Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles avec #humeur tag

Le Temple intérieur

13 Septembre 2013 , Rédigé par L\D\ et T.D Publié dans #Humeur

La symbolique maçonnique repose essentiellement sur les outils et l'histoire de la construction du temple du roi Salomon.
Sans entrer dans des détails ésotériques, le temple de Salomon, comme le roi Salomon lui-même, sont auréolés d'un mythe indestructible. La sagesse et la quête éternelle de perfection de ce roi biblique l'ont conduit à édifier ce temple extraordinaire auquel il a voulu apporter toute sa science et la transcendance de sa relation avec Dieu.
Le temple fut la réalisation suprême de sa vie. Pourtant, elle ne le satisfit point. Et l'amertume le suivit jusqu'à la fin de ses jours.
La franc-maçonnerie a repris dans sa symbolique cette recherche de la perfection qu'est la construction du temple appliquée à l'homme, au frère.
La recherche du franc-maçon est spéculative. C'est-à-dire que son travail n'est pas l'édification d'un véritable édifice architectural de pierre ou d'autres matériaux, mais la perpétuelle reconstruction de soi, de son intellect et de son psychisme. Ce que l'on appelle le travail sur soi, le temple intérieur.
Et la tâche du franc-maçon est grande, noble et d'autant plus méritante qu'il est sûrement plus difficile à un homme de se surpasser, de lutter contre ses démons et ses imperfections profondes que de bâtir un véritable ouvrage architectural.
Mais le travail sur soi n'est pas l'apanage des Francs-Maçons. De nombreux profanes oeuvrent perpétuellement à devenir meilleurs tout autant que certains Francs-Maçons, rares je l'espère, sont incapables de cette démarche. Ou alors, ils le cachent bien…
Nul homme n'est détenteur de la perfection. Nul homme, d'ailleurs, ne peut se prévaloir de quelque pouvoir magique ou ésotérique lui permettant de s'affirmer comme supérieur à n'importe quel autre homme.
Les seuls rapports naturels qui existent entre les hommes sont des rapports de force. Les règles de la vie en société, les lois et l'éducation tendent à atténuer cet état de fait. Mais il est difficile de contourner cette règle fondamentale. Et le plus fort écrasera encore et longtemps le plus faible. Et ce dans tous les domaines et dans toutes les circonstances.
Les hommes sont tous les mêmes, du plus humble mendiant au plus puissant monarque. Leur seule différence réside dans la chance qu'ils ont eue de naître puissant ou misérable.

Et la sagesse veut que n'importe quel mendiant puisse devenir un puissant monarque autant que n'importe quel monarque puisse sombrer dans la plus profonde déchéance.
Mais les monarques n'aiment pas ce genre de discours… Pas plus qu'ils n'aiment entendre dire qu'un roi peut engendrer un fou (à cause de problèmes de consanguinité, par exemple) et que le brassage des peuples donne la vie aux hommes les plus beaux, les plus forts et les plus intelligents…

