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Hauts Grades

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Les Hauts Grades

20 Août 2012 Publié dans #hauts grades

Mise en forme à Londres à partir de 1717, la franc-maçonnerie spéculative moderne s'implante à Paris autour de 1725. Elle pratique probablement les deux grades hérités de la maçonnerie opérative  d'Écosse , apprenti -entré et compagnon  du métier, auxquels vient s'ajouter, dans les années 1730, un troisième grade dit de maître. Entre cette époque et 1760, les francs-maçons français vont découvrir et se mettre à pratiquer d'autres grades appelés hauts grades.

Si les trois premiers grades sont dits « bleus » ou « symboliques », dans la tradition maçonnique française, et craft, « du métier ., dans la maçonnerie britannique, l'usage a fait désigner les « autres grades « sous cette appellation inexacte au sens littéral, mais aujourd'hui établie, de « hauts grades » ou d'« écossisme » en France et de side degrees en Grande Bretagne. Ils sont l'une des formes d'expression privilégiées des courants spiritualistes et ésotériques développés au XVIIIe siècle. L'émergence et la nature de ces hauts grades restent l'un des sujets les plus obscurs et les plus étonnants de la face cachée du siècle des Lumières.

Leur origine est une question difficile et très controversée. On a longtemps voulu n'y voir qu'une invention née de la fantaisie des maçons français du XVIIIe siècle. Ces derniers auraient créé de toutes pièces de nouveaux grades empruntant aux spéculations de la Kabbale, et de l'hermétisme, dont étaient avides ces esprits critiques à l'égard des institutions religieuses et ces âmes frustrées par l'émergence du rationalisme moderne.

En fait, cette vision des choses est profondément influencée par une conception de la maçonnerie apparue à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle et que partagent paradoxalement des institutions aussi différentes que la Grande Loge Unie d'Angleterre  et le Grand Orient de France. La franc-maçonnerie authentique ne résiderait que dans les trois premiers grades, les seuls à être universels, les seuls aptes à transmettre la tradition maçonnique dans sa pureté originelle. Les hauts grades ne représenteraient, dans le meilleur des cas, qu'un complément qui dirait d'une autre façon ce que des esprits avisés auraient déjà dû découvrir dans la pratique des grades symboliques, et dans le pire des cas qu'un artifice pour satisfaire la vanité des amateurs de titres pompeux qui ridiculiseraient l'Ordre.

Dans cette perspective, que ce soit pour Gould  ou pour Amiable, les hauts grades ne pouvaient qu'être postérieurs aux grades symboliques que l'on rattachait, un peu vite aux maçons du Moyen Âge. Cette théorie n'est plus acceptable, car des indices laissent supposer que les hauts grades les plus anciens font pleinement partie du patrimoine de la première franc-maçonnerie spéculative britannique. Ils ne sont donc ni une invention française, ni postérieurs à la mise en forme originelle de la maçonnerie spéculative. Le grade de maître lui-même, qui propose à la différence des deux premiers grades une légende au riche symbolisme et qui n'est attesté que dans les années 1720, ne serait-il d'ailleurs pas le premier des hauts grades ?

René Guilly et Roger Dachez ont esquissé une nouvelle théorie de l'apparition des hauts grades. Lors de la récupération du vieux fonds rituel en deux grades de la maçonnerie opérative d'Écosse par la première franc-maçonnerie spéculative britannique, le besoin d'un grade terminal d'aboutissement plus dense en potentialité symbolique s'étant fait sentir, plusieurs projets de 3e grade auraient été élaborés dans les premiers milieux spéculatifs britanniques. Le grade structuré autour de la légende d'Hiram se serait imposé entre 1725 et 1735 comme le 3e grade standard.

Les autres essais de 3e grade, probablement le Maître Parfait et le Royal Arch dans des versions archaïques n'auraient pas été abandonnés et, poussés vers le haut, auraient constitué les premiers grades complémentaires au système symbolique en trois grades tel qu'il venait de se fixer.

Quoi qu'il en soit, en France, les premiers hauts grades apparaissent probablement dans le cours des années 1730, mais on ne trouve de témoignages de leur existence que dans les années 1740. Après les avoir condamnés en 1743, les autorités maçonniques parisiennes reconnaissent leur légitimité le 24 juin 1745 dans les « Statuts dressés par la RL St. Jean de Jérusalem » qui précisent: « Les maîtres ordinaires s'assembleront avec les maîtres parfaits et irlandais trois mois après la St-Jean, les maîtres élus six mois après les écossais neuf mois après, et ceux pourvus de grades supérieurs quand ils le jugeront à propos. » Les noms et la hiérarchie des 7 grades sont donc clairement définis. Outre les trois grades symboliques, le maçon peut aspirer à quatre autres grades: Parfait, Irlandais, Maître Élu, Écossais .

De plus, l'existence de grades encore supérieurs est reconnue. Les thèmes symboliques proposés par ces rituels font référence au Temple  de Salomon soit pour prolonger la légende du gradé de maître (notamment pour les grades d'Élu ou d'lrlandais) soit pour développer des légendes autonomes, dans la plupart des cas totalement apocryphes (Maître Parfait et Écossais). Dans cette perspective, le grade de Maître Parfait propose une méditation sur la pierre de la fondation et celui d'Écossais, version française du Royal Arch britannique, révèle l'existence d'une parole perdue précieusement conservée dans une voûte secrète dissimulée sous le Temple de Salomon .

Mais si les premiers hauts grades sont d'origine britannique, les maçons français ne vont pas se limiter à ces grades, ni même à leurs versions magnifiées de Parfait Élu ou Grand Écossais. Probablement dès les années 1740 vont apparaître en France d'autres grades de nature chevaleresque. Ces nouveaux hauts grades, nés en France, dans une maçonnerie dont les résidents britanniques constituaient encore une part importante, se diffusent ensuite dans toute l'Europe Le célèbre discours du chevalier de Ramsay  passe pour avoir popularisé dès 1736, parmi les frères français, l'idée que les francs-maçons descendaient des Croisés, et donc que leur confrérie  était en fait un Ordre de chevalerie. On a voulu voir en Ramsay l'inventeur de cette illustre ascendance chevaleresque.

C'est possible, mais peut-être n'a-t-il fait que formuler une idée que l'on rencontrait déjà dans les milieux maçonniques français ou britanniques de son temps. Le premier grade chevaleresque est celui de Chevalier de l'Orient. Sa thématique est la reconstruction du second Temple par les Juifs libérés de l'Exil par Cyrus et conduits par Zorobabel. Cette chevalerie enracinée dans l'Ancien Testament se situe donc bien dans l'univers symbolique des plus anciens hauts grades tout en ouvrant une transition vers une « maçonnerie renouvelée » sous-entendue par la chevalerie, pour reprendre l'expression de l'époque.

Le troisième temps de la formation des hauts grades voit l'apparition d'une légende qui marquera profondément les milieux maçonniques et, au-delà, l'imaginaire européen. Les francs-maçons seraient en fait les descendants des templiers dont des groupes secrets auraient survécu jusqu'au XVIII' siècle sous le masque de la franc-maçonnerie. La dynastie errante des Stuart en aurait fourni les chefs secrets à la tête des rescapés recueillis en Écosse. La recherche maçonnique a tout récemment mis au jour l'existence d'un haut grade templier en France dans les milieux jacobites  en 1750 : l'ordre Sublime des Chevaliers Élus. La légende templière ne se développe cependant pleinement que dans les années 1760 autour des deux héritiers des Chevaliers Élus: le grade de Grand Inspecteur Grand Élu Chevalier Kadosh et la Stricte Observance.

Tous les hauts grades maçonniques qui traversent l'épreuve du temps sont en place quand apparaît le grade de Rose Croix, probablement au milieu des années 1750.

La multiplication des hauts grades (au XIXe siècle, Ragon prétend en compter 1400, même si une bonne centaine paraît plus proche de la réalité) est un phénomène original. Cette matière multiforme et un peu insaisissable ne nous semble pouvoir être comprise que si l'on considère que c'est un véritable cycle légendaire qui s'est constitué en plein siècle des Lumières. Il faut appréhender ces textes comme les romans de chevalerie du Moyen Âge. Le Salomon des maçons est un proche cousin du roi Arthur. De grade en grade les frères apprennent des secrets nouveaux sur la geste de Salomon d'Hiram et de leurs disciples: les Écossais. Les légendes, souvent bien éloignées des sources bibliques, sont plus soucieuses d'enseignement symbolique et spirituel que de cohérence historique et scripturaire. D'aucuns voient, sous un habillage vétérotestamentaire, l'exposé des grands archétypes spirituels qui hante la psyché humaine.

Dans les années 1760, on note plusieurs tentatives pour installer des autorités centrales capables de gérer les hauts grades: le Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident ou le Conseil des Chevaliers d'Orient sont parmi les plus notables. Mais chaque loge a son système particulier de hauts grades et les loges importantes font bénéficier leurs loges filles et les loges avec lesquelles elles correspondent de celui qu'elles mettent au point. La situation présente donc une grande diversité.

Jusqu'aux années 1970, l'historiographie maçonnique, généralement hostile aux hauts grades, les présentait comme « d' inextricable fouillis » (Gaston Martin) , un « salmigondis » (Lantoine`) ou une e anarchie écossaise " (Marcy). En fait, il y a un nombre limité de hauts grades qui sont reconnus par la généralité des maçons et qui se présentent selon une hiérarchie admise par tous. Les systèmes particuliers des loges reprennent toujours plus ou moins les mêmes hauts grades classiques auxquels ils ajoutent parfois un grade spécifique à la loge, souvent comme grade terminal.

Pour tous les maçons il y a donc un « ordre analytique connu » pour reprendre l'expression utilisée par la Chambre des Grades du Grand Orient en 1782. Ce sont tout d'abord les « petits grades » (Parfait, Irlandais, Maître Secret ...) les grades d'Élus (des 9 des 15 de Pérignan...) puis les grades d'Écossais (des 3 J. de la Voûte...) et enfin ceux qui constituent la chevalerie maçonnique (le plus souvent avec le grade de Chevalier d'Orient auquel succèdent d'autres grades chevaleresques). Les grades qui marquent l'aboutissement d'une carrière maçonnique sont soit celui de Rose-Croix, soit celui de Chevalier Kadosh. Dans les années 1780 apparaît un souci d'uniformisation dans la pratique des hauts grades qui entraîne une fixation des rites. Ainsi c'est en 1782 qu'est fixé le Rite Écossais Rectifié , en 1784 le Rite Français et en 1804 le Rite Écossais Ancien et Accepté . Ces rites ne font cependant que reprendre selon diverses modalités, l'.«ordre analytique connu » du XVIIIe siècle.

Certain systèmes, comme les rites alchimiques qui fleurirent au XVIIIe siècle ou le Régime Écossais Rectifié ajustent les grades t leur hiérarchie aux doctrines qu'ils veulent enseigner. Ainsi ce dernier a été codifié pour transmettre de grade en grade, par étapes successives, la doctrine de Martinès de Pasqually .

Au contraire d'autres rites prennent le parti de fixer un usage sans intervenir a priori su l'enseignement symbolique délivré par la succession des grades. C'est notamment le cas du Rite Français et du Rite de Perfection devenu en 1801 le Rite Écossais Ancien et Accepté. Le premier fait le choix de ne retenir que les hauts grades les plus anciens dans leurs versions les plus sobres et de faire du grade de Rose Croix le couronnement de l'engagement maçonnique. Le second se présente comme une sorte de conservatoire des hauts grades existant à Paris autour de 1760. Seuls quelques-uns parmi la trentaine de hauts grades qu'il propose ont été pratiqués, les autres étant donnés, sans cérémonie, par communication.

Après le relatif déclin pendant la période d'engagement politique de la maçonnerie française entre la fin du XIXe siècle et la Seconde Guerre mondiale, les hauts grades ont reconquis l'intérêt des maçons. lls apparaissent comme un cadre privilégié pour la réflexion sur les questions métaphysiques. Leur symbolisme se prête particulièrement bien à la quête initiatique. En théorie, il ne devrait y avoir qu'une organisation nationale de hauts grades par pays et par rite. Cette organisation devrait de plus être tout à fait indépendante de la Grande Loge qui gère les trois premiers grades. Mais aujourd'hui, en France, les organisations de hauts grades sont liées aux différentes obédiences symboliques. Pour décrire de manière synthétique et didactique la nébuleuse des instances dirigeantes des hauts grades, quitte à simplifier un peu une histoire compliquée il convient de présenter les organisations, rite par rite.

Le Rite Écossais Ancien et Accepté s'implante à Paris en 1804. Après une tentative de rapprochement avec le Grand Orient de France, le Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33° reprend son indépendance, jusqu'en 1816. Les deux plus importantes organisations de hauts grades sont nées de ce premier Suprême Conseil indivis. En 1816, la majorité des membres du premier Suprême Conseil décide de rejoindre le Grand Orient et d'y créer le Grand Collège des Rites-Suprême Conseil qui, jusqu'à nos jours, gère les hauts grades du Rite Écossais Ancien Accepté pour le Grand Orient de France. Une minorité a refusé l'union au Grand Orient et en 1821 forme un Suprême Conseil de France. Cette organisation est amenée à créer des loges symboliques, puis, à terme, la Grande Loge de France . Aujourd'hui le Suprême Conseil de France administre les ateliers de hauts grades rassemblant les frères issus de celle-ci.

En 1899 Le Droit Humain  fondé en 1893 constitue un Suprême Conseil Mixte Universel, souverain du 1° au 33". Ce Suprême Conseil est la plus haute autorité du Droit Humain qui se voit ainsi doté d'une organisation des plus orthodoxes selon les principes hiérarchiques du Rite Écossais Ancien Accepté. En 1965, une fraction de frères de la Grande Loge de France rejoint la Grande Loge Nationale Française* et y apporte le Rite Écossais Ancien Accepté. Deux membres du Suprême Conseil de France dont le Grand Commandeur Charles Riandey , les accompagnent. Ils créent le Suprême Conseil pour la France qui ouvre aux frères de la Grande Loge Nationale Française la pratique des hauts grades du Rite Écossais Ancien Accepté.

En 1972, des soeurs de la Grande Loge Féminine de France  érigent le Suprême Conseil  Féminin de France a partir d'une intéressante filiation anglaise.

En 1973 puis 1981, un Suprême Conseil Mixte de France se constitue dans le sillage de la Grande Loge Mixte Universelle puis de la Grande Loge Mixte de France. En 1994, des frères membres du Grand Collège des Rites-Suprême Conseil le quittent et forment le Suprême Conseil Uni de France.

Mises bout à bout, ces organisations regroupent près de 20 000 maçons. A la manière des académies, la plupart des Suprêmes Conseils recrutent leurs membres selon le mode de la cooptation à vie. Elles font du Rite Écossais Ancien Accepté le système de hauts grades le plus pratiqué, en France.

Le Rite Écossais Rectifié est apparu en France entre 1776 et 1782; il a disparu dans le deuxième tiers du XIXe siècle et ne s'est maintenu qu'en Suisse  sous l'autorité du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie. À partir de 1913 et jusqu'en 1935 les Suisses arment Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte un certain nombre de maçons du Grand Orient de France.

En 1924, le Grand Collège des Rites-Suprême Conseil érige en son sein un Grand Directoire pour le Régime Écossais Rectifié. En 1935, à la suite de divergences au sein du Grand Orient de France, des frères rassemblés autour de Camille Savoire  constituent le Grand Prieuré des Gaules. En réaction, en 1938, les frères qui veulent maintenir la pratique du Régime Rectifié au sein du Grand Orient érigent le Grand Directoire Rectifié du Grand Collège des Rites en Grand Prieuré Indépendant de France. Après la guerre, la régence écossaise du Grand Collège des Rites s'estompe pour ne renaître pleinement qu'en 1973. Dans le prolongement de ce réveil, la complète souveraineté du Grand Prieuré Indépendant de France vient d'être rétablie.

Fractionnements et scissions au sein des obédiences compliquent encore la donne. En effet, en 1958, le Grand Prieuré des Gaules se rapproche, puis signe un traité d'alliance avec la Grande Loge Nationale Française. Les frères membres d'autres obédiences symboliques ne l'acceptent pas.

En 1962 se constitue ainsi le Grand Prieuré de France pour rassembler les frères des hauts grades qui ont quitté la Grande Loge Nationale Française pour former la Grande Loge Nationale Française-Opéra (la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique  Opéra). Depuis 1995, cette structure, réorganisée en 2e Province-Auvergne, comprend un Grand Prieuré de France séant à Paris et un Grand Prieuré de Provence à Aix. En 1965 est fondé le Grand Prieuré Indépendant des Gaules rebaptisé Grands Prieurés Unis des trois Provinces. Ces Grands Prieurés Unis continuent à recruter leurs membres sans tenir compte de l'obédience symbolique dont ils sont issus.

De son côté, le Rite Français, dont les hauts grades ont été absorbés peu à peu par le Rite Écossais Ancien et Accepté, bénéficiant du regain d'intérêt pour les rituels dans les années ]960, voit se réveiller des structures spécifiques pour ses hauts grades. En 1963 est créé le Souverain Chapitre Jean-Théophile-Désaguliers dont les travaux font mieux connaître le Rite Français et contribuent à sa diffusion. Sans revendiquer aucune autorité sur qui que ce soit il assume jusqu'à nos jours, la fonction de Souverain Chapitre Métropolitain.

Entre les années 1970 et les années 1990, à partir du Chapitre Jean-Théophile Désaguliers une vingtaine de chapitres français seront créés à Paris, dans le Nord et sur la côte méditerranéenne par des frères du Grand Orient, de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra ou de la Grande Loge Nationale Française.

En 1996 le Grand Collège des Rites reconnaît une dizaine de chapitres français et reconstitue le Grand Chapitre Général  de France qui regroupe donc des frères appartenant par ailleurs au Grand Orient de France.

Du côté des Rites Égyptiens , l'organisme directeur du Rite de Memphis et Misraïm est le Souverain Sanctuaire. Paris est son centre le plus important et le Souverain Sanctuaire international a été constitué à la fin des années 1960 par Robert Ambelain. Cette organisation a récemment connu de graves divisions qui ont abouti à son éclatement en plusieurs groupes. Pour conclure, on doit signaler que les frères de la Grande Loge Nationale Française ont introduit en France plusieurs systèmes de hauts grades d'origine anglo-saxonne qui ont donné lieu à la création d'organisations ad hoc pour assurer leurs administrations (Grande Loge Française de la Marque, Grand Chapitre de l'Arc Royal, Societas Rosi-Crusae in Gallia...)

