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Hauts Grades

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Magie Hermétique

27 Mai 2012 , Rédigé par Eliphas Levi Publié dans #Hermétisme

C'est en Égypte que la magie se complète comme science universelle et se formule en dogme parfait. Rien ne surpasse et rien n'égale comme résumé de toutes les doctrines du vieux monde les quelques sentences gravées sur une pierre précieuse par Hermès et connues sous le nom de table d'émeraude ; l'unité de l'être et l'unité des harmonies, soit ascendantes, soit descendantes, l'échelle progressive et proportionnelle du Verbe ; la loi immuable de l'équilibre et le progrès proportionnel des analogies universelles, le rapport de l'idée au Verbe donnant la mesure du rapport entre le créateur et le créé ; les mathématiques nécessaires de l'infini, prouvées par les mesures d'un seul coin du fini ; tout cela est exprimé par cette seule proposition du grand hiérophante égyptien :
«Ce qui est supérieur est comme ce qui est inférieur, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut pour former les merveilles de la chose unique.»
Puis vient la révélation et la description savante de l'agent créateur, du feu pantomorphe, du grand moyen de la puissance occulte, de la lumière astrale en un mot.
«Le soleil est son père, la lune est sa mère, le vent l'a porté dans son ventre.»
Ainsi cette lumière est émanée du soleil, elle reçoit sa forme et son mouvement régulier des influences de la lune, elle a l'atmosphère pour réceptacle et pour prison.
«La terre est sa nourrice.»

C'est-à-dire qu'elle est équilibrée et mise en mouvement par la chaleur centrale de la terre.
«C'est le principe universel, le TELESMA du monde.»
Hermès enseigne ensuite comment de cette lumière, qui est aussi une force, on peut faire un levier et un dissolvant universel, puis aussi un agent formateur et coagulateur.
Comment il faut tirer des corps où elle est latente, cette lumière à l'état de feu, de mouvement, de splendeur, de gaz lumineux, d'eau ardente, et enfin de terre ignée, pour imiter, à l'aide de ces diverses substances, toutes les créations de la nature.
La table d'émeraude, c'est toute la magie en une seule page.
Les autres ouvrages attribués à Hermès, tels que le Pymandre, l'Asclepius, la Minerve du monde, etc., sont regardés généralement par les critiques comme des productions de l'école d'Alexandrie. Ils n'en contiennent pas moins les traditions hermétiques conservées dans les sanctuaires de la théurgie. Les doctrines d'Hermès ne sauraient être perdues pour qui connaît les clefs du symbolisme. Les ruines de l'Égypte sont comme des pages éparses avec lesquelles on peut encore, en les rassemblant, reconstruire le livre entier, livre prodigieux dont les grandes lettres étaient des temples, dont les phrases étaient des Cités toutes ponctuées d'obélisques et de sphinx !
La division même de l'Égypte était une synthèse magique ; les noms de ses provinces correspondaient aux figures des nombres sacrés : le royaume de Sésostris se divisait en trois parties : la haute Égypte ou la Thébaïde, figure du monde céleste et patrie des extases ; la basse Égypte, symbole de la terre ; et l'Égypte moyenne ou centrale, pays de la science et des hautes initiations.

Chacune de ces trois parties était divisée en dix provinces appelées nomes, et placées sous la protection spéciale d'un dieu. Ces dieux, au nombre de trente, groupés trois par trois, exprimaient symboliquement toutes les conceptions du ternaire dans la décade, c'est-à-dire la triple signification naturelle, philosophique et religieuse des idées absolues attachées primitivement aux nombres. Ainsi, la triple unité ou le ternaire originel, le triple binaire ou le mirage du triangle, qui forme l'étoile de Salomon ; le triple ternaire ou l'idée tout entière sous chacun de ses trois termes ; le triple quaternaire, c'est-à-dire le nombre cyclique des révolutions astrales, etc. La géographie de l'Égypte, sous Sésostris, est donc un pantacle, c'est-à-dire un résumé symbolique de tout le dogme magique de Zoroastre, retrouvé et formulé d'une manière plus précise par Hermès.
Ainsi, la terre égyptienne était un grand livre et les enseignements de ce livre étaient répétés, traduits en peintures, en sculpture, en architecture, dans toutes les villes et dans tous les temples. Le désert même avait ses enseignements éternels, et son Verbe de pierre s'asseyait carrément sur la base des pyramides, ces limites de l'intelligence humaine, devant lesquelles médita pendant tant de siècles un sphinx colossal en s'enfonçant lentement dans le sable. Maintenant sa tête, mutilée par les âges, se dresse encore au-dessus de son tombeau, comme si elle attendait pour disparaître qu'une voix humaine vienne expliquer au monde nouveau le problème des pyramides.
L'Égypte est pour nous le berceau des sciences et de la sagesse ; car elle revêtit d'images, sinon plus riches, du moins plus exactes et plus pures que celles de l'Inde, le dogme antique du premier Zoroastre.

L'art sacerdotal et l'art royal y formèrent des adeptes par l'initiation, et l'initiation ne se renferma pas dans les limites égoïstes des castes. On vit un esclave hébreu s'initier lui-même et parvenir au rang de premier ministre, et peut-être de grand hiérophante, car il épousa la fille d'un prêtre égyptien, et l'on sait que le sacerdoce ne se mésalliait jamais. Joseph réalisa en Égypte le rêve du communisme ; il rendit le sacerdoce et l'état seuls propriétaires, arbitres, par conséquent, du travail et de la richesse. Il abolit ainsi la misère, et fit de l'Égypte entière une famille patriarcale. On sait que Joseph dut son élévation à sa science pour l'interprétation des songes, science à laquelle les chrétiens de nos jours, je dis même les chrétiens fidèles, refusent de croire, tout en admettant que la Bible, où sont racontées les merveilleuses divinations de Joseph, est la parole du Saint-Esprit.
La science de Joseph n'était autre chose que l'intelligence des rapports naturels qui existent entre les idées et les images, entre le Verbe et ses figures. Il savait que pendant le sommeil, l'âme plongée dans la lumière astrale voit les reflets de ses pensées les plus secrètes et même de ses pressentiments ; il savait que l'art de traduire les hiéroglyphes du sommeil est la clef de la lucidité universelle ; car tous les êtres intelligents ont des révélations en songes.
La science hiéroglyphique absolue avait pour base un alphabet où tous les dieux étaient des lettres, toutes les lettres des idées, toutes les idées des nombres, tous les nombres des signes parfaits.
Cet alphabet hiéroglyphique dont Moïse fit le grand secret de sa kabbale, et qu'il reprit aux Égyptiens ; car, suivant le Sepher Jezirah, il venait d'Abraham : cet alphabet, disons-nous, est le fameux livre de Thauth, soupçonné par Court de Gébelin de s'être conservé jusqu'à nos jours sous la forme de ce jeu de cartes bizarres qu'on appelle le tarot ; mal deviné ensuite par Eteilla, chez qui une persévérance de trente ans ne put suppléer au bon sens et à la première éducation qui lui manquaient ; existant encore, en effet, parmi les débris des monuments égyptiens, et dont la clef la plus curieuse et la plus complète se trouve dans le grand ouvrage du père Kircher sur l'Égypte.

C'est la copie d'une table isiaque ayant appartenu au célèbre cardinal Bembo. Cette table était de cuivre avec des figures d'émail ; elle a été malheureusement perdue ; mais Kircher en donne une copie exacte, et ce savant jésuite a deviné, sans pouvoir toutefois pousser plus loin son explication, qu'elle contenait la clef hiéroglyphique des alphabets sacrés.
Cette table est partagée en trois compartiments égaux ; en haut les douze maisons célestes, en bas les douze stations laborieuses de l'année, au centre les vingt et un signes sacrés correspondent aux lettres.
Au milieu de la région centrale siége l'image d'IYNX, pantomorphe, emblème de l'être universel correspondant au jod hébraïque, la lettre unique dont se forment toutes les autres. Autour d'IYNX on voit la triade ophionienne correspondant aux trois lettres mères des alphabets égyptien et hébreu ; à droite les deux triades ibimorphe et sérapéenne, à gauche la triade nephtéenne et celle d'Hécate, figures de l'actif et du passif, du volatil et du fixe, du feu fécondant et de l'eau génératrice. Chaque couple de triades, combiné avec le centre, donne un septénaire ; le centre lui-même en contient un. Ainsi les trois septénaires donnent l'absolu numéral des trois mondes, et le nombre complet des lettres primitives, auxquelles on ajoute un signe complémentaire, comme aux neuf caractères des nombres, on ajoute le zéro.
Les dix nombres et les vingt-deux lettres sont ce qu'on appelle en kabbale les trente-deux voies de la science, et leur description philosophique est le sujet du livre primitif et révéré qu'on nomme le Sepher Jezirah, et qu'on peut trouver dans la collection de Pistorius et ailleurs.

L'alphabet de Thauth n'est l'original de notre tarot que d'une manière détournée. Le tarot que nous avons est d'origine juive et les types des figures ne remontent pas plus haut que le règne de Charles VII. Le jeu de cartes de Jacquemin Gringonneur est le premier tarot que nous connaissions, mais les symboles qu'il reproduit sont de la plus haute antiquité. Ce jeu fut un essai de quelque astrologue de ce temps-là pour ramener le roi à la raison à l'aide de cette clef, des oracles dont les réponses, résultant de la combinaison variée des signes, sont toujours exactes comme les mathématiques et mesurées comme les harmonies de la nature. Mais il faut être déjà bien raisonnable pour savoir se servir d'un instrument de science et de raison ; le pauvre roi, tombé en enfance, ne vit que des jouets d'enfant dans les peintures de Gringonneur, et fit un jeu de cartes des alphabets mystérieux de la kabbale.
Moïse nous raconte qu'à leur sortie d'Égypte, les Israélites emportèrent les vases sacrés des Égyptiens. Cette histoire est allégorique, et le grand prophète n'eût pas encouragé son peuple au vol. Ces vases sacrés, ce sont les secrets de la science égyptienne que Moïse avait appris à la cour de Pharaon. Loin de nous l'idée d'attribuer à la magie les miracles de cet homme inspiré de Dieu ; mais la Bible elle-même nous apprend que Jannès et Mambrès, les magiciens de Pharaon, c'est-à-dire les grands hiérophantes d'Égypte, accomplirent d'abord, par leur art, des merveilles semblables aux siennes. Ainsi, ils changèrent des baguettes en serpents et des serpents en baguettes, ce qui peut s'expliquer par prestige ou fascination.

Ils changèrent l'eau en sang, ils firent paraître instantanément une grande quantité de grenouilles, mais ils ne purent amener ni des mouches ni d'autres insectes parasites, nous avons déjà dit pourquoi, et comment il faut expliquer leur aveu lorsqu'ils se déclarèrent vaincus.
Moïse triompha et emmena les Israélites hors de la terre de servitude. À cette époque, la vraie science se perdait en Égypte, parce que les prêtres, abusant de la grande confiance du peuple, le laissaient croupir dans une abrutissante idolâtrie ; là était le grand écueil de l'ésotérisme. Il fallait voiler au peuple la vérité sans la lui cacher ; il fallait empêcher le symbolisme de s'avilir en tombant dans l'absurde ; il fallait entretenir dans toute sa dignité et dans toute sa beauté première le voile sacré d'Isis. C'est ce que le sacerdorce égyptien ne sut pas faire. Le vulgaire imbécile prit pour des réalités vivantes les formes hiéroglyphiques d'Osiris et d'Hermanubis. Osiris devint un boeuf, et le savant Hermès un chien. Osiris, devenu boeuf, se promena bientôt sous les oripeaux du boeuf Apis, et les prêtres n'empêchèrent pas le peuple d'adorer une viande prédestinée à leur cuisine.
Il était temps de sauver les saintes traditions. Moïse créa un peuple nouveau, et lui défendit sévèrement le culte des images. Malheureusement ce peuple avait déjà vécu avec les idolâtres, et les souvenirs du boeuf Apis le poursuivaient dans le désert. On sait l'histoire du veau d'or, que les enfants d'Israël ont toujours adoré un peu. Moïse, cependant, ne voulut pas livrer à l'oubli les hiéroglyphes sacrés, et il les sanctifia en les consacrant au culte épuré du vrai Dieu. Nous verrons comment tous les objets servant au culte de Jéhovah étaient symboliques, et rappelaient les signes révérés de la révélation primitive.

Mais il faut en finir d'abord avec la gentilité et suivre, à travers les civilisations païennes, l'histoire des hiéroglyphes matérialisés et des anciens rites avilis.

Source : http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre11102-chapitre48845.html

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La Double Chaîne du Caducée d’Hermès

27 Mai 2012 , Rédigé par Eliphas Levi Publié dans #Hermétisme

Le mouvement des serpents autour du Caducée indique la formation d’une chaîne.

Cette chaîne existe sous deux formes : la forme droite et la forme circulaire. Partant d’un même centre elle coupe d’innombrables circonférences par d’innombrables rayons. La chaîne droite c’est la chaîne de transmission. La chaîne circulaire c’est la chaîne de participation, de diffusion, de communion, de religion. Ainsi se forme cette roue composée de plusieurs roues tournant les unes dans les autres, que nous voyons flamboyer dans la vision d’Ezéchiel. La chaîne de transmission établit la solidarité entre les générations successives.

Le point central est blanc d’un côté et noir de l’autre.

Au côté noir se rattache le  serpent noir ; au côté blanc se rattache le serpent blanc. Le point central représente le libre arbitre primitif, et à son côté noir commence le péché originel.

Au côté noir commence le courant fatal, au côté blanc se rattache le mouvement libre. Le point central peut être représenté allégoriquement par la lune et les deux forces par deux femmes, l’une blanche et l’autre noire.

La femme noire c’est Eve déchue, c’est la forme passive, c’est l’infernale Hécate qui porte le croissant et la lune sur le front.

La femme blanche, c’est Maïa ou Maria qui tient à la fois sous son pied le croissant de la lune et la tête du serpent noir.

Nous ne pouvons nous expliquer plus clairement, car nous touchons au berceau de tous les dogmes. Ils redeviennent enfants à nos yeux, et nous craignons de les blesser.

Le dogme du péché originel, de quelque façon qu’on l’interprète, suppose la préexistence de nos âmes, sinon dans leur vie spéciale, du moins dans la vie universelle.

Or, si l’on peut pécher à son insu dans la vie universelle, on doit être sauvé de la même manière ; mais ceci est un grand arcane.

La chaîne droite, le rayon de la roue, la chaîne de transmission rend les générations solidaires les unes des autres et fait que les pères sont punis dans les enfants, afin que par les souffrances des enfants, les pères puissent être sauvés.

C’est pour cela que, suivant la légende dogmatique, le Christ est descendu aux enfers d’où ayant arraché les leviers de fer et les portes d’airain, il est remonté vers le ciel entraînant après lui la captivité captive.

Et la vie universelle criait : Hosannah ! Car il avait brisé l’aiguillon de la mort !

Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Osera-t-on l’expliquer ? Pourra-t-on le deviner ou le comprendre ?

Les anciens hiérophantes grecs représentaient aussi les deux forces figurées par les deux serpents sous la forme de deux enfants qui luttaient l’un contre l’autre en prenant un globe de leurs pieds et de leurs genoux.

Ces deux enfants étaient Éros et Anteros, Cupidon et Hermès, le fol amour et l’amour sage. Et leur lutte éternelle faisait l’équilibre du monde.

Si l’on n’admet pas que nous ayons existé personnellement avant notre naissance sur la terre, il faut entendre par le péché originel une dépravation volontaire du magnétisme humain chez nos premiers parents, qui aurait rompu l’équilibre de la chaîne, en donnant une funeste prédominance au serpent noir, c’est-à-dire au courant astral de la vie morte et nous en souffrons les conséquences comme les enfants qui naissent rachitiques à cause des vices de leurs pères, portent la peine des fautes qu’ils n’ont pas personnellement commises.

Les souffrances extrêmes de Jésus et des martyrs, les pénitences excessives des saints auraient eu pour but de faire contrepoids à ce manque d’équilibre, assez irréparable d’ailleurs pour devoir entraîner finalement la conflagration du monde. La grâce serait le serpent blanc sous les formes de la colombe et de l’agneau, le courant astral de la vie chargé des mérites du rédempteur ou des saints.

Le diable ou tentateur serait le courant astral de la mort, le serpent noir taché de tous les crimes des hommes, écaillé de leurs mauvaises pensées, venimeux de tous leurs mauvais désirs, en un mot LE MIAGNÊTISIME DU MAL.

Or, entre le bien et le mal, le conflit est éternel, Ils sont à jamais inconciliables. Le mal est donc à jamais réprouvé, il est à jamais condamné aux tourments qui accompagnent le désordre, et cependant dès notre enfance il ne cesse de nous solliciter et de nous attirer à lui. Tout ce que la poésie dogmatique affirme du roi Satan s’explique parfaitement par cet effrayant magnétisme d’autan plus terrible qu’il est plus fatal, mais d’autant moins à craindre pour la vertu qu’il ne saurait l’atteindre, et qu’avec le secours de la grâce elle est sûre de lui résister.

 

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Le Corpus Hermeticum

27 Mai 2012 Publié dans #Hermétisme

Jamblique cite le témoignage de Manethon qui attribue à Hermès 36
525 livres. Plus raisonnable, Seleucus, toujours cité par Jamblique,
évalue les œuvres d'Hermès à 20 000 livres.

En réalité, ce qu'on appelle aujourd'hui le Corpus Hermeticum est un
ensemble de dix-sept traités vraisemblablement écrits entre le IIe
siècle avant et le IIIe siècle après notre ère : le Poimandrès ou
Pimandre, l'Asclepius ou Discours parfait, les Fragments de Stobée
(parmi lesquels on trouve la Koré Kosmou, texte d'une importance
cosmogonique majeure) et enfin le De castigatione animae (Du
châtiment de l'âme), texte arabe postérieur datant vraisemblablement
du IXe ou Xe siècle. Outre ces textes cosmogoniques, une série
d'écrits hétérogènes peut être classée comme suit : les écrits
astrologiques, les sciences occultes et les sciences alchimiques.

La fin de l'antiquité et la destruction de la bibliothèque
d'Alexandrie font tomber dans l'oubli une partie des manuscrits
hermétiques. Les ésotéristes médiévaux (c'est-à-dire surtout les
alchimistes) travailleront sur la base de l'Asclepius et des écrits
alchimiques. Ainsi, si depuis la Renaissance on s'accorde à dire que
le Pimandre est l'essence même du Corpus Hermeticum, il fut
totalement oublié par le Moyen âge. C'est un moine qui le retrouve
en Macédoine et le rapporte à Florence vers 1450. Dix ans plus tôt
Cosme de Médicis, dont la réputation d'ami des lettres n'est plus à
faire, avait confié à Marcile Ficin la création de l'Académie
néoplatonicienne. Le manuscrit est attribué à Hermès le Trois Fois
Grand. L'enthousiasme est tel que Cosme demande à Ficin d'abandonner
la traduction de Platon au profit de celle de ce nouveau manuscrit.

De fait Platon est alors considéré comme un des derniers maillons de
la philosophia perennis : « Dans le temps où naissait Moïse,
florissait l'astronome Atlas, frère du physicien Prométhée, aïeul
maternel de l'ancien Mercure, de qui le petit-fils fut Mercure
Trismégiste, tout ensemble le plus grand des prêtres et le plus
grand des rois. Ensuite succède Orphée puis Aglaophemus, initié au
savoir secret par Orphée, suivi à son tour par Pythagore, dont le
disciple fut Philolaos, le maître du divin Platon ». Voilà un
exemple de « chaîne » initiatique montrant l'origine de la prisca
theologia. D'après cette conception, le savoir initiatique est
transmis secrètement de maître en maître au cours des âges depuis la
plus haute Antiquité. De nos jours, ce type de concept a encore
cours dans les mouvements ésotériques sous le nom de Tradition
Primordiale. Cette transmission est non seulement intellectuelle par
l'apprentissage des connaissances et des textes, mais aussi
spirituelle par l'initiation.

En 1471, paraît la première édition latine du Corpus Hermeticum qui
ne connaîtra pas moins de 25 rééditions jusqu'en 1641. Nous nous
proposons d'entrer petit à petit dans la pensée hermétique en
examinant plus en détail les textes, que nous n'allons pas étudier
en suivant l'ordre chronologique de leur rédaction, mais plutôt en
tentant de tirer les lignes de force et les idées majeures de la
pensée hermétique. Toutefois, il faut garder à l'esprit que les
textes hermétiques ne forment pas un tout cohérent, les textes,
parfois de qualité très inégale, présentent un certain nombre de
contradictions doctrinales.

