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Catéchisme de la chimie supérieure ( Eckhartshausen)

19 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

 

Catéchisme de la chimie supérieure pour prouver l'analogie des vérités de là nature

avec les vérités de la foi par un adorateur de la religion et de la nature, dont le nombre humain est 15.

Pour ceux qui sont capables de lumière. Une traduction à partir de caractères magiques.

Karl Von Eckartshausen 1918 Heliopolis

question : Qui es-tu ? réponse : Je suis un homme qui connaît la lumière et adhère à celle-ci.

Q. : Qu'est-ce qu'un tel homme ?

R. : C'est celui qui, après avoir reconnu la lumière, est illuminé par celle-ci, et y adhère entièrement ; qui sait et qui pratique tout ce que la vieille et authentique communauté de lumière a toujours su et pratiqué, que ce soit écrit dans le livre de la lumière ou non.

Q. : Par quel signe reconnaît-on un adhérent de la lumière ?

R. : Par le fait qu'il connaît le signe de la croix dans la nature, le grand symbole de la force de dissociation , de la sépara­tion du pur et de l'impur, du parfait et de l'imparfait ; qu'il évite tous les travaux non authentiques et les erreurs que rejettent unanimement les vrais maîtres de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Comment se désigne l'adhérent de la lumière ? R. : II se désigne par le grand signe de la croix de la nature (+), par le signe de la grande force de dissociation ; il dit et entreprend tout au nom ou selon les attributs du feu, de la lumière et de l'esprit, et ainsi il conduit tout vers son Amen, ou vers son achèvement.

Q. : Combien y a-t-il de chapitres de l'authentique communauté de lumière, que doit connaître chaque adhérent de la lumière ?

R. : Il y en a cinq ; le premier concerne la vraie conviction et la foi, ou l'adhésion à la lumière ; le second, les sept moyens d'obtenir la lumière ; le troisième, les dix commandements de la lumière ; le qua­trième, la connaissance de la force créatrice qui agit, et de la forme pure. qui reçoit ; le cinquième, la science de la dissociation de la lumière.

CHAPITRE PREMIER

De l'adhésion à la lumière

Q. : Quel est le chapitre premier de la doctrine authentique de la lumière ?

R. : L'adhésion à la lumière et la connaissance de celle-ci ; car sans cette adhésion et cette connaissance, il n'est pas possible de faire agir une force, de réaliser et d'achever quelque chose.

Q. : A quoi doit croire et adhérer chaque fils de la lumière ?

R. : A tout ce que les hommes de lumière ont enseigné et rédigé dans les 12 articles de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Quels sont les 12 articles de l'authentique communauté de lumière ?

R. : 1. J'adhère et je crois à une force créatrice du feu, qui a donné naissance au ciel et à la terre, ou encore à l'Extensum et au Concretum à ce qui est volatile et à ce qui est fixe. 2. J'adhère et je crois aussi à une lumière produite par cette force du feu, lumière qui est la maîtresse de l'univers ou la force toute-puissante dans la nature. 3. Cette lumière pure émanant du feu, est reçue par l'esprit le plus pur, et née de la forme la plus pure. 4. Cependant, elle a dû souffrir au royaume de l'impur ; elle a été dissociée, mortifiée et enfouie sous terre. 5. Alors la lumière descend au plus profond de la matière ; et au bout de 3 époques, c'est-à-dire après 3 réunions de trois forces spirituelles avec 3 formes purifiées, elle se redresse, à nouveau vivante. 6. Elle se rehausse jusqu'à la perfection suprême, en tant que force de lumière brillante du feu tout-puissant. 7. Et après avoir atteint à cette perfection suprême, elle est capable de rendre vivant tout ce qui est mort, et parfait tout ce qui est imparfait. 8. Je crois à l'esprit de lumière émanant du feu et de la chaleur, et je le connais. 9. La sainte, universelle et véritable communauté de lumière, association et union de ceux qui sont capables de lumière. 10. Abolition des maladies et de la misère. 11. Renouvellement de notre être. 12. Et félicité suprême de la vie.

Q. : En quoi consiste le principal contenu de ces 12 articles ?

R. : Il consiste, pour celui qui est capable de lumière, à suivre les lois de la lumière, qu'il reconnaît par la raison , et qu'il pratique par sa volonté ; à savoir, qu'il n'existe qu'une seule force universelle, en une substance et essence, et qu'en même temps celle-ci est triple dans son évolution force du feu en tant que force créatrice ; force de lumière en tant que force d'union ; et force de l'esprit, émanant du feu et de la lumière, en tant que force formatrice de toutes choses.

Cet esprit qui émane conduit tout à la perfection, et par des moyens ordonnés à l'achèvement suprême.

CHAPITRE SECOND

 Des 7 moyens d'obtenir la lumière

Q. : Quel est le chapitre second de la doctrine de la véritable commu­nauté de lumière ?

R. : Ce sont les 7 moyens d'obtenir la lumière, moyens que la com­munauté tient pour éminents et saints.

Q. : Qu 'est-ce qu 'un tel moyen ?

R. : Il s'agit d'une action visible par laquelle une force invisible réa­lise une perfection intérieure.

Q. : Combien y a-t-il de ces moyens ?

R. : Sept, et ils sont en analogie avec les sept sacrements. 1. Le bap­tême, par l'eau et la lumière. 2. La confirmation de la matière selon l'eau et la lumière. 3. La purification. 4. La réception de la lumière d'en haut dans l'essence et la substance. 5. La sanctification et le perfectionnement de l'objet (Sache). 6. L'huile d'en haut. 7. L'association du feu et de la lumière en un corps parfait.

Q. : Qu 'est-ce que le baptême par la lumière ?

R. : C'est le premier et le plus nécessaire des moyens d'association ; grâce à lui, la matière est purifiée par l'eau et par la parole agissant dans l'eau, et est reproduite en tant que corps nouveau et priait dans l'être de lumière.

Q. : Qu'est-ce que la confirmation ?

R. : La confirmation par la lumière est un moyen d'association par lequel la matière, préparée comme il est dit plus haut est fortifiée par l'huile de lumière et par l'esprit qui s'y trouve, et est rendue davantage capable de perfection.

Q. : Quel est le troisième moyen d'association ?

R. : C'est celui par lequel la lumière et le feu, sous les espèces formelles des principes du pain et du vin, reçoivent leur essence, dès qu'un prêtre ordinaire de la nature sait transformer ces prin­cipes sur l'autel.

Q. : Quel est le quatrième moyen d'association ?

R. : C'est le moyen grâce auquel le prêtre de la nature, capable de lumière, purifie la matière réceptive à la lumière, et à lui-même tous les effets de l'imperfection.

Q. : Quel est le cinquième ?

R. : C'est le moyen d'association grâce auquel la force pure de lumière, sous forme d'huile, se rehaussé jusqu'à la perfection des forces guérissantes.

 Q. : Que/ est le sixième ?

R. : Le sixième est celui grâce auquel la matière est sanctifiée et ren­due capable de lumière par 7 forces agissantes.

Q. : Quel est le septième ?

R. : C'est l'association parfaite de la lumière avec le feu grâce à un être intermédiaire qui émane de la lumière et du feu, et qui réalise la plus parfaite de toutes les associations.

CHAPITRE TROISIÈME

Des 10 commandements de la lumière

Q. : Quel est le chapitre troisième de la communauté de lumière ?

R. : Les 10 commandements de la lumière, au sujet desquels il est écrit : Si tu veux réaliser quelque chose, réalise-le par l'exécution des com­mandements ou de la loi.

Q. : Quels sont les 10 commandements de la lumière ?

R. : Ce sont les suivants :

1. Il n'y a pas plus d'une matière. 2. Les propriétés de cette matière doivent être utilisées dans l'ordre. 3. Dans 6 actions, la matière achève son travail journalier, puisque 3 forces produisent 3 êtres et elle se repose dans la septième force, en tant que plénitude de ses actions ; cette septième force doit être sainte pour toi en tant que sabbat de la lumière. 4. La lumière et le feu, en tant qu'élément passif et actif doivent t'inspirer le respect ; car le feu est l'élément mâle et la lumière l'élément femelle — ils sont le père et la mère de toutes choses. 5. Ne ravis pas à la lumière ce qui vivifie, afin que la matière, qui doit être rehaussée, ne meure pas. 6. Ne mélange pas ton ouvrage hors de l'ordre établi. Toute chose a son temps et ses rotations. Il est de ton devoir d'unir les forces dispersées. 7. Ne soustrais pas leurs propriétés à la lumière et au feu ; il est du devoir du sage de les faire agir entièrement. Il laisse à chacun ce qui lui appartient. 8. Ne prends pas pour vraie une fausse apparition, et n'accepte rien d'impur et d'étranger, qui ne serait pas capable d'absorber la lumière, afin que l'artifice ne te donne pas une fausse image. 9. L'esprit émanant' de la lumière et du feu ne désire aucune chose qui soit encore liée à d'autres, et qui ne soit pas détachée. 10. Par ailleurs, cet esprit ne désire aucune matière qui lui soit étrangère et non semblable.

Q. : En quoi consiste le contenu principal de ces lois de la lumière ?

R. : En ce que la lumière doit pénétrer entièrement ta matière ou substance,, afin que le feu soit entièrement uni par la lumière, et que l'esprit émanant de la lumière et du feu vivifie entièrement ta matière. Ceci est la première loi.

La seconde est similaire à celle-ci, à savoir : Tu dois traiter de la même manière la matière que tu travailles, et toute autre essence que tu veux amener à la perfection.

C'est à ces deux conditions principales que se rattache toute la science de la lumière, et tous ceux qui y adhèrent.

Q. : Quels sont les commandements de la communauté de lumière qui travaille ?

R. : Ils sont au nombre de cinq. Premièrement : Respecte, en tant que sacrés, les moments de repos dans le travail ; car la lumière a ses sab­bats, et le travailleur doit les fêter. Deuxièmement : Au cours de ces fêtes de lumière, consacre la substance du saint sacrifice ; laisse, par l'eau de lumière, le pur se séparer de l'impur, l'actif de l'inactif. Troisièmement: Dans ton travail, abstiens-toi de tout ce qui est contre la loi de lumière, aussi bien dans les forces et actions que dans les formes et essences  des choses ; celles-ci sont les 4 quatembres de l'école de lumière. Quatrièmement : Essaie, au moins une fois l'an, de discuter avec un ami raisonnable du progrès que tu fais, et de découvrir ce qui te gaie, afin que tu aies un soutien sur ton chemin, qui te mène à la perfection Cinquièmement : Aux époques que te désigne la raison, abstiens-toi aussi bien d'ouvrir ton cœur à d'autres que de te lier prématurément.