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

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Les grades de vengeance au 18ème siècle et sous l'empire

20 Juillet 2012 , Rédigé par F... Jean KHEBIAN (32e) Publié dans #hauts grades

Deux anciens Rituels de Hauts Grades « Plus Secrets Mystères des Hauts Grades de la Maçonnerie ou le Vrai Rose-Croix. Traduit de l'anglais ; Suivi du Noachite, traduit de l'allemand, — A Jérusalem. M DCC LXVI. » et : « Hauts grades du Rit Français — Avec des notes rédigées par le Chev... Fustier, Vallée de Pans, 1809 » (ouvrage manuscrit), donnent des systèmes de hauts grades marquant, l'un et l'autre, une progression initiatique destinée, dans l'esprit des auteurs, à conduire le Franc-Maçon jusqu'au dernier et suprême grade qui, dans le Rituel de 1766 sera le Noachite ou Chevalier Prussien, 7e et dernier degré de cet ensemble et, dans le Rituel Fustier, le Rose-Croix, 4e Ordre, nec plus ultra du Rite Français, tel qu'il fut transcrit par lui en 1809.

Ces deux systèmes s'ouvrent sur un grade de vengeance, sans ménager la transition qui, après le grade de Maître, a été introduite dans le Rite Ecossais Ancien Accepté par ses grades du 4e au 8e degré, placés ayant le Maître Elu des Neuf, puis l'Illustre Elu des Quinze, grades de vengeance de ce Rite.

Or, ces deux grades de vengeance ne sont plus pratiqués dans les Ateliers relevant du Grand Collège des Rites, ni d'ailleurs dans les Loges de Perfection de l'obédience de la Grande Loge de France, ces deux Puissances maçonniques ne les conférant plus désormais que par communication ; seuls, à ma connaissance, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm et la Loge Nationale Française (Opéra) travaillent actuellement, en France, au grade d'Elu, pour ne parler que de la Maçonnerie traditionnelle.

La question se pose de connaître les motifs de cette désaffection de la part des Obédiences groupant, et de loin, le plus grand nombre d'initiés.

Il ne m'est donc pas paru inutile de remettre ces grades en mémoire, en utilisant pour base les deux anciens rituels ci-dessus mentionnés dont le caractère d'authenticité ne saurait être mis en doute. Ce sera le but essentiel de la présente étude.

Dans une première partie, -je donnerai une description sommaire des Rituels de 1766 et de 1809 puis, après m'être attardé sur l'histoire de la Maçonnerie telle que l'auteur du manuel de 1766 la conte, je décrirai les grades de vengeance de ce Rituel et le grade correspondant du Rituel de 1809.

Enfin, après avoir signalé l'influence stuardiste que l'on voit transparaître dans le grade de Second Elu de 1766, je procéderai à l'examen du symbolisme spécifique de ces grades de vengeance on verra alors qu'il s'agit de deux symbolismes puisés à la même source mais dont le caractère et l'enseignement qui en découlent sont fondamentalement différents selon que l'on se réfère au Rituel de 1766 ou à celui de 1809.

LE RITUEL DE 1766

Cet ouvrage se présente comme un Rituel des Hauts Grades. Il place la « Métropole Loge » sur la montagne d'Hérédon, en Ecosse et débute par une « Histoire de l'origine de la Maçonnerie » où l'on mêle sans vergogne la légende et la réalité avec, toutefois, une préférence marquée pour l'imaginaire, ce qui par parenthèse ne diminue en rien la valeur initiatique de l'oeuvre si l'on se place du point de vue uniquement symbolique et non pas réaliste et matériel.

Godefroy de Bouillon se voit attribuer la paternité de l'Ordre qui aurait été fondé par lui en Palestine en 1330, après la décadence des armées des Croisés.

Puis, viennent les cahiers des six premiers hauts grades de la Maçonnerie consistant en chapitres traitant de chacun d'eux de manière très inégale quant au fond et à la forme,

Nous prenons ainsi connaissance des grades suivants

1er grade Parfait Maçon Elu

2e grade Elu de P.

3e grade Elu des Quinze

4e grade Petit Architecte

5e grade Grand Architecte

6e grade : Chevalier de Epée et de Rose-Croix.

Cette première partie, si l'on en croit le titre du livre, serait traduite de l'anglais.

En préambule au Noachite ou Chevalier Prussien, on nous informe que ce qui concerne ce septième grade - qualifié de « très ancien Ordre » - a été traduit de l'allemand en 4658.

Le Cahier de ce grade s'ouvre sur une histoire de l'ordre des Noachites qui ne rattache pas ce grade, présenté comme l'ultime degré de la Maçonnerie, à la Chevalerie Chrétienne en Terre Sainte, mais, plus pompeusement encore, aux descendants de Noé, voire aux Titans. Il est vrai que pour authentifier ces rêveries on nous déclare tout de go que Phaleg, architecte de la Tour de Babel, se retira par pénitence dans les déserts de la Prusse où l'on retrouva son tombeau en 553 après Jésus-Christ et l'on nous affirme, de plus, que toutes les reliques relatives à ces faits (pour le moins miraculeux !) se trouvent chez le Roi de Prusse, restaurateur du Grade.

Le catéchisme du grade nous apporte quelques lumières sur son rituel particulier. Tout cela est très décousu mais, après ce catéchisme, on nous donne un alphabet maçonnique et l'on constate que c'est celui qui est parvenu jusqu'à nous et est encore en usage pour la Maçonnerie bleue le fait mérite d'être signalé. Enfin, une histoire des Noachites dont l'ouvrage cette légende ne fait que répéter, en l'augmentant, l'histoire reproduite au début du chapitre.

Outre l'alphabet, il faut signaler les planches figurant en tête du livre et les explications que l'on donne des emblèmes ainsi représentés. Il est remarquable qu'aucun n'a trait au symbolisme des grades de vengeance pas plus, d'ailleurs, qu'au Noachite.

LE RITUEL DE 1809

Ce document manuscrit constitue notre seconde source. Un demi-siècle seulement sépare sa parution de celle de l'ouvrage précédent et pourtant l'on constate une évidente volonté de simplification du système, un souci d'éviter les fables du passé dans l'ouvrage le plus récent. Nul doute que le Grand Orient n'a, dès leur naissance, entrepris une « domestication » des multiples légendes pour ne conserver que ce qui pouvait présenter un intérêt initiatique sans s'écarter par trop de la vérité historique, le mirifique dût-il en souffrir.

A l'appui de cette opinion il n'est pas sans intérêt de rappeler qu'en matière de préambule, le Chev... Fustier, auteur des Notes, ne se fait pas faute de critiquer la prolifération des grades. Il s'exprime en ces termes :

« Le Grand Orient de France, dont l'origine date de 5772, a borné longtemps le travail des Loges de sa Correspondance aux trois grades symboliques, Un Grand Chapitre avoit été créé a la Vallée de Paris en 5721 par la Grande Loge d'Edimbourg il demanda sa réunion au G... O... et cette réunion eut lieu le 12e mois de 5778. »

« C'est donc de cette époque que date l'érection d'un Grand Chapitre dans le G... O... de France et comme ce dernier étoit allarmé de la multitude des grades qu'avoient enfantés successivement l'imagination, l'orgueil et la cupidité, il fut arrêté qu'ils seraient tous fondus en quatre Ordres, savoir :

« L'Elu, l'Ecossais, le Chevalier d'Orient et le Rose-Croix. »

Le Rituel s'étend ensuite longuement sur les quatre grades ci-dessus, donnant pour chacun d'eux des détails minutieux sur tout ce qui concerne la disposition de la Loge, le décor des Frères, leurs titres, les Tenues, ordinaire ou d'initiation, l'instruction et le discours historique.

Retenons de ce qui précède, outre le désaveu infligé aux inventeurs de grades, que le Chev... Fustier fait remonter la naissance des Hauts Grades a 1721 alors que Marcy ne croit connaître de hauts grades que vers 1740 .Il y a là un écart d'une vingtaine d'années qui, à mon sens, n'offre d'intérêt que pour le rôle prêté au Chevalier Ramsay dans la création des hauts grades de la Maçonnerie Chevaleresque, ce qui n'est pas notre propos. Signalons cependant, au passage, que si l'on retenait cette date de 1721 pour la naissance des hauts grades, le fameux discours ayant été prononcé en 1737 ne peut avoir été leur inspirateur.

Cependant, Marcy rappelle que si, dès 1691 le « MOT » de Maçon « consiste dans une sorte de commentaire sur Jakin et Boaz, les deux colonnes érigées dans le Temple de Salomon », l'on ne voit apparaître Hiram dans les documents maçonniques qu'en 1723, époque à laquelle commence le processus d'élaboration de la Légende d'Hiram destinée à servir de base initiatique au nouveau grade, celui de Maître, complétant a trois degrés la Maçonnerie symbolique  2). Il ne fait donc pas de doute que ceux des hauts grades qui mettent en scène la recherche des meurtriers du Maître puis leur châtiment ne peuvent être antérieurs au système de la Maçonnerie symbolique parachevée et couronnée par la Légende d'Hiram tout laisse à croire qu'ils leur sont postérieurs. Tel semble être le cas de ce grade d'Elu inclus dans le Rituel du Chev... Fustier, ce qui rend suspecte son affirmation concernant la date de 1721 pour l'apparition des Hauts Grades puisque aussi bien le Grand Chapitre, dont il signale la création à Paris a cette date, n'avait à connaître que de ceux-ci.

HISTOIRE DE L'ORIGINE DE LA MAÇONNERIE

J'ai dit plus haut que dans sa mirifique histoire de la Maçonnerie, l'auteur du Manuel de 1766 faisait de Godefroy de Bouillon le créateur de l'Ordre et avançait pour cet événement la date de 1330. Or, à cette date, le premier roi chrétien de Jérusalem était mort depuis 230 ans ! En outre, il place le siège de la Maçonnerie sur la montagne d'Hérédon qu'il situe « entre l'ouest et le nord de l'Ecosse, à soixante milles d'Edimbourg ». Cette affirmation ne peut procéder que de la volonté de justifier les origines écossaises de l'Ordre car il n'existe en Ecosse aucune montagne répondant au nom d'Hérédon ou Héredom comme on l'écrit parfois. Jean Palou, citant à ce propos le « Recueil Précieux de la Maçonnerie Adonhiramite » ne manque pas de relever que le mot hébreux « Harodim » désigne les contremaîtres qui dirigeaient les ouvriers durant la construction du Temple de Salomon . Il y a là une coïncidence qui apporte peut-être la clef du mystère.

On ne peut cependant taxer d'ignorance crasse le ou les auteurs du Manuel de 1766 alors que les erreurs que l'on y relève sont si grossières qu'il apparaît invraisemblable qu'elles aient été commises « gratuitement » par des gens dont la syntaxe, sinon l'orthographe, prouvait le degré de culture.

Quant à moi, je crois qu'il ne faut pas prendre cette « Histoire de l'origine de la Maçonnerie » au pied de la lettre ; c'est, pour une part, une légende initiatique analogue à celle qui nous conte le voyage de Christian Rosenkreuz dans un Orient aussi imaginaire que l'Ecosse de notre Rituel. Le tour était fréquent parmi les occultistes qui, très tôt, prirent la prudente précaution de dissimuler leurs audaces de pensée sous des déguisements badins ou encore à user du mythe. Ils pensaient par ces biais écarter la curiosité des Inquisiteurs - ceux-ci étaient encore très puissants dans nombre de pays d'Europe au XVIIIe siècle -. Ces fables, criantes d'invraisemblance, leur permettaient, en cas d'enquête du Saint-Office, de se ménager une porte de sortie.

On a voulu parer l'institution maçonnique d'une origine prestigieuse qui offrait l'avantage de présenter les Francs-Maçons comme les descendants directs des purs et valeureux défenseurs de la Foi contre les Infidèles. On espérait, par ce parrainage flatteur, écarter les foudres de l'Eglise car, rappelons-le, c'est en 1738, soit seulement 28 ans avant la parution du « Vrai Rose Croix », que Clément XII avait fulminé l'excommunication contre « les membres de la secte des Francs-Maçons ». C'est là, et pas ailleurs à mon sens, qu'il faut rechercher la raison de cette référence à Godefroy de Bouillon, héros incontesté de la lutte en Terre Sainte. Par ailleurs, en situant la Métropole Loge en Ecosse, on a obéi à un autre souci, politique celui-là, mais pour éclairer les vrais initiés on a pris soin de choisir un lieu imaginaire mais « baptisé » d'un nom biblique et d'un symbolisme transparent pour eux, mais pour eux seuls.

Marcy a eu connaissance des « Plus Secrets Mystères de la Maçonnerie », il précise que l'ouvrage a été imprimé, non pas à Jérusalem, mais à Berlin (ce Jérusalem va de pair avec Hérédon, la montagne écossaise que l'anachronisme concernant Godefroy de Bouillon ne saurait contredire).

L'historien maçonnique admet la date de 1726 pour sa parution et souligne que ce livre a connu dix éditions ce qui, à mon sens, suffit à prouver l'intérêt avec lequel il a été reçu à l'époque. Marcy, bien que ne manquant pas d'ironiser, le reconnaît explicitement, puisqu'il le qualifie de « plus complète des révélations des hauts grades » . Toutefois, je crois qu'il n'a pas attaché assez d'importance au fait qu'en indiquant Jérusalem comme lieu d'édition, le ou les auteurs ont en quelque sorte signé leur supercherie en donnant clairement à entendre au cercle restreint des vrais initiés que toute cette « histoire » devait être interprétée symboliquement - à l'exclusion de toute version réaliste - et je persiste à croire que telle était bien l'intention réelle et volontaire car seule elle permet de comprendre ce texte assez extravagant et entaché d'un caractère de fabulation puérile et ignare si on le prend au pied de la lettre.

Retenons, de plus, de ce qui précède que les hauts grades datent, au plus tard de 1766 et que Marcy doit être dans le vrai quand il situe leur naissance aux alentours de 1740.

LES GRADES DE VENGEANCE DANS LE RITUEL DE 1766

1) PARFAIT MAÇON ELU :

Dans ce grade, on met en scène Salomon présidant son Conseil des Neuf. Il est assisté d'Hiram, roi de Tyr, venu demander justice pour la mort d'Hiram Abi. Le nom du meurtrier du Maître est Abiram et le récipiendaire, un moment soupçonné d'être l'un des meurtriers d'Hiram Abi, s'offre à le livrer, mort ou vif, à Salomon.

Il se rend dans une caverne où se cache le misérable, le tue d'un coup de poignard et rapporte sa tête au roi Salomon pour preuve de l'accomplissement de la vengeance du meurtre. Lorsqu'il remet à Salomon le macabre trophée, on prend soin de faire dire au roi « Malheureux ! Qu'avez-vous fait ! Je ne vous avais pas dit de le tuer ! » Et ce n'est que sur les supplications pressantes des Elus que Salomon pardonne au justicier, qui a « été emporté par son zèle ».

La recherche du meurtrier est effectuée par neuf « zélés Maîtres », dont le récipiendaire. A ce propos, le T... Ill... F... Corneloup remarque que les rituels ne sont pas d'accord sur le nombre des Maçons qui participèrent à la recherche du cadavre d'Hiram. Si le rituel actuellement en vigueur au G... O... D... F... ne demande que quatre Maçons le récipiendaire, deux maîtres et le Grand-Expert, le Régulateur de 1801 prévoyait neuf Maçons le Très Respectable, les deux Surveillants et six Maîtres le Rituel du G... O... D... F... de 1887 donnait également neuf Maçons celui du Rite Ecossais Ancien Accepté exige trois groupes de trois Maîtres, Soit encore neuf Maçons et, au 9e degré de ce Rite, le récipiendaire est censé représenter Johaben, Chef des neuf Elus envoyés à la recherche d'Hiram et de ses assassins ([5]  ). Nous verrons plus loin, quand nous aborderons l'étude du 3e grade, celui d'Elu des Quinze, que l'on trouve une nouvelle version qui fixe à quinze le nombre des Maçons de la quête, chiffre retenu pour l'initiation a grade de Maître au Rite Emulation. Il serait intéressant de déterminer si ce dernier Rite est antérieur à 1766 mais, quoi qu'il en soit, retenons qu'en 1801 au plus tard, c'est un même nombre de Frères qui recherchent le cadavre d'Hiram au grade de Maître, et Abiram, son meurtrier, au grade d'Elu.

Mais revenons à Abiram. Le récipiendaire, quand il est amené au pied du trône de Salomon, déclare : « Une caverne, un buisson ardent, une fontaine jaillissante, un chien pour guide, m'ont indiqué le lieu de sa retraite. » Le catéchisme du grade fait dire a Abiram « Nekar, Nekam » avant d'expirer sous le coup de poignard de l'Elu et l'on fera de cette exclamation le mot et l'acclamation du grade dont le mot de passe sera « Sterkin ». Les Frères seront décorés d'un cordon noir, porté de droite à gauche, auquel sera suspendu un poignard ; sur le cordon on peut lire, brodée en argent, la devise « Vaincre ou mourir ».

2) L'ELU DE P OU SECOND ELU

Ce second grade n'apporte rien d'autre que la révélation du nom de l'inconnu qui, au grade précédent, fit connaître à Salomon la retraite d'Abiram. Il s'agit d'un certain Pérignon ou Pérignan. On nous apprend le nom des deux complices d'Abiram : Romvel et Gravelor, Jean Palou voit dans ce grade le véritable Elu des Neuf encore appelé Elu de Pérignan, grade qui aurait été composé comme suite au Petit Elu apparu à Lyon en 1743 et précise, après Le Forestier, que Pérignan était un Berger .

Le catéchisme du grade fait mourir misérablement Romvel et Gravelor au pays de Cabule (sans doute l'Afghanistan) où ils s'étaient enfuis. Le mot sacré sera Moabon et le mot de passe Abiram. Notre Rituel demeure muet sur le décor des Frères, toutefois, l'on peut déduire du texte qu'il ne diffère pas de celui du 1er grade.

3) L'ELU DES QUINZE

Au 3e grade, celui d'Elu des Quinze, encore appelé Grand Maître Elu ou Elu Parfait, on nous révèle que le véritable nom d'Abiram est Hoben quant aux deux autres assassins que nous croyions morts misérablement dans le lointain Cabule, non seulement ils sont ressuscités, mais ils ont eux aussi changé de nom pour devenir Otersut et Sterkin. Le récipiendaire les ramène captifs à Jérusalem où Salomon les châtie par une atroce mise à mort : Otersut et Sterkin ont le corps « ouvert depuis la poitrine jusqu'aux parties honteuses » et leurs têtes, coupées, vont sur des pieux rejoindre celle d'Hoben pour « servir d'exemple aux ouvriers maçons »,

Les auteurs se sont ingéniés à accumuler les détails inédits c'est ainsi que nous apprenons que celui qui découvrit la retraite des coupables s'appelait Ben Gabel, c'était, nous précise-t-on, un intendant de Salomon . On ne nous parle plus de Pérignan, de même on ne nous donne aucune explication sur l'évanouissement de Romvel et Gravelor. Le pays où les deux derniers coupables se cachent n'est plus Cabule mais Geth. On nous donne le nom des deux Maîtres qui les premiers découvrirent leur retraite Zéomet et Eleham (ces deux noms seront choisis comme mot sacré et réponse). Enfin, le chef des Quinze Maîtres sera Ben Gabel (tantôt transcrit Ben Gabet ou Ben Gabed) soi-même et la caverne où ils se rendirent s'appelait Bendicat (ou Ben Decca) du nom de son propriétaire, autre Intendant de Salomon et de plus son gendre .

