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Hauts Grades

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18ème degré REAA INRI Jésus le Nazaréen, roi des Juifs

28 Septembre 2012 , Rédigé par Patrick Carré Publié dans #Planches

L’accomplissement du devoir poussé jusqu’au sacrifice conduit du Maître Secret au GEPSM. Le Parfait est alors prêt au passage pour changer d’espace et de temps quand sa Raison seule « n’a plus droit au chapitre ». En Souverain Chapitre, il n’est plus dans la progressivité, l’évolution mesurée et même pondérée d’une transformation intérieure. Le Chevalier résorbe en lui tous les symboles qui illustrent son univers où tout devient symbole et porteur de sens et l’accompagne vers un au-delà de lui-même, dans un autre espace-temps de perception comme dans la gravure de Dürer « Le Chevalier, la Mort et le Diable ».   
La visière du heaume relevée, le Chevalier chemine sur son destrier le regard plongé en lui-même, détendu et garde baissée dans un univers sec et calciné où les branches des arbres ne portent nul signe de vie. Il tourne le dos à une chimère en forme de bouc, symbole de possession et d’abandon à la superstition et à l’irrationnel. Le Diable proche de lui, presque à le toucher, le regarde et semble lui parler en silence du temps qui passe et le rapproche de la mort, et lui dire au fond « A quoi bon ? Tu as beau renoncer aux chimères de ton esprit et à l’exubérance de la nature, tu n’échapperas pas à la mort et à la décomposition qui me ressemble ».    
A cet instant le Chevalier, qui n’est plus le même mais pas encore un autre, chemine entre deux mondes, l’ancien où tout se désunit et le maintient dans la matière, et le nouveau qu’il pressent et auquel il aspire, symbolisé par la place forte qui domine le paysage et les vallées, siège d’une vie collective et spirituelle où semble régner l’ordre et l’esprit. Cet « entre-temps » rappelle l’heure du Parfait Maçon, qui porte le même nom lors de la reprise et de la suspension des travaux au 18ème degré du REAA. L’heure de la reprise est celle où « le voile du Temple s’est déchiré, où les ténèbres et la consternation se répandirent sur la terre, où les outils de la Maçonnerie furent brisés, …et où la Parole fut perdue ». L’heure de la suspension est ce moment où « la Parole est retrouvée, …où les outils ont repris leurs formes antérieures, où les ténèbres se sont dissipées, où la lumière est revenue dans tout son éclat … ».
Ce double tableau à la même heure, au même moment symbolise autant la partition de la conscience entre lumière et ténèbres que leur manifestation alternée autour d’un axe stable en conscience, hors de l’espace et du temps. Les ténèbres sont celles d’une conscience obscurcie impliquée dans l’univers mouvant des formes illusoires, celles du monde manifesté, conditionné, de l’écoulement perpétuel des choses, qui s’agrègent en composés, naissent et disparaissent indéfiniment, caractérisées dans le bouddhisme par l’impermanence, la vacuité (absence d’être propre) et des souffrances multiples. Le but du Chevalier est de mettre fin à cette dégradation de la conscience et en triomphant des ténèbres, de parvenir à réintégrer dans la lumière un degré supérieur de conscience.
La symbolique du Souverain Chapitre se substitue à celle des degrés de Perfection. Au chemin chaotique de la perfectibilité dans les degrés de Perfection symbolisé par des mouvements d’ascensions et de chutes, le Souverain Chapitre substitue le déploiement par le Cœur, au centre immobile de la Croix, de l’Amour du Christ, l’onde suprême embrassant le monde. Sa manifestation dans le cœur des Chevaliers R+C s’effectue dans un espace-temps sacré où la dimension « Ordre ou Chaos » se substitue à l’alternative « Bien ou Mal », où la saisie de la Vérité est immédiate et se substitue à l’illumination progressive de la conscience. Ces passages à d’autres niveaux d’exigence et de conscience sont illustrés par les 15ème, 16ème et 17ème degré du REAA.
Au 15ème degré, les Chevaliers d’Orient et de l’Epée font le choix de la liberté en passant le pont du fleuve Starbuzanaï, quittant les fausses idoles d’un pouvoir étranger, ou d’un monde intérieur immanent, pour accéder à Jérusalem et à la transcendance, mettant fin dans leur cœur au sentiment d’exil permanent symbolisé par leur durée de captivité. Au 16ème degré, les Princes de Jérusalem font appel à l’autorité du roi Darius pour mettre fin au chaos généré par les Samaritains vouant un culte aux valeurs éthiques et morales converties en dieux païens, et pour rétablir l’ordre nécessaire à l’élévation de la conscience dans l’adoration du vrai Dieu. Au 17ème degré, les Chevaliers d’Orient et d’Occident s’unissent pour garder le passage de la conscience à une autre temporalité, un temps sacré où les chevaliers du passé renaissent dans les chevaliers de l’avenir, dans un présent sans cesse renouvelé et dans l’état de vigilance nécessaire aux gardiens du Temple.
L’axe autour duquel s’effectuent ces révolutions en conscience, où les ténèbres et la lumière se succèdent, est l’axe du monde, le très riche symbole de l’axe solsticiel. Pour la légende, Janus, dieu latin de l’initiation aux mystères, détenait les clefs des portes solsticielles, portes des enfers et des cieux : « la porte des dieux » qui correspond à la Saint-Jean d’hiver et à la renaissance du soleil, dans le signe du Capricorne, et « la porte des hommes » qui correspond à la Saint-Jean d’été et à la mort cyclique du soleil, dans le signe du cancer. Dans cette dimension cosmologique, l’axe du monde relie le signe du cancer au signe du capricorne, et fait tourner autour de lui les enfers et les cieux qui les symbolisent.
L’axe du monde croise la terre en un point appelé Centre du Monde, immobile comme le centre d’une roue en mouvement, comme le Graal au centre de la Table Ronde, le vase contenant le sang du Christ, symbole de son Cœur et de son Amour. Il rassemble autour de lui des Chevaliers qui connaissent dans la quête du Graal des fortunes diverses et des échecs, tels Perceval, coupable de la mort de sa mère, ou Lancelot, coupable d’un amour interdit envers Guenièvre. Seul Galaad, nouvel archétype du Christ, sans la moindre attache sur terre, parvient au but ultime. D’où la nécessité pour les chevaliers des légendes d’avoir un cœur pur pour aboutir dans leurs quêtes spirituelles, toute pollution par les sentiments corporels ou matériels du cœur fermant le canal conduisant à l’esprit du Centre du cœur et d’un Centre du Monde commun à tous.
Le Galaad du 14ème degré du REAA se bat pareillement jusqu’à la mort devant l’entrée d’un canal semblable conduisant à la Voûte Sacrée, pour en interdire l’accès aux soldats de Nabuchodonosor. Il se bat d’abord comme tous les GEPSM qui défendent la ville avec courage, mais ne peuvent résister à la force des conquérants. Seul Galaad reste en adoration et en contemplation du Nom Ineffable, s’interdisant jusqu’à la mort de baisser la garde devant l’ennemi pour rester dans cet état, autrement dit se l’interdisant absolument, pour rester en conscience dans l’absolu, au contact de l’Absolu. Toute profanation du cœur est proscrite pour rester en état de contempler le Nom Ineffable, et conserver l’état de Grâce en lequel le Cœur est relié à l’Esprit.
C’est en ce lieu, au Centre du Cœur, que la Parole est retrouvée. « I.N.R.I. C’est la Parole ! » se réjouit le Très Sage. La Parole qui vient du Centre du Cœur ne dit pas la vérité, ni une vérité, mais s’exprime « en vérité ». La Parole du Christ « En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma Parole, il ne verra jamais la mort. » (Jean 8 :51) illustre le combat de Galaad et sa victoire dans le Cœur des Chevaliers. Ainsi « la recherche de la Parole Perdue se confond avec celle de la Vérité. Elle demeure la tâche fondamentale jamais achevée des Chevaliers Rose-Croix. » (rituel du 18ème degré). L’Evangile apocryphe de Thomas rapportant la Parole de Jésus illustre cette quête chevaleresque : « Heureux sont-ils, ceux que l’on a persécutés dans leur cœur, ce sont ceux-là qui ont connu le Père en vérité. » (loggion 69) « Quand il sera réduit à l’unité, il sera rempli de lumière ; mais tant qu’il sera divisé, il sera rempli de ténèbres. » (loggion 61)
« S’ils vous demandent : « Quel est le signe de votre Père en vous ? », répondez-leur : « C’est un mouvement et un repos. » (Thomas, loggion 50) Au centre de la croix, l’axe du Monde passe par le Cœur des Chevaliers R+C, lui imprimant selon les Traditions, à la fois un mouvement et un repos. Ainsi le « Dhyana », pratique hindouiste de méditation à l’origine du Zen au Japon, dont le nom signifie " agir ", " être " (Nna) " centré " " au milieu de " (Dhyan), s’applique au centre de la roue du « Dharma », la loi universelle du fonctionnement du monde et de l’esprit, traduit aussi par morale, devoir, vertu, droiture, « ce qui doit être » ou « l’action juste », que le bouddhisme s’attache à transmettre et expliquer.
Il s’agit de recouvrer un équilibre émotionnel, de s’épanouir et se réaliser en allant au bout de soi-même. Cette réalisation que l’on nomme bonheur, appelée « eudaimonia » dans l’ancienne philosophie grecque et « sukkha » dans le bouddhisme, dont témoignent les Chevaliers Rose+Croix par ces mots « J’ai ce bonheur », est un état d’épanouissement, un bonheur indépendant des circonstances extérieures et des émotions négatives, qui ne peut s’atteindre que lorsque l’on parvient à se relier à la source de son être intérieur, centre immobile et racine du souverain Bien, demeurant « en Bouddha ou « en Christ » selon les traditions. La transformation des émotions peut se faire en cultivant quatre qualités : l’amour, l’équanimité (égalité d’humeur ou sérénité), la compassion et la joie. Celles-ci s’équilibrent chaque fois que l’une d’entre elles se pervertit par son excès. Ainsi, par exemple, l’amour peut devenir attachement, d’où le besoin de l’équanimité. Celle-ci peut devenir à son tour indifférence, d’où le besoin de la compassion envers ceux qui souffrent. À son tour, celle-ci peut conduire à la dépression. Il faut donc apprendre à se réjouir du bonheur d’autrui.
Les liens qui s’établissent entre ces quatre qualités et relèvent d’un réel travail moral et mental, rappellent ceux qui relient dans « La Chrysopée du Seigneur » de Raymond Lulle (1235-1315) les quatre vertus cardinales, la Force, la Prudence, la Tempérance et la Justice (voir 2ème partie de ce travail). Ainsi la première Vertu qu’il importe de développer en nous est celle de la Force, car nous devons être fort contre nous-même et contre nos vices. Mais en contrepartie, nous devons en tant qu’esprit libre nous défier avec prudence de la force et de tout ce qui justifie la prééminence de la chair sur l’Esprit. Quand la Prudence l’emporte sur la Force, la Tempérance apparaît, attentive aux « variations suscitées par l’infini amour des êtres pour les êtres, et de Dieu pour eux tous », la Justice étant son « pendant » dans l’axe vertical des Justes.
Le positionnement dans l’espace des quatre qualités, l’amour à droite, l’équanimité à gauche, la compassion en haut, la joie pour autrui en bas, semble ordonnancer le tracé d’un « Quatre de chiffre », symbole courant au XVème siècle dans les « marques » des imprimeurs, des tailleurs de pierres et d’autres « Métiers ». Les vertus peuvent prendre la place de ces « marques d’amour » dans un tracé similaire, la force à droite, la prudence à gauche, la tempérance en haut et la justice en bas. On peut se demander, si le but ultime du « quatre de chiffre », par sa ligne brisée et son trait ininterrompu, n’est pas en entrecroisant les lignes de fixer et d’activer le point central d’une croix, ce tracé physique symbolisant un travail mental équivalent pour les « marques d’amour » et les vertus, l’Art du Trait atteignant ici sa dimension méta-physique.
C’est en ce point central que réside l’essentiel pour le Chevalier Rose+Croix, lieu d’éclosion de la Rose d’Amour et d’émanation de son parfum, lieu de mouvement et de repos de la roue cosmique. « Celui qui est près de moi est près de la flamme, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. » (Thomas, loggion 181). Là, dit Fulcanelli, brûle « le feu de roue » que l’Alchimiste entretient nuit et jour, ainsi qu’un autre feu, le feu secret qui fait tourner la roue, « l’étincelle vitale communiquée par le Créateur à la matière inerte, l’esprit enclos dans les choses, le rayon igné » « mis en lumière » par l’autre sens de l’acronyme INRI « Igne Natura Renovatur Integra » : La Nature est renouvelée entièrement par le Feu.

Source : http://www.patrick-carre-poesie.net

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Gnose et Franc-Maçonnerie

27 Septembre 2012 , Rédigé par PVI N°64 Publié dans #Planches

On devient hérétique, disait Tertullien, dès lors qu'on se pose la question : «D'où vient l'humanité et comment ? D'où vient le mal et pourquoi ?». Le cynisme de cette affirmation qui est en même temps un assez extraordinaire aveu d'impuissance ne semble pas avoir ému outre-mesure les philosophes qui, au cours des siècles, se sont réclamés de l'orthodoxie chrétienne.

Un tel pamphlet a du moins le mérite de (l'excessive) fran­chise. Nous n'avons pas le droit de nous demander ce que nous sommes, d'où nous venons, où nous allons... Ce n'est pas notre affaire. ce n'est pas notre rôle. Et l'on voit parfaitement déjà l'opposition fondamentale, l'opposition irréductible qui, dès l'origine du christianisme, séparait ceux qui voulaient construire une Église ordonnée, dogmatique, fondée uniquement sur la foi et ouverte à tous, et ceux qui prétendaient que le salut venait de la Connaissance, qu'il y avait à côté de l'enseignement officiel un enseignement secret et que c'était à l'homme lui-même de décou­vrir son propre chemin vers Dieu.

D'emblée le problème était posé. C'était l'un ou l'autre cou­rant. C'était Tertullien, Irénée, Clément de Rome, Ignace d'An­tioche, Clément d'Alexandrie et plus tard Augustin pour les Pères de l'Église orthodoxe. C'était Simon le magicien, Basilide, Marcion, Valentin, Marcos et aussi les disciples d'Hermès Tris­mégiste pour les «Pèr s» de l'Église gnostique.

D'un côté le salut en communauté, par l'Église, dans le res­pect rigoureux des dogmes. De l'autre le salut individuel par l'initiation, grâce à la connaissance.  

En vérité les choses ne furent jamais si simples. Le combat se situa longtemps au niveau des idées. Basilide, Valentin ne fu­rent jamais expressément condamnés. Clément d'Alexandrie dé­fendit maintes idées gnostiques. Et si l'Église officielle triompha

ce fut bien sûr parce qu'elle était savamment organisée, hierar­chisée mais aussi parce que ses adversaires étaient divisés - il y eut d'innombrables courants gnostiques - et parce qu'ils prati­quaient un enseignement secret réservé aux initiés.

Une Église ne peut longtemps vivre sous sa forme d'église lorsqu'elle prône la recherche individuelle et se fonde sur l'ésoté­risme. Elle devient alors souterraine, diffuse son enseignement en des milieux fermés, se perd en ramifications dans des sectes et des chapelles. Ce que fit très exactement la Gnose, y compris jus­qu'au sein de l'Église orthodoxe elle-même ou un courant ésoteri­que, parfois à la limite de l'hérésie, ne cessa d'exister.  

Mais qu'est-ce donc que la Gnose ? D'où vient-elle ? Qui la créa ?... Personne en vérité n'est à l'origine de la Gnose. Le gnos­ticisme au sens large a toujours existé. Comme le souligne H.C. Puech : «Avoir la gnose, c'est connaître ce que nous sommes, d'où nous venons, d'où nous venons et ou nous allons, ce par quoi nous sommes sauvés, quelle est notre naissance et quelle est notre renaissance». Gnosis s'oppose à «mathesis», la science pure, le savoir. La Gnose c'est donc la connaissance pure, c'est l'enseignement secret. Car la Gnose est ésotérique : elle est réser­vée à une élite. Elle est initiatique : elle explique le problème de l'origine du Mal, elle a pour but le Salut par la Connaissance. La Gnose est d'abord une méthode de discipline spirituelle. Elle est finalement le chemin de la Lumière et de la Connaissance. C'est pourquoi les gnostiques chrétiens - puisque c'est après le Christ que l'on parla officiellement de la Gnose - se référaient à Hermès Trismégiste dont l'enseignement nous a été révélé par des écrits qui furent probablement rédigés entre le IIè et le IIIà siècle par une secte gnostique.  

On trouve également dans les doctrines gnostiques, à côté du judéo-christianisme de nombreuses traces des traditions anti­ques, qu'elles soient égyptienne, zoroastrienne, orphique ou py­thagoricienne. La Gnose est ainsi une démonstration de l'unicité de la tradition initiatique universelle à travers le christianisme : les triades n'ont-elles pas précédé la Trinité, le baptême d'eau ou de feu, la communion, le rachat des âmes, le culte de la Vierge Mère, le quaternaire de la Croix ne sont-ils pas, bien avant le Christ, symboles courants des anciennes initiations ?...

L'enseignement gnostique demeura longtemps connu uni­quement à travers le prisme - souvent déformant - des Pères de l'Église officielle, notamment Tertullien et Irénée. Mais en 1945, il y eut la découverte à Nag Hammadi par un berger égyptien - c'est toujours un berger, très symboliquement, qui est à l'origine de ce genre de trésors - de 52 manuscrits coptes datant d'environ 1500 ans mais traductions de manuscrits plus anciens et qu'Élai­ne Pagels, professeur d'histoire des religions à Colombia, dénom­me les «Évangiles secrets».

Tous ces textes d'inspiration gnostique dont le fameux Évangile de Thomas, l'Évangile de Philippe, l'Évangile de Marie (de Magdala). L'Évangile de vérité, le Livre secret de Jacques, l'Apocalypse de Paul, l'Apocryphe de Jean etc... apportaient des lumières nouvelles sur la Gnose et remettaient en cause beau­coup d'idées reçues.

Ces manuscrits et les écrits dont nous disposions aupara­vant, donnent une idée assez précise de la pensée gnostique. Mais avant d'en venir à celle-ci, peut-être convient-il d'évoquer le «système» de la Gnose.  

A l'origine du tout il y a le Propâtor, le dieu sans nom, le dieu qui n'est pas et qui correspond, si l'on veut, à Brahma l'in­créé, l'indéterminé, à l'Aïn Soph de la Kabbale. En tant que substance primordiale il donne naissance au Plérôme, le monde des pures intelligences. De ce dieu inconnaissable, nous ne pou­vons appréhender que des émanations, les éons, des intelligences ou des eres (Le Christ fut ainsi l'éon de l'ère chrétienne. Des éons vivent dans l'unité du Père, ce qui signifie que la Gnose n'est pas polythéiste. Chaque éon a un parède féminin avec qui il forme un couple, ou syzygie, qui engendre d'autres syzygies. Le Propâtor avec son Fils consubstantiel et Pneuma, l'Esprit Saint, constituent la Trinité sainte.

Selon Valentin la puissance infinie du Propâtor s'exprime par la «Dynamis» de Simon ou l'hestos, «celui qui se tient de­bout», l'androgyne primordial. Le Père suprême qui vit au coeur d'une tétrade composée de Bythos (l'Abîme), Sigè (le Silence), Pneuma (l'Intelligence) et Aletheia (la Vérité) qu'il a engendrée avec Sigè - a donné naissance à une autre tétrade : Anthropos, Ecclesia, Logos et Zoë, la Mère des vivants. Anthropos et Eccle­sia se sont unis à leur tour et ont donné naissance à des essences bisexuées.  

La première tétrade correspond en fait à la Tetraktys pytha­goricienne (1+2+3+4 = 10) et les deux tétrades réunies forment l'ogdoade originelle. Quant aux éons qui constituent, selon Va­lentin, le Plérôme, ils sont en quelque manière une autre repré­sentation du monde des Idées de Platon.

Si le Dieu suprême est innommable, incompréhensible, in­connaissable, en revanche il est permis de tenter de concevoir le Grand Archonte, le premier démiurge - car il y aurait également un deuxième Archonte, créateur du monde sensible et des 7 cieux planétaires. Le Grand Archonte (Ialdabaoth) est le créateur du monde céleste et des anges. C'est à son niveau que le Mal ap­parait. Par ailleurs il a cru qu'il n'y avait pas de Dieu au-dessus de lui, il s'est cru le Grand Architecte de l'Univers. Mais c'est un principe féminin, la fameuse Sophia, autre éon, qui est à l'origine du démiurge et c'est elle qui a provoqué la chute. Jalouse de Pneuma, l'Esprit qui a donné naissance au Christ et à la «Ste Es­prit», elle a engendré une fille prise au piège de la Terre, Sophia ­Achanoth. Achanoth qui est sauvée par le Christ - engendré lui- même par tout le Plerôme - et de qui est née la Lumière grâce à son sourire est celle qui a donné naissance au Démiurge, un ange qui ressemble à Dieu.

Le Démiurge est donc notre créateur, le créateur des âmes charnelles qui toutefois (mais à son issu) a insufflé en nous le Pneuma, l'Esprit Saint.

La place de Iahveh dans cette construction de l'échelle des Dieux apparait secondaire. En effet le premier Archorte, nous rapporte Irénée, a produit six autres Archortes donc la destinée est de régner sur les 7 planètes : Sabaoth, Adonaïas, Eloaïos, Ho­raïos, Astaphaïos et... Iao, qui n'est autre que Iahveh.  

La vision de la création d'Adam et Ève est encore plus complexe. Pour la résumer disons qu'Adam a été créé par l'en­semble des Archontes et qu'il tenta malgré eux de s'élever jus­qu'à l'Être Suprême - d'où la chute - et qu'Eve fut, elle, créée par Ialdabaoth seul et donnée à Adam, ce qui n'empêcha pas toute­fois Ève de s'unir aux autres Archontes pour engendrer les anges. Adam et Ève, nous disent les Pères gnostiques, possédaient la «Rosée de lumière» et celle-ci a été transmise à quelque élus de siècle en siècle mais il faut que cette Rosée réintègre le Plérôme pour que le règne du mauvais démiurge, de Ialdabaoth, le dieu ignorant et jaloux, prenne fin. Toutefois, selon les Basilidiens, le grand Archonte finit par apprendre (de Sophia) sa vraie nature et se repent...

Et la place de Jésus dans ce système, direz-vous ?... Le Sau­veur, le Christ est en fait au-dessus du Démiurge. C'est lui qui apporte la Gnose salvatrice par laquelle les élus - les hommes de l'esprit, les «pneumatiques», seront sauvés. Sa venue précède la fin du monde sensible de la matière par le feu. Les Ténèbres, la Lumière seront alors radicalement séparés. En apportant la Loi nouvelle Jésus nous a donné les «mots de passe» qui nous per­mettront de tromper la vigilance des gardiens du Seuil. Bien en­tendu, Basilide se refuse de croire que le Christ est mort en croix ; de même les Valentiniens estiment que le corps de Jésus était purement psychique.  

Il y a, selon la Gnose, trois catégories d'hommes, corres­pondant d'ailleurs à la division triangulaire en corps, âme et esprit.

1/ Les hyliques : esclaves de la matière, ils périront avec elle.

2/ Les phychiques : ils connaîtront la rédemption après bien des épreuves, c'est-à-dire en fait des réincarnations car tous les gnostiques croyaient, bien sûr à la réincarnation.

3/ Les palumatiques ou spirituels : ceux-là sont sauvés d'office.

La Gnose est donc le plus sûr moyen d'échapper à l'esclava­ge de la matière. Les adeptes de la Gnose sont les Parfaits ou les allogènes, les «étrangers» qui vivent inconnus dans ce monde, comme le souligne Louis-Claude de Saint-Martin. Ce mot d'étranger a inspiré peut-être d'ailleurs Albert Camus lorsqu'il écrivit le roman qui porte ce titre et dont le héros a véritable­ment un comportement gnostique. Etranger parce que l'existence apparait étrange au gnostique et parce que celui-ci ne se sent pas de ce monde, que sa patrie est ailleurs (Cf le mot de Jésus : «Mon royaume n'est pas de ce monde»...)

