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Hauts Grades

Articles avec #histoire de la fm tag

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17 Février 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

Je recherche pour un Frère le règlement intérieur de la Loge des « Neuf Sœurs ».

Merci.

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Willermoz et Cagliostro

12 Février 2013 , Rédigé par A.Joly Publié dans #histoire de la FM

« Willermoz a conté ses entrevues avec Cagliostro à Charles de Hesse (Lettre du 6 au 8 novembre 1784. (« Il venait dans le désir d'établir le rite égyptien en France et son chef-lieu à Lyon. Il avait jeté les yeux pour cela sur la Loge de la Bienfaisance de Lyon ») ; il en fit part aussi, d'une façon plus officielle, au duc d'Havré de Croy, le 13 décembre 1785 (Lyon, ms. 5458, pièce 11). Ils eurent ensemble quatre entretiens longs et graves, dont le dernier ne dura pas moins de cinq heures. La dernière conversation porta sur la nature de Jésus-Christ. « Il parut, écrit Willermoz, embarrassé et hésita. Il termina cependant par déclarer que Jésus-Christ n'est pas Dieu, qu'il était seulement fils de Dieu, comme lui Cagliostro, et un philosophe. Je lui demandai comment donc il expliquait tels et tels passages de l'Évangile qu'il avait nommés quelquefois. Il prétendit que tous ces versets étaient faux et ajoutés au texte. Il me demanda à son tour quelle était ma croyance sur ce point. Je lui fis ma profession de foi. » (Willermoz, Lettre à Ch. de Hesse, 8, 9 novembre 1784).L'aventurier sentit que la partie était perdue. Mais il était homme à chercher avantage même d'une défaite. Celle-là lui permettait de revenir sur ses embarrassantes promesses. Il allégua qu'étant donnée cette différence de croyance, il lui était impossible de donner aucune preuve de son pouvoir. À quoi l'autre répliqua qu'une différence d'opinion n'empêchait pas les faits. Cagliostro persista dans son refus. Willermoz fit remarquer que c'était manquer à la parole donnée. Cagliostro prétendit qu'on la lui avait extorquée. Willermoz se fâcha devant une mauvaise foi aussi impudente." (A. Joly, Un mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, 1730-1824, Protat Frères, 1938, pp. 209- 211).

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Lettre de JB Willermoz au Duc de Havré et de Croy (1785)

11 Février 2013 , Rédigé par JBW Publié dans #histoire de la FM

MS fg 5.458 Page 11 bibliothèque de lyon

Lettre du F :. Willermoz ainé, membre du directoire écossais d’auvergne séant à Lyon, et chancelier général du ressort provincial, au TRF Duc De Havré et de Croy grand maître provincial du ressort et vénérable maître de la respectable loge de la bienfaisance à l’orient de paris ; l’an de la vrai lumière le 13 décembre 5785. A Lyon  

TRF

C’est depuis dix jours seulement que j’ai reçu la lettre daté du 25 gbre dernier que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser pour le directoire. J’y ai présenté aussitôt les divers objets mentionné dans votre lettre et sur lesquels vous désirez connaitre sa manière de pensée.

La séance a été employée plutôt en examen et réflexions sur les questions proposées qu’en délibération positive. C’est la substance de ces réflexions que je suis chargé de vous présenter T.R.F.

Le directoire n’a point été étonné de voir par ces à coté de vos propositions, le vif intérêt que vous paraissez prendre a la satisfaction de la respectable loge que vous présidez et celle de tous ses en particulier ; mais comme vous avez donné constamment en toute occasion des preuves non équivoques de votre zèle et de votre attachement pour le Régime rectifié et pour le maintien des lois qui peuvent rendre ce régime particulièrement utile à tous ses membres successivement, le Directoire se flatte que son illustre Maître Provincial ne désapprouvera pas pour l’accomplissement d’un but si important il soit sur quelques uns des points proposés d’un avis différent de celui du Vénérable Maître de la Respectable loge de la bienfaisance à paris.

Les réflexions du Directoire ont eu pour base la connaissance de l’esprit du régime rectifié ; connaissance qui vous est trop familière pour avoir besoin d’être rappelée ici, puisque ce ne serait qu’au nom d’un corps dont vous êtes le chef et l’organe ; et si je le fais, c’est plutôt pour ceux à qui vous jugerez à propos dans un temps ou dans l’autre de le faire connaitre, afin qu’ils voient alors que c’est moins votre opinion que celle du corps entier,  que vous lui présenterez.

Le Régime rectifié a un but général qui lui est commun avec tous les autres régimes maçonniques. Ce but est le point de ralliement de tous les régimes : voila pourquoi il y a entre les uns et les autres des rapports respectifs. Mais ce but n’est pas exclusif : il est même le moindre, car il n’explique ni les symboles ni les emblèmes maçonniques, qui cependant doivent être un jour expliqués dans leurs vérités ;  et tous les régimes qui n’ont pas les lumières nécessaires pour les expliquer ainsi à ceux dont le temps est venu, sont des régimes arbitraires qui ne sont point dans la vérité maçonnique.

Ce n’est point à nous à juger aucun cas ces régimes, mais nous pouvons dire avec confiance que c’est aux fruits qu’ils portent eux même, et à ceux qu’ils font produire dans leur sein que tout homme réfléchi pourra fort aisément les juger .On est aussi fondé à juger que tout homme qui porte le titre de maçon, s’il ne manifeste pas en lui les fruits de la vérité, n’est pas dans un régime vrai, ou est, quel qu’il soit, indigne d’y être.

Le but de bienfaisance tout louable qu’il est, n’exigeant par lui-même ni mystère ni serment et n’expliquant rien, ne peut être le vrai but de l’initiation maçonnique.

Le régime rectifié a un but plus essentiel celui de former des hommes vertueux qui le soient non par pure spéculation, comme cela arrive si souvent mais d’une manière active qui les rende capables de connaître ensuite et quand il plaira à Dieu, tout ce qui peut faire ou commencer ici bas le vrai bonheur de l’homme. Ainsi il admet dans les loges tous les hommes vertueux et tous ceux qui désirent de bonne foi de le devenir, pour leur en procurer en leur temps  les fruits.

Mais tous ceux qui ne se rangent eux même par l’effet d’une volonté propre et ferme dans l’une de ses classes, y sont déplacés et ne doivent point être étonné de si voir oubliés, jusqu’à ce qu’ils soient élevés eux même convenablement.

Quoiqu’il soit interdit dans le régime rectifié comme dans tous les autres, de se livrer dans nos assemblées à aucune discussion dogmatique il n’en est pas moins vrai que le régime ne reconnait pas de véritable vertu, si elle n’est fondée sur les bases sacrées de la religion et comme aussi il n’y a pas deux religions vraies le Sérénissime Grand Maître général de l’ordre rectifié eut raison d’inscrire dans sa lettre circulaire de 1779 ces paroles remarquables

Et qui dit un vrai Maçon,

Dit un vrai chrétien.

 Car ces deux titres sont inséparables dans la vraie et primitive institution maçonnerie qui a été si fort défigurée par tous.

Ces principes dont je viens de faire une exposition sommaire, et qui seront mieux développés dans le nouveau code des règlements maçonniques, qui paraîtra (j’espère) dans le courant de l’année prochaine, sont l’unique et inviolable base de toutes les opérations du Directoire général du ressort provincial, soit pour les délibération journalières, soit pour les constitutions des nouveaux établissement maçonniques, et l’avancement des F.F. dans les hauts grades du régime, comme il ne marche jamais que tenant à la main une règle positive, qui manque presque partout ailleurs, il est moins exposé à errer qu’on ne l’est ailleurs, ou l’arbitraire suppléé forcement au défaut de loi positive. Il ne pourrait s’écarter de la sienne sans s’exposer au danger de manquer le but, et s’il le manquait devenu par la indigne du dépôt de lumière qui lui est confié pour préparer successivement le bien de tous, ce dépôt lui serait bientôt retiré, et il mériterait dès lors le reproche juste et amer de tous ceux qui entrant successivement dans la même carrière, se verraient privés de la portion de lumière qui leur était destinée et qu’ils devraient recevoir par lui.

Car se sont les grades les plus élevés sans les instructions qui les accompagnent et qui les expliquent et qui ne se trouvent pas partout ? Voila la cause de cette inflexibilité qu’on a tenté quelque fois de reprocher au régime, et pour lui au Directoire, qui uni a son chef provincial, en est l’organe, lorsqu’il a résisté à des considérations particulières ou locales, qui paraissent être d’un grand poids aux yeux de chaque prétendant, mais qui n’étaient rien aux yeux d’une administration éclairée, qui ne doit considérer dans l’homme prétendant , quelque décoré qu’il puisse être, que l’homme même, tel qu’il est aux yeux de la divinité.

L’administration Directoriale vient d’en faire dans le courant de cette l’année, une pénible expérience envers un illustrissime frère déjà très avancé dans les hauts grades du régime, et frère d’un roi régnant actuellement en Europe, qui présumant que le régime possédait des lumières essentielles qui ne sont pas ailleurs, demandant un aveu sur ce point et s’il pouvait y participer, elle eut le courage et dut l’avoir de lui dire verbalement par ses députés qu’elles existaient, mais qu’il ne pouvait pas y participer, parce qu’il y avait en lui des défauts personnels qui y mettaient obstacle ; qu’il devait travailler à les détruire, que lorsqu’il y aurait réussi , on lui offrirait ce qu’il désirait actuellement s’il y était destiné ; mais qu’il ne devait pas le demander, avant qu’on le lui offrit. On a aujourd’hui la satisfaction d’apprendre qu’il y travaille sérieusement.

Il y a bien des régimes différents dans la maçonnerie, on peut cependant la réduire à quatre classes principales.

Il y en a de bons (c'est-à-dire) les régimes qui dirigent les maçons vers un vrai but, bon et essentiel, qui est le seul fondamental, tel est le régime rectifié, qui est peut-être aujourd’hui le seul de cette classe.

Il y en a des nuls, c'est-à-dire, qui n’ont ni vices ni systèmes dangereux, mais aussi qui manquent de tous moyens et lumières nécessaires pour conduire les maçons au vrai but fondamental ;  tel sont le régime national français et peut-être aussi tous les régimes nationaux.

Il y en a d’illusoires et dangereux : illusoires en ce qu’ils ne peuvent donner, dangereux en ce qu’ils excitent la cupidité et la curiosité pour le merveilleux, et comme il y a plus de Maçons curieux que de vraiment vertueux, ils détournent la multitude du gout et de la recherche du vrai but fondamental.

Enfin il y en a qui sont essentiellement mauvais et corrompus ; mais heureusement le nombre en est rare,  surtout en Europe, où ce régime existe plutôt chez des individus pervertis que dans des sociétés entières.

Le régime que Cagliostro a voulu établir en France,  sous le nom de rit Egyptien,  est mixte et participe aux deux dernières classes. Il est illusoire et trompeur en plusieurs points sur lesquels il veut s’en faire « accroire » ; dangereux et mauvais en quelques autres qui pourraient avoir plus de réalité, mais heureusement pour ses sectateurs, le moderne instituteur de ce régime mixte, n’est pas assez savant en cette partie,  pour le rendre aussi mauvais qu’il aurait pu le devenir entre ses mains, et la Divine providence, qui veille au bien des humains, en a arrêté les progrès dés sa naissance. Je puis parler pertinemment de cet homme et de ses principes.

 Arrivé à Lyon en octobre 1784, il avait projeté d’empoisonner le Régime Rectifié, par le Directoire de Lyon, dont il me savait membre, en m’offrant de m’établir personnellement dépositaire général de tout son savoir et de tous ses secrets, si je voulais favoriser la propagation de son régime.

Je ne m’en défiais encore aucunement parce qu’il m’avait fait inviter le lendemain de son arrivée, sous un nom qui m’était inconnu, ce qui donna lieu à plusieurs longues conférences, après lesqu’elles ayant reconnu les dangers et la perversité de ses principes, je lui tournai le dos en l’assurant qu’il ne me verrait plus.

