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Le rite maçonnique et sa fonction (1)

21 Novembre 2012 , Rédigé par J.P. REGUEME PVI Publié dans #Rites et rituels

Il n'est pas possible de parler de rite maçonnique avant de par­ler de rite. Et pour parler de rite, n'étant ni sociologue, ni ethnolo­gue, ni psychologue, j'ai consulté des spécialistes en ces matières, à savoir :
Margaret Mead, anthropologue américain,
Jean Cazeneuve, psychologue, professeur à la Sorbonne,
Mircea Eliade, et d'autres encore ...
Je parlerai donc tout d'abord du rite et des rites, de leur fonc­tion, puis du rite maçonnique.
Qui pourra, un jour, nous expliquer comment, au début de l'hu­manité et en l'absence d'un langage parlé, la pensée de l'homme s'est manifestée ? Vraisemblablement, l'homme primitif s'est d'abord exprimé par gestes, devenus signes pour ses familiers. Depuis le jour où Prométhée leur dessillait les yeux et, comme au jardin de l'Eden, leur transmettait la soif de connaissance, les hom­mes ont voulu transmettre ce qu'ils savaient intransmissible : leurs pensées. Le jour où ils parvinrent à communiquer, non plus seule­ment une expérience matérielle et actuelle mais le contenu d'une expérience subjective, est né le règne des Idées.
Récepteur de signes, l'homme est devenu émetteur de messa­ges. C'est alors que l'on peut commencer à parler de culture, car la culture se transmet par héritage alors que la nature se transmet par hérédité, la culture étant ce qui s'ajoute à la nature. Et l'on ne peut s'empêcher d'admirer, en étudiant les sociétés primitives, l'ex­trême diversité des démarches de l'imagination humaine qui, s'em­parant d'un nombre limité de données essentielles, a su construire ces magnifiques édifices que nous nommons civilisations.
C'est tout d'abord le milieu naturel qui s'impose à l'homme, le climat, les saisons, la nourriture, la mer, la forêt, la lune et le soleil, les migrations des animaux, les orages, les étoiles, le jour et la nuit, la lumière et les ténèbres. Son propre corps lui parle d'âge et de sexe, de consanguinité, de naissance, de maturité, de vieillesse, de mort. Il voit les animaux différents les uns des autres, de même les indivi­dus : le féroce et le tendre, le courageux et le malin, le sensible et le lourdaud. De là, il parvient aux idées de rang et de castre, de prê­trise, d'oracle et d'art. C'est à partir d'indications aussi élémentai­res et aussi universelles que l'homme a tissé la trame de civilisa­tions qui confèrent à la vie humaine un caractère de dignité, aussi bien dans sa forme que dans sa signification. Il n'est plus seulement un animal comme les autres, qui s'accouple, combat pour sa nourri­ture et meurt. Il a un nom, une place dans la société, un dieu. Cha­que peuple ourdit cette trame de façon différente, comme s'il choi­sissait certains fils à l'exclusion des autres, et ne met en relief qu'un aspect des virtualités humaines. Ainsi, chez les uns, tout s'organise autour du moi vulnérable, pour les autres, c'est le courage inflexi­ble. Chaque civilisation primitive et homogène ne peut donner car­rière qu'à quelques unes des capacités de l'homme. Elle interdit ou pénalise toutes celles qui sont trop opposées ou trop étrangères à son orientation principale et incorpore de façon de plus en plus solide les valeurs qu'elle respecte.
Chaque civilisation crée donc une structure sociale qui lui est propre et façonne chaque génération. Le comportement type peut ne tenir compte ni de l'âge, ni du sexe, ni de dispositions particuliè­res ou, au contraire, utilise l'âge, le sexe, la force, la beauté pour imposer ses thèmes culturels dominants.
Il est essentiel de remarquer qu'on n'a jusqu'ici trouvé aucune société humaine dont l'activité se bornerait à provoquer et obtenir des résultats utilitaires par des moyens mécaniques et observables. Partout l'ethnographe constate que les hommes accomplissent cer­taines actions, non seulement apparemment inutiles mais même souvent déroutantes, parfois douloureuses, sinon cruelles. C'est peut-être ce qui surprend le plus dans le comportement de l'huma­nité en général, voire même nous scandalise.
L'incroyant pourra ne trouver aucune justification à ces prati­ques futiles ou barbares qui gaspillent l'énergie et le temps des hom­mes, parfois les mutilent. Il critiquera ces sauvages qui dansent, se déguisent, s'imposent des privations, coupent des têtes, brûlent des huttes et du bétail plutôt que de consacrer leurs efforts à se défen­dre d'une nature souvent hostile ou à améliorer leurs techniques.

Mais le croyant ne s'en étonnera pas moins, car aucune révéla­tion valable pour lui, et parfois même aucune doctrine religieuse cohérente, ne donne un sens aux pratiques de ces hommes qu'on a coutume, à tort ou à raison, d'appeler "des primitifs".

Ces pratiques dont je parle, on les appelle pratiques rituelles ou rites. Et le fait général du rite est universel, même si tel ou tel rite particulier ne s'observe qu'ici ou là.

On pourrait se demander si les rites en question n'avaient pas leur place comme la dégradation d'un culte primordial plus vrai, ou bien s'ils ne représenteraient pas plutôt les efforts maladroits d'une humanité à forcer son propre mystère.

Ce qui est sûr, c'est que même si les rites semblent dépourvus de raison, ils présentent les apparences d'une nécessité, on pour­rait même dire que, moins ils paraissent raisonnables, plus ils révè­lent leur nécessité ; il fallait vraiment qu'on eût besoin de rites pour adapter des pratiques que ne justifiaient ni la recherche du plaisir ou du confort matériel, ni même les exigences de la vie.

Les rites doivent avoir un ou plusieurs sens et éclairent sans doute sur ce que l'humanité porte de mystérieux pour elle-même.

Mais d'abord, qu'est-ce qu'un rite, ou plutôt, qu'est-ce que le rite ? Car il est unique. Il se traduit par un ensemble de rites élémen­taires qui, eux, peuvent différer et font la particularité de telle ou telle société et dont chaque assemblage constitue une cérémonie rituelle. J'appellerai rite élémentaire, un acte, ou une parole, qui peut être individuel ou collectif mais qui, toujours, lors même qu'il est assez souple pour comporter une marge d'improvisation, reste fidèle à certaines règles qui, précisément, constituent ce qu'il y a en lui de rituel. Un geste, une parole, qui ne répèterait pas quelque chose d'un autre geste, ou d'une autre parole, ou dont aucun élément ne serait destiné à être répété, pourrait bien être, à la rigueur, un acte magique ou religieux mais non pas un acte rituel. Le mot latin "ritus" désignait d'ailleurs aussi bien les cérémonies liées à des croyances se rattachant au surnaturel, que les simples habitudes socia­les, les us et coutumes (ritus moresque), c'est-à-dire des manières d'agir se reproduisant avec une certaine invariabilité. Le rite propre­ment dit se distingue des autres coutumes non seulement, comme on le verra, par le caractère particulier de sa prétendue efficacité, mais aussi par le rôle plus important qu'y joue la répétition. Celle- ci, en effet, n'est pas liée à l'essence d'une pratique qui a fini par devenir un usage, mais elle est un élément caractéristique du rite et même parfois, elle en est la vertu principale.

Péjorativement, un rite est une action qui se signale surtout par son allure stéréotypée. D'une cérémonie désuète, nous disons volon­tiers que c'est un rite, en signifiant par là qu'elle n'a apparemment d'autre justification que de répéter très exactement ce qui se fai­sait autrefois. Certes, les rites évoluent parfois avec le temps. Mais en général, c'est d'une manière lente et imperceptible, à moins qu'au contraire quelque révolution, souvent religieuse, ne fasse sombrer brusquement tout un ensemble rituel pour en faire surgir un autre qui, à son tour, se maintiendra en se répétant. Et une modification, même légère, peut faire qu'on perde la foi dans le geste ou la parole et qu'on le dénature. Autrement dit, il semble bien qu'un rite risque fort de perdre sa valeur et sa raison d'être s'il subit une modification.

Bref, la répétition est donnée dans l'essence même du rite ; et c'est pour cette raison que les rites se présentent comme des docu­ments indiscutables et constituent le fondement le plus stable sur lequel puissent s'appuyer l'ethnographe et le sociologue.

Mais il ne faut pas identifier le rite avec la coutume. l'usage de porter tel ou tel vêtement ne peut être qualifié de rituel sauf s'il com­porte une signification particulière comme le port de vêtements sacerdotaux. On dit qu'une séance inaugurale, comme une rentrée d'assemblée parlementaire ou universitaire, est un rite. On veut dire par là qu'elle n'est pas indispensable mais qu'on l'accomplit par habi­tude, pour se conformer à une tradition. On dira aussi rituel un ran­gement méticuleux et fréquent d'objets (vêtements par exemple). S'il s'agissait de gestes réellement utiles, on ne s'exprimerait pas ainsi.

Pourtant, le rite et l'acte utile s'enchevêtrent souvent, et Ch. Le Coeur, dans son livre "Le rite et l'outil", montre bien que "toute action possède une frange rituelle et qu'il n'est en revanche pas de rite qui ne soit plus ou moins teinté d'utilité".

Mais si le rite est utile, ce n'est pas par des voies purement natu­relles, et c'est par là qu'il se différencie de la pratique technique.
Par exemple, les rites magiques ou religieux qui sont censés provo­quer la pluie ou guérir un malade.

Je me conformerai donc à l'usage courant en appelant rite un acte qui se répète et dont l'efficacité est, au moins en partie, d'or­dre extra-empirique.

Marcel Mauss proposait de diviser les rites en deux catégories : les rites positifs et les rites négatifs. "Ne pas faire est encore une action, un acte d'inhibition est encore un acte". Peut-être serait-il plus exact de parler simplement d'attitudes rituelles négatives. Les prescriptions rituelles peuvent comporter des interdictions aussi bien que des impératifs.

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L'homme apparaît, à première vue, comme un être libre, inven­tant son existence et la fondant lui-même (ce sera le célèbre Cogito de Descartes) et, par ailleurs, comme soumis à des contraintes, à des limitations. C'est cet ensemble qui s'impose à lui quand il naît et que certains appellent "la condition humaine".

Le sentiment, ou l'illusion, ou l'angoisse qu'il a d'être libre, en font également partie car c'est en cela aussi qu'il est vraiment un homme. Ce qui sépare le mieux l'homme de l'animal, c'est qu'il est doué de conscience. Le comportement animal est en grande partie déterminé par l'instinct (règles communes à l'espèce), au contraire, l'homme doit se choisir lui-même ses règles, la plupart du temps. La liberté de se déterminer individuellement est en grande partie limi­tée par des règles rigoureuses qui constituent la structure même de la vie sociale. "Si l'homme est foncièrement un animal qui a l'ins­tinct de la règle".

Tout se passe comme si l'Humanité, une fois apparue sur la terre, avait éprouvé le besoin d'étouffer l'individualité (ce qui la dis­tinguait de l'animalité) en la mettant sous la dépendance du groupe, en bridant la liberté par des règles. Pourquoi l'homme aurait-il cher­ché à limiter ce qui était humain en lui ? Sans doute l'angoisse qui caractérise l'humanité au même titre que la liberté et la conscience individuelle dont elle serait, en quelque sorte, la rançon.

L'homme "primitif" a évolué au milieu de forces qui le dépas­saient infiniment et dont l'invincible puissance lui inspirait sponta­nément des sentiments mêlés à la fois d'effroi et d'adoration. Pour traduire ces sentiments, Rudolf Otto, dans son livre "le sacré" (1917), a inventé un mot nouveau, "numineux" du latin numen "dieu". Le premier caractère du numineux c'est qu'il est mystérieux, mysterium tremendum, angoissant, effrayant et donc à'fuir, mais aussi myste­rium fascinans, c'est-à-dire pour les mêmes raisons, attirant, désiré. Le numineux n'est ni humaine, ni cosmique, il est plus que surnatu­rel, plus que sacré•, et devant lui l'homme éprouve le sentiment de n'être que "cendre et poussière" (Abraham - Genèse XVIII-27).

L'homme se trouve ainsi devant un choix, souvent inconscient d'ailleurs : soit apaiser son angoisse en se forgeant une condition humaine définie par des règles dans un monde stable, soit accep­ter cette angoisse pour conserver ou promouvoir ce qui fait sa supé­riorité en envisageant comme source de puissance tout ce qui est un symbole de l'inconditionné. Et il cherchera finalement une troi­sième solution, synthèse ou plutôt équilibre, qui consistera à met­tre les règles en rapport avec une puissance inconditionnée qui serait un archétype extra-humain de la condition humaine sans angoisse.

Dans le premier cas, l'idéal qu'il cherchera à réaliser sera celui d'un être n'ayant aucune responsabilité à affronter, aucune Initia­tive à prendre ; il essaiera de s'enfermer dans un réseau de règles aussi précises que les instincts de l'animal. Il y trouverait la sécu­rité et, en quelque sorte, il s'y endormirait ; mais cet "idéal" est inac­cessible, l'homme est et reste un homme. Tout se modifie avec le temps, lui le premier, et le monde ; et les règles, on peut les respec­ter ou leur désobéir. Le moindre insolite réveillait son angoisse, ainsi l'angoisse mesurait la distance entre la règle et l'instinct véritable, entre la culture et la nature. Ainsi, l'insolite, le devenir, l'anormal devenaient symbole de ce qu'il y a d'irréductible dans la condition humaine. Il était donc naturel que le primitif essayât de réagir en repoussant, par un acte symbolique, ces symboles eux-mêmes. C'est ainsi que certains rites ont pu naître du désir de préserver, contre toute atteinte, l'idéal d'une vie entièrement régie par des règles, d'une condition humaine bien stabilisée. Le sentiment de ce qui menaçait l'ordre, de ce qui remettait en question l'humanité apai­sée par la règle, c'était bien l'angoisse, mais en même temps, la per­ception d'un inconnu, d'une réalité qui était autre chose, le sens du surnaturel.

L'angoisse n'est pas toujours cela ; mais dans la mesure où elle conduit au rite, on la caractériserait sans doute assez bien en disant qu'elle apparaît comme le signe du contact avec le numineux.

Mais les rites qui écartent le surnaturel pour préserver de toute atteinte une condition humaine saisissable et réductible à un ordre, ne sont pas les seuls. Dans ce qui échappe à la règle, l'homme peut, en effet, voir la marque de la puissance. Ce qui menace les normes, ce qui les bouleverse, c'est aussi ce qui est le plus fort. Les symbo­les inquiétants sont donc en même temps ceux qui paraissent évo­quer des possibilités illimitées. Aussi, observe-t-on certains rites qui, à l'inverse des précédents, sont des actions symboliques permet­tant de capter et de manier la force surnaturelle. Mais ces rites magi­ques impliquent le renoncement à la "condition humaine" définie car ils laissent l'homme insaisissable à lui-même ; ils le mettent en question et, en se plaçant symboliquement dans le monde de la puis­sance absolue, irréductible à la règle, l'homme n'a plus, à propre­ment parler, de "condition humaine".
Il est donc naturel que l'homme ait éprouvé le besoin de résou­dre l'opposition entre la condition humaine abstraite et la réalité indi­viduelle concrète, entre l'ordre et la puissance, par une synthèse qui, elle aussi, ne pouvait se réaliser que symboliquement. Il fallait pour cela recourir à des rites qui donnassent à la condition humaine un autre fondement qu'elle-même, la fissent participer à une réalité transcendante. C'était s'engager sur la voie des mythes et de la reli­gion. Ainsi, le besoin de recourir à des rites a été créé par l'homme qui, angoissé de se sentir un mystère pour lui-même, a pu être par­tagé entre le désir de définir par des règles une condition humaine immuable et, par ailleurs, la tentation de rester plus puissant que les règles, de dépasser toutes les limites. Le rituel pouvait fournir trois solutions. Les deux premières étaient contradictoires et con­duisaient à des renoncements : abandonner la puissance ou bien rechercher cette puissance en renonçant à se fixer dans une situa­tion stable et sans angoisse. Dans la première, le numineux devait être écarté comme une impureté, dans la deuxième, il devait être manié comme un principe de puissance magique et dans la troisième enfin, il se présentait avec le caractère supra-humain de ce qui est sacré.
On voit apparaître ainsi, suivant le but recherché, divers rites que l'on peut classer ainsi

Les rites de contrôle qui sont des comportements ou des actes liés à la vie quotidienne, où insérés dans l'existence et, à ce titre, diachroniques. On peut y distinguer un premier groupe de rites ayant pour but de prohiber tout contact avec ce qui est impur ou anormal, rites simples dont le type même est le tabou ; puis un deuxième groupe de rites qui remédient en général aux imperfections des pre­miers, comme les rites de purification.

Les rites de deuil qui ont pour but de transformer les morts en ancêtres ; de tous les rites de passage, c'est sans doute celui qui est le plus complètement dominé par le souci de lutter contre l'im­pureté résultant d'un changement radical dans la condition humaine. La mort constitue l'échec, irrémédiable et inévitable, de tout effort pour faire de la condition humaine un état stable et immuable. C'est, de tous "les passages", le plus angoissant.

Les rites commémoratifs, qui insèrent dans le temps historique 2(diachronie) les modèles mythologiques qui se situent hors du temps (dans la synchronie), dans une sorte d'éternité qui est celle du monde sacré des ancêtres ou, si on préfère, de l'éternel recommencement.
De ce caractère synchro-diachronique apparaît un aspect synthétique de ces rites qui se relient à la mythologie. La création mythique, à peine esquissée dans la démonologie, forme primitive de la magie, devient un élément essentiel du rite. C'est l'homme lui-même qui se forge ses hiérophanies ; et c'est le rite qui marque à la fois leur valeur extra-humaine et leur relation avec l'ordre humain.

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Histoire des héros, sans être contes ou légendes ; histoires d'ancêtres sans être simples récits historiques ; histoires d'animaux, sans être fables, la plupart des mythes renvoient à un temps primor­dial auquel on se réfère comme matrice des temps présents. Le Monde est l'ceuvre d'un être surnaturel ; oeuvre divine et, par consé­quent, sacrée dans sa structure même. L'homme vit dans un univers qui, surnaturel d'origine, est également sacré dans sa "forme", par­fois même dans sa substance. Le Monde a une "histoire" : sa créa­tion par les Etres surnaturels et tout ce qui a suivi, à savoir, l'arrivée du Héros Civilisateur ou de l'Ancêtre Mythique, leurs activités cul­turelles, leurs aventures démiurgiques, enfin leur disparition. Cette histoire sacrée, ou mythologie, est exemplaire ; il importera de la con­server soigneusement et de la transmettre intacte aux nouvelles générations.