P. Festugière distingue deux types d'hermétisme. Un hermétisme
savant et un hermétisme populaire. D'une part les hautes envolées
mystiques, ésotériques et philosophiques, et d'autre part
les "recettes de cuisine" visant à acquérir la longévité, à
fabriquer de l'or ou à se libérer d'un maléfice. Nous ne nous
intéresserons qu'à la première catégorie de textes. En effet, les
véritables ésotéristes ne se serviront que de ceux-là, les seconds
servant aux faiseurs d'or et de « miracles ». à ce propos, nous
céderons la parole à Paracelse : « Arrière donc, tous les faux
alchimistes qui prétendent que cette science divine (l'alchimie) n'a
qu'un but : faire de l'or ou de l'argent ! »

Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/GrandeLogeBleueInternationale/message/136

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La Crata Repoa

27 Mai 2012 , Rédigé par Crata Repoa Publié dans #Hermétisme

Publié en Allemagne en 1770 par Von Kôppen et Von Hymmen, la Crata Repoa est
dans la droite ligne de l'égyptophilie initiée par Athanase Kircher dans "la
Langue Egyptienne Restituée" en 1643, et du Sethos de l'abbé Terrasson.
Ainsi, à partir de divers textes antiques, les auteurs se sont livrés à un essai
de reconstitution de l'Initiation pratiquée dans les Temples Egyptiens. Ils ont
repris des indications éparses et parcellaires données par des auteurs aussi
divers que Porphyre, Jamblique, Apulée, Plutarque, toutes sources clairement
situées à l'époque alexandrines, donc difficilement acceptables comme témoins de
l'antique initiation égyptienne.
Cependant, pour imaginaire qu'elle soit, cette reconstitution peut être
considérée comme l'un des textes qui ont inspiré les fondateurs de cette branche
particulière de la maçonnerie spéculative qu'est la maçonnerie dite égyptienne.
D'ailleurs, Von Köppen créa à Berlin, à la même époque, l'un des premiers rites
se réclamant spécifiquement de cette tradition supposée, le Rite des Architectes
Africains. Et les Francs-Maçons de tous les rites y reconnaîtront d'ailleurs de
nombreux éléments symboliques qui leur sont familiers. A ce titre, la Crata
Repoa mérite donc de figurer parmi les doctrines qui ont marqué la tradition
initiatique occidentale.

Nous donnerons sur ce Forum le texte complet, en le débarrassant cependant et ce,
pour plus de clarté, de toutes les notes qui figurent dans les diverses
éditions. Toutefois, certaines de ces notes sont indispensables pour la
compréhension du texte et, notamment, celles afférentes à la signification des
nombreux noms d'origine grecque attribués aux grades, fonctions ou éléments
rituéliques. En voici donc un petit glossaire avant de débuter :

- Thesmosphores : L'Introducteur
- Pastophoris : Apprenti, chargé de la garde de l'entrée et qui conduisait à la
Porte des Hommes.
- Stolista : Purificateur par l'Eau
- Hierostolista : Secrétaire
- Zacoris : Trésorier
- Komastis : Responsable des Banquets
- Odos : Chanteur et Orateur
- Paraskistes : Ceux qui ouvraient les cadavres
- Heroi : Hommes Sacrés qui embaument les cadavres
- Tapixeytes : Ceux qui enterraient les cadavres
- Birantha : La Porte des Dieux
- Endimion : Imitation de grotte
- Oimellas : Boisson composé de vin et de miel

Préparations

Lorsqu'un Aspirant aux Mystères avait le désir d'entrer dans la société antique
et mystérieuse de Crata Repoa, il devait se faire recommander par un des
Initiés.
La proposition en était ordinairement faite par le Roi lui même, qui écrivait à
cet effet une lettre aux Prêtres.
Ceux-ci adressaient cet Aspirant d'Héliopolis aux doctes de l'Institution à
Memphis, de Memphis, on le renvoyait à Thèbes.
Il était circoncis
On le mettait à un régime particulier, on lui interdisait l'usage de certains
aliments, même du vin, jusqu'à ce qu'il ait obtenu, dans un grade supérieur, la
permission d'en boire de temps en temps. On l'obligeait à passer plusieurs mois,
comme un prisonnier, dans un souterrain, où on l'abandonnait à ses réflexions :
il jouissait de la faculté d'écrire ses pensées. Elles étaient ensuite examinées
attentivement, et servaient à faire connaître le degré de son intelligence.
Lorsque le temps de quitter le souterrain était arrivé, on le conduisait dans
une galerie entourée de colonnes d'Hermès sur lesquelles étaient gravées des
sentences qu'on lui faisait apprendre par coeur.
Dés qu'il les savait, un membre de la société ayant le nom de Thesmosphores,
s'approchait de lui, tenant un grand fouet à la main, pour contenir le peuple
devant la Porte dite des Profanes, par laquelle il introduisait le Récipiendaire
dans une grotte.

Là, on lui bandait les yeux, et on lui attachait les mains avec des liens
élastiques.

 

Premier grade : Pastophoris

Le Récipiendaire étant préparé dans la grotte, les Thesmophores le prenait par
la main, et le présentait à la Porte des Hommes.

A son arrivée, les Thesmophores touchait sur l'épaule du Pastophoris (l'un des
Apprentis précédemment reçu), qui était de garde à l'extérieur et l'invitait à
annoncer le Recipiendaire, ce que celui-ci faisait en frappant à la porte
d'entrée.

Le Néophyte ayant satisfait aux questions qui lui étaient posées d'abord, la
Porte des Hommes s'ouvrait et il était introduit.
L'Hierophante lui posait de nouvelles questions sur différents sujets. Il devait
de même y répondre catégoriquement.

On le faisait ensuite voyager dans l'enceinte de la Birantha, et pendant ce
temps, on cherchait à l'effrayer par des éclairs, des coups de tonnerre, et en
produisant artificiellement autour de lui les effets de la grêle, de la tempête
et de la foudre.

S'il ne s'en laisser pas trop effrayer, et s'il n'était pas trop déconcerté, le
Menies, ou lecteur des lois, lui lisait les constitutions de la société de Crata
Repoa. Il était obligé de promettre de s'y conformer.

Après cette adhésion, le Thesmosphores le conduisait, tête nue, devant le
Hiérophante; il s'agenouillait, on lui mettait la pointe d'un glaive sur la
gorge, et on lui faisait prêter le serment de fidélité et de discrétion. Il
invoquait le Soleil, La Lune et les astres, pour témoins de sa sincérité.

Cet engagement solennel prononcé, on lui ôtait le bandeau de dessus les yeux et
on le plaçait entre deux colonnes carrées, nommées Betilies.

Au milieu de ces deux colonnes était couchées une échelle à sept échelons, et
une autre figure allégorique, composée de huit portes de différentes dimensions. Le Hierophante n'expliquait pas d'abord au Récipiendaire le sens mystérieux de
ces emblèmes, mais il lui tenait le discours suivant :

" Vous qui venez d'acquérir le droit de m'entendre, je m'adresse à vous : les
portes de cette enceinte sont sévèrement fermées aux Profanes qui ne peuvent y
pénétrer; mais Vous, Ménès Musée, vous enfant des travaux et des recherches
célestes, écoutez ma voix; elle va vous enseigner de grandes vérités. Soyez en
garde contre les préjugés et les passions qui pourraient vous éloigner du
véritable chemin du bonheur ; fixez vos pensées sur l'Etre divin, ayez le
toujours devant les yeux, afin de mieux gouverner vos sens et votrez coeur. Si
vous voulez marcher dans la vraie route de la félicité, songez que vous êtes
sans cesse en présence du Tout Puissant, qui gouverne l'univers. Cet être unique
a produit toutes choses; il les conserve et existe par lui même. Aucun mortel ne
peut le voir; rien ne peut être soustrait à ses regards"

Après ce discours, on faisait passer l'Apprenti sur les degrés de l'échelle, et
on lui indiquait à mesure quel en était le symbole fondé sur la métempsychose.
On lui enseignait aussi que les noms et les attributions des Dieux avaient une
tout autre signification que celle que le peuple y attachait.

Ce grade étant consacré à la physique, on lui expliquait les causes des vents,
des éclairs, du tonnerre, on y comprenait l'anatomie, l'art de guérir et de
composer des médicaments.

C'était également dans ce même grade que l'on enseignait aux Néophytes la langue
symbolique et l'écriture vulgaire des hieroglyphes.

La réception finie, l'Hierophante donnait à l'Initié le mot d'ordre à l'aide
duquel tous les Initiés se reconnaissaient. Ce mot était Amoun et signifiait
Reste discret

Il portait autour du cou un coller dont les bouts tombaient sur la poitrine.

Du reste, il était deshabillé pendant la réception

Il devait garder à son tour la Porte des Hommes.

 

Second Grade : Néocoris

Si le Pastophoris, pendant l'année de son apprentissage, avait donné des signes
d'intelligence, on lui imposait un jeûne sévère, pour le préparer à devenir
Néocoris.
Cette année expirée, il était mis dans une chambre obscure, appelée Endimion.
De belles femmes lui servaient des mets délicats pour ranimer ses forces
épuisées. C'étaient les épouses des prêtres, et même les vierges consacrées à
Diane qui allaient ainsi le visiter. Elles l'excitaient à l'amour par toutes
sortes d'agaceries. Il devait triompher de cette épreuve difficile pour prouver
le contrôle qu'il avait sur lui-même.
Après l'avoir subie, le Thesmosphores venait à lui, et lui posait diverses
questions.
Si le Néocoris y répondait avec justesse, on l'introduisait dans l'Assemblée.
Le Stolista ou Aspergeur jetait de l'eau sur lui pour le purifier, on
l'obligeait à affirmer qu'il s'était toujours conduit avec Sagesse et Chasteté.
Après cette déclaration, le Thesmosphores courait vers lui, ayant dans les mains
un serpent vivant, qu'il lui jetait sur le corps et retirait ensuite.
Le local paraissait rempli de reptiles, pour tâcher de porter l'effroi dans
l'âme du Néocoris.

Plus il se montrait courageux dans cette épreuve, plus il était comblé d'éloges
après sa réception.
On le ramenait ensuite vers deux colonnes trés élevées, au milieu desquelles un
griffon poussait une roue devant lui.

Ces colonnes signifiaient Orient et Occident. Le griffon était l'emblème du
Soleil: et la roue du centre de laquelle partaient quatre rayons, figurait les
quatre saisons.
On lui apprenait en même temps l'art de calculer l'hygromètre (qui servait à
évaluer les inondations du Nil); on l'introduisait dans la géométrie et
l'architecture, et il se familiarisait avec les calculs et les échelles des
mesures dont il devait avoir à se servir dans la suite. Mais ceci était un grand
secret, qui n'était découvert qu'à ceux qui appartenaient à une secte dont les
connaissances étaient bien supérieures à celles de la population.

On lui donnait pour insigne un bâton accolé d'un serpent. Le mot d'Ordre du
Grade était Eve : à cette occasion, on lui racontait l'histoire de la chute du
genre humain.
Croiser les deux bras sur la poitrine, était le signe dont il devait se servir
pour se faire reconnaître.
Son emploi était de laver les colonnes.

 

Troisième Grade : Mélanephoris

L'intelligence et la bonne conduite de Néocoris l'avait rendu digne de ce grade,
on le prévenait du moment de sa réception. Il étai conduit par le Thesmosphores
dans un vestibule au dessus de l'entrée duquel était écrit Porte de la Mort.

Ce vestibule était rempli de différentes espèces de momies et de cercueils
figurés : des dessins analogues en ornaient les murailles. Comme c'était
l'endroit où on déposait les morts, le nouveau Mélanephoris y trouvait les
Paraskistes et les Heroi qui s'occupaient de leurs travaux. Au milieu était
placé le cercueil d'Osiris, qui, à cause de son assassinat supposé récent,
portait encore des traces de sang.
On demandait au nouveau Mélanephoris s'il avait pris part à l'assassinat de son
maître. Après sa réponse négative, deux Tapixeystes s'emparaient de lui.

Ils le conduisaient dans une salle où étaient les autres Mélanephoris habillés
en noir. Le roi lui mhant ême qui assistait toujours à cette cérémonie,
abordait le Récipiendaire avec une apparence gracieuse, et lui présentait une
couronne d'or qu'il lui proposait d'accepter, s'il ne se croyait pas assez de
courage pour soutenir les épreuves qu'on allait lui faire subir.

Mais, le nouveau Mélanephoris sachant qu'il devait refuser cette couronne la
foula aux pieds. Aussitôt, le Roi s'écriait "outrage, vengeance et s'emparant de
la Hache des Sacrifices en frappait (doucement) le Mélanephoris à la tête

Les deux Tapixeytes renversaient le Récipiendaire; les Paraskistes
l'enveloppaient de bandelettes des momies. Pendant cette action, tous les
assistants gémissaient autour de lui. On le transportait vers une porte où était
écrit : Sanctuaire des Esprits. Au moment où on l'ouvrait, des coups de tonnerre
se faisaient entendre, des éclairs brillaient, et le prétendu mort se trouvait
entouré de Feu.
Car on s'emparait de lui comme d'un esprit et le descendait chez les juges des
sombres bords. Pluton, assis sur son siège, avait à ses côtés Rhadamane et
Minos, ainsi qu'Alecton Nicteus, Alaster et Orpheus.

Ce tribunal redoutable lui adressait des questions sévères sur tout le cours de
sa vie; enfin, on le condamnait à entrer dans ces grottes souterraines. On le
débarrassait ensuite de ses enveloppes et de tout l'appareil mortuaire. Il
recevait alors de nouvelles instructions, elles étaient ainsi conçues.

1- n'avoir jamais soif de sang et assister les membres de la société lorsque
leur vie est en danger.
2- ne jamais laisser un mort sans sépulture
3- attendre une résurrection des morts et un jugement futur

On l'obligeait, dans ce grade, à s'occuper, pendant un certain temps du dessin
et de la peinture, car il entrait dans les fonctions d'un Mélanephoris de
décorer les cercueils et les rubans des momies.

Une écriture particulière lui était enseignée, on la nommait Hiero-grammaticule
: elle lui devenait d'autant plus utile, que l'histoire d'Egypte, la géographie,
les éléments de l'astronomie, étaient tracés dans cette langue.

Il recevait également des leçons de rhétorique, afin de pouvoir prononcer en
public les oraisons funèbres.

Le signe de reconnaissance consistait en une embrassade particulière dont
l'objet devait exprimer la puissance de la mort ; le mot était Monach Caron mini
signifiant Je compte les jours de la colère.

Le Mélanephoris restait dans ces galeries souterraines jusqu'à ce qu'on pût
juger s'il était capable d'avancer dans de plus hautes sciences, ou si l'on ne
pourrait faire de lui qu'un Paraskiste ou un Héroi, car il devait y passer le
reste de ses jours, s'il n'atteignait pas aux véritables connaissances.

 

Quatrième Grade : Chistophoris

Le temps de la colère durait ordinairement dix-huit mois. Lorsqu'il était passé,
le Thesmosphores venait voir l'Initié, le saluait gracieusement, et l'invitait à
le suivre après l'avoir armé d'une épée et d'un bouclier.
Ils parcouraient des galeries sombres. Tout à coup, des hommes masqués sous des
figures hideuses, entourés de serpents et ayant des flambeaux à la main,
attaquaient l'Initié en criant "Panis".
Le Thesmosphores l'excitait à affronter les dangers et à surmonter tous les
obstacles. Il se défendait avec courage, mais il succombait sous le nombre,
alors on lui bandait les yeux et on lui passait une corde au cou avec laquelle
il était traîné par terre jusqu'à la salle où il devait recevoir un nouveau
Grade.
Les ombres s'éloignaient subitement en poussant de nouveaux cris. On le relevait
exténué et on l'introduisait, pouvant à peine se soutenir, dans l'assemblée. La
Lumière lui était rendue et ses yeux étaient frappés des décorations les plus
brillantes. La salle offrait la réunion des plus beaux tableaux. Le Roi lui même
siégeait à côté du Démiourgos, Chef inspecteur de la Société.

Au dessous de ces hauts personnages étaient assis le Stolista, le Hierostolista,
portant une Plume à sa coiffure, le Zacoris et le Komastris.

Tous portaient l'Alydée (La Vérité)

L'Odos prononçait un discours, dans lequel il félicitait le nouveau
Chistophoris pour son courage et pour sa résolution. Il l'invitait à persévérer
car celui-ci n'était encore qu'à la moitié des travaux qu'il avait à subir pour
fournir complètement ses preuves.
On lui présentait une Coupe remplie d'une boisson très amère et qui s'appelait
Cice. Il fallait qu'il la vidât en entier.
On le revêtait de divers ornements. Il recevait le bouclier d'Isis ou celui de
Minerve, on lui chaussait les brodequins d'Anubis ou de Mercure et on le
couvrait du manteau d'Orci, orné de son capuchon.
On lui ordonnait de se saisir d'un cimeterre qui lui était présenté, de trancher
la tête d'un individu qu'il trouverait au fond d'une caverne peu éloignée où il
allait pénétrer et de l'apporter au Roi. Au même moment, chaque membre s'écriait
: "Niobe, voilà la caverne de l'ennemi".
En y entrant, il apercevait la figure d'une très belle femme. Elle était
composée de peaux très fines ou de vessies, et si artistiquement faite, qu'elle
semblait être vivante. Le nouveau Chistophoris s'en approchait, la prenait par
les cheveux et lui tranchait la tête qu'il présentait au Roi et au Démiourgos.

Après avoir applaudi à son action héroïque, ils lui annonçaient que c'était la
tête de la Gorgo (Gorgo, Gorgal et Gorgone, sont les noms egyptiens de Méduse),
épouse de Typhon, qu'il avait coupé, laquelle avait occasionnée l'assassinat
d'Osiris. On saisissait cette circonstance pour l'engager à être toujours le
vengeur du mal. Il recevait ensuite l'autorisation de revêtir de nouveaux habits qu'on lui
présentait. Son nom était inscrit dans un livre où se trouvaient ceux de tous
les juges du pays. Il jouissait d'un commerce libre avec le Roi et recevait sa
nourriture journalière de la cour. On lui remettait avec le code des lois, une
décoration qu'il ne pouvait porter qu'à la réception d'un Christophoris, ou
seulement dans la ville de Sais. Elle représentait Isis ou Minerve sous la forme
d'un hibou. Cette allégorie lui était ainsi expliquée :
" L'homme, a sa naissance, est aveugle comme le hibou, et il ne devient homme
qu'à l'aide de l'expérience et des lumières de la Philosophie".

Le casque signifiait le plus haut degré de la Sagesse; la tête de Gorgo coupée,
la répression des passions; le bouclier, la légitime défense contre la calomnie;
la colonne, la fermeté; la cruche d'eau, la soif des sciences; le carquois garni
de flèches, le pouvoir de l'éloquence; la pique, la persuasion portée au loin,
c'est à dire que, par sa réputation, on peut à de grandes distances faire une
impression profonde; les branches de palmiers et d'oliviers étaient les symboles
de la paix. On lui apprenait, de plus, que le nom du grand législateur était
Jan.
Ce nom était aussi le mot d'ordre du grade

Les membres de cette assemblée avaient quelques fois des réunions où des
Christophoris seuls pouvaient être admis.

Le Chapitre qu'ils formaient alors s'appelait Pixon (lit de Justice); le mot en
usage pour ces tenues était Sasychis (ancien prêtre egyptien). L'Initié devait
apprendre la langue amounique, "la langue mystérieuse"; le Récipiendaire ayant
parcouru les petits Mystères, qui avaient pour objet de le préparer en
l'instruisant dans les sciences humaines, touchait, au moment d'être admis dans
les Grands Mystères, à la connaissance de la Doctrine Sacrée, appelée "La Grande
Manifestation de la Lumière"; il ne devait bientôt plus y avoir de secrets pour
lui.

 

Cinquième Grade : Balahaze
Le Chistophoris avait le droit de demander ce grade que le Démiourgos ne pouvait
lui refuser.

Conduit dans l'endroit où l'assemblée se réunissait d'abord, il était reçu par
tous les membres. Ensuite, on l'introduisait dans une autre salle disposée pour
une représentation théatrale. Là, il était en quelque sorte seul spectateur, car
chacun des membres prenait part à l'action.

Un personnage, appelé Orus, accompagné de plusieurs Balahates portant des
flambeaux, marchait dans la salle et semblait chercher quelque chose. Orus
tirait son épée au moment d'arriver à la porte d'une caverne d'où sortaient des
flammes. Le meurtrier Typhon était au fond, assis et ayant l'air abattu. Orus
s'en approchait; Typhon se levait et se montrait sous une apparence effrayante :
cent têtes reposaient sur ses épaules ; tout son corps était couvert d'écailles
et ses bras avaient une longueur démesurée.

