Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles avec #fondements historiques de la fm tag

le convent de Wilhelmsbad

31 Août 2005 , Rédigé par texte original Publié dans #fondements historiques de la FM

 

Juillet & Aouft 1782

Nous Grand Maître général, Maîtres Provinciaux, grands Officiers, Préfets & Députés des Chapitres du St\0\ des Chevaliers bienfaifans & des Francmaçons réunis fous le régime rectifié légitimement affemblés en Convent général à Wilhelmsbad près de Hanau pour affermir l'édifice maçonnique confié à nos soins, rectifier les principes & le but de cet Ordre ancien, & réunir fes différentes parties par des liens communs & durables; avons arrêté & ftatué ainsi qu'il fuit.

Convaincus dès les premiers pas de nos travaux, que pour entretenir l'activité entre les diverfes parties de l'Ordre, & établir peu à peu une uniformité de principes, rits, & obligations, il étoit néceffaire, de créer un centre refpectable, où elles viendroient toutes aboutir ; & confidérant que notre régime doit fa confervation aux foins infatigables du Ser.me F.‑. FERDINANDUS a Victoria ( in feculo Duc de Brundvic & Lunébourg) nous n'avons cru pouvoir mieux folemnifer notre reconnoiffance qu’en Le confirmant dans la dignité de Chef fuprême de toutes les r rectifiées, qui Lui a déjà été conférée au convent de Kohlo en 1772. & y ajoutant celle de grand ‑ Maître général de toutes les provinces de l'Ordre des Chevaliers bienfaifans & des Maçons rectifiés, que le voeu unanime de toutes les nations s'eft empreffé de lui offrir ‑ Enjoignons en conféquence à tous les Chapitres, r et frères qui fuivent notre régime, de Lui rendre en cette qualité l'hommage dû aux vertus éminentes dont Il préfente fans ceffe le modèle; Lui avons transmis par un acte folemnel, & exprimant notre confiance entière, 1e droit de convoquero & préfider les Convens générauxet de diriger par le fecours des Maîtres Provinciaux & autres chefs, les divers établiffemens de l'Ordre : & avons reçu en échange de Lui une capitulation, gage des principes fages, qui le dirigeront dans l'adminiftration de l'Ordre, & de la liberté qui doit en animer les travaux. Enjoignons pareillement à tous les établiffemens tant maçonniques que de l'Ordre intérieur de reconnoitre pour fecrétaire général de l'Ordre entier le R\ F\ ab Urna (Schwarz) & d'ajouter foi à tout ce qui fera expédié de fa part, comme chargé de la confiance particulière de l'Eminent.me Grand Maître. Pour faire paffer enfin à la poftérité un monument de notre heureufe réunion fous un Chef commun & refpectable par tant de vertus, nous avons arrêté, qu'il feroit frappé une médaille avec fon bufte & une dévife relative à l'époque fortunée de notre convent.

Un de nos premiers foins s'eft tourné vers l'authenticité du fiftème que nous avons fuivi jufqu'aujourd'hui & le but final, où il doit conduire nos frères.

Après  plufieurs recherches curieufes fur l'hiftoire de l'Ordre des Templiers, dont on dérive celui des Maçons, qui ont été produites, examinées & comparées dans nos conférences, nous nous fommes convaincus, qu'elles ne préfentoient que des traditions & des probabilités fans titres authentiques, qui puiffent mériter toute notre confiance . & que nous n'étions pas autorifés fuffifamment à nous dire les vrais & légitimes fucceffeurs des T\ que d'ailleurs la prudence vouloit que nous quittions un nom, qui feroit foupçonner le projet de vouloir reftaurer un Ordre profcrit par le concours des deux puiffances, & que nous abandonnions une forme qui ne quadreroit plus aux moeurs & aux befoins du fiècle.

En conféquence nous déclarons, que nous renonçons à un fiftème dangereux dans fes conféquences, & propre à donner de l'inquiétude aux Gouvernemens: & que fi jamais quelque Chapitre ou quelque frère formoit le projet de reftaurer cet Ordre, nous le désavouerions comme contraire à la première loi du Maçon, qui lui ordonne de refpecter l'autorité fouveraine. A cet effet & pour décliner à jamais toute imputation finiftre & démentir les bruits femés indifcrettement dans le public : nous avons dreffé un acte foufcrit par nous tous & au nom de nos commettans, par lequel nous confacrons cette détermination fage, & proteftons au nom de tout l'Ordre des Francmaçons réunis & rectifiés devant Dieu & nos frères, que l'unique but de notre affociation eft de rendre chacun de fes membres meilleur & plus utile à l'humanité par l'amour & l'étude de la vérité, l'attachement le plus fincère aux dogmes, devoirs & pratiques de notre fainte religion chrétienne, par une bienfaifance active, éclairée & univerfelle dans le fens le plus étendu & par notre foumission aux loix de nos patries refpectives.

Nous ne pouvons cependant nous diffimuler, que notre Ordre a des rapports réels & inconteftables avec celui des T\ prouvés par la tradition la plus confiante, des monumens authentiques & les hiéroglyphes mêmes de notre tapis: qu'il paroit plus que vraifemblable que l'initiation maçonnique plus ancienne que cet Ordre, a été connue à plufieurs de ces Chevaliers & a fervi de voile à quelques autres au moment de leur cataftrophe pour en perpétuer le fouvenir. En conféquence,et pour fuivre tous les veftiges d'un Ordre, qui paroit à un grand nombre de frères avoir poffédé des connoiffances précieufes,et auquel nous devons la propagation de la fcience maçonnique nous nous fommes crus obligés de conferver quelques rapports avec lui &  de configner ces rapports dans une inftruction hiftorique. & comme nous devons à l'ancien fiftème un plan de Coordination utile & des divifions avantageufes pour maintenir le bon ordre, & qu'en renverfant la forme extérieure de notre gouvernement nous romprions fans motif les liens, qui uniffent les différentes parties ; nous avons arrêté, que ces rapports feroient confervés dans un Ordre équeftre, connu, fous le nom de  Chevaliers bienfaifans & chargé du régime & de l'adminiftration des claffes fimboliques.