D’après cet exposé sommaire, il est aisé de conclure que les loges réunies n’ont rien à gagner hors de leur propre régime, qu’elles ne peuvent que s’affaiblir en contractant trop d’affinité avec les régimes nuls, et qu’elles ne peuvent que perdre avec les autres, mais comme il existe un traité d’union entre les Directoires de France et le grand Orient de France , le Directoire ne veut y mettre aucun obstacle, mais ceux qui fréquentent les loges françaises n’ont pas encore bien senti la différence.

L’on ne peut recevoir les hauts grades que là où il y a Régence Ecossaise, or  il n’y a encore à Paris, ni collège, ni Régence, il faut donc se transporter où il y en a et plus on différera de s’y transporter jusqu'à ce que le nombre soit complet, plus aussi on retardera la formation de ses collèges, et de la Régence Ecossaise à Paris.

Les hommes s’accoutument à se créer des obstacles factices, comme ils se créent des besoins factices. Mais si tous ceux qui sont dignes des hauts grades ne sont pas assez  libres pour se déplacer, il convient que ceux qui sont plus libres le fassent les premiers ; c’est toujours un acheminement pour la formation de l’ensemble.

Signé   Willermoz

Chancelier Général du Ressort Provincial  

Transcription d’après original Olivier Kummer

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Jean-Baptiste Willermoz et les visions de Mademoiselle Rochette, 22 avril 1785

11 Février 2013 , Rédigé par Marjorie Larquey Publié dans #histoire de la FM

En 1785, Jean-Baptiste Willermoz décrivait Lyon comme « l’un des principaux centre de l’illuminisme et des sociétés secrètes, le confluent de tous les rites ». Lui-même a fortement contribué à la construction de l'imaginaire magique et mystérieux attaché à la ville. Né en 1730 dans le quartier de Saint-Nizier à Lyon, ce mystique a joué un rôle clé dans la constitution du système des hauts grades maçonniques. A vingt ans déjà, J.B. Willermoz entre dans sa première loge et poursuit dès lors l’œuvre maçonnique jusqu’à sa mort. Lyon est réputée comme étant le berceau des sciences occultes grâce aux nombreuses figures emblématiques qui y ont vécu tout en y inscrivant leurs rites. On compte parmi eux Cagliostro qui fit de l’ombre à J.B. Willermoz : se démarquant par son rite égyptien, il fonda la loge de La Sagesse Triomphante dont il fut le Grand Cophte. Elle fut le théâtre d’apparitions énigmatiques qui échauffèrent les esprits.

Parallèlement à l’éparpillement des sociétés secrètes, Lyon est touchée par l’influence du magnétisme animal dont F.A. Mesmer est le fondateur. Selon lui, l’univers baigne dans un fluide magnétique permettant la propagation de courants d’énergie qui pénètrent tous les corps vivants ; la santé ou les maux de chacun sont liés à des déséquilibres de ce fluide dont il est nécessaire de contrôler la circulation harmonieuse. C’est dans ce contexte de l’apogée du mesmérisme que ces sociétés mystiques expérimentent une nouvelle pratique, celle du somnambulisme magnétique, fondé par le marquis de Puységur. Selon cette méthode, un médecin, par le magnétisme, plongeait dans un état de sommeil une jeune femme – naturellement plus sensible disait-on. En raison de ses vertus thérapeutiques, le somnambulisme magnétique était prescrit pour soigner et traiter les maux les plus persistants. Ses adeptes, insérés dans des courants spiritualistes issus de l’illuminisme et des mouvements théosophiques, s’intéressèrent aussi aux propriétés du somnambulisme. Ils étaient en quête d’un message divin, de signes de l’au-delà. Ces somnambules devinrent en leurs mains d’étranges outils théologiques, des instruments aptes répondre aux questions métaphysiques.

Le 8 novembre 1784, Willermoz écrit : « Il s’est formé à Lyon une société magnétisante sur des principes plus harmonieux et plus certains que ceux de M. Mesmer ». Il s’agit de La Concorde, société dans laquelle une douzaine de francs-maçons travaillaient à la guérison d’autrui. Dès l’automne 1784, quatre jeunes filles, dont Jeanne Rochette, furent présentées à La Concorde pour y recevoir des soins.

Tout commença pour cette jeune femme lorsque la famille Sabots de Pizay l’emmena prendre les eaux du Mont Dore, pour la soigner de ses crises nerveuses, en même temps que leur fils qui souffrait du cœur. Ce dernier mourut en octobre 1784 et Mme de Pizay n’eut pas d’autre choix que de mettre la jeune femme entre de meilleures mains pour la guérir par cure magnétique. Dans un premier temps, Jeanne Rochette fut confiée au doyen du chapitre de Saint-Jean, le comte Castellas, qui la magnétisa dès le 6 novembre 1784. Peu après, l’histoire de la demoiselle prit soudainement une nouvelle tournure. Dès février 1785, d’après les témoins qui eurent la possibilité de l’observer, la somnambule aurait eu des sommeils « plus tranquilles et plus intéressants » dans la mesure où ils commencèrent à « fixer l’attention sur divers objets dont elle avait vaguement la vision » précise Willermoz. Ce dernier fut alors convié aux crises et décida de prendre en note les « sommeils » de Mlle Rochette – dont le nom est ici raturé – durant deux ans, de mars 1785 à août 1787. Bien qu’irrégulières, les séances furent toutes retranscrites méticuleusement, constituant ainsi « onze cayers », consultables à la Bibliothèque Municipale de Lyon. Seul un petit groupe d’élus pouvait participer aux crises somnambuliques ; on compte parmi eux J.B Willermoz et son frère, le médecin Pierre-Jacques Willermoz. Ce docteur en médecine de la faculté de Montpellier avait remporté un concours de chimie en 1761. Bien que ses capacités scientifiques aient été largement prouvées, il s'intéressa tout de même aux questions paranormales. Pour les autres spectateurs, l’occasion d’assister aux séances se fit plus rare ; ils devaient présenter une requête précise, soumise à l’accord de Jeanne Rochette. C’est de cette manière que « Mme Pizay mère » eut le droit de participer à la séance du 22 avril 1785, en raison de la mort récente de son fils.

Les récits de ses sommeils étaient assez décousus et farfelus. S’y mêlaient aussi bien des éléments de la vie réelle que des entités de l’au-delà. Le sommeil du 22 avril 1785 en est un parfait exemple. La visionnaire voit en apparition des anges et des saints, côtoyant les proches de ceux qui l’observent. Les parents, les membres de la famille, les disparus, les amis morts des personnes présentes aux crises somnambuliques occupent les sommeils de Jeanne Rochette. La somnambule évoque d’ailleurs le cadavre du jeune Sabot de Pizay, qu’elle aperçoit suspendu. Elle voit les proches de son entourage entourés de flammes, comme l’oncle de J.B. Willermoz, mais elle peut tout aussi bien les voir baignés de lumière. Elle les dit « délivrés », comme la mère de J.B. Willermoz, ou encore dans le tourment.

Pour assister aux sommeils, une condition était nécessaire, voire indispensable et Jeanne Rochette était intransigeante à ce sujet. La somnambule devait pouvoir faire entièrement confiance aux témoins. Plus qu’un futile caprice, la confiance avait, d’après elle, un impact direct sur la qualité de ses sommeils et par conséquent de ses révélations. La jeune femme fait référence deux fois à cette notion de confiance le 22 avril. Elle explique qu’elle a été limitée dans ses visions parce que Mme de Pizay et le médecin Willermoz ont manqué de confiance. A l’inverse, elle affirme à J.B. Willermoz qu’elle a pu lui faire part de ce qui se passait entre ce dernier et sa mère, parce qu’il a pleinement eu confiance en elle .

D’après J.B. Willermoz, il s'agit de bien plus qu’un récit fantastique où cohabitent le réel et le mystique et dans lequel se déroulent des événements curieux : la visionnaire aurait vraiment un don de clairvoyance. Le magnétiseur raconte lui-même que la somnambule lui a assurément prédit des événements qui avaient eu lieu entre sa mère et lui. Finalement, plus qu’un simple rôle de visionnaire, Jeanne Rochette revêt un nouveau statut : celui d’un oracle délivrant un enseignement spirituel.

En raison du succès qu’elle suscite auprès de ses élus, de leur écoute attentive et obéissance suprême, Jeanne Rochette acquiert un certain aplomb et devient une sorte d’intercesseur entre les vivants et les morts. La somnambule délivre une instruction morale, une initiation à ses assistants. Dès avril 1785, elle se présente comme investie de la mission de ramener ces hommes à Dieu. Au fur et à mesure des séances, une doctrine sur le somnambulisme magnétique semble se constituer par les recommandations que fait la jeune femme durant ses sommeils. Elle établit une sorte de code, de règles à respecter et, devenant très exigeante, elle demande une participation active au groupe de disciples qui s’est formé autour d’elle, notamment la prière pour les morts. Dans sa relation aux personnes qui la magnétisent ou l’observent, on constate qu’elle s’attribue les mêmes fonctions qu’un prêtre : elle conseille, bénit, et remet même les fautes, ou plutôt annonce le pardon au nom des saints patrons.

Source : http://atelier-histoire.ens-lyon.fr/AtelierHistoire/episodes/view/46

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Irlande et Franç-Maçonnerie

8 Février 2013 , Rédigé par PHL Publié dans #histoire de la FM

L’Irlande et sa longue histoire méritent d’être connues des francs-maçons sous bien des aspects que nous allons aborder ensemble. Quelques mots tout d’abord sur la civilisation mégalithique, qui a connu son apogée entre 3500 et 2500 avant J-C. On ne sait pas grand-chose de ces peuples qui avaient une cosmogonie relativement élaborée. Mais le franc-maçon sera au moins sensible au fait que les alignements de menhirs correspondent habituellement à des données astronomiques (liées au lever et coucher du soleil en rapport avec les solstices et équinoxes, ainsi qu’aux cycles lunaires), alors que les dolmens, cairns et tumulus étaient des tombes, individuelles ou collectives (également orientés de manière précise).  

Les Celtes n’introduiront le druidisme dans les îles britanniques que vers 450 avant J-C, alors que leur civilisation domine l’Europe depuis presque un millénaire. Nous noterons ici que selon l’antique tradition des druides, l’année était divisée en plusieurs périodes correspondant à des évènement solaires (solstices, équinoxes), manifestant le caractère cyclique de la vie. On peut d’ailleurs noter que les anciennes fêtes celtiques restent discrètement présentes dans notre calendrier : Samain, le 30 octobre symbolisait la victoire des hommes sur les attaques des esprits surnaturels, avant de se terminer par la célébration de la nouvelle année. Puis la renaissance du soleil au solstice d’hiver ; c’est la fête de Modra Necht, durant laquelle le druide va cueillir le gui selon un rite précis, en s’exclamant “le blé lève” (O guel an heu , ce qui sera plus tard déformé par “au gui l’an neuf”). Imbolc, dans la nuit du 1er au 2 février, était la fête de la purification druidique, purification de la lumière ascendante et de ses effets sur la sève montant de la Terre-mère. Le 1er mai, Beltainn était la fête du feu de Bel, le dieu solaire, pour lequel on allumait de grands feux purificateurs, comme cela se fera plus tard à la saint Jean. Notons aussi que lors de l’initiation druidique, le postulant était enfermé dans une peau de bête, et que le dieu Lug (dieu de la lumière) se manifestait au travers du chef de clan, détenteur du maillet.  

Nous savons aussi que dans le dernier siècle avant l’ère chrétienne, Rome étend son emprise sur l’Occident et le Moyen-0rient, favorisant la diffusion de deux grandes religions :  

- d’une part le mithraïsme, le culte de l’ancien dieu iranien de la lumière se développant sous une forme d’abord cultuelle puis de plus en plus initiatique.  

- d’autre part le pythagorisme romain mystérique, qui conservait les principes de base de l’Ordre : à son niveau le plus profond, la réalité est gouvernée par les nombres ; la philosophie peut servir à la purification spirituelle ; l’âme peut s’élever jusqu’à s’unir avec le divin ; certains symboles ont une signification mystique ; les membres de l’ordre se doivent loyauté et le respect du secret).  