Sans se laisser décourager par cet épouvantable aspect, Orus s'avançait vers le
monstre, le terrassait et l'assommait. Après l'avoir décapité, son cadavre était jeté dans la caverne d'où ne cessaient
de sortir des torrents de feu et, sans proférer aucune parole, on montrait cette
tête hideuse à tous les assistants.
Cette cérémonie se terminait par l'instruction que l'on donnait au nouveau
Balahaze et qui renfermait l'explication de cette scène allégorique. On lui
apprenait que Typhon signifiait le Feu qui est un des agents les plus terribles
et sans lequel cependant rien ne pouvait se faire dans ce monde; qu'Orus était
l'emblème du travail et de l'industrie à l'aide desquels l'homme exécute de
grandes et utiles entreprises en parvenant à dompter le Feu, à diriger sa
puissance et à s'approprier ses effets
Le Balahaze apprenait dans ce grade la chimie, l'art de décomposer les
substances et de combiner les métaux. Il était maître d'assister quand il le
voulait aux recherches et aux expériences que l'on faisait dans cette science.
C'est par cette raison que le mot d'ordre était Chymia.
Note : le Mot Balahaze est aussi parfois nommé Balahate

 

 Sixième Grade : L'Astronome devant la Porte des Dieux

Quelques préparations précédaient ce Grade. On commençait par mettre l'initié
aux fers en entrant dans la salle.

Le Thesmosphores le conduisait à la Porte de la Mort où il fallait descendre
quatre marches, parce que la caverne qui servait pour cette réception était la
même où avait eut lieu l'initiation du troisième grade, et qu'elle était alors
remplie d'eau pour faire voguer la barque de Caron. Des cercueils placés ça et
là frappaient les yeux de l'initié. Il apprenait qu'ils renfermaient les restes
d'hommes mis à mort pour avoir trahi la Société. On le menaçait d'un sort pareil
s'il lui arrivait de commettre un semblable crime. Il était amener au milieu de
l'assemblée pour prêter un nouveau Serment.
Après l'avoir prononcé, on lui expliquait l'histoire de l'origine des dieux,
objets de l'adoration du peuple, et à l'aide desquels on amusait et dirigeait sa
crédulité ; on lui faisait sentir en même temps la nécessité de conserver le
polythéîsme pour le vulgaire. Ensuite, on lui développait les idées qui lui
avaient été présentées dans le discours de réception au premier grade sur les
éléments de la doctrine d'un seul être qui embrassait tous les temps, présidait
à l'Unité, à l'admirable régularité du système de l'Univers, et qui par sa
nature était au dessus de la compréhension de l'esprit humain.
Ce grade était consacré à enseigner au Néophyte les connaissances pratiques de
l'astronomie. Il était obligé d'assister la nuit aux observations et de
concourir aux travaux qu'elles exigeaient.
On avait soin de l'avertir d'être en garde contre les astrologues et les tireurs
d'horoscopes car les regardant comme les auteurs de l'idôlatrie et de la
superstition, la société mystérieuse les avait en aversion.
Ces faux docteurs du peuple avaient choisi le mot Phoenix pour leur mot d'ordre,
mot que les astronomes tournaient en dérision.

Après la réception, on conduisait l'initié vers la Porte des Dieux et on
l'introduisait dans le Panthéon. Il y voyaient tous les dieux représentés par de
magnifiques peintures.
Le Demiourgos lui en retraçait de nouveau l'histoire sans rien lui cacher. On
lui mettait sous les yeux la liste de tous les Chefs-inspecteurs, dans l'Ordre
chronologique où ils avaient existé, ainsi que le tableau de tous les membres de
la société répandus sur la surface du globe.
On lui apprenait aussi la danse des prêtres dont les pas figuraient le cours des
astres. Le mot d'Ordre était Ibis, qui signifiait Grue, et était le Symbole de la
Vigilance.

Septième Grade : Saphenath Pancah

Ce grade était le dernier et le plus éminent. On y donnait une explication
détaillée et plus complète de tous les Mystères.
L'astronome ne pouvait obtenir ce grade, qui complétait son aptitude à toutes
les fonctions, même publiques et politiques, sans l'assentiment du Roi et du
Démiourgos, et même sans le consentement général des membres intérieurs de la
Société.

Cette réception était suivie d'une procession publique à laquelle on donnait le
nom de Pamylach ( c'est à dire "oris circumcisio", circoncision de la langue; il
semble que c'est une expression figurative par laquelle on voulait dire que le
Néophyte, ayant acquis toutes les connaissances que l'on pouvait lui donner, sa
langue était déliée et qu'il lui était permis de parler de tout). On y exposait
à la vue du peuple tous les objets sacrés.

La procession finie, les membres de la Société sortaient clandestinement de la
ville pendant la nuit, se rendaient à un lieu voisin, et se réunissaient dans
des maisons carrées composées de plusieurs appartements ornés de peintures
admirables représentant la vie humaine. les initiés étaient en commerce particulier avec les mânes des trépassés. Elles étaient ornées d'un grand nombre de colonnes entre lesquelles étaient des cercueils et des sphinx. En y arrivant, on présentait au nouveau Prophète un
breuvage nommé Oimellas et on lui disait qu'il était parvenu au terme de toutes
les épreuves.

Il recevait ensuite une croix dont la signification était particulière et connue
des seules initiés. Il était obligé de l'avoir constamment sur lui. On lui
passait une très belle robe blanche rayée, fort ample, qu'on appelait Etangi. On
lui rasait la tête et la coiffure qu'il portait était de forme carrée.

Son signe principal se faisait en portant les mains croisées dans ses manches
qui étaient très larges.

Il avait la permission de lire tous les livres mystérieux écrits dans la langue
amounique, et dont on lui donnait la clef, qu'on appelait la Poutre Royale.

La plus grande prérogative attribuée à ce dernier grade était de contribuer à
l'élection d'un Roi.

Le mot d'ordre était Adon. Le nouveau Prophète pouvait aussi, après un certain
temps, parvenir aux emplois dans la Société et même à celui de Démiourgos. - Le Demiourgos est le Chef-Inspecteur de la Société. Il portait une robe bleu
ciel, parsemée d'étoiles brodées et une ceinture jaune. Il avait à son coup un
saphir entouré de brillant et suspendu à une chaîne d'or. Il était aussi Juge
Suprême de tous les pays.

- L'Hiérophante était habillé à peu près de même et portait une Croix sur la
poitrine.

- Le Stolista était chargé de la purification du candidat par l'eau et portait
une robe blanche rayée et une chaussure d'une forme particulière. En outre, il
gardait le vestiaire.

- L'Hiérostolista avait une plume à sa coiffure et tenait à sa main un vase de
forme cylindrique appelé Canonicon qui contenait l'encre pour écrire.

- Le Thesmosphores était chargé de diriger et d'introduire les initiés.

- Le Zacorb était le trésorier

- Le Komastis préparait les banquets et avait sous ses ordres tous les
Pastophores.

- L'Odos était orateur et chanteur.

- Le Demiourgos est le Chef-Inspecteur de la Société. Il portait une robe bleu
ciel, parsemée d'étoiles brodées et une ceinture jaune. Il avait à son coup un
saphir entouré de brillant et suspendu à une chaîne d'or. Il était aussi Juge
Suprême de tous les pays.

- L'Hiérophante était habillé à peu près de même et portait une Croix sur la
poitrine.

- Le Stolista était chargé de la purification du candidat par l'eau et portait
une robe blanche rayée et une chaussure d'une forme particulière. En outre, il
gardait le vestiaire.

- L'Hiérostolista avait une plume à sa coiffure et tenait à sa main un vase de
forme cylindrique appelé Canonicon qui contenait l'encre pour écrire.

- Le Thesmosphores était chargé de diriger et d'introduire les initiés.

- Le Zacorb était le trésorier

- Le Komastis préparait les banquets et avait sous ses ordres tous les
Pastophores.

- L'Odos était orateur et chanteur.

Avant de se mettre à Table, tous les membres étaient obligés de se laver. On ne
leur permettait pas le vin : ils ne pouvaient que faire l'usage d'une boisson
qui ressemblait à notre bière moderne.

On promenait autour de la table un squelette d'homme ou un sarcophage pendant
que l'Odos entonnait le Maneros, hymne qui commençait ainsi : " O mort, viens à
l'heure convenable". Tous les membres faisaient chorus.
Le repas fini, chacun se retirait, les uns allaient vaquer à leurs occupations,
les autres se livraient à la méditation, la plupart, selon l'heure goûtaient aux
délices du sommeil, à l'exception de ceux dont s'était le tour de veiller pour
introduire par la Porte des Dieux les Initiés du Sixième Grade qui devaient
faire les observations célestes. Ceux là étaient obligés de passer la nuit
entière et de diriger les travaux astronomiques.

source : http://fr.groups.yahoo.com/group/GrandeLogeBleueInternationale/message/641

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La tradition hermétique

27 Mai 2012 , Rédigé par Federico González Publié dans #Hermétisme

La tradition hermétique tire son nom rien de moins que d’Hermès, dieu grec, le Mercure romain et, surtout, du mythique Hermès Trismégiste, chacun d’eux étant instructeur et éducateur des hommes, messager des dieux, personnage apparaissant sous différentes formes dans presque toutes les traditions, émissaire ou intermédiaire entre le ciel et la terre, toujours lié à ce qui vole, raison pour laquelle il est généralement représenté avec des attributs ailés. Il est également en rapport avec les auditions, réceptions et transmissions de messages. C’est-à-dire avec la doctrine1, la science, la sagesse et la révélation. Le mot tradition signifie en quelque sorte la même chose que ce qui précède ce qui fait que l’expression tradition hermétique pourrait sembler une redondance, si l’on ne cherchait pas à souligner, par l’ajout du second mot, une nette origine révélée ainsi que marquer une circonstance historique et culturelle spécifique à l’Occident et aux origines de sa civilisation. D’autre part, le terme dont il s’agit est très clair en cela qu’il indique une voie de connaissance déterminée, liée aux petits mystères, appelés aussi monde ou plan intermédiaire du chemin initiatique, exprimant en outre la notion d’obscurité et de silence inhérente à ce sentier, et faisant également référence à sa nature mystérieuse.

La tradition hermétique est donc une forme de la tradition unanime, universelle et primordiale –adaptée à l’enveloppe historique et à la mentalité de certains peuples et certains êtres– s’étant manifestée ici et là, formant et organisant culture et civilisation.

 

Le dieu Hermès est solidaire du Toth égyptien, car il représente comme lui la sagesse et l’interprétation herméneutique, et des vertus de prophétie, aussi attribuées à Énoch et à Élie l’artiste –patron des alchimistes–, arrachés tous deux au ciel dans un char de feu (véhicule franchement solaire) et dont on dit qu’ils ne sont pas morts, sinon vivants, comme d’autres personnages analogues de diverses traditions et dont on attend la seconde apparition à la fin des temps, tout comme les chrétiens attendent la parusia du maître Jésus, roi des Juifs, Christ Roi, incarné sous forme humaine pour nous révéler la vie véritable : transmission qui le convertit en sauveur et rédempteur.

 

Historiquement, il n’est pas trop difficile de remarquer que les mythes et symboles ésotériques égyptiens, juifs, grecs, romains, chrétiens, arabes et méditerranéens en général, forment un ensemble qui peut être rattaché directement aux peuples occidentaux ; et que cette influence spirituelle, encore qu’elle ne prenne pas de formes religieuses, est indiscutablement valable par la pureté de son origine, et pour la chaîne de transmission constituée par sages, prophètes, guerriers et « artistes ». Cela n’empêche pas que l’ensemble d’enseignements auquel nous nous référons soit en parfaite cohérence avec d’autres, de différentes époques et latitudes, voire même identique, au-delà des travestissements formels. Dans le cas particulier qui nous occupe –celui de l’émissaire divin qui regroupe en lui la possibilité unifiée de ce qui rampe et de ce qui vole, de la terre et du ciel, qui ont dû être séparés pour se compléter correctement à travers la passion et l’amour–, le fait est clair et prouve l’unité archétypale de toutes les traditions, puisque cette opposition-conjonction se retrouve partout manifestée.

 

 Ce qui nous intéresse à présent est de souligner que les sciences et les arts qui ont été appelés tradition hermétique possèdent une origine commune, qui se manifeste historiquement tout au long de la vie d’Occident, et qui s’exprime par l’intermédiaire d’une suite de disciplines et travaux, de mythes et symboles, constituant un code cohérent pouvant être transposé sur tous les codes et systèmes traditionnels, puisqu’ils expriment de fait la même chose et ont le même but : révéler une connaissance occulte et permettre ainsi la conquête du véritable état humain, l’être original, que tout homme a perdu dans sa chute et qui le place en situation infra-humaine par rapport à lui-même, raison pour laquelle il doit restaurer son Moi véritable demeuré occulte en son intérieur, vivant seulement sous forme potentielle, et qu’il doit actualiser en mémoire de lui-même et du souvenir de l’archétype original, avec foi et amour, grâce à la doctrine traditionnelle connue dans ce cas sous le nom d’hermétisme. Laquelle lui permet de re-naître4 à l’état authentiquement humain, face auquel les états inférieurs5 semblent des rêves, des essais ou d’illusoires projets, ou de simples idioties, pour ne pas dire vanité stupide.

 

Ces disciplines, ou véhicules, conduisent l’apprenti –à travers le monde intermédiaire– et le placent face au tabernacle, au cœur du temple, sur l’axe qui communique également avec la crypte ou la caverne, le monde souterrain des morts, ou mieux, avec l’intérieur du sanctuaire d’où il pourra commencer son ascension verticale, vers la coupole ou le sommet qui symbolisent la sortie du temple ou du corps, le supracosmique ou le supra-humain. Il y a longtemps qu’il a reçu les eaux baptismales. Il s’est même libéré des épreuves du labyrinthe des formations. À présent converti par la communion solaire en Roi du Monde, l’aspirant pourra alors être entièrement absorbé par la fonction sacerdotale et échapper à la cosmogonie, qui lui a été révélée, utilisant son identification avec elle comme le support vivant d’une ineffable transmutation. Office de guerriers et chevaliers, cela l’est aussi de sages et d’artistes, c’est-à-dire d’astrologues et alchimistes, et comprend la maîtrise de la connaissance. Et cette connaissance n’est pas peu de chose dans le cas de l’astrologie et de l’alchimie, disciplines qui forment l’hermétisme ou la tradition hermétique –les petits mystères de l’antiquité– puisqu’elles se réfèrent respectivement à la connaissance du ciel et de la terre, les deux constituant le savoir de la cosmogonie dans son entier, la science des cycles et la science des transmutations : « l’architecture » expérimentée directement.

 

Historiquement, l’on peut détecter en de nombreux points de la culture occidentale l’apparition de courants d’idées, croyances, systèmes et points de vue hermétiques, donc ésotériques, dans l’exotérisme d’une période donnée. Si nous nous en tenons à la chronologie chrétienne, ces événements idéologiques apparaissent non seulement à certains moments historiques –formant des périodes entières, comme le Moyen Age européen–, sinon qu’ils constituent également les antécédents de certains personnages et faits scientifiques, philosophiques, historiques, littéraires, et même l’origine de tout un code, comme dans le cas de l’astronomie et des mathématiques. Il convient donc de se placer sur un segment plus ou moins clair et calculé de l’avenir temporel, et d’évaluer un échantillonnage d’événements culturels et historiques afin d’illustrer cet exposé, qui n’a pas la prétention d’être d’une étude historique ou sociologique.

 

Nous pourrions nous placer alors en Alexandrie, au troisième siècle de notre ère, et observer la multitude d’idées, conceptions et personnages, traditions et cultures –y compris l’hindoue et la bouddhiste–, qui y confluent, constituant une véritable croisée des chemins, le point de concentration d’une série d’énergies analogues, venues de diverses directions, qui devront par la suite former les différentes facettes de notre culture. En ces temps et ces lieux, nous pourrons trouver le christianisme des premiers pères cohabitant avec le gnosticisme, tous deux d’origine orientale ; la pensée grecque, le néoplatonisme en particulier –qui apparaîtra comme une constante au cours de l’histoire d’Occident– mêlé à la tradition hébraïque et aux fragments de civilisations comme la chaldéenne, l’égyptienne, les iraniennes ou autres, certaines ayant été perdues ou oubliées. Dans cet essai, nous ne tenterons pas non plus de donner une vision plus ou moins claire de ces faits, ni même d’en offrir un panorama. Nous renvoyons le lecteur à la nombreuse bibliographie sur le sujet, œuvre d’authentiques spécialistes. De notre point de vue, nous mettons l’accent sur ces coordonnées spatio-temporelles, en tant que lieu de réunion et postérieure expansion des idées de la Tradition Unanime, de la philosophie pérenne et universelle, de la doctrine, qui sont arrivées jusqu’à nous sous le nom de tradition hermétique. Il est également très intéressant de souligner que ces idées sont demeurées vivantes à travers les siècles, jusqu’à nos jours. Et elles n’ont pas seulement survécu, sinon qu’elles ont constitué, et constituent encore, l’invisible trame de certains événements revivifiants de l’histoire de l’homme occidental, sans quoi cette histoire et cet homme auraient disparu il y a bien des années.

 

Cet échafaudage d’idées demeurera plus ou moins indemne et sera considéré comme la sagesse, toujours occulte et fuyante, mais présente dans la vie publique de la ville et du peuple –comme un impérissable héritage culturel–, jusqu’au dix-septième siècle environ. Et il continuera de constituer la moelle épinière de la culture européenne. Mais à partir de là, les valeurs les plus profondes entrent en crise à cause du mal nommé « humanisme » et se dégradent jusqu’à atteindre la négation de toute possibilité de tradition et de doctrine, la méconnaissance de tout ésotérisme et l’ignorance complète en tout ce que l’on entend par initiation7. L’on passe alors à la profanation du sacré et à la désacralisation de la vie et de la réalité, ce qui fait que tout commence à devenir empirique et insignifiant.

Ce n’est pas que cela ne soit jamais arrivé auparavant –ou, inversement, que la lumière n’existe pas dans l’obscurité actuelle–, mais nous faisons maintenant référence au ton particulier d’un cycle déterminé. Le cycle que nous traitons est, en termes généraux, celui de la culture dite occidentale. Et comme tout cycle, il s’enchaîne à un autre, qui à son tour s’enchaîne à un troisième, et ainsi de suite. Mais ce n’est pas tout : chaque cycle est un fragment d’un autre plus vaste et chacune de ses parties peut être en soi un cycle complet, avec son système de sous-cycles, et ainsi indéfiniment. Tout est cycles dans les cycles, et l’histoire démontre –parfois de façon alarmante– cette complexité aussi subtile qu’embrouillée. Mais la doctrine apparaît en chacun, d’une manière ou d’une autre, tantôt brillant intensément, tantôt déclinant, ou cachée dans l’obscurité, dans le cœur de quelques uns. La tradition hermétique a été présente en Occident depuis ses origines historiques et idéologiques, se manifestant à travers différents groupes, personnes ou institutions.

 

Nous ne nous référons pas seulement à la philosophie grecque, Pythagore et Platon, Plotin, Proclus, Porphyre, ni à la sotériologie des Romains (Virgile, Apulée) non plus qu’aux véritables gnostiques, ni aux premiers pères de l’Église, sinon que nous voulons mettre l’accent sur l’énorme accumulation d’hermétistes occidentaux chrétiens et d’ésotéristes juifs et islamiques, qui eurent une telle influence sur les constructeurs du Moyen Âge et les alchimistes, rosicruciens et certains ordres de chevalerie, d’où dérive la Franc-Maçonnerie, organisation initiatique née historiquement au dix-huitième siècle, bien que d’origines beaucoup plus anciennes –voire mythiques–, qui heureusement a perduré jusqu’à nos jours et, malheureusement, est pratiquement inconnue, même pour ses propres intégrants, en raison de la dégradation culturelle cyclique que l’on peut constater partout et dans tous les ordres, progressant à grands pas de plus en plus rapides, et qui a rendu la vérité aussi mystérieuse et secrète, comme si elle s’était vraiment retirée en son for intérieur et que l’on doive la rechercher, ou nous ôter les voiles psychologiques qui la dissimulent à nos propres regards. La Maçonnerie continue néanmoins d’impartir dans ses loges une initiation parfaitement valable puisqu’il s’agit de la transmission régulière d’une influence spirituelle. Beaucoup de loges en Europe et en Amérique accomplissent un très sérieux travail et nombreux sont les adeptes qui revitalisent les valeurs originelles.

 

En ce qui concerne l’Occident moderne, nous pouvons accepter que les traditions religieuses qui le forment actuellement, et qui sont les plus présentes dans sa culture, sont la juive, la chrétienne et l’islamique, c’est-à-dire celles qui sont appelées traditions « du Livre ». Le judaïsme possède sa propre tradition dans sa religion, et certains rabbins se consacrent à la kabbale, aux rapports entre lettres, mots et nombres, à l’étude, au rite et à la méditation.

