Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles avec #histoire de la fm tag

Consécration de la Grande Loge Indépendante de France

14 Janvier 2013 , Rédigé par Jean-Laurent Turbet Publié dans #histoire de la FM

La Grande Loge Indépendante de France (GLIF), l’une des nouvelles obédiences maçonniques françaises issues de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) a donc été consacrée lors d’une tenue solennelle le samedi 12 janvier 2013.

Vous découvrez ici pour la première fois le Grand-Maître de la GLIF, Jean-François BUHERNE, qui a été solennellement installé et a pu lui-même installer les Grands Officiers de son obédience.

Cette tenue a eu lieu au Temple Franklin Roosevelt de la Grande Loge de France (GLDF) qui affichait complet en cette après-midi de janvier.

Les représentants des 17 loges pétitionnaires fondatrices de la nouvelle obédience, comme les dignitaires de la GLIF étaient présents dans une ambiance à la fois très solennelle et très fraternelle.

La Grande Loge Indépendante de France est l’une des cinq obédiences françaises (GLDF, GLTSO, LNF, GLIF, GL-AMF) qui ont signé le communiqué du 12 décembre 2012. Ce communiqué annonce le début du processus de création d’une Confédération des Grandes Loges Régulières de France destinée à renouer les relations fraternelles avec les Cinq Grandes Loges européennes signataires de la déclaration de Bâle du 10 juin 2012.

La tenue de consécration était organisée sous la haute main d’Alexandre DOUENIAS (ci-contre) grâce à qui la Grande Loge Indépendante de France a pu voir le jour. Celui-ci gardera d’ailleurs la charge des relations extérieures de l’obédience.

Les obédiences amies de la future Confédération étaient présentes ou excusées. Roger DACHEZ pour la Loge Nationale Française était excusé. Le Grand Expert de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) représentait le Grand-Maître, Alain JUILLET. Le Grand-Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, Jean DUBAR était présent. Le passé Grand-Maître de la Grande Loge de France, Alain-Noël DUBART, représentait le Grand-Maître Marc HENRY qui était retenu en province. Il était accompagné par une délégation de la Grande Loge de France composée du Grand-Chancelier Jean-Jacques ZAMBROWSKI, du Grand-Orateur Hugues FEBVAY et du passé Grand-Orateur Alain PIGEAU.

Pour la première fois depuis 1913, des frères issus de la Franc-Maçonnerie Régulière reconnue et des frères issus de la Franc-Maçonnerie Régulière mais qui n’était pas reconnue se sont retrouvés officiellement, lors d’une tenue maçonnique solennelle à caractère initiatique. C’était donc une première avec une valeur symbolique extrêmement forte. Tous les participants l’ont d’ailleurs bien ressenti comme tel.

La Grande Loge Indépendante de France, installée et consacrée va pouvoir maintenant prendre toute sa place dans le processus de constitution de la Confédération et de relation avec les cinq Grandes Loges européennes.

Elle peut également penser à son développement qu’elle veut harmonieux et axé sur la qualité des nouvelles recrues.

Bonne chance à la Grande Loge Indépendante de France qui fait partie intégrante du paysage maçonnique français.

Source : http://www.jlturbet.net/article-la-grande-loge-independante-de-france-est-consacree-114345234.html

 

Lire la suite

Célébrités FM (3)

6 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

19. MILITAIRES ET MARINS

BEAUHARNAIS, Alexandre François de (1760‑1794) Premier mari de Joséphine Tascher de la Pagerie qui épousera Napoléon 1er . Membre de la Loge La Pureté au régiment de la Sarre.

BEAUHARNAIS, Eugène de (1781‑1824), fils du précédent, beau‑fils de Napoléon 1er , il fut vice‑roi d'Italie sous le nom de Eugène Napoléon. Vénérable d'honneur de la Loge Saint‑Eugène à Paris.

BEAUVAU,Charles Juste de (1720‑1793) Maréchal de France, membre de l'Académie française. Appartint à la loge d'Albi La Parfaite Intelligence.

BIRON, Armand Louis de Gontaud, duc de G., puis duc de Lauzun (1745‑1793) Officier de la guerre d'Amérique, député de la noblesse du Quercy aux États‑Généraux. Général en chef de l'Armée du Rhin, destitué, condamné à mort, en 1790. Il appartint aux Loges Saint‑Jean de Montmorency Luxembourg et La Candeur, à Paris, avant 1789, et en 1791, à la Loge Les Pvrénées, à Bagnères‑de‑Bigorre.

BRADLEY, Omar Nelson 11893‑1981) Général américain qui commandit la 1ère armée américaine lors du débarquement de Normandie. Elevé à la maîtrise à West Point lodge No 877, High Falls, État de New York.

BLÜCHER, prince Gebhardt Lebrecht von(1742‑1819) Général prussien, artisan de la défaite française de Waterloo. Membre actif de la Loge Archimedes à Altenburg.

BONAPARTE, Jérôme (1784‑1860) Frère de Napoléon, roi de Westphalie de 1807 à 1813. Il avait été initié en 1801 à la loge de Toulon La Paix. Devint Grand Maître de la Grande Mère Loge de Westphalie.

BONAPARTE, Joseph (1768‑1844) Frère de Napoléon, roi de Naples, puis roi d'Espagne. Initié en 1793 à la Loge La Parfaite Sincérité à Marseille, il devint en 1805 Grand Maître du Grand Orient de France.

BONAPARTE, Louis (1778‑1846) Frère de Napoléon et père de Napoléon III. Il fut Grand Maître adjoint de 1803 à 1806, remplacé par Cambacérès.

CAULAINCOURT, Gabriel Louis, comte de (1740‑1808) Maréchal de camp, comte d'Empire. Il appartient à la Loge Les Amis Réunis, à Paris. Son fils, Armand, Auguste, Louis de C., duc de Vicence, général de division, fut ambassadeur en Russie. Grand Officier d'Honneur du Grand Orient.

CLARKE, Mark Wayne (1896‑1984) Général américain. Chef d'état‑major des forces terrestres en 1942, commanda le 15e groupe d'armée en Italie 1944‑1945. Commandant en chef des forces des Nations‑Unies en Corée. Mystic Tie Lodge, Indianapolis.

FOY, Maximilien Sébastien (1775‑1825) Il servit à l'armée du Nord, à celle du Rhin, en Espagne et au Portugal. Vénérable d'Honneur de la Loge La Bienfaisance, au Havre.

GROUCHY, Emmanuel, comte de (1766‑1847) Officier de l'Ancien Régime qui se rallia à la Révolution puis à l'Empire. Sa défaite à Waterloo s'explique en partie par les ordres contradictoires de Napoléon auxquels il était tenu d'obéir. Il avait appartenu à la Loge L'Héroïsme à Beauvais.

HUGO, Joseph Léopold Sigisbert, comte (1773‑1828) Le général, père du poète (qui ne fut jamais maçon) fut membre de la Loge L'Initié, à Aix‑en‑Provence.

JOFFRE, Joseph Jacques Césaire (1852‑1931) Maréchal qui commanda les troupes alliées pendant la guerre 1914‑1918. Vainqueur de la bataille de la Marne. Initié à la Loge Alsace Lorraine, Paris, en 1875.

LA FAYETTE, Marie Joseph Motier, marquis de (1757‑1834) Initié avant le 25 décembre 1775, affilié à la Loge Saint Jean d'Écosse du Contrat Social. En 1806, il est Vénérable de la loge Les Amis de la Vérité de Rosoy en Brie.

LA TOUR D'AUVERGNE, Théophile Malo Corret de (17431800) Capitaine, premier grenadier de la République (1799). Il aurait été membre d'une Loge dépendant du Grand Orient de Bouillon.

LATOUR‑MAUBOURG, Marie Victor, Nicolas de Fay, marquis de (1768‑1850) Colonel de cavalerie de l'armée de La Fayette, aide de camp de Kléber. Après 1815, il fut ambassadeur à Londres. Membre de la Loge L'Intimité, à Niort.

LAURISTON, Jacques Alexandre Bernard Law, marquis de (1768‑1828) Petit neveu de John law, il fut condisciple de Bonaparte à l'École de Brienne. Il fit une brillante carrière militaire et diplomatique. Il était membre de la Loge Sully à l'orient de Toul‑Artillerie. Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France.

MACARTHUR, Douglas (1880‑1964) Général d'armée (cinq étoiles) en 1944. Commanda les troupes américaines en Extrême Orient et reçut la réédition du Japon. Reçu "au maillet" (at sight) puis affilié à la Loge Manila, Philippines.

MARSHALL, George (1880‑1959) Général et homme d'état, ambassadeur en Chine. En tant qu'auteur du Plan marshall, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1953. Fait maçon "au maillet" (at sight) en 1941, District of Columbia.

MURPHY, Audie (1924‑1971) Acteur de cinéma américain, le soldat le plus décoré de la seconde guerre mondiale. Membre du Rite Écossais à Dallas, Texas.

PERSHING, John Joseph (1860‑1948) Général qui conduisit les volontaires américains en 1917. En arrivant à Paris, il se rendit sur la tombe de La Fayette et dit: "la Fayette, nous voici!" Initié à Lincoln Lodge, Lincoln, Nebraska, en 1888.

ROCHAMBEAU, Donatien Marie‑Joseph, baron de Vimeur de (1755‑1813) officier qui participa à la Guerre d'indépendance américaine. Gouverneur de Saint‑Domingue (1791). Membre de la Loge Saint‑Jean d'Écosse du Contrat Social, à Pari.

SUFFREN de SAINT TROPEZ, Pierre Henri, bailli de (1726-1788) Le célèbre marin, amiral depuis 1784, a fait partie, en 1786, de la loge L'Olympique de la Parfaite Estime.

SURCOUF, Robert (1773‑1827) Corsaire, baron d'Empire. Il fut initié en 1796 à la loge La Triple Espérance, à Port‑Louis, lie Maurice. En 1809, il était membre de la loge La Triple Essence, à Saint-Malo.

VILLARET de JOYEUSE, Louis Thomas (1750‑1812) Vice‑amiral d'escadre, gouverneur de la Martinique. Membre de la Loge et du Chapitre L'Union à Lorient, et membre honoraire de la Loge L'Harmonie à Saint‑Pierre de la Martinique.

20. MUSICIENS ET COMPOSITEURS

ARMSTRONG, Louis 1900‑1971) Musicien de jazz américain. Aussi à l'aise comme trompettiste que comme chanteur, il est reconnu comme l'un des meilleurs musiciens de son temps. Membre de la Loge Montgomery No 14, Obédience Prince Hall, New York.

BASIE, William "Count" (1904‑1984) Pianiste et chef d'orchestre de jazz américain, fut longtemps un survivant des premiers grands orchestres de ce genre. Membre de la Franc‑Maçonnerie de l'Obédience Prince Hall à New York.

BERLIN, Irving (1888‑1989) Chanteur et compositeur américain dont la chanson la plus connue est White Christmas. Également auteur de films musicaux: Top Hat, Annie du Far West. Initié à Munn Lodge No 196, ville de New York.

BOIELDIEU, François Adrien (1775‑1834) Compositeur de musique lyrique, la plus célèbre étant un opéra‑comique La Dame blanche. II appartint à la Loge Les Arts et l'Amitié du Grand Orient.

CLÉMENT, Jean‑Baptiste (1836‑1903) Auteur de la chanson Le temps des cerises. Délégué à la Commune de Paris. Succéda à Clemenceau comme maire de Montmartre. Initié à la Loge Les Rénovateurs à Clichy, près de Paris, en 1898.

ELLINGTON, Edward Kennedy "Duke" (1899‑1974) Musicien de jazz américain. Compositeur, arrangeur et pianiste, il a été une figure marquante de la musique du vingtième siècle. Il a donné ses impressions d'initiation dans la chanson I'm beginning to sec the Light, chantée par Louis Armstrong. Initié à Social Lodge, Washington D.C. de Prince Hall Affiliation.

HAYDN, Franz Joseph (1732‑1809) Compositeur autrichien, le premier grand compositeur symphonique, également célèbre pour sa musique de chambre, ses messes et ses deux oratorios, La Création et Les Saisons. Encouragé à devenir maçon par Mozart, il fut initié à Vienne en 1785, à la Loge Zur Wahren Eintracht.

KREUTZLER, Rodolphe (1766‑1831) Violoniste et compositeur, auteur d'opéras‑comiques. Il appartint à la Loge La Concorde, de la cour de Versailles.

LISZT, Ferénc, germanisé en Franz (1811‑1866) Le célèbre pianiste et compositeur fut initié en 1841 à la Loge L'Union, Francfort‑sur‑le Main.

MEHUL, Étienne Nicolas (1763‑1817) L'auteur du Chant au Départ est mentionné comme membre de la Société Olympique (souchée sur la Loge l'Olympique de la Parfaite Estime) en 1786.

MEYERBEER, Giacomo (1791‑1864) Compositeur allemand, du début du 19e siècle, auteur de Robert le Diable e t Les Huguenots. Membre de la Loge française Les Frères Unis Inséparables.

MONTÉHUS, Gaston Mardochée Brunswick dit (1872‑1958) Le chantre antimilitariste et révolutionnaire de la Belle Époque fut initié en 1902 à la Loge L'Union de Belleville, Grand Orient.

MOZART, Wolfgang Amadeus. (1756-1791) Compositeur autrichien. Il fut initié en 1784 par la loge de Vienne « la Bienfaisance ».

POTTIER, Eugène (1816‑1897) Auteur du chant des travailleurs du‑monde entier: L'Internationale (1871). Initié en exil à New York à la Loge des proscrits de la Commune, Loge Les Égalitaires.

ROUGET DE L'ISLE, Claude Joseph (1760‑1836) Compositeur français, auteur, en 1792, du Chant de guerre pour l'armée du Rhin, rebaptisé La Marseillaise. Membre de la Loge ,es Frères Discrets, à Charleville.

SIBELIUS, Jean (1865‑1957) Compositeur finlandais. Initié à la loge Suomi, à Helsinki. Un des fondateurs de la Maçonnerie finlandaise puisque l'Ordre avait été interdit par les Tsars en 1822.

SPONTINI, Gasparo Luigi Pacifico (1774‑1851) Compositeur, directeur du Théâtre italien de Paris. Membre de la Loge L'Age d'Or, à Paris.

WHITEMAN, Paul (1891‑1967) Musicien américain de jazz surnommé le Roi du Jazz. La plupart des grands musiciens de la période d'après guerre ont joué dans son orchestre. Membre de St. Cécile Lodge, New York City.

21. POLITIQUES

AUGAGNEUR, Victor (1855‑1931) Médecin et homme politique. Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon, maire de Lyon, député, ministre des travaux publics, de l'Instruction Publique. Gouverneur de Madagascar. Il fut Vénérable de la Loge Les Amis de la Vérité à Lyon.

BAILLY, Jean Sylvain (1736‑1793) Maire de Paris, président de la Constituante, membre de l'Académie française. II appartint à la Loge parisienne Les Neuf Sueurs.

BERRYER, Pierre Nicolas (1757‑1841) Le défenseur du maréchal Ney était membre de la Loge Salomon, à Paris.

BLANC, Louis (1811‑1882) Journaliste et homme politique, il fut membre du gouvernement provisoire en 1848. Il appartint à la Loge de Londres Les Philadelphes.

BOURGEOIS, Léon (1851‑1925) Homme politique, ministre et président du Conseil, un des promoteurs de la Société des Nations. Prix Nobel de la Paix. Initié à la Loge La Sincérité à Reims en 1882.

BROSSOLETTE, Pierre (1903‑1944) Professeur agrégé d'histoire, journaliste au journal Le Populaire de 1936 à 1939. Résistant, arrêté en 1944, il se suicida le 22 mars, respectant jusqu'à la mort la "loi du silence".

CACHIN, Gilles Marcel (1869‑1958) Directeur de l'Humanité en 1918. Membre du Comité directeur du parti communiste. Initié à La Concorde castillonnaise en 1889, démissionna en 1901.

CAMBACÉRES, Jean‑Jacques Régis de, duc de Parme (1753‑1824) Un des rédacteurs du Code civil. membre de la Loge Ancienne et de la Réunion des Élus, à Montpellier, Vénérable de la Loge Saint‑Jean de la Grande Maîtrise, à Paris.

CAVOUR, Comte Camillo di (1810‑1861) Fondateur de l'unité italienne, il en devint le premier chef de gouvernement en 1861. Ses activités maçonniques se restreignirent à son Piémont natal.

CHURCHILL, Sir Winston Leonard Spencer (1874‑1965) Premier Ministre de la Grande‑Bretagne pendant la seconde guerre, inspirateur de la lutte contre le nazisme. Prix Nobel de littérature en 1953. Initié à Studholme Lodge, Londres en 1901.

DIFFENBAKER, John George (1895‑1979) Premier Ministre du Canada de 1957 à 1963. Membre d'une loge de l'Ontario.

EBOUÉ, Félix (1884‑1944) Petit‑fils d'esclave, il devint le premier Gouverneur Général de couleur d'une colonie française (Tchad 1938). En 1940, il rallia le Congo aux Forces Françaises Libres. Après la guerre, il participa à la décolonisation. Initié à la Loge La France Équinoxiale, en 1922, à Cayenne. Son épouse appartint au Droit Humain et sa fille, Ginette, à la Grande Loge Féminine de France.

FERSEN, Jean Alex, comte de (1754‑1810) Le colonel du Royal Suédois fit partie, en 1786, de la Loge L'Olympique de la Parfaite Estime.

FOUCHÉ, Joseph, duc d'Otrante (1759‑1820) Celui dont on a surtout retenu qu'il fut ministre de la Police pendant les Cent‑Jours, fut initié avant 1789 à la Loge Sophie Madeleine, Reine de Suède à Arras.

FROSSARD, Louis Ludovic Oscar (1889‑1946) II fut le premier secrétaire du Parti communiste. Après sa rupture avec celui‑ci, il fut initié à la Loge L'Internationale. Il en démissionna en 1937 et fit partie du gouvernement de Vichy.

GARIBALDI, Giuseppe (1807‑1882) Homme politique italien et chef militaire, ardent défenseur de la liberté. En 1870, il offrit ses services à la France, à la tête de ses Chemises Rouges. Initié à Montevideo en 1844 à la Loge L'Asile de la Vertu (irrégulière). La même année, il passa à la Loge régulière Les Amis de la Patrie, Grand Orient de France. En 1881, il fut élu Grand Maître Mondial du Rite de Memphis-Misraïm.

GAMBETTA, Léon (1838‑1882) Il fut l'un des chefs de l'opposition à la fin du second Empire, puis l’animateur de la Défense nationale en 1870‑1871, et clé la Défense républicaine après le 16 mai 1877. Initié à la Loge La Réforme, à Marseille, en 1869.

GOMPERS, Samuel (1850‑1924) Fondateur et premier président de la fédération syndicale américaine (American Fédération of Labour). II fut membre de Dawson Lodge, Washington, D.C.

KELLOGG, Frank B. (1856‑1937) Homme d'état américain qui reçut le prix Nobel de la Paix en 1929 pour le Pacte Briand‑Kellogg, signé à Paris par quinze nations en 1928 et par soixante‑quatre en 1934. Le pacte établissait une Cour Permanente de Justice internationale pour éviter le recours à la guerre entre les états. Kellogg y fut nommé juge en 1930. Il avait été reçu maître à la Loge de Rochester, Minnesota, en 1880.

KOSSUTH, Lajos (1802‑1894) Patriote hongrois, nommé gouverneur de la Hongrie pendant la courte période d'indépendance. Il rejoignit ensuite Garibaldi en Italie où il se fixa. Il fut initié en 1852 à Cincinnati Lodge, Ohio.

LAGUARDIA, Fiorello H (1882‑1947) Diplomate qui fut 3 fois maire de New York. Initié à Garibaldi Lodge, New York City, en 1913.

LE CHAPELIER, Isaac René Guy (1754‑1794) Député du tiers de Rennes aux États‑Généraux, rédacteur du Serment du Jeu de Paume, président de la Constituante le 4 août, fit abolir la loi interdisant les corporations. Vénérable de la Loge La Parfaite Union à Rennes.

MAZARYK, Jan (1886‑1948) Homme d'état Tchécoslovaque, fils de Tomas Mazaryk, premier président du pays. Exilé en Angleterre pendant la guerre, il combattit pour la libération de son pays. A partir de 1945, en tant que ministre des Affaires étrangères, il combattit le communisme, ce qui l'amena à se suicider en 1948. II fut initié à la Loge Jan Amos Komensky à Prague.

MAZZINI, Giuseppe (1805‑1872) Patriote italien. Après son bannissement, il fonda le mouvement clandestin Jeune Italie, et pendant le reste de sa vie, il lutta pour la libération et l'unification de l'Italie. Il devint Grand Maître du Grand Orient d'Italie.

PORTALIS, Jean Étienne Marie (1745‑1807) Un des principaux rédacteurs du Code civil; du Concordat et des articles organiques. Vénérable de la Loge L'Étroite Persévérance des Amis Réunis.

RAMADIER, Paul (1888‑1961) Il participa à la Résistance et fut ministre du Ravitaillement de De Gaulle en 1944. Initié en 1913 à la Loge La Parfaite Union, à Rodez, il fut toujours un maçon actif.

STRESEMANN, Gustav (1878‑1929) Homme d'état allemand qui négocia le retour de la Ruhr à l'Allemagne en 1925, et signa avec Briand le traité de Locarno en 1926, ce qui lui valut le Prix Nobel de la Paix. Initié en 1925 à la Loge Friedrich der Grosse.

SCHCELCHER, Victor (I304‑1893) Homme politique. Ayant voyagé aux colonies, il se fit l'apôtre de l'abolition de l'esclavage qu'il réalisa le 27 avril 1848 lorsqu'il fut ministre de la Marine du gouvernement provisoire. initié avant 1848 à la Loge Les Amis de la Vérité, à Paris, puis affilié à La Clémente Amitié.

22. SAVANTS ET MÉDECINS

ARAGO, Emmanuel (IF12‑1896) Membre du Gouvernement de la Défense nationale en 1870, il fut en 1878 Grand Orateur du Suprême Conseil de France.

ASHMOLE, Elias (1617‑1692) "Antiquaire" anglais. Sa remarquable collections d'objets rares, offerte en 1677 à l'Université d'Oxford, est devenue le Ashmoli, Museum. Dans son journal intime, il mentionne sa réception en maçonnerie, avec le colonel Henry Mainwaring. à Warrington, Lancashire, en 1646.

CABANIS, Pierre Jean Georges (1757‑1808) Auteur d'une traduction de l'llliade, se tourna ensuite vers les sciences naturelles et la médecine (il écrivit en vers son serment Ce médecin). Son principal ouvrage est le traité des Rapports du physique et du moral de l'homme (1802). Il fut admis en 1778 à la Loge Les Neuf Sueurs.

CASSINI, César François (1716‑1784) Directeur de l'Observatoire de paris créé par son père. Il fut surtout l'initiateur de la Carte de France en 180 feuilles. Membre de la Loge La Philosophie, Paris (1779).

CHAPTAL, Jean Antoine (1756‑1832) Chimiste. Il créa en France les premières fabriques de produits chimiques. Initié avant 1789 à la Loge La Parfaite Union à Montpellier.

CHASTENET DE PUYSÉGUR, Armand Marc Jacques, (1751-1825) Un des plus célèbres disciples de Messmer. Il laissa le souvenir d'un magnétiseur remarquable. Membre de la Loge La Candeur (1778).

DUPUYTREN, baron Guillaume (1777‑1835) Chirurgien dont les plus illustres patients furent Louis XVIII et Charles X. Par testament, il fonda le musée qui porte son nom. Membre de la Loge Sainte‑Caroline à Paris.

HELVETIUS, Claude Adrien (1715‑1771) Sa pensée rationaliste a été influencée par Montesquieu et Voltaire. Il aurait été, avec Jérôme Lalande, l'un des fondateurs de l'éphémère Loge Les Sciences, vers 1766. Toutefois, il ne figure sur aucune liste du Grand Orient.

JENNER, Edward, Dr. (1749‑1823) L'inventeur de la vaccination qui permit d'éradiquer la variole dans le monde entier. Il appartint à la Loge Faith and Friendship à Berkeley, Angleterre, dont il fut Vénérable.

