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Planche : L'Esotérisme Initiatique du Prince St Exupéry

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Evidemment St Exupéry a bien choisi les titres de ses livres !... " Vol de nuit ", "

Courrier sud "... Les mots et les images évoqués ainsi concourent tous à exprimer cette direction unique et essentielle de son message, la ligne de force de toute son œuvre : la découverte, le maintien conscient et le partage du Mouvement bien ordonné... Quel message intégral, rappelant le symbole du Serpent Ourobouros de l’alchimie ! Ne pouvons-nous pas résumer ainsi : la ligne de force de son œuvre, c’est le rappel des Lignes de Forces de la Vie...

Le voici déjà, lui qui, pionnier de l’aéronautique ouvre des terrains et des lignes d’aviation, de l’aéropostal "la ligne" et autres itinéraires aériens à travers le monde..., comme si ses conceptions, ses intimes pulsions de vie s’incarnaient ainsi dans la matière. Préoccupation naturelle se "somatisant" pourrait-on dire, en occupation contraire : un couple intérieur-extérieur si souvent antagoniste chez les êtres qui n’ont pas su, ou accepté de, relier déjà leur cœur et leur tête... et dont le métier est douloureusement sans rapport avec leur idéal et leurs souhaits !

St Exupéry a constaté cette nécessité d’incarnation ; il l’explique très nettement ainsi : " Tu ne trouveras point la paix si tu ne te fais véhicule, voie et charroi" (501 Cit.).

Mouvement vers... la "terre des hommes" ; vers la découverte, le maintien conscient et le partage d’un sens à la vie", comme ses autres ouvrages nous le font de nouveau découvrir par leurs titres.

Mais attention ! "Vol de nuit", "Pilote de guerre" : tant de difficultés dans ce cheminement obscur et violent de l’existence ! Il faudra prendre ses distances, voir les choses "d’en haut" : Le cheminement devient lors preuve initiatique.

Cheminement initiatique ; dans le cas contraire le résultat est terrible : "myope et le nez contre, je n’ai rien vu jamais que lâcheté, sottise et lucre. Mais de la montagne où je m’assieds, voici que j’aperçois l’ascension d’un temple dans la lumière" (504 Cit.).

Ayant lui, pris ses distances vis-à-vis des relativités terrestres, grâce à son avion comme par l’intermédiaire du désert, Saint- Exupéry, comme tous les guides dignes de ce nom, les "voyants", les connaissants de quoi que ce soit, a "vu quelquefois ce que l’homme cru voir" (Rimbaud) ; il peut le révéler pour ses lecteurs, pour ses "amis" au sens phonétiquement cabalistique du mot, pour ceux dont l’âme est déjà proche de la sienne...

Qui n’a jamais connu, au lycée ou dans " les chemins de grand vagabondage", une telle rencontre, un tel lien intellectuel et affectif, de "cœur", avec un auteur qui expose pour lui les lignes de force de l’existence, est fort à plaindre ! Qui n’a jamais perçu ainsi, comme Dante : Béatrice et Virgile, comme tant de troubadours : la "Dame" comme tant d’autres : des "stars" - modèles, "une étoile pour guider sa marche", aura beaucoup à peiner, à se fourvoyer pour redécouvrir, solitaire, "ce champ de force qui seul l’anime", qui est "direction et tendance vers" (417 Cit.). "Tout le monde n’a pas eu un ami "constate Saint-Exupéry dans le "Petit Prince".

Des lignes de force.

Lui, tout comme il lançait des lignes à travers le désert pour transporter les messages des hommes (l’Aéropostale), le voici qui lance, dans tous ses ouvrages, ces "lignes de force", ces "structures" (373 Cit.) essentielles pour aider dans la traversée d’un désert tant intérieur ("On ne voit rien. On entend rien" (P.P) " le désert c’est moi " (183, T.H) qu’extérieur ("à mille milles de toute terre habitée"... " Où sont les hommes" (P.P)).

C’est bien là ce que tente de faire tout ouvrage initiatique, toute voie initiatique, diamétralement opposée en cela aux romans " à l’eau de rose", aux récits de cas psychanalytique et autres ouvrages ("créations" ou conseils) concluant à la faiblesse inhérente à l’être humain ou à l’ineptie, à l’absurdité de l’existence ; à l’aliénation (alien)...

Saint-Exupéry affirme bien clairement, lui l’existence de liens : "Comptent pour l’homme d’abord et avant tout la tension des lignes de force dans lesquelles il trempe" (372 Cit.). Pas les impulsions des désirs personnels ! Les pulsions sous-tendant celles- ci : il ne s’agit pas "de cultiver tes désirs. Car si rien ne s’y meut, il n’est point de lignes de force" (373 Cit).

Ainsi, comprenons-le bien, pas de mouvements vers "le repos du 7è jour", les "diamants en vrac", "les femmes (qui) se vendent", "l’île heureuse" qui rendraient l’être semblable au "bétail morne" (373, 375 Cit.)... Non ! Le mouvement est en direction des hauteurs de soi-même, de l’origine de soi- même (sens véritable d’"initiation"), vers la "connaissance du nœud divin qui noue les choses" (501 Cit.), vers le Maître du champ des forces, ce point mystérieux que Saint- Exupéry nomme tour à tour Seigneur, Dieu (Cit.), Eau, Désert (P.P)...

Il s’explique plus catégoriquement à ce sujet : "Les lignes de force créées doivent te dominer de plus haut pour que tu y trouves tes pentes et tes tensions et tes démarches (... ) et (pour te) rassembler à quelque chose qu’il n’est point de toi de comprendre" (374 Cit.). Heureux ceux qui le réalisent et vivent ainsi ! Les autres sont en "exil" - et Saint Exupéry, exilé en Angleterre, incompris de ses amis, calomnié par d’autres (Cit. Préface) sait de quoi il parle ! La terre est alors pour eux, comme pour le Petit Prince, un véritable désert... "les grandes personnes (elles), s’imaginent tenir beaucoup de place" (P.P) ; mais celui qui n’est ni mégalomane, comme le roi rencontré par le Petit Prince, ni un vaniteux schizoïde, ni un drogué s’auto­justifiant toujours, ni un "responsable" de futilités, ni un obsédé de travaux inutiles, ni un... "mouton", sera bien vite amené à "ne voir personne" (P.P passim) sur la terre... Il ne rencontrera que ce qu’il cherche véritablement, même si inconsciemment : un sage renard pour le guider, un Petit Prince qui "réveille" ou un Aviateur en quête, comme lui, de cet "essentiel (... ) invisible pour les yeux" (P.P) ; le Maître n’arrive-t-il pas, comme le révèlent aussi bien le Bouddhisme que la théorie des champs morphogénétiques, lorsque l’élève est prêt ? Les "lignes de force" qui sous-tendent l’existence ne sont-elles pas toujours présentes, actives et utilisables pour l’être qui ne s’enfourne pas, pour les éviter ou les contrer, dans les "trains" où il va "bailler", "dormir", pour l’être qui ne cherche pas à faire "des économies de temps" ? (P.P). Et ne sont-elles pas données à l’être dès sa naissance ?

Les familiers du "Petit Prince" ou des héros de "l’Oiseau Bleu" de Maeterlinck iront plus loin dans ce constat : Ils réaliseront vraiment que l’ont puisse "profiter d’une migration d’oiseaux sauvages", de lignes de forces naturelles pour changer de planète !

