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Planche : Du vendredi 13

25 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Elevé dans des principes profondément athées et fortement impliqué dans un engagement politique que beaucoup considèrent comme dogmatiques, j’ai toujours eu la chance de pouvoir m’intéresser à un grand nombre de sujets, mais il en est que je m’interdisais d’aborder.
Ce ne fut donc pas simple de frapper à la porte du Temple et encore moins d’y être accepté.
Mais une fois le bandeau tombé, une fois le chemin esquissé, j’ai eu plaisir à m’autoriser enfin à d’autres quêtes, d’autres questionnements.
Immanquablement, comme un anorexique qui retrouverait l’appétit, mes travaux m’ont alors amené sur des chemins teintés d’ésotérisme, voire de mysticisme.
C’est dans ce contexte que je me suis interrogé sur le Vendredi 13.
Le fameux Vendredi 13, le très français Vendredi 13, car la connotation maléfique que nous lui attachons, ne dépasse guère les limites de notre doux pays.
Alors pourquoi tant de charge émotionnelle autour de ce diptyque formé d’un jour de la semaine et d’une date ?
Il y a certes cette journée du vendredi, celle au cours de laquelle Jésus fut crucifié… mais cela n’a jamais été un 13 et le Vendredi Saint n’a aucune implication maléfique et cette piste là n’apporte donc pas de solution satisfaisante.
Alors, pour ma part, je pense que dans notre histoire commune, le vendredi 13 ne peut se référer qu’à un seul évènement de nature à lui attacher une force symbolique aussi durable à savoir, vendredi 13 octobre 1307, date historique de la déroute de l’Ordre des Templiers.
Ce 13 octobre, à la demande du Roi de France et avec l’accord du Pape Clément V, l’Ordre le plus riche, le plus célèbre, mais également le plus craint de toute la chrétienté, se trouvait suspendu, ses biens confisqués et ses membres jetés en prison pour y être soumis à la question.
Cet évènement, qui annonçait en fait sa dissolution future, a tellement frappé les esprits, que ce jour fatidique en est resté associé à la notion du malheur ou, plus exactement, à celle de symbolisme, voire d’occulte.
En effet, il fut d’une telle importance, qu’il marque encore de son empreinte la civilisation occidentale du XXIème siècle et il est vrai que les questions sur la vie et la mort des Templiers, suscitent encore de très nombreux ouvrages, dont un « Best Seller » récent qui n’est en fait que la reprise des thèses développées dans un ouvrage édité pour la première fois en 1994.
 
Encore aujourd’hui et sans véritables certitudes historiques, cet Ordre, officiellement constitué en 1118, se trouve au confluent de bons nombres de groupes et mouvements d’idées, certains très connus tels les Cathares ou les alchimistes, d’autres plus secrets ou simplement plus controversés, tels les Rose Croix ou le Prieuré de Sion.
J’ai donc souhaité, au delà du prétexte de ce vendredi 13, vous parler d’un Ordre extraordinaire et unique, tant dans son existence que dans sa disparition.
Pour aborder ce sujet, je vous propose de n’en survoler que quelques éléments, tant les questions sont riches.
Je souhaite donc aborder successivement les conditions historiques de leur création et de leur épanouissement, pour bien évidemment aborder ensuite leur chute et ses motifs possibles, gardant la troisième partie pour évoquer leurs éventuels secrets.

I – Juste après l’an Mil.

Il n’est pas besoin de revenir sur cette période qui a entouré le passage à l’an mil et notre bug de l’an 2000 n’a rien été à côté de l’explosion de superstition qui a entouré ce passage du premier millénaire.
Mais si aujourd’hui nous rattachons cet An Mil à l’annonce faite dans l’Apocalypse selon saint Jean, tel n’était pas forcément le cas à l’époque, ou le calendrier était moins rigoureux et ou, par exemple, les années ne commençaient pas le même mois selon les pays concernés.
Je ne retiens donc pas l’An Mil dans sa connotation superstitieuse, mais plutôt dans sa révélation de la révolution « clunisienne » qui a directement influé sur le sujet qui nous intéresse.
Rappelez vous que Cluny a été fondée en 910 et qu’elle a entraîné véritablement le renouveau du Moyen Age, initiant un nouveau courant de pensée, même si elle appliquait la très ancienne règle de Saint Benoît.
La charte fondamentale de l’abbaye, comportait, entre autres clauses, quatre décisions capitales :
      • l'obligation du strict respect de la règle de saint Benoît,
      • l'exemption de toute sujétion temporelle, celle des rois et des seigneurs ou spirituelle, celle des évêques hormis celle du pape,
      • la garde des apôtres Pierre et Paul et la défense du souverain Pontife,
      • l'obligation expresse de s'adonner avec le zèle le plus ardent "selon l'opportunité et les possibilités du lieu, aux oeuvres quotidiennes de la miséricorde envers les pauvres, les indigents, les étrangers, les voyageurs",
 
Cluny a donné à l’Eglise de grands hommes et, pour la période qui nous intéresse, elle a directement formé Hildebrand, devenu le Pape Grégoire VII créateur de la réforme Grégorienne mais également, celui qui devint en novembre 1095 le Pape Urbain II. 
Nous nous rapprochons des Templiers, car il est aujourd’hui communément acquis que l’idée de la constitution des Templiers a germé dans l’esprit de certains chevaliers à l’occasion de la première croisade qui s’est déroulée de 1096 à 1099.
Notons au passage, que la fin de la croisade correspond presque exactement à la création de l’Abbaye de Cîteaux, mère de l’Abbaye de Clairvaux fondée par le future Saint Bernard.
Cette croisade a été voulue et conçue par Grégoire VII puis mise en oeuvre par Urbain II, dont la fougue et la force de conviction ont été soulignés par de nombreux historiens.
A ce stade, je peux rajouter que le Pape Urbain II est originaire d’un petit village champenois dénommé Châtillon, pas très loin de la demeure d’Hugues de Payns, fondateur de l’Ordre du Temple.
Au terme de cette croisade, se trouve fondé le Royaume de Palestine, dont Godefroy de Bouilon devient le premier souverain, sous le titre non pas de Roi mais « d’Avoué du Saint Sépulcre ».
Son frère devint le 1er Roi sous le titre de Baudouin I et mourut en 1118, laissant la place à Baudouin II.
Et nous voilà arrivés à nos Templiers !
En effet, il est le plus souvent admis que c’est justement en 1118, le champenois Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer et sept compagnons d'armes, proposaient au roi Baudouin II de Jérusalem la mise en place d'une troupe permanente qui, sous la forme d'un ordre à la fois militaire et religieux, garantirait la défense de la ville sainte et assureraient également la liberté des routes aux pèlerins.
Ils procèdent alors cette constitution, sous la dénomination de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, dénomination qui, par la suite, ne pouvait valablement être compatible avec sa puissance et sa fortune, d’où la dénomination finale d’Ordre des Templiers.
Ils firent voeux de se consacrer à la protection des pèlerins en Terre Sainte.
Peu après leur création ils sollicitèrent le Pape Honoré II afin d'obtenir une constitution particulière, et, à l’occasion du Concile de Troyes en 1128, Saint Bernard leur composa une règle : "la louange de la nouvelle milice" (De laudae novae militiae ad milites templi).
C'est à dater du 29 mars 1139, avec la bulle "Omne datum optimum", accordée par Innocent II à Robert de Craon, que le Temple reçut sa constitution définitive, le pape assurait à l'Ordre ses privilèges, son indépendance et, notamment, l'exemption de la justice épiscopale.
Suivront vers 1165, les Retraits qui sont les véritables statuts hiérarchiques et, à partir de cette époque, l'Ordre du Temple ne relève plus que du Pape et devient en fait indépendant.

L'idée Cistercienne appliquée par les Templiers est de fédérer les divers royaumes européens sous la suzeraineté d'une haute autorité détenant un pouvoir moral et matériel lui permettant d'arbitrer les conflits avant qu'ils ne se déclarent et de maintenir une paix universelle profitable à tous les peuples chrétiens, juifs et musulmans.
Puissance temporelle indépendante, non soumise aux autorités locales, le Temple jouit alors de la protection du Pape, sans en accepter la tutelle.
L'ordre, compte 15 000 membres, répartis entre les Chevaliers – d’origine Noble - revêtus du fameux manteau blanc frappé de la croix rouge sang, les Sergents – issus de la Bourgeoisie – en Manteau Bruns, tous deux semble t’il soumis à la règle et les miliciens ou Turcopoles lorsqu’il s’agissait de « locaux », soldats ordinaires, employés à temps par l’Ordre, mais qui ne prêtaient qu’un voeu d’obéissance.
L’étude des combats menés par les Templiers permet de constater qu’ils développaient une ardeur au combat très au dessus de la moyenne, qu’ils soient aux cotés des croisés ou seuls face à l’ennemi, leur règle leur interdisait d’ailleurs de refuser un combat, sauf si l’ennemi était à un contre trois!
S’il est désormais acquis que les Templiers n’ont quasiment jamais accompagné ou protégé le moindre pèlerin, ils ont mis en place un système d’une rare efficacité, leur permettant de drainer en occident les moyens matériels et humains leur permettant de remplir leur véritable mission.
Et dans ce cadre, dans quasiment chaque domaine d’intervention, les Templiers se sont révélés en avance sur leur temps.
En effet, en ces époques troublées, les routes étaient peu sûres et quiconque partait en périple avec son or, n'était pas assuré d'arriver à destination sans être dévalisé.
Les Templiers révolutionnèrent leur époque en instituant la lettre de change, ou plutôt en transformant ce qui avait été mis en place de façon quasi artisanale par les Lombards, en un système universel de transmission de fonds.
Ainsi, dans les régions et pays où ils étaient implantés, il suffisait au voyageur de se rendre dans une Commanderie et d'y déposer son argent contre un reçu, pour pouvoir ensuite voyager l’esprit serein.
En effet, contre présentation de ce reçu dans n’importe quelle autre Commanderie, le voyageur pouvait récupérer son argent, limitant ainsi considérablement les conséquences d'une mauvaise rencontre, du moins sur le plan financier.
Les Historiens ont noté que les Templiers prélevaient à cette occasion un pourcentage mais, comme le prêt à intérêt était interdit par l’Eglise, cette somme était fictivement intégrée à celle qui était déposée, le déposant recevant alors un reçu amputé des intérêts convenus.
Le Temple possède au moment de sa suppression 9000 maisons réparties en Europe. Toutes ces maisons reçoivent des dépôts et accordent des prêts et des avances à des emprunteurs publics et privés.
Pour mémoire, le Temple de Paris a été longtemps le dépositaire du Trésor Royal et Philippe le Bel, a fréquemment recouru aux services du Temple pour effectuer des emprunts, les mauvaises langues prétendant même que le montant de la dette du monarque a pu valablement influer sur sa décision de faire disparaître les Templiers.
Mais les Templiers jouent également un rôle important dans les campagnes où ils financent des moulins à vent, à eau et des forges.
Si leurs premières terres résultent des dons effectués par ceux qui rejoignaient l’Ordre, il faut noter que les Templiers ont développé par la suite une politique d’achats – politique certaines fois particulièrement agressive – et que l’on peut également leur attribuer la paternité de la création du remembrement, l’Ordre s’attachant tout particulièrement à transformer ses possessions en unités économiques cohérentes.
Pour ce faire, ils ont notamment effectué un maillage du territoire, notamment sur les chemins du pèlerinage à saint Jacques de Compostelle, s’attachant à installer les commanderies et maisons de telle sorte que dans les endroits stratégiques ils n’étaient jamais distants de plus d’une journée de marche.
Avec les Templiers homme et argent étaient en sécurité.
Remarquables cambistes, dont les méthodes s'appliqueront encore cinq siècles après leur disparition, ils furent des comptables de premier plan puisqu'ils inventèrent la comptabilité en partie double et tinrent pour la première fois dans l'histoire un véritable "grand-livre".
Banquiers des pèlerins, les Templiers amassèrent ainsi une véritable fortune qui en fit une puissance aussi importante que celle de la royauté.
Malheureusement pour eux la situation s’est brusquement dégradée.

II – Plus dure sera la chute !

Sur le terrain d’abord, avec la perte du royaume de Palestine, qui obligea les Templiers à quitter l’Orient, même s’ils tentèrent de s‘installer à chypre.
En effet, si la première croisade a été un succès, cela était du pour une bonne partie aux divisions internes du camp musulman.
La seconde croisade, initiée par Saint Bernard, se déroule de 1146 à 1149 et se révèle un véritable désastre avec des pertes atteignant 90% des effectifs.
Les Templiers, tout comme les Hospitaliers sont sur place et défendent le royaume, alors même que les croisés sont retournés chez eux.
Ils sont au contact des populations locales et assument non seulement leur rôle de soldats, mais également d’administrateurs de nombreuses forteresses.
Malheureusement pour eux, leur vision du monde en général et de la défense de Jérusalem, n’est pas partagée par les autres nobles qui se battent entre eux pour le pouvoir et laissent leurs adversaires reprendre de plus en plus de villes.

