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Hauts Grades

Articles avec #hauts grades tag

le Rite des Philathètes

3 Août 2005 Publié dans #hauts grades

Constitué en 1773, à la Loge parisienne "Les Amis Réunis". Premier Grand Maître Le Marquis Savalette de Langes.

 

Douze grades regroupés en deux séries:

- 1ère série ou Maçonnerie mineure:avec les 3 grades bleus, suivi d'Elu (4°), Ecossais (5°) et d'un grade chevaleresque, Chevalier d'Orient (6°).  
- 2ème série ou Haute Maçonnerie: Rose + Croix (7°), Chevalier du Temple (8°), Philosophe Inconnu (9°): grade hérité de l'Etoile Flamboyante de Tschoudy dont étaient membres les premiers Philalèthes, Sublime Philosophe (100), Initié (11°) et enfin Philalèthes (c'est à dire: "Ami de la Vérité") (12°).

Les quatre dernières classes forment le Conseil de l'Echarpe Blanche.
Ses membres sont des spécialistes de l' Hermétisme et des Sciences Occultes. Ils se donnent pour objectif de recueillir dans les principaux rituels maçonniques les traces des sciences secrètes afin de mettre celles-ci en action.
Ils pratiquent ainsi l'Alchimie et la Théurgie et entrent en contact avec de nombreux Ordres Hermétiques à caractère non maçonnique.

Membres: le Cabaliste Duchanteau, le Marquis de Chefdebien, l'Alchimiste Clavières, Savalette de Lange, Court de Gébelin, Von Gleichen, le Prince d'Assia de Beverley. Ils héritent des archives des Chevaliers Elus-Cohen de Martinès de Pasqually.

 

 

 

 

 

 

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l'Ordre des Architectes Africains

3 Août 2005 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #hauts grades

Il est encore dénommé celui des Frères Africains, connu aussi sous le nom de Rite du " Crata Repoa ". Institué en 1767 en Prusse sous les auspices de Frédéric II le Grand. Le Grand Maître est Von Koppen, membre de la Stricte Observance Templière. En Prusse il est organisé en 7 classes:

1er Pastophoris.

2° Néocoris.

3° Melanophoris.

4° Chistophoris.

5° Balahata.

6° Astronome de la Porte de Dieu.

7° Prophète ou Saphenath Pancah.

 

En France en 1770 ou 1778 la structure est en 11 grades. Rite " Crata Repoa " par le Frère Bailleul:

 

1er Temple: 3 grades bleus.

2eme Temple: 4° Architecte ou Apprenti des Secrets Egyptiens. 5° Initié aux Secrets Egyptiens. 6° Frère Cosmopolite. 7° Philosophe Chrétien. 8° Maître des Secrets Egyptiens.

Grades supérieurs: 9° Arrniger. 10° Miles. 11° Eques

 

Au 3° grade intitulé la Porte de la Mort, le symbolisme est lié au meurtre d'un Maître (Osiris). Mais il n'était pas relevé vivant. Il restait dans les Ténèbres jusqu'au 4° grade (Chistophoris) où il recevait, le bouclier d'Isis.

Enfin au 5° degré (Balahate), il assistait à une représentation montrant Horus tuant Typhon. On retrouve la Triade: Osiris-Isis-Horus. Ce système vise à révéler les secrets de l'antique Egypte. Avec aussi un aperçu sur l'Alchimie, avec l'art de décomposer les substances et de combiner les métaux.

 

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le Rite Primitif de Narbonne

3 Août 2005 Publié dans #hauts grades

( 1759 ). Rite ramené de Prague par le Vicomte de Chefdebien d' Aigrefeuille.
C'est son fils, membre de l' Ordre des Frères Africains (lire " Egyptien "), le Marquis François Chefdebien d'Armissan, Chevalier de Malte, qui se fit propagandiste actif du Rite Primitif de Narbonne, avec la Loge Mère les Philadelphes de Narbonne 1779. C'est de cette Loge Mère que vient l'appellation de " Rite Primitif des Philadelphes". Il comporte trois classes de 10 degrés d'instruction, en réalité plusieurs de ces degrés sont une collection de grades:

- 1ère classe: les trois grades bleus.

- 2° classe: (Subdivisée en 3)

    Maître Parfait, Elu et Architecte.

    Sublime Ecossais.

    Chevalier de l'épée, Chevalier de l'Orient et Prince de Jérusalem.

En fait ces 2 classes ne sont qu'une introduction à la troisième qui contient la véritable essence du Rite. Cette dernière classe comprend 4 chapitres de Rose+Croix:

 - 1er Chapitre symbolique: étude poussée sur le symbolisme de la fraternité secrète.
- 2° Chapitre historique: étude de l'histoire de la Tradition et sa transmission d'école en école.
- 3° Chapitre philosophique: étude de la science maçonnique.
- 4° Chapitre dit de Fraternité Rose + Croix de Grand Rosaire: exclusivement dédié à l'occultisme avec pour but la réintégration spirituelle de l'homme.

 

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le Rite de l'Etoile Flamboyante

3 Août 2005 Publié dans #hauts grades

 On retrouve trace du Rite dans le " Système philosophique des Anciens Mages égyptiens revoilé par les prêtres hébreux sous l'emblème maçonnique " vers 1750.

Instauré par le Baron Tschoudy -1724-1769.   

 

Le rituel est inspiré des écrits de Michel Sendivogius 1566-1646 dit le Cosmopolite.   

 

Organisé en 7 degrés:   

1ère. classe: Les trois degrés bleus.   

2ème classe: Maître Parfait, Parfait Elu et Petit Architecte.  

3ème classe: Parfait Initié d'Egypte. Chevalier du Soleil.  

 

Ce Rite est réellement alchimique. Son catéchisme est une description du Grand Oeuvre avec en parallèle l'explication alchimique des principaux symboles maçonniques 

 

Le 7éme degré a influencé l'élaboration du 28éme degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Mais aussi le 51ème grade de Misraïm.  

Ce Rite est le premier repère historique aux prémices de l'élaboration du Rite Misraïmique.   

 

Les Frères Bédarride dénatureront le sens de l'enseignement hermétique primitif .   

 

Notons enfin que de nombreux membres de l'étoile flamboyante participèrent à la fondation du Rite des Philalèthes.

 

 

 

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le Rite Ecossais Philosophique

3 Août 2005 Publié dans #hauts grades

 

 Institué à Paris en 1776 par l'hermétiste Boileau, élève de Pernéty.

 Loge " Le Contrat Social " puis " Saint Lazare ".

 En 12 grades:

 1er à 3°: Chevalier de l'Aigle Noir ou Rose + Croix d'Hérédom de la Tour. (Divisé en 3 parties).

 4°: Chevalier du Phénix.

 5°: Chevalier du Soleil.

 6°: Chevalier de l'Iris.

 7°: Vrai Maçon.

 8°: Chevalier des Argonautes.

 9°: Chevalier de la Toison d'Or.

 10°: Grand Inspecteur Parfait Initié.

 11°: Grand Inspecteur Parfait Initié.

 12°: Sublime Maître de l'Anneau Lumineux. Le 12ème grade vient du Rite des Négociates, académie des Sublimes Maîtres de l'Anneau Lumineux qui fut absorbé en 1784 par le Rite Ecossais Philosophique et par l'Atelier de Douai: La Parfaite Union. Plusieurs membres étaient détenteurs des derniers degrés de Misraïm.

Les Frères: Meallet, Esline, Bazot, Richard et Ragon: 90ème degré.
Le Rite Ecossais Philosophique devint en 1817 "

 Le Rite des Nicotiniates " en 4 grades.

1er: Ecouteur ou Akousmatikos.

2°: pyrophores.

3°: Adeptes.

4°: Elus.

Il reste alors une Maçonnerie parallèle des Hauts Grades.

 

 

 

 

 

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les illuminés

2 Août 2005 , Rédigé par J de Maistre Publié dans #hauts grades

..Vous voudriez donc qu'on eût d'abord l'extrême bonté de vous expliquer ce que c'est qu'un illuminé. Je ne nie point qu'on n'abuse souvent de ce nom et qu'on ne lui fasse dire ce qu'on veut: mais si, d'un côté, on doit mépriser certaines décisions légères trop communes dans le monde, il ne faut pas non plus, d'autre part, compter pour rien je ne sais quelle désapprobation vague, mais générale, attachée à certains noms. Si celui d'illuminé ne tenait à rien de condamnable, on ne conçoit pas aisément comment l'opinion, constamment trompée, ne pourrait l'entendre prononcer sans y joindre l'idée d'une exaltation ridicule ou de quelque chose de pire. Mais puisque vous m'interpellez formellement de vous dire ce que c'est qu'un illuminé, peu d'hommes peut-être sont plus que moi en état de vous satisfaire.

En premier lieu, je ne dis pas que tout illuminé soit franc-maçon: je dis seulement que tous ceux que j'ai connus, en France surtout, l'étaient; leur dogme fondamental est que le Christianisme, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est qu'une véritable loge bleue faite pour le vulgaire; mais qu'il dépend de l'homme de désir de s'élever de grade en grade jusqu'aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers Chrétiens qui étaient de véritables initiés. C'est ce que certains Allemands ont appelé le Christianisme transcendantal. Cette doctrine est un mélange de platonisme, d'origénianisme et de philosophie hermétique, sur une base chrétienne.