Nous avons divifé la réception dans cet Ordre intérieur en deux époques avons arrêté le rituel pour la réception des novices, qui doivent être inftruits des devoirs, dont ils contractent l'engagement, & avons approuvé l'efquiffe du cérémonial de l'armement même des chevaliers, qui reçoivent cette dignité comme récompenfe de leurs efforts dans la carrière de la bienfaisance, qui nous a été préfentée, & dont la rédaction a été confiée au F\ a flumine (de Turkheim). Mais comme quelques Provinces ou Préfectures pourroient avoir quelque raifon particulière, pour ne pas fe fervir de cette dénomination de Chevaliers bienfaifans & de la formule de leur réception, ou être gênés par des circonftances locales, dont nous remettons le jugement à la prudence de notre Éminentiffime G\M\G\; nous voulons & entendons leur laiffer la liberté d'y ajouter les modifications jugées convenables, fans rompre ou altérer pour cela leur union avec l'enfemble de l'Ordre, dont la connexion plus étroite a été un des principaux mobiles de nos travaux.

Avons accordé pareillement aux trois Provinces françoifes, qui depuis leur réforme nationale avoient adopté le titre de Chevaliers bienfaifans de la Cité Sainte, auquel elles attachoient un prix particulier, la liberté de continuer de s'en fervir.

En confervant enfin à cette Chevalerie chrétienne une croix, un habillement uniforme, les noms d'Ordre & la bague pour fe reconnoitre, nous préfcrivons pour les dattes I'ufage de l'Ere du falut & du calendrier réformé, en aboliffant dans les actes celui de l'Ere de l'Ordre établie auparavant.

Notre attention principale s'eft portée fur les rituels des trois premiers grades, bafe commune de tous ceux, qui s'appellent Maçons. Occupés à réunir fous une feule bannière les autres régimes, nous fentions, qu’il étoit impoffible de l’effectuer, fans conferver tous les emblêmes effentiels & en féparer ceux que l’efprit du fiftème y avoit ajoutés.

Pénétrés intimement, que les hiéroglyphes de ce tableau antique & inftructif, tendoient à rendre l'homme meilleur & plus propre à faifir la vérité, nous avons établi un comité, pour rechercher avec le plus grand foin, quels pouvoient être les rituels les plus anciens, & les moins altérés; nous les avons comparé avec ceux arrêtés au Convent des Gaules, qui contiennent des moralités fublimes & en avons déterminé un pour les grades d'Apprentif, Compagnon & Maître, capable de réunir les r divifées jufqu'ici, & qui fe raprochât le plus de la pureté primitive. Nous publions ce travail, & invitons nos r à le méditer & à le fuivre ; permettant aux Provinces, qui auroient des obfervations à y faire, de les communiquer à notre Emment.me G\M\ général d'ici à un an.

& comme dans prefque tous les régimes il fe trouve une claffe Écoffoife, dont les rituels contiennent le complément des fimboles Maçonniques, nous avons jugé utile, d'en conferver une dans le nôtre, intermédiaire entre l'Ordre fimbolique & intérieur; avons approuvé les matériaux fournis par le comité des rituels, & chargé le R\F\ ab Eremo, (WiIIermoz) d'en faire la rédaction.

Nous avons lieu d'efpérer qu'établiffant pour première loi des principes de tolérance pour les autres régimes, & ceux d'une bienfaifance active, éclairée & univerfelle pour caractériftiques du nôtre ; nous obtiendrons la réunion défirée avec tous les bons Maçons : but que nous nous propofons principalement, & déclarons que nous ne reconnoitrons pour fauffes & contraires à la vraie Maçonnerie, que ces ret ces grades dont les principes feroient oppofés à la religion, aux bonnes moeurs & aux vertus fociales.

Malgré que nos r fe foient toujours empreffées d'epfeigner à leurs membres les préceptes de la morale la plus pure & de graver furtout dans le coeur des nouveaux‑reçus les leçons de la fageffe & de la vertu : nous avons cru devoir faire compofer une règle générale pour tous les Maçons, qui leur traçât avec énergie ce qu'ils doivent à Dieu, à leur prochain, à eux‑mêmes, à leurs frères & à l'Ordre en général; nous avons par conféquent adopté une règle, écrite dans les deux langues, pour être lue au Candidat lors de fon initiation, & avons donné pareillement notre fanction à une paraphrafe de cette même règle contenue en neuf articles, pour être foumife à fa méditation ultérieure & être lue quelquefois l'année dans nos r.

et comme les Chevaliers bienfaians fe dévouent plus particulièrement à la défenfe de notre fainte religion, chrétienne, de l'innocence opprimée & de l'humanité fouffrante, & que nos fonds font confacrés à des établiffemens de bienfaifance, nous avons fait rédiger une règle, qui leur expliquât d'une manière plus pofitive leurs engagemens & les principes, qui doivent diriger l'Ordre Equeftre ; voulons & entendons, que cette règle, foit adoptée par tout Chevalier, comme norme de fa conduite dans l'Ordre, & lui foit lue lors de fa réception foit dans l'original latin, foit dans une des traductions.

Le défaut d'un bon code de loix, qui établiffe d'un côté autant d'uniformité qu'il eft poffible entre les différens établiffemens fans trop gêner d'un autre côté les convenances locales, eft caufe des variations & des

fchifmes que l'Ordre des Maçons a éprouvé, jufqu'ici. Nos Convens antérieurs ont déjà fenti la néceffité d'y porter remède, & celui des Provinces françoifes a fourni des efquiffes précieufes : nos vues ont dû s'arrêter fur le même objet: & nous avons vu avec plaifir un plan pour claffer les différentes parties de cette législation, par le F\ a fonte irriguo (de Kortum). Nous en avons difcuté plufieurs principes, & nous les communiquerons à toutes les Préfectures pour faire leurs obfervations fur ce travail. Mais nous aurions prolongé nos féances au delà du tems limité par les occupations civiles de nos députés, fi nous avions voulu en entreprendre la rédaction.

Nous nousfommes donc bornés, à approuver l'introduction à ce code, dans laquelle on fait fentir la néceffité des loix pofitives, les abus & les erreurs, qui jusfqu'ici ont infefté l'Ordre; les moyens de lui rendre fa pureté, & le précis des vues générales de l'Ordre, & des principes, qui doivent diriger la conduite de fes établiffemens & de fes membres. Nous enjoignons aux r de méditer fouvent cette introduction: & eftimons qu'on s'en fervira avec fuccès pour donner aux r d'un régime étranger une idée favorable du nôtre & les amener à la réunion que nous défirons.