Le Royaume de Jérusalem se désagrège et se rétrécit, pendant que se poursuivent les luttes intestines et les erreurs militaires.
Les troisième et quatrième croisades s’arrêteront chacune à Constantinople.
Cette lente mais constante désagrégation trouvera son terme à l’occasion de la 9ème croisade, qui conduira à la perte de la dernière ville d’Orient, saint Jean D’Acre et à la disparition du Royaume de Jérusalem.
Les Templiers n’ont plus aucune légitimité en Orient et, même s’ils tentent de se trouver un Royaume, par exemple à Chypre, ils sont désormais comme des Rois sans terre.
En Occident également ils deviennent gênants là même, où leur système les maintenait comme une puissance financière et politique incontestable.
C’est dans ce contexte que Philippe le Bel, avec le plein accord du pape Clément V, décide de mettre un terme à cette situation et, le 13 octobre 1307.
Il a longuement mûrit son plan et n’a pas hésité– avec le tristement célèbre Guillaume de Nogaret - à se trouver à l’origine du décès d’un des prédécesseurs de Clément V à savoir Boniface VII. (De mauvaises langues prétendent qu’il empoisonna Saint benoît XI, éphémère Pape qui a succédé brièvement à Boniface VII)
Philippe le Bel organise longuement et méthodiquement son opération et adresse partout en France et dans le plus grand secret ses ordres et ainsi, il fait arrêter tous les Templiers, leurs biens étant confisqués
Les biens qui ont pu être saisis (pour l’essentiel les propriétés, les autres biens ainsi que la flotte n’ayant jamais été appréhendés) ont été remis en définitive à L'Ordre des Hospitaliers qui, pour sa part, a duré jusqu'à nous au travers de l'Ordre de Malte.
Le Grand Maître Jacques de Molay est lui-même arrêté et soumis à la question, il passe alors des aveux complets dès le 24 octobre 1307 mais il montera finalement sur le bûcher le 13 mars 1314, après s’être rétracté et diront certains retrouvé sa dignité, devenant ainsi un relaps ainsi promis au bras séculier, c’est à dire au bûcher.
L’ordre a été officiellement dissous par une bulle papale du 3 avril 1312, qui confirmait en fait la décision du pape Clément V, en date du 22 mars 1312, étant ici observé qu’il s’agissait d’une bulle « par provision » c’est à dire ne prononçant aucune condamnation définitive de l’Ordre.
Nous pouvons nous interroger sur les motifs de cette dissolution.
Les circonstances de cette opération sont bien connues.
Le Roi fait savoir que grâce à des dénonciations émanant d’anciens Templiers exclus, il avait eu connaissance de pratiques criminelles au sein de cet ordre tout à fait particulier.
Ces pratiques sont principalement les pratiques sodomites, l’adoration d’une idole et le triple renoncement à Jésus avec crachat sur la croix.
Les motifs véritables devaient sans doute plutôt trouver leurs racines dans la dimension matérielle de cet ordre, car l’on comprend que son pouvoir, son organisation et ses richesses, aient pu susciter envies et jalousies.
Il est peu crédible de penser que Philippe le Bel, qui est rendu responsable de la mort d’un, voire deux, Papes, ait pu véritablement être préoccupé de l’éventuelle hérésie de l’Ordre des Templiers.
On peut également souligner que cette hérésie aurait tout autant été remarquée voire pourchassée par d’autre royautés, or nous savons le peu d’empressement qu’on mis les autres Rois à appliquer la Bulle du Pape emportant dissolution de l’Ordre.
Il est en revanche établi que Philippe le Bel s’est vu refuser son initiation dans l’Ordre du Temple et que par ailleurs il avait une dette énorme vis à vis des Templiers qui – rappelons le – ont été pendant très longtemps les dépositaires des finances royales, y compris sous le règne de Philippe le Bel.
Nous indiquerons également que le Roi de France pouvait à juste titre se demander qui de lui ou de l’ordre, exerçait le véritable pouvoir temporel, mais il faut également préciser qu’au travers notamment de cette démarche de destruction du Temple, associée à un affaiblissement de la Papauté, Philippe le Bel est « l’inventeur » d’une Royauté laïque, c’est à dire indépendante du pouvoir spirituel et donc de Rome.
Il ne faut donc pas se figer sur une analyse qui placerait les Templier dans leur qualité de « Chevalier Blanc » alors que Philippe le Bel serait le méchant su scénario.
En effet, à partir du moment où l’Ordre, contrairement aux Hospitaliers, n’avait plus de raison d’être sur le plan militaire, il devenait un état dans l’état, de nature à heurter frontalement les intérêts de la royauté.
Le maintien des Templiers aurait été un obstacle déterminant à la création de la Royauté telle que Philippe le Bel la concevait et telle qu’elle s’est imposée jusqu’à ce jour.
Ainsi, avant Philippe le Bel, le Roi n’avait guère plus de puissance ou de richesses que ses vassaux et, par exemple, au 12° siècle, le Comte de Champagne possédait plus de terres que le Roi de France.
Philippe le Bel a inventé la Monarchie centralisée et son règne est marqué par un accroissement de l'autorité royale, un affranchissement de l'autorité pontificale, un développement de l'administration et une extension du domaine sous contrôle royal.
Il a véritablement initié la dynastie des Capétiens en s’éloignant des traditions féodales, par exemple, en organisant la tenue d'assemblées formées de représentants des 3 classes  : clergé, noblesse et bourgeoisie. Ces assemblées, ancêtres des "états généraux", n'étaient réunies que dans des circonstances graves et avaient en fait un pouvoir bien réduit : le roi et ses conseillers n'attendaient qu'une approbation des propositions présentées, et ainsi l'appui moral des sujets importants du royaume.
Il a donc créé le premier état centralisé, même si cette création s’est faite au prix de l’assassinat d’un Pape et de la disparition des Templiers.

III – Les secrets des Templiers
Il faut tout d’abord se demander s’il y a le moindre secret dans l’aventure des Templiers.
Nous avons vu cependant qu’il y a de nombreux points d’ombre dans leur histoire et ce, dès leur constitution.
Nous avons indiqué également que leur expansion et leur disparition, peuvent toutes deux s’appuyer sur des réalités purement économiques.
Mais peut-on accepter que la cause de cette disparition ne se situe que dans la sphère de la temporalité et que le vitalité des Templiers n’ait été due qu’à leurs talents de cambistes ou de gestionnaires ?
La réponse vient, pour certains auteurs, des travaux entrepris par les neuf fondateurs lors de leur premier séjour en Palestine.
En effet, dès leur arrivée, ils obtinrent de Baudouin II, le droit de demeurer dans l'aile du Palais Royal de Jérusalem, qui jouxte la Mosquée El Aqsa, là où était censé s’élever l'antique Temple de Salomon, d'où leur première dénomination de Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Salomon (Pauperes Commilitones Christi Templique Salomonici
A l’occasion de ces travaux, ils fouillent notamment les écuries de Salomon et pendant de nombreuses années, ils restent seuls, sans recrutement extérieur.
Puis brusquement, ils envoient une délégation auprès du Pape et bénéficient presque immédiatement de leur fameuse règle et d’exonérations multiples, qui les rendent totalement indépendant du pouvoir ecclésiastique et placés sous la seule –et lointaine – responsabilité du Pape.
Il est dès lors facile de penser qu’à l’occasion de ces fouilles menées dans un lieu hautement symbolique, les Templiers ont fait une découverte, qui leur a valu ce traitement de faveur de la part de l’Eglise Romaine.
Cette situation, le mystère qui entoure ces premières années de leur existence, suscite déjà des questionnements.
Pour ce qui concerne le passé des Templiers, beaucoup d’hypothèses circulent et certains auteurs prétendent que l’ordre des Templiers n’a été créé que pour officialiser une société secrète et occulte déjà préexistante, qui avait pour mission de rechercher les origines du christianisme.
Ils y voient alors une lointaine filiation avec Saint Benoît et avec les Bénédictins, en passant par Cluny, puis Clairvaux.
D’autres acceptent la date de création officielle de l’ordre et considèrent qu’ils ont effectué des fouilles de l’ancien Temple de Salomon et que, ce faisant, ils ont trouvé des éléments clés de l’histoire du Christianisme et, notamment, le Saint Graal.
Vous comprendrez aisément qu’il est impossible de résumer ici les théories ainsi développées et qui s’appuient toutes sur des recherches particulièrement érudites, mais pas toujours convaincantes.
Vous admettrez sans doute que ces théories, qui sont parfois contradictoires entre elles, se heurtent systématiquement – à l’une ou l’autre des étapes de la démonstration - à des carences en matière de preuve ou même à l’absence de rigueur dans le raisonnement.
Il existe cependant des éléments qui, à défaut d’être parfaitement certains, paraissent communs à tous les auteurs qui sont intervenus sur le sujet.
Il parait ainsi acquis que l’Ordre des Templiers comprenait plusieurs cercles et qu’il se comportait comme une école de mystères, avec une hiérarchie reposant sur l’initiation et le secret.
L’existence d’une règle secrète a été évoquée à plusieurs reprises, sans que ce document ait pu être appréhendé.
Mais derrière les accusations hérétiques portées contre les Templiers, figurent quelques éléments de recherche.
Il a été ainsi reproché aux Templiers d’adorer une tête coupée qu’ils appelaient le Baphomet.
Cette idole, dont l’adoration est explicitement visée dans les motifs de la dissolution de l’ordre a beaucoup intrigué et l’on n’en possède que très peu de représentations.
Pour certains elle est la preuve de la collusion avec les musulmans et elle serait une contraction entre BAPtiste et maHOMET, pour d’autres, il apparaîtrait que ce terme, décrypté selon le code dénommé Atbash – que l’on retrouve dans les manuscrits de Nag Hammadi rédigés plus de mille ans avant la création des Templiers – signifierait SOPHIA, terme grec pouvant signifier sagesse, mais également, selon les gnostiques, l’Egyptienne ISIS.
Enfin d’autres auteurs rapprochent ce terme des pratiques alchimistes et y voient le rappel du terme de « Bapheus mété » ou le « Teinturier de la Lune »ce qui nous renvoie à la réalisation du Grand OEuvre.
Mais hormis le débat sur ce Baphomet, la plupart des auteurs soulignent affirment qu’en fait, les Templiers paraissaient adorer le « principe féminin » , même si la référence à « Notre Dame » souffre plusieurs interprétations.
Ces éléments épars et à priori sans grande signification, sont à rapprocher du fait que ces moines soldats avaient une grande dévotion pour saint Jean le Baptiste – dont la tête coupée était l’une des représentations - et Marie Madeleine, même si officiellement ils vénéraient la Vierge Marie.
Or, saint Jean le Baptiste et Marie Madeleine sont les deux « piliers » de la plupart des thèses hérétiques ou gnostiques modernes et anciennes et si on les retrouve tous deux dans l’histoire et les pratiques des Templiers, ces deux personnages présentent comme point commun d’être, d’une part, centraux dans l’histoire de Jésus et, d’autre part, d’être quasiment bannis des évangiles canoniques.
Rappelons le rôle biblique de nos deux Saints.
Jean le Baptiste, tout d’abord, a baptisé Jésus dans le Jourdain et a annoncé sa venue au monde, en sa qualité de messie.
Marie Madeleine, pour sa part intervient à plusieurs reprises mais, fondamentalement c’est elle qui a oint Jésus avec le nard et cette onction se trouve bien être un des fondements du christianisme, dans la mesure où le terme Christ est dérivé du grec Christos, traduction de l’hébreu Messie, et que, contrairement aux croyances, ce terme signifie simplement « oint » (celui qui est oint), sans qu’il soit ici question de divinité.
Marie-Madeleine est également la première personne à laquelle s’est présenté le Christ ressuscité.
Voila donc deux personnages centraux qui, curieusement, sont quasiment absents des évangiles, comme si leurs rédacteurs avaient cherché à en minimiser l’importance, sans pour autant pouvoir en nier l’existence.
Car il est un fait acquis, que seules des personnes ayant autorité pouvaient pratiquer les rites du baptême et de l’onction, ce qui rajoute d’autant au mystère entourant nos deux Saints.
Prenons saint Jean le Baptiste, dont la tête coupée fut réclamée par Salomé, à son père.
On sait peu de choses de sa vie, hormis que sa naissance fut annoncée par un Ange et que sa mère enfanta alors qu’en théorie, elle était âgée et ménopausée.
Il est acquis que Jean était un prêcheur et qu’il dirigeait – ou qu’il avait fondé – un groupe religieux, voire une secte. (Certains auteurs parlent ici des essonniens).
On sait également que les premiers disciples de Jésus ont été recrutés parmi ceux de Jean et il faut dès lors s’interroger sur les liens entre Jésus et Jean.
Aux termes des prophéties, Jean aurait du être la réincarnation du prophète Elie et que c’est à ce titre qu’il aurait pu annoncer la venue du Messie.
On sait que Jean a refusé d’être reconnu comme la réincarnation d’Elie, mais qu’en revanche il annonce en ces termes la venue du messie : «
Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. » (Matthieu, 3.11).
Les évangiles placent donc Jean le Baptiste comme un annonciateur de Jésus et puis, il disparaît quelque peu des textes sacrés.
La difficulté théologique, qui va sous-tendre les thèses hérétiques développées par la suite, pourrait venir du baptême même donné par Jean à Jésus.
En effet, ce rituel du baptême n’a d’autre but que de permettre la repentance et renvoie donc à des notions centrales du catholicisme, que sont le péché et justement la repentance, puis le pardon.


