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Hauts Grades

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Les Métaux et la Mémoire

26 Décembre 2012 , Rédigé par Marc Labouret Publié dans #histoire de la FM

A la mémoire de Henri Labouret (1879-1970),
numismate éminent,
initié à la Lumière du Nord, à l’Orient de Lille, en 1905.

Le jeton et le méreau apparaissent au Moyen-âge. D’abord synonymes, les deux mots désignent peu à peu deux objets d’usage différent. D’une part, le mot de méreau vient à caractériser essentiellement des monnaies de convention : dans son Dictionnaire historique de l’ancienne langue française, au XVIIIe siècle, La Curne de Saint Palaye en cite quelques usages : A l’église pour constater la présence des moines aux offices, au marché pour prouver l’acquittement d’un droit, dans les travaux, les ateliers, pour représenter à la fin de la semaine le prix des journées. Le méreau est donc, notamment, l’ancêtre du jeton de présence, y compris dans les ateliers maçonniques. D’autre part, les jetons servent d’instrument de calcul : dans ce rôle, ils succèdent au calculus, petit caillou dont usaient les Romains. Ils se posent (se « jettent ») sur des abaques, appelés aussi mérelles (d’où aussi le jeu de marelle), ou comptoirs – le mot est resté. Comme les bouliers orientaux, ils facilitent les opérations complexes, auxquelles les chiffres romains ne se prêtent pas. A partir du XVIe siècle, la diffusion des chiffres arabes prive progressivement les jetons de compte de leur utilité. On trouve pourtant encore trace de leur usage désuet dans Molière ou Sévigné, et on édite jusqu’en 1812 des manuels de comptabilité qui expliquent leur mode d’emploi. Mais ils connaissent une mutation, que Diderot explique parfaitement : L’usage des jettons pour calculer étoit si fort établi que nos rois en faisoient fabriquer des bourses pour être distribuées aux officiers de leur maison qui étoient chargés des états des comptes… Ainsi, ils deviennent récompense royale, rémunération qui ne dit pas son nom pour des serviteurs de l’Etat, dont la noblesse interdit de recevoir un vulgaire salaire. L’aristocratie, les parlements, les villes, les
corporations, imitent le roi, et l’usage se répand d’offrir des jetons en cadeau de prestige. Des milliers de petites œuvres d’art témoignent de cette coutume qui dure de la Renaissance à la Révolution et culmine au XVIIIe siècle.

Dans ce contexte, les obédiences et loges maçonniques frappent jeton comme tout le monde, à partir des années 1770. Le but est d’abord de récompenser l’assiduité du travail maçonnique : en 1784, un jeton de la loge de la Parfaite Union, à l’Orient de Valenciennes, porte la mention LABORIS ASSIDUI PRAEMIUM (Récompense du travail assidu). Ce premier usage avéré reste le plus important jusqu’à nos jours, sous des formes diverses.

Aujourd’hui, on appellerait plutôt médailles les pièces de gratification ou de commémoration que l’Ancien Régime désignait du mot de jetton. Au début du XIXe siècle, on trouve indifféremment les appellations de jeton et de médaille pour les mêmes pièces. Thory dit même explicitement, en 1812, qu’on peut considérer comme des médailles les jetons des loges. De plus, ces jetons sont souvent percés et complétés d’une bélière pour être portés en décoration. Deviennent-ils ainsi médailles ? Cessent-ils d’être jetons ? Et si on leur ajoute un ruban pour les porter à la boutonnière, où s’arrête la numismatique, où commence la phaléristique, voire la « cordonnite » ? Autre type de confusion : l’empreinte métallique du sceau de la loge peut être utilisé comme médaille ou bijou. Souvent, ce sont les dimensions de la pièce qui la font classer parmi les jetons ou parmi les médailles. La distinction n’est pas nette. A tout le moins, la limite est floue. N’attachons pas trop d’importance à la dénomination des pièces. Toutefois, nous écartons le terme de méreau : il ne s’emploie guère que pour les jetons paramonétaires du Moyen-âge et de la Renaissance, d’usage populaire ou ecclésiastique.

A partir de 1820, et surtout 1840, on rencontre la mention jeton de présence, notion qui ne se confond pas avec la précédente. Le jeton de présence, sans prétention esthétique et frappé dans les alliages les plus économiques, est seulement un justificatif de l’assiduité, pour éventuellement la récompenser autrement par la suite. Distribué à l’issue d’une séance, il est en fin d’année déduit de la cotisation annuelle suivante. Après les loges maçonniques, les sociétés industrielles et commerciales s’approprient cet usage. Dans plusieurs loges et même au Grand Orient, des jetons avec valeur faciale s’apparentent aux monnaies de nécessité qui pullulent à la fin du XIXe siècle.

On retrouve une valeur d’échange explicite, d’un tout autre esprit, dans les jetons de bienfaisance, échangeables contre des denrées alimentaires, émis par les loges de la Rochelle et d’Oran.

Il est possible que le jeton maçonnique ait aussi servi de signe d’appartenance et de reconnaissance, comme ces pièces décrites par Hennin : Cette pièce et les deux suivantes servaient aux ouvriers qui travaillaient aux démolitions de la Bastille pour être reconnus à l’entrée de leurs ateliers. Celle-ci était pour les chefs des travaux, la suivante pour les ouvriers, et la dernière pour les manœuvres. On peut se trouver en présence de pratiques comparables quand on lit qu’une loge de Rouen exclut un frère en lui retirant ses trois médailles, celles-ci correspondant peut-être aux grades d’apprenti, compagnon et maître… Cette utilisation expliquerait mieux que les autres, somme toute, pourquoi les beaux jetons du XVIIIe et de la première moitié du XIXe siècle se rencontrent dans différents métaux, et souvent percés ou munis d’une bélière pour être portés ou exposés.

Au XIXe siècle, la numismatique maçonnique se spécialise. Des médailles viennent récompenser des mérites divers. L’ancienneté, certes. Mais on connaît aussi des prix de poésie, de musique, de formation professionnelle, décernés par diverses loges de Paris et de Province.

Enfin, et encore aujourd’hui, la médaille vient commémorer un événement ou célébrer un anniversaire. Une inauguration de temple, un congrès, un anniversaire, sont l’occasion d’avoir recours au graveur pour en fixer dans le métal le durable souvenir. Grâce à ces occasions, la numismatique maçonnique reste vivante, même si on peut regretter qu’elle soit moins imaginative et beaucoup moins féconde qu’aux siècles passés.

Incidemment, il est à noter que le terme médaille a gardé ou pris dans les ateliers maçonniques un sens qui excède la numismatique. En effet, on appelle ainsi tout don, en général d’ordre philanthropique, décidé par une loge. Il va sans dire que ces “ médailles ” prennent de nos jours en général la forme d’un chèque. Il s’ensuit qu’à la lecture des comptes-rendus de tenues maçonniques, il ne faut pas toujours prendre au pied de la lettre le terme quand on apprend qu’une loge a décerné une médaille. Il peut s’agir d’une somme d’argent.    
Le premier intérêt du jeton maçonnique réside dans ses qualités esthétiques. Il séduit le collectionneur par sa variété et l’originalité des sujets et des formes rencontrés. Beaucoup de chefs-d’œuvre témoignent de l’histoire de l’art. On sera peut-être plus sensible au charme des pièces les plus anciennes : allégories de l’Ancien Régime, compositions rayonnantes du Premier Empire, trouvailles raffinées de la Restauration. Mais on trouve encore des exemples de l’esthétique de l’Art Nouveau, parfois de grande qualité. Enfin, l’Art Déco, voire l’abstraction, sont aussi représentés en leur temps. Beaucoup des graveurs sont eux-mêmes francs-maçons : Bernier, Jaley, Coquardon, Brévière, Desnoyers, Tattegrain… On ne s’étonnera pas de voir leur signature sur les compositions les plus originales, marquées par leur personnalité, voire leur ferveur - à la différence de celles où l’artisan se borne à suivre un cahier des charges, pour répondre à une commande dénuée pour lui de signification profonde. Malheureusement, un très grand nombre de jetons et médailles se bornent à un vocabulaire symbolique limité et convenu, voire à du texte sans illustration.

Le curieux trouvera ensuite dans les jetons et médailles maçonniques une illustration de l’histoire symbolique. La numismatique éclaire cette branche bien particulière de l’histoire de la pensée, plus et mieux sans doute que la peinture ou la littérature. Car les jetons, dès l’Ancien Régime, dès la Renaissance même, diffusent un vaste répertoire d’images et de devises, que le petit format oblige à condenser, pour le rendre compréhensible par tous avec un minimum de moyens. La Franc-maçonnerie naissante puise dans ce vocabulaire largement connu et compris, qui est aussi celui de l’héraldique et de la sigillographie : foi, lacs d’amour, ouroboros, pélican, astres, cœurs, grenades... Elle l’ajoute au vocabulaire, réel ou supposé, de la maçonnerie de métier : équerre et compas, perpendiculaire et niveau, truelle et maillet (mais en ignorant la boucharde, pourtant plus utilisée auparavant par les maçons et tailleurs de pierre pour représenter leur métier). Enfin, elle prend à son compte la symbolique mystique baroque (triangle, œil, tétragramme, nuées, pélican encore…) et réinvente une symbolique biblique du Temple. Le numismate, et le « jetonophile » surtout, sont bien placés pour faire la part de ces différents registres, et en observer la généalogie et la postérité.

Les jetons et médailles témoignent en outre de l’histoire événementielle de deux siècles chargés de révolutions et de coups d’Etat. Les relations des francs-maçons à la politique, leurs loyalismes successifs et parfois leur participation aux événements trouvent ici une illustration abondante. De Louis XVI à la Seconde Guerre Mondiale, la présence des francs-maçons est attestée dans les épisodes tourmentés de notre histoire, et, faut-il le rappeler, des deux côtés de chaque barricade.

Enfin, à l’évidence, l’histoire proprement maçonnique s’y retrouve donnée à lire. C’est d’une part l’histoire événementielle des loges et des obédiences, des grades et des rites : rassemblements et divisions entre frères ennemis, querelles et retrouvailles, volontés centripètes et forces centrifuges. C’est d’autre part l’évolution de la pensée maçonnique. Si celle-ci peut s’honorer d’une permanence dans les principes, elle s’est confrontée à des contextes politiques et sociaux en transformation constante, et s’est adaptée sans cesse aux réalités. La numismatique nous le prouve en combinant quatre modes d’information : le nom des loges, les légendes explicites, les motifs représentés et enfin leur support matériel.

