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spiritualite

Les couleurs des Sephiroth

25 Mai 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Par Spartakus FreeMann

 

« Rabbi Siméon se trouvait un jour en compagnie de Rabbi Éléazar, son fils, et de Rabbi Abba. Rabbi Eléazar dit à son père : Pourquoi l’Écriture dit-elle : « J’ai apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob sous le nom de El Shaddaï au lieu de : « J’ai parlé à Abraham, etc. ». (Exode6:3) ? Rabbi Siméon lui répondit : Eléazar, mon fils, ces paroles cachent un mystère suprême. Remarquez qu’il y a des couleurs visibles et des couleurs imperceptibles ; les unes et les autres sont l’emblème du mystère suprême de la Foi, alors que les hommes ne le savent ni ne l’examinent. Si les hommes ont été juges dignes d’apercevoir les couleurs visibles, c’est grâce aux patriarches.

C’est pourquoi l’Écriture dit : « … Je suis apparu à Abraham, etc. », ce qui veut dire : Dieu daigna leur montrer le degré céleste désigné sous le nom de Shaddaï ; mais nul homme, excepté Moise, n’a jamais pu parvenir à contempler les couleurs imperceptibles. C’est pourquoi l’Écriture dit : « … Mais je ne me suis point fait connaître à eux sous le nom de Yhwh » » - Zohar II, 23a-23b.

Par ce passage, nous apprenons l’importance des couleurs en tant que symboles des Sephiroth. Cette connaissance ésotérique des couleurs, connue autrefois des seuls kabbalistes, est assez ancienne.

Le Zohar assigne une couleur spécifique à chacune des Sephiroth : le blanc à Hokhmah ; le rouge à Binah ; le vert à Tiphereth et le noir à Malkhuth. Ce système de couleur est mis en parallèle avec celui des 4 Mondes qui se voient également attribués une couleur. Le monde d’Atziluth est associé au blanc ; le monde de Briah au rouge ; le monde de Yetsirah au vert et le monde d’Assyah au noir. Cependant, comme nous allons le voir, ces attributions varient selon les kabbalistes et les systèmes.

Les couleurs que l’on trouve couramment dans le Zohar sont celles de Hessed, Guebourah et Tiphereth. Les couleurs des Sephiroth sont bien plus que des symboles, elles assument le rôle de portes du Divin et établissent un lien avec le Divin. On peut trouver une excellente présentation de l’usage kabbalistique des couleurs dans le livre d’Aryeh KaplanMéditation and Kabbalah. Il y écrit (page 179) :

« Bien que l’on puisse simplement méditer sur les Noms tels qu’ils sont écrits dans un livre, cette technique est nettement améliorée quand les couleurs sont employées. Lorsque chaque Nom est coloré avec une nuance appropriée à la Sephirah, on peut s’attacher d’autant plus intimement à la Sephirah. Le système des couleurs est longuement exposé par Rabbi Joseph Tzayach, et par le Ramak (Moïse Cordovero) qui était apparemment conscient de ces écrits. Mais, tandis que Tzayach ne fait aucune tentative pour lier son système à celui du Zohar, le Ramak montre que les deux appartiennent à une tradition identique ».

En citant l’ouvrage de Cordovero, Pardès Rimonim, La neuvième Porte, Kaplan énumère les Sephiroth et leurs couleurs comme suit : Kether (Couronne) – blanc invisible ; Hokhmah (Sagesse) – une couleur qui inclut toutes couleurs ; Binah (Compréhension) – jaune et vert ; Hessed (Bonté) – blanc et argent ; Guebourah (Force) – rouge et or ; Tiphereth (Beauté) – jaune et violette ; Netzach (Victoire) – rose clair ; Hod (Splendeur) – rose sombre ; Yessod (Fondation) – orange ; Malkhuth (Royaume) – bleu.

« Dans de nombreux textes kabbalistiques, ainsi que dans le Zohar, nous trouvons différentes couleurs associées aux Sephiroth. On doit être très attentif et ne pas se figurer que ceci est à prendre au sens littéral. La couleur est quelque chose de physique, décrivant le monde physique, et les Sephiroth, qui sont spirituelles ne doivent pas être décrites avec des propriétés physiques. Si une personne pense que celles-ci sont véritablement les couleurs des Sephiroth, elle détruit le système entier et outrepasse les limites fixées par les anciens. Celui qui creuse dans ceci doit par conséquent être très prudent et ne pas supposer que quelque chose de physique est impliqué.

Mais effectivement, ces couleurs font allusion aux perceptions reçues depuis les plus hautes Sources. Ainsi, par exemple, Guebourah (Rigueur) est responsable de la victoire dans une guerre. La guerre implique l’effusion de sang, or le sang est rouge, il s’associe parfaitement à la couleur rouge de cette Sephirah. La couleur rouge exprime également la haine, la colère et la rage. Ceci est évident. Nous attribuons par conséquent la couleur rouge pour le Jugement. En outre, tout ce qui est rouge est tiré de la puissance de cette Racine. Ceci a été examiné en détail dans la « Porte d’Essence et Fonction ». De même, la couleur blanche indique la pitié et la paix. Ceci parce que les gens avec des cheveux blancs sont habituellement miséricordieux. Par exemple, les anciens et les âgés ne combattent généralement pas dans les armées. Donc, si vous souhaitez représenter la paix et la Sephirah Hessed, vous devez vous la représenter avec la couleur blanche. Il n’est pas à douter que les choses qui sont blanches émanent du pouvoir de cette Racine. Mais tout cela a déjà été expliqué dans le Portail mentionné plus haut. Ceci, est alors l’interprétation adéquate de la relation entre les couleurs et les Sephiroth. Les couleurs sont utilisées sous forme d’allégories et font allusion à leurs fonctions et ce qui en résulte.

Les Sephiroth n’existent pas dans un espace donné, par conséquent il est impossible de les différencier excepté à travers l’allégorie. Ceci peut être fait seulement quand nous utilisons des couleurs dont l’allégorie représente les Sephiroth. Nous pouvons concevoir ainsi les Sephiroth comme étant différenciées, en élévation ou en croissance, d’après la relation existant entre une couleur et une autre. Les dynamiques des Sephiroth peuvent être imaginées entièrement à travers l’interaction des couleurs. Tout ceci est pour « faciliter l’oreille physique », en permettant l’expression verbale de ces concepts. Il est certain que les couleurs peuvent servir alors de support aux animations des Sephiroth. Elles sont aussi utiles pour transmettre l’influx d’une Sephirah donnée. Ainsi, si vous souhaitez transmettre l’influx de clémence de la Sephirah Hessed, méditez sur la couleur associée avec cette Sephirah. Représentez la couleur de l’attribut que vous désirez. Si vous souhaitez la clémence pure, alors cette couleur sera d’un blanc pur. Si votre demande implique un petit degré de clémence, représentez une blancheur plus douce, comme celle du « mortier du Temple ».

Si un individu souhaite accomplir quelque chose à travers l’influx du Jugement, il doit faire usage d’un vêtement de cérémonie rouge. Il méditera ensuite sur le Tétragramme, représenté dans des lettres rouges. De même, dans une activité orientée vers la Clémence, et désirant diffuser la puissance de Hessed, il doit porter des vêtements de cérémonie blancs. Ceci est clairement montré chez les Cohanim (prêtres). Leur fonction était de diffuser l’influx à partir du côté de la Hessed. Ils portaient donc des vêtements de cérémonie blancs, qui indiquent la paix. Au Yom Kippour (le Jour d’Expiation), le Grand-Prêtre retirait également ses vêtements sacerdotaux d’ors et portait du blanc. Le service entier de ce jour était exécuté dans des vêtements de cérémonies blancs, et la raison donnée à cela est qu’« un accusateur ne devient pas un défenseur », puisque l’or indique le Jugement. La blancheur, cependant indique la pitié que le Grand-Prêtre recherchait.

Le même principe est vrai pour les amulettes. Quand on fait une amulette (Qaméâ) pour transmettre le flux de Hessed, il faut dessiner le Nom nécessaire en lettres blanches lumineuses. Ceci accroît l’efficacité du Nom. De même, quand on recherche le Jugement, il faut dessiner le Nom associé avec le Jugement en rouge. Le sang de chèvre est souvent utilisé dans ce but, puisqu’il fait allusion au Jugement, à la fois par sa couleur et sa source. Ces choses sont bien connues et sont évidentes chez ceux qui écrivent des amulettes, même si nous n’avons pas de penchant pour ces pratiques. Il est donc connu que quand les Noms sont dessinés sur des amulettes, ceux qui impliquent le Jugement sont dessinés en rouge, ceux qui impliquent l’Amour, en blanc, et ceux qui concernent la Pitié en vert. Cela est entièrement connu grâce aux Maguidim, qui ont appris les méthodes d’écriture des amulettes.

Tout ceci apprend que les couleurs peuvent servir comme un canal pour les forces qui sont transmises à partir du haut. C’est aussi à mettre en parallèle aux rites de certains idolâtres. Quand ils offrent l’encens, ils savent influencer la puissance d’un signe particulier du Zodiaque. En pratiquant ces rites, ils useraient de vêtements de cérémonie dont la couleur est associée avec leurs actes. Il est évident que cette façon de faire peut être retrouvée dans le pectoral du Grand-Prêtre. Celui-ci contenait douze pierres précieuses, chacune avait une couleur différente, en allusion à la transmission de l’influx de la source spirituelle de chacune des Douze Tribus. Ne refusez pas ce concept. Les alchimistes apprennent que, quand une personne regarde de l’eau courante, la Bile Blanche (ou l’Humeur Blanche) est éveillée en elle. Donc, quand quelqu’un a de l’insomnie et ne peut pas dormir, ils placent des tuyaux avec de l’eau courante devant lui afin de, stimuler la Bile Blanche. Ceci accroît l’humidité dans son corps, et il est capable de dormir. La même chose est vraie dans notre cas. Quand un initié effectue un vol avec son esprit, il constate que ceci est inestimable. Les couleurs qui sont visibles à l’œil, ou qui sont représentées en esprit, peuvent avoir un effet sur le spirituel, quoique les couleurs elles-mêmes soient physiques. » (Moïse Cordovero, Pardès Rimonim, « porte des couleurs », traduction Virya).

