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Fondements initiatiques de la Tolérance (1)

27 Septembre 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

Le poète est mort !
Il n'y a pas de bel âge pour mourir, mais enfin... il avait cent ans !
Il était assis là tranquillement sur un banc, et il avait l'air plutôt content, à contempler les arbres du jardin public et écouter les oiseaux.
Il pensait en lui-même :

« J'ai cent ans et j'suis bien content
J'suis assis sur un banc
Et je regarde mes contemporains... »

Mais comme le jardin public était, à cette heure-là, vide de promeneurs et de passants, il ajouta, désabusé :

« C'est dire si j'contemple rien ».

Apparemment, le poète mourût content, mais les choses n'étaient pas si simples dans sa tête de poète. A défaut d'avoir pu entrer à l'Académie, il accéda directement au para­dis. Le paradis était un peu comme il l'avait imaginé et lui rappelait le petit square où, enfant, il jouait avec ses copains, à ce détail près que tous les bancs étaient occupés par des vieillards. Il choisit une place libre, et s'assit à côté du philosophe. Le philosophe, lui, était académicien. Mais il était mort bien longtemps auparavant. Il avait trois cents ans. Il commencèrent à bavarder. L'époque était bien choisie pour cette conversation, au moment où se fête, en France et partout dans le monde, le bi-centenaire de la Révolution française. Le philosophe n'avait pas connu la révolution. Il était mort 10 ans avant. Mais tout le monde s'accorde à reconnaître qu'il y avait puissamment contribué par ses écrits et ses engagements, tout au long du siècle. Ses écrits et ses engagements allaient d'ailleurs de paire : c'était un philo­sophe « engagé », comme on le dit des chanteurs, engagé par ses mots, engagé par ses actions. Les mots et les actions du philosophe avaient servi son long combat contre l'intolérance. Tout au long de sa vie, il n'eût de cesse de lutter con­tre l'intolérance, religieuse principalement, et de tenter, parfois avec suc­cès, de réhabiliter ceux qui en furent victimes. La révolution connût bien entendu ses excès, et fût un modèle d'intolé­rance, mais comme le disait Lalande, dans un discours maçonnique pro­noncé dans sa Loge, celle-là même qui quelques années auparavant avait accueilli notre philosophe en son sein : «Le malheur de notre condition est d'aller au-delà du terme ; ce sont les lois du mouvement qui nous entraînent ; et nous devons oublier les excès qui sont dans la nature » Le philosophe pouvait donc légitimement se satisfaire d'une révolution qui, en prenant pour devise les mots de « Liberté Egalité Fraternité» et en proclamant que «tous les hommes naissent libres et égaux en droit » avaient définitivement tordu le cou à l'intolérance. Ce n'était pas tellement l'avis du poète qui était plutôt du genre à penser que les Bastilles étaient encore à prendre. Ils avaient l'éternité pour en débattre.

Tolérance religieuse, civile, philosophique

A l'origine, le concept de tolérance est strictement religieux. A l'origine, c'est cependant fort tard, puisque le terme, même si on le trouve chez Montaigne, est inusité avant le XVIIème siècle, et c'est au XVII lème, qu'on en débat surtout. De même bien sûr son contraire l'intolérance et les adjectifs qui s'y rap­portent, à l'un comme à l'autre. On conçoit que sans dogme religieux il n'y ait pas lieu d'être tolérant ou intolérant. Or, les dogmes religieux ne naissent pas avec les Eglises. Ils naissent plus tard, beaucoup plus tard. Au fur et à mesure de la montée des dogmes, les concepts de tolérance et d'intolérance se génèrent spontanément. Simultanément, le mot tolérance est utilisé, plus communément cette fois dans deux domaines bien particu­liers. Le premier est le domaine monétaire. La tolérance, c'est la petite diffé­rence de poids de métal précieux, admise pour qu'une pièce de monnaie conserve sa valeur. Le second est le domaine médical. La tolérance, c'est la limite de l'accep­tation par l'organisme d'un médicament. On le voit : la tolérance, c'est affaire de petite dose. Point trop n'en faut ! Si on tolère un trop grand écart par rapport au poids d'or ou d'argent fixé pour donner sa valeur à une pièce, celle-ci n'en a plus aucune. Ecart en moins, cela va de soi. Si l'on administre une potion en ne veillant point au respect de la dose, on risque, par effet pervers, la mort du patient au lieu de sa guérison. Ecart en plus, bien entendu. Ecart en plus ou en moins, l'essentiel est de savoir garder la mesure. Au demeurant, la juste attitude est le strict respect de la norme, et tout écart est mal considéré : néfaste, préjudiciable et dangereux. En matière religieuse, tolérance est rendu synonyme d'indulgence. Les doc­teurs de la loi se contraignent à accepter, bon gré mal gré, quelques écarts d'interprétation par rapport aux dogmes de l'Eglise. Bossuet parle de «condescendance, touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels ». Les limites sont fixées. Là encore, la tolérance religieuse s'administre à petites doses puisque les Eglises ont le pouvoir de fixer le dogme, d'en autoriser l'interprétation dans le cadre qu'elles déterminent elles-mêmes, et, par voie de consé­quence, de qualifier d'hérétiques tous ceux qui dépasseront la limite. Dans l'affaire de la monnaie ou des médicaments, il faut un instrument de mesure : c'est la balance. De même les Eglises se doteront de la leur : les tribunaux écclésiastiques, dont la tâche sera de distinguer le pêcheur, cou­pable du grand écart, du paroissien, qui sait se cantonner dans les bonnes limites. Ainsi la tolérance justifie paradoxalement l'inquisition. Merci, mon Dieu ! Aux XVIIème et XVIIIème siècles, l'importance du débat religieux et ses énormes conséquences politiques, alimenteront en permanence le débat sur la tolérance. Catholique, doit-on ou non tolérer la réforme ? Protestant, doit-on ou non accepter la dissidence ? Le monde religieux se divise donc en deux parties, elles-mêmes subdivisées en deux autres parties, et ainsi de suite, selon le critère de l'acceptation ou du refus de la différence de pensée, à l'intérieur de normes très étroites. Cette pagaille nécessite que d'importants moyens soient mis en oeuvre, par les Eglises et les Etats, pour que les sanctions soient appliquées à grande échelle : législations restrictives, massacres organisés, guerres de religion. Ainsi, la tolérance justifie, paradoxalement les persécutions. Bayle et Bossuet seront, chacun dans leur camp, les deux grands anima­teurs de ce débat religieux. Bayle, en préconisant la plus grande liberté de conscience, Bossuet, en fixant les limites de cette liberté, ont l'un et l'autre utilisé et discuté le concept de tolérance civile. Si leurs opinions sont non seulement divergentes mais opposées, ils s'accordent au moins sur une définition commune de la tolérance civile, qui est la permission accordée de pratiquer d'autres cultes que le culte permis par l'Etat. La tolérance est octroyée par une autorité, non plus religieuse exclusive­ment, mais civile, le pouvoir d'Etat, qui, en fixant la norme, s'autorise à condamner ceux qui la transgressent. Pour défendre les principes de Liberté auxquels ils adhéraient, et, au minimum, pour protéger des vies humaines menacées, les philosophes du siècle des Lumières élargiront le concept à celui de tolérance philosophique. C'est, pour eux, l'admission du principe qui oblige à ne pas persécuter ceux qui pensent différemment en matière religieuse. La religion reste au coeur du débat, mais la tolérance n'est plus considérée seulement sous l'oeil du pouvoir qui légifère. La tolérance se conçoit désormais comme l'acceptation de la liberté de pensée. La tolérance devient alors une idée révolutionnaire. La tolérance n'est plus affaire de petite dose, mais un principe absolu, global, total, le corollaire des droits fondamentaux qui s'attachent à la personne humaine. Et quelques années plus tard, Mirabeau pourra dire : «Je ne viens pas prêcher la tolérance ; la liberté la plus illimitée de religion est, à mes yeux, un droit si sacré, que le mot tolérance qui voudrait l'exprimer me paraît, en quelque sorte, tyrannique lui-même, puisque l'autorité qui tolère pourrait ne pas tolérer ». Notre vieux philosophe avait appartenu au siècle des Lumières et, l'intolé­rance, il en avait été la victime. Mais jamais il n'avait baissé les bras, considérant : « Un jour tout sera bien, voilà notre espérance,
Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion »
Cette maxime, d'un raisonnable optimisme, l'avait constamment accom­pagné et lui avait donné quelque courage lorsque la tournure des événe­ments lui paraissait défavorable. Et puis notre philosophe croyait résolument en l'avenir de l'homme, même s'il se doutait bien que les choses iraient lentement. Il expliqua au poète, qui l'écoutait d'un air dubitatif : «Il y aura toujours des barbares et des fourbes qui fomenteront l'into­lérance, mais ils ne l'avoueront pas, et c'est avoir gagné beaucoup». Ce n'était pas l'avis du poète peu prompt à se réjouir d'une si petite vic­toire. Il voyait bien lui que la barbarie, individuelle ou collective, sponta­née ou organisée, avait le plus souvent triomphé sur la tolérance. Elle avait même été érigée en doctrines politiques ou religieuses. A l'optimisme du philosophe, il opposait son désespoir :

« Mort l'enfant qui vivait en moi,
qui voyait en ce monde-là
un jardin, une rivière
et des hommes plutôt frères,
Le jardin est une jungle
les hommes sont devenus dingues ».

 

Tolérance politique et tolérance morale

La montée des intégrismes, en Orient comme en Occident, a réactualisé le caractère religieux du débat sur la tolérance. Il n'empêche que, depuis la Révolution, le concept a perdu sa spécificité religieuse, au profit d'une acception beaucoup plus large, beaucoup plus globale, beaucoup plus politique. Le champ de la tolérance recouvre le domaine des opinions, en général, ce que Diderot avait pressenti en écrivant : «il y a dans les choses de goût, ainsi que dans les choses religieuses, une espèce d'intolérance que je blâme ». Comme le dit la sagesse populaire : «les goûts et les couleurs, ça ne se dis­cute pas », proverbe qui exprime bien l'idée que chacun a droit à son opi­nion et que toute opinion est respectable, et même tellement respectable qu'elle n'a pas besoin d'être discutée. Du coup, la tolérance est devenu un concept essentiellement politique. La tolérance politique est l'acceptation du pluralisme dans la conduite des affaires de l'Etat. Elle suppose et implique la démocratie et la laïcité. Elle s'oppose au totalitarisme et aux extrémismes. La tolérance étant politi­que, pleinement et totalement politique. Elle est donc au coeur de tous les débats avec ses partisans et ses adversaires. Ses adversaires la condamnent et la caricaturent. Ils la condamnent essentiellement au motif que la tolérance favorise la genèse et l'expression des pluralismes et en conséquence détruit la cohé­sion politique et sociale de la nation. Ils la caricaturent en associant systématiquement la tolérance à la fai­blesse de comportement, ou, pour parler comme nos hommes politiques, au laxisme, mot qui en remplace un autre, moins usité, le tolérantisme. C'est Beaumarchais, qui, avec humour, fait dire à l'un de ses personna­ges, aussi réactionnaire qu'odieux : «Qu'a-t-il produit (ce siècle) pour qu'on le loue ? Des sottises de toutes espèces : la liberté de penser, l'attraction, l'électricité, le tolérantisme, l'inoculation, le quinquina, l'Encyclopédie et les drames ». Au laxisme des partisans de la tolérance, les tenants de la fermeté oppo­sent ces valeurs, d'autant plus sûres qu'immuables, que sont l'ordre, la fermeté, l'intransigeance. Chacune de ces valeurs s'exprime naturelle­ment par rapport à des situations et des conduites pré-établies : l'ordre sera celui du système en place, ou système de référence, la fermeté quali­fiera la manière de conduire les affaires de la cité, l'intransigeance concer­nera la façon de réprimer les écarts, toutes situations et conduites émi­nemment politiques, au sens large du terme. Les partisans de la tolérance rétorquent plutôt en termes de morale. Car la justification de leur pensée réside d'abord dans une conception et une appréciation positive de l'homme. La tolérance morale c'est une façon de concevoir les rapports entre les hommes, sur la base d'un respect absolu des consciences, des idées, des caractères et des personnalités. Elle est indissociable non seulement de la foi en l'homme et en ses qualités, mais aussi de l'idée de sa constante per­fectibilité. Les tolérants ne peuvent pas répondre à leurs adversaires sur le plan idéo­logique ou politique. Il serait en effet paradoxal qu'il existât une idéologie. Situer la tolérance sur le plan de la morale permet à ses partisans l'expres­sion de leurs idées propres comme celle des idées d'autrui. Pourvu qu'autrui montre, au minimum, quelque disposition à rendre la pareille. Ce qui règle, espérons-le une fois pour toutes, le grotesque débat sur les limites à la tolérance : «peut-on tolérer l'intolérable ? ». S'il s'agissait d'un débat idéologique, nous ergoterions sans fin sur le tolé­rable et l'intolérable en politique. Mais puisqu'il s'agit de morale, et qu'il ne s'agit que de cela, le débat est réglé d'avance. L'intolérance est définitivement intolérable. Nous nous en tenons bien entendu à l'interprétation présente du concept de tolérance, qui s'attache à son sens propre, que nous avons tenté de définir par rapport aux contextes historiques et philosophiques de l'épo­que où le problème de la tolérance fut posé avec acuité. Il existe bien entendu une série de sens figurés qui touchent à tous les domaines du comportement. Par exemple, mon patron fait preuve d'une certaine tolérance dans l'application des horaires de bureau. Qu'il ait rai­son ou non, nous pourrions en débattre longuement, nous ne le faisons pas, car d'une part cela nous arrange l'un et l'autre et que d'autre part le choix est le sien plus que le mien. Ce n'est pas là où se situe le débat fondamental : en matière de comporte­ment humain, et de morale, nous sommes en tout état de cause lui et moi d'accord, sur le fait que l'intolérance est intolérable. Encore qu'il ne soit pas toujours facile de discerner si tel comportement humain relève, ou non, de l'intolérance. Et les actes, même les plus barba­res, se parent souvent des plumes de la morale, en particulier dans les actes de barbarie collective et organisée. Et notre poète était fort troublé. Comme il l'avait été, tout au long de sa vie. Tantôt il avouait au philosophe avec émotion : « Je ne suis qu'un militant du parti des oiseaux, des baleines, des enfants, de la terre et de l'eau ».
Tantôt sa révolte l'emportait, et il se prenait non seulement à haïr la société, mais à en faire l'unique objet de sa vindicte :
« J'ai chanté dix fois, cent fois j'ai hurlé pendant des mois, j'ai crié sur tous les toits... ...mais moi, on ne m'aura pas je tirerai le premier et j'oserai au bon endroit ».
Tantôt, c'était le désespoir :
« Dans ma guitare, y'a plus rien , plus un mot, plus un refrain ». Le philosophe, par définition et par fonction, était infiniment plus sage. Il expliqua au poète : «Tu parles du bon et du mauvais, du juste et de l'injuste : il me paraît que tout ce qui nous fait plaisir sans faire tort à personne est très bon et très juste; que tout ce qui fait tort aux hommes, sans nous faire de plai­sir est abominable; et que ce qui nous fait plaisir en faisant du tort aux autres est... très dangereux pour nous-mêmes et très mauvais pour autrui». A défaut d'avoir la moindre valeur sur le plan des conséquences idéologi­ques que l'on devrait en tirer, ce discours a un mérite particulier : il trace en effet le cadre d'un code de conduite très simple mais très efficace, pour régir les rapports entre les êtres humains. Il fixe précisément les limites entre le tolérable et l'intolérable. Il ramène la tolérance à ce qu'elle est : une affaire personnelle de morale individuelle.

La tolérance est une vertu

Curieuse et paradoxale déviation : les maisons où officient les dames de petites vertus sont les maisons de tolérance. Cette plaisante distorsion de langage n'est pas innocente. La preuve : elle a permis un bon mot «La tolérance, il y a des maisons fai­tes pour ça », non moins innocent, ce qui en explique la célébrité. La vertu est toujours un peu ridicule. Il est vrai que n'est pas vertueux qui peut, ni même qui veut, et que l'on n'est jamais vertueux naturellement si facilement. Alors, tant qu'à faire, autant marquer son impuissance à y accéder ou sa pensée à le devenir, en la tournant en ridicule. Il faut admettre aussi que la vertu a souvent servi de prétexte à de mauvais agissements : un régime politique prétendument vertueux, avait confié à ses fonctionnaires, le travail de briser la vie de familles juives, au nom de la patrie. Bien entendu, il avait substitué à la devise «Liberté, Egalité, Fraternité» celle de « Travail, Famille, Patrie» trois mots qu'il s'est employé méthodiquement à vider de toute substance. Il n'est pas facile, dans ces conditions, de distinguer les bonnes et les vraies vertus, les fausses et les mauvaises, et d'échapper au ridicule con­temporain qui méprise ou dédaigne l'homme vertueux. Mais revenons à notre propos sur la tolérance. La tolérance, disions-nous est une vertu. Qu'est-ce que cela signifie ? Pour bien le comprendre, distinguons la vertu, de la qualité et du don.

