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Hauts Grades

Articles avec #chevalerie tag

Perceval chez le Roi Pêcheur

31 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chevalerie

Tandis qu'ils parlaient de choses et d'autres, un jeune valet, qui porte une lance blanche qu'il tient par le milieu, sort d'une chambre ; il passe entre le feu et ceux qui étaient assis sur le lit. Tout le monde pouvait voir la lance blanche et l'éclat de son fer. Il sortait une goutte de sang à la pointe de la lance et cette goutte vermeille coulait jusqu'à la pointe. Le jeune Perceval qui vient d'arriver en ces lieux voit ce spectacle surprenant mais il se retient de demander comment cela peut se produire, car il se rappelle la recommandation de celui qui lui a appris la chevalerie : il faut se garder de trop parler. Il a donc peur, s'il pose une question, qu'on le trouve grossier et c'est pour cette raison qu'il ne demande rien.
   Deux autres jeunes gens apparurent à ce moment qui portaient des chandeliers d'or pur, décorés de fines incrustations noires. Ces jeunes gens étaient d'une immense beauté. Sur chaque chandelier brûlaient au moins dix chandelles. Une demoiselle portait un graal à deux mains et s'avançait avec les jeunes gens : elle était belle, gracieuse et élégamment habillée. Quand elle fut entrée dans la pièce avec le graal qu'elle portait, il y eut une si grande lumière que les chandelles semblèrent plus sombres, comme les étoiles ou la lune quand le soleil commence de briller. Une autre demoiselle venait derrière elle : elle portait un plat en argent. Le graal qui était à la tête de la procession était de l'or le plus pur et incrusté de pierres précieuses de toutes sortes parmi les plus riches et les plus rares qui existent sur terre et dans la mer. Les pierres précieuses du graal dépassaient toutes les autres, cela ne fait pas de doute. De la même manière que la lance était passée, ils passèrent devant le jeune homme pour aller d'une chambre à l'autre. Perceval vit passer les jeunes gens mais il n'osa pas demander qui l'on servait dans ce graal, car il pensait toujours à la recommandation du sage seigneur.
   J'ai bien peur que le mal ne soit déjà fait, car j'ai souvent entendu dire qu'on peut parfois trop se taire, tout comme on peut parfois trop parler. Mais cependant, le jeune homme ne leur pose aucune question, ni pour son bien, ni pour son malheur.
   Le seigneur donne l'ordre à ses serviteurs d'apporter de l'eau et de sortir les nappes. Les serviteurs font leur travail et suivent les ordres, comme ils en ont l'habitude. Le seigneur et le jeune homme se lavent les mains avec de l'eau tiède et pendant ce temps deux serviteurs apportent une grande table d'ivoire. Cette table, si l'on croit ce que dit l'histoire, était d'une seule pièce. On la tient un moment devant l'hôte et le jeune homme, jusqu'à ce que deux autres serviteurs apportent des tréteaux. Le bois dont ils étaient faits possède deux qualités qui permettent de les conserver parfaitement indéfiniment : ces tréteaux étaient en ébène, et personne ne peut voir pourrir ou brûler l'ébène, car il ne peut faire ni l'un ni l'autre.
   On plaça la table sur ces tréteaux et on posa la nappe par-dessus. Que dire de cette nappe, sinon que jamais un ambassadeur, un cardinal ou un pape n'avait mangé sur un tissu aussi blanc ? On servit d'abord un cuissot de cerf bien gras, bien poivré. Ils ne manquèrent pas de vin, ni fort ni léger, et ils en remplirent plusieurs fois leurs coupes d'or. Un serviteur coupa devant eux le cuissot de cerf au poivre après l'avoir déposé sur le plat d'argent, et il leur présenta chaque morceau individuellement sur une grande tranche de pain. Pendant ce temps, le graal traversa encore la salle devant eux - le jeune homme ne demanda pas qui l'on servait avec ce graal. Il s'en gardait à cause du seigneur respectable qui lui avait conseillé de ne pas trop parler : ce conseil lui reste en mémoire, il ne cesse d'y penser.
   Mais il est plus silencieux qu'il ne devrait l'être. À chaque mets que l'on apporte, il voit le graal repasser juste devant lui, sous ses yeux, mais il ne sait pas à qui il sert. Il voudrait bien le savoir et il se dit qu'il demandera, avant de partir du château, à l'un des serviteurs de la cour. Mais il préfère attendre le lendemain matin, quand il quittera son hôte et tout son entourage. Il remet sa question au lendemain et il s'occupe seulement de bien manger et de bien boire. D'ailleurs, il ne regrette rien parce qu'on sert à la table des mets et des vins tous aussi délicieux que plaisants.


 source : http://french.chass.utoronto.ca/fre180/Perceval.html

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Tristan et Iseut : la mort des amants

31 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #chevalerie

   Alors Tristan ressent une grande douleur, jamais il n'y en a eu et jamais il n'y en aura de plus grande. Il se tourne vers le mur et dit alors : « Que Dieu nous sauve, Yseult et moi ! Puisque vous ne voulez pas venir à moi, votre amour me tue. Je ne peux plus retenir ma vie. Je meurs pour vous, Yseult, ma belle amie. Vous n'avez pas pitié de ma souffrance mais vous éprouverez la douleur de ma mort. C'est pour moi, mon amie, un grand réconfort que de savoir que vous pleurerez ma mort ». Il dit trois fois « Amie Yseult », à la quatrième il rend l'esprit.
    Alors, dans toute la maison, les chevaliers et les compagnons se mettent à pleurer. Ils se lamentent tout haut car leur peine est grande. Les chevaliers et les sergents s'avancent et soulèvent le corps de Tristan hors de son lit, puis ils le couchent sur un drap de satin et le recouvrent d'un tissu de soie brodée.
    Le vent sur la mer s'est levé et il gonfle la voile : il fait venir le bateau à terre. Yseult a mis pied à terre et elle entend de grandes plaintes dans la rue, les cloches qui sonnent dans les églises et les chapelles. Elle demande des nouvelles aux gens : pourquoi sonne-t-on ainsi ? Pour qui donc sont toutes ces larmes ? Un vieillard lui répond : « Belle dame, que Dieu nous aide ! Nous subissons ici une immense douleur, si grande que personne n'en a jamais eu de telle. Le preux, le noble Tristan est mort : il était le réconfort de tous les habitants de ce royaume. Il était généreux envers ceux qui étaient dans le besoin. Il venait à l'aide de ceux qui souffraient. Il vient de mourir dans son lit d'une blessure qu'il avait reçue. Jamais une si grande calamité n'a frappé cette région ! »
    Dès qu'Yseult apprend la nouvelle, elle devient muette de douleur. Elle est si affligée de la mort de Tristan qu'elle erre à travers les rues, les vêtements en désordre, et elle passe devant tout le monde, jusqu'au palais. Les Bretons n'ont jamais vu de femme aussi belle qu'elle : on s'étonne à travers la ville, on se demande d'où elle vient et qui elle peut bien être.
    Yseut va droit vers le corps : elle se tourne vers l'Orient, elle prie humblement pour son ami. « Ami Tristan, quand je vous vois mort, il m'est impossible de trouver une bonne raison de vivre. Vous êtes mort de l'amour que vous me portiez, et moi je meurs, ami, de tendresse, puisque je n'ai pas pu venir à temps vous guérir de votre mal. Ami, ami, à cause de votre mort je ne trouverai jamais de réconfort en aucune chose. Je ne ressentirai jamais de joie, ni de gaieté, ni de plaisir à rien. Maudit soit cet orage, qui me fit tant rester en mer que je n'ai pas pu venir à vous ! Si j'étais arrivée à temps, je vous aurais rendu la vie, ami, et je vous aurais parlé doucement de l'amour qu'il y avait entre nous. J'aurais eu la douleur de raconter ma destinée, notre joie, nos réjouissances, la peine et la grande douleur que nous avons connues dans nos amours. Et je vous aurais rappelé tout cela, et je vous aurais pris dans mes bras, et je vous aurais embrassé. Si je n'ai pas pu vous secourir, mourons au moins ensemble ! Comme je n'ai pas pu venir à temps, et comme j'ignorais votre malheur, et comme je ne suis arrivée que pour vous trouver mort, c'est le même breuvage qui me réconfortera. Vous avez perdu la vie pour moi, j'agirai en véritable amie : je veux mourir pour vous de la même manière. »
    Elle le serre dans ses bras, elle s'étend près de lui et embrasse sa bouche et son visage. Elle le tient tout contre elle. Elle s'est étendue, son corps contre le sien, sa bouche contre la sienne. Elle rend l'âme en un instant et meurt ainsi à ses côtés, de la peine qu'elle éprouve pour son ami. Tristan est mort de son amour ; Yseult parce qu'elle n'a pas pu venir à temps. Tristan est mort de son amour ; la belle Yseult de sa tendresse pour lui.

 

source : http://french.chass.utoronto.ca/fre180/Mort.html

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La mort de Roland (1070)

31 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chevalerie

Alors, Roland sent qu'il perd la vue,
Il se relève, il fait autant d'efforts qu'il le peut ;
La couleur de son visage s'en est allée.
Devant lui il y a une pierre grise :
Il frappe dix grands coups pleins de colère et de rage.
L'acier grince, il ne se rompt pas, il ne s'ébrèche même pas.
« Eh ! dit le Comte, Sainte Marie, aide-moi !
Eh ! Durendale, ma bonne, un tel malheur n'est jamais arrivé !
Maintenant que je vous quitte, j'ai bien des soucis à me faire pour vous.
J'ai remporté tant de batailles d'homme à homme avec vous,
J'ai combattu et remporté tant de grandes terres,
Que Charles possède, lui qui a la barbe chenue.
Que jamais un homme qui fuit devant son ennemi ne vous tienne !
C'est un fort bon vassal qui vous a portée pendant tout ce temps,
Il n'y en aura plus jamais de tel dans notre libre France. »

Roland frappe sur la pierre grise :
L'acier grince, il ne se brise pas, il ne s'ébrèche pas.
Quand le Comte voit qu'il ne peut pas fendre son arme ,
Il commence à se lamenter en lui-même :
« Eh ! Durendale, que tu es claire et blanche !
Le soleil brille sur toi et se reflète !
Charles était dans la vallée de Morienne
Quand Dieu du ciel lui envoya son ange lui demander
De te donner à un Comte valeureux :
Donc ce noble roi, ce grand roi, me l'a mise au côté.
Avec elle je lui ai conquis l'Anjou et la Bretagne,
Je lui ai conquis le Poitou et le Maine,
Avec elle je lui ai conquis la libre Normandie,
Je lui ai conquis la Provence et l'Aquitaine
Et la Lombardie et toute la Romagne ;
Avec elle je lui ai conquis la Bavière et toutes les Flandres,
Et la Bulgarie et toute la Pologne,
Constantinople, dont il a reçu le respect,
Et la Saxe, où il fait selon sa volonté.
Avec elle je lui ai conquis l'Écosse et l'Irlande,
Et l'Angleterre, où il avait son domaine.
J'en ai tant conquis pour lui de ces royaumes et de ces terres,
Pour Charles qui en est maître et qui porte barbe blanche.
Pour cette épée j'ai le coeur lourd, j'ai de la peine,
Je préférerais mourir plutôt que de la laisser entre des mains païennes !
Dieu le père, ne laissez pas la France dans une telle honte ! »

Roland frappe sur une pierre grise.
Il frappe plus de coups que je ne saurais vous dire.
L'épée grince, mais elle ne se tord pas, elle ne se brise pas,
Elle rebondit vers le ciel.
Quand il voit qu'il n'arrivera pas à la fendre,
Roland se lamente doucement en lui-même :
« Eh ! Durendale, comme tu es belle et très sainte !
Dans ton pommeau d'or il y a maintes reliques :
Une dent de Saint Pierre et du sang de Saint Basile,
Et des cheveux de Monseigneur Saint Denis,
Et un morceau du vêtement de Sainte Marie.
Il n'est pas convenable que des païens te possèdent :
C'est par des chrétiens que vous devez être servie.
Que jamais l'homme qui vous tient ne soit un couard !
J'aurai, grâce à vous, conquis beaucoup de vastes terres
Que Charles possède, lui qui a la barbe fleurie,
Et l'empereur en est puissant et riche. »

Alors Roland sent que la mort le travaille,
Qu'elle lui descend de la tête jusque dans le corps.
Il a couru jusque sous un pin,
Il se couche sur l'herbe verte, face contre terre,
Dessous lui il met son épée et son olifant.
Il tourne le visage vers la gent païenne.
Il fait cela car il veut surtout
Que Charles dise, ainsi que tous ses gens :
« Le noble Comte est mort en conquérant. »
Il se frappe la poitrine, à petits coups, plusieurs fois.
Pour demander le pardon de ses péchés il tend son gant vers Dieu.

Alors Roland sent que son temps est terminé.
Il est là, sur un sommet pointu, qui regarde vers l'Espagne.
Il se frappe la poitrine d'une main :
« Dieu, pardonne-moi, au nom de tes vertus,
Pour mes péchés, les grands et les petits,
Tous ceux que j'ai commis depuis l'heure de ma naissance
Jusqu'à ce jour où je suis ainsi frappé ! »
Il tend son gant droit vers Dieu.
Les anges du ciel descendent à lui.

Le comte Roland est allongé sous un pin.
Il a tourné le visage vers l'Espagne.
Le souvenir de maintes choses lui vient,
De tant de terres qu'il a vaillamment prises,
De sa douce France, des hommes de son lignage,
De Charles, son seigneur, qui l'a nourri.
Roland ne peut manquer de pleurer, de soupirer,
Mais il ne veut pas oublier sa propre personne.
Il se frappe la poitrine, il demande pitié à Dieu :
« Vrai Père, toi qui jamais n'a menti,
Et qui as rappelé Saint Lazare de la mort,
Et qui as protégé Daniel des lions,
Préserve mon âme de tous les dangers,
Malgré les péchés que j'ai pu commettre au cours de ma vie ! »
Il a offert son gant droit à Dieu ;
Saint Gabriel l'a pris par la main.
Roland incline la tête sur son bras ;
Il part à sa fin les mains jointes.
Dieu lui envoie son ange chérubin,
Et Saint Michel du Péril de la Mer ;
Et Saint Gabriel vient se joindre à eux.
Ils emportent l'âme du comte au paradis.

 

source :  université de Toronto

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Les épées de légendes(2)

30 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chevalerie

Glorieuse (Chanson de Roland)
Épée d''Olivier. Compagnon de Roland de Roncevaux dans la «Chanson de Roland».

Graban (la creuse tombe) (voir également Florence)
Une des épées de Fierabras fils de Balan.

Forgée par Ansias. Elle nécessita trois ans de travaux.

Gram (Dans la Saga Volsung) (Mythe Viking) Voir aussi Balmung c'est la même épée
Épée de Sigmund, Sigurd et Hildebrand. Cette épée forgée par Régin a appartenu en premier à Sigmund et n'avait pas de nom. Odin l'a brisé dans la dernière bataille de Sigmund. Reforgé pour son fils Sigurd. Selon la saga de Thiðrek, Hildebrand aurait reçu Gram après la chute de Niflungs. Elle est si coupante qu'elle coupa en deux l'enclume et qui servit à tuer Fafnir métamorphosé en serpent.

Grayswandir (une des deux épées soeurs des romans du cycle Les 9 Princes d'Ambre de Zelazny, voir également Werewindlle)
Il s’agit de l'épée de la nuit utilisée par le Prince Corwin d’Ambre. Elle est remarquablement légère et équilibrée, bien que sa lame soit dite incassable. Une partie de la Marelle Royale est profondément gravée dans son métal grisonnant. Le gris miroitant de l’Epée, jusqu’à la poignée incluse, est le résultat de la fumée mystique de Tir-Na Nog’th, l’étrange cité dans le ciel, fumée entrant dans la composition de l’Epée. Une partie de la Marelle d'Ambre est gravée sur sa lame

Greysteel
Épée de Koll de Thrall.

Greywand (voir également Scalpel et Cat's Claw)
Célèbre épée (broadsword) de Fafhrd. Fafhrd est un gigantesque barbare du nord et avec le voleur Gray Moser ils sont les héros de la série de romans de Fritz Liber : Le cycle des épées.

Grimtooth (Dague du roman le Seigneur des Anneaux - Tolkien)
Dague des orcs.

Gullver
L'épée de Hjalti, compagnon de Hrolf Kraki,

Gungnir ( frémissante) Lance (Mythologie Viking)
Ce n'est pas une épée. C'est la lance magique d'Odin, forgée par le nain Dvalin un des fils d'Ivaldi. Cette lance ne manque jamais sa cible et reviens après magiquement dans les mains de son porteur. Sur sa hampe, taillée dans l'arbre sacré l'arbre d'Yggdrasil, sont gravé des runes magiques qui maintiennent la loi. Cette lance est représentée par le symbole runique, Gar

Gurthang (Épée dans le roman le Silmarion - Tolkien)
Épée de Túrin. L'histoire de Túrin est contée dans le Silmarillion une des oeuvres de Tolkien. C'est avec cette épée que Túrin fils de Húrin tue le dragon Glaurung.

Haute-Claire (Haulteclere) (Chanson de Roland)
Épée de Closamont et d'Olivier (compagnon de Roland de Roncevaux dans la «Chanson de Roland»).

Forgée par Galas. Elle nécessita trois ans de travaux.

Halef ou Hatf ( la mortelle )
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Hadhafang (Épée dans le roman le Seigneur des Anneaux - Tolkien)
C'est l'épée de la princesse Arwen, fille d'Elrond et de Celebrían
Sur la lame est gravé en Elfique : "aen estar Hadhafang i chathol hen, thand arod dan i thang an i arwen." ce qui signifie "Cette lame s'appelle Hadhafang. Une noble défense contre des hommes hostiles pour une noble dame."

Herrugrim (Épée dans le roman le Seigneur des Anneaux - Tolkien)
C'est l'épée du roi Théoden Cavaliers de Rohan. La garde de l'épée est composée de deux tête de cheval en opposition, contournant la lame.
Le cheval est le symbole sacré de Rohan.

Hofud (du norrois Hofuð : "tête") (Mythologie Viking)
Epée du dieu HEmdall/HEmdal/Haimdall: "lumière du Monde", Ass : "Ase/Dieu scandinave", de la lumière, du temps et de l'année, veilleur des Ases.

Hrotti (Rotti) (Mythe des Nibelungen) (Voir l'autre épée magique Riddil)
Une des deux épées magique qui faisaient partie du trésor du dragon Fafnir, dont Sigurd prit possession.

Hrunting (Saga de Beowulf)
Une des deux épées magiques de Beowulf. Obtenue d'Unferth, roi des Hrothgars. Dans d'autres récis l'épée était dans la grotte de Grendel sous la mer. C'est avec cet épée que Beowulf trancha le bras de Grendel.

Joyeuse (Fusberta Joysa) (Chanson de Roland) (France)
Épée de Charlemagne.

L'épée avait dit-on un éclat tel qu'elle aveuglait ses ennemis. De plus son possesseur ne pouvait être empoisonné. Elle contenait, dans son pommeau, un morceau de la sainte lance, celle qui avait percé le flanc du Christ agonisant sur la croix.

Forgée par Galas. Elle nécessita trois ans de travaux.

Kaletfwlch ( Kaled vllulch = Excalibur= dur acier ) ( Cycle Arthurien )
Nom celtique de l'épée Excalibur.
un des quatre (4) trésors de l'Île de Bretagne, Kaletvwlch est une puissante épée. Dans les plus anciens mythes, on l'appelle « Le Glaive de Nuada », l'épée de Lumière, qui inflige des blessures mortelles. Kaletvwlch fut remise à Arthur par la mystérieuse Modron, puissante magicienne de l'île de Kaer Sidi, pour le remercier d'avoir sauvé son fils Mabon des griffes d'un loup.

Lagulf
Épée de Hildebrand dans la saga de Thiðrekssaga. L'épée servit pour blesser Gernoz (Gernot) et tuer Giselher.

Lance qui saigne lance (Cycle Arthurien)
C'est la lance qui apparaît dans le cortège du Graal, avec trois gouttes de sang sur le fer. On l'a souvent interprété comme la lance du centurion Longin, qui perça le flanc de Jésus sur la Croix. C'est en y appliquant le fer de la Lance qui saigne que Galaad guérit la blessure du Roi Pêcheur.

Lance vengeresse lance (Cycle Arthurien)
Lance avec laquelle Balin le Sauvage donne le «Coup Douloureux» au roi Pêcheur.

Leochain (Mythologie celte)
Une des épées de Fergus MacRoich.

Licorne (Historique) (France)
L'épée des princes de Bourgogne.

Loevi (Saga d'Hrolf Kraki Islande)
L'épée de Bjalki, compagnon de Hrolf Kraki.

Marmadoise (Cycle Arthurien)
Épée du duc Frolle d'Allemagne, antithèse d'Excalibur.ou de Rion
Il s'agit aussi d'une épée capable de projeter des éclats lumineux. Arthur s'en empare après sa victoire en combat singulier contre Frolle ».« C'était une des bonnes lames du monde, celle-là même dont Hercule se servit quand il mena Jason en l'île deColchide pour conquérir la toison d'or, et elle avait nom Marmiadoise. Dès qu'elle jaillit hors du fourreau, si grandefut la clarté qu'elle répandait que le pays en fut illuminé, et qu'Artus fit un pas en arrière pour mieux la voirflamboyer.

Master Sword (ou Excalibur, jeu Legende de Zelda)
Épée légendaire et arme principale du héros Link.

McAluin
L'épée de Fionn McCumhail.

Mémoire de Sang fourreau (Cycle Arthurien)
Nom du fourreau de l'Épée aux étranges renges.

Medham
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Merveilleuse
Épée de Doolin de Mayence, héros français du XIVe et XVe sciècle, Doolin est aussi le père d'Ogier le Danois.

Mimung
Épée de Wayland (le forgeron d'Odin) et Witga son fils. Donnée à Siegfried par une fée.

Forgée par Wayland.

Mirandoisa (Chastefol, Excalibar, Escalibar, Kaletfwlch) (Cycle Arthurien)
Autre nom donné à Excalibur, l'épée du Roi Arthur.

Mournblade (Cycle d'Éric le Nécromancien de Michael Moorcook)
Épée jumelle de Stormbringer. Afin de lutter contre le chaos, des créatures forgèrent deux épées jumelles, Stormbringer et Mournblade. Ils passèrent un marché avec un démon, afin qu'il se scinde en deux et habite chaque lame. Les épées recélaient un pouvoir immense.

Morglay (mor-glaif grosse épée)
Épée de Bevis de Hampton.

Murgleis (Muirgleis - éclat/ambre de mer) ( Chanson de Roland)
Épée de Ganelon. Cousin de Roland et traite dans la «Chanson de Roland».

Naegling (Saga de Beowulf)
Une des deux épées magiques de Beowulf. C'est avec cette épée qu'il tua le dragon qui attaquait son royaume.

Naglhring
Épée de Grim de Thiðrek puis de Heimir. Dans la saga de Thiðrek, le nain Alfrek vola l'épée à Grim, époux de Hild, et en fit don à Thiðrek. Thiðrek en fit don par la suite à son ami Heimir quand il prit possession d'Ekkisax.

Forgée le nain Alfrek.

Naglering
Épée de Dietrich Von Bern (Diderik). Ditrich a reçu l'épée du nain Alberich qui l'avait forgé pour les géants de feu Grim et Hilde

Narsil (Andúril) (Épée dans le roman le Seigneur des Anneaux - Tolkien)
Tolkien, dans le Seigneur des Anneaux, présente des épées fameuses. La plus célèbre est Narsil, instrument et symbole du pouvoir des rois venus de l'Ouest. Elle se brise lorsqu'Elendil tombe en combattant Sauron. Bien plus tard, Aragorn la fait restaurer par neuf forgerons elfiques. Rebaptisée Andúril (la flamme de l'Ouest), elle se révèle "aussi mortelle que jadis" et aide son porteur à relever le trône de ces ancêtres. (Voir le roman le Seigneur des Anneaux).

Nóralltach (grande furie) (Mythologie celte)
Une des épées de Díarmait ua Duibne. Il utilise celle-ci dans ses aventures plus risquées.

Nothung
Une des épées de Sigfried.

Orcrist (Fendoir-à-Gobelins) (Épée dans les romans Bilbo et le Seigneur des Anneaux)
Ils l'on appellé Orcrist, Fendoir-à-Gobelins. Mais les gobelins l'appellent simplement Mordeuse. Les gobelins la detestent et detestent encore plus leur porteur.

Orna
L'épée de Tethra le Fomoire, prototype de l'épée chantante...

Le Pic de Lune lance
Le « Pic de Lune » est une étrange lance qui fut remise aux peuplades pictes par l'encore plus étrange divinité « Jack », un habitant de la lune. La pointe de la lance a été taillée dans un morceau de pierre lunaire. C'est le Concile des Humbles qui a le pouvoir de désigner le Gardien du Pic de Lune.

Précieuse (Chanson de Roland)
Épée de Baligant. Émir de Babylone venu aider Marsille dans la «Chanson de Roland»

Prytwen bouclier (Cycle Arthurien)
Littéralement «forme blanche»; nom du bouclier d'Arthur dans certaines versions.

Rongomiant lance (Cycle Arthurien)
nom de la lance d'Arthur.

Qal'i
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Quern-biter (f oot-breadth)
Épée d'Haakon I de Norvège et de Thoralf Skolinson.

Refil (Mythe des Nibelungen)
Épée de Regin dans une des versions de la Chanson de Nibelungen.

Ridill (Mythe des Nibelungen) (Voir l'autre épée magique Hrotti)
Une des deux épées magique qui faisaient partie du trésor du dragon Fafnir, dont Sigurd prit possession.

Ringwraith (Épée du roman le Seigneur des Anneaux - Tolkien)
C'est l'épée des Nazgûls, les neufs rois maudits à la solde de Sauron qui recherchent inlassablement l'anneau. Ringwraith a été construite par des forgerons de la terre foncée du Mordor, sous les ordres de Sauron.

Sacho (Sachu)
Épée d'Eck.

Samsamha (Sansamha)
Épée d'Haroun-al-Raschid, calife de Bagdad en 786.

Sanglamore
Épée de Braggadochio.