Ce sont de solides champs de forces que révèlent toutes les aventures - devenant ainsi épreuves-aides "initiatiques" - relatées par l’auteur, " des lignes de force dans lesquelles il trempe" (372 Cit.), lui, comme tous les êtres humains ou les animaux... Leur solidité de base, leur inné consciemment perçu ! Voilà bien alors pourquoi le Pilote de ligne s’exclame : "J’ai toujours connu comme tristes les émigrés" (468 Cit.)... Aujourd’hui, ajoute-t-il, "les hommes manquent de racines" (P.P) car ils les ont quittées pour les "remous contradictoires" de leurs "pentes naturelles", c’est-à-dire de leurs désirs égoïques, des "fausses structures (qu’ils) inventent par jeu"..."Ils ont tout désaimanté" (Et le mot, ambigu dans son double- entendement, maintenu par la langue des Oiseaux sacrée, est fort parlant) "en défaisant ce nœud divin qui noue les choses" (373 Cit.). Les retrouver, les maintenir, ces coutumes, ces traditions, ces fêtes, ces lois et ce langage de l’"empire" c’est sauver la "citadelle", la "demeure" et ses habitants" des projets de sable", de "l’effritement des choses" (28,32 Cit.), de l’existence ou l’ont vit "seul, sans personne avec qui véritablement parler" et "tellement triste" (P.P).

"Je t’ai dit qu’il fallait des objets reliés" (Cit.) lance Saint-Exupéry...

Liens dans le temps :

Reliés avec le passé... liens, par là,avec ce que Saint-Exupéry nomme Dieu, Rose, Renard, Petit Prince, c’est-à-dire lien avec un état édénique que l’on a connu imagé par des êtres, des choses, des mots " imagerie", "symboles", "concepts" (P.P et C.) qui rappellent, comme " le blé qui est doré" fera "souvenir des cheveux couleur d’or" du Petit Prince et (" Ce sera merveilleux" !) de lui, par conséquent, de son amitié... (P.P).

L’existence est ainsi ritualisée... et Saint- Exupéry est formel : "il faut des rites. (...) Un rite c’est quelque chose de trop oublié" (P.P) ! C’est un cérémonial "à la façon d’un conte de fées pour ceux qui comprennent la vie", ou, comme tous les "livres de l’enfance, (... ) notant tout le long les prières, les concepts charriés par cette imagerie" (32 C.) : réitération de légendes au sens étymologique de "liens", une ligne de force qui "charrie" partout et toujours des "vérités" symboliques" (32, 143 C.), des "concepts strictement religieux" (étymologiquement encore : qui relient !), "l’amour, les trésors invisibles, le sacrifice, l’universel" (44 C.).

Nous trouvons ainsi : le Puits du Village, le Désert, le Serpent, le Baobab, la Rose, le Volcan, le Petit Prince, l’Avion, les Etoiles, la Maison, l’Eau, dans "le petit prince" et, ailleurs, la Sentinelle, la Jeune Femme criminelle, le Père, les Courtisanes, la Panne, le Berger, le Forgeron (Citv)...

Tous sont, dans le cheminement initiatique, "souvenirs d’étapes et d’efforts et de sacrifices" (441 Cit.), objets qui rayonnent, comme le "puits dans le désert" d’une "invisible beauté", de cet "essentiel invisible pour les yeux" mais qui touche "le cœur", "embellit", chante, révèle en fin de compte" le nœud" entre les choses (P.P et 175 Cit.). Il y a en effet, conclut Saint-Exupéry, "ta présence au travers qui me permet d’y déchiffrer" une construction future, car "les objets sont vides et morts s’ils ne sont point d’un royaume spirituel" (363, 255 Cit.). Ainsi, on l’aura compris par ces exemples, "les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l’espace" (29 Cit.) : des images éternelles qui, comme des fils invisibles, me relient éternellement à ma "vérité (qui) se creuse comme un puits", à ce qui "rassemble", à la "semence" qui fait espérer les moissons et "se réjouir de la croissance des moissons", aux "assises de la Citadelle", à cette Terre que "la corde du puits accouche" et qui "redonne le goût des victoires" (Passim Cit.)...

On demeure ainsi, par ces vecteurs, ces lignes de force entre la réalité profonde originelle et le présent, dans l’intimité et la plénitude, chez soi, dans la sérénité, dans la conscience cependant de la nécessité de maintenir et cette connaissance, et le processus de création pour les générations futures. Oui ! "tout s’ouvre sur plus vaste que soi" : "la manivelle rouillée est cantique" (82,248 Cit.), "un puits porte loin... comme l’amour" (92 T.H), et tout objet ainsi resacralisé, relié par cette conscience des Rites fera le même.

Saint-Exupéry nous propose donc de percevoir d’une part le lien entre le passé et le présent pour le futur : "seuls vivent ceux qui n’ont point trouvé leur paix dans les provisions qu’ils avaient faites" ; "sauver l’invisible noeud qui lie les choses et les change en domaine, en empire, en visage reconnaissable et familier " (59, 75 Cit.).

D’autre part, le lien entre le passé et l’éternité :

"Voici que je puis te dire " la fontaine de ton village" et ainsi t’éveiller le coeur et peu à peu t’enseigner cette marche vers Dieu" (City.)...

Liens humains

Mais ce sont là, bien entendu, des liens ainsi et aussi entre les hommes : liens entre le Pilote et le Petit Prince, entre le Petit Prince et le serpent ou le Renard (très humanisés !), entre Saint-Exupéry et ses lecteurs à qui il s’adresse personnellement, les priant de lui écrire (P.P)...

C’est ce qu’il veut établir car si les hommes " ne savent plus ce qu’ils cherchent", lui, Saint- Exupéry, sait que ce qu’ils cherchent " pourrait se trouver dans un peu d’eau ou dans une rose" : "soyez mes amis", crie le Petit Prince ! "Créez des liens" conseille le Renard, car "il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis" (P.P) ! il faut donc apprendre à "apprivoiser" : "cela signifie créer des liens"... mais cela peut-il se faire avec des "gens sérieux" qui ne parlent que de "bridge, de golfe, de politique et de cravates" ?(P.P) Non ! Il faut "organiser", "opposer son arbitraire à cet effritement des choses et n’écouter point ceux qui parlent des pentes naturelles" (33 Cit.) : "je les sollicite de m’aider" conclut Saint-Exupéry, comme le renard avait prié le Petit Prince de suivre le rituel de l’approche, des horaires...

"Seuls sont frères les hommes qui collaborent" explique Saint-Exupéry (59 cit); aussi va-t-il inventer "un empire ou tout soit fervent", soutendu par les forces vives des êtres humains qui doivent s’en ressentir " dominés" (374 cit). Il les invite à la soumission, ainsi, à leurs intimes moteurs ; non à la passivité ! "Les sédentaires de coeur (... ) qui n’échangent rien ne deviennent rien" affirme-t-il, tout comme Nietzsche ("tout n’est que passages que dieu emprunte") ou Teilhard de Chardin, un de ses auteurs favoris ("arrière les immobilistes ! la vie n’est que perpétuelle découverte" !)...

Eternel message des enseignements

initiatiques : Yin et Yang de l’androgynat, Détachement et "extinction de l’extinction" : "Il faut se soumettre pour survivre" mais "il faut lutter pour continuer de vivre" (Cit.).

Nous le constatons, si nous résumons ainsi son oeuvre par cette phrase synthétique, Saint- Exupéry prône en fait le seul :

Lien avec Soi

Lien avec ses racines, car l’être "vaut, dans le désert, ce que valent (ses) divinités" (242 L.). Lien avec son monde extérieur auquel il confie des images utiles ("s’ils voyagent un jour ça pourra leur servir" (P.P) des mots d’ordre "urgents" "pour avertir ses amis d’un danger qu’ils frôlaient depuis longtemps sans le connaître", des conseils ("Ne vous pressez pas, attendez un peu sous l’étoile"), de justes catalyseurs ("ma maison cachait un secret au fond de son coeur") (P.P).Voilà bien une nourriture vitale sous forme d’aliments des sens physiques, émotionnels et mental pour qu’elle "se fasse aliment pour le coeur")(P.P). Lien avec le monde intérieur, avec ce "coeur" pour qui l’eau trouvée dans le désert, la Source de la Vie, est bonne; avec ce coeur pour qui cette "eau-là" doit être cherchée (P.P), cette eau merveilleuse, cette "bonne eau" de Byron, transfigurée par le don ("la différence réside dans le don ( ) acte de baigner de son amour") : dans le lien d’amour au-delà des formes, cet "amour exprimé" (41 C.) seulement là... Car " quel serait ton bonheur si tu n’avais pas ceux que tu éclaires ? " questionne Nietzsche ; l’essentiel du cierge n’est point la cire qui laisse des traces mais la lumière" explique Saint- Exupéry (20 cit).