Mais comment expliquer alors que le Fils de Dieu ait eu besoin du baptême ? Comment justifier cette nécessité de se laver de péchés que, par définition, sa nature également divine lui interdisait ?
L’Eglise Catholique répond en indiquant que Jésus, qui n’en avait pas besoin, a souhaité le Baptême pour montrer l’exemple.
La réponse habituellement apportée à cette question par ceux qui sont qualifiés d’hérétiques, se résume dans le fait que Jésus aurait été l’un des disciples de Jean et aurait recueilli ses enseignements.
Cette thèse appelle des développements particulièrement riches et complexes qui s’appuient sur la supposée existence d’une Eglise de saint Jean le Baptiste (l’église johannite), Eglise dont les principes auraient été retrouvés par les Templiers, ce qui aurait risqué de remettre en cause tous les fondements de l’Eglise Catholique, d’où la décision de dissolution de l’ordre du Temple.
Cette thèse s’appuie par exemple sur la découverte tardive de la survivance d’une secte dite « des mandéens » présente encore en Irak et qui pratique le baptême rituel en référence à saint Jean et qui considère Jésus comme un usurpateur. (Cette thèse de l’usurpateur peut être rapprochée de celle donnée de Jésus dans le Talmud)
Je n’irais pas plus loin dans l’évocation des thèses concernant le rôle spirituel et temporel de saint Jean le Baptiste et de sa possible opposition avec Jésus et je vous renvoie une nouvelle fois à la lecture des nombreux ouvrages rédigés sur ce sujet.
Je ferais cependant une nouvelle référence à saint Jean le Baptiste, après avoir évoqué les questions tournant autour de Marie Madeleine.
Comme je vous l’ai indiqué, elle est sans doute au coeur du mystère entourant la mort et la résurrection de Jésus.
Il semble aujourd’hui admis que Marie Madeleine et Marie de Béthanie – soeur de Lazare – ne soient qu’une seule et même personne.
On peut également noter que la mort et la résurrection de Lazare peuvent aisément être assimilées à un rite initiatique dont certains parmi nous, comprendrons la correspondance.
La plupart des auteurs contemporains considèrent également que Marie Madeleine n’était pas une prostituée, mais plutôt une femme d’un rang certain et qu’en fait, elle aurait été l’une des disciples de Jésus, si ce n’est, sa première disciple.
Cette affirmation renvoie aux questionnements concernant la relation entre l’église Catholique et les femmes et la véracité ou la partialité des évangiles « officielles », dites évangiles canoniques.
Vous savez que le nouveau testament s’est vu principalement constitué en 325, lors du concile de Nicée et que c’est à cette occasion que l’on a figé la doctrine catholique, prenant prétexte de la nécessité de trancher définitivement le débat sur la nature de Jésus.
Lors de ce concile, un texte est adopté qui affirme la foi de l’Eglise chrétienne, le fameux Credo.
On y affirme que le Fils est de la même substance que le Père et qu’ils sont donc parfaitement égaux.
" Nous croyons en un Dieu, Père tout-puissant, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et en un Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, unique engendré du Père, c’est à dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu, s’est incarné, s’est fait homme, a souffert, est ressuscité le troisième jour est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts, et en l’Esprit Saint. "
En plus de l’adoption de ce texte, le concile fixe des dates de célébrations et détermine des règles plus ou moins importantes.
Ce concile marque également le rejet de certains textes et notamment de ce que l’on appelle aujourd’hui les évangiles gnostiques, dont certains ont été retrouvés, soit sur le site de Nag Hammadi, soit parmi les manuscrits de la Mer Morte.
Ces textes, désormais hérétiques, ne sont pas systématiquement en opposition avec les évangiles canoniques, mais ils apportent souvent des commentaires très divergents, notamment sur les rôles de saint Jean le Baptiste ou de Marie Madeleine.
L’ouvrage le plus connu de ce point de vue est le « Pistis Sophia » auquel le myste pourra se référer, mais, sans rentrer dans les détails, on peut dire que dans les textes ainsi rejetés, Jésus parlait notamment de Marie Madeleine en précisant qu’elle était « l’Apôtre des Apôtres », l’évangile gnostique de Philippe précisant par ailleurs que les autres Apôtres la détestaient et que Pierre, notamment, aurait demandé à Jésus pourquoi il la préférait à tous les autres et pourquoi il l’embrassait sur la bouche.
Cette vision d’une Marie Madeleine, initiée et disciple, est très éloignée de celle de la prostituée qui a toujours été véhiculée par le dogme catholique.
En revanche une telle vision peut apparaître comme compatible avec une déclaration de Jésus qui aurait dit lors de son onction – réalisée je le rappelle par Marie Madeleine - :
« Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait. » (Marc 14 :9)
Il n’existe peut être pas de vérité derrière ce débat sur la nature et le rôle de Marie Madeleine, mais c’est bien sur la base de ces discordances, que les plus célèbres thèses hérétiques se sont construites et resurgissent à nouveau au travers de l’actualité littéraire.
Si chaque auteur développe ses théories propres, le fil conducteur des thèses développées, soutenues et argumentées, repose sur le fait que Marie Madeleine était la concubine de Jésus et qu’ils auraient eu ensemble des relations sexuelles. 
Certains rajoutent qu’ils étaient mariés, d’autres qu’ils auraient eu une fille, mais c’est bien la dimension charnelle, en même temps que spirituelle, de leur relation qui est développée.
Une de ces théories, est à la base de la thèse de l’existence du Prieuré de Sion et fait remonter la dynastie mérovingienne à la naissance de cet enfant.
Pour ma part, je ne souhaite pas argumenter sur le bien fondé de cette position.
Je préciserais simplement que les seules preuves tangibles de la création de cette association remontent au milieu du XXéme siècle, que le personnage à l’origine de cette mouvance est Monsieur Pierre Plantard, connu à ses débuts pour ses thèses antijuives et antimaçonniques.
Les thèses sont donc multiples et je me garderais bien d’en choisir l’une ou l’autre.
Mais pour ma part, je voudrais simplement indiquer aux Mystes que nous sommes, que celle qui m’a le plus interpellé se trouve notamment développée dans l’ouvrage de Lynn Picknett et Clive Prince : « La révélation des templiers ».
Cet ouvrage relie les pratiques des Templiers - l’adoration du principe de féminité notamment – à une thèse faisant de Jésus, Jean le Baptiste et Marie Madeleine, les prêtres d’un culte Osirien.
Ils rapprochent ainsi les éléments fondamentaux du Christianisme, de ceux présents dans ce culte égyptien, par exemple sur le baptême ou la rédemption.
Ils évoquent les curieuses analogies dans la mystique Egyptienne, avec celle retenue comme fondement du dogme catholique, en rappelant par exemple qu’Osiris fut tué par son frère et son corps dispersé, que sa mort intervint un vendredi, qu’il est ressuscité trois jours après grâce à l’intervention d’Isis.
De plus, dans ce culte ancestral, il faut souligner les conditions de cette résurrection, puisque Seth, le frère d’Osiris avait pris soin après plusieurs tentatives avortées de disperser les morceaux du corps de son frère et que c’est dans ces conditions qu’Isis avait reconstitué le corps d’Osiris, hormis son sexe qu’elle n’avait pu retrouver, et qu’alors, après cette résurrection, ils eurent ensemble un enfant dénommé Horus.
Par ailleurs, dans ces rites Osiriens, l’onction avait une place centrale et le rôle de la femme était déterminant.
Les auteurs précités replacent alors les interventions de Marie Madeleine, de l’onction au tombeau puis à l’annonce de la résurrection, dans ce cadre et rattachent le mythe de l’immaculée conception à l’enfantement d’Horus, étant précisé également que ce type de conception se retrouve également dans d’autres religions à mystères, comme le culte de diane.
L’onction pour sa part était l’un des éléments fondamentaux qui permettaient la transformation de Pharaon en Osiris et cette onction ne pouvait être réalisée que par une femme, représentation vivante d’Isis.
On retrouve bien tout ce qui est souvent présenté comme étant la spécificité, voire l’inventivité du dogme chrétien.
Cette thèse peut paraître comme loufoque ou hérétique aujourd’hui, mais on peut facilement imager comment elle aurait été qualifiée au temps des Templiers….
Mais si comme le prétendent les auteurs précités, c’est ce secret que les Templiers auraient découvert et qu’ils auraient protégé puis transmis, le regard porté sur leur développemen,t ou leur disparition en deviendrait tout autre.
Malheureusement les preuves historiques ou scientifiques nous manquent et l’on en reste donc au stade des hypothèses.. ou des secrets initiatiques.
Car si secret il y a il est peut être connu et non divulgué, en dehors de certains cercles.
Je ne parle pas de la mystification éventuelle du prieuré de Sion, mais bien de certains cercles, qu’ils soient à l’origine, au sein, ou en dehors de la Franc-Maconnerie.
Car la question de la transmission des secrets ou connaissances Templiers reste l’objet de débats et de recherches et c’est par cette question là que je conclurais mes travaux.

Conclusion
Les Templiers gardent une réelle capacité à nous interpeller et l’étude de leur Ordre ou de ceux qui gravitaient autour, nous ramène sans cesse sur la voie symbolique..
Nous aurons ainsi à coeur de rappeler qu’ils sont souvent présentés sous une forme duale (les fameux deux chevaliers partageant le même cheval) mais qu’ils étaient en réalité placés sous le signe du Ternaire (Accepter le combat à 1 contre trois, ne riposter qu’après trois attaques, trois messes par semaine, trois plats dans un repas sans viande, trois fois de la viande par semaine, communion trois fois l’an).
Nous pouvons suivre la piste de la flotte Templière lorsqu’elle a fuit la France et nous intéresser alors aux ports écossais.
Sur cette terre, nos pas peuvent nous mener alors vers la Chapelle de Rosslyn, au plan de cet édifice et aux curieuses décorations ornant cette chapelle ou aux tombes garnissant les cimetières alentours.
Nous pourrions également nous interroger sur les liens entre Christophe Colomb, Vasco de Gama et l’héritage Templier, ne serait ce qu’en se reportant aux symboles qu’ils portaient sur les voiles de leurs navires.
Nous pourrions mener très loin une recherche que je ne souhaite pas poursuivre ici.
Mais vraisemblablement, l’un des voyages les plus surprenant que nous propose l’étude des Templiers, ne se situe pas dans sa filiation contemporaine à notre propre création, mais plutôt l’étude des liens que l’Ordre a noué avec les constructeurs de Cathédrales, avec l’Art gothique.
Les Templiers se sont en effet trouvés à l’origine de cette explosion architecturale que représente l’édification des cathédrales gothiques et cette architecture Templière nous a laissé des nombreux messages symboliques, gravés dans la pierre.

Ils ont introduit l'arc brisé, appelé par dérision l'art gothique, qui symbolise l'élancement et la légèreté.
Mais de nombreux autres symboles nous viennent des Templiers, tels la feuille de chêne, symbole de pérennité, l'équerre, signifiant le travail dans la rectitude, le compas, évaluation de ses possibilités ou le laurier, symbole d'immortalité.
Mais cette implication forte dans la création de ces merveilles architecturales nous questionne nécessairement.
Comment, s’est-il trouvé, tout à coup dans l’Occident chrétien, des «dompteurs» de pierre comme on n’en avait jamais vu depuis les pyramides? D’où tenaient-ils leur savoir d’initiés?
Combien de générations de maçons et de tailleurs de pierre faudrait-il, aujourd’hui, pour produire des maîtres capables de réaliser l’équivalent des cathédrales de Chartres ou d’Amiens?
Les bâtisseurs de jadis ont laissé leurs signatures, sur des poutres ou des pierres.
Certes, nous connaissons des noms d’architectes et de maîtres d’oeuvre, pour Amiens, mais pas pour Chartres… et force est de constater qu’en fait, on sait peu de choses sur l’origine de ces constructeurs, sur le savoir-faire dont ils ont été les dépositaires.
Nous disposons pourtant de quelques pistes.
Ces constructeurs, qui se déplaçaient de chantiers en chantiers, étaient réunis en confréries, fraternités ou compagnonnages, un mot qui vient de «compas», leur outil de prédilection, et qui signifie également «qui partage le même pain».
Les confréries les plus connues ont eu pour nom les Enfants du père Soubise, les Enfants de Maître Jacques ou les Enfants de Salomon et elles ont aujourd’hui pour héritiers les Compagnons des devoirs du Tour de France.
Leur création est bien antérieure à celle des premières guildes anglaises des métiers (vers 1110 -1133) et sous l’Empire Romain, elles étaient déjà exemptes d’impôts.
Le Maître Jacques auquel elles font référence, est celui qui fut mandé par Hiram de Tyr, pour le compte du roi Salomon, afin de construire le temple de Jérusalem.
C'est un jars, un Maître Jars. Maître, il est initié à la nature de la pierre et la légende note bien qu'il taillait la pierre depuis l'âge de quinze ans.
Cette même légende donne Maître Jacques comme responsable des colonnes qui se trouvaient situées à l’extérieur du Temple et appelées B et J.
Certains légendaires le font assassiner par la fraternité des "Enfants du Père Soubise", c'est à dire : Cluny, qui nous donnera Clairvaux et Saint Bernard...
Ces confréries utilisaient un langage qui leur était propre, langage imagé dénommé « la langue des oiseaux » que l’on pratique en jouant de la consonance des mots, également définie comme étant parlée en art goth (voir l’origine grecque du mot goth : art de la lumière, art de l’esprit.)

De saint Louis, ardent croisé, les bâtisseurs de cathédrales obtinrent des franchises royales qui en firent des «maçons francs». C’est dire la reconnaissance et l’estime dont ils jouissaient. Ces privilèges, le roi Philippe le Bel, dans son acharnement pour anéantir les Templiers, les supprima sèchement.
En effet, les bâtisseurs de cathédrales furent également pourchassés lors du procès des chevaliers du Temple, leurs protecteurs, si bien que beaucoup disparurent et que leur langage entra alors dans la clandestinité.
A Paris, ils trouvèrent refuge au sein de la Cour des Miracles et c’est sous la protection des voleurs et brigands qu’ils purent maintenir en vie leur langage, ce langage des oiseaux devenu langage de l’Art Goth, origine possible, même si elle est controversée, de l’argot.
Pourchassés, leurs confréries anéanties, ils sont passés dans la clandestinité mais, dans certaines régions, ils ont survécu sous la forme de groupes déjà clairement identifiés et, notamment, les fameux Cagots du Sud Ouest de la France.
Ils sont nombreux à avoir recherché les origines de ces chrestiàas, premier nom donné aux cagots.
Anciens Wisigoths ou Sarrasins, vrais lépreux «blancs », Arabes « collaborationnistes » ou anciens Croisés revenus de Terre Sainte, nul ne sait qui ils étaient vraiment et pourtant, ils ont construit les cathédrales.
Sans développer plus avant, il faut souligner que cette communauté était « maudite » qu’elle était obligée de résider en dehors des villages avec interdiction formelle de se mélanger avec le reste de la population et qu’ils devaient porter sur l’épaule une patte d’oie de tissu rouge, dont la symbolique ne peut nous échapper.
Beaucoup disparurent en même temps que les Templiers, laissant d’ailleurs en l’état les chantiers en cours, mais cette communauté a perduré au moins sous le règne de Louis XIV qui fut obligé de prendre des décrets pour tenter de mettre un terme à l’ostracisme dont ils étaient victimes.
Ces cagots font parti des nombreux mystères qui entourent les Templiers et des questions qui ne rencontrent pas de réponse satisfaisante.
Mais nous noterons que ces Compagnons – ceux là même qui refusèrent de construire des Prisons – ont cessé leur activité peu de temps après la disparition du Temple et on peut prétendre alors qu’en supprimant le Temple, Philippe le Bel a supprimé les Cathédrales !
Et ces Cagots, ces porteurs de l’Art Gothique, tout comme leurs protecteurs, appellent au débat, à la réflexion et à la recherche.
Ils nous renvoient à nos travaux et symboles et peut être plus spécialement au Pavé Mosaïque, tant leur approche ne peut se satisfaire de la ligne droite ou des vérités convenues.
Voilà donc les quelques pistes de réflexion que je souhaitais évoquer avec vous, en évoquant le vendredi 13. Mais vous l’avez vu, ce jour un peu spécial, si loin et pourtant si prés, n’a été qu’un prétexte pour nous donner l’occasion d’approcher un Ordre fascinant et mystérieux.
Ainsi, en tentant de mieux connaître l’Histoire de cet Ordre, sous la double approche du matériel et du spirituel, de l’ésotérisme et de l’exotérisme, nous nous donnons les outils nécessaires pour étudier, alors, la transmission éventuelle de leurs savoirs.
C’est de cette transmission éventuelle ou de tout autre héritage des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qu’il nous faudra parler lors d’une prochaine Planche.

J’ai dit

Source : l'Edifice.net

 

 

 

 

 


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V.I.T.R.I.O.L

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Ma profession m’amène a manipuler régulièrement des produits chimiques, et notamment l’acide sulfurique, plus communément connu sous le nom de vitriol. Par imprudence et maladresse, il m’est même arrivé, un jour mémorable, de faire l’horrible expérience du goût véritable du produit. C’est à déconseiller to-ta-le-ment.
Ma curiosité a donc forcément été attirée immédiatement, dès mon entrée dans le cabinet de réflexion par l’acrostiche VITRIOL. Que venait donc faire cette substance que je savais si dangereuse, dans ce qui m’arrivait alors ?
Stressée à l’idée de l’épreuve qui m’attendait, toute à la rédaction des réponses aux questions qui m’étaient posées, je n’ai pourtant guère pris le temps d’y réfléchir au moment même ; mais j’ai vite copié l’acrostiche en pensant qu’on m’en parlerait plus tard.


Visita
Interiora
Terrae
Rectificandoque
Invenies
Occultum
Lapidem
Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée.
 
Mais il n’y  a plus eu la moindre allusion a ce vitriol symbolique après l’épreuve du bandeau et la purification par la terre.
Alors, moi, insatisfaite, j’ai continue à m’interroger dessus.
 
De quand date l’acrostiche « vitriol » et depuis quand est-il placé dans nos cabinets de réflexion , ainsi en rapport avec l’élément terre ?
L’acrostiche et la phrase qu’il exprime sont généralement attribués aux anciens Rose-Croix, étroitement apparentés aux alchimistes du Moyen Age et du début de la Renaissance.
Cependant, selon certaines sources, il semblerait qu’ils proviennent plus certainement des Hermétistes que des Rose-Croix.
 
Quand sont-ils parvenus dans la Franc-Maçonnerie et quand ont-ils été placés dans le cabinet de réflexion ? On ne le sait pas au juste,
Ce qui est certain, c’est qu’au milieu du 18e siècle, aucun rituel ne les mentionne.

 

source : L'édifice.net
Or, à cette époque, les différents rites n’incluent pas encore ce que nous appelons aujourd’hui le cabinet de réflexion, mais une « chambre » ou « salle » de « préparation », entièrement peinte en noir, dans laquelle on ne trouve aucun symbole, si ce n’est une tête de mort.
C’est dans le Guide du Mac\écossais, datant d’environ 1810, que pour la 1ere fois, on ne parle plus de chambre de préparation, mais de chambre de réflexion ; c’est dans ce guide aussi qu’on voit apparaître pour la première fois l’élément terre. L’épreuve symbolique de la terre consiste alors à faire traverser au profane, lors de son entrée dans la loge, un cadre en papier; le VM dit alors « précipitez-le dans la caverne ».
Encore rien de ce que nous connaissons maintenant, donc.
Si on consulte différents rituels du REAA d’avant 1904, on s’aperçoit que les 4 éléments sont arrivés progressivement au cours du temps : le feu en 1804, la terre donc en 1810, l’eau en 1829, l’air en 1843 et la terre dans son assimilation explicite du cabinet de réflexion seulement en 1877.
En Angleterre, les 4 éléments sont encore absents des rituels de nos jours.
 