Pour le franc-maçon, la construction de son temple intérieur est donc une de ses tâches premières. L'introspection, l'aptitude à identifier ses propres imperfections et à les reconnaître comme telles, ainsi que la volonté d'y remédier, sont les fondements mêmes de la construction et de la perpétuelle reconstruction de ce temple intérieur.
Nous sommes tous, humains, héritiers d'un patrimoine culturel ou intellectuel dans lequel nous cherchons à nous fondre pour ressembler à nos pères et nous faire accepter par nos frères.
Nombreux sont les erreurs, les travers, les défauts et les faiblesses de notre jugement, surtout lorsqu'il s'agit de nous-mêmes.
Nous sommes prompts à condamner les autres, auxquels nous sommes pourtant si semblables.
Une force intérieure que l'on appelle ego, corollaire de nos instincts et de nos pulsions profondes, nous pousse constamment à nous affirmer, à nous imposer aux autres pour les dominer ou pour les séduire. Nous avons un besoin puissant d'être connus, reconnus, aimés, appréciés, respectés. Et lorsque nous n'avons pas tout cela, nous souffrons et nous pouvons avoir des comportements excessifs dictés par la frustration ou le désespoir. On ne doit pas ignorer son ego. On ne doit pas le refouler, mais plutôt tenter de canaliser nos pulsions et nos réactions passionnelles afin que la vie en société soit possible. Pour certains, malheureusement, ce travail sur leur moi profond n'est pas facile et leur vie leur échappe au point qu'ils ne contrôlent plus rien.
Paradoxe de l'esprit humain, nous ne pouvons nous passer de l'amour ou du contact avec les autres, mais nous édifions des murs infranchissables pour que les autres ne soupçonnent pas notre vulnérabilité, nos faiblesses et nos besoins. Parfois, nous ouvrons une porte de notre forteresse, pour la refermer aussitôt, pour ne présenter aux autres que notre enceinte inexpugnable.
Mais la vraie force est d'accepter nos faiblesses et de paraître tels que nous sommes. Vivre dans une forteresse ou dans une tour d'ivoire n'est pas vivre. Et les autres ne sont pas différents de nous. Ils sont loin d'être aussi forts qu'il veulent bien le laisser paraître. Les apparences ne sont que les apparences. Deux êtres ne peuvent communiquer au sens spirituel ou émotionnel qu'en ouvrant leurs cœurs et en faisant fi des apparences.
La vraie communication est là, au-delà des considérations futiles et du verbiage inconsistant. A un certain niveau, on parle de " métacommunication ". Mais ce sera l'objet d'une autre planche, rassurez-vous… !
Revenons à du concret…
Nous qui sommes tous des hommes ordinaires, nous sommes aussi tous égaux en malignité.
Nous avons le devoir de devenir plus tolérants, moins orgueilleux, moins dissimulateurs, hypocrites et arrogants. Apprendre à écouter les autres, pour mieux les connaître et nous enrichir de ce qu'ils nous offrent. Apprendre à donner plutôt qu'à toujours prendre. Apprendre à aimer et à partager. Apprendre à être justes et avoir de la compassion. Apprendre à nous détacher du matériel et du clinquant qui sont des obstacles majeurs à une approche de la sagesse. Le silence de l'apprenti doit lui faire comprendre que la parole est précieuse et que celui qui parle fort et qui écrase les autres n'a pas forcément raison…
L'ambition, le pouvoir, la gloire et les honneurs sont les buts de ceux qui n'ont guère de richesse intérieure.
Trop souvent, on voudrait faire changer les autres. C'est tellement plus facile que de changer soi-même. Mais c'est beaucoup moins gratifiant.
Faute avouée est à moitié pardonnée, affirme la sentence populaire. Et déjà, la reconnaissance de nos propres défauts est sûrement une belle preuve de notre volonté de nous améliorer. Mais cette reconnaissance est insuffisante. " Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem ". Ces mots sont inscrits en initiales sur les murs du cabinet de réflexion (sous l'acronyme de VITRIOL) dans lequel on invite le postulant à méditer et à rédiger son testament moral et philosophique. On peut les traduire littéralement par : " Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant découvre la pierre des secrets ou la pierre cachée ". Ce qui, en clair, peut s'exprimer par l'interprétation ésotérique : " Descends à l'intérieur de toi-même et par la méditation connais-toi toi-même et découvre l'essence secrète des choses ". Toute cette symbolique appelle à descendre dans les profondeurs de la terre et de soi-même pour y trouver ce que nous ignorons. Au retour de cette descente dans les profondeurs, notre testament moral et philosophique est une étape au cours de laquelle nous devons comprendre qu'ici nous devons abandonner nos préjugés pour nous tourner vers l'avenir, vers une nouvelle vie et vers la lumière de nouvelles connaissances. Cette lumière qui nous sera donnée lors de l'initiation au premier degré.
A ce niveau, la tâche est loin d'être finie, mais il est temps alors de commencer ce long travail de recherche et d'apprentissage de la connaissance de soi, de l'éradication de nos travers les plus profonds et de l'approche difficile de la sagesse.
Pour cela, le franc-maçon n'est pas seul. Ses frères l'entourent et le soutiennent dans cette quête parfois douloureuse. Ils lui apportent aussi leur savoir et leur amour ainsi que toute la force de cette symbolique maçonnique qui puise ses sources dans les écrits des anciens.
Les outils symboliques sont les outils de l'homme et du franc-maçon dans son œuvre de transformation de soi. Les symboles de la loge et du temple sont des concepts compréhensibles et recevables par tous. Ils doivent nous aider dans notre réflexion et dans notre recherche profonde.
L'interprétation des symboles est une choses très subjective. Et les frères apprendront à mieux les déchiffrer grâce aux travaux successifs des uns et des autres. Le symbolisme n'est pas propre à la maçonnerie. On le retrouve dans de nombreux domaines, soient-ils philosophique, religieux, artistique, scientifique, mathématique et même technique.
Attention à ne pas confondre symbolisme et ésotérisme. Le symbolisme est un mode d'enseignement qui fait appel à des analogies structurelles entre des concepts différents. L'ésotérisme rassemble d'innombrables théories plus ou moins sulfureuses dans lesquelles il convient de ne pas trop s'attarder. Esotérisme signifie chose cachée. Son contraire, exotérisme, évoque la chose révélée.
L'enseignement du symbolisme maçonnique passe par l'étude de tous les symboles par ordre croissant de difficulté. Mais une autre composante de cet enseignement est la répétition. Le rituel de la loge donne une intensité accrue à la perception et à la compréhension des symboles auxquels il se réfère.
Ici, tout est symbole… !
Mais cette méthode nécessite la plus grande rigueur et le plus grand sérieux.
Notre idéal maçonnique et notre enseignement symbolique ne doivent pas être pris à la légère. Au sein de la Loge, le frère qui veut véritablement évoluer, s'épanouir et accéder à un autre niveau de la connaissance peut réaliser sa démarche. Il en a les outils.
L'approche, la discussion et la compréhension des symboles doivent rapprocher les frères autour de cette recherche commune des secrets de la pensée et des lois qui régissent l'univers. Cette exceptionnelle communion d'idées est peut-être l'essence même du fameux secret maçonnique. Loin des dogmes et des préjugés, dans le partage des idées et dans le respect de la parole de l'autre, nos travaux nous enrichissent tous autour d'un idéal positif.
Malheureusement, il peut arriver que des frères ne soient pas convaincus de l'utilité de ce travail personnel et ne s'y attachent pas. C'est très regrettable. Mais cela montre aussi que les autres frères de la loge n'ont peut-être pas donné à ces frères-là tous les outils de leur propre recherche de transformation.
On peut être franc-maçon et ne rien faire au niveau de son temple intérieur. Mais le grand perdant est toujours celui qui a abdiqué tout espoir de devenir meilleur et de rayonner à son tour vers ceux qu'il aime.
Nous savons bien que des frères, çà et là, pêchent encore par des attitudes excessives, des débordements et des travers insurmontés. Et ils nuisent parfois à l'harmonie de leur atelier.
On ne leur demande pas de devenir des parangons de vertu. On ne leur demande pas d'avoir atteint la perfection. On demande aux frères d'être honnêtes avec eux-mêmes, d'accomplir leur maçonnisme et de travailler leur pierre brute afin de ne plus être des profanes habillés en francs-maçons.
On parle parfois de maçons sans tablier et je n'aime pas cette formule qui n'a pas de véritables sens (être Franc-Maçon est un engagement complet), mais on peut aussi parler de profanes en tablier. Et ça, ce n'est pas ce que l'on attend d'un homme qui a voulu entrer en maçonnerie, après un parcours parfois difficile et qui a fait la promesse solennelle de devenir un vrai franc-maçon.
Il y a quelques années, j'entendais parfois dire que l'on pouvait reconnaître un franc-maçon, dans la vie profane, à son seul comportement, sa façon de s'exprimer, ses qualités d'écoute, son ouverture d'esprit, etc… Bien sûr, il ne faut pas croire que seuls les francs-maçons présentent ce genre de profil. Certains profanes y répondent aussi. Ce que je veux dire, c'est qu'un véritable travail sur soi peut amener un homme, un frère, à se montrer sous un tel jour. Son temple intérieur rayonne alors sur l'extérieur, et ses frères le reconnaissent. C'est un peu du message que je voudrais faire passer à travers ce travail.
L'homme seul, sans famille, sans amis, sans lien social, ne peut survivre bien longtemps. La force de vivre nous est aussi donnée par les autres.
Association philosophique, philanthropique et progressive, la Franc-maçonnerie se veut donc le point de rencontre (réunir ce qui est épars) d'hommes et de femmes de toutes origines qui oeuvrent en commun à la recherche et à la compréhension des problèmes du monde et qui privilégient ce qui est bon pour l'homme. Cette activité humaniste s'inscrit dans un esprit d'acceptation et de recherche du progrès. Rechercher ce qui est bon pour l'homme se vit au quotidien.
Un Franc-Maçon ne redevient pas un profane en quittant l'enceinte du temple. Son action et sa réflexion se poursuivent au-delà. De même, il ne suffit pas de connaître quelques mots de passe et quelques coutumes de la maçonnerie pour être Franc-Maçon. Si le profane est superficiel, le Maçon doit voir le monde et les hommes avec un regard plus scrutateur.
Lorsque nous nous saluons avec trois bises et " salut, mon frère, tu vas bien " et que l'autre répond " ça va ! ", on peut passer à autre chose si l'on est profane et qu'on attache peu d'importance à celui que l'on vient de saluer nonchalamment.
Mais un franc-maçon se doit d'aller au-delà des simples conventions profanes et penser que l'autre a peut-être répondu machinalement et que la réalité est tout autre. C'est dans le regard et dans les expressions du visage que l'on peut voir ce que les mots ne disent pas.
Parmi nous, certains sont bien nourris et n'ont peut-être pas de problèmes. Mais dans toute collectivité il y a des hommes ou des femmes qui souffrent. Pas forcément de souffrance physique visible, mais bien souvent de drames secrets que l'on ne peut révéler à personne. La souffrance psychique est un des inconvénients de la pensée humaine évoluée et des lois complexes qui régissent les relations entre individus dans nos sociétés dites civilisées.
Un homme qui souffre ou qui a des problèmes n'en fait généralement pas étalage au premier venu. Et il est difficile de s'en rendre compte. Surtout quand on sait que des personnes qui vivent sous le même toit peuvent tout ignorer les unes des autres.
Mais un humain émet toujours des signaux codés pour exprimer sa souffrance et son besoin d'amour. Le franc-maçon se doit de tenter de capter et de comprendre ces signaux. Et, naturellement, d'y répondre d'une façon ou d'une autre. Pour cela, il faut être capable de se débarrasser de sa carapace de macho et de grande gueule et d'ouvrir ses yeux et son cœur. Un peu de réceptivité et de sensibilité bien placées n'ont jamais tué personne.
Quelqu'un qui répond gaiement " ça va ! " est peut-être atteint d'une maladie mortelle ou bien va se supprimer le lendemain, tant sa souffrance, sa détresse ou son désespoir sont profonds. A ce niveau, plus rien ne compte pour lui.