Ce n’est qu’en 43 après J-C. que l’empereur Claude envoie ses légions en Grande-Bretagne ; elles ramènent rapidement l’ordre en Angleterre, mais l’Écosse continuera à échapper à leur domination. L’Irlande est totalement épargnée et le restera longtemps.  

Selon une légende mythique, la maçonnerie aurait été introduite en Angleterre en l’an 287 après JC,  sous la protection de Carausius 1er, un amiral romain révolté qui s’était proclamé empereur de la Grande Bretagne indépendante. Il s’était attaché Amphibolus, l’architecte grec, et Alban, “homme célèbre dans toutes les sciences et en particulier la géométrie “, représentants des collegiae fabrorum. Carausius leur aurait accordé une charte, permettant (en opposition à la loi Julia ) aux constructeurs de tenir des assemblées et de constituer de nouveaux membres, conformément aux anciennes constitutions de Numa Pompilus et Servius Tullius.  

Au cours du IVème siècle, les celtes irlandais (Scots) s’allient aux tribus écossaises implantées au nord du mur d'Antonin (Pictes) pour multiplier les incursions en Bretagne romaine. En 383, Maximus Clemens, gouverneur romain de Grande-Bretagne, se révolte contre l’empereur Gratien, qui sera vaincu. La région retrouve ainsi son autonomie et en 410, Rome ordonnera le retrait de toutes ses troupes de Grande-Bretagne, ce qui ouvrira la région aux invasions barbares.  

L’évangélisation de l'Irlande par saint Patrick est située en 432. Selon la légende, ce natif des côtes ouest de la Bretagne romaine fut enlevé et réduit en esclavage dans son adolescence par des pirates irlandais. Au bout de six ans passés à Slemish, il s'évada et alla étudier le christianisme dans les monas­tè­res français. Puis il revint en Irlande et après avoir défié les druides et le haut-roi de Tara, il fonda la capitale ecclésiastique d'Armagh. A cette époque, le celtisme irlandais reste très actif, avec de nombreuses légendes spécifiques se rapportant aux anciens héros préceltiques.  

Pour resituer la période, rappelons que tout l’Occident est alors ravagé par les invasions barbares.

La Grande-Bretagne a été conquise par les Angles, les Jutes et les Saxons. Mais notons aussi que les Scots, celtes irlandais du royaume de Dalriada, ont également installé en Ecosse (région d'Argyll) un second Dalriada, qui connaîtra une importante expansion. Avec la chute de l’empire romain d’Occident, l’an 476 marque ainsi le début conventionnel du moyen-âge. La plupart des conquérants barbares se convertissent au christianisme, ce qui va rapidement conduire à la quasi-disparition de la religion celtique.  

En effet, les principes de la société gallo-romaine étaient intrinsè­quement incompatibles avec le druidisme puisque celui-ci fonctionnait selon une dualité entre le druide et le roi ; le druide étant le détenteur initié de la connaissance, de l’autorité spirituelle, responsable du savoir, intermédiaire entre les dieux et les hommes représentés par le roi, qu’il conseille ; ce dernier étant pour sa part le détenteur élu de l’autorité temporelle, garant de la cohésion sociale, qui met en application les conseils du druide ou les sentences de justice qu’il a édictées.  

Certains principes du druidisme resteront toutefois véhiculés, plus ou moins discrètement, dans les traditions chrétiennes d’autant que si les derniers druides sont devenus évêques, les bardes ont continué à véhiculer dans la tradition populaire des milliers de chants et des centaines de contes transmettant leurs valeurs philosophiques. Citons à ce propos la triade bardique des cercles concentriques, figurés sur la croix celtique, de diamètres respectifs 81, 27 et 9 : cercle de Keugant (le chaos, le néant où seul Dieu peut subsister), cercle d’Abred (le destin, l’exis­tence terrestre, la renaissance de la mort en fonction de l’existence précédente) et cercle de Gwenwed (la renaissance de la vie, la libération des cycles de réincarnation, la béatitude près de Dieu).  

Au VIème siècle, trois points méritent à mon sens d’être relevés :  

- en 529 : au mont Cassin, Benoît de Nursie érige un couvent sur l’emplacement d’un temple d’Apollon (et peut être ancien lieu de culte de Mithra). Il énonce la règle bénédictine qui, aux obligations de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, ajoute les principes du travail intellectuel et manuel. Le moine doit obéis­sance à l’abbé (le père de la communauté, chargé d’interpréter la règle) et fait voeu de stabilité, c’est à dire de ne jamais quitter le couvent qui est isolé du monde par la clôture, mais reste en contact avec lui par le lien de l’hospitalité. Le troisième voeu est celui de la "conversion des moeurs", par lequel le moine abandonne son ancien mode de vie. La communauté monastique est liée par le respect dû aux anciens par les jeunes, et à l’affection accordée aux jeunes par les anciens. L’abbé (élu) était communément appelé “vénérable frère” ou “vénérable maître” ; il sera l’archétype du maître d’oeuvre médiéval, qui guide l’alliance entre le travail de la matière, l’intelligence de la main et l’intensité de la foi afin que le travail ainsi sacralisé devienne une prière et une glorification.  

- en 563 : saint Colomba (Colmcille), issu de la noble famille irlandaise des O’Neill, arrive en Écosse après avoir fondé une demi-douzaine de monastères en Irlande. Le moine établit une communauté sur l'île d’Iona, d’où diffusera le christianisme celtique en Écosse. Une légende dit que deux ans plus tard, il sauva miraculeusement un homme de l’emprise d’un monstre sorti des eaux noires du Loch Ness (il faudra ensuite attendre 1933 pour que “Nessie” redevienne un sujet d’intérêt pour les riverains du loch). L'église irlandaise prônait un ascétisme fondé sur une triple acception du "martyre" : martyre blanc (séparation d'avec les proches et la société, voyages d'évangélisation) ; martyre vert (travail dans la pénitence et le repentir)  ; martyre rouge (soumission à la croix et à l'adversité).  

- en 590 : saint Colomban (Colombanus), un irlandais éduqué à l'abbaye de Bangor, fonde le monastère de Luxeuil (évocateur du dieu solaire Lug) sur le site d’un ancien temple de Diane, près de Mulhouse. Il contribuera à la diffusion du christianisme celtique en Bourgogne, en Autriche et en Lombardie. Au IXème siècle, son disciple le moine Ermenrich de Saint-Gall rappellera : “nous ne devons omettre de parler de l’Irlande, car c’est de là que nous vint une grande lumière”.  

Cette même année ; saint Grégoire le Grand devient le premier d’une longue lignée de papes, politiques et juristes, qui exerceront le pouvoir sans apporter d’évolution théologique significative. Il instituera toutefois la liturgie (dans laquelle il introduira les harmoniques du chant grégorien), organisera l’évangélisation de la Grande Bretagne… et tentera de s’opposer au christianisme celtique diffusé par saint Colomban.  

En 627, le prince Edwin de Northumberland réunit un parlement qui aura pour mission de rédiger des lois et concéder des chartes. On peut noter que treize ans plus tôt, reconnaissant la qualité des travaux effectués par les bâtisseurs de l’époque, le pape Boniface IV avait affranchi les maçons de toutes les charges locales et délits régionaux, afin qu’ils puissent se déplacer facilement et à peu de frais. En Grande-Bretagne, les anciennes collegiae  romaines avaient disparu, mais leur influence se serait partiellement maintenue au travers de la secte des culdéens (colitores Dei , les serviteurs de Dieu), inspirés par saint Colomba, surtout répandus en Irlande et en Écosse où ils vivaient par communautés de douze membres sous l’autorité d’un abbé élu. Leur rite différait de celui de Rome sur divers points (date de Pâques, tonsure, consécration épiscopale, baptême, mariage des prêtres, utilisation du gaélique), ce qui leur vaudra quelques conflits avec les bénédictins.  

Ils reconnaissaient la prééminence du pape, mais pas son autorité car selon saint Colomba “le Pape n’est pas celui qui détient les clefs de la vérité absolue et dont les paroles portent le sceau du Saint-Esprit. C’est un évêque, un homme faillible que l’on peut con­seiller ou blâmer. Au dessus de l’autorité de Rome, il y a celle de la vérité ”.  

Il est très probable que les descendant des druides et bardes celtiques aient perpétué certaines de leurs traditions sous le couvert du christianisme celtique d’origine irlandaise, qui se développera en Écosse, au Pays de Galles et en Cornouaille (l’Angleterre proprement dite ayant été évangélisée par l’Église romaine). On dit que dans l’ancienne capitale celtique irlandaise de Tara (près de Dublin), nul n’était admis s’il ne connaissait un art et qu’à Tara, la salle des banquets rituels était dénommée “demeure de la chambre du milieu  “. Lors des réunions de bâtisseurs, les participants auraient porté un tablier ; si l’un d’entre eux interrompait celui qui avait la parole et refusait de se taire, son tablier était tranché en deux et il ne pouvait être réadmis qu’après avoir refait un nouveau tablier.  

La désignation des hauts-rois de Tara procédait d'un rituel précis, dans lequel le candidat devait en particulier franchir deux pierres levées qui "s'écartaient" pour livrer passage à son char, puis son nom devait être proclamé par une troisième pierre levée (Lia Fail ,  la Pierre de la Destinée).  

En Écosse, après plus de trois siècles de batailles incessantes, le royaume scot de Dalriada (qui a donc été fondé par des celtes irlandais) prend l’ascendant sur les Pictes. En 835, Kenneth Mc Alpin s’établit à Scone comme monarque de toute l’Écosse, qui devient royaume d’Alba (et plus tard Scotia). C’est sur la Pierre de Scone que seront ensuite traditionnellement sacrés les rois d’Écosse. Selon certaines des multiples légendes qui entourent cette pierre, il s’agirait de la pierre de Jacob, apportée en Irlande par la princesse Tephi, fille du dernier roi de Juda, à l’époque du prophète Jérémie. Le prince Eochaid d’Ulster aurait renoncé au culte de Bel pour épouser Tephi, et aurait été sacré roi d’Irlande sur cette pierre. Elle aurait ensuite servi au sacre des rois d’Irlande à Tara, puis aurait été conservée dans l’île d’Iona jusqu’à ce que Fergus Mor McErc, devenu roi d’Écosse, la transporte à l’abbaye de Scone autour de l’an 1000. Plusieurs géologues contemporains ont relevé qu'aucune carrière ne correspond à la pierre de Scone dans les régions de Tara ou d'Iona ; par contre, on trouve des gisements de ce type à Béthel, près de la Mer Morte. 

Rappelons ici que selon la légende, la première Grande Loge a été fondée à York en 926 par le prince Edwin, géomètre et maître d’oeuvre, qui aurait colligé tous les actes et écrits se rapportant à la maçonnerie afin de rédiger des constitutions qui auraient commencé en évoquant le “Grand Architecte du ciel et de la Terre, la fontaine et la source de toute bonté qui bâtit de rien sa construction visible ”. Edwin aurait reçu à la même époque une charte de liberté de son père adoptif, le roi Athelstan, pour développer la fraternité. Edwin et son père auraient aussi défini les symboles fondamentaux de l’ordre : une équer­re en or, un compas en argent aux pointes d’or, et une truelle en argent. Au Xème siècle, on trouve bien une évocation des guildes anglaises, où il est question de ban­quets men­suels au cours desquels se discutaient les questions liées au groupement. Pour être admis, il fallait être citoyen de la ville, être de bonne conduite et de moeurs régulières, acquitter des droits d’entrée et se soumettre à un apprentissage (généralement sept ans). Les dirigeants étaient élus lors d’assemblées plénières, géraient toutes les affaires de la corporation et y rendaient la justice. Les membres ne pouvaient pas s’affilier à une autre ligue, étaient tenus de mettre en commun leurs affections et leurs haines, et devaient venger toute insulte faite à un des frères comme si elle avait été faite à tous. A la mort d’un frère, chaque membre devait offrir un morceau de bon pain et prier pour le salut de son âme.  

