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Hauts Grades

Articles avec #histoire de la fm tag

Les Grands Prieurés Rectifiés en France

24 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

Le Grand Prieuré des Gaules (1935)

Le Grand Prieuré de France (1962)

Le Grand Prieuré Indépendant de France 

Le Grand Prieuré Indépendant des Gaules (1965)  

Les Grands Prieurés Unis des Trois Provinces (1974)  

Le Grand Prieuré Réformé et Rectifié d’Occitanie (1995)  

Le Grand Prieuré Rectifié de France (2001)  

Le Grand Prieuré Rectifié des Gaules (2012)

 

Ma connaissance du monde RER en France étant limitée, merci de me signaler si j’ai oublié un ou plusieurs Grands Prieurés, ou si j'ai fait des erreurs !

 

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Principes fondamentaux du RER

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

Les trois lettres R.E.R désignent à la fois le Rite Ecossais Rectifié, rite maçonnique réformé et fixé lors du Convent des GAULES en 1778 et le Régime Ecossais Rectifié, qui est le plus ancien "système initiatique" complet, constitué lors du Convent de KOHLO en 1772, réformé lors du Convent des GAULES en 1778 puis adopté par toute l'Europe au Convent de WILHELMSBAD en 1782.

Le Régime Ecossais Rectifié fut mis en sommeil en France en 1828 et les dernières archives de la Vème Province de Bourgogne furent remises au Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (GPIH) qui avait été créé par le Concordat d'indépendance approuvé par le Convent de BÂLE en 1779 et qui devint de ce fait, le "conservateur" du R.E.R. jusqu'en 1935, date à laquelle le GPIH vint à PARIS, pour y réveiller de façon définitive le R.E.R et restituer ses archives à la France.

Le Régime Ecossais Rectifié est un ordre initiatique chrétien, organisé en 3 classes :

* la Franc-Maçonnerie Rectifiée, réformée une première fois à DRESDE en 1754 avec la Stricte Observance par le Baron de HUND, puis codifiée et réformée une seconde fois à LYON par Jean-Baptiste WILLERMOZ, sur laquelle doivent être obligatoirement souchées les deux autres classes,

* un Ordre de chevalerie, l'ordre des CBCS (Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte) appelé aussi "Ordre intérieur" et qui administre également, par l'intermédiaire du Grand Directoire Ecossais de France, des loges temporaires appelées "loges vertes" en raison de la couleur de leurs décors, pour transmettre le 4ème grade de Maître Ecossais de Saint André,

* un Tiers-Ordre, appelé aussi "classe secrète", organisé en Collège Métropolitain de Profès et Grand Profès, ainsi qu'en Collèges particuliers, mais qui n'a aucune relation fonctionnelle ou hiérarchique sur les classes inférieures et qui ne recrute que par cooptation discrète.

La Dignité de Commandeur de la Cité Sainte (CCS) n'est pas un grade. Elle constitue l'Ordre d'Honneur du Régime Ecossais Rectifié et elle est décernée à des Chevaliers qui ont rendu des services éminents et désintéressés à l'Ordre. Il ne peut y avoir que 9 CCS, symbolisés par les 9 rais du bijou d'Ordre (crachat). Le plus ancien d'entre eux porte la Dignité de Grand-Croix de la Cité Sainte (GCCS) ad vitam et il est seul habilité à conférer la Dignité de CCS sur cooptation unanime de son Chapitre. Des Chevaliers CBCS méritants, en nombre non limité, peuvent se voir décerner la distinction de Gardien de la Cité Sainte (GCS) par le Chapitre de la Cité Sainte réuni sous l'autorité de son Grand-Croix.

Le RER bénéficie de deux documents historiques, exceptionnels de cohérence et de précision, pour ses règles de fonctionnement. Il s'agit :

* d'une part, du CODE MACONNIQUE DES LOGES REUNIES ET RECTIFIEES, adopté au Convent des Gaules en 1778, pour les loges bleues de Saint Jean et les loges vertes de Maîtres Ecossais de Saint André,

* d'autre part, du CODE GENERAL DE L'ORDRE DES CBCS, adopté au Convent de Wilhelmsbad en 1782 pour l'Ordre intérieur.

En vertu du Principe d'exclusivité territoriale, il ne peut exister qu'un seul Grand Prieuré souverain sur un territoire donné. Ce Principe est universellement admis et respecté, non seulement par les Grands Prieurés Rectifiés réguliers mais également par les Grands Prieurés de Knight Templars (KT) et de Knights of Malta (KM). Et seul un Grand Prieuré Rectifié souverain sur son territoire peut délivrer lettre-patente à une obédience maçonnique pour créer et consacrer de nouvelles loges rectifiées et leur délivrer une Charte de constitution leur permettant de pratiquer le RER et de vérifier la validité des rituels rectifiés utilisés par celle-ci.

Les Chevaliers CBCS travaillent en Commanderies, qui sont la cellule de base composée de 9 Chevaliers CBCS au plus et qui s'assemblent en Préfectures. Il faut au moins 3 Préfectures pour ériger un Grand Prieuré Rectifié souverain sur un territoire, administré par son Conseil National. L'organe de gouvernance est le GRAND CHAPITRE, où chaque Chevalier "a voix au chapitre", et qui comprend au complet 45 Chevaliers CBCS, le Grand Prieur élu n'étant que le "primus inter pares". Le respect des délibérations du Grand Chapitre est le "rempart pour se préserver du despotisme" comme le stipule le CODE DES CBCS et comme l'a maintes fois rappelé le GPIH, conservateur du RER depuis 1828.

Il est interdit expressément par le CODE RECTIFIE la constitution de Prieurés « in partibus » c’est-à-dire ne remplissant pas les conditions d’effectifs minimum de CBCS, de Commanderies et de Préfectures requis, afin d’éviter les dissidences et le fractionnement de l’Ordre. Et il n'est pas permis de créer un nouveau Grand Prieuré rectifié lorsqu'un Grand Prieuré rectifié, régulier et souverain préexiste sur un même ressort.

Les constitutions, élections, créations etc... ont lieu au cours des 9 fêtes de l'Ordre réparties selon le calendrier réformé. Les 6 fêtes des Protecteurs de l'Ordre sont réservées à l'Ordre intérieur : Saint Hugues, Saint Georges, Saint Jacques, Saint Bernard, Saint Michel, Saint André.

Les 3 seules fêtes appliquées par la classe maçonnique sont la Saint Jean Baptiste, la Saint Jean l'Evangéliste et la Fête du Renouvellement de l'Ordre.

Source : http://gprg.jimdo.com/principes-du-rer/

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Origine du GPRG

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

Le 20 août 2012, en la fête de Saint Bernard de Claire Vallée, des Chevaliers CBCS réguliers français se sont réunis à LYON, Capitale des Gaules, et ont constaté que le territoire de France était vacant de tout Grand Prieuré Rectifié souché sur des loges RER régulières, depuis la date du 07 juillet 2012. En effet la juridiction du GPRF (Grand Prieuré Régulier de France) a choisi le 07 juillet de quitter la France et de se soucher sur des loges bleues du "Système de Zinnendorf", au sein du FreiMaurer Orden allemand. Or, le FreiMaurer Orden, si respectable soit-il, n'a jamais été une Puissance Rectifiée et n'est pas souverain en France.

Après avoir recueilli selon les anciens usages, l'avis du Collège Métropolitain des Profès Rectifiés, ces Chevaliers CBCS réunis à LYON en nombre et qualités suffisantes, se sont constitués en Commanderies, rassemblées en 3 Préfectures (Neustrie, Ligurie, Occitanie) et ont proclamé la Constitution du Grand Prieuré Rectifié des Gaules (GPRG), souverain en France et souché sur des loges RER régulières de France.

Cette constitution s'est faite conformément au Principe international d'exclusivité territoriale et en respectant scrupuleusement les règles de Constitution priorales du CODE GENERAL DE l'ORDRE DES CBCS, adopté au Convent des GAULES en 1778 et étendu à toute l'Europe au Convent de WILHELMSBAD de 1782. La proclamation a été faite en outre, en rappelant les prescriptions transmises par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (GPIH) qui a restitué à la France ses Archives à NEUILLY en 1935... "pour un réveil définitif du RER en France".

Après la perte de reconnaissance de la GLNF par la Grande Loge Unie d'Angleterre le 12 septembre dernier, la réunion du Grand Chapitre du GPRG a été convoquée comme il se doit chaque année, le 29 septembre 2012 en la fête de la Saint-Michel à NEUILLY.

Compte-tenu de la situation d'éclatement maçonnique sans précédent et de l'absence présente d'obédience reconnue régulière par la GLUA, il a été proposé au vote des Chevaliers CBCS présents de soucher le GPRG sur toutes les loges RER de France constituées régulièrement et appartenant à toute obédience pratiquant le R.E.R de façon régulière, qui soit engagée dans la recomposition du paysage maçonnique français, en vue du retour à la reconnaissance de régularité par la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA).