Pour ce 3e grade, le cordon sera encore noir mais orné de 15 larmes d'argent, le tablier sera blanc, bordé de noir la batterie comptera 15 coups et, pour justifier (ou rappeler) le titre du grade, quinze Maîtres et non plus neuf seulement, partiront a la recherche des assassins du Maître.

Le Rituel reste muet sur le motif des variations enregistrées par rapport à la légende - identique dans sa trame - du grade de Parfait Maçon Elu, sauf en ce qui concerne Abiram (devenu Hoben) au sujet duquel on prend soin de nous dire dans l'Instruction « Comment se nommait-il ? » - « Abiram. Ce nom n'était qu'un emblème et ne signifiait qu'un meurtrier. » - « Quel était son vrai nom ? » - « Hoben ».

Abiram et Hoben sont deux noms qui subsistent dans les variantes de 1766 et de 1809 malgré les avatars que les auteurs leur font subir il paraît certain qu'ils appartiennent au fonds du mythe.

LE CATECHISME DE L'ELU PARFAIT

Dans le corps du Rituel du Grade d'Elu des Quinze, in fine, figure le « Catéchisme de l'Elu Parfait ». On ne le lit pas sans surprise car il ne se relie que de loin avec le 3e grade dont il est censé faire partie. Il contient en germe, dès 1766, le grade unique d'Elu tel que nous le connaîtrons par le Rituel de 1809 ainsi que d'autres éléments qui seront repris ultérieurement pour d'autres grades. En outre, il abandonne les représentations et les scènes macabres ou d'une excessive cruauté, réduit au strict minimum les détails pseudo-historiques avancés dans les récits précédents et insiste sur le caractère moral et éducatif de l'initiation en lui donnant un tour qui rappelle celui de la Maçonnerie symbolique.

On y lit, par exemple :

« D. - Quel est l'ouvrage de l'Elu Parfait ? »

« R. - De rectifier les moeurs. »

« D. - Que signifie le nombre 3 ? »

« R. - Les trois principales Colonnes F S B; âge d'un apprenti. »

« D. - Que signifie le nombre 5 ? »

« R. - Les cinq ordres d'architecture : l'ionique, le dorique, le toscan, le corinthien et le composite ; âge d'un compagnon. »

« D. - Que signifie le nombre 9 ?

« R. - Les neuf Maîtres ; âge d'un parfait Maçon. »

« D. - Que renferme la Voûte Sacrée ? »

« R. - La Parole. »

« D. - Quelle est cette Parole ? »

« R. - Celle qui fut perdue dans les ruines du Temple. »

« D. - A qui donna-t-on cette Parole en premier lieu ? »

« R. - A Moise, dans un Buisson Ardent. »

Les longues descriptions des actes de vengeance et les supplices deviennent simplement

« D. - Avez-vous trouvé le meurtrier ? »

« R. - Je l'ai puni, »

Ni ce catéchisme, ni le discours du Maître qui lui fait suite ne parlent des Quinze Elus ils restent muets sur le nom des complices d'Abiram (notons qu'il n'est plus question de Hoben). Qui mieux est, ce misérable est appelé Abdacam, changeant une fois de plus de nom. On nous le dépeint rempli d'affliction et de tristesse, rongé par le remords ; ce n'est que sous le coup de la colère que l'Elu le poignarde, accomplissant, aveuglé par elle, la vengeance d'Hiram.

Nous voyons donc que le « Vrai Rose Croix » de 1766 reprenait plusieurs grades de vengeance dont on peut avancer qu'ils étaient pratiqués simultanément à titre de grade de vengeance unique pour certains d'entre eux, en concurrence avec un autre, un Elu des Quinze par exemple, par différents Ateliers. Le Manuel, en fait, offrait le choix entre plusieurs variantes de ces grades, allant de l'Elu des Neuf a l'Elu des Quinze (dans un premier système à deux grades) au grade unique d'Elu Parfait en passant, si on le souhaitait, au système à trois grades si l'on y intégrait l'Elu de P dont nous verrons plus loin qu'il n'apporte que la preuve quasi certaine de l'infiltration stuardiste, ce dernier grade ne paraissant avoir d'intérêt que pour les jacobites qu'il engageait - symboliquement s'entend - à venger Charles 1er de même que la Maçonnerie Templière voulait, aussi symboliquement d'ailleurs, venger Jacques de Molay.

LE GRADE D'ELU DANS LE RITUEL DU Chev... FUSTIER (1809)

L'ELU - PREMIER ORDRE DU RIT FRANÇAIS

Les multiples grades de vengeance que nous avons passés en revue furent fondus en un seul, l'Elu, dans le Rituel du Chev... Fustier.

L'on y retrouve la couleur noire pour décorer le Temple, avec le rouge comme second apport. Robert Ambelain note à ce propos que ce décor reproduit les tentures des Chambres Ardentes de l'Ancien Régime.

Le cordon se portera alors de gauche à droite : il sera noir, orné de la devise « Vincere aut Mori » (dont le « Vaincre ou Mourir » de 1766 était la traduction) et l'on y suspendra, toujours comme en 1766, le poignard du justicier. La batterie sera de 9 coups, par 8 et 1 et la marche, identique à celle retenue en 1766 pour le 1er grade d'Elu, comptera 3 pas d'Apprenti, 3 pas de Compagnons et 3 pas de Maître. Le mot sacré : « Nekam » signifie Vengeance.

Nous retrouvons le même appareil symbolique il s'agit de rechercher les meurtriers d'Hiram dont le plus criminel portera le surnom infâme d'Abidale ou Abibalach (meurtrier du Père). Un inconnu fait connaître secrètement à Salomon la retraite des malfaiteurs le Roi tire au sort les neuf Maîtres appelés à venger Hiram, celui dont le nom sortira le premier deviendra le chef de l'expédition. Il s'agit de Joaben (encore appelé Jabim, Habim ou Hobbem) dont le nom signifie « Intelligence et Sagesse » (dons attribués à Salomon - Rois I Ch. III verset 12). Ouvrons ici une parenthèse pour signaler que Jules Boucher, citant le Tuileur de 1820, donne de Joaben, qu'il écrit Johaben, la traduction de « Fils de Dieu » (Jhaoben)  . Le récipiendaire est censé représenter Johaben les Neuf Elus prêtent serment de venger Hiram ; guidés par l'Inconnu, ils arrivent à la caverne de Ben Hakav (le Rituel donne à ce nom la signification de « Fils de la Stérilité » alors que Jules Boucher, toujours d'après le Tuileur de 1820, traduit ce mot qu'il écrit Ben Akar, par « Fils Stérile » ,où Abibalach et ses deux complices vivaient cachés. Deux des coupables (dont les noms ne sont pas donnés, s'enfuient en voyant arriver la troupe des Maîtres, et dans leur hâte d'échapper à leurs poursuivants se précipitent (volontairement ou non, le texte ne permet pas de fixer ce point important) dans une fondrière où les Elus les trouvent expirants Joaben remarque que le chien de l'Inconnu se dirige vers la caverne, il le suit, tout seul, descend par neuf degrés et découvre Abibalach qui, saisit de frayeur à sa vue, se fait justice en se plongeant un poignard dans le coeur.

Joaben prend le poignard du misérable, sort de la caverne, se remet de son émotion en se désaltérant à une source jaillissant entre les arbres. Les Elus décapitent les cadavres, laissent leurs corps en proie aux bêtes sauvages et rapportent les têtes de infâmes à Salomon.

Le Roi veut que les neuf Maîtres portent désormais le nom distinctif d'Elu. Le Rituel ajoute « Il (Salomon) leur ajouta six Maîtres qui n'avaient pas été de l'expédition, ce qui forma le nombre de quinze Elus » et nous précise que « l'Inconnu n'était qu'un pâtre qui fut amplement récompensé il entra dans le corps des Maçons et, dans la suite, quand il fut assez instruit, il y obtint une place d'Elu ».

L'INFLUENCE STUARDISTE

A ce second grade de 1766, nous avons vu apparaître comme complice du principal coupable du meurtre d'Hiram, Romvel et Gravelor. Or, Romvel n'est autre que Romvil que l'on voit, dans d'autres Rituels, en compagnie de Kurmavil. Romvil et Kurmavil seraient, selon les tenants de la thèse jacobite, des corruptions du nom de Cromwell, responsable de la mort de Charles 1er  .Il ne paraît pas trop hardi de conclure que le 2e grade de 1766, celui d'Elu de P, mettait bien en scène Cromwell. En effet, Romvel que l'on voit apparaître fugitivement à ce grade, n'est phonétiquement pas plus éloigné de Cromwell que Bouquinquant (comme on disait à l'époque) ne l'est de Buckingham ; quant à Gravelor, je crois y reconnaître « Grand Lord », titre qualifiant le Protecteur. Jules Boucher le fait figurer sous le nom de Gravelot en compagnie d'Abiram et de Romvel  . En abandonnant Kurmavil pour Gravelor, les auteurs ont maintenu deux interprétations phonétiques qualifiant Cromwell ils rendaient les noms des deux assassins plus diversifiés tout en restant aussi clairs pour les initiés. L'on aurait donc une preuve supplémentaire de l'influence stuardiste.

La légende de l'Elu des Quinze pourrait s'expliquer par le désir de combattre cette infiltration jacobite et de l'annuler par l'arme maçonnique du rituel, comme les stuardistes l'avaient eux-mêmes fait en sens contraire. Les deux représentations de Cromwell disparaissent et font place à Abiram - Hoben flanqué d'Otersut et de Sterkin.

Du point de vue de la seule logique, il est bien évident que l'on peut sauter le grade d'Elu de P sans nuire à la compréhension de l'enchaînement des grades de vengeance La recherche des meurtriers est d'abord- effectuée par neuf Maîtres et Hoben, connu du Maître Elu des Neuf sous le nom symbolique d'Abiram, est poignardé puis décapité. Au stade suivant, la recherche est poursuivie par quinze Maîtres qui découvrent et ramènent à Jérusalem les deux autres coupables où ils reçoivent le juste châtiment de leur crime.

Le soin apporté, dans le cahier de l'Elu des Quinze, à nommer les lieux et les personnages en contredisant presque toujours ce qui était enseigné au grade d'Elu de P, montre le propos délibéré de faire table rase de tout ce que les Jacobites y avaient introduit.

D'ailleurs, l'auteur de 1766 prend bien soin de nous prévenir qu'il convient de ne se faire aucune illusion sur la valeur initiatique du grade d'Elu de P ; il semble ne l'avoir inclus dans son Rituel qu'à contre-coeur et seulement parce qu'il était, ou même avait été pratiqué, par une ou quelques Loges. Je n'en veux pour preuve que la fin du « discours » que le Très Respectable prononce lors d'une initiation qui me paraît de nature à faire entendre, on ne peut plus clairement, au récipiendaire, le peu de cas qu'il doit faire de son initiation au 2e grade et ceci contrairement à ce que l'on déclare généralement à un Frère qui vient de recevoir une augmentation de salaire

« Au reste ce grade, tout éminent qu'il soit, n'est pour ainsi dire que préparation au 3e grade dont il annonce la sublimité et dont vous connaîtrez un jour le profond mystère si votre zèle, votre discrétion et vos autres bonnes qualités ne le démentent point. »

LE SYMBOLISME SPECIFIQUE DES GRADES DE VENGEANCE

A la lumière de ce qui précède, nous pouvons avancer que ces grades de vengeance procédaient tous d'un même et unique grade qui, avec ou sans solution de continuité, faisaient suite au grade de Maître.

Puisqu'à ce grade on met en scène le meurtre d'Hiram puis la quête de son cadavre, il est naturel, si l'on veut pousser plus avant l'enseignement du mythe pour l'exploiter à fond, que dans un stade suivant l'on recherche les trois mauvais Compagnons, assassins du Maître, et qu'ils soient punis de leur crime.

Mais là nous voyons que, dès 1766, des versions différentes, voire antagonistes, sont introduites quant au sort réservé aux coupables.

1) Au 1er grade : une version loyaliste dégageant la responsabilité du Pouvoir dans la mise à mort du coupable.

Dans ce thème, le récipiendaire exécute Abiram, outrepassant les ordres du Roi. Justice est faite mais justice sommaire. Le Roi pardonne à l'Elu, emporté par son zèle,

2) Au 2e grade : une version stuardiste appelant à la lutte contre l'usurpateur.

Les deux complices (représentant symboliquement Cromwell) fuyant le châtiment, meurent misérablement sur la terre d'exil.

3) Au 3e grade : une version aristocratique attaquant subtilement les excès du Pouvoir Absolu tout en défendant la classe dirigeante.

Ce n'est que sur ordre du Roi que les assassins sont mis à mort, mais celui-ci les condamne à un supplice atroce cependant, leurs dépouilles exposées honteusement, serviront d'exemple au peuple.

4) Catéchisme de l'Elu Parfait : une version philosophique.

On ne fait qu'une brève et compendieuse allusion au châtiment du principal coupable dont on prend soin de nous dépeindre l'affliction et le remords. Par contre, on s'étend longuement sur la Parole perdue et sur la Voûte sacrée auxquelles nulle référence n'était faîte jusqu'alors.

Mettons à part la thèse jacobite et retenons la première et la troisième versions, nous voyons qu'elles sont parfaitement antagonistes Quant à la quatrième version, elle est la suite logique de la première dont elle conserve l'esprit,

Il paraît bien que trois courants ont apporté leur part respective dans l'élaboration du « Vrai Rose-Croix », quant aux grades d'Elus tout au moins.

En 1809, un thème complètement différent se fait jour.

Les deux fuyard meurent - sans doute accidentellement le principal meurtrier, effrayé à la vue du F... qui vient l'appréhender, se châtie lui-même en se suicidant. Les tètes des trois misérables seront rapportées à Salomon qui les fera exposer pendant trois jours.

La vengeance sanglante a disparu. C'est la justice immanente ou bien la seule crainte du juste châtiment qui punit les coupables.

Dans cette version, les mains de l'Elu restent pures il ne verse pas le sang, même celui du pire criminel son courage et sa persévérance suffisent pour que le meurtre d'Hiram soit vengé.

On a pris soin de donner la traduction (ou tout au moins une traduction des noms des personnages et des lieux pour bien marquer qu'il s'agit de symboles) Abibalach : meurtrier du Père ; Joaben Intelligence et Sagesse ; Ben Hakav Fils de la Stérilité.

En bref, en refondant les trois grades de vengeance de 1766 en un seul, on a supprimé tout ce que ceux-ci avaient de criminel, cruel et sanglant et l'on a mis en place une légende, suite logique et vraisemblable de celle enseignée au grade de Maître et qui, comme celle-ci, se prête à un enseignement purement moral.

Mais alors, la vengeance en est absente, on lui substitue la justice immanente qui punira les moins coupables et la seule crainte du châtiment poussera le principal meurtrier à se faire justice. par le

Source : http://esmp.free.fr/

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Nautoniers de l’Arche Royale Cérémonie d’élévation (4)

18 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel de Nautonier Publié dans #hauts grades

Introduction à la planche du Grade de Nautonier de l’Arche Royale

Ce Tableau ou Planche qui présente un grand intérêt historique fut légué par les «Anciens » qui pratiquaient la Maçonnerie dans nombre de ses grades. Bien qu'étant, comme le prouve sa similitude avec une Charte de 1796, un élément essentiel de l'ancienne Grande Loge des Nau­toniers de l'Arche qui travailla, dès avant 1793, à l'insti­gation de l'infatigable Dunckerley, elle dépeint des épi­sodes et des symboles se rapportant à de nombreux grades maçonniques, habituellement pratiqués dans les Loges symboliques au 18ème  siècle.  En Angleterre, la plupart de ces grades, dont chacun constitue maintenant un Ordre maçonnique souverain, sont administrés depuis le siège de la Grande Loge Unie ou celui de la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque d'Angleterre &c. Dans notre pays, ces Ordres souverains nationaux existent et fonction­nent sous l'égide de la Grande Loge Nationale Française ou de la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque de France.

La Planche étant riche de détails, il est important qu’elle ne dure que vingt minutes environ.  Pour le cas où il serait fait par plu­sieurs Frères (quatre au maximum), le texte a été, de manière assez cohérente, organisé en quatre parties.

La Planche étant la propriété de la Loge Gladsmuir N° 367 de NAR, dans le Herordsire, son exposé fut établi en anglais, vers la fin des années 1950, par deux Nautoniers de ce Comté, les T.V.F Jen Walker et R.F Lt-Col C.G.W. Parker, OBE, après de longues et minutieuses re­cherches dans les fonds d'archives du Mark Masons' Hall, à Londres.

Cette version française a été remaniée pour rétablir les textes d'origine, généralement français, en particulier la légende d'Hénoch et les textes bibliques selon la TOB. Il y est également tenu compte des remarques pertinentes et qualifiées sur le texte d'explication de la Planche, faites par le T.R.F le Rév. Neville B. Cryer dans son ouvrage "The Arch and the Rainbow".

Enfin, les enchaînements rituels ou chronologiques de l'organigramme des divers Ordres agrégés à la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque de France ont servi de guide pour l'énumération des scènes et symboles en ré­férence aux autres Grades et Ordres, pages 63 et 64.

   

Explication de la planche du Grade

La Planche est normalement disposée devant le piédestal du Vénérable Commandeur.

A la fin de la cérémonie d'Elévation, le Premier Diacre conduit le Candidat par le Sud-Ouest, vers le coin Nord-Ouest de la Loge.  Le Second Diacre remet le Triangle au sol dam sa position habituelle et le déplace d'environ un mètre vers l'Est, puis il place la Planche au centre de la Loge, le sommet vers l'Est, de telle sorte que la base du Triangle soit à quelques centimètres du sommet de la Planche.  Le Frère faisant l'exposé se tient au coin Sud-ouest de celle-ci et le Premier Diacre place le Candidat au coin Nord-Ouest. Les Premier et Second Diacres regagnent alors leur place.

 

Première partie

Mon Frère, bien que vos progrès dans la Franc-Maçon­nerie vous permettent de reconnaître quelques-uns des sym­boles représentés ici, je dois vous dire que cette Planche ne se rapporte pas seulement à ce Grade. C'est la reproduction d'une ancienne Planche, peinte bien des années avant que les divers Grades de la Maçonnerie, tels que nous les connaissons maintenant, ne deviennent des Juridictions ma­çonniques souveraines. Elle comporte par conséquent, et d'une manière syncrétique, non seulement des allusions aux origines de l'Ancienne et Honorable Fraternité des Franc-Maçons, mais aussi des symboles se rapportant à d'autres Ordres de la commu­nauté  maçonnique, dont certains ne pourront vous être expli­qués aujourd'hui.