Certaines sources parlent déjà d’éléments alchimiques dans la Franc-Maçonnerie, notamment à Prague, au milieu du 18e siècle ; en ce qui concerne plus particulièrement VITRIOL, le rite français mentionne le mot dans son régulateur de 1801, et il semblerait que ce soit la première fois que ce mot apparaît dans un rituel, au moins au 1er degré.
Cependant, un dictionnaire maçonnique de 1825 n’en fait pas mention, pas davantage que les anciens cahiers des rituels du REAA datant de 1829.
Beaucoup pensent donc que ce serait dans la 2e moitie du 19e siècle que les références alchimiques ont pénétré la Franc-Maçonnerie, à une époque où l’Hermétisme inspirait même des poêtes comme Baudelaire ou Mallarmé.
 
Toujours est-il qu’en 1993, l’acrostiche VITRIOL figurait bel et bien dans le cabinet de réflexion où on me fit pénétrer et qu’il m’interpella.
 
Visita Interiora Terrae, Rectifcandoque Invenies Occultum Lapidem
Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée.
Que peut-il donc bien signifier au-delà de sa traduction littérale ?
 
J’avais, dans le cabinet de réflexion, en rassemblant les souvenirs anciens de mon latin , considéré cette phrase simplement comme un appel à la sincérité. Quelque chose comme « va au fond de toi-même chercher le fond de tes pensées »
Et, de prime abord après l’init\ tout m’apparaissait clair et mon interprétation de départ confirmée par ce que j’avais vécu ensuite : le profane, descendu en lui-même, purifié par la terre, renaît en App prêt à tailler sa pierre brute, pour apprendre à se connaître soi-même.
V.I.T.R.I.O.L. serait donc une invitation à descendre au plus profond de soi-même, comme l’indique d’ailleurs la perpendiculaire, et à rectifier, tailler, tailler sans cesse; invitation toujours répétée, puisque nous serions d’éternels apprentis, phrase qui, si elle énerve certains d'entre nous,  signifie pour moi que notre travail de taille de notre pierre ne se termine jamais.
 
Puis un jour, une circonstance particulière, ce fait raconté au début  d ‘avoir réellement goûté au produit et m’être horriblement brûlé la bouche,  m’a poussée à me pencher de nouveau sur le sens ésotérique de V.I.T.R.I.O.L.
Le première signification que j’ai trouvée , celle de Boucher, dans son traite sur l’Art Royal, m’a suffi puisqu’elle amplifiait à peine ce que je pensais depuis mon passage dans le cabinet de réflexion.
Il nous dit, en substance ceci : «  c’est une invitation à la recherche de l’Ego profond, qui n’est autre que l’âme humaine elle-même, dans le silence et la méditation ».
Qu’est-ce que l’âme ? en dehors de toute référence religieuse à laquelle je serais bien incapable de me référer, j’y vois la pensée humaine, la conscience des choses. C’est donc cette pensée qu’il faut débusquer pour rectifier (tailler sa pierre),  dans le silence et la méditation du cabinet de réflexion, pour la mettre ensuite en lumière et la faire rayonner.
 
Mais toujours inspirée par mes occupations profanes, et par une circonstance maçonnique particulière qui me tenait a coeur, je me suis mise à m’interroger sur l’acrostiche lui-même et non plus uniquement sur le sens des phrases.
Pourquoi vitriol ? je ne pense pas qu’utiliser l’acide sulfurique soit un bon moyen pour creuser la terre ! les paroles au vitriol ne sont pas particulièrement celles qu’on recherche en L\
Il devait donc y avoir une signification cachée, qu’on maîtrise ou non l’alchimie.
 
Certes, le vitriol carbonise, il brûle, il fait des dégâts, et il parait de prime abord étonnant de le retrouver comme outil mac\
Mais comme c’est un acide, il peut donc détruire les métaux
Il devient donc un outil aidant au dépouillement des métaux ; grâce a lui, l’App\ peut entrer en L\ débarrassé de ses honneurs et préjugés profanes ; il ne peut travailler  à l’amélioration de son moi profond qui si ce dernier reçoit la lumière qu’une enveloppe métallique arrêterait.
Nous savons que l’acide sulfurique est un des plus, sinon le plus dangereux de tous les acides ; non seulement, il peut détruire nos métaux personnels, mais par sa force, nous pouvons penser qu’il  nous permettrait aussi d’en dépouiller les autres, afin de les découvrir en pleine lumière.
Et le R de rectificandoque, dans cette acception, évoque immanquablement l’équerre, la rectitude morale, la mesure et l’équité..
Aussi, je me suis mise a rapprocher ce VITRIOL du précepte mac\ « pense que pour bien juger les Hommes, il faut sonder les cœurs et scruter les intentions » ; le sens de l’acrostiche  devient en quelque sorte « sois toi-même sans parti-pris, sans subjectivité préalable, et par ta rectitude morale et ton sens de l’équité, tu verras l’autre tel qu’il est réellement »  Tu verras les qualités que tu n’avais pas distinguées de prime abord et tu relativiseras les défauts qui occultaient les reste.
VITRIOL pourrait aussi bien arriver a signifier « ne t’arrête pas trop à la forme et à certains mots qui peuvent te déplaire, et, en considérant l’autre avec mesure et tolérance, tu verras en lui, en elle, un F\, une S\ »
Ainsi , il inciterait à trouver, sans parti-pris, la fraternité là où elle peut ne pas apparaître sans une certaine recherche. Ce qui m’amène à déplorer que nombre de LL\ et la mienne, Fraternité, en particulier, n’y attache guère d’importance dans ses rituels.
 
Me voici bien loin de l’appel à la sincérité que je percevais dans le cabinet de réflexion,  et des interprétations habituelles de l’acrostiche ; mais n’est–ce pas aussi le propre des symboles de nous pousser toujours plus avant dans nos recherches, même si on dévie quelque peu des voies traditionnelles ?
 
Récemment enfin, pour aller toujours plus loin  et pour préparer cette pl\, j’ai ouvert un traite intitule « l’Alchimie, Science et Mystique » désirant aller plus avant dans les significations véritablement alchimiques de VITRIOL.
Ce traite est assez hermétique (c’est le moins qu’on pusse dire, dans tous les sens possibles du terme) mais ont y trouve des analogies avec le cabinet de réflexion qui y sont, c’est normal,  frappantes : mercure, soufre, sel, élément terre.
Il faut pourtant noter des l’abord que mercure, soufre et sel ne représentent pas, pour l’alchimiste, les corps que les chimistes nomment ainsi.
La science des alchimistes n’en est pas une, mais un moyen ésotérique de pratiquer la philosophie ; tout doit donc être traduit.
 
Mercure, soufre et sel sont 3 principes reliés à l’être vivant par l’alchimie philosophique : des symboles en quelque sorte ; le mercure représente l’esprit, le soufre l’âme, et le sel le corps ; ces 3 principes se trouvent enfermes chaotiquement à l’intérieur des 4 éléments ; les extraire, les purifier, puis les réunir, en les mettrant en ordre harmonieusement, constitue la spagyrie de Paracelse, ce qui en termes moins barbares signifierait volontiers pour moi : ordo ab chao, ordonner les 3 principes en les purifiant  à partir des 4 éléments et ainsi reconstruire un Homme harmonieux.
Il faut dire que j’ai tenté une interprétation en reliant les 3 principes à sagesse-force-beauté pour les mettre en rapport avec la purification du profane par les 4 éléments  , mais j’avoue n’être pas très loin dans ma réflexion sur ce sujet.
 
Revenons-en au vitriol alchimique proprement dit.
Au sujet de la purification des 3 principes, Eugene Canseliet écrit :  
« en purifiant le mercure des philosophes, le sel en accroît le pouvoir d’aimantation de sorte que lui-même se charge de l’or astral que l’autre ne cesse d’absorber. Le sel devenu le véhicule vitrifié du fluide cosmique se colore en vert tandis qu’il augmente sensiblement de densité. Ainsi reçoit-il indifféremment le sens de « vitriol vert » ou « lion vert » et se trouve-t-il prêt afin de jouer son très grand rôle au cours de l’oeuvre médian ou second »
C’est l’«Hyperion » et le « Vitriol » de Basile Valentin, le « lion vert » de Ripley et de Jacques Tesson, en un mot la véritable inconnue du grand problème, nous dit Fulcanelli. »
 
Traduction, pour autant que je ne me plante pas lamentablement  dans l’interprétation : en purifiant  l’esprit , le corps en accroît le pouvoir de rayonnement, de sorte que lui-même se charge de la richesse que l’autre ne cesse d’absorber. Le corps, devenu le véhicule matérialisé de la pensée change son apparence tandis que son importance s’accroît.
J’en conclus que le vitriol des alchimistes serait vert et n’a manifestement rien a voir avec l’acide sulfurique ; il représente la matière (au sens des matérialistes rationalistes), mais matière additionnée d’un peu de spiritualité par laquelle elle s’enrichit, tout en lui permettant de s’exprimer.
 
Il se fait aussi qu’en plus, et pour un des alchimistes les plus célèbres, Fulcanelli, le vitriol représente la véritable inconnue du grand problème ; or, quelle est cette inconnue que nous recherchons ? a mon avis… la Vérité absolue (celle dont nous savons qu'il est impossible que nous la trouvions )
Eugene Canseliet ajoute a son texte ci-dessus :
«  c’est de l’émeraude des philosophes qu’il s’agit en ce lieu. L’Esmeralda de Victor Hugo. C’est l’authentique VITRIOL.
Cette émeraude des sages symbolise bien évidemment le Graal dans lequel fut taillée la pierre précieuse s’étant détachee du front de Lucifer (= je porte le lumière)”
Le virtiol, le Graal objet d’une quête sans fin ; l’émeraude sortie du front de Lucifer, la Lumière, rayonnant a partir de cette Vérité que chacun cherche…  sans doute la pierre cachée à découvrir.
Le vitriol constituerait donc a la fois le moyen d’atteindre la pierre et la pierre elle-même.
Il faut remarquer que l’acrostiche vitriol en latin se dit V.I.T.R.I.O.L.U.M, les 2 dernières lettres signifiant Veram Medicinam, la vraie médecine ; il serait donc bien, non seulement le moyen de descendre au fond de soi mais un remède, une solution ; la Vérité et le moyen de la trouver, la lumière.
Par ce vocable latin,  vitriolum, Eugene Canseliet nous fait remarquer qu’on aboutit  à l’inscription qui surmontait la grande porte de la demeure alchimique du marquis de Palombara à Rome : villae ianuam trahendo recludens Iason obtinet locuples vellus medeae (en franchissant la porte de la villa, Jason découvre et conquiert par Médée la précieuse toison)
L’acrostiche a donc d’autres sens un peu différents du notre, quoique certainement en rapport direct par la signification
Franchir la porte de la villa serait visiter l’intérieur de la terre, en rectifiant devient par Médée, et la pierre cachée est ici la Toison d’Or.
Mais je ne connais pas assez l’histoire de Jason pour m’aventurer plus avant dans ces interprétations..
 
Du second œuvre, Eugene Canseliet nous dit :
« … l’opérateur superpose en 3 couches, dans le creuset, les produits obtenus précédemment ; il dépose au fond le sable rouge, puis au-dessus le mercure philosophique, obtenu au sortir du 1er œuvre, surmonte de la légère couche de vitriol philosophique. La terre libère alors son soufre qui s’élève réellement  jusqu'au bain mercuriel par l’attraction magnétique que manifeste le vitriol philosophique. Le lion vert, emprisonne dans la terre rousse et limoneuse, gagne le bain supérieur pour y apparaître à la surface ».
Ainsi , le vitriol ne descend pas au plus profond de la terre, mais il tire le soufre l’intérieur de la terre et laisse ainsi apparaître la pierre cachée qui peut alors librement monter à la surface.
Le pierre doit pouvoir sortir de la terre ou elle est enfermée, il faut qu’on la libère, il faut dégager tout ce qui lui fait obstacle, la cache, ensuite elle pourra s’élever.
Traduction : la lumière éclairant quelque peu l’esprit, l'âme est libérée et s’éleve vers la spiritualité par l’attraction qu’exerce la lumière, la vérité peut enfin apparaître.
L’âme ??? serait-ce les passions qu’il nous faut vaincre, serait-ce les volontés que nous devons soumettre a nos devoirs, s'agirait-il d'élever nos pensées vers la spirtualité?
Voici donc, VM, mes FF, mes SS, une série de réflexions sur l’acrostiche VITRIOL.
La quantité de pistes, les directions différentes qui peuvent être suivies à partir de ce seul mot montre, s’il en était besoin, que notre réflexion n’est jamais achevée et que les symboles recèlent en eux maintes et maintes possibilités d’interprétation et par conséquent d’enrichissement.
Mais il me semble que toutes finissent par en revenir a cette idée finalement très simple et qui nous rassemble tous:
Le profane subit l’épreuve de le terre dans le cabinet de réflexion, se libère de ses métaux, de ses impuretés , des préjugés, des dogmes, des idées toutes faites, des fausses vérités, et apprend à dominer ses passions ; son chemin sera libre alors pour remonter  des entrailles de la terre, apparaître nu et recevoir la lumière quand le bandeau tombera.
Le pierre cachée ne serait-ce pas aussi  l’initie ? enferme dans la terre , il se libère des entraves profanes, meurt et rédige son testament philosophique ; l’épreuve du cabinet de réflexion, avec tous les rappels alchimiques de circonstance, constitue son vitriol, en ce que qu’il lui libère le chemin, pour qu’enfin, il renaisse à la Lumière lors de la chute du bandeau.
 
J’ai dit, V\M\

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Planche : L'Esotérisme Initiatique du Prince St Exupéry

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Evidemment St Exupéry a bien choisi les titres de ses livres !... " Vol de nuit ", "

Courrier sud "... Les mots et les images évoqués ainsi concourent tous à exprimer cette direction unique et essentielle de son message, la ligne de force de toute son œuvre : la découverte, le maintien conscient et le partage du Mouvement bien ordonné... Quel message intégral, rappelant le symbole du Serpent Ourobouros de l’alchimie ! Ne pouvons-nous pas résumer ainsi : la ligne de force de son œuvre, c’est le rappel des Lignes de Forces de la Vie...

Le voici déjà, lui qui, pionnier de l’aéronautique ouvre des terrains et des lignes d’aviation, de l’aéropostal "la ligne" et autres itinéraires aériens à travers le monde..., comme si ses conceptions, ses intimes pulsions de vie s’incarnaient ainsi dans la matière. Préoccupation naturelle se "somatisant" pourrait-on dire, en occupation contraire : un couple intérieur-extérieur si souvent antagoniste chez les êtres qui n’ont pas su, ou accepté de, relier déjà leur cœur et leur tête... et dont le métier est douloureusement sans rapport avec leur idéal et leurs souhaits !