Le Grand Chapitre du GPRG a missionné son Grand Prieur, son Visiteur Général et son Grand Chancelier, élus pro-tempore dans l'attente du prochain Convent National, de prendre contact tous les 3 avec les Grands Maîtres de ces Obédiences, en vue de travailler à des accords de reconnaissance mutuelle et de préciser les modalités pratiques de leur coopération dans le respect de leur souveraineté réciproque et des CODES RECTIFIES.

Le Grand Chapitre réuni à NEUILLY a procédé ensuite au rétablissement du Grand Directoire Ecossais de France (GDEF) pour régir les loges de Maîtres Ecossais de Saint André (4ème grade du rite) et dont le Collège d'Officiers Maçonnique sera installé prochainement en la fête de la Saint André, selon les anciens usages et rituels RER authentiques.

Les principes d'accueil, d'ouverture et de reconnaissance sont les mêmes pour le Grand Directoire Ecossais de France que pour le Grand Prieuré Rectifié des Gaules, puisque selon le CODE GENERAL du Convent des Gaules de 1778, les loges de Maîtres Ecossais de Saint André sont dirigées par des Députés Maîtres inamovibles, qui ne sont autres que des Commandeurs élus dans l'Ordre intérieur.

En fonction des circonstances et de l'évolution de la situation en France, le Grand Directoire Ecossais de France pourra passer des accords soit avec des Directoires particuliers ou des Régences Ecossaises relatifs à chaque Obédience maçonnique régulière. C'est ce que fit en son temps, Jean-Baptiste Willermoz avec la Grande Loge des Maîtres Réguliers de LYON et avec le Grand Orient lorsque celui-ci travaillait encore à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

Il est par ailleurs rappelé que le CODE MACONNIQUE DES LOGES RECTIFIEES du convent des Gaules de 1778, concerne l'ensemble des 4 grades rectifiés de la maçonnerie de métier. Conformément à l'Acte d'Union de 1813 entre les Grandes Loges anglaises des Anciens et des Modernes, autorisant la pratique de l'Arche Royale comme 4ème grade complémentaire au grade de Maître au sein de la Grande Loge Unie d'Angleterre, le Grand Directoire Ecossais de France s'engage à aider et à favoriser toute disposition en ce sens pour le 4ème Grade de Maître Ecossais de Saint André au sein des nouvelles Obédiences françaises, sans exclusive ni obligation cependant, comme ce fut le cas en 1935 lors du réveil définitif du Régime Ecossais Rectifié en France par le GPIH (Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie).

 Source : http://gprg.jimdo.com/origine-du-gprg/

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Grand Prieuré Rectifié des Gaules : une refondation devenue nécessaire

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

La fin du XXème siècle a vu un grand nombre de dérives se produire dans les ordres initiatiques, qui se sont traduites souvent par des modifications statutaires fantaisistes et néfastes. Ainsi la transformation du GPDG en "Grand Prieuré des Ordres Unis" aboutissait à la crise de 2000 et à sa perte de reconnaissance par la GLNF (Grande Loge Nationale Française) puis par tous les Grands Prieurés Réguliers du monde, suite à son accord d'intervisite avec les loges du Grand Orient de France acceptant la mixité en loge et sa transformation ultime, en petite obédience maçonnique multi-rites et multi-grades non reconnue.

La GLNF remplaçait alors ex-abrupto ce "GPDG-Ordres Unis" par 2 associations distinctes, créées elles-mêmes ex-nihilo, d'une part le DNLERF (Directoire National des Loges Ecossaises Régulières de France) et d'autre part, le GPRF (Grand Prieuré Régulier de France).

Dix ans après, la GLNF à son tour, entrait dans une grave crise statutaire qui conduisait à l'élaboration d'un "livre blanc" et au besoin d'une Refondation qui redonne la souveraineté aux loges. Ainsi se constituait la Grande Loge de l'Alliance Maçonnique Française, (GL-AMF) consacrée à TOURS, le 28 avril 2012.

De même, était publiée en date du 25 septembre 2012, la création de la Grande Loge indépendante de France (GLIF) pour regrouper des Loges constituées elles-mêmes en associations du même type et se disant « Grande Loge souveraine pour les grades du Métier dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté...» dont notamment, le Rite Ecossais Rectifié.

La GLIF et la GL-AMF sont engagées officiellement, de même que la GLDF (Grande Loge de France) dans le travail de recomposition du paysage maçonnique français, après la perte par la GLNF de sa reconnaissance par les 5 grandes loges européennes (Allemagne, Suisse, Belgique, Autriche, Luxembourg) en juin 2012, puis par les deux autres Grandes loges britanniques en Juillet 2012 (Ecosse, Irlande), en prémisse du retrait définitif de reconnaissance de la GLNF par la GLUA (Grande Loge Unie d'Angleterre) le 12 septembre 2012.

En parallèle, après des hésitations longues et difficiles à comprendre, le GPRF donnait des consignes de démissions de la GLNF ou de ralliement contradictoires, puis décidait de quitter la France le 07 juillet 2012, pour se soucher sur une obédience allemande, aussi respectable soit-elle, mais qui n'a aucune légitimité sur le R.E.R (Rite Ecossais Rectifié) et qui n'a jamais constitué une Puissance Rectifiée, d'autant plus que son fondateur, le dissident Zinnendorf, l'a toujours combattu...

Les membres de ce GPRF se retrouvent désormais souchés sur des loges qui ont fait acte d'obédience au FreiMaurer Orden, qui sont désormais inscrites sous sa matricule et qui doivent obligatoirement ouvrir leurs travaux "sous les auspices du FreiMaurer Orden"...

Devant tant de confusions, un deuxième « Livre blanc rectifié » circulait fin juin 2012 et appelait à une Refondation en France, d'un vrai Grand Prieuré Rectifié souverain qui soit souché sur des loges rectifiées régulières, qu'elle qu'en soit pour l'heure, l'obédience d'appartenance.

En effet, la situation actuelle d'éclatement sans précédent, fait qu'il y a des loges RER régulièrement constituées qui se retrouvent au sein de multiples obédiences travaillant, dans le cadre de la recomposition du paysage maçonnique français, au retour à la reconnaissance de leur régularité par la Grande Loge Unie d'Angleterre : c'est le cas notamment de la GL-AMF, de la GLIF ou même encore la GLDF dont certaines loges peu nombreuses certes, travaillent encore au R.E.R mais sans pouvoir le faire au-delà du 3ème grade, depuis qu'elles ont rallié la GLDF en 1958 et bien qu'elles soient les héritières légitimes de la Grande Loge Rectifiée créée à NEUILLY en 1935. Et cette liste n'est pas limitative.

Le « Livre blanc rectifié » s'attache notamment à redonner la souveraineté aux Commanderies et à respecter la gouvernance du Grand Chapitre dans le respect des CODES RECTIFIES pour se "préserver de tout despotisme" et comme l'a toujours demandé le GPIH (Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie). Le GPIH, conservateur du RER depuis 1828, a maintes fois rappelé que seules des Commanderies assemblées en 3 Préfectures minimum peuvent ériger un Grand Prieuré Rectifié régulier, légitime et souverain sur un territoire, qui à son tour, a seul le pouvoir d'autoriser par Traité, une obédience maçonnique de son ressort à délivrer des Chartes pour fonder de nouvelles loges maçonniques au R.E.R. et à valider les rituels rectifiés utilisés.

C'est en plein mois d'août 2012, que ce deuxième travail de Refondation a été entrepris par un groupe de Chevaliers CBCS généreux, aux qualités et au nombre requis, ayant tous entre 20 et 30 ans de maçonnerie rectifiée et soucieux seulement de rebâtir ce qui a été ébranlé, pour transmettre aux jeunes générations, dans la transparence, la légitimité et l'authenticité, ce joyau de fraternité et de bienfaisance, que doit être le R.E.R...

Source : http://gprg.jimdo.com/

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Hommage à Camille Savoire

24 Décembre 2012 , Rédigé par DNRF Publié dans #histoire de la FM

Camille Savoire, Eq. a Fortitudine, joua un rôle essentiel dans le réveil du Régime Rectifié au XXe siècle.

Né le 6 juillet 1869. Initié, 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Écossaise qui avait été créée en 1880 et qui sera à l’origine de la Grande Loge de France, il quitta cette Grande Loge au bout d’un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans, jusqu’en 1935.

