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Hauts Grades

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Le livre d'Enoch (6)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 88

1. Alors un des quatre hommes s'approcha des autres taureaux, et leur enseigna des mystères tels, qu'ils en tremblaient. Et un homme naquit, et il bâtit un grand navire. Il habitait dans ce navire, et avec lui trois taureaux et une couverture se fit au-dessus d'eux.

2. Je levai de nouveau mes regards au ciel, et j'aperçus une grande voûte ; et il y avait au-dessus sept cataractes qui versaient des torrents de pluie dans un village.

3. Je regardai encore, et voici que les fontaines de la terre se répandaient sur la terre dans ce village.

4. Et l'eau commença à tourbillonner et à monter sur la terre, en sorte que je ne pouvais plus apercevoir ce village, parce qu'il était tout couvert d'eau.

5. Il y avait en effet beaucoup d'eau, de ténèbres et de nuages ; et voici que la hauteur de l'eau surpassait la hauteur de tous les villages.

6. L'eau les couvrait en entier, et enveloppait la terre.

7. Et tous les taureaux qui y étaient réunis furent submergés et périrent dans les eaux.

8. Mais le navire flottait sur la surface de ces mêmes eaux. Cependant tous les taureaux, les éléphants, les chameaux et les ânes, et les troupeaux périssaient dans cette immense inondation ; ils disparaissaient engloutis, et je ne pouvais plus les voir dans l'abîme d'où ils ne pouvaient plus se retirer.

9. Je regardai encore, et voici les cataractes qui cessèrent de tomber d'en haut, et les fontaines de la terre de couler, et les abîmes s'entrouvrirent.

10. Et les eaux s'y précipitèrent, et la terre apparut.

11. Et le navire s'arrêta sur la terre, les ténèbres se dissipèrent et la lumière apparut.

12. Alors, le boeuf blanc, qui avait été fait homme, sortit de l'arche, et avec lui trois taureaux.

13. Et un des trois taureaux était blanc, et semblable à ce boeuf ; un autre était rouge comme du sang, et le troisième était noir ; et le taureau blanc se retira des autres.

14. Et les bêtes des champs, et les oiseaux commencèrent de se multiplier.

15. Et les différentes espèces de ces animaux se rassemblèrent, les lions, les tigres, les loups, les chiens, les sangliers, les renards, les chameaux et les porcs.

16. Les sirets, les milans, les vautours, les congas et les corbeaux.

17. Et parmi eux naquit un boeuf blanc.

18. Et ils commencèrent à se mordre les uns les autres ; et le boeuf blanc, qui était né parmi eux, engendra un onagre et un boeuf blanc, et ensuite plusieurs onagres. Et le boeuf blanc qui fut aussi engendré par lui, engendra à son tour un sanglier noir et une brebis blanche.

19. Le sanglier engendra beaucoup d'autres sangliers.

20. Et la brebis engendra douze autres brebis.

21. Quand ces douze brebis furent grandes, elles en vendirent une d'entre elles à des ânes.

22. Et les ânes vendirent la brebis à des loups.

23. Et elle grandissait parmi eux.

24. Alors le Seigneur amena les autres brebis pour habiter avec la première et paître avec elle au milieu des loups.

25. Et elles se multiplièrent, et leurs pâturages étaient en abondance.

26. Mais les loups commencèrent à les épouvanter et à les persécuter, et ils exterminaient leurs petits.

27. Et ils les placèrent dans les profondeur d'un grand fleuve.

28. Alors les brebis commencèrent à se lamenter à cause de la perte de leurs petits, et à se tourner vers leur Seigneur ; une d'elles cependant parvint à s'échapper et se retira parmi les onagres.

29. Et je vis les brebis gémissant, priant et implorant le Seigneur.

30. De toutes leurs forces, jusqu'à ce que le Seigneur descendît à leurs cris du haut de son séjour céleste et daignât les visiter.

31. Et il appela la brebis, qui avait échappé à la dent des loups, et lui enjoignit d'aller trouver ces loups meurtriers, et de les avertir de ne plus offenser les brebis.

32. Alors la brebis alla trouver les loups, forte de la parole du Seigneur, et une autre brebis vint au-devant de la première et marcha avec elle.

33. Et toutes deux étant entrées dans la demeure des loups leur défendirent de persécuter encore les brebis.

34. Ensuite je vis les loups opprimant de plus en plus le troupeau de brebis. Et les brebis crièrent encore vers le Seigneur, et le Seigneur descendit au milieu d'elles.

35. Et il commença à exterminer les loups, qui hurlaient ; mais les brebis gardaient le silence et ne poussaient plus de cris.

36. Et voici que je vis qu'elles émigrèrent du pays des loups. Les yeux de ces loups étaient aveuglés, et ils sortirent et ils poursuivirent les brebis de toutes leurs forces. Mais le Seigneur des brebis marchait avec elles et les conduisait.

37. Et toutes les brebis le suivaient.

38. Son visage était terrible ; son aspect brillant et magnifique. Cependant les loups commencèrent à poursuivre les brebis, jusqu'à ce qu'ils les eurent atteintes au bord d'une grande mer.

39. Alors la mer fut divisée, et les eaux se tinrent de chaque côté, comme un mur.

40. Et le Seigneur des brebis, qui les conduisait, se plaça entre elles et les loups.

41. Cependant les loups n'apercevaient point les brebis, mais ils les poursuivaient jusqu'au milieu de la mer, et alors les eaux se refermèrent derrière eux.

42. Mais dès qu'ils virent le Seigneur, ils se retournèrent pour fuir de devant sa face.

43. Mais alors les eaux se réunirent d'après les lois naturelles ; et elles engloutirent les loups. Et je vis tous ceux qui avaient poursuivi les brebis, submergés dans les flots.

44. Mais pour les brebis, elles passèrent la mer, et s'avancèrent dans ce désert qui n'avait ni arbre, ni eau, ni verdure. Et elles commencèrent à ouvrir les yeux et à voir.

45. Et je vis le Seigneur de ces brebis vivre avec elles, et leur fournir les eaux nécessaires,

46. Avec la brebis qui conduisait les autres.

47. Et cette brebis monta sur le sommet d'un rocher élevé, et le Seigneur des brebis l'envoya vers les autres.

48. Et je vis le Seigneur de ces brebis au milieu d'elles, et son visage était sévère et terrible.

49. Et dès qu'elles l'eurent aperçu, les brebis furent épouvantées.

50. Et toutes tremblantes elles envoyèrent la brebis qui les conduisait, et celle qui était avec elle et elles lui disait : Nous ne pouvons ni rester devant le Seigneur, ni le regarder en face.

51. Alors la brebis, qui les conduisait, remonta de nouveau sur le sommet de la montagne.

52. Et les autres brebis commencèrent à être aveuglées, et à s'égarer dans la voie que leur avait montrée la brebis. Mais celle-ci n'en savait rien.

53. Et le Seigneur était courroucé contre elles ; et quand la brebis apprit ce qui se passait au pied de la montagne,

54. Elles en descendit à la hâte, et s'étant approchée d'elles, elle en trouva beaucoup,

55. Qui étaient aveuglées,

56. Et qui avaient quitté leur voie. Et quand les autres brebis l'aperçurent, elle craignaient et tremblaient en sa présence.

57. Et elles désiraient revenir à leur étable.

58. Alors cette brebis, conduisant les autres brebis avec elle, s'approcha de celles qui s'étaient égarées,

59. Et elle commença à les frapper ; et elles étaient épouvantées en sa présence. Alors elle ramena au bercail celles qui s'étaient égarées.

60. Je vis aussi dans une vision, que cette brebis se faisait homme, et il bâtit au Seigneur une bergerie, et il les y établit.

61. Je vis encore tomber une brebis qui était venue au-devant de celle qui était le conducteur des autres. Je vis enfin périr un grand nombre d'autres brebis, leurs petits grandir à leur place, entrer dans un pâturage nouveau et venir au bord d'un fleuve.

62. Et la brebis qui les avait conduites et qui était devenue homme, se sépara d'elles et mourut.

63. Et toutes les brebis la cherchaient, et l'appelaient avec des cris lamentables.

64. Et je vis aussi qu'elles cessèrent de la pleurer, et qu'elles franchirent les eaux d'un fleuve.

65. Là s'élevèrent d'autres brebis, pour remplacer celles qui étaient mortes, et qui les avaient conduites auparavant.

66. Enfin je les vis entrer dans ce lieu fortuné, dans une terre de bénédiction et de joie.

67. Elles s'y rassasiaient ; et leurs bergeries étaient élevées sur cette terre bienheureuse, et leurs yeux étaient tantôt ouverts, tantôt aveuglés, jusqu'à ce qu'une brebis se levât au milieu d'elles, et les conduisît de telle sorte qu'elle les ramena toutes et leur ouvrit les yeux.

68. Mais les chiens, les renards et les sangliers commencèrent à les dévorer, jusqu'à ce qu'une autre brebis devint la ruine du troupeau, et le bélier qui les conduisit. Ce bélier commença en effet à frapper de ses cornes les chiens, les renards et les sangliers, et à les exterminer tous.

69. Mais la première brebis en ouvrant les yeux vit la gloire du bélier pâlir et s'éteindre.

70. Car il commença à frapper aussi les brebis, à les persécuter, et à oublier toute sa dignité.

71. Alors le seigneur envoya cette première brebis à une autre brebis, pour l'élever comme le bélier et le conducteur du troupeau en place de celle qui a terni sa gloire.

72. Elle y alla et lui parla et l'institua bélier ; et les chiens ne cessaient de vexer les brebis.

73. Et le premier bélier persécutait le second.

74. Alors celui-ci se leva, et s'enfuit de devant la face du premier bélier. Et je vis des chiens qui maltraitaient ce premier bélier.

75. Mais le second se leva, et il conduisait les jeunes brebis.

76. Et il engendra beaucoup d'autres brebis, mais enfin il succomba.

77. Et il eut pour successeur un jeune bélier qui devint le chef et le conducteur du troupeau.

78. Et sous lui, les brebis croissaient et se multipliaient.

79. Et tous les chiens, les renards et les sangliers le craignaient et fuyaient de devant lui.

80. Car ce bélier frappait et mettait en déroute toutes les bêtes féroces, en sorte qu'ils leur étaient désormais impossible d'opprimer les brebis ou d'en ravir une seule.

81. Et la bergerie devint grande et magnifique, et on y éleva une haute tour au moyen de ces brebis.

82. La bergerie était peu élevée, mais la tour était fort haute.

83. Et le Seigneur des brebis se plaça en cette tour, et voulut qu'on lui dressât une table magnifique.

84. Mais je vis bientôt que les brebis commencèrent à errer de nouveau, à suivre diverses routes et à abandonner leur bergerie.

85. Et le Seigneur en appela quelques-unes et les envoya vers les autres.

86. Mais celles-ci commencèrent à tuer les premières. Une d'elles cependant parvint à éviter le châtiment dont on la menaçait, et prenant la fuite, prêcha contre ceux qui voulaient la tuer.

87. Et le Seigneur des brebis la délivra de leurs mains, la fit monter et asseoir auprès de moi et y rester.

88. Il envoya encore à ces brebis prévaricatrices de ses commandements, d'autres brebis, pour avoir des témoins contre elles.

89. Je vis encore que ces brebis, en abandonnant le Seigneur, et la tour élevée en son honneur, erraient en aveugles en des régions inconnues.

90. Enfin je vis le Seigneur lui-même se venger, car il en faisait un grand carnage ; mais elles crièrent vers lui ; alors il abandonna son temple et les laissa en la puissance des lions, des tigres, des loups, des renards et de toute espèce de bêtes.

91. Et ces bêtes commencèrent à les déchirer.

92. Je vis aussi que le Seigneur, qu'elles avaient abandonné, les livrait à des lions féroces et cruels, et à toute espèce de bêtes.

93. Alors je criai de toutes mes forces, et j'implorai le Seigneur pour ces brebis que dévoraient toute espèce de bêtes féroces.

94. Mais il ne répondit point, et il regardait d'un oeil satisfait ces brebis qu'on dévorait, qu'on exterminait. Enfin il appela soixante-dix pasteurs et leur donna le soin de veiller sur le troupeau.

95. Et il leur dit : Que chacun de vous veille sur les brebis, et qu'il fasse ce que je lui commanderai ; je vous en donnerai à chaque un certain nombre à conduire.

96. Et celles que je vous dirai d'exterminer, vous les exterminerez ; et il les leur livra.

97. Alors il en appela un autre et lui dit : Comprends et fais attention à tout ce que les pasteurs feront à ces brebis ; car ils en feront périr beaucoup plus que je ne leur en désignerai.

98. Et toute transgression, tout meurtre que les pasteurs commettront, sera noté ; c'est-à-dire qu'il faudra indiquer celles qu'ils auront tuées par mon ordre, et celles qu'ils auront fait périr de leur propre autorité.

99. Tout meurtre commis par les pasteurs leur est compté. Ne manque donc pas d'écrire combien de brebis ils auront fait périr de leur propre autorité, combien ils en auront livré au supplice, afin que ce compte soit contre eux un témoignage, que je sache tout ce qu'ils auront fait ; s'ils ont exécuté mes ordres, ou s'ils ont négligé de les accomplir.

100. Mais qu'ils ignorent ce que je te commande ; ne leur ouvre point les yeux ; ne leur donne point d'avertissement ; mais compte avec soin tous les meurtres qu'ils commettront, et donnes-en-moi une connaissance exacte. Et je vis comment ces pasteurs gouvernaient le troupeau chacun son temps. Et ils commencèrent à tuer plus de brebis qu'ils n'en devaient faire périr.

101. Et ils abandonnèrent les brebis dans la puissance des lions, en sorte que plusieurs d'entre elles furent dévorées par les lions et par les tigres ; et que les sangliers se jetèrent sur elles, brûlèrent la tour consacrée au Seigneur et détruisirent la bergerie.

102. Et je fus bien chagrin de l'incendie de cette tour, et de la ruine de la bergerie.

103. Car ensuite il me fut impossible de la voir.

104. Quant aux pasteurs et leurs complices, ils livraient eux-mêmes les brebis à toutes les bêtes féroces, pour les faire dévorer. Chacune d'elles leur était livrée à son tour, et en son temps. Or, chacune aussi était inscrite dans un livre ; et toutes celles qui périssaient y étaient soigneusement notées.

105. Cependant chaque pasteur en faisait périr bien plus qu'il ne le devait.

106. Alors je commençai à pleurer et à m'indigner sur le sort misérable de ces brebis.

107. Et je vis dans ma vision comment celui qui écrivait, notait jour après jour les meurtres commis par les pasteurs ; comment il monta, se présenta au Seigneur des brebis et lui donna le livre qui renfermait le compte exact de tout ce que les pasteurs avaient fait, la note de tous ceux qu'ils avaient fait périr.

108. Et de tout le mal qu'ils avaient commis.

109. Et le livre fut lu devant le Seigneur des esprits, qui, étendant la main, le signa et puis le déposa.

110. Ensuite je vis comment les pasteurs avaient l'empire pendant douze heures.

111. Et voici que trois de ces brebis revenues de la captivité, retournèrent et rentrèrent dans le lieu de la bergerie, et commencèrent à relever tout ce qui y avait été détruit.

112. Mais les sangliers les en empêchaient, mais leurs efforts étaient inutiles.

113. Et les brebis continuèrent à édifier, comme auparavant, et relevèrent la tour qu'on nomma la tour haute.

114. Et ils recommencèrent à placer une table devant la tour, mais le pain qu'ils y placèrent était impur et pollué.

115. De plus, toutes les brebis étaient aveuglées ; elles ne pouvaient voir, pas plus que les pasteurs.

116. Les pasteurs les livraient aussi pour les faire périr en grand nombre.

117. Mais le Seigneur des brebis se taisait, et toutes les brebis furent entraînées. Pasteurs et brebis, tout était confondu, et nul ne les défendait des attaques des bêtes sauvages.

118. Alors celui qui écrivait le livre, monta et le remit au Seigneur des brebis. Mais en même temps il le pria pour elles, en portant témoignage contre les pasteurs qui les avaient fait périr. Et après avoir déposé le livre, il s'en alla.

CHAPITRE 89

1. Et je remarquai comment trente-sept pasteurs reprirent soin du troupeau jusqu'à ce que chacun disparût à son tour, comme les premiers. Alors les brebis furent confiées à d'autres pasteurs, qui les gardèrent chacun un certain temps.

2. Puis j'aperçus dans ma vision tous les oiseaux du ciel qui accouraient, les aigles, les milans et les corbeaux. Et les aigles conduisaient tous les autres.

3. Et ils commencèrent à dévorer les brebis, à leur crever les yeux avec leurs becs, et à se nourrir de leur chair.

4. Et les brebis poussaient des cris lamentables, de se sentir ainsi dévorer.

5. Et je criais aussi, et je gémissais dans mon sommeil contre le pasteur chargé de la garde du troupeau.

6. Et je vis les brebis dévorer par les chiens, par les aigles et les vautours. Leur chair, leur peau, leurs muscles, tout était consommé ; il ne leur restait que les os, qui tombaient à terre. Et le nombre des brebis diminuait considérablement.

7. Et je vis ensuite vingt-trois pasteurs placés à la tête du troupeau, et dont les temps respectifs accumulés forment cinquante-huit âges.

8. Alors les agneaux furent mis au monde par les brebis blanches, et ils commencèrent à ouvrir les yeux et à voir, et à appeler leurs mères.

9. Mais les brebis ne les regardaient pas, n'écoutaient point leurs plaintes ; mais elles étaient sourdes, aveugles et endurcies.

10. Et j'aperçus dans ma vision les corbeaux qui s'abattaient sur ces agneaux.

11. Qui les saisissaient, et qui dévoraient les brebis après les avoir déchirées.

12. Je vis aussi les cornes de ces agneaux s'accroître, mais les corbeaux cherchaient à les ébranler.

13. Voici enfin qu'une grande corne poussa sur la tête d'une de ces brebis, et les yeux de toutes les autres furent ouverts.

14. Et la première les regardait, et leurs yeux furent ouverts, et elle les appelait.

15. Les boeufs la voyant, se précipitèrent sur elle.

16. Cependant les aigles, les milans, les corbeaux et les vautours continuèrent à persécuter les brebis, volant sur elles et les dévorant. Et les brebis se taisaient, mais les boeufs se lamentaient et poussaient des gémissements.

17. Alors les corbeaux luttèrent avec elle.

18. Cherchant à briser la corne, mais leurs efforts étaient inutiles.

19. Et je regardai jusqu'à ce que vinrent les pasteurs, les aigles, les milans et les vautours,

20. Qui poussaient les corbeaux à briser la corne de ce boeuf, et qui combattaient avec lui. Mais il soutenait leur choc et demandait du secours.

21. Alors je vis venir l'homme qui avait inscrit les noms des pasteurs, et qui était monté en la présence du Seigneur des brebis.

22. Il vint porter du secours au boeuf, et annonça à tous qu'il était venu porter du secours au boeuf.

23. Et voici que le Seigneur des brebis descendit enflammé de colère, et tous ceux qui l'aperçurent s'enfuirent. Les autres se prosternèrent dans son tabernacle, et les aigles, les milans, les corbeaux et les vautours se réunirent et entraînèrent avec eux toutes les brebis des champs.

24. Tous se réunirent et cherchèrent à briser la corne du boeuf.

25. Alors je vis l'homme qui écrivait par l'ordre du Seigneur, prendre le livre de la destruction accomplie par les douze derniers pasteurs, et il prouva qu'ils avaient fait périr plus de monde que ceux qui les avaient précédés.

26. Je vis encore venir à eux le Seigneur des brebis, tenant en sa main le sceptre de sa colère, en frapper la terre, qui s'entrouvrit, et les bêtes et les oiseaux du ciel cessèrent de persécuter les brebis, et tombèrent dans les gouffres béants de la terre, qui se referma sur eux.

27. Je vis aussi donner une grande épée aux brebis, qui poursuivaient à leur tour les bêtes sauvages, et les exterminaient.

28. Mais toutes les bêtes et tous les oiseaux du ciel se retirèrent de devant leur face.

29. Etje vis un trône élevé dans une région fortunée,

30. Sur lequel siégeait le Seigneur des esprits, qui prit tous les livres,

31. Et les ouvrit.

32. Alors le Seigneur appela les sept premiers hommes blancs, et leur ordonna d'amener la première étoile, qui avait précédé toutes les autres, dont les parties sexuelles étaient semblables aux parties sexuelles des chevaux, qui enfin était tombée la première, et tous l'amenaient devant lui.

33. Et il dit à l'homme qui écrivait en sa présence, et qui était un des sept hommes blancs : Prends ces soixante-dix pasteurs, auxquels j'ai confié les brebis, et qui en ont fait périr beaucoup plus que je ne l'avais ordonné. Et voici ; je les vis enchaînés et debout devant lui. Et on commença par juger les étoiles, et elles furent reconnues coupables, et amenées au lieu du jugement ; et on les jeta dans un lieu profond, et rempli de flammes. Ensuite les soixante-dix pasteurs furent jugés et reconnus coupables ; ils furent également précipités dans l'abîme enflammé.

34. Dans le même temps, je vis au milieu de la terre un abîme rempli de feu.

35. C'est là qu'étaient conduites les brebis aveugles, qui avaient été jugées coupables ; toutes, elle étaient précipitées dans ce gouffre de feu.

36. Et ce gouffre se trouvait situé à la droite de cette bergerie.

37. Et je vis les brebis brûler et leurs os consumés par le feu.

38. Et je me tenais debout, considérant comment cette antique bergerie fut détruite ; mais auparavant on en avait enlevé les colonnes, l'ivoire et toutes les richesse qu'elle renfermait, et on les avait amoncelées dans un lieu situé à l'orient.

39. Je vis aussi le Seigneur des brebis élever une maison plus grande et plus haute que la première, et la bâtir dans le même endroit où avait été la première. Toutes ses colonnes étaient neuves, l'ivoire neuf, et en plus grande quantité qu'auparavant.

40. Et le Seigneur des brebis habitait à l'intérieur. Et toutes les bêtes sauvages, tous les oiseaux du ciel s'inclinèrent devant les brebis qui restaient et les adorèrent, leur adressèrent des prières, en leur obéissant en toutes choses.

41. Alors les trois hommes, qui étaient revêtus de blanc, et qui me prenant par la main m'avaient fait monter, m'enlevèrent encore, et me placèrent au milieu des brebis, avant le commencement du jugement.

42. Les brebis étaient toutes blanches, la laine longue et pure de toute tache. Et toutes celles qui avaient péri ou qu'on avait exterminées, toutes les bêtes sauvages, tous les oiseaux du ciel se réunirent dans cette maison, et le Seigneur des brebis tressaillait d'allégresse de voir rentrer les brebis au bercail.

43. Et je vis qu'elles déposaient l'épée qui leur avait été donnée, qu'elles la reportaient dans la bergerie, et la scellaient en présence du Seigneur.

44. Les brebis étaient enfermées dans la maison, qui avait peine à les contenir toutes. Et leurs yeux étaient ouverts, et elles contemplaient le Bon, et il n'en était pas une parmi elles qui ne l'aperçût.

45. Je vis aussi que la maison était grande et large, et pleine de monde. Et voici qu'il naquit un veau blanc, dont les cornes étaient grandes, et toutes les bêtes sauvages, tous les oiseaux du ciel l'adoraient et l'imploraient incessamment.

46. Alors je vis leur nature à tous se transformer, et ils devenaient des veaux blancs.

47. Et le premier d'entre eux fut fait Verbe, et le Verbe devint un grand animal, et il portait sur sa tête de grandes cornes noires.

48. Et le Seigneur des brebis se réjouissait à la vue de tous ces veaux.

49. Et moi qui m'étais prosterné, je fus réveillé, mais je conservais la mémoire de tout ce que j'avais vu. Telle est la vision qui m'apparut pendant mon sommeil. Je célébrai à mon réveil le Seigneur de toute justice, et je lui en rendis toute la gloire.

50. Ensuite je répandis beaucoup de larmes, et elles coulaient sans s'arrêter par le souvenir de ce que j'avais vu. Car toutes ces choses s'accompliront et toutes les actions des heureux se manifesteront en leur temps.

51. Et je pensai la nuit au songe que j'avais eu, et je pleurai amèrement, plein de trouble encore de la vision que j'avais eue.

Cinquième Section. Les Parénèses

CHAPITRE 90

1. Et maintenant, ô mon fils Mathusala ! fais-moi venir tous tes frères, et rassemble devant moi tous les enfants de ta mère. Car la voix intérieure m'anime, l'esprit d'en haut s'empare de moi ; je vais vous révéler ce qui doit vous arriver dans la suite des âges.

2. Alors Mathusala s'en alla, et il rassembla devant Enoch tous ses frères et tous ses parents.

3. Alors Enoch, s'adressant à tous ses enfants :

4. Écoutez, dit-il, mes enfants, écoutez les paroles de votre père, et prêtez oreille à ce que je vais vous dire ; car vous devez être attentifs quand je vous parle. Mes bien-aimés, suivez les sentiers de la justice et ne vous écartez point.

5. N'ayez point le coeur double, et ne faites point amitié avec les hommes trompeurs ; mais marchez dans les sentiers de la justice, suivez la bonne route, et que la vérité soit votre compagne.