Dans la genèse de l'humanité Caïn est ainsi l'ancêtre des hyliques, Abel est un psychique et Seth est à l'origine des pénu­matiques. Or Nimrod est le descendant du grand Seth et l'ancê­tre de Balkis, la reine de Saba. Et le mariage d'Hiram, arrière- petit-fils de Caïn avec Balkis, descendante de Seth figure donc l'union de la généalogie du Demiurge avec celle de la Rosée de Lumière. C'est pourquoi la Rosée de Lumière continue d'exister dans la race des hommes où elle préfigure la réconciliation finale de la Lumière et des Ténèbres.  

Dans la doctrine gnostique - et cela me parait particulière­ment important pour sa compréhension, bien au-dessus de toutes les constructions démiurgiques et éoniques, l'Homme est au cen­tre de tout. L'homme d'ici-bas, l'homme que nous sommes doit imiter l'Homme androgyne primordial, la «Rosée de Lumière», ce Verbe ancrogyne, ce grand Homme cosmique né de la rencon­tre de l'Esprit-mâle et de la Matière-chaos femelle.

L'homme d'ici-bas, nous enseigne la Gnose, avec l'aide du Sauveur et de Gnosis est plus fort que le principe matériel dont il est issu.

Nous pouvons, par Gnosis, gravir à nouveau tous les éche­lons de l'échelle du Ciel et inverser le processus de la Chute.

Il nous faut pour cela devenir Homme spirituel. Mais nous n'atteindrons l'état de cet homme idéal, archétypique, qu'en gra­vissant les échelons des mondes, des puissances, des Domina­tions dont le dernier est celui de l'Hestos, «celui qui se tient de­bout, s'est tenu debout, se tiendra debout».

Le grand principe de la Gnose est qu'il existe un enseigne­ment secret délivré par Jésus - comme pour les Kabbalistes il y a un enseignement secret livré à Moïse d'où est née la Kabbale. Or c'est là le fond du problème, le cœur de la grande querelle. L'Église orthodoxe, après l'avoir admis a très tôt nié l'existence d'un tel enseignement.

Et pourtant, comme le souligne Mircea Eliade, qui donne raison aux gnostiques, cet enseignement ne peut être contesté : «Devant les prétentions extravagantes de certains auteurs gnosti­ques, écrit Mircea Eliade, les Pères de l'Église suivis par la majo­rité de historiens ont nié l'existence d'un enseignement ésotéri­que pratiqué par Jésus et continué par ses disciples. Mais cette opinion est contredite par les faits».

L'ésotérisme, souligne-t-il, est reconnu officiellement par Marc, Origène Clément d'Alexandrie qui déclare : « A Jacques le Juste, à Jean et à Pierre le Seigneur après sa résurrection donna la Gnose ; ceux-ci la donnèrent aux autres apôtres, les autres apô­tres la donnèrent aux 70 dont «l'un était Barnabé»...  

Cet enseignement secret, d'après les recherches entreprises par Eliade, portait notamment sur le baptème, la Croix, l'eucha­ristie, l'Apocalypse, la vie après la mort et par beaucoup de points présentait des analogies avec les conceptions eschatologi­ques égyptienne et zoroastrienne. Il y avait d'ailleurs dans l'Égli­se primitive gnostique trois degrés comme dans les traditions ini­tiatiques : les «commençants», les progressants et les Parfaits...

Tout comme les rishis, les samnyasins et les yogis, le gnosti­que se sent délivré des lois qui régissent la société ; il se situe au- delà du bien et du mal (en termes déexégèse morale). «C'est évi­demment ce sentiment de supériorité, ou plutôt d'indifférence, qui a été très vivement reproché aux gnostiques et notamment a certaines sectes gnostiques tels les Barbelognostiques (du nom de Barbelô, la première puissance féminine engendrée par Dieu et qui es la mère de Ialdabaoth) qui offraient à la Divinité leur sperme et le sang menstruel, ou les Carpocratiens qui voulaient ignorer radicalement la distinction Bien-Mal. Il y a évidemment deux manières de dompter la Matière : la première est la prati­que ascétique - elle fut le fait de très nombreux gnostique qui al­laient, nous le verrons, jusqu'à refuser toute union sexuelle pour éviter de procréer (Cf. les Cathares) - la seconde est au contraire l'indifférence envers le corps et ses faiblesses. L'argumentation de ces derniers, très minoritaires, selon lesquels l'esprit ne peut périr et n'a rien à redouter des souillures de la chair (si souillures il y a !...) fut à l'origine de toutes les calomnies répandues par les Pères de l'Église orthodoxe sur les pratiques sexuelles des gnostiques.

La découverte d'un principe transcendantal à l'intérieur de Soi, rappelant le double iranien, l'image céleste de l'âme qui ac­cueille le défunt trois jours après sa mort, est également au centre du gnosticisme. Reprenant le symbolisme archaïque universel sur le sommeil et la mort, les gnostiques proclamaient qu'il faut «s'éveiller», être présent au monde de l'esprit. Ce n'est pas autre chose que ce que disait Jésus à ses disciples. Ce n'est pas autre chose que signifie le voyage initiatique de Gilgamesh ou le mythe d'Orphée.

Ainsi la Lumière emprisonnée dans ce monde tente-t-elle de réveiller les créatures des Ténèbres. La délivrance ne peut être obtenue que par la Gnose et la connaissance de soi : «Adam s'examina lui-même et il sut qui il était»...

Dans l'extrême aboutissement du gnosticisme qu'est la doc­trine de Mani, le mythe de la destinée humaine est en fait en op­position radicale avec la Création et la Genèse de l'Ancien Testa­ment : c'est le mythe de l'éternel retour et non de la création.

Conférence prononcée le samedi 17 février 1987 par Jean-Jacques Gabut à Condor­cet Brosselette

Source : www.ledifice.net

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Alchimie et Gnose au 18ème degré du REAA

26 Septembre 2012 , Rédigé par CH\ BERGERAC Publié dans #Planches

"Pour connaître la rose, quelqu'un emploie la géométrie et un autre emploie le papillon".

Chacun le sait, nous ne sommes pas "que" géomètres. A la façon du papillon, présence discrète mais remarquée, la rose entre dans notre vie maçonnique dès le premier jour: une rose est remise au nouvel initié, à l'intention de la personne qu'il respecte et aime le plus.

L'unique objet symbolique que le F\M\emportera jamais hors du Temple a un rapport bien connu à l'amour. Mais c'est aussi la fleur préférée des alchimistes qui travaillent de la Rosa alba à la Rosa rubea, de la Rose blanche à la Rose rouge, et appellent souvent leurs traités Rosiers des Philosophes.

La rose est en exergue de cette table burinée. Le développement sera sous le signe de I'Ourobouros. Brodé sur le sautoir du Premier G rand gardien, le serpent, symbole païen de tous les temps, de tous les lieux et de toutes les civilisations, cet archétype parmi les plus importants de l'âme humaine, selon BACHELARD s'affiche en rond, fièrement, au milieu des multiples croix qui ornent sautoirs et tabliers des Chevaliers et face à la croix de l'Est.

Dans la secte gnostique des Ophites, un rite révélateur version christianisée de 1'antique culte du serpent, était pratiqué. "On apportait un coffret contenant un serpent apprivoisé : on l'ouvrait, l'animal "sacré" en sortait et venait, s'enrouler autour des éléments de l'Eucharistie"[ 

Coffret, symbole du dieu chrétien, simulacre, cela évoque déjà bien des choses. Et d'autres encore si l'on se souvient que, d'origine égyptienne l'Ourobouros est un signe de vie associant le principe fécondant d'Osiris et le principe de mort et renaissance généré par Seth, destructeur mais purificateur de la matière. Partant, le symbolisme du serpent peut être rattaché à celui, plus général, du Feu divin, illuminateur et rénovateur.

Faut-il voir dans la présence de l'Ourobouros sur le sautoir du Premier Grand Gardien une Réminiscence alchimique et un signe précurseur du "Igne Natura Renovatur Integra ?"

Pour les alchimistes le serpent, dans la configuration Ourobouros, représente l'unité de la matière, l'harmonie universelle notions de première importance au plan philosophique.

Enfin, pour les observateurs extérieurs, n'ayant ni début ni fin, l'Ourobouros est à l'image du Grand Oeuvre: seuls les initiés, les adeptes, ont une idée de l'ordonnancement du Grand Art, de l'Ars Magna. En ce qui nous concerne, nous avons trouvé là un prétexte pour ne suivre aucun plan déterminé dans1'exposé de nos observations ou réflexions. Avec un fil conducteur tout de même: le rituel; et une arrière pensée: à un moment de la saga des rituels du 18ème grade, par le biais de l'histoire juive et chrétienne un message alchimique est passé.

De même que la rose est offerte le tout premier jour à l'impétrant, c'est lors de son élévation au deuxième degré que la Gnose est présentée à l'Apprenti comme étant "la connaissance morale la plus étendue, la plus généreuse aussi, l'impulsion qui porte l'homme à apprendre toujours d'avantage et qui est le principal facteur de progrès"

Sous la forme de la lettre G elle figure au centre de l'Étoile flamboyante ce symbole essentiel du grade de Compagnon signifiant que "l'initié du deuxième degré est destiné à devenir lui-même une sorte de foyer ardent, source de chaleur et de lumière [...]", nous dit le mémento tandis que J.BOUCHER rappelle qu'en alchimie, le G est l'initiale de la matière première…destinée à devenir, donc.

Cette référence implicite à l'alchimie est plus clairement exprimée dans la suite de l'instruction du 2ème grade: "Pour les Alchimistes et dans l'ancienne Franc-maçonnerie, l'Étoile flamboyante était le pentagramme de I'Absolu".

Le mémento invite ensuite à une réflexion entre gnose et gnoséologie: "Pour nous [l'Étoile flamboyante] c'est la réunion de toutes les vérités conciliées par la lumière, en même temps que la clarté personnelle de la voie intérieure. Chacun crée son Étoile flamboyante par ses pensées, ses sentiments, sa conscience et ses actes". 

Dans l'ancienne Franc-maçonnerie le grade de Maître n'existait pas; en quelque sorte, on en restait à l'Étoile flamboyante. Restons-y, en nous plaçant sans transition à la reprise des travaux du 18ème grade.

Ce raccourci, peut-être moins audacieux qu'il n'y paraît, -voir le "Maître Libre" décrit par Guérillot - nous conduit au coeur de notre propos. Après l'épisode de la Maçonnerie salomonienne, basée sur la légende d'Hiram et ses prolongements, la Maçonnerie chevaleresque par l'intermédiaire du 17ème , puis du flamboyant 18ème grade, nous convie à la recherche de la Connaissance et à l'emploi des outils que sont les symboles quelles que soient leurs origines.

Les travaux reprennent force et vigueur, au 18ème degré, "à l'heure où le soleil s'obscurcit, où les ténèbres se répandent sur la terre". Il est possible que les concepteurs des rituels aient voulu établir un parallèle avec le travail alchimique de nuit, caché, en fixant allégoriquement la reprise des travaux au crépuscule.

Le Très Sage invite en effet les Ch\.R\+C\à se mettre au travail pour "dissiper les ténèbres et retrouver la Parole perdue"... "L'Étoile flamboyante ayant disparu et les outils de la Maçonnerie ayant été dispersés". Un bouleversement s'est produit. La plaquette sur le symbolisme du 18ème degré nous dit sobrement: "avec le 17ème grade, la parole va être perdue en même temps que le temple sera détruit".

Le rituel est plus précis: il s'agit du second Temple, "élevé sur le fondement de l'Ancienne Loi qu'animait une volonté de puissance. Lui aussi s'effondrera, sa chute et la dispersion d'Israël précéderont l'avènement du troisième Temple, mystique celui-là".

Nous sommes là dans l'anti-biblisme et le dualisme gnostiques chrétiens.

L'un de ses représentants les plus radicaux, Marcion, voyait, dans l'Ancien Testament, non pas une "suite de mythes ni un recueil de mensonges, [mais] une histoire vraie [et] affreuse, celle de la domination tyrannique du Créateur sur le monde et les hommes".[ D'une manière générale, pour beaucoup de gnostique, "responsable de la création matérielle et de la Loi mosaïque, ce Dieu créateur s'oppose d'une manière absolue au Dieu suprême demeuré inconnu du monde jusqu'à la révélation christique; c'est le Dieu des sacrifices sanglants, des batailles, des massacres".[(Alors que dans la Nouvelle Loi "la Justice et l'Autorité seront tempérées et vivifiées par l'Amour").

Ici, c'est l'évocation, par les gnostiques, du temps de la révélation christique intervenant en opposition à l'Ancienne Loi qui nous incite irrésistiblement à oser un parallèle avec le contenu du coffret de la Parole perdue.

Chaque grade a sa légende et annonce le suivant. Celle du 17ème voudrait qu'il ait été créé "en plein Moyen-Âge, à une époque où se heurtaient, en Occident, les principes professés par le catholicisme romain et ceux rapportés du Moyen Orient par les croisés". La mission des chevaliers d'Orient et d'Occident aurait été d'établir la synthèse entre ces deux "courants", entre le dogme et les gnoses. Bien que Paul NAUDON ait considéré qu'il s'agissait là d'une glose interprétative et restrictive, un auteur profane écrit ceci: "Le 17ème grade du R\E\A\A\ met en jeu un cérémonial imposant qui n'est pas sans évoquer les mystères de certaines sectes gnostiques chrétiennes. Au cours de ce rituel on découvre un étrange tableau représentant une croix de chevalerie dans laquelle se trouvent sept sceaux qui, sont censés figurer ceux dont parle l'Apocalypse de St Jean. […] Notre auteur fait le judicieux commentaire suivant: "Cette légende  est le type même des récits invérifiables qui abondent dans les rituels des hauts grades; mais le 17ème degré est intéressant par son souci d'ésotérisme chrétien -même si (ce qui est fort possible) le rituel a été composé par des Maçons français de la fin du XVIIIe siècle, et non par des croisés prestigieux".

Le 17ème méritait bien qu'on s'y attarde un peu: pour ce commentaire qui s'applique dans sa généralité à bien d'autres degrés, et notamment au 18ème à propos duquel on peut parler de, souci d'ésotérisme alchimique. Également à cause de St Jean, apôtre et évangéliste largement cité et commenté par l'incontournable plaquette du 18ème au paragraphe "Parole perdue", avec un acrobatique exercice d'exégèse et une belle citation de Simone WEIL. Pour nous, ce St Jean, fêté le 24 juin par des feux très païens, est intéressant dans le contexte "gnostique" en confirmation de ce qui vient d'être dit: "d'après certains auteurs, St Pierre symboliserait l'église "extérieure" et St Jean l'église "intérieure"; aussi a-t-on voulu voir dans le vocable de St Jean utilisé par la Maçonnerie la preuve évidente de son rattachement à la Gnose [...]"

Le rituel de réception au 18ème degré va nous donner l'occasion de relever un bon nombre de références "alchimiques" et également de constater des convergences entre alchimie et gnose dans nos textes.

Encore au grade de Chev\ d'Orient et d'Occident qui vient de leur être conféré, les candidats à l'élévation au 18ème grade promettent, de soutenir la cause du faible et de l'opprimé et de remplir fidèlement les devoirs de Rose-Croix.

Basile VALENTIN, alchimiste allemand de la fin du XVe siècle, écrivait ceci: "Bref, si tu veux chercher notre Pierre, sois sans péché, persévère dans la vertu, que ton esprit soit éclairé de la lumière et de la vérité. Prends la résolution, après avoir acquis le don divin que tu souhaites, de tendre la main aux pauvres embourbés, d'aider et de relever ceux qui sont dans le malheur"

Dans la même tonalité le Très Sage exhorte les récipiendaires à retrouver la Parole perdue "afin de reprendre notre approche de la Vérité, condition indispensable pour être consacré Rose-Croix". Il définit la Parole perdue comme (a) "non écrite, symbole de la Tradition Universelle, (b) manifestation de l'étincelle d'intelligence dans la nature des êtres".

Trouver la pierre philosophale, pour l'adepte alchimiste, "c'est avoir résolu le problème fondamental, avoir trouvé le secret de la nature, grâce à une Connaissance parfaite acquise par illumination" 

(a) D'après certains auteurs profanes il existe des "constantes" chez les alchimistes occidentaux: (le secret dont ils s'entourent-le caractère traditionnel de leur science qui se transmet de maître à disciple (leurs écrits ne peuvent être déchiffrés que si l'on en possède la clef).

(b) Jean de Meung, dans la deuxième partie du Roman de la Rose, renouant avec le mythe grec de la fontaine de jouvence, fontaine philosophique ou fontaine des sages pour les alchimistes, décrit une "fontaine, salutaire et belle à merveille" dans laquelle brille une escarboucle (pierre de la famille des grenats, rouge foncé d'un vif éclat).Écoutons-le:

"II n'y a là d'autre soleil qui rayonne que cette escarboucle flamboyante. […] L'escarboucle a si merveilleux pouvoir que ceux qui s'en approchent et mirent leurs faces dans l'eau voient toutes les choses du parc, de quelque côté qu'ils se tournent et les connaissent proprement ainsi qu'eux mêmes; et, après qu'ils se sont vus là, ils ne seront jamais le jouet d'aucune illusion, tant ils y reviennent clairvoyants et savants".

Escarboucle flamboyante, étoile flamboyante, étincelle d'intelligence, clairvoyants et savants, connaissance de soi..., il y a 1à bien des éléments: aspect gnostique de l'alchimie, contenu crypto-alchimiquee et crypto-gnostique de notre rituel, bien des éléments de la matière d'une subtile alchimie: maçonnique au 2ème grade, rose-croix au 18ème.

Le plus rude travail, la peine tout entière

Est à parfaitement préparer la matière.

aurait dit un certain Augurelli dans sa Chrysopée.

Tout est prêt, tout peut commencer les candidats, "au noir", c'est-à-dire cordon de R\+C\ à l'envers, sont conduits dans les ténèbres d'une salle obscure où l'on a illuminé une image du Phénix au pied de laquelle se trouve le coffret contenant le support de l'inscription I .N R I.

Ainsi, la première image symbolique qui saute aux yeux des candidats est celle d'un animal. Jusqu'à présent, d'initiation en augmentations de salaire successives ils avaient découvert des outils, des minéraux, des objets, des végétaux. Les animaux de toutes sortes sont omniprésents dans la symbolique alchimique. Le premier animal rencontré est donc un phénix. Il est rouge pourpre, une couleur nouvelle, en rupture avec les degrés précédents et aussi avec les récits de la Bible où le rouge est rarement différencié du brun ou bien représente la couleur du péché (Esaïe1, 18)

Les impétrants apprendront par la suite que le phénix est, pour les Alchimistes, le symbole de l'Oeuvre au rouge caractérisant la régénération du monde; des planches du Grand Oeuvre, avec le Phénix, montrent la figure hermétique de l'amour spirituel, prouvant ainsi que gnose et alchimie font bon ménage souvent. Le phénix est, dans le même sens, l'allégorie de la perfection du feu pur.

Ils découvriront peut-être qu'en s'appropriant une fois de plus, un symbole païen les Pères de l'Église avaient fait du phénix le symbole de la résurrection du Christ, jusqu'au VIe siècle. Le supplice de la croix inspirait l'horreur. On voulait cacher celle-ci aux néophytes et aux païens à évangéliser.

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Les futurs Chev\ R+C sont conduits dans un Temple "rouge". Ils croient avoir retrouvé la Parole perdue. Le très Sage leur demande où.

-"Sous l'aile du Phénix à l'instant où il renaissait de ses cendres.

-Mon F:. Gr\Expert, voulez-vous m'apporter la Parole perdue qu'avec l'aide de nos FF\ animés par la Foi, l'Espérance et la Charité, vous croyez avoir retrouvée.

Le T\S\ouvre le coffret, en tire un document qu'il montre au Chapitre et lit l'inscription.

- I.N.R.I. Voilà la Parole perdue et enfin retrouvée."

Avant de commenter les explications données par le T\S\et le Chev\d'Éloquence sur ce qui vient de se passer, relisons les indications données dans le rituel pour servir de thème au discours de bienvenue du Chev\ d'Éloquence: "Les 16 premiers grades sont relatifs à une première période de la pensée humaine jadis conservée dans le secret des Temples et symbolisée par l a tradition hébraïque du peuple élu. Tous les symboles de ces 16 premiers grades sont judaïques et architecturaux. Le 17ème degré rappelle l'époque de la ruine du Temple. Le 18ème degré a pour objet l'étude de la pensée moderne, des philosophies, des différentes religions, de la sagesse et de la science qui doivent se prêter un mutuel appui".

Si le fond et la forme sont discutables en ce qui concerne les 17 premiers grades, on ne peut que saluer le programme, novateur voire réactionnaire, proposé pour le 18ème où les religions en général sont placées sur un pied d'égalité avec d'autres manifestations de la pensée. Il était bon d'en parler dès maintenant pour bien marquer le contraste avec ce qui suit, extrait du même rituel.

Si l'on veut bien considérer, d'autre part, que l'Alchimie a sa place entre Sagesse et Science, nous nous permettrons de faire valoir son point de vue et, si cela se présente, de souligner quelques incidences gnostiques.

On se souvient que les vertus animaient, soutenaient l'ardeur des Chev\ d'Orient et d'Occident avant leur recherche de la Parole perdue. Dans les préalables du Grand Oeuvre, "l'adepte doit éliminer les désirs corporels et vaincre la chair […]. L'alchimie devient une véritable religion dont la thèse fondamentale sera le pouvoir illimité de l'esprit sur la matière […]

FUCANELLI adepte moderne invite à "se rappeler l'adage "Mens agitat molem", l'esprit agite la masse, car c'est la conviction profonde de cette vérité qui conduira le sage ouvrier au terme heureux de son labeur. C'est en elle, en cette foi robuste, qu'il puisera les vertus indispensables à la réalisation de ce grand mystère". "L'"art" accompagne l'ascèse; à eux deux, ils constituent le double processus du Magistère"[

Les Rose-croix néophytes, aidés par les vertus, ont mérité que la Parole leur soit révélée, on les éclaire maintenant sur d'autres mystères.

-La F\M\ a conservé pour son 18ème degré la croix à quatre branches égales, emblème qui se prête à de multiples et fécondes interprétations.

-Cette croix est ornée en son centre d'une Rose rouge, perfection naturelle, .fleur de la Chevalerie, emblème de l'Amour pur.

Les rédacteurs du rituel écrivent "croix" avec un "c" majuscule Il faudrait, si ce n'est déjà fait, rectifier cet abus dans une prochaine édition: la croix à quatre branches est la plus basique, la plus primitive.

C'est crux, crucis, qui à donné croisée, pour le châssis des fenêtres comme pour l'intersection de deux chemins, au sens où l'adepte NEWTON l'employait dans l'expression "experimentum crucis": "expérience servant pour vérifier une hypothèse, comme un poteau indicateur de carrefour pour trouver son chemin"[

Dans le langage volontairement ésotérique des adeptes, croix signifie "creuset", "mot obscur" avoue une lexicographe qui peut représenter soit une lampe à deux mèches croisées, soit un récipient creux[ 

La rose, dans ce même langage, c'est la couleur rouge en général et aussi le nom des deux phases qui succèdent au noir initial: de la rose blanche à la rose rouge, cette dernière signifiant l'apparition de la pierre des sages. Celle-ci nous renvoie à l'escarboucle flamboyante de tout à l'heure. Et si la croix à quatre branches avec la rose rouge au centre était une Étoile flamboyante substituée; comme le mot sacré? Le T\S\ termine d'ailleurs ainsi: "C'est pourquoi vous voyez, dans les branches de cette croix, les lettres I.N.R.I. qui, alternativement prononcées, forment le mot sacré du grade de Rose-Croix".

Auparavant, le T\S\ avait dit: "La raison est comme la rose dans la croix du présent, lequel, crucifié entre l'Être et le Non-être, entre le passé, le néant qui n'est plus et l'avenir, le néant qui n'est pas encore, est le lieu de la réconciliation entre la raison et la passion".

