Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles avec #spiritualite tag

Origène

17 Mars 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #spiritualité

"Beaucoup ont essayé d'écrire des Evangiles, mais tous n'ont pas été acceptés. Et si vous ignorez qu'on n'a pas écrit seulement quatre Evangiles, mais un plus grand nombre, parmi lesquels ceux que nous possédons ont été choisis et remis aux Eglises, que le prologue de Luc, dont voici le texte, vous l'apprenne : Parce que beaucoup ont essayé de composer un récit (Lc 1, 1). Ces mots "ont essayé" contiennent une accusation cachée contre ceux qui, sans la grâce du Saint-Esprit, se sont lancés dans la rédaction des Evangiles. Matthieu, Marc, Jean et Luc n'ont pas "essayé" d'écrire, mais, remplis du Saint-Esprit, ils ont écrit les Evangiles.
Comme nous l'ont transmis ceux qui, dès le début, témoins oculaires, sont devenus ensuite serviteurs de la Parole (Lc 1, 2). Les Apôtres ont contemplé la Parole, non parce qu'ils avaient regardé le corps du Sauveur, mais parce qu'ils avaient vu le Verbe. Si, en effet, avoir vu Jésus selon la chair, c'est avoir vu la parole de Dieu, dans ce cas, Pilate, qui condamna Jésus, a vu la Parole, ainsi que le traître Judas et tous ceux qui vociféraient : Crucifie-le, enlève-le de la terre ! (Jn 19, 15) ont vu la Parole. Loin de moi cette pensée que n'importe quel incroyant puisse voir la parole de Dieu. Voir la parole de Dieu se comprend dans le sens ou le Sauveur a dit lui-même : Celui qui m'a vu a vu aussi le Père qui m'a envoyé (Jn 14, 9).
(Origène : Homélies sur St Luc, I, 1-4, SC 87).

"Tente donc, mon auditeur, toi aussi, d'avoir ton propre puits et ta propre fontaine, pour que toi aussi, lorsque tu prendras le livre des Ecritures, tu te mettes à tirer de ton propre fonds quelque intelligence ; et, selon la doctrine que tu as reçue dans l'Eglise, tente de boire, toi aussi, à la fontaine de ton esprit. Il y a en toi une nature d'eau vive, il y a des veines intarissables et des courants d'irrigation ; emploie-toi à creuser la terre et à la nettoyer des ordures, c'est-à-dire à repousser la paresse et à secouer la torpeur du coeur. Purifie ton esprit, pour qu'un jour vienne où tu boiras de tes propres fontaines et où tu puiseras de l'eau vive dans tes puits. Car si tu as reçu le Logos de Dieu en toi, si tu as reçu de Jésus l'eau vive avec fidélité, en toi s'ouvrira une fontaine d'eau jaillissant pour la vie éternelle. [Jn 4, 14]" (Origène : Homélie sur la Genèse, XII, 5).

"Comme les attitudes du corps sont innombrables, celle où nous étendons les mains et où nous levons les yeux au ciel doit être sûrement préférée à toutes les autres, pour exprimer dans le corps l’image des dispositions de l’âme pendant la prière. Nous disons qu’il faut agir de la sorte, quand il n’y a pas d’obstacles. Mais les circonstances peuvent amener parfois à prier assis, par exemple quand on a mal aux pieds ; ou à prier couché, à cause de la fièvre. Pour la même raison, si, par exemple, nous sommes en bateau ou que nos affaires ne nous permettent pas de nous retirer pour nous acquitter du devoir de notre prière, on peut prier sans prendre aucune attitude extérieure."(La prière, III, 31, "Les Pères dans la foi", p. 120).

"Lorsque quelqu'un nous donne un objet matériel, on ne peut pas dire qu'il nous donne l'ombre de cet objet (car il n'a pas l'intention de donner deux choses séparées, l'objet et son ombre mais l'ombre suit nécessairement l'objet donné), de même si nous considérons avec une certaine hauteur les grâces importantes que Dieu nous fait, nous pouvons dire que les biens matériels ne sont que l'ombre qui accompagne pour les saints les grâces spirituelles, immenses et célestes, pour leur profit et selon la disposition de Dieu. Le Seigneur agit toujours avec sagesse, même si nous ne connaissons pas le mobile de chacun de ses dons." (Origène, La prière, I, 5, 16, "Les Pères dans la foi", pp. 59-60).

"A l'homme qui recherche de belles perles (Mt 13,45), il faut appliquer les paroles suivantes : Cherchez et vous trouverez, et : Celui qui cherche, trouve (Mt 7,7-8). En effet, à quoi peuvent bien se rapporter "cherchez et celui qui cherche, trouve"? Disons-le sans hésiter : aux perles, et particulièrement à la perle acquise par l'homme qui a tout donné et tout perdu. A cause de cette perle, Paul dit : J'ai accepté de tout perdre afin de gagner le Christ (Ph 3,8). Par le mot tout il entend les belles perles, et par gagner le Christ l'unique perle de grand prix. (Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 10, 9-10).

"Voici une comparaison pour inviter les hommes à prier et les empêcher de négliger la prière. Un homme ne peut pas avoir d'enfant sans s'unir à une femme. De même, pour obtenir ce qu'on désire, il faut prier avec de bonnes dispositions, avec foi, et se conduire dignement avant la prière. Il n'est pas nécessaire de dire beaucoup de paroles. Il ne faut pas non plus demander des choses sans importance, ni réclamer les biens de la terre, ni venir prier quand on est en colère ou troublé intérieurement. Pour comprendre ce que la prière exige, il faut avoir le coeur pur. De même, nous n'obtiendrons pas le pardon de nos péchés sans avoir pardonné du fond du coeur au frère qui nous demande pardon pour la peine qu'il nous a faite." (La prière, 8).

"Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de "vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands" (Le 12,18). Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme"." (Homélies sur les Nombres XXVII, 7).

"Si un homme a quelque jour brûlé du fidèle amour du Verbe de Dieu; si, pour parler comme le prophète, un homme, un jour, a reçu de la "flèche de choix" la douce blessure, la douce plaie; si quelqu'un, un jour, a été percé du trait amoureux, au point, ensuite, jour et nuit, de soupirer après lui de désir, et de ne plus pouvoir rien dire d'autre, et de ne plus vouloir rien entendre d'autre, et de ne plus rien savoir d'autre, et de n'avoir plus goût à rien désirer d'autre, rien envier d'autre, ni rien espérer hors de lui, celui-là alors, à juste titre, pourra dire: je suis blessé d'amour." (Homélies sur le Cantique des Cantiques, 1).

Source : http://peresdeleglise.free.fr/extraits2.htm#origene

Lire la suite

Le Mont Saint- Michel

8 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

1900445_498908150220253_1330164440_o-copie-1.jpg

Lire la suite

Conseils du Coeur à ceux qui se laissent envahir par la colère

4 Décembre 2013 , Rédigé par Dalaï Lama Publié dans #spiritualité

Quand nous sommes sous l’emprise de la colère ou de la haine, nous ne nous sentons pas bien, ni physiquement ni mentalement. Tout le monde s’en rend compte et personne n’a envie de rester avec nous. Même les animaux nous fuient, à part les puces et les moustiques qui ne veulent que notre sang ! Nous perdons l’appétit, nous ne dormons pas, nous attrapons parfois des ulcères, et si nous sommes continuellement dans cet état nous raccourcissons sûrement le nombre d’années qu’il nous reste à vivre.
À quoi bon ? Même si nous allons jusqu’au bout de notre rage, nous n’éliminerons jamais tous nos ennemis. Connaissez-vous quelqu’un qui y soit parvenu ? Tant que nous hébergeons en nous cet ennemi intérieur qu’est la colère, ou la haine, nous aurons beau détruire nos ennemis extérieurs aujourd’hui, d’autres surgiront demain.
Nos véritables ennemis sont les poisons mentaux : l’ignorance, la haine, le désir, la jalousie, l’orgueil. Ce sont les seuls capables de détruire notre bonheur. La colère ou la haine, en particulier, sont la cause d’un grand nombre des malheurs de ce monde, depuis les querelles familiales jusqu’aux plus grands conflits. Elles rendent invivables n’importe quelle situation plaisante. Aucune religion ne vante leurs vertus. Toutes mettent l’accent sur l’amour et la bienveillance. Il suffit de lire les différentes descriptions de paradis pour se rendre compte qu’on y parle de paix, de beauté, de jardins exquis, de fleurs, mais jamais, que je sache, de conflits ni de guerres. On n’accorde donc à la colère aucune qualité.
Que faire de la colère ? Pour certains, elle n’est pas un défaut. Ceux qui n’ont pas l’habitude d’observer leur esprit pensent qu’elle fait partie de la nature, qu’il ne faut pas la réprimer mais au contraire l’exprimer. Si c’était vrai, il faudrait aussi dire que l’ignorance ou l’illettrisme font partie de notre esprit, puisqu’en naissant nous ne savons rien. Pourtant nous faisons tout pour les éliminer, et personne ne proteste que ce sont des choses naturelles auxquelles il ne faut rien changer. Pourquoi alors ne pas vouloir de faire de même avec la haine ou la colère, qui sont beaucoup plus dévastatrices ? Cela vaut certainement la peine d’essayer.
Il faut du temps pour apprendre et il est impossible de tout connaître, mais il est bon de devenir un peu moins ignorant. De même, il est difficile de se débarrasser pour toujours de la colère, mais si l’on y parvient dans une certaine mesure, le résultat en vaut la peine. Vous pouvez bien sûr me répondre que ça ne regarde que vous, que ce n’est pas mon problème ! (Éclat de rire.)
Les psychologues vous diront peut-être qu’il ne faut pas refouler un sentiment comme la colère, qu’il faut l’extérioriser. En tout cas, ils ne vous diront pas qu’il faut le rechercher ou le développer. Apprenez à voir les défauts de la colère, et même si vous pensez toujours qu’elle fait partie de votre esprit, vous ne pourrez pas vous empêcher de conclure qu’il vaut mieux vous en passer.
Évitez autant que possible les situations qui provoquent chez vous une réaction violente. Si elles se présentent malgré tout, essayez de ne pas vous emporter. Si vous rencontrez quelqu’un qui a le don de vous irriter, efforcez-vous d’oublier cette particularité fâcheuse et considérez cette personne sous un autre angle.
Ceux que nous prenons pour des ennemis ne nous sont pas hostiles dès leur naissance. Ils le deviennent à la suite d’un certain nombre de pensées et de comportements. On les étiquette alors « ennemis ». Si leur attitude envers nous change du tout au tout, ils deviennent des « amis ». Une seule et même personne pourrait donc être un jour « ennemi » et un autre jour « ami ». C’est absurde.
Distinguez bien entre la personne et son attitude momentanée. Ne réagissez pas contre quelqu’un, mais contre une émotion ou un comportement. Rejetez tout désir de nuire à l’individu lui-même. Essayez de l’aider à changer, faites-lui le plus de bien possible. Si vous vous contentez de mettre fin à ses actes tout en manifestant de l’amour, il y a des chances pour qu’il cesse de se comporter en ennemi. Il deviendra peut-être votre ami.
Vous n’avez pas à tolérer le mal qu’on vous fait, à vous ou à d’autres. Combattez-le, mais ne haïssez pas son auteur, ne vous emportez pas contre lui, ne cherchez pas à vous vengez. Ainsi votre réaction ne sera pas en revanche, une colère en réponse à une autre colère. C’est cela, la véritable patience. Il est difficile de réagir de manière juste sous le coup de la rage. Oubliez donc votre rage.
Récemment, alors que j’étais à Jérusalem, j’ai assisté à un débat entre étudiants israéliens et palestiniens. À la fin, un Palestinien a pris la parole pour dire que tout allait bien maintenant, pendant qu’ils dialoguaient, mais une fois qu’ils étaient dans la rue c’était différent. Quand la police israélienne les arrêtait, ils étaient furieux et percevaient les Israéliens comme des ennemis. Il se demandait que faire. Ils en ont discuté et l’idée a surgi de considérer l’autre comme une « image de Dieu ». Un des étudiants a déclaré : « Chaque fois que vous êtes en face d’un homme qui vous fait du tort, quel qu’il soit, pensez que cet homme est une image de Dieu et votre colère disparaîtra. » N’est-ce pas une bonne idée ? Pour ma part, je la trouve excellente.
Si vous avez foi comme eux dans une religion et que vous appliquez cette méthode à votre façon, votre colère diminuera naturellement. Quelqu’un m’a écrit que lorsqu’il méditait, l’image du Dalaï-Lama lui venait à l’esprit et que cela lui faisait beaucoup de bien. Maintenant, quand il se met en colère, il pense à moi et la colère disparaît. Je ne sais pas si ma photo a le pouvoir d’apaiser la colère. (Rire.) Je pense plutôt que lorsque la colère surgit soudain en nous, si au lieu de nous focaliser sur l’objet qui la provoque nous pensons à quelqu’un ou quelque chose que nous aimons, notre esprit s’apaise, au moins dans une certaine mesure. Songez par exemple à l’homme ou à la femme dont vous êtes amoureux. Votre esprit sera distrait et, comme on dit, « deux pensées ne peuvent pas surgir simultanément ». Notre esprit prend automatiquement la direction de la nouvelle image, pourvu qu’elle soit plus forte. Celle que nous avions juste avant disparaît. Elle devient provisoirement discrète, mais prenez garde à ne pas lui redonner vie par la suite. Rappelez-vous ses effets désastreux.
Je dis souvent qu’en cédant à la colère nous ne faisons pas nécessairement du tort à notre ennemi, mais en revanche nous nuisons à coup sûr à nous-même. Nous perdons notre paix intérieure, nous ne faisons plus rien correctement, nous digérons mal, nous ne dormons plus, nous repoussons nos visiteurs, nous lançons des regards furieux à ceux qui ont l’audace d’être sur notre passage. Si nous avons une animal de compagnie, nous ne pensons plus à lui donner à manger. Nous rendons la vie impossible à ceux qui habitent avec nous et nous éloignons même nos amis les plus chers. Comme ceux qui compatissent sont de moins en moins nombreux, nous sommes de plus en plus seul.
Quant à notre ennemi supposé, il est peut-être tranquillement assis chez lui. Si un jour nos voisins lui racontent ce qu’ils ont vu ou entendu, il s’en réjouira. S’il entend dire : « Il est vraiment malheureux, il a perdu l’appétit, sa mine est défaite, ses cheveux sont ébouriffés, il dort mal, il prend des tranquillisants, plus personne ne vient le voir, même son chien n’ose plus l’approcher et n’arrête pas de hurler », il sera ravi. Et s’il apprend qu’on a dû nous emmener à l’hôpital, le voilà comblé !
Se mettre en colère n’a pas de sens. Si votre but était vraiment de punir votre ennemi, il valait mieux rester calme et réfléchir tranquillement au sort que vous alliez lui réserver ! (Rire.)