6. Car je vous l'annonce : la persécution régnera un jour sur la terre ; mais à la fin, Dieu en fera une grande justice ; quand l'iniquité sera consommée, elle sera extirpée jusque dans sa racine. Cependant elle repousse encore ; mais, vains efforts ! ses oeuvres seront encore anéanties ; toute oppression, toute impiété sera de nouveau punie.

7. C'est pourquoi, lorsque l'iniquité, le péché, le blasphème, la tyrannie, toute espèce de mal, en un mot, se sera accru sur la terre ; quand la désobéissance, l'iniquité et l'impunité auront prévalu, alors viendra du ciel un supplice épouvantable.

8. Le Seigneur de toute sainteté apparaîtra dans sa colère, et il infligera aux coupables un châtiment terrible.

9. Le Seigneur de toute sainteté apparaîtra dans sa colère, et viendra juger la terre.

10. Alors la persécution sera extirpée jusqu'à la racine, et l'iniquité sera exterminée.

11. Tous les points de la terre seront dévorés par le feu, avec leurs habitants. Tous, de quelque côté qu'ils viennent, seront jugés et punis selon leurs oeuvres, et leurs supplices seront éternels.

12. Alors le juste se réveillera de son sommeil, et le seigneur s'élèvera contre les méchants.

13. Alors les racines de l'iniquité seront détruites, les pécheurs périront par le feu, et les blasphémateurs seront exterminés.

14. Ceux qui oppriment leurs frères, comme ceux qui blasphèment, périront par le glaive.

15. Et maintenant, laissez-moi, mes enfants, vous tracer les sentiers de la justice et ceux de l'iniquité.

16. Puis je vous dirai ce qui doit arriver.

17. Écoutez-moi donc, ô mes enfants ! marchez dans la voie de la justice, évitez la voie de l'iniquité : car tous ceux qui suivront cette voie périront à jamais.

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Le livre d'Enoch (5)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 76

1. Le premier vent s'appelle oriental, parce qu'il est le premier. - Ezek 42 : 20 -

2. Le second, se nomme vent du midi, parce que c'est à ce moment que descend l'Éternel, le Béni à jamais.

3. Le vent d'occident, s'appelle encore vent de la diminution parce que c'est de son côté que tous les luminaires célestes s'affaiblissent et descendent.

4. Le quatrième vent, le vent du septentrion, se subdivise en trois parties ; l'une est consacrée à l'habitation des hommes, l'autre est occupée par des lacs, des vallées, des forêts, des rivières, des lieux couverts de ténèbres ou de neige ; la troisième enfin, est le paradis.

5. Je vis sept montagnes plus hautes que toutes les montagnes de la terre, d'où sortent les frimas, les jours, les saisons, et les années y vont et s'y évanouissent.

6. Je vis sept fleuves sur la terre, plus grands que tous les autres fleuves ; l'un coule de l'occident à l'orient, et va se jeter dans la grande mer.

7. Deux autres coulent du nord à la mer, et vont se jeter dans la mer Érythrée, vers l'orient. Quant aux quatre autres, deux coulent du nord vers la mer Érythrée, les deux derniers vont se jeter dans la grande mer, là où se trouve un immense désert.

8. Je vis sept grandes îles sur cette mer, deux proches de la terre, cinq dans la grande mer.

CHAPITRE 77

1. Les noms du soleil sont : Oz-iâres et Tomâs.

2. La lune a quatre noms : le premier est Asonia, le second Ebla ; le troisième Benaces, et le quatrième Erae.

3. Tels sont ces deux grands luminaires, dont les orbites sont comme les orbites du ciel, et dont les dimensions sont égales.

4. Dans l'orbite du soleil, il y a sept parties de lumière, qui sont réfléchies par la lune. Ces sept parties vont frapper la lune jusqu'à la dernière. Ils sortent par la porte de l'occident, après avoir éclairé le septentrion, et reviennent dans le ciel par la porte de l'orient.

5. Lorsque la lune se lève, elle apparaît dans le ciel ; et elle est éclairée par la moitié de la septième partie de la lune.

6. Cette lumière se complète au bout de quatorze jours.

7. Bientôt se complétèrent trois fois cinq parties de lumière, en sorte qu'après quinze jours, elle soit arrivée à sa parfaite croissance.

8. La lune alors réfléchit toute la lumière qu'elle reçoit du soleil.

9. Elle décroît ensuite, et elle suit dans sa décroissance la même marche qu'elle avait mise dans sa croissance.

10. En certains mois, la lune a vingt-neuf jours.

11. Il y a d'autres mois où elle n'a que vingt-huit jours.

12. Uriel me révéla encore une autre loi. C'est la manière dont la lumière émanant du soleil vient se répandre sur la lune.

13. Pendant tout le temps que la lune progresse dans sa lumière, elle s'avance devant le soleil, jusqu'à ce qu'au bout de quatorze jours sa lumière devienne pleine dans le ciel.

14. Mais quand elle décroît, ou que cette lumière est absorbée peu à peu dans le ciel, le premier jour s'appelle nouvelle lune, parce que c'est dans ce jour qu'elle recommence à recevoir la lumière du soleil.

15. Elle se trouve complète, le jour où le soleil descend à l'occident, pendant que la lune monte à l'orient.

16. Alors la lune brille pendant toute la nuit jusqu'à ce que le soleil se lève avant elle ; alors la lune s'évanouit devant le soleil.

17. Quand la lumière s'approche de la lune, elle décroît encore, jusqu'à ce qu'elle soit complètement éclipsée ; alors son temps est terminé.

18. Alors son orbite vide est sans aucun éclat.

19. Pendant trois mois elle accomplit sa période en trente jours, et pendant trois autres mois, elle l'accomplit en vingt-neuf jours.

20. Et pendant trois mois elle a une période de trente jours, et pendant trois mois, une période de vingt-neuf jours.

21. La nuit, elle apparaît pendant vingt jours comme une figure d'homme, et dans le jour, elle se confond avec le ciel.

CHAPITRE 78

1. Et maintenant, mon fils Mathusala, je t'ai tout fait connaître ; et la description du ciel est terminée.

2. Je t'ai fait voir le cours de tous les globes lumineux qui président aux saisons, aux différents temps de l'année, et leurs diverses influences, produisant les mois, les semaines et les jours. Je t'ai également fait voir les décroissements de la lune, qui ont lieu à la sixième porte, car c'est à cette porte que la lune perd sa lumière.

3. C'est par là que commence la lune ; c'est aussi là qu'elle finit à époque certaine, lorsqu'elle a parcouru cent soixante-dix-sept jours, c'est-à-dire vint-cinq semaines et deux jours.

4. Sa période est plus petite que celle du soleil ; elle a cinq jours de moins par semestre.

5. Quand elle se trouve dans son plein, elle présente la face d'un homme. C'est ainsi que me l'a fait connaître Uriel, le grand ange qui la régit.

CHAPITRE 79

1. Dans ces jours-là, Ouriel me dit : Et maintenant, mon fils, je t'ai tout montré, ô Enoch.

2. Je t'ai tout révélé. Tu vois le soleil, la lune et les anges qui dirigent les étoiles du ciel, qui président à leurs mouvements, à leurs phases, à leurs conversions.

3. Les jours des pécheurs ne seront point complets.

4. Leurs semences manqueront dans les champs et dans les campagnes ; les travaux de terre seront bouleversés, rien ne viendra pour eux en son temps. La pluie restera dans les airs, et le ciel sera d'airain.

5. En ce temps-là les produits de la terre seront tardifs ; ils ne fleuriront point en leur temps, et les arbres retiendront leurs fruits.

6. La lune changera son cours, elle n'apparaîtra point en son temps ; le ciel brûlant et sans nuages sera visible, et la stérilité s'étendra sur la face de la terre. Des météores sillonneront le ciel ; car beaucoup d'étoiles, se détournant de leur course accoutumée, erreront dans l'espace.

7. Et les anges qui les régissent ne seront point là pour les faire rentrer dans leur route ; et toutes les étoiles se soulèveront contre les pécheurs.

8. Les habitants de la terre seront confondus dans leurs pensées ; ils pervertiront toutes les voies.

9. Ils transgresseront les commandements du Seigneur et se croiront des dieux ; cependant le mal ne fera que se multiplier au milieu d'eux.

10. Mais le châtiment céleste ne se fera pas attendre : ils périront tous.

CHAPITRE 80

1. Et il me dit : << O Enoch, regarde ce livre qui est descendu des cieux ; lis ce qui y est contenu, et cherche à comprendre tout ce qu'il contient. >>

2. Alors j'aperçus tout ce qui venait du ciel. et je compris tout ce qui était écrit dans le livre. En le lisant, je connus toutes les oeuvres des hommes ;

3. Toutes les oeuvres des enfants de la chair, depuis le commencement jusqu'à la fin.

4. Et je louai le Seigneur, le Roi de gloire, l'Ouvrier de toutes ces merveilles.

5. Et je le célébrai à cause de sa longanimité, à cause de sa miséricorde envers les enfants du monde.

6. Et je m'écriai :" Bienheureux est l'homme qui meurt dans la justice et le bien, et auquel on ne peut opposer aucun registre de méfait ; qui n'a point connu l'iniquité. [G Pour être présenté au jour du Jugement]. " -Psa 1:1 ; Dan 7:10-

7. Alors les trois saints me saisirent, et, me transportant sur la terre, me déposèrent devant la porte de ma maison.

8. Et ils me dirent ::"Explique toutes ces choses à ton fils Mathusalem ; annonce à tous tes enfants que nulle chair ne sera justifiée devant le Seigneur, car Il est le Créateur. " -Job 9:2 ; Psa 14:1-

9. Pendant une année entière nous le laisserons avec tes enfants, jusqu'à ce que tu recouvres ta force première et que tu sois en état d'instruire ta famille, d'écrire toutes les choses que tu as vues, et de les expliquer à tes enfants. Mais, au milieu de l'année prochaine, on t'enlèvera du milieu des tiens ; et ton coeur retrouvera sa première force ; car l'élu découvrira à l'élu les secrets de la justice, le juste se réjouira avec le juste ; ils confesseront Dieu ensemble. Quant aux pécheurs, ils périront avec les pécheurs ;

10. Et les pervers avec les pervers.

11. Ceux-là mêmes qui auront vécu dans la justice mourront à cause des méfaits des hommes, et ils expireront à cause des actions des méchants. -2 Rois 22:20 ; Ésaïe 57:1-

12. Dans ces jours, ils cesseront de me parler.

13. Et je revins à mes frères, en louant et en bénissant le Seigneur.

CHAPITRE 81

1. Or, mon fils Mathusalem, je t'ai tout dit, tout écrit ; je t'ai tout révélé, et je t'ai donné un traité sur chaque chose.

2. Conserve, mon fils, les livres écrits de la main de ton père, et transmets-les aux générations futures.

3. Je t'ai donné la sagesse, à toi, à tes enfants et à ta postérité, afin qu'ils la transmettent, cette sagesse supérieure à toutes leurs pensées, à leur postérité. Et ceux qui la comprendront ne dormiront point ; mais ils ouvriront leurs oreilles pour la recevoir, afin de se rendre dignes de cette sagesse, qui sera pour eux comme une nourriture céleste.

4. Bienheureux les justes, bienheureux ceux qui marchent dans la justice, qui ne connaissent point l'iniquité, et qui ne ressemblent point aux pécheurs dont les jours sont comptés.

5. Quant à la marche du soleil dans le ciel, il entre et il sort par les différentes portes pendant trente jours, avec les chefs des mille espèces d'étoiles, avec les quatre qui leur sont ajoutés et qui sont relatifs aux quatre jours supplémentaires.

6. Les hommes sont dans de grandes erreurs au sujet de ces jours ; ils n'en font point mention dans leurs calculs. Mais ces jours supplémentaires existent : un à la première porte, un second à la troisième, un troisième à la quatrième, un dernier à la sixième porte.

7. L'année est ainsi composée de trois cent soixante-quatre jours.

8. Ainsi le calcul est exact. Car ces luminaires, ces mois, ces périodes, ces années et ces jours, Uriel me les a révélés et expliqués, lui qui, de par Dieu, a puissance sur tous ces astres, et qui règle leurs influences.

9. Voilà l'ordre des astres, chacun suivant l'endroit du ciel où il se lève et se couche, suivant les saisons, les temps, les périodes, les jours et les mois.

10. Voici les noms de ceux qui les dirigent, qui veillent sur leurs voies, sur leurs périodes, sur leurs influences.

11. Quatre d'entre eux ouvrent la marche ; ils partagent l'année en quatre parties. Douze autres viennent ensuite, qui forment les douze mois de l'année, divisés en trois cent soixante-quatre jours, avec les chefs des mille qui distinguent les jours, les jours ordinaires comme les jours supplémentaires ; qui, comme les premiers chefs, partagent l'année en quatre parties.

12. Les chefs des mille sont placés au milieu des autres, et chacun d'eux est à sa place. Or, voici les noms de ceux qui président aux quatre parties de l'année, savoir : Melkel, Helammelak ;

13. Meleyal et Narel.

14. Quant aux noms des autres, ce sont : Adnarel, Jyasural et Jeyeluineal.

15. Ces trois derniers marchent après les chefs de la classe des étoiles ; chacun marche régulièrement après ceux qui partagent l'année en quatre parties.

16. Dans la première partie de l'année apparaît Melkel, qu'on nomme encore Tamaâ et Zahaïa.

17. Les jours soumis à son influence sont au nombre de quatre-vingt-onze.

18. Et voici ce que l'on voit sur la terre pendant ces jours : sueur, chaleur et travail. Tous les arbres deviennent fertiles, les feuilles poussent, la moisson réjouit le laboureur, la rose et toutes les fleurs embellissent la campagne, et les arbres morts dans l'hiver se dessèchent.

19. Voici ceux qui commandent en second : Barkel, Zehabel et Heloyalel, auquel s'adjoint encore Helammelak, appelé aussi Soleil, ou très-brillant.

20. Les jours soumis à leur influence sont au nombre de quatre-vingt-onze.

21. Voici ce qui se passe sur la terre pendant ce temps : chaleur et sécheresse ; les arbres donnent leurs fruits, et les fruits sont excellents à sécher.

22. Les troupeaux vont à leurs pâturages, et les brebis mettent bas. On ramasse tous les biens de la terre ; on amoncelle les grains dans les greniers, et on porte le raisin dans les pressoirs.

23. Les noms des autres sont Gédael, Keel, Héel ;

24. Auxquels il faut ajouter Asphael.

25. Et les jours de son autorité sont expirés et finis.

Quatrième Section. Les songes visionnaires d'Enoch

CHAPITRE 82

1. Et maintenant, mon fils Mathusalem, je t'ai fait part de toutes les visions que j'ai vues avant toi. J'en eus encore deux autres avant de me marier, et l'une d'elles ne ressemblait pas à l'autre.

2. La première m'apparut pendant que j'étais occupé à lire ; et la seconde quelque temps avant d'épouser ta mère. C'étaient deux importantes visions.

3. Au sujet desquelles j'interrogeai le Seigneur.

4. Je reposais dans ma maison de mon aïeul Malaleel, et je vis le ciel brillant et radieux.

5. Et je me prosternai, et je vis la terre dévorée par un grand gouffre, et des montagnes suspendues au-dessus des montagnes.

6. Des collines tombaient sur les collines, les arbres les plus hauts se fendaient dans toute leur hauteur, et ils étaient précipités dans l'abîme et descendaient au fond.

7. A la vue de ce chaos, ma voix balbutiait. Je m'écriai : C'en est fait de la terre. Alors mon aïeul Malaleel me releva, et me dit : Pourquoi t'écries-tu, mon fils, pourquoi te lamentes-tu ?

8. Je lui racontai la vision que j'avais eue, et il me dit : Ce que tu as vu est grave, mon fils.

9. Et la vision que tu as eue est frappante ; elle se rapporte évidemment aux péchés de la terre, que l'abîme doit dévorer. Oui, il arrivera une grande catastrophe.

10. C'est pourquoi, ô mon fils, lève-toi et implore le Dieu de gloire, car tu es fidèle, et pour qu'il laisse quelques personnes sur la terre, et que les hommes ne périssent pas tous. Mon fils, la catastrophe viendra du ciel sur la terre ; et ce sera une grande ruine.

11. Alors je me levai et je suppliai le Seigneur ; j'écrivis mes prières pour les générations du monde, donnant à mon fils Mathusala toutes les explications qu'il pouvait désirer.

12. Et quand je fus sorti, et que j'eus vu le soleil se levant à l'orient, la lune descendant à l'occident, toutes les étoiles que Dieu a créées s'avançant majestueusement dans le ciel, alors je célébrai le Seigneur de toute justice, j'exaltai son Saint Nom, parce qu'il avait fait surgir le soleil aux fenêtres de l'orient ; il monte et s'élève à la face du ciel et il parcourt sa brillante carrière.

CHAPITRE 83

1. Et j'élevai les mains au ciel et je louai le Saint et le Très-Haut. Et j'ouvris la bouche, et me servant de la langue que Dieu a donnée à tous les enfants des hommes, pour servir d'instrument à leurs pensées, je le célébrai en ces termes :

2. Tu es béni, Seigneur, roi puissant et sublime, seigneur de toutes les créatures du ciel, Roi des rois, Dieu de tout l'univers, dont le règne, la domination et la majesté n'auront jamais de fin.

3. De siècle en siècle ton règne subsistera. Les cieux constituent ton trône à jamais, et la terre est ton marchepied d'éternité en éternité.

4. Car c'est toi qui les as faites, c'est toi qui les gouvernes. Rien ne peut se soustraire à ta puissance infinie. Avec toi la sagesse est immuable : elle veille sans cesse auprès de ton trône. Tu connais, tu vois, tu entends tout, rien ne peut se soustraire à ton puissant regard, car ton oeil est partout !

5. Voici les anges qui ont transgressé tes commandements ; et ta colère plane sur la chair de l'homme, jusqu'au grand jour du jugement.

6. Or, Seigneur, mon Dieu, roi puissant et clément, je t'implore, je te supplie ; exauce mes prières ; que ma postérité se perpétue sur la terre, que le genre humain ne périsse pas tout entier !

7. N'abandonne point la terre désolée, et qu'elle ne soit point détruite à jamais !

8. O Seigneur, extermine de la face de la terre la chair qui t'a offensé. Mais conserve la race des justes pour la perpétuer à jamais. O Seigneur ne détourne point ta face de ton serviteur.

CHAPITRE 84

1. Ensuite j'eus une autre vision, que je vais encore t'expliquer, ô mon fils. Et Enoch se leva et dit à son fils Mathusala : Laisse-moi t'entretenir, ô mon fils. Écoute la parole de ma bouche, et prête l'oreille à la vision et au songe de ton père. Avant d'épouser ta mère, j'eus une vision dans mon lit.

2. Voici un taureau sortant de la terre.

3. Et ce taureau était blanc.

4. Ensuite sortit une génisse, et avec elle deux jeunes veaux, dont l'un était noir et l'autre rouge.

5. Le noir frappa le rouge et le poursuivait par toute la terre.

6. Dès ce moment je m'aperçus plus le veau rouge ; mais le noir survint à une extrême vieillesse, et il y avait avec lui une génisse.

7. Ensuite je vis beaucoup de taureaux nés de ce couple, qui leur ressemblaient et qui les suivaient.

8. Et la première génisse sortit de la présence du premier taureau ; et elle chercha le veau rouge, mais elle ne le trouva point.

9. Et elle poussait des gémissements lamentables, en le cherchant.

10. Et elle continua ses cris jusqu'à ce que le taureau s'approcha d'elle ; dès ce moment elle cessa de se plaindre et de gémir.

11. Et puis elle mit au monde un taureau blanc.

12. Et après celui-ci beaucoup d'autres taureaux et d'autres génisses.

13. Je vis encore dans mon songe un boeuf blanc, qui grandit de la même manière, et finit par devenir un grand boeuf blanc.

14. Et de lui sortirent beaucoup d'autres boeufs qui lui étaient semblables.

15. Et ils commencèrent à produire d'autres boeufs blancs, qui leur étaient semblables, et ils se succédaient les uns aux autres.

CHAPITRE 85

1. Je levai encore les yeux, et je vis le ciel au-dessus de ma tête.

2. Et voici qu'une étoile tomba du ciel.

3. Et elle se dressait au milieu de ces taureaux et paraissait paître avec eux.

4. Ensuite je vis d'autres taureaux grands et noirs ; et voici qu'ils changeaient sans cesse de pâturages et d'étables, lorsque leurs jeunes veaux commencèrent à se lamenter avec eux ; et en regardant encore au ciel, je voyais beaucoup d'autres astres qui redescendaient et se précipitaient vers cette étoile unique.

5. Au milieu des jeunes veaux, les taureaux étaient avec eux et paissaient avec eux.

6. Je regardai et j'admirai ces choses, et voici que les taureaux commencèrent à entrer en feu et à monter sur les génisses ; celles-ci ayant conçu, mirent au monde des éléphants, des chameaux et des ânes.

7. Et les taureaux étaient épouvantés de cette génération monstrueuse, et aussitôt ils se mirent à les mordre et à les frapper de leurs cornes.

8. Et les éléphants dévorèrent les taureaux, et voici que tous les enfants de la terre frémissaient à ce spectacle et fuyaient épouvantés.

CHAPITRE 86

1. Je les regardai encore, et je les vis se frapper les uns les autres, se dévorer, et j'entendis la terre qui en gémissait. Alors je tournai une seconde fois mes regards vers le ciel, et dans une seconde vision, je vis sortir des hommes semblables à des hommes blancs. Il y en avait un, et trois autres qui l'accompagnaient.

2. Ces trois hommes qui sortirent les derniers, me prirent par la main, et m'élevant au-dessus de la terre et de ses habitants, me conduisirent dans un lieu élevé.

3. Et de là ils me montrèrent une haute tour environnée de collines plus basses ; et ils me dirent : Reste ici, jusqu'à ce que tu voies ce qui doit arriver par ces éléphants, ces chameaux et ces ânes, ces astres et toutes ces génisses. -----

CHAPITRE 87

1. Alors j'aperçus celui de ces quatre hommes blancs qui était sorti le premier.

2. Et il saisit la première étoile qui était tombée du ciel.

3. Et il lui lia les pieds et les mains, et la jeta dans une vallée, vallée étroite, profonde, horrible et ténébreuse.

4. Alors un des quatre tira un glaive et le donna aux éléphants, aux chameaux et aux ânes, qui commencèrent à s'en frapper mutuellement ; et toute la terre en frémit.

5. Et dans ma vision, voici : je vis un des quatre hommes qui étaient descendus du ciel, qui rassembla et saisit toutes les grandes étoiles, dont les parties sexuelles étaient semblables aux parties sexuelles des chevaux, et il les jeta toutes, pieds et mains liés, dans les cavernes de la terre.

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Le livre d'Enoch (4)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 68

1. Après cela ils seront frappés de stupeur et d'effroi à cause du jugement porté sur eux, en punition des révélations qu'ils ont faites aux habitants de la terre.

2. Voici le nom des coupables : le 1er de tous Semiâzâ, le IIème Arstikifâ, le IIIème Armen, le IV Kakabâel, le V Tur-êl, le VI Rumiât, le VII Dan-el, le VIII Nukael, le IX Barûq-el, le X Azaz-êl, le XI Armers, le XII Batar-iâl, le XIII Basasaël, le XIV Auân-êl, le XV Tur-iâl, le XVI Simâtisiêl, le XVII Letar-êl, le XVIII Tumâël, le XIX Tar-êl, le XX Rumâël, le XXI Izézéel.

3. Tel sont les noms des princes des anges coupables. Voici maintenant les noms des chefs de leurs centaines, de leurs cinquantaines et de leurs dizaines. (377).

4. Le nom du premier est Yekum ; c'est celui qui séduisit tous les fils des saints anges, qui les poussa à descendre sur la terre, pour procréer des enfants avec des êtres humains.

5. Le nom du second est Kesabel, qui aspira de mauvaises pensées aux fils des anges, et les poussa à souiller leurs corps en s'accouplant avec les filles des hommes.

6. Le nom du troisième est Gadrël ; c'est lui qui a révélé aux fils des hommes les moyens de donner la mort.

.Les noms des anges que désigne ici notre traduction pourraient donner lieu à quelques observation : Yekam ou plutôt Jeqam ne présente pas un nom bien clair ; Hoffman pense qu'il faut l'interpréter par celui qui a de la fermeté ; Astcel (ou Kesabel vient d'un mot hébreu qu'on peut rendre d'autre forme etc...

7. C'est lui qui séduisit Ève, et enseigna aux fils des hommes les instruments qui donnent la mort, la cuirasse, le bouclier, le glaive, et tout ce qui peut donner ou faire éviter la mort.

8. Ces instruments passèrent de ses mains dans celles des habitants de la terre, et ils y resteront à tout jamais.

9. Le nom du quatrième est Ténémue ; c'est lui qui révéla aux fils des hommes l'amertume et la douceur,

10. Et qui leur découvrit tous les secrets de la fausse sagesse.

11. Il leur enseigna l'écriture, et leur montra l'usage de l'encre et du papier.

12. Aussi par lui on a vu se multiplier ceux qui se sont égarés dans leur vaine sagesse, depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour.