Cependant, dans son Ohr Ne’erav, Cordovero donne une autre attribution aux couleurs :

Kether – Blanc/Noir

Hokhmah – Bleu

Binah – Vert

Hessed – Blanc

Guebourah – Rouge

Tiphereth – Blanc

Netzach – Rouge

Hod – Vert

Yessod – Blanc

Malkhuth – Blanc

On peut aussi utiliser les couleurs associées aux Sephiroth dans la méditation quotidienne car chaque Sephirah gouverne un jour de la semaine. Dimanche : Hessed ; Lundi : Guebourah ; Mardi : Tiphereth ; Mercredi : Netzach ; Jeudi : Hod ; Vendredi : Yessod ; et Samedi : Malkhuth.

Ainsi, on peut visualiser les couleurs pendant la méditation afin de renforcer le réalisme des visions.

Outre les couleurs, nous trouvons dans les Portes de la Kavanah d’Azriel de Gérone, une description des huit qualités de la lumière. À titre d’exemple, voici celle de la Couronne :

« Au-dessus est la Couronne. C’est la lumière qui couronne les désirs de l’esprit et qui illumine les sentiers de l’imagination, renforçant la radiance (zohar) de la vision. Cette lumière n’a pas de fin. De la Gloire (kavod) de sa perfection proviennent le désir, la bénédiction, la vie (Haïm) et tout ce qui est bon (tov) à ceux qui gardent le chemin de son unification ».

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Les Portes de la Kavanah et les Lumières selon Azriel de Gérone (Meditation and Kabbalah pp. 119-122, Aryeh Kaplan) :

« Quiconque fixe une chose dans son esprit avec une totale fermeté, cette chose devient alors pour lui la chose primordiale. Ainsi, lorsque vous priez et récitez des bénédictions ou lorsque vous désirez diriger la kavanah sur une chose en particulier, imaginez que vous êtes de la lumière et que tout ce qui vous entoure est de la lumière et qu’au milieu de la lumière est un rayon de lumière et au-dessus de lui une lumière brillante, et à son opposé, un trône, et sur lui est une bonne lumière… Tournez-vous vers la droite et vous trouverez là une lumière pure, et à votre gauche une aura, lumière de gloire, et autour d’elle la lumière de la vie. Et au-dessus sont les chemins des idées, et la brillance de la splendeur des visions. Et cette illumination est inépuisable et sans fin » (Idel citant Scholem The Concept of Kavanah, Noah J. Jacobs, pp. 172-173).

Rabbi Joseph Tzayach se voué à la compréhension des techniques de l’ascension des Sephiroth par la connaissance des couleurs qui leurs sont associées et que l’on peut voir dans le tableau ci-dessous. En résumé, l’approche consiste à méditer sur une couleur déterminée ou de porter des vêtements de cette couleur lors de la méditation sur une Sephirah afin d’en manifester les qualités. Ainsi, l’on porte du blanc afin d’attirer à soi la miséricorde de Hessed, le rouge apporte le jugement de Guebourah etc.

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La lumière de Kether est appelée « lumière invisible aveuglante » car aucun objet ne peut être perçu dans ce lieu. Elle est invisible car on ne peut la voir.

La couleur de Hokhmah comprend toutes les couleurs car la sagesse contient toutes les connaissances dont elle est la synthèse. Le jaune est associé avec l’illumination et le vert avec la fertilité et ensemble, ces deux couleurs représentent l’intelligence de Binah et sa fertilité en tant que mère du Partzuf. Le blanc et l’argent sont les couleurs traditionnellement associées à la gentillesse. Le rouge et l’or sont associés au jugement. La Sephirah Tiphereth illumine la vérité, le jaune, et contient les mystères de la Torah, le violet.

Le rose pâle et le rose foncé sont les couleurs de Netzach et de Hod associées respectivement à la paupière supérieure et à la paupière inférieure qui symbolisent le don de prophétie, c’est-à-dire la lumière du soleil passant au travers des yeux clos. L’orange de Yessod est la couleur de la bonté qui est basée sur la discipline de Guebourah, rouge, avec l’illumination de Tiphereth, le jaune, et la prophétie de Netzach et de Hod combinée, le rose. Ces couleurs combinées donnent l’orange.

La royauté est bleue, d’un bleu royal. Le bleu est également le commencement car c’est la couleur du ciel. Malkhuth est la première Sephirah dans laquelle on pénètre lors de son élévation vers les cieux.

Méditations sur les Sephiroth selon la Porte du Tétragramme de Cordovero :

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Spartakus FreeMann, février 2009 e.v.

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Sacrifice de la volonté et simplicité de coeur chez Willermoz

24 Mai 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

N’êtes vous point encore  sous le joug de quelconque penchant  désordonné, de quelques préjugés, ou de quelques opinions discordantes que l’habitude ou le respect humain vous empêchent d’oser réformer ? La soumission de la volonté de l’homme à la volonté de Dieu est sans cesse aussi recommandée au Maçon qu’au Chrétien, lui avez-vous fait sincèrement l’abandon et l’entier sacrifice de la vôtre, et sans cet abandon pouvez-vous raisonnablement en attendre les fruits ? Etes-vous parvenu à cet état de simplicité de coeur et de l’esprit si louée dans les saints évangiles chez les enfants cités pour modèles dont le coeur n’est pas encore ouvert à l’influence du savoir et se recommande aux autres ? C’est cependant à ceux qui leur ressemblent, à ceux là seuls que la lumière est promise. Enfin sachant que toute vraie lumière vient d’en haut, avez vous contracté l’heureuse habitude de la demander en toute occasion importante à celui qui peut seul vous la donner ?

 

source : http://blog.avallesancta.com/

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Danse et initiation

19 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

La danse dit Xénophon n'est pas de ces sujets faciles et accessibles à tous, elle touche aux régions les plus élevées de toutes sciences rythmiques, géométrie, philosophie surtout, physique et morale puisqu'elle traduit les caractères et les passions. Elle est encore moins étrangère à la peinture et à la plastique : les actes de l'homme intéressent parfois le corps, parfois l'intelligence, tandis que la danse occupe l'un et l'autre : elle affine l'esprit, exerce les membres, instruit et charme les yeux, l'oreille et l'âme ...»

Cette difficulté qu'évoque le philosophe grec m'est apparue comme une vibrante réalité dans l'étude de ce sujet. En effet, sa complexité, due à la multiplicité de ses manifestations s'étendant sur plusieurs millénaires, diverses ethnies et civilisations, la grande diversité de ses implantations géographiques ainsi que la richesse de ses traditions offrent à notre investigation, notre réflexion et nos méditations, une immensité et une plénitude digne des plus grandes oeuvres de l'humanité.

La Mythologie nous rapporte que Terpsichore entraînait le cortège des Muses ... Cette vision poétique nous suggère, peut-être, une reconnaissance de l'antériorité de la danse par rapport aux autres formes d'expression de l'Art, son universalité et, pourquoi pas, sa supériorité ! ... Cette conception confirmerait la thèse de tous les grands spécialistes : ethnologues, archéologues ou historiens de l'Antiquité, scientifiques, chercheurs et exégètes des textes anciens, qui affirment que les origines de la danse remontent aux sources les plus anciennes.

«Avec la création de l'Univers, disait le poète Lucien, naquit à son tour la danse qui symbolise l'union des éléments : la ronde des étoiles, les constellations des planètes reliées aux autres astres fixes, l'ordre et l'harmonie de tous les éléments, reflètent la danse originelle du temps de la création». On trouve les traces de la danse dès les premiers âges de l'Histoire, et, bien sûr, de la Préhistoire, mais ici n'est pas le propos d'entrer dans le détail de tous les vestiges qui témoignent de son existence, de sa pratique et de sa pérennité.

La constante préoccupation de l'homme a toujours été de concilier la faveur des forces mystérieuses dont il soupçonnait le pouvoir dans l'au-delà avec la réalité concrète. Il se rendit bien vite à l'évidence qu'il était soumis à des forces supérieures à la sienne et indépendantes de sa volonté : le soleil l'éclairait, le chauffait, le feu le brûlait, le tonnerre l'effrayait, l'eau le suffoquait, etc ... Tous ces éléments exerçant sur lui une action puissante et irrésistible. Et nous trouvons là, les premiers gestes instinctifs, essentiels et primordiaux de la vie courante. Le geste, langage muet, inscrit dans l'espace, étant l'une des premières manifestations de l'homme, où se termine le geste et où commence la danse ?

Je pense que la danse née de l'élan naturel, instinctif et raisonné d'exprimer les divers sentiments et sensations de l'homme, commence réellement à partir du moment où le geste est ordonné : elle est donc, au départ, une manifestation de la volonté, elle nécessite, par conséquent, une participation de l'Esprit.«Un mouvement du corps est donc une conséquence d'un mouvement de l'Ame».

C'est l'esprit qui commande la matière. Platon disait à peu près la même chose : «Le mouvement est l'essence et l'idée même de l'Ame».

La danse, expression individuelle ou collective d'un état affectif, se manifeste par des gestes du corps ordonnés, unissant le son, le rythme, et le mouvement. Elle s'exprime dans le désir instinctif de libérer les tensions psychologiques dans le jeu des jambes qui produit les mouvements rythmiques, dans les battements de mains, les claquements de cuisses et les piétinements ; aux premiers âges de la danse, le corps humain était lui-même l'instrument de production des sons.