Lire la suite

L’Esprit de Pauvreté

26 Septembre 2013 , Rédigé par Gabriel HUAN. Publié dans #spiritualité

« Je connais le Christ pauvre et crucifié, je n'ai pas besoin d'autre chose ». (Saint-François d'Assise, d'après Thomas de CELANO, Vita secunda, eh. LXXXI).
« Et en cette flamme était Dieu, lequel, sous cette forme, me parlait comme il avait anciennement parlé à Moïse. Et, parmi les autres choses qu'il me dit, il me demanda que je lui fisse trois dons et je lui répondais : «Seigneur, je suis tout à toi ; tu sais bien que je n'ai rien d'autre que la tunique, la corde et les vêtements de dessous, et aussi que ces trois choses sont tiennes ; que puis-je donc offrir et donner à Ta Majesté ? » Alors Dieu me dit : « Cherche dans ton sein et offre-moi ce que tu y trouveras ». J'y cherchai et trouvai une balle d'or et je l'offris à Dieu ; et ainsi fis-je trois fois, selon que Dieu trois fois me commanda ; et puis, je m'agenouillai trois fois et bénis et remerciai Dieu qui m'avait donné de quoi faire offrande. Et immédiatement, il me fût donné de comprendre que ces trois dons signifiaient la sainte obéissance, la très haute pauvreté et la chasteté infiniment splendide. » .

Cette belle légende franciscaine nous trace magnifiquement le cadre dans lequel tout chrétien doit poursuivre l'oeuvre de sa sanctification : Obéissance, pauvreté, chasteté, tel est bien le chemin qui mène à la perfection ; et, parce que cette perfection est de précepte évangélique (Matth., VI, 48), tout chrétien qui veut demeurer fidèle aux enseignements du Maître est tenu de pratiquer, sinon selon la règle de l'observance monastique, tout au moins dans leur esprit, les trois vertus que saint François comparaît si justement à des balles d'or, dont il faisait offrande à Dieu.

Si d'autres vertus non moins éminentes ont brillé dans l'âme de saint François, l'amour de la pauvreté, demeure le caractère le plus saillant de celui qui fut, au sens le plus plein et le plus profond du mot, le petit Pauvre de Jésus-Christ : il avait reconnu dans l'esprit de pauvreté la condition première de toute sanctification, parce qu'il y avait découvert la source vive de l'amour de Dieu et la forme principale de l'imitation de Jésus-Christ. Nous étudierons donc tout d'abord l'esprit de pauvreté, en nous plus particulièrement à la vie de saint François.

I

La pauvreté est née avec Jésus-Christ dans la crèche de Bethléem ; elle a été clouée avec lui sur la croix du Golgotha ; et, d'un terme à l'autre, elle ne cessa d'accompagner le fils de Marie en chacune des démarches de sa vie terrestre. Il demande à boire à la Samaritaine et il prie Zachée de le loger dans sa maison. Car il n'a pas une pierre où reposer sa tête, et, pour être son disciple, il faut renoncer à tous les biens de ce monde. Il dira qu'il est plus difficile à un riche d'entrer dans le royaume des cieux, qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille ; car on ne peut servir deux maîtres : Dieu et Mammon. Là où est notre trésor, c'est là qu'est notre coeur ; et, si nous plaçons toutes nos affections dans des biens périssables, comment pourrons-nous posséder la vie éternelle ? Non, notre royaume n'est pas de ce monde. Ne prenons point souci de ce que nous mangerons, de ce que nous boirons, ou de ce qui nous vêtira. Une seule chose est nécessaire ; et ce n'est pas celui qui amasse des trésors dans ses greniers qui sauvera son âme : Dieu la lui redemandera à l'heure où il y songera le moins, et que lui aura-t-il servi d'avoir voulu gagner le monde, s'il perd son âme ?

Suivre l'Évangile, c'est donc évidemment, s'engager dans la voie de la pauvreté ; pour imiter le Christ, il faut, comme lui, mener une vie de renoncement et de désappropriation. Le fils de Bernadone n'avait pas besoin, pour fixer sa vocation religieuse, que le prêtre de l'Église Saint-Nicolas d'Assise ouvrit le livre des Évangiles et lui lût les commandements de la pauvreté parfaite ; il savait bien, lorsque le Christ lui parla du haut de sa croix dans la petite chapelle de Saint-Damien, à quoi il s'engageait en se donnant à Lui. Quiconque a contemplé les abaissements du fils de Dieu dans la nudité et l'abjection d'un dépouillement total ne peut plus se complaire dans la jouissance des choses de ce monde. « Un jour, à table, un frère rappela la pauvreté de la bienheureuse Vierge et la détresse du Christ, son enfant. Sur le champ, François se leva, secoué de sanglots douloureux, et, baigné de larmes, il s'assit sur la terre nue pour manger le reste de son pain. » .

L'amour de la pauvreté évangélique avait tellement pénétré son coeur qu'il ne supportait aucun manquement à la Règle sur ce point. Un jour même, il n'hésita pas, lui qui était l'humilité par excellence, à faire la leçon à un Prince de l'Église : « Comme il rendait visite au Pape Grégoire, de vénérable mémoire, qui occupait alors une moindre haute situation, François s'en alla, quand approcha l'heure du repas, demander l'aumône, et, en revenant, il posa sur la table de l'Évêque des morceaux de pain noir. A cette vue, l'évêque éprouva une certaine gêne, surtout à cause des convives qu'il invitait pour la première fois. Le Père prit les aumônes et, avec un visage souriant, il les distribua aux chevaliers. et aux chapelains. Tous les reçurent avec une, extraordinaire dévotion ; les uns les mangèrent, les autres. par respect les conservèrent. »

II

Si saint François attache à l'observance de la pauvreté évangélique une telle importance, c'est qu'il y voit l'élément essentiel de la vie parfaite. Quiconque veut s'unir à Dieu dans le commerce tout intérieur d'une amitié véritable, doit se séparer de la créature, et qui mieux que la pauvreté, réussit à nous séparer de la créature ? En la dépouillant de la vaine possession des biens terrestres, elle pousse l'âme au désert, où dans le silence et la solitude elle est assurée de rencontrer Celui qui la veut tout entière à Lui seul. Pour avancer dans la voie de la perfection, il est nécessaire de faire le vide en soi de tout ce qui n'est pas Dieu et il n'y a pas de discipline plus propre à cette fin que la pratique, en esprit et en vérité, de la pauvreté volontaire. Dégagée de toute la multiplicité des choses qui passent par le renoncement à ce qui est marqué des signes du temps, l'âme est rendue à elle-même et se retrouve, toute pure, en ce centre indivisible et simple de sa personnalité où Dieu lui parle dans le secret. Parce qu'elle a cessé d'attacher ses affections et ses sens à ce qui n'a que l'apparence de la vérité ou du bien, elle jouit, dans la lumière de la grâce, de Celui qui est l'éternelle Vérité et le souverain Bien.

Va-t-elle, pour ce motif, mépriser ou condamner tout ce qui appartient à ce monde dont elle a détaché son coeur ? Parce qu'elle n'est plus possédée par le monde, elle est libre désormais pour le juger à sa propre valeur et, dans la créature, elle apercevra l'oeuvre de Dieu. De là, chez saint François, cet amour nouveau, candide et presque naïf de la Nature, parce que dans la Nature il découvre à chaque pas un trait de la bonté et de la puissance divines ou un symbole de la vie surnaturelle. Quand il se lavait les mains, il choisissait, avant de jeter l'eau, un endroit où l'eau qui lui avait servi ne fût pas ensuite foulée aux pieds ; parce que c'est dans l'eau du baptême que les âmes sont lavées pour la première fois. Il laissait brûler les flambeaux, les lampes et les cierges, ne voulant pas de sa main éteindre la lumière qui est le signe de la lumière éternelle. Il aimait d'un amour spontané tout ce qui est sous le ciel de Dieu, les oiseaux, les abeilles qui venaient fabriquer leur miel dans un petit vase de terre que le Saint avait oublié dans sa cellule, la cigale qui, perchée sur un figuier proche de sa fenêtre, tous les matins, régalait le bienheureux Père de son chant modulé.

Comme on comprend alors ces manifestations de joie, ces débordements d'allégresse si fréquents dans la vie du Poverello. Il réprimandait rudement les frères qui montraient un visage triste ou morose : « Il ne convient pas, disait-il, qu'un serviteur de Dieu donne aux hommes le spectacle de la tristesse ou du trouble, mais au contraire, celui de la constante affabilité. » . C'est qu'en effet l'âme qui s'est dépouillée en Dieu de tout ce qui n'est pas Dieu, reçoit en Lui la totalité des biens qui ne mentent pas et que les voleurs ne sauraient dérober. Le monde ne la possède plus ; c'est elle, maintenant, dans sa nudité, qui le possède en Dieu et par Dieu ; car, dans la richesse de la plénitude divine, elle n'a plus rien qui lui manque et qu'elle puisse désirer..Être pauvre des biens de ce monde, n'est-ce pas ainsi affirmer que Dieu seul est riche, parce que seul Il possède la plénitude de l'être et de la vie. La pauvreté est un hommage rendu par la créature misérable à Celui de qui elle tient tous ses biens..