13. Car les hommes n'ont point été crées pour consigner leur croyance sur du papier au moyen de l'encre.

14. Ils ont été crées pour imiter la pureté et la justice des anges.

15. Ils n'auraient point connu la mort, qui détruit tout : c'est pourquoi la puissance me dévore.

16. Ils ne périssent que par leur trop grande science.

17. Le nom du cinquième est Kasyade ; c'est lui qui a révélé aux enfants des hommes tous les arts diaboliques et mauvais.

18. Ces moyens infâmes de tuer un enfant dans le sein de sa mère, ces arts qui se pratiquent par la morsure des serpents, par l'énergie, en plein midi, dans la semence du serpent qu'on nomme Tabaet (378).

19. Ceci est le nombre de Kesbel, le principal serment que le tout-puissant, du sein de sa gloire, a révélé aux saints (379)

20. Son nom est Beka. Celui-ci demanda à saint Michel de lui montrer le nom secret, afin d'en avoir l'intelligence, et afin de rappeler dans la mémoire le serment redoutable de Dieu ; et de faire trembler, à ce nom et à ce serment, ceux qui ont révélé aux hommes tous les secrets dangereux.

21. Tel est, en effet, l'office magique de ce serment ; il est redoutable et sans merci.

22. Et il mit ce serment d'Aka entre les mains de saint Michel.

23. Voici les effets de ce serment :

24. Par sa vertu magique, le ciel a été suspendu avant la création du monde.

25. Par lui, la terre s'est élevée sur les eaux ; et des parties cachées des collines les sources limpides jaillissent depuis la création du monde jusqu'en éternité.

26. Par ce serment, la mer a été fixée dans ses limites, et sur ses fondements (380)

(378) Diilmann convient, p. 212 qu'il ne peut éclaircir ce passage obscur. Tabael n'est peut-être pas un nom propre et la phrase exjus nomen est Tabael, pourrait se pendre pour : dont le nom est einit (comme l'écrit Laurence).

27. Il a placé des grains de sable pour l'arrêter au temps de sa fureur ; et jamais elle ne pourra dépasser cette limite. Par ce serment redoutable, l'abîme a été creusé, et il conserve sa place à jamais.

28. Par ce serment, le soleil et la lune accomplissent chacun leur course périodique, sans jamais s'écarter de la voie qui leur a été tracée.

29. Par ce serment, les étoiles suivent leur éternelle route.

30. Et quand elles sont appelées par leurs noms, elles répondent : Me voici !

31. Par ce même serment, les vents président aux eaux ; tous ont chacun leurs esprits, qui établissent entre eux une heureuse harmonie.

32. Là se gardent les trésors des tonnerres et l'éclat de la foudre.

33. Là sont conservés les trésors de la grêle et de la glace, les trésors de la neige, de la pluie et de la rosée.

34. Tous ces anges conserveront et béniront le nom du Seigneur des esprits.

35. Ils le célébreront par toute espèce de louange, et le Seigneur des esprits les soutiendra, les encouragera dans ces actions de grâces, et ils loueront, célébreront et exalteront le nom du Seigneur des esprits dans les siècles des siècles.

36. Et ce serment a été confirmé sur eux, et leurs routes ont été tracées, et rien ne peut les empêcher de les suivre.

37. Grande était leur joie.

38. Ils le bénissaient, ils le célébraient, ils l'exaltaient, parce que le secret du Fils de l'homme leur avait été révélé.

39. Et lui siégeait sur un trône de gloire ; et le principale partie du jugement lui a été réservée. Les pécheurs s'évanouiront et seront exterminés de la face de la terre, et ceux qui les ont séduits seront entourés de chaînes à tout jamais.

40. Selon le degré de leur corruption, ils seront livrés à différents supplices : quant à leur oeuvres, elles s'évanouiront de la face de la terre, et désormais il n'y aura plus de séducteurs, parce que le Fils de l'homme a paru assis sur son trône de gloire.

41. Toute iniquité cessera, tout mal disparaîtra devant sa face, et la parole du Fils de l'homme subsistera seule en présence du Seigneur des esprits.

42. Voilà la troisième parabole d'Enoch.

CHAPITRE 69

1. Après cela, le nom du Fils de l'homme, vivant avec le Seigneur des esprits, fut exalté par les habitants de la terre.

2. Il fut exalté dans leurs coeurs, et fut célébré au milieu d'eux.

3. Depuis ce moment, je ne vais plus au milieu des enfants des hommes, mais il me plaça entre deux esprits, entre le septentrion et l'occident, où les anges avaient reçu des cordes pour mesurer le lieu réservé aux justes et aux élus.

4. Là je vis les premiers pères, les saints qui habitaient dans ces beaux lieu pour l'éternité.

CHAPITRE 70

1. Après cela, mon esprit se cacha, s'envola dans les cieux. J'aperçus les fils des saints anges marchant sur un ardent : leur vêtements étaient blanc et leurs visages transparents comme le cristal

2. Je vis deux rivières d'un feu brillant comme l'hyacinthe.

3. Alors je me prosternai devant le Seigneur des esprits.

4. Et Michel, un des archanges, me pris par la main, me releva, et me conduisit dans le sanctuaire mystérieux de la clémence et de la justice.

5. Il me montra toutes les choses cachés des limites du ciel, les réceptacles des étoiles, des rayons lumineux, qui vont éclairer les visages des saints.

6. Et il cacha l'esprit d'Enoch dans le ciel des cieux.

7. Là, j'aperçus au milieu de la lumière un édifice bâti avec des pierres de cristal

8. Et au milieu de ces pierres, des langues d'un feu vivant ; mon esprit vit un cercle, qui entourait l'habitation enflammée des quatre côtés, et des fleuves de feu qui l'environnaient.

9. Les séraphins, les chérubins et les ophanims se tenaient debout tout autour. Ils ne dorment jamais ; mais ils gardent le trône de gloire.

10. Et je vis des anges innombrables des milliers de milliers, des myriades de myriades, qui entouraient cette habitation.

11. Michel, Raphaël, Gabriel, Phanuel, les saints anges, qui étaient dans les cieux supérieurs, y entraient et en sortaient. Raphaël et Gabriel sortaient de cette habitation et une foule innombrable de saints anges.

12. Avec eux alors apparaissait l'Ancien des jours, dont la tête était blanche et pure comme de la laine, et dont le vêtement impossible à décrire.

13. Alors je me prosternai, et toute chair fut saisie d'un tremblement convulsif et mon esprit défaillit.

14. Et j'élevai la voix, pour le bénir, le louer et le célébrer.

15. Et les louanges qui s'échappaient de ma bouche étaient agréables à l'ancien des jours.

16. L'ancien des jours vint avec Michel et Gabriel, Raphaël et Phanuel, avec des milliers de milliers, des myriades de myriades qu'il n'était pas possible de compter.

17. Alors cet ange s'approcha de moi me salua en ces termes : Tu es le Fils de l'homme, tu es né pour la justice, et la justice s'est reposée en toi.

18. La justice de l'Ancien des jours ne pardonnera pas.

19. Il l'a dit : il fera descendre sur toi la paix, car la paix vient de celui qui a crée le monde.

20. Et elle reposera en toi à tout jamais.

21. Tous ceux qui seront, et qui marcheront dans les sentiers de la justice, te feront cortège dans l'éternité.

22. Et leur demeure sera auprès de toi, leurs destinées seront confondues avec la tienne, et elles n'en seront jamais séparées

23. Et c'est ainsi qu'une longue suite de jours leur sera donnée avec le Fils de l'homme.

24. La paix sera pour les justes, la voie de la sagesse aux saints, au nom du Seigneur des esprits, dans tous les siècles.

CHAPITRE 71

1. Livre du cours des luminaires célestes, selon leurs ordres, leurs époques, leurs noms et les lieux où ils commencent leur carrière, et leurs différentes places, toutes choses qu'Ouriel, le saint ange qui était avec moi et qui les gouverne. Tout le traité les concernant est conforme à ce qu'il m'a montré et pour toutes les années du monde, perpétuellement, jusqu'à ce que s'accomplisse l'oeuvre nouvelle qui doit durer éternellement. -Ésa 65:17 ; 66:22 ; 2 Pierre 3:3,13 ; Apo 21:1-

2. Voici la première loi des luminaires. Le soleil, flambeau du jour, sort des portes du ciel, situées à l'orient, et se couche à l'opposé, par les portes du ciel qui sont à l'occident.

3. J'aperçus six portes, par où le soleil commence sa carrière, et six portes par où il la finit.

4. Par ces mêmes portes la lune sort et entre également, et je vis ces princes des luminaires, avec les astres qui les précédent, les six portes de leur lever, les six portes de leur coucher.

5. Toutes ces portes se trouvent l'une après l'autre dans le même alignement, et à droite et à gauche se trouvent pratiquées des fenêtres.

6. D'abord on voit s'avancer le grand luminaire, qu'on appelle soleil, dont l'orbite est comme l'orbite du ciel, et qui est tout resplendissant de feu et de flammes.

7. Le vent chasse le char sur lequel il est monté.

8. Mais bientôt il s'incline vers le nord pour s'avancer vers l'orient ; il tourne en passant par cette porte, il éclaire cette partie du ciel.

9. C'est ainsi qu'il s'annonce dans sa carrière le premier mois.

10. Il part par la quatrième de ces portes qui est à l'orient.

11. Et à cette quatrième porte qu'il franchit le premier mois, il y a douze fenêtres ouvertes d'où s'échappent des torrents de flammes, quand elles s'ouvrent à l'époque qui leur est marquée.

12. Lorsque le soleil se lève dans le ciel, il passe par la quatrième porte pendant trente jours, et par la quatrième porte du côté de l'occident il descend en ligne droite.

13. Après ce temps, les jours grandissent, les nuits sont diminuées pendant trente jours. Alors le jour est de deux parties plus long que la nuit.

14. Le jour, en effet, a dix parties, tandis que la nuit n'en a que huit.

15. Cependant le soleil passe par cette quatrième porte, et se couche en passant par la porte correspondante, puis il se rapproche de la cinquième porte, qui est à l'orient, pendant trente jours, et il se couche de même en passant par la porte correspondante.

16. Alors le jour est encore augmenté d'une partie, en sorte que le jour a onze parties ; la nuit décroît et n'en a que sept.

17. Alors le soleil s'avance vers l'orient en passant la sixième porte, et il se lève et se couche en passant par cette porte pendant trente jours.

18. En ce temps, le jour est deux fois plus long que la nuit, en contient douze parties.

19. Quant à la nuit, elle diminue dans la même proportion et ne contient que six parties. Enfin le soleil se décline, en sorte que le jour diminue pendant que la nuit augmente.

20. Car le soleil revient vers l'orient, en passant par la sixième porte, par laquelle il sort et il entre pendant trente jours.

21. Après cette période, le jour diminue d'un degré, il n'a donc plus que onze parties, tandis que la nuit en a sept.

22. Le soleil quitte l'occident, en passant par la sixième porte, et s'avance vers l'orient, se lève par la cinquième porte pendant trente jours, et se couche également à l'occident en passant par la cinquième porte.

23. A ce moment le jour est diminué de deux douzièmes en sorte qu'il a dix parties, tandis que la nuit en a huit.

24. Or, le soleil passe à l'orient comme à l'occident par la cinquième porte. Enfin il se lève par la quatrième pendant trente et un jours, et se couche à l'occident.

25. À cette époque le jour est égal à la nuit, en sorte que l'un et l'autre ont également neuf parties.

26. Alors le soleil quitte cette porte, et s'avançant vers l'orient, passe par la troisième porte aussi bien à son lever qu'à son coucher.

27. À partir de cette époque la nuit s'accroît pendant trente jours, en sorte que la nuit comprend dix parties, tandis que le jour n'en comprend que huit.

28. Alors le soleil sort par la troisième porte et va se coucher pareillement par la troisième porte à l'occident pendant trente jours.

29. Puis il passe la seconde aussi bien à l'orient qu'à l'occident.

30. En ce temps la nuit a onze parties et le jour sept seulement.

31. C'est le temps que le soleil passe par la seconde soit à son lever soit à son coucher. Puis il décline et arrive à la première porte, qu'il franchit pendant trente jours.

32. Il se couche également par la première porte.

33. Alors la nuit est double du jour.

34. Ainsi elle a douze portes, pendant que le jour n'en a que six.

35. Et quand le soleil est arrivé à ce point il recommence sa carrière.

36. Il passe par cette porte, pendant trente jours, et se couche dans la même porte à l'occident.

37. Dans ce temps la nuit diminue d'une partie, elle n'en comprend que onze.

38. Quant au jour, il n'a que sept parties.

39. Alors le soleil passe par la seconde porte, à l'orient.

40. Revient par celle qu'il avait fuie d'abord pendant trente jours, se levant et se couchant aux deux portes correspondantes.

41. La nuit diminue encore, elle n'a plus que dix parties, et le jour huit. Le soleil passe par la seconde porte soit à son lever, soit à son coucher, puis il s'avance vers l'orient, se lève par la troisième porte pendant trente jours, et va se coucher à la porte correspondante de l'occident.

42. La nuit continue à décroître, elle ne contient plus que neuf parties, autant que le jour, alors il y a égalité entre l'un et l'autre ; l'année est à son trois cent soixante-quatrième jour.

43. Ainsi c'est la course même du soleil qui produit la longueur ou la brièveté des jours et des nuits.

44. C'est lui qui fait que le jour s'accroît successivement, que la nuit diminue dans le même rapport.

45. Telle est la loi du cours du soleil, il s'avance, il recule tour à tour. Telle est la destinée de ce grand luminaire destiné à éclairer la terre.

46. Ce luminaire auquel Dieu dès le néant a donné le nom de soleil.

47. Car ainsi qu'il entre et qu'il sort, sans jamais avoir de relâche, fendant jour et nuit en son char les plaines éthérées. Sa lumière éclaire sept parties de la lune, mais leurs dimensions à toutes deux sont égales.

CHAPITRE 72

1. Après cette première loi, je vis celle qui regarde le luminaire inférieur, qui s'appelle la lune, et dont l'orbite est comme l'orbite du ciel.

2. C'est encore le vent qui pousse le char sur lequel elle est montée ; mais sa lumière lui est dispensée avec mesure.

3. Chaque mois son coucher et son lever varient, et ses jours sont comme les jours du soleil. Et quand sa lumière est pleine, elle contient sept parties du soleil.

4. Elle se lève, et prend sa course vers l'orient pendant trente jours.

5. En ce temps, elle apparaît, et constitue pour vous le commencement du mois. Pendant trente jours elle passe par la porte que franchit le soleil.

6. Alors elle est presque invisible, en sorte qu'il ne paraît en elle aucune lumière, excepté la septième partie de sa lumière totale, chaque jour elle s'accroît d'une portion, mais se levant et se couchant toujours avec le soleil.

7. Quand le soleil se lève, la lune se lève avec lui, et en reçoit une faible portion de lumière.

8. Dans cette nuit, le premier jour avant le jour de la lune, la lune se couche avec le soleil.

9. Et pendant cette nuit, la lune est obscure, mais elle se lève avec la septième partie de sa lumière, en s'écartant du lever du soleil.

10. Mais peu à peu elle s'éclaire jusqu'à ce que sa lumière soit complète.

CHAPITRE 73

1. Alors je vis une autre loi, qui consiste dans la détermination des mois lunaires : Ouriel mon saint ange et mon conducteur ne me laissa rien ignorer.

2. J'ai donc tout écrit, dans la manière qu'il me l'a révélé.

3. J'ai noté les mois, dans l'ordre qu'ils arrivent, l'apparition et les phases de la lune pendant quinze jours.

4. J'ai écrit à quelle époque la lune perd complètement sa lumière, et à quelle époque elle jouit de tout son éclat.

5. En certains mois la lune s'avance seule, et pendant deux autres mois elle se couche avec le soleil par les deux portes qui se trouvent au milieu, c'est-à-dire, par la troisième et la quatrième. Elle sort pendant sept jours, et accomplit sa course.

6. Puis elle se rapproche de la porte qu'a franchie le soleil, et pendant huit jours elle passe par la seconde porte, ainsi que le soleil.

7. Et lorsque le soleil sort par la quatrième porte, la lune en sort pendant sept jours, jusqu'à ce que le soleil passe par la cinquième porte.

8. Pendant sept jours encore, elle décline vers la quatrième porte ; elle est alors dans tout son éclat ; mais elle diminue bientôt et s'avance par la première porte pendant huit jours.

9. Puis elle se dirige de nouveau vers la quatrième porte, d'où le soleil se lève.

10. Je vis donc leur position, ainsi que le lever et le coucher du soleil, suivant l'ordre de ses mois.

11. Et dans ces jours à chaque cinq années on ajoutera trente jours, parce qu'ils sont en plus dans l'année solaire. Et tous les jours qui appartiendront à une de ces cinq années seront au nombre de trois cent soixante-quatre. Il y aura en plus six jours pour chacune d'elles, de manière à former un mois supplémentaire de trente jours.

12. Le mois lunaire est plus court que le mois solaire et sidéral.

13. Du reste, c'est elle qui règle les années, de la manière qu'elles ne varient pas d'un seul jour et se composent invariablement de trois cent soixante-quatre jours. En trois ans, il y a mille quatre-vingt-douze jours ; en cinq années, dix-huit cent vingt ; en huit années, deux mille neuf cent-douze jours.

14. Quant aux années lunaires, trois années comprennent mille soixante-deux jours ; cinq années, moins longues que celles du soleil de cinquante jours, n'embrassent que mille sept cent soixante-dix jours, et huit années lunaires comprennent deux mille huit cent trente-deux jours.

15. Aussi huit années lunaires sont-elles plus courtes que huit années solaires de quatre-vingts jours.

16. L'année se forme donc par la course du soleil ou de la lune ; elle est donc, suivant qu'on se rapporte à l'un ou à l'autre de ces astres, ou plus longue ou plus courte.

CHAPITRE 74

1. Voici maintenant les chefs et les princes qui président à toute la création, à toutes les étoiles, ainsi qu'aux quatre jours intercalaires ajoutés pour compléter l'année.

2. Ils ont besoin de ces quatre jours, qui ne font point partie de l'année.

3. Les hommes se trompent respectivement au sujet de ces jours ; car il faut se rapporter à ces luminaires pour s'en rendre compte, puisque l'un est intercalé à la première porte, le second à la troisième, un autre à la quatrième, et le dernier à la sixième.

4. C'est ainsi que se trouve complété le nombre de trois cent soixante-quatre positions, qui forment autant de jours. Voilà les signes :

5. Les saisons.

6. Les années.

7. Et les jours tels qu'Uriel me les fit connaître. Uriel est l'ange que le Seigneur de gloire a préposé à toutes les étoiles.

8. Qui brillent dans le ciel et éclairent la terre. Ce sont :

9. Les dispensateurs des jours et des nuits, savoir : le soleil, la lune, les astres de toute la milice céleste qui, avec tous les autres chars, parcourent le ciel en tous sens.

10. Ainsi Uriel me fit voir douze portes qui s'ouvrent pour le char du soleil, d'où jaillissent des infinités de rayons.

11. C'est par eux que l'été se forme en la terre quand ces portes s'ouvrent aux époques fixées ; d'elles aussi s'échappent les vents et les esprits de la rosée, quand les fenêtres aux extrémités du ciel s'ouvrent aux époques fixées par la volonté divine.

12. Je vis douze portes dans le ciel aux extrémités de la terre, desquelles sortent le soleil et la lune et les étoiles et tous les ouvrages du ciel au levant et au couchant.

13. Bien d'autres fenêtres s'ouvrent encore à droite et à gauche.

14. L'une de ces fenêtres augmente la chaleur de l'été, aussi bien que les portes d'où sortent et où rentrent sans cesse les étoiles dans un cercle sans fin.

15. Et je vis dans le ciel le char de ces étoiles qui tournait sur le monde sans jamais décliner. Une d'entre elles est plus brillante que les autres ; celle-ci fait le tour du monde entier.

CHAPITRE 75

1. 76:1. Et vers les frontières de la terre, je vis douze portes pour tous les vents, qui s'en échappent de temps en temps pour se répandre sur la terre.

2. Trois de ces portes s'ouvrent dans la partie opposée du ciel, trois autres à l'occident, trois à droite et trois à gauche. Les trois premières regardent l'orient ; les trois dernières le nord. Celles qui sont placées à droite et à gauche regardent respectivement le midi et l'occident.

3. Par quatre portes sortent des vents de bénédiction et de salut, et par les huit autres des vents de désolation. Quand ils en ont mission, ils corrompent la terre et ses habitants, l'eau et tout ce qui vit dedans.

4. Le prince des vents sort par la porte placée à l'orient et par la première porte à l'orient qui s'incline vers le midi. Ce vent apporte la destruction, l'aridité, la chaleur suffocante et la corruption.

5. De la seconde porte, qui est au milieu, sortent l'égalité ou la juste mesure de toutes choses, la pluie, la fertilité, la salubrité et la force ; de la dernière porte, tournée vers le nord, proviennent le froid et l'aridité.

6. Après ces vents viennent les vents du Notus, qui soufflent par trois portes principales ; par la première, tournée vers l'orient, s'échappe le vent chaud.

7. Mais par la porte du milieu s'exhale une odeur agréable, la rosée, la pluie, le salut et la vie.

8. De la troisième porte, vers l'occident, proviennent la rosée, la pluie, la nielle et la perdition.

9. Les Aquilons soufflent par trois portes. De la septième, placée près de celle qui regarde le midi, sortent la rosée, la pluie, la nielle et la perdition. De celle du milieu viennent la pluie, la rosée, la vie et le salut. De la troisième porte, tournée à l'occident, mais se rapprochant du nord, viennent les nuées, les glaces, la neige, la pluie et la rosée.

10. Viennent ensuite, dans la quatrième région, les vents occidentaux. De la première porte sortent la rosée, la pluie, la glace, le froid, la neige et la gelée ; de la porte du milieu, la pluie, la rosée, le calme et l'abondance.

11. De la dernière, du côté du midi, l'aridité, la destruction, la sécheresse et la mort.

12. Ainsi se termine la description des douze portes placées aux quatre coins du ciel.

13. Toutes leurs lois, toutes leurs influences bonnes ou mauvaises, je te les ai expliquées, ô mon fils Mathusala !

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Le livre d'Enoch (3)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 51

1. Après ce temps, dans le lieu même où j'avais vu tant de mystères, je fus enlevé par un tourbillon et emporté vers l'occident.

2. Là, mes yeux aperçurent les secrets du ciel et ceux de la terre ; une montagne de fer, une montagne d'airain, une montagne d'argent, une montagne d'or, une montagne d'un métal liquide, enfin une montagne de plomb.

3. Et j'interrogeai l'ange qui était avec moi, et je lui dis ; Que signifient ces choses que je viens d'apercevoir ?

4. Et l'ange me répondit : Toutes ces choses que tu as vues, regardent l'empire du Messie, et sont un symbole de son règne et de sa puissance sur la terre.

5. Et cette ange de paix me répondit encore : Patience encore un peu de temps, et tu verras, et il te sera révélé toutes les choses qu'a décrétées la sagesse du Seigneur des esprits. Ces montagnes que tu as aperçues, et qui sont l'une d'airain, l'autre de fer, la troisième d'argent, la quatrième d'or, la cinquième d'un métal liquide, la sixième enfin, de plomb ; toutes ces montagnes, dis-je, seront en la présence de l'élu, comme un gâteau de miel devant une fournaise ardente, ou comme l'eau qui coule du haut d'une montagne ; elles tomberont à ses pieds.

6. Dans ces jours-là, les hommes ne trouveront leur salut ni dans l'or ni l'argent.

7. Ils ne pourront ni fuir ni se défendre.

8. Alors il n'y aura plus d'armes à fabriquer avec l'airain ni de cuirasse pour protéger la poitrine.

9. Le fer deviendra inutile : cela même ne servira à rien qui ne se rouille ni ne s'use, et le plomb ne sera plus recherché.

10. Tout sera rejeté, tout sera effacé de dessus la terre, quand l'élu apparaîtra en la présence du Seigneur des esprits.

CHAPITRE 52

1. Alors, mes yeux aperçurent une vallée profonde dont l'entrée était vaste et spacieuse.

2. Tous ceux qui habitent sur la mer et dans les îles, y apporteront leurs tributs et leurs présents, et cependant rien ne pourra en combler la profondeur. Leurs mains commettront l'iniquité. Tout ce que les nobles labeur des justes auront produits, les pécheurs, le dévoreront honteusement. Mais ils périront de la face du Seigneur des esprits, et de la face de la terre elle même. Quant aux justes ils se relèveront et ils vivront dans tous les siècles des siècles.

3. Je vis les anges des châtiments qui y habitaient et qui préparaient les instruments de Satan.

4. Alors j'interrogeai l'ange de la paix qui était avec moi, et je lui demandai pourquoi ces instruments ?

5. Il me répondit : Ils sont préparés pour les rois et les puissant de la terre ; c'est par eux qu'ils doivent périr.

6. Ensuit apparaîtra le temple auguste où les élus et les justes se réuniront pour ne plus se séparer, par le vertu du nom du Seigneur des esprits.