Tout, pour ces hommes, était occasion de danser : Joie, chagrin, amour, terreur, aube, mort, naissance, etc ... le mouvement de la danse leur apportait un approfondissement d'expérience. Dans cette danse, l'imitation des sons et des mouvements observés autour d'eux, et, notamment, l'expression involontaire du mouvement par le son et le geste, précédait toute combinaison consciente et articulée de son et de danse.

Avant que la danse ne s'épanouisse en un rite religieux délibéré, elle est une libération rythmique d'énergie, un acte d'extase, mais aussi, le moyen naturel pour l'homme de se mettre au diapason des puissances du Cosmos. Ce n'est que très progressivement, sous l'influence des cultes officiels, que la danse, d'abord expression spontanée du mouvement, se transformera en un système fixe de pas et d'attitudes. Et, pourtant, sous quelque forme qu'elle se présente, le but de la danse est toujours d'approcher la divinité.

En tant qu'acte de sacrifice, par quoi l'homme s'en remet à Dieu, la danse est abandon total de soi. Ainsi le corps, à travers tout l'éventail de ses expériences, est l'instrument de la puissance transcendante ; et cette puissance, la danse la saisit directement, instantanément et sans intermédiaire.

Le corps est ressenti, dans sa dimension spirituelle, comme le canal par où s'opère la descente du Tout-Puissant. L'émancipation de l'homme par rapport à son Dieu s'opère par l'imitation de celui-ci : «L'homme, s'identifiant aux Dieux devient à son tour Créateur ...»

LE SYMBOLISME DU CORPS HUMAIN

La danse est chose sérieuse, et, par certains aspects, chose très vénérable, selon Paul Valéry. Toute époque qui a compris le corps humain ou qui a éprouvé, du moins, le sentiment du mystère de cette organisation, de ses ressources, de ses limites, des combinaisons d'énergie et de sensibilité qu'il contient, a cultivé, vénéré la danse. C'est pourquoi il ne serait pas concevable d'évoquer quelque geste qui soit, sans approfondir le symbolisme de l'organisme dont il est l'émanation : Le corps Humain dans sa dualité : matière-Esprit.

Et là, nous sommes encore dans le domaine du concret et du plus mystérieux à la fois, du plus lié dans une fondamentale unité ; ce merveilleux instrument, certainement la plus belle création du Grand Architecte de l'Univers, autour duquel gravitent tous les efforts de pensée des savants, des philosophes et des théologiens depuis toujours, pour tenter d'en percer le mystère.

Le corps humain, disait Léonard de Vinci, comme tous ceux qui ne se bornent pas à ne considérer que l'extérieur des choses, est construit aussi rythmiquement que l'est un monde ... Ceci est d'autant plus vrai que le rythme est dans tous les mouvements. Lamennais, dans son livre sur «L'Art et le Beau», affirme que la danse est le mouvement rythmique du corps ; Lamartine parlait d'harmonie. « A travers le rythme, il y a le nombre, qui est l'expression intérieure du rythme et c'est justement parce que le rythme est partie intégrante de la création et lui a donné sa formule au sortir des mains de celui qui est, lui-même, le Nombre et l'Harmonie, que tous les Grands Initiés, et plus particulièrement Pythagore, ont étudié dans le Nombre tous les secrets du Monde, aussi bien intérieur qu'extérieur ».

Parmi les nombreuses interprétations symboliques du corps humain, il est certain que le dessin de l'Arbre des Séphiroths est celui qui nous révèle le mieux la structure spirituellement la plus élevée de l'être humain, chaque partie du corps correspondant aux dix énergies divines qui nous sont révélées par le livre du Zohar. Devant une voie aussi difficile, je me contenterai simplement d'évoquer les grandes lignes du schéma traditionnel que l'on retrouve un peu partout, à savoir : la verticalité et l'horizontalité, ces deux oppositions complémentaires.

L'axe vertical est la voie par où monte et descend la puissance transcendante, l'axe horizontal représente les forces créées à travers lesquelles elle se manifeste. C'est la croix statique, point d'interaction du microcosme et du macrocosme. L'anatomie humaine, avec sa sextuple orientation dans l'espace, possède en son centre, un septième point situé à l'intersection des deux axes : c'est la «caverne du cœur».

La subdivision de cette croix statique produit la croix dynamique, ou roue du mouvement, qui symbolise le pouvoir que possède l'homme de s'orienter et de se mouvoir dans l'espace, le mouvement cyclique étant rendu possible par l'interaction des contraires.

L'homme, étant appelé à s'insérer et à agir dans les dimensions de l'espace et du temps, a de nombreuses combinaisons possibles dans les positions du pied, du bras, de la tête et du corps, à l'intérieur de ses coordonnées spatiales. Cependant, malgré la multitude des potentialités, il s'avère que le nombre de figures utilisées depuis le début de l'humanité, est relativement restreint. En effet, en étudiant l'évolution de la danse et de son esthétique à travers les âges, j'ai remarqué, entre autres exemples, une analogie incroyable entre deux documents distants de plusieurs millénaires : Ci-dessous, une fresque égyptienne de la Sixième Dynastie (vers 2 400 ans avant J.-Christ), représentant une danse extatique en l'honneur de la déesse Hathor, et, le croirait-on, un tableau de Seurat du début de notre siècle, illustrant des danseuses de Cancan ! ...( L'attitude de leur lancer de jambe, pratiquement identique ayant pourtant une signification et une connotation diamétralement opposée : la première étant une représentation rituelle et sacrée les ethnologues assurent que le lancer de jambe en l'air est l'antique figure d'un rite de fertilité accompli par les femmes et qu'ont pratiqué maintes races), la seconde, totalement profane, émanation d'une source de plaisir. Ceci prouve que l'usage, en réalité, n'a retenu qu'un petit nombre de figures, parmi toutes celles proposées. L'on pourrait aussi comparer un piétinement pesant et obstiné de certaines danses Primitives à la démarche des danses d'Asie, d'un sourcil mobile à une hanche flexible, d'une main éloquente à un orteil nu, chaque partie du corps est vivante ...

LES PREMIERS GESTES ET PAS : DÉPLACEMENT-GIRATION-SALTATION LA MARCHE EN ROND (SYMBOLE DU CERCLE)

Une des particularités de l'homme, par rapport à l'espèce animale, réside en sa verticalité. Ses premières aspirations dans le domaine du mouvement, furent le déplacement, la saltation et la giration. Le principe essentiel du déplacement est contenu dans la marche : nous la retrouvons partout et à toutes les époques et civilisations qu'elles soient primitives ou évoluées, profanes ou rituelles.

Huit mille ans avant J.-C., une scène gravée dans la grotte d'Addaura, près de Palerme, représente la plus ancienne figuration de danse en groupe : La marche de sept personnages autour de deux centraux, formait une ronde allant de la gauche vers la droite comme celle des astres : le Soleil et la Lune. Faut-il y voir une danse cosmique ? C'est, en tous cas, une préfiguration de celle qu'exécutaient les prêtres en Egypte, quatre millénaires plus tard. «Au moment où la nuit commençait à pâlir et que s'éteignaient les astres dont la danse céleste était l'image même de la nature, à l'aube, les Prêtres rangés autour de l'Autel, dansaient majestueusement, et leur ronde simulait le Cercle du Zodiaque. «Alors commençait la danse de l'Etoile du matin, et ce ballet symbolique, contemporain de la naissance de l'astronomie, enseignait aux enfants de l'homme, par le mouvement figuré des planètes, les lois qui régissent le cycle harmonieux des jours et des saisons» ...

Cette danse astronomique, faisant partie de l'initiation aux Mystères d'Isis, n'était pas la seule pratiquée par les Egyptiens : les prêtres de Memphis et de Thèbes dansaient aussi autour du Boeuf Apis. L'on trouve bien d'autres manifestations de danse en cercle, à des époques bien différentes. Citons, par exemple : la danse Mystique des Druides, qu'ils interprétaient en nombre impair, glorifiant les astres. Et puis, il y a toutes les marches en forme de procession, avec des parties chorégraphiques : telles, les pleureuses, sorte de coryphées, qui accompagnaient les funérailles, ou celles que les bas-reliefs des temples nous retracent, comme à Louxor, où des danseurs à massue ou à boomerang figuraient le cortège de la visite qu'accomplissait le Dieu Amon, venant de Karnac, ou ces prêtres-danseurs, dits «Mouou» que l'on voit depuis l'Ancien Empire, IIIème millénaire avant notre Ere, relayer les danseurs de cortèges funèbres pour aider les morts dans leur initiation à la vie intemporelle. Plus près de nous, les marches traditionnelles des pèlerins étaient considérées, par certains, comme des danses : Il suffit d'observer le chemin en forme de labyrinthe comme il en existe dans certaines cathédrales, pour s'apercevoir, comme à Chartres, qu'en suivant son tracé, avec ses angles droits et ses formes géométriques, l'on obtient réellement des pas.


LA GIRATION : LE TOURNOIEMENT = L'EXTASE

Après avoir évoqué la marche comme premier élément du mouvement collectif, son déplacement et sa signification à travers quelques exemples, son prolongement et le symbolisme du sens giratoire, ceci nous amenant directement à explorer la giration, en tant que technique particulière, amenant à l'extase. Saint Ambroise, Evêque de Milan au IVème Siècle, s'exprimait ainsi : «Et tout comme l'acte physique de la danse dans le tournoiement éperdu des membres, donne au danseur le droit de prendre part à la ronde sacrée, de même, le croyant qui s'abandonne à l'extase de la danse Spirituelle, acquiert le droit d'entrer dans la ronde universelle de la création».

Dans la grotte dite des «Trois Frères», une figure gravée et peinte de l'époque néolithique, situe la première manifestation d'un homme, indiscutablement en action de danse, dont l'abbé Breuil, qui l'a découverte, a relevé les particularités suivantes : La position de cet homme prouve qu'il exécute un mouvement de giration sur lui-même, réalisé par un piétinement de plain-pied, or, la constitution anatomique des hommes de cette époque étant, selon les spécialistes, analogue à la nôtre, les effets psychosomatiques de ce tournoiement sont ceux que chacun peut expérimenter : la perte du sens de la localisation dans l'espace, le vertige, une sorte de dépossession de soi-même, une extase au sens étymologique du mot.