Mais la transmettre à qui ? et dans quelles conditions ? et com­ment s'assurer qu'elle sera conservée intacte et retransmise à nou­veau ?

C'est ici qu'arrive pour moi le moment de parler du rite de con­sécration, sans doute le plus typique, puisque c'est l'homme lui- même qui est mis en relation avec le sacré. Je veux parler de l'initia­tion.

Il existe d'innombrables variantes de l'initiation, mais il n'existe qu'une seule initiation, et je vous renvoie à la conférence de Jean- Jacques Gabut prononcée ici-même l'an dernier sous le titre "Ini­tiation maçonnique et initiations". Toutes les sociétés prémodernes (en Occident jusqu'au Moyen Age, dans le reste du monde jusqu'à la Première Guerre mondiale), ont accordé un rôle prépondérant à l'idéologie et aux techniques de l'initiation. On comprend générale­ment par initiation un ensemble de rites élémentaires et d'enseigne­ments oraux qui poursuit la modification radicale du statut religieux ou social du sujet à initier. A la fin des épreuves, le néophyte jouit d'une tout autre existence : il est devenu un autre.

On peut distinguer trois grandes catégories d'initiations. La pre­mière comprend les rites collectifs par lesquels s'effectue le pas­sage de l'enfance, ou de l'adolescence, à l'âge de l'adulte, et qui sont obligatoires pour tous les membres de la société. On les appelle généralement "rites de puberté", "initiation tribale" ou "initiation de classe d'âge".

Les deux autres catégories pourraient être considérées comme deux variétés d'une même classe. Elles se distinguent de la première en ce sens que les initiations qu'elles regroupent ne sont pas obli­gatoires pour tous les membres de la communauté et que la plupart se pratiquent individuellement ou pour des groupes assez restreints. La deuxième catégorie d'initiations comprend tous les rites d'entrée dans une société secrète ou dans une confrérie. Ces sociétés secrè­tes sont réservées à un seul sexe. Elles étaient masculines en très grande majorité autrefois. Au niveau des cultures primitives, les sociétés accessibles aux deux sexes sont très rares ; lorsqu'elles sont attestées, il s'agit, en général, d'un phénomène de dégénéres­cence. Mais dans le monde méditerranéen, ou du Proche-Orient anti­que, les deux sexes avaient accès aux Mystères et, bien que leur type soit un peu différent, on peut classer les Mystères gréco­orientaux dans la catégorie des confréries secrètes.

Enfin, la troisième catégorie caractérise la vocation mystique de "l'homme-médecine" ou du chaman, soit à la suite d'une déci­sion personnelle de s'approprier des pouvoirs, c'est "la quête", soit parce qu'il se croit poussé par des êtres surhumains ; c'est la voca­tion ou "l'appel".

L'initiation constitue un des phénomènes spirituels les plus significatifs de l'histoire de l'humanité. C'est un acte qui engage la vie totale de l'individu et qui fait que l'homme devient ce qu'il est et ce qu'il doit être : un être ouvert à la vie de l'esprit, qui participe donc à la culture. Pour le monde primitif, c'est l'initiation qui con­fère aux hommes leur statut humain ; avant l'initiation, on ne parti­cipe pas encore pleinement à la condition humaine. Mais l'initiation n'intéresse pas exclusivement les novices. La cérémonie engage l'ensemble de la tribu ou de la société ; on instruit une nouvelle géné­ration, on la rend digne d'être intégrée dans la communauté des adul­tes ou des initiés ; et à cette occasion, par la réactualisation des rites traditionnels, toute la communauté se régénère. C'est pourquoi dans toutes les sociétés, les cérémonies d'initiation se rangent parmi les fêtes les plus importantes car c'est en ces occasions que la com­munauté se recrée elle-même et "fait être de nouveau" ce qu'elle a été comme ce qu'elle veut être.

Par ce rite de l'initiation, l'homme ne sort pas de la condition humaine mais il ne s'enferme pas non plus dans le domaine du pur donné humain (comme lorsqu'il se borne à fuir l'impureté) ; c'est ce que l'on exprime en disant qu'il se "sacralise". Par ce rituel de con­sécration, le profane devient sacré. Mais, et pour cela, il faut que, dans la définition du sacré, il y ait quelque chose qui explique à la fois sa distinction d'avec le profane et la possibilité d'une participa­tion.

Durkheim a dit : "Les choses sacrées sont celles que les inter­dits protègent et isolent ; les choses profanes sont celles auxquel­les les interdits s'appliquent et qui doivent rester à distance des pre­mières".

Mais le sacré et le profane, très distinctement séparés, ne doi­vent pas l'être par une barrière infranchissable.

Le sacré doit appeler le profane à la consécration et la condi­tion sine qua non pour qu'un symbole puisse avoir le caractère de ce qui est sacré est qu'il soit associé à la fois à l'ordre humain et à la puissance supra-humaine.

L'existence d'un temps sacré, réservé à l'accomplissement des rites importants et de l'initiation en particulier, montre que si le sacré est séparé du profane, c'est en tant que principe synthétique per­mettant à la condition humaine de communiquer avec une réalité transcendante à elle et qui la fonde. Le temps sacré est une sorte de synthèse entre le temps et l'intemporel, entre la condition humaine et l'inconditionné. Cette même synthèse entre les nécessités de la séparation et celles de la participation caractérise aussi la notion d'espace sacré. L'emplacement sacré est l'endroit d'accom­plissement des rites mais il est aussi la scène où se situent les mythes : c'est là que les ancêtres ont accompli des actions que l'on répétera dans les cérémonies. Cela même contribue encore à sacra­liser l'endroit en question.
Le lieu sacré représente le centre du monde.
"Est espace sacré un lieu qui devient un emplacement lorsque l'effet de la puissance s'y reproduit ou y est renouvelé par l'homme" a dit Van der Leeuw.

Car en fait, ce sont surtout les rites eux-mêmes qui confirment sa dignité.

Temps sacré et espace sacré sont des conditions pour que le rite maintienne la participation de l'humain avec le sacré et c'est ainsi qu'à une date déterminée, les novices sont emmenés, souvent d'une façon brutale, mais plus psychologiquement que physiquement, en un lieu choisi qui deviendra espace sacré, à l'écart des non-initiés et où ils subissent une série d'épreuves. Ce sont surtout celles-ci qui constituent l'expérience de l'initiation : la rencontre avec le sacré. Et la première d'entre elles est généralement, d'une façon plus ou moins transparente, une mort rituelle suivie d'une résurrection ou d'une nouvelle naissance.

Car le passage au plan sacré est un passage du mensonge à la vérité, et la manière la plus efficace de rendre sensible au néophyte lui-même la rupture avec son passé de non-initié, consiste en ce rituel fort répandu de la mort et de la nouvelle naissance. Et le néophyte qui revient à la vie est un homme nouveau, assumant un autre mode d'être. La mort initiatique signifie à la fois la fin de l'enfance, de l'ignorance et de la condition profane.

D'autres épreuves attendent les novices, des rites de purifica­tion et parfois des épreuves douloureuses, outre la peur, comme la circoncision, l'extraction d'une dent, subincision, scarification, etc. qui ont pour but de prouver aux autres que l'on a été initié mais aussi de faire croire à celui qui subit ces épreuves qu'il "est plus fort que la nature puisqu'il la fait taire".

Enfin, les novices sont longuement instruits par des tuteurs et assistent à des cérémonies secrètes où se rejouent les gestes créa­teurs des Dieux, des Héros Civilisateurs ou des Ancêtres mythiques qui sont ainsi de nouveau présents et actifs sur la terre. La récita­tion des mythes constitue même la partie positive de ces cérémonies chez certains. L'initiation, se déroulant dans une atmosphère mythique, rattache l'homme aux archétypes sacrés, lui permet de communiquer avec la puissance extra-humaine, sans être impur, dans une réitération grandiose de la cosmogonie, de l'anthropogo­nie et de toutes les "créations" qui ont caractérisé l'époque primor­diale, "les temps du rêve".

L'initiation récapitule l'histoire sacrée de la tribu, donc l'histoire sacrée du Monde. Et par cette récapitulation, le Monde tout entier est resanctifié. Les novices qui meurent à leur condition profane, ressuscitent dans un monde nouveau ; car, à la suite des révélations reçues pendant l'initiation, le monde se laisse saisir en tant qu’œuvre sacrée, création des Etres surnaturels. L'expérience de l'initiation non seulement modifie radicalement la condition ontologique du néophyte, mais lui révèle, en même temps la sainteté de l'existence humaine et du Monde, en lui révélant ce grand mystère, commun à toutes les religions : que l'homme, le cosmos, toutes les formes de la vie sont la création des Dieux ou des Etres surhumains. en apprenant comment les choses sont venues à l'être, le néophyte apprend en même temps qu'il est la création d'un autre, le résultat de tel ou tel événement primordial, la conséquence d'une série d'évé­nements mythologiques, en somme, d'une "histoire sacrée". L'homme est solidaire d'une "histoire sacrée" communicable exclu­sivement aux initiés.

Car la consigne du secret a une grande importance. Peu importe même ce que l'on tient secret, l'essentiel étant simplement que l'on cache quelque chose aux non-initiés, ainsi le monde sacralisé est séparé du monde purement profane.

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Ainsi, le but des rites véritables est, soit d'écarter l'impureté, soit de manier la force magique, soit encore de mettre l'homme en rapport avec un principe sacré qui le transcende. Sacraliser la con­dition Humaine par un rite initiatique, c'est la transposer, c'est refu­ser de l'accepter comme se suffisant à elle-même, c'est la faire pas­ser du plan réel au plan idéal.

Quiétude et impuissance d'une part, angoisse et puissance d'au­tre part, voilà les termes du dilemme vécu dans lequel les hommes se sentent placés dès qu'ils essaient de ritualiser leur propre mystère.

Ainsi, le rite s'explique par le besoin qu'ont eu les hommes de réaliser une synthèse entre leur désir de vivre dans les limites d'une condition humaine bien définie et leur tendance à saisir la puissance et l'être véritable dans ce qui est au-delà de toute limite.

On a souvent affirmé qu'une des caractéristiques du monde moderne est la disparition de l'initiation. Certes, le baptême reste un rite initiatique (mais peut-on comparer son efficacité avec celle des initiations tribales ?) et le sacerdoce comporte une initiation, mais chez l'homme moderne, l'idéal de synthèse a abandonné le domaine rituel pour celui de la spéculation philosophique. Les reli­gions modernes cherchent, dans la régénération morale ou dans la promesse d'un salut, l'idéal d'une humanité qui se conditionne en se rapprochant de l'inconditionné. Et à la succession des théories philosophiques elles opposent le dogme révélé qui donne la puis­sance du transcendant à une condition humaine idéale. L'origina­lité de l'homme moderne, sa nouveauté par rapport aux sociétés tra­ditionnelles, c'est sa volonté de se considérer comme un être uni­quement historique, son désir de vivre dans un cosmos radicalement désacralisé.

L'état de l'homme moderne est étranger à celui que l'homme primitif s'était fait de lui-même.

L'homme primitif se croit l'aboutissement d'une histoire mythi­que et sacrée, d'une série d'événements qui ont lieu "in illo tem­pore", au commencement des temps, sans pour cela que, pour lui, l'histoire soit fermée, à preuve les innombrables innovations et les emprunts d'éléments culturels étrangers.

L'homme moderne, lui, se proclame un être historique, issu de l'histoire tout entière de l'humanité, histoire dans laquelle il voit une oeuvre purement humaine et, surtout, quit se croit maître de conti­nuer et de perfectionner indéfiniment.

Ainsi, cette alliance de l'Homme avec les Dieux, les Héros, les Ancêtres et la Tradition où il puise sa force et son élan vital, la phi­losophie et la science vont les remettre en question. Et quelques siècles emportent, comme un torrent, des centaines de millénaires de patientes, profondes et pénibles méditations.

Jacques Monod écrit même : "L'ancienne Alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers dont il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est inscrit nulle part. A lui de choisir entre le Royaume et les Ténèbres".

L'homme n'existe-t-il, dans sa spiritualité, que pour oeuvrer à la' quête permanente et insatiable de son origine ? Ou bien ne recherche-t•il pas, comme Isis recherchait les morceaux épars d'Osi­ris démembré, les lambeaux d'existences précédentes auxquelles il aurait participé ? Est-ce la nostalgie, le manque de l'autre moitié de son être androgyne, ou d'une de ses parties perdues, qui créent en l'homme cette désespérance qui est le début de sa quête ?

Et en ce XXe siècle où l'homme lutte quotidiennement dans un climat de compétitivité, d'âpreté, avec de trop courts moments pour méditer, certaines modes intellectuelles tendent à lui faire perdre ses racines traditionnelles et spirituelles, tendent à lui faire oublier sa tradition spécifique et par là-même, à lui faire perdre et son iden­tité et sa structure, sa solidité et son équilibre.

Nombreux sont les hommes et les femmes, aujourd'hui, qui n'acceptent plus de tourner en rond, de se laisser seulement con­duire par des chefs, des dirigeants politiques ou religieux, par des machines, perdant ainsi leur spécificité d'hommes. Même si pendant quelque temps ils cherchent leur bonheur dans les plaisirs futiles, l'argent, le confort, les honneurs, ou encore, et c'est normal, dans leur métier et au sein de leur famille, ils ne peuvent se satisfaire long­temps de cette vie tronquée car l'homme a besoin de spiritualité, il a besoin d'absolu mais aussi de rêve. Et c'est ainsi que bon nom­bre d'entre eux cherchent un moyen de se mettre en route, de com­mencer leur quête. Et parmi les moyens privilégiés que nous offrent le monde actuel, il en est un, "vieux comme le monde" mais relati­vement récent dans sa forme, secret ou plutôt discret, je veux par­ler de la Franc-Maçonnerie, ordre initiatique, traditionnel et univer­sel. Car la Franc-Maçonnerie permet l'enracinement spirituel de l'être humain, elle en constitue même une racine fondamentale.

Lorsqu'un homme demande à entrer dans cet ordre, nous disons qu'il vient frapper à la porte du Temple. Si sa démarche est sincère, sa demande est acceptée, mais pour être admis parmi nous, il doit subir les épreuves de l'initiation. Et comme dans toute société tra­ditionnelle, l'initiation maçonnique recrée, elle "fait être", ainsi que t'exige toute tradition véritable du sacré.

Elle commence par l'épreuve de la Terre, retour à la materia prima, mort symbolique du postulant profane et préparation rituelle pour les épreuves suivantes : celles de l'Air, de l'Eau et du Feu appe­lées voyages et qui sont des rites de purification ; puis le serment de fidélité et l'engagement formel de garder le secret. Tout cela les yeux bandés afin que dans ce choc psychologique de l'appréhen­sion des épreuves opère le rite ancestral.

Ayant subi avec succès ces épreuves, le néophyte reçoit la Lumière et est admis dans la chaîne des Initiés comme Apprenti. Il garde le silence pendant au moins une année mais présente des travaux pour pouvoir être admis au deuxième degré, celui des Com­pagnons. Car notre ordre, spéculatif, est bâti à l'image de l'ordre opé­ratif des maçons-francs ; je ne reviendrai pas sur son histoire, c'était l'objet de la conférence précédente, mais si le néophyte ne reçoit la Lumière qu'une fois, il ne devient pas pour autant "fils de la Lumière". Pour cela, il faut à la fois étude et entraînement, ce que nous appelons le travail.

L'initiation ne se vit qu'une seule fois dans l'existence. C'est le départ, le début de la quête. Mais pour que le néophyte ne se décourage pas devant l'ampleur du travail à effectuer, ne se perde pas au milieu d'une forêt de symboles, les Anciens, copiant le système des opératifs, ont préparé, non un chemin obligatoire pour tous, mais des paliers sur lesquels il faut savoir prendre le temps nécessaire pour assimiler de nouveaux symboles, préparer de nou­veaux travaux. Et lorsque l'Apprenti a montré la qualité de son tra­vail de recherche de la connaissance, de la spiritualité, de la verti­cale qui relie la Terre au Ciel, ce que nous symbolisons par le fil à plomb, il est appelé à passer au deuxième palier, au grade de Com­pagnon, par un rite de passage au cours duquel il voyage, non vers sa pureté originelle à travers les éléments primordiaux, mais vers les autres hommes, leur culture, leur philosophie, leurs sciences. Et pendant encore une année au moins, le Compagnon développe sa connaissance des autres hommes, la fraternité, l'égalité symbo­lisée par l'horizontale du niveau.

Ces deux directions, verticale et horizontale, qui rappellent les deux commandements fondamentaux :
— Tu aimeras le Seigneur ton Dieu,
— Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Et quand l'assemblée des Maîtres l'en juge digne, le Compa­gnon subit l'élévation au troisième palier, au grade de Maître, l'ex­haltation à la maîtrise, au cours de laquelle on lui raconte enfin l'His­toire Sacrée de la création, non du monde, mais de la Franc- Maçonnerie, le mythe qui raconte l'histoire du Temple de Salomon et de son architecte, Hiram, et la mort de notre Maître Hiram, dans un psychodrame auquel participe le Compagnon et à l'issue duquel il est Hiram, homme responsable, réfléchi, adulte.

L'exemplarité rituelle de la Franc-Maçonnerie permet à l'initié de comprendre que sa régénération plonge dans la puissance du mythe, de comprendre que tout ce qui commence en ce monde est le commencement d'un monde car nous ne pouvons concevoir la création que par la recréation et, en retour, toute création a la solen­nité de ce qui a commencé une fois, "in illo tempore", "en ce temps- là".

Naissance en trois temps d'un nouveau Maître dont le travail est loin d'être terminé pour acquérir le degré de sagesse qu'il est venu chercher et qu'il cherchera tout le restant de sa vie, car la vérité n'est pas accessible, elle n'est qu'un but asymptotique vers lequel il tendra de toute son énergie.

Mais le franc-maçon ne passe pas sa vie dans un Temple maçon­nique ; une très grande partie de ses activités se situe dans le monde profane et, même s'il a dans ce monde profane une attitude maçon­nique digne, pleine de tolérance, Il ne peut rester longtemps éloi­gné de son temple, de son monde mythique. Voilà pourquoi il revient périodiquement en Loge.

La Loge est un lieu dans lequel se retrouvent des Frères ani­més d'un même souci de recherche spirituelle. La communauté de recherche dans la pluralité et la diversité des croyances et des idéo­logies, la somme de leur esprit, se retrouvent dans l'unité du des­sein qu'elle poursuit. Sa finalité n'est pas une réforme des infras­tructures sociales, politiques, économiques, religieuses ou philoso­phiques, mais surtout, et avant tout, un renouveau de l'Homme. Ne sommes-nous pas héritiers du brassage d'idées qui a conduit des hommes à se retrouver malgré leurs divergences religieuses, cultu­relles, sociales, et à se réunir pour mettre en commun leurs idées ? N'avons-nous pas vocation de réunir ce qui est épars ?