Lien avec l’essentiel

"Quiconque demeure logique tue en lui la vie"... et c’est pourquoi Saint-Exupéry nous avertit que ce lien d’Amour est "mystérieux" : il relie à l’unité ontologique de tout, dans la source initiale où l’Initiation est censée faire pénétrer ; il est ligne de force entre l’homme et le terre-Mère ("Celui qui épouse le puits épouse la terre"), entre la terre et "dieu" ("la marche vers Dieu"), Dieu étant dit également "Citadelle, Épanouissement, Mystérieux Rayonnement", le nœud divin qui noue les choses (363 cit), le Centre des "liens avec le monde" (125 T.H) : "je te conduirais à l’épanouissement de toi-même" ( 83 C.) à la "drôle de petite voix" qui "réveille" et "qui sait" (P.P) écrit l’auteur en d’autres textes. Evidemment ce noeud octroie la toute conscience et la toute connaissance : Comment le petit prince connaîtrait-il autrement l’existence des moutons, absents de sa planète ? Comment devinerait-il que la panne est réparée ("Comment sais-tu ?" questionne le pilote) ou que l’heure de quitter la terre est arrivée ? (P.P).

"On ne voit bien qu’avec le cœur" : mais ce Cœur, Saint-Exupéry ne cesse de la rappeler n’est pas le cœur des désirs !

En cette source même la faim et la soif n’existent pas : le Pilote le remarque bien au sujet du Petit prince qui, de plus, " ne mesure pas le danger" et ne craint pas la mort.

Ainsi tout le cheminement de l’existence, consciemment vécu, donc en état de "bonheur" ("démarche d’obtenir") (108 cit.) se perçoit comme une remontée par des filières, des lignes de force, des images, des symboles, des héros reliés entre eux par des

mythes, des légendes, vers l’ouverture "sur plus vaste que soi", sur la délivrance qui permet la seule vraie création (82 Cit.).

Ces lignes, ces fils lumineux, ces "émanations" Don Juan les a évoqués pour Castanéda au cours du cheminement initiatique de ce dernier ; n’est-ce pas une image similaire que le Christ, à ce que rapportent les Evangiles, utilise pour envoyer ses disciples pécher les âmes ? "Les noces chimiques" de Christian Rosencreutz ne parlent-elles pas de même d’une pêche à l’homme au moyen d’une corde lancée du sommet de la grotte ou il attend ?...

Saint-Exupéry, en révélant aussi vigoureu­sement leur présence, réveille et révèle leur souvenir dans la pensée du lecteur, leur présence au cœur des choses les plus anodines ou dégénérées. En leur exposant les lignes de force dont sont issues les "pierres avec lesquelles ils bâtissent la haine", peut- être s’en serviront-ils pour "bâtir l’amour" (83 cit), pour suivre les souhaits réels, les pulsions non égocentriques et non les impulsions individuelles ; au-delà, donc, " des biens en grand nombre (où) il est offert aux hommes plus de chances de se tromper sur la nature de leurs joies" (327 cit) ? Car " il ne s’agit point de nous ; nous sommes ensemble passage pour Dieu qui emprunte un instant notre génération et l’use" (461 Cit.).

Ils atteindront alors à la "perfection de l’état de l’homme", à cette créativité de la Nature naturante en eux ; de même, "le cèdre se nourrit de la boue du sol, mais la change en épais feuillage qui se nourrit, lui de soleil"... Ainsi replacé en sa juste filière originelle, "l’orgueil (des hommes) devient tour et temple et rempart" de la "citadelle" ; " leur cruauté devient grandeur et rigueur dans sa discipline. Et voilà qu’ils servent une ville née d’eux-mêmes et contre laquelle ils se sont échangés dans leur coeur" (87 Cit.).

La voie initiatique

La Voie initiatique, c’est donc faire "germer et croître" l’être humain (372 cit), mais lui accorder, de plus, la conscience de son action : telle est la plénitude à laquelle l’homme peut atteindre si un maître du désert (cit) peut le nouer à ces lignes de vie, l’apprivoiser (P.P), le faire "collaborer" ("tous à travers tous et à travers chacun" 118,190) (City) à l’œuvre" et le rendre "responsable" (P.P) "d’un empire qui n’est pas des choses mais du sens des choses" (350 Cit). L’appel de ce maître, "Je suis la clé de voute d’un certain goût des choses et je te noue. Et s’en est fini de ta solitude" (350 City). C’en est fini alors du "Mozart assassiné", de la "belle promesse de la vie" en l’homme "marquée par la machine à emboutir de la civilisation"...

C’en est fini alors "des fourmis pour la vie de la fourmilière" (217, 117 Cit), des feux "sans emploi ni règle" (toujours prêts à éclater comme des volcans longtemps réprimés). "Bien ramonés" de leurs "connaissances mortes", de leur "ironie de cancre", de leurs liens avec "les biens matériels", de leur "mensonge et "délation", de leur

"racornissement" ("hors échange") (117 Cit), les êtres humains "brûlent doucement et régulièrement, sans éruptions" (P.P)... "Grand miracle de la mue et du changement de soi- même" (119 Cit). Ultime épreuve du Cheminement initiatique, si l’expression "soi- même" est justement comprise, non comme entité profonde mais comme entité globale ! Ultime épreuve à laquelle Saint-Exupéry nous convie par chacune de ses lignes dont nous avons tenté de dégager, en quelques lignes, les grandes lignes ! De là, tout commence alors de la vraie Vie où "tous les pas ont un sens" et qui se synthétise ainsi : "je protège celui qui de son aïeul le chanteur hérite le poème anonyme et, le redisant à son tour, y ajoute son suc, son usure, sa marque. Car je suis d’abord celui qui habite () et les sollicite (tous ses semblables) de m’aider" (28,36 Cit.).

Liens universels

Cheminement initiatique, pour Saint-Exupéry comme pour son lecteur, à travers les lignes qui soustendent et rassemblent les images- clefs de tout quotidien ; lignes de parcours "aérien" pour lui comme pour le lecteur ; seulement en densités différentes pour l’un et pour l’autre, suivant le degré d’incarnation ou de simple constat intellectuel de chacun... Voie opérative ou spéculative de l’Alchimie... Préhension ou compréhension pour la future conjonction des deux ; respectivement volatilisation du fixe (solve) ou fixation du volatil (coagula)... réseau de lignes d’aviation ou immense réseau international de tous les passionnés, de tous ceux qui offrent à leurs amis leur livre de chevet, ce "Petit Prince" l’un des ouvrages les plus traduits au monde... Clins d’œil du billet de 50 francs, de l’enseigne d’un des cafés ou restaurants " le petit prince", d’une chanson (G..Lenormand)... lignes sans cesse créées... Invisible "courrier" (dans le sens "transporteur de messages")... du "cœur" qui " voit" et qui rayonne ainsi en aide sur le Chemin vers la Plénitude...