KING, Charles Glen (1896‑) Biochimiste nutritionniste américain. Il a isolé (1932) puis synthétisé la vitamine C. Initié à Whitman Lodge, N°49 Pulman, Washington, en 1919.

LALANDE, Joseph Jérôme de (1732‑1807) Astronome. En 1801 il publia le premier répertoire valable des étoiles (environ 50000). Il fut aussi directeur de l'Observatoire de Paris. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs.

LAPLACE, Pierre Simon (1749‑1827) Géomètre et physicien, membre de l'Académie française. Officier d'Honneur du Grand Orient.

LACÉPEDE, Bernard Germain Étienne de Laville, comte de (1756‑1825) Il est surtout connu pour ses oeuvres de naturaliste et quelques ouvrages de musique. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs. En 1815, il se joignit à la minorité attachée à l'indépendance du Rite Écossais et Accepté, mais en 1821, il accepta d'être membre du Suprême Conseil de France Unifié.

LITTRÉ, Emile (1801‑1881) Philosophe, médecin, érudit, lexicographe, homme politique. Il a laissé derrière lui une oeuvre colossale dont la plus cornue est son Dictionnaire de la langue française (1844‑ 1873).

MAYO, Dr. Charles H. (1865‑1939) Médecin américain. Avec son frère William, il fonda la Clinique Mayo et la Fondation Mayo pour la Recherche médicale à Rochester, Minnesota. La Clinique Mayo ‑qui débuta dans le bâtiment du Temple maçonnique de Rochester est une association de médecins volontaires, la plus vaste de son espèce dans le monde. La Fondation pour la Recherche médicale fait maintenant partie de l'Université du Minnesota. Le Dr. Mayo fut initié à la Rochester Lodge en 1890, comme son père l'avait été avant lui et son fils Charles le fut après lui.

RICHET, Charles Robert (1850‑1935) Physiologue français qui découvrit le phénomène de l'anaphylaxie (maintenant appelé allergie). Prix Nobel de médecine en 1913. Membre de la Loge Cosmos, Grande Loge de France.

SAVOIRE, Dr. Camille (1869‑1951) Entre les deux guerres, il fut au premier plan de la lutte contre la tuberculose. Initié en 1892 à la Loge La Réforme dépendant de la Grande Loge Symbolique Écossaise, affilié en 1893 à La Lumière, de Neuilly, du Grand Orient.

WITHERING, William (1741‑?) En analysant u n remède "de bonne femme", il découvrit l'action de la digitaline sur le coeur. Il fut initié à la Lodge of Holyrood House, St. Luke, Edimbourg, en 1763.

23. SPORTIFS

DEMPSEY, William Harrison "Jack" (1895‑1983) Champion du ronde de boxe (poids lourds) en 1919, pendant 7 ans. Membre de Kenwood Lodge, Chicago, Illinois.

CAMPBELL, Sir Malcom (1885‑1948) Coureur automobile qui établit plusieurs records à Salt Lake City et Daytona beach. Membre de divers groupements maçonniques.

COBB, Ty (rus) R. (né en 1886) Considéré comme le meilleur joueur de base‑ball de tous les temps. Initié à Royston Lodge, Detroit, 1907.

LIPTON, Sir Thomas Johnstone (1850‑1931) Négociant et plaisancier écossais. Aussi célèbre comme importateur de thé (de sa production) que comme participant à l'America Cup. Initié à Scotia Lodge, Glascow, Écosse, en 1870.

ROBINSON, "Sugar Ray" (né en 1921) Boxeur américain. Champion du monde des poids milourds en 1951 et cinq fois champion du monde des poids moyens entre 1951 et 1958. Membre de Joppa Lodge de Prince Hall, New York City.

Source : http://www.franc-maconnerie.org/celebrite-f-m

Lire la suite

Célébrités FM (2)

6 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

13. ECRIVAINS ET PHILOSOPHES

ABOUT, Edmond (1828‑1885) Écrivain français brillant, journaliste, membre de (Académie française en 1884. Romans célèbres: Le roman d'un brave homme, L'homme à l'oreille cassée. Initié en 1862 à la Loge La Nouvelle Jérusalem, Orient de Nancy.

BOSWELL, James (1740‑1795) Écrivain écossas dont La biographie du Dr. Johnson (1791) est un des classiques de la littérature anglaise. Membre de Cannongate Kilwinning Lodge à Édimbourg (Maître en 1759)

BURNS, Robert (1759‑1796) Poète écossais devenu le poète national de l'Écosse. Il fut initié à St. David's Lodge, Tarbolton et demeura un maçon enthousiaste, affilié à d'autres loges, dont Cannongate‑Kf winning Lodge à Édimbourg; il en fut le poète‑lauréat en 1787. Son poème Au1d Lang Syne est célèbre dans le monde entier.

CASANOVA, Giovanni, Jacopo, Casanova de Seingalt (1725-1798) Écrivain, militaire, personnage politique, il fut un grand voyageur, surtout connu pour ses Mémoires et ses aventures amoureuses. Initié à Lyon en 1750, il passa ses deux autres grades à Paris dans une loge anglaise.

CHATRIAN, Alexandre (1826‑1890) En collaboration avec Erckmann, auteur de romans rustiques se rapportant à (Alsace. Le plus célèbre est L'Ami Fritz. Cl.atrian fut initié en 1875 à la loge parisienne Alsace‑Lorraine.

CLARETIE, Arsène Arnaud, dit Jules (1840‑1913) Auteur dramatique, membre de l'Académie Française. Membre de la loge L'École Mutuelle, Paris.

DELILLE, abbé Jacques (1738‑1813) Poète devenu célèbre par sa traduction en vers des géorgiques de Virgile, à développer une poésie didactique et pittoresque de la nature dans Les Jardins. Membre de l'Académie française. Il appartint à la Loge parisienne Les Neuf Sueurs.

COLLODI, Carlo (Carle, Lorenzini) (1826‑1890) Journaliste, écrivain italien. Auteur de Pinocchio (1883).

DE COSTER, Charles (1827‑1879) Écrivain belge. Les Aventures d'Uylenspiegel sont une dénonciation de l'oppression politique. Initié à la Loge Les Vrais Amis, Bruxelles, 1857.

DOYLE, Sir Arthur Conan (1859‑1930) D'abord médecin sans clientèle, devint écrivain et acquit la célébrité par la création de Sherlock Holmes et Docteur Watson qui figurent dans 3 romans et 56 nouvelles. Conan Doyle fut reçu Maître à la Loge Phoenix Portsmouth. Parmi les frères présents se trouvait un Docteur Watson qui partit bientôt pour l'Écosse et ne paru pas avoir servi de modèle à (ami de Sherlock Holmes.

FLORIAN, Jean‑Pierre, Clarie, Chevalier de (1755‑1794) Petit‑neveu de Voltaire, romancier, auteur dramatique, surtout connu par ses fables. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs (1779).

GOBLET D'ALUIELLA, Eugène Félicien, comte (1846‑1925) Homme d'état belge et historien des religions. Son ouvrage, La migration des symboles, fait encore autorité. Il lutta pour la tolérance religieuse en Belgique.Initié à Bruxelles en 1870, Loge les Amis Philanthropes. Grand Maître du Grand Orient de Belgique en 1884.

GOETHE,Johann, Wolfgang von (1749‑1832) Poète allemand qui institua l'école romantique. Il est la plus grande figure de la littérature allemande. Ses chefsd'oeuvre, Faust et Wilhem Meister, sont mondialement connus. Il fut également actif dans le monde politique et scientifique. Initié à la Loge Amalia, à Weimar (1780) et demeura toute sa vie un maçon actif.

KIPLING, Rudyard (1865‑1939) Connu comme le chantre de l'Empire britannique, il est aussi l'auteur de poèmes maçonniques célèbres: If... (Si...), The Mother Lodge (La Mère Loge), My freshly‑cut Ashlar (Ma pierre fraîchement taillée), et de contes initiatiques: Le Liure de la Jungle, Kim, L'homme qui voulait être roi, etc. Initié en 1887 à Hope and Esperance Lodge, Lahore, Inde.

LACLOS Choderfos de (1741‑1803) Militaire et écrivain, auteur des Liaisons dangereuses (1782). Initié à Toul, vers 1763, dans une loge militaire, L'Union, dont il devint Vénérable par la suite.

LESSING, Gotthold Éphraïm (1729‑1781) Initié à la Loge Zn den Drei Rosen, Hambourg, en 1771. Il ne fut pas an franc‑maçon très actif, mais pourtant son oeuvre est très empreinte de ce qu'on pourrait appeler l'idéologie maçonnique.

MAINE de BIRAN, Marie François Pierre Gauthier de B., dit Maine de B. (1766‑1824) Il a posé les principes d'une philosophie relativiste qui durera jusqu à nos jours. Membre (1813) de la Loge La Fidélité, à Bergerac.

MAISTRE,Joseph‑Marie, comte de (1753‑1821). Philosophe, écrivain, ambassadeur à St Pétersbourg. Membre de la Loge La Sincérité, Chambéry.

MARMONTEL, Jean‑François (1723‑1799) Auteur de Bélisaire, de Contes moraux et d'intéressants Mémoires, il fat un maître de la libre pensée et un champion de la tolérance. Il était membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

MARTI,José, Julian, (1853‑1895). Libérateur et écrivain cubain. Ses oeuvres et ses idées eurent un rôle fondamental dans la formation de la conscience hispano‑américaine et la libération de l'Amérique latine. L'anniversaire de sa naissance est, chaque année, très officiellement célébré par les maçons cubains.

MONTESQUIEU, Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de (1698‑1755) Le célèbre auteur des Lettres Persanes et de L'Esprit des Lois fut initié à la loge Horn Tavern de Westminster, Londres, en 1730.

POUCHKINE,Alerandre (1799‑1837) Poète russe, auteur de Eugène Onegin et Boris Godonou, devenus opéras et ballets. Initié en 1821 à la Loge Ovid, à Kischinev.

PRESTON, Williari (1742‑1718) Auteur maçonnique anglais. Son livre, Illustration of Masonry (1772), fut l'ouvrage maçonnique le plus populaire en Angleterre pendant 75 ans. Il fut Vénérable de la prestigie_ase Loge Antiquity N° 2, Londres, et exerça une influence considérable à la fois sur le rituel maçonnique e sur la philosophie.

PROUDHON,Pierre Joseph (1809‑1865) Philosophe, théoricien du socialisme. Il appartint à la Loge de Besançon Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié.

PYAT, Félix (1810‑1889) Écrivain, journaliste et homme politique. Membre de la Loge La Clémente Amitié, à Paris.

RAMSAY, André Michel, chevalier de (1686‑1743) Écrivain, précepteur du prince de Turenne et du fils de Jacques III. Son Discours fit de lui une des colonnes de la Franc‑Maçonnerie, tendant à relier celle‑ci aux premiers ordres chevaleresques et aux croisades.

SALTEN, Felix (Felix Saltzmann) (1869‑1945) Écrivain austro‑hongrois, auteur d'histoires pour enfants. La plus célèbre est celle de Bambi, dont Walt Disney fit un dessin animé. Membre de la loge Zur Wahreit, Vienne, Autriche.

SCOTT, Sir Walter (177‑1832) Poète et romancier écossais, dont le roman historique le plus connu est Ivanhoe. Il reçut les trois premiers degrés le même jour à Saint David's Lodge, Edimbourg, le 2 mars 1801.

SHERIDAN, Richard Brinsley (175‑1816) Dramaturge irlandais, membre du Parlement, correspondant de la Loge Antiquity N°2, de Londres.

SWIFT, Jonathan (1667‑1745) Poète et satiriste irlandais dont l'oeuvre la plus célèbre est sans conteste Les Voyages de Gulliuer. Il est dit appartenir à la loge qui se réunissait à la taverne "The Goat‑at‑the‑Foot‑of‑the‑Haymarket", de Londres.

TWAIN, Samuel L. Clemens, dit M.T. (1835‑1910) Le célèbre humoriste américain fut initié en 1861 à la Loge Polar Star, Saint Louis, Missouri.

VOLTAIRE, François Marie Arouet dit. (1694‑1778) Initié le 7 avril 1778, soit un peu moins de deux mois avant sa mort. On a dit, parce qu'il avait été dispensé d'une grande partie des épreuves, qu'il avait été initié avant cette date, mais il n'en existe aucune preuve.

WILDE, Oscar O'Flahertie Wills (1854‑1900) Dramaturge anglo‑irlandais, auteur de Un mari sérieux et de 11 est important d'être constant. Initié à Apollo Lodge, Oxford, en 1875.

14. ÉDUCATION

COMBES, Émile,Justin Louis (1835‑1921) Ancien séminariste, Docteur ès lettres. Fit voter la loi du 7 juillet 1904 interdisant l'enseignement à toutes les congrégations. Initié en 1869 à la Loge Les Amis Réunis, Barbezieux.

DECROLY, Ovide (1871‑1932) Médecin et psychologue belge aux méthodes d'éducation originales, fondées sur le "centre d'intérêt". Initié en 1902 à la Loge "Les Amis Philanthropes" à Bruxelles. Appartint également au Droit Humain.

FERRER GUARDIA, Francisco (1859‑1909) Pédagogue libertaire qui fonda en 1901 la Eseula Moderna (l'École moderne) de Barcelone. Initié en 1884 à la Loge Veridad, de Barcelone, affilié à la Loge Les Vrais Experts, Grand Orient, Paris, en 1890.

FERRY, Jules François Camille (1832‑1893) Son nom est attaché aux grandes lois de la Ille république qui organisèrent l'enseignement laïque, gratuit et obligatoire. Initié en 1875 à la loge La Clémente Amitié, puis affilié à la Loge Alsace‑Lorraine, Paris.

FONTANES, Louis Jean Pierre, marquis de (1757‑1821) Écrivain et journaliste, membre de l'Institut puis de l'Académie française, professeur à l'École Centrale, Grand Maître de l'Université. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs, Paris.

FOURCROY, Antoine François comte de (1755‑1809) Chimiste, naturaliste, médecin, fut directeur de l'Instruction publique il participa à l'organisation de l'enseignement public. Membre de la Loge Les Neuf Soeurs, Paris.

LAKANAL, Joseph (1762‑1845) Il fit adopter par la Convention les décrets établissant les trois degré<; d'instruction et la loi sur l'enseignement (1794). Il contribua à l'organisation des écoles centrales et normales et de l'École des Langues orientales vivantes. On ignore la date de son initiation, mais sous l'Empire il étai, membre des Loges Le Point Parfait et La Triple Harmonie,à Paris.

PERRONET, Jean Adolphe (1708‑1794) Créateur et directeur de l'École des Ponts et Chaussées. I1 appartint à la Loge Uranie. Paris (1787‑1789).

PESTALOZZI, Jean Henry (1746‑1827) Aurait appartenu à la Loge suisse Alpina. Sans référence.

CARNOT, Lazare (1801‑1888) Ministre de l'Instruction Publique en 1848, il s'efforça de développer l'enseignement primaire. Initié en 1840 dans la Loge Les Amis Incorruptibles.

MACÉ, Jean (1815‑1894) Écrivain et journaliste, fondateur de la Ligue de l'Enseignement. Membre de la Loge La Parfaite Harmonie à Mulhouse, et de la Loge Alsace‑Lorraine à Paris.

ZAY, Jean (1904‑1944) Ministre de l'Éducation Nationale du Front Populaire, avec des projets de réforme qui seront repris quelque vingt années plus tard. Initié en 1926 à la Loge Étienne Dolet, Orléans. Assassiné par la Milice.

15. EXPLORATEURS, ADMINISTRATEURS

AUSTIN, Stephen (1793‑1836) Pionnier américain, "le père du Texas". A partir de 1822, il fut le chef des premiers colons américains au Texas. La cité de Houston porte son nom. Initié à Louisiana Lodge No 109, à Sainte Genevieve, Missouri.

BANKS, Sir Joseph (1743‑1820) Botaniste anglais, membre de la Royal Society de 1778 à sa mort. Il fit le tour du monde avec le capitaine Cook, à bord de l'Endeavour, de 1768 à 1771. Avec les collections botaniques rapportées, il fonda Kew Gardens, jardin botanique proche de Londres, célèbre dans le monde entier.

BRAZZA, Pierre Savorgnan de (1852‑1905) Explorateur de l'Afrique équatoriale. Généreux et humain, sans jamais employer la force, il organisa la colonie du Congo français. Initié en 1888 à la Loge Alsace‑Lorraine, Paris.

BRUCE, James (17130‑1794) Explorateur écossais qui découvrit le Nil bleu en Abyssinie. Membre de la Loge Cannogate Kilwinning, Edimbourg.

BYRD, Richard E. (1888‑1957) Amiral américain, pionnier de l'aviation et explorateur polaire. Premier homme à survoler le Pôle Nord en 1926. De 1928 à 1956 il organisa cinq expéditions au Pôle Sud. Sur chaque pôle, il lança un drapeau maçonnique. Initié à De‑Federal Lodge à Washington D.C. En 1935, il fonda la First Aritartic Lodge, G.L. de Nouvelle‑Zélande.

CLEAVELAND, Moses (1754‑1806) Homme de loi, soldat de l'indépendance et pionnier. II explora les territoires du Nord‑Ouest devenus l'Ohio et fonda la ville de Cleaveland en 1796. Initié en 1779 dans une loge militaire (American Union).

HEDGES, Cornelius (1831‑1907) Il fut à l'origine (le la fondation du parc national de Yellowstone. II fut initié à Independence Lodge, Independence, Iowa.

DRAKE,Edwin L. (1819‑1880) Pionnier américain du pétrole: il fut le premier à extraire le pétrole par forage pour la plus vieille compagnie pétrolière du monde (Pennsylvania Rock Oil). II fut membre de Oil Creek Lodge, Titusville, Pennsylviana.

ROTHSCHILD, Nai han Meyer (1777‑1836) Financier anglo‑allemand. Il établit à Londres la plus importante succursale de la banque de commerce fondée par son père. Son frère James, également franc‑maçon, fonda la succursale de Paris. Nathan Meyer fut initié, en 1802, à la Loge Emulation N°21, Londres.

16. FEMMES

BARTON, Clara (1821‑1912) Elle fonda en 18 77 le Comité National Américain qui devint en 1881 h. Croix Rouge Américaine. Elle fut initiée à l'Eastern Star à son propre domicile par Rob Morris, fondateur de l'ordre. Affiliée en 1906 au Chapitre Clara Barton, Oxford, Massachusetts.

BÉQUET DEVIENNE, Marie (1854‑1913) Initiée à 39 ans, une des pionnières du Droit Humain. Généreuse, active, intelligente, pendant 40 ans elle créa des oeuvres sociales, les anima et les soutint; elle fut une grande dame de l'aide sociale. Au 9 bis rue Jean-Baptiste Dumas, à Paris 17e, elle fonda un Centre maternel et Foyer de l'enfance.

BESANT, Annie (1847‑1933) Féministe anglaise qui prit part à la lutte ouvrière avant de devenir membre de la Société Théosophique. A partir de 1893 elle vécut surtout en Inde où elle découvrit Krishnamurti et prépara activement le pays à l'indépendance.

BONAPARTE, Joséphine, née Tascher de la Pagerie (1763-1814) Epouse de Beauharnais en première noce puis de Napoléon‑Bonaparte. Elle appartenait à une Loge d'Adoption.

BONNEVIAL, Marie (1841‑1918) Une des premières institutrices de l'enseignement public, limogée pour avoir aidé les victimes de la Commune. Active ensuite dans l'enseignement professionnel des jeunes filles et le syndicalisme, ainsi qu'à la Ligue de l'Enseignement. Initiée en 1893 au Droit Humain.

CLARK‑BOITEUX, Edith (1906‑1937) Aviatrice et surtout parachutiste qui effectua des essais pour l'armée de l'air. Elle se tua au cours d'un saut expérimental. Initiée en 1926 à la Loge Général Peigné (Loge d'Adoption de la Grande Loge de France), dont elle devint ensuite Vénérable Maîtresse.

COWAN, Edith (1866‑1932) Première femme élue au Parlement australien, deuxième de l'Empire britannique. En 1915, membre de la Commission de la justice pour les enfants. O.B.E. (Officer of the British Empire). Un billet de banque australien porte son effigie. Initiée à la Fédération Australienne du Droit Humain en 1916.

DERAISMES, Maria (1828‑1894) Conférencière et journaliste. Première femme initiée en franc‑maçonnerie, à la Loge Les Libres Penseurs (Grande Loge Symbolique) en 1882. Avec le Dr Georges Martin, elle fonde la première Loge de ce qui deviendra l'obédience mixte Le Droit Humain, mais elle mourra avant la fondation de celui‑ci.

EBOUÉ‑FONTAINE, Ginette (1923‑1992) Fille de Félix Eboué qui rallia le Congo à la France Libre. En 1942, elle s'évada de France et entra dans la Résistance à Brazzaville. Fonctionnaire international de l'UNESCO, responsable du programme d'aide aux mouvements de Libération nationale et de lutte contre l'apartheid en Arique du Sud. Initiée en 1968 à la Loge le Libre Examen, Grande Loge Féminine de France.

LAMBALLE, Marie‑Thérèse Louise, princesse de (1750‑1792) Fondatrice de la Loge d'Adoption Saint‑Jean de la Candeur. En 1780 elle devint la Grande Maîtresse des Loges Écossaises Féminines Régulières de France (Rite Écossais Philosophique).

MICHEL, Louise (1830‑1905) Institutrice, prit part à la Commune, fut déportée en Nouvelle‑Calédonie. Revenue en france, condamnée à six ans de réclusicn comme anarchiste. Initiée en 1904 à la La Philosophie Sociale, de la Grande Loge Symbolique Ecossaise.

MONNESTIERMarianne (née en 1908) Journaliste de radio et de presse, fondatrice d'un journal féminin. En tant que femme de lettres, elle a écrit, entre autres, Les Sociétés Secrètes féminines. Elle fut initiée en 1957 à la Loge La Nouvelle Jérusalem, à Paris. (Grande Loge Féminine de France)

RASPAIL, Simone I 1908‑1991) Première femme reçue interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine, elle fut ensuite pharmacien chef des hôpitaux de la région parisienne, fondatrice‑directrice du Laboratoire Enfance et Famille, dans le 19e arrondissement. Initiée en 1976 à la Loge Hélios, Versailles (Grande Loge Féminine)

ROYER, Clémence (1830‑1902) Elle appartint au groupe des femmes d'élite qui aidèrent Maria Deraismes à fonder la Loge‑Mère du droit Humain. Authentique savant, traductrice de l'Origine des Espèces de Darwin.

17. GRANDS COMMANDEURS, GRANDS MAITRES

ANTIN,Louis de Pardaillan duc de Gondrin, (1707‑1743) Initié par le duc de Richmond en son château d'Aubigny, il fut proclamé le 24 juin 1738 Grand Maître général et perpétuel des maçons dans le royaume de France.

BOURBON‑CONDÉ, Louis de, comte de Clermont (17091771) Commandant en chef pendant la campagne d'Allemagne. Membre de l'Académie française. Grand Maître de la Grande Loge de France de 1737 à sa mort.

HALL, Prince (1748‑1807) Premier franc‑maçon américain de couleur. Pasteur de l'église Méthodiste, initié en 1775 dans une loge militaire irlandaise. En 1784, une charte pour African Lodge est émise par la Grande Loge d'Angleterre... et parvient en 1787. En 1791 est fondée Africain Grand Lodge avec Prince Hall comme Grand Maître. La Franc‑Maçonnerie Prince Hall est solidement établie aux États‑Unis et dans d'autres parties du monde.

MARTIN, Georges (1844‑1916) Docteur en médecine, ardent féministe au sein de la Franc‑Maçonnerie. On lui doit d'abord l'initiation de Maria Deraismes dans une Loge masculine, puis la fondation de l'Ordre Mixte International Le droit Humain auquel, avec son épouse, il consacra le reste de sa vie ainsi que leur fortune personnelle.

PIKE,Albert (1809‑1891) Juriste, auteur et militaire américain. Il vécut un temps parmi les Peaux‑rouges, dont il parlait la langue. Il s'installa au temple de Washington et consacra sa vie au Rite Écossais. II récrivit les rituels des 33 grades (Rite de Pike, version américaine du Rite Écossais) et fut Souverain Grand Commandeur du Rite Écossais, Juridiction Sud, de 1859 à sa mort. Il avait été initié à la Loge Western Star, Little Rock, Arkansas. Son ouvrage, Morals and Dogmas, est demeuré inachevé.

