obscure que parce qu’elle est cachée. » (Fulcanelli)

Mais L’oratoire ne se limite pas aux murs d’une pièce dans laquelle le cherchant s’instruit de lectures et d’études. Il peut se prolonger dans des lieux extérieurs particuliers et choisis, où la nature parfois l’interpelle. Cela peut être la forme d’un rocher, le frisson d’une source ou tous autres endroits dans lesquels le cherchant trouve un certain écho qui le lie aux forces naturelles. C’est par ce travail d’observation et de méditation que l’oeuvrant s’ouvre aux signatures et aux correspondances naturelles.

C’est dans ces lieux qu’il tisse le lien nécessaire, sorte de fil d’Ariane, qui le guidera dans les dédales labyrinthiques de cette philosophie hermétique. C’est là, dans l’oratoire, qu’il développera ses qualités intuitives, tout en cultivant son jardin intérieur et spirituel. C’est là enfin qu’il s’ouvrira à la compréhension d’une autre forme de langage, une certaine cabale, « la langue des oiseaux ».

À ce moment précis, l’alchimiste habile et éclairé trouve dans la plus grande joie, le vase nécessaire pour ses futures opérations.

Pour certains, ces textes obscurs sont des sortes de recettes décrivant une popote chimique, qui, bien préparée, doit les conduire jusqu’à la pierre tant désirée. Ils se contentent d’en extraire un ou deux jeux de mots pour satisfaire au seul plaisir du mental. Mais l’affaire est plus complexe, car il ne s’agit pas seulement de jeux de l’esprit, mais plutôt de l’Esprit qui se plait à révéler au cherchant un monde caché, un monde abstrait.

Nous sommes dans la révélation d’un ésotérisme complexe qui demande à l’étudiant une longue préparation pour accéder à ce langage du silence et une grande concentration pour ne pas être perturbé par l’émotion qui en découle. « L’oratoire de l’alchimiste est un laboratoire à produire de l’invisible aux sens externes ». Henri Corbin.

Le laboratoire

Transmutation

Au-delà de l’image du vieil alchimiste entouré de ballons, de cornues et attentif au feu qui rougeoie dans son fourneau, le laboratoire est un prolongement de l’oratoire. C’est le lieu où se déroulent les expériences, les applications et les transformations de la matière. C’est ici que la pierre va trouver son existence et subir toutes sortes d’évolutions voulues et dirigées par l’œuvrant. Elle connaitra la noirceur de la séparation et de la mort pour renaître de nouveau recomposée et purifiée dans une blancheur volatile avant de s’empourprer dans la chaleur du vaisseau.

Au laboratoire, l’élément central du décor est le feu.

Des flammes s’entremêlent dans un ballet animé par le soufflet, des braises incandescentes se reposent dans une vibration brûlante, le feu exerce toujours la même attraction par le spectacle immuable qu’il nous offre.

C’est le plus vieux compagnon de l’homme, celui qui fut tant recherché, maitrisé et enfin entretenu. Sous le regard du forgeron, maître du feu et des alliages, une journée s’achève et la forge où se développait une métallurgie hésitante prête ses flancs encore chauds pour la cuisson des aliments. Elle était placée au centre de la vie et participait à l’évolution de tout un monde.

C’est sans doute autour de cette forge que l’alchimie est née. Dans les crépitements du feu et les cliquetis métalliques, quelqu’un a connu le mystère, a eu l’étincelle, l’intuition, la révélation d’une chose que la nature cache soigneusement et qui s’est peu à peu révélée à lui.

Dès cet instant l’observateur attentif et éclairé par la foi lui a donné le nom de « feu secret ». Et c’est là que l’alchimie se différencie de la chimie. On n’est plus dans l’expérience commune qui consiste à rechercher la composition et la transformation des corps, car quelque chose (que les philosophes ont pris soin de cacher dans leurs textes avec tant d’application), attiré par le feu, s’invite et se met en œuvre.

Au cœur du four, la matière évolue dans son vase et dans le silence de cet instant délicat et fragile, la pierre apparaît… C’est la clef de toute l’alchimie.

La Pierre

Nature, art, pierre et réalité

La pierre est présente dans la symbolique de nombreuses traditions.

On la connaît sublimée sur les plans des architectes et sous les ciseaux des tailleurs. Des pyramides aux cathédrales, des anciens temples aux derniers palais, la pierre contient tout. On peut dire que c’est une pensée en même temps qu’une mémoire, à travers laquelle nos prédécesseurs nous ont éclairés sur leur savoir, leurs connaissances et par laquelle ils ont témoigné de leur spiritualité. Malgré les guerres et les caprices du temps, la pierre, est un fruit toujours mûr qui se tient disponible et qui se donne en nourriture pour goûter, connaître la vie et les voies partagées par d’autres.

Ces testaments de pierre, témoignages vivants d’anciennes civilisations, portent l’empreinte de leur culture, leur organisation et leur connaissance.

Elle est gravée par la marque des dieux anciens et nous invite à la sagesse, ce fondement auquel une humanité tout entière veut tendre. Taillée et ciselée, elle rayonne de beauté d’art et d’harmonie. Assemblée, elle contient la force par ses proportions où se mêlent connaissance, arithmétique et géométrie.

C’est toujours elle, que les francs-maçons du XVIIIe siècle ont choisie pour construire et élever leur édifice. Là encore, il est question de transformation, celle d’une pierre brute, grossière, qui doit être taillée est devenir parfaite pour pouvoir s’assembler à d’autres et participer à l’édification du Temple.

Aujourd’hui, l’alchimie garde en mémoire un texte gravé (dit-on) sur une pierre d’émeraude et que la tradition attribue à Hermès. Une légende nous raconte que dans sa chute, Lucifer laissa tomber cette émeraude accrochée à son front. Elle tomba sur la terre et un jour Hermès y grava un texte que beaucoup reconnaissent comme la règle commune à tous les alchimistes.

L’alchimie est un art, un art hermétique « l’art royal ». Elle est aussi une science traditionnelle, « la vieille science ». Mais c’est surtout une voie spirituelle dont le but est la découverte d’une pierre cachée, qui conduit tout au long de cette quête l’alchimiste à la Connaissance et aux mystères de l’hermétisme.

Chacun peut s’essayer selon sa sensibilité et sa propre nature, sur ce sentier singulier qui, comme l’art, est avant tout une manière de vivre.

Source : http://www.unidivers.fr/lalchimie-transmutation-philosophale-pierret/

 

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Moelle d’alchimie (1654)

15 Novembre 2012 , Rédigé par Traduction et transcription de l'Anglais P.S.P. Publié dans #Alchimie

Deuxième partie Contenant les Trois Livres, Elucidant la Pratique par Eirenaeus Philalèthes

Premier Livre

L'Alchimie, que certains appellent l'Art Doré, dont nous avons dans la première partie prouvé et enseigné par des exemples, qu'elle n'est point une chimère comme beaucoup ont prétendu, mais bien une Science réelle, nous allons dans cette Deuxième Partie en dévoiler la pratique en bon ordre, par laquelle peut être obtenue une grande quantité d'or et d'argent. Et comme base de notre intention, considérez bien, et avec bon beaucoup de jugement la raison de notre Œuvre, autrement vous dépenserez votre temps et votre argent en vain, et ne moissonnerez rien sinon que perte et peine, comme il ait arrivé à beaucoup.

Car la Pierre que vous cherchez, comme nous avons dit, et comme nous affirmons encore, est seulement l'or, amené à la plus haute perfection possible ; qui bien qu'il soit un corps compact et dur, néanmoins, par le travail de l'Art et l'opération de la Nature peut devenir un Esprit teignant et permanent, que la Nature n'aurait pu faire elle-même, car l'or n'a pas la force de s'élever lui-même à un tel degré de perfection, et resterai à jamais dans sa propre consistance.

Celui qui, par conséquent, veut atteindre cette Essence, doit par l'art transformer cet or en poudre, et le faire résoudre en une eau minérale, qui sera circulée par un bon feu jusqu'à ce que l'humidité étant séchée il devienne fixe ; il doit alors être souvent imbibé et coagulé, ainsi, scellez l'enfant dans les entrailles de sa mère, qu'elle le nourrisse longtemps jusqu'à ce qu'il ait la force de surmonter tous ses robustes contraires : puis étant fermenté, il doit longtemps subir la ruine de la noirceur réitérée, jusqu'à ce que les Natures pourrissent et meurent, soyez alors sûr de le revivifier, le sublimer, et l'exalter et le faire retourner de nouveau en terre, où vous devrez le laisser en la chaleur si longtemps que sa noirceur devienne le blanc le plus pur ; le Roi étant alors placé sur son Trône Royal, il brillera comme une flamme étincelante, ainsi que la pierre cachée que nous appelons notre soufre. Vous devrez faire ceci aussi longtemps qu'il devienne l'élixir spirituel, qui alors comme le juge du jugement dernier, condamne au feu toutes la terrestrialité adhérentes à la substance pure contenue dans les métaux imparfaits.

Aussi, si notre Sujet est l'or, nous devons trouver un agent propre à le libérer, qui si vous savez le rechercher en sa propre espèce, il ne vous en coûtera point pour le préparer, il est considéré comme une matière vile, qui est souillée par son extérieur immonde : de cela peu d'auteurs parlent, et ceux qui le font, obscurcissent cette clef autant qu'ils le peuvent ; mais moi, cher lecteur, je montrerai une grande franchise, bien plus grande qu'aucun homme n'a encore jamais eu ; soyez aussi assuré qu'il ne s'agit point d'un travail pouvant être achevé par quelque esprit lourd, ni par celui qui dédaigne le labeur, car l'oisiveté est un empêchement majeur en cet Art ; mais si vous êtes d'un esprit tranquille, et industrieux, alors prêtez attention à ce que je dis maintenant, et je parlerai premièrement de l'histoire de ce qui gît caché en notre ardent Agent.

La substance que nous prenons premièrement en nos mains, est un minéral semblable au Mercure, qu'un un soufre crud cuit dans la Terre ; et il est appelé l'Enfant de Saturne, qui en vérité apparaît vil à la vue, mais est glorieux à l'intérieur ; il a la couleur du sable, avec des veines d'argent mélangées à son corps, dont les lignes étincelantes souillent le soufre co-né (1) ; il est entièrement volatil et non fixe ; pris dans sa crudité native, il purge toutes les superfluités du Soleil ; il est d'une nature vénéneuse, et beaucoup en abusent en médecine ; si ses éléments par l'Art sont déliés, l'intérieur en apparaît très resplendissant, qui alors flue dans le feu comme un métal, et aussi, il n'y rien d'autre de nature métallique qui soit plus cassant.

C'est notre Dragon, que le Dieu de la guerre assaillit avec son armure du plus vaillant acier, mais tout en vain car une Étoile nouvelle apparaît, parce que quand Cadmus senti premièrement cette force, il ne pu résister à une si grande puissance, mais de son corps son Ame fut divisée : Oh force puissante ! Qui quand les Sages l'aperçurent, ils furent stupéfiés, et nommèrent ceci leur Lion Vert, dont ils espéraient que la fureur s'apprivoiserait par des enchantements avec le temps. Par conséquent le laissant faire sa proie des associés de Cadmus, ils trouvèrent que par sa puissance ils les vainquit, et le combat étant terminé, aperçurent que l'on pouvait voir une Etoile du matin sortant de la Terre, et les carcasses étant enlevées, il apparut instantanément une Source, à laquelle dirent-ils la bête avait bu, jusqu'à ce que son ventre explose ; mais il leur parut étrange, qu'aussitôt que ce Dragon vint près de la Source des Eaux ainsi effrayées, se retirèrent immédiatement, et Vulcain ne pu aider en rien pour les réconcilier ; alors apparurent les Colombes de Dianes en un vêtement lumineux et brillant, dont les ailes d'argents calmèrent l'air, en lesquelles le Dragon enveloppé perdit son dard ; alors les Eaux telle une inondation revinrent immédiatement et avalèrent la Bête, et leurs couleurs devinrent aussi noire que le charbon, et c'est notre Dragon qui fit que la fontaine, en laquelle il mourut et qui se démontra une tombe pour lui, devint puante et d'odeur fétide : mais par l'aide de Vulcain ce Dragon ressuscita, et reçu des cieux une Ame, par laquelle tous deux furent réconciliés, ceux qui auparavant étaient ennemis et dont les âmes étaient dorénavant unies, laissèrent leurs corps et devinrent l'authentique bain des nymphes, et notre Lion Vert, ce que l'on avait jamais vu auparavant.

Mais pour ne point vous faire attendre plus longtemps, je découvrirai maintenant pleinement la signification de ces allégories, et délierai ces nœuds, dont le sens obscure peut rendre le lecteur perplexe.

Observez donc que notre Fils de Saturne, doit être uni à un métal, et une forme mercurielle, car il est lui-même Vif-Argent, qui est l'agent que notre travail requière, mais l'argent-vif commun étant mort ne sert à rien pour notre Pierre, encore qu'il soit enclin à être mis en action par le sel de Nature, et vrai Soufre, qui est son seul compagnon. Ce sel est trouvé en la source de Saturne, étant en lui pur, et n'a aucun pouvoir de pénétrer le centre des métaux, abondant de telles qualités qu'il peut pénétrer le corps du Soleil, qu'il divise en éléments, et après dissolution, demeure avec eux. Vous devez rechercher le Soufre dans la maison d'Aries, c'est le feu magique des sages, pour chauffer le bain du Roi, (que vous pouvez préparer en l'espace d'une semaine) ce feu gît vraiment caché, et vous pouvez le libérer en moins d'une heure, puis après lavez-le avec une pluie d'argent.

Il semble étrange en vérité, qu'un métal si vigoureux et fixe comme pouvant endurer l'explosion retentissante de Vulcain, ne se laisse point attendrir par aucune chaleur, ni ne se mélange ou flue avec aucun métal ; ainsi par notre Art, il rétrogradera cette liqueur minérale pénétrante. C'est cette œuvre royale que le Tout-puissant à scellé, pour enseigner les sages que l'Enfant Royal est né, qu'ils ont cherché sans détour et qui furent guidés vers lui par l'Etoile, mais les fous cherchent nos secrets dans des choses sordides, hors de l'espèce, et par conséquent ne vont qu'à la ruine.

Cette substance est d'une nature étoilée, et entièrement spirituelle, étant totalement inclinée à fuir le feu ; la raison en est que l'âme de chaque est un aimant pour l'autre, et c'est ce que nous appelons l'urine du vieux Saturne. C'est notre acier, notre véritable hermaphrodite, notre Lune, ainsi nommée pour son éclat : c'est notre or non mûr, qui à la vue est un corps cassant, mais qui est apprivoisé par Vulcain, l'âme duquel si vous pouvez la conjoindre au Mercure, plus aucun secret ne vous sera caché.

Je n'ai point besoin de citer des auteurs, car j'ai vu, et j'ai effectué ce mystère de mes mains, et en suivant toujours le conseil de la Nature, j'ai pu rendre le corps le plus solide mou, et fait du corps grossier une Terre fixe teignante qui ne dépérira jamais. Je ne suis point le seul à dire cela, car beaucoup d'autres l'ont eux-mêmes attesté, ces nœuds que je délie ici : Arthéphius les avait mentionné, mais il n'en avait point dévoilé le secret, parce qu'il disait que cela devait être dévoilé par Dieu, à moins que cela soit enseigné par un Maître.

C'est l'énigme qui a embarrassé tant d'étudiants de cet Art : aussi Zeumon dans la Tourbe dit : Notre Pierre est vile, bien que contenant le plus précieux, le vil rejeté du chemin, et sur les tas Fumiers, et que l'on trouve en des endroits sordides, qui est la matière que nous devons prendre comme la vraie base de notre Art ; personne ne peut vivre sans elle, et on s'en sert pour des usages sordides, tout dénote que c'est à Mars seulement que tout ceci se rapporte ; en bateau il flotte sur les océans, et sans lui on ne peut construire ni bateaux ni maisons, ni transporter aucune marchandise, avec lui nous labourons notre champ, fauchons notre blé, préparons, cuisons, et coupons notre viande, avec lui on ferre les chevaux, et encore bien d'autres usages qu'il serai trop long d'énumérer ici, il gît souvent sur la Terre en la forme de clous ; ce qui justifie la trouvaille, bien qu'il puisse être estimé vile.

Plus encore, Aries est connu de la maison du vaillant Mars, en laquelle tous les artistes vous recommandent de commencer votre ouvrage, et que pourrait-on dire plus clairement ? Sûrement il ne peut y avoir personne de si ignorant pour ne pas croire qu'un sens caché est scellé dans ces mots, qui jusqu'ici n'avaient jamais été aussi bien expliqués. Belus dans la Tourbe, commande de joindre le guerrier avec celui qui ne désire point combattre ; par conséquent à Mars le Dieu de la guerre, est assigné l'union avec Saturne, qui se réjouit de la paix, et dont je n'ai point besoin de raconter le royaume, celui-ci étant bien connu de tous.

Voyez la deuxième figure qui est placée dans le Rosaire des Philosophes, où le Roi et la Reine dans leurs robes royales tiennent entre eux notre véritable Lune, qui porte huit fleurs, encore sans racines ; et entre-eux il y a un oiseau ; sous leurs pieds sont le Soleil et la Lune, le Roi tient en sa main une fleur, la Reine une autre, et l'oiseau tient la troisième en son bec, ayant aussi une Etoile sur sa queue ; ce qui signifie notre grand secret ; car l'oiseau et ses ailes montrent le Mercure joint avec la Terre Etoilée, jusqu'à ce qu'ils deviennent tous deux êtres volatils et voler.

Ici il apparaît que les anciens Sages ont plutôt choisi d'instruire l'œil par une figure, que les oreilles par des mots, néanmoins quelques-uns de leurs discours sont si clairs, que presque n'importe quel fou peut en rassembler le sens qui y est contenu : pour cette raison, étant moi-même un enfant de l'Art j'ai dans la Science Cabalistique clairement expliqué la même chose, où je renvoi le lecteur studieux ; et vais maintenant continuer à montrer comment obtenir cette Eau, que tellement peu trouvent, par laquelle nous extrayons la plus secrète semence du Soleil, par conséquent appliquez-vous diligemment à obtenir cette Eau, car elle est la base de notre Quintessence.

Sachez que tous les métaux n'ont qu'une matière, qui n'est rien d'autre que le Mercure, qui en premier lieu donna l'accès à une possible transmutation ; et nous concluons donc que notre Eau la plus secrète a la même matière que celle du Mercure vulgaire. Et si le Mercure crud, et les cinq métaux imparfaits, peuvent être transformés en Or, (qui par la raison de leur crudité brûlera dans le feu), la raison en est, comme les Sages l'enseignent, que tout les métaux participent du Mercure et sont par conséquents semblablement transmutables : si notre Mercure, que nous appelons notre Eau vive, était autre que de l'or non mûr, alors n'importe quel métal qui serai converti par l'Art en or, devrai avoir une telle nature, pourrait par l'Art devenir notre Argent-vif.

Ainsi, si le plomb, l'étain ou le cuivre, étaient résous en Mercure réel, alors l'Art pourrait faire que ces Eaux changent la forme dans laquelle elles apparaissent, afin que n'importe d'entre elles puissent devenir notre Mercure Philosophique. Mais pourquoi avons-nous besoin de cela, puisque la nature à produit une Eau déjà prête pour assister l'artiste dans son travail, en laquelle par Art une forme peut-être introduire, qui puisse aisément commander à nos secrets ? Par conséquent considérez ce qu'est ce Mercure qui est désiré comme être notre plus Secret Menstrue ; car nous concédons que tous deux sont métalliques et de même couleur, et aussi que tous deux sont volatils et fluides dans le feu ; mais nous recherchons un Soufre dans les nôtres, dont celui de la mine est dépourvu, et ce Soufre purifie la matière, la rendant ignée, tout en demeurant une Eau. Car l'eau est la matrice, qui désirant la chaleur, est tout-à-fait inutile pour la vraie génération, ni ne sera notre corps réduit à transpirer, et exhalera sa semence, mais en restant dans un feu de circulation, mélangé par l'Air avec un Mercure qui participe au Soufre.

Ce Soufre doit avoir une force magnétique, ou vertu, et par conséquent doit être un vrai or, bien que non mûr, et aussi provenir d'une seule source comme la matière et la forme, avec seulement cette différence, qu'alors que l'autre est fixe, celui-là doit être volatil et fuyant, ayant le pouvoir d'ouvrir et délier le premier. Et il y a seulement un corps sur Terre, qui est si étroitement lié au Mercure, qu'il est propre à préparer notre pierre secrète, et cacher le corps solide dans sa matrice, et c'est comme je l'ai dit auparavant la source jaillissante de Saturne ; bien connue des Mages comme je l'ai montré.

Et bien que quelques métaux puissent être rendus fixes avec l'Argent-Vif, toutefois ils ne se pénètrent pas mutuellement comme il est vu, et la chaleur peut aisément les séparer l'un l'autre, car vous trouverez qu'ils ne pénètrent jamais le centre, ni qu'aucun d'entre eux ne soit amélioré. La raison en est, que le Soufre qui réside dans les métaux parfaits, est semble-t-il enfermé, ou bien dans les autres est allié à des fèces terrestres, et souillures, que le Mercure abhorre, et ne s'alliera pas à eux, bien qu'à première vue, ils semblent l'être. Si vous séparez ces fèces vous obtiendrez du Mercure coulant, et un Soufre crud, qui par congélation ont durci l'humidité, et vous trouverez aussi un Sel alumineux, mais ceux-ci sont d'une espèce trop éloignée de l'or.

Mais le minéral que nous estimons tant, excepté ses limonisités grossière, (que l'on peut séparer), contient un Mercure plus pur, qui restaurera à la vie les corps Morts, afin que comme toutes autres choses ils puissent engendrer leur propre espèce. Il ne renferme en lui aucun Soufre, excepté qu'il est congelé par un soufre combustible, il est éclatant et noir avec des veines brillantes ; ce Soufre n'est en rien métallique, mais préparé correctement selon l'Art, les limonisités étant enlevées, il apparaît comme un métal (qui peut être mis en poudre) où il est enfermé, comme une âme tendre, qui par un feu modéré s'élève en fumée, semblable en cela à l'Argent-vif légèrement congelé que le feu évapore.

Ceci rend notre Eau pénétrante, et lui permet de pénétrer jusqu'au centre des corps, qu'elle rétrograde et réduit en leur matière première véritable ; et doit être joint à un vrai Soufre, qui doit être trouvé dans la maison d'Aries. Par ce seul minéral et par l'habilité de l'artiste aidé par Vulcain, Mars est rétrogradé en minéral ; et comme beaucoup l'ont souvent affirmé, c'est notre véritable Vénus, l'épouse de Vulcain le boiteux, qui est aimée de Mars.