Médecin spécialiste de la tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe à l’occasion de congrès médicaux, et en profita pour établir de nombreux contacts avec des maçons étrangers et des liens avec plusieurs Obédiences en Europe. 33e du R.E.A.A., Savoire sera armé Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte le 11 juin 1910 en prenant pour nom d’ordre Eques a Fortitudine. Savoire entra en contact avec le Grand Prieuré d’Helvétie en cherchant à établir des contacts avec les Obédiences étrangères en s’affiliant à une structure amie du Grand Orient mais non ostracisée par son rejet à la référence au Grand Architecte de l’Univers, comme il l’expose lui-même : « Il me fallait pour cela obtenir l'affiliation à une Obédience qui soit à la fois en relations régulières avec le Grand Orient et les diverses Obédiences mondiales, sans excepter celles qui avaient frappé d'ostracisme le GO, ce qui rendait particulièrement difficile la réalisation de mon projet. Dans ce but, par l'intermédiaire de mon bien cher ami et F. Édouard de Ribaucourt, je m'adressai à son compatriote et ami d'enfance, le regretté F. Quartier-La-Tente [Edouard Quartier-La-Tente (1855-1925), pasteur, professeur de théologie, fut le Grand Maître de la Grande Loge Suisse Alpina de 1900 à 1905, il dirigea le Bureau International des Relations Maçonniques avant de devenir le premier chancelier de l'association Maçonnique Internationale (l'A.M.I.), fondée en 1921], Maçon érudit, fondateur du Bureau International des relations maçonniques. Cet excellent F. nous désigna immédiatement le Grand Prieuré d'Helvétie, dernière Obédience de la plus ancienne Maçonnerie, comprenant dans son Directoire, héritier par voie d'extinctions successives des anciens Directoires français pratiquant le Rite rectifié et agrégés successivement au Grand Orient de France par des traités conclus en 1776, 1781 et finalement en 1811 et 1841, et dont le Grand Prieuré d'Helvétie avait reçu les pouvoirs, archives et l'héritage en 1828, lors de la mise en sommeil du Directoire de Besançon qui les tenait de Strasbourg, et en 1841 pour le Directoire de Neustrie. Ces divers traités, jamais dénoncés, conservaient force et vigueur : Ce fut en vertu de l'un d'eux qu'avec Ribaucourt et Bastard je devins par équivalence avec le 33° grade que je possédais au GO de France Chevalier Bienfaisant de la Cité sainte, grade suprême du Rite Rectifié, sous le nom d'Eques a Fortitudine, avec la devise : "Pro Patria per Scientiam" et, en vertu d'un trait signé entre le Grand Directoire Rectifié et le Suprême Conseil de Suisse, je fus ipso-facto immatriculé en qualité de 33° au livre d'or de ce Suprême Conseil. »

En 1935, Camille Savoire écrivait une sorte de manifeste intitulé « Pourquoi voulons-nous réveiller le Rite Rectifié en France ? », dans lequel, évoquant sa fidélité à « l’esprit du christianisme primitif » il avait cette phrase magnifique : « …Je reconnais que c'est lors de mon admission au sein du Rectifié que j'ai trouvé le chemin de l'initiation et compris le caractère initiatique de la Franc-maçonnerie… »

Camille Savoire, rejoignit l’Orient éternel le 5 avril 1951, mais on a retrouvé, dans les archives de la famille Savoire, une correspondance entre Camille Savoire et le Père abbé Clément Guilloux qui demeurait au presbytère de Bains sur Oust dans le Canton de Redon en Bretagne, allant du 18 juin 1938 au 4 septembre 1945. Dans une lettre du 16 avril 1942, l’abbé Guilloux écrit à Savoire : « Après votre Maman qui fut une sainte si délicieusement aimante et équilibré, après votre Marc (le fils de Camille Savoire disparu) si raisonnable et si ferme dans ses espoirs et ses certitudes, vous éprouverez, vous aussi, comme saint Augustin : ‘‘Seigneur vous nous avez fait pour vous et notre âme n’est pas en repos tant qu’elle ne vous a pas trouvé’’. Quand le saint curé d’Ars trouvait autrefois des âmes qui en étaient à votre stade et qui voulaient encore discuter, il leur disait de sa voix douce et irrésistible : mettez-vous à genoux et confessez-vous. Le patient se laissait faire et ‘‘l’opération’’ finie, le curé condescendant (ou peut-être malicieux) lâchait : et maintenant, voyons donc ces objections. A quoi l’autre répondait : ‘‘mais je n’en ai plus’’. » (In D. Daffos et P. Hillion, De l’originalité de la pensée de Camille Savoire, Actes du Colloque SFERE du 14 avril 2007 – Palais du Luxembourg, n.d., p. 51).

Source : http://directoirenationaldeslogesreuniesetrectifie.hautetfort.com

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La Grande Loge Indépendante de France

21 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Une nouvelle obédience maçonnique française vient de voir le jour, la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), issue de frères provenant de la GLNF désireux d’établir les conditions de création d’une Grande Loge éligible à la reconnaissance.

Créée en septembre 2012, la GLIF a publié sur son site internet (sommaire encore) uncommuniqué dans lequel elle affirme ses buts, ses aspirations et son cheminement en quête d’une Reconnaissance :

Redoutant le retrait probable de la “Reconnaissance” de l’obédience à laquelle ils appartenaient, par la chaîne maçonnique universelle des Grandes Loges reconnues, un groupe de Francs-maçons de cette obédience s’est assemblé, dès 2011, forts de leur statut de Maçons réguliers, dans le but d’explorer les solutions qui permettraient de retrouver le plus vite possible, le cas échéant, cette “Reconnaissance’. 

Si le projet d’une création d’une Grande Loge, comme réponse, a été finalisé dès le printemps 2012, le groupe des « Pères fondateurs », par souci permanent de légitimité et de régularité d’origine et de refus de participer à la fragmentation de la Maçonnerie en France, s’est abstenu de s’auto-proclamer en Grande Loge dotée dune structure de gouvernance pré- déterminée.

Il a attendu, pour déclarer la création de cette nouvelle Grande Loge, que le retrait de reconnaissance, tant redouté, tombe effectivement ; qu’un cadre de travail légitime pour la reconstruction soit défini ; qu’il soit invité officiellement à y participer et que, dans ce contexte nouveau, des Loges pétitionnent en toute liberté pour motiver la création d’une telle Grande Loge aspirant à la reconnaissance des Grandes Loges régulières dans le monde.

Saluant l’initiative des Grandes Loges européennes à venir en aide aux Frères français pour favoriser la recomposition d’une Franc-maçonnerie régulière et reconnue en France, et confortée par le schéma de travail défini par la Déclaration de Bâle (10/06/2012) et confirmé par la Lettre de Berlin (28/07/ 2012) ; la création de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE “GLIF” a été officiellement publiée le 25 Septembre 2012, affirmant son total engagement dans le processus de recomposition auquel elle est officiellement invitée.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est une société fraternelle maçonnique, union de loges et de Frères réguliers, se réunissant sous la règle des 8 points des “BASIC PRINCIPLES de 1929” (Travaux ouverts à la Gloire du Grande Architecte de l’Univers, qui est Dieu, Bible, équerre, compas ouverts en Loge, membres masculins, respect des us et coutumes immémoriaux, etc.), communs à toutes les Loges maçonniques régulières dans le monde.

Elle est organisée en une association loi de 1901, regroupant des Loges constituées ellesmême en associations du même type, propriétaires de leurs propres ressources financières.

Ces Loges sont unifiées et font partie intégrante, pour la reconnaissance de leur appartenance à l’Ordre maçonnique régulier universel, de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE, au travers de chartes délivrées par le Grand Maître et de leur engagement à respecter la Constitution, les autorisant à se prévaloir des privilèges de la reconnaissance dévolue à la GLIF.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est souveraine pour les grades du Métier (« Craft »), dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

L'objectif est à présent d’aboutir le plus vite possible au recouvrement, pour ses Frères, de la Reconnaissance de la part de la chaîne maçonnique universelle des Grands Loges reconnues comme telles.

Dans ce but, un calendrier de rencontres officielles avec des parties prenantes nationales et internationales est d’ores et déjà établi.

Source : http://www.gadlu.info/creation-de-la-grande-loge-independante-de-france-en-quete-dune-reconnaissance.html

Commentaire : je cherche à rentrer en contact avec des Frères de cette obédience. Merci de faire passer le mot . Contact : thomas.dalet @orange.fr

 

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Franc-Maçonnerie, colonisation, colonialisme...

12 Décembre 2012 , Rédigé par JL Turbet Publié dans #histoire de la FM

"Nous sommes les africains qui revenons de loin...", chantent les soldats venus des colonies pour défendre la France Libre dans le film Indigènes.

On a bien du mal à se souvenir aujourd'hui de l'Empire français et de la contribution capitale des habitants des pays de cet Empire à la propérité comme à la défense de la France. De Madagascar au Sénégal, de la Guyane au Tonkin, en passant par l'Algérie, le soleil ne se couchait pas sur l'Empire, comme sur celui de son concurrent britannique.

Que viennent donc faire les francs-maçons dans cette histoire? Ou plutôt dans ces histoires, car la colonisation française connut plusieurs périodes bien distinctes et qui touchèrent des continents différents.

Il faut pour cela en revenir aux origines de la Franc-Maçonnerie... son origine anglaise. L'Angleterre est en effet le pays qui détient la plus grande puissance maritime et donc la plus grande capacité à aller au-delà des mers prendre possession de terres lointaines.

Cela s'est reproduit en France. Après Paris et Lyon, les plus grand centres maçonniques sont Bordeaux, Toulon, Marseille, la Rochelle, ports d'où l'on part volontiers vers des aventures extérieures. Les francs-maçons ont donc été, plus que d'autres catégories, touchés par le phénomène colonial. Il ne faut pas oublier non plus qu'au XVIIIème siècle, les loges initient des frères ayant des professions considérées alors comme peu recommandables mais qui incitent aux voyages : Comédiens, musiciens, danseurs, colporteurs, voyageurs de commerce...