Q. : Pourquoi faut-il respecter les commandements de la communauté de lumière des vrais connaisseurs de la nature ?

R. : Parce que les lois de la lumière, ou conditions de la lumière, commandent que l'homme n'obéisse pas seulement à ce qui est nécessaire, à l'intérieur de la nature, pour atteindre le but fixé, mais éga­lement à ce qui est exigé à l'extérieur à cette fin ; en effet, le quatrième commandement de la lumière suppose ces exigences, et quiconque ne respecte pas ses bonnes ordonnances et ses préceptes sera tenu pour un pro fane et un homme de chair qui ignore les lois de l'esprit.

CHAPITRE QUATRIÈME

Q. : Quel est le chapitre quatrième de la communauté de lumière intérieure des véritables connaisseurs de la nature ?

R. : C'est la connaissance de l'analogie du saint Pater-noster adhérent , et du saint salut angélique adhérent, avec la force naturelle et la forme, naturelle la plus pure.

Q. : Quelle est cette analogie ?

R. : 1. Force suprême de la lumière, toi qui es le divin dans la nature, et qui demeures au plus profond de celle-ci comme dans le ciel, que soient sanctifiés tes attributs et tes préceptes. 2. Où tu es, tout est parfait ; que le règne de ta connaissance arrive parmi les tiens. 3. Que, dans tout travail, notre volonté unique soit toi, force de lumière qui agis Par toi-même ! Et de même que tu réalises tout dans la nature entière, réalise tout, également, dans notre travail. 4. Donne-nous de la rosée du ciel et du gras de la terre, les fruits du soleil et de la lune venant de l'arbre de la vie. 5. Et pardonne-nous toutes les erreurs que nous avons commises, faute de te connaître, dans notre travail, comme de notre cité nous voulons faire sortir de leur erreur ceux qui ont offensé nos principes ; ne nous abandonne pas à notre présomption et à notre propre science, mais délivre-nous de tout mal par l'achèvement de ton oeuvre. Amen.

 Analogie de l'Avé

Sois la bienvenue, source pure du mouvement propre forme pure capable de recevoir la force de lumière ! A toi seule s'unit la force de lumière de toutes choses. De toutes les formes réceptives, tu es la plus bienheureuse, et saint est le fruit que reçois, l'essence de la lumière et de la substance de chaleur unies. Forme pure, qui a engendré l'être le plus parfait, lève-toi pour devenir force de lumière pour nous, pendant que nous travaillons, et à l'heure où nous achevons l'ouvrage !

Q. : Quel est le contenu principal de tout le Pater-noster des enfants de lumière et de son analogie dans la nature ?

R. : Ils prient pour la somme de tous les biens spirituels et temporels pour le salut de l'âme et de la vie, pour obtenir de Celui qui est la force de lumière suprême — le divin dans la nature — la grande œuvre de la nature ; ils prient pour que Dieu les guide vers la sagesse, les préserve des erreurs dans leurs travaux, et leur enseigne à être bienfaisants envers les hommes, leurs frères, afin que soit réalisé ce que Dieu a promis aux des­cendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et que l'alliance de Dieu avec les hommes soit exécutée.

Q. : Pourquoi les enfants de lumière ont-ils également une analogie du salut angélique ?                      

R. : Afin que, non seulement, ils admirent ta grandeur de Dieu dans ta force toute-puissante de la nature (avec laquelle le Christ a une analo­gie), mais qu'également ils reconnaissent la splendeur de la forme virgi­nale la plus pure, dont l'analogie est la vierge Marie et à laquelle s'est unie la force supérieure afin de produire ce qui existe de plus parfait. Car, de même que le Saint-Esprit s'est uni à la vierge Marie pour pro­duire l'homme spirituel le plus parfait, de même l'esprit le plus pur de la nature s'unit à la matière la plus pure pour produire la forme physique la plus parfaite, le Rédempteur physique de la nature, qui amène à la perfec­tion tous les autres objets physiques, ce qui constitue le secret des sages. C'est pourquoi cet art ne peut être compris que de celui qui adhère au Christ ; et seules les analogies de la religion nous entraînent vers la connaissance suprême ; de même que l'expérience acquise par les enfants de lumière les conduit, également par analogie, à la connaissance des plus hauts mystères de la foi.

Q. : Ne suffit-il pas qu'un enfant de lumière sache et connaisse tout ce qui lui est prescrit ?

R. : Non ! Cela ne suffit pas, il doit également le pratiquer, et démontrer sa connaissance par ses œuvres ; c'est là-dessus qu'est fondée la science de la dissociation es enfants de lumière, science qui est en analogie avec la justice chrétienne.

CHAPITRE CINQUIÈME

Q. : Quel est le chapitre cinquième des enfants de lumière ?

R. : Il se compose de deux parties, à savoir qu'un adhérent de la lumière doit, par la grâce d'en haut qui est notre rosée, notre +, purifier partout l'impur, et réaliser le bien ; car la connaissance doit concorder avec l'exécution : cela veut dire que la théorie et la pratique doivent concorder ; ce n'est pas assez, pour un connaisseur de lumière, de connaî­tre l'art, il doit aussi savoir le pratiquer ; le savoir seul ne justifie pas, il faut aussi la pratique.

Q. : Quel est le mal qu'il faut fuir le plus dans notre science de la lumière ?

R. : Ce qui risque de priver l'homme de ce bien naturel suprême qui est la plus haute perfection de la nature.

Q. : Quels sont les principaux péchés ou erreurs que l'on peut commettre dans l'opération ?

R. : Ce sont les actions qui — aussi bien à l'égard de l'opération que dans l'application de ce trésor après l'opération — sont contraires aux fins de Dieu ; plus précisément, ce sont les suivantes : La trop forte éléva­tion par le feu. La trop forte concentration. Le gaspillage. L'excessive parcimonie de matière. La surcharge. L'inflammation. Le refroidissement. Au sujet de ces péchés principaux et mortels,,, qui tuent l'esprit, il est écrit : ceux qui le commettent n'obtiendront pas la perfection suprême dans la nature physique.

Q. : Combien y a-t-il d'infractions, ou de péchés chimiques, contre l'esprit de la nature ?                            

R. : 1. Tout bâtir sur cet esprit, présomptueusement, sans indulgence et sans raison, pécher contre sa miséricorde. 2. Désespérer aussitôt, lorsqu'on ne voit pas immédiatement son effet. 3. S'opposer à la connais­sance des vérités chimiques. 4. Jalouser ses frères pour la grâce dont ils bénéficient. 5. Endurcir son cœur contre les exhortations les plus salutai­res. 6. Demeurer dans l'ignorance. Ces infractions sont sans pardon, car elles ne pourront jamais être compensées dans l'ouvrage.

Q. : Quelles sont les infractions qui crient au ciel ?

R. : 1. Détruire délibérément l'ouvrage. 2. Profaner l'ouvrage. 3. En abuser pour opprimer les hommes. 4. Supprimer, à celui qui y a participé, son salaire mérité.

Q. : Quels sont les péchés chimiques étrangers ?

R. : 1. Conseiller à autrui l'erreur chimique. 2. Inciter autrui au Péché. 3. Consentir à l'erreur d'autrui. 4. Louer l'erreur d'autrui. 5. Se taire en présence de l'erreur d'autrui. 6. Fermer les yeux sur l'erreur d'autrui. 7. Participer aux erreurs d'autrui. 8. Défendre ces erreurs.

C'est ainsi que nous participons aux erreurs d'autrui, comme si nous les avions commises nous-mêmes.

Q. : Suffit-il, lorsque l'on est en possession de l'ouvrage, de délaisser le mal et d'éviter le péché ?

R. : Non ! Il faut faire aussi le bien ; car Dieu n'accorde cette grâce qu'afin que l'homme ainsi gratifié puisse apporter les fruits mûrs de la perfection. Il doit également mener une vie juste et pieuse devant Dieu et devant les hommes, et, par de bonnes œuvres, faire honneur à sa haute vocation.

Q. : Combien y a-t-il de bonnes œuvres ?

R. : Trois.

1. Le sage doit avoir son âme toujours orientée vers Dieu et la sagesse. 2. Qu'il s'abstienne de tout ce qui n'est pas divin et sage. 3. Qu'il remédie partout aux besoins des hommes, ses frères.

Q. : A quoi servent les bonnes œuvres ?

R. : Les bonnes œuvres servent à rendre heureux tant l'individu que l'univers entier.

Q. : Quelles sont les œuvres corporelles de la miséricorde que peut réaliser le sage lorsqu'il a atteint la perfection suprême de la nature phy­sique ?

R. : 1. Il peut nourrir ceux qui ont faim. 2. Faire boire ceux qui ont soif. 3. Vêtir ceux qui sont nus. 4. Héberger les étrangers. 5. Guérir les malades. 6. Eveiller la matière morte.

Q. : Quelles œuvres spirituelles peut pratiquer ce même sage ?

R. : 1. Il peut punir le péché. 2. Informer les ignorants. 3. Prodi­guer ses conseils à ceux qui doutent. 4. Consoler ceux qui sont affligés. 5. Souffrir patiemment l'injustice.