Un siècle plus tard, en 1109, Étienne Harding devient abbé de Cîteaux. Ce descendant des Vikings aurait été initié au celtisme en Bretagne avant de suivre les enseignements des maîtres de Laon, Reims et Paris. Féru d’ésotérisme, il a également été influencé par l’école kabbalistique de Troyes, toute proche, où Rachi l’aidera à entreprendre une recopie de la Bible, comportant 290 corrections fondées sur les textes hébreux (ce qui explique peut être le goût prononcé dont témoignera saint Bernard pour le texte très symbolique du Cantique des Cantiques).  

Certains auteurs ont remarqué que cet intérêt d’Harding pour la Bible coïncide étrangement avec le retour de Terre Sainte du comte de Champagne, qui rejoindra quelques années plus tard l’Ordre templier.  

Bernard de Fontaine entre à Cîteaux en 1112, à l’âge de 21 ans, Étienne Harding lui révélant la voie mystique. Il quittera l’abbaye 3 ans plus tard, choqué par la trop grande magnificence des églises dépendant de Cluny. Il devient le premier abbé de Clairvaux et se met en devoir de réformer l’ordre cistercien, dont l’architecture devra désormais être extrêmement dépouillée. Sur le plan théologique, Bernard admettait trois degrés pour s’élever vers Dieu : la vie pratique, la vie contemplative et la vie extatique. Il disait de Dieu : “comme toutes choses sont en Lui, Il est aussi en toute chose  (...) Dieu n’a point de forme, Il est la forme, Il n’est point corporé, Il est purement simple “. Quant à la méthode : “... rentre dans ton coeur et apprend à connaître ton esprit  (...) apprend par la connaissance de ton esprit à connaître les autres esprits. Voilà l’entrée, la porte par laquelle on entre dans les choses intimes, l’échelle par laquelle on s’élève aux choses sublimes ”. Et encore : “... connais ta propre mesure. Tu ne dois ni t’abaisser, ni te grandir, ni t’échapper, ni te répandre. Si tu veux conserver la mesure, tiens-toi au centre. Le centre est un lieu sûr : c’est le siège de la mesure, et la mesure est la vertu”.  

C’est ainsi que les abbayes cisterciennes furent le berceau de l’art du Trait, application de la géométrie euclidienne à l’architecture sacrée, constitué d’un ensemble de ”secrets” de métier permettant de tracer les figures géométriques élémentaires à l’aide de règles, d’équerres et de compas.  

C’est dans ce contexte que sera créé l’Ordre du Temple en 1118, et l’on note que parmi ses fondateurs se trouve André de Montbard, qui n’est autre que l’oncle de saint Bernard.  

C’est aussi dans ce contexte qu’en 1124, le celte David 1er fonde le premier véritable royaume féodal d’Écosse. Son règne sera marqué par la pénétration dans le pays de chevaliers normands et flamands, ainsi que de moines cisterciens. Ce roi confie la garde de la vallée d’Anna à un chevalier normand, un certain Robert de Brus (assimilé à un descendant de Robert de Bruges, qui aurait accompagné Mathilde de Flandres et son mari, Guillaume le Conquérant). Il crée par ailleurs la charge héréditaire de régisseur (steward) royal, attribuée à Alan Fitz Alan (ce sera l’origine des Stuart) ; et l’emblème du clan Steward sera constitué par un oiseau nourrissant sa couvée, avec la devise“ Virescit vulnere virtus”.  

En 1126, le comte Hugues de Champagne, donateur de Clairvaux, rejoint l’Ordre du Temple. Deux ans plus tard, au concile de Troyes, saint Bernard remet à vingt-sept chevaliers Templiers leur Règle monastique ; l’année suivante verra la constitution de trois prieurés, comptant chacun vingt-sept chevaliers. Le recrutement des Templiers prend une grande ampleur, les dons pécuniaires et fonciers affluent de toute part. En quelques mois, les Templiers s’installent ainsi en Angleterre, en Écosse, en Irlande, en Espagne et au Portugal.  

Vous comprenez ainsi pourquoi il m’a semblé intéressant de mettre l’accent sur Saint Bernard, qui semble avoir été une sorte de pivot entre le christianisme irlandais, implanté à la fois en Ecosse et dans l’esprit d’Etienne Harding, le maître à penser de celui qui donnera sa Règle à l’Ordre Templier…

Ne faisons toutefois pas de Saint Bernard notre héros. Ainsi, en 1140, au concile de Sens, il fait condamner les thèses de Pierre Abélard. Il reprochait à ce précurseur de Descartes de fonder sa foi sur le doute méthodique, et de penser que le bien et le mal sont à considérer du point de vue de la conscience humaine, éclairée par l’amour de Dieu. Abélard estimait que la raison est plus efficace que le bûcher pour convertir les hérétiques, et prêchait la tolérance religieuse. Philosophe réputé en son temps, l’histoire retiendra surtout sa tragique histoire d’amour avec Héloïse…  

Une autre anecdote : c’est à Clairvaux qu’en 1143, l’archevêque irlandais Malachie aurait rédigé les 112 devises pontificales, résumant la destinée des papes à venir. Si l’on admet leur authenticité (elles ne furent publiées qu’en 1673...) et surtout leur caractère prophétique, Benoît XVI sera l’avant-dernier pape, précédant le retour de Pierre le Romain ; ce cycle de 888 ans (nombre du Christ) débuté en 1144 devrait donc se terminer en 2032.  

Mais on dit aussi que Saint Malachie aurait été l’un des derniers héritiers directs du christianisme celtique des culdéens ; il aurait transmis son savoir à Étienne Harding et à saint Bernard, dont il fut très proche. C’est également lui qui a fondé en 1142 la première abbaye cistercienne irlandaise (Mellifont, la "fontaine de miel"…).  

Dernière anecdote pour ce 12èmesiècle : c’est en 1182 qu’apparaît le Perceval ou le Conte du Graal  de Chrétien de Troyes, qui associe les traditions celtiques (Irlande, Avalon) au christianisme. A noter que Perceval y est d’emblée décrit comme le “fils de la dame veuve”… On sait que mis en présence du Graal dans le château du roi pêcheur, mais refusant de transgresser le conseil de silence donné par son maître en chevalerie, il s’abstiendra de poser la question qui lui aurait permis d’accéder à la royauté du Graal. Il ne pourra dès lors y parvenir qu’au terme d’une longue et éprouvante quête initiatique.  

Le thème sera repris une trentaine d’années plus tard dans le Parzifal du chevalier Wolfram von Eschenbach, qui y développera la symbo­lique alchimique du Graal. Il est savoureux de noter qu’il débutera son oeuvre de vingt-cinq mille vers en affirmant “je ne suis pas un savant, je ne sais ni lire ni écrire”…  

L’existence d’une franc-maçonnerie opérative est désormais incontestable ; on en trouve des traces à Londres en 1212, à Magdebourg en 1215, et en 1221 sur le chantier de la cathédrale d’Amiens.  

Au cours du 13èmesiècle, des idées nouvelles se répandent, véhiculées par les alchimistes ou les kabbalistes. Grégoire IX réplique en instituant la Sainte Inquisition Romaine et Universelle, qui ne sera officiellement abolie qu’en 1965. Thomas d’Aquin s’inspire d’Aristote pour s’opposer à l’averroïsme et à l’école franciscaine, défendant la primauté du sens littéral de la Bible et fondant la doctrine catholique qui restera prédominante jusqu’à nos jours.  

En 1286 s’éteint la première dynastie royale écossaise, qui était donc d’origine celtique irlandaise.  

Ce sera l’origine de plusieurs décennie de guerre entre écossais et anglais, marquée par des personnalité comme James le Stewart, William Wallace et Robert le Bruce.  

Devenu roi d’Écosse en 1306, il est immé­diatement excommunié par Rome, qui craignait probablement la résurgence d’une église celtique. La guerre contre Édouard 1erse poursuit, on observe que Robert le Bruce apprend progressivement à éviter les batailles rangées, préférant les escarmouches (ce que les Templiers avaient appris au contact des sarrasins de Terre Sainte). Dans les années qui suivent, la discipline s’organise, des armes et du matériel arrivent d’Irlande (forcément en transit depuis le continent puisque l’Irlande n’avait pas d’industrie militaire).  

Le vendredi 13 octobre 1307, Philippe le Bel ordonne l’arrestation de tous les Templiers français. Nombre d’entre eux ont pu échapper à la rafle et se réfugier à l’étranger. Les Templiers restants se sont rendus sans résistance mais nul ne trouva trace du trésor ni des archives de l’Ordre. La flotte des Templiers s’est également volatilisée, et il n’est pas impossible qu’une partie ait pu rallier l’Écosse via les grands ports de commerce irlandais de l’époque (Limerick et Galloway).  

A noter que la Bulle de dissolution de l’ordre templier ne fut pas rendue publique en Écosse puisque, Robert le Bruce ayant été excommunié, elle n’avait pas cours sur ses terres. Une légende, affirme même que l’ancien maître de la province templière d’Auvergne Pierre d’Aumont se serait réfugié en Écosse avec deux commandeurs et cinq chevaliers, après s’être déguisé en maçon et avoir changé de nom (pour s’appeler Mac Benac ). Avec George Harris, grand commandeur templier d’Hampton Court, il aurait décidé de maintenir la tradition de l’Ordre sous une forme secrète, en adoptant les symboles et les emblèmes de la maçonnerie.  

Quoi qu’il en soit, après la victoire écossaise de Bannockburn sur les anglais, la fille de Robert le Bruce épouse le fils de James Stewart, tandis que son frère débarque en Irlande où il se fait couronner roi.  

C’est ainsi qu’en 1371 : le petit-fils de Robert le Bruce montera sur le trône d’Écosse sous le nom de Robert II Stewart, et fondera la dynastie des Stuart.  

Là encore, il m’a semblé utile de mettre l’accent sur les relations étroites qui ont uni pendant plusieurs siècles l’Irlande et l’Ecosse.  

Je saute allègrement 400 ans.  

La franc-maçonnerie s’est largement développée en Ecosse, en Angleterre, en France et en Allemagne, mais je n’ai pas grand-chose à dire de l’Irlande pendant cette période.  

Nous arrivons à la fin du XVIIe siècle,  et il faut tout de même dire quelques mots du roi d’Angleterre Jacques II Stuart, qui vient d’avoir un fils en 1688 et qu’il compte bien élever dans la catholicité. Le parlement réagit en proposant le trône à Marie, fille de Jacques et épouse de Guillaume de Nassau, prince d’Orange, chef des protestants néerlandais et ennemi du roi catholique Louis XIV. Marie accepte et débarque en Angleterre. C’est la Glorious Revolution  anglaise, qui entraîne la chute du roi Jacques II et prépare l’installation de la monarchie hano­vrienne orangiste.  

Jacques II se réfugie à Saint Germain en Laye accompagné de six régiments qui auraient chacun eu leur loge : Royal Écossais, d’Albany, O’Gilwy, Dillon (régiment irlandais dont certains officiers seraient à l’origine de La Bonne Foi, fondée vers 1700), Gardes Écossaises et Walsh Irlandais (au sein duquel serait née La Parfaite Égalité, dont le Grand Orient de France a admis en 1777 que ses constitutions dataient de 1688).  

Ce sont les plus anciennes mentions que j’aie pu trouver d’une franc-maçonnerie irlandaise.  

 C’est aussi à Saint Germain qu’aurait été installée la Loge Mère Stuardiste du Rite Jacobite, à laquelle aurait appartenu le chevalier de Ramsay. Cette maçonnerie jacobite aurait pratiqué un degré de Maître Écossais de Saint-André, fondé sur le retour de l’exil à Babylone et la reconstruction du Temple par Zorobabel (ce rituel à double sens aurait permis d’évoquer la restauration des Stuart sur le trône d’Angleterre). Sans anticiper ce que nous diront de prochains conférenciers, on peut aussi noter que le chevalier de Ramsay, fut l’exécuteur testamentaire de Fénelon et le précepteur du fils de Jacques II d’Angleterre, c’est à dire du chevalier de Saint-George, prétendant déchu au trône, père de Charles-Édouard Stuart.  