 

 Quant à l’Islam, sa part exotérique et son ésotérisme sont bien peu différenciés. Religion du désert, elle est vécue d’une façon individuelle et ses pratiques, totalement intérieures, n’ont besoin ni d’imagerie ni de rites compliqués. Le soufisme, on le sait, est l’expression de l’ésotérisme islamique. Quant au christianisme, et plus particulièrement au catholicisme, nous dirons que beaucoup de ses membres ont appartenu, à différentes époques, à des ordres hermétiques d’ésotérisme chrétien. Papes, archevêques, évêques, cardinaux, simples abbés, curés ou humbles moines, ont incarné la connaissance. Et pas uniquement les docteurs et les sages de l’église, mais aussi des saints et des martyrs, à commencer par les apôtres. Il nous suffira de mentionner quelques noms, tirés de l’ésotérisme chrétien, qui prouvent sa continuité et son importance, non seulement en ce qui concerne l’Église en tant qu’institution et le catholicisme en tant que religion, sinon dans la mesure où il représente historiquement les racines mêmes de la pensée occidentale. Ainsi, par exemple, nous devrions commencer par Origène et les premiers pères de l’Église pour continuer avec le christianisme orthodoxe d’Orient, parler du monachisme en Irlande, de Saint Benoît et de la constitution de divers ordres de moines religieux, pour passer à Saint Bernard, à Cîteaux et à la chevalerie, mentionnant rien de moins que Denys l’Aréopagite au cinquième siècle, ainsi que Saint Augustin, pour arriver à Albert le Grand, Saint Thomas d’Aquin, et au Maître Eckhart. Sur ce point, notons l’apparition importante d’un milieu initiatique : les mystiques de Munich, qui furent pour Echkhart l’équivalent de l’ordre des Fedeli d’Amore pour Dante. Nous devrions de même rappeler les artistes médiévaux (Nicolas Flamel, Basile Valentin, Bernard de Trévise) et l’hermétisme cabalistique chrétien : Raymond Llull, Nicolas de Cues, Marsile Ficin et Pic de la Mirandole. Ainsi que Jacob Boehme, Cornelius Agrippa, François Zorzi ; et les mages élisabétains, jusqu’à Robert Fludd et les rose-croix déjà mentionnés.

 

Nous pourrions ainsi parcourir les cycles des histoires particulières –qui sont inscrits dans d’autres, plus larges– et établir des rapprochements légitimes et des rapports insoupçonnés de toute sorte, entre divers événements sans connexion apparente, qui nous permettrait de voir et de connaître une autre histoire. Et là réside en fait la valeur réelle de l’histoire des personnages et des peuples, de pouvoir être appréhendée comme un code de signaux significatifs, comme un discours parsemé ici et là de détails révélateurs. Un langage cryptographique, qui pourrait nous donner une sorte de spectre ou de panorama –de cadrage dans le temps–, dans lequel pouvoir lire comme en un livre ouvert, le livre de la vie, dont la lecture doit nous mener à l’immortalité à travers la connaissance des cycles universels, analogues aux cycles des hommes.

 

La connaissance d’un « autre temps » est en fait comprise dans l’ordination ou initiation hermétique, qui implique l’expérience directe d’une cosmogonie et l’initiation à ses mystères. Et l’on a souhaité l’apporter ici afin de démontrer l’influx spirituel de la tradition hermétique, sous diverses formes, en Occident. Même le christianisme offre une initiation virtuelle par l’intermédiaire du sacrement du baptême, ou régénération par les eaux, raison pour laquelle ceux que le sujet que nous traitons intéresse ne doivent pas nécessairement recourir à des traditions étrangères à la leur, bien qu’il ne faille jamais les rejeter, malgré les difficultés que l’on a parfois à s’y identifier.

L’alchimiste et l’astrologue travaillent seuls. C’est ainsi que l’on peut les voir dans de nombreuses gravures de l’iconographie hermétique. Ou bien étudiant, méditant ou priant, ou alors absorbés dans la contemplation de leurs découvertes. L’œuvre hermétique se produit à l’intérieur de l’athanor (par analogie, le temple de l’homme). Cette tradition propose en fait la connaissance au moyen de l’étude de la cosmogonie. Étudier les lois cosmogoniques ne suppose pas l’érudition littérale, ou le calcul de détails banals, qui sont secondaires pour ces disciplines, voire parfois encombrantes. Connaître la cosmogonie implique de ne former qu’un avec elle. Être vivant ou être né au véritable état humain. Ce fait stupéfiant comprend la perte et la découverte d’une identité, une mort et une résurrection, qui sont réalisées d’innombrables fois au cours de plusieurs années, dans l’athanor de l’alchimiste, son intériorité. Et il lui donne également la matière première pour continuer de travailler à ce processus alchimique, également appelé d’initiation sur la voie de la connaissance et de la vie réelle.

 

Connaître une cosmogonie signifie vivre le mandala tridimensionnel du cosmos. Comprendre la révélation d’un univers et ses lois, absolument différent de ce que l’on nous a enseigné. Où les valeurs sont autres à un tel point, qu’elles ne peuvent être perçues qu’au moyen d’une totale conversion psychologique. Ce processus nécessite un ordre et un travail. Non seulement il existe d’énormes risques de déviations de toute sorte (qui forment généralement part du processus), mais il peut se révéler pratiquement impossible à réaliser, pour des raisons indéfinies. L’on dit que c’est difficile, mais non impossible. L’on peut laisser en chemin, entre autres, la santé, la réputation et l’honneur, c’est-à-dire toute sécurité. Mais la récompense est l’identité, la connaissance, l’être. L’apprenti alchimiste est disposé à la réalisation spirituelle, qui comporte la connaissance vivante des lois du cosmos, de la connaissance de soi, en définitive, et de la réalité, de l’ordre, de la vie. Il recevra donc ce qu’il a désiré, à condition que son travail soit patient et plein de sacrifices et qu’il surmonte les épreuves des héros mythologiques. Il doit mener son travail hermétique à tous les niveaux de sa vie et de son quotidien, car il s’agit de la récupération de la lumière –la lucidité–, en utilisant le feu émotif du sang.

 

L’étude des disciplines hermétiques et des textes magiques alternera avec une méditation constante et un travail interne, sacré, et l’on se surprendra alors de se voir de plus en plus étranger dans le monde des causes et effets. Cet espace interne pourra héberger les structures avec lesquelles il pourra construire un nouveau cosmos, ou mieux, les découvrira en soi et partout manifestées. Il pourra alors vivre du matin au soir –et même durant ses heures de repos– un monde nouveau, toujours plus surprenant, dont la caractéristique est la richesse ainsi que la splendeur. Ayant tant entre les mains, il doit prendre alors conscience de sa responsabilité envers lui-même, et observer que ce qu’il a obtenu ne l’a pas été par ses propres mérites, n’est pas une découverte personnelle, sinon que c’est tout simplement ainsi, et que, en outre, cela ne lui appartient pas. Et davantage encore, il reconnaîtra que sa personnalité, telle qu’il l’imaginait, n’existe pas. Il devra alors tenter de se débrouiller avec des stratégies propres aux arts martiaux et constamment équilibrer le parcours, le maniement de son véhicule. Cet art demande une manipulation délicate et il est probable qu’il ne s’apprenne que par à-coups ; il s’agit pour le moins d’une science aux forts contrastes. Mais en persévérant jusqu’au bout, il réussira à vivre dans un mandala vivant, miroir du cosmos, où toute chose possède sa signification, avec les tensions et les nuances propres à l’harmonie et à l’ordre du créé, et à son soutien invisible et archétypal. Il aura connu la cosmogonie, et après le baptême lunaire de Jean, d’eau (de la science de l’équerre), et avoir reçu le baptême solaire de Jésus, de feu (de la science du compas), et quand il aura mis le point final à ce dernier processus, l’on pourra donc dire alors qu’il a compris l’essence de la terre et du ciel, en simultanéité avec son arrivée au centre et revient à être déjà prêt pour entamer son ascension verticale, puisqu’il en a terminé avec les petits mystères.

 

Il s’agit donc d’un sentier magique, où les véhicules eux-mêmes sont révélateurs. Et lorsque nous employons le terme magie, il va de soi que nous ne parlons pas d’une chose mineure, où les intérêts personnels, toujours mesquins, sont en jeu et la simple individualisation du phénomène est estimée selon les étalons modernes et matérialisés. Nous nous référons à quelque chose de beaucoup plus subtil et puissant : l’authentique structure invisible de l’espace et du temps, perçue directement par l’intuition et qui a cessé d’être extérieure ou étrangère à soi-même et au tout. Entre autres motifs, l’on dit que la pensée analogique est magique, car les associations et les correspondances qu’elle provoque nous apprennent à penser, nous font savoir de quoi traite l’obscur souvenir de la connaissance. Et nous convertit en véritables êtres intelligents en nous permettant de prendre part à la nature de notre identité. Cette transformation psychologique, et la phénoménologie qui lui correspond, est placée sous le sceau de la magie et de la théurgie. Il existe par ailleurs des systèmes initiatiques spécialement conçus pour transmettre ces vérités de la pensée analogique.

 

 Ces méthodes sont chargées de l’influence spirituelle de ceux qui leur ont donné le jour et de l’énergie de tous ceux qui les ont prises comme support de méditation. Elles ont été construites à ces fins –tout comme n’importe quel texte révélateur ou sacré, qui n’aurait pas été écrit si ce n’est dans ce but– et l’on fait confiance à leur pouvoir symbolique et synthétique, qui nous manifeste la cosmogonie à travers un mandala –ou ensemble de structures– pour nous y faire prendre part, utilisant des codes et des symboles comme l’arbre de la vie séphirotique ou le jeu de Tarot.

L’énergie spirituelle de la révélation se transmet de cette manière, et la personne qui se trouve en conditions de comprendre pourra entendre les voix et l’appel de la Tradition et rendre effective son initiation, c’est-à-dire entrer sur le chemin de la connaissance. À ce stade, la majeure partie des candidats auront sûrement assez connu le monde qui les entoure, et s’en seront d’une façon ou d’une autre désillusionnés ; ils auront fait le tour de ce que la société actuelle peut leur offrir d’intéressant, surtout en ce qui concerne la réalisation de l’être authentique. Autrement dit, ils auront effectué un travail d’épuration et de sélection sur eux-mêmes, et cette quête les aura conduits jusqu’aux thèmes de la tradition hermétique, qui ne se trouvent presque jamais par hasard. À partir d’un moment donné –pour lequel il faut être intérieurement préparé–, le processus de connaissance débute effectivement. Les épreuves initiatiques sont postérieures à ce stade et on les assimile au passage du labyrinthe. Les difficultés rencontrées par chaque aspirant jusqu’au moment de l’initiation ne doivent être appréhendées que comme des circonstances préparatoires, si graves ou significatives qu’elles soient.

 

Dès lors, tout un processus s’articule qui, transposé sur le plan temporel, sera forcément progressif et graduel, et comprendra la connaissance de sept ou neufs degrés, ou davantage, selon les différentes traditions, qui sont symbolisés dans l’espace par la pyramide ou bien, sur le plan, par la spirale –ou la double spirale– ou par un groupe de cercles concentriques (les uns dans les autres), qui peuvent être synthétisés en trois grands cercles ou niveaux, correspondant aux grades d’apprenti, compagnon et maître, et aux sous-grades intermédiaires entres ces stades.

Ces choses sont faciles à comprendre, mais pas autant à expérimenter honnêtement, raison pour laquelle une multitude de gens n’ont fait que confondre et être confondus, retranchés derrière l’ignorance d’autrui, devenant de véritables entraves à l’initiation des purs, se faisant ainsi complices de forces très obscures, que nous n’oserons pas qualifier, mais qui peuvent arriver à former partie de ce processus et même le briser définitivement.

Nous faisons expressément référence à ceux qui nient la possibilité d’incarnation de la connaissance, à travers un développement, et répudient ainsi la divinité du Christ interne, à l’encontre de l’opinion unanime des traditions. Ces personnes sont les mêmes qui, ne se sentant pas qualifiées pour cette entreprise, se permettent de juger les autres d’après la platitude et la médiocrité de leurs propres critères, se condamnant ainsi à demeurer enclos dans leurs propres limitations, sans que leur désir de blesser, et de faire le mal, soit moins notoire pour autant. Chose curieuse, ce type de personnes sont moralistes et prétendent parfois connaître quelque chose au processus initiatique. Ce sont des ennemis aussi dissimulés que puérils, qui croient que l’initiation est une cérémonie physique, au cours de laquelle un extraterrestre impose les mains sur un pauvre ignorant et celui-ci se transforme instantanément en superman. Pour eux, l’initiation serait un diplôme dûment certifié et garanti par une religion officielle, un prix de bonne conduite et de ponctualité, une gratification octroyée au mérite. Méfions-nous de ceux qui « savent » quelque chose au sujet de la doctrine, du mystère et de l’initiation, faux docteurs de la loi qui condamnent le processus d’amour et de passion chrétienne. Ces gens sont généralement les mêmes que ces autres obscurs sacristains de vocation, qui prétendent être « bons » et « pieux » pour la « bonté » et la « piété » en soi, établissant de véritables compétitions pour juger qui est le meilleur et le plus grand d’entre eux, tous enflés d’une satisfaction orgueilleuse, humide et poisseuse. Ces personnages, insignifiants en soi, peuvent néanmoins faire beaucoup de mal, répétons-le, en s’abritant derrière une orthodoxie menteuse et une position et une connaissance fausses ; et l’aspirant doit savoir que ce sont les ennemis de son évolution spirituelle, qu’il doit absolument les vaincre, sur le plan des idées, car il est probable qu’ils fassent partie des épreuves de son parcours et ne soient pas simplement de pauvres innocents fourvoyés.

 

Il y a également une autre espèce que l’on peut rencontrer au cours du processus et qui constitue avec la précédente un bloc bien défini, ayant en commun de feindre, bien que l’apprenti doit savoir que des dangers innombrables l’attendent sous forme de multiples personnages, qui ne sont que la projection externe et sociale de ses ego intérieurs. Il s’agit, dans ce cas, de ceux qui comprennent que dominer ses passions c’est les dissimuler. Et de plus, avec toujours une seconde intention, intimement liée au pouvoir. Et ils ne se permettent pas la moindre démonstration d’émotion, agissant avec « l’habileté » des joueurs de poker, de gens qui ont « du cran », qui agissent avec « sang-froid »

 

Pour de nombreux concepts il se passe la même chose qu’avec ces personnages, ou ego, et ils représentent de véritables risques. Sans aller chercher plus loin, prenons toute la terminologie utilisée actuellement, qui correspond à une lecture littérale et matérialisée des mots et des termes, par rapport au sens dans lequel ils ont été conçus. Cette confusion, cette entrave, n’est pas un fait isolé sinon que, au contraire, elles constituent un échantillon de la dégradation culturelle générale de la société moderne, dont le chef, il faut le nommer, est le prince de ce monde qui, cela a déjà été fort bien dit, est non seulement un monstre du mal et de la fausseté, sinon qu’il est par-dessus tout un parfait imbécile doublé d’un menteur. Personnage que nous portons tous en nous-mêmes et qui nous pousse à nous vendre continuellement pour un plat de lentilles.

 

Par conséquent, il n’y a aucune irrégularité dans un processus initiatique qui se réalise au moyen des enseignements, instructeurs et maîtres de la tradition hermétique –non plus que dans un qui s’effectue au sein de la tradition juive, chrétienne ou islamique– et dont le développement est normal, en dépit des difficultés, problèmes et paradoxes en tout genre, propres à cette voie de magie et théurgie –où l’on travaille presque toujours en solitaire–, et malgré que sa réalisation se produise dans un milieu aussi irrégulier que le monde moderne. Et il faut faire observer aux personnes à qui il commence à arriver certains faits liés à l’ouverture de la conscience et qui veulent les partager, qu’elles fassent attention, car ces choses sont dangereuses. Mais elles pourraient aussi se sentir suffisamment sûres pour pouvoir les vivre avec d’autres, ou un autre, parmi lesquels se trouvera l’Esprit, comme il est dit dans les évangiles. L’on affirme également que : « Cherchez et vous trouverez. ». Et de même, un adage hermétique assure que : « Lorsque le disciple est prêt, le maître apparaît ». Ce dernier, si l’attitude est correcte, surviendra de toute façon.

 

Il convient de préciser, d’un côté, que personne ne peut ajouter une seule coudée à sa taille, raison pour laquelle il faut arriver jusqu’où l’on peut et l’on doit, sur la voie de la vie et de la connaissance. D’un autre côté, que malgré ses multiples mérites, tout a été et sera enseigné à l’aspirant. Qu’aucun homme ne peut ni ne pourra connaître ces secrets, ni les découvrir par lui-même, si ce n’est par révélation et par sa participation à une chaîne initiatique, dont il est un maillon. La voie proposée ici est la symbolique de la tradition hermétique et son rapport avec la symbolique et la mythologie universelles. Là où un symbole ou un mythe ne semble pas clair, dans un contexte ou un autre, l’on recherche l’analogie correspondante dans telle ou telle tradition. Les transpositions et relations effectuées avec les symboles constituent une grande part du travail hermétique. Un symbole chinois, ou précolombien, peut illuminer immédiatement un symbole européen, et former ainsi part intégrante d’un ensemble de relations, d’idées, qui ne pourraient être réalisées sans sa participation. Il faut une fois de plus rappeler l’énergie-force attribuée aux symboles en général, et à ceux de la tradition hermétique, dans ce cas particulier, et l’irradiation de leur magie et théurgie. Il faut aussi être parfaitement attentif aux textes des sages, hiérophantes et mages, qui agissent d’une manière spéciale chez ceux qui sont capables de les recevoir, et les conduisent au jardin du paradis, ou état adamique, les ramenant à l’androgynie originelle.

Source : http://symbolos-fg.com/roue4.htm

 

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Interprétation de la Table d'Émeraude

27 Mai 2012 , Rédigé par Olivier de Rouvroy Publié dans #Hermétisme

Premier verset : « Il est vrai, sans mensonge, certain et tout à fait véridique. »

Ce premier verset n'a pas besoin d'être interprété quant au fond. Il mérite cependant un petit commentaire au niveau de sa forme. L'auteur y affirme en effet, avec une insistance et une solennité qui peuvent paraître disproportionnées, l'authenticité de la Table et de son contenu. Pourquoi avoir pris tant de précautions, déployé tant d'emphase et utilisé quatre mots différents pour exprimer la même idée, alors que les versets suivants brillent au contraire par leur concision et leur minimalisme ? La raison en est peut-être qu'il fallait en quelque sorte « préparer » le néophyte à accepter le sens caché de la Table, dans l'hypothèse où elle ferait effectivement référence implicite à des concepts inconcevables pour les humains de l'époque, concepts qui, même de nos jours, sont d'ailleurs encore loin d'être compris ni assimilés par le commun des mortels, puisqu'ils concernent l'anti-monde et l'antimatière.

Second verset : « Tout ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut, et tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, afin d'accomplir les miracles de la Chose Une. »

« En bas » pourrait signifier « dans le monde de la matière » et « en haut » « dans le monde de l'antimatière. » Le monde antimatériel obéit aux mêmes lois que notre monde physique. Il est tridimensionnel comme le nôtre. Mais tout y est inversé au niveau des polarités.

Les énergies génératrices de vie et de mouvement dans notre sphère d'expérimentation proviennent d'un univers unique, spirituel, émanation d'un Dieu unique, mais elles circulent en permanence entre son pôle matériel et son pôle antimatériel. La connaissance des lois électrogravitationnelles qui régissent cette bipolarisation permet « d'accomplir des miracles d'une seule Chose », c'est-à-dire d'utiliser de manière optimale (miraculeuse en apparence) ces énergies, ce qui est précisément la clé de la technologie utilisée par les extraterrestres.

Troisième verset : « Et comme toutes les choses sont sorties d'une, à travers la pensée de l'Unique, de même toutes choses sont nées de cette chose unique, par adaptation. »

Tout dans l'univers est énergie. L'énergie est une quintessence unique émanée du Créateur, qui s'est ensuite fragmentée, structurée et adaptée à notre trame cosmique tridimensionnelle pour y générer la vie sous ses multiples formes.

Quatrième verset : « Le Soleil en est le père, la Lune est sa mère, le vent l'a portée dans son ventre ; la Terre est sa nourrice et son réceptacle. »

Le Soleil (principe masculin) désigne l'électricité, la Lune (principe féminin) désigne le magnétisme, et le vent (principe neutre) désigne la trame électrogravitationnelle. La Terre transmet l'électricité et le magnétisme à partir de l'ionosphère sous forme d'électromagnétisme et permet ainsi à l'énergie primordiale de se manifester dans le plan physique et à la vie de s'y développer.

Cinquième verset : « Le père de tout, le Thélème du monde universel est ici. Sa force ou puissance reste entière, si elle est convertie en terre. »

La Force primordiale n'est donc pas absente de la matière. Elle y est simplement condensée (« coagulée », selon le jargon des alchimistes), mais sa puissance y demeure entière.

Sixième verset : « Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais doucement, avec grande industrie. »

Pour avoir accès à cette Force, il suffit de séparer l'antimatière (le subtil) de la matière (l'épais) par inversion des polarités et aspiration antigravitationnelle. Il faut le faire « doucement et avec grande industrie », c'est-à-dire avec minutie et précision, car sinon, il y a un risque d'explosion du vaisseau au moment de l'inversion des polarités. (Effectivement, les vaisseaux extraterrestres risquent la désintégration au cours de cette manouvre dont différents contactés ont confirmé qu'elle est extrêmement périlleuse).