Q. : Quelles sont les huit félicités chimiques ?

R. : Ce sont celles qui sont obtenues par la jouissance et la posses­sion de la plus haute perfection de la nature en tant que bien naturel suprême, et qui sont enseignées par saint Jean dans l'Apocalypse d'après la révélation du Seigneur. 1. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du fruit de l'arbre de la vie, qui se trouve dans le paradis de mon Dieu. 2. Celui qui l'emportera ne sera pas offense par la seconde mort. 3. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du pain céleste caché, et je lui donnerai une pierre blanche sur laquelle sera écrit un nouveau nom que personne ne comprend, sauf celui qui possède la pierre. 4. A celui qui l'emportera et qui gardera mon œuvre jusqu'à sa fin, je donnerai la puissance sur les nations ; et il mènera les peuples avec une verge de fer, et il les brisera comme les vases d'un potier ; il aura ce que j'ai hérité du père, et je lui donnerai une étoile du matin. 5. Celui qui l'emportera sera habillé de blanc, et je n'effacerai jamais son nom du livre de la vie, et je le confesserai publiquement devant mon père et les anges. 6. Celui qui l'emportera sera une colonne dans le temple de mon Dieu, et j'inscrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville sainte qui est la nouvelle Jérusalem descendant du ciel, et il saura mon nouveau nom. 7. Celui qui l'emportera, je le laisserai s'asseoir sur mon trône, tout comme je suis assis sur le trône de mon père parce que je l'ai emporté. 8. Celui qui sera le vainqueur obtiendra, par le droit de la suc­cession, tout ce qu'il désire et souhaite de moi ; je serai Dieu, et il sera mon fils.

Q. : Quels sont, dans cet art, les conseils évangéliques ou célestes ?

R. : Ils sont au nombre de trois : 1. Rester pauvres dans la richesse. 2. Rester abstinents, alors que nous pouvons jouir de tout. 3. Rester obéissants, alors que nous pouvons commander.

Q. : Quelles sont les 4 choses dernières ?

R. : 1 : La mort, en tant que mortification de la matière. 2 : Le juge­ment, ou la dissociation 3 : de ce qui est céleste et vivant 4 : vis-à-vis de ce qui est terrestre et mort. Pense, ô homme, pendant ton travail, à ces quatre choses dernières, et tu ne failliras pas dans ton ouvrage.

REMARQUES FINALES

La force la plus subtile est unie dans l'aimant à la matière la plus grossière.

La force divisible est apparentée au point indivisible.

Expérience

On peut décomposer l'aimant en autant de points que l'on veut ; les morceaux maintiennent ensemble les points et les pôles similaires.

Ce qui, dans le cas de l'aimant, se manifeste dans les parties exté­rieures, paraît se situer de façon imperceptible dans tous les corps. Sans aucun doute, tous ont leurs points et pôles des forces par lesquelles ils s'unissent à des corps similaires et repoussent les corps dissemblables.

D'après le principe de base Principium infinitorum similium, la struc­ture de l'univers entier, dans ce qu'il contient de plus grand et de plus petit, paraît cohérente et régie par des rapports magnétiques ; ainsi, ces rapports associent le plus subtil au plus grossier, et le plus grossier au plus subtil — tout cela suivant un ordre cohérent. L'égalité et l'inégalité découlent, toutes deux, d'un récipient unique qui est la force.

Problèmes

1. Comment une grandeur peut-elle être divisée en d'innombrables autres, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, subsiste néanmoins toujours un rapport semblable ?

Ou bien : comment faire pour que d'innombrables puissances et séries de nombres (actus) se suivent les unes les autres en gardant une dépen­dance constante, de telle sorte que, dans l'infini, subsiste un rapport simi­laire ?

Ou bien : comment la force intérieure doit-elle être raccordée à la force extérieure pour que la forme cachée soit tournée vers l'extérieur? Etant donné que, dans les miroirs paraboliques, le foyer, se situe entre les tangentes et les sécantes, ne faudrait-il pas ajuster les tangentes aux sécantes si l'on veut atteindre le point le plus interne avec la forme extérieure selon des angles égaux ?                                       

Ne serait-ce pas possible de faire se rejoindre, dans l'air, en un ce tain endroit, les points harmoniques ? Que veut dire : faire la quadrature du cercle ? Ne serait-il pas contraire à la nature des choses d'imaginer que « faire la quadrature du cercle » signifie que l'on veut exprimer un cercle par un carré ? « Faire la quadrature d'un cercle », cela ne veut-il pas dire plutôt épuiser un espace cyclique avec des nombres rationnels, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, il subsiste un rapport précis ? Comment trouver la racine et l'aire de chaque carré irrationnel ? Et comment la vraie proportion des lignes laté­rales et perpendiculaires ? Comment démontrer, à partir du contenu rationnel du triangle équilatéral (sans connaître à l'avance la ligne de carré de celui-ci), combien de pieds ou fragments contient le carré du triangle ? Qu'entendaient les anciens, en fait, par quadrature, et qu'entendaient-ils par Arithmetica novenaria ? Et quelles découvertes ferait le monde si 1''Arithmetica novenaria était associée à la quadrature ? Dans la physique, le Principium infinitorum similium ne règne-t-il pas en tant que Principium cognitionis ? Et dans la métaphysique et la théologie, le Principium unitatis ne peut-il pas être le Principium conscientiae ? Grâce à ces deux principes, l'éphémère et le passager ne peuvent-ils pas être saisis et rendus permanents ? N'est-ce pas une loi éternelle qui veut que le spirituel trouve sa subsistance dans le corporel, et que le spirituel soit enfermé dans un espace corporel ?

Cette corporéité ou ce « en quoi » , n'est-ce pas quelque chose qui pourrait être exprimé par le mot « espace » , une forme corporelle à l'intérieur de laquelle agit le spirituel ? N'y a-t-il pas 3 principes de base, et ceux-ci n'agissent-ils pas sous forme de 7 for­ces  ? Ces 3 principes de base ne sont-ils pas 3 sources d'auto­mouvement qui amènent 7 formes  à l'intérieur d'une même conception, les trois premières formes constituant le premier principe, la quatrième et la cinquième constituant le second principe, et la sixième et la septième constituant le troisième principe ?

En considérant l'univers, maintenu ensemble de façon aussi im­muable, l'être raisonnable doit conclure qu'il existe un éternel et indissolu­ble lien de la divinité qui maintient tout ensemble. Cependant, on voit aussi, dans le monde matériel, la fragilité ou l'éphémère, et dans l'éphé­mère l'impérissable.

L'homme peut connaître cela ; pour qu'il ait cette connaissance, il lui faut toutefois quelque chose qui la lui rende possible. Cette chose est la lumière intérieure, ou l'âme ; et d'autre part, la chose qui rend tout visible, c'est la lumière extérieure.

L'âme dont nous parlons est inconnue de l'homme en tant que lumière, aussi longtemps qu'il n'est pas né de Dieu, c'est-à-dire aussi longtemps qu'il considère les choses dans son esprit et dans l'esprit naturel et non dans l'esprit divin. Lorsqu'il commence à considérer Dieu dans notre esprit, il voit que Dieu est en dehors de tout espace et de tout temps de tout lieu et de tout mouvement ; et que néanmoins il doit y avoir en Dieu quelque chose qui se meut, qui ordonne l'espace et le temps, le lieu et toutes choses. Ce quelque chose, c'est la Parole, la Sagesse et la Splendeur de Dieu, et cette parole n'est pas une essence  idéale, mais quelque chose de corporel , par quoi le divin et l'humain dans sa forme la plus pure, le suprasensible et le sen­sible, le spirituel et le physique agissent conjointement :

_ sur la réceptivité de l'homme vis-à-vis du divin ;

— sur la capacité d'élévation de l'homme charnel jusqu'au suprasensible ;

— sur la capacité du matériel  de se magnifier, pour se transformer en spirituel.

Traduit en français par Paul kessler

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Science écrite de tout l'art hermétique

14 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie


Anonyme 1736

qui n'a pas été puisée dans les Livres d'autrui ; mais qui a été justifiée et prouvée par l'expérience même ; mise en lumière, en l'honneur et gloire des enfants de l'art. Les Ides de Septembre de l'année 1720, par un Philosophe connu pour tel.

I — L'Alchimie est une étude, qui imite la nature, et va beaucoup plus loin que cette servante de la Divinité.

II —  Ce n'est pas la Lecture des Livres Philoso­phiques qui constitue le Philosophe ; mais bien plutôt la pratique, précédée des décou­vertes d'un fidèle ami, qui nous démontre l'art.

III — Notre art est aisé et difficile, très précieux et vil, selon le sujet qui s'y applique et s'y atta­che.

IV  — Il est aisé en ce qu'il ne se conduit que selon la voie de la simple nature.

V — Il est difficile en ce qu'il nous découvre tous les mystères de cette savante ouvrière, et nous rend les confidents de ses ressors ca­chés.

VI — Il est très précieux, par rapport à ceux qui re­cherchent notre art, dans les choses pré­cieuses et chères.

VII — Il est vil en ce qu'il tire son origine d'une chose, sinon vile, du moins très-commune et très connue.

VIII — La matière des Philosophes est unique, en essence, et en nombre, et ne dépend point de plusieurs sujets.

IX — Ce n'est point dans le règne Astral qu'il faut chercher notre matière, quoiqu'elle renferme toute la vertu des astres.

X —  Ce n'est pas aussi dans les Eléments, quoi­qu'elle les ait concentrés en elle-même.

XI — Le règne animal ne peut pas non plus nous la donner, quoiqu'elle soit douée d'une âme très noble.

XII  — Le règne Végétal ne peut pas nous fournir notre matière, quoiqu'elle ait un esprit végé­tatif, et une vertu beaucoup plus multipliante que tous les végétaux.

XIII — C'est enfin daris la dernière famille de la na­ture : je veux dire le règne minéral, qu'il faut la découvrir, quoi qu'elle ne soit ni or, ni argent, ni mercure vif, ni aucun des au­tres métaux, et minéraux, majeurs, et mi­neurs, à l'exception de ce que les Philoso­phes appellent leur ELECTRE MINERAL, non mûr, ou la MAGNESIE PHILOSOPHI­QUE, qu'ils appellent leur SATURNE, qui n'est nullement le commun, et qui ne peut-être compris par le sens ordinaire des Chymistes vulgaires.

XIV — La Matière des Philosophes doit être crue ; c'est à dire, n'avoir jamais passé par le feu.

XV — Notre Magnésie est la vraie et unique ma­tière de la Pierre Philosophale, dans notre voie universelle, qui est humide et sèche.

XVI  — La Solution de notre matière est, ou vio­lente, ou douce, ou bénigne.

XVII  — Le feu des Philosophes, en tant que le plus grand, et le premier de leurs secrets (puis­que c'est la seule connAissance qui distingue le Philosophe des Sophistes), est triple, le naturel, le surnaturel, et l'élémentaire.