En 1690, après avoir débarqué en Irlande et assiégé Londonderry sans succès, Jacques II et les catholiques sont à nouveau battus par Guillaume III d’Orange et retourneront en exil en France. Jacques II mourra à Saint-Germain en 1701,  laissant une veuve qui lui survivra dix-sept ans ; certains partisans jacobites en profiteront alors pour se dénommer “les enfants de la veuve”.  

Quant à Guillaume d’Orange, il se fera recevoir maçon en 1694 et présidera des assemblées à Hampton Court. La maçonnerie orangiste protestante se dotera ainsi de statuts supprimant toute référence à une Église, précisant : "votre premier devoir est d’être fidèles à Dieu et d’éviter toutes les hérésies qui le méconnaissent ”. Et en vertu de “l’acte d’établissement” de 1701 qui consacre l’union de l’Ecosse et de l’Angleterre sous la forme d’une Grande-Bretagne, les princes de la maison de Hanovre accéderont au trône d’Angleterre et favoriseront l’épanouissement de la monarchie parlementaire.  

Revenons en Irlande, en 1710, pour l’anecdote de miss Élisabeth Saint-Léger . On raconte que la future lady Aldworth) s’était endormie dans une pièce contiguë à une loge, et qu’elle assista ainsi à son réveil à une tenue maçonnique. Surprise par son père, il fut décidé que la meilleure façon de garantir son silence était de l’initier, ce qui fut fait sur l’heure. Cette transmission (régulière puisqu’assurée par des maçons réguliers) indique qu’à l’époque pré-andersonienne, l’exclusion des femmes n’était pas un principe intangible, même s’il ne s’est agi en l'occurrence que de s’assurer de la discrétion d’un témoin involontaire.

En 1717, quatre loges andersoniennes s’autoproclament Grande Loge de Westminster, ce qui marque conventionnellement le début de la maçonnerie dite « spéculative ». Huit ans plus tard, ce sera la fondation de la Grande Loge d’Irlande, qui sortira les jeunes loges irlandaises de la clandestinité.  

Le premier franc-maçon irlandais célèbre est Jonathan Swift (Dublin Lodge n° 16) qui publie en 1726  Les voyages de Gulliver. Doyen des chanoines de la cathédrale St Patrick à Dublin, il ne se priva toutefois pas de publier divers pamphlets contre l'Église, la politique et même l'Irlande. Il a consacré un tiers de sa fortune aux pauvres, et un autre tiers à la fondation d'un hôpital psychiatrique.  

En 1730, la Grande Loge d’Irlande se dote des Constitutions de Dublin , globalement basées sur celles d’Anderson mais en y ajoutant la Sainte-Trinité et les Devoirs “au nom de Jésus-Christ, notre seigneur et sauveur”.  L’invocation d’ouverture se faisait au très glorieux seigneur Dieu, Grand Architecte du ciel et de la terre  étant précisé lors des cérémonies d’initiation que le nouveau frère sera gratifié de la divine sagesse  afin qu’il soit capable d’éclaircir, au moyen des secrets de la maçonnerie, les mystères de la piété et du christianisme.  

La même année, dans un contexte marqué par de nombreuses « divulgations » (en particulier la Masonry Dissected  de Pritchard), la Grande Loge de Londres décide d’inverser les moyens de reconnaissance des premier et deuxième degrés afin de ne permettre l’accès des loges qu’aux maçons qu’elle juge réguliers.  

Dans la foulée, cette même Grande Loge de Londres (qui compte déjà plus d’une centaine de loges) commence à manifester des prétentions de supériorité vis-à-vis de la Grande Loge d’Irlande et des loges d’Écosse, se permettant d’émettre des doutes sur leur régularité. “L’inversion anglaise”, susceptible d’être jugée contraire à la tradition, n’a certainement pas contribué à améliorer leurs relations...

Ce sont les prémices de la querelle des Ancients et des Moderns, qui va durer quelques décennies, d’autant que vont rapidement apparaître les premiers « hauts grades ».  

Dès 1743, on trouve en Irlande la première référence connue à la Royal Arch , portée par deux “Excellents Masons” lors d’une procession à la saint Jean d’hiver. L’année suivante, un ouvrage du Dr Dassigny consacré à la maçonnerie irlandaise évoque un grade de Royal Arch , qui était alors réservé aux anciens maîtres de loge (Passing the Chair ), et développera la redécouverte des secrets originels de la maçonnerie, ainsi que les attributs du “roi” Zorobabel, du prophète Aggée et du grand prêtre Josué.  

En 1750 apparaissent deux degrés maçonniques, "Prévôt" et "Juge" qui font référence aux "Harodims", les 3600 menatskhim  nommés par Salomon pour surveiller le chantier du Temple.  

Ces deux grades seront ultérieurement réunis avec le "Maître Irlandais", un degré pratiqué vers 1761 à la Grande Loge des Maîtres Réguliers de Lyon (autour de la saga biblique de Joseph) et qui deviendra le septième degré du REAA.  

Arrêtons nous un peu sur un personnage important : Lawrence Dermott, irlandais né en 1720 et initié en 1740 à Dublin, vénérable en 1746 avant d’être reçu au Royal Arch. Il rejoint la Grande Loge des Ancients en 1752 et en devient le grand secrétaire quatre jours plus tard ; il occupera cette fonction pendant vingt ans, avant d’être député grand maître. Sous son impulsion, les Ancients  intègrent l’Arche Royale comme extension des grades symboliques, ce degré étant jusqu’alors réservé aux passés-maîtres installés. En 1756, il publie Ahiman Rezon, équivalent des Constitutions pour les Ancients , ouvrage de 238 pages réédité à de multiples reprises et qui sera adopté par de nombreuses grandes Loges se réclamant des Ancients . Il y est précisé que “quiconque, par amour de la connaissance, pour le désir d’étendre son champ d’utilité ou pour tout autre motif vertueux désire devenir franc-maçon, doit être informé qu’il doit croire fermement dans l’existence de la divinité, et qu’il doit l’adorer et lui obéir en tant que Grand Architecte et Gouverneur de l’Univers. Les francs-maçons sont strictement astreints d’observer la loi morale et de fuir les voies de l’immoralité et du vice. Ils doivent également éviter les erreurs grossières du libre penseur, de la bigoterie et de la superstition. Ils doivent faire un usage convenable de leur raison personnelle en vertu de cette liberté par laquelle, en tant que maçons, ils sont faits libres d’en user mais non d’en abuser. Ils sont tenus d’adhérer aux grands principes essentiels de la religion révélée sur laquelle tous les hommes sont d’accord, alors que la façon et les formes d’adoration sont laissées à leur propre jugement. Il s’ensuit que les francs-maçons sont des hommes de bien et loyaux ; hommes d’honneur et de probité, hommes vertueux, quels que soient les noms qui aident à les distinguer. De par ce compte-rendu de la religion du métier, il ne faut pas supposer que la maçonnerie enseigne aux hommes à devenir indifférents envers la religion et l’état futur. C’est le contraire qui est vrai  (...) La bienveillance universelle est la plus grande aspiration morale. Elle constitue l’Étoile Polaire de la maçonnerie. Les influences sectaires et les disputes sont susceptibles de réduire cette gaie sympathie pour tout le genre humain, laquelle est le dessein que notre Ordre cultive et sert. Les disputes religieuses, et non la religion, sont bannies de nos loges  (...) En somme, la moralité et les devoirs religieux du maçon sont contenus dans ce commandement : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et tes voisins comme toi même”.

C’est sous l’impulsion de Dermott qu’en 1762,  la Grande Loge d’Irlande s’allie officiellement à la Grande Loge des Ancients  

Il faudra attendre 1773 pour que la Grande Loge d’Écosse imite celle d’Irlande et s’allie également à la Grande Loge des Ancients,  dans un contexte de conflit exacerbé entre ces derniers et les Moderns, la légitimité de la Grande Loge de Londres étant alors remise en cause par la moitié des maçons britanniques.  

Laurence Dermott meurt en 1791 ; grâce aux liens étroits tissés avec l’Irlande et l’Écosse, et à l’expansion du Rite outre-mer, il aura donné à la Grande Loge des Ancients des assises suffisamment fortes pour que vingt-deux ans plus tard, l’Acte d’Union des Grandes Loges d’Angleterre (1813) soit négocié sur un pied d’égalité.  

C’est sans doute dans cette esprit que lorsque, le 31 mai 1801, le comte de Grasse-Tilly et John Mitchell fondent à Charleston le Suprême Conseil du Saint-Empire, premier Suprême Conseil du Rite Écossais Ancien et Accepté pour la juridiction Sud des États-Unis, les maîtres maçons des deux grands systèmes rivaux y étaient indistinctement acceptés, quelle que soit leur religion.  

Un Suprême Conseil du REAA sera installé en Irlande en 1824, dont la régularité sera confirmée par le convent de Lausanne en 1875.  

Il restera partie prenante de la Déclaration de Principes de Lausanne alors que l’Angleterre et l’Écosse se retireront de la Confédération quelques années plus tard, considérant que le texte ne met pas suffisamment l’accent sur la notion de Dieu personnel.  

C’est néanmoins en concertation avec les Grandes Loges d’Irlande et d’Écosse qu’en 1929, la Grande Loge Unie d’Angleterre annonce qu’elle rompra toutes ses relations avec les obédiences qui ne respectent pas ses Principes fondamentaux pour la reconnaissance des Grandes Loges.  

Depuis, la Grande Loge d'Irlande est restée dans la mouvance de la GLUA ; elle regroupe aujourd'hui 45 000 membres répartis dans environ 900 loges (dont une centaine à l'étranger).

 

Source : Quatrième Cahier de la Loge de Recherche n° 1306 « Mare Nostrum » (GLDF)

avec la permission de l’auteur

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1ère Tenue de la RL Loge Laurence Dermott

4 Février 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

La RL Indépendante  Laurence Dermott c’est réunie le lundi 4 février 2013 pour la première fois.

Après avoir ouvert à 19h les Travaux au Grand Architecte de l’Univers selon le Rite de Grande Loge, les 12 Frères présents ont travaillé à partir d’un texte tiré d’Ahiman Rezon et de « ce que doit savoir un Maître Maçon » de Papus.

A 20h 45mn, le Vénérable Maître a fermé la Loge et les Frères sont repartis satisfaits.

Prochaine Tenue : le lundi 8 avril sur le thème de la Kabbale.

http://logedermott.over-blog.com

 

 

 

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Communiqué – Consécration de la GLTF le 19 janvier 2013

2 Février 2013 , Rédigé par GLTF Publié dans #histoire de la FM

Rédigé le 30 janvier 2013

La GLNF a traversé la crise la plus grave de l’histoire de la Franc Maçonnerie. Grave sur tous les aspects, mais surtout dans la durée. Devant cette situation inextricable et déshonorante pour leurs cœurs de maçons, de nombreux Frères, lassés des querelles permanentes au sein de leur Obédience, ont manifesté depuis plus d’une année, le désir de tourner la page et de construire un avenir plus serein.

Ces Frères, calmes, responsables et déterminés, écartant toute tentation d’aventure les éloignant des principes fondamentaux régissant la Franc Maçonnerie traditionnelle, ces Frères ont décidé unanimement de créer une nouvelle Obédience, portant le nom de GRANDE LOGE TRADITIONNELLE DE FRANCE (GLTF).

La GLTF, à l’image de ce qu’était la GLNF avant qu’elle ne soit pervertie par les agissements des derniers Grands Maîtres, prône les grands principes intangibles de la Régularité Maçonnique, auxquels elle adhère pleinement.

Fondamentalement respectueuse de la tradition maçonnique, la GLTF travaille donc suivant les principes intangibles de la régularité maçonnique :

·         Croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers

·         Respect des Landmarks

·         Respect des Anciens Devoirs

·         Respect des us et coutumes de l’Ordre

·         Respect de la Règle en 12 points

·         Respect des Obligations des Francs-maçons

 

La consécration le samedi 19 janvier 2013

Moment solennel et indispensable à son existence maçonnique, plus de 500 Frères représentant les 41 Loges pétitionnaires, ont rempli entièrement la Salle du conclave du Palais des papes en Avignon.

