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Hauts Grades

Articles avec #fondements bibliques de la fm tag

Daleth

8 Mai 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Daleth, c'est la porte du monde et la stabilité de la création issue du Beth. La pénétration dans la matière épaisse de la création , produit un apprauvissement de la lumière de l'Ein-Sof (dont le Guimel possède encore la richesse), c'est pourquoi Daleth est souvent regardé comme un symbole de pauvreté.
Daleth rend la parole créatrice et permet une action individuelle sur les choses, la concentration de la pensée et de la volonté.
"Pourquoi le Daleth tourne-t-il sa face vers le Hé"? Parce que tous ceux qui sont pauvres dans ce monde seront riches dans le monde futur(Autioth de Rabbi Akiva).

 

Origine

 

L'ouverture que décrit le daleth est une forme triangulaire, qui rappelle un pan de peau fermant une tente de nomades. Le trait de base indique le sol et montre que le daleth est un symbole d'équilibre et de stabilité, toutefois cette barre horizontale basse est passée dans le haut de la lettre de l'alphabet carré.

 

Signification

 

Le nom daleth désigne une porte ou un battant de porte d'un bâtiment, d'une maison, d'un sanctuaire ou d'une ville. Le mot daleth vient de la racine dal signifiant vacillant, chancelant. Tous ces mots évoquent l' affaiblissement et l'appauvrissement de la lumière dans les degrés inférieurs de la création.

Langue hébraïque

Ouverture, porte, commissure (des lèvres), pauvre, indigent, faible, maigre (dal), affaiblir, diminuer (dillel), défaire, détacher (dildel) , tresses et boucles de cheveux (dala), retirer (dola), délivrer, sauver, branche (dalit).

Forme de la lettre

La forme de cette lettre est constituée par deux lignes formant un angle droit, représentant un homme courbé, avec un point à l'angle, symbolisant la conscience de l'ego. Ces deux lignes sont deux vav, l'un vertical, l'autre couchée. La ligne supérieure s'étend de Hokhmah (sagesse) à Binah (connaissance) et la ligne verticale de Hokhmah à H'essed (bonté).

 

Guématria

 

Dans le 4, l'opposition du 2 prend forme et s'imprime dans la création. cette empreinte est la réalité, ou plus exactement, la nature de cette formation, que nous percevons à travers ses manifestations objectives.
Lorsque nous sommes à l'extérieur d'une maison, nous percevont l'intérieur à travers sa porte, manifestée par la lettre daleth. De même, nous percevons la création à travers la nature.
Le cercle de la vie est structuré en 4 secteurs dont le passage nécessite un accès, une porte. Cela se retrouve également dans les 4 mondes (Atsilouth, Beriah, Yetsirah, Assiah), contenant les 10 Sephiroths.
La valeur 4 de daleth symbolise l'univers créé, formel et matériel, base de toutes création durable.
Le 4e jour de la création correspond à l'apparition des corps lumineux rythmant les saisons, les jours et les années. La séparation de la lumière et des ténèbres. La valeur pleine du nom daleth est égal à 434.
Cette valeur et celle de l'expression "ish milh'amah" (homme de guerre) (exode 15 : 3) et montre bien la force d'opposition entre ténèbres et lumières.

 

source : http://www.alephbeth.net/alphabet/daleth.html

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Dalet ou Daleth ( Tuileur de Vuillaume)

8 Mai 2012 , Rédigé par Tuileur de Vuillaume Publié dans #fondements bibliques de la FM

ד   - Dalet ou Daleth ( prononcé /d/ ou /ð/ (/dh/)) est la quatrième lettre de l'alphabet hébreu. Elle dérive d'une lettre de l'alphabet phénicien, laquelle a aussi donné le delta (Δ, δ) de l'alphabet grec, le D de l'alphabet latin et son équivalent cyrillique.

Le mot hébreu Délét signifie "porte".

« se prononce d comme en français. »

source www.ledifice.net

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Histoire des Francs-Maçons (extrait)

6 Mai 2012 , Rédigé par J. P. Dubreuil 1863 Publié dans #fondements bibliques de la FM

 DE HIRAM ADONIRAM, ou ADORAM, ARCHITECTE DU TEMPLE DE SALOMON.

Pour comprendre le rapport qu'il y a entre cette histoire et la société des Francs-maçons, il faut savoir que leur loge représente le temple de Salomon, et qu'ils donnent le nom d'Hiram à l'architecte que ce prince choisit pour la construction de ce fameux édifice.

Quelques-uns prétendent que cet Hiram était roi de Tyr; et d'autres , que c'était un célèbre ouvrier en métaux, que Salomon avait fait venir des pays étrangers , et qui fit les deux colonnes d'airain qu'on voyait à la porte du temple , l'une appelée Jakin, et l'autre Boaz.

L'auteur du « Secret des Francs-maçons » a raison de dire qu'il ne s'agit point d'Hiram, roi de Tyr, chez les Francs-maçons. Mais il ne s'agit point non plus, comme il le prétend, de cet Hiram, admirable ouvrier en métaux, que Salomon avait fait venir de Tyr, et qui fit les deux colonnes de bronze. Quel rapport pourrait avoir un ouvrier en métaux, avec la confrérie des Francs-maçons? Il me semble que la qualité qu'ils prennent de Maçons , le tablier de peau blanche , la truelle qu'ils portent, et tous les autres instruments allégoriques dont ils se décorent en loge, n'ont rien de commun avec les orfèvres, les serruriers, les fondeurs, ni les chaudronniers. Mais, outre qu'il n'est point vraisemblable qu'il s'agisse parmi eux d'Hiram , roi de Tyr, non plus que d'Hiram , ouvrier en métaux, ils conviennent tous que c'est en mémoire de l'architecte du temple de Salomon, qu'ils font toutes leurs cérémonies, et principalement celles qu'ils observent à la réception des maîtres. Après cela, comment peut-on s'y méprendre , puisque l'Écriture nous apprend que celui qui conduisait les travaux pour la construction du temple de Salomon s'appellait Adoniram. II est vrai que Joseph, dans son Histoire des Juifs, dit qu'il se nommait Âdoram ; mais cette différence ne doit pas le faire confondre avec Hiram, roi de Tyr, ni avec Hiram, ouvrier en métaux. Il n'est donc pas douteux, que celui dont les Francs-maçons honorent la mémoire s'appelait Àdoniram ou Adoram, et que c'est à lui à qui ils prétendent qu'est arrivée l'aventure tragique , dont je vais faire le récit.

 On ne trouve aucun vestige de ce trait d'histoire dans l'Écriture ni dans Joseph. Les Francs-maçons prétendent qu'elle a été puisée dans le Talmud ; mais, comme je crois qu'il est fort indifférent de savoir d'où elle peut être tirée , je n'ai pas fait de grandes recherches pour m'en assurer. Je me fonde uniquement sur la tradition reçue parmi les Francs-maçons, et je la rapporte fidèlement, comme ils la racontent tous.

Adoniram, Adoram, ou Hiram, à qui Salomon avait donné l'intendance et la conduite des travaux de son temple, avait un si grand nombre d'ouvriers à payer , qu'il ne pouvait les connaître tous ; et pour ne pas risquer de payer l'apprenti comme le compagnon, et le compagnon comme le maître, il convint, avec chacun d'eux en particulier , de mots, de signes et d'attouchements différents, pour les distinguer.

Le mot de l’apprenti était Jakin, nom d'une des deux colonnes d'airain qui étaient à la porte du temple , auprès de laquelle ils s'assemblaient pour recevoir leur salaire. Leur signe était de porter la main droite sur l'épaule gauche, de la retirer sur la même ligne du côté droit, et de la laisser retomber sur la cuisse : le tout en trois temps. Leur attouchement était d'appuyer le pouce droit sur la première et grosse jointure de l'index de la main droite de celui à qui ils voulaient se faire connaître.

Le mot des compagnons était Boaz : on appelait ainsi l'autre colonne d'airain qui était à la porte du temple, où ils s'assemblaient aussi pour recevoir leur salaire. Leur signe était de porter la main droite sur la mamelle gauche , les quatre doigts serrés et étendus et le pouce écarté. Leur attouchement était le même que celui des apprentis, excepté qu'ils le faisaient sur le second doigt, et les apprentis sur le premier.

Le maître n'avait qu'un mot pour se faire distinguer d'avec ceux dont je viens de parler, qui était Jéhova ; mais il fut changé après la mort d'Adoniram, dont je vais faire l'histoire.

Trois compagnons, pour tâcher d'avoir la paye de maître, résolurent de demander le mot de maître à Adoniram, lorsqu'ils pourraient le rencontrer seul; ou de l'assassiner, s'il ne voulait pas le leur dire. Pour cet effet, ils se cachèrent dans le temple, où ils savaient qu'Adoniram allait seul tous les soirs faire la ronde. Ils se postèrent, l'un au Midi. l'autre au Septentrion, et le troisième à l'Orient. Adoniram étant entré, comme à l'ordinaire, par la porte de l'Occident, et voulant sortir par celle du Midi, un des trois compagnons lui demanda le mot de maître, en levant sur lui le bâton, ou le marteau , qu'il tenait à la main. Adoniram lui dit, qu'il n'avait pas reçu le mot de maître de cette façon-là. Aussitôt, le compagnon lui porta sur la tête un coup de son bâton ou de son marteau. Le coup n'ayant pas été assez violent pour jeter Adoniram par terre, il se sauva du côté de la porte du Septentrion, où il trouva le second, qui lui en fit autant. Cependant, comme ce second coup ne l'avait pas encore terrassé, il fut pour sortir par la porte de l'Orient : mais il y trouva le dernier, qui, après lui avoir fait la même demande que les deux premiers, acheva de l'assommer. Après quoi, ils se rejoignirent tous les trois pour l'enterrer. Mais, comme il faisait encore jour, ils n'osèrent transporter le corps sur-le-champ ; ils se contentèrent de le cacher sous un tas de pierres, et, quand la nuit fut venue, ils le transportèrent sur une montagne où ils l'enterrèrent ; et, afin de pouvoir reconnaître l'endroit, ils coupèrent une branche d'un acacia qui était auprès d'eux, et la plantèrent sur la fosse.

Salomon ayant été sept jours sans voir Adoniram, ordonna à neuf maîtres de le chercher ; et, pour cet effet, d'aller d'abord se mettre trois à chaque porte du temple, pour tâcher de savoir ce qu'il était devenu. Ces neuf maîtres exécutèrent fidèlement les ordres de Salomon; et, après avoir cherché longtemps aux environs, sans avoir appris aucune nouvelle d'Adoniram, trois d'entre eux , qui se trouvèrent un peu fatigués, furent justement pour se reposer auprès de l'endroit où il était enterré. L'un des trois, pour s'asseoir plus aisément, prit la branche d'acacia, qui lui resta à la main, ce qui leur fit remarquer que la terre en cet endroit avait été remuée nouvellement; et, voulant en savoir la cause, ils se mirent à fouiller, et trouvèrent le corps d'Adoniram. Alors ils firent signe aux autres de venir vers eux, et, ayant tous reconnu leur maître, ils se doutèrent que ce pouvait être quelques compagnons qui avaient fait ce coup-là, en voulant le forcer de leur donner le mot de maître ; et, dans la crainte qu'ils ne l'eussent tiré de lui, ils résolurent d'abord de le changer et de prendre le premier mot qu'un d'entre eux pourrait dire en déterrant le cadavre. Il yen eut un qui le prit par un doigt, mais la peau se détacha, et lui resta dans la main. Le second maître le prit sur-le-champ par un autre doigt, qui en fit tout autant. Le troisième le prit par le poignet, de la même manière que le grand-maître saisit le poignet du compagnon, dans la cérémonie de la réception : la peau se sépara encore ; sur quoi il s'écria, M.°. B.°. qui signifie, selon les Francs - maçons, la chair quitte les os, ou le corps est corrompu. Aussitôt ils convinrent ensemble que ce serait-là dorénavant le mot de maître. Ils allèrent sur-le-champ rendre compte de cette aventure à Salomon, qui en fut fort touché; et, pour donner des marques de l'estime qu'il avait eue pour Adoniram, il ordonna à tous les maîtres de l'aller exhumer , et de le transporter dans le temple , où il le fit enterrer en grande pompe. Pendant la cérémonie, tous les maîtres portaient des tabliers et des gants de peau blanche, pour marquer qu'aucun d'eux n'avait souillé ses mains du sang de leur chef.