VIENNET, Jean Pons Guillaume (1777‑1868) Homme politique et écrivain. En 1860 il est Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, et en 1862 il tient tête au général Magnan‑un profane promu Gr.~pd Maître du Grand Orient par Napoléon III qui veut faire absorber le Suprême Conseil par le Grand Orient. L'opiniâtreté de Viennet fait renoncer au projet.

18. INVENTEURS ET INDUSTRIELS

CITROËN, André (1878‑1935) Ingénieur et constructeur automobile. Producteur de la célèbre 2 CV. Initié en 1904 à la Loge La Philosophie Positive, Paris.

COLT, Samuel (1814‑1862) Il fit breveter son revolver en 1835 : il avait 21 ans. Ses armes furent utilisées pour la conquête de l'Ouest et font partie du folklore de cette période. Membre de la Loge Pythagoras à Harfort, Connecticut et St John's au Cap.

FABER, Eberhard (1859‑1946) Industriel américain qui succéda à son père à la tête de la fabrique de crayons de Brooklyn. I1 appertain à Chancellor Walworth lodge, New York City.

FORD, Henry (1863‑1947) Industriel et philanthrope. Son organisation du travail à la chaîne mit ses propres voitures à la portée des ouvriers. A partir de 1914, il établit un système d'intéressement aux bénéfices pour ses ouvriers. Membre de Palestine lodge de Detroit, Michigan.

GILLETTE, King C. (1855‑1932) Il inventa le rasoir de sûreté qui est devenu son nom et améliora la finesse des lames. Demeura à la tête de son industrie pendant près de trente ans.

HILTON,Charles C. (1843‑1905) Après avoir dirigé des hôtels à Chicago, il fonda l'Hôtel Hilton puis la chaîne d'hôtels bien connue. Initié à William Warren Lodge de Chicago en 1866.

JONES, Melvin (né en1880) Homme d'affaires américain. Fondateur du Lions Club International en 1917. Membre de Garden City lodge, Chicago, illinois.

LEVER, William Hesketh, Ifs vicomte LEVERHULME (1851-1925) Son nom est assccié aux produits Lever (savonnerie). II créa Port Sunlight (du même nom que le savon), près de Liverpool et y fonda un musée qu'il légua ensuite à la ville. Il fut initié le 8 juillet 1902 à William Hesketh Lever Lodge, à Port Sur light, fondée en son honneur et consacrée le 4juin1902.

MACADAM, John Loudon (1756‑1836) Ingénieur écossais qui expérimenta son revêtement de surface à Ayr, Écosse, puis à Falmouth, Cornouailles. Son procédé pour rendre les routes imperméables a été adopté dans le monde entier. Il fut probablement initié en Amérique et fut un maçon actif en Écosse.

MASSIQUOT, Guillaume (1840‑1870) Inventeur de la machine à couper le papier, le massicot (en anglais: "guillotine"). Membre du Chapitre d'Arras, à Paris.

MONTGOLFIER, Jacques Étienne (1745‑1799) Avec son frère, Joseph Michel, il développa le premier ballon gonflé à l'air chaud. Le premier envol eut lieu en 1783, suivi par un autre à Paris devant une assistance de 300000 personnes, parmi lesquelles se trouvait Benjamin Franklin. Montgolfier fut initié à la Loge Les neuf Sueurs, Paris, en 1784.

PILATRE DE ROZIER, Jean‑François (1756‑1785) Aéronaute. Membre de la loge Saint‑François du Parfait Consentement (Grande Loge de Clermont).

PULLMAN, George M. (1831‑1897) Ingénieur américain. En 1858, il convertit deux wagons de chemin de fer en wagons‑couchettes, et en 1863 construisit le prototype "The Pioneer", du "Pullman car" actuel. Membre de Renovation Lodge, Albion, New York.

SAX, Antoine Joseph (Adolph) (1814‑1894) Facteur d'instruments de musique belge. I1 inventa le saxhorn (1845) et le saxophone (1846). initié à la Loge Les Vrais Amis de l'Union en 1842.

SUCHARD, Philippe (1797‑1884) Industriel et philanthrope à Neufchâtel. II a créé la marque de chocolat qui porte son nom. Membre de la Loge La Bonne Harmonie, Neufchâtel.

Lire la suite

Célébrités FM (1)

6 Janvier 2013 , Rédigé par x Publié dans #histoire de la FM

1. ARTISTES PEINTRES, GRAVEURS, SCULPTEURS

BARTHOLDI, Frédéric Auguste (1834‑1904) Sculpteur, auteur du Lion de Belfort et de La Liberté éclairant le monde érigée dans le` port de New York. Il fut membre de la loge parisienne Alsace‑Lorraine.

BORGLUM, Gutzon (John Gutzon de la Mothe Burglum) (1871‑1941) Sculpteur et artiste peintre, célèbre pour la sculpture des têtes colossales du Mont Rushmore et d'une tête colossale de Lincoln. Maçon actif depuis 1904 à Howard Lodge No 35, New York City.

CAGLIOSTRO, Giuseppe Balsamo, comte (1743‑1795) Il parcourut l'Europe et fut connu à Paris pour ses talents de guérisseur et sa pratique des sciences occultes. Il fut initié à Londres parla Loge l'Espérance, en 1776. Peu après, il installa son Rite Égyptien qui avait aussi des loges d'Adoption, présidées par son épouse, Serafina.

CHAGALL, Marc (1887‑1985) Artiste russe qui passa la partie la plus productive de sa vie à Paris. Il exerça son art dans la peinture, la gouache, la gravure, la céramique et le vitrail. Initié en 1912, probablement à la Loge de Vitebsk, Biélorussie.

CHALGRIN, Jean‑François (1739‑1811) Constructeur de 'église St‑Philippe du Roule, du Collège de France et de l'Arc de triomphe. Loge Les Coeurs Simples de l'Etoile Polaire, Paris.

CORBETT, Harvey W. (1874‑1954) Architecte. Concepteur du Rockefeller Centre à New York, d'inspiration maçonnique certaine, et du mémorial de George Washington. Membre de la loge Sangamore de New York.

CORTOT, Jean‑Pierre (1787‑1843) Statuaire, auteur du fronton de l'Assemblée Nationale. Il appartint à la Loge Ix Grand Sphinx, Paris.

GRIS, Juan (Jose Gonzales) (1887‑1927) Peintre espagnol, venu à Paris en 1906, où il travailla d'abord avec Picasso. En 1922, il créa des décors pour les ballets Diaghilev. Initié à la Loge Voltaire, Paris, en 1923.

HOUDON, Jean Antoine (1741‑1828) Sculpteur, élève de Pigalle. Sa statue la plus célèbre est le Voltaire du Théâtre‑Français. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

LOUTHERBOURG, Philip James (1740‑1812). Peintre allemand qui vécut la plupart du temps en Angleterre. Il fut célèbre pour ses paysages et produisit également une série d'aquarelles pour le Rite Égyptien de Cagliostro.

MUCHA, Alphonse Marie (1860‑1939) Peintre et dessinateur tchèque, chef de file de l'Art Nouveau que ses affiches et décors contribuèrent à l'aire connaître. Il fut un maçon enthousiaste, et en 1923, il fut élu Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de Tchécoslovaquie.

POYET, Bernard (1742‑1824) Architecte du duc d'Orléans, puis de la Ville de Paris et du Ministère de l'Intérieur. Il appartint, en 1783, à la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

VERNET, Antoine Charles Horace, dit Carle (1758‑1835) Peintre de batailles, Grand Prix de Rome, membre de l'Académie royale de peinture et sculpture. Membre de la Loge Les Neuf Sueurs, à Paris.

2. ARTISTES ET PRODUCTEURS DE SPECTACLE

DAC, Pierre (1895‑1975) Humoriste. Membre de la Grande Loge.

GROCK (Kart Adrian Wettach (1880‑1959) Artiste de cirque suisse aux nombreux talents. Membre de la Loge Alpina.

GÉMIER, Firmin Tonnerre, dit G. (1869‑1933) Directeur du Théâtre Antoine puis de l'Odéon. Créateur du Théâtre National Populaire (TNP). Il appartint aux Loges La Clémente Amitié et Ernest Renan, à Paris.

HOUDINI, Harry (Erich Weiss) (1874‑1926) Illusionniste et contorsionniste. Auteur de nombreux ouvrages de magie. Initié en 1923 à St. Cecil Lodge, New York City.

KEAN, Edmund (1787‑1833) Acteur anglais, le plus grand tragédien de son temps, spécialiste du théâtre de Shakespeare. Membre de St. Mark Lodge, Glasgow, Écosse.

ZIEGFELD, Florenz 1869‑1932) Producteur de théâtre et music‑hall. Les Ziegfeld's Follies ont été montées à New York en 1907. On les a revues récemment ei~ film. Initié à Accordia Lodge, Chicago, Illinois, en 1866.

3. AVIATEURS, ASTRONAUTES

ALDRIN, colonel Fdvin "Buzz" (né en 1930) Astronaute américain. En 1969, il fut le co-pilote lors de l'alunissage d'Apollo 11. La photo d'Aldrin sur la lune est devenue une image classique de la conquête de l'espace. Initié à Montclair Lodge No 144, New Jersey.

BOSSOUTROT, Lucien (1890‑1958) Réalisateur du premier vol commercial Paris‑Londres (1919). Initié en 1928 à la Loge Les Inséparables du Progrès, un des fondateurs de la Loge Eole (GODF).

COOPER, Leroy Gordon (né en 1927) Effectua les vols records de Mercury 7, 1963 et Gemini 5, 1965. Membre de Carbondale Lodge, Colorado.

GLENN, John (né en 1921) Le premier Américain à voler en orbite autour de la terre. Elu sénateur de l'Ohio en 1974, deux fois réélu. Membre de Concord Lodge, Concord, Ohio.

GRISSOM, Virgil "GLis" (1926‑1967) En 1965, en tant que pilote de Gemini 3, il effectua les premières manoeuvres humaines dans l'espace. Périt dans l'incendie d'Apollo 1 en 1967. Membre de Mitchell Lodge, Indiana.

IRWIN, James Benscn (né en 1930) Astronaute américain qui pilota le module lunaire Falcon de la mission Apollo 15 (4e alunissage où Irwin et David Scott y passèren E 67 heures). Membre de la Loge Tejon, Colorado Spring, Colorado.

LINDBERGH, Charles (1902‑1974) Réalisa en solitaire la première traversée de l'Atlantique. Membre de la Loge Leystone, Saint‑Louis, Missouri, dont le fanion l'accompagnait lors de la traversée

4. CHEFS D'ÉTAT ETRANGERS

ALLENDE, Salvador (1908‑1973) Docteur en médecine, élu Président du Chili en 1970, assassiné trois ans plus tard lors du coup d'état qui renversa le gouvernement élu démocratiquement. Franc-Maçon depuis 1935, initié à la Loge Progresso N°4 de Valparaiso.

ATATURK, Mustapha Kemal (1881‑1938) Chef des "Jeunes Turcs" et père de la Turquie moderne dont il fut le Président de 1923 jusqu'à sa mort. Il était membre d'une loge italienne, Macedonia Resortae Veritas.

BENES, Edouard (1884‑1946) Président de la Tchécoslovaquie élu en 1935, il démissionna en 1938 lors de l'invasion des Sudètes. Président du gouvernement Tchécoslovaquie en exil dont le siège était à londres, réélu Président en 1946. Initié à la Loge Ian Alos Komensky N° 1 à Prague vers 1924.

BERNADOTTE, Jean Baptiste (1763‑1844) Maréchal de France, prince de Pontecorvo, puis roi de Suède sous le nom de Charles XIV, ancêtre de l'actuelle famille régnante. Il avait été initié en France par une loge militaire.

BOLIVAR, Simon (1783‑1830) Le libérateur de l'Amérique du Sud, né à Caracas, fut initié par Miranda à La Grande Réunion Américaine. Fondateur de la Colombie et de la Bolivie. Il créa des Loges en Amérique du Sud, mais à la fin de sa vie, devant les manoeuvres de ses compatriotes, il suspendit l'activité des loges.

BONGO, Omar (Albert, Bernard) (né en 1936) Président de la République du Gabon. Grand Maître de la Grande Loge du Gabon en 1983

ISMAILPacha (1830‑1895) Khédive (Vice‑roi) d'Égypte 1863‑1879. Il encouragea la construction du canal de Suez. En 1879 il fit présent aux États‑Unis de l'obélisque érigé à New York. Il fut Grand Mail re de la Grande Loge d'Égypte.

M'BA, Léon (1902‑1968) Président de la République du Gabon. Initié à la Loge Akademos, Paris, G.O.D.F.

YRIGOYEN, Ippolyto (1852‑1933) Deux fois Président de la République argentine (19161922 et 1928‑1930), sa seconde présidence ayant été interrompue par un coup d'état militaire. Initié en 1882 à la Loge Docente à Buenos Aires.

5. PRÉSIDENTS DES ETATS-UNIS

WASHINGTON, George (1732‑1799) Premier Président, 1789‑1796. Le héros de l'indépendance américaine fut initié le 4 novembre 1752 à la Loge de Fredericksburgh, Virginia.

MONROE, James (1757‑1831) Cinquième Président, 1817‑1725. Il fut initié à la Loge Williamsburg, Virginia.

JACKSON, Andrcw (1767‑1845) Septième Président, 1829‑1837. Il reçut les trois degrés à Harmony Lodge N° 1 Nashville, Tennessee.

POLK, James Knox (1795‑1849) Onzième Président, 1845‑1849. Il reçut les trois degrés en 1820, à la Columbia Lodge N° 21, Columbia.

BUCHANAN, James (1791‑1868) Quinzième Président, 1857‑1861. Initié à Lancaster Lodge N° 43 Lancaster, Pennsylvania.

JOHNSON, Andrew (1767‑1845) Dix-septième Président, 1865‑1869, successeur de Lincoln. Il reçut les trois degrés à Greenville Lodge N° 19, Greenville, Tennessee, en 1851. Il fut le premier Président à appartenir au Rite Écossais Ancien et Accepté, où il devint 32°. Également Chevalier Templier.

GARFIELD, James Abram (1831‑1881) Vingtième Président, en 1881. Initié en 1864 à la Columbus Lodge N° 246 Garrettsville, Ohio. Chevalier Templier et membre du REAA.

MC KINLEY, William (1843‑1901) Vingt-cinquième Président, 1897‑1901. Initié à Hiram Lodge N° 21 Winchester, Virginia en 1865. Chevalier Templier.

ROOSEVELT, Théodore (1858‑1919) Vingt-sixième Président, 1901‑1909. Initié en 1901 à Mattinecock Lodge N° 806 Oyster Bay, New York. Il fut toujours un maçon actif.

TAFT, William H. (1857‑1930) Vingt-septième Président, 1909‑1913. Devenu Maçon e 1909. Fut surtout "honoraire".

HARDING, Warren G. (1865‑1923) Vingt‑neuvième Président, 1921‑1923. Initié en 1920. Chevalier Templier, 331 du REAA. Premier Président devenu Shriner.

ROOSEVELT, Franklin Delano (1882‑1945) Trente-deuxième Président, 1933‑1945. Initié en 1911 Holland Lodge N° 8, New York City. Membre du REAA. I assista à l'initiation de ses trois fils.

TRUMAN, Harry S. (1884‑1972) Trente-troisième Président, 1945‑1953. Initié en 1909 à Belton Lodge N° 450, Belton, Missouri. Grand Maître de la Grande Loge de cet État. Chevalier Templier, et 33e d Rite Écossais Ancien et Accepté.

JOHNSON, Lyndon B. (né en 1908) Trente-sixième Président, 1963‑1969. Initié en 1937 à Johnson City Lodge N° 561 Johnson City, Texas.

FORD, Gerald Rudolph (né en 1913) Trente-huitième Président, 1974‑1977. Initié en 1949 à Malta Lodge, Grand Rapid, Michigan.

CLINTON, Bill (né en 1948) Quarante-troisième Président, 1992.

6. PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

GRÉVY, François, Jules, Paul (1807‑1891) Le premier Président républicain de la République aurait appartenu à la Loge La Constante Amitié, Arras.

FAURE, Félix (1841‑1899) Il fut membre (le la Loge L'Aménité, Orient de Le Havre, (GODF).

MILLERAND, Alexandre (1859‑1943) Initié en 1883 à la Loge L'Amitié.

DOUMERGUE, Gaston (1863‑1937) Membre de la Loge L'Echo du Grand Orient, Nîmes.

DOUMER, Paul (1857‑1932) Initié en 1879 dans la Loge L'Union Fraternelle, membre d'un certain nombre de Loges, ainsi que du Conseil de l'Ordre (Secrétaire en 1892).

7. ROYAUME DE BELGIQUE

La famille de Saxe a toujours compté de nombreux francs‑maçons. Elle est la famille régnante de Belgique.

FRÉDÉRIC de Saxe-Cobourg-Gotha George, Chrétien, (1799‑1869). Il devint roi des belges sous le nom de Léopold 1er , passe pour avoir été initié à la Loge bernoise Zur Hoffnung (1813). Devenu roi, il protégea la Franc-Maçonnerie. Son neveu, Ernest, Auguste, Charles (1818‑1893), devenu duc régnant en 1831 sous le nom de Ernest 11, fut membre de la Loge Ernst Zum Kompass à l'Orient de Sage et de La Sincère Amitié à l'Orient de Paris.

8. ROYAUME‑UNI DE GRANDE‑BRETAGNE

Contrairement à une idée reçue, la Franc‑Maçonnerie britannique n'a jamais pour Grand Maître le souverain régnant (à plus forte raison si c'est une femme!). Le Grand Maître actuel est le duc de Kent. Il est de coutume de nommer "Past Master"un membre de la famille royale. Il est alors "doublé" par un Acting Grand Master ou Pro Grand Master. Le duc d'York (futur George VI) et ses deux frères (dont le futur Edouard VIII) étaient francs‑maçons. Le duc d'Edimbourg appartient à Royal Navy Lodge. Le prince Charles et ses frères ne sont pas membres de la Franc‑Maçonnerie.

9. ROIS DE FRANCE

ORLÉANSLouis Philippe Joseph, duc de Chartres puis duc d'Orléans (1747‑1793) Connu sous le nom de "Philippe‑Égalité. Il fut Grand Maître du Grand Orient de France.

LOUIS XVIII(1755‑1824) Roi de France de 1814 à 1824. Il aurait été initié en 1784, alors qu'il n'était encore que le comte de Provence, en même temps que son frère le comte d'Artois.

CHARLES X(1757‑1836) Roi de France de 1824 à 1830. Il aurait fréquenté les Loges maçonniques avant de monter sur le trône. Son second fils, Charles duc de BERRY (1778‑1820), assassiné à Paris par le fanatique Louvel, appartenait à la Loge La Trinité.

10. CHEFS RELIGIEUX

ABD EL‑KADER(1808‑1883) Émir arabe, adversaire acharné de la France lors de la conquête de l'Algérie. Il résida ensuite à Damas où, en 1860, il protégea contre les musulmans les milliers de chrétiens qui s’étaient réfugiés auprès de lui. Il reçut les trois grades de la Franc‑Maçonnerie le 18 juin 1864, dans la loge Les Pyramides, Alexandrie, au nom de la Loge parisienne Henri IV.

AGHA KHAN III (Muhammad Shah) (1877‑1957) Prince et chef religieux des ismaéliens nizarites dans l'Inde, l'Asie centrale, l'Iran, la Syrie et l'Asie orientale. Initié en 1899. Obsèques maçonniques.

FISHER, Geoffrey F. (1877‑1972) Pasteur de l'Église d'Angleterre en 1913, évêque de Chester en 1932, de Londres en 1939 puis archevêque de Canterbury en 1945, c'est‑à‑dire chef spirituel de l'Église, le roi ou la reine étant le chef temporel. Initié en 1916, Grand Chapelain de la Grande Loge Unie d'Angleterre (1937 et 1939), Grand Maître Provincial du Norfolk.

VIVEKANANDA, Swami Nerendramah Datta (1863‑1902) Homme politique indien, ensuite ascète. Il s'efforça de faire comprendre aux occidentaux le bouddhisme et le yoga. Initié en 1884 à la Loge Anchor and Hope, Calcutta.

11. ACTEURS DE CINÉMA

FAIRBANKS, Douglas Sr. (Douglas Ullman (1833‑1939) Acteur américain du cinéma muet, célèbre pour Les trois Mousquetaires, e t ses films de Zorro.. Membre de Beverly Hills Lodge, Californie.

GABLE, Clark (1907‑1960) Tête d'affiche du cinéma américain pendant trente ans. Reçut un Oscar en 1934. Son plus grand succès fut dans Autant en emporte le cent (1939). Beverly Hills Lodge, Californie.

HARDY, Oliver (1892‑1957) Le célèbre partenaire de Stan Laurel était membre de Salomon Lodge, Jacksonville, Floride.

LLOYD, Harold C. (1893‑1971) Il fut l'un des plus célèbres acteurs du cinéma muet. Initié à Alexander Hamilton Lodge, Hollywood, Californie, en 1925.

SELLERS, Peter (1925‑1980) Artiste de théâtre, de cinéma et de radio anglais. Son, film le plus connu est La panthère Rose. Il fut initié à Chelsea Lodge, Londres.

12. PRODUCTEURS DE CINEMA

DE MILLE, Cecil B. (1881‑1959) Pionnier d'Hollywood. Producteur de films à grand spectacle: Les Dix Commandements, Samson et DaLilah. Membre de la Loge Prince of Orange, New York City.

GRIFFITH, David W. (1880‑1948) Le "père du film d'art". Membre de St. Cecile Lodge, New York City.

MAYER, Louis B. (1885‑1957) Producteur de cinéma américain. En 1924, sa société rejoignit celle de Sam Goldwyn pour former la MetroGoldwyn‑Mayen une des plus solides sociétés de production hollywoodienne. Membre de St. Cecile Lodge, New York City.

WARNER, Jacques (1892‑1978) Producteur, le dernier des 4 frères qui fondèrent leur compagnie en 1923 et furent promoteurs des films parlants en 1927 avec The Jazz Singer dont la vedette était Al Jonson, franc‑maçon. Warner fui initié en 1938 à la Mount Olive Loge, Los Angeles, Californie.

ZANUCK, Darryl F. (:.902‑1979) Producteur américain, co‑fondateur de la 20th‑century Productions en 1933, qui devint la 20th‑Century‑Fox en 1935. Membre de la Mount Olive Lodge, Los Angeles.

Lire la suite

Retour en France du système écossais sous la forme du Rite Écossais Ancien et Accepté (1802-1821)

3 Janvier 2013 , Rédigé par SCPLF Publié dans #histoire de la FM

Auguste de Grasse-Tilly débarque à Bordeaux avec sa famille le 29 juin 1804. Ils rejoindront Paris dans les jours qui suivent et de Grasse-Tilly, dans l’attente de son affectation dans l’armée, va s’efforcer d’implanter les nouveaux degrés au sein des loges écossaises.

Le Suprême Conseil du 33ème degré en France est créé le 20 octobre 1804. Auguste de Grasse-Tilly en est le Souverain Grand Commandeur. Les loges écossaises parisiennes (La Parfaite Union, La Réunion des Etrangers, Les Elèves de Minerve, Le Cercle Oriental des Philadelphes, Saint Alexandre d’Écosse) qui sont en conflit sérieux avec le Grand Orient de France saisissent l’occasion pour réagir ; les vénérable et officiers de ces loges se réunissent le 22 octobre 1804 dans le local de la loge Saint-Alexandre d’Écosse et constituent une « Grande Loge Générale Écossaise du Rit ancien et accepté ». Le Prince Louis Bonaparte est investi de la dignité de Grand Maître et de Grasse devient son député. Le comité général qui est constitué considère « qu’il est important que le Rit écossais d’Heredom soit rigoureusement et scrupuleusement conservé dans tous les ateliers, les grades du Régime écossais étant les seuls connus dans les orients étrangers et ceux au moyen desquels les francs-maçons de tout l’univers peuvent correspondre et fraterniser, ceux du Rite moderne n’étant admis en aucun pays ».

