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Hauts Grades

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Rite Français IV Ordre : réception au grade de Rose-Croix (1)

24 Septembre 2012 , Rédigé par Rite Français Publié dans #Rites et rituels

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Très Excellent et Parfait Frère Premier Surveillant, quel sujet nous  rassemble?

1er Surv:.: Très Sage, la propagation de l'Ordre, et la perfection d'un  Chevalier d'Orient qui demande à être admis parmi nous.

(Le Très Sage fait la lecture de la requête du Candidat. L'on délibère sur le  jour de son admission. Pendant ce temps, le Maître des Cérémonies va le chercher; il doit attendre que sa requête soit décrétée. Lorsque l'on ouvre la porte, le Candidat doit se mettre à genoux pour recevoir sa requête. Le Très Sage la remettra à un Chevalier qui la lui jettera  à terre. La porte refermée, il y trouvera le jour et l'heure de sa Réception.

Le Maître des Cérémonies rentré, s'il y a des candidats dont le jour est fixé  ou indiqué pour l'assemblée tenante, alors le Très Sage lui dit d'aller préparer le Récipiendaire.

Le Maître des Cérémonies va trouver le Récipiendaire dans la Chambre des Réflexions, le salue, le fait décorer en Chevalier d'Orient et lui dit:)

M:. des C:.: Tous nos Temples sont démolis, nos outils et nos colonnes sont  brisés, la Parole sacrée est perdue, et malgré toutes nos perquisitions, nous ignorons les moyens de la recouvrer. Voulez-vous nous aider à la recouvrer?

(Le Récipiendaire y ayant consenti, il lui dit:)

M:. des C:.: Suivez-moi.

(Il le conduit à la porte du Chapitre, la tête découverte, et frappe en  Chevalier d'Orient. Les Surveillants en font l'annonce. Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Voyez qui frappe.

(Les Surveillants s'en assurent. Le Maître des Cérémonies répond au Frère  Expert de l'intérieur, qui dit:)

Exp:.: Que demandez-vous?

M:. des C:.: C'est un Frère Chevalier d'Orient, errant dans les bois et les  montagnes, qui a perdu la Parole à la seconde destruction du Temple, qui désirerait, avec votre secours, la retrouver.

(Les Surveillants en font l'annonce suivant l'usage. Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Que l'entrée lui soit donnée.

(Tous les Chevaliers, assis comme il a été dit, ont la main gauche sur le cou,  la droite sur le visage, et les jambes croisées.

Le Récipiendaire placé entre les Surveillants, et le Maître des Cérémonies à  côté de lui, le Premier Surveillant, ayant frappé un coup répété par le Second Surveillant et par le Très Sage, dit:)

1er Surv:.: Très Sage, je vous présente un Chevalier d'Orient qui cherche la  Parole.

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Mon Frère, la confusion s'est glissée dans nos ouvrages; il n'est pas en  notre pouvoir de travailler; vous devez vous en apercevoir à la consternation qui règne ici. Il se passe en cet instant un dérangement sur la surface de la  Terre; le voile du Temple se déchire (à ces mots, on tire un rideau noir qui cache l'Autel), les ténèbres sont répandues sur la Terre; la lumière est  obscurcie; les outils et les colonnes sont brisés; l'Étoile flamboyante a disparu, la Pierre cubique sue sang et eau et la Parole est perdue. Vous  voyez qu'il ne nous est pas possible de vous donner la Parole; cependant notre dessein n'est pas de rester dans l'oisiveté, nous cherchons à la  retrouver par une loi nouvelle. Êtes-vous dans les sentiments de nous suivre?

(Le Récipiendaire répond Oui. Le Maître des Cérémonies le fait voyager  pendant trente-trois ans par le Septentrion, l'orient, le midi et l'occident, pour qu'il apprenne les beautés de la nouvelle loi. Les voyages se réduisent à  sept tours.

Chaque fois que le Récipiendaire passe devant l'Autel, il fait une génuflexion.  Aux derniers tours, le Maître des Cérémonies lui montre chaque colonne, chaque fois qu'il passe devant, et lui en fait répéter le nom.

Les voyages achevés, le Récipiendaire placé entre les Surveillants, le Premier Surveillant frappe un coup et dit:)

1er Surv:.: Très Sage et Parfait Maître, le Récipiendaire a terminé ses  voyages.

(Le Très Sage, adressant la parole au Récipiendaire, dit:)

T:.S:.: Mon Frère, qu'avez-vous appris dans cette route?

(Le Maître des Cérémonies dicte la réponse au Récipiendaire.)

Récip:.: Très Sage et Parfait Maître, trois vertus pour me guider dorénavant:  Foi, Espérance, Charité; enseignez-moi s'il en est d'autres à suivre.

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Non, mon Frère, ce sont positivement ces colonnes et leurs  inscriptions qui sont les principes de notre Ordre et de nos nouveaux mystères. Approchez, et venez prendre avec nous l'engagement de ne jamais  vous éloigner de cette loi.

(Le Maître des Cérémonies conduit le Récipiendaire à l'Autel, où il le fait  mettre à genoux. Il lui fait ôter ses gants et poser les mains sur le Livre de la Sagesse, sur lequel est posé un glaive. Il lui fait baisser la tête.

Le Très Sage pose le maillet sur les mains du Récipiendaire et, dans cet état, lui fait prêter l'obligation.

Tous les Frères Chevaliers sont debout et au signe du Bon Pasteur.)

OBLIGATION

"Je promets, parole d'honneur, sur les mêmes obligations que j'ai prêtées  dans les grades précédents, de ne jamais révéler les secrets des Chevaliers de l'Aigle sous le nom de R:.+, à aucun Frère de grade inférieur, ni à aucun profane, sous peine d'être à jamais privé de la Parole, et d'être  perpétuellement dans les ténèbres; qu'un ruisseau de sang coule sans cesse de mon corps; que je souffre les plus rudes angoisses de l'âme, que les  épines les plus piquantes me servent de chevet; que le fiel et le vinaigre me servent de breuvage; que le supplice de la croix termine enfin mon sort, si  jamais je contreviens aux lois qui vont m'être prescrites. Je promets aussi de ne jamais révéler le lieu, ni par qui j'ai été reçu. Que le Grand Architecte de  l'Univers me soit en aide."

((Après l'obligation, le Très Sage dit:)

T:.S:.: Tout est consommé.

(Tous les Frères se couvrent le visage de leurs mains et s'assoient. Le Maître  des Cérémonies ôte au Récipiendaire son habit de Chevalier d'Orient. Le Très Sage lui passe une tunique en disant:)

T:.S:.: Cet habit vous dénote notre croyance; il doit vous rappeler par ses  ornements ce qui fait le point principal de nos mystères.

(Le Très Sage lui met le tablier en disant:)

T:.S:.: Ce tablier noir est la marque du sincère repentir des maux qui ont  causé tous nos malheurs. Il doit vous servir à reconnaître ceux d'entre nous qui cherchent à recouvrer la vraie Parole.

(Le Très Sage lui passe le cordon en disant:)

T:.S:.: Ce cordon doit vous servir de marque de deuil jusqu'à ce que la Parole  soit retrouvée. Passez à l'occident et vous nous aiderez à la chercher.

(Le Très Sage frappe sept coups répétés par les Surveillants; tous les  Chevaliers se lèvent et se mettent au signe du Bon Pasteur, le glaive tenu dans la main droite. Le Très Sage fait les questions suivantes aux  Surveillants:)

D. Quel motif nous rassemble?

R. Très Sage et Parfait Maître, la Pierre cubique ruisselle sang et eau par le relâchement des Maçons dans leurs ouvrages, et pour le succès de la  Maçonnerie exposée sur le sommet d'une haute montagne.

D. Que signifie ce mystère?

R. La perte de la Parole, qu'avec votre aide, nous espérons retrouver.

D. Que faut-il faire pour y parvenir?

R. Embrasser la nouvelle loi, être pleinement convaincu des trois vertus qui en sont les colonnes, la base et les principes. D. Quelles sont-elles?

R. Foi, Espérance, Charité.

D. Comment trouverons-nous ces trois colonnes?

R. En voyageant et errant dans l'obscurité la plus profonde.

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Voyageons, mes Frères, de l'occident au Septentrion, de l'orient au  midi, et surtout ne perdons pas de vue les sentiments qui nous guident.

(Tous les Frères voyagent en silence, suivant leur rang, et font sept fois le  tour du Chapitre, le Très Sage à la tête, ensuite les Surveillants, les Officiers dignitaires, les Membres du Chapitre, le Récipiendaire et le Maître des  Cérémonies.

Au troisième tour, le Très Sage passe dans la Chambre rouge; Au quatrième, les Surveillants;

Au cinquième, les Officiers dignitaires;

Au sixième, tous les Chevaliers, excepté le Récipiendaire et le Maître des Cérémonies qui font, seuls, le septième tour après lequel ils se rendent à la  porte du Chapitre où le Maître des Cérémonies frappe en Chevalier R:.+

Le Frère Expert du Porche intérieur entrouvre la porte et, apercevant le  Récipiendaire qui va pour entrer, il lui dit:)

Exp:.: Vous ne pouvez entrer, à moins que vous ne me donniez le mot.

(Le Récipiendaire répond:)

Récip:.: Je suis un Frère qui cherche la Parole par le secours de la nouvelle  loi et des trois colonnes de la Maçonnerie.

(A ces mots, le Frère Expert ferme la porte. Le Maître des Cérémonies le  dépouille de son cordon et de son tablier, et lui dit:)

M:. des C:.: Ces marques ne sont pas assez humiliantes pour trouver la  Parole; il faut passer par des épreuves plus humiliantes encore.

(Il le couvre d'un drap noir saupoudré de cendres afin qu'il ne puisse rien  apercevoir, et lui dit:)

M:. des C:.: Je vais vous conduire dans le lieu le plus ténébreux d'où la  Parole doit sortir triomphante à la gloire et à l'avantage de la Maçonnerie.

Mettez votre confiance en moi.

(Il le conduit ainsi dans un appartement où l'on a pratiqué des élévations, en  montant et descendant, répétées le plus qu'il est possible. Il le mène ensuite à la porte ouverte de l'appartement qui représente les horreurs d'un lieu de  peine et de souffrance. Sur le seuil de la porte, il relève le devant du drap qui  le couvre, et il lui fait faire en silence trois fois le tour de la salle et le ramène sur le seuil de la porte où il lui rabaisse le drap en disant:)

M:. des C:.: Les horreurs que vous venez d'apercevoir ne sont rien en  comparaison de ce que vous souffrirez si, malheureusement, vous n'observez pas notre loi.

(Il le conduit ensuite à la porte du Chapitre et lui dit:)

M:. des C:.: Souvenez-vous de répondre aux questions qui vous seront faites,  sans quoi vous ne pouvez parvenir au grade que vous désirez. Les voici:

D. D'où venez-vous? R. De la Judée.

D. Par quelle ville avez-vous passé? R. Par Nazareth.

D. Qui vous a conduit? R. Raphaël.

D. De quelle tribu êtes-vous? R. De Judas.

(Le Maître des Cérémonies fait frapper par le Récipiendaire sept coups, en  Chevalier R:.+

Après les cérémonies accoutumées pour annoncer et ouvrir, et pour  s'assurer de celui qui demande l'entrée, le Maître des Cérémonies répond au Frère Expert qui entrouvre la porte:)

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RAPMM : réception au 18ème degré (1780)

21 Septembre 2012 , Rédigé par RAPMM 18 Publié dans #Rites et rituels

PREMIERE PARTIE TEMPLE DE LA DESOLATION

TRES-SAGE

- J’invite le Chevalier Grand-Expert à faire débuter la cérémonie de Réception.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Se rend dans les parvis auprès des Chevaliers d’Orient et de l’Epée, il fait rentrer le Chevalier de garde sans cérémonie. Puis les amène à la porte du Temple et les fait frapper en Chevalier d’Orient et de l’Epée -0 0 0 0 0   0 0- .

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Très-Sage, on frappe à la porte du Temple en Chevalier d’Orient et de l’Epée.

TRES-SAGE

- Chevalier Second Grand-Gardien, voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND-GARDIEN Va entrouvrir la porte du Temple, regarde et regagne sa place.

- Très-Sage, ce sont des Chevaliers d’Orient et de l’Epée qui se sont égarés dans les ténèbres et qui demandent un guide pour les remettre dans leur chemin.

TRES-SAGE

- Ont-ils été examinés et reconnus ?

SECOND GRAND-GARDIEN

- Le Chevalier Grand-Expert les accompagne, il les a reconnus, examinés et jugés dignes d’être présentés, laissant à votre sagesse le soin de pénétrer leurs intentions.

TRES-SAGE

- Que l’entrée de notre Temple en ruine leur soit donnée.

SECOND GRAND-GARDIEN Va ouvrir la porte à deux battants, et la referme après l’entrée des Chevaliers.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Fait entrer les Chevaliers par le pas d’Orient et de l’Epée.  Il les place à l’Occident entre les Vallées.

TRES-SAGE

- Que désirez-vous voir et entendre ?

- Que souhaitez-vous apprendre et connaître ?

- Vous nous trouvez dans l’affliction, dans l’accablement et dans le désespoir. De profondes ténèbres enveloppent la terre, elle y ont semé le désordre et le deuil.

- La force règne partout en souveraine maîtresse.

- La Parole, autrefois si puissante, ne peut plus convaincre les Hommes. Ceux-ci sont devenus rebelles à la raison, à la justice et à la vérité; ils n’écoutent plus que la voix de leurs passions et leurs appétits.

- Dans ce fatal cataclysme de l’esprit, nos travaux ont été troublés, la lumière qui nous éclairait s’est éteinte, la Parole est perdue.

- Que pouvez-vous attendre de nous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Ne nous a-t-il pas été enseigné que l’Homme ne peut rien sans le secours des autres ?

- Nous vous demandons un guide pour nous conduire.

TRES-SAGE

- Où voulez-vous aller ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous fuyons des contrées misérables où l’erreur a détruit la vérité, où toute les notions du juste sont éteintes, où l’Homme dépérit sous le souffle de l’égoïsme et de l’ambition. Nous cherchons une Patrie favorisée pour accomplir notre destinée terrestre, le mal ne peut régner partout.

TRES-SAGE

-Tant de zèle vous attire notre confiance, prenez votre chemin. Chevalier Grand-Expert veuillez les accompagner dans leurs voyages.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Part avec les Récipiendaires. Il font le tour du Temple.

Parvenus à la colonnette (Sagesse) il fait prononcer le mot FOI inscrit sur la colonne.

Au deuxième tour il les fait arrêter devant la colonnette (Force) et leur fait prononcer le mot CHARITE; Au troisième tour, il les fait arrêter devant la colonnette (Beauté) et fait prononcer le mot ESPERANCE. Ensuite, il les reconduit à l’ouest.

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Très-Sage, les voyages sont terminés.

TRES-SAGE

- Mes Frères, qu’avez-vous appris dans ces voyages ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous avons vu trois colonnes sur lesquelles brillaient les mots : Foi, Charité, Espérance. Nous savons que ces trois mots désignent les trois vertus théologales. Trois vertus pour nous guider. Apprenez-nous s’il y a d’autres interprétations ?

TRES-SAGE

- Mes Frères, ces inscriptions portent les principes qui nous meuvent.

- Que l’Espérance nous guide et nous soutienne, que la Foi nous anime, que la Charité nous unisse.

- Sous l’inspiration de la Foi, de la Charité, de l’Espérance, consentez-vous à faire avec nous de nouveaux voyages ?

RECIPIENDAIRES

- Oui.

TRES-SAGE

- Dans ce cas, approchez-vous et venez prendre avec nous l’engagement de ne jamais vous écarter de cette loi nouvelle.

- Debout et à l’Ordre, Très Respectables Chevaliers.

CHEVALIER DE CEREMONIES Accompagne les Récipiendaires jusqu’à l’Autel.

SEPT CHEVALIERS Désignés d’avance, l’épée dans la main droite forment la voûte d’acier au-dessus de la tête des Récipiendaires.

TRES-SAGE Remet à l’un des Récipiendaires le serment écrit et ...

- Mes Frères, voici le serment que vous devez prononcer, l’un de vous le lira à haute voix.

UN RECIPIENDAIRE

- Je jure sur ce glaive, symbole du courage, et en présence de tous les Chevaliers qui m’entourent, de garder en mon coeur tous les secrets qui pourront m’être confiés par les Chevaliers Rose-Croix.

- Je promets d’habituer mon esprit à instruire mes Frères et mon bras à les défendre.

- Je prends tous les Chevaliers présents à témoin de ma sincérité.

TOUS LES RECIPIENDAIRES

- Je le Jure.

TRES-SAGE

- Acte est pris du serment !

CHEVALIER GRAND-EXPERT Reconduit les Récipiendaires entre les Vallées.

TRES-SAGE Frappe du pommeau de son épée : 0 0 0 0 0 0   0.

- Tout est consommé ...

- Très-Excellent  Premier Grand-Gardien,  quel motif  nous  rassemble ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Consoler les affligés, montrer le chemin aux voyageurs égarés et rechercher la Parole perdue.

TRES-SAGE

- Comment parviendrons-nous à la retrouver ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Trois colonnes nous guideront.

TRES-SAGE

- Où sont-elles ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Je l’ignore, mais nous les retrouverons, car on les reconnaît même dans l’obscurité la plus profonde.

TRES-SAGE

- N’a-t-il pas été dit : Cherchez, vous trouverez ?

- Voyageons donc et ne perdons pas de vue les sentiments qui nous guident !

Le TRES-SAGE se met en marche, suivi de tous les Chevaliers qui siègent à l’est.

Au premier tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Sagesse)

-FOI.

La lumière éclairant l’inscription est alors éteinte.

TRES-SAGE

- Hélas ! la Foi s’est éteinte !

Au deuxième tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Force)

-CHARITE.

La lumière éclairant l’inscription est alors éteinte.

TRES-SAGE

- Hélas ! la Charité s’est éteinte !

Au troisième tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Beauté)

-ESPERANCE.

TRES-SAGE

- Mais l’Espérance nous éclaire toujours!

- Avec elle nous rallumerons la Foi et la Charité

A la fin de ce troisième tour, le Très-Sage et les Chevaliers qui l’accompagnent

sortent du temple et attendent dans les parvis en grand silence. La porte du temple est ouverte.

PREMIER GRAND-GARDIEN Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du temple en prononçant chaque fois ...

-ESPERANCE !

...et va rejoindre le Très-Sage.

SECOND GRAND-GARDIEN Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du temple en prononçant chaque fois ...