Il faut remarquer, comme une analogie éloquente, que partout dans le monde et à toute époque, y compris la nôtre, les danses sacrées par lesquelles les exécutants veulent se mettre dans un état «second» où ils se croient en communion directe avec un esprit, se font par tournoiement.

Les chamans, les lamas, les derviches tourneurs, les exorcistes musulmans, les sorciers africains, tournent sur eux-mêmes dans leurs exercices religieux qui les mènent à un état de transe provoquée par la danse comme «tournoie», le danseur des Trois Frères.

LE CHAMANISME

Pour le chaman, c'est par une technique archaïque de l'extase pratique, c'est-à-dire voulue, qu'il entre en transe, et c'est seulement à ce moment-là qu'il peut entrer en communication avec les esprits et entreprendre son voyage cosmique. Il ne le fait pas par souci métaphysique, ni par désir personnel ou par amour de Dieu, mais par la volonté d'obtenir des résultats concrets, par exemple : la guérison d'uchaman (à la fois chef, sorcier, médecin et premier danseur), est la communion avec les forces qui animent la nature.

Le premier élément de la danse chamanique (le chamanisme n'étant pas une religion), est un tournoiement autour d'un centre. Ce tournoiement permet de s'identifier ou de s'intégrer au Cosmos et de reproduire le mouvement des corps célestes.

Les circumambulations rituelles veulent imiter le cours apparent du soleil. Il ne fait pas de doute que ces mouvements circulaires sont cosmiques, leur nombre d'abord le prouverait : 3-7-9, chiffres sacrés chez les Altaïques se rapportent aux 3-7-9 planètes et aux 3-7-9 étapes de l'Univers du Ciel.

L'ISLAM : LES DERVICHES TOURNEURS ET LE SOUFISME

Quant aux derviches tourneurs, nous retrouvons les mêmes principes évoqués précédemment. Pénétrant plus profondément dans l'étude du Soufisme, nous découvrons qu'il existe de nombreuses analogies avec notre Ordre : Si l'on regarde attentivement le plan schématique d'un Sama-Khana, c'est-à-dire le lieu où se réunissent les Derviches, il y a bien des affinités avec nos Temples, chaque officiant ayant une place bien déterminée et orientée, sous l’œil vigilant du Cheikh, leurs déplacements étant réglés d'une façon très précise. Nous retrouvons les termes de Vénérable Maître, de daître, de Frères, etc ..., il y a plusieurs étapes dans la vie du Derviche, avant et après son noviciat, il y a aussi plusieurs degrés dans la pratique du Samâ. Le Samâ est interdit aux hommes qui sont dominés par les passions de leur âme et c'est par l'ascèse qu'ils parviendront à les maîtriser.

Pour le derviche, le fait de tourner indique l'adhésion de l'esprit à Dieu par son mystère et son être. Le mouvement circulaire de son regard et de sa pensée, ainsi que la pénétration par lui des degrés existants, sont autant d'éléments qui constituent l'état d'un «Chercheur de Vérité». Ces sauts du derviche indiquent qu'il est attiré du degré humain vers le degré unique et que les Etres acquièrent de lui des effets spirituels et des appuis lumineux. Lorsque son esprit a dépassé les voiles et atteint les degrés de la rectitude, il découvre sa tête. Quant il est séparé de ce qui n'est pas Dieu et est arrivé à Dieu Très-Haut, il retire une partie de ses vêtements ...

Il est absolument impossible de traiter toutes les danses ayant un caractère sacré, symbolique ou rituélique qui enrichissent l'histoire des peuples et il faut comprendre que je fus obligé de faire un choix. Cependant, il est intéressant de constater qu'il existe toujours, à la base de la recherche de ceux qui les pratiquent, malgré une origine très différente et souvent fort éloignée, les mêmes aspirations : le détachement des contingences humaines et matérielles vers la spiritualité, l'évasion de la Terre pour le Cosmos, la recherche du Divin, de l'Identité Suprême, l'Unité ... rejoignant ainsi en haut de la Pyramide tout ce que nous apprenons en Maçonnerie au fil de notre évolution dans le chemin de la Connaissance.

LES DANSES SACRÉES ORIENTALES : CAMBODGE ET CHINE

Les danses orientales, en ce sens, sont très significatives, ayant toujours à la base un caractère sacré. C'est pourquoi, parallèlement, il faudrait étudier aussi leurs religions, tellement ces deux entités sont indissociables. Que ce soit en Chine, au Japon, à Bali, à Java, en Birmanie ou au Cambodge, elles sont, pour nous européens, très hermétiques, et nous ne pouvons en saisir le véritable sens.

Leur particularité, par rapport aux normes occidentales, réside en leur caractère statique, dont les positions, à l'opposé des nôtres, sont concentriques, c'est-à-dire repliées vers l'intérieur. Notons que, si les rondes évoquées précédemment étaient toutes, en Occident, orientées dans le sens des astres, allant de gauche à droite - comme c'est le cas en loge bleue, lorsque le Vénérable Maître et les deux Surveillants procèdent à l'allumage des Trois Colonnes, lors de l'ouverture des travaux, en Orient, elles tournent dans le sens contraire. Statiques, mais pas figées, ces danses ont tout de même un mouvement, bien qu'il se manifeste d'une manière inhabituelle pour notre oeil.

La danseuse animée d'une sorte de frisson dans le repos, semble craindre de «déplacer les lignes» pour parler comme Baudelaire. Elle se déplace par modulations discrètes, ces mouvements n'étant que des transitions pour passer d'une pose à une autre. Je ne parle évidemment pas des danses de combat qui sont des exceptions.

Si nos danses sont, par essence, exécutées par les pieds et avec les jambes, chez l'Asiatique, au contraire, les pieds n'assument pas un rôle prépondérant, étant d'ordinaire nus et collés au sol. Par contre, les bras, les mains, la tête, le buste entier, toujours en mouvement, même dans la station de repos, prennent, ici, une part immense. La flexibilité des bras, des poignets et des doigts, avec leurs multiples combinaisons, compose un aspect frappant du système asiatique, dans un langage minutieusement fixé et codifié. Ce langage, sans perdre son sens symbolique, devenant simplement messager d'une beauté décorative pour le non-initié.

Ayant eu l'occasion de voir le Ballet Royal Cambodgien, je fus frappé par la concentration de ces danseuses Khmères : Presque immobiles, telles des fresques des Temples d'Angkor, expressives en des gestes savants, doigts retroussés, genoux ployés, taille et cou doucement infléchis, l'extrême lenteur du déroulement, l'extrême hiératisme des gestes, laissaient présumer un symbolisme profond, totalement inconnu pour le profane que j'étais.

Pour arriver à ce degré de perfection, ces jeunes filles, choisies parmi l'aristocratie, passaient par plusieurs phases d'évolution allant de l'apprentissage jusqu'au jour de l'ultime cérémonie où elles subissaient une véritable initiation. Présentées toutes jeunes aux monitrices, les petites filles poudrées et fardées, munies de bouquets de fleurs tressées, étaient soumises d'abord à l'approbation du Souverain, faisant devant lui le Salut Ancien, l'Anjali Indien, les mains jointes à la hauteur du visage.

C'est un jeudi que commencera l'apprentissage, jour faste, placé sous la protection du Génie de la danse. Dès lors, pendant des années, de longues séances scandées par la baguette de rotin seront consacrées à des exercices d'hypertension des bras, des mains et des jambes, dont la signification dépasse de beaucoup la volonté d'assouplissement.

La désarticulation permet seule à la danseuse de s'évader des gestes humains et d'accomplir des évolutions mythiques : coudes en dehors, mains retournées, jambes dans la position de «l'envol», ce n'est pas acrobatie gratuite, mais imitation des êtres surnaturels. Lorsque les monitrices jugent que leurs élèves ont acquis l'habileté désirée, elles les préparent à l'importante cérémonie qui feront d'elles de vraies «Lokhon», danseuses consacrées, danseuses professionnelles.

Je passerai sur certains détails, pour aller vers l'essentiel.

D'abord par groupes restreints, elles dansent sous des masques. Chaque geste ayant une signification codifiée, stéréotypée. Attitudes presque immobiles, maintenues en suspens, équilibres difficiles, ici statique et dynamique s'opposent, mesures, silences et points d'orgues s'enchaînent. Rien de plus savant, de plus concerté que cette expression de la danse. Rien de plus conventionnel que ce langage, quintessence du langage par le geste, et pour cause : C'est la pantomime de l'Irréel et rien n'y doit être exprimé selon les normes humaines ...

L'INDE : LE BARAT-NATHYAM - CIVA ET KRISHNA

L'origine de la danse hindoue se perd dans la nuit des temps, mais elle était toujours, depuis ses débuts, une forme de culte, un moyen de communiquer avec l'Esprit Suprême, de s'unir à lui.

Que ce soit dans le Barat-Nathyam ou à travers les Dieux danseurs Civa ou Krishna, dans toutes les danses de l'Inde, s'inscrit en filigrane l'idée que le Manifesté n'est que le symbole du Non-Manifesté ; tout ce qui arrive dans le temps a son équivalent dans l'éternel et l'initié seul peut distinguer ce qui les joint l'un à l'autre.

Pour le profane, les mouvements du danseur peuvent être beaux et stylisés, mais pour celui qui saisit la signification des «Mudras» et les secrets de l'Abhinaya», les doigts effilés du danseur racontent l'histoire de la création : Les battements du tambour brisent le mur qui sépare le tangible du mystère et le danseur devient réellement un «dévadàsa», un esclave de Dieu qui révèle à chacun l'Ultime Réalité.

