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Hauts Grades

Articles avec #forces speciales tag

le Commando Hubert

12 Juillet 2014 Publié dans #Forces spéciales

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En cette veille de défilé militaire il est juste d’évoquer l’élite des Forces Spéciales Françaises, le Commando Hubert.

Basé dans le port du Canier sur la presqu'île de Saint-Mandrier (Var), le Commando d'Action Sous-Marine (CASM) Hubert est spécialisé dans l'action sous-marine. Héritier des unités de la France libre créées pendant la seconde guerre mondiale en Grande-Bretagne, ce commando porte le nom du lieutenant Augustin Hubert, tué le 6 juin 1944, au cours des opérations de débarquement en Normandie.

Le commando Hubert comprend une compagnie opérationnelle et une compagnie de soutien. La compagnie opérationnelle est subdivisée en 4 sections spécialisées : soutien, contre-terrorisme maritime, engins sous-marins et reconnaissance. L'ensemble regroupe une cinquantaine de nageurs de combat brevetés. Source ; http://www.netmarine.net/forces/commando/hubert/index.htm

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La Force

1 Juillet 2014 , Rédigé par Facebook Publié dans #Forces spéciales

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Marius : Parcours commando (éd Nimrod)

29 Décembre 2013 , Rédigé par Stéphane DUGAST Publié dans #Forces spéciales

Nom d’usage : Marius. Matricule :  0585-3861. Signes particuliers : figure emblématique des commandos Marine devenue comédien sur grand ou petit écran. Cette fois, il raconte sa vie sans rien cacher de son passé tumultueux. Un récit autobiographique tranchant comme la lame d’une dague. Passé de l’ombre à la lumière depuis le reportage À L’école des bérets verts diffusé sur France 2 et son apparition au cinéma dans Forces Spéciales, Marius partage désormais son quotidien entre ses activités, de directeur de la sécurité d’un port méditerranéen de comédien au cinéma ou à la TV et… désormais d’écrivain ! L’idée de raconter sa vie lui trottait en tête depuis un bon moment. C’est chose faite ! Marius - alias Alain A. - raconte avec verve, franchise et souvent faconde, les épisodes clefs de sa vie assurément sinueuse. Si Marius est devenu un commando Marine respecté, c’est à la force du poignet et fort d’un mental à toute épreuve qu’il le doit. Sa route entamée dans le «milieu» marseillais ne démarrait pas sous les meilleurs auspices. De sa jeunesse embrouillée, il est évidemment question dans ce récit autobiographique. Pour d’évidentes raisons de confidentialité, l’intéressé s’épanche en revanche peu sur son vécu opérationnel. Il préfère s’attarder sur ses premières années à l’école des fusiliers marins et commandos à Lorient, et le fameux «stageco», le stage pour devenir béret vert. Marseille, l’enfance, les pleurs, l’assistance sociale, la peur, des malheurs, des bonheurs, des larcins, l'argent facile, une vie dorée, une garde à vue, un choix, Lorient, la Bretagne, les commandos, la sueur, les efforts, l’abnégation, la télé, la médiatisation, le cinéma, les strass, les paillettes, la famille, les valeurs… C’est le parcours d’un homme à la dérive qui s’accomplira, deux décennies durant, dans l’univers des fusiliers-marins et commandos de Marine, lavant ainsi durablement son honneur. Un récit choc !412599_252448384839213_262284652_o-copie-1.jpg

Source : http://www.defense.gouv.fr/marine/au-fil-de-l-eau/livre-commando-signe-marius

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Les principes du Systema

5 Mai 2013 , Rédigé par J.Williams Publié dans #Forces spéciales

Pas de techniques
Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles le Systema n’enseigne aucune technique. Le cœur du Systema fonctionne comme une porte qui s’ouvre vers un monde plus complet. Les techniques ne définissent pas l’art car en fait elles n’en font pas partie.
Développer un éventail de techniques toutes faites revient à créer une boite à outils. Or, une très grosse boite reste toujours une boite, de même qu’une longue chaîne est encore une chaîne. Le nombre de vos techniques restera fini alors que la variété des problèmes potentiels est infinie ; votre capacité à résoudre les problèmes et à percevoir la solution la plus efficace sera limitée. En vous attaquant, votre agresseur apporte la solution à son attaque. Si vous êtes décontracté et à l’écoute, vous saurez comment réagir.
Pour pratiquer le Systema, votre corps et votre esprit doivent être libres. Lorsque l’on dit à Vladimir Vasiliev « Vous êtes très souple », il répond « Non, je suis libre ». Cette vraie liberté, ce renoncement à l’ego vient du fait que le Systema s’adapte à l’individu au lieu de demander à l’individu de s’adapter à lui. Ainsi, l’expression du Systema sera différente pour chacun. Comme l’apprentissage de la peinture, ce que vous exprimerez sera totalement personnel.
Basé sur le côté inattendu d’une agression ou d’une attaque, le Systema ne propose pas d’entraînement fixe ou de combinaisons de mouvements. Le Systema n’enseigne pas de positions de combat mais apprend à se battre dans toutes les positions. Il insiste sur la décontraction et sur le fait de ralentir les mouvements plutôt que les accélérer, il vous autorise à frapper dans des angles étranges, à sourire au combat au lieu d’adopter un visage féroce et crispé.

L’importance de la respiration
Au Systema, la bonne utilisation de la respiration n’est pas accessoire, c’est la clé de voûte de l’entraînement. Le souffle est la première énergie, c’est le principe de vie qui préside à l’énergie de tout le corps, c’est la puissance de l’énergie séminale. Sans elle arrive la mort et avec elle se développe la vie. Comme dit Ryabko. « Vous êtes né en inspirant, vous mourrez en soufflant, entre les deux se trouve votre vie ». Vous devez donc être en harmonie avec votre respiration. En l’utilisant de façon appropriée, vous pourrez réaliser des choses qui vous semblaient impossibles au premier abord.

Travailler à vitesse réduite
Si l’apprentissage et la pratique de mouvements physiques est la partie apparente du Systema, la partie cachée de cet art se découvre en s’entraînant à vitesse réduite. Vous élargissez alors votre champ de conscience en ayant accès à une perception et une compréhension sans limites. Rentrer dans le flux du combat à vitesse lente éveille la sensibilité et la conscience à son niveau le plus haut. Vous commencez à percevoir le mouvement, la distance et les différentes options autrement que par les yeux et votre domaine des possibles s’élargit. Un autre bénéfice de l’entraînement à vitesse lente est la sensation d’être dans le flux de l’Ici et Maintenant. Vous découvrez exactement à quel endroit vous êtes tendu, où la peur se terre en vous.
La structure du Systema est volontairement conçue pour apparaître déstructurée et la vitesse d’exécution, bien que paraissant lente à l’œil nu est en fait parfaitement adaptée à l’action en cours. Cette lenteur trompeuse est due au fait que le pratiquant reste calme.

Etre décontracté
L’esprit est le reflet du corps physique. La peur produit la rigidité, la confiance engendre la fluidité. Ce prétendu réflexe qui vous fait sursauter lorsque vous êtes surpris ou effrayé est destructeur. Il bloque la respiration et provoque une tension du corps et une contraction des muscles. Souvent, les gens saouls sortent de situations traumatisantes en relativement bon état car ils n’ont pas eu suffisamment peur pour s’endommager eux-mêmes en luttant contre l’énergie cinétique. La vérité, c’est que nous nous blessons nous-même. Par peur, nous luttons pour l’espace de façon inconsciente. Pourquoi s’opposer aux vecteurs forces ? L’espace dans lequel nous évoluons à chaque instant ne nous appartient pas.
En vous libérant de vos peurs et en étant totalement relâchés et dans le souffle, votre corps se protégera lui-même en bougeant naturellement. Un corps souple peut recevoir un stress beaucoup plus important qu’un corps rendu rigide par la peur. Des cotes flexibles absorberont l’impact des coups alors que si les muscles sont tendus, les côtes se briseront sous le choc avec une perforation potentielle du poumon : notre propre résistance devient notre professeur. L’univers à été créé pour nous enseigner. Si nous transmettons la douleur, nous obtenons de la douleur ; si nous semons la peur, nous récoltons la peur ; si nous donnons de l’amour, nous obtenons de l’amour. Nous récoltons ce que nous semons. Si Ryabko et Vasiliev ont un tel impact positif autour d’eux, ce n’est pas seulement à cause de leurs compétences, c’est aussi à cause leur intégrité personnelle.

Vivre le moment présent
S’ancrer dans le moment présent, c’est accepter les choses comme elles sont sans porter de jugement. C’est aussi libérateur que difficile car les peurs nous maintiennent émotionnellement et physiquement dans la tension et nous propulsent dans un monde parallèle où l’irréel et le fantasme paraissent plus importants que la réalité. Or, chaque moment qui nous est donné est exactement ce qu’il doit être car il répond à la Loi Universelle. Penser qu’il doit être différent signifie refuser la réalité. Un élément clé du Systema est de cesser de lutter pour l’espace en apprenant à nous mélanger et nous couler dans les forces et les énergies qui nous entourent. L’ego se déplace constamment entre la mémoire du passé et l’anticipation du futur ; aucun de ces états n’est réel. Vivre pleinement l’état présent, c’est comprendre qu’accomplir la volonté de Dieu nous conduit vers des possibilité infinies.