« Après qu'ils eurent mendié, dit l'auteur des Fioretti, François et son compagnon, le frère Massée, se réunirent pour manger en dehors du village en un endroit où se trouvait une belle fontaine et à côté une belle et large pierre, sur laquelle chacun d'eux déposa toutes les aumônes qu'ils avaient mendiées. Et saint François, voyant que les morceaux de pain de frère Massée étaient plus nombreux et plus grands et plus beaux que: les siens, dit ainsi avec une très grande allégresse : « 0 frère Massée, nous ne sommes pas dignes d'un aussi grand trésor ». Et comme il avait répété ces paroles plusieurs fois, frère Massée répondit : « Père, comment peut-on parler de trésors, où il est tant de pauvreté et absence des choses les plus nécessaires ? Car il n'y a ni nappe, ni couteaux, ni assiettes, ni écuelles, ni maison, ni table, ni valet, ni servante ». Et saint François dit : « Et c'est justement cela que j'estime un trésor qu'il n'y ait chose aucune apprêtée par industrie humaine ; mais ce que voici nous est préparé par la Providence divine, comme on le voit manifestement dans le pain mendié, dans la table de pierre si belle et dans la fontaine si claire, et pour cela je veux que nous priions Dieu qu'il nous fasse aimer de tout coeur le noble trésor de la sainte Pauvreté, laquelle a pour serviteur Dieu même. »

La joie de saint François n'est en effet si pleine et si parfaite que parce qu'elle a pour fondement un total abandon à la Providence divine. Que lui importent les conseils de la prudence humaine et les lumières de la sagesse de ce monde ! On n'est véritablement pauvre qu'à la condition de se laisser guider entièrement par la volonté de Dieu, Même dans les nécessités les plus pressantes, de renoncer par conséquent à son sens propre et de placer toute sa confiance en Celui qui ne laisse jamais ses enfants dans le besoin. » Alors que le bienheureux séjournait dans un ermitage près de Riéti, il recevait chaque jour la visite d'un médecin qui lui soignait les yeux. Or, un jour, le Saint dit à ses compagnons : « Invitez le médecin et servez-lui un bon repas ». Le gardien lui répondit : « Père, nous le disons en rougissant, nous aurions honte à l'inviter, tant nous sommes pauvres en ce moment ». Le saint répliqua : « Pourquoi voulez-vous m'obliger à répéter ? » Le médecin qui était là s'écria : « Mes très chers frères, votre pénurie fera mes délices. » Les frères font diligence et apportent sur la table toutes provisions du gardemanger, un peu de pain, pas beaucoup de vin ; pour que le menu fût plus somptueux, le cuisinier ajouta quelques légumes. Cependant la table de Dieu eut pitié de celle de ses serviteurs. On frappa à la porte ; on accourt, une femme est là apportant une corbeille remplie de pain blanc, de poissons et, recouvrant le tout, des rayons de miel et des raisins. On réserve pour le lendemain, la nourriture grossière et l'on déguste sur le champ ces mets délicats » .

III

Il est un degré suprême de la pauvreté : il se trouve en la croix de Jésus. « Tant, dit le Père Séverin Ruberic, que la Providence pourvoit à tous nos besoins par l'entremise des créatures, nous empêchant de sentir notre indigence, notre nature étant satisfaite au moins dans ce qui lui est le plus nécessaire, la pauvreté ne nous apparaît pas trop difficile et trop amère. La difficulté est de demeurer fidèle à la pauvreté et de la supporter avec joie, allégresse et reconnaissance lorsque nous en pâtissons réellement, lorsqu'à cause d'elle on nous méprise, lorsqu'on nous abandonne, qu'on refuse de nous secourir et que nous demeurons seuls, privés du nécessaire. Oh ! alors, nous sommes bien heureux ! Cependant, il faut aller plus loin encore. Il n'est point tellement malaisé de subir l'indigence avec un coeur content, aussi longtemps qu'on est en bonne santé et que Dieu enivre l'âme de ses grâces, de ses douceurs et de toutes sortes de consolations. Mais. lorsque le corps est livré à la maladie et privé de soins et de soulagements, lorsque l'âme est en proie aux angoisses, aux ténèbres, privée de toute consolation, tout entière broyée par les tribulations intérieures et comme abandonnée de Dieu, ne sachant et ne voyant plus rien, sinon qu'au dedans comme au dehors, elle est parfaitement pauvre et déchirée par l'indigence, oh ! alors, le vrai pauvre est fidèle,s'il persiste rigoureusement à observer la sainte pauvreté, acceptant et,embrassant son dénuement intérieur, le coeur tout livré à et doux embrassement, résolu à demeurer en cet état aussi longtemps que son Dieu le voudra. Oh ! alors, que bien heureux est celui qui en cette tribulation parvient. à garder intacte sa joie et à proclamer sa gratitude. C'est ici l'essence parfaite de la pauvreté en compagnie du fils de Dieu cloué tout nu sur la Croix »

Qui pourrait douter que le stigmatisé de l'Alverne se soit élevé jusqu'à ce suprême degré de la pauvreté. « La sanctification des justes, dit le Père Bernardin, de Paris, ayant été commencée par la grâce et par la pauvreté qui les ont dépouillés des biens de la terre et devant être consommée par les souffrances. et par les plaies, Jésus-Christ, d'une sagesse très profonde, dispense à tous les saints d'une manière admirable le temps, les moyens et les lieux où ils seront consumés. Il a conduit sur le Calvaire tous ses plus chers amis, sa divine Mère, son bien-aimé saint Jean et sa divine amante, Madeleine ; il les a tous consumés avec lui de son amour souffrant et de ses plaies qu'ils recevaient en leur coeur. Les apôtres, premiers enfants de la grâce et premiers exemplaires du plus pur esprit de l'Évangile, ont été consumés par l'amour et par les plaies. Les martyrs, suivant les traces de Jésus-Christ, ont été tous consumés du même esprit et par l'amour et par les plaies. C'est pourquoi le Fils de Dieu Voulant associer saint François aux Apôtres et aux plus grands Saints de l'Église, choisit la montagne d'Alverne pour le lieu, le temple et l'autel où il sera consumé comme une victime d'holocauste par son amour souffrant, par la vertu de son esprit et par l'impression de ses plaies. Saint François peut donc bien s'écrier avec tous les Saints qui sont ses frères et avec Jésus-Christ même : « Tout est consommé ! » De la part du Calvaire d'abord, parce que mon céleste Maître ne peut communiquer une clarté plus ardente, un esprit plus pur et plus divin, m'imprimer des plaies plus saintes, puisque ce sont les siennes qui passent de lui en moi. Tout est consommé de ma part - je ne puis lui offrir un coeur plus altéré de souffrances ni une volonté plus ardente à pâtir, ni une chair plus capable de porter ses plaies. Le même amour qui consume le Maître consume le serviteur, les plaies qui l'immolent me sacrifient et ainsi s'achève la consommation de ma vie en la sienne, pour ne vivre plus que de celle-ci, ne plus l'aimer que de son amour et ne plus souffrir que de ses blessures » .

On connaît l'admirable page des Fioretti (ch. VIII) où saint François enseigne à frère Léon, les conditions de la joie parfaite ; mais celui-ci qui, au milieu de tant d'épreuves et des plus douloureuses, n'avait cessé de montrer un visage aimable et gai et de chanter sa mélodie, devait donner par sa mort un dernier exemple à ses frères. « Quand il approcha du terme où la lumière éternelle allait remplacer pour lui la lumière périssable, il montra par l'exemple de ses vertus qu'il n'avait rien de commun avec le monde. Vaincu par la maladie mortelle qui devait mettre fin à ses maux, il se fit étendre sur la terre nue. Sans trembler il attendait le triomphe et dans ses mains jointes il serrait la couronne de justice. Couché à même la terre, dépouillé de son habit de ure, il tournait comme à l'ordinaire son visage vers le ciel ; alors que de tout son être, il attendait la gloire éternelle, il couvrait encore de sa main gauche la plaie de son côté pour qu'on ne la vit point. Et il dit aux frères : « J'ai accompli ma tâche ; que le Christ vous enseigne à accomplir la vôtre ». Les frères à ce spectacle répandaient des torrents de larmes et, poussant de profonds soupirs ils succombèrent à leur trop grande douleur et compassion, Pendant ce temps, refoulant ses sanglots, son gardien, connaissant par une inspiration divine le désir du Père, se leva soudain et prenant des chaussures, une tunique et un capuchon de bure, il dit au Père : « Sache que je prête au nom de la sainte obéissance ces chaussures, cette tunique et ce capuchon. Mais pour t'empêcher de t'en croire le propriétaire, je t'enlève tout pouvoir de les donner à qui que ce soit ». Le Saint se réjouit et tressaillit d'allégresse dans son coeur en voyant qu'il était resté jusqu'au bout fidèle à sa dame la Pauvreté. Par zèle de la pauvreté il avait fait en sorte de n'avoir pas, même au moment de la mort, un habit à lui, mais celui qu'un autre lui avait prêté. Ensuite, le saint élevant les mains vers le ciel, rendit grâce au Christ de ce qu'il lui permettait de s'en aller vers lui, libre de toute entrave » . Puis il bénit les frères et lorsqu'il sentit venir la fin, il s'écria : « Sois la bienvenue, ma soeur, la Mort ». En vérité, saint François fut sur la terre un autre Christ.

Source : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Huan/pauvrete.html

Lire la suite

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu Mt 5, 38-48

12 Septembre 2013 , Rédigé par Saint Matthieu Publié dans #spiritualité

Comme les disciples s'étaient réunis autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Commentaire : un bon texte pour nos Frères séparés par toutes les obédiences qui prolifèrent dans le nouveau paysage maçonnique français : « aimez vos ennemis et priez pour eux… »

Lire la suite

Des pas sur le sable

4 Mai 2013 , Rédigé par Ademar De Barros Publié dans #spiritualité

 

Une nuit, j’ai eu un songe.
J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur.
Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.

J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque période de ma vie,
il y avait deux paires de traces sur le sable:
L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.

Ainsi nous continuions à marcher,
jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi.
Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière.
J’ai remarqué qu’en certains endroits,
il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes,
et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie,
les jours de plus grande angoisse,
de plus grande peur et aussi de plus grande douleur.

Je l’ai donc interrogé :
" Seigneur… tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie
et j’ai accepté de vivre avec Toi.
Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie,
il n’y avait qu’une seule trace de pas.
Je ne peux pas comprendre
que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi. "

Et le Seigneur répondit :
" Mon fils, tu m’es tellement précieux ! Je t’aime !
Je ne t’aurais jamais abandonné, pas même une seule minute !
Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable,
ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien: c’était moi qui te portais.

Lire la suite

Méditation Martiniste

27 Mars 2013 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Les pauvres âmes que nous sommes tous ont en eux les trois lumières: celle des sens, celle de l'intelligence, celle du cœur. Suivant leur avancement, mais toujours à travers la lourde matière, l'une ou l'autre domine. Souvent la troisième ne brille que par instants,. heureux quand ces instants sont fréquents ! Tout d'abord dans la jeunesse, la pure lumière du cœur, pourtant très vive alors, tend à être éclipsée par celle des sens qui semble plus brillante, plus attirante; l'autre, l'imagination, ce que les hommes appellent l'esprit tend à supprimer la troisième, parce que l'âme est ivre comme d'un parfum trop fort. Pourtant il y a de brusques révélations: la tendresse, le pur rayon brille soudain, voilà le ciel entr'ouvert ! Hélas, plus le rayon a été brillant, plus l'âme est déçue ! Le rayon a dû passer par la chair, et il l'a purifiée certes, mais avec quelles douleurs!

D'autre part, l'Intelligence qui aspire à la lumière, l'a cherchée auprès d'elle, parmi les hommes, ses frères; mais, comme elle s'aperçoit vite que ce qu'elle a pris pour un flambeau n'était qu'une vague lueur ! Tristes, découragées, elles cherchent, elles cherchent encore les pauvres âmes, elles s'attachent à nouveau à des corps qui les meurtrissent et les déçoivent, jusqu'à ce qu'enfin, elles s'arrêtent éperdues. Les unes, les moins clairvoyantes, restent dans la chair ou dans la joie amère de leur orgueil, de leur égoïsme; les autres franchissent le cercle fatal, parce qu'elles ont, à travers les erreurs et les mensonges, toujours regardé le ciel, parce qu'à travers la chair, elles ont aimé l'Amour et que ne le trouvant jamais sans alliage ici-bas, elles y croient plus que jamais, mais aspirent à sa source. Et tout à coup, leurs illu-sions disparaissent, la vérité leur apparaît: les lu-mières n'en sont qu'une: l'Amour et l'Intelligence avec la Sagesse, la bienheureuse Trinité, resplendis-sent, unique soleil. Et tout est révélé, tout est compris, il n'y a plus de paroles, il n'y a que l'adoration.

Désormais, l'Ame purifiée et brûlante du vrai, du seul amour, ne connaîtra plus la solitude, dans chaque amour terrestre elle verra l'appel anxieux et ne songera qu'à prier pour appeler le divin amour, dans cette autre partie d'elle-même, car il y a des milliards d'âmes et il n'y a qu'une âme; et c'est une joie de penser qu'à travers les passions, les injures, les malédictions, les haines, les souffrances, tous les cris s'élèvent pour l'Amour, pour Lui seul. Et elle se sent enfin heureuse, définitivement consolée, la pauvre Psyché, puisque l'Amour n'est pas une illusion, puisque l'étincelle qui la vivifie saura retrouver le Soleil dont elle est venue. Sous le manteau dont elle est couverte, sous la chair dont elle est revêtue, les autres âmes la regarderont passer. Beaucoup, et ce sera sur celles-là qu'elle se penchera avec le plus de sollicitude, ne la reconnaîtront pas, la croiront ennemie, elle devra bien se cacher pour ne pas être atteinte par leur égarement. En revanche; d'autres se sentiront attirées et viendront pour sentir la chaleur divine. Celles-là chanteront ensemble l'Hymne de la joie, mais combien peu nombreuses seront-elles ! Qu'importe, l'Inconnue ira, humble et douce, tendre et con-solatrice, ne s'imposant jamais, secourant en silence, n'attendant rien de la terre qui ne peut rien lui donner, mais distribuant sans se lasser son inépuisable trésor. Son ami divin, toujours présent, sera sa force, il la soutiendra toujours, et la guidera jusqu'au bienheu-reux moment où il l'attirera si fort qu'elle quittera sa prison de chair!