En Inde, lorsque la Fête est dédiée aux Dieux, la danse est prière. Pour les Hindous «le corps qui danse est visité par Dieu», car, pour eux, «l'âme n'est pas à distinguer du corps». Dans l'expression de l'unité organique de l'homme et de la nature, l'Inde a fait de la danse de Civa, l'image la plus claire de l'activité de Dieu. Rodin, voyant un jour une image du Nataraja la déclara la plus haute conception sculpturale du corps en mouvement.

Pour délivrer les âmes humaines de l'illusion, la danse de Civa a lieu au Centre du Monde, c'est-à-dire, le cœur de l'homme.

Civa, le Grand Yogi, le Seigneur du Monde est aussi Nataraja, le Roi de la danse. La danse de Civa a pour thème l'activité cosmique qui crée et détruit l'Univers.

LES HÉBREUX

Ayant analysé, trop succinctement, bien sûr, le symbolisme et le rituel des danses sacrées orientales et extrême-orientales, il convient d'aborder maintenant les danses des peuples qui sont à la source des origines liturgiques et culturelles de notre monde occidental.

Pour nous, imprégnés de civilisation judéo-chrétienne, ce sont les Hébreux qui, par les textes bibliques, nous transmettent les premières informations sur leurs rites et leur gestuelle : accompagnement de la prière, adoration, louanges, etc ...

Contrairement aux civilisations environnantes où les représentations iconographiques, par les fresques, les vases, et la statuaire, nous apportent la preuve exacte des figures et mouvements utilisés dans leurs danses, nous n'avons, en ce qui concerne les Hébreux, aucune attestation archéologique, la loi religieuse hébraïque interdisant formellement toute représentation imagée. Ce sont donc, par les écrits que nous pouvons nous faire une idée sur les danses qui étaient pratiquées et dont il est souvent fait allusion dans la Bible :

Dans le livre de l'Exode (chapitre 15) relatant le passage de la Mer Rouge avec les danses en files conduites par Myriam la Prophétesse ; au chapitre 32, les rondes sont évoquées lorsque Moïse descend du Sinaï trouvant le peuple en train de danser devant le Veau d'Or, et, surtout, la fameuse danse de David, quasi-nu, devant l'Arche d'Alliance (Samuel chapitre 6- verset 5). L'on trouve aussi des indications sur ce sujet dans les premiers livres de la littérature rabbinique et dans le Talmud en particulier.

LA GRECE

Les Grecs ont toujours tenu la danse en grande estime puisqu'ils lui donnèrent le nom de «Nomos» (règle, loi du corps, ou règle des mouvements du corps), et qu'ils la qualifiaient d'Art Divin. De sa naissance à sa mort, la civilisation grecque fut toute imprégnée de danse. A Athènes, à Sparte, à Lacédémone, elle était regardée comme la science de tous les gestes, de tous les mouvements, faisant partie intégrante de l'éducation. Les récits légendaires des Grecs placent tous l'origine de leurs Danses et de leur art lyrique en Crète.

C'est dans «L'Ile Montueuse», selon le qualificatif homérique, que les Dieux ont enseigné la danse aux mortels, et c'est là que furent réunis les premiers «Thiases», groupes de célébrants en l'honneur de Dyonisos. Citons au passage que le geste symbolique revêt en Crète une signification particulièrement importante : en général, on représente la danseuse tendant le bras horizontalement, cassant l'avant-bras au coude, en opposition, l'un vers le haut, l'autre vers le bas ; dans le premier cas, la paume est ouverte vers le ciel, dans l'autre, vers la terre.

Toujours cette relation Terre-Ciel, que l'on a remarqué chez les Egyptiens, que l'on retrouvera chez les danseurs dionysiaques, puis chez les Etrusques. Précisons que le langage des gestes, la chironomie des Grecs était des mouvements bien codifiés qui n'employaient pas que les mains, mais aussi tout le corps et qu'il fallait toute une étude pour les déchiffrer. Les plus grands auteurs ont écrit ou parlé sur la danse : Xénophon, Socrate et Platon, en particulier. Pour les Grecs, la danse était principalement d'essence religieuse et spirituelle, don des Immortels et moyen de communication.

LA DANSE DANS LA LITURGIE CHRÉTIENNE

Dans la liturgie chrétienne et plus particulièrement dans les cérémonies pontificales de l'Eglise Catholique, toute inspiration des rituels pour les costumes et les mouvements du clergé découle du Temple de Jérusalem. Les processions de l'introït, l'aspersion des fidèles, l'encensement de l'autel, entre autres, sont réglés comme des chorégraphies.

A cet effet, nous pourrions rappeler que la prostration, lors de l'ordination sacerdotale qui permet aux futurs impétrants de «dépouiller le vieil homme», selon l'expression consacrée, pour renaître à l'homme nouveau, n'est pas sans évoquer la mort initiatique. Mais il ne s'agit là que d'une interprétation des gestes symboliques et non de danses réelles.

Pourtant, elles ne manquent pas de s'illustrer tout au long de la chrétienté, malgré l'interdiction du clergé condamnant, à de nombreuses reprises, les Danses et les Caroles dans les églises : Par le Concile de Vannes en 465, puis de Tolède en 587, par la Décrétale du Pape Zacharie, puis à Avignon en 1209, à la Sorbonne en 1444, enfin le Concile de Trente en 1562, lors de la grande remise en ordre de l'Eglise.

Toutefois, les Pères de l'Eglise Primitive ne semblaient pas, au départ, hostiles à la danse, considérant même qu'elle existait au début du christianisme comme faisant partie des rites. Citons : la Chronique de Saint-Martial de Limoges, indiquant l'organisation d'une «Choréa» en 1205, puis une autre pour le départ des Croisés. Carole encore à Sens, le soir de Pâques, autour du puits du cloître : archevêque en tête, les dignitaires du Chapitre dansaient intercalés avec les enfants du chœur, etc....

Dans une optique un peu différente, évoquons aussi les danses des brandons, qui avaient lieu le premier dimanche de Carême, autour de bûches enflammées et celles de la Saint-Jean, nous concernant davantage, où les fidèles décrivaient de grandes rondes autour des feux allumés en l'honneur de l'Apôtre ; ces deux manifestations ayant une origine commune : Les Palilies romaines, fêtes purificatoires et le même symbole : celui du feu. Danse du feu, encore, que relate le Père de Charlevoix dans le journal de son voyage en Amérique Septentrionale, interprétée par cinq ou six femmes, côte à côte sur la même ligne, se tenant fort serrées, les bras pendants, qui dansaient et chantaient jusqu'à l'extinction du feu.

Dans certains pays, et notamment l'Espagne, on danse encore dans les églises et surtout autour d'elles, à l'occasion des fêtes traditionnelles. Qui n'a pas entendu parler des Pénitents Blancs de Séville, des Confréries de Burgos ou de Saragosse, dont les grandes exhibitions ont lieu au cours des processions de la Semaine Sainte. Il y avait aussi la danse en chaîne ouverte, et celle en chaîne fermée.

Autre survivance, l'étrange procession d'Echternach au Luxembourg, qui a lieu le mardi de Pentecôte. Païenne à son origine, cette Fête fut transformée par les Bénédictins qui lui assignèrent un but précis : l'imploration de Saint-Willibrod pour la guérison des épileptiques et des malades atteints de la danse de Saint-Guy ! ..

C'est à partir du XIIème Siècle que la danse fut bannie de la liturgie ; elle ne survivra que dans les Danses Macabres, danse de la Mort contre la mort, à une époque de hantise de la famine, de la guerre et de la peste. Au temps de la Peste Noire (1349), se multiplieront, avec des danses convulsives, les phénomènes de transe et de possession, en dehors de quoi, ne se développeront que des danses profanes.

LE MOYEN-AGE

Au Moyen-Age, la danse est présente à tout moment : les moresques et momeries, les mascarades, carnavals et défilés, le danseur y apparaissant sous diverses formes : en saltimbanque, jongleur, et même montreur d'animaux savants, comme un simple exécutant profane.

En fait, si l'on étudie plus profondément leurs mouvements et le contexte dans lequel ils les exécutaient, l'on s'aperçoit que ces «gens du voyage», tels les Compagnons Opératifs, étaient en possession d'un véritable savoir ésotérique et initiatique. Ils se reconnaissaient par des signes, véritables mots de passe. Cette gestuelle acquise de longue date était transmise par les Maîtres dans la plus pure tradition orale, dans le même esprit que dans la Maçonnerie où le cheminement initiatique est ponctué par des gestes rituels et symboliques propres à chaque grade.

Quant aux danses compagnonniques, elles relèvent des mêmes principes.

LE BAROQUE

Parti de l'Italie sous la Renaissance, le centre d'intérêt de la danse se déploiera petit à petit vers la France, sous l'impulsion de Marie de Médicis. Le baroque italien et français renferme une foule de détails qu'il serait intéressant d'analyser, mais cela nous entraînerait trop loin.

Le premier chorégraphe de l'histoire du ballet, Balthazar de Beaujoyeux, réalisa en 1581 le «Ballet Comique de la Reine», point de départ des ballets de cour. Il définissait le ballet comme une combinaison géométrique de plusieurs personnes dansant ensemble, dont le dessin des mouvements au sol, vu du haut des balcons, loggias ou estrades, représentant cercles, carrés, losanges, rectangles ou triangles. Ce symbolisme des formes et figures géométriques, allait donner naissance, un peu plus tard, au système classique.

LE SYSTEME CLASSIQUE

Le Système Classique, appelé également Système Occidental, en opposition avec l'Oriental, vit le jour au XVIIème Siècle, sous le règne de Louis XIV.

C'est aux alentours de 1660 que furent codifiées les cinq positions fondamentales et les pas de base de la danse classique, par Charles-Louis Pierre de Beauchamp, Premier Maître à Danser du Roi, et compositeur des Ballets de sa Majesté. La particularité de la danse classique, réside principalement dans son principe d'en dehors, dont le grand théoricien Noverre disait qu'il avait été dicté fondamentalement pour des raisons d'esthétique.