 Telle est l'histoire d'Hiram, que le grand-maître raconte au récipiendaire, le jour de sa réception. Comme ce n'est qu'une fiction, et qu'on n'en trouve pas la moindre trace dans l'histoire sacrée ni profane , il ne faut pas être surpris si les Frans-maçons ne s'accordent pas toujours sur le nom de cet architecte, ni sur les circonstances de sa mort. Par exemple : j'ai dit que les trois compagnons plantèrent une branche d'acacia sur la fosse d'Hiram ; mais d'autres prétendent que cette branche fut plantée par les maîtres qui cherchaient le corps , afin de pouvoir reconnaître l'endroit où ils l'avaient trouvé. Quelques-uns prétendent aussi que les maîtres exhumèrent le corps d'Hiram , avant que d'aller rendre compte à Salomon de leur aventure, au lieu que j'ai dit que ce fut ce prince qui fit déterrer le cadavre. Il y en a encore qui soutiennent que le premier coup que reçut Hiram fut un coup de brique ; le second, un coup de pierre cubique ; et le troisième, un coup de marteau. Enfin, il y en a qui disent que ce fut Salomon qui s'avisa de changer le mot de maître ; au lieu que d'autres prétendent que les maîtres firent ce changement sans le consulter. En un mot, dans toutes les loges que j'ai vues, j'ai trouvé quelque différence ; mais par rapport aux particularités seulement, et non quant à l'essentiel. La manière dont j'ai raconté cette histoire est conforme à l'opinion la plus communément reçue.

 Salomon , pour récompenser ceux qui le servirent fidèlement, les établit surintendants de 153,392 ouvriers qui furent employés à la construction du temple, savoir: 70,000 ap..., 79,997 comp..., 3,595 maît... ; le maître s'appellait Abiram Akiroph.

Après la construction du temple, plusieurs s'unirent dans un même chef et travaillèrent à la réformation de leurs mœurs et se rendirent célèbres par leurs charités ; ils s'appelèrent Phares Kados (saints séparés) , mais ils ne se soutinrent pas longtemps : ils oublièrent peu à peu leurs obligations et négligèrent leurs devoirs ; ils n'eurent plus que les dehors de la vertu.

Le maître qui s'acquit le plus de réputation fut Ptolémée, philadelphe, roi d'Egypte, prince des astrologues, qui ordonna la Version des Septantes.

 Plusieurs zélés observateurs de leurs lois se séparèrent et élurent un grand-maître ad vitam. Une partie resta dans le monde et s'appliqua aux bonnes œuvres ; l'autre se retira dans les possessions qu'ils avaient en Syrie , en Scythie et dans la Thébaïde : ce furent de saints solitaires , des Pères du désert ; ils étaient connus dans ces temps sous le nom de Zécabithes. d'esséniens , de théraupètes et de kadiséens ; leur vie était si exemplaire qu'on les nomma kados (saints). Leur grand-maître le plus renommé fut Manchem; tous les écrivains, tant juifs que ecclésiastiques, s'accordent à le reconnaître pour saint.

Les anciens Maçons étaient donc Juifs; après la destruction du second temple, sous Titus, beaucoup embrassèrent le christianisme et communiquèrent leurs secrets aux Chrétiens les mieux pénétrés de l'évangile. Alexandre, patriarche d'Alexandrie , fut un grand ornement de l'ordre.

 

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1860 - La légende d'Hiram par Eliphas Lévi

6 Mai 2012 , Rédigé par Eliphas Levi Publié dans #fondements bibliques de la FM

La grande association kabbalistique, connue en Europe sous le nom de maçonnerie, apparaît tout à coup dans le monde au moment où la protestation contre l'Eglise vient de démembrer l'unité chrétienne.

 Les historiens de cet ordre ne savent comment en expliquer l'origine : les uns lui donnent pour mère une libre association de maçons, formée lors de la construction de la cathédrale de Strasbourg ; d'autres lui donnent Cromwell pour fondateur, sans trop se demander si les rites de la maçonnerie anglaise du temps de Cromwell ne sont pas organisés contre ce chef de l'anarchie puritaine ; il en est d'assez ignorants pour attribuer aux jésuites, sinon la fondation du moins la continuation et la direction de cette société longtemps secrète et toujours mystérieuse. A part cette dernière opinion, qui se réfute d'elle-même, on peut concilier toutes les autres, en disant que les frères maçons ont emprunté aux constructeurs de la cathédrale de Strasbourg leur nom et les emblèmes de leur art, qu'ils se sont organisés publiquement pour la première fois en Angleterre, à la faveur des institutions radicales et en dépit du despotisme de Cromwell.

On peut ajouter qu'ils ont eu les templiers pour modèles, les rose-croix pour pères et les joannites pour ancêtres. Leur dogme est celui de Zoroastre et d'Hermès, leur règle est l'initiation progressive, leur principe l'égalité réglée par la hiérarchie et la fraternité universelle ; ce sont les continuateurs de l'école d'Alexandrie, héritière de toutes les initiations antiques ; ce sont les dépositaires des secrets de l'apocalypse et du Zohar ; l'objet de leur culte c'est la vérité représentée par la lumière ; ils tolèrent toutes les croyances et ne professent qu'une seule et même philosophie ; ils ne cherchent que la vérité, n'enseignent que la réalité et veulent amener progressivement toutes les intelligences à la raison.

Le but allégorique de la maçonnerie, c'est la reconstruction du temple de Salomon ; le but réel, c'est la reconstitution de l'unité sociale par l'alliance de la raison et de la foi, et le rétablissement de la hiérarchie, suivant la science et la vertu, avec l'initiation et les épreuves pour degrés.

Rien n'est plus beau, on le voit, tien n'est plus grand que ces idées et ces tendances, malheureusement les doctrines de l'unité et la soumission à la hiérarchie ne se conservèrent pas dans la maçonnerie universelle ; il y eut bientôt une maçonnerie dissidente, opposée à la maçonnerie orthodoxe, et les plus grandes calamité de la révolution française durent le résultat de cette scission.

 

Les francs-maçons ont leur légende sacrée, c'est celle d'Hiram, complétée par celle de Cyrus et de Zorobabel.

Voici la légende d'Hiram :

Lorsque Salomon fit bâtir le temple, il confia ses plans à un architecte nommé Hiram.

Cet architecte, pour mettre de l'ordre dans les travaux, divisa les travailleurs par rangs d'habileté, et comme leur multitude était grande, afin de les reconnaître, soit pour les employer suivant leur mérite, soit pour les rémunérer suivant leur travail, il donna à chaque catégorie, aux apprentis, aux compagnons et aux maîtres, des mots de passe et des signes particuliers.

Trois compagnons voulurent usurper le rang des maîtres sans en avoir le mérite, ils se mirent en embuscade aux trois principales portes du temple, et lorsque Hiram se présenta pour sortir, l'un des compagnons lui demanda le mot d'ordre des maîtres, en le menaçant de sa règle.

Hiram lui répondit : Ce n'est pas ainsi que j'ai reçu le mot que vous me demandez.

Le compagnon courut à une autre porte, il y trouva le second compagnon, même demande, même réponse, et cette fois Hiram fut frappé avec une équerre, d'autres disent avec un levier.

Hiram courut à une autre porte, il y trouva le second compagnon, même demande, même réponse, et cette Hiram fut frappé avec une équerre, d'autres disent avec un levier.

A la troisième porte était le troisième assassin, qui acheva le maître d'un coup de maillet.

Ces trois compagnons cachèrent ensuite le cadavre sous un tas de décombres, et plantèrent sur cette tombe improvisée une branche d'acacia, puis ils prirent la fuite comme Caïn après le meurtre d'Abel.

Cependant Salomon, ne voyant pas revenir son architecte, envoya neuf maîtres pour le chercher, la branche d'acacia leur révéla le cadavre, ils le tirèrent des décombres, et comme il y avait séjourné assez longtemps, ils s'écrièrent en le soulevant : Mac bénach ! ce qui signifie : la chair se détache des os.

On rendit à Hiram les derniers devoirs, puis vingt-sept maîtres furent envoyés par Salomon à la recherche des meurtriers.

Le premier fut surpris dans une caverne, une lampe brûlait près de lui et un ruisseau coulait à ses pieds, un poignard était près de lui pour sa défense ; le maître qui pénétra dans la caverne reconnut l'assassin, saisit le poignard et le frappa en criant : Nekam ! mot qui veut dire vengeance ; sa tête fut portée à Salomon, qui frémit en la voyant, et dit à celui qui avait tué l'assassin : Malheureusement, ne savais-tu pas que je m'étais réservé le droit de punir ? Alors tous les maîtres se prosternèrent et demandèrent grâce pour celui que son zèle avait emporté trop loin.

Le second meurtrier fut trahi par un homme qui lui avait donné asile ; il était caché dans un rocher près d'un buisson ardent, sur lequel brillait un arc-en-ciel, un chien était couché près de lui, les maîtres trompèrent la vigilance du chien, saisirent le coupable, le lièrent et le menèrent à Jérusalem, où il périt du dernier supplice.

Le troisième assassin fut tué par un lion, qu'il fallut vaincre pour s'emparer de son cadavre, d'autres versions disent qu'il se défendit lui-même à coups de hache contre les maîtres, qui parvinrent enfin à la désarmer et le conduisirent à Salomon, qui lui fit expier son crime.

Telle est la première légende, en voici maintenant l'explication.

Salomon est la personnification de la science et de la sagesse suprêmes.

Le temple est la réalisation et la figure du règne hiérarchique de la vérité et de la raison sur la terre.

Hiram est l'homme parvenu à l'empire par la science et par la sagesse.

Il gouverne par la justice et par l'ordre, en rendant à chacun selon ses œuvres.

Chaque degré de l'ordre possède un mot qui en exprime l'intelligence. Il n'y a qu'une parole pour Hiram, mais cette parole se prononce de trois manières différentes.

D'une manière pour les apprentis, et prononcé par eux il signifie nature et s'explique par le travail.

D'une autre manière pour les compagnons, et chez eux il signifie pensée en s'expliquant par l'étude.

D'une autre manière pour les maîtres, et dans leur bouche il signifie vérité, mot qui s'explique par la sagesse.

Cette parole est celle dont on se sert pour désigner Dieu, dont le vrai nom est indicible et incommunicable.