Septième verset : « Il monte de la Terre vers le Ciel, et de nouveau il descend vers la Terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu connaîtras par ce moyen la gloire du monde ; et pour cela toute obscurité s'enfuira de toi. »

Les vaisseaux extraterrestres sont capables d'aller de la Terre aux étoiles, et des étoiles à la Terre, car ils maîtrisent la technologie de l'inversion des polarités. Cette technologie permet de parcourir l'univers et de contempler la gloire du Créateur à travers l'immensité de Sa Création. Toute obscurité s'enfuit, car on peut atteindre des vitesses supra-luminiques à bord de ces vaisseaux.

Huitième verset : « C'est la Force forte de toute force, car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. »

La maîtrise technologique extraterrestre de la Force Télesma (que l'on peut assimiler à l'énergie libre) permet de voyager sur la trame cosmique à travers tous les plans et toutes les dimensions.

Neuvième verset : « Ainsi le monde a été créé. »

Voilà ce qui pourrait bien être la confirmation de nos origines extraterrestres. Car l'ADN est une molécule spirituelle, qui pourrait avoir été préparée dans l'anti-monde pour permettre à la Force primordiale de se matérialiser ensuite dans le plan physique par inversion de polarités.

Dixième verset : « De ceci seront et sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen est ici donné. »

Quand notre humanité aura compris d'où elle vient et où elle doit retourner, elle acceptera l'aide de sa Famille primordiale, et il se produira des événements merveilleux.

Onzième verset : « C'est pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie universelle. »

Hermès est celui auquel il a été accordé d'obtenir la connaissance de ces trois mondes qui forment l'univers : le monde matériel, le monde antimatériel et le monde spirituel.

Douzième verset : « Ce que j'ai dit de l'Oeuvre solaire est complet. »

Pourquoi cette Table se réfère-t-elle à l'Oeuvre solaire en guise de conclusion ? L'explication pourrait en être que le Soleil exprime la synthèse entre le monde antimatériel en tant que source de Lumière, le monde matériel en tant que source de Chaleur, et le monde spirituel en tant que Source de Vie, et que la Force Telesma provient du Soleil Central, qui représente la matrice spirituelle et énergétique de notre univers en même temps que le siège de l'Intelligence Cosmique multidimensionnelle.

L'Ascension, à laquelle l'humanité est aujourd'hui conviée, pour rejoindre notre Famille de Lumière, est d'ailleurs bel et bien une Ascension solaire. C'est ce qui ressort de nombreux messages canalisés au cours des dix dernières années. Voilà pourquoi le travail spirituel sur la Lumière est tellement important. Ceux qui aiment le Soleil et la Lumière n'ont rien à craindre de l'échéance de l'année 2012.

Source : http://erenouvelle.nous-les-dieux.org/edittabl.htm

 

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La vibration

26 Mai 2012 , Rédigé par KYBALION Publié dans #Hermétisme

Le Troisième grand Principe Hermétique, le Principe de Vibration, implique la vérité que le Mouvement se manifeste partout dans l'Univers, que rien n'est à l'état de repos, que tout remue, vibre et tourne en rond. Ce Principe hermétique était reconnu par quelques-uns des premiers philosophes grecs qui l'introduisirent dans leurs systèmes. Mais, pendant de nombreux siècles tous les penseurs, sauf les penseurs hermétistes le perdirent de vue. Au dix-neuvième siècle, la science physique découvrit à nouveau la vérité et les découvertes scientifiques du vingtième siècle ont apporté de nouvelles preuves de l'exactitude de cette doctrine hermétique, vieille de plusieurs siècles.

 

Les enseignements hermétiques disent que non seulement tout est en état de mouvement perpétuel et de vibration constante, mais encore que les "différences" qui existent entre les diverses manifestations du pouvoir universel sont dues entièrement à la diversité du mode et de la période des vibrations. Mieux encore, Le Tout, en lui-même, manifeste une vibration constante d'un degré si intense et d'un mouvement si rapide qu'il peut être pratiquement considéré comme à l'état de repos ; les professeurs l'expliquent en attirant l'attention des élèves sur le fait que même sur le. plan physique, un objet qui se meut avec rapidité, une roue qui tourne par exemple, paraît être à l'état de repos. Les enseignements préconisent l'idée que l'Esprit se trouve à une extrémité d'un Pôle de la Vibration des formes de Matière extrêmement grossières se trouvant à l'autre Pôle. Entre ces deux Pôles, il y a des millions et des millions de modes et de périodes différents de vibration.

La Science Moderne a prouvé que tout ce que nous appelons Matière et Energie n'est qu'un "mode de mouvement vibratoire", et quelques-uns des savants les plus avancés se rallient rapidement à l'opinion des occultistes qui affirment que les phénomènes de l'Ame ne sont de même que des modes de vibration ou de mouvement. Voyons ce que nous dit la science sur la question des vibrations dans la matière et dans l'énergie.

 

D'abord, la science enseigne que toute matière manifeste à un degré quelconque, les vibrations résultant de la température. Qu'un objet soit froid ou chaud, ces deux conditions n'étant que des degrés différents de la même chose, il manifeste certaines vibrations caloriques et, à ce point de vue, il se trouve en mouvement à l'état de vibration. Toutes les particules de Matière sont douées de mouvements circulaires, depuis les corpuscules jusqu'aux soleils. Les planètes exécutent leur révolution autour des soleils, et beaucoup d'entre elles tournent sur leurs axes. Les soleils se meuvent autour de points centraux plus grands ; ceux-ci sont considérés comme se mouvant autour de points encore plus grands, et ainsi de suite, à l'infini. Les molécules dont sont composées les sortes particulières de Matière sont dans un état constant de vibration et de mouvement les unes autour des autres et les unes contre les autres. Les molécules sont composées d'Atomes qui, de même, se trouvent dans un état constant de vibration et de mouvement. Les atomes sont composés de corpuscules, quelquefois appelés "électrons", "ions", etc., qui sont également dans un état de mouvement accéléré, tournant les uns autour des autres, et manifestant un état et un mode de vibration excessivement rapide. Nous voyons donc que, conformément au Principe Hermétique de la Vibration, toutes les formes de Matière manifestent de la Vibration.

 

Il en est ainsi pour les diverses formes d'Energie. La science nous enseigne que la Lumière, la Chaleur, le Magnétisme et l'Electricité ne sont que des formes de mouvement vibratoire émanant très probablement de l'Ether. La science n'essaye pas encore d'expliquer la nature du phénomène connu sous le nom de Cohésion, qui est le principe de l'Attraction Moléculaire, ni l'Affinité Chimique qui est le principe de l'Attraction Atomique, ni la Gravitation, le plus grand de ces trois mystères, qui est le principe de l'attraction, par lequel toute particule ou foute masse de Matière est intimement liée à toute autre masse ou à toute autre particule. Ces trois formes d'Energie ne sont pas encore comprises par la science ; cependant les écrivains penchent fortement vers l'opinion qu'elles sont également des manifestations d'une forme quelconque d'énergie vibratoire, fait que les hermétistes connaissaient et qu'ils ont enseigné il y a un nombre considérable d'années.

 

L'Ether Universel, dont la science affirme l'existence sans que sa nature soit bien clairement comprise, est considéré par les hermétistes comme une manifestation supérieure de ce que l'on appelle à tort matière ; mais ils entendent une Matière ayant atteint un degré supérieur de vibration ; ils l'appellent "La Substance Ethérée". Ils enseignent que cette Substance Ethérée est d'une ténuité et d'une élasticité extrêmes et qu'elle remplit tout l'espace universel, servant de milieu de transmission aux ondes d'énergie vibratoire, telles que la chaleur, la lumière, l'électricité, le magnétisme, etc. La Doctrine nous dit que la Substance Ethérée n'est qu'un maillon qui sert à relier entre elles les formes d'énergie vibratoire connues d'une part sous le nom de "Matière" et d'autre part sous le nom de "Energie ou Force" ; elle nous enseigne aussi qu'elle manifeste un certain degré de vibration, d'amplitude et de période qui lui sont tout à fait propres.

 

Les savants, pour montrer ce qui se produit quand on augmente la période des vibrations, émettent l'hypothèse d'une roue, d'une toupie ou d'un cylindre fonctionnant avec une grande rapidité. Cette expérience suppose que la roue, la toupie ou. le cylindre tourne d'abord à une faible vitesse ; dans ce qui va suivre pour faciliter l'exposé, nous appellerons cette chose qui tourne "l'objet". Supposons donc que l'objet tourne lentement. Il est possible de le distinguer facilement, mais aucun son musical résultant de sa rotation ne vient frapper notre oreille. Augmentons progressivement la vitesse. En quelques instants, sa rotation devient si rapide qu'un bruit léger, une note basse peut être entendu. Puis, au fur et à mesure que l'objet tourne plus rapidement, la note s'élève dans l'échelle musicale. En augmentant encore la rapidité du mouvement, on peut distinguer la note immédiatement supérieure. Ainsi, les unes après les autres, toutes les notes de la gamme apparaissent de plus en plus aiguës au fur et à mesure que la rapidité du mouvement s'accroît. Finalement, quand la rotation a atteint une certaine vitesse, la dernière note perceptible aux oreilles humaines est atteinte et le cri aigu, perçant s'éteint et le silence suit. L'objet ne laisse plus entendre aucun son ni aucun bruit, la rapidité du mouvement étant si grande, les vibrations étant si rapides que l'oreille humaine ne peut plus les enregistrer. A ce moment, on commence à percevoir un accroissement de chaleur. Puis au bout d'un certain temps, l'œil voit l'objet devenir d'une couleur rouge sombre.

 

Si la rapidité devient encore plus grande, le rouge devient plus brillant. Puis, la vitesse augmentant, le rouge devient orange. L'orange devient jaune. Puis apparaissent successivement les teintes verte, bleu indigo et enfin violette. Finalement, le violet s'évanouit et toute couleur disparaît, l'œil humain n'étant plus capable de les enregistrer. Mais il existe des radiations invisibles qui émanent de l'objet, parmi lesquelles certaines sont employées en photographie. C'est alors que commencent à se manifester les radiations particulières connues sous le nom de "Rayons X", etc., quand la constitution physique de l'objet commence à se modifier. L'électricité et le magnétisme se manifestent quand l'amplitude suffisante de vibration est atteinte.

 

Quand l'objet acquiert un certain degré de vibration, ses molécules se désagrègent et se décomposent en ses propres éléments originaux et en ses propres atomes. Les atomes, obéissant au Principe de la Vibration, se séparent alors et redonnent les innombrables corpuscules dont ils étaient composés. Finalement, les corpuscules eux-mêmes disparaissent et on peut dire que l'objet est formé de Substance Ethérée. La science n'ose pas pousser l'hypothèse plus loin, mais les hermétistes enseignent que si la rapidité des vibrations était encore augmentée, l'objet atteindrait les degrés divers de la manifestation, puis manifesterait les différents stades mentaux ; ensuite, il poursuivrait sa route vers l'Esprit jusqu'à ce qu'il finisse par réintégrer Le Tout qui est l'Esprit Absolu. Mais "l'objet" aurait cessé d'être "objet" longtemps avant d'atteindre le stade de la Substance Ethérée ; cependant l'hypothèse est correcte en ce sens qu'elle montre quel serait l'effet obtenu si on augmentait constamment le taux et le mode de la vibration. De l'hypothèse que nous venons d'énoncer, il faut se rappeler ceci : au moment où "l'objet" émet des vibrations lumineuses, calorifiques, etc., il n'est pas décomposé en ces formes d'énergie, qui sont placées bien plus haut sur l'échelle ; il a simplement atteint un degré de vibration tel que ses formes d'énergie sont libérées en quelque sorte de l'influence des molécules, des atomes ou des corpuscules, qui suivant le cas cherchaient à les retenir. Ces formes d'énergie, bien qu'infiniment supérieures à la matière dans l'échelle, sont emprisonnées et confinées dans les combinaisons matérielles ; elles prennent des formes matérielles ; ainsi, elles s'emprisonnent, s'enferment dans leurs créations matérielles ; cela est vrai pour toutes sortes de créations ; la force créative s'enferme toujours dans ce qu'elle a créé.

 

Les Enseignements hermétiques vont plus loin que ceux de la science moderne. ils affirment que toutes les manifestations de pensée, d'émotion, de raison, de volonté, de désir, ou de tout autre état ou condition mentale, sont accompagnées de vibrations dont une partie est extériorisée au dehors et tend à influencer par "induction" l'esprit des autres individus. C'est le principe qui produit les phénomènes de "télépsychie", d'influence mentale et toutes les autres formes de l'action et du pouvoir d'un esprit sur un autre esprit, que le grand public commence à connaître parfaitement à cause de l'immense dissémination de connaissance occulte que font à notre époque les différentes écoles et les nombreux maîtres.

 

Toute pensée, toute émotion et tout état mental a son taux correspondant et son mode de vibration. Grâce à un effort de volonté de l'individu ou de plusieurs individus, ces états mentaux peuvent être reproduits, de même qu'il est possible de reproduire un son musical en faisant vibrer un instrument de musique d'une certaine manière, de même qu'on peut reproduire une couleur en faisant vibrer "l'objet" de tout à l'heure. Par la connaissance du principe de vibration appliqué aux Phénomènes Mentaux, on peut polariser son esprit et lui faire posséder le degré de vibration désiré ; on obtient ainsi un contrôle parfait de ses états mentaux, de son caractère, etc. Par le même procédé on peut influencer l'esprit des autres et produire en eux les états mentaux voulus. En un mot, on devient capable de produire sur le Plan Mental ce que la science produit sur le Plan Physique, c'est-à-dire, des "Vibrations à Volonté". Naturellement ce pouvoir ne peut s'acquérir que par une instruction, des exercices et une pratique convenable de la science de la Transmutation Mentale qui est une des branches de l'Art hermétique.

Que l'élève réfléchisse à ce que nous avons dit et il verra que le Principe de Vibration existe sous tous les merveilleux phénomènes manifestés par les Maîtres et les Adeptes, qui sont capables apparemment de laisser de côté les Lois de la Nature mais qui, en réalité, ne font qu'utiliser une loi pour se défendre contre une autre, un principe pour détruire l'effet des autres, et qui obtiennent leurs résultats étonnants en changeant les vibrations des objets matériels et des formes d'énergie et accomplissent ainsi ce que l'on appelle communément des "miracles".

Comme un des anciens écrivains hermétistes l'a dit avec raison : "Celui qui comprend le Principe de Vibration a saisi le sceptre du Pouvoir".

 

Source : http://jean-paul.barriere.pagesperso-orange.fr/Babaji/kybal13.htm

 

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Le Tout

26 Mai 2012 , Rédigé par KYBALION Publié dans #Hermétisme

"Derrière l'Univers du Temps et de l'Espace se cache toujours la Réalité Substantielle, la Vérité Fondamentale.
   

"Substance" signifie : "ce qui se trouve sous n'importe quelle manifestation extérieure ; c'est l'essence, la réalité essentielle, la chose en elle-même", etc. "Substantiel" signifie : "Actuellement existant, étant l'élément essentiel, étant réel", etc. "Réalité" signifie : "l'état d'une chose réelle, vraie, durable, solide, fixe, permanente, actuelle", etc. Derrière toute apparence et toute manifestation extérieure, il doit toujours y avoir une Réalité Substantielle. Telle est la Loi. L'homme qui considère l'Univers, dont il constitue une unité, ne peut voir que les changements qui se produisent dans la matière, dans les forces et dans les états mentaux. Il voit que vraiment rien n'existe, mais que tout naît et évolue. Rien ne reste en repos ; tout naît, grandît et meurt ; à l'instant même où une chose atteint son apogée elle commence à décliner ; la loi du rythme se manifeste constamment ; il n'y a en aucune chose ni réalité ni qualité durable, ni fixité, ni substantialité ; rien n'est permanent, tout change. Cet homme voit toutes les choses naître d'autres choses et prendre une autre forme ; il voit constamment une action et une réaction, un flux et un reflux, une construction et une démolition, une création et une destruction, la naissance, l'évolution et la mort. Rien ne reste stable, tout Change. Si c'est un penseur, il comprend que chacune de ces choses changeantes ne doit être que l'apparence, la manifestation extérieure de quelque Pouvoir sous-jacent, de quelque Réalité substantielle.

Les penseurs, sans exception, dans tous les pays et dans tous les temps, ont compris la nécessité de l'existence de cette réalité substantielle. Toutes les philosophies dignes de porter ce nom ont été basées sur cette pensée. Les hommes ont donné à cette Réalité substantielle de nombreux noms ; quelques uns l'ont désignée sous le nom de Déité ; d'autres l'ont appelée "l'Energie Infinie et Eternelle" ; d'autres encore ont essayé de l'appeler "Matière" ; mais tous ont reconnu son existence. Elle est évidente par elle-même ; elle n'a besoin d'aucun argument, d'aucune preuve.

Dans ces leçons, nous avons suivi l'exemple de quelques-uns des plus grands penseurs anciens et modernes du monde des Maîtres hermétistes. Nous avons appelé ce Pouvoir sous-jacent, cette Réalité Substantielle du nom Hermétique de "le Tout" ; nous estimons que ce mot est le plus facile à comprendre des nombreuses expressions appliquées par l'homme à la chose qui est au-dessus de n'importe quel nom et de n'importe quelle dénomination.

Nous acceptons et nous enseignons le point de vue des grands penseurs hermétiques de tous les temps aussi bien que celui de ces esprits illuminés qui ont atteint les plans supérieurs de l'être ; tous affirment que la nature profonde du Tout est Inconnaissable. Il doit, en effet, en être ainsi, car personne ne peut comprendre son être et sa nature propre, même à l'aide du Tout lui-même.

Les hermétistes croient et enseignent que le Tout, "en lui-même, est et doit toujours être Indéfinissable." Ils considèrent toutes les théories, toutes les conjectures et toutes les spéculations des théologiens et des métaphysiciens, concernant la nature profonde du Tout, comme l'effort enfantin d'esprits mortels pour saisir le secret de l'Infini. De tels efforts ont toujours échoué et doivent échouer toujours par la nature même du travail. Celui qui poursuit de telles enquêtes parcourt de tous côtés le labyrinthe de la pensée ; il finit par s'égarer, par perdre tout raisonnement, toute action, toute conduite saine et raisonnable et par devenir impropre au travail de la vie. Il ressemble à l'écureuil qui court avec frénésie sur la roue mobile de sa cage ; voyageant toujours et n'aboutissant nulle part, il reste prisonnier et se trouve toujours à l'endroit d'où il est parti.

Plus présomptueux encore sont ceux qui tentent d'attribuer au Tout leur personnalité, leurs qualités, leur caractère et leurs propres attributs, lui octroyant les émotions, les sentiments et les caractéristiques humaines, lui donnant même les plus grands défauts de l'humanité, tels que la jalousie, la tendance à la flatterie et aux éloges, le désir des honneurs et la cupidité, et tout ce qui subsiste des Jours où notre race était encore à son enfance. De telles idées ne sont pas dignes d'hommes et de femmes éclairés et doivent être rapidement écartées.

A cet endroit il nous paraît convenable de signaler que nous faisons une distinction entre la Religion et la Théologie, entre la Philosophie et la Métaphysique. Pour nous, la religion n'est qu'une réalisation intuitive de l'existence du Tout ; la Théologie, c'est la tentative des hommes de lui attribuer une personnalité, des qualités et des caractéristiques, de lui octroyer leurs théories concernant leurs affaires, leur volonté, leurs désirs, leurs plans et de se faire les "intermédiaires" entre lui et le peuple. Pour nous, la Philosophie est une recherche en vue de connaître les choses connaissables et pensables ; tandis que la Métaphysique est la tentative de mener l'enquête plus profondément, en dehors des limites ordinaires, dans des régions inconnaissables et impensables, et dans les mêmes intentions que la Théologie.

En conséquence., la Religion et la Philosophie sont pour des choses qui ont leurs racines dans la Réalité, tandis que la Théologie et la Métaphysique nous apparaissent comme des roseaux brisés, enracinés dans les sables mouvants de l'ignorance et ne constituant qu'un support fragile pour l'intelligence et l'esprit de l'homme. Nous ne voulons pas insister auprès de nos élèves pour leur faire accepter cette définition ; nous la mentionnons simplement pour bien définir notre position. D'ailleurs, dans ces leçons, nous ne parlerons que très modérément de Théologie et de Métaphysique.

Pendant que la nature essentielle du Tout est Inconnaissable, il existe certaines vérités liées à son existence que l'esprit humain se trouve disposé à accepter. Un examen de ces rapports constitue un sujet intéressant d'enquête, surtout quand ils se concilient avec les théories des Illuminés des plans supérieurs. Nous vous conseillons énergiquement de faire dès maintenant cette enquête.


"Ce qui est la Vérité Fondamentale, la Réalité Substantielle, n'a nul besoin d'une dénomination spéciale, mais les Hommes Eclairés l'appellent LE TOUT" LE KYBALION.


"Dans son Essence, LE TOUT EST INCONNAISSABLE."


"Cependant, l'exposé de la Raison doit être reçu avec la plus grande hospitalité et traité avec respect."