Anderson a fait appel à tous ceux qui peuvent surmonter leurs divergences religieuses, à tous ceux pour qui la différence de foi ne constitue pas un obstacle insurmontable, pour reconnaître son prochain comme son frère.

La Franc-Maçonnerie, grâce à son esprit d'ouverture, de tolé­rance, examine tous les courants de pensée dans ses Loges, vérita­bles lieux de fusion des esprits en un creuset fondamental où tout est un symbole qui contient tous les autres, où bouillonnent les idées et où se rencontrent toutes les traditions.

Mais cette Loge, ce lieu où viennent les Frères se régénérer et s'améliorer, est un lieu sacré. Non un lieu consacré une fois pour toutes. Cet endroit où nous sommes actuellement, nous l'appelons grand Temple parce qu'ici ne se déroulent pratiquement que des tra­vaux maçonniques, d'où les décors fixes et l'agencement. La Loge, elle, se construit à chaque fois qu'elle doit fonctionner, selon un rituel que l'on appelle rituel d'ouverture des travaux. La Loge peut se construire n'importe où, pourvu qu'elle soit isolée physiquement du monde profane. Ce ne sont pas les murs, les tables et les chai­ses, ni même les décors qui font la Loge ; elle est construite de tou­tes pièces par ce rituel d'ouverture, opération extrêmement délicate, je dirais presque magique, puisqu'elle doit permettre à un groupe d'hommes imprégnés de profane de former en quelques minutes une entité maçonnique, initiatique, isolée du monde profane dans l'es­pace et dans le temps.

Espace sacré et temps sacré.

En quelques mots, quelques phrases rituelles, il faut séparer le monde extérieur profane du monde intérieur des initiés, rompre avec ses préoccupations profanes et perturbatrices pour établir le calme et la paix dans le coeur et dans l'esprit, se rattacher à la chaîne des Initiés de tous les temps et entrer dans les voies qu'ils nous ont tracées, construire le Temple ou plutôt, les Temples : le Temple universel, carré long (rectangle) qui s'étend de l'Orient à l'Occident, du Midi au Septentrion et du Zénith au Nadir ; la Loge est alors le centre du monde, le Temple de Salomon symboliquement micro­cosme du Temple universel ; le Temple maçonnique dans lequel vont se dérouler les travaux de la Loge et surtout le temple personnel de chaque Frère participant, tous ces Temples construits simultané­ment et selon les mêmes règles, les mêmes lois, par la Sagesse qui conçoit, la Force qui exécute et la beauté qui orne. Il reste alors à rattacher l'entité collective à l'Ordre maçonnique universel, ce que les francs-maçons qui travaillent au Rite Ecossais Ancien et Accepté, rite pratiqué par la quasi-totalité des Loges de la Grande Loge de France, font par une invocation au Grand Architecte de l'Univers. Le Grand Architecte de l'Univers est un principe créateur auquel nous croyons, de coloration théiste ou déiste, nécessairement transcen­dant par rapport au monde car le Créateur ne peut être confondu avec la Création et la Créature. Invocation qui appelle la Force de l'infiniment grand à transcender et magnifier la force de l'infiniment petit.

Invocation et non prière car la prière suppose que l'homme ne peut pas manier lui-même la puissance surnaturelle parce qu'il reste sur le plan de la condition humaine et qu'il ne peut que s'adresser aux archétypes extra-humains pour leur demander d'orienter eux- mêmes cette puissance extra-humaine ou pour obtenir des avanta­ges particuliers.

Mais l'invocation n'est pas non plus une incantation qui place l'agent humain sur le plan des forces surnaturelles, ou plutôt qui est elle-même surnaturelle car elle a une efficacité intrinsèque.

Nous croyons que l'ordre cosmique et humain a été créé selon un plan ; ce plan doit être découvert par l'intelligence humaine au prix d'un effort continuel et du travail effectué essentiellement en Loge. Et c'est dans cette Loge, isolement spacio-temporel sacré, que se déroulent les initiations.

Lorsque les travaux sont terminés, il faut alors fermer la Loge selon le rituel de fermeture, différent du rite d'ouverture, bien sûr, mais tout aussi délicat car si la qualité des travaux dépend de la qua­lité de la "construction" de la Loge, le bénéfice intellectuel et émo­tionnel de la réunion, ou Tenue, est d'autant plus grand que la Loge est fermée selon le rituel dans la précision des gestes et des paro­les, et dans la dignité des attitudes.

De même qu'à l'issue d'un concert musical il faut quelques minutes pour reprendre contact avec la réalité, il faut, la Tenue ter­minée, retrouver le temps et l'espace profanes, il faut que, tout impré­gné de Sagesse, de Force et de Beauté, le franc-maçon puisse con­tinuer au dehors l’œuvre commencée dans le Temple, qu'il apporte sa contribution maximum pour que la Paix règne sur la terre, que l'Amour règne entre les hommes, et que la Joie soit dans les coeurs, c'est-à-dire qu'il se conduise en franc-maçon.

Quant au secret maçonnique, si nécessaire pour séparer encore le monde sacré des initiés du monde profane, où est-il puisque n'im­porte qui peut trouver dans des livres vendus en toute librairie le sens général que l'on peut donner à nos symboles, le déroulement de la cérémonie d'initiation, le détail des rituels d'ouverture et de fermeture des travaux d'une Loge, le mythe d'Hiram, même romancé, et que la télévision a présenté, il y a quelque temps, un film au cours duquel on pouvait assister aux travaux d'une Loge et à une initia­tion maçonnique ? Ce secret maçonnique, il existe encore : il est d'abord un secret de cœur, d'amitié profonde et sincère, de frater­nité, et puis, c'est aussi le secret intransmissible au profane de celui qui a vécu la chose. La sagesse populaire sait bien la différence énorme qu'il peut y avoir entre la parole et les actes, entre l'histoire racontée' et l'histoire vécue, entre l'épreuve traversée par le voisin et celle qui nous atteint personnellement. Si le rite a une logique, s'il renvoie à une finalité, à des structures, à des causes, il ajoute aussi les conséquences réelles de l'acte accompli.

Grâce à la qualité du rituel, le rite opère et permet au franc- maçon de trouver son équilibre, sa place. Car le rite permet à l'indi­vidu de se fixer. Saint Exupéry a dit : "Les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l'espace". Mais il faut ajouter qu'en s'éta­blissant dans une demeure, dans une condition humaine, le f ranc­maçon consacre celle-ci, la fonde sur la terre-mère et y laisse une fenêtre ouverte sur le ciel. La Loge, qu'il construit à chaque tenue, n'a pas de toit. Le franc-maçon travaille sous la voûte céleste, étoi­lée, "en prise directe", si je puis m'exprimer ainsi, avec le cosmos. Car c'est dans le cosmos que l'homme plonge ses racines.

"Les vraies racines de l'homme sont au ciel" a dit Platon, repre­nant ainsi l'image de l'arbre inversé de la Kabbale judaïque, du Zohar, du Coran, des Upanishad. Et c'est par la contemplation du cosmos et par la communion avec tous les autres hommes que le franc- maçon en particulier, et l'homme en général, devient un homme véri­table, retrouve son humanité profonde.

C'est en cela que le rite maçonnique diffère, non seulement de la pratique magique, mais aussi du simple tabou. C'est en cela qu'il est une "sublimation" créatrice d'une valeur nouvelle.

L'homme d'aujourd'hui, comme celui des sociétés archaïques, a besoin de sécurité, de limitation même, et sa vocation n'est cepen­dant pas de s'y enfermer, car il lui faut se dépasser sans cesse. Sa vie sociale et sa vie intérieure spirituelle sont une quête perpétuelle de cette sublimation qui le ferait approcher de l'inaccessible synthèse.

Une religion s'enracine souvent statiquement pour défendre sa réflexion alors que nous, francs-maçons, nous nous appuyons sur notre enracinement pour propulser notre savoir, notre connaissance, toujours plus loin, vers la Lumière, notre but final, comme la cathé­drale gothique comparée à l'église romane. La Franc-Maçonnerie, qui n'est d'aucun temps, appartient à tous les temps et, n'étant d'au­cune religion, trouve en toutes les religions ses grandes vérités. Elle s'intègre, par la valeur de son rituel et de son symbolisme, par la qualité et l'efficacité de son rite, dans le courant traditionnel de toutes les initiations. Elle fait du franc-maçon "l'homo-viator", l'homme en marche vers son devenir ; elle permet à l'homme de réaliser son équilibre spirituel et de construire un homme à mesures d'homme et, pourquoi pas, la montée de l'Humanité vers un point oméga, vers ce point où l'Homme Total nous attend dans l'Avenir.

(1) Conférence prononcée le samedi 10 décembre 1983 au Cercle Condorcet- Brossolette, par Jean-Pierre REGUEME.

Source : www.ledifice.net

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Societas Rosicruciana In Anglia (SRIA)

17 Novembre 2012 , Rédigé par SRIA Publié dans #Rites et rituels

 

La Societas Rosicruciana in Anglia est un ordre franc-maçon de type Chrétien.
En 1870, le trésorier de la Grande Loge Unie d'Angleterre, Robert Wentworth
Little, fonde la Societas Rosicruciana In Anglia (S.R.I.A.). Initié lui même dans une Société rosicrucienne écossaise par Anthony O'Neal Haye, Wynn Westcott affirme la filiation entre son Ordre et la Rose-Croix d'Or du 18ème siècle. La S.R.I.A. est réservé aux Maîtres Maçons chrétiens et reprend la hiérarchie de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Système. Un membre important de l'Ordre, William Wynn Westcott, participera à la création d'un autre Ordre maçonnique rosicrucien très influent, La Golden Dawn.
Le système des grades initiatiques de la SRIA comprend trois ordres :

 

Premier Ordre :

I° – Zelator

II° – Theoricus

III° – Practicus

IV° – Philosophus

V° - Adeptus Minor

 

Deuxième Ordre :

VI° - Adeptus Major

VII° - Adeptus Exemptus

 

Troisième Ordre :

VIII° – Magister

IX° - Magus

 

Source : http://ordredusentier.eklablog.com/

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Rite York : lecture au Grade de Compagnon (extrait)

13 Novembre 2012 , Rédigé par RITE YORK GLNF Publié dans #Rites et rituels

« Les sons martiaux des chants patriotiques entendus sur le champ de bataille ont fait battre le cœur du soldat, l'enflammant d'émulation et du désir de mener l'avance périlleuse, d'accomplir des faits d'armes héroïques et de dévotion sublime. 

Dans le tonnerre du canon et de la fusillade, dans le carnage de la bataille, il tombe dans la poussière et se redresse pour jeter un dernier regard sur la vie, et il entend dans le lointain une chanson plaintive qui lui rappelle la douceur du foyer. 

Dans les antiques cathédrales, les chants religieux vibrant sous les nefs et les arches ont apaisé les esprits, balayant les passions discordantes du cœur des hommes, qui, entraînés par un courant irrésistible ont uni leurs voix pour chanter cet hymne céleste "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté". Mais jamais la musique n'atteint à une telle harmonie séraphique que lorsqu'elle chante des hymnes de gratitude au Créateur de l'Univers… »

Commentaire Thomas Dalet : Rite York : Guerre et Paix.

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Notre Triangle de recherches symboliques au Rite Ecossais Primitif

1 Novembre 2012 , Rédigé par Loge Le Phenix Namur Publié dans #Rites et rituels

Afin de travailler plus en profondeur dans une structure plus légère, mais tout aussi intense en rituélie et en contenu philosophique, nous ouvrons un Triangle qui travaillera au Rite Ecossais Primitif à l’Orient de Namur. Le Rite Ecossais Primitif est très proche spirituellement du Rite Ecossais Rectifié et partage les mêmes valeurs. Voyez à ce propos le site de la Grande Loge Symbolique de Belgique du Rite Écossais Primitif.

 

Le Rite Écossais Primitif est l’un des plus anciens rites pratiqués au monde.

 

Le Rite Écossais Primitif prend sa source dans les « Old Charges » et fait sien les valeurs universelles de la Franche Maçonnerie.

 

Le Rite Écossais Primitif a pour Constitutions, les Constitutions dites Stuardistes de 1720, rédigés sous la conduite de Georges Payne. Le REP ne reconnait pas d’autres constitutions.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite discret dans un Ordre déjà discret et doit le demeurer, selon la propre volonté de Robert Ambelain.

 

Le Rite Écossais Primitif est lié à deux Serments, celui de l’Initiation, et celui de l’Ecossisme Primitif prenant sa source depuis le Mont Heredom en Écosse.

 

Le Rite Écossais Primitif obéit à des règles et principes intangibles.

 

Le Rite Écossais Primitif se base, en plus de ses Constitutions, sur les écrits, ouvrages, documents et articles de Robert Ambelain.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite exclusivement masculin.

 

Le Rite Écossais Primitif se base sur la Loi morale, l’humanisme et la Loi naturelle.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite d’origine militaire.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite Traditionnel, Déiste, Spirituel, Ésotérique et Symbolique.

 

Le Rite Écossais Primitif travaille à la Gloire du Grand Architecte des Mondes.

 

Le Rite Écossais Primitif revendique comme seules bases de travail le respect de ses règles et valeurs, sous le couvert de la sagesse, de la simplicité et de l’humilité.

 

La Franc Maçonnerie ne s’apprend pas, ne se décrète pas, elle se vit…

Source : http://logelephenixnamur.wordpress.com

 

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Rituel d'Installation du Vénérable Maître, cérémonie Secrète du Conseil de Maîtres Installés, commune à tous les Rites

1 Novembre 2012 , Rédigé par Rituel GLNF Publié dans #Rites et rituels

Cérémonie d'Installation du Maître Élu  Conseil de Maîtres Installés
Après l'ouverture des travaux, en suivant l'ordre du jour, le VM et la Loge reçoivent l’Officier représentant le Grand Maître pour la cérémonie d'installation du Maître Élu.
Lorsque cet Officier est conduit à l’Orient par le Directeur des Cérémonies, il est d'usage que le VM lui offre le maillet. Pour cette cérémonie particulière, il le fait en ces termes :
V.M. :
(TR, R ou TV) Frère, en votre qualité de représentant du Grand Maître, la Loge est honorée de votre présence et se place sous votre bienveillante autorité.
Je remets entre vos mains la Charte de constitution de notre Loge, qui a été octroyée par le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française en …
(date de la création, du transfert ou du réveil de la Loge).
Le G.O. prend la charte et la repose sur le plateau du VM.
L’Officier Provincial remercie le VM :
Grand Officier :
Je vous remercie Vénérable Maître. Je suis parmi vous, ce soir, pour entendre les rapports d'activité de votre Loge et m'assurer que la transmission de la Charte de cette Respectable Loge à votre successeur se fait conformément aux règles, us et coutumes de l’Ordre.

Le Grand Officier refuse le maillet et prend place selon son rang, se réservant d'intervenir au moment de la remise solennelle de la charte.
Si le VM ne procède pas lui-même à l’installation de son successeur, il transmet son sautoir et le maillet à celui qui en sera chargé.

Cérémonie Secrète dite « Ésotérisme du conseil de maîtres installés »
Après avoir fait sortir les Maîtres Maçons sans saluer, et lorsque le Couvreur Installateur a refermé la porte du Temple, le Directeur des Cérémonies Installateur dispose un coussin ou un prie dieu au centre de la Loge puis va chercher le Maître Élu qu'il conduit devant le prie-Dieu et lui demande de s'agenouiller. Le Directeur des Cérémonies dispose ensuite (si ce n 'est déjà fait) les trois Grandes Lumières selon la manière appropriée, puis se place en tête de la colonne du midi où il aura préalablement disposé le tablier de Vénérable.
Il veillera de même au sautoir de PMI. Le DC aura également disposé l'Équerre et le Compas sur le VLS.
Maître Installateur :
à moi mes Frères, au signe de Maître installé.
Je déclare cette Assemblée dûment constituée en un Conseil de Maîtres Installés.
Debout, Vénérables Frères.
*.
1erS. Inst. : *.
2d. S. Inst. : *.
Maître Installateur :
Mes Frères, tournons-nous vers l’Orient.

Tons les Frères se tournent vers l’Orient et prennent l’attitude de la prière, au signe de Foi.
Le D.C. s'assure que tous les Maîtres Installés ainsi que le Maître Élu sont au signe de Foi. (Main droite sur le coeur, doigts joints et pouce caché.)

Maître Installateur :  Prions, mes Frères.
Daigne, Père Tout-Puissant, Maître Suprême de l’Univers, étendre Ta protection sur ce rite solennel et accorder au digne et respectable Frère qui est sur le point d'être admis au nombre des chefs de l’Ordre, la Sagesse pour comprendre, le jugement pour apprécier et l’habileté pour faire observer Ta Sainte Loi. Sanctifie-le de Ta Grâce, fortifie-le de Ta Puissance et enrichis son esprit de la vraie science afin qu'il soit capable d'éclairer l’esprit de ses Frères et de consacrer notre Temple à l’honneur et à la gloire de Ton Saint Nom.
Ainsi soit-il.

Tous quittent le signe de Foi et se tournent vers l'Occident. Le Directeur des Cérémonies fait lever le Maître Élu et enlève le prie dieu ou le coussin.
Maître Installateur au Maître Élu :
Vous avez déjà pris une obligation relative à vos devoirs comme Maître de cette Loge. Veuillez maintenant vous avancer et prendre une seconde obligation en ce qui concerne les secrets particuliers à la Chaire de Maître. Le Maître Élu s'avance vers la chaire. Agenouillez-vous sur les deux genoux. Le Maître Élu s'exécute. Dégantez-vous et posez vos deux mains sur le Volume de la Loi sacrée. Le Maître Élu s'exécute.
Maître Installateur:
Vénérables Frères, veuillez vous mettre au Signe de Fidélité
Main droite sur le coeur, doigts joints, pouce à l’équerre. *.
1er S. Inst. : *.
2ème S. Inst. : *.
Maître Installateur:
Dites : « Moi », puis déclinez vos prénom et nom : Le Maître Elu dit « Moi » et décline ses prénom et nom. et répétez après moi : En présence du Très Haut et devant ce Conseil de Maîtres Installés, dûment constitué et régulièrement assemblé, de mon plein gré et consentement, par ceci Le Maître Installateur touche les mains du Maître élu de sa main gauche et sur ceci, Le Maître Installateur touche le Volume de la Loi Sacrée de sa main gauche très solennellement, je promets et jure que toujours je cacherai et jamais ne divulguerai aucun des secrets ou mystères particuliers à la chaire de Maître, à personne au monde, sauf à un Maître Installé ou à un candidat dûment élu à cette charge et cela seulement avec le concours d'au moins deux Maîtres Installés, régulièrement assemblés à cet effet.
Tous ces articles, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, sous peine, si j'en viole un seul, d'a. la m. d. t. au p. et f. sur l’é. g. afin qu'elle s'y f. et s'y d. Que le Très Haut me vienne en aide et m'empêche de jamais violer l’Obligation Solennelle que je viens de contracter comme Maître Installé.