XVIII —C'est le feu naturel, qui fait le soufre d'or de la Magnésie.

XIX — Le feu surnaturel est le menstrüe dissolvant des Philosophes qui n'est pas corrosif. C'est un feu non igné, une eau non aqueuse, un esprit corporel, et un corps spirituel ; en un mot, un feu froid, dont la chaleur l'emporte cependant sur la naturelle et l'artificielle. Il n'est que cette chaleur qui puisse dissou­dre l'or radicalement, sans aucune corrosion, et le rendre fusible et potable, qui est de toutes les médecines, et de tous les remèdes, le meilleur, et le plus agissant.

XX — Le feu élémentaire est la clef du naturel et du Surnaturel.

XXI — Le feu surnaturel est la mère du mercure des Philosophes ; le naturel en est le père, et l'élémentaire en est la nourrice, et la gou­vernante.

  XXII— Le mercure des Philosophes est simple, ou double, ou triple.

XXIII — Le simple est la fontaine aigrelette des Phi­losophes, ou leur VINAIGRE PHILOSO­PHIQUE, qui est le premier fondement et l'unique principe de la Pierre, c'est lui qui extrait les soufres des métaux, résout et volatilise leurs sels.

XXIV — Le double qui est la terre feuillée Philoso­phique, est un parfum et un OXYCRAT très doux, une eau qui ne mouille pas les mains; enfin il est ce que les Philosophes appellent leur Azoth.

XXV — Le mercure triple est la première matière des Philosophes, qui renferme leurs trois principes ; savoir, sel, soufre, et mercure Philosophiques, unis inséparablement, par le lien de conjonction. C'est enfin ce mercure qui se scelle hermétiquement de lui-même, et cette eau mêlée de feu.

XXVI — Nous avons cinq solutions de notre matière.

1° De la matière crue, pour en tirer le feu des Philosophes.

2° Afin que ce feu secret, étant extrait, il fasse paraître le FEU VITRIOLIN, non commun ; mais philosophique, qu'on appelle, PLOMB des Philosophes.

3° Que ce feu vitriolique passe par la putré­faction, au cahos des Philosophes.

4° De l'or philosophique, par le propre ai­mant mercuriel.

5° De la terre philosophique, afin d'en for­mer le double mercure.

XXVII — Il parait deux putréfactions ; celle de notre VITRIOL, et celle de la TERRE ADAMIQUE, ainsi appelée par les Philosophes, afin d'en préparer la terre feuillée, ou le double mercure.

XXVIII   Les Philosophes n'ont qu'un aimant, et deux aciers.

XXIX  — Le mercure simple des Philosophes, est l'ai­mant de leur Soufre.

C'est par lui qu'on tire l'or des Philosophes, qui est beaucoup plus précieux que l'or vul­gaire : il est aussi l'aimant du sel philosophi­que; c’est avec lui qu'on lave la terre philoso­phique, et qu'on la rend volatile, afin qu'ils se joignent exactement, et qu'ils fassent ce qu'on appelle mercure double.

XXX — L'un et l'autre acier tant sulfureux que salin, doit faire coït onze fois avec l'aimant mercuriel, afin qu'il acquière par cette cohobation réitérée, une nature régénérée très noble.

XXXI —  La volatilisation de la terre philosophique par l'Esprit du mercure (afin que le sel des métaux qui est la pierre même, soit engen­drée) demande un artiste ingénieux, assidu, et patient.

XXXII —Le grand mystère est de savoir volatiliser la terre philosophique, sans cette volatilisa­tion les autres travaux sont inutiles, et vains. Les Philosophes ont été très-réservés sur cet article. Raymond Lulle, Basile Valentin, Théophraste, Paracelse, Geber, Arnaud de Villeneuve, Melchior, Michel Sendivogius, le comte Trévisan, Morien, et plusieurs au­tres ont été très-secrets, et très obscurs, ils n'en ont dépeint le procédé qu'avec différons hyérogliphes, et en ont parlé avec des ter­mes très-variés. En égard à la diversité des Phénomènes qui paraissent dans cette élabo­ration ; les uns lui ont donné le nom de Nitre Vierge extrait de la terre adamique ; d'autres l'ont nommé, Grands jours de Salomon ; quelquefois, les Champs de Mars ; ailleurs, Benoîte Verdeur de Vénus ; quel­quefois Moisson portant feuilles, et fruits ; dans des occasions, Huile de Talc des Phi­losophes ; tantôt Mercure Amalgamé ; d'au­tres Masse de perles prêtes à se coaguler, Masse stygienne, Mer Glaciale ; quelquefois Lune engrossée de mercure ; ailleurs Dia­mant philosophique, Terre feuillée, Tartre des Philosophes, Manne, Dragon dévorant sa propre queue : on ne finirait pas à les rapporter.

XXXIII — La terre feuillée des Philosophes se compose avec leur or liquide, selon le poids de natu­re : elle est pour lors première matière, à laquelle si l'on proportionne le FEU GRA­DUE PHILOSOPHIQUE (que les Philoso­phes appellent l'HUILE DE SATURNE, ou le CACHET d'HERMES) cette terre est conduite à l'élixir blanc et rouge : elle se teint, et se parfait par ses propres éléments, qui sont l'air et le feu, et se multiplie à l'in­fini.

XXXIV — II n'y a point de voie particulière qu'elle ne soit émanée de la source universelle. Il ne faut donc pas ajouter foi aux fables des So­phistes du temps présent, qui savent extor­quer de l'argent aux sujets trop crédules, et les trompent par l'esprit d'un gain futur qui n'arrivera jamais.

XXXV — Les particuliers réels se font par le simple esprit du Mercure des Philosophes, qui est solaire et lunaire, comme la pierre de feu de Basile Valentin, l'augmentation de l'or et de l'argent, le cuivre conduit à des degrés de perfection. La transmutation de l'or et de l'argent en une teinture TEINGENTE. La maturation du mercure vif, en argent et en or, et plusieurs autres.

XXXVI — Le double mercure des Philosophes rend l'huile de Talc, que quelques-uns ont appelé leur GUT. Il conserve la fleur de la jeunesse jusqu’au dans la vieillesse la plus avancée. Il peut dissoudre plusieurs petites perles pour en faire de très-grosses, plus belles de beau­coup, en qualité et en beauté, que les natu­relles.

XXXVII — La teinture parfaite, outre la transmutation des métaux, multipliée à l'infini, rétablit et fortifie la santé, elle rend fécondes les fem­mes stériles, elle transmue les cristaux en pierres précieuses, et en diamants, elle exu-bère les derniers en escarboucles, et rend le verre malléable.

XXXVIII — En un mot les mystères de la Pierre sont si grands, qu'à peine la raison humaine peut-elle les concevoir.

XXXIX   C'est ainsi, dit Hermès, que Dieu créa le monde.

XL — La Pierre renferme enfin en elle, les secrets, les richesses, les miracles, et les forces des trois règnes.

Le tout procède d'une seule chose. Très-célèbre Médecin ou Chimiste, qui que vous soyez, résolvez-moi, si vous le pouvez, et s'il vous plaît, ce SYLLOGISME ; si-non, si vous m'en fournissez l'occasion, je suis prêt à vous le résoudre démonstrativement.

Je ne doute pas, Monsieur, que ce programme ne jette tous les lecteurs dans les expériences des minéraux, attendu qu'il désigne cet ELECTRE MINERAL, non mûr, comme la matière de la Pierre .

Je vais vous expliquer ce que les Philosophes enten­dent par leur ELECTRE MINERAL. Notre matière, di­sent-ils tous, se trouve sur mer et sur terre ; ils disent vrai : mais dans un autre endroit ils avertissent qu'on ne peut la trouver en aucun endroit du monde : ils ne nous trompent pas.

On entend par des minéraux, les sels quelconques ; c'est ce sel Philosophique dont parle Philaléthe, et qu'il appelle le premier être de tous les sels, qu'il faut rendre tel ; c'est à dire, le composer par un aimant attractif des vertus célestes, qui est l'ELECTRE MINERAL, paraissant sous la forme d'un « fray de Grenouilles ». Ils n'ont donc pas tort d'exclure tous métaux, et minéraux, puisque ce minéral est formé par l'artiste, d'une chose tirée d'une minière, qui n'est rien moins que les mines ordinaires, et cette chose est l'aimant des vertus célestes ; aussi se recrient-ils : NOSTRE MATIERE A SES PROPRES MINIERES.

Ce qui a trompé encore une infinité d'artistes, qui ont travaillé sur la vraie matière sans fruit, c'est qu'ils ont pris le sceau d'Hermès pour un vase luté, à la lampe d'émailleur, ou exactement bouché par un lut : mais je crois qu'il faut que notre matière se fasse un lut elle-même ; c'est-à-dire, que le ver à soie se renferme de lui-même dans sa coque (Buchère, Amy-Sage, Flamel). Je crois en outre qu'aucun des feux des chimistes ne doit servir à l'œuvre, par conséquent sur l'attestation des Philosophes, j'exclus tous les feux de fourneaux à vent, de retorte, de réverbère, de lampe, de ventre de cheval, et m'en tiendrais à leur feu secret.

Mais quel est-il ce feu secret ? C'est ici la pierre d'achoppement. La matière de la pierre et le feu secret, ont fait broncher quantité d'habiles gens : il n'a pas été accor­dé à tous les hommes de pénétrer les plus sublimes mys­tères de la nature, parmi lesquels la Pierre Philosophale tient le premier rang.

J'ai lu presque tous les Auteurs, qui traitent de ce grand art, sans pouvoir les approfondir entièrement. J'ai consulté ceux qui avoient le plus de réputation sur ces matières, je n'ai pas même négligé les manuscrits, et j'avoue que toutes les connaissances que j'en ai pu tirer, ne sont encore que très imparfaites.

Je me mets, malgré tous mes soins, au plus bas rang de ceux que les Adeptes appellent Profanes. J'ai même la témérité de penser que bien des Auteurs, qui ont la réputation d'avoir opéré le Grand-Œuvre, ne l'ont acquise qu'en écrivant obscurément, et en copiant les pas­sages des vrais Philosophes, sur l'interprétation desquels ils avaient fait de vains efforts.

