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Hauts Grades

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Axiomes alchimiques (H Madathanus 1625)

10 Août 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Alchimie

 

1. - Tout ce qu’on peut accomplir par une méthode simple ne doit pas être essayé par une méthode compliquée.
Il n’y a qu’une seule Vérité dont l’existence n’a pas besoin de preuve, parce qu’elle est elle-même sa propre preuve pour ceux qui sont à même de la percevoir. Pourquoi se servir de la complexité pour chercher ce qui est simple ? Les sages disent : “Ignis et Azoth tibi sufficiunt”. Le corps est déjà en votre possession. Tout ce qu’il vous faut, c’est le Feu et l’Air.
 
2. - Nulle substance ne peut être rendue parfaite sans une longue souffrance.
Grande est l’erreur de ceux qui s’imaginent que la pierre des philosophes peut être durcie sans avoir été préalablement dissoute ; leur temps et leur travail sont perdus.
 
3. - La nature doit être aidée par l’art toutes les fois qu’elle manque de force.
L’art peut servir la nature, mais non la supplanter. L’art sans la nature est toujours anti-naturel. La nature sans l’art n’est pas toujours parfaite.
 
4. - La nature ne peut être améliorée qu’en elle-même.
La nature d’un arbre ne peut pas être changée par l’arrangement des branches, ni par l’addition d’ornements ; il ne peut être amélioré qu’en perfectionnant le sol sur lequel il croît, ou par la greffe.
 
5. - La nature use de la nature, la comprend et la vainc.
Il n’y a point d’autre connaissance que la connaissance de soi-même. Tout être ne peut réaliser vraiment que sa propre existence, mais non celle d’un élément qui lui est totalement étranger.

 6. - Celui qui ne connaît pas le mouvement ne connaît pas la nature.
La nature est le produit du mouvement. Au moment où le mouvement éternel cesserait, la nature entière cesserait d’exister. Celui qui ne connaît pas les mouvements qui se produisent dans son corps est un étranger dans sa propre maison.
 
7. - Tout ce qui produit un effet pareil à celui produit par un élément composé est également un composé.
L’Un est plus grand que tous les autres nombres, car il a produit l’infinie variété des grandeurs mathématiques ; mais nul changement n’est possible sans la présence de l’Un qui pénètre toutes choses, et dont les facultés sont présentes dans ses manifestations.
 
8. - Rien ne peut passer d’un extrême à l’autre sauf à l’aide d’un moyen.
Un animal ne peut pas arriver au céleste avant d’avoir passé par l’homme. Ce qui est antinaturel doit devenir naturel avant que sa nature puisse devenir spirituelle.
 
9. - Les métaux ne peuvent pas se changer en d’autres métaux avant d’avoir été réduits à la prima materia.
La volonté propre, opposée à la volonté divine, doit cesser d’être pour que la volonté divine puisse envahir le cœur. Nous devons nous dépouiller de toute sophistication, devenir semblables à des enfants, pour que la parole de sagesse puisse retentir dans notre esprit.
 
10. - Ce qui n’est pas mûr doit être aidé par ce qui est parvenu à maturité.
Ainsi commencera la fermentation. La loi de l’induction régit toutes les régions de la nature.
 
11. - Dans la calcination, le corps ne se réduit pas, mais il augmente de quantité.
Le véritable ascétisme consiste à abandonner ce dont on n’a pas besoin, lorsqu’on a reçu quelque chose de meilleur.
 
12. - Dans l’alchimie, rien ne porte de fruit sans avoir été préalablement mortifié.
La lumière ne peut pas luire à travers la matière, si la matière n’est pas devenue assez subtile pour laisser passer les rayons.
 13. - Ce qui tue produit la vie ; ce qui cause la mort amène la résurrection ; ce qui détruit crée.
Rien ne sort de rien. La création d’une forme nouvelle à pour condition la transformation de l’ancienne.
 
14. - Tout ce qui renferme une semence peut être augmenté, mais point sans l’aide de la nature.
Ce n’est qu’au moyen de la graine que le fruit portant des graines plus nombreuses vient à la vie.
 
15. Toute chose se multiplie et s’augmente au moyen d’un principe masculin et d’un principe féminin.
La matière ne produit rien si elle n’est pénétrée par la force. La nature ne crée rien si elle n’est imprégnée par l’esprit. La pensée reste improductive si elle n’est rendue active par la volonté.
 
16. - La faculté de tout germe est de s’unir à tout ce qui fait partie de son royaume.
Tout être dans la nature est attiré par sa propre nature représentée dans d’autres êtres. Les couleurs et les sons de nature semblable forment des accords harmonieux ; les substances qui ont des rapports les unes avec les autres peuvent se combiner ; les animaux de la même espèce s’associent entre eux, et les puissances spirituelles s’unissent aux germes avec lesquels elles ont de l’affinité.
 
17. - Une matrice pure donne naissance à un fruit pur.
Ce n’est que dans le sanctuaire le plus intime de l’âme que se révèlera le mystère de l’esprit.
 
18. - Le feu et la chaleur ne peuvent être produits que par le mouvement.
La stagnation, c’est la mort. La pierre jetée dans l’eau forme des cercles excentriques progressifs, qui sont produits par le mouvement. L’âme qui ne s’émeut pas ne peut point s’élever et se pétrifie.
 
19. - Toute la méthode commence et finit par une seule méthode : la cuisson.
Voici le grand arcane : c’est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, et qui est rendu parfait dans l’objet saturnien par une cuisson continuelle, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’état de sublimation et la puissance nécessaires pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit par le Feu Hermétique. La séparation du subtil d’avec l’épais doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués et rendus mobiles. Continue cette méthode jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie au corps.
 
20. - L’œuvre entière s’accomplit en employant uniquement de l’eau.
C’est la même eau que celle sur laquelle se mouvait l’Esprit de Dieu dans le principe, lorsque les ténèbres étaient sur la face de l’abîme.
 
21. - Toute chose doit retourner à ce qui l’a produite.
Ce qui est terrestre vient de la terre ; ce qui appartient aux astres provient des astres ; ce qui est spirituel procède de l’Esprit et retourne à Dieu.
 
22. - Où les vrais principes manquent, les résultats sont imparfaits.
Les imitations ne sauraient donner des résultats purs. L’amour purement imaginaire, la sagesse comme la force purement imaginaires ne peuvent avoir d’effet que dans le royaume des illusions.
 
23. - L’art commence où la nature cesse d’agir.
L’art accomplit au moyen de la nature ce que la nature est incapable d’accomplir sans l’aide de l’art.
 
24. - L’art hermétique ne s’atteint pas par une grande variété de méthodes. La Pierre est une.
II n’y a qu’une seule vérité éternelle, immuable. Elle peut apparaître sous maints différents aspects : mais, dans ce cas, ce n’est pas la vérité qui change, c’est nous qui changeons notre mode de conception.
 

25. - La substance qui sert à préparer l’Arcanum doit être pure, indestructible et incombustible.
Elle doit être pure d’éléments matériels grossiers, inattaquable au doute et à l’épreuve du feu des passions.
 
26. - Ne cherche pas le germe de la pierre des philosophes dans les éléments.
C’est seulement au centre du fruit qu’on peut trouver le germe.
 
27. - La substance de la pierre des philosophes est Mercurielle.
Le sage la cherche dans le Mercure ; le fou cherche à la créer dans la vacuité de son propre cerveau.
 
28. - Le germe des métaux se trouve dans les métaux, et les métaux naissent d’eux-mêmes.
La croissance des métaux est très lente ; mais on peut la hâter en y ajoutant la Patience.
 
29. - N’emploie que des métaux parfaits.
Le Mercure imparfait, tel qu’on le trouve ordinairement dans certaines contrées de l’Europe, est tout à fait inutile pour cette œuvre. La sagesse du monde est folie aux yeux du Seigneur.
 
30. - Ce qui est grossier et épais doit être rendu subtil et fin par calcination.
Ceci est une opération très pénible et très lente, parce qu’elle est nécessaire pour arracher la racine même du mal ; elle fait saigner le cœur et gémir la nature torturée.
 
31. - Le fondement de cet art consiste à réduire les Corpora en Argentum Vivum.
C’est la Solutio Sulphuris Sapientium in Mercurio. Une science dépourvue de vie est une science morte ; une intelligence dépourvue de spiritualité n’est qu’une lumière fausse et empruntée.
 
32. - Dans la Solution, le Dissolvant et la Dissolution doivent rester ensemble.
Le Feu et l’Eau doivent être rendus aptes à se combiner. L’intelligence et l’amour doivent rester à jamais unis.
 
33. - Si la semence n’est pas traitée par la chaleur et l’humidité, elle devient inutile.
La froidure contracte le cœur et la sécheresse l’endurcit, mais le Feu de l’Amour Divin le dilate, et l’Eau de l’Intelligence dissout le résidu.
 
34. - La terre ne produit nul fruit sans une humidité continue.
Nulle révélation n’a lieu dans les ténèbres si ce n’est au moyen de la lumière.
 
35. - L’Humectation a lieu par l’Eau, avec laquelle elle a beaucoup d’affinité.
Le corps lui-même est un produit de la pensée, et a pour cette raison la plus grande affinité avec l’intelligence
 
36. - Toute chose sèche tend naturellement à attirer l’humidité dont elle a besoin pour devenir complète en sa constitution.
L’Un, de qui sont sorties toutes choses, est parfait ; et c’est pourquoi celles-ci renferment en elles-mêmes la tendance à la perfection et la possibilité d’y atteindre.
 
37. - Une semence est inutile et impuissante, si elle n’est mise dans une Matrice appropriée.
Une âme ne peut pas se développer et progresser sans un corps approprié, parce que c’est le corps physique qui fournit la matière nécessaire à son développement.
 
38. - La chaleur active produit la couleur Noire dans ce qui est humide ; dans tout ce qui est sec, la couleur Blanche ; et, dans tout ce qui est blanc, la couleur Jaune.
D’abord vient la Mortification, puis la Calcination, et ensuite l’éclat doré produit par la lumière du Feu Sacré qui illumine l’âme purifiée.
 
39. - Le Feu doit être modéré, ininterrompu, lent, égal, humide, chaud, blanc, léger, embrassant toutes choses, renfermé, pénétrant, vivant, intarissable, et le seul employé par la nature.
C’est le Feu qui descend des cieux pour bénir toute l’humanité.
 
40. - Toutes les opérations doivent être faites dans un seul Vaisseau et sans le retirer du Feu.
La substance employée pour la préparation de la Pierre des Philosophes doit être rassemblée en un seul lieu et ne doit pas être dispersée en plusieurs lieux. Quand une fois l’or a perdu son éclat, il est difficile de le lui rendre
 
41. - Le Vaisseau doit être bien clos, en sorte que l’eau ne s’en échappe pas ; il doit être scellé hermétiquement, parce que, si l’esprit trouvait une fissure pour s’échapper, la force serait perdue : et en outre il doit être bien clos, afin que rien d’étranger et d’impur ne puisse s’introduire et s’y mélanger.
II doit toujours y avoir à la porte du laboratoire une sentinelle armée d’un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs, et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d’être admis.
 
42. - N’ouvrez pas le Vaisseau avant que l’Humectation soit achevée.
Si le Vaisseau est ouvert prématurément, la plus grande partie du travail est perdue.
 
43. - Plus la Pierre est alimentée et nourrie, plus la volonté s’accroîtra.
La sagesse divine est inépuisable ; seule est limitée la faculté de réceptivité de la forme.

 

Source : collegium-rosae-crucis.com

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Le testament de Nicolas Flamel

16 Février 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Alchimie

1. Moi Nicholas Flamel, écrivain à Paris, en l'année 1414, sous le règne de notre bon prince Charles VI, que Dieu  le préserve ; et après la mort de ma fidèle compagne Perenelle, je suis saisi du désir et du plaisir, dans le remembrance d'icelle, et en votre nom, cher neveu, d'écrire le magistère entier du secret de la poudre de la projection, ou de la teinture philosophique, que Dieu a bien voulu donner à son très insignifiant serviteur, et que j'ai découvert, comme vous le découvrirez également en travaillant comme je vous le déclarerai.

2. Et pour cette raison n'oubliez pas de prier à Dieu pour qu’il vous accorde la compréhension de la raison de la vérité de la nature, comme vous le verrez en ce livre, où j'ai écrit les secrets mots pour mots, feuille par la feuille, et aussi comment j'ai fait, et travaillé avec votre chère tante Perenelle, que je regrette beaucoup.

3. Prenez soin avant que de travailler, de rechercher la bonne voie en tant qu'homme de savoir. La raison de la nature est le Mercure, le Soleil et la Lune, comme j'ai dit en mon livre, en lequel sont ces figures que vous verrez sous les voûtes des innocents à Paris. Mais j'ai erré considérablement durant 23 ans et demie, en travaillant sans pouvoir marier la Lune, qui est l’Argent-Vif, au Soleil, et à extraire d'eux l’excrément séminal, qui est un mortel poison ; car j’étais alors ignorant de l'agent ou du médiateur, permettant d'enrichir le Mercure : car sans cet agent, le Mercure est semblable à l'eau commune.

4. Sachez-donc de quelle façon le Mercure doit être enrichi par un agent métallique, sans lequel il peut ne jamais pénétrer dans le ventre du Soleil et de la Lune ; après quoi il doit être durci, ce qui ne peut être effectué sans l’esprit sulfureux de l’Or ou l'Argent. Vous devez donc d'abord les ouvrir avec un agent métallique, c'est-à-dire avec la Saturnie royale, puis ensuite vous devez aiguiser le Mercure par des moyens philosophiques, afin que vous puissiez par après avec ce Mercure dissoudre en liqueur l’Or et la Lune, et tirez de leur putréfaction l’excrément générateur.

5. Et sachez, qu’il n’est point d’autre voie, ni manière de travailler dans cet art, que ce que je donne mot pour le mot ; une opération qui n’est pas du tout difficile à exécuter, à moins qu'on ne l’enseigne comme je le fais maintenant, mais qui au contraire est très difficile découvrire.

6. Tenez pour immuable, que l'industrie philosophique en totalité consiste en la préparation du mercure des sages, car il est tout ce que nous recherchons, et ce qu'on toujours recherché les anciens sages ; et nous, pas plus qu'eux, n'avons rien fait sans ce mercure, préparé avec le Soleil ou la Lune : Car sans ces trois, il n'y a rien dans le monde entier capable d'accomplir ladite teinture philosophique et médicinale. Il est donc essentiel que nous apprenions à en extraire la graine vivante et spirituelle.

7. Ne cherchez donc rien d’autre que le Soleil, la Lune et le Mercure préparé par l’industrie philosophique, qui mouille pas les mains, mais le métal, et qui a en soi une âme sulfureuse métallique, à savoir, la lumière ignée du soufre. Et pour que vous ne puissiez pas vous écarter du droit chemin, appliquez-vous aux métaux ; car le soufre susmentionné est trouvé en tous ; mais vous le trouverez facilement, et même presque semblable à l'Or, dans la caverne et les profondeurs de Mars, qui est fer, et de Vénus, qui est le cuivre, presque autant dans l’un que dans l'autre ; et même si vous y prêtez l'attention, ce soufre a la puissance de teindre la Lune humide et froide, qui est l’argent fin, en bon Soleil jaune et pur ; mais ceci doit être fait par un intermédiaire spirituel, à savoir la clé qui ouvre tous les métaux, que je vais vous faire connaître. Apprenez donc, que parmi les minéraux il en est un qui est un voleur, et les dévore tous, excepté le Soleil et la Lune, ce qui rend ce voleur très bon ; car quand il les a en son ventre, il est bon pour préparer le mercure, comme je vais vous le faire maintenant savoir.

8. Par conséquent ne vous écartez point du droit chemin, mais croyez mes paroles, et adonnez-vous à la pratique, que je vais vous révéler au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit.

La Pratique.

9. Prenez en premier lieu l'enfant le plus âgé ou premier-né de Saturne, non pas le vulgaire, 9 parts ; du sabre chalybé du Dieu de la guerre, 4 parts. Mettez ce dernier en un creuset, et quand il vient à une rougeur de fonte, jeter dedans les 9 parties de Saturne, et immédiatement il rougira et fondra l'autre. Nettoyez soigneusement les ordures qui montent à la surface de la Saturnie, avec du salpêtre et du tartre, quatre ou cinq fois. L'exécution sera correctement faite quand vous verrez sur la matière un signe astral en forme d’étoile.

10. Alors est fait la clé et le sabre, qui ouvre et coupe à travers tous les métaux, mais principalement le Soleil, la Lune et Vénus, qu'elle mange, dévore et garde dans son ventre, et par ce moyen votre art sera dans le droit chemin si vous avez opéré correctement. Car cette Saturnie est l'herbe royale triomphante, parce que c'est un petit roi imparfait, que nous élevons par un artifice philosophique au plus grand degré gloire et honneur. C'est également la reine, c'est-à-dire la Lune et l'épouse du Soleil : c'est donc à la fois le mâle et la femelle, et notre mercure hermaphrodite. Ce mercure ou Saturnie est représenté dans les sept premières pages du livre d'Abraham le juif, par deux serpent enlaçant une tige d'or. Faites attention de préparer une quantité suffisante d'icelle, car il en est besoin de beaucoup, c'est-à-dire environ 12 ou 13 livres, ou même de plus, selon que vous souhaitez travailler à une grande ou petite échelle.

11. Mariez donc le jeune dieu Mercure, c'est-à-dire le Vif Argent avec elle qui est le mercure philosophique, afin que par lui vous aiguisiez et fortifiez le susdit Vif Argent coulant, sept ou même dix ou onze fois avec ledit agent, qui s'appelle la clé, ou le sabre d’acier aiguisé, parce que il coupe, fauche et pénètre tous les corps des métaux. Ainsi vous aurez l’eau double et triple représenté par le rosier dans le livre d'Abraham le juif, qui sort du pied d'un chêne, à savoir notre Saturnie, qui est la clé royale, et va se précipiter dans l'abîme, comme dit le même auteur, c'est-à-dire, dans le réceptacle, adapté au bec de la cornue, où le double mercure se jette de lui-même au moyen d'un feu approprié.

12. Mais vous trouverez des épines et les difficultés insurmontables, à moins que Dieu ne vous indique ce secret, ou qu’un maître vous l'accorde. Car mercure ne se marie point avec la Saturnie royale : il est essentiel de trouver un médiateur secret pour les unir : car à moins que vous ne connaissiez l'artifice par lequel cette union et paix sont effectuées entre ces Vif Argents susdit, vous ne ferrez rien de bon. Je ne vous cacherais aucune chose, mon cher neveu ; je vous dis, donc, que sans le Soleil ou la Lune ce travail ne vous profitera en rien. Ainsi ce vieil homme ou loup vorace, doit dévorer l’Or ou l’Argent en poids et mesure que je vais maintenant vous révéler. Écoutez donc mes paroles, afin que vous n’erriez point en cet œuvre comme je l’ai fait.  Je dis, donc, que vous devez donner l'or à manger à notre vieux dragon. Remarquez à comment vous devez opérer. Car si vous donnez trop peu d'or à la Saturnie fondue, l'Or est en effet ouvert, mais le Mercure ne le prendra pas ; et voici une incongruité, qui est pas du tout profitable. J'ai un longtemps et considérablement travaillé dans cette affliction, avant que j'aie découvert les moyens de réussir. Si donc vous lui donnez beaucoup d'Or à dévorer, l'Or en effet ne sera pas tellement ouvert ni ne sera pas bien disposé, mais alors il prendra le mercure, et ils se marieront tous deux. Ainsi le moyen vous est découvert. Cachez ce secret, parce qu’il est tout, et ni l'une ni l'autre confiance ni aux écrits, ou à n'importe quelle chose qui puisse être vue. Car nous deviendrions la cause de grands malheurs. Je vous le donne sous le sceau du secret et de votre conscience, pour l'amour que je vous porte.

13. Prenez alors dix onces du Soleil rouge, c'est-à-dire, très fin, neuf ou dix fois purifié par le moyen du loup vorace : deux onces du Saturnie royale ; fondez la dans un creuset, et quand elle est fondue, jetez dedans les dix onces d'Or fin ; fondez les deux ensemble, et remuez-les avec un charbon de bois allumé. Alors votre Or sera un peu ouvert. Versez-le sur le marbre ou dans un mortier de fer, et mettez-le en poudre, et broyez-le avec trois livres d’Argent Vif. Faites qu’il coagule comme le fromage, en le travaillant et le broyant d’avant en arrière : lavez cet amalgame avec de l'eau commune pure, jusqu'à ce qu'elle en sorte claire, et que toute la masse apparaisse blanche et claire comme de la Lune fine. Quand la masse est molle au touché comme du beurre, la conjonction de l'Or avec la royale Saturnie dorée est alors faite.

14. Prenez cette masse, que vous sécherez doucement et avec grand soin, avec un tissu ou linge fin et sec : c'est notre plomb, et notre masse du Soleil et de la Lune, non vulgaire, mais le philosophique. Mettez-le en une bonne cornue faite de terre à creuset, ou mieux encore une cornue d'acier. Placez la cornue dans un four, et adaptez-y un récipient : donnez le feu par des degrés. Deux heures après, augmenter votre feu afin que le Mercure puisse passer dans le récipient, ce Mercure est l'eau du rosier en fleur ; c'est également le sang des innocents massacrés dans le livre d'Abraham le juif. Vous pouvez maintenant supposer que ce Mercure a mangé un peu du corps du roi, et qu'il aura beaucoup plus de force pour en dissoudre l'autre partie par après, étant davantage pénétré par le corps de la Saturnie. Vous avez maintenant monté un degré ou étape de l'échelle de l'art.

15. Enlevez les fèces hors de la cornue ; fondez-les dans un creuset à un feu fort : mettez dedans quatre onces du Saturnie, et neuf onces de Soleil. Alors le soleil est augmenté dans lesdits résidus, et beaucoup plus ouvert que la première fois, car le Mercure a plus de vigueur qu'avant, il aura la force et la vertu de pénétrer l'Or, et d’en manger plus, et d’en remplir son ventre par des degrés. Opérez donc comme la première fois ; mariez le Mercure susdit, plus fort d’un degré avec cette nouvelle masse en broyant le tout ensemble ; ils se coaguleront comme le beurre ou le fromage ; lavez-et rectifiez-les plusieurs fois, jusqu'à ce que sorte toute la noirceur : séchez comme dit ci-devant ; mettez le tout dans la retorte, et opérez comme vous avez déjà fait, en donnant pendant deux heures, un feu faible, et puis suffisamment fort, pour chasser, et pour faire tomber le mercure dans le récipient ; ainsi vous aurez le Mercure encore plus aiguisé, et vous aurez gravi le deuxième degré de l'échelle philosophique.

16. Répétez le même travail, en projetant dans la Saturnie en dû poids, c'est-à-dire, par des degrés, et opérez comme avant, jusqu'à ce que vous ayez atteint le 10ème  degré de l'échelle des philosophes ; alors reposez-vous. Car ledit Mercure est igné, aiguisé, complètement engrossé et plein du soufre mâle, et enrichi avec du jus astral qui était dans les entrailles profondes de l'Or et de notre dragon Saturnien. Soyez assuré que je vous écris maintenant les choses qu’aucun philosophe n’a jamais déclaré ou écrit. Car ce Mercure est le caducée merveilleux, dont les sages tellement ont parlé en leurs livres, et dont ils certifient qu’il a en lui-même la puissance d'accomplir le travail philosophique, et ils disent la vérité, comme je l’ai  fait moi-même par lui seul, et comme vous pourrez le faire vous-même, si votre art vous y dispose : car lui et rien d’autre qui est la matière prochaine et la racine de tous les métaux.

17. Maintenant est faite et accomplie la préparation du Mercure, rendu aiguisé et propre à dissoudre en sa nature l’Or et l’Argent, pour naturellement et simplement élaborer la teinture philosophique, ou la poudre transmutant tous les métaux en Or ou Argent.

18. Certains croient qu'ils ont le magistère en entier, quand ils ont préparé le Mercure céleste ; mais ils se sont grossièrement trompés. Et c’est à cause de ceci qu'ils trouvent des épines avant qu'ils n’effeuillent la rose, par manque de compréhension. Il est vrai en effet, que s’ils comprenaient le poids, le régime du feu, et la voie appropriée, ils n'auraient pas beaucoup à faire, et ne pourraient échouer même s’ils le voulaient. Mais dans cet art il y a une manière de travailler. Apprenez donc et observez bien comment opérer, de la manière que je suis sur le point de vous enseigner.

19. Au nom de Dieu, vous prendrez de ce Mercure animé la quantité qui vous plaira ; vous le mettrez seul dans un vaisseau de verre ; ou deux ou quatre parts de Mercure avec deux parts de Saturnie dorée ; c'est-à-dire, une du Soleil et deux de Saturnie ; le tout finement uni comme le beurre, et lavé, nettoyé et sec ; et vous lutterez le vaisseau avec le lut de sapience. Placez-le dans un four sur les cendres chaudes au degré de la chaleur d'une poule qui couve. Laissez ce ledit mercure ainsi préparé monter et descendre pendant l'espace de 40 ou 50 jours, jusqu'à ce que vous voyez se former dans le vaisseau un soufre blanc ou rouge, appelé le sublimé philosophique, qui sort des reins dudit mercure. Vous collecterez alors ce soufre avec une plume : c'est le Soleil vivant et la Lune vivante, que le Mercure engendre hors de lui-même.

20. Prenez ce soufre blanc ou rouge, triturez-le dans un mortier de verre ou de marbre, et versez sur lui, en fines gouttes, la troisième partie de son poids de Mercure duquel ce soufre a été tiré. Faites de ces deux une pâte semblable au beurre : mettez encore ce mélange dans un verre ovale ; placez-le dans un four sur un feu approprié de cendres, doux, et disposé avec industrie philosophique. Cuisez jusqu'à ce que ledit Mercure soit changé en soufre, et pendant cette coction, vous verrez des choses merveilleuses dans le vaisseau, c'est-à-dire, toutes les couleurs qui existent dans le monde, ce que vous ne pourrez pas voir sans élever votre cœur vers Dieu en gratitude pour si grand un cadeau.

21. Quand vous aurez atteint le rouge pourpre, vous devez le recueillir : car alors la poudre alchimique est faite, transmutant tout métal en Or pur et fin et net, que vous pouvez multiplier à en l'arrosant comme vous l’avez déjà fait, le broyant avec du mercure frais, le cuisant dans le même vaisseau, four et feu, et le temps sera beaucoup plus court, et sa vertu dix fois plus forte.

22. Ceci est alors le magistère entier fait avec le mercure seul, que certains ne tiennent pas pour être vrai, parce qu'ils sont faibles et stupides, et incapables comprendre ce travail.

23. Désireriez-vous opérer d'une autre manière, prenez fin Soleil en poudre fine ou en des feuilles très minces : faites avec une pâte  avec sept parts de Mercure philosophique, qui est notre Lune : mettez tout les deux dans un vaisseau de verre ovale bien luté ; placez-le dans un four ; donnez un feu très fort, c'est-à-dire, comme pour maintenir le plomb en fusion, car alors vous avez découvert le régime vrai du feu ; et laissez votre Mercure, qui est le vent philosophique, monter et descendre sur le corps de l'Or, qu'il mange par degrés, et portent dans son ventre. Cuisez-le jusqu'à ce que l'Or et le Mercure ne montent plus, ni ne descendent, mais que tous deux demeurent en paix, ainsi la paix et l'union sera faite entre les deux dragons, qui sont tous deux feu et eaux.

24. Alors quand vous verrez dans le vaisseau une grande noirceur comme celle de la poix fondue, qui est le signe de la mort et de la putréfaction de l'Or, et la clé du magistère entier, faites-le alors ressusciter en le cuisant, et ne soyez pas las de le cuire : durant cette période divers changements interviendront ; c'est-à-dire, la matière passera par toutes les couleurs, noir, couleur de cendre, bleu, vert, blanc, orange, et finalement rouge aussi rouge que le sang ou le pavot cramoisi : recherche seulement à cette dernière couleur ; car elle est le soufre véritable, et la poudre alchimique. Je ne donne pas de précision quand au temps ; car il dépend de l'habileté de l'artiste ; mais vous ne pouvez faillir, en travaillant comme je vous l’ai enseigner.

25. Si vous désirez multiplier votre poudre, prenez-en une part, et arrosez-la avec deux parts de votre mercure animé ; mettez le tout en pâte molle et onctueuse ; mettez-la dans un vaisseau comme vous avez déjà fait, dans le mêmes four et avec le même feu, et cuisez-la. Ce deuxième tour de roue philosophique sera fait dans moins de temps que le premier, et votre poudre aura dix fois plus de force. Si vous refaites cette roue de nouveau elle sera mille fois plus puissante, et ainsi de suite autant que vous voulez. Vous aurez alors un trésor sans prix, supérieur à tous ce qu’il y a dans le monde, et vous ne pouvez désirer rien de plus ici bas, car vous avez la santé et la richesse, si vous en usez correctement.

26. Vous avez maintenant le trésor de toute la félicité du monde, que moi pauvre ère de la campagne de Pontoise ai accompli trois fois à Paris, dans ma maison, dans la rue des Ecrivains, près de la chapelle de la rue Jacques de la Boucherie, et que moi Flamel vous donnent, pour l'amour que je vous porte, à l'honneur de Dieu, pour sa gloire, pour la gloire du Père, du Fils, et de l'Esprit Saint. Amen.

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Symbole physico-chimique : kunrath

16 Février 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Alchimie

Quiconque veut être philosophe physico-chimique (c'est-à-dire un véritable amateur de cette Sapience divine qui a été divinement écrite par Jéhovah lui-même dans le Grand Livre de la Nature) et acquérir la Physico-Chimique, Catholique et Grande Pierre des Philosophes, doit nécessairement avoir, avant toute chose, le Mercure Universel des Philosophes.

Si vous ne connaissez pas ce Mercure dans son état sain, pur et entier, et si vous ne savez pas le préparer Physico-Chimiquement pour vous en servir, vous périrez sans doute, en voulant acquérir le souverain bien de la nature et de l'art, qui existe dans l'alchimie.

Or, la doctrine vraiment philosophique, touchant le Mercure Catholique des  philosophes  physico-chimiques, est celle-ci : il faut que nous établissions et ayons en main un seul et unique chaos naturel, catholique en sa tri-unité d'essences; savoir de corps, d'âme et d'esprit, et que nous établissions cette trinité dans l'unité d'un seul sujet, en ne confondant point les essences et en ne séparant point les coexistences qui sont en un seul sujet et en une seule chose.

Autre est l'essence du corps, autre est l'essence de l'esprit, autre est l'essence de l'âme. Mais toutefois le corps, l'esprit et l'âme viennent ou procèdent d'un qui n'est ni fait ni extrait par artifice humain : mais est seulement exposé en lumière par la main de la nature.

L'âme n'est ni faite, ni tirée, ni engendrée du corps et esprit du monde; mais elle procède hors du sein très profond du monde (comme un abrégé de perfection, c'est-à-dire comme possédant toute perfection, ou comme un mouvement perpétuel de la nature); elle est une étincelle ignée de l'âme du monde, c'est-à-dire de la nature, et elle est synoptiquement catholique.

Il y a donc un corps et non trois corps, un esprit et non trois esprits, une âme et non trois âmes.

Et dans cette trinité de notre chaos (lequel les philosophes physico-chimiques appellent la Magné­sie), il n'y a naturellement rien de précédent ni de suivant, rien de plus ou de moins nécessaire; mais toutes les trois essences sont naturellement et ensemble coexistantes, comme aussi co-nécessaires.

De sorte que (comme il a été dit), il est nécessaire de croire qu'en toute chose la trinité en unité et l'unité en trinité ne se trouve nulle part ailleurs que dans le Mercure catholique des philosophes.

Quiconque veut donc être vrai philosophe et acqué­rir la catholique et grande pierre physico-chimique des philosophes, qu'il soit assuré de ce qui a été dit  ci-dessus, touchant le chaos des physico-chimiques qui est Magnésie ou Azoth; c'est-à-dire le Mercure catholique des sages, vrai et naturel sujet de l'universelle et grande pierre des philosophes et de leur unique et divine matière.

Mais pour obtenir le salut catholique de l'Art chimique, il est nécessaire que le vrai philosophe croie aussi fidèlement, voire sache et connaisse sagement et indubitablement ce que c'est que l'incorporation du Ruach-Elohim, c'est-à-dire de l'Esprit du Seigneur, lequel (au premier chapitre, verset deux de la Genèse) était porté sur les eaux.