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La Pauvreté

25 Septembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Lorsque Jean le Baptiste, envoya ses disciples demander à Jésus s'il était le Messie, Jésus témoigna ainsi: "La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres". L'ésotérisme des divines paroles n'est pour nous perceptible que par cette pauvreté en Esprit, qui est le sens du divin en nous, le sens qui nous oriente sur la voie. Cette 16ème lettre de PHANEG repose sur deux divines paroles extraites du "Sermon sur la montagne": "Nul ne peut servir Dieu et Mammon" (Mt,VI,24) et "Heureux les Pauvres en Esprit car ils verront Dieu." (Mt,V,8) Parce que l'or est analogiquement le sang de la terre, l'âme de la terre est aurifère. Celui que l'Évangile nomme Mammon a capté l'âme de la terre et subjugué le genre humain. "Mammon, relève PHANEG, est vraiment roi dans la matière comme le Christ est roi dans l'Esprit", Mammon, l'argent-idole, Mammon, "l'inique Mammon" selon l'expression de Saint Luc. Observons ce nom "Mammon". La Genèse narre la séparation entre les "eaux qui sont au-dessus de l'étendue" et les "eaux qui sont au-dessous de l'étendue" (Genèse, 1, 6-7). Les eaux d'en haut, la Kabbale les appelle "Mi" et elle nomme "Ma" les eaux d'en-bas. "Mammon" est donc le roi de "Ma". Son royaume n'est qu'une illusion, "Maya", engendrée par l'ignorance des "cieux" - car "Mi" et "Ma" sont reliés par l'"étendue" qui, au verset 8 de la Genèse, est appelée Shamaïm que l'on traduit par "les cieux" ou "le Ciel". L'illusion du monde de Mammon repose donc sur l'incapacité de se relier et d'accueillir le "Shin" qui rassemble les deux mondes en donnant lieu au nom de Shamaïm. La Pauvreté en Esprit est précisément cet état de vacuité harmonique qui rétablit l'échelle de l'"étendue". C'est en cela que nous pouvons dire avec PHANEG que "la vraie pauvreté est un grand moyen d'action pour le Ciel." Cependant si, à l'exemple de Saint Mathieu, PHANEG, est amené à souligner la pauvreté en Esprit, il insiste parallèlement sur la pauvreté effective que Jésus a recommandé maintes fois, tout en la pratiquant lui-même: "Tout l'Évangile est plein de louanges de la pauvreté, car elle est partout le symbole du renoncement aux faveurs du Prince de ce Monde: Jésus naît et vit dans la pauvreté volontaire." Mais, ce n'est pas selon une critériologie strictement économiste que PHANEG emploie le terme de "pauvreté": être pauvre, c'est pour lui être "En chemin", c'est-à-dire sur la voie spirituelle définie par notre maître Yeshouah. Métaphysiquement, le pauvre pourrait être défini comme celui qui a absolument tort par rapport à ce monde. Pauvre est celui qui représente tout ce qu'il y a de non-pouvoir et que tout pouvoir se propose d'exterminer. Pauvre est le négateur absolu de la négation totale, pauvre est celui dont le royaume n'est pas de ce monde. Le pauvre ainsi entendu est celui qui, ayant renoncé à lui-même, n'a plus d'attaches. Certains, parmi ceux qui sont réellement "en chemin", reconnaîtront dans ce pauvre absolu l'être méprisé, persécuté, anéanti, broyé, l'intercesseur de l'humanité qui apparaît dans le "Quatrième chant du Serviteur" d'Isaïe et, à sa suite tous les Serviteurs en communion avec Lui: le "poverello", Saint François d'Assise ou Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, l'un et l'autre les prototypes les plus purs des initiés christiques du monde moderne. "Celui qui aime vraiment Dieu, écrit Sainte Thérèse, regarde comme un gain et une récompense de perdre toute chose et de se perdre encore lui-même pour Dieu." La vie, vécue dans la perspective du Royaume, convertit le sens de l'humain. Les pauvres sont disponibles pour le Royaume, ainsi que "les petits" ou "les derniers". Là-bas les pauvres seront riches et les petits seront grands; là-bas les derniers seront les premiers. Où réside la Voie et son Opposé, où réside l'Élection et quel est le lieu de la Perdition ? Si le royaume du Christ n'est pas de ce monde, ceux qui ont la vocation du chemin savent que ce monde est aussi son royaume. Car, aux yeux du pèlerin il n'est qu'une seule Clef pour les deux Royaumes et celle-ci s'appelle Pauvreté. Cette clef est l'étendue qui relie le Ciel à la Terre. Il y a cependant une Pauvreté de la richesse et une richesse de la Pauvreté. Seule la seconde est l'authentique "pauvreté christique", la seule "pauvreté vraie". "C'est, qu'à côté de la Divine Pauvreté, il y a la fausse, l'infernale", ce dont PHANEG nous avertit. Cette pauvreté infernale est celle du refus du nom divin, celle de la séparation de "Ma" et de "Mi". Il y a une double pauvreté infernale: l'une des "eaux d'en-bas" et l'autre des "eaux d'en-haut". La pauvreté infernale est précisément cette "coupure" avec la relation de l'Amour. Pauvreté luciférienne de l'Ange d'orgueil, pauvreté satanique de l'infra-humain. Si le pauvre n'a rien - "nada", dirait saint Jean de la Croix - , il est tout s'il ose prononcer l'Amen, c'est-à-dire s'il reconnaît sa propre pauvreté et qu'il la profère du lieu d'où le Pauvre naît en lui. Car, voici: le Coeur est ce lieu d'où le Pauvre naît en nous. C'est de ce lieu que l'homme doit parler à l'homme pour qu'advienne ce Commencement - Bereshit - qui est la Relation. Parler à Dieu au nom de l'homme, c'est toujours parler au nom du pauvre. C'est au nom du pauvre qu'a lieu la Rencontre. Car l'unique pauvreté pour l'homme est de n'être pas Dieu, et c'est pourquoi, Dieu en se faisant homme, c'est fait pauvre; parce que, Dieu étant la mesure de toute chose, ce n'est qu'à l'aune de Dieu que l'homme doit mesurer la Pauvreté. Il n'est qu'une seule pauvreté, celle d'être un homme et de n'être pas Dieu. Ainsi, être "en chemin", c'est marcher vers Celui qui détient la parole de toutes les pauvretés, c'est aller vers le Pauvre absolu. "Vous connaissez, écrit Saint Paul aux Corinthiens, comment de riche il s'est fait pauvre pour vous." (2 Corinthiens, 8-9) Et le même Saint Paul précisera aux Philippiens: "Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu, mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, en devenant semblable aux hommes." (Philippiens 2, 6-9) Les Béatitudes sont la Parole du riche entre les riches qui s'est fait pauvre entre les pauvres, afin de partager sa richesse divine, plus encore - si cela était possible - qu'il a partage notre pauvreté humaine. Dieu ne peut aller plus loin qu'en Jésus-Christ dans la révélation de sa miséricorde pour l'homme qui est pauvre, pauvre de n'être pas Dieu. Mais à celui qui n'est pas Dieu, Dieu vient révéler qu'il est capable de Dieu comme Lui fut capable de l'homme: être pauvre, c'est avoir cette capacité d'être "en chemin", c'est être capable de Dieu. Tout ce qui masque à l'homme sa pauvreté radicale d'homme l'éloigne de Dieu, l'unique richesse fondamentale - les richesses matérielles, autant que les richesses intellectuelles ou morales, tout l'éloigne de Dieu. Car certaines charités s'attachent à la misère du prochain d'une façon trop humaine, "humanitaire" dirions-nous, c'est-à-dire qu'elles adoptent une position de riche devant le pauvre. Cette "mauvaise foi" n'est pas la communication profonde avec la pauvreté de l'autre, pauvreté que l'on ne peut saisir qu'à partir de notre propre pauvreté. Tel est le mystère de la Charité, de pauvreté à pauvreté, de mon coeur à ton coeur. Celui qui n'a pas découvert et accepté sa pauvreté personnelle ne peut comprendre la pauvreté de l'autre. Quiconque n'a jamais rencontré sa pauvreté ne s'est jamais rencontré lui-même, c'est-à-dire qu'il n'a jamais rencontré l'autre. Ces divines paroles: "Quiconque aura tout quitté pour l'amour de moi, héritera la vie éternelle", François d'Assise, l'Initié prototype de l'Occident des derniers temps, les réalisa lorsqu'il renonça à son père. Pierre de Bernardone, marchand drapier d'Assise, voulait déshériter son fils François et demandait la restitution de l'argent qu'il pensait que son fils possédait encore. Le père et le fils comparurent devant l'évêque GUIDO - ainsi qu'on peut le voir sur la fresque peinte par GIOTTO à l'église Sainte-Croix à Florence. Le prélat s'adressa ainsi à François: "Si ton intention est vraiment de te consacrer au service de Dieu, tu dois d'abord restituer à ton père son mammon, qui peut-être a été acquis par des moyens injustes, et qui, par suite, ne saurait être affecté au profit de l'Église !" De telles paroles n'étaient pas faites pour tempérer la mauvaise humeur du marchand. Tous les regards de l'assistance allaient de lui à son fils. Alors se produisit une chose sublime, une chose qui jamais encore ne s'était produite dans l'histoire de l'humanité, et qui jamais plus ne devait se produire, une chose que, durant des siècles, les peintres allaient représenter, et les poètes chanter, et les prêtres célébrer dans leurs sermons, une chose qui, jusqu'à la fin des temps, ne se reproduirait plus. Avec des yeux étincelants, François se leva. "Seigneur, dit-il en se tournant vers l'évêque, je vais rendre à mon père non seulement l'argent que j'ai de lui, mais encore mon vêtement qui me vient de lui !" Et, avant que quiconque ait pu avoir l'idée de ce qu'il voulait faire, il disparut dans une chambre voisine d'où, l'instant d'après, il réapparut, complètement nu, tenant sur son bras tous ses vêtements. D'un même mouvement instinctif, les assistants se levèrent, tandis que Pierre de Bernardone et son fils François se dressaient, debout en face l'un de l'autre. Et le jeune homme avait une voix toute frémissante d'émotion retenue, la tête haute et les yeux fixés devant lui, comme s'il contemplait quelque chose ou quelqu'un dans le lointain, quand il s'écria: "Écoutez tous ce que j'ai à dire ! Jusqu'ici, j'ai appelé Pierre de Bernardone mon père: mais maintenant voici que je lui rends son or, et tous les vêtements que j'ai de lui; de telle sorte que, désormais, je ne dirai plus mon père Pierre de Bernardone, mais Notre Père qui êtes aux Cieux !" Voilà comment, sur le chemin du Père, en renonçant à son père, François devint le "poverello".

Source : www.ledifice.net

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Le contraire de sagesse ce n’est pas la folie, c’est la volonté de puissance

24 Septembre 2013 , Rédigé par M\ V\ Publié dans #Planches

     

Premièrement qu’est-ce la sagesse ?
Etre bon, patient, savoir écouter, analyser, comprendre, apaiser, concilier. La sagesse consiste à prendre la raison pour guide, la folie au contraire à obéir à ses passions. La folie commence la ou se trouble le rapport de l’homme à la vérité, raison et folie s’exclue radicalement.
L’accomplissement ultime de l’individu est-il dans la plénitude d’un «état de sagesse» résultant de la connaissance de soi et du monde ?
Toutes choses lui permettant de « savoir être heureux » ?
Par contre « l’état de folie » est-il « éblouissement de l’esprit » comme semble le suggérer Foucault ?
Un secret insensé de l’homme sur l’homme fondé sur une déchirure entre raison et déraison ? La folie peut être la logique d’un esprit difficilement compréhensible. Cet esprit n’a plus la raison mais probablement une raison qui lui est propre.
l’individu, en perpétuel « état de volonté de puissance », perd-il, par là même, toute capacité d’accéder à « l’état de sagesse » ?   
Voire même, dans l’hypothèse où « la volonté de puissance » serait une forme de déraison, un éblouissement de l’esprit, ne serait-il pas au seuil de « l’état de folie » ?
Mais, quelles significations donner à la « volonté de puissance » ?
Ne serait-ce pas une tension, créative, instinctive et de rupture avec « sa sagesse ancienne en s’ouvrant aux confidences de la vie » ainsi qu’en professe le Zarathoustra de Nietzsche ?
Dans ces conditions, sagesse et volonté de puissance s’inscriraient, chacune pour leur part, dans une quête de finalité : se réaliser, c’est-à-dire s’accomplir à titre individuel en tant qu’acteur sociétal.
La volonté de puissance permet d’agir et doit être canalisée mais non pas opposée à la sagesse. La sagesse doit être au service de la volonté de puissance qui peut être bénéfique ou maléfique. L’ambition égoïste contre le reste de la société est maléfique mais si l’ambition qui se met au service de la communauté entraine le reste de l’humanité elle devient positive. Cette certaine forme de sagesse n’est pas résignation ou abandon ni tolérance passive mais quelque chose d’actif et constructeur.
Quant à « l’état de folie », en fait « état de non-réalisation » que la société résout par la mise hors du monde de l’aliéné, ne donne t-il pas socialement, par défaut, toute sa visibilité à la volonté de réalisation ?
Certes « sagesse » et « puissance » expriment au final une même volonté de réalisations. Mais il est cependant clair qu’ ‘elles ne participent pas de la même ambition.
Du coup la « volonté de puissance » n’est-elle, semble t-il, que renoncement au liant majeur du vivre ensemble des hommes en quête de progrès : la fraternité.
Renoncement aussi à la sagesse, considérée au sens socratique du terme, « cogitation, humilité, acceptation de son ignorance et respect absolu des lois de la cité »
Alors la « volonté de puissance » serait-elle en opposition formelle à la praxis maçonnique ? Et le franc-maçon instamment incité à ne pas y succomber ?
Notre ordre est constructeur et le C\K\ est mandaté pour s’élever de façon active contre toute tyrannie
Il en a gravi puis redescend les échelons de l’échelle mystérieuse.
Dans quel but ? Celui du combat, par amour de l’humanité, contre tous les dogmatismes et les intolérances, contre toutes les atteintes aux libertés et à la dignité humaine.
Par quels moyens ? Ceux que lui offre son nouvel « état ». En tant qu’accomplissement ultime de tout parcours maçonnique et qui se définit dans ce que René Guenon appelait « la réalisation descendante », en fait « le nec plus ultra » peut-être de l’initié.
Qu’est ce que le Chevalier Kadosh si ce n’est un simple militant de l’élévation spirituelle de ses frères et des hommes en général ?
Lequel, au final, a développé une volonté de puissance sur lui même, non pour accomplir une vengeance collective mais le rendant apte à organiser le chaos ?
Dans le contexte de violences et de misères que connaissent les peuples actuellement, il peut sembler dérisoire de philosopher à propos de concepts moraux.
Où peut bien se nicher la volonté de puissance ou la sagesse d’un sans domicile fixe par exemple ? Où d’un africain qui affronte la mort pour aborder aux rives de l’Eldorado que serait l’Europe ?
Eh bien justement, la mission que se donne à lui même le Kadosh d’organiser le chaos après avoir « de la vie écouter les confidences » est incitation à engagements citoyens.
Il n’est en effet aucunement nostalgique de quelque Paradis Perdu que ce soit. Pas plus qu’il ne rêve d’Age d’Or problématique.
Pour lui le temps maçonnique est infini puisque c’est celui du « Ordo ab Chao », c’est-à-dire celui du « mettre de l’ordre » dans le chaos spirituel et temporel.
Du coup et par définition, son rapport maçonnique au temps et à l’histoire peut se résumer en deux courtes mais formelles dénégations et une claire détermination :
Non ! à la fatalité du « on n’y peut rien, c’est le destin »
Non ! à l’enfermement dans le « cela a toujours été comme cela » qui traduit l’état d’assujettissement à « l’éternel retour du même » que cingle Nietzsche.
Oui ! à la volonté de puissance lorsqu’elle est toute entière mise au service de l’humanité.
Le sage connaît les aspects de la puissance et de la folie, la sagesse, c’est comprendre le chemin et tirer une voie pour venir en aide aux autres.
source :
www.ledifice.net

 

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Pauvreté : comment Johnny a éradiqué la grippe H1N1 ?

24 Septembre 2013 , Rédigé par A\ B\ Publié dans #Planches

Nous sommes en décembre. La France vit à l’heure de l’état de santé de notre Johnny national et de ses moindres souffrances. Le monde entier est en alerte. Nous ne respirons plus ; notre icône va mal !! Grand branle bas, toute sa famille se déplace et médiatisation à outrance, coup de pub oblige, les vedettes du show biz n’hésitent plus à faire un détour par Los Angeles.
Ouf, on en oublie la grippe A et la campagne de vaccination en phase abortive ! et pourtant lors de ce même journal télévisé sont proposés quelques images sur les SDF.
Tiens les revoilà !! Ah oui, j’oubliais, il fait froid ils ont besoin d’un toit et de manger. Problème de conscience ou faut-il faire diminuer cette sacrée statistique qui annonce 358 morts parmi les SDF en 2009. A moins que ces mêmes SDF n’aient des besoins que l’hiver ?
Faudrait-il le croire lors qu’un président en campagne électorale annonçait « je veux si je suis élu président de la république que d’ici à 2 ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Le droit à l’hébergement c’est une obligation humaine ».
Mais, il n’est pas loin, non plus, ce temps où les SDF étaient aussi expulsés des bords de plages. Ils dérangent, ils nuisent à la beauté du décor !!
Alors qui sont ces SDF ? Parfois appelés itinérant, auparavant clochard ou chemineau comme celui qui a fait le chemin
SDF est un terme policier, une mention notée en lieu et place de l’adresse de la personne contrôlée. Un SDF doit se doter d’un livret ou d’un carnet de circulation Précisons que toute personne de nationalité française même non locataire ou propriétaire (exemple : squatter) a le droit d’obtenir une carte d’identité.
Aujourd’hui, le nombre des SDF difficile à connaître est supérieur à celui de 800000 de 2007. Il est composé d’environ 17% de femmes et 20% ont moins de 25 ans (il y a environ 70% de femmes parmi les 16-18 ans)
L’espérance de vie pour les femmes SDF est de 44 ans et pour les hommes 56 ans contre 84 et 76 respectivement pour la population générale.
Les SDF sont fragiles psychiquement et les troubles psychotiques y sont en moyenne 10fois plus importants que dans la population générale, les troubles dépressifs 4 fois plus
Plus d’1 SDF sur 10 présente un risque suicidaire moyen ou élevé.
40% des 18 -25 ans ont un trouble psychiatrique sévère et 1 sur 5 est dépendant de l’alcool ; ¼ consomment régulièrement du cannabis et 3/100 de la cocaïne.
Pourquoi boire ou se droguer, si ce n’est pour publier ce triste quotidien et puis si l’on a froid l’alcool cela réchauffe.
Alors que font nos instances gouvernementales ?
En France, Benoît Apparu, secrétaire d’Etat au logement a présenté un plan dont la priorité absolue serait l’accès au logement En même temps, serait mise en place un opérateur unique qui coordonnerait l’ensemble des accueils de jour, des services d’accueil et d’orientation, des équipes mobiles, des hébergements d’urgence et des 115 .Il attribuerait toutes les places d’urgence .Ce même plan d’aide prévoit l’instauration d’un référent personnel unique pour les sans abri. Il s’agirait du référent insertion pour les personnes qui bénéficient du revenu de solidarité active.
Chacun le sait, la pauvreté, elle est vieille comme le monde !
Au moyen âge, le pauvre, c’est celui qui est nu, en haillons. Il habite principalement dans les campagnes. L’argent n’est pas une valeur à cette époque et le pauvre, c’est le faible par opposition au puissant. A partir du 11ème siècle, avec le grand essor urbain, les pauvres, davantage concentrés dans les villes, paraissent plus nombreux. L’église valorise cette notion de pauvreté et ainsi, l’aumône est considérée comme l’une des voies privilégiées vers le salut.
C’est dans le même sens qu’au 13ème siècle, apparaissent les ordres mendiants car la pauvreté communautaire ajoutée à la pauvreté individuelle est considérée comme une richesse spirituelle.
Au 16ème siècle, les mendiants doivent nettoyer les rues et les égouts, ils sont astreints aux travaux publics Considérés comme un danger pour l’ordre social, Marie de Médicis en 1611 ordonne leur enfermement .Dés 1614, se fonde un hôpital général à Lyon. Les mendiants doivent aussi se faire enregistrer et s’ils sont arrêtes 3 fois et châties à l’hôpital, ils sont envoyés aux galères Par la suite, une disette à l’échelon national, conduit à la création d’un hôpital dans chaque ville.
Le paupérisme, mot d’origine anglaise apparaît en 1822. Il associe les 2 réalités de la modernité à savoir la pauvreté des hommes et la surabondance des biens. On peut ainsi décrire qu’une manufacture est une invention pour fabriquer du coton et des pauvres
De fait, dans les sociétés rurales, la manifestation la plus inquiétante de la pauvreté était la mendicité, et avec la révolution industrielle est apparue la pauvreté dite laborieuse, celle des gens qui en tout, en ayant un travail ne peuvent subvenir à leurs besoins.
Le recul de la pauvreté s’amorce à partir de 1850. Napoléon 3, parvenu au pouvoir, tente de lutter contre la misère en proposant le financement de logements ouvriers, la distribution de vivres « les fourneaux économiques », en réglementant le fonctionnement du Mont de piété
Ceci engendre une volonté de participation des grands industriels qui réalisèrent des logements pour leurs salariés, créent des caisses de secours mutuel, des systèmes de retraite, des écoles, des hôpitaux ; des maisons d’alimentation et des bibliothèques
En Allemagne en 1883 est créé le 1er système d’assurances sociales.
De 1820 à nos jours, en monnaie constante, le pouvoir d’achat des habitants de l’Europe occidentale a été multiplié par 20, l’espérance de vie à la naissance s’est accrue de plus de 40 ans.
Selon les estimations de la banque mondiale, 1,4 milliard d’êtres humains vivent en dessous du seuil international de pauvreté fixé depuis 2005 à 1,25 dollar par jour .Le record est détenu par la république centre africaine avec 60% de la population concernée par cette pauvreté.
La pauvreté en France est une réalité, visible, par exemple, par l'existence de
sans domicile fixe
) mais elle concerne toutes les personnes qui ne disposent pas de ressources matérielles suffisantes pour vivre décemment. En effet, 8,03 millions de personnes soit 13,4% de la population vivent avec moins de 908 euros par mois (seuil de pauvreté à 60 % dur revenu médian) et 4, 28 millions(7,2% de la population) vivent avec moins de 757 euros (seuil de pauvreté à 50% du revenu médian ). Le seuil de pauvreté est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l’ensemble de la population
L’indicateur de pauvreté est la résultante d’une savante formule mathématique qui tient compte de l’indicateur de longévité, d’instruction, des conditions de vie pour les pays pauvres ou en voie de développement et en plus du critère d’exclusion pour les pays dits riches (pays de l’OCDE).
Parmi les pays dont plus de la moitié de la population vit au dessous du seuil de pauvreté, citons le Guatemala, la Guinée, L’Inde, Le Népal, le Kenya, le Lesotho, Madagascar, le Niger, le Sénégal et la Zambie.
Néanmoins être pauvre ne veut pas dire être SDF et être SDF cela veut dire exclu social pour simplement 30% d’entre eux, ce terme signifiant ne plus être en mesure de vivre comme tout le monde et de ne plus pouvoir faire les démarches pour cela
En effet, 3 SDF sur 10 travaillent et 4 sur 10 sont inscrits à L’ANPE