St Exupéry a constaté cette nécessité d’incarnation ; il l’explique très nettement ainsi : " Tu ne trouveras point la paix si tu ne te fais véhicule, voie et charroi" (501 Cit.).

Mouvement vers... la "terre des hommes" ; vers la découverte, le maintien conscient et le partage d’un sens à la vie", comme ses autres ouvrages nous le font de nouveau découvrir par leurs titres.

Mais attention ! "Vol de nuit", "Pilote de guerre" : tant de difficultés dans ce cheminement obscur et violent de l’existence ! Il faudra prendre ses distances, voir les choses "d’en haut" : Le cheminement devient lors preuve initiatique.

Cheminement initiatique ; dans le cas contraire le résultat est terrible : "myope et le nez contre, je n’ai rien vu jamais que lâcheté, sottise et lucre. Mais de la montagne où je m’assieds, voici que j’aperçois l’ascension d’un temple dans la lumière" (504 Cit.).

Ayant lui, pris ses distances vis-à-vis des relativités terrestres, grâce à son avion comme par l’intermédiaire du désert, Saint- Exupéry, comme tous les guides dignes de ce nom, les "voyants", les connaissants de quoi que ce soit, a "vu quelquefois ce que l’homme cru voir" (Rimbaud) ; il peut le révéler pour ses lecteurs, pour ses "amis" au sens phonétiquement cabalistique du mot, pour ceux dont l’âme est déjà proche de la sienne...

Qui n’a jamais connu, au lycée ou dans " les chemins de grand vagabondage", une telle rencontre, un tel lien intellectuel et affectif, de "cœur", avec un auteur qui expose pour lui les lignes de force de l’existence, est fort à plaindre ! Qui n’a jamais perçu ainsi, comme Dante : Béatrice et Virgile, comme tant de troubadours : la "Dame" comme tant d’autres : des "stars" - modèles, "une étoile pour guider sa marche", aura beaucoup à peiner, à se fourvoyer pour redécouvrir, solitaire, "ce champ de force qui seul l’anime", qui est "direction et tendance vers" (417 Cit.). "Tout le monde n’a pas eu un ami "constate Saint-Exupéry dans le "Petit Prince".

Des lignes de force.

Lui, tout comme il lançait des lignes à travers le désert pour transporter les messages des hommes (l’Aéropostale), le voici qui lance, dans tous ses ouvrages, ces "lignes de force", ces "structures" (373 Cit.) essentielles pour aider dans la traversée d’un désert tant intérieur ("On ne voit rien. On entend rien" (P.P) " le désert c’est moi " (183, T.H) qu’extérieur ("à mille milles de toute terre habitée"... " Où sont les hommes" (P.P)).

C’est bien là ce que tente de faire tout ouvrage initiatique, toute voie initiatique, diamétralement opposée en cela aux romans " à l’eau de rose", aux récits de cas psychanalytique et autres ouvrages ("créations" ou conseils) concluant à la faiblesse inhérente à l’être humain ou à l’ineptie, à l’absurdité de l’existence ; à l’aliénation (alien)...

Saint-Exupéry affirme bien clairement, lui l’existence de liens : "Comptent pour l’homme d’abord et avant tout la tension des lignes de force dans lesquelles il trempe" (372 Cit.). Pas les impulsions des désirs personnels ! Les pulsions sous-tendant celles- ci : il ne s’agit pas "de cultiver tes désirs. Car si rien ne s’y meut, il n’est point de lignes de force" (373 Cit).

Ainsi, comprenons-le bien, pas de mouvements vers "le repos du 7è jour", les "diamants en vrac", "les femmes (qui) se vendent", "l’île heureuse" qui rendraient l’être semblable au "bétail morne" (373, 375 Cit.)... Non ! Le mouvement est en direction des hauteurs de soi-même, de l’origine de soi- même (sens véritable d’"initiation"), vers la "connaissance du nœud divin qui noue les choses" (501 Cit.), vers le Maître du champ des forces, ce point mystérieux que Saint- Exupéry nomme tour à tour Seigneur, Dieu (Cit.), Eau, Désert (P.P)...

Il s’explique plus catégoriquement à ce sujet : "Les lignes de force créées doivent te dominer de plus haut pour que tu y trouves tes pentes et tes tensions et tes démarches (... ) et (pour te) rassembler à quelque chose qu’il n’est point de toi de comprendre" (374 Cit.). Heureux ceux qui le réalisent et vivent ainsi ! Les autres sont en "exil" - et Saint Exupéry, exilé en Angleterre, incompris de ses amis, calomnié par d’autres (Cit. Préface) sait de quoi il parle ! La terre est alors pour eux, comme pour le Petit Prince, un véritable désert... "les grandes personnes (elles), s’imaginent tenir beaucoup de place" (P.P) ; mais celui qui n’est ni mégalomane, comme le roi rencontré par le Petit Prince, ni un vaniteux schizoïde, ni un drogué s’auto­justifiant toujours, ni un "responsable" de futilités, ni un obsédé de travaux inutiles, ni un... "mouton", sera bien vite amené à "ne voir personne" (P.P passim) sur la terre... Il ne rencontrera que ce qu’il cherche véritablement, même si inconsciemment : un sage renard pour le guider, un Petit Prince qui "réveille" ou un Aviateur en quête, comme lui, de cet "essentiel (... ) invisible pour les yeux" (P.P) ; le Maître n’arrive-t-il pas, comme le révèlent aussi bien le Bouddhisme que la théorie des champs morphogénétiques, lorsque l’élève est prêt ? Les "lignes de force" qui sous-tendent l’existence ne sont-elles pas toujours présentes, actives et utilisables pour l’être qui ne s’enfourne pas, pour les éviter ou les contrer, dans les "trains" où il va "bailler", "dormir", pour l’être qui ne cherche pas à faire "des économies de temps" ? (P.P). Et ne sont-elles pas données à l’être dès sa naissance ?

Les familiers du "Petit Prince" ou des héros de "l’Oiseau Bleu" de Maeterlinck iront plus loin dans ce constat : Ils réaliseront vraiment que l’ont puisse "profiter d’une migration d’oiseaux sauvages", de lignes de forces naturelles pour changer de planète !

Ce sont de solides champs de forces que révèlent toutes les aventures - devenant ainsi épreuves-aides "initiatiques" - relatées par l’auteur, " des lignes de force dans lesquelles il trempe" (372 Cit.), lui, comme tous les êtres humains ou les animaux... Leur solidité de base, leur inné consciemment perçu ! Voilà bien alors pourquoi le Pilote de ligne s’exclame : "J’ai toujours connu comme tristes les émigrés" (468 Cit.)... Aujourd’hui, ajoute-t-il, "les hommes manquent de racines" (P.P) car ils les ont quittées pour les "remous contradictoires" de leurs "pentes naturelles", c’est-à-dire de leurs désirs égoïques, des "fausses structures (qu’ils) inventent par jeu"..."Ils ont tout désaimanté" (Et le mot, ambigu dans son double- entendement, maintenu par la langue des Oiseaux sacrée, est fort parlant) "en défaisant ce nœud divin qui noue les choses" (373 Cit.). Les retrouver, les maintenir, ces coutumes, ces traditions, ces fêtes, ces lois et ce langage de l’"empire" c’est sauver la "citadelle", la "demeure" et ses habitants" des projets de sable", de "l’effritement des choses" (28,32 Cit.), de l’existence ou l’ont vit "seul, sans personne avec qui véritablement parler" et "tellement triste" (P.P).

"Je t’ai dit qu’il fallait des objets reliés" (Cit.) lance Saint-Exupéry...

Liens dans le temps :

Reliés avec le passé... liens, par là,avec ce que Saint-Exupéry nomme Dieu, Rose, Renard, Petit Prince, c’est-à-dire lien avec un état édénique que l’on a connu imagé par des êtres, des choses, des mots " imagerie", "symboles", "concepts" (P.P et C.) qui rappellent, comme " le blé qui est doré" fera "souvenir des cheveux couleur d’or" du Petit Prince et (" Ce sera merveilleux" !) de lui, par conséquent, de son amitié... (P.P).

L’existence est ainsi ritualisée... et Saint- Exupéry est formel : "il faut des rites. (...) Un rite c’est quelque chose de trop oublié" (P.P) ! C’est un cérémonial "à la façon d’un conte de fées pour ceux qui comprennent la vie", ou, comme tous les "livres de l’enfance, (... ) notant tout le long les prières, les concepts charriés par cette imagerie" (32 C.) : réitération de légendes au sens étymologique de "liens", une ligne de force qui "charrie" partout et toujours des "vérités" symboliques" (32, 143 C.), des "concepts strictement religieux" (étymologiquement encore : qui relient !), "l’amour, les trésors invisibles, le sacrifice, l’universel" (44 C.).

Nous trouvons ainsi : le Puits du Village, le Désert, le Serpent, le Baobab, la Rose, le Volcan, le Petit Prince, l’Avion, les Etoiles, la Maison, l’Eau, dans "le petit prince" et, ailleurs, la Sentinelle, la Jeune Femme criminelle, le Père, les Courtisanes, la Panne, le Berger, le Forgeron (Citv)...

Tous sont, dans le cheminement initiatique, "souvenirs d’étapes et d’efforts et de sacrifices" (441 Cit.), objets qui rayonnent, comme le "puits dans le désert" d’une "invisible beauté", de cet "essentiel invisible pour les yeux" mais qui touche "le cœur", "embellit", chante, révèle en fin de compte" le nœud" entre les choses (P.P et 175 Cit.). Il y a en effet, conclut Saint-Exupéry, "ta présence au travers qui me permet d’y déchiffrer" une construction future, car "les objets sont vides et morts s’ils ne sont point d’un royaume spirituel" (363, 255 Cit.). Ainsi, on l’aura compris par ces exemples, "les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l’espace" (29 Cit.) : des images éternelles qui, comme des fils invisibles, me relient éternellement à ma "vérité (qui) se creuse comme un puits", à ce qui "rassemble", à la "semence" qui fait espérer les moissons et "se réjouir de la croissance des moissons", aux "assises de la Citadelle", à cette Terre que "la corde du puits accouche" et qui "redonne le goût des victoires" (Passim Cit.)...

On demeure ainsi, par ces vecteurs, ces lignes de force entre la réalité profonde originelle et le présent, dans l’intimité et la plénitude, chez soi, dans la sérénité, dans la conscience cependant de la nécessité de maintenir et cette connaissance, et le processus de création pour les générations futures. Oui ! "tout s’ouvre sur plus vaste que soi" : "la manivelle rouillée est cantique" (82,248 Cit.), "un puits porte loin... comme l’amour" (92 T.H), et tout objet ainsi resacralisé, relié par cette conscience des Rites fera le même.

Saint-Exupéry nous propose donc de percevoir d’une part le lien entre le passé et le présent pour le futur : "seuls vivent ceux qui n’ont point trouvé leur paix dans les provisions qu’ils avaient faites" ; "sauver l’invisible noeud qui lie les choses et les change en domaine, en empire, en visage reconnaissable et familier " (59, 75 Cit.).

D’autre part, le lien entre le passé et l’éternité :

"Voici que je puis te dire " la fontaine de ton village" et ainsi t’éveiller le coeur et peu à peu t’enseigner cette marche vers Dieu" (City.)...

Liens humains

Mais ce sont là, bien entendu, des liens ainsi et aussi entre les hommes : liens entre le Pilote et le Petit Prince, entre le Petit Prince et le serpent ou le Renard (très humanisés !), entre Saint-Exupéry et ses lecteurs à qui il s’adresse personnellement, les priant de lui écrire (P.P)...

C’est ce qu’il veut établir car si les hommes " ne savent plus ce qu’ils cherchent", lui, Saint- Exupéry, sait que ce qu’ils cherchent " pourrait se trouver dans un peu d’eau ou dans une rose" : "soyez mes amis", crie le Petit Prince ! "Créez des liens" conseille le Renard, car "il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis" (P.P) ! il faut donc apprendre à "apprivoiser" : "cela signifie créer des liens"... mais cela peut-il se faire avec des "gens sérieux" qui ne parlent que de "bridge, de golfe, de politique et de cravates" ?(P.P) Non ! Il faut "organiser", "opposer son arbitraire à cet effritement des choses et n’écouter point ceux qui parlent des pentes naturelles" (33 Cit.) : "je les sollicite de m’aider" conclut Saint-Exupéry, comme le renard avait prié le Petit Prince de suivre le rituel de l’approche, des horaires...

"Seuls sont frères les hommes qui collaborent" explique Saint-Exupéry (59 cit); aussi va-t-il inventer "un empire ou tout soit fervent", soutendu par les forces vives des êtres humains qui doivent s’en ressentir " dominés" (374 cit). Il les invite à la soumission, ainsi, à leurs intimes moteurs ; non à la passivité ! "Les sédentaires de coeur (... ) qui n’échangent rien ne deviennent rien" affirme-t-il, tout comme Nietzsche ("tout n’est que passages que dieu emprunte") ou Teilhard de Chardin, un de ses auteurs favoris ("arrière les immobilistes ! la vie n’est que perpétuelle découverte" !)...

Eternel message des enseignements

initiatiques : Yin et Yang de l’androgynat, Détachement et "extinction de l’extinction" : "Il faut se soumettre pour survivre" mais "il faut lutter pour continuer de vivre" (Cit.).

Nous le constatons, si nous résumons ainsi son oeuvre par cette phrase synthétique, Saint- Exupéry prône en fait le seul :

Lien avec Soi

Lien avec ses racines, car l’être "vaut, dans le désert, ce que valent (ses) divinités" (242 L.). Lien avec son monde extérieur auquel il confie des images utiles ("s’ils voyagent un jour ça pourra leur servir" (P.P) des mots d’ordre "urgents" "pour avertir ses amis d’un danger qu’ils frôlaient depuis longtemps sans le connaître", des conseils ("Ne vous pressez pas, attendez un peu sous l’étoile"), de justes catalyseurs ("ma maison cachait un secret au fond de son coeur") (P.P).Voilà bien une nourriture vitale sous forme d’aliments des sens physiques, émotionnels et mental pour qu’elle "se fasse aliment pour le coeur")(P.P). Lien avec le monde intérieur, avec ce "coeur" pour qui l’eau trouvée dans le désert, la Source de la Vie, est bonne; avec ce coeur pour qui cette "eau-là" doit être cherchée (P.P), cette eau merveilleuse, cette "bonne eau" de Byron, transfigurée par le don ("la différence réside dans le don ( ) acte de baigner de son amour") : dans le lien d’amour au-delà des formes, cet "amour exprimé" (41 C.) seulement là... Car " quel serait ton bonheur si tu n’avais pas ceux que tu éclaires ? " questionne Nietzsche ; l’essentiel du cierge n’est point la cire qui laisse des traces mais la lumière" explique Saint- Exupéry (20 cit).

Lien avec l’essentiel

"Quiconque demeure logique tue en lui la vie"... et c’est pourquoi Saint-Exupéry nous avertit que ce lien d’Amour est "mystérieux" : il relie à l’unité ontologique de tout, dans la source initiale où l’Initiation est censée faire pénétrer ; il est ligne de force entre l’homme et le terre-Mère ("Celui qui épouse le puits épouse la terre"), entre la terre et "dieu" ("la marche vers Dieu"), Dieu étant dit également "Citadelle, Épanouissement, Mystérieux Rayonnement", le nœud divin qui noue les choses (363 cit), le Centre des "liens avec le monde" (125 T.H) : "je te conduirais à l’épanouissement de toi-même" ( 83 C.) à la "drôle de petite voix" qui "réveille" et "qui sait" (P.P) écrit l’auteur en d’autres textes. Evidemment ce noeud octroie la toute conscience et la toute connaissance : Comment le petit prince connaîtrait-il autrement l’existence des moutons, absents de sa planète ? Comment devinerait-il que la panne est réparée ("Comment sais-tu ?" questionne le pilote) ou que l’heure de quitter la terre est arrivée ? (P.P).