Nous avons enfin chargé les FF\ a fonte irriguo, a circulis (Comte de Virieu) a Lilio convallium (Bode) a flumine (de Turkheitn) de la rédaction de ce code; les priant chacun d'en faire deux: dont l'un trace des principes fimples & fondamentaux, qui puiffent convenir à toutes les Provinces; & l'autre foit détaillé & motive les différentes loix générales & locales même, qu'ils croiront les meilleures pour que chaque Province puiffe y puifer à fon choix ce qui lui fera le plus convenable.

Nous comptons envoyer le travail de ces quatre frères. Aux Provinces, & lorfque celles‑ci auront communiqué leurs obfervations fur ces ouvrages, nous remettrons tous ces matériaux au F\ab Equo bellicofo (de Rofskampff) que nous avons défigné comme une perfonne agréable à tous, pour rédiger un feul code général.

Après avoir fixé un centre commun, nous devions nous occuper des parties conftituanteset fupérieures dans l'Ordre & revoir la matricule générale des Provinces qui relèvent immédiatement du grand‑Maître général.

Faisant donc droit fur les demandes du grand Prieuré d'Italie, ci‑devant un des deux grands Prieurés de la Ville accordées depuis plufieurs années par le voeu unanime des Provinces, exprimées vis‑à‑vis du Ser.me F\ a Victoria, nous le séparons du grand Prieuré d' allemagne & y joignant l'Archipel & la Grèce, le proclamons Province du S\ 0\ confidérant en outre, qu'ayant renoncé au fiftème de reftauration de l'Ordre des Templiers, il feroit peu conféquent & peu analogue à cette détermination de conferver l'ancien Ordre de la matricule : nous recevons entre nos mains toutes les grandes charges de l'Ordre annexées jadis aux maîtrifes provinciales, fans qu'aucun membre individuel, de l'Ordre puiffe en être revêtu dorénavant. Abrogeons les anciennes dénominations des Préfectures & Commanderies comme relatives entièrement à l'Ordre des Templiers, déclarons que le nombre des Provinces ne devra pas être borné néceffairement à celui de IX. mais qu'il dépendra des circonftanceset des befoins de l'Ordre; que cependant pour le moment nous ne voyons pas de néceffité de l'augmenter, puifque les deux Provinces qui portoient le nom d'Arragon & de Léon dans l'Ordre, ne font pas en activité, qu'il nous refte peu d'efpoir de porter les établiffemens Maçonniques de la grande Bretagne à une réunion folide & convenable, & que nous croyons devoir déclarer ces trois places vacantes. Partant de ce principe nous affignons le premier rang à celle de la Baffe‑Allemagne, qui portoit jufqu'ici, dans l'Ordre le nom de Vll.e comme à la plus ancienne des reftaurées; confervons à l'Auvergne, l'Occitanie & la Bourgogne leur rang de Il. III. & V. que cette dernière a déclaré expreffément vouloir conferver; accordons le titre de IV. à l'Italie; celui de Vl.e à la haute Allemagne & vû la requête des établiffemens du S\ 0\ dans les états Autrichiens, tendante à être réunis conformément aux voeux de leur Augufte Souverain en une Province, ou corps national, & le confentement des autres Provinces, furtout de celles fpécialement intéreffées, proclamons la Province d'Autriche Vlle dans l’Ordre, la compofant des chapitres de Vienne, Hongrie & Tranfylvanie,et y ajoutant la Préfecture de Prague, & les établiffemens en Gallicie & Lodomérie, appartenans jufqu' aujourd'hui à la I.e Démembrons en outre la Lombardie Autrichienne du reffort de la IV.eet la Flandre Autrichienne de celui de la V.e pour les réunir à cette nouvelle Province. & défirant enfin ménager toutes les voies de conciliation au Chapitre national de la Suède, dont nous ne pouvions reconnoître l'érection en IX.e Province, comme faite fans le concours des autres Provinces; mais confidérant en même tems que la Ruffie, qui devoit faire partie du reffort de la Suède d'après d'anciennes conventions, étoit un pays vafte, réuni fous une fouveraîne puiffante, qui verroit avec peine une dépendance étrangère, & contenant déjà beaucoup d'établiffemens d'ordre prêts à embraffer notre régime, & qui avoient demandé expreffément d'être réunis en Province féparée; nous proclamons la Ruffie VIII.e Province du S\ 0\et laiffons ouvert le rang de IX.e pour le Chap.e de la Suède, qui paroît attacher quelque prix à ce titre & à cette dénominationet avec lequel nous nous emprefferons de renouer les liens de la fraternité dès que des circonftances heureufes nous en préfenteront les moyens.

& comme nous avons adopté le principe, de réunir dans un reffort les établiffemens, qui font fous une même domination du moment que l'autorité fouveraine paroit le défirer; nous faifons droit fur la demande faite au nom du Révérendiffime Maître Provincial & de la IVe Province dite Italie ; pour réclamer la Préfecture de Chambéry, qui avoit jufqu'à ce jour fait partie de la II.e Province.

Les limites, entre les trois Provinces françoifes enfin, ayant été changées par le Convent national des Gaules, nous les rétabliffons dans l'état où elles étoient avant cette époque,furtout entre la Il.eet Ill.e ; invitons la Il.eet V.e à définir les leurs à l'amiable, à recourir en cas de différent à l'arbitrage de S.E.G.M.e G. & furtout la II.e à dédommager la V.e par une répartition plus égale de leur reffort; de la partie confidérable qui vient d'être retranchée à la dernière par les ceffions faites à la Province d'Autriche.

Les Préfectures relèveront immédiatement des Provinces fans inftances intermédiaires des Prieurés ; fi nous défirons d'un côté, que cette forme foit obfervée dans les Provinces nouvellement établies, nous n'entendons pas d'un autre gêner la volonté & les vues locales de celles, qui exiftent déjà fous une autre forme, & accordons nommément à la Il.eet IVe Province la liberté néceffaire de conferver les divifions de leur Provinces en Prieurés, & de fubordonner leurs Préfectures à ceux‑ci.