Nous songeons par exemple à Etienne Morin (1717-1771), qui part de Bordeaux le 27 mars 1762 faire du négoce à Saint-Domingue. Initié dans une loge écossaise parisienne, il est porteur d'une Patente signée l'année précédente par la Première Grande Loge de France en son Grand Conseil des Grands Inspecteurs, Grands Élus Chevaliers Kadosh. Il emporte avec lui un système de vingt-quatre grades écossais, ou Ordre du Royal Secret, lentement élaboré à partir du foisonnement des grades de l'Écossisme naissant. Cette série, sera enrichie par un grade terminal, le Sublime Prince du Royal Secret, création personnelle de Morin. Son député Grand Inspecteur Henry Andrew Francken transmettra le système Morin sous le nom de Rite de Perfection, en 25 degrés, à Albany, province de New York. Le rite de Perfection servira de base à l'élaboration du Rite Écossais Ancien Accepté, par adjonction de huit grades, afin d'arriver aux trente-trois que compte le REAA. C'est un autre marin, l'Amiral de Grasse, Marquis de Tilly, qui après avoir participé à la fondation du Suprême Conseil américain à Charleston en 1801, vint fonder le Suprême Conseil des Iles du Vent et sous le Vent, puis le Suprême Conseil de France en 1804 à Paris. Morin, fuyant la révolte des esclaves à Saint Domingue, mourra à la Jamaïque.

On ne compte plus les marins francs-maçons comme l'Amiral Matthews, gouverneur anglais de l'île d'Antigua, le célèbre corsaire français Robert Surcouf (1773-1827), initié en 1796, à la loge "La Triple Espérance", à Port-Louis à l'Ile Maurice et membre, en 1809, de "La Triple Essence", à Saint-Malo, ou l'amiral Nelson.

Les loges maçonniques offraient une sociabilité importante pour des hommes éloignés de chez eux. L'expansion coloniale française a lieu durant cette période en destination du Nouveau Monde (Canada, Louisiane, Guyane, Antilles).

Les francs-maçons furent nombreux à participer à la première guerre anticoloniale, celle de l'Indépendance des Etats-Unis. L'intervention des frères est décisive. A la bataille de Yorktown - qui vit la défaite définitive des anglais, le 19 octobre 1781, pas moins de 11000 français participent aux combats en plus des 9000 volontaires de Washington. Ces français sont commandés par le marquis de La Rouërie, le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau, tous francs-maçons, comme une grande majorité des officiers.

Par ailleurs les francs-maçons américains furent à la tête du mouvement anti-esclavagisme aux Etats-Unis, dès les années 1770 notamment au sein de la Société d'émancipation des Noirs libres et illégalement réduits à la servilité, fondée à Philadelphie. Pendant la Révolution américaine, plusieurs intellectuels ont défendu les droits des Noirs comme le frère Thomas Paine, l'auteur du Sens commun, publié en 1776. Le frère Benjamin Franklin (1706-1790) fut un fervent défenseur de l'abolition de l'esclavage (il libéra ses propres esclaves dès 1772). Thomas Jefferson, les frères George Washington (qui affranchit ses esclaves par testament) et James Madison militèrent au Congrès américain pour la suppression de l'esclavage.

En France aussi, les francs-maçons furent à la tête du combat anti-esclavagiste. Ils sont légion au sein de la Société des amis des Noirs créée par le frère Jacques-Pierre Brissot en 1788 dont l'objectif affirmé est l'interdiction de la traite négrière. Le frère Condorcet (qui publie les Réflexions sur l'esclavage des nègres) réclame un moratoire d'une durée de 70 ans entre la fin de l'esclavage et l'accession des affranchis au statut de citoyen. C'est grâce à l'action de l'Abbé Grégoire (membre de la loge des Neufs Soeurs), que le 4 avril 1792, l'Assemblée nationale décide d'accorder la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Ce fut le 16 pluviôse an II (4 février 1794) que la Convention abolit l'esclavage en avalisant et généralisant la décision unilatérale du commissaire civil à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax, prise le 12 fructidor an I (29 août 1793).

Rétablit par Bonaparte en 1802, l'esclavage est de nouveau et définitivement abolit par le frère Victor Schoelcher, nommé dans le Gouvernement provisoire de 1848 sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies par le ministre (et frère) François Arago. Le Décret d'abolition du 27 avril 1848, signé par tous les membres du gouvernement, paraît au Moniteur, le 5 mars. 250 000 esclaves des colonies françaises sont émancipés.

En ce qui concerne l'expansion française et la franc-maçonnerie, une première loge est créée dès 1781 à St Louis du Sénégal, sous le nom initial de loge «St Jacques des vrais amis rassemblés», devenue aussitôt «St Jacques des trois vertus». En 1823, le GODF créer «La Parfaite Union» sur laquelle, dès 1824, vient se soucher le premier Chapitre en Afrique, portant le même nom que la loge. Elle est créée par le Baron Jacques ROGER, gouverneur du Sénégal, défenseur des Africains et anti-esclavagiste dans la lignée du Frère Schœlcher, qui cherche à former et attirer une élite africaine.

En ce qui concerne l'Algérie dont la conquête débute en 1830, la première loge, «Cimus», loge militaire du 10° régiment d’infanterie légère, s'installe fin 1831. En mai 1833 est créée la loge «Bélisaire» à Alger. En juin 1833 est créée la loge «Ismaël» à Bône, puis en juin 1836 «l’Union Africaine» à Oran. La loge d’Alger joue le rôle de loge-mère par essaimages successifs : à Blida en 1844 «les Frères de l’Atlas», à Cherchell en 1845 «Julia Caesarea».

A Mostaganem en 1844 «les Trinosophes Africains» sont installés sous l’égide de la loge d’Oran. Le nombre de francs-maçons va régulièrement progresser, de 80 frères en 1833 à 850 frères en 1851.

Le Suprême Conseil de France (futur Grande Loge de France) ouvre «Les Frères Unis du Chélif» en février 1856 à Orléansville puis «Les Hospitaliers», en décembre 1861 à Constantine. Cette dernière loge va résister et se maintenir, montrant la voie aux autres loges de la GLDF.

L'émir ABD EL KADER el Hadj (1807-1883) qui fut le grand résistant algérien et le chef de la guerre contre les Français en Algérie de 1832 à 1847 est initié franc-maçon, en 1864, à l'orient d'Alexandrie à la loge "Les Pyramides", du Grand Orient de France, au nom de la loge "Henri IV", de Paris. En effet, l'Emir a sauvé la vie de plusieurs milliers de chrétiens venus se réfugier auprès de lui dans sa résidence de Damas en 1860 alors que les druzes cherchent à les massacrer. L'Emir n'a jamais trouvé de contradiction entre son engagement spirituel en Franc-Maçonnerie et sa profonde foi musulmane soufie.

Le grand homme de la période est incontestablement Adolphe CRÉMIEUX (1796-1890) : Avocat et homme politique, président du Consistoire central et de l'Alliance israélite universelle, il est ministre de la Justice du Gouvernement de Défense Nationale en 1870. Il est l'auteur du décret du 24 octobre 1870, dit Décret Crémieux qui accorde d'office la citoyenneté française aux 37 000 juifs d'Algérie. Ce décret stipule que «les Israëlites indigènes des départements de l'Algérie sont déclarés citoyens français ; en conséquence, leur statut réel et leur statut personnel, seront, à compter de la promulgation du présent décret, réglés par la loi française. Toutes dispositions législatives, décret, règlement ou ordonnance contraires sont abolis».

Adolphe Crémieux, est initié à la franc-maçonnerie en 1818, à la loge le "Bienfait anonyme" de Nîmes, du Grand Orient de France, qu'il quitte en 1860 pour rejoindre le Suprême Conseil de France du Rite écossais ancien et accepté dont il devient le Souverain Grand Commandeur. En 1875, Adolphe Crémieux réunit à Lausanne en Suisse, une assemblée des Suprêmes Conseils du REAA pour harmoniser le Rite Ecossais Ancien & Accepté. Ces règles sont toujours en vigueur aujourd'hui notamment à la Grande Loge de France. Véritable acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne, cette déclaration de l'assemblée de Lausanne proclame «l'existence d'un Principe Créateur» appelé «Grand Architecte de l'Univers». Par ailleurs c'est Adolphe Crémieux qui fit l'éloge funèbre de son frère et ami l'Abbé Grégoire.

Au terme de sa longue carrière politique, Crémieux devint sénateur inamovible d'Alger, de 1875 à sa mort en 1880. Il estenterré au Cimetière du Montparnasse.


Au Maroc, en 1867, Haïm Benchimol - drogman de la Légation de France, directeur du journal Réveil du Maroc, directeur de la banque Transat, membre fondateur de l’Alliance Israélite Universelle et de l’Alliance Française au Maroc, correspondant des Compagnies Maritimes et de l’agence Havas - devient président fondateur de la loge maçonnique de Tanger, fondée par les juifs marocains "protégés" ou naturalisés Français, la loge "L'Union 194" au sein de la GLDF. Elle est composée de 73 frères dont le premier initié Marocain, Mohamed Doukali. Se crééeront ensuite "Casablanca 386" créée en pleine médina et affiliée au GO d'Espagne, puis "Le Phare de la Chaouia", toujours à Casablanca, "Moulay Hassan 395" et "Le Réveil du Maghreb" à Rabat, puis bien d'autres loges.