Et les trois lumières éclairent aussi l'Alchimiste qu'est l'homme. C'est seulement un autre symbole: voici les ferments précieux, qui doivent être enfermés dans la matière, pour être purifiés; d'abord, c'est le noir, la lutte avec les passions, l'enfer du doute; et puis, c'est le blanc, le pressentiment de la Beauté. Et puis, c'est la pierre qui donne l'éternelle jeunesse, l'éternelle santé, l'éternelle beauté ! Et puis, c'est le métal précieux, enfin, enfin ! Je ne connais pas l'Alchimie, et n'ai jamais rien lu là-dessus, mais je sens qu'il faut l'entendre ainsi.

Qu'est-ce que c'est jamais, pour nous, une réalisation matérielle quelconque ? L'Or? Il est en nous, et les pierres précieuses et tout, tout ce que nous admirons dans l'Univers, et c'est notre cœur l'Athanor Magique et Immortel.

(Texte publié dans la revue L'INITIATION de Mars 1907)

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

Lire la suite

Marcher au milieu de la route avec les fils de Caïn

26 Mars 2013 , Rédigé par Traduction Chantal Duros Publié dans #spiritualité

Il est une histoire assez commune—celle de l'homme qui marche au milieu de la route et reçoit les missiles volants des parties en guerre des deux côtés! La leçon dans l'intolérance implicite est presque trop évidente pour requérir un commentaire : nous reconnaissons tous le danger aussi bien que les vertus de la Voie du Milieu. Les étudiants occultes s'enorgueillissent particulièrement eux-mêmes de leur liberté de pensée, leur ouverture d'esprit, leur tolérance, et parfois s'arrogent la seule propriété de la Voie du Milieu de Tolérance. Les étudiants en Philosophie Rosicrucienne n'en sont pas exempts.

Nous pensons tous que nous sommes tolérants parce que nous sommes étudiants des Enseignements de la Sagesse Occidentale; mais nous ne réalisons pas toujours que l'expression véritable de tolérance est purement un problème individuel, et n'a rien à faire avec la Philosophie Rosicrucienne. Nous ne devons pas non plus confondre indifférence et tolérance. Il est facile lorsque vous n'appartenez à rien de prier toute chose, ou de blâmer toute chose; mais être enveloppé cœur et âme dans une idée ou un mouvement et alors prier de tout cœur pour une idée ou un mouvement contraire, cela est tolérance; c'est marcher dans la Voie du Milieu. Par conséquent, définissons, dans un but de clarté, le véritable individu tolérant comme celui qui, parfois affilié, parfois non, est capable de discerner et d'évaluer la vérité et la beauté dans presque toutes les activités et associations humaines, sans égard pour ses propres inclinations personnelles.

Considérons un moment qu'il est rare que chaque philosophie, spécialement une philosophie religieuse, soit violemment partisane. Les fondateurs des systèmes philosophiques sont habituellement trop profondément conscients de leurs limitations humaines pour s'établir eux-mêmes ou leurs enseignements comme infaillibles.

Il a été dit en vérité que la plus grande punition d'un maître est d'avoir des disciples, car ce sont les adhérents à une philosophie qui déclarent la guerre aux choses non essentielles dans les enseignements.

Ainsi, par exemple, le Christianisme primitif se sépare en factions sur le compte de la fameuse hérésie Aryenne, et le Protestantisme moderne débat sur le baptême, où, quand et comment il sera administré; alors que parmi les Catholiques modernes la plus jeune génération se dispute avec la plus ancienne sur la nécessité de la Confession et la moindre attention au cérémonial. Ces disputes, cependant, ont peu à faire avec le Christianisme lui-même, avec ce que Carl spencer Lewis appelle "le simple (cœur) Christianisme", et sera finalement emporté d'un côté dans une parfaite union avec la Vérité. Toutes les vraies religions prennent la Voie du Milieu dans leurs enseignements ésotériques, amis les guerres et les rumeurs de guerres depuis des siècles portent témoignage que les suiveurs de tels enseignements furent incapables de distinguer le côté du milieu, et ainsi tombèrent dans la bataille.

La Philosophie Rosicrucienne, étant une interprétation ésotérique du Christianisme, prend la Route du Milieu; mais hélas, ceux qui sont étudiants la trouvent par conséquent extrêmement difficile à maintenir hors des fossés de l'erreur et de la bigoterie où nos compagnons des églises se sont retranchés. Ceci n'est pas une critique de l'Eglise. L'Eglise fait un travail merveilleux pour l'humanité, mais ses instruments sont humains, et donc sujets à ces erreurs qui sont le résultat de la mortalité et de la faillibilité. Nous, aussi, sommes sujets à l'erreur, à degré égal. L'esprit humain est normalement myope et nécessite les lunettes de l'Amour, aussi bien que de la Raison, pour corriger sa vision. Autrement nous ne pouvons pas voir pour marcher dans la Voie du Milieu de la Tolérance et de la Compassion.

Mais, nous ne pouvons pas simplement composer nos esprits pour l'amour, et puis l'amour. Nous devons aimer quelque chose. Ni ce n'est une excuse pour l'inaction de dire, "bien, si je ne peux faire ceci dans un esprit juste je ne le ferai pas du tout". Nous apprenons en agissant; et en faisant une bonne action, en prononçant un bon mot, nous élevons graduellement l'amour en les autres et leur réaction éveillera l'esprit juste en nous, car nous sommes tous un en Jésus Christ. Tout ce qui est nécessaire est que nous désirions avoir l'esprit juste.

Ceci est le seul moyen de développer l'Amour pour corriger notre courte vue mentale. Mais nous ne devons pas limiter notre pratique à nos collaborateurs. Nous devons mettre cela en pratique également sur nos opposants. Nous ne devons pas tomber dans l'erreur de croire que c'est suffisant d'être tolérant moralement et émotionnellement. Nous devons être intellectuellement tolérants, aussi. Nous devons avoir une compréhension intelligente des croyances de nos opposants. Ceci, aussi, est une expression de l'amour.

Les étudiants occultes, étant "Fils de Caïn", c'est à dire, prônant juger toute vie par la raison plutôt que par la foi, trouverons cette tolérance intellectuelle la plus difficile à atteindre. Ils peuvent sympathiser avec la sincérité des croyances de leurs opposants, mais ils ne pourront assister, se sentant juste un peu méprisants de la faiblesse intellectuelle apparente qu'ils découvriront parmi les Fils de Seth (ceux qui vivent par la foi). Et cela signifie que les descendants de Lucifer n'ont pas encore appris la leçon que leur arrogant ancêtre apprit lorsqu'il échoua à amalgamer l'expérience des âges ! Car puisque Lucifer chuta lorsqu'il refusa de travailler avec l'eau, dans la Période la Lune de l'évolution de la Terre, ainsi nous, aussi, pouvons chuter si nous refusons d'élever Seth à l'intérieur de nous au moyen du principe de l'Amour de la Madone (l'eau), à travers laquelle, immaculée, est né Jésus, le véhicule du Christ Intérieur.

Nous qui sommes les Fils de Caïn, afin de corriger nos faiblesses particulières, devons nous efforcer intellectuellement de comprendre les vérités et les beautés cosmiques du christianisme orthodoxe. Pour faire ceci, nous devons d'abord tous chevaucher notre dédain pour les Credos. Les Credos, nous pouvons les établir en tant que nos hypothèses fondamentales, sont les fruits naturels de cristallisation, et toutes les philosophies spirituelles lorsque revêtues de mots cristalliseront ici. Même notre propre philosophie—Max Heindel prévit le jour—tend à se cristalliser elle-même, et prendra un jour le chemin de toutes les philosophies exprimées par l'homme, bien que son esprit vivra toujours.

En tant que preuve du processus de cristallisation, nous observons que même aujourd'hui il y a des centaines de gens qui, à cause de quelques expériences psychiques dans leurs vies, veulent prendre les paroles de Max Heindel pour chaque chose sous le soleil, physique ou spirituel, même lorsqu'ils ne comprennent pas ces paroles inspirées. (Et combien de nous les comprennent ?) Ces gens ne se rassemblent pas vers la Théosophie, parce que leur instinct religieux a été construit autour de l'idéal du Christ. Par conséquent, ils acceptent le Rosicrucienne.

Les credos sont faits pour le rang et le classeur des gens. Les credos (du latin credere, croire, avoir foi) sont simplement des formulations explicites de la foi. Aussi la Philosophie Rosicrucienne tend la main à l'humanité, et des millions de croyants se rassemblent sous sa bannière—comme ils le veulent assurément; il est ainsi écrit—quel en sera le résultat ? La majorité d'entre eux sera extraite des masses qui comprennent actuellement le Christianisme orthodoxe, la Franc Maçonnerie orthodoxe, et l'agnosticisme. De quoi d'autre peuvent-ils être extraits ? Nous ne sommes pas une vague de vie de pionniers.

Bien sûr, puisque l'évolution avance, le véhicule matériel de l'esprit devient de plus en plus raffiné; néanmoins, il y a une place pour la cristallisation de ce véhicule relative aux besoins de son esprit énergisant, et quand un certain point de cristallisation est atteint, il doit se désintégrer. Il a alors prolongé son utilité.

Si les philosophies de l'homme évolué sont concernées, il y a toujours quelques-uns qui comprennent et beaucoup qui croient. Il en a toujours été ainsi, depuis le tout début de l'évolution de l'homme en tant qu'homme. Ceci a résulté en la division entre les maîtres et les élèves, les maîtres expliquant, les élèves croyant lorsqu'ils ne pouvaient pas raisonner. Maintenant les étudiants avancés peuvent comprendre le maître, et ont peu de difficulté à suivre ses instructions, mais il y en a beaucoup qui ne peuvent les entretenir. Pour le bienfait des étudiants moins avancés il devient nécessaire de présenter les enseignements dans la forme la plus simple possible. Ainsi, dans toutes les religions et toutes les philosophies, nous avons l'équivalent d'un Credo.

Malheureusement, les credos ne sont pas formés par le maître, mais par les élèves avancés après que le maître n'est plus présent avec ses explications éclairées. La raison de ceci n'est pas à chercher bien loin : chaque vérité cosmique peut être approchée sous différents angles. Les différents points de vue en résultant peuvent sembler contradictoires. Aussi longtemps que le maître vit pour les apparentes contradictions, tout est bien. Après qu'il soit parti, personne ne demeure que les étudiants brillants, qui, n'étant que des étudiants, échouent souvent dans leurs jugements. Cependant, il n'y a personne d'autre pour décider de ces points pour leurs frères plus lents, et le résultat est un Credo—c'est à dire, une déclaration claire et concise des enseignements saillants et fondamentaux d'une philosophie ou d'une religion, qui, bien qu'habituellement possédé d'une grande signification, peut néanmoins contenir des erreurs. Ceci n'est pas tout. Le Credo lui-même n'est pas toujours correctement compris par ses adhérents, et ceci résulte en nombreux commentaires par des intelligences inférieures; donc, une plus grande confusion.

Nous trouvons un exemple de cette confusion sémantique et épistémique parmi les églises Chrétiennes, car il n'y avait pas de credos jusqu'après l'influence personnelle du Christ et de Ses apôtres et que leurs disciples immédiats aient quitté la terre.

Un autre exemple est l'emprise de la science matérialiste sur l'esprit de masse. Aujourd'hui la majorité des gens acceptent les théories scientifiques en tant que faits donnés par Dieu (habituellement sans le Dieu), et avec peu ou pas d'effort pour les tester ou les comprendre. Il est aisé de démontrer ce fait : pas un individu parmi une centaine, ne peut prouver, ou donner la preuve, que la terre est ronde au lieu d'oblongue; qu'elle tourne sur son axe, ou qu'elle tourne autour du soleil. Cependant il croit ces faits aussi implicitement qu'il croit en Dieu. Et non peu d'individus optent pour la vérité de faits "scientifiques", ou à l'exclusion de, à la vérité de Dieu. Il serait en effet intéressant de demander à certains de nos jeunes agnostiques de collège de prouver les théories scientifiques qu'ils acceptent comme credo de leur existence.