Ayant déjà conclu avec la r nationale d'Hollande il y a trois ans un traité d'union & de fraternité, qui a été fuivi peu après de l'établiffement d'un Chap.e à La Haye, nous avons admis le Député de ce Corps natio­nal à nos conférences, & celui‑ci nous ayant expofé le voeu du Chap.e des Bataves, de devenir grand Prieuré de la VI.e ayant fon Directoire & fon Chapitre féparé de celui de la haute Allemagne, & immédiatement foumis au Ser.e M.e Provincial, fans l'intervention d'un Chap.e Provincial: nous élevons ledit Chapitre des Bataves de l'avis & de confentement du Sen.e F\ a Leone réfurgente, Maître Provincial de la VI.e (Prince Charles de Heffe ‑ Caffel) & de fon conclave Provincial, en grand Prieuré exemt; & reconnoiffons pour grand Prieur le Ser.e F\ Fridericus a feptem fagittis (Prince Frédéric de Heffe-Caffel.)

Les FF\ de la Pologne nous ayant fait une demande pareille par le F\ a fonte irriguo leur Député ; nous n'avons pas encore cru leurs établiffemens confolidés fuffifamment pour pouvoir y déférer, & les retenons encore quant à préfent fous le Chap.e Provincial de la I.e mais en même tems nous avons ftatué, qu'en cas que plufieurs établiffemens réunis fous une feule domination, jaloufe de leur indépendance, nous demandaffent une exiftence féparée, & qu'il n'y eut pas encore un nombre de Chapitres convenable, pour être érigés en Province, ou que d'autres motifs s'y oppofaffent; on pourra leur accorder le rang & titre de grand Prieuré exemt, immédiatement, foumis à notre G\ M.e Général.

Quant au G. Prieuré d'Helvétie, nous entendons, que le concordat, qui a été fait entre lui & notre Chap.e provincial de la V.e foit exécuté & maintenu, & que les établiffemens Maçonniques de la Suiffe jouiffent des exemtions, qui leur y font affurées, en continuant de reconnoître le Maître & Chap.e Provincial de la V.e pour leurs fupérieurs.

Rien ne nous tenant à coeur autant que de faire régner la concorde & la bonne harmonie entre les différens établiffemens d'une même Province, nous voyons avec peine la mésintelligence, qui divife depuis plufieurs années les deux Prieurés de Bordeaux & de Montpellier dans la III.e Prov.e. La médiation de notre Em.e G. M. Général & des II.eet V.e Provinces ayant été infructueufes jufqu'ici, nous efpérions les terminer en ce Convent à la fatisfaction commune ; mais le Chap.e de Bordeaux n’ayant pas répondu à l'invitation de comparoître en Convent, celui de Montpellier a réclamé nos confeils fraternels & un arrêt conciliatoire, quoique définitif fur, les limites, privilèges & rapports de ces deux r ; nous les invitons donc à fe rapprocher & à oublier le paffé . chargeons les FF\ a circulis & a Capite Galeato (Marquis de Chef de bÏen) d'interpofer à cet effet leurs bons offices : autorifons le Chap.e de Montpellier à exercer d'ici à la fin de 1783 dans tout le reffort de son Prieuré, & paffé cette époque, dans tout celui de la IlI.e Prov.e tous les droits des fupérieurs, jufqu'à ce que le Cha.e de Bordeaux accède aux arrêtés de ce convent, & approuve ce que Montpellier aura fait dans l'intervalle : avertiffons le Chap.e de Bordeaux de ne pas procéder à une élection d'un Maître Provincial fans le concours de celui de Montpellier, & autorifons ce dernier paffé le 1er  janvier 1784 d'y procéder feul en cas que Bordeaux ne fe foit pas mis en règle d'ici à ce terme : entendons enfin qu'en cas de formation du nouveau Chap.e Provincial on partage les charges entre les deux Prieurés & qu'un commiffaire de S. E. le G.M.e G. y affifte la première fois, pour y remplir les fonctions de médiateur.

S\E\ le G. M. G. ayant trouvé convenable pour le bien. de la I.e Province, que fon Directoire foit transféré de Brunsvic ,  nous propofons aux grands Officiers & Préfectures, de l'établir à Weymar vû la fûreté dont on y jouiroit pour les archives. Transférons pareillement de l'avis & voeu du Maître Provincial & du Chap.e de la VI.e le Directoire de la haute Allemagne de Meinungen à Heidelberg, & en proclamons Préfident le R\ F\ a Tumba Sacra (Baron de ‑DablBerg). Sur la demande faite au nom des FF\et r du Palatinat & accueillie favorablement par la VI.e Province, nous proclamons en fon nom la Préfecture du Palatinat: reconnoiffons pareillement fur le confentement de la I.e Province le Chapitre Prépofitural de Brémen comme Préfecture exemte : & érigeons enfin de l'exprès confentement du Révérendiffime M.e Provincial du Chap.e Provincial & Vifiteurteur général de la V.e la Commanderie du S\ 0\ à Metz en Préfecture régulière, fauf à la faire inftaller légalement par un Commiffaire de la Province.

Pour affurer le bon ordre dans nos ret en voir épurer de plus en plus la compofition, nous avons dès actuellement fixé quelques principes, qui doivent entrer dans le nouveau code. Nous établissons donc les r Écoffoifes compofées des Écoffois de l’arrondiffementet préfidées par le Commandeur de maifon Député‑Maître, comme Infpectriceet première inftance des r bleues ou fimboliques; n'accordant aux Écoffois d'autre prérogative en r bleue que celle des Maîtres, à moins qu'ils foient officiers de la r lefquels formeront un Comité à la demande des Vénérables pour préparer les affaires à délibérer par devant les r.

Fixons dorénavant le nombre effentiel de ceux‑ci à fept, favoir le Vénérable, les deux Surveillans, l'Orateur, le Secrétaire, le Tréforier & Éléemofinaire, auxquels chaque r pourra adjoindre un Maître des Cérémonies & un Économe ; enjoignons aux r de ne recevoir aucun Candidat au deffous de 21 ans accomplis, & prouvé par extrait baptiftaire: en faifant remife d'un an à ceux qui feront préfentés par leurs pères, membres de la r ; mais en n'accordant aucune difpenfe & exigeant que jufqu'à l'âge de 25 ans on rapporte le confentement du père, à moins que le fils ne foit émancipé, & pour ne pas multiplier à volonté les réceptions & borner le nombre des membres par r nous faifons la loi expreffe, que jamais aucune r ne pourra être compofée de plus de 54 frères & que du moment que ce nombre fera rempli, on ne puiffe recevoir qu'en cas de vacance.