Lignes de conduite

Nous le percevons bien : toute l’œuvre de Saint-Exupéry est ésotérique, c’est-à-dire qu’elle contient non un enseignement "caché" mais l’Enseignement de ce qui est caché sous les formes de la nature. Enseignement, donc, initiatique, c’est-à-dire aidant à la découverte, sous ces formes, de "l’essentiel invisible pour les yeux", de l’importance des choses au delà de leurs beautés "vides" (P.P). Ce que les aveugles, les "sans-cœur" nient, ne l’ayant point perçu et qui, par conséquent, n’est pas un enseignement généralisé ! "C’est pourquoi tu ne sauras point, si nul ne descend vers toi de sa montagne et ne t’éclaire, quelle route à suivre te sauvera. De même que tu ne croiras point aussi savamment que l’on te raisonne, quel homme naîtra de toi ou s’y éveillera puisqu’il n’y est point encore. C’est pourquoi ma contrainte est puissance de l’arbre et par elle, libération de la rocaille" (298 Cit)... En cette fin de XXème siècle, beaucoup préfèrent suivre la pente de leurs désirs personnels, refusant "le chef, le maître, le responsable" (36 cit) : et cela se comprend ! "Les jeunes, notamment éprouvent une immense soif de liberté individuelle", traumatisés, castrés, ou voyant les autres l’être, par de "fausses structures" dont "faible et pitoyable est la joie que (l’on) tire" (373 Cit), par la "machine à emboutir" ( 217 Cit)... Les français, "dans les grandes décisions de (leur) vie tiennent compte avant tout le leur conscience " à 83 % dévoile un sondage du monde (12.05.94) !...

Observons : à ceux qui posent des questions sur les "énigmes", la réponse des " marchands de pilules perfectionnées", des "gens sérieux", "habillés à l’Européenne" (P.P) n’est jamais : "Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé"," On ne voit bien qu’avec le cœur", "les enfants seuls savent ce qu’ils cherchent" (P.P) : Non ! Avec "haine", créateurs de "faux litiges", de "clans, partis, factions, comme des chiens qui tournent autour de l’auge" qu’ils convoitent, car "n’ayant point encore compris (ils) s’indignent" ; ils exposent "leurs mauvaises raisons", "les matériaux de leur vaine justice" (10,83 Cit). Ne sont-ils pas, eux, "soumis aux illusions de leur langage", inconscients du "seul patrimoine à sauver", agglutinés qu’ils sont aux "temples auxquels ils tiennent" (297 etc. Cit) ? Ils condamnent alors l’attitude "élitiste", voire la "mégalomanie" de celui qui a des réponses simples à tout. D’autres que Saint-Exupéry avaient déjà transmis de telles réponses ; d’autres de ces porteurs de lumière, de solutions aux questions humaines vitales ; il fut suivi également d’autres personnages à fonction d’"ami"-qui-prend-par-la-main (P.P) ("car le véritable enseignement n’est point de te parler mais de te conduire"). Certains les nommeraient sans nul doute aujourd’hui, avec dédain, des "gourous", si un phénomène de mode...ou de conscience faisait redécouvrir "en grand" les Gide, les Rimbaud, Georges Sand, etc... Qui avaient tenté de véhiculer certaines vérités de base...Et les calomnieraient, leur lançant des traits, des flèches -lignes de tir en contre- offensive de ceux à qui leurs lignes de conduite ou leurs lignes "inspirées" déplaisaient !

"Les calomnies dont il est l’objet... Ses ennemis..." notent les éditeurs de Citadelle : ce sont d’autres lignes de force, celles de "celui qui cherche à connaître". Celles de Saint-Exupéry sont celles de celui qui "sait que l’esprit seul gouverne les hommes et qu’il les gouverne absolument" et voit "l’arrangement" (388 etc. Cit).

Lui, il demeure serein, éternel, rappelant éternellement : "Je t’ai dit qu’il fallait des objets reliés, pour te faire communiquer avec des trésors de plus en plus vastes" (367, 298 Cit ).

Les autres "s’écorchent aux ronces ( ), luttent contre le fouet des rafales" (234 Cit.) ; "leur liberté, c’est la liberté de n’être point"; On n’est "plus que partage de provisions dans une réalité haineuse", "dans la hargne de (son) voisin, la jalousie de (son) égal, l’égalité avec la brute" (284,285 Cit.)... Non ! crie Saint-Exupéry à longueur de page, à toutes les lignes : "J’espère, moi, que l’on me donne le meilleur. Car, alors seulement, vous voilà grands" (366 Cit). Que l’on crée le meilleur ! "Il s’agit de la soumission, non de chacun à tous mais de chacun à l’œuvre et chacun force les autres de grandir" (153 Cit.). Pas pour paraître, pas pour gagner de l’argent, de la considération, du pouvoir ; pas pour être mieux dans sa société "fourmilière" (117 Cit.) ! Non ! pour la seule plénitude, la seule force manifestée pour "inventer un empire où tout simplement tout soit fervent", où tout soit lié par " le nœud divin qui noue les choses" (61,347 Cit) : Au delà du psychologique, du personnel, de la personnalité, de l’humain !

La perfection" tout simplement !
Et "la perfection", c’est l’échange en Dieu" (88 cit.)... et c’est l’initiation au sens véritable du mot et du concept !

Emm\ rv\ Mon\ &Den\ Mou\

 

Source : http://www.ledifice.net

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Planche : La Règle ou jauge de 24 pouces

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Dans les anciens rituels, la règle est appelée jauge de 24 pouces. Elle correspond au temps immuable, à la Grande Règle de l’Ordre Universel. Selon Boucher, le sens général que l'on donne à la règle est "Précision dans l'exécution". Cette définition souligne un aspect important du travail d'un franc-maçon. La précision dans l'exécution ou l'exécution précise. Le souci de précision réduit la probabilité d'échec et permet d'atteindre exactement le résultat escompté de l'action. Cela permet de ne pas perdre du temps et de l'énergie en s'égarant dans des errements inutiles. Enfin, la précision dans l'exécution permet d'éviter des externalités, des coûts collatéraux que son action peut faire subir à des tiers.

Boucher divise les outils symboliques en outils actifs (le compas, le maillet, la perpendiculaire et le levier) et outils passifs (l'équerre, le ciseau, le niveau, la règle). "Passif" revoie à la matière tandis que "actif" renvoie à l'esprit. On observe que la règle est un outil symbolique actif qui se combine aisément avec un certain nombre d'autres outils actifs ou passifs.

On conçoit facilement l'utilisation possible de la règle si l'on garde à l'esprit que, sur le plan opérationnel, elle sert à mesurer, tracer et limiter.

Mesurer

Mesurer, c'est définir en fonction d'une échelle choisie la valeur que l'on accorde à ce qui est mesuré. Dans le travail, cela revient à estimer l'énergie que l'on envisage mettre dans un effort et à déterminer à l'avance le résultat auquel on aboutira.

La règle sert également à compter. Selon Boucher, elle est souvent associée aux 24 heures de la journée, qui doivent être entièrement et convenablement employées.  La règle se combine alors avec le maillet pour constituer le fondement de la volonté dans l'application. On peut imaginer un maillet virtuel pour différentier les actions les unes après les autres au cours de la journée.

Mais la mesure renvoie aussi au sens de la proportion et de la nuance. Il faut souvent mesurer et doser ses paroles pour modérer un conflit, tempérer un emportement ou ménager des susceptibilités. Si on garde à l'esprit que la truelle symbolise bienveillance envers tous, on comprend alors le lien possible entre la règle et la truelle.

 
Tracer

Outil nécessaire pour tracer une ligne, la règle permet de définir l'emplacement des matériaux de construction. Sur le plan purement spéculatif, cela revient à baliser son action en vue de construire l'édifice conformément au plan du Grand Architecte de l'Univers. Ce qui demande beaucoup de persévérance car il faut continuellement se frayer le chemin dans le tumulte et l'agitation. Il faut continuellement revenir au plan tracé et ne pas se distraire de son objectif. La règle sert ainsi à agencer ce qui est épars, à articuler ce qui ne l'est pas.


La règle sert à tracer la voie. Dans ce sens, elle fait référence à la méthode, la marche à suivre. L'objectif de celle-ci est de structurer la pensée dans le but ultime d'échafauder des plans, d'édifier une construction. Le résultat de cette construction peut être matériel ou non-matériel. Il faut de la méthode pour classifier, combiner, discipliner, organiser, chercher. Cependant, toute recherche nécessite du discernement. Le discernement étant la signification que l'on accorde au ciseau, on saisit le sens qui peut être donné à la combinaison règle-ciseau.