En 1920, le frère Elie Zerbib, libraire, initié à Bélisaire en 1871, fils d'un Grand Rabbin d'Algérie mais converti au protestantisme, participe à la fondation de la loge "Woodrow Wilson n°479" de la GLDF à Mogador. Cette loge, au rite écossais, draine aussitôt les éléments israélites en plus grand nombre que "La Nouvelle Tamusiga". Le même constat peut se faire un peu partout à travers le Maroc, l’argument du rite écossais étant souvent avancé.

En effet, depuis 1877 et l'abandon du Grand Architecte de l'Univers par le Grand Orient de France, et l'option de plus en plus résolument anti religieuse de celui-ci, les frères catholiques, juifs et musulmans se sentent moins à l'aise dans les loges du GODF.

Durant la période allant de 1880 à la fin de la guerre de 1914-1918, les frères du GODF se méfieront même des "élites africaines", formées presque exclusivement dans les écoles de l'église catholique, devenue l'ennemie. Les loges du GODF de cette époque seront presque exclusivement constituées de "blancs laïques". La même méfiance prévaudra envers les musulmans suspectés de "superstition" comme les catholiques.

Pourtant, c'est bien du début des années 1880, que date le renouveau de la politique coloniale française sous l'impulsion de Jules Ferry (1832-1893). Avocat, journaliste et homme politique français, il fut Ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1883: il crée l'enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïc. Président du Conseil de 1880 à 1881 et de 1883 à 1885, il prend en main les affaires étrangères et les affaires coloniales. Il tente de détourner vers les conquêtes coloniales l'ardeur militaire des Français, jusque là surtout anti-allemande. La défaite de Lang-Son (Tonkin, Indochine, 28 mars 1885) brise sa carrière : il est peu après renversé par les adversaires de sa politique coloniale.

Jules Ferry est initié franc-maçon le 8 juillet 1875, au sein de la loge «La Clémente Amitié», du Grand Orient de France en même temps qu'Emile Littré et Grégoire Wyrouboff. Une grande publicité est faite au discours que Littré prononce à cette occasion, et la presse en donne un large écho. Par la suite, Jules Ferry appartiendra à la loge «Alsace-Lorraine».

Jules Ferry veut émanciper les élites locales de l'influence du clergé et des marchands par une politique ambitieuse en faveur des colonies. D'ailleurs, c'est la droite et l'extrême droite qui s'opposent à sa politique en lui reprochant de dépenser inutilement des sommes importantes au profit des indigènes au lieu de renforcer l'armée et de préparer la revanche de 1870 contre la Prusse. Ferry pense également qu'une politique coloniale ambitieuse est bonne pour la France et que la métropole comme les colonies doivent pouvoir y trouver leur compte. En 1875, quelques mois après avoir été renversé, il prononce à la Chambre son célèbre discours en défense de sa politique coloniale: "Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures..." (...) "Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures...". "Vous nous citez toujours comme exemple, comme type de la politique coloniale que vous aimez et que vous rêvez, l'expédition de M. de Brazza. C'est très bien, messieurs, je sais parfaitement que M. de Brazza a pu jusqu'à présent accomplir son œuvre civilisatrice sans recourir à la force ; c'est un apôtre; il paie de sa personne, il marche vers un but placé très haut et très loin ; il a conquis sur ces populations de l'Afrique équatoriale une influence personnelle à nulle autre pareille ; mais qui peut dire qu'un jour, dans les établissements qu'il a formés, qui viennent d'être consacrés par l'aréopage européen et qui sont désormais le domaine de la France, qui peut dire qu'à un moment donné les populations noires, parfois corrompues, perverties par des aventuriers, par d'autres voyageurs, par d'autres explorateurs moins scrupuleux, moins paternels, moins épris des moyens de persuasion que notre illustre Brazza, qui peut dire qu'à un moment donné les populations n'attaqueront pas nos établissements ? Que ferez-vous alors
?"

Jules Ferry fait explicitement référence au frère Pierre Savorgnan de BRAZZA (1852-1905) : Explorateur de l'Afrique équatoriale, il organise pacifiquement la colonie du Congo sans jamais employer la force. "Une mémoire pure de sang humain", dit-on de lui. C'est un frère généreux et humain qui a été Initié franc-maçon, en 1888, à la loge "Alsace Lorraine" du Grand Orient de France à Paris.

Dans la lignée humaniste de Ferry on ne peut passer sous silence le rôle important joué par le frère Eugène ÉTIENNE (1844-1921), député puis Sénateur d'Oran, animateur très écouté du "groupe colonial", sous-Secrétaire d'État aux Colonies en 1887 et 1889. Il a été initié franc-maçon, en 1881, à la loge "Le Phare de la Renaissance", de Marseille puis Compagnon à "Union et Persévérance", à Paris dont il fut Vénérable en 1885.

Pendant la Guerre de 1914-1918 il faut noter le rôle essentiel joué par les troupes coloniales et notamment par les tirailleurs sénégalais. C'est le frère Blaise Diagne (1872-1934), député du Sénégal, Maire de Dakar et sous secrétaire d'Etat aux colonies qui mobilise les troupes indigènes.

Initié le 21 septembre 1898 dans la Loge "L'Amitié" du Grand Orient de France à Saint-Denis de la Réunion, il accède à la Maîtrise en 1901 et, selon ses affectations, travaillera dans différents Ateliers comme "l'Indépendance Malgache" de Tamatave, "Les Inséparables du Progrès" à Paris, "l'Union Guyanaise" ou la loge "Pythagore" dont il fut le Vénérable Maître de 1922 à 1926. Blaise Diagne est le premier franc-maçon de couleur à accéder au Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France en 1922. Membre du Comité permanent des loges d'outre-mer, créé en 1919, il s'occupe en particulier des loges d'Afrique, et pendant un temps de celles de Madagascar. Il sera jusqu'à sa mort en 1934, un franc-maçon actif.

Après la défaite de 1940, la franc-maçonnerie est interdite et réprimée en France métroplolitaine par le Gouvernement de Vichy. Le frère Félix ÉBOUÉ (1884-1944) joue alors un rôle essentiel. Petit fils d'esclave, il était devenu le premier Gouverneur Général de couleur d'une colonie française (le Tchad en 1938). Dès 1940, il rallie le Congo aux Forces Françaises Libres. Après la guerre, il participe à la décolonisation. Félix Eboué est initié franc-maçon, en 1922, à la Loge "La France Équinoxiale", à Cayenne. Son épouse appartint au Droit Humain et sa fille, Ginette, à la Grande Loge Féminine de France. Le Général de Gaulle rétablit la Franc-Maçonnerie à Alger en 1943 en souvenir du rôle joué par Félix Eboué en 1940.

Si avant la guerre les loges ne remettent à aucun moment en cause le principe de la colonisation elles s'interrogent néanmoins sur l'avenir. Elles souhaitent que "puisse venir le jour où, dans toutes nos colonies, les indigènes, maîtres de leurs destinées, travaillent de pair avec leur tuteurs d’hier au progrès économique et social de leur pays".

Après la Guerre se pose la question de la décolonisation. Le frère Pierre
MENDÈS-FRANCE
(1907-1982), Président du Conseil en 1953, plaide avec force pour des solutions négociées dans les colonies et met fin à la guerre d'Indochine. Pierre Mendès-France a été initié Franc-Maçon, en 1928, à la loge "Union et Progrès", de la Grande Loge de France à Pacy-sur-Eure. Il se mit en sommeil en 1945.

C'est bien l'Indépendance qui deviendra réalité en 1962 avec l'indépendance de l'Algérie. La France n'a plus de colonies en Afrique. Non sans déchirements parfois car beaucoup de frères auraient souhaité qu'une solution pacifique sans effusion de sang soit trouvée. Ce qui a été possible au Maroc ou en Tunisie ne l'a pas été en Algérie.

Les frères des anciennes colonies avaient toujours oeuvré pour l'amélioration des conditions de vie comme pour l'émancipation des population indigènes. Malgré des réticences ponctuelles, ils furent très majoritairement, en métropole comme dans les pays colonisés, favorables aux processus d'Indépendance. La colonisation, avec son cortège d'exploitation, d'humiliation des populations indigènes se devait de cesser. C'est un grand bienfait pour l'Humanité que les peuples puissent disposer d'eux-mêmes. La période de la colonisation est maintenant notre Histoire commune, et pas la plus glorieuse en ce qui concerne la France.

Aujourd'hui la Franc-Maçonnerie a repris force et vigueur en Afrique malgré l'hostilité de certaines franges des populations concernées. Il faut dire que certaines obédiences africaines, créées sous l'égide de la Grande Loge Nationale Française (nous pensons à la Franc-Maçonnerie gabonaise d'Omar Bongo par exemple...) et qui sont sous la dépendance effective de chefs d'Etats qui ont parfois une vision toute personnelle de la démocratie, donnent une image pour le moins brouillée de l'idéal maçonnique.