Nous proposons, en regard de cette abstraite sentence un extrait de l'Archidoxe de Paracelse, "cette étrange figure faustienne du 16ème siècle, anticlérical, développant un système "qui sent le fagot", mais qui n'a pas lui-même conscience de sortir du christianisme" , ce qui est le cas de la plupart des alchimistes:

"Celui qui veut travailler au Grand Oeuvre doit visiter son âme, pénétrer au plus profond de son être et y effectuer un labeur caché, mystérieux. Comme la graine doit être ensevelie dans le sein de la terre, ainsi celui qui entend l'appel de Dieu doit, en se corrigeant, en se rectifiant, obtenir la sublime transmutation du charnier natal, immonde matière noire, et faire du charbon, un éclatant diamant, du plomb vil, un or pur. Il aura trouvé la Pierre cachée qu'il recelait en lui".

Souvenons-nous de V\I\T\R\I\O\L\... La poursuite de l'or, c'est, en réalité la quête de trésors incorruptibles et purement spirituels. Sans lien obligé avec une religion particulière, Dieu "allant de soi", comme pour presque tous les "intellectuels" jusqu'au XVIIIe siècle.

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Le Chev\d'Éloquence poursuit en proposant deux significations possibles de I.N.R.I.: Jesus Nazarenus Rex Judeorum et Igne Natura Renovatur Integra, Jésus de Nazareth Roi des Juifs et, c'est par le feu que la nature entière se renouvelle. "Cette multiplicité d'interprétations, dit-il, indique assez que la Parole n'a été retrouvée que symboliquement, sous une forme substituée, et qu'en conséquence sa recherche, qui se confond avec celle de la Vérité, demeure la tâche des Chev\Rose-Croix" […].

Plus loin, il commente les représentations de deux animaux placées près de l'autel:

-le pélican, "symbole du sacrifice que tout Chev\ R\+C\ doit être prêt à accomplir".

A quel symbolisme du sacrifice est-il fait appel? A celui du Christ ou à celui de la pierre philosophale qui, dans le processus du Grand Oeuvre, s'épuise en communiquant au vil métal la couleur rouge qu'elle recèle?

-le phénix "emblème de la pensée universelle qui se consume elle-même et renaît de ses cendre".

Si les FF\ chargés de séculariser les rituels au XIXe siècle sont passés par là, ils ont manqué de cohérence: on a vu que, jusqu'au VIe siècle, le Phénix était au premier plan de la symbolique chrétienne à la place du sacrifice de la croix. Le phénix, symbole immémorial est, pour les alchimistes, l'allégorie du feu pur: sa renaissance miraculeuse constitue le Grand Oeuvre.

Les récipiendaires sont enfin"faits et constitués" Chevaliers Rose-Croix. Le T\S\ ajoute: "Chevaliers, puissiez-vous, sous ces nouvelles couleurs qui sont celles du Feu et de l'Amour, devenir l'ornement et la gloire de notre Ordre".

Cette précision ne peut être ni fortuite, ni gratuite: insister sur la couleur rouge, sur le feu, c'est donner "un signal fort", pour parler contemporain.

PARACELSE parlait de "L'élément "feu", plus sublime encore que les trois autres..." BORRCHIUS tenait, quant à lui, pour certain que le vrai berceau de l'alchimie, pour n'être pas aussi antique qu'on le disait, se trouvait néanmoins dans les ateliers de Tùbal-Caïn le redoutable forgeron de la Bible. Un nom qui nous a tellement intrigués, certain soir, que nous ne l'avons jamais oublié.

Les nouveaux Chev\.R\ +C\ sont reconnus comme tels par le Chapitre et salués par une batterie d'allégresse:

-Signe et contresigne, pas seulement hermétiques... "Tout l'art (l'alchimie) est basé sur l'amour divin, par lequel le ciel s'unit à la terre, dans le chaste inceste du soufre et du mercure"

-batterie à sept coups comme les sept métaux et bien d'autres choses pour les adeptes,

-acclamation, qui si elle signifie vraiment "sauveur", serait plus gnostique que chrétienne.

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A la fin de la magnifique étude Deux siècles de REAA en France, l'Aréopage "SOURCES" définit ainsi la Maçonnerie en général: "C'est la bonne fille, un tantinet adultérine –des Lumières et de l'illuminisme -de la gnose et du cogito -du positivisme et de l'ésotérisme –du christianisme et de l'athéisme, stoïcien -du latitudinarisme protestant et de la physique newtonienne".

Le R\E\A\A\ est ensuite qualifié de "fils d'aventuriers franco-américains".

Dans le même esprit, nous prétendons que l'alchimie est la "mazarine" du 18ème grade: une fille adultérine reconnue mais cachée.

Pierre MOLLIER historien rigoureux, a certainement raison de dire, dans le même ouvrage, que le baron de TSCHOUDY et André DORE se sont trompés en donnant au 18ème grade des origines alchimiques: "force est de constater, dit-il, qu'une lecture raisonnable des rituels anciens que nous avons cités ne laisse rien apparaître de tel".

Tout en restant raisonnables nous pouvons envisager un autre mode de lecture, celui qui est appelé anagogique. Étymologiquement cette lecture est censée conduire en arrière et /ou au-dessus de ce que produisent les lectures habituelles. Dans la pratique, "la lecture anagogique prend au sérieux "ce qui manque" pour en discerner les repères dans "ce dont on dispose".

Pour des Maçons familiers des symboles en tous genres et accoutumés à l'esprit critique, c'est un exercice tout à fait concevable.

C'est ce que notre Chapitre a tenté de faire tout au long de l'année dernière sous l'impulsion de son T\S\ B.BRUGGEMANN et sous la direction technique et spirituelle du B\A\F\ L. NARDIN. Non pour trouver des origines, mais pour mettre en évidence des repères alchimiques tout aussi justifiés et acceptables que les lourdes marques chrétiennes apposées -puis effacées, puis déguisées- au gré des avatars des obédiences ou des opportunités politiques, pendant plus de deux siècles sur le symbolisme du grade de Rose-croix.

Source : http://sog2.free.fr/

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Du Chevalier Rose-Croix au tétramorphe

25 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Le Rite vous a investi des titres de « Chevalier de l’Aigle Noir », « Chevalier de l’Aigle », « Chevalier de Saint-André », « Chevalier du Pélican », « Chevalier Rose+Croix ».  

Vous agissez dans l’espace du « signe » et du « contre signe », de la Terre au Ciel, et dans le sillon des vallées. « Trente trois ans » est votre âge, période moyenne séparant deux équinoxes de printemps consécutives, et trois ternaires à l’œuvre dans l’arbre sephirothique. Connaissant les mystères et la force de la croix, vous travaillez à tempérer les vicissitudes et effacer les turpitudes du monde, « pour retrouver la Parole Perdue, et pour permettre à l’Etoile Flamboyante de rayonner à nouveau ».  

Ainsi, les « travaux ayant repris force et vigueur », les colonnes étant gravées, « lorsque le Temple sera consacré de nouveau, ses pierres mortes redeviendront vivantes, le métal impur sera transmué en or fin, et l’Homme recouvrera son état primitif de pureté et de perfection », si l’invocation rituelle du « Hoschée ! », votre « Sauve-nous » ou « délivre-nous » trois fois répété, s’infiltre dans l’âme du monde.

Chevaliers au service de l’harmonie du monde, vous avez été conçu dans le « sépulcre », vieil homme dissout dans la noire énergie de la « crypte » par « les secrets de l’après-mort », pour pouvoir reconstruire le Temple, en ayant connu les « Noms Divins » et retrouvé « la Parole Perdue ».

La batterie vous appelle à œuvrer selon les principes qui ont présidés à la création du monde, pour que refleurisse la rose au temps du divin repos, celui qui pour vous se transpose en cette paix profonde, extrusion de la parfaite maîtrise des possibilités de la condition humaine.  

La formule existentielle de réintégration, ou le retour en l’Esprit Universel, l’assimilation en soi d’Emmanuel, sont établis par la « voie sèche alchimique » associée à la connaissance de « l’Astrologie surnaturelle ». Le travail accompli, l’« Horloge Céleste » sonne « l’heure où les ténèbres de la Tyrannie et de l’Ignorance ont pris fin, où la Lumière fut restituée à l’homme digne de ce nom, où l’Etoile Flamboyante, chassant devant elle les phantasmes de la nuit, monte à l’Orient du Monde, et se lève semblablement en notre cœur… »

Le chemin de cette quintessence passe donc au sein de la Terre par les lois de la ronde céleste, par le programme de cheminement spirituel qu’enseignent les énergies du Tétramorphe, à condition que le chevalier les accepte comme présences marquant le passage, la métamorphose, de la condition terrestre à la condition divine.  

En effet, la mission du chevalier placée sous les auspices de la Charité est d’abord attachée à la Terre. Le Chevalier du Pélican inscrit ses actions dans le corps du temps comme autant de prières incises en la matière vivante. Matière triturée puis régie par les archétypes du Taureau et de Luc qui ouvrent les consciences à l’universalisme de l’être.

La grandeur de la spiritualité est attachée à la détermination de la bonne volonté. Il s’agit de dissoudre les turpitudes du vieil homme, d’en réaliser avec opiniâtreté le « solve » porté par l’espérance.

Se découvriront alors les fondements de l’existence et les mystères de l’univers. Mais c’est du feu de la Foi qui ensemence, de la volonté du Chevalier de l’Aigle Noir , de la magie du bâton fécondateur de l’amour, de l’opération « coagula » du Lion, que l’âme d’un enfant nouveau, l’adepte en germe, peut réellement paraître.

Ici Marc concrétisant les virtualités, fait l’âme courageuse et forte parce qu’elle s’ouvre à l’esprit.

Pour comprendre la vérité des choses, il faut posséder la clairvoyance du « suprasensible », diriger les forces de l’âme vers le spirituel afin de trouver la lumière d’une connaissance nouvelle. Alors, l’épée haute œuvre le Chevalier de l’Aigle, sous les auspices de Jean, la force de la parole qui fait avancer l’âme pour la « transfigurer ».

L’air s’enrichit de l’esprit, et la lumière brille dans le temple. La réalité du chemin peut être vue lucidement. Aussi, voici qu’«Andros », l’Homme accompli, ou réintégré, à voie ouverte par l’assurance du Chevalier de Saint-André.  

Or l’angle de l’axe de la Saint Andrée, le 30 novembre, dans le Sagittaire avec l’axe des solstices, sur le zodiaque, est de 23°. A 26’ près on a donc l’angle de l’écliptique sur l’Equateur, c’est-à-dire l’angle de l’orbite terrestre avec le grand cercle de la sphère céleste décrite par le Soleil en son mouvement apparent. Le jour symétrique au-delà du solstice d’hiver, dessinant l’autre branche de la croix de Saint André, est le 12 janvier, fête de la Sainte Famille.

Plus rien ne pourra retenir prisonnier Matthieu le connaissant, le serviteur lucide de la Grande Déesse Mère. Voilà que notre Chevalier est projeté dans l’immensité du ciel, homme nouveau en conscience, cosmique. D’ailleurs en transcrivant en grec les saisons l’on obtient : le printemps « Anatolé », l’automne « Dysmé », l’hiver « Arctos », l’été « Mesembria », soit en associant les initiales, « ADAM ». Car par l’Amour des êtres, la Grâce opère. De la coupe l’eau sublimée s’évapore : le nouvel âge de conscience, établi.

Voici en quelque sorte esquissé une alchimie spirituelle, le schéma d’une « Voie Royale ». Et les occidentaux peuvent en trouver les clés, la révélation, dans l’« Apocalypse ». On peut y découvrir les processus par lesquels la conscience doit passer pour que l’homme se transmute. Elle affiche subtilement les applications et les implications psychiques et somatiques de la « transfiguration-déification ».  

Il n’y a pas de techniques à acquérir, à proprement parler. Comme dans la voie «opérative» tracée par le « Mutus Liber ». L’on doit simplement et intérieurement être convaincu de la nécessité essentielle d’acquérir l’état de « fils de l’homme dans sa gloire ». Cela étant, avant de pouvoir « prendre place sur le trône glorieux », si le processus d’ouverture de la conscience s’enclenche, on devient d’abord lentement et progressivement un « Vivant ». Il n’y a pas besoin de savoir spécial (« Heureux les pauvres en esprit ») : si l’on ne veut pas demeurer à l’extérieur de cette voie mystique, il suffit de s’inscrire « ésotériquement » dans le programme porté par les archétypes déjà évoqués. En eux, la voie est.

Mais avant de pouvoir accéder à cette alchimie spirituelle, il faut équilibrer les manifestations du mental et de l’émotivité. En quelque sorte les rénover et stabiliser par des principes simples...  

Le premier principe consiste à ne jamais dire ou penser : « je sais tout ça »,ou « je maîtrise parfaitement ce sujet ». S’y abandonner c’est confier son identité sacrée aux souvenirs de l’intellectuel, tandis que doit émerger au contraire l’essence de notre personnalité, la partie de nous-mêmes qui transcende les limitations mentales habituelles. Il faut sortir de l’objectivité proclamée, de l’enfermement produit par le cerveau gauche, ouvrir les portes du cerveau droit. La figure des « 4 Vivants » peut révéler les façons d’entrouvrir la porte de communication entre les deux, et faire espérer ne plus rester coincé entre terre et ciel...

(Voir le tympan du portail de la cathédrale de Chartres, ou celui de l’église Saint-Trophime en Arles). 

En ce travail alchimique, quel ordre suivre pour pouvoir entrer dans l’Œuvre : suivre la circonférence Taureau-Lion-Aigle-Homme/Ange, ou la croix Aigle-Taureau, Homme/Ange-Lion entourant le Christ en gloire ? Par quel chemin atteindre l’apogée de ce que nous devrions être ? Celui, en conscience, de l’implacable Divine Providence, ou les besogneux et subtils chemins de Jacques ?

Il est évident que les chemins passent par les trois états archétypes animaux, le vécu de ces 3 énergies «animiques», pour espérer la transfiguration de l’homme en dieu. En effet, ces 4 figures représentent la potentialité totale de la Vie Universelle, le Souffle manifesté dans la matière. Si Thomas en fait la synthèse des expériences : sa quintessence ouvre à l’état Christique.  

Les 4 figures encore figées dans la pierre correspondent aux 4 Eléments : le Lion et le Feu, le Taureau et la Terre, l’Aigle et l’Air, l’Homme et l’Eau, dans leur état actuel de « mort ». C’est-à-dire qu’ils ne sont pas en plénitude : leur manifestation est ici adaptée au monde terrestre et humain, encore faut-il appréhender et s’approprier la vie qu’ils libèrent en l’humain. Il faudra posséder le feu pour vouloir transmuer le mercure et atteindre aux demeures spirituelles.

L’Alchimie à pour vocation de prendre une substance inerte et de lui insuffler la vie.

Elle considère que l’homme lui-même est encore inerte, un simple grain de poussière, égaré dans la Vie Universelle.

Si ces 4 images portent les archétypes, les états de conscience, les 4 niveaux d’existence par lesquels on doit passer pour naître à la vie spirituelle, alors porteuses d’évocations, elles deviennent des images effectivement « vivantes ».

Il faut apprendre à capter la vie dans ces pierres symboliques pour l’insuffler dans notre propre matière et nous rendre vivants. C’est utiliser le processus des images magiques. C’est aussi l’art du Chevalier R+C en « construction ».  

La Cabale et toutes les grandes Traditions connaissent cette technique d’utilisation des images symboliques pour consigner la Connaissance.

Les Sages l’emploient pour que la réalité de la Création ne soit pas transmise déformée et altérée par les interprétations individuelles forcément partielles.

On dit que l’Arbre de Vie a été révélé par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. Mais en observant les turpitudes du peuple, son incapacité à recevoir la connaissance donnée par le divin, Moïse est redescendu de la montagne avec les tables de la Loi, les dix commandements pour seul trésor de l’humanité. Rabbi Siméon bar Yochaï voulait que la connaissance de l’Arbre de Vie ne se masque pas aux hommes pendant des siècles.

Reste en mémoire son interrogation pleurée : « Malheur à moi si je révèle ces secrets, et malheur à moi si je ne les révèle pas ».  

En fait les images magiques ne demeurent magiques ni pour les indifférents, ni pour les cyniques. Elles transmettent une science de l’être afin de pouvoir accéder à la lumière divine qu’à ceux qui ouvrent le cœur et l’intelligence. Ils peuvent avoir accès à l’usage ésotérique des icônes, mandalas, ou de la Joconde : en état de contemplation profonde voir défiler les paysages de la vie, ou du moins ceux qui vibrent en eux ; et ces images révèlent en eux la Vie Universelle, par communion.

Mais on n’arrive pas là en ayant seulement échappé à l’emprise tyrannique du cerveau gauche un instant.

Il faut réaliser une « pénitence » complète, en grec une « méta noya », c’est-à-dire une conversion du mental, passer de la voie ésotérique à la Voie Royale par abandon justement de certains principes exotériques.

Alors, passant par les chemins de Jacques le Majeur, est-il possible, parvenu à l’état de sagesse, d’assumer le monde en soi-même, l’« œuvre du Père » dans la matière, c’est-à-dire devenir « Christophorus », Christophe le modèle des initiés ayant su traverser le torrent des passions et parvenir à « douze jours » de la Transfiguration.

Les « 4 Vivants » sont les clés suprêmes de l’initiation des hommes. Et devenir Roi, Prêtre et Prophète sont les trois étapes obligées de la Voie Royale. Mais ici l’homme seul ne peut rien : cette réalisation complète est œuvre divine. L’homme est impuissant à pouvoir vivifier seul les 4 Vivants…

Le second principe consiste à « vivre la véritable humilité », celle qui fait ressentir l’impuissance face à l’œuvre divine. Il s’agit de comprendre et ressentir, en se gardant de toute superstition, que l’aide et la grâce dans tous les instants de la vie sont des œuvres divines.  

Le troisième principe consiste à « renoncer de soi à soi à tout désir d’accomplissement » ; « vivre sans émotion » le « ce que je vais faire, je le fais pour rien. » C’est l’expérience de la gratuité du cœur à tous les niveaux : être prêt à travailler sans but de récompense en retour. Seul le désir d’œuvrer pour le Bien doit demeurer. Et surtout ne pas espérer en secret devenir parfait. Pensez que chacun n’est qu’une cellule de l’Adam Kadmon : faire ce que l’on a à faire ici et maintenant un point c’est tout.  

Le quatrième principe consiste à « renoncer à la loi du bénéfice ». Il s’agit d’aller vers l’autre sans besoin pour soi, sans intérêt fût-il lié à de hauts sentiments d’altruisme, car quelque part existe en secret un sentiment de compensation, de vacuité à supprimer. Il faut être entièrement Amour, gratuitement, parce que cela est la substance de vie. Mais pour atteindre cet état d’être, que de progrès à faire dans l’expression de l’amour humain ! Par exemple, comme premier pas, arrêter de considérer les éléments d’un couple « complémentaires ». La Femme et l’Homme sont chacun des êtres complets en soi. En réalité ils sont supplémentaires l’un pour l’autre. La complémentarité ne peut se voir à la rigueur que dans les fonctions respectives permettant d’accomplir les actes matériels de la vie commune.  

Reste que le véritable chevalier R+C a effectivement intégré les quatre principes précédents. A l’origine de ces mutations, ou de cette entreprise d’alchimie spirituelle, l’impérieuse nécessité de « conversion » des états de conscience habituels.

Si cette volonté n’avait pas été une réalité intérieure, intime et tenace, il n’aurait pas pu espérer vivre cet état de généreuse vacuité. Le maçon qui souhaite atteindre l’efficience de ce titre initiatique doit aller dans les empreintes ici marquées. S’il ne le peut, il demeurera ce qu’il était au mieux au départ : un universitaire dévorant du savoir. Pour avancer dans la pratique de cette alchimie spirituelle il n’y a guère d’autre choix.

Ainsi le Chevalier R+C qui veut aider à ces conversions, peut proposer l’utilisation des images magiques dont il vient d’être question.

L’ordre dans lequel il peut proposer de travailler avec les 4 Vivants est fonction de l’avance de l’impétrant sur le chemin initiatique. Pour qui apprend à prendre conscience de ces archétypes en lui, il sera plus aisé de suivre le déroulement naturel des âges logiquement traversés : le taureau pour l’enfance, le lion pour l’âge adulte, l’aigle pour la vieillesse, l’Homme pour l’accomplissement.

Mais pour qui à intégré ces expériences possibles, l’ordre devient : l’Aigle, le Taureau, l’Homme, le Lion. Cela doit éveiller en lui les capacités liées aux trois fonctions propres aux initiés d’autrefois : celles du Roi, celles du Prêtre, celles du Prophète. Et le récit de la vie du Christ n’est rien d’autre que l’enseignement relatif à l’acquisition de ces trois fonctions, dans le parcours cosmique de l’Intelligence solaire. Manifester ces trois fonctions est le summum de l’initiation de la Voie Royale.  

En tant qu’image magique le Lion a pour archétype, pour énergie, dans la Création : le Lion cosmique. Il est à considérer comme la projection sur Terre d’une force d’origine divine. Ce qui est une absurdité pour les occidentaux actuels. Mais on ne peut pas se lancer dans les processus de l’alchimie spirituelle si l’on oppose aux symboles des Anciens le barrage du raisonnement de l’homme moderne.

Le procédé des Anciens demande de mettre le mental en résonance avec la symbolique véhiculée par l’image magique, de manière à assimiler l’énergie de l’archétype auquel renvoie cette image. L’énergie de l’archétype est comme une densification permanente de la « force-archétype » cosmique. Il faut admettre intimement que le monde de la matière est relié par condensation au monde de l’Esprit. Affabulation, concluent les « modernes » : cette vision des choses n’a pas d’existence réelle.  

Virtualité ou pas, l’alchimie spirituelle s’opère par le cœur, l’athanor où tout se réalise. Le cœur est le lieu du mystère, la voie d’accès à l’Esprit pour agir en l’individu. Et sur le plan astrologique Cœur et le Lion sont en correspondance. Chez les anciens hébreux cet athanor était l’Arche d’Alliance. Il était quelque chose de physique, de matérialisé et gardé par des prêtres. Pour les hébreux actuels, il n’est plus qu’un symbole, le rappel du devoir des croyants envers Dieu, le lieu où se joue la réalisation du lien entre Dieu et l’individu. L’Eternel n’a-t-Il pas promis : « Je leur donnerai un cœur nouveau et Je mettrai au dedans d’eux un esprit nouveau. J’ôterai de leur chair leur cœur de pierre et Je leur donnerai un cœur de chair. Alors ils seront un peuple et Je Serai leur Dieu » ?  

En fait les « 4 Vivants », précisément l’aigle, le lion et le taureau, sont en rapport avec l’ontologie traditionnelle du judaïsme et du christianisme : l’esprit, l’âme et le corps. Ils sont les 4 facettes de l’Esprit qui vont vivre dans le cœur de l’individu. D’ailleurs le quatrième vivant, l’homme nouveau, constitue la résultante des trois composantes précédentes. Alors le cœur de pierre attendri s’ouvre à la dimension de l’Amour Universel. Le cœur de chair se substitue à l’Arche d’Alliance.

Il faut comprendre que le cœur ouvre le plan religieux, jusqu’à devenir un tabernacle, résidence du Divin. Alliance, attendrissement par le dialogue subtil avec l’Esprit, comme union entre l’individu et l’Eternel. Mais depuis des milliers d’années, doute et la raison devenus maîtres absolus, on ne sait plus qui est l’Esprit, et donc s’il existe.

Cependant peu résistent à se passer d’appeler intérieurement cette « primordiale spiritualité ». Le cœur asphyxié clame de l’aide dans le silence et les absurdités du monde.  

C’est en travaillant avec les « 4 Vivants », en assumant les titres de chevalerie, que l’on pourra activer en soi-même la triple fonction : royale, sacerdotale et prophétique.  

La fonction royale est reçue du Lion car par vocation il assume le pouvoir. Chevaliers, c’est le temps du combat, la joute de l’individualité pour se trouver, définir et affirmer sa volonté propre, la « grande guerre » pour que le « soi » se découvre. C’est la phase aussi de la « petite guerre », celle de la mise à l’épreuve par l’opposition à autrui.  