Mais dans un souci d’apaisement, des tractations s’instaurent entre la Grande Loge Écossaise et le Grand Orient en vue de préparer un projet d’union.

Le 27 novembre, Joseph Bonaparte devient Grand Maître du Grand Orient de France, son frère cadet Louis Bonaparte est Grand-Maître adjoint et le 1er décembre,… Napoléon est sacré Napoléon 1er, empereur des Français par le Pape Pie VII.

Le 3 décembre, les commissaires du Grand Orient de France et de la Grande Loge Générale Écossaise, réunis chez le maréchal Kellermann, entérinent et signent un « Acte d’Union et Concordat » qui unit les deux obédiences, et définit un nouvel Ordre maçonnique destiné à administrer de manière cohérente les différents degrés, allant du 1er au 33e, des deux obédiences. Dans les jours qui suivent, la Grande Loge Générale Écossaise (regroupant une douzaine d’ateliers) sera amenée, naturellement, à proclamer la cessation de ses activités tandis que le Grand Orient de France tiendra son Assemblée générale en vue d’examiner et entériner le projet d’organisation commun du Grand Orient et des loges et chapitres du Rit ancien et accepté.
L’Acte d’union ou Concordat qui « réunit désormais dans un seul foyer toutes les lumières maçonniques et tous les rites » sera signé par les dignitaires des deux obédiences.

Dans les premiers mois de 1805, les relations se tendent entre Auguste de Grasse Tilly et Alexandre Louis de Roëttier de Montaleau, tous deux représentants du Grand Maître du Grand Orient de France. Le 21 juillet le Grand Orient de France informe ses loges de la création d’un Grand Directoire des Rites, entraînant une certaine émotion au sein du Suprême Conseil, car non prévu par le Concordat de 1804. Les maçons écossais, réagissent comme on pouvait s’y attendre et envisagent d’abord dans le cadre d’une réunion constituée en Grand Consistoire le 6 septembre, que face à ce qu’ils considèrent comme une rupture du Concordat il y a lieu de rétablir la Grande Loge Générale Écossaise. On se contentera en définitive, lors d’une réunion tenue le 19 septembre, placée sous la présidence du maréchal Kellermann, avec la participation de Grasse Tilly et de Roëttiers de Montaleau, de modifier le Concordat en reconnaissant que « l’établissement du Directoire est reconnu utile, sauf les modifications suivantes qui ont été arrêtées :
- le Grand Directoire Général du Rite est composé de représentants des rits au nombre de trois ou cinq pour chaque Rit,
- chaque Rite forme une section particulière,
- toutes les questions ou affaires dogmatiques soumises au Grand Orient seront renvoyées par lui à la section du Rit que l’affaire concerne, etc ».

Auguste de Grasse Tilly, en poste à Strasbourg depuis le 23 novembre 1804, mais en réalité toujours à Paris, est affecté en Italie qu’il rejoint en août 1806 et se démet de ses fonctions de Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du 33° degré en France. C’est le prince archichancelier de l’Empire Jean-Jacques Régis de Cambacérès, futur duc de Parme et pair de France qui le remplace. Dans cette période, l’action de de Grasse a permis l’installation à Milan, le 5 mars 1806, du Suprême Conseil du 33° degré dans le Royaume d’Italie, dont il est membre honoraire et dont le prince Eugène de Beauharnais, vice roi d’Italie en devient Grand Commandeur.
On fait état pour la première fois du Rite écossais ancien et accepté dans des textes de réorganisation interne du Suprême Conseil du 33° degré en France élaborés le 27 novembre 1806.
Jean-Jacques Régis de Cambacérès, est nommé Grand Maître du Rite Écossais philosophique (15) le 4 mars 1807.
En 1809, de Grasse contribue à la création à Naples d’un Suprême Conseil des Deux-Siciles. Le 4 juillet 1811, il participe à la création du Suprême Conseil des Espagnes dont il est membre honoraire. A la même époque, à Paris, 14 des 91 loges du Grand Orient sont de rite écossais.
Le 13 juin 1814, de Grasse Tilly rentre à Paris.
Le 26 août 1815, le Suprême Conseil du 33° degré pour la France annonce par circulaire « qu’il vient de consacrer définitivement l’indépendance du Rite Écossais ancien et accepté, par l’arrêté qu’il a pris dans sa séance du 18 de ce mois » précisant notamment qu’il n’y a pas lieu à la « centralisation des rites proposé par le Grand Orient de France ».
Le 1er avril 1817, de Grasse accorde des constitutions pour la création d’un Suprême Conseil du Royaume des Pays-Bas à Bruxelles, qui fusionnera le 6 décembre 1817 avec celui installé le 16 mars 1817 par le général Rouyer au nom du Suprême Conseil de France.

Le 3 septembre 1818, le Suprême Conseil adopte et promulgue les Statuts Généraux de la Maçonnerie du Rite Écossais ancien et accepté. Quelques jours plus tard, le 15 septembre, il nomme, sur proposition du comte de Grasse, le T.Ill.F. Comte Decazes, pair de France, ministre secrétaire d’État, T.P.S.Grand Commandeur pro-tempore.

Le 1er janvier 1821, après deux années de sommeil, sinon de l’Écossisme, au moins du Suprême Conseil, ce dernier adresse à ses ateliers une circulaire débutant ainsi (16) : « Les travaux du Suprême Conseil, longtemps suspendus par l’effet de circonstances impérieuses, vont enfin reprendre force et vigueur ». En cette année 1821, s’opère une véritable réorganisation du Rite, aux plans organisationnel (le Comte de Valence est nommé Grand Commandeur et le Comte de Ségur Lieutenant Grand Commandeur), administratif et financier. Le 24 juin sont organisées d’imposantes cérémonies : inauguration du Suprême Conseil complété à 21 membres, intronisation du nouveau Grand Commandeur, installation des nouveaux officiers du Suprême Conseil, installation de la Loge de la Grande Commanderie, célébration de la Fête de l’Ordre de la Saint Jean d’été.

Source : http://www.scplf-reaa.org/Historique/18021821RetourenFranceduREAA.aspx

Lire la suite

La Franc-Maçonnerie Ecossaise de l'année terrible à la grande guerre

2 Janvier 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #histoire de la FM

L'insurrection de Paris avait conduit les Francs-Maçons, pour la première fois dans l'histoire, à intervenir dans le cours des événements, au nom de l'idéal humanitaire et pacifique de l'Ordre, en s'interposant entre le Gouvernement et la Commune pour tenter d'arrêter l'effusion du sang.

L'Année terrible ne devait cependant ni interrompre, ni préci­piter l'évolution interne que connaissait, depuis un demi-siècle, la Maçonnerie en France. Si attachée que celle-ci demeurât à ses traditions, le progrès dans son sein des idées libérales, puis des conceptions positivistes qui se répandaient dans la société fran­çaise avait été grandement favorisé par les condamnations pontifi­cales répétées qui avaient peu à peu dissuadé les catholiques conservateurs de demander à entrer dans les Loges. Le point de non-retour avait été atteint en 1865, quand Pie IX, sur de faux rapports de sa nonciature à Paris, avait violemment reproché à l'archevêque Mgr Darboy d'avoir présidé aux obsèques du Maré­chal Magnan, Grand Maître du Grand Orient, et avait dénoncé la Maçonnerie comme une secte diabolique d'impiété, de vice et de subversion.

Or le règne de ce Pontife, le plus long de l'histoire ne devait prendre fin qu'en 1878. Lorsqu'il s'acheva, l'Eglise catholique avait pris en France, pour un demi-siècle, figure d'inspiratrice d'un » ordre moral » réactionnaire, clérical et étouffant. La Franc- Maçonnerie était devenue, par contre-coup, le parti de la Répu­blique et le champion de la laïcité. Elle allait le demeurer pendant toute la durée de la Ille République. Mais l'obédience écossaise n'en devait pas moins connaître une évolution différente de celle du Grand Orient de France.

LE CONVENT DES SUPREMES CONSEILS A LAUSANNE (1875)

On se rappelle que dès 1802, sitôt organisé en une hiérar­chie de 33 degrés par le Suprême Conseil des Etats-Unis séant à Charleston, le Rite Ecossais Ancien et Accepté avait affirmé sa vocation universelle dans une Circulaire aux Maçons des deux hémisphères. Ses grandes Constitutions donnaient pouvoir à tout Inspecteur Général du 33e degré d'établir un Suprême Conseil en tout pays où il n'y en avait pas encore un, accordant par avance à ce Collège indépendance et souveraineté sur les Hauts grades dans toute l'étendue de sa juridiction. C'est en application de ces principes que l'infatigable Comte de Grasse-Lilly, membre dès 1802 du Suprême Conseil des Etats-Unis, avait successive­ment établi ceux des Iles françaises d'Amérique au Cap Français (1802), des Indes Occidentales anglaises à Kingston (Jamaïque) en 1803, de France (1804), d'Italie (1805), d'Espagne (1811) et des Pays-Bas (1817).

Doyen des Suprêmes Conseils de l'Ancien Monde, celui de France avait saisi toute occasion d'établir des relations fraternelles avec ses homologues des autres pays. Dès le 23 février 1834 il avait conclu, à Paris, un traité d'alliance avec le Suprême Conseil de Belgique et des Pays-Bas, celui du Brésil, et le Suprême Conseil Uni de l'Hémisphère Occidental (dont l'irrégularité avait dû lui échapper). Par la suite, au fil des années, il avait noué ou renoué avec le Suprême Conseil d'Ecosse (1846), le Directoire Suprême helvétique romand (1848), les Suprêmes Conseils de Charleston et du Mexique (1861), de Lima (1863), de Smyrne (1865), d'Angleterre, d'Irlande, des Antilles espagnoles, de Palerme (1868) ; cependant que les deux Suprêmes Conseils réguliers des Etats-Unis, juridiction Sud à Charleston, juridiction Nord à Boston, rompaient avec le Grand Orient de France qui avait reconnu un troisième Suprême Conseil américain érigé en Louisiane au mépris des Grandes Constitutions du Rite.

C'est alors que le Suprême Conseil de France lança l'idée de réunir pour la première fois dans l'histoire, un Convent uni­versel des Suprêmes Conseils, afin de resserrer l'unité du Rite Ancien et Accepté et de réviser les Grandes Constitutions, tom­bées en désuétude sur plusieurs points.

Cette suggestion recueillit un large assentiment. Le Suprême Conseil de Charleston proposa d'abord qu'on se réunit à Washing­ton, et celui de Lima, à Paris. Puis l'un et l'autre s'en remirent au Suprême Conseil de France pour le choix du lieu et l'envoi des invitations ; le Suprême Conseil pour la Suisse, récemment issu du Directoire helvétique romand, accepta de donner l'hospitalité au Convent, et les travaux purent être ouverts le 6 septembre 1875, à Lausanne, par son Grand Commandeur Jules Besançon.

Le Convent tint onze séances, du 6 au 22 septembre 1875. Sur vingt-deux Suprêmes Conseils alors régulièrement établis, onze y furent représentés : ceux d'Angleterre, de Belgique et des Pays-Bas, de Colon-Cuba, d'Ecosse, de France, de Grèce, de Hongrie, d'Italie (Turin), du Pérou, du Portugal et de Suisse. En outre le Chili avait adhéré par avance aux décisions qui seraient prises ; l'Argentine, la Colombie, avaient approuvé la conférence, mais n'avaient pu envoyer de délégués. Enfin ceux qu'avait désignés le Grand Commandeur Albert Pike, du Suprême Conseil de Char­leston, ne purent malheureusement arriver en temps utile.

Le Convent accomplit une oeuvre considérable. Il mit à jour les Grandes Constitutions de 1786, élabora une Déclaration de Principes, un Traité d'alliance et de confédération, adopta le Tuileur du Rite écossais en vigueur en France depuis 1821, en laissant à chaque Suprême Conseil toute latitude pour adapter les rituels et la formule des serments aux besoins de sa juridiction. Enfin, dans son ultime séance, il adopta à l'unanimité, sur la proposition d'Adolphe Crémieux, un Manifeste qui exprimait avec mesure et dignité la réaction de l'Ecossisme aux attaques des ennemis de l'Ordre, au premier rang desquels la hiérarchie catholique. En voici le préambule, suivi de la Déclaration de principes :

Manifeste du Convent de Lausanne

Depuis trop longtemps, et dans ces derniers temps surtout, la Maçonnerie a été l'objet des plus injurieuses attaques.

Au moment où le Convent, après l'examen le plus attentif des anciennes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, conser­vant avec un religieux respect les sages dispositions qui le protè­gent et le perpétuent, délivre la Maçonnerie de vaines entraves et veut la pénétrer de plus en plus du souffle de liberté qui anime notre époque ; au moment où, sur des bases inébranlables, il sanc­tionne une intime alliance entre les Maçons du monde entier, le Convent ne peut se séparer sans répondre par une éclatante mani­festation à de déplorables calomnies et à d'énergiques anathèmes.

Avant tout, aux hommes qui, pour les présenter à la Franc- Maçonnerie, veulent connaître ses principes, elle les proclame par la déclaration suivante, qui est son programme officiel et dont les expressions ont été arrêtées par le Convent.

Déclaration de principes

La Franc-Maçonnerie proclame, comme elle a proclamé dès son origine, l'existence d'un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers.

Elle n'impose aucune limite à la recherche de la vérité, et c'est pour garantir à tous cette liberté qu'elle exige de tous la tolérance.

La Franc-Maçonnerie est donc ouverte aux hommes de toute nationalité, de toute race, de toute croyance.

Elle interdit dans les ateliers toute discussion politique et religieuse ; elle accueille tout profane, quelles que soient ses opinions en politique et en religion, dont elle n'a pas à se préoccu­per, pourvu qu'il soit libre et de bonnes mœurs.

La Franc-Maçonnerie a pour but de lutter contre l'ignorance sous toutes ses formes ; c'est une école mutuelle dont le pro­gramme se résume ainsi : obéir aux Lois de son pays, vivre selon l'honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l'humanité et poursuivre son émancipation pacifique et progressive.

La suite du Manifeste commentait cette Déclaration, également adoptée à l'unanimité au cours de la dernière séance.

LE GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS

ET LE RITE ECOSSAIS UNIVERSEL (1875-1877)

Cependant le Frère Mackersy, délégué du Suprême Conseil d'Ecosse et mandataire de celui de Grèce, avait dû quitter Lausanne dès le 9, et d'Edimbourg il avait écrit au Convent qu'il ne pouvait approuver la Déclaration de principes dans le texte rédigé en Commission. Il estimait que les termes de « Force Supérieure » et de « Principe créateur », retenus pour définir le Grand Architecte de l'Univers, n'affirmaient pas assez nettement la croyance en un Dieu personnel.

Le Suprême Conseil d'Angleterre mit les choses au point par une circulaire adressée le 26 mai 1876 aux ateliers de sa juri­diction, et signée de ses deux représentants à Lausanne. « Si le délégué écossais était resté jusqu'à la fin de la Conférence, écrivaient ceux-ci, il n'aurait pas osé émettre la déclaration insou­tenable que le Congrès n'avait pas exprimé sa croyance en un Dieu personnel. » Et d'observer que le Manifeste final, dans le commentaire qu'il donnait de la Déclaration de principes, désignait le Grand Architecte sous le nom du Créateur Suprême.

L'année suivante les représentants des Suprêmes Conseils des Etats-Unis (juridiction Sud), d'Ecosse, de Grèce, d'Irlande et d'Amérique Centrale, réunis à Edimbourg, demandèrent que l'inter­prétation donnée par le Suprême Conseil d'Angleterre fût reconnue par l'ensemble des participants au Convent de Lausanne. Et ceux- ci acceptèrent de s'y rallier, à l'invitation du Suprême Conseil de Suisse, chargé de l'exécution des décisions du Convent (1).

L'unité du Rite Ecossais Ancien et Accepté était donc préser­vée, sur la base de la Déclaration de Lausanne, dont on doit estimer, avec Naudon, qu'elle définit valablement l'idéal et les objectifs de l'Ordre maçonnique, tels que ce Rite les conçoit. Cependant le Traité d'alliance et de confédération demeura lettre morte, faute d'avoir été ratifié par l'ensemble des Suprêmes Conseils. Certains de ceux-ci n'avaient pas non plus adopté les modifications appor­tées par le Convent aux Grandes Constitutions, bien que la plupart d'entre elles ne fissent que consacrer une pratique devenue géné­rale. Mais si la répugnance traditionnelle des Anglo-Saxons à se lier par des textes précis n'a pas permis au Rite de se doter des structures juridiques prévues, l'initiative d'Adolphe Crémieux, les travaux du Convent de Lausanne, l'esprit de tolérance et d'unani­mité fraternelles qui l'avait animé n'en ont pas moins porté des fruits durables. Les Suprêmes Conseils du monde entier sont, sauf accidents, restés unis, et comme il avait été décidé ont tenu périodiquement des Conférences universelles pour confronter leurs vues et émettre des recommandations, dans le respect de la sou­veraineté de chacun d'eux.

LE GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS ET LA FRANC-MAÇONNERIE EN FRANCE

Après comme avant la tenue du Convent de Lausanne, une vive effervescence continuait de régner en France au sein de nombreuses Loges de l'un et de l'autre obédience ; et la situation politique n'était pas faite pour la calmer.

En 1873 la décision de vouer la France au Sacré-cœur avait institué une sorte de dévotion d'Etat, et fait naître par contre-coup un fort courant anticlérical. Le deuxième cabinet de Broglie, à dominante monarchiste, entreprenait de faire régner un « ordre moral », et en 1874 donnait ordre à la police de surveiller les Loges. L'année suivante le Frère Peyrat, ami de Gambetta, lançait la formule : « le cléricalisme, voilà l'ennemi... » En 1877 six loges de Toulon étaient fermées par arrêté préfectoral. Le 16 mai de Broglie renvoyait son ministre de l'Instruction publique Jules Simon, membre du Suprême Conseil, un républicain modéré, qui avait pris position contre les congrégations enseignantes. Le 22 mai il dissol­vait la Chambre, et la hiérarchie catholique ne craignait pas de prendre ouvertement parti dans les élections. Gambetta affirmait que la lutte était désormais « entre les agents de la théocratie romaine alliée avec la droite conservatrice et réactionnaire », et les fils de 1789... Enfin les électeurs allaient définitivement fonder la République en envoyant à l'assemblée, contre 199 conservateurs, 315 députés républicains, parmi lesquels de nombreux Frères.

C'est dans ce climat politique d'emprise cléricale et de me­naces contre l'Ordre qu'il convient de situer l'évolution interne de celui-ci au cours de cette période.

A) Le Rite Ecossais

On a relaté qu'à la veille de la guerre de 1870, après de vifs incidents, une Commission chargée par la Grande Loge Cen­trale de réviser les Règlements, et présidée par Henri Brisson, avait contre l'avis de ce dernier décidé de maintenir les dispositions statutaires touchant la glorification du Grand Architecte de l'Uni­vers.

Le 2 décembre 1873 le Suprême Conseil, « considérant que, comme témoignage de la communauté des sentiments qui unissent tous les Maçons, il convient d'affirmer la devise Maçonnique :

« Liberté, Egalité, Fraternité », rendait un décret prescrivant pour tous les documents de l'obédience un nouvel en-tête ainsi conçu :

A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS,
Au nom et sous les auspices du S.C. pour la France et ses dépendances,
(Nom de l'atelier et son n°)
LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE

Les Frères Henri Brisson et Charles Floquet protestèrent au nom des Loges les Elus d'Hiram, la Justice, l'Harmonie, les Hospi­taliers de Saint-Ouen et la Mutualité contre ce Décret, en tant qu'il maintenait l'obligation de la formule : A la Gloire du Grand Archi­tecte de l'Univers. Seule, selon eux, sa suppression pouvait appor­ter pleine et entière satisfaction à toutes les aspirations, « sans en appeler à aucune conception métaphysique ou théologique c'est-à-dire sans opposer à la Liberté réelle de conscience l'idée d'aucun principe philosophique ou religieux capable de soulever des discussions et de semer la division au sein des ateliers. »

Mais le 3 mars 1874 le Suprême Conseil, à l'unanimité,

« considérant que la reconnaissance du G.A.D.L.'U. est consa­crée par les Constitutions qui régissent le Rite Ecossais et for­ment la clef de voûte de la Maçonnerie Ecossaise, considérant que cette formule se trouve en tête de tous les actes échangés entre les Suprêmes Conseils confédérés comme sur les Diplômes, Brefs et Patentes délivrés aux Maçons de tous grades ; qu'il n'y a donc là aucune innovation attentatoire à la liberté de conscience des Maçons qui ont accepté cette formule du jour où ils sont librement entrés dans la Grande Famille », décidait qu'il n'y avait pas lieu de modifier son décret.

Quelques semaines plus tard il mettait en sommeil trois des ateliers protestataires, qui ne s'y étaient point conformés, auto­risait les deux autres à suspendre leurs travaux pour six mois, et indiquait qu' « en proclamant un principe philosophique reconnu de tout temps comme la base de la Maçonnerie tout entière, [il avait] laissé toute latitude à l'indépendance morale et à la libre pensée de tous les Maçons... »

Le ter mai 1874, en Grande Loge Centrale, le Grand Orateur Malapert constatait : « Nos Loges sont bouleversées en ce moment par le vent de la discorde ». Mais le Suprême Conseil avait ouvert la voie dans laquelle allait le suivre le Convent de Lausanne, en conciliant autant qu'il le pouvait deux principes fonda­mentaux de la Maçonnerie : la reconnaissance du Grand Archi­tecte de l'Univers, le respect de la Liberté de conscience.

B) Le Grand Orient de France

Le Suprême Conseil, s'il avait toujours refusé de reconnaître le droit que s'était arrogé le Grand Orient, depuis 1815, de prati­quer les Hauts Grades de l'Ecossisme, entretenait néanmoins des relations fraternelles avec la plus ancienne et la plus importante des obédiences françaises, dont le Conseil de l'Ordre était alors présidé par le Frère de Saint-Jean.

Cette belle harmonie allait d'abord être troublée par le Convent de Lausanne, qui n'avait naturellement pas reconnu le Grand Orient comme puissance maçonnique écossaise. Il avait décidé pourtant, à la demande de la délégation française, que « chaque Suprême Conseil pourrait continuer à entretenir des relations amicales avec des corps maçonniques non reconnus, mais établis avant le Convent. »

Mais c'est la décision historique prise en 1877, dans le climat politique qu'on a décrit, par le Convent du Grand Orient de France, qui allait conduire de nombreuses puissances maçonniques à rompre toutes relations avec cette obédience.

Son Convent de 1865 avait, on l'a noté adopté des Statuts aux termes desquels la Franc-Maçonnerie « a pour principe : l'exis­tence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la solidarité humaine, regarde la liberté de conscience comme un droit propre à chaque homme, et n'exclut personne pour ses croyances. »

Celui de 1867 avait maintenu, à une très large majorité, l'ar­ticle des Statuts qui imposait la formule : A la gloire du Grand Architecte de l'Univers.

Mais au Convent de 1875 la loge de Villefranche-sur-Saône dépose un voeu n° IX tendant à supprimer, à l'article ter des Sta­tuts, l'affirmation de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme. Rejeté par le Conseil de l'Ordre, ce voeu fut pris en considé­ration par le Convent de 1876 et renvoyé à l'étude des loges. En septembre 1877 enfin, malgré l'opposition du Président Saint-Jean, il fut adopté par le Convent sur le rapport du pasteur Desmons, un protestant libéral, Vénérable de la loge de Saint-Geniès dans le Gard (4). Desmons n'avait pas manqué de faire état des aver­tissements de ceux qui craignaient que l'adoption du voeu n'isolât le Grand Orient dans la Maçonnerie universelle. Mais, se référant aux précédents créés par la Grande Loge de Buenos Aires, celle de Hongrie et le Grand Orient d'Italie, il jugeait — bien à tort — ces craintes chimériques. « Laissons aux théologiens, concluait-il, le soin de discuter les dogmes. Laissons aux Eglises autoritaires le soin de formuler leur syllabus. — Mais que la Maçonnerie reste ce qu'elle doit être, c'est-à-dire une institution ouverte à tous les progrès, à toutes les idées morales et élevées, à toutes les aspi­rations larges et libérales... ». — Finalement le Convent adopta pour l'article ler des Statuts la rédaction suivante :

« La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthro­pique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale universelle, des sciences et des arts, et l'exercice de la bienfaisance.