En haut de la Planche vous remarquerez la Montagne de la Vision (au centre), symbole de cette clarté d'intros­pection et de perception dont jouirent les hommes justes de jadis, qui purent ainsi s'élever au-dessus des folies de l'hu­manité et, par le précepte, l'exemple et la prophétie, décou­vrir le chemin que l'homme doit toujours s'efforcer de suivre.

Parmi eux, le premier sur lequel je me dois d'attirer votre attention est le patriarche Noé (en haut, au centre) qui tient de la main gauche un triangle équilatéral et de la droite une hache, mal discernable ici. Le Livre de la Genè­se nous dit qu' «ayant suivi les voies de Dieu », rendu sur la Montagne de la Vision, lui fut montrée la destruction qui guettait la malignité des hommes. Désirant préserver les principes de la Science pour la postérité de ceux que Dieu daignerait épargner, l'ancêtre de Noé, Hénoch, éleva deux colonnes (plus bas, au centre), l'une qu'il fit de marbre, et l'autre de briques (respectivement à gauche et à droite), la première résistant à la dissolution par l'eau, la seconde à la destruction par le feu.

A l'intérieur de chacune d'elles, il pratiqua une cache secrète dans laquelle il déposa les archives de la sagesse « pour que, dit-il, la Sagesse ne disparaisse pas totalement, avec le Mal, de la surface de la terre ». Ces colonnes furent placées en sûreté dans une caverne à laquelle on accédait par une galerie de neuf arches, sommairement représentées ici (on le montre), puisque le secret de leur disposition, comme les moyens d'accès de l'une à l'autre, étaient seu­lement communiqués de père en fils et sont maintenant perdus. Le pilier de marbre résista à la montée des eaux mais ne fut retrouvé que très longtemps après, quand son contenu fut pour la première fois mis au jour, providentiel­lement préservé pour les générations futures.

La vision d'Hénoch ne devait se réaliser qu'à l'époque de son arrière petit-fils, Noé. Le Livre d' Hénoch rapporte en effet que « la femme de Lamech mit au monde un enfant dont la chair était aussi blanche que la neige et la carnation telle la rose, dont les cheveux étaient blancs comme la lai­ne et longs et qui avait des yeux magnifiques. Quand il les ouvrait il illuminait toute la maison - tel le soleil - et toute la maison était lumineuse. Et lorsqu'il fut reçu des mains de la sage-femme et ouvrit la bouche, il s'adressa au Seigneur de Justice. Lamech fut terrifié du prodige et alla voir son père Metoushèlah pour lui dire qu'il avait engen­dré un enfant différent de tous les autres. Metoushèlah consulta Hénoch qui "demeurait avec les anges" et Hénoch expliqua qu'a cause de la malignité du monde, un déluge devait s'abattre, niais que Noé et ses enfants seraient épargnés ».

Et Noé devint homme (au centre, en haut) et trouva grâce aux yeux du Seigneur, qui se laissa fléchir dans Sa détermination de détruire toute chair sous les Cieux, de crainte que la Droiture ne disparaisse aussi avec le Mal, de la surface de la terre. Selon les instructions divines, Noé construisit l'Arche (au coin supérieur droit) et y fit entrer sa famille et tous les animaux qu'il put rassembler. Alors le Seigneur ouvrit les vannes d'un grand déluge qui recouvrit la terre et détruisit toutes les créatures vivantes, mais l'Arche (au milieu, en haut) dériva en sécurité à la surface des eaux.

 

Deuxième partie

Quand (Ge 8,2-9) « les réservoirs de l'Abîme se fermè­rent ainsi que les ouvertures du ciel [et] la pluie fut rete­nue au ciel, [et que] les eaux diminuèrent sur la terre, Noé ouvrit la fenêtre de l'Arche (dans la toiture) qu'il avait faite. Il lâcha le corbeau qui s'envola, allant et venant. Puis il lâcha la colombe pour voir si les eaux avaient bais­sé sur la surface du sol. Mais la colombe ne trouva pas où poser la patte, elle revint à lui vers l'Arche (au centre, au-dessus de l'Arche) car les eaux couvraient toute la sur­face de la terre ». Tandis qu'il attendait son retour, Noé re­posa sa tête dans le creux de son bras (on fait le 2ème  Signe) sur le rebord de la fenêtre, et quand elle revint enfin, il tendit la main afin qu'elle se pose sur son doigt (on fait le 3èmeSigne) en disant «Voilà, elle approche » et (Ge 8, 9, 12) il « la prit pour la faire rentrer dans l'Arche.  Il attendit encore sept autres jours et lâcha à nouveau la colombe hors de l'Arche. Le soir elle revint à lui, et voilà qu'elle avait au bec un frais rameau d'olivier. Et Noé sut ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre. Il attendit encore sept jours et lâcha la colombe qui ne revint plus vers lui  ».  Noé fut ainsi assuré que, la colombe ayant trouvé un en­droit où se poser, il pourrait bientôt quitter l'Arche en tou­te sécurité et en paix. De ces circonstances, les deuxième et troisième signes de ce Grade tirent leur origine. La colombe et le rameau d'olivier sont, comme vous le savez, universellement considérés comme des symboles de Paix.

Quand les eaux s'abaissèrent, l'Arche demeura échouée sur le Mont Ararat et Noé en fit sortir les animaux (en bas, à gauche) afin qu'ils croissent et se multiplient. Puis avec ses trois fils, il éleva un autel au Seigneur et il offrit des holocaustes sur l'autel (en bas, au centre).  Dieu dit alors (Ge 8, 11-13) « J'établirai Mon alliance avec vous. Aucune chair ne sera plus exterminée par les eaux du Déluge, il n'y aura plus de Déluge pour ravager la terre. Voici le signe de l'alliance (montrer l'arc-en-ciel) que je mets entre Moi, vous et tout être vivant avec vous, pour toutes les générations futures. J'ai mis Mon arc dans la nuée (le montrer) pour qu'il devienne un signe d'alliance entre Moi et la terre ». Ainsi l'Arc-en-ciel, la Colombe et le Rameau d'Olivier rappellent les origines de ce Grade et, ensemble, constituent le Bijou (le montrer, sur sa poitrine) porté par tous les Nautoniers de l'Arche.

Sous la main de Dieu, à la demande d'Hénoch et de Noé, Sagesse et Droiture furent ainsi préservées de la des­truction. Dans la Maçonnerie des Nautoniers de l'Arche Royale nous commémorons plus particulièrement Noé et ses fils Japhet et Sem qui sont représentés par le Vénérable ­(dans la Loge), alors que Cham, troisième fils de Noé, n'est pas représenté parmi nous.

Les mots du Grade, qui vous ont été communiqués lors de votre Élévation, se trouvent au Livre de la Genèse (5, 3-29), dans la généalogie d' Hénoch et de Noé : « Adam engendra un fils qu'il appela Seth, qui engendra Hénoch, qui engendra Qénân, qui engendra Mahalael, qui engendra Yéred ou Jared, qui engendra Hénoch, qui engendra Metoushèlah ou Mathusalem,  qui engendra Lamech, qui engendra un fils, l'appela du nom de Noé en disant "Celui-ci nous réconfortera de nos labeurs et de la peine qu'impose à nos mains un sol maudit par le Seigneur" ».

Bien des siècles plus tard, lorsque Moise se tint de­vant le Buisson Ardent (en haut, à gauche) dans le Désert du Sinaï, il lui fut ordonné par Dieu d'aller en Égypte pour y délivrer le peuple d'Israël de l'esclavage. Connaissant ses propres défauts, il demanda un signe, afin qu'il sache que le Seigneur serait avec lui dans sa tâche. Dieu lui ordonna alors de jeter son bâton sur le sol, ce qu'il fit, et le bâton se changea en serpent. Moise effrayé mais convaincu, fit le signe de paix (en haut, à gauche) et sur l'ordre divin, saisit la queue du serpent qui redevint un bâton dans sa main.

Ainsi affermi par Dieu, Moise fit de nombreux pro­diges en Égypte pour, enfin, conduire les Hébreux jusqu'au rivage de la Mer Rouge. L'histoire de la traversée miracu­leuse de celle-ci et de la destruction de l'armée égyptienne par engloutissement vous est, sans nul doute, familière. Est ici (en haut, à droite) représenté l'instant de cette heureuse délivrance, quand Moise et tout le peuple élevant la voix dans une louange spontanée, chantèrent comme il est dit au Livre de l'Exode (15, 1) « Je veux chanter le Seigneur, Il a fait un coup d'éclat..Cheval et cavalier, en mer il jeta » (indiquer la tête du cheval blanc émergeant des flots).

Cet épisode ne fait pas partie de l'histoire traditionnel­le de ce Grade, mais il ne vous échappera pas qu'ici, pouf la deuxième fois, le Tout-Puissant usa de la force des eaux pour détruire le Mal, et fournit les moyens par les­quels la sécurité de ceux qu'Il avait choisis fut préservée.

 

Troisième partie

Vous pouvez observer ici (au centre, à droite) un ou­vrier traçant les fondations d'un édifice, et ici (au centre, à gauche) des artisans au travail, dressant les pierres pour la structure. Les ouvriers du Roi Salomon comprenaient d'adroits artisans de Sidon, envoyés par Hiram, roi de Tyr.

Les pierres pour le Saint Temple furent préparées, marquées et numérotées dans les carrières et furent exécu­tées avec une telle précision que lorsqu'elles furent mises en place dans l'édifice, elles s'insérèrent avec la plus grande exactitude. Cela nous rappelle que l'excellence dans le travail a toujours été la norme chez les maçons opératifs.

Outre ces références historiques, vous observerez un certain nombre de symboles maçonniques. Ces deux groupes (en haut, à droite et à gauche) sont des bijoux en usage à la période où la Planche originale fut peinte. Le Compas surmontant une représentation ancienne d'un so­leil ou œil irradié (à droite) constituait le bijou du Maître de loge, et le Niveau et la perpendiculaire, ceux des Sur­veillants. Le Compas surmontant un Sceau de Salomon (à gauche), soit une étoile à cinq branches, emblématique des Cinq Points Parfaits du Compagnonnage accompli, ou de la Maîtrise, et le tracé du théorème de Pythagore, ou démonstration de la quarante-septième Proposition d'Eu­clyde, étaient portés respectivement comme bijou de col­lier (compas et étoile) et bijou de poitrine (Pythagore) par un Passé Maître. Vous voyez donc ici symbolisés les chefs d'une Loge le Maître et ses Surveillants, assistés des autres Maîtres Installés ou Passés Maîtres.

La clé (au centre, à gauche) vous rappellera dans chaque Grade de la Franc-Maçonnerie d'enfermer les se­crets de la Fraternité dans l'abri sûr de votre cœur. Le glaive de Justice (au centre, à droite) menace celui qui viole son Obligation. Les emblèmes (en bas, à gauche) du Grade de Marque vous sont évidemment familiers, comme aussi l'équerre de chacun des trois Surintendants (en bas, à droite). Les pierres cubiques, parpaing et clé de voûte, bien que toutes trois d'excellente facture, diffèrent cependant les unes des autres, tout comme l'ouvrage de chacun d'entre-nous, différent selon nos capacités, portera notre marque, empreinte des caractéristiques propres qui nous distinguent les uns des autres. Le Maillet et le Ciseau (à gauche), utilisés à graver la marque d'approbation du Maître sur l'ouvrage accepté, et les Équerres (à droite) au moyen desquelles il devra, tout d'abord, avoir été testé et vérifié, doivent vous rappeler que, pour espérer voir votre oeuvre recevoir un jour (maillet et ciseau) la Marque d'ap­probation, vous devez (1èreéquerre) cultiver, au mieux vos possibilités, les talents dont vous avez été doté, (2ème équerre), vous fixer un but exigeant vers lequel ces talents soient valablement dirigés et (3èmeéquerre) vous souvenir que, quelle que soit l'habileté de l'artisan, sa meilleure récompense sera de savoir son ouvrage utile à son prochain plutôt qu'à lui-même. L'urne ou vase (à gauche) qui contient l'huile de consécration, devrait vous inciter à dé­dier votre vie, selon vos possibilités, au service de Celui à Qui, souvenez-vous en toujours, vous la devez.

Ces emblèmes ou outils déjà considérés, comme les autres que nous n'avons pas encore examinés, pourront aussi évoquer à certains de nos Frères :

La truelle, le fil à plomb (à gauche du cube central) et le plan ou tracé de l'ouvrage (à droite des neuf arches), qui sont les outils caractéristiques des Maîtres de Loge.

L'Arche de l'Alliance et la lame d'or, la Truelle (au bas, de gauche à droite), la Tente d'Assignation, ou Ta­bernacle au désert, les Équerres des trois Grands Maîtres (au bas à gauche près de la clé de voûte), le glaive et la verge d'Aaron (à droite du cube au centre), qui appartien­nent plus particulièrement à l'Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, à travers ses divers rites.

 La Crypte et les neuf arches (au centre), les neuf lu­mières en triangle, les Voiles du Temple et la truelle (au-dessous), le cube, l'épée (au centre), le carré, le cercle et le triangle, qui fondent les divers grades de la Maçonnerie Cryptique ou Ordre des Maîtres Royaux et Choisis.

Les plaines de Babylone, le Pont (en-haut à gauche), la sphère, le Prêtre Sacrificateur (au centre), la Crypte, le Temple (au-dessous), les carriers et artisans à Constanti­nople (à gauche de ce qui précède), le camp des Rois et la Tente de Melkitsedech (en bas à droite), qui se rapportent à la fois aux divers constituants de l'Ordre des Grades Maçonniques Alliés et à celui des Chevaliers Maçons ; Vous pourrez plus tard, en temps voulu, comme nous vous le souhaitons, accéder à ces divers Ordres et Grades pour y recevoir les explications convenables et qualifiées que nous ne pouvons raisonnablement vous fournir ici et aujourd'hui .

Le sablier ailé (en bas, à droite), symbolise la fuite du Temps et vous rappellera sans doute l'exhortation qui vous fut faite lors de votre élévation au Sublime Grade de Maitre Maçon :  « prenez garde à accomplir la tâche qui vous est assignée pendant qu'il en est temps encore ». L'ancre (près du sablier), symbole de l'Espérance, vous encouragera à toujours conserver cette aspiration qui de­vrait être le but ultime de tout Franc-Maçon : parvenir en vous-même à approcher de cette Perfection, ici représentée d'une manière significative, au centre même de la Planche (l'indiquer) par la Pierre Cubique.

 

Quatrième partie

Vous observerez que la Pierre de Porphyre (la mon­trer dans la salle) placée sur le piédestal du Vénérable Commandeur, est une Pierre Cubique. Une Pierre Cu­bique (l'indiquer sur la Planche) s'est trouvée devant vous depuis votre Initiation car, lorsque vous fûtes investi pour la première fois de l'insigne distinctif du Maçon, elle était à portée de votre main, près du Premier Surveillant, ou du Vénérable Maître, selon les divers rites de la Ma­çonnerie symbolique. Laissez-moi vous rappeler un très beau texte attaché à la Planche du Premier Grade :

« La Pierre Cubique a une forme régulière et quadran­gulaire qui peut seulement être contrôlée au moyen de l'équerre et du compas (montrer les outils posés sur la pierre cubique au centre de la Planche). Elle symbolise l'homme au déclin de ses ans, après une vie droite et bien employée en actes de piété et de vertu. Ainsi se rendra-t-il digne d'être éprouvé par l'Équerre de la parole Divine et le Compas de sa propre conscience ».

Sa position au centre de la Planche vous indique que dès votre Initiation, la Franc-Maçonnerie a toujours offert à vos yeux le symbole de cette structure que vous fûtes alors incité à élever « parfaite en tous ses éléments et qui fasse honneur au constructeur. »

Au centre, sur la Pierre Cubique, se trouve (l'indi­quer) un triangle dans un cercle. Le Triangle (montrer celui posé au sol) est l'emblème de ce Grade et symbolise la Divinité. Le Cercle représente l'Éternité, et leur union vous enseigne cette vérité fondamentale que la Divinité surpasse l'Éternité. Comme leur symbole combiné est aussi propre à un autre Grade, l'Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale, il vous rappelle qu'il existe encore de plus grandes connaissances à acquérir.

Ceci représente donc la double leçon proposée par cette ancienne Planche tracée, enseignée aussi bien par des symboles que par les scènes représentées. Ainsi, de même que le Grade de Maître Maçon de Marque devrait vous inciter à utiliser honorablement vos capacités en les poussant vers leur perfection, celui de Nautonier de l'Arche Royale vous assure qu'à ceux qui s'y emploient diligemment, avec foi et conviction, le Suprême Comman­deur de l'Univers garantira une traversée tranquille des eaux turbulentes de cette vie. Aussi sombres que soient les nuages ou violente la tempête, n'oubliez jamais ces mots miséricordieux qui vous ont été adressés ce soir (Si toutefois l'exposé ne suit pas une cérémonie d'Élévation, remplacer cette dernière proposition par : « ces mots miséricordieux que vous avez entendus lors de votre Élévation » (Es 54, 10) : « Quand les montagnes s'écarteraient et les collines s'ébran­leraient, Mon amitié loin de toi jamais ne s'écartera, et Mon Alliance de paix jamais ne s'ébranlera, dit Celui qui te manifeste Sa tendresse, le Seigneur. »

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Nautoniers de l’Arche Royale Cérémonie d’élévation (3)

18 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel de Nautonier Publié dans #hauts grades

2ème S. La détresse d'un Frère peut avoir trois causes différentes :

Premièrement, des circonstances difficiles dans les­quelles il peut-être nécessaire de rechercher le conseil d'un Frère. Le Frère sollicité donnera conseil dans la mesure de ses possibilités, avec franchise et sincérité, sa conduite devant être mise d'équerre selon la règle qui dit "Fais aux autres ce que tu aimerais qu'ils te fassent".

Deuxièmement, la détresse d'un Frère peut provenir de son extrême pauvreté. Il peut n'avoir rien à manger, ni aucun vêtement décent à se mettre. Dans un tel cas, le Frère qui en a connaissance se doit de soulager cet­te détresse, en se souvenant que donner attire une plus […] Frère dans le besoin et lui refuse sa compassion, ne peut prétendre que l'Amour de Dieu habite en lui.  Ainsi, en sages dispensateurs des multiples dons de Dieu, nous devons toujours avoir la main et le cœur, prêts à secourir un Frère dans la détresse.

Troisièmement, la détresse d'un Frère peut provenir de ce qu'il est entouré d'ennemis, le mettant dans l'obligation d'appeler un Frère à l'aider de sa force physique.

Le Second Surveillant se lève et se met à l'ordre au Signe d'Appel.

Le Frère qui perçoit le Signe d'Appel doit immédiatement se porter à son secours.

Le Second Surveillant quitte le Signe d'Appel et s'assoit.

Tel doit être son amour envers son Frère que, s'il l'en croit digne, il préfèrera mourir à ses côtés plutôt que de l'abandonner.