Utiliser l’énergie
Le Sytema ne cherche pas à contrôler le chaos du combat. De même que le surfer enfourche la vague sans s’opposer à elle et utilise son énergie sans chercher à la contrôler, vous pouvez vous-aussi vous mélanger avec les forces qui vous traversent. Vous ne les créez pas mais en renonçant à votre ego, vous pouvez les utiliser. Plus vous êtes détendu, plus vous prenez conscience de ces énergies en vous. N’essayez pas de les accumuler en vous ; elles sont partout car elle font partie intégrante de l’Univers.
L’énergie coule en vagues comme le sang dans votre corps. Vous pouvez utiliser ces vagues pour garder votre équilibre, absorber les coups ou retourner l‘énergie à sa source c’est à dire à l’agresseur.
Ce phénomène d’énergie rétrograde signifie que l’attaquant repart avec ce qu’il vous a donné. C’est comme s’il lançait une balle en caoutchouc de toutes ses forces contre un mur solide. Celle-ci rebondit immédiatement vers lui avant même qu’il ne puisse l’éviter. De la même façon, votre corps peut renvoyer l’énergie si vous la laissez circuler. Les vecteurs forces générés sont alors très difficiles voir impossibles à éviter pour l’attaquant.

Etre en harmonie avec l’autre
Les dons du Systema sont gratuits et nombreux. Plus vous serez en harmonie avec les lois de l’Univers, plus l’Univers vous sera accessible. C’est comme une feuille emportée par le vent. Elle ne va ni plus vite ni plus lentement.
Lorsque vous vous entraînez, dirigez votre regard au niveau du plexus de votre partenaire avec une vision périphérique. Comme on écoute une symphonie avec tout son être, soyez en totale harmonie avec le flux du mouvement. N’essayez pas de lutter ou de résister, déplacez-vous seulement.
Au Systema, on recherche un état de conscience où la pensée ne s’oppose pas à l’inconscient, où la vie est . en harmonie avec les lois cosmiques, où la peur n’existe pas : une vie dans laquelle l’homme est libre et rempli d’amour.

Traduit et librement inspiré par Jean-Marie Frécon

Source : http://www.globalsystema.fr/principes-systema/

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Forces spéciales

27 Avril 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Forces spéciales

Pour les fiançailles de mon neveu !314-350-large

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Les techniques de camouflage et le sniper.

14 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Forces spéciales

Définition :

Le camouflage est un moyen technique ou naturel de se cacher pour ne pas être vu, voire, pour se confondre avec les éléments environnants. Le camouflage donne une apparence trompeuse et confond le "camouflé" qui est moins visible. Les militaires utilisent le camouflage pour se cacher et surprendre l'ennemi. Plusieurs variétés d'animaux et d'insectes se camouflent de façon naturelle grâce à leurs formes et couleurs qui se confondent avec les éléments de la nature. Ainsi, ils ont un moyen de se protéger des prédateurs.

Selon G/LEGRAND EGM 21/3 breveté T.E. 1er RHP, cela va donc être l’art d’utiliser des artifices visuels pour tromper le cerveau dans son travail de reconnaissances de formes ou de silhouettes, précédemment apprises par l’expérience et l’apprentissage. « Quand dans la recherche de l’ennemi, nous explorons ce qui nous entoure, nos yeux cherchent avant tout à repérer une forme connue qui se détache sur l’uniformité du milieu ambiant ». Tout ce qui tranche sur l’uniformité ambiante sera immédiatement décelé par le cerveau. Il se fera alors un travail de comparaison de la forme perçue (perception parfois favorisée par la couleur) avec une base de données de formes stockées dans notre mémoire. Dans les mécanismes de reconnaissances effectués par le cerveau, la forme est plus importante que ce qui construit son contour. Pour identifier une silhouette humaine il faut qu’il y ait le contour de la tête, des épaules, le tronc avec ou sans membres supérieurs, et le « V » inversé des jambes. Le grand principe du camouflage, c’est de se fondre le plus possible dans l’environnement ambiant. L’œil dupé par le maquillage des formes ne verra qu’une uniformité et ne s’arrêtera pas sur une forme connue et perceptible. Tout l’art du camouflage va consister à utiliser des contrastes de couleurs à rompre, à modifier la silhouette, à casser la forme pour entraver la perception d’une forme humaine. Ainsi, le cerveau trompé ne disposera plus d’une forme perceptible à comparer avec ses modèles de référence et il sera en défaut de solution d’identification. Briser la silhouette pourra ainsi se faire en utilisant des lambeaux de tissus flottants ou de chanvre de type « Ghillie suit ». Il peut être également utile de casser les formes avec des branches ou, de recouvrir les pieds avec des feuilles ou des fougères. Dans la perception de notre environnement, tout ce qui est clair et lumineux nous paraît en relief, avançant vers nous et donc plus proche de nous. Au contraire tout ce qui est sombre, voire noir, nous paraît être en creux, nous fuyant et donc, loin de nous. Le camouflage va consister à altérer le remplissage de la silhouette en rendant vide ce qui est plein et en mettant en relief ce qui est creux pour tromper les mécanismes de perception du cerveau. Pour cela, il faut utiliser des tâches de couleurs. L’œil fonctionne à la reconnaissance vers les 25 mètres et donc, il faudra utiliser des tâches suffisamment grandes pour être perçues à cette distance. L’utilisation de traits ou de taches trop petits fera une bouillie certes, uniforme, mais ne permettra pas d’altérer complètement la perception des reliefs à plus de 5 mètres.

Le camouflage

Le camouflage est le premier facteur permettant à l’O.T. d’échapper aux ennemis. En plus de connaître la meilleure façon de s’habiller pour être bien camouflé, l’O.T. doit aussi savoir comment utiliser le terrain, les positions de tir efficaces et les itinéraires permettant de rester caché.

Indicateurs pour la cible:

Un indicateur est quelque chose que l’O.T. fait (ou ne devrait pas faire) pour ne pas que la cible le repère. L’O.T. doit impérativement connaître ses indicateurs s’il veut repérer sa cible autant que de rester caché à ses yeux. Ces indicateurs sont regroupés en trois groupes:

Le son, le mouvement, le mauvais camouflage.

Le son:

Le son peut provenir du mouvement, du raclement de l’équipement ou de la voix. L’ennemi peut prendre un petit bruit comme naturel, mais un son de voix veut dire que quelqu’un est proche. Des habits silencieux doivent être préférés avant de partir en mission et ceux-ci ne doivent pas faire de bruit lors de la marche ou de la course. L’O.T. doit se déplacer lentement, avec des mouvements déliés, en étant conscient de l’endroit où il met les pieds.

Le mouvement:

L’œil est attiré par tout mouvement. Une cible immobile est impossible à détecter, une cible bougeant lentement est difficile à localiser mais un mouvement rapide ou saccadé sera facilement repéré. Un O.T. doit être capable de se déplacer en étant indétectable même par les équipements optiques. Encore une fois, le mouvement doit être lent et délié.

Mauvais camouflage:

Un grand nombre de cibles seront repérées à cause d’un mauvais camouflage (voir ci-après).

Elles sont divisées en trois groupes:

Les éclats:

Les éclats proviennent des objets exposés et non teints en sombre. Les lentilles des optiques reflètent la lumière. Cela peut être évité en restant dans l’ombre ou en ombrageant la sortie de la lunette avec unSunGuard, un anti-reflet et/ou une technologie anti-éblouissante qui est employée par les l’armée des États-Unis, le corps des marines et les forces spéciales pour camoufler leurs systèmes optiques et ainsi couper la lueur qui pourrait s’apercevoir. Tout objet reflétant la lumière doit être camouflé.

Les formes:

Les formes des objets, comme celles des corps, des armes ou autres équipements doivent être cassées. Les formes peuvent être vues à grandes distances. C’est pourquoi, elles doivent être rendues méconnaissables voire, invisibles dans le décor.

Contraste avec le décor:

Lorsqu’on se met en position, le décor doit être choisi afin qu’il absorbe l’apparence de l’O.T. Le contraste, c’est la différence avec le fond par exemple, un homme en noir sur une colline qui découpe le ciel. Une différence de forme ou de couleur avec le terrain est le plus courant. L’O.T. doit utiliser la couleur du décor et rester dans l’ombre le plus possible.

La phrase mnémotechnique à retenir par l’O.T. est : « FOMEC BLOT » pour :

Formes Ombres Mouvements Eclat Couleurs Bruits Lumière Odeurs Traces

LE MAQUILLAGE DU VISAGE

Le stick de camouflage:

Lors de l’utilisation du stick, toutes les zones exposées de la peau doivent être couvertes, ce qui inclu les mains, la nuque et les oreilles. Les parties du visage qui sont naturellement sombres doivent être éclaircies et les claires, assombries (front, nez, menton, pommettes).