-ESPERANCE !

...et va rejoindre le Très-Sage.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Reste avec les Chevaliers d’Orient et de l’Epée, éclairé par l’Espérance.

Lorsque tous les Chevaliers Rose-Croix sont sortis il leur couvre la tête d’un voile noir.

Puis les conduit dans les Parvis. Tous les Chevaliers Rose-Croix entrent dans le Temple, en grand silence, et aident pour la préparation du temple en rouge. La porte du Temple est fermée.

DEUXIEME PARTIE TEMPLE ROUGE

Tous les Chevaliers et Officiers du Chapitre sont à leur place.

TRES-SAGE

- Bientôt les Chevaliers d’Orient et de l’Epée vont nous être présentés; ils achèvent leurs voyages et méditent sur la Foi, sur la Charité et sur l’Espérance dont nous leur avons montré la lumière; à l’aide de cette lumière nouvelle, ils triompheront des obstacles et des écueils dont leur chemin est semé !

CHEVALIER GRAND-EXPERT Frappe à la porte du temple.

TRES-SAGE

- Voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND-EXPERT

- C’est le Chevalier Grand-Expert, conduisant des Chevaliers d’Orient et de l’Epée qui ont cherché la Parole et qui croient l’avoir retrouvée.

TRES-SAGE

- Que les portes leur soient ouvertes !

SECOND GRAND-EXPERT Va ouvrir les portes du temple. Il les referme après l’entrée des chevaliers.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Fait entrer les récipiendaires d’un pas lent et mesuré. Chacun d’eux à la tête recouverte d’un voile noir. Il les retient à l’ouest, au signe de Chevalier d’Orient et de l’Epée. (Main droite sur épaule gauche).

TRES-SAGE

- Mes Frères d’où venez-vous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous avons parcouru l’Orient et l’Occident, le Septentrion et le Midi, à la recherche de la Parole perdue. Malgré les ténèbres qui nous enveloppaient et les entraves que l’erreur et l’ignorance ont semée sur nos pas, nous croyons l’avoir trouvée ...

TRES-SAGE

- Par quels moyens ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- En parcourant les trois régions du monde dans lesquelles ont été déposés les trésors de la Connaissance.

TRES-SAGE

- Quelles sont ces régions ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- L’Antique Egypte, l’Inde secrète et la Palestine mystique.

TRES-SAGE

- Qui vous a le mieux guidé ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- La connaissance des Vertus de Foi et d’Espérance et la pratique constante de la Charité.

TRES-SAGE

- Qu’ont-elles produit en vous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Notre régénération.

TRES-SAGE

- Et qu’avez-vous eu à combattre ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- l’Ignorance.

TRES-SAGE

- Dans cette constante recherche dont vous nous apportez le résultat, avez-vous rencontré quelque vérité relative à nos mystères ou à l’objet de nos recherches ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Conscient d’une vérité que nous croyons avoir découverte, nous l’avons gravée sur le métal le plus pur en caractères ineffaçables. Nous en avons obtenu la révélation lors d’un séjour près des Pyramides d’Egypte : une voix nous dicta alors ces quatre lettres, une voix extérieure et qui pourtant nous parut intérieure ... Nous avons déposé la plaque sur laquelle est désormais fixée cette pensée, dans ce coffret, et nous vous l’apportons, afin que vous nous en assuriez la signification.

TRES-SAGE

- Pouvez-vous, nous dire le sens de cette pensée incluse en ces quatre lettres ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous croyons avoir compris qu’elles font allusion à une régénération intégrale de la Nature par l’ignition. Voici ce coffret.

Il porte le coffret au Très-Sage.

TRES-SAGE

Il en fait sauter le cachet de cire rouge,  dénoue le ruban en croix et l’ouvre.

- Chevaliers, c’est la Parole !

- Chevalier Grand-Expert, ôtez les voiles qui couvrent les Récipiendaires.

- Mes Frères, rassemblez les quatre lettres de la phrase que vous avez prononcée tout à l’heure.

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Par l’Ignition, la Nature se Régénère Intégralement ...

TRES-SAGE

- Sans le savoir, vous avez retrouvé la Parole Perdue !

- Réjouissons-nous, Chevaliers,

Il détache les quatre lettres.

-  I.  N.  R.  I.

- Si la Parole Perdue fut ainsi qu’on vous l’a enseigné dans le grade de Maître Maçon, l’effet de la Nature rendue muette par l’automne, la Parole Retrouvée symbolise le Printemps; c’est l’ère nouvelle à laquelle, les Chevaliers Rose-Croix, parfaitement libres en coeur et en esprit travaillent avec la Foi la plus pure, dans l’Espérance constante de sa réalisation intégrale et par la pratique de la Charité et de l’Amour fraternel le plus désintéressé.

- Dans le symbolisme particulier des religions profanes, les quatre lettres font allusion à celles qui, en un temps précis et en un certain lieu, stigmatisèrent un acte que l’univers entier réprouvera toujours.

- Pour nous, elles symbolisent cette grande Vérité : IGNEM NATURA REGENERANDO INTEGRAT ou IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA.

- Les nombreux sens qui peuvent être donnés à ces quatre lettres, s’ils suffisent au profane, ne sauraient désormais nous contenter. A ceux à qui l’on doit communiquer les mystères sublimes, à ceux-là, nous donnons la clé traditionnelle : Toute la Nature est renouvelée par le Feu, ou : La Nature est renouvelée, intègre, par le Feu.

- Et ce Feu est l’élément principe, c’est ce Feu vivifiant qui embrase toute la Nature spirituelle de l’être humain. C’est cet élément sans lequel tous les autres resteraient froids et inertes, car il communique à l’air sa pureté, à l’eau sa fluidité, à la terre son inépuisable fécondité.

- Que dit le Verbe ? “De même que l’or est purifié dans la fournaise, ainsi le Juste sera purifié en passant par le Feu”, ce principe de vie qui anime tous les êtres.

- C’est au rayonnement de ce Feu Saint qui se manifeste dans le Cosmos par le Verbe et dans l’Homme par la Parole, que l’homme a reconquis tous les droits de sa primitive origine.

- Considérez donc dans ce monogramme un symbole dont le sens doit vous guider désormais sur le sentier de la Sagesse.

- Nous ne vous demanderons pas de prêter un serment. En est-il besoin de la part de celui que l’Espérance éclaire et que la Foi et la Charité animent ?

- Chevalier Grand-Expert, conduisez les Chevaliers à l’Orient.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Conduit les Récipiendaires à l’Orient, au bas des marches, en ligne.

SEPT CHEVALIERS Viennent se placer derrière eux, debout, l’épée dans la main droite, et forment la voûte d’acier au-dessus de leurs têtes.

TRES-SAGE

- Debout et à l’Ordre, Très Respectables Chevaliers !

S’adressant aux Récipiendaires, l’épée en main droite ...

- A la Gloire du Sublime Architecte des Mondes, Dieu Tout-Puissant, au nom et sous les auspices de l’Ordre Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés, je vous crée et constitue Chevaliers Rose-Croix, dix-huitième degré du Rite Ancien et primitif de Memphis-Misraïm, et membres actifs du Souverain Chapitre, sous le titre distinctif de ... en la Vallée de ... .

Il descend de l’Orient et se place devant le premier Récipiendaire ...

- Genoux droit en terre, mon Frère !

Puis, appuyant légèrement l’épée sur la tête du Récipiendaire ...

- Que l’esprit vous éclaire !

L’appuyant sur l’épaule gauche ...

- Que le feu du courage enflamme votre coeur !

Enfin, l’appuyant sur l’épaule droite ...

- Que la Foi, l’Espérance et la Charité vous fassent bénir des Hommes.

- Debout Chevalier Rose-Croix !

Il passe ensuite devant le deuxième Récipiendaire ... ainsi de suite ...

Puis remonte à l’Orient.

- Prenez place, Très Respectables Chevaliers .

- Venez, Très Respectables Nouveaux Chevaliers, recevoir l’accolade fraternelle que je vous donne au nom de tous les Membres de ce Souverain Chapitre.

Il en est ainsi fait.

Puis les décore du Sautoir et du Tablier, aidé par le Chevalier de Cérémonies.

Tous étant décorés ...

- La couleur rouge de ce sautoir est la couleur du soleil ou de la lumière à son foyer. C’est aussi le symbole de l’Amour.

- Maintenant, Chevaliers, allez entre les Grands-Gardiens recevoir du Chevalier Grand-Expert l’instruction de votre grade.

CHEVALIER DE CEREMONIES Conduit les Chevaliers entre les Vallées, et regagne sa place.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Se place devant les nouveaux Chevaliers.

- Le signe d’Ordre, dit du Bon Pasteur - Tenir les bras croisés devant poitrine, les doigts joints et la main étendue.

- Le Signe - Lever la main droite et montrer le ciel avec l’index, les autres doigts fermés pour montrer qu’il y a une puissance supérieure  et que l’esprit doit dominer la matière.

- Le Contre-Signe - Descendre la main et montrer la terre avec l’index, pour rappeler que l’Homme est né de la terre et que, après le dégagement de l’esprit, son corps retournera à la terre.

- Attouchement - Etant au signe du Bon Pasteur, se placer l’un en face de l’autre; se saluer en s’inclinant, ensuite se poser réciproquement les deux mains sur la poitrine en les croisant alternativement. Dans cette position se donner le mot de passe et le baiser fraternel.

- Mot de Passe : Emmanuel. -  Auquel on répond : Pax Vobiscum.

- Mot Sacré : I.  N.  R.  I. . En le prononçant lettre par lettre.

- Batterie : Sept coups : 0 0 0 0 0 0    0.

- Age : Trente-trois ans.

- Acclamation : Hoschée ! (trois fois). - d’Hoscheah, Salvator, Sauveur.

- Très-Sage l’instruction du grade est terminée.

TRES-SAGE

- Debout et à l’Ordre, Très-Respectables Chevaliers !

- Je vous invite à reconnaître dés cet instant, comme membres actifs de notre Souverain Chapitre, en la Vallée de ... les Chevaliers, ..., ..., ...,  . A les considérer comme tels et à les traiter avec les égards dus à ce grade.

- A moi Chevaliers, par le signe; le contre-signe, la batterie et l’acclamation.

Il en est ainsi fait.

- Chevalier de Cérémonies, conduisez les nouveaux Très-Respectables Chevaliers en tête de la Vallée du Midi.

- Prenons place, Chevaliers.

Le Très-Sage fait ensuite procéder aux travaux qui sont à l’ordre du jour.

 

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Cérémonial d’Admission au Grade de Grand Tuileur de Salomon

19 Septembre 2012 , Rédigé par Rituel AMD Publié dans #Rites et rituels

Le Directeur de Cérémonies désignent deux Frères, autres que les deux adjoints du Capitaine de l'Ost, pour former l'escorte du Candidat, après qu'il ait été capturé. Ils sont assis près de la porte.

Le Conducteur quitte la salle dont la porte est laissée ouverte. Il amène le Candidat près de la porte, mais hors de vue de l'intérieur.

Le V.M., les 1er et 2ème Surveillants s'approchant de l'Autel (ayant laissé leur sceptre à leur place). Le 2ème S. tient un plan ouvert à la main. (Celui-ci ne doit en aucun cas être posé sur l'Autel.)

V.M. Frères Elus Maçons des Vingt-Sept, notre Illustre Frère Hiram Abi a ici un plan pour l'Autel du Seigneur dans le Temple au-dessus. Je le crois d'une beauté exceptionnelle. Je vous ai donc rassemblés pour avoir votre avis à ce sujet.

Le 2ème S. montre le plan à tous les Frères.

1er S. (regardant la porte ouverte) Trois Fois Illustre Roi Salomon, nous ne sommes pas à couvert.

V.M. Ne crains rien, mon royal Frère de Tyr, cette salle est ignorée de tous à Jérusalem, sauf de ces Elus Maçons que nous avons admis à nos secrets et tous sont là.

Mon très cher Frère, les approches de cette Chambre Mystique sont si inextricables et si éloignées les lieux fréquentés par les homme, qu'il n'y a aucun danger qu'un profane y fasse intrusion.

Les trois Principaux discutent à nouveau sur le plan. Le Conducteur fait passer la porte au Candidat. Un instant plus tard, le V.M. relève la tête et aperçoit le Candidat.

Le V.M. se précipite à la porte et saisit de la main gauche le Candidat à la gorge, tandis qu'il élève la main droite avec le poing fermé, comme pour le transpercer d'une dague.

V.M. Hélas, mon royal Frère, tu étais dans le vrai. Voilà quelqu'un qui n'est pas des nôtres :! Qu'allons-nous faire de lui ?

V.M. Qu'il soit immédiatement mis à mort ou nos secrets seront percés.

2ème S. Trois Fois Illustre Roi, écoutez-moi, je vous en conjure. Ne condamnez pas quelqu'un sans l'entendre (puis, au Candidat) – Qu'as-tu à dire pour nous convaincre de ne pas te mettre à mort ? (le Cand. se tait.)

2ème S. Es-tu Maçon ?

Cand. (soufflé par le Cond.)  Je le suis.

Cond. (au Cand.) Avancez en Apprenti, puis en Compagnon Franc-Maçon.

Le Candidat le fait. Ses gardiens le relâchent un moment pour qu'il fasse les signes, puis s'en saisissent à nouveau.

2ème S. Trois Fois Illustre Roi Salomon, cet homme est un Compagnon du Métier.

V.M. Il est d'autant plus juste qu'il meure, puisqu'il a tenté d'obtenir ce qu'il sait fort bien, en tant que Maçon, ne pas avoir le droit de chercher à connaître.

2ème S. O Roi, soyons juste ! Demandons-lui comment il est parvenu jusqu'ici.

V.M. (au Cand.) Comment es-tu parvenu jusqu'ici ?

Cand. (répondant pour le Cand.)Alors que je travaillais dans un recoin perdu du bâtiment, mon pied donna dans un massif de maçonnerie qui s'écroula sous mon poids et me précipita dans un bas-fonds sombre et glauque. Après quelques instants, j'aperçus au loin une très faible lueur vers laquelle je me frayais tant bien que mal un passage. Parvenant à son point d'origine, j'aperçus une autre lueur plus loin. Je poursuivis mon chemin dans sa direction, me guidant au toucher sur les parois de pierre? Je parcourus ainsi ce qui me sembla être une distance considérable et parvins à une porte entrouverte. De la lumière en filtrait et un bruit de voix parvenait à mes oreilles. Comme Maçon, je réalisais que j'étais peut-être entré là où je n'en avais pas le droit. Paralysé par la crainte, je réalisais alors que ma présence en cet endroit me mettait en grave danger. A ce point de mes réflexions, je fus découvert.

V.M. Ce récit, s'il est exact, peut être vite vérifié. Frère Capitaine de l'Ost, prenez avec vous deux Frères et recherchez minutieusement cette brèche dans la maçonnerie dont nous parle cet étranger. Le Capitaine de l'Ost et les deux Frères se retirent, l'épée à la main au"porter". Les gardes tiennent toujours le Candidat. Le V.M. et les Surveillants discutent de l'intrusion à mi-voix. La voix du V.M. doit paraître en colère. Le Capitaine de l'Ost et les deux Frères reviennent quelques instants après et s'arrêtent à l'Ouest côte à côte., le Capitaine de l'Ost au centre, entre eux.

Cap. Ost Trois Fois Illustre Roi Salomon, ce Frère a dit vrai. C'est très exactement comme il nous l'a conté. Il y a dans la maçonnerie, une brèche et des indices certains que quelqu'un y a récemment pénétré.

V.M. (s'adressant aux 1er et 2ème Surveillants) Mes Frères, qu'allons-nous faire ? Puis il regagne sa place ainsi que les deux Frères.

2ème S. (s'adressant aux V.M.et 1er S.) Trois fois illustres Rois, nous devons épargner la vie de notre Frère. Il n'est point venu ici de son propre chef et, s'il a surpris quelques uns de nos secrets, O Rois, la faute nous en incombe. Lorsque notre Frère de Tyr vous mit en garde, O Royal Salomon, que cette Chambre Mystique pouvait ne pas être à couvert, ne lui avez-vous pas répondu : "il n'y a aucun danger d'intrusion d'un profane, mon Frère" ?

Par conséquence, mettre à mort ce Frère qui, par mégarde, fut présent à notre réunion secrète, serait pécher gravement contre Dieu. Pardonnez-lui. En pareil cas, le pardon n'est que Justice !

V.M. Je veux bien lui pardonner, mais que ferons-nous de lui ? Il nous a entendus et connaît nos projets. Cependant, il n'est pas des nôtres.

2ème S. Nous n'avons las le choix, Illustre Roi. Nous devons l'admettre en notre sein. C'est la volonté de Dieu qui l'a conduit ici. Faisons de lui, maintenant, dans les formes prescrites, un Frère vrai et fidèle parmi nous.

V.M. Mais nous ne serons alors plus vingt-sept.

2ème S. Le nombre changera, mais le nom demeurera. Recevons-le, mes Frères Rois.

1er S. O Royal Salomon, notre Frère Hiram a bien parlé. Qu'il soit fait comme il dit.

V.M. (s'adressant à tous les FF.) Mes Frères, vous avez entendu le chaleureux plaidoyer de notre illustre Frère Hiram Abi. Si vous nous dites "Oui", je satisferai à sa requête.

Tous signifient leur approbation en élevant la main droite et disant "Oui-da".

V.M. Alors qu'il en soit ainsi ! Admettons-le.

Le V.M. demeure à l'Autel. Les Surveillants retournent à l'Orient. Le Conducteur conduit le Candidat à l'Autel. Les deux Frères gardes regagnent leur place. La porte est fermée.

V.M. ou D.C.  A l'ordre, mes Frères. (au Signe de Fidélité, première partie du Signe de Compagnon F.M.)

V.M. (au Cand.) Déclinez vos nom et prénoms et répétez après moi. Moi,………, en présence du Grand Géomètre de l'Univers et de cette Loge de Grands Tuileurs de Salomon ou Maçon Elus des Vingt-Sept, ouverte sur l'Equerre, par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et fais vœu, de ne jamais dévoiler le mystère des Vingt-Sept à personne au monde, sauf à un Maçon Elu des Vingt-Sept ou au sein d'une Loge légalement constituée de Grands Tuileurs de Salomon dûment ouverte sur l'Equerre.