"On ne voit bien qu’avec le cœur" : mais ce Cœur, Saint-Exupéry ne cesse de la rappeler n’est pas le cœur des désirs !

En cette source même la faim et la soif n’existent pas : le Pilote le remarque bien au sujet du Petit prince qui, de plus, " ne mesure pas le danger" et ne craint pas la mort.

Ainsi tout le cheminement de l’existence, consciemment vécu, donc en état de "bonheur" ("démarche d’obtenir") (108 cit.) se perçoit comme une remontée par des filières, des lignes de force, des images, des symboles, des héros reliés entre eux par des

mythes, des légendes, vers l’ouverture "sur plus vaste que soi", sur la délivrance qui permet la seule vraie création (82 Cit.).

Ces lignes, ces fils lumineux, ces "émanations" Don Juan les a évoqués pour Castanéda au cours du cheminement initiatique de ce dernier ; n’est-ce pas une image similaire que le Christ, à ce que rapportent les Evangiles, utilise pour envoyer ses disciples pécher les âmes ? "Les noces chimiques" de Christian Rosencreutz ne parlent-elles pas de même d’une pêche à l’homme au moyen d’une corde lancée du sommet de la grotte ou il attend ?...

Saint-Exupéry, en révélant aussi vigoureu­sement leur présence, réveille et révèle leur souvenir dans la pensée du lecteur, leur présence au cœur des choses les plus anodines ou dégénérées. En leur exposant les lignes de force dont sont issues les "pierres avec lesquelles ils bâtissent la haine", peut- être s’en serviront-ils pour "bâtir l’amour" (83 cit), pour suivre les souhaits réels, les pulsions non égocentriques et non les impulsions individuelles ; au-delà, donc, " des biens en grand nombre (où) il est offert aux hommes plus de chances de se tromper sur la nature de leurs joies" (327 cit) ? Car " il ne s’agit point de nous ; nous sommes ensemble passage pour Dieu qui emprunte un instant notre génération et l’use" (461 Cit.).

Ils atteindront alors à la "perfection de l’état de l’homme", à cette créativité de la Nature naturante en eux ; de même, "le cèdre se nourrit de la boue du sol, mais la change en épais feuillage qui se nourrit, lui de soleil"... Ainsi replacé en sa juste filière originelle, "l’orgueil (des hommes) devient tour et temple et rempart" de la "citadelle" ; " leur cruauté devient grandeur et rigueur dans sa discipline. Et voilà qu’ils servent une ville née d’eux-mêmes et contre laquelle ils se sont échangés dans leur coeur" (87 Cit.).

La voie initiatique

La Voie initiatique, c’est donc faire "germer et croître" l’être humain (372 cit), mais lui accorder, de plus, la conscience de son action : telle est la plénitude à laquelle l’homme peut atteindre si un maître du désert (cit) peut le nouer à ces lignes de vie, l’apprivoiser (P.P), le faire "collaborer" ("tous à travers tous et à travers chacun" 118,190) (City) à l’œuvre" et le rendre "responsable" (P.P) "d’un empire qui n’est pas des choses mais du sens des choses" (350 Cit). L’appel de ce maître, "Je suis la clé de voute d’un certain goût des choses et je te noue. Et s’en est fini de ta solitude" (350 City). C’en est fini alors du "Mozart assassiné", de la "belle promesse de la vie" en l’homme "marquée par la machine à emboutir de la civilisation"...

C’en est fini alors "des fourmis pour la vie de la fourmilière" (217, 117 Cit), des feux "sans emploi ni règle" (toujours prêts à éclater comme des volcans longtemps réprimés). "Bien ramonés" de leurs "connaissances mortes", de leur "ironie de cancre", de leurs liens avec "les biens matériels", de leur "mensonge et "délation", de leur

"racornissement" ("hors échange") (117 Cit), les êtres humains "brûlent doucement et régulièrement, sans éruptions" (P.P)... "Grand miracle de la mue et du changement de soi- même" (119 Cit). Ultime épreuve du Cheminement initiatique, si l’expression "soi- même" est justement comprise, non comme entité profonde mais comme entité globale ! Ultime épreuve à laquelle Saint-Exupéry nous convie par chacune de ses lignes dont nous avons tenté de dégager, en quelques lignes, les grandes lignes ! De là, tout commence alors de la vraie Vie où "tous les pas ont un sens" et qui se synthétise ainsi : "je protège celui qui de son aïeul le chanteur hérite le poème anonyme et, le redisant à son tour, y ajoute son suc, son usure, sa marque. Car je suis d’abord celui qui habite () et les sollicite (tous ses semblables) de m’aider" (28,36 Cit.).

Liens universels

Cheminement initiatique, pour Saint-Exupéry comme pour son lecteur, à travers les lignes qui soustendent et rassemblent les images- clefs de tout quotidien ; lignes de parcours "aérien" pour lui comme pour le lecteur ; seulement en densités différentes pour l’un et pour l’autre, suivant le degré d’incarnation ou de simple constat intellectuel de chacun... Voie opérative ou spéculative de l’Alchimie... Préhension ou compréhension pour la future conjonction des deux ; respectivement volatilisation du fixe (solve) ou fixation du volatil (coagula)... réseau de lignes d’aviation ou immense réseau international de tous les passionnés, de tous ceux qui offrent à leurs amis leur livre de chevet, ce "Petit Prince" l’un des ouvrages les plus traduits au monde... Clins d’œil du billet de 50 francs, de l’enseigne d’un des cafés ou restaurants " le petit prince", d’une chanson (G..Lenormand)... lignes sans cesse créées... Invisible "courrier" (dans le sens "transporteur de messages")... du "cœur" qui " voit" et qui rayonne ainsi en aide sur le Chemin vers la Plénitude...

Lignes de conduite

Nous le percevons bien : toute l’œuvre de Saint-Exupéry est ésotérique, c’est-à-dire qu’elle contient non un enseignement "caché" mais l’Enseignement de ce qui est caché sous les formes de la nature. Enseignement, donc, initiatique, c’est-à-dire aidant à la découverte, sous ces formes, de "l’essentiel invisible pour les yeux", de l’importance des choses au delà de leurs beautés "vides" (P.P). Ce que les aveugles, les "sans-cœur" nient, ne l’ayant point perçu et qui, par conséquent, n’est pas un enseignement généralisé ! "C’est pourquoi tu ne sauras point, si nul ne descend vers toi de sa montagne et ne t’éclaire, quelle route à suivre te sauvera. De même que tu ne croiras point aussi savamment que l’on te raisonne, quel homme naîtra de toi ou s’y éveillera puisqu’il n’y est point encore. C’est pourquoi ma contrainte est puissance de l’arbre et par elle, libération de la rocaille" (298 Cit)... En cette fin de XXème siècle, beaucoup préfèrent suivre la pente de leurs désirs personnels, refusant "le chef, le maître, le responsable" (36 cit) : et cela se comprend ! "Les jeunes, notamment éprouvent une immense soif de liberté individuelle", traumatisés, castrés, ou voyant les autres l’être, par de "fausses structures" dont "faible et pitoyable est la joie que (l’on) tire" (373 Cit), par la "machine à emboutir" ( 217 Cit)... Les français, "dans les grandes décisions de (leur) vie tiennent compte avant tout le leur conscience " à 83 % dévoile un sondage du monde (12.05.94) !...

Observons : à ceux qui posent des questions sur les "énigmes", la réponse des " marchands de pilules perfectionnées", des "gens sérieux", "habillés à l’Européenne" (P.P) n’est jamais : "Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé"," On ne voit bien qu’avec le cœur", "les enfants seuls savent ce qu’ils cherchent" (P.P) : Non ! Avec "haine", créateurs de "faux litiges", de "clans, partis, factions, comme des chiens qui tournent autour de l’auge" qu’ils convoitent, car "n’ayant point encore compris (ils) s’indignent" ; ils exposent "leurs mauvaises raisons", "les matériaux de leur vaine justice" (10,83 Cit). Ne sont-ils pas, eux, "soumis aux illusions de leur langage", inconscients du "seul patrimoine à sauver", agglutinés qu’ils sont aux "temples auxquels ils tiennent" (297 etc. Cit) ? Ils condamnent alors l’attitude "élitiste", voire la "mégalomanie" de celui qui a des réponses simples à tout. D’autres que Saint-Exupéry avaient déjà transmis de telles réponses ; d’autres de ces porteurs de lumière, de solutions aux questions humaines vitales ; il fut suivi également d’autres personnages à fonction d’"ami"-qui-prend-par-la-main (P.P) ("car le véritable enseignement n’est point de te parler mais de te conduire"). Certains les nommeraient sans nul doute aujourd’hui, avec dédain, des "gourous", si un phénomène de mode...ou de conscience faisait redécouvrir "en grand" les Gide, les Rimbaud, Georges Sand, etc... Qui avaient tenté de véhiculer certaines vérités de base...Et les calomnieraient, leur lançant des traits, des flèches -lignes de tir en contre- offensive de ceux à qui leurs lignes de conduite ou leurs lignes "inspirées" déplaisaient !

"Les calomnies dont il est l’objet... Ses ennemis..." notent les éditeurs de Citadelle : ce sont d’autres lignes de force, celles de "celui qui cherche à connaître". Celles de Saint-Exupéry sont celles de celui qui "sait que l’esprit seul gouverne les hommes et qu’il les gouverne absolument" et voit "l’arrangement" (388 etc. Cit).

Lui, il demeure serein, éternel, rappelant éternellement : "Je t’ai dit qu’il fallait des objets reliés, pour te faire communiquer avec des trésors de plus en plus vastes" (367, 298 Cit ).

Les autres "s’écorchent aux ronces ( ), luttent contre le fouet des rafales" (234 Cit.) ; "leur liberté, c’est la liberté de n’être point"; On n’est "plus que partage de provisions dans une réalité haineuse", "dans la hargne de (son) voisin, la jalousie de (son) égal, l’égalité avec la brute" (284,285 Cit.)... Non ! crie Saint-Exupéry à longueur de page, à toutes les lignes : "J’espère, moi, que l’on me donne le meilleur. Car, alors seulement, vous voilà grands" (366 Cit). Que l’on crée le meilleur ! "Il s’agit de la soumission, non de chacun à tous mais de chacun à l’œuvre et chacun force les autres de grandir" (153 Cit.). Pas pour paraître, pas pour gagner de l’argent, de la considération, du pouvoir ; pas pour être mieux dans sa société "fourmilière" (117 Cit.) ! Non ! pour la seule plénitude, la seule force manifestée pour "inventer un empire où tout simplement tout soit fervent", où tout soit lié par " le nœud divin qui noue les choses" (61,347 Cit) : Au delà du psychologique, du personnel, de la personnalité, de l’humain !

La perfection" tout simplement !
Et "la perfection", c’est l’échange en Dieu" (88 cit.)... et c’est l’initiation au sens véritable du mot et du concept !

Emm\ rv\ Mon\ &Den\ Mou\

 

Source : http://www.ledifice.net

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Planche : La Règle ou jauge de 24 pouces

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Dans les anciens rituels, la règle est appelée jauge de 24 pouces. Elle correspond au temps immuable, à la Grande Règle de l’Ordre Universel. Selon Boucher, le sens général que l'on donne à la règle est "Précision dans l'exécution". Cette définition souligne un aspect important du travail d'un franc-maçon. La précision dans l'exécution ou l'exécution précise. Le souci de précision réduit la probabilité d'échec et permet d'atteindre exactement le résultat escompté de l'action. Cela permet de ne pas perdre du temps et de l'énergie en s'égarant dans des errements inutiles. Enfin, la précision dans l'exécution permet d'éviter des externalités, des coûts collatéraux que son action peut faire subir à des tiers.

Boucher divise les outils symboliques en outils actifs (le compas, le maillet, la perpendiculaire et le levier) et outils passifs (l'équerre, le ciseau, le niveau, la règle). "Passif" revoie à la matière tandis que "actif" renvoie à l'esprit. On observe que la règle est un outil symbolique actif qui se combine aisément avec un certain nombre d'autres outils actifs ou passifs.

On conçoit facilement l'utilisation possible de la règle si l'on garde à l'esprit que, sur le plan opérationnel, elle sert à mesurer, tracer et limiter.

Mesurer

Mesurer, c'est définir en fonction d'une échelle choisie la valeur que l'on accorde à ce qui est mesuré. Dans le travail, cela revient à estimer l'énergie que l'on envisage mettre dans un effort et à déterminer à l'avance le résultat auquel on aboutira.

La règle sert également à compter. Selon Boucher, elle est souvent associée aux 24 heures de la journée, qui doivent être entièrement et convenablement employées.  La règle se combine alors avec le maillet pour constituer le fondement de la volonté dans l'application. On peut imaginer un maillet virtuel pour différentier les actions les unes après les autres au cours de la journée.

Mais la mesure renvoie aussi au sens de la proportion et de la nuance. Il faut souvent mesurer et doser ses paroles pour modérer un conflit, tempérer un emportement ou ménager des susceptibilités. Si on garde à l'esprit que la truelle symbolise bienveillance envers tous, on comprend alors le lien possible entre la règle et la truelle.

 
Tracer

Outil nécessaire pour tracer une ligne, la règle permet de définir l'emplacement des matériaux de construction. Sur le plan purement spéculatif, cela revient à baliser son action en vue de construire l'édifice conformément au plan du Grand Architecte de l'Univers. Ce qui demande beaucoup de persévérance car il faut continuellement se frayer le chemin dans le tumulte et l'agitation. Il faut continuellement revenir au plan tracé et ne pas se distraire de son objectif. La règle sert ainsi à agencer ce qui est épars, à articuler ce qui ne l'est pas.


La règle sert à tracer la voie. Dans ce sens, elle fait référence à la méthode, la marche à suivre. L'objectif de celle-ci est de structurer la pensée dans le but ultime d'échafauder des plans, d'édifier une construction. Le résultat de cette construction peut être matériel ou non-matériel. Il faut de la méthode pour classifier, combiner, discipliner, organiser, chercher. Cependant, toute recherche nécessite du discernement. Le discernement étant la signification que l'on accorde au ciseau, on saisit le sens qui peut être donné à la combinaison règle-ciseau.

La méthode sous-entend la définition du chemin à suivre, d'une ligne de conduite ou d'une procédure afin de ne pas s'égarer. Il y a autant de règles que d'objectifs à atteindre. En mathématiques et en statistiques, on parle de formule. Par ailleurs, on parle de recette de cuisine, de stratégie politique, de théorie philosophique, de technique médicale … Afin d'être précis dans l'action, il faut de la méthode pour arriver aux fonds des choses. L'observation profonde n'est-elle pas la signification de la perpendiculaire ?

Limiter

Mesurer ses paroles et ses actes revient à deviner les conséquences de ceux-ci en avance. Cela permet de les limiter pour ne pas dépenser plus d'énergie qu'il n'en faut. Ni peu, ni trop, juste ce qu'il faut.

