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Hauts Grades

Articles avec #planches tag

Impression d'initiation : mon initiation

5 Octobre 2015 , Rédigé par F.J Publié dans #Planches

Mes FF.: et mes SS.: en vos grades et qualités

C’est pour moi une joie de pouvoir m’adresser à vous ce soir, au sein du T.: de la F.:M.:

Comme vous vous souvenez, j’ai été initié ici même, il y a un mois, sous ce même zénith, avec quelques uns d’entre vous et par certains d’entre vous. Il m’ai donné ce soir l’occasion de vous donner les impressions que m’on laissé mon initiation. Sujet passionnant et dense. Ce sera le premier écrit qui marquera au fer rouge ma conscience avec des expériences et des sentiments et bien sur des symboles qui m’ont été révélés.

Lorsque je me suis mis à écrire sur le sujet je me suis demandé s’il était nécessaire de consulter les dictionnaires et autres livres sur la F.:M.: pour aller au fond du sujet puis je me suis dis que l’initiation était un moment de vécu, que je ne devais déchiffrer que par mes souvenir et mes quelques références sur la symbolique. Je n’essaierai donc pas d’expliquer tous les symboles et tout le ressenti que cette initiation a provoqué en moi. Je me contenterai, au travers de mon vécu, de mes autres expériences initiatiques et de mes quelques connaissances dans les symboles maçons, de vous donner un aperçu personnel de cette expérience que j’ai vécu en compagnie de mes très chers FF.: Jumeaux, Michel, Marc et Robin et de tout les frères qui ont participé à notre voyage initiatique. Dans mon opinion, mon initiation commence un peu pendant les semaines qui ont précédées la cérémonie d’initiation à proprement dite. Ces semaines ont été pour moi l’occasion d’une réflexion rétrospective et introspective sur ma volonté d’appartenir à la fraternité des F.:F.:M.:M.:. Les enquêtes que j’ai subies de la part des trois frères m’on révélé la teneur des valeurs spirituelles et philosophiques mais aussi éthiques que la F.:M.: cultivait. C’est vraiment au travers de ces questions et évidement des a priori que je m’en faisais, que j’ai pris conscience de la symbiose qu’il pouvait se réaliser entre l’homme que je suis devenu, profane éclairé de quelques lumières et cette communauté d’homme loyaux, de bonnes mœurs, intéressé par l’être et le devenir de l’Humanité. A partir de cette heureuse constatation, j’ai attendu la date de votre vote avec impatience. La peur d’être stoppé dans mon élan d’être des vôtres par quelques boules noires m’a terrassé. J’ai même repensé à cette expression populaire « avoir les boules » sans trop savoir s’il y avait un lien. Vous me le direz. A l’annonce de mon acceptation par notre Vénérable, la joie a je crois mi le feu aux poudres de ma future initiation. Je m’explique. Je crois maintenant qu’il n’y initiation que s’il y a désir. Je m’attarderai donc quelques instants sur mon désir d’être initié avant de vous révéler à mon tour les symboles qui m’on littéralement traversé l’âme, si vous me permettez de nommer ainsi la jonction du cœur et de l’esprit. Ce désir est né de la rencontre avec un de vos F.:F.:, philosophe, juriste, fondateur d’une université et d’un courant de pensé qui m’a, je crois, fait toucher du doigt (le doigt de l’esprit) le moteur spirituel de la F.:M.: et d’autres courants philosophiques et philanthropiques. C’est je crois la réunification de l’individu avec le troisième élément de son indivision. J’ai peur d’être peu clair et c’est parce que je fais des raccourcis d’années de réflexions mais le concept est simple. Pour moi il n’y a pas d’individu qui puisse survivre sans les autres, sans sa tribu, son clan, sa société ou son humanité, il faut reconstituer l’homme dans une dimension triple. Son corps, son esprit et sa société. Je cherche depuis cette rencontre, avec plus ou moins de détermination, suivant les étapes de ma vie, à trouver le fil conducteur essentiel entre cet individu bancal, incomplet et cet, pardonnez moi ce néologisme, intrivitrio, ensemble inséparable du corps, de l’esprit et de la société qui l’entour. Vous penserez pour certain que je m’écarte du sujet, du sujet de mon initiation, mais non, c’est réellement lorsque j’ai compris que je pouvais, grâce à vous, les francs maçons, chercher et peut-être trouver puis comprendre cet élément, ce chaînon manquant à l’individu que je suis, que vous êtes aussi peut-être pour certain d’entre vous, que j’ai décidé que même mon sang valait la peine d’être mêlé au votre. De nombreux rites d’initiation anciens passent par le sang. Encore aujourd’hui, ces rituels ce pratiquent et pas seulement de manière symbolique, non plus de manière cruelle car il s’agit de marquer les esprits par la communion pas par la peur ou la haine. Le sang c’est notre corps, notre coté liquide, éthérique, à travers lequel nous vivons en nous rendant compte que sans ces quelques galons de liquide opaque nous ne sommes qu’une carcasse inerte, sans vie. En unifiant notre sang, symboliquement à ces autres hommes, les plus vieux, qui savent et les plus jeunes qui nous survivrons, nous devenons sages et immortels. La sagesse et l’immortalité symbolique sont les deux vecteurs qui m’on emmené, lors de mon initiation, à libérer mon corps de profane de ses métaux, de toute les superficialités qui pourraient empêcher aux penser de glisser entre les corps symboliques. Des êtres totalement égaux entrent dans le T.:, un autre espace temps, un espace métaphysique. Nous voilà arrivés au fait de l’initiation. L’esprit de corps entre les frères jumeaux commence à se concrétiser lors du rite de la division de chacun de nous en deux moitiés. Celle de droite est enchaînés par les métaux de la vie profane à droite, le travail, la vie familial, les ambitions, tandis que celle de gauche est nue et libre de chaîne, du côté du cœur, donc équipé du désir et de la liberté d’entrer dans le T.: et d’y être initié. Mais avant que de naître M.: en recevant la Lumière il faut mourir. Je reviens donc un instant à ce moment étonnant, inimaginable de l’isolement dans cette petite pièce obscure. Je me suis senti en plein mythe de la caverne. Platon m’a traversé et, à la faible lumière de la bougie, qui projette les illusions sur les murs, j’ai écrit mon testament. Moment extrêmement intime que d’écrire son testament philosophique. De faire un bilan qui sera ensuite brûlé sous nos yeux comme pour effacer la vie du profane dans son entier. Une fois initié, des cendres de ce testament renaît, tel le phénix, l’esprit libre du M.:. V.I.T.R.I.O.L. sur le mur du centre sonne aussi comme le glas de la superficialité des hommes. Le coq sur le mur de gauche chante et annonce la sentence de mort de Socrate, qui symboliquement renonce à la vie de la pensée décadente pour la survie de son esprit de libre penseur en quête de vérité. Vigilance et persévérance, à droite, sont les seuls outils du libre penseur dans le monde profane. Revenons à cet instant de l’entrée dans le temple. C’est dans le secret du murmure, que nous avons confirmé notre volonté libre d’entrer dans le temple et d’aller vers la lumière. Les rituels qui s’en suivirent furent étonnants. Une voie solennelle nous rappelait à chaque instant que tout est symbole. Beaucoup de symboles nous sont parvenus. Je n’ai pu en interpréter que trop peu mais je pense que mon année d’apprentissage sera entièrement dédiée à l’étude de ces nombreux symboles. Du Nadir au Zénith, de l’Orient à l’Occident, de l’obscurité vers la lumière, les quatre initiés nous voyagions seuls contre tous, puis accompagné d’appuis fraternels puis ensemble, libérés de nos chaînes, faisant parti de cette fraternité, renforcé par cette union. Nous prenons conscience que cette fraternité s’entre aide pour traverser le bruit du monde extérieur et ces obstacles. Mais notre corps de profane libéré de ses chaînes devait aussi être purifié par les éléments, symboliques. Le feu est resté quelques jours marqué sur ma peau. Le lendemain je pouvais voir dans ma chaire que je n’avais pas rêvée. Que j’étais différent, à jamais. De nombreux autres symboles et moment du rituel peuvent être racontés et décortiqués, mais je ne voudrais pas ni ne pourrais pas à ce jour tous les expliquer ni même encore les comprendre. Après ces voyages et ces purifications symboliques, c’est haut et fort que nous confirmons nos vœux fraternels. Alors la lumière nous a été donnée, le bandeau c’est levé, et tous ces visages fraternels me sont apparus, quelques pointes d’épées pointées sur notre poitrine, marquant un accueil et en même temps une dernière mise en garde. Vigilance et persévérance. Nous t’acceptons et nous te protègerons, même de toi-même. Regarde, derrière toi, ton reflet même pourrait te tromper. Derrière, ton Parrain, un F.: veilleras toujours sur tes arrières. Ces images seront gravées à jamais dans mon cœur. Une dernière image m’a rappelé, comme un éclair de lumière du passé, mon initiation d’officier. Agenouillé à terre, en tenue, les mains gantées de blanc, symbole d’innocence, je reçoit d’un frère, de la pointe de son épée sur mon épaule, le grade d’APP.: M.:. Aujourd’hui, mon choix d’initié est d’appartenir plus que jamais à cette fratrie qui cherche à comprendre le sens et participer de l’histoire de l’Humanité. Sans regret j’abandonne le simple spectateur, aveuglé et impuissant. Mon propos est d’être avec vous l’aspiration et l’inspiration de cette Humanité d’homme, complété par l’union de ce chaînon de liberté, d’égalité et de fraternité,

J’ai dit.

Source : http://tablierpentagonal.over-blog.org/article-5217010.html

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Impressions d’initiation

2 Octobre 2015 , Rédigé par T\-M\ S\ Publié dans #Planches

Vénérable Maître Et vous tous mes Frères, en vos grades et qualités,

J’ai le devoir de vous restituer mes impressions d’initiation à l’occasion de la cérémonie de ma réception parmi vous. Avant l’initiation, j’avais des à-priori positifs en comparaison aux fantasmes profanes sur la franc-maçonnerie, d’autant plus que je soupçonnais certaines personnes de mon entourage d’y être, lesquelles personnes ont des attitudes et des comportements exemplaires. Je me suis toujours demandé « d’où leur vient-il cette capacité à garder leur calme dans toutes les situations » ? Mes à priori se sont renforcés lorsque j’ai lu un franc-maçon qui a écrit que « Le Dieu des Maçons n'est ni Substance, ni Cause, ni Ame, ni Créateur, ni Père, ni Verbe, ni Amour, ni Rédempteur, ni Satan, ni rien de ce qui correspond à un concept transcendantal : toute métaphysique est écartée. C'est la personnification de l'équilibre universel : Dieu est architecte. Il tient le niveau, l'équerre, le marteau, tous les instruments de travail et de mesure. Dans l'ordre moral, il est la Justice ». Cette théologie me convenait parfaitement, restait à trouver la voie pour me faire initier. Aujourd’hui, je suis entrain de m’exprimer devant une assemblée de Franc-maçon, de vous livrer, mes chers Frères, mes impressions et dans ce présent où nous sommes, je réalise que moi aussi, je suis bien franc-maçon du REAA, que je porte des gants blancs et un tablier, que je bien suis bien dans une loge, que je suis dans le secret, que je suis dans ce que peu d’hommes ont pu côtoyer dans leurs courtes vies terrestres. Etre franc-maçon, plus qu’un objet d’orgueil, est un privilège et un honneur. Les impressions que j’ai eues des interrogatoires relatives aux enquêtes préliminaires sont la nécessité d’être un homme libre et de bonnes mœurs pour avoir l’opportunité de faire partie d’une confrérie qui a traversé les époques, les temps, les conflits et qui reste traditionnelle. Cette épreuve m’a montré la nécessité d’avoir une parole de fer qui ne change pas au gré des circonstances. Lorsque, pour mon audition la première fois sous le bandeau et sous les bruits menaçants des épées, je reçus des questions venant de tous les sens, j’ai appris la leçon selon laquelle, je vis comme un aveugle et qu’il est nécessaire de répondre intérieurement aux questions en donnant les réponses appropriées sans me mentir à moi-même afin d’avoir accès à la lumière. Le bandeau est une leçon sur l’état de l’homme profane qui vit sous un voile perpétuel, l’initiation seule permet d’enlever ce bandeau. L’initiation maçonnique est une formidable leçon de courage. Il m’a fallu avoir la volonté de continuer à avancer malgré mes peurs. Malgré que j’aie quitté mon domicile sans n’avoir rien dit à personne de là ou je vais, de me mettre dans une tenue d’enterrement, tout de noir vêtu, d’accepter de me faire mettre le bandeau et de me laisser emmener par des routes sinueuses sans savoir ou je vais, de me mettre à la merci d’un groupuscule pouvant me faire du mal sans que je connaisse les visages des agresseurs, mais de croire en même temps quelque part en mon for intérieur que malgré ces risques, il se peut aussi que je regagne mon domicile le soir, c’est ça le courage ! Et la franc-maçonnerie m’a confirmé que je suis courageux. Le 15 Janvier 2012, date gravée à jamais dans ma mémoire, on me conduisit dans le cabinet de réflexion ou, sous le bandeau on me demanda de me dépouiller de tout ce qui était en métal, je le fis sans discuter, ensuite je découvre au retrait du bandeau, un endroit macabre : un mûr noir, une bougie allumée, un crâne humain, des tubes avec des substances, un morceau de pain, une sorte de clochette, une instruction qui disait : « VITRIOL», à côté « Vigilance et persévérance » et des instructions menaçantes au mûr. Le temps a duré, seul dans ce coin, j’ai fixé le crâne humain pendant longtemps et je me suis dit : « L’homme se retrouve donc ainsi après la vie, moi aussi je serais comme ça » et la phrase du roi Salomon m’est revenu en tête, « Vanité des vanités, tout est vanité ». L’homme ancien est mort dans le cabinet de réflexion et il a rédigé son testament philosophique et moral. L’homme ancien est entré par la porte de la loge de manière bandée, il n’en sortira plus jamais, seul l’homme nouveau va en sortir. Ensuite, la porte s’est ouverte, le frère Expert est venu ouvrir la porte et me conduisit au sein de la loge, sous le bandeau, dans une apparence insolite, bras gauche et sein gauche nus, pied nu, corde au cou, j’en ai fait le rapprochement avec l’enfant qui vient nu, avec un cordon ombilical mais tant que celui-ci n’est pas coupé, l’enfant ne peut pas encore respirer et c’est là qu’intervient les trois épreuves de l’Air, de l’Eau et du Feu. Lors de l’épreuve de l’Air, j’ai senti une véritable peur parce qu’il y avait beaucoup de bruits, je commençais à marcher sur une sorte de pente qui brusquement est devenu un vide et le sentiment de chute m’est apparu, un frère m’a heureusement, retenu. J’ai compris ici, l’importance de l’aide des autres pour s’en sortir dans les épreuves de la vie. L’épreuve de l’eau a été moins bruyante, celle du feu a été sans bruit et à chaque fois, il fallait renouveler le serment et confirmer si j’acceptais de continuer en franc-maçonnerie, le « Oui monsieur » que je prononçais, je le pressentais, me rapprochait de plus en plus du but. Et ce serment sur le Volume de la Loi Sacrée, avec le compas pointé sur mon sein gauche était lourd en termes de mots à prononcer « Je préférerais avoir la gorge tranchée que de manquer à mon serment », après un tel serment, il faut avoir peur, même de son ombre. A la demande du V\ M\ le bandeau me fût retiré et je découvre un corps gisant au sol sous un drap, des épées dirigées vers moi, les tenants des épées ayant une main cachant leurs visages et le vénérable maître de marteler la menace liée à la trahison du serment, qui s’apparenterait à la personne gisant au sol. La grande consécration est celle où le V\ M\ s’adresse à moi en disant : « je vous crée, constitue et reçois Apprenti franc-maçon, 1er Degré du REAA » Je suis donc devenu franc-maçon, pour de vrai, le parcours a été celui d’un combattant ! Je me vis remettre, par le V\ M\ les cendres de mon testament brûlé, une paire de gants blancs et un tablier blanc. Je découvre la chaîne d’union, la façon de se mettre à l’ordre, la façon d’acclamer, le mot de passe et l’Agape, qui a été un merveilleux moment de partage et d’échange. Le mot fraternité a pris tout son sens. L’initiation m’a marqué pour la vie, je n’oublierais jamais le bandeau, le cabinet de réflexion, le serment ; l’initiation m’a marqué par le rappel que je me fais chaque jour des épreuves subies, lesquelles épreuves me guident chaque fois je sens l’impulsion monter, chaque fois que la passion veut prendre le dessus, chaque fois que l’émotion veut l’emporter sur la raison.
Vénérable Maître, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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De l'Ombre à la Lumière

1 Octobre 2015 , Rédigé par D\ L\ Publié dans #Planches

Avant de recevoir la lumière et de travailler à l’ombre sur la colonne du septentrion, l’apprenti se trouve plongé dans les ténèbres que sa condition profane lui inflige : Les sens allégoriques des symboles Ombre, Lumière et de son antonyme Ténèbres ne feront pas l’objet de mes propos de ce soir. Tout au plus rappellerais-je que, en franc-maçonnerie, les Ténèbres sont assimilées symboliquement à l’Ignorance et qu’à l’inverse, la lumière évoque la connaissance; quant à l’ombre, celle-ci n’a aucune signification allégorique reconnue, si ce n’est pour évoquer l’ambiance dans laquelle se trouvent les apprentis sur la colonne du nord. Je m’intéresserai d’avantage au principe d’opposition entre ténèbres et lumière dans un premier temps, pour étudier ensuite quels sont les pré- requis maçonniques qui facilitent le passage de l’ombre à la lumière. Il y a un aspect quasi démiurgique dans l’opposition ténèbres - lumière. Le principe d’opposition binaire fondamentale est un outil qu’affectionne particulièrement la Franc-maçonnerie dans un but pédagogique. En effet, le manichéisme étant une attitude naturellement humaine, les oppositions fondamentales sont souvent sclérosantes dans la vie profane. La maçonnerie utilise celles-ci et en les rendant fécondes et nécessaires ( dixit le rituel d’initiation) pour nous orienter, soit vers le binaire de complémentarité, soit vers le ternaire.
Au grade d’apprenti auquel nous travaillons ce soir je citerai parmi ces oppositions fondamentales :

  • Lune et Soleil,
  • Noir et Blanc contenus dans le pavé mosaïque,
  • Equerre et Compas,
  • Nadir et Zénith,
  • Force et Beauté,
  • Sud et Septentrion,
  • Midi et Minuit,
  • Masculin et Féminin,
  • Ordre et Chao… Etc

La voie médiane proposée en loge réconcilie ces oppositions fondamentales en nous débarrassant du manichéisme, ainsi :

  • Le Delta lumineux symbole de la connaissance gnostique éclairant le monde figure à l’orient entre la Lune et le Soleil ;
  • Le Fil du Pavé Mosaïque enserre les cases Blanches et les cases noires dans une Harmonie bienvenue ;
  • La position de l’équerre et du compas forment le sceau de Salomon, symbole d’équité et de justice ;
  • Le fil à plomb, symbole de la descente en nous même, aide à faire la jonction entre le Nadir et le zénith alors que la table d’émeraude qui figure à l’occident, symbole d’Hermès Trismégiste, nous indique que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » .
  • La sagesse préside à la construction de l’édifice, soutenue par la Force et Ornée de la Beauté ;
  • L’orient, où siège le VM, foyer de concentration des énergies des FF\ et de la loge, joint le septentrion et le midi ;
  • La durée de la tenue va de Midi à Minuit ;
  • La Spiritualité est Asexuée ;
  • Et le substantif AB joint ORDO et CHAO dans la devise « ORDO AB CHAO » du REAA car, chez nous, l’ordre est issu du Chao.