Les connaissance surnaturelles sont le grand but de leurs travaux et de leurs espérances; ils ne doutent point qu'il ne soit possible à l'homme de se mettre en communication avec le monde spirituel, d'avoir un commerce avec les esprits et de découvrir ainsi les plus rares mystères.

Leur coutume invariable est de donner des noms extraordinaires aux choses les plus connues sous des noms consacrés: ainsi un homme pour eux est un mineur, et sa naissance, émancipation. Le péché originel s'appelle le crime primitif; les actes de la puissance divine ou de ses agents dans l'univers s'appellent des bénédictions, et les peines infligées aux coupables, des pâtiments. Souvent je les ai tenu moi-même en pâtiment, lorsqu'il m'arrivait de leur soutenir que tout ce qu'ils disaient de vrai n'était que le catéchisme couvert de mots étrangers.

J'ai eu l'occasion de me convaincre, il y a plus de trente ans, dans une grande ville de France, qu'une certaine classe de ces illuminés avait des grades supérieurs inconnus aux initiés admis à leurs assemblées ordinaires; qu'ils avaient même un culte et des prêtres qu'ils nommaient du nom hébreu cohen.

Ce n'est pas au reste qu'il ne puisse y avoir et qu'il n'y ait réellement dans leurs ouvrages des choses vraies, raisonnables et touchantes, mais qui sont trop rachetées par ce qu'ils y on mêlé de faux et de dangereux, surtout à cause de leur aversion pour toute autorité et hiérarchie sacerdotales. Ce caractère est général parmi eux: jamais je n'y ai rencontré d'exception parfaite parmi les nombreux adeptes que j'ai connus.

Le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes, Saint-Martin, dont les ouvrages furent le code des hommes dont je parle, participait cependant à ce caractère général. Il est mort sans avoir voulu recevoir un prêtre; et ses ouvrages présentent la preuve la plus claire qu'il ne croyait point à la légitimité du sacerdoce chrétien ;

Mais il faut lire surtout la préface qu'il a placée à la tête de sa traduction du livre des Trois Principes, écrit en allemand par Jacob Bohme: c'est là qu'après avoir justifié jusqu'à un certain point les injures vomies par ce fanatique contre les prêtres catholiques, il accuse notre sacerdoce en corps d'avoir trompé sa destination  c'est-à-dire, en d'autres termes, que Dieu n'a pas su établir dans sa religion un sacerdoce tel qu'il aurait dû être pour remplir ses vues divines. Certes c'est grand dommage, car cet essai ayant manqué, il reste bien peu d'espérance. J'irai cependant mon train, messieurs, comme si le Tout-Puissant avait réussi, et tandis que les pieux disciples de Saint-Martin, dirigés, suivant la doctrine de leur maître, par les véritables principes, entreprennent de traverser les flots à la nage, je dormirai en paix dans cette barque qui cingle heureusement à travers les écueils et les tempêtes depuis mille huit cent neuf ans. 

J'espère, mon cher sénateur, que vous ne m'accuserez pas de parler des illuminés sans les connaître. Je les ai beaucoup vus; j'ai copié leurs écrits de ma propre main. Ces hommes, parmi lesquels j'ai eu des amis, m'ont souvent édifié; souvent il m'ont amusé, et souvent aussi... mais je ne veux point me rappeler certaines choses. Je cherche au contraire à ne voir que les côtés favorables. Je vous ai dit plus d'une fois que cette secte peut être utile dans les pays séparés de l'Église, parce qu'elle maintient le sentiment religieux, accoutume l'esprit au dogme, le soustrait à l'action délétère de la réforme, qui n'a plus de bornes, et le prépare pour la réunion. Je me rappelle même souvent avec la plus profonde satisfaction que, parmi les illuminés protestants que j'ai connus en assez grand nombre, je n'ai jamais rencontré une certaine aigreur qui devait être exprimée par un nom particulier, parce qu'elle ne ressemble à aucun autre sentiment de cet ordre: au contraire, je n'ai trouvé chez eux que bonté, douceur et piété même, j'entends à leur manière. Ce n'est pas en vain, je l'espère, qu'ils s'abreuvent de l'esprit de saint François de sales, de Fénélon, de sainte Thérèse: madame Guyon même, qu'ils savent par coeur, ne leur sera pas inutile. Néanmoins, malgré ces avantages, ou pour mieux dire, malgré ces compensations, l'illuminisme n'est pas moins mortel sous l'empire de notre Église et de la vôtre même, en ce qu'il anéantit fondamentalement l'autorité qui est cependant la base même de notre système.

Je vous l'avoue, messieurs, je ne comprends rien à un système qui ne veut croire qu'aux miracles, et qui exige absolument que les prêtres en opèrent, sous peine d'être déclarés nuls. Blair a fait un beau discours sur ces paroles si connues de saint Paul: « Nous ne voyons maintenant les choses que comme dans un miroir et sous des images obscures (1). » Il prouve à merveille que si nous avions connaissance de ce qui se passe dans l'autre monde, l'ordre de celui-ci serait troublé et bientôt anéanti; car l'homme, instruit de ce qui l'attend, n'aurait plus le désir ni la force d'agir. Songez seulement à la brièveté de notre vie. Moins de trente ans nous sont accordés en commun: qui peut croire qu'un tel être soit destiné pour converser avec les anges? Si les prêtres sont faits pour les communications, les révélations, les manifestations, etc., l'extraordinaire deviendra donc notre état ordinaire. Ceci serait un grand prodige; mais ceux qui veulent des miracles sont les maîtres d'en opérer tous les jours. Les véritables miracles sont les bonnes actions faites en dépit de notre caractère et de nos passions. Le jeune homme qui commande à ses regards et à ses désirs en présence de la beauté est un plus grand thaumaturge que Moïse, et quel prêtre ne recommande pas ces sortes de prodiges? La simplicité de l'Évangile en cache souvent la profondeur: on y lit: S'ils voyaient des miracles, il ne croiraient pas; rien n'est plus profondément vrai. Les clartés de l'intelligence n'ont rien de commun avec la rectitude de la volonté. Vous savez bien, mon vieil ami, que certains hommes, s'ils venaient à trouver ce qu'ils cherchent, pourraient fort bien devenir coupables au lieu de se perfectionner. Que nous manque-t-il donc aujourd'hui, puisque nous sommes les maîtres de bien faire? et que manque-t-il aux prêtres, puisqu'ils ont reçu la puissance d'intimer la loi et de pardonner les transgressions?
 

Qu'il y ait des mystères dans la Bible, c'est ce qui n'est pas douteux; mais à vous dire la vérité, peu m'importe. Je me soucie fort peu de savoir ce que c'est qu'un habit de peau. Le savez-vous mieux que moi, vous, qui travaillez à le savoir? et serions-nous meilleurs si nous le savions? Encore une fois, cherchez tant qu'il vous plaira: prenez garde cependant de ne pas aller trop loin, et de ne pas vous tromper en vous livrant à votre imagination. Il a bien été dit, comme vous le rappelez: Scrutez les Écritures; mais comment et pourquoi? Lisez le texte: Scrutez les Écritures, et vous y verrez qu'elles rendent témoignage de moi. (Jean, V, 39.) Il ne s'agit donc que de ce fait déjà certain, et non de recherches interminables pour l'avenir qui ne nous appartient pas. Et quant à cet autre texte, les étoiles tomberont, ou pour mieux dire, seront tombantes ou défaillantes, l'évangéliste ajoute immédiatement, que les vertus du ciel sont ébranlées, expressions qui ne sont que la traduction rigoureuse des précédentes. Les étoiles tombantes que vous voyez dans les belles nuits d'été n'embarrassent, je vous l'avoue, guère plus mon intelligence....  

 

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le Rite Ecossais Primitif

2 Août 2005 Publié dans #hauts grades

Le Rite Écossais Primitif ou «Early Grand Scottish Rite» tient une place particulière au sein de la Franc-Maçonnerie. Il fut introduit en France à Saint-Germain-en-Laye dès 1688 par les Loges militaires des régiments écossais et irlandais ayant suivi le Roi Jacques II Stuart en exil. Ces Loges essaimèrent suffisamment pour constituer en 1725 l' «Ancienne et Très Honorable Société des Francs-Maçons dans le Royaume de France. Les Rituels des anciennes Loges militaires furent apportés à Marseille en 1751 par Georges de Wallnon (ou de Waldon) qui constituera la Loge Saint-Jean d'Écosse devenue ultérieurement la Mère-Loge de Marseille.

C'est de cette filiation qu'est né l'actuel Rite Écossais Primitif, réveillé en 1985 à l'initiative de son ancien Grand-Maître Robert Ambelain.

La devise du Rite Écossais Primitif est «Primigenius more majorem», allusion à l'ancienneté de celui-ci.La Rituelie du Rite Écossais Primitif est sobre et épurée. Elle a fortement inspiré celle du Rite Écossais Rectifié.

Les Grades

Toute société, animale ou humaine, naturelle ou volontaire, doit se hiérarchiser pour survivre et progresser. Il est donc logique que la Franc-Maçonnerie - considérée sous l'angle de sa représentation sociale ou, si l'on préfère, de son corpus institutionnel - ait développé une, puis des hiérarchies, articulées autour de systèmes de degrés ou grades plus ou moins complexes. Ces degrés ou grades n'ont pourtant qu'un rapport lointain et ténu avec ceux du monde profane. En effet, et cela semble parfois oublié, les grades maçonniques correspondent - ou devraient correspondre - moins à des pouvoirs allant en s'élargissant au fur et à mesure qu'est gravie l'échelle hiérarchique qu'à une succession de portes, qui s'entrouvrent au cours du parcours initiatique.