7. Ces montagnes ne subsisteront point en sa présence, pas plus que la terre et les collines ; mais elles s'écrouleront devant lui des sources d'eau vive. Les justes seront alors délivrés des persécutions des pécheurs.

CHAPITRE 53

1. Alors je vis une autre partie de la terre, vers laquelle je me tournai, et j'aperçus une vallée profonde tout embrasée.

2. A cette vallée les rois et les puissant sont conduits.

3. Là mes yeux virent des instruments de supplices, des chaînes d'un fer sans pesanteur.

4. Alors j'interrogeai l'ange de paix qui était avec moi, et je lui dis : pour qui réserve-t-on ces chaînes et ses instruments de supplice ?

5. Il me répondit : tous ces tourments sont préparés pour l'armée d'Azazyel ; c'est là que ses soldats impies seront précipités sur des pierres aiguës ; ainsi le veut le Seigneur des armées.

6. Quant à Michel, Gabriel, Raphaël et Phanuel, ils seront confirmés en ce jour ; et ils seront chargés de jeter dans la fournaise tout les anges rebelles ; c'est ainsi que sera vengé le Seigneur des esprits ; c'est ainsi que leur crimes seront punis ; car ils se sont faits les ministres et les serviteurs de Satan, ils sont devenus les séducteurs de ceux qui demeurent sur la terre.

7. En ce jour le Seigneur donnera le signal du supplice ; les réservoirs d'eau qui sont sur le ciel s'ouvriront ainsi que les sources qui sont sous le ciel et sous la terre.

8. Toutes les eaux, tant supérieures qu'inférieures seront confondues.

9. L'eau supérieur remplira le rôle de l'homme.

10. L'eau inférieur, celui de le femme ; tous ceux qui habitent le terre, tous ceux qui habitent sur les confins du ciel, tous, dis-je, seront exterminés.

11. Ils comprendront, par la grandeur du châtiment, la grandeur de leur iniquité, et ils périront.

CHAPITRE 54

1. Et puis l'ancien des jours se repentit, et il dit : C'est en vain que j'ai détruit tous les habitants de la terre.

2. Et il jura par son grand nom (357), en disant : Non, je n'agirai plus ainsi avec les habitants de la terre.

3. Mais je placerai un signe dans le ciel, et il sera témoin entre eux et moi, pour l'éternité (358), pour tout temps que durera le ciel et la terre.

4. De plus voici ce que j'ai résolu : si je veux les surprendre, je me servirai des anges comme d'instruments de vengeance, au jour de l'affliction et du trouble, et ma colère s'appesantira sur eux, dit le Seigneur des esprits.

5. O rois, ô puissants de ce monde, vous verrez mon Élu assis sur le trône de ma gloire ; il jugera Azazyel, tous ses complices et toutes ses cohortes, au nom du Seigneur des esprits.

6. Là je vis les compagnies des anges au milieu des supplices, enfermés dans des rets* (*Filets, pièges, tendu pour capturer un animal) de fer et d'airain (bronze). Alors, je demandai à l'ange de paix qui était avec moi : vers qui vont tous ces prisonniers ?

7. Il me dit : Vers chacun de leurs élus et enfants bien aimés, afin qu'ils soient tous précipités dans les profondeurs de la vallée.

8. Et cette vallée sera remplie de leurs élus et de leurs bien-aimés, dont les jours sont terminés, sans doute, mais dont les jours d'erreurs ne doivent point finir.

9. Alors les princes se réuniront et conspireront ensemble. Les principaux de l'Orient, parmi les Parthes* (*Ancien peuples semi-nomades, établis au N. E de l'actuel Iran au III siècle av JC. ) et les Mèdes, chasseront les rois, dominés par l'esprit de vertige et d'erreur. Il les renverseront de leurs trônes, bondissant comme des lions hors de leurs repères, et comme des loups affamés au milieu des troupeaux.

10. Ils s'avanceront et fouleront sous leurs pas la terre de leurs élus. La terre de leurs élus s'étendra devant eux ; l'aire, la voie et la ville de mon juste arrêtera leurs coursiers. Ils se lèveront pour se détruire mutuellement ; leur droite sera fortifiée et nul homme ne reconnaîtra son frère ou son ami.

11. Ni son père, ni sa mère, jusqu'à ce que le nombre des cadavre ait été complété par leur mort et leur châtiment. Et ce sera justice.

12. Dans ces jours, l'abîme ouvrira sa gueule dévorante, et engloutira les pécheurs qui disparaîtront ainsi devant la face des élus.

CHAPITRE 55

1. Après cela, j'aperçus une autre armée de chars, et ces chars étaient plein de guerriers (358*).

2. Portés sur l'aile des vents, ils venaient de l'Orient, de l'Occident et du Midi.

3. On entendait au loin le bruit de leurs chars roulants.

4. Et ce bruit était si grand, que les saints l'entendirent du ciel ; les colonnes et les fondements de la terre en furent ébranlés, et le bruit retentit en même temps des extrémités de la terre jusqu'à celles du ciel.

5. Tous se prosternèrent et adorèrent le Seigneur des esprits.

6. Ceci est la fin de la deuxième parabole.

CHAPITRE 56

1. Je commençai à produire la troisième parabole (359), au sujet des justes et des élus.

2. Soyez bénis, justes et élus, car votre destinée est glorieuse.

3. Les justes demeureront dans la lumière du soleil, et les élus dans la lumière de la vie éternelle, de cette vie dont les jours n'ont point de déclin ; les jours des saints ne seront point comptés ; ils ont cherché la lumière, ils ont trouvé la justice du Seigneur des esprits.

4. Paix soit donc aux saints par la Seigneur du monde.

5. Dès ce moment, on dira que les justes cherchent dans le ciel les secrets de la justice et la part d'héritage que la foi leur promet. Car ils se sont levés comme le soleil sur la terre et les ténèbres ont disparus. Là, il y aura une lumière sans fin, et des jours innombrables. Les ténèbres seront dissipés, et la lumière grandira devant le Seigneur des esprits ; la lumière de la justice brillera sur eux d'un éclat sans pareil.

CHAPITRE 57

1. Dans ces jours là, mes yeux aperçurent les secrets des éclairs et des foudres et leur jugement.

2. Il brille tantôt pour bénir, tantôt pour maudire, suivant la volonté du Seigneur des esprits.

3. Je vis aussi les secrets de tonnerres, quand il tonne dans le ciel, et que la terre en retenti (360)

4. Je vis encore les habitations de la terre. Quant au tonnerre, si parfois il gronde pour annoncer la paix et pour bénir, il gronde aussi souvent pour les malédictions, suivant la volonté du Seigneur des esprits.

5. Ensuite je compris tous les secrets des foudres et des éclairs. L'un et l'autre annonce au monde la bénédiction et la fertilité.

CHAPITRE 58

1. Au quatorzième jour du septième mois de la cinq centième année de la vie d'Enoch, je vis dans cette parabole que le ciel des cieux fut ébranlé, et que les puissances très élevées, que des milliers de milliers et des myriades de myriades d'anges étaient dans une très-grande agitation. Et en regardant je vis l'ancien des jours assis sur son trône de gloire, et entouré des anges et des saints. Je fus saisi d'une grande frayeur et comme frappé de stupéfaction ; mes jambes se dérobèrent sous moi, et je tombai prosterné face contre terre. Alors l'ange saint Michel, autre saint ange, fut envoyé pour me relever.

2. Et quand je fus debout, je repris les sens que j'avais perdu, ne pouvant supporter cette vision trop forte pour ma faiblesse, et les agitations de ce tressaillement du ciel.

3. Alors saint Michel me dit : pourquoi te troubles-tu de cette vision ?.

4. Jusqu'aujourd'hui, c'était le temps de sa miséricorde et il a été miséricorde et patient envers les habitants de la terre.

5. Mais quand viendront le jour et les puissances, le châtiment et le jugement que le Seigneur des esprits a préparé pour ceux qui s'inclinent devant le jugement de la justice et pour ceux qui nient le jugement de la justice pour ceux qui prononcent ce nom en vain :

6. Ce jour sera pour les élus un jour d'alliance, pour les pécheurs un jour de châtiment.

7. Dans ce jour un fera sortir pour se repaître des méchants deux monstres, l'un mâle, l'autre femelle ; la femelle s'appelle Léviathan ; il habite dans les entrailles de la mer, sur les sources des eaux (361).

8. Le monstre mâle se nomme Behemoth ; il roule dans un désert invisible ses replis tortueux (362).

9. Son nom était Dendagin (363) à l'Orient du jardin où habiteront les élus et les justes, et où fut placé mon aïeul, le septième après Adam, le premier homme créé par le Seigneur les esprits.

10. Alors je demandai à l'autre ange qu'il me montre la puissance des ces montres, et comment ils avaient été séparés dans le même jour pour être précipités, l'un dans le fond de la mer, l'autre dans le fond d'un désert.

11. Et il me dit : O fils de l'homme (364) tu veux savoir les choses mystérieuses et cachées.

12. Et l'ange la paix qui était avec moi me dit : ces deux monstres sont des créatures de la puissance divine, ils doivent dévorer ceux qu'aura puni la vengeance de Dieu.

13. Alors les enfants tomberont avec leurs mères, les fils avec leurs pères.

14. Et ils recevront le châtiment qu'ils auront mérité, et la justice de Dieu sera satisfaite, mais après ce jugement viendra l'heure de la miséricorde de la longanimité.

CHAPITRE 59

1. Alors l'autre ange qui était avec moi, me parla.

2. Et me révéla les premiers et les derniers secrets sur le ciel et sur la terre.

3. Sur les confins du ciel, et dans ses fondements, dans les réceptacles des vents ;

4. Il me montra comment leurs souffles sont divisés et pesés, comment les vents et les fontaines sont classés, d'après leur énergie et leur abondance.

5. Il me fit voir l'éclat de la lumière de la lune, c'est une puissance de justice ; comment des étoiles se subdivisent entre elles, et quel nom est propre à chacune (364*).

6. Il me montra encore les tonnerres distingués aussi entre eux, par leur poids, par leur énergie, par leur puissance (365).

7. Je vis l'obéissance de ces fléaux célestes à sa divine volonté. J'appris que la lumière ne se séparait point de la foudre, et quoique l'un et l'autre soient unis par des esprits différents, ils n'en sont pas moins inséparables.

8. Car quand la foudre sillonne la nue, le tonnerre gronde, mais leurs esprits (366) s'arrêtent au moment opportun, et font un juste équilibre ; leurs trésors sont aussi nombreux que les grains de sable. L'un et l'autre s'apaisent quand il le faut, et suivant les circonstances, ils compriment leurs forces ou ils les déchaînent.

9. Également l'esprit de la mer est puissant et fort, et de même qu'une puissance prodigieuse la retire en arrière avec une bride, de même elle chassée en avant et dispersée contre les montagnes. L'esprit des frimas, c'est son ange ; l'esprit de la grêle est un bon ange ainsi que l'esprit de la neige, à cause de sa force, et il y en a en elle principalement un esprit qui en fait élever comme de la fumée, et son nom est fraîcheur (367) ;

10. L'esprit des nuages n'habite point avec ceux dont je viens de parler, mais il a sa demeure particulière ; sa marche s'opère dans la splendeur.

11. Dans la lumière et dans les ténèbres (368), dans l'hiver et dans l'été son séjour est splendide et son ange est toujours lumineux.

12. L'esprit de la rosée (369) fait sa demeure sur les confins mêmes des cieux, son séjour est voisin de celui de la pluie ; son empire est voisin de celui de la pluie ; son empire s'exerce pendant l'hiver, pendant l'été. Quant aux nuages, voici leur origine : une première nuée est produite, elle s'en adjoint plusieurs autres ; bientôt elles s'amoncellent portant la pluie humides flancs, alors l'ange apparaît, il ouvre les trésors supérieurs, et la pluie est ainsi crée.

13. Même chose arrive quant la pluie se répand sur la face de la terre, qu'elle va se réunir à toutes les eaux qui coulent son sein, après l'avoir fécondée ; car les eaux sont la nourriture de la terre, elle est la volonté du Très-Haut.

14. Voilà pourquoi il y a des limites à la pluie et les anges qui y procèdent, la répartissent avec juste mesure.

15. Je vis toutes ces merveilles, aussi bien que le jardin des justes (370).

CHAPITRE 60

1. Dans ces jours je vis des anges qui tenaient de longues cordes, et qui portés sur leurs ailes légères, volaient vers le septentrion.

2. Et je demandai à l'ange, pourquoi ils avaient en mains ces longues cordes, et pourquoi ils s'étaient envolés, il me répondit : Ils sont allés mesurer.

3. L'ange qui était avec moi, me dit encore : Ce sont les mesures des justes ; ils apportent les cordes des justes, afin qu'ils s'appuient sur le nom du Seigneur des esprits à jamais.

4. Les élus commenceront à habiter avec l'Élu.

5. Voilà les mesures qui seront données à la foi, et qui confirmeront la parole de la justice.

6. Ces mesures révéleront tous les secrets dans les profondeurs de la terre.

7. Et il arrivera que ceux qui ont péri dans le désert, qui ont été dévorés par les poissons de la mer ou par les bêtes sauvages ; reviendront pleins d'espérance dans le jour de l'Élu (371) car personne ne périra en la présence du Seigneur des esprits, personne ne peut périr.

8. Et tous ceux qui étaient dans le ciel, ont reçu l'empire, et la jouissance ; la gloire et la splendeur.

9. Ils loueront par leur voix l'Élu de Dieu, et il l'exalteront et le loueront avec sagesse, et ils feront voir leur sagesse dans la parole et dans l'esprit de la vie.

10. Alors le Seigneur des esprits plaça son élu sur le trône de sa gloire.

11. Pour qu'il juge toutes les oeuvres des saints, du haut des cieux, et pèse leurs actions dans la balance de la justice. Et quand il élèvera sa face pour discerner les voies secrètes, qu'ils ont suivies confiant dans le nom du Seigneur des esprits, et leurs progrès dans les sentiers de la justice.

12. Tous réuniront leur voix, le béniront, le loueront, l'exalteront, le célébreront au nom du Seigneur des esprits.

13. Et il appellera à son tribunal toutes les puissances des airs et tous les saints, chérubins, les séraphins les ophanims (372), tous les anges de la puissance, tous les anges des dominations, c'est-à-dire les anges de l'Élu, et les autres puissances, qui au premier jour planaient sur les eaux.

14. D'une voix unanime ils les exalteront, les béniront, les loueront, les célébreront, les magnifieront ces esprits de foi, ces esprits de sagesse et de patience, ces esprits de clémence, ces esprits de justice et de paix, ces esprits de bienveillance ; tous s'écrieront à la fois : Béni soit-il ; que le nom du Seigneur des esprits soit béni. Tous ceux qui ne dorment point (373), le loueront dans les cieux.

15. Tous le loueront, les saints dans le ciel, les élus qui vivent dans le jardin et tout esprit de lumière, capable de bénir, de louer, d'exalter, de célébrer ton sacré nom, toute chair, toute puissance, louera célébrera ton nom dans les siècles des siècles.

16. Car la miséricorde du Seigneur des esprits est grande, grande est sa patience et il a révélé ses oeuvres, sa puissance, et tout ce qu'il est aux saints et aux élus, au nom du Seigneur des esprits.

CHAPITRE 61

1. Le Seigneur a commandé aux rois, aux princes, aux puissant (374), à tous ceux qui habitent sur la terre, en disant : Ouvrez les yeux, levez au ciel vos fronts, et essayez de comprendre l'Élu.

2. Et le Seigneur des esprits siégeait sur son trône de gloire.

3. Et l'esprit de justice était répandu autour de lui.

4. Le verbe de sa bouche exterminait tous les pécheurs et tous les impies ; aucun d'eux ne subsistera devant lui.

5. Dans ces jours les rois, les princes, les puissants, et ceux qui possèdent la terre se lèveront, verront, et comprendront ; ils le verront assis sur son trône de gloire, et devant lui les saints qu'il jugera dans sa justice.

6. Et rien de ce qui sera dit devant lui ne sera vain.

7. Alors le trouble les saisiras, ils seront semblables à des femmes surprises par les douleurs de l'enfantement, dont le travail est pénible, dont la délivrance est difficile.

8. Ils se regarderont les uns les autres et dans leur stupeur ils baisseront le visage.

9. Et ils seront frappés d'effroi quand ils verront le Fils de l'homme (375) assis sur son trône de gloire.

10. Alors les rois, les princes, et tous ceux qui possèdent la terre, célébreront celui qui les gouverne tous, celui qui était caché. Car depuis le commencement le Fils de l'homme était caché ; le Très-Haut le retenait en présence de sa puissance et ne le révélait qu'aux élus.

11. C'est lui qui a rassemblé les saints et les élus ; aussi tous les élus seront-ils devant lui en ce jour.

12. Tous les rois, les princes, les puissants et ceux qui gouvernent sur la terre, se prosterneront devant lui, et l'adoreront.

13. Ils mettront leur espérance dans le Fils de L'homme, ils lui adresseront leurs prières et invoqueront sa miséricorde.

14. Alors le Seigneur des esprits se hâtera de les chasser de sa présence. Leurs visages seront alors pleins de confusion, et se couvriront de ténèbres épaisses. Puis les anges des châtiments célestes les saisiront, et la vengeance de Dieu s'appesantira sur ceux qui ont persécuté ses enfants et ses saints. Exemple terrible pour les saints et pour les élus qui se réjouiront de cette justice infinie ; car la colère du Seigneur des esprits persévérera sur eux.

15. Alors le glaive du Seigneur des esprits se rassasiera du sang des méchants ; mais les saints, et les élus seront sauvés dans ce jour, et n'auront plus devant les yeux le spectacle des méchants et des impies (375*).

16. Le Seigneur des esprits planera seul à jamais sur eux.

17. Et ils habiteront avec le Fils de l'homme, ils mangeront, ils dormiront, ils se lèveront avec lui dans les siècles des siècles.

18. Les saints et les élus s'élèveront de la terre ; ils cesseront de baisser les yeux, en signe de dépendance et d'humilité ; ils seront revêtus d'un vêtement de vie. Ce vêtement de vie leur est commun et le Seigneur des esprits : en sa présence votre vêtement ne vieillira point et votre gloire n'aura point de déclin.

CHAPITRE 62

1. Dans ces jours-là, les rois, les puissants et ceux qui possèdent la terre, imploreront les anges des châtiment célestes auxquels ils auront été livrés, de leur donner quelques repos pour se prosterner devant le Seigneur des esprits et pour l'adorer et confesser leurs péchés.

2. Ils loueront et célébreront le Seigneur des esprits, en disant : Béni soit le Seigneur des esprits, le Roi des roi, le Prince des princes, Le Seigneur des seigneurs, le Seigneur de la gloire, le Seigneur de la sagesse.

3. Il mettra au jour tous ce qui est secret.

4. Ta puissance est dans les siècles des siècles, ainsi que ta gloire.

5. Tes secrets sont profonds et innombrables, et ta justice est incommensurable.

6. Ah ! nous voyons maintenant qu'ils nous faut célébrer et louer le Roi des rois celui qui est le maître absolu de toutes choses.

7. 7. Et ils diront : Qui nous a donné quelque soulagement à nos maux pour célébrer, pour louer, pour bénir, pour confesser nos péchés et nos crimes en présence de sa gloire ?

8. Le soulagement que nous demandons est de quelques instants, et cependant nous ne pouvons l'obtenir ; notre lumière s'est éteinte pour l'éternité, et les ténèbres nous environnent à jamais.

9. Car nous ne l'avons pas confessé, nous n'avons pas célébré le nom du Roi des rois, nous n'avons pas glorifié le Seigneur dans toutes ses oeuvres ; mais nous avons mis notre confiance dans notre puissance et dans le sceptre de notre gloire.

10. Aussi, au jour de la douleur et de l'effroi, il ne nous sauvera pas, et nous ne trouverons point de repos. Nous le comprenons maintenant, le Seigneur est fidèle dans toutes ses oeuvres, dans tous ses jugements, dans sa justice.

11. Dans ses jugements, il ne fait point acception de personne ; et voici que nous sommes repoussés loin de sa présence, à cause de nos mauvaise oeuvres.

12. Nos péchés ne sont que trop bien pesés !

13. Puis ils se diront les uns aux autres : Nos âmes se sont rassasiées des richesses de l'iniquité.

14. Et voici qu'elles ne nous sont d'aucun secours dans ce moment que nous descendons dans les flammes de l'enfer.

15. Alors leurs visages seront remplis de ténèbres et de confusion en présence du Fils de l'homme ; et ils seront repoussés loin de lui, car devant lui le glaive de la justice se dressera pour les exterminer.

16. Et le Seigneur a dit : Voilà ce qu'a décrété ma justice contre les princes, les rois, les puissants, et ceux qui possèdent la terre.

CHAPITRE 63

1. Je vis encore d'autres visions dans ce lieu désert. J'entendis la voix de l'ange qui disait : Voici les anges qui sont descendus du ciel sur la terre, qui ont révélé les secrets aux fils des l'hommes, et leur ont enseigné à connaître l'iniquité.

CHAPITRE 64

1. Dans ce temps-là, Noé vit la terre s'incliner et menacer ruine.

2. C'est pourquoi il se mit en route et se dirigea vers les limites de la terre, du côté de l'habitation de son aïeul Enoch.

3. Et Noé s'écria trois fois d'une voix amère : Écoute-moi, écoute-moi, écoute-moi ! Et il lui dit : Dis-moi ce qui se passe sur la terre, car elle paraît souffrir et être violemment tourmentée ; assurément je périrai avec elle.

4. En effet, il y avait une grande perturbation sur la terre, et une voix fut entendue du ciel. Je tombai la face contre terre ; alors mon aïeul Enoch vint et se tint devant moi.

5. Et il me dit : Pourquoi m'as-tu appelé d'une voix si amère et si lamentable ?

6. Le Seigneur a décidé dans sa justice que tous les habitants de la terre périraient, parce qu'ils connaissent tous les secret des anges, qu'ils ont en leurs mains la puissance ennemie des démons, la puissance de la magie, et ceux qui fondent des idoles sur toutes la terre.

7. Ils savent comment l'argent se tire de la poussière de la terre, comment il existe dans le sol des lames métalliques : car le plomb et l'étain ne sont point les fruits de la terre ; il faut aller les chercher jusque dans ses entrailles.

8. Et un ange a été préposé à leur garde, qui s'est laissé corrompe.

9. Alors mon aïeul Enoch me prit par la main, et me relevant il me dit : Va ! Car j'ai consulté le Seigneur sur cette perturbation de la terre, et il m'a répondu : Ils ont rempli la coupe de leur impiété, et ma justice crie vengeance ! Ils ont consulté les lunes, et ils ont connu que la terre devait périr avec tous ses habitants. Ils ne trouveront point de refuge dans l'éternité.

10. Ils ont découvert des secrets qu'ils ne devaient point connaître ; voilà pourquoi ils seront jugés ; mais pour toi, mon fils, le Seigneur des esprits connaît ta pureté et ton innocence ; il sait que tu blâmes la révélation des secrets.

11. Le Seigneur, le Saint par excellence, a conservé ton nom au milieu de celui des saints ; il te conservera pur de la corruption des habitants de la terre. Il donnera à tes descendants des royaumes et une grande gloire, et il naîtra de toi une race de justes et de saints dont le nombre sera infini.

CHAPITRE 65

1. Après cela, il me montra les anges des châtiments célestes, qui se disposaient a venir donner aux eaux de la terre toute leur violence,

2. Afin qu'elles servissent à la justice de Dieu et qu'elles fissent le supplice mérité de tous ceux qui habitent la terre.

3. Et le Seigneur des esprits défendit aux anges de porter aucuns secours aux hommes.

4. Car ces anges présidaient à la puissance des eaux. Alors je me retirai de la présence d'Enoch.

CHAPITRE 66

1. Dans ces jours là, la parole de Dieu se fit entendre à mon oreille ; elle disait Noé voici : ton existence est montée jusqu'à moi, existence pure de crime, existence pleine d'amour et de justice.

2. Déjà les anges élèvent des prisons et dès qu'ils auront terminé cette tache, j'étendrai ma main, et je te conserverai.

3. De toi sortira une semence de vie qui renouvellera la terre ; afin qu'elle ne reste pas vide. Je confirmerai ta race devant moi et la race de ceux qui habiteront avec toi sera bénie et se multipliera sur la face de la terre, par la vertu du nom du Seigneur.

4. Quand aux anges qui ont commis l'iniquité ils seront enfermés et jetés dans la vallée ardente, que mon aïeul Enoch a montrée vers l'occident, où il y avait des montagnes d'or, d'argent, de fer, de métal liquide et d'étain.

5. J'ai vu cette vallée, et il y avait une grande confusion ; et les eaux en jaillissaient.

6. Et après que tout cela fut fait, il s'exhala, d'une masse fluide de feu, une forte odeur de soufre avec des eaux jaillissaient et la vallée des anges coupables de séduction brûlait sous cette terre.

7. Dans cette vallée il coulait aussi des fleuves de feu, dans lesquels étaient précipités les anges, qui avaient égarés les habitants de la terre.