Nous avons enfin arrêté, qu'au défaut du Vénérable Maître, la r ne foit pas préfidée par l'Ex‑maître, mais que le droit de Préfidence foit alors dévolu au 1er  Surveillant & que celui ‑ là rentre du moment de la ceffation de fes fonctions, dans la claffe des Écoffois & ne conferve d'autre prérogative que celle de porter à la boutonnière une petite marque, de fon ancienne dignité.

& comme enfin nous fommes plus jaloux de perfuader que de contraindre, & que nous repofant tranquillement fur la bonté de nos intentions, nous n'avons eu d'autre but que celui d'épurer notre régime & d'y réunir tous les frères, qui font animés de l'amour du bien; nous n'avons pas jugé convenable d'exiger une acceptation pure & fimple de nos Chapitres mais nous leur laiffons la liberté d'examiner d'ici à la fin, de 1783 nos opérations & de déclarer au bout de ce terme, s'ils veulent en acceptant le travail du Convent continuer d'adhérer à notre régime, ou s'ils préfèrent de s'affocier à tel autre. Nous ne craignons pas d'avancer que celui qui fera fondé fur les bafes les plus folides & qui enfeignera avec le plus de fuccés les vérités religieufes & morales, & les vertus fociales & patriotiques; préfentera les moyens les plus efficaces pour exercer la bienfaifance dans toute fon étendue, devra néceffairement entraîner la confiance de tous ceux, qui favent apprécier ces avantages.

NousGrand Maître général & membres Capitulaires du Convent réitérons & déclarons, que ces arrêtés font conformes aux délibérations générales & doivent guider les Chapitres & les r auxquelles ils feront duement infinués par les Directoires Provinciaux.

En foi de quoi nous les avons tous figné de notre nom.

Fait à Vilhelmsbad le I.er septembre 1782

               

 

Lire la suite

déclaration de Cagliostro

8 Juin 2005 , Rédigé par Cagliostro Publié dans #fondements historiques de la FM

« Je ne suis d'aucune époque ni d'aucun lieu ; en dehors du temps et de l'espace, mon être spirituel vit son éternelle existence et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j'étends mon esprit vers un mode d'existence éloigné de celui que vous percevez, je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l'Etre absolu, je règle mon action selon le milieu qui m'entoure.

Mon nom est celui de ma fonction et je le choisis, ainsi que ma fonction, parce que je suis libre ; mon pays est celui où je fixe momentanément mes pas.  Datez-vous d'hier, si vous le voulez, en vous rehaussant d'années vécues par des ancêtres qui vous furent étrangers ; ou de demain, par l'orgueil illusoire d'une grandeur qui ne sera peut-être jamais la vôtre ; moi, je suis Celui qui Est.

Je n'ai qu'un père : différentes circonstances de ma vie m'ont fait soupçonner à ce sujet de grandes et émouvantes vérités ; mais les mystères de cette origine, et les rapports qui m'unissent à ce père inconnu, sont et restent mes secrets ; que ceux qui seront appelés à les deviner, à les entrevoir comme je l'ai fait, me comprennent et m'approuvent.  Quant au lieu, à l'heure où mon corps matériel, il y  a quelque quarante ans, se forma sur cette terre ; quant à la famille que j'ai choisie pour cela, je veux l'ignorer ; je ne veux pas me souvenir du passé pour ne pas augmenter les responsabilités déjà lourdes de ceux qui m'ont connu, car il est écrit : "Tu ne feras pas tomber l'aveugle." Je ne suis pas né de la chair, ni de la volonté de l'homme ; je suis né de l'esprit.  Mon nom, celui qui est à moi et de moi, celui que j'ai choisi pour paraître au milieu de vous voilà celui que je réclame.

Celui dont on m'appela à ma naissance, ce qu'on m'a donné dans ma jeunesse, ce sous lesquels, en d'autres temps et lieux, je fus connu, je les ai laissés, comme j'aurais laissé des vêtements démodés et désormais inutiles.

Me voici : le suis Noble et Voyageur ; je parle, et votre âme frémit en reconnaissant d'anciennes paroles ; une voix, qui est en vous, et qui s'était tue depuis bien longtemps, répond à l'appel de la mienne ; j'agis, et la paix revient en vos coeurs, la santé dans vos corps, l'espoir et le courage dans vos âmes.  Tous les hommes sont mes frères ; tous les pays me sont chers ; je les parcours pour que, partout, l'Esprit puisse descendre et trouver un chemin vers vous. Je ne demande aux rois, dont je respecte la puissance, que l'hospitalité sur leurs terres, et, lorsqu'elle m'est accordée, je passe, faisant autour de moi le plus de bien possible ; mais je ne fais que passer.  Suis-je un Noble Voyageur ?

Comme le vent du Sud, comme l'éclatante lumière du Midi qui caractérise la pleine connaissance des choses et la communion active avec  Dieu, je viens vers le Nord, vers la brume et le froid, abandonnant partout à mon passage quelques parcelles de moi, me dépensant, me diminuant à chaque station, mais vous laissant un peu de clarté, un peu de chaleur, un peu de force, jusqu'à ce que je sois enfin arrêté et fixé définitivement au terme de ma carrière, à l'heure où la rose fleurira sur la croix. Je suis Cagliostro.

Pourquoi vous faut-il quelque chose de plus ? Si vous étiez des enfants de Dieu, si votre âme n'était pas si vaine et si curieuse, vous auriez déjà compris !

Mais il vous faut des détails, des signes et des paraboles. Or, écoutez ! Remontons bien loin dans le passé, puisque vous le voulez.

Toute lumière vient de l'Orient ; toute initiation, de l'Égypte ; j'ai eu trois ans comme vous, puis sept ans, puis l'âge d'homme, et, à partir de cet âge, je n'ai plus compté. Trois septénaires d'années font vingt et un ans et réalisent la plénitude du développement humain. Dans ma première enfance, sous la loi de rigueur et justice, j'ai souffert en exil, comme Israël parmi les nations étrangères.