D'ailleurs, un de nos frères de Scola s'est donné la mort il y a deux ou trois ans et nous avons été incapables de le pressentir et de tenter de lui apporter ce qui aurait pu éviter ce drame ou simplement adoucir sa souffrance. Ce frère souffrait. Je ne sais pas de quoi. Mais on ne se suicide pas sans raison. Et un homme qui souffre a tendance à se replier sur lui-même et à s'isoler du monde. La fraternité n'a pas joué dans ce cas précis. Pourquoi ? Est-ce que personne n'avait de lien privilégié avec ce frère ? Pourquoi ne s'est-il pas tourné vers notre fraternité, vers notre affection et notre soutien ? Probablement parce que nous ne sommes pas tout à fait ce que nous prétendons être. Parce que lorsqu'un frère s'isole de la loge, nous ne pensons qu'à lui réclamer sa capitation, lui rappeler son devoir d'assiduité et lui envoyer des lettres recommandées. Nous nous comportons en purs profanes. Je ne juge ni ne condamne aucune personne en particulier. Mais je dénonce cette carence de toute notre communauté maçonnique que l'administratif et la routine éloignent parfois de son idéal.
Nous ne sommes pas des psys de métier, mais nous pouvons ouvrir notre cœur.
Une personne dans la détresse matérielle ou morale a tendance à s'isoler du monde, par honte, par crainte d'être rejetée et parce qu'elle sait ne rien avoir à attendre des autres. Nous, franc-maçons, n'avons pas le droit d'ignorer cela.
Un franc-maçon doit aller au fond des choses. Ne pas laisser subsister de doute. C'est trop facile de se détourner. Dans nos loges, nous comptons des tas de frères… Mais parmi eux, combien d'amis ? Au fond, que signifient ces mots, amitié, fraternité ? Après tout, des frères peuvent se déchirer et même s'entretuer (voir Cain et Abel). Par contre, un véritable ami peut être un merveilleux compagnon pour la vie et nous apporter beaucoup de bonheur.
N'oublions pas que nous vivons dans un monde où les hommes s'isolent de plus en plus et où l'hostilité et la violence reprennent peu à peu le dessus, après des décennies passées dans des conditions sociales peut-être plus humaines.
Savoir s'ouvrir un peu aux autres et ne pas rester replié sur soi…
Beaucoup d'hommes et de femmes pensent qu'ils sont très importants dans leur vie sociale ou professionnelle, qu'ils sont irremplaçables et indispensables. Et forts de cette certitude, ils pensent aussi que les autres sont à leur service. Ceux-là sont dans l'illusion, car nul n'est vraiment indispensable ou irremplaçable en ce monde. Les personnages que l'on croit absolument uniques et irremplaçables sont bien souvent remplacés en quelques secondes, quand cela devient nécessaire. Car les candidats sont innombrables à guetter leur place. Et comme le dit la sentence populaire, les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.
Le pouvoir, les signes extérieurs de richesse ne sont que des métaux. Ils n'ont pas cours en Loge ou les valeurs sont différentes. Nous honorons le travail, qu'il soit manuel ou intellectuel, sans glorifier le clinquant et les apparences souvent trompeuses.
Cependant, je dois bien à la vérité d'admettre qu'il existe une certaine hypocrisie collective en ce qui concerne la reconnaissance et l'honneur que l'on devrait porter au travail manuel. Il est étrange de voir comme certaines personnes se classent parmi les " intellectuels " et bien peu parmi les " manuels ".
Et il est pourtant notoire qu'un bon manuel doit avant tout être une personne à l'esprit vif et cultivée dans son art et que les plus grands chirurgiens ou pianistes du monde font assurer leurs mains et non pas leur cerveau.
Je ne veux pas choquer, mais je ne planche jamais pour flatter la vanité de mes contemporains. Je sais trop bien, moi-même, combien la vie peut-être précaire et dérisoire.
Certains pensent que la Franc-maçonnerie est un bon tremplin pour la vie politique et l'abordent en tant que tel. Parce que l'on peut y nouer des alliances, des réseaux d'influence et y faire des rencontres utiles.
Je reste prudent vis-à-vis de ce genre d'approche. Si un vrai Franc-maçon, qui a véritablement travaillé sur son temple intérieur, s'engage dans la carrière politique, on pourra espérer que son action sera utile et bonne pour tous. Mais si ce franc-maçon n'est entré en maçonnerie que pour y trouver des alliances politiques, il est fort probable que son action ne sera pas meilleure que celle du tout venant de la politicaille.
Dans de nombreuses loges, des clans se forment entre certaines catégories de frères, autour d'activités ou de préoccupations communes. Que ce soit des clubs d'investisseurs, des joueurs de squash ou de tennis, des randonneurs, des fumeurs de cigares, des médecins ou des hauts fonctionnaires. La chose en soi est naturelle et sans malice. Il est normal que des gens qui ont une activité commune se rapprochent.
Ce qui est moins normal, c'est que se forment de véritables clubs desquels sont carrément exclus et rejetés les autres frères de la loge. C'est une attitude parfaitement inadmissible et pourtant très répandue.
Une loge est un lieu de réflexion et de recherche commune. La division d'une loge par des clans ne peut qu'être source de discorde. Le travail en commun n'y est plus possible et le travail sur soi difficile.
Restons lucides. Le pouvoir, les honneurs et l'argent sont les motivations des égoïstes et des accapareurs. Ceux-là ne donnent jamais. Ils ne savent que prendre. Certains hommes politiques ont fait de longues carrières sans jamais avoir rien donné à la France que quelques décrets minables. Et encore…
Bien sûr, certains ont aussi accompli de grandes choses et ont œuvré au progrès ou à la paix. Et c'est tout à leur honneur. Il ne faut pas les oublier.
Mais aujourd'hui, il faut bien le dire, le monde de la politique brille plutôt par ses affaires nauséabondes, ses scandales, son incompétence et sa médiocrité.
Surtout, ne glorifions pas et n'idolâtrons pas ces miroirs aux alouettes.
L'idolâtrie est l'apanage des masses incultes et sans jugement. Le franc-maçon doit être capable de s'informer et de juger en ses âme et conscience sans avoir à subir d'influence. Loin du bourdonnement des médias, les frères doivent conserver un esprit critique, affûté et objectif.
Dans le monde profane ont cours des activités ou des sports dits " de l'extrême ". De même, on exalte les masses à se surpasser, à se dépasser, à reculer les limites, à atteindre des performances, à être le premier, le vainqueur, le battant… Sans cela on n'est que l'ombre de soi-même, un fantôme, un zombie, un loser, un éternel perdant…
Cette mode est beaucoup plus dangereuse qu'il n'y paraît, car elle incite l'homme à une quête de sensations et de victoires dans des domaines futiles, dérisoires et la plupart du temps parfaitement inutiles. La performance sportive à un certain niveau n'a plus rien de sportif. Cela devient de l'entêtement absurde. De surcroît, ceux qui pratiquent les sports de l'extrême, en totale déraison, mettent souvent à contribution et au péril de leur vie des sauveteurs ou des gendarmes qui auraient sûrement des choses plus utiles à faire. Ces pratiques n'apportent rien d'autres que la satisfaction d'un égoïsme sans borne. Elles n'élèvent pas les hommes et ils n'en tirent aucune morale propre à en faire des citoyens responsables, ouverts et tolérants. Et là où on accède à la plus pure dérision, c'est de voir ses résultats publiés dans le livre Guinness des records…
Toutes ces activités participent du principe romain " du pain et des jeux ", qui permet de détourner l'intérêt des citoyens de la chose publique.
A notre naissance, notre mère nous a donné la lumière de la vie, celle du soleil et de l'amour. Mais en cela, elle n'a fait que nous poser sur les rails de l'existence. Plus tard, nous avons rencontré des aiguillages et avons dû faire des choix… Nos amis et nos frères nous ont parfois aidés à choisir.
Lors de notre initiation au premier grade de la maçonnerie universelle, notre loge mère nous a offert une sorte de renaissance et nous a donné la chance d'accéder à une autre lumière. La lumière de la connaissance, de la sagesse et de la vertu. Mais une fois encore, nous nous sommes retrouvés sur des rails. Seulement, cette fois-ci, la voie et les aiguillages étaient éclairés et la nuit nous a paru moins menaçante.
Au sein de la loge, un principe que l'on appelle l'égrégore, constitué de l'amour, de la fraternité et de la connaissance de nos frères, nous a donné la possibilité d'y voir plus clair en nous et de voir le monde avec d'autres yeux.
Nul ne détient la sagesse suprême, pas plus que la vertu ni que la connaissance absolue. Mais toutes ces valeurs sont réparties dans le cosmos et dans l'univers et chaque corps céleste, chaque poussière d'étoile, chaque objet, chaque forme de vie, chaque être humain en est détenteur d'une petite part.
Ainsi, au sein de la loge microcosmique qui représente une petite fraction du cosmos, l'égrégore, qui unit les frères dans une même et noble quête, donne à chacun la force et le courage du groupe dans sa recherche de la vérité.
Sans les autres, nous ne sommes rien.
Et l'autre, c'est chacun de nous.
Et chacun de nous est une pierre de l'édifice de notre groupe.
Nous oeuvrons ensemble à l'édification d'un édifice commun et simultanément à l'édification de notre temple intérieur.
L'approche de la sagesse implique l'abandon de nombreuses chimères matérielles qui corrompent le raisonnement pur. Le sage a abandonné l'amour de l'or et de l'argent pour aimer la sagesse et les hommes. Celui qui est né riche peut approcher de la sagesse en faisant passer en arrière plan de son existence ses richesses matérielles.
Notre loge ne s'appelle-t-elle pas " Scola Sapientiae ", " L'école de la Sagesse "… ?
Tout cela peut paraître futile et creux à certains. Je leur répondrai que le symbolisme est une méthode d'enseignement universelle et très ancienne et que le travail que doit accomplir sur lui-même le franc-maçon peut très bien être comparé à celui que doit faire sur lui-même le sujet d'une psychanalyse.
Si l'on parle de pierre brute, pierre taillée et pierre polie, tout le monde comprend les symboles contenus dans ces mots.
Plus élevé et plus complexe, l'approche du ciseau et du maillet et plus encore l'équerre et le compas. Ou encore la règle et le levier.
Selon les grades, les outils symboliques sont différents et leur approche plus subtile. Les grades maçonniques ne sont pas des grades de pouvoir ou d'autorité. Ils sont la reconnaissance d'un travail accompli, mais essentiellement symbolique. Mais le Maître, comme le Compagnon, doivent poursuivre leur œuvre d'introspection et d'avancée personnelle. Et ce travail n'est jamais achevé.
Alors, pourquoi entreprendre une œuvre que nous ne pourrons jamais achever, me demanderez-vous… ? En effet, notre passage à l'orient éternel nous privera de toutes nos ressources matérielles pour parachever cette œuvre. Mais le travail accompli ne le sera pas en vain. Nos frères, enrichis de tout ce que nous aurons apporté à l'œuvre commune, la poursuivront en gardant en mémoire l'art ou la science de ce que nous aurons appris et partagé ensemble. Chacun de nous apporte aux autres quelque chose de précieux.
Au-delà des mots, ce sont les concepts qui doivent être perçus et compris par l'élève.
Mais encore une fois, aucun enseignement symbolique ne peut se révéler utile sur des personnes qui ne veulent pas les entendre et qui ne veulent pas se remettre en question.
Car tout le problème est là. Pour évoluer, avancer et s'améliorer, il faut le vouloir et être capable de se remettre en question.
Et dans notre société actuelle, qui a tourné le dos à toutes les philosophies, religions et idéaux positifs pour se consacrer uniquement à la jouissance des biens de consommation, il semble que les hommes aient de plus en plus de mal à se remettre en question et à accepter de se voir dans le miroir de la réalité.
Le citoyen lambda n'aime pas que l'on soit différent de lui. Il a peur des différences. Au Grand Orient de France, rue Cadet, il est inscrit sur un mur du hall d'accueil une citation de St Exupéry : " Toi qui diffères de moi, loin de me léser, tu m'enrichis ".
Même au sein de nos obédiences, des dérives ont lieu, et c'est humain, qui nous conduisent vers des chemins plus chaotiques. Depuis quinze ans que la lumière m'a été donnée, j'ai ressenti ce glissement progressif et j'en suis déçu et peiné.
J'aimerais retrouver dans la maçonnerie de vraies valeurs et des hommes et des femmes véritablement décidés à œuvrer à la recherche de la vérité et au bien-être de l'humanité.
Mais je ne suis qu'un frère de cette loge et mon avis et mes réflexions sont éminemment perfectibles.
source : www.ledifice.net