Santacrux (Épée du roman le Chevalier au bouclier vert - Odile Weulersse)
C'est l'épée de Thibault de Sauvigny, le Chevalier au bouclier vert :
Héros de roman, âgé de 15 ans, aux cheveux blonds bouclés, il est sacré chevalier par son oncle le comte de Montcornet pour sa bravoure.

Sauvagine ( Sauvagins ) ( Chanson de Roland )
Une des épées d'Ogier le Danois. Un des 12 paladins et compagnons de Roland de Roncevaux dans la «Chanson de Roland».

Forgée par Munifican. Elle nécessita trois ans de travaux.

Scalpel ( voir également Greywand )
Rapière de Gray Moser célèbre voleur de la cité de Lankhmar. Avec Fafhrd le gigantesque barbare du nord, ils sont les héros de la série de roman de Fritz Liber : Le cycle des épées.

Schrit ( Shritt )
Épée de Biterolf.

Skofnung (Saga d'Hrolf Kraki Islande)
L'épée de Hrolf Kraki.

Sting ( Dague du roman le Seigneur des Anneaux - Tolkien )
Dague elfique qui s'illumine à l'approche des orcs.

Stormbringer (Cycle d'Éric le Nécromancien de Michael Moorcook)
Dans le roman de Michaël Morcock, Stormbringer est l'épée magique d'Élric le Nécromancien, laquelle draine l'âme de ses défuntes victimes et transmet une partie de sa force vitale à l'elfe albinos. Stormbringer offre ainsi au héros l'énergie dont il a besoin, mais le prix en est terrible. La bataille perpétuelle opposant Elric à son épée runique mugissante, qui a sa propre personnalité, constitue le moteur d'une grande partie de la saga d'Elric. Origine : afin de lutter contre le chaos, des créatures forgèrent deux épées jumelles, Stormbringer et Mournblade. Ils passèrent un marché avec un démon, afin qu'il se scinde en deux et habite chaque lame. Les épées recélaient un pouvoir immense.

Szczerbiec (l'épée aux entailles) (Pologne)
Boleslaw le Vaillant -1025 saisit son épée et en frappa plusieurs fois les barres de la grande porte dorée de Kiev. L'épée fut dès lors connue sous le nom de Szczerbiec ("l'épée aux entailles") et on l'utilisa par la suite lors des cérémonies des couronnements polonais.

Tyrfing (Mythologie Viking)
Une épée maudite fabriqué par les nains. Elle apparaît dans la poésie de l'Edda «le réveil d'Angantýr», et dans la saga de Hervarar . On la retrouve également dans un opéra de Richard Wagner.

Selon le poème le roi Sigrlami a forcé les nains à forger l'épée Tyrfing. Ceux-ci y ont placé une malédiction, celle d'apporter la mort à son porteur. De plus, aucune blessure faite par l'arme ne peut être guérie. Sigrlami meurt donc aux mains d'Arngrim qui hérite de l'épée etc....

Tizona
Une des épées du CID. Il fut enterré avec elle. Il l'a prise au roi Baucar.
L'épée du Cid : Tizona. Cette épée appartenait au chevalier Castillan Rodrigo Diaz de Vivar, connu sousle nom "El Cid Campeador" durant le XIe siècle, qui a participé avec le roi Alfonso VI à la conquête de Tolède et quia aussi conquis le royaume de Valence aux arabes. Tizona est la légendaire épée du Cid, l'arme qui lui sauve la vie et qui lui permet de gagner de nombreuses batailles. De .93 mètres de longueur, depuis la poignée jusqu'à la pointe et pesant un peu plus d'un kilo, la lame mesure 4,3 centimètres de large. Selon les dernières études il se peut qu'elle fût fabriquée vers la première moitié du XIe siècle. Tizona symbolise l'honneur militaire du héros. Colada était l'autre épée du Cid, qu'il gardait également comme un trésor

Tranchera
Épée d'Agricane, chevalier de Charlemagne, fabriqué par Brandemart dit-on.

Vorpale
C'est l'épée du chevalier sans tête qui hanta une région près d'une gorge retirée nommée Sleepy Hollow (Petite vallée endormie), L'histoire se déroule aux alentours de 1787 dans l'implantation hollandaise de Tarrytown. La légende que raconte cette histoire est celle du chevalier sans tête ou Hessien Galopant de lacombe, fantôme d'un soldat Hessien qui perdit sa tête au contact d'un boulet de canon durant « quelque bataille sans nom » de la Guerre d'Indépendance des États-Unis, et qui rode depuis lors dans Sleepy Hollow à la recherche d'une tête de remplacement. Le dénouement de ce conte imaginaire se déroule dans le bien réel cimetière de Sleepy Hollow.

Vorpale (la tranchante)
Épée évoquée dans le poème Jabberwocky de Lewis Carroll.

Vorpaline (Des romans du cycle Les 9 Princes d'Ambre de Zelazny
La Vorpaline épée est utilisée par Merlin contre L'ange igné envoyé par son demi frére Jurt, elle lui est prétée par le chat du Cheshire en personne !

Waskë
Épée de Sintram Waskë, l’épée d'Iring, dans le mythe des Nibelungen,

Welsung
Épée d'Iring

Werewindle (une des deux épées soeurs des romans du cycle Les 9 Princes d'Ambre de Zelazny, voir également Grayswandir )
Il s’agit de l’épée du jour utilisée par le Prince Brand d’Ambre.

Zar'roc (dans la trilogie Eragon)
Épée de Morzan le Parjure puis de Brom le Dragonnier et enfin d'Eragon.

Zugafar
Épée d'Ali, gendre de Mahomet.

L'épée de Jeanne d'Arc (France)
Charles Martel vainqueur en 732 de Abd-Al-Rahman gouverneur d'Andalousie commandant les arabes à Poitiers, fit élever sur le champ de bataille à un endroit appelé "locus de fero bosco", une chapelle en l'honneur de Sainte-Catherine d'Alexandrie, martyre vers 307.

Cette chapelle dite de « Ste-Catherine de Fierbois » devint un lieu de pélerinage, particulièrement pour les soldats, qui à partir de 1415 et de la bataille d'Azincourt, vinrent déposer en guise d'ex-voto, tout ou partie de leur armement en remerciement de la protection de la sainte.

En 1429, aprés l'entrevue au chateau de Chinon avec Charles VII, Jeanne demande à ce que l'on aille chercher dans cette chapelle une épée marquée de cinq croix, sans fourreau, enterré derrière l'autel. Elle dit ne jamais avoir vue cette épée promise par la Sainte, mais c'est là effectivement que l'armurier forgeron envoyé depuis Tours la découvre et la rapporte à Jeanne.

Si l'emplacement où fut trouvé l'épée fait consensus, son origine diffère selon les légendes et théories. La première veut que l'épée soit celle que Charles Martel a déposée lui même 700 ans auparavant pour remercier Ste-Catherine de sa victoire. Une seconde dit qu'il s'agit plutot de l'épée du conétable DuGeslin. Une dernière pense qu'il s'agit probablement d'une des épées laissé en ex-voto dans la chapelle par un chevalier pélerin de passage.

Le duc d'Alençon, dans ses récits, mentionne que Jeanne brisa cette épée sur le dos d'une prostituée à Saint-Denis. Charles VII se montra très mécontent, car l'arme était considérée par plusieurs comme magique auprès des compagnons de Jeanne, et sa destruction passa pour un mauvais présage.

On ne sait pas ce qu'il advint de l'épée. Les légendes comme les écrits n'en disent mot.

L'épée de William Wallace (écosse)
L'épée de William Wallace a été conservé au château de Dumbarton de 1305 (moment de la capture du rebel par le shérif de Dumbarton) jusqu'au moment où elle fut envoyé à Stirling (Écosse), en 1869 pour y être exposée à l'intérieur du monument national de Sir William Wallace.

On connait peu de chose sur l'origine même de l'épée, car celle-ci ne porte aucune marque distinctive permettant de la dater. Nous savons toutefois que James IV roi d'Écosse a ordonné que l'épée soit rénovée en 1505 afin de l'exposer en tant que l'épée officielle du héros.

L'épée de Wallace, de type claymore, mesure approximativement 66 pouces de longueur, sa lame mesurant à elle seule 52 pouces de long. La forge et le modèle de la lame laisse à penser qu'elle peut être d'origine écossaise. En effet, les caractéristiques de l'épée sont très différentes de celles produites à la même période et provenant de Flandre ou d'Allemagne.

Finalement si on se fie à la taille de l'épée, on peut supposer que William Wallace devait être de stature imposante, devant mesurer au moins 6 pieds 6 pouces pour pouvoir manoeuvrer efficacement une telle arme.

Les forgerons

Alfrek : Nain forgeron dans la saga de Thiðrek, il fabriqua ; Ekkisax et Naglhring.

Ansias : Il fabriqua trois épées; Baptism, Florence, and Graban, tous pour Fierabras. Chaque épée prit trois ans à fabriquer.

Galas : Il fabriqua trois épées; Flamberge et Joyeuse pour Charlemagne; et Hauteclaire pour Closamont. Chaque épée prit trois ans à fabriquer.

Munifican : Il fabriqua trois épées; Durandal pour Roland, Sauvagine et Courtain pour Ogier le Danois.

Wayland (Wieland) : Forgeron d'Odin dans la mythologie nordique. Il fabriqua trois épées; Balmung pour Sigfried, Mimung.

 source : http://pages.infinit.net/celte/epees.html

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Les épées de légendes

30 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chevalerie

 

L'épée, symbole du pouvoir, recèle en elle une histoire. Certaines sont réelles, d'autres mythiques ou oeuvre d'un roman. Certaines sont magiques, d'autres forgées par un artisan d'exeption. Elles sont toutes uniques et particulières. L'épée, l'arme noble par excellence, on lui reconnait une âme on lui donne un nom.

Les épées

Al-'Adb
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Al Battar ( la batailleuse )
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

L'épée d'Al-Battar a été prise par le prophète Mahomet comme butin du Banu Qaynaqa. C'est l'épée des prophètes et sur sa lamme est inscrite en arabe les noms de David, Solomon, Moïse, Aaron, Joshua, Zechariah, Jean, Jésus et Mahomet. On y retrouve également un dessin représentant le roi David tranchant la tête de Goliath à qui l'épée appartenait à l'origine. On retrouve également une inscription en Nabataean.

La lame de l'épée mesure 101 centimètres de longueur. Elle est conservée dans le musée de Topkapi à Istanbul. Selon la légende c'est cette épée que Jésus utilisera quand il reviendra sur la terre pour combattre l'anti-Christ Dajjal.

Al-Ma'thur
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Al-Mikhdham
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Al-Rasub
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Al-Qadib
Une des neuf épées du prophète Mahomet.

Almace ( Almacia ) ( Chanson de Roland )
Épée de Turpin. Évêque de Reins (de 774 à 789-791) et compagnon de Roland de Roncevaux dans la «Chanson de Roland».

Andúril ( Narsil ) (Épée du roman le Seigneur des Anneaux - Tolkien )
Tolkien, dans le Seigneur des Anneaux, présente des épées fameuses. Aragorn fait restaurer Narsil l'épée brisée d'Elendil, par neuf forgerons elfiques qu'il rebaptise Andúril (la flamme de l'Ouest), elle se révèle "aussi mortelle que son ancêtre" et aide Aragorn à relever le trône de ces ancêtres. (Voir le roman le Seigneur des anneaux)

Angurva ( Angurvadel, Angurvadil, Angurvddel ) ( Steam of anguish )
Épée de Frithjof (mythologie nordique). Des runes magiques sur sa lame la font briller fortement en temps de guerre et légèrement en temps de paix.

Answerrer ( le Répondant ) Voir aussi Fragarach
Épée de Mannan Mac Lir, gardien de l'île de Man. Nul ennemi de peut survivre à ses morsures.

Arondie ( Arondight, Ar'oundight ) ( Cycle Arthurien )
Épée de Lancelot du Lac. Il recoit cet épée à 18 ans lors de son adoubement par Arthur et Guenièvre.

Ascalon
Épée de Saint-Georges.

Arvoul (ou Arvwl),
L'épée de Tristan.

Azoth
L'épée magique abritant un esprit, appartenant à Paracelse, médecin alchimiste (1493 -15410.

Balmung ( Chanson de Nibelugen ) Voir aussi Gram c'est la même épée
Célèbre épée de Siegfried dans la «Chanson de Nibelugen».

Siegfried dans son voyage au pays des Burgondes fut attaqué par le nain Alberich. Celui-ci était en fait le gardien du fabuleux trésor des Nibelungen, et, comme Siegfried lui laissait la vie sauve, il lui proposa une partie de ces richesses, dont la célèbre épée magique Balmung.

Selon les légendes nordiques Balmung fut donnée par Wayland le forgeron à Odin, ce dernier l'enfonçant dans l'arbre Branstock, un chêne dans le Palais de Volsung. Odin déclara alors que celui qui la récupérant ne connaîtrait que la victoire sur les champs de bataille. Neuf des princes de Volsung essayèrent mais seul le plus jeune y parvint. Son nom était Sigmund.
Cette épée fut « offerte » par Wotan à la lignée des Volsungs. L'épée fut brisée contre le bois de Gungnir, la Lance de Wotan. Elle fut plus tard reforgée par Regin, pour vaincre le dragon Fafnir. Les descendants des Volsung ont des prérogatives quant à l'utilisation de cette épée.

Forgée par Wayland le forgeron d'Odin et reforgée par Regin

Batism
Une des épées de Fierabras.

Forgée par Ansias. Elle nécessita trois ans de travaux.

Begallta ( Petite furie ) ( Mythologie celte )
Une des épées de Díarmait ua Duibne. Il utilise celle-ci dans ses aventures moins risquées.

Bélisandre ( Bélisandra, Balisarde )
L'épée magique de Rogero ( Renaud de Montauban ).

Rendue magique par une enchantresse

Blutgang ( Répendresse de sang, Blodgang )
L'épée d'Hieme. dans la saga de Thiðrek.

Bourdin
L'épée de Renaud de Montauban,

Brennus VeaVictis (épée de)
L'an 390 avant Jésus-Christ, les Gaulois prirent et dévastèrent Rome. Enfermés dans le Capitole et menacés de la famine, les Romains, pour éloigner les formidables ennemis qui campaient sur les ruines fumantes de la cité, consentirent à leur donner mille livres pesant d'or. Ils accusèrent les Gaulois de se servir de faux poids. Le chef des Gaulois, Brennus, irrité, jeta, dit-on, son épée et son baudrier dans la balance, en proférant ces paroles impitoyables : Vae victis !

Brinnig
Une des épées d'Hildebrand dans la saga de Thidhrek (Dietrich) .

Caladbolg (Caladcholg
"Dur-ventre" était l'épée célèbre d'un héros celtique appelé Cuchulain. Plus tard utilisé par Fergus mac Róich. L'épée irlandaise légendaire était capable de consommer tout. Il serait capable de couper à travers une colline.

Calad-colg (Calabolg - Caladbolg = dur tranchant, Cliamh Soluis)
Épée brandie par Ogma à la bataille de Mag-Tured, et possédée par le héros Cûchulainn, fils de Lug (Tuatha de Danann). Nom irlandais donnée à Excalibur.

Forgée par les fées

Caladin (Cycle Arthurien)
L'épée de Gauvain,

Caliburn ( Cycle Arthurien )
Nom latin donnée à Excalibur par la Dame du Lac.

Cat's claws (voir également Scalpel et Greywand )
Dague de Gray Moser. Avec Fafhrd, ils sont les héros de la série de romans de Fritz Liber : Le cycle des épées.

Chastiefol (Cycle Arthurien)
Nom de l'épée d'Arthur dans le récit le plus tardif de la légende «le Chevalier au Papegau» (voir Excalibur).

Chrysaor (Oeuvres d'Edmund Spencer 1596)
L'épée magique de la reine de Faerie. Utilisé par Artegal, le chevalier de justice, elle lui a été remise par Astræa, qui lui l'avait obtenu de Jove qui l'utilisa à l'époque contre les titans.

Claidheamh Solius (l'épée de lumière)
Une des épées de Cû Chulainn, fils de Lug (Tuatha de Danann)

Colada
Une des épées du CID.

Corrougue
Épée d'Otuel, chevalier de Charlemagne.

Courtin ( Cortan - Cortane - Courtain - la coutre ) ( Chanson de Roland )
Une des épées d'Ogier le Danois. Compagnon de Roland de Roncevaux dans la «Chanson de Roland».

Forgée par Munifican. Elle nécessita trois ans de travaux.

Courtoise
Taillefer Guillaume I, comte d'Angoulême de 929 à 956.
La légende dit que Guillaume, portait un sabre d'un acier très tranchant. Stonius, chef des Normands qui écumaient le secteur, s'étant armé de sa cuirasse, et de son casque, se présenta alors devant Guillaume pour le défier. Aucours du combat, ce dernier lui fendit le corps par moitié, d'un seul coup de son épée, d'où le surnom de Taillefer, qui passa par honneur à ses descendants

Cruadín
Une des épées de Cû Chulainn.

Curtana (Historique ) (Angleterre)
L'épée d'Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre. Épée cérémonielle sans pointe portée par les rois d'Angleterre pour rendre justice.

Dáinsleif ( Mythe Viking )
Pour les hommes les nains forgèrent l'épée maléfique Dáinsleif, dont la blessure ne guérit jamais, et qui ne peut retourner dans son fourreau qu'après avoir tué. Cette épée est détenue par le roi Hogni. L'épée du héros nordique Hogni.

Dard ( Sting ) ( Romans Bilbo et le Seigneur des Anneaux )
Dard est une épée magique donnée à Frodon par son oncle Bilbon, ancien porteur de l'anneau, dont la lame est gravée de caractères elfiques. La lame de Dard luit d'une couleur bleue lorsque des Orcs se trouvent à proximité.

Daywalker (Film Blade)
Épée du vampire Blade.

Destinée (Film Tigre et dragon)
Épée indestructible et disputée.

Dioltach
Une des épées de Mannanan MacLir

Dhu' l Fakdr ou Dhu al-faqar ( la tranchante )
Une des neuf épées du prophète Mahomet. Un cimeterre.

Durendal ( Orlando, Dudendal, Durandana ) ( Chanson de Roland )
Célèbre épée de Roland de Roncevaux dans la «Chanson de Roland» composée au Xe siècle.

Roland est comte de la Marche de Bretagne et neveu de Charlemagne. Au retour d'une incurtion contre les Sarrasins en Espagne, Roland assure l'arrière garde de l'armée de Charlemagne, lorsque trahie par Ganelon il est attaqué au col de Ronceveaux dans les Pyrénées.

Blessé à mort et sentant sa fin venir, Roland sonne dans son olifant pour appeler Charlemagne à son secours. Craignant que Durendal ne tombe aux mains des Sarrasins, il tente de briser son épée sur un rocher mais celle-ci au lieu de se rompre fendit le rocher. Dans les Pyrénées, on montre encore une trouée dans la montagne, au-dessus de Roncevaux : la Brèche de Roland !

La légende raconte également que Roland avant de mourir pria l'archange Saint Michel de l'aider à soustraire Durendal aux infidèles. L'épée fut donc ainsi sauvée et vint se planter dans le rocher du sanctuaire de Rocamadour en France. Elle y est encore, fichée juste au dessus de la porte de la chapelle Notre Dame.

Forgée par Munifican. Elle nécessita trois ans de travaux.

Dyrnwyn
Épée du roi de Welch Rhydderch Hael le généreux.(Angleterre)

l'Ébréchée ( Historique ) (Pologne)
L'épée du sacre des rois de Pologne voir Szczerbiec ("l'épée aux entailles")

Ekkisax
Épée de Ekka puis de Thiðrek. Obtenu par Thiðrek après avoir tué Ekka en combat. Dans la saga de Thiðrek, c'est l'épée qu'il utilisa pour vaincre Hagen.

Forgée par le nain Alfrek,

Epée aux étranges renges (Cycle Arthurien)
Epée dont le foureau, appelé «Mémoire de Sang», est fait du bois de l'arbre de vie. Placée dans la Nef de Salomon, elle est destinée au «Bon Chevalier», c'est-à-dire à Galaad, qui est le seul à pouvoir la tirer.

Epée de Nuada ( Mythe celtique )
Les «Thuatha dé Danann», peuples de la déesse Dana étaient venus des îles du nord du monde...en amenant avec eux 4 objets sacrés. L'épée de Nada est l'un de ces objets. Dans les plus anciens mythes, c'est l'épée de lumière qui inflige des blessures mortelles. Dans les mythes celtes et les textes arthuriens cette épée devient Caladbolg, Calad-colg, Caledfoulch ou Kaledfoulc'h ou kaletfwlch. En fait tous ces nomsDyrnwyn

Epée marqué du héron
Épée fabriquée à l'aide du Pouvoir Unique dans La Roue du Temps. Elles ont la particularité d'être pratiquement indestructible. Elles sont généralement la propriété de grands épéistes. Le jeune héros, Rand, héritera la sienne de son père adoptif..

Excalibur ( Chastiefol, Excalibar, Escalibar, Kaletfwlch, Mirandoisa, Épée ou glaive de Nuada ) ( Cycle Arthurien )
Probablement la plus célèbre des épées de légendes. C'est l'épée magique du roi Arthur dans l'épopée de la Table Ronde.

Excalibur est une déformation de Caledfoulch ou Kaledfoulc'h ou kaletfwlch qui signifierait "dur éclair" ou "dure foudre" appellation qui conviendrait parfaitement à une épée magique.

Dans le cycle arthurien, Excalibur est l'épée de souveraineté et de puissance confiée à Arthur. Ce n'est pas l'épée fichée dans la pierre et que retire le jeune Arthur lorsqu'on cherche un successeur à Uther Pendragon. Mais une autre épée, venue de l'autre monde et remise à Arthur par la Dame du Lac, la fée Viviane. L'épée brillait du feu de trente torches, éblouissant ses ennemis. Le fourreau précieux empêchait le sang de couler sur les champ de bataille, mais Arthur confia imprudemment ce talisman à sa demi-soeur la fée Morgane. Elle s'empressa d'en faire un double, qu'elle remit à Arthur tandis qu'elle donna l'original à son amant, Accolon.

Après la bataille de Camlann, Arthur demanda au chevalier Girflet de lancer Excalibur dans un étang, car elle ne doit pas tomber en n'importe quelles mains. Or, une main sortit de l'eau, saisit l'épée, la brandit trois fois et disparaît avec elle : l'épée magique de souveraineté a été rendue à la Dame du Lac .

Flamberge ( Floberge, Flamborge ) (Chanson de geste Renaus de Montauban - Les 4 fils d'Aymon )
Epée de Renaud de Montauban un des 3 fils d'Aymon (Rinaldo di Montalbano).
À l'époque des chansons de geste, il y avait quatre vaillants chevaliers : les Quatre Fils Aymon. L'aîné des quatre frères s'appelait Renaud de Montauban. Il possédait une épée prestigieuse, Floberge, aussi redoutable que Durandal, celle de Roland. Au cours des siècles, le nom de Floberge devint un nom commun et s'altéra en flamberge, sans doute sous l'influence des mots flamme, flamboyer, etc. L'expression n'est plus utilisée aujourd'hui qu'ironiquement principalement pour se moquer des démonstrations spectaculaires d'héroïsme et signifie une invitation ironique à tirer l'épée et à se jeter dans la bataille sans réfléchir.

Forgée par Galas. Elle nécessita trois ans de travaux.

Flamborge (voir Flamberge)
Épée de Maugis et de Renaud de Montauban, Bradimart ?

Forgée par Wayland le forgeron d'Odin.

Florence (voir également Graban)
Une des épées de Fierabras, fils de Balan.

Forgée par Ansias. Elle nécessita trois ans de travaux.

Fragarach ( Frecraid, Freagarthach ) Vois aussi Answerer l'Épée de Nuada ( Mythologie celte )
Épée de Manannan MacLir, gardien de l'île de Man et de Lugh Lamfada. Nul ennemi de peut survivre à ses morsures. C'est l'un des quatres principaux trésors de Tuatha De Dannann.

Fraoch
Une autre des épées de Mannanan MacLir.

Frostmourn (jeu vidéo Warcraft III)
Épée maudite d'Arthas, prince du royaume déchu de Lordaeron dans le monde d'Azeroth.

Gai Bolga ( Gae-Bolg, Gae Bulg ) Lance
Cette puissante lance a été remise à Cûchulainn par Scathach, reine féerique du Royaume de la Lumière. Grâce à cette lance et aux techniques qu'il a apprises lors de son entraînement par Scathach, Cu Chulain peut exécuter le terrible Gae Bolg, une attaque qui ne cause qu'une seule blessure lorsque la lance pénètre sa victime, mais qui en cause neuf (9) autres lorsqu'elle en ressort. Cette lance est construite à partir des ossements d'un monstre marin mort à en combattant un autre.

Galatyn, Galantyne
Épée de sir Gauvain dans dans l'épopée de la Table Ronde.

Glaive de Sommer (Série de romans Loup Solitaire)
Épée (le terme glaive est issu d’une mauvaise traduction) des rois du Sommerlund, longtemps laissé au royaume de Durenor en gage d’alliance. Elle est l’une des rares armes permettant de tuer les Seigneurs des ténèbres et son possesseur est Loup Solitaire.

Glamdring ( Épée dans les romans Bilbo et le Seigneur des Anneaux - Tolkien )
Glamdring (marteau à ennemi en langue sindarin) était l'épée de Turgon, le Roi de Gondolin. Durant le troisième âge, elle fut retrouvée par Olorin, dit Gandalf le Gris parmi le butin d'un groupe de trolls lors d'une aventure avec Bilbon Saquet. Elle lui servit ensuite pendant ses nombreuses quêtes en vue d'anéantir définitivement le pouvoir de Sauron. Comme la plupart des épées elfiques, elle devient bleue lorsque des orques approchent.

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Le Roman de Tristan : les personnages

29 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #chevalerie

TRISTAN

Le texte de Béroul n'accorde quasi pas de place à la vaillance héroïque de Tristan ( légende) Au contraire, c'est un personnage qui est contraint de subir la haine jalouse des barons et ses qualités de preux chevaliers lui sont une arme inefficace pour lutter contre la félonie, d'autant que jamais aucun de ces trois barons n'acceptera d'affronter Tristan en combat singulier.