Pour autant, des francs-maçons sincères rejoignent toujours plus nombreux les loges nords-africaines (je pense au Maroc par exemple), Africaines, Moyen-Orientales et Proche-Orientales (dans les pays où la Franc-Maçonnerie est autorisée comme au Liban ou en Israël) et font rayonner au quotidien les principes et les valeurs immémoriales de l'Ordre, sa spiritualité et son humanisme.

C'est aujourd'hui une autre page qui est ouverte... et ce sont les francs-maçons de ces pays aujourd'hui indépendants qui l'écrivent

Source : http://www.jlturbet.net/article-34264354.html

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Victor Schoelcher

12 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Né à Paris en 1804, d’un Père fabricant de faïence alsacien. Il s’engagea dans les principaux débats sociaux du XIXe siècle. Son nom est surtout associé à l’émancipation des esclaves des colonies françaises en 1848. Critique d’art, musicologue, partisan de l’abolition de la peine de mort, participant activement au mouvement anticlérical du dernier quart du siècle et prêtant son concours à la » Société pour l’amélioration du sort des femmes « , Victor Schœlcher consacra l’essentiel de ses travaux à la lutte pour l’abolition de l’esclavage et à l’étude de l’évolution des sociétés coloniales.

Il signa le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848, fut élu représentant des Antilles françaises à l’Assemblée nationale en 1848 et en 1849, où il siégeait dans les rangs de la Montagne, s’exila en Grande-Bretagne après le coup d’État du 2 décembre 1851 pour ne revenir en France qu’en 1870. Élu à nouveau représentant de la Martinique en 1871 puis sénateur inamovible de cette île en 1875, Schœlcher homme politique se préoccupa jusqu’à sa mort de la défense des droits des citoyens d’outre-mer par leur assimilation à ceux de la France. Il élabora au fil des ouvrages qu’il écrivit sur les sociétés coloniales un projet de réforme sociale post-esclavagiste qui s’inscrit dans une phase fondamentale de l’histoire des Antilles, alors que se développait le processus de suppression de l’esclavage. L’histoire retient son action en tant qu’abolitionniste, signataire du décret d’émancipation des esclaves, homme politique républicain, député et sénateur des Antilles, auteur d’une œuvre maîtresse sur les sociétés esclavagistes et l’histoire de son siècle dans la région des Caraïbes.

Le premier voyage qu’il effectua en 1829-1830 aux Amériques (États-Unis, Mexique, Cuba) inaugura la longue carrière de Schœlcher – facilitée par la rente annuelle que lui procurait la fortune familiale – que ponctuèrent plusieurs autres voyages, dans la région des Caraïbes à nouveau en 1840-1841 et en Afrique, et la publication de nombreux ouvrages. Très tôt affilié à la tendance politique républicaine et à la franc-maçonnerie, Schœlcher collabora à la plupart des journaux républicains parisiens, à La Réforme en particulier. Ses premiers ouvrages, De l’esclavage des noirs et de la législation coloniale (1833), Abolition de l’esclavage; examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des sang-mêlés (1840) stigmatisaient les rapports sociaux qu’il avait observés aux États-Unis et dans les colonies européennes des Caraïbes où sévissait l’esclavage, l’incitant à faire sien le principe énoncé par l’abolitionniste britannique William Wilberforce selon lequel: « La liberté est le principe, l’esclavage, l’exception. » Entre 1841 et 1847, Schœlcher publia Des colonies françaises, abolition immédiate de l’esclavage (1842), ouvrage consacré à la Guadeloupe et à la Martinique, Colonies étrangères et Haïti (1842-1843) dans lequel il rendait compte des premiers effets de l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques dans l’espoir de convaincre ses lecteurs français puis, après un voyage en Égypte et la parution en 1846 de L’Égypte en 1845, Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années (1847). Bien que le modèle de réorganisation sociale sans esclavage qu’il élabora pendant la première moitié du XIXe siècle fût très empreint des théories du socialisme utopique de son époque, il préfigurait par bien des aspects l’évolution des sociétés antillaises pendant la seconde moitié du siècle. C’est en tant que sous-secrétaire d’État aux Colonies que Schœlcher signa le 27 avril 1848 le décret d’abolition de l’esclavage. Élu au suffrage universel dans les trois colonies françaises des Antilles et de la Guyane, il choisit de représenter la Martinique. Les difficultés engendrées par la crise de l’économie sucrière depuis le début du XIXe siècle et par la transformation des rapports sociaux que supposait la suppression de l’esclavage incitèrent Schœlcher à intervenir de manière plus directe dans la vie sociale et politique des Antilles. Il fut par exemple à l’origine de la fondation du premier journal républicain qui parut en Guadeloupe en 1849-1850, Le Progrès , et publia à Paris une série d’ouvrages ponctuels sur les événements politiques antillais. Le « schœlchérisme » était redouté par les colons, qui craignaient la perte de leurs biens et de leur influence politique face à la supériorité numérique des anciens esclaves devenus « nouveaux citoyens », et par les autorités gouvernementales, qui voyaient en lui l’inspirateur des troubles politiques que connaissait alors la Guadeloupe. S’il prôna la réorganisation des sociétés antillaises par l’instruction gratuite et obligatoire et par l’exercice du droit de vote au suffrage universel, il n’en défendit pas moins avec ardeur des mesures qui lui semblaient être les plus aptes à assurer la prospérité des colonies – et des colons – notamment le versement de leur indemnité après l’émancipation et la construction d’usines sucrières dites « grandes centrales » dont les ouvriers agricoles, employés pendant quatre mois par an, subsisteraient grâce à la mise en valeur de lopins de terre.

Après dix-huit ans d’exil à Londres, Schœlcher rentra en 1870 à Paris où il se rangea, pendant la Commune, aux côtés de conciliateurs. Ses publications d’exil ne concernèrent pas les questions antillaises. Il livra de virulentes attaques contre le gouvernement du Second Empire dans plusieurs ouvrages et publia une Vie de Haendel en 1857. Réélu représentant de la Martinique à l’Assemblée nationale en 1871 puis sénateur inamovible de cette île en 1875, Schœlcher devint président de la Société de secours mutuel des Créoles en 1874 et membre de la Société pour l’amélioration du sort des femmes en 1875. Outre ses interventions sur les questions coloniales, il consacra ses travaux de sénateur à la lutte pour l’abolition de la peine de mort. Il présidait en 1881, avec Maria Deraismes, le congrès anticlérical. Fondateur du Moniteur des colonies en 1882, avec le député guadeloupéen Gaston Gerville-Réache, Schœlcher publia enfin plusieurs ouvrages sur la législation du travail aux Antilles, Polémique coloniale (1882-1886), recueil de ses derniers articles, des études sur l’esclavage aux États-Unis, au Brésil et au Sénégal et, en 1889, une Vie de Toussaint Louverture . Mort à Houilles en 1893, il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise et ses cendres furent transférées au Panthéon en 1949.

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La Grande Loge Unie d'Angleterre

9 Décembre 2012 , Rédigé par A. R. Publié dans #histoire de la FM

La Grande Loge Unie d'Angleterre vit le jour en 1813, et résulta de l'union de la Grande Loge des Modernes avec la Grande Loge des Anciens. Bien qu'à première vue la pomme de discorde entre les Modernes et les Anciens ait été le rituel, on sait aujourd'hui que ce sont surtout les différences de nature sociale et religieuse qui ont opposé les membres de ces deux Grandes Loges. En effet, les Modernes avaient un recrutement plus aristocratique que les Anciens, même si ceux-ci ont compté quelques grandes familles comme les Atholl. Les premières tentatives de rapprochement entre les Grandes Loges ne datent que de b dernière décennie du XVIIIe siècle et il semble que les Anciens en aient eu l'initiative, Citons le cas, assez exceptionnel de la Royal Gloucester Lodge constituée en 1772 par ceux-ci, qui demanda en 1792 une patente aux Modernes et qui lesta délibérément affiliée aux deux Grandes Loges jusqu'à leur unification, pratiquant tantôt le Rite Ancien tantôt le Rite Moderne.