Le Grand Maître désigné de la GLTF, Jean-Luc VENTURINO, a pris ses fonctions au cours d’une cérémonie forte et pleine de solennité, respectant bien sûr les anciens usages et coutumes établis suivant la tradition maçonnique. Un moment que tous les Frères présents n’oublieront jamais.

Dans son allocution aux accents maçonniques bienveillants et chaleureux, le Grand Maître de la GLTF a défini les principaux objectifs de cette nouvelle Obédience pour les années à venir :

·         donner à tous les frères en quête de perfectionnement moral et d’élévation spirituelle, le cadre de travail digne de la hauteur de ce qu’ils sont venus chercher en loge.

·         travailler dans la paix et l’harmonie selon les critères de la Franc-maçonnerie régulière et traditionnelle

·         mettre en application, en toutes occasions les préceptes d’exemplarité, de fraternité et de solidarité.

·         développer l’obédience par un choix rigoureux des profanes et un engagement fort des parrains

C’est par une longue ovation que l’assemblée a salué l’élection du TRF Jean-Luc VENTURINO comme premier Grand Maitre de la Grande Loge Traditionnelle de France.

A ce jour, la nouvelle Grande Loge compte 850 Frères pour 41 loges réparties en 3 Provinces : Provence-Méditerranée, Bretagne-Atlantique et Camargue-Languedoc. Une page importante de la Franc Maçonnerie Universelle vient de se tourner, l’Ordre, la Rigueur, la Paix et l’Amour de l’autre sont à nouveau les missions sacrées de cette nouvelle Obédience qui porte le nom de GLTF, l’histoire en gardera la trace …

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Un texte d'actualité (1744)

30 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

MES FRERES,
Je ne sçaurois plus longtems vous dissimuler la douleur dont mon cœur est saisi, à la vue du brigandage, qui déshonore la Maçonnerie. Cet astre bien faisant, à peine a-t-il été levé sur notre tête, à peine nous sommes nous réjouis à sa lumière naissante, qu'il a commencé de s'obscurcir ; que de taches n'a-t-il pas contractées insensiblement ! & dans ces momens qu'il devroit briller comme en son midi, il souffre, hélas ! Une éclypse totale, dont je ne prévois pas sitôt la fin ; mais parlons sans figure, il semble que nous travaillons, de concert avec nos ennemis, pour nous aliéner les cœurs. Les Prophanes se scandalisent avec raison ;

1°. de notre peu de délicatesse dans le choix des sujets ;

2°. du trafic honteux des initiations ;

3°. de la somptuosité de nos repas ;

4°. de notre peu de conformité avec les Loges si recommandables des Provinces ;

& 5°. enfin de l'imposture d'une Maçonnerie hermaphrodite & bâtarde, qui fera bientôt le rendez-vous du crime, & sous les ruines de laquelle nous sommes menacés d'être ensevelis. Voilà les maux dont le Public n'est que trop instruit ; en voici d'autres qu'il connoît moins.

1°. On ne lit jamais dans nos Loges les beaux Règlemens de celles d'Angleterre, qui seroient si capables de nous réformer ; ne seroit-ce pas parce que cette lecture seroit trop humiliante pour nous ?

2°. La plupart des Frères ne sçait presque rien de notre art, parce qu'on néglige leur instruction.

3°. Le nombre des Maîtres n'est pas en proportion avec celui des Maçons, tel Maître compte cinq cent Maçons, & plus de sa Loge, comment lui seroit-il possible de les assembler tous à la fois ? Il faut que les neuf dixièmes soient à attendre leur tour, qui vient à peine par semestre.

4°. L'ignorance est si générale que la plupart des Maîtres & des Surveillans ne sçavent pas encore que la Maçonnerie est composée de sept grades, & la Loge générale même a décidé à l'aveugle le 11 Décembre 1743, qu'elle ne regarderoit les Maçons du quatrième, c'est-à-dire, les Maîtres Ecossois, que comme de simples Apprentis & Compagnons.

5°. L'administration des fonds n'est ni ordonnée, ni justifiée, la recette & la dépense se font sans contrôle, sans reddition de compte, elles passent par des mains prodigues, ou infidèles. De là, que de profusions ! Que de déprédations ! Que de maçons pauvres abandonnés à leur indigence, faute de fonds pour les secourir ! Que de Prophanes qui fuyent une initiation, laquelle dans le besoin ne leur procureroit pas plus de ressource, qu'ils en trouvent dans le monde non-Maçon ! Voilà les maux qui nous attireront bientôt le mépris du Public & les défenses du Gouverneur, si nous différons de nous corriger ; je vous les expose, la larme à l'œil, & m'en remets à vous, qui êtes sages & zélés, pour y apporter les remèdes qu'ils demandent, afin qu'il ne soit point dit un jour, à notre honte, que nous ayions fait périr, par notre faute, l'établissement du monde le plus avantageux à la Société.

Non, ce n'est pas de moi mais avouez que ce texte est assez d'actualité !!! Il est tiré de "La Franc-maçonne ou Révélation des mystères des Francs-maçons", pseudo divulgation de 1744 (rituel complètement erroné) mais dont l'intérêt réside principalement dans le texte que je viens de vous livrer... D'une part du fait des critiques que nous pourrions reprendre à notre compte aujourd'hui et d'autre part sur l'allusion aux 7 Grades dès 1744...

Il s'agit sinon d'un délicieux petit roman libertin du XVIII° :-)
 

Publié par Philippe Michel dans « Musée de la Franc-Maçonnerie (groupe officiel)

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Aleister Crowley & la Franc-Maçonnerie

25 Janvier 2013 , Rédigé par Bram Ha Publié dans #histoire de la FM

Nous vous proposons d’étudier avec nous les connexions entre Aleister Crowley et la Franc-Maçonnerie, débat qui fait rage entre les disciples actuels de la Grande Bête 666 et les Maçons « réguliers » ou même « irréguliers ». Nous allons essayer de donner quelques éléments de réflexion tendant à prouver l’affiliation de Crowley à la Maçonnerie « irrégulière » et de cerner les raisons qui l’ont poussé à y rechercher une quelconque reconnaissance.

La Franc-Maçonnerie n’est pas un ensemble homogène, mais un groupe hétérogène de degrés et de rites. La Maçonnerie est un ordre fraternel et tous les Maçons doivent au moins appartenir à une Loge Bleue qui regroupe les trois premiers grades : Apprenti, Compagnon et Maître. Il y a en outre une multitude de degrés additionnels (que l’on nomme les Hauts Grades) dont le but est de prodiguer un enseignement plus ésotérique et de faire le lien avec des traditions autres que celle des Métiers : la gnose, la Rose-Croix, les Templiers… Seuls les Maîtres Maçons peuvent prétendre à rejoindre ces hauts degrés et l’admission se fait uniquement par cooptation. La Maçonnerie est souvent liée à d’illustres noms ou filiations : Chevalier du Temple, Rose-Croix, Ordre Royal d’Écosse, etc. Il n’est donc pas surprenant que Crowley avec son goût pour le faste et les titres glorieux se soit senti attiré par cette école initiatique.

Crowley nous dit, dans ses « Confessions », qu’en 1904 il a été élevé à la Maîtrise (c’est-à-dire qu’il a été initié au 3e degré) au sein de la Loge Bleue anglo-saxonne N° 343 à Paris. Cette Loge avait au départ été ouverte pour des Anglais expatriés qui ne pouvaient pas s’affilier à la Grande Loge Unie d’Angleterre du fait des standards appliqués à la sélection des candidats (il n’est cependant pas prouvé que cette Loge aurait été un magasin à titres maçonniques bien qu’elle octroyait les trois degrés en l’espace d’un seul week-end).

À cette époque, cette Loge était gouvernée par le Grand Orient de France. Cet organe maçonnique irrégulier n’était pas reconnu par la Grande Loge d’Angleterre et donc ses membres n’étaient pas reconnus par elle comme Maçons. Crowley clama qu’il avait été introduit là par un Passé Grand Chapelain Provincial d’Oxforshire (qui n’aurait jamais participé aux travaux d’une loge irrégulière). Cependant, il n’y a aucune documentation qui puisse servir de preuve pour affirmer ce fait, & il n’a sans doute jamais été initié en Angleterre non plus. Il essayera plus tard d’entrer dans une Loge de Londres mais on lui en refusa l’entrée sur le fait qu’il appartenait à une Loge non reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre et donc « irrégulière » selon les landmarks.

En 1914 Crowley écrivit à la GLUA en demandant le droit de rejoindre & de participer aux travaux des Loges anglaises, & ceci sur la base de son initiation en France. La réponse fut un refus catégorique du fait, à nouveau, de l’irrégularité de sa Loge mère française.

La raison de ces essais d’entrer dans les Loges régulières anglaises n’est pas très claire. On peut supposer que cela viendrait d’une période critique dans ses activités magickes ou également de l’entrée de l’Equinoxe dans sa phase de « silence », comme cela avait été imposé par Crowley à l’A.·.A.·. suivant un cycle de cinq années. Il se pourrait tout aussi bien que Crowley voulait légitimer ses activités au sein de cercles magickes qu’il visitait – à cette période la Franc-Maçonnerie était un des supports de la monarchie dont certains membres étaient affiliés à la GLUA et offrait donc une couverture honorable. Ainsi, il aurait voulu donner l’impression qu’il avait le soutien et la reconnaissance des autorités de son pays afin de redorer son blason et gagner plus de disciples proches de la GLUA. Ainsi, la reconnaissance de son statut de maçon régulier aurait pu donner un aval à ses activités en « marges » de la maçonnerie.

Il est fort peu probable que Crowley ait vraiment voulu prendre une place régulière au sein de la Maçonnerie car quelques-uns de ses Ordres magickes étaient déjà basés sur un ensemble de Hauts Grades assez complexes & portant des titres ronflants et pompeux que la Maçonnerie ne possédait pas. Il est plus vraisemblable que pour Crowley son entrée au sein de la GLUA était une porte ouverte qui lui permettait d’avoir accès à des degrés de « marges » qu’il aurait pu ajouter à ses titres & qualités, & aussi apporter de nouveaux rituels qu’il aurait pu utiliser pour ses propres besoins. À cette époque, le matériel rituel imprimé était rare voire quasi inexistant et la seule manière de se les procurer était d’entrer dans les Ordres qui les possédaient.

De plus, une activité régulière au sein d’une Loge bleue prend beaucoup de temps libre, pour remplir les offices en Loge il est nécessaire de mémoriser de nombreux morceaux de rituels ce qui, à moins qu’il n’ait été vraiment dévoué à sa tâche, ne l’aurait jamais attiré. En outre, il est parfois assez onéreux de participer activement aux activités des nombreux grades maçonniques et cela n’aurait pu convenir à Crowley au vu de ses problèmes financiers de l’époque.

Il y a un élément qui consolide le fait que Crowley ne considérait pas la Franc-Maçonnerie comme réellement valable si ce n’est pour se procurer des rituels « clé-sur-porte ». Cet élément concerne le Royal Arch, degré additionnel, le seul reconnu par la GLUA et considéré comme le complément du degré de Maître Maçon. Si Crowley considérait les grades bleus comme utile au niveau psycho-spirituel, alors ce grade aurait dû être un des plus essentiels, car il fait table rase des enseignements des 3 premiers degrés et révèle une nouvelle « vérité » occulte & supérieure. Et ceci a été largement répandu par la GLUA qui décrivait le Royal Arch comme la composante essentielle du degré de Maître Maçon. L’ignorance totale de Crowley quant à ce degré dans une optique « orthodoxe » donne crédit à l’argument que son intérêt pour la Franc-Maçonnerie n’était donc qu’une recherche des « signes & attouchements » plutôt que de l’illumination que l’on peut retirer de ses enseignements. En fait, il est fait mention du Royal Arch dans le Liber II de l’OTO où l’on dit que les « secrets » du RA sont compris dans les enseignements de l’OTO. Selon d’autres sources d’information, Crowley aurait pu avoir accès aux rituels du Royal Arch au sein de l’OTO, car il en constitue un des éléments d’un de ses Hauts Grades et comme Crowley était le Grand Maître de l’OTO, il est probable qu’il ait pu accéder à ces rituels. Cependant Crowley ne sera jamais initié aux Hauts Grades de l’OTO du fait de la possession de ses autres qualités maçonniques, qui bien qu’irrégulières selon les standards de la GLUA étaient reconnus par Reuss alors Grand Maître de l’Ordo Templi Orientis. Donc, Crowley n’a jamais reçu les enseignements du Royal Arch sous la lumière de l’initiation et ils sont sans doute restés d’un impact peu important dans son système.