Dès lors, pourquoi ne pas considérer l’ombre comme la voie médiane qui atténuerait l’opposition fondamentale entre Ténèbres et Lumière ? Ainsi , le chemin de l’ombre serait celui qui nous ferait passer des ténèbres à la lumière… Revenons quelques instants sur le rituel d’initiation que nous avons encore vécu récemment : La noirceur du cabinet de réflexion prolongée par la cécité qu’entraine le bandeau sur les yeux du profane indique que celui-ci est plongé dans les ténèbres. L’impétrant triomphe des 4 épreuves sur les 4 éléments pour aspirer en sortir ; La lumière qui lui est demandée par le premier surveillant lui est brutalement assénée. Ainsi, la première manifestation de l’Initiation accomplie est le fait qu’on retire le Bandeau obstruant la vue du profane. L’aveuglement provoqué par la brutalité de la lumière fait donc suite à la cécité entretenue par le port du bandeau … L’apprenti a reçu la lumière initiatique, mais il est incapable de décrypter les enseignements de la F\M\ qui viennent de lui être donnés ou vont incessamment lui être communiqués au cours de la cérémonie. A la faveur des yeux qui se dessillent, la lumière de l’initiation ne va pas éclairer autre chose que l’ésotérisme de la F\M\ ; non pas par exotérisme ; Au contraire ! La lumière fait prendre conscience au nouvel initié de la difficulté de pénétrer l’institution et d’en explorer les Arcanes… Ainsi l’apprenti est en droit de penser ; « je viens d’être adoubé , je suis Franc Maçon, donc fils de lumière et mes FF\ me reconnaissent comme tel… Mais je suis app, je n’ai que trois ans , je dois me taire, et je ne sais ni lire ni écrire… Et en plus on me demande de respecter le secret sur ce qui vient de m’être enseigné … mais tout ce qui vient de m’être enseigné est secret à mes yeux… ». C’est à peine initié, et autorisé à s’asseoir dans l’ombre sur la colonne du septentrion, que l’app F\M\ prends conscience du chemin qui le sépare de la lumière. Un chemin qu’il soupçonne infiniment plus important qu’il ne l’imaginait avant son initiation… Je voudrais dire ce soir à nos FF\ app que l’ombre de la colonne du nord est néanmoins le chemin le plus rapide pour tendre vers la lumière ; encore faut-il apprivoiser celle-ci afin de se repérer le plus rapidement possible sur la voie initiatique et ne pas s’y perdre ; Si, bien entendu, aucune leçon de Maçonnerie n’est à prodiguer dans le cadre de ce travail, je me permettrai de faire part des observations que j’ai faites au cours de mes 25années passées en FM. Tout au long de ce parcours, je me suis inspiré des FF\ que je pressentais comme les plus éclairés afin d’essayer, non sans difficultés d’ailleurs, de leur emboiter le pas sur la voie initiatique… La première de ces observations est l’appropriation du langage symbolique et la compréhension du Rite ; A l’instar de la lumière d’ordre qui se répand au début de la tenue afin d’éclairer nos travaux, la compréhension du rite par l’appropriation de ses symboles permet à la lumière de se répandre en l’initié, d’éclairer en lui la finalité de la F\M\ et de lui faire comprendre l’institution, le Rite pratiqué et les symboles. Cette appropriation par chacun de nous est indispensable pour assurer la sérénité de nos travaux en les préservant des écueils des travers profanes. La progressivité garantie par les Rituels d’ouverture et de fermeture des travaux en loge dégage le temple maçonnique de l’espace temporel et sociétal en le prémunissant du Forum. Le REAA entretient, par un juste équilibre, une spiritualité laïque propice à la diffusion de la lumière sur nos travaux ; Sa compréhension par chacun est donc une condition nécessaire, mais ô combien insuffisante ! En effet, cette lumière n’éclaire que les scories de notre condition profane. Cette profanité (pardon du néologisme) planerait sans cesse dans le temple si les adeptes ne cherchaient pas, par eux-mêmes, à déceler la vraie richesse qu’ils ont en eux. Le VITRIOL (Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée) du Cabinet de réflexion n’est pas autre chose que le « Connais toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux … » Aucun Maître Maçon, aucune Institution, aucun Ouvrage ne peut révéler autre chose que ce qui repose, à moitié endormi, dans le commencement de sa propre connaissance. Alors, le Silence imposé à l’apprenti, dans l’ombre de la colonne du septentrion, va se transformer petit à petit en véritable ascèse volontaire et méditative. Le VITRIOL est l’huile de la lampe qui éclaire la voie initiatique ; une voie qui ne mène nulle part ailleurs qu’à sa propre réalisation humaine ; autrement dit, la seule voie initiatique qui vaille est sa propre voie, sa propre initiation… Prenons garde, la voie initiatique est un chemin long, tortueux et parsemé d’embuches… Il faut s’y engager avec prudence, mais détermination, car on a vite fait de s’y égarer voire de la quitter. Cela m’amène à ma deuxième observation ; elle concerne l’assiduité, le zèle et le dévouement… Nombreux sont ceux qui quittent la voie par inassiduité, entrainant ainsi leur désintérêt et leur démotivation. Les raisons de ne pas venir en loge sont bien plus nombreuses et évidentes que celles de venir y travailler. Mais la maçonnerie se pratique en groupe et le chantier d’œuvre a besoin d’ouvriers pour bâtir le temple idéal et seule la confrontation fraternelle de nos idées parvient à faire grandir celles-ci. Nous sommes dans un ordre, donc une institution de devoirs dont les droits ne confèrent rien d’autre que le droit de remplir d’autres devoirs. C’est pour cela que les FF\ les plus éclairés sont volontaires pour tout, tout en étant candidats à rien… Le Zèle et le dévouement sont les clés qui ouvrent les portes de l’élévation sur la voie initiatique. Le REAA comporte 33 degrés d’élévation et si l’apprenti est le premier d’entre eux, le grade de maître en est le troisième échelon. La règle, qui est le premier outil qui nous a été montré le soir de notre initiation, nous indique que nous appartenons à un ordre, et ses 24 graduations nous confirment que c’est 24 heures sur 24 que nous y appartenons. Rappelons-nous ce que notre rituel de fermeture profère : « que la lumière qui a éclairé nos travaux continue à briller en nous pour que nous poursuivions en dehors, l’œuvre commencée dans le temple… » Et si La tenue commence à midi pour se terminer à minuit, cela nous indique que nous devons passer la moitié de notre vie à nous perfectionner tandis que l’autre moitié doit servir à l’amélioration de l’humanité. La troisième observation que j’ai faite est que les FF\ \les plus éclairés que j’ai rencontrés, agissait dans l’ombre car ils sont souvent très humbles et très aimants. Il faut se méfier des apparences, les décors les plus resplendissants de notre institution n’ont pas droit de cité ailleurs, alors que le plus modeste en apparence cache parfois un très haut niveau d’élévation. De même, le bien parler en loge n’est pas l’utilisation d’un beau phrasé, mais l’usage du langage du cœur. L’humilité est contemporaine de la lucidité car la gnose n’est pas le savoir ; au contraire ! L’art Royal ne se pratique qu’en remettant en permanence ses acquits en cause ; Le sachant est emprunt de certitudes alors que le sage est pénétré par le doute ; Ainsi, la seule conviction que j’ai acquise en maçonnerie, c’est celle qui consiste à ne pas douter du doute !... La perfection ne peut être qu’un idéal à atteindre. Symbolisée par la lumière, elle revêt le manteau de la sagesse et se pare des atours de la vérité ; Mais bien entendu, elle est inatteignable, car nous sommes imparfaits! Seul l’amour fraternel dans l’altérité permet de passer outre nos imperfections mutuelles. La fraternité est le lien indéfectible qui unit les F\M\ quelles que soient leurs différences, leur situation profane, leur culture, leur religion ou leurs opinions… L’amour fraternel permet d’entretenir à l’intérieur de soi la lumière initiatique qui, par irradiation, permet aux autres d’éclairer leur propre conscience, et de voir clair en eux même. Si la lumière d’ordre se répand de manière efficace en loge grâce aux compréhensions individuelles du rite et des symboles, l’amour et le sens de l’altérité de certains initiés répand, sur tous les FF\ de la loge, la chaude lumière de la connaissance. Celle-ci est partie intégrante de notre Egrégore et elle éclaire en permanence notre chaîne d’union, même lorsqu’ils sont passés à l’Orient Eternel. Voilà mes FF, vous aurez compris que cette planche n’est que le témoignage d’une expérience intime, mon expérience intime… A l’issue de celle-ci, je suis fermement convaincu que, malgré la stricte observance des préceptes de la Franc-maçonnerie, on ne passe pas de l’ombre à une lumière absolue, mais à un jeu d’ombre et lumière maitrisées ; Et c’est tant mieux, car je pense que l’ombre est absolument nécessaire à la mise en exergue de la lumière, qu’elle favorise le discernement et donne du relief à notre vie. Malgré ces 25 ans de parcours, je ne sais pas si je suis plus éclairé qu’auparavant. Néanmoins, la voie initiatique a émulé en moi, le sens de la clairvoyance, ce qui m’a aidé à m’acclimater et apprivoiser l’ombre qui m’entoure et qui continuera de m’entourer, en tant qu’eternel apprenti franc-maçon ; quant à la part d’ombre que j’ai en moi, elle est le reflet de mon ignorance, et je ne l’ai pas supprimé. La F \M \, m’a cependant appris à l’accepter et à vivre avec; l’initiation a révélé en moi une aptitude à discerner ce qui est du ressort de la conscience qui m’appartient, que je contrôle et que j’essaie d’améliorer ; de ce qui résulte de mon inconscient qui ne m’appartient pas, que je ne contrôle pas, mais que je peux borner ; En quelques mots, mon initiation m’a permis de circonscrire cette part d’ombre et d’ignorance qui est en moi, et émuler la lumière de la connaissance, dont mes FF\ \ les plus éclairés m’ont gratifié . Quant à savoir si je prodigue un éclairement, je ne suis pas apte à le dire… La seule chose que je sais, c’est que, comme le disait Saint EXUPERY : « On ne voit vraiment bien qu’avec le cœur car l’essentiel est invisible à nos yeux », autrement dit, mes FF\, le regard que je porte sur vous avec mon cœur me permet de voir infiniment plus de choses que ce m’autorisent mes yeux …


source : www.ledifice.net

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Je vous créé, constitue, reçois apprenti franc-maçon

27 Septembre 2015 , Rédigé par L.R Publié dans #Planches

C’est cette phrase, symboliquement décomposée en 3 parties, qui fait de chacun d’entre nous un apprenti Franc-maçon. Elle est, après la Grande Lumière, l’acte de notre renouveau spirituel. En effet, l'initiation consiste d'abord en la transmission d'une influence spirituelle aux nouveaux initiés pour les mettre sur la voie de leur réalisation personnelle. L'initiation, au travers de ses rites, relie tous les initiés depuis la nuit des temps. Les rites et symboles sont les témoins de notre tradition initiatique. Toute la cérémonie d'initiation repose sur eux en obéissant à un rituel immuable. Vivre le sacré implique nécessairement un rituel plus ou moins élaboré. Lorsque nous pénétrons dans le cabinet de réflexion, nous sommes tous, à cet instant, une magnifique pierre polie par le monde profane. Et notre première perception est celle d’un profane : l’endroit est lugubre, ténébreux, macabre… quand on lit pour la première fois VITRIOL. Nous pensons alors à l’acide, au poison qui est une perception exotérique. Au fur et à mesure que notre œil s’habitue à la faiblesse de la lumière, notre perception évolue. Nous nous apercevons qu’il ne s’agit pas de l’acide, qu’il s’agit là d’une abréviation : V I T R I O L . Oui, mais laquelle ? Dès lors qu’on se pose cette question, ce symbole fait éclater notre pierre cubique profane en la transformant en pierre brute maçonnique. Nous venons d’avoir, pour la première fois de notre existence, une perception ésotérique. C’est au terme des 4 épreuves que l’on devient purifié. Il s’ensuit les serments et la Grande Lumière. Tout cela place la cérémonie à son point culminant. Les Néophytes sont alors prêts à recevoir l’influence spirituelle qui va les rattacher à la chaîne initiatique. Tous les gestes et paroles s’imprègnent alors de transcendance en s’adressant à l’aspect immortel de l’être. Notre Vénérable Maître est investit alors d'une puissance sublime et rayonnante dépassant les limites de sa propre personne : il est force pensante et agissante. Après que nous ayons déposé notre genou droit à terre et ayons adopté une position quasi-fœtale, le Vénérable-Maître élève son épée flamboyante, représentation de l’épée des gardiens angéliques, symbole du combat que nous devons mener dans nos temples pour vaincre l’insubordination, le vice et le crime. L’épée est un symbole ambivalent, outil capable du meilleur comme du pire. Mais l’épée flamboyante elle, n’est pas dangereuse, elle n’a pas de bord tranchant. Si elle est flamboyante, c’est bien parce qu’elle symbolise le feu, la foudre et par conséquent une certaine pureté. Puis le Vénérable-Maître pose son épée flamboyante sur la tête puis sur l'épaule gauche et enfin sur l'épaule droite du Néophyte en frappant son épée flamboyante à chaque position d'un coup de maillet, symbole de puissance spirituelle et du pouvoir du Vénérable Maître dans la Loge. C'est aussi un symbole de volonté et de détermination morale. C'est l'insigne de commandement qui agit de façon discontinue. Ces actes ne sont pas innocents : l’épée, symbole du Verbe et de la Parole n’entre en action envers le Néophyte que par l’action du maillet, symbole d’activité formatrice. On ne peut pas séparer l’acte des instruments qui le confère. Les paroles sont prononcées par notre Vénérable-Maître au nom de la Tradition Initiatique qu’il représente et qu’il incarne. Il devient le chemin vertical entre le Néophyte et le Grand-Architecte-De-L’Univers, le lien, la voie tracée, l’exemple à suivre, le passage obligé vers l’idéal. Cette façon de nous créer, constituer et recevoir apprenti Franc-maçon ressemble à l’adoubement des chevaliers : cette cérémonie féodale, très simple au XIème siècle, coincidait avec une grande fête religieuse. Muni de son heaume, du haubert, de l’épée et des éperons dorés, le chevalier recevait de son parrain la colée qui était un violent coup de la paume de la main sur la nuque, à laquelle se substitua l’accolade. L’adoubement devint au XIIème siècle un sacrement qu’administrait l’évêque et qui comprenait le jeûne, le bain symbolique, la veillée d’armes, la bénédiction de l’épée suivi d’une grand messe. Je vous crée, constitue et reçois apprenti Franc-maçon. Comment pouvons-nous trouver une explication à ces Paroles Symboliques?

Je vous créé : la création d'un nouveau Frère correspond à une réalité spirituelle tangible de nouvelle naissance qu'ont vécu tous les frères, le rituel nous le précise bien. Le Vénérable Maître crée un être spirituel par opposition à notre être matériel qui existe avant, pendant et après l'initiation. Cela correspond bien, au rite écossais ancien et accepté, au baptême de la Lumière. La création n'est pas établir quelque chose depuis le néant. Il s'agit d'établir quelque chose de nouveau, qui n'existait pas avant l'acte de création. Cependant, toute création se fait bien à partir de quelque chose d'existant.

Constitue : c'est effectivement la reconnaissance de la création par notre Vénérable Maître qui seul, fait l'alliance entre le Ciel et la Terre. C'est former un tout avec divers éléments, être les éléments d'un tout. C'est la transmission, la communication des forces spirituelles par notre Vénérable Maître. Ce dernier, représentant de notre institution et de notre tradition, reconnaît la spiritualité du Néophyte qui vient d'être créé. Il lui transmet un savoir dont le Néophyte peut et doit s'imprégner pour se révéler réellement. Le Vénérable Maître rempli spirituellement ce qu'il vient de créer.

Reçois : le Vénérable Maître forme alors l'essence de vie de l'esprit qui est en chacun de nous, germe de l'immortalité. Il invite alors tous les Frères à reconnaître le nouvel initié comme apprenti Franc-maçon; ce qui le fait alors exister en tant que tel. Après la reconnaissance, il reste à unir sa spiritualité dans sa personne, son physique. L'homme néophyte devient adulte spirituellement : il a 3 ans.

La création est l'acte qui nous différencie, mais nous lie aussi au passé.

La constitution est un acte totalement présent.

La réception est celui qui nous établit pour l'avenir.