Donc la philosophie théosophique de la vérité est que nous sachions et confessions que la Magnésie (qui conserve cet univers), venue du macrocosme, Ruah-Elohim, c'est-à-dire Esprit du Seigneur ou souffle tri-un du Seigneur, savoir du Père, Fils et Saint-Esprit (qui est une vertu divine ou une émanation d'une divine vertu), est aussi un monde macrocosmiquement petit.

Ruah-Elohim procède de l'essence de l'Esprit du Seigneur, de cet esprit qui (au premier chapitre, verset deux de la Genèse) était porté sur les eaux, et qui (au premier chapitre, verset sept de la Sapience) est en toutes choses comme étant fait corporel, c'est-à-dire sel corporel de Sapience, au ventre et centre de la terre vierge, à savoir au ventre très secret du grand Monde :

monde macrocosmiquement pétri, né au siècle de la substance corporelle ou de la matière première; c'est-à-dire de la terre et eau de source : c'est à savoir le macrocosme.

La parfaite étincelle du Ruah Elohim (Père, Fils et Saint-Esprit) est synoptiquement catholique.

Le parfait petit monde macrocosmique, fils du macrocosme par le sperme du grand monde, étincelle synoptiquement catholique de l'âme divine du monde, est un tri-un par la terre et par l'eau, par le corps macrocosmique, c'est-à-dire par l'Esprit éthéré ou moyennant le ciel.

Ce petit monde est égal à son père, selon son essence et substance, en âme, esprit et corps, et est moindre que son père selon son individu ou (pour ainsi parler) selon sa personne.

Lequel, encore qu'il soit Ruah Elohim et petit monde, fils du grand monde, n'est toutefois pas deux choses, mais naturellement et catholiquement, par la naturelle et catholique huile de liesse, il est un Maschiah, c'est-à-dire un christ ou oint naturel; et aussi il est (après la passion de sa préparation), un naturel, physico-artificiel et catholique conservateur du grand monde.

Or il est un Ruah Elohim, non par confusion ou embrouillement de la première matière, mais par l'assomption et extraction de la matière première, de Ruah Elohim.

Il est absolument un, non par confusion de subs­tance, mais par l'unité de son individu (ou pour ainsi dire, par l'unité de sa personne). Car ainsi que l'âme raisonnable et la chair, moyennant l'esprit (selon Saint Luc, I, 17 et Thessaloniciens V, 23 et Hébreux IV, 12) est un homme; de même Ruah Elohim et le sperme primatériel du grand monde est un oint, c'est-à-dire un christ naturel, catholique, conservateur du grand monde et son Rédempteur, puisqu'il délivre des superfluités contraires à sa pure nature : fils du macrocosme, Magnésie.

Lequel après avoir physico-chimiquement souffert pour le salut du grand monde, descend aux enfers de son sépulcre, physiquement très artificiel, et après la troisième opération de cet honnête art susdit, ressus­cite de mort à vie, sans tache ni corruption.

Il monte aux cieux de perfection et clarification non pareille. Il sied à la dextre de la puissance et vertu du macrocosme, qui est son père, beaucoup puissant en sévérité cristalline et en rougeur d'escarboucle. Il est comme tout quintessencié de corps, d'âme et d'esprit. De là, il vient juger physico-chimiquement les sains et les malades et les microcosmiques, à l'avènement duquel tous les fruits, de tous les éléments, savoir les végétaux, les animaux et les minéraux sont examinés éprouvés et jugés en leurs corps, esprits et âmes.    

Et chacun d'eux, selon son mode, rend témoignage de sa propre bonté ou malignité.

Et ce qu'il y a de bon en eux est reçu en l'état de glorification, et ce qui est mauvais est consumé par le feu.

Voilà la vraie et catholique doctrine des sages, touchant le Mercure universel des Philosophes, la­quelle si un chacun des chimiques ne croit fidèle­ment; même ne sache et n'observe fermement, il ne peut être vrai philosophe physico-chimique, ni jamais acquérir la catholique et grande Pierre des philosophes.

Le docteur Khunrath a dit théosophiquement ce symbole, par l'instigation de Ruah Hochmael. Phy au diable ! Amen.

L'art n'a point de haineux que l'ignorant.

Qui ne sait, apprenne, se taise ou s'en aille. J'ai dit.

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Le Vrai Livre : Sinesius

16 Février 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Alchimie

Combien, que les anciens philosophes aient écrit diversement de cette science, cachant sous une infinité de noms les vrais principes de l'art. Ils ne l'ont toute fois fait sans de grandissimes considérations que nous représenterons ci après. Et combien qu'ils aient parlé fort diversement, pour cela ils n'ont été aucunement discordant, mais tendant à une même fin, parlant d'une même chose, ils ont trouvé bon de nommer, sur tout le propre agent, de nom étrange, et contraire quelque fois à sa nature et qualité. Or entend donc mon fils, que le grand Dieu a créé deux Pierre avec cet univers, qui sont la blanche et la rouge, lesquelles deux sont sous un même sujet, et après croissent en telle abondance que chacun en peut prendre tant qu'il veut. Et leur matière est de telle sorte, qu'elle tient le milieu entre le métal, et le Mercure, et est en partie fixe, et en partie non fixe, autrement ne tiendrait point le milieu entre les métaux et le Mercure, laquelle matière est l'instrument qui accomplira notre désir, si nous la préparons.
Et parce que, ceux qui travaillent en cet art sans icelui médium, perdent toute leur peine, mais s'ils connaissent ce médium, toutes choses leur seront possibles et propices. Sache que ce médium se trouve étant aérien avec les corps célestes, et seulement en icelui est le genre masculin, et féminin à proprement parler, ayant une vertu ferme, forte et fixe, et permanente, de l'essence duquel (comme je te disais) les philosophes ont parlé seulement par similitude, et figures. Et cela afin que la science ne fut jamais comprise par les ignorants, ce qu'advenant tout périrait. Mais seulement par les âmes patientes, esprits raffinés, séquestrés du bourbier du monde, et nettoyés de l'immondicité de terrestre, fangeux qui est avarice, par laquelle les ignorants sont attachés le nez vers la terre en ce monde (sans cette admirable quintessence) domicile de toute pauvreté, assurés que ces âmes divines, après avoir pénétré dans le puits de Démocrite, c'est à dire la vérité des Natures, connaîtront sans doute la confusion que ce ferait à tout ordres et métiers si chacun pouvait faire de l'or en telle quantité qu'il désirerait.
Et parce qu'ils ont voulu parler par figures, type et analogies, afin de n'être entendus que par les âmes sages et saintes, et illustrée de Sapience. Si est ce toutefois qu'en œuvres composées, ils ont donné certain chemin, voie et règle, par laquelle le sage peut comprendre tout ce qu'ils ont écrit occultement, et à la fin y parvenir après quelques erreurs comme j'ai fait, loué soit Dieu. Et bien que le vulgaire ignorant dûsse entendre ces raisons, et par ainsi vénérer ce qui ne peut monter en sa cervelle, au contraire il a accusé les philosophes de fausseté, et méchanceté, si bien que l'art en est quasi partout en mépris, parce qu'il y a peu de sages. Or moi je te dis maintenant, qu'ils ont toujours parlé suivant la vraie vérité, mais fort ouvertement, et quelquefois fabuleusement ce que je défriche clairement en ce petit livre, et de telle façon, que tout désirant la science, entendra ce qui a été caché par les philosophes. Toutefois s'il me pensait entendre sans connaître la nature des Eléments et choses créées, et notre riche métal, il travaillerait en vain ? Mais s'il connaît les natures fuyantes, et suivantes, par la grâce de Dieu il y pourra parvenir. Donc je prie Dieu que celui qui entendra ce présent secret puisse œuvrer à la gloire et louange de sa sainte Divinité. Sache donc, mon cher fils, que l'ignorant ne saurait comprendre le secret de l'art, parce qu'il dépend de la connaissance du vrai corps qui lui est caché. Connais donc, mon fils, les Natures, le pur et l'impur, le monde et immonde, parce que nulle chose ne peut donner ce qu'elle n'a.
Et parce que les choses ne sont, et ne se peuvent faire selon leur nature, use donc du plus parfait et prochain membre que tu trouveras, et te suffira. Laisse donc le mixte, et prends son simple. Car il est de la quintessence. Et note que nous avons deux corps de très grande perfection, remplis de vif argent, donc d'eux tire ton vif argent, et tu en feras la médecine, appelée d'aucune quintessence, laquelle est une puissance, impérissable, permanente, et toujours victorieuse, voire c'est une claire lumière, qui illustre de vraie bonté toute âme qui l'a une fois savourée. Elle est le nœud et le lien de tous les éléments qu'elle contient en soi, et l'esprit qui nourrit toutes choses, moyennant lequel la nature œuvre en l'univers. Elle est la force, le commencement, et la fin de toute l'œuvre, et à ce qu'en une parole je te manifeste le tout, sache que la quintessence et la chose occulte de notre pierre, n'est autre chose que notre âme visqueuse, céleste, et glorieuse, tirée par notre magistère de sa minière, laquelle seule l'engendre, et qu'il n'est pas possible à nous de faire cette eau par art, mais nature est celle seule qui l'engendre, et cette eau est le vinaigre très aigre qui fait l'or être pur esprit, voire elle est cette bénite Nature, qui engendre toutes les choses, laquelle avec putréfaction est très unie, et avec sa Viridité fait apparaître plusieurs couleurs.
Et je te dis, mon fils que tu ne fasses compte des autres choses comme vaines, mais seulement de cette eau, qui brûle, blanchit, dissout, et congèle, c'est elle qui putréfie et fait germer. Et parce que je t'avise que toute ton intention soit en la décoction de ton eau, et ne te fâche point de la longueur du temps, autrement n'auras aucun fruit. Cuis le doucement peu à peu jusqu'à ce qu'il change de sauce couleur en parfaite et prends garde qu'au commencement tu ne brûle ses fleurs, et sa vivacité, et ne te hâte point pour être tôt à la fin. Clos bien ton vaisseau, afin que celui qui est dedans ne puisse sortir, et ainsi pourras venir à l'effet. Et note, que dissoudre, calciner, imbiber, cuire, fixer, broyer, dessécher, et distiller, sont une même chose et ne veulent rien de plus signifier que cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit parfaite. Note encore, que tirer l'âme, ou bien l'esprit, ou le corps, n'est autre chose que les calcinations susdites, parce qu'elles signifient l'opération de Vénus. C'est donc avec le feu de l'extraction de l'âme, que l'esprit sort doux, comprends-moi. Cela peut être encore, dit, de l'extraction de l'âme du corps et une autrefois réduction sur icelui composé, jusqu'à ce que le tout soit tiré à la commixtion de tous les quatre éléments. Et ainsi ce qui est dessous, est semblable à ce qui est dessus, et ainsi y sont fait deux luminaires, l'un fixe, l'autre non, desquels le fixe demeure dessous, et le volatil dessus, soi mouvant perpétuellement jusqu'à ce que celui qui est dessous, qui est le mâle, monte sur la femelle et tout soit fixe, et alors naît un luminaire sans pareil. Et comme au commencement un seul a été, semblablement en cette matière tout viendra d'un seul et retournera en un seul. Ce qui s'appelle convertir les Eléments, et convertir les Eléments s'appelle, faire l'humide sec, et le fugitif fixe, afin que la chose épaisse se diminue et débilite la chose qui fixe les autres, demeurant le fixatif de la chose. Ainsi se fait la mort et la vie des Eléments, qui composés, germent et produisent, ainsi une chose parfait l'autre, et lui aident à combattre contre le feu.

 

Pratique

 

Mon fils, il est besoin que tu travailles avec le Mercure des philosophes et des sages, qui n'est pas le vulgaire, ni du vulgaire en tout, mais selon iceux est la première matière, l'âme du monde, l'Elément froid, l'Eau bénite, l'Eau des sages, l'Eau venimeuse, le Vinaigre très fort, l'Eau minérale, l'Eau de céleste grâce, le Lait virginal, notre Mercure minéral et corporel. Car icelui seul parfait toutes les deux Pierres blanche et rouge. Regarde ce que dit Geber. Que notre art ne consiste en la multitude des choses diverses, parce que le Mercure est une seule chose, c'est à dire, une seule Pierre dans laquelle consiste tout le magistère, à laquelle tu n'ajouteras aucune chose étrange, excepté qu'en sa préparation tu ôteras d'icelle toutes matières superflues, d'autant qu'en cette matière toutes choses nécessaires en cet art y sont contenues. Et pource notamment il dit. Nous n'ajouterons rien d'étrange sinon le Soleil et la Lune pour la teinture blanche et rouge, qui ne sont étrangers, mais sont son Ferment par lequel se fait l'œuvre. Finalement note mon fils, que ces Soleils et Lunes sont semblables aux Soleils et Lunes vulgaires, parce que nos Soleils et Lunes sont meilleurs en leur nature que les Soleils et Lunes vulgaires. D'autant que notre Soleil et notre Lune en un même sujet sont vifs, et ceux du vulgaire sont morts, à comparaison des nôtres existant, et permanents en notre Pierre. Ensuite de quoi tu remarqueras, que le Mercure tiré de nos corps est semblable au Mercure aqueux et commun, et parce que la chose se réjouit de son semblable, et a plaisir avec lui, et s'accompagne mieux et volontiers, ainsi que fait le simple et composé, ce qui a été caché par les philosophes en leurs livres. Donc tout le bénéfice qui est en cet art, gît au Mercure, au Soleil et Lune, et tout le reste est vain. Aussi Diomédes dit, use de la matère à laquelle ne dos introduire chose étrange, poudre, ni eau, parce que les choses diverses n'amendent point notre pierre, et par-là il démontre à qui bien l'entend, que la teinture de notre Pierre ne se tire que du Mercure des philosophes, lequel est leur principe, leur racine, et leur grand arbre duquel sortent puis après tant de rameaux.

 

Première Opération

 

Sublimation

 

Elle n'est point vulgaire, mais philosophale, avec laquelle nous ôtons le surplus d'icelle pierre, qui en effet n'est qu'élévation de la partie non fixe par la fumée, et vapeur, car la partie fixe doit demeurer au fond, aussi nous ne voulons pas que l'un se sépare de l'autre, mais qu'ils demeurent et se fixent ensemble. Et sache que celui qui sublimera comme il faut, notre Mercure philosophale, dans lequel est toute la vertu de la pierre, il parfait le magistère. Et pour ce dit Geber, toute la perfection consiste en la sublimation, et en cette sublimation sont toutes les autres opérations, savoir distillation, assation, destruction, coagulation, putréfaction, calcination, fixation, réduction des teintures blanches et rouges procréées et engendrées en un fourneau et un vaisseau, et c'est le chemin droit jusqu'à la finale consommation, de quoi les philosophes ont fait divers chapitres pour arrêter les ignorants.

 

Prends donc au nom du grand Dieu, la vénérable matière des philosophes, nommée Hylec des Sages, lequel contient le susdit Mercure Philosophal, appelé première matière du corps parfait, met le en son vaisseau comme il faut, clair, lucide, et rond, bien bouché et clos par le sceau des sceaux, et le fais chauffer dans son lieu bien préparé avec tempérée chaleur par un moi philosophal continuel, le conservant en la sueur de la sublimation jusqu'à ce qu'il commence à se purifier, s'échauffer, colorer, et congeler avec son humidité métallique, et se fixe tant qu'il ne puisse plus rien monter par la fumeuse substance aérée, mais qui demeure fixe au fond, altérée et privée de toute visqueuse humidité et noire qui s'appelle robe noire, ténèbres, ou la tête du Corbeau. Ainsi quand notre pierre est dans le vaisseau, et qu'elle monte en fumée, en haut, cette manière se nomme sublimation et quand tombe du haut en bas distillation, et descention, quand elle commence à tenir de la fumeuse substance et se putréfier, et que par la fréquente montée et descente se commence à coaguler, alors se forme la putréfaction, et le dévorant soufre, et finalement par le défaut ou privation de l'humidité de l'eau radicale, se fait la calcination, et fixation en un même temps par la seule décoction en un seul vaisseau comme j'ai dit déjà, et d'avantage en cette sublimation est faite la vraie séparation des Eléments, pour ce qu'en notre sublimation l'élixir d'eau se change en l'Elément terrestre sec et chaud, par laquelle chose est manifeste que la séparation des 4 Eléments en notre Pierre n'est pas vulgaire mais philosophale. Et pour ce il y a en notre Pierre seulement deux Eléments formés. Savoir la terre et l'eau : mais la terre tient en son espois la vertu et la siccité du feu. Et l'eau contient en soi l'air avec son humide. Ainsi en notre Pierre nous n'avons que deux Eléments en vue, encore qu'en effet en avons quatre. Et par-là tu peux dire que la séparation des 4 Eléments est toute phisicale non vulgaire et réelle, comme les ignorants sont journellement. Donc continue la décoction au feu lent, jusqu'à ce que toute la matière noire apparaissant en la superficie, soit du tout remise par le magistère, laquelle noirceur est par les philosophes nommée, Robe ténébreuse de la Pierre, qui après demeure claire, et est nommée Eau mondifiée de la terre, ou bien de l'élixir. Et note, que la noirceur qui apparaît, est signe de la putréfaction. Et le commencement de la dissolution, est signe de la putréfaction. Et le commencement de la dissolution, est signe de la conjonction des deux Natures, et cette noirceur apparaît quelques fois en 40 jours, plus ou moins, selon la quantité, de la matière, et la bonne industrie de l'ouvrier qui aide de beaucoup à la séparation de ladite noirceur. Or mon fils, par la grâce de Dieu tu as dorénavant un Elément de notre Pierre qui est la terre noire, la tête de Corbeau des autres dite l'ombre obscure, sur laquelle terre comme sur un tronc tout le reste à fondement. Et cet Elément terrestre et sec, est nommé Laton, Taureau, Fèces noires, notre Métal, notre Mercure. Et ainsi par la privation de l'humidité adjustive qui est ôtée par la sublimation Philosophique le volatil est fixe, et le mol est fait sec et terre, voir selon Geber, est faite mutation de la complexion comme de la Nature froide et humide, en colère sèche, et de la liquide en l'espèce selon Alphidius. Et ainsi est apparente l'intention des philosophes quand ils disent que l'opération de notre Pierre, n'est que changement de Nature et révolution d'Eléments. Tu vois donc comme par icelle incorporation, l'humide se fait sec, et le volatil fixe, le spirituel corporel, et le liquide épais, l'eau feu, et l'air terre, et ainsi certainement changent leur vraie nature, et tous les 4 Eléments se circulent l'un l'autre.

 

De la seconde opération

 

Déalbation

 

Et le convertit notre Mercure en Pierre blanche, et ce par feu de décoction. Après que la terre sera séparée de son eau, alors se doit mettre le vaisseau sur les Cendres, comme on use au fourneau de distillation, et distiller l'eau à feu lent au commencement, de la manière que l'eau vienne si doucement que tu puisses distinctement nombrer jusqu'à quarante noms, ou bien dire cinquante six paroles, et soit observé cet ordre par tout la distillation de toute la terre noire, et ce qui se trouve au fond du vaisseau, qui est la fèces restée avec la nouvelle eau, alors se dissoudra, laquelle eau contiendra trois ou quatre parts d'avantage qu'icelles fèces, afin que tout se dissolve et convertisse en Mercure et argent vif. Je te dis que tu feras tant de fois ceci, qu'il n'en reste que le Marc. En cette distillation n'y à point de temps déterminé, mais se fait selon la grande ou petite quantité de l'eau, observant toujours la quantité du feu. Après tu prendras la terre que tu auras réservée en son vaisseau de verre avec son eau distillée, et ainsi avec feu lent et doux, comme était celui de la distillation, ou purification, ou bien un peu plus fort, tu continueras, jusqu'à ce que la terre soit sèche et blanche, et ait bu toute son eau en se séchant. Cela fait, lui mettra de l'eau susdite, et ainsi comme au commencement continueras toujours ta décoction, jusqu'à ce qu'icelle terre soit entièrement blanche, mondée, et claire, et ait bue toute son eau. Et note que ladite terre sera ainsi lavée de sa noirceur par sa décoction, comme je t'ai dit, parce qu'aisément elle se purifie avec son eau et se mondifie, qui est la fin du magistère, et alors garderas icelle terre blanche diligemment. Car elle est le Mercure blanc, magnésie blanche, terre feuilletée. Après tu prendras cette terre blanche rectifiée comme dessus, et la mettras en son vaisseau sur les cendres au feu de sublimation, à laquelle donneras fort feu, jusqu'à ce que toute l'eau coagulée qui sera dedans, vienne en l'Alambic, et que la terre, l'eau, et l'air, et bien que la terre contienne en soi la nature du feu, néanmoins il n'est point encore apparent en effet, comme tu verras, quand par plus grande décoction la fera devenir rouge, tellement que lors tu verras manifestement le feu en apparence, et ainsi on doit procéder à la Fermentation de la terre blanche, afin que le corps mort s'anime, et soit vivifié, et que sa vertu se multiplie en infini. Mais notez que le ferment ne peut entrer dans le corps mort, que moyennant l'eau qui à fait le mariage et conjonction entre le Ferment et la terre blanche. Et sache qu'en tout Ferment on doit observer le poids afin que la qualité du volatil ne surmonte le fixe, et que le mariage ne s'en aille en fumée. Car dit Senior, si tu ne converti la terre en eau, et l'eau en feu, l'esprit et le corps ne se conjoindront point ensemble. Et pour ce faire, prend une lamine enflammée, et met dessus une goutte de notre médecine, elle pénétrera, et se colorera de parfaite couleur, et sera signe de perfection. Et s'il advient qu'il ne teigne, réitère la dissolution et coagulation, jusqu'à ce que soit teignante et pénétrante. Et note que sept imbibition sont suffisantes au plus, et cinq au moins, à ce que la matière se liquéfie, et soit sans fumée, et alors est parfaite la matière au blanc. D'autant que la matière se fixe quelquefois en plus longtemps, et quelquefois en moindre, selon la quantité de la Médecine. Et note que notre Médecine, depuis la création de notre Mercure, demande le terme de sept mois jusqu'à la blancheur, et jusqu'à la rouge cinq, que font douze.

 

De la troisième opération

 

Rubification

 

Prends de la Médecine blanche tant que voudras, et la met avec son verre sur les cendres chaudes, tant qu'elle soi desséchée comme icelles. Après donne lui de l'eau du Soleil, qu'aura gardée à part pour ladite besogne, et continue le feu du second degré, jusqu'à ce que devienne sèche, puis lui redonne de l'eau susdite, et ainsi successivement imbibe et dessèche, jusqu'à ce que la matière se rubifie, et liquéfie comme cire, et coule sure la lamine rouge, comme est dit, et alors sera la matière parfaite au rouge. Mais note, qu'a toutes les fois tu dois mettre d'avantage de l'eau Solaire que ce qu'il en faut pour couvrir le corps, et non plus, et ceci se fait à ce que l'Elixir ne se submerge, et se noie, et ainsi se doit continuer le feu jusqu'à la dessiccation, et alors se doit faire la seconde imbibition, et ainsi procède par ordre jusqu'à la perfection de la Médecine, savoir jusqu'à ce que la puissance de la digestion du feu la convertisse en poudre très rouge, qui est la vraie Huile des Philosophes, la Pierre sanguinâtre, le Pourprin Coral rouge, le Rubis précieux, le Mercure rouge, et la Teinture rouge.

 

Projection

 

Tant plus tu dissoudras et coaguleras, tant plus multipliera sa vertu jusqu'à l'infini. Mais note, que la Médecine se multiplie plus tard par solution, que par Fermentation. Par quoi la chose soluë n'opère pas bien, si premier elle ne se fixe en ton Ferment. Néanmoins plus abonde la multiplication de la Médecine soluë, que Fermentée, d'autant qu'il y a plus de subtilisation. Encore je t'avise qu'en la multiplication tu mettes une part de l'œuvre sur quatre de l'autre, et en peu de temps se fera poudre, selon le Ferment.

 

Epilogue suivant hermes

 

Ainsi tu sépareras la terre du feu, le gros du subtil, doucement avec grand esprit, c'est à dire, que tu sépareras les parties unies au four, par la dissolution et la séparation des parties, comme ta terre du feu, le subtil de l'épais, etc. Savoir la plus pure substance de la Pierre, jusqu'à ce que te demeure nette, sans aucune macule et ordure. Et quand dit, elle monte de la terre au Ciel, et puis une autre fois retourne en terre, faut entendre la sublimation des corps. Encore pour bien expliquer la distillation, il dit : Que le vent le porte dans son ventre, savoir quand l'eau distille par l'Alambic, où il monte premièrement par le vent fumeux et vaporeux, et après retourne au fond du vaisseau encore en eau. Voulant encore montrer la congélation de la matière, il dit : Sa force est entière si elle retourne en terre, c'est à dire, si elle est convertie par décoction. Et pour généralement démontrer toute les choses susdites, il dit : Et recevra la force inférieure et supérieure, c'est à dire des Eléments, d'autant que si la Médecine reçoit la force des parties légères, savoir de l'air et feu, elle recevra aussi les parties les plus graves et pesante, se changent en eau et en terre, et c'est ainsi que les matières ainsi perpétuellement conjoints aient permanence, demeurance, fermeté et stabilité. Loué soit Dieu

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L'Oeuvre de Saturne : Hollandus

16 Février 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Alchimie


Préface.

Cher Lecteur,

 

Les Philosophes ont beaucoup écrit sur leur Plomb qui est préparé à partir de l’Antimoine, comme Basile Valentin l’enseigne ; et je suis de l’opinion que cet Œuvre de Saturne du très excellent John Isaac Holland ne doit pas être comprise comme du Plomb commun, (si la matière de la Pierre ne soit pas beaucoup plus de cette façon prétendue) mais du Plomb des Philosophes. Mais que le Saturne Vulgaire soit ou non la Matière de la Pierre des Philosophes, néanmoins vous recevrez une suffisante satisfaction des 17 Considérations ou Document subséquent. Ceci est publié pour le bénéfice de tous les Amoureux de cet Art, car cela expose et affirme la Pierre de Feu. Adieu.

 

L’œuvre de Saturne.

 

Mon Enfant vous devez savoir que la Pierre appelée Pierre des Philosophes, provient de Saturne. Et par conséquent lorsqu’elle est parfaite, elle fait des projections aussi bien dans le Corps de l’homme pour toutes les Maladies qui peuvent l’assaillir intérieurement ou extérieurement, quelque qu’elles soient ou de quelques noms qu’on leur donne, aussi bien que dans les Métaux imparfaits.

Comme vous savez mon Enfant, en Vérité, dans tout le travail végétable il n’y à pas de plus haut et plus grand secret que dans saturne ; car nous ne trouvons point en l’Or cette perfection qui est en Saturne ; car intérieurement il est un bon Or, ici tous les Philosophes conviennent, et rien d’autre n’est nécessaire, mais vous devez tout d’abord enlever ce qui en lui est superflu, qui est, son impureté, et le rendre propre, et lorsque vous tournez son intérieur à l’extérieur, qui est sa rougeur, alors il sera bon Or ; car l’Or ne peut être fait plus aisément, que de Saturne, car Saturne est aisément dissout et coagulé, et son Mercure peut être facilement extrait, et ce Mercure qui est extrait de Saturne, étant purifié et sublimé, comme le Mercure est ordinairement sublimé, je vous dis, mon Enfant que ce même Mercure est aussi bon que celui extrait de l’Or, dans toutes les opérations ; car si Saturne est intérieurement Or, comme il est en vérité, alors son Mercure doit être aussi bon que celui de l’Or, par conséquent je vous dis que Saturne est meilleur en notre œuvre que l’Or ; car si vous  deviez extraire le Mercure de l’Or, il vous faudrait un an pour ouvrir le corps de l’Or, avant que vous puissiez en extraire le Mercure, mais vous pouvez extraire le Mercure de Saturne en quatorze jours, et tous deux sont aussi bon l’un que l’autre.

Voudriez-vous faire l’œuvre avec seulement l’Or, vous devriez labourer deux années entières, si vous vouliez bien faire : mais vous pouvez finir l’œuvre de Saturne en trente ou trente deux semaines au plus. Et étant toutes deux bien faite, les deux étant semblablement bonnes, Saturne ne coûte rien ou très peu, demande peut de temps et peu de travail, et c’est vérité que cela.

Mon Enfant enfermez ceci en votre cœur et comprenez, ce Saturne est la Pierre que le Philosophe ne nomme point, dont le nom a été caché jusqu’à ce jour ; car si son nom était connu, alors beaucoup pourraient opérer, et l’Art deviendrait commun, car ce travail est court, et sans charge, un travail petit et insignifiant.

Par conséquent faites que le nom demeure caché, pour le mal qui pourrait en conséquence en advenir. Tous les étranges Discours par lesquelles les Philosophes ont parlé mystiquement, d’une Pierre, de la Lune, d’un Fourneau, d’un Vaisseau, tout ceci est Saturne ; car vous ne devez rien employer qui lui est étranger ; par conséquent il n’y a personne de si pauvre en ce Monde, qui ne puisse effectuer et avancer cet ouvrage ; car la Lune peut être aisément faite du Saturne, en peu de temps, et en un peu plus de temps le Soleil. Et bien qu’un homme soit pauvre, il peut y arriver par lui, et peut en faire la Pierre Philosophale.

Pour cette raison mon Enfant, tout est caché en Saturne, dont nous avons seul besoin, car c’est un parfait Mercure, en lui sont toutes les Couleurs de l’ouvrage, elles peuvent être trouvées en lui, en lui sont les véritables couleurs noire, blanche et rouge,  en lui est le poids, Saturne est notre Latton.

Exemple : L’œil d’un homme ne peut endurer rien qui soit imparfait, aussi petit soit-il, pas le moindre petit Atome de poussière, cela lui cause tellement de souffrance qu’il ne peut rester en repos. Mais si vous prenez un morceau de Saturne de la grosseur d’un poids, le coupez en rond sans bavures, et le mettez dans un Œil, il ne causera aucune souffrance ; la raison en est qu’il est intérieurement parfait, aussi bien que l’Or et les Pierres Précieuses. Par ceci et autres discours vous pouvez observer, que Saturne est notre Pierre des Philosophes, et notre Latton, hors duquel notre Mercure et notre Pierre sont extraite par peu de Labeur, peut d’Art et de Dépense et en peu de temps.

Pour cette raison je vous admoneste mon Enfant, et vous tous qui connaissez son nom, de le gardé caché à la multitude, par considération du mal qui pourrait en advenir ; et vous devez appeler la Pierre notre Latton, et appeler le Vinaigre Eau, dans laquelle notre Pierre doit être lavée ; c’est la Pierre et l’Eau dont les Philosophes ont écrit moult volumes. Il y a beaucoup de différents travaux en notre Pierre Minérale, et spécialement en cette Pierre que Dieu nous a donné gratuitement, c’est pourquoi tellement de Paroles étranges ont été écrites dans les Livres sur l’œuvre Minérale.

Mais ceci est la véritable Pierre que les Philosophes ont cherché, parce qu’elle fait projection sur tous les Métaux imparfaits, spécialement sur le l’Argent-vif, et du reste sur toutes les maladies quelqu’elles soient, qui peuvent arriver au corps de l’homme, ainsi que sur toutes les Blessures, Cancer, Fistules, Inflammations, Bubons, Impotences, et toute sorte de choses qui peuvent arriver extérieurement au Corps de l’homme, par conséquent cette Pierre ne travaille pas dans le règne Minéral, mais dans le règne Végétable.

Au commencement du Livre des Végétables, et du principe ; cette Pierre est appelée Lapis Philosophorum, La Pierre Minérale est appelée Lapis Mineralis, et la troisième Pierre est appelée Lapis Animalis. Cette Pierre est le véritable Or Potable, la vraie Quintessence que nous recherchons, et rien d’autre en ce Monde que cette Pierre. Par conséquent les Philosophes disent, quiconque connaît notre Pierre et peut la préparer, n’a besoin de nulle autre chose, et par conséquent ils ont recherché cette chose et aucune autre.