En 1900, Crowley prétend dans ses Confessions qu’il a été initié au 33° degré maçonnique du Rite Écossais Ancien et Accepté. Il semble que cela ait eu lieu à Mexico, par un Suprême Conseil dont on sait peu de choses. À cette époque, en Amérique du Sud, il y avait de nombreuses organisations maçonniques parfois à la vie aussi brève que ténébreuse & aux activités parfois assez diffuses. Me problème avec cette prétention porte sur les dates. En effet, pour être coopté au sein des Hauts Grades, le Maçon doit déjà être en possession du grade de Maître Maçon. Et à cette époque, en 1900, Crowley n’était même pas encore entré comme Apprenti dans une Loge bleue (cfr supra) il y a donc une contradiction – soit Crowley a pris les trois grades avant et ont lui a accordé le 33° sans respecter les délais d’usage ou il a inventé toute cette affaire.

L’histoire de ces événements est relatée dans ses Confessions et Crowley prétend qu’il reçut les initiations suite à une aide apportée à un individu au sein d’un autre ordre mystiqueconnu sous le nom de L.I.L.. Et l’on ne sait rien de plus que ce qu’il en est dit dans ses Confessions pour confirmer ou infirmer ce fait.

Crowley aura toutefois au moins un autre contact avec la Maçonnerie, au travers de John Yarker (1833 – 1913). En 1872, Yarker, un chercheur maçon de renommée, membre de la Loge Quatuor Coronati N°2076, avait constitué un Ordre Maçonnique appelé Rite Ancien & Primitif au travers de la création d’un Grand Conseil des Rites & s’être installé lui-même en tant que Grand Maître.

La Rite Ancien & Primitif était un amalgame de trois différents rites maçonniques : l’Ancien & Accepté, avec ses 33 degrés, le Rite Oriental de Memphis avec ses 96 degrés & le Rite de Mishraïm avec ses 90 degrés. La RA&P sous Yarker était simplifié en 33 degrés qui synthétisaient les 219 degrés des trois Rites de base.

Ce Rite n’était pas reconnu comme régulier par les autres corps maçonniques, mais il n’en continuait pas moins ses activités. Comme résultat, Yarker sera expulsé du Suprême Conseil « officiel » du RA&A mais resta au sein de la Maçonnerie bleue. Le but de cet ordre était, comme il le dit lui-même, « de donner à chaque maçon la chance d’obtenir les hautes initiations maçonniques à un prix raisonnable ».

En 1909, Crowley entra en contact avec Yarker & il en résulta que celui-ci octroya à Crowley les 33°, 90° et 95° degrés par poste ! On ne sait trop si Yarker vendit ces degrés à Crowley comme cela semblait être son habitude. Le diplôme de 33° de Crowley a survécu et on peut le consulter sur le site de PR König.

Yarker était à la fin de sa vie et on a supposé qu’il veuille trouver une personne qui continue son oeuvre au sein du RA&P après sa mort. Bien que l’on ait déjà soulevé le problème du monnayage des grades, on ne peut nier l’intérêt primordial de Yarker pour la Maçonnerie, dans son ensemble, & pour le RA&P en particulier. Donc, nous pouvons supposer qu’il cherchait bien quelqu’un qui puisse reprendre le flambeau après sa mort, personne avec les qualifications, qualités & intérêts dans le RA&P.

Le décès de Yarker le 20 mars 1913 est rapporté dans l’Oriflamme, l’organe officiel de l’OTO sous Reuss et par Crowley dans son Equinox.

Dans le studio de Crowley au 76 Fulham Road à Londres, le 30 juin 1913, une réunion fut tenue par le Souverain Sanctuaire du RA&P. Il devait décider de l’avenir du Rite après la mort de Yarker. Ceux qui étaient présents : Crowley, Reuss, Henri Meyer, Leon Angers Kennedy & William Quilliam. Henry Meyer fut élu valablement à la dignité de Souverain Grand Maître Général du RA&P pour la Grande-Bretagne et l’Irlande. Il semble que Crowley fut élevé au 96° degré du Rite de Memphis et élevé à la dignité de Patriarche Grand Administrateur Général.

Selon la notice nécrologique de Yarker dans l’Equinox, Crowley se donnera pour 97° du Rite de Memphis… Mais il n’y a aucun document qui puisse avaliser cette prétention.

Pour finir dans ce registre, John Symonds rapporte un incident dans sa biographie dédié à Crowley, The King of the Shadow Realm. Il nous dit qu’en 1914, Crowley quitta l’Angleterre pour les USA, porteur d’une Charte qui le proclamait Honorus Magus de la SRIA. Toutefois, Crowley n’était pas membre de la SRIA, ce qui est prouvé par l’absence de son nom dans la Livre d’Or de l’Ordre, un registre qui reprend tous les membres de la SRIA. De plus, le titre d’Honorus Magus ne pouvait être donné que par le Mage Suprême de la SRIA & Crowley n’était pas à cette époque en relations amicales avec personne de la SRIA. Crowley était bien connu de la SRIA mais ses « chefs » le tenait lui & son oeuvre en piètre considération. Cependant, il semblerait que cette patente lui ait été transmise par un ordre américain qui se prétendait être issu la SRIA mais sans aucune charte lui donnant ce droit.

Wynn Westcotttenait la position de Mage Suprême à cette époque, mais il n’a jamais été en termes amicaux avec Crowley & il ne lui aurait jamais donné un quelconque document émanant de la SRIA. Bien que Mathers soit un membre de la SRIA, à cette époque il se battait contre Crowley au sujet du matériel de la GD que celui-ci venait de publier dans son Equinox & il n’aurait jamais aidé Crowley à se procurer un tel certificat. Une preuve supplémentaire peut encore être donnée par le fait que le titre d’Honorus Magus était véritablement un grade honorifique donné comme gage de reconnaissance à d’illustres maçons. Ainsi, F. Hockley, un maçon de haut grade & expert en crystalomancie ne se verra octroyé qu’un IV° grade honoraire pour des conférences données au sein de l’Ordre. Crowley, qui n’avait aucun contact avec l’Ordre, n’aurait jamais reçu un tel honneur.

Les citations suivantes sont tirées des Confessions p. 700 et suivantes. Elles concernent les motifs de Crowley à utiliser ses connaissances maçonniques lors de la révision des rituels de l’OTO.

« Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? J’en ai recueilli les rituels et les secrets, comme j’en avais fait avec les religions du monde entier, avec leurs fondements magickes et mystiques… J’ai décidé de définir la Franc-Maçonnerie comme un système de communication de la vérité – religieuse, philosophique, magicke et mystique ; & indiquant les procédés adéquats qui permettent de développer les facultés humaines au moyen d’un langage particulier dont l’alphabet en est le symbolisme de ses rituels. Une Fraternité Universelle & de grands principes moraux, indépendants des préjudices personnels, raciaux & autres, ont formé un coussin qui assure la sécurité individuelle & la stabilité sociale pour tous ses membres ».

« La question se pose alors : Quelles vérités doivent être communiquées et par quels moyens peut-on les promulguer ? Mon premier objectif était d’éliminer des centaines de rituels à ma disposition tous les éléments exotériques. Beaucoup de degrés contiennent des affirmations (souvent fausses) sur des matières bien connues de nos écoliers modernes, bien qu’elles aient pu être importantes quand les rituels furent écrits… Je ne vis aucune raison de surcharger le système avec des informations superflues ».

« Un autre point essentiel était de réduire la masse monstrueuse de matériel à un système compact & cohérent. Je pensais que tout ce qui valait la peine d’être préservé pouvait & devait être présenté sous la forme d’une douzaine de cérémonies tout au plus & que cela devait être à la portée de n’importe quel officier d’apprendre par coeur sa partie durant les heures de loisirs à sa disposition, en un mois tout au plus ».

Afin de donner une idée de l’importance des contacts entre Crowley et la Franc-Maçonnerie, nous devons prendre en considération plusieurs points. Le premier est qu’il pressentait que ce courant mystique pouvait être d’un quelconque bénéfice pour son développement spirituel & psychologique. Mais cela ne semble pas tenir la route si l’on pense qu’il ne prit jamais aucun rôle actif dans aucun de ces ordres & qu’il le progressa jamais comme c’est la norme jusqu’au vénéralat afin d’évoluer vers les autres degrés et rites. Cependant, on peut objecter que Crowley était un personnage assez peu conventionnel & qu’il se considérait lui-même comme au-dessus du commun des mortels & au-dessus des règles mondaines édictées pour les masses. Sa progression & la manière peu orthodoxe dont il reçut ses grades en Maçonnerie peut lui sembler parfaitement acceptable. Peut-être qu’il ne ressentait pas le besoin de suivre le cheminement habituel du fait qu’il était capable d’assimiler l’essence de la Maçonnerie de sa propre manière. Il ne prit certainement jamais à coeur les grands principes de la Franc-Maçonnerie, Amour Fraternel, Charité & Vérité. Il n’a jamais été particulièrement chaleureux avec les autres maçons et il a même eu des réactions hostiles à leur encontre. Ses actes de charité sont quasi inexistants & sa prétention à être un martyr de la vérité, risible. La citation quant au caractère de Fraternité Universelle, bien que louable, était uniquement idéale et Crowley ne la prit jamais à coeur, ou ne la mit activement en pratique.

Le second point est qu’il ressentait le besoin de faire partie de la Maçonnerie afin de se glorifier lui-même & de s’élever aux yeux de ses critiques & acolytes. Comme nous l’avons déjà fait remarquer, la Maçonnerie était très honorable pour un gentleman et il a pu croire que cette facette de ses activités mystiques légitimerait ses activités plus controversées. On peut peut-être en douter si l’on pense que Crowley s’est toujours défendu de donner crédit à ses détracteurs et on peut difficilement croire qu’il a choisi cette voie simplement pour se justifier de ses critiques. Toutefois, on peut estimer que l’image de marque que pouvait conférer la Maçonnerie n’a pas dû laisser Crowley indifférent, d’une part pour lui-même et d’autre part vis-à-vis de ses disciples. Mais on ne peut raisonnablement dire que Crowley voulait utiliser ses qualités maçonniques pour recruter dans le cercle des Loges, car l’irrégularité même de ses initiations maçonniques aurait alors joué contre lui.

Troisièmement, nous devons considérer que la Franc-Maçonnerie et ses différents rites donnaient à Crowley une grande quantité de matériels rituels déjà utilisables pour les cérémonies. Bien que l’A.·.A.·. utilisait les rituels de la GD et de la Maçonnerie pour quelques-uns de ses degrés, ceux-ci n’en représentaient qu’une infime partie. Avec la révision des rituels de l’OTO qui suivit sa nomination en tant que Grand Maître pour le Royaume-Uni, on peut voir que la part prise par les rituels maçonniques est peu importante. Les rituels de l’OTO avaient déjà été basés sur des thèmes maçonniques, le plus bas degré étant repris des Rites de Memphis & Misraïm, et la révision des rituels tendait plus à introduire du matériel qabalistique dans les cérémonies qu’y ajouter des éléments maçonniques. Son utilisation de ses connaissances maçonniques était minime et négligeable & nous pouvons dire qu’il a pu désirer l’initiation maçonnique en vue d’une utilisation potentielle future. Ce qu’il ne fit jamais.