Commentaire :

 je dédie cette magnifique planche à tous ceux qui m’ont laissé tomber,  à tous ces faux  « frères » d’un soir, d’un mois, d’un an et qui ont disparu dès mon départ de la Loge. Je pourrais les nommer mais la liste serait longue et malgré tout je respecte encore leur statut maçonnique.

En regardant la photo prise le soir de mon installation et de la première tenue de ma Respectable Loge, je ne peux m’empêcher de penser que la majorité ne méritait pas d’être là.

La Franc-Maçonnerie est une institution magnifique infestée d’ambitieux, d’orgueilleux qui ne voient que leur propre intérêt et qui ne partageraient jamais leur manteau avec un Frère moins riche et pas assez socialement importants.

Les temps changent « Les personnages que l'on croit absolument uniques et irremplaçables sont bien souvent remplacés en quelques secondes, quand cela devient nécessaire. Car les candidats sont innombrables à guetter leur place. » Regardez derrière- vous faux frères, votre ami d’aujourd’hui viendra un jour prendre votre place. Vous êtes la honte d’un Ordre basé sur la Bienfaisance , la Fraternité et l’Amour du prochain.

Pour terminer sur une note positive, je remercie tous les autres, tous ceux qui m’ont tendu la main et heureusement il y en avait quelques-uns.

Sachez cependant une chose, en Maçonnerie comme dans la vie profane, on pardonne mais on n’oublie pas..

Lire la suite

A vous tous mes Frères...

18 Mai 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

Merci pour tous vos encouragements !

Frat

Thomas

Lire la suite

Choix du nom Royal York

3 Mai 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

Voici le document que j’ai envoyé à la GLNF en novembre 2005 pour expliquer mon choix :

« Le choix de ce nom pour notre loge fait directement référence au rôle et aux devoirs du Vénérable Maître qui est le représentant du Roi Salomon et qui guide les travaux de la loge.

Il est Roi et en possède les pouvoirs, mais il a avant tout des devoirs tant au niveau de la loge que vis-à –vis de la Grande Loge Nationale Française.  Au Rite York cela est particulièrement vrai . En effet  lors de la remise du chapeau au Vénérable Maître  il est dit : « As King Solomon wore a crown, as an emblem of Royal Dignity ».. La symbolique de ce chapeau,  est celle de la couronne, attribut par excellence du pouvoir Royal.

Au Pouvoir Royal est lié le Pouvoir Sacerdotal ; de tous temps les rois ont tiré leur légitimité de Dieu. Cette alliance du divin et de la royauté est très présente dans notre rite au travers des prières et des lectures de la Bible à l’Orient à côté du siège du Roi Salomon.

La loge qui pratique l’Art Royal sous la conduite de son Roi, le Vénérable Maître, le fait sous la protection des deux saint Jean, symboles de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance ce qui nous fait penser à un autre royaume, celui du Prêtre Jean, royaume de perfection et de vérité.