Les noms des loges expriment les valeurs fondamentales communes du noyau de frères fondateurs. Si on les met en rapport avec la date de fondation des ateliers, ils révèlent la ligne directrice de l’époque. Par exemple, les titres distinctifs du XVIIIe siècle font souvent appel à la sociabilité, ceux du milieu du XIXe siècle à la bienfaisance, ceux de la Troisième République aux valeurs progressistes… En deux cent cinquante ans, ils passent de l’évocation des saints à la revendication de valeurs républicaines, laïques, voire socialistes.

Cette évolution que les noms des loges suggèrent, le langage de l’image la confirme. Les symboles ne changent pas en eux-mêmes, mais leur sélection et leur mise en scène évoluent. Les mots du vocabulaire restent à peu près les mêmes, mais les changements de la syntaxe expriment, de façon plus ou moins limpide, l’évolution de la pensée des francs-maçons français. On distingue ainsi des présentations attachées à une cohérence spatiale, et d’autres qui préfèrent une simple juxtaposition de symboles, comme coupés du monde matériel. Le rayonnement ou la modestie, le plan centré ou non, la présence ou non d’une base où ils sont posés, révèlent des conceptions différentes du lien entre symbole et réalité, comme de la place de l’institution symbolique (la Franc-maçonnerie) dans le monde et la société. L’index thématique en annexe aidera le lecteur désireux de faire ses propres observations.

L’analyse des légendes et devises d’accompagnement complète celle des dessins : Dispersit superbos (Il disperse les orgueilleux) célèbre la chute de l’Ancien Régime, et Post tenebras lux (La lumière après les ténèbres) la Restauration. Si foederis invenies (cherche et tu trouveras) appelle à l’effort individuel, Liberté égalité fraternité à la solidarité de groupe et l’engagement social.

Le métal utilisé même n’est pas sans signification. C’est un critère délicat, puisque souvent le même jeton est frappé dans des métaux différents, sans qu’on en sache toujours la raison. Néanmoins, on peut raisonnablement considérer que l’usage de l’argent, comme du latin et d’un style décoratif recherché, manifestent l’élitisme, tandis que la simplicité du maillechort ou de l’aluminium invitent à la démocratie, aussi explicitement qu’une devise républicaine.

La Franc-maçonnerie trouvera toujours difficilement sa place dans l’histoire générale. C’est la conséquence de sa volonté de discrétion, souvent imposée par son interdiction, voire les persécutions. Pourtant, elle a laissé des traces, qui appartiennent à tous. Nous espérons pouvoir aider à les lire. La Franc-maçonnerie est tradition. Cela veut aussi dire mémoire, et transmission de la mémoire. Pour cette transmission, la numismatique a son rôle à jouer. Certes, le franc-maçon a coutume de dire qu’il faut laisser les métaux à la porte du Temple, entendant par là que les préjugés, les passions et les intérêts profanes ne doivent pas troubler la recherche du vrai et du bien. Mais tous ces petits morceaux de métal n’évoquent-ils pas aussi la chaîne d’union, ces « anneaux de pur métal » qui unissent, dans le temps comme dans l’espace, les maîtres d’hier aux apprentis de demain ?                               

Notre propos n’est pas d’écrire une histoire de plus de l’Ordre maçonnique en France. Il en existe d’excellentes, auxquelles nous avons puisé abondamment, avec le seul scrupule de citer nos sources. Dans la bibliographie, nous y renvoyons le lecteur désireux d’approfondissement. Plusieurs revues de qualité, nationales ou régionales, publient les recherches actives et fécondes des historiens d’aujourd’hui, auxquelles nous avons aussi trouvé matière. Ici, il s’agit plutôt d’archéologie : nous voulons faire parler les objets. Jetons et médailles nous semblent illustrer à merveille tous ces travaux, parfois les compléter, mais jamais les concurrencer. La numismatique apparaît ici plus que jamais dans sa fonction de « science auxiliaire de l’Histoire ». Notre recherche, comme celle de l’archéologue, a porté sur l’identification et la datation des objets. Un rappel historique succinct, chaque fois que c’est possible et utile, vise à replacer les pièces dans leur contexte. Parfois, une anecdote, pas toujours glorieuse, leur ajoute un peu d’épaisseur humaine. Beaucoup d’entre elles ont été émises par des loges dont le passé mérite qu’on s’en souvienne… D’ailleurs, presque toutes les loges prestigieuses ou historiques ont frappé jeton. Citons dès maintenant Les Neuf Sœurs et la Parfaite Estime sous l’Ancien Régime, le Centre des Amis en pleine Révolution, Le Contrat Social et Anacréon sous le Premier Empire, Les Amis de la Vérité sous la Restauration, Bonaparte sous le Second Empire, Alsace-Lorraine et La Clémente Amitié sous la Troisième République…

Pour réaliser l’inventaire le plus complet possible des jetons et médailles maçonniques français émis jusqu’en 1939, nous nous sommes référé aux ouvrages et catalogues déjà publiés, spécialisés ou non. Les volumes du Hamburgische Zirkel Correspondenz (en abrégé HZC) parus autour de 1900 représentent la source la plus importante, avec la descripton de quatre cents pièces. Ils ne font pas double emploi avec les corpus de Feuardent pour l’Ancien Régime, Hennin pour la Révolution, Bramsen pour l’Empire. Les catalogues des marchands numismates ou des ventes aux enchères, y compris sur internet, témoignent des apparitions épisodiques de pièces sur le marché, voire des dispersions de collections. Notamment, les catalogues de la Maison Platt, et surtout celui de 1997, qui présente trois cents jetons et médailles. De même la vente publique, en 2003, à Cannes, du remarquable ensemble réuni par Michel Bonhomme, grand collectionneur prématurément disparu. Cette littérature permet de connaître environ six cents pièces, avec ou sans reproduction, avec ou sans description. Par ailleurs, nous avons pu avoir accès aux principales collections publiques ou privées : en premier lieu le fonds du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale, qui rassemble environ six cents références. Les conservateurs des collections du Musée Gadagne et du Musée des Beaux-Arts de Lyon, ainsi que ceux des principales obédiences maçonniques françaises ont bien voulu nous ouvrir leurs vitrines, voire leurs réserves. La Grande Loge de France rassemble plus de deux cents jetons et médailles, dont certains exceptionnels. Le Grand Orient de France en détient près de cent cinquante. Plusieurs collectionneurs privés enfin nous ont aussi sacrifié de leur temps et partagé de leur savoir. Nous arrivons ainsi à quelque huit cent cinquante cotes, presque toutes accompagnées de description et d’illustration. 290 pièces n’avaient pas encore été publiées, dont des jetons et médailles d’Ancien Régime d’un grand intérêt. Celles déjà connues manquaient souvent de description complète ou d’illustration. Sans aucun doute il en reste à découvrir. Merci aux lecteurs qui nous aideront à combler les lacunes, aux collectionneurs qui détiennent des trésors ignorés et qui voudront bien les faire connaître.

Les frontières elles-mêmes ne sont pas toujours faciles à discerner : qu’est-ce qu’un jeton ou une médaille français ? Ce ne sont certes pas les pièces dont les légendes sont écrites en français : il y en a d’indiscutablement françaises qui sont écrites en latin, ou sans légende. Une médaille strasbourgeoise est en allemand : est-elle ou n’est-elle pas française ? Notre choix a été d’écarter les pièces belges et suisses, souvent remarquables, qui méritent des études respectant leurs contextes spécifiques. Nous retenons les jetons et médailles des anciennes colonies. Nous incluons aussi quelques médailles francophones, qui relèvent de la diaspora maçonnique française en terre étrangère, de Londres à Mexico. Enfin, nous intégrons les pièces maçonniques « napoléonides », qui citent l’Empereur, ou ses frères et soeurs. Pour l’essentiel, ce sont celles que Bramsen décrit dans son Médaillier de Napoléon le Grand.

Non sans remords, nous avons intégré au corpus les pièces que d’autres auteurs ou collectionneurs classent à tort, à notre avis, parmi les maçonniques françaises. Nous expliquons au cas par cas pourquoi nous ne les considérons pas maçonniques, ou pas françaises. Parfois, le doute subsiste. On pourra pour diverses raisons contester telle exclusion – ou telle inclusion : nous nous sommes même autorisé de ces mauvais exemples pour intégrer d’autres jetons non maçonniques, au prétexte qu’ils participent de l’histoire de la Franc-maçonnerie : ceux de l’Hôtel de Soissons, par exemple.

Nous ne suivons pas toujours les usages en numismatique. Nous n’indiquons pas le poids des pièces : puisque le même coin a souvent servi à frapper des jetons dans plusieurs métaux différents, ce poids n’est guère ici une indication d’authenticité. D’ailleurs, autant le poids d’un métal précieux est une importante indication de la valeur d’une monnaie, autant cette information est de peu d’utilité pour un jeton ou une médaille dont la valeur est arbitraire ou symbolique. Dans le même esprit, nous ne nous sommes pas attaché à présenter les pièces dans le meilleur état possible. C’est aussi que notre goût personnel nous fait apprécier la charge émotionnelle contenue dans un jeton qui a circulé, dans une médaille qui a été portée par son récipiendaire. Ils ont participé à la vie de leur loge, et transmettent l’empreinte de nos prédécesseurs sur les voies qu’ils ont tracées. Nos descriptions se veulent complètes mais aussi brèves que possibles : l’image est là presque toujours pour pallier leurs éventuelles approximations. Sous la pression de numismates chevronnés, nous mentionnons le ou les métaux pour lesquels nous connaissons des exemplaires de chaque référence ; mais cette mention ne prétend ni à l’exhaustivité, ni parfois à la rigueur scientifique : la patine aidant, le doute est possible entre cuivre et bronze, cuivre jaune et laiton, les différents alliages blancs ou jaunes des jetons les plus récents, ou le métal principal quand il est recouvert de dorure ou d’argenture. Les auteurs les plus professionnels ne sont pas toujours du même avis : ainsi, Gadoury voit souvent du bronze où HZC et Platt voient du cuivre. Pour près de la moitié de son inventaire, HZC ne mentionne pas le métal, ou bien se contente d’indiquer : métal blanc… Bramsen et Hennin n’en font pas état. Nos indications ne sont pas des certitudes. Enfin, nous nous sommes refusé de mentionner valeur ou rareté. Le marché est variable par essence, voire erratique. Notre connaissance en est partielle et partiale. Nous n’avons pas vocation à peser sur les prix, dans quelque sens que ce soit. Et comment évaluer le cours de médailles exceptionnelles ?