Ce n'est pas que je nie la possibilité du Grand-Œuvre ; j'en suis au contraire convaincu. Il ne serait pas possible que de si grands hommes, qui en ont fait de si amples traités, eussent pu donner la plus sérieuse étude de leur vie à une chimère : ou s'ils avoient été entraînés par une aveugle crédulité, on n'en lirait pas parmi eux, qui feraient les serments les plus authentiques, et qui prendraient a témoins les choses les plus respectables et les plus sacrées, de la vérité qu'ils vont vous annoncer.

J'avoue que bien des gens ont été séduits par l'impos­ture : je conviens qu'une infinité de malheureux ont impu­nément pris le nom de Philosophes. Il est sûr que ces mêmes ont eu beau jeu, pour en imposer à la plus grande partie des hommes, au sujet de la transmutation métalli­que. Tous les Chimistes vulgaires qui ont un peu d'expé­rience, savent, à n'en point douter, qu'en dessoufrant avec des corrosifs les deux métaux parfaits, et en jetant ce soufre sur pareille quantité, ou poids de mercure, ou métaux imparfaits, la transmutation se fait à l'instant. Cependant le commun des hommes crie miracle à de pareilles expériences ; les bourses s'ouvrent, et le fraudu­leux Alchimiste profite de leur simplicité.

La Pierre des Philosophes est d'une toute autre nature ; elle transmue les métaux, sans avoir besoin d'em­prunter les soufres des autres métaux parfaits, et elle est la souveraine médecine pour guérir les mixtes des trois règnes.

Le morceau que je viens de vous donner, est suffisant pour donner une idée juste de l'art, pour faire voir aussi ce que des milliers de volumes ont écrits sans ordre : c'est en un mot, une sorte de thèse qu'un Seigneur Allemand prétend soutenir à la face de l'Univers.

Il s'y donne pour le tenant du tournoi, et semble inviter à la dispute les savants sur cette matière, à la manière d'Allemagne, où l'on soutient des thèses publi­ques sur cette science.

Ce petit Ouvrage est écrit en Latin, mais il devrait être traduit en toutes sortes de langues, pour la commo­dité de bien des enfants de l'art, qui ne sont pas lettrés.

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Traité de Chymie Philosophique et Hermétique....

14 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

Auteur inconnu


Magistère Métallique

L’astre du soleil, j’entends le soufre incombustible, où une particule & étincelle du feu vital, ou âme catholique que soleil céleste a mis dans l’or appelé soleil céleste, à cause de leurs sympathies, ne se trouve pas seulement dans le corps de l’or, mais encore dans les corps de Mars & de Vénus, & dans le bon vitriol minéral, avec lesquels soufres tant métallique que minéral, unis avec l’esprit ou mercure des Sages dupliqué, on peut faire l’œuvre ou Médecine des Philosophes, parce qu’ils sont terres d’une même racine & origine, ont une même teinture de semblable substance & couleur ; & la substance de cette teinture est un esprit & une fumée qui se réduit en liqueur, laquelle pénètre tous les corps métalliques.

Or comme de Vénus & de Mars on peut faire du vitriol, qui est proprement rétrograder, réincruder, & réduire le métal ou minéral ; aussi peut-on réduire le minéral ,c’est-à-dire le vitriol pur, qui croît dans les mines en une essence spirituelle, gardant les propriétés métalliques ; toutefois cette substance n’est pas la première matière, mais elle peut être convertie & réduite par l’art en la première matière ou hilé qui est la semence des métaux & minéraux; de manière qu’il ne serait pas nécessaire de recourir aux métaux pour en avoir le vitriol, puisque leur semence se rencontre & se trouve dans le vitriol minéral toute nue & à découvert.

Mais d’autant qu’il faut pour cette opération avoir du vitriol pur qui ne soit point imbu dans sa minière d’esprits arsenicaux, ni d’autres choses hétérogènes, & qu’on n’est pas assuré si les vitriols qu’on apporte de Chypre & de Hongrie, sont adultères ou non, je conseille de se servir du vitriol extrait de verdet, veridis aëris, qui est de couleur émeraude, d’un degré fort haut, & qui répand sa couleur au large ; car par ce moyen vous aurez assez de matière pour la réduire & en faire le Magistère des Sages, en cas que vous fussiez en doute de ne pouvoir accomplir cette arcanité par d’autres vitriols.


Extraction du Vitriol Emeraudin contenu dans le verdet & sa distillation

n° 1 _ Le verdet que les Latins appellent veridis aëris, & les Français vert-de-gris par un mot corrompu, n’est autre chose que le cuivre calciné par corrosion lente en poudre de couleur vert-de-mer ; laquelle calcination se fait par ératification,. c’est-à-dire qu’on fait un lit avec les aines ou marcs de raisins pressé au pressoir, & un autre lit de lames de cuivre, contenant lit sur lit, tant que le vase contenant soit rempli puis par succession de temps les lames se convertissent en verdet, qui se fait abondamment en la Province de Languedoc.

Prenez donc douze livres de verdet ou davantage si vous voulez, pilez-les, & les mettez dans huit cucurbites de verre, à chacune une livre & demie ; versez dessus du vinaigre distillé à l’éminence de huit doigts en travers : laissez digérer aux cendres les vases clos pendant quarante huit heures, remuant souvent la matière avec un bâton ; puis filtrez le menstrue teint par le papier gris, remettez de nouveau vinaigre sur les fèces ; digérez, filtrez, & continuez ainsi tant que toute la teinture verte soit extraite, & que les fèces demeurent de couleur d’ocre brun : faites ensuite évaporer le menstrue teint, tant qu’il n’en demeure que le tiers ou le quart, & le mettez en lieu froid, & se formeront de beaux cristaux émeraudin, videz par inclination le menstrue resté, faites évaporer & cristalliser comme devant, tant que vous ayez tout le vitriol du verdet en couleur d’émeraude, qui sera à la quantité de six livres, qui est demi-livre par livre de verdet. Ce vitriol est appelé des Peintres verdet calciné, mais improprement, duquel ils se servent, parce qu’il est excellent pour faire une très belle couleur émeraudine ; faites-le dissoudre derechef en le faisant bouillir dans de l’eau commune, puis filtrez & cristallisez, afin de l’avoir plus pur, & privé de tes excréments terrestres.

Prenez quatre livres de ce vitriol , desséchez à lente chaleur, mettez-le dans une retorte bien lutée ; posez-la au fourneau de Ponuture à feu nu, adaptez-y un grand récipient, lutez-y bien les jointures, puis distillez selon l’art, donnant feu lent au commencement & l’élément de l’eau passera, augmentez un peu, & l’élément de l’air passera abondamment dans le récipient en fumée blanche, & la liqueur qui tombera du bec de la retorte, sera verdâtre, augmentez encore le feu enfin très violent, & vous verrez l’élément du feu passer en liqueur rougeâtre, & ses fumées seront plus troubles qu’en la distillation de l’air. Pendant que les esprits fumeux entrent dans le récipient, il s’échauffe fort ; c’est pourquoi il faut tremper des linges dans l’eau froide, & les appliquer prudemment de temps en temps sur le récipient, afin de faire résoudre les vapeurs, en. liqueurs. Lorsque vous verrez que le récipient sera éclairci & refroidi, se sera le signe que la distillation sera finie ; ce qui s’effectue en sept ou huit heures u environ. Vous laisserez refroidir les vases & le fourneau pendant douze heures puis ôtant soigneusement le récipient, après avoir bien humecté le culte du col, vous verserez dans une forte bouteille de verre la liqueur contenue dans le dit récipient , & la boucherez avec de la cire.

Pour déflegmer cet esprit & le rectifier, vous poserez au bain-marie, & vous ferez distiller le flegme ou 1’eau insipide, qui sera en petite quantité & la goutterez souvent ; & quand la liqueur commencera à distiller avec acidité alors vous porterez la retorte au fourneau, où seront accommodées des cendres chaudes ; vous y joindrez un récipient, luterez les jointures, & ferrez distiller jusqu’à siccité; & ainsi vous aurez un esprit mercuriel & sulfureux, de couleur hyacinthe, pénétrant une agréable acidité, & qui sera au poids de vingt neuf onces ou environ. Par la même méthode vous ferez distiller tout votre vitriol émeraudin, & de douze livres d’icelui, vous aurez quatre vingt quatre onces & plus d’esprit sulfureux & au fond des retortes il restera des dites douze livres, soixante neuf onces de matière cuivreuse.

Je vous donnerai encore ici une autre manière pour faire l’esprit de vitriol extrait du verdet, laquelle est meilleure que la première, mais plus pénible.


Distillation de l’Esprit Mercuriel & sulfureux du Vitriol du Verdet

n° 2 _ Prenez du vitriol du verdet extrait comme il est dit, avec du vinaigre distillé, puis dissout avec de l’eau commune filtrée & coagulée par trois diverse fois, & ainsi il sera bien purifié, faites le calciner doucement, tant qu’il commence à devenir rouge ; Joignez à trois livres de ce vitriol une livre & demie de cailloux calcinez & éteints par trois fois dans du vinaigre distillé, pilez, mêlez , & mettez tout cela dans une retorte lutée, posez-la aux cendres, joignez-y son récipient convenable, puis donnez feu lent pendant 24 heures, & passeront premièrement des esprits blancs & verds, puis après en augmentant le feu autres 24 heures, il sortira des gouttes rouge avec les esprits, continuez la même force de feu, tant que tous les esprits & les gouttes rouges soient passées dans le récipient : cela fait, les vases étant refroidis vous prendrez, tout ce qui sera dans le récipient, & le renverserez dans une cucurbite, puis distillerez doucement au bain, le flegme sortira, & l’huile rouge demeurera au fond de la cucurbite.


Extraction du Vitriol De Fer

N° 3 _ Prenez une livre de limaille de fer bien nette, mettez-la dans une cucurbite, mêlez dessus une livre de ladite huile rouge de vitriol de verdet, & deux livres d’eau commune distillée, faites digérer aux cendres chaudes, & quand la limaille sera dissoute, vous filtrerez la dissolution, puis vous en ferez distiller les trois parts, & mettrez le reste en lieu froid, & il le cristallisera, un autre vitriol, dans lequel Venus & Mars seront unis, & sera de saveur douceâtre, faites trois livres de ce vitriol.