C’est le temps de l’âge adulte qui ouvre la « Porte des Hommes ». Sous la cuirasse bat le cœur avide de maîtriser la personnalité, l’ego, le « moi-je ». Si la victoire sourit, l’état de royauté apparaîtra. D’un point de vue pratique, le bon fonctionnement du système cardio-vasculaire, la bonne circulation, en seront les facilitateurs, corroborant l’ascendant sur le pouvoir matériel et le savoir rationnel. Sublime « coagula » d’où renaîtra l’homme nouveau, par la maîtrise des fonctions psychiques, l’épuration de l’âme. Le Lion est le roi des animaux, l’essence-même de tout ce qui vit sur Terre car il intègre analogiquement chaque espèce animale. Le roi est celui en qui tout se récapitule. Une sorte de totalisation, comme un retour à l’Unité, « confirmée » par la force de vie et l’illumination de l’âme.

D’ailleurs le Roi dit « nous » et jamais « je ». Le roi intronisé porte à l’annulaire l’anneau qui le marie avec son peuple et son royaume. Sacré, il communie avec le Divin.

Il arbore sur la tête la couronne, symbole circulaire de transcendance, d’unification et d’unité. Le chevalier roi matérialise la possibilité et la réalité du retour à l’Unité Divine. Ainsi, travailler avec l’image magique du Lion c’est travailler avec l’archétype qui donne la capacité d’unifier.

Cependant si l’âme est forte et courageuse quand elle s’ouvre à l’esprit, elle peut devenir timorée et faible si elle s’abandonne aux pulsions de la chair. Le combat est toujours risqué.  

Le Chevalier-Roi recevra éventuellement la fonction sacerdotale du Taureau, animal sacrificiel par excellence. Car pour grandir, pour présider à la purification et à la mort baptismale, doit-il accepter de perdre l’approbation, voire l’amour d’autrui.

Fait d’acceptation, d’abandon et d’obéissance pour pouvoir renaître, il implique son ventre, sa vie entière, intériorise son milieu en s’alignant sur lui pour abandonner en un ultime « solve » l’enveloppe du vieil homme dans la paix intérieure établie. Attaché à la terre par son poids et sa vocation, seule une parfaite réception et assimilation des faits, ou digestion des plats de la vie, en assurera le succès. Ainsi, par un retour dominant l’état de spontanéité enfantine, symbolise-t-il la notion transcendante de sacrifice célébrée par le prêtre.

Tel est le devoir du prêtre-chevalier : accomplir en soi l’union de la Terre et du Ciel, pour relier en conscience et dévouement l’homme au divin.  

Le « don prophétique » est transmis par l’Aigle lié à la tête, le Saint des saints. Seul animal de l’apogée, capable de s’élever très haut dans les airs, de regarder en face le Soleil et d’inspirer l’ascension vers la Divinité, dont-il sait et connaît l’existence. L’âge de l’aigle affine l’intuition spirituelle et la sensibilité métaphysique ouvrant la « Porte des Dieux ». Cela n’est possible, « prêtre-chevalier », qu’à la condition de connaître l’art de marier les opposés du bi pôle Taureau/Lion. Travailler avec cet archétype, aux conditions de l’équilibre du système nerveux, permet d’accéder à la sagesse et à l’amour des êtres, pour pouvoir enfin entendre l’Intelligence du Monde. Transmettre sa voix, celle du temps et des réalités subtiles, est œuvre prophétique. Chevalier si tu parviens à voler avec l’aigle dans le ciel du « soi » pour écouter l’Esprit, tu participeras aux Réalités Supérieures.  

Mais l’œuvre est impossible sans l’accord de l’Aigle, car c’est lui qui fait naître à l’Esprit.

C’est pour cela que ce travail d’alchimie interne commence avec l’Aigle. Porté par les souffles de l’Esprit il glatit, ou non, dans le cœur en prière et en contemplation.

Car l’adepte sait que l’Aigle ne s’apprivoise pas, et que l’Esprit souffle où et quand il veut. C’est l’Aigle qui donne le feu vert pour que s’effectue le vrai travail d’Alchimie Spirituelle, c’est l’Esprit qui décide de l’aboutissement.  

Reste que l’épuration de notre terre est la condition première de l’œuvre. Le rationnel la pensée matérialiste n’y ont point de part. Chevalier doit spontanément et intérieurement être en l’état : être d’accord intérieurement de soi à Soi de travailler pour rien, de travailler gratuitement, au service de la Force d’Amour. C’est le résultat d’un indicible appel, d’un besoin irraisonné de fusionner avec le Tout, la nécessité de don complet à l’Universel.

Alors seulement l’Aigle s’éveillera en la conscience du chevalier. Il s’ébrouera, donnera quelques coups de bec au passage pour s’assurer de l’authenticité de l’appel, avant d’emporter le « vieillard » vers sa deuxième naissance, vers cet espoir de « mutation » permettant à l’homme nouveau d’engendrer et témoigner par l’esprit. Seulement il est encore une condition pour que l’Aigle puisse catalyser la capacité prophétique : que le Lion ait fait son œuvre…  

Chevalier, l’action en toi de chaque archétype est graduelle, et liée à la qualité, c’est-à-dire à l’efficience intense des autres en toi. Les qualités de ces énergies sont interdépendantes et fonction de ton accueil, de ta disponibilité intérieure, car n’oublie pas ce qu’écrit STEINER : l’aigle est « une tête avec des plumes ».

La conclusion est évidente Chevalier : si tu veux te fondre en l’« Homme nouveau », le quatrième « Vivants », intègre les trois énergies « animales ». La clé de l’incarnation de l’Esprit se trouve dans le rapport Aigle / Taureau, ce dernier étant la force d’incarnation par excellence. Et la réalisation de cette incarnation s’obtient par le cœur si l’énergie du Lion y siège.

Comprends Chevalier que les trois animaux archétypes sont trois facettes de toi-même, tes potentialités d’antan endormies qu’il te faut développer simultanément, si tu veux sincèrement équilibrer corps et âme. Cela se peut car ton cerveau est conçu pour fonctionner selon les principes qu’ils symbolisent. Les « 4 Vivants » sont les 4 grands mystères par lesquels l’Esprit s’incarne en toi, tissant ton « corps spirituel »(

Ressentis par toi comme archétypes, ils développent en toi une mystique de la participation aux énergies divines

Le processus est simple. Si tu considères par exemple l’archétype de l’Aigle. Il commence à s’éveiller quand nait l’envie de participer à l’universalité, sensation attractive qui pousse à vouloir embrasser l’immensité cosmique, force intérieure, envie irrésistible à vouloir vivre pleinement dans le monde.

L’exercice de base, l’échauffement spirituel qui favorise la naissance de cet état, consiste à contempler l’Aigle ainsi connu de toi et te disposer à accueillir émotionnellement fusionnées ses potentialités et ses vibrations archétypes. Et pour que la réaction démarre, chevalier tout entier, essentiellement, sois humilité et pureté de cœur. Souviens-toi de ta devise : « Non nobis Domine, non nobis ; sed nomine Tuo da gloriam ».

Retiens Chevalier, que L’Homme nouveau est celui en qui s’établit la voix solaire.

Mais n’oublie pas que seul l’Esprit Saint donateur de la grâce peut accomplir cette œuvre de déification…

Si d’abord tu as emprunté les chemins du Taureau, ceux du sacrifice et de la Passion sacerdotale solaire suprême ;

puis embrassé le territoire du Lion qui s’attache à la Résurrection manifestée de cet état ;

enfin participé au vol de l’Aigle qui est l’Ascension ou la réalisation effective de l’état. Chevalier, ce sont ici esquissées depuis la plus haute antiquité, les quatre étapes effectives de la réalisation intérieure.

Livrées : les clés de la Grande Initiation, ou de ce que les Anciens appelaient les « Grands Mystères ». Le détail des processus de « conversion » est inscrit aujourd’hui pour toi dans les évangiles. Il te faudra apprendre à combiner les associations symboliques attachées aux 4 Figures... Jean, Marc, Luc, Matthieu, sont comme quatre formulaires d’initiation dans la voie cosmique solaire.

Correspondant eux-mêmes aux quatre Eléments, les quatre évangiles qui traduisent leur expression ne sont donc pas identiques quant aux processus décrits, pas identiques dans l’invitation aux manifestations des états de conscience.

Chaque évangile présente des étapes différentes de la nécessaire transformation intérieure, et cela en fonction des archétypes accrochés aux quatre éléments. Ils représentent donc la révélation de la conscience nouvelle et transcendante vers laquelle chacun doit aller. Ils balisent la nouvelle manière de vivre à travers l’Intelligence solaire, ou si l’on préfère, le comment éprouver et rayonner l’harmonie retrouvée en l’univers unifiant des principes.

Chevalier tu pourras les mettre en équation et en action en appréhendant les secrets de l’Evangile de THOMAS... Thomas le guide, l’établi, le Soi atteint par l’épreuve, la découverte et la certitude du Divin en ayant traversé le doute et l’incrédulité.  

Mais ceci est déjà la quête, une histoire à suivre, le deuxième temps suivant ces préliminaires incontournables. Pour qu’à la fin, « A celui qui possèdera le Verbe proféré de la Nue, et qui s’unira à l’Esprit rutilant de splendeur divine, à celui-là appartiendra alors la destinée de Moïse et d’Elie… »

J’ai dit

Source : http://srv07.admin.over-blog.com

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18ème grade : Chevalier Rose-Croix

25 Septembre 2012 , Rédigé par R. Ta Publié dans #Planches

La mutation qui s'opère symboliquement par le passage du 17ème au 18ème grade est de celles que les esprits modernes comprennent le moins, aveuglés qu'ils sont par la confusion établie entre foi et croyance.

Historiquement, il y a passage du Judaïsme au christianisme. Mais cela c'est le film tel que le présentent les raccourcis des résumés didactiques. En fait, le Judaïsme n'a pas cessé de mûrir, et le christianisme de s'élaborer.

Si nous demeurons sur le terrain de l'histoire, nous nous trouvons devant la nécessité d'admettre le christianisme comme un produit de civilisation, et renier ses apports serait renier ce que l'on est soi même.

Notre culture est un témoignage, ce n'est pas l'aboutissement, mais du moins est-ce un jalon sur le cours d'une évolution repérable.

Je suis toujours surpris que les francs-maçons négligent la richesse des spiritualités du Moyen Age, obnubilés qu'ils sont par le procès fait à un prétendu obscurantisme. Il n'y a d'obscurantisme que dans l'attitude de ceux qui supposent qu'étant venus après, ils sont au-dessus des grands esprits du passé.

Il faut régler définitivement cette dette: nous avons beaucoup à apprendre des grands esprits qui nous ont précédés. Nous avons même tout à apprendre, si nous prenons à la lettre le propos du grade de 18e. En recherchant la Parole perdue, nous entendons retrouver la Vérité ou la Sagesse que nos ancêtres avaient possédée.

Nous sommes là dans le cadre des mythologies : I'âge d'or, ou l'arrivée du Messie ont constitué les deux pôles de référence des croyances collectives.

De nos jours, comme de tout temps, les uns ont prôné les mœurs d'autrefois, les autres ont projeté leur espérance dans l'Ordre qui s'établirait demain par l'effort de tous ou par celui des savants ou par celui des sages.

Or, si le franc-maçon ne sait pas que ce qui est figuré comme une fresque objective est en fait un itinéraire intérieur, il n'est pas à même de comprendre le sens de sa vocation

Ce qui se passe au niveau des idées et des croyances partagées par les diverses communautés, c'est la nécessaire alliance autour d'un certain nombre de ces croyances et de ces idées, et le rejet des autres. Le franc-maçon s'élève au-dessus de toutes.

Concernant le 18ème Grade, il y a deux hypothèques à lever. Du fait que ce grade est pratiqué réellement, et que les symboles qui y sont présentés peuvent être considérés comme chrétiens, des réactions se manifestent selon deux directions.

Les premières actuellement, et les plus nombreuses viennent des maçons formés à l'école de l'anticléricalisme militant, et qui ont en raison des nécessités politiques et de la judicieuse libération de l'Etat de l'influence cléricale, adopté une attitude hostile à l'égard de ce qui touche de près ou de loin à la religion.

Les secondes sont inspirées à des croyants qui considèrent les allusions et les figurations se référant au christianisme comme des démarquages irrespectueux, et des pratiques caricaturales.

On peut comprendre les protestations de ceux qui croient retrouver dans la maçonnerie une sorte de religion parallèle, et donc rivale de leur propre église. Mais après tout, c'est une attitude parfaitement normale puisqu'elle ne se situe nullement au niveau de l'initiation maçonnique. Les rappels de l'influence et de la pensée symbolique chrétienne ne peuvent inspirer que du respect à ceux qui considèrent l'évolution humaine. Ceux qui sont demeurés étroitement conditionnés par leur formation religieuse s'affranchissent difficilement d'une réaction négative devant la profanation dont ils supposent que leurs symboles sont l'objet.

Les anticléricaux risquent eux de tomber dans une autre voie, qui est celle d'un cléricalisme renversé. Les chrétiens ont été porteurs d'une large culture, d'ailleurs inspirée de plus d'une civilisation. Ne pas tenter de comprendre en quoi le christianisme a apporté aux hommes une vision originale de la relation humaine c'est se priver d'une ressource intellectuelle et morale.

Les chrétiens d'ailleurs confondent trop souvent la Franc-Maçonnerie avec une dépendance de l'Église. Les anticléricaux ne voient pas que l'alliance maçonnique se situe au-delà des formes religieuses acceptées ou pratiquées. Les uns et les autres ne sont pas à même de suivre les observations des maçons spéculatifs qui ont rédigé la première charte maçonnique, et ne perçoivent pas l'esprit libéral qui doit inspirer le comportement des maçons à l'égard des religions.

Ils ne savent pas distinguer entre le cléricalisme qui naît de toute idéologie sans critique et la fraternité humaine, qui reconnaît en chaque homme une conscience libre.

Le Grade de Rose Croix devrait être considéré, pour être bien compris, au moins selon deux perspectives. Il est en effet d'une part une étape sur la voie initiatique que la tradition rappelle sous diverses formes, selon les lieux et les temps. Il est, d'autre part, la manifestation symbolique d'un moment particulier de l'équilibre spirituel des individus et des sociétés.

Sous son premier aspect en effet, il est le rappel de la prise en compte par l'Occident d'une conception monothéiste Judaïque et des apports grecs qui lui ont donné certains de ses caractères.

Sous son deuxième aspect, il est le passage de la volonté active et triomphante, à l'action désintéressée et au sacrifice.

Tant que l'on croit à une doctrine, on est lié d'une certaine façon à des facteurs extérieurs à soi. Le renouvellement de la personnalité, l'accès à la pure conscience de l'être, la mutation qui doit s'opérer, sur la voie de la libération afin que nous puissions parvenir jusqu'à la pure disponibilité ne peuvent s'effectuer que par le dépouillement progressif ou soudain, que par le renoncement de fait et de volonté et par l'acceptation de la condition humaine en toute sérénité.

Mais la plupart de nos actes demeurent orientés vers des objectifs dont la réalisation nous paraît nécessaire dans la mesure où elle est effective. Nous ne sommes pas prêts à agir sans nous soucier du succès, tout en apportant à nos actes la plénitude de notre attention, de notre volonté de réussite, et de notre conviction. Nous ne savons pas nous détacher des fruits de nos actes comme le souligne la BAHAGAVAT GITA. Ou plutôt, nous ne savons pas que ce qui résulte de nos actions est rarement ce que nous avons voulu, mais que le fait de vouloir et d'agir dans le sens que nous croyons le plus juste, le meilleur, et le plus efficace suffit à nous justifier.

Et devant ces deux difficultés, nous prenons la mesure du sacrifice qui doit être le nôtre.

Il n'y a aucune doctrine, aucune théorie politique, aucune religion, qui puisse éternellement définir les relations de l'homme avec ses semblables ou le situer par rapport à sa destinée cosmique. Cela n'empêche pas qu'il doive pour être, agir, croire et méditer. Cela signifie seulement la nécessité pour lui de tenir toute situation pour relative et la condition humaine comme éminemment transitoire. C'est en fait le passage obligé du matériel au spirituel.

Comme degré sur l'échelle initiatique, le Grade de Rose Croix se situe au moment crucial où l'être humain, en possession de ce qu'il considère comme des aptitudes, des connaissances, tant dans l'Ordre matériel, moral que spirituel, en somme, au moment où il est conscient de sa valeur et de son rôle se trouve soudain confronté aux assauts des forces réelles qui se manifestent dans l'univers.

Nous croyons bien nous connaître, nous portons sur nous et sur nos semblables des jugements assurés, nous avons le sentiment de ce qui est bien et de ce qui est mal, nous avons acquis la maîtrise d'un certain nombre de techniques, nous avons même la conviction de percevoir le but légitime de nos travaux, il ne nous reste qu'à aller de l'avant, et à témoigner par notre courage et notre valeur de la justesse de notre jugement.

C'est alors que nous découvrons le préalable à toute entreprise. Comment et par quoi se justifie notre action ? Comment pouvons nous être assuré de la légitimité de notre intervention dans l'ordre du monde, comment avoir la certitude que les souffrances que nous ferons endurer et que les efforts que nous nous imposerons iront dans le sens que nous souhaitons, et comment être sûr que ce sens est le bon ?

Avons-nous une raison d'agir qui soit acceptable non seulement pour l'individu que nous sommes, mais pour le groupe, mais pour l'humanité. Bref, sur la totalité des plans de l'existence.

Est-ce que nous avons le droit de créer, de troubler en quelque sorte l'ordonnance des choses. Pouvons-nous nous croire à l'origine de quelque chose de nouveau et de nécessaire. Savons-nous si nous servons la vérité ?

En fait, cette réaction critique est générale. En simplifiant, on peut donner de tout développement organique et spirituel le schéma suivant une période d'acquisition (croissance, conquête, enrichissement matériel ou intellectuel), une période d'opposition et de refus ou plus exactement de reflux (analyse empirique et objectivation brutale des modalités de la réaction, prise en main laborieuse, et réfléchie des outils et des moyens, confrontation des points de vues, rejet du superflu), enfin une période d'harmonisation, d'organisation, d'épanouissement et d'équilibre, qui est une maturation.

Mais entre la période d'acquisition et la période de maturation qui se succèdent dans un cycle continu, se place une période trouble, obscure et mystérieuse qui est celle de la gestation, et celle du dépassement. C'est à ce point que se réfère le 18ème Grade.

Le Grade de Rose Croix présente dans son unité, une figuration des trois moments de l'existence, en même temps que les moments obscurs des périodes de transition. Mais cette unité n'est pas perçue dans l'initiation pratiquée habituellement parce que les communications des grades précédents sont opérées en même temps que la cérémonie d'élévation au 18°. C'est un défaut que l'on peut corriger dès que les maçons travaillent en atelier de Perfection ou si l'atelier capitulaire prend le temps de consacrer à l'étude du grade une séance entière à chaque séance d'élévation. D'ailleurs, la cène qui clôture la tenue devrait inciter à donner à la réception des nouveaux chevaliers toute la solennité convenable.

Il faut considérer que par sa situation dans l'échelle initiatique ce grade est celui de l'opposition ou du refus plus exactement celui du combat, le Grade où le chevalier tente à la fois d'accomplir sa mission et de parfaire sa vocation au sacrifice.

C'est également le moment où l'on doit distinguer le caractère propre de l'initiation maçonnique. Elle ne conduit pas à l'illumination mystique. L'initié ne subit pas, il ne reçoit pas de l'extérieur un quelconque conditionnement qui le ravisse ou le plonge dans un univers religieux. Il est seulement mis en face de la nécessité de l'effort, de la purification par la lutte et par la souffrance, de l'intelligence et de l'amour indispensable à toute existence.

Il n'y a pas un Dieu qui tout à coup s'empare de l'âme du néophyte ou un démon qui l'enlève. Dans une confrontation dialectique de l'être et du monde, de la pensée et de l'action, de l'outil (de l'arme) et de l'idée, une maturation affective et spirituelle s'opère qui conduit non à la possession, non à la domination, mais à la maîtrise et à la libération.

Le chevalier se conquiert en même temps qu'il se libère de sa tâche, l'univers se révèle à lui, en même temps qu'il le parcourt à la recherche de sa vérité.

Ces voies, qui ici se croisent, sont celle de l'acceptation et celle de l'action. Et elles se conjuguent dans la Voie du milieu.

Possession, ravissement, maîtrise et compréhension s'accomplissent alors dans l'harmonie totale de l'être et du monde, dans l'amour et la vie.

Toutefois, dans la mesure où nous ne sommes pour la plupart que des novices, des apprentis, des débutants, il est vain d'espérer un aboutissement avant d'avoir reconnu les étapes. Il y a entre la voie mystique, la voie héroïque et la voie du milieu des écarts tels que l'on peut considérer les cheminements les uns par rapports aux autres pour les comprendre mieux.

Le caractère en quelque sorte positif de l'initiation maçonnique, cet aspect constructif qu'elle prend dès l'origine, nous conduit à situer le Grade de Rose Croix au cœur du drame vécu par le néophyte.

Comment être puisque tout est instable, fugitif, périssable ? Comment et pourquoi lutter puisque aucun triomphe n'est durable et que les édifices ou les entreprises les plus solides sont vouées à la destruction ?

Il y a là une occasion de découvrir le sens profond du sacrifice.

Entendons qu'à partir du moment où l'on combat pour sa cause, c'est que l'on est prêt à tout perdre pour son triomphe. Mais encore, qu'on est prêt à l'échec même, sans pour autant renoncer au combat. On est amené à considérer l'engagement que l'on a pris, en faveur de la cause que l'on défend, comme une valeur supérieure à la cause elle-même.

Que tout ce que nous sacrifions, que tout ce que nous dévouons, ce n'est pas à la cause en soi que nous le sacrifions ou que nous le dévouons, mais à l'idée que nous avons de la justice et de la vérité, qui nous ont fait accepter la défense de cette cause.

Nous ne luttons en fait que pour le devoir assumé en conscience. Nous acceptons d'être vaincu, mais nous n'acceptons pas de compromis avec notre conscience. Ce que l'on a cru vrai, et juste, seule notre conscience peut nous en délivrer par une perception plus juste et plus vraie du devoir.

L'action en elle-même est aveugle. Elle est moyen. La résignation, I'acceptation, la contemplation même, ne nous conduisent à aucune des réalisations nécessaires à la vie. Elles permettent l'accomplissement mystique, mais non l'affrontement des réalités.

La voie du milieu tient de l'une et de l'autre en ce sens qu'elle tente leur conciliation par l'usage qu'elle fait de l'action et de la méditation en fonction de la nécessité.

Cela ne va pas sans conflit. Et c'est précisément ce conflit, et le rouge, et le feu, et l'épée en sont les symboles parlants c'est précisément ce conflit que la Rose Croix essaie de résoudre.

Il y a là une rencontre où toutes les possibilités se trouvent rassemblées. L'héroïsme du combattant, le dépouillement et le sacrifice du vaincu, la prudence, la persévérance, l'espérance et la détermination du sage dans la voie que sa conscience lui dicte.

Mais la rencontre n'est jamais qu'un moment. A partir de celui où la Rose et la Croix se trouvent réunies, les divergences recommencent. La séparation douloureuse et inévitable entre le mystique et le réaliste, d'une part, entre le héros et le saint, d'autre part (la voie moyenne étant celle où le sage et le réaliste essaient de composer avec la foi une personnalité viable), cette séparation devient le moyen même de la poursuite dans l'une ou l'autre des directions de la quête.

Evidemment, le sectarisme et l'incompréhension ont déformé les intentions et travesti le vocabulaire. Sans doute, du ternaire, nous privilégions le terme médian essayant de dépasser les deux extrêmes sans prétendre d'ailleurs jamais y parvenir avec certitude. Mais, c'est que les deux options extrêmes se prêtent à cette opération. L'une et l'autre en effet impliquent l'oubli de soi, I'abnégation, I'abandon des biens de ce monde, le sacrifice de la vie, la retenue, le dépouillement, I'attente, le refus.

L'option intermédiaire, elle, s'accompagne de doute et d'insatisfaction.

Parce qu'ils affrontent des forces qui les dépassent, parce qu'ils essayent d'affirmer la présence de l'homme dans le concert des puissances, les uns sont déchirés et mis sur la croix. Parce qu'ils aspirent à toujours plus de clarté, à toujours plus de pureté et de liberté, les autres perdent jusqu'au plus précieux de l'être, comme une rose qui s'effeuille.