Nous avons été tenté par un classement chronologique. Il présentait plusieurs inconvénients. Hennin et Bramsen prouvent qu’un tel principe pousse à bien des choix arbitraires. En effet, de très nombreuses pièces ne sont pas datées. Pire : celles qui sont datées sont rarement datées de leur émission, mais bien plus souvent de la fondation de la loge, fondation parfois mythique ! Saint-Germain-en-Laye en donne le plus bel exemple. Nous devons considérer les dates mentionnées avec prudence, et rechercher l’époque de la gravure et/ou celle de la frappe à travers d’autres indices, d’autres sources. En outre, il est souvent intéressant de voir rassemblées les pièces qu’une même loge a successivement émises, et leur évolution en fonction des régimes politiques ou des modes esthétiques. La loge Saint-Louis de la Martinique en donne un des exemples les plus significatifs, en remplaçant à quelques années d’intervalle le portrait de Louis XVI par l’aigle impériale, puis par une représentation de Saint Louis. La loge des Admirateurs de l’Univers fournit un échantillonnage daté de la dégradation stylistique au XIXe siècle. Ce ne sont pas des cas isolés. Et, comme le fouilleur date une couche de terrain grâce au tesson typique, certain style ou thème nous permet d’approcher la date de gravure ou de frappe avec une marge d’erreur acceptable : la façade de temple entre deux colonnes est Restauration, l’équerre qui germe en feuilles d’acacia est un marqueur des années 1840.

Un classement géographique par région aurait pu être envisagé, si la répartition des pièces était équilibrée. Or, plus de la moitié sont parisiennes. Vingt-huit orients d’Ile-de-France, souvent en proche périphérie de la capitale, ont frappé médaille ou jeton. Les provinces sont très inégalement représentées : quatre villes représentent 36 % de l’ensemble. Lyon et sa région ont une abondante production, de qualité variable, de la Restauration à la Troisième République. La Normandie se distingue par des jetons nombreux et d’un grand intérêt esthétique et historique, de l’Ancien Régime à la Restauration. Le Nord regroupe quelques jetons anciens et remarquables. Toulouse a émis une quantité non négligeable de médailles et jetons, souvent médiocres. A de rares exceptions près, le reste de la France ne présente que des pièces isolées.

Nous avons donc opté pour un classement principal simple, par ville et loge, proche de celui retenu par HZC ou par le Cabinet des Médailles (reprenant certainement l’ordre du médaillier du Grand Orient, d’où provient le fonds maçonnique). Si cet ordre dissocie malheureusement des pièces apparentées dans le temps, dans l’espace ou dans la thématique, il présente en revanche l’avantage de renouveler presque à chaque page l’intérêt esthétique ou la curiosité. De plus, il crée à l’occasion des rapprochements inattendus. Le Duc de Berry côtoie l’Action Socialiste ; la médaille représentant dans toute sa splendeur le duc de Chartres précède le pauvre jeton des Forgerons de l’Avenir ; ces coïncidences ouvrent des perspectives sur l’essence permanente de la maçonnerie – et sa diversité. Ce principe général de classement souffre quelques exceptions qui devraient se justifier d’elles-mêmes. Notamment, nous avons regroupé chronologiquement les jetons et médailles qui retracent fidèlement chaque étape de l’histoire de l’obédience écossaise. Deux « intermèdes » regroupent quelques pièces sur un critère historique : le premier concerne une approche de la numismatique « para-maçonnique » de la Révolution de 1848 ; le second regroupe la série des médailles qui commémorent l’action des francs-maçons pendant la Commune de Paris.

Les francs-maçons ont parfois employé des médailles gravées à d’autres fins. Par exemple, ils ont fait graver le nom d’un récipiendaire au revers d’une effigie de Marianne, comme pouvait le faire sous la Troisième République toute institution publique ou privée qui délivrait des médailles de récompense. Les couronnes de chêne ou de laurier sont innombrables. De même, des coins de médailles maçonniques « banalisées » (faute d’un meilleur terme), portant des symboles maçonniques élémentaires, étaient disponibles sur le marché : le motif le plus typique en est la composition d’outils entremêlés autour du niveau, proche des « armoiries » que se donne le Grand Orient sous le Second Empire. Elle est souvent affligée d’une faute de perspective dans le dessin de l’équerre qui lui donne un angle obtus. Comment recenser les combinaisons d’équerre, compas et acacia ? De tels revers anépigraphes, aux symboles passe-partout, peuvent se retrouver avec des avers différents, personnalisés par les loges. Quand nous le pouvons, nous classons les unes et les autres aux loges utilisatrices, plus soucieux une fois encore d’histoire des loges que de rigueur numismatique. Nous avons exclu, à tort ou à raison, de nombreuses pièces gravées, et non frappées, qui paraissent exceptionnelles et anecdotiques. Nous n’avons inclus que celles qui figurent déjà dans les répertoires de référence, celles qui nous semblent produites en nombre, et parfois certaines qui ajoutent une information à l’histoire des ateliers qui les ont émises. Le numismate s’y retrouvera toujours. Le profane y éprouvera, nous l’espérons, plus de plaisir.

Les annexes peuvent susciter des approches transversales. On y trouvera : un bref lexique des termes peu usités par les profanes en numismatique ou en Franc-maçonnerie ; un index des personnages cités ; un index thématique et stylistique ; une proposition de parcours historique, attentif à l’histoire de l’art comme à l’histoire générale de France ; les principales références bibliographiques commentées ; des tables de concordance qui permettent de retrouver le classement d’une pièce à partir des principales références bibliographiques.

Nous avons voulu ajouter aux descriptions le plus grand nombre possible d’illustrations. Remercions ici ceux qui nous ont permis de colliger cette abondante iconographie, et en premier lieu le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale qui a apporté avec bienveillance toute l’aide possible. Les musées de la Grande Loge de France, de la Grande Loge Nationale Française et du Grand Orient de France, le Musée Gadagne et le Musée des Beaux-Arts à Lyon, nous ont permis de photographier leurs collections. Les maisons de numismatique Dijon Numismatique, Gadoury, Palombo, Platt, ont accepté que nous utilisions de leurs archives. Quelques collectionneurs privés enfin, dont il faut respecter l’anonymat, et quelques loges maçonniques qui ont su garder des témoignages de leurs prédécesseurs, ont largement contribué à la richesse de l’illustration. A défaut de photographie de l’objet lui-même, quand sa reproduction a déjà été publiée, nous avons repris celle-ci : on retrouvera l’élégance des reproductions gravées anciennes, reprise dans les livres d’époque de Thory, Hennin, Vanhende, ou les Ephémérides des Loges lyonnaises. On reconnaîtra le grain – et parfois le flou – des photos du Hamburgische Zirkel Correspondenz, repiquées dans le magnifique exemplaire de la bibliothèque du Grand Orient de France.

Nos chaleureux remerciements vont aussi à ceux qui ont aidé à améliorer ce travail par leurs remarques, leurs conseils, leurs encouragements, ou les connaissances qu’ils ont bien voulu partager, et plus particulièrement Joël Creusy, Bernard Dat, François Geissmann, Aimé Imbert, Daniel Ligou, Irène Mainguy, François Rognon. Le résultat leur doit d’être moins imparfait. Sans eux, et quelques autres à l’occasion, l’ouvrage comporterait encore plus d’erreurs et de lacunes. Merci aussi à Christian pour ses traductions du latin, Ludger pour ses traductions de l’allemand, François pour les jeux de mots inavouables, Florent pour quelques trouvailles de vocabulaire (dont gourgandine et ichtyomorphe) et Martin pour son soutien moral. Enfin et surtout, ce livre n’aurait tout simplement pas été possible sans l’accompagnement constant, éclairé et patient de Christian Charlet, Pierre Mollier et Daniel Renaud. Avec toute l’indulgence qu’il faut accorder à l’apprenti, ils ont, plus souvent qu’ils ne le pensent eux-mêmes, orienté les recherches, corrigé des erreurs, indiqué des sources documentaires, levé doutes et interrogations, ouvert la porte à d’autres contacts féconds. Nous espérons ne pas trop décevoir leur confiance. Les remerciements sont aussi insuffisants qu’indispensables. Ils peuvent énumérer des apports techniques, non rendre compte de la qualité humaine de ces multiples rencontres. Elles ont toutes enrichi cette recherche pour en faire une passionnante aventure intellectuelle. Elles l’ont parfois transformée en histoire d’amitié.

Source : http://www.marc-labouret.fr/metaux.html

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Les différents Suprêmes Conseils en France

25 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

Suprême Conseil de France (1804/1821) souché sur la GLDF

Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté (1804/1815) souché sur le GODF

Suprême Conseil Universel Mixte souché sur le Droit Humain (1899)

Suprême Conseil  pour la France  souché sur la GLNF (1965)

Suprême Conseil Féminin de France souché sur la GLFF (1972)

 

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Les Grands Prieurés Rectifiés en France

24 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

Le Grand Prieuré des Gaules (1935)

Le Grand Prieuré de France (1962)

Le Grand Prieuré Indépendant de France 

Le Grand Prieuré Indépendant des Gaules (1965)  

Les Grands Prieurés Unis des Trois Provinces (1974)  

Le Grand Prieuré Réformé et Rectifié d’Occitanie (1995)  

Le Grand Prieuré Rectifié de France (2001)  

Le Grand Prieuré Rectifié des Gaules (2012)

 

Ma connaissance du monde RER en France étant limitée, merci de me signaler si j’ai oublié un ou plusieurs Grands Prieurés, ou si j'ai fait des erreurs !

 

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Principes fondamentaux du RER

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

Les trois lettres R.E.R désignent à la fois le Rite Ecossais Rectifié, rite maçonnique réformé et fixé lors du Convent des GAULES en 1778 et le Régime Ecossais Rectifié, qui est le plus ancien "système initiatique" complet, constitué lors du Convent de KOHLO en 1772, réformé lors du Convent des GAULES en 1778 puis adopté par toute l'Europe au Convent de WILHELMSBAD en 1782.