Trois actions qui nous changent, font de nous des hommes nouveaux, qui confirment cette nouvelle spiritualité et qui nous lient pour toujours à notre chaîne d'union. De cette trilogie donc, naît un Frère, reconnu comme tel par ses Frères au sein de l'universelle fraternité. La solennité de ces gestes, de ces mots ne font qu'un dans le coeur de l'initié dans l'absolu d'un Mystère qui le crée, constitue, reçois apprenti Franc-maçon. Cet acte ne s’adresse qu’à ceux qui ont voulu se purifier. Il est comme un baptême de Lumière et marque à jamais celui qui le reçoit. Il est un acte d’intégration à un nouvel état de l’être. Il revêt un aspect d’éternité, comme tout ce qui touche au sacré. Le parrain plante le grain dans la Terre profane (et femelle) ; les 3 enquêteurs et le passage sous le bandeau sont les étapes qui sont la putréfaction du grain ; les 4 épreuves sont la pousse dans la Terre de la future plante ; l’initiation est l’érection de la plante hors de la Terre. Le Vénérable-Maître est la Lumière sans qui la vie n’existerait pas, l’Apprenti la jeune pousse. Pour moi, lors de l’initiation, il s’agit bien de la création du Franc-maçon qui n’existait pas auparavant même si la base profane de l’individu existe avant, pendant et après. Il ne s’agit ni d’une transformation (c’est à dire d’un changement progressif du profane au néophyte), ni d’une mutation (qui serait un changement génétique du profane en initié), ni d’une transmutation (qui changerait, comme par magie, un profane en Franc-maçon). Néanmoins, si symboliquement le Vénérable Maître créé un Franc-maçon, le profane a déjà commencé une certaine transformation intérieure qu'il poursuivra sur nos colonnes. La création est l'acte ponctuel et sacré qui établit durablement le Franc-maçon. Cette transformation est le fait du travail intérieur du profane, puis du Franc-maçon. C'est à la suite de cet acte, en se relevant, que l'on est alors un Franc-maçon. Le frère Expert est le premier à nous reconnaître comme apprenti Franc-maçon puisqu'il nous fait alors immédiatement mettre "à l'ordre d'apprenti". Notre comportement initiatique change alors radicalement. Nous devons alors nous soumettre aux règles du 1er degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, comme n'importe quel apprenti. Bien que cette phrase, « je vous crée, constitue, reçois Apprenti Franc-maçon », prononcée par notre Vénérable-Maître soit le point culminant de notre initiation, je n’ai entendu qu’une seule fois une allusion à ce moment qui fait que nous sommes reconnus comme Francs-Maçons dans les planches d’impressions d’initiation. Trop de choses plus impressionnables se bousculent dans nos têtes ce jour là sans doute. Nous avons tous, un jour, été créés, constitués et reçus apprenti Franc-maçon. C'est un des principaux symboles qui nous uni les uns aux autres, qui nous uni tous avec les Francs-Maçons du globe; mais aussi avec ceux du passé et ceux de l'avenir. C'est l'acte de renaissance spirituelle que nous vivons tous en tant que Franc-maçon. Chacun, à sa façon, à son rythme, cherchera sa voie intérieure au plus profond de lui-même pour se modifier et s'améliorer afin de trouver ce qu'il a de plus caché et se rapprocher de sa propre vérité. Chacun travaillera ainsi sur V I T R I O L pour pouvoir ensuite, porter à l'extérieur du temple ce qu'il y apprend au-dedans. À travers cette planche, mes frères apprentis auront compris que je les invite à travailler dans le prolongement de leur initiation principalement sur le symbole V\I\T\R\I\O\L\, celui qui est dans la continuité de la phrase prononcée par notre Vénérable Maître :

"Je vous crée, constitue et reçois apprenti Franc-maçon."

Source : http://laurentremise.typepad.fr/

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Initiable et Perfectible

20 Septembre 2015 , Rédigé par F\ E Publié dans #Planches

Nous venons à la Franc-maçonnerie par hasard – même si dit-on, le hasard n’existe pas – guidés souvent par un parent ou un camarade ou un ami maçon qui, sous le couvert du secret, et de la discrétion maçonnique nous prive du minimum essentiel devant nous éclairer dans nos décisions, dans nos choix : obédience, rite, obligations même celle d’ordre financier qui nous suivront toute notre vie maçonnique. Combien d’entre nous peuvent-ils s’enorgueillir d’avoir réussi fermement à se convaincre au moment de leur demande d’adhésion à l’Ordre de ce qu’ils viennent effectivement y chercher ? Nous connaissons la récitation-réponse aux questions posées à l’audition sous le bandeau : « Mon but en entrant dans la Franc-maçonnerie, c’est mon perfectionnement…» et vous en connaissez la suite. Quels sont donc les devoirs, les responsabilités d’un présentateur d’un profane qui frappe à la porte du Temple ? Mais que peut attendre un profane naïf d’un Maître présentateur qui n’est pas différent de « Celui qui a reçu la semence parmi les épines » de la parabole du semeur Matthieu 13-V22 ? Or le présentateur garantit la qualité du profane.

Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités,
Le thème de la planche qui fait l’objet de nos réflexions de ce jour à savoir : « Initiable et perfectible » semble à mon humble avis devoir nous amener à méditer un tant soit peut sur la problématique de la qualité de nos recrutements de profanes, de la qualité de ceux-là que nous accueillerons dans la chaîne sacrée de la franc-maçonnerie universelle à travers présentateurs, enquêteurs et tous autres Maîtres de la Loge dès l’instant que le parrainage d’une demande d’adhésion constitue pour le profane concerné un blanc-seing, une garantie de présomption de qualité pour ledit candidat et plus rien ne paraît plus pouvoir remettre en cause son passé douteux, fut-il ténébreux, puisque avons-nous l’habitude d’accepter que tout homme est perfectible. La Constitution de la Grande Loge de France en son chapitre premier » La Franc-maçonnerie universelle et ses principes » dispose que : « La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. Elle constitue une alliance d’hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances. La Franc-maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’humanité. A cet effet, les Francs-maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel. » Il résulte de cette introduction à la Constitution que l’entrée dans l’Ordre se fait par initiation dans le but de perfectionner l’humanité. Et cette déclaration soulève des interrogations : Quelle signification révèlent les termes initiation et perfectionnement ? Quelles conditions faut-il remplir, quelle qualité faut-il présenter pour être éligible à l’initiation ? En d’autres termes, tout candidat à l’initiation est-il initiable ? Tout homme est-il perfectible ? Toute initiation induit-elle le perfectionnement de l’homme ? Le perfectionnement de l’homme est-il subordonné à une initiation ? Pour tenter de répondre à tous ces questionnements, j’articulerai mon morceau d’architecture autour de deux axes : I - L’INITIATION ET L’INITIABLE II- L’HOMME PERFECTIBLE EST-IL INITIABLE ?

I L’INITIATION ET L’INITIABLE

L’initiation selon le Petit Larousse Illustré 1989, est soit, « l’action de révéler ou de recevoir la connaissance d’une pratique, les premiers rudiments d’une discipline ;
soit, la cérémonie qui fait accéder un individu à un nouveau groupe d’appartenance (classe d’âge, métier par exemple) dans les sociétés non industrielles ;
soit l’ensemble de rites d’application dans les cultes à mystères de l’Antiquité orientale et gréco-romaine ; soit, aujourd’hui, l’ensemble de cérémonies introduisant dans des sociétés secrètes. » Comme on le voit, l’initiation se pratique dans beaucoup de pays et dans plusieurs domaines. Dans nos sociétés traditionnelles africaines, elle se rencontre dans les classes d’âge : les évalas en pays Kabyè, la circoncision chez les Bambaras en Côte-d’Ivoire ou au Mali, l’excision dans certaines régions africaines, l’Akpéma chez les filles Kabyè, etc. ; l’initiation de métier de forgeron dans le village de Yohonou, l’initiation au Fa (la géomancie), au Vodou qui prend plusieurs aspects qu’on ne saurait, par prudence, développer ici. Dans certaines circonstances et dans certaines contrées, des batteurs de tam-tam et des chanteurs titulaires (Hasinon) reçoivent des initiations appropriées pour être performants. En pays Guins, les Rois sont soumis à des initiations spéciales avant leur intronisation et leur décès est tenu au secret pendant longtemps avant d’être divulgué le moment venu. Chez les Pédas, les nouveau-nés subissent trois initiations :
. « Esunkuku » première sortie de l’enfant
. « Edjédada » initiation à l’alimentation en dehors du sein maternel
symbolisée par le sel
. « Vodukon » le baptême au cours duquel est attribué le nom Pédah.
Comme on le constate, nos traditions africaines regorgent de richesses culturelles de moins en moins maîtrisées à cause de leur transmission par voie orale. D’ailleurs le Passé Vénérable Maître GBEDZE Emmanuel dans sa récente planche sur « Le Secret, le Serment et la Tradition » avait eu à souligner le peu d’intérêt que nous initiés francs-maçons nous portons à la maîtrise de la connaissance desdites traditions. Malheureusement, et c’est le drame, des confessions et sectes religieuses contribuent intensément à leur destruction, à leur disparition. A ce propos Martin GRAY dans son ouvrage « LE NOUVEAU LIVRE » déclare :
« Dans les sociétés, jadis, le passage de l’adolescence à l’état adulte donnait lieu à une initiation. Les Anciens, les sorciers, entouraient l’adolescent qui subissait des épreuves. Au terme de ces cérémonies, l’adolescent était devenu un guerrier et pouvait affronter la société des hommes, dont désormais il était membre. Où sont nos initiations ? Où sont les aînés et les prêtres qui entourent les adolescents ? Qui leur dit que le temps vient, pour eux des responsabilités ? Qui leur dit que la société dont ils font partie doit être respectée ? Qui leur parle du sacré des choses ? Des Ancêtres ? Dans notre temps sans racines où seule la consommation rapide des objets détermine nos actions, les adolescents sont laissés sans cérémonie initiatique. Alors, ne t’étonne pas s’ils les organisent à leur gré et s’ils prennent des risques pour se prouver qu’ils sont devenus hommes. Quand ils se lancent à grande vitesse sur des circuits dangereux, quand ils pratiquent la violence et même le vol, quand ils se droguent parfois, ils cherchent à se prouver qu’ils sont des initiés. »
Je ne saurais clore ce volet d’initiations non maçonnique sans faire allusion à celles qui se pratiquent dans les religions importées notamment chez les Chrétiens Catholiques à savoir le baptême, le diaconat et l’épiscopat. Que représente à présent l’initiation en Franc-Maçonnerie ? En Franc-maçonnerie, le terme d’initiation désigne la réception ou l’admission d’un apprenti. Il n’apparaît pour la première fois dans la terminologie maçonnique qu’en 1801 et devient officiel en 1826, faisant son apparition dans la Constitution du Grand Orient de France. Durant tout le XVIIIème siècle, la cérémonie d’apprenti en France est simplement appelée réception. Dans les années 1740, lorsque le récipiendaire frappe à la porte de la Loge, il était présenté comme un gentilhomme qui demande à être reçu maçon, et cela qu’il fût noble ou roturier. Selon Irène MAINGUY : « l’initiation a une vocation universelle, visant à favoriser les possibilités de réalisation de tout être (homme ou femme) qui a la volonté de travailler à l’épanouissement harmonieux de ses potentialités physiques, psychiques et spirituelles, de recréer en lui ou elle un prototype d’être parfait, crée à l’image de Dieu, comme celui décrit dans la Genèse. L’initiation veut dire à la fois commencement et mise en route. C’est un processus qui sert à ouvrir l’entendement et permet de comprendre non seulement les apparences de ce qui nous entoure, mais aussi la nature profonde des choses. Par ce chemin, la connaissance conduit à l’unité, comme l’ignorance à la multiplicité dans laquelle il y a danger de se perdre. » Etre initié, c’est renaître autrement à soi-même. L’initiation correspond à un processus volontaire pour s’extraire du monde profane, du monde chaotique, de la matière, pour recevoir par l’intermédiaire d’une chaîne ininterrompue, l’influence spirituelle. Celle-ci ne sera opérante que par un travail actif sur soi, permettant petit à petit à l’initié de rectifier, comme dans l’image de la taille de sa pierre qui représente la succession de ses efforts jusqu’à la perfection espérée.
L’initiation est le point de départ qui permet à tout cherchant de pouvoir développer ses possibilités latentes, d’éveiller son entendement, son esprit. Ce travail individuel nécessite l’effort, le courage, la lutte et la persévérance. C’est une voie active, de quotidiennes remises en questions, un état d’instabilité permanent, inconfortable, mais nécessaire à l’éveil de la conscience. Trois critères sont généralement admis pour que l’initiation puisse un jour être effective :
La qualification ou aptitude de l’être
La réception régulière des rites et la transmission du rituel
La réalisation personnelle par l’effort physique, intellectuel et spirituel
Selon Benoist, les conditions les plus impératives pour recevoir l’initiation peuvent se résumer en quatre points : la pureté du corps, la noblesse des sentiments, l’ampleur de l’horizon intellectuel et la hauteur de l’esprit. On ne saurait trop souligner le caractère rituel de toute initiation et aucune n’existe sans le respect et l’accomplissement de certains rites. L’initiation est une cérémonie qui a des règles et des exigences en matière de lieu, de temps et d’action.
Le Lieu : L’initiation, une cérémonie à caractère sacré ne peut se dérouler que dans un lieu sacralisé par un rituel, un temple ou autre lieu clos, à couvert du monde profane, fréquenté par des initiés seulement.
Le Temps : Le rituel se situe dans un temps privilégié immuable de douze heures entre midi et minuit.
L’Action : C’est le symbolisme contenu et mis en action dans les différentes étapes de la réception.
Claude Guérillot quant à lui constate que toutes les voies initiatiques véritables guident l’homme vers le respect de lui-même et de l’autre. Toutes, d’une façon ou d’une autre dérivent de la loi d’Amour. Elles sont difficiles et réclament des efforts incessants. Aucune ne confère de pouvoirs, de supériorité, de savoirs cachés mais toutes sont des voies d’humilité et d’accomplissement du devoir. » Mais alors, quelles conditions doit-il remplir, quelles qualités doit posséder un postulant pour paraître éligible aux mystères d’une initiation ?
Dans notre Afrique profonde et traditionnelle, les personnes âgées dépositaires de nos secrets ou détentrices de pouvoirs occultes pour l’entretien et la protection de la famille, de la communauté ne les transmettent qu’à des jeunes sérieux, dignes de probité, qui font preuve de circonspection et de maîtrise de soi dans leur comportement.
En effet, à quoi serviront nos valeurs initiatiques si elles doivent contribuer à l’autodestruction de nos sociétés ? Ne nous étonnons donc pas si le triste constat est que nous assistons de plus en plus à leur disparition parce qu’il existe hélas, de moins en moins de personnes dignes de confiance pour recevoir leur transmission. En franc-maçonnerie, tout profane qui frappe à la porte du Temple détient-il toutes les aptitudes pour sa réception ? En d’autres termes, tout profane est-il initiable aux mystères de l’Art Royal ?
Initier quelqu’un, c’est le mettre à un début de chemin. Ce n’est pas le mettre dans « un » chemin, ni le mettre au début du « seul » chemin, ou encore de le mettre au début de notre chemin. Il s’agit de le mettre au début de « son » propre chemin. Le chemin non pas qu’il va suivre, ou poursuivre, mais qu’il va créer, avec l’aide des frères mais en restant libre de sa démarche. L’initiation est une démarche accompagnée de serments faits à soi-même, en présence des autres, témoins de l’alliance promise par soi-même au « futur soi-même ».
La Franc-maçonnerie à ses règles qui ne contraignent que ceux qui le veulent bien et assument de se conformer (et non obéir) à leurs serments et à leur conscience.
Pour Oswald WIRTH dans son ouvrage « Les mystères de l’Art Royal » :
« Tout bois n’est pas bon à faire un Mercure, toute roche ne fournit pas une pierre convenable aux constructeurs, tout aspirant à l’initiation n’est pas initiable. »
Pour demander à devenir Franc-maçon ; il faut désirer la lumière. Or nous ne désirons que ce qui nous manque ; il est donc nécessaire de se sentir dans les ténèbres pour éprouver le besoin d’en sortir… Celui qui croit posséder la vérité ne songe pas à la chercher, de même que le juste satisfait de sa vertu néglige son perfectionnement moral. Il est donc compréhensible que le savant figé dans sa science dédaigne de se faire initier, car riche de ce qu‘il sait, il n’a pas plus à solliciter une instruction nouvelle que le croyant certain de ses croyances. L’initiation s’adresse donc aux esprits inquiets, à ceux que ne satisfait pas ce qu’ils ont pu apprendre. Il faut être mécontent de soi-même, de son savoir et de sa sagesse, pour aspirer à mieux. Celui qui adhère à un intangible credo religieux, philosophique, scientifique ou politique à tort de se diriger vers la porte du Temple… La vocation initiatique se rencontre parmi ces vagabonds spirituels qui errent dans la nuit après avoir déserté leur école ou leur église, faute d’y trouver leur Vraie Lumière. L’Initiable doit être un « homme libre et de bonnes mœurs » ; c’est pourquoi d’ailleurs, dans le Rituel de réception au premier degré symbolique, la formule « libre et de bonnes mœurs » est proclamée par le Frère Expert d’abord en se portant garant du postulant avant son introduction dans le Temple par la porte basse, ensuite à la fin de chacun des trois voyages. La même formule est également rappelée par le Frère Orateur dans la lecture des principes fondamentaux de la Franc-maçonnerie du Rite Ecossais Ancien et Accepté, après l’entrée du candidat dans le Temple.
Dans cette formule traditionnelle « Né libre et de bonnes mœurs » la liberté de naissance ne concerne pas uniquement l’état de liberté relativement aux engagements que prend un Franc-Maçon à savoir : venir aux réunions et remplir ses devoirs d’initiés ; il s’agit de la liberté spirituelle qui implique une mort libératrice conduisant à une nouvelle naissance. Pour se dire initiatiquement libre, il faut s’être affranchi de l’esclavage profane.
L’initiable doit comprendre qu’en initiation pure, rien ne s’enseigne dogmatiquement et ce qu’il apprend, il ne peut le découvrir qu’en lui-même en s’initiant réellement aux mystères de l’Art c’est-à-dire, en acceptant de devenir un artiste de l’Art de penser, essentiellement basé sur l’impartial discernement du vrai et du faux. Un postulant qui refuse de s’initier à l’Art des penseurs pour se sentir capable de chercher en lui-même une vérité qui ne peut lui être offerte de l’extérieur, un postulant qui manque de perspicacité restera profane en dépit de la plus solennelle réception cérémonielle car, si contrairement aux espérances qu’il avait fait concevoir aux initiateurs il se montre inapte aux œuvres de l’esprit, il ira malheureusement grossir le nombre des appelés qui ne sont pas élus. L’analyse des critères de qualification d’un candidat à l’initiation repose la problématique du choix, du recrutement de profane initiable aux mystères de la Franc-maçonnerie même si nous admettons que tout homme est perfectible. Cependant, la question se pose de savoir si la perfectibilité de l’homme induit à l’évidence son initiation ?

II- L’HOMME PERFECTIBLE EST-IL INITIABLE ?