Au Rite York nous avons donc, lors de nos tenues, un Roi, le Vénérable Maître, « Prêtre-Roi » secondé dans sa mission sacerdotale par un chapelain et un royaume, la loge où se pratique l’Art Royal, sous la protection du Grand Architecte de l’Univers. Il nous est donc apparu que la dénomination « Royal York » était un symbole fort représentant la spiritualité et la tradition de notre rite venu d’Irlande et introduit aux Etats-Unis par les soldats irlandais pendant la guerre d’Indépendance. » D'où le blason qui est celui d'un régiment irlandais venu se battre en France en 1779 et qui porte la magnifique devise "In Hoc Signo Vinces". 

La réponse de la GLNF étant positive, j’ai reçu la patente le 14 janvier 2006 signée par le Grand Maître de l’époque JC F…..

Cette Respectable Loge a travaillé régulièrement depuis sa consécration, sous l’impulsion de Frères motivés et travailleurs, elle a été jumelée avec la RL Washington 21 ennovembre 2008 de la Grande Loge de New-York.

Je pense que la jalousie devant ce jumelage, la qualité de nos travaux et l’importance de notre développement  ont été à l’origine de nos surnoms locaux tel que « Loge de l’ISF »...

Moi-même chômeur puis dirigeant d’une TPE, j’ai été choqué de voir combien la « haine de la réussite » a pu donner à cette Loge des qualificatifs aussi peu fraternels.

Puis il y a eu l’affaire FS, l’explosion de la GLNF, le départ de beaucoup de loges bretonnes vers d’autres horizons (GL-AMF, GLTSO, GLDF, GLTF) et la scission de Royal York qui a suivie son leader naturel vers la GLTF.

L’article d’aujourd’hui ne montre pas la réalité de l’esprit qui règne dans cette nouvelle Loge Royal York de la GLTF. Les critiques venant majoritairement de membres de la GLNF ne doivent pas faire oublier que l’Esprit de la RL Royal York d’origine subsiste, que les travaux sont justes et parfaits et que les membres de cette Loge ne sont pas des « affairistes ».

Le meilleur exemple est le mien : créateur, fondateur, j’ai un Chiffre d’Affaires modeste et si je suivais le raisonnement des détracteurs de Royal York, mon CA aurait du exploser !

En voyant la Bannière de Royal York exposée au regard des profanes dans un article dont le titre est « Quand les réseaux s’entremêlent », je me dis que celui qui a laissé prendre cette photo est un faux frère indigne d’être un Franc-Maçon. 

Je n’ai aucune inquiétude sur l’avenir de Royal York à la GLTF, et j'aimerais que sa cousine Royal York N°1538 GLNF continue ses travaux dans la sérénité, ce  qui va sûrement arriver compte tenu de la qualité des membres qui la composent.

 

C’est tout ! (au York, normalement on n’utilise pas l’expression « j’ai dit »)

Lire la suite

Bushmills

11 Avril 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

Avec tous mes remerciements pour un Frère qui sait vivre !

Offrir une bouteille de Bushmills à un irlandais c’est avoir un ami pour la vie !

 

Lire la suite

Le jour d'après

20 Mars 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

En regardant la photo prise en 2006 de mon installation en tant que VM de la Loge Royal York de la GLNF, je me suis rendu compte des conséquences de l’explosion de cette obédience.

Tel Frère à démissionné, un autre est parti à la GLDF, un autre à la GL-AMF et enfin plusieurs autres à la GLTF.

Maintenant que les retombées sont en train de disparaître, il convient d’analyser les conséquences de cet essaimage : des obédiences de tailles et de statuts différents, cherchant à récupérer la reconnaissance de la GLUA, fonctionnant en groupe comme la GL-AMF et la GLIF, ou en solo comme la GLTF.

Si à mon avis ce ne sera pas le nombre qui permettra à telle ou telle obédience de se faire reconnaître par les anglais et les américains, ce ne peut-être que le respect des landmarks, de la tradition et  de la qualité des travaux.

Bien sûr la GLNF « nouvelle » est candidate à sa propre succession, mais jusqu’à maintenant, le nouveau Grand Maître n’a pas l’air d’avoir rompu avec les erreurs de son prédécesseur. La clarté ne règne pas sur les colonnes.

Le système reste autant centralisé et l’organisation n’a guère évoluée. Beaucoup attendent des actions, des modifications statutaires et règlementaires qui ne viennent pas. Il paraît qu’en Maçonnerie, il faut donner du temps au temps…

Très sceptique au départ, voir méfiant et résolument contre la GLTF, j’ai pu constater qu’au fil du temps et dans la discrétion, elle maintenait les Traditions de notre Ordre tout en se développant, de façon inégale certes, sur le territoire national.

Cette volonté très forte de ses dirigeants de respecter la régularité et les principes de la pure Maçonnerie me fait penser que j’ai sous estimé la valeur de cette obédience même si tous ceux qui sont à sa tête au niveau national sont loin de me plaire…Les échos que je perçois par différents canaux me renvoient la qualité des travaux et la Fraternité qui y règne. L’égrégore est présente à chaque tenue et si la Bretagne est le reflet de la GLTF dans sa totalité, son avenir devrait se construire sous de très bons auspices …Pourquoi pas la reconnaissance ?

En Bretagne, grâce à l’implication de ses membres, cette obédience va rapidement prendre une place prépondérante dans le paysage maçonnique et tout cela sans « haine ni violence »…Comme le dit l’Ecclésiaste « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux … Un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix…

Le temps de la haine et de la guerre est fini.

Qui va récupérer la reconnaissance de la GLUA et des américains ? La GLNF y travaille, mais elle est encore loin de faire oublier ses erreurs passées, le Groupe des 4  autour de la GLDF se positionne mais avec l’inconvénient d’être essentiellement formé de Loges REAA (sauf la GLIF) et puis il y a la GLTF, la troisième voie qui cherche à revenir aux fondamentaux de la GLNF tels qu’ils ont été posés par Edouard de Ribaucourt.

D’aucun diront que je « retourne ma veste », pourquoi pas ? Après tout depuis 3 ans les injures et les règlements de compte ont été légion parmi les ex ou actuels membres de la GLNF.

Non, pour moi aussi le temps de la guerre est terminé. Je compte rester maçon sans obédience et travailler avec tous les Frères de bonne volonté pour essayer de faire de la recherche au travers de la RL indépendante Laurence Dermott.

Ma main est tendue vers tous ceux qui voudront bien la prendre. La GLTF est la bienvenue sur ce blog au même titre que toutes les autres obédiences.

T.D

Lire la suite

Les élucubrations d'un vieux Maître Apprenti (extrait)

5 Janvier 2013 , Rédigé par Frère Jacques Publié dans #Humeur

(* élucubrations: s'emploie surtout au pluriel et Ironiquement. Élaboration progressive, œuvre ou théorie résultant de recherches longues et patientes.)  Je me présente: Frère JACQUES, nom prédestiné! Pensez donc, le Frère Jacques. Bien que connaissant la chanson, rassurez-vous, mon intention n'est nullement de vous endormir.

Je ne vais pas parler d'alchimie, ni de magie, pas même de géométrie. Je ne suis possesseur d'aucun secret, pas même celui de transformer du plomb en or. Dans mon temple intérieur, il n'y a pas d'Athanor, je n'ai pas trouvé non plus dans ma cave de grimoire poussiéreux révélant le secret de la longévité. Non, rien de tout cela.

Par contre, je vous le dis simplement, l'orateur à qui vous faites la faveur de prêter attention ce soir est (n'ayons pas peur des mots) un génial inventeur. Eh oui! Après bien des années d'observations, j'ai mis au point un appareil à mesurer la fraternité que j'ai appelé pompeusement le FRATERNOMÈTRE. Comment se présente-t-il ?

Le module est de forme pyramidale. La base est de couleur bleue, le sommet rouge. Sur le côté gauche (côté cœur) une première graduation bleue de 1 à 3, puis une deuxième rouge de 3 à 33. On peut améliorer le système pour certaines obédiences en allant jusque 99. Une cotation de 1 à 10 à l'intérieur de chaque degré permet de noter la fraternité à chaque niveau. Il y a bien une graduation au-dessous de zéro, couleur noire, mais je ne peux croire que l'appareil puisse servir à ce niveau dans le cadre de notre philosophie.