Tous les Frères cessent le signe de Fidélité.
Maître Installateur:
Comme gage de votre fidélité et pour que vos paroles deviennent une Obligation Solennelle, scellez-les trois fois de vos lèvres sur le Volume de la Loi Sacrée. Le Maître Élu exécute.
Maître Installateur:
Permettez-moi de diriger encore une fois votre attention sur les trois Grandes Lumières, bien que Lumières symboliques, de la Franc-Maçonnerie : le Volume de la Loi Sacrée, l’Équerre et le Compas.

Le Maître Installateur les montre pendant qu'il les énumère.

Le Volume de la Loi Sacrée, cette Grande Lumière de la Maçonnerie, vous guidera vers toute vérité, dirigera vos pas dans les sentiers du bonheur et vous indiquera tous les devoirs de l’Homme.
L’Équerre vous enseignera régler votre vie et vos actions selon la ligne et la règle maçonniques.
Le Compas vous rappellera de limiter vos désirs à tous les stades de la vie, afin que, vous élevant par le mérite a un rang éminent, vous soyez entouré de respect durant votre vie et regretté après votre mort.

Le Maître Installateur quitte sa chaire par sa gauche et vient se placer à côté du Maître Élu. De sa main droite, il enserre, entre le pouce et l'index, le poignet droit du Maître Élu puis il vient placer sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu. Enfin en pivotant légèrement sur lui-même vers la gauche et en relevant légèrement la main droite et poussant de la gauche le Maître Élu, il relève celui-ci en disant :

Relevez-vous G…. M !
Ce mouvement se poursuit jusqu'à ce que le Maître Installateur se trouve face au midi et le Maître Élu face à lui (donc face au nord). Puis le Maître Installateur se désengage et recule de deux pas.
Maître Installateur :
La tradition rapporte que, lorsque le Temple de Jérusalem fut achevé, le roi Salomon accompagné d'une suite nombreuse vint le visiter.
En entrant dans l’édifice, il aperçut Adoniram à quelque distance et il lui fit signe ainsi :

Le Maître Installateur élève son bras droit à l’horizontale en direction de l’Ouest, le regard tourné vers l’Occident, le pouce de la main droite replié sur l’annulaire et l’auriculaire tandis qu'il garde l’index et le majeur joints et tendus. Puis, par un mouvement de l’avant bras, il ramène par trois fois sa main à hauteur de l’épaule droite. Le D. C. aide alors le Maître Élu à imiter ce mouvement. Quand cela est fait :
Maître Installateur:
Adoniram, en approchant de son royal maître, allait s'agenouiller, mais le roi l’en empêcha en le prenant ainsi :
Le Maître Installateur fait signe au Maître Élu de s'agenouiller et l’en empêche en lui prenant le poignet droit entre pouce et index et en plaçant sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu en disant :

Levez-vous G… M !
La signification de ce mot est « Excellent Maçon ».

Puis le Maître Installateur se désengage et fait deux pas en arrière.
Maître Installateur:
Lorsque le roi et sa suite furent sur le point de partir, Adoniram les salua ainsi ...
Le Maître Installateur recule son pied droit d'un pas, pointe tournée vers l’Occident, et dans le même temps, il place sa main droite, les doigts dans la position du signe, à hauteur de son épaule gauche et en s'inclinant légèrement en avant, il fait décrire à sa main droite un arc de cercle pour la ramener à sa droite.

... comme marque d'humilité.
Ensuite il fait signe au Maître Élu de l’imiter.
Maître Installateur:
de là, viennent l’attouchement et le mot d'un Maître Installé, le signe et le salut d'un Maître ès-Arts et ès-Sciences.
Le Directeur des Cérémonies présente au Maître Installateur le tablier de Vénérable Maître. Le Maître Installateur ôte le tablier de MM du Maître Élu, le donne au Directeur des Cérémonies, et ceint le Maître Élu du tablier de Vénérable. Puis, ôtant le sautoir de Vénérable Maître qu'il porte, le Maître Installateur en revêt le Maître Élu en disant :
Je vous revêts maintenant de l’insigne et du joyau de votre charge qui est le plus grand honneur que la Loge ait en son pouvoir de conférer à l’un de ses membres.
Il prend dans sa main droite l’équerre du sautoir et dit :

L’Équerre étant l’instrument qui aide à façonner la pierre brute et à vérifier la justesse de la pierre cubique est employée fort à propos par les Maîtres Maçons pour enseigner les principes les plus purs de la piété et de la Vertu.
Il tache l’équerre.

Dans le sens maçonnique, elle doit être le guide de toutes vos actions.
Alors, le Maître Installateur saisit de sa main droite le poignet droit du Maître Élu, entre le pouce et l’index, puis il pose sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu et lui indique qu'il doit faire de même avec sa main gauche. Le Maître Inst. souffle au Maître Élu de partir du pied gauche et lui-même, reculant en partant du pied droit, entraîne le Maître Elu vers le nord. À reculons, le VM Inst. entraîne le Maître Élu jusqu'au fauteuil de VM. en disant :
Avec l’attouchement marquer l’attouchement et le mot « G . . . . M » d'un Maître Installé, je vous place à ce moment-là, le Maître Élu étant entre la table et le fauteuil et le VM Inst. c'étant placé entre la table et lui, il l’assoit en le poussant fermement dans le fauteuil dans la chaire du roi Salomon et je suis persuadé que votre conduite future justifiera le choix de vos Frères.

À la fin de cette circumambulation, le Maître Installateur est à la gauche du Maître nouvellement installé qui est assis.
Le Maître Installateur va se placer devant la chaire et salue le nouveau Vénérable Maître en Maître Installé (Pied droit en arrière, main droite à l’épaule gauche, index et majeur tendus et joints) puis il décrit un arc de cercle de la main droite en s'inclinant légèrement.
II prend le maillet sur la Chaire avec la main gauche et, revenant à la gauche du nouveau Vénérable Maître, il lui tend le maillet par-dessus son avant-bras droit en disant :

Je place, entre vos mains, ce maillet, emblème du pouvoir, qui vous servira à maintenir l’ordre dans la Loge, particulièrement à l’Orient.
Dans les rites « Modernes » (RER et Français) ainsi qu'au REAA, c'est aussi le moment de remettre l’épée au nouveau Vénérable Maître. Le Maître Installateur prend de la main droite la lame de l'épée sur la Bible et tend la garde par-dessus son bras gauche au Vénérable Maître Installé en disant :

Je vous remets votre épée, symbole du Verbe et de la Lumière, qui vous sera nécessaire pour éclairer vos Frères dans les travaux de votre Loge.
Le Maître Installé repose l’épée sur le VLS, lame pointée au nord.
Le Maître Installateur:
Prêtez attention, Maître assermenté, aux passages des Saintes Écritures que je vais vous énoncer ; ils fondent et déterminent les signes qui vous feront reconnaître dans toutes les Loges de la Grande Loge Nationale Française comme M.I.
Psaume 137 v. 1 a 6.

« Sur les bords des fleuves de Babylone,
Nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée
Nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants
Et nos oppresseurs de la joie. Chantez-nous quelques uns des cantiques de Sion ! Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel Sur une terre étrangère ? Si je t'oublie ô Jérusalem, que ma droite m'oublie ! "

Le Maître Installateur avec la main gauche doigts tendus et joints, donne un coup verticalement sur son poignet droit, puis comme s 'il prenait sa main droite avec sa main gauche, il porte sa main droite sur l’épaule gauche.

Que ma langue s'attache à mon palais
Maître Installateur place sa main droite, poing fermé, pouce levé, sous sa mâchoire inférieure. Le maître nouvellement installé l’imite.

Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie. »
Amos, chapitre VII, v. 7 et 8.

« Le Seigneur se tenait debout près d'un mur aligné au cordeau et il avait dans sa main un fil à plomb. l’Éternel me dit : « Que vois-tu Amos ? Je dis : « Un fil à plomb. »
Le Seigneur dit : « Voici que je vais mettre un fil à plomb au milieu de mon peuple d'Israël.
Maître Installateur tend son bras droit horizontalement devant lui comme s'il tenait de sa main droite, entre le pouce et l’index, la cordelette d'un fil à plomb. Le Vénérable Maître Installé l’imite.

Désormais, je ne lui pardonnerai plus sa faute. »
Le Maître Installateur poursuit :
Maître Installateur:
Vénérable Maître, veuillez maintenant investir votre « Passé Maître Immédiat ». Appellation à adapter selon le Rite pratiqué dans la Loge ; "Ancien Vénérable Maître" au REAA, "Ex Maître" au RER et "Précédent Vénérable " au Rite Français.
V.M. se lève, en tenant le sautoir de PMI, et s'adressant au PMI placé à sa gauche :
Vénérable Frère, c'est avec plaisir que je vous revêts des insignes de « Passé Maître Immédiat » à adapter selon le Rite de la Loge. Il lui passe le sautoir de PMI. Jugeant de la façon dont vous avez rempli votre charge, je suis certain que si, à quelque moment, j'avais besoin d'aide, je pourrais compter sur votre coopération.

Maître Installateur :
Mes Frères, nous allons saluer notre Vénérable F. nouvellement installé par cinq, en Maîtres Installés, en vous réglant sur moi.
Maître Installateur invite les VF. à former un arc de cercle devant la chaire du VM pour le saluer par cinq par le Grand Signe ou Signe royal. Ce Signe se fait en élevant latéralement les bras tendus au-dessus de la tête jusqu'à ce que les doigts des deux mains se touchent, puts dans le mouvement inverse, ramener les bras le long du corps. Ce salut se donne sans claquement de mains sur les cuisses.
Maître Installateur demande alors au VM de donner un coup de maillet.
VM : *.
Maître Installateur:
Je déclare ce Conseil de Maîtres Installés clos.
VM : *.
1er S. Inst. : *.
2nd. S. Inst. : *.

Le Maître Installateur peut alors demander au nouveau Vénérable Maître d'interrompre momentanément les travaux, au coup de maillet, afin de recevoir les félicitations de ses pairs.
Lorsqu'il aura reçu les compliments de chacun, le Vénérable Maître reprendra les travaux au grade correspondant à la sortie des Maîtres de la Loge.

 

Source : http://www.stichtingargus.nl/vrijmetselarij/s/venmaitre_r.html

 

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Invocations Coëns

24 Octobre 2012 , Rédigé par Martinez de Pasqually Publié dans #Rites et rituels

Première Invocation journalière aux agents supérieurs solaires en jonction avec les agents supérieurs de Sabataïr surnommé Saturne.

 

ô toi, S. 15., (pour est) ô toi, A.8., (pour ouest), ô toi, A.9. (pour nord) etc..., Je vous

réclame et vous invoque comme puissance supérieure de l’habitacle temporel où sont

contenues toutes les puissantes opérations journalières et spirituelles temporelles ; c’est sur

vous que l’éternel a manifesté la loi d’ordre de l’action de tout être créé en vertu et puissance comme vous. Cette manifestation ne s’est opérée par la divinité que  pour l’avantage et la plus grande gloire de l‘homme divin de la terre : c’est pour cet auguste titre et en ma qualité d’homme-dieu puissant que je vous commande d’être soumis, obéissants et débonnaires à mon commandement. Obéissez sans délai à mon verbe redoutable et puissant selon qu’il est conçu par mon intention devant vous et mis en action par mon opération. Oui ! Je vous conjure et vous soumets à ma puissance supérieure à la vôtre ! Je vous assujettis à moi par ma parole formidable, je vous consacre par le nom ineffable ô +10 A.28. et par celui que par respect et par crainte je n’ose ici nommer et qui est l’agent majeur de mon opération. Je vous consacre tel par l’autorité que j’ai reçue du Dieu des Dieux vivants et par tout ce que j’ai de plus sacré et par le même nom ineffable du Dieu du Sabbat ô + 10 A.28.. Je joins la puissance des principaux chefs régionnaires de la sphère planétaire de Sabataïr à la votre. Oui ! Je l’invoque et réclame d’être en jonction avec vous au centre de mon opération, ô S.16., ô S.5., ô S.15.. Ecoutez la voix de celui qui vous parle au nom de l’Eternel Dieu d’Israël ! Obéissez sans délai à la force du verbe de l’homme-dieu de la terre, qui vous fait conjuration et commandement d’être en conjonction ternaire avec le corps général terrestre. Dévoilez à ma vue et à mon entendement toutes les choses que je désire connaître de lui, de vous et de ceux avec qui vous faites jonction, selon la forte puissance de mon invocation et de ma convention ! Qu’il vous souvienne pour un temps immémorial du redoutable commandement qui vous fut fait par Josué lorsqu’il suspendit votre réaction spirituelle temporelle et arrêta le cours de votre opération journalière sur la vallée de Gabaon, lieu où vous avez satisfait à l’intention et au verbe de Josué en sa qualité d’homme-dieu de la terre. Oui ! Je suis ce Josué qui toutefois semblable à lui en vertu et puissance spirituelle divine vous fais commandement d’obéir promptement à mon verbe de puissance immuable, qui vous somme tous ensemble par le nom formidable, de l’Eternel ô + 10 A.28.. Terreur, frémissement vous soient donnés par lui et par celui qui vous invoque, ô S.15., ô A.8., ô A.9., ô S.16., ô S.5. et je vous assujettis par la véritable parole dont Josué se servit lorsqu’il vous fit commandement d’opérer avec lui la défaite des ennemis du culte de l’éternel et des siens qui s’opposaient à toutes ses opérations spirituelles divines. Soyez tous entièrement consacrés à celui qui vous réclame pour coopérer ensemble notre puissance spirituelle temporelle pour la plus grande gloire et justice du créateur et de sa créature ! Soyez à elle come elle est à vous. Amen. Amen. Amen. Amen.

  

Seconde Invocation journalière aux agents supérieurs de Meraï surnommé Mercure, pour le lundi spirituel et non pour le Lundi temporel.  

 

Ô toi M.10., ô M.93., ô M.21., Je vous réclame et vous invoque par la triple et la

quatriple forte puissance que l’Eternel créateur a mis par la force de la sienne sur sa créature

mineure, toutefois supérieure à celle temporelle majeure ! Je suis cette créature puissante que l’Eternel a consacré pour être l’agent plus que parfait à ceux spirituels temporels. Votre

puissance est bornée dans sa faculté d’action et d’opération et celle de l’homme-dieu de la

terre ne l’était point avant sa prévarication. Qu’il vous souvienne de la vérité de ce que

j’avance devant vous ! Je vous réitère le premier commandement qui vous fut fait par le

premier homme qui a assujetti votre puissance à la sienne par la puissance de sa parole ! Je

suis ce premier homme qui se présente devant vous tous, revêtu de sa première vertu et

puissance spirituelle. Alerte, terreur et frémissement vous soient donnés par la triple et

quatriple puissance du verbe qui vous commande et vous ordonne d’obéir sans retard au contenu de mon invocation tracée devant vous par le tableau de mon opération. Je vous conjure par tout ce que j’ai de plus sacré, par tout ce qu’il y a de plus saint et par la redoutable puissance de ô M.52. et de ô M.47. qui président sur vous tous depuis les angles d’Est et d’Ouest jusqu'à votre région visuelle, je vous conjure encore par le nom très Saint de l’action de l’Eternel ô M.68., qui préside encore sur vous depuis l’angle du nord jusques à votre région, pour que l’intelligence la plus puissante qui est innée chez vous se joigne à mon être spirituel et à celui temporel. Je vous contrains par toutes les puissances supérieures à la votre que vous fassiez jonction avec celui qui vous l’ordonne de par l’Eternel, de par son action et de par mon opération, d’être dans toutes les circonstances de cette vie temporelle intimement liés et assujettis à Celui qui vous réclame. oui, ô M.10., ô M.93., ô M.21., je vous assujettis et vous consigne à moi uniquement ainsi que vous le fûtes par ordre du Créateur à l’homme Dieu de la terre après sa réconciliation spirituelle divine pour toujours. Par cet ordre supérieur éternel vous devîntes les sujets de ce premier homme en faveur duquel toutes puissances d’actions et d’opérations vous fut donnée pour sa plus grande gloire spirituelle temporelle. ô M.10., ô M.93., ô M.21. oui, Je vous parle à chacun de vous en particulier, j’assujettis votre vertu spirituelle et temporelle, Je vous commande en conséquence et je vous somme de suivre scrupuleusement la consigne spirituelle temporelle que je vais donner à chacun de vous en particulier. Allés, parcourrez, et opérés spirituellement votre puissance dans les trois régions terrestres ou je vous consigne

pour tel temps limité que l’on fixe à volonté, rapportez-moi fidèlement toutes les choses

temporelles que vous savez m’être les plus nécessaires et les plus urgentes pour mon bien être spirituel et pour celui temporel. Je vous fais le même commandement et vous donne la même consigne en faveur de mes semblables et surtout en faveur de ceux et celles qui se réclament à moi et pour lesquels je suis forcé de vous invoquer. (On nomme les personnes que l’on veut favoriser dans l’opération). Je vous consigne au centre desdites régions pour que vous manifestiez votre puissance contre celles des hommes ordinaires de la terre ; leurs puissances sont plus conventionnelles que spirituelles, c’est en conséquence que je vous ai attachés auprès des êtres supérieurs des conventions matérielles temporelles afin que vous déterminiez leurs actions et leurs opérations selon mes désirs ; déterminés aussi leurs pensées semblables aux miennes, disposés leur Intention en ma faveur et pour ceux auxquels je m’intéresse ; obtenez de ces êtres mondains et du créateur toutes les choses indispensables qui sont attachées à la vie temporelle et spirituelle dont j’ai grand besoin. Je vous conjure par tout ce que je suis et par tout ce que vous êtes dans l’immensité de votre région planétaire pour que vous demeuriez ferme et inébranlable dans la consigne que je viens de vous donner pour le temps limité par l’homme Dieu de la terre ; que votre retraite ne soit faite qu’après toute opération et que tout succès de convention ait eu lieu selon l’intention et l’opération de celui qui peut plus que vous rapportez exactement, promptement et effectivement à celui en faveur duquel vous devez opérer toutes les choses pour lesquelles il vous met en action et ainsi qu’il vous les a marquées dans ses cercles d’opération ! Allez par le mot redoutable ô M. 52, revenez par le mot formidable de sa double puissance ô M.72 et rapportez par le mot formidable de sa Triple Essence ô M.3, à l’Homme-Dieu de la terre qui est la conclusion de la quatriple essence divine. Amen. Amen. Amen. Amen.