Ainsi il y a trois degrés dans la hiérarchie, comme il a trois portes au temple ;

Il y a trois rayons dans la lumière ; Il y a trois forces dans la nature ;

Ces forces sont figurées par la règle qui unit, le levier qui soulève et le maillet qui affermit.

La rébellion des instincts brutaux, contre l'aristocratie hiérarchique de la sagesse, s'arme successivement de ces trois forces qu'elle détourne de l'harmonie.

Il y a trois rebelles typiques :

Le rebelle à la nature ;Le rebelle à la science ;Le rebelle à la vérité.

Ils étaient figurés dans l'enfer des anciens par les trois têtes de Cerbère.

Ils sont figurés dans la Bible par Coré, Dathan et Abiron.

Dans la légende maçonnique, ils sont désignés par des noms qui varient suivant les rites.

Le premier qu'on appelle ordinairement Abiram ou meurtrier d'Hiram, frappe le grand maître avec la règle.

C'est l'histoire du juste mis à mort, au nom de la loi, par les passions humaines.

Le second nommé Miphiboseth, du nom d'un prétendant ridicule et infirme à la royauté de David, frappe Hiram avec le levier ou avec l'équerre.

C'est ainsi que le levier populaire ou l'équerre d'une folle égalité devient l'instrument de la tyrannie entre les mains de la multitude et attente, plus malheureusement encore que la règle, à la royauté de la sagesse et de la vertu.

Le troisième enfin achève Hiram avec le maillet.

Comme font les instincts brutaux, lorsqu'ils veulent faire l'ordre au nom de la violence et de la peur en écrasant l'intelligence.

La branche d'acacia sur la tombe d'Hiram est comme la croix sur nos autels.

C'est le signe de la science qui survit à la science ; c'est la branche verte qui annonce un autre printemps.

Quand les hommes ont ainsi troublé l'ordre de la nature, la Providence intervient pour le rétablir, comme Salomon pour venger la mort d'Hiram.

Celui qui a assassiné avec la règle, meurt par le poignard. Celui qui a frappé avec le levier ou l'équerre, mourra sous la hache de la loi. C'est l'arrêt éternel des régicides.

Celui qui a triomphé avec le maillet, tombera victime de la force dont il a abusé, et sera étranglé par le lion. L'assassin par la règle, est dénoncé par la lampe même qui l'éclaire et par la source où il s'abreuve.

C'est-à-dire, qu'on lui appliquera la peine du talion.

L'assassin par le levier sera surpris quand sa vigilance sera en défaut comme un chien endormi, et il sera livré par ses complices ; car l'anarchie est mère de la trahison.

Le lion qui dévore l'assassin par le maillet, est une des formes du sphinx d'Œdipe.

Et celui-là méritera de succéder à Hiram dans sa dignité qui aura vaincu le lion.

Le cadavre putréfié d'Hiram montre que les formes changent, mais que l'esprit reste.

La source d'eau qui coule près du premier meurtrier, rappelle le déluge qui a puni les crimes contre la nature.

Le buisson ardent et l'arc-en-ciel qui font découvrir le second assassin, représentent la lumière et la vie, dénonçant les attentats contre la pensée.

Enfin le lion vaincu représente le triomphe de l'esprit sur la matière et la soumission définitive de la force à l'intelligence.

Depuis le commencement du travail de l'esprit pour bâtir le temple de l'unité, Hiram a été tué bien des fois, et il ressuscite toujours.

C'est Adonis tué par le sanglier, c'est Osiris assassiné par Typhon.

C'est Pythagore proscrit, c'est Orphée déchiré par les Bacchantes, c'est moïse abandonné dans les cavernes du Mont-Nébo, c'est Jésus mis à mort par Caïphe, Judas et Pilate.

Les vrais maçons sont donc ceux qui persistent à vouloir construire le temple, suivant le plan d'Hiram.

Telle est la grande et principale légende de la maçonnerie ; les autres ne sont pas moins belles et moins profondes, mais nous ne croyons pas devoir en divulguer les mystères, bien que nous n'ayons reçu l'initiation que de Dieu et de nos travaux, nous regardons le secret de la haute maçonnerie comme le nôtre. Parvenus par nos efforts à un grade scientifique qui nous impose le silence, nous nous croyons mieux engagé par nos convictions que par un serment. La science est une noblesse qui oblige, et nous ne démériterons point la couronne princière des rose-croix. Nous aussi nous croyons à la résurrection d'Hiram !

Les rites de la maçonnerie sont destinés à transmettre le souvenir des légendes de l'initiation, à le conserver parmi les frères.

On nous demandera peut-être comment, si la maçonnerie est si sublime et si sainte, elle a pu être proscrite et si souvent condamnée par l'Eglise.

Nous avons déjà répondu à cette question, en parlant des scissions et des profanations de la maçonnerie.

La maçonnerie, c'est la gnose, et les faux gnostiques ont fait condamner les véritables. Ce qui oblige à se cacher, ce n'est pas la crainte de la lumière, la lumière est ce qu'ils veulent, ce qu'ils cherchent, ce qu'ils adorent.

Mais ils craignent les profanateurs, c'est-à-dire les faux interprètes, les calomniateurs, les sceptiques au rire stupide, et les ennemis de toute croyance et de toute moralité.

De notre temps d'ailleurs un grand nombre d'hommes qui se croient francs-maçons, ignorent le sens de leurs rites, et ont perdu la clé de leurs mystères.

Ils ne comprennent même plus leurs tableaux symboliques, et n'entendent plus rien aux signes hiéroglyphiques, dont sont historiés les tapis de leurs loges.

Ces tableaux et ces signes sont les pages du livre de la science absolue et universelle. On peut les lire à l'aide des clés kabbalistiques, et elles n'ont rien de caché pour l'initié qui possède les clavicules de Salomon.

La maçonnerie a non seulement été profanée, mais elle a servi même de voile et de prétexte aux complots de l'anarchie, par l'influence occulte des vengeurs de Jacques de Molay, et des continuateurs de l'œuvre schismatique du temple.

Au lieu de venger la mort d'Hiram, on a vengé ses assassins.

Les anarchistes ont repris la règle, l'équerre et le maillet, et ont écrit dessus liberté, égalité, fraternité. C'est-à-dire liberté pour les convoitises, égalité dans la bassesse, et fraternité pour détruire.

Voilà les hommes que l'Eglise a condamnés justement et qu'elle condamnera toujours !

Source : http://legende-hiram-bis.blogspot.fr/2010/06/1860-la-legende-d-par-eliphas-levi.html

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La loi d'Hiram

29 Avril 2012 , Rédigé par Armand Bédarride Publié dans #fondements bibliques de la FM

Pendant que de nombreux Maçons, de la meilleure foi du monde, recherchent vers quels programmes réformistes ou révolutionnaires ils peuvent bien aiguiller l'opinion de leurs frères, – au risque de les distraire du travail initiatique qui est l'objet même de notre Art, – il est intéressant de rechercher si nous ne trouvons pas, dans l'organisation même de notre Ordre, avec ses symboles, ses rites, et ses légendes, des indications suffisamment précises sur les préférences plus ou moins secrètes de nos fondateurs en matière politique et économique.

Cela nous permettrait de voir, sinon les imitations textuelles, tout au moins les adaptations que nous pourrions en faire dans le monde moderne, pour nous inspirer des enseignements du passé, tout en restant de notre temps.

Certes, le but fondamental de la Maçonnerie est de travailler au perfectionnement de l'individu pour parvenir à celui du genre humain et cette œuvre se suffirait à elle-même.

Mais il n'est quand même pas indifférent, et il peut être profitable, puisque la construction de la Cité peut être considérée comme une application de celle du Temple, d'examiner à ce point de vue, en langage traditionnel du « métier », si le « chantier d'Hiram» ne donnerait pas un exemple allégorique de la structure de la cité, dans une organisation que l'on pourrait appeler la « loi d'Hiram ».

Le résultat est, à mon avis, un système synthétique rappelant, par certains traits, les divers régimes politiques et sociaux du monde profane, mais possédant son originalité propre, donc, indépendant de chacun d'entre eux, et méritant une étude spéciale.

La loi d'Hiram a trois aspects :
Elle est morale :
Elle est politique ;
Elle est économique.

Je ne m'appesantirai pas sur la partie « morale », car elle est d'abord un simple prolongement dans le « Chantier », dans la Cité, des préceptes et des applications de la morale privée, conformément aux procédés que symbolise le façonnement de la Pierre Cubique propre à la construction.

D'ailleurs les Constitutions d'Anderson ne proclament-elles pas, dans leur premier article, que les Maçons doivent être « des hommes bons et loyaux, d'honneur et de probité » ? Est-ce moins nécessaire dans les relations civiques que dans les relations particulières ? Les actes méchants ou déloyaux, contraires à l'honneur ou à la probité ne deviennent pas louables quand ils sont commis au service de l'esprit de parti par l'électeur ou par l'élu, ou sous le couvert des affaires publiques. Et le fait qu'on affiche telle opinion ou tel programme ne dispense pas d'agir en braves gens.

Au point de vue politique, une inspection même superficielle de la structure du « Chantier » et de la Loge suffit à montrer clairement les caractères d'un régime tout à fait différent de ceux du type profane.

Dans le « Chantier », l'élection ne joue aucun rôle pour le choix des « compagnons » et des « maîtres », c'est-à-dire de ceux qui auront une autorité ; c'est uniquement la capacité établie par des examens et reconnue par les titulaires déjà investis du grade. Dans la Loge, le système de la « cooptation » règne pleinement pour les grades ; le suffrage intervient pour les fonctions, mais les maîtres seuls peuvent devenir officiers, dignitaires ou délégués à l'assemblée générale, et l'ancienneté est un facteur d'éligibilité comme d'aptitude à l'augmentation de salaire.

Si donc on prend la Loge comme type de la Cité, on s'aperçoit immédiatement que l'on est en présence d'une combinaison de démocratie et d'aristocratie dans le bon sens du mot, car cette aristocratie n'est celle ni de la naissance ni de la fortune : elle a pour multiples caractères l'aptitude technique et la moralité, l'expérience et les services.

Il paraît certain qu'en donnant ces formes spéciales à l'organisation de la Loge, nos devanciers du XVIIIème siècle ont nettement manifesté leurs préférences sur le terrain des institutions politiques. Pas d'autre souveraineté que celle de la Sagesse, de la Raison et de la Science ; aucun absolutisme, qu'il vienne d'en haut ou d'en bas ; le nombre n'est qu'un moyen empirique pour départager les hommes, sans recourir à la violence, mais il n'est pas à même d'établir la « vérité ». Ni démagogie, ni oligarchie, ni tyrannie, mais partout, en haut comme en bas, l'origine et le fonctionnement des « autorités » calculés uniquement en vue de l'exécution du « Plan », non pour le bon plaisir de ceux qui les détiennent ou l'avantage particulier d'un parti. Point d'intérêt qui puisse prévaloir contre l'intérêt général et chacun, selon la formule, ne doit se considérer que comme une pierre façonnée pour la construction de l'édifice !