La méthode sous-entend la définition du chemin à suivre, d'une ligne de conduite ou d'une procédure afin de ne pas s'égarer. Il y a autant de règles que d'objectifs à atteindre. En mathématiques et en statistiques, on parle de formule. Par ailleurs, on parle de recette de cuisine, de stratégie politique, de théorie philosophique, de technique médicale … Afin d'être précis dans l'action, il faut de la méthode pour arriver aux fonds des choses. L'observation profonde n'est-elle pas la signification de la perpendiculaire ?

Limiter

Mesurer ses paroles et ses actes revient à deviner les conséquences de ceux-ci en avance. Cela permet de les limiter pour ne pas dépenser plus d'énergie qu'il n'en faut. Ni peu, ni trop, juste ce qu'il faut.

En renvoyant à la loi, la règle définit les limites de l'action. Dans ce sens, elle impose la rectitude dans l'action. Le respect de la règle rend prévisibles les actions menées par les individus. Il définit une ligne autour de laquelle viennent s'harmoniser les actions individuelles. Dans ce sens, la règle permet de restreindre l'action individuelle afin de la rendre conforme à l'action collective. En rappelant à l'ordre, la règle permet de rester droit, comme le suggère l'équerre.

Le travail à la gloire du Grand Architecte de L'Univers est une action collective. Pour y arriver, notre action individuelle doit suivre certaines règles.

Permettez-moi de faire un détour par l'arithmétique. Le fait que l'on arrive aux résultats suivants peut avoir une signification. Combiner la signification des chiffres avec celle des opérations qui permettent d'y arriver doit aussi permettre d'accéder à d'autres connaissances. Pour l'instant, ces opérations se sont simplement  imposées à mon esprit.

Nous savons que 3 est le chiffre de l'Apprentissage.

Si nous divisons 24 par 3, nous obtenons 8. 8 h de travail, 8 h pour divertir l'esprit et 8h de repos.  A noter qu’auparavant, selon le manuscrit « L’initiation il y a deux cents ans » , la règle de l’Initié se subdivisait en 4 x 6 heures, soit 24 heures qui s’articulaient ainsi : 6 h pour travailler, 6 h pour servir Dieu, 6 h pour servir un ami ou un frère, sans que se soit à notre détriment ou celui de notre famille, et 6 h pour dormir.

Le nombre 24  est composé de 2 et de 4. Combinons ces deux chiffres et voyons ce que cela donne :

2 x 4 = 8 Nous étions arrivé à ce chiffre précédement.
2 + 4 = 6
24 : 6 = 4
4 x 3 = 12
12 è minuit ou midi, l'heure à laquelle les A\ commencent et terminent leurs travaux.

Reprenons le chiffre 6 :

2 + 4 = 6
24 - 6 = 18
18 : 6 = 3
3 è le chiffre de l'Apprenti.

Voilà quelques opérations arithmétiques simples. Je n'ai pas d'interprétation à proposer. Peut-être que ceux qui ont connaissance du symbolisme des opérations arithmétiques et des chiffres peuvent nous éclairer sur ces résultats.

Voici enfin une description de l'utilisation de l'outil symbolique de la règle dans la vie quotidienne.

La règle permet de faire une analogie entre le temps et l'espace. Elle a une connotation d'orientation, car elle est graduée de 0 à 24 pouces. Dans l'exécution journalière de mes tâches, cette graduation renvoie à une progression. C'est à dire que ce que je fais à un moment donné est supérieur (en quantité et en qualité) à ce que j'ai fait auparavant et inférieur à ce que je ferais plus tard. La distance que j'ai parcourue à un moment donné est supérieure à celle que j'avais parcourue auparavant et inférieure à celle que j'aurai parcourue plus tard. La réalité de chaque moment que je vis est définie par ce qui le précède et ce qui le suit. Mais tous ces instants contribuent à un même objectif : la perfection. Chaque moment contient les 3 étapes du travail : préparation, action et correction des erreurs éventuelles. A chaque moment, pendant que j'agis conforment à ce qui avait été précédemment planifié, je corrige les erreurs involontairement commises  et prépare l'action future.

Donc, en résumé, la règle utilisée à bon escient amène le maçon à en faire usage pour trouver la mesure, l’ordre inhérent à toute chose, la discipline au quotidien, la présence dans l’instant, l’attention à tout ce qu’il fait, la constance dans une ligne de conduite librement choisie pour l’édification de son Temple intérieur.

 

J’ai dit, V\M\ 

 

source : http://www.ledifice.net

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Planche : le rituel d'ouverture au 1er degré

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Vénérable maître et vous tous mes frères en vos degrés et qualités, ma planche s’intitule : le rituel d’ouverture au premier degré.
 
Dans le dictionnaire il est dit q’un rite est un ensemble de règles fixant le déroulement d’un cérémonial quelconque, c’est une action accomplie conformément à des règles. Un rituel est un texte qui codifie les règles à appliquer lors d’une cérémonie.
 
Le rituel est lu en loge à chaque fois que les frères se réunissent. Il sert en quelque sorte d’ouverture des travaux, de passage entre un état et un autre, une alchimie. La transmutation de l’homme ordinaire en initié, la transition du profane au sacré, préparer les frères à agir dans un espace-temps sacré, les préparer à un voyage dans la tradition et à l’intérieur d’eux-mêmes.
La loge se ferme au profane. Le rituel peut commencer. Le franc maçon traverse une frontière pour passer dans un autre monde, pour l’instant plongé dans les ténèbres. Seul l’endroit où siège le vénérable maître est éclairé. « Prenez place mes frères, nous allons procéder à l’ouverture de la loge » dit-il. Le silence qui règne est le signe de la concentration de chacun face au sacré qui va se mettre en place.
 
Le coup de maillet a retenti, le franc maçon se prépare à parcourir le chemin de la connaissance. Il s’agit de prendre une place physique, mais surtout une place intérieure en  harmonie avec l’univers et la magie des symboles du rituel d’ouverture.
Le rituel va permettre de créer une ambiance et de procéder  à des travaux.
Par l’ouverture de la loge nous allons recevoir des connaissances. Lorsque le vénérable maître annonce qu’il va procéder à l’ouverture de la loge, il nous invite à nous y intégrer mais aussi à nous ouvrir, à ouvrir une brèche en nous et à participer, ouvrir son esprit et son cœur et laisser la lumière y entrer.
 
Il y a un instant encore nous étions dans la vie ordinaire, dans un monde dit profane. Cet appel va ouvrir un espace différent, un espace sacré entre frères, entre hommes égaux face au cheminement que nous entreprenons pour aller vers le sommet.
Le vénérable maître sollicite l’aide des deux surveillants. C’est à eux qu’incombe une partie des devoirs de ce travail d’ouverture.
 
Ainsi, le second surveillant doit s’assurer que la loge est couverte, que l’espace est clos. Il demande au frère couvreur de le faire. Les ordres ne sont pas transmis directement mais du vénérable maître au frère couvreur en passant par le frère second surveillant. Le retour se fait de la même façon, du frère couvreur au  vénérable maître en passant par le second surveillant.
 
Dans l’obscurité, des relais sont nécessaires.
La loge est dûment couverte, le frère couvreur l’affirme. Avant de répondre au second surveillant il a agit. Il regarde à l’intérieur de lui-même, il a écarté le profane. Il peut maintenant affirmer : la loge est dûment couverte. Le premier devoir est accompli. Les frères sont protégés des agitations du dehors. Cette protection est indispensable.
Aucun profane ne pourra désormais franchir le seuil. La loge est couverte, le frère couvreur en est le gardien. Cela n’est pas suffisant. Il faut maintenant reconnaître les qualités maçonniques des hommes présents. Cette charge est dévolue aux surveillants. Ils doivent s’assurer que tous les assistants sont apprentis francs maçons, à leur place et à leur office, et rendre compte au vénérable maître.
Brusquement, nous apprenons qu’il y a un ordre dans la loge. Si un homme est second, c’est qu’il y en a un  premier. S’il est surveillant, c’est qu’il existe une nécessité à surveiller. Une loge est donc une organisation complexe. C’est au frère second surveillant que s’adresse pour commencer le vénérable maître. Probablement parce qu’il est plus accessible que le premier. Un apprenti peut-il comprendre, sentir cela ? Je dirai que à chaque niveau Sa compréhension.
 