Les grades maçonniques correspondent - ou devraient correspondre - moins à des prérogatives qu'à des devoirs. Et si des droits particuliers sont légitimement attachés à chaque grade, ces mêmes droits n'ont de valeur que pour autant qu'ils permettent l'exercice des charges correspondantes. Les grades maçonniques peuvent donc se définir comme symboliques et obligataires.

Ajoutons qu'ils sont nécessairement transmissibles - faute de quoi la structure maçonnique elle-même ne pourrait perdurer - et réglementés - faute de quoi ils perdraient toute signification : on dirait aujourd'hui toute lisibilité ou visibilité. Cette nécessaire réglementation des grades maçonniques a subi des évolutions plus ou moins heureuses, évolutions liées tant à la sociabilité du moment ou de l'époque qu'à l'enracinement géographique des Rites et des Obédiences.

(...) Il y a plusieurs siècle, les systèmes dits des "hauts grades" en Europe continentale - ou des "grades collatéraux" (side degrees) dans les îles britanniques - n'existaient pas. Et même les premiers grades différaient de ceux que nous connaissons aujourd'hui.

Au XIII° siècle, le seul grade connu de la maçonnerie opérative était celui de Compagnon, en anglais Fellow Craft, et il fallut attendre plus d'un siècle pour voir apparaître en Écosse celui d'Apprenti, en anglais Entered Apprentice. Les Compagnons n'étaient cependant pas nécessairement du même "rang", pourrait-on dire, et l'on pouvait distinguer les Compagnons installés à leur compte de ceux qui gardaient le statut de salariés. C'est dans la première catégorie que l'on choisira le Maître de Loge, mais ici le Maître n'est point un grade : il désigne une fonction de direction qui deviendra plus tard celle du Vénéralat.

À noter qu'au sein de la Loge, les deux classes de Compagnons ne faisaient l'objet d'aucune distinction sociale. Il convient donc de se garder de toute confusion entre grade et fonction, du moins jusqu'à la fin du XVII° siècle. Le Maître de Loge était un Compagnon choisi parmi ses pairs installés à leur compte. Ces derniers prendront progressivement l'appellation maçonnique de "Compagnons Confirmés" ou de "Compagnons Finis". Se dessinera alors un système articulé autour de deux grades dont le deuxième est à son tour subdivisé en deux, et d'une fonction :

- Apprenti
- Compagnon et Compagnon Confirmé et Maître de Loge.

 

Au début du XVIII° siècle, le Maître de Loge n'est toujours pas un grade au sens propre du terme, et la Grande Loge des Moderns confirma en 1717 la seule existence des grades d'Apprenti et de Compagnon. Il est cependant vrai qu'un manuscrit du Trinity College de Dublin semblerait indiquer comme date de naissance du troisième grade l'année 1711. C'est du moins ce que rappelle Jean Ferré dans son "Dictionnaire symbolique et pratique de la Franc-Maçonnerie" (...).

Si l'apparition de la Maîtrise comme troisième degré hiérarchique ne parait pas pouvoir être datée avec précision, il est généralement admis qu'elle se situerait entre 1718 (peut-être 1711) et 1729. En 1726, la célèbre Loge Dumbarton Kilwining, décrit son installation en mentionnant la qualité des Frères présents, à savoir : le Grand-Maître (Maître de Loge), sept Maîtres, six Compagnons et trois Apprentis. Mais la présence de ces sept Maîtres ne constitue cependant pas la preuve définitive de l'existence du troisième grade à cette date car, comme le souligne opportunément Christian Guigue "il reste très probable que les sept Maîtres évoqués soient en fait sept dirigeants de loges venus en visiteurs". (in "La Formation Maçonnique", page 179).

Les premières "Constitutions" dites d'Anderson (1723) ne font pas mention du grade de Maître en tant que tel mais, remarque Jean-François Blondeau "d'un système en de degrés comprenant un grade d'Apprenti Entré et un de Compagnon ou Maître", les deux derniers termes correspondant à un seul et même grade. (in "Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie", page 534). Ce n'est qu'avec la deuxième édition des mêmes "Constitutions", publiées en 1738, que la maîtrise sera enfin formellement intégrée dans le système hiérarchique maçonnique.

Vers 1745 apparaît un quatrième grade, le plus souvent connu comme celui de "Maître Parfait" ou selon les Rites, comme celui de "Maître Secret". La Maçonnerie spéculative a pris le pas sur la Maçonnerie opérative et, dès lors, des systèmes de plus en plus complexes vont se développer en particulier sur le continent européen, tant au sein de ce qu'il est convenu de désigner par "l'Écossisme" qu'au sein de Rites plus "périphériques".

Des "Hauts grades" viennent compléter une hiérarchie déjà passée de deux à trois puis à quatre degrés. Ce développement n'est pas homogène, tant s'en faut. Chaque Rite, Obédience ou Grande Loge revendique le droit souverain d'établir ou de corriger l'ordonnancement de sa propre hiérarchie. Seule semble échapper à cette effervescence la Maçonnerie jacobite introduite en France dès 1688 à Saint-Germain-en-Laye par les Loges militaires des régiments écossais et irlandais ayant suivi le Roi Jacques II Stuart en exil, Maçonnerie demeurée peu ou prou fidèle à ce qui sera désigné par Early Grand Scottish Rite ou Rite Écossais Primitif.

En 1778, une tentative de remise en ordre intervient avec l'adoption du "Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées" dit "Code de Lyon". Ce Code, qui régira depuis lors le Rite Écossais Rectifié, ne reconnaît que quatre grades symboliques : ceux d'Apprenti, de Compagnon, et de Maître pour les loges bleues et celui et de Maître Écossais pour les loges vertes. Mais à ces quatre grades symboliques s'ajoutent les degrés chevaleresques de l'Ordre Intérieur qui utilise l'ancien Ordre du Temple comme "moyen de transcendance", pour reprendre l'expression de Hugues d'Aumont (in "Templiers et Chevalerie spirituelle des Hauts Grades maçonniques" page 16): Ecuyer-Novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte. On est donc ici en présence d'un système à six degrés auxquels s'ajoutent encore les deux degrés d'une classe secrète, dite de "Profession" : Profès et Grand-Profès. Le Code de Lyon décrit avec précision les intervalles devant être respectées pour les passage de grade : "cinq mois d'assistance régulière aux travaux du grade d'Apprenti à celui de Compagnon; sept mois de présence régulière de celui-ci au grade de Maître; une année de présence régulière du grade de Maître à celui de Maître Écossais". En deux ans on pouvait donc atteindre le quatrième grade, étant entendu que le même Code précise que ces intervalles peuvent être abrégés sur dispense particulière .

En 1786, Frédéric II est supposé avoir édicté à son tour de "Grandes Constitutions" qui serviront de "charte historique" au Rite Écossais Ancien et Accepté lequel comprend (...) 33 degrés se répartissant comme suit : du 1er au 3ème pour les loges bleues, du 4° au 18° pour les Loges de Perfection, du 19° au 30° pour le Chapitre, le 31° pour le Tribunal, le 32° pour le Consistoire et le 33° pour le Conseil Suprême.

Cette hiérarchie en trente-trois grades ne tardera pas à servir de référence mondiale et la plupart des Rites tenteront de fixer des équivalences entre leurs propres systèmes et celui du Rite Écossais Ancien et Accepté. Exercice parfois périlleux et discutable, car tendant à être oublieux des spécificités propres à chaque parcours initiatique.

Toujours est-il que l'usage veut que le 4° du R.E.R. corresponde au 18° du R.E.A.A., l'Écuyer Novice au 30° et le CBCS au 33°. On notera que la correspondance entre les derniers grades de CBCS et 33° semble d'autant plus artificielle que le premier est un grade à caractère chevaleresque alors que le second est un grade administratif.

Les intervalles pour les passages du grade d'Apprenti à celui de Compagnon et de Compagnon à Maître sont identiques à celles du R.E.R. soit respectivement cinq et sept mois mais l'Art 343 des "Les Règlements Généraux de la Maçonnerie Écossaise" adoptés en 1880 confirment en outre que ces intervalles peuvent s'exprimer également en nombre de Tenues. La Maîtrise est ainsi accessible à l'Apprenti qui aura participé à quinze Tenues. Nous sommes fort loin des pratiques contemporaines, est-il besoin de le souligner. (voir "Règlements Généraux de la Maçonnerie Écossaise pour la France et ses Dépendances" Éd. Lacour, 1993).

(...) Quant au Rite Écossais Primitif. Il semblerait qu'il connut des destinées diverses selon son enracinement géographique. En Écosse, il apparaît que le Early Grand Scottish Rite ne résista pas au mouvement général qui marqua la Maçonnerie des XVIII° et XIX° Siècles. Un témoignage intéressant nous est donné par A.E. Waite dans son Journal, à la date du 8 février 1903. En effet, Waite raconte les conditions dans lesquelles il fut reçu au 44ème degré du Early Grand Scottish Rite qui aurait compris 47 degrés au total (cité par R.A. Gilbert: "Ars Quatuor Coronatorum", volume 99 Pour l'année 1986).