La lutte contre la pauvreté à laquelle les dirigeants politiques participent a vu la mise en place de la loi sur les assurances maladies , la création de la sécurité sociale en 1945, la mise en place du RMI en 1988, la CMU en 1999 et en 2009 , le RSA , les aides au logement .Ceci a permis au taux de pauvreté de l'ensemble des ménages de fortement baisser pendant 30 ans, à la fois en mesure absolue par rapport à un niveau de dépenses constant et en mesure relative par rapport au reste de la population
Et pourtant, cette réduction de la pauvreté ralentit. Au contraire, les pauvres sont encore plus pauvres et le Monde titrait le 6/05 dernier :
1 jeune adulte sur 5 est pauvre en France. Les travailleurs pauvres sont surtout des travailleurs connaissant de longues périodes de chômage mais aussi les employés à temps partiel toute l’année et des non salariés. 200000 étudiants sont concernés et parfois recourent à la prostitution.
Pour pallier à ces difficultés a été crée le SAMU Social dont la mission est d’aller à la rencontre des personnes qui, dans la rue paraissent en détresse physique ou sociale mais aussi le 115.
Le 115 c’est ce numéro qui à Mantes la jolie vous dirige vers les structures d’urgence ACR à Conflans Ste Honorine, Déclic, hôtel social dépendant de l’association St Yves, le foyer des jeunes travailleurs, la communauté d’Emmaüs, le CHRS la Mandragore, le secours catholique et populaire et certaines nuitées d’hôtel payes par le Conseil General
Des associations interviennent parmi lesquelles : Les enfants de Don quichotte, armée du salut Emmaüs, secours catholique et populaire mais aussi les restos du cœur qui, durant la: saison 2008- 2009 ont accueilli 800 000 personnes dont 27000 bébés de moins de 1 an soit 14% de plus que l’année précédente Dans les Yvelines 10000 personnes ont été accueillies d’une population de + en + jeune, de familles monoparentales (30%) mais aussi de retraités.
Agir est une nécessité et je ne manquerai pas de vous rappeler les propos d’ Hervé de Ruggiero, directeur général de la FNRS fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale : « les préfets ont des objectifs en matière d’expulsion, de délinquance, il faut qu’ils en aient aussi en matière de lutte contre l’exclusion et la précarité »
Et l’actualité nous conduit encore au cœur de la misère et de la pauvreté avec Haïti victime d’un cataclysme sans nom pour un peuple déjà totalement démuni !pays de près de 9 millions d’habitants dont 80% vivent en dessous du seuil de pauvreté et 54% dans la pauvreté la plus abjecte .A titre d’exemple, une employée expérimentée dans le textile gagne moins de 3 Euros par jours) L’espérance de vie moyenne y est de 52 ans!
Cette catastrophe, c’est le cumul des cumuls dans un pays qui a connu l’esclavage, la colonisation et la dictature, dans un pays où l’illettrisme est omniprésent et où il existe un fossé immense entre ¾ des haïtiens qui vivent avec moins de 2dollars par jour et1% de la population qui détient 50% de la richesse du pays.
24ème pays le plus pauvre du monde, Haïti est démuni et son économie ce qu’appelle Frédéric Engels comme étant l’étude de l’humanité dans l’entreprise de la vie est basée sur l’agriculture pour plus de 60% de la population .Les cultures spéculatives telles que coton, café sont pratiquées dans de grandes plantations appartenant à de sociétés étrangères et l’industrie se limite au textile, à l’alimentation.
Il est inutile de dire combien les nations se doivent de s’unir pour aider ces humains en plein malheur. Cela s’appelle la solidarité. Il est important que ces êtres puissent recevoir l’assistance dont ils ont besoin afin que misérables ou pauvres puissent retrouver goût à la vie, puissent vivre en toute dignité de la manière dont l’exprimait Jules Romains : chez nous nous étions pauvres mais nous n’étions pas des pauvres car je garde en mémoire ces visages sereins de ces togolais rencontrés possédant peu ou rien mais toujours dignes. Eux aussi appartiennent à l’une des nations le plus pauvres du monde.
Heureusement Johnny va bien !!
source :
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Commentaires : chiffres décembre 2012  

8,6 millions de Français vivent avec moins de 964 euros par mois  

Un enfant sur cinq est pauvre  

Plus de 2 millions de travailleurs pauvres  

3,6 millions de personnes mal logées  

Plus d'un ménage sur cinq souffre du froid  

Un français sur cinq renonce à se soigner  

6,3 millions de personnes couvertes par les minima sociaux  

Des milliards d'euros de prestations sociales non réclamés  

293 millions de repas distribués  

765.000 ménages surendettés

 

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Fraternité et Solidarité

23 Septembre 2013 , Rédigé par André M\ - Frère de la Loge Fidélité et Prudence à l'Orient de Genève Publié dans #Planches

Avant d'entrer dans le vif du sujet, nous allons faire un petit détour dans une boulangerie. Cela nous permettra d'associer le sentiment fraternel et la farine du pain. Nous savons ce que représente la fraternité quand nous bénéficions de ses bienfaits. De même nous apprécions le goût du pain quand le boulanger fait bien son travail. Mais lorsque l'inimitié s'installe dans une communauté, lorsque le sentiment fraternel disparaît au profit du jugement; avons-nous la volonté de rester objectif et d'entreprendre un voyage intérieur afin de mieux comprendre le sens du déséquilibre communautaire ? De même lorsque le pain est fade, trop cuit ou rassis, allons-nous trouver le boulanger pour savoir ce qui s'est passé ? Où changeons-nous de boulangerie ? Où encore cessons-nous de manger du pain ? Le travail que nous développerons dans cette planche s'apparente à celui qui consiste à chercher conjointement avec le boulanger le pourquoi du mauvais goût. De cette façon nous irons dans le moulin pour comprendre les techniques de mouture de la farine, puis chez le paysan pour mieux saisir les interrelations entre la nature, le sol, les engrais et le type de blé. Puis, nous chercherons à comprendre le processus de germination du grain de blé en faisant confiance à notre intuition. Nous irons aussi parler avec la boulangère et avec l'association des maîtres boulangers pour leur annoncer que notre désir le plus fort est que tous les pains sur cette terre puissent avoir un bon goût. Enfin en tant qu'amateur de bon pain, nous nous assurerons que la qualité de la farine soit optimale chez tous les boulangers.