 

Troisième invocation journalière aux agents supérieurs de Maïr surnommé Mars, pour le Mardi spirituel et non pour le mardi temporel.

 

Ô PR. 24., ô PR. 25., ô PR. 26.! Je vous réclame et vous invoque comme puissance

supérieure de l’immensité de votre région planétaire ! C’est sur vous que le Créateur a fondé

par des lois immuables les puissantes opérations journalières, d’action, de réaction et de

végétation corporelle, temporelle et spirituelle en faveur du corps général terrestre et de tous les corps particuliers célestes. C’est en vertu de ces mêmes lois et puissances que je vous réclame et vous invoque par la puissance supérieure à la vôtre que le tout puissant Dieu créateur a mis innée en moi ; c’est par cette même puissance que je vous fais commandement d’être toujours prêts dans toutes les circonstances de ma vie temporelle et spirituelle à obéir au commandement de l’Homme-Dieu de la terre ; toute puissance ne vous a été donnée qu’en faveur de la créature spirituelle et temporelle, cette même puissance est soumise à la force de celle que le créateur a mise innée en moi, ô, ô, ô (les mêmes). Ecoutez mon invocation et répondez à mon opération ! Je vous commande de soumettre votre puissance à la mienne pour qu’elles soient intimement liées ensemble dans toutes les oeuvres et opérations quelconques que j’opérerai dans ce bas monde pour l’avantage de mon être temporel et spirituel et pour ceux en faveur desquels je m’intéresse le plus afin de les rendre dignes du fruit de mes opérations. Obéissez à mon verbe et à sa puissance spirituelle divine ! Oui ! Je vous conjure par le mot redoutable ô M.6, par le mot ineffable ô M.68. et par le mot tout puissant invincible ô M.76., que vous fassiez végéter dans mon être spirituel et dans celui temporel que j’habite pour un temps limité, les différents principes d’opérations divines qui ont pu se dissiper de mon être spirituel. Je vous conjure encore, ô, ô, ô (les mêmes esprits) de me rapporter fidèlement toutes les différentes choses que vous savez m’être nécessaires pour les différentes opérations du culte divin pour lesquelles l’homme Dieu fut émancipé de l’immensité divine ; Je vous commande également, en faveur de ceux et celles pour lesquels je suis obligé de rappeler, pour le même sujet. Je vous ordonne de manifester votre puissance végétative spirituelle divine et

temporelle au centre du tableau que j’ai planté devant vous et où sont tracées les différentes figures destinées à votre attention, afin que je puisse désormais ne plus errer dans ma conduite spirituelle et temporelle, dans le produit de mon opération et dans mes différentes invocations ; telles sont les choses que j’attends et prétends de la force de votre puissance et de celle de mon opération pour un temps immémorial. Amen. Amen. Amen. Amen. …

Source : le Manuscrit d’Alger

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Prière de l'Invocation Coën

24 Octobre 2012 , Rédigé par Martinez de Pasqually Publié dans #Rites et rituels

Je vous conjure, Esprits puissants et purs qui dominez sur les armées spirituelles et qui êtes sans cesse devant le trône de l'Eternel, je vous conjure, Esprits, qui êtes envoyés dans le temps pour la manifestation de la gloire et de la justice du Créateur ; Je vous conjure, Esprits, qui êtes préposés pour la formation, l'entretien et la succession de toutes les formes célestes et terrestres ; Je vous conjure et vous somme tous, par la puissance redoutable de ce nom sacré ô + 10 du Dieu qui seul a été, est et sera, qui seul est le principe, la vie et la fin de toutes choses ; qui seul est fort, saint et élevé ; qui seul a fondé les siècles, le monde, le ciel, la terre et la mer et qui seul les détruira ; qui seul a séparé le jour d'avec la nuit, la Lumière d'avec les ténèbres, le pur d'avec l'impur ; et qui seul a pu sceller de son nom les oeuvres immuables de sa pensée, de sa volonté et de son action en faisant apparaître deux grands luminaires ; Je vous conjure tous, ô Esprits aussi infinis en nombre, que différents en noms et vertus, pour que la force invincible du nom que j'invoque devant vous, ô +10  et avec vous, vous daignez m’être favorables dans toutes les occasions où j'aurai recours à vous par ce nom et pour mes besoins tant spirituels que temporels. Secourez-moi selon les vertus et les facultés qui vous sont réparties à chacun par la tendresse et la miséricorde de l'Eternel pour l'avantage de l'homme. Entendez les demandes que je fais dans ce travail, contribuez par votre intercession et par vos soins à leur accomplissement selon mon désir et autant qu'en tout ou partie elles seront conformes à  la volonté du Créateur notre Dieu. Suppléez par votre intelligence à tout ce que ma volonté incertaine avait de contraire à cette volonté inaltérable. Purifiez dès maintenant et à jamais

mon corps, mon coeur et mon âme par votre pureté, par vos inspirations, par votre charité pour l'homme, pour cette créature si précieuse à l'Eternel, si majestueuse dans son origine, si faible et si dégradée aujourd'hui par sa propre faute, mais si digne encore de vos soins et de votre secours depuis la promesse de sa rédemption. Ô Esprits émanés comme moi du sein fécond du Père Eternel, vous le savez, sa gloire dont vous êtes si jaloux, ( barré : serait imparfaite) n’est pas complète tant que l'homme restera soumis à sa justice ; c'est pour abréger le cours de cette justice dont l'effet est cependant nécessaire, qu'il vous est ordonné de veiller sur nous et de nous guider lorsque nous vous appelons sincèrement pour nous conduire au pied du Réconciliateur divin qui nous a rachetés par le plus grand mystère de charité et du consolateur adorable par qui ce mystère s'accomplit sans cesse. Je m'adresse particulièrement et nommément à vous, ô bienheureux Esprits, qui êtes chargés par l'Eternel de veiller à la réconciliation entière de mon être spirituel ; je vous conjure par le nom puissant de Dieu clément et miséricordieux, ô + 1 0. de venir au secours de mon âme toutes les fois qu'elle sera en danger de succomber au mal ; toutes les fois qu'elle vous appellera par ses désirs, par ses soupirs et par ses méditations ; toutes les fois qu'elle aura faim et soif d'intelligence, d'instructions et de conseils. Je vous le demande plus particulièrement à toi ô (on nomme son bon ange gardien connu ou adoptif) auquel je suis expressément confié par l'Eternel ; et je te conjure de m'aider à obtenir la protection et l'assistance des Esprits que j'ai invoqués et la soumission de ceux qui me restent à invoquer. Je m'adresse aussi particulièrement à vous, Esprits qui êtes chargés par l'Eternel de veiller à la formation, à l'entretien et à la succession des parties qui constituent mon corps

matériel ; je vous conjure par le même nom puissant du dieu créateur et première cause de tout ce qui apparaît, o + 1 0. de venir au secours de ma forme corporelle matérielle toutes les fois qu'elle sera en danger d'une dissolution prématurée; toutes les fois que quelqu’une de ses parties perdra l'équilibre et l'ordre établi pour sa durée fixée par l'Eternel ; et toutes les fois que je vous appellerai pour rétablir et réparer le dérangement de ma santé ; je vous soumets pour ce à la puissance supérieure à la vôtre de l’esprit qui est établi mon guide et mon Gardien o + (on le nomme) et je te le commande encore plus particulièrement à toi ô + L. 64. pour la constitution de ma forme et à toi o + L.69. pour l’oeuvre et l’entretien de ma forme, et à toi o + L.76. pour la réparation et la succession des parties de ma forme jusque au moment fixé pour son entière destruction ; unissez-vous tous trois pour l'accomplissement de ma demande et indiquez-moi clairement ce que je dois faire ou éviter pour la conservation de ma santé en général. Je m'adresse aussi particulièrement et nommément à vous, Esprits dégagés des liens de la matière, qui jouissez maintenant du fruit de vos vertus et dont j'ai le bonheur de porter les noms, ô (on nomme ses patrons réels et adoptifs) je vous conjure par ce nom que vous avez invoqué avec tant de confiance et de ferveur ô +10 de contribuer à mon salut éternel par vos prières et votre intercession auprès du Père des miséricordes, auprès du fils Rédempteur et auprès de l'Esprit consolateur. Obtenez pour moi les grâces, les secours et la clémence de la Divinité qui vous récompensera aujourd'hui dans les combats que vous avez livrés dans ce séjour où je suis amer ; faites que j'en sorte triomphant comme vous en m’assistant de vos lumières. Je m’adresse enfin directement et nommément à vous, esprits puissants qui dirigez les planètes en surveillant à ceux qui les gouvernent, ô (on nomme les huit anges des planètes) je vous conjure par ce nom qui est votre loi ô + 10 de me faire connaître chacun selon votre charge tout ce qu'il m'est nécessaire de savoir touchant vos astres, leurs habitants, leurs destinations et leurs actions et influences les uns avec les autres et singulièrement avec la terre. Je le demande plus particulièrement encore à toi ô (on nomme l'ange du jour) fais-moi connaître tout ce qui concerne ta planète et son rapport direct avec la terre que j'habite, avec les formes particulières et avec tous les êtres raisonnables et irraisonnables qui y sont renfermés. Qu’au nom de Dieu tout puissant ô +1 0 je vous conjure tous, Esprits que j'ai invoqués en ma qualité d'image et de ressemblance divine et en vertu de vos rapports et de votre mission dans le temporel à cause de l'homme seul dont vous êtes établis les guides et les compagnons, je vous conjure par la puissance infinie des noms de l’Eternel ô + 1 0  que vous entendiez favorablement les demandes et les prières que je fais à l’Eternel par votre canal, que vous les portiez au pied de son trône, purifiées par vous et que vos vœux ardents et efficaces m'en fassent obtenir l'accomplissement dans ce travail et pendant tout le cours de ma durée temporelle. Ô esprits qui approchez de plus près la majesté de celui qui est, portez-y aussi mes prières pour tous les ouvrages du Créateur, pour toutes ses créatures, pour toute la Nature ! Joignez-vous à moi pour obtenir de sa clémence infinie envers l'homme un adoucissement à la privation où sont condamnés ceux de mes semblables qui n’ont pas encore satisfait à sa justice depuis leur séparation d'avec la matière ; joignez-vous à moi pour obtenir de sa miséricorde la propagation de la lumière de son nom, de son culte et de sa volonté parmi nos semblables ; joignez-vous enfin à moi pour obtenir de son immutabilité d'abréger les temps où tout doit rentrer dans l'unité adorable d'où tout est émané. Amen. On fera les demandes particulières sans confusion, en s'adressant aux Esprits analogues à chaque demande. Si la planète en action qui est celle du jour offre une croix, c'est un signe de succès.

 

Source : le Manuscrit d’Alger

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Cérémonies des quatre Banquets d'obligation annuelle de l'Ordre des Coëns.

24 Octobre 2012 , Rédigé par Martines de Pasqually Publié dans #Rites et rituels

  

Le premier banquet est celui de la Trinité.

Le second est celui de St Jean-Baptiste.

Le troisième est celui de St Jean l'Evangéliste.

Le quatrième est celui de Pâques qui se fait à la troisième fête.

Pour la fête de la Trinité

Tous les frères de chaque établissement assisteront à une messe qui sera commencée à neuf heures et demie pour être finie à dix heures et demie ; et reviendront tous au (barré : temple) parvis du temple.

Tous les officiers dignitaires monteront dans le temple (* page 20), on en allumera toutes les lumières, alors les chefs conducteurs feront entrer tous les frères en général aux usages ordinaires.

Le T.R.M. d'Orient dit au Maître de Cérémonies de faire placer dans le cercle qui entoure celui du centre où est placée l'Etoile flamboyante douze frères des plus avancés en grade et des plus anciens sans cependant y comprendre aucun officier dignitaire.

On attachera au plancher perpendiculairement sur l'étoile du centre un oriflamme de l'intérieur de laquelle pendra une touffe de 12 rubans couleur de feu assez longs pour que les 12 frères qui sont placés comme il a été dit puissent tenir d'une main chacun un de ces petits rubans. Cet oriflamme sera blanc, bordé d'une faveur noire sur le côté qui regardera le midi et une faveur bleue sur le côté qui regardera le septentrion. L’entre-deux sera bordé d'une faveur rouge. Les surveillants du porche sont placés dans le temple en face des surveillants du temple au dessous des circonférences formant entre eux quatre un carré parfait comme il est figuré dans un grand temple par les quatre étoiles placées de même. Le T.V.Me. d'occident se tient aussi debout entre les deux surveillants ; le T.R.Me. d'Orient se tient de même entre les deux siens ; le Maître des Cérémonies du temple sur la droite du T.R.Me. d'orient ; le Maître des cérémonies du porche sur la droite du T.V.Me. d'occident. Les autres officiers dignitaires se placeront en colonne derrière leur chef conducteur respectif. Le Maître des cérémonies en plaçant les 12 frères observera de leur faire laisser un passage libre à l'orient et à l'occident pour que les deux maîtres de ces parties puissent entrer dans le centre et en sortir sans causer de dérangement. En ce jour, on n’allume aucune bougie du porche, tout y reste dans les ténèbres, attendu que les 3 principales lumières figurées par le T.V.Me. d'occident et ses deux surveillants n'y sont point. Les frères du porche seront placés dans leur classe aux usages ordinaires, ils seront debout faisant face au trône d'orient. Le Maître des cérémonies observera de faire tenir le petit ruban de la touffe de l'oriflamme de la main gauche aux six frères qui seront placés du côté du midi et de la main droite aux six qui seront du côté du septentrion. Si dans un temple, il se trouvait encore d’autres frères surnuméraires, le Maître des cérémonies les fera placer hors du cercle où sont les 12 premiers et derrière eux et tout contre eux de manière qu'ils puissent tenir chacun le bout du cordon d'Elu d'un de ces 12 premiers. Sur une ou plusieurs circonférences.

Les 12 frères célébrants seront habillés d'une veste, culotte, bas et souliers blancs ; ils n’auront sur eux aucun métal, pas même une épingle. Tous les autres frères ce jour-ci auront s'il est possible un manteau noir, veste, culotte, souliers de même ; les uns et les autres n'y auront point de boucles.

Tous les frères seront tête nue pendant toute la cérémonie, excepté les deux Maîtres d'orient et d'occident et les autres dignitaires qui auront chacun la coiffure qui leur est prescrite par les statuts généraux. Tous les frères en général ne se vêtiront que du cordon d'élu et du cordon bleu. Ceux qui auront le ruban blanc le porteront aussi par dessus le tout selon leur grade.

Tout étant ainsi disposé, les deux chefs conducteurs entrent au centre des circonférences sans glaive à la main, l'un après l'autre, ayant l'étoile du centre entre eux deux et ils prennent la posture prescrite. Le T.R.Me. d'orient dit au T.V.Me. d'occident : "Béni soit celui qui vient à moi dans ce lieu au nom de l'Eternel ô + 10. " Le T.V.Me. d'occ. répond : "Loué soit celui qui me parle au nom de l'Eternel" et prononce le même mot. Tout ceci se dit à voix basse. Le .R.Me. d'orient dit ensuite de même "Je veille sur toi homme, depuis ton origine, veille donc aussi sur moi, toi qui es mon image et ma ressemblance". Le T.V.Me. d'occident répond "amen" après quoi ils se marquent réciproquement le front entre les deux yeux un peu au-dessus des sourcils avec du cinabre rouge qu'ils tiennent sur eux dans une petite boite mise dans leur ceinture. Le doigt médius de l'un et de l'autre sera seul allongé, les autres doigts de

la main seront fermés et contenus par le pouce. Le T.R.Me. d'orient commence et dit avant et ayant le doigt à un pouce du front du V. Me. "Sois marqué par moi, homme dieu, image et ressemblance divine du sceau redoutable et invincible qui dirige et conduit tout l'univers dans sa course passagère, ainsi que tous les mineurs qui l'ornent par leur présence et le décorent par leur vertu et puissance spirituelle divine ; et qu'en vertu de cette marque que j'applique sur ton front, (il appuie le doigt sur le front du V. Me. jusqu’à la fin) ton âme soit jointe avec l'Esprit Saint qui est chargé de sa conduite, de sa pensée, de sa mémoire et de ses actions quelconques ; et que purifiée par lui, elle puisse lire plus particulièrement dans le Livre de Science universelle divine et spirituelle, ainsi que nos prédécesseurs l'ont obtenu par le secours de celui qui te fait marquer par moi en son nom (le même ô + 10) ". Après quoi le T.R.Me. d'orient baise le front du T.V.Me. d'occident en s'appuyant réciproquement les deux mains sur les épaules, ensuite il s'inclinent l'un devant l'autre ayant les deux mains chacun en croix sur la poitrine le bout des doigts proches des muscles de l'épaule. Ils quittent cette attitude pour reprendre celle des deux mains sur les épaules l'un de l'autre. Alors le T.V.Me. d'occident fait la même cérémonie sur le T.R.Me. d'orient et lorsqu'il est dans le moment du doigt près du front du T.R.Me. d'orient, il dit " Je rends grâce à ta bonté infinie, ô très haut et très V. Me pour le mineur qu'il t'a plu de faire marquer de ton sceau redoutable et invincible, pour la protection duquel il a été et il est devenu semblable à toi en toutes tes oeuvres, vertus, paroles, pensées et puissance spirituelles et par ce mot redoutable (il prononce le même mot ô + 10) je persiste dans mon intention immuable, d'être empreint en toi-même comme tu es en moi. Amen. Il baise le front du T.R.Me. d'orient, ils s'inclinent tous deux les bras croisés comme ci dessus et retournent chacun à leur place.

Les deux conducteurs s'assoient dans un fauteuil placé aux pieds de leurs trônes et toujours entre leurs surveillants. Le T.R.Me. d'orient aura sur sa droite un tabouret sur lequel sera la bible, sur la gauche un autre tabouret sur lequel sera le livre des statuts et du cérémonial de l'ordre ; il tiendra sur ses genoux une assiette de terre cuite sur laquelle il y aura la petite boite où est la couleur rouge.

Le T.R.Me. d'orient dit au T.V.Me. d'occident de faire avancer devant lui le plus ancien des frères qui tiennent les rubans de l’oriflamme pour renouveler son obligation au G. A. de l'U. et à l'ordre. Le T.V.M. d'occident va prendre le plus ancien de ces frères, le conduit à pas libres par la main droite devant l'orient, lui fait mettre le genou droit en terre entre les deux tabourets qui se trouvent un peu en avant du T.R.Me. d'orient et les mains en équerre sur les deux livres qui sont dessus les tabourets. Lorsque le plus ancien des douze frères est ainsi placé le T.V.Me. d'occident retourne s'asseoir sur son fauteuil ; après quoi le T.R.Me. d'orient demande à ce Frère :

1° quelle est sa façon de parler sur l'ordre qu'il a embrassé volontairement.