Etre perfectible, c’est être susceptible d’être perfectionné, de se perfectionner. Le perfectionnement, c’est la qualité, l’état de ce qui est parfait, qui n’est pas susceptible d’amélioration ; personne, chose parfaite en son genre. Perfectionner, c’est rendre plus proche de la perfection, améliorer. Se perfectionner, c’est devenir meilleur ; améliorer ses connaissances, progresser, devenir parfait c’est-à-dire réunir toutes les qualités.
Depuis les temps immémoriaux, le monde s’est édifié sous le signe de la perfection. Dans le Livre de la Genèse chapitre I versés 1 à 2 du Volume de la Loi Sacrée, il est déclaré : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »
Alors patiemment, de façon ingénieuse, Dieu perfectionne son œuvre. Ainsi pendant six jours – le septième pour se reposer – Dieu mit en place toutes les structures du monde : lumière, ténèbres, jour, nuit, ciel, terre, mer, soleil, lune, étoiles, végétation, arbres fruitiers, animaux, poissons, oiseaux etc. et enfin l’homme, qu’il dota du pouvoir de domination, de vertus, d’intelligence et de sagesse pour s’identifier à son créateur, gouverner et poursuivre avec perfection l’œuvre. A travers des siècles, l’homme n’a donc cessé d’améliorer son existence par son génie créateur qui lui permet de s’investir dans des recherches scientifiques, techniques et technologiques pour transformer son milieu, son environnement, se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner, se déplacer sur terre, sous terre, sur mer, sous mer, dans le ciel, s’éclairer etc. L’homme crée à l’image de Dieu ne porte-t-il pas lui-même le germe de la perfection ? Du fœtus du sein de sa mère, il se développe pour naître après neuf mois. Alors commence sa vie sur terre : enfance, adolescence, âge adulte, troisième âge, vieillesse, mort et peut-être réincarnation plus tard… l’éternel recommencement. Dans toutes les dimensions de sa vie, l’être humain cherche toujours à se surpasser, à considérer chaque aboutissement comme un nouveau point de départ pour une meilleure conquête. Ainsi donc tout homme, quel que soit son domaine de compétence est perfectible (élève, enseignant, intellectuel, artisan, artiste, sportif, paysan et j’en oubliais). Comment cela pourrait-il en être autrement face au rythme effréné imprimé au progrès scientifique, technique et technologique en ce début du troisième millénaire, ère de l’Internet, des bébés in vitro. Celui qui se dérobe à sa propre remise en cause, à son adaptation, à sa formation, au recyclage, bref à son perfectionnement par la connaissance est vite dépassé, se sclérose et s’auto élimine. La Franc-maçonnerie universelle souscrit à la perfectibilité de l’homme et la Grande Loge de France la proclame aux alinéas 3 et 4 du 1er Chapitre de sa Constitution en ces termes : « La Franc-Maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’Humanité. A cet effet, les Francs-Maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel. » Pour Jacky FRANKLIN, juif de confession et franc-maçon de la G\L\D\F\, « Dieu a fait le pari de la perfectibilité de l’homme en devenir. La création n’est pas terminée, l’homme continue la création. Pour être exact, il est créateur pendant six jours et le septième il redevient créateur pour honorer son Dieu. »
Pour le juif, l’éveil spirituel est la clé de son devenir. Il lui appartient de parfaire la création. C’est donc en toute logique que la Kabbale nous apprend que la première question qui est posée à celui qui accède au monde d’en haut après la mort terrestre, est : « Es-tu devenu ce que tu es ? »
Pour le Franc-maçon, l’homme est aussi créateur de lui-même. Sa vie est un voyage, non pour faire mais pour devenir. Il devra passer du « Connais-toi toi-même » à « Deviens qui tu es » puis » Découvre ce à quoi tu sers. » Le voyage qui amène à la perfectibilité et à la liberté est un voyage à l’intérieur de soi qu’il faut accomplir en taillant la pierre, symbole de l’homme, du matériel au spirituel. Il ressort de ces assertions que l’homme est perfectible dans toutes ses dimensions. Cependant j’incline à me persuader que sa perfectibilité n’induit pas l’évidence de son aptitude à une véritable initiation aux mystères de l’Art Royal s’il n’est pas au préalable initiable c’est-à-dire digne d’être initié, de s’initier à l’art de penser.
Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités, la Franc-maçonnerie n’admet en son sein que des postulants libres et de bonnes mœurs, formule qui implique à mon humble avis un abandon véritable des métaux synonyme d’abandon du vieil homme pour un homme nouveau, d’une mort libératrice conduisant à une renaissance. Cela exige de l’éternel apprenti que nous devons être, que nous devons rester, une bonne dose de connaissance de soi, une permanente introspection par l’application de la formule hermétique VITRIOL, beaucoup d’humilité, de courage, de tolérance, de justice, de charité, de foi et d’Amour.
Mon très cher et aimé Frère, toi qui m’écoutes en ce moment, je t’invite à expérimenter avec moi cet exercice d’introspection et aussi de rétrospection pour te poser comme moi la question de savoir d’où tu viens, qui tu es, que deviens-tu ? C’est une invite à reprendre la barque du parcours initiatique pour répondre à la sollicitation : qu’as-tu fait, que fais-tu, que feras-tu de la lumière reçue dans ce temple et dans ton temple. Je me souviens comme c’était hier des péripéties de mon initiation. Je ne sais pas si j’étais digne d’être admis aux épreuves, si j’étais initiable, mais je me rappelle toujours ce que mon parrain le Fr\ D’A\ A\ G\ Geo\ paix à son âme, passé Vénérable Maître de cette Loge : « François tu es un maçon sans tablier », peu après son affectation dans mon service à la Direction Générale du Plan et je n’y comprenais rien. Quelques temps après ma demande d’admission à l’Ordre, j’ai été convoqué pour mon audition sous bandeau avec rendez-vous devant la Société d’Ameublement B\ non loin de la Colombe de la Paix. J’étais présent avant l’heure fixée mais, après plus d’une heure d’attente, j’ai déserté les lieux pour rentrer chez moi. Quelle lèse majesté à un Directeur de Service ? Vous avez certainement compris par mon comportement le sens du symbolisme de l’abandon des métaux. Je me suis assagi le jour du deuxième rendez-vous. Après mon initiation on me demande de présenter mes impressions et je voudrais livrer à votre méditation la première phrase introduisant ma planche d’impressions d’initiation que j’ai empruntée à un auteur classique français : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Je laisse humblement à votre appréciation quel genre de franc-maçon je suis devenu. Un modèle à suivre ? je ne sais pas mais j’en doute. Ce que je sais –comme dirait l’autre – c’est que je ne sais rien, je suis resté un éternel apprenti. Ce que je sais également, c’est que les plateaux d’officiers me laissent indifférents et celui de commissaire aux comptes s’est imposé à moi ; autrement, j’aurais déserté les Colonnes du Delta du Bénin pour mieux me positionner dans la toute première Loge à l’occasion d’essaimage. J’ai été initié aux Hauts Grades dans une Loge sous les auspices du Suprême Conseil de l’Afrique de l’Ouest onze ans après ma cooptation par une loge du Suprême Conseil de France. Nous étions cinq à recevoir la lumière ce 23 juin 1979. Nous sommes restés trois en activité, deux sur les colonnes du Delta du Bénin dont mon cher Fr\ T\ A\ et un sur les colonnes des Disciples d’Hiram. Les deux autres ont démissionné l’un au grade de Compagnon et le second après sa maîtrise. Je profite de l’occasion pour rendre un vibrant hommage au premier passé Vénérable Maître de cette Loge et qui lui aura tout donné, toujours sur les colonnes parmi nous malgré ses problèmes de santé, le vigilant oeil du Maître, dusse sa modestie en souffrir, l’infatigable et Respectable Frère aîné G\ F\.
J’ai amené à la Franc-maçonnerie comme présentateur plusieurs jeunes frères dont la majorité appartient à ma famille et je vous prie de m’en excuser. Ai-je gagné le pari ? A eux-mêmes d’abord et à vous de l’apprécier. Je souhaite cependant qu’ils soient des maillons solides dans notre chaîne d’union et que l’apprenti dépasse le Maître.
Pour les Francs-Maçons, l’homme est perfectible et il est perfectible par la connaissance, par la connaissance du monde, mais en même temps, par la connaissance de soi, car on ne libère pas les autres sans se libérer soi-même et les deux mouvements doivent aller en même temps. La Franc-maçonnerie est donc une école qui permet à l’homme, avec les outils de la raison, de devenir lui-même. Mais on n’entre pas facilement dans la franc-maçonnerie, car son idéal ou ses méthodes particulières ne conviennent pas à tout le monde. L’engagement maçonnique est sérieux et ne doit pas se prendre à la légère. Il suppose que la personne qui fait sa demande soit prête à faire un effort personnel sur elle et autour d’elle, qu’elle croie en la possibilité de s’améliorer et de parfaire la société, qu’elle recherche la tolérance et partage l’idéal de liberté, égalité et fraternité, qu’elle soit à l’aise dans un groupe, qu’elle ait une sensibilité s’accordant avec le symbolisme et la démarche initiatique.
Le choix des profanes postulant à l’initiation aux mystères de l’ordre doit être sérieux, rigoureux, sélectif. Au nom du principe de la perfectibilité de l’homme, des frères favorisent grâce au parrainage, l’admission dans nos Temples, des profanes nullement ou insuffisamment préparés, pour servir de tremplin à l’arrangement de leurs affaires, pour du copinage ou du clientélisme. Ces profanes « ininitiables » devenus francs-maçons malgré eux sont déçus dès leur réception et font des excuses avec oboles leur règle d’assiduité sur les colonnes s’ils ne les désertent pas à très brèves échéances, fiers qu’ils restent de leur ego, toujours lourds de leurs métaux. Malheureusement et c’est le drame, certains de ces frères sont toujours parmi nous et réussissent à atteindre l’ultime grade de notre rite et semblent à mon humble avis constituer un danger pour notre ordre. Sinon, comment expliquer les récents évènements de triste mémoire tels qu’on nous les avait révélées à l’occasion de notre dernière fête du Rite à Abidjan. Comme disait un illustre maçon de notre Loge que je me permets de paraphraser, il faut tout cela pour faire la Franc-maçonnerie.
A ce propos Oswald WIRTH déclare : « Les disciplines de l’esprit ont leur raison d’être ; aussi convient-il que le croyant inébranlable en sa foi demeure fidèle à sa religion, que le philosophe ancré dans son système en reste prisonnier, que le scientifique s’en tienne à ses conceptions, que sectes et partis, doctrines et opinions conservent leurs adhérents. Ce n’est pas l’initiation qui les leur dispute. Religieux ou laïcs, les troupeaux humains retiennent les timorés que ne tourmente aucune soif d’indépendance ; il n’y a donc pas à émanciper ceux qui ne sauraient se passer de tutelle. Quant aux autres, ils se libèrent d’eux-mêmes pour naître à une liberté qui les autorise à se dire nés libres. Ce sont eux que les Francs-Maçons reconnaissent dignes d’être admis aux épreuves de l’initiation. »

CONCLUSION

Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités,
« Initiable et perfectible » tel est le thème du sujet de réflexion de notre tenue de ce jour et j’aurais pour ma part préféré l’inverse à savoir « perfectible et initiable ». Ce thème à mon sens pose la problématique des qualités des profanes qui frappent à la porte de nos temples c’est-à-dire leurs aptitudes à être éligibles aux mystères de l’Art Royal. En l’occurrence, c’est la responsabilité de toute la Loge en général, en particulier celle du présentateur et notamment celle des enquêteurs qui sont engagées. Je vous ai livré une planche déjà longue et vous voudrez bien m’en excuser. Cependant, il y a lieu de souligner l’importance de l’admission d’un profane à l’initiation et l’attention qu’il faudra y attacher.
Selon Irène MAINGUY « Il ne faut pas prendre la chose à la légère et se dire que l’on verra bien après l’admission si le choix a été bon ou mauvais et que les indésirables s’élimineront d’eux-mêmes par la suite. Elle estime que l’admission faite à contretemps entraîne souvent des risques aux conséquences graves. En effet, celui qui est reçu et, après un temps plus ou moins long déserte nos temples est un élément qui peut devenir dangereux. N’ayant pas assimilé nos enseignements, il les dénigrera, les tournera en dérision et c’est parmi ces ex-Frères que l’on rencontre souvent les ennemis les plus acharnés de la maçonnerie ».
En ce sens, la G\L\D\F\ a conçu un schéma de rapport d’enquête qui permet, en l’exploitant avec soin, de cerner la qualité du profane, apprécier s’il est libre et de bonnes mœurs, libre parce que disposant librement de sa personne, libre de toute contrainte qui soit un obstacle, et que son esprit n’est pas inféodé à une idéologie totalitaire ; de bonnes mœurs c’est-à-dire homme loyal, d’honneur et de probité. Je suggère à ce propos que soit envisagé à l’avenir à l’intention des Maîtres une ou des planches d’éducation maçonnique sur les enquêtes et le parrainage.
Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités, en cette année maçonnique, celle de notre 33ème anniversaire placée sous le signe de la solidarité, perfectibles et initiables, éternels apprentis, prenons l’engagement de toujours nous remettre en cause – cent fois sur le métier remettons l’ouvrage - afin de maintenir en éveil et faire briller au dehors la lumière spirituelle latente en nous pour faire de la Franc-maçonnerie le Modèle souhaité. Puisse la sagesse assister notre légitime ambition, la force la soutenir, la beauté l’orner pour que la paix règne sur la terre, l’amour règne parmi les hommes et que la joie soit dans les cœurs. On n’est pas initié, on s’initie soi-même.

J’ai dit.

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« Ah ! Seigneur, Mon Dieu! ». La Construction d'un système ?

18 Septembre 2015 , Rédigé par S\ O\ Publié dans #Planches

L’exclamation "Ah ! Seigneur, Mon Dieu!" prononcée lors de l'exaltation a la Maîtrise, exprimerait-elle l'accomplissement de notre construction ou n'en serait-elle qu'une étape ? Ce questionnement a initié et conduit ma réflexion pour répondre au sujet qui m'a été confié par notre TVM. C'est la première fois que Dieu apparaît dans notre pratique. Le REAA véhiculerait-il une part de dogme ? Les mots pourraient nous conduire à cette lecture, mais le contexte symbolique de notre pratique nous conduit à dépasser tous les sens que véhiculent ces mots. Quel cheminement nous suggère donc le REAA en nous conduisant à nous exclamer en interpellant un Seigneur qu'on appelle Mon Dieu ? Cette expression marque-t-elle une finalité ou une initiation ?
Pour répondre à ces différentes interrogations, mon travail m'a conduit à ré-explorer les mots pour tenter d'en extraire leur contenu. J'ai ensuite abordé l'usage des mots dans le cadre du Mythe d'Hiram pour aborder l'éclairage que nous propose le REAA.
Dans une approche sémantique, nous pouvons dire que l'interjection « Ah ! » est le support de l'exclamation. Cette forme d'expression peut évoquer la surprise, la douleur, l’accablement ou la joie. D'un point de vue physiologique, cette expression se fait en inspiration. On cherche son souffle à la manière d'un nouveau né. Ce souffle trouvé, les trois mots suivants sont exprimés dans l'expiration. Le mot « Seigneur » exprime la reconnaissance d'une autorité. Cette autorité est qualifiée « Mon Dieu ». L'exclamation conduit à une reconnaissance individuelle « Mon » de l'intemporel « Dieu » dans !a dimension seigneuriale temporelle symbolisée par l'Homme. Cette expression évoquerait une tradition orale ou un état de conscience singulier.
Pour mieux comprendre cette tradition ou l'état de conscience qui déclenche cette exclamation recherchons des expressions similaires. Nous retrouvons dans la Bible de nombreuses exclamations de ce type. Nous pouvons citer (Josué 7.7) Josué dit : «Ah! Seigneur DIEU, pourquoi as-tu poussé ce peuple à passer le Jour d ! 'JONAS 2,7) Jonas s'adresse â Dieu et lui dit (JONAS 2,7): «…De 'a fosse tu m'as fait remonter vivant. Oh I Seigneur mon Dieu!». L'association des mots « Seigneur et Dieu » matérialise l'abstrait. Elle associe une vision seigneuriale à une vision Universelle du Divin. Le mot Seigneur dans (Adonaï) est une traduction orale du tétragramme sacré «YHWH » qui ne se prononce pas. Cette expression prédomine dans les récits bibliques qui précèdent l'exil à Babylone. Dans ces récits l'Homme parle à un Seigneur à visage humain. Nous sommes dans une relation spécifique de l'homme au Divin. Cette approche symbolise la sensibilité YAHVIQUE. Le mot Dieu, traduction de «ELOHIM» prédomine quant à lui dans les récits qui ont suivi le retour de Babylone. L'approche ELOHIQUE est plus abstraite. Cette association structure une tradition orale qui contracte par la parole l'histoire du sacré et exprime en même temps un état de conscience.
Les formes YAHVIQUE et ELOHIQUE expriment des conceptions du Divin différentes. L'expression que nous étudions nous place au cœur de l'approche YAHVIQUE.
Le REAA nous propose cette exclamation dans le cadre de la mise en scène du mythe d’Hiram pour nous ouvrir à une lecture. La méthode ne nous invite à l‘accablement de la mort du maître ou à la cherche du refuge de YAHVE. La méthode nous invite par sa mise en scène à comprendre le passage de la mort à la vie qu'articule YAHVE. Ce contexte fait ainsi toute la différence entre l'usage initiatique et exotérique des mots. « Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos dogmes (métaux) à la porte du temple, nous élevons nos cœurs en fraternité pour que nos regards se tournent vers la lumière ». L'appel à YAHVE mis en scène par le REAA, aurait donc maintenant le poids, la résonance et le sens d'un secret en vue d'une sublimation.
Le rituel nous propose une exclamation qui se rapporte au Dieu de l ‘ancien testament alors que nous travaillons à l'Evangile de St Jean. N n’y a-t-il pas ici un anachronisme? YAHVE serait-il le Christ ? Qui est-il ? Cet anachronisme n'est pas un hasard mes FF. Nous ne sommes plus dans le temps, ni dans le monde profane.
La méthode mise en œuvre nous transporte progressivement au cœur d’une articulation sacrée entre la mort et la Vie. En accédant au cœur de cette articulation nous accéderions peut-être aux secrets de YAHVE (Divin).
Regardons de plus prêt ce que nous propose la méthode et tentons d'en extraire quelques indices : Cette expression est prononcée dans le cadre de la mort. Du Maître, que nous enjambons. En enjambant la dépouille nous accéderions à une conscience celle du dépassement de nos préjugés et de nos passions. Ce dépassement devrait donc nous ouvrir à la joie et à l'interrogation. Cette invitation à la joie contraste avec le contexte de la mort L'exclamation n'est donc pas l'expression d'un refuge. Elle balise et structure un cheminement intérieur vers une connaissance future qui échappe à notre conscience présente. Le rite éclairerait peut-être une tradition alchimique.
Les récits Bibliques abordent cette tradition mais ne la révèlent pas. Quel est donc le contexte spécifique à cette exclamation et à l'éveil qu'elle exprimerait ou initierait. L'exclamation « Ah ! Seigneur, Mon Dieu !», prononcée dans le cadre
De la mise en scène du mythe d’HIRAM, met en œuvre l'Homme par le verbe.
Cette mise en œuvre utilise des mots dont la signification nous échappe initialement pour nous conduire à trouver en nous même leur sens caché. Cette mise en œuvre opère une mue progressive. Le REAA nous donne quelques indices pour aborder ce cheminement. Le rite initie cette mue par la marche inverse du récipiendaire lors de son introduction en chambre du milieu. Le rite nous initie à l'inversion. Il nous invite à regarder en toutes choses le visible et l'invisible. Il nous invite à inverser ce que l'on sait pour accéder à la connaissance de la face cachée des choses.
La mise en scène que nous propose le REAA procède par association, par substitution, par inversion ET par opposition. Cet exercice met l'esprit en action et l'ouvre à une nouvelle construction. Cet exercice constitue l'initiation L'exclamation « Ah ! Seigneur, Mon Dieu ! » n'est donc pas le témoignage d'un accablement, d'un appel ou d'une soumission à une force supérieure. L'exclamation telle qu'elle nous est proposée relèverait d'une tradition gnostique. Elle met en œuvre par le verbe une mutation intérieure qui nous ouvrirait à la connaissance. Ainsi, l'esprit en mutation s'ouvre à une nouvelle dimension. Il s'éveille et s'émerveille de ce qui existait en lui et qu'il ignorait. Cette disposition structurante conduit ainsi le M à la grande architecture
Les différents jeux de rôles que nous propose la méthode M balisent cette approche. Cette exclamation est prononcée par le TVM au moment de la reconnaissance du maître, par l'expert lors des instructions du grade, par le récipiendaire à l'exaltation et par le VM lors de l'entrée rituelle en chambre du milieu. Ces différentes situations guident notre regard à l'intérieur des choses. Ces différentes mises en scènes opèrent par leurs approches verbales et comportementales collectives un éveil individuel qui nous permet de dévoiler étape par étape ce qui nous était précédemment inaccessible. Ainsi, nous décoderions progressivement les secrets cachés de cette exclamation. Nous désenclavons les mots de leurs significations de surface. En les associant par la parole à une dimension comportementale, nous leur donnons une nouvelle signification sensible et rationnelle. Ainsi en s'exclamant et en rabattant ses mains sur son tablier, le M nous montre que ses mains sont propres. Il clame son innocence et sa fidélité. Il réclame un droit.
Cette exclamation acte un sacrifice. Elle acte aussi un cheminement d'éveil. Cet acte est une démarche de raison et de droit. Partant de cet acte, le M fait le constat d'un nouveau départ dans la poursuite d'une construction qui a en fait commencé depuis bien longtemps au travers des épreuves de purification qu'a traversé le M. En acceptant le sacrifice le M accède à son temple intérieur et se révèle à lui-même. Libre et de bonnes mœurs, Il souhaite passer du sacré au Divin. L'expression réalise l'initiation et opère la transmutation. Le M mesure la force et l'action du verbe. Cette évolution ne s'accomplit pas comme le développement d'une structure comparable à l'enfant grandissant pour devenir adulte. Elle ne s'accomplit pas comme le grain de blé mûrissant dans la lumière. Cette évolution exige de la volonté, du courage et de la persévérance.
Ce que je viens de décrire mes FF est le fruit de mon expérience vécue dans le cadre de notre pratique collective. Chacun de vous pourra décrire une autre approche issue d'une sensibilité théiste, déiste ou autre. Comme nous y avons été habitués, l'exclamation « Ah ! Seigneur Mon Dieu ! »Est un nouveau contre-pied du REAA adressé à notre sensibilité. Cette exclamation véhicule donc évidemment comme je viens de l'exprimer, autre chose qu'une interprétation sacerdotale. Elle conduit l'Homme à se transformer par lui-même. Elle conduirait l’Homme à une Foi intuitive insoumise aux dogmes. Cette foi tient dans une formidable capacité de l'Homme à se sublimer progressivement. Cette foi se rencontre au centre du cercle. Elle s'exprime par le silence, la confiance sérénité. Cette foi dépasse toutes les significations sacerdotales que pourraient exprimer les mots. A cet effet, rappelons-nous que sur le plan spirituel, Hiram ABI travaille au service d'un Dieu qui n'est pas le sien. Phénicien, il est polythéiste dans le cadre d'une religion largement inspirée par les religions de l’ancienne Egypte (Tyr était un comptoir Egyptien). Il ne se converti pas à la religion de Salomon au service duquel il travaille. Sa vraie religion est dans une construction sacrée où il associe le monde végétal (Bois de la construction du Temple) monde Minéral (Minerais pour forger les colonnes BOAZ & JAKIN) et le monde animal ( symbolisé par le sang de son sacrifice). Le mythe d'Hiram était probablement ALCHIMISTE. HIRAM ABI était détenteur de la connaissance des rois mondes (Minéral, animal et végétal) La FM spéculative et le REAA en particulier, conduiraient donc par la tradition à la construction de l'Homme par lui même. Ainsi, le REAA conduirait l'Homme à réunir en lui même le règne minéral, végétal et animal. Il conduirait donc l'Homme à réunir en lui la Beauté (BOAZ) et la Force (JAKIN) nécessaires pour devenir Divin.
Ainsi, la méthode alchimique par moments, Hermétique ailleurs, nous plongerait dans un athanor pour extraire par la tradition le subtil de l'épais, transformer le plomb en or et ouvrir l'Homme à une lumière méconnue qui vit en lui.
Concrètement, ce travail nous conduirait à la conscience d'une vie intérieure. Il conduirait aussi à faire progresser cette conscience par l’action au service de l'humanité.