En premier faites que Mars embrasse ce minéral, afin que tous deux rejettent leur terrestréité, et en peu de temps la substance métallique devra briller comme les cieux, et comme signe de votre succès, vous trouverez empreinte sur icelle un sceau en forme d'étoile. C'est le sceau royal, la marque que le Tout-puissant appose sur cet étrange sujet ; c'est le feu des cieux, dont une étincelle étant un jour enflammée, provoqua un tel changement dans les corps, que la noirceur se mit à briller comme une gemme étincelante, avec laquelle telle un diadème notre jeune roi est couronné. A ceci ajoutez Vénus en due proportion, dont la beauté est admirée par Mars, et dont nous savons qu'elle à grand amour pour lui, et désire lui être unie, dont le mouvement est bientôt incliné, puisque étant alliée à l'or, Mars, et la brillante Diane, avec lesquels elle conçoit l'amour, ainsi qu'une une véritable union.

Mais Vulcain le cocu boiteux devinent jaloux, et est chagriné de voir sa tête ornée de cornes, et par conséquent désire détruire cette union. Et surprenant les ébats de son épouse et Mars, jette son filet sur eux et attrape et enferme les amoureux.

Néanmoins, ceci ne doit pas être entendu pour une simple Fable ; mais observez premièrement comment Cadmus est dévoré par notre féroce bête, après que Cadmus l'ait vigoureusement transpercée, il mérite le nom d'un champion, car ce Serpent que tout le monde craignait auparavant, (par force maîtrisée) il le transperça de sa lance mortelle contre un chêne. Observez aussi l'Etoile, qui est réellement son Soleil, ce qui peut être prouvé, car lorsque l'or est intimement uni avec l'Enfant de Saturne, et quand les fèces sont purgées, tout ce qui est parfait demeure au fond, et après fusion, étant coulé puis refroidi, s'orne d'une Etoile comme le fait Mars. Mais Vénus donne une Substance Métallique, qui se satisfait en elle-même, mais qui unie à Mars, comme pris dans un filet, elle apparaît superbe à voir, ce que le poète à la vue perçante à sous un déguisement caché a décrit, et c'est suffisant pour le Sage.

Par conséquent l'âme de Saturne et Mars, sont par notre Art et l'aide de Vulcain étroitement mêlées, mais tous deux dont les parties ne peuvent être divisées sont volatils, jusqu'à ce que l'âme de Mars devienne fixe, qui alors laisse Saturne, et est alors à l'essai trouvé l'or le plus parfait, et une teinture véritable et parfaite. Mais cette médiation doit être opérée par Vénus, car sans cela aucun homme habile ne pourra briser leur union, même s'ils étaient réduits en poudre, car étant conjoint, ils seront seulement réduits que par association avec Vénus, d'où Diane en fait la séparation.

Certains en vue de préparer leur Eau, utilisent les Colombes de Diane, ce qui est un travail excrément laborieux, qui est même pour un artiste difficile de mener à bien la première fois, et qu'il peut malheureusement rater deux fois : mais l'autre voie, (qui est notre plus secrète), nous recommandons à tous ce moyen pour être de vrais artistes.

Par conséquent faites que les subtiles vapeur de l'Eau soit si souvent et si longtemps circulées, que leurs âmes (laissant leur matière grossière) s'unissent, et s'envolent toutes les deux en haut, où vous ne devrez pas les laisser demeurer jusqu'à ce qu'ils se coagulent autrement votre travail deviendrait trouvera inutile.

Par conséquent, prenez du Fils du vieux Saturne deux parts, et de Cadmus une part et purifiez-les par le feu de Vulcain, jusqu'à ce que (étant débarrassés de leurs fèces) la partie Métallique soit pure ; ce qui doit être fait en quatre réitérations, opération dont l'étoiles vous enseignera la perfection.

Faites Æneis égale à son amant, purgez les adroitement, jusqu'à ce que le filet de Vulcain les enlace, et laissez les alors dans l'humidité de l'eau, et continuez la chaleur et l'humidité jusqu'à ce qu'ils soient transpercés, et que leurs âmes soient glorifiées. Ceci est la Rosée céleste, qui doit être nourrie aussi souvent et aussi longtemps que la nature le requière, ce qui est d'au moins trois fois, voir jusqu'à sept fois, les dirigeant alors habilement à travers les vagues et le feu, mais prenez garde de ne pas faire voler la nature tendre par un excès de feu.

Soyez alors assuré que le Mercure, avec lequel nous commençons l'ouvrage, devra être liquide et blanc, mais prenez soin de ne point sécher l'humidité par excès de feu, jusqu'à ce quelle devienne une poudre rouge, car par cela le sperme de la femelle serai corrompu, et vous manqueriez votre but : ni tenter de transformer votre Argent-vif en une gomme transparente et claire, ou onguent, car les proportions étant perdues, vous ne pourrez atteindre la vraie dissolution, et serez alors obligé d'ajourner votre travail qui sera perdu et recommencer, car vous aurez procédé contrairement aux règles de l'Art.

Par conséquent, cherchez seulement à augmenter l'esprit auquel l'Argent-Vif fait défaut, alors sublimer la graisse jusqu'au firmament, et séparer les limonisités par l'Art ; ceci étant réitéré sept fois, alors faites-lui épouser l'or, jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement unis.

Alors par l'Art et l'aide de la Nature, la véritable Vierge est préparée, celle-ci étant séparée des fèces, devient une source céleste jaillissante, qui rend mou le corps solide de l'Or, et celui-ci divisé en atomes devient noir, pourri et putréfié, puis après revivra de nouveau et deviendra volatil.

Mais si je devais révéler ici tous les secrets contenus dans l'élaboration de notre Eau, je serai méprisé de tous les véritables artistes, car ils sont communiqués seulement à ceux que Dieu à choisi d'enseigner, tandis que les autres doivent souffrir et errer dans le labyrinthe brumeux des erreurs. Mais celui qui par les peines et les prières recherchera de manière studieuse ce secret caché, avec une âme candide, sans être animé de désirs de convoitises, obtiendra sûrement ce mystère, dont personne n'a jamais plus clairement parlé.

Il y en a qui par l'Art peuvent préparer une merveilleuse Liqueur ( Alkaest ? ), que les Adeptes ont surnommé le Feu de l'Enfer, dont les vertus sont si étranges et puissantes, comme ( par sa force ) résoudre tous les solides en leur Matière Première, ou Eau ; qui dissout l'Argent-Vif si radicalement, qu'il puisse être versé comme des gouttes de cristal, rien restant au fond du vaisseau, ou sa vertu non la moindre, qui étant d'être souvent distillé, il laisse l'Argent-Vif derrière, celui-ci apparaîtra alors comme un sel fixe ayant l'odeur du musc, et la douceur du miel, et peut être pulvérisé en rouille, et qu'aucun feu ne peut détruire : et qui dans l'essai avec Saturne à la fixité de la Lune.

Etant cohobé cinq ou six fois avec ladite Eau ( après digestion préalable ) il apparaîtra comme une Huile, et tout de suite après la distillation comme un Esprit, qui par l'addition d'un petit sujet, ce séparera peu à peu en deux substances distinctes, ce qui étant fait, seront rassemblées à part, la partie supérieure étant l'Huile ou Teinture, soluble dans l'Alcool ; l'autre ( si on la fait bouillir ) peut être par l'Art réduite en Mercure, lequel Argent-vif est un sujet de grandes merveilles comme il n'en existe pas d'autre sous les cieux.

Il ne peut être ni par les sels ou eau forte être corrodé et précipité, ni par fréquente circulation dans le feu être altéré et sublimer, ni être transformé en poudre sèche, ni être rendu fixe, et demeurera volatil pour toujours. Le grand Elixir, ne peut le transmuter, mais peut le dissoudre et le détruire ; telle sont ses étranges particularités, qui étonnent tous les artistes, qu'aucun pouvoir ou habilité ne peut changer ou altérer, et par la voie susdite il peut être produit à partir de tous les corps métalliques.

Bien qu'en notre Art cela soit de peu de valeur, car nous cherchons à multiplier le Soufre qui est une Hématite Solaire dont la queue est la Lune ; et ce sont là les seules planètes de notre ciel terrestre que nous estimons, rejetant les autres et tout autre art. Car si l'Or, qui est fait pur et parfait par la nature, pouvait par le feu secret de notre Eau, être rétrograder en Mercure et Soufre, qui est entier en substance, et qui avant ne pouvait être séparé par la force du feu, mais demeurait fermement le même ; qui ne voit donc pas que ce Mercure est éloigné de notre œuvre ? Car nous cherchons à augmenter une Teinture ; qui n'est qu'un Soufre, enveloppant le Mercure comme un manteau, et qui est de nature Métallique, sans laquelle, l'Eau ne peut prétendre au nom de métal.

Ce Soufre est contenu plus ou moins dans toutes les choses Métalliques, et en quelques-uns certaines scories cohabitent avec la substance pure, et sont détruites par le feu, car quoique ce soit qui soit grossier et souillé est brûlé et consumé. Mais de tous les Métaux le Soleil et la Lune sont par un Soufre pur tellement enfermé, qu'ils peuvent endurer la plus grande force de Vulcain, et aucun Art de l'homme ne peut diviser leur Soufre de son Eau ; excepté par la liqueur susdite, dont la vertu est si puissante qu'elle peut réduire le Soleil et la Lune qui sont fixes, et les rendre volatils ; et non seulement cela, mais notre admirable Feu peut en faire de même avec l'or, et d'une manière douce et directe le faire rétrograder, bien que ne séparant pas le Soufre de son centre, mais étant habillé de vêtement Mercuriel, ils apparaissent tous deux mélangés dans une Eau Dorée.

Mais l'étrange dite Liqueur, en dissolvant détruit l'homogénéité Métallique, et en les séparant cause un désaccord et une désunion, de sorte qu'aucun d'entre-eux ne se réjouira de l'autre, et par conséquent le Mercure central étant séparé de la liqueur teintée, se trouve dessous ; de sorte que l'Hématine qui auparavant dans l'or avait le poids d'un Métal, est tellement altérée qu'elle devient plus légère que l'Argent-vif, qui apparaissant à la vue comme une Huile, ou plutôt un sel onctueux, et est une noble médecine contre les maladies.

Il apparaît donc, partant qu'un Métal est dissout dans cette humidité, est changé de sa nature Métallique, dont le Soufre, par la force de cette Liqueur, peut (bien que sans le vouloir) être amené à une Eau élémentaire ; tellement cette liqueur a de pouvoir sur toute matière.

Les Philosophes sont d'accord avec ceci, et concluent que notre Mercure, qui ne mouille pas mais est homogène aux métaux, est la mère de notre Pierre, et si vous êtes ignorant de ce secret, vous serez la première personne à le sceller, car personne n'en a parlé plus clairement.

Co-né : né en même temps.

Fin du Premier Livre.


Deuxième Livre

Le Secret de notre Mercure ardent, tant caché par tous les Anciens, je l'ai déjà largement révélé, et un Œil exercé y trouvera plus de compétence ou d'Art révélé ; et je n'en découvrais point la pratique, par conséquent soyez sûr de la bien considérer avec bon entendement, auparavant que de passer outre.

Prenez alors notre Mercure (qui est notre Lune) et faites-lui épouser son Fils Terrestre, (ainsi l'Homme et la Femme sont joints) ajoutez-leur l'Esprit revivifiant, cela étant fait vous devrez bientôt découvrir un noble Courageux, car vous avez correctement suivi les nobles Lois de la Nature. Mais pour être plus précis, prenez une part de l'Homme Rouge, et de la Femme Blanche trois parts, qui se mélangent ensembles (c'est une bonne proportion), à ceci ajoutez quatre parts d'Eau ; ce mélange est appelé notre Plomb, qui sera mis en mouvement par un feu doux que vous devez accroître jusqu'à ce qu'il transpire. Autrement, s'il vous plaît, observez cette proportion, prenez une part du Soleil, et deux de la Lune, auxquels vous ajoutez quatre parts d'Eau, qui font un nombre parfait : et ils éprouveront un joyeux repos et le lien de l'Amour.

Alors Laton apparaît rouge, et ne sert encore à rien dans notre œuvre tant qu'il n'a pas été blanchi, et dont le centre renferme un Esprit caché, qui n'apparaît pas tant qu'il n'est pas joint à notre Mercure, et ce Mercure est un corps tendre, l'Epouse du Soleil, duquel il à été doucement séparé.

Votre œuvre commence avec une Trinité, de laquelle le Corps et le Corps sont premièrement joint, puis tous deux sont mêlés à l'Esprit ; nous appelons ceux-ci le Soleil, la Lune, et l'Eau, qui sont un en espèce, bien que trois en Nombre ; quoiqu'en fait deux, car le Soleil est caché, et ne montre pas sa clarté. Deux corps donc combinés, que nous appelons souvent notre Plomb, notre Laiton, et notre Hermaphrodite, étant rouge à l'intérieur, mais apparaissant à la vue Saturnin, blanc et volatil, dont les Natures bien que séparables, sont par notre Art rendues inséparables.

C'est la merveille de notre Œuvre secrète, ce qui est parfait, nous le faisons rétrograder, attendant longtemps avec patience, jusqu'à ce que l'Eau se congèle, puis cela étant fait, nous sublimons, exaltons, et fixons en poussière cette Quintessence, que nous devons par la suite ressusciter et circuler si souvent, qu'à la fin la Nature la porte sur ses plus hauts sommets, ajoutant toujours de la Matière fraîche, au fur et à mesure qu'elle en à besoin, et la forçant à passer par les ombres de la Nuit, nous la décoctons doucement, jusqu'à ce que l'Aurore fasse apparaître les brillants rayons de Phoebus.

Ainsi le parfait est amendé par l'imparfait, et tous deux ensembles sont fait transcendants en vertu ; Puis par l'Aide de l'Art assistant la Nature, elle est rendue capable seule, de dépasser sa propre Œuvre, ce qui est un signe qui réjouira l'Artiste laborieux, et lui fera oublier tout son labeur et ses peines.

Par conséquent voici la pratique : Prenez une Once de Soleil, et de l'Aimant Trois, cela fait un Corps de quatre Onces, auquel vous ajoutez quatre Onces d'Eau, et que ceci soit ordonné de la manière suivante ; Que les riches Robes du Soleil soient premièrement blanchies par l'humidité de la Lune, ce qui doit être fait par un Feu modéré ; la jeune Fille devra alors apparaître Saturnine à la vue, et fluante au feu comme le Plomb, alors ajouter la quantité voulue de Mercure Vierge, et ainsi le Corps est rouge, fixe, et solide dans le centre caché, bien qu'à la vue il apparaisse blanc, tendre et volatil.

Ceci étant fait ayez prêt une Fiole de Verre de forme Ovale ou Ronde, dans laquelle vous mettrez la matière, prenez soin de bien fermer le col avec le Sceau d'Hermès, pour que les Esprits enfermés ne puissent s'échapper, et que l'Air extérieur ne puisse entrer. Que le Matras soit de telle proportion qu'il puisse contenir au moins quatre fois la quantité que vous y mettez, de façon qu'il y ait suffisamment d'espace pour recevoir la Rosée qui s'élève, et qui retombant de nouveau, et ceci par une longue rotation continue, dispose le Corps à la Solution, le faisant pourrir et mourir, puis après ressusciter, et devenant tous deux joints par une véritable union. Mais d'un autre côté prenez garde que la Fiole ne soit trop grande, autrement le Sperme de la Femelle serait trop dispersé, et à cause de cela ne retournerait pas ou retournerait mal à son Mâle, ou Terre fixe, et par conséquent votre Œuvre serai gâchée ; par conséquent que la Fiole soit proportionnée à la quantité de Matière comme susdit.

Par conséquent un quart d'Once de l'Or le plus pur peut servir à notre Œuvre, ou une Dragme peut suffire pour un essai si vous observez les dues proportions, le Soleil est la huitième partie de tout le composé, dont le prix n'est pas si élevé qu'un pauvre homme ne puisse en supporter la dépense, à moins que l'œuvre n'échoue ; par conséquent suivez les Règles suivantes : pour une part de l'Homme il vous faut trois parts de la Femme, puis vous devez prendre quatre part d'Eau pour égaler la Terre ; mais si vous prenez une de l'Homme et deux de la Femme et leurs ajoutez quatre parts d'Eau, alors l'Eau sera d'une part supérieure à la Terre comme il apparaît clairement dans Riplée.

Il nous faut maintenant dévoiler le Secret de nos quatre Feux, qui ont trompé beaucoup, dont les Sages tenant la curieuse plume de Maître habile conviennent de la Doctrine, j'en parlerais maintenant avec sincérité, et par conséquent cher Lecteur prêtez attention à ce que je vais maintenant dévoiler. Premièrement considérez bien et pesez bien en votre Esprit la Raison de tous nos Travaux, et leurs Causes ; par ce moyen vous pourrez être amené à comprendre ce qui a confondu et égaré beaucoup ; et je vais vous aider autant que la Raison puisse permettre, et ainsi vous pourrez témoigner de ma sincérité.

Nos Feux sont ces blocs sur lesquels l'ignorant trébuche fatalement ; Et les Auteurs en ont écrit de manière si mystérieuse, qu'il est peu probable qu'aucun Homme y puisse trouver un guide suffisant pour ce qu'il doit chercher : pas étonnant alors que celui qui connaît nos Feux puisse prétendre à une place de Maître. Car le Feu en notre Art est utilisé Homonymement, et c'est pour cela que beaucoup errent à cet endroit ; quelquefois cela signifie notre Eau, qui est d'une espèce très proche de notre Laton ; quelquefois cela qualifie le Corps parfait, et quelquefois le Soufre de notre Composé qui flotte sur l'Eau est appelé Feu, qui en notre œuvre est double, le premier est parfait et le produit de la Nature que ce Traité montre pleinement comment trouver : l'autre par lequel beaucoup de chercheurs ont été déroutés est inclus en notre Eau. De plus notre Eau est triple, et tout ceux-ci ont tellement de dénominations variées de Feu, que celui qui entreprendra cet Œuvre sans bon jugement et attention, dépensera sûrement son argent et son temps en vain : par conséquent si vous me suivez, je serai pour vous un véritable et sincère guide.

Certains jugent de manière erronée, et par conséquent ordonnent leur Œuvre en la façon que le Feu culinaire n'y ait aucune place, ils supposent que celui-ci est appliqué en vain, et que par conséquent ceux qui l'utilisent sont heureux de s'honorer du nom de Vulgaires Sophisticateurs, les tournant en dérision ainsi que leurs Œuvres : Car disent-ils, les auteurs signifient de manière incontestée, que notre Feu est Magique, et non point culinaire, et par conséquent celui qui utilisera le Feu Elémentaire ne touchera pas au but, et partant de cela ne sachant pas ce qu'ils cherchent, ils recherchent un Feu grossier.

Il est vrai en vérité que la nature du Feu est le Soufre qui est caché dans le Centre, et qu'il fait évoluer l'Œuvre d'étapes en étapes ; et c'est cela que les Auteurs avisent l'artiste consciencieux d'améliorer par tous les moyens ; c'est cette chaleur cachée, qui ouvre invisiblement, et qui ne se voit pas. Mais il est cependant vrai, que la chaleur intérieure est activée par l'extérieure ; parce que le fixe doit par ce moyen être élevé de sa résidence, et s'envoler avec le volatil : de la même manière un Œuf a besoin de la chaleur de la Poule pour produire un poussin, et celui-ci est arrêté lorsque l'opération est terminée.

Par conséquent votre Matière étant trouvée, débarrassez-la et nettoyez-la de toutes ses fèces, puis mélangez dans la bonne proportion, mettez dans une fiole de Verre de grandeur appropriée comme précédemment décrit, qui soit soigneusement fermée pour d'aucun Esprit ne s'en échappe ; puis placez dans son nid, et mettez dans le Fourneau si curieusement agencé qu'une chaleur égale et continuelle puisse y être entretenue ; Ceci est notre Agent Extérieur, et quand il vient à manquer, le Travail s'arrête immédiatement et est ruiné ; mais prenez note que votre chaleur ne soit trop forte, ce qui détruirai sûrement votre Œuvre, pour la raison que comme vous le découvrirez, comme tous les Auteurs l'ont proclamé, la hâte engendre la ruine.

Il s'ensuit que la Chaleur extérieure, doit être souvent appréciée et régulée en fonction de l'Opération intérieure ; dont je traiterai maintenant, par laquelle l'Artiste en observant l'apparition des signes visibles, pourra accroître ou diminuer la Chaleur, pour qu'elle soit le plus approprié à la conduite de notre Ouvrage.

En premier, donc, lorsque le Matras est mit dans son Nid de Sable, qu'il soit bien ajusté de façon qu'il ne puisse bouger en aucune façon, puis appliquez-lui dessous, une chaleur appropriée, de telle sorte que cette dernière puisse monter, et en prenant soin que le nid soit disposé de telle façon qu'aucun Air ne puisse entrer ou sortir, et que la fiole ne puisse jamais souffrir le froid : en conséquence faites que le Feu soit continu (Jour et Nuit) de façon que la Fiole ne soit jamais exposée au froid, et faites attention d'approvisionner de temps en temps avec de nouveau combustible au fur et à mesure qu'il diminue. C'est pour cette raison que les Sages ont choisi un Fourneau qu'ils appellent Athanor, où la Chaleur est constamment gardée ; ayant toujours une réserve de charbon pour subvenir aux besoins, et ayant soin de le surveiller au moins une fois toutes les douze heures, et entre-temps de faire ce que bon vous semble.

Le Fourneau peut être fait de briques, montée avec un Mortier bien gâché, fait de glaise, mélangée avec du sable et du crottin de cheval, soigneusement mélangés ensemble, jusqu'à ce que cela devienne une masse qui ne soit pas susceptible de se fendre ; d'autres préparent leur Mortier, en le mélangeant avec des cendres, des cheveux ou de la bourre, etc. et de choses et d'autres ; mais quoiqu'il en soit efforcez-vous de choisir le meilleur. Car après la Matière elle-même l'autre chose qu'un homme doit rechercher c'est un bon Fourneau ; puisque le Feu doit amener l'Ouvrage à la Perfection, cela vaut la peine de passer une semaine à préparer un bon Fourneau, et permettre, comme le jour, divers degrés de Chaleur harmonieuse suivant le besoin, et qu'il puisse être gouverné avec une telle assurance qu'il ne soit pas sujet à l'erreur.

Que votre Fourneau soit composé de matières qui ne puissent tomber en poussières, se fendre ou se craqueler, car il est nécessaire d'entretenir le Feu durant longtemps, et des craquelures ou fissures, rendraient difficile le gouvernement du Feu jusqu'au degré requis, et le rendraient inévitablement plus fort ou plus faible que désiré.

Prenez aussi garde de ne point construire votre Fourneau où il puisse être sujet à des accidents ou calamités, telles la pluie qui pourrait tomber dessus, ou le Vent qui soufflerait sur la Fiole, car vous perdriez à un moment ou à un autre votre Ouvrage ; par conséquent soyez avisé, et veillez à la sécurité, à laquelle il vous faudra journellement prêter attention jusqu'à la fin de votre Œuvre.