Le Régime Ecossais Rectifié fut mis en sommeil en France en 1828 et les dernières archives de la Vème Province de Bourgogne furent remises au Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (GPIH) qui avait été créé par le Concordat d'indépendance approuvé par le Convent de BÂLE en 1779 et qui devint de ce fait, le "conservateur" du R.E.R. jusqu'en 1935, date à laquelle le GPIH vint à PARIS, pour y réveiller de façon définitive le R.E.R et restituer ses archives à la France.

Le Régime Ecossais Rectifié est un ordre initiatique chrétien, organisé en 3 classes :

* la Franc-Maçonnerie Rectifiée, réformée une première fois à DRESDE en 1754 avec la Stricte Observance par le Baron de HUND, puis codifiée et réformée une seconde fois à LYON par Jean-Baptiste WILLERMOZ, sur laquelle doivent être obligatoirement souchées les deux autres classes,

* un Ordre de chevalerie, l'ordre des CBCS (Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte) appelé aussi "Ordre intérieur" et qui administre également, par l'intermédiaire du Grand Directoire Ecossais de France, des loges temporaires appelées "loges vertes" en raison de la couleur de leurs décors, pour transmettre le 4ème grade de Maître Ecossais de Saint André,

* un Tiers-Ordre, appelé aussi "classe secrète", organisé en Collège Métropolitain de Profès et Grand Profès, ainsi qu'en Collèges particuliers, mais qui n'a aucune relation fonctionnelle ou hiérarchique sur les classes inférieures et qui ne recrute que par cooptation discrète.

La Dignité de Commandeur de la Cité Sainte (CCS) n'est pas un grade. Elle constitue l'Ordre d'Honneur du Régime Ecossais Rectifié et elle est décernée à des Chevaliers qui ont rendu des services éminents et désintéressés à l'Ordre. Il ne peut y avoir que 9 CCS, symbolisés par les 9 rais du bijou d'Ordre (crachat). Le plus ancien d'entre eux porte la Dignité de Grand-Croix de la Cité Sainte (GCCS) ad vitam et il est seul habilité à conférer la Dignité de CCS sur cooptation unanime de son Chapitre. Des Chevaliers CBCS méritants, en nombre non limité, peuvent se voir décerner la distinction de Gardien de la Cité Sainte (GCS) par le Chapitre de la Cité Sainte réuni sous l'autorité de son Grand-Croix.

Le RER bénéficie de deux documents historiques, exceptionnels de cohérence et de précision, pour ses règles de fonctionnement. Il s'agit :

* d'une part, du CODE MACONNIQUE DES LOGES REUNIES ET RECTIFIEES, adopté au Convent des Gaules en 1778, pour les loges bleues de Saint Jean et les loges vertes de Maîtres Ecossais de Saint André,

* d'autre part, du CODE GENERAL DE L'ORDRE DES CBCS, adopté au Convent de Wilhelmsbad en 1782 pour l'Ordre intérieur.

En vertu du Principe d'exclusivité territoriale, il ne peut exister qu'un seul Grand Prieuré souverain sur un territoire donné. Ce Principe est universellement admis et respecté, non seulement par les Grands Prieurés Rectifiés réguliers mais également par les Grands Prieurés de Knight Templars (KT) et de Knights of Malta (KM). Et seul un Grand Prieuré Rectifié souverain sur son territoire peut délivrer lettre-patente à une obédience maçonnique pour créer et consacrer de nouvelles loges rectifiées et leur délivrer une Charte de constitution leur permettant de pratiquer le RER et de vérifier la validité des rituels rectifiés utilisés par celle-ci.

Les Chevaliers CBCS travaillent en Commanderies, qui sont la cellule de base composée de 9 Chevaliers CBCS au plus et qui s'assemblent en Préfectures. Il faut au moins 3 Préfectures pour ériger un Grand Prieuré Rectifié souverain sur un territoire, administré par son Conseil National. L'organe de gouvernance est le GRAND CHAPITRE, où chaque Chevalier "a voix au chapitre", et qui comprend au complet 45 Chevaliers CBCS, le Grand Prieur élu n'étant que le "primus inter pares". Le respect des délibérations du Grand Chapitre est le "rempart pour se préserver du despotisme" comme le stipule le CODE DES CBCS et comme l'a maintes fois rappelé le GPIH, conservateur du RER depuis 1828.

Il est interdit expressément par le CODE RECTIFIE la constitution de Prieurés « in partibus » c’est-à-dire ne remplissant pas les conditions d’effectifs minimum de CBCS, de Commanderies et de Préfectures requis, afin d’éviter les dissidences et le fractionnement de l’Ordre. Et il n'est pas permis de créer un nouveau Grand Prieuré rectifié lorsqu'un Grand Prieuré rectifié, régulier et souverain préexiste sur un même ressort.

Les constitutions, élections, créations etc... ont lieu au cours des 9 fêtes de l'Ordre réparties selon le calendrier réformé. Les 6 fêtes des Protecteurs de l'Ordre sont réservées à l'Ordre intérieur : Saint Hugues, Saint Georges, Saint Jacques, Saint Bernard, Saint Michel, Saint André.

Les 3 seules fêtes appliquées par la classe maçonnique sont la Saint Jean Baptiste, la Saint Jean l'Evangéliste et la Fête du Renouvellement de l'Ordre.

Source : http://gprg.jimdo.com/principes-du-rer/

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Origine du GPRG

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

Le 20 août 2012, en la fête de Saint Bernard de Claire Vallée, des Chevaliers CBCS réguliers français se sont réunis à LYON, Capitale des Gaules, et ont constaté que le territoire de France était vacant de tout Grand Prieuré Rectifié souché sur des loges RER régulières, depuis la date du 07 juillet 2012. En effet la juridiction du GPRF (Grand Prieuré Régulier de France) a choisi le 07 juillet de quitter la France et de se soucher sur des loges bleues du "Système de Zinnendorf", au sein du FreiMaurer Orden allemand. Or, le FreiMaurer Orden, si respectable soit-il, n'a jamais été une Puissance Rectifiée et n'est pas souverain en France.

Après avoir recueilli selon les anciens usages, l'avis du Collège Métropolitain des Profès Rectifiés, ces Chevaliers CBCS réunis à LYON en nombre et qualités suffisantes, se sont constitués en Commanderies, rassemblées en 3 Préfectures (Neustrie, Ligurie, Occitanie) et ont proclamé la Constitution du Grand Prieuré Rectifié des Gaules (GPRG), souverain en France et souché sur des loges RER régulières de France.

Cette constitution s'est faite conformément au Principe international d'exclusivité territoriale et en respectant scrupuleusement les règles de Constitution priorales du CODE GENERAL DE l'ORDRE DES CBCS, adopté au Convent des GAULES en 1778 et étendu à toute l'Europe au Convent de WILHELMSBAD de 1782. La proclamation a été faite en outre, en rappelant les prescriptions transmises par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (GPIH) qui a restitué à la France ses Archives à NEUILLY en 1935... "pour un réveil définitif du RER en France".

Après la perte de reconnaissance de la GLNF par la Grande Loge Unie d'Angleterre le 12 septembre dernier, la réunion du Grand Chapitre du GPRG a été convoquée comme il se doit chaque année, le 29 septembre 2012 en la fête de la Saint-Michel à NEUILLY.

Compte-tenu de la situation d'éclatement maçonnique sans précédent et de l'absence présente d'obédience reconnue régulière par la GLUA, il a été proposé au vote des Chevaliers CBCS présents de soucher le GPRG sur toutes les loges RER de France constituées régulièrement et appartenant à toute obédience pratiquant le R.E.R de façon régulière, qui soit engagée dans la recomposition du paysage maçonnique français, en vue du retour à la reconnaissance de régularité par la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA).

Le Grand Chapitre du GPRG a missionné son Grand Prieur, son Visiteur Général et son Grand Chancelier, élus pro-tempore dans l'attente du prochain Convent National, de prendre contact tous les 3 avec les Grands Maîtres de ces Obédiences, en vue de travailler à des accords de reconnaissance mutuelle et de préciser les modalités pratiques de leur coopération dans le respect de leur souveraineté réciproque et des CODES RECTIFIES.

Le Grand Chapitre réuni à NEUILLY a procédé ensuite au rétablissement du Grand Directoire Ecossais de France (GDEF) pour régir les loges de Maîtres Ecossais de Saint André (4ème grade du rite) et dont le Collège d'Officiers Maçonnique sera installé prochainement en la fête de la Saint André, selon les anciens usages et rituels RER authentiques.

Les principes d'accueil, d'ouverture et de reconnaissance sont les mêmes pour le Grand Directoire Ecossais de France que pour le Grand Prieuré Rectifié des Gaules, puisque selon le CODE GENERAL du Convent des Gaules de 1778, les loges de Maîtres Ecossais de Saint André sont dirigées par des Députés Maîtres inamovibles, qui ne sont autres que des Commandeurs élus dans l'Ordre intérieur.

En fonction des circonstances et de l'évolution de la situation en France, le Grand Directoire Ecossais de France pourra passer des accords soit avec des Directoires particuliers ou des Régences Ecossaises relatifs à chaque Obédience maçonnique régulière. C'est ce que fit en son temps, Jean-Baptiste Willermoz avec la Grande Loge des Maîtres Réguliers de LYON et avec le Grand Orient lorsque celui-ci travaillait encore à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

Il est par ailleurs rappelé que le CODE MACONNIQUE DES LOGES RECTIFIEES du convent des Gaules de 1778, concerne l'ensemble des 4 grades rectifiés de la maçonnerie de métier. Conformément à l'Acte d'Union de 1813 entre les Grandes Loges anglaises des Anciens et des Modernes, autorisant la pratique de l'Arche Royale comme 4ème grade complémentaire au grade de Maître au sein de la Grande Loge Unie d'Angleterre, le Grand Directoire Ecossais de France s'engage à aider et à favoriser toute disposition en ce sens pour le 4ème Grade de Maître Ecossais de Saint André au sein des nouvelles Obédiences françaises, sans exclusive ni obligation cependant, comme ce fut le cas en 1935 lors du réveil définitif du Régime Ecossais Rectifié en France par le GPIH (Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie).