C'est l'amant qui évolue tout au long du texte de Béroul, tous ses faits et gestes, toutes ses pensées sont gouvernés par sa passion pour Yseut.

C'est parce qu'il ne peut résister à l'attrait d'Yseut qu'il est pris en flagrant délit. Pour l'amour d'Yseut il mène une vie de hors la loi dans la forêt du Morrois. Il fait valoir son génie inventif ( il construit l'arc infaillible), ses qualités de chasseur et de dresseur ( il apprend à Husdent à chasser à la muette). Infatigable, il fait et défait chaque jour leur abri de feuillages.

Pour défendre la vie et lhonneur d'Yseut il se bat contre les lépreux, contre ses ennemis et au cours des tournois organisés la veille du jugement d'Yseut, Tristan retrouve un peu de sa gloire,  il suscite même l'admiration des chevaliers de la Table Ronde qui pensent qu'il s'agit du chevalier féérique "Le noir de Montagne".

Hors la loi, artisan, chasseur, Tristan est un personnage dépossédé de son prestige,de son équipement, de son rôle à la cour, de l'affection de son oncle, de sa propre identité. Sans cesse obligé de se cacher, dans une forêt, dans une cave, Tristan devient la figure emblématique de l'être déchu. La crainte d'être découvert et dénoncé est omniprésente.

Ce n'est que déguisé, en lépreux ou en chevalier inquiétant, c'est-à-dire sous l'apparence d'un autre lui-même, qu'il peut agir pour défendre son bon droit. Tristan est un personnage de l'ombre. Lui-même se renie lorsque cesse l'effet du philtre et amèrement il regrette le chevalier qu'il était et qu'il a trahi : " J'ai oublié la chevalerie, les usages de la cour et la vie des barons..." ( 68) .

Pour autant, Tristan n'est pas un anti-héros. Il réussit, à force de ruses et avec l'aide de Gouvernal et d'Yseut à triompher de ses ennemis . Les barons félons sont d'abord ridiculisés (lors du passage du Mal Pas) puis tués, il regagne la confiance et l'affection de son oncle, jamais il n'a failli à son engagement envers Yseut .

YSEUT

Yseut la blonde est un personnage qui occupe une place privilégiée et qui joue un rôle important dans le texte de Béroul ce qui est novateur dans la littérature du moyen-âge qui jusqu'alors n'accordait qu'une place dérisoire, voire nulle à la gente féminine. ( par exemple, dans la Chanson de Roland, la belle Aude, amoureuse de Roland, n'est citée qu'une seule fois)

La belle Yseut, expression récurrente pour la désigner, est une reine aimée de son époux, adulée par son peuple qui ne craint pas de s'opposer à la condamnation prononcée par leur roi, protégée par le roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde, adorée par Tristan. Hors les barons félons et le nain Frocin, c'est un personnage qui fait l'admiration de tous.

Le roi Arthur fait l'éloge de sa beauté, de sa noblesse et de sa bonté : "Pour l'amour de la noble dame aux cheveux blonds, qui ignore la méchanceté" ( 48), il est prêt à tout. Le roi Marc reconnaît en elle un être d'exception : " Ah reine noble et honorée, en quel pays naîtra une fille de roi de ta valeur ?" ( 39) ; le peuple "se réjoui[t] beaucoup de revoir Yseut et se me[t] en peine pour la servir". Rien n'est trop beau pour lui rendre hommage et l'ermite Ogrin achète à crédit "... brocards, vairs, gris et hermines [pour la] vêtir somptueusement" (80) Dinas "lui apporte un vêtement qui valait cent marcs d'argent, un riche drap de soie tissé d'or" ( 85)

C'est une maîtresse femme qui domine la situation. Habile et rusée, elle use du langage comme d'une arme redoutable . Dans la scène inaugurale, elle manie la rhétorique avec aisance et mène le jeu : le recours à un double langage suffit à convaincre le roi de son innocence. Quand elle manifeste le désir de se justifier, elle argumente avec une rigueur telle que Marc ne peut qu'obéir aux injonctions de son épouse. Le jour du jugement, elle réussit à se disculper sans mentir grâce à une mise en scène qu"elle a habilement orchestrée:

Elle choisit le lieu

Elle dicte à Tristan son rôle

Elle fait venir Arthur et ses chevaliers car elle sait qu'"ils se battront pour [elle] contre les calomnies" (92)

Elle prête serment avec une assuarance telle que personne ne songe à douter de sa loyauté.

Pour éviter toute équivoque, elle explique le sens de ses propos

Elle regrette d'avoir vécu comme une serve et d'avoir failli à ses devoirs de reine mais elle se disculpe en accusant, avec sévérité, Brangien et elle la rend responsable de tous ses maux.

Yseut la blode, Yseut la douce, Yseut la noble, incarne une femme qui use de tous ses pouvoirs pour dominer. En effet, outre ses dons de magicienne et de guérisseuse qui ne sont pas exploités dans le texte de Béroul, elle use de sa beauté, de sa réputation, de son art du discours pour vaincre tous les obstacles. Elle incarne une nouvelle image de la femme au moyen-âge, elle agit et ne subit pas, inventive et rusée, elle prend son destin en main : c'est une véritable héroïne.

MARC

Le roi Marc est un personnage ambigü, tantôt dans le camp des adjuvants, tantôt dans celui des opposants selon l'influence qu'il subit : on peut parler de la dualité du personnage.

Ainsi, condamne-t-il à mort le nain Frocin pour avoir dénoncé à tort Tristan et Yseut et peu de temps après, il suit à nouveau ses conseils. Finalement il le fera décapiter mais pour avoir trahi son secret. ( Le prénom Marc vient du celtique marc'h qui signifie cheval ( racine que l'on retrouve dans maréchal- ferrant : celui qui ferre les chevaux) et le roi aurait des oreilles de cheval suite à une malédiction du nain.) Incapable de discerner ce qui bon et mauvais pour lui, Il refuse les sages conseils du baron Dinas et se laisse guider par les barons félons. De même, lorsqu' Andret lui conseille de reprendre Tristan à sa cour, il "est sur le point d'y consentir" (83) mais les trois barons le lui déconseillent et il déclare : " Je suivrai ce conseil" (84). C'est contre son gré qu'il prend ces décisions et il se lamente d'avoir obéi aux barons.

Personnage influençable, il se fie aux apparences et se laisse duper.Convaincu d'avoir été trompé par le nain, il laisse les amants se voir en toute liberté : " Tristan ... aura la permission de rester dans ma chambre autant qu'il voudra" (27). De la suspicion il passe à la confiance totale : " Plus jamais, il ne croira les Cornouaillais" et " Jamais plus il ne suspectera [Tristan et Yseut] en dépit des médisants" ( 31). La suite du récit nous offre un démenti éloquent.

Personnage indécis, il ne sait jamais quelle décision il faut prendre (ce qui, pour un roi est un défaut capital), comme le précise Périnis au roi Arthur : " Le roi n'a pas une attitude très claire, il balance d''un côté ou de l'autre" ( 96)

Personnage pathétique, il souffre d'avoir éloignéTristan de sa cour et ne souhaite que vivre en paix dans son château entre sa femme et son neveu. Par ailleurs, le roi Marc ignore tout du philtre d'amour et de ce fait, il est victime des circonstances qui se sont retournées contre lui.

Roi impulsif, son pouvoir et son autorité sont contestés. par ses barons qui l'accusent de cautionner l'adultère en gardant Yseut sous son toit, par le peuple qui lui reproche d'avoir condamné au bûcherTristan et Yseut sans aucune forme de procès, par le roi Arthur et les chevaliers de la Table ronde qui estiment qu'il est le jouet des barons. Le jour du jugement d'Yseut, c'est davantage la présence d'Arthur et de ses chevaliers que la sienne qui garantit la probité d'Yseut .

LES OPPOSANTS

Le nain Frocin est un personnage maléfique. Magicien plus qu'astrologue, il fait le mal par plaisir : "Il frémit de joie" (36) en voyant Tristan et Yseut enlacés la nuit du piège. Allié et complice des trois barons, il met en place les stratagèmes pour faire surprendre les amants par le roi. C'est lui qui dicte au roi la conduite qu'il doit tenir pour pouvoir organiser son guet-apens. Presuadé de l'innocence des intentions de Tristan et d'Yseut, Marc l'accuse de mensonge et pense même que c'est pour le ridiculiser qu'il lui a conseillé de se cacher dans le grand pin : il souhaite sa mort : "si je peux m'emparer de lui, je le ferai mourir par le feu" (26). Enfin, il trahit la confiance du roi en dévoilant aux barons le secret des oreilles du roi : ce qui cause sa perte : le roi le fait décapiter.

Les trois barons félons, trio solidaire, ils ne sont individualisés que page 87. Ganelon, Denoalain, Godoïne, agissent toujours ensemble car en fait ils sont faibles et peu courageux. Béroul se plaît à nous rappeler leur lâcheté en ayant refusé de combattre le Morholt ou en refusant d'affronter Tristan en combat singulier. Il est d'ailleurs important de remarquer que lorsqu'ils sont séparés ils sont vulnérables : Ganelon est décapité par Gouvernal alors qu'il s'était aventuré seul dans la forêt du Morrois, Denoalain est tué par Tristan tandis qu'il chassait seul sur sur un sentier, la flèche de Tristan aura raison de Godoïne quand il épie le couple dans la chambre d'Yseut.

Ils éprouvent pour Tristan une haine sans limite et leur seul objectif est d'éloigner Tristan de la cour du roi Marc car ils le craignent : " Ils l'avaient pris en haine à cause de sa vaillance" (37) Aussi font-ils pression sur le roi pour qu'il se débarasse de son neveu, ils le harcèlent et comme le roi ne peut décider sans l'avis de ses barons, ils abusent de leur situation pour nuire à Tristan : ils conseillent au roi de ne plus l'accepter après sa fuite, ils insistent pour qu'ait lieu le procès d'Yseut. Fourbes, ils agissent sournoisement, dans l'ombre et laissent le nain Frocin agir. Ils font partie des losangiers ( flatteurs hypocrites) et feignent de laisser le roi en paix : " ... Nous qui faisons partie de vos fidèles, nous vous avons donné un conseil loyal. Puisque vous ne voulez pas le suivre, agissez selon votre guise. Désormais, nous nous tairons. Pardonnez-nous de vous avoir déplu" (88) et dés la page suivante Béroul leur fait dire qu"" ils chercheront des ennuis à leur seigneur, si l'affaire ne s'arrange pas" (89). Ils ont recours au chantage et menacent le roi de regagner leur château et de lui déclarer la guerre s'il refuse de chasser son neveu du royaume.

Personnages antipathiques, Béroul multiplie les malédictions contre eux. Tristan les ridiculise lors du passage du Mal Pas et le roi Marc se lasse enfin de leurs complots, les chasse de son château et malgré eux, il fait revenir Tristan pour le venger de ces félons. Enfin, les barons sont des perturbateurs, il sèment le désordre bien plus que Tristan : " Tristan est peut-être coupable mais il est dans l'anxiété. Vous ne vous souciez pas de ma tranquilité. Avec vous, je ne peux jamais être en paix..." (87)

Le forestier délateur est certes ennemi de Tristan et d'Yseut, mais il pourrait obtenir quelques circonstances atténuantes car il nous semble que c'est plus par cupidité que par intention de nuire qu'il dénonce la cachette des amants. On sait que le roi a "fait crier le ban contre Tristan" (52) et que "celui qui livrera [les amants] au roi ... recevra cent marcs de récompense" (51). Aussi nous semble-t-il que c'est l'appât du gain qui est à l'origine de la délation.

LES ADJUVANTS

Les personnages qui défendent Tristan et Yseut et ceux qui sont leurs complices, appartiennent à toutes les catégories sociales : le peuple, les serviteurs, l'église, la noblesse, la chevalerie, la royauté. Il s'agit pour Béroul de prouver que le couple des amants, même si d'aucuns les reconnaissent  coupables, engendre la sympathie et leurs souffrances suscitent une pitié sincère : l'oeuvre de Béroul peut être lue comme un plaidoyer en faveur des amants.

Les serviteurs dévoués:

Gouvernal, maître d'armes et écuyer de Tristan, il veille fidèlement sur son élève et il lui est entièrement dévoué. Confident de Tristan, il est discret mais efficace. Toujours présent quand il a besoin de lui, il est une aide précieuse et indispensable pour sa survie. Lorsque Tristan est condamné au bûcher, il se précipite à son secours non sans avoir pensé à prendre l'épée de Tristan. Il l'aide à sauver Yseut des mains des lépreux. Complice du couple, il est présent le jour du jugement et prépare armes et chevaux pour les tournois. Ami sincère,  il sait donner de bons conseils à Tristan qui, sous l'impulsion de la colère veut agir sans réfléchir " ne vous précipitez pas ! Dieu pourra vous donner une meilleure occasion de vous venger." ( 43) Il partage la vie des amants dans la forêt du Morrois, joue le rôle de cuisinier et tue le baron Ganelon qui s'était aventuré dans cette forêt. Au cours des tournois, il transperce de son épée le forestier délateur.  Ainsi participe-t-il activement. à la vengeance des amants.

Brangien est un personnage qui est moins présent et moins actif que ne l'est Gouvernal. De plus sa position à l'égard du couple est plus ambigüe. Confidente d'Yseut, elle se réjouit de l'issue heureuse de la scène du verger. C'est par amitié pour Yseut qu'elle a accepté de prendre sa place dans le lit du roi Marc le soir de leur mariage. Mais elle est aussi celle par qui le scandale est arrivé. En faisant boire par erreurà Tristan et à Yseut le philtre d'amour préparé par la reine d'Irlande pour sa fille et son futur époux, elle est une coupable innocente qu'Yseut ne manque pas d'accuser : " Voilà l'oeuvre de Brangien qui devait pourtant y prendre garde ! La malheureuse, comme elle m'a gardée... Ami Tristan, elle nous mit dans une triste situation celle qui nous fit boire à tous deux le breuvage d'amour ; il était impossible de nous tromper davantage." (69)

Périnis est le page d'Yseut et il joue un rôle plus important que celui de Brangien. Dans la deuxième partie de l'oeuvre, après le retour d'Yseut au château du roi, il est l'intermédiaire entre les amants. De plus, il est l'ambassadeur d'Yseut à la cour du roi Arthur : devant le roi et ses chevaliers, il tient un discours qui les émeut et tous sont prêts à prendre les armes pour sauver l'honneur de la reine de Cornouailles.

La noblesse

Le roi Arthur et ses chevaliers

Le roi Arthur est tout acquis à la cause d'Yseut, il éprouve pour elle une affection et une admiration sans borne. Avant même que Périnis ait délivré son message, il déclare : " Je lui accorde tout ce que tu demandes" , " je suis son fidèle serviteur".Le message d'Yseut est accueilli avec tant de joie que le roi adoube Périnis et deux autres jeunes gens. Non seulement il se rendra au jugement avec ses chevaliers mais aussi espère-t-il que les barons félons seront punis pour leur méchanceté. Courtois, il escorte Périnis et tous deux "se quittent à regret"

Les chevaliers de la Table Ronde, Gauvain, Girflet, Yvain, connaissent bien la haine des trois barons pour Yseut et sans aucune hésitation ils décident de prendre les armes pour les punir de leur perfidie. Par ailleurs, clairvoyants, ils ont bien compris que le roi Marc est faible et influençable.

Dinas, baron de la cour du roi Marc, "le preux chevalier" ; "le baron exemplaire"(85), franc, loyal, habitué à se comporter honorablement " (83), il est tout le contraire des barons félons : il incarne la noblesse dans sa droiture et sa probité. Il préfère renoncer aux avantages de la cour du roi Marc et se retirer dans son château plutôt que de cautionner par sa présence l'exécution de Tristan et d'Yseut. Ami fidèle de Tristan il accepte de venir à son secours sitôt qu'il y aura besoin et il promet de veiller sur Yseut quand Tristan est condamné à l'exil.

Le peuple

Le forestier Orri offre non seulement l'hospitalité à Tristan quand il est condamné à l'exil mais il prend le risque de le cacher. Sans son intervention, Yseut n'aurait pu informer Tristan de ce qui se passait au château et elle n'aurait pu mettre en place la supercherie du jugement.

Le peuple en foule intervient deux fois dans le texte de Béroul : au début, quand le couple adultère est condamné au bûcher, et lorsqu'Yseut réintègre le château après sa période d'exil dans la forêt du Morrois. Dans le premier cas, le peuple se révolte contre la décision arbitraire du roi. Même si Tristan et Yseut sont coupables, ils doivent être jugés avant d'être condamnés: " Sire, vous commetriez une horrible faute s'ils n'étaient pas jugés au préalable" (40).Par ailleurs, il admire Tristan qui est leur Héros : c'est lui qui les a libérés du Morholt : il est le sauveur de la Cornouailles. Aussi la condamnation de Tristan est-elle pour le peuple une injustice morale. Dans le deuxième cas, le peuple manifeste sa joie de retrouver sa reine. Béroul insiste sur le tumulte de la foule en liesse, sur le nombre, plus de 4000, et sur le soin apporté au décor de leurs maisons pour honorer la reine.

CONCLUSION

Nous pouvons constater que les adjuvants sont beaucoup plus nombreux que les opposants et en conclure que l'intention de Béroul est de soutenir les amants, d'autant que chacun des opposants connaît une mort violente. Ceux qui sont contre Tristan et Yseut sont les méchants et ils doivent être punis. A cet égard, l'attitude du roi Marc est révélatrice : même s'il accorde crédit à leurs propos, il fait tuer le nain,  il bannit les barons de sa cour et s'en remet à Tristan pour les supprimer : " A cause de leurs bavardages et de leurs mensonges, j'ai chassé mon neveu. Traiter avec eux ne m'intéresse plus. Bientôt Tristan reviendra et il me vengera de ces trois traîtres. Il les fera pendre." (90). Pouvons-nous dire pour autant que le roman de Béroul est immoral puisqu'il fait triompher l'adultère et la ruse ? Je ne pense pas. Il veut simplement faire triompher l'amour et émouvoir son public qui ne peut que prendre en pitié les amants pourchassés et empêchés de s'aimer. De plus, même si les barons disent vrai, ils n'agissent pas au nom de la morale mais au nom de leur intérêt personnel : ils ont peur que Tristan ne succède au roi Marc : c'est une haine jalouse qui les habite : le texte de Béroul peut être lu comme un réquisitoire contre la félonie.

 

source : Elisabeth Kennel

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Tristan et Iseut

29 Décembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chevalerie

Résumé du récit

Rivalen, le roi de Loonois vient combattre en Cornouailles aux côtés du roi Marc pour l'aider à se défaire de ses ennemis. Il tombe amoureux de Blanchefleur, la soeur du roi. Le mariage de Rivalen et Blanchefleur est célébré à Tintagel. Mais Rivalen doit retourner se battre sur ses terres. Les jeunes mariés arrivent en Loonois. Rivalen met Blanchefleur, enceinte, en sécurité et part au combat. Il meurt avant la naissance de leur enfant. Trois jours après Blanchefleur meurt à son tour de chagrin en mettant au monde un fils, Tristan, qui doit son prénom à ce jour de tristesse. Tristan est élevé par Gouvernal qui lui donne une très bonne éducation et lui apprend le maniement des armes, la chasse et le chant.

Un jour, le jeune Tristan est enlevé par des marchands norvégiens qui l'abandonnent en Cornouailles. Recueilli à la cour du roi Marc, son adresse et ses talents musicaux lui valent d'être remarqué par le roi. Gouvernal, à la recherche de son élève, se rend en Cornouailles. Lorsque le roi Marc apprend que ce jeune garçon est le fils de sa sœur, il décide de le prendre sous sa protection.

Chaque année, le royaume de Cornouailles est soumis à un lourd tribut : C'est le géant Morholt qui chaque année se rend en Cornouailles et vient chercher son dû. Aucun des barons n'est prêt à se battre pour faire cesser cette injustice. Tristan, lui, se propose de lutter contre le géant. Il demande à son oncle de le faire chevalier pour qu'il puisse affronter le Morholt. Le combat est long et surhumain. Finalement Tristan parvient à terrasser le géant, mais il a été blessé par l'épée de son ennemi. L'arme du géant étant empoisonnée, Tristan semble condamné à une mort certaine. Il embarque seul dans une barque avec sa harpe et ses armes. Sans voile et sans rame, il laisse sa barque dériver, espérant, soit trouver une mort libératrice, soit une guérison inespérée.

La barque accoste en Irlande. La reine du pays entend un musicien jouer de la harpe. Elle est séduite par sa musique . Elle indique à Tristan qu'elle est disposée à le soigner , s'il consent à enseigner son art à sa fille Iseut. Tristan sait que la reine qui se propose de le sauver n'est autre que la soeur du Morholt , le géant qu'il vient de tuer . Il décide donc de changer d'identité et se fait passer pour Tantris. Guéri, il rentre en Cornouailles. Il doit alors affronter la jalousie des barons de son oncle. Craignant que le roi Marc ne fasse de Tristan son héritier, ceux-ci pressent le roi de se marier pour donner à son royaume un descendant. Le roi Marc accepte d'épouser la plus belle du monde, celle dont un cheveu blond a été déposé par une hirondelle sur sa fenêtre.

Soucieux de se débarrasser de ce neveu encombrant, les barons s'arrangent pour que ce soit Tristan qui soit chargé d'aller demander la main de la jeune fille pour son oncle. Tristan , qui a reconnu le cheveu d'Iseut , accepte de se rendre en Irlande.

Il débarque en Irlande déguisé en marchand. Il apprend alors qu'un dragon enlève chaque jour une jeune fille et que la reine a promis la main de sa fille à celui qui tuera le dragon. Tristan tente l'aventure et parvient à terrasser le dragon. Il lui coupe la langue pour prouver son exploit. Assoiffé, il va se désaltérer à un point d'eau , non loin de là. Malheureusement la langue du dragon est empoisonnée et dégage des "vapeurs" nocives. Tristan s'évanouit.

Pendant ce temps, un autre chevalier amoureux d'Iseut coupe la tête du dragon et se fait passer pour le héros. Connu pour sa lâcheté, ce chevalier ne parvient à convaincre ni la cour, ni Iseut. Elle décide, en compagnie de sa servante Brangien, de se rendre sur les lieux du combat. Elle y découvre Tristan inanimé. Une nouvelle fois, elle le soigne et le sauve.

La langue du dragon que possède Tristan montre que c'est bien lui le vainqueur du dragon. Le chevalier qui s'attribuait cet exploit était un imposteur.

En nettoyant les affaires de Tristan , Iseut découvre la brèche dans son épée et la compare au fragment extrait du crâne de son oncle. Elle comprend que Tristan est le meurtrier du Morholt. Elle se jette sur lui avec l'épée, mais Tristan parvient à la convaincre, en lui rappelant que son duel avec le Morholt était régulier, de l'épargner. Hésitante, Iseut, qui ne veut surtout pas épouser l'autre prétendant lui laisse la vie sauve.

L'assemblée des barons irlandais se réunit. La langue du dragon que possède Tristan est la preuve de son exploit. Le chevalier imposteur renonce à un duel avec Tristan et abandonne Iseut à son rival. C'est alors que Tristan explique au roi d'Irlande qu'il souhaite la main d'Iseut, non pour lui mais pour son oncle, le roi Marc et que ce mariage scellera la paix entre les deux royaumes ennemis. Iseut, elle, est inquiète d'avoir été conquise pour un autre.

Tourmentée pour l'avenir d'Iseut, sa mère  confie à Brangien, la suivante de sa fille, un breuvage magique. Ce philtre d'amour à destination du roi Marc et d'Iseut, a pour but de susciter un amour réciproque et éternel entre les deux époux : ceux qui le boiront s'aimeront de tous leurs sens et de toute leur pensée, à toujours dans la vie et dans la mort.

Sur le bateau qui les ramène en Cornouailles, afin d'apaiser la soif de Tristan et d'Iseut, Brangien, par erreur, leur fait boire le philtre d'amour. Désespérée, Brangien jette le flacon vide à la mer. Bientôt apparaissent les premiers signes de l'effet du philtre. Par loyauté pour son oncle, Tristan tente de combattre ce sentiment qui s'empare de lui. C'est Iseut, la première, qui avoue sa flamme. Voyant Tristan et Iseut prêts à succomber à leur passion, Brangien leur confesse l'origine de leur amour et les met en garde contre son caractère irréversible. En vain. Les deux jeunes gens, dès le troisième jour de la traversée, cèdent à la passion et deviennent amants.

Arrivée en Cornouailles, Iseut est accueillie avec tous les honneurs par le roi Marc. On célèbre le mariage royal . Mais, pour la nuit de noces, Iseut convainc Brangien de sacrifier sa virginité et de prendre sa place dans le lit conjugal. A la cour personne ne soupçonne encore l'amour qu'éprouvent Tristan et Iseut l'un pour l'autre, mais Iseut craignant que Brangien ne les dénonce veut la faire assassiner. Elle paie deux serfs et leur demande d'emmener Brangien dans la forêt pour la tuer. Iseut ordonne alors à Brangien d'aller cueillir des herbes médicinales dans la forêt. Emus par la bonté de la jeune fille, les deux serfs désobéissent et lui laissent la vie sauve. Finalement Brangien et Iseut se réconcilient, et les deux femmes se promettent une amitié éternelle.

Pendant plusieurs mois Tristan et Iseut vivent leur passion sans être inquiétés. Mais bientôt le nain Frocin et les quatre barons jaloux découvrent le sentiment qui unit Tristan et Iseut. Malgré la crainte que leur inspire le neveu du roi marc, ils décident d'alerter leur souverain. Marc se refuse à les croire, mais peu à peu il commence à douter. Il impose alors à Tristan une première épreuve en lui demandant de s'éloigner quelque temps de Tintagel. Mais Brangien organise alors des rendez vous clandestins pour les deux amants. Le roi Marc est à nouveau alerté par les barons félons. Sur les conseils du nain Frocin, il fait croire à son entourage qu'il s'absente quelques jours en forêt pour chasser. En fait il vient se cacher près du grand pin, lieu supposé des rendez-vous galants de Tristan et Iseut

Lorsque Tristan arrive, il aperçoit le visage de son oncle dans le reflet de la fontaine. Iseut, elle aussi, devine le piège qui leur est tendu. Les deux amants abusent le roi en tenant des propos anodins. Rassuré et convaincu de leur innocence, Marc permet à Tristan de revenir à la cour et laisse son neveu et Iseut se voir en toute liberté.