Plusieurs raisons expliquent cette fusion. Les Anciens ne pouvaient qu'accroître leur prestige en rejoignant les aristocrates de la Grande Loge des Modernes, en particulier les membres de la famille royale. Les Modernes, quant à eux, souffraient d'une grave crise financière: ils s'étaient endettés pour construire le luxueux Freemasons' Hall. Un assez grand nombre de maçons « Modernes », qui acceptaient difficilement de voir leurs cotisations augmenter pour permettre à la Grande Loge de régler ses dettes, avaient peu à peu rejoint les Anciens. Enfin, le contexte politique donnait à l'unification de la maçonnerie anglaise un caractère urgent. Le gouvernement de Pitt avait suspendu l'Habeas corpus et tentait de s'opposer aux organisations réformistes anglaises, et en particulier aux tout nouveau% syndicats. En 1799, une loi (Combination Act) mit un terme au droit d'association.. Il était donc vital que la franc-maçonnerie montrât un visage uni et proclamât son allégeance au pouvoir royal, ce qu'elle fit. Quatre nobles jouèrent un rôle de premier p]an dans cette réalisation: le duc d'Atholl, pour les Anciens, le comte de Moira-Hastings, pour les Modernes, et deux princes, les ducs de Sussex et de Kent, respectivement Grands Maîtres des Anciens et des Modernes. Les Grandes Loges furent les seules associations épargnées par la loi de 1799.
En 1813, le duc de Sussex prit la tête de cette nouvelle association, qui se trouva ainsi totalement placée sous l autorité de la famille royale. Plusieurs historiens, notamment Robert Freke Gould, se sont penchés sur les Articles d'Union pou r étudier en détail les aménagements du rituel et les compromis effectués. Pour préparer l'union, les Modernes avaient mis en place la Loge de Promulgation, chargée de remettre à l'honneur quelques éléments du rituel abandonnés en 1750. Les Anciens avaient constitué des Loges d'lnstrucion afin d'harmoniser leurs propres rituels. Les articles de 1813 créèrent une nouvelle instance, la Loge de Réconciliation, afin de peaufiner le rituel de la nouvelle Grande Loge. Celle ci reconnut naturellement l'existence des trois degrés de la franc-maçonnerie, mais également celle du Royal Arch*, cher aux Anciens et que les Modernes avaient toujours ignoré. Du point de vue du rite, la victoire revenait aux Anciens, bien que numériquement ils aient été plus faibles. Sur le plan de l'organisation, les articles prévoyaient la répartition équitable de tous les officiers des Modernes et des Anciens dans la nouvelle instance. On désigna même deux Grands Chapelains. Afin de contenter tout le monde, 18 Grands Intendants furent nommés~ soient six de plus qu'auparavant. Certains d'entre eux reçurent le privilège de nommer leur successeur. L'article 8 stipulait que les 388 loges Modernes et les 260 loges Anciennes prendraient rang alternativement sur le registre de la nouvelle {Grande Loge, après tirage au sort pour les plus prestigieuses. Le nouveau registre comporta 647 loges (et non 648). C'est ainsi que la Grand Masters ' Lodge des Anciens, qui regroupait tous les anciens Grands Maîtres, se vit attribuer la première place, tandis que la loge Antiquily n° I des Modernes, non sans une certaine amertume, figura en deuxième place. Symboliquement, la Grande Loge se fixa pour tout premier devoir d'envoyer un message au prince régent? par l'intermédiaire du duc de Kent, l'assurant de son allégeance à la royauté et au gouvernement du pays.
Quatre comités furent créés pour gérer la nouvelle organisation, le comité des affaires générales (Board of General Purposes), le plus important, celui des finances, celui des oeuvres charitables et celui des écoles. En 1818, le comité des Affaires Générales absorba les autres. En 1815 un nouveau livre des Constitutions d'Anderson avait été édité: la partie historique ne fut pas revue. Le changement majeur concerna l'article 1 er, « Concernant Dieu et la religion ». On vit apparaître pour la première fois l'invocation au « Grand Architecte de l'Univers ».
Le duc de Sussex règna 30 ans sur la Grande Loge Unie d'Angleterre, de 1813 à sa mort, en 1843, avec autorité. Ainsi c'est le Grand Maître qui, à partir de 1815, nomma tous les officiers de la Grande Loge, sans que celle-ci ait son mot à dire, sauf pour le choix du trésorier. Afin de concrétiser l' union , le duc de Sussex s'assura du soutien des trois anciens Grands Maîtres Adjoints des Anciens, Perry, qui avait succédé au célèbre Laurence Dermott, Agar et Harper.
Les rois George IV puis Guillaume IV eurent le titre officiel de « Protecteur de l'Ordre ». Comme la Grande Loge des Modernes en son temps, la Grande Loge Unie d'Angleterre ne cessa de se rapprocher de la monarchie en initiant les membres de la famille royale et en participant à tous les jubilés. À la différence du siècle précédent, la famille royale ne se contenta pas d'un rôle honorifique mais occupa réellement les plus hautes fonctions de l'Ordre. Avant de monter sur le trône en 1901, le prince de Galles, le futur Édouard Vll, fut Grand Maître pendant une trentaine d'années. Il avait en effet accédé à cette fonction en 1874, lors d'une cérémonie au Royal Albert Hall. La même année ses deux frères, le duc de Connaught et le duc d'Albany, furent nommés par ses soins Premier et Second Grand Surveillant. Le plus jeune fils de la reine Victoria, le prince Léopold, devint Grand Maître Provincial du comté d'Oxford en 1875. On comprend que la francmaçonnerie ne put guère avoir de secrets pour la reine Victoria, bien qu'elle fût femme... En 1887, 7600 maçons se rassemblèrent au Royal Albert Hall pour fêter le jubilé de son accession au trône. Ils renouvelèrent cette attention dix ans plus lard Chaque fois, la Grande Loge Unie d'Angleterre fut récompensée de ses bons et loyaux services par une donation royale pour ses ouvres. Sans doute victimes de la morale victorienne, les dignitaires de la Grande Loge Unie voulurent se départir de la réputation que Hogarth leur avait faite en peignant des maçons en état d'ébriété à la sortie d'une tenue ayant eu lieu dans une taverne. Pour plaire à leur souveraine, ils décidèrent donc de dissocier le temple maçonnique de la taverne: la construction du nouveau local, Freemasons' Hall, fut même achevée un an avant celle de la taverne, en 1866.
La franc-maçonnerie britannique, fidèle à la tradition paternaliste de l'aristocratie se distingue par la création d'un nombre important d'institutions charitables. Deux écoles maçonniques étaient ainsi gérées par un comité spécial de la Grande Loge en 1814: l'école maçonnique des filles qui comptait à cette époque 62 enfants et celle des garçons, qui en rassemblait 55. Ces deux institutions prospérèrent tout au long du siècle. Lors des jubilés, elles reçurent des dons importants du pouvoir royal. En 1888, c'est le prince de Galles, alors Grand Maître, qui présidera le festival organisé à l occasion du centenaire de l'école maçonnique des filles. La demande formulée par le frère Crucifix (sic) en vue de la création d'un asile de vieillards et d'indigents déplut toutefois au Grand Maître, qui préférait l'ancien système de versements annuels aux familles de maçons démunis. Ce débat est intervenU en 1834, au moment où l'Angleterre votait ses nouvelles lois sur les pauvres qui généralisaient le système des workhouses. Les maçons étaient sensibles aux grands débats sur la pauvreté et hésitaient entre l'attitude paternaliste, la charité privée et le respect des nouvelles mesures gouvernementales en faveur de l'internement des pauvres. Finalement, c'est le projet de Crucifix qui l'emporta et un asile maçonnique fut créé, épargnant ainsi aux maçons les plus pauvres la rigueur des workhouses dans leurs vieux jours. Un hôpital maçonnique, qui pendant la Première Guerre mondiale fut transformé en hôpital militaire pour les soldats francs-maçons, fut ouvert en 1913. En matière de religion, la franc-maçonnerie fit preuve d'une tolérance très relative. Certes, elle prit la défense de ces maçons juifs anglais qui, en 1845 se virent refuser le droit de visite dans une loge de Berlin (la loge Royal York of Friendship) sous prétexte qu'ils n'avaient pas épousé la doctrine chrétienne. Cependant la Grande Loge ne fit pas toujours preuve d'une telle tolérance. Ainsi l'on constate que lorsque le Grand Maître, le marquis de Ripon, se convertit au catholicisme en 1874, il crut de son devoir de démissionner. Or il n'est pas certain que le marquis ait pris cette décision uniquement par fidélité au pape. Lorsqu'en 1877 le Grand Orient de France supprima de ses constitutions la référence au Grand Architecte de l'Univers, la Grande Loge Unie d'Angleterre rompit les relations avec l'obédience française.
Tout au long du XIXe siècle, les effectifs de la Grande Loge s'accrurent. Une augmentation particulièrement forte des effectifs se produisit entre 1844 (723 loges) et 1869 (1299). En 1856 un Comité pour les Colonies (Colonial Board) fut mis place afin de superviser l'expansion de la maçonnerie anglaise dans l'Empire, après quelques incidents survenus au Canada. La Grande Loge Unie d'Angleterre était devenue une institution impériale, soucieuse de servir la famille royale.
Au XXe siècle, fidèle à sa tradition, elle demeura très proche de la monarchie et resta liée aux milieux conservateurs.
Les Grands Maîtres de la Grande Loge Unie d'Angleterre . 1813, S.A.R. le duc de Sussex; 1844, le comte de Zetland; 1870, le marquis de Ripon; 1874, S.A.R. le prince de Galles; 1901, S.A.R. le duc de Connaught; 1939, Georges, duc de Kent; 1942, lord Harewood; 1946, lord Scarborough, 1947, le 10e duc de Devonshire; 1951, le l le. comte de Scarborough; 1969, S.A.R. le duc de Kent.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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La GLTSO