Le dessin et la couleur sont choisis en fonction de la végétation environnante et de l’ombre. Pour la jungle et les bois, le noir et le vert clair sont bons. Le gris et le blanc serviront dans la neige alors que le marron clair et le sable seront de mise dans le désert.

Quant aux motifs de camouflage, ils peuvent aller de rayures irrégulières à des taches grossières. Un mélange des deux sera certainement plus adaptable à la situation. Le camouflage n’est pas un jeu, des formes stylisées ou des couleurs inadaptées ne se fondront pas dans le paysage. 

LE RELIEF DU VISAGE

Le visage humain est en relief (de haut en bas) :

• Les deux bosses frontales ;

• Les arcades sourcilières ;

• Le nez ;

• Les pommettes ;

• Le menton.

Et est en creux :

• Les orbites ;

• La glabelle ou l’espace qui sépare du front les deux arcades sourcilières ;

• Les joues ;

• L’espace sus-mentonnier.

Nous disposons de trois couleurs fondamentales: noir, vert et marron.

• Le noir va donner une impression de creux et effacer le relief ;

• Le vert va mettre en relief des creux normalement ombrés ;

• Le marron va servir pour les zones intermédiaires et faire les liaisons.

Doivent être passés au noir : Bosses frontales ; Arcades ; Nez ; Pommettes ; Menton ; Conques des oreilles.

En vert : Orbite droite ; Glabelle ; Sillon naso-génien ; Creux des joues.

En marron :

Orbite gauche ; Joues ; les raccords intermédiaires.

Le camouflage sera en rapport avec les différentes missions et leur environnement.

Il est clair que pendant une progression tactique vers l’objectif, le luxe serait de posséder au moins 3 à 4 tenues différentes, chose bien sûr rendue impossible par souci de légèreté.

Un tireur se déplaçant par exemple, en milieu neigeux favorisera le blanc, son arrivée en rocailles ou terrain urbain, lui imposera de changer son camouflage. Il sera donc obligé de porter une sous-tenue adéquate, la tenue blanche étant une « sur-tenue ».

LE NOIR sera utilisé pour les nuits noires, sans lune ;

LE BLEU MARINE sera favorisé par rapport au noir les nuits claires ;

LE KAKI est un très bon palliatif car il se fond extrêmement bien dans l’obscurité. 

LE MILIEU

Forêt:

En forêt, le feuillage, le camouflage artificiel et la peinture sont utilisés pour faire un mélange réaliste et comparables aux textures du terrain. En zone très chaude et humide, une tenue légère doit être portée car la perte hydrique est importante. La végétation est habituellement épaisse ce qui procure un large choix pour le camouflage.

Zone urbaine:

Lorsqu’il se trouve en compagnie des troupes régulières, l’O.T. doit s’habiller comme les autres soldats (en milieu militaire) par contre, lorsqu’il opère seul, il doit se fondre dans la zone où il se trouve. Une tenue aux couleurs du combat urbain peut-être portée en reproduisant les tons des débris et des maçonneries de la zone, sans oublier un voile approprié pour casser la forme du visage. Les mouvements doivent être extrêmement lents et contrôlés surtout en plein jour. Le mouvement est toujours préférable dans l’ombre et il vaut mieux être en position aux premières lueurs.

Désert:

Normalement, dans le désert ou sur le sable, le camouflage n’est pas indispensable bien que le camouflage multicam ou tan sera recommandé. Comme d’habitude, une tenue avec une couleur cassant la silhouette sera demandée. La plupart du temps, les mouvements devront se faire dans l’ombre.

Neige:

Dans une zone très enneigée ou dans un bois recouvert de neige, une tenue totalement blanche, avec à la limite, un peu de gris doit être portée. Avec de la neige au sol mais des branches découvertes, un pantalon blanc avec un haut vert et marron sera préféré. Une capuche ou un voile en zone enneigée est très efficace et l’équipement doit être rayé ou totalement recouvert de blanc. En zone enneigée, la luminosité de nuit est presque identique à celle de jour et offre donc de nombreuses opportunités à l’O.T. 

LA GHILLIE SUIT

La ghillie suit est un uniforme de camouflage qui est garni de morceaux d’étoffe de diverses formes et couleurs. Des bandes de garnitures sont pliées en deux et attachées principalement sur l’arrière, les manches, les jambes et les épaules. Les bandes sont ensuite coupées ou usées pour prendre l’aspect de la végétation. La GHILLIE peut aussi comprendre un morceau de tissu camouflé qui, lui aussi, est fixé aux épaules ou dans le dos et qui pourra se rabattre pour servir de voile. Ce voile servira en position d’arrêt pour casser la forme du visage, cacher la lunette, les mouvements des mains et l’éjection des étuis.

Debout, le voile doit descendre jusqu’à l’estomac ou la ceinture afin d’être sûr qu’il couvrira toutes les zones déjà citées. En progression, le voile serra toujours rabattu en arrière pour laisser le champ de vision dégagé. Il ne sera porté qu'à proximité de l’ennemi. La GHILLIE ne rend personne invisible. L’O.T. doit toujours tirer avantage du camouflage naturel. De petites boucles doivent être présentes sur la tenue afin de pouvoir y fixer de la végétation naturelle correspondante à celle du terrain d’opération.

Tenue de fortune: Si les éléments nécessaires à la construction d‘une GHILLIE SUIT ne sont pas disponibles, une tenue de fortune peut être réalisée.

La garniture peut être remplacée par des morceaux de vielles chaussettes, couvertures, toile de jute ou, tout autre matériaux utilisable. Le tout est ensuite fixé sur la tenue. Le but est de casser la forme et d’obtenir une texture proche de celle de la ghillie. Les matériaux doivent être usés et tachés à l’aide de boue, tache de café, charbon ou peinture.

Attention, l’huile ou la graisse ne seront pas utilisés à cause de l’odeur. Quand le feuillage vieilli ou que le terrain change, la tenue doit être adaptée. Il faut toujours penser au voile ou au moins à une casquette, camouflée elle aussi. 

LES POINTS IMPORTANTS A RETENIR DANS LE CAMOUFLAGE SONT :

Penser à sélectionner un camouflage identique des pieds à la tête ;

Bien se renseigner sur le type de terrain lors de l’élaboration de la mission ;

Eviter tout objet bruillant (camouflage auditif) tel que les gourdes à moitié pleines, etc. Et brillant (camouflage visuel) tel que les cadrans de montre, ...

Rappeler vous que le camouflage englobe aussi le camouflage par l’odeur !

Ne pas oublier les gants adaptés ;

Les chaussures sont la « bête noire » du tireur, il faudra donc soit, les enterrer sous des feuilles ou de la végétation soit, y déposer par dessus un chèche camo soit encore, peindre une vieille paire de brodequins à la peinture à l’huile ;

Le camouflage du visage, fastidieux et peu agréable sur des missions longues si on a opté pour de la peinture cam, pourra être réalisé à l’aide de filet cam , ou de cagoule cam, la forme du dessus du crâne sera « cassée » par un chapeau de brousse, par ailleurs bien pratique pour y accrocher des feuillages ;

L’arme, elle aussi, devra posséder son camouflage adapté, on l’accentuera aussi sur les lunettes, créatrices de reflets, si le verre n’est pas traité. On se munira donc de cache, et de prolongateur d’objectif. Rappelez-vous aussi qu’au départ du coup, un nuage de fumée et une flamme sont inévitables ! Il faudra donc garder à l’esprit que son poste de tir doit être quitté à chaque coup de feu tiré, même si celui-ci vous semblait excellent. Il faudra l’aménager le plus rustiquement possible, sachant qu’il faudra aussi le quitter très vite.

Attention, la recherche du plus parfait des mimétismes ne peut se faire sans garder à l’esprit des règles élémentaires. A titre d’exemple, éviter de se tenir debout à coté d’un arbre. Ne pas se tenir à découvert sur une crête ou sur un toit de bâtiment. Eviter les grosses différences de couleur entre vous et l’environnement. Garder à l’esprit que votre matériel doit être camouflé avec la même efficacité que vous ne l’êtes vous-même. Utilisez le terrain … ne le subissez pas !  

CAMOUFLAGE DU MATERIEL

Le fusil:

L’un des objets prioritairement concerné par le camouflage est l’arme. Lors de son camouflage, il faut prendre garde que les éléments opérationnels tels que les organes de visée, le canon, le levier d’armement et le puits d’alimentation restent bien dégagés. Des filets de camouflages doivent être attachés à la crosse, à la poignée, au fût, et à la lunette pour casser leurs formes. L’enveloppe et le canon peuvent même être peints. Les fusils d’assaut peuvent aussi être équipés de la sorte du moment qu’ils restent opérationnels. Son camouflage devra être compatible avec votre camouflage de silhouette et ne devra en aucun cas vous gêner dans le maniement de l’arme.