La Fraternité est selon le Larousse un "lien de solidarité qui devrait unir tous les membres de la famille humaine" et la solidarité " un sentiment d'un devoir moral entre les membres d'un groupe ou d'une communauté fondé sur l'identité de situation d'intérêt.". Notons que la solidarité met en évidence un sentiment d'un devoir moral c'est à dire de l'acceptation d'un ensemble de règle de conduite considérées comme bonne de façon absolue ou découlant d'une certaine conception de la vie. La fraternité est donc par définition le comportement normal d'un groupe d'individus voulant assurer la cohésion et l'identité d'une communauté. Nous concevons aussi qu'il est indispensable d'établir des liens de solidarité pour en assurer la pérennité. D'autre part, nous pouvons imaginer que la dimension du groupe, son environnement, son organisation interne, ses objectifs, son niveau culturel, son histoire, son idéologie, sa conception de la spiritualité sont des paramètres essentiels qui vont qualifier le sentiment fraternel et les actions de solidarité. N'y aurait-il pas alors dans cette évidente recherche d'identité du groupe et de sa gestion le germe de l'exclusion des autres groupes ? La définition de la fraternité du Larousse confirme bien que le lien de solidarité doit unir tous les membres de la famille humaine. C'est cela l'important. Malheureusement, notre société humaine est multiple, car elle est constituée de peuples et de nations avec des histoires très différentes qui n'ont pratiquement jamais cohabité pacifiquement. D'autre part les idéologies ont engendré des comportements antagonistes qui sont viscéralement intégrés dans les mentalités des peuples. Pourtant chaque individu vit une histoire unique, reflétant un potentiel historique générateur d'attitudes complexes pouvant être géré par la raison. La réalité montre que tout est totalement interdépendant que le passé souvent rattrape le présent et que malheureusement la raison est plus la fille de l'instinct que de la synthèse. Ce constat fait que le multiple sous toutes ses formes est la substance ontologique de référence. Il ressort évidemment que l'analyse prime sur la synthèse et privilégie les mouvements désordonnés. l'Homme est agité, à l'égal d'un simple matelot sur un bateau perdu dans une tempête dont il ne sait plus quand elle a commencé, ni quand elle finira. Cela a pour conséquence que l'évolution de la société semble sans espoir, car rien de bon ne peut sortir du multiple. Mais au-delà de la multiplicité existe l'unicité qui heureusement apparaît lorsque le bateau navigue dans l'oeil du cyclone, dans cet espace de calme absolu qui transforme l'énergie au bénéfice d'une volonté sans faille vers la conquête du Soi, sous peine de retrouver les éléments déchaînés. Nous voyons bien que la définition de la famille humaine est complexe, mais sans une approche spécifique de cette notion il ne peut y avoir de lien de solidarité universelle. En maçonnerie, nous sommes dans un effort constant pour édifier un temple universel. Cet effort s'exerce avant tout dans la connaissance de soi, car c'est en l'homme, et en lui seul que réside l'universalité. Celle-ci prendra véritablement un sens lorsque l'enseignement pratiqué dans les loges portera ses fruits et lorsque les initiations permettront l'émergence d'un état de conscience élargit. Cette transmutation des valeurs est la condition nécessaire pour que le maçon puisse insérer sa pierre dans l'édifice. C'est dans une telle situation que la Beauté de l'oeuvre sera perçue et que le véritable travail commencera. Parler de fraternité universel, c'est d'abord s'intéresser au premier Homme et rechercher ce qu'il représente puisque en quelque sorte nous sommes ses descendants directs. Toutes les civilisations ont cherché à comprendre l'origine du monde et de l'apparition de l'homme. Au 6 ème siècle avant J.-C. un poète grecque nommé Parménide a qualifié cette recherche par ces quelques mots: " il y a qu'il y a." Nous sommes aujourd'hui encore et toujours dans ce besoin de chercher ce que signifie le savoir. Le progrès, bien sûr, a éliminé toutes les pratiques sacrées de nos ancêtres car aujourd'hui la foudre et les étoiles ont livré leur secret. Il n'est donc plus nécessaire de continuer à déifier les forces de la nature. C'est la conscience qui maintenant remplace les éléments expliqués par la science. L'âme et l'esprit sont les composants de cette recherche et sont constitutifs de la notion de spiritualité. Ce n'est plus un regard interrogatif vers un mystère cosmique mais c'est une prise de conscience de soi qui engendre le mystère de soi et des autres. Cette nouvelle orientation nécessite une relecture des mythes et légendes afin de trouver de nouveaux équilibres plus en rapport avec les dernières découvertes de la psychanalyse et de la psychologie des profondeurs. Mais c'est évidemment plus difficile aujourd'hui, car dans notre civilisation mécaniste, l'intuition n'est plus reconnue comme une valeur à part entière puisqu'elle fournit des informations qui ne satisfont pas les critères de reproductibilité demandés par l'expérimentation scientifique. Le plérôme des sorciers d'antan appartenait aux sphères célestes tandis que celui de l'homme moderne est dans sa psyché. Mais au-delà des notions de progrès qui engendrent un égocentrisme toujours plus fort, il reste des valeurs primordiales qui caractérisent la notion de premier Homme. L'une de celles-ci est l'androgynie qui est fondamentale pour la compréhension du sentiment fraternel. Il faut, tout d'abord, être clair, il n'existe pas d'androgyne sur terre. Tout au plus, il y a quelques individus qui ont la malchance de naître hermaphrodite, c'est à dire de posséder deux sexes distincts dans un même corps et de vivre un véritable calvaire. L'androgynie est donc un mythe et doit être compris comme tel. Il représente un état irrationnel qui détermine un espace dans notre conscience où cohabite une symbiose apaisée des forces constitutives de notre existence matérielle. Dans la tradition il est dit qu'au début l'homme et la femme ont un même corps pourvu de deux visages et que Dieu a fait naître l'homme et la femme en faisant don à chacun d'un dos. Selon le mythe de la Genèse, Eve est née d'une côte d'Adam ce qui confirme l'indifférenciation primordiale. L'androgyne se retrouve aussi dans ''alchimie" puisque la pierre philosophale est appelée Rebis, l'être double qui naît de la fusion de Sol et de Luna, c'est à dire du souffre et du mercure. L'oeuvre au Blanc, inspirée par le souffre est appelée Rebis car elle est autonome et parfaitement pur. Le Rebis est souvent représenté comme l'oeuf philosophique des alchimistes ou l'oeuf cosmique contenant en essence l'état androgyne dont la partie féminine brandit l'équerre et la partie masculine le compas. La tradition maçonnique a repris les éléments androgynes de l'oeuf cosmique alchimique en intégrant l'équerre et le compas en tant que symbole du premier grade. D'autre part, le tracé à partir de l'équerre donne des angles droits qui mènent naturellement au carré puis avec l'aide du compas il est possible d'inscrire un cercle autour du carré et de déterminer une nouvelle figure symbolisant l'androgyne primordial. Le soleil et la lune situé à l'orient de part et d'autre du V.'. M.'. donne analogiquement la direction à suivre , c'est à dire le retour vers l'Un , vers l'androgynie. La tradition chinoise exprime la notion d'androgynie, relative au divin par le duo complémentaire lumière-obscurité. L'Etre originel est androgyne avant de recevoir sa polarité, c'est à dire avant que l'oeuf primordial ne se casse en deux moitiés et exprime les notions complémentaires mâle et femelle, ciel et terre, Yang et Yin. Le Yin et Yang à l'instar de l'Adam de la Genèse représente cette nécessaire fusion des principes complémentaire associé à la notion de liberté car il est nécessaire d'être libre pour parcourir les chemins qui mènent à l'oeuf cosmique et au paradis. Il en est de même pour le maçon qui doit s'élever suffisamment haut afin de découvrir les lignes de partage du pavé mosaïque et entreprendre une marche volontaire pour discerner au loin, du côté de l'orient, une ligne d'horizon baignée d'une lueur d'espoir. L'androgynie est un symbole universel puisqu'il est présent dans de nombreuses traditions et à des époques différentes. Il est donc un élément de la loi de correspondance et peut donc être utilisé valablement dans une réflexion analogique. Ce symbole est important, car il qualifie une origine primordiale où existe un état indifférencié qui est le générateur d'énergie fraternelle. Ce retour à l'Unité est la quête de l'initié, ou de tout individu suffisamment libre pour entreprendre de tels voyages intérieurs. Une telle démarche n'est pas facile car elle dépend du niveau de conscience ou du degré de liberté mais, quel que soit celui-ci, il sera nécessaire de travailler, de privilégier le plus souvent les devoirs que les droits. C'est dans une telle disposition d'esprit que la quête sera fructueuse et transformera l'obscurité du début en une pénombre prometteuse. La recherche de la Lumière est l'objectif premier du maçon, car il ne peut se satisfaire d'un clair obscure illuminé par des flashs dont l'origine est douteuse. Les chemins ne seront pas les mêmes pour tous, mais le sommet de la montagne reste toujours présent en dépit du vécu et du karma des vies antérieures. Le désir et le besoin de marcher en direction de l'Orient reste tributaires d'une composante culturelle spécifique. Ainsi le matérialiste, souvent agnostique, adversaire convaincu de la métaphysique cherche la Vérité dans la réalité visible plutôt que dans des concepts spirituels ou ésotériques. Pour ne pas s'affronter à ses angoisses existentiels il trouve toujours des pirouettes intellectuelles qui le satisfont. Il privilégie la raison raisonnante qui apporte des explications et qui élude les problèmes atypiques. Le hasard détermine la cohérence en attendant mieux. Son comportement est difficile, car il donne force à une logique de conflit afin de d'identifier le vainqueur du vaincu. Son sentiment de fraternité est souvent très fort, mais il est défensif car appliqué unilatéralement à ce qu'il juge conforme à sa raison. L'universalité fraternelle est souvent absente, mais peut se développer dans une logique comportementale liée à l'acceptation d'une cohérence philosophique. Il y a ensuite le théologien qui trouve toujours une réponse à ses angoisses métaphysiques dans les textes sacrés de la Bible, du Coran ou de la Thora pour ne parler que des religions monothéistes. Son comportement est dicté par la nature du dogme qui est la croyance en un Dieu unique et révélé, dont la finalité est le salut de l'âme pour tout ceux qui respectent les directives sacrées. Croire en un dogme c'est malheureusement exclure les autres philosophies du salut quel que soit le contenu universel de leurs textes sacrés. Une expression forte comme "aimez-vous les uns les autres" donne sa pleine mesure dans la communauté chrétienne. Pour qu'elle trouve une valeur universelle elle doit être élargie à la famille humaine par la conversion de tous au dogme chrétien. Cette attitude pose un vrai problème pour tout ceux qui réprouvent les propositions dogmatiques. Il y a enfin le spiritualiste qui cherche le plus souvent dans la Tradition ésotérique les réponses à sa spiritualité. Son comportement premier est de donner du sens aux symboles proposés par la Tradition et de trouver une voie personnelle qui l'engage à chercher inlassablement sa propre dignité pour mieux respecter celle des autres. Son devoir est de rendre intelligible l'invisible et de transmettre aux générations futures la Vérité. Les trois courants de pensées que nous venons d'évoquer se retrouve dans la maçonnerie à la fois au niveau des obédiences et des Frères. Le Grand Orient de France est l'exemple d'un courant de pensée rationaliste et agnostique tandis que les loges régulières c'est à dire celles reconnues par la Grande Loge Unie d'Angleterre sont d'inspiration théiste ou déiste par la reconnaissance constitutive du G\A\D\L\U\. Ce qui unit indifféremment chaque maçon c'est l'initiation qui donne à la fois la qualité de frère et la reconnaissance d'un sentiment fraternel. Ce dernier s'exprimera distinctement selon la densité des courants de pensées que nous avons identifiés plus haut et sera fonction de la famille culturelle et spirituelle du frère (agnostique, théiste ou déiste) et du rite pratiqué dans sa loge (REAA, Rectifié, Français, Memphis Misraïm etc.). Ainsi un Frère agnostique membre d'une loge pratiquant le rituel rectifié se posera bien évidemment des interrogations différentes sur le sens de sa venue en maçonnerie qu'un frère chrétien. Avons-nous le droit de remodeler son psychisme pour qu'il colle au rituel ? Bien sûr que non et par cet exemple nous montrons l'importance que l'on doit accorder aux enquêteurs afin que ceux-ci orientent le candidat vers une loge adaptée à ses pensées. Dans le cas cité, il aurait été préférable que le candidat frappe à la porte d'une loge pratiquant le REAA. La maçonnerie est multiple dans ses rituels parce que les hommes sont multiples dans leurs conceptions philosophiques. Les différents rituels permettent d'aborder dans les meilleures conditions une progression initiatique dont le seul but est la recherche de la Vérité. Mais au-delà du bon choix de la loge, il est nécessaire qu'un sentiment fraternel, véritable ciment de l'édifice rituélique accompagne la progression du nouveau frère. Rien ne pourra s'accomplir et s'assembler sans lui quelle que soit la volonté intellectuelle d'un candidat ou des membres d'une loge. Mais qu'est-ce qui est à l'origine de ce sentiment fraternel ? Nous sommes tous des Frères, c'est à partir de cette affirmation forte que le V.'. M.'. qualifie la communauté d'une Loge et définit magistralement le sentiment fraternel. Mais de quelle façon une telle affirmation peut-elle être reçue par un nouveau Frère, car dans un premier temps ce dernier doit s'identifier dans une nouvelle structure psychique, s'accepter dans une démarche initiatique pleine de mystères, partager ses doutes et ses joies dans un contexte méditatif et finalement aimer ce qu'il devient. Puis, parallèlement, il doit ressentir le sens communautaire de sa loge, s'intéresser à son activité, participer aux décisions et aimer inconditionnellement sa loge à travers l'amour de ses Frères. Enfin, il doit appréhender le sens de la famille humaine en général et tout faire pour que le sentiment fraternel l'engage dans une attitude humaniste globale dans le monde profane. Comme nous le voyons le parcours est exigeant et demande une persévérance tenace car, rien ne sera épargner à celui qui a choisit d'être un fils de Lumière. Son espoir est la certitude d'être sur le bon chemin qui mène vers la source d'où jaillit la Vérité. Mais parfois rien ne se passe comme prévu. L'échec est au bout du chemin . Pourquoi ? Le théologien Anders Nygren dans son livre Eros et Agape a remarquablement distingué l'amour éros de l'amour agape. Son analyse nous permettra de bien distinguer ce qui parfois fait problème avec le sentiment fraternel. L'éros est un désir, une aspiration, une faim qui nous fait convoiter ce qui nous manque. Amour et valeur sont dans ce cas étroitement liés. L'Homme cherche à vouloir se faire reconnaître des dieux qui est la suprême valeur. Mais les dieux n'aiment pas les hommes car ils vivent sans se laisser troubler par le désir ou la nécessité. L'amour n'appartient qu'aux hommes et va de bas en haut. Dans une telle conception, l'amour est intéressé et doit se mériter. Le modèle grecque de l'amour est l'amitié. L'ami doit mériter l'amour qu'on lui porte. Toute défaillance de l'ami rompt cette amitié. Enfin, c'est l'homme qui va chercher Dieu dans son for intérieur à travers la mystique et qui se fond avec lui. Dans l'autre conception, l'amour agape va du haut vers le bas, de Dieu vers l'homme. Il aime sans tenir compte de la valeur, d'une manière spontanée et immotivée. Dieu aime toutes ses créatures sans limites et ne réserve pas seulement son amour aux justes, à ceux qui font du bien, mais il s'adresse à tous, aux justes, aux injustes, aux bons et aux méchants. Il support le refus, l’ingratitude. Cette conception de l'amour agape est vécue pleinement parce que le Christ est mort sur la croix pour sauver les hommes. Nous n'avons donc rien à redouter de nos péchés puisque le fils de Dieu s'est sacrifié pour nous. Un tel acte engendre naturellement l'amour du prochain et le sentiment fraternel. Aimer sans raison son prochain, ses ennemis son Frère et par suite la famille humaine est la voie qui mène à un comportement social respectueux des diversités. La voie initiatique maçonnique est sans ambiguïté puisqu'elle demande au néophyte à la fois d'aimer ses frères et de rechercher en lui-même la Vérité en clair de vivre l'amour agape en toutes occasions jusqu'à même verser son sang et sacrifier sa vie pour un frère et d'identifier l'amour éros par la mort du vieil homme. C'est une démarche difficile qui nécessite beaucoup d'humilité, de persévérance et de patience afin d'éviter de créer des confusions puisque en tout temps un choix peut être fait entre l'amour agape et l'amour éros. Dans la conception matérialiste du destin humain qui est celle, rappelons-le, de notre société libérale dite de progrès infini l'amour agape n'apporte aucunes valeurs particulières. Au contraire, elle tend à contrarier l'objectif premier qui est de maximiser le profit pour quelques actionnaires. C'est le règne de l'amour éros puisque le mérite est de récompenser et de distinguer le plus fort en exploitant tous les autres. Nous retrouvons aujourd'hui quelques deux milles ans plus tard, la conception policée de la spirituelle grecque, qui accordait des droits distincts aux élites et aux serviteurs. D'un côté, les nantis-actionnaires recherchaient une béatitude infinie dans le but d'être reconnus des dieux, représentés aujourd'hui par le capital. De l'autre côté, les esclaves-salariés étaient assujettis corps et âme à leur maître, n'intéressaient pas les dieux car sans valeur propre. Depuis le début du vingtième siècle, le libéralisme n'a pas trop montré son caractère esclavagiste vu qu'il devait se méfier d'un socialisme de type agape prôné par l'idéologie communiste.. Mais après la chute du mur de Berlin le capitalisme pur et dur peut régner sans partage et retrouver les vertus de l'amour éros. Le développement technique, d'autre part, amplifie ce phénomène en accentuant l'individuation de tous. Il est en effet intéressant de noter que plus les besoins de base d'un individu sont réalisés, plus il devient égoïste, peu fraternel et pratique une solidarité indirecte c'est à dire, qu'il privilégie une action impersonnelle, par le paiement d'un chèque à une institution, par exemple, au lieu de réaliser un projet spécifique en tant que membre à part entière d'une association caritative. La démarche maçonnique nécessite de comprendre le sens des deux amours agape et éros et de rechercher dans les rituels les symboles qui s'y rapportent. Lorsque le V.': M.'. ouvre les travaux en salle humide en disant de pratiquer la fraternité par l'harmonie, il indique que l'amour agape est la base de l'amour fraternel, qu'il doit être inconditionnel, sans jugement pour les actes passés comme nous l'avons définit plus haut. En faisant suivre le mot fraternité par le vocable harmonie, il enseigne qu'il existe en nous des forces antagonistes blanches et noires, souvent dissonantes et mal ordonnées, formatrices d'attitudes conflictuelles appartenant à l'amour éros. L'harmonie ou l'état androgyne est dans ce cas la seule voie qui donne du sens à la fraternité. En effet comment imaginer pratiquer une démarche fraternelle en gardant à l'esprit un sentiment de haine envers autrui en général ou d'un frère en particulier. Le paradoxe chez l'homme est qu'étant libre il acquière la possibilité de définir une fraternité à la carte et de lui trouver parfois une universalité subjective. Heureusement que l'harmonie remet tout à plat et casse l'édifice de la raison si minutieusement et patiemment construit et accepté. Le rituel maçonnique est alors une des voies qui propose de reconnaître la fraternité afin qu'elle satisfasse à nouveau à une morale fraternelle comprise par l'ensemble de la famille humaine. Une telle attitude présuppose évidemment le rejet de toutes considérations militaristes. En effet, comment concilier conjointement l'amour du genre humain et sa destruction. Le maçon doit être clair dans ses objectifs et ne peut pas cautionner deux attitudes antagonistes même si la raison d'état le demande. Dans notre rituel nous disons qu'il faut fuir les méchants. Il n'est jamais dit qu'il faut les tuer. C'est pourquoi, la maçonnerie doit entrer en sommeil chaque fois que les dispositions d'un état proposent des problèmes de conscience insoutenable pour un initié. La démarche est identique au niveau de la loge. Chaque fois qu'un frère a un comportement non fraternel. Il faut lui rappeler ses engagements et lui demander de retrouver le sens profond de son initiation et les vertus de l'amour agape car nous savons qu'une loge n'est que la représentation de l'ensemble de ses frères et qu'il suffit d'un seul maillon faible pour que la chaîne d'union perde de sa puissance spirituelle. Tous unis, main dans la main, loin des métaux, nous sommes alors une vraie fratrie, c'est à dire une communauté de frères égaux pratiquant avec l'intelligence divine symbolisée par notre coeur cette fraternité qui donne du sens à notre vie. Que propose la loge pour vivre activement cette fraternité universelle ? Tout d'abord elle crée et constitue des francs-maçons. Ensuite elle s'assure que l'enseignement est suivit, puis elle propose un espace de communion fraternelle qui apaise les douleurs du monde profane. C'est dans une telle dimension spatio-temporelle sacrée que l’androgynie devient la source d’énergie fraternelle et qu’elle donne la force d'affronter dans la joie et sans peur la réalité du monde profane. Mais, l'homme privilégie spontanément le pouvoir au sentiment fraternel. Mais en même temps, il a aussi soif de connaissance et de comprendre le sens de sa vie. Pour ne pas rester esclave de sa pulsion égoïste, il doit retourner en loge. Cette demande mainte fois proposée par le rituel est essentiel, car il faut boire à la source du sens pour affronter cette abîme de complexité qu'est devenu la société humaine dans sa gestion du progrès technique. Les loges maçonniques au 18 ème siècle comprenaient de nombreux frères d'origine aristocratiques, bien placés dans la société civile, ayant la confiance du roi et faisant partie de l'élite au pouvoir. Ils ont pourtant manifesté l'intention de partager leur idéal avec d'autres frères provenant de milieu plus modestes. Ils nous ont ainsi transmit cet élan égalitaire initiatique qui respecte la personnalité de chacun tout en lui insufflant un esprit chevaleresque. Par leurs actions, ils ont été les précurseurs de la démocratie et d'une fraternité, où l'intelligence du coeur a prédominé sur les intérêts corporatifs. Il faut encore plus aujourd'hui que hier donné un cadre de vie qui corresponde aux besoins de l'homme du vingt et unième siècle en définissant les rapports du temporel et du spirituel dans la cité. Le maçon peut parfaitement représenter ce lien et doit travailler dans ce sens. La loge, dans cette optique, est donc ce lieu de fermentation où s'exprime cette continuité chevaleresque, où les devoirs sont naturellement associés à la communauté et les droits à l'amélioration qualitative de sa personnalité. La structure d'une loge permet à chacun d'exprimer et de développer ses capacités propres et de faire valoir ses mérites sans flatteries aucunes. L'objectif final étant bien sûr d'acquérir suffisamment de force morale pour travailler avec joie dans la société profane afin de la transformer en une véritable démocratie moderne. L'homme de demain, responsable de la Beauté divine sera à nouveau le porteur de l'arche d'alliance, sublime symbole des vertus chevaleresques et véritable pont entre le Haut et le Bas. Nous pouvons être fier d'appartenir à une société qui a décidé de transmettre un tel esprit aux générations suivantes. Mais nous devons faire très attention de ne pas introduire des valeurs morales qui pourraient contrarier l'expansion naturelle du sentiment fraternel. Dans les temps qui courent il est tentant de considérer l'homme comme un produit asservit à un système économique et de l’aspirer au nom de la modernité et du progrès vers la négation de sa liberté principielle afin qu'il devienne un jeune loup au service d'une caste financière. La reconnaissance du mérite associée au seul force du pouvoir est contraire à l'idéal maçonnique et ne peut mener qu'à des actions n'apportant que ruines et pleurs. Le maçon est un constructeur qui doit insérer sa pierre dans un édifice reconnu par tous. C'est son credo. Ce dernier génère parallèlement une prise en compte d'une action sociale à la fois dans le monde profane et dans sa loge. La morale maçonnique est complexe car elle nécessite une adaptation permanente de nos pulsions duales au service d'un altruisme universel. C'est au nom de cette complexité que la tolérance dérange ; mais elle est nécessaire car elle gère la communication entre les différents niveaux de conscience. Sans elle, rien ne pourrait être créer au service de l'homme compte tenu de sa diversité caractérologique et de son karma. C'est une valeur essentielle qui permet à chacun de nous d'arpenter les chemins vicinaux de la connaissance dans une reconnaissance fraternelle respectueuse des mérites de chacun. Mais, par ailleurs, elle a disparut dans la bouche de nos grands commis d'entreprise. Car elle ne sert pas le profit, ni le" juste à temps". Il y a donc une inadéquation entre les objectifs du monde moderne et ceux de l'homme en générale. Cela pose un vrai dilemme pour le maçon engagé dans le monde du travail. La discrimination par la recherche du plus fort et du plus qualifié engendre évidemment l'exclusion des moins performants. C'est inacceptable d'un point de vue maçonnique parce qu'elle crée deux castes qui génèrent des sentiments de haine l'une envers l'autre. Tout système qui construit des familles qui s'excluent par essence est mauvais. Comme nous l'avons dit plus haut, il faut s'élever au-delà de la ligne de partage du pavé mosaïque pour savoir où nous allons poser les pieds. Ce choix est celui du maçon et devrait être celui de tout homme responsable. Il doit simultanément s'accompagner d'une prise de conscience afin de briser le miroir qui reflète la virtualité égotique. De cette manière ils seront vraiment libres et de bonnes moeurs pour créer dans la joie. Jérémy Bentham est un homme qui a accepté cette démarche. Il a développé l'utilitarisme qui est une tentative très intéressante d'organiser une société en terme de maximisation des utilités au service de tous. Son credo est que les hommes sont gouvernés par deux maîtres, le plaisir et la douleur et qu'ils tentent naturellement d'accéder au premier et d'éviter le second. Bentham part du principe que chaque individu préfère voir ses buts, ses idéaux, ses désirs réalisés plutôt que frustes. Il est donc normal d'un point de vue moral d'aider les autres afin qu'ils puissent réaliser leurs besoins. D'autre part, chaque désir, chaque besoin valent indépendamment de sa valeur morale ou éthique. C'est donc une philosophie du progrès démocratique moderne car elle est respectueuse des mérites de chacun sans discrimination professionnelle ou par l'argent. Dans un tel système, l'état doit évidemment intervenir en tant que gestionnaire du plaisir, du bonheur de chacun. Il doit réguler les dysfonctionnements des lois du marché par la création d'activités au service des plus démunis. Il doit intervenir dans les crises économiques pour identifier et satisfaire les besoins de chacun. Le monde politique n'est que le gestionnaire du bonheur des citoyens et non pas le valet inconditionnel d'un système commercial d'échange. Il doit créer des lois afin de satisfaire les besoins de tous pour le plaisir de vivre plutôt que la souffrance de vivre. Dans la tradition utilitariste le transfert de richesse des riches vers les pauvres augmente l'utilité de l'ensemble. Cette théorie est donc très proche de la conception maçonnique de la construction du temple universelle, car elle cherche à satisfaire les besoins de l'ensemble des citoyens dans un concept égalitaire tout en respectant les diversités professionnelles, culturelles, éthiques et spirituelles. C'est une tentative vraiment cohérente pour traduire rationnellement le commandement : " Aime ton prochain comme toi-même" et pour donner une définition rationnelle de l'altruisme. Il reste l'un des modèles fondamentaux de la construction de l'état moderne et égalitaire. Si cette théorie n'a pas pu vraiment s'imposer dans toute son intégralité c'est que les nations et les peuples ne génèrent pas spontanément un sentiment fraternel universel. Chaque pays puise dans son histoire les raisons d'une discrimination sélective. Aucune morale altruiste ne naîtra d'une révolution sanglante qu'elles qu'en soient les beaux principes. Ainsi, la Liberté ne peut jaillir sur le dos de millions d'innocents sacrifiés en son nom, l'Egalité ne perdure pas dans la purification ethnique et la Fraternité n'apparaît pas sans spiritualité. Malgré les extraordinaires succès du progrès scientifique, le vingtième siècle a été le plus sanglant de l'histoire de l’humanité. Il y a donc une inadéquation violente entre la notion de progrès et la vie communautaire. De même qu'une loge est un microcosme de la société, elle est aussi un lieu sacré où les maçons peuvent avoir les pieds sur Terre et la tête dans les Etoiles. C'est dans un tel laboratoire qu'ils apprennent à être libres en ayant l'intime conviction d'appartenir à une seule et même conscience collective. La Terre est issue du Ciel et chaque être naît pour vivre les vertus du Ciel, mais le Ciel n'a pas besoin d'aide. C'est la pratique du sentiment fraternelle qui permet avant tout de réaliser les efforts au service d'une vie communautaire harmonieuse. Vivre ensemble exige un savoir particulier dont la résultante première est l'existence de liens de solidarités pour assurer la cohésion et la pérennité de cette conscience collective. Le maçon sait que les civilisations ne disparaissent pas à cause du Ciel mais par l'attitude des hommes. Son travail est sans relâche au service du perfectionnement de l'homme afin d'élargir son niveau de conscience et de responsabilité pour que l'Oeuvre en construction respecte la cohérence venant du Ciel et symbolisée par le G\ A\ D\ L\ U\ Mais ce hiatus entre progrès et vie communautaire n'est pas inéluctable car dans l'étude que nous venons de partager nous ressentons bien où le bas blesse. Le progrès ne peut pas être isolé du contexte politique, culturel, économique et spirituel. De même, l'Histoire des hommes ne peut pas être dissociée d'un état d'esprit qui rompt les déterminismes de la matière en établissant des rapports étroits entre le spirituel et le temporel. La Maçonnerie lutte contre tout ceux qui veulent esclavager la liberté. Pour ce faire elle privilégie l'esprit, le coeur et le caractère pour qu'il n'existe qu'une seule famille humaine fraternelle. Pour se faire comprendre elle doit aider les faibles, soulager ceux qui souffrent, combattre l'injustice, la misère, l'ignorance et prêcher inlassablement les vertus du coeur. Elle ne vit que par l'Homme et ne sera jamais le jouet d'une machine ou d'un concept fussent-ils le plus performant ou à la mode. Sa matière première est l'Amour, seule énergie divine qui nous rappelle que nous devons aimer la vie et en comprendre les arcanes. C'est dans un tel état d'esprit que nous pourrons continuer à être moderne tout en vivant les symboles issus de la Tradition. V\ M\ et Vous Tous mes Bien Aimés F\ Je vous remercie de votre attention.  