 Source : http://gprg.jimdo.com/origine-du-gprg/

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Grand Prieuré Rectifié des Gaules : une refondation devenue nécessaire

24 Décembre 2012 , Rédigé par GPRG Publié dans #histoire de la FM

La fin du XXème siècle a vu un grand nombre de dérives se produire dans les ordres initiatiques, qui se sont traduites souvent par des modifications statutaires fantaisistes et néfastes. Ainsi la transformation du GPDG en "Grand Prieuré des Ordres Unis" aboutissait à la crise de 2000 et à sa perte de reconnaissance par la GLNF (Grande Loge Nationale Française) puis par tous les Grands Prieurés Réguliers du monde, suite à son accord d'intervisite avec les loges du Grand Orient de France acceptant la mixité en loge et sa transformation ultime, en petite obédience maçonnique multi-rites et multi-grades non reconnue.

La GLNF remplaçait alors ex-abrupto ce "GPDG-Ordres Unis" par 2 associations distinctes, créées elles-mêmes ex-nihilo, d'une part le DNLERF (Directoire National des Loges Ecossaises Régulières de France) et d'autre part, le GPRF (Grand Prieuré Régulier de France).

Dix ans après, la GLNF à son tour, entrait dans une grave crise statutaire qui conduisait à l'élaboration d'un "livre blanc" et au besoin d'une Refondation qui redonne la souveraineté aux loges. Ainsi se constituait la Grande Loge de l'Alliance Maçonnique Française, (GL-AMF) consacrée à TOURS, le 28 avril 2012.

De même, était publiée en date du 25 septembre 2012, la création de la Grande Loge indépendante de France (GLIF) pour regrouper des Loges constituées elles-mêmes en associations du même type et se disant « Grande Loge souveraine pour les grades du Métier dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté...» dont notamment, le Rite Ecossais Rectifié.

La GLIF et la GL-AMF sont engagées officiellement, de même que la GLDF (Grande Loge de France) dans le travail de recomposition du paysage maçonnique français, après la perte par la GLNF de sa reconnaissance par les 5 grandes loges européennes (Allemagne, Suisse, Belgique, Autriche, Luxembourg) en juin 2012, puis par les deux autres Grandes loges britanniques en Juillet 2012 (Ecosse, Irlande), en prémisse du retrait définitif de reconnaissance de la GLNF par la GLUA (Grande Loge Unie d'Angleterre) le 12 septembre 2012.

En parallèle, après des hésitations longues et difficiles à comprendre, le GPRF donnait des consignes de démissions de la GLNF ou de ralliement contradictoires, puis décidait de quitter la France le 07 juillet 2012, pour se soucher sur une obédience allemande, aussi respectable soit-elle, mais qui n'a aucune légitimité sur le R.E.R (Rite Ecossais Rectifié) et qui n'a jamais constitué une Puissance Rectifiée, d'autant plus que son fondateur, le dissident Zinnendorf, l'a toujours combattu...

Les membres de ce GPRF se retrouvent désormais souchés sur des loges qui ont fait acte d'obédience au FreiMaurer Orden, qui sont désormais inscrites sous sa matricule et qui doivent obligatoirement ouvrir leurs travaux "sous les auspices du FreiMaurer Orden"...

Devant tant de confusions, un deuxième « Livre blanc rectifié » circulait fin juin 2012 et appelait à une Refondation en France, d'un vrai Grand Prieuré Rectifié souverain qui soit souché sur des loges rectifiées régulières, qu'elle qu'en soit pour l'heure, l'obédience d'appartenance.

En effet, la situation actuelle d'éclatement sans précédent, fait qu'il y a des loges RER régulièrement constituées qui se retrouvent au sein de multiples obédiences travaillant, dans le cadre de la recomposition du paysage maçonnique français, au retour à la reconnaissance de leur régularité par la Grande Loge Unie d'Angleterre : c'est le cas notamment de la GL-AMF, de la GLIF ou même encore la GLDF dont certaines loges peu nombreuses certes, travaillent encore au R.E.R mais sans pouvoir le faire au-delà du 3ème grade, depuis qu'elles ont rallié la GLDF en 1958 et bien qu'elles soient les héritières légitimes de la Grande Loge Rectifiée créée à NEUILLY en 1935. Et cette liste n'est pas limitative.

Le « Livre blanc rectifié » s'attache notamment à redonner la souveraineté aux Commanderies et à respecter la gouvernance du Grand Chapitre dans le respect des CODES RECTIFIES pour se "préserver de tout despotisme" et comme l'a toujours demandé le GPIH (Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie). Le GPIH, conservateur du RER depuis 1828, a maintes fois rappelé que seules des Commanderies assemblées en 3 Préfectures minimum peuvent ériger un Grand Prieuré Rectifié régulier, légitime et souverain sur un territoire, qui à son tour, a seul le pouvoir d'autoriser par Traité, une obédience maçonnique de son ressort à délivrer des Chartes pour fonder de nouvelles loges maçonniques au R.E.R. et à valider les rituels rectifiés utilisés.

C'est en plein mois d'août 2012, que ce deuxième travail de Refondation a été entrepris par un groupe de Chevaliers CBCS généreux, aux qualités et au nombre requis, ayant tous entre 20 et 30 ans de maçonnerie rectifiée et soucieux seulement de rebâtir ce qui a été ébranlé, pour transmettre aux jeunes générations, dans la transparence, la légitimité et l'authenticité, ce joyau de fraternité et de bienfaisance, que doit être le R.E.R...

Source : http://gprg.jimdo.com/

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Hommage à Camille Savoire

24 Décembre 2012 , Rédigé par DNRF Publié dans #histoire de la FM

Camille Savoire, Eq. a Fortitudine, joua un rôle essentiel dans le réveil du Régime Rectifié au XXe siècle.

Né le 6 juillet 1869. Initié, 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Écossaise qui avait été créée en 1880 et qui sera à l’origine de la Grande Loge de France, il quitta cette Grande Loge au bout d’un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans, jusqu’en 1935.

Médecin spécialiste de la tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe à l’occasion de congrès médicaux, et en profita pour établir de nombreux contacts avec des maçons étrangers et des liens avec plusieurs Obédiences en Europe. 33e du R.E.A.A., Savoire sera armé Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte le 11 juin 1910 en prenant pour nom d’ordre Eques a Fortitudine. Savoire entra en contact avec le Grand Prieuré d’Helvétie en cherchant à établir des contacts avec les Obédiences étrangères en s’affiliant à une structure amie du Grand Orient mais non ostracisée par son rejet à la référence au Grand Architecte de l’Univers, comme il l’expose lui-même : « Il me fallait pour cela obtenir l'affiliation à une Obédience qui soit à la fois en relations régulières avec le Grand Orient et les diverses Obédiences mondiales, sans excepter celles qui avaient frappé d'ostracisme le GO, ce qui rendait particulièrement difficile la réalisation de mon projet. Dans ce but, par l'intermédiaire de mon bien cher ami et F. Édouard de Ribaucourt, je m'adressai à son compatriote et ami d'enfance, le regretté F. Quartier-La-Tente [Edouard Quartier-La-Tente (1855-1925), pasteur, professeur de théologie, fut le Grand Maître de la Grande Loge Suisse Alpina de 1900 à 1905, il dirigea le Bureau International des Relations Maçonniques avant de devenir le premier chancelier de l'association Maçonnique Internationale (l'A.M.I.), fondée en 1921], Maçon érudit, fondateur du Bureau International des relations maçonniques. Cet excellent F. nous désigna immédiatement le Grand Prieuré d'Helvétie, dernière Obédience de la plus ancienne Maçonnerie, comprenant dans son Directoire, héritier par voie d'extinctions successives des anciens Directoires français pratiquant le Rite rectifié et agrégés successivement au Grand Orient de France par des traités conclus en 1776, 1781 et finalement en 1811 et 1841, et dont le Grand Prieuré d'Helvétie avait reçu les pouvoirs, archives et l'héritage en 1828, lors de la mise en sommeil du Directoire de Besançon qui les tenait de Strasbourg, et en 1841 pour le Directoire de Neustrie. Ces divers traités, jamais dénoncés, conservaient force et vigueur : Ce fut en vertu de l'un d'eux qu'avec Ribaucourt et Bastard je devins par équivalence avec le 33° grade que je possédais au GO de France Chevalier Bienfaisant de la Cité sainte, grade suprême du Rite Rectifié, sous le nom d'Eques a Fortitudine, avec la devise : "Pro Patria per Scientiam" et, en vertu d'un trait signé entre le Grand Directoire Rectifié et le Suprême Conseil de Suisse, je fus ipso-facto immatriculé en qualité de 33° au livre d'or de ce Suprême Conseil. »

En 1935, Camille Savoire écrivait une sorte de manifeste intitulé « Pourquoi voulons-nous réveiller le Rite Rectifié en France ? », dans lequel, évoquant sa fidélité à « l’esprit du christianisme primitif » il avait cette phrase magnifique : « …Je reconnais que c'est lors de mon admission au sein du Rectifié que j'ai trouvé le chemin de l'initiation et compris le caractère initiatique de la Franc-maçonnerie… »

Camille Savoire, rejoignit l’Orient éternel le 5 avril 1951, mais on a retrouvé, dans les archives de la famille Savoire, une correspondance entre Camille Savoire et le Père abbé Clément Guilloux qui demeurait au presbytère de Bains sur Oust dans le Canton de Redon en Bretagne, allant du 18 juin 1938 au 4 septembre 1945. Dans une lettre du 16 avril 1942, l’abbé Guilloux écrit à Savoire : « Après votre Maman qui fut une sainte si délicieusement aimante et équilibré, après votre Marc (le fils de Camille Savoire disparu) si raisonnable et si ferme dans ses espoirs et ses certitudes, vous éprouverez, vous aussi, comme saint Augustin : ‘‘Seigneur vous nous avez fait pour vous et notre âme n’est pas en repos tant qu’elle ne vous a pas trouvé’’. Quand le saint curé d’Ars trouvait autrefois des âmes qui en étaient à votre stade et qui voulaient encore discuter, il leur disait de sa voix douce et irrésistible : mettez-vous à genoux et confessez-vous. Le patient se laissait faire et ‘‘l’opération’’ finie, le curé condescendant (ou peut-être malicieux) lâchait : et maintenant, voyons donc ces objections. A quoi l’autre répondait : ‘‘mais je n’en ai plus’’. » (In D. Daffos et P. Hillion, De l’originalité de la pensée de Camille Savoire, Actes du Colloque SFERE du 14 avril 2007 – Palais du Luxembourg, n.d., p. 51).