De la même manière j'estime qu'il est nécessaire de choisir un endroit éclairé pour le Fourneau, car la pensée de l'Artiste l'inclinera fortement sans aucun doute à surveiller les Opérations, et de les voir toutes les heures, ou au moins une fois par jour ; ce qui sera à la fois réjouissant et satisfaisant de voir que l'Œuvre progresse comme il faut.

Que la pièce où vous gardez cette chaleur immortelle, soit telle que les fumées qui s'élèvent des charbons puissent trouver une ventilation ; car vous pourriez être tellement incommodé (comme certains on fait par négligence) que vous pourriez vous en repentir trop tard, et peut être quelques émanations dangereuses pourraient mettre votre vie en péril.

Si vous pouvez construire le Fourneau dans une cheminée cela peut être très pratique pour évacuer les fumées à l'extérieur ; mais si vous estimez un tel endroit trop sombre, alors mettez-le dans une grande pièce, où vous ne viendrez pas visiter votre Matras trop souvent, ni rester trop longtemps, par peur du danger : Mais si vous pouvez avoir une pièce haute, dans laquelle une ventilation sera aménagée, cela sera le mieux, les fumées pourront être évacuer librement, et alors vous pourrez être plus hardi et visiter plus souvent sans crainte de danger ; car comme les Sages enseignent, la vue de l'Œuvre protège l'Artiste de la débauche, en plus du fait que c'est un plaisir d'observer les différents mouvements de l'Œuvre au sein du Feu.

Quelques-uns choisissent de construire une tour à côté de leur Nid, et ceci en vérité donne une certaine chaleur, mais alors les charbons resterons là et ne tomberons pas dans le Feu lorsque celui-ci en aura besoin : D'autre font leur Nid au-dessus des charbons, et ils ne travaillent pas en vain, choisissez l'une ou l'autre manière, mais il est certain que certains sont de meilleurs opérateurs que d'autres, et conduisent leur travail avec tant de jugement et de précision, craignant toujours de dévier d'un iota leur intention, qu'ils atteindront rapidement leur but, et enlèverons le Prix, par contre ceux qui sont plus insouciants à la conduite de leur Feu, qui le laissent s'étouffer, puis de nouveau repartir, retardent l'Ouvrage par cette procédure inégale, et contrarient le cours de la Nature, qui est si habile dans ses curieuses Lois, que quand elle a commencé, elle ne cesse d'opérer à moins qu'elle ne soit interrompue, ce qui retarde l'Ouvrage.

Il serai bon si un ami choisi pouvait être votre Partenaire dans cet ouvrage, car par cela vous pourriez surveiller à tout de rôle, et pourriez alternativement passer l'autre partie du temps à lire, écrire, ou vous promener dans les champs ou dans un parc, etc., comme il convient le plus à votre tempérament : Car être chaque jour confiné, et être si attentif comme cela est nécessaire, oppresserait trop l'Eprit et en conséquence je vous conseille de vous divertir de temps en temps.

Ne laissez personne être au courant de vos Opérations, excepté cet Ami sincère, et ne faites pas comme beaucoup de chercheurs ont fait, tenez secret tous vos travaux, car autrement soyez certain que l'on se moquera et raillera votre folie, et par conséquent il est préférable de garder le silence ; de même ne laissez ni votre Femme, ni vos Enfants, ni vos Serviteurs en avoir connaissance, car ils en parleront et le dévoileront à leurs amis, maintenez le plus grand Secret que vous pourrez, prétendant votre ignorance au sujet de l'Art et le rangeant parmi les Fables.

Car s'il vous arrivait de manquer votre but, et pour votre temps et dépenses, ne récolter pour vos dépenses et Soins qu'échec, quel Homme songera que vous êtes un de ceux qui par cet Art a été mis dans le besoin ? Ou si vous obteniez le Pris incomparable, alors quel Homme avisé pourrait-il savoir que vous posséder l'Art de faire de l'Or ? Par conséquent il est mieux tacitement de vous en réjouir, ne criant pas " Viande grillée " en pleine rue, plutôt que de vous exposer à ceux qui, si vous ne leur donnez pas d'argent à discrétion, ou ne leur montrez pas l'Art, vous détruirons vous et votre Art.

Considérez bien le danger, et soyez assuré qu'il est mieux de vivre dans la sécurité, plutôt que dans la crainte, et par conséquent enfermez-vous dans le secret afin que nul n'entende parler de vous, que ce soit par vanterie de ce que vous pouvez accomplir, ni obtenir de vous le secret à aucun prix. Pour cela, soyez attentif à la boisson et à l'entourage, car l'un abruti, et les autres séduisent, car il est certain que celui qui s'adonne à la boisson ne pourra pas garder longtemps le secret, mais au contraire il est certain que la Tempérance est le moyen le plus sûr et efficace pour maîtriser les langues, sans quoi le secret ne sera pas longtemps contenu.

Toutes ces choses ayant été correctement observées, je suggère de ne point désirer l'accomplissement par un ardent désir, mais observant les dires des Sages, attendre avec Patience le Temps voulu, et vous serez sûr d'arriver à la Fin ; car celui qui espère en peu de temps recevoir cette Moisson, en fait se déçoit lui-même ; de même certains sont si impatients qu'ils ne peuvent laisser longtemps leur Fiole en repos, mais la bougent et la tournent, ou la secouont, ce par quoi ils affectent le travail de la Nature, qui étant alors poussée hors de sa voie, suit alors la fantaisie de ces Artistes fous, qui violent son Cours, et qui ne récolterons rien sinon du Vent.

Dédiez-vous ainsi que votre Œuvre à Dieu, implorez sa Grâce et son aide, vous écartant de tout vice et de tout pécher, voyez qu'il est votre commencement ; ceci est la voie pour atteindre le succès, autrement vous pourrez peiner longtemps, mais toujours en vain. Et si vous êtes heureux d'atteindre ce rare Joyau, que beaucoup cherchent et que peu trouve, soyez assuré d'honorer Dieu, de soulager le pauvre, d'aider le malade. Ne laissez pas ce grand Talent être enterrer dans un Linceul, mais entreprenez des œuvres de Charité, et ne faites point de mal à aucun Homme ; afin que la bénédiction de Dieu demeure sur vous, tandis que vous demeurer ici avec les Mortels, et vous serez le possesseur de la Joie éternelle que vous devez toujours gardez en vue. Car de toutes les Bénédictions de cette Vie, cet Art est la plus grande et à la plus grande Valeur, et il est seulement donné à ceux qui s'efforcent de s'améliorer et l'utilisent à bon escient, qui étant vraiment Sages, ne tombent pas dans les illusoires plaisirs de cette Vie, et ne négligent pas la Félicité Eternelle.

Je vais maintenant brièvement, et simplement découvrir les réels travaux de notre Pierre, avec toutes ses couleurs comme elles apparaissent en leurs propres Saisons ; et celui qui suivra patiemment mon discours verra que c'est sincèrement exposé, plus que cela n'a jamais été fait par aucun Homme, bien qu'il y ait quelque chose de caché.

Sachez par conséquent, qu'aussitôt que votre Composé sentira le Feu, il fluera comme le Plomb ; le corps tendre qui est l'Ame de l'Acier, montre une telle puissante efficacité, que le Soleil blanchit et est dévoré, sur lesquels deux, le brouet du Média doit être versé. C'est alors notre Mer, en laquelle nagent Cinq Poissons, qui n'ont ni écailles ni arrêtes, cette Mer est toujours ronde, sans débordement, et les Poissons et la Mer sont un ; et nous digérons ceci jusqu'à ce que cela fasse un brouet, et que tout devienne Un.

Après les Quarante Jours, le Noir de la Noirceur doit apparaître, semblable à du charbon brûlé, lorsque que vous avez vu les ténèbres de la noirceur, vous ne devez plus craindre car le Blanc se montrera enfin, puis viendra en temps voulu le Rouge étincelant. Cette noirceur est la Porte par laquelle nous entrons en la lumière du Paradis, c'est la voie par laquelle les Corps sont réduits en leur essence, et une lugubre nuit donne naissance un jour radieux ; par conséquent votre principale tâche est d'atteindre ce Noir, ou autrement tous les autres signes seront vains.

Au début la Couleur apparaît argentée, car le Soleil doit descendre dans la Matrice de la Lune, et tous deux doivent être réduits en leur première Matière, ce qui est effectué par le Mercure seul, qui amende tellement la Nature de son espèce, que le Soleil et la Lune sont tous deux éclipsés dans cette Eau, dont la seul cause d'altération est le travail continu du Feu, au moyen duquel l'Eau tire du Soleil et de la Lune une Eau de Vie, en laquelle est caché un Esprit très puissant, qui est la propre semence du Soleil et de la Lune. Cette Eau et cet Esprit s'embrassent encore plus l'un l'autre, et circulent incessamment, s'élevant continuellement comme l'Air, et de nouveau descendant, car ces Esprits étant libérés continuent d'opérer jusqu'à ce qu'ils deviennent fixes, suivant le désir de l'Artiste.

Mais prenez garde que vos Esprits ne trouvent une ouverture pour s'exhaler, car cela ruinerai votre Œuvre, et causerai beaucoup de mal, en brisant une des plus strictes Lois de votre Œuvre ; et prenez garde aussi qu'ils ne s'élèvent pas trop violemment car ils briseraient la Fiole ; qui doit être faite aussi solide que possible, et soufflée d'égale épaisseur, sans bulles ni défauts, que vous devez mettre dans un anneau de laiton, ou elle doit être fixée avec de la poudre de cendre d'os mouillée comprimée, servant de sécurité.

Vous verrez votre Eau voler vers le haut, et aussi le Corps bouillir en dessous ; et cette Circulation vous devrez la continuer si longtemps que l'Aigle détruise le Dragon, et lorsqu'ils mourront ensemble, ils se transformeront en un affreux Crapaud, que vous devrez alors cuire, jusqu'à ce que le noir diminue, il sera alors succédé par une foule de couleurs, et la lumière apparaîtra, continuer ce régime avec patience, jusqu'à ce que vous voyiez la Lune s'élever avec ses clairs rayons : C'est alors notre jeune Roi qui venant de l'Est porte un croissant de Lune au sommet de sa tête.

Mais prenez garde ici que la chaleur ne soit trop forte, et de ce fait que le Rouge n'apparaissent avant son temps, dont la couleur est semblable à celle du Pavot, ce qui serai pour vous un signe fatal, montrant que votre ouvrage a échoué, en brûlant les fleurs et les transformant en précipité. Par conséquent en votre Opération procédez avec un Feu modéré, et motivé par la hâte n'anticipez pas l'Œuvre, non pas en un jour, mais avec patience attendez jusqu'à ce que le Noir soit passé, puis vous pouvez augmenter légèrement votre Feu, mais laissez-le plutôt trop faible, plutôt que trop fort, ce qui sera plus sûr, ce qui est le courant conseil des Sages, sur lequel vous pouvez compter comme une base sûre. Car il s'écoulera beaucoup de temps avant que vous voyez votre Or se dissoudre et pourrir, et c'est cet Ouvrage que les Mages ont trouvé si pénible et dont ils se sont si souvent plaint.

Et maintenant je vais en peu de mots vous découvrir les Opérations cachées de notre nouvel Art, qui bien qu'il soit vieux est difficile à trouver, et je découvrirai plusieurs Mystère ; par conséquent suivez diligemment ce que je vais vous enseigner dans le Discours suivant sur le Serment du Secret.

Fin du Deuxième Livre

Source : http://www.franc-maconnerie.org/lalchimie

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De l'alchimie de la refondation individuelle

20 Octobre 2012 , Rédigé par AMOUSSA R.A Publié dans #Alchimie

1. Du Rôle de la Mort


Saint Paul a dit dans la Bible : « Je meurs chaque jour » pour nous enseigner que lorsque nous jetons une pierre dans l’eau et que nous la retirons, elle est aussi bien une pierre dure après comme avant et elle garde sa forme ; mais lorsque nous la jetons dans le feu, alors elle acquiert une nouvelle forme en soi-même. Aussi, il va falloir rechercher de nouveau, ce que nous avons perdu : La Refondation.
Et pour cela, nous n’avons besoin d’aucuns flatteurs ni jongleurs qui nous promettent des monts d’or afin que nous les suivons.Et sachons-le, que quand bien même nous aurons assisté et écouté des sermons, entendus toujours chanter et raisonner sur le ciel, nous n’aurions point été plus avancé. Et cela n’est point assez de courir à l’Eglise, à la mosquée, dans les temples et apprendre tous les livres par cœur ; nous n’en sommes pas meilleurs devant Dieu. Nous n’en sommespas meilleurs en sachant beaucoup parler de Dieu. Le plus important c’est s’appliquer à ce qu’IL a dit : A moins que vous ne vous convertissiez et que vous ne devenez comme des enfants, vous ne verrez point éternellement le Royaume du Ciel. Vous devez être engendrés de nouveau, si vous voulez voir le Royaume de Dieu.
L’art et l’éloquence ne servent à rien. Aussi, il va falloir s’éloigner de toutes les opinions, quelques noms qu’elles portent dans ce monde. Elles ne sont toutes qu’un combat de la raison.
Aussi, il va falloir laisser aller tout ce qui est dans ce monde, quelque brillant que cela puisse être et entrer en soi-même, amassant en un tas nos péchés dans lesquels nous nous sommes empoisonnés et les jeter dans la miséricorde de Dieu et s’envoler ainsi vers Dieu lui demandant qu’il les oublie et qu’il nous illumine de son esprit. L’Homme peut être reconstruit, mais cela doit l’être à partir de l’intérieur et non pas à partir de l’extérieur : la Refondation.
Le savoir théorique est une nécessité car il peut orienter la pensée, mais il n’a qu’une valeur relative tant qu’il n’est pas transformé en connaissance réelle dans le creuset de la vie par le feu de l’expérience : la Refondation.
Et s’il y a une seule réalité qui participe d’une véritable Refondation, elle s’appelle : la Mort. Et comme l’a si bien mentionné la Bible : la Mort est le dernier ennemi à vaincre. Mais comment faire ? En vérité, tout le secret est contenu dans les deux phrases suivantes : « Triomphe du mal par le bien. Aime tes ennemis ». Aussi, il va falloir vaincre la peur de la mort elle-même en allant à l’école de la connaissance véritable et l’interprétation correcte du phénomène de dissolution physique. C’est par la mort que passent les progrès sociaux. Les vieilles idées disparaissent avec la mort des personnes qui les ont soutenues. Aussi l’existence de la mort est un facteur de progrès. Alors qu’est-elle ? Et comment la vivre ?
Pour cela, pensons à ces moments banals, chaque soir, lorsque nous allons nous coucher. Nous perdons conscience pour environ huit heures et nous retrouvons cette conscience et vaquons à nos affaires. La mort reproduit exactement le phénomène du sommeil avec une différence capitale : le lien entre le corps humain et les autres composantes de l’être se rompt définitivement. Aussi, il est clair que pour bien mourir, nous devons savoir bien vivre et pour bien vivre, nous devons nous conformer aux Lois Divines. Et pour nous conformer aux Lois Divines, nous devons les connaître et les appliquer efficacement. Et la connaissance réelle des Lois Divines s’acquiert par un mode de vie basé sur une solide éthique de pensée et de sentiment. Et les fondements de l’éthique requise sont : l’intégrité, l’altruisme, l’amour du prochain, la quête de la vérité, etc…
Aussi l’alchimie de la Refondation repose sur les moyens magiques du « mieux vivre ». Et « mieux vivre » ne voudrait point dire acquérir plus de biens matériels, ni de jouir avidement de tous les plaisirs de la vie. Mieux vivre consiste tout simplement à développer notre conscience car elle et elle seule traverse le temps et l’espace et elle seule possède le pouvoir de nous éviter la souffrance, ici sur terre et au-delà de la mort.

2. Moyens magiques du « Mieux Vivre »
Ici, il va falloir essayer de comprendre et s’exercer froidement à développer le phénomène de la conscience. Plusieurs clés et techniques participent de ce développement. De prime abord, nous devons savoir que la conscience ne se développe qu’en pleine conscience pendant la journée, à l’état de veille. La qualité de la conscience que nous possédons à notre mort ou pendant le sommeil est celle que nous possédons pendant la vie et dans notre corps physique. Laquelle qualité de la conscience qui n’est que la fréquence vibratoire de notre conscience, c’est-à-dire notre capacité à nous gouverner nous-mêmes ou non. D’autre part, l’homme ne peut développer sa conscience que lorsqu’il vit dans un corps physique.
Aussi chacun de nous est invité à se souvenir de nos rêves c’est-à-dire tout ce que nous avons fait pendant que nous avons quitté provisoirement notre corps physique. A contrôler nos pensées et nos émotions. A essayer de comprendre leur cause, leurs racines et surtout en ne nous figeant pas, ni nous culpabiliser. Se culpabiliser, c’est perdre de l’Energie. L’important, c’est de considérer froidement et calmement la situation que nous vivons et réfléchir sur ce que nous devons faire pour remédier. Et surtout n’oubliez point que parler, c’est dilapider l’Energie en nous et avant de dormir, faites des injonctions positives et penser avec force à la solution d’un problème ardemment souhaitée. C’est également utile d’apprendre à décrire dans un cahier personnel, la ou les situations que nous vivons.

3. Rectification du karma négatif
Tout ce que chacun de nous pense, dit, ressent et fait constitue une force réelle mise en mouvement et que nos pensées, nos sentiments, nos propos ou nos actions soient orientées vers le Bien ou le Mal n’empêche pas la force ainsi libérée d’agir et de déclencher des résultats. Que nos pensées bonnes ou mauvaises, nos sentiments bons ou mauvais, nos actes bons ou mauvais soient lancés vers autrui ou nous-mêmes n’empêchent point la force ou les forces libérées d’agir et de déclencher des résultats. Le karma est le rapport, le lien qui s’établit et lie une cause à son effet, un acte à ses conséquences. Aussi, la cause profonde de tout ce qui nous arrive réside en nous, que cela soit un acte commis dans cette vie ou dans une vie passée tel que les négligences, le mauvais esprit, les mensonges, la jalousie, la calomnie, les trahisons, etc…
Aussi, il va falloir d’urgence faire l’effort quotidien de prendre connaissance de ce qui passe en nous. Car il y a en nous, de multiples causes d’actes, de pensées, de paroles, de comportements, etc… nichées en nous et que nous ne percevons pas. Or, la loi voudrait que tant que nous ne savons pas, nous n’avons pas conscience des causes, ces dernières continueront d’apporter dans notre vie, des conséquences pénibles. Et seule la magie de purification et d’extension de la conscience peut nous y aider car avec elle, point n’est besoin de se souvenir, d’avoir la mémoire des actes comme dans un lointain passé.

4. La Magie des Eléments
La grande majorité des hommes, femmes, enfants subissent inconsciemment une existence misérable en pensant ne pouvoir rien changer à cette soi-disant fatalité. Je peux vous rassurer que vous vous trompez largement. Rien sur cette terre n’est acquis définitivement et tout peut basculer dans un sens totalement opposé dès l’instant où nous avons accès à des outils solides à notre disposition et que nous avons une sincère et solide envie de forger notre transformation salutaire : la Refondation.
La spécifité de la « Magie des Eléments », c’est qu’elle ne demande point que nous ayons foi ou que nous ne l’ayons pas. Dès l’instant où elle est actionnée, les résultats sont infaillibles.

Les 4 Eléments
4 éléments permettent de réaliser nos désirs ; il s’agit du Feu, de l’Air, de l’Eau et de la Terre. Rappelons que ces quatre éléments sont réunis dans un Cinquième appelé Akasha. Et c’est en ce dernier, que réside l’équilibre entier de l’univers. Mais avant toute chose, rappelons que la matière, le corps humain est relié à l’esprit par le lien du corps éthérique ou astral et que toute manifestation de quelque nature qu’elle soit n’est que la conséquence logique d’une action produite sur le plan astral. Aussi c’est particulièrement sur ce plan que doit s’effectuer la véritable Refondation. Aussi tous ceux qui veulent agir sur leur corps ou désirant transformer leurs conditions existentielles doivent conduire leur action sur le plan astral dans le but de programmer le changement salutaire qu’ils désirent voir s’accomplir sur la terre, dans le plan matériel et physique. Rappelons aussi que toutes les maladies ont leurs causes profondes plongées dans les racines du corps astral et éthérique indiquant ainsi la loi universelle de correspondance qui voudrait qu’il y a un lien, un rapport constant entre les multiples phénomènes qui se manifestent dans les différents plans de la vie et des êtres vivants. C’est ainsi que les 4 éléments à travers leurs qualités et défauts qu’ils confèrent à chacun suivant nos coordonnées de naissance, tracent le plan de travail que nous avons à faire dans l’histoire de nos âges respectifs.

a) La Magie du Feu
Au Feu est associé la force, le pouvoir dans la vie, le courage, l’activité, l’expansion, le rayonnement mais également le tempérament colérique, les sentiments d’animosité, la jalousie, l’irritabilité, les passions démesurées, etc…
Au feu également est associé les signes zodiacaux suivants : les Béliers, les Lions et les Sagittaires. Rappelons que le Bélier régit la tête et représente la pensée, la sagesse, tandis que le Lion régit le cœur et représente le sentiment, l’amour ; quant au Sagittaire, il régit les cuisses et représente le mouvement et donc l’action, la réalisation des pensées et des sentiments dans la matière. D’autre part, au Feu est associé la couleur Rouge, le nombre 1, le son (OU), le plexus sacré. Dans la magie du feu, la couleur rouge ou bougie rouge est utilisée là où les forces vitales ont besoin d’être stimulées ou renouvelées c’est-à-dire là où les énergies bloquées doivent s’écouler à nouveau harmonieusement. C’est ainsi que le feu de la bougie rouge sert à dissoudre les blocages chroniques. C’est ainsi que la présence sur soi ou dans son milieu d’une surface peinte de rouge est nécessaire. Ces techniques redonnent de la vigueur aux fonctions dégénérées de l’organisme, stimulent le métabolisme et favorisent l’élimination agissant sur les digestions paresseuses et aidant à se désintoxiquer, etc….Des plantes liées au feu, nous avons en exemple l’ail.
L’ail qui sert également dans l’assainissement des lieux et nous donne la puissance au combat, le clou de girofle qui apaise les conflits relationnels et affectifs, le gingembre qui nous donne de la vitalité sexuelle, la protection, la force et la puissance, la moutarde qui éloigne les ennemis et nous protège….etc. Au feu est lié la force, le pouvoir dans la vie, le courage, l’audace, l’activité, l’expansion, le rayonnement mais aussi le tempérament colérique, les sentiments d’animosité, la jalousie, l’irritabilité, les passions démesurées. Aussi, l’excessif nous indique que nous sommes sous l’influence de l’élément feu et qu’il va falloir faire appel à l’un de ses calmants : l’eau.