Ne sommes-nous pas là aussi pour apprendre et pour comprendre ? L’harmonie de la loge n’est pas due au hasard mais procède donc d’un ordre. Le rituel précise qu’il y a un premier devoir. Cela sous entend qu’il y en a d’autres. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître l’importance du devoir même si le profane avance généralement en premier lieu ses droits.
La participation au rituel, nous montre quelle attitude prendre. Celui qui ne remplie pas ses devoirs n’a pas sa place ni dans le monde ni dans le temple.
 
Le vénérable maître pose ses questions aux surveillants qui ont une place précise, géographique mais aussi psychologique dans la composition de la loge.
Par l’ouverture d’un testament nous recevons l’héritage de nos parents, de notre famille. Ici, symboliquement par l’ouverture de la loge nous allons recevoir l’héritage des connaissances accumulées par notre famille de chercheurs spirituels. Ceux-ci tentent de nous transmettre la clé de la connaissance, du monde inconnu auquel nous appartenons sans savoir comment le rejoindre. Le vénérable maître nous invite à ouvrir notre temple intérieur. L’ouverture de la loge c’est aussi une invitation à s’y intégrer.
La déambulation des surveillants vise à reconnaître les hommes dans leur qualité d’apprentis maçons par la mise à l’ordre. Chacun est à sa place et à son office, c'est-à-dire là où il faut et prêt à faire ce qu’il faut. Ainsi, le deuxième devoir est accompli.
Chaque objet, chaque décor, a une place définie. Ce n’est pas un effet du hasard mais l’indication d’un ordre. Chacun est sa place, le surveillant, le secrétaire, le trésorier et cela n’est pas un honneur, mais une charge, avec des devoirs à accomplir.
L’apprenti, qui débute sa recherche, a aussi des devoirs, notamment de silence, de présence régulière, et de maniement du ciseau. La pierre qu’il taille est encore grossière et long est le chemin vers la pierre polie. Le déroulement du rituel nous montre l’action qui conduit à la connaissance.     
 
Il en est de même à l’orient dit le vénérable Maintenant nous en sommes sûrs, tous les assistants sont apprentis francs maçons. Le profane vit dans son monde alors que l’apprenti perçoit déjà la présence d’une nouvelle vie organisée derrière le monde rationnel. S’il existe deux mondes, il existe deux manières de les appréhender. Réussir ces deux mondes est peut être possible à force de travail, de recherche de vérité pour les mettre en harmonie. Le passage du rituel du second au premier surveillant et enfin au vénérable maître semble long à l’apprenti car ils disent sensiblement la même chose mais celui-ci au fur et à mesure qu’il pratique concrètement le rituel s’aperçoit qu’il faut du temps pour instaurer, pour sentir les vibrations de la loge et de chaque maçon présent.
 
Puisque la loge est dûment couverte, entrons dans les voies qui nous sont tracées. Il doit donc exister des traces à suivre. Quand on demande à être initié, c’est aussi parce qu’on a conscience que la vie ordinaire ne répond pas à notre attente. Est-ce cette trace là qu’il faut suivre, sachant que ce n’est pas la plus facile. Je crois que c’est la voie du perfectionnement de la paix et de l’harmonie, même si elle est difficile et ardue.
 
C’est peut être ici que je vais trouver le chemin qui me correspond le plus.
Qu’avons-nous demandé lors de notre première entrée dans le temple ? Qu’avons-nous demandé alors que profane nous nous sommes tournés vers la franc-maçonnerie ? 
Etre accepté, travailler dans un temple n’étant pas un but, qu’en espérions-nous ? On espère recevoir une connaissance, une solution, une réponse. La franc-maçonnerie nous réclame de donner, de servir, de respecter. Les frères nous réclament notre présence, notre savoir. Donc nous demandons aussi.
 
Nous demandons la connaissance, l’initiation.
La lumière vénérable, nous demandons la lumière dit le rituel. Un mot immense. Dans le dictionnaire on parle de rayonnement perçu par les yeux, de clarté, d’éclairage, mais aussi de ce qui éclaire l’esprit. L’apprenti se questionne. Quelle lumière est-il venu chercher, quel éclaircissement ? Il cherche l’élément qui fait comprendre la lumière de la raison, posséder des connaissances, un savoir, la lumière qui le sort des ténèbres. La lumière est aussi le soleil et ses couleurs étonnantes du levant ou du couchant que les vieux vénéraient parce qu’ils connaissaient les vertus et les bienfaits de sa chaleur. Pour les croyants, le Christ est la lumière du monde, Dieu est lumière. Que cette lumière nous éclaire. Le bandeau ôté, pour l’apprenti commence l’instruction initiatique. L’homme ordinaire se dirige vers la lumière. L’apprenti fait son chemin intérieur, il ne doit pas se laisser séduire par les fausses lumières. Sommes-nous en mesure de voir cette lueur innée en nous ? L’apprenti la perçoit à peine. La lumière du flambeau du vénérable à l’orient va, par l’intermédiaire du maître de cérémonie et des surveillants, éclairer la loge.
 
Frères surveillants et maître des cérémonies veuillez m’assister. Le maître des cérémonies respecte un ordre, il assiste le vénérable. Il frappe le sol de sa canne de pèlerin et va porter la lumière. Il entreprend un voyage, une marche qui guide les autres. Cette marche sera assistée plus tard par l’expert qui avec son épée l’aidera dans sa démarche initiatique.
Le vénérable maître invite les frères surveillants et maître de cérémonie à l’assister parce que aucun homme ne peut marcher seul sur le chemin de la vérité, de la lumière. Le rituel une fois de plus nous rappelle que pour avancer nous avons besoin d’être assistés, de nous unir aux autres frères.
 
Que la sagesse préside à la construction de notre édifice. Le vénérable en allumant le flambeau à trois branches illumine l’orient. Cette flamme permettra d’allumer d’autres flammes et de diffuser la lumière à toute la loge. A partir d’une petite flamme intérieure, nous pouvons nous embraser si nous savons chercher dans notre être. Le maître des cérémonies en allumant l’étoile du pilier Force et le flambeau du premier surveillant, illumine l’occident. Que la force soutienne notre édifice. Le maître des cérémonies continue son périple et allume l’étoile du pilier Beauté puis le flambeau du second surveillant. Le midi s’illumine. La pleine lumière règne dans le temple. La beauté orne l’édifice. Le rituel nous approche des trois piliers : La sagesse, la force et la beauté. Ces valeurs sont indispensables. Le vénérable qui possède la sagesse, la prudence, la réflexion, doit transmettre la flamme, la lumière pour aider ses frères. Il veillera au bon déroulement des travaux sacrés. La beauté orne le temple et permet au néophyte de s’engager sur le chemin, elle développe le goût de l’harmonie. La force est nécessaire pour lutter dans les ténèbres, pour passer de l’ombre à la lumière. Pour le franc-maçon elle est guidée par la beauté et la fraternité, sinon elle pourrait prendre des fausses voies. La force n’est pas violence. L’apprenti commence à comprendre pourquoi il se met à l’ordre avant de parler, il s’interroge sur sa vie intérieure, il en découvre des richesses. Ces lumières tout à coup lui ouvrent l’esprit, il commence à comprendre ce qu’il est venu chercher lors de sa première entrée dans le temple.
 
Le frère expert dispose les trois grandes lumières sur l’autel des serments puis trace le tableau d’apprenti sur le pavé mosaïque entre les trois piliers.
 