TVM, VM, J'ai dit,

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Que sont les héros devenus ?

16 Septembre 2015 , Rédigé par J\ N\ Publié dans #Planches

Dans l'antiquité, les héros sont des créatures à mi-chemin entre les hommes et les dieux et possédant pour la plupart une part de sang divin, tels Héraclès (fils de Zeus et d'Alcmène) ou Persée (fils de Zeus et de Danaé) ou encore de Gilgamesh. Comment et pourquoi les civilisations humaines construisent-elles des personnages si exceptionnels que leurs hauts faits demeurent dans les mémoires, alors même que les circonstances historiques s’effacent ? Thésée tue le Minotaure, Alexandre tranche le nœud gordien, Vercingétorix s’oppose à César, de Gaulle lance l’Appel du 18 juin… : le héros est d’abord un homme d’action. Il surgit lorsque la communauté risque de régresser vers le chaos, a besoin de refaire son unité ou de tenter l’impossible. Non dénué d’ambiguïtés, son statut est toujours paradoxal : dieu pour les hommes mais homme pour les dieux. Oscillant entre le religieux et le laïc, le héros participe de la condition humaine tout en la dépassant; il a besoin de la violence et de la guerre pour établir l’ordre et la paix, du chaos pour instaurer un ordre accepté par tous. Cette part divine en eux explique leur force morale et physique alors que leur part d' « humanitude » implique et explique leurs faiblesses et l'incertitude quant à l'issue de leurs aventures. Ce qui les meut est moins noble que ce qui agite les dieux ; il s'agit pour eux d'obtenir une purification qui éliminera leur part humaine, qui en fera des « dieux à part entière » et leur octroiera l'immortalité. Le demi-dieu, c'est le héros idéalisé, vu depuis un présent dégénéré, grandi par la distance temporelle. Héraclès ne meurt pas au sens humain, il est enlevé au ciel sur un nuage en une apothéose que les mythologies réservent à ceux que les dieux acceptent à leurs cotés et qui se nommera, plus tard et en un autre contexte, une « assomption » (latin assumere = accepter consciemment une situation, un état psychique et leurs conséquences). C'est aussi le cas de Persée qui, avec Andromède et Cassiopée, coule dans l'infini des cieux, des jours et nuits paisibles après avoir endurer de rudes épreuves (se rappeler Méduse, terrible gorgone). Ce catastérisme (être changé en astre) figure symboliquement l'ascension céleste du héros, son immortalité. Pour nous, pauvres mortels dépourvus de sang divin, la purification nécessaire serait beaucoup plus longue et difficile ce qui explique qu'elle revêtira une signification plus spirituelle que matérielle. Nous n'avons pas de sang à transfigurer, mais notre esprit, notre éthique se doivent d'évoluer, ce qui implique aussi du courage et les héros sont des modèles à imiter et leurs exploits, leurs victoires doivent nous inspirer quant aux devoirs qui nous incombent. « Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières ». (O. Wilde)

L'aventure mythologique du héros suit un itinéraire type :

Séparation-Initiation-Retour. Le héros s'aventure hors de son monde habituel et découvre le surnaturel, merveilleux ou terrifiant d'où il revient victorieux, dispensateurs à ses semblables des bienfaits acquis. Par ces actes créateurs découlant symboliquement d'une mort au monde, le héros revient « re-né » empli de force fécondante et source de progrès. Les héros sont qualifiés de « justes », la justice fait ainsi une discrète entrée dans l'histoire. Hésiode n'a pas héroïsé tous les héros guerriers car il aurait sanctifié la fonction guerrière elle-même or son idéal politique de « rois » protecteurs des paysans, sa volonté de créer des idéaux « valables pour tous » impliquent au contraire le rejet ou la transformation de la fonction guerrière. Ses Iles des Bienheureux ne sont pas un « paradis d’Odin» destiné aux guerriers, elles sont un paradis destiné aux « justes ». La théologie rejoint la politique. Les héros sont plus braves parce que plus justes, ils connaissent la peur et peuvent opérer des choix (libre arbitre). Le personnage doit incarner « l’universel dans le particulier », « l’individualité allégorique ou symbolique dans laquelle l'humanité se reflète». Il y a les héros tribaux ou locaux tels l'empereur Huang-Ti, Moise ou le Tezcatlipoca des Aztèques qui n'accordent leurs bienfaits qu'à un seul peuple. Les héros universels, Mahomet, Jésus, Gautama le Bouddha, apportent un message universel. Ridicule ou sublime, grec ou barbare, juif ou aztèque, l'essentiel ne varie que fort peu : le héros est celui qui cherche et qui trouve, qui se trouve, révélation d'un même mystère, l'acte entre tous du héros étant de parvenir à la connaissance de cette unité (intérieur-extérieur) et de la transmettre. Les héros immortels sont entre l'épopée et les cultes. L'héroïsation cultuelle joue un rôle catalyseur. Ce sont les grands ancêtres de la conscience morale. Les héros cultuels ne sont pas « héroïsés » à cause de leurs exploits de vivants mais à cause de l'efficacité qu'on leur reconnaît après leur mort. Le héros devient ce que son culte fait de lui, un être capable de prodiguer ce que, dans l'observance du rituel, on lui demande(en général une protection). Mircea Eliade écrit : « la fonction maitresse du mythe est de fixer les modèles exemplaires de toutes les actions humaines significatives ». La protection apportée par Athénée aux héros Héraclès, Achille, Ulysse, Ménélas, symbolise, selon Pierre Grimal, l'aide apportée par l'esprit à la force brutale et à la valeur personnelle du héros. Le héros lutte contre toute forme de banalisation, d'oppression, d'obsession : c'est Hercule contre le centaure, Thésée contre le Minotaure, forces primitives de l'instinct et de l'inconscient. En occident, St Michel terrassant le dragon, gardien sévère des trésors cachés, symbole du mal et comme tel, l'adversaire qui doit être vaincu pour pouvoir y accéder. En occident, c'est le gardien de la toison d'or et du jardin des Hespérides (filles d'Atlas vivant dans un jardin de pommes d'or symboles d'immortalité). Le Chant de la Perle est un hymne gnostique appartenant aux Actes de Thomas, un célèbre apocryphe chrétien. Il décrit l'histoire d'un prince d'Orient qui part à la recherche de la perle mystérieuse, cachée dans une grotte en Égypte et gardée par un « serpent sifflant » : c'est le récit initiatique par excellence, qui illustre parfaitement le cheminement du manichéen. Au début de sa prédication, Mani suit le courant des communautés chrétiennes créées par Thomas, l'un des Apôtres, où il fait ses premiers disciples. Mani s'est identifié à Thomas, dont le nom signifie « Jumeau ». C'est la figure de lumière qu'il rencontre à douze puis vingt-quatre ans. La quête de la perle symbolise le drame spirituel de la chute de l’homme et de son salut. Elle finit par signifier le mystère du transcendant rendu sensible, la manifestation du Dieu dans le Cosmos. La légende de Siegfried confirme que le trésor gardé par le dragon n'est autre que l'immortalité. Les dieux avaient aidé Siegfried. Étourdi de sa victoire, le jeune homme trempa ses lèvres dans le sang qui maculait l'épée dénommée Nothung. Aussitôt il sentit une étrange mutation s'opérer en lui : le langage des oiseaux, qui commentaient sa victoire, lui était parfaitement compréhensible. Alors Siegfried s'enduisit tout le corps du sang du dragon qui au contact sa peau commença à s'épaissir, se transformant en un cuir impénétrable aux armes. Toutefois, sans qu'il le sentît, une feuille de tilleul vint se coller dans son dos, isolant la peau et ménageant ainsi un endroit vulnérable. Le héros s'enfonce dans les ténèbres (Jonas et la baleine), pour une mort nécessaire au triomphe du Moi sur les tendances régressives. R\ M\ Rilke : « Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions ». La quête du St Graal exige des conditions de vie intérieure rarement réunies. Il faut aller plus loin que Lancelot et Perceval pour atteindre à la transparence de Galaad, vivante image du Christ. C'est le drame de l'aveuglement humain devant les réalités spirituelles, car on est plus attentif aux conditions matérielles de la recherche qu'à ses conditions spirituelles.

Construction de soi en rassemblant ce qui est épars.

Sartre : « l'homme n'est pas la somme de ce qu'il a mais la totalité de ce qu'il n'a pas encore ». La quête et le voyage sont omniprésents dans la légendaire héroïque (légende=ce qui doit être lu). De même que la révolte contre le père, symbole de l'autorité et du pouvoir établis : Lancelot « drague » la femme d'Arthur, Jésus doute du Dieu son père ; Persée fut la victime de son grand-père Acrisios qui le confia au hasard des flots dans un coffre de bois ; après maintes aventures (victoire sur Méduse), lors de sa participation aux jeux de Thessalie, il lança le disque, ce dernier déviant de sa trajectoire tuant un spectateur qui n'était autre qu'Acrisios, l'oracle était accompli ! Les voyages font partie des épreuves préparatoires à l'initiation, comme dans les mystères grecs, dans la Franc-maçonnerie et dans les sociétés secrètes chinoises. Le voyage symbolique s'effectue aussi post-mortem (livre des Morts égyptien et tibétain) et représente la progression de l'âme prolongeant la manifestation humaine, le but supra humain n'étant pas encore atteint. L’intuition de l’illimité est essentielle au sublime. La lance et l'épée sont des attributs communs aux héros. La lance, symbole axial, phallique est le complément du chaudron, du vase. L'épée est en rapport avec l'eau (Excalibur) et avec le dragon ; rappelons-nous quelques épées célèbres : Durandal, Hauteclaire, Joyeuse ; symbole bivalent, elle sépare le bien du mal. Après les épreuves, le héros est confronté au retour : Jason et les Argonautes, Ulysse dans l'Odyssée. Ce retour est souvent labyrinthique. Après bien des épreuves, une nuit épaisse enveloppa le bateau ; Jason supplia Apollon d'éclairer son chemin, un long trait de feu sillonna le ciel illuminant une île blanche où ils purent jeter l'ancre ; ils appelèrent cette ile « Anaphi », ie île de la révélation. En grec ancien, Ἰάσων / Iásôn, signifie « le guérisseur » ! Ce retour est une résurrection, un exemple pour les autres, un encouragement au dépassement de soi-même. Phase finale du cycle, éternité appréhendée comme sans fin ni commencement. Les combats mythiques illustrent les errements et les doutes de tout homme, alternant élans spirituels et chute dans le pervertissement ; le mythe, par son contenu symbolique annonce un présent conflictuel à surmonter et le projet d'un avenir à réaliser. Le héros est le champion du devenir et non du passé. « Il est plus facile d'être héros qu'honnête homme. Héros nous pouvons l'être une fois par hasard ; honnête homme il faut l'être toujours ». (Pirandello) Mais avec le temps, le mythologique devient profane et les anciennes images ne sont plus ni acceptées ni comprises. Les dieux de l'Olympe ne sont que des débauchés entourés de déesses perverses ! « Il n'était pas un des dieux qui n'eut mérité le bûcher s'il avait été jugé selon ses mérites ». (Racine). Il en fut de même en Chine, où sous l'influence du Confucianisme, les anciennes formes du mythe se sont vidées de leur valeur originelle. Lorsque la poésie du mythe cède le pas à la biographie, à l'histoire ou à la science, elle est détruite. Lorsqu'une civilisation réinterprète sa mythologie de sorte que la vie s'en échappe, les Temples deviennent des musées. « A la première fissure dans l'idéal, tout le réel s'y engouffre ». (J. Rostand) Aujourd'hui, tous ces mystères se sont affaiblis, leurs symboles n'intéressent plus notre psyché. Les sciences sont descendues des cieux et leur focalisation sur l'homme (anthropologie et psychologie) marque un transfert de l'étonnement humain. Ce ne sont plus ni les mondes animal et végétal ni la magie des sphères mais l'homme lui-même qui est devenu le mystère crucial. L'humanitaire n'est-il pas en passe de devenir la nouvelle religion de l'humanité ? L'idée humanitaire n'est-elle pas en train de se substituer aux préceptes des religions traditionnelles pour devenir la nouvelle loi d'amour universelle ? Ce concept n'est-il pas devenu l'ultime moyen de trouver un sens à la vie ? Ou encore, l'humanitaire serait-il l'agent rédempteur d'un siècle qui a sécrété l'univers concentrationnaire ? Le recul relatif des religions dans l'Occident chrétien et la disparition des idéologies qui entretenaient le sens du sacré au sein des communautés ont occulté la question du sens de la vie, particulièrement à une époque où prédominent les valeurs du profit, de l'argent, de la notoriété et de la recherche du bonheur matériel ; la morale laïque, comme les religions chrétiennes traditionnelles, ne répond pas au besoin de transcendance et d'idéaux supérieurs à la vie. En témoignent d'autres formes de spiritualité, le retour aux sectes, la redécouverte du bouddhisme, etc. L'homme ne peut vivre sans transcendance s'il veut donner un sens aux expériences de l'existence, de la souffrance, de la mort, de l'amour, du bien et du mal. Mais cette transcendance, et c'est là un fait nouveau, ne serait plus celle d'un Dieu qui s'impose à nous, elle ne serait plus déduite d'une révélation, mais elle partirait de l'homme lui-même. L'humanisme moderne donnerait-il accès à une spiritualité authentique enracinée dans l'homme ? Au cours des siècles, le contenu de la révélation chrétienne s'est humanisée. Le respect de la personne humaine, le souci de l'autre, de sa dignité et de sa souffrance ne sont plus des principes dont le christianisme aurait le monopole. Est-il besoin même d'être croyant pour adhérer à la philosophie des droits de l'homme ? Luc Ferry, dans son livre « L'homme-Dieu ou le sens de la vie », souligne la soif d'éthique qui caractérise notre époque et qui se traduit par la prolifération des organisations humanitaires, leur combat incessant pour le respect des droits de l'homme, contre le racisme et l'exclusion. L'éthique qui anime ces organisations implique toujours l'idée du sacrifice, mais l'auteur démontre que l'éthique laïque renforce l'idée du devoir, en ce sens que le sacrifice de soi ne s'exerce plus au nom de Dieu, de la patrie ou d'une idéologie quelconque, mais qu'il est « librement consenti et ressenti comme une nécessité intérieure ». Le dévouement trouve sa source exclusive dans l'homme lui-même, et le sacrifice - qui est manifestation du souci de l'autre - agit comme un indispensable contrepoids au seul souci de soi. Autrefois réservé à la divinité, l'amour s'est humanisé jusqu'à réconcilier égoïsme et altruisme. Cette idée est partagée par Alain Finkielkraut, qui, analysant le XXème siècle dans son ouvrage « L'humanité perdue », voit dans l'humanitaire un des moyens de réparer les méfaits d'un siècle qui a créé l'univers concentrationnaire et rendu meurtrière l'idée même d'humanité. Finkielkraut fait écho à Ferry pour souligner que l'humanitaire moderne ne distingue pas le blessé de droite de celui de gauche : le sauveteur suit son premier mouvement qui est celui du cœur. « C'est désormais le cœur qui a raison de l'histoire et l'émotion qui retrouve ses droits ». Cette quête du sens de la vie, cette recherche de repères moraux, ce bouillonnement d'idées autour de l'humanitaire sont des phénomènes essentiellement occidentaux. Les vraies victimes du « désenchantement du monde » se repèrent surtout dans l'Occident chrétien, et plus exactement dans les milieux catholiques européens Comme le dit Jean Daniel, « ni les musulmans d'Occident, Turcs, Marocains ou immigrés, ni les juifs de partout, ni même la majorité des protestants d'Amérique ne paraissent courir, angoissés, après leurs repères égarés ». Il convient de relativiser les choses et de se garder de tomber dans la généralisation. Ce qui transforme finalement l’homme en personne, c’est sa qualité d’être libre. L’humain se définit par sa liberté, car c’est cela qui donne sens à ses actes : si le Bien et le Mal ont un sens, s’ils doivent, du moins, en avoir un, il faut supposer l’homme capable de choisir entre eux. L’homme n’est homme que par sa liberté. Le sage est celui qui parvient à vivre au présent, c'est-à-dire à dépasser toutes ses peurs qui viennent des deux maux pesant sur l'existence humaine : le passé et le futur. Pourquoi ? Parce que le passé nous tire toujours en arrière par des sentiments très puissants que l'on appelle «nostalgie », « regret », « remords », « culpabilité ». Au contraire, lorsque l'on n'est pas retenu par le passé, on se précipite dans le futur et ses illusions. C'est le mirage selon lequel tout ira mieux quand on aura changé de coiffure, de maison, de voiture ou de femme... Tout nous porte à une addiction au superflu présenté comme indispensable. Désirs qui prouvent nos manques et si chaque souffrance particulière à quelque chose de risible confrontée à la souffrance universelle, chaque souffrance particulière a quelque chose de sublime, parce qu'elle participe de la souffrance universelle. La définition du sage grec est celui qui regrette un peu moins, qui espère un peu moins et qui aime un peu plus. La question est en somme de savoir si dans notre univers culturel il y a place pour un merveilleux qui soit nôtre ou si le destin du merveilleux depuis le XVIème siècle est d'être une fois pour toutes le merveilleux des autres - que les autres soient les Anciens, les sauvages ou les enfants. Si le merveilleux a partie liée avec la croyance, il devient factice quand on cesse d'y croire ; la merveille abandonnée, falsifiée, réduite à un clinquant ou à un vernis, n'a plus que le pouvoir d'abuser. L'histoire du concept de merveilleux est en grande partie une histoire du retrait du merveilleux. A partir du XVIème siècle, la place du mythe est occupée par le « grand code », la Bible, en attendant d'être envahie par la science. L'imaginaire n'est plus une voie féconde vers l'inimaginable, mais un obstacle importun sur le chemin de la pensée. Le merveilleux est étonnement, il est d'abord perturbation du temps : « Dans l'étonnement, nous sommes en arrêt » (Heidegger). Pour accomplir notre véritable destinée, nous devons être guidés non par un mythe de notre passé mais par une vision de notre avenir. « La croyance dans le bonheur à venir, a dit un philosophe, c’est plus que la moitié du bonheur présent ».