Il en est tellement ainsi qu'Hiram lui-même, dont il serait bien difficile de dire si au point de vue gouvernemental, il représente un roi élu ou un président à vie, – n'a été choisi par Salomon que comme « le meilleur architecte de Tyr, le plus vertueux et le plus sage ». C'est un « chef » qui ne peut accorder la « maîtrise » qu'avec l'assentiment des « maîtres » déjà en exercice, c'est-à-dire de l'élite du Chantier. Une des péripéties de la légende nous montre une assemblée de tous les Maçons, réunis par le signe sacré, et quand les mauvais Compagnons ont accompli leur œuvre criminelle, le roi Salomon prend bien la direction des travaux, mais c'est avec l'assistance de tous les maîtres. Dans les deux cas, impossible de mieux caractériser un mécanisme constitutionnel qui dépasse les étiquettes de monarchie et de république pour établir l'équilibre et l'harmonie entre la nation, l'élite et le chef, tous assujétis volontairement à la règle supérieure du bien public.

Je laisse à d'autres le soin de tirer de là un type de constitution, et d'y déterminer les relations du législatif, de l'exécutif et du judiciaire : mais je dis qu'un gouvernement d'essence maçonnique diminuera l'influence arbitraire de l'individu ou du scrutin arithmétique pour accroître indéfiniment le nombre des postes et des fonctions, même d'autorité, qui seront conférés, à la suite d'examens et de concours de savoir et de moralité, par des décisions cooptatives et collégiales.

Sans entrer dans plus de détails sur le côté politique de la loi d'Hiram, essayons maintenant d'examiner sa portée économique.

Si sur le terrain gouvernemental, le « plan » maçonnique paraît relever de Montesquieu, de Locke, et d'Aristote, sur le terrain de l'organisation du Travail, les traditions corporatives, ainsi que des notions théoriques générales, dénotent des affinités anticipées avec les doctrines de Saint-Simon et de Proudhon, comme avec le coopératisme, le syndicalisme et les thèses de l'économie dirigée, ou si l'on veut, de l'individualisme social.

Commençons par le commencement.

Le ressort du travail de métier est « moral » et non égoïste, « spirituel », et non matériel. Tout le monde connaît l'aphorisme fondamental : que le salaire n'est pas le but de l'ouvrier, mais simplement la rémunération de sa tâche ; le vrai but, c'est la perfection de l'œuvre, objectif tout idéal et désintéressé. Le monde contemporain qui ne rêve que profits et jouissances, est bien inférieur à notre Tradition.

D'anciens règlements de Loges opératives nous montrent le nouveau « Maître », après la confectionde son chef-d'œuvre, s'établissant à son compte, avec le concours de Compagnons et d'Apprentis, et partageant avec eux, dans une proportion inégale, c'est évident, mais équitable et réglementée, le bénéfice d'entreprises considérables. D'autre part, la Loge enseigne à diviser la « règle-jauge » de 24 pouces en 3 parties égales, anticipation sur les fameux 3/8... c'est que ces groupements du bâtiment, par leurs lumières initiatiques et leur éducation architecturale, ont des vues plus larges et plus fraternelles que les corporations vulgaires... Nous sommes ici aussi loin de l'utopisme égalitaire ou communiste que de l'exploitation patronale et du capitalisme. Pourtant, pour construire une église, un hôtel de ville ou un manoir, il devait falloir des avances énormes pour l'époque.

Mais laissons les chantiers réels pour le « Chantier » symbolique, afin d'en chercher l'application à l'ordre social pris en bloc.

Préparation professionnelle et éducation morale conjuguées ; répartition des tâches suivant les aptitudes, la hiérarchie des grades, le salaire suivant les fonctions et les œuvres ; chacun à sa place et une place pour chacun ; pas d'oisifs, pas de parasites, collaboration de tous à l'œuvre commune, engrenage des libertés individuelles dans les règlements acceptés, égalité des droits à l'échelle hiérarchique, ordre solidaire, discipline rationnelle, autorité respectée, exécution du « Plan » sous la conduite des plus aptes et des plus dignes, désignés au concours par leurs supérieurs sur la proposition de leurs pairs. Travail, amour de l'art que l'on exerce, honneur du métier. L'industrie de chacun ayant pour pivot non ses calculs égoïstes, mais les besoins et la bonne marche de l'ensemble; ruche laborieuse où toutes les abeilles contribuent à produire du miel, où toutes reçoivent leur récompense : voilà l'ordre économique maçonnique.

Loin de moi la pensée de formuler à ma manière un système venant après tant d'autres, quand mon rôle doit se borner à fixer des points de repère et à noter des données que l'on peut mettre en équation, en réalité, de plusieurs manières aussi légitimes l'une que l'autre, suivant les pays et les circonstances ! Ce qui est immuable, c'est le cadre : les conflits des compétitions, les heurts de la concurrence sont résolus et harmonisés par une direction supérieure, à travers les rouages constitués par les représentants techniques de chaque catégorie, par le contrôle et l'arbitrage des « maîtres » ; c'est un « cartel » fonctionnant partout en vue du bien public, au lieu de fonctionner seulement
dans l'intérêt privé de ceux qui en détiennent les leviers de commande.

Nous ne sommes plus ici en présence du vieux libéralisme économique, puisque l'individu n'y est plus maître de tout fausser et de tout désorganiser ! Du communisme non plus, puisque la propriété privée n'est pas atteinte, et que chacun peut épargner et vivre à son gré ; sûrement pas de l'étatisme, car les droits des travailleurs de tous grades, s'ils sont régis par la « loi du chantier » n'en sont pas la création ; socialisme ? alors bien différent de celui des partis officiels de ce nom, car le profit personnel n'y est pas supprimé, et aussi la concentration ne s'y fait pas suivant les prévisions d'antan, mais d'une manière inattendue, sous l'impulsion de la spontanéité de la vie.

Et puis la grenade ou la chaîne d'Union procèdent-elles des Harmonies économiques de Bastiat, ou de la socialisation de Karl Marx ?

M'est avis qu'elles reposent sur des données de beaucoup antérieures, et d'essence différente, puisque spirituelle.

Somme toute, et comme on a pu le voir, le « plan » politique et social qui paraît résulter de la loi d'Hiram ne correspond pas aux systèmes envisagés par les partis profanes qui se partagent l'opinion de nos jours.

En effet il ne confère l'autorité ni la fortune, ni à la naissance, ni au nombre, mais seulement à la sagesse, à la science, et à la vertu ; le critérium pratique est dans la valeur morale et technique, dans les mérites et les services, reconnus chez les nouveaux venus par ceux qui ont déjà fait leurs preuves, comme dans la loge, pour y entrer ou accéder à un grade. Et au point de vue économique, elle ne tend nullement à supprimer la propriété individuelle, mais engrène toutes les activités dans une solidarité d'ensemble.

Comment et dans quelle mesure pouvons-nous nous en inspirer, en un siècle où certains semblent vouloir faire régner la loi du nombre, et où d'autres proposent de tomber de Charybde en Scylla, pour éviter les défauts de la multitude, en recourant au despotisme ?

C'est le secret de demain.

Mais il semble que la tendance organique de certaines écoles pour attribuer une place et une influence croissante aux « capacités », aux cadres « intellectuels », aux « élites » de toute nature dans les institutions gouvernementales ou économiques, s'accorderait avec la directive hiramique ; l'antagonisme binaire du capital et du travail, de la puissance publique et des citoyens, ne cessera que le facteur « pensée » organisera et guidera les deux – vers l'harmonie ! – par sa prééminence établie sur toutes choses.

Source : http://www.boutiquefs.com/

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La Bible des francs-maçons

18 Avril 2012 , Rédigé par Daniel Ligou Publié dans #fondements bibliques de la FM

C'est un problème relativement complexe parce que nous pouvons l'envisager sous différents aspects complémentaires. D'abord celui essentiel, de la présence ou non de la Bible, ou, plus généralement, du Volume de la Loi Sacrée (vLs) dans l'Atelier, ensuite le rôle qu'elle joue ou ne joue pas dans le « lieu » maçonnique, en tant que « lumière » ou que « meuble ». S'ajoute la part de la Bible dans la trame du récit maçonnique qui présente la particularité qu'elle partage avec le compagnonnage de compléter un fond scripturaire, essentiellement vétérotestamentaire, par toute une série de légendes parabibliques qui développent le récit pour en tirer une leçon symbolique ou morale ; enfin, l'extraordinaire variété des « mots » correspondant à chaque grade, mots de passe, mots sacrés, « grandes paroles » dont bien des rites - et tout particulièrement le rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) en ses trente-trois degrés - ne sont pas avares.

Quelques remarques préliminaires tout d'abord. Nous serons sans doute incomplet, mais nous privilégierons les rites que nous connaissons bien et particulièrement ceux que nous avons pratiqués, régulièrement ou occasionnellement, car, à notre sens, la Maçonnerie, pour être vraiment comprise, doit être vécue spirituellement et affectivement, et elle n'est pas seulement synonyme de connaissance. Aussi notre commentaire sera-t-il essentiellement fondé sur les trois rites principaux pratiqués en France : le Rite français, le REAA, le Rite Ecossais Rectifié, car nous ne connaissons les rites anglais que par des textes que nous nous sommes plus ou moins régulièrement (nous en convenons volontiers !) procurés. D'autre part, à notre grand regret, nous n'avons pu, pour des raisons essentiellement linguistiques, utiliser les rituels allemands ou suédois. Quant aux rites pratiqués dans les pays latins, ils n'offrent pas grande originalité par rapport à ceux que nous connaissons déjà.

Autre observation. Il sagit de « rites » et non d'« obédiences ». Par conséquent, nous ne tenons aucun compte des « exclusives », « excommunications » ou affirmations d'irrégularité. D'ailleurs, le Rite français, tel qu'il est pratiqué au Grand-Orient ou le REAA à la Grande Loge sont-ils si différents des rites du même nom utilisés à la Grande Loge Nationale française ? Non, sans doute, car leurs sources sont communes. Nous avons même (horresco referens) fait quelques allusions à la « Maçonnerie d'Adoption » qui s'est maintenue jusqu'au milieu du XIXe siècle, la Maçonnerie féminine actuelle s'étant contentée d'aménager - fort intelligemment d'ailleurs - les textes masculins du REAA ou du Rite français.

Notons aussi que le Schibboleth de la régularité, aux yeux de la Grande Loge Unie d'Angleterre, n'est pas la Bible stricto sensu, mais le VLS, c'est-à-dire tout livre de base à caractère religieux et la croyance dans le Grand Architecte et à Sa Volonté révélée. Or, si la Maçonnerie a, depuis les Constitutions d'Anderson de 1723, la prétention, par ailleurs quelque peu justifiée, d'être le « centre de l'Union » et de regrouper « des hommes de bien et loyaux ou des hommes d'honneur » et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances religieuses qui aident à les « distinguer », elle n'en est pas moins le résultat d'un héritage, d'une tradition et de circonstances historiques qui lui ont donné une structure mentale et un équipement intellectuel chrétien, essentiellement réformé au départ, plus oecuménique par la suite. Il existe - et nous n'avons pas à la traiter - une Maçonnerie « sans Bible ».