Les quatre barons et le nain Frocin ne désarment pas. Ils souhaitent, plus que jamais, confondre les deux amants. Frocin imagine un autre piège. Il demande à nouveau au roi d'éloigner Tristan du château en lui confiant une mission. Il est persuadé que Tristan souhaitera, avant son départ, s'entretenir une dernière fois avec la reine. Le soir, Frocin répand autour du lit d'Iseut de la farine. Il est sûr de retrouver le lendemain matin les empreintes de Tristan. Tristan qui a suivi la scène rend visite à Iseut, et décide de sauter jusqu'à son lit. Hélas pour lui, une ancienne plaie à la jambe se déchire et il laisse des traces de sang dans le lit d'Iseut et sur la farine qui l'entoure.

Lorsque le roi et les barons rentrent dans la chambre, Tristan n'est plus aux côtés d'Iseut, mais les tâches de sang l'accusent. Tristan et Iseut sont condamnés à mort. Tristan, pendant qu'on le conduit au bûcher, convainc ses gardes de le laisser se recueillir dans une chapelle située au sommet d'une falaise surplombant la mer. Il parvient miraculeusement à s'échapper en sautant par la fenêtre.

Des lépreux persuadent alors le roi de punir Iseut par une peine plus lente et plus cruelle que le bûcher : leur remettre Iseut. Le roi Marc accepte. La reine est emmenée par ce groupe de lépreux. Mais Tristan veille. Il parvient grâce à l'aide de son ami Gouvernal à libérer Iseut. Les deux amant s'enfuient .

Tristan et Iseut vivent dans la forêt de Morrois un exil difficile, mais leur amour leur permet d'affronter cette vie d'errance. Un jour, un homme du roi Marc surprend près d'une hutte de feuillage, Tristan et Iseut endormis. Il s'empresse de prévenir son souverain. Dès qu'il le peut, Marc se rend dans la forêt à l'endroit qui lui a été indiqué. Il aperçoit les amants endormis, l'épée de Tristan entre eux deux, preuve de leur innocence. Il les épargne, mais souhaite tout de même laisser une trace de son passage. Il échange son anneau avec celui d'Iseut et son épée avec celle de Tristan. Lorsqu'ils se réveillent Tristan et Iseut prennent peur et s'enfuient en direction du pays de Galles.

L'attitude chevaleresque du roi Marc a ému les deux amants. Tristan implore l'aide de Dieu pour qu'il lui donne la force de laisser Iseut retrouver le roi Marc. De son côté, Iseut songe avec nostalgie à la vie agréable qu'elle menait à la cour de Cornouailles. Les deux amants décident de consulter l'ermite Ogrin pour qu'il les conseille sur l'attitude à tenir. Ce dernier recommande à Tristan de rendre Iseut à son mari et de s'exiler. L'ermite assure le roi Marc de la pureté d'Iseut. Le roi accepte que sa femme revienne à la cour. Avant de se séparer, les amants s'échangent des preuves de leur amour. Iseut garde Husdent, le chien de Tristan, tandis qu'elle lui offre un anneau de jaspe vert. Iseut est reçue avec les honneurs à la cour et est applaudie par le peuple de Cornouailles.

Les barons félons continuent de douter d'Iseut. Ils jettent de nouveau le trouble et parviennent à convaincre le roi Marc de la soumettre à un serment solennel devant les autorités de Cornouailles. Il lui faut affirmer qu'elle n'a jamais entretenu de relations coupables avec Tristan. Iseut accepte de se soumettre à cette épreuve qui se déroulera devant le roi Marc, sa cour et l'ensemble des barons. Elle demande également au roi Arthur et à sa cour d'assister à cette épreuve, afin qu'ils puissent témoigner, si ensuite, on venait encore à la soupçonner. Iseut envoie alors un message à Tristan pour qu'il assiste, déguisé en lépreux, à cette épreuve.

Le jour du serment, pour se rendre au lieu dit, le "Mal Pas" Iseut doit faire appel à un pèlerin pour qu'il l'aide à traverser un gué. Cet individu n'est autre que Tristan déguisé en lépreux. Elle traverse donc le gué juchée sur les épaules de Tristan. C'est ensuite qu'elle fait le serment : hormis Marc et ce pèlerin, aucun homme ne l'a jamais tenue dans ses bras.

Tristan peut rentrer à la cour et les amants peuvent s'aimer à nouveau. Toujours surveillés par les félons, Tristan se venge de plusieurs d'entre eux en les tuant. Un jour, le roi surprend les amants endormis dans un verger. Cette fois-ci, l'épée de Tristan ne sépare pas leurs corps. Le roi, persuadé de leur culpabilité, chasse Tristan.

Tristan part en exil et erre de royaume en royaume. Il traverse les mers et finit par s'arrêter en Petite Bretagne (la Bretagne actuelle). Il aide le roi Hoël et son fils Kaherdin à se défaire de leurs ennemis. Kaherdin et Tristan se lient d'amitié. Ce dernier lui présente sa sœur, Iseut aux Blanches mains. Attiré par la jeune fille en raison de sa beauté et surtout du nom qu'elle porte, Tristan compose de beaux poèmes d'amour. Pour le remercier de son aide, le roi Hoël offre à Tristan la main de sa fille. Celui-ci accepte de l'épouser. Le soir des noces, pris de remords, il se refuse à consommer le mariage, car il ne peut se résoudre à tromper son premier et unique amour. Iseut aux Blanches mains s'étonne de l'indifférence de Tristan. Ce dernier justifie son attitude en prétextant que suite à une bataille gagnée grâce à l'aide de la Vierge Marie, il a fait le vœu d'un an de chasteté. Un jour, Kaherdin découvre, vexé, que le mariage de Tristan et de sa sœur n'a jamais été consommé. Il est tellement furieux qu'il envisage de tuer Tristan pour venger l'honneur de sa sœur. Mais Tristan fait à Kaherdin le récit de sa vie. Il lui avoue qu'il aime une autre Iseut, bien plus belle qu'Iseut aux Blanches. Emu et compatissant, Kaherdin pardonne à son ami.

Kaherdin et Tristan se rendent clandestinement en Cornouailles. Plusieurs malentendus empêchent Tristan et Iseut de se retrouver. Puis Tristan retourne une nouvelle fois en Cornouailles. Cette fois il parvient à se déguiser et à pénétrer dans le château de Marc. Grâce à son chien Husdent et à l'anneau de jaspe vert, Iseut le reconnaît. Tristan et Iseut réussissent à se voir clandestinement pendant plusieurs jours. Mais des soupçons pèsent sur lui. Tristan doit à nouveau s'enfuir. Il fait ses adieux à Iseut et lui promet de revenir bientôt

De retour en Bretagne, Tristan aide Kaherdin à combattre un nouvel ennemi. Il est grièvement blessé au cours d'un combat par une lance empoisonnée. Seule Iseut La Blonde et ses dons de guérisseuse peuvent lui sauver la vie. Il demande à Kaherdin d'aller chercher Iseut en Cornouailles. Son beau-frère accepte. Tous deux conviennent d'un code : s'il parvient à ramener Iseut, la voile sera blanche, si l'entreprise échoue, alors elle sera noire. Mais Iseut aux Blanches Mains a entendu cette conversation et elle connaît maintenant la véritable cause de la chasteté de Tristan. Kaherdin parvient à convaincre Iseut la Blonde de se rendre en Bretagne sauver la vie de Tristan. Pendant la traversée, le bateau essuie un dangereux orage, puis c'est le calme plat. Iseut aux Blanches Mains aperçoit le navire qui s'approche de la côte. Dévorée par la jalousie, elle annonce à Tristan que la voile est noire. A ces mots Tristan meurt de chagrin. Sitôt débarquée, Iseut la Blonde apprend la mort de son amant. Elle se rend auprès de lui, s'allonge à ses côtes et le rejoint dans la mort.

Quelques temps après, le roi Marc ramène les deux corps en Cornouailles. il les fait enterrer dans la même chapelle. " Mais pendant la nuit, de la tombe de Tristan jaillit une ronce verte et feuillue, aux forts rameaux, aux fleurs odorantes, qui, s'élevant par dessus la chapelle, s'enfonça dans la tombe d'Iseut. Les gens du pays coupèrent la ronce : au lendemain elle renaît, aussi verte, aussi fleurie, aussi vivace, et plonge encore au lit d'Iseut la Blonde. Par trois fois, ils voulurent la détruire; vainement. Enfin, ils rapportèrent la merveille au roi Marc: le roi défendit de couper la ronce désormais."

Des manuscrits médiévaux au roman de Tristan et Iseut que nous lisons aujourd'hui

Le Mythe de Tristan et Iseut est l'un des plus fascinants du monde occidental.

Valérie Lackovic nous indique "que cette mythologie était très vivante dans toute la Grande-Bretagne bien avant l'invasion normande. Essentiellement orale, elle n'est plus attestée que par des vestiges comme une pierre datée du Vème siècle et portant l'inscription "DRVSTANVS" (Tristan) ou la mention au Xème siècle , d'un lieu dit Cornouaillais appelé "Gué d'Iseut".

Le roman de Tristan , lui, date du douzième siècle. De nombreuses versions ont existé : plusieurs ont disparu ( notamment celle de Chrétien de Troyes et celle de La Chièvre ( avant 1170) ; d'autres ne nous sont parvenues que par fragments ( Béroul et Thomas) . Ce sont les textes de ces deux auteurs qui font référence aujourd'hui.

Du roman en vers de Béroul (entre 1150 et 1190), ne subsiste qu'un fragment d'environ 4000 vers. Mais il y manque le début et la fin . Il n'a été conservé qu'une copie unique de ce manuscrit. La version de Béroul débute par la scène du grand pin (lorsque le roi Marc vient se cacher près du grand pin, pour surprendre le rendez-vous clandestin de Tristan et Iseut) et se termine lorsque Tristan et Iseut se séparent ( Tristan offrant à Iseut son chien Husdent, tandis qu'Iseut donne à son amant son anneau de jaspe vert)

Le Tristan de Thomas d'Angleterre date de 1173 . Plusieurs versions ont été conservées qui restituent plusieurs fragments de l'histoire. Mystérieusement les fragments restant de l'œuvre de Thomas débutent par une scène de séparation ( légèrement contradictoire avec celle de Béroul, mais qui permet toutefois d'enchaîner les deux récits) et nous offrent la fin du roman; épilogue mythique qui a contribué à bâtir la légende éternelle des amants maudits .

On a souvent comparé les styles de Béroul et Thomas d'Angleterre. Comme l'écrit Anne Berthelot " traditionnellement ,on a tendance à dire que Béroul, sans doute un peu plus ancien, se fait l'écho d'une version "primitive" de la légende, plus violente et sauvage que celle de Thomas, qui au contraire adapterait son matériau de base aux exigences nouvelles de l'idéologie à la mode, à savoir "la courtoisie"." La version de Béroul est donc plus réaliste que la version de Thomas, mais l'on n'y trouve guère de traces de l'amour courtois qui domine l'œuvre de Thomas.

C'est au début du vingtième siècle (entre 1900 et 1905) que Joseph Bédier, spécialiste médiéval, a rassemblé ces différents textes , auxquels il a ajouté d'autres fragments ( Eilhat d'Oberg, fragments anonymes...) pour constituer un récit faisant aujourd'hui référence.

Les 19 chapitres du Roman de Tristan et Iseut de Joseph Bédier

1.       Les Enfances de Tristan : Anonyme

2.       Le Morholt d'Irlande : Eilhat d'Oberg

3.       La belle aux cheveux d'Or : Eilhat d'Oberg

4.       Le Philtre : Eilhat d'Oberg

5.       Brangien livrée aux cerfs : Eilhat d'Oberg

6.       Le Grand Pin : Béroul

7.       Le Nain Frocin : Béroul

8.       Le saut de la chapelle : Béroul

9.       La forêt de Morois : Béroul

10.   L'Ermite Ogrin : Béroul

11.   Le gué aventureux : Béroul

12.   Le jugement par le fer rouge : Anonyme

13.   La Voix du Rossignol : Anonyme

14.   Le grelot merveilleux : Anonyme

15.   Iseut aux blanches mains : Thomas d'Angleterre

16.   Kaherdin : Thomas d'Angleterre

17.   Dinas de Lidan : Thomas d'Angleterre

18.   Tristan fou : Thomas d'Angleterre

19.   La Mort : Thomas d'Angleterre


Source bibliographique

Tristan et Yseut de Béroul et Thomas, Anne Berthelot ( Nathan)
Le Roman de Tristan et Iseut ,par Valérie Lackovic ( Ellipses)

source : http://www.alalettre.com/beroul-oeuvres-tristan-et-iseut.php

 

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Planche : Les Templiers et la Maçonnerie Ecossaise

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #chevalerie

Quel est le devoir en Loge d'un bon Maçon?


Cette question est souvent posée dans notre rituel, et si il existe des bons Maçons, n'exercent-ils leur devoir qu'en Loge?


Existe-t-il une règle Maçonnique copiée sur celle des Templiers?


Si oui, il serait souhaitable de bien connaître l'origine d'un rite que bon nombre de profanes assimilent aux Templiers.


Ce qui est certainement étrange, pour tous ceux qui frappent à la porte du Temple, c'est la pratique d'un rite dit "chevaleresque" et d'origine "écossaise".

D'où vient ce mystère et peut-on trouver un lien entre les moines soldats de l'Ordre du Temple et la Maçonnerie Ecossaise.


Car il s'agit bien d'un mystère pour celui qui porte l'épée en Loge et qui prête serment sur l'Evangile de Saint-Jean. Peut-on s'imaginer être des descendants d'un Ordre, dont ses actes guerriers ont marqué à tout jamais la Chrétienté.


Cette question appelle des réponses, même si elles sont supposées. Et si l'histoire y répond en partie, il serait bon d'en faire un inventaire afin de comprendre la complexité du Régime Ecossais Rectifié.

Bien sûr, ce travail n'est qu'approximatif et restera inachevé, cependant je vais essayer de remonter le temps et de découvrir la trame de ce que j'appellerai "le mystère du Temple".


Si les Templiers étaient connus à cause des Croisades en Terre Sainte, bon nombre de personnes pensent qu'ils ont disparu après leur arrestation.


Mais qu'en est-il exactement?


Officiellement baptisée "Ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Salomon" l'Organisation fut fondée en 1118 par HUGUES DE PAYNS pour escorter les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte. Pendant les 9 premières années, les chevaliers restèrent 9, puis l'Ordre s'ouvrit et ne tarda pas à devenir une force considérable au Moyen Orient et dans toute l'Europe.

HUGUES DE PAYNS entreprit alors un voyage en Europe pour solliciter des terres et de l'argent auprès des rois et des nobles. Il visita l'Angleterre en 1129 où il fonda le premier site Templier à Londres.

Comme tout moine, un Templier faisait vou de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, et il était contraint au besoin de tirer l'épée contre les ennemis du Christ. L'image des Templiers devint inséparable des croisades organisées pour chasser les infidèles de Jérusalem et maintenir la ville sous domination Chrétienne.


C'est en 1128 que le Concile de TROYES déclara officiellement le Temple Ordre religieux et militaire. L'artisan principal de ce mouvement, BERNARD DE CLAIRVAUX, dirigeait l'Ordre Cistercien et il fut canonisé. Il rédigea la "Règle des Templiers", qui s'inspirait de celle des Cisterciens.

La richesse du Temple résulte en partie de sa Règle : tout nouveau membre devait céder ses biens à l'Ordre, qui s'enrichit parallèlement grâce aux donations massives de terres et d'argent de nombreux rois et de nobles. Ils devinrent les premiers banquiers internationaux, malgré le fait que leurs hommes de troupe étaient impécunieux.
Les Templiers étaient aussi célèbres pour leur vaillance au combat jusqu'à la témérité. Leur Règle leur interdisait de se rendre en combat si l'adversaire n'était pas au moins 3 fois plus nombreux. Ils constituaient des forces spéciales, un corps d'élite avec Dieu et l'argent dans leur camp. Malgré leurs efforts, la Terre Sainte tomba peu à peu aux mains des Sarrasins. En 1291, la ville d'ACRE, ultime territoire Chrétien était perdue à son tour.


Sans emplois, mais toujours riches et arrogants, les Templiers suscitaient un vif ressentiment car ils étaient exemptés de taxes et ne devaient allégeance qu'au Pape. En 1307, s'amorça leur déclin. Le Roi de France PHILIPPE LE BEL orchestra la destruction du Temple avec la complicité du Pape. Des ordres secrets furent transmis aux émissaires du Roi et le Vendredi 13 Octobre 1307 les Templiers, cernés de toutes parts, furent arrêtés, torturés et brûlés vifs, mais en fait peu d'entre eux furent exécutés.

Leur Grand Maître, JACQUES DE MOLAY, fut brûlé sur l'Ile de la Cité, à l'ombre de Notre-Dame de Paris, et sur les milliers d'autres, seuls ceux qui refusèrent de passer aux aveux, ou qui se rétractèrent, furent tués.


Malgré ce qu'on a pu leur faire avouer sous la torture, il semble quand même que les Templiers aient bel et bien été engagés dans des activités mystérieuses, voire occultes. Parmi ces confessions forcées, un certain FOULQUES DE TROYES aurait eu des déclarations énigmatiques, notamment en ce qui concerne Jésus et un grand secret (??).


Les Templiers vénéraient JEAN LE BAPTISTE, et l'Agneau de Dieu était un de leurs symboles essentiels, qui devint d'ailleurs l'un de leurs sceaux officiels, surtout dans le midi. On leur avait octroyé, au début de leur règne, une aile complète du Palais Royal de Jérusalem, qui aurait été construit sur les fondations du Temple de Salomon, dont les Templiers tiraient leur nom.

Certains disent que les Templiers espéraient trouver en Terre Sainte l'Arche d'Alliance et qu'ils auraient découvert des documents cachés provenant de la même source que les manuscrits de la Mer Morte.

Le Symbole Templier le plus connu était une croix rouge sur fond blanc, qu'ils portaient toujours sur eux, ils étaient considérés comme les chevaliers dévoués du Christ et les gardiens de l'idéal chrétien.


Les Commanderies qu'ils construisirent avaient la particularité d'être toutes à moins d'une journée de cheval les unes des autres, facilitant ainsi leurs communications.


L'aspect ésotérique de l'histoire du Temple est important et le Languedoc-Roussillon était la patrie de l'Ordre, en dehors de la Terre Sainte, comme les Cathares.


Certains documents prouvent qu'au plus fort de la Croisade Albigeoise, les Templiers hébergeaient des Cathares en fuite, allant même jusqu'à leur prêter main forte contre les croisés. Les inquisiteurs en avaient connaissance puisqu'ils firent déterrer des Cathares en Terres Templières, ceux-là mêmes qui torturèrent les Templiers par la suite. Certains pensent que Templiers et Cathares partageaient une connaissance secrète aux implications explosives.


Beaucoup de Templiers eurent néanmoins la vie sauve lors de ce sinistre Vendredi 13 Octobre 1307, et ils furent même autorisés à reformer l'Ordre sous un nom différent, alors que tous leurs biens avaient été confisqués.


Deux pays offrirent asile aux chevaliers en fuite : l'ÉCOSSE et le PORTUGAL, et dans ce dernier, ils prirent le nom de "Chevaliers du Christ".


Pour les historiens et les exégètes, les Templiers existent toujours malgré plusieurs schismes, et ouvreraient désormais au sein de différentes organisations.


L'Ordre du Temple était en fait composé de 7 cercles "extérieurs", consacrés aux petits mystères, et de 3 cercles "intérieurs", correspondant à l'initiation aux grands mystères. Le "noyau", lui, rassemblait les 70 Templiers interrogés par CLEMENT V, après les arrestations de 1307. Ce qui fait dire que le Pape avait certainement infiltré le noyau dur et secret des Templiers, sinon la coordination des inquisiteurs n'aurait pas pu être possible.


Un groupe intérieur pouvait demeurer occulte parce que les Templiers formaient essentiellement une école de mystères, reposant sur l'initiation. La plupart des Chevaliers du Temple n'étaient que de simples soldats chrétiens, alors que le cercle intérieur favorisait l'étude active de sujets ésotériques et religieux. Ils cherchaient les secrets de l'univers et eurent accès à une sagesse traditionnelle fort ancienne.

Ce mode de fonctionnement protégeait les véritables dirigeants de l'Ordre, car les Templiers des cercles inférieurs ne connaissaient pas les secrets des cercles supérieurs, un peu comme en maçonnerie où le mystère est souvent savamment entretenu entre les différents niveaux de la hiérarchie.


Les Templiers pratiquaient aussi l'alchimie et la légende rapporte que leur fortune ou leur trésor serait issu du plomb transformé en or.


Ce qui est curieux, c'est cette vénération que les Templiers portaient à "MARIE-MADELEINE". Dans leur règle, ils devaient allégeance à Béthanie, le Château de MARIE et de MARTHE. L'absolution Templière disait ceci : "Je prie Dieu qu'il pardonne vos péchés, comme il les a pardonné à Sainte Marie-Madeleine et au larron sur la croix".


Autre particularité, durant son premier siècle d'existence, l'Ordre acceptait des femmes qui prêtaient serment, surtout dans le Languedoc, alors qu'une modification ultérieure de la Règle interdisait spécifiquement aux Templiers de les accepter dans leurs rangs, afin de respecter le code chevaleresque et le célibat imposé aux moines soldats.


Ce qui est le plus étonnant, c'est que les Templiers marchèrent vers l'abattoir comme des agneaux, lors de leur arrestation, sans demander de renforts à l'étranger et sans vraiment se défendre contre les inquisiteurs, ce qui n'était pas coutumier dans la pratique de leur règle.


Certains, comme le Trésorier de l'Ordre, glissèrent à travers les mailles du filet, comme s'ils avaient bénéficié de complicités. Même la célèbre flotte Templière disparut et ne fut pas mentionnée lors des confiscations infligées par le Roi de France. Sans doute existait-il un complot prévu par le Pape et certains Templiers, afin d'éviter les débordements de l'Ordre et le rendre clandestin. Il n'existe à ce jour aucune trace de ces éventuels accords secrets, sauf peut-être dans les archives du Vatican.

Les Templiers avaient des connaissances secrètes et employaient un Code connu sous le nom d'ATBASH, qui, appliqué au nom de la mystérieuse idole templière à tête coupée appelée "BAPHOMET", on obtient le terme grec "SOPHIA", qui signifie "sagesse", en hébreu on dit "HOKMAH". La Sophia a été présentée par les Juifs et les chrétiens comme la "compagne de DIEU", qu'elle influence et conseille.


La Sophia se situait au centre de la cosmologie gnostique. Dans le texte de NAG HAMMADI, découvert en 1947 en Egypte, intitulé "PISTIS SOPHIA", elle est intimement associée à Marie Madeleine. En tant que HOKMAH, elle est la clé de la compréhension gnostique de la KABBALE, système occulte influent à la base de la magie médiévale et renaissante. Chez les gnostiques, elle correspondait à la déesse grecque ATHENA et à l'égyptienne ISIS, parfois appelée SOPHIA. Ce qui fait dire que les Templiers croyaient fermement en un principe féminin.


Les églises bâties par les Templiers étaient le plus souvent circulaires, parce qu'ils croyaient que tel était le Temple de Salomon. Peut-être le symbole d'un univers rond, mais plus probablement celui de la féminité. Cercles et cycles sont toujours associés aux déesses et au principe féminin, tant en ésotérisme qu'en biologie.


Le cercle est un archétype universel, les tertres funéraires préhistoriques étaient déjà circulaires car ils représentaient le ventre de la Terre, permettant ainsi une renaissance en esprit. Les hommes faisaient le lien entre la rondeur du ventre d'une femme enceinte et la pleine lune, qui en vint à symboliser la "maternité" de la déesse. Quoi qu'il en soit, l'Eglise Romaine déclara officiellement hérétiques les églises circulaires.


Les Templiers furent aussi les principaux instigateurs de la construction des grandes cathédrales gothiques, en particulier celle de Chartres. On les trouve aussi à l'origine des Guildes de Bâtisseurs, notamment celles des maçons, et leur écriture codée correspondait à une connaissance ésotérique templière.


SAINT-BERNARD, Patron des Templiers, avait défini Dieu comme étant "longueur, largeur, hauteur et profondeur", et les Templiers étaient eux-mêmes de grands bâtisseurs et de grands architectes.

Le plan des Cathédrales était conçu pour prendre en compte les principes d'une géométrie sacrée, dont certaines proportions géométriques sont en résonance avec l'harmonie divine. Voilà qui éclaire la déclaration de PYTHAGORE : "tout est nombre" et conforte l'idée que les mathématiques sont le langage par lequel Dieu ou les Dieux s'adressent à l'homme. Cette architecture ésotérique utilisait "la proportion dorée", c'est-à-dire la proportion parfaite, étant en quelque sorte une forme de panacée. Il y avait donc un sens dans la forme et une harmonie dans la proportion.


Le légendaire Temple de Salomon était pour les Templiers, comme aujourd'hui pour les Maçons, le plus beau fleuron de la géométrie sacrée. Il provoquait une réaction qui transcendait les 5 sens. Il était en résonance unique avec l'harmonie céleste. Sa longueur et sa largeur, sa hauteur et sa profondeur reproduisaient les proportions idéales de l'univers, le nombre d'or. Le Temple de Salomon était, en d'autres termes, l'âme même de Dieu, burinée dans la pierre.


Les Templiers étaient des êtres pragmatiques, qui recherchaient toujours l'application pratique d'une connaissance ésotérique. D'après eux, Dieu avait véritablement enseigné l'application pratique de la géométrie sacrée par le biais de l'architecture. Ils gravaient ainsi des messages codés dans la pierre afin de rappeler les principes hermétiques des maçons et des chevaliers.