Je jure, en outre, solennellement que je ne jugerai jamais hâtivement les motivations d'un homme, tout particulièrement un Frère Maçon mais, bien au contraire, que je m'emploierai, avec patience et persévérance, à toute recherche pouvant me conduire à une opinion objective et juste, que je ne blâmerai pas les autres pour mes propres erreurs, oublis ou imprévoyances, mais que je serai toujours prêt à reconnaître mes erreurs et à répondre de mes fautes. Je m'engage aussi à ne pas demeurer silencieux dans une Loge, si je pense que le Tuileur n'a pas fait son devoir, à écarter, autant qu'il sera en mon pouvoir, tout intrus et profane des temples de la Maçonnerie; comme à ne pas permettre, si je peux l'empêcher, qu'un temple maçonnique soit pollué par des assemblées ou conventions réunissant quiconque n'est pas Maçon : à remplir fidèlement tous mes devoirs en tant que Grand Tuileur de Salomon. Que le Grand Dispensateur de Toutes Choses m'aide et m'arme de constance pour garder fidèlement cette obligation solennelle du Grand Tuileur de Salomon.

V.M. Comme gage de votre fidélité, veuillez sceller cette Obligation de vos lèvres neuf fois sur le Volume de la Sainte Loi (le Cand. le fait), puis à nouveau trois fois (le Cand. le fait)

V.M. (prenant par la main droite avec l'att. de C.F.M.) Levez-vous, Grand Tuileur de Salomon nouvellement assermenté.

V.M. ou D.C.  Prenez place, mes Frères.

Le Conducteur mène le Candidat au Nord de l'Autel, face à l'Est.

V.M. Je vais maintenant vous communiquer les secrets de ce grade.

L'ancien châtiment, antérieurement utilisé dans ce grade, consistait pour un Frère "à être mis à mort à la porte de la Chambre Mystique et d'être enseveli dans les entrailles de la terre, là où nul ne pourrait retrouver sa tombe".

L'Attouchement se donne en saisissant un Frère à la gorge de la main gauche.

Le Signe se fait en élevant la main droite, le poing fermé, comme pour frapper avec une dague.

L'Attouchement et le Signe appellent la manière dont vous fûtes arrêté lors de votre entrée.

Le Mot de Passe est JOABERT

Le V.M. l'épelle, le Candidat le répète.

Joabertétait le favori du Roi Salomon. Il remplissait les fonctions de scribe des Rois Salomon et Hiram pendant la construction du Temple.

Les mots sont HU HE (à prononcer Yhou Hey)

Le V.M. les épellent, le Candidat les répète.

La signification exacte de ces mots semble maintenant perdue. Ils sont probablement une prononciation déformée des Mots HO HI

Ces mots constituent l'un des vingt-six noms de Dieu en hébreu. Chacun de ces mots se rapporte à l'un des attributs divins du Tout-Puissant.

HO HI signifiait : L'Auteur du Temps et l'Arbitre du cours des Evénements. Le Principe Absolu et Eternel de la Création et de la Destruction. Le Principe Masculin et Féminin, ailleurs décrit en Maçonnerie comme le Point à l'intérieur d'un cercle. Puisque ces signification sont données des Mots HO HI, il est raisonnable de penser que nos autres Mots HU HE furent toujours compris comme ayant le même sens.

V.M. Je vous décore maintenant du Bijou de ce Grade, qui est un triangle noir, bordé d'or, suspendu à un ruban rouge feu bordé de gris. Le Bijou porte à l'avers le nombre "27" en caractères hébreux. Il devrait porte au revers le Nom Ineffable dans l'Ordre Kabbalistique. ur le ruban sont fixées trois couronnes ainsi qu'une main tenant un poignard, la pointe en bas.

Le V.M. retourne à sa place à l4est et le Conducteur conduit le Candidat à l'Ouest où tous deux font face à l'Est.

Instruction

V.M. Pendant la construction du Temple, le Roi Salomon fit aménager une Salle souterraine, afin que les deux autres Grands Maîtres et lui-même disposent d'un endroit secret où se réunir en conférence sur l'avancement des travaux de construction. On y accédait par un réseau compliqué de galeries souterraines.

Afin de s'assurer les avis et conseils des maîtres d'œuvre les plus notoires et compétents à Jérusalem, le Roi Salomon institua un Ordre appelé les Maçons des Vingt-Sept. Les trois Grands Maîtres reçurent dans cet Ordre les vingt-quatre plus éminents Compagnons du Métier, qui se réunissaient en conseil, avec les trois Grands Maîtres, dans une Chambre secrète, faisant ainsi vingt-sept en tout.

Cette Chambre Mystique était supposée si bien couverte à toute instruction que les fonctions de Tuileur furent bientôt négligée. Cependant, un Frère étranger surprit par mégarde une réunion secrète d'Elus Maçons. La décision première du Roi Salomon, à la découverte de cet étranger, fut de le mettre à mort. Mais, les conseils d'apaisement du Grand Maître Hiam Abi prévalant, le Roi fut convaincu, non seulement de pardonner à l'intrus, mais aussi de l'admettre au compagnonnage des Elus Maçons.

Cet incident fut aussi un rappel salutaire à tous les Frères du grand danger que pouvait constituer l'imprévoyance. Le Roi Salomon considéra que le Frères devaient toujours garder à l'esprit cette leçon montrant l'importance d'un tuilage rigoureux de leurs réunions. Il ordonna dons qu'un nouveau Grade soit institué, ayant pour base l'incident remarquable qui était juste survenu et décréta que les Maçons qu'on y recevait porteraient le titre de Grands Tuileurs.

V.M. Frère ………., ceci termine la cérémonie de votre admission. Il vous est dorénavant loisible de prendre place dans une Loge de Grands Tuileurs de Salomon.

Le Conducteur conduit le Candidat à un siège dans la salle et regagne sa place.

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Cérémonial d'Admission au Grade de Chevaliers de Constantinople

19 Septembre 2012 , Rédigé par Rituel AMD Publié dans #Rites et rituels

Les titres des Officiers sont les suivants :

                        Illustre Potentat (soit le V.M.)

                        Chef des Bâtisseurs (soit le 1er S.)

                        Chef des Artisans (soit le 2ème S.)

                        Directeur des Cérémonies

                        Premier Conducteur (soit le 1er D.)

                        Second Conducteur (soit le 2ème D.)

                        Assistant Directeur des Cérémonies

                        Garde (soit le G. int.)

                        Sentinelle (soit le Tuileur)

Ill.Pot. Messire Chevalier Conducteur, veuillez vous retirer et introduire le Candidat.

Le Conducteur se retire.

Le D.C. rappelle aux Frères de simuler le bruit d'ouvriers et manœuvres, au travail, chaque fois que nécessaire, lorsque le Conducteur et le Candidat se déplaceront dans la Chambre du Conseil et de cesser tout bruit chaque fois qu'ils s'arrêteront et auront à parler, toujours sur un signe du D.C.

Le D.C. désigne également un nombre convenable de Chevaliers, armés d'une épée, pour former, au moment opportun et sur son ordre, un arc de cercle autour et à l'arrière du Candidat, juste avant l'Obligation. Le Gardien déverrouille la porte

Le Conducteur, tenant le Candidat amicalement par le bras droit ouvre la porte sans cérémonie.

Le bruit du travail commence.

Il conduit le Candidat directement à l'Est ou tous les deux s'inclinent profondément devant l'Ill.Pot.

Le bruit cesse.

Le Gardien ferme la porte.

Cond. Les humble serviteurs de Votre Majesté !

Nous avons depuis longtemps remarqué qu'il plaisait à Votre Majesté de montrer de la considération aux gens du peuple, tandis que nous, les nobles, étions négligés.

Nous désirons connaître la raison de cette attitude. Si elle est due à quelques méfaits, nous voulons en être punis et nous en racheter, pour que nous puissions à nouveau jouir de la faveur de Votre Majesté.

Ill.Pot. Nul ne peut espérer ma faveur, sauf les Chevaliers de Constantinople.

Cond. Ah ! Je vois ! Les Chevaliers de Constantinople !

Le Conducteur et le Candidat font demi-tour et s'éloignent à pas lents, occupés à réfléchir.

Le bruit des travaux reprend.

Lorsqu'ils font halte à l'Ouest,

Le bruit cesse.

Cond.  Voilà les gens du peuple ! Qu'avons-nous de commun avec eux ? Nous, de la noblesse, dérogerions en leur adressant la parole.

Notre Souverain a bien dit que nul ne peut espérer sa faveur, sauf les Chevaliers de Constantinople. Retournons le prier de nous conférer ce grade !

Le bruit des travaux reprend. Le Conducteur et le Candidat reviennent devant l'Ill.Pot. à l'Est et s'y inclinent ensemble

Le bruit cesse.

Cond. (avec arrogance) Votre Majesté est-elle disposée à nous conférer le grade de Chevalier de Constantinople, nous ses humbles serviteurs ?

Ill.Pot. (avec emphase) Je ne le confère à personne;

Cond.  De qui pouvons-nous donc espérer le recevoir ?

Ill.Pot. De ces travailleurs justement, les Chevaliers de Constantinople, dont vous venez de remarquer qu'ils vous étaient inférieurs.

Cond.  Ah ! Des Chevaliers de Constantinople.

Le Conducteur et le Candidat font demi-tour et vont à l'Ouest.

Aucun bruit.

Ils s'y arrêtent et font face à l'Est.

Cond. (s'adressant à la cantonade)  Êtes-vous les Chevaliers de Constantinople ?

Tous Nous sommes les Chevaliers de Constantinople.

Cond.  Nous conférerez-vous ce grade ?

Tous    Oh, oui. (Tous ensemble, moyennement)

            Oh, oui. (Tous ensemble, fortement)

            Oh, oui. (Tous ensemble, puis poursuivent)

Pourvu que vous consentiez à contracter notre Obligation.

Cond.  Nous y consentons !

Le Conducteur et le Candidat retournent devant l'Ill.Pot. à l'Est.

Aucun bruit

Tous deux s'inclinent profondément.

Cond. (avec humilité) Illustre Potentat, les Chevaliers de Constantinople, ici présents, consentent à nous recevoir à ce grade, pourvu que nous contractions l'Obligation, ce que nous sommes prêts à faire.

Ill.Pot. Veuillez donc vous tenir bien droit et placer votre main droite sur le Volume de la Sainte Loi. Il fait une pause, pendant que la Candidat s'exécute, puis il frappe un coup q

Tous se lèvent

Le Directeur des Cérémonies indique aux Chevaliers, prévus de se former un arc de cercle, munis de leur épée, juste à l'arrière du Candidat.

Ill.Pot. Déclinez vos nom et prénoms et répétez après moi : "Moi",…….., en présence de ces Chevaliers de Constantinople, je jure solennellement et sincèrement, outre mes Obligations précédents, de ne jamais conférer ce grade à personne, sauf à un Frère de Saint Laurent régulièrement admis.

Je promets aussi de ne jamais communiquer les secrets de ce grade à quiconque, sauf à eux qui reconnaîtront que tous les hommes sont égaux devant Dieu.

Que le Dispensateur de Toutes Choses m'aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement mon serment et cette Obligation solennelle de Chevalier de Constantinople.

Ill.Pot. Comme gage de votre fidélité, veuillez sceller cette Obligation de vos lèvres une fois sur le Volume de la Sainte Loi.

Le Candidat s'exécute. L'Ill.Pot. ou le Conducteur retire la main du Candidat du V.S.L.

Dès que le Candidat a scellé son Obligation, les Chevaliers, formant l'arc de cercle, pointent leur épée vers le Candidat.

Puis le Conducteur retourne le Candidat face à l'Ouest.

D.C et Tous les Chevaliers Tous les hommes sont-ils égaux devant Dieu ?

Cond. Répondez.

Le Candidat répond.

Le Conducteur lui fait à nouveau faire face à l'Est

D.C. Messires Chevaliers, prenez place

Les Chevaliers de l'arc de cercle reprennent place.

Ill.Pot. Maintenant que vous avez contracté l'Obligation solennelle d'un Chevalier de Constantinople et, aussi publiquement admis que tous les hommes étaient égaux devant Dieu, il m'est permis de vous communiquer le signe, l'attouchement et les mots du grade.  

Le Signe de ce grade se fait en fermant le poing droit, gardant le pouce élevé, puis en se frappant le sein gauche avec le pouce droit comme ceci (il le fait)

Ceci rappelle l'Ancien Châtiment, antérieurement en usage dans ce Grade, qui était, pour un Frère, d'être transpercé d'une dague, s'il violait ses Serment et Obligation de Chevalier de Constantinople.

Le Candidat imite le geste.

Ce Signe se fait en entrant ou en quittant le Conseil, ainsi qu'en s'adressant à l'Illustre Potentat.

L'Attouchement ou Gage se fait en entrelaçant les doigts de la main droite (il le fait).

Les Mots sont Constantin et Hélène, notre royal Fondateur et sa Mère.

Je dois vous informer que, bien qu'étant le Chef de cet Ordre Illustre de Chevalerie, je me suis engagé par un serment solennel à ne jamais le conférer à quiconque.

Je vous prie donc, en conséquence, de vous rendre à l'Occident où le Messire Chevalier Eusèbe, le Chef de Bâtisseurs, vous recevra, j'en suis sûr, aux honneurs de la chevalerie et vous décorera du Bijou de l'Ordre.

Le Directeur des Cérémonies place l'agenouilloir au milieu de la Chambre du Conseil. Le Conducteur y conduit le Candidat et le prie de s'y agenouiller sur les deux genoux, face à l'Occident. Le Chef des Bâtisseurs quitte son piédestal et s'avance vers l'Ouest du Candidat. Là, le D.C. lui présente la garde de son épée.

D.C. Messires Chevaliers, debout.

C. des B. En vertu des pouvoirs et de l'autorité dont je suis investi par l'Illustre Potentat, je vous crée, reçois et constitue, maintenant et à jamais, Chevalier de Constantinople.

Il pose l'épée successivement sur l'épaule gauche du Candidat, puis sur l'épaule droite et enfin sur la tête, disant en même temps :

                        Sois loyal (en touchant l'épaule gauche)

                        Vaillant l'épaule droite,

                        et humble la tête).

Puis, il rend l'épée au D.C. et relève le Candidat par la main droite, en disant :

Debout, Messire Chevalier !

D.C. Messires Chevaliers, prenez place !

Il range l'agenouilloir.

C. des B. Je vous décore maintenant du Bijou de ce grade. Il représente une croix surmontée d'un croissant, suspendue à un ruban vert sur lequel sont représentés trois poignards.

Il regagne son piédestal et s'assied. Le Conducteur place le Candidat face à l'Est. Le D.C. regagne sa place.

Instruction

Ill.Pot. Selon la tradition, ce grade fut institué par l'Empereur Constantin le Grand, dans le but de remédier à certains facteurs délétères qui menaçaient sa souveraineté. La fierté et l'arrogance de la noblesse, tout comme sa puissance, s'étaient beaucoup accrues durant le règne relâché de plusieurs de ses prédécesseurs. Il eut le pressentiment que son trône serait en danger tant qu'il ne parviendrait pas à soumettre à nouveau la Noblesse.

Dans le but de la fléchir et de la ramener à un statut plus humble et plus proche de celui des autres sujets, il institua un Ordre de chevalerie qu'il ne conféra qu'aux hommes du peuple : les artisans et les manœuvres. L'Empereur s'engagea ensuite par un serment solennel à ne plus jamais conférer lui-même cet Ordre de chevalerie à personne. Quiconque désirerait l'obtenir à l'avenir devait en solliciter l'honneur à ceux des hommes du peuple déjà reçus Chevaliers de l'Ordre.

Il convint, en outre, qu'il n'accorderait sa faveur à quiconque ne serait pas Chevalier de Constantinople. Et il ordonna de mettre immédiatement à mort quiconque recevrait le grade et ne reconnaîtrait pas que tous les hommes sont égaux devant Dieu.

La noblesse comprit rapidement qu'elle avait perdu la confiance de son souverain. Une délégation fut informée que sa faveur serait dorénavant réservée aux seuls Chevaliers de Constantinople.

Réalisant qu'elle ne pourrait survivre sans la faveur et l'amitié de l'Empereur, elle désira ardemment faire partie de l'Ordre. Beaucoup de nobles, ayant satisfait aux exigences de ce grade, furent reçus dans cet Ordre de Chevalerie, par les autorités compétentes. Ainsi, Constantin obtint la soumission de ses sujets les plus hautains, en préservant l'autorité de son trône.

Ce grade inculque la vertu d'humilité. Il nous enseigne à haïr l'arrogance et l'orgueil, à nous souvenir que ceux qui occupent une position inférieure dans la vie peuvent posséder des mérites supérieurs aux nôtres et, par dessus tout, à ne jamais oublier que celui qui s'élève sera abaissé et que celui qui s'abaisse sera élevé.

Le Conducteur conduit directement le Candidat devant l'Ill.Pot.

Ill.Pot. Messire Chevalier ……….., je vous souhaite la bienvenue au nom de vos Frères Chevaliers. Vous pouvez maintenant prendre place dans un Conseil de Chevaliers de Constantinople.

Le Conducteur conduit le Candidat à un siège dans la salle et regagne sa place.

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Cérémonial d'Introduction de réception et d'admission au Grade de St. Laurent le Martyr

19 Septembre 2012 , Rédigé par Rituel AMD Publié dans #Rites et rituels

Le 2ème Diacre se retire de la Loge et amène le Candidat à la porte et frappe qq   q q.

Le Tuileur donne l'alarme   

Le garde intérieur va à la porte, l'ouvre – Qui va là ?  

Tuil. Un digne Frère d'une Loge dédiée à St. Jean qui, sur le point de poursuivre ses voyages vers des terres lointaines, désire être admis au grade de St. Laurent pour être mieux à même de demander l'hospitalité qui est toujours accordée par la Fraternité.  

G. Int.  Quelles sont ses qualifications ?  

Tuil. Sa bonne renommée et le consentement des Frères.  

G. Int.  Attendez que je fasse mon rapport (il ferme la porte, fait face au V.M. auquel il s'adresse :)  Vénérable Maître, un digne Frère d'une Loge dédiée à St. Jean, qui, sur le point de poursuivre ses voyages vers des terres lointaines, dédire être admis au grade de St. Laurent pour être mieux à même de demander l'hospitalité qui est toujours accordée par la Fraternité.  

V.M.  Quelles sont ses Qualification ?  

G. Int.  Sa bonne renommée et le consentement des Frères.  

V.M. Admettez le !  

Le Garde Intérieur retourne à la porte et l'ouvre

Le 1er Diacre entre avec le Candidat, qui est place à l'Ouest entre les Diacres, le 2ème l'ayant rejoint.  