8. En ces jours-là, elles serviront de prison de l'âme et du corps aux rois, aux puissants, aux grands et à ceux qui habitent la terre, et, d'un autre côté elles serviront pour la condamnation de l'esprit.

9. Leur esprit sera tout entier aux plaisirs, afin qu'ils soient jugés dans leurs corps parce qu'ils ont méconnu le Seigneur des esprits, et que tout en prévoyant le moment qui les menace, ils n'en invoqueront pas d'avantage son saint nom.

10. Et comme leurs corps subiront un supplice terrible, de même aussi leurs âmes auront à supporter une punition éternelle.

11. Car la parole du Seigneur des esprits à toujours son effet.

12. Son jugement fondra sur eux, parce qu'ils se sont confiés dans les voluptés de leurs corps, et qu'ils ont nié le Seigneur des esprits.

13. Dans ces jours les eaux de cette vallée seront changées ; quand les anges seront jugés, l'ardeur de ces sources prendra une intensité nouvelle.

14. Et quand les anges monteront les eaux de ces sources se refroidiront après s'être échauffées. Alors j'entendis saint Michel qui me disait : Le jugement que subissent les anges menace également les rois, les princes et ceux qui possèdent la terre.

15. Car ces eaux, en donnant la vie aux esprits des anges, donneront la mort à leurs corps. Mais ils ne comprendront pas, et ils ne croiront pas que ces eaux rafraîchissantes* puissent se changer en un brasier ardent qui brûlera pendant toute l'éternité.

* (On sait que l'eau de mer contient du deutérium (hydrogène lourd) et qu'en dépassant une certaine puissance lors de la fusion thermonucléaire, il existe une possibilité de réaction en chaîne qui peut transformer la terre en un nouveau soleil. Le deutérium et un isotope*, isotope : Chacun des nucléides*, (nucléide : Noyau atomique caractérisé par ses nombres de protons et de neutrons), de mêmes N° atomique, mais de masse* atomique (Masse atomique ::nombre de neutrons et de protons présents dans le noyau) différente, stable de l'hydrogène. Hydrogène = 1 proton + 1 electron, Deutérium = 1 proton + 1 neutron + 1 électron, Tritium (radioactif) = 1 proton + 2 neutrons + 1 électron.

Radioactivité : propriété d'émettre des rayonnements alpha, bêta, gamma ceci est du à l'instabilité du noyau atomique. Alpha : Rayonnement corpusculaire (grain infinitésimal de matière) émis par les métaux lourds radioactifs, Bêta : rayonnement d'électrons ou de positron (antiélectron) des matières radioactives, Gamma : Rayonnement électromagnétique, onde de très haute fréquence, de très petite longueur (0,1 mm) qui véhicule de l'énergie considérable sous forme de photons. )

CHAPITRE 67

1. Après cela mon aïeul Enoch me donna connaissance de tous les secrets contenus dans son livre, et m'expliqua les paraboles, qui avaient été révélées, me les développa au milieu des paroles du livre.

2. Dans ce temps saint Michel répondit et dit à Raphaël : Mon esprit se soulève et s'irrite contre la sévérité du jugement secret contre les anges ; qui pourra supporter un jugement aussi terrible, qui ne sera jamais modifié, qui doit les perdre pour l'éternité ?

3. La sentence a été prononcée contre eux par ceux qui les ont fait sortir de cette façon. Et il arriva que se tenant devant le Seigneur des esprits. Saint Michel répondit, et dit à saint Raphaël : Quel coeur n'en serait point ému, quel esprit n'en aurait pas compassion ?

4. Puis saint Michel, dit à Raphaël : je ne les défendrai point en présence du Seigneur, car ils ont offensé le Seigneur des esprits, en se conduisant comme des dieux ; aussi la justice suprême s'exercera sur eux pendant toute l'éternité.

5. Ni l'ange innocent, ni l'homme n'en sentiront les effets ; mais ceux-là seuls qui sont coupables, et dont la punition sera éternelle.

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Le livre d'Enoch (2)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 26

1. Alors je m'écriai : que signifie cette terre bénie, ces arbres élevés, et cette vallée maudite qui les sépare ?

2. Et Huriel (342), un des saints anges qui étaient avec moi, me répondit : cette vallée est maudite d'une malédiction éternelle. C'est ici que seront rassemblés tous ceux qui se servent de leurs langues pour blasphémer Dieu, qui ouvrent la bouche pour maudire sa gloire. C'est ici qu'ils seront rassemblés, c'est ici que sera leur demeure.

3. Dans le jour suprême du jugement, il sera fait d'eux un grand exemple de justice aux yeux de tous les saints ; car ceux-ci obtiendront grâce devant Dieu, et le béniront tous les jours de leur vie comme leur Seigneur et leur Roi.

4. Et ils le célébreront dans ce jour redoutable du jugement, à cause de la clémence qu'il aura fait éclater sur eux. Alors je me tournai naturellement vers Dieu, et je louai son nom, sa grandeur et sa gloire.

CHAPITRE 27

1. De là je me dirigeai du côté de l'orient, vers une montagne qui s'élève au milieu du désert et dont je ne pus apercevoir que la superficie.

2. Elle était couverte d'arbres issus de la semence dont on a parlé, et une eau en descendait.

3. De là une cataracte, composée en apparence de plusieurs autres s'échappait à l'occident et à l'orient. D'un côté s'élevaient des arbres, de l'autre on voyait de l'eau et de la rosée.

CHAPITRE 28

1. Alors je m'avançai vers un autre endroit du désert, vers l'orient de la montagne, de laquelle je m'étais approché (344).

2. Là j'aperçus des arbres de choix, ceux-là surtout qui produisent les aromates aux suaves odeurs, l'encens, la myrrhe, tous arbres distincts les uns des autres.

3. Il y avait encore en ce lieu, dominant tous ces arbres, une élévation vers l'orient, qui n'était pas éloignée.

CHAPITRE 29

1. Je vis encore un autre endroit, avec des vallées où s'écoulaient des eaux qui ne tarissaient jamais (345).

2. Je vis un arbre magnifique qui, pour l'odeur, égalait le lentisque.

3. Et sur les flancs de cette vallée j'aperçus le cinnamome au délicieux parfum et je m'avançai vers l'orient.

CHAPITRE 30

1. Alors j'aperçus une autre montagne, remplie d'arbres d'où s'échappait une eau semblable au neketra. Son nom était Sarira et Calbanen. Et sur cette montagne j'en vis une autre sur laquelle s'élevaient les arbre d'Aloès.

2. Ces arbres étaient chargés comme des amandiers et gros, et le fruit qu'ils produisaient surpassait tout parfum.

CHAPITRE 31

1. Après cela, je me tournai du côté du nord et je me mis à en considérer les entrées par dessus les montagnes et j'aperçus sept montagnes couvertes de spic fin, d'arbres odoriférants, de canneliers et de papyrus.

2. Puis je laissai derrière moi les sommets de ces montagnes et m'avançant vers l'orient, je passai la mer Erythrée. Et quand je l'eusses dépassée, je tournai mes pas vers l'ange Zatael, et je parvins au jardin de la justice. Là je vis entre autre, plusieurs arbres élevés couverts de fleurs.

3. Leurs parfums étaient délicieux, leurs formes variées et élégantes. Il avait là aussi l'arbre de la science dont les fruits illuminent l'intelligence de celui qui s'en nourrit.

4. Il était semblable au tamarin, et ses fruits d'une beauté remarquable, à des grappes de raisins ; son parfum embaumait les lieux d'alentour. Et je m'écriai : quel bel arbre ! Quel spectacle délicieux ! Alors l'ange Raphaël qui était avec moi, me répondit ceci est l'arbre de la science, dont ont mangé ton vieux père et ta vieille mère ; ses fruits les ont illuminés, leurs yeux ont été ouverts, et après s'être aperçu qu'ils étaient nus, ils ont été chassés du Paradis terrestre.

CHAPITRE 32

1. Ensuite je m'avançais vers les confins de la terre ; là, je vis de grandes bêtes, d'apparences diverses, des oiseaux différents de forme et d'aspect, et doués de voix différentes.

2. A l'orient du lieu où se trouvaient ces bêtes, j'aperçus les limites de la terre, et l'endroit où le ciel finissait. Les portes du ciel étaient ouvertes et j'en vis sortir les étoiles. Alors je les comptais à mesure qu'elles sortaient, et j'en notais exactement le nombre. Je pris note également de leurs noms, de leurs courses périodiques, de leurs vicissitudes, à mesure que l'ange Gabriel, qui était avec moi, me les expliquait.

3. Car il me les montra toutes, et de toutes il me donna connaissance.

4. Il me fit connaître encore leurs noms, leurs songes et leurs diverses influences.

CHAPITRE 33

1. Puis je me dirigeai vers le septentrion aux limites de la terre.

2. Et là, vers les confins du monde, je vis un prodige grand et magnifique.

3. Je vis les portes du ciel ouvertes, il y en avait trois distinctes en elles. Par elles s'échappaient les vents du nord, père du froid, de la grêle, de la glace, de la rosée, et de la pluie.

4. De l'une de ces portes, le vent soufflait bizarrement ; mais par les deux autres il soufflait avec violence, et leur souffle se répandait sur la terre.

CHAPITRE 34

1. De là, je me dirigeai du côté de l'occident, vers les confins de la terre.

2. Et je vis trois portes, comme du côté du septentrion. Or ces portes étaient de la même grandeur.

CHAPITRE 35

1. Ensuite je me dirigeai du côté sud, vers les confins de la terre. Il y avait là également trois portes, par où s'échappaient la rosée, la pluie et le vent.

2. Puis je me dirigeai vers l'ouest, aux confins de la terre où je vis trois portes du ciel tournées du côté de l'ouest et dont l'ouverture était plus petite. Par ces petites portes sortaient des étoiles du ciel, qui suivaient leur route invariable vers l'occident, et cette route brillante était visible en tout temps.

3. Quand je les aperçus, j'élevai ma voix et, louai le jugement qui avait formé ces corps lumineux et resplendissants, afin de révéler aux intelligences angéliques et humaines la magnificence de ses oeuvres ; afin qu'ils célébrassent les uns les autres les merveilles et sa puissance, qu'ils glorifiassent les labeurs divins de ses mains et afin qu'ils le louassent à tout jamais.

CHAPITRE 36

1. Voici une autre vision, la seconde vision de sagesse ; la vision qu'eut Enoch (Hénoc), fils de Jared, fils de Malaléel, fils de Caïnan, fils d'Énosh, fils de Seth, fils d'Adam. C'est là le commencement de cette sagesse, que j'ai reçu pour expliquer et faire savoir à ceux qui habitent la terre. Écoutez donc et comprenez les choses saintes que je viens vous révéler, en présence du Seigneur des esprits. Ceux qui existèrent avant nous ont regardé le ministère de la parole comme un de leurs devoirs.

2. Et nous, qui venons après eux, nous ne mettons aucun empêchement à la prédication de la sagesse ; mais jamais jusqu'à ce jour, il n'a été donné à personne ce qui m'a été donné à moi, la sagesse selon mon entendement, et dans la mesure du bon plaisir de Dieu. Ce que j'ai reçu de lui est vraiment une portion de la vie éternelle

3. Cette sagesse était formulée dans trois paraboles, que je me suis fait un devoir d'annoncer aux habitants de ce monde.

CHAPITRE 37

1. Première parabole. Quand l'assemblée des justes sera manifestée à la terre, que les pécheurs seront punis, et recevront aux yeux de tous le châtiment mérité par leurs crimes ;

2. Quand la justice se manifestera devant les justes eux-mêmes ; que leurs oeuvres seront pesées par le Seigneur des esprits et leur mériteront de recevoir la récompense promise ; quand la lumière des justes et des élus qui habitent sur la terre, brillera d'un éclat immortel, à ce moment, que deviendra la demeure du pécheur ? Où sera le lieu de repos de celui qui aura rejeté le Seigneur ? Oh ! qu'il vaudrait mieux pour lui, qu'il n'eût jamais existé !

3. Quand seront révélées les secrètes pensées des justes, les pécheurs subiront un jugement sévère, et les impies seront tourmentés en leur présence.

4. Dès ce moment, les maîtres de la terre cesseront d'être puissants et élevés. Il leur deviendra impossible de contempler les saints en face ; car la lumière des justes et des élus ne peut être contemplée que du Seigneur des esprits.

5. Cependant les puissants de ce monde ne seront point anéantis, ils seront livrés entre les mains des justes et des saints.

6. Désormais plus de miséricorde pour eux de la part du Seigneur, car, avec le temps de la vie, le temps de la clémence aura fui.

CHAPITRE 38

1. Dans ces jours-là la race sainte et bénie descendra des hauteurs des cieux, et sa génération habitera avec les fils des hommes. Enoch a reçu les livres de l'indignation et de la colère, les livres du trouble et de l'affliction.

2. Jamais ils n'obtiendront miséricorde, dit le Seigneur des esprits.

3. Alors la nuée m'enleva, et le vent me souleva sur la surface de la terre, et me transporta aux frontière des cieux.

4. Là j'eus une autre vision. Je vis la demeure et le séjour tranquille des saints. Oui, mes yeux eurent le bonheur de contempler leurs demeures avec celles des anges : le séjour de leur repos avec celui des saint. Là il y avait des demandes, des prières, des supplications pour les enfants des hommes. La justice coule devant eux comme une onde pure, et la clémence se répand sur terre comme une précieuse rosée. Et telle est leur existence pour l'éternité.

5. En ce temps-là donc mes yeux contemplèrent la demeure des élus, le séjour de la vérité, de la foi et de la justice.

6. Le nombre des saints et des élus de Dieu sera infini dans tous les siècles.

7. J'ai vu leur demeure placée sous les ailes du Seigneur des esprits. Tous les saints, tous les élus chantaient devant lui, brillant comme le feu ; leurs bouches étaient pleines des louanges de Dieu, et leurs lèvres s'ouvraient pour célébrer le nom du seigneur des esprits. La justice se tenait debout devant lui.

8. Là je désirai rester, là mon âme soupira après cette demeure. Là était la portion de mon héritage, depuis le commencement ; car telle était sur moi la volonté du Seigneur des esprits.

9. En ce temps-là je célébrai et j'exaltai le nom du Seigneur des esprits, par des bénédictions et des louanges. Car tel est le bon plaisir du Seigneur des esprits.

10. Longtemps mes yeux contemplèrent sa demeure fortunées, et je louai Dieu ; en disant : Béni soit-il, béni soit-il à jamais ! Depuis le commencement, avant la création du monde, jusqu'à la fin des siècles.

11. Quel est ce monde ? Oui, de toutes les générations ils doivent le bénir, tous ceux qui ne dorment point dans la poussière mais qui contemplent ta gloire, qui te vénèrent, te magnifient et te bénissent, en disant : Saint, saint, saint est le Seigneur des esprits, qui remplit de son immensité le monde entier des intelligences.

12. Là, mes yeux contemplèrent tous ceux qui ne sont point endormis devant lui, qui se tiennent debout devant lui, qui le glorifient en disant : Béni sois-tu, béni soit le nom de Dieu à tout jamais ! Et ma face fut tout à coup changée, en sorte que je ne pouvais plus voir.

CHAPITRE 39

1. Après cela j'aperçus des milliers de milliers, des myriades de myriades, et un nombre infini d'hommes qui se tenaient debout devant le Seigneur des esprits.

2. Sous les quatre ailes du Seigneur des esprits, à ses quatre côtés j'en vis encore d'autre, outre les premiers, qui se tenaient devant lui. J'appris en même temps leurs nom, parce que les anges qui étaient avec moi mes les expliquaient, m'en révélant tous les mystères.

3. Alors j'entendis la voix de ceux qui étaient aux quatre côté ; ils célébraient le Seigneur de toute gloire.

4. La première voix célébrait le Seigneur des esprits dans tous les siècles.

5. La seconde voix que j'entendis célébrait l'élu et les élus qui sont tourmentés pour le Seigneur des esprits.

6. La troisième voix que j'entendis suppliait et priait pour ceux qui sont sur la terre, et qui invoquent le Seigneur des esprits.

7. La quatrième voix que j'entendis repoussait les anges (349) impies et leur défendait de se présenter devant le Seigneur des esprits afin qu'ils ne suscitent point d'accusations contre les habitants de la terre.

8. Après cela je demandai à l'ange de paix qui était avec moi, de m'expliquer tous ces mystères. Je lui dis :Quels sont ceux que j'ai vus aux quatre côtés du Seigneur, et dont j'ai entendu et écrit les paroles, il me répondit : C'est d'abord saint Michel, l'ange clément et patient.

9. C'est ensuit saint Raphaël, l'ange qui préside aux douleurs et aux blessures des hommes.

10. Vient ensuite Gabriel, qui préside à tout ce qui .est puissant .. Enfin c'est Phanuel, qui préside à la pénitence et à l'espérance de ceux qui doivent hériter de la vie éternelle. Tels sont les quatre anges du Dieu très-haut. Ce sont leur quatre voix que tu viens d'entendre.

CHAPITRE 40

1. Ensuite je vis les secrets des cieux et du paradis dans toutes les parties, et les secrets des actions humaines, chacune selon leur poids et leur valeur. Je contemplai les habitations des élus, les demeures des saints, là aussi mes yeux aperçurent tous les pécheurs qui, ont repoussé et nié le Seigneur de gloire, et qui en ont été repoussés. Car le châtiment de leurs crimes n'avait pu encore être décrété par le Seigneur des esprits.

2. Là encore mes yeux contemplèrent les secrets de la foudre et du tonnerre, les secrets des vents, comment ils se divisent quand ils soufflent sur la terre ; les secrets des vents, de la rosée et des nuées. Je vis le lieu de leur origine, l'endroit d'où ils s'échappent, pour aller se rassasier de la poussière de la terre.

3. Là je vis les réceptacles d'où sortent les vents en se séparant ; les trésors de la grêle, les trésors de la neige, les trésors des nuages, et cette même nuée qui, avant la création du monde, planait sur la surface de la terre.

4. Je vis également les trésors de la lune, où ses phases prenaient naissance ; leur commencement, leur glorieux retour ; comme l'une est plus brillante que l'autre ; leur progrès éclatant, leur cours invariable, leur amitié entre elles, leur docilité, et leur obéissance qui les porte sur les pas du soleil, d'après l'ordre du Seigneur des esprits. Oh ! que son nom est puissant dans tous les siècles !

5. Ensuite fut achevé le sentier de la lune, tant sa partie cachée que sa partie visible, le parcours de son sentier aussi bien de jour que de nuit, chacune, l'une comme l'autre, tournait ses regards vers le Seigneur des esprits, l'exaltant et le louant sans interruption ; d'autant plus que louer est pour elles comme un temps de repos, mais dans le soleil ce sont des retours fréquents à la bénédiction et à la malédiction.

6. La lumière de la lune est pour les élus, comme les ténèbres sont pour les pécheurs ; telle est la volonté du Seigneur des esprits, qui a distingué la lumière des ténèbres, comme il a distingué les esprits des hommes, fortifiant ceux des justes de sa propre justice.

7. Et aucun ange ne les précédera, car aucun d'eux n'a reçu ce pouvoir. Quant au Seigneur, du haut de son trône, il voit toutes les créatures et les juge en souverain.

CHAPITRE 41

1. La sagesse n'a point trouvé sur la terre de demeure où reposer sa tête ; c'est pourquoi elle fait sa résidence dans le ciel.

2. La sagesse est descendue du ciel pour habiter avec les enfants des hommes, mais elle n'a point trouvé de demeure. Alors la sagesse est retournée vers son divin séjour, et a pris place au milieu des saints anges. Après sa retraite l'iniquité s'est présentée, et elle a trouvé une demeure, et elle a été reçue par les enfants des hommes, comme la pluie est reçue par le désert, comme la rosée est reçue par une terre desséchée.

CHAPITRE 42

1. Je vis une autre splendeur, et les étoiles du ciel. Je remarquai qu'il les appelait toutes par leur nom, et qu'elles répondaient à son appel. Je le vis qui les pesait dans sa balance de justice, selon leur lumière, la grandeur des espaces qu'elles parcourent, et le jour où elles doivent apparaître ou s'éclipser. La splendeur engendre la splendeur, et leurs mouvements correspondent à ceux des anges et des fidèles.

2. Alors j'interrogeai l'ange qui était avec moi, et qui m'expliquait les mystères, et je lui demandai quels étaient leurs noms. Il me répondit : <>

CHAPITRE 43

1. Je vis encore une autre chose remarquable par sa splendeur ; elle émanait des étoiles, et devenait brillante, mais elle ne s'en séparait point.

CHAPITRE 44

1. Parabole seconde, qui s'adresse à ceux qui nient le nom et la demeure des saints et du Seigneur des esprits.

2. Ils ne monteront point au ciel ; ils ne descendront point sur terre. Voilà quel sera le sort des pécheurs qui renient le nom du Seigneur des esprits ; ils seront réservés pour le jour du châtiment et de vengeance.

3. En ce jour l'Élu siégera sur un trône de gloire. Il statuera sur leur sort, et, confirmant par sa présence les esprits des saints, il assignera une demeure à ceux qui ont mis leur confiance et leur amour dans son nom saint et glorieux.

4. En ce jour, je placerai mon élu au milieu d'eux, je changerai la face du ciel, je l'illuminerai pour l'éternité.

5. Je changerai aussi la face de la terre, je la bénirai ainsi que tous ceux que j'ai choisis, et que je ferai habiter sur la terre, mais pour ceux qui ont commis l'iniquité, ils n'y demeureront plus, car je les ai vus et remarqués. Mais les justes, je les rassasierai de ma paix, je les placerai devant moi ; aux pécheurs la damnation éternelle ; ils seront effacés de dessus la terre.

CHAPITRE 45

1. Là je vis l'Ancien des jours, dont la tête était comme de la laine blanche, et avec lui un autre, qui avait la figure d'un homme. Cette figure était pleine de grâce, comme celle d'un des saints anges. Alors j'interrogeai un des anges qui était avec moi, et qui m'expliquait tous les mystères qui se rapportent au Fils de l'homme. Je lui demandais qui il était, d'où il venait, et pourquoi il accompagnait l'ancien des jours ?

2. Il me répondit en ces mots : ''Celui-ci est le Fils de l'homme, à qui toute justice se rapporte, avec qui elle habite, et qui tient la clef de tous les trésors cachés ; car le Seigneur des esprits l'a choisi de préférence, et il lui a donné une gloire au-dessus de toutes les créatures. ''

3. Ce Fils de l'homme que tu as vu, arrachera les rois et les puissants de leur couche voluptueuse, les sortira de leurs terres inébranlables ; il mettra un frein aux puissants, il brisera les dents des pécheurs.

4. Il chassera les rois de leurs trônes et de leurs royaumes, parce qu'ils refusent de l'honorer, de publier ses louanges et de s'humilier devant celui à qui le royaume a été donné. Il mettra le trouble dans la race des puissants ; il les forcera de se coucher devant lui. Les ténèbres deviendront leur demeure, et les vers seront les compagnes de leur couche ; point d'espérance pour eux de sortir de ce lit immonde, car ils n'ont pas consulté le nom du Seigneur des esprits.

5. Ils mépriseront les astres du ciel, et lèveront les mains contre le Tout-Puissant ; leurs pensées ne seront tournées que vers la terre, dont ils voudraient faire leur demeure éternelle ; et leurs oeuvres ne seront que les oeuvres de l'iniquité. Ils mettront leurs joies dans leurs richesses, et leur confiance dans des dieux fabriqués de leurs propres mains. Ils refuseront d'invoquer le Seigneur des esprits ; ils le chasseront de ses temples,

6. Ainsi que les fidèles qui seront persécutés pour le nom du Seigneur des esprits.

CHAPITRE 46

1. En ce jour-là, les prières des saints monteront de la terre jusqu'au pied du trône du Seigneur des esprits.

2. Dans ce jour, les saints qui habitent au-dessus des cieux se rassembleront, et d'une voix unanime, ils prieront, ils supplieront, ils célébreront, ils loueront, ils exalteront le nom du Seigneur des esprits, à cause du sang des justes, répandu pour lui ; et ces prières des justes s'élèveront incessamment vers le trône du Seigneur des esprits, afin qu'il leur rende enfin justice, et que sa patience pour les méchants ne soit point éternelle.

3. Dans ce temps, je vis l'Ancien des jours, assis sur le trône de sa gloire. Le livre de la vie était ouvert devant lui, et toutes les puissances du ciel se tinrent debout devant lui et autour de lui.

4. Alors les coeurs des saints étaient inondés de joie, parce que le temps de la justice était arrivé, que la prière des saints avait été entendue, et que le sang des justes avait été apprécié par le Seigneur des esprits.

CHAPITRE 47

1. Dans ce temps-là, j'aperçus la source de la justice, qui ne tarissait jamais, et d'où s'émanaient une multitude de petits ruisseaux, qui étaient les ruisseaux de la sagesse. C'est là que tous ceux qui avaient soif venaient boire, et ils se trouvaient soudain remplis de sagesse, et ils faisaient leur demeure avec les justes, les élus et les saints.

2. Et à cette heure, le Fils de l'homme fut invoqué devant le Seigneur des esprits, et son nom devant l'Ancien des jours.