Effectivement, partout où la Bible n'est pas la nourriture quotidienne des Frères, elle s'estompe ou disparaît, au profit du « livre de la Constitution » en Belgique et en France - évolution qui n'est nullement incompatible avec la croyance au Grand Architecte ainsi que le montre l'histoire du Rite français de 1787 à 1878 Où on prêtait serment devant le Grand Architecte ainsi sur le « Livre de la Loi ». En Israël, c'est évidemment la Tora, sans le Nouveau Testament, ailleurs, le Coran, l'Avesta, Confucius. Le REAA précise, en plus de la Bible, les Védas, le Thipitaka, le Koran, le Zend Avesta, le Tao Teh King et les quatre livres de Koung Fou Tsen. A la loge (anglaise) de Singapour, les Frères possèdent une douzaine de livres sacrés. Et le F. Rudyard Kipling exprime parfaitement cet oecuménisme : « Chacun de nous parlait du Dieu qu'il connaissait le mieux ». Mais où commence et finit le sacré ? Pourquoi pas les Pensées du président Maô ? On peut d'ailleurs se demander si la pratique de religions comme le confucianisme est en harmonie avec le concept de « Volonté Révélée » telle que la conçoivent les religions monothéistes de l'Europe ou du Moyen-Orient.

Enfin, nous faisons, ou nous essayons de faire un travail d'historien. Ce qui signifie que nous aurons soin de distinguer ce qui est historique, ce qui est biblique et, par rapport à la Bible et à l'histoire, ce qui est pure légende, en précisant bien que, pour aucun Maçon, la légende n'est ce qu'est la tradition dans la dogmatique catholique, c'est-à-dire quelque chose qui prend valeur doctrinale. D'autre part, il ne nous appartient pas davantage de faire l'exégèse de ce qui est d'inspiration biblique et a fortiori des textes utilisés. Encore moins, de pratiquer les méthodes allégoriques, typologiques ou anagogiques chères aux Pères de l'Eglise et aux dialecticiens du Moyen Age et dont on trouve de nombreuses traces dans les « Old Charges » (les vieux devoirs) qui réglaient la Maçonnerie opérative. Pour nous, le Temple de Salomon est un édifice construit par un Roi d'Israêl à la gloire de Yahwe et nous n'avons pas à nous demander s'il préfigure l'Eglise ou le Christ. Ce qui paraitra peut-être simpliste à quelques-uns, mais nous ne croyons pas à la vertu du mélange des genres.

Analysons d'abord notre premier point : la Bible, « instrument » en loge, sur laquelle on prête serment. Il n'est pas besoin de faire preuve de vaste érudition pour constater que la Maçonnerie « opérative », celle des bâtisseurs, très liée au monde clérical au moins par la construction des cathédrales, était - comme d'ailleurs l'ensemble des corps de métiers - des « guildes d'artisans », des « compagnies » diverses - d'inspiration chrétienne, catholique en Angleterre jusqu'à la Réforme, anglicane ou réformée par la suite. En France, Italie, Espagne, ils sont restés fidèles à l'Eglise romaine jusqu'à leur disparition naturelle ou leur suppression révolutionnaire. Avec parfois la doublure d'une confrérie professionnelle, le plus souvent distincte des confréries de pénitents. Es étaient placés sous l'invocation des saints protecteurs de la profession, et, pour les « gens du bâtiment », très particulièrement les « Quatre Martyrs Couronnés » (fluatuor Coronati) que l'on rencontre en Angleterre, mais aussi en Italie (Rome) et en France (Dijon). De plus, il ne semble pas qu'à l'inverse des compagnonnages, toujours suspects à l'Eglise et au pouvoir civil, ces « corps » aient, si peu que ce soit, rompu avec l'orthodoxie. Mais revenons à l'Angleterre.

Il est difficile d'affirmer que la Bible figurât dans le « matériel » des loges opératives anglaises avant la Réforme, au moins d'après ce que nous permettent de saisir les « Old Charges ». Par contre, nous savons qu'on y prêtait serment, ce qui n'a rien d'original, puisque le « métier juré » était un peu partout la règle. Le fait est que les premiers documents - le Regius (c. 1370) et le Cooke (c. 1420) - sont parfaitement silencieux. Aussi aucune hypothèse n'est à exclure : la Bible lorsqu'on pouvait s'en procurer une, ce qui, avant le développement de l'imprimerie n'était peut-étre pas si aisé, le « livre » des statuts et règlements corporatifs, des reliques comme c'est si souvent le cas en France ? De toute façon, le serment avait un caractère religieux qu'il a conservé - sauf dans la Maçonnerie « sécularisée ».

Les documents plus récents, mais aussi postérieurs à la Réforme, sont plus explicites et le serment sur la Bible est, le plus souvent, affirmé par le « Grand Loge Manuscript », n° 1 (1573), le n° 2 (1650), le « Manuscrit d'Edimbourg » (c. 1696) : « On leur fait prendre la Bible et prêter serment », le « Crawley » (c. 1700) où le postulant jure sur le livre saint par « Dieu et saint Jean », le « Sloane » de la même époque, à propos duquel le doute reste cependant permis, le « Dumfries n° 4 » (c. 1710). On peut donc admettre que, depuis la Réforme, le serment sur la Bible était devenu la règle, ce qui faisait dire à l'historien français A. Lantoine que c'était là un « landmark de contrebande huguenote », mot amusant, mais indiscutablement exagéré. Cette constatation ne doit pas nous faire perdre de vue la parfaite orthodoxie catholique d'abord, anglicane ensuite, des « Old Charges ». Sur ce plan, le texte le plus caractéristique est sans doute le « Dumfries n° 4 » (c. 1710), découvert dans les archives de la Loge de cette petite ville, située en Ecosse, mais aux confins de l'Angleterre. L'auteur donne du Temple de Jérusalem l'interprétation chrétienne et symbolique traditionnelle et sinspire à la fois de Bède le Vénérable et de John Bunyan. Les prières sont strictement « nicéennes ». Les « obligations » exigent la fidélité à Dieu, à la Sainte Eglise catholique (c'est-à-dire anglicane dans le sens du Prayers Book) en même temps qu'au Roi. Les échelons de l'Echelle de Jacob évoquent la Trinité et les douze Apôtres, la mer d'Airain est le sang du Christ, les douze bœufs, les disciples, le Temple, le fils de Dieu et l'Eglise ; La colonne jakin désigne Israël, la colonne Boaz l'Eglise avec une pointe d'anti-judaïsme chrétien. On lit avec surprise : « Qu'elle fut la plus grande merveille vue ou entendue dans le Temple - Dieu fut homme et un homme fut Dieu. Marie fut mère et pourtant vierge. Tout ce symbolisme traditionnel et la « typologie » chrétienne, admise jusqu'au développement de l'exégèse moderne, se retrouventdans ce rituel. Catholicisme romain, affirme Paul Naudon. Certainement pas - ou mieux, certainement plus - car on peut penser qu'il s'agit là du remaniement d'un texte plus ancien. Les citations bibliques sont empruntées à la « Version Autorisée » du roi Jacques, ce qui témoigne de l'orthodoxie anglicane du temps de la pieuse reine Anne.

Si la Maçonnerie était restée fidèle à cette orthodoxie, elle n'eût pu avoir de prétentions à l'Universalisme. Et c'est d'ailleurs ce qui s'est régulièrement produit chaque fois que l'on a voulu rattacher plus strictement le rituel maçonnique à une confession. Le Rite suédois, d'essence luthérienne, n'a pas débordé de son pays d'origine. Le Rite Ecossais Rectifié, de tonalité nettement chrétienne, a vu son expansion limitée.

Par contre, le REAA, les rites agnostiques, les rites anglo-saxons « déconfessionnalisés » sont susceptibles d'un développement infini. C'est donc le grand mérite d'Anderson et des créateurs de la Grande Loge de Londres d'avoir parfaitement compris le problème. Les Constitutions de 1723 ont permis cet élargissement, bien dans la ligne d'une Angleterre déjà orientée vers les flots.

Donc, en pays chrétien, la Bible était et est restée le VLS, les témoignages du XVIIIe siècle sont à peu près unanimes et les choses n'ont guère changé. En pays anglo-saxon, elle est la première « lumière symbolique », l'Equerre et le Compas étant les deux autres. Au rite Emulation actuel, la Bible doit être ouverte sur le plateau du Vénérable, orientée en tel sens que le dignitaire puisse la lire et recouverte par l'équerre et le compas. La page à laquelle le livre n'est pas ouvert n'est pas indiquée, mais il est de tradition - et de bon ton - de l'ouvrir à l'Ancien Testament lorsque l'on initie un israélite. Aux Etats-Unis, la Bible est généralement déposée sur un autel particulier au milieu du Temple.

Au REAA, la Bible est présente, ouverte pendant les travaux et placée sur l'« autel des serments » installé au pied des marches conduisant à l'Orient et qui est recouvert d'une étoffe bleue bordée de rouge (les couleurs de l'Ordre). Il peut être ouvert à tout endroit ; on l'ouvre de préférence à Il Chroniques 2.5 et à I Rois 6.7 Où il est question de la construction du « Temple de Salomon ».

En France, la Bible a connu des sorts différents. Les documents les plus anciens que nous possédions témoignent d'une grande religiosité, d'orientation quelque peu janséniste, et nous savons, par les textes d'origine policière, que la Bible était ouverte au premier chapitre de l'Evangile de Jean. Tradition qui s'est parfaitement conservée au Rite Rectifié, d'inspiration nettement plus chrétienne. Mais, en pays catholique, la Bible n'est pas, comme en Angleterre, la nourriture spirituelle de la majorité des citoyens, d'autant mieux que le concile de Trente en avait limité les possibilités de lecture pour les simples fidèles. Aussi, tout en conservant une expression religieuse sous la forme du Grand Architecte, qui ne sera remise en question qu'en 1877, la Maçonnerie française, dans son expression majoritaire, la Grande Loge, puis le Grand-Orient, vit disparaître lentement le livre de l'« outillage des Loges » dès le milieu du siècle. Lorsque, dans les textes d'unification du Rite français de 1785 - 1786, le « Livre des Constitutions » prit place, à côté de l'équerre et du compas, sur le plateau du Vénérable, il n'y eut aucune protestation et meme les Anglais ne s'en formalisèrent pas.

Sauf dans les rites totalement sécularisés - comme l'actuel Rite français - les serments qui accompagnent l'initiation et les « augmentations de salaire » sont prêtés sur le VLS. Ce qui, en 1738, irritait fort le pape Clément XII qui, dans la célèbre bulle d'excommunication In Eminenti, parle du « serment strict prêté sur la Sainte Bible ». Il est bien évident que, pour le monde anglo-saxon, un serment n'a de valeur que tout autant qu'il a une portée religieuse, attitude que l'on retrouve dansles tribunaux ou lors de l'« inauguration » d'un Président américain.

Il n'y a pas eu de gros changements en trois siècles : le « Colne Manuscript n° 1 » précise la forme du serment : « L'un des plus anciens, prenant la Bible, la tiendra présentée, de telle sorte que celui ou ceux qui doivent être faits maçons puissent poser et laisser étendue leur main droite sur elle. La formule du serment sera ensuite lue. » Au Rite Emulation actuel, le candidat est agenouillé et place sa main droite sur le Volume de la Loi Sacrée, tandis que sa main gauche tient un compas dont une des pointes est dirigée contre le sein gauche mis à nu. Lors du prononcé de l'obligation, le Vénérable, de sa main gauche, tiendra le Volume en précisant que la promesse est faite « sur ceci ». Au Rite Ecossais Rectifié - qui a conservé quelque chose de la tradition chevaleresque de la Maçonnerie française des Lumières, parfaitement absente en pays anglo-saxon - le candidat pose sa main sur l'épée nue du Vénérable posée sur la Bible ouverte au premier chapitre de saint Jean. La promesse est faite sur « le Saint Evangile ». Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, le postulant place sa main droite sur les « trois grandes lumières » qui sont sur « l'Autel des Serments, Volume de la Loi Sacrée, Equerre et Compas », tandis que le Grand Expert met une pointe de compas sur son coeur et, « sous l'invocation du Grand Architecte de l'Univers », le postulant « jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie ».