Mais, comme Israël avait avec lui la présence de Dieu, comme un Metatron le gardait en ses chemins, de même un ange puissant veillait sur moi, dirigeait mes actes, éclairait mon âme, développant les forces latentes en moi.  Lui était mon maître et mon guide.

Ma raison se formait et se précisait ; je m'interrogeais, je m'étudiais et je prenais conscience de tout ce qui m'entourait ; j'ai fait des voyages, plusieurs voyages, tant autour de la chambre de mes réflexions que dans les temples et dans les quatre parties du monde ; mais lorsque je voulais pénétrer l'origine de mon être et monter vers Dieu dans un élan de mon âme, alors, ma raison impuissante se taisait et me laissait livré à mes conjectures. Un amour qui m'attirait vers toute créature d'une façon impulsive, une ambition irrésistible, un sentiment profond de mes droits à toute chose de la Terre au Ciel, me poussaient et me jetaient vers la vie, et l'expérience progressive de mes forces, de leur sphère d'action, de leur jeu et de leurs  limites, fut la lutte que j'eus à soutenir contre les puissances du monde ; je fus  abandonné et tenté dans le désert ; j'ai lutté  avec l'ange comme Jacob, avec les hommes et avec les démons, et ceux-ci, vaincus, m'ont appris les secrets, qui concernent l'empire des ténèbres pour que je ne puisse jamais m'égarer dans aucune des routes d'où l'on ne revient pas.

Un jour après combien de voyages et d'années le Ciel exauça mes efforts : il se souvint de son serviteur et, revêtu d'habits nuptiaux, j'eus la grâce d'être admis, comme Moïse, devant l'Eternel. Dès lors je reçus, avec un nom nouveau, une mission unique. Libre et maître de la vie, je ne songeai plus qu'à l'employer pour l’œuvre de Dieu. Je savais qu'il confirmerait mes actes et mes paroles, comme je confirmerais son nom et son royaume sur la terre.  Il y a des êtres qui n'ont plus d'anges gardiens ; je fus de ceux-là.

Voilà mon enfance, ma jeunesse, telle que votre esprit inquiet et désireux de mots la réclame ; mais qu'elle ait duré plus ou moins d'années, qu'elle se soit écoulée au pays de vos pères ou dans d'autres contrées, qu'importe à vous ? Ne suis-je pas un homme libre ? jugez mes mœurs, c'est-à-dire mes actions ; dites si elles sont bonnes, dites si vous en avez vu de plus puissantes, et, dès lors, ne vous occupez pas de ma nationalité, de mon rang et de ma religion.

Si, poursuivant le cours heureux de ses voyages, quelqu'un d'entre vous aborde un jour à ces terres d'Orient qui m'ont vu naître, qu'il se souvienne seulement de moi, qu'il prononce mon nom, et les serviteurs de mon père ouvriront devant lui les portes de la Ville Sainte. Alors, qu'il revienne dire à ses frères si j'ai abusé parmi vous d'un prestige mensonger, si j'ai pris dans vos demeures quelque chose qui ne m'appartenait pas ! »

 

 

 

Lire la suite

la bataille de Clontarf(Order of Eri)

22 Mai 2005 , Rédigé par E Buyck Publié dans #fondements historiques de la FM

Contexte historique
Depuis 1012, les seigneurs de l’Irlande du nord n’ont de cesse de se révolter contre l’autorité du grand roi d’Irlande, Brian Boru du Dal Cais. Grand « pacificateur » du pays et premier roi à mettre en œuvre une politique et un gouvernement digne d’une grande nation. Brian est obligé de régler par les armes les différents soulèvements qui secouent le nord du pays. Les Danois et autres vikings installés dans le royaume ont été maîtrisés et éliminés. Seuls restent dans la le nord, des commerçants et des artisans vikings qui ne représentent pas une grande menace.
C’est à cette époque que Mael Morda, roi illégitime du Leinster et beau-frère de Brian, se confond avec Sygtrygg « Barbe de soie », roi des vikings de Dublin, afin d’élaborer une rébellion contre Brian Boru. En effet, le roi du Leinster à besoin du soutien des vikings d’Irlande pour que son plan d’insurrection réussisse, car ceux-ci ont gardés des contacts avec la mère patrie, d’où il sera facile d’attirer des mercenaires et autres aventuriers pour se joindre à la révolte.
A l’Hiver 1013, Brian Boru prend connaissance de cette alliance dangereuse pour l’Irlande et il se prépare immédiatement, en levant toutes les troupes disponibles des régions d’Irlande encore soumises à son autorité. Il fait aussi appel à des vikings Christianisés qui lui sont restés fidèles
Pendant ce temps là, Sygtrygg bat le rappel de ses alliés nordiques, restés au pays. Les seigneurs Sigurd d’Orkney et Brodir de Man répondent présent à l’appel si généreux du roi du Leinster. En effet, ce dernier promet beaucoup de choses afin d’attirer tous les aventuriers des pays nordiques : des terres, des esclaves et toutes autres richesses à prendre à l’ennemi.
Les deux armées se rencontrent à Clontarf, un Vendredi Saint, le 23 Avril 1014. L’armée Irlandaise de Brian Boru se trouve face à l’armée des coalisés, qui lui barre le passage vers Dublin où se trouve le prudent Sygtrygg.
Le champ de bataille est idéal pour une telle confrontation. Le flanc droit de l’armée viking repose sur la baie de Dublin, où les navires attendent le résultat de la rencontre. Des hauteurs se trouvent sur le flanc gauche.

Les forces en présence
La particularité de cette bataille, est que l’on trouve des vikings dans chaque camp.
Brian Boru a le soutien de vikings d’Irlande récemment christianisé, alors que Mael Morda, via son allié Sygtrygg, fait appel à tous les mercenaires vikings de l’outre mer, lesquels sont placés sous le commandement du Earl Sigurd d’Orkney, le possesseur du fameux étendard magique, le corbeau noir.
Il est à noter que ces vikings mercenaires sont très bien équipés, notamment en cottes de mailles.
Quelque soit le camp choisi, toute l’Irlande va se retrouver à Clontarf pour régler le sort du royaume dans un bain de sang.
Qu’ils soient du Meinster, du Leinster, de Tara, de Dublin, de Connacht, etc….tous sont venus pour défendre leur cause.
On y trouve aussi des écossais, des celtes nordiques comme les Gael Gaedhil et même quelques guerriers du continent.