Le saint est un défi comme l'est le héros. Et le monde vit de ce défi au double et impossible sens dans le quotidien dominé et accompli en perspective.

Le Grade de Rose Croix, à la fois mystique et actif, confrontant l'initié avec le mystère, I'inconnu, I'inconnaissable, en même temps qu'il se donne à l'action, au combat et qu'il travaille à l'impossible victoire est le grade crucial par excellence. Il engage à la recherche de ce qui nous dépasse dans le monde matériel et spirituel et nous oppose à ce qui se manifeste. C'est la quête d'une parole qui répondrait à nos questions. C'est l'épreuve, comme moyen, de la vérité.

Chacun en effet doit connaître les affrontements et la lutte, faire les choix, prendre les décisions, s'en fortifier même, afin de donner la mesure de lui-même, sans autre certitude sinon que la seule vertu est dans le don de soi. Qui est l'amour de tout au monde.

Le Grade de Rose Croix nous fait toucher à la fois les limites du rationnel et l'infini de l'irrationnel.

Quand je dis qu'il nous fait toucher, c'est évidemment une image. En réalité cette figuration répond aux antinomies de la raison pure et au problème du mal sur le plan mystique, et d'une façon plus générale à toutes les manifestations de la complémentarité des contraires, de la conjonction des opposés, et aux renversements des valeurs.

Ni les unes ni les autres n'ont de solution sinon que le monde existe et les porte en lui. Elles sont le caractère spécifique de la vie.

On comprend qu'on ait pu dire des savants à la fois mystiques et rationalistes des 17ème et 18ème siècles qu'ils tenaient à la tradition rosicrucienne de bien des façons. Hegel exprimait cette ambiguïté symbolique de la manière suivante « Reconnaître la raison comme la rose dans la croix de la souffrance présente, et se réjouir d'elle, c'est la vision médiatrice qui réconcilie avec la réalité, c'est elle, que procure la philosophie de ceux qui ont senti la nécessite intérieure de concevoir et de conserver la liberté subjective dans ce qui est substantiel, et de ne pas laisser la liberté subjective dans le contingent et le particulier-, de la mettre dans ce qui est en soi et pour soi. »

Hegel exprime là le souci de donner à notre existence non seulement une signification, mais une efficacité. La raison est en l'homme et dans les choses, comme la liberté. Mais la douleur est le prix dont nous payons notre volonté d'être de ce monde.

Acceptation de la condition humaine dans sa dualité dialectique, confirmée par les symboles dont se soutient l'initiation au grade de Rose Croix, voilà ce qui est le propos du chevalier.

Les voyages manifestent à la fois les impératifs de l'espace et ceux de la durée, sans lesquels les contradictions ne sont jamais résolues. Ces voyages sont le préalable au progrès, car, dans une certaine mesure, ils sont le progrès même. Le cheminement nécessaire à toute action comme à toute réflexion.

Dans le cas particulier de ce grade, le propos de la quête, cette parole perdue, fait problème. Y a-t-il eu une Parole? Les hommes savaient-ils dans l'Etat d'innocence ?

Au commencement était l'Esprit, au commencement était le Verbe, au commencement était l'action ! Mais pourquoi pas Au commencement était la fin ? Les cycles, et le symbole du Serpent OROBOUROS nous inspirent sans doute cette notion difficile : il n'y a pas de commencement.

Alors la Parole ? Le chef, celui qui sait ou celui qui ordonne la connaît-il ? Ont-ils « le mot de la Fin ! »

Le chef n'est la plupart du temps qu'un « interprète. » Il n'est pas la Vérité, ni la Loi. Sans la parole au sens le plus large, tout moyen de communiquer, du geste à la législation, de l'éducation à l'imitation, sans la parole le chef n'a plus qu'une légitimité relative, une autorité douteuse, mais les hommes n'ont plus de but, et le combat n'a plus de sens.

La recherche est-elle assurée ?

Le Lama de KIM l'atteste : la recherche est sûre. Comment saurions nous cependant ce que nous cherchons si nous ne savions pas que ce que nous cherchons existe ?

Oui, mais cette parole qui donne sens à l'action, qui permet l'association des hommes en communautés, qui fonde l'autorité et la légitime, parce qu'elle est à la fois le moyen et l'expression de l'intelligence: cette parole, est-elle perdue, et par qui, et pourquoi ?

HIRAM a gardé le secret. Malgré lui sans doute. Ce que cherchaient les compagnons ce n'était pas la Parole, c'était le mot de passe, le Truc qui assurait le commandement : bref, ils voulaient le pouvoir non la Connaissance. Combien sont-ils qui n'aspirent qu'aux signes ?

Il y avait bien là quelque pressentiment du secret véritable, mais tel qu'il transparaît, dégradé, et avili, aux yeux des profanes.

Seulement, en tuant le maître, les compagnons ont occulté la transmission du Vrai savoir. Ils ont interrompu la tradition de l'Art Royal.

Et seules l'étude, la méditation et l'intelligence des choses permettent d'en reconstituer des aspects et d'en composer certains éléments.

La marche mesurée et prudente des générations, les efforts des travailleurs, des chercheurs et des sages ont été interrompus par la violence. La source de l'autorité, les facteurs de l'Ordre, les moyens de la liberté, la voix de la sagesse ont été étouffés et détruits.

D'autres figurations évoquent pareille occultation. Le dragon qui garde l'entrée du Sanctuaire, le labyrinthe qui rend infructueuse la possible découverte, mais aussi cette Tour de Babel qui demeure dressée comme une énigme au seuil de l'histoire.

Quel est l'obstacle que les hommes ont à surmonter pour comprendre et pour se comprendre ? Suffirait-il de parler la même langue pour former une communauté ? Ne reposent-elles pas, les communautés que nous connaissons, sur de tels malentendus qu'il est parfois difficile de prétendre que le langage suffit. D'ailleurs, peut-on croire que le langage est inspiré seulement par la volonté de chacun d'être compris de tous ? N'y a-t-il pas dans la recherche du langage, une volonté d'occulter la relation générale au bénéfice d'une relation particulière ?

Les différentes interprétations possibles du sigle I.N.R.I. sont d'ailleurs le symbole de la multivalence des paroles. Et de la dissimulation des choses par les mots ?

Certes, la puissance du mot, du maître mot est reconnue. Nous retrouvons dans ce symbolisme la notion primitive selon laquelle donner un nom, nommer, c'est révéler, c'est faire accéder à l'existence. Une grande part de la signification du baptême provient de cette conception.

Elle est d'ailleurs hautement fondée, ne serait-ce que par le fait que les dénombrements n'ont de sens que s'il y a eu identification, par un nom, isolé, défini, limité à l'objet dénombré. L'analyse n'est pas possible sans le mot, pour celui qui ne dispose que du langage courant.

La parole perdue c'est le « SESAME » qui est la clé, qui représente I'espérance, et qui ouvre les portes de la connaissance.

Il est significatif toutefois que cette parole, dans le mimodrame de la cérémonie, et au cours de chaque tenue Chapitrale, soit retrouvée.

Est-ce à dire que le Rose Croix considère la recherche comme un jeu convenu, dans le genre de ceux que l'on se propose à titre de divertissements et dont on connaît la solution à l'avance ?

Il y aurait là une puérilité hors de propos ou une suffisance étrange, car la nécessité de recommencer confinerait au ridicule, et l'effort d'intercommunication, à une impuissance radicalement reconnue.

En fait, comme le disent les vieux rituels, c'est la parole substituée que nous valorisons, en la prenant pour la parole suprême.

Nous avons trouvé un moyen qui vaut ce qu'il vaut de poursuivre l'œuvre. Et nous verrons bien où nous sommes conduits.

Toute parole n'est qu'un moyen, et provisoire. Dans l'initiation maçonnique la parole trouvée est celle d'un moment de l'histoire de l'humanité en route vers l'unité et l'amour. Mais dans quelle mesure peut-on assurer que cet objectif est l'objectif absolu, celui vers lequel tendent les forces de la Vie ou celles de la Nature, ou celles de l'Univers. Si le monde se perpétue par l'amour, il se fortifie par la lutte. Le signe chrétien est-il le symbole même de la Vérité ou seulement celui de la Foi ?

Alors, pourquoi dans l'initiation maçonnique ces quatre lettres: I.N.R.I. et non pas d'autres ?

C'est que nous avons là l'évocation d'un grand moment. Non pas celui de la crucifixion, mais celui de la chrétienté.

Le christianisme a représenté un espoir de dépasser par une transposition dans l'abstrait, et dans l'imaginaire, les rapports entre les hommes ceux que nous définissons par les termes d'esclavage, et de dignité.

Que les conditions économiques aient permis l'ascension du travailleur à une condition plus libre ne suffirait pas. Il fallait encore que fussent reconnue la qualité d'homme et le caractère sacré de la personne. Cela n'est pas encore entièrement admis à ce jour.

Aussi, peut-on dire que le christianisme, sans y avoir complètement réussi, a au moins servi de véhicule à cette idée: la reconnaissance de l'autre.

Mais demeure ouverte la plaie que constituent le mal et la souffrance. Le christianisme n'a pas répondu. L'homme souffre, ce monde est une vallée de larmes, il faut nous résigner, accepter la douleur comme le lot réservé à l'humanité. Le salut n'est possible qu'au delà de la vie terrestre. Mais cette souffrance vient de dieu. Il faut donc l'aimer.

Sans doute est-ce là une attitude moins dure que celle du stoïcisme qui l'a précédée. Le stoïcien récuse toute espérance. Le chrétien voit une rémission et une rédemption. Mais cette réponse est assez décevante du point de vue logique. Que savons-nous de l'au-delà? Par contre, il est sur terre des résurrections, et des rémissions dont nous pouvons toujours prendre conscience si notre volonté n'abdique pas.

Comment en effet souffrir, comment aimer celui par qui l'on souffre, comment le remercier de la douleur qu'il nous envoie, ce Dieu tout amour ? Peut-être faut-il simplement avoir la force de dominer le mal et de recommencer. C'est la détermination constructive.

La réponse de la tradition est plus ancienne que la réponse du christianisme, et elle tient toute dans la certitude que l'on doit passer par le feu pour retrouver la vie. C'est dans le combat et l'épreuve que les forces se régénèrent. L'épreuve suprême, le dépouillement total symbolisé par la Rose, et repris par l'image du Pélican, apporte l'indication selon laquelle il ne faut voir dans la souffrance qu'un passage-ce que n'a fait qu'entrevoir le christianisme un passage vers ce qui est ce monde, et non au delà de lui, un passage vers notre rédemption ici bas.

L'épreuve n'est pas châtiment, mais défi, elle est souffrance, certes, mais exaltation et délivrance. L'homme doit dépasser sa peur, son mal, ses faiblesses.

C'est parce que l'épreuve la plus dure est celle qui nous grandit le plus que tout en ce monde a une double signification, un double visage, une double vertu. C'est dans le combat que l'on trouve la paix.

Par ailleurs, tout a été dit sur la Croix, tant du point de vue mystique que du point de vue rationnel. Perpendiculaire, infinis du temps et de l'espace, du haut et du bas, de l'orient et de l'occident, écartèlement de l'homme aux quatre pôles de la réalité devant les mystères etc...

Peut-être faut-il opposer sa couleur noire au rouge de la Rose. Cette opposition soulignerait le double caractère du symbole, divin et humain. Entendons, de ce qui nous dépasse et de ce qui nous touche.

Peut-être au contraire faudrait-il opposer les angles de la croix aux courbes de la Rose ? Comme la rigueur à la souplesse, la justice à l'équité, la logique à l'intuition ?

Quant à la Rose, elle porte avec elle en dehors de sa valeur mystique tout le cortège de souvenirs des Romans de la Rose, de la Guerre des Deux Roses. Elle transpose sur le plan esthétique le chardon de Durer, I'oignon dont Gœthe reprend la valeur symbolique dans le Serpent Vert.

La Rose est essentiellement la beauté qui s'évanouit, la grâce qui se dissipe. Comme l'oignon, qui se défait par écailles successives, la rose fait songer à la précieuse pierre cachée sous des feuilles d'emballages, que l'on enlève une à une, au cœur si bien protégé par des enveloppes multiples, bref à la nécessité pour atteindre au trésor de dépouiller peu à peu les apparences protectrices.

La question demeure de savoir si l'important est dans ce que l'on trouve ou bien dans l'acceptation religieuse du néant que l'on découvre enfin. La grande loi étant que nous sommes de toute façon condamnés à tout perdre pour découvrir l'essentiel.

Une place doit être accordée au signe et au contre signe dans toute considération sur le symbolisme Rosicrucien. C'est là une indication indispensable à l'initié sur la voie de la connaissance traditionnelle.

Joindre le ciel et la terre, la pensée et l'action, rapprocher les extrêmes, donner aux contraires le lien qui leur manquait pour se trouver réunis dans l'esprit, accorder à ce qui est en haut et à ce qui est en bas la même importance, unir ce qui est séparé, et par le moyen de l'homme autant de suggestions, autant d'interprétations, autant d'enseignements indispensables à l'intelligence de l'homme. Le bon pasteur, celui qui reçoit, protège, et donne, celui qui se dépouille et qui garde dans la paix et la sérénité le bien le plus précieux, I'agneau du sacrifice.

Ce sacrifice s'accomplit dans le repas symbolique. La Cène qui lui donne sa résonance, à la fois païenne et mystique. C'est là l'expression de la communion des forces terrestres et des forces divines qui s'accomplit dans l'absorption des aliments. La transmutation véritable de la matière à la vie, c'est dans le repas qu'elle trouve sa représentation.

Certes, il y a d'autres assimilations que celles du Pain et du Vin, de l'agneau et de la farine. Mais c'est dans la mesure où la mort prépare la vie que se trouve décrit le cycle. Edification, combat, sacrifice. Enfin résurrection. C'est par-là que le grade de Rose Croix atteint aux constantes universelles.

Il apporte en définitive à l'initié l'essentiel sous forme de rites (Passage, quête, création naissance et mort résurrection) et sous forme de mythes. (Parole, cène, pélican, phénix.) Il est chevaleresque dans sa forme et mystique dans son caractère, c'est-à-dire qu'il est un accomplissement.

C'est la pierre de touche du maçon. Non que les grades d'apprenti, de compagnon et de maître ne puissent fournir des indications aussi riches et aussi complexes, mais parce que le Grade de Rose Croix donne à la quête une ouverture sur le mystère de l'Etre. Le Temple n'est plus l'essentiel alors qu'en fait-il est au cœur même du symbolisme Rosicrucien.

C'est le sens même de notre construction que le chevalier cherche à protéger des atteintes des forces obscures.

Ces forces, mal définies, le chevalier les combat avec des armes encore mal éprouvées. L'égoïsme, I'orgueil, le désir de gloire et de puissance sont des attitudes suspectes. Le sacrifice est la loi du chevalier qui n'a pour sauvegarde que sa Foi, son espérance, et sa charité.

Une institution qui réunit des individus profondément sincères et vrais dans leurs aspirations communes est d'un grand secours pour tous ses membres.

Cependant, si par sa constitution elle offre un refuge à ceux qui ont simplement les mêmes habitudes, et ne sont pas unis dans la même foi véritable, elle devient nécessairement une pépinière d'hypocrisie et de mensonge.

C'est un truisme de dire que le caractère de la majorité des membres d'une communauté détermine la hauteur de ses idéaux.

Une institution qui ne choisit pas ses matériaux et possède une avidité excessive pour son propre accroissement, très fréquemment devient simplement l'organisme le plus efficace pour exprimer la passion collective de ses membres.

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La victoire par la vérité, le Chevalier Rose Croix suit la voie traditionnelle de sa réalisation intérieure : JM Vianney

23 Septembre 2012 , Rédigé par J\P\ \L Publié dans #Planches

Le chemin initiatique du REAA comprend 33 degrés, le CRC est au mi-temps de ce parcours.  

Ce parcours a été semé d’épreuves, les recherches ne sont pas les mêmes suivant les degrés. Chacun ayant une vérité à définir et atteindre, celle du 3ème degré, du 13ème ou du 18ème sera différente dans son aspect extérieur, mais s’insinuera dans une progression vers la Connaissance.  

Restons dans le monde profane, l’homme a des besoins, Abraham Maslow hiérarchise les besoins de l’homme dans une pyramide des besoins physiologiques à sa réalisation.

 Cinq étapes :
- Les besoins physiologiques.
- La sécurité.
- L’appartenance et l’amour.
- L’estime de soi et d’autrui
- Sa réalisation.
 

En sachant que l’on ne peut passer d’une étape à l’autre que si les besoins de niveau inférieur sont eux-mêmes réalisés.  

Je pense que pour rejoindre la maçonnerie, nous devons être en haut de cette pyramide, que les besoins élémentaires ne sont plus de notre préoccupation, ayant satisfait à ces besoins nous pouvons aller sur la voix de notre réalisation intérieure.  

Se réaliser dernière étape de la pyramide de Maslow est totalement indépendant de la réalisation sociale ou matérielle.  

Notre TSA pour définir ce travail s’est inspiré d’une citation de JM Vianney, le curé d’Ars, plusieurs ouvrages narrent sa vie, même une bande dessinée, résumons rapidement sa vie et son parcours.  

Il naît en 1786, d’une famille très pratiquante, il va être le témoin d’une triste époque pour le clergé.  

Ce jeune enfant va vivre avec sa famille un cauchemar en subissant l’arrivée de nouveaux prêtres plus dévoués à la révolution qu’à la religion. Ses parents iront prier dans des endroits secrets, très jeune JM Vianney aura le sentiment d’une déchéance totale de sa civilisation, paroles incongrues de religieux, non respect de principes une véritable apocalypse, mais pour ce croyant un espoir devenir prêtre malgré un retard accumulé dans ses études. Sa foi, sa pugnacité lui permettrons après bien des épreuves de vivre son sacerdoce et d’en modifier les usages en prêchant plus l’amour de Dieu, en lui consacrant tout ce qu’il y a de plus beau, Dieu est le ce qui doit être vénéré. .  

Un principe fort chez cet ecclésiastique ; développer la charité, charité qu’il a connue depuis sa plus tendre enfance, une charité développé dans la recherche des besoins et non dans la satisfaction de l’acte de donner.  

JM Vianney a survécu aux combats menés contre la religion. Pour lui une sorte d’apocalypse, en lui existait toujours l’espoir, travail acharné pour devenir prêtre lutte contre ses collègues qui ne le trouvaient pas assez savant ; puis lutte contre la misère.  

Par divers moyens, il va combattre tout ce qui s’oppose à l’amour de Dieu ; au respect d’autrui.  

Foi, charité espérance font parti intégrante de son parcours, jamais il ne renonce. Ses paroles et actes agissent sur les habitants de sa paroisse.  

Cette volonté d’aboutir, ce parcours semé d’embûches, la foi pratique qu’il développe, l’amour qui caractérise son existence nous rapproche du CRC.  

Revenons à notre parcours, nous sommes heureux dans la vie profane, je répète heureux dans le sens dégagé moralement des contraintes de la vie profane, nous ne nous satisfaisons plus d’une certaine approche de la vie, superficielle, routinière, des questions nous tourmentent, nous nous intéressons aux autres, pas nécessairement pour ce qu’ils pourront nous apporter mais pour ce que nous pouvons leur donner. Leurs coutumes, mythes, sont de merveilleux enrichissements, nous pensons qu’en rassemblant ces différences, en les étudiants nous arriveront à mieux nous connaître.…
Nous avons le choix de plusieurs démarches, chemins, parcours pour répondre à nos interrogations :
- Démarche religieuse, où l’impétrant est amené à croire en des vérités fondamentales, il adhère à un dogme d’une croyance prédéterminée et finie. Il peut y avoir un enrichissement personnel, mais il n’y a aucune possibilité de remise en cause ou de critique. Notons que cette démarche est souvent involontaire du fait d’un choix et d’une éducation familiale.
- Démarche scientifique qui permet d’approcher la compréhension des grands mécanismes qui gèrent l’univers. Elle ne cherche pas des réponses à des mystères, mais plutôt à apporter des réponses concrètes aux énigmes posées par notre manque de savoir qui augmentent au fil des temps.
Si nous analysons le parcours de l’homme profane, nous pouvons remarquer qu’en général il suit 3 axes :
- Au cours du premier, il s’investit dans l’action extérieure. Son fantasme est vécu dans l’activité professionnelle, familiale, sociale. L’homme vit au prix d’une cécité totale sur lui-même.
- Au cours du deuxième, l’homme se laisse submerger, envahir par ses fantasmes ; il imagine un monde conforme à ses désirs.
- Au cours du dernier axe, il va interdire à sa conscience d’écouter les chants et les cris de son inconscient.
 

L’initié lui, comme Ulysse va écouter le chant des sirènes, en s’attachant au mat. Il ne refuse pas l’énergie qui monte en lui, il va réveiller les symboles et mythes assoupis en chacun d’entre nous. En loge de perfection pour nous maîtriser, nous allons vaincre l’obsession au 4ème degré, la dépression au 5ème, la culpabilité au 6ème, l’agressivité avec les grades d’élus.  

Au cours de ces étapes, l’initié est à la fois le chevalier et la cité assiégée, d’où on « ne s’initie que par soi même »  

Nous sommes tous les fils spirituels d’Enoch, l’initié initiant qui avait construit les neufs voûtes superposées ; c’est dans cette crypte ultime que le cherchant parvient au Centre de l’Idée.  

Le chevalier pourra affirmer sereinement : « Je suis qui je suis, Je suis ce que je suis, Je suis » Ce sont les paroles de « Dieu » dans la genèse.  

Le chevalier de Royal Arch qui vit dans les voûtes profondes doit remonter jusqu’à la première voûte ; jusqu’à la surface de la terre des Hommes, en ouvrant la trappe carrée, il va découvrir le cercle de la voûte étoilée.  

Le chevalier du Royal Arch si l’on fait une comparaison avec l’Alchimie est parvenu au terme de l’œuvre au rouge ; il doit maintenant spiritualiser la matière, il est prêt à franchir le pont de Gandara.  

La FM n’a aucun aspect occulte ou de croyance, il n’y a pas de vérité suggéré, nous avons une totale liberté de recherche personnel, la FM va réveiller en nous « le grand dormeur », nous poserons les mêmes questions que dans les autres démarches, mais la finalité sera tout autre.
L’initiation maçonnique est une mise sur le chemin du cherchant, elle sera totalement différente de celle d’un autre frère.
 

Aucune réponse ne sera jamais donnée, elle pourra être suggérée par l’aide des outils mis à disposition mis à disposition.  

Pourquoi éveiller notre conscience ? Parce qu’elle mène à la liberté, à la paix intérieure.

  Voltaire résume ce concept « plus les hommes seront éclairés, plus ils seront libres »  

Pour essayer d’approcher la Vérité, la maçonnerie s’appuie non seulement sur l’Alchimie, mais nous donne des repaires de progression.  

Avant de revenir à l’Alchimie, voyons les repères de progression.  

Tous les degrés n’ont pas la même fonction, en résumant nous avons les degrés verticaux et les horizontaux.
Les premiers (4,5,9,10,11,13,17) évoquent le retour vers l’intérieur de l’être, le recueillement, leurs symboles suggèrent l’intériorisation. Ces degrés permettent au frère de se ressourcer.
 

Les seconds (6,7 ,8 ,12 ,14 ,15 ,18) à ces degrés le frère œuvre sur la terre des Hommes pour bâtir leur cité, ils se sont voués au service des autres, leur réalisation appartient à leur accomplissement dans l’action extérieure. Ces degrés sont sous le signe du partage et du voyage ; nous sommes dans la lignée du compagnon.  

Ces deux types de degrés sont vécus dans la relation avec l’Autre, ils s’inscrivent dans un mouvement d’échange, la succession de ces degrés horizontaux, verticaux, évoque le symbole archétypal de la Croix.  

Cette croix peut suivant les obédiences être latine de St André aucune importance, le point d’intersection où nous plaçons la rose symbole d’amour, de connaissance de soi, cette rose qu’au cours de la cérémonie d’initiation nous devions donner à l’être qui nous est cher, mais qui est-il cet être ci ce n’est nous.  