Source : www.ledifice.net

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Mystère. Le Dépouillement des Métaux

20 Septembre 2013 , Rédigé par M\ W\ Publié dans #Planches

Entrée en Matière
La Franc-Maçonnerie est une activité déraisonnable. Elle nous demande beaucoup de travail, la plupart du temps étranger à nos compétences ordinaires, elle réclame de nous une assiduité excessive, tout cela pour quel profit apparent ? pour nous instruire sur peu de choses. Elle nous apprend surtout à accomplir, avec le plus grand sérieux et parfois avec une extrême sévérité, des gestes totalement inutiles. La Franc-Maçonnerie peut passer pour le conservatoire des actes gratuits.
Pourtant, le jeu Maçonnique, tout déraisonnable qu’il soit, a sur chacun de nous une action mystérieuse. A la longue, nous admettons en effet que ce jeu nous consolide, qu’il procure le talisman qui nous protège et nous fait grandir. Par lui, nous devenons les porteurs d’une conscience collective plus haute et plus agissante nous nous sentons les détenteurs d’un héritage que nous savons irremplaçable.
Que voilà donc un contraste surprenant !
Ma petite causerie de ce matin part de là : en cela, elle est philosophique, si l’on admet que le philosophe est celui qui s’étonne de ce qui n’étonne pas les autres.

L’intuition rétrospective
Sans aucun doute, l’un des effets immédiats de l’activité Maçonnique est de nous forcer à approfondir le sens des mots que nous utilisons tous les jours. Dans le cours de notre existence de Maçons, nous nous efforçons, par exemple, de cerner le concept d’absolu, l’un de ceux qui échappent le plus aisément à notre discours. L’absolu, c’est ce qui n’a besoin de rien ni de personne pour exister. Dans un univers dominé par le principe de la relativité générale, la quête de l’absolu paraît bien être aussi vaine que la quête du Graal. Pourtant, c’est à cette quête que nous reconnaissons parfois que nous sommes, quand les mots nous manquent pour dire quelle soif nous nous efforçons d’étancher.
Il en va presque de même du concept d’intuition. C’est sur ce concept léger que je vais à présent m’appesantir, sans oublier que je suis ici pour vous parler du Dépouillement des Métaux. J’en suis venu à penser que c’est en effet par le sentier de l’intuition qu’il faut grimper au pic du dépouillement des métaux.

A. Phénoménologie de l’intuition
L’école française de philosophie est divisée quant à l’intuition comme mode de connaissance mais elle se range tout de même à l’avis des psychologues, qui relèvent l’intuition comme un des phénomènes réels et constants de la vie mentale. De cet échange d’opinions et d’observations est née une nomenclature des modes d’intuition. Nous allons vite la parcourir, car je pense que nous ferons ainsi plus de chemin qu’en pénétrant dans le débat lui-même.
a. l’intuition empirique
Nous apercevons tout d’abord l’intuition empirique. C’est celle des formes (Gestalten) et des structures. C’est intuitivement et d’un seul coup que nous reconnaissons une figure simple ou complexe. Nous n’avons pas besoin de faire l’analyse des signes particuliers pour reconnaître un visage, c’est immédiatement que nous identifions une voix ou une démarche. Ceux que l’on appelle nos frères inférieurs possèdent cette faculté, souvent à un niveau qui dépasse le nôtre. Ceci nous porte à croire que l’intuition est une capacité primitive, antérieure en tout cas à la maîtrise logique.
b. l’intuition rationnelle
Puis on parle de l’intuition rationnelle, la plus contestée en philosophie. C’est celle qui participe à tous nos raisonnements et, au plus simple, nous permet d’admettre la pertinence du syllogisme. C’est aussi à cette intuition rationnelle que se rattache le principe d’analogie, inhérent à nos structures mentales, grâce à quoi nous pouvons manipuler des symboles et même utiliser un langage courant ou inventé, telle la mathématique. L’évidence est une intuition rationnelle. Le principe de causalité en relève, lui aussi. A en croire David Hume, les gallinacés possèdent une telle intuition, puisque selon ce philosophe anglais, le coq qui chante le matin croit que c’est lui qui fait lever le soleil.
c. l’intuition métaphysique
L’on parle encore de l’intuition métaphysique. Au plus simple, c’est celle qui nous donne la certitude d’être. Elle est métaphysique en ce qu’elle pose le fondement même de cette branche fort décriée de la philosophie qu’est l’ontologie, c’est-à-dire le discours sur ce que c’est que l’être d’une chose, sur la relation du sujet réfléchissant à l’objet perçu. Si nous mettons en question cette certitude d’être que nous donne l’intuition métaphysique, nous agissons en philosophes, nous redécouvrons notre ipséité comme le fit Descartes dans ses célèbres Méditations.
d. l’intuition divinatrice
De là, nous passons à l’intuition divinatrice, celle qui fonctionne sans arrêt en nous. Sachant l’état présent des choses et la propension des choses à se modifier, notre intuition divinatrice tend à nous prévenir des probabilités de l’état futur. Certains prétendent posséder cette faculté à un niveau exceptionnel et être soit des voyants soit des devins. Voyants, ils disent qu’ils perçoivent dans le présent ce qui déterminera l’avenir. Devins, ils se vantent de partir d’analogies pour prédire les destinées, comme par les cartes à jouer ou le tarot, le marc de café ou le blanc d’oeuf, les jets de points ou la position des astres sur le zodiaque.
Plus intéressante est la place de l’intuition divinatrice dans le domaine de la création artistique ou littéraire. Ou dans la musique. Percevoir une mélodie, c’est anticiper intuitivement la note qu’appelle la série des notes qui viennent d’être liées.
e. l’intuition rétrospective
Enfin, la phénoménologie de l’intuition reconnaît l’existence de l’intuition rétrospective. C’est celle qui, au départ d’indices disparates, permet de reconstituer les faits passés et d’en déterminer les causes ou les auteurs. C’est à l’intuition rétrospective que je vais consacrer votre précieuse attention.

B. L’intuition rétrospective : Solution des énigmes
Lorsque l’on nous propose une énigme, c’est l’intuition rétrospective que nous mettons en marche pour tenter de la résoudre. Notre esprit prend en compte une sorte d’inventaire incomplet et tente d’en découvrir la cohérence. Voici une célèbre énigme, qui fut soumise aux Précieuses par Boileau. Carrez vous dans vos " commodités de la conversation " et tentez de comprendre qui parle dans ces vers et suivez le cheminement de votre esprit quand il travaille à reconstituer une image au départ d’éléments insolites.
" Du repos des Humains implacable ennemie,
J’ai rendu mille amans envieux de mon sort.
Je me repais de sang et je trouve ma vie
Dans les bras de celui qui recherche ma mort. "
L’énigme
Les enfants et les primitifs ont toujours adoré les énigmes. De nos jours, l’énigme règne surtout dans trois champs très différents : les mots croisés, le roman policier et la Franc-Maçonnerie.

C. Les Mots Croisés
Nous avons eu un maître cruciverbiste considérable, le regretté Georges Perec, qui a dit, à propos des définitions des mots croisés, ceci, qui est fulgurant de pertinence : " …ce qui est en jeu, dans les mots croisés comme en psychanalyse, c’est cette espèce de tremblement du sens, cette " inquiétante étrangeté " à travers laquelle s’infiltre et se révèle l’inconscient du langage ". Toute bonne définition doit être telle qu’en découvrant le mot, nous disions, comme le commissaire Bourel " Ah ! mais bien sûr ! "

D. L’énigme policière
Un roman d’Agatha Christie est composé de telle manière que, vers les deux tiers de l’ouvrage, le lecteur a le sentiment qu’il a lui-même découvert l’assassin, avant le détective qui piétine toujours dans la contradiction et la confusion des indices. Pourtant, l’auteur s’ingénie sans cesse à dévoyer l’intuition. Les amateurs du genre connaissent le truc génial d’Agatha Christie et savent que, chez elle, l’assassin est toujours le personnage auquel on pense le moins. Le comble de cette technique égarante qui fait tout le succès de la grande dame, c’est " Le Meurtre de Roger Acroyd ", où l’assassin se révèle aux toutes dernières lignes comme l’auteur même du récit.

E. L’énigme Maçonnique
La Franc-Maçonnerie, elle aussi, est énigmatique. Dans ses qualités d’Ordre progressif et initiatique, tout comme Agatha Christie, elle tente de nous dévoyer, de nous assurer avec aplomb que notre mission est dans telle direction, puis de nous renvoyer à notre point de départ en nous proposant un autre trajet. Dès l’origine, elle nous soumet au moins deux énigmes.
" que venons-nous faire en Loge ? "
La première de ces énigmes nous est proposée sous la formule " Que venons-nous faire en Loge ? ". En vérité, c’est une énigme parce que, pour répondre à cette question, nous devons rassembler les éléments épars de ce que nous y avons déjà fait et tenter de donner à tout cela une unité catégorielle. Nous connaissons tous la réponse rituelle à cette question du tuilage, mais nous savons aussi que cette réponse est tout aussi énigmatique que la question, car qu’est-ce que vaincre ses passions, qu’est-ce que soumettre sa volonté, et qu’est-ce enfin que faire de nouveaux progrès en Maçonnerie, sinon poursuivre une démarche dont nous connaissons l’importance mais dont le sens nous échappe.
" quel est notre Secret ? "
L’autre énigme est celle du Secret de la Franc-Maçonnerie. Elle a déjà reçu des réponses péremptoires, dont celle-ci, que je récuse personnellement : " Le Secret de la Franc-Maçonnerie est qu’elle n’a pas de secrets ".
Bien des discours ont été tenus sur cette question du Secret, et nous sommes tous intoxiqués par la prudence de ces discours, qui ne tendent à rien de moins qu’à nous dédouaner aux yeux du monde profane. Ce sont des propos exotériques, apologétiques, qui veulent rassurer mais n’expliquent pas. Au cours des quelques minutes qui me restent, je vais tenter de montrer que la Franc-Maçonnerie a un secret, un procédé, une recette, un moyen, qu’elle dissimule même à ses adeptes et qui explique sa mystérieuse puissance.
Le mystère
Nous avons déjà vu que la Maçonnerie était énigmatique. Elle met constamment en oeuvre notre intuition rétrospective. Je viens d’affirmer que la Maçonnerie était secrète, non seulement parce qu’elle est en position stratégique constante de dissimulation mais surtout parce qu’elle possède un Secret. Tout ceci s’explique par le fait que, par-dessus tout, la Franc-Maçonnerie est mystérieuse.
Elle est, de l’avis unanime, l’héritière honorable des anciennes sociétés à mystères. Nous pouvons nous ranger à cette opinion, qui n’engage que notre sens critique de l’histoire.
Mais en plus, elle est mystère elle-même. Elle fonctionne depuis bientôt trois siècles avec le même étonnant succès, malgré ses avatars, ses déchirements, ses revirements et ses défauts visibles. Toute réflexion faite, je me suis dit qu’il fallait d’abord parler de ce mystère avant de chercher le Secret.

F. Enigme et Mystère : distinguo
Entre l’énigme et le mystère, il y a une relation sémantique évidente. Je puis dire indifféremment " La Bourse est pour moi une énigme " ou " La Bourse est pour moi un mystère ", et tout le monde aura compris que je n’y connais rien au marché des valeurs mobilières.
Mais ici, dans cette Loge, nous ne pouvons pas nous contenter d’à-peu-près, nous devons mettre de l’expertise dans les termes que nous employons et ne pas flotter entre l’extériorité de l’énigme et l’intériorité du mystère. Dans les deux cas, il existe un obstacle mental.
Celui qui a fait le plus nettement la distinction entre l’énigme et le mystère, c’est peut-être l’existentialiste chrétien Gabriel Marcel. Dans " Etre et Avoir ", Gabriel Marcel, en 1932, parle en ces termes. Remplacez simplement le mot " problème " par le mot " énigme ".
" Le problème est quelque chose qu’on rencontre, qui barre la route. Il est tout entier devant moi. Au contraire, le mystère est quelque chose où je me trouve engagé, dont l’essence est par conséquent de ne pas être tout entier devant moi ".
Je dirai les choses simplement comme ceci. Devant une énigme, je sens que l’obstacle est dans l’énigme. Devant un mystère, je sens que l’obstacle est en moi.
J’ajouterai que le mystère a le don de nous effrayer. En cela, il participe de la vie spirituelle et de la nature du sacré, si l’on en croit Rudolf Otto, le phénoménologue du numineux ou sentiment du Sacré, qui définit ce sentiment comme une vibration entre ce qu’il appelle un mysterium tremendum et un mysterium fascinans, crainte et fascination. Le sacré et le sublime se rejoignent sur ce caractère clignotant.

G. Le Mystère de la Franc-Maçonnerie
C’est en soi qu’il faut chercher en quoi la Maçonnerie est mystérieuse. Le mystère de la Franc-Maçonnerie tient en ceci qu’elle répond à la demande d’une zone jusqu’alors insatisfaite de l’esprit humain. Elle étanche en nous des soifs inconnues. Au début de cette causerie, je vous disais mon étonnement devant l’importance des effets que produit en nous le travail Maçonnique, au regard de son ostensible futilité et même, de l’absurdité apparente de son jeu. Là est à mes yeux le mystère de la Franc-Maçonnerie. Pour qu’elle puisse maintenir ce mystère, il faut nécessairement qu’elle ait un Secret.
Le Secret
Nous voici donc arrivés enfin à notre sujet. Trois questions restent à résoudre. Sommes-nous sûrs de l’existence du Secret, quelle en est l’origine et en quoi consiste-t-il.

H. Certitude du Secret
La raison pour laquelle je suis sûr que le Secret existe, c’est qu’il est précisément l’objet de notre énigme et se déduit de notre mystère. Ce en quoi notre méthode est initiatique, comparable en cela à la méthode hermétiste, c’est qu’elle nous met sur une voie, dite Royale, au terme de laquelle le Secret est à découvrir. La preuve que le Secret existe est que le mystère ne persisterait pas s’il n’y avait rien à chercher, de même que, sans la materia prima, il n’y aurait pas de Grand Oeuvre.

I. Source du Secret
Quant à la source de ce secret, j’ai les plus grands doutes. Je ne puis croire qu’il a été placé sur notre parcours par un instituteur de génie. Comme les grands mystères de la vie, il s’est trouvé pris dans notre système en vertu de la loi de l’évolution, il ne peut être que le fruit du hasard et de la nécessité.

J. Objet du Secret
Si maintenant nous voulons nous mettre à la recherche de notre Secret, il est vain de parcourir toute l’étendue de l’espace Maçonnique. Pour trouver la clef efficace de l’énigme, nous devons nous mettre, par empathie, à la place de celui qui a dissimulé l’objet tant convoité.
Si nous étions l’instituteur de génie qui a conçu notre Secret, où irions-nous le placer pour qu’il garde toute son efficacité et cependant échappe à notre sotte curiosité ? Bien entendu, dans le rituel de réception de profanes. Ceci répond à l’adage qui veut que toute la substance de la Maçonnerie est contenue dans l’Initiation au premier degré.
Où, dans le rituel, irions-nous placer un objet aussi précieux, afin qu’il reste toujours visible et cependant inaperçu ? Evidemment, entre le cabinet de réflexion et la porte basse, là où plus personne n’ira plus jamais voir.
Le Dépouillement des Métaux
Vous l’avez compris. Notre Secret est blotti dans le geste traditionnel et incompréhensible du dépouillement des métaux.

K. Enigme du Dépouillement des Métaux
Avant toute chose, le dépouillement des métaux est une énigme. Que répondre à la question : " Pourquoi, avant de faire les trois derniers voyages, avez-vous été dépouillés de vos métaux ? ", sinon une de ces banalités que l’on trouve dans tous les manuels de la Franc-Maçonnerie, du style " afin de me présenter pur à l’Initiation ".

L. Mystère du Dépouillement des Métaux
Le dépouillement des métaux est aussi un mystère. Il est indéniable que nous participons à son accomplissement non pas seulement pour sacrifier à ce qui s’impose à nos yeux comme une tradition respectable ni pour nous soumettre à la volonté de nos Initiateurs mais parce que nous sentons très confusément qu’il répond à une nécessité. Quelque chose en nous cependant fait obstacle à ce geste : nos habitudes mentales et notre attachement à ce qui nous appartient luttent avec notre adhésion au sacrifice momentané de notre droit de propriété. Le dépouillement des métaux présente donc tous les caractères de l’insolite qui ne se trouve pas entièrement devant moi, c’est-à-dire tous les caractères du mystère.