Une autre interprétation, plus intéressante, fait remarquer que Terpsichore a son beau visage tourné vers l'extérieur, comme les cinq positions de pieds du danseur académique. Ces positions forment l'élément de base de la grammaire chorégraphique, point de départ et d'arrivée de n'importe quel pas ou mouvement. Ainsi, le danseur doit se mouvoir et s'exprimer physiquement et techniquement au rebours du commun des mortels.

L'élévation, but essentiel du système, se manifeste partout ; combinée avec l'amplitude et le parcours, c'est l'âme de la danse classique.

Ce dessein de fuite, d'envol, tout le proclame à nos yeux. Non seulement les grands temps en l'air, mais aussi les pas vifs et légers de la danse à terre. En fait, c'est tout le psychisme qui est orienté vers le haut : l'immobilité même fugitive, à la vérité, des positions de repos, parle un langage identique : la noblesse, le lyrisme des lignes déployées. L'élévation de la danseuse sur la pointe (au XIXième Siècle, en plein Romantisme), qui hausse l'interprète vers le ciel, la fluidité des ports de bras donnant l'impression de gestes allant vers l'infini, sont autant d'images évoquant la même aspiration.

Abstraite combinaison de formes mouvantes, géométrie dans l'espace, architecture animée, caractérisent ce système autonome et «parfait», qui, peu à peu, s'est acquis une extrême précision, condition de sa beauté. Moins encore que les autres arts, il n'admet la médiocrité, ni l'à-peu-près, car, la moindre déviation ou bavure compromet immédiatement l'harmonieux ensemble.

Nous l'avons remarqué, la Nature a fourni à la danse et à l'homme les Positions, l'expérience lui a donné les règles. Goethe n'a-t-il pas dit «Personne n'ose danser à la légère sans avoir appris selon les règles».

Cette description idéalisée, peut-être, prouve tout de même que cet art, devenu par son évolution dépouillée de tout artifice inutile, monte vers l'abstraction la plus pure et atteint l'esthétique parfaite de la Beauté, retrouvant l'Univers de la Spiritualité et des forces qui dominent la Matière. Mais on ne peut y parvenir qu'avec rigueur, méthode et connaissance, dont les exercices dans leur langage codifié mais hermétique, forment un rituel que l'on ne cesse de répéter quotidiennement

Après ce long parcours, retraçant les diverses interprétations du symbolisme «des Pas et des Gestes Rituels à la danse» dans l'histoire de l'humanité, il est temps de conclure.

Définie par les philosophes comme étant «L'Art des Gestes» par excellence, la danse est, selon Jean-Clarence Lambert :

«L'incorporation de la volonté de participer toujours plus activement à la Vie de l'Univers et de la nostalgie de dépasser la condition humaine dans l'accomplissement d'une métamorphose glorieuse ...»
   

- Moyen de communication et de communion entre les Hommes,
- Présence de l'esprit dans la chair et manifestation spirituelle,
- Expression spontanée des émotions et des langages humains,
- La danse est éternelle !

 

Gilbert MAYER

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Prière du Parachutiste

17 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Un commentaire d'un Frère parachutiste..

 

Mon TCF, voici l'origine de ce texte que notre confrérie des anciens parachutistes affectionne
tout particulièrement.

Cette prière fut trouvée sur le corps de l’Aspirant Zirnheld,
tué en juillet 42, en Libye, au cours d’un raid sur les arrières de l’ennemi. Elle avait été écrite en avril 1938, alors qu’André Zirnheld était professeur de philosophie au lycée de Tunis. Plus tard, l’Aspirant Zirnheld s’était engagé au 1° Bataillon d’infanterie de marine en Palestine, puis, envoyé à l’École d’aspirants de Brazzaville, il y fut recruté par le Capitaine Bergé qui mettait sur pied les premières compagnies SAS. A l’origine, ce texte s’intitulait “ Prière ”, mais il fut immédiatement adopté par les parachutistes qui, d’emblée, y retrouvèrent l’écho de leur âme : ce mélange d’abnégation orgueilleuse, de doute et de fureur, de désenchantement et de foi. Le texte de l’Aspirant Zirnheld exprime en effet aussi parfaitement que possible l’esprit parachutiste. Et, près d’un demi-siècle plus tard, dans un monde et un environnement différents il n’y a rien à y changer.

"Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
Ni la tranquillité
Ni celle de l’âme, ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse
Ni le succès, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement
Que vous ne devez plus en avoir.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiétude.
Je veux la tourmente et la bagarre.
Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement."

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Salve Regina

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Salve, Regina, mater misericordiae:
Vita, dulcedo, et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules, filii Hevae.
Ad te suspiramus, gementes et flentes
in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, Advocata nostra,
illos tuos misericordes oculos
ad nos converte.
Et Iesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis, post hoc exsilium ostende.
O clemens: O pia: O dulcis
Virgo Maria.

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Je crois en dieu

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre.

Et en Jésus-Christ, son Fils unique,
notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu
le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger
les vivants et les morts.

Je crois en l'Esprit Saint,
à la sainte Eglise catholique,
à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle.

Amen.

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La Doctrine du Troisième Terme de la Trinité

13 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

La Divinité est triple : le Père, le Fils et la Mère.

Le Père est le départ, ou la chute, de l’Origine vers le plan de la division et de la multiplicité.

Le Fils est la nostalgie et la volonté du rachat universel, combattues par l’Adversaire inhérent à Sa nature : Satan.

 La Mère est le retour vers l’Origine, après le combat définitif et la réconciliation dans le Fils de Ses deux natures opposées : la nature christique et la nature satanique.

Le Fils se détache du Père et se partage en deux : Il est double.

La Mère procède du Père et du Fils, et les contient tous deux : Elle est triple.

Seul, le Père est homogène.

Les trois aspects de la Trinité – le Père, le Fils, la Mère – sont successifs dans le temps, mais simultanés en leur Présence Eternelle dans les régions non entraînées sur le plan de la division et de la multiplicité.

La succession – Père, Fils, Mère, – se justifie ainsi :

Le Père est le principe Mâle, qui accomplit l’acte de la négation de l’Esprit Unique ; c’est l’amour orienté vers la chair.

Le Fils est le principe de la seconde négation, celle qui dans la chair repousse la chair ; c’est l’amour orienté vers l’irréel, l’amour du cœur infécond. Le Fils n’est ni Mâle ni Femelle : il est en deçà des deux sexes divins. Il est à cause de cela au-delà des êtres sexués.

La Mère est le rétablissement du principe Mâle dans le sens inverse : Elle affirme l’Esprit Unique, et son amour, partant de la chair, s’oriente vers la réalisation spirituelle. Elle console et glorifie le Fils, car Elle concrétise dans la vie multiple son rêve de pureté sublime. La Mère apaise le combat entre le Christ et Satan, en ramenant ces deux volontés contraires sur la même voie d’ascension unique. La Mère procède du Père et du Fils, et leur est successive dans la subordination temporelle, parce que la négation ne se convertit en affirmation qu’au moyen de la seconde négation.

Lorsque l’œuvre de la Mère est accomplie, celle du Père recommence, car les trois aspects de la Divine Trinité se répètent sans cesse.

Dans l’histoire humaine, les trois phases divines se reflètent sous forme de trois types de religions, lesquelles se succèdent constamment, en déterminant trois types de civilisations, que nous retrouvons dans le cycle – ou triangle – auquel nous appartenons dans ces trois religions-civilisations : la religion hébraïque, la religion christique et la religion du Troisième Terme, annoncée actuellement.

Le symbole de la religion hébraïque – Religion du Père – est la verge cachée dans l’arche. Sa morale protège la reproduction de l’espèce.

Le symbole de la religion christique – Religion du Fils – est, d’une part, la croix, de l’autre l’épée : la renonciation à l’acte sexuel et le mépris pour la vie. Mais dans l’ombre du Christ, les adorateurs de Satan divinisent le ventre de la femme en des orgies secrètes, qui maintiennent le dynamisme de la marche en avant. La messe blanche de la transsubstantiation est ainsi atténuée par la messe noire de la redynamisation de la chair, laquelle, sans cela, serait anémiée.

Le symbole de la troisième religion – la Religion de la Mère – est la flèche lancée vers le ciel. La messe d’or, qu’elle instaurera, glorifiera l’amour réel de la chair, afin de dégager de cette dernière l’esprit rénovateur et ascendant, qui fera sur la terre toutes choses nouvelles.

Heureux ceux qui assisteront à cette messe.

 

Maria de Naglowska

 

source : www.esoblog.net

 

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Exercices spirituels de St Ignace de Loyola : les additions

12 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Additions à observer pour mieux faire les exercices et trouver plus sûrement ce que l'on désire.

 

Première addition. Après m'être couché, et avant de m'endormir, je penserai à l'heure à laquelle je dois me lever, et pour quelle fin, et je résumerai pendant l'espace d'un Je vous salue Marie l'exercice que je dois faire.

Deuxième addition. Lorsque je me réveillerai, j'éloignerai de mon esprit toute autre pensée, pour m'occuper de suite du sujet que je dois méditer dans le premier exercice, qui se fait au milieu de la nuit, m'excitant à la confusion de mes péchés, si grands et si nombreux; je me proposerai quelques comparaisons, par exemple celle d'un gentilhomme qui se trouverait devant son roi et devant toute sa cour, honteux et confus d'avoir grandement offensé celui dont il a d'abord reçu de nombreux bienfaits et des faveurs signalées. De même, dans le second exercice, je me regarderai comme un grand pécheur, enchaîné, et sur le point de comparaître devant le Juge suprême et éternel, m'aidant de la comparaison d'un criminel digne de mort, que l'on conduit chargé de fers devant son juge temporel: et, dans ces pensées ou d'autres semblables, selon la matière de l'exercice, je prendrai mes vêtements.