La croix est le symbole de l’intersection de l’horizontalité et de la verticalité :
- L’horizontalité : lieu d’opposition du bien et du mal
- La verticalité : jonction du créateur et de sa créature l’Homme et son principe.
 

L’intersection de deux lignes horizontale et verticale définit un point.  

Le point est-il à l’origine d’où tout procède, il contient en lui toute création.
Dès qu’un mouvement se manifeste il devient ligne droite ou courbe.
Si du même point initial part une courbe qui revient à son origine, le cercle est né et avec lui la notion d’éternité.
 

L’horizontal et la verticale se croisent au centre du cercle, agissant l’une sur l’autre et font apparaître l’image de la création éternelle.  

Si l’on supprime le haut de la verticale de la croix, le Tau apparaît ; c’est limage du gibet, de la mort du déshonneur.  

Ces divers aspects impliquent que celui qui se tient au centre voit tout dans l’unité du principe. Le CRC est arrivé à mettre son âme en harmonie avec l’ordre cosmique, les contingentes et les divergences des opinions individuelles ayant disparues. Il peut alors rayonner vers le bas tout en étant sous la lumière principielle (feu).  

La croix présente aussi une analogie certaine avec « l’axe du monde », ou « l’arbre du milieu ». Dans ce cas, la verticale de la croix représente cet axe du monde, elle constitue le tronc de l’arbre, alors que l’horizontale forme les branches.  

Notre quête est avant tout l’expression d’un « état de réalisation effective » produit par l’actualisation et l’intériorisation d’un processus initiatique virtuel de départ.  

Lorsqu’un être est arrivé en ce centre (l’œuvre rouge, la rose) s’est identifié avec l’axe vertical par son ascension suivant la direction (la croix) de celui ci, il a pour ainsi dire amené par là même son point de départ, qui est le centre de l’état humain, à coïncider avec le centre de l’être total.  

Dès cet instant, le pôle terrestre ne fait plus qu’un avec le pôle céleste et l’être est identifié avec l’état primordial antérieur de la séparation du Ciel et de la Terre, pour lui, il n’y a donc plus d’axe car il l’a littéralement résorbé en un point unique qui est véritablement la « VOIE » hors de laquelle il n’est rien.  

Le parcours maçonnique est analogue à la progression alchimique, notre parcours part de l’oeuvre au noir pour se débarrasser de ses scories, de ses pulsions profanes, l’œuvre au blanc pour perfectionner sa vision du monde, pour atteindre l’œuvre au rouge une des premières étapes pour atteindre la Jérusalem Céleste.  

Le coq symbolise cette progression, ses pattes sont noires, son corps souvent blanc, sa crête rouge, apprenti notre tablier est blanc, mais il ne peut être perçu que noir puisque non éclairé au nord, il deviendra blanc puisque éclairé au sud et bordé de rouge quand nous atteindrons la maîtrise.  

L’alchimie se caractérise par une permanence de cycles, comme la maçonnerie, chaque fois que nous croyons atteindre le but, un autre obstacle, une nouvelle épreuve nous attend, caractérisant l’évolution initiatique.  

La philosophie alchimique a pour objet d’enseigner à l’adepte les voies et moyens spirituels susceptibles de lui donner accès à l’harmonie universelle et à la suprême sagesse sous l’inspiration du principe de l’unité du monde.  

D’où l’axiome de Marie la Prophétesse : « Le Un devient Deux, le Deux devient Trois et le Trois devient Un dans le Quatrième » ; alchimiquement cet axiome se lit : le Un est l’esprit créateur, il devient deux lorsqu’il se manifeste au plan sensible et intelligible au niveau de l’âme, laquelle ne peut être qu’associée au corps dont elle est prisonnière. Ce n’est qu’en pénétrant le corps que l’esprit, la pensée pure, exalte la vie, lui donne forme et sens. Alors le Deux devient Trois et ce Trois exprime la représentation du monde manifesté, lequel est l’association de l’esprit, de l’âme et du corps. Mais le Un étant indissociable, le Trois se retrouve dans l’unité.  

Reprenons notre parcours, notre recherche est différente suivant les étapes de celui ci.  

En loge symbolique, nous cherchons à nous connaître, à découvrir le monde ; œuvre au noir se départir de sa matéria, en perfection nous allons chercher la parole perdue, elle nous est suggérée au 13ème degré, nous sublimons.  

Enfin au chapitre dans la loge rouge du XVIIIème degré elle nous est donnée, nous découvrons INRI. Nous sommes définitivement passé du matériel au spirituel par ce passage du pont de Gandara où en combattant nous avons laissé tous nos biens matériels.  

Cette victoire nous la devons à ce parcours maçonnique qui n’est pas une simple promenade dans une forêt de symboles, c’est une voie vers l’unification par rapport à toutes les pensées contradictoires qui nous animent, nous refusons de nous laisser entraîner dans les pièges des pulsions, des désirs. Ces pièges nous allons les assumer en les vivant sur un autre plan, celui de la quête. N’accusons pas les autres de nos angoisses, agressivité, culpabilité ; réagissons et souvenons-nous qu’en rentrant en loge de perfection nous portions une lumière qui était différente des flambeaux fixes des 3 principaux officiers, cette lumière est celle qui est en nous, qui nous mène sur le chemin de la Lumière car l’unité est dans la quête intérieure.  

Deux œuvres d’art, les statues extérieures d’une cathédrale caractérisent le parcours du Chevalier Rose croix.  

Le Chevalier, la mort et le diable d’Albrecht Dürer.  

Sur ce tableau, nous voyons un chevalier qui maîtrise son cheval par rapport à un diable dont la monture manifeste une posture non maîtrisée. Sous le cheval en arrière un chien.  

Le chevalier se tient droit insensible à ce qui l’entoure, son regard fixe une sorte de ville qui se profile dans le ciel.  

Symboliquement ce chevalier en maîtrisant son cheval a vaincu ses pulsions naturelles (ambition, fanatisme, ignorance) par rapport au profane représenté par le diable.  

Le chien entre les pattes arrière du cheval représente la fidèlité.  

Le chevalier semble ignorer tout ce qui l’entoure, par là il veut aussi montrer qu’il s’est effacé par rapport à son égo ; son regard est tourné vers cette ville dans le ciel qui n’est autre que la Jérusalem Céleste. Notre Chevalier parvenu au terme de sa réalisation intérieure est prêt a s’engager dans le monde au profil des autres.  

« L’école d’Athènes » de Raphaël  

Raphaël a peint cette composition en y plaçant entre autres deux personnages de la philosophie grecque de l’antiquité Platon et Aristote. Ceux ci peuvent symboliser la recherche du vrai par la raison humaine :
Aristote, homme de la logique, de la rigueur et du visible désigne la terre ;
Platon , homme de l’imaginaire, des idées, du suprasensible montre le ciel.
Ces deux signes symbole du Chapitre sont définis dans la table d’Emeraude :
« Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable : Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d'une seule chose. Et comme toutes les choses sont et proviennent d'un, par la méditation d'un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation ».
 

L’homme comme le CRC est le médiateur entre le ciel et la terre, c’est l’agent de sa propre transformation en fonction des deux mondes.  

La voie traditionnelle de la réalisation du CRC est aussi figurée à l’extérieur de la cathédrale de Strasbourg.  

En partant de la porte sud, lieu d’une statue nommée « synagogue » qui représente l’homme plongé dans les ténèbres, nous suivons le parcours du monde profane au monde spirituel à la porte nord. Où deux indices nous démontrent que l’initié peut pénétrer à l’intérieur lieu de la Lumière ; la représentation de St Laurent celui qui en brûlant à éliminer toute les scories profanes, et une inscription qui de l’extérieur semble représenter une date 1212, mais comme depuis le début de ce parcours initiatique nous sommes à l’envers par rapport à la cathédrale. par effet de miroir l’inscription doit être lue sous la forme inversée ISIS au lieu de 1212. A ce stade nous pouvons pénétrer dans l’enceinte de la cathédrale.  

A ce degré de chevalier Rose Croix, notre réalisation, le retour complet sur nous même, doit nous permettre de faire abstraction totalement de notre égo, d’être véritablement à l’écoute des besoins d’autrui. La charité prend pour nous une autre dimension.  

Si au 4ème degré, nous étions des novices, le degré de CRC, nous fait accéder au vœux définitifs, qui symboliquement devraient nous interdire toute démission de la maçonnerie, mais la maçonnerie n’est pas une secte . Nous sommes des hommes libres ; mais à partir de ce degré le pèlerin que nous sommes devenus doit parcourir le monde pour rassembler ce qui est épars. Il doit s’engager dans l’action.  

Le CRC a vaincu ses ressentiments personnels son égo pour être prêt à l’action qui l’attend et propager à l’extérieur du temple, ce qu’il a acquis à l’intérieur.  

Le CRC comme tout maçon doit transmettre, il accompagnera ses frères dans la recherche de la vérité propre à leur grade.

 

Source www.ledifice.net

 

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La recherche de la Parole perdue

23 Septembre 2012 , Rédigé par G\ H\ Publié dans #Planches


A) - Le devoir et la recherche des devoirs

La notion du DEVOIR, je dirais même la Déontologie, c'est à dire la science des devoirs; répondent à la quête du Maître, à sa recherche de la Vérité et de l'amélioration de lui‑même.

Les Stoïciens nous apprennent déjà qu'il y a trois disciplines auxquelles doit s'être exercé l'homme qui veut tendre à la perfection: "celle qui concerne les désirs et les aversions, celle qui concerne les tendances positives et négatives et d'une faon générale tout ce qui a trait au Devoir, enfin celle qui concerne la fuite de l'erreur, la prudence du jugement «. En ce qui concerne le DEVOIR, (je cite Epictète) : « Je ne dois pas, en effet, être insensible comme une statue, mais observer avec soin ce que réclament les relations naturelles et acquises, comme un homme religieux (c'est à dire " relié "), comme un fils, comme un frère, comme un père, comme un citoyen ».

Dans chacun des trois domaines, c'est une représentation (fantasia) qui est le point de départ de nos réactions et de nos actions. Il s'agit donc de s'exercer à juger de chaque représentation d'une manière qui est JUSTE et appropriée afin de n'admettre que des valeurs vraiment OBJECTIVES (kataleptikai phantasiai).

Pour Kant, ce n'est pas au point de vue " existence " comme phénomène que l'Homme affirme qu'il DOIT accomplir tel ou tel acte, mais au point de vue de son existence comme "ETRE "en soi; la RAISON, forme de la Liberté, ne contredit en rien les nécessités propres aux mécanismes de la Nature. Ainsi la Volonté Bonne se reconnaît dans l'action qui est faite uniquement par DEVOIR et que n'inspire aucune inclination ni aucune vue intéressée.

Il apparaît une certaine relation entre "Devoir " au sens d'avoir " l'obligation de "Devoir " comme marque du " Futur " et " Devoir " au sens d'être en " Dette ", et d'autre part une connexion entre la " Dette " et la " Culpabilité ". Le Devoir est dette quand il est obligation, non seulement de faire ou encore de donner, mais surtout de Rendre, de Restituer (Sacrifice).

LA PAROLE

La Parole au sens sémantique :

Si le langage est une manifestation de la communication qui peut prendre des formes diverses (sourds‑muets, animaux, plantes), la parole est, dans son acception première, la signification du langage articulé; c'est la manifestation VERBALE de la PENSEE. Mais le langage parlé est constitué de mots ; aussi arrive t’il dans la pratique courante que le terme " MOT " devienne synonyme de PAROLE lorsqu'il exprime une PENSEE de façon concise.

L'étymologie Latine nous ramène au mot "paraboles "; sens premier; mais l'origine du mot est à rapprocher également et surtout du terme Grec " LOGOS " qui signifie discours, mot, idée, phrase, intelligence, sens profond d'un être (le mythe, en Grec, c'est le mot lui‑même).

Cette manifestation de la pensée peut également prendre différents aspects comportementaux, sociaux ou culturels, définissant en fin de compte un clan, une tribu, une société, une civilisation. Ainsi le langage ne peut être réduit à une seule fonction; le mot joue et mime le Monde autant qu'il le signifie; à la fonction expressive s'ajoute une nécessité esthétique comme magique: le MYTHE .

La Parole au sens Théologique :

Alain définissait la théologie comme une "science sans recul". Berdiaef insistait de même : "La théologie est une pensée collective".

Elle peut être envisagée comme un évènement culturel contingent, provoqué par la rencontre de la Révélation JUDEO ‑ CHRETIENNE et de la Pensée GRECQUE. Sa naissance coïncide avec l'acte même de la "PAROLE de DIEU "se communiquant librement aux hommes dans une Histoire. En d'autres termes, la théologie est inscrite à titre d'exigence dans la nature même de la Révélation et dans la nature de la Foi comme accomplissement de cette révélation dans la SUBJECTIVITE humaine.

Dès que l'on évite d'identifier avec la Parole de Dieu soit l'écriture soit le DOGME, on comprend mieux le rôle de ces derniers dans l'appropriation progressive par l'ÉGLISE de la plénitude de la VERITE REVELEE. Les critiques et les querelles ne peuvent se comprendre que dans le cadre d'une certaine HISTOIRE: celle de l'Occident Chrétien, celle d'une CULTURE qui s'est donné deux pôles : la RAISON et la FOI. Le dogmatiste fait explicitement appel aux ressources de la pensée philosophique et des sciences humaines pour renouveler le langage de la Foi; la tâche première de l'herméneutique (interprétation des textes anciens et sacrés) étant de "faire parler " la parole de Dieu. Le langage théologique se présente donc comme des signes organisables en un ensemble de propositions qui ne peuvent être comprises qu'en fonction d'un terme clef : DIEU, à l'exclusion de tout autre.

A contrario, la possibilité d'un langage " Religieux " (de " religere ", qui réunit) n'est pas l'apanage d'une " Révélation " dogmatique quelconque. Sa fonction référentielle ou sémantique serait analogue à celle du texte "Poétique ": l'existence du " référent " serait anticipée, elle n'oblige pas le lecteur ou le spectateur à retracer l'Unité de SENS présente chez son auteur, mais tolère et surtout appelle des interprétations diverses; c'est aussi le domaine de la Tradition Orale et du Langage Sacré.

Du Profane au Sacré

Ainsi le mot "PAROLE " recouvre t’il plusieurs acceptions dont nous devons tenir compte et dont la principale, en ce qui nous concerne, est avant tout la TRANSMISSION d'une certaine CONNAISSANCE au travers de certains MYTHES et de certains RITES, le REAA en particulier. La Parole est donc à la fois le véhicule et le moteur de cette transmission, le RITUEL en est le Gardien.
Mais au fil du temps le langage évolue et les mots déforment le sens des idées; la pensée peut s'égarer, le sens disparaître ... c'est le revers de toute Tradition, ORALE ou ÉCRITE : le SENS de la Parole se dilue, s'étire, se transforme, .... et se perd.

Il peut également disparaître parce qu'il n'est plus accessible à une compréhension qui aurait elle aussi évolué ou dégénéré en " Zizanie " ... Or, la Tradition nous donne la Langue, le Mythe nous fait réfléchir au Sens et le Rite nous fait passer du monde Profane au Sacré. Pour nous Francs-maçons, il demeure un langage d'initié qui nous permet une QUETE, celle de la PAROLE PERDUE.

Tout d'abord l'adjectif "Perdue "ne saurait s'appliquer à quelque chose qui a été égaré. La Parole est perdue parce que jusqu'à ce jour nous n'avons pas pu ou su la RECUEILLIR. Elle est sans doute toute proche, mais pour le moment INACCESSIBLE: "Aures habent et non audirent " (ils auront des oreilles mais n'entendrons point) dit Ecclésiaste; ce à quoi il convient d'ajouter: "Oculus habens et non vidèrent" (ils auront des yeux mais ne verront point) compte tenu de l'espace pris par l'image au détriment de la parole dans la communication.

L'expression "Parole Perdue "apparaît pour la première fois dans le Rituel d'Initiation au 4° degré. On notera qu'elle n'est jamais employée seule et qu'elle accompagne les mots: VERITE et LUMIERE.

La notion du Sacré

Selon la Légende, Dieu voulant punir les hommes de leur prétention à monter jusqu'à Lui (la Tour de Babel!) leur fit parler au lieu d'une langue accessible à tous, une multitude de langages, créant la Zizanie ... A s'en tenir au monde profane, c'est peut être aussi cela, la Parole Perdue ! Une parole accessible à tous, quelque soit la langue dès lors qu'elle s'adresse à l' AME et cherche à toucher les COEURS. Mais il arrive que cette parole "commune "soit investie d'une mission particulière: permettre à l'Homme de communiquer avec le SACRE. Il faut entendre ici par " Sacré " tout ce qui présente un caractère TRANSCENDANTAL, religieux ou laïque. Pour cela, selon le vers de Stéphane Mallarmé, il convient de " Donner un sens plus pur aux mots de la Tribu "; la Parole va être magnifiée, le Mot glorifié.

Mais la Parole n'est pas uniquement une prière qui monte de l'Homme vers le Sacré; elle est aussi un moyen pour le " Sacré " de s'adresser à l'Homme. L'aspect est alors essentiellement Religieux, c'est le VERBE: " Car le mot c'est le Verbe et le Verbe c'est Dieu ", écrit Victor Hugo. Cela suppose que l'on soit disposé à CROIRE à une existence divine susceptible de s'adresser directement aux hommes et dans ce cas, ce message peut prendre l'aspect de la Parole.

De tous temps, l'Homme a cherché à communiquer avec le Sacré (Mircea Eliade), parfois dans l'attente d'une RÉPONSE à ses angoisses ou à ses incertitudes, souvent à la RECHERCHE de l'apaisement ou de la réparation (faute ou dette). Cette recherche a pris et prend encore les formes les plus diverses et pas seulement vocales (gestuel, chant, prière, extase, isolement, dépouillement, arts ... etc.) ; nous autres Francs-maçons utilisons gestes et paroles mais aussi les SYMBOLES et la Parole que nous CHERCHONS ne saurait être assimilée au Verbe Créateur, même si d'aucuns pensent qu'elle doit nous venir " d'en haut «.

Le Paradis Perdu

Parmi les évènements avancés pour expliquer que la Parole ait pu être perdue, figure en bonne place la " TRANSGRESSION " d'Adam et la Chute. On peut regretter que l'Église ait cherché longtemps à nous faire prendre le récit de la Genèse au pied de la lettre. D'aucuns le pensent encre ainsi de nos jours, alors qu'à l'évidence il s'agit d'un Mythe c'est à dire d'un récit Fabuleux, peuplé de personnages Symboliques, destiné à mettre en relief certains aspects de la Condition Humaine ... Le mythe d'Adam se doit d'être abordé en premier lieu sous l'angle ESO TERIQUE;l'esprit humain est la recherche d'une explication sur les Origines de l'Homme et de cette Dualité qui est en lui comme issue de l'Unité et sur l'Harmonie qu'il ressent face à la merveilleuse Organisation de l'Univers, c'est à dire sans réponse devant l'éternelle Triple Question: " QUI SOMMES NOUS , D'OU VENONS NOUS, OU ALLONS NOUS ?

« Le Mal n'était pas un élément de la Création car celle‑ci était Bonne ». Seule la Libre Action de l'Homme a introduit le Mal. L`Homme, formé de Poussière et de Souffle, est Enfant de l'ESPRIT tout en étant né de la MATIERE. L'Arbre de la Connaissance porte les fruits du Multiple, de la Dysharmonie.

Pourquoi y a t’il touché ? Par faiblesse, mais plus encore par prétention, par vanité pour s'être voulu l'égal de Dieu. Mais si la " FAUTE " est en nous, tout reste réparable " PAR NOUS ". Le sens de notre combat est de Transformer la DUALITÉ Fondamentale Esprit Matière en Harmonie dans l’UNITE.

Comment ne pas évoquer ici le " Paradis Perdu " de John Milton ! Pour lui, la condition humaine est Bonne, mais quelle que soit la béatitude dont il jouissait au Paradis, l'Homme n'y bénéficiait que d'une liberté "creuse ", sans passé, sans avenir et sans épopée à inventer et à Créer. En renonçant aux chaînes pour la liberté, il a accepté la disparition de cet Eden pastoral où il était Condamné à Vivre. Ainsi, la " Transgression " a fait de l'Homme l'adversaire du Malheur, la Chute à donner un sens humain à l’effort. C'est dans ce combat que l'Homme trouve sa vraie dimension, un combat qui se joue en nous tous, un combat pour gagner notre propre Paradis, pour trouver notre propre " TEMPLE INTÉRIEUR ".


B) - Qu'est‑ce que la Parole Perdue, pourquoi la rechercher, comment la retrouver ?

La science et la Foi

La RELIGION répond aux besoins du Coeur, de là sa MAGIE, la SCIENCE à ceux de l'Esprit, d'où sa FORCE. Mais la Religion sans preuves et la Science sans Espoirs sont debout l'une en face de l'autre et se défient sans pouvoir se vaincre. Qui que nous soyons, de quelque ÉCOLE Philosophique, Esthétique ou Sociale dont nous nous réclamions, nous portons EN NOUS ces deux Mondes ennemis en apparence inconciliables.

A force de MATÉRIALISME, de positivisme et de scepticisme, la fin du siècle est arrivée à une FAUSSE IDES de la Vérité et du Progrès. Car la VERITE n'est pas une accumulation d'un grand nombre de connaissances mais procède de la compréhension des CAUSES et des FINALITÉS ; L'ESPRIT est la seule REALITE, la MATIERE n'est que son expression changeante et EPHEMERE, son dynamisme dans l'Espace et dans le Temps; la CRÉATION est ÉTERNELLE comme la VIE.

L'Homme en tant que MICROCOSME est l'image et le miroir du MACROCOSME UNIVERS. La VÉRITABLE Science de la Sagesse consiste donc à trouver en SOI‑MEME, c'est à dire au fond de sa Conscience, l'image de l’esprit. Sans doute est‑ce pour cela qu'André Malraux a écrit que le XXI° siècle sera Spiritualiste ou ne sera pas.

La Science, enivrée de ses DÉCOUVERTES dans le monde physique, en faisant abstraction du Psychisme et de l'Intellect, est devenue AGNOSTIQUE dans sa méthode et MATÉRIALISTE dans ses Principes et dans ses Fins.

… Et pourtant.

Vers un Futur, vers un Ailleurs

La science moderne, croyant nous offrir des réponses, nous apporte autant de nouvelles QUESTIONS. La Parole Perdue relèverait telle davantage du patrimoine cosmique de l’UNIVERS que d'une pensée mystique qui marquerait la naissance de l'espèce humaine ?

La VIE n'est pas le privilège de la Terre, elle nous vient d'ailleurs. Déjà tous les corps simples que nous connaissons ont leur origine dans ces gigantesques creusets que constituent certaines étoiles mourantes qui, en explosant, apportent et ont apporté jadis leurs moissons d'atomes et notre système Solaire est sans doute né des conséquences de l'explosion d'une Supernova quelques millions d'années auparavant. Nous ne pouvons donc plus raisonner en plaçant la Terre et l'Homme au CENTRE de la Création :
Pour certains, l'Univers est né SANS l'Homme et mourra également sans lui. Pour d'autres, l'Univers est né pour qu'un jour l'Homme puisse se poser la Question, la Finalité observable ou non ... Dès lors, les questions auxquelles il conviendrait de donner des réponses sont: Le Big-bang est‑il un commencement ou sinon qu'y avait‑il avant ? L'Univers aura t’il une fin ou un éternel recommencement ? Quelle est la nature du temps et surtout y a t’il une flèche du TEMPS ? ... Tout cela présuppose t’il l'existence d'un PRINCIPE CRÉATEUR ? (Stephan Hawkins, Hubert Reeves, Jacques Monod, Louis Pauwels, Ila Prigogine, ... etc.) . A partir du moment où l'on inscrit l'irréversibilité dans les Lois de l'Univers, nous sommes devant des Futurs POSSIBLES et non des Certitudes. Ces théories modernes, au lieu de nous transmettre un message d'impuissance, nous ouvrent au contraire, si faible soit‑il, un espace de LIBERTÉ. Si la Nature est un faisceau de QUESTIONS, l'Homme est un faisceau de RÉPONSES.