M. Secret du Dépouillement des Métaux
Enfin, le dépouillement des métaux est notre Secret. J’ai fait tout ce long chemin pour en arriver ici. Je suis enfin au coeur de mon propos. Si je n’avais fait ce détour, je sais que les choses que je vais vous dire à présent vous auraient paru incongrues et probablement inacceptables.
Le dépouillement des métaux contient le secret du bonheur Maçonnique. Si nous prenons le temps et la peine d’investir toutes nos forces spirituelles ou, pour parler un langage moins coloré, toutes nos facultés mentales, dans l’acte de nous dépouiller totalement de nos métaux, nous parviendrons à nous réaliser totalement, c’est-à-dire à devenir qui nous sommes et non qui nous croyons ou voulons être, à devenir tout ce que nous sommes capables de devenir.
Je n’ai trouvé trace de cette prégnance du geste chez aucun de nos auteurs favoris.
L’un des plus profonds penseurs belges de la symbolique systématique, Raoul Berteaux, dans sa " Symbolique au Grade d’Apprenti ", s’en tient au pur symbole et dit notamment
" Tout porteur de métaux capte à son insu des ondes électromagnétiques. Il est à tout moment soumis à des influences qu’il ne perçoit pas et, a fortiori, qu’il ne contrôle pas ".
Edouard Plantagenêt rattache le dépouillement des métaux à l’épreuve de la terre, puisque c’est après le cabinet de réflexion que le Prof. est dépouillé. Pour lui, le Dép. des Mét. écarte l’influence mercurielle et constitue la première purification.
Je sais que dans toute Loge, il y a au moins un Yunguien convaincu. Citons donc K.G. Jung. Celui-ci estime que les métaux ont été assimilés à la libido : leur caractère souterrain les apparente au désir sexuel.
Dans la Maçonnerie anglo-saxonne, le dépouillement des métaux est tombé en désuétude. Le rite consacre beaucoup de soins à la préparation du candidat, insiste très fort sur le fait qu’il doit se présenter à l’Initiation " nor naked nor clad ", ni nu ni vêtu. Les Américains du rite Emulation, même, obligent le récipiendaire à se déshabiller complètement et à endosser une sorte de pyjama. Mais ils ne parlent plus ni des quatre éléments ni des métaux, avec autant d’insistance que la Maçonnerie continentale.
Il convient aussi de dire que beaucoup de nos Loges symboliques ont laissé tomber en désuétude le geste initiatique et ne se réfèrent plus au dépouillement des métaux que comme à une métaphore commode, comme à une invitation à l’ascèse sociale.
Je vais donc me conduire en hérétique, m’éloigner complètement de l’opinion classique, et tenter de vous montrer que le dépouillement n’est pas un geste symbolique, mais un acte réel, qu’il n’est pas d’ordre moral mais d’essence psychologique, qu’il n’est même pas un devoir Maçonnique mais une grâce donnée à quiconque met toute son âme à le réaliser.   
Le Bonheur Maçonnique

N. L’acte de dépouillement
Le dépouillement des métaux, qui se fait traditionnellement dans la coulisse, devant quelques rares témoins, dans l’intervalle qui sépare le cabinet de réflexion du passage sous la porte basse, n’est pas un geste symbolique. En tout cas, si les préparateurs agissent en conscience, ils dépouillent réellement le récipiendaire de tous ses métaux, sans exception. Nous admettrons que notre vocabulaire étend la signification du mot " métaux " à tout ce qui les représente, et que tout le contenu du portefeuille ou du sac à main, même s’il est papier-monnaie, est inclus dans la réquisition. Le récipiendaire lui-même collabore à la confiscation, signale à l’attention des préparateurs des objets qu’ils auraient pu omettre et sait alors qu’il est urgent et important que rien ne vienne s’interposer entre ce qu’il est et ce qu’il va devenir.
Car le véritable effet de ce dépouillement des métaux est de nous amener à l’état d’êtres purs, tels qu’en nous-mêmes, au lieu que s’il n’avait pas lieu, nous serions les voyageurs chargés de bagages, incapables de savoir si nous passons l’octroi pour ce que nous sommes plutôt que pour ce que nous avons.
Il fallait donc que ce dépouillement soit consommé, afin que nous passions de la condition de l’avoir à l’état de l’être.
Cet acte, que nous avons accompli une première fois alors que nous étions encore dans les ténèbres, nous sommes censés le répéter en pensée chaque fois que nous pénétrons dans le Temple. L’on dit, selon nos habitudes de redire ce que nous avons appris, que dépouillé de ses métaux, le Maçon renonce à tout ce qui le rattache aux possessions terrestres comme aux mérites profanes. S’il en était ainsi, l’ascèse serait trop facile et ne mériterait aucune mention. L’action mentale de dépouillement doit au contraire s’approfondir, s’amplifier, atteindre les points de résistance les plus douloureux, et nous mener, de proche en proche jusqu’à l’absence de tout désir d’être.
Je vous invite à considérer avec toute votre lucidité qu’il y a un monde entre être, dans toute la force naturelle de son être, et vouloir être, cultiver en soi le désir insatisfait d’être reconnu comme tel, qui suppose qu’au fond quelque chose reste irréel, imaginaire, inexistant. En bref, il ne faut pas confondre le désir d’être avec l’acceptation sincère de soi.

O. Le contenu psychologique
Cette première réflexion a le mérite de nous indiquer, de toute évidence, que nous avons définitivement quitté le terrain de la morale victorienne où tant de nos devanciers avaient confiné la démarche initiatique. Nous sommes en plein coeur de la psychologie des profondeurs. En deux mots, le dépouillement des métaux est une pressante invitation à être plutôt qu’à paraître.
Réalisation de Soi
L’idée de la réalisation de soi-même et de la nécessité d’abandonner tout désir de paraître m’a été révélée avec une évidence éblouissante un jour de désoeuvrement, il y a bien des années de cela, où j’observais un athlète des jeux olympiques. C’était un champion du saut en hauteur.
Avant de faire déferler comme un torrent toute la puissance de ses muscles, il se concentrait. Au vrai, il se dépouillait de ses métaux. Au moment de s’élancer, cet homme était totalement réalisé. J’entends qu’il n’avait plus ni nom, ni nationalité, ni vanité personnelle. Il était devenu le saut lui-même.
Si, durant une seule fraction de seconde, il avait perturbé l’harmonie de sa préparation par la pensée qu’il était Yvan ou John en train de conquérir une médaille, je ne dis pas qu’il n’aurait pas passé la barre, je dis qu’il aurait perdu sa valeur de symbole.
De cette puissance, je pense que nous sommes tous capables, parce que nous sommes tous Maçons. Pour nous, il ne s’agit pas de battre un record. Il n’est question que devenir tout ce que nous sommes capables de devenir, c’est-à-dire de nous réaliser.
La Voie du Bouddha
Je vous donnerai brièvement un autre modèle, probablement bien connu de certains d’entre-vous. C’est celui du Bouddha de la triple corbeille, celui du bouddhisme primitif.
Pour ce Bouddha, le bonheur de l’homme est fait du chemin sacré en huit branches qui passe par la foi pure, la volonté pure, le langage pur, l’action pure, les moyens d’existence purs, l’application pure, l’attention pure et la méditation pure.
Ici encore, il est facile de se méprendre, d’entendre les choses au premier degré et de donner à ces mots une signification morale. Cianamurti ne donne pas là des règles de conduite sanctionnées par l’approbation ou la désapprobation. Il se place sur le plan de la psychologie de l’être. Le mot " pur " ne doit pas être pris ici dans son sens de " dépourvu de toute souillure ", mais de " hors de toute volonté d’être distingué ".
Qu’était-ce, aux yeux de Bouddha, que la foi pure ? C’était l’adhésion confiante à la réalité, à la constance des lois naturelles, au cycle des saisons, à la destinée de tout être vivant voué à subir le processus inévitable de la vie, sans l’espérance particulière d’échapper à ces réalités ni surtout sans investir dans cette foi l’idée qu’elle sauve de quoi que ce soit.
Qu’est-ce que l’action pure ? C’est celle qui est faite sans autre intention que de la faire, loin de tout souci d’en être récompensé. Qu’est-ce que l’attention pure ? Elle veut dire qu’il n’y a pas de concentration efficace sur l’objet observé s’il entre, dans l’observateur, un désir quelconque d’être celui qui observe.
La sublimation du désir d’être
Je vous dois de récapituler. L’idée directrice de mon exposé est celle-ci. En travers de notre route vient le dia-bolos, le diable, c’est-à-dire le résidu de notre vie profane, le vieil homme qui est en nous et que nous ne terrassons jamais totalement. La sagesse Maçonnique serait de nous purger de ce résidu encombrant, de nous réaliser pleinement. Ainsi, nous serons syn-bolon, symbole d’humanité.
En nous invitant à nous dépouiller de nos métaux, ce dont la Franc-Maçonnerie, dans son langage de mystère, nous engage à nous départir, ce n’est pas de nos pulsions instinctives, de nos élans naturels, de nos réflexes salvateurs. S’il en était ainsi, elle serait grotesque et non sublime comme nous la souhaitons. Ce qu’elle souhaite de nous, c’est que nous abandonnions toutes nos névroses et en particulier notre puissante névrose de l’ego.

P. Le Secret du bonheur
Le secret du bonheur Maçonnique est le dépouillement des Métaux. Mais l’on ne se dépouille pas de ses métaux par un déclic, on ne se réalise pas soi-même par une décision soudaine. L’initiation est une voie, non un baptême. Nous ne sommes que parce d’autres nous reconnaissent comme tels. Ce n’est donc que dans le groupe que nous accéderons à la qualité de l’être réalisé. La réalisation de soi réclame un savoir-faire éprouvé. De tous les moyens imaginés par les hommes pour élever les individus réputés en bonne santé mentale de l’état de l’être imaginaire à l’état de l’être réel, c’est encore la Franc-Maçonnerie qui offre les meilleures performances.
Dans la vie de chaque Maçon, il y a des péripéties diverses. Le chemin est parcouru de grandes joies et de profonds chagrins. Mais il conduit quelque part. Il n’est pas le labyrinthe au milieu duquel se perdent la plupart de nos contemporains profanes et où l’on se demande pourquoi l’on a vécu.
Cette profession d’optimisme n’est pas de circonstance. Sa permanence est bâtie sur une longue méditation et sur une conviction. Personnellement, je resterai fidèle à ma conviction philosophique que c’est par l’abandon sincère de leurs métaux que les Maçons trouveront et conserveront le pur, le vrai, le merveilleux bonheur Maçonnique.
source :
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Nous ne sommes plus dans le monde Profane, Nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple

19 Septembre 2013 , Rédigé par P\ R\ Publié dans #Planches


Le parcours initiatique d’un franc-maçon est jalonné de rites aux portées différemment appréciées suivant la perception que l’on en a, la sensibilité émotive de chacun et l’interprétation que l’on veut en donner.
L’apprenti que nous avons tous été a longtemps travaillé la pierre brute, dans le silence, pour arriver à la transformer en pierre cubique presque parfaite. Je dis bien presque parfaite car nous savons tous que nous sommes des êtres qui tendons à la perfection mais comme la pierre, nous avons nos faiblesses. Cette pierre cubique représente pour nous francs-maçons les notions de stabilité, de solidité, de force et d’achèvement. Elle n’a pu être façonnée par l’apprenti que grâce au maillet et au ciseau qui ont été mis à sa disposition. Une fois compagnon, avec ces mêmes outils il s’efforcera de faire disparaître, comme autant d’aspérités fâcheuses, ses défauts, ses préjugés et ses erreurs. Mais il lui faut encore travailler sans relâche à la réalisation du but que poursuit la franc-maçonnerie. Il doit être bon, juste, digne, dévoué, courageux, exempt d’orgueil et d’ambition, affranchi de tout préjugé et de toute servitude, prêt à tous les sacrifices pour l’accomplissement de son Devoir, le triomphe du Droit et de la Vérité. Le compagnon est avant tout un voyageur mais aussi un ouvrier qui maîtrise les outils utiles à la construction du Temple, ce qui peut être comparé à la construction de son Temple intérieur.
Avec l’équerre, il contrôlera la taille des pierres. Cet outil donne au maçon la rectitude et la rigueur. Le maçon apprend à se construire pour devenir un édifice solide et harmonieux.
Avec la perpendiculaire ou fil à plomb, le compagnon peut superposer les pierres verticalement. La perpendiculaire représente l’assurance et la confiance en soi. Elle aide le compagnon à chercher la vérité, à contrôler la droiture de ses sentiments. Elle symbolise l’équilibre.
Avec la règle, il trouve l’emblème du jugement droit et de la rectitude. Elle représente le droit inflexible de la loi morale.
Avec le levier, c’est l’emblème de la puissance qui vient en aide à la faiblesse. Le levier symbolise l’étude de la nature, la volonté qui devient irrésistible quand elle découle de l’intelligence et de la justice. La volonté n’est invincible que si elle est mise au service du Droit.
Avec la truelle, c’est l’achèvement du travail. Elle permet de cimenter la construction. C’est l’outil, qui, grâce au mortier scelle l’amitié et la fraternité. Ce mortier n’est autre chose que l’estime réciproque sur laquelle est fondé l’amour fraternel des Francs Maçons. La truelle est le symbole de l’harmonie, de la paix, l’union et l’amitié qui fait triompher l’esprit de solidarité.
Avec le niveau il assure la pose horizontale. Cet outil est le symbole de l’égalité sociale. Il est indispensable pour contribuer à l’idéal de perfection du maçon. Il est une aide précieuse dans la libération intérieure de l’être. Le niveau invite à aplanir les obstacles que génère sans cesse notre Ego. Il est synonyme de rigueur. Le niveau fait allusion à l’égalité des hommes qui ne reconnaît aucun privilège de naissance, d’état ou de fortune mais le respect de leurs qualités et de leur diversité. C’est le bijou du premier surveillant.
C’est muni de ces outils que le Franc-maçon doit consacrer sa vie toute entière au labeur, car le travail est considéré comme un des devoirs essentiels de l’homme. La Franc-maçonnerie honore le travail manuel et le travail intellectuel.
A la porte du Temple maçonnique, chaque Frère ne se décore que des insignes de son grade. Ainsi l’équitable niveau rend chacun à soi-même et fait de tous des frères.
Au sein de la fraternité maçonnique, il importe que nous considérions nos Frères en tant qu’hommes et non par rapport à la situation ou au rang qu’ils occupent dans la vie profane. Le règne de ce principe d’égalité dans les droits et dans la valeur humaine est la condition sine qua non de l’épanouissement de cet esprit de fraternité, qui distingue la Franc-maçonnerie. C’est pour cela qu’à la porte du Temple, chaque Frère dépose les titres dont l’a revêtu la vie profane et ainsi dès sa sortie du cabinet de réflexion, le futur initié se verra retirer ses métaux. Mais nous allons nous focaliser sur la partie finale de l’ouverture des travaux.
Dans le rite d’ouverture des travaux il est dit : « Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple. » Cette phrase signifie que nous avons quitté notre quotidien et que nous sommes maintenant dans l’espace sacré. Elle est d’une extraordinaire richesse symbolique. Elle a une double origine historique :
1) Dans le premier Livre des Rois de la Bible il est relaté la construction du Temple de Salomon qui a duré 7 ans. Les travaux d’édification ont été possibles grâce au bois de cèdre et de genévrier venus du Liban et fournis par Hiram le roi de Tyr, et à la taille et de pierres de carrière. Pendant la construction il est dit : «On n’entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer. » Le caractère impur des métaux, leur interdisait l’accès à un édifice consacré à Yahvé.
En effet, l’origine des minerais, le rapport de la forge avec l’enfer sont significatifs. Une correspondance est établie suivant une hiérarchie ascendante des 7 métaux, que sont le plomb , l’étain, le fer, le cuivre, le mercure, l’argent et l’or avec les 7 planètes Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, Mercure, la lune et le soleil. A chacun des métaux est associé un des 7 péchés capitaux.
2) L’autre origine de l’expression « laisser les métaux à la porte du Temple » nous vient de l’ancien Régime, lorsque chacun des gentilshommes admis à l’initiation, était invité à confier son épée au Maître des Cérémonies sur le parvis du Temple. On comprend le geste et son symbole : se désarmer équivalait à montrer à l’assemblée, tout à la fois, une intention pacifique, la pureté de ses sentiments et une totale confiance.
L’encyclopédie de la Franc-maçonnerie, indique que le terme « métaux », traduit la force des vices et la nocivité des passions humaines. Pour les francs-maçons, les métaux désignent tout ce qui, dans le monde profane, au plan spirituel comme au plan matériel, fait obstacle à la quête de l’individu et doit être laissé à la porte du Temple.
Bien sûr, cela veut dire que le Temple n’est pas le lieu pour accueillir les marchands du Temple et qu’il n’est pas celui des affaires. Cela signifie que nous sommes tous égaux dans le Temple. Ces métaux nous nous en dépouillons, puis nous les transformons. Symboliquement, ces métaux représentent les appartenances communautaires, religieuses, politiques, professionnelles, nationales, ethniques. C’est en se défaisant de ces appartenances, que nous pouvons atteindre l’universel. Ceindre un tablier, n’efface pas pour autant les individualités. Chaque maçon demeure le comptable, le médecin, le pâtissier, le professeur, le chef d’entreprise, le restaurateur, le chef de cabinet, l’élu local, l’ingénieur, le commercial de Numéricâble, le commerçant, le banquier ou le militaire. Le franc-maçon garde sa personnalité mais son comportement dans et hors du Temple doit être exemplaire. Il doit garder en mémoire l’article 1er de la constitution du Grand-Orient qui dit :
« La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principes, la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience… »
Mais les métaux font obstacle à ces préceptes. Je ne traiterai pas ce midi d’alchimie, de purification des métaux ou de dépouillement vestimentaire mais plutôt des pensées ou des préjugés profanes dont nous devons nous séparer. Il nous faut penser humainement en Frères libres et égaux. L’égalité doit être notre objectif. Pour cela, avec nos outils, nous devons gommer les aspérités qui peuvent nous rendre inégaux, voir étrangers et par là-même, nous faire faillir à notre promesse initiatique.
Les métaux que nous devons laisser à la porte du Temple sont nombreux. Ce sont la richesse qui nous rend inégaux face à la capitation, l’ambition, l’opportunisme, les dogmes, la politique, l’intolérance, la position sociale, l’ignorance, la vanité et les préjugés.
Le meilleur moyen de prendre le contre-pied de ces défauts, est l’humilité qui rappelle au franc-maçon, qu’il est et restera un éternel apprenti. Il doit avoir à l’esprit, que tolérance et fraternité sont les poumons de la Franc-maçonnerie.
Le manquement à ces deux qualités peut briser irrémédiablement la « chaîne d’union » constituée par tous les maillons de l’Atelier. Tolérance et fraternité sont des sentiments vrais et sincères qui nous rassemblent et nous permettent de progresser vers l’idéal humaniste, qui est notre but.