Comment réagit l'instrument vous demandez-vous? Systématiquement en fonction des diverses catégories de frères et de sœurs œuvrant au sein de nos ordres. Il suffit de se trouver à proximité du FRATERNOMÈTRE Qui réagit selon la couleur des auras. Mon invention n'étant pas encore brevetée, vous comprendrez ma discrétion et ma réticence à vous en dire davantage. Toutefois, mes observations m'ont permis de dresser une nomenclature, qui n'est d'ailleurs pas exhaustive, ayant fait réagir mon invention.

Bien sûr si par hasard au cours de cette énumération certains frères croyaient reconnaître un des nôtres, il ne s'agirait que d'une coïncidence, les Frères présents sur ces colonnes ne pouvant être concernés. Mais sait-on jamais? Un visiteur inconnu? De toute façon, on a toujours une possibilité d'essayer de se corriger. A chaque catégorie, je me suis permis de consulter le FRATERNOMÈTRE. Je vous ferai part de la citation ... Cet appareil qui va révolutionner les obédiences ne peut se tromper.

Si vous le permettez, je vais donc les citer : Classifications et notations qui évidement n'engagent que moi.

Les AMBITIEUX: Dès leur arrivée dans notre ordre, ils rêvent de brûler les étapes, ils se voient "vénérable" au bout de quelques mois et veulent par tous les moyens occuper un poste en vue, n'hésitant pas le cas échéant à dresser les Frères les uns contre les autres pour arriver à leurs fins. Ils sont atteint d'une grave maladie: la "cordonnite" et ont des décors chamarrés d'or. Ils ne pensent pas un seul instant que le passage d'un degré à un autre est une borne kilométrique indiquant l'amplitude de la fraternité sur l'autoroute qui mène à l'initiation. Je survolerai le cas de frères qui, dans la vie profane, ont atteint leur niveau d'incompétence. Ils ont vaguement conscience qu'ils ne sont rien mais voudraient tant avoir de l'importance que cela devient pour eux obsessionnel et les métamorphose (à fortiori si on leur confie une fonction) en petit tyranneaux, au mieux adjudants de quartier, n'ayant rien à voir avec nos règles de fraternité. Ceux-là en vérité peuvent être, à la rigueur dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les ORGUEILLEUX: Sous des prétextes les plus futiles, ils prennent la parole et ne la redonnent plus, pour faire étalage de leur science, de leur situation matérielle ou professionnelle, etc... Ils n'ont en aucun cas laissé leurs métaux à la porte du temple. Ils ignorent le mot "égalité" et cultivent le narcissisme à grande dose. Bienheureux si l'on échappe à une contre-conférence n'ayant pas forcément rapport avec le sujet évoqué par le frère au banc d'éloquence. Certains de ces Frères me font penser à ces vieux chevaux courant à Auteuil à qui on a mis les œillères afin qu'ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe autour d'eux. L'humour, ils ne connaissent pas : pensez donc, ils sont chargés de refaire le monde ... On ne plaisante pas avec les gourous!! Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les PAONS : Dignitaires, cousins des deux précédentes espèces, ils se distinguent par leur ton péremptoire. Inutile de leur demander qui ils sont, ils vous le diront à la première occasion. Ils connaissent tout, ce sont des puits de science, du moins, ils le croient. Je suis allé au zoo, c'est vrai qu'ils sont beaux ces paons lorsqu'ils font la roue. Sont-ils intelligents? Pas forcément. Il en est de même de ces faux spiritualistes qui sillonnent nos ateliers. Si par malheur vous vous hasardez à faire une objection, rapide rappel à l'ordre: "Je suis Maître depuis 1925". Il est 18°,33°,90°, que sais-je? Ils connaissent Alphonse, Jules, Paul ou Untel. A les entendre, il est évident que si le Grand Maître a pris telle décision, c'est sur leur conseil et les voilà partis dans des discussions filandreuses, tellement filandreuses qu'ils ont parfois du mal à suivre eux-mêmes le fil de leurs idées. On se demande ce qu'ils font dans les Loges bleues qui ne sont pour eux que de la roupie de sansonnets, peuplées de jeunes galopins ayant tout à apprendre. Ils ont le verbe haut, emphatique. Rien ne peut leur faire plus plaisir que si vous les écoutez béats d'admiration devant tant de connaissances. El1e est bien loin la cérémonie d'initiation. Ceux-là en vérité sont moyennement des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 5

Les DOGMATIQUES : Ces Frères font de la Franc-maçonnerie une religion. Ils assistent aux tenues 8 jours sur 7, ne peuvent comprendre que les autres Frères aient des obligations professionnelles ou familiales! Au nom de la tolérance, ils sont les plus intolérants qui soient. Ils se retrouvent souvent, du fait qu'ils ont négligé leur travail, à pointer au bureau de chômage le plus proche, quand ce n'est pas dans le pire des cas devant un juge, car leurs compagnes, lassées de jouer les Pénélopes ont demandé le divorce. En vérité, ces Frères là sont  Dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les FAINÉANTS: (Ils se disent débrouillards). Contrairement à d'autres, ils  ne veulent occuper aucun poste, ne faire aucune enquête et ne participer à aucuns travaux. Ce sont, selon notre langage imagé, des "plantes vertes" ou des potiches. Ils n'ont pas conscience que si tous les Frères avaient le même comportement, on pourrait mettre l'atelier en sommeil. Trop de Frères viennent épisodiquement quand ça leur chante ou que cela ne les dérange pas trop. On n'est pas Maçon 3 heures par mois, mais chaque heure du jour. A tous les Frères arrivés au grade de Maître qui pensent avoir atteint leur bâton de maréchal, je leur dis qu'ils se trompent lourdement, c'est le contraire: que c'est là, à ce moment précis que tout commence. Ceux-là, en vérité, peuvent être  aussi dangereux.                        

 FRATERNOMÈTRE : 3

Les PEUREUX : Ils laissent leur voiture à 1 Km du temple, ne veulent figurer sur aucun annuaire, sur aucune convocation. Ils craignent jour et nuit d'être découverts, à croire qu'ils ont attrapé une maladie honteuse. Ils ne mettront pas l’autocollant sur le pare-brise de leur voiture, c'est trop risqué! Lorsqu'ils se rendent à une tenue, ils surveillent le rétroviseur pour voir s'ils ne sont pas suivis. Tout juste s'ils n'achètent pas des chaussures à semelle de crêpe pour qu'on ne les entende pas se diriger vers le temple. Ils ont la peur chronique de perdre leur place si on apprend qu'ils sont Francs-Maçons. Rassurez-vous, plusieurs années s'écoulent, ils sont toujours en place ! Ils seront les premiers à nous trahir, voire à nous dénoncer en période troublée. De toute façon, ils nous quitteront. Ceux-là en vérité sont des Frères très dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les LUNETTES ROSES : Contrairement à la catégorie que je viens d'évoquer, ces Frères sont prolixes. Ils sont atteints de "maçonnite". Je m'explique: ils voient des Maçons partout: le curé, le cantonnier, le vidangeur, le Ministre, ils sont tous Maçons. D'ailleurs, ils tiennent leurs renseignements de sources sûres: "on lui a dit!!!" A la télévision, du perchiste au reporter, ils voient des Maçons partout: celui-ci à une pochette triangulaire, l'autre a un point sur la cravate, le troisième met les pieds en équerre. Ce ne sont que des Maçons ! A croire qu'ils sont tous venus d'Amérique pour faire souche en France. Si on leur prouve le contraire, ils ne sont pas décontenancés pour autant: "Alors, c'est un Maçon sans tablier", comme si cela pouvait exister! A quoi sert l'apprentissage, le chemin parcouru vers l'initiation? Hélas, si certains pensent qu'il y a des Maçons sans tablier, force est de constater que derrière certains tabliers, il n'y a malheureusement pas que des maçons. Ceux-là en vérité ne sont pas forcément dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les INDISCRETS: Cette catégorie est redoutable. Ce sont des bavards impénitents, ils ne peuvent garder aucun secret, et sont de véritables moulins à paroles, au bout de quelques minutes d'entretien, ils ont énuméré une cinquantaine de noms, n'importe où, n'importe quand à n'importe qui. Ils se promènent avec des insignes gros comme des phares de voiture. Ils vous aperçoivent, même accompagnés, ils vous sautent au cou pour vous embrasser. Ils vous téléphonent et égrènent des "mon Frère" à n'en plus finir sans se soucier s'ils ne vous portent pas préjudice. Ils vous envoient du courrier à votre travail sans se préoccuper si le courrier est ouvert par vous ou pas. A la période des vacances, ils vont gentiment vous envoyer une carte sans enveloppe mais vous assurent de leurs pensées les plus fraternelles et les plus maçonniques.  Si après cela votre entourage ignore que vous êtes Maçons, ce ne sera pas de leur faute, mais ce ne sera pas pour autant qu'ils vous retrouveront le cas échéant une autre place si vous perdez votre emploi. Ceux-là en vérité sont extrêmement dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 1