En France, tout porte à croire que le Rite Écossais Primitif, peut-être parce que peu pratiqué, demeura plus proche de ses origines et qu'il parvint à maintenir assez longtemps une hiérarchie de grades rappelant celle du XVII° siècle. Mais c'est avec notre ancien Grand-Maître Robert Ambelain et les recherches qu'il effectua, que la situation allait se clarifier pour aboutir à la mise en ordre que nous connaissons aujourd'hui.

(...) Schématiquement, et sans rentrer dans le détail, on peut distinguer deux temps ou deux périodes dont 1991 sera l'année charnière. Dans un premier temps, et après quelques variations probablement consécutives à l'avancée de ses recherches, Robert Ambelain arrête la hiérarchie des grades du Rite Écossais Primitif à son cinquième grade, celui de Maître Écossais et/ou Chevalier de Saint-André. L'échelle hiérarchique du R. E. P. comprend alors les grades de :

I. Apprenti
II. Compagnon
III. Maître (ou "Compagnon Confirmé")
IV. Maître Installé (ou encore Maître de Saint Jean ou Maître de Loge)
V. Maître Écossais et/ou Chevalier de Saint-André du Chardon

Ce schéma ressort assez clairement de deux documents ou courriers par lesquels notre ancien Grand-Maître explique que Le Rite Écossais Primitif arrête sa hiérarchie au 18ème degré de l'Écossisme et du Rite de Perfection et donc à son grade de Chevalier de St-André (...) et que le quatrième grade est celui de Maître Installé <I<>(...). Pour les Frères qui désireraient poursuivre leur avancée hiérarchique au-delà du grade de Chevalier de Saint-André, Robert Ambelain offre la possibilité de les acquérir au sein d'un autre Rite dont il détient une patente : le Rite de Cerneau, similaire au Rite Écossais Ancien et Accepté et comportant donc 33 degrés. Quelques mois plus tard, notre Grand-Maître décide d'enrichir la hiérarchie du R.°. E.°. P.°. en lui adjoignant les grades d'Ecuyer Novice du Temple et de Chevalier du Temple, semblables à ceux du Rite Écossais Rectifié. Dès lors il n'est plus nécessaire de faire appel à ce que l'on pourrait appeler la "filière Cerneau", le Rite Écossais Primitif se trouvant doté d'un système complet en sept degrés. (...)

À première vue, la hiérarchie des grades du Rite Écossais Primitif ne semble pas présenter de particularités notables, si ce n'est le rappel d'anciennes dénominations antérieures aux XVIII° siècle et une certaine similitude avec celle du R. E. R.

Pourtant, deux grades méritent d'être quelque peu explicités, sans divulguer le moindre secret bien sûr, ceux de Maître Installé et de Chevalier de Saint-André. Dans le système propre au Rite Écossais Primitif, le degré de Maître Installé est non seulement une "qualité" comme dans d'autres Rites mais bien un grade au sens strict du terme. Grade particulier car, bien que placé en quatrième position il ne peut être conféré que si l'on possède le cinquième degré, celui de Chevalier de Saint-André. Les raisons de ce particularisme - que l'on retrouve pour partie au Rite Écossais Rectifié - sont données par Robert Ambelain dans son introduction au "Rituel des Maîtres de Loge". Autre particularités du grade, celui-ci est conféré au sein d'une "Loge de Maîtres Installés" ou, à défaut, dans tout Temple mis à la disposition des trois Installateurs. Il n'y a aucun lien direct avec "l'allumage des feux" d'une nouvelle Loge et le grade qui est donné ad vitam. Il permet à son titulaire de disposer de l'outil nécessaire pour créer une Loge, puis la diriger, mais l'Installation elle-même constitue une cérémonie per se.

Pas plus que pour les autres grades, aucun intervalle minimal n'est fixé pour le passage au quatrième degré. De même, aucun délai n'est fixé entre l'Installation et la prise en charge d'une Loge. Est éligible au grade, écrit Robert Ambelain, "un Compagnon Confirmé, ancienne dénomination de Maître Maçon, susceptible de diriger une Loge et d'y transmettre les trois degrés de l'initiation maçonnique : Apprenti, Compagnon et Compagnon Confirmé". (R. Ambelain «: Rituel des Maîtres de Loge" page 5.

Il ne semble pas que, dans l'esprit de Robert Ambelain, la réception au degré de Maître Installé ou de Maître de Loge ou encore de Maître de Saint-Jean constituât une étape obligatoire pour accéder aux plus Hauts Grades du Rite et, dès lors, rien n'empêche fondamentalement un Chevalier de Saint-André de passer aux degrés d'Ecuyer-Novice puis de Chevalier du Temple sans être pour autant titulaire du quatrième grade.

En revanche, un Chevalier du Temple qui serait appelé à diriger une Loge devrait obtenir préalablement le grade de Maître Installé. On pourrait donc qualifier ce dernier de grade "fonctionnel".

Le grade de Chevalier de Saint-André mérite également une mention spéciale car il résulte d'un "syncrétisme" original entre degré purement maçonnique et filiation chevaleresque traditionnelle. Le sujet est extrêmement vaste et il m'est naturellement impossible de le développer ici sous tous ses aspects. Quelques extraits d'une fort intéressante note de Robert Ambelain intitulée Les Maîtres Écossais peuvent donner quelques indications essentielles. Il faut savoir que le degré de Maître Écossais de Saint-André est demeuré longtemps secret.

"Le 24 juin 1314, explique Robert Ambelain, Robert Bruce, Roi d'Écosse, constitua l'Ordre de Saint-André du Chardon. (...) En 1593, Jacques VI d'Écosse constitue la Rose-Croix Royale avec trente-deux chevaliers de Saint-André du Chardon. Il est alors Grand-Maître des Maçons opératifs d'Écosse. Tombé dans l'oubli, faute de recrutement valable, ou raréfié dans le secret, l'Ordre de Saint-André du Chardon est rouvert en 1687, avant son exil en France, par le Roi Jacques II. Et là on voit apparaître au grand jour cet ordre maçonnique (...) qui a pour nom "Ordre des Maîtres Écossais de Saint-André", nom qu'il ne quittera plus. Le Rituel, à double sens, évoque (...) le retour en Grande-Bretagne, après l'exil en France, avec la restauration des Stuarts." (Robert Ambelain : "Les Maîtres Écossais" ).

D'autres sources donnent l'an 810 comme date de fondation de l'Ordre de Saint-André du Chardon (...) (Pierre Girard-Augry : "Rituels secrets de la Franc-Maçonnerie templière et chevaleresque" page 27). (...). En tout état de cause, le cinquième grade du Rite Écossais Primitif est d'une exceptionnelle richesse et ne saurait être comparé aux grades - peut-être similaires dans l'apparence - d'autres Rites qui se parent de titres à connotation chevaleresque dans une perspective exclusivement symbolique et sans lien avec l'Ordre de chevalerie, subsistant ou éteint, dont il empruntent la dénomination (Chevaliers de la Toison d'Or, Chevaliers de Malte, etc).

(...) Un dernier mot sur la question de la validité des grades et titres maçonniques.

Assez curieusement, c'est un aspect du sujet qui est très rarement sinon jamais traité dans les Constitutions, Règlements et autres textes maçonniques. Ou alors de manière indirecte.(...) Une précaution liminaire s'impose : la validité d'un grade ou d'un titre maçonnique ne saurait être jugée avec des critères juridiques purement profanes. Cela n'aurait pas de sens et conduirait inévitablement à considérer nombre de grades maçonniques comme illicites ou usurpés : exemple des dénominations chevaleresques évoquées plus haut. La validité d'un grade maçonnique ne peut se déterminer qu'à travers la "culture" maçonnique elle-même : ses règles et son esprit. Ainsi, on pourra sans doute affirmer qu'un grade maçonnique sera réputé régulièrement reçu - et donc incontestablement valide - si trois conditions minimales sont réunies :

a) Régularité de l'Initiation maçonnique de l'Impétrant (on ne saurait donner d'autre grade à un Profane que celui d'Apprenti) et de ses élévations successives;

b) Pouvoir de celui ou de ceux qui confèrent le grade : ce pouvoir doit s'analyser par référence au grade détenu par ceux-ci et, le cas échéant par référence à la fonction réglementaire qu'ils assument au moment où le grade est conféré;

c) Stricte observance des Rituels de Réception tels qu'approuvés et en vigueur dans le cadre du Rite au sein duquel le grade est conféré.

Dans certains cas extrêmes ou d'urgence (...) les critères de validité - en particulier les critères de forme - pourront être assouplis pour tenir compte du contexte particulier. Enfin, il ne faut pas confondre validité et reconnaissance du grade : la validité repose sur des critères objectifs alors que la reconnaissance ne relève que de celui de l'opportunité, critère subjectif s'il en est, ou d'accords inter-obédienciels, révisables à tout moment.

Le Rite Écossais Primitif comprend cinq grades auxquels s'ajoutent les deux degrés de l'Ordre Intérieur.

Loges bleues :

I. Apprenti
II. Compagnon
III. Maître (anciennement «Compagnon Confirmé»)

Loges rouges :

IV. Maître Installé (ou encore Maître de Saint Jean ou Maître de Loge)
V.
Maître Écossais et Chevalier de Saint-André du Chardon (= 18° du R.E.A.A.)

Ordre Intérieur :

VI. Écuyer Novice du Temple (= 30° du R.E.A.A.)
VII. Chevalier du Temple (= 33° du R.E.A.A.)

Les Offices.