La difficulté de la reconstitution de ce style de bataille est que les sources divergent même pour les noms des chefs de guerre : il existe des variations sur l’orthographe ou sur la localisation dans la bataille.
Idem pour le placement des troupes dans la ligne de bataille. Par exemple, le commandement des vikings de Dublin revient au Earl Dubhgall pour une source alors qu’une autre, donne les noms de Dolat et Conmael. De même Brodir peut s’appeler Broder ou Brodar selon la source. C’est encore pire pour les noms Irlandais car là, il faut tenir compte du celte et de sa prononciation pour l’orthographier plus ou moins proprement.

Placement des troupes
Brian Boru divise son armée en 3 divisions dont une composée principalement de vikings. On place à l’arrière un allié pas très fiable, le roi Malachi de Meath, dont on doute de la fidélité car on le soupçonne d’avoir entretenu des contacts avec l’armée adverse. Il faut dire aussi, que c’est Brian Boru qui a déposé Malachi de son titre de grand roi d’Irlande pour lui prendre sa place. On comprend mieux, le manque de motivation du roi de Meath. Comme nous sommes un Vendredi Saint, Brian Boru de prendra pas part à la bataille, afin de pouvoir prier. C’est son fils, Murchad Boru qui gérera l’affaire à sa place. L’armée ennemie, se divise elle aussi en 3 divisions dont une regroupant les forces des rebelles Irlandais du roi Mael Morda. Les vikings de Dublin se placent à gauche alors que les mercenaires de Sigurd d’Orkney sont sur la droite proche du rivage de la baie de Dublin où se trouvent le camp et les drakkards.

La bataille
L’engagement est violent et personne ne fait dans le détail. L’Irlande est à prendre et c’est celui qui aura fait preuve de son courage qui pourra l’obtenir. Les sagas (celtes ou nordiques) raisonnent encore des hauts faits d’armes des guerriers présents à Clontarf.
Murchad Boru emmène les troupes irlandaises au contact et sa bravoure personnelle, renforce l’ardeur de ses hommes. Armé d’une épée dans chaque main, Murchad pourfend tous les adversaires qu’il rencontre. Suivis par la noblesse d’Irlande, Murchad se trouve partout et il bouscule les lignes adverses. Son propre fils, âgé de 15 ans, prend part à la bataille avec autant de courage que les nobles guerriers. Les vikings ne sont pas en reste et les grandes haches font un ravage dans les rangs ennemis. Au cours de la mêlée, Brodir de Man rencontre Wolf le Querelleur, lequel le touche par deux fois avec sa lourde hache. Brodir ne doit la vie qu’en se faufilant dans les lignes ennemies, accompagné par ses gardes du corps.
Au centre, Le rebelle Mael Morda est aux prises avec les guerriers du Meinster et il les repousse. Sigurd d’Orkney vient le renforcer en plongeant dans la bagarre avec ses housecarles et son étendard magique le « Corbeau noir ».
La légende veut que le porteur de l’étendard le « Corbeau noir » ne survive pas à la bataille. Et plusieurs fois, le guerrier qui le porte est tué et son remplaçant aussi.
Ainsi, Sigurd propose au chef Icelandais Thorstein de tenir l’étendard. Ce dernier refuse et s’écarte. Sigurd ne pouvant laisser le « Corbeau noir » sans protection, décide de le tenir lui même. Il meurt peu après de la main même de Murchad Boru. La légende est vérifiée (1).
Les assauts répétés de Murchad font plier les troupes de Brodir dont l’absence au sein des combats se fait de plus en plus ressentir.
Les vikings de Man n’en peuvent plus et rompent le combat. Malgré toute sa bravoure, Murchad Boru commence à se fatiguer et il se fait surprendre par un chef Norvégien, Anwur ou Eric selon les sources. Ce dernier lui inflige une blessure grave mais Murchad a encore assez de force pour couper en deux son adversaire, avant de s’écrouler à terre. Il meurt le lendemain de ses blessures.
Les rebelles irlandais du Leinster, se retrouvent isolés face à l’armée du grand roi.
Mael Morda n’a plus qu’à se replier s’il ne veut pas se faire envelopper par les ailes ennemies. il n’y a plus de ligne de front et les combats sont devenus sporadiques.
La fatigue gagne les rangs et les blessés s’accumulent. Une fois rallié, les guerriers du Meinster repartent à l’attaque des rebelles.
Cette contre-attaque permet de conclure la journée par un ultime massacre entre guerriers irlandais. Mael Morda et de nombreux chefs des deux camps se font tuer sur place.
A l’aile gauche des vikings, les vikings de Dublin affrontent ceux de Manx qui se battent pour Brian Boru et l’Irlande. Là aussi, le combat est violent et l’armement lourd des vikings aggrave les dégâts. Petit à petit, les vikings de Dublin sont amenés à se retirer de la mêlée. La défaite de leurs alliées irlandais entraîne le repli général des vikings de Dublin.
Sur l’aile droite viking, les hommes de Sigurd d’Orkney doivent eux aussi admettre le résultat des combats : Leur chef est mort en défendant l’étendard magique le « Corbeau Noir ».
Il n’y a plus d’espoir et ils refluent vers leurs navires qui les attendent sur la rive de la baie de Dublin. Ils sont suivis en cela par les hommes de Brodir qui cherchent, eux aussi, à éviter l’encerclement.
La poursuite s’accompagne encore une fois d’un massacre. Le fils de Murchad Boru, Tordelhbach, y perdra la vie en poursuivant jusque dans l’eau, deux danois qui voulaient rejoindre un navire.
Pendant ces événements, Brodir de Man a su se faire oublier, en restant à l’abri d’un petit bois. De là, il a réussit à localiser la position de Brian Boru et des quelques gardes du corps qui l’entourent. Occupé à prier, Brian a juste le temps de prendre son épée avant de se faire tuer par Brodir en personne.
Brian est décapité sur le coup. Brodir ne profitera pas longtemps de sa victoire car il se fait intercepter un peu plus tard par des guerriers irlandais, rendu furieux par la mort du grand roi. Wolf le querelleur décide alors de mettre à mort Brodir en lui prodiguant un châtiment généralement réservé aux lâches. Il est éventré et ligoté à un arbre avec ses propres intestins et on laisse ainsi attendre la mort.
Sur la fin de la bataille, le roi Malachi et ses hommes s’approchent vers la ligne de front afin de participer à la curée. Toujours prudent, Malachi ne s’engage à prendre parti qu’une fois que le sort de l’Irlande est bien défini. Elle restera au mains des irlandais.