b) La Magie de l’Eau
A l’élément Eau correspond nos émotions, notre sensibilité ; notre vie affective, notre magnétisme attractif, nos sentiments, notre romantisme. L’Elément « Eau » gouverne notre santé, notre joie, nos succès amoureux, les plaisirs divers. Sa couleur est le bleu et il est le symbole de notre capacité d’adaptabilité. L’Elément Eau nous invite à la retenue, à l’introversion, la vie intérieure. C’est le symbole de notre inconscient. C’est l’élément de la guérison spirituelle et de l’évolution spirituelle. C’est ainsi que le Déluge dans la Bible est appelé à régénérer, refonder le monde. Et qui parle de l’Elément « Eau » parle des liquides tels que le Vin, le vinaigre…etc.
A la différence du vin qui produit l’ivresse qui produit à son tour l’oubli qui adoucit le sort de l’humanité ou met les humains dans un état où ils sont sous l’emprise des forces animales, le vinaigre au contraire symbolise quant à lui, un nouveau départ. Le vin, symbolise la renaissance du monde sur des bases mystiques comme l’illustre dans la Genèse, ce passage parlant de Noé, descendant d’Adam et Caïn, le premier patriarche d’après le déluge qui est appelé à régénérer le monde : Noé, le cultivateur, commença à planter la vigne. Ayant bu du vin, il se dénuda à l’intérieur de sa tente. Cham, père de Canaan vit la nudité de son père et avertit ses deux frères au-dehors. Mais Sem et Japhet prirent le manteau et le mirent tous deux sur leurs épaules et marchant à reculons couvrirent la nudité de leur père…Genèse 9-18.
Autrement dit, le vin nous rapproche tout à la fois de la nature et des Dieux tandis que le vinaigre nous permet de dominer. Remarquez que le vinaigre ne se sert et ne s’utilise qu’avec parcimonie. Si le vin est un nectar délicieux au palais dont la douceur et les arômes produisent l’euphorie qui saisit le buveur, le vinaigre se fait piqûre dans la bouche et ne peut être supporté que largement additionné d’eau. Le vin alimente le feu intérieur des hommes et renforce les pouvoirs de manière subtile tandis que le vinaigre d’une acidité dont la brûlure mine les forces vives des matériaux les plus durs, illustrant leur symbolique magique : le vin symbolise la renaissance du monde sur les bases mystiques tandis que le vinaigre symbolise un nouveau départ grâce à une magie opérative : la Refondation.
D’autre part le vin sur le plan religieux est assimilé au sang comme l’indique ce passage de la Bible où Jacob bénissant ses fils dit ce qui suit : » Il lave son vêtement dans le vin, son habit dans le sang des raisins, ses yeux sont troubles de vin, ses dents sont blanches de lait ».
Et le christianisme a porté à un haut point ce symbolisme avec les Noces de Cana où Jésus transforma l’eau en vin, son premier miracle grâce dit Saint Jean à « Six jarres de pierre destinées aux purifications ». Et ceci préfigure de la Magie de l’Eucharistie.
Dans ce sacrement Eucharistique, le prêtre ou nous-mêmes, en buvant le vin, nous faisons revivre, le sacrifice du Fils qui a versé son sang pour racheter les hommes. Voyez-vous là encore l’équivalence du vin et du sang et qui plus, le sang le plus précieux qui soit, celui de Dieu.
Mes frères et sœurs, la vérité est souvent sous nos yeux et nous ne la voyons pas. Pourquoi juste avant sa mise en croix, le Christ refusa les derniers secours des bonnes dames de Jérusalem sous la forme d’un vin fortement aromatisé ? Comme le mentionne Marc 15-23 : « Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas. Puis, ils le crucifièrent. » Par contre à l’agonie, lui-même demanda à boire. Et voici ce qu’on lui donna d’après Jean 19-28 : Jésus dit : J’ai soif. Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope, une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé et, inclinant la tête, il remit l’esprit ».
Le vin dans l’alchimie de la Refondation, mes frères et sœurs, doit cesser d’être l’attribut des oracles, des prophètes et des patriarches et revivre comme dans l’Eucharistie, mystérieusement et réellement le Sang du Christ afin qu’ainsi le trait, le pont d’union entre l’Homme et la divinité soit reconstruit pour la paix de chacun de nous, de nos familles respectives, de nos nations. Ainsi soit-il.

c) La Magie de l’Air
Le mot « air » évoque un fluide gazeux, de faible densité laissant passer la lumière, etc…L’air est en relation avec le vent, le ciel, le temps, le vol, etc… et suggère l’idée de transcendance. Le Soleil ou la Lune modifie sur tous les plans, la qualité de l’air. La légèreté de l’air induit sa subtilité. L’air constitue le milieu propre à la diffusion de la lumière, les couleurs, des odeurs, de l’envol et même des vibrations interplanétaires. Le pouvoir de l’Air (l’atmosphère) consiste en la transmission du son et de la lumière. L’Air joue ainsi le rôle de médiateur. Il est symbolisé dans le règne minéral par la plume et produit des incantations qui trahissent la puissance du son proféré dans l’Air. L’Air occupe la place opposée à l’Eau sur la roue des éléments. Dans le sens polaire, sa position regarde l’Est, soit le renouveau ou la résurrection. Le rite en relation intime avec l’Air demeure le souffle purificateur. L’oiseau symbolise l’air en indiquant la capacité de voler et de s’affranchir des conditions ordinaires d’existence. Aussi tout ce qui sort de nous, qui est inférieur, impur, égoïste, méchant ou mensonger nous entraîne à ce qui est sombre, nous conduit à notre perte et revient vers nous, dans l’inspiration, comme catastrophe, pleurs et grincements de dents. Et il va falloir surveiller et maîtriser les trois clés qui ouvrent les trois facultés de penser, de respirer et de manger car elles nous ouvrent les portes de lumière. Tel est ainsi le but final de la respiration : unir l’homme à la vérité, à la lumière, à Dieu. Par la respiration, nous apprenons à agir d’une façon consciente sur nous-mêmes, sur les autres, la nature et l’esprit. Tout le monde respire, donc tout le monde s’influence soi-même et influence les autres et il est nécessaire que nous les fassions consciemment. La plupart du temps, les humains pratiquent la magie noire ou grise sans le savoir puisque toute parole, geste, mouvement, intention pensée, musique, sentiment, désir sont des prolongements de la respiration qui possèdent une puissance d’action sur soi-même, sur les autres et sur l’esprit, pour le bien, la construction ou le mal, la destruction gratuite. Et tout le secret se trouve dans l’inspiration et l’expiration. Dans ce que nous mettons dans l’inspiration, dans la rétention et l’expiration qui jette dans l’univers nos désirs. Et pour cela tout doit se faire dans le calme, le silence et la méditation sur par exemple Les paroles de Saint-Jean dans le prologue de son Evangile : » Et la vie est la lumière des hommes ». « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie ». L’inspiration et l’expiration produisent l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’inspiration et l’expiration, la vie et la mort sont les deux portes qui permettent la communication d’en haut et d’en-bas.

d) La Magie de la Terre
Dans la table d’Emeraude, nous lisons ce qui suit : Le Soleil en est le père et la Lune, la mère. Le vent l’a porté dans son ventre. La Terre est sa nourrice et son réceptacle. Ainsi, la Table d’Emeraude du Sage Hermès nous explique que : Le Soleil (le Feu) est le père, et la Lune (Eau), la mère. Le Vent (L’air) l’a porté dans son ventre. La Terre est sa nourrice et son réceptacle. L’Air(ou état gazeux) est céleste, mais sa force s’exprime par le vent. L’Eau(ou état liquide) purifie et apparait comme source de vie. Le Feu (ou état igné) éclaire, chauffe, brûle et, surtout, il constitue l’un des pouvoirs de l’homme, par rapport aux autres espèces. La terre (ou état solide) enfin représente la fécondité, la naissance et la mort.Aussi, à chacun de nous de ne point oublier que quiconque qui n’est pas en harmonie avec l’élément sur lequel il travaille et qui est incapable de le respecter, court à sa propre perte. Ceci dit, la première offrande à faire à la terre est celle du Sel de la Vie. Viennent ensuite l’aspersion, la libation, le souffle de l’Air et du feu. Le taureau est l’animal consacré par excellence à la terre. Toute construction humaine se doit d’être placée sous une protection tellurique et cosmique. Une offrande déposée dans une fosse, constitue la meilleure image symbolique du rite de fondation. L’acte simple de manger devrait lui aussi se placer dans un rapport d’harmonie. Aussi, offrir à la terre nourricière, les prémices d’un repas remontent à une haute antiquité. Dans notre pays le Bénin, Dieu a confié la gestion de la Terre au Grand Vodoun, « SAKPATA », respectueusement appelé « AINON » qui veut dire « Propriétaire de la Terre ». Il est le détenteur de toutes les richesses de notre planète dont il comble à profusion l’Homme. Il est également appelé DOKOUNNON. Le grand Vodoun SAKPATA malgré sa grande bienveillance et sa grande bonté est terrorisant et terrifiant parce que très intransigeant et d’une extrême sévérité. Chacun de nous est divisé en corps physique, corps psychique et corps mental. Ces trois corps sont unis entre eux par un lien subtil. Le corps physique est maintenu en vie par la nourriture tandis que le corps astral ne vit que par la respiration. Les parties du corps humain liés à l’élément terre sont : du coccyx en passant par les cuisses et les jambes jusqu’à la plante des pieds.
Rappelons que l’élément terre sert de support aux 3 autres éléments. La magie de la terre permet d’améliorer considérablement notre existence dans les domaines physiques, matériels et financiers. Aussi, la pauvreté dans la vie matérielle n’est pas le fait du hasard, ni une sentence aveugle du Destin ou le résultat de basses pratiques ourdies par des voisins jaloux ni le courroux implacable de Dieu mais une conséquence logique, mathématique de quelque loi violée ou déviée du cosmique, du Grand Architecte de l’Univers. Notre misère, nos misères sur le plan matériel ne sont que le reflet d’une ou plusieurs perturbations installées comme des virus, des microbes au niveau des autres corps de l’être le tout lié à l’élément Terre correspondant dans ces corps subtils. Et il est urgent de passer à la purification des énergies élémentales individuelles afin de retrouver l’équilibre intérieur nécessaire à notre épanouissement spirituel comme à notre réussite matérielle. Rappelons avant toute chose que pour guérir d’une maladie, un temps d’incubation et de convalescence sont inévitables. Et ce temps est d’autant plus important que la maladie s’est installée depuis de nombreuses années. En d’autres termes, cela voudrait dire que nous ne pouvons immédiatement jouir des bienfaits de notre Refondation intérieure, spirituelle, mentale, morale, comportementale. La reprogrammation, la Refondation de notre subconscient implique le facteur temps. Aussi, plusieurs mois, voire plusieurs années pour les cas les plus graves devront être consacrées à une restructuration, à une rectification, à une ascèse rigoureuse à l’aide de travaux de résurrection théurgiques.
Et pour communiquer avec la terre, comme exercice, nous pouvons nous asseoir sur une chaise, la colonne vertébrale redressée, les pieds nus contre le sol, dans une semi obscurité. Nous pouvons également nous coucher le dos nus contre le sol et les pieds nus également contre le sol.
Il est important de travailler ce rituel là où nous pouvons bénéficier de la circulation de l’Air en présence d’une bougie blanche ou de couleur brune.
Après un temps, dans cette posture, vibrez-le son (SSSS). Et contrôlez vos relations sexuelles après cette pratique car la terre est liée à la région coccygienne aux glandes sexuelles et apprenez la patience particulièrement les jours où l’addition de la date, du mois et de l’année donnent le nombre 4, le nombre 8. Que le Seigneur nous accompagne.

Mathieu 7-7
Le Seigneur a mis un signe sur le jour et a enlevé le signe sur la nuit (elle est obscure). Mais au cœur de la nuit brille Qamar (la lune, le Signe de Dieu). Ainsi passeras-tu du jour à la nuit et verras-tu briller soudain dans les ténèbres la Face de Ton Seigneur. Noir et Blanc sont comme le Jour et la Nuit, le Bien et le Mal, la Vie et la Mort ; tu passes et passeras de l’un à l’autre dans le temps d’un soupir. Il y a sept Dormants comme il y a sept jours, sept terres, sept mers, sept cieux, sept portes et sept versets dans la Fatiha : Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux.

1. Béni soit Allâh, Seigneur de l’Univers
2. Clément et Miséricordieux
3. Maitre au jour du jugement
4. C’est lui que nous adorons et à qui nous demandons aide et assistance
5. Qu’il nous dirige sur la droite voie
6. Sur la route de ceux qu’Il récompense
7. De ceux qui n’ont pas suscité sa colère et qui ne divaguent pas.
Ainsi soit-il.
VOIS – COMPRENDS – AGIS

IX. Acte 10 .....
Source : http://lautrefraternite.com/2012/02/26/de-lalchimie-de-la-refondation-individuelle/

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Propos sur l'alchimie : Oswald Wirth (1860-1943)

6 Mai 2012 , Rédigé par O Wirth Publié dans #Alchimie

                                                              L’OEUVRE DES SAGES

Opérations. - Couleurs. - Oiseaux hermétiques. L'Union du Soufre et du Mercure. - L'Etoile des Mages. La Rose-Croix.

 La Pierre philosophale est un Sel purifié, qui coagule le Mercure , pour le fixer en un Soufre éminemment actif.

L'Oeuvre comprend donc trois phases :

La purification du Sel,

La coagulation du Mercure,

Et la fixation du Soufre.

Mais au préalable, il faut se procurer la Matière philosophique. Cela n'entraîne pas à de grandes dépenses, car elle est fort commune et se rencontre "partout".

Cependant, elle demande à être discernée. Tout bois n'est pas bon pour faire un Mercure. La nature nous offre des matériaux qu'on ne saurait faire entrer dans la construction du temple de la Sagesse. Il est des vices rédhibitoires qui font écarter le profane avant même qu'il soit soumis aux épreuves.

Supposons néanmoins l'artiste en possession d'une « matière » convenable à ses projets. Il s'empressera aussitôt de la nettoyer, afin de la débarrasser de tout corps étranger qui pourrait adhérer accidentellement à sa surface.

Cette précaution étant prise, le sujet est enfermé dans l'Œuf philosophique hermétiquement luté.

Il est ainsi soustrait à toute influence venant de l'extérieur: la stimulation mercurielle lui fait défaut ; son feu vital dès lors baisse, languit et finit par s'éteindre.

Ce langage serait assez déconcertant si, pour le comprendre, on ne se reportait à la traduction que la Franc-Maçonnerie en offre dans ses usages. Le rituel prescrit de dépouiller le Récipiendaire des métaux qu'il porte sur lui, puis de l'emprisonner dans la Chambre des Réflexions, où il se trouve en présence d'emblèmes funèbres, qui l'invitent à se préparer à la mort. Isolé, réduit à ses propres ressources, l'individu cesse de participer à la vie générale : il meurt et sa personnalité se dédouble. La partie éthérée se dégage et abandonne un résidu désormais « informe et vide » comme la terre antérieurement à son imprégnation par le souffle divin (Genèse I, 2).

Ainsi apparaît le chaos philosophique dont la couleur noir, est figurée par le Corbeau de Saturne. On peut voir dans cet oiseau l'image des ténèbres qui étaient sur la face de l'abîme ; on lui oppose la Colombe, le symbole de l'Esprit de Dieu se mouvant sur le dessus des eaux. Privée de vie, la matière tombe en putréfaction. Toute forme organique est alors dissoute, et les Eléments se confondent dans un tohu-bohu désordonné. Mais la masse putréfiée renferme un germe, dont la dissolution favorise le développement. Ce foyer d'une nouvelle coordination commence par s’échauffer, en raison des énergies qui s’y trouvent emmagasinées. La chaleur dégagée repousse l’humidité et s’enveloppe d’un manteau de sécheresse. Ainsi se reconstitue l’écorce terrestre qui sert de matrice au Feu, qu’elle sépare de l’Eau.

Cette séparation des Eléments rétablit la circulation vitale, qui a pour effet de soumettre la Terre impure à un lavage progressif. L’Eau alternativement extériorisée puis résorbée, fait passer le résidu chaotique du noir au gris, puis au blanc, en passant par les couleurs variées de l'arc-en-ciel, représentées par la queue de paon.

Or, la blancheur a pour symbole le Cygne dont Jupiter prit l'aspect pour s'unir à Léda. Le maître des dieux représente en cela l'Esprit qui féconde ; la Matière purifiée par des ablutions successives. C'est le souffle aérien qui pénètre la Terre, pour en faire surgir l'Enfant philosophique. Tandis que l'embryon se développe dans le sein maternel, la Terre se recouvre d'une luxuriante végétation, grâce à l'humidité aérienne dont elle est imprégnée ; c'est l'apparition de la couleur verte, celle de Vénus, dont la Colombe est l'oiseau favori.

Désormais il n'y a plus à obtenir que la couleur rouge, celle qui marque l'achèvement de l'oeuvre simple ou Médecine du premier Ordre. Elle annonce la parfaite purification du Sel, laquelle rend possible l'accord rigoureux entre l'agent interne et sa source extérieure d'action .

Le Feu individuel en vient alors à brûler d'une ardeur toute divine, et manifeste le pur Soufre philosophique, dont l'image est le Phénix.

Cet oiseau merveilleux était consacré au Soleil et on lui supposait un plumage écarlate. Il représente ce principe de fixité qui réside dans le foyer de notre Feu central, où il semble se consumer sans cesse, pour renaître continuellement de ses cendres.

Pour conquérir cette , immuabilité l'initiative particulière ne doit plus s'exercer que sous l'impulsion directe du Centre moteur universel ; c'est la communion de l'Homme avec Dieu, ou l'harmonie pleinement réalisée entre le Microcosme et le Macrocosme.

Parvenu à cet état, le Sujet prend le nom de Rebis, de res bina, la chose double. On le représente par un androgyne unissant l'énergie virile à la sensibilité féminine. Il est indispensable, en effet, de réunir les deux natures, si l'on veut réaliser la coagulation du Mercure, autrement dit attirer le Feu du Ciel et se l'assimiler. L'adepte vainqueur des attractions élémentaires possède la vraie liberté, car l'esprit domine en lui sur la matière : il s'est rendu pleinement Homme en surmontant l'animalité. De même que la tête, commande aux quatre membres, un cinquième principe doit subjuguer les Eléments ; c'est la Quintessence, qui est l'essence même de la personnalité ou, si l'on préfère, l'entéléchie assurant 1a persistance de l'être.

Cette mystérieuse entité a pour symbole le Pentagramme, ou l'Etoile du Microscome qui, sous le nom d'Etoile Flamboyante, est bien connue des Francs-Maçons. Ils en ont fait l'emblème caractéristique de leur deuxième grade, auquel on ne peut prétendre qu'après avoir été successivement purifié par la Terre, l'Air, l'Eau et le Feu. Les épreuves initiatiques sont calquées en cela sur les opérations du Grand Œuvre ; les quatre purifications se rapportent à la putréfaction (Terre), à la sublimation de la partie volatile du Sel (Air), à l'ablution de la Matière (Eau) et à la spiritualisation du Sujet (Feu). La dernière épreuve fait allusion à l'embrasement qui remplit l'être d'une ardeur toute divine, dès que son foyer d'initiative s'exalte à la chaleur du Feu-Principe animateur de toutes choses.

La Quintessence est parfois représentée par une rose à cinq pétales.

Dans l'une de ses figures, Nicolas Flamel nous montre ainsi la Rose hermétique sortant de la pierre mercurielle sous l'influence de l'Esprit universel. D'autre part, les mystiques rosicruciens combinaient la rose avec la croix et y voyaient l'image de l'Homme-Dieu que nous portons en nous. Le Sauveur était à leurs yeux la Lumière divine qui resplendit au sein de l'âme épurée. Ce n'est d'abord qu'une étincelle, un frêle enfant né de la Vierge céleste, autrement dit de cette essence psychique transcendante, immaculée, universelle, qui est destinée à nous envahir. Cet envahissement refoule ce qui est inférieur en nous : ainsi la Femme apocalyptique écrase la tête du Serpent, séducteur de notre vitalité terrestre, tandis que le Rédempteur grandit pour nous diviniser en nous illuminant.

                                                          LE MAGISTERE DU SOLEIL

L'Illumination. - La Maîtrise. - La Réintégration dans l'Unité. - L'or philosophique. - La Sagesse. - Le Pélican. - L'Etoile de Salomon.

 Selon les rites initiatiques, le bandeau de l'ignorance profane tombe des yeux du Récipiendaire dès que celui-ci a été purifié par les Eléments. Cette quadruple purification a pour effet de rendre l'écorce terrestre perméable et transparente ; aussi désormais la lumière extérieure peut être aperçue du dedans. Mais il ne suffit pas à l'Initié de voir la Lumière il lui incombe de l'attirer, pour la concentrer sur le foyer radical de sa personnalité. C'est ce qui s'appelle coaguler le Mercure.

En vue de cette opération le Feu intérieur doit tout d'abord être exalté. L'ardeur centrale extériorise ainsi l'humidité animique, qui transforme l'atmosphère individuelle en un milieu réfringent,

propre à recueillir et à condenser la clarté diffuse de l'Azoth. Grâce à cette réfraction, la personnalité finit par s'imprégner intégralement de Lumière coagulée.

Il importe alors de rendre permanent l'état qui a. su être atteint. On ne peut y parvenir qu'en induisant une circulation vitale nouvelle et plus transcendante que celle qui s'effectue dans le domaine ordinaire des Eléments. Mais la conquête d'une vie plus élevée suppose toujours une mort préalable. Or, ce n'est plus cette fois le Profane qui périt au sein des ténèbres pour renaître à la Lumière, c'est l'Initié qui meurt élevé au-dessus de terre et cloué sur la croix, en vue d'accomplir le Grand Oeuvre.

Cette mort représente le sacrifice total de soi-même. Elle exige le renoncement à tout désir personnel. C'est l'extinction de l'égoïsme radical, et par suite l'effacement du péché originel. Le moi étroit disparaît, absorbé dans le soi de la Divinité.

Une semblable absorption investit l'Homme de la souveraine puissance. L'être qui n'est plus esclave de rien devient par ce seul fait maître de tout. Sa volonté ne formule que les intentions même de Dieu et à ce titre elle s'impose irrésistiblement.

Mais, en réalisant l'idéal chrétien le sage parfait ne saurait plus s'adonner à aucune entreprise arbitraire. Sa mission de rédempteur le détache de toute mesquinerie. Il ne peut être question pour lui de fabriquer de l'or vulgaire, susceptible de tenter les avares. Lorsque la pierre philosophale est projetée sur les métaux en fusion, c'est en or philosophique qu'elle les transmue, c'est-à-dire en un trésor inaliénable, dont la valeur est absolue et non de simple convention.

Cet or se rapporte à la plus haute somme de perfection dont un être soit susceptible du triple point de vue intellectuel, moral et physique. C'est ainsi que la pierre philosophale devient la suprême médecine à la fois de l'esprit, de l'âme et du corps. Elle procure la santé parfaite et rétablit la créature déchue dans les droits primitifs de sa création.