J’ai dit.
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Les métaux et la fraternité

18 Septembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Mon frère d'où venez-vous ?
De la loge de saint Jean V\ M\ On y élève des temples à la vertu et l'on y creuse des cachots pour les vices. Qu'en apportez vous ?
Salut, prospérité, et bon accueil à tous les frères Que venez vous faire ici ?
Vaincre mes passions, soumettre ma volonté à mes devoirs et faire de nouveaux progrès en maçonnerie.
Prenez place mon frère et soyez le bienvenu au sein de cet atelier qui reçoit avec reconnaissance le concours de vos lumières. Ainsi étaient posées les questions au frère visiteur d'après les anciens rituels, et les réponses qu'il devaient faire.
Lorsque le G.A.D.L'U. créa Adam, il le conçut nu en entrant dans le sacré du monde terrestre. Lorsque Gepetto fabriqua Pinocchio, il lui donna l'initiation de la vie, et pénétra dans le monde sans à priori.
Lorsque dans la réflexion de savoir si nous devions ou pas entrer dans le monde de la F\ M\ ou bien, c'est tout simplement de savoir si l'on doit " Etre ou ne pas être " en F\M\ voilà la question aurait dit SHAKESPEARE, ou bien comme jean Yanne dans le titre de son film " tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. ", Semble nous faire un clin d'œil à une vision du monde profane dans la forme égocentrique la plus totale.
C'est aussi une bonne raison pour exprimer au dehors ce qui est au-dedans comme il est de tradition de le rappeler à chaque tenue.
Rappelez vous mes f\ Le ciseau et le maillet, l'intelligence vive et le passif Cela donne l'impression d'une fable de LA FONTAINE, comme le corbeau et le renard où communiquent, l'air et la terre, le zénith et le nadir, le terrestre et le céleste, l'oxygène et l'espace, la liberté et la démocratie.
Excusez moi mes F\
Temporiser ses passions c'est parfois difficile. Revenons maintenant à nos moutons ou plutôt au rituel du travail tel que le voyait notre F\ Jean GUITTON.
Le maillet emblème de la logique sans lequel on ne peut raisonner juste et dont logiquement aucune science ne peut se passer, à besoin du ciseau qui représentent le mordant des arguments de la parole avec lesquels on parvient toujours à détruire les sophismes de l'erreur.
C'est ce qui va permettre de déboucher sur le discernement. Le maillet c'est la volonté active des apprentis, le ciseau sera la phase intellectuelle de notre transition à condition de veiller à ce qu'il soit toujours bien affûté. Ne doit-on pas rappeler ici qu'un outil émoussé comme le ciseau mettra les capacités de l'esprit en sommeil par le simple fait de l'inactivité intellectuelle.
Nous aurions du être comme Adam, en transposant la nudité du corps à la nudité des idées en laissant parfois deux cent pour cent de nos métaux à la porte du temple et prendre conscience du sacré de la petite philocalie du cœur.
Tiens j'entends soudain à mes oreilles un bruit de métal. L'origine de ce mot vient du mot latin metallum corps simple caractérisé par un éclat particulier dit éclat métallique. Dérivé du grec métallon, le mot métal est rapproché par rené Alleau de la racine mé ou més, qui est le nom le plus ancien donné à la lune.
En maçonnerie, nous rejetons trois métaux, l'argent, le cuivre et le fer respectivement emblème de la division, de l'orgueil et de la dégradation (représentée par la rouille qui apparaît lorsque ce métal est abandonné à lui-même).
Dans la construction des autels des temples hébraïques, on ne devait pas utiliser de métaux.
Autre anecdote métallique, rappelons ici Vulcain fils de Zeus et d'Héra qui dit-on aurait mis ce fils au monde en représailles de la naissance d'Athéna fille de Zeus. Vulcain reconnu des dieux de l'Olympe, Il est hautement apprécié en tant qu'ouvrier des immortels. Il est leur armurier, leur forgeron, il fait les meubles de leurs demeures aussi bien que leurs armures. Il emploie dans son atelier des servantes qu'il a forge dans de l'or et qui sont capables de se mouvoir et de l'aider dans son travail. Ah ! Quel homme ce Vulcain, l'or et la femme, cela me rappelle le film de Roger Vadim : " Et Dieu créa la femme ".
Puis, allons plus loin, si chez les Chinois, l'or est yang, le métal élément est yin.
Il existe d'ailleurs une table de correspondance des métaux et des planètes.
Il y a d'ailleurs un rituel de société secrète chinoise qui dit " fondez l'Univers et reformez le. Sur les voies du métal on peut atteindre de nombreuses sphères, le cosmos le planétaire ou bien en tant que symboles d'énergie les métaux ont aussi été assimilés à la libido dans la symbolique de Jung en tant que sublimation ou spiritualisation.
Les métaux représentent aussi dans d'autres sphères, les éléments planétaires du monde souterrain, et les planètes, les métaux du ciel. Le symbolisme des uns et des autres est parallèle.

Plomb = Saturne = avarice
Etain = Jupiter = gourmandise
fer = Mars = colère
cuivre = Vénus = luxure
mercure = Mercure = envie
Argent = Lune = paresse
or = Soleil = orgueil


Ici, ce qui peut nous rappeler symboliquement un grand moment de notre passage, de la vie profane à la vie maçonnique c'est le cabinet de réflexion.
Là dans la pénombre simplement éclairée d'une bougie et souvent dans l'obscurité totale, un frère servant vient nous dépouiller de nos métaux. C'est pour nous libérer dit-on, que l'on doit être démuni de tous nos biens. Ce fameux dépouillement des métaux est fait pour enseigner au profane que tout se paye en ce monde et qu'on ne doit pas espérer recevoir sans donner.
Nous parlons souvent ou pas assez, des métaux lorsque nous rentrons en Loge et qu'il arrive que nous ayons ce jour là oublié de laisser nos métaux à la porte du temple.
Tout comme l'initiation dans le monde indien dans la pratique du védanta ou le bramacharin ( l'apprenti) doit se détacher de tous les biens matériels de ce monde afin de garder en permanence son regard tourné vers la Lumière.
Mais c'est ici un exemple extrême particulier à celui qui veut embrasser la voie du bramacharia. Après réflexion mes frères ne penser vous pas que nous devrions à chaque tenue être dépouillé et laisser à la porte notre vie de profane tout comme le récipiendaire pénétrant dans cet endroit sacré que représente notre temple.
Il y a une petite anecdote en la matière. Le dépouillement des métaux est un rite initiatique et symbolique très ancien. Il se rattache sans doute à ce caractère impur attribue aux métaux. On l'a rapproche du mythe de la déesse babylonienne Ishtar, contrainte au cours de sa descente dans le monde infernal, de déposer successivement ses parures pour franchir les sept enceintes avant de paraître nue devant sa sœur, la redoutable souveraine du royaume des morts. On retrouve quelque chose d'analogue dans les rites maçonniques d'initiation : le récipiendaire est invité à se débarrasser des ses métaux (le contenu des poches), pour marquer son détachement de tout bien matériel, de toute convention et de recouvrer sa volonté " l'innocence originelle. "
Mais en matière d'argent, d'or, ou de je ne sais quel métal sublime, il me vient à l'esprit cette phrase d'un écrivain qui disait : " Il n'y a rien d'aussi dégradant que le constant souci des moyens d'existence. l'argent est semblable à un sixième sens sans lequel vous ne pouvez pas faire un usage complet des cinq autres. "

LA FRATERNITE
Origine du mot fraternité: 1/lien de parenté entre frères et sœurs 2/ lien de solidarité et d'amitié entre des êtres humains entre les membres d'une société.
Doivent être considérés comme frères tous les membres de la confrérie. Tous ceux qui ont prêté le même serment et qui observent la règle de l'Ordre sont frères.
Petit extrait de quelques mots entendus lors d'une tenue dans une autre loge.
Liberté, Egalité, Fraternité proclame la république… Comment y croire ? Les valeurs actuelles sont en crise ; la liberté de penser n'existe plus ; ceux qui ne sont pas politiquement correct n'ont pas le droit de penser ni de s'exprimer dans notre pays ; c'est un fait. " Je ne suis pas d'accord avec vous mais je me battrais jusqu'au bout, pour que vous puissiez vous exprimer " disaient les philosophes des Lumières.
Aujourd'hui, nous dirions " Je ne suis pas d'accord avec vous et je me battrai jusqu'au bout pour que vous la fermiez ". Sacrifiée à la haine et l'intolérance de toutes parts, la liberté de penser est en voie d'extinction. L'égalité, encore un leurre ; où ceux qui ont eu leurs familles décimées il y a 60 ans, envoyées dans des camps d'où elles ne revinrent jamais, n'ont pas eu la justice que la république devait leur rendre.
La Fraternité, qu'en penser quand un être humain perd un proche. Il reçoit toutes les factures des diverses institutions administratives républicaines seulement deux semaines après la mort de l'être cher…
Qu'en penser quand chaque année des dizaines de clochards et de personnes âgées meurent dans la solitude ? Qu'en penser également quant une personne désespérée se jette sous une rame de RER ? se faisant accuser à titre posthume d'avoir mis en retard de nombreux actifs et le trafic RATP… " fin de l'épisode.
Pour tout vous dire, je n'embrasse pas la totalité de ces propos, mais cela peut devenir le préambule d'une réflexion.
Montaigne a dit dans les Essais : " Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : " parce que c'était lui, parce que c'était moi. "
L'emploi du mot fraternité, si courant donne lieu à de nombreux commentaires. Des trésors de bonne volonté, relèvent bien souvent d'une approche trop littérale, plus voisine de la bonne camaraderie que du concept " fils d'un même d'un père " tout comme ceux qui désignent la Charité comme seulement une pratique de l'aumône alors que la vertu théologale de ce nom vise beaucoup plus haut, jusqu'à l'élan du cœur, élan mystique, bien entendu, condition sine qua non de l'initiation sans laquelle " la quête" ne débouche que sur de petites connaissances déstabilisantes.
Maître Eckhart dans l'instruction spirituelle dit : " les gens ne devraient pas tant réfléchir à ce qu'ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu'ils doivent être. S'ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leurs œuvres pourraient briller d'une vive clarté. "
Parvenir à être des nôtres dans l'univers de la F\M\, semble à la fois difficile et facile. Chaque homme possède un tempérament, un caractère et des humeurs.
On retrouve encore ici les outils de taille ciseau et maillet.
Temporiser ses passions est parfois quelque chose de compliqué car l'homme à parfois le spectre de la marmite en ébullition, voire un volcan en éruption ou bien un lac de béatitude.
C'est vrai, allez vous me dire, chacun à droit à l'expression de ses pulsions. Mais un F\ M \ , comme n'importe quel être, a-t-il le droit de perdre son sang froid et parfois se livrer à des attitudes, voir des comportements qui dépassent la fiction.
Mais il est essentiel pour notre bien être d'homme de maîtriser ses passions en général, mais en particulier celles de la possession, du pouvoir, de la vanité et de l'hypocrisie.
Il me semble entre parenthèses que pour aider les autres, on doit commencer par s'aider soi-même, qu'en pensez vous mes F\ ?
D'autre part, il est important que la parole circule et que nous puissions en notre âme et conscience nous exprimer avec humilité et fraternité envers le frère, la sœur ou bien celui ou celle à qui l'on s'adresse;
Que l'on ait pour lui affection, aversion, tolérance, fraternité tout cela n'est pas important. Je ne vous dirais pas comme dans la chanson l'important ç'est la rose, mais simplement l'humilité.
Si notre plus cher désir est de progresser vers la lumière acceptons de recevoir ce qui doit nous être donné.
La F\M \ n'a jamais voulu être une entreprise de cadres à la recherche de pouvoir ou de places à convoiter dans l'échelle de notre organisation.
Nos égrégores, nos ateliers, nos obédiences ne devraient être faites que d'hommes emprunt d'humilité, de sincérité, et de volonté à faire progresser notre grande famille.
Le concret doit être entrepris dans l'esprit d'une action positive, mais surtout active avec preuve de résultats ; et faire aussi en sorte que comme dans la chaîne d'union nous soyons les maillons soudés d'hommes simples ne cherchant pas les clés d'un labyrinthe qui n'existe pas.
Nous franchissons parfois les marches du temple avec nos métaux. Il arrive que nous ayons ce jour là oublié de faire la séparation du monde profane et du monde sacré.
Il va nous falloir parfois plus d'une vie pour comprendre la " vibration " des épreuves que nous devrons traverser.
Il va falloir parfois plus d'une vie pour voir la Lumière telle que nous devons l'atteindre.
Notre cher frère Voltaire a su nous tracer un visuel assez clair de l'échange entre les hommes, et il nous dit : " Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d'une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants entre tous nos usages ridicules entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées entre toutes nos contradictions si disproportionnes a nos yeux et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ! que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ! que ceux qui couvrent leur robe d'une toile blanche pour dire qu'il faut t'aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire, qu'il soit égal de t'adorer dans un jargon forme d'une langue ancienne ou dans un jargon plus nouveau que ceux dont l'habit est peint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d'un petit tas de la boue de ce monde et qui possèdent quelques fragments arrondis d'un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu'ils appellent grandeur et richesse et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu'il y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s'enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères ! Qu'ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l'industrie paisible. Si les guerres sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l'instant de notre existence A bénir également en mille langages divers, depuis le siam jusqu'à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant. "
En conclusion
Il me vient à l'esprit une citation dont j'ai oublié le nom de l'auteur et qui dit :
" L'Amour-propre est une curieuse bête, qui peut dormir sous les coups les plus cruels et puis s'éveille, blessé à mort par une simple égratignure. ".

Source : www.ledifice.net

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La fraternité

17 Septembre 2013 , Rédigé par François DEM\ Publié dans #Planches

Tout d’abord merci à mon second surveillant de m’avoir permis de présenter une planche sur ce thème, qui est un des deux piliers de notre loge « Conscience et Fraternité » La notion de « Fraternité» a une double histoire : étymologique et sociologique. Du côté de l’étymologie, il semble qu’il faille remonter au vieux sanscrit pour voir apparaître le terme « bhratar » avec le sens de « frère» au sens large de parent proche. Ce serait cette racine sanscrite que l’on trouve dans la Grèce antique, au travers du terme «phrater», membre de la phratrie. Dans la Bible, la première description de rapports entre deux frères nous est donnée dans le récit concernant Caïn et Abel. C’est également le premier récit de meurtre. Mais nous y trouverons également de nombreux exemples qui prouvent que la Bible et à travers elle le judaïsme, ne diminue en rien la valeur des liens familiaux, bien au contraire, puisque l’un des Dix Commandements n’est autre que «tu honoreras ton père et ta mère»L’idéal de fraternité énoncé par la doctrine chrétienne, loin de s’étendre à tous les hommes, tend à ne se réaliser qu’en vase clos, au sein des premières communautés religieuses. Dans le monde laïc, l’on assiste alors au développement de «Fraternités» telles celles des Rose-Croix, des Corporations de maçons constructeurs et de chevaleries de divers ordres. De ces diverses tentatives subsistent quelques symboles et rites qui fécondent certains grades de la Franc-maçonnerie spéculative. La publication en 1723 des constitutions d’Anderson marque une étape essentielle dans les tentatives de rapprochement entre les divers courants philosophiques et religieux dans la perspective de la diffusion et de la pratique d’un idéal de fraternité. Le progrès rend ce besoin de Fraternité très important, car si de nos jours, la téléphonie mobile, le courrier électronique, la mobilité des images et des écrans ne créent pas de liens, ils rendent la solitude supportable et peuvent finir par enfermer chacun de nous dans sa solitude surinformée. Par besoin les Hommes cherchent à tout prix à recréer du lien. Les grandes bouffées émotionnelles qui s’emparent régulièrement de la population française s’expliquent aussi par ce besoin de retrouver une relation humaine qui ne passe pas uniquement par la technologie. Lorsque la France a remporté la Coupe du Monde en 1998, Paris a connu des scènes de fraternisation de la foule comme la capitale n’en avait pas connues depuis la Libération. L’enjeu était loin d’être le même, mais les Français avaient besoin de se retrouver, de parler, de partager tout simplement. Ces flambées émotionnelles sont d’autant plus fortes que le lien social au quotidien est entrain de se rompre et que la solitude est aujourd’hui la grande peur du monde moderne. La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique fondé sur la fraternité. Les textes constitutifs insistent sur ce point. Les Constitutions d’Anderson, par exemple, posent comme règle fondamentale : « vous cultiverez l’amour Fraternel qui est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre confrérie ». De même, les principes généraux de notre Ordre précisent : « La Franc Maçonnerie à pour devoir d’étendre à tous les membres de l’humanité les liens Fraternels qui unissent les Francs Maçons sur toute la surface du globe. » La Fraternité maçonnique, telle qu’elle m’a été dévoilée lors de mon initiation, constitue une invitation au travail à faire sur soi et entre soi, qui m’encourage à grandir, et à devenir meilleur pour moi-même et pour les autres

Nous savons que les mots que nous prononçons consciemment influent sur notre inconscient, le simple fait de décréter la Fraternité et de le répéter à chaque tenue, crée ipso facto ce sentiment dans notre inconscient. Oui, à l’inverse de l’Amitié, la Fraternité est décrétée. On ne choisit ni sa famille, ni les frères de sa loge. Que ce soit dans l’univers familial ou dans la Franc Maçonnerie, il s’agit bien d’un état de fait et non d’un choix précis.

C’est une des particularités de la Franc Maçonnerie, elle crée une famille. Elle décrète que par le fait de partager des valeurs communes, nous sommes Frères. C’est un fait, écrit dans notre constitution d’Anderson. Constitution a laquelle nous adhérons donc nous sommes Frères. Ainsi au même titre que je n’ai pas choisi ma famille natale, je n’ai pas choisi mes Frères maçons, mais j’ai librement choisi d’être maçon. Ainsi donc la Fraternité n’existerait que par décret, besoin psychologique, etc . Tout ceci est d’une extrême froideur, à l’inverse même du sens du mot. La raison de ce paradoxe est que la Fraternité ne s’écrit pas, même oralement il m’est difficile de vous décrire la Fraternité.

La Fraternité cela se vit, c’est de l’affection, de la solidarité. C’est l’émotion partagée lors de la chaîne d’union. C’est aussi le geste que nous faisons pour le tronc de la veuve. C’est parfois appeler un Frère que l’on pourrait aider. C’est abandonner nos métaux entre nous, nous montrer tels que nous sommes, sans cacher nos faiblesses, protégés que nous sommes par la Fraternité des autres.

Ainsi la Fraternité, ce lien à inventer, est à la fois un MOYEN et un BUT, et pour faire plaisir a la fois à mon Parrain, et à mon second surveillant, tous deux friands de confiseries freudiennes, je dirais simplement que la Fraternité c’est un peu épanouir le « Moi » dans le « Nous ».