En renvoyant à la loi, la règle définit les limites de l'action. Dans ce sens, elle impose la rectitude dans l'action. Le respect de la règle rend prévisibles les actions menées par les individus. Il définit une ligne autour de laquelle viennent s'harmoniser les actions individuelles. Dans ce sens, la règle permet de restreindre l'action individuelle afin de la rendre conforme à l'action collective. En rappelant à l'ordre, la règle permet de rester droit, comme le suggère l'équerre.

Le travail à la gloire du Grand Architecte de L'Univers est une action collective. Pour y arriver, notre action individuelle doit suivre certaines règles.

Permettez-moi de faire un détour par l'arithmétique. Le fait que l'on arrive aux résultats suivants peut avoir une signification. Combiner la signification des chiffres avec celle des opérations qui permettent d'y arriver doit aussi permettre d'accéder à d'autres connaissances. Pour l'instant, ces opérations se sont simplement  imposées à mon esprit.

Nous savons que 3 est le chiffre de l'Apprentissage.

Si nous divisons 24 par 3, nous obtenons 8. 8 h de travail, 8 h pour divertir l'esprit et 8h de repos.  A noter qu’auparavant, selon le manuscrit « L’initiation il y a deux cents ans » , la règle de l’Initié se subdivisait en 4 x 6 heures, soit 24 heures qui s’articulaient ainsi : 6 h pour travailler, 6 h pour servir Dieu, 6 h pour servir un ami ou un frère, sans que se soit à notre détriment ou celui de notre famille, et 6 h pour dormir.

Le nombre 24  est composé de 2 et de 4. Combinons ces deux chiffres et voyons ce que cela donne :

2 x 4 = 8 Nous étions arrivé à ce chiffre précédement.
2 + 4 = 6
24 : 6 = 4
4 x 3 = 12
12 è minuit ou midi, l'heure à laquelle les A\ commencent et terminent leurs travaux.

Reprenons le chiffre 6 :

2 + 4 = 6
24 - 6 = 18
18 : 6 = 3
3 è le chiffre de l'Apprenti.

Voilà quelques opérations arithmétiques simples. Je n'ai pas d'interprétation à proposer. Peut-être que ceux qui ont connaissance du symbolisme des opérations arithmétiques et des chiffres peuvent nous éclairer sur ces résultats.

Voici enfin une description de l'utilisation de l'outil symbolique de la règle dans la vie quotidienne.

La règle permet de faire une analogie entre le temps et l'espace. Elle a une connotation d'orientation, car elle est graduée de 0 à 24 pouces. Dans l'exécution journalière de mes tâches, cette graduation renvoie à une progression. C'est à dire que ce que je fais à un moment donné est supérieur (en quantité et en qualité) à ce que j'ai fait auparavant et inférieur à ce que je ferais plus tard. La distance que j'ai parcourue à un moment donné est supérieure à celle que j'avais parcourue auparavant et inférieure à celle que j'aurai parcourue plus tard. La réalité de chaque moment que je vis est définie par ce qui le précède et ce qui le suit. Mais tous ces instants contribuent à un même objectif : la perfection. Chaque moment contient les 3 étapes du travail : préparation, action et correction des erreurs éventuelles. A chaque moment, pendant que j'agis conforment à ce qui avait été précédemment planifié, je corrige les erreurs involontairement commises  et prépare l'action future.

Donc, en résumé, la règle utilisée à bon escient amène le maçon à en faire usage pour trouver la mesure, l’ordre inhérent à toute chose, la discipline au quotidien, la présence dans l’instant, l’attention à tout ce qu’il fait, la constance dans une ligne de conduite librement choisie pour l’édification de son Temple intérieur.

 

J’ai dit, V\M\ 

 

source : http://www.ledifice.net

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Planche : le rituel d'ouverture au 1er degré

24 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Vénérable maître et vous tous mes frères en vos degrés et qualités, ma planche s’intitule : le rituel d’ouverture au premier degré.
 
Dans le dictionnaire il est dit q’un rite est un ensemble de règles fixant le déroulement d’un cérémonial quelconque, c’est une action accomplie conformément à des règles. Un rituel est un texte qui codifie les règles à appliquer lors d’une cérémonie.
 
Le rituel est lu en loge à chaque fois que les frères se réunissent. Il sert en quelque sorte d’ouverture des travaux, de passage entre un état et un autre, une alchimie. La transmutation de l’homme ordinaire en initié, la transition du profane au sacré, préparer les frères à agir dans un espace-temps sacré, les préparer à un voyage dans la tradition et à l’intérieur d’eux-mêmes.
La loge se ferme au profane. Le rituel peut commencer. Le franc maçon traverse une frontière pour passer dans un autre monde, pour l’instant plongé dans les ténèbres. Seul l’endroit où siège le vénérable maître est éclairé. « Prenez place mes frères, nous allons procéder à l’ouverture de la loge » dit-il. Le silence qui règne est le signe de la concentration de chacun face au sacré qui va se mettre en place.
 
Le coup de maillet a retenti, le franc maçon se prépare à parcourir le chemin de la connaissance. Il s’agit de prendre une place physique, mais surtout une place intérieure en  harmonie avec l’univers et la magie des symboles du rituel d’ouverture.
Le rituel va permettre de créer une ambiance et de procéder  à des travaux.
Par l’ouverture de la loge nous allons recevoir des connaissances. Lorsque le vénérable maître annonce qu’il va procéder à l’ouverture de la loge, il nous invite à nous y intégrer mais aussi à nous ouvrir, à ouvrir une brèche en nous et à participer, ouvrir son esprit et son cœur et laisser la lumière y entrer.
 
Il y a un instant encore nous étions dans la vie ordinaire, dans un monde dit profane. Cet appel va ouvrir un espace différent, un espace sacré entre frères, entre hommes égaux face au cheminement que nous entreprenons pour aller vers le sommet.
Le vénérable maître sollicite l’aide des deux surveillants. C’est à eux qu’incombe une partie des devoirs de ce travail d’ouverture.
 
Ainsi, le second surveillant doit s’assurer que la loge est couverte, que l’espace est clos. Il demande au frère couvreur de le faire. Les ordres ne sont pas transmis directement mais du vénérable maître au frère couvreur en passant par le frère second surveillant. Le retour se fait de la même façon, du frère couvreur au  vénérable maître en passant par le second surveillant.
 
Dans l’obscurité, des relais sont nécessaires.
La loge est dûment couverte, le frère couvreur l’affirme. Avant de répondre au second surveillant il a agit. Il regarde à l’intérieur de lui-même, il a écarté le profane. Il peut maintenant affirmer : la loge est dûment couverte. Le premier devoir est accompli. Les frères sont protégés des agitations du dehors. Cette protection est indispensable.
Aucun profane ne pourra désormais franchir le seuil. La loge est couverte, le frère couvreur en est le gardien. Cela n’est pas suffisant. Il faut maintenant reconnaître les qualités maçonniques des hommes présents. Cette charge est dévolue aux surveillants. Ils doivent s’assurer que tous les assistants sont apprentis francs maçons, à leur place et à leur office, et rendre compte au vénérable maître.
Brusquement, nous apprenons qu’il y a un ordre dans la loge. Si un homme est second, c’est qu’il y en a un  premier. S’il est surveillant, c’est qu’il existe une nécessité à surveiller. Une loge est donc une organisation complexe. C’est au frère second surveillant que s’adresse pour commencer le vénérable maître. Probablement parce qu’il est plus accessible que le premier. Un apprenti peut-il comprendre, sentir cela ? Je dirai que à chaque niveau Sa compréhension.
 
Ne sommes-nous pas là aussi pour apprendre et pour comprendre ? L’harmonie de la loge n’est pas due au hasard mais procède donc d’un ordre. Le rituel précise qu’il y a un premier devoir. Cela sous entend qu’il y en a d’autres. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître l’importance du devoir même si le profane avance généralement en premier lieu ses droits.
La participation au rituel, nous montre quelle attitude prendre. Celui qui ne remplie pas ses devoirs n’a pas sa place ni dans le monde ni dans le temple.
 
Le vénérable maître pose ses questions aux surveillants qui ont une place précise, géographique mais aussi psychologique dans la composition de la loge.
Par l’ouverture d’un testament nous recevons l’héritage de nos parents, de notre famille. Ici, symboliquement par l’ouverture de la loge nous allons recevoir l’héritage des connaissances accumulées par notre famille de chercheurs spirituels. Ceux-ci tentent de nous transmettre la clé de la connaissance, du monde inconnu auquel nous appartenons sans savoir comment le rejoindre. Le vénérable maître nous invite à ouvrir notre temple intérieur. L’ouverture de la loge c’est aussi une invitation à s’y intégrer.
La déambulation des surveillants vise à reconnaître les hommes dans leur qualité d’apprentis maçons par la mise à l’ordre. Chacun est à sa place et à son office, c'est-à-dire là où il faut et prêt à faire ce qu’il faut. Ainsi, le deuxième devoir est accompli.
Chaque objet, chaque décor, a une place définie. Ce n’est pas un effet du hasard mais l’indication d’un ordre. Chacun est sa place, le surveillant, le secrétaire, le trésorier et cela n’est pas un honneur, mais une charge, avec des devoirs à accomplir.
L’apprenti, qui débute sa recherche, a aussi des devoirs, notamment de silence, de présence régulière, et de maniement du ciseau. La pierre qu’il taille est encore grossière et long est le chemin vers la pierre polie. Le déroulement du rituel nous montre l’action qui conduit à la connaissance.     
 
Il en est de même à l’orient dit le vénérable Maintenant nous en sommes sûrs, tous les assistants sont apprentis francs maçons. Le profane vit dans son monde alors que l’apprenti perçoit déjà la présence d’une nouvelle vie organisée derrière le monde rationnel. S’il existe deux mondes, il existe deux manières de les appréhender. Réussir ces deux mondes est peut être possible à force de travail, de recherche de vérité pour les mettre en harmonie. Le passage du rituel du second au premier surveillant et enfin au vénérable maître semble long à l’apprenti car ils disent sensiblement la même chose mais celui-ci au fur et à mesure qu’il pratique concrètement le rituel s’aperçoit qu’il faut du temps pour instaurer, pour sentir les vibrations de la loge et de chaque maçon présent.
 
Puisque la loge est dûment couverte, entrons dans les voies qui nous sont tracées. Il doit donc exister des traces à suivre. Quand on demande à être initié, c’est aussi parce qu’on a conscience que la vie ordinaire ne répond pas à notre attente. Est-ce cette trace là qu’il faut suivre, sachant que ce n’est pas la plus facile. Je crois que c’est la voie du perfectionnement de la paix et de l’harmonie, même si elle est difficile et ardue.
 
C’est peut être ici que je vais trouver le chemin qui me correspond le plus.
Qu’avons-nous demandé lors de notre première entrée dans le temple ? Qu’avons-nous demandé alors que profane nous nous sommes tournés vers la franc-maçonnerie ? 
Etre accepté, travailler dans un temple n’étant pas un but, qu’en espérions-nous ? On espère recevoir une connaissance, une solution, une réponse. La franc-maçonnerie nous réclame de donner, de servir, de respecter. Les frères nous réclament notre présence, notre savoir. Donc nous demandons aussi.
 
Nous demandons la connaissance, l’initiation.
La lumière vénérable, nous demandons la lumière dit le rituel. Un mot immense. Dans le dictionnaire on parle de rayonnement perçu par les yeux, de clarté, d’éclairage, mais aussi de ce qui éclaire l’esprit. L’apprenti se questionne. Quelle lumière est-il venu chercher, quel éclaircissement ? Il cherche l’élément qui fait comprendre la lumière de la raison, posséder des connaissances, un savoir, la lumière qui le sort des ténèbres. La lumière est aussi le soleil et ses couleurs étonnantes du levant ou du couchant que les vieux vénéraient parce qu’ils connaissaient les vertus et les bienfaits de sa chaleur. Pour les croyants, le Christ est la lumière du monde, Dieu est lumière. Que cette lumière nous éclaire. Le bandeau ôté, pour l’apprenti commence l’instruction initiatique. L’homme ordinaire se dirige vers la lumière. L’apprenti fait son chemin intérieur, il ne doit pas se laisser séduire par les fausses lumières. Sommes-nous en mesure de voir cette lueur innée en nous ? L’apprenti la perçoit à peine. La lumière du flambeau du vénérable à l’orient va, par l’intermédiaire du maître de cérémonie et des surveillants, éclairer la loge.
 
Frères surveillants et maître des cérémonies veuillez m’assister. Le maître des cérémonies respecte un ordre, il assiste le vénérable. Il frappe le sol de sa canne de pèlerin et va porter la lumière. Il entreprend un voyage, une marche qui guide les autres. Cette marche sera assistée plus tard par l’expert qui avec son épée l’aidera dans sa démarche initiatique.
Le vénérable maître invite les frères surveillants et maître de cérémonie à l’assister parce que aucun homme ne peut marcher seul sur le chemin de la vérité, de la lumière. Le rituel une fois de plus nous rappelle que pour avancer nous avons besoin d’être assistés, de nous unir aux autres frères.
 
Que la sagesse préside à la construction de notre édifice. Le vénérable en allumant le flambeau à trois branches illumine l’orient. Cette flamme permettra d’allumer d’autres flammes et de diffuser la lumière à toute la loge. A partir d’une petite flamme intérieure, nous pouvons nous embraser si nous savons chercher dans notre être. Le maître des cérémonies en allumant l’étoile du pilier Force et le flambeau du premier surveillant, illumine l’occident. Que la force soutienne notre édifice. Le maître des cérémonies continue son périple et allume l’étoile du pilier Beauté puis le flambeau du second surveillant. Le midi s’illumine. La pleine lumière règne dans le temple. La beauté orne l’édifice. Le rituel nous approche des trois piliers : La sagesse, la force et la beauté. Ces valeurs sont indispensables. Le vénérable qui possède la sagesse, la prudence, la réflexion, doit transmettre la flamme, la lumière pour aider ses frères. Il veillera au bon déroulement des travaux sacrés. La beauté orne le temple et permet au néophyte de s’engager sur le chemin, elle développe le goût de l’harmonie. La force est nécessaire pour lutter dans les ténèbres, pour passer de l’ombre à la lumière. Pour le franc-maçon elle est guidée par la beauté et la fraternité, sinon elle pourrait prendre des fausses voies. La force n’est pas violence. L’apprenti commence à comprendre pourquoi il se met à l’ordre avant de parler, il s’interroge sur sa vie intérieure, il en découvre des richesses. Ces lumières tout à coup lui ouvrent l’esprit, il commence à comprendre ce qu’il est venu chercher lors de sa première entrée dans le temple.
 
Le frère expert dispose les trois grandes lumières sur l’autel des serments puis trace le tableau d’apprenti sur le pavé mosaïque entre les trois piliers.
 
L’autel des serments est le lieu sacré, c’est la table qui reçoit les trois grandes lumières, les trois symboles majeurs que sont le volume de la loi sacrée, le compas et l’équerre. Le livre sacré qu’est la Bible représente-t-il la lumière religieuse ? Le reflet de la lumière intérieure sûrement. Le volume de la loi sacrée pourrait être la Thora en Israël, le Coran pour les musulmans. Ce qui est important est invisible, caché au fond de soi même.
 