Mais, pour rendre autrui parfait il faudrait être parfait soi-même. Or, qui oserait prétendre à la perfection ? N'est-elle pas un modèle que l'on peut suivre, mais qu'on n'atteint jamais ? Il en est ainsi lorsque l'on parle de la perfection absolue. Mais ce n'est pas à elle que fait allusion l'or philosophique, qui ne représente que le degré de perfection compatible avec la nature de chaque être. Dès que l'on a soi-même atteint ce degré on peut efficacement remplir le rôle de sauveur. La plus modeste lumière contribue à dissiper les ténèbres, et pour guérir les autres il suffit d'être sain.

Une étincelle divine brille d'ailleurs en tout homme. Elle étouffe le plus souvent sous l'épaisseur de la matière. L'initiation allège celle-ci et avive la flamme sacrée. Dans l'être humain elle développe l'Homme-Principe en faisant éclore le germe des potentialités latentes que nous portons en nous. On ne saurait rien demander de plus; car toute construction est parfaite dès qu'elle est conforme au plan conçu par l'architecte. Or, il ,s'agit ici de l'Architecte souverain ordonnateur de toutes choses.

D'un autre côté, l'homme n'est rien par lui-même : tout lui vient du dehors ; c'est ce qui lui permet de participer à la toute-puissance dans la mesure où il se rapproche de sa source. Or, pour se rapprocher de Dieu, il suffit de faire sa volonté et de l'aimer.

Faire la volonté de Dieu, c'est travailler à la réalisation du plan divin et, comme une tâche déterminée est assignée à chaque être, tout le devoir consiste à la remplir fidèlement. Le mérite ne réside pas dans les oeuvres grandioses, mais dans celles qui répondent aux exigences de (harmonie générale. Dans le concert universel, les exécutants doivent s'appliquer non pas à faire beaucoup de bruit, mais à fournir strictement la note qui leur est demandée. Remplir rigoureusement sa destinée, telle est donc toute l’ambition du sage. Gloire, honneurs, richesses, plaisir et satisfactions, rien à ses yeux ne peut avoir du prix. Il ne voit dans le monde qu'un théâtre où les personnalités se donnent en spectacle. Les acteurs paraissent sur scène affublés d'accoutrements d'emprunt, et ils jouent leur rôle avec conviction, oubliant qu'à la chute du rideau, ils dépouilleront leurs y oripeaux pour redevenir eux-mêmes.

Dans ces conditions, le personnage que l'on incarne importe assez peu. Prince ou mendiant, héros ou traître, l'essentiel est de bien jouer, en répondant exactement aux intentions de l'auteur.

Cependant, si la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, la simple docilité n'en est pas la fin. La soumission et l'obéissance sont indispensables, mais, à elles seules, elles ne suffisent pas pour élever vers Dieu : notre élévation se proportionne au degré d'Amour dont nous sommes capables.

Le Pélican est, de ce point de vue, l'emblème de cette charité sans laquelle on ne saurait être qu'un airain qui résonne ou une cymbale retentissante. Cet oiseau blanc alimente ses petits de son propre sang. Il est l'image de l'âme qui se dévoue sans réserve. C'est dans le sentiment qui unit l'individu à tous les êtres que réside la suprême vertu, la « force forte » de toute force.

L'adepte qui brûle de cet amour infini obtient le Sceau de Salomon. Ce signe de la puissance magique par excellence, se compose de deux triangles entrelacés, qui sont les symboles alchimiques du Feu et de l'Eau . Ils représentent plus particulièrement ici la nature humaine unie à la nature divine.

L'Hexagramme ou l'Etoile du Macrocosme est ainsi l'emblème de la théurgie, qui s'appuie sur l'alliance de la Volonté et du Sentiment, alors que la Magie simple se base sur la seule Volonté de l'adepte portée à sa plus haute puissance. Son pantacle est en cela le Pentagramme ou l'Etoile du Microcosme. Le mage développe son individualité, il exalte son Soufre et devient un centre puissant d'initiative personnelle. Il se rattache à l'initiation masculine ou dorienne, à l'encontre du mystique, qui se conforme aux principes de l'initiation féminine ou ionienne lorsqu'il s'efface devant une puissance extérieure à lui-même (Mercure). Quant au théurge, sa supériorité consiste à concilier l'activité du mage et la passivité du mystique. C'est un chaînon de la suprême hiérarchie : il commande et il obéit, il transmet l'ordre reçu d'en haut à ce qui est placé sous lui, maître dirigeant le travail d'autrui il assure la réalisation du plan de l'éternel Architecte.

Source : http://le-miroir-alchimique.blogspot.fr/

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La Prière de l'alchimiste (1957)

5 Mai 2012 , Rédigé par d'Eugène Canseliet (1957) Publié dans #Alchimie

Dieu tout-puissant, éternel, père de la céleste lumière, de qui viennent aussi tous les biens et tous les dons parfaits : nous implorons ton infinie miséricorde, afin que tu nous permettes de connaître parfaitement ton éternelle sagesse qui environne ton trône et par laquelle toutes choses ont été créées et faites, et sont, à présent encore, conduites et conservées. Envoie-nous-la de ton ciel saint et du trône de ta gloire, afin qu'elle soit et travaille avec nous, puisqu'elle est la maîtresse de tous les arts célestes et occulteset qu'elle sait et comprend toutes choses. Fais lentement qu'elle nous accompagne dans toutes nos œuvres, afin que nous obtenions la véritable intelligence et la pratique infaillible de cet Art très noble, qui est la pierre miraculeuse des sages, que tu as cachée au monde et, du moins, que tu as coutume de révéler à tes élus. Que, certainement et sans aucune erreur, nous apprenions l'Œuvre suprême qui, par nous, doit être ici poursuivi sans relâche.

Tout d'abord, que nous l'entreprenions convenablement et bien ; que nous progressions constamment dans ce travail ; enfin que nous le terminions bienheureusement et en jouissions avec joie pour toujours, par Jésus-Christ, cette pierre céleste, angulaire, miraculeuse et fondée de toute éternité, qui, avec toi, ô Dieu le père, et l'Esprit-Saint, véritable Dieu dans une indissoluble et divine essencecommande et règne, Dieu triple en un, loué extrêmement dans les siècles sempiternels. Ainsi soit-il.

source : www.boutiquefs.com

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Le dictionnaire mytho-hermétique (1787) : préface

2 Mai 2012 , Rédigé par Don Pernety Publié dans #Alchimie

Jamais Science n'eut plus besoin de Dictionnaire que la Philosophie Hermétique. Ceux dans les mains de qui tombent les Livres faits sur cette matière, ne sauraient en soutenir la lecture une demi-heure seulement; les noms barbares qu'on y trouve, semblent vides de sens, et les termes équivoques qui sont placés à dessein presque dans toutes les phrases, ne présentent aucun sens déterminé. Les Auteurs avertissent eux-mêmes qu'on ne doit pas les entendre à la lettre; qu'ils ont donné mille noms à une même chose; que leurs Ouvrages ne sont qu'un tissu d'énigmes, de métaphores, d'allégories, présentées même sous le voile de termes ambigus, et qu'il faut se défier des endroits qui paraissent faciles à entendre à la première lecture. Ils font mystère de tout, et semblent n'avoir écrit que pour n'être pas entendus. Ils protestent cependant qu'ils n'écrivent que pour instruire, et pour instruire d'une Science qu'ils appellent la clef de toutes les autres. L'amour de Dieu, du prochain, de la vérité, leur met la plume à la main : la reconnaissance d'une faveur si signalée que celle d'avoir reçu du Créateur l'intelligence d'un mystère si relevé, ne leur permet pas de se taire. Mais ils l'ont reçue, ajoutent-ils, dans l'ombre du mystère; ce serait même un crime digne d'anathème que de lever le voile qui le cacha aux yeux du vulgaire. Pouvaient-ils se dispenser d'écrire mystérieusement ? Si l'on exposait au grand jour cette Science dans sa simplicité, les femmes, les enfants même voudraient en faire l'épreuve : le Paysan le plus stupide quitterait sa charrue pour labourer le champ de Mars comme Jason : il cultiverait la terre philosophique, dont le travail ne serait pour lui qu'un amusement, et dont les moissons abondantes lui procureraient d'immenses richesses, avec une vie très longue, et une santé inaltérable pour en jouir.

Il fallait donc tenir cette Science dans l'obscurité, n'en parler que par hiéroglyphes, par fictions, à l'imitation des anciens Prêtres de l'Egypte, des Brahmanes des Indes, des premiers Philosophes de la Grèce et de tous les pays, dès qu'on sentait la nécessité de ne pas bouleverser tout l'ordre et l'harmonie établis dans la société civile. Ils suivaient en cela le conseil du Sage.

Mal à propos traite-t-on de fous les Philosophes Hermétiques : n'est-ce pas se donner un vrai ridicule, que de décider hardiment que l'objet de leur Science est une chimère, parce qu'on ne peut pas le pénétrer, ou qu'on l'ignore absolument ? C'est en juger comme un aveugle des couleurs. Quel cas les gens sensés doivent-ils donc faire des jugements critiques de quelques Censeurs sur cette matière, puisque tout le mérite de ces jugements consiste dans le froid assaisonnement de quelques bons mots à l'ombre desquels ils cachent leur ignorance, et qu'ils sèment faute de bon grain, pour faire illusion à des Lecteurs imbéciles, toujours disposés à les applaudir ? Méritent-ils qu'on fasse les frais d'une réponse ? Non : on peut se contenter de les envoyer à l'école du Sage (2). Moins dédaigneux et moins méprisant que ces Censeurs bouffis d'orgueil et d'ignorance, et aveuglés par le préjugé, Salomon regardait les hiéroglyphes, les proverbes, les énigmes et les paraboles des Philosophes comme un objet qui méritait toute l'attention et toute l'étude d'un homme sage et prudent.

Je voudrais qu'avant que d'étaler leur mépris pour la Philosophie Hermétique, ils prissent la peine de s'en instruire. Sans cette précaution ils s'attireront à bon droit le reproche, que les insensés méprisent la Science et ta Sagesse, et qu'ils ne se repaissent que d'ignorance ; et je leur dirai avec Horace : Odi prophanum. vulgus, et arceo. C'est en effet au sujet de ces mêmes mystères que les anciens Prêtres disaient : Procul ô procul este prophani !

Mon Traité des Fables Egyptiennes et Grecques développe une partie de ces mystères. De l'obligation dans laquelle j'étais de parler le langage des Philosophes, il en est résulté une obscurité qu'on ne peut dissiper que par une explication particulière des termes qu'ils emploient, et des métaphores qui leur sont si familières. La forme de Dictionnaire m'a paru la meilleure, avec d'autant plus de raison qu'il peut servir de Table raisonnée, par les renvois que j'ai eu soin d'insérer, quand il a été question d'éclaircir des fables déjà expliquées.

Beaucoup de gens regardent la Médecine Paracelsique comme une branche de la Science Hermétique; et Paracelse, son Auteur, ayant, comme les Disciples d'Hermès, fait usage de termes barbares, ou pris des autres langues, j'ai cru rendre service au Public d'en donner l'explication suivant le sens dans lequel ils ont été entendus par Martin Rulland, Johnson, Planiscampi, Becker, Blanchard et plusieurs autres. Si je n'ai pas toujours cité ces Auteurs, non plus que les Philosophes Hermétiques, je les ai rappelés assez souvent pour convaincre le Lecteur que je ne parle ordinairement que d'après eux. Ceux qui les ont lus avec attention, les y reconnaîtront aisément.

Afin que le Lecteur puisse juger que mes explications des termes et des métaphores des Philosophes, ne sont pas arbitraires et de mon invention, je rapporterai ici quelques-uns de leurs textes avec lesquels il pourra les comparer. Il y verra d'ailleurs qu'ils sont tous d'accord entre eux, quoiqu'ils s'expriment différemment.

Les Sages, dit Isaac Hollandais, ont donné beaucoup de noms différents à la pierre . Après qu'ils ont eu ouvert et spiritualisé la matière, ils l'ont appelée une Chose vile . Quand ils l'ont eu sublimé ils lui ont donné les noms de Serpent et de Bêtes venimeuses . L'ayant calcinée, ils l'ont nommée Sel ou quelqu'autre chose semblable. A-t-elle été dissoute, elle a prit le nom d'Eau , et ils ont dit qu'elle se trouvait partout. Lorsqu'elle a été réduite en huile, ils l'ont appelée une Chose visqueuse , et qui se vend partout . Après l'avoir congelée, ils l'ont nommée Terre , et on assuré qu'elle était commune aux pauvres et aux riches. Quand elle a eu acquis une couleur blanche, ils lui ont donné le nom de Lait virginal , et ceux de toute autre chose blanche que se puisse être. Lorsque de la couleur blanche elle a passé à la rouge, ils l'ont nommé Feu et de tous les noms des choses rouges. Ainsi dans les dénominations qu'ils ont données à la pierre, ils ont en égard aux différents états où elle se trouve jusqu'à la perfection. Liv. I. ch 126. les œuvres sur les Minéraux.

Ce mélange de trois choses s'appelle Pierre bénite, minérale, animale, végétale, parce qu'elle n'a point de nom propre. Minérale , parce qu'elle est composée de choses minérales; végétale , parce qu'elle vit, et végète; animale , parce qu'elle a un corps, une âme et un esprit, comme les animaux. De son ventre noir on l'appelle Noir fétide . On la nomme encore dans cet état, Chaos, Origine du Monde, Masse confuse , pour moi je l'appelle Terre . Notre eau prend les noms des feuilles de tous les arbres, des arbres mêmes, et de tout ce qui présente une couleur verte, afin de tromper les insensés. On l'appelle aussi Eau bénite, la tempérance des Sages, Vinaigre très aigre, Corps dissoluble, Gomme des Philosophes, Chose vile, cher, précieuse, Corps dur et opaque, mou et transparent, Exaltation de l'eau, Angle de l'œuvre . Observer qu'on appelle le Soleil et la Lune le père et la mère de la pierre dans la composition de l'élixir, ce que dans l'opération de la même pierre, on appelle Terre ou Nourrice . Arnaud de Villeneuve, Comment. fur Hortulain, 

La pierre des Philosophes est une, mais on lui donne une infinité de noms, parce qu'elle est aqueuse, aérienne, terrestre, ignée, flegmatique, colérique; elle est soufre et argent-vif; les superfluités se changent en une véritable essence, avec l'aide de notre feu: et qui veut en ôter quelque chose, ne parviendra jamais à la perfection de l'œuvre. Les philosophes n'ont jamais dévoilé ce secret. Pontanus, Epître.

Notre pierre se nomme d'une infinité de manières, car elle prend des noms de toutes les choses noires. Lorsqu'elle quitte la noirceur, les noms qu'on lui donne rappellent les choses dont la vue égaie et fait plaisir, comme les blanches et les rouges. Ce n'est cependant qu'une seule choses. Riplée, ch 3. du supplément. Si vous l'appelez eau, vous dites vrai; si vous dites qu'elle n'est pas eau, vous ne le niez pas à tort.

Lorsqu'on cuit ces principes avec prudence et sagesse, on en fait une chose qui prend beaucoup de noms. Lorsqu'elle est rouge, on l'appelle Fleur d'or, Ferment de l'or, Colle d'or, Souffre rouge, Orpiment . Quand elle est encore crue, on la nomme Plomb d'airain, Verge et Lame de métal . Les Philosophes appellent l'airain Monnaie, Ecu ; et la noirceur Plomb.


Notre eau s'appelle Eau de vie, Eau nette, Eau permanente et perpétuelle , et d'une infinité d'autres noms. On la nomme Eau de vie , parce qu'elle donne la vie aux corps morts, et qu'elle purufie et illumine ce qui est corrompu et souillé. Arnaud de Villeneuve, Miroir d'ALchymie, pag.11 et 27.

L'Argent-vif est appelé le Père dans la génération des métaux, la véritable vigne, Plomb, Phénix, Pélican, Tantale, Dédale, Serpent, Fontaine, Puits, Porte, Argent-vif des philosophes, Présure, Lait, Ferment, Serf fugitif et de beaucoup d'autres noms. Desiderabile,
Pendant que l'œuvre est encore cru, notre argent-vif s'appelle Eau permanente, Plomb, Crachat de la Lune, Etain . Lorsqu'il est cuit il se nomme Argent, Magnésie, Soufre blanc . Quand il a pris la couleur rouge, on lui donne les noms d'Orpiment, de Corail, d'Or, de Ferment, de Pierre, d'Eau lucid.

Notre eau prend quatre couleurs principales; noire comme du charbon, la blanche comme la fleur de lys, la jaune semblable à la couleurs des pieds de l'émerillon, et le rouge pareille à la couleur du rubis. On appelle la noire Air , la blanche Terre , la jaune Eau , et la rouge Feu .


Le suc de lunaire, l'eau de vie, la quintessence, le vin ardent, le mercure végétale ne font qu'une même chose. Le suc de lunaire se fait de notre vin, connu de peu de personnes; c'est avec lui que nous faisons notre dissolution et notre or potable; sans lui nous ne pouvons rien faire. Notre pierre est comme les animaux, composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Le corps imparfait s'appelle Corps , le fermant Ame , et l'eau Esprit . Le corps imparfait est pesant, infirme et mort; l'eau le purge et le purifie en le subtilisant et en le blanchissant; le ferment donne la vie aux corps, et lui donne une meilleure forme. Le corps est Vénus, ou la femelle; l'esprit est Mercure, ou le mâle, et l'âme est composé du Soleil et de la Lune.


L'eau des philosophes s'appelle le Vase d'Hermès ; c'est d'elle qu'ils ont dit, toutes les opérations se font dans notre eau; savoir, la sublimation, la distillation, la calcination, la solution et la fixation. Elles le fond dans cette eau comme dans un vase artificiel: ce qui est un grand secret. Rosarium.Cambar, Ethelia, Orpiment, Zendrio, Ebsemeth, Magnésie, Chuhul sont des noms de notre argent-vif sublimé du Cambar. Lorsqu'il est parvenu aux blanc, on l'appelle Plomb d'Eburich, Magnésie, Airain blanc .

Les philosophes ont donné beaucoup de noms différents à cette pierre, afin d'obscurcir la science car lorsqu'elle a été mise dans le vase physique, elle prend différents noms suivant les diverses couleurs qui lui surviennent: pendant la putréfaction elle se nomme Saturne , et après Magnésie . Miroir d'Arnaud de Villeneuve.


Terre feuillée, Soufre blanc, Fumée blanche, Orpiment, Magnésie et Ethel signifient la même chose. On appelle le corps Fer, Mars, Carmot, Almagra, Vitriol, Sang, Huile rouge, Urine rouge, Jeunesse, Midi, Eté, Mâle , et de plusieurs autres noms qu'on lui a donné respectivement à la couleur et à ses propriétés. Ibid.

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Les fables égyptiennes et grecques : préface