SALOMON, fils du ROI DAVID, le légendaire héros Juif, construisit donc un temple d'une beauté inégalée, en utilisant les matériaux les plus fins et les plus riches, par l'intermédiaire de HIRAM ABIFF. Du marbre, des pierres précieuses, des bois aromatiques et les tissus les plus délicats furent utilisés pour que DIEU lui-même se sente chez lui. En son cour se trouvait le Saint des Saints, la mystérieuse "ARCHE D'ALLIANCE", qui devait répandre de grandes bénédictions sur les "justes", mais aussi détruire les "pécheurs". Les Templiers ont peut-être vu là l'arme ultime, et sont-ils partis à sa recherche?


La décoration des Cathédrales nous fournit des indications sur l'idée que les Templiers se faisaient de "l'Arche". Les allusions bizarres de ces constructions gothiques nous renvoie à l'Alchimie, pratiquée par les  Templiers.


L'Alchimie nous viendrait des anciens égyptiens, via les arabes dont le mot dérive. Il englobait un ensemble d'activités et des modes de pensée : "magie, chimie, philosophie, hermétisme, géométrie sacrée et cosmologie".


Elle s'intéressait aussi à la recherche génétique et à des méthodes visant à ralentir le processus de vieillissement voire même à reproduire l'immortalité physique, sans doute est-ce là l'ancêtre de la chimie moderne et de la science actuelle.


Pour l'Eglise Romaine, tout Alchimiste était par définition hérétique, et cette pratique devint "l'Art noir".


L'Alchimie d'alors comptait plusieurs niveaux : "l'exotérique", qui consistait en un travail et une expérimentation sur les métaux, pour atteindre le Grand Ouvre en transmutant un métal vil en or. Et "l'ésotérique", où l'individu accède à l'illumination spirituelle et se trouve physiquement revitalisé grâce à un processus magique, qui l'amène au Grand Ouvre, acte d'initiation suprême.


Le symbole alchimique du Grand Ouvre est l'hermaphrodite, qui est littéralement la fusion du Dieu HERMES et de la Déesse APHRODITE. Certains imaginent que la réussite alchimique produirait une transformation si profonde, que celui qui y parviendrait risquerait de changer de sexe, ce qui est une pure légende médiévale.
Les cathédrales gothiques abritent nombre de curieux personnages, des démons aux hommes végétaux. Une sculpture de la cathédrale de Nantes représente une femme qui se regarde dans un miroir, l'arrière de sa tête étant le visage d'un vieillard. A Chartres, la pseudo Reine de SABA porte la barbe. On trouve ainsi des symboles alchimiques dans toutes les cathédrales associées aux Chevaliers du Temple.


Les Templiers connaissaient les propriétés de la terre et choisissaient un lieu en raison de la nature spécifique de son sol. Ils gravaient des symboles alchimiques dans ses pierres et laissaient des traces d'influences cathares et musulmanes. Ils fondèrent ainsi un hôpital pour Templiers en un lieu où le sol avait des propriétés curatives, et bien sûr on y trouvait des symboles alchimiques. En France, les anciennes propriétés templières sont d'ailleurs devenues des centres alchimiques majeurs.

Pour les Templiers, toute démarche alchimique débute par la quête du GRAAL, qui est l'allégorie du voyage spirituel du Héros vers sa propre transformation intérieure. L'expérience du GRAAL était exclusivement réservée aux plus grands initiés, dont l'objet, quel qu'il soit, était toujours gardé par des femmes. Aujourd'hui, le SAINT GRAAL désigne souvent un objectif illusoire et représente un symbole de perfection. Le GRAAL est un objet mystérieux, un trésor gardé dans une caverne, dit-on. Dans la légende, le GRAAL est une coupe dans laquelle JESUS aurait bu lors de la Cène. JOSEPH D'ARIMATHIE, un riche ami de JESUS, recueillit dans cette coupe le sang versé lors de la crucifixion, et qui se révéla posséder des propriétés miraculeuses.


La quête du SAINT GRAAL s'accompagne d'innombrables dangers tant physiques que spirituels. Dans toutes les versions de l'histoire, la coupe est à la fois objet concret et symbole d'éternité; le quêteur devant affronter toutes sortes d'ennemis et notamment des êtres surnaturels. Les plus anciennes versions de cette légende s'inspirent des mythes Celtes du ROI ARTHUR et de sa Cour. La première romance du GRAAL est une oeuvre inachevée de CHRETIEN DE TROYES datant de 1190, dont la ville qui porte son nom était le siège de la première commanderie templière et un centre kabbalistique connu.


Les Templiers vouaient aussi un culte à JEAN BAPTISTE. Dans la version de CHRETIEN DE TROYES, le Héros se nommait PEREDUR et le GRAAL était un plateau ou un plat sur lequel se trouvait une tête coupée. Rappelons que JEAN BAPTISTE fut décapité par HERODE ANTIPAS , celui-là même à qui il reprochait d'avoir épousé l'ex-femme de son demi-frère. Pour certains Juifs de cette époque, JEAN BAPTISTE était considéré comme le vrai messie et JESUS son disciple. Le moment critique de cette version, donc, est le moment où le Héros ne pose pas la question qui s'impose, ce péché d'omission le mettant alors en danger extrême.


Une autre version datant de 1205 laisse apparaître un Chevalier nommé GAWAIN, qui cherche l'épée qui a tranché la tête de JEAN BAPTISTE, et qui, par magie, saigne tous les jours à midi. Dans PERLESVAUS, écrit par un moine de l'abbaye de GLASTONBURY, les servants d'élite du GRAAL portent des vêtements blancs marqués d'une croix rouge, comme les Templiers.


Dans PARZIVAL, datant de 1220, le Château du GRAAL est un lieu secret gardé par les Templiers qualifiés d'hommes baptisés. Pour les gardiens du SAINT GRAAL, qui était le sang royal, le grand secret renvoie à une filiation sacrée liée à JESUS et MARIE MADELEINE. Ce Château aurait été identifié comme étant celui de MONTSEGUR, alliant ainsi Templiers et Cathares, gardiens d'un trésor inestimable. Le GRAAL étant ici symbolisé par une pierre, aussi appelée "pierre de mort" ou "pierre philosophale".

Les templiers sont donc à l'origine de nombreuses légendes et d'un symbolisme chrétien très poussé. Ils étaient censés posséder un reliquaire d'argent en forme de crâne de femme du nom de "CAPUT" qui veut dire "tête". Ils auraient aussi possédé l'index droit de JEAN BAPTISTE, souvent représenté avec l'index droit levé rituellement et peint par LEONARD DE VINCI.


Il faut rappeler qu'un mythe tenace fait état d'une relique détenue par les Templiers, contenant la tête du BAPTISTE, qu'ils auraient exhumé du Temple d'HERODE à Jérusalem. Les Templiers seraient ainsi liés à la décapitation et au fléau, 2 éléments majeurs du cycle du GRAAL.


Une autre tradition, semble-t-il plausible, indique que les romances du GRAAL furent inspirées par une "Eglise cachée" liée aux Templiers. La tradition JOHANNITE fait état d'une école mystique chrétienne fondée par JEAN L'EVANGELISTE et reposant sur des enseignements secrets transmis par JESUS. Cette connaissance ésotérique ne transparaissant pas dans les enseignements de l'Eglise de PIERRE.


Cette connaissance secrète basée sur l'Alchimie et la sexualité sacrée, incarnée par MARIE MADELEINE, connue aussi par les Cathares, a-t-elle été enfouie dans l'oubli? Toute survivance templière implique la transmission de grands secrets à travers une tradition occulte toujours active. Des secrets concernant le savoir scientifique des anciens alchimistes et des traditions ésotériques orientales, qui seraient toujours disponibles aujourd'hui.


Le mouvement Templier ne s'est pas éteint et certains Chevaliers ont réussi à fuir, notamment en Grand Bretagne. En Angleterre, par exemple, EDOUARD II refusa de croire les Templiers coupables des crimes dont on les accusait, s'engageant même dans un débat fiévreux avec le Pape et s'opposant à l'emploi de la torture.


En Allemagne, HUGO DE GUMBACH, Maître Templier, fit une entrée spectaculaire au Concile ouvert par l'Archevêque de Metz. Revêtu de son armure et accompagné de 20 Chevaliers triés sur le volet, il déclara que le Pape était un suppôt de Satan et qu'il devait être déposé. Il déclara que ses hommes étaient prêts à se soumettre à la justice divine en combattant l'ensemble des participants au Concile. Les charges furent abandonnées et les Chevaliers allèrent clamer partout leur innocence.


En Aragon et en Castille, les Archevêques qui présidaient le procès des Templiers, les ont déclaré innocents en 1312, malgré les ordres du Pape quant à la dissolution de l'Ordre. En France, peu d'entre eux furent exécutés et la plupart furent libérés après avoir abjuré. Ils reformèrent l'Ordre dans d'autres pays et certains rejoignirent les Ordres existants, comme les "Chevaliers Teutoniques". La plupart de leurs terres furent distribuées à leurs rivaux les "Chevaliers Hospitaliers". En Ecosse et en Angleterre, les propriétés templières restèrent aux mains des mêmes familles jusqu'en 1650.

La Franc-maçonnerie s'est ainsi développée en Ecosse sous l'influence de Templiers isolés, avant de se répandre en Angleterre en 1603, après l'accession au trône du Roi Ecossais JACQUES IV. Les Templiers seraient ainsi à l'origine de la révolte des paysans en 1381 qui s'en prirent aux biens de l'Eglise et des Chevaliers Hospitaliers. Néanmoins, la Maçonnerie des débuts était une école de mystères avec des initiations solennelles s'inspirant de traditions occultes anciennes ; visant ainsi à provoquer une illumination transcendantale et à tisser des liens intimes entre les Frères.


JOHN ROBINSON affirme détenir des preuves de l'existence de loges maçonniques dès les années 1380, un traité alchimique datant de 1450 utilise le terme "Franc-maçon", les premières références connues datant de 1614. Lors de la création de la ROYAL SOCIETY en Angleterre, il est fait état d'un "Collège invisible" original des Franc-maçon, formé en 1645.


L'actuelle Maçonnerie est apparue le 24 Juin 1717, jour de la Saint-Jean Baptiste, et constituée par la Grande Loge.


Il est avéré que la Maçonnerie était déjà une véritable société secrète avant sa fondation officielle. Certains prétendent descendre des guildes médiévales anglaises de tailleurs de pierres, qui utilisaient des gestes et des signes de reconnaissance secrets, ainsi que la géométrie sacrée.


Ces tailleurs de pierres auraient hérité leur connaissance secrète des bâtisseurs du Temple de Salomon.

Par contre les Templiers écossais actuels affirment descendre des Chevaliers fugitifs, qui avaient hérité de la flotte templière. Ils se battirent contre les anglais à la bataille de BANNOCKBURN le 24 Juin 1314, jour de la Saint-Jean Baptiste ; un contingent de Chevaliers du Temple assurant la victoire à la 11ème heure. Certains édifices portent les traces de cette tradition templière et maçonnique comme la chapelle de ROSSLYN à côté d'Edimbourg, qui fut bâtie entre 1450 et 1480.

Cependant en 1329, l'ombre de l'autorité Papale plana une nouvelle fois sur les Templiers lorsqu'il fut question de lever une croisade contre l'Ecosse. Les Templiers écossais jugèrent alors plus prudents de rentrer dans la clandestinité comme leurs Frères européens. Ce serait là une origine de la Franc-Maçonnerie.


Un écossais, ANDREW MICHAEL RAMSAY, Chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare, fit un discours mémorable en 1737 à Paris, lors d'une réunion maçonnique où il fit la première allusion officielle au fait que les Francs-maçons descendraient des Templiers. Peut-être est-ce la raison de l'excommunication de l'ensemble de la Fraternité Maçonnique par le Pape l'année suivante.


L'inquisition n'hésitât pas à arrêter et torturer des Francs-maçons suite à la publication de cette bulle papale.

Par la suite, un certain Baron VON HUND affirma avoir été initié dans un Ordre Maçonnique du Temple à Paris en 1743, il ouvrit des Loges fondées sur une tradition qu'il nomma « STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE », plus connue en Allemagne sous le nom de « CONFRERIE DE JEAN BAPTISTE ». L'histoire précisait que lors de la condamnation du Temple, certains chevaliers s'étaient enfuis en Ecosse et avaient poursuivi l'idéal Templier tout en élisant régulièrement leurs Grands Maîtres. Le Baron VON HUND disait détenir une liste recensant tous les Grands Maîtres successeurs de JACQUES DE MOLAY dans la clandestinité, ce que les historiens n'ont jamais pu découvrir. Il se disait aussi détenteur de la patente Templière héritée des descendants de ces Grands Maîtres Templiers.


En fait la « STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE » était essentiellement un réseau alchimique de pure tradition templière. La Franc-maçonnerie Templariste se trouva alors établie des 2 côtés de l'Atlantique, ce qui influença certainement la pratique du RITE ECOSSAIS, dont le RITE ECOSSAIS RECTIFIE et le RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE sont particulièrement actifs en France. Certains ont même suggéré que les Templiers s'étaient cachés dans les hauts grades de la Maçonnerie, ce qui est difficile à vérifier quand on connaît l'hermétisme des Rites Ecossais.

Les Maçons Français, par contre véhiculaient une curieuse légende relative à « MAITRE JACQUES », personnage mythique et Saint Patron des guildes de tailleurs de pierres Français au Moyen Age. Il aurait été l'un des Maîtres Maçons qui ouvrèrent à la construction du Temple de Salomon. Après la mort d'HIRAM ABIFF, il quitta la Palestine avec 13 Compagnons et fit voile vers MARSEILLE. Les partisans de son pire ennemi, le Maître Maçon « FRERE SOUBISE », ayant décidé de le tuer, il se retira dans la caverne de la SAINTE BAUME, celle-là même qui aurait abrité MARIE MADELEINE. En vain, il fut trahi et assassiné. Aujourd'hui encore, bon nombre de Maçons vont en pèlerinage sur le site le 22 Juillet, jour de la Sainte Marie Madeleine, ainsi que certains Compagnons du Devoir, que l'on peut considérer comme des Maçons opératifs de l'ancienne tradition.

Un autre candidat au titre d'héritier de la connaissance ésotérique des Templiers est le mouvement de la « ROSE-CROIX ». L'hermétisme serait à l'origine de la renaissance et des Rose-Croix, alors que le gnosticisme donna naissance à l'hérésie Cathare. Tous 2 découlent des mêmes idées cosmologiques. Dans la hiérarchie des « mondes » et des « sphères », la matière occupe l'échelon le plus bas, le plus élevé revenant à Dieu. L'homme étant un être divin « emprisonné » dans une enveloppe matérielle, mais renfermant toujours une étincelle divine. Les hermétistes disaient souvent : « ne savez-vous pas que vous êtes des Dieux ? ». Les gnostiques expriment cette notion en termes religieux, ils prônent que « la réunion avec le Divin serait le salut ».


Le gnosticisme et l'hermétisme s'inspirent tous 2 des idées développées en Egypte, et plus particulièrement à Alexandrie aux 1er et 2ème siècles avant notre ère. Les Evangiles gnostiques découverts à NAG HAMMADI en 1947 comprennent des dialogues d'HERMES TRISMEGISTE. Il s'agirait d'une cinquantaine d'Evangiles rejetées par l'Eglise de PIERRE lors du Concile de NICEE devant ordonner le nouveau testament, et cachés en Egypte jusqu'à leur découverte.


La cosmologie de la PISTIS SOPHIA, l'Evangile gnostique qui attribue un rôle si important à MARIE MADELEINE, ne diffère guère de celle des mages de la renaissance. Les mêmes idées, la même culture, la même époque et le même lieu ont donné naissance à l'Alchimie, qui est née dans l'Egypte des premiers siècles de notre ère.


HERMES TRISMEGISTE aurait écrit : « quel miracle que l'Homme ! » cette exclamation sous-entend que l'Humanité renfermerait une étincelle divine. Contrairement aux Catholiques, les gnostiques et les hermétistes ne se considèrent pas comme des créatures inférieures et perdues, vouées au purgatoire, sinon à l'enfer. De la conscience de leur étincelle divine découlait le respect de soi et la confiance, l'ingrédient magique permettant à l'Homme de réaliser son potentiel, telle était la clé de la renaissance.

La naissance de l'hermétisme, quant à lui, était attribuée à HERMES TRISMEGISTE , auteur du légendaire « CORPUS HERMETICUM » et à sa table d'émeraude, sur laquelle étaient gravés des secrets profonds.


Les Rosicruciens par contre devaient leur nom à leur fondateur mythique « CHRISTIAN ROSENKREUZ », qui serait mort en 1484 à l'âge de 106 ans. Il aurait voyagé à travers l'Egypte et la Terre Sainte en quête d'une connaissance secrète qu'il aurait transmis à ses adeptes, ceux-là mêmes qui auraient joué un rôle important dans le développement de la Franc-Maçonnerie. Les 2 premiers Maçons Anglais connus : « ELIAS ASHMOLE » et l'alchimiste « ROBERT MORAY », auraient été liés au mouvement de la Rose-Croix. Ainsi donc, dans certaines formes de Maçonnerie, on vit apparaître les grades de « Chevalier du Temple » et de « Rose-croix ».


Les branches de la Franc-maçonnerie « occulte » remontant à la « Stricte Observance Templière » du Baron VON HUND, se développèrent surtout en France, et la clé en est fournie par le « RITE ECOSSAIS RECTIFIE », spécifiquement consacré aux études occultes dont certains insistent sur ses origines templières. Cette forme de Maçonnerie entretiendrait les liens les plus étroits avec les sociétés Rosicruciennes. Sa création remonte à 1778 lors d'un convent de Maçons Templaristes à Lyon.

En 1782, toutes les obédiences européennes se réunirent à Wilhelmsbad, dans la Hesse, sous la présidence du DUC DE BRUNSWICK, afin de régler la question de la relation maçonnique avec l'Ordre du Temple. Ce fut la fin de la Stricte Observance Templière du Baron VON HUND, mais les Templaristes firent reconnaître le RITE ECOSSAIS RECTIFIE, succédant ainsi au dernier rite templier.

Tous les Maçons se réfèrent au mystérieux « fils de la veuve ». Dans les rites égyptiens cette veuve n'est autre qu'ISIS. JACQUES-ETIENNE MARCONIS DE NEGRE fonda en 1838 le rite de MEMPHIS qui se prétendait descendre de la tradition templariste du Baron VON HUND.


Par contre, un peu avant, en 1804 BERNARD RAYMOND FABRE-PALAPRAT fonda « l 'ORDRE MILITAIRE DU TEMPLE DE JERUSALEM » et celui-ci prétendait détenir son autorité de la « Chartre de transmission de JOHANNES MARCUS LARMENIUS, nommé Grand Maître Templier par JACQUES DE MOLAY en 1324 ».FABRE-PALAPRAT a utilisé le « LEVITIKON » pour fonder son Eglise JOHANNITE néo-Templière, qui est une version de l'Evangile de JEAN aux accents nettement gnostiques remontant au 11° siècle.


Le « LEVITIKON » comprend 2 parties : la 1ère reprend les doctrines religieuses communicables aux initiés, que l'on retrouve dans le rituel des 9 grades de l'Ordre du Temple, et la 2ème est identique à l'Evangile de JEAN sans les 2 derniers chapitres.


Le « LEVITIKON » évoque une tradition du Moyen Orient utilisée par la secte JOHANNITE. JESUS y est présenté comme un initié aux mystères d'OSIRIS, il serait un simple mortel et non le fils de Dieu, mais le fils illégitime de MARIE. D'après cette secte le dogme de l'Immaculée Conception aurait été l'invention des Evangélistes pour occulter l'illégitimité de JESUS et le fait que sa mère ignorait l'identité de son père. Tous les chefs Johannites adoptèrent le titre de CHRIST, selon le terme grec original « CHRISTOS », qui pouvait désigner tout initié gnostique.


Rappelons que la légende d'OSIRIS, à laquelle fait allusion le LEVITIKON est une pure tradition égyptienne. OSIRIS était l'époux de sa soeur ISIS, la belle déesse de l'amour, de la guérison et de la magie. Leur frère SETH, qui désirait ISIS, complota pour assassiner OSIRIS. Ses complices surprirent ainsi OSIRIS, le démembrèrent et dispersèrent les morceaux de son corps. Désespérée, ISIS sillonna le monde pour les retrouver avec l'aide de NEPTHIS, elle aussi déesse et épouse de SETH. Toutes les 2 retrouvèrent les membres d'OSIRIS, à l'exception du phallus. Après les avoir rassemblé, ISIS utilisa un phallus artificiel pour concevoir HORUS, puis elle aurait eu ensuite une relation avec SETH, semblant ainsi obéir à un désir de vengeance.


HORUS, alors adolescent, prit ombrage de cette liaison, y voyant une trahison à la mémoire de son père OSIRIS. Il s'opposa alors en duel à SETH qu'il tua, mais y perdit un oil dans le combat. Il fut guéri et l'oil d'HORUS devint l'un des talismans magiques les plus appréciés en Egypte.


D'après FABRE-PALAPRAT, JESUS, initié au culte d'OSIRIS aurait transmis sa connaissance à JEAN « le bien-aimé » et ces enseignements secrets auraient influencé les Chevaliers du Temple.


HUGUES DE PAYNS et les Chevaliers fondateurs du Temple auraient donc été des initiés Johannites. Les Templiers se laissèrent ensuite corrompre par l'amour du pouvoir et de la richesse. Le Roi de France et le Pape ne pouvant tolérer que la vraie nature des Templiers soit connue, inventèrent-ils les accusations « d'idolâtrie, d'hérésie et d'immoralité ». Cependant, avant son exécution, JACQUES DE MOLAY aurait organisé et institué la Maçonnerie occulte selon ELIPHAS LEVI. Ce que contestent les partisans du « RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE », en prétendant que les Rosicruciens n'auraient pas adopté des doctrines templières, mais qu'ils se seraient fondus aux groupes templiers survivants en prenant JEAN L'EVANGELISTE comme Patron.


A l'origine, lorsque GODEFROY DE BOUILLON aurait rencontré des représentants d'une mystérieuse « EGLISE DE JEAN » appelés « les Frères d'ORMUZ », il aurait constitué un gouvernement secret auquel l'Ordre du Temple se conforma. Les Templiers auraient donc été créés pour épouser les idéaux de cette mystérieuse EGLISE DE JEAN.


Les Chevaliers du Temple et les Maçons ont adopté 2 traditions, celle de JEAN BAPTISTE et celle de JEAN L'EVANGELISTE. Les 2 « JEAN » comptent ainsi beaucoup pour la fraternité. Cette double vénération s'est établie au fil des ans, alors que cette allégeance à 2 Saints Chrétiens a complètement occulté le nom de JESUS. D'après la Maçonnerie Ecossaise, les initiés se sont transmis les secrets des premiers Templiers, et l'Evangile de JEAN, sur laquelle est prêté serment, renfermerait des secrets occultes.


Une légende plus récente nous renvoie à RENNES LE CHATEAU où l'ABBE SAUNIERE aurait fait une découverte liée aux secrets occultes des Templiers et des Cathares, ce que revendique un mystérieux Ordre : « LE PRIEURE DE SION », à l'origine semble-t-il de la création de l'Ordre du Temple et dont ses illustres Grands Maîtres auraient été ISAAC NEWTON, LEONARD DE VINCI ou encore ANDRE MALRAUX.


Cet Abbé aurait pratiqué le RITE ECOSSAIS RECTIFIE suivant une branche de la Maçonnerie occulte descendant des Templiers. Le Temple qu'il aurait d'ailleurs construit rassemble tous les symboles du Temple de Salomon ainsi que des rites écossais.


Le mystère du RITE ECOSSAIS RECTIFIE, hérité de la lignée des Templiers, renferme-t-il un enseignement secret lié à l'Evangile de JEAN, dont l'un est exotérique et l'autre ésotérique, réservé uniquement au cercle des initiés ?


La résurrection n'est semble-t-il pas un miracle, mais une épreuve initiatique au cours de laquelle le profane vit une mort et une renaissance symbolique avant de recevoir les enseignements secrets, composés avant tout de traditions orales et d'éveil à la spiritualité.


Les écoles de mystères remontent aux Grecs, aux Romains, aux Babyloniens et aux Egyptiens. En fait le Temple et les Maçons en ont repris le principe, en proposant un enseignement gradué pour ceux qui gravissent les échelons abrupts de l'initiation. La sagesse n'y étant accessible que d'après le mérite, un disciple ne reçoit l'illumination que si ses maîtres spirituels le jugent prêt.


JEAN LE BAPTISTE, prônait un acte initiatique unique, transcendant, avec lequel l'individu devait se confesser et se repentir. Le baptême, en tant que symbole extérieur et visible d'un renouveau spirituel intérieur, fait appel à la régénérescence du corps et de l'esprit. Ainsi, les 2 Saints JEAN font parti d'un cycle de mort et de renaissance.


Dans le prologue de l'Evangile de JEAN il est dit : « au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu ». Le concept de Verbe « LOGOS » semble féminin et le fait d'aller vers Dieu suggère la démarche d'un Homme cherchant l'unité avec la Femme. Ce principe peut être Alchimique si l'Homme conscient de son état, cherche son salut en retrouvant l'unité philosophique et primordiale. Ce que les Templiers pratiquaient d'une façon initiatique pour atteindre la connaissance, en passant par tous les stades intermédiaires.


Le Temple de Salomon fut bâti sur le modèle des temples phéniciens, lesquels se calquaient sur ceux de l'ancienne Egypte. Pour certains, les gravures sur l'Arche d'Alliance représenteraient YAHVE et une divinité féminine. « La Sagesse », en grec « SOPHIA » et en hébreu « CHOKMAH », est représentée par une femme, dont il est dit qu'elle coexista avec YAHVE avant le commencement. Cette allégorie de la Sagesse Divine influence l'Homme en quête de sa propre sagesse, telle qu'elle était au commencement.


Si le RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE vit le jour en 1804 à Charleston aux USA, MARTINES DE PASQUALLY fonda en 1761 l'ORDRE DES ELUS COHENS, d'origine Espagnole, il aurait été lié à l'ORDRE DES DOMINICAINS dont il aurait eu accès à ses archives. Il possédait une patente accordée à son père CHARLES EDWARD STUART, le rattachant à la Maçonnerie Ecossaise que soutenait le Baron VON HUND.