Le Triangle doit toujours être porté sur les convoca­tions importantes des Nautoniers de l'Arche Royale. Si vous l'y voyez, vous devez vous y rendre dans tou­te la mesure du possible. En cas d'empêchement ma­jeur, vous devez exposer vos raisons par écrit, et y ap­poser la même marque. Le Frère ou la Loge recevant ainsi vos excuses écrites, les acceptera et considérera que vous avez rempli vos devoirs.

V.C.N. Frère Premier Diacre, veuillez conduire notre Frère auprès de mon fils Japhet pour y être revêtu de ses décors.

Le Premier Diacre conduit le Candidat au piédestal du Premier Surveillant, en suivant le Parcours Triangu­laire, suivi du Second Diacre.  Le Candidat est placé au Sud du piédestal du Premier Surveillant, faisant fa­ce au Nord, les deux Diacres se tiennent derrière le Candidat, également face au Nord. Le Premier Diacre retire au Candidat son tablier de M.M.M. et le passe au Second Diacre qui le met de côté.

Le Premier Surveillant se lève et pose son sceptre sur le piédestal.

1erS. Frère…, je vous revêts de ce tablier (le Premier Surveillant ceint le Candidat du tablier de Nau­tonier, aidé si nécessaire par le Premier Diacre) et vous décore de ce bijou (le Premier Surveillant lui épingle le bijou  sur la gauche de la poitrine).  Je vous recommande de ne jamais porter ce tablier si vous êtes en désaccord avec un Frère, car c'est un symbole d'amour et de vertu et, comme tel, d'une plus grande valeur que n'importe quel présent pouvant être fait par un Empereur ou un Roi.  En conséquence, vous devrez d'abord vous réconcilier avec ce Frère afin de pouvoir siéger en Loge dans l'harmonie et l'affection fraternelle. Que la Paix soit avec tous ceux qui appliquent cette règle.

Puis il s'assied et reprend son sceptre en main.

Le Vénérable Commandeur, assis, montre en les expli­quant les Outils de Travail disposés sur son piédestal.

V.C.N. Je vous présente les Outils de Travail d'un Nautonier, utilisés par Noé pour la construction de l'Arche.

Ce sont une Hache, avec laquelle il abattit des arbres et les équarrit ; une Scie, avec laquelle il débita les arbres en planches ; et une Tarière, avec laquelle il perça des trous dans les planches. De même avec la Hache, il tailla des chevilles et les enfonça de manière à assembler les planches.

Par la Sagesse et la maîtrise de Noé, l'Arche, cette in­génieuse structure, archétype de la Beauté, prit forme et sa Force et sa solidité assurèrent la sauvegarde tem­porelle de Noé, de sa famille et de toutes les créatures vivantes qu'elle renfermait.

Mais ces Outils ont d'autres significations que je vais maintenant vous exposer.

La Hache abattit les arbres et ceux-ci coupés, symbolisèrent la chute du vieux monde. La Scie, divisant le bois en planches, symboli­se la séparation que fit le Seigneur entre Noé et sa fa­mille et le reste de l'humanité.  La Tarière perçant les planches nous enseigne que l'affliction même peut susciter humilité et introspection.

De même que l'Arche fut construite à l'aide de ces ou­tils, en persévérant dans la Foi, l'Espérance et l'Amour, éléments sous la chaleur intense et lors de la désinté­gration de la terre.

Les déplacements en Loge sur un Parcours Triangu­laire, que vous avez suivi depuis votre entrée, étaient destinés à fixer dans votre esprit la forme de la Loge. On vous arrêta à chacun de ses sommets pour vous rappeler la Sagesse, la Force et la Beauté qui présidè­rent à la construction de l'Arche, et la signification morale de ces trois points vous fut alors expliquée.

Debout pour contracter votre Obligation, vous fûtes dans l'attitude de Noé lorsqu'il offrit son holocauste en remerciement au Seigneur de l'avoir préservé du Dé­luge. Le Suprême Commandeur de l'Univers plaça alors Son arc dans les nuées et scella Son alliance avec Noé, les eaux ne devant jamais plus devenir dé­luge pour détruire toute chair.

Les principaux officiers de la Loge, disposés en Tri­angle, représentent Noé et ses fils, Japhet et Sem.

Ce Triangle symbolise aussi le Soleil, la Lune et les Etoiles. Les membres les plus éminents de la société sont, plus que d'autres, en mesure de faire le bien , mais tous les autres, s'ils agissent régulièrement, par­viennent à une égale distinction si, chacun à sa place, ils se rendent plus utile à leurs semblables. Le plus distingué est celui qui remplit le mieux sa fonction et non celui qui occupe la plus haute position, car la Lu­ne bien qu'elle emprunte sa lumière au Soleil, té­moigne aussi de la Gloire de Dieu et les fleurs des champs proclament Sa puissance au même titre que les Étoiles du firmament.

V.C.N. Veuillez maintenant prêter attention à l'expli­cation des neuf pas.

Les deux Diacres et le Candidat reculent en ligne pour s'arrêter sur le côté Sud du Parcours Triangulaire, fa­ce au Nord de telle sorte que le Candidat puisse voir lu démonstration.

Le Premier Surveillant, portant son sceptre, quitte son pié­destal et se rend directement au sommet Ouest du Tri­angle posé au sol, s'y arrête à environ un pas, face à l'Orient et dispose ses pieds pour former un angle de 60°.

1er S. Les trois premiers pas faits sur le Triangle sont comparables aux premiers pas réguliers en Maçonne­rie symbolique ou du Métier mais ils ont ici une signi­fication supplémentaire. On vous a déjà dit que les trois points du Triangle représentent la Sagesse, la Force et la Beauté. L'homme, dans son ignorance, au début de son pèlerinage terrestre se croit en sécurité et, négligeant souvent l'usage de la boussole infaillible, s'écarte de la vraie voie et court ainsi le risque d'être en­glouti par les eaux.

Cependant, ayant fait le premier pas régulier (le Premier Surveillant fait le premier pas du pied droit et ramène le pied gauche, formant un angle de 60°) il peut observer l'endroit où règne la Beauté. Le danger qui le menace à présent est encore plus grand qu'auparavant car, si son pas dévie de la ligne droite, son sort sera celui du roseau ballotté au gré de chaque souffle d'air (le Premier Surveillant évoque ce balancement en impri­mant à son sceptre, tenu verticalement devant lui, un mouvement pendulaire).

Si cependant mon Frère vous faites le deuxième pas (le Premier Surveillant fait le deuxième pas du pied droit) avec fermeté et détermination (le Premier Surveillant ramène son pied gauche à 60°),  vous appuyant sur le point de la Force, vous vous trouverez sur la voie de la Sagesse et, dès lors, votre chemin sera facile car, quand la Sagesse (le Premier Surveillant fait le troisième pas du pied droit) guide vos pas (le Premier Surveillant ramène le pied gauche à 60°),  vous pouvez en toute confiance compter atteindre l'élévation qui est l'objet de vos désirs et la fin et le but de tous vos efforts.

Le quatrième pas (le Premier Surveillant fait le quatrième pas amenant son pied droit et l'achève en ramenant le pied gauche pour former un angle de 60°) vous amène au milieu du Triangle d'où, entouré par la Sagesse, la Force et la Beauté, (le Premier Surveillant montre les sommets du Triangle du bas de son sceptre en même temps qu'il nomme Sagesse [à la pointe ouest, derrière lui], Force [à lui pointe nord à sa gauche] et Beauté [à la pointe sud à sa droite]) vous pourrez gravir l'échelle permettant d'atteindre l'Arche, refuge sûr et havre de repos.

Les cinq derniers pas impliquent que, durant votre progression, vous devez toujours être attentif à prati­quer sans répit les cinq vertus principales qui caracté­risent les Francs-Maçons :

(le Premier Surveillant fait du pied gauche le cinquième pas) la Vigilance,

(le Premier Surveillant fait du pied gauche le sixième pas) la Discrétion,

(le Premier Surveillant fan le septième pas du pied gauche) l'Amour Fraternel,

(le Premier Surveillant fait le huitième pas du pied gauche) la Vérité,

(le Premier Surveillant fait enfin le neuvième pas, toujours en partant du pied gauche) et la Charité.

Le Premier Surveillant, sans saluer ni s'incliner devant le Commandeur, retourne à sa place en suivant le Par­cours Triangulaire via le Sud et l'Ouest et s'assoit.

Les deux Diacres encadrant le Candidat s'avancent en­semble de front et se tiennent devant le piédestal du Vé­nérable Commandeur face à lui.

V.C.N. Comme certains droits sont exigés pour votre Élévation, il n'est que juste que je vous dise en vertu de quelle autorité nous agissons.

 Le Vénérable Com­mandeur se lève et déploie devant lui la Charte qui lui a été tendue par le Passé Commandeur Immédiat, afin qu'elle puisse être vue par le Candidat. Si la Charte est accrochée au mur, la Passé Commandeur Immé­diat l'aura décrochée au moment opportun, sinon il se tiendra à côté pour la montrer au Candidat pendant l'explication du Vénérable Commandeur.

Voici la Charte qui nous a été octroyée par la Gran­de Loge de l'Ancienne et Honorable Fraternité des Nautoniers de l'Arche Royale pour la France, amarrée à la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque de France. Vous pouvez en prendre connaissance mainte­nant ou lors de toute autre tenue de la Loge. Voici le Livre de la Constitution, des Statuts et Rè­glements de la Grande Loge de l'Ancienne et Hono­rable Fraternité des Nautoniers de l'Arche Royale pour la France.

Le Vénérable Commandeur en remet un exemplaire au Candidat.

Voici le Règlement intérieur de la Loge.

Le Vénérable Commandeur remet un exemplaire du Rè­glement Intérieur au Candidat.

Par ces deux documents vous apprendrez à connaître vos devoirs envers l'Ordre des Nautoniers de l'Arche Royale en général et cette Loge en particulier.

V.C.N. Vous êtes dorénavant qualifié pour prendre place dans une Loge de Nautoniers de l'Arche Royale.

Le Vénerable Commandeur souhaite, en quelques mots improvisés, la bienvenue au Candidat que les deux Diacres conduisent ensuite à un siège au Sud, puis ils regagnent leur place par le Parcours Triangulaire. Là, le Premier Diacre confie un instant sa verge au Se­cond Diacre, s'avance vers le Triangle posé au sol et le retourne de manière à ce que l'un de ses sommets soit dirigé vers l'Est. Il revient ensuite à sa place, récupère sa verge du Second Diacre, puis tous deux s'assoient et placent leur verge dans le support.

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Nautoniers de l’Arche Royale Cérémonie d’élévation (2)

18 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel de Nautonier Publié dans #hauts grades

V.C.N. Prenez place mes Frères.

Tous s'assoient.

Ecoutez la promesse faite en vertu de l'alliance conclue par Dieu avec Noé.

Le Vénérable Commandeur s'assoit.

 Chap. se lève et lit : (Es 54, 8-10) Dans un débordement d'irritation, J'avais caché mon visage, un instant, loin de toi, mais avec une amitié sans fin, Je te manifes­te Ma tendresse, dit Celui qui te rachète, le Seigneur.

C'est pour Moi comme les eaux de Noé à leur sujet, J'ai juré qu'elles ne déferleraient plus jusque sur la terre, de même, J'ai juré de ne plus M'irriter contre toi et de ne plus te menacer.

Quand les montagnes s'écarteraient et que les collines s'ébranleraient, Mon amitié loin de toi jamais ne s'écartera et Mon alliance de paix jamais ne chancelle­ra, dit Celui qui te manifeste Sa tendresse, le Seigneur.

Le Chapelain s'assoit.

 V.C.N Fort de cette promesse divine vous pouvez ren­contrer vos Frères en toute confiance dans la Fraterni­té des Nautoniers de l'Arche, car cela vous réconforte­ra dans la détresse, vous encouragera à l'heure de la mort et vous rendra heureux pour l'éternité.

Rappelez-vous aussi cette autre promesse :

Chap. se lève et lit (Es 54, 17) Toute arme forgée contre toi ne saurait aboutir, toute langue levée contre toi en jugement, tu la convaincras de culpabilité. Tel sera le lot des serviteurs du Seigneur, telle sera leur justice, qui vient de Moi – oracle du Seigneur.

Le Chapelain s'assoit.

 V.C.N. Frère Premier Diacre, conduisez le Candidat à l'Occident et enseignez-lui comment avancer vers l'Orient par les pas appropriés. Le Premier Diacre souffle au Candidat de placer le ra­meau dans une poche, puis il le conduit par le Par­cours Triangulaire à un endroit, au Sud et face au Tri­angle, d'où il pourra voir la démonstration. Le Second Diacre les suit, passe derrière le Candidat et se place à côté de lui et à sa gauche. Le Premier Diacre s'avance seul et se place à un pas à l'­Ouest du sommet Ouest du Triangle faisant face à l'Est.

1er D. La manière de s'avancer de l'Occident vers l'Orient à ce Grade se fait par neuf pas complets. Les quatre premiers sont faits en partant du pied droit et les cinq derniers en partant du pied gauche. Chaque pas se fait en avançant le premier pied et en ramenant le second, talon contre talon, de façon à former un angle de soixante degrés (Le Premier Diacre place ses pieds correctement) correspondant aux angles d'un triangle équilatéral. Pour votre instruction je vais les exécuter maintenant et vous m'imiterez ensuite. Le Premier Diacre exécute les neuf pas ; il retourne en­suite auprès du Candidat, le conduit au point de départ à un pas environ à l'Ouest du sommet occidental du Triangle. Les 1er, 2ème, et 3èmepas se font, faisant face au Triangle, du 4ème  au 9ème, faisant face à l'Orient, les 1er, 2ème,  3èmeet 4ème en partant du pied droit, du 5ème au 9èmeen partant du pied gauche.

Le Second Diacre passe derrière le Candidat et va prendre place au Nord du Triangle, face à l'Est.

1er D. Faites les quatre premiers pas en partant chaque fois du pied droit.

Le Candidat exécute les quatre premiers pas sur le Tri­angle suivant les directives du Premier Diacre qui, si nécessaire, le guide avec le bas de sa verge.

1er D. Faites les cinq derniers pas en partant du pied gauche à chaque fois.

Les deux Diacres (le Second étant déjà venu se mettre en position) et le Candidat font ensemble les cinq der­niers pas et s'arrêtent ainsi à un pas environ du pié­destal du Vénérable Commandeur. Les deux Diacres font alors un pas en arrière.

V.C.N. Les Signes de ce Grade sont au nombre de sept. Ce sont :

 le Signe de Détresse

le Signe de Passage

le Signe de la Colombe

le Signe Pénal

le Signe d'Appel

le Signe de Demande et

le Signe de Secours.

 le Vénérable Commandeur pose son sceptre sur son pié­destal et se lève.

V.C.N. Le premier est le Signe de Détresse ou Signe de Natation.

Le Vénérable Commandeur fait le Signe, imité par le Candidat, puis tous deux quittent le Signe.

Il évoque les folles tentatives des Antédiluviens.

 Le deuxième est le Signe de Passage.

Le Vénérable Commandeur fait le Signe, imité par le Candidat, puis tous deux quittent le Signe.

II rappelle Noé guettant la Colombe et r s t d 1 c d b g.

Le Vénérable Commandeur refait seul le Signe puis le quitte.

Le troisième est le Signe de la Colombe.

Le Vénérable Commandeur fait le Signe.  Le Candidat copie et répète les mots, puis tous deux quittent le Signe.

II fait allusion à Noé é s m pour recevoir la Colombe.

Le quatrième est le Signe Pénal.

Le Vénérable Commandeur fait le Signe imité par le Candidat. Tous deux quittent le Signe.

Il fait allusion au châtiment contenu dans l'Obligation, c'est-à-dire d'avoir les c. b et d'être e p l e.

Le cinquième est le Signe d'Appel ou Signe de Salut.

Le Vénérable Commandeur fait le Signe, imité par le Candidat, puis tous deux quittent le Signe.

Ce Signe (le Vénérable Commandeur, refait le Signe, imité par le Candidat. Tous deux quittent le Signe) est fait en entrant en la Loge ou en la quittant, ou lorsque l'on s'adresse au Vénérable Commandeur.

Le sixième est le Signe de Demande.  A ce Signe on répond toujours par le septième et dernier Signe qui est le Signe de Secours. 

Le Vénérable Commandeur fait le Signe et aide le Candidat à faire de même. Tous deux gardent le Signe.

Il rappelle l'Arc parfait en souvenir de l'Alliance conclue avec Noé.

Le Vénérable Commandeur montre de la main gauche l'arc ainsi formé par les i d , puis tous deux quittent le Signe.

V.C.N. L'Attouchement se donne en se p m 1 m (1) d puis en s d y

Le Vénérable Commandeur le montre au Candidat.

Par cet Attouchement un Frère peut se faire recon­naître de nuit comme de jour.  Il évoque les Antédilu­viens lorsque, condamnés aux abîmes aquatiques, ils s'efforçaient de se soustraire à la colère des Cieux en se hissant les uns les autres vers le sommet des col­lines, les cimes des arbres ou tout autre endroit pré­sentant un refuge temporaire face à la justice de Celui qui déversait la dévastation sur leurs têtes. C'est pourquoi il est appelé Attouchement de Détresse.

Le Mot de Passe ou Ancien Mot est M.    
Le Candidat le répète.

Le Mot Couvert est J. (le Candidat le répète) et le Mot Sacré est L. (le Candidat le répète), respectivement le Père, le Grand-Père et le Trisaïeul de Noé.

Le Vénérable Commandeur s'assied et reprend son sceptre.

V.C.N. Frère Premier Diacre, veuillez conduire notre Frère auprès de mon fils Sem.

Le Premier Diacre conduit le Candidat par le Parcours Triangulaire, auprès du Second Surveillant où ils s'ar­rêtent, tous deux faisant face au Nord-Ouest, sans quitter l'axe du trajet. Le Second Diacre suit, passe derrière eux et prend position à la gauche du Candi­dat, également face au Nord-Ouest.

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Nautoniers de l'Arche Royale Cérémonie d'élévation (1)

18 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel Nautonniers Publié dans #hauts grades

V.C.N.  (assis) Mes fils, puisque par la providence de Dieu nous avons été préservés des eaux du déluge, que nous avons respecté Dieu et obéi à Sa voix en étant féconds et en nous multipliant sur la terre, savez-vous si quelque Frère désire rejoindre cette Loge de Nautoniers de l'Arche Royale pour y perpétuer long­temps le souvenir d'avoir été ainsi épargnés ? Les deux Surveillants se lèvent et se mettent au Signe d'Appel

1erS. Oui, le Frère…, et nous croyons que, s'il lui est permis d'entrer dans notre Arche, il s'y conduira en Frère sincère et fidèle. Les deux Surveillants quittent le Signe et se rassoient

V.C.N. Frères Diacres Les deux Diacres se lèvent et prennent leur verge

V.C.N.  Veuillez vous retirer, éprouver le Candidat en tant que Maître Maçon de Marque et le préparer selon la coutume ancienne.  