Le Rite Écossais Primitif connaît, outre le Maître de Loge (Vénérable Maître), sept Officiers.

Six sont explicitement mentionnés dans les Constitutions de 1720 : les deux Surveillants, l'Orateur, le Secrétaire, le Trésorier et le Maître des Cérémonies. Le septième, le Frère Terrible, a été introduit plus tardivement et figure dans tous les Rituels actuellement en usage au R.: É.: P.:

En Loge, les Travaux ne peuvent être régulièrement ouverts en l'absence du Maître de Loge (ou de son Député), des Surveillants, de l'Orateur, du Secrétaire et du Trésorier. Les Officiers nécessaires au fonctionnement régulier d'un Triangle sont au nombre de trois : le Frère Surveillant, le Secrétaire et le Trésorier. Le Frère Surveillant doit obligatoirement détenir le grade de Maître. Les Officiers portent un sautoir rouge ponceau auquel est suspendu le bijou de leur fonction.

 

  

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les Elus Coëns

1 Août 2005 , Rédigé par Conférence avec Robert AMADOU Publié dans #hauts grades

Emission de Michel CAZENAVE, Les vivants et les dieux (France Culture, le 4 mars 2000)  avec Robert AMADOU.

Michel Cazenave : Lorsqu'on lit le grand œuvre de Léon Tolstoï, Guerre et paix, on s'aperçoit très vite que l'un de ses personnages principaux, Pierre, décide d'entrer dans la franc-maçonnerie et hésite entre une branche que l'on qualifierait assez facilement de branche normale de la franc-maçonnerie et puis une autre branche qui est une branche franchement mystique pour ne pas dire illuministe. Guerre et paix, on le sait, se passe sous le règne de Napoléon 1er, ce qui veut dire que très vite la franc-maçonnerie, aussitôt qu'elle est apparue, s'est divisée, si ce n'est d'une manière tout à fait officielle, tout à fait institutionnelle, mais s'est divisée en effet entre une franc-maçonnerie, je dirais, plus ou moins déiste, faisant référence, bien entendu, au Grand Architecte de l'univers, et puis, d'autre part, dans ce qu'il est convenu d'appeler l'obédience écossaise, une branche qui, elle, est une branche effectivement mystique, illuministe, dont la pente principale de réflexion est une explicitation, et une méditation, en même temps, sur les grands textes fondateurs de la chrétienté et particulièrement sur le livre de la Genèse, où l'on voit se jouer le sort de l'humanité.

Dans cette maçonnerie et particulièrement en France, il y a un personnage tout à fait étonnant qui est Martines de Pasqually. Martines de Pasqually, parce que, effectivement, il met en route toute une nouvelle réflexion, tout un nouveau rapport, si l'on peut dire, aux textes sacrés, à la fois lus d'une manière ésotérique et hermétique et lus d'une manière tout à fait chrétienne, tout à fait catholique même, puisque Martines de Pasqually se réclamera toujours de l'Eglise, mais Martines de Pasqually qui est en même temps le maître de celui qui va devenir le grand philosophe illuministe de la fin du 18e siècle et qui va influencer tout le 19e siècle, c'est-à-dire Louis-Claude de Saint-Martin, celui qu'on appellera "le Philosophe inconnu", titre que d'ailleurs il réclamait lui-même par humilité intellectuelle, par humilité morale, par humilité spirituelle.

Or on vient de retrouver assez récemment un certain nombre de leçons données à l'intérieur de ce que l'on pourrait appeler un couvent maçonnique, dans la ville de Lyon, par trois des principaux élèves de Martines de Pasqually : Jean Baptiste Willermoz, et puis, précisément, Louis-Claude de Saint-Martin, et où l'on peut voir, à l'état naissant, la pensée de celui-ci, à travers la manière dont il donne ses cours, à travers les annotations qu'il met sur les cours des autres, à travers les réflexions qu'il se fait à lui-même et les objections qu'il s'oppose quant à sa propre manière de réfléchir ou, il vaudrait sans doute mieux dire, de méditer sur le texte de la Bible. C'est donc un document absolument incomparable sur la genèse de cette pensée et sur l'état de ce qu'était l'illuminisme au 18e siècle, dont on sait quelle a été l'immense importance culturelle, à tel point que son influence va jouer sur tout le siècle suivant, influant en grande partie sur la littérature française. On peut penser même à des auteurs chez lesquels, en principe, on ne s'attendrait pas à voir apparaître cette trame de pensée, je pense, en particulier, évidemment, à quelqu'un comme Honoré de Balzac qui à la fois se réclame de Swedenborg et à la fois se réclame de Louis-Claude de Saint-Martin. Pour nous accompagner dans ce parcours, dans cette découverte, en fait, d'un pan comme inconnu de l'histoire de nos idées en même temps que de nos histoires religieuses - en mettant le mot " religieux " entre guillemets - nous avons avec nous le grand spécialiste, Robert Amadou, dont on sait à quel point il a travaillé en profondeur dans tout ce qui est les courants illuministes et qui a été l'éditeur, celui qui a patiemment rassemblé ces manuscrits qui nous sont aujourd'hui offerts.

Robert Amadou : L'Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l'univers apparaît au début des années 1760. Il est porté, annoncé, dirigé, par un personnage encore énigmatique qui s'appelle Martines de Pasqually. D'où vient-il ? On n'en sait rien. Selon la plus grande probabilité, du moins à mon avis, c'était un marrane d'origine espagnole, sa famille étant vraisemblablement originaire d'Alicante et venant peut-être de Majorque. Martines de Pasqually apparaît lui, à la fin des années 50, dans les milieux maçonniques français et ce n'est donc qu'au début des années 60 qu'il commence à monter ou à démasquer son Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l'univers.

" Ordre ", est un terme français usuel que l'on applique à la haute maçonnerie, si l’on peut dire. "Chevalier" est également un terme très fréquent parmi les titres de hauts grades. "Maçon", il faut insister sur le fait qu'il s'agit bien d'un ordre maçonnique selon Martines. "Elu coën de l'univers", c'est cela finalement qui est intéressant : "élu" veut dire choisi ; "coën", veut dire prêtre, on peut dire les "élus cohanim" si l’on veut être pédant, mais l’on dit les élus coëns. Cet hébreu un peu vacillant est caractéristique de Martines.

"Elu coën de l'univers" : qu'est-ce que ça signifie ? Je crois qu'on peut, si vous le voulez bien, entrer dans le vif du sujet après ce petit préambule historique. Pour Martines de Pasqually, l'homme a une tâche à remplir dans ce monde, c'est de se réconcilier avec Dieu et de travailler à la réintégration universelle c'est-à-dire au retour de tous les êtres. Réintégration où ? En Dieu qui les a émanés ou qui les a créés. Afin d'opérer cette réconciliation, qui est une sorte de divinisation, comme dans la théurgie des anciens, en particulier des néoplatoniciens, et de franchir du même coup une étape, d'aider le monde à franchir une étape vers la réintégration finale qui correspond à peu près, à ce que des Pères grecs ont appelé l'apocatastase, c'est-à-dire le retour de tout dans l'Un pour faire bref, Martines de Pasqually prescrit des rites théurgiques.

Mais il ne s'agit pas, contrairement à la théurgie antique et même contrairement à la théurgie du moyen âge ou de la Renaissance, il ne s'agit pas ou il ne s'agit plus seulement d'une opération qui travaille avec les anges dans un but personnel ou au profit de quelqu'un d'autre, il s'agit d'accomplir le culte primitif, de célébrer le culte primitif. Et c'est là, je pense, le mot clé. Martines de Pasqually, dans son grand ouvrage, le Traité sur (ou de) la réintégration des êtres, n'emploie pas le mot théurgie. Il l'emploie un peu, de-ci de-là, ailleurs, et c'est vrai qu'il enseigne un culte théurgique, mais il enseigne d'abord un culte, un culte qui est le culte primitif, ce culte primitif qui remonte à Noé et, au delà ou en deçà de Noé, qui remonte à Adam. Ce culte primitif est donc destiné à accomplir la réconciliation individuelle. Mais cette réconciliation ne sera parfaite pour chaque homme que lorsque le monde entier sera réintégré, étant entendu que la matière réintégrée cela signifie la matière anéantie puisque son principe étant le néant, sa réintégration ne peut se faire que dans le néant c'est-à-dire qu'elle disparaîtra, sauf les formes transmuées.

Michel Cazenave : Par rapport à ce que vous décrivez, Robert Amadou, il est évident, je dirais, qu'on voit bien l'aspect marrane, comme on dit, de Martines de Pasqually, c'est-à-dire à la fois une lecture extrêmement attentive non seulement du Nouveau mais de l'Ancien Testament et en même temps cet aspect chrétien auquel, au départ, avaient été forcés les marranes. Mais, du coup, se pose une question, justement, dans cette volonté ou dans cette appétence mystique qui est celle de Martines de Pasqually et de ceux qui vont le suivre :c'est un système quand même religieux, n'ayons pas peur du mot, donc quelles sont les relations avec l'Eglise ? L'on sait très bien que l'Eglise devant la maçonnerie, au 18e ce n'était pas encore ce que l'on a connu ensuite, mais quand même l'Eglise a toujours été plus ou moins réticente, alors que, là, on voit bien qu'il y a quand même une sorte d'adhésion, une adhésion complexe, subtile, dialectique, mais une adhésion à l'Eglise.