L’optique:

Les équipements optiques sont camouflés de la même manière. Il faut penser à créer une «casquette» et ou une « chaussette » à l’aide d’un morceau de tissu ou d’un filet camouflé pour éviter les reflets.

Sacs et sangles:

Les sangles et autres brelages peuvent être camouflés par teinture ou en y fixant des garnitures. Le sac peut être recouvert d’un filet attaché en haut et en bas. Là aussi, il faudra fixer des garnitures pour casser la forme. De la végétation peut également être fixée.

Source : http://marksman.over-blog.fr/article-les-techniques-de-camouflage-et-le-sniper-72392774.html

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La dimension géopolitique des opérations spéciales

31 Mars 2013 , Rédigé par André Ranson Publié dans #Forces spéciales

Après avoir été à la tête du Commandement des opérations spéciales françaises (COS), le général de corps d’armée André Ranson démontre ici pourquoi et comment les opérations spéciales sont aujourd’hui un outil géopolitique. Sa démonstration est étayée par cinq exemples : République Centrafricaine, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Afghanistan, République Démocratique du Congo. Les opérations spéciales représentent un apport significatif dans la panoplie des options offertes au décideur quand les circonstances ne sont pas favorables à une intervention massive, coûteuse ou trop visible. Dans tout appareil d’Etat, l’armée est bien l’institution dont l’analyse et la compréhension relèvent par excellence de l’analyse géopolitique, c’est à dire de la démarche qui permet de mieux comprendre les rivalités de pouvoir sur des territoires. Amiral Lacoste

République Centrafricaine, mars 2007

EN CE DEBUT de mois de mars 2007, la ville de Birao où se trouve un détachement français d’assistance aux Forces armées centrafricaines (FACA), est la cible d’une attaque d’un mouvement rebelle d’opposition au gouvernement. A ce moment, cette région au nord de la Centrafrique est de fait une zone peu contrôlée par le régime du président Bozizé, zone où cohabitent des mouvements armés de « libérateurs » de la RCA et des éléments rebelles tchadiens. Sa déstabilisation risque par contagion de déborder dans des zones déjà sensibles du Tchad et du Soudan. Déjà, en octobre 2006, une première chute de la ville avait justifié une action française en soutien des FACA. Une intervention d’urgence est à nouveau jugée nécessaire, tant pour soutenir le détachement français que pour assurer la crédibilité de nos engagements vis-à-vis de la RCA et éviter l’extension d’une nouvelle zone de non-droit dans une région déjà instable aux portes du Darfour. Moins de 48 heures après l’attaque, un assaut vertical sur l’aérodrome de Birao est mené par une soixantaine de chuteurs parachutistes du Commandement français des opérations spéciales (COS), largués en pleine nuit à 4000 mètres. Peu après le poser d’assaut d’avions du COS avec un élément plus important sur l’aérodrome ainsi dégagé, ils permettent grâce à un effet de surprise maximum de rétablir en quelques heures la situation. La rapidité de réaction du dispositif d’opérations spéciales et la compétence des opérateurs a encore une fois été un gage de réussite. Le dispositif d’intervention d’un Etat sur la scène géopolitique s’incarne essentiellement dans un dispositif diplomatique complété par un dispositif militaire et un dispositif regroupant les moyens secrets d’action et de coercition. Les dispositifs militaires sont généralement compris comme regroupant des moyens terrestres, maritimes et aériens et, depuis quelques années, nucléaires, balistiques et spatiaux. Cependant, depuis quelques décennies, la littérature et les media ont largement attiré l’attention sur les actions guerrières d’une nouvelle entité militaire, les « Forces Spéciales », qu’il s’agisse de l’encadrement des tribus en lutte contre le Viet-Minh par les Français du GCMA lors de la guerre d’Indochine, de l’action des « Bérets verts » américains au Vietnam, plus récemment de la chasse aux SCUDs menée par les « Special Forces » américaines, australiennes et britanniques en Irak ou encore des évènements tragiques survenus lors de l’opération « Restore Hope » en Somalie et popularisés par le film Black Hawk Down. Cependant, si les chroniqueurs et historiens ont largement rapporté les aventures hors du commun et les exploits tactiques – parfois les échecs - de ces soldats d’élite, ils se sont moins attachés à mettre en lumière la spécificité des« Opération Spéciales » elles-mêmes. Pourtant, c’est bien l’évolution du rôle dévolu à ces dispositifs d’opérations spéciales, mieux adaptés à la défense des intérêts stratégiques de la nation, permettant d’élargir la panoplie des outils dont dispose un gouvernement dans la prévention et la gestion des crises et des conflits et autorisant des formes nouvelles de maîtrise de la conflictualité, qui constitue une nouveauté et à laquelle il convient de porter attention. L’étude de l’organisation et de l’emploi de ces dispositifs, conçus pour faire face à l’inattendu et dont les objectifs ont une finalité tant politique que strictement militaire, relève clairement de l’analyse géopolitique.

Vous avez dit « spécial » !

Ce ne sont pas la complexité croissante du monde moderne ni les nouvelles formes de menaces asymétriques qui ont ouvert la voie à des opérations militaires non conventionnelles. Sans remonter à l’Antiquité, le qualificatif de « spécial » est apparu en 1941 chez les Britanniques lorsque David Stirling a jeté les bases du Spécial Air Service (SAS), alors que, de son côté, le Premier ministre Winston Churchill poussait à la mise sur pied du Special Operations Executive (SOE) ayant pour mission de coordonner l’action subversive et le sabotage derrière les lignes ennemies. Aux Etats-Unis, le président Roosevelt créait en 1942 l’Office of Strategic Services (OSS), placé sous la responsabilité du chef de l’état-major combiné, avec comme objectifs le renseignement opérationnel dans le cadre des batailles en cours, la guerre psychologique contre l’ennemi et l’aide à la résistance dans les territoires occupés. Au sein de l’OSS, une section Opérations spéciales (OSS/SO) devait organiser des groupes de résistance opérant derrière les lignes ennemies, mais également monter à l’intérieur du théâtre des opérations toutes les opérations clandestines qui n’auraient pas été assignées à l’armée. Entre la section SO de l’OSS et le SOE, un accord avait été conclu en juin 1942, aux termes duquel la planète était répartie en zones d’action sous contrôle américain ou britannique en fonction des commandements militaires en vigueur. L’OSS se vit ainsi attribuer la Chine, la Mandchourie, la Corée, l’Australie, la Finlande et l’Afrique du nord, tandis que le SOE s’arrogeait le reste du monde dont la France. Ces diverses organisations, placées à la césure entre les forces conventionnelles et les services secrets (en particulier le Secret Intelligence Service britannique) étaient conçues pour permettre, non sans conflits d’intérêts entre elles, d’assurer au meilleur coût/efficacité une adaptation des objectifs de la grande stratégie au niveau des théâtres d’opérations. Elles conservaient cependant une forte connotation militaire, venant simplement en appui des opérations classiques conduites par les Etats-majors, notamment grâce à des actions de renseignement, de sabotage ou de harcèlement contre l’occupant. De nos jours, la nouvelle « conflictualité » à laquelle les décideurs doivent faire face n’est plus faite d’un péril majeur et caractérisé mais de menaces et de risques tout à la fois diffus et fortement imbriqués. Comme le souligne Aymeric Chauprade « l’environnement international est particulièrement instable, marqué par des menaces multiformes et diffuses. Les risques de crises perdurent, liés aux désaccords frontaliers, au statut de certaines minorités, aux passions religieuses ou à la présence d’arsenaux militaires importants et mal contrôlés. L’instabilité de certains Etats, les ambitions de certaines puissances régionales ou les tensions interethniques ainsi que développement du crime organisé et des trafics et l’apparition d’un terrorisme agissant à l’échelle de la planète représentent des risques réels ». Et même si l’emploi de la force armée n’est plus susceptible à elle seule d’apporter des réponses à ces nouvelles formes de chaos, les gouvernants cherchent à introduire dans leur panoplie militaire des dispositifs souples, légers, réactifs, actionnés en boucle courte, qui garantissent aux plus hautes autorités une liberté d’action accrue et leur offrent des options opérationnelles nouvelles et imaginatives, en complément des opérations conventionnelles.