Elle a pour principe la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine.

La Maçonnerie n'exclut personne pour ses croyances.

Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité. »

L'avant-dernier alinéa avait été ajouté au texte de la commis­sion à la demande du Dr de Saint-Jean.

Le vote du Convent de 1877 provoqua peu de réactions dans les ateliers du Grand Orient de France. Mais en l'espace de quel­ques mois les Grandes Loges et les Suprêmes Conseils d'Irlande et de Grande-Bretagne décidèrent de cesser toutes relations et toute correspondance avec lui et avec tous ses membres. Jamais ils ne devaient revenir sur cette décision, qui devait au contraire être imitée par nombre d'autres obédiences étrangères.

Le Suprême Conseil de France, fidèle au Grand Architecte de l'Univers, conservait au contraire ses relations internationales. Mais il allait devoir faire face à la rébellion d'une notable partie de ses ateliers symboliques.

LA CRISE INTERNE DU RITE ECOSSAIS EN FRANCE, DE 1877 A 1896

Les Grandes Constitutions dites de 1786 autorisaient chaque Suprême Conseil à déléguer son autorité sur les ateliers écossais du 1» au 17e degré, tout en proclamant son droit « imprescriptible » de les régir directement. En fait, dans les pays anglo-saxons, les Suprêmes Conseils s'étaient toujours bornés à gouverner les « additionnai degrees ». Ils les conféraient à des Maîtres Maçons relevant des Grandes Loges symboliques établies, qui n'étaient pas de Rite écossais.

En France il y avait, depuis le XVIlle siècle, des loges bleues pratiquant ce Rite. Proscrites en 1802 par le Grand Orient, elles avaient en 1804 érigé face à lui une Grande Loge symbolique écossaise, au moment même où le comte de Grasse fondait le Suprême Conseil de France. Mais par la volonté de l'Empereur elles avaient dû réintégrer le Grand Orient, auquel le Suprême Conseil avait de surcroît délégué la collation des Hauts Grades jusqu'au 18e degré. Seule donc la mainmise opérée en 1815 par le Grand Orient sur l'ensemble du Rite, dans une conjoncture politique qui ne permettait pas de rétablir une Grande Loge symbo­lique écossaise, avait conduit les loges bleues rebelles à cette mainmise à se placer sous l'autorité du Suprême Conseil d'Amé­rique, puis en 1821 sous celle du Suprême Conseil de France.

Elles s'en étaient fort bien accommodées jusque dans les années 1860, où certaines d'entre elles commencèrent, on l'a vu, à trouver pesante la tutelle d'un Suprême Conseil attaché à pros­crire toute politisation des ateliers, et à maintenir l'invocation au Grand Architecte de l'Univers.

A partir de 1877 leur impatience fut exacerbée par le vote du Convent du Grand Orient, et aussi par la décision prise au même moment par les Suprêmes Conseils du groupe d'Edimbourg de s'interdire, quant à eux, de créer ou de gouverner des loges sym­boliques, ou bleues.

C'est justement ce qu'avait demandé, dès 1875, la loge l'Union des peuples : Aux Suprêmes Conseils l'administration des Hauts Grades, aux Grandes Loges le gouvernement des Ateliers Symbo­liques. Ce mot d'ordre fut repris en 1879 dans une circulaire lancée à tous les ateliers par La Justice, ce qui valut à celle-ci d'être mise en sommeil, aux signataires (parmi lesquels le frère Gustave Mesureur), d'être suspendus de leurs droits.

Rien n'y fit, et le 12 février 1880 une Grande Loge symbolique écossaise, érigée par douze loges dissidentes, faisait connaître à toute la fraternité sa création, « dernier acte de la lutte engagée depuis des années par les loges écossaises contre l'autorité despo­tique (sic) du Suprême Conseil. »

La Grande Loge symbolique écossaise allait déployer une grande activité pendant seize ans, au terme desquels elle était composée de trente-six loges. Au jugement d'Albert Lantoine (5), elle comptait des hommes d'une foi sincère, donc agissante, pour qui la Franc-Maçonnerie avait une mission profane de défense de la République et de lutte contre le cléricalisme. Elle avait naturel­lement abandonné toute référence au Grand Architecte ; et cette obédience « écossaise » ressemblait beaucoup au Grand Orient de ce temps, à cela près que n'admettant pas de Hauts grades elle ne se composait, elle, que de loges bleues... Elle se sentait néan­moins « gardienne solitaire et responsable d'une tradition sécu­laire », ce qui la conduisit à rejeter de son sein la loge Les Libres Penseurs du Pecq, qui voulait initier une femme, et à nouer des relations fraternelles avec diverses obédiences étrangères, avec le Grand Orient de France, et même, pour finir, avec le Suprême Conseil, moins despotique apparemment qu'on ne l'avait affirmé naguère...

Fermement attaché aux traditions fondamentales de l'Ordre, soucieux de garder le contact avec l'Ecossisme universel, ce dernier n'était en effet nullement rétrograde. A la Saint-Jean d'hiver de 1877, son Grand Orateur Malapert avait, par exemple, prononcé un discours significatif :

« J'entrevois, disait-il, une amélioration très considérable, qui s'accomplit peu à peu.

Autrefois les entretiens des Frères étaient ou des causeries légères, assaisonnées d'un esprit bienveillant, ou des discours sur des idées générales. Les vers, les dissertations purement litté­raires ont leur charme, personne ne vous conseillera d'y renoncer. J'en dirai tout autant des discours sur les principes ou vérités fondamentales. Il est bon, surtout à l'heure des initiations, que nous affirmions nos croyances. Mais ces discours ont leurs conclu­sions forcées. Quand ils reviennent trop souvent, l'intelligence des auditeurs, qui connaît d'avance où l'on veut en venir, aspire au moment où l'orateur aura terminé.

Je constate donc avec satisfaction que des Frères ont spécialisé leurs études, et fait dans leurs Ateliers des conférences fort instructives sur des sujets divers (6)... »

Et de conclure :

« Unissons-nous pour dresser les temples de l'instruction, de l'industrie et des Beaux-Arts. »

Ainsi, voilà tout juste cent ans, le Suprême Conseil encou­rageait les ateliers de son obédience à former enfin cette société de pensée qu'avaient rêvée les premiers dirigeants de la Grande Loge de Londres, (si proches de la Royal Society), et clairement définie le chevalier Ramsay. C'était, par un retour aux sources, donner le feu vert à une évolution, féconde autant qu'irrésistible, des loges écossaises de France.

Avec le même souci de répondre aux aspirations nouvelles des frères sans rompre avec la règle et les traditions de l'Ordre, le Suprême Conseil jugea en 1894 le moment venu d'émanciper les loges bleues, qui lui étaient demeurées fidèles. Par un décret du 7 novembre, il délégua ses pouvoirs sur les trois premiers degré à une Grande Loge de France, qui serait constituée par la fédération de ces loges. Il ne se réservait que la prérogative de délivrer — à la gloire du Grand Architecte de l'Univers ! — les patentes constitutives des nouveaux ateliers qu'il plairait à la Fédération de s'intégrer.

La Grande Loge de France fut effectivement constituée le 23 février 1895 par l'Assemblée des députés de toutes les loges de l'obédience, qui élut séance tenante un Conseil fédéral de neuf membres. Elle engagea aussitôt des pourparlers avec la Grande Loge symbolique écossaise, qui le 10 août 1896 décidait de mettre fin à la dissidence en fusionnant avec la Grande Loge de France.

Le 24 juillet 1904 enfin, le Suprême Conseil devait par un nouveau Décret rompre le dernier lien par lequel la Grande Loge lui demeurait encore administrativement subordonnée, en renon­çant à délivrer les patentes constitutives des nouvelles Loges. La Grande Loge de France était ainsi définitivement constituée com­me puissance symbolique écossaise indépendante et souveraine.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

La Franc-Maçonnerie Écossaise 1864-1871

2 Janvier 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #histoire de la FM

La Franc-Maçonnerie sous l’Empire Libéral

L'Empire autoritaire avait voulu protéger et favoriser la Ma­çonnerie française, mais en l'asservissant, ce qui avait entraîné une stagnation de l'Ordre. Sous l'Empire libéral, celui-ci va con­naître au contraire un intense bouillonnement d'idées et une vita­lité accrue, cependant qu'une vive tension va naître et se déve­lopper dans ses rapports avec l'Eglise catholique.

1. L'unité italienne et le raidissement du Saint-Siège contre l'Ordre.

C'est l'époque en effet où se propage rapidement dans les milieux cultivés de France, l'influence du positivisme scientiste, dont le héraut est Emile Littré ; l'époque aussi où les progrès de l'unité italienne entretiennent dans la Rome des papes une véri­table psychose obsidionale, portant au paroxysme l'hostilité de Pie IX envers un Ordre dont la branche italienne, avec Garibaldi, joue un rôle de premier plan dans le Risorgimento. En 1864, le Syllabus dénonce les « erreurs modernes » avec une intransi­geance nouvelle. Après la convention conclue en septembre de la même année, entre l'Empire français et le jeune Royaume d'Italie, Rome ne tardera pas à diriger ses foudres contre la Maçonnerie française. Alors s'ouvre dans l'histoire de celle-ci une période marquée par une vive lutte d'idées. Cette lutte se poursuivra au sein du Grand-Orient jusqu'au Couvent de 1877, qui apportera à la Constitution de l'obédience une modification lourde de consé­quences. Elle se prolongera dans les Loges relevant du Suprême Conseil Ecossais jusqu'en 1894, date de leur émancipation par l'érection de l'actuelle Grande Loge de France.

Déjà certes, sous l'Empire autoritaire, il y avait bien eu quel­ques escarmouches entre l'Eglise de France et certaines loges. A Caen, le 31 mai 1856, le prêtre qui célébrait les funérailles d'un Maçon, s'étant aperçu que des assistants portaient des branches d'acacia, avait exigé qu'ils se retirent, cet emblème étant celui « d'une société secrète et antireligieuse ». L'année suivante l'évê­que de l'île Maurice avait refusé la sépulture religieuse à plusieurs frères, mais le Grand-Orient avait pu faire célébrer à Notre-Dame de Paris, une cérémonie de réparation. En 1861, la circulaire de Persigny, si favorable à l'Ordre, avait excité la colère de quelques évêques, notamment de celui de Nîmes, auquel un frère de Mar­seille avait répondu en publiant une lettre qui s'achevait par cette évangélique invocation : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ! »

Mais tout cela n'allait pas bien loin. Et dans le même temps le Suprême Conseil de France s'était, en 1860, donné pour Lieute­nant Grand Commandeur le frère Guiffrey père, salué par le Jour­nal des Initiés comme « le type bien rare du vrai catholique sin­cèrement libéral ». Trois ans plus tard, il avait admis dans son sein Georges Guiffrey fils, marguillier de la paroisse Saint-Eugène et président d'une section de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, entré dans l'Ordre avec la pleine approbation de l'archevêque de Paris, Monseigneur Affre.

C'est le successeur de cet infortuné prélat, mortellement blessé sur les barricades de juin 48 en tentant de séparer les combattants, c'est Monseigneur Darboy, qui avant d'être lui-même pris comme otage et fusillé sous la Commune devait, en 1865, subir le premier contre-coup de la colère de Pie IX contre les Francs-Maçons.

Le Maréchal Magnan, triomphalement réélu Grand-Maître du Grand-Orient au Convent de 1864, était mort à la veille de celui de 1865, le 29 mai. Ses funérailles avaient été célébrées à Saint-

Louis des Invalides sous la présidence de Monseigneur Darboy, qui avait donné l'absoute. La nonciature n'aimait pas l'archevêque, qui était homme de caractère et d'un esprit fort libéral. Elle fit rapport au Vatican, en prétendant qu'on avait exposé les insignes maçonniques du défunt sur le catafalque, entouré de frères pareil­lement décorés. Il est fort probable qu'il n'en était rien, et les lettres échangées par la suite entre le curé de Saint-Louis et l'ar­chevêque (1) prouvent en tout cas que ni l'un ni l'autre n'avait rien vu de tel. Par un bref du 26 octobre 1865, Pie IX n'en reproche pas moins à ce dernier d'avoir causé « par sa présence et sa coo­pération, l'étonnement et la douleur profonde qu'en ont ressentis avec raison tous les vrais catholiques... Les sectes d'impiété (ajou­tait-il), diverses de nom, liées pourtant entre elles par la compli­cité néfaste des plus cruels desseins, enflammées de la plus noire des haines contre notre sainte religion et le Saint-Siège aposto­lique, s'efforcent tant par des écrits pestilentiels distribués au loin et dans tous les sens que par des manœuvres perverses et toutes sortes d'artifices diaboliques, de corrompre partout les mœurs et l'esprit, de détruire toute idée d'honnêteté, de vérité et de justice, de répandre en tous lieux des opinions monstrueuses, de couver et de propager des vices abominables et des scéléra­tesses inouïes ; d'ébranler l'Empire de toute autorité légitime, de renverser, si cela était possible, l'Eglise catholique et toute so­ciété civile, et de chasser Dieu lui-même du ciel... » !

La passion avec laquelle est écrit ce morceau de rhétorique — commente à bon droit M. Pierre Chevallier — étonne aujour­d'hui le lecteur qui se veut libre de tout préjugé. Sans doute faut-il la mettre sur le compte de l'angoisse provoquée à Rome par la perte imminente du pouvoir temporel. Mais elle témoigne aussi d'une méconnaissance totale de l'esprit qui animait alors la grande majorité des Maçons français.

La même incompréhension et la même violence éclatent dans l'allocution consistoriale Multiplices inter machinationes du 25 sep­tembre 1865 où, dénonçant « la synagogue de Satan », Pie IX met le pouvoir civil en garde contre « ces loups dont le Christ Notre Seigneur a prédit qu'ils viendraient, couverts de peaux de brebis, pour dévorer le troupeau » ! A quoi les Francs-Maçons lyonnais répondent, dès le 5 octobre, par une lettre « Au Souverain Pontife de la religion Catholique, Apostolique et Romaine », que critiquera l'évêque de Montpellier... La voici :

« Très Saint-Père,

« Les Francs-Maçons, ennemis des manifestations bruyantes, étaient calmes et presque ignorés, quand une agression inouïe est venue les atteindre. La violence réussit mal dans notre pays. Votre allocution du 25 septembre nous vaudra simplement l'estime et la bienveillance de ceux qui ne nous connaissaient pas encore.

Et malgré vos anathèmes, pas un des nôtres ne désertera l’œuvre de justice et de paix à laquelle il a librement associé sa vie. »

Les frères de Lyon ont vu juste. L'outrance de l'attaque dis­pose favorablement l'opinion publique envers un Ordre que le pouvoir, de son côté, voit toujours d'un aussi bon oeil. Les évê­ques concordataires de France, soucieux de rester en bons termes avec l'autorité civile, paraissent eux-mêmes plutôt gênés par une condamnation à laquelle une vingtaine d'entre eux, tout au plus, feront écho, non sans provoquer de nouvelles protestations des Loges. L'émotion de celles-ci sera portée à son comble par une brochure retentissante intitulée Les Francs-Maçons, que publie en 1867 un prélat de la maison de Sa Sainteté, Monseigneur de Ségur. Proche parent du défunt Grand Commandeur du Suprême Conseil écossais, l'auteur de ce triste pamphlet n'hésite cependant pas à solliciter les textes, ni à se faire l'écho des calomnies les plus invraisemblables. Il donne ainsi le ton à la basse propagande anti­maçonnique qui sévira en France jusqu'à la Libération de 1944.

2. L'évolution des esprits et des statuts dans les obédiences.

Ces attaques multipliées eurent pour premier effet d'élargir rapidement l'audience, jusque-là fort restreinte, de ceux qu'au sein de l'Ordre on appelait maintenant les novateurs.

Ils avaient pour organe Le Monde maçonnique, dirigé par un membre du Rite Ecossais, le frère Favre. Un de leurs principaux chefs de file était un vénérable du Grand-Orient, le biterrois Massol, un ancien Saint-Simonien animé d'un idéalisme intransigeant. Massol défendait ardemment une conception démocratique de l'Or- dre fondée sur le respect de la personne humaine et sur « une mo­rale indépendante qui n'ait rien à demander à aucune théologie, à aucune métaphysique ».

Les partisans d'une Maçonnerie déiste et spiritualiste s'expri­maient dans le Journal des Initiés, du frère Riche-Gardon, membre du Grand-Orient, non moins attaché que Massol à défendre les « li­bertés naturelles » des Loges, notamment leur liberté d'expression, contre les tendances centralisatrices de l'obédience.

A — LE GRAND-ORIENT

Le Convent de 1864, avant de procéder à l'élection de Magnan, avait décidé que celui de 1865 aurait à réviser la Constitution. L'ar­ticle 1 er donna lieu, tout au long de l'année, à une ardente bataille. Le Monde maçonnique, soutenu par la Chaîne d'Union, que publiait à Londres le frère Hubert, avait proposé d'emblée une rédaction tota­lement agnostique : « La Maçonnerie a pour objet l'inviolabilité de la personne humaine, fondement de la morale universelle résumée dans la formule : Liberté, Egalité, Fraternité ». Le projet présenté au Convent par le Conseil de l'Ordre maintenait, à la demande ex­presse de Magnan, qu' « elle a pour principes : l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la solidarité humaine ». Le texte finale­ment adopté par le Convent, en l'absence de Grand-Maître, fut le suivant :

« La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthro­pique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale universelle, des sciences et des arts, et l'exercice de la bienfaisance.

Elle a pour principe : l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la solidarité humaine.

Elle regarde la liberté de conscience comme un droit propre à chaque homme et n'exclut personne pour ses croyances.

Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité. »

Comme l'ont souligné à l'envi Jean Baylot et M. Pierre Che­vallier, il y avait dans ce texte de compromis une certaine am biguïté, voire une contradiction entre le deuxième et le troisième alinéas. Certes, il était conforme à la plus pure tradition ander­sonienne, sinon à la doctrine romaine du temps, de « regarder la liberté de conscience comme un droit propre à chaque homme ». Mais le Grand-Orient pouvait-il à la fois affirmer comme il le fai­sait depuis 1849, que la Franc-Maçonnerie « a pour principes l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme », et décider de « n'exclure personne pour ses croyances », fussent-elles incompa­tibles avec les principes ainsi proclamés ? En fait, les novateurs furent loin de considérer comme un succès l'adoption du nouveau texte, qui ne souleva guère de remous dans la Franc-Maçonnerie universelle.

Aussi bien, le vote une fois acquis, le Convent élirait-il à la Grande-Maîtrise un vieux Maçon, le Général Mellinet, dont le pre­mier soin fut de rappeler par circulaire aux ateliers, qu'aux ter­mes de l'article 24 des Statuts, leurs planches devraient toujours être intitulées de cette formule : « A la gloire du Grand Architecte de l'Univers. » Au nom et sous les auspices du Grand-Orient de France.

Le frère Massol, également candidat, n'avait obtenu que trente voix sur deux cents votants environ. Les novateurs étaient tou­jours minoritaires. Cependant, la suppression des Hauts-Grades, qu'ils avaient aussi demandée, ne fut repoussée que par trois voix de majorité.

La minorité novatrice ne se découragea donc pas, et comme on l'a dit, ses efforts pour laïciser le Grand-Orient allaient être puissamment secondés par les attaques déclenchées par Rome contre l'Ordre au lendemain même du Convent de 1865. A celui de 1867, les « tolérants absolus », comme on les appelait main­tenant, proposèrent la suppression de l'article des Statuts qui prescrivait l'invocation traditionnelle au Grand Architecte de l'Uni­vers ; mais « Initiés » et « Modérés » s'unirent pour repousser cette proposition par cent quatre-vingts voix contre soixante-sept, et les candidats des « novateurs » ne furent pas élus au Conseil de l'Ordre, ce qui amena Massol, qui en était membre, à donner sa démission.

La guerre d'usure continua aux Convents de 1868 et de 1869. Celui-ci fut dominé par la question de l' « Anti-Concile » qu'il était envisagé de réunir à Naples le 8 décembre, jour où devait s'ouvrir le Concile du Vatican. La proposition d'y participer ne fut rejetée que par cent quatre-vingts voix contre cent vingt-quatre. L'année suivante, le libéral Grand-Maître Mellinet, donnait sa démission et était remplacé, à la veille de la guerre franco-allemande, par un homme politique assez marqué à gauche, l'avocat charentais Babaud-Laribière, qui avait annoncé son intention... de faire sup­primer la Grande-Maîtrise.

B — LE RITE ECOSSAIS

Cependant, qu'à l'inverse du Grand-Orient, le Rite de Mis­raïm décidait en 1868 que « la croyance en Dieu et en l'immor­talité de l'âme étant la base fondamentale de notre institution, tout profane qui ne professe point cette croyance ne peut en faire partie », une effervescence comparable à celle qui régnait rue Cadet, gagnait les Loges placées sous l'obédience du Suprême Conseil de France. Aussi bien, sous la Grande-Maîtrise de Melli­net, les rapports s'étaient-ils grandement améliorés entre les deux puissances, et pour la première fois depuis la rupture de 1815, le Grand Commandeur écossais avait été invité à assister à la fête solsticale du Grand-Orient, le 15 juin 1867 ; la politesse avait été rendue, et une députation du Conseil de l'Ordre avait été cha­leureusement accueillie, le jour de la Saint-Jean d'hiver, à la fête solsticiale du Suprême Conseil.

On a rappelé naguère ici-même (2) comment après la création par le Grand-Orient de France, en 1815, d'un Suprême Conseil des Rites, la proclamation par le Suprême Conseil de France de l'in­dépendance du Rite Ecossais, et son entrée en sommeil pour six ans, les Loges symboliques de ce Rite qui refusaient de s'in­cliner devant le coup de force du Grand-Orient, ne pouvant sous la Terreur blanche ériger, comme en 1804, une Grande Loge sym­bolique écossaise, avaient été amenées à se placer sous l'obé­dience du Suprême Conseil d'Amérique repris en main par le comte de Grasse. Le Conseil ayant été absorbé par le Suprême Conseil de France réveillé en 1821, depuis ce temps les Loges bleues du Rite Ancien et Accepté étaient donc directement sou­mises à l'autorité du Suprême Conseil du 33e degré de ce Rite.

Cette situation singulière avait été fort bien acceptée pen­dant un demi-siècle, le prestige et le libéralisme des dirigeants aidant. C'est un membre du Grand-Orient, Riche-Gardon, qui le constatait encore en 1863: « Le Suprême Conseil est un pouvoir aristocratique, mais il laisse ses Loges jouir de leurs libertés na­turelles. » Il n'en avait pas moins toujours veillé à ce qu'en soient bannies toutes discussions politiques et religieuses. Or, sous l'Em­pire libéral, nombre de frères commençaient à trouver gênante cette règle fondamentale de l'Ordre, et pesante la tutelle même du Suprême Conseil.

De plus, le Rite était alors régi par les Règlements généraux promulgués le 1 er juin 1846, dont l'article ter était ainsi conçu :

« L'Ordre maçonnique se partage en différents Rites recon­nus et approuvés, qui, bien que divers, sont tous sortis de la mê­me source et tendent au même but.

Adoration du G... A.. de l'Un.., Philosophie, Morale, Bien­veillance envers les hommes, voilà tout ce qu'un vrai Maçon doit étudier sans cesse et s'efforcer constamment de pratiquer. »

Ici comme au Grand-Orient, la référence au Grand Architecte de l'Univers allait bientôt être contestée par les « novateurs », ainsi que la hiérarchie des Hauts-Grades.

Si, à défaut d'avoir pu consulter pour cette période les livres d'architecture du Suprême Conseil et de la Grande Loge centrale, on se réfère au Mémorandum imprimé qui donne le résumé de leurs travaux, il apparaît que les hostilités commencèrent dans le premier semestre de 1868.