Mon Enfant, Prenez 10, 12 ou 15 livres de Saturne, en lequel il n’y ait ni mélange ni autre Métal ; et laminez le finement, ayez une grande Jarre de Terre, à moitié remplie de Vinaigre, suspendez-y les lamines et fermez bien la Jarre et mettez-la dans un Bain Tiède, tous les trois ou quatre jours raclez le Saturne calcinez des Lamines, et mettez-le à part, et faite ainsi jusqu’à ce que vous ayez 5 ou 6 livres de Saturne calciné, puis le broyez dans un Mortier avec de bon Vinaigre de Vin distillé, comme si vous vouliez peindre avec, puis prenez deux ou trois pots de Grès, mettez-y la Chaux de saturne que vous avez broyé, et mettez de bon Vinaigre de Vin distillé par-dessus, de façon à ce que les pots soient à moitié remplis, mélangez bien, fermez le Pot avec un verre poli ou une pierre lisse, mettez les pots au Bain, mélangez le tout quatre ou cinq fois par jour avec une cuillère en bois, remettez le verre dessus, faites que le bain ne soit plus chaud que vous ne puissiez tenir votre main dedans, ce qui est tiède, laissez pendant quatorze jours quatorze nuits, puis décantez ce qui est clair dans un autre pot de Grès, et remettez du Vinaigre distillé sur la Chaux qui  n’a pas été dissoute, mélangez bien, et mettez 14 jours au Bain, décantez de nouveau, et remettez d’autre Vinaigre comme précédemment. Continuez les décantations et ajoutez de nouveau Vinaigre jusqu’à ce que toute la Chaux de Saturne soit dissoute, alors prenez tout le Saturne dissout, mettez-le au bain et évaporez le Vinaigre par un feu doux, le Saturne deviendra une poudre ou motte. Ou bien agitez jusqu’à ce qu’il soit sec, et vous aurez une masse ou poudre d’un jaune sombre, ou couleur de miel, puis broyez de nouveau sur une Pierre avec du Vinaigre distillé, mettez dans un pot de grès, agitez et mélangez ensemble, et mettez au Bain tiède, et laissez la cinq ou six jour ; mélangez chaque jour avec une cuillère de bois, fermez avec la plaque de verre, et laissez refroidir, prenez ce qui est dissout et mettez-le dans un grand pot de grès, remettez d’autre Vinaigre, remuez et mélangez bien ensemble et mettez au Bain comme précédemment, réitérez ces décantations et ajouts de Vinaigre jusqu’à ce que plus rien ne se dissolve, ce que vous connaîtrez avec votre langue, si le liquide est sucré, tout n’est pas dissout, ou mettez-en dans un ballon de verre, et faites évaporer, si quelque chose demeure, tout ce qui pourra être l’Or n’est pas dissout, et ce qui demeure dans le pot sont les Fèces, et sucrée sur la langue, si vous trouvez quelque chose dans le ballon, tout n’est pas encore dissout, alors mettez de nouveau Vinaigre dessus, jusqu’à ce que tout soit dissout, alors coagulez comme précédemment, mettez d’autre vinaigre dessus, remuez le tout, mettez de nouveau au Bain, et réitérez cette opération de solution et coagulation jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de Fèces au fond, mais que tout soit dissout en une eau pure et claire, alors saturne libéré de toute sa Lèpre, Mélancolie, Fèces et noirceur, étant pure et blanc comme Neige, car il est nettoyé de toutes ses souillures, parce que sa froideur est mise à l’extérieur comme la Lune, et sa chaleur à l’intérieur, le rendant fusible comme de la cire, et doux comme du sucre Candi.

Pourquoi est-il aussi blanc que la neige ? C’est parce qu’il est purifié de toutes ses impuretés, et parce que sa froideur est à l’extérieur comme la Lune, et sa chaleur à l’intérieur.

Pourquoi est-il doux ?  Parce que les quatre éléments en lui sont purs, et séparé de tout le soufre puant et noir, que Saturne reçoit dans la Mine ; il est presque Médicinal et comme semblable à la Nature : Et parce qu’il est si pur, il offre certaine de ses qualités internes à l’extérieur telle la Douceur ; mais la chaleur est si couverte par la froideur, qu’elle ne peut pousser sa puissance à l’extérieur pour la raison que le froid qui est extérieur (la chaleur de Saturne gît à l’intérieure, comme dans le Sel de Nitre) comme dans le goût, l’Esprit de Goût est ce qu’il y a de plus subtile en toute chose, comme il est plus grandement enseigné au Livre des Végétables, comment l’Air se dilate par lui-même extérieurement à partir de toutes les Herbes et Fleurs ; car l’Esprit de l’Air gît à l’intérieur de toutes choses ; car Dieu ne crée rien en ce monde qui n’est son goût particulier ou Air, L’air et le Goût étant un seul Esprit, le Goût vient de l’Air, comme la fumée provient du Feu.

Mais comment se fait-il que toute chose qui ait un Air doux a un goût amer ? La cause en est que les Fèces de toutes choses en les Eléments sont putrides et puantes, qui sont la Bile ou le Chaud ; car tout ce qui est non naturellement chaud, a un Goût amer ; l’Air et le Goût sont un Esprit, et comme l’Esprit de l’Air pousse vers l’extérieur par les choses chaudes, l’Air fait semblablement embrassant le Goût, et défend le Goût subtil, afin qu’il ne soit point brûlé par la véhémente Bille brûlante, comme dans l’Herbe où il est largement exprimé.

Mais la cause pour laquelle Saturne a un doux Goût, et qu’il est presque pur et propre, ayant peu de chaleur non naturelle en lui, qui pourrait en brûler le Goût subtil, de ce fait son Goût est à l’extérieur, et le Goût l’Esprit de l’Air enfermé en lui.

Mon Enfant maintenant sachez ce que j’ai dit auparavant, qu’en une chose contenant plus de chaleur brûlante, l’Air renferme le Goût à l’intérieur, car le Goût ne doit point être corrompu par la chaleur non naturelle. Aussi le Goût inclus l’air en lui, lorsqu’il provient d’une chose qui est extérieurement froide ; car les Esprits subtils de l’Air ou Odeur d’une chose ne peuvent endurer aucun froid, comme nous le voyons journellement dans les Herbes et les Fleurs, qui n’ont aucune Odeur en Hiver, comme elles en ont en Eté ; mais elle se cache en Hiver, et l’Esprit a le Parfum enclos en lui, et ainsi que l’Esprit de l’Odeur ou Air. Voyez un homme qui a attrapé froid, il perd immédiatement son Odorat et son Goût est diminué. Il en est de même avec Saturne ; qui est entièrement froid, ainsi le Goût se manifeste avec l’Esprit de l’Odeur ; car l’Esprit du Goût à l’odeur en lui. Regardez le Sucre qui est bien clarifié de ses Fèces, combien il est doux en son Goût, bien qu’il n’ait point d’Odeur il y a une extraordinaire douceur dans le Sucre. Quelle est la raison pour cela ? Le Sucre est très froid extérieurement, par conséquent il est comme la Neige, et d’un doux Goût, bien que le Sucre soit intérieurement chaud et humide, du tempérament de l’Or, et d’une si grande vertu qu’il est appelé la Pierre des Philosophes, comme cela est approuvé, et très prévalent pour guérir tous les Désordres de Corps de l’homme, comme il est vu dans son opération. La raison pour laquelle je dis ceci mon Enfant, est que vous devez comprendre ensemble son intérieur et extérieur, et les Esprits qui sont en ces choses, desquels nous discourons ; et par ce moyen vous connaîtrez les merveilleux travaux de Dieu, et par quelles merveilles il œuvre dans les choses inférieurs, qui ont toutes été faite pour notre usage.

Pour l’amour de qui Dieu a-t-il créé toutes ces Merveilles et toutes ces choses, sinon nous ? Par conséquent mon Enfant croyez en Dieu, et l’aimez, et suivez-le, car il vous aime, comme il le fait voir, et le manifeste en toutes choses, aussi bien Intérieures qu’Extérieures. O combien merveilleux est notre Seigneur et Dieu, de qui proviennent toutes les merveilles !

Maintenant mon Enfant, pourquoi Saturne est-il fluant comme de la Cire ? C’est à cause de son abondant Soufre, qui est à l’intérieur ; car je ne trouve point de fluité ou fusibilité en aucune chose excepté le Soufre, le Mercure et l’Arsenic, et ces trois choses sont en Saturne ; et pour cela Saturne flue rapidement, mais toutes ces choses sont nettoyées avec lui de leurs impuretés. Et ne savez-vous point que les Philosophes appellent leur Pierre Arsenic, et chose blanche ; et ils disent que leur Soufre est incombustible ; il l’appelle aussi la chose rouge, et tout ceci est en Saturne, en lui est l’Arsenic ; car la Lune est principalement générée du Soufre blanc, comme il est pleinement enseigné au Livre du Soufre, et tout Arsenic est intérieurement rouge comme Sang, si son intérieur est amené à l’extérieur, comme démontré dans le Livre des Couleurs. Saturne se tient presque au degré de la Lune fixée. Ainsi en lui il y a un Soufre Rouge, comme vous voyez, lorsque sont intérieur est mis à l’extérieur, il sera rouge comme le Rubis, il n’y a de Couleurs qu’en les Esprits, ainsi il y a en lui un Soufre rouge et jaune. En lui est le Mercure, comme il peut être vu, car le Mercure est s’extrait de Saturne en peut de temps, par un moindre labeur.

Ainsi tous trois sont en Saturne, mais ils n’y sont pas fixes, mais ils sont propres, prurs, incombustibles, et fluant comme la Cire ; en lui sont toutes les choses que les Philosophes ont mentionnés. Uls ont dits, notre Pierre est faite d’un menstrue ouant : ne pensez vous pas qu’il s’agit de Saturne extrait d’une Terre puante ?  Car beaucoup meurent avec les Odeurs et Vapeur d’où l’on extrait Saturne. Et les Philosophes disent, notre Pierre est de peu de valeur, étant non préparée ; ils disent, le pauvre la possède autant que le riche, et ils disent vrai, car il n’y a pas plus pauvres et misérables personnes que ceux qui extraient Saturne hors de la mine ; et ils disent que l’on doit la trouver en toutes Villes et place, où que vous alliez Saturne est là. Ils disent c’est une chose noire. Que pensez vous qui ne soit point noir ? Ils disent, c’est une eau sèche, si l’Or et la Lune doivent être testés et purifiés n’est-ce pas avec Saturne ? Ils doivent être testés et lavés avec lui comme un vêtement puant est nettoyé avec du Savon. Ils disent, en notre Pierre sont les quatre Eléments, et ils disent vrai, car les quatre Eléments doivent être séparés de Saturne. Ils disent notre Pierre consiste en une Ame, un Esprit et un Corps, et ces trois deviennent un. Ils disent vrai ; lorsqu’il est fixé par le Mercure blanc et le Soufre avec sa Terre, ces trois sont fait un.

Par ceci, nous devons voir, que ce que les Philosophes ont dit est vrai ; ils ont scellé son Nom pour les au nom des ignorants, qui ne sont pas leur Enfant, afin de les maintenir en leur ignorance. Ainsi mon Enfant les Ancient ont scellé le nom de la Pierre ; retournons maintenant à notre propos.

Vous avez maintenant Saturne lavé et débarrassé de toutes ses impuretés, et devenu comme une Neige blanche fusible comme la Cire, mais non encore fixe ; nous allons donc fixer le Mercure et le Soufre avec sa Terre.

Prenez un Vaisseau de verre, et mettez-y la moitié de votre Saturne purifié, réservé l’autre moitié jusqu’à ce que vous ayez l’occasion de vous en servir ; couvrez me d’un verre poli, mettez-le dans une écuelle de cendres tamiséesdans un Fourneau ; ou sur le Tépied des Secrets, ou dans le Four où vous calcinez les Esprits ; donnez lui chaleur semblable à celle du Soleil au milieu de l’Eté, et non plus chaud, un peu plus chaud ou un peu plus froid selon que vous pourrez l’apprécier. Mais si vous donnez une chaleur plus grande, semblable à celle nécessaire à la fusion du Plomb, alors votre Matière fondra comme de l’huile ; et ayant fait cela, dix ou douze jours, son Soufre s’envolera, et votre Matière sera toute perdue, car le Soufre qui est en votre Matière n’est pas encore fixe, mais est à l’extérieur. Pour cette raison la Matière fond présentement, et bien que pure elle n’est point encore fixe ; par conséquent donnez un feu doux, afin qu’elle ne flue point ; et gardez la ainsi six semaines, puis prenez-en un peu, et mettez-la sur une Plaque chaude, si elle fond immédiatement et fume, elle n’est point encore fixe, mais si la Matière demeure non fondue, le interne Soufre est alors fixe ; alors augmentez le Feu notablement, jusqu’à ce que la matière dans le Vaisseau paraisse jaune, et continuellement de plus en plus jaune, comme la poudre de Safran, alors augmentez encore le Feu, jusqu’à ce que la matière devienne rouge, alors pousuivez votre Feu d’un degré à l’autre, même quand la Matière devient par degré de plus en plus rouge, maintenez le Feu jusqu’à ce que la Matière soit aussi rouge que le Rubi, augmentez alors encore le Feu, afin que la Matière devienne incandescante, alors elle est fixée, et prête et prête à recevoir sur elle la singulière Eau du Paradis.

Sachez mon Enfant qu’il y a deux manière de versez l’Eau du Paradis, et je vous enseignerai comment faire et préparer les deux, ainsi vous prendrez celle que vous voudrez, car l’une est de moitié moins bonne que l’autre.

Mon Enfant, vous devez vous souvenir que je vous ai ordonné de réserver la moitié de Saturne purifié, mettez-le dans un pot de Grès, et versez dessus une bouteille ou plus de Vinaigre de Vin distillé, mettez un chapiteau et distillez le Vinaigre au Bain, le chapitaux doit avoir une ouverture en haut, permettant d’ajouter de nouveau Vinaigre sur la Matière,ajoutez de nouveau Vinaigre et le distillez, ajoutez et distilez tant que le Vinaigre qui vienne par la distillation soit aussi fort que lorsque vous le mettez, alors c’est assez, et la Matière a eu autant de l’Esprit du Vinaigre quelle peut contenir ; enlevez alors le Pot du Bain, enlevez le chapitaux, et sotez votre Matière, et mettez la dans un vaisseau de verre épais qui puisse endurer le Feu, coiffez de son chapiteaux, et mettez dans une écuelle de cendres au Fourneau, faites tout d’abord un faible Feu, et augmentez progressivement, jusqu’à ce que votre Matière passe rouge comme du Sang, aussi épaisse que de l’huile, et douce comme le Sucre, avec une Odeur Céleste, gardez le même degré de chaleur tant que cela vient, et lorsque cela commence à moindrir, alors accroissez le Feu jusqu’à incandescence du Vaisseau, continuez cette chaleur, jusqu’à ce que plus rien ne distille, laissez alors refroidir le Vaisseau, enlever le Ballon de Réception, et fermez le immédiatement avec de la Cire, enlevez la matière restant dans le Vaisseau, et mettez la en poudre dans un Mortier de Fer, avec un Pilon d’Acier, puis broyez-la sur une Pierre  avec de bon Vinaigre distillé, mettez la Matière ainsi broyée dans un Pot, versez de bon Vinaigre distillé dessus, afin que les deux tiers soient remplis, mettez le Pot au Bain et couvrez le d’un cahipeau, distillé le Vinaigre, ajoutez à nouveau du  Vinaigre, et distillez à nouveau, continuez cela tant que le Vinaigre sorte aussi fort que lorsque vous le versez, alors laissez refroidir, enlevez la Matière du Bain, enlevez la chapiteau, et enlevez la Matière du Pot, mettez la dans un Vaisseau de verre qui puisse endurer le Feu, comme vous avez précédemment fait, mettez au Four en l’écuelle de cendres gravelées, adaptez le chapiteau et le Récipient, lutez bien les jointures, puis distillez à faible Feu au commencement, et augmentant par degrés jusqu’à ce que la Matière passe rouge comme du Sang, et épaisse comme de l’Huile, comme dit ci-dessus, donnez le Feu jusqu’à ce que plus rien ne passe, puis laissez refroidir, enlevez le chapiteaux, cassez le Vaisseau et prenez la Matière, broyez de nouveua en poudre sur une Pierre avec du Vinaigre distillé, mettez de nouveau dans le Vaisseau de Grès avec du Vinaigre distillé par-dessus, ajustez le chapitaux et mettez au Bain, distillez-en le Vinaigre, mettez en de nouveau comme il a été précédement enseigné, jusqu’à ce que le Vinaigre en sorte aussi fort qu’il était.

Réitérez cette distillation au Bain jusqu’à ce que la Matière ne contienne plus de Vinaigre, puis sortez-la mettez dans un Vaisseau de verre, et distillez-en tout ce qui peut en être distillé dans les cendres, jusqu’à ce que la Matière devienne une Huile rouge, vous avez alors la plus noble eau du Paradis, pour verser sur toutes les pierre fixes, pour perfectionner la Pierre ; ceci est une voie. Cette eau de Paradis ainsi distillée, les Ancients l’appelaient leur clair Vinaigre aiguisé, car ils ont scellé son nom.

Mon Enfant, je vais maintenant vous enseiger une autre manière pour faire cette eau de Paradis ; c’est une voie facile, mais non point aussi excellente, et ne fait pas si haute projection dans les Médecines humaines, bien qu’elle guérise toutes la Maladies internes et externes, mais l’autre guérit miraculeusement en un temps court.

 

De la seconde manière de préparer l’eau de Paradis.

 

Mon Enfant, si vous voulez la faire de cette manière, vous devez prendre la moitié de votre Saturne préparé que je vous ai ordonné de garder, sur lequel vous versez la moitié de votre Eau de Paradis préparée et fixée, prenez la moitié et mettez dans un pot de Grès, verssez dessus du faible Vinaigre de Vin, mélangez bien ensemble, puis prenez deux livre de Tartre calciné, qui ait été bien clarifié par solution et coagulation, et ne laisse plus aucunes Fèces derrière lui, Sel Armoniac une livre, qui ait été semblablement bien sublimé, de façon qu’il ne reste plus de Fèces après la sublimation, broyez le tout ensemble en Poudre, et mettez les derechef dans un pot, bouchez immédiatement, ou autrement  il débordera, car aussitôt que le Tartre et le Sel Armoniac seront avec le Vinaigre, ils s’élèveront ensemble, et s’échaperont par l’ouverture du pot, de ce fait fermez le pot et mettez le dans le dans un baquet d’eau, ils se refroidiront rapidement, autrement si la matière froide rencontre la matière chaude soudainement, ils combattront ensemble, s’élèveront, et deviendront si chaud, que le pot se briserai à cause de la chaleur, s’il n’était mis en de l’eau froide ; par conséquent prenez garde, lorsque vous y mettez les poudres, d’arrêter immédiatement et mettez dans l’Eau froide avant que d’ajouter d’autre Poudre, alors ils s’uniront, laissez en ce Vaisseau (d’eau froide) un jour et une nuit, puis  mettez le pot au Bain tiède deux jours et deux nuits, laissez refroidir, enlevez le couvercle, et mettez l chapiteau, mettez le pot aux cendres dans le Four, et distillez à feu doux, graduant continuellement jusqu’à ce que tout le Vinaigre soit passé, augmentez alors votre Feu, jusqu’à ce que vous voyez du Vif-argent sortir, lorsqu’il n’en vient plus augmentez le feu petit à petit et continuez tant qu’il en passe, vous pouvez observez quand il coule, que si en l’espace de un ou deux Pater Noster (la prière du Seigneur) une seule goutte passe, alors augmentez le feu jusqu’à ce que le fond du pot rougisse, pendant douze heure, et quand tout le Mercure est passé, le Sel Armoniac doit avoir sublimé dans le chapiteau, et le Tartre demeure avec le Corps de Saturne au fond du Pot, lequel vous prendrez et mettrez en sac de Lin, que vous suspendrez en une cave humide, le Tartre se dissoudra, recevez le dans un flacon de verre, le Corps de saturne demeure alors dans le sac, prenez-le et calcinez le dans un Four à réverbère trois jours et trois nuits, avec une grande chaleur, comme il est dit autre part, puis extraiyez le Sel comme il est enseigné au Livre Minéral. Vous pouvez faire projection du Sel, et coaguler votre Tartre de nouveau, il sera aussi excellent ou meilleur qu’auparavant, de la même manière prenez votre Sel Armoniac qui est dans le chapiteaux, qui sera bon de nouveau si vous n’avez plus de Sel Armoniac ; prenez alors trois livre de Tartre calciné, bien clarifié qui ne laisse plus de Fèces derrière lui, vous n’avez plus besoin alors de Sel Armoniac, avec lequel vous pourrez de la même manière extraire le Mercure de la Lune et de Jupiter, avec lesquels vous pourrez faire des merveilles, comme il est enseigné au Livre Minéral, ou il est parlé de la quintessence des Métaux.

Maintenant vous devez savoir mon Enfant, que ce Mercure ou quintessence de Saturne est aussi bonne en tous les travaux que le Mercure du Soleil, ils sont tous deux excellents, et tous les Philosophes en conviennent. Mon Enfant prenez ce Mercure de Saturne hors du récipient et mettez-le dans une Boite de Verre.

J’ai maintenant enseigné comment faire deux sortes d’Eau de Paradis ; et sachez mon Enfant que la première est la meilleure ; bien quelle soit faite avec quelque danger, plus long temps, et plus de dépense à cause du Vinaigre, mais l’Huile rouge est la meilleure, le temps est semblable jusqu’à la fin, et bien que cela soit plus pénible pour obtenir l’Huile rouge, néanmoins elle se fixe elle-même en un temps court,  si il vient de la Matière ou Pierre fixe, en une simple Essence en une plus grande rougeur ; mais quand le Mercure vien à la Pierre fixe, il demande un long temps d’assention et de descention avant squ’il ne meure, et lorsqu’il est entièrement mort, il fait la Pierre rouge fixe de nouveau en une couleur fixe, aussi couvrant la Pierre rouge avec sa froideur, de façon que la Pierre rouge devienne blanche à nouveau, alors vous devez la bouillir de nouveau doucement sur un Feu dox, jusqu’à ce qu’elle soit jaune, dirigeant le Feu degré par degré, au fur et à mesure que la Couleur s’accroit et s’intensifie, et ainsi jusqu’à l’obtention de la parfaite rougeur, qui demande un long temps pour être fait, ce qui n’est pas requis avec l’Huile rouge ; car l’Huile rouge meurt et coagule sur le champ la Pierre, l’un se fixant lui-ême avec l’autre en une simple Essence, en très peu de temps. Par conséquent je vous dis, mon Enfant, que le temps requis pour l’Huile est aussi long à la fin, bien qu’il paraisse plus court avec le Mercure, mais sont de même longueur à la fin de l’ouvrage, par conséquent je vous donne l’Art des deux ouvrages, de façon que vous puissiez mieux comprendre l’Art de faire l’huile à partir de la partie la plus profonde de la Pierre, qui est trouvé plutard. L’Huile était inconnue des Ancients, car mon Grand père et ses compagnons l’on trouvé après un long temps et un grand labeur.

Ainsi, il y a deux manière de dissoudre la Pierre, et de verser dessus l’Eau claire du Paradis. Nos Ancêtre appelaient l’Huile leur Vianaigre aiguisé, parconséquent mon Enfant, gardez le Nom caché, et je vous enseignerait avant tout comment vous devez joindre le Mercure à votre Pierre, que vous avez extrait hors de Saturne, et la dissoudre ; ensuite je vous enseignerais comment faire passer par le chapitau cette Huile rouge extraite de votre Saturne préparé, en une Pierre fixe, pour dissoudre votre Pierre.

Mon Enfant, pesez votre pierre fixe, et premez moitié moin de votre Mercure, versez-le dessus la pierre dans un vaisseau, couvrez le, et lutez les jointures, mettez dans une écuelle de cendre gravelée, et faites un feu comme le soleil durant l’été, et ne donnez pas plus de chaleur, jusqu’à ce que l’Eau de Paradis ou Mercure devienne toute une Poudre morte. Et sachez mon Enfant, que la Pierre rouge et fixe, qui auparavant était sombre, quand elle aura bue l’eau de Paradis, ou Mercure, ou ce que vous l’appelez, elle devient une poudre entre le noir et le gris, alors augmentez le feu pa degrés, jusqu’à ce que la matière devienne parfaitement blanche, et lorsqu’elle est blanche, augmentez encore le feu par degrés, jusqu’à ce qu’elle devienne jaune sombre, renforcez alors le feu, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement rouge ; alors réjouissez-vous, pour votre Pierre parfaite et fusible comme de la Cire. Remerciez Dieu, qui nous donne une part de ses Miracle ; et faite le bien au pauvre, que vous pouvez voir de vos yeux charnels, et utilisez la bonté Divine miraculeusement en cette Vie corrompue, car je vous dis en toute Charité, que si quelqu’un atteint cette Pierre , qu’elle lui est donnée et prêtée par Dieu. Quiconque a cette Pierre, peut vivre en parfaite santé jusqu’au terme de sa vie, qui est déterminé par Dieu, et peut avoir tout ce qu’il désire sur la Terre.

Il sera aimé et estimé de tous, car il pourra les soigner intérieurement et extérieurement de toutes Maladies qui peuvent les affecter ; mais si la Pierre ne peut faire ceci, elle est fausse, et ne mérite point le nom de Pierre Végétable ou Pierre des Philosophes.

Par conséquent mon Enfant, si Dieu vous donne cette Pierre, veillez diligemment sur elle, et gardez vous d’offenser Dieu, car vous ne faites pas cette Pierre sur Terre pour être en votre Paradis ; régissez-vous et comportez-vous pour la gloire de Dieu et le bien des pauvres gens, afin d’augmenter les louange à Dieu et pour soulager les Chrétiens pauvres et exilés.

Je vous dis, mon Enfant, si vous l’utilisez autrement, Dieu vous laissera là selon votre vouloir, mais après il vous enverra rapidement une punition, ou bien vous mourerez subitement, ou mourerez d’une chute ou toute autre sorte de mort subite, et votre Corps et votre Ame iront en Enfer, et seront damnés pour l’éternité, à cause de votre ingratitude envers Dieu, qui vous octroya si grâcieusemnt son Don grand et précieux.

 

De la multiplication de la Pierre maintenant parfaite.

 

Maintenant mon Enfant, vous pouvez prendre la moitié de votre Poudre, la mettez en un vaisseau de verre et la faites fondre, ayez prêt un Moule creux de Buis, petit ou grand seon votre plaisir, l’intérieur en doit avoir été bien poli et enduit d’huile d’Olive, et lorsque votre Poudre rouge est fondue, versez-la dans le Moule, cela sera une Pierre précieuse, rouge comme le Rubis, claire et transparente, sortez-la du Moule et faites-en la projection sur les Métaux imparfaits et le Corps de l’Homme.

Prenez dix fois plus de Saturne préparé comme je vous l’ai enseigné précédement, par coagulation et Solution, jusqu’à ce qu’il ne laisse plus de Fèces derrière lui, puis sortez votre Poudre rouge hors du Vaisseau, deux parts sont suffisantes, mettez  dans vaisseau au Bain chaud, et laissez dissoudre, quand tout est dissout, décanté ce qui est clair et mettez-le dans un autre Vaisseau, mettez d’autre Vinaige dessus, laissez dissoudre comme précédement, décantez et versez de nouveau Vianigre dessus aussi souvent que tout soi dissout en Eau claire, ce qui se fait habituellement en dix ou douze jours, alors mettez tout ce qui est dissout au Bain, couvrez du chapiteau, et distillez le Vinaigre, distillez le Vinaigre à nouveau , et coagulez la Matière au tant de fois que la Matière devienne sèche et brillante, alors mettez-là dans un autre Vaisseau, mettez au Four dans une écuelle ce cendre gravelée, fermez l’ouverture.

Mon Enfant, maintenant que votre Matière a été fixée en solution avec la Pierre, faites un feu chaud dans le Four aussi chaud que la chaleur du Soleil au milieu de l’Eté, ou un peu plus chaud, jusqu’à ce que la matière commence à devenir jaune, alors augmentez le feu degré par degré, jusqu’à ce qu’elle devienne parfaitement jaune, puis accroissez le feu par degré jusqu’à ce que vous obteniez la parfaite rougueur, ce qui est rapidement fait, en moitié de temps que pour obtenir la couleur, et dans la multiplication, opérez comme précédement au commencement, et versez l’Eau de Paradis sur la Pierre, comme nous l’avons enseigné précédemment dans ce travail, bouillez et mortifiez en tout point jusqu’à parfaite rougeur comme il a été dit. Alors vous pouvez encore en prendre la moitié, et en faire la projection, et multiplier l’autre moitié encore comme nous l’avons dit précédemment, ainsi vous pourrez toujours continuer votre ouvrage.

Maintenant je vais vous enseigner une autre voie, et la meilleur, qui consiste a arroser votre Pierre rouge fixe avec l’Huile rouge, pour qu’elle soit fusible ; vous devez connaître le poids de Poudre rouge, prenez alors la moitié moins d’Huile rouge, et versez-la sur l’Huile rouge, et quand l’huile est versée dans le vaisseau, ajustez un petit chapitau dessus, mettez au Fourneau en les Cendres, ajustant un Ballon de Réception au Nez du chapiteau, faites un faible feu, comme la chaleur du Soleil en Mars, et pas plus chaud, car si il y a quelque humidité du Vinaigre dans l’huile, elle puisse être enlevée, continuez cette chaleur, jusqu’à ce que vous ne voyez plus d’umidité dans le chapiteau, alors augmentez un peu le feu, telle la chaleur du Soleil au milieu de l’Eté, et si il y a encore quelque humidité, vous la verrez dans le chapiteau, mais si vous ne voyez rien après six ou huit jour, alors enlevez le chapiteau, et remplacez par un chapiteau aveugle, accroissez le Feu, de façon que vous puissiez sans crainte le soutenir avec votre main ou doigt en le mettant dans la cendre le temps d’un Ave-Maria, continuez le feu en cette chaleur jusqu’à ce que l’Huile rouge soit complètement fixée avec la Poudre dans votre Vaisseau, que vous pourrez cconnaîtreainsi ;

Prenez un peu de la Poudre, mettez-la sur une plaque d’argent incandescente, si elle fond comme de la Cire, et pénètre la plaque comme de l’Huile à travers du cuir sec, et la transforme en Or aussi loin que la poudre a pénétrée, alors la Pierre est achevée, et si cela ne se fait point, vous devez alors la laisser dans la chaleur jusqu’à ce qu’elle fasse ainsi sans fumer.

Maintenant, nom Enfant, lorsque la Pierre est finie, prenez-en la moitié, mettez dans un creuset de verre, et fondez la poudre doucement, ce qui devrai être fait rapidement, car elle fond comme de la Cire ; et étant fondue, versez-la dans le Moule de Bois de Buis comme susdit, ce sera une pierre rouge, claire et transparente comme du Cristal, rouge comme le Rubis, faites -en la projection et gardez l’autre moitié pour la multiplier.

Alors au Nom de Dieu, prenez 20 parts de Saturne, qui ait été préparé par Solution et Coagulation, jusqu’à ce qu’il ne laisse plus de Fèces derrière, comme il a été dit au commencement. Dissolvez ces vingt parts dans un Vaisseau avec du Vinaigre Distillé ; de la même manière dissolvez la poudre de votre Pierre dans un vaisseau à part avec du Vinaigre distillé, et lorsque les deux sont dissouts en Eau claire, versez les deux solutions ensemble dans un vaisseau plus grand, mettez au Bain, ajustez un chapiteau et récipient, distillez-en le Vinaigre au Bain bouillant, jusqu’à ce que la Matière soit sèche, laissez alors refroidir, mettez dans un autre vaisseau, bouchez l’ouverture, et mettez au Fourneau en la cendre, faites dessous un feu qui ait la chaleur du Soleil en Mars, jusqu’à ce que la poudre soit parfaitement blanche, ce qui doit être fait rapidement.

Augmentez alors votre feu de degré en degré, jusqu’à ce que la matière devienne de plus en plus jaune, alors faites le plus fort de degré en degré, jusqu’à ce qu’elle soit de plus en plus rouge, et atteigne la parfaite rougeur ; alors versez votre eau sur la poudre rouge avec l’Huile rouge, ou avec l’eau de Paradis, ou avec votre Vinaigre aiguisé, ou appelez-le ce que voudrez, effectuant point par point ce qui a été enseigné, jusqu’à ce que le poudre rouge flue comme de la Cire sur une Lame d’argent, sans fumer, la pénétrant comme l’huile pénètre le cuir sec, et devenant Or intérieurement et extérieurement, alors remerciez Dieu, lui sooyez obéissant pour ses Dons et ses Grâces.

Vous pouvez prendre de nouveau la moitié, et faire la projection, gardant l’autre moitié comme il a été dit, ainsi vous pouvez ouvrer toute votre vie pour les pauvres, et effectuer d’autres travaux à la gloire de Dieu, et pour le Salut de votre Ame, comme j’ai assez dit précédement pour le sage.

 

De la Projection sur les Métaux.