Le concept français d’Opérations Spéciales

Les opérations spéciales sont des « opérations militaires menées par le commandement des opérations spéciales et des unités des forces armées spécialement désignées, organisées, entraînées et équipées, appelées forces spéciales, pour atteindre des objectifs militaires ou d’intérêt militaire présentant un caractère stratégique et imposant un contrôle politico-militaire étroit et permanent. Ces actions, qui utilisent des techniques opérationnelles et des modes d’action inhabituels aux forces conventionnelles [..] sont conduites en temps de paix, crise ou guerre, indépendamment des opérations conventionnelles ou en coordination avec celles-ci. [..] Elles s’en distinguent par un cadre espace-temps différent, la nature et la sensibilité de leurs objectifs, des modes opératoires particuliers et la discrétion qui entoure leur préparation et leur exécution. Elles peuvent s’exercer sans aucune notion d’exclusive dans les champs physiques et immatériels». Ainsi, les opérations spéciales renvoient à des objectifs pour lesquels les capacités, procédures et techniques employées ou principes d’engagement des forces conventionnelles n’apportent pas de réponse appropriée, qu’il s’agisse par anticipation de rechercher du renseignement dès l’apparition de signes de tension, de répondre dans l’urgence à un début de crise tout en préparant l’engagement ultérieur de forces plus conséquentes, de s’attaquer à des objectifs de haute valeur ajoutée, de contraindre un adversaire à la négociation dans une ambiance hostile, ou d’acquérir une supériorité temporaire et localisée. Mais les opérations spéciales ne se définissent pas seulement par leurs objectifs mais aussi par leur pratique, dont les principales caractéristiques sont l’acceptation d’un risque physique, politique et militaire généralement plus élevé que pour d’autres troupes, l’emploi d’opérateurs parfois en nombre, mais aussi souvent en petites équipes qui compensent alors leur vulnérabilité par la discrétion dans la préparation et l’exécution de leurs actions, opérateurs faisant preuve à la fois de réflexion et d’agressivité, d’imagination et de jugement, de non-conformisme et de stabilité psychique et émotionnelle, maîtrisant des procédés d’infiltration et de combat multiples et spécifiques.

Dispositif français d’opérations spéciales

Dans ce contexte, il faut distinguer, au sein du ministère de la défense français, plusieurs opérateurs « spéciaux » dont il importe de préciser les domaines et limites d’action et les interactions possibles. Alors que la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) traite du renseignement de sécurité au sens large et reste seule habilitée à l’action clandestine à l’étranger, pour le renseignement comme pour l’action, la Direction du Renseignement Militaire est la « tête de chaîne » de tous les moyens de renseignement des armées qui s’informent sur les dispositifs militaires étrangers dans les zones d’engagement actuelles ou potentielles. Le dispositif d’opérations spéciales des armées, auquel nous nous intéressons, agit pour sa part uniquement sur les théâtres d’opérations en dehors du territoire national et de manière ouverte, et donc avec des personnels en uniforme, ce qui n’exclut pas très souvent une grande discrétion. Il peut arriver qu’une action clandestine précède une opération spéciale, à laquelle elle passe à terme le relais. Aux Etats-Unis, un exemple clair en a été donné par l’action des forces paramilitaires de la CIA infiltrées en Afghanistan dès octobre 2001, qui ont négocié avec l’Alliance du Nord l’accord pour insertion ultérieure d’équipes militaires de l’USSOCOM en vue d’aider l’Alliance à renverser le régime Taliban. Le dispositif d’opérations spéciales des armées s’articule autour du Commandement des opérations spéciales (COS), un commandement interarmées à vocation uniquement opérationnelle, et des Forces Spéciales, soit environ 3000 personnes des formations ou éléments de forces des trois armées et du service de Santé et quelques dizaines de réservistes sélectionnés qui jouent un rôle particulier du fait de leurs compétences civiles et professionnelles. L’officier général commandant des opérations spéciales, répondant directement aux ordres du chef d’état-major des armées, peut puiser selon les besoins dans le réservoir des Forces Spéciales, constitué pour l’armée de terre par un régiment à vocation d’action spécialisée et un régiment à vocation de renseignement appuyés par une unité d’hélicoptères spécialement conçus pour l’appui aux opérations spéciales, pour la marine par cinq commandos marine dont un commando d’action sous-marine, alors que l’armée de l’air entretient les aéronefs et personnels nécessaires aux actions aériennes spécialisées. Toutes ces unités disposent d’équipements spécifiques et bénéficient d’un entraînement intensif. Constituant une ressource rare, elles ne doivent donc être employées qu’à bon escient, et en toute priorité dans des missions que les forces conventionnelles ne peuvent remplir du fait de la nature ou de la sensibilité de leurs objectifs, de l’ambiance de secret dans lequel elles doivent être menées, des modes d’actions auxquels elles font appel ou encore d’un environnement particulier lorsqu’il faut agir en unité isolée dans un milieu fortement hostile. Cependant, l’efficacité et l’économie des forces commandent que ces forces spéciales puissent également être parfois employées pour des opérations conventionnelles, agissant alors dans une logique de « métier » liée à leurs aptitudes particulières. C’est le cas par exemple lorsqu’un commando de la marine arraisonne, au large des Canaries, un cargo chargé de stupéfiants dans le cadre de l’action de l’Etat en mer contre les narcotrafiquants ou bien lorsque des commandos de l’air assurent en Afghanistan, au profit de la coalition, la permanence du sauvetage et de la récupération de pilotes abattus.

Deux grands champs d’action

On comprend dès lors qu’il existe deux grands champs d’action, non exclusif l’un de l’autre, pour les opérations spéciales : d’une part des opérations qui requièrent des compétences particulières non encore détenues au sein des forces conventionnelles, d’autre part des opérations parfois plus classiques mais qui justifient néanmoins le cadre approprié des opérations spéciales en raison de leur extrême sensibilité. Ce qui fait le spécial, en définitive, c’est la nature ou le niveau de l’objectif à traiter ou bien la nature, la sensibilité des conséquences d’un succès ou d’un échec de ces opérations, qui recouvrent un vaste éventail de missions possibles : reconnaissances effectuées dans des zones où ne sont pas déployées de forces conventionnelles, actions destinées à affaiblir les moyens et la volonté de l’adversaire telles que sabotages, propagande ou soutien à mouvements de partisans, extractions de ressortissants menacés en mettant à profit le rapport agressivité/effectifs élevé spécifique aux Forces Spéciales, ou encore entrée en premier dans une zone de conflit en préliminaire d’un engagement plus massif (action connue sous le vocable « d’ouverture de porte ») , mais aussi missions à caractère plus politico-militaire tels l’encadrement de forces militaires locales à la demande d’un pays ami, la négociation et les contacts avec diverses factions antagonistes lors d’une interposition ou bien encore missions centrées sur l’information dans le cadre d’une politique d’influence. Ces diverses missions sont accomplies sous contrôle direct du général commandant le COS, ou bien sous contrôle délégué à un commandant d’opération sur un théâtre extérieur. Dans ce dernier cas, il faut désormais s’habituer à découvrir dans les états-majors une composante « opérations spéciales » à côté des trois composantes traditionnelles Terre – Air – Mer . Les diverses combinaisons possibles offrent finalement au décideur politique un vaste choix d’options mais également l’assurance d’un contrôle strict des actions menées et d’un cadre juridique clair. De plus, la renommée d’efficacité des forces spéciales et l’aura qui les entoure sont elles mêmes facteurs de dissuasion sur une scène internationale ou des perturbateurs sont toujours tentés de profiter de la faiblesse de certains Etats amis qui savent alors pouvoir compter sur l’intervention de leur allié. Quelques situations tirées d’opérations militaires récentes illustrent divers rôles spécifiques des opérations spéciales sur la scène géopolitique.

Bosnie – Herzégovine 1995-2007

Si à la suite des accords de Dayton les pays de la coalition ont confié la chasse des criminels de guerre inculpés par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) non aux forces classiques de l’IFOR puis de la SFOR mais à leurs dispositifs d’opérations spéciales, c’est moins en raison de la dangerosité des fugitifs et de leurs gardes rapprochées qu’en raison de la sensibilité politique d’arrestation de leaders qui conservent encore dans une partie de la population un prestige intact et des risques d’embrasement qui en découlent dans certaines communautés. Ces missions nécessitent alors un contrôle politico-militaire extrêmement étroit de la part des autorités de l’OTAN comme des autorités nationales qui veillent à la stabilité politique fragile de la Bosnie-Herzégovine, ainsi qu’une liaison permanente avec les activités du TPIY que les opérations spéciales sont par nature aptes à garantir.

Kosovo 1999-2000

Au moment de la campagne aérienne menée par l’OTAN en 1999, des spécialistes du COS ont pu participer aux opérations d’information en direction de la population serbe afin d’expliquer la position de la communauté internationale. En juin de cette même année, après la signature des accords et alors que se met en place la KFOR force internationale chargée de veiller à leur application, l’action discrète d’un petit groupe d’hommes des Forces Spéciales précédant de plusieurs heures à Mitrovica l’arrivée des chars Leclerc de la brigade française, obtient du chef local de l’UCK qu’il diffère l’avancée de ses partisans et du commandement local serbe qu’il fasse retraite sans combat ni exactions d’arrière garde. Cette « ouverture de porte », sans recours à la violence mais dans une ambiance extrêmement tendue, est caractéristique des capacités intrinsèques aux opérations spéciales. Plus tard, en août 2000, alors que la mine et l’usine de plomb de Zvecan, dans la partie serbe du Kosovo, rongés par la rouille et la négligence, sont devenus « une bombe à retardement », un Tchernobyl chimique potentiellement catastrophique pour les populations, les Serbes ne veulent pas entendre parler de fermeture. Il faut donc intervenir par surprise. Le 14 août, vers 3 heures du matin, l’opération Vulcain est déclenchée En moins de trois quarts d’heures, les Forces Spéciales investissent discrètement la place, inspectent chaque recoin et contrôlent les points les plus sensibles, dépôt d’hydrocarbures et transformateur à pyralène. Les gardes ensommeillés n’ont pas eu le temps de mettre la main à leur arme ou d’activer les pièges. Quand le jour se lève, le complexe industriel est sous le contrôle de l’administration de l’ONU sans casse ni effusion de sang.