V.M. Frère …….., votre bonne renommée est déjà parvenue jusqu'à nous et les Frères ont consenti à votre admission dans l'Ordre des Grades Maçonniques Alliés

Je dois, par conséquent, vous demander de contracter une Obligation solennelle, dans cette Loge de St. Laurent le Martyr, de garder inviolés les secrets de ce grade. Y êtes-vous prêt ?  

1er D. (au Cand.) Répondez.  

Cand.  Oui, je le suis.  

V.M. Alors, avancez vers l'Autel.  

Les Diacres et le Candidat vont directement vers l'Autel  

V.M. Placez la main droite sur le Volume de la Sainte Loi, (il place un "gage" dans la main gauche du Candidat et poursuit) et élevez votre main gauche tenant le Gage de ce Grade. (le Candidat et le V.M. le font).  

Le V.M.frappe q, répété par les 1er et 2ème Surveillants.  

Tous les Frères se lèvent.  

V.M. Déclinez vos nom et prénoms et répétez après moi : Moi, ……....., en présence du Dispensateur de Toutes Choses et de cette Loge de St. Laurent le Martyr, par ceci et sur ceci, très solennellement je vais vœu de garder inviolés les secrets de ce grade et de ne les révéler qu'à ceux que je jugerai dignes de confiance et uniquement en stricte conformité avec les Constitutions de l'Ordre des Grades Maçonniques Alliés.

Je promets aussi que je ne sera jamais présent, ni assisterai, à l'admission de qui que ce soit à ce grade, à moins qu'il ne s'agisse d'un Maître Maçon de Marque, également Maçon de l'Arche Royale et, seulement au sein d'une Loge légitime de St. Laurent le Martyr, régulièrement ouverte sur le Coude à l'Equerre

Je m'engage, en outre, si un Frère me présente le Gage de ce Grade, à lui préparer assez de nourriture pour apaiser sa faim et, plus particulièrement du pain, de l'eau et du sel.

A ces différents points, je jure d'être fidèle. Que le Dispensateur de Toutes Choses m'aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement l'Obligation solennelle de Frère de St. Laurent le Martyr.  

V.M. Comme gage de votre fidélité, veuillez sceller cette Obligation de vos lèvres, une fois sur le Volume de la Sainte Loi. Le Candidat le fait, puis le V.M. ou le 1er D. retire sa main de dessus le V.S.L.

V.M.  En souvenir de votre Obligation solennelle et en mémoire de St. Laurent le Martyr, je vous invite à m'imiter et à manger la nourriture qui se trouve sur le Gage de ce grade, que vous tenez de la main gauche.

Le V.M. et le Candidat mangent ensemble.

Le 2ème Diacre récupère les 2 brochettes, retourne à l'Ouest, les range et reprend sa place à la droite du 1er Surveillant.  

V.M. J'ai plaisir à vous reconnaître comme membre du Grade de St. Laurent le Martyr et vais vous confier le signes et mots de ce grade.  

V.M.  Mes Frères, prenez place

Tous s'assoient  

V.M. Le premier Signe se fait en élevant l'avant-bras droit horizontalement, le main , doigts joints, pouce à l'équerre, paume dirigée vers le sol, coude collé au corps, tourner la main, paume vers le ciel, puis vers le sol à nouveau. (le candidat l'imite)

Ce Signe s'accompagne des mots "Retournez-Moi." (que le Candidat répète)

Le premier Signe fait référence au martyre de St. Laurent, qui vous sera expliqué dans le détail plus tard au cours de la cérémonie.

Ce Signe est donné en entrant ou sortant d'une Loge de St; Laurent le Martyr ou lorsqu'on s'adresse au Vénérable Maître.

Le second Signe est le Coude à l'Equerre et se fait ainsi (il fait le signe et le Candidat l'imite).

Il est soutenu par le Coude à l'Equerre (il fait le Signe du bras gauche et le Candidat l'imite).

Ce Signe est utilisé, en liaison avec le troisième Signe, pour tuiler un Frère de ce Grade.

Je vais maintenant vous montrer comment tuiler un Frère ou le mettre à l'épreuve.  

V.M. Frère Premier Diacre, êtes-vous Frère de St. Laurent ?  

Le 1er Diacre répond dans ce dialogue, le Candidat reste silencieux.  

1er D. Je le suis, Vénérable Maître. Interrogez-moi et mettez-moi à l'épreuve.  

V.M. Par quoi serez-vous éprouvé ?  

1er D. Par le Coude à l'Equerre (il fait le Signe du bras gauche)  

V.M. Qu'est-ce que le Coude à l'Equerre ?  

1er D. Un angle de 90° ou le quart d'un cercle.  

V.M. Par quoi soutenez-vous le Coude à l'Equerre ?  

1er D. Par le Coude à l'Equerre (il fait le Signe du bras droit)  

V.M. Pouvez-vous me donner une preuve supplémentaire ?  

1er D. Je le pourrais, si je me trouvais dans une crypte cachée ou dans quelque lieu secret.  

V.M. Vous vous trouvez dans une Loge de St; Laurent, dûment tuilée, et j'exige cette preuve.  

Le 1er Diacre cesse le Signe du Cd. à l'Eq. Et donne le 3ème Signe de la Dent et de l'Ongle.

V.M. Qu'est-ce que cela ?  

1er D. Dent et Ongle  

V.M. C'est cela même, mon Garçon.  

V.M. (s'adressant au Candidat) Vous avez pu observer que le troisième Signe est donné en plaçant l'ongle du pouce droit derrière les dents de devant. Les mots qui accompagnent ce Signe sont Dent et Ongle.

On trouve trace de ce grade dans les comtés du Lancashire et du Yorkshire dès le milieu du 18ème siècle. Il dût revêtir une grande importance pratique pour nos Frères opératifs des premiers temps, lorsqu'ils voyageaient de place en place à la recherche d'un emploi.

Le Premier Diacre va maintenant vous conduire au Premier Surveillants pour qu'il vous décore du bijou. Le 1er Diacre conduit le Candidat directement au Nord du piédestal du 1er Surveillant.  

1er S. Par ordre du Vénérable Maître, je vous décore maintenant du bijou de ce grade, qui représente un gril (il épingle le bijou).  

Le 1er Diacre place ensuite le Candidat face à l'Est.  

Instruction  

V.M. Ce Grade remonte aux environs de l'an 257, pendant le règne de l'Empereur Valérien, alors que les persécutions contre les Chrétiens s'intensifiaient.

Le préfet de Rome, ayant été informé que l'Eglise chrétienne était immensément riche, envoya chercher le Diacre Laurent, natif d'Espagne, qu'il pensait être dépositaire de ces richesses. Il exigea que ces trésors lui soient immédiatement remis.

Laurent répondit que, comme l'Eglise chrétienne était effectivement riche, il avait besoin de trois jours pour faire un inventaire et tout mettre en ordre. Le Préfet lui accorda ce délai.

Le Diacre rassembla tous les boiteux, les mutilés et les aveugles, tous les pauvres et les décrépits des deux sexes et, au jour convenu, il les conduisit en procession au forum de la ville.

Le Préfet, surpris, demanda où étaient les trésors de l'Eglise chrétienne. Ce à quoi, Laurent répondit que la lumière des Cieux était l'or véritable et que tous les richesses de la nouvelle religion avaient été distribuées en libéralités, puis montrant les pauvres et les malades, il ajouta : "Regarde ! Voilà les trésors de l'Eglise chrétienne."

Courroucé par cette réponse, le Préfet ordonna que l'on prépare un gril de grandes dimensions, qu'on le place sur des charbons ardents, déjà réduits en faibles braises, afin que le Martyr soit brûlé le plus lentement possible. Puis, Laurent fut dévêtu, couché et enchaîné sur ce lit de fer au-dessus du feu couvant, qui grilla ses chairs petit à petit, brûlant même ses organes vitaux.

Le Martyr ne ressentit cependant pas la douleur physique, mais considéra, au contraire, sa torture comme une source de bien-être et de confort. Après avoir souffert un long moment, il se tourna vers le Préfet et, avec l'air de sourire, s'exclama : "Retournez mon corps; un côté est assez grillé !".

Les bourreaux le retournèrent, sur l'ordre du Préfet, à qui il dit alors : "C'est assez grillé", puis il expira.

Le Gage du grade, sur lequel vous avez pris de la nourriture, nous rappelle les instruments par lesquels le corps du Martyr fut retourné.

L'ancien châtiment, précédemment utilisé dans ce grade, tire son origine du Martyre de St; Laurent. C'était : sous la moindre des peines d'être rôti vif sur un gril, comme le fut St. Laurent le Martyr."Le premier Signe (fait par le V.M.) et les mots "Retournez-Moi" furent adoptés pour rappeler le retournement du corps de St. Laurent.

Le Gril nous met symboliquement en garde contre le sort ultime des méchants et des impénitents et nous enseigne en outre les avantages de la morale et de la rectitude, qui sont symbolisés par les lignes ou barres parallèles constituant le Gril dans son cadre.

Le Volume de la Sainte Loi qui supporte le Gril dans ce grade rappelle notre entière dépendance à la Volonté de notre Grand Créateur, Qui nous a fait concevoir la croyance qu'Il pourvoirait chaque jour notre pain quotidien et Auquel notre plus profonde gratitude était due pour les faveurs qu'Il accorde continuellement à nous-mêmes et à tous les hommes.

L'Obligation et le Gage particuliers de ce grade nous rappellent, de manière intense, les grandes vertus maçonniques que sont la Charité et l'Hospitalité et ils nous enseignent à venir en aide à un Frère lorsqu'il est dans la détresse. Ainsi, mon Frère, faisons en sorte que les symboles de ce grade nous rappellent toujours l'humilité et l'adoration que nous devons à notre Grand Créateur, ainsi que la charité et l'hospitalité que nous devons à nos semblables.

Le 1er Diacre conduit le Candidat directement jusqu'au piédestal du V.M. qui se lève pour montrer la Charte au Candidat.  

V.M. Comme certains droits ont été perçus au titre de votre réception, il est juste que vous sachiez en vertu de quelle autorité nous agissons. Voici la Charte de ce Conseil. Vous pouvez en prendre connaissance maintenant ou à tout autre moment (le V.M. se rassoit). Voici les Constitutions de l'Ordre (le V.M. en tend un exemplaire) et voici le Règlement intérieur de ce Conseil (le V.M. en tend un exemplaire au Candidat)  

V.M. Vous pouvez maintenant prendre place parmi vos Frères de St. Laurent. Laissez-moi auparavant vous féliciter de votre introduction, réception et admission dans ce grade ancien.  

Le 1er Diacre conduit le Candidat à un siège convenable, puis revient à sa place.

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Grade des Chevalières de la Lune

16 Septembre 2012 , Rédigé par P\ G\-A\ Publié dans #Rites et rituels

Il existe au Rite Ecossais Ancien et Accepté un vingt-huitième degré intitulé Chevalier du Soleil ou Prince adepte. Le Tuileur de Vuillaume (1830) précise que « le local n’est éclairé que par la seule lumière d’un soleil transparent, placé au-dessus de la tête du président » qui se nomme Adam et représente « le père des hommes ». Il n’y a qu’un seul Surveillant « qui est, en même temps, introducteur et préparateur, lorsqu’il y a réception ; il se nomme F\ de la Vérité, et, comme tel, il sera aussi l’orateur en titre du conseil. Les autres membres de la loge sont nommés Chérubins ». Il ne peut y avoir que sept chérubins, nombre « déterminé par celui des anges préposés à la conduite des sept planètes que connaissaient les anciens :

Michaël (Qui est semblable à Dieu) gouverne Saturne.

Gabriel (Homme de Dieu) gouverne Jupiter.

Ouriel (Feu de Dieu) gouverne Mars.

Z’rahhiel (Dieu soleil levant).

Hhamaliel (Indulgence de Dieu) gouverne Vénus.

Raphaël (Médecin de Dieu) gouverne Mercure.

Tsaphiel (Contemplation de Dieu) gouverne la Lune.

Cependant, s’il y a des membres au-delà de ce nombre, on peut les porter jusqu’à douze, les cinq excédents sont nommés Sylphes (habitants des airs).

Le mot de passe est Stibium (antimoine). Quelques loges ajoutent trois mots grecs : Hèlios (le soleil), Mènè (la lune) et Tétragrammaton (le nom de Dieu en quatre lettres ou iod, hé, vav, hé). Le mot sacré est Adonaï, à quoi l’on répond Abra ou Abrag, que l’on interprète : roi sans tache.

Lorsque l’on ouvre, il est nuit sur la terre, mais le soleil est à son midi sur la loge. Lorsque l’on ferme, les hommes suivent toujours l’erreur ; peu la combattent, peu parviennent au saint lieu.

Chambre de préparation

Elle sera tendue de noir et au milieu sera une table couverte d’un tapis de même couleur sur laquelle sera une tête de mort et de chaque côté une terrine allumée remplie d’esprit de vin ; derrière la table, sur la tapisserie, on aura soin d’y placer un grand tableau fond noir représentant Eve abandonnée aux remords d’avoir trompé son mari.

Décoration de la Loge

Elle doit être tendue de couleur de feu ; il n’y aura aucune lumière visible. Au milieu du dais sera une pleine lune en transparent et, de chaque côté, un croissant ; aux 4 coins de la Loge, sur des guéridons de 6 pieds  de haut sera un croissant de même en transparent.

Le Maître, qui porte le titre de Tout Puissant, sera sur un trône élevé de 3 degrés et à deux pieds de lui sera un autel couvert d’un tapis couleur de feu galonné en argent tout autour ; sur le devant sera brodé en or un croissant surmonté d’un cœur traversé par deux flèches et le cœur surmonté d’une étoile à cinq rayons. Sur cet autel il y aura un réchaud à esprit de vin, une bouteille remplie de limonade et le livre de l’Evangile.

Au milieu de la Loge on aura soin d’y dresser une table couverte de même d’un tapis couleur de feu galonné de même en argent sur laquelle on y placera 3 boîtes pour l’usage dont il sera parlé ; et au pied de cette table l’on y placera un arbre fait en fer blanc, lequel aura environ deux pieds de hauteur, dont la tige du milieu sera creuse et remplie d’eau de senteur jusqu’aux branches qui sont au nombre de 7, lesquelles doivent être peintes en couleur de bois ainsi que la tige du milieu au haut de laquelle il y aura un bouton, lequel en pressant dessus doit faire jouer un ressort qui fasse tomber les branches ; et de cette chute doit sortir un jet d’eau.

Au dessous de cet arbre sera placé à terre le tableau lequel représente, dans le haut, une pleine lune et, de chaque côté, un croissant ; plus bas est la fortune élevée sur une boule tenant de la main droite la corne d’abondance et renversant toutes sortes de richesses ; du côté du midi sera un taureau blanc, en face au nord une grenouille verte et, tout à fait au bas du tableau, un cœur traversé par deux flèches.

Dans un des coins de la Loge l’on y placera une machine, laquelle en la faisant partir doit faire un bruit semblable à celui du tonnerre ; la suite en enseignera l’usage.

Chaque Soeur aura sur la tête un grand fichu de mousseline en forme de voile et sur le front un bandeau couleur de feu avec une étoile brodée en argent au milieu. LeTrès Puissant aura un bonnet de gaze ou d’étoffe d’argent en forme de croissant sur la tête et tous les FF\ et SS\ seront, ainsi que lui, décorés chacun d’une paire de gants et d’un tablier blanc doublés et bordés de couleur de feu et, sur le milieu du tablier, sera brodé un cœur traversé par deux flèches. Les FF\ auront tous l’épée au côté.

Ouverture de la Loge

Le Très Puissant frappe six coups de cette façon : Oo…Oo…Oo…de son maillet sur l’autel ; c’est-à-dire un gros et un moyen, lesquels lui sont répondus à l’ordinaire ; ensuite il dit au 1er Surveillant :

D. Grand Inspecteur des astres, à quelle heure s’ouvre la Loge des Chevalières de la Lune ?
R. Au lever de cet astre, Très Puissant. En ce cas reprend le Très  Puissant, Grand Inspecteur des astres, avertissez tous les Illustres Chevaliers et Chevalières habitant les deux points cardinaux qui sont sous votre domination que nous allons profiter des bontés de ce grand astre pour commencer nos travaux.

Ceci annoncé sur les deux colonnes ainsi qu’il est ordonné, tous les FF\ et SS\ lèvent la main droite au ciel ; alors le Très Puissant frappe 6 coups dans ses mains et dit : Radix vitiosa  ; aussitôt tous les FF\ et SS\ laissent tomber ensemble leurs mains sur leur tablier en prononçant de même Radix vitiosa et s’assoient ; chacun ayant pris sa place, l’on procède à la réception comme il suit.

Réception

La Loge étant ouverte, le Chevalier Introducteur se lève, va se mettre à genoux en face du Très Puissant ; puis, ayant demandé la parole, il lui dit :

La Soeur Maîtresse Ecossaise, après avoir éprouvé les bontés de cette Loge l’implore de nouveau pour obtenir les effets favorables du grand astre dont elle désire d’être faite Chevalière.

Le Très Puissant, prenant la parole, lui dit :

Allez, mon F\, faire avaler à cette Soeur  le calice d’amertume afin qu’elle soit entièrement purifiée.

Il remplit alors un gobelet de la liqueur qui est sur l’autel, le porte à la Soeur et le lui fait boire ; cela étant fait, il lui bande les yeux, puis il la prend par une main et la conduit à la Loge où, étant, il frappe 6 coups comme ci-devant, auxquels on répond en dedans par 6 autres et, après la cérémonie d’usage pour annoncer et ouvrir, le Grand Inspecteur des astres, sur l’ordre du T\ Puissant, se rend à la porte, l’ouvre, fait donner à l’aspirante le mot de passe d’Ecossaise (22) ; puis il l’introduit en Loge. Au moment qu’elle entre, le tonnerre gronde et de suite le Grand Inspecteur des astres lui fait faire deux fois le tour de la Loge. Ces voyages finis, le Grand Inspecteur la fait asseoir sur un siège qui lui est destiné et dit :

Très Puissant, la Soeur a parcouru les 4 points cardinaux qui sont sous ma domination ; elle a traversé sans peine la mer Rouge et il ne lui manque plus qu’à connaître nos mystères.

Alors le Très Puissant lui dit :

Faites avancer la Soeur au pied de l’arbre par 7 pas.