L’autel des serments est le lieu sacré, c’est la table qui reçoit les trois grandes lumières, les trois symboles majeurs que sont le volume de la loi sacrée, le compas et l’équerre. Le livre sacré qu’est la Bible représente-t-il la lumière religieuse ? Le reflet de la lumière intérieure sûrement. Le volume de la loi sacrée pourrait être la Thora en Israël, le Coran pour les musulmans. Ce qui est important est invisible, caché au fond de soi même.
 
L’équerre, l’emblème de la rectitude inspire la droiture dans les pensées et les actions des francs-maçons. C’est le symbole de la morale. Elle rappelle à l’apprenti qu’il est une pierre brute et que son objectif est de tailler puis de polir cette pierre, de sorte qu’elle puisse bien s’insérer parmi les autres pierres dans la construction de l’édifice.
 
Le compas est l’instrument de mesure, l’outil qui permet de tracer un cercle parfait sans perdre le centre. Il permet de tracer un rond comme la terre, comme la voûte céleste. L’apprenti est dans sa caverne, dans ses ténèbres, il recherche le centre, sa tâche est de le découvrir. Le frère expert déroule le tableau d’apprenti. Le vénérable lui demande de le tracer car autrefois les compagnons le traçaient à la craie. Sur le tableau figure le dessin de tous les symboles contenus dans le temple, un espèce de condensé sur une toile roulée.
Prenez place mes frères. Le vénérable donne un coup de maillet. Le rituel change de direction.
Nous sommes à couvert, orientés convenablement. Nous sommes prêts pour aller plus loin dans notre découverte de la spiritualité. L’action va pouvoir à nouveau s’engager. L’apprenti est jeune, il manque d’expérience dans le domaine ésotérique. Quel que soient ses actions et son savoir dans la vie profane, il doit être guidé par la loge.
« Frère second surveillant quel âge avez-vous ? »
« Trois ans vénérable maître ». Avec ses trois ans l’apprenti pénètre dans un autre monde, il entreprend un voyage dans le mystère sous le signe du chiffre trois. Quand il marche il fait trois pas, son âge est de trois ans, son élévation est de  trois degrés possibles, il est dirigé par trois maillets, le vénérable et les deux surveillants, il salue trois fois, la batterie est de trois coups, le décor comprend trois colonnettes, le flambeau a trois branches.
 
Où est votre place dans la loge ? Nous observons qu’il est besoin de quatre phrases différentes pour évoquer un point. Le rituel questionne, répond et explicite la réponse. A cette question, il sera successivement répondu au midi, à l’occident et à l’orient. Puis, le rituel fournit une explication à la question « pourquoi êtes-vous placés ainsi ? » L’apprenti prend toujours place au Nord. Il rejoindra le second surveillant au midi lorsqu’il deviendra compagnon, quand il pourra sortir de la pénombre du septentrion. A quelle heure les apprentis ont-ils coutume d’ouvrir leurs travaux ? Les apprentis sont dans le temple pour travailler à l’édification, à la construction de l’homme, à l’éveil de leur être. Les travaux commencent à midi, dit le rituel. A midi il est l’heure de prendre en main son destin. Pour l’homme mature c’est le midi de sa vie, il devient responsable, c’est l’heure de la paix, de l’amour de la fraternité. C’est à midi que le soleil est le plus haut, la clarté la plus pure, la lumière la plus intense. C’est l’heure la plus propice à la découverte de l’être. Au midi de sa vie, l’homme est en pleine maturité, il est temps de faire le point.
 
Puisque nous avons l’âge et qu’il est l’heure, nous pouvons ouvrir les travaux. En annonçant aux quatre points cardinaux qu’une ouverture des travaux va avoir lieu, on conçoit que le rituel nous invite à une ouverture de conscience. Il est l’heure de basculer dans un autre monde. Le moment est venu, nous avons l’âge. Le vénérable a invité tous les frères de toutes les colonnes à se joindre à lui. L’annonce est faite.
«Debout et à l’ordre mes frères » dit le vénérable.
Trois coups de maillet retentissent successivement à l’orient, l’occident et au midi.
Adopter cette attitude c’est être prêt à s’orienter, à se tourner vers l’intérieur, vers son être intérieur. Le rituel conduit le franc-maçon vers ce monde intérieur, ce monde extraordinaire.
 
Le frère expert et le maître des cérémonies relèvent une équerre symbolique au dessus de l’autel des serments, constituée de la canne et de l’épée. La canne du pèlerin et l’épée de la noblesse et du courage,  forment l’équerre de la rectitude, de la droiture.
A la gloire du grand architecte de l’univers. Ce n’est pas une manière d’appeler Dieu. Je crois que Celui-ci s’il existait vraiment serait plus grand que le grand architecte. Le franc-maçon a la possibilité de rester libre de croire ou de ne pas croire en Dieu. Il s’agit de prendre conscience d’un ordre universel, une loi de la création. Je déclare ouverte cette respectable loge. A moi mes frères par le signe, la batterie et l’acclamation écossaise. Le vénérable ne s’adresse plus comme au début du rituel aux surveillants, à l’expert ou au maître des cérémonies, il s’adresse à toute la loge, au grand architecte de l’univers. C’est au nom de cet ordre que les actions vont désormais se dérouler. Le rituel nous dit maintenant qu’il faut changer de monde. Nous ne sommes plus dans le monde profane.
Nous avons laissé nos métaux à la porte du temple. Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière. Nous ne sommes plus dans un monde où l’apprenti mal guidé risque de s’épuiser, se perdre. Nous nous sommes débarrassés à l’entrée du temple de tout ce qui brille d’un éclat trompeur, tout ce à quoi nous sommes attachés dans le monde matériel. Nous pouvons aller vers la lumière.
 
Prenez place mes frères. Frère secrétaire veuillez donner lecture de la planche tracée de nos derniers travaux.
 
Le rituel a conduit tous les assistants sur le chemin de la connaissance. Certains l’ont peut être atteinte mais peut on jamais dire que nous sommes arrivés au bout du chemin ? Il est l’heure de prendre place et d’œuvrer.
 
Lors d’une réunion maçonnique le début et la fin des travaux commence par un rituel écrit. On peut donc penser qu’il existe un rituel d’ouverture puis un rituel de fermeture. En fait je crois tout est rituel pendant une tenue dans un temple et s’il existe un espace intermédiaire entre le début et la fin, ce n’est pas dûment consigné. Cette partie varie en fonction de l’ordre du jour, mais la forme rituelle demeure.
La pratique du rituel maçonnique nous indique les attitudes à prendre et les étapes à franchir pour nous initier.   
 
Vénérable maître, j’ai dit.
J\P\

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L'Echelle de Jacob : planche (source : www.proverbpage.com)

5 Août 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Planches

Brahma est le premier membre de la Trimurti ou trinité indoues (Brahma, Shiva, Vishnou). En hindouisme Brahma est le dieu ou démiurge créateur.  

En sanscrit pour dire le contraire d’un mot on utilise la lettre A. par exemple sat (vérité) est le contraire de  asat (non vérité, ou mensonge), himsa (violence) devient ahimsa (non violence) etc.…

De même le côté opposé de Brahma est A-Brahma ou Abraham qui signifie l’obscurité ou l’ignorance.

C’est Moïse qui a inventé les noms comme Abraham ou Jacob ou Noé …

Les personnages mythiques de la Bible ne sont que des symboles. Ils n’ont  jamais existé vraiment.  Comme le petit Prince, inventé par Antoine de Saint Exupéry. Ou Alice aux pays des merveilles, inventée par  Lewis Carroll. (Charles Lutwidge Dodgson).