2 Mai 2012 , Rédigé par Don Pernety Publié dans #Alchimie

La Philosophie considérée en général a pris naissance avec le monde, parce que de tout temps les hommes ont pensé, réfléchi, médité ; de tout temps le grand spectacle de l’Univers a du les frapper d admiration, & piquer leur curiosité naturelle. Né pour la société, l’homme a cherché les moyens d’y vivre avec agrément & satisfaction ; le bon sens, l’humanité, la modestie, la politesse des mœurs, l’amour de cette société, ont donc dû être les objets de son attention. Mais quelque admirable, quelque frappant qu’ait été pour lui le spectacle de l’U­nivers, quelque avantage qu’il ait cru pouvoir tirer de la société, toutes ces choses n’étaient pas lui. Ne dut-il pas sentir, en se repliant sur lui-même, que la conservation de son être propre, n’était pas un objet moins intéressant ; & penserait-on qu’il se soit oublié, pour ne s’occuper que de ce qui était autour de lui ? Sujet à tant de vicissitudes, en but à tant de maux ; fait d’ailleurs pour jouir de tout ce qui l’environne, il a sans doute cherché les moyens de prévenir ou de guérir ces maladies, pour conserver plus long­temps une vie toujours prête à lui échapper. Il ne lui a pas fallu méditer beaucoup pour conce­voir & se convaincre que le principe qui constitue son corps & qui l’entretient, était aussi celui qui devait le conserver dans sa manière d’être. L’appétit naturel des aliments le lui indiquait assez : mais il s’aperçut bientôt que ces aliments, aussi périssables que lui, à cause du mélange des parties hétérogènes qui les consti­tuent, portaient dans son intérieur un principe de mort avec le principe de vie. Il fallut donc raisonner sur les êtres de l’Univers, méditer longtemps pour découvrir ce fruit de vie, capa­ble de conduire l’homme presque à l’immortalité.
Ce n’était pas assez d’avoir aperçu ce trésor à travers l’enveloppe qui le couvre & le cache aux yeux du commun. Pour faire de ce fruit l’usage qu’on se proposait, il était indispensable de le débarrasser de son écorce, & de l’avoir dans toute sa pureté primitive. On suivit la Nature de près ; on épia les procédés qu’elle emploie dans la formation des individus, & dans leur destruction. Non seulement on connut que ce fruit de vie était la base de toutes ses générations, mais que tout se résolvait enfin eu ses propres prin­cipes.
On Se mit donc en devoir d’imiter la Nature ; & sous un tel guide pouvait-on ne pas réussir ? à quelle étendue de connaissances cette décou­verte ne conduisit-elle pas ? Quels prodiges n’errait-on pas en état d’exécuter, quand on voyait la Na­ture comme dans un miroir, & qu’on l’avait à ses ordres ?
Peut-on douter que le désir de trouver un re­mède à cous les maux qui antigène l’humanité, & d’étendre, s’il était possible, les bornes prescrites à la durée de la vie, n’aie été le premier objet des ardentes recherches des hommes, & n’aie formé les premiers Philosophes? Sa découverte dut flatter infiniment son inventeur, & lui faire rendre de grandes actions de grâces à la Divinité pour une faveur si signalée. Mais il duc penser en même temps que Dieu n’ayant pas donné cette connaissance à tous les hommes, il ne voulait pas sans douce qu’elle fût divulguée. Il fallut donc n’en faire participants que quelques amis ; aussi Hermès Trimégiste, ou trois fois grand, le pre­mier de tous les Philosophes connus avec distinc­tion, ne le communiqua-t-il qu’à des gens d’élite, à des personnes dont il avait éprouvé la prudence & la discrétion. Ceux-ci en firent part à d’autres de la même trempe, & cette décou­verte se répandit dans tout l’Univers. On vit les Druides chez les Gaulois, les Gymnosophistes dans les Indes, les Mages en Perse, les Chaldéens en Assyrie, Homère, Talés, Orphée, Pythagore, & plusieurs autres Philosophes de la Grèce avoir une conformité de principes, & une connaissance presque égale des plus rares secrets de la Nature. Mais cette connaissance privilégiée demeura toujours renfermée dans un cercle très étroit de personnes, & l’on ne communiqua au reste du monde que des rayons de cette source abondance de lumière.
Cet agent, cette base de la Nature une fois connue, il ne fut pas difficile de l’employer sui­vant les circonstances des temps & l’exigence des cas. Les métaux, les pierres précieuses entrèrent dans les arrangements de la société, les uns par le besoin qu’on en eut, les autres pour la com­modité & l’agrément. Mais comme ces derniers acquirent un prix par leur beauté & leur éclat, & devinrent précieux par leur rareté, on fit usage de ses connaissances Philosophiques pour les multiplier. On transmua les métaux imparfaits en or & en argent, on fabriqua des pierres précieuses, & l’on garda le secret de ces transmutations avec le même scrupule que celui de la panacée universelle, tant parce qu’on ne pouvait dévoiler l’un sans faire connaître l’autre, que parce qu’on sentait parfaitement qu’il résulterait de sa divulgation, des inconvénients infinis pour la société.
Mais comment pouvoir se communiquer d’âges en âges ces secrets admirables, & les tenir en même temps cachés au Public ? Le faire par tra­dition orale, c’eût été risquer d’en abolir jusqu’au souvenir ; la mémoire est un meuble trop fragile pour qu’on puisse s’y fier. Les traditions de cette espèce s’obscurcissent à mesure qu’elles s’éloignent de leur source, au point qu’il est impossible de débrouiller le chaos ténébreux, où l’objet & la matière de ces traditions se trouvent ensevelis. Confier ces secrets à des tablettes en langues & en caractères familiers, c’était s’exposer à les voir publics par la négligence de ceux qui auraient pu les perdre, ou par l’indiscrétion de ceux qui auraient pu les voler. Bien plus, il fallait ôter jusqu’au moindre soupçon, sinon de l’existence, au moins de la connaissance de ces secrets. Il n’y avait donc d’autre ressource que celle des hiéro­glyphes, des symboles, des allégories, des fa­bles, &c. qui étant susceptibles de plusieurs ex­plications différentes, pouvaient servir à donnée le change, & à instruire les uns, pendant que les autres demeureraient dans l’ignorance. C’est le parti que prit Hermès, & après lui tous les Philosophes Hermétiques du monde. Ils amusaient le Peuple par des fables, dit Origène, & ces fables, avec les noms des Dieux du pays, servaient de voile à leur Philosophie.
Ces hiéroglyphes, ces fables présentaient aux yeux des Philosophes, & de ceux qu’ils instruisaient pour être initiés dans leurs mystères, la théorie de leur Art sacerdotal, & aux autres diverses branches de la Philosophie, que les Grecs puisèrent chez les Egyptiens.
Les usages, les modes, les caractères, quel­quefois même la façon de penser varient suivant les pays. Les Philosophes des Indes, ceux de l’Europe inventèrent des hiéroglyphes & des fables à leur fantaisie, toujours cependant pour le même objet. On écrivit sur cette matière dans la suite des temps, mais dans un système énigmatique ; & ces ouvrages, quoique composés en langues connues, devinrent aussi intelligibles que les hiéroglyphes mêmes. L’affectation d’y rap­peler les fables anciennes, en a fait découvrir l’ob­jet ; & c’est ce qui m’a engagé à les expliquer suivant leurs principes. On les trouve assez déve­loppés dans leurs livres, quand on veut les étudier avec une attention opiniâtre, & qu’on a assez de courage pour vouloir se donner la peine de les combiner, de les rapprocher les uns des autres. Ils n’indiquent la matière de leur Art que par ses pro­priétés, jamais par le nom propre sous lequel elle est connue. Quant aux opérations requises pour la met­tre en œuvre philosophiquement, ils ne les ont pas caché sous le sceau d’un secret impénétrable ; ils n’ont point fait de mystère des couleurs ou signes démonstratifs qui se succèdent dans tout le cours des opérations. C’est ce qui leur a fourni particulièrement la matière à imaginer, à feindre les personnages des Dieux & des Héros de la Fable, & les actions qu’on leur attribue ; on en jugera par la lecture de cet Ouvrage. Chaque chapitre est une espèce de dissertation, ce qui lui ôte beaucoup d’agréments, & l’empêche d’être aussi amusant que la matière semblait le porter. Je ne me suis pas proposé d’écrire des fables, mais d’expliquer celles qui sont connues. On verra dans le discours préliminaire les raisons oui m’ont déterminé à mettre en tête des prin­cipes généraux de Physique, & un Traité de Philosophie Hermétique. Il était indispensable de mettre par-là le Lecteur au fait de la marche, & du langage des Philosophes, dès que je me proposais de le faire entrer dans leurs idées. Il y verra les énigmes, les allégories, les métaphores donc leurs écrits fourmillent. S’il en désire une explication plus détaillée, il peut avoir recours au Dictionnaire Mytho Hermétique, que j’ai mis au jour en même temps.
On demande si la Philosophie Hermétique est une science, un art, ou un pur être de raison ? Le préjugé tient pour ce dernier ; mais le préjugé ne fait pas preuve. Le Lecteur sans prévention se décidera après la lecture réfléchie de ce Traité, comme bon lui semblera. On peut sans honte risquer de se tromper avec tant de savants, qui dans tous les temps ont combattu ce préjugé. N’aurait-on pas plus à rougir de combattre avec mépris la Philosophie Hermétique sans la connaître, que d’en admettre la possibilité si bien fondée sur la raison, & même l’existence sur les preuves rapportées par un si grand nombre d’Au­teurs, donc la bonne foi n’est pas suspecte ? Au moins ne peut-on raisonnablement contester que l’idée d’une médecine universelle, & celle de la transmutation des métaux, n’aient été assez flatteuses pour échauffer l’imagination d’un homme, & lui faire enfanter des fables pour expliquer ce qu’il en pensait. Orphée, Homère, & les plus anciens Auteurs parlent d’une médecine qui gué­rit tous les maux ; ils en font mention d’une manière si positive, qu’ils ne laissent aucun douce sur son existence. Cette idée s’est perpétuée jusqu’à nous : les circonstances des fables se combinent, s’ajustent avec les couleurs, & les opérations dont parlent les Philosophes, s’ex­pliquent même par-là d’une manière plus vraisemblable que dans aucun autre système : qu’exigera-t-on de plus ? Sans doute une démonstration ; c’est aux Philosophes Hermétiques à prendre ce moyen de convaincre les incrédules ; & je ne le suis pas.

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Catéchisme de la Chimie Supérieure

24 Avril 2012 , Rédigé par ECKHARTSHAUSEN Publié dans #Alchimie

   

question : Qui es-tu ? réponse : Je suis un homme qui connaît la lumière et adhère à celle-ci.

Q. : Qu'est-ce qu'un tel homme ?

R. : C'est celui qui, après avoir reconnu la lumière, est illuminé par celle-ci, et y adhère entièrement ; qui sait et qui pratique tout ce que la vieille et authentique communauté de lumière a toujours su et pratiqué, que ce soit écrit dans le livre de la lumière ou non.

Q. : Par quel signe reconnaît-on un adhérent de la lumière ?

R. : Par le fait qu'il connaît le signe de la croix dans la nature, le grand symbole de la force de dissociation , de la sépara­tion du pur et de l'impur, du parfait et de l'imparfait ; qu'il évite tous les travaux non authentiques et les erreurs que rejettent unanimement les vrais maîtres de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Comment se désigne l'adhérent de la lumière ? R. : II se désigne par le grand signe de la croix de la nature (+), par le signe de la grande force de dissociation ; il dit et entreprend tout au nom ou selon les attributs du feu, de la lumière et de l'esprit, et ainsi il conduit tout vers son Amen, ou vers son achèvement.

Q. : Combien y a-t-il de chapitres de l'authentique communauté de lumière, que doit connaître chaque adhérent de la lumière ?

R. : Il y en a cinq ; le premier concerne la vraie conviction et la foi, ou l'adhésion à la lumière ; le second, les sept moyens d'obtenir la lumière ; le troisième, les dix commandements de la lumière ; le qua­trième, la connaissance de la force créatrice qui agit, et de la forme pure. qui reçoit ; le cinquième, la science de la dissociation de la lumière.

CHAPITRE PREMIER

De l'adhésion à la lumière

Q. : Quel est le chapitre premier de la doctrine authentique de la lumière ?

R. : L'adhésion à la lumière et la connaissance de celle-ci ; car sans cette adhésion et cette connaissance, il n'est pas possible de faire agir une force, de réaliser et d'achever quelque chose.

Q. : A quoi doit croire et adhérer chaque fils de la lumière ?

R. : A tout ce que les hommes de lumière ont enseigné et rédigé dans les 12 articles de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Quels sont les 12 articles de l'authentique communauté de lumière ?

R. : 1. J'adhère et je crois à une force créatrice du feu, qui a donné naissance au ciel et à la terre, ou encore à l'Extensum et au Concretum à ce qui est volatile et à ce qui est fixe. 2. J'adhère et je crois aussi à une lumière produite par cette force du feu, lumière qui est la maîtresse de l'univers ou la force toute-puissante dans la nature. 3. Cette lumière pure émanant du feu, est reçue par l'esprit le plus pur, et née de la forme la plus pure. 4. Cependant, elle a dû souffrir au royaume de l'impur ; elle a été dissociée, mortifiée et enfouie sous terre. 5. Alors la lumière descend au plus profond de la matière ; et au bout de 3 époques, c'est-à-dire après 3 réunions de trois forces spirituelles avec 3 formes purifiées, elle se redresse, à nouveau vivante. 6. Elle se rehausse jusqu'à la perfection suprême, en tant que force de lumière brillante du feu tout-puissant. 7. Et après avoir atteint à cette perfection suprême, elle est capable de rendre vivant tout ce qui est mort, et parfait tout ce qui est imparfait. 8. Je crois à l'esprit de lumière émanant du feu et de la chaleur, et je le connais. 9. La sainte, universelle et véritable communauté de lumière, association et union de ceux qui sont capables de lumière. 10. Abolition des maladies et de la misère. 11. Renouvellement de notre être. 12. Et félicité suprême de la vie.

Q. : En quoi consiste le principal contenu de ces 12 articles ?

R. : Il consiste, pour celui qui est capable de lumière, à suivre les lois de la lumière, qu'il reconnaît par la raison , et qu'il pratique par sa volonté ; à savoir, qu'il n'existe qu'une seule force universelle, en une substance et essence, et qu'en même temps celle-ci est triple dans son évolution force du feu en tant que force créatrice ; force de lumière en tant que force d'union ; et force de l'esprit, émanant du feu et de la lumière, en tant que force formatrice de toutes choses.

Cet esprit qui émane conduit tout à la perfection, et par des moyens ordonnés à l'achèvement suprême.

CHAPITRE SECOND

Des 7 moyens d'obtenir la lumière

Q. : Quel est le chapitre second de la doctrine de la véritable commu­nauté de lumière ?

R. : Ce sont les 7 moyens d'obtenir la lumière, moyens que la com­munauté tient pour éminents et saints.

Q. : Qu 'est-ce qu 'un tel moyen ?

R. : Il s'agit d'une action visible par laquelle une force invisible réa­lise une perfection intérieure.

Q. : Combien y a-t-il de ces moyens ?

R. : Sept, et ils sont en analogie avec les sept sacrements. 1. Le bap­tême, par l'eau et la lumière. 2. La confirmation de la matière selon l'eau et la lumière. 3. La purification. 4. La réception de la lumière d'en haut dans l'essence et la substance. 5. La sanctification et le perfectionnement de l'objet (Sache). 6. L'huile d'en haut. 7. L'association du feu et de la lumière en un corps parfait.

Q. : Qu 'est-ce que le baptême par la lumière ?

R. : C'est le premier et le plus nécessaire des moyens d'association ; grâce à lui, la matière est purifiée par l'eau et par la parole agissant dans l'eau, et est reproduite en tant que corps nouveau et priait dans l'être de lumière.

Q. : Qu'est-ce que la confirmation ?

R. : La confirmation par la lumière est un moyen d'association par lequel la matière, préparée comme il est dit plus haut est fortifiée par l'huile de lumière et par l'esprit qui s'y trouve, et est rendue davantage capable de perfection.

Q. : Quel est le troisième moyen d'association ?

R. : C'est celui par lequel la lumière et le feu, sous les espèces formelles des principes du pain et du vin, reçoivent leur essence, dès qu'un prêtre ordinaire de la nature sait transformer ces prin­cipes sur l'autel.

Q. : Quel est le quatrième moyen d'association ?

R. : C'est le moyen grâce auquel le prêtre de la nature, capable de lumière, purifie la matière réceptive à la lumière, et à lui-même tous les effets de l'imperfection.

Q. : Quel est le cinquième ?

R. : C'est le moyen d'association grâce auquel la force pure de lumière, sous forme d'huile, se rehaussé jusqu'à la perfection des forces guérissantes.

Q. : Que/ est le sixième ?

R. : Le sixième est celui grâce auquel la matière est sanctifiée et ren­due capable de lumière par 7 forces agissantes.

Q. : Quel est le septième ?

R. : C'est l'association parfaite de la lumière avec le feu grâce à un être intermédiaire qui émane de la lumière et du feu, et qui réalise la plus parfaite de toutes les associations.

 CHAPITRE TROISIÈME

Des 10 commandements de la lumière

Q. : Quel est le chapitre troisième de la communauté de lumière ?

R. : Les 10 commandements de la lumière, au sujet desquels il est écrit : Si tu veux réaliser quelque chose, réalise-le par l'exécution des com­mandements ou de la loi.

Q. : Quels sont les 10 commandements de la lumière ?

R. : Ce sont les suivants :

1. Il n'y a pas plus d'une matière. 2. Les propriétés de cette matière doivent être utilisées dans l'ordre. 3. Dans 6 actions, la matière achève son travail journalier, puisque 3 forces produisent 3 êtres et elle se repose dans la septième force, en tant que plénitude de ses actions ; cette septième force doit être sainte pour toi en tant que sabbat de la lumière. 4. La lumière et le feu, en tant qu'élément passif et actif doivent t'inspirer le respect ; car le feu est l'élément mâle et la lumière l'élément femelle — ils sont le père et la mère de toutes choses. 5. Ne ravis pas à la lumière ce qui vivifie, afin que la matière, qui doit être rehaussée, ne meure pas. 6. Ne mélange pas ton ouvrage hors de l'ordre établi. Toute chose a son temps et ses rotations. Il est de ton devoir d'unir les forces dispersées. 7. Ne soustrais pas leurs propriétés à la lumière et au feu ; il est du devoir du sage de les faire agir entièrement. Il laisse à chacun ce qui lui appartient. 8. Ne prends pas pour vraie une fausse apparition, et n'accepte rien d'impur et d'étranger, qui ne serait pas capable d'absorber la lumière, afin que l'artifice ne te donne pas une fausse image. 9. L'esprit émanant' de la lumière et du feu ne désire aucune chose qui soit encore liée à d'autres, et qui ne soit pas détachée. 10. Par ailleurs, cet esprit ne désire aucune matière qui lui soit étrangère et non semblable.

Q. : En quoi consiste le contenu principal de ces lois de la lumière ?

R. : En ce que la lumière doit pénétrer entièrement ta matière ou substance,, afin que le feu soit entièrement uni par la lumière, et que l'esprit émanant de la lumière et du feu vivifie entièrement ta matière. Ceci est la première loi.

La seconde est similaire à celle-ci, à savoir : Tu dois traiter de la même manière la matière que tu travailles, et toute autre essence que tu veux amener à la perfection.

C'est à ces deux conditions principales que se rattache toute la science de la lumière, et tous ceux qui y adhèrent.

Q. : Quels sont les commandements de la communauté de lumière qui travaille ?

R. : Ils sont au nombre de cinq. Premièrement : Respecte, en tant que sacrés, les moments de repos dans le travail ; car la lumière a ses sab­bats, et le travailleur doit les fêter. Deuxièmement : Au cours de ces fêtes de lumière, consacre la substance du saint sacrifice ; laisse, par l'eau de lumière, le pur se séparer de l'impur, l'actif de l'inactif. Troisièmement: Dans ton travail, abstiens-toi de tout ce qui est contre la loi de lumière, aussi bien dans les forces et actions que dans les formes et essences des choses ; celles-ci sont les 4 quatembres de l'école de lumière. Quatrièmement : Essaie, au moins une fois l'an, de discuter avec un ami raisonnable du progrès que tu fais, et de découvrir ce qui te gaie, afin que tu aies un soutien sur ton chemin, qui te mène à la perfection Cinquièmement : Aux époques que te désigne la raison, abstiens-toi aussi bien d'ouvrir ton cœur à d'autres que de te lier prématurément.

Q. : Pourquoi faut-il respecter les commandements de la communauté de lumière des vrais connaisseurs de la nature ?

R. : Parce que les lois de la lumière, ou conditions de la lumière, commandent que l'homme n'obéisse pas seulement à ce qui est nécessaire, à l'intérieur de la nature, pour atteindre le but fixé, mais éga­lement à ce qui est exigé à l'extérieur à cette fin ; en effet, le quatrième commandement de la lumière suppose ces exigences, et quiconque ne respecte pas ses bonnes ordonnances et ses préceptes sera tenu pour un pro fane et un homme de chair qui ignore les lois de l'esprit.

CHAPITRE QUATRIÈME

Q. : Quel est le chapitre quatrième de la communauté de lumière intérieure des véritables connaisseurs de la nature ?

R. : C'est la connaissance de l'analogie du saint Pater-noster adhérent , et du saint salut angélique adhérent, avec la force naturelle et la forme, naturelle la plus pure.

Q. : Quelle est cette analogie ?

R. : 1. Force suprême de la lumière, toi qui es le divin dans la nature, et qui demeures au plus profond de celle-ci comme dans le ciel, que soient sanctifiés tes attributs et tes préceptes. 2. Où tu es, tout est parfait ; que le règne de ta connaissance arrive parmi les tiens. 3. Que, dans tout travail, notre volonté unique soit toi, force de lumière qui agis Par toi-même ! Et de même que tu réalises tout dans la nature entière, réalise tout, également, dans notre travail. 4. Donne-nous de la rosée du ciel et du gras de la terre, les fruits du soleil et de la lune venant de l'arbre de la vie. 5. Et pardonne-nous toutes les erreurs que nous avons commises, faute de te connaître, dans notre travail, comme de notre cité nous voulons faire sortir de leur erreur ceux qui ont offensé nos principes ; ne nous abandonne pas à notre présomption et à notre propre science, mais délivre-nous de tout mal par l'achèvement de ton oeuvre. Amen.

 Analogie de l'Avé

Sois la bienvenue, source pure du mouvement propre forme pure capable de recevoir la force de lumière ! A toi seule s'unit la force de lumière de toutes choses. De toutes les formes réceptives, tu es la plus bienheureuse, et saint est le fruit que reçois, l'essence de la lumière et de la substance de chaleur unies. Forme pure, qui a engendré l'être le plus parfait, lève-toi pour devenir force de lumière pour nous, pendant que nous travaillons, et à l'heure où nous achevons l'ouvrage !

Q. : Quel est le contenu principal de tout le Pater-noster des enfants de lumière et de son analogie dans la nature ?

R. : Ils prient pour la somme de tous les biens spirituels et temporels pour le salut de l'âme et de la vie, pour obtenir de Celui qui est la force de lumière suprême — le divin dans la nature — la grande œuvre de la nature ; ils prient pour que Dieu les guide vers la sagesse, les préserve des erreurs dans leurs travaux, et leur enseigne à être bienfaisants envers les hommes, leurs frères, afin que soit réalisé ce que Dieu a promis aux des­cendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et que l'alliance de Dieu avec les hommes soit exécutée.

Q. : Pourquoi les enfants de lumière ont-ils également une analogie du salut angélique ?

R. : Afin que, non seulement, ils admirent ta grandeur de Dieu dans ta force toute-puissante de la nature (avec laquelle le Christ a une analo­gie), mais qu'également ils reconnaissent la splendeur de la forme virgi­nale la plus pure, dont l'analogie est la vierge Marie et à laquelle s'est unie la force supérieure afin de produire ce qui existe de plus parfait. Car, de même que le Saint-Esprit s'est uni à la vierge Marie pour pro­duire l'homme spirituel le plus parfait, de même l'esprit le plus pur de la nature s'unit à la matière la plus pure pour produire la forme physique la plus parfaite, le Rédempteur physique de la nature, qui amène à la perfec­tion tous les autres objets physiques, ce qui constitue le secret des sages. C'est pourquoi cet art ne peut être compris que de celui qui adhère au Christ ; et seules les analogies de la religion nous entraînent vers la connaissance suprême ; de même que l'expérience acquise par les enfants de lumière les conduit, également par analogie, à la connaissance des plus hauts mystères de la foi.

Q. : Ne suffit-il pas qu'un enfant de lumière sache et connaisse tout ce qui lui est prescrit ?

R. : Non ! Cela ne suffit pas, il doit également le pratiquer, et démontrer sa connaissance par ses œuvres ; c'est là-dessus qu'est fondée la science de la dissociation es enfants de lumière, science qui est en analogie avec la justice chrétienne.

 CHAPITRE CINQUIÈME

Q. : Quel est le chapitre cinquième des enfants de lumière ?

R. : Il se compose de deux parties, à savoir qu'un adhérent de la lumière doit, par la grâce d'en haut qui est notre rosée, notre +, purifier partout l'impur, et réaliser le bien ; car la connaissance doit concorder avec l'exécution : cela veut dire que la théorie et la pratique doivent concorder ; ce n'est pas assez, pour un connaisseur de lumière, de connaî­tre l'art, il doit aussi savoir le pratiquer ; le savoir seul ne justifie pas, il faut aussi la pratique.

Q. : Quel est le mal qu'il faut fuir le plus dans notre science de la lumière ?

R. : Ce qui risque de priver l'homme de ce bien naturel suprême qui est la plus haute perfection de la nature.

Q. : Quels sont les principaux péchés ou erreurs que l'on peut commettre dans l'opération ?

R. : Ce sont les actions qui — aussi bien à l'égard de l'opération que dans l'application de ce trésor après l'opération — sont contraires aux fins de Dieu ; plus précisément, ce sont les suivantes : La trop forte éléva­tion par le feu. La trop forte concentration. Le gaspillage. L'excessive parcimonie de matière. La surcharge. L'inflammation. Le refroidissement. Au sujet de ces péchés principaux et mortels,,, qui tuent l'esprit, il est écrit : ceux qui le commettent n'obtiendront pas la perfection suprême dans la nature physique.

Q. : Combien y a-t-il d'infractions, ou de péchés chimiques, contre l'esprit de la nature ?

R. : 1. Tout bâtir sur cet esprit, présomptueusement, sans indulgence et sans raison, pécher contre sa miséricorde. 2. Désespérer aussitôt, lorsqu'on ne voit pas immédiatement son effet. 3. S'opposer à la connais­sance des vérités chimiques. 4. Jalouser ses frères pour la grâce dont ils bénéficient. 5. Endurcir son cœur contre les exhortations les plus salutai­res. 6. Demeurer dans l'ignorance. Ces infractions sont sans pardon, car elles ne pourront jamais être compensées dans l'ouvrage.