Afghanistan 2003

Dans le cours de l’année 2003, un détachement important de Forces Spéciales françaises s’installe à Spin Boldack, dans le sud-est de l’Afghanistan. Mais alors que les forces françaises conventionnelles déployées depuis quelque temps à Kaboul le sont dans une logique d’efficacité militaire au sein d’une coalition internationale, la décision de mener une opération spéciale dans le sud-est à une portée politique plus fondamentale. Certes les aptitudes des forces spéciales font merveille dans une région où talibans, trafiquants et bandits font bon ménage, située de plus sur les routes d’infiltration en provenance du Pakistan. Mais surtout la présence de forces françaises à cet endroit, dans une relation bilatérale sous leadership américain, est un signal donné au plus fort de la tension entre la France et les Etats-Unis, signifiant que l’on peut être en désaccord frontal sur le sujet Irakien tout en continuant d’être des alliés fidèles pour la lutte contre le terrorisme entamée à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Cette option politique avait été rendue techniquement possible sur le plan militaire grâce à la certification acquise par le COS en 2002 de la part de ses homologues américain et britannique qui avaient alors vérifié son niveau de compétence et d’intéropérabilité avec leurs propres procédures.

République Démocratique du Congo, 2003

En juin 2003 dans l’Est du Congo à Bunia, les massacres inter ethniques poussent la communauté internationale à agir. Il faut rétablir la sécurité dans la ville, puis élargir le périmètre dans une région infestée de centaines de miliciens armés et d’enfant soldats, ce qu’on appelle pudiquement un environnement non permissif. Il s’agit dès lors de montrer sa force d’entrée, de prendre l’ascendant sur l’adversaire sans se laisser entraîner par les nombreuses provocations ni risquer de donner des prétextes à intervenir aux milices de la région, voire aux pays voisins. Surtout, il est impératif de réussir la mission sans dérapages, il en va de la crédibilité de l’Union européenne pour laquelle il s’agit de la première véritable opération militaire. C’est donc tout naturellement qu’une opération spéciale est organisée en phase préliminaire de l’opération ARTEMIS, faisant appel à des forces spéciales françaises, britanniques et suédoises pour investir la ville, redonner confiance aux populations, puis assurer l’arrivée en sûreté de contingents plus nombreux qui assureront la mission dans la durée.

Conclusion

VENANT en complément d’un dispositif conventionnel qui reste indispensable et s’appuyant sur des forces spécialisées disponibles immédiatement pour remplir dans l’urgence des missions souvent risquées, les opérations spéciales constituent un outil de liberté et d’action dans la main du chef d’état-major des armées et du Président de la République, chef des armées. Elles représentent un apport significatif dans la panoplie des options offertes au décideur quand les circonstances ne sont pas favorables à une intervention massive, coûteuse ou trop visible. Constituant un atout dont l’efficacité se mesure tout autant à l’aune de critères politiques que de critères strictement militaires, elles concourent au statut de puissance de la France.

Copyright 1er février 2008-Ranson/Diploweb.com

Source : http://www.diploweb.com/La-dimension-geopolitique-des.html

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Les chuteurs opérationnels

24 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Forces spéciales

Le stage de chuteur opérationnel dure 14 semaines et il est divisé en quatre parties bien distinctes. La première est consacrée à une phase d’évaluation technique de chaque stagiaire en saut à ouverture commandée individuel qui comprend 3 à 5 sauts d’évaluation de la maitrise de la chute libre et du pilotage sous voile et 6 à 8 sauts de position rapprochée de sécurité (PRS). La PRS consiste à faire chuter un stagiaire à proximité d’autres chuteurs afin qu’il maitrise tous les déplacements latéraux et verticaux dans le but d’éviter un contact violent à grande vitesse au cours de la phase de chute libre.
Après cette phase individuelle et essentiellement technique (environ 15 jours), le stagiaire « chut ops » va débuter une phase opérationnelle. En commençant, tout d’abord, par l’instruction au pliage sur le parachute d’arme G9. A partir de ce moment là et jusqu’à la fin de son stage, chaque stagiaire réalisera tous ses sauts dans des conditions opérationnelles avec le parachute G9, sa gaine de transport et son armement.
La première étape de la phase de saut opérationnel débutera par 8 à 10 sauts individuels de maitrise de la chute libre en gaine et d’apprentissage du pilotage de la voile du parachute G9. Chaque stagiaire devra exécuter un certain nombre d’exercices en chute et sous voile dans le but d’appréhender sereinement et en toute sécurité les situations d’instabilité en chute avec gaine (exercice de déséquilibre volontaire) et de pilotage sous voile à proximité d’autres parachutistes. Par la suite, après cette phase individuelle, vient une phase de saut opérationnel en équipe. Au cours du stage, cette période sera déterminante car les stagiaires seront confrontés progressivement à la réalité du saut opérationnel en équipe constitué. Il s’agira, pendant 8 à 10 semaines, de faire évoluer 8 à 10 stagiaires en chute à proximité les uns des autres, de jour comme de nuit,
dans le but de poser cette équipe constituée sur une zone de mise à terre de plus en plus restreinte (un terrain de 30 mètres sur 30)
Les deux dernières semaines du stage seront consacrées à l’apprentissage de l’Infiltration Sous Voile (I.S.V.).
Très technique, ce type de saut ne constitue pas malgré tout une difficulté particulière pour le chuteur. C’est en réalité la préparation préalable de ce saut qui s’avère particulièrement délicate. En effet, pour effectuer un saut de ce genre, il faut déjà prévoir une demi-journée principalement dédiée à l’étude des cartes, des messages météorologiques et aux calculs de points. Ces calculs de points consistent à mettre en œuvre le système de navigation des chuteurs opérationnels (S.N.C.O.) – composé d’une calculette, d’un G.P.S. et d’un compas boule – en intégrant les données suivantes : force, direction et puissance des vents, à partir du largage du parachutiste jusqu’à son arrivée au sol (en relation avec le message météo de la cellule météo de l’armée de terre de Satory), la finesse (distance horizontale parcourue par rapport à la distance verticale subie) de la voile du parachute et enfin la masse équipée du parachutiste. Ainsi, l’équipe pourra fixer le point de largage à partir duquel, après le déploiement des parachutes, cette dernière commencera son Infiltration Sous Voile. Le but reste avant tout d’utiliser les vents à bon escient afin d’atterrir dans les meilleures conditions sur la zone préalablement définie avant le saut. Au FL 120 (environ 3.600 mètres), sans bouteille d’oxygène, le chuteur peut effectuer, en moyenne, une infiltration d’environ 12 kilomètres. En revanche, au FL 240 (environ 7.200 mètres), la distance moyenne d’infiltration est de 30 kilomètres.
Cette technique présente, évidemment, un grand intérêt sur le plan tactique. En effet, elle permet, dans certaines conditions, de larguer une équipe de chuteurs à partir d’un espace aérien sécurisé et de mettre en place ces derniers en zone hostile.

A quoi servent les « chutops » au sein d’une unité ?...

Les chuteurs opérationnels sont généralement mis en place en avance de phase des unités et ceci dans le but de mener des missions de renseignements, d’action derrière les lignes ennemies, la combinaison des deux permettant généralement de préparer la mise à terre d’autres éléments, le plus souvent par aérolargage. Ils doivent donc être entrainés à évoluer en autonomie complète dans un milieu tactique et géographiquement très hostile. A ce titre, on exige que ces derniers possèdent un remarquable niveau physique et technique. La réussite de leur mission sera déterminante pour les missions des unités mises en place par la suite. Ces chuteurs appartiennent à des équipes très spécialisés dont chaque élément maitrise parfaitement son domaine d’emploi et doit, le cas échéant pallier l’absence d’un coéquipier.
Ainsi, une équipe de « chuteurs ops » se composé généralement d’un officier, de deux transmetteurs, d’un infirmier, d’un binôme « renseignement/photo », d’un binôme « appui et tireur d’élite », et enfin d’un binôme « franchissement et mobilité ». Cependant, en fonction des unités et des missions, cette organisation peut être très différente.

Comment choisir ces futurs chuteurs ?