Calcination & distillation du Vitriol de Mars

N° 4 _ Calcinez doucement & subtilement ce vitriol sous le moufle à feu lent, le remuant souvent avec la verge de fer, & il se convertira en une poudre subtile de couleur rouge bruns mettez cette poudre dans une retorte lutée, joignez-y son récipient, lutez bien les jointures, & distillez par le degré du feu, tout ainsi que vous aurez fait en la distillation du vitriol du verdet, c’est-à-dire pendant quarante-huit heures, en distillant l’huile rouge. Ainsi premièrement vous distillerez l’esprit blanc qui est le mercure des Philosophes ; puis suivra l’esprit rouge, qui est leur soufre ou huile incombustible, des deux teintures de Mars & de Vénus, réduits en un, qui ne se peuvent plus séparer ; & ainsi sera joint le sang du lion vert, c’est-à-dire, du vitriol de Mars, duquel double sang, leur père qui est le souffre de l’or, (dont nous parlerons ci-après) doit être alimenté.

Mettez cette huile au bain- marie, dans un vase distillatoire, & en séparez exactement le flegme, & l’huile demeurera au fond rouge comme sang.


Extrait du Sel de Mars et de Vénus

N° 5 _ Prenez le caput mortuum resté après la distillation du vitriol de Mars, qui fera aussi rouge que l’écarlate, broyez-le subtilement, & le mettez dans un vase de verre ; versez dessus de bon vinaigre distillé, faites digérer a lente chaleur par trois jours & trois nuits, afin que le vinaigre distillé attire le sel, dans lequel est caché le trésor de gloire, que si ce sel manquait votre labeur serait inutile, par après filtrez le menstrue, & l’ayant retiré par distillation aux cendres jusqu’à siccité, le sel demeurera au fond du vase , lequel dissoudrez en eau de pluie distillée, filtrez & congèlerez par trois fois ,pour l’avoir; pur.


Volatilisation du Sel de Mars

N° 6 _ Versez sur le sel dépuré qu’aurez mis dans une retorte lutée toute l’huile de Mars & de Vénus déflegmée, & il s’y résoudra promptement, alors vous distillerez à forte chaleur, & l’huile rentra volatil & emportera son propre esprit de sel en la distillation de flegme cette liqueur au bain & je vous assure qu’elle fera dix fois plus forte qu’elle n’était auparavant, à cause qu’elle sera imprégnée de ton sel rendu spirituel. Par ce moyen sera préparée l’huile incombustible , qui est tout ensemble mercure, souffre & sel, venant tous trois d’une même racine, la vraie première matière des métaux, & la racine, dont l’or a été premièrement engendré.


Dulcification de l’huile incombustible de Mars & Vénus

N° 7 _ Prenez sept onces de cette huile très aigre, mettez-les dans une retorte lutée ; versez dessus cinq onces d’esprit devin réduit au suprême degré ; posez la retorte au sable, joignez-y son récipient, luttez bien les jointures, puis distillez d’abord à feu assez fort fans observer les degrés ; versez derechef par dessus cinq autres onces de nouvel esprit de vin, distillez comme la première fois ; retournez encore à faire ainsi pour la troisième fois, en sorte qu’il y ait quinze onces d’esprit de vin, pour les huit onces d’huiles , faites-les après circuler au bain tiède pendant un mois, & par ce moyen l’huile perdra son acrimonie, & deviendra douce & agréable ; car 1e feu aetherée contenu dans la concavité de cet esprit de vin, moyennant la digestion circulatoire, meurit les choses acides, adoucit les âpres & acerbes, subtilise les choses crasses. cuit les crues, adoucit aussi les corrosifs, non pas qu’il soit doux de soi, mais par ce qu’il emporte avec soi, par distillations réitérées, les esprits corrosifs.

Cette huile ayant donc digéré & circulé, comme dit est, sera mis au bain tiède pour en tirer l’esprit de vin par distillation, & ainsi l’huile demeurera au fond préparée, comme il faut, corrigée de son acrimonie, réduite en douceur subtile, pénétrant, d’agréable saveur, & de bonne odeur, ayant la puissance de résoudre l’or converti en chaux pour premier, en ce que l’on nomme manteau de pourpre, le faire monter & passer par l’alambic, & le réduire en or potable, ce qui s’effectuera par les opérations suivantes, la première desquelles est la purification de l’or par l’antimoine.


Purification de l’Or

N° 8 _ Prenez une part d’or de départ, & trois parts de bon antimoine ; pillez-les, & les mêlez, puis les mettez dans un creuset neuf, & les faites, fondre ensemble au four avant, en soufflant & donnant bon feu, le tout étant bien fondu, vous le jetterez dans un verre d’acier en forme pyramidale, ainsi que font les Orfèvres : il faut que ce vase soit premièrement oint avec un peu de suif par dedans, & qu’il soit chaud, puis soudain vous frapperez les bords dudit vase avec un marteau, afin de faire descendre au fond 1e régule qui contiendra l’or, lequel régule, vous détremperez & abattrez avec le marteau..

Pour ce qui est de l’Antimoine demeuré au-dessus du régule, vous le ferez fondre derechef dans le creuset, le jetterez dans le vase pyramidal, et en séparerez le second régule , puis ferez ainsi pour la troisième fois, afin de ne rien perdre de votre or.

Cela fait, prenez vos régules, mettez-les dans un cherbe ou coupelle sèche de terre de creuset, posez-la sur le feu, & l’environnez de charbons ardents, l’ayant auparavant couverte d’un. moufle de terre, après soufflez avec le soufflet, tant que tout l’antimoine contenu dans les régules soit entièrement exhalé ; cela fait, l’or paraîtra pur, & se congèlera soudain, il faut faire encore deux fois cette même opération, & en la même manière que ci-dessus, savoir, une part d’or & trois parts d’antimoine : par ce moyen vous aurez un or sans aucun mélange, purifié & de haute couleur, d’autant qu’en cette opération, l’or’ retient à soi la teinture ou ce soufre fixe de l’antimoine, parce qu’il lui est homogène, dérivant de la même source.


Calcination de l’Or

N° 9 _ Prenez une part d’or passé par l’antimoine & six parts de mercure revivifié de cinabre, ou du sublimé corrosif, & bien purifié avec sel & vinaigre, coupez votre or en petits morceaux après l’avoir réduit en lame déliée, puis le faites rougir dans un creuset neuf; faites aussi chauffer votre mercure dans un autre creuset, retirez les creusets du feu ; versez le mercure chaud dans le creuset où est l’or, & remuez bien tout ensemble avec un bâton sec, tant que le mercure ait englouti l’or : prenez cette matière appelée amalgame qui pèsera par exemple sept onces, puis ayant fait fondre quatorze onces de fleurs de soufre dans un creuset à feu lent, vous jetterez dedans votre amalgame, & remuerez bien fort avec un, bâton, tant qu’il se mette en poudre noire, laquelle vous broierez & mettrez exhaler & réverbérer sous le moule, ce qu’étant fait l’or demeurera en chaux, laquelle conserverez pour la mettre dans l’eau forte royale.


Eau Forte Royale

N° 10 _ Prenez salpêtre purifié, sel harmoniac aussi purifié, de chacun deux parts, cailloux pillés une part, pillez & mêlez ensemble le tout : après vous prendrez une retorte de bonne terre, & qui soit tubulée, luttez bien ladite retorte, & la posez au réverbère, & y joignez son récipient, dans lequel vous aurez mis un peu d’eau commune pour attirer l’esprit, luttez les jointures, échauffez peu à peu la retorte, tant qu’elle commence à rougir, alors vous jetterez quatre onces de la matière par le tuyau, que boucherez promptement, & soudain verrez les matières nébuleuses passer dans le récipient, & l’en remplir : c’est pourquoi il doit être grand, comme ceux dans lesquels on fait l’eau-forte, les susdites vapeurs venant se résoudre peu à peu, se mêleront avec l’eau commune qui fera au fond dudit récipient, lequel alors s’éclaircira, quoi voyant, vous rejetterez quatre onces de nouvelle matière, faisant comme dessus, continuant ainsi tant que toute la matière soit distillée; après vous déflegmerez la liqueur par le bain marie, & la rectifierez aux cendres, & ainsi sera faite l’eau appelée des deux champions, mais d’autant qu’elle est assez difficile & hasardeuse à faire, j’en donne ici une méthode pour la faire plus facilement & avec moins de danger.

Prenez une livre de salpêtre, trois livres d’argile ou cailloux pilez, mêlez, & les distillez au réverbère, selon l’art adaptant au bec de la retorte de verre bien luttée un grand récipient, & les esprits rouges comme feu passeront dans icelui, deflegmez cet esprit de salpêtre & le rectifiez. Prenez-après une livre de sel armoniac & quatre livres de cendres, desquelles vous aurez ôté le sel , par le moyen de l’eau chaude commune, mêlez, & puis distillez au sable à bon feu, & l’esprit de l’armoniac passera dans le récipient, lequel vous deflegmerez au bain, & rectifierez aux cendres ; cela fait, prenez parties égales de salpêtre & d’armoniac, mêlez-les, & les distillez au feu de cendres, & vous aurez le dissolvant solaire.


Eau Forte de Sel Marin

N° 11 _ Toutefois je vous avertis que l’esprit de sel marin, distillé comme on fait le salpêtre, fait la même opération que 1’eau des deux champions, & si elle n’est pas si corrosive. Prenez donc trois parts de cet esprit de sel marin, & une part d’esprit de salpêtre, par ce moyen vous aurez une eau royale, qui dissoudra l’or plus promptement que l’esprit de sel armoniac, & le ferez monter & passer par l’alambic & tomber dans le récipient.