Q. : Quelles sont les infractions qui crient au ciel ?

R. : 1. Détruire délibérément l'ouvrage. 2. Profaner l'ouvrage. 3. En abuser pour opprimer les hommes. 4. Supprimer, à celui qui y a participé, son salaire mérité.

Q. : Quels sont les péchés chimiques étrangers ?

R. : 1. Conseiller à autrui l'erreur chimique. 2. Inciter autrui au Péché. 3. Consentir à l'erreur d'autrui. 4. Louer l'erreur d'autrui. 5. Se taire en présence de l'erreur d'autrui. 6. Fermer les yeux sur l'erreur d'autrui. 7. Participer aux erreurs d'autrui. 8. Défendre ces erreurs.

C'est ainsi que nous participons aux erreurs d'autrui, comme si nous les avions commises nous-mêmes.

Q. : Suffit-il, lorsque l'on est en possession de l'ouvrage, de délaisser le mal et d'éviter le péché ?

R. : Non ! Il faut faire aussi le bien ; car Dieu n'accorde cette grâce qu'afin que l'homme ainsi gratifié puisse apporter les fruits mûrs de la perfection. Il doit également mener une vie juste et pieuse devant Dieu et devant les hommes, et, par de bonnes œuvres, faire honneur à sa haute vocation.

Q. : Combien y a-t-il de bonnes œuvres ?

R. : Trois.

1. Le sage doit avoir son âme toujours orientée vers Dieu et la sagesse. 2. Qu'il s'abstienne de tout ce qui n'est pas divin et sage. 3. Qu'il remédie partout aux besoins des hommes, ses frères.

Q. : A quoi servent les bonnes œuvres ?

R. : Les bonnes œuvres servent à rendre heureux tant l'individu que l'univers entier.

Q. : Quelles sont les œuvres corporelles de la miséricorde que peut réaliser le sage lorsqu'il a atteint la perfection suprême de la nature phy­sique ?

R. : 1. Il peut nourrir ceux qui ont faim. 2. Faire boire ceux qui ont soif. 3. Vêtir ceux qui sont nus. 4. Héberger les étrangers. 5. Guérir les malades. 6. Eveiller la matière morte.

Q. : Quelles œuvres spirituelles peut pratiquer ce même sage ?

R. : 1. Il peut punir le péché. 2. Informer les ignorants. 3. Prodi­guer ses conseils à ceux qui doutent. 4. Consoler ceux qui sont affligés. 5. Souffrir patiemment l'injustice.

Q. : Quelles sont les huit félicités chimiques ?

R. : Ce sont celles qui sont obtenues par la jouissance et la posses­sion de la plus haute perfection de la nature en tant que bien naturel suprême, et qui sont enseignées par saint Jean dans l'Apocalypse d'après la révélation du Seigneur. 1. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du fruit de l'arbre de la vie, qui se trouve dans le paradis de mon Dieu. 2. Celui qui l'emportera ne sera pas offense par la seconde mort. 3. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du pain céleste caché, et je lui donnerai une pierre blanche sur laquelle sera écrit un nouveau nom que personne ne comprend, sauf celui qui possède la pierre. 4. A celui qui l'emportera et qui gardera mon œuvre jusqu'à sa fin, je donnerai la puissance sur les nations ; et il mènera les peuples avec une verge de fer, et il les brisera comme les vases d'un potier ; il aura ce que j'ai hérité du père, et je lui donnerai une étoile du matin. 5. Celui qui l'emportera sera habillé de blanc, et je n'effacerai jamais son nom du livre de la vie, et je le confesserai publiquement devant mon père et les anges. 6. Celui qui l'emportera sera une colonne dans le temple de mon Dieu, et j'inscrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville sainte qui est la nouvelle Jérusalem descendant du ciel, et il saura mon nouveau nom. 7. Celui qui l'emportera, je le laisserai s'asseoir sur mon trône, tout comme je suis assis sur le trône de mon père parce que je l'ai emporté. 8. Celui qui sera le vainqueur obtiendra, par le droit de la suc­cession, tout ce qu'il désire et souhaite de moi ; je serai Dieu, et il sera mon fils.

Q. : Quels sont, dans cet art, les conseils évangéliques ou célestes ?

R. : Ils sont au nombre de trois : 1. Rester pauvres dans la richesse. 2. Rester abstinents, alors que nous pouvons jouir de tout. 3. Rester obéissants, alors que nous pouvons commander.

Q. : Quelles sont les 4 choses dernières ?

R. : 1 : La mort, en tant que mortification de la matière. 2 : Le juge­ment, ou la dissociation 3 : de ce qui est céleste et vivant 4 : vis-à-vis de ce qui est terrestre et mort. Pense, ô homme, pendant ton travail, à ces quatre choses dernières, et tu ne failliras pas dans ton ouvrage.

REMARQUES FINALES

La force la plus subtile est unie dans l'aimant à la matière la plus grossière.

La force divisible est apparentée au point indivisible.

Expérience

On peut décomposer l'aimant en autant de points que l'on veut ; les morceaux maintiennent ensemble les points et les pôles similaires.

Ce qui, dans le cas de l'aimant, se manifeste dans les parties exté­rieures, paraît se situer de façon imperceptible dans tous les corps. Sans aucun doute, tous ont leurs points et pôles des forces par lesquelles ils s'unissent à des corps similaires et repoussent les corps dissemblables.

D'après le principe de base Principium infinitorum similium, la struc­ture de l'univers entier, dans ce qu'il contient de plus grand et de plus petit, paraît cohérente et régie par des rapports magnétiques ; ainsi, ces rapports associent le plus subtil au plus grossier, et le plus grossier au plus subtil — tout cela suivant un ordre cohérent. L'égalité et l'inégalité découlent, toutes deux, d'un récipient unique qui est la force.

Problèmes

1. Comment une grandeur peut-elle être divisée en d'innombrables autres, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, subsiste néanmoins toujours un rapport semblable ?

Ou bien : comment faire pour que d'innombrables puissances et séries de nombres (actus) se suivent les unes les autres en gardant une dépen­dance constante, de telle sorte que, dans l'infini, subsiste un rapport simi­laire ?

 Ou bien : comment la force intérieure doit-elle être raccordée à la force extérieure pour que la forme cachée soit tournée vers l'extérieur? Etant donné que, dans les miroirs paraboliques, le foyer, se situe entre les tangentes et les sécantes, ne faudrait-il pas ajuster les tangentes aux sécantes si l'on veut atteindre le point le plus interne avec la forme extérieure selon des angles égaux ?

Ne serait-ce pas possible de faire se rejoindre, dans l'air, en un ce tain endroit, les points harmoniques ? Que veut dire : faire la quadrature du cercle ? Ne serait-il pas contraire à la nature des choses d'imaginer que « faire la quadrature du cercle » signifie que l'on veut exprimer un cercle par un carré ? « Faire la quadrature d'un cercle », cela ne veut-il pas dire plutôt épuiser un espace cyclique avec des nombres rationnels, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, il subsiste un rapport précis ? Comment trouver la racine et l'aire de chaque carré irrationnel ? Et comment la vraie proportion des lignes laté­rales et perpendiculaires ? Comment démontrer, à partir du contenu rationnel du triangle équilatéral (sans connaître à l'avance la ligne de carré de celui-ci), combien de pieds ou fragments contient le carré du triangle ? Qu'entendaient les anciens, en fait, par quadrature, et qu'entendaient-ils par Arithmetica novenaria ? Et quelles découvertes ferait le monde si 1''Arithmetica novenaria était associée à la quadrature ? Dans la physique, le Principium infinitorum similium ne règne-t-il pas en tant que Principium cognitionis ? Et dans la métaphysique et la théologie, le Principium unitatis ne peut-il pas être le Principium conscientiae ? Grâce à ces deux principes, l'éphémère et le passager ne peuvent-ils pas être saisis et rendus permanents ? N'est-ce pas une loi éternelle qui veut que le spirituel trouve sa subsistance dans le corporel, et que le spirituel soit enfermé dans un espace corporel ?

Cette corporéité ou ce « en quoi » , n'est-ce pas quelque chose qui pourrait être exprimé par le mot « espace » , une forme corporelle à l'intérieur de laquelle agit le spirituel ? N'y a-t-il pas 3 principes de base, et ceux-ci n'agissent-ils pas sous forme de 7 for­ces ? Ces 3 principes de base ne sont-ils pas 3 sources d'auto­mouvement qui amènent 7 formes à l'intérieur d'une même conception, les trois premières formes constituant le premier principe, la quatrième et la cinquième constituant le second principe, et la sixième et la septième constituant le troisième principe ?

En considérant l'univers, maintenu ensemble de façon aussi im­muable, l'être raisonnable doit conclure qu'il existe un éternel et indissolu­ble lien de la divinité qui maintient tout ensemble. Cependant, on voit aussi, dans le monde matériel, la fragilité ou l'éphémère, et dans l'éphé­mère l'impérissable.

L'homme peut connaître cela ; pour qu'il ait cette connaissance, il lui faut toutefois quelque chose qui la lui rende possible. Cette chose est la lumière intérieure, ou l'âme ; et d'autre part, la chose qui rend tout visible, c'est la lumière extérieure.

 
L'âme dont nous parlons est inconnue de l'homme en tant que lumière, aussi longtemps qu'il n'est pas né de Dieu, c'est-à-dire aussi longtemps qu'il considère les choses dans son esprit et dans l'esprit naturel et non dans l'esprit divin. Lorsqu'il commence à considérer Dieu dans notre esprit, il voit que Dieu est en dehors de tout espace et de tout temps de tout lieu et de tout mouvement ; et que néanmoins il doit y avoir en Dieu quelque chose qui se meut, qui ordonne l'espace et le temps, le lieu et toutes choses. Ce quelque chose, c'est la Parole, la Sagesse et la Splendeur de Dieu, et cette parole n'est pas une essence idéale, mais quelque chose de corporel , par quoi le divin et l'humain dans sa forme la plus pure, le suprasensible et le sen­sible, le spirituel et le physique agissent conjointement :

_ sur la réceptivité de l'homme vis-à-vis du divin ;

— sur la capacité d'élévation de l'homme charnel jusqu'au suprasensible ;

— sur la capacité du matériel de se magnifier, pour se transformer en spirituel.

Source : le-miroir-alchimique.blogspot.com

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Le cabinet de réflexion ou la caverne alchimique

13 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Alchimie

Le profane qui demande a être initié aux mystères de la Franc-Maçonnerie peut il imaginer ce qui l’attend et les épreuves que celui-ci devra surmonter afin de recevoir la lumière ? Non, mais son instinct lui laisse entrevoir un « changement », une « transmutation » qui se prépare au plus profond de lui. 

Le chemin qu’il vient de prendre c’est celui de l’Initiation, du latin Initiare qui veut dire commencer, car c’est bien une quête initiatique que celui-ci vient d’entreprendre. Pourquoi cherche t-il à être Initié ? Peut être que son inconscient, fil conducteur de la plupart de ses actions, au travers d’un imperceptible murmure, que seul celui qui écoute avec son cœur peut espérer entendre, lui a révélé le but ultime de l’ « Homme » : la PURIFICATION. 

En effet, l’Initiation c’est la purification, purification de l’ « Homme Cosmique » qui après le drame de la Chute édénique, entraînant sa propre destruction, cherche à se régénérer afin de réintégrer le paradis perdu. La première épreuve que le profane vivra pour entrer en Franc-Maçonnerie sera celle du cabinet de réflexion, nom étrange qui cache une pratique bien plus ancienne que la Maçonnerie elle-même. Le cabinet de réflexion est à mon sens, une des épreuves la plus importante sur le chemin de l’Initiation, car c’est en son sein qu’il faudra « procéder à une sorte de décrassement intellectuel et moral ayant pour but de débarrasser l’esprit de tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à lui » (1) 

Le cabinet de réflexion utilise le langage universel de la symbolique, afin de faire vivre au profane sa première épreuve, qui est celle de la terre. Il est écrit quelque part dans la bible « tu es sorti nu du ventre de ta mère et tu retourneras nu dans le ventre de la terre. Tu n’emporteras rien en mourant, tu n’emporteras pas tes richesses avec toi », et en effet, avant que le profane ne rentre dans le cabinet de réflexion, on lui demande de ce défaire de son argent et de déposer tous ses objets métalliques. 

A l’intérieur du cabinet de réflexion, le profane découvrira plusieurs symboles évoquant la mort, puis le postulant est invité à rédiger son « testament philosophique » car à cette instant précis il va mourir à sa vie profane, mais avant de renaître et de vivre pleinement sa seconde naissance, il se doit de faire un bilan et de répondre par écrit à trois questions : Quels sont les devoirs de l’homme envers lui-même ? Quels sont les devoirs de l’homme envers Dieu ? Quels sont les devoirs de l’homme envers l’humanité ? 

Dans cette étroit cabinet de réflexion, aux murs peints en noir, dont la seule source lumineuse se trouve être une simple bougie dont la flamme vacille lentement, le profane, une fois que le bandeau lui est retiré, se trouve rapidement confronté aux nombreux symboles et inscriptions qui l’entourent. Puis peu à peu, il découvre un autre symbole, dont aucun support matériel ne peut exprimer la présence et qui pourtant est le plus important des symboles : le SILENCE. Il est dit que « quand se taisent les bruyantes passions du monde, le cherchant peut enfin écouter », ainsi le profane est invité à faire le silence, afin qu’il puisse écouter au plus profond de lui-même les paroles de sagesse que lui inspire son cœur. Le cabinet de réflexion est comme une caverne alchimique où se déroule un rite de purification, une matrice dans laquelle notre être renaîtra purifié, c’est un lieu où, si nous y passions plusieurs jours, nous pourrions y atteindre l’illumination intérieure. 
Lorsque le profane aura fait le silence sur les passions du monde qui l’entoure, et que par un savant contrôle de sa respiration il aura atteint une tranquille méditation, alors il commencera à devenir sensible aux messages qui l’entourent. 

Face à lui, une inscription énigmatique l’invite à un voyage au plus profond de lui-même, et sans même le savoir il s’y prêtera, guidé dans sa démarche par le rythme du silence. V.I.T.R.I.O.L, énigme indéchiffrable, dont le profane ne comprendra intellectuellement le sens que bien plus tard, mais à cet instant précis, lorsqu’il se trouve dans l’œuf primordial, caverne alchimique aux pouvoirs de transmutations infinie, son inconscient n’aura aucune peine a comprendre cette inscription dont la valeur alchimique ne fait plus aucun doute. Les sept initiales, V.I.T.R.I.O.L, sont la révélation de l’opération du Grand Œuvre, aide -mémoire indispensable au profane, comme à l’Initié, car il révèle le processus alchimique de la transmutation de l’être comme des métaux. V.I.T.R.I.O.L, septénaire mystérieux dont le sens dévoilé révèle une parfaite connaissance des processus qui mène à l’éveil, « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » : « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». Cette pierre que le profane doit trouver n’est autre que la pierre philosophale des alchimistes, et celle-ci se trouve au plus profond de chacun d’entre nous, elle ne se dévoile qu’à ceux qui par un travail intérieur sincère, sont arrivés au parfait équilibre pour ne faire qu’un : « Omnia ab uno, omnia ad unum », « Tout procède de l’Unité, tout tend vers l’Unité ». 

Le ternaire alchimique est également présent, car indispensable au processus alchimique de formation de la pierre philosophale. 

Le Sel, le Souffre, et le Mercure exprime ensemble le véritable équilibre, auquel le profane doit tendre afin de se régénérer. 

Le Souffre représente l’énergie expansive, principe actif masculin et le Mercure représente l’énergie attractive, principe passif féminin, tandis que le Sel qui résulte de l’action du Soufre sur le Mercure, est neutre, résulta des deux principes, il est donc l’agent équilibrant, comme l’exprime avec perfection son symbole, un cercle divisé en deux par une diagonale qui le traverse, image parfaite de l’équilibre. 

Le sablier qui se trouve posé devant le profane, est un attribut de Saturne, il symbolise le temps, il représente sur le plan matériel, donc terrestre, le temps qui s’écoule et qu’on ne peut inexorablement pas arrêter, chaque grains de sable qui tombe nous rapprochant irréversiblement du jour de notre mort. Le sablier représente encore autre chose, qui pour le profane n’est peut être pas tout de suite perceptible, ce qui n’enlève rien à sa force évocatoire, car le sablier qui a tout pouvoir sur le plan terrestre ( matériel ), n’en a aucun sur le plan astral ou cosmique. Ce qui signifie, qu’une fois l’homme libéré des chaînes matérielles du temps terrestre, il pourra enfin réintégrer le temps initial, c’est-à-dire celui du commencement, de la création, l’instant primordial d’avant la chute, là ou le péché et les servitudes n’existaient pas. 

Pour que ce rite de vie et de mort puisse être efficace et aboutir à la purification du profane, il lui faut encore un puissant symbole, un « témoin » psychique permettant de relier les vivants aux morts, un lien puissant exprimant la chaîne ininterrompue entre les Maîtres passés à l’Orient Eternel et le profane qui aspire à reprendre le flambeau en devenant Franc-Maçon à son tour. 
Ce « témoin » psychique est un véritable crâne humain posé près du profane, et devant lui se trouve écrit ces mots : « J’étais ce que tu es, tu seras ce que je suis ! », des mots lourds de significations. Ce crâne, réceptacle des forces supérieures, transmettra alors un dernier message au profane, comme le faisaient autre fois les têtes de morts parlantes qui enseignaient aux vivants. 

Elle lui dira : Ce que tu vas voir, je l’ai déjà vu ; ce que tu vas vivre, je l’ai déjà vécu ; ce que tu vas entendre, je l’ai déjà entendu, je suis « la réalité telle qu’elle apparaît dépouillée de son décor sensible ; la vérité brutale, privée du voile des illusions », (O. Wirth) alors courage et bonne route ! Mais dans cette demeure alchimique, le crâne possède encore un autre secret, qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, Caput mortem, afin de voir apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction. 

Mourir pour renaître à nouveau, c’est une loi universelle : « En vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Jean 12 : 24). 
Puis le profane, qui peu à peu sortira de sa profonde méditation, lèvera les yeux vers le Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit éternelle, et le triomphe prochain de la lumière sur les ténèbres.

Lausanne, le 05 juillet 2005

Par Marcos Drake Texte tiré du livre à paraître de Marcos Drake également disponible sur le site www.etoile-du-nord.com ou www.marcos-drake.com

 

(1)Oswald Wirth- L’apprenti. (2)Bible

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Qu’est-ce que l’Alchimie ?

11 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Alchimie

Par André Savoret

I. – De Quelques Méprises

Pour le commun des mortels, comme sans doute pour certains alchimistes (ou se croyant tels), l’alchimie est essentiellement « l’art de faire de l’or ». L’unique différence entre ceux-ci et ceux-là, c’est que les premiers tiennent un tel art pour chimérique alors que les seconds en affirment la réalité.

Quant aux profanes «éclairés», voire aux gens de science, leur appréciation est plus nuancée. S’ils supposent, en général, que la chimie a fait prompte et roide justice des recettes bizarres ou fallacieuses dont foisonnent les élucubrations des adeptes, ils concèdent, en revanche, que les théories scientifiques les plus récentes recoupent sur bien des points les idées des hermétistes (leurs « rêveries », disait-on encore aux jours, pas si lointains, de la chimie lavoisienne). Les conceptions d’aujourd’hui sur l’unité de la matière, sur l’inanité de la notion de corps « simples », sur la possibilité d’en opérer la transmutation, sur l’analogie universelle (l’atome, disent les savants, est un petit système solaire), etc., sont un involontaire hommage rendu aux hermétistes qui, de tous temps, n’ont jamais dit autre chose.

Peut-être, avant de condamner en bloc des opérations et manipulations apparemment défectueuses, les savants en place feraient-ils bien de se demander comment ces fols d’alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d’expériences aussi fallacieuses, alors que la chimie, depuis Scheele et Lavoisier, partant d’expériences rigoureuses, a dû brûler plus d’une fois ce qu’elle adorait la veille ? Inutile d’entamer ici des controverses superflues.  Au surplus, l’alchimie – vraie – n’a nul besoin d’aller quémander quelque justification que ce soit chez les tenants de la moderne physicochimie.

Bien au contraire ! Car c’est peut-être pour avoir succombé à cette manie d’approbativité, pour avoir cédé au chimérique espoir de convertir quelques profanes aux convictions des fils d’Hermès que, de concessions en abandons, la plupart des hermétistes ont fini par se cantonner au seul domaine de la transmutation métallique, surtout depuis deux ou trois siècles – du moins dans leurs écrits publics. Et l’impression que l’alchimie n’est rien de plus qu’une sorte de mauvaise chimie, compliquée d’idées biscornues et de prétentions extravagantes, est bien celle que doit éprouver le profane en les lisant sans préparation.

Or, ce qui devait arriver arriva. Quelques chimistes, séduits par la largeur des vues philosophiques des disciples d’Hermès et impressionnés par leur unanimité doctrinale, ont cru de bonne foi qu’il suffirait de « rajeunir » une terminologie désuète, de transposer en termes de chimie moderne des manipulations décrites à demi-mot et de faire abstraction de la partie « mystique » de la doctrine pour réconcilier les inconciliables. Mais leurs efforts, en porte-à-faux, n’aboutirent qu’à créer un monstre hybride, baptisé « hyperchimie » et dont – à juste titre – ni chimistes ni alchimistes ne se soucièrent d’endosser la paternité, nul n’y reconnaissant plus les siens !  Les hyperchimistes, dont François Jollivet-Castelot fut le type le plus représentatif (1), restèrent à une ou deux exceptions près (Delobel, par exemple) des « souffleurs » patients et tenaces autant que mal inspirés et malchanceux.     Précédent à méditer…

II. – La vivante Alchimie

Certes, la transmutation des métaux par voie alchimique est – toute théorie mise de côté – un fait sur lequel il est difficile d’ergoter. Et le seul livre du très officiel Louis Figuier, L’Alchimie et les Alchimistes, mentionne deux ou trois exemples de transmutations par projection (dont celle du savant Van Helmont, adversaire déclaré de l’Alchimie, offre toutes les circonstances de contrôle et d’impartialité souhaitables), dont une seule suffirait à prouver la réalité de l’art transmutatoire et l’avance considérable prise par les hermétistes sur MM. les physico-chimistes, nonobstant leur manque de fours électriques et de cyclotrons.

Mais la partie n’est pas le tout et si l’Alchimie n’était qu’une sorte de chimie transcendante ou de métallurgie secrète, nous ne pourrions l’estimer au point de rompre une lance en sa faveur.

Si l’or et les passions qu’il suscite, l’or et les maux qu’il provoque, l’or et les crimes qui lui font cortège avait été l’unique ou le principal but poursuivi par les alchimistes, si son éclat fascinateur avait été l’unique lumière de leur âme, nous ne pourrions que les plaindre et tenir à bon droit pour folie leur prétendue sagesse.
Mais en est-il vraiment ainsi ?