2° quel avantage il pense pouvoir retirer de son entrée dans l'ordre.

3° quel but il imagine que peut avoir l'ordre.

Le T.R. Me d’orient lui fait un petit discours en conséquence de ses réponses à ces trois questions. Après quoi il lui fait renouveler ses engagements ainsi qu’il suit :  

Renouvellement des engagements  

Je, (N. N. de famille et de baptême) promets au G. A. de l'Univers d'être inviolablement attaché à sa sainte loi, à ses préceptes, à ses commandements, à ma religion, à mon Roi, à ma patrie et à mes frères. 

Je promets d'être fidèle observateur des lois, règlements et cérémonies de l'ordre des coëns que j'ai volontairement embrassé et dans lequel je persiste volontairement aussi. Je promets sur ma parole d'honneur de ne me soustraire en rien à aucun de ces engagements, d'obéir avec docilité aux chefs de l'ordre et en particulier de ce temple en tout ce qu'ils m'ordonneront concernant le bien de l'ordre et de ses membres. Je prends tous mes frères ici présents à témoins de ce renouvellement de mes engagements que je fais en présence des chefs conducteurs et des officiers dignitaires de ce temple. Qu'ainsi Dieu soit à mon aide et me tienne pour un temps immémorial en sa sainte garde. amen.

Ensuite le T.R.Me. d'orient marque le front du frère avec la couleur rouge en lui disant le doigt appuyé sur le front : "Sois marqué, homme, du Signe Saint et très Saint, redoutable et invincible que l'Eternel fit donner par l'Esprit Saint de vertu, de force et de puissance à son fidèle serviteur Abraham ; et que par ce même signe tu sois toute ta vie l’emblème réel de celui qui te fait marquer par moi tant en vertu, qu'en force et en puissance. Amen.

Pendant que l'on marque le frère au front, le T.V.M. d'occident quitte sa place, vient derrière lui et lorsque le Me d'orient a cessé de parler il prend le frère par la main droite et le conduit à pas libres à la place où il l'avait pris. Il prend actuellement et de même le second frère, le conduit à l'orient, lui fait prendre la même attitude et retourne s'asseoir sur son fauteuil. Il en fait autant pour les dix autres frères célébrants.

Les douze frères célébrants conserveront, étant marqués, la même place et attitude dans le cercle qu'auparavant et ce jusqu’à la fin de la cérémonie du renouvellement des engagements.

Si les autres frères qui les entourent sont trop nombreux, pour ne pas trop allonger la cérémonie, le T.V.M. d'occident en fera deux bandes, le plus ancien de chaque bande ou le plus élevé en grade sera à la tête. Il prendra seul l'attitude des 12 premiers devant le T.R.Me. d'orient, il répondra pour lui et pour sa bande aux trois questions et fera de même pour le renouvellement d'engagement en son nom et pour tous les frères de sa bande ; tous ces frères auront derrière lui le genou droit en terre, la main gauche en équerre de champ sur la terre, le bras allongé le long du corps et la main droite également en équerre de champ sur la terre, le bras tendu en avant à sa hauteur naturelle. Ils resteront dans cette attitude jusqu’à ce que le frère qui est à la tête se relève, ce qu'ils feront aussi pour regagner tous leurs places.

Après que les frères assistants auront tous renouvelé ainsi leurs engagements sans recevoir cependant le sceau qui n'est donné qu'aux douze célébrants, le T.V.Me. d'occident, s'il n'est point R+, et le R. Me. Inspecteur du temple partagent tous les officiers dignitaires en deux bandes, les font placer comme il a été dit pour les frères assistants trop nombreux, se mettent chacun à la tête d'une bande et prêtent successivement leur renouvellement d'engagements comme ci-dessus.

Cette cérémonie étant finie tous les officiers dignitaires et tous les autres frères reprennent leur place ordinaire de travail ouvert, excepté les deux conducteurs d'orient et d'occident et les douze frères célébrants. Le T.R.Me. d'orient dit au T.V.Me. d'occident de faire approcher de lui deux frères dans les douze célébrants. Le T.V.M. d'occident va les prendre chacun par une main et à pas libres, les conduit à l'orient et reste derrière eux. Ces deux frères et le T.R.Me. d'orient forment ensemble une circonférence en s'appuyant réciproquement les mains sur les épaules. Etant ainsi, le T.R.M. leur dit à demi voix : "Mes frères, qu'il vous souvienne que le sang du juste crie encore vengeance aux cieux et qu'en cette mémoire, il vous est défendu de par l'Eternel de tremper vos mains dans le sang de vos frères et de souiller vos mains par aucune impureté. Ne soyez point avides de sang et n'en mangez jamais, puisqu’il vous est défendu, parce qu’en lui gît la vie".

Après cela le T.R.Me. d'orient fait placer ces deux frères l'un à sa droite l'autre à sa gauche ; pendant ce temps le T.V.Me. d'occident va chercher deux autres frères célébrants, les conduit et les place de même et se tient en arrière d'eux. Le T.R.Me. d'orient fait avec eux et leur dit la même chose qu'aux deux premiers et les fait placer de même à sa droite et à sa gauche. On en use ainsi successivement pour ces douze frères, de sorte qu'à la fin ils se trouvent placés six à droite et six à gauche du T.R.Me. d'orient et le T.V. Maître d'occident reprend sa place.

Nota. Toute cette cérémonie n'a lieu jusqu’ici que pour les officiers dignitaires et les frères du Temple et du Sanctuaire.

Après qu'elle est finie, le T.V.Me. d'occident rentre dans le Porche à sa place ordinaire sans cependant que ses deux surveillants se déplacent du Temple où ils restent. Le Maître des cérémonies du Porche le suit ensuite faisant porter par deux des frères gardes les livres qui étaient sur les deux tabourets à l'orient, ils seront placés de même à l'occident et seront gardés par les deux frères gardes, le glaive à la main et à l'ordre. Le T.V.Me. d'occident dit au Maître Inspecteur du Porche de faire mettre deux à deux tous les apprentifs Compagnons et Maîtres de cette classe et de les conduire ainsi devant lui sur une colonne, ou sur deux seulement s'ils sont trop nombreux ; les deux plus anciens Maîtres seront à leur tête et le chef de chaque bande pratiquera tout ce qui a été prescrit pour le Temple. Ensuite tous les officiers dignitaires du Porche feront la même chose. Après que le T.V.M. d'occident aura fini sa cérémonie dans le Porche, on reportera dans le même ordre les livres où ils étaient dans le Temple. Alors les Surveillants du Porche reprennent leurs places ordinaires de travail ouvert.

Cette cérémonie sera célébrée dans le Temple régulièrement assemblé et les quatre portes du Temple seulement ouvertes. Les trois portes du Porche ne s'ouvrent point parce qu'il n'y en a point en ce jour. La batterie pour l'ouverture du temple est celle d'Elu par quatre fois quatre qui sera cependant répétée par le T.V. Maître d'occident et ses deux surveillants qui sont dans le temple. Cette batterie par son addition indique le nombre spirituel.

Pendant que les surveillants du porche y rentrent pour occuper leurs places accoutumée, le Maître des cérémonies de cette classe va à pas libre avec une bougie à la main demander de la lumière du temple au Maître des cérémonies du Temple ; celui-ci prend cette bougie et va à pas libres l'allumer à une de celles qui brûlent sur l'autel d'orient, la présente allumée en se mettant à l'ordre au T.R.Me. d'orient qui prononce dessus ô + 10 du centre, la rend au Maître des cérémonies du Porche, étant tous les deux à l'ordre. Ce dernier toujours à l'ordre va au trône d'occident, présente la bougie au T.V. Maître qui prononce dessus le même mot, en allume son chandelier et la lui rend ensuite ; de là il va allumer lui-même les bougies des deux surveillants de sa classe et remet ensuite cette bougie au premier frère garde du Porche pour qu'il en allume toutes celles des autres dignitaires, pendant qu'un autre frère garde, en ayant

allumée une autre bougie, va éclairer toutes celles qui sont placées dans le Porche selon le cérémonial général de l'ordre.

Après que l'illumination du Porche sera faite, le T.R.Me. d'orient, ou le T.V. Maître d'occident, ou l'un ou l'autre Maître Orateur fera un discours instructif sur la cérémonie de ce jour. On en trouvera un précis à la suite de ce cérémonial.

Le discours d'instruction étant fini, le T.R.Me. d'orient fermera les quatre portes du Temple et les trois du Porche, quoique ces dernières n'ayant pas été ouvertes, et qu’il n'y ait point eu de mot, de consigne, de signe et de batterie donnés dans cette classe. Les surveillants cependant et le T.V.Me. d'occ. rendront à l'ordinaire les signes et batterie. 735  Cette fermeture faite par la classe du Porche aux usages ordinaires et de concert avec ceux du Temple, fait allusion à la jonction filiale que les étrangers idolâtres firent au sortir d'Egypte avec les enfants d'Israël en se soumettant à suivre leur loi divine et spirituelle que Dieu avait donné par la voix de Moïse. Ce qui a été renouvelé depuis par l’affiliation des gentils à la loi du Christ, après que toutes ses opérations spirituelles contenues dans cette loi furent entièrement finies par lui.

Tous les frères, tant du Temple et du Porche que les visiteurs qui auront assisté à cette cérémonie, pourront à la suite faire ensemble un repas très frugal, où il ne sera fait aucune cérémonie de l'ordre. Le chef recommandera seulement le respect et la décence après une pareille solennité et veilleront à ce qu'on ne s'entretienne ni de Religion, ni de politique ni de choses mondaines. Le chef conducteur fera une courte prière au commencement et à la fin du repas.

fin de la cérémonie du jour de la Trinité

Le T.R.Me. d'orient après avoir fait le feu nouveau et en avoir allumé la bougie destinée pour le centre avec les cérémonies prescrites, va seul au centre du tracé, la tenant de la main gauche, pour y tracer le mot sur 10, ensuite il fait sur cette bougie avant de la placer et après qu'elle est placée tout ce qui est prescrit pour cette cérémonie. Après quoi, restant à genou du genou droit seulement ayant la main gauche à l'ordre, le Me des cérémonies lui donne un glaive. Le T.R.Me. d'orient l'ayant pris de la main droite s'appuie dessus un moment pendant lequel il fait une prière pour sa purification. Ensuite il fait sur lui les trois signes du glaive et le 4e sur la terre, ce qu'il répète trois fois, finissant par jeter le glaive hors du cercle, à chaque fois qu'il porte le coup sur la terre, il dit abrenuntio. 

Restant dans la même attitude, mais avançant la main droite en équerre du champ sur la bougie du centre, il prononce, au signe de Moïse, le mot qui y est tracé et dit à haute voix : 

ô Eternel notre Dieu, nous t'offrons le sacrifice de nos esprits, de nos âmes et de nos corps, pour que nos pensées, volontés et actions te soient agréables dans la solennité que nous allons célébrer en l'honneur de ta Majesté et de ton essence unitrinaire ; donne à chacun de nous le désir sincère et la force de remplir ta loi sainte, afin que nous puissions tous jouir en toi et par toi des promesses que tu as daignées nous faire par ta pure miséricorde. Béni soit ton saint Nom ô + 10. Amen.

Après quoi le Maître des cérémonies présente au T.R.M. d'orient une bougie que celui-ci allume à celle du centre et la lui rend en se relevant et va ensuite à sa place aux usages ordinaires. Le Maître des cérémonies allume et en fait allumer toutes les bougies, répond aux mots 

Pour la fête de St Jean-Baptiste 

Au retour de la messe, tous les frères (étant) rendus au Parvis du temple et les officiers dignitaires entrés dans le temple, le T.R.M. d'orient ordonne le tracé qui n'est en ce jour qu'un quart d'angle à l'est, terminé par un double rayon au centre duquel on mettra une tête de chevreuil sur un plat de terre et à côté le nom d'esprit de Jean sur 8. avec sa bougie. Le Maître des cérémonies place ensuite sept glaives en circonférence au centre de l'appartement. Le T.R.Me. d'orient ayant fait le feu nouveau, en allume la bougie du quart d'angle et va la placer avec les cérémonies prescrites sur le nom de l'Esprit de Jean. Après quoi, il ordonne l'entrée de tous les frères dans le temple. Le Maître des cérémonies les fait tous placer indistinctement avec les dignitaires sur une seule ligne depuis l'angle du nord jusqu’à celui d'ouest et même jusqu’à celui du sud si les frères étaient nombreux et s'ils l'étaient encore plus, il les ferait ranger sur deux lignes en s’y mettant ensuite lui-même. Ils seront placés par grades et par ancienneté. Tous les frères étant ainsi placés, le T.R.M. d'orient va prendre à pas libres un des sept glaives du centre et retourne à l'ouest, d'où il commence la marche de Ballet (.) du pied droit ; au premier pas, il lance de la main droite un coup de son glaive vers midi en disant abrenuncio, au second pas, il en fait autant vers le nord ; au troisième pas, vers midi et ainsi successivement jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'angle d'est. Y étant arrivé, il y entre par trois pas balancés à l'ordinaire, tombe le genou droit en terre ; pendant ce temps il doit avoir la main gauche à l'ordre ; il fait sur lui les trois signes du glaive et le 4e sur la tête de chevreuil en disant abrenuncio, ce qui se répète trois fois. Il finit par laisser le glaive plongé dans la tête de chevreuil, ensuite restant dans la même attitude, il avance la main droite en équerre sur la bougie, la gauche restant à l'ordre, prononce trois fois sans aucun signe le nom sur 8 qui est dessous et dit à haute voix :

Je te conjure, ô esprit de Ionan, par toi et par ceux qui sont avec toi, de faire jonction avec mon esprit, mon âme et mon corps et de les présenter à l'Eternel pour qu'il me fasse la grâce que je puisse participer dignement à l'opération sainte que tu as faite pour sa plus grande gloire sur cette surface. Amen.

Le T.R.Me. d'orient se relève ensuite et reste debout à côté de l'angle, delà il appelle successivement six autres frères du temple les plus avancés en grades et les plus anciens en commençant par le V.M. d'occident qui viennent faire entièrement la même chose et pendant ce temps il tient sur la tête de celui qui la fait sa main droite en équerre. Excepté ces sept frères, tous les autres ne sont qu'assistants. Cette cérémonie étant finie, le T.R.Me. d'orient fera tracer une circonférence au centre de l'appartement dans laquelle il tracera les mots, caractères et hiéroglyphes qu'il jugera à propos avec leur bougie. Cela étant fait et chacun ayant repris sa place ordinaire, il ouvre les travaux à l'ordinaire. Il fait un discours instructif sur la cérémonie du jour et procède ensuite à la nomination des dignitaires ou à la confirmation des anciens, à la vérification des travaux des frères pour leur avancement en grade et à l'inspection des registres du temple. Après quoi il ferme les travaux aux usages ordinaires et fait effacer le tracé. Ce jour est destiné pour donner communication au Souverain de toutes les opérations qui se sont faites dans le temple pendant l'année. Pour le repas voyez celui de la Trinité. 

Pour la fête de St Jean l'Évangéliste. 

Tout le cérémonial est le même que le précédant excepté qu'il y aura une tête de chevreau avec le nom de l'Esprit de Jean l'Évangéliste sur 8 dans le quart d'angle. S'il y a quelque remplacement de dignitaire à faire, le T.R.M. d'orient le fait un jour par intérim et sans cérémonie. 

Pour la fête de Pâques qui se célèbre la 3e des trois fêtes. 

Au retour de la messe tous les frères étant rendus aux parvis, le T.R.Me d'orient fait rôtir un agneau entier après en avoir ôté tout ce qu'il convient, les frères tous décorés se rangent au banquet qui est servi à l'heure ordinaire. On ouvre le travail comme aux deux précédentes fêtes sans ordre ni consigne. Ensuite il fait un exorcisme sur l'agneau que l'on a placé devant lui et le bénit. Il découpe après les deux filets de l'agneau dans toute leur longueur en  observant de ne pas scier, il les partage en autant de petites portions qu'il y a de frères à table et leur en présente un à chacun au bout d'une fourchette ; une seule bouchée suffit ; il leur donne aussi à chacun en même temps une bouchée de pain. Les frères restent debout pendant toute cette cérémonie sans quitter leur place parce que le T.R.Me. d'orient fait la ronde en faisant à voix basse des prières relatives. Ce qui restera de l'agneau sera donné aux pauvres. Cette cérémonie fait allusion à la nourriture spirituelle que le C. a donné à ses disciples par sa mort. L'agneau étant mangé comme il est dit, les frères s'assoient et font leur repas à l'ordinaire. Voyez aux fêtes précédentes. 

Canevas d'un discours d'instruction pour la fête de la Trinité. 