Le 12 juin, le Suprême Conseil, toujours présidé par Viennet, prononce la radiation de quatre Loges parisiennes qui avaient en­freint la règle fondamentale ci-dessus rappelée : l'Alliance, la Ruche écossaise, le Héros de l'Humanité et l'Alliance fraternelle. Le 27, la Grande Loge centrale est envahie par des « visiteurs » protestataires, et le Lieutenant Commandeur Allegri doit suspen­dre la réunion. Là-dessus Viennet meurt le 10 juillet, Allegri lui succède aussitôt, et choisit pour Lieutenant « celui qui par son caractère, sa haute position, sa science, son dévouement maçon­nique a si bien conquis toutes les sympathies » : il s'agit d'Adolphe Crémieux, ancien membre du gouvernement provisoire en 1848, et qui bientôt, ministre de la Justice dans le gouvernement de la Défense Nationale, attachera son nom au décret de 1870 qui confé­rera la nationalité française aux Juifs d'Algérie.

En août, cependant qu'on prépare la révision des Règlements généraux de 1846, Crémieux demande « l'effacement complet des faits graves qui ont jeté le trouble au sein du Rite Ecossais, l'oubli des injures prodiguées au Suprême Conseil, et la rentrée des Loges et des Maçons exclus ». Sa proposition est adoptée, et le Grand Commandeur Allegri adresse à tous les ateliers une circu­laire d' « oubli général ».

Mais bientôt se produisent de la part de divers Maçons de nouvelles attaques « incessantes et déplorables » contre le Su­prême Conseil. Le 5 mars 1869, Allegri rappelle à tous les ateliers que la Maçonnerie « a surtout pour règle dans l'Ecossisme la glo­rification du Grand Architecte de l'Univers », puis démissionne de sa charge, ainsi que Crémieux et le Grand Orateur Genevay. Le 8 mars, le Suprême Conseil accepte toutes les démissions, décide que dorénavant — comme jusqu'à la nomination du duc Decazes — tous les Offices seront pourvus par la voix de l'élec­tion, et élit aussitôt Crémieux Grand Commandeur à l'unanimité. Il lui adjoint comme Lieutenant, le baron Taylor, le philanthrope bien connu, et réélit Genevay Grand Orateur. Crémieux publie une Déclaration où il constate que bien des dissidents espèrent de lui « un sage développement dans les règlements de l'Ordre », mais rappelle que « l'obéissance au devoir n'est jamais un escla­vage quand on a signé un contrat ». Il conclut par un appel à l'union, suivi de ces mots : « Fraternité, Liberté, Egalité, Cha­rité ».

Le nouveau Grand Commandeur n'était pas au bout de ses peines. Mais l'estime dont il jouissait, son zèle inlassable pour l'Ordre, son caractère ferme et souple à la fois allaient lui per­mettre et de rétablir, non sans mal, l'union dans sa juridiction, et d'assurer à celle-ci une place de premier plan dans l'Ecossisme universel.

En juin 1869, ayant pris connaissance des travaux des com­missions chargées de préparer la révision des Règlements géné­raux de 1846, Crémieux soumettait au Suprême Conseil un projet de rédaction qui fut mis au point le 7 juillet. Le 2e alinéa de l'ar­ticle ler, dont on a lu le texte plus haut, était remplacé par ces lignes :

« Il — l'Ordre maçonnique — se fonde sur le principe de la liberté religieuse, sur les règles de la plus pure morale, sur les doctrines les plus élevées de la philosophie. Il proclame le senti­ment de la dignité humaine, c'est-à-dire de l'égalité entre tous les hommes, qui se doivent appui mutuel. Il a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité. »

Ce texte n'affirmait rien qui fût contraire à la tradition ma­çonnique, mais pas plus que dans les Constitutions d'Anderson, le Grand Architecte de l'Univers n'y était nommé. Communiqué le 15 juillet à la grande Loge Centrale, il y fut l'objet d'une dis­cussion fort orageuse. Le Grand Commandeur « affecté par cette opposition aussi vive qu'inattendue... renvoya le projet à l'examen ultérieur d'une Commission à prendre dans les trois Sec­tions » (3).

En décembre de nouvelles péripéties conduisirent le Grand Commandeur et le Grand Orateur Genevay à donner à nouveau leur démission. Mais le 29 décembre la Grande Loge Centrale chargeait les Présidents des trois Sections d'inviter Crémieux à reprendre la sienne, ce qu'il fit. Le 29 janvier 1870, réunie sous sa présidence, la Grande Loge Centrale confiait le travail de révision à une commission de 9 membres, qui se donna pour président le futur président de la Chambre des députés, le frère Henri Bris­son. La Commission tint dix réunions de mars à juin 1870. Elle dis­cuta essentiellement du maintien — ou de la suppression — de la glorification du Grand Architecte de l'Univers, des Hauts Grades, et de la Commission administrative du Suprême Conseil. La majorité se prononça pour le maintien des dispositions sta­tuaires concernant ces trois points, avec les modifications pro­posées par le Grand Conmmandeur. Ces décisions de conséquence, prises contre l'avis du président Brisson, amenèrent celui-ci à se décharger du rapport, qui fut confié à un membre de la majorité, le frère Bagary (4).

Là-dessus, le 15 juillet, éclata la guerre franco-allemande, et les choses restèrent en l'état.

Les Francs-Maçons, la guerre Franco Allemande et la Commune

Cependant que les hostilités, puis l'envahissement d'une gran­de partie du territoire allait mettre en veilleuse l'activité maçon­nique, les événements politiques consécutifs au désastre de Sedan mirent bientôt en vedette de nombreux frères des deux principaux Rites.

Sous l'Empire finissant, en effet, il y avait dans la majeure partie des loges des frères engagés dans l'action politique, mem­bres pour la plupart de l'opposition libérale ou républicaine. Cer­tains, comme Désiré Bancel, Jules Simon, Gambetta, étaient en­trés au Corps législatif aux élections de 1869. Les noms de plu­sieurs d'entre eux, ceux de Garnier-Pagès et du Grand Comman­deur Adolphe Crémieux, avaient figuré au bas du Manifeste de la gauche lors du plébiscite du 8 mai 1870. On n'est donc pas sur­pris de les retrouver, le 3 septembre, parmi les signataires de la proposition de Jules Favre réclamant la déchéance de Napoléon III et de sa dynastie. Ces Libéraux n'en sont pas moins des hommes d'ordre, et le lendemain 4 septembre, quand le Palais-Bourbon sera envahi par la foule parisienne aux cris de « Vive la République », on entendra Crémieux et Gambetta demander en vain qu'on res­pecte la Liberté du Corps législatif. Aux Tuileries, le général Mel­linet, qui commande la garde, protège la fuite de l'Impératrice. A l'Hôtel de Ville le futur frère Jules Favre salue par un discours l'avènement de la République. Les membres du Gouvernement pro­visoire sont presque tous Maçons — tel Crémieux, Arago, Eugène Pelletan, Garnier-Pagès, Ernest Picard, Rochefort et Jules Simon — ou futurs Maçons comme Jules Ferry ; mais ils en remettent la présidence à un catholique breton, le général Trochu, gouverneur militaire de Paris. La plupart seront écartés du pouvoir après l'ar­mistice, l'élection de l'Assemblée des « ruraux » et la constitu­tion du gouvernement de M. Thiers, qui gardera cependant, outre Jules Favre, Ernest Picard et Jules Simon.

Le 18 mars, c'est l'insurrection de Paris. La capitale n'avait pas accepté la capitulation du 28 janvier, et l'appel au peuple lancé ce jour-là par les délégués des arrondissements portait les signa­tures des frères Lucipia, futur Président du Conseil de l'Ordre du Grand-Orient, Benoît Maton et Jules Vallès, membre du Rite Ecos­sais. Le 8 février, Paris avait voté à gauche, envoyant à l'Assem­blée, avec Jules Favre, les frères Gambetta, Félix Pyat et... Gari­baldi, ancien Grand Commandeur Grand-Maître du Suprême Conseil Grand-Orient d'Italie séant à Palerme.

Maintenant c'est la Commune, et l'on va voir, comme toujours en ces périodes troublées, les frères opter politiquement suivant leur conscience et leurs convictions personnelles, en l'absence de toutes consignes des autorités maçonniques. Mais l'on verra aussi — fait exceptionnel dans notre histoire — de nombreux Maçons parisiens s'assembler spontanément, lancer des appels à la popu­lation, multiplier démarches et manifestations pour tenter d'arrê­ter l'effusion du sang entre Français.

Le clivage politique entre les frères se dessina quand le ter mars, à Bordeaux, l'Assemblée se prononça pour l'acceptation des conditions très dures du traité de paix. Parmi les 107 oppo­sants républicains figuraient les Maçons Emmanuel Arago, Louis Blanc, Benoît Malon, Félix Pyat, Gambetta, Rochefort, Arthur Ranc... Les cinq derniers nommés quittèrent l'Assemblée, Félix Pyat ex­pliquant ainsi sa décision à la tribune : « L'Assemblée est dissoute de droit par son vote ; je n'y rentrerai plus tant que votre parri­cide ne sera pas annulé. »

Le 26 mars sont élus les 90 membres de la Commune. Une quinzaine d'entre eux sont Maçons, parmi lesquels on retrouve Félix Pyat et Benoît Malon, et aussi les frères Tirard, Jourde, Beslay, Léo Meillet, Eudes, Jules Vallès, Ranvier, Gustave Mourens. Quand la Commune prend séance le frère Charles Beslay, doyen d'âge, définit ainsi son programme :

C'est par la liberté complète de la Commune que la Répu­blique va s'installer chez nous. Paix et Travail ! Voilà notre avenir, voilà la certitude de notre revanche et de notre régénération so­ciale. A la Commune tout ce qui est local, aux départements, tout ce qui est régional, au gouvernement tout ce qui est national... »

Un nouveau clivage se produit entre révolutionnaires et mo­dérés quand Jules Vallès demande que les députés membres de la Commune choisissent entre elle et l'Assemblée. Le frère Tirard choisit alors Versailles, les autres restent à Paris...

Et rien n'illustre mieux la parfaite neutralité politique de la Maçonnerie écossaise que la diversité des options de nos mem­bres, en tant que citoyens, au cours de cette crise.

Le Grand Commandeur Adolphe Crémieux, alors âgé de 76 ans, est dans sa propriété de Nîmes. Au nom du Suprême Conseil le Grand Orateur Malapert, avocat à Paris, a précisé par lettre aux frères et à la presse que les chefs du Rite ne donnaient aucune consigne à ses membres. Et tandis que Jules Simon reste au gou­vernement, et Henri Brisson à Versailles, les frères Elie May, Goupil, Eudes, Jules Vallès, Raspail, se voient confier par la Com­mune des fonctions importantes. Les trois derniers nommés sont membres de la Loge écossaise parisienne de la Justice, comme Arthur Ranc, qui adopte une position intermédiaire entre le parti de l'Ordre et la Révolution, comme le futur président du Conseil Charles Floquet, qui revient de Versailles à Paris et s'active à la tête des conciliateurs...

Aussi bien les frères les plus engagés dans l'action ne per­dent-ils pas de vue les principes d'humanité et de solidarité de leur Ordre. Au lendemain de l'insurrection du 18 mars Léo Meillet, membre de la Commune, sauve la vie au général Chanzy, prison­nier du Comité central. Il cache chez lui le député maçon de l'Aisne Edmond Turquet, qui lui rendra la pareille après l'entrée à Paris des Versaillais. A ce moment Jourde et Vallès protesteront — en vain — contre l'exécution des otages de la Commune.

L'intervention des Francs-Maçons parisiens entre la Commune et Versailles a été racontée maintes fois, avec plus ou moins d'exactitude. M. Pierre Chevallier a récemment fait à ce sujet une excellente mise au point (5) que nous allons suivre de très près.

Il a établi que l'initiative en fut prise par un atelier du Grand- Orient de France, la Loge française Les Disciples du Progrès, qui dès le 7 avril 1871, sous la présidence de son Vénérable Sauge, décidait « de tenter une démarche de conciliation auprès de la Commune, pour arrêter l'effusion du sang qui coule », et convo­quait tous les Vénérables du Rite à se réunir le lendemain au Grand-Orient pour en délibérer.

De cette réunion de Vénérables du 8 avril sortit le texte d'un Manifeste de la Franc-Maçonnerie dont les signataires, s'adressant à la fois au gouvernement et aux membres de l'Assemblée d'une part, aux membres de la Commune d'autre part, leur disait :

« Nous ne venons pas vous dicter un programme, nous nous en rapportons à votre sagesse ; nous vous disons simplement : Arrêtez l'effusion de ce sang précieux qui coule des deux côtés, et posez les bases d'une paix définitive qui soit l'aurore d'un ave­nir nouveau. »

Ce manifeste d'une inspiration généreuse et purement huma­nitaire était signé, à titre personnel, par les frères Montanier et Bécourt, membres du Conseil de l'Ordre, et treize Vénérables du Grand-Orient. Il fut unanimement approuvé le lendemain au cours d'une assemblée où étaient représentées la plupart des Loges parisiennes de cette obédience. On décida de faire remettre par délégués le Manifeste au gouvernement de Versailles et à la Com­mune de Paris, de l'afficher à quatre mille exemplaires, et de de­mander aux Loges des départements d'y adhérer.

Les jours suivants les réunions de Maçons se succédèrent rue Cadet. De nombreuses Loges du Rite Ecossais y sont main­tenant représentées et adhèrent au Manifeste, ainsi que la plupart des membres du Conseil de l'Ordre du Grand-Orient, son président Saint-Jean en tête.

Le 19 avril, lecture est donnée du rapport rédigé par Montanier au retour de la délégation qu'il a conduite à Versailles, et qui a été reçue le 11 par le frère ministre Jules Simon. L'entretien a porté notamment sur les franchises communales, la loi municipale ré­cemment votée par l'Assemblée de Versailles ayant dressé contre elle non seulement la Commune, mais la grande majorité des pari­siens. La délégation n'a rien obtenu. Un frère propose alors « qu'un programme politique, tracé par la Franc-Maçonnerie, soit nommé à l'appréciation des belligérants ». Montanier demande aussitôt si l'Ordre doit, oui ou non, faire de la politique, en faisant « pres­sentir la division des Francs-Maçons si l'on sort de la règle fonda­mentale ». Finalement, sans trancher la question, l'assemblée una­nime décide qu'une nouvelle délégation sera envoyée à Versailles.

Les membres en sont choisis le samedi 22 au matin. L'assem­blée accepte que l'accompagnent deux délégués de la Chambre syndicale du commerce. Le frère May, membre de la Commune et futur membre du Suprême Conseil écossais, propose « de nous rendre en corps, décorés, au-devant de la délégation, à son retour de Versailles pour apprendre la réponse du gouvernement » mais le président Saugé écarte cette première suggestion d'une mani­festation publique, qui sera reprise avec succès quelques jours plus tard.

M. Thiers reçut la délégation immédiatement « avec une poli­tesse froide à laquelle notre impartialité nous commande de ren­dre hommage », écriront les frères dans leur compte-rendu. Sur la demande d'un armistice pour permettre l'évacuation des popu­lations de Neuilly, des Ternes et de Sablonville, Thiers fut inflexi­ble, mais consentit à une suspension d'armes dont le général Ladmirault règlerait la durée. Sur l'épineux problème des fran­chises municipales, il se refusa catégoriquement tout amendement à la loi votée par l'Assemblée. Il reprocha ensuite aux « cent cin­quante mille neutres », c'est-à-dire aux Maçons « de n'avoir pas aidé le gouvernement à comprimer par la force ce qu'il appelle l'insurrection parisienne ». Comment aurions-nous pu, répondirent les frères, prendre les armes contre des citoyens ? Mais « donnez- nous seulement une bonne parole, laissez-nous l'assurance qu'il nous sera permis de nous concilier sur le terrain des franchises municipales, et nous nous efforcerons d'être les instruments de la pacification ». N'ayant pu obtenir cette bonne parole, les délé­gués demandèrent à Thiers s'il était donc résolu à sacrifier Paris. La réponse fut : « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. » Il promit seule­ment que tous les combattants qui poseraient les armes auraient la vie sauve.

Cette prise de position rigide allait influencer de façon déci­sive sur le comportement des frères qui s'étaient engagés dans l'ceuvre de la conciliation.

Une assemblée avait été convoquée pour le 24 au siège du Suprême Conseil, 35, rue Jean-Jacques-Rousseau, mais la salle dite de la Redoute apparut bientôt trop exiguë. A l'instigation de May, les frères se transportèrent au théâtre du Châtelet « en ordre, décorés et bannières en tête ». Le frère Hamel présenta le rapport de la délégation. La réponse du chef de l'exécutif annonçant le bombardement de Paris provoqua « un cri unanime de réproba­tion et d'indignation ». Le frère Ranvier, membre de la Commune, déclara : « Ce ne sont plus des supplications qu'il faut employer, mais faire un appel aux armes et marcher résolument sur Ver­sailles pour en finir. » Mais la plupart des frères entendaient rester sur le terrain des moyens maçonniques, demander en tout cas l'avis des Loges de province. Un membre de la délégation, le frère Baumann, proposa « l'intervention de la Franc-Maçonnerie qui se poserait entre les belligérants, tous les frères décorés et bannières déployées ». Finalement, l'on vota une résolution pro­testant contre le refus du gouvernement de Versailles d'accepter les franchises municipales de Paris, et déclarant que, « pour ob­tenir les franchises, [les Francs-Maçons] emploieront, à partir de ce jour, tous les moyens qui sont en leur pouvoir ».

Le texte improvisé paraissait assigner pour objectif à l'action entreprise non plus la cessation d'une lutte fratricide, mais la réforme de la récente loi municipale. C'était évidemment parce qu'à l'audition du rapport de Hamel il était apparu que le texte de cette loi était l'obstacle majeur à la conciliation. La résolution ne s'en écartait pas moins de la règle maçonnique, ce qui amena très vite Montanier, Hamel, Baumann et d'autres à se retirer du mouvement.

Le 26 avril une nouvelle assemblée générale se tint au Châ­telet. Elle était toujours présidée par Saugé, mais l'office d'ora­teur était tenu par Charles Floquet, et les travaux furent ouverts au Rite Ecossais. La séance fut dominée par l'éloquente interven­tion d'un autre membre de ce Rite, le frère Thirifocq, ancien Véné­rable de la Jérusalem écossaise, qui au sein des commissions chargées de préparer la réunion des Règlements de son obédience avait ardemment défendu la cause du Grand Architecte de l'Univers. « Peignant le rôle de Paris dans la civilisation universelle, il sou­tient que l'existence de la Liberté dans le monde dépendra du succès que l'idée libérale obtiendra dans la lutte actuelle. Paris (s'écrie-t-il) est à l'égard du monde ce que le monde maçonnique est à l'égard du monde profane. L'un et l'autre projettent la lu­mière ; supprimez-les, et les ténèbres se feront... Nous avons le moyen d'empêcher un crime pareil : c'est de défendre la Com­mune par tous les moyens possibles. » Et de conclure : « Il faut dire à Versailles qui si dans les quanrante-huit heures on n'a pas pris une résolution tendant à la pacification, on plantera les dra­peaux maçonniques sur les remparts, et que si un seul est troué par un boulet ou par une balle, nous courrons tous aux armes pour venger cette profanation. »

Appelé comme Orateur à se prononcer sur cette proposition, Floquet rappelle que, député de Paris, il a donné sa démission lors du premier bombardement, ne voulant pas continuer à faire partie d'une assemblée « qui fait brûler la ville qu'il représente ». Mais si, à ses yeux, les aspirations de Paris sont légitimes, il se prononce contre le recours aux armes, et il persiste à suivre la voie de la conciliation. Prendre les armes est un acte politique, et il est inutile de faire le jeu des Prussiens.

Entre les attitudes préconisées, en leur âme et conscience, par les deux Ecossais, l'assemblée est déchirée. Le président Saugé demande qu'elle se prononce à propos des bannières à planter sur les remparts, et Floquet propose une résolution ainsi conçue : « L'assemblée des Francs-Maçons réunie au Châtelet, émet le vœu que les Loges veuillent bien porter leurs bannières sur les remparts comme signe de protestation... » Mais le tumulte devient général, et Saugé doit clore les travaux.

Après la clôture, cependant, un frère propose une réunion générale pour le dimanche suivant, dans la cour du Louvre. Il est acclamé, et une délégation se rend aussitôt à l'Hôtel de Ville, bannière en tête, pour faire part de ce projet de manifestation publique. Les membres de la Commune descendent dans la cour pour la recevoir. Jules Vallès remercie les députés, remet son écharpe rouge à Thirifocq ; on l'attache à la bannière, et une délé­gation de la Commune reconduit les frères rue Cadet.

Le 28 se tient une dernière réunion des Vénérables du Grand- Orient. Sur la proposition de Montanier, elle décide à la faible ma­jorité de huit voix contre six de faire placarder dans la nuit, dans la cour du Louvre, des affiches pour contremander la manifesta­tion publique et la sortie des bannières. Le lendemain 29, au ma­tin, le Conseil de l'Ordre désavoue à son tour la manifestation et les assemblées du Châtelet, par une note remise à la presse.

Mais les dés sont jetés. La veille, la Commune a fait porter rue Cadet une décision ainsi conçue :

« TT\ CC\ FF\,

La Commune de Paris a l'honneur de vous faire part que demain samedi, la Commune en Corps ira vous prendre au Louvre pour la réception officielle à l'Hôtel de Ville.

Toutes les dispositions sont prises pour que la réception soit à hauteur de votre mission. »

Aussi bien soixante-seize Loges des départements ont-elles, entre temps, donné leur adhésion au Manifeste.

Le 29 avril donc, dès huit heures du matin, s'assemblent dans la cour du Louvre d'importantes délégations de la plupart des Loges de Paris et de la banlieue, avec leurs bannières. A dix heures et demie, arrivent cinq membres de la Commune désignés par le sort, parmi lesquels Félix Pyat, Jean-Baptiste Clément, l'auteur du Temps des Cerises, et celui de l'internationale, Eugène Pottier. Musique en tête, le cortège se rend à l'Hôtel de Ville. Du haut de l'escalier d'honneur Félix Pyat harangue ses frères, disant :

« Aux hommes de Versailles, vous allez tendre une main désarmée, mais pour un moment — et nous, les mandataires du peuple et les défenseurs de ses droits, nous les élus du vote, nous voulons nous joindre à vous tous, les élus de l'épreuve, dans cet acte fraternel. »

Léo Meillet leur remet « un beau drapeau rouge frangé d'or », le drapeau de la Commune, pour qu'ils le placent « au-devant de leurs bannières et devant les balles homicides de Versailles ». C'est le Vénérable Thirifocq « vieillard à la barbe blanche », qui le prend en main « gage d'union indissoluble entre la Franc- Maçonnerie, non seulement de Paris, mais du monde entier et la Commune ».

Le cortège se met en marche aux accents de la Marseillaise. Il est fort de « cinq ou six mille hommes graves et recueillis », appartenant pour la plupart à l'élite de la population ouvrière. Il se rend d'abord en pélerinage à la Bastille, puis se dirige en bon ordre vers le pont de Neuilly par les boulevards et le Faubourg Saint-Honoré. La foule étonnée l'acclame aux cris de « Vive la Commune », mais surtout de « Vive la République ».

A l'arrivée des délégués en vue des lignes versaillaises, le tir s'arrêta. Au pont de Neuilly, Thirifocq et deux autres frères furent conduits auprès du commandant du secteur, le général Montaudon, qui était lui-même Franc-Maçon. Celui-ci leur déclara qu'il avait pris sur lui d'ordonner un cessez-le-feu, mais qu'il ne

IT. pouvait accorder une bien longue trève sans l'accord du gouver­nement. Les frères Thirifocq et Fabreguette se rendirent alors à Versailles auprès de M. Thiers, tandis que les porte-bannières passaient la nuit auprès de leurs étendards, plantés de cent mè­tres en cent mètres aux portes de Paris.

Le dimanche 30 avril, à six heures du matin, Thirifocq et Fabreguette revenaient de Versailles, n'ayant rien obtenu. Le feu reprit entre les deux camps en fin de journée, et plusieurs des bannières restées sur les remparts furent trouées par les balles.