En France, dans les années 1745, d'après le Secret des Francs-Maçons de l'abbé Pérau, le postulant s'agenouillait, le genou droit découvert, la gorge mise à nu, un compas sur la mamelle gauche et la main droite sur l'Evangile, « en présence du Dieu tout-puissant et de cette société ». A noter que le Rite français de 1785 prescrit le serment « sur les statuts généraux de l'Ordre, sur ce glaive symbole de l'honneur et devant le Grand Architecte de l'Univers (qui est Dieu) ».

          Comment la Bible est-elle utilisée en maçonnerie ?

On la trouve d'abord dans l'histoire ou dans la pseudo-histoire de l'ordre - ou du métier de constructeur - qui s'est transmise, en s'affirmant, du XIIIe siècle (et même sans doute auparavant) à nos jours. Ensuite par l'existence de “ légendes ” rattachées à la trame historique biblique, enfin par les “ mots ”. Mais le “ biblisme ” n'est pas seul en cause. Au XVIIIe siècle, il interfère avec la Kabbale que l'on connaissait assez bien depuis la Renaissance, l'alchimie la plus traditionnelle, une tradition d'ésotérisme chrétien qui pouvait remonter au Moyen Age, les légendes chevaleresques imaginées par Ramsay et templières introduites par Hund, la théosophie de Mertinès de Pasquallis et de Claude de Saint-Martin.

Au Moyen Age

Le récit légendaire - c'est-à-dire les “ antiquités ” de l'Ordre - s'est développé à travers les “ Old Charges ” jusqu'à Anderson qui lui a donné sa forme définitive. Le manuscrit “ Regius ” se contente d'Euclide (ce qui prouve qu'il a été rédigé par un clerc) et du roi saxon Athelstan. Le “ Cooke ” est plus complet, fait intervenir l'Ancien Testament, et lui seul, à grands coups d'expressions empruntées à Isidore de Séville ou à Bède le Vénérable et évoque une succession Adam, Enoch, Tubal Caïn, le Déluge, Noé, La Tour de Babel, Abraham (qui apprit la géométrie à Euclide !), David, Salomon. Puis, on passe en France avec Charles II (Charles Martel ou Charles le Chauve) et en Angleterre avec Athelstan.

Bien entendu, le récit fourmille d'anachronismes, mais l'essentiel y est : l'existence du “ métier ” depuis la création du monde, la lignée des Patriarches, leur liaison avec la science profane (ici Euclide), les rois bâtisseurs d'Israël. Après quoi, on passe assez brutalement à la France carolingienne et à l'Angleterre par un saut de plus de 1500 ans ! Or, ce récit du manuscrit Cooke, quelle que soit son incohérence, est le texte de base des “ Old Charges ”. Celles-ci se transmettront jusqu'à Anderson : Adam et sa descendance directe, Noé, la Tour de Babel, Abraham, Salomon sur le plan biblique, Euclide, Charles de France et Athelstan d'Angleterre sur le plan profane. Mais le récit se complétera par l'interférence de l'Arche d'Alliance, des deux colonnes antédiluviennes, du Temple de Zorobabel, et, sur le plan profane, de Pythagore, d'un obscur Naemus Graecus ou Grenatus et des Phéniciens (appelés parfois vénitiens !) qui font la liaison entre Zorobabel et le grand-père de Charlemagne.

Anderson et l'Ancien Testament

Tout ce matériel, dans l'ensemble homogène, devait être mis en oeuvre de façon rationnelle, au moment où la maçonnerie cessait d'être affaire de gens de métier pour devenir affaire de gentlemen qui connaissaient leur Bible et avaient quelque teinture d'humanisme. C'est Anderson qui se chargea de la tâche. Il savait des Ecritures - ce qui est la moindre des choses satisfaisante. Aussi, le révérend a-t-il réalisé un récit cohérent, strictement scripturaire, ne laissant aucune place aux légendes, en harmonie, et avec la “ chronologie ” adoptée par les Eglises anglaises à l'aube du XVIIIe siècle, mais aussi avec ce que l'on savait de l'Orient ancien. Les anachronismes disparaissent, grâce à un cadre de dates précis et relativement exact - au moins depuis la “ vocation ” d'Abraham - et le récit est conduit selon les schémas bibliques d'Adam à Zorobabel. L'“ histoire sainte ” s'arrête au deuxième temple et c'est là une constante des “ Old Charges ” qui font passer le relais de Jérusalem aux Carolingiens comme elles peuvent et d'une manière parfois saugrenue.

Au contraire, le pasteur voit nettement le flambeau passer à l'histoire biblique au monde mésopotamien et grec dont les architectes sont issus en droite ligne de l' “ école de Jérusalem ”, c'est-à-dire des élèves de “ Maître Hiram ” et dont les techniques passèrent ensuite à Rome et à l'Occident. Ezéchiel, le Temple d'Hérode, le Nouveau Testament sont totalement occultés. Le Christ est cependant mentionné comme “ Grand Architecte de l'Eglise ”.

Le Nouveau Testament

La trame de l'histoire légendaire de l'ordre est donc vétéro-testamentaire et le restera. Cependant, le XVIIIe siècle verra s'introduire le Nouveau Testament, essentiellement sous la forme de la Rose-Croix, où, sur les données scripturaires, viennent interférer des éléments de mysticisme luthérien, du Rite écossais rectifié qui s'affirme ouvertement “ maçonnerie chrétienne ”, de quelques hauts grades de la maçonnerie anglo-saxonne ou dans le “ Templarisme ”.

Il est permis de se demander pourquoi le Nouveau Testament est si parfaitement absent dans la légende historique ancienne et très réduit encore de nos jours. Peut-être faut-il faire intervenir le fait que le Nouveau Testament ne compte guère de “ bâtisseurs ” ni de textes permettant la naissance d'une tradition, d'une légende ou d'un rite. Le teknon de Nazareth, Joseph, est bien passif, aucun des apôtres n'était du “ bâtiment ”. La pierre dans le texte est envisagée négativement - Jésus annonce la destruction (Matth., 24, 2 ; Mc 13, 2 ; Lc 21, 6) du temple - ou symboliquement comme corps du Christ (Jn 2, 21) ou comme chrétiens (I Cor. 3, 16, 17 ; II Cor. 6, 16 ; Apoc. 3, 12, etc), sauf lorsque apparait Apoc 21, 1-27) la Jérusalem céleste, d'ailleurs modestement.

Rien en tout cas de comparable avec l'Arche de Noé, le Tabernacle de Moïse et surtout les Temples de Salomon et de Zorobabel. Cette explication nous parâit un peu “ simpliste ”. peut-être pourrions nous faire intervenir je ne sais quelle influence cléricale, plus respectueuse du Nouveau Testament que l'Ancien relayée par le protestantisme, ennemi né de la thèse “ par laquelle les papistes tâchent de maintenir que Dieu a donné puissance à l'Eglise de forger nouveaux articles de foy ” (Calvin). La question mérite, en tout cas, d'être posée.

Les légendes bibliques

Arrivons-en aux “ légendes ”. C'est un des caractères les plus originaux du Craft, caractère qu'il partage avec le compagnonnage, d'insérer, dans la trame même du récit plus ou moins historique, tel qu'il est énoncé par les clercs, de l'anonyme du “ Regius ” au Révérend Anderson, des “ légendes ” para - ou pseudo - bibliques.

Le principe et le développement en sont simples : on prend un personnage mentionné dans la Bible (ou les “ Old Charges ”) et on lui attribue toute une série d'aventures. Mutatis mutandis, ce sont les légendes épiques du Moyen Age : La Chanson de Roland en face d'Eginhard. Bien entendu, aucun frère n'a jamais vraiment cru que l'architecte Hiram avait été tué par les trois mauvais compagnons à qui il avait refusé la maîtrise, ou que Phaleg, l'architecte de la Tour de Babel, saisi de remords, s'était retiré dans les brumes du Brandebourg.

Anderson sait distinguer : il suit la trame de l'histoire biblique et profane, mais ne mentionne nulle part ces légendes dont certaines sont très anciennes mais qui, jugeait sans doute Anderson, n'avaient rien à faire dans un récit sérieux. A peine mentionne-t-il - mais en pouvant s'appuyer sur le prêtre babylonien Bérose et l'historien juif Josèphe - et seulement on note, la légende des “ deux piliers ” édifiés par “ le pieux Enoch ”. Il ne saurait être question dans ces quelques pages de disserter doctement et longuement sur l'origine de ces légendes. Certaines paraissent dater du mitan du siècle, d'autres, issues du monde profane, se sont insérées dans la trame de la progression des grades maçonniques, d'autres, venues du fond des âges, se sont plus ou moins adaptées à ce nouveau milieu, enfin un certain nombre témoignent d'interférences et sont, par conséquent, susceptibles d'interprétations diverses selon l'optique de l'intéressé.

Bien entendu, nous laisserons à l'écart tout ce qui est “ para-maçonnique ”, c'est-à-dire n'a pas cherché à rentrer, ou n'a pas pu rentrer dans l'organisation classique de l'Ordre, par exemple les légendes compagnonniques, celles de la maçonnerie “ du bois ” chère à notre collègue Brengues ou, plus banalement, les peu connus “ Abelites ” voués à l'exaltation du malheureux fils d'Adam.

Source : http://oratoiredulouvre.fr/evangile-et-liberte

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Commentaires sur Phaleg

17 Avril 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

 

 

 

Source : blog Prunelle de Lière

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SCHIBBOLETH

17 Avril 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

ou SIBBOLETH, nom hébreu qui signifie un épi, spira. Après que Jephté eut battu les Ammonites, ceux de la tribu d'Ephraïm, jaloux de cet avantage remporté par les tribus de delà le Jourdain (Jug 12 :6), vinrent en armes dans ce pays et se plaignirent amèrement qu'on ne les eût pas appelés à cette expédition. Jephté leur répondit avec beaucoup de modération. Ce qui n'empêcha pas que les Ephraïmites n'usassent de paroles de mépris envers ceux de Galaad, en leur disant qu'ils n'étaient que des fugitifs d'Ephrern et de Manassé, ou des espèces de bâtards qui n'appartenaient ni à l'une ni à l'autre de ces deux tribus; en un mot, qu'ils étaient des échappés de Joseph, ce qui était très-faux puisque Machir, père de Galaad, était propre fils de Manassé. (Nu XXVI, 29). On doute si ces reproches suivirent ou précédèrent le combat; mais il est certain qu'on en vint à une bataille où ceux de Galaad eurent l'avantage et tuèrent grand nombre d'enfants d'Ephraïm. Après cela ils se saisirent des gués du Jourdain, et lorsque quelqu'un d'Ephraïm, fuyant du combat, venait sur le bord de l'eau et disait à ceux de Galaad : Je vous prie de me laisser passer, ils lui disaient : N'éles-vous pas d'Ephraim? Celui-là répondant que non, ils lui répliquaient : Dites donc : SCHIBBOLETH, qui signifie un épi; mais comme il prononçait sibboleth, ne pouvant bien exprimer la première lettre de ce nom, ils le prenaient et le tuaient sur-le-champ; en sorte qu'il y eut bien quarante-deux mille hommes d'Ephraïm qui furent tués ce jour-là.