L'humanité ne se désintoxiquera pas de cette condition de choses dans approximativement les sept cents années restant de la Dispensation des Poissons. Pas du tout ! Elle s'ajustera plutôt elle-même à une nouvelle croyance. En vérité, cet ajustement aura requis le don d'une impulsion additionnelle pour l'esprit, mais n'attendons pas trop de cela ! L'ajustement d'une religion à une domination scientifique—de la foi à la raison—requérrait un stimulus intellectuel, aussi, mais il n'a pas créé une nouvelle humanité.

Aussi, la Dispensation du verseau n'abolira ni la nécessité pour, ni l'abus de Credo. Mais alors au lieu du Credo orthodoxe il y aura un Credo Rosicrucien, ou son équivalent, bien que la Philosophie Rosicrucienne, par sa véritable nature, ne se cristallisera jamais dans une forme aussi établie que les credos de l'Age des Poissons—tout comme la tyrannie de la science, due à quelques siècles d'évolution, n'est pas (encore)aussi rigide que la tyrannie théologique du Moyen Age.

Et ainsi, ayant vu que ce Credo ou son équivalent est une excroissance naturelle de l'évolution sur le plan physique, nos intellects de Caïn rebelles ne deviennent-ils pas un peu plus humbles ? Ne voyons-nous pas le moyen d'amalgamer le feu et l'eau par la compréhension intellectuelle des Fils de Seth ? Ne réalisons-nous pas que les Credos de l'Eglise sont parmi les plus valables documents de l'humanité, remplis de lumière spirituelle pour le cœur ?

Nous ne pouvons pas, en ce moment entrer dans une longue discussion sur la signification ésotérique des Credos de l'Eglise Orthodoxe; cependant nous ne pouvons pas conclure sans donner quelque idée de la façon de trouver cette signification. Il n'est point besoin d'arguer que nous ne pouvons obtenir quelque chose à partir de rien; donc, si par la méditation sur un Credo nous apprenons un fait occulte dont nous étions auparavant ignorants, mais qui peut être vérifié par des autorités occultes, alors le Credo contient certainement une vérité occulte.

Faisons un examen rapide du Credo des Apôtres, le document de l'Eglise le plus valable sur le plan occulte. Le Credo est le suivant :

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du Ciel et de la Terre. Et en Jésus Christ, Son Fils Unique, notre Seigneur; qui a été engendré de l'Esprit Saint; qui est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli; est descendu aux enfers; est monté aux cieux; le troisième jour est ressuscité des morts; s'est assis à la droite du Père Tout-Puissant; d'où il viendra pour juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte église catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle. Amen.

La méditation sur ce Credo en relation à la Philosophie Rosicrucienne révélera le fait (si vous ne le savez pas déjà) que Marie, dans cette formulation, représente le Cœur; le Saint Esprit, la Force sexuelle; Jésus, la Robe Nuptiale d'Or; et le Christ, l'Esprit de Vie. Le Credo, bien sûr, a sa signification cosmique, mais l'interprétation individuelle sera d'un intérêt plus intime pour nous. Ponce Pilate, représentant l'esprit inférieur, nous montre l'intellect s'efforçant de bien faire, mais tombant dans l'erreur. Pour prouver l'exactitude de cette analyse, voyons comment ces facteurs oeuvrent dans le grand schéma du Golgotha individuel.

La force sexuelle régénérée (le Saint Esprit), s'élevant du Feu de l'Esprit à travers la moelle épinière, fait vibrer certains éthers à tel point qu'ils deviennent lumineux. Ces éthers, cependant, sont ceux qui dans le cœur, (né de la Vierge marie) furent extraits du courant sanguin, coulant le long de la Corde d'Argent vers l'atome germe du corps vital au plexus solaire, et furent réfractés dans la moelle épinière, lorsqu'ils s'élevèrent en volume croissant vers la tête. Se déversant à la fin, ils pénètrent l'aura entière, formant la Robe Nuptiale d'Or. Rappelez-vous que ce Vêtement Nuptial d'Or correspond à Jésus, et par conséquent véritablement "né d'une Vierge" (le Cœur purifié), ayant été conçu par la force sexuelle régénérée, qui construit les branches de la croix du cœur. Le Cœur Immaculé, alors, porte en avant la Robe Nuptiale d'Or en tant que résultat des principes féminins d'Amour, de Pureté et de Service.

Puis, alors que l'Esprit Solaire, Christ, a pris possession des véhicules de Jésus, ainsi le Christ Intérieur, l'Esprit de Vie, prend possession de ce Vêtement Nuptial d'Or composite.

Max Heindel nous informe que cette substance est la force ou l'esprit cristallisé. Il établit également que la Région des Forces Archétypales est la ligne de séparation entre l'esprit et la matière. Il s'ensuit, par conséquent, que l'Esprit de Vie est un voile de force (comme le sont aussi les deux autres aspects de l'égo, les Esprits Humain et Divin), à travers lequel se manifeste l'égo.

Cette Force Esprit de Vie ne peut pas se manifester dans le monde physique sans un véhicule relié à cette région. Le Vêtement Nuptial d'Or est ce véhicule. Plus il est hautement organisé, plus puissamment l'égo peut amener les Forces de l'Esprit de Vie à porter la vie ici dans la région physique; et puisque l'Esprit de Vie est le véhicule qui porte les rapports de toutes les incarnations passées, et qui y est en contact, parce qu'il y est relié avec le monde de la Sagesse Cosmique, il s'ensuit logiquement que le tissage du Vêtement Nuptial d'Or nous mettra en contact avec la sagesse Cosmique, et que nos esprits également deviendront illuminés, et que nous apprendrons sans avoir recours aux livres. Puis ce sera l'histoire entière de nos incarnations qui nous sera révélée.

Pour comprendre ce qui est signifié par la déclaration que Jésus Christ fut "crucifié, mort, et enseveli; descendu aux enfers, et le troisième jour ressuscita des morts", il est nécessaire de connaître ce qu'Il fit en enfer. Selon Dante, dans l'Enfer, Il travailla parmi les esprits du Purgatoire durant ce temps, et prit avec lui un tiers des âmes des morts, qui montèrent aux cieux ensuite. Ceci nous révèle le fait, par conséquent, qu'il est nécessaire pour Jésus, conçu de façon immaculée et né du Cœur Vierge, et adombré par le Pouvoir Christ, de descendre jusqu'aux enfers de notre propre nature inférieure (envoyé là par le jugement, l'esprit inférieur, ou Ponce Pilate), et d'élever ces forces jusqu'aux cieux avec nous. Ceci nous rappellera la déclaration de Max Heindel que le développement spirituel dépend de la victoire du corps vital sur le corps désir. Nous nous souvenons aussi qu'il est nécessaire pour l'Initié de rencontrer et de maîtriser le Gardien du seuil, et un fait postérieur est amené à la lumière par le Credo, à savoir que le Gardien n'est pas totalement transmué à la première Initiation. L'Initié rachète une partie du Gardien, et fait serment de racheter le reste, tel qu'il est révélé dans la tradition de l'Eglise que le Christ prit avec Lui un tiers des âmes en enfer. Remarquons plus loin que le Gardien est composé des trois essences du péché : l'essence péché des actes mauvais, l'essence péché des pensées mauvaises, l'essence péché des mauvaises émotions, générées durant toutes nos vies terrestres.

Pour comprendre la signification des "trois jours"—un terme trouvé dans la littérature occulte—nous devons réaliser que les trois segments de la moelle épinière sont gouvernés par la Lune, Mars et Mercure. A la lumière des Enseignements Rosicruciens, il est évident que le Feu de l'Esprit, qui est élevé à travers la moelle épinière et coloré principalement selon celle des trois vibrations planétaires avec laquelle il a le plus d'affinité, n'est pas élevé en totalité à la première Initiation. Au contraire, l'Initiation est consommée lorsque suffisamment de Feu a été élevé pour fournir le moteur au pouvoir, et cette même quantité de pouvoir rend l'Initié capable de sublimer partiellement ou racheter le Gardien.

L'Esprit Feu triple, dont la montée en développement spirituel est reliée aux trois signes ardents, le Bélier, le Lion et le Sagittaire, s'élève à travers les trois segments de la moelle épinière et vitalise les trois paires de nerfs spinaux à la base du cervelet, qui ainsi représente "les trois jours". Le travail du candidat suivant immédiatement l'Initiation a une référence spéciale avec les trois segments de la moelle épinière et ces trois paires de nerfs, et l'élévation ultérieure du Feu Spinal, au moyen duquel la sublimation partielle du gardien mentionnée plus haut est accomplie. Par conséquent, l'individu "Christifié" passe trois jours en enfer, mais prend avec lui dans les cieux seulement un tiers de la population de l'enfer. Un travail continu est nécessaire pour élever suffisamment de pouvoir afin de racheter complètement le Gardien.

Lorsque Jésus (symbolisé par le Vêtement Nuptial d'or), à présent Jésus Christ (car Il incarne le Christ Intérieur, l'Esprit de Vie), s'élève d'entre les morts, Il monte aux cieux, où Il s'assoit à la droite du Père Intérieur, l'Esprit Divin. Ce fait référence au fait que les deus Aspects Principaux de l'Esprit doivent toujours œuvrer ensemble, car le Père et le Fils sont Un, et positif et négatif doivent s'unir dans le travail de création. L'ascension dans les cieux, bien sûr, se réfère à la complétion de l'expérience Initiatique, par laquelle l'égo libéré fonctionné à volonté sur les deux plans, dans et en dehors du corps dense.

"De là Il viendra juger les vivants et les morts" fait référence au jugement de l'égo sur tous les péchés et les bonnes actions de toutes nos incarnations, à la fois avec châtiment pour les premiers, lequel jugement est impossible sans la sagesse cosmique et la mémoire du Christ Intérieur, l'Esprit de Vie, et est par conséquent notre Juge.

Il semble difficilement nécessaire de donner l'interprétation des sentences de conclusion du Credo des Apôtres, mais certains mots peuvent être utiles pour ceux qui n'en ont pas fait une étude.

Nous croyons tous en l'Esprit Saint, puisqu'il est le pouvoir créateur de vie, (la force sexuelle en étant un des aspects), et c'est le pouvoir par lequel toute fie en forme est conçue. Sans ce principe de Déité il ne pourrait y avoir de vie d'aucune sorte.

Nous croyons en l'église catholique, dans le sens où catholique signifie universelle, et nous savons que l'enseignement du Christ est destiné à être embrassé par le monde entier, car Il est l'Esprit Intérieur, dont le corps, nous, l'humanité, sommes le temple et l'église des croyants et des connaisseurs.

Nous croyons en la communion des saints, car nous savons que tous les individus purs et saints, dédiés au service de l'humanité, ont leur pouvoir pour communier directement avec Jésus et Christian Rose Croix sur des plans invisibles; et nous avons tous en notre pouvoir, par contact avec le Christ Intérieur, de connaître consciemment l'amour du Christ Cosmique, et de communier avec Lui.

Nous croyons au pardon des péchés, puisque nous savons que les rapports du péché dans le pôle négatif de l'éther réflecteur peut être effacé par contrition, repentance, réforme et restitution. Et que Jésus et le Christ Intérieur nous aident à effectuer ce pardon ne pose guère de doute; ni que ce pardon ne puisse pas être volontairement accompli s'il ne l'avait été en sacrifice véritable sur le Golgotha il y a deux mille ans.

Nous croyons en la résurrection de la chair dans le sens que nous renaissons encore et encore sur cette terre dans une succession de corps physiques. Le moment venu, nous ressusciterons de façon permanente dans les régions éthériques (dans la Période de Jupiter pour l'humanité collective) afin de vivre dans nos corps de l'âme.

Nous croyons en la vie éternelle parce que nous savons qu'en tant qu'étincelles de divinité envoyées de Dieu il ne peut y avoir de mort ontologique pour nous.

Ayant donné ce compte rendu très insuffisant sur les Mystères du Credo des Apôtres—ce document le plus ancien, le plus occulte de l'Eglise Orthodoxe, dont l'origine a supposément suivi les Apôtres eux-mêmes—nous espérons que avons présenté les doctrines de l'Eglise sous une lumière nouvelle, afin que d'autres étudiants dévoués à notre Philosophie Rosicrucienne soient inspirés pour faire une étude intensive des enseignements de l'Eglise Chrétienne, Protestante, Orthodoxe, et Catholique, et ainsi hâtent le jour de notre union en Christ avec les Vérités Cosmiques de la Franc Maçonnerie et du Catholicisme. En vérité, l'Eglise a son pouvoir; et son plus grand pouvoir est l'Amour. Nous ne pouvons jamais espérer donner au monde ce que l'Eglise lui a donné à moins de comprendre en nos cœurs, et avec nos intellects, les perles de sagesse incorporées dans le grand cœur des institutions de Seth.