Les POLITICIENS: ils viennent en Loge tester leur pourcentage électoral et le nombre de voix à recueillir éventuellement dans l'assistance. Ils se fâchent parfois avec les Frères qui ne partagent pas leurs idées. Assidus en période électorale, ils retombent ensuite dans une douce torpeur pour ne se souvenir de vous qu'au bon moment. C’est tout juste s'ils ne collent pas leurs affiches dans les parvis. Élus, ils redeviendront rares, car très pris par leurs charges (c'est eux qui le disent !). Déboutés, ils accuseront la société, la franc-maçonnerie en particulier, de n'avoir rien compris et de ne pas avoir été le tremplin espéré. En vérité, ces Frères-là peuvent être dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 4

Les MÉCHANTS: Ceux-ci n'écoutent une planche, une conférence, que pour coincer l'orateur. Quand ils ont trouvé la faille, ils n'écoutent plus. Ils vont commencer par vous féliciter et pan! pan! pan! ... ils tirent à boulets rouges sur ce malheureux conférencier.

Ce sont des distributeurs automatiques de boules noires. Ces Sherlock Holmes en herbe décèlent tout de suite d'énormes défauts au pauvre profane qui passe sous le bandeau (il est vrai que pour le présentateur, son filleul est toujours la perle rare) mais tout de même où est la tolérance dans tout cela ? Ils ont oublié qu'un atelier les a accueillis en toute fraternité et peut-être beaucoup d'indulgence. Une autre sous-catégorie dans cette classification : ceux qui passent leur temps à tout critiquer, à leurs yeux, rien n'est bien: l'exécution du rituel, la tenue vestimentaire, la longueur des réunions, le choix et le lieu des agapes, etc ... A les entendre, seuls les amis qu'ils ont présentés sont intelligents, les autres .... bof !!! Le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire serait un miroir. Mais je doute qu'ils veuillent bien s'en servir, et pourtant, ça leur rendrait le plus grand service. On ne peut pas dire que' la mansuétude soit leur qualité essentielle, et ce sont souvent eux les artisans de la sclérose de certains ateliers. Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les OBÉDIENTIELS : J'aurai pu vous parler d'un Ordre où il y a obligation, pour entrer, de croire en un Dieu révélé. "Interdiction de visiter les mécréants ... Interdiction de ceci... Interdiction de cela ... Souscription obligatoire pour ceci ... Paiement pour cela ... etc ... etc ... " Étant un homme libre, j'ai pu retrouver ma plénitude et ma tranquillité, ouf !.., en me libérant de ce carcan intolérant. Parlons plutôt des Obédiences qui nous concernent, dites "libérales". Pour les Obédientiels, seule leur Obédience est bonne, les autres ne sont que de vagues sous-produits ou ersatz. A les entendre, ils appartiennent à la race élue. Pourtant, toutes ont leur raison d'exister. Que de temps gagné si l'on savait éviter ces querelles de clocher. Ne serait-il pas plus sage et raisonnable de ne point s'abaisser à des jalousies vaines et stupides, et d'œuvrer pour tout ce qui peut nous rassembler, nous grandir. Je parle en connaissance de cause, les ayant presque toutes pratiquées. Il me reste encore la grande Loge Féminine, mais je ne suis pas certain qu'elles m'accepteraient. Je reconnais pourtant que MISRAÏM est la Rolls de la spiritualité. Vous voyez, moi aussi je me laisse entraîner. Mais, pour justifier mes "voyages", ne dit-on pas qu'une petite grenouille au fond d'un puits ne voit qu'un petit coin de ciel? Ceux-là, en vérité, ne sont pas dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 6

Les DRAGUEURS: Ils sévissent dans les Obédiences mixtes ou féminines (du moins j'ose l'espérer, mais sait-on jamais !...) Ils ne viennent pas au Tenues pour pratiquer le Rituel ou écouter une planche, pour eux, c'est un problème mineur. Non, ils viennent pour la CHOSE : la philosophie ? Non, je le répète, pour la chose. Comme dirait Nougaro, pour eux, le problème qui se pose: séparer 50 Kg de chair rose de 50 grammes de nylon.

L'œil de velours, l'attitude avantageuse, ils repèrent leur proie en attendant de les accoster en chambre humide. Leur nombre d'or à eux, c'est 90 (vous l'avez compris, c'est le tour de poitrine). Il n'y a pas plus dévoués qu'eux pour raccompagner une Sœur ... Toutefois, et heureusement pour la Maçonnerie, ils oublient que nos sœurs n'ont pas les mêmes objectifs et viennent, elles, pour une fraternité sans arrière pensée.  En vérité, ces Frères ne sont pas forcément dangereux. Allez, la chair est faible !

FRATERNOMÈTRE : 6

Les AGAPEUX : Parfois doublés d'éthylisme prononcé, ces Francs-Maçons de comptoir sont indéracinables du bar. Si vous ne prenez pas avec eux quelques verres, vous êtes classés mauvais Maçon. Ils ont des haleines de cow-boy endurcis, parfois du mal à s'exprimer, et offrent un spectacle lamentable aux Frères sur les colonnes. Mais ne boudons pas notre plaisir, je vous avoue que j'ai une certaine admiration pour leur capacité d'ingurgitations ...