Dissolution de la Chaux de l’Or, & sa conversion en Vitriol

N° 12 _ Mettez dans un vase de terre une part de chaux d’or du N° 9 versez dessus trois parts de l’eau. des deux champions du N° 10 ou plutôt de celle d’esprit de sel marin mêlé avec celle de l’esprit de salpêtre du N° 11 Laissez dissoudre la chaux sur les cendres chaudes, versez par inclination ce qui sera dissous, puis remettez trois parts d’eau nouvelle sur les fèces, tant que toute la chaux soie dissoute ; séparez la dissolution d’avec ce qui sera demeuré indissoluble, qui sera en petite quantité, & la faites digérer au bain marie pendant vingt-quatre heures, séparez encore les fèces, s’il y en a, puis les mettez à digérer pendant neuf jours & autant de nuits, & alors distillez l’eau dissolvante par le bain, jusqu’à 1’acuosité & la cohobez tant de fois que vous trouviez au goût l’eau débilitée, & comme insipide, sur cette consistance huileuse, imprégnée des esprits du dissolvant, vous verserez de nouvel esprit de sel marin & de salpêtre; mêlez-les ensemble, & referez lés mêmes digestions, distillations & cohobotions, comme devant, excepté que lesdites dernières distillations & cohabations se doivent faire sur le sable, fortifiant le feu d’un degré, tant que tout l’or soit dissout & s’élève épars par l’alambic, avec le dissolvant & tombe dans le récipient. Cela fait, vous distillerez le dissolvant par le bain Jusqu’à consistance huileuse, puis mettrez le vase de verre en lieu froid & humide, & se formeront des cristaux diaphanes qui seront le vitriol de l’or ; l’eau surnageant distillez-la par inclination jusqu’à obit, & remettez à cristalliser pour avoir tout le vitriol de l’or.


Conversion du Vitriol d’Or en Crocus de couleur pourprée appelé Manteau de Pourpre

N° l 3_ Prenez tous les cristaux, ou vitriol de l’or, faites-le dissoudre dans de l’eau commune distillée, puis jetez dans cette dissolution du mercure revivifié du cinabre, & purifié trois fois le poids du vitriol, remuez bien cette mixtion, & vous verrez diversité de couleurs, puis l’eau de jaune qu’elle était deviendra claire, & l’amalgame qui sera faite de l’or en vitriol, & du mercure se précipitera au fond du vase, laquelle vous prendrez, dessécherez & mettrez à feu lent sous le moufle dans une cherbe de terre de creuset , remuerez doucement avec une petite baguette de fer, tant que tout le mercure soit évaporé, & ainsi votre vitriol fera converti en crocus, qui sera une poudre belle, de couleur d’écarlate pourprée, laquelle se dissout incontinent dans vinaigre distillé en couleur rouge comme sang; cela s’appelle aussi manteau de pourpre des Philosophes.

Lequel manteau pourprin , il faudra séparer en trois parties, l’une desquelles servira pour extraire le soufre avec 1’eau mercurielle, comme il est dit ci-dessous N° 15

L’autre partie pour la convertir en liqueur spirituelle dorée, comme l’on voit ci-dessous N° 17 & la troisième partie de ce manteau de pourpre sera employée pour en extraire le soufre avec 1’esprit de sel marin, adouci par l’esprit de vin, pour après en faire l’or potable, ainsi qu’il sera enseigné aux pages suivantes.

 

Préparation & distillation de l’Eau Mercurielle attractive


N° 14 _
Prenez du mercure sublimé avec le sel marin préparé & vitriol calciné ; car le mercure enlève avec foi en la sublimation la quintessence de vitriol, sans laquelle on ne saurait faire aucune extraction réelle de l’or, ni par conséquent aucun vrai or potable : pulvérisez subtilement ce sublimé, & l’étendez fur une feuille de fer que vous poserez à la cave, & dans peu il se résoudra, en eau laquelle vous verserez dans un verre ; & quand il ne se fera plus d’eau, filtrez nettement ce que vous aurez recueilli.

Prenez cette liqueur mercurielle au poids d’une livre, mettez-la dans un grand récipient, puis faites une eau-forte avec deux livres de bon vitriol, & deux livres de salpêtre sans les déflegmer, & chassez par degrés les esprits de cette matière par le réverbère dans ledit récipient, où fera l’eau du sublimé, & lorsque tous les esprits seront sortis de la cornue, prenez tout ce que vous trouverez dans le récipient, & le rectifiez par l’alambic au feu de cendres, & il demeurera au fond du vase beaucoup de terre, mais 1’eau mercurielle attractive sera claire & nette.


Extraction du Soufre de l’Or contenu dans le Manteau de Pourpre.

N° 15 _ Prenez six parts de l’eau mercurielle attractive susdite, versez la dans un vase de verre , dans lequel vous aurez mis une part de l’or préparé en manteau de pourpre réserve, comme il est dit, fermez bien le vase, & le tenez à la chaleur lente, tant que cette eau ait tiré l’âme ou le soufre de l’or, & soit teinte en couleur très rouge : tirez cette liqueur teinte par inclination, & si la poudre qui reste au tond du vase paraît encore jaunâtre ; jetez dessus de nouvelle eau mercurielle, & extrayez de nouveau jusqu’à ce qu’il reste un corps blanc comme neige, lequel corps solaire demeure au fond du vase sans être dissout, & sera conservé pour en extraire le sel, comme il sera dit au N° 18 Cette attraction du soufre d’or étant parachevée, vous en retirerez par distillation avec l’alambic toute l’eau mercurielle jusqu’à siccité, & le soufre d’or demeurera au fond ; mettez du vinaigre distillé à l’éminence de quatre travers de doigt, faites-le digérer jusqu’à ce que le vinaigre se colore d’un rouge haut , versez par inclination ce menstrue teint, remettez-en de nouveau; digérez & continuez ainsi tant que le vinaigre n’attire plus rien ; ainsi vous aurez la vraie séparation.

Du soufre solaire, extrait de son corps mettez les fèces à part, puis retirez par distillation le vinaigre jusqu’à siccité, & le soufre restera au fond du vase, lequel dulcifierez plusieurs fois avec eau de pluie distillée, & en le retirant de dessus par distillation.


Conversion du Soufre d’Or en Or potable.

N° 16 _ Prenez six parts de l’huile incombustible de mars & de vénus, adoucis avec l’esprit de vin, comme il est enseigné ci-devant N° 7 versez les sur une part de soufre d’or susdit au N° 15 dans un vase distillatoire puis distillez & cohobez tant de fois que l’âme de l’or monte & passe spirituellement avec ladite huile incombustible dans le récipient ; alors mettez cette liqueur à circuler dans un pélican, ou autre vase distillaroire pendant un mois, & ainsi vous aurez l’or potable qui ne retourne plus en corps, & est un très grand secret pour la santé.


Distillation de l’Or en Crocus, & sa conversion en eau spirituelle

N° 17 _ Prenez six onces de l’huile incombustible préparée & dulcifiée du N° 17 & deux onces d’or préparé en crocus ou manteau de pourpre du N ° 13 mettez-les ensemble, & les faire. digérer en vase clos, tant que le crocus soit dissout, s’il y a des fèces, séparez-les car elles ne valent rien pour votre œuvre ; mettez cette dissolution d’or dans une cucurbite basse, joignez-y son chapiteau, & adaptez-y son récipient fermez les jointures, puis distillez & remettez chaudement ce qui fera distillé sur ce qui restera dans le vase, & continuez la distillation & cohobation tant de fois que la dissolution passe dans le récipient en liqueur, que si il demeure quelques fèces blanches, séparez-les. Gardez bien cette liqueur dorée, car l’or y est en essence spirituelle, mercurielle & sulfurée.


Extraction du sel de l’Or

N° 18 _ Prenez tout le corps blanc qui est resté au fond du vase après l’extraction du soufre de l’or, comme il est dit ci-devant au N° 15 faites-le réverbérer par trois jours & trois nuits, puis le faites sublimer avec partie égale de sel armoniac purifié ; remettez ce qui sera sublimé avec ce qui fera demeuré au fond du sublimatoire , & faites sublimer, comme devant, réitérez cette sublimation tant de fois que tout ce corps blanc solaire soit monté & rendu volatil, alors versez sur ce sublimé de l’eau commune tiède, & le sel armoniac se dissoudra, & le corps solaire se précipitera en poudre, laquelle vous dulcifierez entièrement de l’armoniac avec eau de pluie filtrée, & puis la ferez sécher a lente chaleur ; cela fait, vous en extrairez le tel avec vinaigre distillé, ce qui s’effectuera en trois jours par digestion douce, après vous retirerez le vinaigre par distillation aux cendres jusqu’à siccité, & le sel solaire demeurera au fond du vase , lequel vous clarifierez ainsi.

Faites dissoudre ce sel dans deux parts d’esprit de vin, & retirez par distillation trois quarts de cet esprit, & mettez le reste à la cave ou autre lieu froid, & il se formera des cristaux que vous conserverez, après ayant vidé par inclination l’esprit de vin resté, vous le ferez distiller davantage, & remettrez à cristallisation au froid, réitérez ce labeur tant qu’ils ne se fasse plus de cristaux, lesquels ferez doucement sécher, & ainsi vous aurez le vrai sel de l’or bien clarifié.

Toutes les opérations susdites étant parachevées, selon que je l’ai clairement enseigné, il vous faudra mettre tout ce sel d’or, autant que vous en aurez pu recouvrer, avec le mercure & le soufre de l’or au four des Philosophes dans un vase de verre que vous sigillerez, ce que vous effectuerez comme il s’ensuit en la commixtion & composition desdites substances Physiques & Philosophiques pour faire & accomplir la médecine, tant occultée & célébrée par les anciens sages & vrais Philofophes naturels.


Composition & conjonction des substances Physiques et Philosophiques

N° 19 _ Prenez au nom du Très Haut, l’or potable du N° 16 versez le sur la distillation de l’or en crocus , converti en liqueur spirituelle dorée du N° 17 puis y ajoutez autant pesant que sont ces deux ensemble de l’huile incombustible de mars & de vénus préparée & adoucie par l’esprit de vin du N° 7 finalement, mettez-y tout le sel de l’or du N° 18 puis enfermez tout cela. dans l’œuf Philosophique, duquel les trois parts demeureront vides pour la circulation des esprits, sigillez ce vase hermétiquement, & le posez à l’Athanor au four des Philosophes, & puis lui donnez doucement le premier degré du feu qui doit être suave, lent, vaporeux , clos & subtil. Alors le feu interne du soufre de l’or excité par le " feu externe s’échauffera & s’allumera de son propre sang, & pendant dix mois le convertira & éclora en une grande noirceur, qui est la vraie putréfaction, puis s’unira avec son sang, c’est-à-dire, l’huile incombustible de vénus & de mars qui lui est homogène , & avec sa chair qui est le tel de son propre corps blanc, le tout se convertira en une seule nature fort subtile volatile ; après ( s’entend après la noirceur passé ) vous augmenterez le feu de deux degrés, & ce qui était volatile se rassoira au fond du vase, & la noirceur se perdra en bref après avoir duré quarante ou quarante-deux jours, puis apparaîtront des couleurs fort diverses, & en ce second degré de feu tous les flegmes feront joints en la nominature du Roi, incontinent que vous verrez que les couleurs dorées s’éclairciront, & commenceront à disparaître, pour lors augmentez le feu jusqu’au troisième degré, & le continuez ainsi tant que votre ciel , c’est-à-dire, la voie sphérique, soit couvert de broderie d’argent, qui est la teinture ou élixir d’argent.