J'ai dit.

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L'Amour de l'Humanité peut-il conduire au Sacrifice de notre Vie ?

14 Septembre 2015 , Rédigé par J\ T\ Publié dans #Planches

A une telle question, je serai tenté de répondre de façon lapidaire : Oui, par essence ! Encore faudrait-il définir les notions d'Amour, d'Humanité et de Sacrifice … C'est ce que nous nous attacherons de faire dans une première partie puis nous tenterons, à la fois au travers de notre démarche Initiatique et de notre Rite, de démontrer la justification comme la nécessité de tourner nos actes au service des autres .

A) Aspect ontologique :

Qu'est-ce que la vie ? Est vivant tout ce qui est donné de l'expérience dont on peut décrire une histoire comprise entre sa naissance et sa mort ; ainsi la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort. La mort est présente dans la vie, à la fois comme trame universelle et échéance inéluctable de ses formations diversement organisées de façon à la fois cohérente et fragile. Paradoxalement, ce qui caractérise le vivant est le phénomène d'usure progressive et de cessation de ces fonctions, plus que leur existence même.La valeur de la vie et la vie comme valeur, ne s'enracinent ainsi que dans la connaissance de son essentielle précarité, ce que J.L. Borges exprimait ainsi : « Tout chez les mortels a la valeur de l'irrécupérable et de l'aléatoire » (l'Aleph). Partant de ce postulat, on en déduira aisément que notre propre vie n'a de raison qu'à travers les actions qui la sous-tendent, actions sur le milieu extérieur, soit la société et les hommes qui la composent. Nos actions au sein de la société impliquent elles donc un certain Sacrifice ? Le sacrifice comporte deux pôles : d'un côté on offre, de l'autre on se prive de ce que l'on offre … Du point de vue de la morale, il s'agit d'une vertu de renoncement dans la construction de l'Homme authentique. Cette définition rejoint la conception Chrétienne qui, dépassant le rite pour aboutir à la morale, ne reconnaît d'autre sacrifice que celui qui est sacrifice de soi, renoncement et altruisme. L'ultime aboutissement serait l'Altruisme Absolu qui fixerait le chiffre de son mouvement vers l'autre, le tout autre. Plus simplement, l'altruisme est une attitude morale qui, par delà toute crainte et même toute norme, privilégie autrui. L'altruisme manifeste un débordement de l'amour propre naturel et du désir érotique qui porte vers l'autre. On est tout de même aux confins de l'exceptionnel et du transcendant : l'individu, par l'autre et pour l'autre, est élevé au dessus de lui-même … A ce sujet, on notera que la célébration de l'amitié dans la philosophie ancienne et également chez Montaigne, exprime remarquablement la rareté et le bienfait inattendu de cette générosité qui met l'autre au dessus de soi et fait de cette relation le lieu d'une vie nouvelle. L'altruisme n'est pas cependant qu'une affaire de sentiments, il est décision pour l'humanité de tous, y compris l'accomplissement de soi ; l'avènement de la conscience de soi n'est que la rencontre d'une conscience avec une autre conscience. Ainsi, tout ce qui est, a besoin, pour l'être, de quelque chose qui lui manque. Qu'il y ait partition ou association, c'est toujours sur autre chose que débouche la recherche d'un équilibre : Etre, c'est de ce point de vue, avoir besoin d'autre chose que soi, par essence même, être c'est appeler ce qui est en soi comme une absence. Le mystère d'autrui n'est pas autre chose que le mystère du Moi et cela, seul autrui le révèle, le fonde et le justifie. Notre propre notion d'existence se reflète ainsi dans le miroir de l'autre et débouche sur la notion sociale d'humanité et d'humanisme : cette idée que l'homme se fait de lui-même dans son plus grand accomplissement intellectuel, moral, voire religieux ou esthétique en réalisant une synthèse harmonieuse de la connaissance et de la vertu, nous rendant plus humain et permettant de réaliser en nous l'accomplissement d'un modèle anthropique, d'un idéal : L'humanisme est retournement de soi et action juste face à l'autre ( le Souverain Bien de Sénèque ). Partagés entre le besoin que nous avons des autres et la volonté d'être nous-mêmes, entre le sentiment de notre identité et celui de notre singularité, entre ce qui nous est propre et ce qui nous dépasse, nous trouvons au cœur même de notre déchirement un immense sentiment de compassion pour tout ce qui est, pour tout ce qui vit. L'amour inconditionné de toute vie, n'est il pas un feu qui embrase le cœur des Initiés et qui les pousse à tout faire en sorte pour rétablir le respect de la Règle et de l'Ethique, à faire régner l'Ordre sur le Chaos, à exalter les nobles sentiments, en un mot à rénover incessamment la société et les hommes ? Dans cette conception, le sacrifice de sa vie implique donc non point une immolation physique du Moi mais bien évidemment le don de Soi, au service des autres, au service d'un idéal tourné vers le Bien, le Beau et le Juste …


B ) Aspect Maçonnique :

Lors de l'Initiation au 1er degré, Il est clairement exprimé : Je cite : « L'Ordre maçonnique dans lequel vous demandez à être admis pourra peut-être un jour exiger que vous versiez jusqu'à la dernière goutte de votre sang pour sa défense et pour celle de vos frères. Le cas échéant, consentiriez-vous à faire ce sacrifice ? ». Et l'impétrant de répondre immanquablement : « Oui, Monsieur ! » L'engagement qui s'en suit est éloquent: « Je préférerais avoir la gorge coupée plutôt que de manquer à mon serment … » ! ( lourd d'implications pas toujours respectées ) … Pris au premier degré, cela signifie évidemment qu'en des circonstances exceptionnelles tout homme et plus particulièrement le Franc-maçon devrait, et même doit parfois, accepter de mourir pour sauver son idéal … Cela s'est déjà vu et plus souvent qu'on ne croit ( Jean Moulin avait tenté de se suicider en se tranchant la gorge, de peur de parler sous la torture ! ) … Toutefois l'ultime sacrifice ( mourir pour que l'autre vive ) peut-être aussi vain qu'inutile parce qu'en fin de compte chaque vie est autant insignifiante qu'indispensable tant qu'elle n'a pas accompli son destin … Accepter de mourir, oui, mais comme disait Brassens : « Mourrons pour des idées mais de mort lente » … Symboliquement, le grain de blé doit mourir pour germer et donner de nombreux épis, certes, mais pas être coupé avant qu'il ne soit mûr …( Le sacrifice aurait été vain ! ). S'il est donc certain que l'Homme possède par essence la capacité de donner sa vie pour qu'une autre s'éveille (pour ses enfants, par exemple) Il faut cependant prendre la notion de sacrifice à un second degré, plus subtil mais aussi peut être plus complexe, long et difficile à mettre en œuvre. Ainsi, passé le premier sacrifice qui consiste à se dépouiller du « vieil homme » dans le Cabinet de Réflexion, c'est à dire d'y abandonner ses préjugés et ses servitudes, la démarche Maçonnique est avant tout libératrice dans la mesure où elle est volontaire et non dogmatique. Encore une fois, l'instruction du grade d'Apprenti est explicite à ce sujet : Nos outils sont la Règle, le Maillet et le Ciseau … Cela implique impérativement que toutes nos heures doivent être utilement employées, que c'est la volonté de perfectionnement qui nous anime et que nous devons rendre notre « pierre » conforme à son emploi pour devenir un membre utile et conscient de la société … Cela signifie qu'une fois opéré le travail de « réflexion » sur nous même, toutes nos actions doivent tendre vers un idéal humaniste et non point se contenter d'un repli égotiste qui consisterait à s'enrichir d'une connaissance qui ne serait point partagée … Je citerai encore Brassens : « Il ne faut jamais garder une bouteille ni une poignée de main par devers soi » ! En aparté, cette expression quelque peu truculente et digne de Rabelais témoigne, à mon sens, d'un état d‘esprit qui doit animer le Franc-maçon et que le Rite exprime par « l'Agapè » … (au sens étymologique du terme et non dans ses dérives ou ses « bacchantes » : Ne confondons pas en effet la « dive bouteille » avec la « substantifique moelle » !). Dans cette acception, le sacrifice c'est le partage : c'est donner un peu de soi pour atteindre une certaine communion avec tous, c'est se rendre utile socialement parlant ; symboliquement encore, c'est partager le pain … C'est d'ailleurs l'étymologie du mot Compagnon ! Enfin, pris au dernier degré, les concepts d'amour, de sacrifice et d'humanité se confondent et se complètent dans une résolution harmonieuse qui doit synthétiser l'action du Maître-Maçon à l'issue d'un parcours initiatique, sans fin certes mais possédant bien une origine et une destinée : Renaître, croître et enfin rayonner … ce dernier aspect étant le seul et unique but de la « Mort et de la Renaissance Initiatique » … Là se situe alors le sacrifice au sens Maçonnique du terme, c'est à dire l'expression de la notion d'accomplissement dans la mesure où l'homme est sans doute un pont et non un but ! A ce prix nous retrouvons alors notre origine : Poussière, oui, mais poussière d'Etoile (suivant la merveilleuse expression poétique d' H. Reeves)… A ce sacrifice correspond alors un enrichissement mutuel comme un ensemencement symbolique, mais pourtant existentiel, de l'espace et du temps qui fait que l'accomplissement d'un destin inéluctable de l'homme vers la mort n'est que la réalisation du « Soi » sans aucunement aliéner notre « Moi » … Au sens Biblique ( puisque nous ouvrons nos Travaux sur l'Evangile de St Jean et sans vouloir générer quelque malaise au Croyant comme à l'Agnostique ), il est clairement exprimé cette notion d'achèvement de l'accomplissement de soi à travers le destin et l'avènement de l'autre, du tout autre, thème éternel correspondant ainsi à nos interrogations les plus secrètes : « D'où venons-nous ?, qui sommes-nous ?, où allons-nous » ? A cela pourrait-on rajouter l'ultime interrogation d'un certain scepticisme cartésien nullement ennemi de la Foi : « Pourquoi » ? La Franc-maçonnerie ne prétend pas répondre à de telles questions mais, en revanche, elle autorise à l'impétrant « mis sur la Voie » la prise de conscience d'une certaine connaissance, que je qualifierai d'héréditaire ( puisque transmise de générations en générations ), de certaines parcelles de la Vérité Ineffable : ce que de façon symbolique nous nommons « La Lumière » … Et cette Lumière ne nous appartient pas, mes Frères ; nous n'en sommes que les dépositaires, les simples « gardiens » dont le but existentiel se résume à transmettre sans pour autant posséder … Là se situe le sens du sacrifice et la notion de don de soi-même dans la mesure où l'on ne doit point espérer quant à nous mais bien pour l'autre, le tout autre … Ainsi, l'Amour d'autrui, l'Amour de l'Humanité en général, devient à la fois un moteur et une justification de nos pensées comme de nos actes … Ne rêvons pas cependant car, comme je vous l'ai exprimé plus haut, c'est une nécessité liée à l'expression même de notre propre essence, de notre destin, que l'on peut résumer ainsi en paraphrasant le poète : « Je suis Homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger ». Accepter de le comprendre comme tel, c'est accomplir les potentialités qui sont en l'homme au delà de ses chimères, de ses tourments et de sa futilité, ce qui le rend justement perfectible et donc capable de transcendance … C'est peut être réaliser quelque part notre finitude comme notre raison d'être, en quelque sorte une propre justification de notre existence, tout aussi banale qu'exceptionnelle … ?

C) Conclusion

L'amour de l'Humanité peut-il donc nous conduire au sacrifice de notre vie ?
Oui, sans aucun doute si nous tournons les actes de notre vie au service d'un idéal … La Franc-maçonnerie nous suggère au travers du Rite un certain « possible » qu'il nous appartient de réaliser « humainement » et tout à fait à la mesure des Frères qui la composent. Si l'idéal semble inaccessible par essence, la réalité Maçonnique de chacun comme de tous peut se réduire très simplement comme tel : Je cite : « La Franc-maçonnerie a pour but de lutter contre l'ignorance sous toutes ses formes ; c'est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : Obéir aux lois de son pays, vivre selon l'honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l'Humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique » … Plus avant, au stade de l'Apprenti censé avoir lu les Constitutions, il est dit entre autre : « La Franc-maçonnerie a pour but le perfectionnement de l'humanité … Les Francs-Maçons se reconnaissent comme Frères et se doivent aide et assistance, même au péril de leur vie. Ils doivent de même porter secours à toute personne en danger … Dans la recherche de la Vérité et de la Justice les Francs-Maçons n'acceptent aucune entrave et ne s'assignent aucune limite … etc. Alors, mes frères, même si ces assertions vous semblent situer notre idéal assez haut dans l'échelle des valeurs, devrais-je vous rappeler qu'elles furent acceptées et surtout librement consenties lors de votre accession au premier degré, au delà de toute considération ontologique, morale, religieuse ou philosophique ? … Je terminerai en vous rappelant encore une fois l'essence primordiale du troisième voyage au 1er degré du R\E\A\A\ ? (oui, je sais, je l'ai déjà dit, mais je le dirai encore jusqu'à ce que je sois sûr que vous l'ayez bien compris !). Je cite : « Puisse le Feu qui vous a enveloppé se transmuer dans votre cœur en un amour ardent pour vos semblables, puisse la Charité inspirer désormais vos paroles et vos actions ! ». Ainsi associé à la Connaissance, l'Amour, acte de foi, est intention : « L'Amour est intention par excellence », non plus comme volonté formelle mais bien exprimée dans son contenu, c'est à dire comme bienveillance. Le Rituel nous le dit explicitement : « Pénétrez-vous du principe positif de la Franc-maçonnerie : Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu'ils te fissent à toi-même » ! L'invocation, du GADL'U rappelle aux Francs-maçons qu’ils ne travaillent pas à leur propre gloire ni à développer leur intelligence au profit de l'égo orgueilleux mais qu'ils doivent justement utiliser cette intelligence et leur cœur pour servir la dimension spirituelle de l'homme. Le Rituel nous ramène ainsi à notre besoin intime d'Unité profonde et peut nous conduire à une action réelle tournée vers les autres, au service du Bien, du Beau et du Juste …
« Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la Lumière » !