Le ter mai, dans le Cri du peuple, Jules Vallès publiait sous le titre Les Maçons aux remparts un article où il appréciait en ces termes l'ultime tentative d'une partie des frères parisiens pour mettre fin à l'effusion du sang :

« En sortant de ses ateliers mystiques pour porter sur la place publique son étendard de paix, qui défie la force, en affir­mant en plein soleil les idées dont elle gardait les symboles dans l'ombre depuis des siècles, la Franc-Maçonnerie a réuni au nom de la Fraternité la bourgeoisie laborieuse et le prolétariat héroï­que... Merci à elle. Elle a bien mérité de la République et de la Révolution. »

Le même jour, cependant, le Grand Orateur du Suprême Conseil Malapert protestait — à bon droit — dans une lettre aux journaux que le Rite écossais ne pouvait être engagé par « toutes résolutions arrêtées en dehors de la Grande Loge centrale ».

Le Grand-Orient alla beaucoup plus loin. Dès le 29 mai, au lendemain de la sanglante victoire de Versailles, une circulaire du Conseil de l'Ordre condamnait « absolument les manifestations auxquelles s'est livré ce groupe de Francs-Maçons, ou soi-disant tels, recrutés pour la plupart on ne sait où, et dont la majeure partie, nous sommes heureux de le constater, n'appartenaient pas à l'obédience du Grand-Orient ». (Cette dernière allégation est pour le moins invraisemblable.) Le ter août enfin, le Grand-Maître Babaud­Laribière, que la République avait nommé Préfet de la Charente, écrivait à son tour aux ateliers du Grand-Orient

« La Franc-Maçonnerie est restée parfaitement étrangère à la criminelle sédition qui a épouvanté l'univers, en couvrant Paris de sang et de ruines ; et si quelques hommes indignes du nom de Maçons ont pu tenter de transformer notre bannière pacifique en drapeau de guerre civile, le Grand-Orient les répudie comme ayant manqué à leurs devoirs les plus sacrés... »

Cent ans plus tard, le 24 avril 1971, plus de trois mille Francs- Maçons parisiens du Grand-Orient de France n'en devaient pas moins — le recul de l'histoire aidant — défiler silencieusement devant le Mur des Fédérés, en présence des dignitaires de l'obé­dience. Et le soir, rue Cadet, leur Grand-Maître Jacques Mitterrand honorait dans une cérémonie anniversaire la Commune de Paris, et saluait ses morts.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

La Franc Maçonnerie Ecossaise Du coup d’Etat à l’année terrible

1 Janvier 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #histoire de la FM

Le Second Empire a été une période décisive dans l'histoire de la Franc-Maçonnerie française. Dans les dernières années du règne les Loges allaient pour la plupart s'engager, pour longtemps, dans des voies nouvelles. Dans l'esprit de nombreux Frères la défense des libertés — liberté de conscience et libertés politiques —, le culte de la raison et du progrès scientifiques allaient rejeter au second plan la religiosité d'antan, l'attachement aux symboles et aux rites traditionnels. Cette mutation, dont les premiers pro­dromes étaient apparus dès la Restauration, s'accomplit par l'effet de causes multiples, que pour la clarté de l'exposé on analysera tour à tour : politique du pouvoir issu du Coup d'Etat, durcisse­ment de l'attitude de la hiérarchie catholique, progrès dans l'opinion française de la philosophie positiviste.

LA FRANC-MAÇONNERIE ET L'ETAT DE 1851 A 1870

A) L'Empire autoritaire et le Grand Orient.

On se rappelle que sitôt après le Deux Décembre le Grand Orient de France unanime avait offert au prince Lucien Murat, cousin germain de Louis-Napoléon, la Grande Maîtrise vacante

depuis qu'en 1814 il avait hâtivement « démissionné » d'office de cette charge le roi Joseph.

Le Prince Président avait confié l'Intérieur à son fidèle compagnon Victor Fialin, le futur duc de Persigny, qui était Maçon. Dès le 25 mai 1852, dans une circulaire aux Préfets, Fialin s'em­ployait à rassurer les Frères sur les dispositions du pouvoir envers l'Ordre ; il déclarait compter sur son nouveau chef pour ramener à la règle les Loges « égarées », l'autorité publique ne devant intervenir qu'en dernier ressort. Aussitôt Murat lui faisait écho, en rappelant aux Maçons du Grand Orient son devoir « de frapper sévèrement tous ceux qui mettraient en danger par une conduite contraire à nos règlements l'existence de notre Ordre tout entier ». Bref, chaussant les bottes de son oncle, le Prince Président ne demandait qu'à protéger la Maçonnerie, par napo­léonide interposé, pourvu qu'elle se cantonnât dans des activités purement philanthropiques.

Mais on n'était plus en 1804, et Lucien Murat n'était pas Cambacérès.

On a dit quels profonds échos les idéaux humanitaires de la Révolution de février avaient naguère éveillés dans les Loges.

Après le Deux Décembre, nombre de Maçons avaient été proscrits en tant que républicains ; aussi les avances de Persigny furent-elles généralement accueillies avec défiance. Au sein du Grand Orient, le malaise s'aggrava rapidement devant l'autorita­risme et les initiatives souvent discutables du Grand Maître : telles la révocation du chef du secrétariat Hubert, un Frère uni­versellement estimé, ou l'acquisition de l'hôtel de Richelieu, rue Cadet, qui allait pour longtemps obérer les finances. Mais sur­tout Muiat s'était mis en tête de réformer les Constitutions que l'obédience s'était données en 1849. Conformément aux tradi­tions de la Maçonnerie symbolique, celles-ci réunissaient tous les pouvoirs entre les mains du Grand Orient, c'est-à-dire des Vénérables ou Députés des ateliers ; le pouvoir législatif était exercé directement par l'Assemblée générale, l'administration confiée à des chambres créées dans son sein, le pouvoir exécutif délégué au Grand Maître assisté d'un Conseil. Or Murat vint à bout de faire voter par un Convent constituant, en octobre 1854. un article aux termes duquel le Grand Maître devenait « le chef suprême de l'Ordre..., le pouvoir exécutif, administratif et diri­geant ».

Ce devait être une victoire à la Pyrrhus. Déjà de nombreux ateliers, réfractaires à la mainmise du gouvernement sur l'obé­dience, avaient cessé de se réunir ou de cotiser au Grand Orient, et dès avril 1855 le nouveau Conseil du Grand Maître devait en suspendre 74 pour ces motifs. D'autre part, pour accéder au pou­voir suprême, Murat avait dû accepter que le Grand Maître fut désormais élu non plus à vie, mais pour sept ans.

Son septennat devait donc prendre fin le 30 octobre 1861. Le Grand Orient ne comptait plus alors que 175 loges en activité, cent de moins qu'en 1852 ; et l'absolutisme du Grand Maître, son obstination à réduire l'Ordre au rang d'une simple société de secours mutuels, suscitaient une opposition croissante. Un inci­dent étranger à la Franc-Maçonnerie allait mettre le feu aux poudres. Le ter mars 1861, au Sénat, Murat se prononçait ouver­tement en faveur du pouvoir temporel du Pape. C'était son droit ; mais c'était aussi le droit du Grand Orient de se donner un Grand Maître dont les conceptions fussent mieux en harmonie avec celles de ses membres et de l'opinion libérale, généralement acquise à la cause de l'unité italienne : par exemple le prince Jérôme- Napoléon, le populaire Plonplon. Peu avant le convent convoqué pour le 20 mai 1861, le traditionaliste Journal des Initiés du Frère Riche-Gardon préconisait en ces termes la candidature de ce dernier :

« Elire pour Grand Maître le prince Napoléon, qui soutient dans les pouvoirs de l'Etat les principes les plus rapprochés de ceux de notre sainte institution ; ou élire le prince Murat, lequel s'est déclaré itérativement pour un pouvoir qui fait mettre les Francs-Maçons aux galères, partout où son influence peut l'obte­nir : voilà l'alternative. »

Murat n'hésite pas à suspendre aussitôt Riche-Gardon, la loge dont il était le Vénérable, et d'autres Frères coupables de lui préférer un autre candidat. Dès l'ouverture du Convent il apparut qu'il avait fait la quasi-unanimité contre lui, et l'on décida de commencer par élire le futur Grand Maître. Murat suspendit l'Assemblée et fit appel à la police ; les députés passèrent outre, et Jérôme-Napoléon fut élu à une majorité écrasante. Murat osa annuler le vote, et le 23 mai fit reporter l'élection à fin octobre... par arrêté du Préfet de Police ! Le 10 octobre, un nouvel arrêté préfectoral la renvoyait au printemps suivant.

Une délégation alla aussitôt protester auprès de Persigny. Elle fut bien accueillie ; et le 16 une circulaire ministérielle invi­tait les Loges à solliciter du gouvernement leur reconnaissance et une autorisation officielle, les Préfets à les autoriser sans délai et à les protéger, au même titre que les conférences de Saint- Vincent de Paul et d'autres sociétés catholiques.

Murat cependant réussit encore à faire entériner par Persigny la nomination de cinq Grands Conservateurs, chargés par lui d'assurer l'intérim de la Grande Maîtrise après l'expiration de son septennat. Or cette mission revenait statutairement au Conseil du Grand Maître, qui principalement composé de membres élus par le Convent refusa de s'incliner et protesta derechef. Persigny jugea alors à bon droit qu'une telle situation, apparemment issue d'une compétition entre deux princes de la famille impériale, ne pouvait s'éterniser sans scandale. Il y mit fin par une initiative inouïe — mais bien dans la manière de l'Empire autoritaire —, en faisant signer par l'Empereur, le 11 janvier 1862, le décret que voici :

« Article 1 — Le Grand Maître de l'Ordre maçonnique en France, jusqu'ici élu pour trois ans (sic) en vertu des statuts de l'Ordre, est nommé directement par nous pour la même période.

« Article 2. — Son Excellence le maréchal Magnan est nommé Grand Maître du Grand Orient de France. »

Magnan, qui n'était pas Maçon, se vit conférer le jour même les 33 degrés de l'Ecossisme. Deux loges seulement refusèrent de se soumettre à son autorité ; et Riche-Gardon lui-même, tout en publiant une « Manifestation pour réserver les droits sécu­laires de l'initiation maçonnique en présence du décret impérial... », ne voulut voir en celui-ci qu' « une erreur toute de bienveillante sollicitude ». Une fois éliminé l'impopulaire Murat, la mainmise du gouvernement sur un Grand Orient à la vérité amoindri parais­sait donc plus assurée que jamais...

B) Le Rite Ecossais sous l'Empire autoritaire.

D'une telle emprise le Suprême Conseil avait su jusque-là préserver les ateliers de son obédience, en veillant, comme il l'avait toujours fait, à ce qu'ils ne se mêlassent point de politique, et en adoptant quant à lui une attitude réservée, mais courtoise, à l'égard de pouvoir civil : c'est ainsi qu'en 1858, à la suite de l'attentat d'Orsini, il avait adressé au ministre de l'Intérieur 300 F pour l'Asile impérial de Vincennes, et autant pour l'Orphelinat du Prince impérial... Et il ne semble pas qu'en dix ans il eut été amené à prendre d'autres sanctions que la suspension « pour trois lunes », en avril 1855, de la loge écossaise parisienne consti­tuée deux ans plus tôt sous le titre distinctif de Saint Vincent de Paul. Surtout préoccupé de bienfaisance et de questions propre­ment maçonniques — révision du rituel du 18° Degré, réglemen­tation des loges d'adoption — le Rite avait pendant toute cette période étendu — on y reviendra;— ses relations internationales, et poursuivi la croissance régulière amorcée sous le règne de Louis-Philippe : constituant en dix ans seize nouveaux ateliers à Paris, dix-sept en province, trois dans les possessions françaises d'Outre-Mer, et sept en divers pays étrangers. Quand le sage et libéral duc Decazes, Grand Commandeur depuis 1838, s'était éteint en octobre 1860, son Lieutenant l'académicien Viennet, légitimiste et voltairien, lui avait succédé de plein droit, lui-même remplacé par le Frère Guiffrey qui était, selon le Journal des Initiés (3), « le type bien rare du catholique sincèrement libéral », marguillier de sa paroisse et président d'une conférence de Saint-Vincent de Paul... Bref, sous l'Empire autoritaire, l'obédience écossaise avait réussi, en se tenant à distance du pouvoir et de la politique, à vivre en paix et à se développer harmonieusement : c'est ce que Viennet constatait à la fête de la Saint-Jean d'hiver de 1861. Aussi bien le Préfet de Police venait-il de lui confier « que le gouverne­ment avait décidé de laisser aller le Rite Ecossais tant qu'il serait de ce monde, et qu'après cela on aviserait ». Il est vrai que Viennet était alors âgé de quatre-vingt-sept ans... Mais ce solide langue­docien, ancien officier de cavalerie, homme de caractère, n'avait rien perdu de sa combativité ni de son habileté tactique. Il allait lui être donné d'en administrer la preuve, en consolidant défini­tivement l'indépendance du Rite en France.

* * *

On se rappelle que par son décret du 11 janvier 1862 l'Empe­reur se réservait la nomination « du Grand Maître de l'Ordre maçonnique en France », puis nommait le maréchal Magnan Grand Maître « du Grand Orient de France ».

Dès le 1 er février Magnan, s'appuyant sur l'article ter, ordon­nait aux Loges Ecossaises de l'obédience du Suprême Conseil de se réunir à celles du Grand Orient. Viennet répondit aussitôt : « Que l'Empereur explique son décret suivant vos désirs, je me démets à l'instant de mes fonctions... mais tant qu'il restera un Maçon du trente-troisième degré, il deviendra le chef de l'Ordre... En définitive l'autorité publique aura seule le pouvoir d'inter­rompre cette succession. Alors la soumission sera immédiate, car nos statuts nous imposent l'obligation de nous soumettre. »

Les choses en restèrent là pour un temps. Mais au cours d'une audience que Viennet avait sollicitée en sa qualité de directeur de l'Académie française, Napoléon III lui témoigna son désir d'une fusion entre les deux obédiences. Viennet répondit intrépidement que les Constitutions du Rite s'y opposaient, mais que l'Empereur avait le pouvoir d'en prononcer la disso­lution. Sa Majesté « eut la bonté de ne pas agréer ce moyen, en ajoutant qu'elle préférait une fusion. »

Le 30 avril, Magnan adressait par-dessus la tête de l'intrai­table vieillard une circulaire « aux Vénérables et Présidents d'Ateliers de l'ex-Suprême Conseil » (sic), en indiquant que la fusion serait un fait accompli le 8 juin.

Viennet répliqua le 14 mai par une circulaire circonstanciée aux ateliers du Rite, qui fut contresignée par tous les membres du Suprême Conseil. Le 23, Magnan lui communiquait un décret par lequel il prononçait lui-même la dissolution de celui-ci. Le 25, Viennet répondait en ces termes, dont M. Chevallier note à bon droit l'imperatoria brevitas

« Monsieur le Maréchal,

Vous me sommez, pour la troisième fois, de reconnaître votre autorité maçonnique, et cette dernière sommation est accom­pagnée d'un décret qui prétend dissoudre le Suprême Conseil du Rite Ecoss.. Anc,.. et Acc... Je vous déclare que je ne me rendrai pas à votre appel et que je regarde votre arrêté comme non avenu [...]. L'Empereur seul a le pouvoir de disposer de nous. Si Sa Majesté croit devoir nous dissoudre, je me soumettrai sans protestation ; mais comme aucune loi ne nous oblige d'être Maç.. malgré nous, je me permettrai de me soustraire, pour mon compte, à votre domination. »

Dès le lendemain la Grande Loge Centrale du Rite approuvait son attitude et celle du Suprême Conseil. Le Grand Orateur Genevay avait « ajouté quelques chaleureuses paroles en faveur de la Liberté de conscience menacée par les prétentions du maréchal Magnan ». « Cette discussion, observait-il, va plus loin que la Franc-Maçonnerie ! » Et de noter que le Temps, la Presse,. le Siècle, l'Opinion nationale et la Gazette de France avaient mani­festé leur sympathie au Suprême Conseil.

Au sein même du Grand Orient plusieurs trouvaient que le maréchal avait été trop loin, et l'on parla de démission. Au cours de la réunion tenue le 3 juin par le Conseil du Grand Maître, Magnan refusa pourtant de se retirer ; mais il reconnaît l'échec de ses tentatives pour annexer les loges de l'obédience du Suprême Conseil, et aussi celles du Rite de Misraïm, qui lui avait répondu à peu près dans les mêmes termes que Viennet.

C) La libéralisation de l'Empire

Bien meilleur diplomate que Murat, Magnan dès son instal­lation avait su se faire pardonner l'irrégularité de sa désignation en annulant toutes les sanctions prononcées par son prédéces­seur, en protestant de sa volonté d'être « un Grand Maître très constitutionnel..., bienveillant, affectueux pour tous, et, en un mot, un véritable Maçon ». Il devait tenir sa promesse de faire rentrer les Frères du Grand Orient « dans tous leurs droits ».

Dès juin 1862 l' « Assemblée législative » révisait les Consti­tutions autoritaires de 1854 en confiant les pouvoirs d'administration et de contrôle à un Conseil de l'Ordre de 33 membres, tous élus. Magnan avait déclaré que ce serait faire de lui « un Grand Maître fainéant », mais qu'il se soumettrait à la décision de la majorité.

L'année suivant Magnan, autorisé par le Conseil de l'Ordre, demandait la reconnaissance du Grand Orient comme association d'utilité publique. En lui conférant la personnalité civile, cette reconnaissance eût permis à l'obédience de contracter un emprunt qui eût assaini sa situation financière, obérée par l'achat de l'hôtel de la rue Cadet. Le gouvernement ne demandait qu'à l'accorder, jouant ainsi un bon tour à plusieurs oeuvres catho­liques. Mais au dernier moment la demande fut retirée par Magnan à la suite d'un vote hostile du Convent, peu soucieux de sou­mettre l'Ordre à la tutelle légale du gouvernement.

En 1864 enfin le maréchal obtint de l'Empereur qu'il rendît à l'Assemblée du Grand Orient son droit séculaire d'élire le Grand Maître. Le Convent, reconnaissant, le confirme aussitôt dans son office à l'unanimité moins trois voix.

De ce jour le pouvoir impérial, — dont la politique générale prenait alors une orientation plus libérale — cessa pratiquement de s'immiscer dans la vie des loges et des obédiences. C'est d'ailleurs qu'allaient venir les orages.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

"Les Origines de l'implantation du REAA en France"

30 Décembre 2012 , Rédigé par Christian Gras Publié dans #histoire de la FM

Les historiens sont toujours un peu mal à l’aise dans ce genre de réunions, parce qu’on les invite à des commémorations, on les invite à exalter les mythes fondateurs mais le rôle des historiens, c’est du moins comme cela que je l’entends est plutôt d’égratigner les mythes fondateurs. Alors si au passage, j’égratigne, ne m’en veuillez pas, c’est en quelque sorte une partie de mon métier. Ce texte dont nous fêtons le bicentenaire, c’est le texte du concordat, c’est un texte très administratif, ennuyeux à lire. Mais c’est un texte décisif dans la mesure où il va marquer sinon l’introduction du R\E\A\A\en France, ce qui a déjà été évoqué, du moins son implantation quasi définitive mais surtout sa reconnaissance par le Grand Orient de France. Grosso modo c’est un texte qui préfigure l’organisation que nous connaissons c’est à dire les 3 premiers degrés régis par le Grand Orient de France, les autres, jusqu’au 33ème, étant régis par les organismes écossais. L’organisation de tout ceci a été laborieuse, l’enfantement a été véritablement douloureux, laborieux, et si’il n’y avait pas eu les travaux d’André Doré d’une part, et de Pierre Mollier d’autre part, j’aurais été incapable de comprendre l’ensemble de l’opération. A Vrai dire, je crois avoir mis de l’ordre dans la chose, je ne suis pas sûr d’être tout à fait dans la vérité, mais voilà la vérité telle que je crois quelle s’est passée.

Il y a deux étapes dans toute cette affaire. La première est la crise des années 1802 – 1804 et la deuxième est la réconciliation forcée de l’année 1804. Alors commençons par le bouillonnement des années 1802 – 1804. Vous savez tous que la maçonnerie d’ancien régime était une franc maçonnerie nombreuse, très influente, si influente qu’une partie des royalistes, notamment les royalistes émigrés ont soutenu la thèse du complot maçonnique. L’abbé Barruel en tête, est un des grands auteurs qui a écrit sur la question. Pour ces gens là, c’est le complot des francs maçons, le complot maçonnique qui a organisé et déclenché la révolution française. Les historiens ont balayé depuis longtemps ces plaisanteries et d’ailleurs, la tourmente révolutionnaire a quasiment balayé la franc maçonnerie, notre frère nous a expliqué quels ont été les malheurs des écossais de Marseille : des exécutions, des noyades pendant des fuites, des disparitions, etc… donc on voit bien que ces gens là n’avaient pas organisé la révolution, bien au contraire, puisque leur milieu social d’origine est loin d’être jacobin ou sans culotte. Le résultat, c’est qu’en 1796 en France, il n’y a plus que 18 loges au total qui se réunissent à peu près régulièrement et encore, je dis bien à peu près. C’est seulement en fin de siècle quand la politique s’est apaisée, quand on est passé de la révolution à la civilisation puis à quelque chose qui ressemble fort à une contre révolution, c’est seulement en fin de siècle que la franc maçonnerie française se réorganise. D’abord la Grand Loge de Clermont s’est réunifié avec le Grand Orient de France, ensuite pour les hauts grades, chaque loge de quelque importance s’est dotée d’un chapitre qui lui est intimement lié, puisque les membres de la loge et les seuls membres de la loge peuvent être membres du chapitre. Finalement le chapitre, c’est l’atelier supérieur de la loge. On passe de l’un à l’autre de façon régulière, sinon à l’ancienneté au moins à la notoriété et par la cooptation. A Paris existe un Chapitre Général de France qui regroupe, rassemble, essaie de coordonner l’action des différents chapitres.

En 1802, dans cette atmosphère qui semble apaisée ou en cours d’apaisement, le frère Abraham d’une loge parisienne « les Elèves de Minerve », publie un texte qui est une sorte de brûlot très véhément qui commence par les mots : »Israël, Israël, revient au Seigneur ». On l’a compris, dans la pensée d’Abraham, Israël est la franc maçonnerie et le Seigneur, c’est l’écossisme. Alors que dit Abraham ? D’abord il affirme bien haut et bien fort sa fidélité au Grand Orient de France. Il dit tout de même que le Grand Orient de France veut liquider le rite écossais entre guillemets (il faut employer beaucoup de guillemets dans cette affaire). Il veut liquider le rite écossais au moment même où ce rite écossais est en train de renaître grâce à des frères, grâce à un certain nombre de loges qui, dit-il, ont cru étendre leurs lumières sans remonter à la source des connaissances maçonniques, les ont trouvées dans l’écossisme. Qu’est ce que cet écossisme ? Qu’entend il par écossisme ? C’est extrêmement difficile à dire .Il y a une grande confusion au niveau des mots, au niveau des concepts. Evidemment, quand les mots et les concepts sont confus, le résultat est d’une confusion totale. De quoi peut on être surs ? Avant tout, quand ces gens là parlent d’écossisme, il s’agit bien, au départ, des hauts grades, ce sont les hauts grades qui sont concernés. Avec une totale sincérité, ils ont une double conviction profonde.