La Fraternité débute par l’acceptation inconditionnelle de l’existence de l’autre. Fraternité, Amitié, Amour de l’autre. Pour moi, ces mots évoquent des sentiments d’affection profonde mais ayant toutefois des sens différents : Nous ne sommes pas amis avec nos Frères et nos Sœurs, nous sommes Frère et Sœur tout simplement. La Fraternité se suffit à elle-même. Martin LUTHER KING, disait : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots. »En quoi la Fraternité est elle différente de l’amitié ? Au sens littéral la Fraternité vient du concept « Fils d’un même père », cependant c’est souvent le socle des valeurs communes qui va déterminer la solidité de la Fratrie. Dans la Franc Maçonnerie, nous avons également le même « Père », Le Grand Architecte de l’Univers, et nous développons également un socle de valeurs communes. Ces valeurs communes, qui fondent notre Fraternité, sont : le respect, la tolérance, l’affection, l’écoute, l’humilité, la charité, la bienveillance, la bonté, la justice, l’humanité, la solidarité, et j’en oublie encore beaucoup… Ce que j’ai vécu au cours de mon Initiation, et le fait de devenir un maillon d’une immense chaîne de Frères inconnus procède d’une toute autre démarche que le développement d’une amitié selon les hasards de ma vie. L’amitié est le fruit d’une sympathie réciproque, elle résulte d’un libre choix, elle est élective, restrictive et réversible. Au contraire de la fraternité qu’elle soit de sang ou d’initiation, laquelle est contraignante et irréversible. La Fraternité met en œuvre les facultés les plus nobles du cerveau, du cœur, de la volonté et forme un lien naturel intellectuel et affectif entre tous les hommes de la grande famille humaine. Saint Jean nous dit : « Celui qui dit être dans la lumière et qui a son Frère en haine est dans les ténèbres. Celui qui aime son Frère est dans la lumière. » Les fraternités profanes réussies sont faites de sympathie, de camaraderie, d’amitié, d’élan du cœur. La Fraternité maçonnique, c’est autre chose. C’est une Fraternité initiatique, à base de symboles, de rites, de traditions, s’inscrivant dans une perspective de bâtisseurs d’un monde meilleur (la construction du Temple de l’Humanité). Corps spirituel, la Loge offre et bâtit une Fraternité Initiatique fervente se vivant bien plus intensément que les fraternités profanes. La Fraternité qui éclaire et anime les temples maçonniques possède plusieurs spécificités :

La Fraternité du Cœur, pour une empathie sincère et une sympathie sans arrières pensées.

La Fraternité de l’Esprit : la recherche de la vérité, à partir des débats et de l’échange des convictions, acceptées dans leurs diversités.

La Fraternité de l’Imagination, à travers l’étude des symboles, et enfin

La Fraternité du but commun, celle d’œuvrer en tout lieu au progrès de l’Humanité, et cette construction qui se doit d’être de qualité, passe par la Fraternité des bâtisseurs.

La Fraternité maçonnique est mise en œuvre grâce à tout ce que nous offre le rituel :

Le Serment : Acte libre et réciproque, comportant le double engagement du nouvel Initié et de celui de ses Frères à son égard. Lors de mon initiation, j’ai ressenti le serment comme l’engagement d’une vie nouvelle, quelque chose de très intense.

Le Pavé Mosaïque: Dualité et ambivalence entre Frères, Abel et Cain, compétition / solidarité, Hostilité et Amour. Ferment de la tolérance, le Pavé Mosaïque nous montre que les contraires peuvent co-exister sans s’altérer.

Les Lacs d’Amour: représentation matérielle de cet autre symbole de la Fraternité maçonnique qu’est la Chaîne d’Union.

La Chaîne d’Union : elle régénère, revivifie, et ressuscite la Fraternité. Par la reliance concrète des Frères aux mains nues, se perçoit avec force la conscience de notre humanité dans ce qu’elle a d’impérissable et d’éternellement transmissible. C’est également un moment de méditation qui permet de faire percevoir aux Francs Maçons leur appartenance à une totalité qui les dépasse infiniment dans le temps et dans l’espace, autrement dit la dimension spirituelle de notre Ordre. Pour ma part, la chaîne d’union est certainement l’un des moments les plus forts de chaque tenue, et c’est toujours avec joie que je retire mes gants pour y participer avec chaleur, recueil et sincérité.

Equerre et Compas, maillet et ciseau, outils indissociables, qui permettent à l’apprenti de forger son Esprit et tailler régulièrement sa pierre brute, pour accéder à la Fraternité universelle.

Perpendiculaire - Niveau : la perpendiculaire sert à l’équilibre dans la verticale, le Niveau intervient dans l’horizontale. La Perpendiculaire, tel un fil à plomb, nous donne la verticale. Verticalement pour élever son esprit et Verticalement pour descendre dans notre Ame et regarder à l’intérieur de nous même. Le niveau sert à égaliser, à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Il rend plane dans la mise en oeuvre correcte des connaissances, sans pour autant niveler les connaissances

J’ai eu la chance d’assister à une très belle planche présentée par le Vénérable de notre loge voisine, sur le thème Conscience et Fraternité. Notre T:.C:.F:. Denis Jean avait alors posé une question sur la Fraternité dans l’association des ATR (l’Association des Truands Réunis). Alors il est vrai que, j’ai réalisé cette planche avec NOTRE cadre de référence et celui des valeurs défendues par notre Ordre, mais la Fraternité existe aussi dans des organisations intégristes ou mafieuses. La seule Fraternité ne suffit donc pas, il faut y ajouter notamment, la Conscience. La devise de notre pays est le reflet de la nécessité d’adjoindre la Fraternité avec d’autres valeurs que nous aimons répéter, celle de la Liberté et de l’Egalité. Je voudrais vous remercier pour le progrès que vous me permettez d’accomplir. Lors de mon initiation, mon esprit était à peu près aussi musclé que mes abdominaux. Grâce à la fréquentation régulière de notre loge, MA salle de gymnastique philosophique, j’ai l’impression de progresser, même si la route est encore longue. A presque deux années de mon initiation, de ma naissance à la Lumière, Je suis heureux d’avoir pu ce soir vous présenter mon travail. Je voudrais vous témoigner ma reconnaissance pour votre Fraternité sans faille, et je continuerai mes efforts laborieux pour polir ma pierre brute, ciseau et maillet en mains, pour parfaire mon intégration dans la Loge, pour également apporter à chacun d’entre vous ma Fraternité. En conclusion : Pour moi, la Fraternité, ce n’est pas seulement donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est.

 

Planche d'augmentation de Salaire

Source : www.ledifice.net

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Propos sur la fraternité

16 Septembre 2013 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

On définit toujours un être, une chose, une action, un sentiment en faisant référence à un autre être, à une autre chose, une autre action, ou un autre sentiment. Et l'on procède alors : soit par analogie, soit par opposition. Eh bien, avant de vous parler de la Fraternité maçonnique je vous propose de nous frayer un chemin vers la définition de la Fraternité en faisant au passage la distinction entre : AMITIE, CHARITE, SOLIDARITE, FRATERNITE.

 

L'AMITIE  

Quand on parle de l'amitié, on se souvient vite des très belles pages que MONTAIGNE a écrites, inspirées par l'amitié profonde qui le liait à Etienne de la BOETIE. Cette amitié » était plus proche de ce qu'est — ou ce que doit être — la FRATERNITE des Francs-Maçons que des amitiés communes d'aujourd'hui. L'amitié, de nos jours, est plus en surface et plus fortuite. L'occasion l'a créée, l'intérêt peut-être ; le temps peut l'estomper ou la faire disparaître... Elle est pratique, légère, mondaine souvent, sincère et solide parfois... Tous comptes faits, elle s'engage à peine et le coeur se donne encore moins. L'amitié peut être déçue, c'est-à-dire, si elle a l'espoir d'être payée en retour. Et là, vraiment, que de déceptions. Ne faisons surtout pas un tableau pessimiste de l'amitié — c'est quand même une chose bien douce —, insistons seulement sur sa fragilité, son ins­tabilité... et l'amertume qu'il arrive qu'elle laisse...

 

LA CHARITE  

La charité est une notion infiniment attachante... qui peut toutefois deve­nir assez vite odieuse en fonction de certaines motivations. Attachante, la Charité l'est à coup sûr quand elle est un simple et mer­veilleux don de soi : quand, spontanément, elle atteste sa Foi, en un Dieu ou dans les Hommes. Oui, la Charité est attachante quand, au milieu des barbelés de la vie moderne, l'Homme renonce à son égoïsme et fait une large trouée afin d'être bon toujours, en dépit de tout : d'être secourable avec ceux qui en ont besoin, tous ceux qui en ont besoin. C'est cette filiation morale — d'ailleurs souvent d'origine chrétienne — à la notion du Devoir qui distingue cette charité — pourtant ô combien atta­chante — de la Fraternité. Nous avons dit aussi : parfois odieuse en fonction de certaines motiva­tions. Il existe une sorte de Charité qui n'est pas un acte obligatoirement pur, un acte ne relevant pas de ces « raisons du cœur « dont parle PASCAL et la bienveillance envers son prochain n'est pas toujours altruiste. On cherche parfois son semblable... mais surtout pour y trouver sa propre récompense ! L'odieux réside alors dans une sorte de comptabilité des actes généreux. Nous avons indiqué tout à l'heure l'extraordinaire acte de Foi que pouvait être la Charité : souvenons-nous à présent de ce salubre bouleversement dans la Chrétienté causé par la Réforme qui mettait justement au pilori cette comptabilité avec Dieu des actes généreux. — « J'ai fait ça, alors, Seigneur, tu me dois ça. C'est là que cette prétendue Charité, celle qui vise un salaire, devient vite odieuse. De même, encore, lorsqu'elle s'adresse à ceux-ci et jamais à ceux-là, opère en de telles circonstances et pas en telles autres, avec une limite plus ou moins serrée. Elle se trouve alors de mauvaises plutôt que de bonnes rai­sons... pour justifier ces discriminations. Mais au moins la Charité joyeuse, la vraie, même si elle procède d'une obligation morale ou spirituelle, est incontestablement imprégnée de Fraternité.

 

LA SOLIDARITE  

La Solidarité, elle, est un fait social et non moral. C'est un sentiment en plusieurs dimensions qui nous lie à la fois aux Hommes, au Cosmos, à la Cité, au Créateur aussi, que nous désignons sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. « L'Ame est fille de la Cité », disait le philosophe. Imaginons une seconde la Cité détruite : que subsisterait-il de notre âme et pendant combien de temps ? Comment nos facultés s'exprimeraient-elles, nos virtualités se révè­leraient-elles ? Comment notre esprit pourrait-il s'épanouir ? Qu'adviendrait-il des générations suivantes ? Nous devons donc — pour une large part, et notamment à nos sembla­bles — d'être ce que nous sommes, de valoir ce que nous valons. Mais si la Fraternité inclut la Solidarité, celle-ci n'implique pas nécessai­rement la Fraternité.

 

LA FRATERNITE  


Alors, maintenant, voyons : la Fraternité, la Fraternité tout court, qu'est-ce ?
Dans l'Antiquité, la Fraternité était considérée comme le sentiment le plus noble, le plus élevé. Même avant la Sagesse.
Contrairement à l'amour, aux affections ou aux obligations morales, la Fraternité s'établit par une décision de volonté personnelle.
Contrairement encore, la Fraternité n'inclut aucune passion, aucun senti­ment de possession ou de domination.
La Fraternité, c'est un souffle heureux qui fouette le cœur autant que la Raison ! Un « souffle » dégagé de toute autre notion de bien et de mal ; de droit, de devoir ; de comptabilité, de salaire en retour ; d'humeur versatile...
La FRATERNITE,
c'est quand le Moi pense à l'Autre,
quand ce Moi ne pense plus Moi, mais l'Autre,
quand penser à Soi, c'est d'abord penser à l'Autre.
Voilà donc pourquoi, aussi : tout commence et se poursuit par l'Autre. L'Homme social n'est heureux que lorsqu'il peut être librement, pleine­ment, également un homme parmi les autres hommes, un homme avec les autres hommes. C'est cela la FRATERNITE HUMAINE : et c'est sans doute pour la trouver plus vite, en la construisant de toutes pièces, de leurs propres mains et de leurs propres coeurs que des profanes ont voulu, un jour, devenir Francs- Maçons I...

 

LA FRATERNITE MAÇONNIQUE

« ETRE » est toujours plus que « CONNAITRE » et « AGIR » est toujours plus que « PENSER »..Alors la Fraternité Maçonnique, telle que nous la concevons à la Grande Loge de France, c'est une façon non seulement de démontrer sa foi en l'homme, mais de la rendre agissante et de la concrétiser. La Fraternité Maçonnique, ce n'est plus un sentiment, plus une attitude, ni même un réflexe, c'est une action permanente, après un choix fait une fois pour toutes. ... Et choisir d'aimer, n'est-ce pas après tout faire le plus beau des choix ?... Bien sûr, dans le monde profane, il y a de très réels et sincères élans de fraternité — plusieurs religions, notamment, en donnent de magnifiques exem­ples — hélas ! bon nombre de ces élans semblent se briser contre un mur. Oh I pas toujours un mur d'égoïsme ou d'indifférence, mais un mur que n'a pas équilibré l'harmonie la plus parfaite... Fait des hommes, des institutions ou des circonstances ?... La grande équivoque, c'est que la Fraternité profane, sauf peut-être dans certains cas particuliers de vie communautaire, ne va pas jusqu'au bout d'elle- même, ne sait pas refuser les étroitesses doctrinaires et se contente souvent d'une vie côte à côte, d'une fraternité de côtoiement I Alors que le Franc-Maçon, lui, comprend que la véritable joie fraternelle c'est de vivre non pas côte à côte, mais avec, de vivre ensemble ; d'être soi, certes, mais de vivre en pensant aux autres, en construisant sa vie en fonc­tion de celle des autres, de chercher sa vérité en retrouvant celle des autres... 'Mais penser aux autres, signifie-t-il : « s'oublier soi-même » ? Ne craignons pas de le dire : « s'oublier soi-même » ne serait pas maçonnique. puis, non :
 si l'on n'est pas d'abord redescendu en soi,
si l'on ne s'est pas : cherché soi-même, « apprécié » au sens propre du terme et, finalement, maîtrisé, comment pourrait-on alors s'approcher des autres ?  
La Fraternité Maçonnique suppose donc qu'on ait établi ou qu'on cherche à établir : la paix et l'équilibre en soi,
 le gouvernement de soi-même.  C'était déjà l'une des grandes attentes de SOCRATE : que l'autre soit son semblable par le gouvernement de soi. Et c'est d'ailleurs en cela que l'Autre est égal à Soi. Et c'est ce qui fait la précieuse originalité de la Fraternité 'Maçonnique, une Fraternité en quelque sorte régénérée, revigorée, respiritualisée :
non seulement connaître, mais être certain — sans arrière-pensée — de son environnement,
 savoir que d'autres Frères sont là, non seulement autour de soi, mais sur toute la terre : qui ont une existence propre, marchent librement, font des efforts joyeux, construisent patiemment dans le même sens, pour le même Temple. Alors tout est possible. Possible de croire et faire confiance, possible d'entreprendre et de prolonger, possible d'être soi... et d'aimer les autres, en même temps, possible de tout dire et de tout écouter... La Fraternité maçonnique, c'est un pacte contre l'égoïsme, l'indifférence, l'incompréhension, c'est un pacte de foi et d'espérance déjà sur la terre : en soi et dans les autres, en l'humanité tout entière, en la paix et la vie, c'est aussi un pacte de disponibilité permanente, d'inspiration et d'action toujours prêtes à intervenir. En fait, la Fraternité maçonnique : l'Homme, son frère, dans sa personnalité, son égalité et c'est vouloir, soi, vivre avec comme tel. Nous sommes nos propres héros, « nos héros réciproques » puisque nous croyons en nous-mêmes et que notre Fraternité l'atteste. C'est ALAIN qui fait dire quelque part à son « Misanthrope » : « Ce n'est pas que je méprise les hommes, mais, plutôt, que j'en cherche et que je ne trouve guère... Ici, en Maçonnerie, les Hommes ont retrouvé les Hommes. Ce n'est pas qu'ils soient tous semblables. Chercher son semblable ne signifie pas que l'Autre soit semblable à soi ! Au contraire ! Comme l'écrivait Paul VALERY : « Nous nous enrichissons de nos mutuelles différences », mais chacun est soi, exprimé, réalisé ou en passe de l'être. Oui, c'est en Maçonnerie que des hommes sont devenus des Hommes et, dans la Lumière, ont retrouvé d'autres Hommes, c'est là, dans cette prise de conscience, qu'est le fondement de la solidarité qui lie les Francs-Maçons, cette solidarité, partie intégrante et ciment de la Fraternité Maçonnique. Comment être comblé davantage, au moins sur cette terre, que par cette Fraternité chaleureuse dont les Francs-Maçons donnent l'exemple ? Des hommes sont là, de leur propre gré, qui cherchent ensemble la Lumière et avancent dans la voie de l'Initiation. Pour la première fois ces hommes sont réellement libres avec d'autres hommes libres. Ils peuvent parler : ils sont écoutés. Ils peuvent parler : ils ne seront ni jugés, ni condam­nés, ni offensés, ni humiliés. Le réflexe sera de vouloir les comprendre. Tout cela parce qu'ils auront décidé, une fois pour toutes, de s'aimer fraternelle­ment. Et c'est dans l'usage qu'ils feront de cet amour et de cette liberté qu'ils montreront qu'ils sont vraiment des Francs-Maçons. C'est la ressemblance de nos aspirations et de nos moeurs qui constitue notre lien à la fois le plus doux et le plus indestructible. Rien ne peut nous offrir de plus grande sécurité. En d'autres termes encore, la véritable attitude fraternelle ne consiste- t-elle pas à être soi-même, en toute simplicité, avec d'autres hommes, devenus Maçons, qui ne demandent également qu'à être eux-mêmes, en toute simplicité ? L'un des grands bonheurs du Maçon, c'est justement la saveur de cette fraternité fondamentale dont il sait exprimer et faire jaillir toute la rareté. C'est comme un chant qui aurait choisi volontairement sa propre musique et qui courrait sur des notes joyeuses vers la grande Lumière. Le tableau de la Fraternité Maçonnique que nous venons d'esquisser est-il une représentation idéale, trop chargée d'illusions ? 'Comment pourrait-on par­ler « d'illusions » quand nous, les Maçons, avons le cœur gonflé d'espoir parce que nous croyons en la perfectibilité de l'homme ? La 'Maçonnerie n'a pas le privilège de la Fraternité, la Grande Loge de France non plus. Il existe des oeuvres ou des sociétés, laïques et religieuses, d'une communion et d'un dévouement exceptionnels —. Mais nous donnons l'un des plus chaleureux exemples que beaucoup nous envient... sans d'ailleurs le comprendre ! Nous ne voulons rien gâcher de la vie, ni pour nous-mêmes, ni pour les autres : nous voulons vivre au maximum des possibilités de la vie. En paix avec nous, joyeux avec les autres. Voilà pourquoi nous nous aimons. Répétons-le : notre Fraternité 'Maçonnique n'est pas qu'une attitude, de bonheur de vivre ; c'est surtout une volonté : de bonheur d'agir... C'est ainsi que la Fraternité est la clef de voûte de notre vie maçonnique, donc de notre Temple. « 0 mes amis, il n'y a que des amis » disait le philosophe... Parce que nous sommes Francs-Maçons, nous dirons :

 

« 0 MES FRERES, IL N'Y A QUE DES FRERES »... pour tous ceux qui le veulent vraiment.

 

Source : www.ledifice.net

 

 

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