 

Sachez mon Enfant, comment et de quelle manière vous devez vous servir de cette Pierre, qui fait projection sur le Mercure, et sur tous les Métaus et Corps imparfait de Mars, Jupiter et Vénus, sur des lamines incandescentes, sur lesquelles vous jetez la Pierre, et laissez sur les Charbon, pour que la Pierre pénètre, mais la Pierre doit être faite avec l’Or animé, ainsi qu’avec Jupiter animé, ce qui est très laborieux, comme enseigné dans les projections. Mais vous devez projeter sur Saturne ou la Lune, qui ne doit pas être animés, vous devez seulement les fondre, et projettez une part pour mille, cela sera une Médecine, jettez ensuite une part de ces mille sur dix part, et ce sera le meilleur Or qui ait été jamais vu sur Terre.

 

De son Usage en Médecine.

 

Cette Pierre guérit tous les gens Lépreux, Fléaux et autres Maladies qui peuvent régner sur le Terre, ou de par l’humanité ; c’est le vrai Or potatble, et la véritable Quintesence que les Ancients ont recherché, c’est de cette chose dont tout le cortège des Philosophes parle merveilleusement usant de toute l’adresse possible pour en scellé le non et la manière de faire comme susdit.

Prenez de cette Pierre la valeur d’un grain de blé, mettez-la dans un peu de bon Vin dans un petit verre, à moitié plein ou plein au quart, chauffez le Vin, la Pierre fondra comme du beurre, et le vin deviendra rouge comme sang, et très doux dans la bouche, comme vous ne l’avez jamais goûté, son Goût est si doux que le sucre et le Miel peuvent être comparé comme de Bile par rapport à lui ; donnez ceci à boire au Patient, mettez-le au lit, mais ne le couvrez pas trop, La Pierre accélère sur le champ le cœur, explusant alors toutes les humeurs malignes, , il transpirera, car la Pierre ouvre tous les Pores du Corps, et en expluse toutes les humeurs, de telle façon qu’il semblera que le patient est été mis dans l’Eau, et cette transpiration ne le rendra pas plus malade, car la Pierre expulse seulement ce qui est contraire à la Nature, préservant ce qui lui est conforme à elle même, par conséquent le Patient n’est ni plus malade,  ni plus faible ; mais plus il transpire plus il devriendra fort et vigoureux, les Veines seront plus légères, et la sueur continuera jusqu’à ce que toutes les humeurs malignes soient explulsée du Cops, alors elle cessera.

Le lendemain, vous devrez en prendre de nouveau, la grasseur d’un grain de blé, dans du Vin chaud, et vous irez à la Selle immédiatement, et cela continuera tant que vous aurez quelque chose en votre Corps qui soit contraire à la Nature, et plus le Patient va à la Selle, plus léger et fort deviendra son cœur ; car la Pierre n’expulse rien que ce qui est contraire et préjudiciable à la Nature.

Le troisième jour, donnez la même quantité dans du Vin chaus comme susdit ; cela fortifiera les Veines et le Cœur, si bien que le patient ne pensera plus qu’il est un homme, mais plutôt un esprit, tout ces membre seront légers et vigoureux, et si le patient en prend la quantité du grain de blé tous les jours pendant l’espace de neuf jours, je vous dit, que sont Corps sera aussi Spirituel que s’il avait été neuf jours dans le Paradis terrestre, mangeant chaque jour du Fruit, le rendant beau, vigoureux et jeune ; par conséquent utilisez cette Pierre chaque semaine, en la quantité d’un grain de blé dans du Vin chaud, et vous viverez en parfaite santé jusqu’au jour fixé par Dieu.

Que vous ai-je dit mon Enfant, n’est-ce point là le véritable Or Potable, et la véritable Quintessence, et la chose que nous cherchons ? C’est une chose Spirituelle, un Don que Dieu accorde à ces Amis, par conséquent mon Enfant, n’entreprend pas ce Travail Divin, si vous êtes en état de péchés mortels, ou que votre but soi autre que la Gloire Divine, ou pour faire les choses que je vous ais enseigné précédement.

Je vous le dis en vérité, vous pouvez voir l’Ouvrage, ou le commencer, mais je suis certain que vous ne pourrez jamais le terminer, ni voir la Pierre, Dieu en décidera autrement, le Vase tombera ou se rompra, ou quelque autre désastre surviendra, qui feront que vous ne verrez jamais la Pierre, ni finir l’œuvre; Par conséquent si vous n’ête pur, ne commencez point cet ouvrage, car je sais assurément, vous perdrez votre ouvrage, par conséquent ne vous décevez pas. S’en est assez pour le Sage.

 

De son Usage dans les Maladies extérieures.

 

Mon Enfant, ils y a des personnes qui ont des troubles extérieurs de part leur Corps, telles les Fistules, Cancers, Biles mauvaises, ulcères, quelqu’ils soient etc, donnez-leurs l’équivalent d’un grain de blé à boire dans du Vin chaux deux jours de suite, comme enseigné précédemment, tout le Corps extérieurement et intérieurement sera débarassé de ce qui est contraire à la Nature, et si pour les Ulcères ouverts procédez comme suit :

Prenez une Dragme de la Pierre, mettez la dans quatre pintes de vin, l’espace de trois Pater Noster, de façon que la Pierre se dissolve, le Vin sera aussi rouge que du Sang, ensuites lavez les Ulcère matin et soir, mettez une fine plaque de Plomb dessus, en peu de temps, comme environ douze jours les Ulcère seront sains, et donnez chaqye jour la grosseur d’un grain de blé dans du Vin chaud jusqu’à guérison complète. S’il s’agit de Fistules ou autres ouvertures, que vous ne pouvez accéder pour les laver, alors prenez une seringue, et injectez ce Vin à l’intérieur, et elles guéériront comme susdit.

Et si quelqu’un a une livre du meilleur Poison du monde en son Corps, et bois immédiatement une dragme de Pierre dans du Vin chaud, le poison sera évacué par le siège, en même temps que les humeurs malignes du Corps.

Mon Enfant, ici s’achève le Travail le plus précieux et le plus noble, qui est dans le Livre des Végétable ; quiconque reçoit cette Pierre de Dieu, n’a besoin de rien d’autre en ce monde, aussi gardez la scellé aussi bien que pourrez pour la Gloire de Dieu, qui nous octroie ceci pour notre salut. Amen.

Dieu est bénit dans toutes ses œuvres.

FINIS.

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De l'Or potable (JR Glauber)

28 Janvier 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Alchimie

Tout le monde sait que les vrais et anciens Philosophes, se sont étudiés longtemps pour la conservation de leurs santés, et pour prolonger leurs vies, et que par le moyen du feu, ils n'aient pratiqué la séparation de tous les végétables, animaux et minéraux, pour en chercher leurs vertus. Et par ce moyen ils ont trouvé cette grande harmonie de toutes choses, aussi bien aux Cieux, qu'en la terre, être le Soleil et l'or, l'homme te le vin. Car il ne se peut nier que la vie de toutes choses, ne procède de la chaleur du Soleil ; c'est pourquoi ils ont taché de joindre l'or, qui est le premier corps de la terre, le plus fixe et le plus parfait, à cause des rayons du Soleil, avec l'homme, par le moyen de l'esprit de vin.

 

Mais par hasard il s'en trouvera qui se sentirons offensés de cette narration, désignant que l'or soit le fils du Soleil, ou un corps métallique fixe et parfait procédant des rayons du Soleil, demandant comme quoi les rayons immatériels du Soleil, peuvent être fait corporels et matériels. Mais ils sont grandement ignorants de la génération des métaux et minéraux, et quoi que je n'aie pas pris la résolution d'écrire en cet endroit de la génération et origine des métaux, néanmoins pour montrer qu'il y a un esprit vivant du Soleil dans l'or, détruit et volatilisé, lequel veut être préparé en très excellente médecine pour l'homme ; je ne peux pas laisser en arrière pour satisfaire aux ignorants et incrédulers, de montrer la vérité, par un ou deux exemples, encore que je le pourrais montrer par très certaines et vives raisons ; mais à cause de la brièveté, je suis résolu de passer outre, recommandant à ceux qui rechercherons les secrets de la nature, et les propriétés des métaux, mon traité (de la génération des métaux) lequel les tirera sans aucun doute hors de tout scrupule, objectant seulement à ceux qui s'opposent à la vérité, ces deux questions et raisons qu'ils ne sauraient réfuter. La première est, d'où vient cette augmentation de la qualité et quantité qui se trouvent dans toute liqueur visqueuse minérale, qui a été exposée longtemps au Soleil dans un vaisseau de verre ouvert. Je demande si elle vient du Soleil ou d'ailleurs ? Mais tu me diras que cette augmentation provient de l'air qui est le véhicule de toutes choses. Je réponds, si elle vient de l'aire, cet air n'a-t-il pas été empreint par le Soleil ? Et y a-t-il quelque chose dans l'air qu'il ne reçoivent des étoiles ? Mais place ou mets cette liqueur dans un cave froide et humide, et tu verras par expérience qu'elle n'augmente pas en poids comme elle fait au Soleil, ou à son défaut au feu, cette liqueur attirera quelque flegme, lequel est aisément séparé par la chaleur, ne présentant que le seul poids de la première liqueur. Ceci se peut voir par cet exemple, dissous quelque métal sulfureux, comme G, E, ou zinc, avec quelque esprit acide, et à la fin tirer en l'esprit. Fais rougir ce qui reste, non pas trop, mais autant qu'il est nécessaire pour en tirer l'esprit ; après observe bien le poids et le met dans un creuset au feu. Prends bien garde que le métal ne fonde, mais seulement qu'il soit obscurément rouge avec le creuset par l'espace de trois ou quatre semaine ; cela fait tire-le hors, et pèse derechef ton métal, et tu trouveras évidemment que ton métal a augmenté, ce que tu apercevras plus facilement par la voie suivante ; met du E ou autre métal autre métal soufreux, avec 16 ou 18 parts de  V , dans une coupelle bien brûlée, faite de cendres de bois, ou os, et la mets dedans une fournaise d'essai. Le poids de la coupelle, E et V  étant bien observé, et fais que le E s'évapore par le feu avec le V  ; ce fait prends la coupelle étant refroidie et la pèse derechef, et tu trouveras que la coupelle surpasse son premier poids, quoi que beaucoup de V soit allé en l'air par la coupellation, même il surpasse le poids de V et du  E , par ladite coupellation ; c'est pourquoi on demande avec raison, d'ou vient cette augmentation : Savoir si la chaleur du feu ne s'est pas coagulée en corps métallique par le moyen de ce métal fondu. C'est pourquoi il est probable que si tu connaissais la matrice métallique dans la fournaise de la terre, dans laquelle les rayons du Soleil, et la chaleur du feu étant reçu peuvent être coagulés, les métaux pourraient être aussi bien engendrés en eux, comme dans les entrailles de la terre.

 

Tu me répondras, il est probable que le feu vulgaire peut avoir quelque chose de métallique en lui, ce qui se fait par l'attraction du métal fondu dans la coupelle, mais il se peut aux rayons du Soleil.

 

Celui qui voudra faire l'expérience de la vérité, qu'il mette la coupelle bien cuite aux rayons du Soleil, avec le E et V, auquel il faut opposer un miroir brûlant, afin que tu puisses ramasser les rayons du Soleil à son centre, et que par ce moyen il le puisse chauffer, il te faut tenir continuellement à la main, afin de le pouvoir tourner selon le cours du Soleil, autrement la coupelle se refroidirait, les rayons du Soleil ne donnant pas dessus ; mais si tu observe droitement ton travail, il se fera aussi bien que dans une fournaise avec la chaleur du feu.

 

Il te faut avoir un miroir brûlant qui ait pour le moins deux pieds de diamètre, et qui ne soit pas trop profond, mais qui ait seulement la 18. Ou 20 parties du globe, afin qu'il puisse mieux jeter les rayons dans le centre. Pour la préparation dudit verre brûlant, il n'est pas nécessaire d'en faire la description ici, mais elle sera faite dans la quatrième partie de mes Fourneaux, auquel lieu nous ne montrerons pas seulement la façon de le faire des métaux, mais aussi de verre, et le moyen de les polir.

 

Cette démonstration n'aurait point été mise en avant n'eusse été pour faire connaître comme quoi l'or procède du Soleil, et qu'il est secrètement imbu de ses vertus et propriétés, et que par la chimie, il peut être réduit en la même chose qu'il était auparavant sa coagulation, particulièrement en un esprit chaud et vif, communiquant ses vertus et facultés au corps de l'homme. C'est pourquoi les anciens ont usés d'une grande diligence a la fonte de l'or ; en laquelle ils n'ont rien trouve de plus excellent que le pur esprit de vin tiré par distillation, et ils ne se sont point servis de l'or commun fondu, tiré hors des pierres ou lavé hors du sable, mais purgé par le bénéfice du feu, et philosophiquement vivifié, non par l'aide d'aucun esprit corrosif qui est la voie commune des Chimistes ordinaires, mais avec une eau que la nature donne volontairement sans le secours d'aucune distillation violente par laquelle il est manifesté, ce qui est caché en l'or, et caché ce qui est manifeste ; c'est pourquoi ils l'ont rendu propre pour séparer sa teinture, d'avec un corps gros, noir et superflu : car ils ont connu que le corps compacte de l'or n'a point d'affinité avec les esprits vitaux, c'est pourquoi ils n'ont choisi que la plus pure partie de l'or, pour faire leur élixir, qui est sa teinture, laquelle ils ont radicalement jointe avec l'esprit de vin, et étant joint les ont rendus spirituels et volatils ; si bien qu'ils ne peuvent jamais être séparés l'un de l'autre par le feu, et étant au feu ils sont sublimés ou fixés, par une longue décoction, et coagules en une pierre fixe, ce qu'ils tiennent pour le plus grand trésor du monde ; c'est pourquoi les anciens Philosophes affirment qu'il n'y a point de meilleur médecine sous le Soleil que celle-ci, qui est faite par l'union philosophique du vin avec l'or, tous deux étant unis par une coagulation et fixation inséparable : car il ne se peut faire une médecine de l'esprit de vin sans l'or, ni de l'or sans esprit de vin, à cause que l'or ne se peut rendre volatil sans esprit de vin, ni l'esprit de vin ne se peut être coagulé et fixé sans l'or, c'est pourquoi nous suivons justement l'opinion de ces grands personnages, non pas à cause de leurs autorités, mais par une démonstration oculaire, qui est la vraie épreuve.

 

C'est pourquoi la connaissance et la préparation de cette médecine m'étant donnée du très haut, je prétends à cause que l'homme n'ait pas né pour lui sel de donner brièvement sa préparation et son usage, mais je ne veux pas jeter les paroles devant les pourceaux, mais j'en veux seulement montrer le chemin aux studieux, et qui cherchent le travail de Dieu et nature ; et sans doute ils entendrons mes écrits, mais non pas un ignorant et qui n'est point expert, c'est pourquoi la brièveté de la préparation n'offense personne, à cause que je n'entends pas de prostituer cet art divinement obtenu, non pas avec orgueilet méchanceté, mais avec beaucoup de veilles, peines et travaux, n'étant donné aux indignes, mais seulement aux gens pieux, et ils verront à yeux ouvert, que la vérité est telle. C'est pourquoi je désire que la simplicité de mon langage n'offense personne, n'étant adonne à des figures rhétoriques comme l'ordinaire façon : car le vérité ne manque pas de bonnes paroles, se contentant de la simplicité et brièveté, par laquelle il est mieux et plus aisément démontré que par ces discours sophistiqués.

 

Auparavant que je montre la préparation, je veux brièvement décrire les qualités d'un vrai Spagirique qui entreprend un si grand travail afin que chacun s'examine soi-même, qui prend ce travail sur lui : car il ne suffit pas de connaître comme il faut faire le feu, ou distiller l'eau des végétables, mais la véritable connaissance des fruits aussi bien des éléments supérieurs que des inférieurs, particulièrement la piété.

 

N'étant grand parleur, mais beaucoup de connaissance fait le Chimique, car il n'y a point d'homme qui puisse dénier qu'il y a longtemps, et par plusieurs années, que cet art est cherché, même jusqu'aujourd'hui, avec beaucoup de travail et dépense, mais trouvé de peu de Chimiques modernes : car excepté quelques uns, tout le reste est allé par un chemin contraire ; car les uns se confient en leurs richesses, croyant l'acquérir par violence, à cause qu'ils peuvent faire de beaux laboratoires, entretenant beaucoup d'hommes, ayant nombre de vaisseaux minérals, et charbons, ne considérant ce que dit l'Apôtre.

 

Il y en a d'autres auxquels toute leur science consiste en divers langages, pour être honorés par ces longs discours, s'attribuant à eux-mêmes toute la science, se persuadant qu'ils ont tous les éléments en leurs becs par leur sagesse supposée, ou par leur étude, ne considérant pas la parole de Christ, tu l'as révélé aux petits, et l'as caché aux sages, et entendus eux-mêmes, qu'ils voient croître l'herbe, et ne connaissent pas la terre sa mère, auxquels si tout ne réussit à leur plaisir, ils n'ont point de crainte de blâmer ces pieux Philosophes et les accuser de fausseté, afin de couvrir leur ignorance, en disant que l'art est faux, mais ils jugerait bien la chose autrement s'il connaissaient le sens occulte des Philosophes ; mais à cause qu'ils ont aveugles par leur présomption, ils n'est pas merveilles si au lieu de la noix, il ne prennent que l'écorce ; et ainsi ne parviennent point a leur fin désirée.

 

La troisième sont ces gens avares, cherchant des biens auprès de ces charlatans, qui sont aussi ignorants de la chimie et de la nature, comme ceux à qui ils montrent, n'ayant nulle connaissance des minéraux ni métaux, ni n'entendent le travail des Philosophes, avec lesquels si on dispute de la nature et propriété des métaux, ils ne savent répondre autre chose, que ce qu'ils lisent ou entendent dire. Il est écrit ainsi et y avons procédé de même, et il nous y faut procéder ainsi, et cette matière nous est nécessaire et non autre, se tenant ferme sur la lettre, ne considérant pas si l'auteur du procédé est expert ou non, pour voir si ses écrits sont par expérience ou par la lecture d'autres Livres ; et bien qu'on leur donnât une véritable et ingénieuse information de la nature, la connaissance des métaux et minéraux, et secrets chimiques, ils ne le voudraient pas croire, méprisant la vérité, l'estimant folie, à cause de la simplicité du travail, qui n'est ni de fatigue, ni de dépense, les esprits avares recherchent les richesses, et toutefois ils dépensent en certains procédés de nulle valeur, les cent ou mille écus, supposant que l'art s'achète à prix d'argent, ne considérant pas que le marchand se veut réserver un bon et assuré art pour lui-même, et ne cherche point l'utilité des autres.

 

Je ne dénie point qu'il y ait quelques Artistes qui possèdent quelques secrets ou choses trouvées par leurs expériences, ou qui leur ont été montrées par quelque ami, lequel ne saurait travailler à cause de sa pauvreté, et par ce moyen il est obligé de demander l'assistance des autres : car les biens et l'expérience ne vont pas toujours ensemble. Ceux-là sont secourus par le riche, qui s'assurent sur la bénédiction divine.


Mais il faut avoir cette première précaution pour cela, de peur que votre fruit ne s'avorte dans le temps de la moisson. Y a-t-il un si aveugle qui ne reconnaisse pas les ruses de ces avares, quoi que le Soleil par la faveur du Ciel illumine tant les méchant, que les bons ? Il est pourtant inouï que les Philosophes aient fait bruit de leur vrai secret, et qu'ils l'aient voulu vendre, comme ces vendeurs de bagatelles. Il faut principalement admirer les plus sages, les plus doctes, et les plus prudents de ce siècle, se sont voulus laisser tromper par ces fols et charlatans.

 

La quatrième sorte de curieux, sont gens de différentes condition, ne cherchant ni profit, ni honneur, faisant tout pour la gloire de Dieu, et l'utilité de leur prochain, se contentant d'un honnête entretient, qui ne sont point superbes ni glorieux, mais pieux et honnêtes, aimant mieux manier des charbons, que des bagues d'or aux doigts, qui ne fréquentent que peu de personnes, observant le silence dans les secrets de la Nature, cherchant et trouvant par la grâce de Dieu, ne se confiant point aux écrits des anciens Philosophes, mais en Dieu qui apprend toute choses, duquel la miséricorde est aussi bien à présent, comme elle était lors des anciens Philosophes, lesquels obtenaient la science par ardentes prières à Dieu. La science vient à telles personnes au-delà de toute espérance, avec la méthode et l'usage.

 

C'est pourquoi tous ceux qui désireront travailler en cette science, doivent s'examiner eux-mêmes, parce qu'à ceux qui ne sont pas du nombre des ces derniers, les richesses, l'éloquence, et science imaginaire, ne leur serviront de rien, d'autant que ce travail est un seul don de Dieu, et non d'aucun homme. Ayant donc enseigné les propriétés du véritable Moissonneur des fruits de l'arbre d'or, je veut maintenant commencer la préparation de la teinture de l'or par la main d'un bon Artiste, et veux faire voir la différence de la vraie teinture d'avec la fausse, et l'usage de la vraie teinture de l'or en médecine pour guérir beaucoup de maladies, comme s'ensuit.

 

R. L'or vif une part, et trois par de D non du vulgaire, mais du philosophique, qui se trouve partout sans frais ni travail : il te faut aussi prendre de l'argent qui soit vif, égal poids à l'or, et en vérité meilleur que le seul soleil : car la grande variété des couleurs procède du mélange du mâle et de la femelle ; s'il y a quelqu'un qui soit persuadé que la teinture sera meilleure avec le soleil seul, il le peut faire avec le soleil seul : mais un homme expérimenté aux métaux ne la fera pas, d'autant qu'il connaît le pouvoir de l'union cordiale, qu'il y a entre le Soleil et la Lune dissout dans un même menstrue, étant mêlés ensemble, mets les dans un vaisseau philosophique, pour dissoudre, et en l'espace d'un quart d'heure ces métaux seront dissout radicalement par le  D , et seront de couleur de pourpre ; après augmente ton feu par degré, et ils donneront une belle couleur verte, laquelle tu tirera hors, et y mettras de l'eau de rosée pour le dissoudre ; ce qui se fera en l'espace de demi heure. Filtre la dissolution, et en tire l'eau par l'alambic au bain, sur lequel tu mettras de nouvelle rosée, et la tire derechef par le bain réitéré par trois fois, et dans ce temps cette couleur verte, se tournera en une couleur noire, comme encre, et puante comme une carcasse, et partant très odieuse et sale. Or il faut quelquefois tirer l'eau, et en remettre et digérer, et cette noirceur et puanteur s'en ira en l'espace de 40 heures, et te produira une blancheur comme lait, laquelle apparaissant, il te faut tirer, hors toute l'humidité, tant que la chose soit sèche, lors il te restera une masse blanche, laquelle en peu d'heures par la lente une chaleur, et après qu'il a paru diverses et plaisantes couleurs, il se changera en très beau vert plus beau que le premier, sur lequel tu verseras de l'esprit de vin rectifié, qui surnagera de deux ou trois doigts ; et cet or vert qui est dissout, attirera a soi l'esprit de vin à cause de leur grande amitié ; de même qu'une éponge sèche attire l'eau et lui communique son âme aussi rouge que du sang ; et par ce moyen cette verdeur est privée de sa vivifique teinture, et se mûrit en couleur rouge, laissant le superflu du corps en cendre.

 

Il te faut tirer par inclinaison, l'esprit teint et le filtrer, puis par l'alambic de verre au bain du feras l'extraction de l'essence ignée de l'esprit de vin, hors de la teinture rouge, afin qu'ils soient inséparablement joint ensemble, et pour cet effet, tu verras qu'il en sortira qu'une eau insipide, la vertu de l'esprit de vin étant demeurée avec la teinture de l'or semblable à un sel rouge et brûlant, fusible et volatil, duquel un grain peut teindre une once d'esprit de vin, ou autre liqueur, en une couleur rouge comme sang, car elle se dissout dans toute chose humide ; c'est pourquoi il peut être gardé en substance liquide pour la panacée aux maladies les plus désespérées ; à présent je veux communiquer les propriétés de la véritable teinture, par laquelle le véritable or potable est connu. Cette teinture est après la pierre des Philosophes la meilleures de toutes les médecines, entre lesquelles deux, il n'y a que cette différence, c'est que l'âme de l'or est volatil, et n'a point d'entrée dans les métaux imparfaits, c'est pourquoi il ne les peut transmuer en pur or, laquelle vertu est attribuée à la seule pierre des Philosophes, d'autant que l'âme de l'or, encore qu'elle soit la meilleure partie, néanmoins elle n'est pas fixe au feu, mais volatile, mais la pierre des Philosophes est fixe, et soutient le feu, par la raison qu'elle a demeuré plus longtemps en digestion : or de vous dire si cette âme ou teinture volatile ou lion rouge peut être fixée par le feu, et réduite en médecine universelle, ou pierre teignante, je n'en sais rien, d'autant que je ne l'ai point éprouvé, etc. C'est pourquoi celui qui aura tiré l'âme de l'or, peut essayer plus outre, pour voir s'il trouverait quelque chose de meilleur, car ce travail n'enseigne que la meilleure médecine de l'or, mais d'autre chose je n'en sais rien.

 

Par là est reconnue la tromperie de ces Distillateurs de vin, et autres eaux des végétables, pour or potable, et il ne sont pas honteux de vendre aux ignorants à un grands prix, de l'eau colorée de jaune ou de rouge. Comme aussi l'erreur des autres qui dissolvent le corps de l'or avec eau royale, eau esprit de sel, duquel ils en font après l'extraction, pour avoir une poudre sèche laquelle n'est pas extraction, mais une particulière dissolution de l'or, par le moyen des esprits corrosifs qui ont resté dans l'or, teignant l'esprit de vin d'une couleur jaune, et étant ainsi coloré, ils l'appellent leur or potable ; et néanmoins il est derechef réduit en or ; l'esprit de vin en étant extrait, lequel ne peut faire d'avantage que toute autre chaux d'or, et que l'archée ne saurait digérer, mais étant indigeste, il le jette avec les excréments. Il y en a d'autres qui tombent dans une grande erreur, se trompant lourdement eux-mêmes, et les autres aussi croyant l'extraire hors de l'or en chaux, avec de particuliers menstrues et esprits, ne connaissant pas que le menstrue infusé sur l'or, devient rouge de lui-même par une longue décoction, lequel ils séparent par inclinaison, et le donnent pour or potable : que s'il pèsent la chaux, ils trouverons par expérience que l'or n'a point diminue de son poids, donc si tu veux faire l'expérience, mets ton esprit ou menstrue à une douce chaleur, ou longtemps au froid, et tu verras que de lui-même il deviendra rouge, tout ainsi que s'il avait été avec l'or en chaux ; mais la cause de cette rougeur leur est inconnue, ce n'est autre chose qu'un certain sel nitreux et volatil ; comme sel armoniac, urine, le tartre, corne de cerf, cheveux, etc, exaltant la couleur de quel soufre que ce soit.

 

C'est pourquoi il faut nécessairement que cela s'en ensuive, car si les Artistes mêlent avec l'esprit de vin, dans lequel est caché un certain soufre, quelqu'un de ces sels qui exaltent, il sera exalté en couleur, et deviendra rouge, ce qui arrive aussi à ceux lesquels ont accoutumé de tirer les teintures avec des huiles distillées, qui ont un sel volatil, comme sont les huiles ou jus de citrons, girofle, cannelle, etc.

 

Car telles teintures ou or potable, n'a point d'efficacité comme l'expérience le certifie, je ne veux pas dire que la teinture de l'or ne se puisse tirer par cette voie, car étant dissout dans des menstrues doux en sorte qu'il n'en puisse être séparé par précipitation, il peut faire de merveilleux effets dans les plus grandes maladies, mais il faut toujours choisir des métaux vifs et non des morts.

 

Certes le vrai or potable n'est pas en ce qui est à la vue ou au nom, comme diverses eaux teintes d'une couleur jaune, ou rouge, mais il faut qu'il ait les vertus et facultés en lui, tellement qu'il paraisse que véritablement il est fait de l'or, ne se pouvant toutefois plus réduire par le feu en or, étant spirituel, pénétrant, fortifiant, restaurant les esprits vitaux, afin qu'ils puissent vaincre leurs ennemis. Il faut aussi qu'il ait cette vertu, qu'il change le métaux imparfaits, D, V, _, en pur or, non pas comme une teinture fixe, mais les perfectionnant seulement, particulièrement par la voie humide en digestion, dans laquelle une part du métal tant seulement est changée en mieux. Car cette teinture ou sel d'or est extrêmement volatile, par ainsi ne peut résister au feu, mais avec une chaleur douce il se fond comme de la cire, et se sublime comme un sel rouge, qui se dissout dans l'esprit de vin, pour être propre aux usages de la Médecine.

 

Aussi le véritable or potable étant goûté, n'est ni corrosif, ni astringent, comme les autres solutions d'or, ni ne tache point les mains, les ongles, ni les cheveux de couleur noire ou jaune, au contraire les rendes plus beaux, et il n'infecte point le E, G, H, V, d'aucune rouille ou couleur noire, au contraire les rend plus nets, il n'est point aussi un corps d'or, qui puisse être réduit part extraction, ni en or blanc, qui recouvre sa première couleur par F, et par l'eau royale, mais il est comme une terre de cire, qui se sublime à une chaleur douce comme l'arsenic, ne pouvant soutenir l'examen de la coupelle : si la teinture a lesdites vertus, elle peut être appelée véritable, mais si elle ne les a pas, ce n'est qu'un or potable sophistiqué, qui doit être méprisé.

 

L'usage de cette Médecine d'or

 

Nous avons ci-devant fait voir que le Soleil est l'origine de l'or, ou doué des incroyables vertus du Soleil terrestre, car la force et vertu de tous les végétables, animaux et minéraux, est en lui, lesquelles ne peuvent être montrées que par les Philosophes, et ce par la séparation des parties intrinsèques et pures, d'avec les impures.

 

Ce discours te semblera peut être incroyable ou non vraisemblable, de dire que l'or se peut réduire en une essence spirituelle, qui soit agréable à la nature humaine, ayant la vertu de tous les animaux, végétaux et minéraux, certainement celui-là ne sera jamais persuadé, lequel Vulcain n'a pas rendu Philosophique : mais qui est celui qui se veut donner tant de peine que de vider toutes les controverses, quoiqu'il fut possible avec des raisons que je passe ici sous silence pour cause ? Pour toute assurance je renvoie le lecteur à la seconde Partie de mes Fourneaux, où il trouvera comme quoi hors de F, et du soufre par un bon Chimiste, et par l'assistance du feu, on peut tirer non seulement la force et les facultés de divers végétables, mais encore leur odeur naturelle, laquelle ne se montrait pas auparavant qu'ils fussent dissous radicalement, laquelle chose se pouvant faire avec quelque fétide et imparfait minéral, pourquoi donc se pourra-t-elle pas faire avec un minéral mur et parfait ?

 

Si nos étions bons Naturalistes et diligents Chimiques, nous n'aurions pas besoin de remplir les laboratoires de tant de pots et de tant de boites, ni de faire tant de dépense, pour aller chercher tant de médecines étrangères, parce que les vertus et les propriétés de tous les végétaux, animaux et minéraux, rassemblés en peu de sujets peuvent être trouvées plus facilement. Et comme la vraie teinture d'or bien fixe, est imbue de toutes les vertus de tous les végétables, animaux, et minéraux ; la force de guérir toutes maladies lui est justement attribuée ; mais avec différence, car il y a diverse sortes de gouttes aux pieds et aux mains, aussi de la pierre et de la lèpre, lesquelles sont quelquefois si invétérées, qu'elles sont incurables ; et quelquefois aussi nouvelles et curables. C'est pourquoi je ne promets pas de guérir indifféremment toutes sortes de maladies, par aucune médecine : car il n'y a point d'homme qui le puisse, quand bien il aurait la pierre des Philosophes.

 

Souvente fois la pierre de la Vessie est rompue et mise en pièces, quoique très dure et insoluble avec eau forte, laquelle aucune médecine corrosive ne peut dissoudre. Et quoiqu'il y en ait quelque uns qui attribuent ce pouvoir à leur médecine, il ne sauraient pourtant le faire. Car ce n'est pas assez de promettre, d'autant que nul ne la saurait accomplir, et les promesses deviennent debres, à quoi peu de gens prennent garde. C'est pourquoi la vérité est opprimée par les ennemis de l'art. Il est donc meilleur de faire plus qu'on promet, et le travail fera estimer celui qui le fait, comme quoi peut une médecine pénétrer aux parties extrêmes du corps, savoir les mains et les pieds, et dissoudre une matière coagulée et endurcie, laquelle étant hors du corps, il n'y a point de médecine corrosive trouvant une matière de sel visqueuse et tartareuse, qui ne soit point coagulée, la dissolve et la détruise. La même chose faut-il entendre de la pierre dans les reins ou dans la vessie, et par cette manière je veux décrire la curation de la goutte aux mains et aux pieds, avec ma teinture d'or aussi bien aux vieux qu'au jeunes. Mais il est nécessaire d'administrer de spécifique catartiques, et des bain extrinsèques pour disposer la cure, afin que la nature puisse plutôt faire son office. Mais sur toutes chose il faut considérer la divine providence ; car souvente fois Dieu nous afflige de maladie qui sont incurables par l'art. Si premièrement il n'est apaisé par humble repentance, qui est la meilleure de toutes les médecines.