Nous terminerons avec ceci, proposant à tous les Fils de Caïn de s'efforcer de marcher au Milieu de la Route. Ceci signifie s'efforcer de comprendre intellectuellement les vérités cosmiques qui doivent être trouvées dans les croyances des Fils de Seth, et dans les paroles d'un de nos étudiants Rosicruciens, "pour sentir et connaître ces vérités dans le cœur; car 'tel que l'homme pense en son cœur, ainsi est-il'. Ainsi seul à travers le pouvoir uni de la tête et du cœur apprendront-ils à laisse s'écouler la Mer d'Airain.

RAYS JUILLET AOUT 2002 ANITA OLIN

  

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/marcher_au_milieu.htm

Lire la suite

Le Chemin Vers Dieu

23 Mars 2013 , Rédigé par Sedir Publié dans #spiritualité

IL ne faut voir en ces quelques idées qu'un essai pour revêtir d'une forme moderne les immuables et mystiques certitudes que la poussière des civilisation déforme devant nos regards et nous empêche d'étreindre.
Il me semble que beaucoup d'opinions peuvent se mettre d'accord, avec un peu de tolérante impartialité. Si je parle des mondes invisibles et de la prière, que le rationaliste ne me tienne pas pour superstitieux. Si j'admire les dogmes et le culte du catholicisme, que le socialiste ou le libertaire ne me traite pas de clérical. Si j'affirme la réalité du miracle, ou la grandeur de la Vierge, que le protestant ne referme pas cette brochure.
Si j'accorte peu d'importance pratique à l'exégèse, que le moderniste ne hausse pas les épaules. Si j'admets que la pluralité des existence soit possible, si j'espère que toute créature sera sauvée, si je regrette le pullulement des petites dévotions machinales, que le catholique ne se scandalise pas; saint Irénée, saint François de Sales, le Curé d'Ars ont été du même avis sur ces points. Si je proclame Jésus de Nazareth unique Fils de Dieu, venu en chair et ressuscité corporellement, que les néo-spiritualistes et les amateurs d'occultisme ne protestent
Tout le monde aujourd'hui parle d'un renouveau religieux. Enfanté par la crainte de la mort, entretenu par un utilitarisme égoïste, dirigé par l'ambition, il n'est réel que chez bien peu d'entre nous. N'est-elle pas du Curé d'Ars, cette terrible exclamation : " Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! S'il se comprenait, il mourrait ! ".
Jamais un plus grand nombre de prières liturgiques n'ont été récitées; jamais un plus grand nombre de fidèles n'ont reçu tous les jours la communion; jamais les médailles, les indulgences, les formules pieuses n'ont été répandues avec autant de prodigalité. Et pourtant jamais les dévotes n'ont été plus médisantes, les cupides plus rapaces, les luxurieux plus dévergondés.
Osera-t-on dire que c'est Jésus qui ne tient pas Ses promesses ? A une douzaine de pauvres hommes, frustes et malhabiles, Jésus donna les pouvoirs les plus formidables que l'orgueil ait jamais pu rêver. Guérir les corps, guérir les âmes. Quel médicament ? presque rien, une seule onde imperceptible de compassion. Mais ces hommes étaient des disciples. Ils ne convoitaient plus aucune beauté de l'immense Nature, plus aucune forme de tout ce qui existe; ils ne désiraient plus que Ce qui est. Leurs propres disciples ensuite, et les disciples de ces disciples persistèrent dans l'abnégation; l'Esprit resta sur eux et les miracles continuèrent de jaillir sous leurs mains vénérables. Mais après, qu'advint-il ? Pourquoi les paroles du Maître ne guérissent-elles plus les malades, ne clarifient-elles plus les coeurs souillés ?
Irai-je donc vers la philosophie, vers la science, pour remplacer l'ineffable Verbe auquel la terre se raccroche depuis deux mille ans ? Attendez, attendez, me disent les princes de l'intelligence; nous n'avons pas fini notre enquête; il nous manque quelques milliards de faits. Attendre ? Mais mon âme se meurt d'incertitude, de fatigue et d'anémie !
Certainement l'École et l'Église sont de très grandes, de très précieuses éducatrices. Mais elles ne procurent pas à tous cette paix profonde qui est la signature du Vrai; le long de leurs routes on rencontre l'inquiétude et la désillusion; donc ces routes ne sont pas directes.
Jésus seul indique la route directe. Ceux qui L'ont pris pour guide, après avoir essayé d'autres chemins, l'affirment.
Il dit - vous qui ne Le croyez pas, écoutez cela - Il ose dire : " Venez à moi, vous tous qui peinez et qui êtes accablés ! ". Pourquoi donc allez-vous à d'autres avant une tentative d'aller à Lui ?
Réfléchissons un peu là-dessus, avant de vouloir résoudre des questions plus complexes.
Pour se diriger, l'homme se sert de sa conscience et de sa raison. S'il est honnête, il cherche à réduire les empiètements de ses intérêts et de ses instincts, en s'aidant des lumières scientifiques, philosophiques et religieuses. Je dis : s'il est honnête, car pour un homme malhonnête, les durs chocs en retour du
Destin sont les seuls procédés qui puissent amollir ses égoïsmes, en les transformant petit à petit.
Les gens de bien, ceux qui s'inquiètent d'autre chose que de leur coffre-fort ou de leur place; ceux qui pensent parfois à d'autres enfants qu'à leurs enfants, qui sentent, même rarement, même superficiellement, le poids de la souffrance générale, c'est à ceux-là que je m'adresse, en leur rappelant la force immense des convictions partagées, des énergies mises en commun et des élans ingénus vers un idéal unique.
Une conscience toute pure apercevrait en elle-même la Route, la Vérité, la Réalité. Mais il n'y a pas de conscience sans tache sur la terre. C'est pourquoi nous interrogeons les faits, les livres et les hommes.
Or, la science, en tant que constatation des faits, ne peut nous fournir d'autre règle de vie que la loi du plus fort.
La philosophie, en tant que collection d'idées, n'aboutit qu'à la morale humaine du bien effectué par raison. Epictète et Marc-Aurèle, cela engendre l'orgueil, un orgueil très haut, mais très pernicieux, parce qu'il invite à s'isoler de la masse.
La religion restera toujours séparée de la science et de la philosophie, parce que sa racine est ailleurs que dans les faits ou dans l'intelligence. On peut bien bâtir une philosophie scientifique, ou une religion philosophique. C'est bâtir sur le sable; les conclusions de la science ne changent-elles pas tous les vingt ans, et si la philosophie, en soi, répond à un besoin de l'intelligence et affirme la réalité de la pensée, les systèmes philosophiques ne se réfutent-ils pas les uns les autres ? Dans ce chaos d'approximations et de synthèses provisoires, une âme forte, une âme simple, une âme éprise d'absolu retrouvera toujours la déception du vide métaphysique.
De telles âmes portent en secret la certitude de leur immortalité, la certitude de Dieu, la certitude d'un avenir de bonheur et de liberté. Elles refusent de se perdre dans l'indéfini du savoir humain; elles refusent également toutes les petites idolâtries, tous les petits opportunismes, parasites tenaces qui épuiseraient le christianisme si Jésus n'était le Chef du christianisme.
Elles n'admettent pas le protestantisme trop rationaliste de ces pasteurs qui ne croient plus à l'intervention divine. Que vaut une religion sans surnaturel, dans une civilisation qui a reculé si loin les limites du possible naturel ?
Quant aux spiritualistes laïques, comme Tolstoï; quant aux sectes plus ou moins mystérieuses, filles de l'Orient plein de ruses, les " simples " dont je parle n'y aperçoivent que des échafaudages adroits, certes, mais fragiles et dangereux.
Les théologiens affirment que Dieu est démontrable. Sans doute. Mais qu'est-ce qu'une foi basée seulement sur la raison ? Si l'on cherche des motifs de vivre, des forces contre la douleur, des moyens pour faire de soi un chef-d'oeuvre, il faut une vue de Dieu directe, personnelle, jaillie de nos entrailles. Il faut que Dieu nous parle au coeur.
Or, il y a deux coeurs dans notre coeur, deux coeurs et une pensée. Un coeur de Ténèbres, de matière et d'égoïsme : notre Moi; un coeur de Lumière, d'esprit et de charité : notre Ame. La pensée, elle, n'est qu'un miroir; elle reflète les actes du coeur prépondérant.
Dans ce sanctuaire intime, dans ce coeur double qui travaille surtout au-delà de notre conscience s'élaborent nos visions du monde, nos motifs d'agir, et ces buts réels de nos fatigues, dont nos buts apparents ne sont que les étincelles éparpillées.
Dans ce sanctuaire Dieu nous parle; dans ce sanctuaire notre intelligence s'organise; de ce sanctuaire jaillissent les énergies par lesquelles nous venons à bout de l'impossible, nous nous haussons Au de nous-mêmes, nous remportons sur la mort - sur n'importe quelle sorte de mort - une victoire éclatante dans le moment même qu'elle paraît nous écraser.
Le caractère essentiel de l'être humain n'est pas la faculté de connaître, mais la faculté d'aimer. L'Amour agit au fond de nous-mêmes avant l'Intelligence. Pour comprendre quelque chose consciemment, il faut d'abord aimer cette chose inconsciemment. Le chimiste ne découvre rien dans ses cornues, s'il n'a en lui la vocation de la chimie. Et l'ignorant peut, par ses intuitions, dépasser le savant, s'il admire et s'il aime les créatures avec une ferveur plus intense.
Pascal a vigoureusement décrit cette faculté mystique de l'Amour, qui s'ignore soi-même et qui ne devient consciente qu'après avoir traversé le prisme mental.
Tout est Amour dans l'univers. Tout procède de l'Amour; tout retourne à l'Amour, après d'innombrables vicissitudes parmi les royaumes de la Haine. La lutte pour la vie est l'école de l'Amour essentiel. Les êtres passent d'une béatitude antérieure ignorante à une béatitude ultérieure définitive, consciente et omnisciente, par le moyen de travaux multiples dont l'ensemble constitue la vie universelle et les existences particulières.
Ceci a lieu sur ce petit globe terrestre, et aussi-pourquoi pas ? -- sur les millions de planètes dont les astronomes ne sont point encore parvenus à établir le catalogue complet.
Aux positivistes je dirai que l'âme est immortelle, que nos morts sont vivants et tout près de nous. Car il y a d'autres espaces dans l'Univers que l'espace terrestre et d'autres modes d'agrégation des molécules matérielles que ceux de notre physique.
Je leur dirai que Dieu existe comme entité individuelle; qu'Il Se préoccupe non seulement de la direction générale des mondes, mais aussi de notre direction particulière, à chacun; qu'Il peut intervenir dans nos petits malheurs; que le miracle existe; et que si Renan déclare le contraire, c'est qu'il n'a pas voulu se mettre dans les conditions propres à observer ce phénomène.
Je dirai aux catholiques que Dieu ne S'irrite jamais, ne punit jamais, ne condamne jamais définitivement. Quand les hommes s'obstinent dans le mal, Il laisse aller les choses et ce sont les chocs en retour que nous appelons faussement la colère divine.
Je dirai aux catholiques qu'il y a en effet dans la création un enfer et un paradis, comme il y a un nadir et un zénith; l'un et l'autre sont perpétuels; les êtres passent de l'un à l'autre, selon leurs travaux et leurs besoins, mais ils n'y restent jamais perpétuellement. Partout où l'on travaille, où l'on souffre, c'est une forme de l'enfer; partout où l'on se repose, c'est une forme du paradis.
Je leur dirai que ce catholicisme est la plus belle, la plus haute, la plus complète des religions; qu'il les mène certainement à ce Dieu qu'ils adorent, le seul vrai Dieu, le plus trahi de tous les dieux. Je leur demanderai de relire la Passion de Notre Jésus, du Jésus de toute l'humanité; qu'ils regardent où se trouvent aujourd'hui et Ponce-Pilate et Caïphe; et qu'ayant vu, ils se retournent vers le Christ, toujours crucifié, avec une foi plus ardente et un dévouement total.
Je dirai aux rationalistes de l'Église protestante, aux spiritualistes de toute école que ce Jésus est plus qu'un homme, et-plus qu'un dieu; qu'Il Se manifeste sans prendre aucun intermédiaire à quiconque veut bien aller vers Lui par l'accomplissement de Ses préceptes; que leur science ne sera jamais qu'une bribe; que le surnaturel existe, en dehors de tout ce qui reste d'inconnu dans le naturel.