Robert Amadou : Martines de Pasqually disait : "L'un n'empêche pas l'autre". Le culte primitif que j'enseigne, si je puis le paraphraser, n'empêche pas l'adhésion à l'Eglise catholique romaine, et non seulement, le culte primitif n'empêche pas mais encore il requiert cette adhésion. Martines de Pasqually exigeait non seulement que ses adeptes, ses disciples, fussent baptisés, mais encore qu'ils appartinssent à l'Eglise catholique romaine. Lorsqu'il y avait des candidats protestants, on les faisait abjurer ou l’on abjurait en leur nom. Evidemment, on est un peu embarrassé et je pense que Martines de Pasqually était le premier à être embarrassé, car si je ne vois aucune duplicité dans cette attitude, je suis bien obligé de constater que la théologie que l'on peut extraire du système de Martines de Pasqually est, à proprement parler, une théosophie.

Dans une théosophie, il y a une théologie, il y a des théologoumènes qu'on peut extraire. Ces théologoumènes ne coïncident pas avec le dogme de l'Eglise catholique romaine, du moins dans leur formulation. Il s'agit, dans le cas de Martines de Pasqually, d'un enseignement judéo-chrétien, judéo-chrétien, au sens de l'histoire des religions, au sens de l'histoire du christianisme. Martines semble l'héritier de ces communautés judéo-chrétiennes où des Juifs et parfois même des Gentils ou des païens, au sens très large, recevaient la messianité et quelquefois la divinité ou la déité de Jésus-Christ ; je veux dire qu’ils admettaient toujours que Jésus était le Christ, Jésus-Christ était le Messie, et certains admettaient aussi qu'il était Dieu, mais en quel sens ? tout en conservant les observances de la Torah ou une partie des observances de la Torah.

Il y a là une très grande variété et l'Ordre des élus coëns nous rappelle ces découvertes récentes et ces découvertes aussi qui sont en cours et nous apprennent que le judaïsme au début de notre ère était beaucoup plus varié qu'on ne l'avait supposé et que le christianisme était également extrêmement varié. Il n'y avait pas seulement un judéo-christianisme et un pagano-christianisme. Il vaudrait mieux dire: il y avait un judéo-pagano-christianisme aux formes extrêmement variées. Par exemple, on accordait, pour parler d'une des caractéristiques de ces communautés, on accordait une grande importance à la tradition prophétique. Martines de Pasqually est dans le même cas et, pour lui, le culte primitif a été célébré par une lignée de prophètes où l'on trouve Abraham, Moïse et où l'on trouve finalement comme une manifestation, mais une manifestation éminente, une manifestation suprême, seule complète du prophète récurrent, du prophète éternel, on trouve le Christ.

Michel Cazenave : Dans les Leçons de Lyon aux élus coëns, Robert Amadou, nous nous trouvons, je dirais, devant l'enseignement qui était dispensé par trois adeptes, trois disciples de Martines de Pasqually, dans la ville de Lyon et, lorsqu'on voit les noms de ces trois personnes, c'est-à-dire Hauterive, Willermoz et Saint-Martin, on se dit que c'est assez extraordinaire, parce que, au moins à travers la connaissance que j'ai, Willermoz et Saint-Martin sont parmi les grands noms de ce qu'on appelle la théosophie ou l'ésotérisme mystique à la fin du 18e siècle.

Robert Amadou : L'attirance de certains personnages par Martines de Pasqually est, en effet, très remarquable, et Willermoz et Saint-Martin en sont deux exemples tout à fait typiques bien qu'ils soient, ou peut-être surtout lorsqu'on considère qu'ils sont extrêmement différents l'un de l'autre. Jean-Baptiste Willermoz est un soyeux lyonnais, catholique romain de stricte observance, très attaché aux titres maçonniques, aux rites maçonniques, aux grades maçonniques. Saint-Martin, lui, est d'une petite noblesse tourangelle, c'est un homme discret, qui a été happé par l'Ordre des élus coëns lorsqu'il est arrivé au régiment de Foix, à Bordeaux, en 1765, et qui s'est donné de tout son cœur et de tout son esprit à cet ordre, qui a aussi aidé Martines de Pasqually, car il a été son secrétaire et c'est grâce à Saint-Martin que le Traité a pu être écrit.

Michel Cazenave : Si vous voulez bien, Robert Amadou, on va essayer de regarder un certain nombre de points de cette doctrine qui est ainsi exposée. La première chose, moi, sur laquelle je m'interroge, et je m'interroge justement du fait que, en même temps, on appartient à l'Eglise romaine catholique, comme vous nous l'avez signalé, c'est déjà la doctrine de la création parce que là, on a l'impression qu'en réalité c'est, je dirais, assez divergent du dogme disons au moins du dogme admis d'une manière exotérique.

Robert Amadou : Est-ce qu'il y a divergence ou est-ce qu'il y a explication, explicitation du dogme ? Je ne suis pas sûr qu'il y ait contradiction. Même, je ne le pense pas. Martines de Pasqually fournit une certaine version de la création qui est au moins en apparence différente de la vulgate et il donne des explications qui ne se trouvent pas, disons, dans le catéchisme. Joseph de Maistre, qui avait été à même de connaître la doctrine des élus coëns, puisque tel est leur nom, disait que cette doctrine était le catéchisme couvert de mots étranges. C'est vrai que les mots sont étranges et c'est vrai qu'il y a un catéchisme, le catéchisme catholique romain sous-jacent. C'est vrai aussi que ce n'est pas simplement une traduction dans une langue bizarre des vérités communes, mais qu'il y a effectivement un certain nombre de notions ésotériques, encore une fois, non pas nécessairement contradictoires, mais qui vont beaucoup plus loin.

La doctrine de la création ou de l'émanation : on a souvent voulu faire la différence. Martines lui-même la fait quelquefois, d'autres fois, il ne la fait pas. Il ne faut donc pas être trop pointilleux là-dessus. Au départ, Dieu émane des esprits. Il y a une révolte dans la cour divine et, afin de préserver l'intégrité de cette cour divine quand les esprits rebelles en auront été chassés, Dieu ordonne la création de la matière. La matière sera la prison des esprits mauvais. Cette prison va être à la fois un lieu d'expiation et un lieu de réhabilitation. Afin de garder cette prison et d'y jouer pour ainsi dire les éducateurs, Dieu affecte à cette prison un esprit " émancipé ", comme dit Martines de Pasqually, d'une classe particulière d'anges. Cet esprit, ce sera l’homme et ce sera Adam.

Adam ne répond pas à la confiance de l'Eternel et il passe à l'ennemi. Il se laisse séduire et, de même que l'on avait eu la création des anges et la révolte des anges, chez Martines de Pasqually comme dans le dogme ordinaire, de même la chute de l'homme correspond assez bien, et même correspond bien, à la chute originelle, telle que l'enseigne non seulement l'Eglise catholique romaine mais, en général, les Eglises et les communautés chrétiennes. L'homme va donc commettre un péché fatal, fatal, disons, jusqu'à la fin des temps, et il le commettra par deux fois, voire par trois fois. Il perd, de ce fait, certains attributs qu'il possédait et sa première punition sera d'être englouti dans la matière, d'où il ressortira avec un corps matériel. Son corps, le corps qu'il avait été nécessaire de donner à cet esprit pour en faire un homme émancipé, avec la fonction qui devait être la sienne vis-à-vis des esprits mauvais, ce corps, il le perd. Et ce corps, naguère corps glorieux, corps spirituel, est devenu un corps matériel.

Désormais, l'homme devra combattre les esprits mauvais qui se sont rebellés contre Dieu et qui ont séduit leur propre gardien, c'est-à-dire Adam lui-même, leur propre éducateur, c'est-à-dire Adam lui-même. L'homme devra les combattre, mais il aura toujours à tâche de les ramener, car la réintégration sera universelle et les esprits mauvais, Satan et les siens, si vous voulez, doivent être eux aussi compris dans cette apocatastase ultime.

Et comment l'homme travaillera-t-il désormais à sa réconciliation et à la réintégration de tous les êtres ? Par le moyen du culte primitif, qui comporte des convocations adressées aux esprits bons et des conjurations dirigées contre les esprits mauvais. Aux seuls réaux-croix, les plus élevés en grade de l'Ordre des élus coëns, - ils furent peut-être une douzaine, une quinzaine - d’accomplir le culte dans sa plénitude, et ce culte, puisque, encore une fois, il revêt une forme théurgique, consiste en paroles, en gestes, en attitudes ; il fait usage de parfums. L’attention est accordée aux signes qui pourront être fournis par ces esprits que l’opérant, ou l’opérateur, soit exorcise, expulse et éventuellement purifie, soit par ces esprits qu’il ordonne à son aide.

Une notion, une réalité, est capitale dans la pensée - pensée active- de Martines de Pasqually : la "Chose". Qu'est-ce que la Chose ? On pourrait croire qu'il s'agit du Christ et certains historiens ont pensé que le but dernier de l'Ordre des élus coëns était d'évoquer le Réparateur, comme ils disaient, c'est-à-dire Jésus-Christ lui-même, en personne. Je crois que c'est là tomber dans une confusion à laquelle peut inciter en effet l'articulation un peu bancale de l'appartenance à l'Eglise catholique romaine et de l'appartenance à l'Ordre des élus coëns. La Chose n'est pas la personne de Jésus-Christ, la Chose n'est pas un ange d'une classe si élevée soit-elle, et, de toute façon, l'homme ne peut pas convoquer les anges des classes les plus élevées. La Chose n'est pas Jésus-Christ, c'est la présence de Jésus-Christ. Vieille notion, présence réelle, que l'on retrouve dans la tradition hébraïque, la Chékhina, et qui, dans la tradition helléno-juive ou helléno-chrétienne, prend le nom de Sophia ou de Sophie, la Sagesse.