Source : http://456-bible.123-bible.com

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Macbénach : Voyage en Orient (Gérard de Nerval)

16 Avril 2012 , Rédigé par Gérard de Nerval Publié dans #fondements bibliques de la FM

 

(...) Le temps était bas, et le soleil, en pâlissant, avait vu la nuit sur la terre. Au bruit des manteaux sonnant l'appel sur les timbres d'airain, Adoniram, s'arrachant à ses pensées, traversa la foule des ouvriers rassemblés ; et pour présider à la paye il pénétra dans le temple, dont il entrouvrit la porte orientale, se plaçant lui-même au pied de la colonne Jakin.

Des torches allumées sous le péristyle pétillaient en recevant quelques gouttes d'une pluie tiède, aux caresses de laquelle les ouvriers haletants offraient gaiement leur poitrine.

La foule était nombreuse ; et Adoniram, outre les comptables, avait à sa disposition des distributeurs préposés aux divers ordres. La séparation des trois degrés hiérarchiques s'opérait par la vertu d'un mot d'ordre qui remplaçait, en cette circonstance, les signes manuels dont l'échange aurait pris trop de temps. Puis le salaire était livré sur l'énoncé du mot de passe.

Le mot d'ordre des apprentis avait été précédemment JAKIN, nom d'une des colonnes de bronze ; le mot d'ordre des autres compagnons, BOOZ, nom de l'autre pilier ; le mot des maîtres JÉOVAH.

Classés par catégories et rangés à la file, les ouvriers se présentaient aux comptoirs, devant les intendants, présidés par Adoniram qui leur touchait la main, et à l'oreille de qui ils disaient un mot à voix basse. Pour ce dernier jour, le mot de passe avait été changé. L'apprenti disait TUBALKAÏN ; le compagnon, SCHIBBOLETH ; et le maître, GIBLIM.

Peu à peu la foule s'éclaircit, l'enceinte devint déserte, et les derniers solliciteurs s'étant retirés, l'on reconnut que tout le monde ne s'était pas présenté, car il restait encore de l'argent dans la caisse.

"Demain, dit Adoniram, vous ferez des appels afin de savoir s'il y a des ouvriers malades, ou si la mort en a visité quelques-uns."

Dès que chacun fut éloigné, Adoniram vigilant et zélé jusqu'au dernier jour, prit, suivant sa coutume, une lampe pour aller faire la ronde dans les ateliers déserts et dans les divers quartiers du temple, afin de s'assurer de l'exécution de ses ordres et de l'extinction des feux. Ses pas résonnaient tristement sur les dalles : une fois encore il contempla ses oeuvres, et s'arrêta longtemps devant un groupe de chérubins ailés, dernier travail du jeune Benoni.

"Cher enfant !" murmura-t-il avec un soupir.

Ce pèlerinage accompli, Adoniram se retrouva dans la grande salle du temple. Les ténèbres épaissies autour de sa lampe se déroulaient en volutes rougeâtres, marquant les hautes nervures des voûtes, et les parois de la salle, d'où l'on sortait par trois portes regardant le septentrion, le couchant et l'orient.

La première, celle du nord, était réservée au peuple ; la seconde livrait passage au roi et à ses guerriers ; la porte de l'Orient était celle des lévites ; les colonnes d'airain, Jakin et Booz, se distinguaient à l'extérieur de la troisième.

Avant de sortir par la porte de l'occident, la plus rapprochée de lui, Adoniram jeta la vue sur le fond ténébreux de la salle, et son imagination frappée des statues nombreuses qu'il venait de contempler évoque dans les ombres le fantôme de Tubal-Kaïn. Son oeil fixe essaya de percer les ténèbres ; mais la chimère grandit en s'effaçant, atteignit les combles du temple et s'évanouit dans les profondeurs des murs, comme l'ombre portée d'un homme éclairé par un flambeau qui s'éloigne. Un cri plaintif sembla résonner sous les voûtes.

Alors Adoniram se détourna s'apprêtant à sortir. Soudain une forme humaine se détacha du pilastre, et d'un ton farouche lui dit :

"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres."

Adoniram était sans armes ; objet du respect de tous, habitué à commander d'un signe, il ne songeait pas même à défendre sa personne sacrée.

"Malheureux ! répond-il en reconnaissant le compagnon Méthousaël, éloigne-toi ! Tu seras reçu parmi les maîtres quand la trahison et le crime seront honorés ! Fuis avec tes complices avant que la justice de Soliman atteigne vos têtes."

Méthousaël l'entend, et lève d'un bras vigoureux son marteau, qui retombe avec fracas sur le crâne d'Adoniram. L'artiste chancelle étourdi, par un mouvement instinctif, il cherche une issue à la seconde porte, celle du Septentrion. Là se trouvait le Syrien Phanor, qui lui dit :

"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres !

- Tu n'as pas sept années de campagne ! répliqua d'une voix éteinte Adoniram.

- Le mot de passe !

- Jamais !"

Phanor, le maçon, lui enfonça son ciseau dans le flanc ; mais il ne put redoubler, car l'architecte du temple, réveillé par la douleur, vola comme un trait jusqu'à la porte d'Orient, pour échapper à ses assassins.

C'est là qu'Amrou le Phénicien, compagnon parmi les charpentiers, l'attendait pour lui crier à son tour :

"Si tu veux passer, livre-moi le mot de passe des maîtres.

- Ce n'est pas ainsi que je l'ai gagné, articula avec peine Adoniram épuisé ; demande-le à celui qui t'envoie."

Comme il s'efforçait de s'ouvrir un passage, Amrou lui plongea la pointe de son compas dans le coeur.

C'est en ce moment que l'orage éclata, signalé par un grand coup de tonnerre.

Adoniram était gisant sur le pavé, et son corps couvrait trois dalles. A ses pieds s'étaient réunis les meurtriers, se tenant par la main.

"Cet homme était grand, murmura Phanor.

-Il n'occupera pas dans la tombe un plus vaste espace que toi, dit Amrou.

- Que son sang retombe sur Soliman Ben-Daoud !

- Gémissons sur nous-mêmes, répliqua Méthousaël, nous possédons le secret du roi. Anéantissons la preuve du meurtre ; la pluie tombe ; la nuit est sans clarté ; Éblis nous protège. Entraînons ces restes loin de la ville, et confions-les à la terre."

Ils enveloppèrent donc le corps dans un long tablier de peau blanche, et, le soulevant dans leurs bras, ils descendirent sans bruit au bord du Cédron, se dirigeant vers un tertre solitaire situé au-delà du chemin de Béthanie. Comme ils y arrivaient, troublés et le frisson dans le coeur, ils se virent tout à coup en présence d'une escorte de cavaliers. Le crime est craintif, ils s'arrêterent ; les gens qui fuient sont timides... et c'est alors que la reine de Saba passa en silence devant des assassins épouvantés qui traînaient les restes de son époux Adoniram.

Ceux-ci allèrent plus loin et creusèrent un trou dans la terre qui recouvrit le corps de l'artiste. Après quoi Méthousaël, arrachant une jeune tige d'accacia, la planta dans le sol fraîchement labouré sous lequel reposait la victime.

Pendant ce temps-là, Balkis fuyait à travers les vallées ; la foudre déchirait les cieux, et Soliman dormait.

Sa plaie était plus cruelle, car il devait se réveiller. (...) le bruit du meurtre d'Adoniram s'étant répandu, le peuple soulevé demanda justice, et le roi ordonna que neuf maîtres justifiassent de la mort de l'artiste, en retrouvant son corps.

Il s'était passé dix-sept jours : les perquisitions aux alentours du temple avaient été stériles, et les maîtres parcouraient en vain les campagnes. L'un d'eux, accablé par la chaleur, ayant voulu, pour gravir plus aisément, s'accrocher à un rameau d'acacia d'où venait de s'envoler un oiseau brillant et inconnu, fut surpris de s'apercevoir que l'arbuste entier cédait sous sa main, et ne tenait point à la terre. Elle était récemment fouillée, et le maître étonné appela ses compagnons.

Aussitôt les neuf creusèrent avec leurs ongles et constatèrent la forme d'une fosse.

Alors l'un d'eux dit à ses frères :

"Les coupables sont peut-être des félons qui auront voulu arracher à Adoniram le mot de passe des maîtres. De crainte qu'ils n'y soient parvenus, ne serait-il pas prudent de le changer?

- Quel mot adopterons-nous ? objecta un autre.

- Si nous retrouvons là notre maître, repartit un troisième, la première parole qui sera prononcée par l'un de nous servira de mot de passe ; elle éternisera le souvenir de crime et du serment que nous faisons ici de le venger, nous et nos enfants, sur ses meurtriers, et leur postérité la plus reculée."

Le serment fut juré ; leurs mains s'unirent sur la fosse, et ils se reprirent à fouiller avec ardeur.

Le cadavre ayant été reconnu, un des maîtres le prit par un doigt, et la peau lui resta à la main ; il en fut de même pour un second ; un troisième le saisit par le poignet de la manière dont les maîtres en usent envers le compagnon, et la peau se sépara encore ; sur quoi il s'écria : MAKBÉNACH, qui signifie : LA CHAIR QUITTE LES OS.

Sur-le-champ ils convinrent que ce mot serait dorénavant le mot de maître et le cri de ralliement des vengeurs d'Adoniram, et la justice de Dieu a voulu que ce mot ait, durant des siècles, ameuté les peuples contre la lignée des rois.

Phanor, Amrou et Méthousaël avaient pris la fuite ; mais reconnus pour de faux frères, ils périrent de la main des ouvriers, dans les États de Maaca, roi du pays de Geth, où ils se cachaient sous les noms de Sterkin, d'Oterfut et de Hoben.

Néanmoins, les corporations, par une inspiration secrète, continuèrent toujours à poursuivre leur vengeance déçue, sur Abiram, ou le meurtrier... Et la postérité d'Adoniram resta sacrée pour eux ; car longtemps après ils juraient encore par les fils de la veuve, ainsi désignaient-ils les descendants d'Adoniram et de la reine de Saba.

Source : http://lesarchivesdesalilus.hautetfort.com/

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Esséniens et Franc-Maçonnerie

8 Avril 2012 , Rédigé par Points de vue initiatiques Publié dans #fondements bibliques de la FM

 

Suivant l'Histoire Mythique des francs-maçons, la Franc-Maçonnerie ne cessa, dès les origines, d'être transmise et pratiquée au cours des âges de l'humanité.

C'est pourquoi, dans les périodes historiques qui nous sont connues, la tentation est grande de rechercher certains maillons de la chaîne, les ancê­tres spirituels en quelque sorte. Ainsi, les Templiers, les Quabbalistes du Moyen-âge, les Gnostiques du début du Christianisme ont-il fait l'objet de telles investigations, sans oublier - plus loin dans le temps - l'enseigne­ment des Temples Egyptiens.

Moins revendiqués, peut-être parce que moins connus, les Esséniens méri­tent d'attirer notre attention. Cette communauté juive qui résidait à Qumran - sur les rives de la Mer Morte - durant le premier siècle avant J.C. et qui fut dispersée quelques années avant la destruction du second Temple de Jérusalem (en 70 après J.C.) nous était connue par divers tex­tes historiques émanant de Philon d'Alexandrie, Flavius-Josephe et Pline l'Ancien.