Lorsqu’elle y est arrivée, il la fait mettre à genoux sur un coussin ; ensuite le T\ Puissant lui dit :

Vous voilà, ma Soeur, arrivée au point de pénétrer nos plus profonds mystères. L’astre qui nous éclaire et que le voile des ténèbres vous cache encore va désormais présider à toutes vos actions ; l’égalité de son cours nous donne lieu d’espérer que cette égalité sera le guide de votre cœur et de votre caractère, comme l’un et l’autre nous sont de sûrs garants de votre zèle pour nos FF\ et SS\ et de votre fidélité d’observer les lois de la Maçonnerie.

Très Illustres FF\ et SS\, consentez-vous que la S\ sorte des ténèbres ?

Toute la Loge applaudit en la forme ordinaire. Alors le Très Puissant frappe un coup de son maillet sur l’autel pour signal aux FF\ et SS\ de se lever de leurs sièges ; il en frappe un 2ème pour signal aux FF\ de mettre tous la main à l’épée ; au 3ème, ils la tirent ; au 4ème on fait relever l’aspirante ; au 5ème, tous les FF\ lui présentent la pointe de leurs épées à la hauteur du col ; au 6ème, on laisse tomber le bandeau à l’aspirante et toutes les SS\, pendant ce temps, se mettent à genoux ; pendant ce temps aussi, le tonnerre gronde ; après quoi le Très Puissant frappe un 7ème coup pour signal à tous les FF\ et SS\ de reprendre chacun leur place, ce qu’ils font alors. Le Très Puissant dit à l’aspirante :

Ma Soeur , toutes ces épées que vous avez vues en même temps que la lumière du grand astre qui nous éclaire sont autant d’armes prêtes à voler à votre secours dès que vous en aurez besoin ; le bruit qui se fait entendre dans les airs est un signe de joie de l’acquisition d’une Soeur  telle que vous. Grand Inspecteur, conduisez la Soeur au travail.

Celui-ci la conduit alors à l’autel sur lequel sont les 3 boîtes dont on a parlé ; là, il lui fait frapper 3 coups égaux sur celle du milieu et la ramène à sa place où étant, le Très Puissant lui dit :

D. Qu’a produit le travail de la Soeur  ?
R. Très Puissant, la récompense qui est le fruit des vertus.
 Le Très Puissant : Apportez-moi, mon F\, le fruit du travail de la Soeur .

Celui-ci obéit : il porte la boîte fermée sur l’autel du Très Puissant qui lui dit :

Allez faire faire à la Soeur son dernier travail.

Il la mène alors au pied de l’arbre dont on a parlé et lui dit :

Il faut, ma Soeur , déraciner cet arbre et le porter aux pieds du Très Puissant.

Il lui montre alors ce qu’elle doit faire et lorsque, après la chute des branches (comme on l’a dit), le jet d’eau a cessé de couler, il lui fait prendre l’arbre et le porter aux pieds du Très Puissant qui lui dit :

Ma Soeur , votre travail est complet, vous allez en recevoir la récompense dès que vous aurez prêté votre obligation.

Ce qu’il lui fait faire aussitôt :

Obligation

« Je jure et promets devant le Créateur de l’univers, le conservateur de tous les êtres, et le vengeur du crime, et en présence de mes chers Frères et Sœurs, de na jamais rien révéler du grade de Chevalière de la Lune qui va m’être conféré à aucune Apprentie, Compagnonne, Maîtresse ou Maîtresse Ecossaise ; de pratiquer les vertus que l’on me prescrira, nonobstant celles qui m’ont été prescrites, sous les peines d’être regardée par les Maçons vertueux comme une parjure qui ne mérite que leur indignation et leur mépris ».

Lorsqu’elle l’a prêté, le Très Puissant la fait relever et passer à sa droite où étant, il lui met sur la tête un grand fichu de mousseline en forme de voile, puis il lui applique sur le front le bandeau dont on a parlé en lui disant :

Par le pouvoir que j’ai reçu et du consentement unanime de cette auguste assemblée, je vous reçois Chevalière de la Lune.

Il lui remet ensuite une paire de gants et un tablier pareil à ceux dont on a vu la description ci-devant ; puis il lui donne les signes, mots et attouchement comme il suit.

Le signe se fait en en levant la main droite vers le ciel, les doigts fermés et l’index levé en l’air. L’on y répond en joignant les deux mains, croisant les deux mains croisées à plat sur le cœur et baissant les yeux. Le 1er signifie que tout dépend de Dieu et le second, je l’aime de tout mon cœur.

L’attouchement se donne en se prenant mutuellement la main droite et se la portant alternativement sur le cœur.

Le mot est amouzin albomatatos qui signifie la vertu récompensée ; il sert aussi de mot de passe.

Il l’embrasse ensuite et l’envoie se faire reconnaître comme Chevalière à toute l’assemblée ; ce qu’elle fait. De retour auprès de lui, il lui fait prendre place parmi les SS\, puis il procède à l’instruction de la manière et ainsi qu’il suit ci-après.

Instruction

D. Etes-vous Chevalière de la Lune ?
R. Mon travail a dû vous le prouver.
D. En quoi a-t-il consisté ?
R. À déraciner l’arbre de vie.
D. Quelle preuve me donnerez-vous que c’était l’arbre de vie ?
R. La chute de ses branches, figure des 7 péchés mortels.
D. Qu’est-il provenu de cette chute ?
R. Il est sorti de sa tige un jet d’eau dont la bonne odeur qu’elle répandit est la figure de la vertu qui est dominée par le vice et qui n’attendait qu’une main vertueuse pour la sortir de l’esclavage où la tenait renfermée le péché originel.
D. Votre travail n’a-t-il procuré rien de plus ?
R. Un cœur traversé de deux flèches monté sur un croissant, lequel est surmonté d’une étoile ; il m’a procuré encore un tablier et des gants blancs.
D. Que signifient toutes ces choses ?
R. Le cœur représente un cœur pénétré de l’amour de Dieu et du prochain ; le croissant comme il est, le commencement du cours de l’astre ; de même, la Maçonnerie est le principe de toutes les vertus et l’étoile nous apprend que la direction de notre cœur doit être toujours vers l’orient, demeure ordinaire du Maître de l’univers qui doit être le but de nos actions.
D. Qui vous a engagée à vous faire recevoir ?
R. Le désir de contribuer à la destruction du vice en me défiant des fausses vertus de mes FF\ et SS\.
D. Qu’a-t-on fait de vous avant de vous introduire ?
R. L’on m’a mis dans une chambre obscure vis-à-vis d’une table sur laquelle il y avait une tête de mort et un tableau représentant Eve abandonnée aux remords d’avoir trompé son mari.
D. Qu’est-ce que cela signifie ?
R. La tête de mort représente le terme de notre esclavage et la délivrance de tous nos maux ; le tableau, combien nous devons nous écarter du vice et de tromper nos FF\ si nous voulons obtenir la récompense promise aux bons Maçons.
D. Qu’a-t-on fait ensuite ?
R. L’on m’a fait dépouiller de tous ornements mondains, on m’a mis un grand fichu sur le col et un voile sur la tête pour me faire voir que la vertu est suffisamment parée d’elle-même, que la modestie est l’apanage de notre sexe et que la pudeur est notre plus bel état et éclat.
D. Qu’a-t-on fait après ?
R. L’on m’a fait avaler le calice d’amertume composée avec du limon pour achever de purifier l’intérieur.
D. Qu’avez-vous entendu en entrant ?
R. Un bruit semblable à celui du tonnerre, signe de la satisfaction de l’Etre suprême lorsqu’il voit une Ecossaise avancer au moment de sa récompense.
D. Que signifie votre marche ?
R. Le passage de la mer Rouge nous représente la délivrance des Israélites, symbole de la délivrance de notre cœur de toutes passions mondaines ; les 4 points cardinaux que j’ai parcourus, que ma réputation doit s’étendre partout ; et la chute enfin des 7 branches de l’arbre de vie est la figure des 7 péchés mortels que je dois fouler aux pieds.
D. Que désignent les 3 lunes sur le tableau ?
R. Le croissant, la figure des vertus qu’on acquiert dans la Maçonnerie ; la pleine lune, leur perfection et le déclin, la retraite des passions.
D. Que signifie la figure de la fortune élevée sur une boule tenant la corne d’abondance et renversant toutes sortes de richesses ?
R. L’appât qu’elle nous donne pour la suivre et le mépris que nous devons en faire pour ne chercher que le véritable trésor que nous offre la Maçonnerie.
D. Que signifie le taureau blanc ?
R. Cet animal représente par sa force que rien n’est si fort que la pureté de l’âme figurée par sa blancheur pour s’opposer aux vices.
D. Que représente la grenouille verte ?
R. Cet animal, par son coassement continuel, est le plus nuisible et celui qui nous fait connaître le plus de défauts ; et par l’orgueil avec lequel elle a voulu se comparer au bœuf, celui qui nous ronge et qui est la plus forte passion de notre sexe.
D. Qu’avez-vous fait de l’arbre de vie déraciné ?
R. Je l’ai porté aux pieds du Très Puissant.
D. Pourquoi ?
R. Pour lui servir de preuve que j’avais déracinée le vice et mise la vertu dans tout son jour.
D. Qu’a fait de vous le Très Puissant après cette preuve ?
R. Il m’a fait prêter mon obligation.
D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes Chevalière de la Lune ?
R. A mes signes, mots et attouchement.
D. Donnez-les-moi ?
R. Les voici. (Elle les donne.)
D. Quel âge avez-vous ?
R. L’âge de raison et la connaissance du bien et du mal.
D. A quelle heure se ferme la Loge des Chevalières de la Lune ?
R. Au coucher de cet astre.

Après cette réponse, le Très Puissant frappe six coups comme ci-devant de son maillet, auxquels le Grand Inspecteur des astres répond par 6 autres ; ensuite le Très Puissant dit à toute l’assemblée : Mes FF\ et SS\, puisque le grand astre qui nous éclaire va terminer sa course, nous allons terminer nos travaux et fermer la Loge.

Le Grand Inspecteur ayant annoncé la même chose sur les deux colonnes, le Très Puissant dit : Mes FF\ et SS\, la Loge est fermée ; faisons notre devoir.

Tous ensemble on fait alors le signe, on applaudit ensuite par chacun 6 coups comme ci-devant dans ses mains en disant ensemble et tout haut Radix vitiosa ; cela fait, l’on se donne le baiser de paix ; puis, la quête pour les pauvres étant faite, chacun, après le banquet, se retire en paix.

Finis

Source : Loge de Recherche Pierre d’Aumont

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2ème grade Chevalier de la Toison d’Or (2)

13 Septembre 2012 , Rédigé par Loge de recherche Pierre d'Aumont Publié dans #Rites et rituels

Explication du tableau

Le tableau offre d’abord à nos vues une mer d’airain, emblème de la mer philosophique de laquelle, par le moyen de la massue d’Hercule et du glaive de Jason, c’est-à-dire des instruments de la nature et de l’art, l’on doit extraire les trois principes, sel, soufre et mercure, désignés par les trois marches, et les réunir dans le pavé cubique pour être ensuite, par le feu élémentaire naturel et surnaturel du chandelier à trois branches, divisé dans les alambics, représentés par les Colonnes d’Hercule, en fumée rouge et en fumée blanche, pour produire par la croix - je veux dire la poudre de projection – et mériter par là la couronne de laurier que tout artiste doit ambitionner, comme le non plus ultra de l’Art royal que nous avons atteint par nos combats et nos victoires. Aison, qui eut pour père Créthée, Eole pour aïeul, pour bisaïeul Jupiter et pour épouse Alcymède, fille d’Antiokhos, avait déjà envoyé son fils Jason sur le mont Pélion pour y être élevé dans l’art de la médecine par le centaure Chiron, lorsque Pélias, son oncle, lui usurpa le trône que sa naissance et son mérite lui avaient acquis.

Jason, ayant appris une si triste nouvelle et assez éclairé dans la théorie de l’art dont il voulait faire un jour profession, quitta le mont Pélion, après avoir remercié son maître des soins qu’il avait pris pour lui, et se rendit dans la Thessalie pour revendiquer de son oncle Pélias la couronne qu’il avait injustement arrachée à son père Aison.

Pélias, surpris de la démarche de Jason et craignant d’ailleurs son mérite, lui promit de la lui restituer toutefois à condition qu’il irait auparavant conquérir la Toison d’or. Les difficultés d’une entreprise où tant de héros avaient échoué ne rebutèrent point Jason. Il accepta la proposition et, pour se mettre en devoir de l’exécuter, il s’associa cinquante hommes qu’il nomma Argonautes, tous de la race des dieux, et fit construire par Argus le vaisseau Argo dont la déesse Minerve lui avait donné le dessin. Le bois de ce vaisseau fut tiré du mont Pélion et celui du mât pris dans les forêts de Dodone dont les arbres avaient accoutumé de rendre des oracles. Dès que ce vaisseau fut fini, Jason le fit appareiller et l’approvisionna pour dix mois et nomma Lyncée pour son vice-amiral, et pour ses pilotes Orphée, Tiphys et Ancaios.

Eurypylos, fils de Neptune, informé du dessein de Jason et sachant qu’il était prêt à partir, vint lui faire présent, avant son départ, d’une terre noire que Médée, à son arrivée à Colchos, regarda comme un présage le plus heureux.

Tout étant ainsi disposé et le vent étant favorable, Jason s’embarqua avec ses compagnons, fit lever l’ancre, déployer la voile qui était de couleur noire et partit.

On ne tarda pas à s’apercevoir qu’Hercule était un peu incommode tant parce qu’il faisait presque aller le navire à fond par la pesanteur de son corps qu’à cause qu’il était aussi de trop grande vie et consommait trop de provisions ; de plus, qu’il rompait à tout propos la rame. Mais il arriva un accident qui les en délivra heureusement : c’est qu’ayant amené avec lui son cher Hylas et qu’un jour, pressé de soif, il l’eut envoyé chercher de l’eau fraîche, il tomba dans la fontaine où il en puisait ; ce qui fit dire que les Nymphes l’avaient enlevé. Cela fut cause qu’il quitta la compagnie et le vaisseau pour l’aller chercher.

Jason aborda d’abord à l’île de Lemnos pour se rendre Vulcain favorable, qui était adoré dans cette île, et s’acquérir les bonnes grâces d’Hypsipylé dont l’odeur était puante pour avoir manqué de respect à Vénus, qui seule conserva la vie à son père Thoas qui pour lors était roi de l’île.

Au sortir de Lemnos, les Tyriens livrèrent un sanglant combat aux Argonautes qui furent tous blessés, à l’exception de Glaukos qui disparut et fut mis au nombre des dieux de la mer.

Après le combat, les Argonautes abordèrent à Marsyas, à Cyzique, à l’Ibérie, et s’arrêtèrent ensuite dans la Bébrycie où Amycos qui y régnait avait accoutumé de défier au combat du ceste  ceux qui arrivaient dans ses Etats. Pollux accepta le défi et le fit périr sous ses coups.

De la Bébrycie, les Argonautes se rendirent vers les Scythes de la Lybie par où l’on va en Egypte. Le danger qu’il y avait à traverser les Scythes fit prendre à Jason et à ses compagnons le parti de porter le vaisseau sur leurs épaules pendant deux jours à travers les déserts de la Lybie ; au bout de quel temps, ayant retrouvé la mer, ils remirent le vaisseau à flot et furent rendre visite à Phinée, prince aveugle et sans cesse tourmenté par les Harpies dont il fut délivré par Calaïs et Zétès, enfants de Borée, qui avaient des ailes.

Phinée devint plus clairvoyant des yeux de l’esprit que du corps et leur indiqua la route qu’ils devaient tenir. « Il faut, leur dit-il, premièrement aborder aux îles Cyanées qu’on nomme autrement Symplégades ou écueils qui s’entre-heurtent. Ces îles jettent beaucoup de feu mais vous en éviterez le danger en envoyant une colombe. Vous passerez de là en Bithynie et laisserez à côté Thynias. Vous verrez Maréandyne, Achérusia, la ville d’Aiétès, Carambis, le marais Anthémoeisis, la Cappadoce, les Chalybes, et arriverez enfin au fleuve Phase qui arrose la terre de Circé et, de là, en Colchide où est la Toison d’or ».

Avant d’y arriver, les Argonautes perdirent leur pilote Tiphys et mirent Ancaios à sa place. Toute la troupe débarqua enfin sur les terres d’Aiétès, fils du Soleil et roi de Colchos, qui leur fit un accueil très gracieux.

Mais comme ce roi était extrêmement jaloux du trésor que Phrixos avait conservé et suspendu dans un bois au dieu Mars, lorsque Jason parut devant lui et l’eut informé du motif qui lui avait fait entreprendre un voyage si pénible, il parut consentir de bonne grâce à sa demande ; mais pour le détourner de son projet, il lui fit un détail immense des obstacles qui s’opposaient à son désir. Il lui prescrivit des conditions si dures qu’elles auraient été capables de rebuter Jason si Junon n’eût convenu avec Minerve de l’encourager et rendre Médée amoureuse de lui, afin qu’au moyen des enchantements de cette princesse il fût garanti des périls où il allait s’exposer pour pouvoir résister dans ses entreprises.

Médé, en effet, ayant vu Jason, prit un tendre intérêt pour lui. Elle lui releva le courage et lui promit tous les secours qui dépendraient d’elle, pourvu qu’il s’engageât à lui donner sa foi.

Jason le lui ayant promis, cette princesse lui donna un onguent pour s’oindre le corps et se garantir par son moyen du venin du dragon, et une eau pour éteindre le feu qui sortait des narines des deux taureaux gardiens de la Toison d’or.

Jason ainsi préparé attaqua d’abord les deux taureaux avec l’eau, les soumit au joug et, après les avoir fait labourer, il les tua ainsi que le dragon qu’il endormit par un pharmaque (19) somnifère et auquel il arracha les dents qu’il sema ; et de cette semence naquirent quantité d’hommes armés qui se tuèrent les uns les autres. Jason ainsi victorieux de ces monstres enleva la Toison d’or.

Après cette expédition il épousa Médée et retourna en Thessalie avec elle et les Argonautes ; et dans la crainte qu’Aiétès ne les poursuivît, Médée amena avec elle le petit Absyrtos, son frère, qu’elle mit en pièces, dispersant ses membres sur le chemin afin que son père, s’amusant à les recueillir, il leur donnât un plus grand temps et le loisir de s’échapper.

Jason, arrivé en Thessalie, entra en possession du royaume de son père et Médée rajeunit le vieillard Aison par la boisson de la Toison d’or.

Enfin, le vaisseau Argo qui l’avait conduit à Colchos et ramené dans sa patrie fut mis au rang des dieux par toute la cour céleste.

Cette histoire finie, le Très Illustre Chevalier, après avoir félicité le Chevalier nouveau reçu, fait la clôture du conseil de guerre comme suit.