3. Et avant la création du soleil et des astres, avant que les étoiles ne fussent formées au firmament, on invoquait le nom du Fils de l'homme devant le Seigneur des esprits. Il sera le bâton des justes et des saints, il s'appuieront sur lui, et ils ne seront point ébranlés ; il sera la lumière des nations. -Luc 2:32-

4.. Il sera l'espérance de ceux dont le coeur est dans l'angoisse. Tous ceux qui habitent sur la terre se prosterneront devant lui, et l'adoreront ; ils le célébreront, ils le loueront ; ils chanteront les louanges du Seigneur des esprits.

5. Ainsi l'Élu et le Mystérieux a été engendré, avant la création du monde, et son existence n'aura point de fin. -Col 1:15-

6. Il vit en sa présence, et il a révélé aux saints et aux justes la sagesse du Seigneur des esprits : car c'est lui qui leur conserve la portion de leur héritage. Car ils ont haï et repoussé loin d'eux ce monde d'iniquité, ils ont détesté ses oeuvres et ses voies, et n'ont voulu invoquer que le nom du Seigneur des esprits.

7. Aussi c'est par ce nom qu'ils seront sauvés, et sa volonté sera leur vie. Dans ces jours-là, les rois et les puissants de la terre qui auront conquis le monde par la force de leurs bras, seront humiliés.

8. Car au jour de l'anxiété et du trouble, leurs âmes ne seront point sauvées, mais ils seront soumis à ceux que j'ai choisis.

9. Je les jetterai comme on jette la paille dans le feu, comme on précipite le plomb dans l'eau. Ils brûleront en présence des justes, ils seront submergés aux yeux des saints, et on n'en trouvera pas même la dixième partie.

10. Mais au jour de leur trouble, la paix régnera sur la terre.

11. Ils tomberont en sa présence, et ne se relèveront plus ; et il n'y aura personne qui puisse l'arracher de ses mains et le secourir ; car ils ont repoussé le Seigneur des esprits et son Messie. Que le nom du Seigneur des esprits soit béni.

CHAPITRE 48

1. La sagesse s'écoule comme de l'eau, et la gloire devant lui est intarissable dans tous les siècles des siècles, car il est puissant dans tous les mystères de la justice.

2. Mais l'iniquité passe comme l'ombre, pour elle point de demeure stable, car l'Élu se tient debout devant le Seigneur des esprits, et sa gloire dure dans les siècles des siècles, et sa puissance est éternelle.

3. Avec lui habite l'esprit de la sagesse et de l'intelligence, l'esprit de savoir et de puissance, les esprits de ceux qui dorment dans la justice : il juge et discerne les choses les plus cachées.

4. Personne ne peut prononcer un seul mot devant lui, car l'élu est devant la face du Seigneur des esprits, selon son bon plaisir.

CHAPITRE 49

1. Dans ces jours, les saints et les élus auront leur tour. La lumière du jour habitera en eux, et la splendeur et la gloire les illuminera.

2. Dans les jours de trouble, tous les maux fondront sur les pécheurs, mais les justes triompheront au nom du Seigneur des esprits.

3. D'autres comprendront enfin qu'il leur faut se repentir et en finir avec les oeuvres mauvaises de leurs mains ; ils comprendront qu'ils n'ont pas à attendre de louanges devant le Seigneur des esprits, mais qu'ils peuvent encore être sauvés par son nom. Le Seigneurs des esprits exercera sa miséricorde sur eux ; car, grande est sa clémence et la justice est en ses jugements, et il n'y a point d'iniquité. Aussi quiconque ne fera point pénitence, périra.

4. Non, ils n'auront plus de grâce à attendre de moi, dit le Seigneur.

CHAPITRE 50

1. Dans ces jours-là, la terre rendra de son sein et l'enfer du sien ce qu'ils ont reçu, et l'abîme rendra ce dont il est redevable.

2. Ils séparera les justes et les saints des méchants, car ce sera pour les premiers des jours de grâce et de salut.

3. Dans ces jours, l'élu siègera sur son trône, et tous les secrets de la sagesse et de l'intelligence s'échapperont de sa bouche ; car le Seigneur des esprits l'a doté d'une gloire éternelle.

4. Dans ces jours, les montagnes tressailliront comme des béliers, et les collines bondiront comme des agneaux rassasiés de lait, et les justes seront des anges dans le ciel.

5. Leur visage resplendira d'une joie ravissante ; car dans ces jours, l'élu sera exalté ; la terre tressaillira d'allégresse, les justes l'habiteront, et les élus la fouleront de leurs pieds innocents. - Ps 114 : 4 -

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Le livre d'Enoch (1)

6 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

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CHAPITRE PREMIER

1. Voici les paroles d'Enoch par lesquelles il bénit les élus et les justes qui vivront au temps de l'affliction, quand seront réprouvés tous les méchant et les impies. Enoch, âme juste qui marchait devant le Seigneur, quand ses yeux furent ouverts, et qu'il eut contemplé une sainte vision dans les cieux, parla, et il prononça : Voici ce que me montrèrent les anges.

2. Ces anges me révélèrent toutes choses et me donnèrent l'intelligence de ce que j'avais vu, qui ne devait point avoir lieu dans cette génération, mais dans une génération éloignée, pour le bien des élus.

3. C'est par eux que je pus parler et converser avec celui qui doit quitter un jour sa céleste demeure, le Saint et le tout-puissant, le Seigneur de ce monde,

4. qui doit fouler un jour le sommet du mont Sinaï, apparaître dans son tabernacle, et se manifester dans toute la force de sa céleste puissance.

5. Tous les vigilants seront effrayés, tous seront consternés.

6. Tous seront saisis de crainte et d'effroi, même aux extrémités de la terre. Les hautes montagnes seront ébranlées ; les collines élevées seront déprimées ; elles s'écouleront devant sa face comme la cire devant la flamme. La terre sera submergée, et tout ce qui l'habite périra ; tous les êtres seront jugés, tous, même les justes.

7. Mais les justes obtiendront la paix ; il conservera les élus, et exercera sur eux, sa clémence.

8. Alors ils deviendront la propriété de Dieu ; il les comblera de bonheur et de bénédictions et la splendeur de la Divinité les illuminera.

CHAPITRE 2

1. Voici ! il arrive avec dix mille de ses saints, pour juger toutes les créatures pour détruire la race des méchants, et réprouver toute chair à cause des crimes que le pécheur et l'impie ont commis contre lui.

CHAPITRE 3

1. Tous ceux qui habitent dans les cieux savent ce qui se passe là-bas.

2. Ils savent que les globes célestes qui nous illuminent ne changent point leur voie ; que chacun d'eux, se lève et se couche régulièrement, dans le temps qui lui est propre, sans jamais transgresser les ordres qu'il a reçus. Ils regardaient la terre, et soudain ils connaissent tout ce qui s'y passe depuis le commencement, et jusqu'à la fin.

3. Ils voient que chacune des créations de Dieu suit invariablement la voie qui lui est tracée. ils voient l'été et l'hiver ; ils voient que toute la terre est remplie d'eau, et que les nuages, les vapeurs et la pluie en rafraîchissent la température.

CHAPITRE 4

1. Ils considèrent et admirent comment chaque arbre se couronne de feuilles ; comment il les perd ensuite, à l'exception de quatorze arbres privilégiés qui restent toujours verts, et qui pendant plusieurs hivers présentent l'apparence du printemps.

CHAPITRE 5

1. Ils admirent ensuite dans les jours de l'été comment le soleil échauffe la terre, dès le commencement de sa carrière, tandis que vous cherchez la fraîcheur du feuillage ; que le sol est crevassé par la chaleur torride, et que vous êtes incapables de vous promener soit dans la plaine, soit sur la montagne.

CHAPITRE 6

1. Ils admirent ensuite comment 1es arbres en se couvrant de feuilles poussent en même temps des fruits ; mais aussi ils comprennent en même temps et reconnaissent que celui qui vit éternellement fait pour nous toutes choses.

2. Que toutes les oeuvres de chaque année que toutes ses créations suivent invariablement les ordres qu'il leur a donnés, toutefois, quand Dieu a résolu ainsi, toutes choses doivent s'évanouir.

3. Ils voient comment les mers, et les fleuves accomplissent chacun leur mission respective.

4. Tandis que vous, vous ne supportez qu'avec peine, vous ne remplissez qu'imparfaitement les commandements de Votre Seigneur ; vous transgressez ses ordres, vous calomniez sa grandeur ; et votre bouche impie va prononcer des blasphèmes, contre sa majesté !

5. Pécheurs au coeur endurci, il n'y aura point de paix pour vous.

6. Vos jours seront maudits, et les années de votre vie seront effacées du livre des vivants ; vous serez en exécration à toute créatures, et vous n'obtiendrez point de miséricorde.

7. Dans ce jour, votre paix sera troublé par l'éternelle malédiction de tous les justes ; et les pécheurs mêmes vous exécreront à tout jamais.

8. Oui, ils vous exécreront aussi bien les impies.

9. Mais pour les élus, à eux la lumière, la paix ; à eux l'héritage terrestre.

10. Pour vous, impies, pour vous la malédiction.

11. Alors les élus recevront la sagesse il n'y aura plus ni transgression, ni impiété, ni orgueil se conduiront avec prudence, s'humilieront eux même, et ne violeront plus les saints commandements.

12. Aussi ne seront-ils pas condamnés tout le temps de leur vie, et leur vie sera sans trouble et sans douleur ; la somme de leurs jours sera complète ; ils vieilliront dans la joie et la paix ; et leur années de bonheur se multiplieront avec la joie, avec la paix, sans nuage, sans trouble, tout le temps de leur existence.

CHAPITRE 7

1. Quand les enfants des hommes, se furent multipliés dans ces jours, il arriva que des filles leur naquirent élégantes et belles.

2. Et lorsque les anges, les enfants des cieux les eurent vues, ils en devinrent amoureux ; et ils se dirent les uns aux autres : choisissons-nous des femmes de la race des hommes, et ayons des enfants avec elles.

3. Alors Samyaza leur chef leur dit : je crains bien que vous ne puissiez accomplir votre dessein.

4. Et que je supporte seul la peine de votre crime.

5. Mais ils lui répondirent : nous vous le jurons.

6. Et nous nous lions tous par de mutuelles exécrations ; nous ne changerons rien à notre dessein, nous exécuterons ce que nous avons résolu.

7. En effet ils jurèrent et se lièrent entre eux par de mutuelles exécrations. Ils étaient au nombre de deux cents, qui descendirent sur Aradis, lieu situé près le mont Armon.

8. Cette montagne avait été appelée Armon, parce que c'est là qu'ils avaient juré et s'étaient lié par de mutuelles exécrations.

9. Voici le nom de leurs chefs ; Samyaza, leur chef, Urakabarameel, Akibeel, Tamiel, Ramuel, Danel, Azkeel, Sarakmyal, Asael, Armers, Batraal, Anane, Zavebe, Samsavel,Ertael, Turel, Yomyael, Arazeal. Tels furent les chefs des ces deux cents anges ; et le reste étaient tous avec eux.

10. Et ils se choisirent chacun une femme, et ils s'en approchèrent, et ils cohabitèrent avec elles ; et ils leur enseignèrent la sorcellerie, les enchantements, et les propriétés des racines et des arbres.

11. Et ces femmes concurrent et elles enfantèrent des géants.

12. Dont la taille avait trois cent coudées. Ils dévoraient tout ce que le travail des hommes pouvait produire, et il devint impossible de les nourrir. (Une coudée = entre 44cm et 52cm)

13. Alors ils se tournèrent contre les hommes eux même, afin de les dévorer.

14. Et ils commencèrent à se jeter sur les oiseaux, les bêtes, les reptiles et les poissons, pour se rassasier de leur chair et se désaltérer de leur sang.

15. Et alors la terre réprouva les méchants.

CHAPITRE 8

1. Azaziel enseigna encore aux hommes à faire des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses et des miroirs ; il leur apprit la fabrication des bracelets et des ornements, l'usage de la peinture, l'art de se peindre les sourcils, d'employer les pierres précieuses, et toutes espèces de teintures, de sorte que le monde fut corrompu.

2. L'impiété s'accrut ; la fornication se multiplia, les créatures transgressèrent et corrompirent toutes leurs voies.

3. Amarazak enseigna tous les sortilèges, tous les enchantements et les propriétés de racines.

4. Armers enseigna l'art de résoudre les sortilèges.

5. Barkayal enseigna l'art d'observer les étoiles.

6. Akibeel enseigna les signes.

7. Tamiel enseigna l'astronomie.

8. Et Asaradel enseigna les mouvements de la lune.

9. Et les hommes sur le point de périr élevèrent leurs voix, et leurs voix montèrent jusqu'au ciel.

CHAPITRE 9

1. Alors Michaël et Gabriel, Raphaël, Suryal et Uriel, abaissèrent des cieux leurs regards sur la terre, et virent les flots de sang qui la rougissaient, et les iniquités qui s'y commettaient ; et ils se dirent les uns aux autres : C'est le bruit de leurs cris.

2. La terre privée de ses enfants a élevé sa voix jusqu'aux portes du ciel.

3. Et c'est à vous ô essences célestes, c'est à vous que les âmes adressent leurs plaintes en disant : Obtenez nous justice du Très-Haut. Alors ils dirent à leur Seigneur et maître : Tu es le Seigneur des seigneurs, le Dieu des dieux, le Roi des rois. Le trône de ta gloire s'élève de toute éternité, et de toute éternité ton nom est sanctifié et glorifié. Tu es béni, et glorifié à jamais.

4. Tu es le créateur, le maître souverain de toutes choses ; rien n'est caché à ton regard perçant. Tu domine sur tout, et rien ne peut se soustraire à ton autorité.

5. Tu as vu ce que Azariel a fait ; comment il a enseigné aux hommes toute espèce d'iniquité, et comment il a révélé au monde tout ce qui se passe dans les cieux.

6. Samyaza aussi a enseigné aux hommes la sorcellerie, lui que tu avais placé au dessus de tous ses compagnons. Ils se sont alliés aux filles des hommes ; ils ont péchés avec elles, et se sont souillés.

7. Ils leur ont découvert les crimes les plus abominables.

8. Et les femmes ont enfantés les géants.

9. Et toute la terre a été remplie de sang et d'iniquité.

10. Et voici maintenant que les âmes de ceux qui sont morts, élèvent la voix vers toi.

11. Et font monter leur plainte jusqu'aux portes du ciel.

12. Leurs gémissements montent vers toi ; les hommes ne peuvent se soustraire à l'iniquité qui couvre la surface de la terre. Or tu connais toutes choses, avant même qu'elles existent.

13. Tu connais toutes choses ; tu sais tout ce qui se passe, et cependant tu ne nous dis rien

14. Pour tant de crime, que devons nous faire aux méchants ?

CHAPITRE 10

1. Alors le Très-Haut, le Grand et le Saint fit entendre sa voix

2. Et il envoya Arsayalalyur auprès de Lamech

3. Disant : parle-lui en mon nom ; mais cache toi à ses yeux.

4. Puis dévoile-lui le grand cataclysme qui doit faire périr tous les hommes ; quand les eaux du déluge se répandront sur la face de la terre, et que toute créature sera détruite.

5. Mais enseigne-lui les moyens d'échapper ; dis-lui comment sa race se perpétuera sur toute la terre.

6. Puis le Seigneur dit à Raphaël ; Prends Azaziel, lie-lui les pieds et les mains ; jette-le dans les ténèbres ; et abandonne-le dans le désert de Dudael.

7. Fais pleuvoir sur lui des pierres lourdes et pointues ; enveloppe-le de ténèbres.

8. Qu'il y reste à jamais, que sa face soit couverte d'un voile épais ; et qu'il ne voit jamais la lumière.

9. Et quand se lèvera le jour du jugement plonge-le dans le feu

10. Cependant purifie la terre, que les anges ont souillés ; annonce-lui la vie ; annonce-lui que je la revivifierai.

11. Les fils des hommes ne périront pas tous à cause des secrets que les vigilants leur ont révélés et qu'ils ont enseignés à leur descendant

12. Mais la terre a été souillée par les enseignements d'Azaziel. Aussi est-ce lui qui doit être responsable de tous les crimes.

13. Le Seigneur dit ensuite à Gabriel : Va vers les méchants, vers les réprouvés, vers les enfants de fornication ; extermine ces enfants de fornication, ces rejetons des vigilants, du milieu des hommes ; pousse-les, excite-les les uns contre les autres. Qu'ils périssent de leurs propres mains ; car leurs jours ne seront pas complets.

14. Ils te supplieront, mais leurs prières n'obtiendront rien pour eux ; et c'est en vain qu'ils espéreront pour leur enfants la vie éternelle, et même une vie de cinq cents années.

15. Le Seigneur dit ensuite à Michaël : Va et annonce le châtiment qui attend Samyaza et tous ceux qui ont participe à ces crimes, qui se sont unis à des femmes, qui se sont souillés par toutes sortes d'impuretés. Et quand leurs fils seront extermines, quand ils auront vu la ruine de ce qu'ils ont de plus cher au monde, enchaîne-les sous la terre, pour soixante-dix générations, jusqu'au jour du jugement, et de la consommation universelle ; et l'effet de ce jugement sera pour eux éternel.

16. Alors ils seront jetés dans les profondeurs d'un feu qui les tourmentera sans cesse ; et ils y resteront toute l'éternité.

17. Avec eux leur chef brûlera dans les flammes ; et tous ils y seront enchaînés jusqu'à la consommation d'un grand nombre de générations.

18. Extermine en même temps toutes les âmes adonnées à de coupables jeux ; extermine les rejetons des vigilants ; assez et trop longtemps ils ont tyrannisé le genre humain.

19. Que les oppresseurs soient enlevés de la face de la terre.

20. Que le mal soit anéanti !

21. Mais que la plante de la justice et de l'équité refleurisse, et devienne un gage de bénédiction.

22. Car la justice et l'équité doit refleurir avec la joie pour des temps sans fin.

23. Et alors tous les Saints adresseront au ciel leurs actions de grâces, et vivront jusqu'à ce qu'ils aient engendré mille enfants, tandis que les jours de leur jeunesse et leurs sabats s'écouleront dans la joie et la paix. A cette époque toute la terre sera cultivée dans la justice : elle se remplira d'arbres et de bénédictions ; des arbres délicieux y seront plantés.

24. La vigne y croîtra en abondance, et produira du fruit à satiété ; toutes les semences qui seront confiées à la terre, rapporteront mille mesures pour une ; et une mesure d'olive, fournira à dix pressées d'huile.

25. Délivré la terre de toute tyrannie, de toute injustice, de tout crime, de toute impiété, de tout ce qui peut la souiller. Que le mal en soit banni à jamais.

26. Alors, les enfants des hommes vivront dans la justice, et toutes les nations me rendront les honneurs qui me sont dus ; toutes me béniront, toutes m'adoreront.

27. La terre sera délivrée de toute corruption, de tout crime, de tout châtiment, de toute souffrance ; et elle n'aura plus à craindre de moi un déluge exterminateur.

CHAPITRE 11

1. Dans ces jours, j'ouvrirai les trésors de bénédictions que recèle le ciel, je les répandrai sur la terre, et ils féconderont les oeuvres et le travail des hommes.

2. La paix et la justice feront alliance avec les hommes, et ces unions sacrées dureront autant que le monde et que les générations.

CHAPITRE 12

1. Avant l'accomplissement de toutes ces choses, Enoch fut enlevé de la terre ; et personne ne sut où il avait été enlevé, ni ce qu'il était devenu.

2. Tous ces jours, il les passa avec les saints, et avec les vigilants* (*Initiés).

3. Moi, Enoch, je bénissais le grand Seigneur, le Roi de la paix.

4. Et voici : les vigilants me nommèrent Enoch le scribe.

5. Et le Seigneur me dit : Enoch, scribe de justice, va dire aux vigilants du ciel, qui ont abandonné les hauteurs sublimes des cieux et leurs éternelles demeures, qui se sont souillés avec les femmes,

6. Et ont pratiqué les oeuvres des hommes, en prenant des femmes à leur exemple, qui se sont enfin corrompus sur la terre.

7. Dis-leur que sur la terre, ils n'obtiendront jamais ni paix, ni rémission de leurs péchés. Jamais ils ne se réjouiront dans leurs rejetons ; ils verront leurs bien-aimés exterminés ; ils pleureront leurs fils exterminés ; ils me prieront pour eux, mais jamais ils n'obtiendront paix ou miséricorde.

CHAPITRE 13

1. Enoch partit donc, et il dit à Azaziel : Il n'y a plus de paix pour toi. Une grande sentence a été prononcée contre toi. Il t'enchaînera ;

2. Il n'y aura jamais pour toi ni soulagement ni miséricorde, ni intercession, à cause de l'oppression que tu as enseignée.

3. Et parce que tu as appris aux hommes à outrager Dieu, à pécher et à tyranniser leurs semblables.

4. Et je le quittai, et j'allai annoncer la même nouvelle à tous les compagnons de ses crimes ;

5. Et ils furent terrifiés et saisis d'un affreux tremblement ;

6. Et ils me supplièrent d'écrire pour eux une humble supplique pour obtenir le pardon de leurs fautes ; ils me prièrent de la faire parvenir au trône du Dieu du ciel, car ils n'osaient ni s'adresser à lui, ni même lever les yeux au ciel, à cause du grand crime pour lequel ils avaient été jugés.

7. Alors, j'écrivis une humble supplique à leur sujet, afin de leur faire obtenir repos et miséricorde pour tout ce qu'ils avaient fait.

8. Puis je les quittai, et continuai ma route tout en lisant leur requête, vers les eaux du Danendan, qui se trouvent à l'ouest d'Armon, et je m'endormis.

9. Et voici que j'eus un songe, et une céleste vision. Je tombai en extase, et je vis dans une vision, la punition dont je devais annoncer la triste nouvelle aux enfants des cieux, et les réprimander. Quand je m'éveillai, je me rendis auprès d'eux. Ils étaient réunis, pleurant et la face voilée dans Ubelseiael, lieu situe entre le Liban et Seneser.

10. Et je leur fis part de mes visions et de mes songes.

11. Et je leur adressai ces paroles de la justice, et les réprimandes que méritaient les enfants des cieux.

CHAPITRE 14

1. Ceci est le livre des paroles de la justice, et des paroles adressées aux vigilants, qui sont de ce monde, selon l'ordre que m'a donné dans la vision le Saint et le Grand. Je vis donc en songe que je parlais avec ma langue de chair et avec le même souffle dont le Tout-Puissant a animé la bouche des hommes, pour converser entre eux.

2. Et je compris avec le coeur. Et de même que le Seigneur a créé et donné aux hommes le pouvoir de comprendre les mots qui s'adressent à l'intelligence, de même aussi il a créé pour nous, et il m'a donné le pouvoir de reprendre les vigilants, les enfants du ciel. J'ai donc rédigés vos prières ; mais j'ai su dans une vision, que tant que le monde existera, jamais vous n'obtiendriez ce que vous demandez.

3. Le jugement a été prononcé contre vous ; toutes vos prières sont inutiles.

4. Ainsi, désormais, vous ne monterez plus au ciel ; et sur terre, vous serez enchaînés aussi longtemps qu'existera le monde lui-même.

5. Mais auparavant, vous serez témoins de la misère de tout ce qui vous est cher, vous ne les posséderez plus. Ils tomberont sous le glaive sous vos propres yeux.

6. Et n'adressez point de prières ni pour eux ni pour vous !

7. Mais vous pleurerez, et vous supplierez en silence. telles sont les paroles du livre que j'écrivis.

8. Voici maintenant la vision que j'eus :

9. Voici : Je me voyais environné de nuages et de brouillards épais ; je contemplais avec inquiétude le mouvement des astres et celui des éclairs, tandis que des vents formidables soulevaient mes ailes, et accéléraient ma course.

10. Je fus enlevé ainsi jusqu'au ciel et j'arrivai bientôt à son mur bâti avec de pierres de cristal. Des flammes mobiles en enveloppaient les contours. Je commençai à être saisi d'effroi.

11. Cependant je m'enfonçai au milieu de ces flammes.

12. Et je pénétrai dans une vaste habitation dont le pavé était en pierres de cristal. Les murs comme le pavé, étaient également en cristal, aussi bien que les fondements. Son toit était forme d'étoiles errantes et d'éclairs de lumière, et l'on voyait, au milieu des chérubins de feu dans un ciel orageux. Des flammes vibraient autour de ces murailles, et la porte était de feu. Quand je suis entré dans cette habitation, elle était à la fois brûlante comme le feu, et froide comme la glace ; et il n'y avait là, trace ni de bonheur, ni de vie. Alors, une terreur soudaine s'empara de moi ; je tressaillis d'effroi.

13. Tout tremblant, je tombai la face contre terre, et j'eus une vision.

14. Voici ; Il y avait une autre habitation plus spacieuse que la première, dont toutes les portes étaient ouvertes devant moi, au milieu d'une flamme vibrante.

15. Telle était sa gloire, sa magnificence, sa grandeur, qu'il m'est impossible de vous dépeindre, ni la splendeur qui l'environne, ni sa vaste étendue.

16. Le pavé était de feu ; au-dessus, brillaient des éclairs et des étoiles érrantes, et le comble était tout entier d'un feu étincelant.