Le T.R.Me. d'orient dans le centre d'une circonférence entouré de douze frères tenant chacun un ruban de l'oriflamme, fait allusion à la seconde opération que l'Eternel manifesta à Moïse pour lui donner pouvoir force et puissance pour délivrer son peuple élu de l'esclavage d'Egypte. Les douze rubans font allusion aux douze dons spirituels divins que Moïse y reçut et qui le rendirent si fort, si savant et si supérieur dans toutes ses opérations spirituelles pour le bien et contre le mal. Il devint lui-même le second type de la manifestation de la gloire du Dieu vivant comme Noé en avait été le premier type lorsque l'Eternel le choisit pour être spectateur de sa justice contre la terre et ses habitants qu'il réduisit en cadavres à l'exception du petit nombre conservé dans l'arche pour rendre témoignage de ce fléau dont Dieu a puni la terre et ses habitants et de sa justice qu'il exercerait contre ceux qui marcheront contre sa loi, préceptes et commandements. Noé est donc un premier type par son témoignage et par la réconciliation qu'il a faite du reste des mortels avec Dieu ainsi qu'il a appris à connaître par un signe mystérieux l'arc-en-ciel que Dieu avait donné vie à la terre et réconcilié le reste des mortels avec elle. Noé réconcilia le tout avec l'Eternel. C'est de cette première époque que le travail de Noé fut appelé opération puissante sur la vertu des eaux qui sont le second principe de la création universelle.  L'Eternel manifesta sa seconde opération divine en présence de Moïse dans le désert d'Horeb où il l'avait appelé pour recevoir ses ordres de puissance La forêt de ce désert était assez considérable ; Moïse étant au centre de cette forêt, entendit une voix effroyable et vit tout de suite descendre autour de lui douze traits de feu qui l'environnèrent si promptement qu'il craignit d'en être consumé ; son trouble fut si grand qu'il ne put soutenir l'attitude qu'il avait prise pour recevoir les commandements de Dieu, il acheva sa prosternation en terre en y appuyant sa face, sa vue physique matérielle ne pouvant plus supporter le grand feu spirituel qui l'environnait. Dans cette nouvelle attitude il reçut enfin les ordres de l'Eternel et fut marqué du quatriple sceau de Dieu, dont deux étaient empreints visiblement sur son front à côté de chaque oeil sous la forme de deux rayons de feu spirituel qui rendaient sa face éblouissante aux yeux de tous lorsqu'il faisait usage de sa quatriple puissance divine. Ce sont ces deux rayons que l'on prend vulgairement pour deux cornes sur le front de Moïse. C'est ce feu spirituel qui entourait la forêt d'Horeb pour en écarter tout profane qui a fait dire de même que Dieu avait apparu à Moïse dans un buisson ardent. La circonférence formée par douze frères est la figure de cette circonférence mystérieuse. Le T.R. Maître d'orient au centre de cette circonférence représente l'Eternel dans celle du désert d'Horeb ; l'entrée du T.V.Maître d'occident dans la circonférence fait allusion à celle de Moïse dans la circonférence mystérieuse. La communication secrète que les deux conducteurs du Temple font entendre dans la circonférence du centre est la figure de celle que Moïse eut avec Dieu secrètement en présence de sa cour spirituelle pour aller faire sortir son peuple de l'esclavage, le diriger et le conduire en force et puissance à sa destination. Les douze frères qui tenaient les rubans couleur de feu font allusion aux douze principaux chefs d'Israël sur lesquels Moïse rendit réversible ses douze dons spirituels sans que cela diminue rien de sa puissance pour la conduite particulière du peuple de Dieu qui était expressément soumise à Moïse. Les lumières qui brillent dans ce temple ont chacune leur nom mystérieux, leurs vertus et leurs puissances et font allusion aux différents Esprits saints qui ont assisté à l'opération que l'Eternel a faite en faveur de Moïse et de son peuple chéri. La marque mise sur le front des douze frères par le T.R.M. d'orient est la figure de celle que Moïse mit sur le front des douze principaux chefs d'Israël auxquels il communiqua par le moyen du signe du sang de l'holocauste de pacification, la vertu, la puissance et l'autorité spirituelle de correspondance divine. Le serment que les douze frères célébrants font entre les mains du T.R.M. d'orient fait allusion à l'acceptation cérémonielle de culte divin que les chefs firent entre les mains de Moïse pour leur servir de règle cérémonielle pour mettre en usage et en pratique les vertus et puissances qui leur avait été transmises par autorité divine avant la loi donnée. L'obligation renouvelée par tous les frères assistants du temple fait allusion à l'acceptation que les Israëlites firent de la loi divine que Moïse leur donna après l'avoir descendu du haut de la montagne mystérieuse dénommée Sinaï. Le renouvellement d'engagement que tous les frères de l'ordre font entre les mains du T.V.Maître d'occident après la grande cérémonie faite, fait allusion au serment de fidélité, de soumission et d'affiliation que les étrangers idolâtres firent pour adopter la loi divine que Moïse avait donné aux enfants d'Israël.

Source : le Manuscrit d'Alger

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L'initiation au grade de Réau-Croix

24 Octobre 2012 , Rédigé par Clairembault Publié dans #Rites et rituels

Le grade de Réaux-Croix reste l’un des plus énigmatiques du système initiatique de l’ordre des Chevaliers Maçons élus coëns de l’univers. Alors qu’il existe nombre de textes et documents sur les cérémonies d’initiation aux divers grades de l’ordre fondé par Martinès de Pasqually, celui qui couronne sa hiérarchie n’est que partiellement connu. Dans le livre qu’il a consacré à l’étude des grades coëns, Les Sept Sceaux des Élus coëns, Serge Caillet se livre à une enquête minutieuse sur les diverses sources permettant de soulever les mystères qui entourent le grade de Réaux-croix ; Il évoque en particulier « deux pièces majeures » y faisant référence : une note de Louis-Claude de Saint-Martin figurant dans le Fonds Z, les « Extraits des notes manuscrites confiées par le maître de la Chevalerie», et l’« Extrait de préparation et de précaution pour une réception de R+ » dans le Manuscrit d’Alger .Serge Caillet souligne que ces documents, d’une parfaite cohérence, permettent de « reconstituer les grandes lignes et le cadre de la cérémonie». Or, il existe une autre source, la lettre adressée par Martinès de Pasqually à Jean-Jacques Bacon de la Chevalerie le 2 mai 1768. Dans ce texte, le Grand Souverain décrit à celui qui est alors son Substitut Universel la procédure qu’il doit suivre pour conférer le grade de Réaux-Croix à Jean-Baptiste Willermoz, lors d’une cérémonie prévue les 11, 12 et 13 mai 1768 à Paris. Contrairement à qui est dit parfois, Bacon de la Chevalerie n’outrepasse pas ses droits en conférant ce grade. Par contre, Martinès de Pasqually lui reproche d’avoir promis à Willermoz de l’initier en dehors des périodes d’équinoxe. Ce défaut ne permettant pas d’attaquer « à l'Est directement, ce temps étant passé », Martinès de Pasqually recommande donc à Bacon de la Chevalerie : « Attaquez l'angle de l'Ouest comme votre chef angle. » Le Grand Souverain précise cependant qu’une opération « faite hors de son temps est sans fruit ». De fait, devant le peu de bénéfices recueillis par Willermoz, Martinès de Pasqually proposera bientôt de corriger cette situation en procédant à une « ordination par correspondance sympathique». Par la suite, il se montrera plus vigilant sur les modalités de transmission au grade de Réaux-Croix et se réservera le privilège de la conférer. La mise en parallèle de cette lettre avec les deux « pièces majeures » évoquées au début de cette étude donne l’impression qu’il s’agit là de la source à partir de laquelle ces dernières ont été rédigées. Elles en reprennent en effet les éléments essentiels, suivant exactement les phases du cérémonial décrit dans la lettre de Martinès de Pasqually. Il s’agit donc d’un document capital, que Gustave Bord a publié dans La Franc-Maçonnerie en France des origines à 1815.Gérard van Rijnberk lui-même ne le reproduit pas dans l’ouvrage qu’il a consacré au fondateur des Élus coëns. Pourtant, il s’intéresse à son ordination, car il publie d’autres lettres évoquant cet épisode, notamment celle de Martinès de Pasqually à Jean-Baptiste Willermoz, datée du 16 février 1770, où le Grand Souverain lui propose de rectifier l’ordination qu’il a reçue en 1768. Lorsqu’il évoque le livre de Gustave Bord, Gérard van Rijnberk s’interroge sur les sources utilisées par cet auteur « animé d’un esprit anti-maçonnique et anti-occultiste, mais historien honnête ». En l’absence d’informations, il se contente de constater qu’il « a puisé des documents importants dans des archives, sur lesquelles il ne donne pas de précisions » (ibid.). Le livre de Gustave Bord est en effet fort bien documenté. Outre le document qui nous intéresse, il y donne des informations assez précises sur l’histoire de l’ordre des Élus coëns [8]. Il reproduit d’ailleurs une version intéressante de la signature de Martinès de Pasqually ornée de glyphes caractéristiques. (G. Bord, p. 287) Observons également que l’ouvrage de Gustave Bord comporte une notice biographique très documentée sur Bacon de la Chevalerie (p. 328-337) [9], tout comme il offre de nombreuses informations au sujet de Savalette de Langes et de la loge des Amis réunis (p. 342-355 ; 358-362). Ses sources pourraient provenir du fonds Villaréal, c’est-à-dire de documents hérités des Philalèthes, parmi lesquels figurait une part importante des archives des Élus coëns .Gustave Bord réservait-il pour le second volume de son étude les précisions concernant les origines des documents qu’il présente ? Nous l’ignorons, celui-là n’ayant pas été publié. Plus tard, Alice Joly reprendra de larges extraits de la lettre de Martinès de Pasqually dans Un mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, ouvrage publié en 1938 .Si elle ne reproduit pas cette lettre dans son intégralité, elle restitue cependant l’ordination de Willermoz dans son contexte. Parmi les documents majeurs que nous évoquions au début de notre étude figurent les « Extraits des notes manuscrites confiées par le maître de la Chevalerie ». Lorsque Robert Amadou publie ces textes en 1984 dans la revue L’Esprit des choses, il ne souligne pas leurs relations avec la lettre de Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie . Pourtant, ces « extraits » semblent y puiser leur source et complètent même à merveille le texte reproduit par Gustave Bord. Les notes de Saint-Martin comportent en effet les hiéroglyphes et la prière évoqués dans la lettre de Martinès de Pasqually, des éléments que Gustave Bord n’a pas reproduits. La copie des prières semble cependant lacunaire, c’est du moins ce qu’on peut penser lorsqu’on les compare avec celles qui figurent dans le second témoin, le Manuscrit d’Alger. En 1999, la revue L’esprit des choses a publié le fac-similé de ce second témoin, « Extrait de préparation et de précaution pour une réception de R+ », d’après le Manuscrit d’Alger .Ce texte suit exactement le même plan que celui de la lettre de Martinès du 2 mai 1768 ; cependant, il est plus précis. Il offre même plus de détails que l’ensemble formé par la lettre et les « Notes » de Saint-Martin (Fonds Z). Les hiéroglyphes y sont introduits par des titres plus explicites : « Première prière à la tête au Nord... », ils sont associés à des nombres absents de la reproduction publiée dans L’Esprit des choses d’après le Fonds Z. De même, les instructions pratiques et les prières y sont plus complètes. Contrairement au texte du Fonds Z, les invocations ne commencent pas par « Tu es saint, père de toutes choses... », mais par « Ô + 10, tu es saint, ô père de toute choses... ». Cette désignation, typique des rituels élus coëns, se répète d’ailleurs plusieurs fois à l’intérieur des prières, alors qu’elle est absente des « Notes » du Fonds Z. Malgré ces lacunes, la lettre de Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie concernant l’initiation de Willermoz demeure un document de première importance. Elle est sans doute le témoin le plus ancien du grade de Réaux-Croix et elle a d’autant plus d’intérêt qu’elle est de la main même de l’auteur du rituel en question. Il est d’ailleurs intéressant d’étudier ce document en parallèle avec l’analyse proposée par Serge Caillet dans lesSept Sceaux des Élus coëns (p. 259-285). Pour permettre cette étude, nous reproduisons la lettre de Martinès de Pasqually en lui joignant quelques uns de ses compléments figurant dans le Fonds Z et dans le Manuscrit d’Alger

Lettre de Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie

« À Bordeaux, le 2 mai 1768. « Je réponds T. H. T. R. M. aussi promptement que je le peux à la demande que vous me faites touchant le grade de Réaux-Croix que vous voulez donner à notre T. H. T. R. M. de Willermoz . Je ne me refuserais jamais pour que ce R. M. soit récompensé à tous égards et même avec satisfaction, personne plus que lui le mérite davantage. Vous me permettrez P. M. de vous faire les observations secrètes de notre loi abstraite à ce sujet. Vous ne devez point ignorer que nous ne jouissons en notre qualité d'hommes, d'image et de ressemblance divine que de deux choses qui sont réellement en notre pouvoir, qui sont les différents actes cérémoniaux de nos opérations qui sont au nombre de quatre, auxquelles il nous est donné une seule puissance à chaque, qui font quatre puissances, ce qui complète avec les quatre cérémonies le nombre infini de huit. Toutes ces choses nous sont données avec précision d'heures, de jours, de semaines, de mois, de lunes et d'années. Et que par ce moyen en suivant scrupuleusement ce qui nous est prescrit par Dieu même, nous osons nous attendre à un succès plus considérable de nos travaux que lorsque nous en sortirons. Vous savez que je vous ai toujours dit qu'il n'était point en mon pouvoir de satisfaire entièrement l'homme à ce sujet et qu'à Dieu seul appartenait cette sublime opération. À toutes ces choses près, T. P. M. comment pouvoir nous promettre quelque succès en faveur du candidat que vous voulez admettre à une opération hors de son temps, un fruit prématuré est hors de saison, une opération de principe faite hors de son temps est sans fruit. Vous me répondrez à tout cela comment faire ? Je lui ai promis. Je dirai à cela tant pis, vous avez mal promis, ces sortes de choses sont-elles en votre pouvoir ? Indifféremment cela ne se peut d'aucune façon si nous ne suivons scrupuleusement ce qui nous est prescrit. La précision de la cérémonie ne suffit pas seule, il faut encore une exactitude et une sainteté de vivre au chef qui mène les cercles d'adoption intellecte (sic) il lui faut donc une préparation spirituelle faite par la prière, la retraite et la moration, vous avez su comment je me suis comporté à Paris à cet égard. Cependant je ferai mes efforts pour abandonner mes affaires domestiques afin de me disposer a vous fortifier dans votre opération, pour récompenser le zèle et les travaux laborieux au R. M. de Willermoz, que je crois être digne du succès que je lui désire dans cette opération, il ne dépendra pas de moi pour qu'il soit satisfait. Qu'il vous souvienne que c'est le dernier et le premier. Vous observerez pour cette cérémonie de faire les mêmes cercles que je fis pour la réception du T. P. M. de Luzignan, vous attaquerez l'angle de l'Ouest comme votre chef angle. Il ne vous est point permis d'attaquer à l'Est directement, ce temps étant passé. Vous ferez toutes les mêmes cérémonies, tant en prières qu'en parfum ; vous n'offrirez d'autre holocauste d'expiation que la tête d'un chevreuil mâle, que vous ferez acheter indifféremment au marché, laquelle tête sera avec sa peau velue. Vous la préparerez ainsi que l'on prépare le chevreuil avant de l'égorger. Ensuite vous dresserez trois feux nouveaux. Dans celui qui sera au Nord vous mettrez la tête sans langue ni cervelle mais bien avec les yeux. Dans celui qui sera au Midi vous y mettrez la cervelle. Dans celui qui sera à l'Ouest vous y mettrez la langue. Lorsque le tout brûlera le candidat jettera trois grains de sel assez gros dans chaque feu. Ensuite il passera ses mains par trois fois sur chaque flamme de chaque feu en signe de purification. Il aura le genou droit à terre et l'autre debout et dira ensuite ce mot ineffable que vous trouverez marqué dans l'écrit ci-joint ainsi que leur nombre, caractères et hiéroglyphes, lesquels seront tracés devant chaque feu tel qu'ils sont marqués. Si on ne peut avoir une tête de chevreuil, on prendra la tête d'un agneau couverte de sa peau. Il faut absolument que sa peau soit noire, sinon l'holocauste serait action de grâce et non d'expiation. Le candidat fera la cérémonie de la tête d'agneau ou de chevreuil avant tout autre cérémonie. Les cercles et l'appartement où l'on fait l'opération seront entièrement préparés ainsi que nous avons jadis fait. Vous aurez de l'eau comme il convient, vous commencerez votre opération le onze du courant, vous suivrez le 12 et finirez le 13 pour que vous vous rencontriez aux jours relatifs ou manquement de la saison. Par le nombre des jours que je vous fixe, vous remarquerez le nombre de confusion par 11/2. Le nombre terrestre et corporel par 12/3 et par 13/4 puissance. Ensuite vous ferez commencer par les invocations ordinaires et conjurations entre lesquelles vous joindrez celle du commandeur d'Orient. Après les trois jours d'opérations faites, vous ramasserez soigneusement les cendres des trois feux que vous joindrez à celle que je vous ai donnée. Vous donnerez au candidat un scapulaire pareil à celui des autres R.+C. Vous lui ferez faire un talisman égal aux autres, vous assemblerez pareillement vos deux P. M. R.+ dont l'un et l'autre feront chaque jour une opération et vous ferez la dernière, il est égal qui des deux commence. Vous observerez de faire dire au candidat la prière qui est à la suite des mots d'abord qu'il aura passé les mains ouvertes sur le feu de l'holocauste, vous aurez de toute nécessité deux réchauds un peu grands pour faire consumer la langue et la cervelle, et celui qui sera sous la cheminée de la Chambre figurera le Nord, les deux réchauds figureront le Midi et l'Ouest, conformément à l'ancien usage, ou l’on portait des caisses grillées pour faire les holocaustes en campagne. Voilà T. P. M. tout ce que je puis faire en faveur du zèle du R. M. de Willermoz. Dieu fasse qu'il l'entende et qu'il retire de cette opération tout l'avantage et le succès qu'il mérite. J'abandonne avec plaisir mes propres affaires pour sa satisfaction, ne comptant pas beaucoup sur la propagation de l'ordre par la lenteur que je lui vois. Je vous prie d'assurer le R. P. M. de Willermoz de mon sincère attachement. Ne faites fautes de prévenir tous les R. R. M. M. Réaux Croix de l'opération que vous allez faire à l'extraordinaire, n'importe qu'ils soient ou non avertis quinze jours d'avance comme il convient. Si vous n'agissiez point comme je vous le dis, les R.+ pourraient très bien vous refuser la reconnaissance du R.+ que vous auriez fait et m'en porter leurs plaintes pour qu'il ne fut point inscrit dans mes circonférences secrètes ainsi que dans mon répertoire universel. Faites écrire par un des R. P. R.+ au T. P. M. de Champoléon, au T. P. M. de Grainville, au T. P. M. de Luzignan pour éviter toutes sortes de discussion. Vous n'oublierez point de faire boire le calice en cérémonie après la réception et vous donnerez le pain mystique ou cimentaire à manger à votre Réaux + nouvellement reçu dans la même cérémonie que vous m'avez vu faire. » Les hiéroglyphes évoqués dans la lettre de Martinès de Pasqually ont été reproduits à partir des « Notes » figurant dans le Fonds Z. Ils devaient être dessinés près des trois feux où se consumaient les différentes parties de l’holocauste : au Nord, la tête de chevreuil, au Sud, sa cervelle et à l’Ouest, sa langue. Nous les reproduisons d’après l’article publié par Robert Amadou .Les prières utilisées dans ce rituel diffèrent légèrement selon les deux sources. Dans les deux versions, elles se terminent par un petit texte qui se réfère à des actes accomplis avant les prières. Le Manuscrit d’Alger est le seul à reproduire les noms des esprits devant être inscrits sur le tracé théurgique de la cérémonie du grade de Réaux-Croix. Ces noms et les nombres qui leur sont associés ne sont pas toujours très lisibles. Toutefois, en se reportant à un autre document des Élus coëns, la Table alphabétique des 2400 noms il est possible de les interpréter correctement.