Et à tous je dis ces choses, simplement pour qu'ils les entendent au moins une fois. Car je sais que toute activité est utile, et que tout homme suit en définitive la voie qu'il est capable de suivre, pour le moment. Toutes les voies mènent à la voie étroite de l'Évangile, où marche l'Amour.
Nos travaux, nos fatigues, nos passions, nos désirs, nos haines, nos indifférences sont des écoles de l'Amour. Nous devons apprendre l'Amour : à nous d'abord, à tout ce que nous croyons être notre moi, à tous les êtres autour de nous, au-dessous, au-dessus de nous; c'est le seul but de la vie, c'est le seul pourquoi de la création.
Mais cette attitude mystique doit jaillir spontanément du profond de nous-mêmes; les livres des sages, les exemples des saints ne le font éclore que si nous avons déjà travaillé profondément le sol de notre esprit. C'est une initiation, une régénération, une naissance nouvelle, annonciatrice de cette troisième et définitive naissance, par laquelle on devient enfant de Dieu et l'on possède le Ciel, même au fond de l'Enfer, je veux dire au fond de la douleur.
Or, toute naissance suppose une mort. Notre être, étant composé de bien d'autres choses que d'un corps de matière, peut subir bien d'autres morts que la mort physique. Mais ce ne sont jamais que des douleurs transformatrices et toute agonie appelle une joie et un progrès.
Un changement intellectuel, une crise sentimentale, une vue neuve, cela veut dire la mort de quelque chose dans le psychisme et la naissance de quelque autre chose, jusqu'alors endormie.
Tout désir satisfait amène une désillusion. Si l'homme voulait entrer dans le dessein de Dieu, il entreprendrait les travaux de la vie pour eux-mêmes, pour agrandir cette vie; mais nous ne sommes pas capables d'une telle abnégation dans le devoir; nous ne voulons nous donner de la peine que moyennant un profit personnel. Alors la Nature nous traite en enfants; elle nous montre l'appât des jouissances : l'amour aux passionnés, la richesse aux cupides, la gloire aux ambitieux, la science aux intelligents, la quiétude des petites rentes aux médiocres. Et, pour conquérir ces mirages, toutes les fatigues nous paraissent douces. Mais, à l'heure de la mort, en dépit de notre égoïsme, nous avons tout de même été utiles.
Peu à peu, nous apprenons à travailler, non plus pour nous, mais pour le bien général.
Ainsi la souffrance est vraiment un bienfait. La joie de vivre aussi est un bienfait. Ces deux soeurs viennent tour à tour visiter notre esprit. Elles changent seulement de costumes jusqu'à ce que nous apercevions, derrière elles, leur mère toujours jeune : la Vie. Et notre être total se développe en tous sens, comme un arbre robuste qui résiste aux autans et qui, par ses racines profondes comme par ses rameaux étalés au soleil, extrait de la terre et du ciel le double aliment de sa croissance séculaire.
Les fatigues et les peines et leurs pères, les désirs, ne sont que des entraînements pour un effort définitif, les rejetons d'un désir primordial, perpétuel et permanent. Il faut le savoir et le proclamer : tout être humain porte en son coeur la passion de Dieu; tout être humain doit comprendre la souffrance universelle; tout être humain n'accomplit qu'un seul travail : la conquête de l'Absolu.
Nous autres, les mystiques, nous devons parler de Dieu à tout le monde; nous devons ne jamais contraindre personne; nous devons nous vouer, avant tout, à l'oeuvre fraternelle.
Tout le monde est appelé à devenir un mystique; et ce n'est pas Dieu qui tarde à lancer cet appel, c'est nous qui nous rendons sourds volontairement.
Dieu, certes, pourrait arracher nos mains de dessus nos oreilles; mais Il ne veut de nous qu'un service librement consenti. Il attend. Il a l'éternité pour attendre, au besoin. Nos incartades, de plus en plus graves, finissent fatalement par nous attirer une réaction assez sévère pour nous déconcerter. Dans l'histoire de l'âme la plus criminelle, un malheur surgit toujours, assez soudain, assez douloureux, assez déchirant, pour tout dévaster en elle, pour la rejeter vers le vide primitif, pour que tout croule de ce qui était son orgueil et sa force.
Mais, derrière ces ruines, le réel apparaît. Et ce Réel-là, nous savons d'expérience qu'il est un être, qu'il est ce Jésus, au nom de qui on a semé tant de mensonges. Nous savons qu'Il est le seul véridique, le seul indulgent, le seul parfaitement, immuablement notre Ami.
Cette vision se nomme dans le langage religieux, le repentir; et la qualité du travail qui s'ensuit s'appelle la renonciation.
Les livres des sages sont pleins de sentences sur le renoncement. Mais il y a le renoncement de l'orgueil dédaigneux; il y a l'humble renoncement de l'Amour, qui balbutie dans les larmes et qui se prosterne.
Il se découvre un coeur ignoré qui aurait tant voulu demeurer pur; il s'accuse et il s'abandonne avec courage au Destin justicier. Dès lors sa vie ne sera plus qu'expiation. Depuis les prosaïques travaux de son corps jusqu'aux plus rares efforts de son esprit, il convertira toutes les fatigues en un sacrifice perpétuel. Tel est, en nous, l'enfantement du Divin. La valeur de nos oeuvres s'en trouve accrue jusqu'à l'infini, puisque, par cette volonté constante de saisir Dieu, le disciple Le touche en effet. Il tâche à mettre dans ses oeuvres toutes ses forces et toute son âme, mais
il en abandonne le bénéfice à ses frères autour de lui.
Ce magnifique effort s'accommode de toutes les mentalités, de toutes les positions sociales, de toutes les sortes d'énergies. Il n'exige qu'un coeur ardent et une intention pure. Ainsi, en effet, tout homme chemine vers son Idéal, puisque Dieu est, entre autres choses et d'abord, la totalité des idéals du genre humain.
Toute créature se nourrit de ce que la Nature lui offre d'analogue à elle. Le corps physique se nourrit d'aliments matériels; l'intelligence se nourrit d'idées; l'âme, étincelle du Verbe, ne peut se nourrir que du Verbe.
Le Verbe, c'est la puissance divine descendant chez les créatures et se donnant à elles. Il est le sacrifice innombrable et parfait. Le sacrifice sera donc aussi la nourriture de notre âme. Chaque fois que nous nous serons privés de quelque chose au profit d'un être, notre âme grandira. Accepter, rechercher la dernière place, le mépris, la difficulté, la pauvreté, tout ce que les hommes craignent et fuient, voilà la nourriture spirituelle du disciple de Jésus. Le sacrifice est sa vie; l'Amour en est la flamme. Il donne sans cesse : son argent, son temps, sa science, son habileté, son affection; il offre tout cela à quiconque le lui demande; la sensation même de la présence divine qui le béatifie, il la donnerait pour soulager n'importe lequel de ses frères.
Car, peu à peu, son esprit pénètre dans un monde de gloire où tout respire la paix, l'allégresse et l'harmonie. Peu à peu le Maître du monde devient pour lui un Ami au lieu d'un Seigneur. Peu à peu, la Vie parle directement à sa conscience, cette Vie que ni le savant ni le philosophe ne peuvent saisir. Peu à peu, les forces divines descendent, le miracle devient possible, le mystère se dépouille de ses voiles.
On rencontre, en effet, des hommes que rien ne distingue de la foule; ils ont un métier, une famille comme tout le monde; cependant, lorsqu'on entre dans leur confiance, on les voit accomplir des choses extraordinaires, on leur entend dire des vérités profondes. Mais, faiseurs de miracles ou voyants, ils offrent cette particularité étonnante qu'ils ne semblent pas tenir à leurs privilèges. Et ce détachement, c'est le signe qu'ils appartiennent à Dieu, qu'ils sont dans la Vérité.
Le disciple vrai du Christ n'est donc ni un solitaire, ni un contemplatif; c'est un actif; il doit s montrer entreprenant comme les plus courageux, également impassible dans le succès ou dans l'échec, ouvert à tout, s'intéressant à tout, mais tournant tout dans le sens de Dieu. La forme de son existence, telle que son éducation, ses aptitudes et son milieu la déterminent, reste la même. C'est la qualité de cette existence qu'il transmue, par son zèle, par son amour, embrassant dans une constante étreinte toute la Nature et tout le Ciel.
Pour accomplir une telle mission, il faut que le disciple s'oublie lui-même. qu'il oublie qu'il s'est oublié. Il faut, tout le jour, qu'il sorte de soi, vers ses frères. Il faut, la nuit, qu'il rentre en soi, pour retrouver Dieu et entendre Jésus.
Où puisera-t-il tant de force ?
Dans l'Amour, alimenté du sacrifice. Charité, humilité, prière : voilà la devise du vrai mystique. Là se cachent tous les secrets et tous les dons. Toutes les autres méthodes de culture spirituelle sont factices. Car la vérité, c'est la vie; la vie, c'est l'Amour. Ces serviteurs de Dieu, ces soldats du Christ, ces laboureurs de l'Esprit sont les seuls hommes qui, dès cette terre, peuvent étreindre leur idéal.
Rappelez-vous les émotions les plus exquises, les sensations les plus grandioses, les conceptions les plus vastes que vous ayez pu éprouver ou élaborer. Tout cela n'est plus qu'insipide, banal et mesquin, en face des extases et des illuminations qu'un seul regard du Christ dispense à Ses amis. Conciliez l'immense et l'infinitésimal, rassemblez en votre âme la saveur de la toute-puissance et celle de la toute-tendresse, peut-être obtiendrez-vous une image de l'atmosphère où respire le disciple.
Vous concevrez pourquoi certains hommes semblent immuables parmi les situations les plus diverses; pourquoi ils ne s'étonnent de rien jusqu'à paraître insensibles, tout en ne ménageant aucune peine pour adoucir même la souffrance d'une plante; pourquoi enfin un simple regard, reçu d'eux comme en passant, nous émeut jusqu'au tréfonds.
Ces amateurs d'impossible, s'étant voués à Jésus, assument les martyres toujours recommençant que le monde réserve aux apôtres du divin. Ils sont énigmatiques et ils inspirent confiance.
Ils regardent les choses sous un angle inconnu et leur vision ne leur fournit que des motifs d'indulgence et de pitié. Les autres sont de pierre; eux sont de feu; ils se consument, ils incendient autour d'eux. Ils æ taisent beaucoup, mais leur parole est opérante; ils se cachent pour faire le bien; mais, ayant encore dans les yeux la magnificence de l'Éternité, ils donnent à chaque minute, à chaque être qui passe, sa vraie valeur : une valeur infinie.
Tel est l'état du vrai disciple; tel est le chemin direct pour aller à Dieu; voilà la méthode la plus fructueuse pour aider nos frères.
Il est possible, au sein des pires malheurs, de garder la paix. Il est possible que quelques paroles tombées de notre bouche redonnent le courage au vaincu. Il est possible qu'à notre demande le Ciel distribue la santé. détourne l'accident, attendrisse un coeur endurci. Il est possible que l'Au-delà dévoile ses mystères.
Si vous le voulez, le Christ vous prendra avec Lui; vous consumant aux fatigues de la charité, vous ressusciterez sans cesse par les flammes de la prière. Vous serez dans le Ciel en vivant sur la terre, et vous répandrez autour de vous l'atmosphère du Ciel.
Mais il faut vouloir vous-mêmes. Nul ne peut faire le travail à votre place. Nul ne peut vous apporter l'eau des fontaines éternelles-sauf le Christ en personne.
Cette eau arrive à notre coeur par la conscience et à notre intellect par l'Évangile.
Une patiente et ferme discipline morale clarifie la première et, dans la mesure de cette purification, la lecture de l'Évangile nourrit notre cerveau. L'Évangile contient tout; toute science, divine ou humaine, secrète ou patente, spéculative ou pratique. Les secrets des astres y sont écrits, comme ceux de l'âme humaine; ceux du microbe et ceux du génie; ceux de l'art comme ceux des mathématiques.
L'homme n'a pas besoin d'un autre homme pour se désaltérer à ces sources, car personne n'est aussi proche de Dieu que soi-même. Nul besoin d'intermédiaires, nul besoin d'autre rite que la simple et confiante demande, d'un autre culte que la charité, d'une autre discipline que l'Amour fraternel.
Toutes ces choses sont expérimentables; elles sont certaines. Le devoir de ceux qui les constatent est d'inviter leurs frères aux mêmes essais. Tous les hommes sont conviés au même Banquet. Afin que se réalise, dans la plus large mesure, cet ordre divin qui est en même temps un souhait et une prière; " Comme Je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ".