Enfin, il y a le désir d’obtenir des « mots, signes & attouchements » pour le bénéfice de son propre ego ou pour donner à penser qu’il était un maître en toutes matières. Les sectateurs de Crowley vont crier au scandale à la lecture de cette affirmation en prétendant que Crowley n’a jamais fait d’utilisation de ses titres & grades maçonniques de façon régulière et qu’il y ait d’autres raisons à son intérêt envers la Franc-Maçonnerie. Mais l’on sait l’amour que Crowley portait aux « signes, mots & attouchements », ainsi qu’aux autres signes de reconnaissance dans ses correspondances. Cela reste avec l’auto-glorification l’hypothèse la plus valable. Si l’on n’oublie pas les liens actifs de Crowley avec le monde de l’espionnage et du renseignement. Car il est tout aussi possible d’affirmer que Crowley, poussé par Reuss – qui renseignait la police secrète prussienne sur le milieu anarchiste – ait pu vouloir entrer dans cette Maçonnerie qui tissait des liens entre tous les continents du globe. Crowley, à l’instar d’autres « espions », a pu vouloir utiliser le réseau maçonnique dans les années 1914-1918 pour remplir une quelconque obscure mission. Il n’a jamais infirmé de manière absolue que Crowley n’avait pas été un agent des services de renseignements britanniques – certains l’ont même accusé d’être un agent double au service de l’Allemagne. L’hypothèse reste ouverte…

Pour conclure, les chartes reçues par Crowley de Yarker sont valides et le Rite Ancien & Primitif est toujours maçonné dans cette maçonnerie « irrégulière » qui reste un mouvement philosophique majeur en Europe continentale & ailleurs. L’irrégularité maçonnique porte sur le non-respect de certaines règles édictées par la GLUA, règles qui sont refusées par des corps maçonniques comme le Grand Orient de France, la Grande Loge de France, le Rite Ancien Primitif de Memphis & Misraïm & autres… Donc, Crowley était un Maçon même s’il n’en respectait pas du tous les préceptes et il était irrégulier qu’aux yeux des Maçons de la GLUA qui ne représentent qu’une branche de la famille Maçonnique.

Source : http://www.esoblogs.net/4351/aleister-crowley-la-franc-maconnerie/

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RPMF : conférence de presse de Marc Henry et des Grands-Maîtres des obédiences régulières françaises. Les véritables enjeux

17 Janvier 2013 , Rédigé par Jean-Laurent Turbet Publié dans #histoire de la FM

Ils étaient attendus, ils furent au rendez-vous lors de la Conférence de presse organisée par la Grande Loge de France le mardi 15 janvier 2013 au Press Club de France.

Les cinq Grands-Maîtres des obédiences françaises qui sont en train de former la future confédération des grandes loges régulières de France ont répondu présent. Marc Henry, Grand-Maître de la Grande Loge de France (GLDF), Jean Dubar, Grand-Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), Robert Guino, président du Conseil de la Loge Nationale Française (LNF), Alain Juillet, Grand-Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) et Jean-François Buherne, Grand-Maître de la Grande Loge Indépendante de France (GLIF) étaient côte à côte pour cette première.

Marc Henry a souhaité d’emblée mettre l’Europe au cœur de cette conférence de presse. C’est le thème de réflexion des frères de la Grande Loge de France cette année.

Il a annoncé la tenue d’un grand Colloque publique intitulé « L’Europe, et demain ? » qui aura lieu le 6 avril 2013 au Palais Brongniart à Paris.

Ce colloque sera organisé par la Grande Loge de France, La Grande Loge Féminine de France et la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra.

Il se tiendra sous la présidence et en présence de Bernard Cazeneuve, ministre des affaires européennes. Des invités de renom interviendront lors de ce colloque, à l’instar de Miguel Angel Martinez (vice-président du Parlement européen), Elie Barnavi, Jean-Marie Cavada, Bernard Guetta, Elisabeth Morin-Chartier ou Antoine Sfeir (la liste des intervenants n’est pas encore définitive). Réservez d'ores et déjà cette date dans votre agenda!

Ensuite il fut encore question d'Europe… mais d’Europe Maçonnique cette fois.

Depuis la déclaration de Bâle du 10 juin 2012, cinq grandes loges régulières européennes ont missionné la Grande Loge de France pour organiser en France le retour à la fraternité universelle.

De la déclaration de Bâle est né le projet de confédération des grandes loges régulières françaises, que les cinq obédiences présentes lors de la conférence de presse avaient annoncé dans un communiqué du 12 décembre dernier.

Le 15 janvier a été pour Marc Henry, le Grand-Maître de la Grande Loge de France une journée très médiatique. Il a tout d’abord été l’un des invités de Patrick Roger lors de l’émission « Europe 1 Midi » sur le thème « la France des réseaux » avec Catherine Jeannin-Naltet, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France. Une émission à écouter sans modération !

Marc Henry a ensuite donné une interview au site « La Lumière » de François Koch, de l’Express, intitulée Marc Henry (GLDF) : « La Confédération aura une direction à 5 têtes. ».

Preuve de l’intérêt des journalistes pour le discours de Marc Henry (qui apparaît comme un discours nouveau et intéressant - et pour tout dire différent - sur une Franc-Maçonnerie apolitique mais spirituelle qu’ils connaissent peu alors qu'elle existe depuis des lustres), de très nombreux journalistes étaient présents dont ceux notamment du Monde, du Point, de l’Express, du Figaro. Même Cyril Eldin, l’infoman de Canal+ avait fait le déplacement (mais que va-t-il en sortir ?).

Il s’agit en effet d’un événement tout à fait exceptionnel que la présence sur une même tribune des grands-maîtres de ces cinq obédiences. Marc Henry a eu raison de souligner que « C’est la première fois que des ex frères de la GLNF dialoguent officiellement avec d’autres obédiences françaises alors qu’ils étaient enfermés dans un système qui le leur interdisait ». Réunir ce qui est épars et devenir le centre de l'Union. Voici l'une des missions que s'est assignée Marc Henry.

Des représentants de ces obédiences s’étaient retrouvés quelques jours plus tôt, le samedi 12 janvier 2013, en tenue maçonnique régulière pour la consécration de la Grande Loge Indépendante de France qui a eu lieu au Temple Franklin Roosevelt de la GLDF.

Marc Henry mais également d’autres Grands Maîtres se sont exprimés pour expliquer la volonté de création de cette nouvelle confédération des grandes loges régulières.

Si l’on ne connaît pas encore le nom de cette confédération ni le nombre exact de ces membres possibles (estimés entre 50 000 et 60 000), la volonté affichée par tous est bien d’aboutir à la création de cette Confédération.

Sur les futurs membres, si l’on fait le total des adhérents des cinq obédiences aujourd’hui, cela donne environ 50 000 membres. Ce qui est déjà beaucoup. Mais maintenant il s'agit de dynamique et certainement pas d’arithmétique. Une confédération reconnue attirerait – c’est évident – des frères qui aujourd’hui sont « dans la nature ». Quid par exemple de la Grande Loge Traditionnelle de France, elle aussi issue de la GLNF, qui s’est créée en juin 2012 et qui revendiquait alors 55 Loges et 1 400 membres. Aura-t-elle vocation à entrer dans la confédération, ou bien ses loges entreront-elles dans une obédience membre de la confédération ?

Quid des dizaines de loges et des centaines (plus ?) de frères qui sont en attente de voir l’évolution de la situation. Quid aussi des loges encore membres de la GLNF et qui souhaiteront rejoindre la confédération ? Quid de frères ou de loges appartenant à des obédiences maçonniques non membres de la Confédération mais qui voudraient la rejoindre

Bref, nous voyons bien qu’il s’agit possiblement de beaucoup plus de frères et de loges qu’il n’y en a actuellement dans les cinq obédiences. Pour autant quel en est le chiffrage exact? L'honnêteté nous pousse à dire que personne n'en sait fichtre rien.

La question la plus posée par les journalistes présents a été celle des inter-visites.

Tous les Grands-Maîtres présents sont d’accord pour dire, évidemment, qu’il y aura un accord d’inter-visites entre les cinq grandes loges fondatrices de la Confédération (GLDF, GLTSO, LNF, GL-AMF, GLIF).

Alain Juillet a indiqué que pour la GL-AMF les inter-visites ne seront possibles que dans le cadre de cette Confédération. Elles ne s’appliqueront pas aux autres obédiences.

Marc Henry le Grand-Maître de la GLDF a nuancé cette opinion.

En disant déjà qu’il n’interdirait rien aux frères de la GLDF qui voudraient visiter d’autres obédiences. Si ces autres obédiences les acceptent. La GLNF interdisait (interdit toujours?) tout contact de quelque nature que ce soit avec les autres obédiences maçonniques. Ce n'est pas l'option prise par la GLDF qui entretient des relations fraternelles avec toutes les obédiences maçonniques françaises.

Pour ce qui concerne les visites de frères membres d’obédiences maçonniques qui ne font pas partie de la Confédération, Marc Henry ne voit pas pourquoi, compte-tenu de l’histoire de la GLDF, celle-ci ne pourrait pas continuer à les recevoir.

Mais, ajoute Marc Henry avec la subtilité qui le caractérise, la GLDF les recevra « pour autant qu’ils pratiquent notre rite, qu’ils acceptent de travailler à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, sur les trois grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie (volume de la Loi Sacrée qui est la Bible, compas et équerre), et qu’ils passent avec succès l’examen du Tuilage ».

En effet pour Marc Henry, l’important n’est pas l’obédience mais le principe « mes frères me reconnaissent comme tels ». Si l’on suit le raisonnement du Grand-Maître, comment reconnait-on un frère ? Mais par ses « mots, signes et attouchements ». Et donc après un Tuilage régulier. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour Jean-Théophile Désaguliers lui-même lorsqu’il est allé visiter la loge Mary’s Chapel d’Edimbourg en août 1721. Il a été dûment tuilé pour s’assurer de sa qualité de franc-maçon, tout passé Grand-Maître de la Grande Loge de Londres qu’il était…

En clair, la porte des temples de la GLDF restera ouverte, pour les frères des obédiences non membres de la Confédération, à ceux qui répondent parfaitement au Tuilage du REAA de la Grande Loge de France, travaillent à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers et sur le Volume de la Loi Sacrée, les conditions étant évidemment cumulatives.

Marc Henry, en répondant à une question, a souhaité souligner que les relations de la GLDF seraient évidemment maintenues avec toutes les obédiences maçonniques françaises lors de colloques (comme celui du 6 avril 2013 avec la GLFF et la GLTSO), réunions publiques et de travaux ou cérémonies communes notamment avec le Droit Humain et la Grande Loge Féminine de France.

Répondant encore à une question, Marc Henry a également rappelé que le Rite Ecossais Ancien et Accepté était à l’origine de la Franc-Maçonnerie mixte (DH) et féminine (GLFF) en France et qu’il n’y a aucun doute pour les frères de la GLDF que les sœurs sont non seulement initiables mais sont des initiées à l’égal des hommes.

Tous les Grands-Maîtres qui se sont exprimés reconnaissent que des ajustements et des calages sont encore nécessaires entre les obédiences. C’est bien ce qui fait l’objet des discussions en cours.

Et c’est bien pour cela que la forme de Confédération a été choisie. C’est pour respecter l’histoire et l’identité des Grandes Loges qui la composent.

Un verre de l’amitié a bien entendu clôturé cette conférence de presse.

Le Grand Orient de France a, dans la foulée de la conférence de presse des cinq obédiences françaises, annoncé l’organisation d’un « déjeuner pour une année sociale, sociétale, humaniste et solidaire », qui aura lieu le mercredi 23 janvier à 12 h 30 avec « les obédiences de la Franc-maçonnerie libérale et adogmatique ». Ces obédiences sont : Le Grand Orient de France, la Grande Loge Féminine de France, la Fédération Française du Droit Humain, la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm, la Grande Loge Mixte Universelle, la Grande Loge Mixte de France. Le prélude à une nouvelle confédération ?

Source : http://www.jlturbet.net

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