La première, c’est que la source originelle de la franc maçonnerie vient d’Ecosse. Tout vient d’Ecosse. La deuxième, c’est que par conséquent, il ne faut pas s’éloigner de l’Ecosse, il faut sans cesse revenir à l’Ecosse, à l’écossais, à l’écossisme. Par conséquent, revenons sans cesse au système écossais, au système de la Mère Loge Ecossaise de Marseille dont on vient de parler, autour de 1760 les trois grades bleus, plus quatre grades supérieurs (Maître Parfait, l’Elu, l’Ecossais, le Chevalier d’Orient). Pour la majorité de ces amateurs d’Ecosse, l’essentiel est d’avoir un grade, de porter un titre où figure le mot écossais, Sans trop se préoccuper du contenu. Pierre Mollier dit de façon très plaisante : « tout le monde veut être écossais de ceci ou de cela », ce qui est une formule tout à fait amusante mais très caractéristique. Il a relevé qu’au gré des lieux, au gré des endroits, des loges, il y a au moins 22 loges qui portent dans leur titulature le nom écossais. Il en cite un certain nombre : Petit Ecossais, Ecossais des Trois Points, Ecossais de Clermont, Ecossais Trinitaire, Sublime Ecossais, Grand Ecossais, (il n’y a pas de Moyen Ecossais…) Enfin il y a 22 grades d’écossais dans la nature. Le Grand Orient, sans doute un peu décontenancé par cette attaque d’Abraham, va répondre qu’il a le plus grand respect pour l’écossisme, qu’il est tout à fait prêt à faire les adaptations nécessaires pour que tout le monde se sente bien dans son sein, qu’il est prêt à discuter mais que tout de même, il faut bien mettre un peu d’ordre dans ce qu’il appelle le désordre, le chaos écossais. Rien n’y fait. Ceux que j’appellerai par commodité les écossais d’Abraham pour les distinguer du deuxième groupe qui interviendra ensuite, organisent en août 1802 une assemblée générale dont le prétexte est la remise en activité de la loge Saint Alexandre d’Ecosse. Assemblé Générale, c’est beaucoup dire. Ils ne sont pas plus de 5 ou 6, ils n’arrivent même pas à ouvrir les travaux, ce qui est très gênant et donne une idée de la faiblesse numérique de départ. Très laborieusement, ils vont arriver à entraîner autour d’eux la loge Parisienne du frère Abraham, « les Elèves de Minerve », puis une loge de Douai qui depuis longtemps, avait des contacts fréquents avec « les Elèves de Minerve », qui s’appelle « la Parfaite Union », deux loges parisienne dont notamment « la Réunion des Etrangers ». Ceci n’est pas négligeable car cette loge a une certaine notoriété dans le milieu maçonnique parisien.

Comme la querelle ne s’apaise pas, au contraire, le Grand Orient décide de prendre des sanctions. En réalité, il se rend compte que derrière cet amour immodéré de l’Ecosse, apparaît une menace. Il craint que les amis d’Abraham ne veuillent battre en brèche son autorité sur les hauts grades. Par conséquent il annonce qu’il va déclarer irrégulières les loges qui trempent dans cette affaire. Il frappe d’abord celles qui est le plus en vue : La Réunion des Etrangers et passe ensuite aux Enfants de Minerve. Rien n’y faisant, le Grand Orient va utiliser ce qu’il a toujours considéré comme son arme suprême : le maîtrise des locaux. Quand vous interdisez à quelqu’un de venir dans votre local, vous l’obligez à s’installer ailleurs avec tous les frais et les complications que ceci entraîne. Bref, c’est la bombe atomique du Grand Orient. Les écossais rebelles en sont réduits, pour leurs réunions, à louer la cave d’un restaurant qui se trouve à Paris rue Poissonnière. A ce niveau de la querelle, vous imaginez la disproportion des forces, d’un coté, ceux que j’appellerai plaisamment les écossais de la cave à vin, et de l’autre la grande puissance renaissante qui est le Grand Orient de France. Apparemment, l’issue ne fait aucun doute. A ce moment là deux évènements de sens contraire vont intervenir, qui vont d’abord envenimer puis clore définitivement la querelle. D’une part, il y a l’irruption de ceux que j’appellerai les américains, je m’expliquerai là dessus, qu’il faudrait en fait appeler les anciens d’Amérique, qui viennent renforcer puis supplanter les premiers rebelles. D’autre part, l’intervention de l’autorité impériale qui impose à tout le monde une réconciliation rapide. C’est donc l’année 1804 et l’irruption des américains. Alors, avec les américains ressurgit une querelle qui est celle des anciens et des modernes qui n’est pas dans mon propos. Manifestement elle est la derrière, sous jacente, elle a sérieusement agité le milieu maçonnique français au XVIIIème mais surtout elle a agité énormément les milieux maçonniques anglais et américains. Quand on parle des américains, il ne s’agit évidemment pas d’une sorte d’impérialisme maçonnique des 13 états d’Amérique. Il s’agit en réalité des suites de l’indépendance en 1803 de l’île de Saint Domingue, actuellement Haïti et la République Dominicaine. Saint Domingue était une colonie française et la vie maçonnique y était tout à fait importante, tout à fait intense. Les planteurs et les aristocrates blancs de l’île durent fuir devant la révolte noire. Une partie d’entre eux sont passés soit en Pennsylvanie, soit en Caroline du Sud. Pourquoi si près ? parce qu’ils sont persuadés que les choses vont se tasser et qu’ils pourront retourner dans l’île. Par conséquent, ils ne s’éloignent pas trop dans l’espoir de venir récupérer un jour leurs terres, leurs biens, leurs esclaves. En 1804……

…..Les américains, c’est en quelque sorte les anciens maçons de Saint Domingue. Ils sont relativement nombreux, et comme ils se concentrent à Paris, ils vont pouvoir créer deux loges : La Triple Unité et le Phénix. Le mot de Phénix est très caractéristique. C’est quelque part, un jour, le Saint Domingue de papa renaîtra. Ces américains ont une très grande expérience maçonnique à la fois dans le temps et dans l’espace. Certains d’entre eux ont déjà été initiés en France, avant la révolution. Le plus flamboyant dont on parlera sans cesse est Grasse Tilly. Il a été initié en 1783 alors qu’il avait 19 ans. Ils ont donc le souvenir de la tradition de la vieille maçonnerie de l’ancien régime. A Saint Domingue même, ils ont pratiqué dans les grades bleus, le rite des anciens ou ancien et accepté, directement importé des Etats d’Amérique. Dans les hauts grades, ils ont pratiqué à Saint Domingue le Rite de Perfection avec une vingtaine de grades (ou de degrés). Arrivés aux Etats-Unis d’Amérique, ils ont retrouvé les grades auxquels ils étaient déjà habitués, dans les loges, ils ont retrouvés des gens qui étaient du même groupe social qu’eux, il s’agit bien d’aristocrates, planteurs, propriétaires d’esclaves. La seule différence qui est évidemment importante c’est que eux sont ruinés alors que ceux qui sont aux Etats Unis ont conservé tous leurs biens. C’est la même catégorie sociale, la même forme de penser. Ils n’ont donc aucune peine à s’insérer dans la vie maçonnique américaine et même à y briller. Grasse Tilly, toujours lui, va devenir Grand Maître des Cérémonies de la Grande Loge des Anciens de Caroline du Sud laquelle pratique une maçonnerie à 33 degrés.

De retour en France, ces gens là sont accueilli avec une certaine circonspection par le Grand Orient tout de même un peu étonné par leur rite inconnu, un peu irrité par leurs titres véritablement ronflants et qui estime qu’après tout, il n’a pas de leçon d’écossisme à recevoir de qui que ce soit. C’est là qu’il faut faire intervenir la personnalité de Grasse Tilly. Vous savez que les historiens considèrent en général que le rôle des grands hommes dans l’histoire, tout ceci a été balayé par l’école marxiste il y a bien longtemps, pour les grands mouvements de fond de l’histoire, la personnalité ne joue pas beaucoup. Mais là, il ne s’agit pas d’un grand mouvement de fond mais d’un milieu extrêmement fermé, extrêmement étroit et la personnalité de Grasse Tilly va jouer. Mollier considère qu’il y a une cinquantaine de maçons impliqués dans cette querelle qui fait un bruit énorme et qui ne concerne qu’une cinquantaine de personnes. Cinquante personnes, une personnalité importante, vous voyez donc que Grasse Tilly peut jouer un rôle important. C’est incontestablement le plus flamboyant des américains, ce n’est pas le seul, il serait injuste de l’oublier. Un autre frère qui s’appelait Germain Hacquet, lui aussi revenu de Saint Domingue a eu lui aussi un rôle relativement important dans le sens de la modération et de l’organisation. Grasse Tilly, de grande famille provençale, était le fils de l’Amiral de Grasse, héros de la guerre d’indépendance d’Amérique, à l’égal de Lafayette. A l’époque, l’amiral de Grasse est aussi connu, aussi célèbre et aussi adulé quasiment que Lafayette, c’est un très grand nom de France et il a un formidable réseau de relations qui va lui rendre d’immenses services.

Grasse Tilly est lui un désargenté perpétuel. Pour différentes raisons qui n’ont rien à voir avec ses qualités, il a évidemment perdu dans la guerre d’indépendance de Saint Domingue ses plantations qui lui venaient de son père, comble de malchance, il est arrivé à rassembler tous ses biens (mobiliers, etc, etc…) il les a embarqué, mais un corsaire anglais a attaqué et coulé le bateau. Grasse Tilly est donc complètement ruiné. On dit tout le temps qu’il agit dans le monde maçonnique sous la pression de la nécessité. Une formule élégante pour dire qu’il a de grands besoins d’argent et que la maçonnerie lui rend pas mal de services dans le domaine financier.

Ce qui est tout a fait caractéristique, c’est que chaque fois qu’il s’attribue une charge, il se nomme (lui même en général) ad vitam. Il va pouvoir continuer à bénéficier jusqu’à la fin des avantages de sa charge Il fait mieux, lorsqu’il va lancer son rite, il va émettre des actions, 80 actions de 100 livres, ce qui fait 8 000 livres ce qui représente une somme considérable pour l’époque. Il émet des actions, il les fait souscrire à ses amis, leur promet un intérêt de 5%, et pour le remboursement, le texte porte : « dès que possible », ce qui n’engage à rien. Je ne sais pas s’il a remboursé, je suis un peu sceptique. Vous voyez le personnage avait des problèmes financiers graves. Quoi qu’il en soit, c’est ce Grasse Tilly qui va souder l’alliance entre les écossais d’Abraham dont on vient de parler et les anciens d’Amérique qu’il va représenter. Il rassemble quelques mécontents des organisations maçonniques. Au total, il va regrouper et rassembler un nombre important de loges. Les deux ou trois écossaises du départ, les deux loges américaines, Saint Alexandre d’Ecosse, Saint Jean d’Ecosse, La Parfaite Union, etc… et pour clore la liste, La Saint Napoléon, il faut insister sur les Saints Napoléon, la flagornerie maçonnique de l’époque napoléonienne dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Il y a même une loge qui fait partie de l’affaire, c’est la Saint Joséphine. Il s’agit bien de Joséphine de Beauharnais. Lorsqu’on connaît la vie, les mœurs, les habitudes de Joséphine de Beauharnais, ça paraît tout à fait extraordinaire.

Dans une première étape, Grasse Tilly affirme qu’il est Grand Commandeur Ad Vitam d’un Suprême Conseil des Iles du Vent et Sous le Vent qui pratiquerait le R\E\A\A\ à 33 degrés, cette organisation étant sortie de son imagination très fertile. La dessus, il fait mine de ne s’intéresser qu’aux hauts grades et lui même se met à conférer des hauts grades par communication et à tour de bras. Il est en France début juillet, fin juillet il a déjà fait dix sept 33ème. La promotion est rapide, laisse rêveur. Un de ses amis est fait 18ème fin septembre 1804, est fait 32ème début octobre et 33ème fin octobre. Il a besoin de troupes dans ces hauts grades et fabrique donc des 33èmes. Trois mois après son retour en France, le voilà en mesure de fonder une organisation écossaise qu’il appelle la Grande Loge Générale Ecossaise. Il laisse murmurer dans Paris que c’est le frère du 1er Consul, Louis Napoléon Bonaparte qui va devenir Grand Maître et lui se nomme naturellement représentant du Grand Maître évidemment Ad Vitam. Comme il a des relations, il va embarquer dans son affaire, (j’emploie à son égard des termes parfois trop critique, mais je n’ai pas d’autre terme sur la langue) des personnalités éclatantes ; Il a quatre maréchaux d’empire, (Kellermann, Masséna, Lefèvre, Serrurier) il a le Grand Chancelier de l’Ordre de la Légion d’Honneur, des membres du conseil d’état… On se demande comment il est arrivé à faire tout ça en deux mois. Il est arrivé à mettre sur pied une organisation qui menace incontestablement l’autorité du grand Orient sur les hauts grades. Le problème de Grasse Tilly, c’est ce qui lui vaudra ses déboires, c’est qu’il est complètement à contre courant du mouvement politique général. On est en 1804, Napoléon remet de l’ordre dans tout le pays, il sort le Code Civil, il organise le contrôle politique strict et même policier de la nation, il se fait sacrer empereur le 2 décembre, j’insiste sur cette date du 2 décembre, vous verrez ce qui s’ensuit. Napoléon ne s’intéresse pas du tout aux querelles maçonniques, la seule chose qui est, les militaires dans la salle m’excuseront, c’est que c’est un militaire et il n’a envie de voir qu’une seule tête , qu’un seul responsable . Un dirigeant, une organisation, dans le fond, il veut contrôler la maçonnerie, parce que la Maçonnerie est un des pilotis de sa domination sur la France et sur l’Europe. Dans ces conditions là, quand le maréchal Kellermann se rend auprès de l’archichancelier de l’empire Cambacérès et lui présente Grasse Tilly, il lui demande de bien vouloir désigner un Grand Maître pour la nouvelle puissance maçonnique, Cambacérès lui répond que l’empereur désire que les deux puissances maçonniques se rapprochent. Les désirs de Napoléon étant des ordres, il n’y a plus qu’à s’exécuter. Ce qui veut dire que l’équipée de Grasse Tilly s’achève en 3 ou 4 jours, le 2 décembre l’empereur est sacré, le 3 décembre, les représentants de l’organisation de Grasse Tilly et ceux du Grand Orient se réunissent à l’hôtel de Kellermann, ils décident de la réunification. Le 5 décembre, ils désignent des membres de leurs instances dirigeantes pour travailler au texte de réunification. Elles se réunissent séparément et approuvent un texte. Il y a des va et vient. C’est le fameux texte du concordat dont nous fêtons le bicentenaire. Avant de sortir le texte, l’avis de l’empereur a été demandé qui a dit allez voir Cambacérès. Cambacérès est d’accord, le dit à l’empereur, tout le monde étant d’accord, il n’y a plus qu’à officialiser le texte. Dans une certaine mesure, les écossais d’Abraham, les anciens d’Amérique, les gens de Grasse Tilly ont été à Canossa : Ils ont été obligés d’aller signer la réconciliation, le texte du concordat dans les locaux du Grand Orient. Quand on se déplace, on est en position de faiblesse. On y a cependant mis les formes : reçus par les 9 lumières sous la voûte d’acier, maillets battants. On se jure mutuellement : « réunion absolue franche et éternelle dans l’enthousiasme de la joie et de la confiance ». Belle rhétorique maçonnique ! Ils n’ont tout de même pas tout perdu pour la raison suivante : au Grand Orient, on maintient un Grand Chapitre Général au 32ème. Mais ce Chapitre Général est coiffé par un Suprême Conseil au 33ème dont le rôle est de s’occuper des plus hautes connaissances mystiques et d’en régler les travaux. Vous savez qu’on a retrouvé aux Etats Unis récemment et que Mollier a publié dans « Renaissance traditionnelle » le livre d’architecture de ce Suprême Conseil ?

Quant à Grasse Tilly, il devient Grand Commandeur de ce Suprême Conseil avec cette petite différence qu’il n’est plus ad vitam . Il est à terme et au bout de deux ans, il est débarqué. Pour conclure, je dirai que dans une certaine mesure, si je peux me permettre un horrible anachronisme, cette négociation, ce texte de 1804 est en quelque sorte un compromis historique entre le R\E\A\A\ et le Grand Orient de France. Dorénavant, le Grand Orient déclare qu’il ouvrira sa porte et professera tous les rites. Naturellement, il y aura des difficultés d’application. Il y aura des retours en arrière, ruptures suivies de réconciliations suivies de nouvelles ruptures. En tous les cas, on a jeté les bases de l’organisation actuelle : les trois premiers degrés au Grand Orient, les autres aux organismes écossais. J’ajouterai pour finir que cette stabilisation du système permettra l’expansion internationale du R\E\A\A\où Grasse Tilly continue à s’agiter et à agir. En Italie, il y aura un Suprême Conseil du Royaume d’Italie dont la capitale est Milan qui sera dirigé par le prince Eugène Napoléon ; il y aura un Suprême Conseil du Royaume de Naples dirigé par le roi Joachim Napoléon, qui en réalité est Murat, adopté par la famille Bonaparte ; en Espagne, le Suprême Conseil sera dirigé par le roi Joseph Napoléon. L’expansion continue donc dans l’empire Napoléonien. Cette organisation va ensuite continuer à se développer dans les zones d’influence française en Méditerranée aux XIXème et XXème siècles. Voilà ce que j’avais à vous dire sur les origines de notre concordat de 1804.

Lire la suite

Grasse-Tilly

30 Décembre 2012 , Rédigé par Y. H.M. Publié dans #histoire de la FM

Alexandre de {Versailles, 1 765-Paris, 1845) Alexandre François Auguste, comte de Grasse, marquis de Tilly, fils de François Joseph Paul, comte de Grasse, lieutenant général des armées navales, et d'Antoinette Rosalie Accaron, né le 14 février 1765, est initié le 8 janvier 1783, dans la loge Saint-Lazare devenue Le Contra! Social. Il figure au tableau de la loge jusqu'en 1787. Il est à ce moment lieutenant, puis capitaine au régiment d'infanterie du roi. Fin 1789, Grasse-Tilly débarque à Saint-Domingue pour recueillir la succession de son père, décédé en janvier 1788, à savoir une importante plantation.

Le 17 septembre 1792, il épouse Anne Sophie Delahogue, fille d'un notaire alors maître dans l'atelier La Verité, sis au Cap Français. La révolte des Noirs le conduit à quitter l'île le 28 juillet 179:S pour Charleston, non sans avoir perdu ses biens, le brick Le Thomas qui le transporte ayant été pillé.

Dans cette ville, il fait partie des fondateurs de La Candeur (juillet 1796), intégrée en 1798 au sein de la Grande Loge des Maçons Francs et Acceptés de Caroline du Sud sous le nU 12. Sur son tableau du 27 décembre 1798, Crasse-Tilly figure comme vénérable  et « Grand Commandeur du Temple et Prince Maçon ". L'année suivante, en août, il démissionne de La Candeur pour rejoindre l'autre Grande Loge rivale, Ancien York Masons, et fonder La Réunion Française (août 1800). Ce changement d'obédience n'est pas sans rapport avec la « création » du Suprême Conseil de Charleston en mai 1801.

Citoyen américain le 17 juin 1799, mais sans ressources, Crasse-Tilly reprend du service dans l'armée française, à Saint Domingue. Dans l'île il reste au Cap Français jusqu'à la reddition du fort du Picolet qu'il commandait, le 29 novembre 1803. D'après le registre Bideau, il est porté sur « le tableau des membres du Suprême Conseil au 33° établis aux Isles françaises de l'Amérique » le 21 février 1802. Si l'orthographe d'« établis » est exacte, il faut comprendre qu'il s'agit de l'établissement des Grands Inspecteurs Généraux du Suprême Conseil aux Isles et non le Suprême Conseil des Isles des Grands Inspecteurs Généraux.

Prisonnier des Britanniques, il est libéré comme Américain au début de 1804. Il regagne Charleston, puis rentre en France, une décision du 10 juin 1804 le mettant à la disposition du ministre de la Guerre. Il débarque à Bordeaux  le 4 juillet et arrive à Paris à la fin du mois. Il devient vénérable de la loge écossaise parisienne Saint-Napoléon, établit le 22 septembre 1804 le Suprême Conseil, sis à Paris, retrouve son ancienne loge mère réveillée sous le nom de Saint-Alexandre d'Écosse et, à partir d'elle? constitue le 22 octobre 1804 la Grande Loge Générale Écossaise sous l'autorité de Kellermann  et Masséna, et du ministre des Relations extérieures de la République italienne, Mareschalchi, la Grande Maîtrise ad vitam ayant été offerte au prince Louis Bonaparte.

A partir du 1() novembre, la nouvelle obédience commence à délivrer des constitutions et à se poser en rivale du Grand Orient , mais le nouveau régime désigne Cambacérès comme Grand Maître de la Grande Loge Générale Écossaise. Le 10 juin 1806, on oblige donc Grasse-Tilly, alors à Strasbourg, à abandonner sa charge de Souverain Grand Commandeur et, le 1 er juillet 1806, Cambacérès lui Succède. Il est installé le 13 août suivant alors que Grasse-Tilly est en campagne depuis 1804-1805 comme aide de camp du frère Eugène de Beauharnais, vice-roi d'ltalie. Le 5 mars 1805, il constitue le Suprême Conseil d'ltalie, sis à Milan, dont il devient Grand Commandeur, avant de céder le 11 juin cette charge au prince Eugène. En 1806, Grasse-Tilly est muté en Espagne, comme aide de camp de Kellermann ou d'Augereau. Durant l'été de 1809, le Suprême Conseil d'Amérique se reconstitue sous l'autorité de son beaupère, Delahogue. Il est toujours Grand Commandeur ad vitam de l'institution qui passe un accord, flou, avec le Grand Orient. Le 4 juillet 1811? Grasse-Tilly complète la hiérarchie écossaise dans la péninsule Ibérique en créant un Suprême Conseil des Espagnes et des Indes dont il sera Grand Commandeur jusqu'en 1812, date à laquelle il est fait prisonnier par les Britanniques. La chute de l'Empire provoque un sommeil de facto du Suprême Conseil de France.

Le Grand Orient croit alors pouvoir s'approprier la totalité de l'écossisme, d'autant que la majorité des membres de l'ex-Suprême Conseil l'a rejoint. Le 16 août 1814, il charge sept de ses membres de définir les moyens de centraliser tous les rites, mais une fraction du Suprême Conseil, autour du comte Muraire, refuse l'absorption. Le 13 novembre 1814, malgré tout, le Grand Orient proclame la centralisation des rites. Le 96 août 1815, une circulaire signée par cinq dignitaires écossais, dont Jean-Baptiste Pyron, fait connaître la protestation de Muraire mais,
le 12 septembre 1815, le Grand Orient forme « en son sein le Grand Consistoire des Rites », inauguré officiellement le 22 novembre. Sa deuxième section est la seule habilitée à conférer le 33° du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Mais c'est sans compter avec Crasse-Tilly qui, libéré après le premier traité de Paris, occupe ses semaines en vaines démarches et sollicitations auprès du ministre de la Guerre. Après avoir suivi Louis XVIII à Gand lors des Cent-Jours, il retourne en France après Waterloo. Mis en demi solde le 1er janvier 1816 par le licenciement de la garde de la porte du roi il est pensionné jusqu'au 30 septembre 1824. Utilisant le fait qu'il est toujours Grand Commandeur du Suprême Conseil des îles françaises d'Amérique, il déclare cette obédience apte à gérer provisoirement le Rite Écossais Ancien et Accepté en France et, le 21 novembre 1814, constitue un Grand Orient Écossais pour administrer loges et ateliers supérieurs.

Très rapidement, des rivalités entraînent la formation de deux conseils: le Suprême Conseil dit de Pompéi (galerie, 36, rue Neuve-des-Petits-Champs}, resté fidèle à Grasse-Tilly, et le Suprême Conseil dit de Prado {30, place du Palais-de-Justice, dans l'île de la Cité}. Au Conseil dit de Pompéi, la réorganisation de l'obédience est menée par le Lieutenant Grand Commandeur, le général comte César de Fernig et, le 3 septembre 1818, cette obédience décide de supprimer les charges ad vitam, ce qui permet de destituer Grasse-Tilly  de sa charge de Grand Commandeur du Suprême Conseil. Il est remplacé, le 15 septembre 1818, par le comte Decazes .

Après de nombreuses tractations, Pompéi et Prado se réconcilient au printemps 1821, la réunion officielle ayant lieu le 7 mai. Le Suprême Conseil de France est ainsi recréé {ou créé). Une Grande Commanderie, pour gérer les loges bleues est formée le 6 juin 1821 et devient, le 12 juillet 1822, la Grande Loge Centrale. Pour présider la nouvelle obédience réunifiée, Decazes est remplacé par Cyrus de Timbrune-Thiembronne, comte de Valence, et Grasse-Tilly ne fait plus partie du Suprême Conseil. Il prend une retraite civile et maçonnique, et rédige une Notice sur l'amiral-comte François Joseph Paul de Grasse, son père. II meurt en l'hôtel des Invalides, le 10 juin 1845.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke%20Encyclopedie/Franc-M/fra-g-06.htm

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>