Les colonnes J. et B. représentent pour eux une marque de whisky (publicité non payée).  La Franc-maçonnerie n'est pour eux que prétextes à ripailles ou foirail, ce sont des professionnels des agapes. Ce sont souvent ces frères qui s'élèvent contre le montant des capitations, alors qu'ils dépensent le double en boissons. En vérité, ces Frères-là sont dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 5

Les FANTAISISTES: Parole d'honneur vous pouvez compter sur eux, ils seront toujours présents à vos côtés. La main sur le cœur, ils vous remercient de les avoir accueillis, parole, ils n'auront qu'un atelier. Après cette confession de foi, ils courent s'inscrire dans plusieurs loges, voire plusieurs obédiences. Vous ne les revoyez plus pendant deux mois puis ils reviennent décontractés, étonnés que l'on puisse leur rappeler leurs engagements. A ce propos, je suis toujours béat d'admiration devant les Frères qui ont tellement d'occupations le soir à 19 h 30, et ce, justement le jour de leur tenue, d'autant plus qu'en principe, celle-ci se déroule toujours à une date régulière. D'ailleurs s'ils ne sont pas présents (ce qui a leurs yeux n'est pas forcément indispensable), c'est que dans le monde profane, eux, ils œuvrent, ils sont efficaces, et bien voyons !!! C'est pourquoi je leur suggère de trouver une obédience qui initie par correspondance ... Ces infidèles, ou amnésiques, sont en vérité des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 2

Les MYSTÉRIEUX: Ils parlent à voix basse ... qu'aux seuls maîtres, naturellement. Ce sont de grands initiés et probablement détenteurs des secrets du GRAAL (mais chut ! Ne le dites surtout pas !), secrets que vous pourrez peut-être, un jour indéterminé, être amenés à comprendre. Mais, est ce bien sûr? Car eux, "les Maîtres", appartiennent à une Élite et vous ne représentez que de vulgaires parias. Je me demande s'ils ont bien compris le sens de l'initiation? En tout cas, on ne peut dire qu'ils œuvrent pour une grande cohésion. En vérité, ces Frères là peuvent être dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 4

Les RÉGLEMENTEUX: Ceux-ci brandissent le règlement en toutes occasions: Article 18, article 44, article 158, page tant. Ils paralysent l’atelier. Ils ne se rendent pas compte qu'ils créent un mauvais climat. Un règlement au sein d'une assemblée fraternelle ne devrait être consulté qu'à la dernière extrémité, en cas de litige problématique, le bon sens devant prendre le pas en toute occasion. Peut-être serait-il bon de leur rappeler qu'ils ne sont pas au centre des impôts ou dans un tribunal quelconque. Notre excellent frère CLEMENCEAU n'a-t-il pas dit que l'interprétation d'un règlement ne dispensait pas d'être intelligent. En vérité, ces Frères sont des Frères dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 3

Les INGRATS: Ils viennent vous contacter pleins de sollicitude et de modestie. "Mon Frère, pourrais-tu me faire obtenir dans le monde profane un travail, une intervention, une accession à un autre poste, l'obtention d'un appartement, tu serais le meilleur des frères". Tout cela évidemment demande du temps, un engagement personnel, et n'est pas forcément garanti de réussite. Si vous échouez, vous vous exposez à leurs vindictes. Si vous réussissez, ils vous dresseront des couronnes et vous assureront de reconnaissance et amitié éternelle qui, dans le meilleur des cas, se limiteront à six mois. Après, ils ne vous connaîtront plus et même au jour de l'an, sans être outre mesure protocolaire, oublieront de vous présenter leurs bons vœux. Soyez heureux si, à votre insu, ils ne disent pas du mal de vous. Il est vrai que RÂMA YANA dit: "Les sages prescrivent des punitions pour les meurtriers, les voleurs, les ivrognes et autres pécheurs, mais aucune expiation ne peut effacer la faute de ceux qui ont commis le crime d'ingratitude". Ceux-là en vérité sont des Frères ... peut-être pas dangereux, mais sûrement pas généreux!

FRATERNOMÈTRE : 1

Les RUMEURISTES : Ah, les rumeuristes ! ... ils vous attirent dans un coin discret, avec des airs de conspirateurs. En général, cela commence ainsi: "Surtout, tu me promets de ne pas répéter, ... c'est sous le maillet... je vais te confier un secret."  Là, je vais prendre un exemple complètement bidon, mais qui somme toute n'est pas toujours éloigné de la réalité: "J'ai vu un Frère embrasser l'épouse d'un Grand Officier, il la serrait de près " ... Ils vous disent ça avec un air entendu qui en dit long ... et c'est parti. 4 ou 5 intermédiaires et au bout de la chaîne la rumeur s'est amplifiée : "Sa femme le trompe, ils ont des amants, des enfants clandestins, ils se battent ... si, si, ils sont criblés de dettes, ils sont ruinés ... " Que sais-je encore! Démesure, mensonge, méchanceté, bêtise: tel est le résultat de ces rumeurs à coup sûr jamais positives.  "Je vais te confier un secret... Ne le répète pas ... sous le maillet. .. "STOP, ARRÊTEZ, de grâce, ARRÊTEZ! Je ne veux plus vous écouter. Si vous avez des informations ou des renseignements, adressez-vous aux intéressés. Ayez le courage de combattre ces fléaux, hélas trop fréquents dans nos obédiences, afin de clore définitivement la bouche à ces gens qui n'ont pas lieu d'exister dans nos Loges. Ces inconscients et irresponsables pourraient vous faire condamner à mort à votre insu. En vérité, ces gens-là sont extrêmement dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 0

Les SANS GÊNE: En toute fraternité, ils viennent chez vous sans avertir, à n'importe quelle heure, avec une préférence marquée pour les heures des repas. Ils ne repartent plus, ou avec beaucoup de mal ... Quelle présence ! Ils vous "bouffent" littéralement les neurones, on pourrait les assimiler à certaines petites bêtes qui s'accrochent obstinément, ce sont de véritables enzymes gloutons. Heureux s'ils ne fouillent pas dans le buffet, la bibliothèque, etc ... (si, si, cela existe, je l'ai vu), ignorant que le fait d'être Frère ou Sœur n'est pas incompatible avec une bonne éducation. Ils tutoient votre compagne sans attendre l'accord de celle-ci. (Elle est leur belle-sœur !) Ils sont étonnés que vous ne puissiez leur prêter de l'argent, comme si cela était normal. Allons, voyons ! Au cas où cela est possible et que vous acceptiez, ils vous rembourseront (ça arrive ...) quand ils le pourront, en auront le temps, sans se soucier qu'ils puissent vous mettre en difficulté (moi d'abord, les autres ensuite). En vérité, ces Frères sont des gens dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 0

Les AFFAIRISTES : Ah les affairistes ! Quel mal ont-ils pu faire à la franc Maçonnerie! Pour eux le sigle F\M\ représente le Fric Maximum. Leurs activités sont beaucoup plus intenses sur les parvis, les fraternelles, qu'à l'intérieur de nos temples. Quand vous pensez que des pseudo-Frères inscrits au G.I.T.E. n'ont pas mis les pieds dans des ateliers depuis de nombreuses années, on croit rêver ... si, si, vérifiez! D'autres, sous couvert de fraternité, vous comptent le prix fort, ne soignent pas forcément l'accueil ni la qualité de leur produit (une plaisanterie, peu fraternelle je vous l'accorde, circulait dans nos obédiences : on reconnaissait l'endroit où les Frères avaient déjeuné au nombre de boutons qu'ils avaient sur la figure). Ils sont en quête d'adresses, de numéros de téléphone et se renseignent sur les activités professionnelles des Frères et des Sœurs. Ils ne demandent pas le nom de l'Atelier; mais la profession. Leur mot de passe : "Donne-moi ton premier chiffre, je te donnerai le second". La franc-maçonnerie est devenue leur second métier, sinon le premier. La spiritualité, ils s'en moquent comme de leur première chemise, leur fraternité se borne aux bénéfices réalisés. C'est pourquoi il est toujours recommandé de s'adresser au Vénérable maître pour toutes les sollicitations, quelles qu'elles soient. Cela ne veut surtout pas dire qu'il ne faut pas nous entraider, bien au contraire, mais il y a la manière. En vérité, ces frères sont des gens extrêmement dangereux.

FRATERNOMÈTRE : 0

Je m'arrête dans mon énumération. Bien sûr j'en oublie (volontairement ou non). En cherchant, on trouverait certainement d'autres personnages types, mais n'avons-nous pas dit le principal ?

Commentaire : chacun pourra mettre des noms derrière ces classifications ! J’avoue que ça me démange ! Notre Frère a oublié, les COCUS ! , ceux qui sont restés fidèles à des Frères qui n'en valaient pas la peine . En ce moment il y en a pas mal et j'en fait partie.

 

Lire la suite
<< < 1 2