 Prières selon le Manuscrit d’Alger :

ô + 10 , Tu es saint, ô Père de toutes choses, dont la volonté est accomplie par ta propre puissance, tu es saint et tu veux être connu de tout homme de sens intellectuel, ayant établi toutes choses pour lui ; tu es saint et plus grand que toutes louanges, toi dont l’image est toute la nature ; reçois mes sacrifices verbaux par l’holocauste qui brûle devant toi, qui est purifié par cette flamme et que je te présente de tout mon cœur et de toute mon âme. Le candidat passe ici trois fois ses mains ouvertes en équerre sur la flamme du feu où il fait sa prière en prononçant le mot qui y est tracé ; ensuite il continue la prière. Suite de la prière Ô+10 , ô Dieu indissoluble, indivisible et infini, toi qui ne peut être prononcé que par le silence, donne-moi force, puissance et secours pour que je ne retombe plus dans l’ignorance des connaissances qui sont selon mon essence.  Ô+ fortifie moi et éclaire les chefs régénérateurs qui me font concourir au grade que tu accordes par ta pure miséricorde à tes vrais élus ; Examine leurs vœux et mes prières pour que je sois marqué par eux du sceau de la réconciliation et que je reçoive en conséquence l’intelligence et la puissance qui y sont attachées. Éclaire les hommes de cette génération, tes enfants qui sont encore enfermés dans les ténèbres par l’ignorance où ils sont de ta science divine que tu me fais communiquer aujourd’hui par tes fidèles élus. Je rendrai témoignage à tous les humains, autant que tu le permettras, de la vérité et de la sainteté des connaissances que j’aurai acquises dans ce grade pour ta plus grande gloire et leur plus grande satisfaction. Donne-moi le don de les ramener à toi ô+10, qui es et qui aime ta créature. Ô+ 10, ton homme qui par ta miséricorde infinie vient d’être béni en ton nom, sur lequel ton nom a été imposé, et qui a eu le bonheur de réunir ton nom adorable, ton homme désire d’être sanctifié et en union avec toi. Ô+ comme tu lui en as donné la puissance, accorde-moi de ne me servir jamais des vertus, facultés et puissances que je reçois qu’à cette fin. Amen, Amen, Amen, Amen. Pendant que le candidat prie, l’opérant sera à son côté droit et lui dira à chaque feu : Qu’il te soit accordé par l’Éternel Ô+10, ce que tu lui as demandé, ce que tu lui demandes et ce que tu lui demanderas selon sa volonté, Amen. Ensuite le R+ député pour la réception prendra de la cendre du feu qui se trouve devant le candidat au nord et lui en mettra une pincée au haut du front à la naissance des cheveux. Il fera le même souhait oratoire et la même cérémonie de la cendre au candidat au dessus de l’œil droit au sud ; il en fera autant à l’ouest au dessus de l’œil gauche de façon que le candidat soit marqué au front par une figure triangulaire des cendres de son holocauste ; il gardera ce signe jusqu’à la fin de la première opération. Le candidat sera aussi marqué par le sceau (11) [3].  On se rendra dans la chambre d’opération le premier jour à six heures après midi pour faire le tracé des cercles. Les planètes seront tracées sur les deux angles d’est et d’ouest et non ailleurs. (12) À neuf heures on allumera les feux nouveaux avec bois et charbon préparés.  On ouvrira ensuite la tête avec le couteau de cérémonie (13), de circonférence en circonférence pour ôter la cervelle, on en ôtera aussi la langue : il faudra remettre à la tête l’os que l’on aura enlevé pour pouvoir en ôter la cervelle afin qu’il brûle avec le reste de la tête. On pratiquera les autres cérémonies qui suivent cette opération, ainsi qu’il est dit. (14)A minuit on entre dans le cercle de retraite pour les invocations et conjurations pour en sortir selon l’usage à une heure. On fera les quatre prosternations aux quatre angles où on aura placé à chaque un nom sur 7, de plus qu’à l’ordinaire. Voici quelques noms pour cet effet. Ils sont tirés du grand alphabet (15) de 7.9.5.4. portant sur 7 et sur 10. Ces noms portent sur chaque jour de la semaine, attendu qu’il ne faut pas les faire servir deux jours de suite, ce qui serait contre leur destination. Ils sont marqués par lettres algébriques célestes (16) ces noms sortent, par les chiffres que l’on voit de leur rang, de leur nombre, de leur puissance et de leur produit et fonction (17). Il faut se servir d’un parfum prescrit (18).

A 93 Dimanche Adornaïk Soleil 7. 3
B 83 Lundi Brammati Lune 7. 3
C 34 Mardi Cimarmora Mars 7. 3
D 62 Mercredi Dazalmum Mercure 7. 3
E 86 Jeudi Éduemor Jupiter 7. 3
F 55 Vendredi Serphiel Venus 7. 3
G 94 Samedi Gezmoriak Saturne 7. 3 (19).

Prières selon les « Notes » de Saint-Martin du Fonds Z :

« Tu es saint, père de toutes choses, duquel la volonté est accomplie par ta propre puissance. Oui, tu es saint, et tu veux être connu par ton homme des sens intellectuels, ainsi que tu as établi toutes choses pour lui. Tu es saint, plus puissant et plus grand que vertu et louange, duquel l’image est toute nature. Reçois mes sacrifices verbaux par l’holocauste qui brûle devant toi, présenté de cœur et d’âme, purifié par cette flamme. Passer trois fois les mains en équerre sur la flamme du feu où il fait sa prière, puis répéter le mots ci-dessus. Ô indissoluble, ô indivisible, ô indéfini, toi qui ne dois être prononcé que par le silence, donne-moi force, puissance et secours pour que je ne retombe plus dans l’ignorance des connaissances qui sont selon mon essence, ô W.  Fortifie-moi et illumine les chefs régénérateurs qui me font concourir à la grâce que tu accordes par ta pure miséricorde à tes vrais élus, exauce leurs vœux et ma prière pour que je sois marqué du sceau de l’intelligence et de la puissance que tu leur donnes. Éclaire les hommes de ma génération, tes enfants qui sont enfouis dans les ténèbres par l’ignorance de la grâce que je vais recevoir par tes fidèles élus. Je suis certain de cette grâce et j’en rendrai témoignage à tous les humains, ô W. Je passerai le reste de ma carrière en vie et lumière. Ô père éternel, tu es saint, ton homme est béni, il désire être sanctifié avec toi, ainsi que tu lui en as donné toute puissance. Amen, amen, amen, amen. » Le candidat sera au côté droit du chef qui lui dira, après qu’il aura fini à chaque feu : Qu’il te soit accordé de l’Éternel ce que tu lui as demandé. Ensuite, le chef prend de la cendre dudit feu [celui du Nord] et lui en met une pincée à la pointe des cheveux. Id. au Midi, au dessus de l’œil droit - id. à l’Ouest, au-dessus de l’œil gauche. Le candidat sera ainsi marqué triangulairement de la cendre de l’holocauste, ne le pouvant être du sang par l’événement. Il gardera la marque de son signe jusqu’à la fin de l’opération . Se rendre à six heures précises dans la chambre ; y préparer tout ; à neuf heures, allumer les trois feux nouveaux. Ouvrir ensuite en circonférence, avec le couteau de cérémonie, la tête. L’os que l’on aura ainsi en circonférence, le mettre sur la tête qui brûle, parce que la tête doit être entière, sans cervelle et sans langue. À minuit, les prières et invocations ; en sortir à une heure et demie, et même deux, n’ayant pas d’heures fixes à cause du bouleversement du temps .L’ensemble de ces documents permet de se faire une idée assez précise de la cérémonie d’initiation au grade de Réaux-Croix, une bien étrange cérémonie. Après avoir reproduit la lettre de la Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie, Gustave Bord ajoutait : « On a vraiment peine à croire qu'en plein XVIIIe siècle il y avait encore des gens se livrant à ces pratiques surannées et ridicules, surtout lorsqu'on constate que Willermoz n'était pas parmi les plus exagérés, et qu'en dehors de la maçonnerie c'était un brave homme, un honnête commerçant et un bon père de famille.» Alice Joly se montrera plus ironique :  « Je ne sais si Jean-Baptiste Willermoz reçut l’ordination au milieu d’une âcre fumée de chairs et de poils brûlés, ni s’il but le calice et mangea le pain de la singulière communion des Coens. Une seule chose est sûre : aucun phénomène surnaturel ne vint l’assurer du succès de ces étranges cérémonies».  À la lecture de ces éléments, on comprend mieux la position de Saint-Martin lorsque ce dernier nous confiait dans ses mémoires : « Lorsque dans les premiers temps de mon instruction je voyais le maître P. |Pasqually] préparer toutes les formules et tracer tous les emblèmes et tous les signes employés dans ses procédés théurgiques, je lui disais : Maître, comment, il faut tout cela pour prier le bon Dieu ! Je n'avais guère que 25 ans lorsque je lui tenais ce langage ; aujourd'hui que je suis près d'en avoir le double, je sens combien mon observation était fondée, et combien dès mon plus bas âge, j’ai offert des indices de l'espèce de germe qui était semé en moi. »À l’époque où Saint-Martin écrivait ses mots, il avait abandonné depuis longtemps les pratiques théurgiques pour se livrer à la seule initiation qu’il jugeait digne d’intérêt : « celle par où nous pouvons entrer dans le cœur de Dieu, et faire entrer le cœur de Dieu en nous, pour y faire un mariage indissoluble qui nous rend l’ami, le frère et l’épouse de notre divin Réparateur. Il n’y a d’autre mystère pour arriver à cette sainte initiation, que de nous enfoncer de plus en plus jusque dans les profondeurs de notre être, et de ne pas lâcher prise, que nous ne soyons parvenus à en sortir la vivante et vivifiante racine ; parce qu’alors tous les fruits que nous devrons porter, selon notre espèce, se produiront naturellement en nous et hors de nous, comme nous voyons que cela arrive à nos arbres terrestres, parce qu’ils sont adhérents à leur racine particulière, et qu’ils ne cessent pas d’en pomper les sucs».

Source : http://www.philosophe-inconnu.com/

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Un aspect pneumatologiste des travaux martinésistes : le rituel de la bougie et du lot du centre

23 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Un aspect pneumatologiste des travaux martinésistes : le rituel de la bougie et du lot du centre

Afin de s’assurer de la régularité et des résultats de leurs travaux et opérations, les Elus Coens veilleront à se présenter devant l’Eternel et ses anges le corps et l’âme purifiés. Le corps par les ablutions rituelles des mains et pieds ainsi que du visage ; l’âme par le feu. Mais quel feu ?

Le rituel de la bougie et du mot du centre du cercle d’opération nous donne de précieuses informations à ce sujet. En effet, l’opérant, agenouillé au bord du cercle intérieur dit :

« Ô lumière pure, symbole du chef de mon âme, à qui l’éternel a confié le soin de ma pensée, de ma volonté, de mon action et de ma parole, fais que par ton feu radieux, mon âme soit purgée et mes lèvres purifiées, afin que la parole que je vais prononcer opère pour la plus grande gloire de l’éternel, pour mon instruction, et pour l’édification de mes semblables. Amen. »

Ici, la lumière du centre est appelée « symbole du chef de l’âme ». Mais qui est donc ce chef dont il est dit que l’Eternel lui confia le soin des pensées, volonté et action qui sont les attributs de l’âme, du mineur spirituel, et dont l’expression est celle de l’image divine qui est le propre de l’homme ?

Selon Martinès de Pasqually, et compte tenu de la chute, le mineur spirituel ne peut seul accéder aux lumières divines qui rendront sa pensée, sa volonté et son action opérantes et justes. Seul, le mineur ne peut plus opérer selon les pouvoirs et puissances qui étaient les siens originellement. Il doit tout espérer du secours de son gardien, dont la jonction se fera par l’intellect que celui-ci lui enverra et qu’il devra accepter librement. Cet intellect féconde et illumine sa pensée, fortifie sa volonté et guide son action. Chaque fois que le mineur acceptera cet intellect, il se joindra à son gardien jusqu’à ne faire plus qu’un avec lui :

« Lorsque l’âme et l’intellect sont joints et spiritualisés, ils se confondent avec l’esprit dont était émané l’intellect et tous trois ensemble se rejoignent à la Divinité, ayant rempli chacun leur fonction avec succès.» 

L’âme impassive et spirituelle se met ainsi en état de recevoir impression de son gardien et donc l’illumination qui est la récompense des esprits mineurs ayant de ce fait recouvré la communication avec leur créateur. Aussi peut-on dire que le gardien et son intellect sont le chef de cette âme humaine – mineur spirituel - dont Dieu leur confie le soin. Un chef qui donne aussi une puissance nouvelle d’action et d’opération à cette âme incorporisée et donc affaiblie par sa prison de matière. Martinès l’exprime en ces termes :

« L’âme est un feu, simple en sa puissance et faible en ce bas monde. Elle fortifie sa puissance par son intellect, recevant de lui un second feu plus pur et plus puissant que le sien » 

Ainsi, de même que la fortification, l’action de purification du mineur se fait-elle par cet esprit et l’intellect qui en est l’émanation. Par la purification des lèvres, organes de l’expression du verbe - qui est la manifestation de la pensée et de la volonté ainsi que la mise en action de cette pensée - se réalise la purification de l’âme. Et c’est alors que, l’âme ainsi purifiée, l’opérant pourra prononcer le mot du centre, mot de puissance qui est l’expression de ses pouvoirs désormais recouvrés.

Cette vision martinésiste de la purification, de la fortification et de l’illumination par la médiation de l’esprit – ou gardien – et de son intellect n’est-elle cependant pas trop restrictive pour un chrétien ? N’exclut-elle pas trop radicalement l’action directe de l’Esprit Saint ?

Consécutivement à la purification des lèvres, opérée en insufflant la flamme de la bougie de façon à faire pénétrer en soi le feu qui en est l’essence, l’opérant porte les mains en équerre sur le visage et dit à basse voix la tête inclinée au-dessus de la bougie posée au centre du cercle intérieur :

« Viens, esprit saint +7, entoure le feu qui t’est consacré pour être ton trône puissant et dominant sur toutes les régions du monde universel ! Domine selon ma pensée sur moi et sur mes frères ici présents ! »

Ainsi il apparaît pour la première fois que l’opérant appelle un esprit saint à descendre sur un feu qui lui serait consacré. Mais de quel esprit saint parle-t-on ?

En effet, du fait du manque de majuscule – ou plutôt d’une règle peu établie pour les majuscules - dans les rédactions du 18ème siècle et de l’appellation d’esprit saint que donne Martinès aux esprits majeurs septénaires, et par extension à tout esprit bénin, il est difficile de savoir de prime abord si l’on s’adresse ici à l’esprit majeur bon compagnon – au gardien dont nous avons parlé précédemment – ou bien au Saint Esprit. Cette interrogation est renforcée par le fait que les esprits majeurs septénaires peuvent être assimilés à des agents du Saint Esprit et que Martinès leur assigne, entre autres, comme mission de véhiculer les dons de l’Esprit et les grâces divines. Nous pourrions alors supposer que l’opérant s’adresse bien ici à cette classe d’esprits à laquelle son gardien particulier est rattaché.

Cependant, l’opérant continue son invocation en disant :

« Eloigne de ces cercles tout esprit de ténèbres, d’erreurs et de confusion, afin que nos âmes puissent profiter du fruit des travaux que l’ordre donne à ceux qui se rendent dignes d’être pénétrés par toi +7, qui vis et règne avec le père et le fils à jamais. Amen. »

La fin de cette invocation à l’esprit saint ne fait plus aucun doute dans la mesure où son action est associée à celle du Père et du Fils. Ainsi, c’est bien au Saint Esprit, troisième personne de la divine Trinité, que l’opérant s’adresse afin qu’il répande sur lui et tous les frères présents sa céleste lumière en dominant sur eux par leur pensée, et afin qu’il protège les lieux et les opérations de sa toute puissance.

L’Esprit Saint est donc appelé, dans ce but d’illumination et de protection des frères, à entourer le feu dont on dit qu’il lui est consacré. En effet, lors de l’allumage du feu nouveau, qui est la source du feu central – quand ce n’est pas directement lui - l’opérant dit :

« Je te conjure, Esprit +7, que j’invoque par ma puissance et par tout ce qui est en ton pouvoir et au mien, pour que ton feu spirituel embrase la matière que je consacre au sein de ces circonférences ; que le feu élémentaire qui y réside s’unisse avec le tien par contribuer à la lumière spirituelle des hommes de désir et qu’ils soient animés de ton feu de vie. »

Par cette conjuration, l’opérant appelle la force, la puissance et les vertus sanctifiantes, fortifiantes et vivifiantes de l’Esprit Saint à descendre sur la bougie. Par quelle opération ? Tout simplement par analogie et correspondance entre le feu de l’Esprit et le feu élémentaire. Ainsi, le feu de l’Esprit est-il appelé à s’unir au feu de la bougie qui lui devient de ce fait consacrée. Nous sommes ici bien au-delà d’un symbolisme conventionnel du feu et des lumières comme on pourrait le trouver dans des rituels maçonniques et particulièrement au Rite Ecossais Rectifié. Ici, le feu n’est plus symbole. L’Esprit est appelé à habiter le feu. Et c’est la raison pour laquelle la purification des lèvres n’est pas un acte symbolique mais une opération réelle.

Si comme nous le disons l’Esprit habite et entoure le feu de la bougie qui est son trône, l’opérant qui agit doit nécessairement être pourvu de quelque puissance lui permettant d’obtenir cette faveur divine. La dimension sacerdotale, conférée par les ordinations, s’exprime pleinement dans cet acte simple mais fondamental. Nous sommes ici au-delà d’une simple opération théurgique ; nous sommes dans une liturgie de l’Esprit Saint, dans un acte qui, sans pouvoir prétendre être sacramentel, est un acte consécratoire opérant. Le sacerdoce Coen est ici sacerdote du ministère de l’Esprit Saint. Quelle admirable mais aussi redoutable vocation !

Ceci est fondamental et conditionne donc le succès de toutes les opérations. Le culte Coen se place sous la protection de l’Esprit Saint et agit dans l’Esprit et par l’Esprit qui seul confère à l’opérant les puissances et vertus nécessaires au succès des opérations et ordinations qu’il place sous la protection de l’Esprit Saint. Nous comprenons alors que cette opération soit réservée aux Conducteurs en Chef des temples.

Ainsi, fort de l’Esprit, quand l’opérant dans son invocation, demande que le feu qui est le trône de l’Esprit Saint devienne « puissant et dominant sur toutes les régions du monde universel » c’est aussi à une re-sanctification de l’univers qu’il appelle et donc à la réconciliation universelle.

 

Source : http://reconciliationuniverselle.over-blog.com

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