Son secrétaire, LOUIS CLAUDE DE SAINT-MARTIN, philosophe et occultiste, fonda un nouveau rite : « le RITE ECOSSAIS REFORME » affilié à la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, lors du Convent de Lyon en 1778, convoqué par JEAN BAPTISTE WILLERMOZ, Membre des ELUS COHENS. Ces Rites Ecossais s'unirent pour devenir le RITE ECOSSAIS RECTIFIE, dont les 3 premiers grades furent mis en place jusqu'en 1782 et jusqu'en 1805 pour la finition des derniers.


JOSEPH DE MAISTRE, un proche de WILLERMOZ, était un Chevalier de l'ORDRE DE SAINT-LAZARE de la branche Italienne. Ainsi le Chevalier RAMSAY était lui aussi un Chevalier de SAINT-LAZARE dont les rituels remonteraient à 1649. Il fut le précurseur de l'Ecossisme en France dans la première moitié du 18ème siècle. Il serait aussi à l'origine de la création d'un rite maçonnique chevaleresque vers 1728, qui aurait pris le nom de RITE DE BOUILLON, ce qui nous ramène au symbolisme du Saint-Sépulcre et de Saint-Lazare, ainsi qu'aux bases de la Chevalerie hiérosolomitaine des années 1097 à 1100.


Sur le plan ethnologique et sociologique, les racines des Chevaleries occidentales sont issues de la distribution des castes dans la mouvance indo-européenne aux alentours de 1500 ans avant J.C.
Au 8ème siècle, dans les rites Germains, des traces de rituels faisaient des jeunes mâles de la tribu des « Chevaliers », lorsqu'ils avaient prouvé leurs qualités de cavaliers et de combattants. Au 12ème siècle, plusieurs Ordres s'attribuent le concept de la « Chevalerie » : l'ORDRE SOUVERAIN DE MALTE, l'ORDRE DU SAINT-SEPULCRE ou l'ORDRE DE SAINT-LAZARE. Mais ce sont surtout les Templiers, dont leur filiation serait antérieure à leur création officielle, qui développèrent la Chevalerie religieuse.

La Chevalerie médiévale ne pouvait être que catholique, apostolique et romaine, et réservée qu'à des initiés. Mais d'autres Chevaleries se sont développées, comme celle du ROI ARTHUR au cours du 6ème siècle.


Au moyen âge, SAINT-BERNARD fut le promoteur des Chevaleries médiévales dont les adeptes auraient été surnommés « FILS DE LA VALLEE ». La milice du Temple adopta d'abord la règle de SAINT-AUGUSTIN lors de sa création en 1118. Puis en 1128, lors du Concile de Troyes, SAINT-BERNARD leur donna une règle définitive issue de la règle Cistercienne, et il bâtissait toujours ses monastères dans les vallées, contrairement à la règle de SAINT-BENOIT qui construisait en haut des collines. L'Ordre des moines soldats se développa jusqu'au 16ème siècle avec la mise en place de la Compagnie de Jésus de SAINT-IGNACE DE LOYOLA : « les JESUITES ».


Si les Chevaliers du Christ, appelés aussi Fils de la Vallée, à cause du mélange de la foi en l'idéal monastique et du code de la Chevalerie sur fond de structure féodale, n'avaient qu'un seul but : « que le Saint-Sépulcre soit Chrétien », ils devaient tout abandonner pour l'Ordre. Les bases de la Chevalerie occidentale sont avant tout axées sur la valeur et le dévouement, et un « Chevalier » était sélectionné surtout pour ce qu 'il était. Ce concept se retrouve d'ailleurs dans le RITE ECOSSAIS RECTIFIE.

Les qualités de la plus belle Chevalerie sont : le courage et la vaillance, mais aussi la foi profonde, le respect des valeurs ainsi que l'élévation spirituelle nécessaire à la relativisation des choses matérielles, comme le pouvoir, l'argent et les honneurs. L'exemple archétypal étant GODEFROY DE BOUILLON.

Néanmoins, on peut considérer que le RITE ECOSSAIS RECTIFIE est Chrétien, dans le sens le plus large et le plus élevé. Le Rite est Chevaleresque comme dans l'archétype de GODEFROY DE BOUILLON : aptitude à l'engagement, respect de l'Etat, respect de la hiérarchie, etc. Il est aussi Hospitalier, au travers de la notion de bienfaisance, car le Maçon doit s'impliquer, dans la mesure de ses moyens, pour soulager les malheurs des autres. Il est aussi marqué par l'illuminisme du 18ème siècle suivant l'héritage de MARTINEZ DE PASQUALLY. Le RER n'est pas tenu pour une vérité et sa profondeur appelle aussi l'humilité.


CONCLUSION :


L'Ordre du Temple était un Ordre militaire et féodal, il ne fut jamais un Ordre Hospitalier basé sur la bienfaisance et la charité Chrétienne dans son sens large et indéfini. Selon DANIEL LIGOU, auteur du « dictionnaire de la Franc-Maçonnerie », le Templarisme Maçonnique est donc une pure légende, et il convient de la considérer comme telle.


L'Ordre de SAINT-LAZARE fait référence à LAZARE : Seigneur de Béthanie, frère de MARTHE et de MADELEINE, qui employait ses biens à soulager les pauvres. Il exerçait l'hospitalité envers les Chrétiens et il trouva une terre de refuge en Provence, après la mort du Christ , en compagnie de ses deux sœurs et d'autres personnages légendaires. Cet Ordre était donc Hospitalier et la bienfaisance était l'axe fondamental de ses actions dans le monde.


Cet Ordre se rapproche du RER actuel, mais le symbolisme employé aux 3 premiers grades fait aussi référence aux symboles des Compagnons du Devoir ainsi qu'aux Guildes des constructeurs de Cathédrales.

On peut aussi considérer que le Maçons Ecossais devient un Chevalier dans l'Ordre intérieur, après avoir construit son propre Temple de Salomon, symbole de base de bon nombre de mouvements Chrétiens.

A la mort de WILLERMOZ, en 1824, le RER qui était surtout pratiqué au sein du GODF, fut mis en sommeil, mais néanmoins récupéré par le PRIEURE D'HELVETIE en Suisse. Lors de sa réactivation en France, en 1913 par CAMILLE SAVOIRE, EDOUARD DE RIBAUCOURT et BALTARD, le Rite avait reçu une impulsion nettement Templière qu'il n'avait pas auparavant.


Le GRAND PRIEURE INDEPENDANT DES GAULES, fondé en 1935 , fut donc à l'origine de la réinsertion du RER en France. Il s'incorpora ensuite à la GLNF, qui se scinda en deux en 1958, donnant naissance à la GLTS OPERA et à son Prieuré : « LE PRIEURE DE FRANCE ».


Aujourd'hui, le RER est surtout pratiqué au GO, à la GLNF et à la GLTS, mais il a le choix de ses options, compte tenu des différents Prieurés dont il dépend. La Maçonnerie Ecossaise a donc une spécificité nettement Hospitalière et Chevaleresque, influencée par différents courants liés à son histoire mouvementée, dont à l'origine se trouve l'ORDRE DU TEMPLE et la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, sans oublier les symboles des constructeurs de Cathédrales.

Ce passé riche est certainement à la base d'une tradition solide dont le rituel est l'aboutissement sacramentel. Peut-être devrait-il s'ouvrir à la modernité et s'impliquer davantage dans des tâches plus charitables et bienfaisantes. La devise des CBCS n'est-elle pas : « MELIORA PRAESUMO » ?

V\M\ et vous mes FF\, J’ai dit. 

 

Source ; L'édifice.net

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Les Templiers par Matter

18 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #chevalerie

Considérée historiquement, la doctrine secrète des Templiers fut un Gnosticisme mahométan, dit un des derniers historiens de l’Ordre

 

Plus tard, le même auteur ayant examiné une question spéciale, celle de l’idole appelée Baffomet, prie le lecteur d’entrer dans un autre ordre d’idées. Il dit que les rapprochements entre cette idole et la Kabbale autorisent la conclusion, « que le Déisme des Templiers est né du Mahométisme, mais que l’idole a été introduite ou formée d’après des vues kabbalistiques »

 

Je cite ces deux opinions pour indiquer où en cette question, il y a vingt ans ; et après cette indication, faisant abstraction de l’une et de l’autre de ces opinions émises par un écrivain à qui j’aime à rendre la justice qu’il a beaucoup lu et tout cité, j’entre en matière.

 

Les Templiers ont-ils eu une doctrine secrète, une doctrine spéciale pour les initiés ?

 

Ont-ils eu, comme les Cathari, un évangile spécial ?

 

Ont-ils partagé quelques-unes des erreurs de ces sectaires, ou de celles des Bogomiles et des PauIiciens, les frères ou les pères des Cathari ?

 

Ont-ils professé simplement quelques opinions mahométanes, ou .des opinions gnostiques liées au Mahométisme ?

 

Y a-t-il des textes positifs – car j’ai réservé la question des monuments – où du moins des inductions légitimes qui établissent: une sorte d’affinité entre l’ordre du Temple et le Gnosticisme ?

 

Telles sont les dernières questions que nous devions aborder dans ces recherches. Il ne nous est pas possible de les résoudre toutes d’une manière tranchée, définitive ; mais il nous sera plus aisé d’apprécier ailleurs les monuments, quand nous aurons d’abord apprécié, d’après les textes déjà si considérables, les dépositions écrites si variées et si immenses des témoins si nombreux de l’époque.

 

Au fond, on reprocha aux Templiers ces quatre choses :

 

1° Non pas seulement une vie licencieuse, par exemple l’amour du vin et des femmes, ainsi que les penchants d’une dissolution abominable, mais tout un ensemble de principes, tout un système d’immoralité.

 

2° Non pas seulement des usages et des cérémonies impies et d’horribles blasphèmes dans les réceptions ; mais un système d’abjuration, de reniement de Dieu ou de Jésus-Christ.

 

5° Non pas seulement un grand relâchement et une certaine indifférence pour les dogmes fondamentaux du Christianisme, mais un penchant décidé, une foi positive pour des opinions mahométanes, ou du moins un acte d’adoration et de culte que le Christianisme ne connaît pas, acte qui se rattachait à l’exhibition plus ou moins complète d’une image, d’un buste, d’une tête, appelée idole ou Baffomet.

 

4° Non pas seulement une vie frivole ou négligente à l’égard de certaines pratiques de dévotion, mais un système d’antipathie et d’opposition pour ces pratiques, et la prétention d’avoir l’absolution de leurs péchés, même de la part des chefs laïques de l’ordre.

 

Tel est le véritable sens de l’acte d’accusation et des articles sur lesquels la commission pontificale, dont on a publié les procès-verbaux[4] appela des dépositions[5].

 

Or, il est vrai que, pour la défense des Templiers, on a dit, avec une grande apparence de raison, sur la manière dont l’enquête a été faite et le jugement prononcé :

 

1° Qu’il a été exercé en France, par le gouvernement, sur les commissaires chargés de l’enquête, sur leurs présidents, et jusque sur les témoins, des influences déplorables.

 

2° Que partout où ces influences n’ont pas eu lieu, les dépositions, plus libres et plus vraies, ont amené des résultats plus favorables à l’ordre.

 

3° Que si, en France, la commission royale et le gouvernement avaient souffert l’action régulière de la commission pontificale, une foule de témoins, affranchis des craintes de la torture et de la mort, eussent déposé en faveur de l’ordre plutôt qu’en faveur du fisc, prêt à dévorer les trésors si imprudemment déposés au Temple par le grand-maître.

 

4° Que, si Clément V et Philippe IV avaient souffert le libre vote du concile de Vienne, l’innocence de l’ordre était proclamée en France, comme ailleurs, à la face du monde chrétien.

 

5° Que partout où les rois et les commissaires ont été libres, les Templiers ont ou triomphé complètement, ou obtenu une fin moins calamiteuse.

 

6° Que, même en admettant certains faits attestés par des dépositions « au moins suspectes, » on n’est amené qu’à conclure certains désordres plus ou moins isolés, mais nullement un système d’athéisme, ni un système d’impiété, ni un système d’immoralité professé dans l’Ordre tout entier.

 

7° On a dit, avec une grande apparence de raison encore, que le reniement, en particulier, ne signifiait rien de sérieux ; qu’il était une de ces plaisanteries, de ces grossières arlequinades, « una truffa » que le moyen tolérait encore dans d’autres occasions et jusqu’aux pieds des autels.

 

8° On a dit qu’en le prenant plus au sérieux, on pourrait admettre tout au plus qu’il rappelait ce reniement de S. Pierre qui fut suivi d’un retour si admirable ; et que les Templiers, à leur tour, se hâtaient de confesser et d’expier une infidélité faite ore non corde.

 

9° Peut-être, a-t-on dit, avec raison encore, que les chefs de l’ordre ayant besoin de meure la soumission des aspirants aux plus rudes épreuves, ont exigé d’eux, par forme de simulacre, les deux choses les plus difficiles pour un fidèle et un chevalier, le reniement du Christ et un baiser déshonnête ; mais que, cette épreuve passée, on ne professait dans l’ordre ni l’athéisme, ni l’indifférence pour le Christ ; que nul n’hésitait à faire entrer dans les rangs des Templiers les parents les plus chéris ; ce qui prouve que nul n’y compromettait son salut ; que d’ailleurs tous étaient toujours prêts à mourir pour leur foi.

 

Ces arguments, si légitimes, on les a fait valoir avec toute l’éloquence de la poésie[6], et on les a fortifiés avec une critique pleine d’éclat. Après l’examen des pièces du procès, un de nos premiers historiens a résumé ses convictions dans ces paroles : « que ce ne fut pas l’infamie des mœurs ; que ce ne fut pas l’hérésie — les doctrines gnostiques —, qui fit condamner l’ordre. 

 

Aussi, sous tous ces points de vue, la question est-elle épuisée aujourd’hui, cependant il en reste un autre qui, jusqu’à présent, n’a été présenté qu’avec une exagération plus propre à le faire rejeter qu’à le faire accueillir[8], et qui me semble digne d’examens, celui d’une doctrine intime dans l’ordre des Templiers et d’une connexion avec certaines opinions du Mahométisme et avec certaines tendances des sectes contemporaines.

 

Je viens de lire, d’un bout à l’autre, les dépositions des Templiers et les apologies des historiens, et j’avoue que, si je considère la procédure suivie par certaines commissions comme un monument de la plus odieuse iniquité, je suis frappé de la mansuétude et de l’indulgence d’autres de ces commissions [que je ne nomme pas, pour ne pas mêler une question de nationalité à une question de justice et d’humanité], et je ne suis pas persuadé que certains membres de l’Ordre n’aient pas eu avec les Mahométans des rapports plus intimes qu’il ne convenait. J’admets leur penchant pour le monothéisme, et je crois qu’ils ont professé pour le sacerdoce, les institutions et les pratiques de l’Église, une antipathie plus conforme qu’il ne fallait à celle des sectes du temps, avec penchant pour leur doctrine sur Jésus-Christ. Enfin, je demeure persuadé qu’il s’est trouvé dans l’Ordre des membres coupables de cette triple aberration.

 

Je laisse entièrement de côté la question des mœurs, si intimement qu’elle soit liée à celle des doctrines ; mais ne pouvant la traiter ici avec toute l’étendue qu’elle demanderait, je dois en faire abstraction : de quelque manière qu’elle soit jugée, elle est secondaire pour le dogme.

 

Quand je dis que, d’après les textes, j’admets entre les opinions secrètes de certains membres supérieurs de l’Ordre, d’une part, et celles du Mahométisme et des sectes, d’une autre part, des rapports plus intimes qu’il ne convenait, je n’entends subir aucune des opinions accusatrices qui ont été émises, et je commence par rejeter toutes les assertions et toutes les inductions qui ne supportent pas la critique.

 

Par exemple, quelques historiens, et surtout Münter[9], qui s’est beaucoup occupé de l’Ordre, et qui a jeté de bonnes vues sur ses statuts, ont attaché une grande importance à ce fait que les Templiers modernes ont un évangile de S. Jean comme les Cathari ont eu le leur.

 

Münter a cru que le code dont il s’agit, l’évangile grec de S. Jean, gardé aux archives des Templiers modernes, remontait au treizième siècle. Il disait bien que cet évangile n’était ni celui des Gnostiques ni celui des Pauliciens ; toutefois, il affirmait qu’on y trouvait des vestiges de Gnosticisme.

 

Mais c’est là tout un système d’erreurs et de fausses inductions. La critique a reconnu et le savant éditeur du Code apocryphe du Nouveau Testament, a démontré que le manuscrit en question, loin d’être du treizième siècle[10], est du commencement du dix-huitième, et que, loin de contenir des traces de Gnosticisme, il ne renferme que des textes de S. Jean.

 

Distribués en chapitres, pour accompagner les cérémonies maçonniques ou  philanthropiques de quelque société secrète, ces textes sont choisis de manière à n’impliquer en rien la foi aux miracles et il concorder avec la doctrine d’un autre manuscrit, appelé Leviticon, fait au commencement du même siècle pour quelque association de Déistes.

 

En effet, les principes de ce livre sont empruntés au Déisme qui essaya de se faire jour, en France et en Hollande, comme en Angleterre, à l’époque qu’on vient d’indiquer.

 

Les Templiers modernes — qui peuvent et qui doivent avoir de grandes prétentions comme toutes les associations de ce genre, auraient d’abord à prouver la succession non interrompue de leurs chefs, depuis la mort de Jacques Molai, et l’antiquité de leur évangile, « copié sur l’original du mont Athos. » De ce qu’ils possèdent, comme les Cathari, un évangile spécial de S. Jean, il ne résulte donc aucune induction légitime sur des rapports de doctrine entre les Templiers anciens et les sectaires de leur temps. En effet, le manuscrit en question n’étant que l’œuvre d’un compilateur moderne, et ne contenant rien de comparable à l’évangile des Cathari dont l’inquisition s’était saisie à Carcassonne, il n’y a pas à s’en occuper, si ce n’est pour le mettre entièrement de côté. Si, d’après un écrivain moderne, que nous citerons en note, de savants hellénistes, très versés dans la paléographie, ont affirmé naguère « que ce manuscrit [celui des Templiers modernes] est du treizième siècle, » et si d’autres « l’ont prétendu antérieur et sont remontés jusqu’au siècle onzième[.» ceux de nos amis qui l’ont eu entre les mains assez récemment, ont constaté « qu’il n’a rien d’ancien, et qu’il est écrit en caractères qui ne laissent pas moindre doute sur sa récente origine. »

 

Avec ce rapprochement tout à fait dénué de mérite, tombe nécessairement cet autre, auquel on attachait une grande importance encore, c’est que les Templiers auraient préféré S. Jean aux autres évangélistes, et l’auraient considéré comme le seul des disciples du Sauveur capable de saisir la doctrine intime de son Maître.

 

Ce culte spécial de S. Jean n’est nullement attesté par l’histoire de l’Ordre. Ce qui en est attesté relativement à S. Jean l’évangéliste, n’a rien que de conforme aux mœurs et aux opinions générales des fidèles. On ne peut donc pas plus accuser les chevaliers d’avoir subi, sous ce rapport, l’influence des Pauliciens ou des Bogomiles, que d’avoir accepté celle des Cathares, qui, sans nul doute, professèrent pour S. Jean et S. Paul plus de déférence que pour aucun des autres apôtres.

 

Mais il est dans la question une autre série de faits importants, que la critique est obligée d’admettre, et à ces faits se rattachent de graves inductions relatives aux opinions de l’Ordre, si je ne me trompe.

 

C’est un premier fait, que la réception des chevaliers a été très variée ; que les mêmes choses n’ont pas été exigées de tous les récipiendaires, ni les mêmes paroles dites à tous. L’accord entre les dépositions des témoins sur certains faits est sans doute très significatif ; mais ce qui ne l’est pas moins, c’est leur divergence incontestable sur d’autres. Or, cette divergence a un degré d’uniformité qui inspire aussi la confiance, et qui, par cela même, force l’esprit à accepter une série d’inductions.

 

Ainsi, un second fait qui se l’attache au premier, qui en ressort nécessairement, c’est que la réception avait, quant aux opinions enseignées par le récipient, et quant aux communications faites au récipiendaire relativement aux croyances et aux pratiques de la foi, sinon des grades régulièrement établis, du moins des nuances très distinctes, des degrés. En effet, là où l’on rencontrait une incapacité manifeste, ou bien où l’on éprouvait, pour ce qu’on se proposait d’exiger, une résistance décidée, on s’arrêtait ou revenait sur ce qui avait été dit : on déclarait que ce qui avait choqué, n’était qu’une plaisanterie, una truffa[

 

C’est un troisième fait, que de tous ceux qui restaient ou qu’on laissait ainsi en arrière, nul n’était admis aux chapitres généraux, toujours tenus dans le plus grand secret ; tandis que les autres, ceux qui montraient les dispositions voulues, y étaient admis rapidement: ce qui leur donnait un grand crédit dans l’Ordre[

.C’est un quatrième fait, que la réception était accompagnée, d’ordinaire ou très souvent, d’un acte d’adjuration ; acte que la plupart des récipiendaires refusaient d’abord d’accomplir, mais qu’après quelques paroles, quelques soupirs ou quelque épouvante, ils accomplissaient, en vertu de leurs serments déjà prêtés, et qu’ils prétendaient avoir accompli ore non corde.

 

C’est un cinquième fait, que cet acte n’avait pas pour objet d’en faire des athées, qu’il ne s’agissait pas de renier Dieu ou de nier son existence, mais de renier Jésus-Christ en sa qualité de Dieu et de Rédempteur.

 

Ce fait, d’une importance tout à fait majeure, est un de ceux qu’on a peut-être le moins remarqués, et il ne peut être apprécié que dans sa connexion avec les doctrines dont nous faisons l’histoire.

 

En effet, la plupart des dépositions parlent du reniement de Dieu, comme s’il s’agissait d’un acte absolu, comme si l’on eût exigé que les chevaliers ne crussent plus en Dieu. Le fait est, je crois, qu’il s’agissait d’autre chose, du reniement de Dieu le Fils, le Sauveur crucifié et mort sur la croix. Que d’ordinaire les témoins ne parlent que de Dieu, cela se comprend selon le langage du temps et selon celui de notre siècle. Mais ce qui est certain c’est que l’acte de reniement toujours accompagné d’un autre, d’un outrage impie fait à la croix, au crucifix offrant l’image de Jésus-Christ. Cet acte de répulsion pour Jésus-Christ mort sur la croix est toujours exigé, et plusieurs témoins disent formellement qu’on parlait de Jésus sans autre désignation[14]. Il est évident que, si l’on avait voulu faire abjurer la croyance en Dieu le Père, ainsi qu’en Dieu le Fils, on aurait fait abjurer aussi celle en Dieu le Saint-Esprit. Or, de cela nulle déposition ne fait mention, et cette circonstance est capitale.

 

M. Raynouard, dont l’esprit était d’ailleurs si élevé, et dont la critique est si judicieuse, fait remarquer l, dans le système d’une apologie absolue, que la déposition de GALCERANT DE TEUS, le seul Espagnol qui ait chargé l’Ordre, « renferme des extravagances qu’il sera utile de faire connaître »[15].

 

TEUS rapporta l’explication qui lui avait été fournie de l’absolution donnée à la fin du chapitre, par le chef qui le présidait, absolution donnée en tes termes : « Je prie Dieu qu’il vous pardonne vos péchés, comme il les pardonna à Sainte-Marie Magdeleine et au larron qui fut mis en croix. »

 

M. Raynouard donne cette explication. Elle consistait à considérer Jésus-Christ lui-même pour celui auquel Dieu pardonna ; et Jésus obtint grâce par la raison qu’au moment de mourir sur la croix il avait reconnu ses torts, et s’était repenti de s’être appelé Dieu.

 

Quant à Magdeleine, ajoutait le chevalier, ses péchés lui furent pardonnés par le vrai Dieu, qui est dans les cieux.

 

Tout cela est sans doute bien extravagant ; mais cela mérite attention. Il y avait là tout un système, et qui n’était pas de l’invention de GALCERANT, qui était conforme à tout ce qui se passait dans les réceptions, mais qui était emprunté par l’Ordre aux sectes contemporaines.

 

C’est, d’ailleurs, un sixième fait que ce reniement et cette insulte faite à Jésus crucifié, loin d’être des actes d’athéisme, étaient, au contraire, accompagnés d’un acte spécial d’adoration ; que l’objet de ce culte était une tête, une idole très variée de forme et d’expression, comme de matière et de couleur, mais que de cette idole il existait un grand nombre de copies ; que des Templiers en tenaient dans leurs coffrets[16], qu’on en trouva quatre en Angleterre[17]; qu’on en présenta une à la commission de Paris, et que cet exemplaire portait le numéro 58[18]. Dans les chapitres généraux, cette tête figurait à côté du président, et on recommandait de n’avoir confiance qu’en celui qu’elle représentait[19].

 

C’est un huitième fait, que le mot arabe d’Allah ou la désignation arabe et mahométane de Dieu, était prononcée dans l’acte d’adoration qui se rattachait à l’image barbue[20], et que le nom de Mahomet lui-même, sous la forme altérée de Baffomet, était articulé quelquefois dans ces cérémonies.

 

En effet, il est reconnu aujourd’hui que toutes les étymologies grecques de Baphomet ont été avancées inutilement, le changement de la labiale M en B et de l’aspirée h en ph, offrant l’explication la plus naturelle de ce mot si longtemps considéré comme un mystère[21].