Dans les unités, les officiers, les sous-officiers et les EVAT aux capacités intellectuelles, techniques, physiques et psychologiques supérieures à la moyenne sont d’abord sélectionnés. La formation, par la suite, sera longue et exigeante et impliquera la maitrise de nombreux savoir faire : les transmissions, les soins d’urgence, l’armement et le tir, les cadres de missions, le franchissement, le corps à corps, l’effraction, la manipulation des explosifs, la survie ou encore le saut opérationnel à grande hauteur.
Au total, entre la formation en équipe aux différentes techniques et le stage "chuteurs opérationnel", il s'écoule pratiquement un an...

Source : http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/t10085-la-formation

Commentaire T.D : mon neveu ( 1er RPIMA) doit prochainement suivre ce stage.

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Delta Force

10 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Forces spéciales

Création.

Au début des années 1960, le Special Air Service (SAS) britannique et les Special Forces américaines créèrent un programme d'échange par lequel un officier et un sous-officier du 22 SAS allaient au 7th Special Forces Group (SFG) pour une durée d'un an, et réciproquement. Un des premiers participants à ce programme, le capitaine Charles Beckwith des SF, fut extrêmement impressionné par les particularités du SAS (sélection rigoureuse, exercices aussi réalistes que possible avec planification sommaire, drills à balles réelles, etc.) De retour aux États-Unis, il conseilla à l'US Army de créer une unité similaire au SAS, mais ses suggestions répétées ne rencontrèrent aucun écho. Ce n'est qu'à partir de la fin 1975, en étudiant les rôles des différents composantes de l'US Army au sortir de la guerre du Viêt Nam, que les hautes autorités de l'US Army et en particulier son Deputy Chief of Staff for Operations and Plans (DCSOPS), le général Edward C. « Shy » Meyer, réalisent le manque et le besoin d'une force spéciale spécialisée dans les actions commando. À la suite d'un briefing en août 1976, le général William DePuy commandant le Training and Doctrine Command (TRADOC) donna l'ordre au général Robert C. Kingston qui commandait l'US Army John F. Kennedy Center for Military Assistance (USAJFKCENMA, ou plus couramment JFK Center, unité parente des Special Forces) de développer un concept d'une telle unité, et celui-ci confia la tâche à Charles Beckwith, devenu entre-temps colonel.

Beckwith, assisté de quelques hommes, affina le concept de l'unité jusqu'au début de 1977, et, comme il existait déjà au sein des Special Forces les détachements opérationnels Alpha, Bravo et Charlie, décida de l'appeler Delta. Il obtint l'accord du Forces Command(FORSCOM), qui a autorité sur l'affectation du personnel, puis, le 2 juin 1977, l'approbation du général Bernard W. Rogers, Chief of Staff of the Army (CSA). Le 1st Special Forces Operational Detachment-Delta (1st SFOD-Delta, appelée couramment juste « Delta ») est placé sous l'autorité du JFK Center, qui dépend lui-même du XVIIIe corps aéroporté américain, qui dépend du FORSCOM qui est sous l'autorité du DCSOPS, le général Ed Meyer[. Le projet connut une accélération soudaine à la suite de l'opération du GSG 9allemand qui libéra par la force les otages d'un avion de la Lufthansa détourné à Mogadiscio le 13 octobre 1977. L'ordre d'activer Delta, avec alors pour première mission le contre-terrorisme, fut donné le 19 novembre 1977 (Beckwith étant alors en déplacement en Europe, il ne le reçut qu'en décembre). Beckwith prévit qu'il lui faudrait deux ans avant que l'unité ne soit opérationnelle. Cependant, le Readiness Command (REDCOM) qui s'était vu confier la responsabilité de tester et déployer les unités contre-terroristes à la suite du raid d'Entebbe en 1976, avait constaté le besoin d'une unité spécialisée à la suite du détournement de Mogadiscio, et en avait besoin immédiatement. En conséquence, le successeur de Kingston à la tête du JFK Center, le général Jack Mackmull, avec lequel Beckwith avait une mauvaise relation, confia au colonel Bob Mountel, commandant le 5th Special Forces Group (SFG), le soin de créer une unité d'intérim, appelée Blue Light. À tort ou à raison, Beckwith pensa que Mountel avait l'intention de montrer qu'il pouvait créer une unité plus rapidement et pour moins cher que Delta, et un esprit de rivalité s'établit entre les deux unités.

Delta s'installa dans les vieux bâtiments de la Stockade (prison militaire) de Fort Bragg. La liste de son personnel fut classifié par le Military Personnel Center (MILPERCEN). Il lança une campagne de recrutement, décidant de recruter dans toute l'armée et pas uniquement dans l'infanterie, à l'instar du SAS. Cependant, le général Mackmull limita les possibilités de recruter au sein des Special Forces, de crainte que les SFG, déjà en sous-effectif, se vident de leur personnel. Parallèlement, certains officiers du FORSCOM empêchaient les Rangers de participer à la sélection de Delta. Beckwith dut court-circuiter la chaîne de commandement et parler directement au CSA, le général Rogers, pour débloquer la situation. Beckwith demanda que Delta soit rattachée directement au DCSOPS Meyer, mais cela fut impossible par manque de personnel à l'état-major de l'armée. Le général Meyer simplifia néanmoins la chaîne de commandement en ordonnant que pour tout ce qui concerne Delta, Mackmull réponde directement au Département de l'armée. Il ordonna également que les SF et Rangers puissent participer librement aux épreuves de sélection.

Une des premières étapes dans la formation de l'unité fut la création d'un bâtiment d'entraînement derrière la Stockade, où les opérateurs s'exercèrent à entrer dans une pièce, identifier les cibles, et abattre des cibles simulant des terroristes tout en épargnant les otages. Avec l'aide de la Federal Aviation Administration(FAA) et de compagnies aériennes, ils s'entraînèrent également à prendre d'assaut des avions détournés.

Delta chercha également à apprendre toute tactique ou technique utile auprès d'autres services dont le FBI et l'United States Secret Service. À l'époque, le FBI n'avait que des unités type SWAT entraînées pour des arrestations à hauts risques mais pas pour libérer des otages. En cas de prise d'otage impliquant plusieurs terroristes et plusieurs otages, le FBI prévoyait de confier la situation à Delta dès qu'ils auraient l'autorisation présidentielle pour le faire. Delta effectua son premier exercice avec le FBI, nom de code Joshua Junction, dans le Nevada en mai 1978. Des exercices subséquents impliquèrent d'autres services américains, comme le Nuclear Emergency Search Team (NEST).

Delta passa avec succès un exercice de certification initiale en juillet 1978, à l'issue duquel Blue Light n'apparaissait plus nécessaire. Blue Light fut désactivée quelques mois plus tard. La rivalité entre les deux unités était telle qu'aucun membre de Blue Light ne se porta volontaire pour intégrer Delta, ni ne se le vit proposer.

Au cours de l'année 1979, Delta entama des programmes d'échange avec des unités étrangères dont le SAS, le GSG 9 ouest-allemand, le GIGN français et des unités spéciales israéliennes. L'unité s'agrandit, passant à deux escadrons appelés A et B. Beckwith formalisa les tâches, conditions et standards de l'unité servant d'indicateurs pour évaluer son état de préparation, qui serviront aux évaluateurs extérieurs et aux futurs commandants de l'unité. Le document résultant, surnommé « le Livre Noir », énumérait notamment une soixantaine de compétences individuelles, environ vingt-cinq compétences de niveau de la patrouille, huit à dix compétences de niveau de la troupe. Un escadron avait trois compétences : prendre d'assaut un bâtiment, une situation en plein air, et un avion de ligne.

Début novembre 1979, Delta passa son exercice de validation finale, devant un jury comptant l'ambassadeur Anthony Quainton, directeur de l'Office for Combatting Terrorism du Département d'État des États-Unis, des représentant des agences concernées par le terrorisme (FBI, CIA, Secret Service, DoE, FAA, etc.), ainsi que des observateurs étrangers dont le colonel Ulrich Wegener, créateur et commandant du GSG-9, le général Sir Peter de la Billière, commandant du SAS Regiment, le capitaine Christian Prouteau, créateur et commandant du GIGN, et des Israéliens[. Quelques heures plus tard, une foule menée par des étudiants prit en otage le personnel de l'ambassade Américaine de Téhéran, en Iran. La crise iranienne des otageset l'opération Eagle Claw qui fut menée pour tenter de les libérer par la force devait être la première opération de Delta.

Évolutions

Une des conséquences directes de l'échec de l'opération Eagle Claw fut la création d'un commandement d'opérations spéciales interarmées, le Joint Special Operations Command (JSOC), sous les ordres duquel fut placé la Delta Force et une unité de l'US Navy similaire nouvellement créée, le SEAL Team 6. Au début des années 1980, le directeur du FBI William Webster décida de combler l'écart existant entre les unités SWAT et Delta en créant la Hostage Rescue Team. Le colonel Paschall, commandant Delta à l'époque, collabora avec le FBI pour entraîner des agents du bureau dans les tactiques et techniques contre-terroristes.