J’identifie la Chose - la Chose qui est la Cause - avec cette présence de Dieu, présence de Dieu en Jésus-Christ, qui devient sensible parce qu’avec Jésus-Christ va particulièrement la Sagesse ; la Sagesse de Dieu étant à la fois le Verbe lui-même, mais aussi comme la parèdre du Christ, le Verbe incarné, non pas sa moitié ni une quatrième personne, mais comme son double, mieux son enveloppe, tantôt seule, suffisante au besoin ou précurseur, tantôt concomitante. Cette Chose se manifeste par des signes spécifiques. Il n'est pas toujours facile de savoir… Il n'est pas toujours facile de savoir la présence ni non plus sa nature.

Je mentionnais l'angélologie, tout à l'heure ; sa place est essentielle et peut nous dérouter. Qu’est, pour Martines, je ne dirais pas la divinité, mais la déité du Christ ? Le dogme orthodoxe de la déité est très précis : :Jésus-Christ, vrai Dieu, Jésus-Christ vrai homme. Martines me semble affirmer la déité d'une manière conceptuelle pas toujours limpide : l’homme est un homme-Dieu et le Christ est l’homme-Dieu et divin. En même temps le rapport quasi ontologique de Jésus-Christ avec les prophètes antérieurs et avec les anges est tenu pour acquis.

Michel Cazenave : Robert Amadou, vous avez prononcé le mot de gnose, vous avez largement fait allusion au thème de la Sophia, de la Sagesse de Dieu. Est-ce que, de ce point de vue là, on ne se trouve pas dans un véritable esprit gnostique, puisque la Sophia, on sait que c'est surtout du côté des gnostiques que cela a été exploité (évidemment si on met à part la théologie orthodoxe), et, d'autre part, parler d'une parèdre plus ou moins féminine du Christ comme vous l'avez fait, parler en même temps d'une sorte de combat qui se déroule à travers l'éternité finalement entre les chevaliers du bien et les puissances du mal, on voit bien comment, là aussi, on est dans un vieux fond, je dirais, remontant jusqu'à Zoroastre et qui, par exemple, a été repris par un certain type de gnoses islamiques. Donc, là, vraiment est-ce qu'il ne faut pas insister sur ce thème de gnose ?

Robert Amadou : Là encore, le moyen le plus utile, le plus fécond de dégager l’idée de gnose telle qu'elle se présente chez les élus coëns, en particulier dans l’accès à la Chose, consiste à se référer au judéo-christianisme primitif. C'est là que l'on trouve une forme de gnose qui évoluera dans la kabbale et a existé bien plus tôt qu'on ne le croyait. Les travaux de Gershom Scholem que vous connaissez bien ont été corrigés sur ce point par Charles Mopsik et par Moshé Idel : cette gnose juive dont la gnose chrétienne a été l'héritière et qui s'est prolongée sous la forme judéo-chrétienne jusque dans l’Ordre des élus coëns, qui existe encore aujourd'hui, cette gnose n'est pas celle de certains gnosticismes plus ou moins aberrants, c'est une gnose qui n'abroge pas la foi mais, comme disait saint Clément d'Alexandrie, "la foi trouve son couronnement dans la gnose". C'est cette gnose-là qu'ont cultivée les élus coëns sous la conduite de Martines de Pasqually.

Louis-Claude de Saint-Martin, quand il aura pris sa distance avec l'Ordre des élus coëns conservera cette gnose. Il l'intériorisera, pour ainsi dire. Sa théurgie est, à terme, une théurgie du cœur, en entendant bien le cœur dans un sens où les vrais mystiques le prennent, c'est-à-dire un organe de volonté et de connaissance autant qu'un organe d'émotion et de sentiment. Saint-Martin enseignera, lui aussi, une gnose, mais cette gnose ne s'exprimera pas, d'une manière pratique, sous la forme théurgique. On pourrait comparer la position de Martines de Pasqually et celle de Saint-Martin aux positions respectives de Plotin et de Jamblique. Très naturellement le néo-platonisme, dans sa montée vers l'Un... - je ne veux pas dire du tout que la Chose, ni l'Eternel, de Martines et de Saint-Martin soit comparable à l'Un de Plotin, car l'amour de la Chose, l’amour de Dieu est réciproque, j'entends le génitif objectivement et subjectivement - Plotin, par excellence, a développé ce qu'on pourrait, avec beaucoup de précautions, appeler une mystique, disons une voie intérieure, alors que Jamblique a enseigné une théurgie cérémonielle. Martines, lui aussi, a enseigné une théurgie cérémonielle, Saint-Martin, lui aussi, a enseigné une voie intérieure, la doctrine étant fondamentalement, essentiellement, la même chez l’un et l’autre. Louis-Claude de Saint-Martin qui, encore pour citer Joseph de Maistre, était " le plus élégant, le plus instruit et le plus savant des théosophes modernes ", qui, certainement, est l'une des plus belles, et, pour moi, la plus belle figure de l'illuminisme au 18e siècle, Louis-Claude de Saint-Martin a conservé les éléments, les fondements, et même davantage, de la doctrine de la réintégration des êtres. Il l'a ensuite associée avec des éléments qu'il a tirés de Jacob Boehme, mais lui-même s'est, je crois, un peu mépris sur sa dette à l'égard de Boehme.

Louis-Claude de Saint-Martin est beaucoup plus marqué par Martines de Pasqually que par Boehme. C'était dans sa jeunesse, il a pratiqué le culte primitif pendant des années. Il a été très lié personnellement avec Martines de Pasqually. Sur plusieurs points, toutefois, celui de la Sophia, au premier chef, de la Sagesse divine, dont vous parliez, le Philosophe teutonique accrut ses lumières intellectuelles. Saint-Martin a toujours entretenu - c'est le fond de sa gnose - le désir de la Sagesse. Il en connut l'expérience dès avant Martines de Pasqually, puis il l’éprouva dans son appétence pour la Chose et dans son contact avec la Chose, durant son temps d'activité au sein de l’Ordre des élus coëns. Martines lui a enseigné la notion de Sagesse de manière implicite, sans la lettre, car il ne parlait jamais de Sophia. Le Philosophe inconnu fut très reconnaissant à l'Eternel de lui en révéler de nouveaux arcanes, et le nom, sous la plume de Jacob Boehme. Mais Saint-Martin, n'a jamais cessé d’être fidèle à celui dont il disait (c'est assez étonnant et Willermoz disait à peu près la même chose, mais de la part de Saint-Martin, il y a de quoi s'étonner et admirer), que Martines de Pasqually était le seul homme au monde dont il n'avait jamais fait le tour.

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Perceval et le Graal

1 Août 2005 , Rédigé par Chrétien de Troyes Publié dans #hauts grades

Tandis qu'ils parlaient de choses et d'autres, un jeune valet, qui porte une lance blanche qu'il tient par le milieu, sort d'une chambre ; il passe entre le feu et ceux qui étaient assis sur le lit. Tout le monde pouvait voir la lance blanche et l'éclat de son fer. Il sortait une goutte de sang à la pointe de la lance et cette goutte vermeille coulait jusqu'à la pointe. Le jeune Perceval qui vient d'arriver en ces lieux voit ce spectacle surprenant mais il se retient de demander comment cela peut se produire, car il se rappelle la recommandation de celui qui lui a appris la chevalerie : il faut se garder de trop parler. Il a donc peur, s'il pose une question, qu'on le trouve grossier et c'est pour cette raison qu'il ne demande rien.

Deux autres jeunes gens apparurent à ce moment qui portaient des chandeliers d'or pur, décorés de fines incrustations noires. Ces jeunes gens étaient d'une immense beauté. Sur chaque chandelier brûlaient au moins dix chandelles. Une demoiselle portait un graal à deux mains et s'avançait avec les jeunes gens : elle était belle, gracieuse et élégamment habillée. Quand elle fut entrée dans la pièce avec le graal qu'elle portait, il y eut une si grande lumière que les chandelles semblèrent plus sombres, comme les étoiles ou la lune quand le soleil commence de briller. Une autre demoiselle venait derrière elle : elle portait un plat en argent. Le graal qui était à la tête de la procession était de l'or le plus pur et incrusté de pierres précieuses de toutes sortes parmi les plus riches et les plus rares qui existent sur terre et dans la mer. Les pierres précieuses du graal dépassaient toutes les autres, cela ne fait pas de doute. De la même manière que la lance était passée, ils passèrent devant le jeune homme pour aller d'une chambre à l'autre. Perceval vit passer les jeunes gens mais il n'osa pas demander qui l'on servait dans ce graal, car il pensait toujours à la recommandation du sage seigneur.

J'ai bien peur que le mal ne soit déjà fait, car j'ai souvent entendu dire qu'on peut parfois trop se taire, tout comme on peut parfois trop parler. Mais cependant, le jeune homme ne leur pose aucune question, ni pour son bien, ni pour son malheur.