17. Je l'examinai avec attention, et je vis qu'il y avait un trône élevé ;

18. Dont l'aspect ressemblait à la grêle, tandis que son contour était comme l'orbe éclatant du soleil ; et il en sortait des voix de chérubins.

19. De ce trône puissant s'échappaient des torrents de flammes,

20. Qu'il était impossible d'envisager.

21. Et il y avait quelqu'un assis sur ce trône de gloire,

22. Dont le vêtement était plus blanc que la neige.

23. Et aucun ange n'était capable de regarder en face le Glorieux et le Magnifique, ni de s'approcher de lui ; aucun mortel ne pouvait le contempler. Un feu brillant brûlait autour de lui.

24. Il s'élevait aussi devant lui, un feu d'une grande étendue ; en sorte qu'aucun de ceux qui l'entouraient ne pouvaient en approcher, et des myriades de myriades étaient devant lui. Il n'avait besoin ni de conseils, ni d'assistance, et les saints qui formaient sa coure, ne le quittait ni jour ni nuit. Je m'approchai autant que je pus, voilant ma face, et plein de frayeur. Alors, le Seigneur lui-même daigna de sa propre bouche m'appeler par mon nom : approche, dit-il, approche de plus près, et viens entendre ma sainte parole.

25. Et il me prit, et il me fit pencher jusqu'à la porte. Et moi, je tenais mes yeux baissés vers la terre.

CHAPITRE 15

1. Alors s'adressant à moi, il me parla ainsi : Écoute, écoute sans crainte, ô juste Enoch, ô scribe de justice, approche, et écoute ma voix. Va, dis aux vigilants du ciel qui t'ont envoyé pour me prier pour eux. Vous deviez priez pour les hommes (325). et non pas les hommes pour vous !

2. Pourquoi avez vous abandonné les saintes hauteurs du ciel, votre demeure éternel pour aller vous souiller avec des femmes ? Pourquoi vous êtes-vous épris des filles des hommes et en avez vous fait vos épouses ; avez vous pratiqué avec elles les oeuvres des enfants de la terre, et donné naissance à une race impie ?

3. Vous qui étiez des esprits célestes, en possession de la sainteté, de la vie éternelle, vous vous êtes souillés avec des femmes ; vous avez travaillé aux oeuvres de la chair, vous avez engendré dans le sang, vous avez agi comme ceux qui ne sont que de sang et de chair.

4. Eux, ils ont été créés pour mourir.

5. Voilà pourquoi je leur ai donné des femmes, afin qu'ils cohabitent avec elles, qu'ils engendrent des enfants qui perpétuent leur race sur la terre.

6. Mais vous, vous avez été crée de purs esprits dès le commencement, vous possédez une vie éternelle, vous n'êtes point sujet à la mort (326)

7. Aussi ne vous avais-je point donné de femmes, parce que, esprit purs, vous deviez habiter dans le ciel.

8. Et maintenant : Les géants* (*Nephilim), qui sont le prix du commerce de l'esprit et de la chair, seront appelés sur terre de mauvais esprits, et leur demeure sera sur la terre. Ils procréeront à leur tour de mauvais esprit, parce qu'ils tiennent au ciel par un côté de leur être, parce c'est des saints vigilant qu'ils tirent leur origine. Ils seront donc de mauvais esprits sur la terre, et on les appellera esprit du mal. La demeure des esprits célestes est le ciel ; mais c'est la terre qui doit être la demeure des esprits terrestres qui sont nés sur la terre.

9. Les esprits des géants seront comme les nuages (327), qui apportent ; sur la terre les fléaux de toute espèce, la peste, la guerre, la famine.

10. Et le deuil. Ils ne boiront ni ne mangeront, invisibles à tous les regards (328), ils s'insurgeront encore entre les hommes et les femmes ; parce qu'ils ont reçu la vie dans les jours de destruction et de carnage.

CHAPITRE 16

1. Lors de la mort des géants, quelques part qu'aillent leurs âmes lorsqu'elles abandonneront leurs corps, tâche que ce qui est chair en eux périsse avant le jugement. Qu'elle soit exterminée jusqu'au jour de la grande consommation de l'univers ; alors que les vigilants et les impies seront détruis pour toujours.

2. Quant aux vigilants, qui t'ont envoyé pour m'implorer pour eux.

3. Dis leur, à ces intelligences célestes : Vous avez eu le ciel pour demeure ; mais les secrets d'en haut ne vous ont pas été révélés ; cependant vous avez connu un secret d'iniquité.

4. Et vous l'avez dévoilé aux femmes dans les mouvements de votre coeur, et par là vous avez multiplié le mal sur la surface de la terre (329).

5. Dis-leur donc : Jamais vous n'obtiendrez grâce, ni jamais vous ne recevrez la paix !

CHAPITRE 17

1. Puis ils m'enlevèrent dans un endroit où il y avait comme un feu dévorant ; et où, selon leur bon plaisir, ils prenaient la ressemblance de l'homme.

2. Ils me conduisirent sur un lieu élevé, sur une montagne dont le sommet s'élançait dans les cieux.

3. Et je vis les trésors des éclairs et du tonnerre aux extrémités de ce lieu, dans l'endroit le plus profond. Il y avait là un arc de feu, et les flèches dans un carquois, et une épée de feu et toute espèce d'éclaires (330).

4. Puis ils me transportèrent auprès d'une eau jaillissante, et du côté de l'occident vers les feux du soleil couchant. J'arrivai à une rivière de feu qui coulait comme de l'eau et se jetait dans la grande mer occidentale (331).

5. Je vis tous les grands fleuves, et j'arrivai bientôt au milieu des noires ténèbres : dans ces lieux où toute chair émigre : je vis les montagnes de ténèbres qui produisaient l'hiver, et l'endroit d'où l'eau s'écoule dans leurs abîmes respectifs.

6. Je vis aussi l'embouchure de tous les fleuves du monde, et celle de l'abîme.

CHAPITRE 18

1. Puis j'arrivai aux réservoirs de tous les vents, et je remarquai comment ils servaient à l'ornement de la terre, et à la conservation des fondements de la terre (332).

2. Je vis la pierre qui supporte les angles de la terre.

3. Je vis aussi les quatre vents qui soutiennent la terre et le firmament du ciel.

4. Je vis les vents qui soufflent dans les hauteurs du ciel.

5. Ceux qui s'élèvent entre le ciel et la terre et qui forment les colonnes du ciel.

6. Je vis les vents qui font tourner le ciel et qui entraînent dans leurs orbites le soleil et les étoiles : et au-dessus de la terre je vis le vent qui support les nuages.

7. Je vis la voie des anges (333)

8. Je vis, de l'extrémité de la terre le firmament du ciel qui pèse sur elle. Alors je me tournai vers le midi.

9. Là brûlaient nuit et jour six montagnes de pierres précieuses, trois du côté de l'orient trois du côté du midi.

10. Celles du côté de l'orient se composait de pierres de diverses couleurs ; de perles et d'antimoine ; celles du côté du midi étaient de pierres rouges. Leur sommet s'élevait jusqu'au ciel, comme le trône de Dieu il était d'albâtre, et dans sa partie supérieur, de saphir. Je vis aussi le feu ardent qui brûlait sur les montagnes.

11. Là aussi je vis dans une région immense le lieu où les eaux étaient rassemblées.

12. J'y vis aussi les sources de la terre cachées dans les colonnes embrasées des cieux.

13. Et dans ces colonnes du ciel, je vis des feux qui jaillissaient sans nombre, mais ni en haut ni en bas. Au-dessus de ces sources, je vis un endroit qui n'avait ni le firmament au-dessus, ni la terre au-dessous, il n'y avait pas non plus d'eau ; et rien à droite ni à gauche ; c'était une plage déserte.

14. Et là j'aperçus sept étoiles, brillantes comme des montagnes de feu, ou comme de sublimes esprits.

15. Alors l'ange dit : cet endroit sera jusqu'à la consommation du ciel et de la terre la prison des étoiles et des armées du ciel.

16. Ces étoiles qui roulent au-dessus du feu sont celles qui ont transgressées les commandements de Dieu, avant le fin de leur épreuve. Aussi les a-t-il enchaînées dans ce lieu. Jusqu'à ce qu'elles aient expié les crimes dans l'année mystérieuse.

CHAPITRE 19

1. Alors Uriel s'écria : Voici les anges qui ont cohabité avec les femmes, et se sont désigné des chefs ;

2. Qui ont souillé les hommes, multiplié parmi eux les erreurs, au point de leur faire faire des sacrifices aux démons, comme à Dieu. Mais au grand jours, ils seront jugés et ils périront, et leurs femmes avec eux, parce qu'elles se sont laissé séduire sans résistance (324).

3. Et moi, Enoch, moi seul, j'ai vu la fin de toutes choses, et il n'a été donné à personne de la voir comme moi.

CHAPITRE 20

1. Voici le nom des anges qui veillent (336).

2. Uriel, un des saints anges, qui préside aux cris et à la terreur.

3. Raphaël, un des saint anges, qui préside aux esprits des hommes.

4. Raguel (337), un des saint anges, qui unit le monde et les luminaires.

5. Michael, un des saints anges qui préside à la vertu des hommes, et commande aux nations.

6. Sarakiel (338) un des saints anges qui préside aux enfants des hommes qui pèchent.

7. Gabriel, un des saints anges, qui préside sur Ikisat, sur le paradis et sur les chérubins.

CHAPITRE 21

1. Je fis ensuite un long circuit pour arriver à un lieu où rien n'était au complet.

2. Je ne vis là ni l'oeuvre admirable du ciel élevé, ni la terre et ses merveilles ; ce n'était qu'un désert solitaire et terrible.

3. Là aussi, je vis sept étoiles enchaînées les unes aux autres, comme de grandes montagnes, comme ses feux embrasés. Et je m'écriai à cette vue : Pour quel crime ces étoiles sont-elles enchaînées ; pourquoi ont-elles été reléguées dans ce lieu ? Alors Uriel, un des saints anges qui était avec moi et qui me servait de guide me répondit : Enoch, pourquoi cette question ? Pourquoi cette inquiétude, cette anxiété ? Ces étoiles ont transgressé le commandement du Dieu Très-Haut ; et pour expier leur crime, elle ont été enchaînées dans ce lieu pour un nombre infini de siècles.

4. De là je passai dans un autre lieu de terreur :

5. Là je vis l'oeuvre d'un feu immense, ardent et dévorant, au milieu duquel il y avait une division. Et des colonnes de feu se combattaient entre elles et elles s'enfonçaient dans l'abîme. Et il me fut impossible d'évaluer ni sa grandeur, ni sa hauteur ; je ne pus pas non plus connaître son origine. Et je m'écriai encore à cette vue : quel lieu terrible qu'il est difficile d'en sonder les mystères.

6. Uriel, un des anges qui étaient avec moi, me répondit et me dit : Enoch, pourquoi ces alarmes, pourquoi cet étonnement à la vue de ce lieu terrible, à la vue de ce lieu de souffrance ? C'est ici, ajouta-t-il, la prison des anges ; et ils seront enfermés à jamais !

CHAPITRE 22

1. De là, je m'avançai vers un autre lieu, où du côté de l'occident je vis une grande et haute montagne, un rocher escarpé, et quatre réceptacles délicieux.

2. A l'intérieur, ce lieu était profond, spacieux, poli et égal, mais d'une profonde obscurité.

3. Alors Raphaël, un des saints anges qui m'accompagnait me dit : voici les bienheureuses régions où sont rassemblées les esprits, les âmes des morts ; c'est là que doivent se réunir toutes les âmes des enfants des hommes.

4. C'est dans ces lieux qu'elles resteront jusqu'au jour du jugement, jusqu'au temps qui leur est marqué.

5. Or, ce temps sera long à venir, c'est le jour du grand jugement. Et je vis les esprits des enfants des hommes qui étaient morts, et leurs cris accusateurs s'élevaient jusqu'au ciel.

6. Alors j'interrogeais Raphaël, l'ange qui m'accompagnait et je lui dis : de qui est cette voix accusatrice qui monte vers le ciel ?

7. Il me répondit : c'est la voix de l'esprit d'Abel, qui a été tué par son frère Caïn, et qui l'accusera jusqu'à ce que sa race soit exterminée de dessus la face de la terre.

8. Jusqu'à ce que sa race soit effacée d'au milieu des hommes.

9. Alors je l'interrogeai sur lui, sur le jugement universel, et je lui dis : pourquoi les uns sont-ils séparés des autres ? Il me répondit : il y a trois classes pour les esprits des morts. Trois classes parmi les esprits des justes.

10. Ces classes sont distinguées par un gouffre, par l'eau et par la lumière qui est sur l'eau.

11. Les pécheurs sont également classés ; après leur mort, ils sont déposés dans la terre si le jugement ne les a pas prévenu de leur vivant.

12. C'est ici que leurs âmes sont enfermées ; c'est ici qu'elles sont en proie à des douleurs intolérables, châtiment de ceux qui sont maudits pour l'éternité, et dont les âmes seront punies et enchaînées à tout jamais.

13. Et voilà ce qui existe depuis le commencement du monde. Les âmes de ceux qui se plaignent sont séparées de celles qui veillent pour leur ruine, pour leur extermination au jour des péchés.

14. Tel est le séjour destiné aux âmes des hommes injustes et pécheurs, aux âmes de ceux qui ont commis l'iniquité* (*Corruption des moeurs) et qui se sont mêlées à la société des impies* [*Personne qui dédaigne la religion, athée blasphémateur (parole qui outrage, qui attaque Dieu) ], auxquels ils ressemblent. Leurs âmes ne seront point anéanties au jour du jugement ; mais enfermées dans ce lieu, elles n'en sortiront jamais. Alors je louai Dieu.

15. Et je dis : Béni soit mon Seigneur, le Seigneur de gloire et de justice, le dominateur suprême et éternel.

CHAPITRE 23

1. De là j'arrivai dans un autre lieu, du côté de l'occident, aux extrémités de la terre.

2. Où je vis un feu ardent et un mouvement perpétuel, qui roulait nuit et jour, sans jamais s'arrêter.

3. Et j'interrogeai l'ange qui m'accompagnait, et je lui dis : qu'est cela ? Pourquoi ce mouvement incessant ?

4. Raguel, un des anges qui m'accompagnaient me répondit :

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A la recherche de l'Arche de Noé

5 Décembre 2012 , Rédigé par La plume et le rouleau Publié dans #spiritualité

LES TENTATIVES SERIEUSES D’ASCENSION COMMENCENT AU XIXEME SIECLE

Au XIXème siècle, le site du Mont Ararat fait partie de l’empire ottoman. C’est à partir de cette époque que les tentatives vont s’enchaîner à un rythme effréné. En 1800, l’américain Claudius James Rich tente l’aventure. Sans succès. En 1829, c’est le tour de l’arménien (c’est bien le moins) Khatchadour Abovian : nouvel échec. La même année, l’alpiniste estonien Friedrich Parrot de Dorpat, fort de son succès au Mont Rose (Alpes françaises) et au Mont Perdu (Pyrénées) se lance à son tour à l’assaut du Mont : il est le premier à parvenir au sommet.Au plan de l’alpinisme, c’est un beau succès. Au plan de l’archéologie, c’est un fiasco : car d’arche, point…Pourtant, en 1833, une patrouille militaire turque revient en assurant avoir vu « la proue d’un très grand vaisseau sortant d’un glacier » (rappelons que l’Ararat est un volcan recouvert par les glaces).En 1876, un anglais du nom de Viscount James Bryce, homme politique, diplomate et professeur de droit, redescend, triomphant, du Mont Ararat : un morceau de bois de 1 m X 20 cms à la main ! Son récit a tout d’une affabulation : aucune société scientifique ni religieuse ne se donne même la peine de l’examiner… Le même scepticisme et la même déconvenue attendent également le glaciologue britannique Gascoyne qui revient, en 1883, avec un récit douteux de « restes d’un antique vaisseau pris dans la glace ». En 1893, c’est un ecclésiastique qui tente de nouveau l’aventure : l’archidiacre de Jerusalem et de Babylone Jean Joseph Nouri escalade le Mont. Il en revient enthousiaste, ayant vu là-haut (avec les yeux de la foi ?) un assemblage de « poutres d’un rouge sombre, d’un bois très épais » dont il prétend qu’il constitue les restes de la célèbre embarcation.De riches américains proposent alors de financer une expédition avec l’ambition d’exposer le trophée lors de l’exposition universelle de Chicago de 1896 : peine perdue, les autorités ottomanes refusant un éventuel visa… d’exportation !C’est au début du XXème siècle que le décollage (c’est le cas de le dire) de nouvelle technologie va donner un nouvel essor aux espoirs des explorateurs bibliques de tout poil. C’est qu’avec les progrès de l’aviation, on peut désormais voir les choses de haut et disposer de points de vue inaccessibles à de simples pèlerins pédestres. En 1916, l’aviateur russe Vladimir Roskovitski survole l’Ararat sur son versant oriental et aperçoit l’auguste vestige qu’il photographie ! Hélas, le cliché n’est pas rendu public assez vite et disparait dans les tourments de la révolution bolchevique !L’entre-deux-guerres voit une période de relative accalmie sur le front diluvien mais, dès 1949, les expéditions reprennent. Le docteur Smith, missionnaire américain en retraite et qui se dit appelé par Dieu lui-même (c’est une manie chez les Américains), se lance à la recherche de l’arche, avant de renoncer lamentablement. Les expéditions ultérieures sont cependant compliquées par la Guerre Froide : la Turquie adhère à l’OTAN en 1952 et sa frontière avec l’Union Soviétique devient dès lors hautement « sensible ».L’année 1955 est marquée par une expédition à la couverture médiatique d’une rare intensité (spécialement en France). Un dénommé Fernand Navarra, 41 ans, démolisseur de bateau de profession, avait déjà tenté, sans succès, l’ascension en 1952 et 1953. En 1955, il s’élance de nouveau à l’assaut de l’Ararat en compagnie de son fils de 11 ans. Dans des conditions de difficultés et de risque invraisemblables, Navarra, s’attaque à la glace et, le 6 juillet exactement, à 7 heures du matin (Paris Match le raconte avec emphase), Navarra extrait de la glace un morceau de bois de 1,50 m ! « Refoulant ses larmes » et « gorgé de fierté » nous narre l’hebdomadaire qui ne recule pas devant le poids des mots, il crie « j’ai trouvé ! » (On s’en serait douté).Il revient en France, triomphant, et n’hésitera pas à découper le morceau de bois en divers morceaux qu’il offrira à des hôtes qui lui sembleront dignes de recevoir la précieuse relique… Pour divers archéologues qui se penchent sur le morceau, celui-ci se situe dans une « fourchette » de 3 000 à 5 000 ans : celle du Déluge ! Mais, depuis 1940, on a découvert le « carbone 14 » : cet « isotope » radioactif de carbone. Simplifions-en la compréhension. Un organisme vivant assimile les atomes de carbone de toute nature mais, durant sa vie, la proportion de radiocarbone « 14 » par rapport au carbone « normal » est de 0,000000000001 pour 1. À partir de l'instant où cet organisme meurt, la quantité de radiocarbone qu'il contient ainsi que son activité radiologique décroissent au cours du temps selon une loi exponentielle. Un échantillon de matière organique issu de cet organisme peut donc être daté en mesurant, à un instant t le rapport entre « carbone 14 » et « carbone normal », ce qui permet de déduire par calcul l’année de la mort de l'organisme.On soumet donc le morceau de bois de Navarra à l’examen. Le verdict est sans appel : moins de 1 300 ans...

LE SITE DE « DURUPINAR », NOUVEAU GRAAL DILUVIEN

C’est en 1959 que survient un évènement qui va entrainer, un an plus tard, l’expédition la plus spectaculaire jamais organisée et dont nous allons découvrir le suspense haletant. En 1959, donc, un capitaine de l'armée turque du nom d'Ilhan Durupinar identifie, lors d'une mission aérienne de cartographie menée pour le compte de l’OTAN, un étrange site montagneux situé au nord-est du pays, dans les monts Tenderuk. Ce site avait été mis fortuitement à jour une dizaine d’années auparavant, en 1948, suite à de fortes pluies combinées à trois séismes qui avaient débarrassé l’endroit de la couche de boue qui le recouvrait. Vu de loin (et de haut), il s’agirait de la forme d’un bateau ! Certes, si l’on se réfère à la lettre exacte de la Bible, le site n’est pas directement sur l’Ararat. Mais il n’en est pas loin : il se situe près d'un village appelé Uzengili, à environ trois kilomètres au nord de la frontière turco-iranienne, dans la province d’Agri et à seulement à vingt-deux kilomètres au sud de l’Ararat. Une broutille, à l’échelle biblique. Informé, le gouvernement turc décide donc d’envoyer, en 1960, une expédition en direction du « site de Durupinar », laquelle comprend notamment un pasteur protestant du nom de George E. Vandeman, le capitaine turc Ilhan Durupinar et des archéologues et géologues. Quand le petit groupe arrive enfin sur le site (1 804 mètre d’altitude), il y a bel et bien là une forme immense (près de 200 mètres de long), en forme de barque pointue à l’avant ! C’est l’étonnement, l’incrédulité, l’émotion qui frappent les hardis explorateurs. Toucherait-on enfin au but ? Les explorateurs arpentent le site et se mettent à creuser. Objectif : trouver des morceaux de bois. Quant aux bords de ce « bateau » sont-ils en pierre ou en minéral issu d’une fossilisation ? Car, dans ce cas, compte tenu de la lenteur de la transformation d’une matière minérale en pierre (plusieurs millions d’années !), l’« arche » serait aussi vieille que cela ? Est-ce réaliste ? Evidemment, non. Rappelons à cet égard quelques éléments simples (et grossiers) de chronologie historique :

- 13 000 000 000 d’années : formation de l’univers (« Big Bang »)

- 4 600 000 000 d’années : formation de la Terre

- 3 600 000 000 d’années : apparition de la vie (premiers organismes primitifs simplifiés)

- 200 000 000 d’années : les dinosaures

- 65 000 000 d’années : disparition des dinosaure

- 3 000 000 d’années : l’homo habilis (l‘hominidé tient un outil dans sa main pour travailler

- 100 000 d’années : l’homo sapiens (il enterre ses morts)

- 70 000 ans : Néolithique (« La guerre du Feu »…)

- 40 000 ans : la grotte de Lascaux

- 4 000 : les alignements de Carnac

- 3 761 : date présumée de la Création du monde selon les calculs fondés sur les données bibliques

- 2 200 ans : La pyramide de Chéops

- 800 : Bouddha

- 769 : Fondation de Rome

- 430 : apogée d’Athènes, construction du Parthenon sur l’Acropole

- 200 : La Grande Muraille de Chine

- 52 : Alésia

« 0 » : naissance de Jésus Christ (date conventionnelle compte tenu des incertitudes de comput)

1000 : an Mil

2006 : Ouverture du blog des chroniques de la Plume et du Rouleau (c’est important aussi)

Vous aurez observé au moins trois choses :D’abord que la présence de l’homme sur la Terre est un phénomène extrêmement récent et, à l’échelle de l’univers, largement anecdotique : un peu de modestie, donc…Ensuite qu’il a fallu longtemps pour passer de l’anthropopithèque qui s’est mis debout dans la savane (« Lucie ») à l’homme (vaguement) civilisé que nous sommes devenus : 3 millions d’années soit 1 500 fois le laps de temps qui nous sépare de Jésus ! Enfin que, à l’évidence, les données littérales bibliques ne correspondent pas du tout aux réalités archéologiques et scientifiques. Pendant deux jours, les géologues creusent le site de Durupinar. Ils dynamitentmême le sol à l'intérieur de la formation à l'allure de bateau. Mais l'équipe est déçue : elle ne trouve que de la terre et des rocs. De bois, aucun. Il faut se rendre à l’évidence qui corrobore les premières constatations : le site est uniquement le fruit d'un caprice de la nature, sans intervention humaine. C’est un site naturel. Curieux, certes, mais naturel...Inutile de dire que cette conclusion géologique n’a pas convaincu les forcenés les plus irréductibles qui, régulièrement, vont visiter ce site aisément accessible et qui voient dans l’étonnant vaisseau de pierre la véritable arche de Noé à jamais pétrifiée. Pour d’autres, la déception a été à la mesure de l’attente mais a bien vite laissé place, de nouveau, au fol espoir : si l’arche n’est pas là, c’est qu’elle est (forcément) ailleurs ! Et les expéditions reprennent : 1962, 1963, 1966, 1973, 1977 notamment, avec Ron Wyatt et David Fasold, deux protestants fondamentalistes américains qui tentent, sans convaincre personne, de mettre en avant des résultats positifs de recherche de métal sur le site…. Dans les années 1980, un astronaute américain, James B. Irwin, tente lui aussi l’aventure. Sans succès : « J’ai fait tout ce qui m’était possible mais l’arche continue à nous échapper » reconnaît-il piteusement… La quête de l’arche de Noé n’est pas sans péril : en 1990, l’australien Allen Roberts est même kidnappé quelque temps par la guérilla kurde ! Depuis lors, chaque année ou presque apporte son lot de marcheurs et de chercheurs qui reviennent invariablement bredouilles. Aux morceaux de bois parfois rapportés triomphalement et sans rapport avec les dimensions imposantes de l’Arche, le quotidien arménien Azg a trouvé une réponse globale : « L’arche de Noé n’est pas le seul bateau échoué sur Ararat (…) De nombreux pécheurs avaient aussi construit leurs propres embarcations en même temps que Noé, si bien que lors du Déluge, toute une flotte s’est échouée sur l’Ararat » ! (Azg, 6 août 2007). Il est en effet habituel que, à l’issue d’une tempête, tous les bateaux s’échouent à la même place, non ? (Sans même parler de la capacité de ces pauvres diables de pêcheurs à survivre 200 jours dans leur barcasse…) Devant ces échecs cent fois essuyés, et à partir des années 1990, de nouvelles technologies sont sollicitées : les satellites ! En 1995, l’armée américaine déclassifie une série de clichés initialement pris en 1949 et qui avaient révélé une « anomalie » située à l'extrémité nord-ouest du plateau occidental du mont Ararat, à 4 724 mètres d'altitude, à environ 2 kilomètres du sommet et au bord d’une pente très abrupte. En 2004, un riche homme d'affaires américain, Daniel McGivern acoquiné avec un professeur turc autrefois accusé de falsifications de photos, annonce alors avec force médiatisation une expédition coûteuse (900 000 dollars) afin d'établir la vérité sur l' « anomalie d'Ararat ».Il rassemble des images satellitaires spécialement réalisées mais ne reçoit finalement pas l’autorisation de la part des Turcs de gravir le sommet. Ses photos seront alors examinées par la CIA qui conclura prosaïquement à des « couches linéaires de glace recouvertes par de la glace et de la neige crûment, en tout cas : d’arche de Noé, point ! plus récemment accumulées ». Espérons toutefois que ces spécialistes américains n’étaient pas les mêmes qui jurèrent, en 2003, que le dictateur irakien Saddam Hussein fabriquaient des armes de destruction massives. Disons-le Redevenons sérieux. Place à l’érudition. La vraie.