Troisième addition. Avant de commencer, je me tiendrai debout le temps de réciter le Notre Père, à un ou deux pas de l'endroit où je dois méditer, l'esprit élevé vers le ciel, et considérant comment Dieu, notre Seigneur, me regarde; puis je me prosternerai en m'humiliant devant lui.

Quatrième addition. Je commencerai ma contemplation, tantôt à genoux, tantôt prosterné, tantôt étendu sur la terre, le visage vers le ciel, tantôt assis, tantôt debout; cherchant toujours à trouver ce que je désire. Et en cela j'observerai deux choses: premièrement, si je trouve ce que je désire à genoux ou prosterné, je ne chercherai pas une autre position; secondement, si j'éprouve dans un point de la méditation les sentiments que je voulais exciter en moi, je m'y arrêterai et m'y reposerai sans me mettre en peine de passer outre, jusqu'à ce que mon âme soit pleinement satisfaite.

Cinquième addition. L'exercice terminé, assis ou en me promenant, j'examinerai pendant un quart d'heure quel en a été le succès: s'il n'a pas été heureux, j'en rechercherai attentivement la cause et, l'ayant découverte, je m'exciterai au repentir, afin de me corriger dans la suite; s'il a été heureux, j'en rendrai grâces à Dieu, notre Seigneur, et me conduirai une autre fois de la même manière.

Sixième addition. Je ne m'arrêterai volontairement à aucune pensée capable de me causer du contentement ou de la joie, comme serait le souvenir du ciel ou de la résurrection: car toute considération de cette nature m'empêcherait de ressentir de la peine et de la douleur, et de verser des larmes sur mes péchés. Je tâcherai, au contraire, de conserver toujours le désir d'éprouver de la douleur et du repentir, me rappelant plutôt à la mémoire la mort et le jugement.

Septième addition. Pour la même raison, je me priverai entièrement de jour, fermant les fenêtres et les portes de l'appartement que j'occupe, tout le temps où je m'y trouverai, excepté lorsque je devrai réciter l'Office divin, lire et prendre mon repas.

Huitième addition. Je m'abstiendrai de rire et de proférer aucune parole qui puisse porter à rire.

Neuvième addition. Je veillerai sur mes yeux et ne les lèverai sur personne, excepté lorsqu'il me faudra parler à quelqu'un, en l'abordant ou en le quittant.

Dixième addition. La dixième addition regarde la pénitence, qui se divise en intérieure et extérieure. La pénitence intérieure consiste dans la douleur de ses péchés, accompagnée d'un ferme propos de ne plus retomber dans ces mêmes péchés ni dans aucun autre. La pénitence extérieure est un fruit de la première et consiste à se punir de ses fautes passées; ce qui peut surtout se pratiquer en trois manières:

Premièrement, à l'égard de la nourriture. Sur quoi il faut remarquer que le retranchement du superflu n'est pas pénitence, mais tempérance. Il n'y a pénitence que lorsqu'on retranche quelque chose de ce que l'on pourrait prendre convenablement; et dans ce sens, plus nous parvenons à retrancher, plus la pénitence est grande et louable, pourvu qu'elle n'aille pas jusqu'à ruiner les forces et qu'elle n'altère pas notablement la santé.

Deuxièmement, à l'égard du sommeil. Pour la manière de le prendre, remarquez encore que ce n'est pas pénitence de retrancher ce qui ne servirait qu'à flatter notre délicatesse et notre sensualité. Il n'y a pénitence que dans la privation d'une partie des objets dont nous pourrions convenablement user; et, dans ce sens, plus on parviendra à retrancher, mieux on fera, pourvu qu'on n'altère pas considérablement sa santé et qu'il ne s'ensuive pas une infirmité notable. Quant au temps à donner au sommeil, il ne faut ordinairement rien retrancher de ce qui est convenable, à moins qu'il ne s'agisse de corriger l'habitude vicieuse de dormir trop et d'arriver à une juste mesure.

Troisièmement, à l'égard du corps. Elle consiste à lui faire souffrir une douleur sensible en portant des cilices, des cordes, des chaînes de fer sur la chair; en prenant des disciplines, ou en se faisant des plaies et en pratiquant d'autres genres d'austérités.

Ce qui paraît le plus convenable et le moins dangereux en ce point, c'est que la douleur ne soit sensible que dans la chair, et qu'elle ne pénètre pas jusqu'aux os: de sorte que la pénitence cause de la douleur et non quelque infirmité. Aussi semble-t-il à propos de faire usage de disciplines faites de petites cordes qui causent extérieurement de la douleur, plutôt que d'employer un instrument qui puisse causer une infirmité notable.

Première remarque. Les pénitences extérieures se pratiquent principalement pour trois fins: la première, pour la satisfaction des péchés que l'on a commis; la seconde, pour se vaincre soi-même, c'est-à-dire pour obliger la sensualité à obéir à la raison, et la partie inférieure de l'âme à se soumettre, autant qu'il est possible, à la partie supérieure; la troisième, pour obtenir de Dieu quelque grâce particulière que l'on désire, par exemple, celle de ressentir intérieurement une vive douleur de ses péchés, de les pleurer amèrement, ou de verser des larmes sur les douleurs et les souffrances que Notre-Seigneur Jésus-Christ endura dans sa Passion, ou enfin la solution de quelque doute.

Deuxième remarque. La première et la deuxième addition ne regardent que les exercices de la nuit et de l'aurore, et non ceux qui se font en d'autres temps. La quatrième addition ne s'observera jamais dans l'église ou en présence d'autres personnes, mais uniquement quand on est seul dans sa chambre ou ailleurs.

Troisième remarque. Quand celui qui fait les exercices n'obtient pas ce qu'il désire, comme des larmes, des consolations, etc., il est souvent avantageux qu'il fasse quelque changement dans la nourriture, dans le coucher, ou dans le sommeil, et dans les autres manières de faire pénitence; qu'il modifie sa conduite, pratiquant des mortifications deux ou trois jours de suite, et les suspendant les deux ou trois jours suivants. Car quelques-uns ont besoin de faire plus de pénitences, et d'autres moins; et aussi parce que souvent nous omettons les pratiques extérieures de pénitence par amour des sens, et par un jugement erroné qui nous fait croire faussement que nous ne pourrons les supporter sans causer à notre santé un tort considérable. Quelquefois, au contraire, nous faisons trop, ne consultant pas assez nos forces; et, comme Dieu, notre Seigneur, connaît infiniment mieux notre nature que nous ne la connaissons nous-mêmes, il daigne souvent, tandis que nous alternons de la sorte, nous faire connaître clairement ce qui nous est convenable.

Quatrième remarque. On se proposera, dans l'examen particulier, de corriger les défauts et les négligences commises, soit dans les exercices, soit dans l'observation des additions. La matière de cet examen sera la même dans la seconde, la troisième et la quatrième semaine.

 

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Les exercices de St Ignace de Loyola (suite)

11 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Le deuxième exercice est la méditation sur ses propres péchés. Il comprend, outre l'oraison préparatoire et les deux préludes, cinq points et un colloque.

L'oraison préparatoire sera la même. Le premier prélude sera la même composition de lieu. Le second prélude consiste à demander ce que l'on veut obtenir. Dans cette méditation, je demanderai une douleur intense et profonde et des larmes pour pleurer mes péchés.

Le premier point est comme une revue générale. Je tâcherai donc de me souvenir de tous les péchés de ma vie, la repassant tout entière d'année en année, ou d'époque en époque. Pour cela, il me sera très utile de me rappeler trois choses: premièrement, les lieux que j'ai habités; secondement, les relations que j'ai eues avec d'autres personnes; troisièmement, les emplois que j'ai exercés.

Dans le second point, je pèserai mes péchés: c'est-à-dire que je considérerai la laideur et la malice intrinsèque de chaque péché mortel, supposé même qu'il ne soit pas défendu.

Dans le troisième, je considérerai qui je suis, en m'efforçant par diverses comparaisons de paraître de plus en plus petit à mes yeux. Premièrement, que suis-je en comparaison de tous les hommes? Deuxièmement, que sont tous les hommes en comparaison de tous les Anges et de tous les Saints du paradis? Troisièmement, que sont toutes les créatures en comparaison de Dieu? Donc moi seul, enfin, que puis-je être? Quatrièmement, je considérerai toute la corruption et toute l'infection de mon corps. Cinquièmement, je me regarderai comme un ulcère et un abcès d'où sont sortis tant de péchés, tant de crimes et tant de souillures honteuses.

Dans le quatrième point, je m'appliquerai à connaître Dieu que j'ai offensé. Je m'aiderai de la considération de ses attributs, que je comparerai aux défauts contraires qui sont en moi: sa sagesse à mon ignorance, sa toute-puissance à ma faiblesse, sa justice à mon iniquité, sa bonté à ma malice.

Le cinquième point sera le cri d'étonnement d'une âme profondément émue. Je parcourrai toutes les créatures, leur demandant comment elles m'ont laissé la vie, comment elles ont concouru à me la conserver. Je demanderai aux Anges, qui sont le glaive de la justice divine, comment ils m'ont souffert et gardé, comment ils ont même prié pour moi; aux Saints, comment ils ont aussi intercédé et prié pour moi. Je m'étonnerai que les cieux, le soleil, la lune, les étoiles et les éléments, les fruits de la terre, les oiseaux, les poissons et les animaux, que toutes les créatures aient continué à me servir et ne se soient pas élevées contre moi; que la terre ne se soit pas entrouverte pour m'engloutir, creusant de nouveaux enfers où je devais brûler éternellement.

Je terminerai par un colloque, dans lequel j'exalterai la miséricorde de mon Dieu; je lui rendrai grâces de m'avoir conservé la vie jusqu'à ce moment, et je prendrai la résolution de me corriger avec le secours de sa grâce. Notre Père, etc.