 

Je dirais aussi la cure des maladies qui proviennent de la corruption du sang, comme la lèpre, le vérole et autres impuretés, sont guéries par cette teinture : si avec cela vous administré les catariques et diaphorétiques, modifiant et renouvelant le sang, par dessus toute autre médecine, cette teinture guérit aussi toutes obstructions du foie, de la rate, des reins et autres parties, à cause qu'elle échauffe, atténue, incise, et évacue l'origine de diverses maladies, elle guérit aussi toutes les maladies violentes et aiguës, comme épilepsie, peste, fièvre, etc.

 

Elle provoque le flux aux vielles femmes, et aux jeunes, principalement si on s'en sert au dehors, par laquelle voie, on en guérit plusieurs qui périraient misérablement. Elle échauffe et nettoie la matrice par-dessus toute médecine, et la rend propre à faire son devoir, la préserve aussi de toutes sortes d'accidents, qui causent la mort : elle détruit les eaux de l'hydrophisie par les urines, elle raréfie et sèche l'humidité des humeurs superflues de l'extérieur et intérieur, de même que le Soleil sèche et consomme les eaux ; par elle le corps recouvre sa première vigueur. Il n'est pas nécessaire de traiter plus amplement des autres maladies, d'autant qu'on se peut servir indifféremment de cette médecine pour leur guérison, comme d'une médecine universelle.

 

La dose est depuis 3 grains ou gouttes jusqu'à 12 ou d'avantage, mais aux enfants depuis 1, 2 ou 3 avec son propre véhicule, ou bien du vin, ou bière, en prenant journellement : laquelle dose doit être prise par plusieurs fois en un jour, considérant la force du malade.

 

Tu ne te dois point offenser des reproches que font les calomniateurs de ce Livre, dont le diable qui est le père de mensonge, est le seul auteur, croyant que le temps est proche, auquel à la fin ces boucs seront consommés par la colère divine comme paille ; la brebis n'étant pas endommagée, car ils récompensent leur manger à leur maître, par leur lait est par leur laine.

 

Sur cela je finis avec l'espérance que j'ai d'avoir satisfait mon prochain, car sans nulle doute, quiconque se servira bien de cette médecine d'or, il s'en trouvera fort bien, principalement s'il lève son cœur à Dieu, duquel nous devons incessamment implorer la miséricorde.

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Bref guide pour obtenir le rubis céleste(Philalèthe)

21 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

La Pierre Philosophale est une substance, céleste, spirituelle, pénétrante et fixe, qui amène tout métal à la perfection de l'or et de l'argent (en fonction de la qualité de la Médecine), et ceci par méthodes naturelles, qui dans leurs effets transcendent la Nature.

 

Elle est préparée à partir d'une substance, avec laquelle l'art de la chimie est familière, à laquelle rien n'est ajouté, et de laquelle rien n'est retranché, excepté que ses superfluités lui sont enlevées. Personne ne se demandera l'utilité de notre Art, si il croit qu'il nous permet de transmuter les métaux communs en or. Il est clair que les métaux communs sont capables d'une telle transmutation ; la Nature les a tous prédestinés à devenir de l'or, mais ils n'ont pas été parfaitement mûris. Si l'on enlève par conséquent ce qui retarde leur parfaite digestion, ils deviendront tous or, car le Mercure crud et froid est la commune première substance de l'or aussi bien que celle des autres métaux. Par conséquent, tous les autres métaux peuvent être perfectionnés en or, par l'aide de notre Divin Magistère, qui étant projeté sur les métaux imparfaits, a le pouvoir de vivifier le processus de maturation afin qu'ils excèdent la maturité normale de l'or. Combien spéciale, doit donc être alors la nature spirituelle de notre Pierre, pour effectuer en  une heure, par simple projection, plus que la Nature au cours des âges. Si cette substance que la Nature fourni doit être prise en main par l'Art, coagulée, et digérée, sa perfection est accrue d'une vertu monadique à une vertu dénarique ; et en répétant le même procédé, elle accroît sa puissance par cent, puis par mille, etc. Cette merveilleuse Médecine pénètre chaques plus petites parties des métaux communs (dans la proportion de un pour mille) et les teint de part en part de sa propre nature noble : votre arithmétique échouera plutôt que tout son pouvoir dominant. Chaque partie la plus petite qui est dominée par le pouvoir vitalisant de l'Elixir, à son tour teint la partie la plus proche d'elle, jusqu'à ce que toute la masse soit transformée par sa magnifique influence et amenée à la perfection de l'or. Ceci s'effectue en très peu de temps, vu la nature spirituelle de l'agent, et comme le feu commun réchauffe les parties de tout objet qui ne sont pas en contact immédiat avec le feu, de même cet Elixir pénètre les métaux dissous et fondus en un instant telle la vertu d'un levain ou ferment qui fermente même les parties du métal qu'il ne peut atteindre. Il s'élève parfois un reproche contre notre Art, car comme il prétend de créer l'or ; tout lecteur attentif ; de notre précédent traité saura qu'il ne s'arroge qu'à lui-même le pouvoir de développer en enlevant tous les défauts et superfluités avec cette substance métallique hautement digérée, la nature dorée que tous les métaux vulgaires possèdent en commun.

 

Ecoutez donc, alors que je vous dévoile le Grand Arcane de cette active Pierre merveilleuse, qui en même temps n'est point une pierre, qui existe en chaque homme, et qui peut être trouvée à sa place en tout temps. Sa connaissance, je déclare, n'est point faite pour ceux qui n'en valent pas la peine, et ne sera point entendue par eux. Mais à vous laborieux étudiants de la Nature, Dieu à son Heure vous révélera ce glorieux secret.

 

J'ai montré que la transmutation des métaux n'est point un rêve chimérique, mais une réalité de la Nature, qui est parfaitement capable de l'accomplir sans l'aide de magie, et la possibilité de cette transmutation métallique est fondée sur le fait que tous les métaux dérivent à l'origine de la même source que l'or, et qu'ils ont seulement été empêchés d'atteindre le même degré de maturité par certaines impuretés, que notre Magistère est capable d'enlever. Laissez-moi alors vous dire qu'elle est la nature de ce grand arcane, que les Sages ont appelé la Pierre des Philosophes, mais qui est en chaque homme, en chaque chose, en n'importe quelle saison de l'année, si on la cherche au bon endroit. Elle doit consister des éléments, car ils sont la substance universelle de toutes choses, et comme elle est de nature homogène avec celle de l'or, ce doit être parce qu'elle contient les qualités des éléments dans une telle combinaison qu'elle ne peut être détruite par le feu. Il s'en suit, alors, que vous devez rechercher la substance de notre Pierre dans les métaux précieux, puisque la combinaison requise des éléments ne peut être trouvée nulle part ailleurs. Ces fous sophistes qui la recherchent hors du règne métallique n'arriveront jamais à une conclusion satisfaisante. Car il y a un seul vrai principe, et rien d'hétérogène ne doit être introduit dans notre Magistère.

 

Car de même qu'un lion naît d'un lion, et un homme d'un homme, de même toutes choses doivent leur naissance à ce qu'il leur ressemble ; ce qui est combustible vient de ce qui est combustible, ce qui est indestructible de ce qui est indestructible. Nous devons pas espérer trouver un principe qui possède les qualités de l'or autre part que dans l'or lui-même. Si, en vérité nous sommes capables de créer le sperme des choses, nous devrions espérer élaborer ce principe métallique des plantes ou des animaux qui ne le contienne pas ; mais ceci est le privilège de Dieu seul. Nous devons être heureux de disposer et de développer le sperme qui est prêt et que nous ne pouvons produire, et même si nous le pouvions, notre semence artificielle ne serai pas meilleur que celle que la Nature nous donne. Si quelqu'un s'appelant lui-même un Sage ne peut utiliser les choses qui sont déjà créées, il semble peu probable qu'il puisse créer de nouvelles choses hors de substances hétérogènes — les semences des métaux hors des herbes et des animaux.

 

Ainsi, vous voyez que la Pierre, qui doit devenir le transformateur des métaux en or doit être cherchée dans les métaux précieux, en lesquels elle est enfermée et contenue.

 

Mais on l'appelle une Pierre, bien que ce ne soit point une pierre, et où la trouve-t-on ? Les Sages l'ont décrit comme étant pierre et non pierre ; et le vulgaire, qui ne peut imaginer combien une chose si admirable peut être produite sauf par l'art de la magie décrie notre science comme étant impie, perverse et diabolique. Quelques personnes stupides vocifèrent demandant un décret rendant cette profession et pratique de cet Art punissable par la Loi. Mais on peut difficilement être irrité par les personnes illettrées et ignorantes qui élèvent ce cri, mais quand cela est proféré par des hommes de haute importance et de grande éducation, on ne sait quoi dire. Ces hommes je les compte aussi avec la rude multitude, car ils sont déplorablement ignorant de tout ce qui appartient à notre Art, et aussi, oublieux de leur dignité, ils rejoignent la clameur et crie contre lui, comme beaucoup de lâches curés de village. Il n'est ni religieux, ni raisonnable de juger ce dont vous ne savez rien ; et c'est exactement ce que font ces gens, qui prétendent être à la fois Chrétiens et érudits.

 

Mais retournons à l'endroit où nous en étions restés. Quelques Alchimistes qui recherchent notre Arcane, cherche à préparer quelque chose de nature solide, parce qu'ils ont entendu que l'objet de leurs recherches était décrit comme une Pierre.

 

Sachez qu'on l'appelle pierre, non pas parce qu'elle ressemble à une pierre, mais seulement parce que, par la vertu de sa nature fixe, elle résiste à l'action du feu avec le même succès que n'importe qu'elle pierre. En l'espèce c'est l'or, plus pur que le plus pur ; elle est fixe et incombustible comme une pierre, mais son apparence est celle d'une poudre fine, impalpable au toucher, sucrée au goût, parfumée à l'odeur, en potentiel un esprit des plus pénétratif, apparemment sec et à la fois onctueux, et capable de teindre aisément une plaque de métal. Elle est appelée le Père de tous les miracles, contenant comme elle fait, tous les éléments de telle manière qu'aucun ne prédomine, mais tous forment une cinquième essence ; on l'appelle aussi notre doux feu métallique. Elle n'a pas de nom propre ; bien qu'il n'y ait rien au monde dont elle ne puisse proprement porter parfaitement le nom. Si nous disons que sa nature est spirituelle, ce ne sera rien de moins que la vérité ; si nous la décrivons comme corporelle, l'expression sera également correcte ; car elle est un or subtil, pénétratif, glorifié et spirituel. C'est la plus noble chose créée de toutes les choses créées après l'âme rationnelle, et elle a la vertu de réparer tous les défauts dans les corps des deux règnes, animal et métallique, en les restaurant à leur plus exact et parfait tempérament ;  car elle est un esprit ou quintessence.

 

Mais je dois répondre à la seconde et plus importante partie de ma question. Comment cette Pierre peut-elle être obtenue ? Elle n'existe pas dans la Nature, mais doit être préparée par l'Art, en obéissant aux lois de la Nature. Sa substance est dans les métaux ; mais sa forme diffère grandement d'eux, et en ce sens les métaux ne sont point notre Pierre. Car si nous devions découvrir notre Médecine dans les métaux précieux, nous devrions détruire la forme métallique particulière, sans diminuer ses propriétés spécifiques. Les propriétés spécifiques des métaux demeurent dans leur partie spirituelle, qui réside dans l'eau homogène. Aussi nous devons détruire la forme particulière de l'or, et le changer en son homogène eau générique, en laquelle l'esprit de l'or est préservé ; cet esprit ensuite restaure la consistance de son eau, et fait sortir une nouvelle forme (après la nécessaire putréfaction), un millier de fois plus parfaite que la forme de l'or qui est perdue en étant réincrudée.

 

Il est nécessaire alors, de réduire les corps métalliques en leur eau homogène qui ne mouille pas les mains, pour que de cette eau puisse générée une nouvelle espèce métallique qui soit de beaucoup plus noble que n'importe quel métal existant, à savoir, notre Rubis Céleste.

 

Tout le procédé que nous employons ressemble de très près à celui suivi par la Nature dans les entrailles de la terre, excepté qu'il est bien plus court. La Nature produit les métaux du Mercure froid et humide, par une digestion continue ; notre Art prend le même Mercure crud, froid et Humide, et lui adjoint de l'or mûr, par un artifice secret, le mélange devient un nouveau Mercure bien plus puissant, qui par digestion, devient non pas de l'or commun, mais un or bien plus noble, qui peut transmuer les métaux imparfaits en véritable or.

 

Ainsi vous voyez que bien que notre Pierre soit faite d'or seul, néanmoins il ne s'agit pas d'or commun. De manière à tirer notre or de l'or commun, celui-ci doit être dissout dans notre eau minérale qui ne mouille pas les mains ; cette eau est le Mercure extrait du serviteur rouge, et est capable d'accomplir notre œuvre sans aucun autre trouble pour l'Artiste. C'est cette seule vraie, naturelle, première substance, à laquelle rien n'est ajouté et rien n'est retranché, excepté certaines superfluités, qui de toute façon seront rejetées sans aide par sa propre action inhérente. L'objet principal de nos efforts persévérant devrait être la découverte de ce Mercure, ou l'albéfaction de notre Laiton rouge ; tout le reste étant jeux d'enfant, vu que l'Artiste a juste à surveiller tandis que la Nature graduellement mûrit sa substance.

 

Mais souvenez-vous que notre albéfaction est en aucun cas un travail aisé. L'or qui a été alors blanchit ne peut jamais retrouver sa forme antérieure, car au lieu d'être corporel et fixe il est dorénavant spirituel et volatil. Concentrez toute votre attention, par conséquent sur le blanchiment du Laiton. Il est plus aisé de faire de l'or que de détruire sa forme ; celui qui aussi dissout, peut aussi coaguler  car la dissolution du corps et coagulation de l'esprit coïncident en lui.

 

Considérez ces signes, vous fils du savoir. Que ce qui dissout est l'esprit ; et ce qui coagule est le corps. Un corps ne peut entrer dans un corps pour provoquer la dissolution ; mais un esprit peut y entrer, l'atténuer et le raréfier ; et comme vous cherchez de l'eau, vous avez besoin d'eau pour l'amener à la lumière ; car chaque Agent a tendance à assimiler à lui-même ce sur quoi il agit, et tout effet naturel est conforme à la nature de l'efficient ; donc l'eau est nécessaire si vous voulez extraire de l'eau de la terre.

 

Lorsque je parle d'eau, je ne veux pas dire l'aqua fortis, l'eau royale, ou aucune autre eau corrosive, car ces eaux, au lieu de dissoudre les métaux, les corrodent seulement, les gâtent, et les corrompent, sans détruire leur ancienne forme, tâche pour laquelle elles sont insuffisantes, car elles ne sont pas de nature métallique. Non, notre eau est le Mercure, qui dissout de manière homogène les corps métalliques, et se mêle avec eux en une union indissoluble, demeure avec  eux, est digérée avec eux, et ensemble avec eux devient ce tout spirituel que nous cherchons. Car tout ce qui dissout naturellement une substance (en préservant les propriétés spécifiques de la chose dissoute) devient un avec elle à la fois matériellement et formellement, se combine à elle, et est épaissie par elle, tout en la nourrissant ; comme nous le voyons dans le cas du grain de blé, qui, lorsqu'il est dissout par l'humidité des vapeurs de la terre, prend alors cette vapeur pour sa propre humidité, et croît avec elle en une plante. Nous pouvons aussi observer que, toute dissolution naturelle est la vivification de ce qui est mort, cette vivification peut être faite seulement par un agent vital qui est de la même essence que la chose morte ; si nous désirons vivifier le grain (mort) du blé, nous ne pouvons le faire que par le moyen de la vapeur terrestre, qui comme le grain lui-même, est un produit de la terre. Pour cette raison le Mercure commun ne peut avoir d'action vivifiante sur l'or, car il n'est pas de la même essence. Un grain de blé semé dans un sol marécageux, au lieu d'être ramené à la vie, est au contraire détruit, car l'humeur aqueuse du sol n'est pas de même nature. De la même manière, l'or, s'il est mêlé avec le Mercure commun, ou avec toute autre chose excepté sa propre humeur essentielle, n'est point dissout, car de telles eaux sont froides, cruds et impures ; raisons pour lesquelles, étant complètement différentes de l'or, elles ne peuvent s'amalgamer avec lui, ou atteindre avec lui un degré plus haut et noble. Notre Mercure, en effet, est froid et non mûre en comparaison avec l'or ; mais il est pur, chaud, et aussi bien digéré en comparaison avec le Mercure commun, qui lui ressemble uniquement par sa blancheur et sa fluxibilité. Notre Mercure est en fait, une eau, pure, claire, lumineuse et resplendissante et digne d'admiration.

 

Si vous désirez une plus ample description de notre eau je suis obligé par raisons de charité de vous dire qu'elle est vivante et fluxible, claire, blanche comme la neige, chaude, humide, aérienne, vaporeuse, et digestive, et que l'or se fond en elle comme la glace fond dans l'eau chaude ; plus encore, qu'elle contient en elle tout le régime du feu, ainsi que le soufre qui existe en elle mais n'y prédomine pas. Cette eau est le véritable Gardien de nos Portes, le Bain du Roi et de la Reine, qui les réchauffe incessamment, mais n'est point pris de leur substance, et est distinct de la substance blanchissante de l'eau, bien que tous deux soient unis et apparaissent en la même forme fluide et la même couleur. C'est notre vaisseau, notre feu, la demeure de notre fourneau, par lesquels avec une chaleur douce et continue toute la substance est digérée. Si vous connaissez cette eau, on verra qu'elle contient tous nos feux, et toutes nos proportions de poids et tous nos régimes. C'est la Fontaine cristalline de Bernard le Trévisan en laquelle notre Roi est nettoyé et fortifié afin de vaincre ses ennemis. Tout ce que vous avez à faire c'est de trouver cette eau et de mettre dedans un corps purifié ; et part ces deux la Nature produira alors notre Pierre.

 

Cette eau minérale peut seulement être extraite des choses qui la contienne ; et la chose de laquelle il est le plus facile de l'obtenir est difficile à découvrir, et aussi le mode de son extraction. Elle dissout l'or sans violence, est aimable avec lui et en enlève toutes les impuretés, et elle est blanche, chaude et claire, et sans notre Mercure, l'Alchimie ne pourrait être une science, mais seulement une prétention vaine et stérile. Si vous pouvez l'obtenir, vous avez la clef de tout le travail, avec laquelle vous pouvez ouvrir les chambres les plus secrètes du savoir. Sa nature est semblable à celle de l'or, mais sa substance est différente, et sa préparation produit une odeur infecte. Pesez bien les possibilités de la Nature ; éviter d'introduire aucun élément hétérogène en notre Magistère, et ne me blâmez pas si vous ne pouvez comprendre ce que je dis. Notre Pierre est produite d'une chose, et de quatre substances mercurielles, desquelles une est mûre, l'autre pure mais crud, deux d'entre elles étant extraitent d'une merveilleuse manière de leur minerai par le moyen de la troisième. Les quatre sont amalgamées par l'intervention d'un feu doux, et alors soumise à la coction jour après jour, jusqu'à ce qu'elles deviennent une par naturelle (non pas manuelle) conjonction.

 

Après cela le feu étant changé, ces substances volatiles doivent être rendues fixes et digérées par le moyen de la chaleur qui devient un peu plus forte chaque jour (à savoir, par le moyen du Soufre fixe et incombustible du même genre) jusqu'à ce que tout le composé atteigne la même essence, fixité et couleur. Il y a douze degrés ou phases dans notre procédé, que je décrirai et énumérerai brièvement et qui sont : La première est la Calcination.

 

La Calcination est la première purgation de notre Pierre, où les humeurs sont séchées, par sa chaleur naturelle, qui est mise en action par la chaleur extérieure de l'eau, par laquelle le composé est converti en une poudre noire, qui est onctueuse et retient son humeur radicale. Cette calcination est faite dans le but de rendre la substance visqueuse, spongieuse, et plus facilement pénétrable, car l'or en lui-même est hautement fixe et difficile à dissoudre même dans notre eau ; mais par cette calcination, il devient blanc et mou, et nous observons en lui deux natures, la fixe et la volatile que nous comparons à deux serpents. Dans le but d'effectuer une complète dissolution, il doit y avoir pénitence, afin qu'après la calcination puisse être produit un état visqueux qui sera adapté à la dissolution.

 

Lorsque les substances sont premièrement mélangées, elles sont hostiles les unes aux autres, à cause de leurs qualités contraires, et alors la chaleur et la sécheresse du Soufre combat ardemment le froid et l'humide du Mercure. Ils peuvent seulement être réconciliés par un médiateur qui participe aux deux natures et le médiateur en lequel la chaleur et le froid sont réconcilié est la sécheresse qui peut coexister avec les deux. Alors le froid et le chaud sont amenés à demeurer pacifiquement ensemble dans la sécheresse de la terre, et la sécheresse et l'humide dans le froid de l'eau. Cette réconciliation des qualités contraires est la deuxième importante raison de notre calcination.

 

Sa cause suffisante est l'action de la chaleur interne sur l'humide, parquoi tout ce qui résiste est converti en une poudre très fine ; la cause motrice et instrumentale est le feu contre Nature, qui étant caché dans notre eau dissolvante, combat avec son humide et le digère en une poudre visqueuse et onctueuse.

 

Cette opération se situe avant la dissolution, car lorsque les corps sont dissous, les esprits sont congelés à leur tour. De nouveau, la femme doit régner avant d'être dominée par l'homme. La domination de la femme est dans l'eau, et si l'homme la domine dans l'élément où elle a ses deux qualités qui sont le froid et l'humide, il la conquérera facilement là où elle n'a qu'une qualité.

 

La calcination donc, est le commencement de l'œuvre, et sans elle il ne peut être fait de mélange pacifique ni d'union correcte. La première déalbation réduit la substance en ses deux principes, le soufre et l'argent-vif, le premier étant fixe alors que l'autre est volatil. On les compare à deux serpents, le fixe étant le serpent dépourvu d'ailes, et le volatil le serpent avec des ailes. Un des serpents tient en sa gueule la queue de l'autre, pour montrer qu'ils sont indissolublement conjoints par leur naissance et destinée commune, et que notre Art est accompli par l'union effective de ce Soufre Mercuriel, et Mercure sulfureux. Alors tout le composé est à cette étape appelé Rebis, car il y a deux substances, mais seulement une essence. Ils ne sont pas réellement deux, mais un et la même chose, le Soufre est le Mercure mûr et bien digéré, le Mercure est le Soufre crud et non digéré. Il a déjà été dit que dans notre art nous imitons la méthode de la Nature qui produit les métaux dans les entrailles de la terre, excepté que notre méthode est plus courte et plus subtile. Dans les veines métalliques on ne trouve qu'un Mercure crud et froid, dans lequel l'intérieur ou sécheresse (à savoir le Soufre) peut rarement faire sentir son influence. Aucune chaleur digestive n'est trouvée là, mais au cours des âges un mouvement imperceptible change ces principes métalliques. Au cours des siècles, cependant, cette chaleur digestive imperceptible change le Mercure en ce qui est ensuite appelé un Soufre fixe, bien qu'auparavant il soit appelé Mercure.

 

Mais en notre Art, nous avons quelque chose en plus du Mercure crud et froid, à savoir, l'or mûr, avec ses diverses qualités actives. Celles-ci sont unies aux qualités passives de notre Mercure ; et ainsi l'un aide et parfait les autres, et comme nous avons deux feux, au lieu du feu lent interne du Mercure, l'opération est beaucoup plus rapide, et quelque chose de bien plus noble que l'or commun est produit. Ainsi vous voyez que dans notre Art nous avons deux Soufres et deux Mercures (à savoir, Soufre et Mercure du Mercure et Mercure de l'or), mais leur seule différence consiste dans les degrés de perfection et de maturité. Maintenant le corps parfait de l'or est réduit à ses (deux) premiers principes par le moyen de notre eau Divine qui ne mouille pas les mains (à savoir le Mercure et le Soufre). Pour un temps cette opération donne ascendance à l'agent femelle ; mais ceci étant innaturel, l'agent mâle bientôt se réaffirme, et par le moyen de la chaleur sèche l'humidité de l'agent femelle, et par la calcination la converti entièrement en la plus subtile et visqueuse poudre, laquelle poudre est alors changée par la dissolution en une eau, dans laquelle les esprits des solvants et des choses dissoutes, les principes mâle et la femelle, sont mélangés. Mais la chaleur interne, qui a été mise en action, continue toujours son œuvre, séparant le subtile (qui flotte à la surface) du grossier (qui tombe au fond), jusqu'à ce que l'homme prenne le dessus, l'union inséparable se fait, et le mâle imprègne la femelle ; la femelle émet une vapeur nébuleuse, dans laquelle ils sont putréfiés et meurent, et de laquelle tous deux résussitent en un corps glorieux, n'étant plus deux, mais seulement un par inséparable conjonction. Cette nouvelle naissance est alors coagulée, sublimée, nourrie et exaltée à son plus haut degré de perfection, et peut ensuite être indéfiniment multipliée par fermentation, et être utilisée à la fois pour la projection ou en tant que Médecine Universelle. Nous voyons alors que ces cendres noires et fétides ne doivent pas être méprisées, puisqu'elles renferment la Couronne de notre Roi ; votre substance ne sera jamais blanche, si elle n'a tout d'abord été noire. C'est par le moyen de la putréfaction et de la mort qu'elle atteint le corps glorifié de sa résurrection. Par conséquent, vous devez honorer la tombe de notre Roi, car à moins que vous ne fassiez cela, vous ne le verrez jamais revenir en sa gloire.

 

Beaucoup d'étudiants font la faute dès le commencement d'effectuer cette calcination sur une mauvaise substance : borax, ou alun, ou encre, ou vitriol, ou arsenic, ou semences, ou plantes, ou vin, vinaigre, urine, cheveux, sang, gomme, résine, etc. ; ou ils choisissent une mauvaise méthode, et corrodent au lieu de calciner, les corps métalliques sur lesquels ils opèrent. La calcination peut seulement se faire par le moyen du feu interne du corps, assisté par une amicale chaleur externe ; mais la calcination au moyen d'un agent hétérogène ne peut seulement que détruire la nature métallique, si toutfois il a aucun effet sur elle. Chaque calcination de l'or, qui n'est pas réussie par une dissolution spontanée, et sans travail manuel, est aussi fallacieuse.

 

La véritable calcination se fait par le moyen du Mercure, qui (étant ajouté à l'or en proportions convenables) ramollit et dissout l'or, et par son feu interne, uni au feu externe, met en action le feu de l'or, et par cela le dessèche de son humidité et il devient cette parfaite poudre noire et visqueuse. Et ceci est la véritable clef du travail pour incruder le mûre par la conjonction d'un non mûr étant incrudé pour le calciner, calciné pour le dissoudre, et tout ceci de manière philosophique et non vulgaire.

 

Les signes extérieurs de la calcination sont les suivants : Lorsque l'or devient saturé par l'eau, et que le feu du Mercure a mis en œuvre le feu du bain, l'eau qui était si brillante commence à s'assombrir, et visiblement se gonfle et génère des bulles, jusqu'à ce que tout devienne une poudre visqueuse et grasse, qui cependant conserve toujours son humeur radicale. Puis lorsque la chaleur commence à opérer, le froid et l'humide cherchent refuge en s'élevant vers le haut ; puis ils redescendent sous la forme d'un liquide et assimilent en eux autant de la substance qu'ils peuvent  ; puis la poudre est convertie en eau glutineuse. Entre les différents procédés de notre Art, un grandnombre d'opérations sont liées les unes aux autres et aucune ne peut être produite ou comprise sans les autres. Dans le but de cacher le sens aux indignes, nous parlons de plusieurs opérations ; mais tout ceci, le progrès entier de la substance du noir au blanc puis au rouge doit être philosophiquement entendu comme une seule opératiuon, il y a une chose, et un agencement successif pour le noir, le blanc et le rouge.

 

Les règles suivantes doivent être observées si vous voulez réaliser une véritable calcination : En premier lieu vous devez vous procurer notre Mercure ; le Mercure commun ne produira aucun effet si vous opérer avec lui, même si vous opérez jusqu'au jugement dernier.

 

Deuxièmement, le feu externe du fourneau ne doit être ni trop violent (afin que l'équilibre des forces chimiques dans les substances ne soit pas dérangé), ni trop doux, car l'action du feu interne se languirai par besoin de chaleur externe. Il doit être tel qu'il faut pour soutenir une chaleur vitale uniforme.

 

En troisième lieu, le Laiton doit recevoir ni trop ni trop peu à boire. S'il en reçoit trop, il ne sera point capable de s'en débarrasser, et une tempête nébuleuse s'élèvera ; s'il n'en reçoit pas assez, il sera brûlé en cendres.  L'activité du Soufre doit sécher l'humeur superflue du Mercure ; par conséquent, le Soufre actif ne doit pas être submergé dans trop de sperme ; ni l'humidité étouffée par trop de terre. Les proportions doivent être entre deux ou trois part d'eau pour une d'or ; mais plus la quantité des deux substances est grande, plus la calcination et la dissolution seront parfaits. L'erreur principale contre laquelle vous devez vous prémunir est la submersion de votre terre avec l'eau. Car en notre Art, la terre contient le feu qui est le principe de la digestion.

 

En quatrième lieu, vous devez prendre soin de scellé votre vaisseau convenablement, pour éviter que les esprits ne s'évaporent. Considérez combien la Nature à enfermé la matrice de la femelle, afin d'empêcher toute sortie ou entrée qui pourrait être dommageable à la nouvelle vie ; et autant de soins (si ce n'est plus) sont nécessaires en notre Magistère. Car lorsque l'embryon est formé, de grands vents s'élèvent, que l'on ne doit point laisser s'enfuir ou notre travail aura été inutile.

 

En cinquième lieu la patience est requise en notre œuvre. Vous ne devez point céder au découragement, ou essayer d'accélérer le processus chimique de la dissolution. Car si vous faites cela au moyen d'un feu violent, la substance sera prématurément grillée en poudre rouge, et le principe actif vital qui est en elle deviendra passif, étant attaché à la tête, comme enfoncé par un marteau. Mais notre véritable calcination préserve l'humeur radicale dans le corps dissout, et la converti en une onctueuse poudre noire. La patience est par conséquent une grande vertu cardinale en Alchimie. On ne doit pas supposer que les signes et couleurs que j'ai décris apparaissent le premier jour, ou même durant la première semaine : Bernard le Trévisan nous dit qu'il attendit dans l'angoisse de l'expectation durant quarante jours, et vit alors les nuages et le brouillard. Vous devez avoir la patience du laboureur, qui après avoir mis les graines dans la terre, ne dérange pas le sol chaque jour pour voir si cela pousse. Dès que vous avez préparé votre substance, à savoir, mêlé le soufre jaune et mûr avec le soufre crud et blanc, mettez-les en un vaisseau et laissez-les en paix ; au bout de vingt quatre heures, le Mercure, qui s'efforce de réveiller le feu latent du soufre, commencera son effervescence, et émettra des bulles. Mais peu de variations dans la couleur apparaîtront jusqu'à ce que le travail du Mercure soit accompli, et que le Bain Royal soit préparé ; car au commencement seul le Mercure travaille. Mais quand le Bain est devenu chaud (à savoir, la chaleur interne de l'or étant réveillée) la plus grande partie du travail est accomplie, et nous pourrons aisément distinguer les différentes opérations. La première couleur qui apparaît après la couleur argentée du corps amalgamé, n'est pas le noir parfait, mais un blanc sombre ; la noirceur devient plus prononcée jour après jour, jusqu'à ce que la substance prenne une couleur noire brillante. Ce noir est un signe que la dissolution est accomplie, ce qui n'arrive point en une heure, mais graduellement, par un processus continu ; car la Teinture qui provient du Soleil et de la Lune apparaît noire à la vue, mais est insensiblement et imperceptiblement extraite. Lorsque toute la Teinture à été extraite du corps qui est dissout, la noirceur est complète. Plus vous digérez la substance en premier, le plus vous subtiliez le grossier et noircissez le composé. Il y a quatre couleurs principales, dont la première est la noirceur ; et c'est de toutes les couleurs celle qui tarde le plus à faire sont apparition. Mais aussitôt que le plus intense degré de noirceur a été atteint (il ne doit pas y avoir d'arrêt dans notre travail), cette couleur commence petit à petit à changer en une autre. Le temps durant lequel cette noirceur se développe est très long, et il en est de même du temps qu'elle met pour disparaître ; et il y a un seul moment ou la noirceur ne s'accroît ni ne décroît : car les choses ne trouvent seulement le repos que dans la fin de leur être ; mais la noirceur n'est pas la fin de notre substance.