Le Premier Diacre confie sa verge au Second Diacre, s'avance jusqu'au Triangle, le retourne sur le sol de telle sorte qu'un angle soit dirigé vers l'Ouest, puis il revient à sa place et reprend sa verge des mains du Second Diacre. Les deux Diacres transfèrent leur verge dans la main gauche, saluent en faisant le Signe d'Appel, reprennent leur verge dans la main droite et quittent la Loge.  

Le Candidat portant le tablier de M.M.M., sans le bijou, est éprouvé comme M.M.M. par le Premier Diacre qui lui de­mande le Signe en trois parties, l'Attouchement et le Mot de M.M.M. On bande alors les yeux du Candidat.

Le Gardien Extérieur frappe une fois

 Gn.Int. (se lève et se met à l'ordre au Signe d'Appel)

Frère Second Surveillant on frappe à la porte Puis il quitte le signe

Le Second Surveillant, restant assis, frappe un coup avec son sceptre

Gn.Int. (va à la porte et l'ouvre) Qui va là ?

Gn.Ext. Les Frères Diacres.

Gn.Int. (referme la porte, se rend au Point d'Annonce et se met à ordre avec le Signe d'Appel)  Vénérable Commandeur, les Frères Diacres sont de retour.

V.C.N.  Admettez-les.

Le Garden Intérieur quitte le signe, va à la porte, l'ouvre, laisse entrer les deux Diacres, referme la porte, re­gagne sa place et s'assoit.

Les Diacres se rendent à leur place, transfèrent la verge.  Le Gardien Extérieur conduit le Candidat, les yeux ban­dés, près de la porte et y frappe      

 Gn.Int.  (se lève, se met à l'ordre au Signe d'Appel)  Frère Second Surveillant, une alerte.

Il quitte le signe.

2èmeS. (se lève, se met à l'ordre au Signe d'Appel et y reste jusqu'à la réponse du Vénérable Commandeur) Vé­nérable Commandeur, une alerte.

V.C.N. Sem, mon fils, voyez qui demande à être admis.

2èmeS. (quitte le signe et s'assoit) Frère Gardien Intérieur, voyez qui demande à être admis

Gn.Int. (se lève, va à la porte et l'ouvre) Qui vient ?

Gn.Ext. Un Maître Maçon de Marque éprouvé et reconnu.

Gn.Int. Quel est son nom ?

Gn.Ext. N.                                                     

Gn.Int. Comment est-il vêtu ?

Gn.Ext. Comme un Maçon dans la détresse.

Gn.Int. Est-il en possession du Mot de Passe?

Gn.Ext. Non, mais je le suis et réponds de lui

Gn.Int.  Alors, donnez-moi le Mot de Passe.

Le Gardien Extérieur donne le Mot de Passe à voix basse  .

Gn.Int. Que le Candidat attende avec patience que le Vénérable Commandeur en soit informé.  Le Gardien Intérieur referme la porte, se rend au Point d’Annonce et s'y met à l'ordre au Signe d'Appel.

 Gn.Int.  Vénérable Commandeur, un Maître Maçon de Marque dûment éprouvé et reconnu, affirmant que son nom est N., vêtu comme un Maçon dans la détres­se, sollicite son admission dans cette Loge de Nauto­niers de l'Arche Royale.

Il reste à l'ordre Jusqu'à la fin du dialogue avec le Vénérable Commandeur.

V.C.N. Est-il en possession du Mot de Passe ?

Gn.Int. Il ne l'est pas, mais celui qui le conduit me l'a donné pour lui.

V.C.N. Avancez et communiquez-le moi. Le Gardien Intérieur quitte le signe, s'avance jusqu'au devant du piédestal du Vénérable Commandeur par le Parcours Triangulaire, et prononce le Mot de Passe à haute voix.

V.C.N. Le Mot de Passe est juste.

Le Gardien Intérieur retourne au Point d'Annonce par le Parcours Triangulaire,  fait face au Vénérable Comman­deur et se remet à l'ordre au Signe d'Appel.

V.C.N. Admettez le Candidat. Le Gardien Intérieur quitte le signe mais reste sur place

V.C.N. Frères Diacres.  Les deux Diacres se lèvent et escortent le Gardien Intérieur à la porte. Le Candidat portant son tablier de M.M. M. est admis et placé entre les deux Diacres.

Le Gardien Intérieur referme la porte dès que le Candi­dat est entré. Le Candidat est placé devant la porte fermée, flanqué des deux Diacres, le Premier à sa droite, le Second à sa gauche. Le Gardien Intérieur prend le Triangle et en appuie l'un des angles sur la poitrine du Candidat en disant :

Gn.Int.  Entrez Frère N.

Puis il s'efface, regagne sa place et s'assoit.

Les deux Diacres encadrant le Candidat le conduisent au Point d'Annonce et tous trois font face à l'Orient

1erD. Saluez le Vénérable Commandeur en Maître Maçon de Marque.

Le Candidat fait le pas et salue avec le Signe en trois parties

Le Vénérable Commandeur frappe avec son sceptre

Tous se lèvent et gardent la main droite posée sur le cœur durant la prière.  Le Premier Diacre souffle au Candidat de faire de même. Les Diacres croisent les verges au-dessus de la tête du Candidat.

Chap. Glorieux Commandeur des Cieux et de la Terre, Toi qui parlas et tout s'accomplit, Toi qui ordonnas et tout s'arrêta, nous, les frêles créatures de Ta Providen­ce, pour les bénir. En Ton Nom, nous nous réunissons pour élever un Frère dans notre Ancienne et Hono­rable Fraternité, afin qu'il puisse avec nous continuer à commémorer la prodigieuse sauvegarde de Noé et de sa famille, lors du Déluge. Accorde qu'il devienne un vrai Frère, capable de péné­trer les mystères de la Fraternité de l'Arche.  Puisse-t-il sincèrement aimer ses Frères, certain que l'Amour est l'accomplissement de la Loi. Puissions-nous de même nous conduire dans cette Arche afin que, lorsque nous serons rappelés par Ton ordre nous puissions trouver un refuge dans les demeures du repos éternel. Tous  Ainsi soit-il.

 Les Diacres abaissent leurs verges. Tous quittent le Signe de Foi. Le Premier Diacre souffle au Candidat de fai­re de même.

V.C.N. Prenez place mes Frères. Tous s'assolent. Le Second Diacre retourne à sa place par le Parcours Trian­gulaire et s’assoit. Le Premier Diacre conduit le Candidat par le Parcours Triangulaire, d'abord vers l'Orient, puis vers le pié­destal du Second Surveillant où ils s'arrêtent,  faisant tous deux face au Second Surveillant.

2èmeS. (restant assis) Le premier point que vous, l'homme intérieur, devez vous rappeler, est que la Beauté de Dieu rayonne à travers la création dans la symétrie et l'ordre. Elle illustre aussi l'habilité remarquable et ma­gistrale que Noé déploya dans la construction de l'Arche, dont la simplicité était la Beauté même. Le Premier Diacre conduit directement le Candidat, toujours par le Parcours Triangulaire, devant le piédestal du Premier Surveillant où ils s'arrêtent, faisant tous deux face au Premier Surveillant.

1erS. Le deuxième point se nomme Force. Il nous rap­pelle que le Suprême Commandeur de l'Univers est Tout-Puissant et qu'Il vous soutiendra dans toutes les difficultés. Cette Omnipotence fut démontrée lorsque les eaux, recouvrant la surface de la terre, portèrent l'Arche dans laquelle Noé et sa famille furent épargnés. Le Second Diacre se lève et rejoint le Candidat. Le Premier Diacre suivi du Second Diacre conduit le Candidat, par le Parcours Triangulaire, jusqu'au pié­destal du Vénérable Commandeur où tous trois, côte à côte, lui font face.

V.C.N. (restant assis) Le troisième et dernier point se nomme Sagesse. Il vous rappelle que la Sagesse de Dieu est infinie et qu'Elle vous dirigera dans toutes vos entreprises. Emblème de ce divin attribut, il repré­sente aussi la Sagesse que Noé déploya en construi­sant l'Arche, qui préserva l'humanité de l'anéantissement.

V.C.N. Vous devez maintenant contracter un serment solennel si vous désirez avoir connaissance de nos mystères. Êtes-vous disposé à le faire ?

Cand. (répond seul, incité si nécessaire par le Premier Diacre qui lui dira simplement "Répondez")

V.C.N. Tenez-vous bien droit et donnez-moi vos deux mains que je place sur la Pierre de Porphyre.      Le Candidat s'exécute et le Vénérable Commandeur lui place les deux mains sur la Pierre de Porphyre.

Le Vénérable Commandeur frappe de son sceptre une fois, répété par les Premier et Second Surveillants. Tous se lèvent et font le Signe de Fidélité.

Les Diacres croisent les verges au-dessus du Candidat, la tenant de la main gauche, la main droite au Signe de Fi­délité.

V.C.N. Dites "Moi'', (le Candidat s' exécute) , déclinez vos prénoms et votre nom, (le Candidat le fait) , et ré­pétez après moi : en présence du Suprême Commandeur de l'Univers et devant cette Loge de Nau­toniers de l'Arche Royale, de mon plein gré et de ma propre volonté, je m'engage solennellement à conserver inviolés les secrets et mystères de cet Ordre de la Franc-Maçonnerie dénommé l'Ordre des Nautoniers de l'Arche Royale et de ne les révéler qu'à des Nautoniers de l'Arche bien connus ou s'avérant tels, après un examen. Je m'engage aussi à défendre l'honneur d'un Frère au­tant que cela sera compatible avec mes devoirs envers Dieu, mon prochain et moi-même et à l'assister pour autant que la prudence tire le cordeau et que la Justice tienne la balance. Je m'engage en outre à répondre à tous les signes ré­guliers et convocations dûment marquées, si cela est dans la mesure de mes possibilités. Tout ceci je le promets solennellement et je le jure sous peine d'avoir les c b et d'être e p 1 f et b d I (b) s d 1 t. Que le Suprême Commandeur de l'Univers m'aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette Obligation solennelle. Tous quittent le Signe de Fidélité et restent debout.

Les Diacres abaissent les verges et retirent les mains du Candidat de la Pierre de Porphyre.

V.C.N. Frère Premier Diacre, rendez notre Frère à la Lumière. Le Premier Diacre confie sa verge au Second Diacre, re­tire le bandeau du Candidat et le tend au Directeur des Cérémonies qui le range. Puis il récupère sa verge et reprend sa place à la droite du Candidat.

 

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Misraïm : réception au 11éme Degré Sublime Chevalier Elu

13 Juillet 2012 , Rédigé par Rite de Misraïm Publié dans #hauts grades

Les travaux ayant été ouverts dans les formes rituelles précédemment indiquées.

Le Trois Fois Puissant.

Mes Frères, il va être procédé à l'initiation au 11ème degré de l'Illustres élu des Quinze ..……..

Grand Maître des Cérémonies, veuillez vous rendre auprès du récipiendaire et préparez-le conformément aux prescriptions rituelles.

Le Grand Maître des Cérémonies. sort pour préparer le candidat. Arrivé à la porte du Grand Chapitre, il frappe 5 coups égaux. l l l l l

Le Grand Inspecteur. Frappe un coup de maillet. - l -

Trois Fois Puissant on frappe à la porte du Temple.

Le Trois Fois Puissant.

Voulez-vous vous assurer qui est là !

Le Grand Inspecteur. Va à la porte du Temple.

Qui est là ?

Le Grand Maître des Cérémonies.

C'est un Illustre Élu des Quinze qui demande à pénétrer dans le Grand Chapitre des Sublimes Chevaliers Élus.

Le Grand Inspecteur. Retourne à son plateau.

Le Trois Fois Puissant.

Que le demandant soit introduit avec les insignes et le bijou de son dernier grade.

Le Grand Maître des Cérémonies. Introduit le Récipiendaire et le place devant le Grand Inspecteur qui l'examine sur les grades précédents.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Maître Secret ?

Le Récipiendaire.

Je m'en Glorifie.

Le Grand Inspecteur.

Comment avez-vous été reçu Maître Secret ?

Le Récipiendaire.

En passant de l'équerre au compas.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Maître Parfait ?

Le Récipiendaire.

J'ai vu les trois cercles enfermant le cube sur les deux colonnes. Je connais le cercle et sa quadrature.

Le Grand Inspecteur.

Que signifie la lettre J. que vous avez vue à la fenêtre du Temple comme Secrétaire Intime ?

Le Récipiendaire.

C'est l'initiale des trois noms de Dieu qui dans ce grade signifie : rendons grâce à l'Éternel, l'ouvrage est fini.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Prévôt et Juge ?

Le Récipiendaire.

Je rends la Justice à tous les Ouvriers sans exception.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Intendant des Bâtiments ?

Le Récipiendaire.

Je connais les 7 marches de l'exactitude qui mènent au Saint des Saints. J'ai vu une grande lumière et les 3 lettres mystérieuses.

Le Grand Inspecteur.

Pourquoi avez-vous reçu un poignard comme Maître Élu des Neuf ?

Le Récipiendaire.

Pour châtier uniquement la trahison, défendre mes Frères en péril et punir le crime.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Illustre Élu des Quinze ?

Le Récipiendaire.

Je le dois à mon zèle et à mon travail.

Le Grand Inspecteur. Frappe un coup de maillet. - l -

Le Trois Fois Puissant.

Grand Maître des Cérémonies, que demande l'Illustre Élu des Quinze ?

Le Grand Maître des Cérémonies.

Il demande la faveur d'être admis au grade de Sublime Chevalier Élu et d'obtenir la récompense due à ses voyages et à ses travaux.

Le Trois Fois Puissant.

J'imagine mon Frère que vous n'avez voyagé que dans l'Intérêt de tous.

Le Récipiendaire.

Mon premier but a été de remplir mon devoir, ce que j'ai fait à mes propres dépens et de punir tous les Traîtres ; ce n'est que l'honneur qui m'incite à présent à solliciter la récompense.

Le Trois Fois Puissant.

En ce cas, approchez-vous, mon Frère, pour contracter notre obligation.

Debout, Sublimes Chevaliers Élus et placez-vous autour de l'autel !

Tous les Frères. accompagnent le candidat et se placent autour de l'autel.

Le Grand Maître des Cérémonies. va à l'Orient chercher le poignard et le met sur le Volume de la Loi Sacrée.

Le Grand Inspecteur. donne le texte du serment et dispose le récipiendaire : les pieds en équerre, la main droite sur le Livre.

Le Trois Fois Puissant. Frappe un coup de maillet. - l -

Tous les Frères. font le signe.

Le Récipiendaire. lit son serment.

bligation.

je .………… promets et je jure devant le Grand Architecte de l'Univers et sur le Livre de la Loi Sacrée et devant cette Respectable Assemblée de ne jamais révéler où j'ai reçu le présent degré et de ne jamais communiquer qui a assisté à ma réception. Je promets de ne jamais recevoir un Frère dans ce grade sans en avoir obtenu les pleins pouvoirs de mes Supérieurs, de n'assister à aucune réception à moins que ce soit dans un Chapitre régulier. Je réitère en outre ma promesse d'allégeance au Rite de Misraïm, obéissance à ses règlements, statuts et édits, suivant les vrais principes et les anciennes traditions maçonniques. Je promets d'être charitable, et si je manque à ces promesses, je consens d'avoir mon corps coupé en sautoir, et que ma mémoire soit en horreur comme celle d'un assassin.

Le Trois Fois Puissant.

Je prends acte de votre serment et vous investis, par le pouvoir que j'ai reçu, dans vos fonctions de Prince Élu, Sublime Chevalier, membre de ce Grand Chapitre, Onzième degré de notre Rite. Grand Maître des Cérémonies veuillez décorer notre nouveau Chevalier.

Le Grand Maître des Cérémonies. Il est ainsi fait.

Le Trois Fois Puissant.

Prenez place Illustres Chevaliers Élus. Pause.

Le Trois Fois Puissant.

Nous allons maintenant dialoguer avec le Grand Inspecteur l'instruction au 11ème degré à l'Intention du nouveau Illustre Chevalier Élu.

Instruction  au  11ème  degré.

Le Trois Fois Puissant.  Pose les Questions.

Le Grand Inspecteur.   Donne les réponses.

Le Trois Fois Puissant.

Voici tout d'abord le signe du grade : croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés.

L'attouchement : Premièrement : Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés. Le demandant saisit le pouce de l'autre, lui renverse le poignet et dit : BERITH. L'autre répète le renversement et dit : NEDER. Le premier renverse le pouce encore une fois et dit : SCHELEMOTH. Deuxièmement : Prendre la main droite du Tuilleur, lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du médius.

question :  Que signifie le signe de Sublime Chevalier Élu ?

Réponse :  La promesse qu'on s'est faite de porter toujours une croix pour se souvenir de ses fautes depuis qu'elles sont effacées.

question :  Que signifie cet attouchement ?

Réponse :  L'amour de Dieu, la Fidélité à son Souverain et la Charité envers mes Frères et mon prochain.

Le Trois Fois Puissant.

La vengeance des trois assassins étant accomplie, Salomon pour récompenser le zèle, le travail et la constance des 15 élus, pour leur donner un grade plus élevé et pour n'admettre entre eux aucune préférence, choisit, par bulletin, 12 d'entre eux et ordonna que les 12 premiers noms qui sortiraient de l'urne, seraient ceux qui formeraient un Grand Chapitre et qui commanderaient les 12 Tribus d'Israël ; il leur donna le titre d'EREMEK qui en hébreu signifie: Homme vrai en toute occasion. Il leur montra les choses précieuses qui étaient renfermées dans le Tabernacle et les Tables de la Loi gravées du doigt de Dieu et données à Moïse sur le mont Sinaï auprès du Bien Aimé ; il les arma des épées et leur accorda plusieurs autres faveurs. Retenez, mon Frère les symboles de notre Tableau qui doit toujours être devant vos yeux et faire l'objet de votre étude et de votre attention. Nous nous flattons qu'ayant une si belle occasion de suivre le droit chemin, vous ne négligerez pas de le faire et que vous n'entrerez jamais dans des sentiers dangereux qui vous écarteraient des devoirs que vous avez à accomplir. Vous trouverez facile l'exécution de pareil principe, pourvu que votre cœur sente la nécessité de maintenir la justice et de la suivre en tout. Enfin, mon Cher Frère en accomplissant strictement vos obligations et restant fidèle à vos serments, nous espérons trouver en vous un Frère ardent, zélé et studieux, digne du titre respectable de Sublime Chevalier Élu que vous venez de recevoir. Pause.

question :  Frère Grand Inspecteur, êtes-vous Sublime Chevalier Élu ?

Réponse :  Trois Fois Puissant, mon nom vous le prouvera.

question :  Quel est votre Nom ?