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

Lire la suite

Le problème du Christ

22 Mars 2013 , Rédigé par Phaneg Publié dans #spiritualité

 

Il existe un problème du Christ : en lui seul, il contient tous les autres ; on peut y trouver une réponse, et dire ce que devient l'Etre en qui s'est résolue cette énigme, la plus importante de toutes.

En réalité, nous ne venons sur terre que pour cela, c'est là le but réel de notre vie, le seul nécessaire. En Jésus, je l'affirme, se trouve la vérité totale, et si quelqu'un accomplit au mieux Ses commandements, Il se fera Lui-même connaître à lui. Nous voyons ainsi que l'énigme du Christ, c'est par Son aide seule que l'on peut la résoudre et qu'alors tous les autres problèmes seront aussi résolus: car, en l'identité vraie du Sauveur se cachent leurs solutions définitives.

En quelques uns de mes lecteurs peut rayonner une foi toute simple et toute pure, Pour eux, je tiens à le dire : le problème du Christ ne se pose pas, puisqu'il est déjà résolu, au moins pour un temps.

Je voudrais surtout m'adresser à ceux qui ont perdu toute foi, rechercher d'abord ce que cela signifie, et voir quelles sont les causes de l'incrédulité religieuse. A mon avis c'est là un phénomène tout naturel de l'évolution humaine. Le désert du doute me paraît indispensable à traverser pour parvenir à l'oasis de la certitude. Il ne faut donc pas vous chagriner outre mesure, mères croyantes, dont le fils se dit, se croit athée ; femmes dont le mari refuse de partager la foi, car cela indique seulement pour eux un changement dans le travail. Un homme n'est pas , en effet, matérialiste parce qu'il le veut, mais parce qu'une loi secrète le force à développer certaines facultés de volonté, de raisonnement, d'adaptation, de réflexion qui autrement resteraient en sommeil ; et puis, le matérialisme porte en lui-même ses germes d'évolution. En général, après cette période, l'être humain en traverse une autre où les lumières brillantes de l'intelligence ne l'intéressent plus ; c'est au-delà de la nature qu'il cherchera sa voie.

Il est alors convaincu que tout est vie, mais il confond la vie, principe créateur, avec la vie sensible ; il est panthéiste. Puis, dès qu'il a fait un pas de plus, il comprend que la source inconnaissable de toute existence est à jamais séparée de ses créations. Elle les pénètre mais n'en est jamais pénétrée.

L'homme est à ce moment spiritualiste, il croit en Dieu, mais ce spiritualisme est encore en partie philosophique. L'évolution continue, et l'être humain deviendra un mystique dès qu'il aura compris le Christ et aura répondu à Son appel séculaire.

Le philosophe Auguste Comte a présenté cette évolution complète, et il est mort mystique , après avoir été athée. Et c'est là une loi générale. Ainsi, la perte de la foi n'est qu'un épisode de notre lente ascension vers la vie.

Quoi qu'il en soit, de même qu'aux confins du désert se dressait autrefois le sphinx terrible et mystérieux, posant au voyageur le célèbre : qui suis-je ? De même à tous les moments de notre route, à n'importe quel détour de notre chemin se dresse la figure de Jésus de Nazareth, posant à tous la même question, mais combien plus centrale, combien plus importante, définitive et absolue ! Combien plus miséricordieuse aussi, car Jésus est patient, et il attend les siècles nécessaires pour que nous entendions sa demande ; sa bonté comprend que nous cherchions, hélas ! partout, la réponse avant de la lui demander à Lui-même. Avant que nous lui disions : Seigneur, toi seul peux me dire qui tu es. Toi seul peux dévoiler pour moi la splendeur unique, et alors je vivrai, moi qui étais mort !

Ainsi, devant le sommeil universel, se pose vraiment la difficile énigme : Qui est Jésus? Nous allons tenter d'examiner les différentes réponses que les hommes font à cette question ; mais auparavant, je ne crois pas inutile de dire quelques mots sur ce qu'est un monde, notre terre en particulier, ce que furent pour elle le Christianisme et les Chrétiens.

Toutes les Ecoles ont examiné d'innombrables explications du problème de la Création. Tour à tour le matérialisme, le panthéisme, le spiritualisme philosophique, ont tenté de percer cette obscurité et il faut bien le dire : tous ont échoué. Si haut que soit parvenue l'intelligence humaine, elle doit s'avouer battue devant l'éternité de la matière comme devant l'éternité de l'Esprit.

Il est à mon sens bien préférable de revenir à l'Evangile et de rechercher plutôt quelques indices en nous-mêmes, à la lumière de l'amour et de l'humilité vraie. Pour l'humble foi, donc, la Création est une pensée de Dieu, pensée incessante, sans commencement ni fin comme l'homme ne peut être sans pensée; ainsi ou Dieu n'est pas ; ou, ainsi que le dit Jésus " Il agit continuellement " et de sa vie inaccessible et inconnaissable s'échappent, sans jamais la diminuer, des rayons de vie qui sont les créations.

En principe, la force créatrice, à laquelle on a donné le nom de Dieu, contient donc en germe les univers, comme le gland contient le chêne. Ainsi notre terre est formée, et les différentes vagues de la vie l'ont pénétrée tour à tour ; puis, le moment venu, notre monde fut lentement préparé par toute une floraison de sauveurs, de messies, à la venue de la Vie totale. Le Verbe, ainsi que le dit saint Paul, réunit hors le temps et l'espace, autour de lui, les esprits des créatures qui l'accompagnent dans sa mission.

La Vierge céleste prépare le corps où elle s'incarnera, le précurseur, les apôtres sont choisis, ainsi que toutes les créatures minérales, végétales, animales qui auront un rôle à jouer autour du Christ. Mais les ténèbres ont aussi été créées et ont refusé la lumière ; c'est du reste leur but, et de même la Terre se prépare tout de suite à repousser cette invasion céleste qu'elle pressent. Son esprit recherche l'alliance de l'être que l'Evangile appelle " le Prince de ce monde " et leurs efforts réunis n'ont pas encore cessé.

Ainsi le Christianisme, débarrassé de toute conception philosophique ou théologique, nous apparaît comme la manifestation totale, la pénétration complète de la vie créatrice sur notre monde (qui n'en voulut pas).

Telle est la cause réelle des luttes séculaires entre la vérité et l'erreur, entre le bien et le mal, entre l'esprit et la matière, et nous pouvons déjà entrevoir dans cette simple explication de la foi, les premières lueurs bien confuses encore, de la lumière définitive où resplendira pour nous l'identité réelle du Christ Jésus.

*
* *

Quelles sont donc les différentes opinions qui existent sur le Christ ? parmi ceux du moins qui veulent bien penser parfois à Lui et tenter de le comprendre.

Ils sont du reste relativement peu nombreux ceux qui se préoccupent de la question ! On est malheureusement obligé de constater que, de nos jours - comme au temps où le Christ passait avec Ses disciples pauvrement vêtus dans les voies de Jérusalem ou sur les routes de Judée - la grande majorité des savants, des riches, des assouvis et aussi ceux qui plient sous le poids de la douleur a oublié Celui qui seul pouvait les rendre heureux !

Bien rares sont ceux qui pensent à Lui et veulent Le connaître. Bien rares ceux qui prennent le temps de diriger vers Lui l'appel secret de leur coeur! Tous vont à leur travail, à leurs pauvres joies si fragiles, tous se révoltent sans penser à Celui qui sauve, guérit et console ; ils L'ont oublié.

Et puis viennent ceux qui se souviennent de Lui pour le haïr; ceux que Son existence gêne sans doute, puisque ces chefs d'écoles sont arrivés à prétendre que le Christ n'a jamais existé. Enfin ceux qui se servent de Lui comme d'un drapeau.

Chose curieuse, ceux-là, les magnétiseurs, les spirites, les occultistes, etc., tous Le placent au plus haut degré. Ils se sont souvenus de cette blanche figure qu'on avait montrée à beaucoup d'entre eux, quand ils étaient tout petits, mais ils ne voient en Jésus qu'un homme. Si nous continuons notre enquête, nous verrons que, s'approchant peu à peu de la vérité, quelques philosophes arrivent à la conception du " Christ archange solaire ", comme si Jésus n'était pas immensément au-dessus de tous les archanges et de tous les soleils ! Il y a, disent-ils, deux Christ : celui qui est dans le Ciel et celui qui a fondé la religion chrétienne sur la terre. Pour certains, enfin, et même parmi les théologiens, Jésus a été un homme en qui s'est manifestée au maximum la puissance de Dieu.

Nous arrivons enfin à la vérité : Jésus, Dieu et homme à la fois, Jésus Fils unique du Père... Amour, vie totale créatrice, Dieu tout entier, manifesté clairement parmi nous. C'est ce que Jean exprime dans sa première lettre en disant : " La VIE s'est manifestée, nous l'avons vue ; nous en rendons témoignage ! Nous vous annonçons cette Vie Eternelle qui était avec le Père et qui nous a été manifestée ".

Pour toute création quelle qu'elle soit, se produit cette pénétration totale et complète de la vie, qui seule peut conduire une créature à sa perfection. Qu'il s'agisse donc d'un minéral, d'un végétal, d'un animal, d'un homme, d'un ange ou d'un monde comme le nôtre, la loi est la même et tout être ne peut atteindre son but ultime tant qu'il n'a pas reçu et consenti à recevoir le rayon du Verbe qui lui est destiné.

Alors dès qu'un homme, par exemple, a obtenu du Christ le don merveilleux de connaître Son identité véritable, tout change pour lui. L'Evangile, au lieu de lui présenter un code quelconque de morale, devient le livre unique qui dévoile peu à peu ses mystères, à l'amour, à l'action. Les paroles du Christ - si obscures s'Il n'est qu'un homme - s'éclairent et deviennent nos guides infaillibles, vers la Vie, s'Il est le Père Lui-même tout entier manifesté, mais non compréhensible bien entendu.

Il est dès lors évident que le Verbe seul peut se révéler à nous progressivement et donner cette Lumière, non seulement à notre coeur, en qui se cache une parcelle de la vie éternelle, mais à notre cerveau tyrannique ; Lui seul est capable de nous faire comprendre cette union parfaite de la vie infinie et de l'humanité la plus pure ; cette limitation de la vie sans limite, et cette pénétration de l'absolu dans le relatif, Jésus, notre maître, a enfin seul le pouvoir de purifier tellement notre raison qu'elle parvienne sans preuves à la certitude de Sa Divinité.

Nous pouvons cependant l'aider en contemplant trois particularités de Sa vie sur la terre : Sa Naissance, Sa Mort réelle, Sa Résurrection. Oui, le Christ a voulu naître en suivant en apparence les lois terrestres, mais Sa naissance fut entièrement surnaturelle ; Il a voulu permettre à la mort, Sa créature, de prendre Son corps humain. Il a voulu la combattre et Il l'a vaincue. Il a repris cet organisme entièrement détruit et nul autre messie n'a fait cela. Enfin Sa Résurrection fut réelle et totale, Ses apparitions ne furent pas opérées à l'aide d'un corps fluidique quelconque, mais Il fut, jusqu'à Son départ, exactement le même qu'avant le Calvaire et pendant Sa mission.

Eh bien, quand vous saurez avec une certitude inébranlable que ces trois affirmations sont véridiques ; quand vous saurez cela par vous-mêmes, après avoir souffert, cherché et trouvé; quand Jésus vous apparaîtra en Sa décisive et définitive identité (non, bien entendu dans Sa splendeur totale qu'aucun de nous ne pourrait contempler sans mourir), mais lorsque Sa divinité vous semblera démontrée, le problème que j'ai voulu seulement signaler sera résolu en vos coeurs; vous serez alors changés. En vous 1'esprit dominera la matière et vous serez chrétiens.

Je prie ceux qui ne peuvent encore croire en Jésus, Dieu et homme, de Le considérer au moins comme leur ami. Qu'ils aiment Sa doctrine si pure ; qu'ils ne se rebutent pas de ses obscurités ; qu'ils voient enfin en Jésus-Christ Celui qui a donné Sa vie pour tous les hommes.

Quant à vous, chrétiens vrais, en qui s'est déjà accompli l'ineffable mystère, vous à qui Jésus a répondu Lui-même à la question qu'Il pose à tous, vous n'avez plus qu'à comprendre un peu plus chaque jour les profondeurs sublimes de l'Evangile et les réaliser dans votre vie ; vous n'avez plus qu'à rendre éternelles, par l'action, les vraies lumières reçues en vos demeures secrètes.

Dès ce moment le Christ est votre guide, votre ami, votre maître. Suivez-Le, Aimez-Le. Il vous revêtira un jour de la robe lumineuse qui vous permettra l'entrée dans le Royaume de Son Père.

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>