Si nous lisons de véritables initiés à la science d’Hermès, tels que Khunrath, Jacob Böhme, d’Eckhartshausen, Grillot de Givry ou l’admirable auteur de l’Hortulus Sacer, nous finissons par nous apercevoir que tout en discourant aussi de l’Œuvre métallique, ils parlent surtout d’autre chose.

Qu’est-ce à dire ?

Exposons le comme nous l’avons compris, sans prétendre avoir tout compris.

L’Alchimie vraie, l’Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique (2) a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : Ce qui, dans l’homme moral s’appelle rédemption ou régénération (3) ; réincrudation dans l’homme physique ; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation.

Son domaine embrasse donc tout le créé (4) et, pour l’humanité militante, toute la portion du créé qu’elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu’elle fut avant la Transgression.

Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l’Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie.

Il existe donc une alchimie intellectuelle, une Alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d’autres encore. Mais l’Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l’énoncé d’Hermès dans la fameuse Table d’Émeraude, la connaissance d’une quelconque de ces adaptations (5) découvre implicitement celle de toutes les autres. L’univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.

Or le suprême Grand-Œuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l’Absolu », c’est la réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale (6) selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les anciens appelaient, croyons-nous, « l’Œuvre du Phénix » et qu’on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Évangiles, de l’Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d’un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu’on entend vulgairement par « alchimie ».

Et cet Œuvre-là n’est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d’homuncules, des distillateurs d’herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l’espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d’une jeunesse tumultueuse !

Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d’un adepte admiré comme tel pour sa réussite, réelle ou supposée, dans le domaine de l’Alchimie métallique.
Car cette science (à tous les degrés de sa réalisation, y inclus la Pierre transmutatoire) est science de vie, science vive, science vivante à jamais – et science des Vivants (7). Et seuls les « Vivants » peuvent la pratiquer intégralement sans mensonge et sans dommage (8).

Telle est l’origine des malheurs qui ont émaillé, et parfois clos, l’existence de pas mal de faiseurs d’or qui n’étaient, hélas, rien de plus que des « faiseurs d’or » – sans parler de ceux qui ne furent que des « voleurs d’or » (9).

Il n’y a que celui qui a régénéré, avec l’assistance d’En-Haut, ses propres métaux microcosmiques et les a dépouillés de la lèpre des sept péchés qui peut de plein droit, de droit divin, régénérer à son gré les métaux physiques. Celui-là n’agit qu’à bon escient, dans la Lumière du Verbe (10).

Les autres – qui n’en sont pas là – ou bien font du Grand-Œuvre une simple opération magique (car l’on peut réaliser des transmutations apparentes par voie magique, mais ceci n’a rien à voir avec l’Alchimie) ou bien ont vu leurs efforts, leurs souffrances, leurs travaux, leur persévérance et leur charité couronnés d’or – physique – par la bonté du Ciel toujours indulgent envers les débutants de bon vouloir ; ou bien encore ont eu pour toute sagesse l’art d’écouter aux portes et d’espionner par le trou des serrures (11). Ceux-là, s’il en est qui aient réussi, se sont forgé avec leur or maudit une chaîne plus lourde que celle de bien des criminels de droit commun.

Il a été fait mention, quelques lignes plus haut, d’une catégorie de chercheurs, parfois heureux, qui représentent, pensons-nous, l’honnête moyenne des hermétistes. Ceux-là en sont, intérieurement, aux préliminaires de l’Œuvre du Phénix. Le Ciel (eu égard á leur bonne volonté et aux difficultés du début de la Voie) les inspire soit directement par une révélation intérieure, soit indirectement en les orientant vers un véritable Maître, leur permet d’accéder aux connaissances adéquates à telle partie de la science et met à leur portée les moyens de réalisation. Ceux-là ont aussi mandat d’agir, mais dans certaines limites et sous certaines conditions (dont le désintéressement, la patience dans les épreuves, la charité et l’humilité sont le plus universellement requises).

Mais ce droit est une grâce spéciale, par laquelle le Ciel escompte leur bonne volonté et fait crédit à leurs mérites.

III. – De l’Œuvre mystique et de l’Œuvre physique

En résumé, l’homme régénéré est la pierre philosophale de la nature déchue, de même que l’homme non régénéré est la materia bruta de ce Grand-Œuvre dont le Verbe divin est l’Alchimiste et l’Esprit Saint le feu secret : il y a deux Voies dans l’Œuvre, mais il n’y a qu’un Agent : l’Amour ! Et tous les vrais hermétistes chrétiens (12) – non les souffleurs – sont unanimes sur ce point (13) comme sur celui de la subordination de l’Œuvre physique à l’Œuvre mystique (14).

Quant à l’homme « physique », son Grand-Œuvre est sa transformation en « corps glorieux », en corps régénéré et incorruptible(15). Et cette transformation (d’une absolue rareté) n’est possible que parce qu’il n’en diffère que du fait de cet accident, de cet obscurcissement que la tradition chrétienne nomme la Chute. Le corps glorieux, c’est le corps de l’homme tel qu’il était avant la Chute (et ceci touche à un des aspects de la « résurrection de la chair ») ; le corps physique, c’est le corps glorieux tel que l’a transformé la Chute, rendu corruptible par les impuretés hétérogènes de tous les lieux traversés par lui lors de sa descente ici-bas (impuretés dont la racine est le « gluten » ou matière du péché dont parle à diverses reprises ce véritable alchimiste que fut d’Eckhartshausen).

Comme dans l’interne des métaux, il y a dans l’interne de l’homme une certaine « terre vierge », que les Aphorismes Basiliens nomment avec Paracelse le « limbe du grand et du petit monde » et que doit dégager des « immondices de la terre » et revivifier un « esprit tant du grand que du petit monde », pour suivre la même terminologie. Comme le dit Jacob (Révélation alchimique) : « La fin du grand œuvre est (pour l’adepte) de se débarrasser quand il voudra de la chair corruptible sans passer par la mort ».

Et St Paul ne nous dit-il pas que ce qui est semé corruptible est fait pour renaître incorruptible ? Non pour être « détruit » mais pour être « transfiguré ». Et ceci vaut universellement.

Le Grand-Œuvre physique et le Grand-Œuvre mystique sont analogues mais point identiques. Avoir réalisé le dernier c’est pouvoir réaliser souverainement le premier ; avoir réalisé le premier, c’est savoir quel chemin peut conduire à la réalisation du dernier mais ce n’est pas forcément avoir parcouru ce chemin. La nuance est de première importance.

IV. – Méthode Alchimique et Méthodes Profanes

Puisque nous parlons du Grand-Œuvre, profitons-en pour revenir sur un point capital, déjà effleuré, c’est-à-dire sur l’abîme qui le sépare des essais de transmutation par voie physico-chimique, essais auxquels la dissociation atomique donne un regain d’actualité.

Tout d’abord, remarquons à quels frais, avec quel gaspillage d’énergie, dans quels laboratoires titanesques (que nulle fortune privée ne pourrait s’offrir le luxe de financer) opèrent, en rangs serrés, nos modernes Faust. Cela pour aboutir d’ailleurs à des « transmutations » de l’ordre de un dix-millionième de gramme.

C’est la montagne qui enfante d’une souris !…

En regard, le Grand-Œuvre physique ne nécessite que quelques corps assez répandus, un peu de charbon, deux ou trois vases très simples, aucune des sources d’énergie que consomme, en véritable ogresse, la science actuelle et peut être accompli en entier par un seul homme avec patience et longueur de temps. Ceci pour obtenir des transmutations éventuellement massives.

Autre chose. La science d’aujourd’hui, dans sa furie de disséquer la matière aboutit, somme toute, à faire exploser l’atome en le désintégrant brutalement. Cet aboutissement lui interdit évidemment tout nouveau pas en avant dans la connaissance des choses, du moins par cette voie. Pour faire une comparaison grossière et regrettablement irrévérencieuse, nous ne voyons pas une bien fondamentale différence entre le geste du savant qui met l’atome en charpie afin de le mieux connaître et le geste de l’enfant qui brise un jouet mécanique dans le naïf espoir de « savoir ce qu’il a dans le ventre », comme on dit ! Seulement, le premier jeu s’avère infiniment plus dangereux que le second..

Et, en dépit d’une terminologie barbare qui s’allonge tous les jours, où les ions, les électrons, les protons, les neutrons, les deutons et autres ingrédients de la cuisine nucléaire jouent un rôle impressionnant, la matière demeure « terre inconnue ».

Comme si l’on pouvait, d’ailleurs, expliquer la matière par la matière ? …

Aussi, le bombardement atomique n’a pas fait exploser que l’atome. Il a mis en pièces du même coup tout l’édifice scientifique moderne. Et c’est au seuil de nos super-laboratoires qu’on pourrait graver la phrase fameuse : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? »

Et ceux qui y entrent – les « initiés » tout au moins – ont en effet peu d’illusions quant à la valeur philosophique et métaphysique (16) de leurs recherches. Et sans doute également quant à leur contribution au bonheur de l’humanité…

Puisque nous parlons de désintégration atomique, rappelons un petit fait qui pourrait nous rendre enclins à quelque modestie.

Lors de certaines expériences métapsychiques on a vu des objets matériels – une bague en or, par exemple – dématérialisés sous les yeux des spectateurs, sans bruit ni explosion gigantesque, ni cyclotron. Puis on les a vus se rematérialiser quelques minutes plus tard, sans altération de poids, de substance ou de forme.

C’est que, dans la désintégration de la chimie nucléaire, les seuls éléments mis en œuvre sont des forces physiques, matérielles, et des agrégats de matière physique. Le résultat ne peut donc être qu’un changement d’équilibre matériel entre les dits éléments, quel que soit le degré de subtilité qu’on accorde à certains d’entre eux. Il ne s’agit toujours que de la matière en action sur de la matière, sous cette même modalité qui constitue la forme du monde où nous passons en tant que matériellement vivants. La vie et la matière, en tant que revêtues d’autres états – parfaitement inaccessibles aux investigations de la physico-chimie moderne – interviennent dans la désintégration métapsychique ci-dessus relatée, comme dans tout travail hermétique normal.

Non, cent fois non, la voie royale de l’hermétisme ne passe pas et ne passera jamais par les laboratoires de la science officielle, luciférienne dans ses principes et dans son inspiration, comme aussi dans ses résultats humains.

Et la possession de cette science extérieure, n’est pas faite pour favoriser l’accès du sanctuaire alchimique, au contraire. Notre ami regretté Auriger (qui joignait à ses connaissances hermétiques celles de l’ingénieur-chimiste et était donc bien placé pour juger) nous écrivait peu avant sa mort : « L’Alchimie est évidemment sœur de la mystique, il suffit de lire Jacob Böhme pour s’en convaincre, et c’est dans ce sens que j’ai répondu ces jours-ci à votre ami N.., qui m’avait écrit. Il s’excusait presque d’ignorer la chimie ; c’est au contraire un atout dans son jeu et il ne risquera pas d’avoir l’esprit faussé par les théories modernes sur la constitution de la matière. La chimie, telle que nous la concevons à l’époque actuelle, peut sans doute jouer un rôle utile en biologie et parfois en thérapeutique, mais quant au reste je lui dénie tout intérêt. Son rôle pendant l’accomplissement du Grand-Œuvre ne vaut guère plus que celui de la chaisière pendant le Saint Sacrifice de la Messe ! Je crois que sa connaissance constitue plutôt un obstacle à la perception claire des buts et des méthodes de l’alchimie. »     Tout commentaire affaiblirait la portée de cette opinion particulièrement autorisée.

V. – Simples aperçus sur le Grand Œuvre

En résumé, dans l’œuvre métallique, l’artiste utilise comme agent – et c’est par là qu’il se différencie le plus profondément du chimiste – une énergie vivante et universelle qu’il n’est pas utile de préciser pour l’instant. Comme substrat, il se sert d’une substance purifiée, ranimée par cette énergie universelle et portée progressivement par lui au degré requis pour opérer la transmutation ou réincruder le composé humain.

Dans l’Œuvre spirituel, même processus : purification, simplification, descente de l’Esprit (non plus universel ou cosmique mais divin). Ce qui constitue le véritable et définitif « baptême de feu » dont parlait St Jean-Baptiste et que le Verbe de Dieu peut seul conférer.

Non seulement la description de l’œuvre physique s’adapte strictement aux phases de l’Œuvre spirituel, mais il est possible de tirer d’une description de l’Œuvre spirituel une adaptation parfaite à l’œuvre physique (pourvu qu’on ait de l’un ou de l’autre un peu plus qu’une connaissance simplement livresque et superficielle).

La première partie de l’Apocalypse de Jean s’adresse « aux Sept Églises qui sont en Asie » et promettent au « vainqueur », entre autres récompenses, « les fruits de l’Arbre de Vie », « la Manne cachée et le caillou blanc où est écrit un nom nouveau », « l’Etoile du Matin », etc., autant de symboles voilant des réalités qui, pour être « spirituelles » n’en sont pas moins précises et fort peu nuageuses.

Or, fait digne de méditation, tout ceci a ses palpables correspondances dans l’Alchimie élémentaire, où l’œuvrant s’adresse « aux sept métaux qui sont en la terre » et où le « vainqueur du dragon » doit aussi trouver successivement l’arbre de vie (qui pourrait être le Mercure des Sages), la manne cachée, l’étoile du matin, et ainsi de suite.

Ceux qui sont familiarisés avec l’hermétisme comprendront parfaitement ce dont il s’agit et nous sauront gré d’en remettre l’interprétation à des temps meilleurs.
Quant aux autres, nous ne leur conseillons nullement de se livrer aux difficiles travaux de l’Œuvre, s’ils ne se sentent intérieurement appelés. C’est ici le lieu de citer l’avertissement qui clôt la lettre d’invitation aux Noces chimiques, de Valentin Andreae :

Examine-toi toi-même.
Si tu ne t’es pas purifié assidûment
Les Noces te feront dommage.
Malheur á qui s’attarde là-bas.
Que celui qui est trop léger s’abstienne.

Avertissement qui rappelle, non fortuitement, l’épisode évangélique du convive qui n’avait pas revêtu son habit de noces et qui est rejeté « dans les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (17) (Matthieu XXII).

Tout ce qui peut être dit sur la partie matérielle de l’Œuvre l’a été par les vrais adeptes, aussi complètement que possible. Ils ont seulement réservé ou décrit par énigmes lés travaux préparatoires, leur feu vivant et le nom de la matière brute d’où proviendra la pierre des philosophes. Ceux qui se sentent l’inspiration de travailler dans cette voie doivent s’adresser à eux et non à nous. Il nous suffira de leur donner quelques conseils très simples ou plutôt de les leur rappeler :

1° La vie minérale n’est pas une figure de rhétorique ; le minéral a sa fleur, son fruit, son temps de maturité.

2° Les opérations alchimiques sont – matériellement – simples. Parfois d’autant plus simples que leur description se fait plus compliquée.

3° Les conditions de temps et de température jouent un rôle capital. Comme les « vitamines » des aliments, les ferments métalliques se détruisent si la température dépasse le régime de cuisson requis.

4° Que l’inquisiteur de science se défie des petites recettes, qui traînent dans tant de bouquins : la Voie de l’Universel est universelle. Ce n’est pas que de telles recettes soient sans enseignement, mais elles ne valent que rapportées à la recherche de la voie, comme sujets de réflexions sur la marche de la nature et le sens de ses opérations.

5° Comme le dit Jacob, l’artiste doit préparer lui-même ses instruments de travail et purifier lui-même – précautionneusement – ses matières.

6° Une seule matière est la vraie matière. Une autre cependant est matière adjuvante. C’est là le nœud d’un problème délicat à résoudre et impossible à éluder.

7° L’alchimiste n’est pas un magiste. Et le feu qu’il emploie pour son œuvre n’est pas, malgré l’opinion de certains modernes, son propre « astral ». C’est cependant un feu « astral » si on l’envisage à un certain point de vue. Rien d’alchimique ne se fait sans lui, rien de chimique ne se fait avec lui. Connaître ce feu est aussi nécessaire avant de rien entreprendre que connaître ou soupçonner quelle est la matière.

8° Ne pas s’hypnotiser sur des questions de terminologie. Sous les étiquettes des termes de l’art se cachent des réalités fixes. Si certains ont changé les étiquettes, les réalités qu’ils désignent sont toujours semblables à elles-mêmes et c’est leur connaissance qui importe. Dans sa Révélation alchimique, concise mais assez explicite, Jacob dit (§§ 15 et Ì6) : « Toutes choses ont trois principes : le soufre, le sel, le mercure des sages. Tous trois forment l’Azoth vivant qui est le quatrième principe. Ces trois principes sont extraits de la matière première par l’Azoth des Sages. Cet Azoth est attiré des cieux par la glaise rouge, appelée Adama, là où la rosée est neutralisée par les vapeurs souterraines. » C’est un bel exemple de piège terminologique ! Éventer ce piège porte en soi sa précieuse récompense.

9° Il y a deux voies : la voie sèche ou voie abrégée, et la voie humide. La plus longue n’est pas moins riche en enseignements que la plus courte. La plupart des auteurs les mélangent assez inextricablement.

10° Dans la véritable Alchimie des Rose-Croix, un axiome doit être médité soigneusement : « Le grand Arcane est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, qui est rendu parfait dans l’objet saturnin par une cuisson continuelle jusqu’à ce qu’il ait atteint le degré de sublimation et la puissance nécessaire pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit au moyen du feu hermétique. La séparation du subtil et du grossier doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués pour être rendus mobiles. Continuez ce procédé jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie de nouveau au corps. »

Tout le processus est donc de séparer et de rassembler : corporiser l’esprit et spiritualiser le corps, ce, l’un par l’autre. Et l’Alchimie spirituelle procède de la même méthode. C’est pourquoi Jésus nous dit d’élever notre âme vers Dieu par la prière et de la réincorporer derechef par l’exercice de la charité, afin que nous devenions « un », comme il est « un » avec le Père.

11° La théorie précède la pratique et l’accompagne. La pratique ne supplée point à la théorie mais la démontre ou la condamne. Qui pratique sans une connaissance suffisante des principes et des méthodes risque fort de mourir dans la peau d’un souffleur. L’analyse spagyrique des métaux – comme par exemple la donne Roger Bacon – les notions essentielles de soufre, de sel, de mercure, de feu, et ainsi de suite doivent être étudiées et méditées avec assiduité, jusqu’à compréhension suffisante, avant tout travail vraiment utile.

12° Observez la nature !… Conseil souvent donné et rarement suivi. De même que celui-ci qui lui est analogue : L’art doit commencer son œuvre au point où la nature laisse la sienne. IÌ faut donc ouvrir ses yeux et regarder autour de soi. La terre enseigne quelque chose. La voûte étoilée aussi… Quel bon alchimiste pourrait faire un jardinier intelligent et pieux !

13° Les herbiers n’apprennent rien. Les métaux morts non plus. Une mine, fut-elle abandonnée, vaut dix laboratoires ; une promenade en forêt est parfois plus profitable à l’intellect et à l’âme que dix salles de musée. Il y a aussi une Alchimie esthétique : comment un beau clair de lune, une aurore roséeuse profitent à l’esprit et au cerveau sont un grave sujet de méditation !

14° L’œuvre métallique et les préparations spagyriques ont quelque analogie dans certaines opérations (en particulier dans le processus de la voie humide). Il y a toutefois des différences irréductibles entre ces deux sortes de travaux. Celui qui s’exerce à comprendre et à manipuler spagyriquement, comme préface ou préparation à ses travaux sur les métaux n’a pas tort, mais à la condition de se souvenir que tirer la quintessence d’un mixte est chose différente de tirer l’Elixir de la matière. C’est tout au plus une moitié de l’Œuvre.

15° Evitez-vous des complications superflues et des dangers possibles en laissant au mercure vulgaire son emploi le plus utile, qui est, sans conteste, de remplir la boule des thermomètres.

16° Travailler sur le vrai sujet et de la juste façon entraîne à un certain moment des dangers signalés, plus ou moins ouvertement, par les auteurs sérieux. Sachez que les connaissances les plus étendues en chimie ordinaire ne vous permettent pas de les prévoir et d’y parer. Fiez-vous plutôt à l’aide et à l’inspiration du Ciel : Orare et Laborare !

17° Etudiez les vieux auteurs et n’acceptez pas sans réserve les propos des spagyristes des dix-septième et dix-huitième siècles. Lisez et relisez sans découragement et avec simplicité. N’étudiez pas un hermétiste médiéval avec une mentalité de scientiste du vingtième siècle. Souvenez-vous parfois qu’on peut être d’autant plus hyperbolique qu’on serre de plus prés la réalité opératoire.

18° Négligez les fantaisies des occultistes modernes : Ni « l’électricité magnétisée» d’Eliphas Lévi, ni la « pile électrique» de Stanislas de Guaita, ni la « Volonté du Mage » de Jollivet-Castelot première manière, ne provoqueront jamais la moindre transmutation alchimique.

19° Les grandes époques de foi – et d’art – furent les époques bénies de l’Alchimie. Les époques de scepticisme marquèrent son déclin. Être alchimiste, c’est avoir la foi !

20° La Voie est étroite qui mène à la Vie ; étroite et pierreuse. Les chemins spacieux et faciles ne manquent pas pour ceux qui craignent de se blesser les pieds ou qui rêvent de faire fortune rapidement !… Le corps a faim de repos ; l’âme a soif d’épreuves. Nul n’a jamais cueilli la « rose des neiges » sans se blesser d’abord à ses épines. Comme les débuts de l’œuvre physique, les débuts de l’Œuvre spirituel sont « travaux d’Hercule », mais, comme son Mercure, l’alchimiste acquiert des forces en marchant.

21° Qui veut la Lumière, doit la demander d’abord à Dieu, le Père des Lumières. Qui veut parcourir la voie doit suivre Celui qui est La Voie. Vivre selon la vérité qu’on connaît, c’est faire descendre en soi un peu de la vérité qu’on ignore.

22° Que l’Esprit divin s’incarne dans les doubles eaux pour les glorifier, voilà tout le programme de l’Œuvre : Ignis et Azoth tibi sufficiunt, disent les Adeptes. Trouve d’abord en toi cette eau, dégage-la des superfluités et des ténèbres infernales, c’est là le travail préparatoire du véritable Grand-Œuvre. Quand cette purification qui t’incombe sera terminée, l’Esprit descendra. Mais ceci ne t’incombe pas. C’est Dieu qui choisira son heure. Tel est le vrai Grand-Œuvre, par lequel ton nom sera écrit dans le Livre de Vie. L’autre, le Grand-Œuvre physique, te sera donné par surcroît.

Les quelques remarques qui précèdent pourront, croyons-nous, rendre de menus services à ceux qui se croiraient « appelés ». Il ne dépend que de Dieu et d’eux qu’ils soient un jour « élus ». Nous n’avons pas voulu faire de ces quelques pages un « cours d’Hermétisme ».

Nous espérons avoir montré ce qu’est l’Alchimie véritable, dégagée de ses contrefaçons.

Au lecteur de juger si nous n’avons pas été trop présomptueux.

Par André Savoret, 1947.

source : http://www2.esoblogs.net

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