Les " Mauvais Compagnons "sont ceux qui au nom des Dogmes, condamnent les hommes qui se sont voués à la RECHERCHE de la Connaissance. Nombreux sont ceux qui ont été frappés ainsi pour n'avoir pas voulu admettre une vérité à laquelle ils ne croyaient pas; depuis Galilée à ... Teilhard de Chardin, par exemple, dont les idées novatrices n'ont pu franchir les portes du Concile Vatican II. Teilhard n'a eu de cesse de concilier les enseignements de l'Église avec une réalité scientifique incontournable. Tâche ardue s'il en fut, mais combien novatrice et enrichissante. Il part du phénomène de COMPLEXIFICATION du phylum humain (ensemble de l'espèce) pour aboutir à un réseau de COMMUNICATION des pensées humaines centrées sur un point " OMÉGA " qui pourrait bien, après tout, être la Parole Perdue ou encore une manifestation de l'Infini ("ein soph") ... à moins que ce ne soit le Grand Architecte ?

COMMENT ?

(Ou..., se poser la question, c'est trouver la réponse.)

La Tradition Initiatique

Comment pouvons nous espérer retrouver la Parole Perdue ? Par l’initiation. Pour nous Francs-maçons, l'Initiation est d'abord un RITE. Le Rite nous place hors du TEMPS, un temps qui n'est ni linéaire ni cyclique mais lié à l'éternité. C'est la raison pour laquelle le Rite est lent et propre à faire naître la réflexion, la MÉDITATION, la pensée, la prière. Mais le Rite a pour objet essentiel de mettre le postulant en état de recevoir un MESSAGE ; il ne saurait être une fin en soi. Ce message, c'est le MYTHE qui le véhicule; le Mythe c'est lors de notre entrée en Maçonnerie, celui de la MORT à la vie profane et de la NAISSANCE à une vie SPIRITUELLE, repris d'une manière plus élaborée dans le Mythe d' HIRAM, au 3` degré, puis dans les degrés concernant les 2° et 3° classes.

C'est au travers les Rites et Mythes que la TRADITION MACONNIQUE nous fait parvenir les images symboliques de la VERITE qu'elle s'efforce de nous TRANSMETTRE. C'est à travers eux que la tradition balise notre ROUTE.

La Tradition est le propre d'un ORDRE qui donne la primauté à la CONNAISSANCE MÉTAPHYSIQUE et qui propose de parvenir à la réalisation des êtres en leur faisant gravir les degrés successifs de l’Initiation. René Guénon est explicite à ce sujet: "C'est la prise de conscience effective des états supra individuels qui est l'objet réel de la métaphysique ou, mieux encore, qui est la métaphysique elle‑même ".

Cette connaissance est INTRANSMISSIBLE en fait parle langage VERBAL, instrument de la pensée discursive et rationnelle. Cette connaissance INEFFABLE, inexprimable en elle‑même, ne peut trouver d'expression que par l'intermédiaire du langage SYMBOLIQUE, pouvant conduire à une réalité supra humaine.

L'Initiation nous offre l'instrumentation privilégiée pour accéder à la Tradition, c'est à dire sa PAROLE ; langage vivant, plein de mystères et de poésie. Toute Vérité complexe et AUTHENTIQUE comme le Vivant s'exprime donc à travers des symboles qui sont le SUPPORT de l'élément constitutif de la Tradition. Ces Symboles sont en fait des réalités vivantes ainsi que des sources d'Energie quand ils s'expriment sous la forme d' ARCHETYPE au travers de notre CONSCIENCE.

Mais l'Initiation nous apporte également ses Mythes, c'est à dire l'ensemble des symboles que l'initié va revivre au cours des récits traditionnels qui lui seront proposés à chaque étape de la VOIE Initiatique. Le REAA va développer tout au long de ses étapes, qui vont de la Maîtrise aux Loges de Perfection, le mythe d'Hiram. Il importe de rappeler que la Légende est à la fois un CONTE : celui de la Recherche de la Parole Perdue, et un MYTHE : celui de la Mort et de la Renaissance. Le nouveau Maître se situe ainsi entre l'Equerre et le Compas, entre le Ciel et la Terre; il sera alors susceptible de RECHERCHER la Vérité et la PAROLE PERDUE, indissociables l'une de l'autre; mais bien qu'en possession des Symboles et des Mythes de la Tradition, il n'est pas pour autant capable d'accéder seul à cette recherche.

Le Mythe

Le Mythe sera envisagé ici comme une forme de DISCOURS qui élève une prétention au SENS et à la VERITE ; comme la philosophie est cet autre lieu du discours où la question du Sens et de la Vérité se trouve posé radicalement (La Vie a‑telle un Sens ou bien la Vie est‑elle LE SENS ?) qu'en est‑il de la prétention d'un mythe par rapport au discours philosophique ?

Le fait initial d'où procèdent toutes les discussions est que le Mythe se prête à deux évaluations opposées, comme si deux intérêts contraires de la Raison s'y trouvaient affrontés. D'un côté la Raison condamne le Mythe, elle l'exclut et le chasse; entre " MUTHOS et LOGOS ", il faut choisir (Platon, La République). L'hostilité de la philosophie est de principe: chercher le fondement, la raison d'être, exclut que l'on raconte des histoires. Il faudra donc tenir les mythes pour des ALLEGORIES, c'est à dire pour un langage INDIRECT où d'authentiques vérités physiques et morales sont DISSIMULEES. Saisir des vérités sous le vêtement du Mythe, c'est du même coup rendre inutile l'enveloppe, une fois celle‑ci percée à jour (Stoïciens).

Le PARADOXE de cette lutte est qu'elle n'en a jamais fini avec l'adversaire. Platon lui‑même écrit ses mythes; sa philosophie procède du Mythe Orphique et, d'une certaine façon, y retourne. Quelque chose nous dit cependant que la Mythe ne s'épuise pas dans sa fonction EXPLICATIVE, qu'il n'est pas seulement une manière "préscientifique " de chercher les CAUSES et que la fonction Fabulatrice elle‑même à valeur PRÉMONITOIRE et EXPLORATOIRE à l'égard de quelque dimension de la VERITE, qu'il ne s'identifie pas avec la Vérité Scientifique.

Kant, Schelling, Bergson, Hegel ou Heidegger ont une réflexion commune à ce sujet, qui pointe vers une Fantastique TRANSCENDANTALE dont le Mythe serait seulement une émergence. Telle est l'antinomie : d'un certain point de vue "Mut Hos et Logos " s'opposent; d'un autre, ils se rejoignent, selon la vieille étymologie qui identifie " Mut Hos " et PAROLE.

Le Symbolisme du Maître Secret

C'est avant tout l'acquisition de la Connaissance et de la prise de conscience de la LIBERTÉ SPIRITUELLE, de l'environnement Cosmique, des REGLES qui conditionnent toute Action: Justice et Devoir.

Au terme de ses 4 voyages, le Maître est alors confronté à la nécessité impérieuse d'accomplir le DEVOIR jusqu'au SACRIFICE. Or cette route du Devoir, bien qu'elle soit ouverte sur les Labyrinthes de l’Erreur, l'Initié pourra la suivre sans crainte de se tromper s'il se conforme à ce qu'on lui a appris : " Garder le Secret, être Obéissant, rester Fidèle ". Ces affirmations catégoriques ne sont pas sans réveiller en chacun d'entre nous des résonances particulières et même et surtout des questions

Garder QUEL SECRET ? Être OBÉISSANT à QUI ? Demeurer FIDELE à QUOI ?

…La réponse est dans le Rite et dans le Mythe: Garder le Secret du Langage et de notre Tradition, être Obéissant à nos Règles Initiatiques et demeurer Fidèle à notre démarche vers la Lumière, la Connaissance et l'amour. La Connaissance impli­quant de surcroît le Devoir de partager et de TRANSMETTRE.

A ce degré, à la question " Qu'est‑ce que le Devoir ? ", le Rituel nous répond que c'est la RECHERCHE de la Parole Perdue; cela veut dire que toute une PARTIE de la connaissance Primordiale nous a été ravie et que notre Devoir, au cours de notre quête Initiatique, va consister à RETROUVER cet état édénique ou l'être avait une connaissance immédiate des choses.

Le Rituel du 4 ° insiste tout particulièrement sur la nécessité de l'Initié à se rendre LIBRE, or CHERCHER c'est se rendre libre, à l'image de la Réalité qui est elle‑même une Question. La Connaissance est un rapport entre un OBJET et un SUJET, entre quelque chose d' EXTERIEUR à l'Homme et l'Esprit humain; mais de ce rapport nous ne connaissons que la sensation qu'il nous cause; cela sous‑entend que les éléments de la connaissance vont être erronés par nos sens et ne nous donnerons qu'une vision APPARENTE des choses.

La Connaissance Véritable ne pourra être atteinte qu'après un extraordinaire effort d’unification, aboutissant à la suppression de la DUALITE qui est en nous. Le chemin est difficile car notre acquit intellectuel s'est fait sur le mode discursif et logique excluant l'intuition et l’analogie. Mais l'Homme n'est pas déterminé, il est Libre, dans ce monde des interactions, de manifester sa présence; dans le champ apparemment clos de la Vie, de la naissance à la Mort, l'Homme épouse ou non cette Liberté; il devient ou non une FORCE agissante qui le conduira à la réalité pour lui rappeler qu'il est réellement un fils du CIEL et de la TERRE.

Le Rituel

"De ce qui n'aurait pu être qu'un fatras de mots et d'idées est né un Rituel Initiatique qui a su sélectionner et ordonnancer les seules notions qui, éprouvées par l'usage du temps, semblaient contenir des vérités immuables, incontestables, peut‑être parce qu'il s'agissait de vérités éternelles, parcelles éclatantes de l'Ineffable Vérité, de l'Eternelle Lumière " (Bernard Martinez).

" Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l'Idée sous le Symbole ", nous dit clairement le Rituel du 4° degré. Allons donc, au travers des Mots, à la Recherche des IDEES.

‑ Quant aux CAUSES :
" Vous ne Comprenez pas bien parce que vous ne Voyez pas bien " ... "La Franc-maçonnerie vous a tiré de la Servitude et de l'Erreur "... "La Vérité Absolue est Inaccessible à l'Esprit humain " ... " Nous déplorons la Perte de la Vraie Parole " ... "Qui Voyage ainsi ? ... Des V.M. qui Recherchent la Parole Perdue "...

‑ Quant aux PRINCIPES :
" Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes " ... "Etes‑vous prêt à faire votre Devoir "... " La Parole Perdue c'est la Connaissance de Devoir Complet " ... "Nous devons donc inlassablement Rechercher la Vraie Parole "... " Nous ne devons pas Attendre le jour où nous la connaîtrons " ...

‑ Quant aux MOYENS :
" Le Devoir est la grande Loi de la Franc-maçonnerie " ... "La route du Devoir mène Sûrement à la Vérité "... " Si vous Voulez Trouver la Vraie Lumière et la Parole Perdue " ... "La Connaissance est un Bien Héréditaire qui se Transmet "... "Appliquons nous à nous perfectionner sans cesse "... et : " La meilleure pierre de touche du Devoir est l'exigence d'un Sacrifice" ...

Non seulement le Rituel nous indique CLAIREMENT la VOIE à suivre :

LE DEVOIR ! mais encore nous donne t’il les MOYENS de nous accomplir au travers de nos actes et de nos pensées en alimentant notre CONSCIENCE de la Justice, la Liberté, l'Objectivité, la Recherche, la Compréhension, l'Humilité et l'Amour.

"L'Homme est un Pont et non un But ", disait Nietzsche, en serait‑il de même de la Parole ? La retrouver est‑il le seul but, le seul Devoir ? Ou devons‑nous accomplir d'autre devoirs ? A l'évidence, s'il s'agit de notre principal Devoir, nous ne devons pas pour autant négliger de TRANSMETTRE à la fois ce que nous avons reçu mais également le fruit de nos recherches, même si nous n'avons pas " trouvé " !

C - Conclusions

Le caractère inaccessible à l'Homme de la VRAIE LUMIERE n'interdit pas pour autant la recherche de LA PAROLE PERDUE ni son "approche "par une tentative permanente de rassembler en nous ce qui est épars.
Ecouter sa nature Terrestre, l'appel à la multiplication des désirs dont l'intellect est l'agent et écouter sa nature "Divine ", l'appel de l'esprit. Le sens de la recherche de l'Homme est d'assumer la nouvelle étape évolutive, d'assumer consciemment la réconciliation de la MATIERE et de l'esprit. Puisque c'est au pied du mur que l'on reconnaît le Maçon, nous croyons fermement que ce n'est pas, en ce qui concerne la Franc-maçonnerie "spéculative", la façon dont on construit le mur qui importe (car nombreux sont les murs qui, à notre sens, doivent être abattus surtout ceux de l'ignorance, de l'indifférence et de la haine) mais avant tout celle dont on le " franchit " pour que d'autres connaissent un " ailleurs «.

Tel est le lot de l'espèce humaine qui, à l'instar du sens que nous offre parfois l'exemple de certains animaux, dépasse son propre instinct de conservation ; l'homme ne l'accomplit pas cependant pour la survie de l'espèce mais pour celle de ses " IDEES " nourriture Spirituelle indispensable à notre propre essence ; Idées, mots, discours, sens, paroles ...ou "Parole " , "Logos ", " Mut Hos ", " Vav ", " Souffle " ; tout cela est en nous mais incommunicable, inexprimable.

Les Mythologies ne sont pas des productions individuelles, elles sont "explosion "sur individuelles, rêve sur conscient de la Vérité nous rendant capable de saisir sans explication la signification sous‑jacente. La SYMBOLIQUE, connaissance intuitive du fonctionnement psychique répond à la question que se pose l'Homme :

" Que dois‑je faire de ma Vie " ? La réponse est dans le retour à l’UNITE, réunion harmonieuse entre monde intérieur et monde extérieur. La recherche de l'HARMONIE unité dans la multiplicité, est le sens évolutif à donner à la Vie (Paul Diel).

Le propre de notre imagination créatrice, au travers du Mythe et du Rite, est de retrouver une Secrète signification nous concernant; sans vouloir convaincre logiquement, le Mythe agit sur notre émotivité profonde et même sur nos culpabilités refoulées. Ici également la figuration métaphorique, laissant deviner un sens caché, intensifie le saisissement émotif, à condition toutefois que le procédé symbolisant ne soit pas artifice trompeur.

Encore faut‑il que le Rite ne couvre pas le Mythe et que l'Initié y adhère PLEINEMENT, du fond de son âme, sinon tout cela ne serait qu'un jeu sans portée, voire une mascarade. L'Initiation se vit profondément, intensément, ou alors elle n'est pas. Elle est le COMMENCEMENT d'une Recherche personnelle, d'une Quête, qui vont durer TOUTE LA VIE Maçonnique.

Si nous devons connaître un jour la Parole Perdue, ce sera le fruit d'un TRAVAIL incessant d'Unification, car si notre marge de manœuvre paraît faible, nous ne devons jamais pour autant rester inactifs, face à un déterminisme redoutable. Forts des Règles que nous impose notre Rite, de l'élévation de pensée que nous apporte la Tradition, forts de cette sublimation que nous confire l'Initiation, continuons sans désemparer l'effort de réflexion que nous avons entrepris dans nos Loges. Même si nous n'en percevons pas encore les prémices, même s'il nous faudra encre patienter peut être longtemps avant de recueillir la Vraie Parole, travaillons et persévérons car : " Il n'est point besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer «. (Le Taciturne).

J’ai dit

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Le Mot Substitué

22 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

1°) LE CONTEXTE, notre RITUEL

la cérémonie d’élévation

C’est dans l’obscurité, en Chambre du Milieu, après une marche à reculons que, retourné vers l’Orient, le C. devient spectateur du deuil de ses F présents.

L’impétrant est conduit à l’Orient, devant le tombeau du Maître, qu’il a préalablement enjambé selon instructions reçues, et c’est à cet endroit, à hauteur du compas qu’il reçoit les 3 coups fatidiques donnés, via les outils du C. (dont le maillet du T. V.M.)

A ce moment là le C. en passe d’élévation devient acteur : il prend la place d’HIRAM et se trouve allongé, tête à l’Occident (équerre) et pieds vers l’Orient (compas), le corps recouvert d’un linceul (passage par la peau, Osirification).

Sa sépulture sera gardée par 3 F. avant que le Roi SALOMON, symbolisé par le T.V.M., accompagné des 2 V.M.S. ne vienne lui redonner vie.

Le second S. essaiera en vain via l’attouchement et le mot d’A.

Le premier n’aura pas plus de réussite avec l’attouchement et le mot de C.

C’est alors que le VM déclare « Seuls, nous ne pouvons rien ; aidez-moi » et, avec l’aide des deux surveillants, il parviendra à le relever par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise, en lui chuchotant à l’oreille le mot : « MOABON ».

Cette alchimie résulte donc de l’intervention d’un trio et non d’un seul…

Le nouveau M. se voit détenteur des secrets du grade de M. dont 2 mots : 1 mot de passe « TULBACAIN » et le mot sacré « MOABON » ou « MAK-BENAH » selon le rite, mot qui ne peut s’échanger qu’à voix basse. Notre nouveau M. est alors âgé de 7 ans et +

l’instruction au 3° degré

Pour l’approche du thème à traiter, on relèvera 3 des 49 questions réponses :

Qu’êtes vous venu faire ici ? * Chercher la parole du Maître qui s’était perdue

Comment a-t-on pu retrouver la parole perdue ? * Les Maîtres convinrent que le premier Mot qui serait prononcé, en retrouvant le MAITRE, leur servirait à l’avenir pour se reconnaître.

Quel est ce Mot et que signifie-t-il ? * Ce mot ne peut se donner qu’en position des « Cinq Points Parfaits de la Maîtrise », c’est « MOABON » et veut dire le Fils du Père ou la Vie Nouvelle

On observera également que les M. voyagent de l’ Occident à l’Orient, sur toute la surface de la terre pour chercher ce qui été perdu, rassembler ce qui est épars…

2°) POURQUOI ET QU’EST-CE QU’UN MOT SUSTITUE ?

Les loges bleues de la franc-maçonnerie se composent d’une progression symbolique de 3 grades dont le dernier repose encore plus sur une allégorie du cycle de la mort et de la renaissance.

L’homme s’inscrit dans un cycle de résurgence de ses expériences vécues et de son devenir au travers d’elles.

Selon la légende, tout homme élevé au grade de M. a reçu un mot substitué parce que le vrai mot a été perdu à la mort d’HIRAM.

Ce n’est pas un mot de reconnaissance (mot de passe ou mot secret) comme aux deux premiers degrés. Le Mot Substitué, lui, a un autre sens, une autre dimension : il est là pour remplacer la parole perdue. La parole est une suite de mots que l’on prononce. Or l’A. ne sait qu’épeler et le C. ne peut prononcer…

Parole perdue et mot(s) substitué(s) sont indissociables car la mort d’HIRAM symbolise essentiellement la perte de l’unité originelle, le paradis perdu. HIRAM représente le Temple de Salomon, sa mort symbolise la destruction du Temple. Or dans la tradition hébraïque on ne pouvait prononcer le Nom ineffable de DIEU qu’à l’intérieur dudit Temple… d’où la nécessité de trouver un mot de substitution.

La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la Genèse : l’homme primordial détenait la parole créatrice, il lui suffisait de nommer une chose pour lui donner vie. Le mot du Maître, le mot SACRE est le nom ineffable car inexprimable : il relève d’une connaissance de l’omniscience et de l’omnipotence du Principe créateur ; le nommer correspondrait à le manifester à l’instant, or nul humain ne saurait appréhender la quintessence divine ! D’où la nécessité d’un mot à portée humaine : le mot substitué.

Par ailleurs, à la mort d’HIRAM, rien ne nous certifie que ce dernier n’aurait pas révélé le mot sacré aux 3 mauvais C. : le M. est mort et les 3 C. volatilisés …

Le doute peut subsister. Il convenait donc de se prémunir contre le risque éventuel de voir le mot sacré divulgué.

Substituer vient du latin : sub qui veut dire sous et statuere qui signifie placer ; c’est donc mettre quelque chose à la place d’une autre, remplacer un mot par un autre mais pas par analogie, pas par un mot impliquant un rapport de ressemblance avec le précédent. Le mot substitué ne signifie pas en lui-même, il autorise seulement la reconnaissance, l’identification.

La substitution c’est l’élimination d’un mot par un autre qui en a pris le sens. Ainsi, le tombeau d’HIRAM se substitue au corps de ce dernier : il n’est pas la représentation du squelette mais figure l’absence. Le mot substitué se trouve donc être le sens de la parole perdue : il manifeste l’absence de cette parole, il est le signe matériel de quelque chose d’invisible. La substitution se réfère à l’essentiel et renvoie à un au-delà qui appartient à l’esprit, à une réalité sacrée.

Le mot substitué n’est là que pour nous faire penser à ce qui a été perdu pour tenter de retrouver l’Histoire. La substitution permet le remplacement d’une absence par une présence, elle-même métaphore d’une autre présence, celle de l’univers symbolique ; ainsi la pierre tombale se substitue au corps disparu et à l’âme absente du mort. On peut alors parler de double substitution.

La Franc Maçonnerie est une réflexion sur le sens de la parole perdue métaphorisée au plan physique par l’escamotage du corps d’HIRAM auquel se substitue tout postulant au grade de M. Le paradoxe est que le symbole essaie de ramener l’invisible par le visible afin de donner à penser ; le symbole ne doit pas ressembler complètement et ne pas être analogue à l’idée qu’il représente en s’y substituant.

C’est par le jeu de substitutions successives de signes qu’émerge le sens… Nommer le signe qui s’est substitué à la chose : c’est faire revivre la chose qui n’existe que par des signes pour lui trouver son essence, son sens premier et profond.

3°) LE MOT SUBSTITUE ET LA LEGENDE D HIRAM

le déroulement de la cérémonie d’élévation

La mise en scène de la mise à mort et du relèvement d’HIRAM constitue le mythe fondateur de la F.M. spéculative : complot de 3 mauvais C. (convoitise, ignorance, jalousie) pour assassiner HIRAM qui va périr par les mêmes outils qui ont servi à la construction du Temple (dualité de l’utilisation du savoir tant pour le bien que pour le mal). Triple mise à mort, physique, sentimentale et mentale pour affranchir HIRAM du plan matériel, psychique et mental et permettre à l’élevé, de renaître sur le plan divin. Ce dernier se retrouve symboliquement mort, au centre de la Loge, au milieu du cercle où les éléments les plus opposés se rapprochent, allongé sur le pavé mosaïque, lieu par excellence de la réconciliation des contraires où l’on cherche à rassembler ce qui est épars..

Neuf M. partis à la recherche d’HIRAM, sur la demande de Salomon, vont convenir de prononcer 3 syllabes en une position donnée pour relever, redonner vie au défunt. Ces trois syllabes deviendront le nouveau mot de M.

Par le relèvement d’HIRAM et donc l’élévation, le nouveau Maître qui passe de l’horizontale à la verticale, de l’équerre au compas. Devient le fils spirituel d’HIRAM.

L’architecte assassiné survit alors en chacun de nous sous la forme d’un Maître intérieur : la conscience.

Analyse de la cérémonie d’élévation

La Parole n’est pas totalement perdue : ce qui l’a été c’est la conception de l’Unité, d’où le besoin de trouver une solution de remplacement dite de substitution.

La parole perdue représente le secret de l’initiation véritable avec une nouvelle naissance.

Ainsi l’A. (Pierre brute), après une phase de silence au cours de laquelle il se dégrossit, acquiert des faces plus unies (Pierre cubique) et devient C. avec mission de polir ces faces afin de leur enlever peu à peu leur rugosité (Pierre Cubique à Pointe).

Par l’élévation, liée à la transmission de la parole perdue, le nouveau M. deviendra une pierre indispensable à la Loge pour participer à une communion d’hommes individualisés, mais rassemblés par un même idéal via des rites communs.

Ce mythe met en exergue un rite initiatique : HIRAM qui, par ses enfants, ressuscitera d’entre les morts, drame symbolique reprenant les mystères de l’Antiquité païenne et les rites d’initiation chez les primitifs.