 

L'avancée de la noirceur est comme l'arrivée de la nuit ; qui est précédé par un long crépuscule lorsque le dernier rayon du soleil s'est évanoui, la noirceur de la nuit est là ; et en notre œuvre cela est plus fastidieux, et le changement est par conséquent moins perceptible.

 

On pourrait objecter que la teinture noire commence à être extraite aussitôt que la chaleur interne est mise en action, et que par conséquent la couleur qui apparaît doit être depuis le début d'un noir intense. Je réponds à cela que la Teinture qui est extraite n'est en fait pas noire, mais d'un blanc éblouissant, et que la noirceur est produite graduellement, par l'action de l'eau sur le corps, hors duquel elle tire l'âme (la teinture) quittant le corps en décomposition. C'est la putréfaction, (le résultat de l'action mutuelle du Soufre et du Mercure) qui communique à la Teinture sa couleur noire ; en elle-même la Teinture est d'un blanc brillant. Combien de temps alors vous faudra-t-il attendre jusqu'à ce que la parfaite noirceur apparaissent ? Flamel nous dit que cette intense noirceur vient après quarante jours. Riplée nous avise de laisser le mélange des substances ensemble durant six semaines, jusqu'à ce que la conception se soit effectuée, et durant ce temps le feu doit demeuré doux. Et Bernard (le Trévisan) suggère la même chose lorsqu'il dit : " Le Roi ôte ses glorieux vêtements, et les donne à Saturne, qui le revêt d'un vêtement de soie noire, qu'il porte durant quarante jour". Bien sûr la noirceur dont on parle ici n'est pas d'une égale intensité tout le temps, comme vous pouvez le comprendre par ce que j'ai dit ci-dessus.

 

Au cours de ce changement du blanc au noir, la substance passe naturellement par une variété de couleurs intermédiaires ; mais ces couleurs (étant plus ou moins accidentelle) ne sont pas invariablement les mêmes, et dépendent beaucoup de la proportion originale selon laquelle les deux substances ont été combinées. Dans la deuxième étape, durant laquelle la substance passe du noir au blanc, c'est beaucoup plus net, les couleurs sont plus brillantes et l'on peut s'y fier beaucoup plus. Dans les deux phases il y a des couleurs intermédiaires ; mais dans la première elles ont plus ternes et obscures que dans la deuxième, et moins abondantes en nombre. Dans la progression de la substance de la noirceur à la blancheur (à savoir, dans la seconde phase de notre Magistère) ; on voit les plus belles couleurs, avec une telle variété qu'elles éclipsent la beauté de l'arc-en-ciel ; avant que la parfaite noirceur ne soit atteinte, il y a aussi quelques couleurs transitoires, tel le noir, l'azur, et le jaune, la signification de ces couleurs est que votre substance n'est pas complètement morte ; lorsque le corps est en train de mourir, les couleurs sont vues, jusqu'à ce que la nuit noire couvre totalement l'horizon d'épaisses ténèbres. Mais quand le processus de la résurrection commence (dans la seconde phase) les teintes sont plus nombreuses et splendides, car le corps commence à être glorifié, et est devenu pur et spirituel.

 

Mais en quel ordre les couleurs dont nous parlons apparaissent-elles ? A cette question on ne peut donner une réponse définitive, car dans la première phase il y a trop de variations et d'incertitudes. Mais plus pur sera l'eau de vie plus les couleurs seront évidentes et distinctes. Les quatre principales couleurs (blanc, noir, blanc et rouge), suivent toujours le même ordre ; mais l'ordre des couleurs intermédiaires ne peut être exactement déterminé, et vous devrez être heureux si en l'espace des quarante premiers jours vous obtenez la couleur noire. Ils y a une précaution que vous devez garder présent à l'esprit, en regard de ce point : c'est que si la couleur rouge apparaît avant la couleur noire (spécialement si la substance commence à sembler à la fois sèche et poudreuse), vous pouvez presque être certain que vous avez brûlé votre substance par un feu trop violent. Vous devez être très attentif, par conséquent à la conduite de votre feu ; si le feu est juste assez chaud, et non trop chaud, l'action chimique interne de notre eau fera le reste.

 

Notre solution, alors, est la réduction de notre Pierre en sa première matière, la manifestation de ses essentielles fluidités, et l'extraction des natures de leur profondeur, ce qui est terminé en les transformant en eau minérale ; bien que cette opération ne soit pas aisée : ceux qui l'ont essayé peuvent comprendre la vérité de mes paroles.

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Sept traités ou chapitres dorés d'Hermès Trimégiste

21 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie


E

s histoires des choses divines nous lisons qu’il y a eu trois grands personnages appelés Hermès. Le premier a été Enoch, devant le déluge, qui fut transporté au Ciel, accompagné des Anges, dans un chariot de feu. Le second a été Noé, qui se sauva au déluge dans l’Arche, par le commandement de Dieu : car l’un et l’autre a été appelé Hermès, et Mercure pour les distinguer de cet Hermès, qui régna en Egypte après le déluge : car ce troisième a été un excellent homme, qui orné du bandeau Royal, a régné longtemps en Egypte, et fut appelé trois fois grand à cause de sa triple vertu : car on dit qu’il fut Roi des Philosophes et Prophète, lequel aussi on dit avoir été inventeur de toute discipline libérale et mécanique : Geber Roi des Perses l’appelle Prince, et Albert le grand dit que ce fut Alexandre le Grand, on dit qu’en son sépulcre furent trouvés tous les métaux et minéraux du monde, écrit en table Smaragdine, les uns l’appellent Prince, les autres, père de tous les Philosophes : car tous ceux qui ont suivi la vertu l’ont imité. Nous n’avons pas entrepris de célébrer tous les actes et gestes admirables de ce grand homme ; car notre petit esprit n’y suffirai pas. Nous avons pourtant voulu faire mention de sa mémoire au prologue de ce livre, à raison qu’il n’a pas seulement été auteur de ce livre, mais aussi de cette science. Car qui, lisant ce livre, rempli de toute divinité saura accommoder son sens comme il convient, trouvera le moyen de l’un et l’autre Testament. Or en ce présent discours, celui qui aura bon entendement connaîtra clairement de quoi cette œuvre, et secret admirable est composé. Hermès et plusieurs auteurs qui l’ont imité au livre de la transmutation des substances, parlent ainsi : Hermès dit que l’Alchimie est une substance corporelle composée d’un, et par un conjoingnante les principales choses par l’effet et consanguinité, et par une commixtion naturelle changeante en un meilleur genre. Et nous l’ensuivant, nous montrerons ceci clairement à celui qui sera sage. Et quand à moi, encore que je sois peu versé en la langue Latine, et que mon esprit soit petit, j’ai taché de traduire de la langue Arabique en la Latine ces sept traités d’Hermès appelés triple pour la sagesse, lesquels pource qui est de l’art, et pratique sont cachés en tous les livres des Sages aux ignorants.

Chapitre I.

H

ermès dit, en un si long âge je n’ai point cessé de faire des expériences, et n’ai point cessé de travailler. J’ai connu cette science par mon seul travail et seule inspiration de Dieu qui lui a plu de me révéler à moi son serviteur. Mais il a seulement donné la grâce d’en bien juger aux personnes sages et raisonnables, et n’a jamais donné occasion à personne de pécher et faire le mal. Quant à moi, j’aurai caché cette science, si je ne craignais le jour du Jugement ou la damnation de mon âme, je ne découvrirais rien de cette science, et ne la révélerais à personne. Or j’ai voulu rendre ce que je devais aux fidèles, déclarant comme celui qui est l’auteur de toute fidélité me l’a daigné révéler.

Ecoutez, fils des sages anciens Philosophes, la science des quatre Eléments non corporellement ou imprudemment, qui sont patients par leurs raisons, et leur opération est occulte, car rien n’agit s’il n’est composé, car il ne se parfait point que premièrement toutes ses couleurs ne passent.

Sachez enfants des sages, qu’il y a une division de l’eau des anciens philosophes qui la divise en quatre autres, une en deux, et trois en un, desquelles la troisième partie appartient à la couleur, savoir à l’humeur qui le coagule, or les deux tiers de l’eau, qui sont les poids des sages. Prenez de l’humeur une once et demie, et de la rougeur méridionale, c’est à dire de l’âme du Soleil la quatrième partie, c’est à dire une demi-once, et du mercure citrin semblablement une once et demie, et une demie de l’orpiment qui font huit, c’est à dire trois onces. Sachez que la vigne des Sages se tire en trois choses, et que son vin se parfait à la fin de trente. Entendez donc l’opération. La décoction le diminue, la teinture l’augmente, car la Lune se diminue après quinze jours, et elle s’augmente au troisième, c’est donc la le commencement et la fin. Voilà que je vous ai dit ce qui avait été scellé, car l’œuvre est avec vous, et chez vous, laquelle vous pouvez avoir le recevant intérieurement et permanent en terre ou en mer. Conservez donc le vif argent, lequel est aux intimes cabinets esquels il a été coagulé, car c’est l’argent vif qui se dit être du résidu de la terre. Qui entend donc maintenant mes paroles, qui le demande à celui qui ne justifie les œuvres d’aucun malfaiteur, et ne prive aucun bienfaiteur du loyer de ses bonnes œuvres, parce que j’ai découvert tout ce qui a été scellé de cette science et déclaré un grand secret à ceux qui ont de l’entendement.

Sachez donc vous autres inquisiteurs des bruits secrets, et fils des Sages, que le vautour qui est dessus la montagne crie à haute voix, je suis le blanc du noir, et le rouge du blanc, le citrin du rouge, et certainement je suis véritable, et sachez que le chef de l’œuvre est le corbeau, qui en sa noirceur de la nuit et clarté du jour vole sans ailes, la coloration se tire de l’amertume qui est en sa gorge, la rougeur sort de son corps, et de son dos on tire une vraie eau.

Entendez le donc, et recevez le donc de Dieu, et le sceller à tous les ignorants, il est caché aux cavernes des métaux lui qui est une pierre vénérable, une couleur splendide, et large mer. Voilà je le vous ai exposé, rendez grâces à Dieu qui vous a appris cette science, car il aime les reconnaissants.

Mettez le donc en feu humide, et le faites cuire, lequel feu augmente la chaleur de l’humeur, et tue la sécheresse de l’incombustion jusqu’à ce que la racine apparaisse, puis tirez d’icelui la rougeur et la partie légère jusqu’à ce que la troisième partie demeure.

Sachez fils, des Sages, que pour cette raison les Philosophes ont été appelés envieux, non pas qu’ils envient aux gens de biens, Religieux, légitimes, ou sages, mais aux ignorants vicieux, qui n’ont aucune loi ou douceur, de peur qu’ils ne soient trop puissants pour commettre méchancetés, et par ce moyen les Philosophes rendent compte à Dieu ; car tous les méchants sont indignes de sagesse.

Sachez que je nomme cette pierre par son nom, car ils l’ont appelé la femelle de la Magnésie, poule, salive blanche, lait du volatil, et cendre incombustible, afin qu’ils le scellassent à ceux qui sont ignorants, et qui n’ont aucune loi ou douceur, que j’ai néanmoins nommé aux Sages par un nom connu, parce que c’est la pierre des Sages. Conservez donc en icelui la mer, le feu, et la volatil du Ciel au moment de sa sortie.

Or je vous prie, tous fils des Philosophes, par notre bienfaiteur qui vous donne l’honneur de sa grâce, que vous ne veuillez déclarer son nom à aucun ignorant étourdi, et inepte. Personne ne m’a rien donné que je ne lui ai rendu ce qu’il m’avait donné, et je n’ai cessé de l’honorer, et en icelui j’ai mis une bonne signification. Mon fils, cette pierre est environnée, de plusieurs couleurs, et est née en une couleur, connais le, et le scelles, par icelui, avec la grâce de Dieu, vous chasserez de vous toutes grandes maladies, tristesse, tout dommage et angoisses : par son moyen vous viendrez des ténèbres à la lumière, des déserts à l’habitation, et de l’affliction à la joie.

Chapitre II.

M

on fils je vous avertis pardessus toutes choses de craindre Dieu, vers lequel est tout l’effort de votre disposition, et l’union de toutes choses séparées. Mon fils raisonnez sur tout ce que vous entendez, car je ne crois pas que vous soyez privé de raison et ignorant : c’est pourquoi recevez mes exhortations, et méditez et établissez votre cœur de la même façon que si vous étiez l’auteur des exhortations, car se celui qui est de nature chaude, se fait froid, il n’en recevra aucun dommage : semblablement que celui qui use de raison chasse de soi toute l’ignorance de peur qu’il ne soit trompé sans y penser. Mon fils, prenez le volatil qui vole, submergez-le et le divisez, tirez et chassez de lui sa couleur qui le tue, à ce qu’il soit fait vif, et qu’il vous réponde, ne volant point par les régions, mais qu’il contienne appertement ce qui vole, car si vous le tirez de l’affliction, après l’affliction dans les jours qui vous sont connus, vous serez Roi par raison, il vous sera un compagnon convenable, et vous serez décoré par icelui.

Mon fils, tirez du rayon son ombre et ordure, parce que les mers surnagent au-dessus de lui, le gâtent, et l’empêchent de sa lumière, parce qu’il est brûlé par l’affliction et sa rougeur. Mon fils, prenez cette rougeur corrompue par l’eau, comme le feu en est le porteur, qui est cendre vive, laquelle si vous ôtez toujours de lui jusqu’à ce que la rougeur vous soit purifiée, vous avez une compagnie par laquelle il est échauffé, et en laquelle il repose.

Mon fils, rendez à l’eau le charbon éteint par les trente jours que vous connaissez, c’est pourquoi vous êtes Roi couronné, reposant sur le puits de l’orpiment qui n’a point d’humeur. J’ai maintenant réjoui les cœurs des écoutants qui espèrent en toi, et les yeux qui te regardent par l’espérance de ce que tu contiens.

Mon fils, sache que l’eau était auparavant en l’air, puis en la terre, rendez-la aussi aux Supérieurs, changez-la discrètement par ses conduits, puis conjoignez-la échersement à son esprit rouge assemblé.

Sachez, mon fils, que notre terre est un onguent, soufre, orpiment, feu, et colcothar qui est Mercure, orpiment, soufre, et semblables choses desquelles chacun est plus vil que l’autre, auquel se trouve diversité, desquels aussi est l’onguent de colle, qui est cheveux, ongles, et soufres, desquels aussi est l’huile de pierre et cervelle qui est orpiment, desquels est encore l’ongle des chats qui est Mercure, desquels est encore l’onguent des blancs et l’onguent de deux argents vif Orientaux qui cherchent les soufres, et contiennent les corps.

Je dis, que le soufre teint et fixe, et est contenu, et est par la connexion des teintures, or les onguents contenus dans le corps, teignent et fuient qui sont contenu dans le corps qui est la conjonction des fuitifs et le poids ou soufre alumineux, qui contiennent le fugitif.

Mon fils, la disposition recherchée par les Philosophes est unique en notre œuf, ce qui ne se trouve point en l’œuf de la poule, et de peur que dans l’œuf ne soit éteinte une si grande sagesse divine de la poule, sa composition est faites des quatre Eléments.

Sachez mon fils, que dans l’œuf de la poule il y a un grand aide et une grande proximité en la nature, car en icelui est la spiritualité et la comparaison des Eléments et la terre de sa nature est l’or.

Le fils dit à Hermès, quels sont les soufres convenables à notre œuvre, célestes ou terrestres ? Hermès répond, les uns sont célestes les autres terrestres. Le fils. Mon père, je pense que le cœur ès choses supérieures est le Ciel, et ès inférieur la terre. Le père. Il n’en est pas ainsi, mais le mâle est le Ciel de la femelle, et la femelle la terre du mâle. Le fils. Mon père, lequel des deux est le plus digne d’être Ciel ou d’être terre ? Hermès répond, ils ont besoin l’un de l’autre, car la médiocrité est commandée par les préceptes, comme si vous disiez : Le sage commande à tous les hommes : car le médiocre est meilleur, parce que toute la nature s’unit, comme accompagne sa nature, nous avons trouvé que la médiocrité s’unit à la vertu de la sagesse. Le fils. Mon père, laquelle de ces choses est le médiocre. Le père, de chacune trois, sont deux. Premièrement l’eau est utile, en après l’onguent et au-dessous demeure l’ordure. Le dragon demeure en toutes ces choses, et sa noirceur est en iceux, et par icelle il monte en l’air, parce qu’il est leur Ciel de son Orient, mais quand la fumée demeure en icelle, ils ne sont point perpétuelles, mais ôtez la fumée de l’eau, et de l’onguent la noirceur et des fèces la mort, et la dissolution étant faite, vous triompherez, par le don duquel les possesseurs vivent. Sachez, mon fils, que l’onguent médiocre, qui est le feu, est le milieu entre l’ordure et l’eau, et le scrutateur de l’eau, parce qu’ils sont appelés onguent et soulphre, il y a une très étroite proximité, parce que comme le feu monte, ainsi monte aussi le soulphre.

Sachez mon fils, que toutes les sagesses qui sont au monde sont sujettes à cette mienne sagesse. En ces admirables Eléments cachés, les arts sont casuels. Il faut donc que celui qui veut être introduit en cette notre sagesse cachée, chasse de soi le vice d’arrogance, et qu’il soit pieux et homme de bien, et excellent esprit, aimant son prochain d’une face joyeuse, courtois et fidèle gardien des ses secrets.

Et sachez cela, mon fils, si vous savez mortifier et introduire la génération, vivifier les esprits, les mondifier, et introduire la lumière jusqu’à ce qu’ils soient combattus, colorés et purifiés de leurs taches et ténèbres, vous ne savez rien, et ne parferez rien : que si vous savez cela, vous serez élevé à une très grande dignité, de sorte que les Rois même vous révéreront. Mon fils, il nous faut conserver ces sciences, et les sceller à tous les méchants et ignorants.

Et sachez, mon fils, que notre pierre est composée de plusieurs choses, et diverses couleurs des quatre Eléments qu’il nous faut diviser et couper par pièce, et séparer leurs membres, mortifier en partie la nature qui est en icelle, conserver le feu et l’eau qui habite en elle, et est composé des quatre Eléments, et contenir leurs eaux, par son eau, qui n’a point la forme de l’eau, mais un feu montant sur les eaux, et les contenants en un vase pur et sincère, de peur que les esprits ne s’enfuient des corps ; car par ce moyen ils sont fait tingents et permanents. O bénite forme d’eau pontique ! qui dissolue les Eléments, il faut aussi qu’avec cette forme d’eau, nous possédions une âme sulfureuse, et ma mêler avec notre vinaigre, car quand par la puissance de l’eau le composé se dissout, c’est la clef de la restauration, alors la mort et noirceur s’enfuit d’icelle, et la sagesse en sort.

Chapitre III.

S

achez, mon fils, que les Philosophes lient de nœuds très forts et étroits pour combattre le feu, parce que les esprits désirent être dans les corps quand ils sont lavés, et se réjouissent en iceux, et les ayant ils les vivifient et demeurent chez eux, et les corps les contiennent, et ne se séparent jamais d’eux. Alors les éléments morts se vivifient, et les corps composés teignent et s’altèrent et sont des merveilleuses œuvres permanentes, comme dit le Philosophe. O forme d’eau permanente ! Royale créatrice des éléments ! Qui étant conjointe avec vos frères, ayant reçu une teinture par u régime médiocre, vous reposés. Notre pierre précieuse jeté dedans les ordures, est très chère, vile et très utile, parce qu’il nous faut ensemble mortifier deux argents vifs, et les vénérer (savoir) l’argent vif de l’orpiment, et l’argent vif Oriental de la magnésie. O nature très puissante créatrice des natures ! Qui contient et sépare les médiocrités des natures, elle vient avec la lumière, et à été engendrée avec la lumière qu’une ténébreuse nuit a engendré, qui est la mère de toute chose. Or quand nous lui joindrons le Roi couronné de notre fille rouge, ne recevant aucune nuisance du feu léger, elle concevra, et le fils conjoint, et sureminent, lequel étant permanent, elle nourrit d’un petit feu, et il vit par notre feu. Or quand vous laissez le feu sur la sueille de soulphre que le terme des cœurs, entre sur lui, qu’il soit lavé par icelui, et son ordure soit extraite, alors il s’altère, et sa teinture demeure rouge par le feu comme la chair. Le Dragon suit les rayons du Soleil qui garde les trous, et notre fils mort vivra. Le Roi viendra du feu, il se réjouira de son mariage, et les choses cachées se manifesteront, et le lait de vierge se blanchira. Le fils ainsi vivifié combat contre le feu, et est sureminent aux teintures, car le fils est le bénéfice de la Philosophie. Venez, fils des Sages, et nous réjouiront ensemble parce que la mort est consommée, et notre fils règne, et déjà vêtu de sa robe rouge et de son manteau Royal.

Chapitre IV.

E

ntendez, fils des Sages, que cette pierre crie. Protégez-moi, je vous protégerai, me voulez vous rendre ce qui m’appartient, afin que je vous aide. Mon Soleil et mes rayons sont intimes en moi, et ma propre Lune est ma lumière qui surpasse toutes les lumières, et mes biens sont plus excellents que tous les autres biens, je donne aux sages et intelligents la joie, la liesse, la gloire, et les richesses, et je sais ce qu’ils désirent comprendre et connaître, et possède les choses divines. Voilà ce que les Philosophes ont scellé des sciences, il est écrit avec sept lettres ; car elle en suit deux alpha ita. Et semblablement le Soleil suit la Lune, volant néanmoins dominer, conserver l’art, joindre le fils à la bube de l’eau, qui est Jupiter, qui est le secret caché.

Entendez auditeurs, et dorénavant usons de nos opinions, car je vous ai démontré par une très subtile investigation et contemplation ce que j’ai écrit. J’ai connu une certaine chose, qui est ce qui comprend se qui se cherche par une très subtile investigation et raison. D’un homme ne s’engendre que son semblable, et semblablement du taureau, et si quelque animal se joint avec une autre espèce, il en naît une espèce qui n’est semblable ni à l’un ni à l’autre.

Maintenant Vénus parle : L’engendre la lumière, et les ténèbres ne sont point de ma nature, si mon métal n’était sec tout les corps auraient besoin de moi, parce que je liquéfie et leur ôte leur rouillure, et extrait leur substance. Il n’y a rien donc de meilleur et plus vénérable que moi quand je suis jointe avec mon frère. Et le Roi dominant dit à ses frères témoignants : On me couronne et suis orné d’un diadème, et je suis investi de votre Royaume, et je donne de la joie aux cœurs, et moi étant lié au sein et poitrine de ma mère, et à sa substance, je fais reposer et contenir ma substance, et je compose l’invisible du visible, alors le caché apparaîtra, et tout ce que les Philosophes ont caché s’engendrera de nous. Entendez ces paroles, O auditeurs, et les conservez, méditez, et ne cherchez rien autre chose, l’homme au commencement est engendré de la nature, les entrailles duquel sont faites chair, et non d’autre chose. Méditez cette lettre, et rejetez les superfluités, c’est pourquoi le Philosophe a dit : Le soulphre est fait du citrin qui est tiré du nœud rouge, et non d’autre chose, que si il est citrin, ce sera votre sagesse, n’avant point de soi soin si vous ne vous étudiez point de tirer du rouge, voilà je n’ai point circonscrit si j’ai moins manifesté aux entendus.

Fils des sages, ne brûles le corps du laiton par trop grand feu, et il vous arrosera de la grâce que vous cherchez, et faites que le volant ne s’envole devant le poursuivant, et qu’il repose sur le feu, et encore que le feu soit bouillant, et que la chaleur du feu bouillant se corrompe il est Mercure. Et saches que l’art de cette eau permanente est le laiton, et sa teinture, et la coloration de la noirceur se change alors en une vraie rougeur, je jure par Dieu que je n’ai dit que la vérité que ces choses détruisantes sont amendantes, et la corruption se voit en la chose amendée, et de là l’émendation apparaîtra, et l’un et l’autre est le signe de l’art.

Chapitre V.

M

on fils, ce qui naît du corbeau est le principe de cet art, voilà qu’en parlant par métaphores, je vous ai obscurci mon dire, et privé de lumière, et cette matière dissoute et jointe, je l’ai appelé très éloignée. Rotifiez donc ces choses, après cuisez les ence qui procède du ventre du cheval par sept jours, ou 14, ou 21, alors il se fait un dragon qui mange ses ailes, et qui se mortifie, cela fait mettez le avec son Mercure, en feu petit sur le four, et prenez garde diligemment qu’il ne sorte du vase, et sachez que les temps de la terre, sont en l’eau, et se fait jusqu’à ce que vous la mettiez dessus.

 Icelle donc étant liquéfiée et brûlée, prenez de sa cervelle, et la broyez avec du vinaigre très fort, ou urine d’enfants jusqu’à ce qu’elle soit obscurcie, cela fait, elle vit en la putréfaction, les nuées noires qui étaient en icelui devant sa mort lesquelles seront converties en son corps, or étant réitéré comme je l’ai décrit, il meurt encore une fois, et comme j’ai dit, il vit de l, en sa vie et en sa mort nous usons d’esprits, car comme il meurt les esprits lui étant ôtés il se revivifie lui étant rectifiez, et se rejoint à iceux, à laquelle chose quand vous parviendrez vous trouverez assurément ce que vous cherchez, je vous raconte aussi le signe de la liesse, et ce qui fait fixe le corps.

 Or par cette figure vos devanciers sont morts étant venus au terme désiré. Je vous est maintenant montré la fin, et j’ai ouvert le livre aux entendus, j’ai caché les choses secrètes, j’ai fait contenir les séparées, j’ai conjoint diverse figures, et associé aux esprits. Prenez de Dieu se présent.

Chapitre VI.

I

l faut que vous rendiez grâce à Dieu qui donne cette science à tout sage, qui nous délivre de misère et pauvreté, remerciez le de tous ses dons et grands miracles qu’il a mis en cette nature, et le priez que pendant que nous vivons, les onguents desquels nous extrayons ès livres des auteurs sont écrits d’ongles, poils, laiton, vert, tragacantes et os.

Outre plus il nous faut exposer la disposition de l’onguent qui coagule les natures fuitives, et orne les soulphres et les préfères à tous autres onguents parfaits, car nous savons l’essence de son vase, et combien il est précieux, qui est appelé divin soulphre et figure aux autres onguents, qui est l’onguent occulte, et enseveli, duquel il ne se voit aucune disposition, et habite en son corps comme le feu dans des arbres et des pierres, qui nous fait extraire par un art et entendement subtil sans combustion aucune. Sachez, mon fils, que qui ne connaît point la différence ne connaît pas si bien les deux soulphres, non pas que les onguents qui se subliment des pierres soient soufres, pour accomplir la teinture. Or les deux mêlez avec leur corps, il se fait un parfait, et faut savoir que deux soulphres teignent, mais ils s’enfuient, lesquels il faut fort bien séparer, et les retenir de leur fuite, et sachez que le Ciel se joint médiocrement avec la terre, et le médiocre est figuré avec le Ciel et avec la terre, ce qui est eau. Et toute la première est l’eau qui sort de cette pierre, et le second est vraiment l’or, et le troisième l’ordure, et le médiocre est l’or qui est plus noble que et l’ordure. Or en ces trois sont la fumée, la noirceur et la mort, il nous faut donc chasser la fumée qui est au-dessus de l’eau, la noirceur de l’onguent et des fèces la mort, et par dissolution, ce qui étant nous avons une très grande Philosophie et le secret des secrets.

Chapitre VII.

O

 Fils des Philosophes, les corps sont sept, desquels le premier est or très parfait le Roi est le chef, que la terre ne corrompt point, ni l’eau n’altère point, ni les choses brûlantes ne le gâtent point, parce que sa complexion est tempérée, et la nature dirigée en la chaleur, froidure et humidité, et ni à en icelui aucune chose superflue, c’est pourquoi les Philosophes l’ont préféré et magnifié disant que l’or est entre les corps, comme le Soleil est entre les étoiles par sa lumière splendide et éclatante, car par son moyen, et volonté de Dieu tout végétable, et tout fruit de la terre se parfait, par ainsi l’or contient tout corps, et vivifie, et est le vain de l’élixir, et sans icelui il ne peut jamais être parfait.

Car comme la pâte ne peut être levée sans levain ainsi quand vous aurez très bien nettoyé le corps, et séparez l’ordure des superfluités quand vous le voudrez mêler ensemble, mettez en iceux le levain, et faite eau et terre jusqu’à ce que l’élixir soit fermenté, et que la pâte soit faite levain, méditez et voyez si le ferment d’une chose est fait d’une nature différente à la sienne, considérez donc comme le ferment n’est point d’autre nature que la pâte, et notez que le ferment blanchit la confection, empêche la combustion, retient la teinture à ce qu’elle ne s’envole, et réjouit les corps, et les conjoint ensemble, et les fait entrer, et en cela gît la clef des Philosophes, et la fin de l’œuvre, et par cette science les corps sont purifiés, et leur œuvre se parfait par la grâce de Dieu. Or par négligence et méchante opinion que l’on a de ce levain, les œuvres le corrompent. Comme le levain est à la pâte, et le coagule au lait pour le fromage, et le musque ès odeur aromatique, ainsi est la couleur de l’or à la rougeur, et la nature n’est pas douce. C’est pourquoi nous faisons d’icelui la soie, qui est l’élixir, et d’icelui nous faisons l’encre, dont nous avons écrit, et nous teignons la boue du cachet du Roi, et en icelui nous mettons la couleur du Ciel qui augmente la vue à ceux qui le voient.

L’or donc est la très précieuse pierre sans tache, tempéré, et ne peut être corrompu par le feu, air, terre, ni eau, c’est un levain universel qui rectifie toute chose par tempérance. Sa composition est de couleur jaune, ou vrai citrin, c’est l’or des sages cuit et bien digéré qui fait l’élixir par son eau et feu. L’or des sages est plus pesant que le plomb, parce que par sa composition tempérée il est le levain de l’élixir, et au contraire intempéré par une intempérée composition, car le premier œuvre se fait de végétal, le second d’animal en l’œuf de la poule, c’est un grand subside et constance d’éléments, et notre terre est or duquel nous faisons tout ce qui est levain de l’élixir.

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La Pierre des philosophes(E.Kelly)

19 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

LA PIERRE

DES

PHILOSOPHES

 

AU PLUS PUISSANT DES SEIGNEURS

DU SAINT EMPIRE GERMANIQUE,

RUDOLFUS II.,

Roi de Hongrie et de Bohême, etc.,

Son Maître Très Miséricordieux.

CE LIVRE EST DÉDIÉ PAR

EDWARD KELLY.


LA PIERRE DES PHILOSOPHES

 

Bien que j'aie par deux fois souffert des chaînes et de l'emprisonnement en Bohême, indignité que je n'ai souffert en aucune autre partie du monde, il se trouve que mon esprit, libre lui, s'est tout ce temps exercé à l'étude de cette philosophie uniquement méprisée par les méchants et les sots, mais qui est louée et admirée par le Sage. Bien plus, l'adage d'après lequel seuls les sots et les hommes de loi haïssent et méprisent l'Alchimie est devenu proverbial. Par ailleurs, m'étant ces trois dernières années usé en labeurs, dépenses et précautions afin de découvrir pour votre Majesté ce qui pourrait lui apporter grand profit et plaisir, je ne puis en aucun cas demeurer oisif durant mon emprisonnement - une infortune qui m'est survenue par l'action de votre Majesté. En conséquence j'ai rédigé un traité, grâce auquel votre esprit impérial puisse être guidé à travers toute la vérité de la très ancienne philosophie, depuis lequel, comme s'il s'agissait d'une haute montagne, il puisse contempler et discerner les étendues fertiles des déserts arides et rocailleux. Mais si mon enseignement vous contrarie, sachez que vous vous détournez totalement de la bonne voie et ignorez les vraies visées et le but de cette affaire, et gaspillerez complètement temps, labeur, argent et espérance. Une fréquentation intime des différentes branches de la connaissance m'a enseigné cette seule chose, à savoir que rien n'est plus antique, excellent, ou plus désirable que la vérité, et que quiconque la néglige doit passer toute sa vie dans les ténèbres. Et pourtant, il a toujours été et toujours sera dans les manières de l'humanité que de relâcher Barabbas et crucifier Christ. Ceci, je l'ai - pour mon bien, sans nul doute - constaté dans le cadre de ma propre expérience. J'ose espérer que ma vie et ma personne deviendront suffisamment connues de la postérité pour que je sois compté parmi ceux qui souffrirent beaucoup par amour de la vérité. La pleine certitude du présent traité, le temps est incapable de l'abroger. Si votre Majesté daigne l'examiner à loisir, elle s'apercevra aisément que mon esprit est profondément versé dans cette étude.