La raison humaine que nous devons écouter religieusement tant qu'il nous est possible de penser, nous renseigne comme il suit au sujet du Tout et, cela, sans chercher à écarter le voile de l'Inconnaissable.

1. Le Tout doit être Tout ce qui est réellement. Il ne peut rien exister en dehors du Tout, sinon Le Tout ne serait pas Le Tout.

2. Le Tout doit être Infini, car rien ne peut définir, confirmer, limiter ou restreindre Le Tout. Il doit être infini dans le Temps, c'est-à-dire éternel ; il doit avoir constamment existé, car il n'existe rien qui ait été susceptible de le créer ; quelque chose ne peut pas descendre de rien : s'il "n'avait pas existé", même pendant un très court instant, il "n'existerait" pas actuellement ; il doit être destiné à exister constamment dans l'avenir, car rien ne peut le détruire ; il ne pourra jamais "ne pas être", même pendant un moment, parce que quelque chose ne peut jamais devenir rien. Il ' doit être Infini dans l'Espace ; il doit être Partout, car il n'y a pas de place en dehors du Tout ; il ne peut être que continu dans l'Espace, sans fêlure, sans coupure, sans séparation ou sans interruption, car il n'existe rien qui puisse le briser, séparer ou interrompre sa continuité et rien qui puisse "fermer les brèches". Il doit être Infini en Pouvoir, c'est-à-dire Absolu, car rien n'est susceptible de le limiter, de le restreindre, de le réprimer, de le confiner, de le déranger ou de le maîtriser ; il n'est soumis à aucun autre Pouvoir, parce qu'il n'existe aucun autre Pouvoir.

3. Le Tout doit être Immuable, c'est-à-dire non sujet à modifier sa nature intime, car rien n'est capable d'opérer des changements en lui ; il n'existe rien en quoi il puisse se changer, ni d'où il puisse venir. On ne peut rien lui ajouter ni rien lui retrancher ; on ne peut l'augmenter ni le diminuer ; il ne peut devenir plus grand ou plus petit à quelque point de vue que ce soit. Il doit avoir toujours été et doit rester toujours exactement comme il est aujourd'hui : Le Tout ; il n'a jamais été, il n'est pas actuellement et ne sera jamais autre chose en quoi il puisse se changer.

Le Tout étant Infini, Absolu, Eternel et Inchangeable, il doit naturellement s'en suivre que rien de fini, de changeable, d'éphémère et de conditionné puisse être Le Tout. Et comme il n'y a rien en dehors Du Tout, toutes les choses finies doivent être Nulles en Réalité. Ne vous effrayez pas ; nous n'avons pas l'intention, sous le couvert de la Philosophie hermétique de vous faire parcourir le champ de la Science Chrétienne. Il est possible de concilier ces deux états en apparence contradictoires ; prenez patience, nous y arriverons quand le moment sera venu. Nous voyons autour de nous que ce qu'on appelle "Matière", constitue la fondation physique de toutes les formes existantes. Le Tout est-il simplement de la Matière ? Pas du tout ! La Matière ne peut manifester de la Vie ni de l'Intelligence, et comme la Vie et l'Intelligence se manifestent dans l'Univers, Le Tout ne peut être Matière, car rien ne peut atteindre plus haut que sa propre source, rien ne se manifeste dans l'effet qui ne soit déjà dans la cause, rien n'existe comme conséquence qui ne soit pas déjà antécédent. En effet, la Science Moderne nous informe qu'il n'existe en réalité aucune chose que l'on puisse appeler Matière ; ce que nous appelons Matière n'est simplement qu'une "énergie ou une force interrompue", c'est-à-dire, une énergie ou une force possédant un degré très faible de vibration. Comme un écrivain l'a dit récemment "la Matière s'est confondue en Mystère". La Science Matérielle elle-même a abandonné la théorie de la Matière et repose maintenant sur la base de "l'Energie".

Le Tout est-il donc simplement de l'Energie ou de la Force ? Pas, en tous cas, de l'Energie ou de la Force comme les matérialistes l'entendent, car leur énergie et leur force sont aveugles, mécaniques, et dénuées de Vie ou d'Intelligence. La Vie et l'Intelligence ne peuvent provenir en aucun cas d'une Energie ou d'une Force aveugle pour la raison que nous avons donnée il y a un moment : "Rien ne peut atteindre plus haut que sa propre source ; rien n'est appliqué qui ne soit déjà impliqué ; rien ne se manifeste dans l'effet qui ne soit déjà dans la cause.". Ainsi Le Tout ne peut pas être une simple Energie ni une simple Force ; s'il en était ainsi, il ne pourrait pas y avoir dans l'existence des choses telles que la Vie et l'Intelligence ; or, nous savons que ces choses existent car nous sommes Vivants et nous utilisons notre Intelligence à étudier cette question ; ainsi raisonnent ceux qui proclament que l'Energie n'est pas Le Tout.

Qu'est-ce donc que cette chose supérieure à la Matière et à l'Energie que nous savons exister dans l'Univers ? C'est la Vie et l'Intelligence ! C'est la Vie et l'Intelligence dans tous leurs degrés divers d'épanouissement ! "Mais alors, allez-vous demander, prétendez-vous nous enseigner que Le Tout, c'est la Vie et l'Intelligence ?" Oui, et Non ! répondrons-nous. Si vous entendez la Vie et l'Intelligence comme nous les connaissons, nous, pauvres mortels insignifiants, nous dirons : Non ! Le Tout n'est pas cela ! "Mais, allez vous demander, quelle sorte de Vie et d'Intelligence voulez-vous dire ?"

Nous répondrons : "l'Intelligence vivante, bien supérieure à tout ce que les mortels entendent par ces mots, la Vie et l'Intelligence n'étant pas comparables à des forces mécaniques ou à de la matière ; ce que nous voulons dire, c'est l'Intelligence vivante infinie, comparée à la Vie et à l'Intelligence finies". Nous voulons dire ce que les esprits illuminés comprennent quand ils prononcent respectueusement le mot : "Esprit !"

"Le Tout", c'est l'Intelligence Vivante Infinie ; les Illuminés l'appellent Esprit !

Source :http://www.rosicrucianis.org

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L'Hermétisme : la Sagesse éternelle

26 Mai 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Hermétisme

« Je t'invoque, toi qui es plus grand que tout, qui as tout créé, qui es né de toi-même, qui vois tout et qui n'es point vu.  C'est toi qui as donné au Soleil sa gloire et toute sa puissance, à la Lune de croître et de diminuer et de suivre une course régulière, sans avoir rien enlevé aux ténèbres antérieures, mais en attribuant à tous une part égale. Car c'est avec ton apparition que le monde vint à l'être et que la lumière apparut. Toutes choses te sont soumises, toi dont aucun des dieux ne peut voir la vraie forme, toi qui, tandis que tu revêts toutes les formes, demeures l'invisible Aïon de l'Aïon. »

Voilà un extrait du Poimandrès, un texte faisant partie de ce que les ésotérologues et les historiens ont convenu d'appeler le Corpus Hermeticum. Depuis l'époque hellénistique, à laquelle ils auraient été écrits, les textes attribués à Hermès Trismégiste n'ont cessé de faire rêver, d'inspirer et de nourrir les plus fabuleuses quêtes d'Absolu. On remplirait des tomes entiers avec les noms des personnes, célèbres ou anonymes, initiées ou profanes, qui se laissèrent gagner par la quête hermétique.

Philosophes, mystiques, ésotéristes, érudits, scientifiques et alchimistes… autant de générations de chercheurs qui trouvèrent les réponses aux questions primordiales dans les écrits hermétiques : Qui sommes-nous ? Quelle est la Cause première ? Quel est le sens et le but de la Vie ?

Gnostiques, Chrétiens, Juifs, Musulmans, Druzes, Francs-Maçons, Rosicruciens… autant de religions, de peuples et de philosophies qui trouvèrent dans l'Hermétisme le désir d'Unité et d'Union de l'ensemble de l'humanité : l'alliance de l'homme à la nature, de la nature à Dieu, de Dieu à l'homme, de l'homme à l'homme.

Mallarmé, Pic de la Mirandole, Newton, Giordano Bruno, Paracelse, Léonard de Vinci, John Dee, Albert Einstein… autant de noms illustres qui marquèrent l'histoire et apportèrent au monde sous une forme ou une autre l'héritage hermétique.

Qui fut Hermès Trismégiste ?  D'où viennent les textes hermétiques ? Que contiennent-ils ? Comment ont-ils traversé l'histoire ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre brièvement ici.

 

Hermès Trismégiste

 

Quand on prononce le nom d'Hermès, on pense immédiatement au dieu grec au caducée, fils de Zeus et de la nymphe Maïa. à partir du IIIe siècle av. J-C., Hermès va être regardé par les Grecs comme le descendant d'une divinité locale égyptienne adorée à Khmonou : Thot. Ce dernier occupait une place importante au sein du panthéon égyptien ; il est le dieu magicien assistant Isis lorsqu'elle redonne vie à Osiris, le secrétaire, le scribe des dieux, l'inventeur des hiéroglyphes. Il est aussi la Lumière de Rê dans son aspect nocturne, ce qui fait de lui l'initiateur aux Mystères et le maître des connaissances secrètes et occultes . Bientôt Thot et Hermès se confondent et sont regardés comme un seul et même personnage. De plus une homonymie se produit entre Thot-Hermès et un prêtre égyptien à qui l'on attribue un ensemble de textes : Hermès Trismégiste.

Pourquoi « Trismégiste : le Trois-fois-Grand »? Plusieurs hypothèses ont été avancées, d'ordre linguistique, traditionnel ou mystique. à titre d'exemple, on peut citer l'hypothèse linguistique avancée par E.O. von Lippman : « Dans les vieux textes égyptiens la triple répétition du même hiéroglyphe exprimait le pluriel, et plus tard le superlatif, de telle sorte qu'« Hermès le Grand, le grand, le grand, » doit être lu « Hermès le très grand », et non, comme cela se produisit par erreur, « Hermès le trois fois grand » ou « Trismégiste ». »

Citons encore la théorie plus mystique de H.-C Puech. Celui-ci se fait l'écho d'un commentaire du Phèdre de Platon réalisé par Hermias d'Alexandrie. Ainsi, Hermès serait venu trois fois en Égypte et, lors de son troisième séjour, il se serait « souvenu de lui-même », renaissant à sa propre nature et se souvenant de ses incarnations précédentes : « Hermès à qui les mérites de ses deux vies antérieures, toutes consacrées à la sagesse et à la science, ont valu, au cours de sa troisième existence, de reprendre conscience et possession de son “moi” authentique par un acte extraordinaire et illuminateur de réminiscence ».

Dans cette interprétation Hermès devient le modèle de l'herméneute et de l'ésotériste, en traversant les époques, avant, pendant et après le déluge : il devient le dépositaire des connaissances. Mieux, il intègre celles-ci et, faisant corps avec elles, il devient la sagesse, il devient l'archétype de l'initié et de l'accompli, source intarissable d'inspiration pour des générations de chercheurs en quête des vérités les plus sublimes.

Pour conclure ce bref aperçu de l'aspect historique d'Hermès, il faut citer Julius Evola et C.G. Jung : « …le personnage d'Hermès correspond moins à une personne qu'à une influence spirituelle. »

« Hermès est l'une des figures les plus remplies de contradictions du syncrétisme hellénistique, duquel sont émanés les développements décisifs de l'Occident : Hermès est un dieu des révélations et, dans la philosophie naturelle du haut Moyen âge, rien de moins que le Noûs créateur du monde. »

Le Corpus Hermeticum

 

Jamblique cite le témoignage de Manethon qui attribue à Hermès 36 525 livres. Plus raisonnable, Seleucus, toujours cité par Jamblique, évalue les œuvres d'Hermès à 20 000 livres.

En réalité, ce qu'on appelle aujourd'hui le Corpus Hermeticum est un ensemble de dix-sept traités vraisemblablement écrits entre le IIe siècle avant et le IIIe siècle après notre ère : le Poimandrès ou Pimandre, l'Asclepius ou Discours parfait, les Fragments de Stobée (parmi lesquels on trouve la Koré Kosmou, texte d'une importance cosmogonique majeure) et enfin le De castigatione animae (Du châtiment de l'âme), texte arabe postérieur datant vraisemblablement du IXe ou Xe siècle. Outre ces textes cosmogoniques, une série d'écrits hétérogènes peut être classée comme suit : les écrits astrologiques, les sciences occultes et les sciences alchimiques.

La fin de l'antiquité et la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie font tomber dans l'oubli une partie des manuscrits hermétiques. Les ésotéristes médiévaux (c'est-à-dire surtout les alchimistes) travailleront sur la base de l'Asclepius et des écrits alchimiques. Ainsi, si depuis la Renaissance on s'accorde à dire que le Pimandre est l'essence même du Corpus Hermeticum, il fut totalement oublié par le Moyen âge. C'est un moine qui le retrouve en Macédoine et le rapporte à Florence vers 1450. Dix ans plus tôt Cosme de Médicis, dont la réputation d'ami des lettres n'est plus à faire, avait confié à Marcile Ficin la création de l'Académie néoplatonicienne. Le manuscrit est attribué à Hermès le Trois Fois Grand. L'enthousiasme est tel que Cosme demande à Ficin d'abandonner la traduction de Platon au profit de celle de ce nouveau manuscrit .

De fait Platon est alors considéré comme un des derniers maillons de la philosophia perennis : « Dans le temps où naissait Moïse, florissait l'astronome Atlas, frère du physicien Prométhée, aïeul maternel de l'ancien Mercure, de qui le petit-fils fut Mercure Trismégiste, tout ensemble le plus grand des prêtres et le plus grand des rois. Ensuite succède Orphée puis Aglaophemus, initié au savoir secret par Orphée, suivi à son tour par Pythagore, dont le disciple fut Philolaos, le maître du divin Platon » . Voilà un exemple de « chaîne » initiatique montrant l'origine de la prisca theologia. D'après cette conception, le savoir initiatique est transmis secrètement de maître en maître au cours des âges depuis la plus haute Antiquité. De nos jours, ce type de concept a encore cours dans les mouvements ésotériques sous le nom de Tradition Primordiale .Cette transmission est non seulement intellectuelle par l'apprentissage des connaissances et des textes, mais aussi spirituelle par l'initiation.

En 1471, paraît la première édition latine du Corpus Hermeticum qui ne connaîtra pas moins de 25 rééditions jusqu'en 1641. Nous nous proposons d'entrer petit à petit dans la pensée hermétique en examinant plus en détail les textes, que nous n'allons pas étudier en suivant l'ordre chronologique de leur rédaction, mais plutôt en tentant de tirer les lignes de force et les idées majeures de la pensée hermétique . Toutefois, il faut garder à l'esprit que les textes hermétiques ne forment pas un tout cohérent, les textes, parfois de qualité très inégale, présentent un certain nombre de contradictions doctrinales.

P. Festugière distingue deux types d'hermétisme. Un hermétisme savant et un hermétisme populaire. D'une part les hautes envolées mystiques, ésotériques et philosophiques, et d'autre part les “recettes de cuisine” visant à acquérir la longévité, à fabriquer de l'or ou à se libérer d'un maléfice. Nous ne nous intéresserons qu'à la première catégorie de textes. En effet, les véritables ésotéristes ne se serviront que de ceux-là, les seconds servant aux faiseurs d'or et de « miracles ». à ce propos, nous céderons la parole à Paracelse : « Arrière donc, tous les faux alchimistes qui prétendent que cette science divine (l'alchimie) n'a qu'un but : faire de l'or ou de l'argent ! »

 

La philosophie hermétique

 

L'Asclépius est aussi appelé Discours parfait (Logos teleios). Ce manuscrit, écrit sous forme de dialogue, nous montre que la révélation hermétique se situe en Égypte, cœur du monde : « Ignores-tu donc, Asclépius, que l'Égypte est la copie du ciel, ou, pour mieux dire, le lieu où se transfèrent et se projettent ici-bas toutes les opérations qui gouvernent et mettent en œuvre les forces célestes ? Bien plus, s'il faut le dire, notre Terre est le temple du monde entier. » (Ascl., 24).

Bien sûr, il y a plusieurs sens à donner à ce passage. Dans la plupart des écrits ésotériques cœxistent le sens d'en-bas et le sens d'en-haut : un sens externe et un sens interne, un sens littéral et un sens symbolique.

Comme le fait remarquer F. Bonardel : « Cette proclamation n'est pas la manifestation d'un géocentrisme spirituel injustifiable, mais plutôt la certitude que toute révélation fait du lieu où elle survient le centre symbolique du monde, en même temps qu'elle sacralise la terre où elle advient. »

Si révélation il y a, il ne s'agit pas d'une révélation complète et définitive. En effet, il s'agit plutôt de périodes cycliques de révélation et d'occultation : « Hermès vit l'ensemble des choses ; et ayant vu, il comprit ; et ayant compris, il eut puissance de révéler et de montrer. En effet, les choses qu'il connut, il les grava, et, les ayant gravées, les cacha, ayant mieux aimé, sur la plupart d'entre elles, garder un ferme silence que d'en parler, afin qu'eût à les chercher toute génération née après le monde. » (Frag. Stobée, XXIII, 5).

On est donc en présence d'une gnose, d'un enseignement de type ésotérique et initiatique qui en tant que tel, s'adresse à une minorité : « Un entretien si religieux sur un si grand sujet ne doit pas être profané par l'immixtion et la présence d'un nombreux auditoire. C'est chose impie que de divulguer à la masse un enseignement tout rempli de l'entière majesté divine. » (Ascl. prologue, 1). Mais quel est le but de ces enseignements ? à l'instar de l'ensemble des mouvements initiatiques et ésotériques, il s'agit de donner à l'initié l'accès à un monde secret, auquel le profane qu'il était n'avait jusqu'alors pas accès. L'hermétiste voit plutôt qu'il ne regarde. Par delà l'apparence du monde, il voit le monde dans sa réalité, il perçoit les causes premières.

Ainsi, dans le Poimandrès, le Noûs-Intellect-Dieu se manifeste à Hermès : « Un jour que j'avais commencé de réfléchir sur les êtres et que ma pensée s'en était allée planer dans les hauteurs [...] il me sembla que se présentait à moi un être d'une taille immense [...] qui m'appela par mon nom et me dit : Que veux-tu entendre et voir, et par la pensée apprendre et connaître ? Et moi je dis : Je veux être instruit sur les êtres, comprendre leur nature, connaître Dieu. [...] à ces mots, il changea d'aspect, et subitement tout s'ouvrit devant moi en un moment, et je vis une vision sans limites, tout devint lumière, sereine et joyeuse [...] Et peu après, il y eut une obscurité se portant vers le bas, survenue à son tour, effrayante et sombre, qui s'était roulée en spirales tortueuses, pareille à un serpent [...] Puis cette obscurité se changea en une sorte de nature humide [...] produisant une sorte de son, un gémissement indescriptible. Puis il en jaillit un tel cri d'appel, sans articulation, que je le comparais à une voix de feu, cependant que sortant de la lumière [...], un Verbe saint vint couvrir la Nature. » (Poim.1-10)

Après la création de la lumière et des ténèbres, on voit l'opposition entre la clameur brutale et inarticulée issue du Chaos et la valeur lumineuse du Logos, Verbe divin. « Cette lumière, c'est moi, Noûs, ton Dieu, celui qui existe avant la nature humide qui est apparue hors de l'obscurité. Quant au Verbe lumineux issu du Noûs, c'est le fils de Dieu. » Cette conception du Verbe divin peut, si on croit les textes hermétiques fort anciens, suggérer une pensée pré-christique. Rapprochement que ne manquèrent pas de faire certains Pères de l'Église qui virent dans l'hermétisme l'annonce du christianisme.

Mais l'homme dans tout cela ? Quelle est sa place au sein de la pensée hermétiste ? L'homme a été créé par Dieu à son image et se vit livrer la garde de la Création, mais séduit par la beauté de celle-ci, l'Homme brûla du désir de la rejoindre : « Alors l'Homme, qui avait plein pouvoir sur le monde des êtres mortels et les animaux sans raison, se pencha à travers leur enveloppe, et il fit montre à la Nature d'en bas de la belle forme de Dieu…la Nature sourit d'amour, car elle avait vu les traits de cette forme merveilleusement belle de l'Homme se refléter dans l'eau et son ombre sur la terre. Pour lui, ayant perçu cette forme à lui semblable présente dans la Nature, reflétée dans l'eau, il l'aima et il voulut habiter là. Dès l'instant qu'il le voulut, il l'accomplit, et il vint habiter la forme sans raison. Alors la Nature, ayant reçu en elle son aimé, l'enlaça toute, et ils s'unirent, car ils brûlaient d'amour. » (Poim. I, 14). Voilà pour la chute. L'Âme de l'Homme, charmé par la matière et désireux d'en faire l'expérience, se retrouve prisonnier en son sein. Pourtant il reste en lui les traces de sa nature divine. L'homme est donc double : « mortel de par son corps, immortel de par l'homme essentiel » (Poim. I, 15). Cette nature pneumatique, il doit réapprendre à l'exprimer et à la développer afin de faire l'ascension du monde céleste. Il s'agit d'un schéma chute-exil-régénération qui apparaît dans la plupart des mouvements ésotériques postérieurs (Rosicrucianisme, Martinisme, Kabbale et même Soufisme) et permet à l'initiable de « rebrousser chemin vers les choses anciennes et primordiales ».