Troisième exercice
Le troisième exercice est la répétition du premier et du deuxième, terminée par trois colloques.

Après l'oraison préparatoire et les deux préludes, je répéterai le premier exercice et le deuxième, faisant une attention spéciale aux endroits qui m'auront fait éprouver plus de consolation ou de désolation, et que j'aurai médités avec plus de goût spirituel, m'y arrêtant quelque temps. Je ferai ensuite les trois colloques de la manière suivante:

Le premier à Notre-Dame, pour qu'elle m'obtienne de son Fils et Seigneur trois grâces: la première, de connaître d'une connaissance intime mes péchés et d'en concevoir de l'horreur; la deuxième, de sentir le désordre de mes actions, afin que, le détestant, je me corrige et je règle ma conduite; la troisième, de connaître le monde, afin que l'ayant en horreur, je m'éloigne de tout ce qui est vain et périssable. Terminer ce premier colloque par le Je vous salue Marie12.
Le second au Fils, lui demandant les mêmes grâces et le priant de me les obtenir de son Père céleste. Terminer par la prière:
Âme du Christ
13.
Le troisième à Dieu le Père, lui demandant toujours les mêmes grâces et le suppliant de me les accorder lui-même, lui qui est le Seigneur éternel de toutes choses. Je réciterai le
Notre Père.

Quatrième exercice
Le quatrième exercice est un résumé du troisième.

Je dis un résumé, dans lequel l'entendement, sans s'égarer, réfléchit attentivement, en se rappelant les vérités qu'il a contemplées dans les exercices précédents. On terminera en faisant les trois mêmes colloques.

Cinquième exercice
Le cinquième exercice est la méditation de l'enfer. Il comprend, outre l'oraison préparatoire et les deux préludes, cinq points et un colloque.

L'oraison préparatoire, comme à l'ordinaire. Le premier prélude est la composition de lieu, qui consiste, dans cette méditation, à voir des yeux de l'imagination la longueur, la largeur et la profondeur de l'enfer. Le second est la demande de la grâce que l'on veut obtenir. Ici je demanderai le sentiment intérieur des peines que souffrent les damnés, afin que, si mes fautes me faisaient jamais oublier l'amour du Seigneur éternel, du moins la crainte des peines m'aidât à ne pas tomber dans le péché.

Dans le premier point, je verrai des yeux de l'imagination ces feux immenses, et les âmes des réprouvés comme enfermées dans des corps de feu.

Dans le deuxième, j'entendrai, à l'aide de l'imagination, les gémissements, les cris, les clameurs, les blasphèmes contre Jésus-Christ Notre-Seigneur et contre tous les Saints.

Dans le troisième, je me figurerai que je respire la fumée, le soufre, l'odeur d'une sentine et de matières en putréfaction.

Dans le quatrième, je m'imaginerai goûter intérieurement des choses amères, comme les larmes, la tristesse, le ver de la conscience.

Dans le cinquième, je toucherai ces flammes vengeresses, m'efforçant de comprendre vivement comment elles environnent et brûlent les âmes des réprouvés.

Faisant un colloque avec Jésus-Christ Notre-Seigneur, je me rappellerai combien d'âmes sont en enfer: les unes parce qu'elles n'ont pas cru à la venue du Sauveur, les autres parce qu'en y croyant elles n'ont pas agi selon ses commandements; partageant ces âmes en trois classes: la première, celles qui se sont perdues avant sa venue; la deuxième, pendant sa vie; la troisième, après sa vie en ce monde. Je lui rendrai grâces de ne m'avoir laissé tomber par la mort dans aucune de ces classes; me rappelant, au contraire, comment j'ai toujours été jusqu'ici l'objet de sa grande compassion et de sa grande miséricorde; et je terminerai en récitant le Notre Père.

Le premier exercice se fera au milieu de la nuit; le deuxième, le matin, aussitôt après le lever; le troisième, avant ou après la Messe, mais toujours avant le dîner; le quatrième, à l'heure des vêpres; le cinquième, une heure avant le souper. Ce règlement, tel ou à peu près tel que nous venons de l'indiquer, est le même pour les quatre semaines, autant que l'âge, la disposition et les forces de la personne qui fait les exercices lui permettront d'en faire cinq, ou l'obligeront d'en diminuer le nombre.

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Exercices spirituels de St Ignace de Loyola

10 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Premier exercice :

 

Le premier exercice est la méditation selon les trois puissances de l'âme, sur le premier, le second et le troisième péché. Il comprend, après l'oraison préparatoire et les deux préludes, trois points principaux et un colloque.

L'oraison préparatoire consiste à demander à Dieu, notre Seigneur, que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations soient dirigées uniquement au service et à la louange de sa divine Majesté.

Le premier prélude est la composition de lieu. Il faut remarquer ici que si le sujet de la contemplation ou de la méditation est une chose visible, comme dans la contemplation des mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ce prélude consistera à me représenter, à l'aide de l'imagination, le lieu matériel où se trouve l'objet que je veux contempler; par exemple le temple, la montagne où est Jésus-Christ ou Notre-Dame, selon le mystère que je choisis pour ma contemplation. Si le sujet de la méditation est une chose invisible, comme sont ici les péchés, la composition de lieu sera de voir des yeux de l'imagination et de considérer mon âme emprisonnée dans ce corps mortel, et moi-même, c'est-à-dire mon corps et mon âme, dans cette vallée de larmes, comme exilé parmi les animaux privés de raison.

Le second prélude consiste à demander à Dieu notre Seigneur ce que je veux et ce que je désire. Cette demande doit être conforme au sujet de la méditation. Dans la contemplation de la Résurrection, par exemple, je demanderai la grâce de participer à la joie ineffable de Jésus-Christ glorieux; dans celle de la Passion, je demanderai la douleur, les larmes, les souffrances, avec Jésus-Christ dans les tourments. Dans la méditation présente, je dois demander la honte et la confusion de moi-même, en considérant combien est grand le nombre de ceux qui sont en enfer pour un seul péché mortel et combien de fois j'ai mérité d'être damné éternellement pour mes péchés sans nombre.

Avant chaque contemplation ou méditation, on doit faire exactement l'oraison préparatoire, qui est toujours la même, et les deux préludes qui varient de fois à autre selon le sujet.

Le premier point sera d'exercer la mémoire, en me rappelant le premier péché qui fut celui des Anges; puis l'entendement, en réfléchissant sur le même péché; puis enfin la volonté, en m'efforçant de me rappeler et de comprendre vivement cette première rébellion et ses suites, afin de me causer plus de honte et de confusion, en mettant mes péchés innombrables en comparaison avec le péché unique des Anges. Pour un seul péché ils ont été précipités en enfer; combien de fois l'ai-je mérité moi-même pour tous ceux que j'ai commis? Cet exercice de la mémoire sur le péché des Anges consiste donc à se remettre dans la pensée comment ils furent créés dans l'état d'innocence; comment ils refusèrent de se servir de leur liberté pour rendre à leur Créateur et Seigneur l'hommage et l'obéissance qui lui étaient dus; comment, l'orgueil venant à s'emparer de leur esprit, ils passèrent de l'état de grâce à un état de malice, et furent précipités du ciel en enfer. Ensuite, l'entendement s'appliquera à réfléchir plus en détail sur le même sujet; et, surtout, la volonté devra exciter en elle des affections en conséquence.

Le second point sera d'exercer, comme dans le premier, les trois puissances de l'âme sur le second péché, qui fut celui d'Adam et d'Eve, me rappelant à la mémoire comment, pour ce péché, ils firent une si longue pénitence, et quelle corruption il causa dans tout le genre humain: tant de millions d'hommes se précipitant depuis ce moment dans les enfers! Cet exercice de la mémoire sur le péché de nos premiers parents consiste donc à se rappeler comment Adam ayant été créé dans la terre de Damas et placé dans le paradis terrestre, et Eve formée d'une de ses côtes, Dieu leur défendit de manger du fruit de l'arbre de la science; comment, en ayant mangé et s'étant ainsi rendus coupables, ils furent couverts de tuniques de peau et chassés du paradis terrestre; comment enfin, privés de la justice originelle qu'ils avaient perdue, ils passèrent toute leur vie dans de pénibles travaux et dans un continuel repentir. On réfléchira ensuite par le moyen de l'entendement, et l'on s'efforcera d'exercer la volonté, comme il a été dit dans le premier point.

Le troisième point sera de méditer de la même manière sur le troisième péché, le péché particulier d'un homme quelconque tombé en enfer pour ce seul péché mortel, considérant que des âmes sans nombre sont maintenant damnées pour des péchés moins multipliés que les miens. Il faudra donc d'abord appliquer la mémoire à ce troisième péché particulier et se représenter la gravité et la malice du péché commis par l'homme contre son Créateur et Seigneur; puis se convaincre, par le moyen de l'entendement, qu'ayant péché et s'étant révolté contre la Bonté infinie, cet homme a justement été condamné pour toujours. Enfin on terminera par les actes de la volonté, comme il a été dit plus haut.

Me représentant Notre-Seigneur Jésus-Christ en Croix devant moi, je lui demanderai dans un colloque comment, étant le Créateur de toutes choses, il en est venu jusqu'à se faire homme; comment, possédant la vie éternelle, il a daigné accepter une mort temporelle et la subir réellement pour mes péchés. Puis, me considérant moi-même, je me demanderai ce que j'ai fait pour Jésus-Christ, ce que je fais pour Jésus-Christ, ce que je dois faire pour Jésus-Christ. Et, le voyant ainsi attaché à la Croix, je ferai les réflexions qui se présenteront à moi.

Le colloque est, à proprement parler, l'entretien d'un ami avec son ami, ou d'un esclave avec son seigneur. Tantôt il lui demande quelque grâce, tantôt il s'accuse d'une mauvaise action; il lui communique ses propres affaires, il lui demande conseil. Réciter en finissant: Notre Père

 

source : www.livres-mystiques.com

 

 

 

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