(1) Tous les philosophes authentiques et judicieux sont remontés jusqu'aux principes premiers des choses, à savoir ceux compris dans la triple division de la Nature. Ils attribuèrent la génération des animaux à un mélange du mâle et de la femelle durant l'union sexuelle; celle des végétaux à leur propre semence; tandis qu'aux minéraux ils ont attribué pour principe la terre et l'eau visqueuse.

(2) Toutes les choses spécifiques et individuelles appartenant à une certaine catégorie obéissent aux lois générales et se réfèrent aux principes premiers de la catégorie à laquelle elles appartiennent.

(3) Ainsi, tout animal est le produit d'une union sexuelle; toute plante, de sa semence propre; tout minéral, du mélange de sa terre générique et eau.

(4) Il en découle qu'une loi immuable de la Nature règle la génération de toute chose dans les limites de son genre spécifique.

(5) Il s'ensuit que, eu égard à leur origine, les animaux sont, relativement au genre, distincts des végétaux et des minéraux; la même différence existe respectivement entre végétaux et minéraux et les deux autres règnes naturels.

(6) La matière commune et universelle de ces trois principes est nommée Chaos.

(7) Le Chaos contient en lui les quatre éléments présidant à tout ce qui est, à savoir le feu, l'air, l'eau et la terre, par mélange et mouvement desquels les formes de toutes choses terrestres sont imprimées à leurs sujets.

(8) Ces éléments ont quatre qualités : la chaleur, la froideur, l'humidité, la sécheresse. La première est inhérente au feu, la seconde à l'eau, la troisième à l'air, la quatrième à la terre.

(9) Au moyen de ces qualités, les éléments agissent les uns sur les autres, et le mouvement apparaît.

(10) Les éléments agissent les uns sur les autres ou sont les uns par les autres influencés, et on les appelle actifs ou passifs.

(11) Les éléments actifs sont ceux qui, dans un composé, impriment au passif un certain caractère spécifique, selon la force et l'importance de leur mouvement. Ce sont l'eau et le feu.

(12) Les éléments passifs - terre et air - sont ceux qui par leur qualité inactive reçoivent volontiers les impressions des éléments actifs susmentionnés.

(13) Les quatre éléments se distinguent non seulement par leur activité ou passivité mais également par la priorité et postériorité de leurs mouvements.

(14) La priorité et la postériorité sont ici affirmées, ou relativement à la position de la sphère tout entière, ou relativement à l'importance du résultat ou but du mouvement.

(15) Dans l'espace, les objets lourds tendent vers le bas, et les légers vers le haut; ceux qui ne sont ni lourds ni légers occupent une position intermédiaire.

(16) De cette façon, parmi les éléments passifs, la terre occupe une place supérieure à celle de l'air, car elle aime beaucoup rester immobile; et moins il y a de mouvement, plus il y a de passivité.

(17) L'excellence du résultat est question de perfection ou d'imperfection, le mature étant plus parfait que l'immature. Or, la maturité est totalement imputable à la chaleur du feu. D'où que le feu tienne la place supérieure chez les éléments actifs.

(18) Parmi les éléments passifs, la première place revient au plus passif, i.e., à celui qui est le plus rapidement et le plus aisément influencé. Dans un composé, la terre est passivement affectée en premier, puis c'est l'air.

(19) De même, dans chaque composé, l'élément d'achèvement agit en dernier; car la perfection est passage de l'immaturité à la maturité.

(20) La maturité étant causée par la chaleur, le froid est la cause de l'immaturité.

(21) Il est donc clair que les éléments, ou lointains principes premiers des animaux, végétaux et minéraux, dans le Chaos, sont susceptibles de mouvements actifs dans le feu et l'eau, et de mouvements passifs dans la terre et l'air. L'eau agit sur la terre, et la transmue en sa propre nature; le feu chauffe l'air, et le change à sa propre ressemblance.

(22) Les éléments actifs peuvent être dits mâles, cependant que les éléments passifs représentent le principe femelle.

(23) Tout composé appartenant à l'un de ces trois royaumes - animal, végétal, minéral - est femelle dans la mesure où sont présents terre ou air, et mâle dans la mesure où sont présents feu ou eau.

(24) Seul ce qui possède consistance est perceptible par les sens. Les éléments feu et air, naturellement subtils, ne peuvent être vus.

(25) Seuls deux éléments, l'eau et la terre, sont visibles, et la terre est appelée cachette du feu, l'eau demeure de l'air.

(26) Dans ces deux éléments, nous avons la franche loi de limitation qui sépare le mâle de la femelle.

(27) La matière première des végétaux est l'eau et terre cachées en sa semence, l'eau y étant prépondérante par rapport à la terre.

(28) La matière première des animaux est la mixtion des spermes mâle et femelle, qui concrétise plus d'humidité que de sécheresse.

(29) La matière première des minéraux est une sorte d'eau visqueuse, mêlée à terre pure et impure.

(30) La Terre impure est soufre combustible, empêchant toute fusion, et mûrissant superficiellement l'eau qui lui est jointe, comme nous voyons dans les minéraux secondaires, marcassite, magnésie, antimoine, etc.

(31) La Terre pure est celle qui unit tellement les plus petites parties de son eau susmentionnée qu'elles ne peuvent être séparées par le plus ardent des feux, de sorte qu'elles demeurent fixes ou sont volatilisées.

(32) De cette eau visqueuse et de cette terre fusible, ou soufre, est composé ce qu'on nomme vif-argent, matière première des métaux.

(33) Les métaux ne sont que Mercure digéré à différents degrés de chaleur.

(34) Diverses modifications de chaleur suscitent, dans le composé métallique, ou la maturité ou l'immaturité.

(35) Le mature est ce qui a précisément acquis toutes les activités et propriétés du feu. Tel est l'or.

(36) L'immature est ce qui est dominé par l'élément eau et ne subit jamais l'action du feu. Tels sont le plomb, l'étain, le cuivre, le fer et l'argent.

(37) Un seul métal, l'or, est absolument parfait et mature. D'où qu'on le nomme parfait corps mâle.

(38) Les autres sont immatures et donc imparfaits.

(39) Le terme de l'immaturité est le début de la maturité; car la fin de la première est le commencement de la seconde.

(40) L'argent est moins lié par l'immaturité aqueuse que les autres métaux et, bien qu'il puisse être effectivement considéré comme impur dans une certaine mesure, son eau est néanmoins déjà recouverte de la congélative parure de sa terre, et tend ainsi à la perfection.

(41) Cette condition est la raison pour laquelle l'argent est partout nommé par les Sages parfait corps femelle.

(42) Tous les autres métaux ne diffèrent que dans leur degré d'imperfection, selon qu'ils sont plus ou moins liés par ladite immaturité; néanmoins, tous possèdent une certaine tendance à la perfection, bien que manquant de la susdite congélative parure de leur terre.

(43) Cette forme congélative est conséquence de la terrestre froideur, équilibrant son humidité propre, et occasionnant fixation dans la matière fluide.

(44) Les métaux inférieurs sont fusibles dans un feu ardent, et manquent donc de cette parfaite force congélative. S'ils deviennent solides lorsqu'ils refroidissent, la cause en est la disposition de leurs susdites particules terrestres.

(45) Selon les différentes manières dont sont ensemble unies eau visqueuse et pure terre, de manière à produire vif-argent par coagulation, grâce à l'action de chaleur naturelle, nous avons différents métaux, dont certains sont dits parfaits, comme l'or et l'argent, et les autres considérés comme imparfaits.

(46) Quiconque voudrait imiter la Nature en toute opération donnée doit tout d'abord être certain qu'il possède la même matière, et, deuxièmement, qu'une action est exercée sur cette substance d'une manière semblable à celle de la Nature. Car la Nature se réjouit en la méthode naturelle, et le même purifie le même.

(47) En conséquence ils sont dans l'erreur ceux qui s'efforcent de faire jaillir la médecine permettant de teindre les métaux des animaux ou des végétaux. La teinture et le métal teint doivent venir de même source ou relever du même genre; et comme c'est sur les métaux imparfaits que la Pierre Philosophale doit être projetée, il s'ensuit que la poudre de la Pierre sera essentiellement Mercurienne. La Pierre est la substance métallique transformant en or les formes des métaux imparfaits, comme nous l'apprenons au premier chapitre du "Code de Vérité" : "La Pierre Philosophale est la matière métallique convertissant substances et formes des métaux imparfaits" ; et tous les Sages conviennent qu'elle ne peut posséder cet effet qu'en étant semblable à eux.

(48) Que Mercure soit matière première des métaux, je vais tenter de le prouver grâce aux dits de certains Sages.

Dans la Turba Philosophorum, chapitre I, nous lisons ce qui suit : "D'après l'avis de tous les Sages, le Mercure est le principe premier de tous les métaux."

Et un peu plus loin : "Comme la chair est engendrée du sang coagulé, ainsi l'or est-il engendré du Mercure coagulé."

Et encore, vers la fin du chapitre : "Tous les corps métalliques purs et impurs sont Mercure, car ils sont engendrés du même."

Arnold écrit ainsi au Roi d'Aragon : "Sachez que la matière et sperme des métaux sont Mercure, digérés et épaissis dans la matrice de la terre; ils sont digérés par chaleur sulfureuse, et selon la qualité et quantité du soufre divers métaux sont engendrés. Leur substance est essentiellement la même, bien qu'il puisse y avoir quelques différences accidentelles, comme un degré plus ou moins élevé de digestion, etc. Toutes choses sont constituées de ce en quoi elles peuvent être résoutes, e.g., la glace ou la neige qui peuvent être résoutes en eau; et puisque tous les métaux peuvent être résous en vif-argent sont-ils donc tous engendrés du vif-argent."

La même vue est défendue par Bernard de Trévise, dans son livre consacré à la "Transmutation des Métaux" : "De la même manière, le vif-argent est la substance de tous les métaux; il est comme de l'eau en raison de l'homogénéité qu'il partage avec les végétaux et les animaux, et il reçoit les vertus de ces choses qui y adhérent dans la décoction." Un peu plus loin, le même Trévisan affirme que "l'or n'est rien d'autre que vif-argent congelé par son soufre."

Et, ailleurs, il écrit ce qui suit : "Le solvant ne diffère du soluble qu'en proportions et degré de digestion, mais non en matière, puisque la Nature a formé l'un depuis l'autre sans adjonction aucune, et elle dégage l'or du vif-argent par un procédé également simple et merveilleux."

Encore : "Les Sages soutiennent que l'or n'est rien d'autre que vif-argent parfaitement digéré dans les entrailles de la terre, et ils ont voulu dire qu'il est occasionné par le soufre, qui coagule le Mercure, et le digère par sa propre chaleur. D'où que les Sages ont dit que l'or n'est autre que vif-argent mature."

Tel est aussi le consensus d'autres autorités. "Le Son de la Trompette" fait une remarque loin d'être douteuse : "Extrais le vif-argent des corps, et tu auras au jour du vif-argent et du soufre de la même substance dont sont faits or et argent dans la terre."

Le "Chemin du Chemin" mène à la même conclusion : "Révérend Père, incline tes vénérables oreilles et comprends que le vif-argent est le sperme de tous les métaux, parfaits et imparfaits, digérés dans les entrailles de la terre par la chaleur du soufre, la diversité des métaux étant due à la diversité de leur soufre."

Nous lisons dans la même brochure un canon semblable : "Tous les métaux de la terre sont engendrés en Mercure, et ainsi le Mercure est-il la matière première des métaux."

Avicenne confirme ces paroles en son chapitre III : "De même que la glace par la chaleur fond et devient eau, l'eau étant nettement à l'origine de la glace, ainsi tous les métaux peuvent être résous en Mercure, et il est donc clair qu'ils sont engendrés de lui."

Ce raisonnement est approuvé par "Le Son de la Trompette : - "Tout corps passif est réduit à sa première matière par des opérations contraires à sa nature; la première matière est le vif-argent, étant l'huile de tous liquides et choses ductiles."

De même, le troisième chapitre de la "Correction des Fous" : "La nature de toutes choses fusibles est celle du Mercure coagulé à partir d'une vapeur, ou chaleur de l'incombustible soufre rouge ou blanc."

Au chapitre I de "L'Art de l'Alchimie", nous lisons : "Tous les Sages reconnaissent que les métaux sont engendrés par la vapeur de soufre et vif-argent."

Il y a également un passage de la Turba Philosophorum qui affirme : "Il est certain que tout sujet dérive de cela en quoi il peut être résous. Tous les métaux peuvent être résous en vif-argent, d'où qu'ils furent autrefois vif-argent."

Si cela en valait la peine, je pourrais citer des centaines d'autres passages provenant d'oeuvres rédigées par les Sages, mais comme ce serait inutile, ceux-ci suffiront.

Ces personnes font une grande erreur qui supposent que l'eau épaisse de l'Antimoine, ou cette substance visqueuse extraite du Mercure sublimé, ou de Mercure et Jupiter ensemble dissous dans un endroit humide, peuvent de quelque façon être la première substance des métaux.

L'Antimoine ne peut jamais prendre les qualités métalliques, car son eau et humidité n'est pas tempérée par la terre sèche et subtile, et de plus manque de cette onctuosité caractéristique des métaux malléables. Mais, comme Chambar le dit bien dans le "Code de Vérité" : "Ce n'est que par 'envie' que les Sages ont nommé la Pierre Antimoine."

De la même manière, ceux qui détruisent la composition naturelle du Mercure, afin de le résoudre en eau épaisse ou limpide, qu'ils nomment première matière des métaux, luttent contre la Nature dans les ténèbres, tels des gladiateurs frappés de cécité.

Dès que le Mercure perd sa forme spécifique, il devient quelque chosed'autre, ne pouvant dès lors se mélanger aux métaux dans leurs plus petites parties, et devenant de nul effet pour l'oeuvre des Philosophes. Quiconque se paye de pareilles expériences enfantines devrait écouter ce que dit le Sage de Trévise dans sa "Transmutation des Métaux" :

"Qui peut trouver une vérité détruisant la nature humide du Mercure? Quelques insensés modifient sa disposition métallique spécifique, altèrent son humidité naturelle par dissolution, et disproportionnent le vif-argent de sa qualité minérale d'origine, qui ne demande rien hormis purification et simple digestion. Au moyen de sels, de vitriol, et d'alun, ils détruisent la semence que la Nature a peiné pour développer. Car la semence, dans les choses humaines et sensitives, est formée par la Nature et non par l'art, mais par l'art est-elle unie et mélangée. La semence ne nécessite aucune addition, et ne tolère aucune diminution. Si elle doit produire une nouvelle chose de même genre, elle doit demeurer précisément la même chose qui fut formée par la Nature. Tout enseignement voulant modifier le Mercure est vain et erroné, car c'est là le sperme originel des métaux, et son humidité ne doit point être séchée, car autrement il ne pourrait dissoudre. Trop de feu causera une chaleur morbide, comme celle d'une fièvre, et changera les éléments passifs en actifs, et ainsi l'équilibre des forces sera détruit, et toute l'oeuvre gâchée. Il y a pourtant des sots pour extraire des eaux corrosives de minéraux inférieurs, eaux dans lesquelles ils projettent diverses espèces de métaux qui donc s'y corrodent."

"La seule solution naturelle est celle qui, à partir de solvant et du soluble, oumâle et femelle, engendre une nouvelle espèce. Nulle eau ne peut naturellement dissoudre les métaux sauf celle qui demeure avec eux en substance et forme, celle aussi que les métaux dissouspeuvent à nouveau congeler; ce qui n'est pas le cas avec aqua fortis, du fait qu'elle ne fait que détruire la disposition spécifique. Cette eau seule qui est inséparable des métaux dans la fixation les peut correctement dissoudre, et pareille eau est le Mercure, et non aqua fortis ou toute autre chose que ces fous se sont plu à nommer Eau Mercurielle." Suffit pour Trévisan.

Les personnes ayant commis pareille erreur fatale pourraient également profiter de l'enseignement d'Avicenne sur ce point : "Le vif-argent est froid et humide, et de lui, ou avec lui, Dieu a créé tous les métaux. Il est aérien, et devient volatil par l'action du feu, mais lorsqu'il a supporté le feu quelque temps, il accomplit de grandes merveilles, et n'est lui-même qu'un vivant esprit d'une puissance non surpassée. Il pénètreet s'introduit dans tous les corps, passe au travers d'eux, et constitue leur ferment. C'est donc l'Élixir Blanc et Rouge, et il s'agit d'une eau perpétuelle, l'eau de vie, le lait de la Vierge, le printemps, et cet Alun dont quiconque boit ne peut mourir, etc. C'est le serpent licencieux qui conçoit de sa propre semence, et enfante le même jour. Par son poison, il détruit toute chose. Il est volatil, mais le sage le soumet au feu, et alors il transmue comme il a été transmué, et teint comme il a été teint, et coagule comme il a été coagulé. En conséquence, la génération du vif-argent est à préférer à tous les minéraux; on la trouve dans tous les minerais, et tous portent sa signature. Le vif-argent est ce qui sauve les métaux de la combustion et les rend fusibles. C'est la Teinture Rouge qui s'unit de la plus intime manière aux métaux parce qu'elle est de leur propre nature, se mêle indissolublement à eux dans leurs plus infimes parties, et qui, étant homogène, leur adhère naturellement. Le Mercure accueille toutes les substances homogènes, mais rejette tout ce qui est hétérogène car il se réjouit de sa nature propre mais répugne à ce qui est étranger. Comme il est sot, donc, de gâter et détruire ce dont Nature a fait la semence de toute vertu métallique par de complexes opérations chimiques!"

Le "Rosaire" nous intime d'être particulièrement attentifs à ne point disperser la vertu du vif-argent en le purifiant, et à ne point diminuer sa force active. Un grain de blé, ou toute autre semence, ne connaîtra aucune croissance si sa vertu générative est détruite par une excessive chaleur externe. Purifie donc ton vif-argent par distillation à feu modéré.

Voici ce que dit le Sage de Trévise : "Si le vif-argent est dépouillé de la proportion métallique qui lui revient, comment les autres substances de même genre métallique peuvent-elles être engendrées de lui? C'est une erreur de supposer que tu peux faire des miracles avec eau limpide et claire extraite du vif-argent. Même si nous pouvions nous procurer pareille eau, elle ne serait d'aucune utilité, que ce soit pour une question de forme ou de proportion, ou pour restaurer ou affermir une parfaite qualité métallique. Car dès que le vif-argent perd sa nature première, il devient impropre à notre opération, puisque dépourvu de sa qualité spermatique et métallique. En vérité, j'approuve le Mercure impur et grossier que l'on sublime et purifie une ou deux fois avec simple sel, selon la méthode appropriée des Sages, tant que la fusibilité ou humeur radicale de pareil Mercure demeure intacte, c'est-à-dire aussi longtemps que sa nature mercurielle spécifique n'est point détruite, et aussi longtemps que son apparence externe ne devient pas celle d'une poudre sèche."

Dans "L'Escalier des Sages", on nous dit de nous méfier de la vitrification durant la solution des corps, avec l'odeur et le goût de substances imparfaites, et aussi de la vertu générative de leur forme qui serait de quelque manière desséchée et détruite par les eaux corrosives.

Si tu as tenté de faire une de ces choses, tu es à même de percevoir combien grave était ton erreur. Car l'eau des Sages n'adhère à rien excepté les substances homogènes. Elle ne mouille pas tes mains si tu la touches, mais dessèche ta peau, et ronge et corrode toute substance avec laquelle elle rentre en contact, sauf l'or et l'argent (elle n'affectera pas ces derniers à moins qu'ils n'aient été dissipés et dissous par des esprits et des eaux-fortes), auxquels elle s'allie très intimement. Mais l'autre mélange est fort enfantin, il est condamné par le concert des Sages et par ma propre expérience.

Je me propose maintenant d'exposer comment le vif-argent est l'eau avec laquelle, et en laquelle, se produit la solution des Sages, en citant au lecteur les opinions de divers Philosophes appartenant à diverses époques et diverses contrées.

Menalates dit, dans la Turba : "Qui allie le vif-argent au corps de magnésie, et la femme à l'homme, extrait la nature cachée par laquelle les corps sont colorés. Sache que le vif-argent est un feu dévorant qui mortifie les corps à son contact."

Un autre Sage, dans la Turba, déclare : "Séparer les éléments par le feu, les unir par l'entremise du Mercure, cela constitue le plus grand des arcanes, et de la sorte le magistère est-il complet, toute la difficulté résidant dans la solution et la conjonction. La solution, ou séparation, se produit par l'entremise du Mercure, qui premièrement dissous les corps, ceux-ci étant à nouveau réunis par le ferment et le Mercure."

Rosinus fait l'or s'adresser au Mercure de la manière suivante : "Veux-tu débattre avec moi, Mercure? Je suis le Seigneur, la Pierre qui supporte le feu." Mercure répond : "Tu dis vrai; mais je t'ai engendré, et une partie de moi en vivifie plusieurs de toi, ce pourquoi tu es jaloux de moi. Qui me réunira à mon frère ou à ma soeur vivra et se réjouira, et me fera te suffire."

Au 5ème chapitre du "Livre des Trois Paroles", nous lisons : "Je te dirai que dans le Mercure se trouvent les oeuvres des planètes, et dans ses pages toutes leurs imaginations."

Aristote dit que le premier mode préparatoire est que la Pierre doit devenir Mercure ; il appelle Mercure le premier corps, qui agit sur les substances grossières et les change à sa propre ressemblance. "Si le Mercure ne faisait rien d'autre que rendre les corps subtils et semblables à lui-même, cela nous suffirait."
Senior : "Notre Pierre est donc de l'eau congelée, c'est-à-dire du Mercure congelé en or ou argent, et qui résiste au feu lorsqu'il est fixé."

"The Son de la Trompette" : "Le Mercure contient tout ce que cherchent les Sages et détruit tout or écailleux. Il dissout, adoucit et extrait l'âme du corps."

"Le Livre de l'Art d'Alchimie" : "Les Sages tout d'abord s'abusèrent en s'efforçant de revêtir les corps inférieurs de la gloire et splendeur du corps parfait lorsqu'ils découvrirent que les métaux ne diffèrent qu'en raison du plus ou moins grand degré de digestion, et que tous sont engendrés du Mercure, avec lequel ils extrayaient l'or et le réduisaient à sa première nature."

"La Correction des Fous" : "Remarque que le Mercure grossier dissout les corps et les réduit à leur première matière ou nature. Étant fait d'eau claire, il s'efforce toujours de corroder le grossier, et tout spécialement celui qui est le plus proche de sa propre nature, à savoir l'or et l'argent." Dans le même ouvrage, l'on trouve l'observation qui suit : "Tu peux employer le Mercure grossier comme suit - afin de sceller et ouvrir les natures, puisque les choses semblables sont salutaires les unes pour les autres." Et encore : "Le vif-argent est la source de l'Art Alchimique, car les Sages disent que tous les métaux sont de lui, et à travers lui, et en lui - il s'ensuit que les métaux doivent être tout d'abord réduits en Mercure, matière et sperme de tous les métaux."

Et encore : "La raison pour laquelle tous les métaux doivent être réduits à l'état de vapeur en est que nous constatons que tous sont engendrés du vif-argent, par l'entremise duquel ils naissent à la vie."

Gratianus : "Purifie Latone, i.e., le cuivre (minière), avec Mercure, car Latone est d'or et d'argent, un corps composé, jaune, et imparfait."

"Le Son de la Trompette" : "Le Mercure commun est appelé un esprit. Si tu ne résous le corps en Mercure, avec le Mercure, tu ne peux obtenir sa vertu cachée."

"L'Art de l'Alchimie", chapitre VI : "La seconde partie de la Pierre nous nommons vivant Mercure, qui, étant vivant et grossier, est dit dissoudre les corps, car il y adhère dans leur être le plus intime. C'est la Pierre sans laquelle Nature ne fait rien."

Le "Rosaire" : "Le Mercure ne meurt jamais, excepté avec son frère et sa soeur. Lorsque le Mercure mortifie la matière du Soleil et de la Lune, il reste une matière semblable à des escarbilles."

Le Sage de Trévisan : "N'ajoute rien à la surface pour digérer et épaissir le Mercure dans la nature de l'or ou des métaux." Encore : "Cette solution est possible et naturelle, c'est-à-dire, grâce à l'Art qui est servante de la Nature, étant nécessaire et unique à cette oeuvre; mais elle n'est accomplie que par le vif-argent, dans des proportions s'offrant d'elles-mêmes à l'ouvrier habile connaissant les plus intimes qualités de la Nature."

"L'Art de l'Alchimie" : "Qui peut suffisamment porter le Mercure aux nues, le Mercure seul ayant pouvoir de réduire l'or à sa première nature?"

Ces citations nous éclairent sur ce qu'entendaient les Sages en parlant de leur eau, et sur ce qu'ils pensaient au sujet de ce merveilleux liquide, à savoir le Mercure, auquel ils attribuaient tout pouvoir dans le Magistère, car rien ne saurait être porté à la perfection en dehors de son propre genre. Les hommes digèrent les végétaux, non dans le sang des animaux, mais dans l'eau qui est leur principe premier, et les minéraux ne sauraient être affectés par le liquide végétal. D'après "Le Son de la Trompette" : "Tout le Magistère consiste à séparer les éléments des métaux, les purifier, et séparer le soufre de Nature des métaux."

De plus, comme le dit Hermès, seules les substances homogènes restent unies, et seules peuvent-elles produire une postérité de leur propre espèce, i.e., si vous désirez une médecine devant engendrer les métaux, son origine doit être métallique, car "l'espèce est teinte par son genre", comme en témoigne le philosophe.

En résumé, tout notre Magistère réside dans l'union des éléments mâle et femelle, ou actif et passif, par l'entremise de notre eau métallique et d'un degré approprié de chaleur. Or, le mâle et la femelle sont deux corps métalliques, et cela je le prouverai encore par d'irréfutables citations des Sages :

Dantius nous intime de préparer les corps et de les dissoudre.

Rhasès : "Change les corps en eau, et l'eau en terre : alors tout est accompli."

Galien : "Prépare les corps, et purifie-les de la noirceur en laquelle est corruption, jusqu'à ce que le blanc devienne blanc et rouge, puis dissous-les tous deux, etc."

Calid (chapitre I) : "Si tu ne rends point les corps subtils, de sorte qu'ils soient impalpables au toucher, tu ne parviendras pas à la fin de ton travail. S'ils n'ont pas été broyés, répète ton opération, et vois s'ils sont broyés et subtilisés. Si tu fais ainsi, tu parviendras au but désiré."
Aristote : "Les corps ne peuvent être modifiés sauf par réduction à leur première matière."

Calid (chapitre V) : "Semblablement, les Sages nous ont commandé de dissoudre les corps de sorte que la chaleur adhère à leurs parties les plus secrètes; puis nous passons à la coagulation après une seconde dissolution avec une substance très proche d'eux."

Menabadus : "Faites que les corps ne soient point corps, et corps les choses incorporelles, car c'est là tout le procédé grâce auquel on extrait la vertu cachée de Nature."

Ascanius : "La conjonction des deux est semblable à l'union du mari et de l'épouse, dont l'étreinte a pour résultante une eau dorée."

"L'Anthologie des Secrets" : "Marie l'homme rouge à la femme blanche, et tu as tout le Magistère."

"Le Son de la Trompette" : Il y a un autre vif-argent et teinture permanente qu'on extrait des corps parfaits par dissolution, distillation, sublimation, et subtilisation."

Hermès : "Joins le mâle à la femelle dans l'humidité qui leur est propre, car il n'est pas de naissance sans union du mâle et de la femelle."

Platon : "La Nature imite une nature parente, la contient, et lui apprend à résister au feu. Marie l'homme à la femme, et tu as tout le Magistère."

Avicenne : "Purifie séparément le mari et l'épouse, afin qu'ils se puissent unir plus intimement; car si tu ne les purifies point, ils ne peuvent s'aimer l'un l'autre. Par conjonction des deux natures, tu obtiens une nature claire et limpide qui, lorsqu'elle s'élève, devient magnifique et avantageuse."
"L'Art de l'Alchimie" : "Deux corps nous fournissent tout dedans notre eau."

Trevisanus : "Seule cette eau qui est de même genre, et peut être épaissie par les corps, peut dissoudre les corps."

Hermès : "Qu'on se saisisse des pierres du mélange au début de la première oeuvre, et qu'on les mélange en parts égales dans la terre."

"Miroir" : "Notre Pierre doit être extraite de la nature de deux corps, avant de pouvoir devenir un parfait Élixir."

Democrite : "Tu dois tout d'abord dissoudre les corps sur cendres blanches et chaudes, et ne pas les broyer sauf avec de l'eau."

Le "Rosaire" d'Arnauld : "Extrais la Médecine des corps les plus homogènes de la Nature."

J'ai ainsi témoigné du nombre de corps dont l'Élixir est tiré. J'établirai maintenant à l'aide de citations ce que sont ces corps.

"Exposé de la Lettre du Roi Alexandre" : "En cet art tu dois marier Soleil et Lune."

"Le Son de la Trompette" : "Le Soleil ne fait que chauffer la terre et lui confère sa vertu par l'entremise de la Lune, qui, de tous les astres, accueille le plus volontiers sa lumière et sa chaleur."

"La Correction des Fous" : "Sème or et argent, et ils récompenseront ton travail par mille, par l'entremise de cette chose qui seule possède ce que tu cherches. La Teinture d'or et d'argent présente les mêmes proportions métalliques que les métaux imparfaits, car ils ont en commun la même matière première en la personne du Mercure."

Encore : "Teins avec l'or et l'argent, car l'or procure le doré et l'argent la nature et la couleur argentines. Rejette toutes choses n'ayant point naturellement ou virtuellement le pouvoir de teindre, car en elles ne réside aucun profit mais seulement gaspillage d'argent et grincements de dents."

Senior : "Moi, le Soleil, suis chaud et sec, et toi, la Lune, es froide et humide ; lorsque nous nous marierons dans une chambre close, je te volerai doucement ton âme."

Rosinus à Saratant : "De l'eau vivante nous tirons la terre, un corps mort et homogène, composé de deux natures, celle du Soleil et celle de la Lune."

Encore : "Lorsque le Soleil, mon frère, pour l'amour de moi (l'argent) déverse son sperme (i.e., sa graisse solaire) dans la chambre (i.e., mon corps Lunaire), c'est-à-dire lorsque nous devenons un dans une puissante et totale complexion et union, l'enfant de notre amour conjugal sera né."

Hermès : "Son humidité tient de l'empire de la Lune, et sa graisse de l'empire du Soleil, et ces deux-là sont ses coagulum et pure semence."

Astratus dit : "Qui souhaite atteindre la vérité, qu'il s'empare de l'humeur du Soleil et de l'Esprit de la Lune."

Turba Philosophorum : "L'un et l'autre corps en leur perfection devraient être retenus pour la composition de l'Élixir, ou rouge ou blanc, car aucun ne devient liquide sans l'autre."
Et encore, l'Or dit : "Personne ne me tue si ce n'est ma soeur."

Aristote : "Si je n'avais point vu l'or et l'argent, certainement dirais-je que l'Alchimie n'est point vraie."

Le Sage : "Le fondement de notre Art est l'or et sa compagne inséparable."

"L'Art de l'Alchimie" : "Nous avons déjà dit que l'or et l'argent doivent être unis."

Le "Rosaire" : "Il y a un rajout de couleur orange par lequel la Médecine est portée à la perfection depuis la substance du soufre fixe, i.e., l'une et l'autre médecine sont tirées de l'or et de l'argent."

Le Sage : "Qui sait comment teindre le soufre et le vif-argent est parvenu au grand arcane. L'or et l'argent doivent être présents dans la teinture, et aussi le ferment de l'esprit."

Le "Rosaire" : "Le ferment du Soleil est le sperme de l'homme, le ferment de la Lune le sperme de la femme. Des deux nous obtenons chaste union et vraie génération."