Résultat
Elle scelle le sort de l’Irlande avec le sang de la noblesse irlandaise. Parmi les morts, se trouvent des rois (Brian Boru, Mael Morda…), des princes (Murchad Boru et son fils ainsi que d’autres fils de brian) et un grand nombre de valeureux guerriers. On estime à 1600/4000 hommes les pertes des irlandais. Les pertes vikings monteraient jusqu’à 6000 hommes. La présence viking en Irlande est éradiquée pour longtemps. Ils s’attaqueront désormais à l’Ecosse et à l’angleterre.
Les vikings restés en Irlande sont absorbés au sein de la population de l’île. Seul roi encore capable d’asseoir son autorité, Malachi de Meath réclame le trône et succède à Brian Boru pour diriger la grande Irlande.

 

 

 

Lire la suite

la bataille de Bannockburn(grades templiers)

22 Mai 2005 Publié dans #fondements historiques de la FM

 

 

 

 Six mois après l´exécution de Wallace, le 11 février 1306, Robert Bruce tue son rival pour le trône d´Ecosse, John Comyn. Il se fait couronner roi le 25 mars. Edouard déclenche aussitôt la levée de son armée du Nord. Une avant-garde anglaise rencontre l´armée de Bruce et la met en fuite. Sa tête mise à prix, il vit comme un fugitif. PLus intéressés par l´appât du gain que par le sort de leur pays, les barons écossais sont eux aussi un danger pour de Bruce. Marginalisé, il devient comme Wallace avant lui le héros d´une Ecosse qui veut s´affranchir de la domination anglaise.

Le 6 juillet 1307, Edouard Ier meurt alors qu´il est encore en expédition en Ecosse. Sur son lit de mort, il fait promettre à son fils de finir la campagne et de toujours faire porter son cercueil en avant de son armée, afin que les Ecossais aient une image de leur vainqueur. Mais Edouard II n´est pas du même métal que son père. Il saisit le prétexte des funérailles pour rentrer à Londres. On peut penser que s´il avait achevé la campagne de son père, il aurait pu alors capturer facilement de Bruce, aux abois.

Sa situation reste quand même précaire. La majorité des châteaux d´Ecosse sont aux mains des Anglais. Bruce déclenche la guérilla et reprend peu à peu possession de ses terres. En 1310, Edouard II lance une expédition mais, victime de la terre brûlée pratiquée par Robert, il se replie sur Berwick. Edouard veut alors recommencer. Mais ses officiers ne voient pas en lui un chef de guerre entraînant et refusent. Robert Bruce est alors mis en confiance. Il lance des raids de plus en plus audacieux et en 1313, il contrôle Stirling.

L´affrontement est inévitable, Edouard II rassemble une vaste armée : 2 à 3000 chevaliers, 20 000 archers et guerriers et une importante masse de piétaille paysanne.
Le 23 juin 1314, les troupes d´Edouard II arrivent dans la région de Stirling, sans rencontrer d´opposition jusqu´à la rivière Bannock. De son côté, Robert Bruce a rassemblé 5000 guerriers solides plus une piétaille hétérogène, à peine le quart des effectifs anglais. La force de l´armée écossaise, ce sont les schiltrons, une masse carrée de piquiers entraînés à rester en parfaite cohésion et à n´obéir qu´aux ordres de leurs chefs. Ils savent utiliser la moindre faille dans l´attaque de leurs adversaires.
Bruce déploie son armée en trois parties de deux schiltrons chacune. Douglas commande l´aile gauche, Randolf le centre et Edouard Bruce (son frère) la droite. Un petit contingent de cavalerie, sous les ordres de sir Keith, est placé en arrière et à droite du dispositif général. La réserve, cachée des yeux adverses, est commandée par de Bruce. Anticipant une charge de cavalerie lourde sur l´aile gauche, Robert ordonne de préparer en avant de cette position des pièges, des fossés et des pieux pour la briser.

 

Il ne s´est pas trompé. Une fois encore, les jeunes chevaliers anglais chargent la ligne adverse. Au cours de cette charge, le comte Humphrey de Bohun trouve  Bruce en pleine inspection de ses premières lignes et le provoque en duel. Le combat tourne à l´avantage de l´Ecossais, qui pourfend en deux son adversaire et reprend sa place dans la réserve. Au même moment Clifford et de Beaumont, à la tête de 700 cavaliers, pénètrent le flanc est écossais qui se replie. Ce contingent se place donc entre le château de Stirling et Bruce ; conscient qu´il ne peut réduire la brèche, il préfère la laisser se faire encercler puis anéantir. De son côté plutôt que de se replier, Clifford préfère continuer à charger. Il est finalement tué et ses forces se dispersent. La nuit arrive, les opérations s´arrêtent, chacun campe sur ses positions. Robert Bruce décide de jouer le tout pour le tout et d´accepter une seconde journée de bataille.

Le 24 juin au matin, Edouard demande au comte de Gloucester de mener la charge générale. La fine fleur de la chevalerie écossaise vient s´empaler sur les piques écossaises. Les archers gallois tentent alors de tirer par-dessus leurs troupes. Mal ajusté, le tir s´abat au-delà des schiltrons soit pire encore, sur les premières lignes anglaises ! Bruce fait progresser ses unités régulièrement, obligeant les Anglais à reculer. Les archers gallois n´ont pas le temps de riposter, ils sont culbutés par une charge de la cavalerie écossaise. Enfin, Robert mène la réserve qui achève la déroute de l´armée anglaise. Edouard II s´enfuit, n´arrêtant sa course qu´à l´abri des remparts du château de Dunbarr...
Gloucester, 6 barons, 200 chevaliers et des milliers de soldats anglais sont morts. Le comte Angus de Heresford, 70 chevaliers sont capturés, la victoire écossaise est totale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire la suite
<< < 1 2