8 Décembre 2012 , Rédigé par Étienne TADDEI TRGM Publié dans #histoire de la FM

Les origines anciennes

L'histoire de notre Obédience se confond avec celle de sa Loge créatrice N°1 "Le Centre des Amis". Nous suivrons ce fil conducteur pour notre historique.En 1778, des Francs Maçons, officiers suisses au régiment de Sonnenberg, appartenant à une Loge militaire française "Henri IV", créent une nouvelle Loge "Guillaume Tell". Elle reçoit sa patente du Grand Orient de France, travaille au Rite Français et recrute parmi les Gardes Suisses du Roi. En 1792, la monarchie tombe, les Tuileries sont investies par les révolutionnaires et les Gardes Suisses, dont de nombreux Frères de la Loge "Guillaume Tell", restés fidèles à leur serment d'attachement au roi, sont massacrés par la foule bien qu'ils fussent désarmés. L'année suivante, les quelques Frères survivants créent une nouvelle Loge "Le Centre des Amis". Ce nom veut bien dire ce qu'il veut dire. Cette nouvelle Loge était essentiellement une tentative pour regrouper, après la tourmente révolutionnaire, tous les adeptes fidèles à l'esprit maçonnique, une sorte d'association fraternelle de francs-maçons se recrutant par affiliation, seul moyen de préserver le secret et d'éviter les trahisons fréquentes dans ces périodes troublées. Les Frères composant cette Loge représentaient l'éventail des tendances politiques de l'époque à l'exception des extrémistes. En cela, ils étaient dans la plus pure tradition maçonnique telle qu'elle est exprimée dans l'article I des Constitutions d'Anderson : "la Maçonnerie devient le centre d'union, et le moyen de nouer une Amitié sincère entre des personnes qui n'auraient pu que rester perpétuellement étrangères". En 1808, "Le Centre des Amis" cesse de pratiquer le Rite Français et adopte le Rite Ecossais Rectifié avec l'autorisation officielle du Grand Orient (son obédience) et la patente de Jean-Baptiste Willermoz, fondateur du Rite et "Grand Chancelier du Directoire de Lyon du Régime Rectifié"(Régime = structure gérant les différents grades du Rite). Parallèlement le Régime Ecossais Rectifié se développe en France (3 Directoires : Bourgogne, Auvergne, Septimanie) et surtout en Suisse. "Le Centre des Amis" continuera ses travaux, fidèle à l'esprit maçonnique le plus pur et le plus élevé, puis les événements politiques et le vieillissement de ces membres aboutira à sa "mise en sommeil" en 1841. Toutes les archives sont alors confiées à la Préfecture (entité hiérarchique du Régime Rectifié) de Genève. 

Les origines modernes

En 1910, quelques frères du Grand Orient de France veulent réorienter les travaux dans un esprit plus spiritualiste et libéral. En effet, depuis 1848 et la IIème République, le Grand Orient a pris un virage plus humaniste, progressiste et s'implique dans la vie politique. En 1877, il renonce à la croyance au Grand Architecte de l'Univers et devient officiellement athée. Ces frères, dont le plus célèbre, Edouard de Ribaucourt, animés par le même esprit que les fondateurs du "Centre des Amis" de 1793, choisissent de "réveiller" cette Loge et de travailler au RER. Le Grand Prieuré d'Helvétie (structure suprême du Régime Rectifié toujours vivant en Suisse) retransmit les archives et les patentes nécessaires et les aide à "réveiller" officiellement "Le Centre des Amis" au RER dans le giron du Grand Orient de France (GODF). Cependant, le GODF ne pouvant plus tolérer la référence au GADLU, principe fondamental du RER, "Le Centre des Amis" doit quitter cette obédience en 1913. Avec l'aide d'une Loge anglaise de Bordeaux ils créent une nouvelle obédience "la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises" (GLNIRF) qui est immédiatement reconnue officiellement par la Grande Loge d'Angleterre. Cette obédience, avec "Le Centre des Amis" comme Loge N°1, prend de l'essor entre les deux guerres. Vient ensuite la tourmente de la deuxième guerre mondiale pendant laquelle toute la Maçonnerie est interdite par le régime de Vichy et les maçons pourchassés (un grand nombre est exterminé dans les camps de concentrations). En 1948, toujours autour du "Centre des Amis N°1", ce qui reste de la GLNIRF se reconstitue en Grande Loge Nationale Française (GLNF) (dite Bineau du nom du boulevard de Neuilly où se déroule cette cérémonie). Cette obédience reste actuellement la seule reconnue comme "régulière" par la Grande Loge Unie d'Angleterre. 

La création officielle

En 1958, les frères du "Centre des Amis N°1" et d'une autre Loge travaillant au RER, "Les Philadelphes" font le constat d'une totale main mise anglaise sur l'obédience (1/4 seulement de frères français !), une discipline toute britannique, de nombreuses tracasseries visant à museler le RER et l'interdiction de tout contact fraternel avec les maçons des autres obédiences françaises. Sept loges et une trentaine de grands officiers de la GLNF décident alors de fonder leur propre obédience pour échapper à la tutelle anglaise. Ainsi naît la "Grande Loge Nationale Française Opéra" (du nom de l'avenue où se tint son nouveau siège social). En adoptant le RER comme rite principal et en renouant avec la Tradition maçonnique ancienne, elle reconnaît officiellement les autres obédiences françaises et permet à tous ses frères des échanges fraternels avec tous les maçons "non réguliers". Depuis, elle continue d'entretenir des relations très suivies avec ces obédiences amies tout en restant attachée à une discrétion sur le plan médiatique et politique, afin de privilégier le travail maçonnique initiatique qui reste son objectif prioritaire. En 1982, lors de son Convent du 8 janvier l'obédience prend le nom de "Grande Loge Traditionnelle et Symbolique OPERA" pour marquer ses principes fondamentaux et pour bien se démarquer nominalement, de la GLNF Bineau. Notre obédience a travaillé à plusieurs reprises avec les autres obédiences pour essayer de réunir l'ensemble des différents courants maçonniques :

1961 avec le Centre de Liaison et d'Information des Puissances Maçonniques Signataires de l'Appel de Strasbourg (CLIPSAS).

1974 avec la Confédération Maçonnique Française, mais qui est restée lettre morte.

1999 avec un projet d'accord avec la Grande Loge de France (GLDF).

   2001 avec la création de La Maçonnerie Française regroupant les 9 principales Obédiences.

La GLTSO aujourd'hui

La GLTSO regroupe 250 Loges (dont certaines dans les territoires d'outre-mer et à l'étranger (Belgique, Italie, Thaïlande, ...) et près de 4.500 membres. Le rite majoritaire est le Rite Ecossais Rectifié, mais sont également pratiqués le Rite Français Traditionnel, le Rite Ecossais Ancien et Accepté et les Rites Anglo-Saxons (le Rite Emulation, le Rite d'York et le Rite Standard d'Ecosse). La GLTSO reste attachée à l'aspect initiatique de la Maçonnerie, à la pratique rigoureuse des rituels, l'étude des symboles, le perfectionnement spirituel de ses membres, la fraternité avec tous les maçons, quelle que soit leur appartenance. Ses travaux se déroulent sous l'égide du Grand Architecte de l'Univers. Elle n'opte pas pour une intervention directe dans la vie politique et la "société civile", mais enjoint ses frères "d'aller porter parmi les autres hommes les vertus dont ils ont promis de donner l'exemple". Elle participe en revanche aux œuvres humanitaires maçonniques, car la "Bienfaisance" est un devoir essentiel du maçon au RER. Exclusivement masculine par tradition historique, elle compte néanmoins, parmi les Obédiences qu'elle reconnaît, des structures mixtes ou féminines : la Grande Loge Féminine de France, le Droit Humain, Grande Loge Mixte de France, Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm et la Grande Loge Mixte Universelle. Tout homme "libre et de bonnes mœurs" croyant en la transcendance de l'être humain peut y rentrer quelles que soient ses opinions politiques et religieuses. Athées et matérialistes pourraient s'y sentir mal à l'aise, mais le rituel maçonnique peut aider à faire progresser sur le chemin de la Lumière et de la Vérité tous ceux qui ne se mettent pas un bandeau sur les yeux ! Les discussions politiques et religieuses stricto sensu y sont interdites, comme le veulent les Constitutions d'Anderson afin d'éviter toutes discordes "viscérales". Par contre, et la GLTSO est très stricte sur ce point, toutes les personnes appartenant à un mouvement extrémiste ou à une secte sont refusées ou exclues. Les profanes doivent s'engager, par écrit, sur ces deux points. Les principes maçonniques de tolérance et d'adogmatisme sont totalement opposés aux vues développées par ces mouvements politiques ou sectaires. Maintenir une Maçonnerie Traditionnelle Spiritualiste et Humaniste peut s'avérer être un défi dans notre monde matérialiste dominé par les puissances financières et médiatiques. Nous ne voulons pas "hurler avec les loups" et perdre notre authenticité pour être "à la mode". Nous avons l'Utopie de continuer à porter au troisième millénaire une Tradition Initiatique vivante pour aider l'Homme dans sa réalisation intérieure qui est son véritable but, seul moyen d'aider l'ensemble de l'humanité à progresser vers la Paix, la Justice, la Fraternité... 

source : www.gltso.org

Commentaire : la GLTSO, une obédience qui ne fait pas de bruit et qui a su maintenir la Tradition maçonnique avec des travaux de grande qualité.

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