 

C’est un neuvième fait, que les prêtres de l’Ordre étaient accusés d’omettre, dans certaines circonstances, en lisant le canon de la messe, les mots hoc est corpus meum. Or ce retranchement qui, sans doute, ne fut pas général, s’accorde trop bien avec le reniement du Sauveur crucifié qui ne fut pas générai non plus, pour être qualifié de pure invention de la part des témoins

 

C’est enfin un dixième fait, que les tendances de l’Ordre étaient anti sacerdotales ; qu’on y élevait autel contre autel ; qu’on s’y dispensait volontiers de certaines pratiques prescrites, mais que dans certaines circonstances les chefs, même laïques, prétendaient donner l’absolution

 

Or, quand je considère le mouvement général des esprits à partir de l’époque des croisades, et surtout du commencement du douzième siècle, l’avidité avec laquelle on se précipite vers toutes sortes de doctrines ; le penchant qui éclate sur tous les points de l’Occident pour les vieilles erreurs des Pauliciens, des Manichéens et des Gnostiques ; l’opposition qui se manifeste partout, même parmi ceux qui ont fait les croisades, pour les doctrines et les institutions de l’Église qu’ils viennent de défendre ; l’attrait que le Mahométisme semble avoir offert à un grand nombre de croisés, et surtout aux Templiers, dont plusieurs doivent avoir embrassé cette doctrine ; le penchant pour les hérésies du temps que montrèrent tous ceux qui se trouvèrent en conflit avec le sacerdoce, et notamment Frédéric II, qui s’exprimait d’une manière si libre sur les auteurs des trois religions principales et la naissance de Jésus-Christ 1 – quand je considère toute cette révolution intellectuelle et morale, et que j’en rapproche cette masse de dépositions et de pensées d’hérésies que les tortures auraient bien pu arracher, mais qu’elles n’auraient pas créées dans les intelligences des chevaliers, je suis forcé d’admettre ces inductions :

 

1° Que les Templiers eurent des rapports plus intimes qu’il ne convenait avec le Mahométisme et les doctrines dissidentes de leur temps.

 

2° Que l’acte d’abjuration qu’on exigeait des récipiendaires concernait Jésus-Christ, considéré comme Dieu crucifié et Rédempteur ou Sauveur de l’humanité.

 

3° Que des Templiers contestaient la mort expiatoire, « l’homme Jésus n’étant mort que pour ses péchés » et l’efficacité réconciliatrice de la sainte cène considérée comme renouvellement de sacrifice, et qu’ils niaient le dogme de la transsubstantiation qu’y rattachait l’Église.

 

4° Que ceux qui étaient initiés dans la véritable pensée des chefs professaient la doctrine du Père éternel, en rejetant celle de Dieu le Fils, soit à l’exemple du Mahométisme, qui faisait de l’homme Jésus le plus grand des prophètes, soit à l’exemple des Cathari, des Bogomiles et des Pauliciens, dont les doctrines sur Jésus-Christ étaient à peu près celles des anciens Gnostiques.

 

En effet, c’était dans toutes ces sectes une croyance caractéristique et invariable, que le vrai Dieu était le Père inconnu, le Dieu supérieur ; que toute la mission de Christos (Éon ou Fils de Dieu, mais non pas fils aîné), s’était bornée à révéler le Père suprême ; mais qu’il n’était pas mort sur la croix et que le dogme de la rédemption n’était qu’une erreur prêchée par ceux qui n’avaient pas compris sa mission spirituelle, qui étaient demeurés dans les idées les plus grossières du Judaïsme et de ses sacrifices d’expiation.

 

Or, n’est-ce pas à cet ordre d’idées que se rattachait aussi, outre le reniement d’un Dieu crucifié, le culte « du véritable Sauveur, de celui qui est dans les cieux et qui seul peut pardonner les péchés, qui seul peut bénir, donner des richesses ; et préserver de périls », suivant les dépositions de plusieurs membres égarés de l’Ordre ?

 

En effet, ne serait-ce pas Dieu le Père, l’Éternel, que l’on aurait vénéré sous la grossière image de l’idole barbue ?

 

Cette représentation était, suivant les Pauliciens, celle du Père. C’était donc à Dieu le Père seul qu’après avoir fait renier le « crucifié mort pour ses pêchés ; » l’on invitait les initiés à donner leur foi. C’était lui qui pouvait accomplir leurs espérances ; lui seul qui pouvait les sauver, comme il avait sauvé la Magdeleine et le larron.

 

Il paraît même que, dans quelques provinces ou dans quelques réceptions, on allait beaucoup plus loin dans l’imitation de cette hérésie figurée.

 

D’après de nombreuses dépositions, l’objet de ce culte secret était varié : c’était tantôt une idole offrant une tête barbue, tantôt une autre offrant une tête sans barbe ou une tête de femme, ou deux têtes ou trois têtes.

 

Cela, disons-nous, allait plus loin que l’adoration de Dieu le Père, vénéré seul et à l’exclusion du Fils. Mais quel sens, ce culte — s’il faut l’admettre d’après tant de dépositions et en dépit de toutes les apologies les mieux faites et les plus désirables — quel sens le culte de ces objets pouvait-il avoir ?

 

Je ne prétends pas donner d’explication qui réponde à tout et force les convictions de tous.

Mais j’en demande à l’histoire du temps, et je trouve que les Pauliciens représentaient le second fils de Dieu, Jésus — Christ, sous les traits d’un homme de l’âge mûr, et qu’ils peignaient sous ceux d’un jeune homme le Saint-Esprit, que dans les sectes gnostiques on appelait la Pneumo-femme.

 

La tête sans barbe, et la tête de femme trouvée chez les Templiers et que l’on crut être une des onze mille vierges, s’expliqueraient-elles, par hasard, d’une manière naturelle par tes simples rapprochements ?

 

Je m’objecte bien au sujet des idoles ou de ce qu’on nomme ainsi, les dépositions relatives à l’apparition d’un chat au milieu des Templiers assemblés en chapitre. Ces dépositions sur le chat ne pouvant être fondées, dit-on, celles qui sont relatives à l’image ne sauraient l’être davantage.

 

Je crois toutefois que cette argumentation pêche. D’abord on conçoit que d’une tête barbue et chevelue d’un aspect très — saisissant, on ait fait cet animal qui a passé longtemps dans la symbolique du peuple pour être une des métamorphoses de Satan  Je comprendrais donc que les dépositions relatives à l’apparition de cet animal fussent dénuées de fondement, tandis que celles qui se rapportent à l’idole ne le seraient pas. Je remarque ensuite, entre les unes et les autres, de grandes différences: celles sur l’idole sont très précises, très nombreuses, et de toutes les époques ; celles sur le chat sont très vagues, très rares et très restrictives, puisqu’il ne s’agit plus de ces apparitions après une certaine période de temps ; J’ajouterai, d’ailleurs, que des emblèmes vivants ont figuré plus d’une fois dans les réunions secrètes des sectes du moyen âge ; qu’on parle souvent de chiens et de crapauds qui se seraient montrés dans ces assemblées, et que, si ces récits doivent être examinés avec une défiance extrême, ils ne doivent pas toutefois être rejetés légèrement. En effet, si l’on rejetait, au sujet de certains Gnostiques, la présence de serpents à leurs cérémonies secrètes, on se heurterait contre les témoignages formels des historiens qui ont vu de ces serpents, et les ont fait tuer.

 

Je me fais une autre objection. À la supposition que l’image barbue représentait Dieu le Père, et était le symbole d’un Monothéisme imité des Musulmans, semble s’opposer le nom de Baphomet [Mahomet], qui est donné quelquefois à l’idole.

 

En effet, si cette image fut celle du faux prophète, elle nous jette dans un tout autre ordre d’idées. Mais évidemment ce n’est pas le prophète qu’on représentait ou qu’on adorait ainsi. Les Mahométans eux-mêmes n’adoraient pas le fondateur de leur religion ; ils le traitaient d’envoyé de Dieu, mais ne l’invoquaient pas. Ainsi, dans le langage des Templiers, le nom de Baffomet donné à l’idole ne peut pas avoir signifié, image de Mahomet ; il n’a pu signifier que ceci, image du Dieu professé par Mahomet. C’est ainsi que Raimond d’Agiles emploie le mot de Baffamuria pour désigner, non pas une mosquée où était adoré Mahomet, mais une mosquée où l’on adorait le Dieu de Mahomet.

 

Le même historien dit dans un sens plus spécial encore : In eeclesiis autem magnis Baffamurias habebant.[24]

 

Ce qui fait de cette argumentation, non pas une démonstration, mais une explication complète, c’est le mot d’Allah, qu’on faisait prononcer à ceux auxquels on recommandait l’adoration. C’était donc Dieu, ce n’était pas Mahomet que représentait cette image empruntée aux Pauliciens ou à d’autres sectes chrétiennes mêlées aux Mahométans.

 

Enfin, comme s’il ne devait pas rester de doutes à cet égard, l’un des Templiers entendus à Florence, où le fisc et la politique ne dictaient pas les dépositions, affirme expressément qu’en lui montrant le symbole en question, on lui dit : Ecce Deus vester, voilà votre Dieu.

 

Il ajoute ces mots, et rester Mahomet, qui n’offrent pas de sens. C’est qu’il a mal entendu ou qu’on lui a mal dit. Ce qu’on avait dû lui dire, c’était évidemment les mots: Ecce Deus vester, et Deus Mahometi.[25]

 

Ou bien, serait-il plus raisonnable de rejeter cette déposition que de la rétablir ?

 

Je conclus, et je dis, qu’abstraction faite des mœurs de l’Ordre que j’ai laissées en dehors de ces recherches, pour ne pas les étendre au-delà des proportions que permet ce livre, mais qui trouveraient peut-être leur explication la plus naturelle dans des rapprochements autorisés avec celles des Pauliciens et celles de plusieurs partis gnostiques, la doctrine secrète de ceux des Templiers qui étaient initiés complètement, se résumerait ainsi :

 

1° Monothéisme ou croyance en un seul Dieu, conformément au Mahométisme, qui taxait d’idolâtrie la théologie chrétienne ou la doctrine de la Trinité ;

 

2° Rejet de la divinité de Jésus-Christ et de l’œuvre de la Rédemption, conformément à la doctrine des sectes contemporaines issues du Gnosticisme ;

 

3° Rejet du dogme de la Transsubstantiation, comme conséquence de l’opinion précédente ;

 

4° Antipathie pour le sacerdoce de l’Église et quelques-unes de ses pratiques.

 

Je suis loin de croire qu’aucune de ces inductions soit désormais invariablement acceptée, et que j’aie pu les justifier suffisamment dans un chapitre si peu étendu ; mais je crois néanmoins que tout ce grand débat, toutes ces dépositions si nombreuses, si monstrueuses et si contradictoires, recevraient un jour nouveau d’un examen dirigé sous les points de vue que j’y viens d’appliquer.

 

En général, il ne faut plus se flatter de résoudre toutes les difficultés qui se présentent et de faire tomber toutes les objections que fera naître cette immense question. Le procès des Templiers aura toujours de commun avec tous les grands procès inscrits dans l’histoire, d’être débattu selon deux systèmes extrêmes et beaucoup de systèmes intermédiaires.

 

Quant aux objections morales, il en est deux qu’on ne fera jamais tomber entièrement.

 

Comment, si l’Ordre ne fut pas coupable, expliquer la conduite d’un pontife doux et humain, pieux et honnête, qui en prononça la dissolution, et le flétrit, comme il fait .dans la bulle de suppression ?

 

Si l’Ordre fut coupable, comment expliquer son héroïque constance dans la défense de la cause chrétienne contre ces Musulmans dont quelques-uns de ses chefs admettaient le dogme fondamental, le Monothéisme ?

 

On peut affaiblir la première de ces objections, en représentant Clément V comme dominé par le roi de France.

 

On peut affaiblir la seconde, en faisant considérer que la guerre contre les infidèles était la mission et l’existence de l’Ordre, la source de sa puissance et de sa richesse ; que d’ailleurs peu de ses membres étaient initiés à ses opinions hérétiques ; que, s’il y en eut un certain nombre qui poussèrent l’amour du monothéisme mahométan jusqu’à l’embrasser ouvertement en passant à l’ennemi, l’immense majorité pour laquelle on se bornait à un acte de reniement taxé au besoin de truffa, suivait naturellement avec plus ou moins de régularité et de ferveur les croyances et les pratiques dans lesquelles elle était élevée.

 

Mais quelle est la critique qui osera se dire complètement satisfaite de rune ou de l’autre de ces explications ?

 

Dans tous les cas le procès des Templiers est donc à revoir encore et sous des points de vue nouveaux.

 

En effet, le système de l’apologie absolue et celui de l’accusation générale ne sont que deux extrêmes, réduits l’un et l’autre, pour se soutenir, à rejeter un ensemble de dépositions qui ne peuvent être l’effet de la violence ou de la peur.

 

Pour nous-mêmes cette question se reproduira d’ailleurs tout entière dans l’examen des Monuments du Gnosticisme ; et je pense qu’elle se présentera plus pure, les textes ayant dès à présent, sinon fourni la preuve, du moins autorisé l’induction, que l’Ordre, dans la personne des initiés, professait réellement des doctrines contraires à celles du Christianisme pur.

 

Ici je ne poursuivrai pas plus loin les derniers vestiges du Gnosticisme ; je ne me décide pas, avec d’autres, à en retrouver jusque dans Jacques Boehme, M. de Schelling et Hegel. Ce n’est qu’en abusant des mots qu’on a pu confondre ainsi les doctrines des premiers siècles de notre ère avec celles des derniers. Qu’il me suffise d’avoir suivi avec quelque détail l’enseignement des Gnostiques dans celui des docteurs dissidents du moyen âge, où il était à peine entrevu jusqu’ici.

 

De nouvelles découvertes dans les dépôts de nos manuscrits nous conduiront peut-être un jour à quelques chapitres de plus sur l’histoire de la Gnose

 

Source : esoblog.net

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Les Ordres de Chevalerie

31 Janvier 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Chevalerie

Ceins ton épée sur ta cuisse, vaillant, dans le faste et l'éclat va, chevauche, pour la cause de la vérité, de la piété, de la justice.

"De nos jours, on constate un regain d'intérêt croissant pour la chevalerie, et ceci au sein de milieux très divers. Il n'est pas impossible que nos sociétés occidentales modernes, dominées entièrement par le "règne de la quantité" et soumises à l'hégémonie des marchands, parcourues de plus par des courants spiritualistes plus ou moins désordonnés et exaltés témoignant du besoin de retrouver un sens sacré à l'existance, ressentent obscurément la nostalgie de l'archétype chevaleresque: la figure d'un homme libre harmonisant l'action extérieure et la contemplation, médiateur entre la terre et le ciel. Tout à la fois enraciné dns le siècle , comme régulateur temorel et défenseur de l'ordre terrestre, et dépositaire d'une mission spirituele sacralisante de justice et de paix, le "Miles Christi" (1) médiéval incarnait en effet un idéal: celui de l'homme héroïque reflétant le visage de l'Homme-Dieu, du Christ en tant que Cosmocrator ² , prêtre et roi à la fois. (...)

Redonner un sens à l'existence temporelle sans fuir pour autant le monde dans des rêveries néo-spiritualistes, spiritualiser la matière, plutôt que de s'engluer dans l'avidité des possessions ou s'avilir dans le vertige des pulsions animales; telle pourrait être l'aspiration profonde d'une humanité qui retrouverait dans l'intériorité du coeur l'inspiration divine authentique. Celle-ci lui apprendrait de nouveau à respecter les lois de la nature dans leur bonté et à soumettre la force à la sagesse afin de rendre gloire au Créateur dans son oeuvre et de trransfigurer ainsi la vie quotidienne. N'est-ce point en effet par la Croix que l'axe horizontal terrestre peut s'ajuster sur l'axe vertical céleste ? (...) "

Gérard de Sorval

 
Les différents ordres de Chevalerie 

  • L'ordre du Temple (1118)
  • Le Très Honorable Ordre du Bain (1399)
  • L'Ordre constantinien de Saint-Georges (1190)
  • L'Ordre de Saint Jean de Jérusalem ou Ordre souverain de Malte (1113)
  • L'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (1099)
  • L'Ordre de Saint-Lazarre de Jérusalem (vers 1200)
  • L'Ordre Teutonique (1198)
  • Les Ordres de Calavatra (1158), d'Alcantara (1177) et de St-Jacques-de-l'épée (1170)
  • Le Noble Ordre de la Toison d'Or (1430)
  • L'Ordre de Saint Michel (1469)
  • L'Ordre du Saint-Esprit (1578)
  • L'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis (1693)
  • Ordre de Saint Benoît d'Aviz (1187)
  • L'Ordre du Christ du Portugal (1319)
  • La Légion d'Honneur

L'ORDRE DU TEMPLE

Après la prise de Jérusalem le 15 Juillet 1099 par les croisés et l'instalation des Francs en Terre Sainte, les pélerins se mirent à affluer vers le tombeau du Christ et, pour assurer la police des routes, neufs chevaliers ayant à leur tête Hugues de Payens fondèrent en 1118 l'Ordre qui prendrait le nom du Temple lorsque Baudoin, en sa qualité de roi de Jérusalem, lui assignerait une demeure dans le voisinage d'un couvent de chanoines régulier, sur l'emplacement du Temple de Salomon. Régis d'abord pr la règle de Saint Basile, ce fut au concile de Troyes, en 1128 (ou 1129), que la règle du Temple, d'inspiration cistercienne, fut proposée par saint Bernard et adoptée.

LE TRES HONORABLE ORDRE DU BAIN

. Si la pratique du bain pour la réception d'un chevalier remonte au XIe siècle, l'Ordre du Bain proprement dit ne fut créé par Henri IV d'Angleterre qu'en 1399. Il en est pour la première fois question à l'occasion du couronnement de ce roi et l'on admet généralement qu'il fut institué en mémoire de cet événement qui vit quarante-six gentilshommes " prendre le bain " avant d'être armés chevaliers.
. Le même événement se produisit en 1413 lors du couronnement du roi Henri V : on parle dans les chroniques de cinquante gentilshommes qui, avant d'être reçus chevaliers de l'Ordre du Bain, s'étaient baignés avec le roi. A la fin du XVe siècle, plusieurs cérémonies rituelles disparurent, mais la coutume resta de faire toujours un certain nombre de nouveaux chevaliers à l'occasion du couronnement du nouveau roi.

. Sous le règne de Charles Il (1660-1685), on continua à nommer des chevaliers du Bain suivant le même rituel, mais sous les règnes de Jacques 11, de Guillaume III et de la reine Anne, les circonstances politiques firent que l'Ordre tomba un peu dans l'oubli. Ce n'est qu'en 1725 qu'il fut tiré de l'obscurité par le roi Georges Ier qui lui donna un nouvel éclat. Ce monarque décida qu'il serait désormais décerné à des candidats qui auraient mérité la reconnaissance spéciale de la Couronne ou rendu des services signalés à l'Etat. Le nouvel Ordre se divisait en deux : un ordre civil récompensant le mérite et un ordre militaire réservé au souverain qui en était le grand maître et à trente-six chevaliers compagnons seulement.
. Mais la cérémonie préliminaire du bain n'exista plus et les anciennes traditions de jeûne et de veille disparurent. En 1847, la reine Victoria créa deux nouvelles divisions dans la hiérarchie de l'Ordre : les chevaliers Commandeurs et les Compagnons.

. A partir de ce moment-là, l'Ordre tendit désormais à récompenser toutes sortes de services. Ses membres, civils ou militaires, forment trois classes : grand-croix, commandeurs et compagnons. Comme tous les ordres britanniques, il est conféré avec parcimonie.

ORDRE CONSTANTINIEN DE SAINT-GEORGES

 

. L'empereur Constantin, après sa victoire sur Maxence le 28 octobre 312, décida de créer une légion de cinquante " croisés " chargés d'accompagner au combat le sacré " labarum " orné de la croix divine. Ce fut là l'origine de la " milice constantinienne de Saint-Georges ". L'Ordre reçut officiellement de l'empereur de Constantinople, Ange Comnène, des règles et un statut en 1190, et la règle de saint Basile lui fut imposée.

. Après la chute de Constantinople, le 24 mai 1453, les princes italiens offrirent une large hospitalité aux Comnène et aux chevaliers constantiniens. L'Ordre, tout en demeurant strictement familial, passa aux Bourbons de Naples à la mort du duc François ler Farnèse.
. Pendant les guerres de l'Empire, la dignité suprême de l'Ordre émigra un moment en Sicile, mais elle revint en 1814 dans la capitale du royaume de Naples.

. Après les traités de 1815, Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, ex-impératrice des Français, reçut les duchés de Parme et de Plaisance. Se fondant sur l'ancien droit des ducs de Parme et sur le fait qu'elle descendait directement de la famille des Farnèse, elle se déclara grande maîtresse de l'Ordre Constantinien, mais c'est, en fait, un nouvel ordre qu'elle fonda le 26 décembre 1816. Le roi des Deux Siciles restait grand maître du véritable Ordre Constantinien.
. En 1860, tous les biens de l'Ordre Constantinien de l'ex-royaume des Deux-Siciles étaient restitués, par décret de Garibaldi, au patrimoine national du nouvel état italien, mais l'Ordre n'était pas pour autant supprimé.

. L'Ordre est aujourd'hui la propriété dynastique de la Maison royale des Deux-Siciles. Il est destiné, comme par le passé, à la glorification de la Croix, la propagation de la Foi, la défense de l'Eglise, l'assistance hospitalière et la bienfaisance.

ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM

. L'Ordre Souverain et Militaire de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d'Ordre de Malte, a eu pour berceau l'église Sainte-Marie-Latine à Jérusalem, bâtie en 1048, et le monastère et l'hôpital édifiés sous ses murs à l'intention des chrétiens résidant dans la Ville sainte. L'église était desservie par des religieux, et l'hospice par des frères hospitaliers. A la suite de la conquête de Jérusalem, en 1099, le bienheureux Gérard Tenque sépara les hospitaliers des religieux et fonda l'Ordre de Saint-Jean-Baptiste qui fut approuvé par Pascal II en 1113. Cinq ans après, le grand maître Raymond du Puy le convertissait en un ordre religieux de chevalerie, que Calixte II confirma en 1120.

. La chute de Jérusalem en 1187 força les chevaliers de Saint-Jean à se retirer à Margat, en Phénicie, puis à Saint-Jean-d'Acre. De là, ils passent dans l'île de Chypre et, en 1309, à Rhodes dont ils se sont emparés et où ils sont restés jusqu'en 1522. Après le siège de Rhodes, les chevaliers, contraints de capituler, reçurent de l'empereur Charles Quint l'île de Malte où ils allèrent s'installer en 1530. Ils s'y maintinrent jusqu'en 1798, date à laquelle l'île fut prise par Bonaparte. Le grand maître Ferdinand de Hompesch abdiqua en 1799 et l'Ordre tenta de se mettre sous la protection de l'empereur Paul ler de Russie, mais son successeur, Alexandre Ier, refusa la grande maîtrise en 1801.
. L'Ordre se réfugia dans les villes d'Italie, mais ses biens furent confisqués presque partout. C'est la papauté qui l'empêchera de disparaître. En effet, Léon XII le transporta dans les Etats de l'Eglise en 1827; Grégoire XVI, en 1834, autorisa son installation définitive à Rome, au palais de Malte, où se trouve le grand magistère, encore aujourd'hui.
. Au XIX eme siècle, après avoir été administré par des lieutenants généraux, l'Ordre Souverain de Malte fut gouverné de nouveau par un grand maître dont le titre fut rétabli, en accord avec le Saint Siège, en 1879.

. L'Ordre est revenu à sa vocation hospitalière primitive et ses œuvres actuelles témoignent de son intense activité auprès des pauvres et des malades.

ORDRE DU SAINT SEPULCRE DE JERUSALEM

. L'Ordre du Saint-Sépulcre doit son institution à l'antique coutume d'armer des chevaliers sur le tombeau du Christ, au temps des croisades, coutume qui subsiste encore aujourd'hui. Les historiens rapportent que Godefroy de Bouillon fonda en 1099 un ordre de chanoines réguliers dont la mission était de veiller sur le Saint-Sépulcre et d'y célébrer les offices. Ces religieux furent placés en 1112 sous la règle de saint Augustin par le patriarche de Jérusalem, et confirmés comme tels dix ans après par une bulle de Calixte II.

. Dès le début du XIIe siècle, les chanoines-soldats du Saint-Sépulcre participèrent aux combats en compagnie d'un tiers-ordre composé de combattants qui portaient le nom de chevaliers. Mais c'est seulement après la perte de la Terre sainte que la dénomination d' " Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem " apparaîtra dans les textes, et notamment dans une charte qui fut, en 1549, déposée officiellement à Jérusalem, au trésor du Saint-Sépulcre.
. A la fin du XIIIe siècle, au retour de ses membres en Europe, l'Ordre comportait à la fois des chevaliers adoubés, des chanoines réguliers et des confréries de laïques qui lui étaient rattachées et facilitaient aux pèlerins le voyage de Jérusalem.

. Le pape Innocent VIII (1484-1492) réunit les chevaliers du Saint-Sépulcre aux Hospitaliers de Saint-Jean, comme étant de mêmes vœux et règles, alors que ceux-ci étaient à Rhodes; mais dès 1496 Alexandre VI (Borgia) les sépara de nouveau, en transportant au Saint-Siège le pouvoir de conférer cet ordre de chevalerie et déclara que ce pouvoir serait délégué au vicaire général, gardien du Saint-Sépulcre, et qu'il pourrait conférer cet Ordre aux pèlerins et voyageurs de Terre sainte. Depuis 1847, l'Ordre est devenu un ordre équestre pontifical sans vrai rapport avec les anciens chanoines-chevaliers. De l'ancien ordre militaire ne subsistent que des monastères de chanoinesses autonomes les uns par rapport aux autres.
. De 1907 à 1949, le pape en était le grand maître, mais de nouveaux statuts furent accordés en 1949 et désormais la grande maîtrise est assurée par un cardinal.    

ORDRE DE SAINT LAZARE DE JERUSALEM

. Si la tradition le fait remonter à Jean Hyrcan, fils de Simon Macchabée, la véritable histoire de l'Ordre commence, comme pour les Templiers ou les Hospitaliers, avec l'arrivée des croisés à Jérusalem. Le premier grand maître fut le bienheureux Gérard Tenque auquel succéda Roger Boyant, ancien recteur de l'Hôpital de Saint-Jean, devenu lépreux; d'où la coutume qui voulut que les grands maîtres fussent lépreux.