"Le Son de la Trompette" : "Tu souhaites de l'argent pour subtiliser ton or, et le rendre volatil en retirant ses impuretés, car l'argent a grand besoin de la lumière de l'or. En conséquence, Hermès, comme Aristote dans son traité des Plantes, dit que l'or est son père, et l'argent sa mère; notre Pierre ne nécessite rien d'autre. L'argent est le champ en lequel est semé la semence d'or." Et un peu plus loin : "En ma soeur, la Lune, croît ta sagesse, et non dans quelque autre de mes domestiques, dit le Seigneur Soleil. Je suis semblable à la graine semée en terre bonne et pure, qui germe et croît et se multiplie et rapporte grand profit au semeur. Moi, le Soleil, te donne à toi, Lune, ma beauté, la lumière du Soleil, lorsque nous sommes unis en nos plus petites parties." Et la Lune dit au Soleil : "Tu as besoin de moi, comme le coq a besoin de la poule, et j'ai besoin de ton opération, qui est parfaite de moeurs, toi père des lumières, grand et puissant seigneur, chaud et sec, moi qui suis la Lune croissante, froide et humide, mais qui reçois ta nature par notre union."

Avicenne : "Afin d'obtenir l'Élixir rouge et blanc, les deux corps doivent être unis. Car bien que l'or soit le plus fixe et le plus parfait de tous les métaux, s'il est dissous en ses plus petites parties, il devient spirituel et volatil, comme le vif-argent, et cela en raison de sa chaleur. Cette teinture, qui est sans nombre, est nommée ardente semence mâle. Mais si l'argent est dissous dans l'eau chaude, il demeure fixe comme auparavant, et possède peu ou pas de teinture, bien qu'il reçoive promptement la teinture dans une complexion de chaud et de froid, et soit nommé froide et sèche semence femelle. L'or ou l'argent ne sont pas aisément fusibles en eux-mêmes, mais un mélange des deux fond promptement, comme le savent les orfèvres. En conséquence si notre Pierre ne contenait point à la fois or et argent, elle ne serait pas liquide, et ne donnerait lieu à aucune médecine par l'entremise de quelque magistère que ce soit, non plus qu'aucune teinture, car si elle produisait teinture elle n'aurait toutefois aucun pouvoir de teindre."

Et un peu plus loin : "Prenez donc garde et n'agissez que sur or, argent, et vif-argent, car tout le bénéfice de notre Art vient de ces trois-là."

Je pourrais ajouter que le Mercure grossier est l'eau que les Sages ont employée pour la solution. J'ai établi que deux corps doivent être dissous, et qu'ils ne sont rien d'autre que l'or et l'argent. Je décrirai maintenant la conjonction de ces deux corps au moyen du Mercure grossier des Sages.

"La Lumière des Lumières" : "Sache que c'est l'or, l'argent, et le Mercure qui blanchissent et rougissent à l'intérieur comme à l'extérieur. Le Dragon ne meurt point s'il n'est tué au moyen de son frère et de sa soeur, et non par l'un d'entre eux seul, mais par tous deux ensemble."

"L'Escalier des Sages : "D'autres affirment qu'un véritable corps doive être ajouté à ces deux-là, afin de renforcer et abréger l'opération."

"Le Trésor des Sages" : "Notre Pierre possède corps, âme et esprit, le corps imparfait est le corps, le ferment l'âme, et l'eau l'esprit."

"Le Chemin du Chemin" : "L'eau est appelée l'esprit, car elle donne vie au corps imparfait et mortifié, et lui confère une meilleure forme; le ferment est l'âme, car il donne vie au corps, et le modifie en lui accordant sa nature propre."

Encore : "Tout le Magistère est accompli avec notre eau, et par elle. Car elle dissout les corps, les calcine et les réduit en terre, les transforme en cendres, les blanchit et les purifie, comme dit Morienus : 'Azoth et feu purifient Latone, c'est-à-dire la lavent et lui retirent totalement son obscurité ; Latone est le corps impur, Azoth est le vif-argent'."

"Le Son de la Trompette : "Comme sans le ferment il n'est pas de teinture parfaite, selon ce que disent les Sages, ainsi il n'est pas de bon pain sans levain. En notre Pierre, le ferment est semblable à l'âme, qui donne vie au corps mort par l'entremise de l'esprit, ou Mercure."
"Le Rosaire" et Pierre de Zalentum affirment : "Si le ferment, qui est le moyen de la conjonction, est disposé au début, ou au milieu, alors l'oeuvre est plus rapidement portée à la perfection."

"Le Son de la Trompette : "L'Élixir des Sages est composé de trois choses, à savoir la Pierre Lunaire, la Solaire, et la Mercurielle. En la Pierre Lunaire est soufre blanc, en la Pierre Solaire soufre rouge, et la Pierre Mercurielle contient les deux, en cela réside la puissance du Magistère tout entier."

Eximenus : "L'eau, avec ses adjoints, disposée dans un vase, les préserve de la combustion. Les substances étant broyées avec l'eau, il s'ensuit l'ascension de l'Ethelia, et l'imbibition de l'eau est d'elle-même suffisante pour achever l'oeuvre."

Platon : "Prenez des corps fixes, unissez-les, lavez le corps dans la substance corporelle, et laissez-le s'affermir au contact du corps incorporel, jusqu'à ce que vous le changiez en corps véritable."

Pandolphus : "L'eau fixe est pure eau de vie, et nul poison teintant n'est engendré sans l'or et son inséparable compagne. Qui teinte le poison des Sages avec le Soleil et sa compagne a atteint la plus grande des sagesses."

Encore : "Séparez les éléments par le feu, unissez-les grâce au Mercure, et le Magistère est achevé."

Exercit, 14 : "L'esprit garde le corps et le préserve du feu, le corps clarifié empêche l'esprit de s'évaporer sur le feu, le corps étant fixe et l'esprit incombustible. D'où que le corps ne puisse être brûlé, car le corps et l'esprit sont un par l'entremise de l'âme. L'âme les empêche d'être séparés par le feu. Et donc, les trois ensemble peuvent défier le feu comme d'ailleurs n'importe quoi d'autre au monde."

Rhasès ("Le Livre des Lumières") : "Notre Pierre est nommée après la création du monde, étant trois et toutefois une. Nulle part ailleurs on ne trouve notre Mercure plus pur que dans l'or, l'argent, et le Mercure vulgaire."

Lorsque corps et esprits sont dissous, ils sont résous en les quatre éléments, qui deviennent substance ferme et fixe. Mais lorsqu'ils ne sont pas ensemble dissous, il reste une mixture que le feu peut néanmoins désunir."

Rosinus : "Dans notre Magistère il y a un esprit et des corps, d'où qu'il est dit : Il se réjouit d'être semé dans les trois substances associées."

Calid : "Apprêtez les corps vigoureux par l'humidité dissoute, jusqu'à ce que chacun soit réduit à sa forme subtile. Si vous ne subtilisez et ne broyez point les corps jusqu'à ce qu'ils deviennent impalpables, vous ne trouverez pas ce que vous cherchez."

Rosinus : "La Pierre se compose de corps, âme, et esprit, ou eau, comme disent les Philosophes, et est digérée dans un vase. Tout notre Magistère est de notre eau, et par notre eau, qui dissout les corps, non dans l'eau, mais par une véritable solution philosophique dans l'eau d'où sont extraits les métaux, et est calcinée et réduite en terre. Elle rend jaunes comme cire ces corps en la nature desquels elle est transformée ; elle substantialise, blanchit, et purifie le Léton, suivant la parole de Morienus."

Aristote : "Prenez votre fils chéri, et mariez-le à sa soeur, sa soeur blanche, en mariage égal, et offrez-leur la coupe d'amour, car c'est nourriture qui pousse à l'union. Toutes choses pures doivent être unies à des choses pures, ou elles auront des enfants différents d'eux-mêmes. Par conséquent, pour commencer, ainsi que le conseille Avicenne, sublimez le Mercure et purifiez dedans des corps impurs. Puis broyez et dissolvez. Répétez cette opération encore et encore."

Ascanius : "Excitez la guerre entre cuivre et Mercure jusqu'à ce qu'ils se détruisent et se dévorent l'un l'autre. Alors le cuivre coagulera le vif-argent, le vif-argent congèlera le cuivre, et les deux corps deviendront une poudre par le biais d'imbibition et de digestion assidues. Réunissez l'homme rouge à la femme blanche jusqu'à ce qu'ils deviennent Ethelia, c'est-à-dire vif-argent. Qui les change en esprit au moyen du vif-argent, et les rend alors rouges, peut teindre n'importe quel corps."

Pour ce qui est de la nature de ce cuivre, Gratianus nous instruit par les mots suivants : "Rendez Latone blanche, i.e., cuivre blanchi avec Mercure, car Latone est un corps orange et imparfait, composé d'or et d'argent."

Je vous conseille à tous sans exception de suivre mon enseignement, l'exactitude de mes citations des Anciens ne laissant aucun doute et mes propres expériences l'ayant confirmé plus encore. Tout écart de cette voie mène à la déception, à la seule exception de l'oeuvre de Saturne, qui doit être réalisée par la subtilisation des principes. Les Sages disent que les choses homogènes ne se combinent qu'entre elles, se rendant l'une l'autre blanches et rouges, et permettant la génération commune. Le point important est que le Mercure doit agir sur notre terre. C'est l'union du mâle et de la femelle dont les Sages nous parlent tant. Après que l'eau, ou vif-argent, soit une fois apparue, elle croît et se multiplie, car la terre devient blanche, et l'on nomme cela imprégnation. Puis, le ferment est coagulé, i.e., joint au corps imparfait préparé, jusqu'à ce qu'ils deviennent un en couleur comme en apparence : l'on appelle cela naissance de notre Pierre, que les Sages nomment le Roi. De cette substance, il est dit dans "L'Art de l'Alchimie" que si quelqu'un roussit cette fleur, et sépare les éléments, le germe générateur est détruit.

Je conclurai par ces mots d'Avicenne : "Le véritable principe de notre oeuvre est la dissolution de la Pierre, car les corps dissous ont endossé la nature des esprits, i.e., car leur qualité est plus sèche. Parce que la solution du corps est accompagnée de la coagulation de l'esprit. Sois donc patient, digère, broie, rends jaune comme la cire, et ne sois jamais las de répéter ces opérations jusqu'à ce qu'elles soient absolument parfaites. Car les choses saturées d'eau sont de ce fait adoucies. Broie davantage la substance, adoucis-la plus, et subtilise ses parties grossières, jusqu'à ce qu'elles soient totalement pénétrées de l'esprit et ainsi dissoutes. Car en broyant, en brûlant, en cuisant, les parties tenaces et visqueuses des corps sont séparées."

Enfin, j'aimerais que vous compreniez, fils de la connaissance, qu'il y a trois solutions dans l'oeuvre des Sages.

La première est celle du corps grossier.

La seconde est celle de la terre des Sages.

La troisième est celle qui survient durant l'accroissement de la substance. Si vous considérez assidûment tout ce que j'ai dit, ce Magistère vous sera connu. Quant à moi, combien j'ai souffert pour cet Art, l'histoire le révélera aux siècles futurs.

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Les plus récentes découvertes sur la lumière, la chaleur et le feu (Eckhartshausen)

19 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

Nous constatons, dans la nature, des forces agissant sur des substances en renouvellement. Toutes les formes, en ordre crois­sant, sont des modifications d’une forme primitive ; toutes les forces, en ordre décroissant, des modifications d’une force pri­mitive. Les forces sont les stimuli ou excitants actifs ; les corps sont des ordonnances déterminées des principes de la matière, ou Eléments, et apparaissent comme le résultat de l’action des stimuli sur l’excitabilité passive.

La force primitive serait donc le premier Agent ou moteur physique, et la première forme, le premier élément excitable des choses.

La nature physique forme toutes les apparences, en ordre croissant et décroissant, par extension et concentration, à par­tir de ces deux extrêmes. Les produits corporels, étant des ap­parences, constituent un moyen terme entre activité et passivité, force et matière. Le Substrat de chaque manifestation des trois règnes est la Chaleur Elémentée ou Substance du Feu qui se décèle sous forme de Carbone, extrême inférieur, sujet passif de la nature. L’autre extrême est l’Azote, principe actif de la nature. Ayant procédé à tous les essais possibles avec ces deux principes, actif et passif, j’en déduisit le système suivant :

L’Elément physique primitif de la nature est Androgyne ; Force et Matière, Activité et Passivité s’y équilibrent. Ce corps primitif se dédouble par le Mouvement : l’Actif se sépare du Passif. Après cette séparation, la force active agit sur le corps passif, engendrant une Manifestation qui constitue un Médium entre la force et le corps. Ce triple procès par le moyen du Mouvement forme les Trois Principes de la nature :

Lichtstoff : la substance lumineuse ou Lumière élémentée ;

Warmesfoff : la  substance calorique ou. Chaleur élémentée ;

Feuerstoff : la Substance ignée ou Feu élémenté.

Ces trois principes se manifestent selon trois propriétés :

Expansion, Contraction et nouvelle Expansion, par lesquel­les la nature se partage en Supérieure, Moyenne et Inférieure. Où domine l’expansion apparaît l’état gazeux ; où domine l’at­traction, l’état solide ; où ces deux s’équilibrent, l’état liquide.

Par cette division, la nature établit deux progressions : l’une en série décroissante, de la force au, corps ou de la Lumière au Feu ; l’autre, en ordre ascendant, du corps à la force, du Feu, à la Lumière. Cette double hiérarchisation entraîne action et réaction, d’où procèdent la vie et le mouvement des êtres. La tendance de ‘la Force à passer à ‘la Forme s’appelle Attraction ; celle de l’a Forme à passer ; à l’état de Force, Expansion, Assimilation.

Ainsi, le Mouvement détermine trois Essences (dans l’ordre croissant, Feu, Chaleur, Lumière) qui forment trois Sujets pas­sifs ou Corps.


Le Feu élémenté est du Feu latent ou potentiel ; la Chaleur élémentée, de la Chaleur latente ; la Lumière élémentée, de la Lumière latente. Le Feu potentiel est sensible sous la forme du Carbone, ; la Chaleur potentielle sous celle d’un Liquide gras, acide ; la Lumière potentielle sous forme d’une Essence savon­neuse, visqueuse, insipide.

Que ces trois corps entrent de nouveau en expansion par le Mouvement, la phase gazeuse apparaît : pour le Carbone, com­me Air Vital ou oxygène ; pour l’Acide gras comme Air in­flammable ou hydrogène ; pour l’Essence savonneuse comme azote.

Ces trois gaz, en ordre croissant, sont trois forces stimulatrices qui, de nouveau, agissant sur les trois corps primitifs, produisent cinq manifestations, par le médium du corps auquel ils donnent naissance :

La Substance Ignée, absorbant l’Air Vital ou oxygène, pro­duit le Feu Libéré par le moyen de l’Hydrogène ; la Substance Calorique, absorbant l’oxygène, produit la Chaleur Libérée ; la substance Lumineuse produit, par l’Azote, de la Lumière Libérée. Ainsi apparaissent, en ordre décroissant, Lumière, Cha­leur et Feu dans la nature.

Le milieu ou médium qui permet l’action des Agents primitifs sur leur Sujet passif, consiste en trois Fluides, résultant de l’action des trois Forces sur leur Sujet ; ils se divisent en trois Régions (supérieure, moyenne, inférieure), mais s’interpénétrant. Ils sont le lien entre la force d’expansion et celle de contrac­tion. Où s’établit la liquéfaction, ce lien engendre la force de cohésion et, là où commence la cohésion, ce lien s’associe à nouveau pour liquéfier. Ainsi s’entretiennent le Mouvement et la Vie. A l’état gazeux, ce milieu est l’oxygène ou Air Vital, qui maintient l’équilibre entre l’Air raréfié et l’Air fixe. En: lui, Lumière et Chaleur sont intimement unies sous forme gazeuse.

Le Second Fluide provient du Calorifique en expansion, par intervention de l’Air Vital, et forme un corps élastique unissant les Forces les plus subtiles aux plus fixes, corps en quoi Matière Lumineuse et Matière Calorique s’associent étroitement. Il procède de l’union de l’oxygène avec la matière calorique rendue volatile et forme le corps générateur d’Acidité, le véritable Air Vital ou Oxygène de la  Nature.

Quand l’Acide apparaît, l’action de l’Air Vital seul est in­suffisante ; cet Air Vital doit, auparavant, former avec le Ca­lorifique volatilisé un médium ou lien qui donnera naissance à l’Acide. Ce médium apparaît lors de la formation des Acides, mais n’est pas manifeste, aux sens. Ce véritable Semi-Acide n’est pas simplement de l’oxygène, comme on l’a prétendu, mais un oxygène ou Air Vital uni au Calorique volatil, formant alors un Fluide Elastique, bouillonnant comme l’eau, sans humidité. Il est susceptible de diverses modifications ; il est cause de l’élasticité des corps ; il engendre la sonorité dans son mode expansif ; élastique et volatil, il se laisse concentrer par le froid, se dilate de nouveau, s’échauffe au contact de l’eau, engendre la Causticité avec le Carbone ; possède une propriété attrac­tive ; se combine à la plupart des corps, modifiant leurs pro­priétés ; se trouve dans les Trois Règnes, sous diverses modifi­cations ; apparaît comme un corps suffocant dans les charbons rougis et les corps en fermentation ; il est mû par la chaleur. C’est le médium entre Lumière et Chaleur, entre l’Acide et l’Al­cali. Il est fixe au feu avec les alcalis fixes et a la plus grande affinité pour le Carbone ; il est la cause de toute expansion. En combinaison avec l’alcali, il le rend soluble dans l’Eau. Chaque fois que l’Acide est uni à ce Médium avec de la Terre Absor­bante, apparaît l’AlcaliI...


 Dans l’ordre ascendant, le Feu Elémenté est-il fluidifié sous forme de Chaleur Elémentée, naît alors un Fluide médian entre le Carbone et la Chaleur Elémentée, qui est ‘un Acide Inflam­mable, que j’appelle Acide Igné. La Chaleur Elémentée est-elle volatilisée sous forme de Lumière Elémentée, apparaît un nouveau Fluide ou Liquide, moyen terme entre les bornes Lu­mière et Chaleur, qui se laisse reconnaître comme Acide Phosphorique. La Lumière Elémentée est-elle encore volatilisée, se forme un nouveau Fluide moyen terme, qui est un Air Vital uni au Calorique très raréfié dont j’ai parlé. Ce Calorique séparé de la Lumière élémentée, il reste de l’Azote.

Envisagée comme être élastique, la Lumière Elémentée, dans sa phase liquide, pénètre tous les corps ; cet être élastique, im­pondérable en soi, rend un corps pesant quand il y est con­centré, léger quand il y est raréfié. Ces deux modalités apparais­sent également à la production de chaleur ou de froid : dès que naît la chaleur sensible, l’être élastique se concentre.à l’intérieur du corps ; dès qu’apparaît le froid, il se dilate et se concentre à l’extérieur.

La capacité d’un corps à absorber Feu, Chaleur, Lumière à l’état libre est indépendante de sa densité ou de son volume, mais dépend de son affinité avec Lumière, Chaleur et Feu Elémentés, qui est fonction de son degré de cohésion. Plus un corps tend à l’expansion, plus il est apte à dégager Chaleur, Lumière, Feu à l’état libre ; plus il se contracte, plus apte il est à s’unir à Chaleur, Feu, Lumière. Le Feu sensible, dans sa plus grande expansion, devient Chaleur sensible, laquelle, dans sa plus grande expansion, devient Lumière sensible... L’entité élastique déjà nommée est la ‘cause de l’attraction des corps : partout où elle est en expansion, elle tend à se recontracter, d’où l’Attraction. Cette essence lumineuse élastique a la plus grande affinité avec la matière du fer et forme avec lui, dans son état dilué, l’Aimant. L’attraction de l’aimant s’observe chaque fois que cette essence élastique en expansion tend à reprendre son état con­centré d’équilibre ; la répulsion a lieu par suite ‘de la répul­sion de ce fluide élastique, par périodes, sous l’action de la ma­tière calorifique.

Le Feu, la Chaleur, la Lumière Elémentée ont des sphères d’influence déterminées : la plus restreinte est celle du Feu, puis vient celle de la Chaleur, enfin celle de la Lumière.

La coexistence du Moteur et du Mobile dans un être produit son existence manifestée : d’ans un corps physique, le mouve­ment ; dans un végétal, la végétation ; dans un animal, la vie animale ; dans un métal, l’électricité. Dans îles trois règnes, les Moteurs en action apparaissent sous la forme de la substance élastique, qui est une essence liquide, savonneuse, dilatée. Les Sujets motiles apparaissent sous forme de Carbone plus ou moins dilaté.

Une chaux métallique à laquelle on ôte le Carbone pour lui substituer de la Lumière Elémentée donne un corps vitrifié, de­venu isolant, sans. conductibilité électrique. Si l’on ajoute du Carbone au verre, il devient conducteur comme les métaux.

La fleur vit du Carbone, de même que l’homme aspire de l’Air vital et expire du Carbone qui, au contact de l’oxygène, se change en gaz carbonique. La plante aspire l’air, fixe du Carbone, le transforme et donne, à la lumière solaire, de l’oxy­gène renouvelé. Dans les corps animaux, le principe excitatif est dans l’Ether nerveux tandis que le principe excitable du Carbone est dans le sang. Les facteurs de toute destruction sont l’excès du principe excitable ou « carbone » et l’épuisement du facteur excitatif. Le Carbone tend à la densification, la ma­tière de Lumière à la volatilisation. Par volatilisation, il y a épuisement de l’excitant ; par entassement, excès d’excitabilité.


Chez les végétaux, là où le Carbone est dissout, il y a putré­faction ; là où il s’accumule et où le Moteur disparaît, dessic­cation.

Un corps reste aussi longtemps dans sa perfection que ses principes s’interpénètrent. A la moindre modification, naît ‘l’im­perfection, point de départ de toute séparation et dissolution. Ce qui pénètre est, partout, la Lumière Élémentée ou, mieux, la Lumière produite par le Moteur lumineux sur le Sujet lumineux. La Nature est un tout constitué de forces agissantes et de corps mus. Tout y est vivant, rien n’y est mort.

La mort n’est qu’une pause pour harmoniser des accords nouveaux. La putréfaction est un procès de renouvellement, en vue de dégager la vie de la mort apparente et de libérer les particules vivantes emprisonnées afin de les rendre aptes à de nouvelles combinaisons organiques. La Substance Calorique et la Substance Lumineuse sont les Principes Passif et Actif de la Nature.

L’atmosphère de ce globe est un fluide dont les particules sont formées de matière lumineuse et calorique dissociées ; elle est susceptible de se condenser et de devenir perceptible sous diverses formations vitreuses. Les corps se composent de ma­tière lumineuse et calorique rendue visible et ne sont que des modifications de la Chaleur et de la Lumière Elémentées, en proportions définies.

La matière de la Chaleur et de la Lumière existe à l’état dispersif dans l’atmosphère et constitue le fluide où flotte la di­versité des vies. Diluée ou concentrée en formes visibles, elle peut former des apparences multiples. A l’état raréfié, elle est imperceptible et devient sensible, formelle, pondérable en se concentrant.

Par le moyen du Soleil et de lentilles convexes et concaves  sont produites les Formes Archétypes de la matière lumineuse et calorique, On peut obtenir le Carbone de Nature dans un vase plein d’eau, au moyen de lentilles. Par expansion, il se résout en matière calorique et forme, avec de la terre animale ou végé­tale, du charbon véritable. Les phénomènes colorés des lentilles montrent les modifications de la matière lumineuse et calorique par l’apparition d’Acides distincts : le foyer Rouge engendre sur le Carbone de l’Acide Carbonique ; le foyer Bleu engendre sur le Calorique de l’Acide Phosphorique ; le foyer Blanc engendre sur la matière lumineuse de l’Acide Chlorhydrique très volatil. Les Acides paraissent donc se manifester par l’entremise des couleurs. Par la connaissance des lois des cou­leurs on peut parvenir à celle des Acides. Là où les particules de lumière sont disjointes, il y a obscurité, cette disjonction donnant le noir sur un objet. Où elles sont jointes, règne la lumière visible, donnant le blanc sur un objet. On devrait nom­mer l’obscurité : « Un certain état de désunion de la matière lumineuse ».

Le Soleil agit sur notre globe comme excitant lumineux, trans­formant le Carbone naissant en matière lumineuse et nous le rendant sous les espèces de forces stimulantes. Ainsi le monde nourrit le Soleil et le Soleil nourrit le monde.

Processus de la Nature : Il existe un Principe Formateur ; cet Agent est la Matière Lumineuse dispersée, manifestée à l’état gazeux comme Azote. Et un Principe Passif, qui est le Carbone. Cet Azote agissant sur le Carbone le scinde en trois corps basiques : Feu élémenté, Chaleur élémentée, Lumière élémentée, chacun d’eux ayant trois possibilités : garder sa spé­cificité passive ou passer à l’état liquide ou gazeux sous l’action d’un Agent. La manifestation liquide du Carbone est un acide inflammable (Phosphorsâure) qui se distingue de l’acide phosphorique chimique (Phosphorige Saure) par sa plus grande  causticité. A l’état gazeux, il se transforme en Air Vital.

La matière calorique à l’état liquide devient Phosphorische-saure et, à l’état gazeux, Air Inflammable (Hydrogène, si l’on tient à l’envisager chimiquement).

La matière lumineuse donne à l’état liquide de l’Acide Méphi­tique l’acide carbonique pour suivre l’analogie dont se sert l’au­teur, à l’état très volatil de l’Acide Chlorhydrique, et à l’état gazeux de l’Azote. Ces trois gaz agissent comme stimulants sur les corps passifs et donnent naissance au feu, à la chaleur et à la lumière manifestés. A l’état liquide, ces trois manifesta­tions donnent le Fluidum Universale dans lequel baigne notre Terre, siège de toutes modifications. Les premiers corps formés sont donc Oxygène, Hydrogène, Azote, Carbone, qui pro­duisent ensuite effectivement les acides, eaux et terres : quatre Formes-Types d’où sortent toutes les autres.

Si la Chaleur et la Lumière Elémentées sont captées au moyen de lentilles dans des vases de porcelaine dans de l’eau pure, il se produit une couleur noire dans la phase d’expansion. L’eau s’échauffe jusqu’à ébullition ; progressivement refroidie, le Carbone se concentre en un résidu blanc qui, à l’analyse, se trouve être un Carbonate de Magnésie substance poreuse, insipide, difficilement soluble dans l’eau : cette terre alcaline pourrait être la terre primitive. Selon le dosage des éléments carbonique et lumineux, elle s’offre : avec un excès de matière lumineuse comme siliceuse; de matière carbonique, comme argileuse, laquelle après nouvelle adjonc­tion de matière carbonique se transforme en calcaire. Dans la multiplicité des Forces agissantes et des Sujets mus, on ne peut reconnaître l’Agent Primitif ni le Premier Sujet. Mais, à l’aide de la Chimie supérieure, les corps se laissent diviser jusqu’au Carbone, limite ultime. Partant de cette base et dé­composant en ordre croissant, nous arrivons au gaz et, finalement, au Premier Agent, l’Azote [c’est-à-dire Azoth ou Azoq des Sages].

Dès que l’Azote agit sur le Carbone, il extrait une es­sence savonneuse qui est la Substance de la Lumière à l’état lié. Elle naît de l’expansion du Carbone. Par condensa­tion de ce corps, en naît un second, un Acide gras. Substance de la Chaleur. La substance lumineuse est Principe d’Expan­sion, cause de toute diaphanéité. La substance Calorique est prin­cipe d’Attraction, cause de toute condensation. Ce sont les deux Principes Premiers de la Création, l’Azoth du Ciel et l’Azoth de la Terre, le Yin et te Yang des Chinois. Le Carbone est la vraie matière de toutes choses, l’Androgyne de la Nature, unissant le Mâle et la Femelle, le Passif et l’Actif. Par expansion, il forme son Principe actif qu’il attire de nouveau comme être passif pour en former, à partir de lui seul, la multiplicité des corps. C’est le Centre de la Nature, d’où découle la création visible. Ce corps primitif a une triple faculté : expansion, contraction, nouvelle expansion.

Dans la Nature, la Force est toujours immuable, s’offrant d’elle-même. Le corps la capte et est modifié par elle. La par­ticipation, de la Force semble une plongée, librement consentie, dans la forme, pour se manifester. Cette pénétration engendre un être médian qui équilibre les deux et qu’on nomme Esprit. Ainsi, dans la Nature physique, l’excitant lumineux agissant sur la chaleur élémentée produit un Esprit  en physique, gaz. Les Anciens le nommaient Spiritus, Vapor qui baigne l’univers ; on le nomme Air Vital, Spiritus Universalis. Par lui, la Lumière est liée à la Chaleur et engendre toutes les Manifestations.

Le processus naturel entier forme le cycle suivant :

Partout, la Lumière, agissant en ordre décroissant, tend à se figer en Chaleur élémentée, tandis que la Chaleur, en ordre croissant, tend à se volatiliser en Lumière. Chaque fois que, dans l’ordre décroissant, la Chaleur est liée, apparaît de la Lumière, en ordre croissant et réciproquement, ce, parte médium de l’Esprit Vital de la Nature. Les Trois Principes de cette der­nière sont donc, Force Lumineuse, Chaleur Elémentée, Esprit de Vie, leur produit. Trois essences distinctes, mais unies dans une Matière qui est la Matière Primitive, du Monde Physique ; ces Trois Eléments peuvent se nommer SEL, MERCURE et SOUFRE des Philosophes,  Matière, Lien, Force de toutes choses.

Cet Esprit de la Nature, issu de la Lumière et de la Chaleur, est comme un Souffle ou Haleine. Vitale de l’Univers, qui, par condensation se transforme en Eau et c’est alors l’Humide Radical de Nature.

Le Monde inspire, et expire.

A partir du mouvement appliqué au Carbone en tant que Pre­mière Matière universelle (feu élémentée, Hylè) naissent Matière Calorifique et Matière Lumineuse :

AGENT : Matière Lumineuse 

PATIENT : Carbone

PRODUIT : Matière Calorifique.

Dans l’ordre croissant, ces trois- Expansions se graduent ainsi :

Matière Lumineuse : Lumière Elémentée.

Matière Calorique : Chaleur Elémentée.

Matière du Feu : Feu Elémentée.

Ces trois corps, possédant une existence réelle, doivent avoir la force de produire Lumière, Chaleur et Feu. A l’état le plus expansif, ces Trois Agents sont trois gaz, nommés par les An­ciens Spiritus, Esprits physiques : Azote : Excitant lumi­neux. Hydrogène : Air combustible, agent de la chaleur ; Oxy­gène : Air vital, agent du feu.


Là où apparaît la lumière, il y a action de l’Azote sur lia Lumière élémentée ou la substance savonneuse. Là où apparaît la chaleur, action de l’Hydrogène sur la Chaleur élémentée ou l’Acide gras. Là où naît le feu, action de l’Oxygène sur le Feu élémenté ou Carbone. Dans le feu sont contenues Chaleur et Lumière élémentées. La Chaleur élémentée est l’expansion du feu à un degré supérieur. La Lumière élémentée est celle de la Chaleur élémentée à un niveau supérieur. Quand, en ordre crois­sant, ces trois gaz prennent naissance, ils forment.en attirant l’Air Vital une substance moyenne pour se recombiner au Car­bone, et ce médium est le premier corps liquide de la Nature.

Oxygène et Hydrogène donnent l’eau ; Hydrogène et Azote, de l’acide nitreux, par le moyen de l’Oxygène : L’Acide apparaît chaque fois que sont ‘libérées de la matière lumineuse et de la matière calorique.

Si de l’Azote est équilibré avec de l’Hydrogène par la mé­diation de l’Oxygène, il naît un liquide acide, formé de Lumière et de Chaleur, qui peut être dit Acide Universel. Si l’Hy­drogène s’équilibre avec l’Oxygène, il naît de l’eau. Les trois phases solide, liquide, gazeuse contiennent un être moyen qui unit dans chacune le Fixe au Volatil : dans l’a phase gazeuse l’Oxygène ; dans la phase liquide un Liquide pur ; dans la phase solide, le Feu élémenté agissant au sein de l’eau.

L’Oxygène, envisagé comme excitant igné, régit tout phéno­mène où un corps est volatilisé. Le Liquide pur, comme Cha­leur élémentée, régit tout phénomène où des corps sont présents à l’état soluble. Le Feu élémenté régit tout phénomène où des corps sont à l’état fondu et mêlé.

Ces trois dernières lois sont de la plus haute importance, parce qu’avec les moyens les plus simples, les actions les plus admirables peuvent être provoquées.

Munich 1798 

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