Ce que voyant vous donnerez le quatrième degré de feu, & la blancheur luisante s’anéantira, & paraîtront en sa place dans le vase, mille petites stries ou veines montantes & descendantes finalement, lorsque les veines ne paraîtront plus, la matière se précipitera entièrement, s’arrêtant au fond du vase , & se changera en une poudre fixe de couleur rouge brun comme un grenat & de grande pesanteur, alors le salut est prest, & la régénération de la teinture rouge est parfaite.


Multiplication de la Pierre tant en quantité qu’en qualité

Prenez une partie de cette poudre Philosophique, faites comme il est dit ci-dessus N° 19 & six parties de l’huile incombustible de mars & de vénus, adoucie par l’esprit de vin du N° 7 broyez ladite poudre subtilement sur le marbre ; mettez la dans un pélican ou œuf Philosophique, & versez dessus votre huile incombustible, sigillez le vase hermétiquement, & le mettez en coesion à l’athanor , observez le même régime & degré de feu, comme vous aurez fait ci-devant, & ainsi la poudre se refondra facilement en liqueur , se noircira, blanchira & rubifiera en peu de temps ; de forte que ce que vous aurez fait la première fois en dix mois , vous le parachèverez cette deuxième fois en deux mois , d'autant que la pierre très-fixe est pleine de feu, & peut fixer & derechef sa teinture liquide, c'est-à-dire, l'huile de mars & de venus en bref, si bien qu'elle s'unit à notre pierre , parce qu'elle la pénètre promptement par so activité ignée & grande puissance.

Vous procéderez plus avant en même manière que vous aurez fait la deuxième fois en dissolvant la pierre avec l'huile incombustible, & congelant l'huile avec la pierre, & ainsi vous aurez une multiplication comme à l'infini de la pierre Physique, laquelle en chaque dissolution & coagulation s'augmentera en vertu & en poids, & fait à chaque fois une plus haute projection.

Cette médecine universelle guérit la lèpre, l'épilepsie, l'hydropisie, goutte, calcul, & généralement quelques maladies que ce soit par sa grande vertu, & ceux qui en useront jouiront d'une santé parfaite, & sentiront un entier rétablissement de leurs forces ; elle pénètre tout le corps, agit spirituellement, & donne à toutes chose un être accompli.

La dose est un grain dans deux cuillerées de bon vin blanc , dans quoi elle se dissout, ou dans quelque autre liqueur convenable, s'il y a fiere.


Fermentaion & Specification de la Pierre

Prenez une part de cette pierre préparée , comme il est dit ; pilez-la, & trois part de pur or passé par l'antimoine, comme il se voit au N° 8 & battu en lame très déliée , mettez-les ensemble dans un creuset bon & neuf, en faisant S S S, & leur donnez feu modéré les douze premières heures, puis les fondez , & les tenez en ce feu de fusion pendant trois jours naturels, & le tout sera changé en vraie médecine d'une nature subtile, spirituelle & pénétrante , mais elle ne teindra pas aisément les métaux imparfaits, à cause de sa grande subtilité ; le ferment de l'or corporel étant donc fermenté de son semblable, la teinture entre facilement.


Projection

Prenez une part de cette médecine fermentée , & la jetez sur mille parts de métal imparfait fondu, & le tout se convertira en pur or , car un corps prend aisément un autre corps, & bien qu'il ne lui soit pas semblable, il doit néanmoins lui être conjoint, afin que par sa grande force & vertu il lui soit rendu semblable , vu que le semblable a été engendré de son semblable.

Aucune chose créée ne peut être comparée à la grande subtilité de cette Pierre, car elle seule comprend & possède toutes choses que l'on peut trouver par raison naturelle, contenues encloses dans la circonférence de l'univers.

Voilà donc comme s'accomplit le grand Magistère métallique , que si vous prenez la peine d'en considérer profondément les circonstances & les merveilleuses opérations physiques & philosophiques d'icelui, vous connoi-que l'art aide grandement la nature , & que les choses qu'elle n'a pu faire , purement, sont accomplies par le sage artiste, auquel elle fournit le sujet duquel il sépare les principes , les purifie de leurs hétérogénéité , & les réunit. Puis la nature opérant entièrement par sa chaleur naturelle, étant doucement excitée par la chaleur externe artificielle ,en produit ensuite une matière contenant une forme bien plus noble qu'elle n'était auparavant, ce qui est proprement le grand œuvre des Philosophes ; lesquels ont voilé cette vérité par énigmes & paraboles que nous avons explique sincèrement, afin que les ignorants & Sophistes n'eussent l'intelligence d'une chose si sublime & précieuse, par laquelle Dieu soit loué & béni éternellement.

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Extrait d'un ouvrage hermétique de Trithème

14 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

 

" Dieu est un feu essentiel et caché, qui réside en toutes choses et spécialement dans l'homme. Ce feu engendre toutes choses. Il les engendre et les engendrera dans le futur ; et ce qui est engendré c'est la vraie lumière divine qui existe de toute éternité. Dieu est un feu mais nul feu ne peut brûler, nulle lumière ne peut se manifester dans la nature sans l'adjonction d'air qui détermine la combustion ; et de même l'Esprit Saint doit agir en nous comme un " air " ou " souffle " divin, faisant jaillir du feu divin un souffle sur le feu interne de l'âme, en sorte que la lumière apparaisse, car la lumière doit être alimentée par le feu, et cette lumière est amour, bonheur et joie dans l'éternelle divinité. Cette lumière est Jésus, qui émane de toute éternité de Jéhovah. Celui qui ne possède pas cette lumière au dedans de lui est plongé dans un feu sans clarté ; mais si cette lumière est en lui, alors le Christ est en lui, s'incarne en lui, et il connaîtra cette lumière telle qu'elle existe dans la nature.


Toutes choses, telles que nous les voyons, sont intérieurement feu et lumière, où se cache l'essence de l'esprit. Toutes choses sont une trinité de feu, de lumière et d'air. En d'autres termes, " l'Esprit ", le " Père ", est une lumière suressentielle ; le " Fils ", c'est la lumière manifestée ; le " Saint Esprit ", est un air mobile, divin et suressentiel. Ce feu réside dans le cœur et envoie ses rayons par tout le corps de l'homme, et y détermine la vie. Mais nulle lumière ne naît du feu sans la présence de l'esprit de sainteté…

Toutes choses ont été faites par la puissance du verbe divin, qui est l'esprit ou souffle divin émané dès le principe de la fontaine divine. Ce souffle est l'esprit ou âme du monde et on le nomme " Spiritus Mundi ". Il était d'abord semblable à l'air, puis il se contracta en un brouillard ou substance nébuleuse et finalement se transmua en " eau ". Cette " eau " était d'abord esprit et vie, parce qu'elle était imprégnée et vivifiée par l'esprit. L'obscurité emplissait l'abîme ; mais par la profération du verbe, la lumière y fût engendrée et les ténèbres furent illuminées par la lumière, et " l'âme du monde " prit naissance. Cette lumière spirituelle, que nous appelons " Nature ", ou âme du monde est un corps spirituel qui, au moyen de l'Alchimie peut être rendue tangible et visible ; mais comme elle existe à l'état invisible, On la nomme " esprit ".

C'est un fluide universel et vivant, diffusé partout dans la Nature, et qui pénètre tous les êtres. C'est la plus subtile de toutes les substances la plus puissante à cause de ses qualités inhérentes ; elle pénètre tous les corps, et détermine les formes en lesquelles elle déploie son activité. Par son action, elle libère les formes de toutes imperfections ; elle rend pur l'impur, parfait l'imparfait, et immortel ce qui est mortel, en s'y fixant.

Cette essence ou cet esprit émana du centre dès le principe, et s'incorpora dans la substance dont l'univers est formé. C'est le " Sel de la Terre ", et sans sa présence, l'herbe ne croîtrait pas, ni les prés ne verdiraient ; et plus cette essence est condensée, concentrée et coagulée dans les formes, et plus elles ont de stabilité. Cette substance est la plus subtile de toutes choses ; incorruptible et immuable en son essence, elle remplit l'infini de l'espace. Le soleil et les planètes ne sont que des coagulats de ce principe universel ; de leur cœur palpitant ils distribuent l'abondance de leur vie, et l'envoient dans les formes des mondes inférieurs et dans tous les êtres, agissant par leur propre centre, et élevant les formes sur la voie de la perfection. Les formes en qui se fixe ce vivant principe, deviennent parfaites et durables, en sorte qu'elles ne s'altèrent, ni ne se détériorent, ni ne changent plus au contact de l'air ; l'eau ne peut plus les dissoudre, ni le feu les détruire, ni les éléments terrestres les dévorer.


Cet esprit s'obtient de la même manière qu'il est communiqué à la terre par les astres ; et ceci se fait par le moyen de l'eau, qui lui sert de véhicule. Ce n'est pas la Pierre des Philosophes ; mais celle-ci peut en être préparée en fixant le volatil.


Je vous avise de faire grande attention à l'acte de faire bouillir l'eau ; ne laissez point votre esprit se troubler de choses de moindre importance. Faites-la bouillir lentement, puis laissez-la putréfier jusqu'à ce qu'elle ait atteint la couleur convenable, car l'onde de vie renferme le germe de la sagesse. En bouillant, l'eau se transformera en terre. Cette terre se changera en un pur fluide cristallin qui produira un excellent feu rouge ; mais cette eau et ce feu, réduits en une seule essence, produisent la grande Panacée, composée de douceur et de force : l'Agneau et le Lion sont unis. "

Jean TRITHEME

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