Clôture du 2ème conseil de guerre

Le Très Illustre Chevalier frappe un coup de son glaive sur la table et se lève, ce que font aussi tous les Chevaliers. Ensuite il dit à tous les Illustres Chevaliers de la Toison d’Or :

D. A quelle heure se ferme le conseil de guerre ?
R. Un instant après la victoire.
D. En quel temps obtient-on la victoire ?
R. Après dix mois de combat.
Après cette réponse, le Très Illustre dit :

« Illustres Chevaliers de la Toison d’Or, puisque le conseil de guerre se ferme un instant après la victoire et qu’on obtient la victoire après dix mois de combat, je vous annonce avec la plus grande satisfaction que nous sommes arrivés à ce terme et que nous voilà possesseurs de la Toison d’or ».

Nota. A ces dernières paroles du Très Illustre, tous les Chevaliers font le signe et crient Victoire ; après quoi, le Très Illustre continue :

« Hâtons-nous donc de retourner dans notre patrie et dans la crainte que les méchants, les fols et les ignorants ne nous enlèvent un trésor si précieux, mettons en pièces nos écrits afin que, tandis qu’ils seront occupés à en ramasser les débris, nous puissions leur échapper et aller jouir tranquillement et à l’ombre de nos lauriers des avantages que nos combats et nos victoires nous ont si justement mérités ».

Après que le Très Illustre aura fini de parler, tous les Chevaliers feront l’un après l’autre la marche ordinaire et diront trois fois Io paean ! F\ F\.

Ces paroles sont le chant qu’on entendit quand Apollon eut tué à coups de flèches le serpent Python et qu’on entonnait aux jeux publics et aux triomphes ; ainsi terminent-ils le conseil.

Quelques précisions sur ce rituel

Le Rituel qui précède date du XVIIIème siècle et, le moins que l’on puisse dire, est qu’il est éminemment alchimique ; comment ne pas y reconnaitre la « patte » d’un des alchimistes les plus réputés de son époque : le père Bénédictin Antoine Joseph Pernéty qui l’adapta pour le Rite des Illuminés d’Avignon. Même si Dom Pernéty fut une sommité en matière d’alchimie, il a souvent une façon très personnelle d’évoquer certains aspects de l’Art, comme la plupart des alchimistes connus, D’ailleurs, chacun ayant sa propre sensibilité et sa propre personnalité, cela donne parfois des comparaisons énigmatiques particulièrement difficiles à déchiffrer.

Pour prendre un exemple flagrant, voyons les deux symboles les plus apparents utilisés tout au long de la cérémonie : la massue et le glaive. Pourquoi utiliser deux armes aussi éloignées l’une de l’autre qu’un écraseur naturel et un tranchant fabriqué de main d’homme ? Personne n’ignore que la massue était l’arme favorite d’Héraclès (ou d’Hercule) et que ce dernier fut du nombre des Argonautes, tout au moins pendant une certaine période, puisqu’il dut quitter le groupe en cours de route pour se consacrer d’urgence à la reprise de ses douze travaux. Pendant le Rituel, on demande au nouveau reçu de frapper le globe de sa massue ; c’est une façon discrète de signaler qu’en alchimie la « Terre » (la materia prima, la pierre philosophique ou l’antimoine) doit être pilée pour en séparer les principes et ainsi mieux parvenir à les purifier. On retrouve cette fonction dans l’instruction de Vaillant Général : - « Quelles sont vos armes ? » - « La massue d’Hercule et mon glaive ». – « A quoi devez-vous vous en servir ? » - « A purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent ». La massue joue donc, ici, le rôle du pilon qui sert à réduire en poudre, dans le mortier, l’antimoine ou la première matière. Il faut préciser que l’allusion à la massue est relativement rare dans les textes alchimiques, mais, pas inexistante. Par contre, la représentation du glaive est nettement plus fréquente ; n’oublions pas que le glaive, l’un des symboles de la Justice, devrait toujours être manié par un Sage. Dans l’Art d’Hermès, c’est un outil précieux en bien des circonstances, notamment pour occire le dragon noir, scène représentée, le plus souvent, par l’action d’un vaillant chevalier (incarné ici par Jason) qui le manie avec une dextérité sans pareille. Au début de l’œuvre au noir, il permet donc de faire mourir la matière afin de forcer sa renaissance dans le bon sens. Il est également utilisé pour « ouvrir » l’œuf des Philosophes, et là encore, il est question de la séparation des trois principes, le blanc étant le Mercure qui représente l’Esprit, le jaune, le Soufre qui symbolise l’Âme, et la coquille, le Sel associé au Corps. Dans tous les cas, le glaive devrait être représenté flamboyant, ou plutôt «igné », puisqu’il est sensé être le Feu issu du Sel, seul capable de provoquer cette ouverture.

Nul récit mythique n’a autant inspiré les alchimistes que ce périlleux voyage de Jason et de ses compagnons, partis à la conquête de la Toison d’Or. Fulcanelli lui-même nous apprend que cette Toison, « dans le langage des adeptes, désigne la matière préparée pour le Grand Œuvre, mais également le résultat final ». Elle fut aussi une source d’inspiration pour des auteurs de toutes époques : Histoire de Jason en 1563 par Jacques Gohory, Aureum vellus (Toyson d’Or) en 1612 par Salomon Trismosin, et, plus proche de nous, Alchimie en 1964 par Eugène Canseliet, pour n’en citer que quelques-uns. Il faut dire, pour justifier cet engouement, que cette traversée mouvementée réunit les principaux ingrédients symboliques propres à l’opération alchimique ou s’en rapproche significativement :

  • voyage maritime vers la Colchide sur l’Argo,
  • sacrifice du bélier « Chrysomelle » et utilisation de sa toison pour retenir l’or,
  • mort du dragon endormi par Jason grâce au breuvage préparé par Médée,
  • dents dudit dragon semées au « Champ de Mars »,
  • acquisition du précieux trophée,

(Pour certains auteurs, la Toison d’Or ne serait que le parchemin supportant le secret de la « Chrysopée » ou fabrication de l’or, mais rien ne vient étayer cette affirmation.)

Il ne fait aucun doute que la « Voie humide » est privilégiée dans ce récit. Bien que cette voie soit plus longue et parfois plus difficile que la voie sèche, elle est aussi plus sûre quant au résultat final. Les « opérations » se multiplient comme autant de combats à gagner pour remporter la victoire, et donc parvenir au Grand Œuvre et à sa récompense. Mais, comme pour tout périple dangereux, un besoin de protection se fait sentir de façon impérative. Le navire Argo, dédié à une divinité, ainsi que le sacrifice du bélier rappellent le passage de l’alchimiste à « l’oratoire » afin d’y réitérer sa Foi et obtenir le fameux « donum Dei », le don de Dieu sans lequel il ne pourrait rien. Rappelons pour mémoire que la figure de proue du navire construit par Argos avait été taillée dans une branche du chêne sacré de Zeus à Dodone, cadeau d’Athéna qui l’avait douée de parole pour récompenser la ferveur des Argonautes envers elle et Apollon ; encore une image plaisante de la Foi profonde récompensée.

Ensuite, la mort du dragon est souvent représentée en alchimie pour imager la transformation de la terre noire en un composé blanchâtre qui sera ensuite décomposé par l’action du Feu des Philosophes. Les dents du dragon semblent se rapporter aux germes que contient toute matière morte, ou plutôt « inerte », pour accéder à une nouvelle vie. Une fois semées, comme elles le seront ici, au Champ de Mars, on obtient ce que les métallurgistes nomment « boutons de retour » permettant d’affiner tout métal adéquat et le transformer en or. Mais, avant d’obtenir ce précieux résultat, il faudra en passer par des combats épiques, comme ceux que connurent Jason et ses compagnons, contre une horde d’adversaires armés issus de chaque dent mise en terre. Heureusement, ces combattants se dressent souvent les uns contre les autres, atténuant ainsi le risque de défaite. C’est ce à quoi nous sommes confrontés avec nos pires ennemis : nos vices.

Quand au précieux trophée, arraché par Jason à l’adversité, il s’agit bien de la Pierre philosophale, présentée ici sous la forme d’une toison de bélier chargée de paillettes d’or.

Certains passages de l’instruction au grade de Chevalier de la Toison d’Or demandent également quelques précisions.

Le mot d’ordre est : « Segam ed meelhteb », c’est-à-dire « Mages de Bethleem » en inversant les mots. Comment doit-on interpréter cette référence aux trois Rois Mages qui vinrent honorer la naissance du Christ ? Quel rapport y a-t-il entre ces derniers, la Toison d’or et l’alchimie ?

Tout d’abord, chacun d’eux apporta un cadeau caractéristique de l’honneur à mettre en exergue, mais possédant également un aspect alchimique. Dans le très bon ouvrage de Jean Chopitel et Christiane Gobry sur les « Rois Mages », on apprend que « les trois présents offerts par les Rois Mages au Roi des rois symbolisent le ternaire de la manifestation humaine, Corps-Âme-Esprit, ou plutôt l’accomplissement de ce ternaire dans la royauté, la prêtrise et le prophétisme, qui représentent respectivement la renaissance à la materia prima, à l’eau purifiée et au feu de l’Esprit ». Vient ensuite un passage de René Guénon qui renforce encore cette démonstration. Il nous dit : « Les Rois Mages, par l’hommage qu’ils rendent au Christ et par les présents qu’ils lui offrent, reconnaissent expressément en Lui la source de cette autorité dans tous les domaines où elle s’exerce : le premier (Melchior) lui offre l’or et le salue comme roi ; le second (Gaspard) lui offre l’encens et le salue comme prêtre ; enfin le troisième (Balthazar) lui offre la myrrhe et le salue comme prophète ou Maître spirituel par excellence, ce qui correspond directement au principe commun des deux pouvoirs : sacerdotal et royal. L’hommage est ainsi rendu au Christ, dès sa naissance humaine, dans les « trois mondes » dont parlent toutes les doctrines orientales : le monde terrestre, le monde intermédiaire, et le monde céleste ». La conclusion semble évidente, grâce au rapprochement entre la vision des Rois Mages et celle des alchimistes : le Sel correspond à l’encens, à la prêtrise et représente le Corps ou principe émanant de la fusion Eau-Terre ; le Mercure correspond à la myrrhe, à la prophétie et représente l’Esprit ou principe émanant de la fusion Air-Eau ; enfin, l’or peut être assimilé à l’Âme, donc au principe résultant de la fusion Feu-Air, c’est cette Âme Soufre qui doit se transmuter de pierre en or obtenant ainsi la couronne « Royale » et le pouvoir qui lui correspond.

Le second justificatif de ce mot d’Ordre concerne l’étoile que suivirent les Mages afin de parvenir à destination et ainsi avoir la possibilité de rendre leur hommage. A plusieurs reprises, nous avons eu l’occasion d’évoquer cette « étoile » qui apparaît dans le substrat alchimique à la fin de l’œuvre au blanc, l’étoile qui surgit dans le compost et dont le nom « compost-stella » désigne également le chemin de Saint-Jacques ; c’est, en quelque sorte, une exhortation à persévérer qui nous dit : « tu es sur le bon chemin, continue ! ». Ceci justifie le mot d’Ordre et le passage de l’instruction : « Pourquoi prenez-vous ces mots pour notre Ordre ? » - « Parce que comme eux j’ai été éclairé par une étoile qui m’a conduit à la vérité ».

Dans cette instruction, nous retrouvons aussi une mention évoquant l’unité et le retour à cette unité par les nombres de 1 à 4 et par le 10, symbole de l’univers. « Combien frappez-vous de coups pour entrer dans la salle du conseil de guerre ? » - « Un seul grand coup avec le pied droit ». – « Pourquoi cela ? » - « Pour montrer qu’après avoir commencé par 1 et continué par 2, 3, et 4, je suis enfin parvenu à l’unité par le 5ème, moitié du nombre sphérique qui est 10, et qu’en outre je sais opérer ». Précisons : nous sommes tous les rejetons du premier homme ayant connu l’unité parfaite, l’alliance suprême avec le Divin, désignées par le 1. Par suite d’une erreur de parcours, il eut conscience de sa possible dualité, le 2. Puis nous avons découvert l’existence d’une échappatoire permettant de corriger cette erreur et de connaître une nouvelle alliance avec le Dieu de notre cœur : c’est l’utilisation du ternaire pour revenir à une certaine perfection, donc par les vertus du 3 grâce auquel les alchimistes conçurent les trois principes : Sel, Mercure et Soufre. Mais comment obtinrent-ils ces trois principes ? En utilisant les seuls éléments dont ils pouvaient disposer sans limite : le Feu, l’Air, l’Eau et la Terre, d’où le 4. Enfin, en mixant intelligemment les « Principes », ils pouvaient accéder au 5, qu’ils nommèrent « Quintessence » en créant une cinquième essence capable de prodiges. Seule cette Quintessence est apte à recréer la matière incorruptible et donc immortelle. Il semble que Pythagore avait déjà sous-entendu cette conception des choses à l’aide de sa « Tétractys » puisque : 1+2+3+4 = 10 et que 1+0 = 1, le retour à l’unité, à condition d’en passer par le 5 et de l’acquérir justement.

Pour terminer cette explicitation des deux rituels, détaillons quelque peu le tableau du grade. La mer d’airain symbolise le lieu où l’on se purifie ou bien, ici, l’endroit que l’on doit purifier. Elle correspond, en alchimie classique à la materia prima de laquelle seront extraits les trois principes issus des quatre éléments, comme on l'a vu précédemment. Cette materia prima est la pierre des philosophes, la terre noire, ou encore l’antimoine, En alchimie spirituelle, elle nous représente directement puisque c’est en nous que doivent avoir lieu toutes les transmutations. Elles nous permettront peu à peu de devenir « l’Elie artiste », c’est-à-dire celui qui a réussi son retour à l’unité et conclut ainsi sa nouvelle alliance avec Dieu. Les trois marches représentent chacune l’un des trois principes : Mercure, Sel et Soufre émanant de la mer d’airain, extraits à l’aide de la massue et du glaive (ou en clair : le pilon du mortier et le Feu). Cette phase est celle de la dissolution (le solve) permettant de purifier plus facilement chaque partie extraite. La Pierre cubique est sensée contenir la réunion des trois principes une fois purifiés (c’est le coagulat). L’ensemble ne peut se réaliser sans l’aide du Feu secret des Philosophes, symbolisé ici par le chandelier à trois branches. Dans l’explication succincte du tableau donnée au cours de la cérémonie, il est bien précisé que le chandelier produit un Feu élémentaire naturel et surnaturel. Tout alchimiste sait que le Feu secret est d’une nature double et qu’il ne brûle pas les doigts, comme le disait si bien Eyrénée Philalèthe. Le Feu naturel incite inexorablement le Feu surnaturel à venir lui prêter main forte et, bien que la nature de ce Feu ne puisse être divulguée, d’où son qualificatif de « secret », il semble que le problème ne soit pas trop difficile à résoudre ! Les deux colonnes d’Hercule, que l’on peut comparer aux colonnes du Temple de Salomon, symbolisent les alambics ou les fourneaux d’où sortent des fumées, rouges pour l’une et blanches pour l’autre. L’axe horizontal de la Croix, le matériel, conjoint à l’axe vertical, le spirituel, produit, en son centre, le résultat final dit Pierre philosophale ou poudre de projection (rouge rubis). Enfin, lorsque la victoire est acquise, …les lauriers suivent…

Pour conclure cette approche explicative du Rituel de Général des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or, disons que les symboles alchimiques, évidents ou non, sont légion, et proviennent, sans conteste, de la qualité de leur auteur; Ils nécessiteraient de plus longues explications seules accessibles aux véritables Adeptes.

Ajoutons simplement que ces deux grades se retrouvent dans des Rites très différents de 1750 à 1980, une belle longévité, qui va du « Rite philosophique de Marseille » en 1750, en passant par les « Illuminés d’Avignon » en 1766, le « Rite hermétique de Montpellier » vers 1776, la « Loge du Contrat Social », autrefois « Loge Saint-Lazare à Paris », en 1776, le Rite de Saint-André d’Ecosse en 1806, le Rite de Memphis de 1839, et jusqu’au Rite de Memphis-Misraïm créé en 1875. Ce n’est qu’à la réforme de ce dernier, lorsque fut adoptée en partie l’organisation du Rite écossais ancien et accepté, en 1980, que ces grades disparurent.

Voici donc, au travers de ce superbe Rituel, quelques belles leçons d’espérance, de persévérance et de foi qui font résonner en nous la 2ème Epître de Pierre (1, 19) : « Jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’Etoile du matin se lève en nos cœurs… ».

G\ B\

 

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2ème grade Chevalier de la Toison d’Or (1)

13 Septembre 2012 , Rédigé par Loge de Recherche Pierre d'Aumont Publié dans #Rites et rituels

Décoration de la salle du conseil de guerre des Chevaliers de la Toison d’Or

Cette salle, qui doit aussi porter le nom de conseil de guerre, doit être tendue de blanc et de rouge. Elle sera éclairée par un grand chandelier à trois branches avec trois grosses bougies de cire jaune. Il doit y avoir deux terrines dans l’une desquelles il y aura des cendres et dans l’autre de l’esprit de vin, placées au milieu de la loge dite conseil de guerre. Il y aura un globe ou sphère comme dans la première salle des Vaillants Généraux des Argonautes.

Titre et ornements des Chevaliers

Le Très Vaillant Général et les Vaillants Généraux seront ornés et nommés comme dans la première salle jusqu’à la fin de la réception ou jusques après l’ouverture du conseil de guerre s’il n’y a point de réception. Alors, ils prendront les titres, savoir le Très Vaillant, de Très Illustre Chevalier, et les Généraux, d’Illustres Chevaliers de la Toison d’Or. Ils seront décorés d’une couronne de laurier, d’un sceptre peint en blanc, des gants blancs doublés et bordés de rouge, d’un crachat (8) où sera brodé en or un soleil rayonnant, d’une écharpe de soie rouge frangée en or et d’une chaîne dont les chaînons seront alternativement l’un en or et l’autre en argent qu’on portera en sautoir et où sera suspendu le bijou de ce grade qui est une croix. Le ceinturon du glaive dont ils seront armés sera rouge ou or et le fourreau blanc. Les fauteuils sur lesquels seront assis les Chevaliers seront blancs et rouges. On observera comme dans la première salle que le Maître soit à l’orient et les autres F\ F\ à droite et à gauche suivant l’ordre de leur réception.