Il y a donc un lien entre l'homme et le Divin, entre le ciel et la terre. Mais ce lien dépasse le stade de simple médiation, il est aussi sympathie : « Il est vrai et sans mensonge, que tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas : pour accomplir le miracle d'une seule chose. De même que toutes choses tirent leur origine de la Chose Unique Seule, par la volonté et le verbe de l'Un, Seul et Unique qui l'a créée dans Son Esprit, de même toutes les choses doivent leur existence à cet Un par ordre de la Nature et peuvent être améliorées par l'Harmonie avec cet Esprit. » (Table d'émeraude).

Il s'agit donc de se mettre en sympathie, de devenir Un, le Tout, de ne plus faire qu'un avec la Nature, Dieu et l'Univers : « Monte plus haut que toute hauteur, descend plus bas que toute profondeur. Rassemble en toi-même les sensations de tout le créé, du feu et de l'eau, du sec et de l'humide, imaginant que tu es à la fois partout, sur la terre, dans la mer, au ciel, que tu n'es pas né encore, que tu es dans le ventre maternel, que tu es adolescent, vieillard, que tu es mort, que tu es par-delà la mort. Si tu embrasses par la pensée toutes ces choses à la fois, temps, lieux, substances, qualités, quantités, tu peux comprendre Dieu. » (Poim. XII, 20). Le monde terrestre est donc considéré comme une médiation, un point d'appui sur lequel l'initié va se baser pour entamer sa remontée vers le Tout. Hermès est considéré comme l'accompli : « Une âme qui possédât le lien de sympathie avec les mystères du ciel : voilà ce qu'était Hermès qui a tout connu. » (Koré Kosmou, 5). L'initié aux mystères hermétiques devient son digne successeur : « Ce sont eux (les initiés) qui, ayant appris d'Hermès que les choses d'en bas ont reçu du Créateur l'ordre d'être en sympathie avec celles d'en haut, ont institué sur la terre les fonctions sacrées liées verticalement aux mystères du ciel. » (Koré Kosmou, 68).

La pensée hermétique va parcourir énormément de chemin, à la fois dans le temps mais aussi dans l'espace. Nous verrons brièvement sa destinée en Orient et en Occident.

 

L'hermétisme en Orient

 

On perd la trace du Corpus Hermeticum en Occident entre le VIe siècle et le XIe siècle. W. Scott suggère qu'il aurait été conservé par les Sabéens qui célébraient un culte consacré à Hermès-Thot jusqu'au XIe siècle. Les Sabéens faisaient remonter leur origine à Hermès et ils produisirent eux-mêmes un certain nombre d'écrits originaux dont ils attribuaient le contenu à Hermès lui-même. Ainsi en est-il du Risâlat fi'n-nafs (Lettre sur l'âme) et les Institutions liturgiques d'Hermès rédigé probablement par Thâbit ibn Qorra de Bagdad.

Très tôt dans le monde islamique on s'intéresse à Hermès. Celui-ci est en effet reconnu d'emblée comme un prophète et ce par les autorités les plus exotériques. On se souvient, en effet, que la religion musulmane ne s'est jamais posée en nouvelle révélation mais que Muhammad est le « sceau des prophètes ». C'est-à-dire le dernier maillons d'une chaîne de prophètes (Noé, Moïse, Jésus,…), tous porteurs d'une partie du message Divin. Hermès apparaît ainsi à deux reprises dans le Coran et dans certains hadiths sous le nom d'Idris : « à l'époque d'Idris, les anges s'adressaient aux hommes, les saluaient, leur parlaient, les fréquentaient, car c'était une ère d'harmonie » dit un hadith. On assimila également Idris-Hermès à Hénoch ce qui lui donna une présence considérable et permit à l'Islam de se rapprocher de la tradition helléno-égyptienne.

Pour la tradition islamique, il y eut trois Hermès :

1. Hermès le Majeur qui vécut avant le déluge. Il reçut par inspiration divine la science de l'écriture, de l'astronomie et de l'architecture. C'est lui qui fit construire les pyramides pour y graver en hiéroglyphes les secrets de la création et ainsi les préserver du déluge.

2. Hermès le Babylonien qui vécut après le déluge. Maître en médecine, en philosophie, en mathématique. C'est lui qui initia Pythagore aux mystères de la science sacrée.

3. Hermès l'égyptien. Maître d'Esculape, il est le premier à enseigner l'alchimie et fut une des plus grandes autorités en magie et en sciences occultes de tous les temps.

Celui du Coran est le premier. En effet, il s'agit d'Idris, fils de Yared, l'arrière-petit-fils de Seth, ayant vécu peu avant Noé. Son rôle principal fut celui de savant civilisateur et son message fut plus une transmission de techniques qu'une parole religieuse. Mais Idris-Hermès n'a pas obtenu ces sciences par recherche personnelle mais bien par inspiration divine. Ces sciences : mathématiques, astronomie, médecine, sont autant de prolongements de l'activité divine sur Terre, autant de moyens et de méthodes pour connaître Dieu. Idris-Hermès est le héros civilisateur porteur, non pas d'une science mécanique mais de la Science, science du monde, des hommes et de l'univers, mystères du cosmos, du microcosme et du macrocosme, de la sagesse divine : Idris-Hermès, le prophète sans visage.

En effet, si Idris est un des quatre piliers soufis sur lesquels repose la hiérarchie mystique des saints qui soutient l'existence du monde, il n'en demeure pas moins une figure énigmatique et intemporelle. Ces quatre piliers sont en fait les quatre prophètes immortels qui reviendront à la fin des temps pour accomplir une tâche bien précise : Jésus combattra les forces de l'idolâtrie et du mal, Elie est l'intercesseur auprès des Amis de Dieu, Khadir l'Initiateur des initiateurs. Mais Idris n'a ni fonction, ni rôle historique à jouer. D'où vient cet imprécision ? S'agit-il réellement d'une imprécision ? Ou plutôt s'agit-il de mettre en évidence par l'absence, procédé ésotérique classique ?

Pierre Lory souligne que selon les sources ésotériques musulmanes, Hermès aurait rédigé des odes en arabe, en hébreu et en syriaque. Cette polyglossie est le signe de l'intemporalité et de l'universalité d'Idris-Hermès ; celui-ci ne se rattache à aucune tradition en particulier, ou plutôt il se rattache à l'ensemble des traditions monothéistes.

Une lecture plus ésotérique, verticale, donne à Hermès-Idris toute sa dimension. En effet certaines traditions soufies donnent une valeur ésotérique aux langues susmentionnées « qui dépasse de beaucoup leur fonction littéraire et liturgique dans l'histoire ». Le syriaque est la langue des anges, utilisée dans les rituels magiques et théurgiques. L'arabe aurait été la langue parlée par Adam au Paradis et l'hébreu, un idiome de l'arabe que les hommes se seraient mis à parler sur terre après la chute. « Idris parlait donc les langues du ciel, de la terre, et celle de l'homme à l'état accompli, l'arabe. Il s'est exprimé à ces trois niveaux de conscience et d'être en poèmes, c'est-à-dire en un discours structuré et proféré selon des harmonies métriques ­ donc mathématiques : parole du parfait équilibre de l'intellect purifié » et reflet de l'harmonie divine.

Selon Pierre Lory, si on met les réflexions précédentes en parallèle avec plusieurs textes de théurgie mentionnant Idris-Hermès invoquant sa Nature Parfaite ou étant lui-même la Nature Parfaite de l'orant, on peut comprendre alors Idris-Hermès comme le maître intérieur, l'ange personnel de l'ésotériste qui est en réalité le Soi supérieur. Car comme le suggère le traité occulte du Ghayat al-hakim, Hermès était à la recherche de son être supérieur : le découvrant, il devient lui-même cette Nature Parfaite. Ainsi en sera-t-il de l'initié soufi qui, réalisant sa part divine, devient le reflet de Dieu.

 

L'hermétisme en Occident

 

C'est sans doute chez les alchimistes que la tradition hermétique trouva le plus d'écho en Occident. Les premiers grands traités d'alchimie occidentale datent du XIIe siècle avec la première traduction latine du Livre de la Compositio d'Alchimie de Morien par Robert de Chester (1144). On doit encore citer De alchimia d'Albert le Grand, le Traité de la Pierre philosophale de saint Thomas d'Aquin, la Lettre sur les prodiges de la nature et de l'art de Roger Bacon, le Rosaire des philosophes d'Arnaud de Villeneuve, l'Ars Magna de Raymond Lulle, etc.

On parle ici de la véritable alchimie, celle qui se double de l'alchimie spirituelle et de la recherche de la pierre philosophale intérieure, non pas celle des « souffleurs » et des faiseurs d'or qui ne visent qu'à produire des richesses matérielles. Comme on l'a vu plus haut, le moyen âge « oublie » le Poimandrès mais utilise l'Asclepius. Le texte sans doute le plus étudié par les alchimistes d'alors est la Table d'Emeraude (Tabula Smaragdina).

A la Renaissance, c'est la redécouverte du Poimandrès. Des hommes comme Marcile Ficin et Pic de la Mirandole représentent la figure type de l'érudit renaissant. Alliant la connaissance la plus parfaite en sciences exotérique (médecine, astronomie, grammaire, théologie…) à la recherche intérieure et spirituelle la plus profonde (Kabbale, magie, astrologie, alchimie...), ils ont une soif inextinguible de connaissances et, voyant en toutes choses l'œuvre du divin, ils étudient toutes ses manifestations sous le plus de facettes possibles.

En 1614, Isaac Casaubon rétablit la véritable datation des textes attribués à celui qu'on disait « contemporaneus Moysi ». Dès lors, l'hermétisme perd-il du crédit ? Au contraire, les courants ésotériques se réclamant de la sagesse hermétique continueront à fleurir jusqu'à nos jours. Ces textes sont plus récents, ils datent du IIe siècle après J-C, qu'importe ! Pour les ésotéristes, les connaissances et la sagesse sont intemporelles, en ce qu'elles parlent de l'Homme et de l'Univers, de la nature éternelle de l'être humain et de ses relations, de ses liens, de sa synchronicité avec l'ensemble de la Création.

Françoise Bonardel se demande si « le rôle de l'hermétisme n'a pas toujours plus ou moins été de faire naître une transfiguration de sens là où l'on peut être effectivement tenté de ne voir que défiguration d'une vérité ; s'il n'a pas toujours eu pour tâche, souvent occulte, de relayer certains systèmes de savoir en perdition, non pour imposer la seule compensation du mythe, mais pour réorienter autrement le savoir. »

à partir du XVIIe siècle, Hermès semble tombé dans l'oubli. En 1658, B. de Lansac écrit : « Connaissant le goût du siècle comme je fais, je suis fort sûr qu'on aimerait beaucoup mieux voir des traités de philosophie selon Descartes que selon Hermès. Le premier est à la mode et a toutes les grâces de la nouveauté, au lieu que le dernier est si vieux et si usé qu'à peine son nom est-il connu du monde. »

Mais l'hermétisme survit de manière occulte, sous-tendant l'ensemble des mouvements ésotériques en quête d'une compréhension gnostique du monde et œuvrant à un perfectionnement intérieur assimilable à la quête de la pierre philosophale.

Au dix-huitième siècle, l'hermétisme est, sous une forme christianisée, sous-jacent à l'illuminisme.  Il serait banal d'opposer deux dix-huitièmes siècles, celui des Lumières et celui de l'illuminisme. D'un côté Voltaire exaltant les vertus de la Raison et de l'autre Louis-Claude de Saint-Martin ne visant qu'à la réintégration. Comme le rappelle Pierre Riffard, « Ce schéma, tout scientiste, est une caricature ». Le tableau est plus nuancé : Newton découvre la gravitation universelle et en parallèle travaille sur le Grand Œuvre, Antoine Court de Gébelin marque son temps par son érudition et ses recherches sur l'origine des civilisations tout en étant membre des Élus-Cohens.

L'illuminisme n'est en aucun cas l'opposé des Lumières. Les ésotéristes et Illuminés du XVIIIe siècle ne sont pas des marginaux, ils s'inscrivent dans la mentalité de leur époque. Ils ont soif d'une connaissance universelle, ils étudient l'homme et le Grand Livre de la Nature et ne se satisfont pas de la science nouvelle qui réduit l'homme au produit passif de lois mécaniques.

 

L'hermétisme aujourd'hui :

 

Aujourd'hui encore certains groupes ésotériques et initiatiques authentiques étudient les textes et les enseignements hermétiques. Outre l'idée (souvent fausse) que l'on peut se faire de l'ésotérisme en général, certains se posent la question de l'utilité et de la pertinence d'une pareille étude... Le Corpus Hermeticum ? Un ensemble de vieux textes poussiéreux qui ne devrait attirer l'attention que de quelques érudits et historiens... La philosophie hermétique ? Le reflet d'une certaine pensée antique et pré-scientifique, des textes à ranger parmi les expressions de la superstition et de l'ignorance humaine... L'alchimie, l'ésotérisme, Paracelse, Jacob Bœhme, Robert Fludd ? Autant d'idées et de personnes « allumées », hallucinées, fantaisistes, autant de temps perdu en vaines chimères... Voilà les jugements a priori.

« Il faut remarquer qu'aucune autre discipline ou science ne fait l'objet de pareille agressivité immédiatement, immanquablement, foncièrement. Quand on parle avec un mathématicien, on critique une démonstration ou une hypothèse, jamais la mathématique. On ne commence pas un échange de vues politiques en suspectant l'interlocuteur de folie… à peine le mot « ésotérisme » est-il lâché que fusent les railleries… »  On peut à juste titre s'interroger sur les raisons profondes d'une telle attitude vis-à-vis de l'ésotérisme en général. On ne peut qu'inviter le lecteur à se reporter à l'excellente analyse de Pierre A. Riffard.

Pour ce qui est des textes hermétiques en particulier, ils restent et resteront à jamais d'actualité. Car, loin de véhiculer des idées dépassées ou antiques, ils nous parlent d'éternité. Loin d'être un amas de curiosités et de superstitions, ils nous entretiennent de la nature humaine profonde, cette part de nous-même qui est en relation perpétuelle avec la Nature et l'ensemble de la Création. Sans dogmatisme, ces textes invitent à une réflexion sur la condition humaine, ils emmènent l'esprit vers le chemin des étoiles et de la divinité au cœur de nous-même, là où le Mystère réside, aux sources de la Vie, par-delà les frontières de la vie et de la mort, en un lieu où la transmutation s'accomplit, où l'homme redevient Homme et renaît à lui-même. C'est un fabuleux voyage dont on revient transformé. C'est la réalisation véritable de cette maxime intemporelle écrite sur le fronton du Temple de Delphes : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les dieux. »

Source : http://lesmysteresdesandes.bestoof.com

 

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Théorie et symboles de la philosophie hermétique (2)

26 Mai 2012 , Rédigé par O Wirth Publié dans #Hermétisme

CHAPITRE VI

LE MAGISTERE DU SOLEIL

L'Illumination. - La Maîtrise. - La Réintégration dans l'Unité. - L'or philosophique. - La Sagesse. - Le Pélican. - L'Etoile de Salomon.

Selon les rites initiatiques, le bandeau de l'ignorance profane tombe des yeux du Récipiendaire dès que celui-ci a été purifié par les Eléments. Cette quadruple purification a pour effet de rendre  l'écorce terrestre perméable et transparente ; aussi désormais la lumière extérieure peut être aperçue du dedans. Mais il ne suffit pas à l'Initié de voir la Lumière il lui incombe de l'attirer, pour la concentrer sur le foyer radical de sa personnalité. C'est ce qui s'appelle coaguler le Mercure.
En vue de cette opération le Feu intérieur doit tout d'abord être exalté. L'ardeur centrale extériorise ainsi l'humidité animique, qui transforme l'atmosphère individuelle en un milieu réfringent,
propre à recueillir et à condenser la clarté diffuse de l'Azoth. Grâce à cette réfraction, la personnalité finit par s'imprégner intégralement de Lumière coagulée.
Il importe alors de rendre permanent l'état qui a. su être atteint. On ne peut y parvenir qu'en induisant une circulation vitale nouvelle et plus transcendante que celle qui s'effectue dans le domaine ordinaire des Eléments.

Mais la conquête d'une vie plus élevée suppose toujours une mort préalable. Or, ce n'est plus cette fois le Profane qui périt au sein des ténèbres pour renaître à la Lumière, c'est l'Initié qui meurt élevé au-dessus de terre et cloué sur la croix, en vue d'accomplir le Grand Oeuvre.
Cette mort représente le sacrifice total de soi-même. Elle exige le renoncement à tout désir personnel. C'est l'extinction de l'égoïsme radical, et par suite l'effacement du péché originel. Le moi étroit disparaît, absorbé dans le soi de la Divinité.
Une semblable absorption investit l'Homme de la souveraine puissance. L'être qui n'est plus esclave de rien devient par ce seul fait maître de tout. Sa volonté ne formule que les intentions même de Dieu et à ce titre elle s'impose irrésistiblement.

Mais, en réalisant l'idéal chrétien le sage parfait ne saurait plus s'adonner à aucune entreprise arbitraire. Sa mission de rédempteur le détache de toute mesquinerie. Il ne peut être question pour lui de fabriquer de l'or vulgaire, susceptible de tenter les avares. Lorsque la pierre philosophale est projetée sur les métaux en fusion, c'est en or philosophique qu'elle les transmue, c'est-à-dire en un trésor inaliénable, dont la valeur est absolue et non de simple convention.
Cet or se rapporte à la plus haute somme de perfection dont un être soit susceptible du triple point de vue intellectuel, moral et physique. C'est ainsi que la pierre philosophale devient la suprême médecine à la fois de l'esprit, de l'âme et du corps. Elle procure la santé parfaite et rétablit la créature déchue dans les droits primitifs de sa création.

Mais, pour rendre autrui parfait il faudrait être parfait soi-même. Or, qui oserait prétendre à la perfection ? N'est-elle pas un modèle que l'on peut suivre, mais qu'on n'atteint jamais ? Il en est ainsi lorsque l'on parle de la perfection absolue. Mais ce n'est pas à elle que fait allusion l'or philosophique, qui ne représente que le degré de perfection compatible avec la nature de chaque être. Dès que l'on a soi-même atteint ce degré on peut efficacement remplir le rôle de sauveur. La plus modeste lumière contribue à dissiper les ténèbres, et pour guérir les autres il suffit d'être sain.

Une étincelle divine brille d'ailleurs en tout homme. Elle étouffe le plus souvent sous l'épaisseur de la matière. L'initiation allège celle-ci et avive la flamme sacrée. Dans l'être humain elle développe l'Homme-Principe en faisant éclore le germe des potentialités latentes que nous portons en nous. On ne saurait rien demander de plus; car toute construction est parfaite dès qu'elle est conforme au plan conçu par l'architecte. Or, il ,s'agit ici de l'Architecte souverain ordonnateur de toutes choses.
D'un autre côté, l'homme n'est rien par lui-même : tout lui vient du dehors ; c'est ce qui lui permet de participer à la toute-puissance dans la mesure où il se rapproche de sa source. Or, pour se rapprocher de Dieu, il suffit de faire sa volonté et de l'aimer.
Faire la volonté de Dieu, c'est travailler à la réalisation du plan divin et, comme une tâche déterminée est assignée à chaque être, tout le devoir consiste à la remplir fidèlement. Le mérite ne réside pas dans les oeuvres grandioses, mais dans celles qui répondent aux exigences de (harmonie générale. Dans le concert universel, les exécutants doivent s'appliquer non pas à faire beaucoup de bruit, mais à fournir strictement la note qui leur est demandée.

Remplir rigoureusement sa destinée, telle est donc toute líambition du sage. Gloire, honneurs, richesses, plaisir et satisfactions, rien à ses yeux ne peut avoir du ,y prix. Il ne voit dans le monde qu'un théâtre où les personnalités se donnent en spectacle. Les  acteurs paraissent sur  scène affublés d'accoutrements d'emprunt, et ils jouent leur rôle avec conviction, oubliant qu'à la chute du rideau,  ils dépouilleront leurs y oripeaux pour redevenir eux-mêmes.

Dans ces conditions, le personnage que l'on incarne importe assez peu. Prince ou mendiant, héros ou traître, l'essentiel est de bien jouer, en répondant exactement aux intentions de l'auteur.

Cependant, si la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, la simple docilité n'en est pas la fin. La soumission et l'obéissance sont indispensables, mais, à elles seules, elles ne suffisent pas pour élever vers Dieu : notre élévation se proportionne au degré d'Amour dont nous sommes capables.