Ces textes insistaient sur le caractère exceptionnel de la communauté, la sainteté de ses mœurs, le désintéressement total de ses membres et leur pratique assidue de toutes les vertus.

Depuis 1947, les Esséniens sont devenus infiniment célèbres avec la découverte des Manuscrits de la Mer Morte, Manuscrits qui compre­naient, entre autres, des documents internes à la communauté, tels les Hymnes, le Règlement de la Guerre des Fils de la Lumière contre les Fils des Ténèbres et le rouleau de la Règle appelé encore Manuel de Discipline.

Dès lors, l'intérêt est grand pour nous d'étudier les conceptions et les règles de fonctionnement d'une société initiatique au ter siècle avant notre ère.
Société initiatique, le fait est incontestable !

Les membres de la communauté de Qumran ne se contentent pas de prati­quer toutes les vertus ; leur objectif est la connaissance, celle des lois cos­miques et des mystères de la création. A cet effet, un enseignement ésoté­rique leur est dispensé, de manière progressive, suivant l'évolution de leur capacité de réception.

Écoutons, à ce sujet, le rouleau de la Règle (IX - 18 - 19) : «chacun, selon son esprit, selon le moment déterminé du temps, il les guidera dans la Connaissance ; et, pareillement, il les instruira des Mystères merveilleux et véridiques au milieu des membres de la communauté».

Par contre, rien ne doit être révélé aux «hommes de perversion », les pro­fanes extérieurs à la communauté «même au prix de la mort ».

Quant au mode d'enseignement, Philon d'Alexandrie nous avait déjà ren­seigné à son sujet : «le plus souvent, c'est au moyen de symboles que l'enseignement est donné chez eux, suivant une antique méthode de recherche».

Méthode symbolique, enseignement ésotérique, recherche de la connais­sance joints à un travail sur soi-même qui vise à triompher des passions pour atteindre la «liberté véritable» (Philon). Inutile d'insister pour sou­ligner la parenté avec les principes maçonniques !

Les parallèles ne s'arrêtent pas là, mais avant de poursuivre leur énuméra­tion et de parvenir au plus troublant d'entre eux — la conception essénienne du Temple — il convient de signaler deux grandes différences qu'il ne faut pas perdre de vue pour éviter les assimilations hâtives :

- En premier lieu, la communauté des Esséniens a un caractère résolu­ment religieux et l'aspect initiatique, précédemment évoqué, est insépara­ble d'un intense mysticisme dont la Franc-Maçonnerie moderne ne se fait plus l'écho.

- La seconde grande différence est que la notion, essentielle en Franc- Maçonnerie de Tolérance, ne trouve pas de correspondance chez les Esséniens. Hors de la secte, pas de vérité ni de salut !

Ces deux importantes réserves concernant l'aspect religieux et quelque peu sectaire de la communauté étant faites, nous pouvons reprendre l'examen rapide des règles qui la gouvernent.

Toutes les caractéristiques d'une société initiatique s'y retrouvent. Les candidats sont examinés par un Inspecteur et, s'ils sont acceptés, doivent accomplir une année de postulat et deux années de noviciat.

Au terme du noviciat, le candidat est pleinement intégré à la commu­nauté, ses biens sont mêlés à ceux des autres, il acquiert le droit de partici­per au repas commun, ainsi que le droit de donner son avis et de voter.

La cérémonie d'intégration comporte un serment, notamment de ne jamais révéler aux profanes les doctrines internes, sous peine des plus effroyables châtiments si on venait à trahir.

A l'intérieur de la communauté règne une stricte hiérarchie fondée à la fois sur l'ancienneté et sur le mérite, ainsi qu'une discipline rigoureuse. Lors des séances, chacun se lève lorsque son tour est venu de parler et il est rigoureusement interdit d'interrompre un Frère - car c'est aussi le nom qu'ils se donnent - au cours de son intervention.

Les Frères se doivent mutuellement bienveillance, courtoisie, amour réci­proque et entr'aide. Mais il existe aussi un devoir de remontrance, car tous sont solidaires et chacun est responsable du progrès et de l'évolution de l'autre.

Toutes ces règles sont incontestablement très voisines des règles maçonni­ques, mais on pourrait en dire autant à l'égard de nombreuses commu­nautés ou sociétés à caractère initiatique.

Il existe toutefois une parenté, plus troublante que toutes les précédentes, entre les Esseniens et la Franc-Maçonnerie telle que nous la connaissons. Cette parenté réside dans la conception même du Temple et de sa cons­truction.

Pour apprécier cette parenté à sa juste valeur, il faut rappeler qu'à l'épo­que où la communauté de Qumran vécut, le Temple de Jérusalem — lieu vénéré entre tous dans le judaïsme — n'était pas encore détruit. Pourtant, les Esseniens considèrent l'édifice sacré avec méfiance et n'y accomplis­sent pas leurs sacrifices.

Ecoutons Henri Corbin dans son ouvrage « Temple et Contemplation» :
«Face au second Temple désormais souillé et profané et dont elle s'est séparée, la communauté de Qumran a conscience de constituer elle- même, symboliquement, le Nouveau Temple comme Temple Spirituel. Miqdash Adam : la traduction par «temple humain » est déjà éloquente. Celle que propose Gartner est plus précise : «un temple d'hommes », c'est-à-dire un temple consistant en hommes. La communauté comme «maison de Dieu» porte le sceau de l'éternité : le Temple éternel est désormais en voie de réalisation dans la communauté. Les sacrifices offerts dans ce Temple, constitué par les membres de la communauté, sont de nature purement spirituelle»...

Allons plus loin. Les Esséniens reprennent et adaptent le verset célèbre d'Isaïe (28-16) :
«Voici, j'ai mis en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angu­laire de prix, solidement posée ; celui qui la prendra n'aura pas hâte de fuir».

Ainsi que l'indique Henri Corbin : «l'herméneutique Qumranienne met au pluriel «les pierres éprouvées ». Le fondement, posé par Dieu, le rocher, ce sont les vérités que l'Herméneutique de la Torah, la loi juive, révèle à la communauté. Les «pierres éprouvées» sur lesquelles est basée la nouvelle alliance, ce sont les membres de la communauté.

Ainsi, non seulement les Esséniens poursuivent l'idéal de construction d'un Temple éternel, universel, de nature purement spirituelle - ce qui est caractéristique de la Franc-Maçonnerie - mais encore ils utilisaient, pour les hommes appelés à construire ce Temple, le symbolisme - omni­présent en Franc-Maçonnerie - de la pierre brute qui doit être taillée, ce qu'ils nommaient «pierres éprouvées ».

Une remarque sur le symbolisme, si important, de la pierre.

En Hébreu, la pierre se dit Even, mot particulièrement intéressant car on retrouve dans sa composition le mot Av qui signifie «le père» et le mot Ben qui signifie «le fils ». Mot à mot, on peut traduire Even par « fils du père ». ou « fils du principe premier ». Ce qui fait dire aux commentateurs que la pierre représente l'homme conscient de sa filiation divine, l'homme spirituel.

Cette remarque explique en partie la pérennité du symbole de la pierre pour représenter l'homme en voie d'initiation.

L'assemblage des «pierres éprouvées» doit permettre la construction du Temple Universel. Cet idéal de construction puise sans doute son origine à la source même de la tradition judo-chrétienne, dans le livre de la Genèse (II.3).
« Elohim bénit le septième jour et le sanctifia, car en ce jour il se retira de toute l'oeuvre qu'il avait créée pour qu'elle soit faite (traduction de Zohar) ».

Ce verset, très commenté en Quabbale a des conséquences importantes. Il implique qu'Elohim a créé l’œuvre en principe (c'est l'une des traductions du mot Bereschit «au commencement ») qu'il en a tracé les plans, mais qu'elle reste à faire, à construire, suivant la volonté de l'Architecte. Et c'est évidemment la vocation de l'homme, maçon sur le chantier de l'édi­fice en construction.

L'édifice est un Temple, car le Temple est le lieu où doit s'établir la com­munication entre l'homme et Dieu. Il est ainsi sous-entendu que l'établis­sement de cette communication est le but même de la création.

L'originalité des Esseniens — et c'est là leur principale parenté avec la Franc-Maçonnerie — est d'avoir dépassé l'idée de l'existence obligatoire d'un édifice matériel. L'ensemble des hommes composant la commu­nauté représente le véritable Temple éternellement construit par le travail de chaque membre sur lui-même. Et ce Temple a vocation de s'étendre à l'infini par tous les nouveaux volontaires qui viennent rejoindre la com­munauté.

Comme souvent dans les époques troublées, les Esseniens croyaient la fin des temps proche. Le Temple serait bientôt achevé et, dans une sorte d'apocalypse, les fils de la lumière triompheraient définitivement des fils des ténèbres.

Il faut bien reconnaître que, vingt-et-un siècles plus tard, la construction se poursuit toujours et que les ténèbres sont loin d'être dissipées. Toute­fois, le message de Qumran garde sa valeur :
Le Temple de Jérusalem, sur la souillure et la destruction duquel des générations de juifs se sont lamentées est le symbole de la désacralisation de l'homme lui-même considéré comme Temple.

L'Homme, gouverné par ses passions, détournant ses regards du ciel pour se consacrer exclusivement à la Terre, figure le Temple souillé que la pré­sence divine (la Schekinah) a déserté et qui sera détruit.

Par contre, construire le Temple, rétablir la communication entre ciel et terre, c'est faire le Temple en soi, pratiquer l'ascèse initiatique que les Esséniens - il faut bien le dire - ont poussé jusqu'à son ultime perfection.

Vers l'année 63 après J.C., la communauté de Qumran fut dispersée et partit en exil. On retrouve sa trace à Damas, grâce à l'écrit qui fut retrouvé dans une synagogue du Caire et qui porte le titre «Ecrit de Damas ». Puis les Esséniens disparaissent définitivement de l'Histoire que nous connaissons.

Mais, il est évident que leurs enseignements ont survécu.

A travers la Quabbale, c'est certain : ainsi que le note Dupont-Sommer «la secte essenienne, ainsi que certains auteurs l'avaient antérieurement pressenti, semble avoir été le foyer initial de ce mysticisme, de cet ésoté­risme juifs qui connurent au Moyen-Age, notamment avec la Quabbale, d'extraordinaires développements.

Et, à travers la Quabbale, dont l'influence sur l'élaboration des rituels maçonniques est généralement reconnue, c'est probablement la Franc- Maçonnerie elle-même qui véhicule aujourd'hui le message fondamental des Esseniens, vérifiant ainsi la réalité de cette chaîne traditionnelle qui était évoquée tout à l'heure.

Au ler siècle avant notre ère, les hommes de Qumran utilisaient un symbolisme de construction très voisin du symbolisme maçonnique. Sur les rives de la Mer Morte était déjà posé - comme l'exprime l'hymne VI «le fil à plomb de vérité pour contrôler les pierres éprouvées ».

Ces hommes bâtissaient Miqdash Adam «le Temple de l'Homme », cons­cients que l'édifice à construire, suivant les plans de l'Architecte est lié à l'évolution de l'homme par l'effort et la connaissance.

Publié dans le PVI N° 73 - 2éme trimestre 1989

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