. A l'origine uniquement religieux, l'Ordre devint militaire vers 1200. Son but originel était de recevoir les chevaliers des divers ordres atteints de la lèpre. Mais son caractère militaire, sous la domination franque en Palestine, est indéniable puisqu'en 1244 on trouve les chevaliers au combat de Gaza, où ils se font massacrer. Innocent IV autorise alors l'élection d'un maître en Europe. En 1256 néanmoins, lorsque les chevaliers quittent la Palestine pour installer leur magistère en Europe, ils constituent avec les Templiers, les Hospitaliers et les Teutoniques l'un des quatre grands ordres militaires.
. C'est en 1244 que l'Ordre se développa en France grâce aux libéralités de Louis IX qui, à son retour de la croisade, installa les chevaliers au château de Boigny dont le grand maître fera sa résidence en 1291. L'Ordre ne fut jamais, depuis lors, bien portant. La papauté, dont il dépendait, le réunit, en 1603, à l'Ordre de Saint-Maurice dont les ducs de Savoie était maîtres héréditaires, ce qui équivalait, en fait, à sa disparition. Henri IV voulut le maintenir en France et fonda l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, auquel il réunit SaintLazare, mais Rome ne reconnut pas la fusion.

. Saint-Lazare devint, désormais, en France un ordre dynastique que dominèrent les rois de France et qui prit officiellement le titre d'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem.
En 1703 fut imprimé pour les deux ordres réunis un nouveau cérémonial.

. Supprimé par la Révolution française, il ressuscita sous la Restauration, Louis XVIII prenant seulement le titre de protecteur de l'Ordre.
. Après 1830, les chevaliers se regroupèrent pour former avec les débris de l'Ordre une association nobiliaire et se placèrent sous la protection spirituelle des patriarches grecs melchites catholiques d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem. Ce protectorat dura jusqu'en 1930, date à laquelle le grand magistère fut restauré.   

ORDRE TEUTONIQUE

. L'Ordre Teutonique, dit encore de Sainte-Marie-des-Allemands, tire son origine du poste de secours installés sous la tente par de riches marchands de Brême et de Lubeck pendant le siège de Saint Jean-d'Acre, au moment de la troisième croisade (1189-1192).
. Cette institution primitive se développa et devint un hôpital sous le protectorat d'allemands fortunés. A l'arrivé du duc Frédéric de Souabe, en 1190, son chapelain Conrad et son chambellan Burkhard en prirent la direction et donnèrent aux hospitaliers la règle de SaintJean. La prise d'Acre en 1191 permit d'y transporter l'hôpital, qui fut appelé Hôpital des Allemands à Jérusalem, en prévision de l'installation du siège de l'Ordre dans la Ville sainte. Le Pape Célestin III et l'empereur Henri IV encouragèrent cette fondation; avec le concours des chevaliers de Saint-Jean et du Temple, en mars 1198, les princes allemands la convertirent en un ordre de chevalerie, appelé Ordre Teutonique et approuvé le 19 février 1199 par la bulle Sacrosancta Romana.

. Les chevaliers faisaient les trois vœux et s'engageaient à soigner les malades et à combattre les infidèles.
Le siège de l'Ordre était à Acre d'où il fut transféré, après la perte de cette ville en 1291, à Venise, puis, en 1309, à Marienbourg, en Prusse, et à Koenigsberg en 1457. Au XIIIe siècle, vingt-et-un de ses chevaliers et cent servants étaient allés en Prusse pour pacifier ce pays encore païen; la puissance de l'Ordre devait s'y maintenir pendant deux cents ans.
Il eut aussi à lutter contre la Pologne qui gagna sur son armée la bataille de Tannenberg le 15 juillet 1410.

. Le 10 avril 1525, le grand maître Albrecht de Brandebourg ayant embrassé la religion protestante se fit proclamer, par le traité de Cracovie, duc de Prusse. Cependant, les chevaliers demeurés fidèles à la foi catholique élurent pour chef de l'Ordre, en 1526, Walther de Cronberg, dont la résidence fut fixée à Mergentheim, en Franconie, avec l'approbation de Charles Quint; le Saint-Empire conféra désormais l'investiture au grand maître.
. En 1805, le traité de Presbourg fit de la grande maîtrise un apanage de la lignée masculine des Habsbourg-Lorraine. L'archiduc Eugène, Le grand maître de l'Ordre, ayant renoncé le 30 avril 1923 à cette dignité, l'évêque Norbert-Jean Klein fut élu le même jour grand maître et réélu le 13 juin 1930. Depuis cette date, la grande maîtrise est assurée par un abbé mitré dont l'autorité ne dépend que du pape.

. L'Ordre compte aujourd'hui un millier de membres, prêtres, religieuses et laïcs, qui poursuivent dans ses dispensaires et ses écoles l'œuvres des hospitaliers de Jérusalem.  

ORDRE DE CALVATRA

. L'Ordre de Calatrava fut fondé en 1158 par le bienheureux Raymond Serrat, abbé du monastère cistercien de Fitero, en Espagne, pour défendre la forteresse de Calatrava située le long de la frontière avec la zone musulmane, au sud de la Castille. Le pape Alexandre 111 confirma l'Ordre le 25 septembre 1164. Par une déclaration du chapitre général datée du mois de septembre 1187, les chevaliers furent affiliés à l'Ordre de Cîteaux et tous les membres de l'Ordre étaient considérés comme des moines cisterciens, la règle étant celle de l'Ordre de Cîteaux. Comme les Templiers, ses membres n'exerçaient aucune activité hospitalière.

. Calatrava fut rattaché à la Couronne par les Rois Catholiques en 1487, à la mort du trentième grand maître. Le 25 juillet 1835, le gouvernement espagnol ayant supprimé les monastères, le prieur du Sacro Convento fut expulsé, tandis que les chevaliers faisaient sauter leur propre forteresse. La situation des ordres ne fut réglée que le 17 octobre 1851 quand ils furent tous regroupés sur un même territoire, celui de Ciudad-Real, qui constitua un diocèse exempt et reçut le titre de Privato de las Ordenes. A sa tête se trouve l'évêque prieur, assisté d'un chapitre canonial dont les membres appartiennent obligatoirement à l'un des quatre ordres : Calatrava, Alcan Saint-Jacques-de-l'Epée et Montesa.

. L'Ordre de Calatrava est devenu aujourd'hui purement honorifique, mais des Comendadoras vivent encore dans deux couvents, Madrid et à Burgos.

ORDRE D'ALCANTARA

. L'Ordre d'Alcantara aurait été fondé en 1156 ou 1178 par deux frères, Suarez et Gomez, qui, sur le conseil d'un ermite, bâtirent une forteresse sur les frontières de Castille, dans le diocèse de Ciudad Rodrigo, pour résister aux Maures; ils lui donnèrent le nom de Saint Julien-du-Poirier. L'Ordre fut confirmé, en tant que religion militaire, par le pape Alexandre III en 1177 à la prière de Gomez qui n'avait alors que le titre de prieur; mais dans une bulle du pape Lucius III, datée de 1183, il est désigné comme grand maître. Cette bulle octroya aux chevaliers la règle de saint Benoît.

. Sous le deuxième grand maître, Don Benoît Suarez, se fit l'union fraternelle avec les chevaliers de Saint-Jacques-de-l'Epée. Les deux grands maîtres jurèrent une alliance éternelle entre eux et un fidèle attachement aux rois de Castille et de Léon contre les Maures. Les chevaliers reçurent la règle de Cîteaux et leur sceau porta un poirier en mémoire de leur institution.
. Le roi de Léon, qui s'était rendu maître d'Alcantara, sur le Tage, en fit don aux chevaliers de Calatrava, mais ces derniers conseillèrent au souverain de confier la place aux chevaliers de Saint-Julien à condition qu'ils se réuniraient à ceux de Calatrava. L'union se fit en 1218 mais les chevaliers d'Alcantara, qui prirent alors leur dénomination actuelle, n'en conservèrent pas moins leur indépendance et prirent une part importante dans les guerres successives contre les Maures.

. Supprimé une première fois en 1872, l'ordre d'Alcantara fut définitivement rétabli par le général Franco en 1936.

ORDRE MILITAIRE DE SAINT-JACQUES-DE-L'EPEE

. L'ordre militaire de Saint-Jacques-de-l'Epée prit naissance, en Espagne, dans la province de Léon, vers l'année 1170. Des chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin bâtirent à cette époque plusieurs hôpitaux sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, dans le but de secourir les nombreux pèlerins qui étaient continuellement attaqués par les Maures, alors maîtres d'une partie de l'Espagne.
. Peu de temps après, treize gentilshommes se joignirent à ces religieux et s'engagèrent, se plaçant sous l'invocation de saint Jacques, à assurer les chemins et à rendre le passage facile aux chrétiens en combattant les infidèles. Immédiatement après, ces chevaliers s'unirent aux moines de Lerio et se soumirent à la règle de saint Augustin. Ils jetèrent les premiers fondements de l'ordre de Saint-Jacques-del'Epée, qui fut successivement approuvé par un bref du pape Alexandre III, en 1175, et par Innocent III, en 1200.

. L'ordre de Saint-Jacques fut administré par un grand maître jusqu'en 1493. A la mort de Don Alonso de Cardenas, quarantième grand maître de l'ordre cette année-là, le pape Alexandre VI incorpora, à perpétuité, sa grande maîtrise à la couronne d'Aragon, en faveur de Ferdinand V le Catholique. Depuis cette époque, les rois d'Espagne ont conservé les titre et dignité de grand maître et administrateur de l'ordre qui est ainsi placé sous la protection de la couronne.  

LE NOBLE ORDRE DE LA TOISON D'OR

. L'Ordre de la Toison d'Or, le plus glorieux et le plus illustre de tous les temps, fut fondé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, le 10 janvier 1430, jour de son mariage avec Isabelle de Portugal. Son but principal était la gloire de Dieu et la défense de la religion chrétienne, comme le rappelait l'inscription figurant sur le tombeau du duc à Dijon :

" Pour maintenir l'Eglise qui est de Dieu maison,
J'ai mis sus le noble ordre, qu'on nomme la Toison. "

. Cette confrérie de chevalerie avait été appelée du nom de la Toison d'or conquise par Jason lors de l'expédition des Argonautes en Colchide, mais très rapidement la symbolique biblique devait prévaloir sur la légende païenne et dès la fin du règne de Philippe le Bon, l'évêque Guillaume de Filastre, qui fut chancelier de l'Ordre, ne trouve pas moins de six toisons, celle de Jason, de Gédéon, de Jacob, de Mesa, de Job et de David, correspondant chacune à une vertu que devait posséder tout bon chevalier.
. L'Ordre n'en avait pas moins un caractère politique et son éclat, ainsi que le luxe dont étaient entourées ses cérémonies, assurait au Grand Duc d'Occident un prestige international et lui permettait, en choisissant des personnages parmi les plus importants des anciens duchés et comtés unis sous son sceptre, de renforcer le lien dynastique entre ses divers Etats.
A plusieurs reprises, Charles Quint et ses successeurs se réservèrent le titre honorifique de Duc de Bourgogne, comme chef de cette maison, afin de pouvoir conserver la maîtrise de l'Ordre.

. A la mort de Charles II, roi d'Espagne, dernier descendant de Charles Quint, son petit-neveu, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV et de l'Infante Marie-Thérèse, qu'il avait institué héritier de tous ses Etats, voulut conserver la grande maîtrise de l'Ordre. Mais l'empereur Léopold ler, chef de la branche autrichienne des Habsbourg, s'attribua également les titres et les souverainetés non territoriales de la Maison de Bourgogne, à commencer par celle de la Toison d'Or. Ainsi naquit la division de l'Ordre.
. Napoléon ler, le 15 août 1809, après avoir vaincu l'Autriche à Wagram et mis Joseph sur le trône d'Espagne, décida de créer l'Ordre des Trois Toisons d'Or, mais le projet souleva de telles protestations de la part des titulaires de la Légion d'Honneur que le décret resta sans lendemain.

. Aujourd'hui, l'ordre habsbourgeois de la Toison d'Or, aux destinées duquel préside Son Altesse Impériale Otton, archiduc d'Autriche, a conservé le caractère religieux et aristocratique que lui avait donné Philippe le Bon et le français est resté sa langue officielle.
. L'Ordre espagnol a pour grand m2Cltre, depuis le 14 mai 1977, le roi Juan Carlos ler d'Espagne. Le décret royal de 1847 qui en fit un ordre royal à caractère civil précisait qu'il continuerait à être régi par ses anciens statuts, avec les mêmes insignes et le même nombre de chevaliers qui était de vingt-quatre lors de sa création et qui fut successivement porté à trente, puis cinquante.  

ORDRE DE SAINT-MICHEL

. L'Ordre de Saint-Michel fut créé à Amboise le ler août 1469 par Louis XI. Le roi de France en assurait la grande maîtrise et les chevaliers, au nombre de trente-six, devaient lui prêter serment. Lorsque Henri III fonda l'Ordre du Saint-Esprit en 1578 pour regrouper sa noblesse, les statuts prescrivirent que ses deux cents chevaliers devaient être membres de Saint-Michel, qui prit ainsi la place de second ordre du royaume.

. L'institution subit de nombreuses modifications, à commencer par l'abandon du système électif des membres, qui furent nommés par le roi seul. Le nombre de ses chevaliers ne cessa d'augmenter, surtout à partir du début des guerres de religion. On en aurait alors compté près de cinq cents, parmi lesquels des civils et des anoblis récents.
. A la suite de nouveaux abus, Louis XIV procéda, en 1661 et 1665, à une réforme sévère et fixa ses effectifs à cent, non compris les chevaliers du Saint-Esprit. Mais, à partir du règne du Roi-Soleil, l'institution prit un caractère assez particulier, devenant surtout la récompense des savants, des écrivains, des artistes, anoblissant ceux qui n'étaient pas " nés ".

. Aboli sous la Révolution, il fut rétabli par Louis XVIII et continua d'être décerné dans le même esprit jusqu'à la chute de la monarchie légitime en 1830. Sous la Restauration, les chevaliers furent au nombre de cent, non compris ceux du Saint-Esprit. Après Charles X, il ne semble pas qu'il y ait eu des nominations, bien qu'une " survivance " de Saint-Michel ait été assurée par les prétendants " légitimistes " de la maison de Bourbon-Anjou (branche " puinée " dite encore d'Espagne) au trône de France.

 

ORDRE DU SAINT-ESPRIT

. C'est pour regrouper autour de lui et s'attacher les principaux chefs du " parti catholique " en pleine guerre de religion qu'Henri III créa en décembre 1578 un nouvel ordre de chevalerie dédié au " benoist Saint-Esprit ", en souvenir de son accession aux trônes de Pologne, puis de France un jour de Pentecôte.
. Les statuts fondamentaux de l'Ordre précisaient que les membres français devaient être au nombre de cent (par la suite, des étrangers, toujours peu nombreux, furent admis en surnombre) : quatre-vingt sept chevaliers nobles de trois générations, âgés d'au moins trente cinq ans (vingt-cinq pour les princes), déjà membres de l'Ordre de Saint-Michel; à partir d'Henri IV, les enfants royaux qui recevaient le cordon au berceau; neuf ecclésiastiques, dont le grand aumônier de France, quatre grands officiers (ou administrateurs) : le chancelier, le prévôt-maître des cérémonies, le grand trésorier, le secrétaire greffier.
. Les obligations des chevaliers étaient entièrement orientées vers une fidélité inaltérable à leur foi et à leur grand maître, les statuts ne rappelant que de façon discrète les devoirs d'assistance charitable ou d'entraide mutuelle imposés à la plupart des ordres chevaleresques.

. L'Ordre brilla de tout son éclat sous Louis XIV et devint le plus illustre des ordres de l'Ancien Régime. La noblesse resta toujours une condition nécessaire aux chevaliers, qui lia les mains du roi lui-même.

. La Législative abolit l'Ordre du Saint-Esprit. Louis XVIII le rétablit dès son arrivée en France et, reconnaissant la noblesse d'Empire, y fit entrer les maréchaux et les hauts dignitaires de la France napoléonienne. S'il disparut en France à l'avènement de Louis-Philippe, Louis XIX, 10e chef et souverain grand maître, comte de Marnes, ancien duc d'Angoulême et ancien Dauphin, fit, toutefois, une nomination, dans l'Ordre, celle de François, comte de Bouillé, pair de France, en 1837, donc en exil. Henri V, 1 le chef et souverain grand maître, comte de Chambord, aurait reçu dans l'Ordre : Henri, prince de Parme, comte de Bardi; Robert Ier, duc de Parme, et Charles, duc de Madrid, prétendant au trône d'Espagne sous le nom de Charles VII (1868).  

ORDRE ROYAL ET MILITAIRE DE SAINT-LOUIS

. L'édit de création de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, signé par Louis XIV, date du 5 avril 1693. Le roi se déclarait grand maître de l'Ordre, ainsi que ses successeurs. Le Dauphin en faisait partie et l'Ordre entier devait comprendre huit grand-croix, vingt huit commandeurs et le nombre de chevaliers que Sa Majesté jugerait à propos d'y admettre.
. La profession de la religion catholique, apostolique et romaine était une condition formelle d'admission. L'édit de 1693 ne mentionnait pas de conditions nobiliaires, mais exigeait un minimum de dix ans de service en qualité d'officier dans les armées de terre et de mer.

. On peut distinguer, dans l'histoire de l'Ordre jusqu'en 1792, deux périodes distinctes. Dans la première, qui va jusqu'à la mort de louis XIV, l'Ordre récompensera les meilleurs serviteurs de la monarchie; leur rang dans l'Ordre était indépendant de leur grade. Dans la seconde période, l'Ordre fut la récompense naturelle de tous les officiers.
. Les ultimes promotions de Saint-Louis, sous Louis XVI, eurent lieu en 1777, 1789, 1790, 1791 et 1792. Le décret du ler janvier 1791, sanctionné le 7, supprima le nom de Saint-Louis, ainsi que le serment. Sous le nom de Décoration Militaire, il devait être accordé aux officiers de toutes armes et de tout grade. Le décret du 30 juillet 1791 supprima à son tour tout ordre et toute décoration, mais conserva la Décoration Militaire. Le 15 octobre 1792, la Décoration fut elle-même supprimée.

. Louis XVIII, à peine sur le trône, rétablit l'Ordre de Saint-Louis, en faveur non seulement de ses anciens fidèles, mais aussi de nombreux officiers de l'ancienne armée impériale. Charles X restaura les cérémonies de l'Ordre. Henri V, 8e chef et souverain grand maître, comte de Chambord, membre de l'Ordre en droit dès 1836, comme héritier de Louis XIX, aurait nommé chevalier en 1875 Henri, prince de Parrne, comte de Bardi.  

ORDRE DE SAINT-BENOIT D'AVIZ

. Le roi Alphonse-Henriquez ler de Portugal ayant pris, en 1147, la ville d'Evora sur les Maures et convaincu qu'il devait cette victoire à la protection de la Très Sainte Vierge, donna le nom de Confrères de Sainte-Marie d'Evora à une troupe de chevaliers formée par ses soins dans le but de garder et défendre la ville. Les chevaliers demeurèrent plusieurs années dans les murs d'Evora.
. En 1187, Henriquez, ayant de nouveau battu les infidèles, leur enleva la forteresse d'Aviz et en confia la garde à la milice des Confrères de Sainte-Marie d'Evora. Ceux-ci, en venant s'y établir, se constituèrent en ordre religieux et militaire sous le nom de chevaliers de l'Ordre d'Aviz. Jean de Cirita, légat du pape et abbé de Taronca, leur donna des statuts selon lesquels les chevaliers devaient observer la règle de saint Benoît et de Cîteaux.

. Une fusion s'opéra, entre 1352 et 1385, entre les chevaliers d'Aviz et ceux d'Alcantara, mais en 1385 l'Ordre redevint complètement indépendant.
. Les chevaliers faisaient primitivement vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. En 1496, le pape Alexandre VI changea le vœu de chasteté absolue en vœu de chasteté conjugale; en 1505, le pape Jules II délia les chevaliers du serment de pauvreté. En 1443, les rois de Portugal eurent l'administration et la maîtrise de l'Ordre, et en 1551 le pape Jules III confina cette grande maîtrise.

. En 1789, la reine Maria sécularisa les ordres militaires et leur donna de nouvelles constitutions. D'après les nouveaux statuts, l'Ordre de Saint-Benoît d'Aviz s'appela l'Ordre du Mérite Militaire de Saint-Benoît d'Aviz et devint purement honorifique.
Les statuts actuels datent du 24 novembre 1963.

ORDRE DU CHRIST DU PORTUGAL

 . Après l'abolition de l'Ordre du Temple, le roi de Portugal Denis ler obtint, en 1319, du pape Jean XXII l'autorisation de créer la " Milice du Christ ". Ce fut, dans le principe, une simple continuation, sous un nom nouveau, de celui du Temple et de nombreux Templiers y trouvèrent refuge. Les chevaliers du Christ, comme ceux du Temple, étaient destinés à combattre les Maures. Le chef-lieu de l'Ordre était à Castro-Marino; plus tard, il fut transporté à Thomar.
. Cet Ordre était soumis à la règle de saint Benoît et les chevaliers jouissaient de tous les privilèges, droits, exemptions et juridictions dont avaient bénéficié les chevaliers du Temple. Ils furent peu à peu déchargés des trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Alexandre VI (pape de 1492 à 1503) leur permit de se marier et les rois de Portugal les comblèrent de richesses. Jean Ier (roi de 1385 à 1433) leur abandonna même toutes les possessions et les colonies de l'Afrique, ne se réservant que le droit de suzeraineté. Mais l'Ordre devint si puissant qu'il fut décidé que ses nouvelles conquêtes seraient une propriété de la couronne et le pape Jules 111 réunit, en 1550, la grande maîtrise de l'Ordre à la couronne. de Portugal. Les rois, à dater de ce jour, devinrent les administrateurs de l'Ordre.

. En 1789, l'Ordre du Christ, comme celui d'Aviz, fut réorganisé par la reine Maria qui lui donna de nouveaux statuts, en vigueur jusqu'en 1918. Il était devenu purement honorifique. Les statuts actuels datent du 24 novembre 1963 et l'Ordre prend place après celui d'Aviz.  

LA LEGION D'HONNEUR

Formules de serment abolies de la Légion d'honneur

 

. La Légion d'Honneur fut créée par un décret du 29 floréal an X (19 mai 1802), proclamé loi de la République par Bonaparte, Premier Consul, qui voyait par cette création non seulement un moyen de récompenser les mérites, mais aussi un instrument de gouvernement pour réorganiser la nation.
. L'Ordre National de la Légion d'Honneur ne peut être considéré comme un ordre de chevalerie stricto sensu, mais plutôt comme un ordre de décoration. A la différence des autres ordres recensés dans ce livre, aucun rituel ne fut jamais utilisé, à l'exception du serment qui fut maintenu, avec quelques modifications, par les divers régimes qui se sont succédé ; le serment a été supprimé par le décret du 5 septembre 1870.
. Les formules de serment qui suivent sont données dans l'ouvrage de Jules Renault : La Légion d'honneur et les Anciens Ordres Français de Chevalerie (10).

 

Consulat
(De 1802 à 1804.)

. Je jure, sur mon honneur, de me dévouer au service de la République, à la conservation de son territoire dans son intégrité, à la défense de son Gouvernement, de ses Lois et des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les Lois autorisent, toute entreprise tendant à rétablir le régime féodal, à reproduire les titres et qualités qui en étaient l'attribut ; enfin, de concourir de tout mon pouvoir au maintien de la Liberté et de l'Egalité. (Loi de création du 29 floréal an X.)

 

Empire
(Du 11 juillet 1804 au ler janvier 1805.)

. Je jure, sur mon honneur, de me dévouer au service de l'Empire, à la conservation de son territoire dans son intégrité, à la défense de l'Empereur, des lois de la République et des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent toute entreprise tendant à rétablir le régime féodal, à reproduire les titres et qualités qui en étaient l'attribut ; enfin, de concourir de tout mon pouvoir au maintien de la liberté et de l'égalité.

(Du ler janvier 1805 au 20 mars 1811)

J . e jure, sur mon honneur, de me dévouer au service de l'Empire, à la conservation du territoire dans son intégrité, à la défense de l'Empereur, des lois de la République et des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent toute entreprise tendant à rétablir le régime féodal ; enfin, de concourir de tout mon pouvoir au maintien de la liberté et de l'égalité, bases premières de nos constitutions.

(Du 20 mars 1811, jour de la naissance du roi de Rome, au ler avril 1814.)

. Je jure d'être fidèle à l'Empereur et à sa dynastie ; je promets, sur mon honneur, de me dévouer à son service, à la défense de sa personne et à la conservation du territoire de l'Empire dans son intégrité ; de n'assister à aucun conseil ou réunion contraires à la tranquillité de l'Etat ; de prévenir Sa Majesté de tout ce qui se tramerait, à ma connaissance contre son honneur, sa sûreté ou le bien de l'Empire.

 

Première Restauration
(Du 19 juillet 1814 au 26 mars 1816.)

. Je jure d'être fidèle au Roi, à l'honneur et à la patrie (Ordonnance du 19 juillet 1814, article 13.)

 

Cent-Jours
(Du 13 mars 1815 au 29 juin 1815.)

. Même serment que de 1811 à 1814.

 

Deuxième Restauration
(Du 26 mars 1816 au 13 avril 1830.)

. Je jure d'être fidèle au Roi, à l'honneur et à la patrie, de révéler à l'instant tout ce qui pourrait venir à ma connaissance, et qui serait contraire au service de Sa Majesté et au bien de l'Etat ; de ne prendre aucun service et de ne recevoir aucune pension ni traitement d'un Prince étranger, sans le consentement exprès de Sa Majesté ; d'observer les lois, ordonnances et règlements et généralement faire tout ce qui est du devoir d'un brave et loyal Chevalier de la Légion d'Honneur. (Ordonnance du 26 mars 1816.)

 

Louis-Philippe
(Du 13 août 1830 au 24 février 1848.)

Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume.

 

Deuxième République
(De 1848 à 1852.)

Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au Président de la République.

(Du 16 mars 1852 au 2 décembre 1852.)

. Je jure fidélité au Président de la République, à l'honneur et à la patrie ; je jure de me consacrer au bien de l'Etat et de remplir les devoirs d'un brave et loyal chevalier de la Légion d'Honneur. (Décret du 16 mars 1852, art. 29.)

 

Deuxième Empire
(De 1852 à 1870)

. Je jure fidélité à l'Empereur, à l'honneur et à la patrie ; je jure de me consacrer au bien de l'Etat et de remplir les devoirs d'un brave et loyal chevalier de l'Ordre impérial de la Légion d'Honneur.

 

Troisième République
(5 septembre)

Suppression du serment. (Décret du 5 septembre 1870.)

 

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