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Allégeance et soumission

4 Septembre 2015 , Rédigé par X\ M\ Publié dans #Planches

Titre de la planche que m'a proposé notre VM en cette fin d'année où je passais la porte du solstice d'hiver en votre compagnie morale. Après avoir défini ces notions de manière profane avec quelques illustrations, je vais essayer d'étudier comment elles ouvrent sur des vertus du maître secret et notamment celles d'obéissance et de devoir.

La soumission

La préposition sous souligne la sujétion. Soumettre, c’est mettre en état de dépendance par la force. Se soumettre, c’est céder à la force. C’est souvent une capitulation. La soumission est fille de la violence. Celle-ci s'exerce en général contre la volonté du soumis, sauf dans certains cas particuliers de manipulation mentale. Au Moyen-âge, dans les pays islamiques, les infidèles juifs ou chrétiens avaient la vie sauve car ils étaient enfants du Livre. Soumis, ils devaient payer une taxe. A noter que le terme d'Islam signifie en lui-même soumission. A quelles lois sommes nous soumis ? Tout d’abord aux lois universelles incontournables : les lois physiques, telles la gravitation, les lois chimiques et biochimiques qui règlent la vie de notre corps et dont la violation se traduit par la maladie. La soumission à ces lois ne supporte aucune discussion et de ce fait ne sera pas développée. Dans l'exemple de la néoplasie, nos cellules, par défaut héréditaire ou surtout par acquisition d'anomalies génétiques, retrouvent leurs potentiels de multiplication, tout en perdant leur soumission aux signaux régulateurs de l'organisme. La grande loi divine, mais elle ne concerne que ceux qui croient sauf à y prélever ce qui nous convient et en faire un matériau de notre propre morale comme par exemple: "tu aimeras ton prochain comme toi-même", "tu ne tueras point". La loi comme " prescription établie par l'autorité souveraine de l'état, applicable à tous et définissant les droits et les devoirs de chacun ".Cette loi, élaborée par des hommes pour des hommes, peut être soit imparfaite soit mal appliquée. Doit on être soumis à des lois que quiconque et surtout des professionnels habiles s'échinent et souvent réussissent à contourner voire à détourner ? Ne doit-on pas obéir au fond de la loi plutôt qu'à la forme ? Les lois sont l'émanation du pouvoir en place quel qu'il soit et ont pour but la conservation de ce pouvoir à tel point qu'à chaque alternance, le nouvel arrivant ne remet pas en cause la législation antérieure. Que doit-on faire lorsque la loi n'est pas bonne? Faut-il toujours y être soumis? L'insoumission devient alors conforme à la loi morale, comme pour la loi qui interdisait l'avortement, désobéir a été un moyen de la faire changer en mettant le législateur devant le fait accompli. Pour une fois la proposition est venu des concernées et non des professionnels de la politique soutenus par un lobby religieux. Quelque soit notre opinion, la loi Veil a été l'occasion de révéler un grand moment de démocratie. Je pense aussi à ceux qui ont bravé les interdictions de dissection des cadavres, sans leurs volontés où en serait la médecine aujourd'hui ? Bien d'autres exemples démontrent que la désobéissance civique est source de progrès et que l'obéissance civique est source d'immobilisme. Je vais maintenant poursuivre par quelques autres exemples de soumission, sans aucune prétention d'exhaustivité mais d'illustrations. Dans les différents types de contrat social, le curseur se déplace du pactum societatis ou pacte d'association au pactum subjectionis ou pacte de soumission. Dans le premier, les individus décident d'abandonner l'état de nature et de se constituer en corps social. Ils renoncent donc, au profit de la collectivité du peuple qui devient souveraine, à tout ou partie de leurs droits naturels et obtiennent en échange des droits civils. Dans le second, un contrat de gouvernement est conclu entre le peuple et un chef qui acquiert la souveraineté et s'engage en contrepartie à l'exercer en vue de certaines fins tout en sauvegardant les droits du peuple et des individus. Bien sur, dans ce dernier exemple, le chef prétend très souvent détenir le pouvoir en vertu d'attributs personnels et en raison d'un mandat reçu du ciel, des dieux ou des ancêtres royaux, ce qui lui permet d'agir au nom de la tradition considérée comme inviolable et d'exiger une soumission dont la rupture équivaut à un sacrilège. La relation au sacré restant toujours apparente, car c'est en s'y référant que ce type d'état affirme sa légitimité, élabore ses symboles les plus révérés, exprime une part de l'idéologie qui le caractérise. En vacances à Perpignan cet été, je visitais le palais des rois de Majorque. Pour accéder à la salle du trône, les militaires devaient obligatoirement passer sous une porte basse et étroite, ce qui dans ce cas, symbolisait un acte de soumission. Je reparlerai de ce point. Avignon , ville de mon adolescence, mais surtout lieu de résidence temporaire des papes au Moyen âge, ajouta une troisième clef à ses armoiries en symbole de la soumission de la ville à la puissance de l’église. Rappelons que les deux Clefs qui figurent sur les armoiries papales font allusion au pouvoir de « lier ou de délier » que jésus donna aux apôtres, mais renvoient aussi à la possibilité alchimique de coaguler et dissoudre l’or et l’argent. La clé d’or servant à lier. La clé d’argent à délier. A propos d'adolescence, c'est l'âge où l'insoumission doit être la règle car elle sert à la construction. Un adolescent soumis en paiera le prix à un moment donné ou à un autre. Cela pourrait se traduire par une crise de milieu de vie (45/55) ou alors par d'autres pathologies, notamment l'anorexie mentale. Cette adolescente d'une soumission sociale et familiale exemplaire antérieurement se soumet maintenant à un régime alimentaire aberrant persuadée, de manière déréelle, qu'elle est trop grosse, affirmant qu'elle n'a pas faim. Elle affiche un mépris indulgent vis-à-vis des parents, qui ne comprennent pas qu'elle se soit donné un projet qui la détourne des satisfactions corporelles, au profit d'un idéal intellectuel et moral allant de pair avec le désir d'obtenir une minceur qu'elle ne trouve jamais suffisante. Actuellement à la famille hiérarchique, fondée sur l'autorité du mari et du père et sur la soumission de la femme, est substituée une famille égalitaire où les époux, indépendants mais solidaires l'un de l'autre, décident ensemble du gouvernement de la famille. L'indifférenciation croissante des rôles masculin et féminin, la revendication de liberté individuelle et les contraintes de la vie sociale et professionnelle s'unissent pour fragiliser la vie commune en famille même si elle apparaît plus authentique lorsqu'elle réussit. En droit français on utilise la substitution des clauses de la règle hiérarchiquement supérieure à celles de la règle inférieure, qui par hypothèse la méconnaîtrait. Par exemple : la soumission du contrat individuel de travail à la convention collective qui permet de supprimer les clauses contraires de l'accord individuel pour être remplacées par celles de la convention collective, souvent plus avantageuses. D'une manière plus globale, la soumission de la législation française à la législation européenne n'est pas sans poser quelques problèmes. Existe t'il une soumission librement consentie ? En fait non, dans ce cas il s'agit de la conséquence d'un procédé de persuasion qui conduit à donner l'impression aux individus concernés qu'ils sont les auteurs de certaines décisions. De cette manière, une personne pourrait ainsi modifier son comportement, ses objectifs et ses choix avec le sentiment d'être responsable de ces modifications. Cette « responsabilisation » a pour objectif de conduire une personne à prendre plus rapidement et plus facilement une décision qui peut ou non lui être bénéfique mais qui est surtout favorable à celui qui use de cette méthode. Ce procédé s'apparente à une manipulation, d'autant plus qu'elle fait usage de pression pour arriver à ses fins. Il est utilisé en vente directe, et peut contraindre un individu à faire un achat dont il n'avait ni l'envie, ni le besoin.

L'allégeance

On fait acte d’allégeance. Ce peut être une démarche personnelle, ou imposé politiquement, notamment au temps de la féodalité d'où ce terme provient : c’était par définition le serment de fidélité de l’homme libre à un plus puissant que lui, qu’il désignait comme suzerain. Encore fallait-il que celui-ci l’acceptât, car en contrepartie il devait protection à son vassal. L'hommage lige implique un renforcement de l'hommage ordinaire; l'homme lige est tenu à tous les devoirs, positifs et négatifs, qu'entraîne l'hommage ordinaire; mais la ligéité implique un lien encore plus étroit. Le vassal lige est tenu de servir à ses dépens le suzerain, tant que dure la guerre que celui-ci soutient contre ses ennemis. La ligence est une véritable ligue offensive et défensive. Revoyons les origines de la féodalité d'ou découle ce concept : Les rois du haut Moyen Âge étendaient leur autorité, leur ban, sur tous les hommes libres ; ils les conduisaient au combat ; ils présidaient les assemblées où se rendaient la justice. Loin de leur palais, des représentants recevaient délégation de ces pouvoirs, ainsi qu'une dotation de terres qui constituait leur rétribution. Les Carolingiens, pour affermir leur emprise sur la population d'un empire devenu très vaste, jugèrent bon d'utiliser les pratiques privées de la vassalité déjà en usage dans les maisons des grandes familles aristocratiques. Ils exigèrent de tous ceux qui exerçaient le pouvoir en leur nom qu'ils devinssent leurs vassaux, en se recommandant, en se confiant à eux, par un engagement personnel très strict, qui devait durer jusqu'à la mort et qui obligeait à n'entreprendre aucune action préjudiciable au seigneur. Ils s'attachèrent de la même manière les plus puissants de leurs sujets et engagèrent les membres des aristocraties locales à se lier semblablement aux comtes (qui étaient liges du suzerain franc). Un réseau de dévouements individuels se tissa de la sorte, qui doubla celui des obligations publiques. Ce dernier s'en trouva quelque temps renforcé, mais peu à peu la mentalité du compagnonnage s'insinua dans les cadres de l'État : on pensa servir le roi, non point en vertu du ban dont il était investi, mais en fonction d'un contrat privé d'allégeance que certaines circonstances autorisaient à rompre. La délégation d'un office public prit insensiblement l'allure d'un « bénéfice », d'un cadeau que le suzerain se devait de consentir à son vassal, en récompense de sa fidélité, et qu'il ne pouvait lui reprendre sans grave manquement de sa part. Je ne résiste pas au plaisir de vous évoquer le baiser sur la bouche qui venait sceller le serment d'allégeance prêté par le vassal à son seigneur. Il apparaissait comme une manifestation parmi d'autres de l'amitié entre chevaliers. La révolution française a amené une transformation radicale des rapports de production, elle détermine un avant et un après, repérables matériellement, d'abord dans les institutions, ensuite dans les relations réelles entre les individus. Aux rapports personnels d'allégeance s'est substituée la relation entre des citoyens libres, libres de disposer de leur capital : pour une minorité, les moyens de production et pour la majorité, la force de travail. C'est sur la constitution fille de cette révolution que se prêtent beaucoup de serments d'allégeance modernes. En particulier, les présidents des États-Unis d'Amérique, les juges, et le personnel militaire font serment d’allégeance à la constitution. La nationalité est un lien juridique et politique unissant une personne à un État déterminé. Ce lien, encore appelé allégeance, se manifeste par des devoirs de l'individu envers l'État dont il est en quelque sorte le sujet (obligations militaires, loyalisme, dont le défaut peut dans certains cas entraîner la perte de la nationalité) et, en sens inverse, par la protection diplomatique que l'État exerce sur lui. L'appartenance du national à la population constitutive de l'État le fait accéder à un certain statut privilégié - notamment à la jouissance des droits politiques -, dont sont exclus les étrangers. Le droit international reconnaît à chaque État une compétence exclusive pour définir ses nationaux. Le problème est donc, pour chaque législateur, de déterminer les rattachements qu'une personne doit présenter avec le pays d'accueil pour obtenir sa nationalité. Certains États, comme l'Allemagne, ont une conception ethnique de la nationalité et retiennent quasi exclusivement la filiation envers un national, ce qu'on appelle le jus sanguinis, le droit du sang. D'autres États, surtout en Amérique, dont le peuplement s'est fait par voie d'immigration, retiennent à titre principal la naissance sur leur territoire - le jus soli, le droit du sol. La volonté de la personne est également prise en considération, et elle est même requise par les droits qui ont une conception élective de la nationalité selon laquelle la nation n'existerait que par le consentement de ceux qui la composent. Je vais conclure la partie profane de ce travail par le poème Allégeance de René Char.(1947). Pour le comprendre, la principale clé est que mon amour représente la poésie dont le poète est l’amant et à qui il fait allégeance. Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima? Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L’espace qu’il parcourt est sa fidélité. Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part. Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse. Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas ? La soumission n'existe pas en franc maçonnerie, même si elle est évoquée à plusieurs reprises. La soumission apparente n'est qu'une interprétation profane. le premier voyage de Maître Secret apprend à distinguer l'autorité personnelle et la puissance des institutions. Humilité devant les secrets de la vie. Soumission aux lois de la nature dont nous sommes partie intégrante. Ce point a déjà été développé. Dans l'aspect fondamental du quatrième grade, le récipiendaire est un serviteur du temple qui accède au rang de Lévite. Les lévites, descendant de la tribu de Lévy, héritier de la tradition mosaïque avait un ministère sacré différent de celui des prêtres. Il leur était défendu d'entrer dans le sanctuaire proprement dit et de s'approcher de l'arche d'alliance, mais ils assistaient les prêtres dans la préparation des sacrifices. Existe t'il une porte entre les ministères ? Revenons au rituel d'initiation au premier degré : Jules Boucher précise que : « Le profane, en pénétrant dans le Temple, doit se courber, non en signe d’humilité, mais pour marquer la difficulté du passage du monde profane au plan initiatique. » L'interprétation de la porte basse n'est donc pas soumission, mais c'est au contraire un symbole de construction. Elle s’apparente à une clé en ouvrant le voyage réparateur et fondateur dont les mystères doivent révéler l’homme à lui-même. C’est la conscience en éveil axée sur une dynamique d’engagement, de lâcher prise, sur un ressenti. La posture du passage symbolise l’humilité dont nous devons faire preuve au quotidien durant nos travaux. Il s’agira d’écarter ce « moi » promoteur, mis en exergue dans le monde profane, pour oser entrer en introspection, sur le « soi ». Il faudra constamment remettre en cause toutes nos certitudes, écouter et tenir compte des opinions que nous négligions jusqu’alors, pour nous guider vers la vérité. Il faudra oser se lancer, sur des sentiers méconnus pour en sortir grandit.

Actuellement je trouve que cela s'effectue aux dépends de l'affect, cependant la confiance et l'accompagnement discret que j'ai me font penser que cette amputation est transitoire. En renonçant à une forme de liberté anarchique, nous nous donnons les moyens de gagner une forme de liberté supérieure qui consiste à épanouir son humanité en vivant en harmonie avec les autres. Nous ne sommes plus donc dans le contexte d’une forme de liberté correspondant à ce qui, selon certains auteurs, fait que « nous sommes agis » ( la biologie, l’éducation, les passions les émotions..) mais dans un contexte d’exercice de notre Raison. Spinoza nous le dit dans l’Ethique :« l’homme libre est celui qui vit sous le seul commandement de la Raison » Notre Liberté est sous le contrôle de notre Raison et elle a comme conséquence notre Responsabilité ; Sartre nous le précise quand il définit l’existentialisme « comme un humanisme totalement libre et totalement responsable. » Libre, je suis donc responsable et cela me donne encore plus de devoirs ; ce que confirme V.Hugo lorsqu’il déclare « Tout ce qui augmente la Liberté augmente la Responsabilité » Les “Grades de Vengeance“, sont considérés comme étant un grade de purification et d’épuration. Les outils utilisés sont le poignard et l’épée, instruments de vengeance et de justice employés pour trancher la tête des mauvais compagnons, assassins du Maître. Cet acte en apparence barbare, enseigne qu’il faut supprimer en soi tout ce qui fait obstacle aux élans verticaux vers la lumière, en éradiquant, entre autres choses, l’intolérance, l’ignorance, le fanatisme, l’intégrisme, la jalousie et l’ambition. Pour nous y aider, nous faisons confiance et portons déférence à nos ainés. La déférence n'étant pas soumission mais « la considération respectueuse à l’égard d’une personne et qui porte à se conformer à ses désirs et à sa volonté », ce sentiment se révèle ici comme un complément indispensable à la confiance. A l’analyse, c’est la considération que nous pouvons avoir pour la sagesse de nos Ainés qui peut nous pousser au respect et à la confiance, synonyme d’adhésion et de foi en leur personne. Mais le recours à leur expérience ne doit pas nous conduire au reniement de notre personnalité, au renoncement de nos propres idées, car chacun de nous a le devoir d’apporter une contribution à la recherche de la Vérité. La quête de la Lumière et de la Connaissance apparaît ici comme une Tradition qui se constitue progressivement par l’apport des uns et des autres, y compris les nouveaux MM\ que nous sommes. Si, comme cela s’est révélé au cours de notre progression, cette Lumière se trouve au fond de nous, c’est finalement par la pratique de toutes les vertus que nous pouvons progressivement nous débarrasser des mauvaises habitudes et des mauvais caractères qui nous empêchent d’accéder à la parcelle de divinité enfouie en nous. Le Maître Secret ne se retire plus sous la loi du silence comme en loge bleue mais il se tait car on lui a appris "à garder le secret, à être obéissant et fidèle ». Au décours de notre parcours maçonnique, nous portons allégeance tout d'abord à notre loge en signant et en jurant de respecter le règlement intérieur, puis à notre obédience le Grand Orient. De même, nous portons allégeance à notre atelier et au grand collège du rite écossais ancien accepté. Mais il s'agit de libre adhésion et pour renforcer cette adhésion, on crée des liens par le serment. Dans cette optique, ma liberté n'est pas restreinte par l'allégeance car j'ai toujours le choix de me retirer, mais si j'adhère, j'obéis. Le grade de maître secret est placé sous le signe du silence ou du secret matérialisé lors de la cérémonie de réception par la position du sceau du secret sur les lèvres des candidats. Quel autre alternative alors que celle d'obéir étant donné que nos lèvres sont scellées. Ce grade, comme d'autres antérieurs, mais peut-être de manière plus perceptible, a aussi pour objectif de rappeler aux maîtres que la lumière est loin d'être acquise, que le chemin de perfection a pour seul fin le passage à l'orient éternel et que le chemin du perfectionnement individuel est semé d'embûches. Un autre aspect du comportement du maître maçon en Loge est sa faculté de vivre le moment présent, c’est-à-dire de donner la plus grande importance au moment présent, ici et maintenant. Quand vit-on? Hier, aujourd’hui ou demain. Evidemment maintenant, à l’instant présent où je vous lis (et vis) mon texte. Tout le reste est souvenirs et passé, ou imagination et futur. En vivant le moment présent, le maître maçon sera en pleine possession de lui-même, ce qui lui permettra de mieux gérer sa vie. Le passé ne lui est utile que pour les leçons et expériences acquises, le futur n’étant créé que par son action consciente du moment présent. Mais revenons à la méthode suggérée au M\ : La quête du M\ repose sur le désir d’aller plus loin. L’approfondissement symbolique devrait commencer à prendre du sens. Cependant le Maître Secret ne risque t-il pas en allant plus loin, en désirant élever un Temple qui rejoint les cieux, de sombrer dans l’entropie et la catastrophe signifiées par le récit biblique du mythe de la tour de Babel : les ouvriers dispersés et les outils brisés ? Le risque existe et le rituel le rappelle « Vos travaux peuvent n’être pas récompensés, car celui qui sème ne récolte pas toujours » Il faut donc recommencer, au quatrième degré, un nouveau cycle, peut-être plus élevé, mais toujours vertueux de l’apprentissage et de son écoute, pour porter au dehors ce que nous avons acquis dans nos temples. Ce cycle pouvant être angoissant, si nous définissons l'angoisse comme le contraste entre imagination et réalité. Notre devoir d’obéissance et de fidélité n’est pas contracté avec des personnes, mais avec le Grand Principe et avec l’ensemble de l’Humanité, en partant de la reconnaissance implicite de l’autre comme semblable à nous-mêmes. Si cette action commence par l’observance du secret, matérialisée par le signe de reconnaissance des Maîtres Secret, elle passe aussi par le respect de l’engagement pris sur l’Autel des Serments de respecter l’allégeance au Suprême conseil, aux règlements, statuts et décrets, principes et traditions maçonniques et la fidélité de mes devoirs envers l’humanité, mon pays, ma loge, ma famille, mon frère, mon ami, mon prochain. Le M\ a compris que l’étoile est en lui, que la quête est intérieure. Il a compris que ses sens extérieurs sont incapables de voir la lumière, de la toucher et de percevoir son appel. Par la connaissance de lui-même il perçoit son obscurité, sa noirceur, ses ténèbres. Il ne s’agit pas de les nier mais d’assumer leur transmutation. C’est seulement à force de plonger dans sa dimension de profondeur, dans son fond sans fond, qu’il pourra découvrir en lui-même cette parcelle de vérité. En s’engageant à remplir les devoirs de son degré, il s’engage à refuser de se laisser entraîner dans les pièges des pulsions, des désirs, ou tout au moins à mieux les assumer. Pour cela, il s’engage aussi à travailler. La loge bleue au grade de compagnon glorifie le travail. La loge de perfection est aussi l’école du travail : « Malheur à qui assume une charge qu’il ne peut porter », « Malheur à qui accepte légèrement des devoirs et qui, ensuite, les néglige ». Il n’est pas de parcours spirituel qui ne demande un investissement de soi important. Le M\ est passé de l’équerre au compas, et « commence à pénétrer dans les hautes régions de la connaissance spirituelle ». Ce chemin reste accessible à chacun d'entre nous, ce qui entraîne de fait la remise en question du temple de Salomon qui doit être détruit, car ce n'est pas dans le temple que se situe l'essence spirituelle, mais dans la nature et l'universalité de notre être. A nous seul appartient la responsabilité d'aller jusqu'au bout de nous même. Le parcours maçonnique nous apprend à devenir libre et à oser faire face à notre chaos intérieur pour avancer vers la vérité et la lumière. Si le savoir s'acquiert, la connaissance se découvre: elle est une élévation du niveau de conscience, probablement un dévoilement.