Les figures du tableau se trouveront dans la description qu’on donnera ci-après et dans le catéchisme ou instruction.

Manière d’entrer dans la salle des Chevaliers de la Toison d’Or

On frappera un grand coup avec la main droite.
Le dernier reçu dira : « Qui vive ! »
Le Chevalier répondra : « Général des Argonautes ».
Le reste du cérémonial comme dans la salle précédente, à l’exception que le Très Vaillant Général fera à celui qui est introduit les questions suivantes :

D. D’où venez-vous ?
R. De la Thessalie.
D. Où allez-vous ?
R. A Colchos.
D. Qu’allez-vous faire à Colchos ?
R. La conquête de la Toison d’or.
Ensuite, le Général introduit et salue comme à la première salle et prend place.

Ouverture du 2ème conseil de guerre

Le Très Puissant frappe un coup de son glaive sur la table et demande :

D. A quelle heure s’ouvre le conseil de guerre ?
R. Un instant avant la victoire.
D. Dans quel temps obtient-on la victoire ?
R. Après dix mois de combat.
D. Où remporte-t-on la victoire ?
R. A Colchos, dans le champ de Mars.
Le Très Vaillant Général dit :

« Vaillants Généraux, puisque le conseil de guerre s’ouvre un instant avant la victoire, que la victoire s’obtient après dix mois de combat et qu’il faut le remporter à Colchos dans le champ de Mars, débarquons-nous puisqu’il y a dix mois que nous naviguons et que nous voici arrivés à Colchos et allons aussi sans différer au champ de Mars remporter la victoire qui nous attend ».

Après ce dernier mot, le Très Vaillant Général et les Vaillants Généraux feront le signe du Général des Argonautes et crieront trois fois : « Combat ! » S’il n’y a point de réception, tous les F\ F\ se décoreront des attributs de Chevaliers de la Toison d’Or. S’il y en a, on procédera comme suit.

Réception

Tous les Généraux des Argonautes étant passés à la seconde salle, le dernier Général reçu ira trouver le récipiendaire qui est resté seul dans la première salle, c’est-à-dire après l’ouverture du conseil de guerre. Il lui couvrira les yeux d’un bandeau et le conduira jusqu’à la porte de la seconde salle ; il lui dira d’attendre là le signal qu’on lui donnera pour frapper un grand coup à ladite porte avec le pied droit.

Le dernier reçu qui est déjà rentré dans la salle, entendant ce coup, criera : « Qui vive ! »

Le récipiendaire répondra : « C’est un Vaillant Général des Argonautes qui désire faire le voyage de Colchos ».

Le dernier reçu répondra : « Halte-là ! », et rendra compte au Très Vaillant et aux Vaillants Généraux.

Le Très Vaillant Général dit au dernier reçu : « Vaillant Général, allez examiner le récipiendaire sur le grade qu’il vient de recevoir et, s’il satisfait à vos questions, vous l’introduirez après que vous serez assuré qu’il a les yeux couverts et avoir fait parvenir jusqu’à moi l’ordre et la consigne ».

Le dernier reçu exécute l’ordre du Très Vaillant, questionne le récipiendaire, l’introduit et le place à l’occident.

Dès que le candidat est introduit et placé, le Très Vaillant Général lui fait les questions suivantes :

(Nota. On dicte au récipiendaire les réponses.)

D. Vaillant Général, que demandez-vous ?
R. Très Vaillant Général, je demande de faire avec vous et vos vaillants compagnons le voyage de Colchide, si tel est votre bon plaisir.

Cette réponse faite, tous les Vaillants Généraux frappent de leur glaive sur la table pour marquer leur consentement.

Le Très vaillant Général continue :

D. Avez-vous les vertus nécessaires ainsi que les qualités pour faire ce voyage et mériter par [là] la récompense de vos travaux ?
R. Oui, Très Vaillant Général, j’ai la charité et la discrétion, et je suis en état de vous donner des preuves de ma sagesse et de ma constance.
D. Puisque vous avez choisi la discrétion et la charité et que vous êtes en état de nous donner des preuves de votre sagesse et de votre constance, nous promettez-vous, foi de Vaillant Général des Argonautes, de ne jamais révéler et sous quel prétexte que ce puisse être nos secrets et nos mystères, et de garder scrupuleusement les ordonnances de notre milice ?
R. (Réponse qui sert d’obligation comme suit :) Oui, Très Vaillant Général, je le promets et le jure.

(Nota. On prononçant ces mots, on fait étendre la main droite au récipiendaire et la porter ensuite en équerre sur le Volume de la Sainte Loi.

Cette obligation prêtée, le Très Vaillant Général et tous les Vaillants Généraux quitteront les attributs de Vaillants Généraux et se décoreront de ceux de Chevaliers de la Toison d’Or et en prendront en même temps le titre, c’est-à-dire le Maître de Très Illustre et les F\ F\ d’Illustres Chevaliers de la Toison d’Or.

Ensuite, le Très Illustre dit au plus ancien Chevalier :

« Illustre et ancien Chevalier, ayez la bonté d’aller sortir le bandeau au récipiendaire auquel vous ferez faire le tour du globe terrestre et lui ferez frapper avec la massue et le glaive duquel il est armé les deux éléments qui le composent, ainsi que la marche ordinaire, et le ferez ensuite parvenir jusqu’à moi ».

Le plus ancien Chevalier exécute l’ordre, lui fait faire le tour du globe, frapper et lui fait traverser par la marche ordinaire de Général des Argonautes une terrine de cendres et une autre où il y a de l’esprit de vin ; après quoi, il le fait parvenir jusqu’au Très Illustre Chevalier par la marche des Chevaliers de la Toison d’Or qu’il lui apprend pour y recevoir l’ordre, la consigne, le signe, l’attouchement et l’accolade comme suit.

Consigne, signe, attouchement, accolade et ordre

La consigne est le mot Eriotcive Victoire.

Le signe est de lever la main droite et de la fermer comme si on prenait quelque chose et de montrer avec l’index le bijou que l’on a sur la poitrine.

L’attouchement est de prendre avec les deux poings fermés de celui qui vous reconnaît.

L’accolade est de baiser au front celui qui vous reconnaît, c’est-à-dire comme à la 1ère salle.

L’ordre, c’est le mot Segam ed meelhteb  Mages de Bethléem.

Décoration et création de Chevalier

Le Très Illustre Chevalier, après avoir donné au récipiendaire l’ordre, le signe, l’accolade et l’attouchement, il le décore de tous les ornements et attributs de Chevalier de la Toison d’Or, et ensuite le crée en lui disant :

« Par la plénitude de la puissance dont je suis revêtu et du consentement des Illustres Chevaliers de la Toison d’Or, je vous délie de toutes les obligations que vous avez contractées jusques ici dans la carrière maçonnique, n’en exceptant que celles que vous avez prêtées pour obtenir les grades de Vrai Maçon et de Vaillant Général des Argonautes, et d’Illustre Chevalier de la Toison d’Or que je vous confère pour jouir à perpétuité des prérogatives et avantages que vos combats et vos victoires vous ont si glorieusement acquis ».

Après les dernières paroles du Très Illustre, tous les Chevaliers font le signe et crient ensemble trois fois Victoire.

Ensuite, le Très Illustre dit au récipiendaire de s’aller faire reconnaître à tous les Illustres Chevaliers, laquelle reconnaissance faite il lui dit de prendre séance selon son rang et de prêter l’oreille à l’instruction qui suit.

Instruction par demandes et réponses

D. Qui êtes-vous ?
R. Illustre Chevalier de la Toison d’Or.
D. A quoi pourrai-je connaître que vous êtes tel ?
R. A mon nom, mes armes et mes vertus.
D. Comment vous appelez-vous ?
R. Jason
D. Que signifie ce nom ?
R. Art de guérir
D. Quel a été votre maître en cet art ?
R. La magicienne Médée.
D. Quelles sont vos armes ?
R. Celles de la nature.
D. Quelles sont les armes de la nature ?
R. Celles qu’un chacun prend selon ses lumières et connaissances, mais les plus honorables et profitables sont celles du signe de la croix que je porte.

(En disant ces derniers mots, l’Illustre Chevalier qui répond montre la croix de son bijou.)

D. A quoi vous en êtes-vous servi ?
R. A parfaire le grand œuvre.
D. Quelles sont vos vertus ?
R. La charité et la discrétion.
D. Pourquoi dites-vous cela ?
R. Parce qu’un adepte doit garder un secret inviolable et faire du bien au prochain.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Des années sans nombre.
D. Pourquoi dites-vous cela ?
R. Parce que par le moyen de l’élixir je me suis rajeuni et puis pousser ma carrière aussi loin qu’il plaira à mon créateur.
D. Avez-vous [un] ordre ?
R. Oui, Très Illustre.
D. Quel est votre mot d’ordre ?
R. On dit le mot Mages de Bethléem etc.
D. Pourquoi prenez-vous ces mots pour notre ordre ?
R. Parce que comme eux j’ai été éclairé par une étoile qui m’a conduit à la vérité.
D. Vous a-t-on donné une consigne ?
R. Oui, Très Illustre.
D. Donnez-la-moi.
R. On dit le mot Victoire.
D. Pourquoi ce mot ?
R. Parce qu’un adepte pour parvenir à son but a surmonté tous les obstacles qui s’y opposent.
D. Vous avez sans doute reçu un signe ?
R. Oui, Très Illustre.
D. Donnez-le-moi.
R. On fait le signe.
D. Que signifie ce signe ?
R. Que j’ai enlevé et possédé la Toison d’or.
D. N’avez-vous rien reçu de plus?
R. Pardonnez-moi : un attouchement et une accolade.
D. Donnez l’attouchement.
R. On le donne.
D. Donnez l’accolade.
R. C’est la même et même signification que celle de Général des Argonautes.
D. Quelle est votre marche ?
R. Trois pas redoublés militaires.
D. Que signifient-ils ?
R. Que la multiplication de l’œuvre va beaucoup plus vite que l’œuvre.
D. Combien frappez-vous de coups pour entrer dans la salle du conseil de guerre ?
R. Un seul grand coup avec le pied droit.
D. Pourquoi cela ?
R. Pour montrer qu’après avoir commencé par 1 et continué par 2, 3 et 4, je suis enfin parvenu à l’unité par le 5ème, moitié du nombre sphérique qui est dix, et qu’en outre je sais opérer.
D. Pourquoi avez-vous été introduit les yeux couverts ?
R. Pour désigner l’aveuglement et l’ignorance où j’étais avant de connaître la pratique du grand œuvre.
D. Quel voyage fîtes-vous ?
R. Le tour du globe terrestre.
D. Que fîtes-vous dans ce tour ?
R. Je frappai avec ma massue et mon glaive les deux éléments qui composent ce globe.
D. Pourquoi fîtes-vous le tour du globe terrestre et frappâtes-vous ces éléments ?
R. C’était pour purger la terre et la mer des éléments qui l’infectent.
D. Que fîtes-vous ensuite ?
R. L’on me fit traverser deux terrines dans l’une desquelles étaient des cendres et dans l’autre de l’esprit de vin.
D. Quel fut votre guide ?
R. Mes seules lumières.
D. Quel fruit rapportâtes-vous de votre voyage et de vos combats ?
R. La conquête de la Toison d’or et le royaume que mon oncle Pélias avait usurpé à mon père Eson.
D. Sur quoi est appuyé votre conseil de guerre ?
R. Sur deux tours ou les deux colonnes J. et B. qui n’en sont que le symbole.
D. De quelle matière sont ces colonnes ?
R. D’or et d’argent.
D. Où sont-elles situées et comment s’appellent-elles ?
R. Elles sont situées l’une du côté de l’Espagne et l’autre du côté de l’Afrique ; celle qui est située du côté de l’Espagne s’appelle Calpé  et celle du côté d’Afrique se nomme Abila .
D. Pourquoi ces colonnes sont-elles situées dans deux parties du monde ?
R. Pour m’apprendre que la matière et le feu doivent être pris dans diverses minières, mais d’une seule et même racine.
D. Expliquez-moi dans quelle racine peut-on trouver ces diverses minières ?
R. C’est dans un sujet connu des ignorants comme des savants mais que les seuls philosophes savent travailler pour en extraire leur matière et leur feu.
D. Comment appelez-vous la matière et le feu ?
R. La matière s’appelle soufre et mercure animé, c’est-à-dire acuits  de leur propre sel, et le feu se nomme eau ignée ou dissolvant du soufre et du mercure animé.
D. Qu’en provient-il ?
R. De cette dissolution est engendré l’enfant qu’on nomme philosophique qui, sept fois nourri clibaniquement de son propre sang, parviendra enfin dans dix mois à la plénitude de l’âge parfait et alors pourra communiquer sa perfection à ses F\ F\ imparfaits sortis comme lui du ventre de la même mère.
D. Pourquoi votre conseil de guerre est-il appuyé sur les colonnes d’Hercule ?
R. Parce que c’est le non plus ultra de la Maçonnerie.
D. Qui reconnaissez-vous pour père dans cet Art royal ?
R. Hermès trismégiste.
D. Et pour frères ?
R. Tous les adeptes.

L’instruction faite, le Très Illustre Chevalier priera le Chevalier le plus ancien de faire au Chevalier nouveau reçu l’explication du tableau et l’histoire de ce grade comme suit.

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1er grade Général des Argonautes

13 Septembre 2012 , Rédigé par Loge de Recherche Pierre d'Aumont Publié dans #Rites et rituels

Titre des F\ F\

Dans ce grade le Maître s’appelle Très Vaillant Général et tous les autres F\ F\ se nomment Vaillants Généraux et gardent ce titre jusqu’après la réception du 2ème grade, et après l’ouverture du conseil de guerre de la seconde salle. Il y aura dans cette 1ère salle un globe en guise de tableau car il n’y en a pas au 1er grade.

Décoration de la salle et des Généraux

La salle du conseil de guerre des Généraux des Argonautes sera ornée comme celle de l’académie des Vrais Maçons ; elle sera éclairée d’une seule mais grande lumière. Le Très Vaillant Général et les Vaillants Généraux seront décorés comme les Vrais Maçons et armés, au lieu d’une baguette de fer qui se porte en ce dernier grade, d’une massue et d’un glaive.

Il n’y a dans ladite salle ni trône ni tableau, comme on a dit plus haut, mais une table couverte d’un tapis vert, laquelle sera ronde, et autour seront assis tous les Vaillants Généraux. Les fauteuils où ils seront assis seront de même couleur et on observera que le Très Vaillant Général soit placé à l’orient, sans autre distinction, et les Vaillants Généraux à sa droite et à sa gauche, chacun suivant l’ordre de sa réception.

Manière d’entrer dans le conseil de guerre

Quand un Général des Argonautes voudra entrer dans la salle du conseil de guerre, il frappera un grand coup avec le pied droit.

Le dernier reçu des Généraux entendant ce bruit criera : « Qui va là ? » Celui qui est à la porte répondra : « Général des Argonautes ». Le dernier reçu répliquera : « Halte-là ! », et en s’adressant au Maître dira :

« Très Vaillant Général, on frappe à la porte en Général des Argonautes ».

Le Très Vaillant Général dit :

Ayez la bonté, Vaillants Généraux derniers reçus, de vous armer de vos massues et de vos glaives et d’aller à la porte vous faire donner l’ordre et la consigne.

L’ordre s’exécute, le dernier reçu ouvre la porte et la garde tandis que l’autre sort pour se faire donner l’ordre et la consigne qu’il fait passer par le Général qui garde la porte jusqu’au Très Vaillant Général.

Le Très Vaillant Général les ayant trouvés justes dit :

Ouvrez la porte à ce Vaillant Général et introduisez-le dans la salle en la forme ordinaire.

Les deux derniers reçus l’introduisent, se placent à ses côtés et par la marche ordinaire le conduisent vis-à-vis le Très Vaillant Général ; et alors tous les trois ensemble, ayant leur massue sur l’épaule gauche et le glaive à la droite (ce qu’on appelle en parade), baisseront leurs glaives.

Le Très Vaillant Général et les Généraux, qui seront pour lors debout, répondront à ce salut de la même manière ; après quoi, le Très Vaillant Général dit au Général introduit :

Prenez place dans notre conseil.

Ouverture du conseil de guerre

Quand tous les Généraux, ou du moins un nombre suffisant, seront assemblés, placés et assis, le Très Vaillant Général se lèvera, ainsi que tous les Généraux, et frappera un coup de son glaive, après lequel il demandera :

D. Vaillants Généraux, à quelle heure s’ouvre le conseil de guerre ?
R. Un instant avant le combat.
D. Dans quel temps donne-t-on le combat ?
R. Dans toutes les saisons.
D. Où se donne le combat ?
R. Dans la Thessalie et la Colchide.
Après cette demande, le Très Vaillant Général dit :

Vaillants Généraux, puisque le conseil de guerre s’ouvre un instant avant le combat, que le combat se donne dans toutes les saisons et dans la Thessalie, que nous y sommes, je vous annonce que le conseil de guerre est ouvert.

A ce dernier mot, tous les Vaillants Généraux feront le signe et crieront trois fois Combat.

Réception

Lorsqu’un Vrai Maçon - car il faut avoir ce grade pour pouvoir être reçu - aura toutes les qualités requises par les ordonnances et qu’il aura été admis par tous les Chevaliers, il viendra se présenter tout seul à la porte de la salle du conseil de guerre le jour que son présentateur lui aura indiqué pour sa réception, et il lui apprendra les réponses ; il frappera en Vrai Maçon.

Le dernier reçu criera :

Qui va là ?

Le candidat répondra :
C’est un Vrai Maçon.

Le dernier reçu dira :
Que demandez-vous ?

Le candidat :
Je demande ardemment d’être enrôlé dans votre milice.

Le dernier reçu dira :
Halte-là !

Et rendra compte au Très Vaillant Général et à tous les Vaillants Généraux.

Le Très Vaillant Général dit :
Vaillant Général, ayez la bonté d’aller examiner hors de la salle ce Vrai Maçon sur ce grade et, s’il satisfait à vos questions, vous l’introduirez dans la salle du conseil après lui avoir couvert les yeux d’un bandeau.

Le dernier reçu exécute l’ordre, introduit le récipiendaire et se tient à son côté pour lui dicter les réponses.

Alors le Très Vaillant Général dit d’un ton ferme :
D. Sage, que demandez-vous ?
R. Je demande d’être enrôlé dans votre milice si vous m’en jugez digne.