 

L’histoire allégorique commence de cette façon : dans l’ancien testament, livre de la Genèse chapitre 28, on lit :

 

« Jacob quitta Beer-Sheva, et s'en alla vers Haran. Il arriva en ce lieu et y resta pour la nuit car le soleil s'était couché. Prenant une des pierres de l'endroit, il la mit sous sa tête et s'allongea pour dormir. Et il rêva qu'il y avait une échelle reposant sur la terre dont l'autre extrémité atteignait le ciel ; et il aperçut les anges de Dieu qui la montaient et la descendaient! Et il vit Dieu qui se trouvait en haut et qui lui disait : « Je suis Dieu, le Dieu d’Abraham et le Dieu d’Isaac ton père ; la terre sur laquelle tu reposes, je la donnerai à toi et à tes descendants ; et tes descendants seront comme la poussière de la terre, et ils s’établiront vers l’ouest et vers l’est, vers le nord et vers le sud ; et par toi et tes descendants, toutes les familles sur la terre seront bénies. Vois, je suis avec toi et te protègerai où que tu ailles, et je te ramènerai à cette terre ; car je ne te laisserai pas tant que je n'aurai pas accompli tout ce dont je viens de te parler. » Jacob se réveilla alors de son sommeil et dit : « Sûrement Dieu est présent ici et je ne le sais pas. » Il était effrayé et dit : « Il n’y a rien que la maison de Dieu et ceci est la porte du ciel. »  »

Il est clair que ce récit ne doit pas être pris littéralement. Dans la tête de l’inventeur de cette fable (c’est-à-dire Moïse) le monde était dual. Ici le monde terrestre dont les habitants sont des humains et ailleurs, le monde divin dont les habitants sont des anges. Apparemment  pour lui, chaque monde était régit par des lois spécifiques. Mais de nos jours, pour nous, « les humains modernes », il n’y a qu’un seul monde et des lois universelles uniques. Tous le monde est soumis à ces lois, même les dieux anthropomorphes. Le lien entre les habitants de ce monde n’est pas des anges qui montent et descendent sur une échelle, mais des réseaux d’internet.   

L’échelle de Jacob souvent connue sous l’appellation « songe de Jacob » est donc un symbole de la dualité. C’est le lien physique entre  la terre et le ciel, entre la matière et l’esprit. Comme    la prière est le lien verbal entre la terre et le ciel, tout comme la méditation est le lien mental entre la terre et le ciel. Ainsi que l’âme  est le lien spirituel entre la matière et l’esprit.

Le symbolisme de l’échelle existait depuis l’antiquité. Quelques fois on l’appelle l’escalier, ou des étapes ou des barreaux ; quelque fois une succession des portails ou des salles. Les Francs-Maçons l’appellent simplement des degrés. Quelque soit son nom, elle signifie le passage de l’obscurité vers la lumière ; du matérialisme vers le spiritualisme ; de l’ignorance vers la sagesse.

 

A mesure qu’un homme grandit, l’échelle diminue et quant il réalise l’unité, l’échelle disparaît. A mesure qu’un homme grandit, il devient indépendant des prières ou même de la méditation. Son âme individuelle se fonde dans l’âme collective.

 

Jacob voit une échelle dont la base repose sur la terre et le sommet touche le ciel. Au sommet de cette échelle se trouve un Dieu fictif qui lui fait des promesses peu crédibles. C’est la première rencontre de Jacob avec Dieu. Jacob, petit fils de A-Brahma, invite l’homme à cherché Dieu à l’extérieur de lui-même, ce qu’on ne devrait pas faire. L’homme doit devenir indépendant et essayer de se réaliser avec ses propres efforts et ses propres moyens. Son salut ne doit pas dépendre des poubelles théologiques, qui pendant des millénaires étaient, sont et seront la cause des misères planétaire.  


Là, Dieu lui promet de lui donner en héritage la terre sur laquelle il est couché et une postérité aussi nombreuse que la poussière de la terre. Ce qu’il n’a pas fait.

À son réveil Jacob a peur et il pense naïvement que le lieu où il se trouve c’est la maison de Dieu. Il ne réalise pas qu’il est lui-même la maison de Dieu, car Dieu veut habiter dans le cœur des hommes. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? » Apocalypse 21,3. 1Co 3:16

La notion d’échelle est très confortable pour les opportunistes qui se nomment des prophètes ou des prêtres, et qui jouent le rôle de médiateur entre l’homme (la terre) et Dieu (le ciel), pour garder bien en main les moutons et les manipuler et vivre sans souci de leurs dons.

 

En orient les anges sont considérés comme inférieurs de l’homme. Or sur l’échelle on ne voit que les anges monter ou descendre. Par conséquent c’est l’exemple à ne pas suivre.

 

Jacob, admettons qu’il ait réellement existé, dans l’état mental où il se trouvait (peur, fatigue, éventuellement alcool et surtout dans le désert qui favorise l’hallucination), avait confondu les rayons du soleil, réfléchis par la lune, avec une échelle. Ça arrive souvent dans le désert qu’on voit des mirages. Surtout à cette époque où la consommation d’alcool n’était pas prohibé ! Les Anges, ayant des ailes, n’ont pas besoin d’une échelle pour se déplacer !

 

La notion d’échelle mène à des erreurs, car la plupart des gens pensent qu’ils devraient s’élever vers le ciel. Pourtant l’homme se trouve déjà au ciel ; la seule chose qu’il doit faire c’est de comprendre cela. « On ne peut pas aller là où on se trouve déjà. Il n’y a nulle part où aller ». It ne faudrait surtout pas « quitter le ciel afin d’arriver au ciel, en passant par l’enfer ! »  Peut-être faut-il remplacer le mot échelle par le mot pont, plus adéquat. 

 

On trouve de nombreuses échelles dans les systèmes mystiques ; certaines sont même antérieures à Jakob ou son grand-père. Par exemple l’échelle brahmanique, qui symbolise les sept mondes ou sapta loka. L’échelle de Mithra de sept étapes qui symbolise les sept ciels ; au-dessus de l’échelle se situe le soleil, le symbole visible de la divinité.

L’échelle cabalistique, les échelles rosicrucienne, scandinave, Borsippa, etc.

 

Dans les religions exotériques, l’échelle est considérée comme un symbole de progression intellectuelle, ou même « spirituelle ».

Le nombre des étapes est variable dans les théologies différentes et chaque religion fait une interprétation arbitraire de ce chiffre, prétendu mystique. Le chiffre 7 est le plus représenté, probablement à cause de ses caractères universellement reconnus.  

 

Dans l’ancienne religion persane, le Mithraïsme, bien antérieur à Moïse, l’échelle de Mithra ou l’échelle de perfection avait  7 cercles, appelés portails. Ils étaient en fait les portails des cavernes sombres, représentation du monde. Le néophyte devait passer à travers ces cavernes et gravir les échelons, c’est-à-dire que symboliquement l’âme devrait s’approcher à la perfection. Au dessus de l’échelle était le soleil, la représentation symbolique de la Vérité.

En Inde les 7 étapes de l’échelle correspondent aux 7 chakras, situés dans le corps éthérique.

En astrologie, les  7 barreaux de l’échelle correspondent aux 7 planètes.  

 

Moïse avait adapté cette histoire et avait remplacé les noms d’origines étrangères par Jacob, sans mentionner ses sources. D’ailleurs il a oubliés les sept étapes.  Au-dessus de l’échelle, il remplace le soleil, par un dieu jaloux et cruel nommé Jéhovah. 1500 ans après lui, Jéhovah démissionne et les Chrétiens le remplacent par Jésus. C’est le paroxysme de l’idolâtrie.

 

Les Frans-Maçons adaptent le nom de l’échelle de Jacob de l’Ancien Testament, mais gardent quand même les 7 étapes des anciennes religions avec leurs interprétations.

Quoi qu’il en soit,  en Franc-maçonnerie, quelque soit son origine, « l’échelle de Jacob » représente la connexion entre le monde physique et le monde métaphysique.

Les deux barres verticales symbolisent le développement spirituel, les barreaux horizontaux le développement matériel. Les barres verticales et horizontales sont interdépendantes mutuellement. On ne peut pas s’imaginer une échelle avec les deux barres verticales mais sans les barreaux horizontaux et vice versa. Le développement humain est donc le résultat simultané du progrès matériel et spirituel.  

 

 J’ai dit V\ M\

   

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