Le seigneur donne l'ordre à ses serviteurs d'apporter de l'eau et de sortir les nappes. Les serviteurs font leur travail et suivent les ordres, comme ils en ont l'habitude. Le seigneur et le jeune homme se lavent les mains avec de l'eau tiède et pendant ce temps deux serviteurs apportent une grande table d'ivoire. Cette table, si l'on croit ce que dit l'histoire, était d'une seule pièce. On la tient un moment devant l'hôte et le jeune homme, jusqu'à ce que deux autres serviteurs apportent des tréteaux. Le bois dont ils étaient faits possède deux qualités qui permettent de les conserver parfaitement indéfiniment : ces tréteaux étaient en ébène, et personne ne peut voir pourrir ou brûler l'ébène, car il ne peut faire ni l'un ni l'autre.

On plaça la table sur ces tréteaux et on posa la nappe par-dessus. Que dire de cette nappe, sinon que jamais un ambassadeur, un cardinal ou un pape n'avait mangé sur un tissu aussi blanc ? On servit d'abord un cuissot de cerf bien gras, bien poivré. Ils ne manquèrent pas de vin, ni fort ni léger, et ils en remplirent plusieurs fois leurs coupes d'or. Un serviteur coupa devant eux le cuissot de cerf au poivre après l'avoir déposé sur le plat d'argent, et il leur présenta chaque morceau individuellement sur une grande tranche de pain. Pendant ce temps, le graal traversa encore la salle devant eux - le jeune homme ne demanda pas qui l'on servait avec ce graal. Il s'en gardait à cause du seigneur respectable qui lui avait conseillé de ne pas trop parler : ce conseil lui reste en mémoire, il ne cesse d'y penser.

Mais il est plus silencieux qu'il ne devrait l'être. À chaque mets que l'on apporte, il voit le graal repasser juste devant lui, sous ses yeux, mais il ne sait pas à qui il sert. Il voudrait bien le savoir et il se dit qu'il demandera, avant de partir du château, à l'un des serviteurs de la cour. Mais il préfère attendre le lendemain matin, quand il quittera son hôte et tout son entourage. Il remet sa question au lendemain et il s'occupe seulement de bien manger et de bien boire. D'ailleurs, il ne regrette rien parce qu'on sert à la table des mets et des vins tous aussi délicieux que plaisants.

 

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l'Initiation

25 Juillet 2005 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Mon Très Respectable et cher Frère !

Si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'Initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui, et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler, et pour lui rendre un continuel hommage. Mais depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même, qui l'a assujetti au travail de l'Initiation, en se refusant à ses recherches.

Il suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur l'homme, d'abord après sa naissance, lorsqu'il commence à jouir de la lumière sensible ; a cette époque ses progrès sont lents et douloureux ; les années s'écoulent, et à peine a-t'-il une idée superficielle des objets, qui frappent ses sens ; c'est par une étude pénible h assidue, qu'il apprend à les connaître. arrivé à Page où il doit écarter lui-même les ténèbres, qui arrêtent ses pas, sa marche est incertaine ; les illusions des sens et de l'habitude le séduisent au point qu'il ne peut plus démêler la vérité d'avec l'erreur, et s'il parvient à découvrir quelques traits de lumière, ce n'est qu'en dégageant avec effort 'son intelligence de tout ce qui lui est étranger.

Cette première initiation, fondée sur la dégradation de l'homme, et ; exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane, qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'Intelligence et de la vertu. C'est dans ce dessein, qu'ils assujettirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses, et qu'ils s'assurèrent de leur Constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence, que des hiéroglyphes ou des emblèmes, difficiles à pénétrer. Voilà ce qu'on voulut vous figurer, mon Cher Frère dans les grades de la maçonnerie par les travaux allégoriques, qu'on exigea de vous. Si vous doutiez de la haute destinée de l'homme et de sa dégradation, qui est l'unique fondement de tout initiation naturelle, humaine ou religieuse, il vous serait difficile d'entrer dans la carrière, que vous vous proposez de parcourir, puisque vous admettriez alors, que l'homme sensible et animal, est ce qu'il doit être ; h dans cette supposition, quel rapport pourrait-il y avoir entre lui et la vérité? Il est vrai, que parmi les Philosophes il s'en trouve un grand nombre, qui ont adopté cette erreur pernicieuse, n'ayant considéré dans l'homme que sa nature matérielle. En effet si l'on ne voit en lui, que des facultés sensibles, il faut bien convenir, que sa véritable place est parmi les Êtres sensibles, et qu'il doit être abandonné, comme les autres animaux aux ténèbres des sens et de la matière. Mais quoique ces Philosophes ayant ignoré nos prérogatives naturelles, ils auraient pu s'épargner aisément cette méprise, car toutes les facultés de l'homme spirituel sont des preuves évidentes de sa grandeur primitive comme son ignorance et sa faiblesse démontrent sa dégradation. Actif par Essence, l'homme est impuissant et enchaîné ; avec une intelligence sans bornes, qui peut connaître le moindre des Êtres de l'Univers est un mystère impénétrable pour lui. Son œil pénétrant est toujours ouvert, mais environné d'épaisses ténèbres il ne peut rien apercevoir ; avec un désir irrésistible du bonheur et de la jouissance, aucun des objets qui l'entourent ne peut le contenter. Doué enfin de facultés infinies, il est privé des moyens d'en faire usage. Avouons le, cet homme avait une autre destinée, ou il serait le plus inconcevable des Êtres.

Les Sages parfaitement instruits de la vraie nature de l'homme et de sa dégradation, qui le rend indigne d'approcher du sanctuaire de la vérité, eurent grand soin d'enseigner cette doctrine à leurs disciples. Mais quoique les Philosophes ne connussent point les Droits de l'homme originel, ils auraient sans doute avoué l'excellence de sa Nature, si après avoir aperçu les bornes de ses facultés sensibles, ils eussent observé de même l'Étendue de ses facultés intellectuelles. Ce Contraste étonnant leur aurait prouvé la Grandeur de son origine et sa Dégradation. Car l'homme est essentiellement doué d'une action spirituelle qui par sa Nature n'a point de bornes, mais cette activité puissante, est tellement resserrée et contenue, qu'elle est presque toujours sans effet. L'insuffisance des organes par lesquels il doit nécessairement la manifester ne lui permet jamais de l'exercer dans toute l'étendue de sa volonté, ni d'atteindre le but qu'il se propose. Cependant malgré les obstacles qui arrêtent à tout instant ses Efforts il est si intimement convaincu de sa Supériorité naturelle qu'il tend sans cesse à soumettre a son action, tous les Êtres qui l'environnent.

Il est aussi doué d'une Intelligence sans borne, aucune connaissance ne surpasse sa pénétration et jamais on n'a fixé de terme à la Science dont il est susceptible, cependant malgré l'étendue de ses facultés intellectuelles, les moindres Individus de l'univers sont des Mystères impénétrables pour lui. Condamné à ne rien connaître que par l'entremise des sens, ces organes matériels et composés peuvent bien lui procurer la perception des Individus corporels parce que ces corps ne sont eux-mêmes que des assemblages élémentaires, mais des sens organisés sont incapables par eux-mêmes de transmettre les Vérités de la Nature qui résident essentiellement dans l'unité et la réalité des Êtres Spirituels. Ainsi l'homme qui pourrait encore tout connaître, si rien ne le séparait de la Vérité, se trouve assujetti par son corps à n'apercevoir que des apparences sensibles et illusoires ; Il a des facultés infinies, mais il se voit privé des moyens d'en faire usage, étant éloigné de tous les Êtres vrais de l'Univers sur lesquels il devait les manifester, En sorte qu'avec un désir irrésistible de l'empire et de la jouissance, il ne voit autour de lui que résistances et limites, et que dans cet état tous les objets qu'il aperçoit étant finis et bornés, il ne s'en trouve aucun qui convienne à un Être que l'Infini seul peut contenter. Or si aucun des individus de la Nature n'a reçu du Créateur que des facultés relatives et proportionnées à son rang dans l'Univers, il est difficile à ceux qui observent l'homme sans préjugé de ne pas reconnaître, conformément aux traditions religieuses qu'il n'est point à présent dans sa place naturelle et que les facultés spirituelles divines qui se manifestent en lui, devaient s'exercer sur des Êtres supérieurs aux objets matériels et sensibles ; sans quoi il serait le plus inconcevable des Être.

Voilà Mon Cher Frère ce que nous devions vous dire sur les Droits primitifs de l'homme et sur sa Dégradation qui le rend indigne aujourd'hui d'approcher du Sanctuaire de la Vérité, cette Doctrine ayant toujours été la base des Initiations les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l'enseigner à leurs Disciples, comme on peut s'en convaincre par la multitude de lustrations et de purifications de tous genres, qu'ils exigeaient des Initiés, et ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route, qui peut conduire l'homme à son état primitif, et ; le rétablir dans les droits, qu'il a perdus. Voilà, mon cher frère, le vrai, le seul but des Initiations. Telle est cette science mystérieuse et Sacrée, dont la connaissance est un crime pour ceux, qui négligent d'en faire usage, et qui égare ceux, qui ne seront pas élevés au-dessus des choses sensibles.

C'est d'après ces Principes que les Initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l'exigeait elle-même, puisqu'elle se cachait eux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories, que les Sages y employèrent figuraient aux apparences sensibles et matérielles dé la Nature, qui rendent impénétrables à nos regards, les agents moteurs de l'univers, et des Êtres individuels qu'il renferme.

 

 

 

 

 

 

 

 

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