Le Pélican est, de ce point de vue, l'emblème de cette charité sans laquelle on ne saurait être qu'un airain qui résonne ou une cymbale retentissante. Cet oiseau blanc alimente ses petits de son propre sang. Il est l'image de l'âme qui se dévoue sans réserve. C'est dans le sentiment qui unit l'individu à tous les êtres que réside la suprême vertu, la « force forte » de toute force.

L'adepte qui brûle de cet amour infini obtient le Sceau de Salomon. Ce signe de la puissance magique par excellence, se compose de deux triangles entrelacés, qui sont les symboles alchimiques du Feu et de l'Eau . Ils représentent plus particulièrement ici la nature humaine unie à la nature divine.

L'Hexagramme ou l'Etoile du Macrocosme est ainsi l'emblème de la théurgie, qui s'appuie sur l'alliance de la Volonté et du Sentiment, alors que la Magie simple se base sur la seule Volonté de l'adepte portée à sa plus haute puissance. Son pantacle est en cela le Pentagramme ou l'Etoile du Microcosme.

Le mage développe son individualité, il exalte son Soufre et devient un centre puissant d'initiative personnelle. Il se rattache à l'initiation masculine ou dorienne, à l'encontre du mystique, qui se conforme aux principes de l'initiation féminine ou ionienne lorsqu'il s'efface devant une puissance extérieure à lui-même (Mercure). Quant au théurge, sa supériorité consiste à concilier l'activité du mage et la passivité du mystique. C'est un chaînon de la suprême hiérarchie : il commande et il obéit, il transmet l'ordre reçu d'en haut à ce qui est placé sous lui, maître dirigeant le travail d'autrui il assure la réalisation du plan de l'éternel Architecte.


CHAPITRE VII

LES SEPT MÉTAUX

La constitution ternaire et septénaire de l'homme. - Correspondance des Métaux et des Planètes. - Les sept principes du Bouddhisme ésotérique.

L'Esprit essentiellement actif ne peut agir sur la substance passive du Corps que par l'intermédiaire de l'Ame, qui se montre passive relativement à l'Esprit niais active par rapport au Corps.
Or, la santé exige que l'influence de l'Esprit puisse s'exercer pleinement sur le Corps. A cet effet, l'Ame doit être le moyen terme exact entre l'Esprit et le Corps. L'harmonie ne peut donc être réalisée que s'il y a équivalence entre les trois facteurs de la personnalité humaine.
Ceux-ci peuvent être représentés graphiquement ,par trois cercles qui se pénètrent partiellement. Il s'engendre alors un Septénaire qui permet d'envisager la constitution de l'homme sous un nouvel aspect.

L'Esprit, l'Ame et le Corps correspondent désormais à l'Or, à l'Argent et au Plomb. Leur synthèse est figurée par le Vif-argent, symbole de la Quintessence, ou du substratum invisible et permanent de la personnalité physique. L'Ame et l'Esprit s'unissent dans l'Ame spirituelle, à laquelle se rapporte l'Étain, tout comme le Fer et le Cuivre s'appliquent respectivement à l'Esprit corporel et à l'Ame corporelle.

A chaque métal se rattache en outre une planète ou une divinité olympienne.

Le Plomb, lourd et vil, appartient à Saturne  le dieu détrôné par Jupiter qui se reflète lui-même dans l'Étain, le plus léger des métaux.

Ces deux métaux sont mous et s'opposent à deux autres qui sont durs. L'un le Cuivre, prend en s'oxydant la couleur verte de Vénus. L'autre est le Fer qui rougit au feu et fournit des armes à Mars.

La mobilité du Vif-argent est rappelée par les mouvements rapides de la planète Mercure et par l'égalité du messager des dieux.

La Lune  semble trouver sa blancheur et son éclat tempéré dans l'Argent, alors que l'Or, brille comme le Soleil.

Les éléments correspondent au Plomb (Terre), à l'Etain (Air), au Cuivre (Eau) et au Fer (Feu).
L'Or incorruptible est représenté par Apollon, le dieu-lumière, source primordiale de toute vie et de toute activité. C'est l'Esprit pur qui anime la création, dont il est le commencement et la fin, A , et Z, Alpha et Oméga, Aleph et Thau, comme l'indique le mot  , AZoth ,composé kabbalistiquement de la lettre initiale de tous les alphabets (A), suivie du dernier caractère alphabétique des Latins , des Grecs et des Hébreux.

Ce principe se rapporte à l'Atma du bouddhisme ésotérique. Il se rattache directement au Buddhi, le principe pensant qui délibère et décide. C'est l'Esprit animique  ou Jupiter, uni à Junon son épouse, qui personnifie l'Ame spirituelle. Le maître de l'Olympe tient conseil et lance la foudre de la volonté. De son cerveau surgit toute armée Minerve ou la Raison.

 L'Ame, le domaine de la chaste Diane, correspond au Manas des Hindous. C'est la source du Sentiment, de l'Imagination et de la Mémoire.

 L'Esprit corporel ou l'Instinct animal s'applique au Kama Rupa ou « corps de désir des Orientaux ». C'est l'énergie vitale que dépeint si bien la férocité de Mars et l'âpre dureté du Fer.

Le Corps astral assure la permanence du Corps physique, dont il est le double éthéré ou aromal. Tout retentit sur lui, car il est le núud de la personnalité. Il transmet les ordres de Jupiter et remplit le rôle d'intermédiaire universel. Mercure le personnifie donc à juste titre. Les Bouddhistes le nomment Linga Sharira.

Ils appellent Prâna ou Jîva la Vitalité, qui a pour véhicule l'Eau fécondante dont l'écume donne naissance à Vénus, personnification de l'Ame Corporelle.

Reste Rûpa, le Corps matériel qui, livré à lui-même, se putréfie sous l'action dissolvante de Saturne.

Lorsque ces sept principes se contrebalancent harmoniquement il en résulte une santé parfaite. Mais la perfection n'est jamais atteinte. L'équilibre idéal est toujours plus ou moins rompu. C'est ce qui engendre la diversité des individus d'une même espèce ; car ils se confondraient dans l'unité de leur type commun, s'ils étaient tous strictement conformes à leur modèle abstrait.

Les déviations sont innombrables ; mais elles se ramènent à un petit nombre de types secondaires qui seront décrits au chapitre suivant.

 

CHAPITRE VIII

LES MODIFICATIONS FONDAMENTALES DU TYPE HUMAIN

La lumière blanche et les couleurs du prisme. - Matérialité et Animalité. - Spiritualité. - Bonté et Altruisme absolu. -Férocité. - Activité et Intellectualité pure. Paresse.

L'Homme-Type ou Adam-Kadmon représente un idéal d'harmonie qu'aucun être concret ne parvient à réaliser. Il en résulte des idiosyncrasies variées à l'infini, que seul l'Hermétisme permet de classifier d'une manière strictement logique.

A cet effet, il importe de remonter jusqu'aux causes qui engendrent une rupture plus ou moins prononcée de líéquilibre parfait. Elles se ramènent à une seule : la disproportion des facteurs constituants du ternaire humain. Chacun d'eux peut se trouver en excès ou être, au contraire, insuffisamment représenté. On peut ainsi distinguer six variations fondamentales, caractérisées par la surabondance ou la pénurie du Corps, de l'Ame et de l'Esprit.
Pour se rendre compte de ces déviations, il faut se reporter au schéma du chapitre précédent.

Chacun de ces trois cercles étant tour à tour avancé, puis reculé, leurs interférences normales sont modifiées de façon à expliquer les tonalisations principales de l'harmonie humaine.
Celles-ci se groupent autour de l'équilibre parfait, auquel correspond la lumière blanche synthétique dans le symbolisme des couleurs, alors que les trois couleurs primitives, rouge, bleu et jaune, conviennent respectivement à l'Esprit, à l'Ame et au Corps. Quant aux nuances intermédiaires, violet, orange, vert, elles s'appliquent à l'Aine spirituelle, à l'Esprit corporel et à l'Ame corporelle. Les principales variations du type humain peuvent ainsi se rattacher à l'une des couleurs du prisme. C'est ce qu'indique le tableau ci-contre.
Mais il convient d'étudier séparément chacune des divergences ainsi représentées.
      

Lorsque l'on trace le cercle corporel de manière à le faire empiéter sur les deux autres, il y a extension de Mars, Vénus et Mercure aux dépens de Jupiter.

C'est le schéma de la prédominance matérielle. L'activité physique (Mars) la sève vitale (Vénus) et l'intelligence pratique qui pourvoit aux besoins du corps (Mercure) se réunissent pour étouffer l'idéalité (Jupiter).  Il y a peu de place pour le rêve, les conceptions élevées et les sentiments nobles. En revanche, la vigueur musculaire ne laissera rien à désirer. De semblables natures sont faites pour travailler sous la direction d'autrui. Elles n'aspireront qu'à la satisfaction de leurs besoins corporels. Toute autre ambition leur paraîtra déraisonnable. Sancho Panza réalise pleinement ce type.

La pondération massive de ces êtres robustes les, fait jouir d'une santé excellente, si l'on s'en tient aux apparences; car, en réalité, ils sont prédisposés à l'apoplexie et aux accidents du tempérament athlétique. L'obésité et la pléthore les menacent, s'ils ne dépensent pas leur force ; d'autre part, leurs organes risquent d'être prématurément usés par la fatigue excessive qui pourrait leur être imposée.

Ces personnalités épaisses ont besoins de réagir contre la pesanteur de la matière. L'imagination (Lune) chez elles, devra idéaliser la vitalité (Vénus), Diane (Lune) inspirant à Vénus  des sentiments purs, donnera plus d'empire à Jupiter, surtout si' Apollon (Soleil), de son côté, parvient à tourner la fougue de Mars  vers l'ambition des grandes choses.

Cette intervention simultanée de l'Ame (Lune) et de l'Esprit (Soleil) renforce l'Ame spirituelle ou raisonnable (Jupiter) qui distingue l'homme de la bête.

Celle-ci s'abandonne passivement aux impulsions qui la gouvernent. Elle obéit avec une docilité absolue aux lois de son espèce, et ne délibère pas ses actes qui restent purement impulsifs. Les animaux sont comparables, sous ce rapport, à des  sujets hypnotiques qui subiraient d'irrésistibles suggestions.

Chez eux il n'y a pas trace d'idéalité . L'Esprit (Soleil) se manifeste tout entier dans l'Instinct (Mars), et l'Ame (Lune) dans la Vitalité (Vénus). Quant au Corps Astral, il est plus puissant que chez l'homme.

L'inconscience qui caractérise l'animalité tient à l'absence d'Ame spirituelle (Jupiter). Celle-ci ne se développe qu'à la suite de la révolte initiale qui fait conquérir l'autonomie personnelle. L'homme a voulu être par lui-même et de ce fait il s'est placé en dehors du courant de la vie générale ou édénique, il a détruit l'intimité du rapport reliant l'individu à l'espèce. Ainsi s'est déchaînée une lutte entre la raison naissante  et l'instinct d', désormais privé de son infaillibilité. Les épreuves douloureuses de l'évolution individuelle dégagent par degrés de cet état de trouble. Les facultés psychiques se développent pour replacer l'homme dans le courant d'une vie supérieure.

La vertu se tient à égale distance des extrêmes. A tout vice s'oppose une défaillance en sens contraire. C'est ainsi que la matérialité exagérée a pour antagoniste une spiritualité excessive.

Ici le cercle du corps est repoussé au dehors. Il ne laisse plus qu'un domaine précaire à Mars, Vénus et Mercure ; en revanche, Jupiter absorbe tout. C'est la pensée qui s'exerce aux dépens de l'énergie réalisatrice (Mars), de la vitalité (Vénus) et de la trame invisible de la personnalité (Mercure). Les gens de cette catégorie sont des rêveurs débiles. Ils habitent les nuages et désertent leur corps qui s'étiole.

Volontiers ils tombent dans les excès de la mysticité. Or, qui veut faire l'ange fait la bête, car notre nature tend fatalement à l'équilibre : le Corps ressaisit par suite avec violence l'Esprit et l'Ame qui cherchent à lui échapper. La sagesse veut que nous subissions les lois de notre enveloppe terrestre. Elle enseigne à régner sur la matière et non à la fuir. Dans ce but, il importe de volatiser le fixe tout en fixant le volatil, ou de spiritualiser les corps en corporisant les esprits. Tout le secret du Grand Art est là.

Pour rattacher à la terre une personnalité par trop éthérée Vénus peut utilement intervenir, en inspirant une de ces passions qui attirèrent les Béné-Elohim vers les filles des hommes.
D'autre part, l'exercice musculaire et la gymnastique pourront permettre à Mars de conquérir sa vigueur normale.

Les personnes qui ont trop d'Ame (Lune) sont riches en Idéalité  (Jupiter) et en Vitalité (Vénus). Le noyau de leur personnalité  est puissant, mais elles manquent d'esprit d'initiative.
Généreuses et compatissantes elles s'oublient facilement elles-mêmes ; aussi risquent-elles de devenir la proie des avidités qui les guettent.
Or, le premier devoir de l'être vivant est de se conserver et de se constituer avec solidité. C'est en ce sens que charité bien ordonnée commence par soi. Un égoïsme raisonnable doit retenir les élans irréfléchis du cúur.
Les dispositions morales qui privent l'être de toute énergie de défense personnelle ont d'ailleurs leur répercussion sur l'organisme. L'ardeur vitale (Mars) a pour mission de repousser les ennemis envahissants dont nous sommes sans cesse menacés. Il faut se défendre si l'on ne veut pas être dévoré.

Un être qui ne serait qu'amour et dévouement ne saurait subsister au milieu d'une société basée sur la lutte pour la vie. Poussé à l'extrême l'altruisme supprime entièrement l'instinct (Mars). C'est alors le triomphe de l'Ame (Lune), mais en même temps la cessation de toute vie corporelle. La Vierge (Lune) ne peut écraser la tête du serpent d' que dans le ravissement qui la transporte au ciel.

Lorsque l'Ame  tient trop peu de place dans la personnalité, Mars  prédomine au détriment
de Jupiter, de Mercure  et de Vénus. Le feu corporel (Mars) se montre par suite agressif, brutal et violent. L'Idéalité (Jupiter) et la sensibilité (Vénus) ne parviennent pas à lui opposer un frein suffisant. Une énergie indomptable se joint chez de pareilles natures à un égoïsme cynique. Le crime en fait ses instruments les plus dangereux.

Les instincts méchants et destructeurs peuvent néanmoins tourner au bénéfice d'une société qui parvient à les discipliner car, si les hommes d'action et de mouvement se montrent peu sensibles, ils n'en subissent pas moins l'ascendant de toute supériorité morale et intellectuelle. Ils demandent à être domptés, comme des bêtes féroces qu'ils sont. Avec du tact et de l'assurance on réussira souvent à tirer parti d'eux, car il y a toujours de la ressource avec les forts, tandis que les lâches restent fermés à toute vertu.

A ceux qui manquent d'âme, il convient d'en donner, comme on le fit à l'époque de la chevalerie. Le culte du courage, de l'honneur viril, rapproche Mars de Jupiter. Le respect de la femme, cette charmeuse dont l'irrésistible ascendant s'impose, permet d'autre part à Vénus d'adoucir ce qu'il y a dans Mars de rude et de sauvage.

L'Esprit  en excès porte préjudice à Vénus au bénéfice de Mars, Mercure  et Jupiter.
Ce dernier entretient une ambition démesurée, que Mars  est prêt à servir de toute sa dévorante activité. Mais il y a pénurie de liquide vital ;

le Feu manque de combustible. Il se consume plein de rage et déchaîne une fureur maladive, que l'influence d'une personne aimante et douce parviendra seule à calmer. De pareilles natures en rongent, elles voudraient tout entreprendre et souffrent de leur impuissance. La fièvre les secoue et leur brûle le sang. Parfois elles se renferment dans un désespoir farouche, pour éclater soudain en des crises de colère furieuse. La musique semble alors susceptible de ramener l'harmonie dans ces âmes troublées. C'est du moins ce que nous apprend l'histoire de David et de Saül.

On peut imaginer un être chez qui l'Esprit supplanterait entièrement la Vitalité. Ce sera le fantôme de l'intellectualité pure, une sorte de Lucifer, archange d'orgueil et d'indépendance absolue.
La pauvreté spirituelle sacrifie Jupiter, Mercure  et Mars à la domination tyrannique de Vénus .
Celle-ci répugne à l'action et ne recherche que la volupté. C'est la paresse et la sensualité qui atrophient l'intelligence et engourdissent toutes les forces vives. La vitalité croupissante se corrompt, et engendre les vices les plus pernicieux. L'hystérie, avec ses perversions du sens moral et de l'instinct, se rattache à ce genre de déséquilibrement.
Le salut doit être cherché dans les distractions qui font travailler le corps en occupant l'esprit. La vitalité en excès demande, en outre, à être dépensée au bénéfice d'autrui. L'exercice du magnétisme peut offrir en cela une dérivation extrêmement salutaire.

Il appartient au lecteur de tirer par lui-même toutes les conséquences des prémisses qui viennent d'être posées. Ce qui précède n'est qu'une esquisse, rudimentaire mais suffisante pour compléter les notions qu'il importait de donner sur la Médecine philosophale. Cette thérapeutique vise à ramener l'homme à l'équilibre rigoureux de son type divin. C'est ce qu'on pourrait appeler la Médecine intégrale.
Puisse la Médecine ordinaire s'occuper moins exclusivement du corps. Espérons qu'une philosophie sagace viendra de plus en plus éclairer la science, et que justice sera rendue dans l'avenir au génie méconnu du passé !

 

CHAPITRE IX

CONCLUSION DE LA PARTIE THEORIQUE

Enigme dans le goût des Alchimistes.

Il est un âge pénible où l'on cherche sa voie. Une imagination ardente fait concevoir alors les projets les plus ambitieux : on escalade le ciel à l'instar des Titans ; mais la raison intervient, et des hauteurs de l'enthousiasme on se voit précipité dans l'abîme d'un noir découragement.

Puis la folie reprend. Encore tout meurtri de sa chute l'esprit s'élève de nouveau sur les ailes du rêve, pour retomber plus douloureusement sur le sol de la réalité brutale.

Et ces alternances se poursuivent sans relâche. Le jugement en déroute ne trouve aucun point fixe où se rattacher : d'un extrême il passe à l'autre, sans arriver à la certitude, au repos.
Cependant, cette agitation doit prendre fin : il faut se décider et choisir son orientation. Plein d'angoisse, on implore donc une clarté directrice, on fait appel à la lumière qui guide les égarés...

C'est dans ces conditions que j'eus un songe étrange, une nuit où je m'étais endormi plus accablé que de coutume.

Un vaste tableau captive tout d'abord mon attention. Je le vois dans son cadre et je m'estime en présence d'une toile de maure. Mais à qui attribuer ce chef-díúuvre inconnu ? J'examine le style du dessin, le coloris, la facture, et je ne reviens pas de ma surprise en constatant que cette composition c'est moi-même qui l'ai peinte !...
La lumière et l'ombre se combattent dans un ciel nuageux, envahi par les blancheurs de l'aube. Une légère vapeur s'élève de la terre labourée, qui s'étend au loin sans porter trace de végétation.
A gauche, la lisière d'une forêt de cèdres surmonte une croupe de terrain qui s'abaisse en pente douce jusqu'au premier plan. Le sol en cet endroit n'a pas été remué, mais il est nu et porte à peine quelques touffes d'une herbe jaunie par de récentes gelées.

Ce décor renferme des personnages qui, rangés en cercle, semblent dans l'attente d'un fait extraordinaire. Leurs vêtements sombres font ressortir l'écarlate de certains costumes et le jaune dont se drapent quelques rares privilégiés.
La foule est innombrable. Elle contemple d'un air hébété un sépulcre ouvert, dont l'immense pierre tombale se dresse en arrière comme un menhir druidique. La tombe est bordée d'une margelle, qui fait songer au puits où la Vérité se cache.
De ce tombeau sort une jeune fille qui semble morte. Elle se tient debout dans le vide. Un long
voile blanc tombe de sa tête penchée : ses bras pendent sous les plis de son suaire de lin.
Et tous regardent pétrifiés...

Subitement ce morne tableau s'anime. De la foule rangée derrière le monument, un jeune homme se détache. Il a le type et le costume d'un écolier florentin. D'un pas décidé il avance et approche de l'apparition. Sans hésiter, il l'attire à lui, la prend dans ses bras et dépose sur son front le baiser de la vie.
A ce contact la vierge se réveille, elle respire. Son visage se colore et ses paupières s'ouvrent, lourdes encore du sommeil des siècles. Ses yeux ensuite s'arrêtent sur son sauveur avec une expression d'infinie tendresse. Un instant les deux êtres se regardent en confondant leurs âmes ; puis le jeune homme se retire brusquement et disparaît dans la foule d'où il est sorti.
La vestale ressuscitée quitte alors le tombeau. Calme, elle avance de trois pas puis, portant la vue au ciel, elle laisse tomber son voile.
A cet instant le soleil paraît, inondant tout l'espace de sa splendeur dorée.
La foule admire, joyeuse, car désormais elle comprend.

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