V\M\, j'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Gloire au Travail

2 Septembre 2015 , Rédigé par G\ G\ Publié dans #Planches

Je cite : « La F\M\ est une alliance universelle d’hommes éclairés, groupés pour travailler en commun au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ». Telle est la définition donnée dans le manuel de l’Apprenti.
Cette planche, ou travail, présenté lors de nos travaux, m’a été confié par notre Frère 1er Surveillant très peu de temps après le passage effectif dans ce grade. Comme je viens de le dire dans ma planche d’impressions, l’ampleur de la tâche m’effrayait, je ne savais par où commencer. Lors de travaux récents, j’ai reçu « un coup de pied aux fesses » en entendant la planche sur « La Loge de Compagnon » de l’un de nos FF\. Je me suis senti exhorté à travailler, poussé à sortir, à découvrir tant de notions qui serviront non seulement à la construction de mon Temple mais surtout à LA construction DU Temple. Cette planche m’a révélée un changement d’état à accomplir. Puis ce sentiment s’est mué en sérénité quand j’ai vraiment commencé à me mettre au travail afin de développer « Gloire au Travail ».
Cette planche se compose de 3 parties : une introduction étymologique, un corps composé de 5 paragraphes et une conclusion.

Introduction

Etymologie de gloire :
La première définition trouvée est « béatitude céleste », en particulier dans le domaine de la religion où gloire signifie « grand rayonnement de lumière ». J’ai encore trouvé dans le Lexilogos, dictionnaire internet que Gloire = Splendeur Divine et aussi que la Gloire s’apparente aux rayons de lumière accompagnant les apparitions célestes.
En peinture artistique, une gloire est une auréole enveloppant le corps du Christ.
Par analogie, le Compagnon que je suis voit dans les rayons du Delta Lumineux une gloire.
Nous connaissons tous l’expression profane « Travailler pour la gloire » qui signifie travailler de façon désintéressée, sans profit et qui est vraiment une expression profane, car tout travail apporte. Etymologie de travail :
Du lat. médiéval. trepalium (trépieds) « instrument de torture ».
Le travail est aussi défini par la « peine qu'on prend pour faire quelque chose ».
J’ai trouvé dans la Bible, chez Job, V, 7 que, je cite : « L'homme est né pour le travail comme l'oiseau pour voler ». Mais selon les traductions, le mot travail diffère : il est parfois traduit par misère, ou oppression. Rien de bien engageant. Cette phrase suppose que chaque organisme vivant a son rôle. Le travail serait donc... le travail de l’Homme.
Dès lors, comment travailler ? Avec quoi accomplir sa tâche ? Quand Travailler ? Et qu’apporte le travail ? Et surtout, de quel travail parlons-nous ? Telles sont les questions que le Compagnon que je suis s’est posé.

Partie 1 : Comment travailler ?

Selon que l’on se place d’un point de vue Opératif (manuel) ou Spéculatif (Intellectuel) on pourrait trouver des différences dans le Travail.
Le travail opératif nécessite de manipuler des outils qui ont une véritable utilité pratique pour charrier de la terre, tailler une pierre avec un maillet et un ciseaux, vérifier que le mur est vertical avec un fil à plomb, vérifier que deux murs porteurs sont d’équerre, déplacer un rocher avec le levier afin qu’il ne gêne pas la planéité du sol, vérifier les dimensions avec la règle. Le travail opératif est un travail d’action, de sueur physique, et dont le résultat est directement visible. Ce travail peut s’opérer sur un chantier, ou dans un atelier s’il s’agit de mécanique de précision par exemple. Le travail spéculatif est plus intellectuel. Il nécessite l’action de la pensée et la mobilisation de l’Être tout entier. Le penseur de Rodin travaille-t-il à l’élaboration d’un monde meilleur ? Il n’est pas en action et pourtant il travaille sûrement.
En tant que F\M\ de R\E\A\A\, pour travailler nous avons besoin de notre Rituel. Celui-ci est entièrement basé sur la notion de Travail. On parle d’ouverture et de fermeture des « Travaux », les travaux sont « dirigés » par notre V\M\ en chair tel un chef de chantier, les horaires sont indiqués, le vocabulaire est clair et explicite : nous travaillons à « la Construction de notre Edifice », nous sommes des « Ouvriers », nous touchons un « Salaire », nos tenues sont des «Travaux », les matériaux sortent de la « Carrière »... Notez aussi que tous ces mots commencent par une majuscule où qu’ils soient placés dans une phrase.
Les liens qui nous unissent aux Bâtisseurs de Pyramides ou de Cathédrales sont plus ou moins directs ou fantasmagoriques selon les historiens, mais ce qui est sûr, c’est que notre Rituel n’est pas là par hasard et qu’il est certainement bâti de manière logique. Le Compagnon que je suis a encore du Travail avant d’en percer tous les mystères.
Le travail peut être individuel et/ou collectif. Je souris avec amour et sans moquerie quand j’entends quelqu’un qui dit : « moi, je me suis fait tout seul » ou encore, « ça, c’est moi qui l’ai fait, tout seul ». C’est vrai d’un certain point de vue : le 1er est bien sorti du ventre de sa mère, qui a œuvrée 9 mois, après qu’elle ait travaillé quelques minutes éternelles avec le père ! Elle a été aidée par un obstétricien, qui l’a emmené dans une salle de travail car ...le travail commençait ! Le petit a appris à lire à l’aide d’un professeur, son père lui a montré comment faire du vélo... ! Le 2nd a probablement bâti sa maison seul ! Oui, mais qui a fabriqué les moellons ? Qui a abattu les arbres nécessaires à la charpente, qui a fait les plans ? Le Travail n’est riche que partagé. Chacun apporte sa pierre. Chaque pierre doit, je cite être, « rapprochée d’une forme en rapport avec sa destination ». L’individu est nécessaire et incontournable, mais seul il ne peut rien, ou si peu. Le collectif, le groupe, les collègues, les Compagnons de chantier ou de Loge, tous travaillent dans une même direction.
Travail opératif et spéculatif ne vont pas l’un ne va pas sans l’autre. Avant d’agir il est nécessaire de penser. Et dans l’action, il ne faut pas oublier de penser pour ne pas s’égarer.
A la fermeture des travaux, quand les FF\ sont unis en Fraternité, le V\M\ nous rappelle, je cite, que « bien au delà des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le F\M\ le vaste
domaine de la pensée et de l’action ». Les 2 sont indissociables.
Avant, les hommes bâtissaient, ou bêchaient des champs de pomme de terre, aujourd’hui la société glisse vers le tertiaire et les services. Nous continuons cependant de travailler.
Le stress a simplement remplacé la sueur, du moins en occident. Le F\M\ travaille à la fois dans le monde profane (opératif) et en Loge (spéculatif).

Partie 2 : Avec quoi accomplir sa tâche ?

Pour travailler il faut des outils. Le mémento du Compagnon les liste et les associe dans des
couples actif/passif ou pensée/action. Ainsi, le Maillet et le Ciseau, symbolisent l’un la volonté, le coté actif et l’autre le discernement, le coté passif qui vient parfaire l’œuvre.
Le Levier (2e Voyage) symbolise la volonté (coté actif) et la Règle la Loi Morale (coté passif). La volonté, ça se travaille. Le levier permet de déplacer des montagnes, à condition de prendre appui sur un support et de garder à l’esprit les règles qui dictent notre conduite. Ce support, c’est justement la Loi Morale. Vouloir absolument, c’est bien, mais la fin ne doit jamais justifier les moyens. La Perpendiculaire (3e Voyage) symbolise la liaison entre le Haut et le Bas, je cite, « suggère l’axe vertical qui relie entre eux les différents plans de la Connaissance ». Cet outil est primordial pour l’Apprenti qui doit s’en servir pour rentrer en lui. Le Compagnon ne doit pas l’abandonner pour ne pas oublier d’où il vient et doit l’associer au Niveau qui, je cite « incite à la recherche d’égalité sur la plan horizontal et nous inspire que nos recherches et nos progrès dans la Connaissance doivent être destinés au Bien de tous ». Le Compagnon doit aller vers les autres. La Marche le lui autorise, les voyages le lui permettent. Les Compagnons opératifs n’accomplissent-ils pas un tour de France pour parfaire leurs techniques et savoirs relatifs à leur métier ? Parfaire son travail c’est s’enrichir du travail de l’autre et inversement.
L’Equerre (4e Voyage) est également un outil important car elle symbolise « la justesse rigoureuse que l’on doit appliquer aussi bien dans le raisonnement que dans le comportement ». Ici aussi le passif et l’actif sont présents. L’Equerre, c’est la droiture, c’est l’expression physique que je travaille ici et maintenant, les pieds dans mes souliers bien ancrés au sol, et la colonne vertébrale qui me soutient me permettent de voir avec discernement. Le dernier outil c’est l’Homme lui-même avec ses 5 sens (1er voyage) qui lui ont permis de découvrir le monde. Après avoir étudié et s’être servis des outils, le Compagnon en est désormais dépourvu et accomplit son 5e Voyage les « mains libres ». Le Compagnon doit alors, je cite « se préoccuper de son propre perfectionnement » afin d’être acteur de la construction de son Temple et du temple Collectif, que l’on peut appeler Humanité. Le Compagnon que je suis a découvert qu’il était le levier indispensable à son propre travail et aussi que le travail doit être mis au profit de la Loge.

Partie 3 : Quand Travailler ?

La réponse à cette question se trouve dans le rituel lorsque le V\M\ demande au F\ 1er S\ « à quelle heure les Compagnons F\M\ ont-ils coutume d’ouvrir leurs Travaux ? »
Réponse : « à Midi V\M\ ». Cette réponse se complète dans le livre de l’Apprenti qui dit que l’homme ne peut être utile à ses semblables que lorsqu’il a atteint le midi de sa vie et surtout, je cite « dès cet instant et jusqu’à sa dernière heure, il doit travailler sans relâche au bonheur commun ». La durée de travail se poursuit jusqu’au minuit de la vie.
Le Compagnon travaille ainsi avant l’Ouverture des Travaux quand il se prépare à la Tenue, pendant la tenue lors de ses prises de Parole et participe alors activement aux Travaux. Après la tenue, le travail se poursuit dans le monde profane, et tel qu’il est dit dans la clôture des travaux en loge d’Apprenti et de Compagnon quand le V\M\ nous renvoie, en nous incitant, je cite, à « continuer à travailler dans la liberté, la ferveur et la joie ». De plus grâce à La Règle à 24 divisions il nous est clairement dit d’employer chaque heure utilement.
Le cadre est posé, la durée n’est limitée que par le passage à L’Orient Eternel, et peut être qu’à ce moment là, nous découvrirons encore que le travail ne fait que commencer ?

Partie 4 : De quel travail parlons-nous et qu’apporte-t-il ?

Qu’avons-nous demandé lors de notre 1ère entrée dans le T\ ? Je cite : « La Lumière ». Rechercher la Vérité, par soi même et grâce aux travaux des F\ F\, tel est notre travail. La tâche est immense, le départ du chemin peut sembler flou, le sommet inaccessible.
Les occasions de s’égarer nombreuses. Oui mais tous les FF\ sont là pour s’entraider, le Compagnon est là pour explorer et découvrir de nouvelles façons de travailler. Les Symboles et leur étude sont des repères qui évitent de partir dans tous les sens. La connaissance et l’application du Rituel rythment et recentrent la recherche. Le Compagnon que je suis ne voit pas la F\M\ en tant qu’école, mais plutôt comme certains FF\ me l’ont déjà suggéré, comme une méthode. Pas une école car cela la réduit et car on n’y enseigne rien magistralement, on n’y impose rien. Une méthode car le Silence, l’écoute, l’observation, l’échange apprennent plus que des heures de bachotage qui annihilent l’Esprit et engluent la Pensée. Les 5 voyages de l’élévation au grade de Compagnon sont très riches en notions nouvelles et variées. Les sujets de travaux nombreux. Une seule vie ne suffira sûrement pas ! En loge de Compagnon la signification du 5e voyage est particulièrement importante. Ce voyage, je cite « est destiné à la Glorification du Travail. Qu’il soit opératif ou spéculatif, le travail est un Devoir Sacré pour l’homme libre car sans lui, rien ne saurait être édifié en vue du Bonheur de l’Humanité ». Cette notion de Devoir Sacrée est primordiale et nous est probablement parvenue des Compagnons du Devoir qui existent encore. Le Travail dont il s’agit est pour le Frère son travail en loge, qui se manifeste par son assiduité, ses prises de parole et aussi dans l’étude des rituels. Il est évident que la transposition de cette notion dans la vie profane ne peut que changer notre rapport au travail et faciliter celui-ci.

Partie 5 : Qu’apporte alors le travail ?

Que ce soit dans le monde profane ou en F\M\, le travail produit de la richesse. Dans le 1er cas cette richesse est transformée en or, qui est la base du système monétaire mondial.
Dans le 2e cas, cette richesse est interne et propre à chaque Frère.
Le travail apporte un salaire. Ce mot est régulièrement présent dans notre rituel. Ainsi, à la page 19 du livre de l’Apprenti, il est dit, je cite, que le « salaire est la Récompense du Travail produit par l’Ouvrier ». Dans le Rituel de fermeture au 1er degré, le V\M\ demande au F\ 2nd Surv\, je cite « où les Apprenti F\M\ reçoivent-ils leur salaire ? ». Réponse : je cite : « à la Colonne B\ ». Le travail apporte de la satisfaction et de la joie. Ici encore le rituel demande, je cite, « si les ouvriers sont contents et satisfaits ? ». De même que nos prédécesseurs opératifs, qui voyaient directement le fruit de leur travail sous le maillet et le ciseau lors de la sculpture d’un chapiteau de cathédrale, nous sommes amenés à voir le fruit de notre travail. Ce fruit est une lente transformation de l’Homme que nous sommes tous et qui s’opère tenue après tenue. Cette évolution s’amplifie et se nourrit des travaux de tous les FF\ de l’Atelier. Le travail nécessite de la concentration sur sa tâche, de la précision et du discernement afin d’accomplir les gestes ou pensées appropriées. Ainsi, le Salaire du F\M\ est le Travail lui-même.

Conclusion

Le travail ne s’arrête jamais. La Chaîne d’Union qui symbolise l’unité, la transmission et la continuité est aussi le symbole que notre travail en Loge ne s’arrête jamais. Que l’un de nos FF\ passe à l’Orient Eternel, qu’un nouveau Frère entre parmi nous... et le travail continue.
Le Travail que nous accomplissons est sans doute, un travail de recherche de la Lumière. Cette Lumière qui nous sera nécessaire lors de notre travail ultime : le passage à l’Orient Eternel. Travaillons sans cesse à cette recherche, et lorsqu’un rayon nous touche, tâchons de le refléter afin qu’il éclaire nos FF\ et SS\ profanes qui en ont autant besoin que nous, tel que cela nous est dit dans notre rituel : « Que La Lumière qui a éclairé nos Travaux continue de briller en nous pour que nous achevions au dehors l’œuvre commencée dans ce Temple, mais qu’elle ne reste pas exposée au regard des profanes ». Le Compagnon\ F\M\ qui vient de terminer ses travaux le manifeste en disant : « Je suis content ».
V\M\ et vous tous mes FF\, Je suis content.
Gloire au Travail !

J’ai dit V\M\.

Source : www.ledifice.net

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