L’équerre, l’emblème de la rectitude inspire la droiture dans les pensées et les actions des francs-maçons. C’est le symbole de la morale. Elle rappelle à l’apprenti qu’il est une pierre brute et que son objectif est de tailler puis de polir cette pierre, de sorte qu’elle puisse bien s’insérer parmi les autres pierres dans la construction de l’édifice.
 
Le compas est l’instrument de mesure, l’outil qui permet de tracer un cercle parfait sans perdre le centre. Il permet de tracer un rond comme la terre, comme la voûte céleste. L’apprenti est dans sa caverne, dans ses ténèbres, il recherche le centre, sa tâche est de le découvrir. Le frère expert déroule le tableau d’apprenti. Le vénérable lui demande de le tracer car autrefois les compagnons le traçaient à la craie. Sur le tableau figure le dessin de tous les symboles contenus dans le temple, un espèce de condensé sur une toile roulée.
Prenez place mes frères. Le vénérable donne un coup de maillet. Le rituel change de direction.
Nous sommes à couvert, orientés convenablement. Nous sommes prêts pour aller plus loin dans notre découverte de la spiritualité. L’action va pouvoir à nouveau s’engager. L’apprenti est jeune, il manque d’expérience dans le domaine ésotérique. Quel que soient ses actions et son savoir dans la vie profane, il doit être guidé par la loge.
« Frère second surveillant quel âge avez-vous ? »
« Trois ans vénérable maître ». Avec ses trois ans l’apprenti pénètre dans un autre monde, il entreprend un voyage dans le mystère sous le signe du chiffre trois. Quand il marche il fait trois pas, son âge est de trois ans, son élévation est de  trois degrés possibles, il est dirigé par trois maillets, le vénérable et les deux surveillants, il salue trois fois, la batterie est de trois coups, le décor comprend trois colonnettes, le flambeau a trois branches.
 
Où est votre place dans la loge ? Nous observons qu’il est besoin de quatre phrases différentes pour évoquer un point. Le rituel questionne, répond et explicite la réponse. A cette question, il sera successivement répondu au midi, à l’occident et à l’orient. Puis, le rituel fournit une explication à la question « pourquoi êtes-vous placés ainsi ? » L’apprenti prend toujours place au Nord. Il rejoindra le second surveillant au midi lorsqu’il deviendra compagnon, quand il pourra sortir de la pénombre du septentrion. A quelle heure les apprentis ont-ils coutume d’ouvrir leurs travaux ? Les apprentis sont dans le temple pour travailler à l’édification, à la construction de l’homme, à l’éveil de leur être. Les travaux commencent à midi, dit le rituel. A midi il est l’heure de prendre en main son destin. Pour l’homme mature c’est le midi de sa vie, il devient responsable, c’est l’heure de la paix, de l’amour de la fraternité. C’est à midi que le soleil est le plus haut, la clarté la plus pure, la lumière la plus intense. C’est l’heure la plus propice à la découverte de l’être. Au midi de sa vie, l’homme est en pleine maturité, il est temps de faire le point.
 
Puisque nous avons l’âge et qu’il est l’heure, nous pouvons ouvrir les travaux. En annonçant aux quatre points cardinaux qu’une ouverture des travaux va avoir lieu, on conçoit que le rituel nous invite à une ouverture de conscience. Il est l’heure de basculer dans un autre monde. Le moment est venu, nous avons l’âge. Le vénérable a invité tous les frères de toutes les colonnes à se joindre à lui. L’annonce est faite.
«Debout et à l’ordre mes frères » dit le vénérable.
Trois coups de maillet retentissent successivement à l’orient, l’occident et au midi.
Adopter cette attitude c’est être prêt à s’orienter, à se tourner vers l’intérieur, vers son être intérieur. Le rituel conduit le franc-maçon vers ce monde intérieur, ce monde extraordinaire.
 
Le frère expert et le maître des cérémonies relèvent une équerre symbolique au dessus de l’autel des serments, constituée de la canne et de l’épée. La canne du pèlerin et l’épée de la noblesse et du courage,  forment l’équerre de la rectitude, de la droiture.
A la gloire du grand architecte de l’univers. Ce n’est pas une manière d’appeler Dieu. Je crois que Celui-ci s’il existait vraiment serait plus grand que le grand architecte. Le franc-maçon a la possibilité de rester libre de croire ou de ne pas croire en Dieu. Il s’agit de prendre conscience d’un ordre universel, une loi de la création. Je déclare ouverte cette respectable loge. A moi mes frères par le signe, la batterie et l’acclamation écossaise. Le vénérable ne s’adresse plus comme au début du rituel aux surveillants, à l’expert ou au maître des cérémonies, il s’adresse à toute la loge, au grand architecte de l’univers. C’est au nom de cet ordre que les actions vont désormais se dérouler. Le rituel nous dit maintenant qu’il faut changer de monde. Nous ne sommes plus dans le monde profane.
Nous avons laissé nos métaux à la porte du temple. Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière. Nous ne sommes plus dans un monde où l’apprenti mal guidé risque de s’épuiser, se perdre. Nous nous sommes débarrassés à l’entrée du temple de tout ce qui brille d’un éclat trompeur, tout ce à quoi nous sommes attachés dans le monde matériel. Nous pouvons aller vers la lumière.
 
Prenez place mes frères. Frère secrétaire veuillez donner lecture de la planche tracée de nos derniers travaux.
 
Le rituel a conduit tous les assistants sur le chemin de la connaissance. Certains l’ont peut être atteinte mais peut on jamais dire que nous sommes arrivés au bout du chemin ? Il est l’heure de prendre place et d’œuvrer.
 
Lors d’une réunion maçonnique le début et la fin des travaux commence par un rituel écrit. On peut donc penser qu’il existe un rituel d’ouverture puis un rituel de fermeture. En fait je crois tout est rituel pendant une tenue dans un temple et s’il existe un espace intermédiaire entre le début et la fin, ce n’est pas dûment consigné. Cette partie varie en fonction de l’ordre du jour, mais la forme rituelle demeure.
La pratique du rituel maçonnique nous indique les attitudes à prendre et les étapes à franchir pour nous initier.   
 
Vénérable maître, j’ai dit.
J\P\

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L'Echelle de Jacob : planche (source : www.proverbpage.com)

5 Août 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Planches

Brahma est le premier membre de la Trimurti ou trinité indoues (Brahma, Shiva, Vishnou). En hindouisme Brahma est le dieu ou démiurge créateur.  

En sanscrit pour dire le contraire d’un mot on utilise la lettre A. par exemple sat (vérité) est le contraire de  asat (non vérité, ou mensonge), himsa (violence) devient ahimsa (non violence) etc.…

De même le côté opposé de Brahma est A-Brahma ou Abraham qui signifie l’obscurité ou l’ignorance.

C’est Moïse qui a inventé les noms comme Abraham ou Jacob ou Noé …

Les personnages mythiques de la Bible ne sont que des symboles. Ils n’ont  jamais existé vraiment.  Comme le petit Prince, inventé par Antoine de Saint Exupéry. Ou Alice aux pays des merveilles, inventée par  Lewis Carroll. (Charles Lutwidge Dodgson).

 

L’histoire allégorique commence de cette façon : dans l’ancien testament, livre de la Genèse chapitre 28, on lit :

 

« Jacob quitta Beer-Sheva, et s'en alla vers Haran. Il arriva en ce lieu et y resta pour la nuit car le soleil s'était couché. Prenant une des pierres de l'endroit, il la mit sous sa tête et s'allongea pour dormir. Et il rêva qu'il y avait une échelle reposant sur la terre dont l'autre extrémité atteignait le ciel ; et il aperçut les anges de Dieu qui la montaient et la descendaient! Et il vit Dieu qui se trouvait en haut et qui lui disait : « Je suis Dieu, le Dieu d’Abraham et le Dieu d’Isaac ton père ; la terre sur laquelle tu reposes, je la donnerai à toi et à tes descendants ; et tes descendants seront comme la poussière de la terre, et ils s’établiront vers l’ouest et vers l’est, vers le nord et vers le sud ; et par toi et tes descendants, toutes les familles sur la terre seront bénies. Vois, je suis avec toi et te protègerai où que tu ailles, et je te ramènerai à cette terre ; car je ne te laisserai pas tant que je n'aurai pas accompli tout ce dont je viens de te parler. » Jacob se réveilla alors de son sommeil et dit : « Sûrement Dieu est présent ici et je ne le sais pas. » Il était effrayé et dit : « Il n’y a rien que la maison de Dieu et ceci est la porte du ciel. »  »

Il est clair que ce récit ne doit pas être pris littéralement. Dans la tête de l’inventeur de cette fable (c’est-à-dire Moïse) le monde était dual. Ici le monde terrestre dont les habitants sont des humains et ailleurs, le monde divin dont les habitants sont des anges. Apparemment  pour lui, chaque monde était régit par des lois spécifiques. Mais de nos jours, pour nous, « les humains modernes », il n’y a qu’un seul monde et des lois universelles uniques. Tous le monde est soumis à ces lois, même les dieux anthropomorphes. Le lien entre les habitants de ce monde n’est pas des anges qui montent et descendent sur une échelle, mais des réseaux d’internet.   

L’échelle de Jacob souvent connue sous l’appellation « songe de Jacob » est donc un symbole de la dualité. C’est le lien physique entre  la terre et le ciel, entre la matière et l’esprit. Comme    la prière est le lien verbal entre la terre et le ciel, tout comme la méditation est le lien mental entre la terre et le ciel. Ainsi que l’âme  est le lien spirituel entre la matière et l’esprit.

Le symbolisme de l’échelle existait depuis l’antiquité. Quelques fois on l’appelle l’escalier, ou des étapes ou des barreaux ; quelque fois une succession des portails ou des salles. Les Francs-Maçons l’appellent simplement des degrés. Quelque soit son nom, elle signifie le passage de l’obscurité vers la lumière ; du matérialisme vers le spiritualisme ; de l’ignorance vers la sagesse.

 

A mesure qu’un homme grandit, l’échelle diminue et quant il réalise l’unité, l’échelle disparaît. A mesure qu’un homme grandit, il devient indépendant des prières ou même de la méditation. Son âme individuelle se fonde dans l’âme collective.

 

Jacob voit une échelle dont la base repose sur la terre et le sommet touche le ciel. Au sommet de cette échelle se trouve un Dieu fictif qui lui fait des promesses peu crédibles. C’est la première rencontre de Jacob avec Dieu. Jacob, petit fils de A-Brahma, invite l’homme à cherché Dieu à l’extérieur de lui-même, ce qu’on ne devrait pas faire. L’homme doit devenir indépendant et essayer de se réaliser avec ses propres efforts et ses propres moyens. Son salut ne doit pas dépendre des poubelles théologiques, qui pendant des millénaires étaient, sont et seront la cause des misères planétaire.  


Là, Dieu lui promet de lui donner en héritage la terre sur laquelle il est couché et une postérité aussi nombreuse que la poussière de la terre. Ce qu’il n’a pas fait.

À son réveil Jacob a peur et il pense naïvement que le lieu où il se trouve c’est la maison de Dieu. Il ne réalise pas qu’il est lui-même la maison de Dieu, car Dieu veut habiter dans le cœur des hommes. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? » Apocalypse 21,3. 1Co 3:16

La notion d’échelle est très confortable pour les opportunistes qui se nomment des prophètes ou des prêtres, et qui jouent le rôle de médiateur entre l’homme (la terre) et Dieu (le ciel), pour garder bien en main les moutons et les manipuler et vivre sans souci de leurs dons.

 

En orient les anges sont considérés comme inférieurs de l’homme. Or sur l’échelle on ne voit que les anges monter ou descendre. Par conséquent c’est l’exemple à ne pas suivre.

 

Jacob, admettons qu’il ait réellement existé, dans l’état mental où il se trouvait (peur, fatigue, éventuellement alcool et surtout dans le désert qui favorise l’hallucination), avait confondu les rayons du soleil, réfléchis par la lune, avec une échelle. Ça arrive souvent dans le désert qu’on voit des mirages. Surtout à cette époque où la consommation d’alcool n’était pas prohibé ! Les Anges, ayant des ailes, n’ont pas besoin d’une échelle pour se déplacer !

 

La notion d’échelle mène à des erreurs, car la plupart des gens pensent qu’ils devraient s’élever vers le ciel. Pourtant l’homme se trouve déjà au ciel ; la seule chose qu’il doit faire c’est de comprendre cela. « On ne peut pas aller là où on se trouve déjà. Il n’y a nulle part où aller ». It ne faudrait surtout pas « quitter le ciel afin d’arriver au ciel, en passant par l’enfer ! »  Peut-être faut-il remplacer le mot échelle par le mot pont, plus adéquat. 

 

On trouve de nombreuses échelles dans les systèmes mystiques ; certaines sont même antérieures à Jakob ou son grand-père. Par exemple l’échelle brahmanique, qui symbolise les sept mondes ou sapta loka. L’échelle de Mithra de sept étapes qui symbolise les sept ciels ; au-dessus de l’échelle se situe le soleil, le symbole visible de la divinité.

L’échelle cabalistique, les échelles rosicrucienne, scandinave, Borsippa, etc.

 

Dans les religions exotériques, l’échelle est considérée comme un symbole de progression intellectuelle, ou même « spirituelle ».

Le nombre des étapes est variable dans les théologies différentes et chaque religion fait une interprétation arbitraire de ce chiffre, prétendu mystique. Le chiffre 7 est le plus représenté, probablement à cause de ses caractères universellement reconnus.  

 

Dans l’ancienne religion persane, le Mithraïsme, bien antérieur à Moïse, l’échelle de Mithra ou l’échelle de perfection avait  7 cercles, appelés portails. Ils étaient en fait les portails des cavernes sombres, représentation du monde. Le néophyte devait passer à travers ces cavernes et gravir les échelons, c’est-à-dire que symboliquement l’âme devrait s’approcher à la perfection. Au dessus de l’échelle était le soleil, la représentation symbolique de la Vérité.

En Inde les 7 étapes de l’échelle correspondent aux 7 chakras, situés dans le corps éthérique.

En astrologie, les  7 barreaux de l’échelle correspondent aux 7 planètes.  

 

Moïse avait adapté cette histoire et avait remplacé les noms d’origines étrangères par Jacob, sans mentionner ses sources. D’ailleurs il a oubliés les sept étapes.  Au-dessus de l’échelle, il remplace le soleil, par un dieu jaloux et cruel nommé Jéhovah. 1500 ans après lui, Jéhovah démissionne et les Chrétiens le remplacent par Jésus. C’est le paroxysme de l’idolâtrie.

 

Les Frans-Maçons adaptent le nom de l’échelle de Jacob de l’Ancien Testament, mais gardent quand même les 7 étapes des anciennes religions avec leurs interprétations.

Quoi qu’il en soit,  en Franc-maçonnerie, quelque soit son origine, « l’échelle de Jacob » représente la connexion entre le monde physique et le monde métaphysique.

Les deux barres verticales symbolisent le développement spirituel, les barreaux horizontaux le développement matériel. Les barres verticales et horizontales sont interdépendantes mutuellement. On ne peut pas s’imaginer une échelle avec les deux barres verticales mais sans les barreaux horizontaux et vice versa. Le développement humain est donc le résultat simultané du progrès matériel et spirituel.  

 

 J’ai dit V\ M\

   

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