Source : http://directoirenationaldeslogesreuniesetrectifie.hautetfort.com

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La Grande Loge Indépendante de France

21 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Une nouvelle obédience maçonnique française vient de voir le jour, la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), issue de frères provenant de la GLNF désireux d’établir les conditions de création d’une Grande Loge éligible à la reconnaissance.

Créée en septembre 2012, la GLIF a publié sur son site internet (sommaire encore) uncommuniqué dans lequel elle affirme ses buts, ses aspirations et son cheminement en quête d’une Reconnaissance :

Redoutant le retrait probable de la “Reconnaissance” de l’obédience à laquelle ils appartenaient, par la chaîne maçonnique universelle des Grandes Loges reconnues, un groupe de Francs-maçons de cette obédience s’est assemblé, dès 2011, forts de leur statut de Maçons réguliers, dans le but d’explorer les solutions qui permettraient de retrouver le plus vite possible, le cas échéant, cette “Reconnaissance’. 

Si le projet d’une création d’une Grande Loge, comme réponse, a été finalisé dès le printemps 2012, le groupe des « Pères fondateurs », par souci permanent de légitimité et de régularité d’origine et de refus de participer à la fragmentation de la Maçonnerie en France, s’est abstenu de s’auto-proclamer en Grande Loge dotée dune structure de gouvernance pré- déterminée.

Il a attendu, pour déclarer la création de cette nouvelle Grande Loge, que le retrait de reconnaissance, tant redouté, tombe effectivement ; qu’un cadre de travail légitime pour la reconstruction soit défini ; qu’il soit invité officiellement à y participer et que, dans ce contexte nouveau, des Loges pétitionnent en toute liberté pour motiver la création d’une telle Grande Loge aspirant à la reconnaissance des Grandes Loges régulières dans le monde.

Saluant l’initiative des Grandes Loges européennes à venir en aide aux Frères français pour favoriser la recomposition d’une Franc-maçonnerie régulière et reconnue en France, et confortée par le schéma de travail défini par la Déclaration de Bâle (10/06/2012) et confirmé par la Lettre de Berlin (28/07/ 2012) ; la création de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE “GLIF” a été officiellement publiée le 25 Septembre 2012, affirmant son total engagement dans le processus de recomposition auquel elle est officiellement invitée.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est une société fraternelle maçonnique, union de loges et de Frères réguliers, se réunissant sous la règle des 8 points des “BASIC PRINCIPLES de 1929” (Travaux ouverts à la Gloire du Grande Architecte de l’Univers, qui est Dieu, Bible, équerre, compas ouverts en Loge, membres masculins, respect des us et coutumes immémoriaux, etc.), communs à toutes les Loges maçonniques régulières dans le monde.

Elle est organisée en une association loi de 1901, regroupant des Loges constituées ellesmême en associations du même type, propriétaires de leurs propres ressources financières.

Ces Loges sont unifiées et font partie intégrante, pour la reconnaissance de leur appartenance à l’Ordre maçonnique régulier universel, de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE, au travers de chartes délivrées par le Grand Maître et de leur engagement à respecter la Constitution, les autorisant à se prévaloir des privilèges de la reconnaissance dévolue à la GLIF.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est souveraine pour les grades du Métier (« Craft »), dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

L'objectif est à présent d’aboutir le plus vite possible au recouvrement, pour ses Frères, de la Reconnaissance de la part de la chaîne maçonnique universelle des Grands Loges reconnues comme telles.

Dans ce but, un calendrier de rencontres officielles avec des parties prenantes nationales et internationales est d’ores et déjà établi.

Source : http://www.gadlu.info/creation-de-la-grande-loge-independante-de-france-en-quete-dune-reconnaissance.html

Commentaire : je cherche à rentrer en contact avec des Frères de cette obédience. Merci de faire passer le mot . Contact : thomas.dalet @orange.fr

 

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Franc-Maçonnerie, colonisation, colonialisme...

12 Décembre 2012 , Rédigé par JL Turbet Publié dans #histoire de la FM

"Nous sommes les africains qui revenons de loin...", chantent les soldats venus des colonies pour défendre la France Libre dans le film Indigènes.

On a bien du mal à se souvenir aujourd'hui de l'Empire français et de la contribution capitale des habitants des pays de cet Empire à la propérité comme à la défense de la France. De Madagascar au Sénégal, de la Guyane au Tonkin, en passant par l'Algérie, le soleil ne se couchait pas sur l'Empire, comme sur celui de son concurrent britannique.

Que viennent donc faire les francs-maçons dans cette histoire? Ou plutôt dans ces histoires, car la colonisation française connut plusieurs périodes bien distinctes et qui touchèrent des continents différents.

Il faut pour cela en revenir aux origines de la Franc-Maçonnerie... son origine anglaise. L'Angleterre est en effet le pays qui détient la plus grande puissance maritime et donc la plus grande capacité à aller au-delà des mers prendre possession de terres lointaines.

Cela s'est reproduit en France. Après Paris et Lyon, les plus grand centres maçonniques sont Bordeaux, Toulon, Marseille, la Rochelle, ports d'où l'on part volontiers vers des aventures extérieures. Les francs-maçons ont donc été, plus que d'autres catégories, touchés par le phénomène colonial. Il ne faut pas oublier non plus qu'au XVIIIème siècle, les loges initient des frères ayant des professions considérées alors comme peu recommandables mais qui incitent aux voyages : Comédiens, musiciens, danseurs, colporteurs, voyageurs de commerce...

Nous songeons par exemple à Etienne Morin (1717-1771), qui part de Bordeaux le 27 mars 1762 faire du négoce à Saint-Domingue. Initié dans une loge écossaise parisienne, il est porteur d'une Patente signée l'année précédente par la Première Grande Loge de France en son Grand Conseil des Grands Inspecteurs, Grands Élus Chevaliers Kadosh. Il emporte avec lui un système de vingt-quatre grades écossais, ou Ordre du Royal Secret, lentement élaboré à partir du foisonnement des grades de l'Écossisme naissant. Cette série, sera enrichie par un grade terminal, le Sublime Prince du Royal Secret, création personnelle de Morin. Son député Grand Inspecteur Henry Andrew Francken transmettra le système Morin sous le nom de Rite de Perfection, en 25 degrés, à Albany, province de New York. Le rite de Perfection servira de base à l'élaboration du Rite Écossais Ancien Accepté, par adjonction de huit grades, afin d'arriver aux trente-trois que compte le REAA. C'est un autre marin, l'Amiral de Grasse, Marquis de Tilly, qui après avoir participé à la fondation du Suprême Conseil américain à Charleston en 1801, vint fonder le Suprême Conseil des Iles du Vent et sous le Vent, puis le Suprême Conseil de France en 1804 à Paris. Morin, fuyant la révolte des esclaves à Saint Domingue, mourra à la Jamaïque.

On ne compte plus les marins francs-maçons comme l'Amiral Matthews, gouverneur anglais de l'île d'Antigua, le célèbre corsaire français Robert Surcouf (1773-1827), initié en 1796, à la loge "La Triple Espérance", à Port-Louis à l'Ile Maurice et membre, en 1809, de "La Triple Essence", à Saint-Malo, ou l'amiral Nelson.

Les loges maçonniques offraient une sociabilité importante pour des hommes éloignés de chez eux. L'expansion coloniale française a lieu durant cette période en destination du Nouveau Monde (Canada, Louisiane, Guyane, Antilles).

Les francs-maçons furent nombreux à participer à la première guerre anticoloniale, celle de l'Indépendance des Etats-Unis. L'intervention des frères est décisive. A la bataille de Yorktown - qui vit la défaite définitive des anglais, le 19 octobre 1781, pas moins de 11000 français participent aux combats en plus des 9000 volontaires de Washington. Ces français sont commandés par le marquis de La Rouërie, le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau, tous francs-maçons, comme une grande majorité des officiers.

Par ailleurs les francs-maçons américains furent à la tête du mouvement anti-esclavagisme aux Etats-Unis, dès les années 1770 notamment au sein de la Société d'émancipation des Noirs libres et illégalement réduits à la servilité, fondée à Philadelphie. Pendant la Révolution américaine, plusieurs intellectuels ont défendu les droits des Noirs comme le frère Thomas Paine, l'auteur du Sens commun, publié en 1776. Le frère Benjamin Franklin (1706-1790) fut un fervent défenseur de l'abolition de l'esclavage (il libéra ses propres esclaves dès 1772). Thomas Jefferson, les frères George Washington (qui affranchit ses esclaves par testament) et James Madison militèrent au Congrès américain pour la suppression de l'esclavage.

En France aussi, les francs-maçons furent à la tête du combat anti-esclavagiste. Ils sont légion au sein de la Société des amis des Noirs créée par le frère Jacques-Pierre Brissot en 1788 dont l'objectif affirmé est l'interdiction de la traite négrière. Le frère Condorcet (qui publie les Réflexions sur l'esclavage des nègres) réclame un moratoire d'une durée de 70 ans entre la fin de l'esclavage et l'accession des affranchis au statut de citoyen. C'est grâce à l'action de l'Abbé Grégoire (membre de la loge des Neufs Soeurs), que le 4 avril 1792, l'Assemblée nationale décide d'accorder la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Ce fut le 16 pluviôse an II (4 février 1794) que la Convention abolit l'esclavage en avalisant et généralisant la décision unilatérale du commissaire civil à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax, prise le 12 fructidor an I (29 août 1793).

Rétablit par Bonaparte en 1802, l'esclavage est de nouveau et définitivement abolit par le frère Victor Schoelcher, nommé dans le Gouvernement provisoire de 1848 sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies par le ministre (et frère) François Arago. Le Décret d'abolition du 27 avril 1848, signé par tous les membres du gouvernement, paraît au Moniteur, le 5 mars. 250 000 esclaves des colonies françaises sont émancipés.