Cette légende nous vient du Talmud (2° S. après J.C.) et nous apparaît en 1726, avec la parution de l’écrit de Monseigneur GRAHAM où Sem, Cham, et Japhet durent se rendre sur la tombe de leur père Noé pour y découvrir, en trois étapes, le secret caché de l’existence de DIEU, secret perdu par la mort de son détenteur.

Ce récit est à rapprocher de l’histoire égyptienne du dernier roi de Thèbes, avec son voyage des morts vers les étoiles et la disparition du roi qui a préféré mourir plutôt que de livrer le secret gardé par un trio, d’où la parole perdue.

La Bible cite HIRAM en tant que fondeur de la mer d’airain du temple de Salomon mais nous dit peu sur ce personnage.

Le conte de Gérard De NERVAL est beaucoup plus prolixe et revisite ce mythe.

Le Coran s’attache également à cette légende.

Enfin on ne saurait omettre le rapprochement de ce mythe avec celui d’Osiris, fils du ciel et de la terre, victime de son frère « Seth » représentant le désordre, le chaos. Isis, sa sœur- épouse, partira à la recherche de son âme pour le ramener à la vie. Son amour, symbole de la régénération et de la vie éternelle, au travers de larmes argentées partagées avec 9 dieux, permettra de retrouver le corps.

Selon RAGON : Hiram serait le substitut du Christ ou d’Osiris, Isis figurerait la Loge, Horus, fils de la veuve et de Lumière, représenterait le C. élevé et Seth celui qui met la Parole en pièces et la disperse. Osiris peut alors apparaître comme la chute de l’âme dans le tombeau représentant le Verbe ou Parole perdue en attente d’une renaissance... La mort symbolique d’HIRAM, comme celle d’Osiris ou celle du Christ, annonce non pas une destruction de l’Etre, mais un renouvellement, une métamorphose.

On ne peut s’empêcher de faire un lien avec DIEU associé à l’épi de blé liant ce qui vient d’en haut à ce qui est en bas par les mystères de la germination ou faire un parallèle entre le M. enterré à même le sol et le nouvel A., seul dans le cabinet de réflexion, se préparant à de nouvelles épreuves ?

Le mythe d’HIRAM s’inspire aussi des mystères d’Eleusis, de Ceres et de Mithra ; analogie également possible avec la descente aux enfers de Dionysos avant de ressusciter et de devenir immortel.

La légende d’HIRAM est étroitement liée aux histoires de VIRGILE (Livre VI) : descente d’Enée au pays des ombres et sa quête, armé d’un rameau d’or, pour retrouver Polydore assassiné, fils de PRIAM, roi de Troie.

Ces similitudes et rapprochements conduisent à penser que ces récits sont volontairement inachevés pour favoriser la réflexion perpétuelle sur le sens du divin (de la putréfaction ressurgit la Lumière)

4°) TRADUIRE LE MOT SUBSTITUE

Si les mots de passe des deux premiers degrés sont compréhensibles par l’A. et le C. puisque se rapportant à des repères logiques liés à notre place dans la loge, en revanche le mot de M. est plus hermétique car non lié à l’espace sacré mais à un récit mythique.

Qui plus est, il est le produit d’une corruption phonétique !

La Bible nous parle d’un certain « Makhi » et de « Makhbanaï » sans plus de précisions avec le mot substitué si ce n’est que l’on peut imaginer une origine biblique à ce dernier. « Macbannaï » signifierait « mon pauvre fils ».

En 1725 un manuscrit nous parle de « Macboe and Boe » qui voudrait dire « de la moelle dans l’os », idée reprise dans l’ouvrage de GRAHAM, un an plus tard.

Le premier mot prononcé serait « Mah-Hah-Bone » ou « Marrow Bone » qui se prononcerait « Machaben » ou « Mac benach », ce qui nous rapproche de notre mot de la GLNF « MOABON » ce qui pourrait vouloir dire « du père » puisqu’un F.M. devient, par l’élévation au 3° degré, fils de la mort et successeur d’HIRAM.

Notons que MOABON était le nom d’un des neuf M. élus, de même que Jakin et Boaz.

Phonétiquement et approximativement ce mot est devenu « MachBenah» ou « Mac –benac » (à traduire par «la chair quitte les os »)

La doctrine est partagée et quelques auteurs affirment que MAHABON ou MOABON et leurs variantes seraient une déformation de l’hébreu MAH HABONEH qui signifierait « le Bâtisseur, le constructeur, l’architecte » ou bien « Moelle dans l’os », à traduire par la permanence de la vie au travers d’une mort – renaissance.

Au R.E.A.A., le mot substitué se dit MOABON et signifie étymologiquement : issu du père (MOAB) et fils du père (BEN). L’homme ressuscité de son tombeau devient, après être mort à la terre, fils du ciel, fils de la Lumière.

Chacun de nous porterait en lui la conscience divine.

Au rituel français ce mot substitué se traduit « MAC BENACH » ce qui signifierait « fils de la Veuve » ou « la chair quitte les os ». « BENETH » veut dire engendrer et «MAQ » : putréfaction, formule alchimique pouvant correspondre à « naître de la putréfaction » : la chair est corrompue et les moelles sont vivantes. C’est la putréfaction qui crée : l’édification est issue de la décomposition.

Le choix du mot M.B.N. pourrait, au travers de la résurrection du F. élevé, figurer la re-naissance du Templier pour la reconstruction de l’Ordre du Temple : HIRAM représenterait alors le grand Maître de l’ordre des templiers (J.B. MOLAY dont les initiales correspondent à celles des mots de passe ou sacré des 3 grades de la maçonnerie bleue) ?

De la Bible au débuts de la Franc-maçonnerie spéculative un mot existe dont les appellations varient mais sont finalement proches.

En fait ce qui semble important, plus que la traduction littérale du ou des mots substitué(s), c’est la nécessité de trouver un mot de remplacement pour retrouver la parole perdue.

Le mot de M., dit mot substitué, ne peut et ne doit être simple et facile d’accès afin de remplir son rôle discriminatoire.

Il pourrait être rapproché d’une autre colonne, invisible aux yeux du profane, la colonne médiane, symbole de l’équilibre dans l’arbre séphirotique de la Kabbale…

Ce mot semble être une passerelle de transmission initiatique.

5°) PORTEE DU MOT SIMULE

Les M. Maçons s’identifiant symboliquement à HIRAM rejoignent un cycle concentrique où la maîtrise n’est que la suite logique des deux grades précédents.

L’A est choisi pour son aptitude à recevoir la Lumière, sa discipline pour vivre une métamorphose intérieure.

Pour devenir C. il doit passer du fil à plomb (activité héritée du monde profane) au niveau (passivité de l’ouvrier parfait)… D’où la naissance de l’équerre, de la lettre T (le tau mystérieux tracé dans l’air par HIRAM), du maillet du T.V.M. et de la croix (symbole de la mort mystique).

L’élévation se produit en chambre du milieu, dont l’entrée désigne la ligne qui sépare la mort de la vie, lieu de sublimation de la conscience avec clef de voûte au dessus de l’arc royal s’appuyant sur les deux colonnes. C’est ici que l’on peut trouver la résurrection, la rédemption grâce à la pierre philosophale, l’élixir de longue vie : le mot de Maître.

L’éternité a pour représentation la circonférence et l’élévation consiste à passer de l’équerre au compas c'est-à-dire de la croix au cercle.

Le mot de M. ne peut se transmettre individuellement : il faut être trois pour le communiquer (tout comme il faut 3 C. pour stopper la chaîne de transmission).

Nécessité de trouver un mot substitué, mais ce qui est substitué ne peut remplacer que très partiellement ce qui était à l’origine… Quand le corps d’HIRAM est retrouvé, la tradition est rétablie mais amoindrie du fait du remplacement du mot sacré par un mot de substitution.

Le mot même HIRAM contient l’idée de vivifier en élevant. HIRAM, fils de sagesse, de science et d’intelligence, est le modèle mythique de l’Homme fait. Complément de l’ A. conçu pour exister, HIRAM est créé pour mourir et donner renaissance. Il représente le cycle de vie (HY) céleste (RAM) : vie élevée qui descend sur le monde (l’homme) pour bâtir le Temple et la continuité de la Vie par transmutation de l’énergie au travers de Dieu enseveli dans le tombeau du corps, force divine qui doit ressusciter.

C’est par la transmission du mot substitué que le C. devient le fils et successeur d’HIRAM.

Si la gestuelle permet la relévation du corps, c’est le mot soufflé qui porte la vie et libère le prisonnier. Le cinquième point parfait se porte comme une passation du souffle de la Parole représentée symboliquement par le « Mot »

Il appartient aux F.M. de réunifier l’ancien Mot Sacré (JEHOVAH) car ce mot était composé des deux parties du Nom divin, séparées par la chute.

La recherche de ce qui est perdu consiste donc en la recherche de l’être dans son essence intrinsèque, dans son principe originel avant la chute, quête pour retrouver l’état paradisiaque.

La parole perdue ne serait en fait qu’oubliée conformément à la théorie de la réminiscence de PLATON selon laquelle tout est en nous… Faut-il pouvoir encore accéder à cette richesse intérieure…

Pour ressusciter il nous faudrait alors descendre dans notre propre tombeau : s’analyser, se parfaire, poursuivre le travail sur pierre brute : le 3° degré serait la suite logique du cheminement de l’A. et du C. ?

Si A. et C. ne savent ni lire, ni écrire mais seulement épeler, le M. lui a la capacité de lire et d’écrire au livre de vie du G.A.D.L.U. puisqu’il travaille sur la planche à tracer. Les 3 grades forment un cycle.

Le séjour d’HIRAM au coeur de la terre correspond à celui du profane dans le cabinet de réflexion : il va naître de sa propre dissolution, de l’oubli de son ego.

Nous portons tous à l’intérieur de nous un noyau divin en la personne de notre maître intérieur.

En maçonnerie : la transmission est essentielle. Le M. doit mourir (chute) pour ressusciter (élévation) en un disciple afin que perdure la chaîne initiatique.

Selon notre rituel le M. se donne à celui qui sera son fils spirituel en lui transmettant le don de la vie éternelle pour renaître en lui. Fils, crée non de chair mais d’esprit, pour maintenir le père vivant en ce monde.

C’est la transmission du mot substitué qui permet cette résurrection, alchimie par laquelle de l’homme ancien renaîtra l’homme nouveau au 7ème jour.

Source : http://anck131.over-blog.com

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L'Ambition et la Cordonite aigue

21 Septembre 2012 , Rédigé par W\ L\ Publié dans #Planches

Je vais vous parler ce soir d’un sujet qui de prime à bord ne concerne pas notre Loge. Et c’est tant mieux, cela n’en démontre que plus ça qualité. Mais je pense que cela n’est pas uns raison suffisante pour ne pas en aborder le sujet au moins une fois, ne serais ce que pour connaitre et prendre conscience de cette étrange Mal qui contamine et qui fait parfois des ravages au sein de certain Ateliers.

Je veux parler de : « L’ambition et la Cordonite aigue » qui sont deux fléaux qui sévices malheureusement dans certaines Loges et cela quelque soi l’obédience, le rite ou la composition uniquement masculine ou féminine de l’Atelier. Mais statistiquement parlant, cette affliction est plus particulièrement présente dans les Loges masculine. Certainement l’effet Coq qui ne supporte pas un autre Coq sur son territoire. Vous me direz que ces maux qui viennent du monde profane, n’ont rien à faire en théorie dans la Franc-maçonnerie. Et je vous répondrais, OUI MAIS…

Entre la vie profane et la réalité Maçonnique, il y a un fossé qui peut très vite être complet par des gens mal intentionnés. Et si ces Plaies arrivent quand même à rentré chez nous, c’est que l’on leur y a permis d’entrer. Ce qui veut dire que certains Sœurs et Frères n’ont pas laissé tous leurs métaux et leur égo à la porte du Temple.

Ce qui implique aussi une responsabilité des autres Sœurs et Frères qui n’ont pas fait leur rôle de filtre et de contrôle. Soi par excès de confiance, ou alors du à une certaine apathie et une certaine complaisance, dû aussi à un manque d’attention dans le fonctionnement de leur loge.
Ce qui n’est pas le cas dans notre Loge je vous rassure de suite. Mais cette maladie que j’ai malgré moi pu constater en visitant d’autres loges et généralement souvent celle des grandes Obédiences et les Loges ou le nombre composé que de Sœurs ou que de Frères, est très important. Comme quoi la quantité ne fait pas la qualité.

Au faite, vous avez peut être remarqué que je ne parle pas des loges Mixtes, parce que paradoxalement les deux sexes opposés mis ensembles dans une Loge, temporise énormément les mésententes et aussi cette maladie si particulière et unique à la Franc-maçonnerie qui s’appelle « la Cordonite Aigue ». Ne me demandez pas pourquoi, il n’y a pas eu d’étude scientifique de mené sur le sujet.
Et ce « Penchant néfaste » vient souvent d’un trait de caractère qui va avec, comme un mauvais présage pour une quelconque maladie, je veux parler de l’Ambition. Mais Il y a d’autres symptômes à cette pathologie, comme la Jalousie, qui est vraiment un vilain défaut comme le dit si bien l’adage populaire.

L’envie, l’Orgueil, l’Avidité, la Convoitise, l’Ego sur dimensionné de soi. Je ne parle pas des pièces de jeu pour les enfants. Et certainement encore bien d’autre travers humain. Je n’ai retenue que le premier nommé pour le titre de cette planchette, que pour représenter les autres. Sinon nous aurions eu un intitulé à rallonge.

Pour en revenir à notre sujet. La fraternité n’est pas synonyme de cécité, elle ne doit pas nous rendre aveugle de tout ce qui se passe autour de nous en Loge. Il ne faut pas oublier que nous sommes les gardiens d’une très vieille Tradition et d’un très ancien Secret qui s’alluma un jour dans le cœur fraternel de l’humanité à son berceau. Qu’ils sont l’emblème de la coutume que nous avons régulièrement reçue, et que nous maintenons sans faillir et que nous transmettrons dans sa plénitude aux générations à venir.

Ce message à été oublié par certain Frères durant leur parcourt, ils l’ont perdu au bord du chemin et non jamais revérifier s’il était toujours à sa place. Certains Frères l’ont même carrément occulté ce message des le premier jour de leur arrivé en Loge. Alléché par le magnifique carnet d’adresse potentiel ou les passes droits et autres avantages tant vanté dans les journaux et qui remplisse régulièrement les pages d’une certaine presse.

Légende urbaine et réalité à la fois, malheureusement. Car tout les Sœurs et les Frères qui composent la Franc-maçonnerie, ne sont d’abord et avant tout que des Hommes, aves tout leurs défauts et toutes leurs qualités. Et que tout notre travail en Loge, est de mettre en exergues nos qualités, et en sourdine nos défauts. Comme le dis le Rituel : « Creuser des cachots pour les vices et élever des Temples à la Vertu ».

Ce qui démontre qu’il faut être très vigilant, dans nos parrainages et nos enquêtes. Je sais mes Sœurs et mes Frères qui êtes ici présent, que vous n’avez pas cette vision de la Maçonnerie. Je vous connais trop bien pour ça. Mais il n’en demeure pas moins, qu’il ne faut pas baisser la garde et s’endormir sur nos lauriers pour autant.

Une erreur involontaire peu aussi nous arriver, sur le choix d’un profane mal attentionné sur ses motivations et qu’il nous mente dans les réponses que nous lui posons. Qu’au lieu de laisser parler son cœur, cela ne soi que son intéressement qui nous réponde. Cela ne sera pas de notre faute. Mais je pense que dans un premier temps il faut lui laisser ça chance et à nous de lui montrer le bon et le véritable chemin à prendre. C’est là aussi notre rôle, il faut qu’il voie et qu’il ressente en lui tout ce que la Vrai Maçonnerie et la Fraternité ont à lui apporter, et qui sont beaucoup plus important et ont beaucoup plus de valeur, que ce qu’il c’était imaginer trouver au départ comme prétexte personnel pour entre dans notre Ordre. Et grâce à nos valeurs on peu peut être par notre attitude et notre comportement, changer un loup en agneau. Et ci malgré cela le loup reste ce qu’il est. Il partira alors de lui-même, car il ne trouvera pas chez nous ce qu’il était venu chercher. Et ce sera dommage pour lui. Il sera passé à coté de la chance de sa vie de pouvoir et de devenir quelqu’un de bien. Quant à nous, nous aurons étés fidèle à notre Serment que nous avons donné. Nous aurons respecté notre devoir de Franc-maçon et nous pourrons nous regarder dans un miroir sans avoir honte, contrairement à lui. Nous n’avons à éprouver aucun regret ni aucune gène. Nous n’aurons pas perdu, du temps ni de l’énergie à l’initié. Bien au contraire, nous aurons revécu nous, en notre cœur le souvenir de notre initiation. Et nous aurons appris encore plus la symbolique qui se rattache et que n’aura pas comprise l’usurpateur.

De pratiquer le Rituel nous aura aussi permis de mieux le maitriser pour les cérémonies à venir. Pour des personnes qui cette fois en vaudrons la peine. Ce n’est pas parce qu’un fruit est pourri, qu’il faut jeter tout le cageot. Nous valons mieux que cela et mieux que lui ou eux, ne l’oubliez jamais.

Très Vénérable Maitre, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Réflexion autour du symbole de l'infini.

20 Septembre 2012 , Rédigé par Alba Publié dans #Planches

Il m’aura fallu du temps pour trouver un sujet qui éveil en moi l’envie de construire un travail.

Au troisième degré il est de bonne augure je crois, d’aller chercher un début de réponse, s’agissant des signes qui nous fascinent, nous intriguent ou qui ont pour tout effet de capter notre attention.

C’est pourquoi avec beaucoup d’humilité, j’ai décidé de soumettre à votre bienveillante attention, cette ‘’Réflexion autour du symbole de l’Infini’’. 

Avant d’aller plus loin, je me vois dans l’obligation de vous exposer les raisons de mon choix. 

Depuis longtemps, je trouve cette forme hypnotique.

J’ai souvent imaginé une substance qui circulerait sans fin à l’intérieur. 

Cette représentation mentale fit naître en moi certaines interrogations : 

·  Pourquoi est ce signe qui fut choisit afin de représenter un cycle infini ?

·  De quelle manière en tant que Maçon puis-je ou dois-je l’interpréter ?

·  Si elle existe, quelle est cette manière si étrange qui donne vie à ce symbole ? 

Voilà bien des questions auxquelles je tenterai de répondre, à la condition que le G.A.D.L.U me donne la juste inspiration.

Qui sait ? 

1.     La forme qui mène au symbole. 

Ce symbole a été désigné par John Wallis en 1655 afin de représenter mathématiquement l’infini.

Certains d’entre nous pourraient y voire les prémices de l’alpha grec. Il n’est pas invraisemblable de penser que ce 8 couché serait le début du dessin. Mais philosophiquement et mathématiquement cela poserait un vrai problème. Si l’alpha en faisait partie, cela supposerait que l’oméga aussi hors, ce signe ne définit pas ce qui commence puis finit mais bien ce qui n’a pas de fin connue.

Il peut d’ailleurs être tracé à partir de n’importe quel point sans que l’on puisse s’apercevoir, à la fin, de où la démarra l’artiste.

Si l’on se réfère à la théorie des ‘’ fractales’’, nous pouvons nous apercevoir que des subdivisions d’un nombre à l’infini, ont dors et déjà étés confirmées par plusieurs mathématiciens. J. Wallis avait posé de son temps, les prémices des sciences modernes.

Nous parlions de cycle.

En tant que Maçon, c’est le temps de la vie que j’entraperçois. Le recommencement des saisons, des cycles lunaires et solaires. Les hommes qui passent et traversent les époques et tombent comme les blés afin que d’autres les remplacent.

Il en est de même pour la Franc-maçonnerie.

Certains frères partent et puis sont remplacés.

D’autres vous diraient que l’univers lui-même est infini, dans le sens étymologique puis ce que bon nombre de scientifiques, affirment que ce dernier continu de s’étendre.

Le temps de la conquête de cet univers par l’Homme n’est pas venu. Il fut crée pour le contempler et apprendre des astres. 

2.     Le symbole du temps.

 En tant qu’initié, cette forme m’évoque bon nombre d’images mais je ne vous ferai part que d’une seule piste de réflexion.

Celle d’un sablier que l’on renverse inlassablement.

Cet objet est composé de deux plateaux fixes, deux colonnettes (cherchez la similitude) et d’un récipient souvent en verre, afin de permettre une parfaite utilisation.

Puis ce que vous m’autoriserez certainement la simple comparaison suivante, je dirai que ce sablier est celui de la vie humaine et plus largement du temps qui passe et n’a pas de fin. A chaque fois qu’un cycle se termine du fait de la nature de l’objet concerné, celui-ci est renversé afin de permettre le début d’un nouveau segment temporel.

Il existe donc une vérité fondamentale qu’il nous faut observer.

C’est en cela que réside la principale différence entre la créature et le créateur. Nous, êtres faits de chais et d’os, sommes de passage et attribuons une grande importance au temps qui s’écoule inlassablement. Chaque seconde nous rapprochant inexorablement de notre mort terrestre.

Le G.A.D.L.U est éternel. L’homme a inventé la notion de temps car la nature l’y a forcé. Les moissons, le travail, la maladie et tant d’autres évènements de la vie mortelle, qui donnent l’obligation à l’Homme de mesurer le sable de la vie. Il lui fallait donc un objet afin de matérialiser ce phénomène.

Toutes les vies ne se ressemblent pas pour autant.

Le maçon, a pour devoir de donner un sens vertueux à sa vie. Il ne peu se contenter d’être une ombre qui attend le crépuscule. Il se doit de rayonner autour de lui, irradiant ses proches, ses frères et ce monde de sa lumière intérieure.

Ayons en mémoire la phrase d’Alphonse De Lamartine : << Je ne me contente pas d’exister, je veux vivre>>.

L’homme est donc en quelque sorte, l’enveloppe charnelle d’un astre intérieur, voué à rejoindre les cieux. 

3.     Il est puissance. 

Ce qui le rend hypnotique à mes yeux de mortel, est la puissance qui en émane de part sa forme, mais surtout ce qu’il implique à savoir la ‘’non fin’’.

Voyez comme il peut emprisonner la lune et le soleil.

Si là tout de suite, vous construisez cette image dans vos esprits, vous pouvez y voire l’équilibre du monde. Il assure l’aurore et le crépuscule, donnant ainsi à l’Homme un temps pour le travail et un autre pour le repos.

Pour que l’équilibre naturel soit maintenu, il permet à certaines créatures de régner le jour et d’autres la nuit.

La lune, doit attendre son tour pour influer sur les marées et assurer le meilleur des niveaux aux maçons.

Le soleil également, s’il veut réchauffer les êtres de ce monde et donner suffisamment de lumière pour permettre le travail et l’épanouissement de tout ce qui vit.

Qu’est ce que l’Homme face aux astres, à Dieu, au temps ?

Pascal disait : << l’Homme est grand en ce qu’il se sait misérable>>.

Et pourtant, il est peu probable que nous dominions ce monde par hasard.

Des penseurs se sont dit que le purgatoire était sur Terre.

Pour ma part, j’estime qu’il ne s’agit pas de cela, mais bien d’un passage obligatoire afin de préparer notre âme à se transformer et préparer son voyage vers un autre plan d’existence.

Telle la chandelle qui se consume, la flamme représente l’âme et sa fumée l’esprit.

De sorte qu’au moment où il sera temps pour chacun d’entre nous de rejoindre l’Orient Eternel, notre lumière intérieure brille suffisamment afin de ne plus être confinée dans le temple qu’est notre corps. Puisse Dieu nous accorder une place au près de lui, si cette dernière est suffisamment éclatante, pour qu’il nous remarque du firmament d’où il contemple l’Univers tout entier.

 

Je conclurai cet exposé en vous disant que je sais ne pas avoir exploré toutes les pistes. J’ai dus oublier bien des choses et en ignore sûrement beaucoup d’autres. Il m’est impossible lors de travaux d’agape, d’aller plus loin sans causer l’insomnie de mes frères.

J’espère simplement, avoir réussi à exposer clairement mon point de vue quand à cette question. Si je suis arrivé à susciter l’intérêt ou à ouvrir d’autres pistes, vous m’en voyez comblé. 

J’ai dit.

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