(Ici, tous les Généraux frappent de leur glaive sur la table pour marquer là leur consentement.)
D. Avez-vous les vertus et les qualités nécessaires pour parvenir à ce grade ?
R. Oui, Très Vaillant Général, je crois et j’espère, et je suis en état de donner des preuves de ma sagesse et de ma force.
D. Puisque vous croyez, espérez et êtes en état de donner des preuves de votre sagesse et de votre force, foi de Vrai Maçon, nous promettez-vous de ne jamais révéler à qui que ce soit et sous quel prétexte que ce puisse être nos mystères et nos secrets ?
R. Oui, Très Vaillant Général, je le promets et je le jure. (En disant ceci, il étend la main droite, ce qui sert d’obligation et de serment.)

La susdite parole donnée ou obligation prêtée, le Très Vaillant Général dit au plus ancien des Généraux :
Otez le bandeau des yeux au récipiendaire, ornez-le de la massue et du glaive, faites-lui faire le tour du globe qui est au milieu de la salle et faites-lui crier trois fois Combat.

Après cette cérémonie, le Très Vaillant priera l’ancien Général de faire avancer jusqu’à lui par la marche ordinaire le récipiendaire pour lui donner le signe, l’ordre, la consigne, le nom, l’attouchement et l’accolade comme suit.

Signe, ordre, consigne, nom, attouchement et accolade

Le signe est de fermer un poignet dans l’autre, de les lever du côté de l’épaule droite, de les laisser tomber sur la hanche gauche et, enfin, de relever le poignet droit fermé du côté de l’épaule droite et de faire semblant de vouloir frapper.

L’ordre ou mot d’ordre est Vulcain et Lemnos.
La consigne a pour mot Combat.
Le nom d’un Général des Argonautes est Jason.
L’attouchement est de prendre la main droite, le poignet fermé, de celui qui vous reconnaît.
L’accolade est de baiser au front celui qui vous reconnaît et qu’il doit rendre de la même façon.
Après cela, le Très Vaillant Général dit au récipiendaire d’aller se faire reconnaître à tous les Généraux ; et ladite reconnaissance faite, il fait prendre place pour cette fois seulement au nouveau Vaillant Général à sa droite ; il procède ensuite à l’instruction qui suit.

Instruction

D. Qui êtes-vous ?
R. Vaillant Général des Argonautes.
D. A quoi pourrai-je reconnaître que vous êtes tel ?
R. A mon nom, mes armes et mes vertus.
D. Comment vous appelez-vous ?
R. Jason.
D. Que signifie ce nom ?
R. Médecin de théorie.
D. Quel a été votre maître ?
R. Le centaure Chiron (7).
D. Quelles sont vos armes ?
R. La massue d’Hercule et mon glaive.
D. A quoi devez-vous vous en servir ?
R. À purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent.
D. Quelles sont vos vertus ?
R. La foi et l’espérance.
D. Pourquoi dites-vous que la foi et l’espérance sont vos vertus ?
R. Parce que j’ai cru la possibilité de l’œuvre avant de faire aucune recherche et que j’espère réussir, ayant eu le bonheur de connaître la matière et le feu.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Trois cents ans.
D. Que signifie un âge aussi long ?
R. Qu’il faut chercher longtemps avant de pouvoir trouver la matière et le feu.
D. Quelle est votre consigne ?
R. Combat.
D. Pourquoi ?
R. Parce qu’il faut beaucoup travailler pour purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent.
D. Quel est votre ordre ?
R. Vulcain et Lemnos.
D. Pourquoi ?
R. Parce que c’est dans cette île que Vulcain doit m’être favorable.
D. Avez-vous [un] signe ?
R. Oui, Très Vaillant Général.
D. Donnez-le-moi.
R. On le donne.
D. Que signifie ce signe ?
R. Que je sais purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent, et consens d’expirer comme eux sous la massue d’Hercule et sous le glaive de Jason si j’enfreins mes engagements.
D. Avez-vous [un] attouchement ?
R. Oui, Très Vaillant Général.
D. Quel est-il ?
R. C’est de prendre la main droite, le poignet fermé, de celui qui vous reconnaît.
D. Que signifie cet attouchement ?
R. Que je tiens la théorie du grand œuvre.
D. Quelle est votre accolade ?
R. C’est de faire un baiser sur le front de celui qui reconnaît et qu’il doit rendre de la même façon.
D. Que signifie l’accolade ?
R. Que c’est dans ce lieu que réside la sagesse d’un Vaillant Général des Argonautes.
D. Quelle est votre marche ?
R. Trois pas lents faits militairement.
D. Que signifient ces trois pas lents et harmonieux ?
R. Qu’on doit se hâter lentement et procéder avec harmonie dans le grand œuvre.
D. Combien avez-vous de coups pour entrer dans la salle du conseil de guerre ?
R. Un seul grand coup avec le pied droit.
D. Combien y a-t-il de lumières ?
R. Une seule.
D. Pourquoi cela ?
R. Pour montrer que tout vient d’un lorsqu’il se divise en 2, 3, 4 et 5, moitié du nombre sphérique qui est 10 et doit retourner à un, et que je sais opérer.
D. Pourquoi aviez-vous les yeux couverts quand vous fûtes introduit dans la salle du conseil ?
R. Pour désigner l’aveuglement où j’étais avant de connaître la théorie du grand œuvre.
D. Quel voyage vous fit-on faire ?
R. Le tour du globe terrestre.
D. Pourquoi ?
R. Pour y trouver les monstres qui infectent les deux éléments qui le composent.
D. Quel fut votre guide dans le voyage ?
R. C’était le plus ancien Vaillant Général du conseil pour m’empêcher de m’égarer.
D. Quel fruit rapportez-vous de votre voyage ?
R. La théorie de la matière et du feu que je devais mettre en pratique à Colchos pour emporter la Toison d’or et mériter par cette expédition le royaume que mon oncle Pélias avait usurpé à mon père Eson.

Clôture du conseil de guerre

L’instruction finie, le Très Vaillant Général se lève, ainsi que tous les Généraux, frappe un coup de son glaive sur la table et fait les questions qui suivent après que tous les Vaillants Généraux se sont mis en parade.

D. A quelle heure se ferme le conseil de guerre ?
R. A l’instant qu’on a délibéré de combattre.
D. Dans quel temps l’a-t-on délibéré ?
R. A présent.
Le Très Vaillant Général dit :

« Puisque le conseil de guerre se ferme à l’instant qu’on a délibéré de combattre et que nous devons combattre à présent, quittons la Thessalie et embarquons-nous pour Colchos ».

Après ces mots, tous les Vaillants Généraux crient trois fois Combat, ensuite passent dans la seconde salle et laissent le récipiendaire tout seul.

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Double grade : Général des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or

13 Septembre 2012 , Rédigé par Loge de Recherche Pierre d'Aumont Publié dans #Rites et rituels

D’après Ragon  plusieurs systèmes maçonniques ont pratiqué ce double grade, donné souvent comme deux grades différents : Chevalier des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or.

Dans la nomenclature du rite pratiqué par la Mère-Loge écossaise de Marseille (1750), ou Rite philosophique en 18 degrés, les deux grades y figuraient déjà, précédés par celui de Vrai Maçon :

9ème Vrai Maçon,
10ème Chevalier des Argonautes,
11ème Chevalier de la Toison d’Or.

Le Rite des Illuminés d’Avignon fut l’œuvre d’Antoine-Joseph Pernéty, bénédictin, écrivain ascétique, alchimiste, littérateur et voyageur, qui naquit à Roanne en 1716 et mourut à Valence (Dauphiné) en 1801. Créé vers 1766, il fut pratiqué à Avignon en 1778 et transporté l’année suivante à Montpellier sous le titre d’Académie des Vrais Maçons. On y pratiquait les six grades suivants :

  1. Vrai Maçon.
  2. Vrai Maçon de la voie droite.
  3. Chevalier de la Clef d’Or.
  4. Chevalier de l’Iris.
  5. Chevalier des Argonautes.
  6. Chevalier de la Toison d’Or.

Un démembrement de cette Académie aurait donné naissance au Chapitre des Chevaliers de la Toison d’Or qui ne professait que les cinq derniers grades ci-dessus.
Enfin, nous les retrouvons dans le Rite Ecossais philosophique (1776), qui est presque le même que le Rite hermétique de Montpellier et qui fut modifié par le Frère Boisleau, médecin, l’un des adeptes les plus éminents de dom Pernéty. Il l’institua, en 1776, dans la loge du Contrat social, autrefois Saint-Lazare, à Paris, aidé par des commissaires de la Grande Loge du Comtat Venaissin. Comprenant douze degrés, les trois grades ci-dessus y figurent encore :

  • 1er à 3 : Chevalier de l'Aigle Noir ou Rose + Croix d'Hérédom de la Tour (divisé en 3 parties).
  • 4 : Chevalier du Phénix.
  • 5 : Chevalier du Soleil.
  • 6 : Chevalier de l'Iris.
  • 7 : Vrai Maçon.
  • 8 : Chevalier des Argonautes.
  • 9 : Chevalier de la Toison d'Or.
  • 10 : Grand Inspecteur Parfait Initié.
  • 11 : Grand Inspecteur Parfait Initié.
  • 12 : Sublime Maître de l'Anneau Lumineux.

Thory cite également les deux grades de Chevalier des Argonautes et de Chevalier de la Toison d'Or comme étant « le nom du premier point du grade de la Toison-d’Or dans le Rite hermétique de Montpellier » pour le Chevalier des Argonautes, le Chevalier de la Toison d’Or étant « le nom du 6ème grade » du dit rite.

En 1806, le Rite hermétique devient le Rite de Saint-Alexandre d’Ecosse et pratique encore les grades de Chevalier des Argonautes et de Chevalier de la Toison d'Or (au nombre de douze seulement).

Le Chevalier de la Toison d’Or réapparaît au sein du Rite de Memphis, créé par Marconis de Nègre et apparu en France en 1839. Dérivé en grande partie du Rite Ecossais et de celui de Misraïm, répandu en France à compter de 1814, il comportait alors 92 grades divisés en 7 classes : le 80ème est celui de Sublime Chevalier de la Toison d’Or.

Après 1875, la fusion des deux rites en un troisième dit de Memphis-Misraïm en 97 grades sous l'impulsion de John Yarker, auquel il amalgama d'autres rites, conserve toujours le Chevalier de la Toison d'Or (10ème grade). Mais, dans la dernière réforme de Memphis-Misraïm, qui date de 1980, les 33 premiers degrés ont été alignés sur le Rite Ecossais Ancien et Accepté, si bien que ce grade a malheureusement disparu.

Les rituels de Général des Argonautes et de Chevalier de la Toison d'Or font référence, comme leur nom l'indique, à l'expédition des Argonautes et à la conquête de la Toison d'or par Jason, en Colchide.

Plusieurs interprétations de ce récit mythologique ont été données. Nous en retiendrons deux.

La première considère cette expédition maritime d'un point de vue évidemment légendaire, mais dans une perspective rationaliste. « L'insistance avec laquelle le récit tourne autour d'une fourrure de bélier permettrait de penser que le palladium des Colques, trésor d'Aiétès, pouvait être une figure de bélier en or soigneusement dressée sur un autel garni d'une épaisse toison, ou encore enfermée dans un coffre, et enveloppé dans l'une de ces peaux qui, à force d'avoir servi à drainer les paillettes d'or dans le lit des torrents caucasiens, étaient imprégnées d'une rutilance, ici sans doute conservée à titre d'hommage et de respect » (2).

La seconde, qui nous intéresse plus particulièrement ici, est la signification alchimique de cette fameuse toison, résumée en quelques lignes par Fulcanelli (3) :

« Dans le langage des Adeptes, on appelle Toison-d'or la matière préparée pour l'œuvre, ainsi que le résultat final. Ce qui est très exact, puisque ces substances ne se différencient qu'en pureté, fixité et maturité ».
Et Eugène Canseliet, dans son chapitre « La Toison d'or » de son ouvrage sur l'Alchimie (4) développe assez longuement certains aspects des étapes conduisant à l'obtention de la Toison d'or, c'est-à-dire de la pierre philosophale.

L'Histoire dans laquelle l'emblème du grand oeuvre est contenu donné in fine du rituel du second grade retrace l'expédition des Argonautes et développe le mythe dans une perspective évidente d'un processus alchimique opératoire.

Les grades alchimiques ; dans les systèmes maçonniques actuels, sont rares. Citons le Chevalier du Soleil ou Prince Adepte, 28ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et 51ème degré du Rite Egyptien ou de Misraïm, le mot de passe Stibium (antimoine) évoquant l'Antimoine des sages, matière première extraite directement de la mine, selon Fulcanelli, et première matière de toutes choses, d'après les philosophes hermétiques, dont l'opération correspond à l'une des phases préparatoires du grand œuvre ; ou encore le Vrai maçon adepte, 58ème degré du Rite Egyptien, dont la loge prend le nom d'Académie.

Vuillaume, dans son Tuileur, cite le Sublime élu de la Vérité « dont il existe un conseil métropolitain, près du Souv\ Princes Rose-Croix de la parfaite union, à l'O\ de Rennes (5) ; le Sublime élu de la Vérité était divisé en deux grades : le Chevalier adepte ou Chérubin qui n'est que l'introduction au Sublime élu de la Vérité ».

Il ne faut pas essayer de rattacher ce double grade à l'Ordre nobiliaire de la Toison d'or fondé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne le 10 janvier 1430, jour de son mariage avec Isabelle de Portugal. Il s'agit de l'ordre le plus glorieux et le plus illustre de tous les ordres honorifiques de chevalerie. Son but principal était la gloire de Dieu et la défense de la religion chrétienne, comme le rappelait l'inscription sur le tombeau du duc à Dijon :

« Pour maintenir l'Eglise qui est de Dieu maison,
J'ai mis sus le noble ordre, qu'on nomme la Toison ».

Très rapidement la symbolique biblique devait prévaloir sur la légende hellénique de l'expédition des Argonautes et la conquête de la Toison d'or par Jason. Dès la fin du règne de Philippe le Bon, l'évêque Guillaume de Fillastre, qui fut chancelier de l'Ordre, ne trouve pas moins de six toisons, celle de Jason, de Gédéon, de Jacob, de Mesa, de Job et de David, correspondant chacune à une vertu que devait posséder tout bon chevalier : mais, de toutes ces toisons, la seule qui fût d’or est bien celle que Jason rapporta de Colchide.

A plusieurs reprises, Charles Quint et ses successeurs se réservèrent le titre honorifique de Duc de Bourgogne, comme chef de cette maison, afin de pouvoir conserver la maîtrise de l'Ordre.

A la mort de Charles II, roi d'Espagne, dernier descendant de Charles Quint, son petit-neveu, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV et de l'Infante Marie-Thérèse, qu'il avait institué héritier de tous ses Etats, s'attribua également les titres et les souverainetés non territoriales de la Maison de Bourgogne, à commencer par celle de la Toison d'or. Ainsi naquit la division de l'Ordre.

Aujourd'hui, l'ordre habsbourgeois de la Toison d'or, aux destinées duquel préside Son Altesse Impériale Otton, archiduc d'Autriche, a conservé le caractère religieux et aristocratique que lui avait donné Philippe le Bon. Son rituel d’admission demeure, avec adoubement par l’épée et serment solennel, et le français est resté sa langue officielle.

L'Ordre espagnol a pour grand maître, depuis le 14 mai 1977, le roi Juan Carlos Ier d'Espagne. Le décret royal de 1847 qui en fit un ordre royal à caractère civil précisait qu'il continuerait à être régi par ses anciens statuts, avec les mêmes insignes et le même nombre de chevaliers qui était de vingt-quatre lors de sa création et qui fut successivement porté à trente, puis cinquante.

Les articles XXII et suivants des anciens statuts règlent, avec minutie, la tenue des chapitres de l’Ordre. Charles Quint fit encore ajouter au fastueux cérémonial qui entourait ces solennités. Des chroniqueurs, tel Lefèvre de Saint-Rémy, nous ont, d’autre part, laissé des descriptions détaillées de ces chapitres. On possède, d’Olivier de la Marche, un Avis pour célébrer dignement un chapitre de l’Ordre quant aux festins. La description la plus colorée est, sans doute, celle que l’on peut lire dans un manuscrit du XVIème siècle, sous le titre : « Le Triumphe d’Anvers » (1553).

Un chapitre était prévu tous les trois ans, le second jour de mai, un délai plus court étant possible.

Après avoir placé son frère Joseph sur le trône d'Espagne le 6 juillet 1808 à Madrid, et vaincu l’Autriche à Wagram le 6 juillet 1809, Napoléon Ier eut l'idée de fusionner les deux Ordres de la Toison d'Or, l'espagnol, et l'autrichien, en y ajoutant une branche française. Le 15 août 1809, il décida de créer l’Ordre des Trois Toisons d’Or, mais le projet souleva de telles protestations de la part des titulaires de la Légion d’Honneur que le décret resta sans lendemain.

Jason et la conquête de la toison d’or

« Au milieu [du bois sacré], le puissant tronc d’un chêne qui touche les cieux de sa cime déploie à la ronde ses rameaux sur une grande partie du bois. C’est là que, de part et d’autre d’une longue branche, pend la toison d’or sur laquelle veille un terrible serpent, monstre funeste aux mortels, indicible prodige : il est couvert d’écailles d’or et, circulant en haut du tronc avec ses formidables anneaux, il est le desservant du monument de Zeus infernal, montant près de la toison une garde incessante […] Jouant sur la corde la plus grave de ma lyre, j’entonnai un chant en sourdine, sans l’articulation de mes lèvres silencieuses […] une soudaine torpeur s’empara des yeux du dragon monstrueux, pareille à la mort : celui-ci laissa choir sur le sol sa longue nuque, la tête alourdie sous ses écailles. A cette vue, Médée au triste destin fut saisie de stupeur et, encourageant le noble fils d’Aison, elle l’envoya prendre au plus vite sur l’arbre la toison à la laine d’or. Jason l’entendit et n’eut garde de désobéir : il enleva l’immense toison et gagna le navire [Argô]. Grande était la joie des héros Myniens et ils élevèrent les mains vers les Immortels qui habitent le vaste ciel ».
Les Argonautiques orphiques, Les Belles Lettres, 1987.

Le manuscrit de ce double grade se trouve à la Bibliothèque municipale d’Avignon (ms. 3084, fol. 1 à 27) et peut être daté du XVIIIème siècle.
Ces deux grades ne se nomment communément que Chevalier de la Toison d’Or à cause qu’on les confère immédiatement l’un après l’autre. Le lieu où s’assemblent ces Chevaliers ne s’appelle pas loge mais salles et les assemblées se nomment conseil de guerre divisé en deux salles comme les grades.

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