En ce qui concerne l'expansion française et la franc-maçonnerie, une première loge est créée dès 1781 à St Louis du Sénégal, sous le nom initial de loge «St Jacques des vrais amis rassemblés», devenue aussitôt «St Jacques des trois vertus». En 1823, le GODF créer «La Parfaite Union» sur laquelle, dès 1824, vient se soucher le premier Chapitre en Afrique, portant le même nom que la loge. Elle est créée par le Baron Jacques ROGER, gouverneur du Sénégal, défenseur des Africains et anti-esclavagiste dans la lignée du Frère Schœlcher, qui cherche à former et attirer une élite africaine.

En ce qui concerne l'Algérie dont la conquête débute en 1830, la première loge, «Cimus», loge militaire du 10° régiment d’infanterie légère, s'installe fin 1831. En mai 1833 est créée la loge «Bélisaire» à Alger. En juin 1833 est créée la loge «Ismaël» à Bône, puis en juin 1836 «l’Union Africaine» à Oran. La loge d’Alger joue le rôle de loge-mère par essaimages successifs : à Blida en 1844 «les Frères de l’Atlas», à Cherchell en 1845 «Julia Caesarea».

A Mostaganem en 1844 «les Trinosophes Africains» sont installés sous l’égide de la loge d’Oran. Le nombre de francs-maçons va régulièrement progresser, de 80 frères en 1833 à 850 frères en 1851.

Le Suprême Conseil de France (futur Grande Loge de France) ouvre «Les Frères Unis du Chélif» en février 1856 à Orléansville puis «Les Hospitaliers», en décembre 1861 à Constantine. Cette dernière loge va résister et se maintenir, montrant la voie aux autres loges de la GLDF.

L'émir ABD EL KADER el Hadj (1807-1883) qui fut le grand résistant algérien et le chef de la guerre contre les Français en Algérie de 1832 à 1847 est initié franc-maçon, en 1864, à l'orient d'Alexandrie à la loge "Les Pyramides", du Grand Orient de France, au nom de la loge "Henri IV", de Paris. En effet, l'Emir a sauvé la vie de plusieurs milliers de chrétiens venus se réfugier auprès de lui dans sa résidence de Damas en 1860 alors que les druzes cherchent à les massacrer. L'Emir n'a jamais trouvé de contradiction entre son engagement spirituel en Franc-Maçonnerie et sa profonde foi musulmane soufie.

Le grand homme de la période est incontestablement Adolphe CRÉMIEUX (1796-1890) : Avocat et homme politique, président du Consistoire central et de l'Alliance israélite universelle, il est ministre de la Justice du Gouvernement de Défense Nationale en 1870. Il est l'auteur du décret du 24 octobre 1870, dit Décret Crémieux qui accorde d'office la citoyenneté française aux 37 000 juifs d'Algérie. Ce décret stipule que «les Israëlites indigènes des départements de l'Algérie sont déclarés citoyens français ; en conséquence, leur statut réel et leur statut personnel, seront, à compter de la promulgation du présent décret, réglés par la loi française. Toutes dispositions législatives, décret, règlement ou ordonnance contraires sont abolis».

Adolphe Crémieux, est initié à la franc-maçonnerie en 1818, à la loge le "Bienfait anonyme" de Nîmes, du Grand Orient de France, qu'il quitte en 1860 pour rejoindre le Suprême Conseil de France du Rite écossais ancien et accepté dont il devient le Souverain Grand Commandeur. En 1875, Adolphe Crémieux réunit à Lausanne en Suisse, une assemblée des Suprêmes Conseils du REAA pour harmoniser le Rite Ecossais Ancien & Accepté. Ces règles sont toujours en vigueur aujourd'hui notamment à la Grande Loge de France. Véritable acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne, cette déclaration de l'assemblée de Lausanne proclame «l'existence d'un Principe Créateur» appelé «Grand Architecte de l'Univers». Par ailleurs c'est Adolphe Crémieux qui fit l'éloge funèbre de son frère et ami l'Abbé Grégoire.

Au terme de sa longue carrière politique, Crémieux devint sénateur inamovible d'Alger, de 1875 à sa mort en 1880. Il estenterré au Cimetière du Montparnasse.


Au Maroc, en 1867, Haïm Benchimol - drogman de la Légation de France, directeur du journal Réveil du Maroc, directeur de la banque Transat, membre fondateur de l’Alliance Israélite Universelle et de l’Alliance Française au Maroc, correspondant des Compagnies Maritimes et de l’agence Havas - devient président fondateur de la loge maçonnique de Tanger, fondée par les juifs marocains "protégés" ou naturalisés Français, la loge "L'Union 194" au sein de la GLDF. Elle est composée de 73 frères dont le premier initié Marocain, Mohamed Doukali. Se crééeront ensuite "Casablanca 386" créée en pleine médina et affiliée au GO d'Espagne, puis "Le Phare de la Chaouia", toujours à Casablanca, "Moulay Hassan 395" et "Le Réveil du Maghreb" à Rabat, puis bien d'autres loges.

En 1920, le frère Elie Zerbib, libraire, initié à Bélisaire en 1871, fils d'un Grand Rabbin d'Algérie mais converti au protestantisme, participe à la fondation de la loge "Woodrow Wilson n°479" de la GLDF à Mogador. Cette loge, au rite écossais, draine aussitôt les éléments israélites en plus grand nombre que "La Nouvelle Tamusiga". Le même constat peut se faire un peu partout à travers le Maroc, l’argument du rite écossais étant souvent avancé.

En effet, depuis 1877 et l'abandon du Grand Architecte de l'Univers par le Grand Orient de France, et l'option de plus en plus résolument anti religieuse de celui-ci, les frères catholiques, juifs et musulmans se sentent moins à l'aise dans les loges du GODF.

Durant la période allant de 1880 à la fin de la guerre de 1914-1918, les frères du GODF se méfieront même des "élites africaines", formées presque exclusivement dans les écoles de l'église catholique, devenue l'ennemie. Les loges du GODF de cette époque seront presque exclusivement constituées de "blancs laïques". La même méfiance prévaudra envers les musulmans suspectés de "superstition" comme les catholiques.

Pourtant, c'est bien du début des années 1880, que date le renouveau de la politique coloniale française sous l'impulsion de Jules Ferry (1832-1893). Avocat, journaliste et homme politique français, il fut Ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1883: il crée l'enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïc. Président du Conseil de 1880 à 1881 et de 1883 à 1885, il prend en main les affaires étrangères et les affaires coloniales. Il tente de détourner vers les conquêtes coloniales l'ardeur militaire des Français, jusque là surtout anti-allemande. La défaite de Lang-Son (Tonkin, Indochine, 28 mars 1885) brise sa carrière : il est peu après renversé par les adversaires de sa politique coloniale.

Jules Ferry est initié franc-maçon le 8 juillet 1875, au sein de la loge «La Clémente Amitié», du Grand Orient de France en même temps qu'Emile Littré et Grégoire Wyrouboff. Une grande publicité est faite au discours que Littré prononce à cette occasion, et la presse en donne un large écho. Par la suite, Jules Ferry appartiendra à la loge «Alsace-Lorraine».

Jules Ferry veut émanciper les élites locales de l'influence du clergé et des marchands par une politique ambitieuse en faveur des colonies. D'ailleurs, c'est la droite et l'extrême droite qui s'opposent à sa politique en lui reprochant de dépenser inutilement des sommes importantes au profit des indigènes au lieu de renforcer l'armée et de préparer la revanche de 1870 contre la Prusse. Ferry pense également qu'une politique coloniale ambitieuse est bonne pour la France et que la métropole comme les colonies doivent pouvoir y trouver leur compte. En 1875, quelques mois après avoir été renversé, il prononce à la Chambre son célèbre discours en défense de sa politique coloniale: "Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures..." (...) "Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures...". "Vous nous citez toujours comme exemple, comme type de la politique coloniale que vous aimez et que vous rêvez, l'expédition de M. de Brazza. C'est très bien, messieurs, je sais parfaitement que M. de Brazza a pu jusqu'à présent accomplir son œuvre civilisatrice sans recourir à la force ; c'est un apôtre; il paie de sa personne, il marche vers un but placé très haut et très loin ; il a conquis sur ces populations de l'Afrique équatoriale une influence personnelle à nulle autre pareille ; mais qui peut dire qu'un jour, dans les établissements qu'il a formés, qui viennent d'être consacrés par l'aréopage européen et qui sont désormais le domaine de la France, qui peut dire qu'à un moment donné les populations noires, parfois corrompues, perverties par des aventuriers, par d'autres voyageurs, par d'autres explorateurs moins scrupuleux, moins paternels, moins épris des moyens de persuasion que notre illustre Brazza, qui peut dire qu'à un moment donné les populations n'attaqueront pas nos établissements ? Que ferez-vous alors
?"

Jules Ferry fait explicitement référence au frère Pierre Savorgnan de BRAZZA (1852-1905) : Explorateur de l'Afrique équatoriale, il organise pacifiquement la colonie du Congo sans jamais employer la force. "Une mémoire pure de sang humain", dit-on de lui. C'est un frère généreux et humain qui a été Initié franc-maçon, en 1888, à la loge "Alsace Lorraine" du Grand Orient de France à Paris.

Dans la lignée humaniste de Ferry on ne peut passer sous silence le rôle important joué par le frère Eugène ÉTIENNE (1844-1921), député puis Sénateur d'Oran, animateur très écouté du "groupe colonial", sous-Secrétaire d'État aux Colonies en 1887 et 1889. Il a été initié franc-maçon, en 1881, à la loge "Le Phare de la Renaissance", de Marseille puis Compagnon à "Union et Persévérance", à Paris dont il fut Vénérable en 1885.

Pendant la Guerre de 1914-1918 il faut noter le rôle essentiel joué par les troupes coloniales et notamment par les tirailleurs sénégalais. C'est le frère Blaise Diagne (1872-1934), député du Sénégal, Maire de Dakar et sous secrétaire d'Etat aux colonies qui mobilise les troupes indigènes.

Initié le 21 septembre 1898 dans la Loge "L'Amitié" du Grand Orient de France à Saint-Denis de la Réunion, il accède à la Maîtrise en 1901 et, selon ses affectations, travaillera dans différents Ateliers comme "l'Indépendance Malgache" de Tamatave, "Les Inséparables du Progrès" à Paris, "l'Union Guyanaise" ou la loge "Pythagore" dont il fut le Vénérable Maître de 1922 à 1926. Blaise Diagne est le premier franc-maçon de couleur à accéder au Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France en 1922. Membre du Comité permanent des loges d'outre-mer, créé en 1919, il s'occupe en particulier des loges d'Afrique, et pendant un temps de celles de Madagascar. Il sera jusqu'à sa mort en 1934, un franc-maçon actif.