Réponse :  Mon nom est EMEREK, homme vrai en toute occasion.

question :  Combien de Sublimes Chevaliers Élus dans votre Grand Chapitre ?

Réponse :  Il ne peut y en avoir plus de Douze qui sont les douze Chefs des Douze tribus d'Israël.

question :  Quel est votre mot sacré en qualité de Sublime Chevalier Élu ?

Réponse :  ADONAÏ ‑ Nom de Dieu.

question :  Quel est votre mot de passe ?

Réponse :  STOLKIN ‑ Nom de celui qui découvrit le corps d'Hyram-Abif, homme fidèle en toute occasion.

question :  Qu'avez vous vu en entrant dans le Grand Chapitre ?

Réponse :  Douze lumières représentant les douze Chevaliers Élus, soit les douze Princes d'EMEREK que Salomon nomma gouvernement d'Israël et Chefs des douze tribus.

question :  Quels étaient les noms des 12 Maîtres Élus ?

Réponse :  Johabert, Stolkin, Teny. Morphy, Alguebar, Noison, Kereme, Bertamer, Tito, ce sont les noms des 9 Maîtres qui furent à la recherche du meurtrier Abiram‑Akiroph,Zerbal, Benagal et Tabor pour faire le nombre des 12.

question :  Quel emploi Salomon leur donna-t-il ?

Réponse :  Celui d'avoir l'inspection sur les Maîtres. En cette qualité ils avaient le titre d'Inspecteurs qui les autorisait à se faire rendre compte tous les jours des travaux relatifs à la construction du Temple.

question :  De quelle manière s'étaient employés les 12 Inspecteurs pour surveiller une si grande quantité d'ouvriers ?

Réponse :  Johabert surveillait la tribu de Juda, Stolkin la tribu de Benjamin, Morphy la tribu d'Ephraïm, Reny la tribu de Siméon, Alguebar la tribu de Manassé, Noison la tribu de Zébulon, Kereme la tribu de Dan, Bertamer la tribu d'Aser, Tito la tribu de Nephtalim, Zerbal la tribu de Ruben, Benagal la tribu d'Issachar, Tabor celle de Gad. Ces 12 Maîtres rendaient compte à Salomon de tous les ouvrages faits, ils recevaient le salaire de tous les ouvriers et le distribuaient à chaque tribu.

question :  Pourquoi votre Grand Chapitre ne s'ouvre-t-il qu'à minuit ?

Réponse :  Parce que plusieurs Chevaliers Élus étaient employés à différentes occupations pendant le jour, les travaux, les oeuvres de charité, tous se retrouvaient à minuit pour se rendre réciproquement compte de ce qu'ils avaient fait dans la journée.

question :  Pourquoi ferme-t-on le Grand Chapitre au point du jour ?

Réponse :  Pour exécuter pendant le jour les ordres qui sont donnés par le Grand Chapitre.

question :  Quel âge avez-vous ?

Réponse :  Trois Fois Neuf, soit 27 ans.

Le Trois Fois Puissant.

Notre Batterie est de 12 coups égaux.

L'instruction étant terminée, la parole est à l'Orateur.

L’Orateur. prononce l'allocution de bienvenue.

Le Trois Fois Puissant.

Sublimes Chevaliers Élus, je vais procéder à la clôture des Travaux.

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RAPMM réception au 11ème degré Chevalier Elu.

13 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel RAPMM Publié dans #hauts grades

Les travaux ayant été ouverts dans les formes rituelles précédemment indiquées.

Trois Fois Puissant.

Mes Frères, il va être procédé à l'initiation au 11ème degré de (des) ‘’l'Illustre Elu des Quinze’’ du (des) F\(FF\) ................

Grand Maître des Cérémonies, veuillez vous rendre auprès du (des) récipiendaire et préparez-le conformément aux prescriptions rituels. Le Grand Maître des Cérémonies sort pour  préparer le candidat. Arrivé à la porte du Grand Chapitre, il frappe 5 coups égaux

Grand Inspecteur. Il frappe un coup de maillet

Trois Fois Puissant on frappe à la porte du Temple.

Trois Fois Puissant. Voulez-vous vous assurer qui est là

Grand Inspecteur. Va à la porte du Temple et dit :  Qui est là ?

Grand Maître des Cérémonies. C'est un Illustre Élu des Quinze qui demande à pénétrer dans le Grand Chapitre des Sublimes Chevaliers Élus.

Grand Inspecteur. Retourne à son plateau.

Trois Fois Puissant. Que le demandant soit introduit avec les insignes et le bijou de son dernier grade.

Grand Maître des Cérémonies. Introduit le Récipiendaire et le place devant le Grand Inspecteur qui l'examine sur les grades précédents.

Grand Inspecteur. Êtes-vous Maître Secret ?

Récipiendaire. Je m'en Glorifie.

Grand Inspecteur. Comment avez-vous été reçu Maître Secret ?

Récipiendaire. En passant de l'équerre au compas.

Grand Inspecteur. Etes-vous Maître Parfait ?

Récipiendaire. J'ai vu les trois cercles enfermant le cube sur les deux colonnes. Je connais le cercle et sa quadrature.

Grand Inspecteur. Que signifie la lettre J que vous avez vue à la fenêtre du Temple comme

Secrétaire Intime ?

Récipiendaire. C'est l'initiale des trois noms de Dieu qui dans ce grade signifie: rendons grâce à l'Eternel, l'ouvrage est fini.

Grand Inspecteur. Êtes-vous Prévôt et Juge ?

Récipiendaire. Je rends la Justice à tous les Ouvriers sans exception.

Grand Inspecteur. Etes-vous Intendant des Bâtiments ?

Récipiendaire. Je connais les 7 marches de l'exactitude, qui mène au Saint des Saints.  J'ai vu une grande lumière et les 3 lettres mystérieuses.

Grand Inspecteur. Pourquoi avez-vous reçu un poignard comme Maître Élu des Neuf ?

Récipiendaire. Pour châtier uniquement la trahison, défendre mes Frères en péril et punir le crime.

Grand Inspecteur. Êtes-vous illustre Élu des Quinze ?

Récipiendaire. Je le dois à mon zèle et à mon travail.

Grand Inspecteur. Frappe un coup de maillet.

Trois Fois Puissant, l'illustre Élu des Quinze, le Frère........a des connaissances suffisantes sur les degrés qu'il a passés.

Trois Fois Puissant.

Grand Maître des Cérémonies, que demande l'illustre Élu des Quinze ?

Grand Maître des Cérémonies.

Il demande la faveur d'être admis au grade de Sublime Chevalier Élu et d'obtenir la récompense due à ses voyages et à ses travaux.

Trois Fois Puissant.

'imagine mon Frère que vous n'avez voyagé que dans l'intérêt de tous.

Récipiendaire.

Mon premier but a été de remplir mon devoir, ce que j'ai fait à mes propres dépens et de punir tous les traîtres; ce n'est que l'honneur qui m'incite a présent à solliciter la récompense.

Trois Fois Puissant.

En ce cas, approchez-vous, mon Frère, pour contracter notre obligation.  Debout, Sublimes Chevaliers Élus et placez-vous autour de l'autel ! Tous les Frères accompagnent le candidat et se placent autour de l'autel.  Le Grand Maître des Cérémonies va à l'Orient chercher le poignard et le met sur le Volume de la Loi Sacrée.  Le Grand Inspecteur donne le texte du serment et dispose le récipiendaire: les pieds en équerre, la main droite sur le Livre. Le Trois Fois Puissant frappe un coup de maillet. Tous les Frères font le signe. Le récipiendaire lit son serment.

Obligation.

Je ... promets et je jure devant le Grand Architecte de l'Univers et sur le Livre de la Loi Sacrée et devant cette Respectable Assemblée de ne jamais révéler où j'ai reçu le présent degré et de ne jamais communiquer qui a assisté à ma réception.  Je promets de ne jamais recevoir un Frère dans ce grade sans en avoir obtenu les pleins pouvoirs de mes Supérieurs, de n'assister à aucune réception à moins que ce soit dans un Chapitre régulier.

Je réitère en outre ma promesse d'allégeance au Suprême Conseil et au Souverain Sanctuaire du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, obéissance à ses règlements, statuts et édits, suivant les vrais principes et les anciennes traditions maçonnique.

Je promets d'être charitable, et si je manque à ces promesses, je consens d'avoir mon corps coupé en sautoir, et que ma mémoire soit en horreur comme celle d'un assassin.

Trois Fois Puissant.

Je prends acte de votre serment et vous investis, par le pouvoir que j'ai reçu, dans vos fonctions de Prince Élu, Sublime Chevalier, membre de ce Grand Chapitre, Onzième degré de notre Rite.

Grand Maître des Cérémonies veuillez décorer notre nouveau Chevalier. Il est ainsi fait.

Prenez place Illustres Chevaliers Élus. Nous allons maintenant dialoguer avec le Grand Inspecteur l'instruction au 11eme degré à l'intention du nouveau Illustre Chevalier Élu.

Instruction au 11ème degré.

Trois Fois Puissant.

Voici tout d'abord le signe du grade: croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés. 

L'attouchement: Premièrement.  Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés. Le demandant saisit le pouce de l'autre, lui renverse le poignet et dit:  BERITH. L'autre répète le renversement et dit : NEDER. Le premier renverse le pouce encore une fois et dit: SCHELEMOTH.

Deuxièmement.  Prendre la main droite du Tuilleur, lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du medius.

Que signifie le signe de Sublime Chevalier Élu ?

R.-       La promesse qu'on s'est faite de porter toujours une croix pour se souvenir de

ses fautes depuis qu'elles sont effacées.

D.-       Que signifie cet attouchement ?

R.-       L'amour de Dieu, la Fidélité à son Souverain et la Charité envers mes

Frères et mon prochain.

Trois Fois Puissant.

La vengeance des trois assassins étant accomplie, Salomon pour récompenser le zèle, le travail et la constance des 15 élus, pour leur donner un grade plus élevé et pour n'admettre entre eux aucune préférence, choisit, par bulletin, 12 d'entre eux et ordonna que les 12 premiers noms qui sortiraient de l'urne, seraient ceux qui formeraient un Grand Chapitre et qui commanderaient les 12 Tribus d'Israël; il leur donna le titre d'EREMEK qui en hébreu signifie: Homme vrai en toute occasion.  Il leur montra les choses précieuses qui étaient renfermées dans le Tabernacle et les Tables de la Loi gravées du doigt de Dieu et données à Moïse sur le mont Sinaï auprès du Bien Aimé; il les arma des épées et leur accorda plusieurs autres faveurs. Retenez, mon Frère les symboles de notre Tableau qui doit toujours être devant vos yeux et faire l'objet de votre étude et de votre attention.  Nous nous flattons qu'ayant une si belle occasion de suivre le droit chemin, vous ne négligerez pas de le faire et que vous n'entrerez jamais dans des sentiers dangereux qui vous écarteraient des devoirs que vous avez à accomplir.  Vous trouverez facile l'exécution de pareil principe, pourvu que votre coeur sente la nécessité de maintenir la justice et de la suivre en tout.  Enfin, mon Cher Frère en accomplissant strictement vos obligations et restant fidèle à vos serments, nous espérons trouver en vous un Frère ardent, zélé et studieux, digne du titre respectable de Sublime Chevalier Élu que vous venez de recevoir.

DIALOGUE

D.-       Frère Grand inspecteur, êtes-vous Sublime Chevalier Élu ?

R. -      Trois Fois Puissant, mon nom vous le prouvera.

D. -      Quel est votre Nom ?

R. -      Mon nom est EMEREK, homme vrai en toute occasion.

D.-       Combien de Sublimes Chevaliers Élus dans votre Grand Chapitre ?

R.-       Il ne peut y en avoir plus de Douze qui sont les douze Chefs des Douze tribus D’Israël.

D.-       Quel est votre mot sacré en qualité de Sublime Chevalier Élu ?

R.-       ADONAÏ - Nom de Dieu.

D.-       Quel est votre mot de passe ?

R.-       STOLKIN - Nom de celui qui découvrit le corps d'Hyram-Abif, homme fidèle en

toute occasion.

D.-       Qu'avez-vous vu en entrant dans le Grand Chapitre ?

R.-       Douze lumières représentant les douze Chevaliers Élus, soit les douze Princes d'EMEREK que Salomon nomma gouvernement d'Israël et Chefs des douze tribus.

D.-       Quels étaient les noms des 12 Maîtres Élus ?

R.-       Johabert, Stolkin, Teny, Morphy, Alguebar, Noison, Kereme, Bertamer,

Tito, - ce sont les noms des 9 Maîtres qui furent à la recherche du meurtrier

Abiram-Akiroph.  Zerbal, Benagal et Tabor pour faire le nombre des 12.

D.-       Quel emploi Salomon leur donna-t-il ?

R.-       Celui d'avoir l'inspection sur les Maîtres.  En cette qualité ils avaient le titre

d'Inspecteurs qui les autorisait à se faire rendre compte tous les jours des travaux relatifs à la construction du Temple. 

D.-       De quelle manière s'étaient employés les 12 Inspecteurs pour surveiller une si

grande quantité d'ouvriers ?

R.-       Johabert surveillait la tribu de Juda, Stolkin la tribu de Benjamin, Morphy la tribu

d'Ephraïm, Reny la tribu de Siméon, Alguebar la tribu de Manassé, Noison la

tribu de Zébulon, Kereme la tribu de Dan, Bertamer la tribu d'Aser, Tito la tribu

de Nephtalim, Zerbal la tribu de Ruben, Benagal la tribu d'Issachar, et Tabor

celle de Gad. Ces 12 Maîtres rendaient compte à Salomon de tous les ouvrages faits, ils

recevaient le salaire de tous les ouvriers et le distribuaient à chaque tribus.

D.-       Pourquoi votre Grand Chapitre ne s'ouvre-t-il qu'à minuit ?

R.-       Parce que plusieurs Chevaliers Élus étaient employés à différentes occupations

pendant le jour, les travaux, les oeuvres de charité, tous se retrouvaient à minuit

pour se rendre réciproquement compte de ce qu'ils avaient fait dans la journée.

D.-       Pourquoi ferme-t-on le Grand Chapitre au point du jour ?

R.-       Pour exécuter pendant le jour les ordres qui sont donnés par le Grand Chapitre.

D.-       Quel âge avez-vous ?

R.-       Trois Fois Neuf, soit 27 ans.

Trois Fois Puissant.

Notre Batterie est de 12 coups égaux.

L'instruction étant terminée, la parole est à l'orateur. Celui-ci prononce l'allocution de bienvenue.

Trois Fois Puissant.

Sublimes Chevaliers Élus, je vais procéder à la clôture des Travaux.

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REAA : cérémonie d'élection au 11ème degré

13 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel REAA Publié dans #hauts grades

 

Le Trois Fois Puissant

Frère Grand Maître des Cérémonies, allez quérir les Maîtres Élus des Neuf; vous les introduirez dans le Chapitre. Le Grand Maître des Cérémonies se rend dans le parvis, indique aux frères qu'ils devront entrer en Maîtres Élus des Neuf et faire le signe.

Le Grand Maître des Cérémonies accompagnés des Maîtres Élus frappe à la porte du temple

OOOOOOOO  O (8+1)

Le Trois Fois Puissant Faites entrer le Maître des cérémonies et les candidats et placer ceux-ci devant le Frère grand Inspecteur. Quand ceci est exécuté

Maîtres Élus des Neuf, mes frères, les degrés d’Illustre Élu des Quinze et de Sublime Chevalier Élu achèvent l’histoire des meurtriers de Hiram. Nous allons vous conférer ces degrés par communication et vous instruire de leurs arcanes.

Frère Orateur, veuillez nous rappeler le discours historique du degré d’Illustre Élu des Quinze.

L'orateur Vous avez appris dans le grade de Maître Élu des Neuf, par lequel vous êtes passé, qu'Aviram, l'un des meurtriers, fut tué dans la caverne. Salomon fit embaumer la tête pour qu'elle puisse se conserver et être exposée avec celle des 2 autres assassins quand il les trouverait. Les deux autres meurtriers de Hiram avaient quitté la montagne située près de Yaffa et s'étaient réfugiés à Gath et s'y croyaient en sûreté. Six mois après la mort de Hiram-Abif, Akiroph-Bengader, un des intendants de Salomon, faisant des perquisitions dans le pays de gath, tributaire de Salomon, apprit que Sterkin et Oterfut les deux autres assassins de Hiram-Abif s'y étaient retirés et s'y croyaient en sûreté. Salomon l'ayant appris écrivit immédiatement à Maakah, roi de Gath et lui marqua le désir qu'il avait de découvrir les coupables et de leur faire infliger la peine due à leur crime. En conséquence Salomon choisit 15 des plus dignes Frères et zélés Maîtres, dans le nombre desquels il comprit les 9 qui avaient été à la recherche d'Aviram. Ils partirent le 15 du mois Thammuz (répondant au mois de juin de notre ère). Ils arrivèrent le 28 du même mois dans le pays de Gath. Ils remirent la lettre à Maakah qui, épouvanté par cette nouvelle, donna sur-le-champ des ordres pour que l'on fit la recherche la plus exacte des 2 assassins et qu'ils fussent livrés aux Israélites, se trouvant fort heureux de délivrer ses états de pareils monstres. On employa 5 jours à faire les perquisitions les plus exactes. Zerbal et Eli’am furent les premiers qui les découvrirent dans une carrière nommée Bendicat. Ils furent enchaînés et chargés de fers sur lesquels on grava le crime dont ils étaient coupables et le genre de châtiment qui leur était réservé. Ils arrivèrent à Jérusalem le 15 du mois suivant et furent conduit à Salomon qui leur reprocha le noir forfait dont ils s'étaient rendus coupables. Il ordonna de les conduire dans la Tour d'Achivazar jusqu'au moment de l'exécution. Le lendemain à 10 heures du matin ils furent attachés à deux poteaux par le cou, les pieds et les bras qu'on fixa par derrière. Leurs corps furent cruellement ouverts depuis la poitrine jusqu'à l'os du pubis. Ils demeurèrent dans cet état pendant 8 heures. Les mouches et autres insectes vinrent se repaître de leur sang et de leurs entrailles. Leurs cris et leurs gémissements étaient si lamentables qu’ils touchèrent le cœur même de leurs bourreaux qui leurs coupèrent la tête. Ils jetèrent leurs corps pardessus les murailles de Yeroushalaïm (Jérusalem) pour servir de pâture aux corbeaux et aux bêtes féroces. Les têtes des trois assassins de Hiram-Abif furent ensuite accrochées aux cintres des trois portes sud, ouest et est de Yeroushalaïm.

Le Trois Fois Puissant

Frère Maître des Cérémonies, faites avancer les récipiendaires devant l’autel.

Debout et à l’ordre sublimes Chevaliers Élus

Au nom du Suprême Conseil pour la France, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés par cet Atelier de Sublimes Chevaliers

Le Trois Fois Puissant pose son glaive flamboyant tour à tour sur la tête de chacun

je vous crée et consacre, vous Maîtres Élus des Neuf, Illustres Élus des Quinze, afin que vous jouissiez à l’avenir des droits et prérogatives que comportent ces grades.