En 1985, l'unité fit l'objet d'enquêtes de l'armée et du Département de la Justice car un certain nombre de ses hommes avaient détourné des fonds en exagérant leurs notes de frais de déplacements. Le scandale aurait pu menacer l'existence de l'unité, mais son commandant de l'époque, William Garrison, prit leur défense et ne punit que ceux qui avaient commis le plus d'abus. Sept membres de l'unité seraient passés en cour martiale et quatre-vingt autres auraient reçu des sanctions disciplinaires non-judiciaires. Au cours des années 1980, Delta s'agrandit, passant d'une centaine d'hommes répartis en deux escadrons réduits à l'époque d'Eagle Claw, à trois escadrons complets totalisant 200, plus 300 autres personnels de soutien à la fin de la décennie. Delta déménagea en 1987 de la vieille Stockade pour un nouveau QG construit sur mesure pour 75 millions de dollars, et appelé Security Operations Training Facility (SOTF), situé sur le Range 19 de Fort Bragg.

Avec le temps, Delta n'est pas demeurée une unité purement de contre-terrorisme comme à sa création, mais elle est devenue capable d'un large spectre de missions, ce qui était l'idée originale de Beckwith d'après le modèle du SAS britannique. À partir de la fin des années 1980, un des efforts du JSOC a été de réduire les conflits avec les commandements militaires régionaux, et d'intégrer ses différentes unités, à l'esprit très indépendant, entre elles. Au début des années 1990, le JSOC insitua un régime d'entraînement qui forçait Delta et le SEAL Team 6 à s'entraîner ensemble tous les trois mois. La relation entre les deux unités passa de l'animosité à une saine rivalité, et des amitiés se développèrent entre membres des deux unités.

Delta a continué d'augmenter en taille. Au milieu des années 1990, elle comptait environ 800 membres[, et près de 1 000 au début des années 2000.

Missions

Le rôle initial de la Delta Force était le contre-terrorisme, en priorité pour protéger ou secourir les citoyens et intérêts américains à l'étranger. Pour des cas exceptionnels, elle peut intervenir sur le territoire américain, notamment en collaboration avec la Hostage Rescue Team du FBI.

Cependant, l'unité est capable d'opérations extrêmement diverses. Elle peut être chargée d'assurer la protection de hautes autorités militaires américaines (voire alliées dans certains cas) en temps de guerre ou de tensions, d'opérations spéciales diverses (reconnaissances et raids en arrière des lignes ennemies), ainsi que de dispenser des formations spécifiques à des unités étrangères.

Cette diversité, ainsi que la possibilité laissée aux forces spéciales américaines d'agir en civil, fait qu'il peut être difficile de déterminer si une opération est du ressort de la Delta Force, des autres Special Forces US ou du service d'opérations clandestines de la CIA.

Organisation

L'organisation de la « Delta Force » est - comme le reste - secrète. Selon les rares informations disponibles, l'unité est commandée par un colonel et son état-major comprend un commandant adjoint et des officiers d'administration, de renseignement, d'opérations, de logistique, tous ayant le grade de lieutenant-colonel. La force opérationnelle de l'unité est organisée en escadrons désignés par une lettre, sur le modèle du Special Air Servicebritannique : A squadron, B squadron et C squadron. La devise du A squadron est Molon Labe Un D squadron aurait été ajouté à cet organigramme approximativement vers 2005.

Chacun de ces escadrons d'opérateurs a son propre état-major avec un commandant d'escadron, un officier d'opérations, un officier de renseignement, etc. Selon les descriptions les plus récentes, les escadrons comprennent 75 à 85 opérateurs répartis entre deux troops d'assaut d'une trentaine d'hommes, et une troop de reconnaissance et surveillance surnommée recce troop. Les troupes d'assaut sont elles-mêmes divisées en teams de quatre ou cinq opérateurs, et les troupes de reconnaissance et surveillance sont formées de teams de quelques binômes snipers-spotters ayant une expérience antérieure dans une troupe d'assaut. Toutes ces équipes sont généralement désignées par des codes de l'alphabet radio. Les opérateurs ne représentaient qu'environ 250 hommes sur le millier que comptait approximativement l'unité en 2000. Les autres forment une structure de soutien considérable. Un escadron de soutien regroupe le personnel responsable de l'administration, de la finance, de la logistique, de la planification des opérations, etc. Il comprend un détachement de sélection et de formation des recrues (S&T detachment, pour selection and training) dont un psychologue, un détachement médical, un détachement de recherche et développement d'armes et de matériel, un détachement technique et électronique (T&E) pour le matériel d'écoute et de renseignement, etc.. À la Security Operations Training Facility (SOTF), le complexe de la Delta Force à Fort Bragg, sont également affectés un Staff Judge Advocateet un Special Agent in Charge du CID.

L'escadron de soutien comprend également un détachement de renseignement entraîné à opérer clandestinement dans des pays étrangers pour reconnaître des objectifs. Initialement surnommé « Funny Platoon », ce détachement est né d'un long conflit avec l'Intelligence Support Activity(ISA) qui avait le même rôle mais refusait de laisser Delta évaluer ses agents. La Funny Platoon a intégré des soldats féminins à partir de 1990, dans le but d'infiltrer des agents sous la couverture d'un couple mari et femme. Un élément spécialisé s'occupe d'imprimer de faux papiers pour ces opérateurs clandestins. Au début des années 2000, ce détachement comptait une centaine d'opérateurs clandestins et était appelé operational support troop.

À la fin des années 1980, un escadron d'aviation Delta clandestin a été créé, reprenant peut-être le rôle de l'unité Seaspray. Cet escadron était décrit au milieu des années 1990 comme organisé en red, blue et green platoons, et disposant d'une douzaine d'hélicoptères AH-6 et MH-6 Little Birds peints dans de fausses couleurs civiles, utilisés pour des opérations clandestines. Selon des informations plus récentes, l'escadron d'aviation fonctionnerait sous le nom de Flight Concepts Division et serait basé à Fort Eustis en Virginie, près de la fameuse « Ferme » de la CIA à Camp Peary. L'escadron accomplit d'ailleurs des missions pour la CIA.

Recrutement

La plupart des recrues proviennent des Special Forces et du 75th Ranger Regiment, mais certains viennent d'autres unités de l'US Army. Environ 70 % des opérateurs Delta seraient d'anciens Rangers. Bien que l'existence de l'unité ne soit pas reconnue, des annonces de recrutement ont été publiées dans divers journaux d'informations militaires. Ces annonces des années 1990 indiquent que les candidats doivent être volontaires, de service actif, de sexe masculin, avoir la citoyenneté US, avoir au minimum 22 ans, être aptes médicalement et physiquement, et être de grade de sergent (E-5) à Sergeant First Class (E-7) pour les sous-officiers et capitaine ou major ayant 12 mois de commandement satisfaisant pour les officiers. Les recruteurs de l'unité effectuent également des visites pour informer et attirer des recrues potentielles dans les bases militaires américaines de par le monde.

Sélection

La sélection est appelée assessment and selection course, a lieu deux fois par an et dure environ un mois. Elle commence par des tests physiques de base comprenant des pompes, des abdominaux, et un sprint, une épreuve consistant à ramper et une de natation en treillis. Les candidats de sélection sont ensuite testés dans une série de marches de navigation terrestre similaires à celles du Special Air Servicebritannique, dans les Appalaches autour de Camp Dawson en Virginie-Occidentale. Les distances à parcourir et les poids des sacs sont progressivement augmentés et la durée limite de l'épreuve diminuée. Cette « Stress Phase » culmine au bout d'environ un mois par une marche de 40 miles (64 km) sur un terrain ardu avec un sac à dos de 70 livres (30 kg) à effectuer dans une limite de vingt heures. Cette phase de test ne sert pas uniquement à évaluer l'endurance des candidats mais aussi leur détermination et leur autodiscipline. Cela est complété par des évaluations psychologiques. Les hommes passent ensuite face à un jury réunissant des instructeurs Delta, des psychologues et du commandant de l'unité. Ils posent au candidat une série de questions et ensuite dissèquent chaque réponse où le maniérisme du candidat est étudié dans le but de l'épuiser. Le commandant de l'unité s'en rapporte alors au candidat et lui dit s'il a été sélectionné. Le taux de réussite à chaque sélection varie mais est généralement d'environ 10 %.

Formation

Les candidats retenus suivent ensuite l'Operator Training Course (OTC) à Fort Bragg qui dure environ six mois. Celle-ci comprend des centaines d'heures de tir, l'apprentissage de tactiques avancées d'infanterie, et le drill d'assauts de bâtiments et de combat en milieux clos. Ils suivent également des instructions à la conduite de véhicules, à la protection rapprochée et à opérer clandestinement en zone hostile. Les sortants de ce cours sont ensuite affectés en unité où, après 18 mois de formation sur le tas, ils reçoivent le Special Qualification Identifier “T” qui les qualifie d'opérateurs de l'unité.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Delta_Force

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