Après la défaite de 1940, la franc-maçonnerie est interdite et réprimée en France métroplolitaine par le Gouvernement de Vichy. Le frère Félix ÉBOUÉ (1884-1944) joue alors un rôle essentiel. Petit fils d'esclave, il était devenu le premier Gouverneur Général de couleur d'une colonie française (le Tchad en 1938). Dès 1940, il rallie le Congo aux Forces Françaises Libres. Après la guerre, il participe à la décolonisation. Félix Eboué est initié franc-maçon, en 1922, à la Loge "La France Équinoxiale", à Cayenne. Son épouse appartint au Droit Humain et sa fille, Ginette, à la Grande Loge Féminine de France. Le Général de Gaulle rétablit la Franc-Maçonnerie à Alger en 1943 en souvenir du rôle joué par Félix Eboué en 1940.

Si avant la guerre les loges ne remettent à aucun moment en cause le principe de la colonisation elles s'interrogent néanmoins sur l'avenir. Elles souhaitent que "puisse venir le jour où, dans toutes nos colonies, les indigènes, maîtres de leurs destinées, travaillent de pair avec leur tuteurs d’hier au progrès économique et social de leur pays".

Après la Guerre se pose la question de la décolonisation. Le frère Pierre
MENDÈS-FRANCE
(1907-1982), Président du Conseil en 1953, plaide avec force pour des solutions négociées dans les colonies et met fin à la guerre d'Indochine. Pierre Mendès-France a été initié Franc-Maçon, en 1928, à la loge "Union et Progrès", de la Grande Loge de France à Pacy-sur-Eure. Il se mit en sommeil en 1945.

C'est bien l'Indépendance qui deviendra réalité en 1962 avec l'indépendance de l'Algérie. La France n'a plus de colonies en Afrique. Non sans déchirements parfois car beaucoup de frères auraient souhaité qu'une solution pacifique sans effusion de sang soit trouvée. Ce qui a été possible au Maroc ou en Tunisie ne l'a pas été en Algérie.

Les frères des anciennes colonies avaient toujours oeuvré pour l'amélioration des conditions de vie comme pour l'émancipation des population indigènes. Malgré des réticences ponctuelles, ils furent très majoritairement, en métropole comme dans les pays colonisés, favorables aux processus d'Indépendance. La colonisation, avec son cortège d'exploitation, d'humiliation des populations indigènes se devait de cesser. C'est un grand bienfait pour l'Humanité que les peuples puissent disposer d'eux-mêmes. La période de la colonisation est maintenant notre Histoire commune, et pas la plus glorieuse en ce qui concerne la France.

Aujourd'hui la Franc-Maçonnerie a repris force et vigueur en Afrique malgré l'hostilité de certaines franges des populations concernées. Il faut dire que certaines obédiences africaines, créées sous l'égide de la Grande Loge Nationale Française (nous pensons à la Franc-Maçonnerie gabonaise d'Omar Bongo par exemple...) et qui sont sous la dépendance effective de chefs d'Etats qui ont parfois une vision toute personnelle de la démocratie, donnent une image pour le moins brouillée de l'idéal maçonnique.

Pour autant, des francs-maçons sincères rejoignent toujours plus nombreux les loges nords-africaines (je pense au Maroc par exemple), Africaines, Moyen-Orientales et Proche-Orientales (dans les pays où la Franc-Maçonnerie est autorisée comme au Liban ou en Israël) et font rayonner au quotidien les principes et les valeurs immémoriales de l'Ordre, sa spiritualité et son humanisme.

C'est aujourd'hui une autre page qui est ouverte... et ce sont les francs-maçons de ces pays aujourd'hui indépendants qui l'écrivent

Source : http://www.jlturbet.net/article-34264354.html

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Victor Schoelcher

12 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Né à Paris en 1804, d’un Père fabricant de faïence alsacien. Il s’engagea dans les principaux débats sociaux du XIXe siècle. Son nom est surtout associé à l’émancipation des esclaves des colonies françaises en 1848. Critique d’art, musicologue, partisan de l’abolition de la peine de mort, participant activement au mouvement anticlérical du dernier quart du siècle et prêtant son concours à la » Société pour l’amélioration du sort des femmes « , Victor Schœlcher consacra l’essentiel de ses travaux à la lutte pour l’abolition de l’esclavage et à l’étude de l’évolution des sociétés coloniales.

Il signa le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848, fut élu représentant des Antilles françaises à l’Assemblée nationale en 1848 et en 1849, où il siégeait dans les rangs de la Montagne, s’exila en Grande-Bretagne après le coup d’État du 2 décembre 1851 pour ne revenir en France qu’en 1870. Élu à nouveau représentant de la Martinique en 1871 puis sénateur inamovible de cette île en 1875, Schœlcher homme politique se préoccupa jusqu’à sa mort de la défense des droits des citoyens d’outre-mer par leur assimilation à ceux de la France. Il élabora au fil des ouvrages qu’il écrivit sur les sociétés coloniales un projet de réforme sociale post-esclavagiste qui s’inscrit dans une phase fondamentale de l’histoire des Antilles, alors que se développait le processus de suppression de l’esclavage. L’histoire retient son action en tant qu’abolitionniste, signataire du décret d’émancipation des esclaves, homme politique républicain, député et sénateur des Antilles, auteur d’une œuvre maîtresse sur les sociétés esclavagistes et l’histoire de son siècle dans la région des Caraïbes.

Le premier voyage qu’il effectua en 1829-1830 aux Amériques (États-Unis, Mexique, Cuba) inaugura la longue carrière de Schœlcher – facilitée par la rente annuelle que lui procurait la fortune familiale – que ponctuèrent plusieurs autres voyages, dans la région des Caraïbes à nouveau en 1840-1841 et en Afrique, et la publication de nombreux ouvrages. Très tôt affilié à la tendance politique républicaine et à la franc-maçonnerie, Schœlcher collabora à la plupart des journaux républicains parisiens, à La Réforme en particulier. Ses premiers ouvrages, De l’esclavage des noirs et de la législation coloniale (1833), Abolition de l’esclavage; examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des sang-mêlés (1840) stigmatisaient les rapports sociaux qu’il avait observés aux États-Unis et dans les colonies européennes des Caraïbes où sévissait l’esclavage, l’incitant à faire sien le principe énoncé par l’abolitionniste britannique William Wilberforce selon lequel: « La liberté est le principe, l’esclavage, l’exception. » Entre 1841 et 1847, Schœlcher publia Des colonies françaises, abolition immédiate de l’esclavage (1842), ouvrage consacré à la Guadeloupe et à la Martinique, Colonies étrangères et Haïti (1842-1843) dans lequel il rendait compte des premiers effets de l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques dans l’espoir de convaincre ses lecteurs français puis, après un voyage en Égypte et la parution en 1846 de L’Égypte en 1845, Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années (1847). Bien que le modèle de réorganisation sociale sans esclavage qu’il élabora pendant la première moitié du XIXe siècle fût très empreint des théories du socialisme utopique de son époque, il préfigurait par bien des aspects l’évolution des sociétés antillaises pendant la seconde moitié du siècle. C’est en tant que sous-secrétaire d’État aux Colonies que Schœlcher signa le 27 avril 1848 le décret d’abolition de l’esclavage. Élu au suffrage universel dans les trois colonies françaises des Antilles et de la Guyane, il choisit de représenter la Martinique. Les difficultés engendrées par la crise de l’économie sucrière depuis le début du XIXe siècle et par la transformation des rapports sociaux que supposait la suppression de l’esclavage incitèrent Schœlcher à intervenir de manière plus directe dans la vie sociale et politique des Antilles. Il fut par exemple à l’origine de la fondation du premier journal républicain qui parut en Guadeloupe en 1849-1850, Le Progrès , et publia à Paris une série d’ouvrages ponctuels sur les événements politiques antillais. Le « schœlchérisme » était redouté par les colons, qui craignaient la perte de leurs biens et de leur influence politique face à la supériorité numérique des anciens esclaves devenus « nouveaux citoyens », et par les autorités gouvernementales, qui voyaient en lui l’inspirateur des troubles politiques que connaissait alors la Guadeloupe. S’il prôna la réorganisation des sociétés antillaises par l’instruction gratuite et obligatoire et par l’exercice du droit de vote au suffrage universel, il n’en défendit pas moins avec ardeur des mesures qui lui semblaient être les plus aptes à assurer la prospérité des colonies – et des colons – notamment le versement de leur indemnité après l’émancipation et la construction d’usines sucrières dites « grandes centrales » dont les ouvriers agricoles, employés pendant quatre mois par an, subsisteraient grâce à la mise en valeur de lopins de terre.

Après dix-huit ans d’exil à Londres, Schœlcher rentra en 1870 à Paris où il se rangea, pendant la Commune, aux côtés de conciliateurs. Ses publications d’exil ne concernèrent pas les questions antillaises. Il livra de virulentes attaques contre le gouvernement du Second Empire dans plusieurs ouvrages et publia une Vie de Haendel en 1857. Réélu représentant de la Martinique à l’Assemblée nationale en 1871 puis sénateur inamovible de cette île en 1875, Schœlcher devint président de la Société de secours mutuel des Créoles en 1874 et membre de la Société pour l’amélioration du sort des femmes en 1875. Outre ses interventions sur les questions coloniales, il consacra ses travaux de sénateur à la lutte pour l’abolition de la peine de mort. Il présidait en 1881, avec Maria Deraismes, le congrès anticlérical. Fondateur du Moniteur des colonies en 1882, avec le député guadeloupéen Gaston Gerville-Réache, Schœlcher publia enfin plusieurs ouvrages sur la législation du travail aux Antilles, Polémique coloniale (1882-1886), recueil de ses derniers articles, des études sur l’esclavage aux États-Unis, au Brésil et au Sénégal et, en 1889, une Vie de Toussaint Louverture . Mort à Houilles en 1893, il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise et ses cendres furent transférées au Panthéon en 1949.

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