Frère Maîtres des Cérémonies reconduisez les nouveaux Illustres Élus des Quinze devant le Frère Grand Inspecteur.

Frère Grand Inspecteur, veuillez communiquer les arcanes de ce degré aux nouveaux Élus des Quinze.

Le Grand Inspecteur

L'Expert se lève et exécute en même temps les signes.

Le 1er signe est de se porter le poignard sous le menton et le faire descendre sur le ventre comme si l'on voulait se l'ouvrir.

La réponse est de faire le signe d'apprenti, la main fermée et le pouce levé.

 La batterie est de 5 coups : OOOOO

La marche se compose de 15 pas triangulaires.

L'âge est de 5 fois 5 ans.

Le mot de passe est Eli’am (peuple de Dieu).

Le mot sacré est Zerbal, auquel on répond Ben-Yah (fils de Dieu).

Pour bien marquer le passage de 15 à 12 Élus, au sein des nouveaux Illustres Élus des Quinze le Maître des Cérémonies fait placer 3 anciens Élus. Ce sera ceux qu'il écartera ensuite.

Le Maître des Cérémonies

Les Illustres Élus des Quinze demandent la faveur d'être élu au 11e degré du Rite, Sublime chevalier Élu au sein de ce Chapitre et d'obtenir la récompense due à leurs voyages et à leurs travaux.

Le Trois Fois Puissant Frère Orateur, veuillez nous rappeler le discours historique du degré de Sublime Chevalier Élu.

L'Orateur

La punition des trois assassins étant accomplie, Salomon pour récompenser le zèle et la constance des 15 Grands Élus, pour leur donner un grade plus élevé et pour n’admettre entre eux aucune préférence, choisit par bulletins 12 d’entre eux et ordonna que les 12 premiers noms qui sortiraient de l’urne seraient ceux qui formeraient le Grand Chapitre et commanderaient les 12 tribus d’Israël. Les trois qui furent écartés pourraient être appelés à d’autres missions Il donna aux douze Élus le titre d’excellents Emeth* qui signifie en hébreu « vérité ou homme vrai, véritable, en toutes occasions.

Il leur montra les choses précieuses qui étaient enfermés dans le Tabernacle et les Tables de la Loi gravées du doigt de Dieu sur le mont Sinaï, auprès du buisson ardent ainsi que le chandelier à sept branches, la menorah et le voile du saint des Saints.

Il les arma de l’épée de Justice et leur accorda plusieurs autres faveurs.

Le Trois Fois Puissant  

Frère Grand Maître des Cérémonies, tirez au sort et écartez 3 des Illustres Élus des Quinze et conduisez les autres devant l’autel.

Le Maître des Cérémonies place les 3 anciens Illustres Élus des Quinze sur le côté où ils se placent en baissant la tête, l’air accablé.

Le Trois Fois Puissant Debout et à l’ordre sublimes Chevaliers Élus

Au nom du Suprême Conseil pour la France, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés par cet Atelier de Sublimes Chevaliers Le Trois Fois Puissant pose son glaive flamboyant tour à tour sur la tête de chacun Je vous crée et consacre, vous Illustres Élus des Quinze                  , Sublimes Chevaliers Élus, afin que vous jouissiez à l’avenir des droits et prérogatives que comportent ces grades.

Frère Grand Maître des Cérémonies, conduisez les Chevaliers Élus à la place qui leur est attribué. Le Maître des Cérémonies place les nouveaux Chevaliers à la tête de chaque rangée et reconduit discrètement les 3 anciens Illustres Élus des Quinze sur les rangées arrières.

sublimes Chevaliers Élus, asseyez-vous.

Frère Grand Inspecteur, veuillez communiquer les arcanes de ce degré aux nouveaux Élus des Quinze.

Le Grand Inspecteur

L'Expert se lève et exécute en même temps les signes.

Le signe se fait en se croisant les bras sur la poitrine, les mains fermées, le pouce écarté.

L'attouchement se fait en se présentant mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts étant fermés ; l’un saisit le pouce de l’autre et lui renverse le poignet par trois fois, en disant entre eux alternativement ces trois mots : berith (alliance), neder (promesse, vœu), schelemouth (intègre, pur). On peut aussi prendre la main droite du Tuileur ; lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du médius.

La batterie est de douze coups égaux.

Le temps du travail est de douze heures au point du jour.

Le mot de passe est parfois stolkin, que l’on interprète ici par eau courante. On préfère en général le mot Emeth, qui signifie « homme vrai en toutes occasions ».

Le mot sacré est Adonaï.

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Étude au 11e degré dit l'Elu des douze ou sublime chevalier Élu

13 Juillet 2012 Publié dans #hauts grades

C’est le dernier degré de la classe des Elus qui en comprend trois : le 9e degré dit l’élu des neuf, le 10e degré dit l’élu des quinze et le 11e degré dit l’élu des douze. Ce dernier est un degré singulier sur le chemin initiatique puisqu’il est un degré de RECOMPENSE.
Symboliquement la classe des élus correspond à ce qu’on appelle « la descente aux enfers » ou Descente au noir ou encore l’oeuvre au noir. A ces trois degrés est associé la couleur noire et la couleur rouge chtonienne sous la forme de sang, de feu et nous le verrons d’un coeur rouge. Ces trois grades symboliseraient en quelque sorte trois moments de l’oeuvre au noir. Au 9e, c’est la descente aux enfers, au 10e la remontée à la conscience, à la lumière et au 11e, nous allons le voir, la récompense qui vient couronner cet ensemble d’épreuves surmontées et dans laquelle si le mérite joue un rôle, le hasard joue aussi le sien.

Voici le récit historico-mythique du 11e degré résumé par Raoul BERTEAUX :
« Après avoir puni les meurtriers d’Hiram, Salomon est résolu de récompenser le zèle et la constance des Elus des quinze en créant un nouveau grade, celui de l’élu des douze. Il les fit désigner par le sort et les constitua en Chapitre. Il leur donna le gouvernement des douze tribus et leur conféra le titre de Nasiah Ameth (ou Emeth). Nasiah signifie Prince ou chef, Ameth signifierait vérité ou homme fidèle.
Salomon leur montra les trésors ramenés de Gabaon, qu’il avait fait ramener dans le nouveau temple. Parmi ces trésors figuraient les cinq choses précieuses : l’arche d’alliance, la boite en or dans laquelle étaient conservése le coeur du fidèle, le palmier, le chandelier à sept branches et le voile du saint des saints qui était , maintenant, partiellement entr’ouvert ».
La réception du candidat au cours de la cérémonie d’élévation au 11e degré est la suivante :
« En principe, pour les réceptions, la loge ne comprends que douze élus. Le candidat est conduit dans le grand chapitre, où il apprend que justice est faite, mais que des plaintes sont exprimées concernant la levée des impôts dans le royaume. Il est proposé au roi Salomon de ne plus affermer les impôts, mais de confier la gestion à des officiers du roi, agissant comme des représentants dans chacune des provinces du royaume. Salomon décide que la désignation des douze élus se fera par tirage au sort parmi les quinze. Le récipiendaire et les onze FF
qui l’accompagnent se placent autour de l’autel. Le récipiendaire prête le serment et est investi dans ses fonctions de Prince Elu ou Nasrah Emeth ».

Un commentaire sur le contenu initiatique s’impose. Il serait présomptueux d’espérer en si peu de temps de rendre compte de toute la richesse symbolique de ce grade. La classe des Elus forme un tout et le 11e degré apporte une sorte de conclusion dont le fondement peut nous étonner.
En effet, par rapport à tous les grades depuis celui d’apprenti, le néophyte au 11e degré n’a pas de réelles épreuves à surmonter ou si seulement une seule qu’il a subi par deux fois à savoir le tirage au sort, afin d’être parmi ceux qui seront récompensés par rapport à tous ceux qui ont accompli le même devoir, c’est à dire surmonter les dernières épreuves sacrificielles.
Ils ont tous accompli leur devoir conformément aux ordres reçus mais seulement quelques uns seront choisis par le hasard pour être élevés au 11e degré que Salomon créé spécifiquement pour eux.
A première vue, cet acte royal de récompense, porterait une part d’injustice puisque parmi ceux qui en principe y auraient droit, tous ne seraient pas directement concernés. C’est une récompense visible, palpable et matérielle qui est donnée à quelques uns. Le roi
décide du principe de cette récompense mais n’est en rien l’acteur de celle-ci. C’est le hasard qui décide. Donc quelques uns seront écartés par le hasard de la récompense matérielle du roi. Le sont-ils en fait sur le plan spirituel ? Là est peut être l’autre dimension initiatique de ce degré. Nous devons nous interroger sur le sens profondément initiatique de cette épreuve qui touche l’Ego de ceux qui par désobéissance ont accompli leur devoir et dégager le sens qu’elle peut prendre à nos yeux, pour nous-mêmes, en nous-mêmes. Quel sens pour l’ego de ceux qui bénéficient de cette récompense matérielle par l’effet du hasard ? Quel sens pour l’ego de ceux qui peuvent ressentir cet effet du hasard comme une forme d’injustice ? Ne pas être récompensé lors que l’on a accompli son
devoir comme les autres qui eux sont récompensés est une épreuve autrement difficile qu’il faut apprendre à surmonter. Il nous importe de dégager le positif et le négatif de ces deux situations à vivre, à surmonter. Car être récompensé alors que d’autres FF
ne le sont pas est aussi une épreuve à vivre et à surmonter.

Revenons en quelques mots sur chacun des trois actes de cette pièce qui constitue la classe des élus.
Le premier acte qui correspond au 9e grade est un acte de vengeance accompli dans la précipitation par excès de zèle et souci de trop bien et trop vite faire. Il était demandé à JHAOBEN d’accomplir un acte de justice, par égarement il accomplit un acte de vengeance. En revanche la clémence du roi Salomon à son égard est un acte de justice qui témoigne de sa compréhension en
profondeur de la motivation réelle de l’autre.
Le deuxième acte qui correspond au 10e grade est un acte de justice dont la cruauté nous interroge. La violence du récit historico mythique est d’ordre psycho pédagogique pour nous remettre sur la voie de l’éveil et lutter à nouveau et plus violemment contre ces trois vices : l’ignorance, le fanatisme et l’hypocrisie. Il y a jugement et il y a mise à mort c'est-à-dire éradication complète des ces trois vices et cet acte d’éradication est porté à la connaissance de tous comme acte d’exemplarité.
Le troisième acte qui correspond au 11e grade est un acte de justice mais d’un tout autre ordre. Un acte de justice qui semble porter en lui une dimension d‘injustice. S’il est juste de récompenser tous ceux qui ont accompli par obéissance leur devoir, est il juste de ne récompenser par tirage au sort que quelques uns ? Est ce à dire qu’un acte de justice, quel qu’il soit, est intrinsèquement toujours incomplet ? Est-ce à dire qu’aucune justice n’est totalement juste et ne peut l’être soit que le principe sur lequel cette justice s’appuie est imparfait, incomplet, insuffisant soit que le hasard peut aussi jouer un rôle dont on ne peut à priori augurer des effets. En clair la justice humaine ne peut en principe être pleine et entière, elle est parcellaire, limitée et faillible. Il
est donc clair que ces trois degrés nous conduisent à méditer sur la notion de justice.

La morale au 9e grade est : « En aucun cas, la vengeance n’est permise ». Il n’y a pas de morale au 10e grade dans notre rituel d’Edmond GLOTON.
La morale au 11e grade est la suivante « Les FF
dignes, tôt ou tard reçoivent leur juste récompense ». Cette morale qui semble clore l’enseignement rituélique du 11e degré mériterait à elle seule une planche. En effet, que recouvre la notion de « frères dignes », cette notion de temps suspendu de tôt ou tard, le verbe de recevoir qui signifierait qu’il y aurait une instance intérieure ou extérieure
qui accorderait ou n’accorderait pas et s’il y a récompense possible, de quelle nature peut elle être ?
Par ailleurs que recouvre la notion de « juste récompense » pour un franc maçon ? Où l’on voit que cette phrase en apparence toute simple, mériterait une longue méditation personnelle et collective.
Par ailleurs, à cette notion centrale de justice est associée pour l’ensemble des ces trois degrés, la notion d’humilité. Ce qui signifie que justice et humilité doivent être associées dans nos manières d’être et de penser.
En effet s’il y a mansuétude du roi Salomon au 9e degré, il y a aussi humilité de sa part dans l’acte de pardonner à Jhaoben. En effet si la mansuétude est le fait du prince, l’humilité dans le jugement qui conduit au pardon, place le roi Salomon dans son humanité partagée avec les autres FF
. Il est roi et il est homme.
L’acceptation au 10e degré d’être tiré au sort, pour accomplir son devoir et non d’être désigné par cooptation ou élection, ce qui pourrait flatter notre ego est le signe que nous sommes tous égaux au regard du devoir à accomplir et que nous devons promouvoir l’humilité comme valeur fondamentale de la classe des Élus. Le tirage au sort associe dans son principe égalité, justice et humilité par des liens très forts.
Et cette valeur est à nouveau affirmer au 11e degré car là, notre devoir est d’accepter d’être tiré au sort pour être récompensé ou ne pas l’être alors que nous avons accompli les mêmes épreuves avec succès. Nous nous éloignons ici de la notion de mérite qui est dû et qui doit déboucher sur une reconnaissance identique. Nous sommes ici sur le plan initiatique et non dans le monde profane. Et l’on peut se demander où se situe la vraie récompense ? Ne va-t-elle pas à ceux à qui aucune récompense matérielle n’est donnée, mais qui bénéficient d’une épreuve supplémentaire pour progresser sur la voie initiatique par un travail plus profond encore sur leur ego mis ici à rude épreuve.
Peut être est-ce cela la vraie récompense ?
On peut aussi retenir qu’ils sont trois FF
, comme il y eut trois mauvais compagnons. Ne seraient ils pas, ces trois FF
le symbole des trois vertus opposées à ces trois vices ? A savoir : la connaissance opposée à l’ignorance, la tolérance opposée au fanatisme, la franchise opposée à l’hypocrisie ?
Et s’ils sont tirés au sort parmi les quinze FF
pour ne pas participer au Grand Chapitre des Elus des douze, c’est que chacun des quinze pouvait symboliquement incarner l’une ou l’autre de ces vertus ?
Symboliquement la règle du tirage au sort, les place sous le niveau. Cette règle c’est aussi, l’équité que symbolise l’équerre. Mais comme chacun de ces FF
est passé de l’équerre au compas au 4e degré, ils savent tracer la courbe idéale de leur comportement. Ils ont acquis la maîtrise d’eux-mêmes. , nous la verrons tout à l’heure, elle est confirmée par l’autre titre du grade : Sublime Chevalier Elu.
Quant aux douze FF
choisis par le sort pour participer au grand chapitre, ils sont appelés à d’autres tâches, notamment, non plus à continuer la construction du temple interrompu au 9e mais à prélever l’impôt au nom de Salomon, ils ne sont plus des constructeurs. Il s’agit, nous dit Raoul Berteaux d’une modification complète qui est ainsi proposée au néophyte.

Ayant ainsi rapidement développé ce commentaire sur l’enseignement initiatique du 11e degré, je voudrais dire quelques mots à propos de sa seconde dénomination ; Sublime Chevalier élu
En effet c’est la première fois que le titre de chevalier est attribué et c’est aussi la première fois que la qualité de sublime est associée. Il n’est pas indifférent que nous en disions quelques mots.
On sait que l’idéal du chevalier peut se résumer à un accord de loyauté absolue envers certaines croyances ou valeurs et des engagements sans faille auxquels il soumet toute sa vie.
Le chevalier est maître de sa monture, mais il s’agit moins de son cheval que de son propre moi. Il a acquis cette maîtrise qui lui permet d’adapter ses moyens aux buts poursuivis. Le chevalier n’est pas un souverain mais un servant. Il se réalise par l’action pour une grande cause.
Mais il est clair qu’ici, à notre niveau, le symbole du chevalier s’inscrit dans le sens d’une spiritualisation du combat.
Au terme de chevalier est associé le qualificatif de sublime. Il n’est pas indifférent de préciser que cet adjectif de sublime vient du terme sublimer qui est un terme alchimique dont on a trouvé trace écrite vers 1314.
Sublime signifie qui est placé très haut, qui est au premier rang et qui mérite admiration et dont le mérite est immense et qui fait preuve d’une vertu exceptionnelle…
Avant d’achever ce rapide commentaire sur le sens initiatique de ce grade je voudrais poser sans donner de réponse ces questions.
• Qui n’a jamais, éprouvé en lui cette pulsion de mort l’envahir en regard d’une agression ?
• Qui n’a jamais eu envie de se venger ?
• Qui n’a jamais éprouvé le désir de punir de façon radicale des actes délictueux, la mort seule pouvant rendre justice ?
• Qui n’a jamais éprouvé dans son ego, ce sentiment de fierté ou d’orgueil d’avoir été élu, choisi ?
• Qui n’a jamais manqué d’esprit de justice et d’humilité ?

Je répondrai personnellement que ces sentiments me traversent et qu’il me faut maîtriser ma monture, que rien n’est définitivement acquis même si au niveau des apparences cela n’est pas directement visible. Ne nous arrive-t-il pas de donner le change ?
Il est difficile d’atteindre le 11e degré de notre cheminement initiatique. On tend vers le sublime chevalier élu.
Qui peut dire qu’il vit pleinement ce grade ?

Décoration du temple
Le Temple est tendu de noir parsemé de coeurs enflammés, il y a 12 lumières : 3 au Nord, 3 1 au Sud, 3 à l'Orient et 3 à l’Occident. (Certains rituels donnent 24, lumières.)
La Loge prend le titre de Grand Chapitre il ne peut y siéger que douze Elus. Le Président, représente Salomon et s'appelle. Trois Fois Puissant. Au lieu de Surveillants, il y a un Grand Inspecteur et un Maître des Cérémonies.
Mémento
Signe.
Croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés.
Attouchement.
Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés ; l'un saisit le pouce de l'autre et lui renverse le poignet trois fois en disant alternativement: BERITH NEDER EMOTH SCHEL. Prendre la main droite du Tuileur et lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du médius.
Mot sacré. ADONAI
Mot de passe. STOLKIN.
Batterie. Douze coups égaux.
Age. Cube de 3, soit 27 ans.
Insignes. Cordon noir de gauche à droite ; on y brode trois coeurs enflammés ou la devise : « Vincere aut mori « ,
Bijou : poignard d'or à lame d'argent ; tablier blanc doublé et bordé de noir, une poche au milieu sur laquelle est une croix rouge.
Heure du travail. - Pour ouvrir 12 heures ; pour fermer : le point du jour.

Morale du grade
Les FF
dignes, tôt ou tard reçoivent leur juste récompense.

Source : http://emsomipy.free.fr

 

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