A LA RECHERCHE DE L’EAU DU DELUGE…

Et commençons par une constatation basique : avant de chercher l’arche, préoccupons-nous du Déluge dont les traces, logiquement, devraient inscrites dans le sol. Quand le déluge a-t-il eu lieu ? Les exégètes juifs ont calculé, à rebours, le nombre des générations supposées entre David et Moïse pour arriver à une « fourchette ». Ramenée à l’aune du calendrier chrétien (pour que tout le monde comprennent), le Déluge aurait eu lieu entre 3 402 av. JC et 2 462 av. JC. Qu’en disent les archéologues et les géologues ? Rétablissons la chronologie, une fois de plus. La dernière des grandes glaciations a lieu il y a 100 000 ans et entraine une baisse du niveau des océans de l’ordre de 120 mètres. Par voie de conséquence, la Mer Noire, par exemple (nord de la Turquie) devient « endoréique » (= elle est alimentée par le Danube, le Don et le Dniepr et les eaux de pluie mais n’a pas d’écoulement extérieur, ses eaux s’évaporant simplement, comme la mer Caspienne actuelle). A l’époque, la Mer Noire ne communique plus avec l’actuelle Mer de Marmara dont elle est séparée par une langue de terre (un isthme) ni, bien sûr, avec la Mer Méditerranée. Le niveau de l’eau sur les rives de la Mer Noire est alors d’environ 100 mètres plus bas que celui d’aujourd’hui et, évidemment, les pêcheurs s’installent au plus près de l’eau. Environ 80 000 ans plus tard (c’est long !), le climat se réchauffe. Il y a donc 10 à 17 000 ans, les glaciers fondent, le niveau des mers et des lacs monte progressivement et oblige les civilisations établies sur les rives à s’installer plus haut. Le processus est lent. A la fin des années 1990, pourtant, des géologues américains (William Ryan et Walter Pitman) affirment que la région de la Mer Noire a été brutalement inondée il y a environ 7 500 ans. Cet évènement inopiné et inédit aurait, selon eux, fortement marqué les esprits des civilisations contemporaines et aurait contribué à forger le mythe du Déluge. Cette thèse n’a jamais fait l’objet d’un consensus de l’ensemble de la communauté scientifique internationale. Un universitaire français comme René Létolle, par exemple, a calculé que, même sur la base d’une débâcle des glaciers et d’une crue de fleuves telle que celle que l’on observe pour le Yukon (Canada) ou l’Indus (Inde), la montée des eaux aurait pris au moins vingt ans. Et « si cette hypothèse était confirmée, on devrait trouver des traces de telles crues postglaciaires, ce qui n’est pas le cas » dit-il (L’Histoire n° 251). Nous n’entrerons pas dans ce débat de spécialistes. L’essentiel est ailleurs. Depuis la fin du XIXème siècle, la recherche sur la bible a considérablement progressé du point de vue archéologique. Les « littéralistes », ceux qui tiennent la Bible pour un livre écrit d’un bout à l’autre dans un temps très court, sur l’inspiration de Dieu, et qu’il faut donc prendre au « pied de la lettre » sont de moins en moins nombreux et leur influence, réelle aux Etats-Unis, reste largement cantonnée à cette zone. Curieusement, ce sont des ecclésiastiques qui, parmi les premiers, se mettent à douter sérieusement de la Bible… ! Ainsi que le dit Luc Malterre (Les collections de L’Histoire – n°13), « c’est dans le catholicisme que naît l’exégèse critique moderne ». En 1890, Marie-Joseph Lagrage, un « dominicain » (l’ordre religieux de Saint Dominique est pourtant le plus « puriste » en matière de dogme chrétien) se rend à Jérusalem et y fonde un établissement d’enseignement qui prendra plus tard le nom d’« Ecole biblique de Jérusalem ». Son objectif : arpenter les lieux saints pour y retrouver les endroits où se sont déroulés les évènements mentionnés dans la Bible. Pourtant, rapidement, Lagrange déchante : il reconnaît que Moïse ne peut, par exemple, avoir objectivement vécu quarante ans avec quelques centaines ou milliers de personnes, femmes et enfants dans un désert où rien de pousse ! Alors ? Alors Lagrange propose une autre lecture, plus symbolique et moins littérale de la Bible : c’est un avant-gardiste. Trop. Bientôt taxé alors de « moderniste » par le pape Pie X en 1907, son ouvrage « commentaire sur la Genèse » est interdit de publication ! Mais en 1943, le pape Pie XII reconnait, dans son encyclique « Divino Afflante Spiritu » « la légitimité du discernement des genres littéraires dans l’Ecriture » : une position réaffirmée par le Concile de « Vatican II » (1962), lequel donne une impulsion décisive à la lecture non exclusivement littéral du texte biblique. Quant au père Lagrange, à l’heure où nous écrivons ces lignes, il fait l’objet d’un « procès en béatification » (= destiné à être admis au rang de « saint ») : une belle revanche... Ainsi, depuis 118 ans, l'École prestigieuse fondée par Lagrange mène à la fois des recherches archéologiques de haut niveau en Israël et dans les territoires et pays adjacents, et l'exégèse des textes bibliques avec pour objectif d’« Accepter que foi et raison débattent et s'éclairent mutuellement et de comprendre et faire comprendre la Bible, en étant attentif à son contexte, celui d’autrefois et celui d’aujourd’hui » (page d’accueil du site internet de l’école).

LA BIBLE, SYNTHESE DE MYTHES RELIGIEUX A DESTINATION DU PEUPLE JUIF

L’on sait désormais que la Bible est « un ensemble de livres composés, peu à peu, dans le milieu de la communauté juive, au cours du 1er millénaire avant l’ère chrétienne (…) On pense aujourd’hui que les éléments les plus anciens de la Bible peuvent remonter au IXème – VIIIème siècle av. JC. (…) L’époque de la domination perse sur le Moyen Orient, de 539 av. JC à 333 av. JC est un moment crucial dans l’histoire de la rédaction de la bible. C’est le moment où elle est rédigée comme un ensemble cohérent qui répond à une nécessité historique précise : trouver une forme d’identité aux Juifs pour que ceux-ci ne se dissolvent pas dans la masse des sujets de l’immense empire perse. Au peuple d’Israël, la Bible donne une histoire commune construite sur un schéma sans cesse renouvelé : le peuple se montre infidèle à Dieu qui lui envoie un oppresseur, puis Dieu lui pardonne et lui envoie un sauveur. » (François Briquel-Chatonnet, Les collections de L’Histoire n°13). La Bible est donc, pour les Juifs de l’empire perse, le moyen de ne pas se faire assimiler. S’adressant aux peuples du Proche Orient, la Bible s’approprie notamment des récits (le mythe d’un déluge et d’un navire salvateur) qui peuplent déjà tout un fonds mythologique préexistant. Ainsi en est-il de l’« épopée d’Atrahasis » écrite en akkadien (la langue de l’ancienne Babylone vers 1640 av. JC) où le dieu Enki demande au héros Atrahasis de démanteler sa maison pour construire un bateau en roseau afin d’échapper au déluge qu’un autre dieu, Enlil, va envoyer pour éradiquer l’humanité. Ainsi en est-il également de la « légende de Zizudra », écrite à la même époque mais en sumérien. Ainsi en est-il encore de la légende de Gilgamesh (roi d’Uruk) qui date de 2000 av. JC mais à laquelle on incorpore un épisode « diluvien » vers 1300 av. JC…Et ce récit de la survenance d’un déluge et la construction d’un bateau par un héros central va se décliner progressivement dans l’ensemble des cultures de l’humanité tout entière : on retrouve ainsi un récit de déluge dans la mythologie grecque (dont le « Noé » s’appelle Deucalion), en Inde (où il s’appelle « Manu ») ou même en Amérique du Sud. Partout, dans toutes les civilisations, la force symbolique de ce récit et sa violence frappent les imaginations : Dieu est en colère, il massacre ses propres créatures en n’accordant que parcimonieusement son pardon à quelques rares élu(e)s. Son pittoresque, aussi, frappe les imaginations : un bateau énorme, des animaux qui y rentrent deux par deux, des pluies torrentielles, un oiseau lâché et qui ne revient pas (signe qu’il a trouvé une terre où se poser)…Que faut-il en conclure ? Que, pour s’établir, une société a besoin de mythes fondateurs : des légendes merveilleuses, des actes héroïques, des batailles, des couronnements, des révolutions, des martyrs, du sang, des larmes, des drames … A cet égard, toutes les religions prennent part à cette entreprise de fondation en fournissant aux sociétés auxquelles elles sont attachés ce type d’évènements et la Bible, de par ses épisodes particulièrement romanesques, offre une mine inépuisable d’évènements édificateurs pour les croyants. Elle répond ainsi aux besoins de l’âme humaine qui, pour échapper à la tristesse matérielle du quotidien, à l’incompréhension née des malheurs et des circonstances accablantes, réclame, pour pouvoir survivre, du merveilleux, du surnaturel, des apparitions, des anges, des transformations, des miracles…. De l’espérance, quoi. Le Déluge et l’arche de Noé constituent l’un de ces mythes, et probablement celui le plus connu de l’ouvrage lui-même le plus connu de l’histoire de l’humanité. Mais en chercher la trace matérielle et tangible serait comme tenter de retrouver un poil de la barbe de Charlemagne ou un fil de la culotte du roi Dagobert…Car nous savons, ainsi que nous l’explique Antoine de Saint-Exupéry dans son livre « Le petit prince » : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».

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Source : http://laplumeetlerouleau.over-blog.com/article-16376821.html

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Les Lois Noa'hides

2 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Après le déluge, qui marqua la fin d'une humanité sans valeurs, Dieu demande à l'espèce humaine de respecter sept lois, quintessence de la morale et de l'ethique...

AU COMMENCEMENT...

Dès l'aube de la création du monde, Dieu a décrété que l'homme devra observer six lois éthiques fondamentales. Ces six lois ont été créées afin de permettre la fondation d'une société unifiée fonctionnant harmonieusement, et elles ont été données en premier lieu à Adam et Eve et à leur progéniture dans le Jardin d'Eden. Ce sont les interdictions générales de l'idolâtrie, du blasphème, de l'homicide, des relations sexuelles illicites, du vol, et le commandement actif d'établir des institutions chargées de rendre la justice. Malheureusement, dix générations de l'humanité, depuis celle d'Adam jusqu'à celle de Noé, se sont révoltées délibérément contre ces six lois de Dieu. A la suite de leur transgression, Dieu a puni l'humanité avec le Déluge, qui a commencé le 17ème jour du deuxième mois ('hechvan) de l'année 1656 (2105 avant l'ère commune). Ce n'est que par la grâce de Dieu que Noé le juste et sa famille ont survécu au Déluge . Noé et ses fils ont bâti une arche selon des spécifications de Dieu, une arche dans laquelle ils ont trouvé refuge contre les eaux mortelles du Déluge.

NOé ET LE DELUGE

Après le Déluge, l'abattage d'animaux pour leur viande a été permis pour la consommation humaine. Noé et sa famille, ainsi que tous les animaux et les autres créatures vivantes qu'ils avaient embarqués à bord de l'arche avant le Déluge, sont restés dans l'arche pendant une année solaire. Le 27 'hechvan de l'année 1657 (2104 avant l'ère commune), Noé, sa famille, et tous les habitants de l'arche sont sortis de l'arche et ont mis pied sur le sol ferme. Noé s'est rendu au mont Moria, situé dans ce qui deviendra plus tard la Terre d'Israël, il y construisit un autel et offrit un sacrifice de reconnaissance à Dieu. Dieu ordonna à l'humanité, cette fois encore, non seulement de garder et d'observer les six lois, mais il ajouta un septième commandement, l'interdiction de consommer le membre d'une créature vivante. Avant le Déluge, les hommes n'avaient pas le droit de manger de la viande. Après le Déluge, l'abattage d'animaux pour leur viande a été permis pour la consommation humaine. A la suite de l'ajout de cette septième loi, l'ensemble est devenu ce que l'on a appelé les chéva' mitsvoth benei noa'h (" Sept lois des enfants de Noé "), également connues sous l'appellation des sept lois noa'hides. Dieu a ordonné à Noé et à tous ses descendants d'obéir à ces sept injonctions. C'est à ce moment-là que Dieu a révélé l'arc-en-ciel et en a expliqué la signification à Noé.

LE SYMBOLE DE L'ARC-EN-CIEL

Dieu a fait de l'arc-en-ciel une partie de Son Alliance avec Noé, ses descendants, et la terre, et Il a promis à l'ensemble de la création qu'Il ne la détruira plus jamais à cause des péchés de l'humanité. Dieu, par le mérite de la vertu de Noé, a conclu l'alliance de l'arc-en-ciel. Cette alliance est une alliance de vie éternelle. C'est ainsi que la vue de l'arc-en-ciel et de ses sept couleurs sert à nous rappeler notre obligation d'observer les " Sept lois des enfants de Noé ". Les sept lois noa'hides contiennent des privilèges à la fois spirituels et matériels qui leur sont appropriés, et elles constituent la voie toute tracée vers le sentier du non-Juif vertueux. Pour hériter de la vie éternelle dans le monde à venir, le non-Juif doit observer les sept lois universelles d'éthique et de moralité, basées sur une croyance en Dieu et en Sa Torah.
Concrètement, les " Sept lois des enfants de Noé " sont un plan garanti de paix mondiale. Si elles étaient observées, l'humanité pourrait vivre dans l'harmonie et dans la paix. En fait, leur observance procure à toute humanité le mérite de son ultime rédemption…

LA VOIE NOA'HIDE

L'accomplissement des sept lois noa'hides exige une connaissance et une compréhension fondamentales de certains préceptes et principes. Les non-Juifs dans le monde ont un devoir religieux, une obligation qui, si elle est remplie, amènera la paix et l'harmonie dans le monde et donnera au non-Juif vertueux une part dans le monde à venir. Dieu a donné à l'humanité deux sentiers par lesquels l'humanité peut réaliser son unité. L'un de ces sentiers est le judaïsme, l'autre le noa'hisme. Cela nous le savons, et en avons pleine conscience, parce que le judaïsme a préservé la connaissance et la pédagogie du sentier du non-Juif vertueux : les " Sept Lois des Enfants de Noé ". Il incombe par conséquent au non-Juif d'acquérir la conscience de ce que représente son devoir religieux et de la manière de l'accomplir. Pour cela il lui faut prendre conscience du fait que Dieu a institué les saintes autorités rabbiniques comme des instruments pour la protection et l'enseignement de cette antique doctrine . Pourquoi devons-nous accepter les rabbins et la sainteté de leur autorité ? Parce qu'il n'existe aucune source en dehors du Talmud et des enseignements ultérieurs des rabbins qui délimitent les sept lois noa'hides. Nous ne pouvons les apprendre et savoir comment les accomplir qu'auprès des Juifs de stricte observance. L'accomplissement des sept lois noa'hides exige une connaissance et une compréhension fondamentales de certains préceptes et principes. Le non-Juif doit avoir conscience, en particulier, de l'existence d'un seul vrai Dieu, de ce que la Torah a été donnée à toute l'humanité, de ce que l'éthique et la morale doivent devenir une partie intégrante de la vie ; et enfin que l'humanité doit se lier dans l'unité, dans la croyance dans l'unité de Dieu et dans l'unité de l'humanité. Nous espérons que cette unité permettra à tous les peuples, aux Juifs comme aux non-Juifs, de s'approcher de Dieu dans la paix et l'harmonie, et elle apportera la paix à Jérusalem .
Le non-Juif a un rôle spirituel spécifique dans ce monde, et un but spécifique pour sa création et son existence mêmes. Par l'observance fidèle des sept commandements noa'hides on peut accomplir ce but, et lutter avec les enfants d'Israël pour rendre ce monde meilleur.

OBLIGATION ET LIBRE-ARBITRE

C'est l'homme qui, en définitive, a la responsabilité d'observer les commandements de Dieu, et il jouira du mérite de leur avoir obéi. La foi en un seul vrai Dieu est nécessaire pour le non-Juif. Dès lors qu'il croit dans le Dieu d'Israël, il saura qu'il lui a été ordonné d'observer sept lois universelles d'ordre éthique basées sur une croyance en D.ieu. Le mot hébreu pour un commandement est mitsvah (au pluriel : des mitsvoth). Les sept sois noa'hides sont des mitsvoth pour toute l'humanité. Les Juifs aussi doivent les observer, car elles font partie des 613 mitsvoth que D.ieu a ordonnées à Israël. Les sept lois noa'hides sont une partie de l'alliance de vie éternelle (l'alliance de l'arc-en-ciel), elles représentent les exigences fondamentales que Dieu a prescrites à tous les descendants de Noé, dont l'observance doit assurer un monde paisible et civilisé. Que le non-Juif fasse choix d'observer les sept lois noa'hides est un autre problème, celui du libre-arbitre. Dieu a créé l'homme avec l'attribut intrinsèque du libre-arbitre. Rien d'autre dans la création de D.ieu n'a été imprégné de cette caractéristique. L'homme est libre de choisir d'observer les commandements de D.ieu. Certains choisissent de le faire, d'autres de ne pas le faire. Le choix de certains de ne pas observer les sept lois noa'hides ne contredit pas l'existence de ces lois. C'est l'homme qui, en définitive, a la responsabilité d'observer les commandements de Dieu, et il jouira du mérite de leur avoir obéi, ou au contraire sera puni pour s'en être abstenu délibérément. La clé est d'observer les commandements parce que D.ieu les a ordonnés, et c'est là que réside notre récompense. Par exemple, on peut choisir de ne pas commettre d'homicide parce qu'on sent que c'est, du point de vue éthique, la bonne chose à faire. Cela ne procurera aucun mérite, car on se sera institué comme le juge suprême, appréciant selon sa propre fantaisie si un acte donné est éthiquement correct ou mauvais. Cela revient à nier Dieu, et à Le remplacer, à Dieu ne plaise ! par sa propre idole : soi-même. Cela, bien sûr, est interdit. Nous devons choisir de faire ce que D.ieu veut. Cela comporte un enseignement : plus grand est celui qui fait quelque chose parce qu'on le lui a ordonné que celui qui le fait sans qu'on le lui ait ordonné .  Faire ce que Dieu ordonne est la seule chose qui importe.

LES SEPT LOIS NOA'HIDES

Après que le non-Juif a reconnu l'unité de Dieu, et a admis que l'observance du mitsvoth est ce qui unit l'humanité, il comprendra comment il peut s'unir à Dieu et obtenir une part dans le monde à venir. " Quand une personne devient séparée de péché et accepte sur elle le joug du Ciel, alors cette personne devient Mienne. "

L'idolâtrie

L'essence des " Sept lois des enfants de Noé " est l'interdiction de l'idolâtrie. En adorant une autre divinité que le Créateur on nie l'essence de la religion. Il nous est interdit de servir ou d'adorer toute créature, être humain, ange, plante, étoile, ni les quatre éléments fondamentaux (terre, eau, feu, et air), ni rien de ce qui en émane. Pour observer l'interdiction de l'idolâtrie, on doit devenir conscient de l'unité de Dieu.

Le blasphème

Le blasphème consiste à maudire le Créateur ou à utiliser Son Nom pour maudire quelque chose de Sa Création. Nous ne devons pas faire mauvais usage de la faculté de nous exprimer et de communiquer que Dieu a créée en nous. Le blasphème est l'expression d'une foi incomplète en Dieu, ou une croyance incomplète en Son unité absolue. Il y a blasphème, par exemple, lorsque l'on enseigne qu'il y a deux pouvoirs et deux royaumes : ceux de Dieu et ceux de Satan, ou dans toute théologie analogue qui nie que Dieu seul est le Seigneur et le Maître de tout.

L'homicide : Si cependant on est poursuivi, ou si l'on voit quelqu'un en danger de mort, il est permis de se mesurer au poursuivant.

Il nous est interdit de commettre un homicide. Il nous est interdit de tuer un être humain, même un fœtus dans la matrice de sa mère (sauf dans le cas extrême où il s'agit de sauver la vie de la mère). Même si l'on est réduit à l'extrémité de devoir " tuer ou être tué ", quelles qu'en soient les conséquences, il ne nous est pas permis de commettre un meurtre. Cela signifie que si on nous dit de tuer quelqu'un, ou sinon c'est nous-même qui serons tué (ou aurons un proche blessé ou tué), il ne nous est pas permis de tuer. Si cependant on est poursuivi, ou si l'on voit quelqu'un en danger de mort, il est permis de se mesurer au poursuivant. Cependant, on doit rester très attentif, même dans ce cas, à ne pas commettre d'homicide. L'abrègement par pitié d'une maladie douloureuse (euthanasie) et le suicide sont considérés comme des meurtres, et sont donc interdits. La peine capitale - quand elle est appliquée selon la loi de la Torah - est commandée par D.ieu, et n'est pas considérée comme un meurtre.

Les relations sexuelles illicites

L'inconduite sexuelle est interdite ; Dieu a enjoint à l'humanité d'avoir des rapports et un comportement sexuels corrects. A l'intérieur de la Création, il n'existe aucune règle qui permette à un individu de rompre les lois sexuelles à cause de sa " véritable propre nature ". Le Rabbin Yirmeyahu Bindman, auteur des " Sept couleurs de l'arc-en-ciel ", observe : " Il n'y a ni plus ni moins dans un adultère ou dans l'homosexualité que dans un vol. " Si l'on veut vraiment agir selon la volonté de Dieu, on doit être capable de résister à la tentation d'un comportement aberrant. Les lois spécifiques sur l'inceste, l'adultère, l'homosexualité et la bestialité sont très claires, et elles peuvent être étudiées ailleurs.

Le vol

Il nous est interdit de voler de l'argent, ou tout objet - qu'il soit animé, comme dans le cas du viol ou de la séduction d'une femme, ou inanimé, comme les objets physiques, ou même le temps de son employeur - ou de causer un préjudice physique ou psychologique, ou de ravir une personne. L'interdiction du vol est peut-être, en fait, celle des sept lois noa'hides à laquelle il est le plus difficile d'obéir, car les occasions de commettre un vol se présentent presque en permanence.

Le membre d'une créature vivante : toutes les interdictions alimentaires dans la Torah ont une signification mystique profonde.

Cette interdiction est la dernière à avoir été donnée à l'humanité. Elle n'a rien à voir avec l'hygiène ou la santé corporelle. Elle concerne la constitution spirituelle, parce que la consommation de viande vivante est à l'origine de la cruauté et de l'égoïsme. Manger la moindre parcelle de viande vivante, c'est-à-dire de la viande arrachée à un animal vivant, qu'elle soit cuite ou crue, contrevient à l'interdiction. Cette interdiction n'a pas pour but de promouvoir des pratiques végétariennes. Avant le Déluge, toutes les viandes étaient interdites comme nourritures. Après le Déluge, Dieu a dit à Noé que la viande lui était désormais permise sous la seule réserve de l'obéissance à cette prescription. Toutes les interdictions alimentaires dans la Torah ont une signification mystique profonde, et l'interdiction de manger de la chair arrachée à un animal vivant est explicite, comme il est écrit dans Genèse 9, 3-4 : " Tout ce qui se meut et qui est vivant, vous sera pour nourriture. Comme l'herbe qui verdoie, je vous donne tout. Toutefois aucune chair avec sa vie, son sang vous ne mangerez. "

Etablissement d'institutions chargées de rendre la justice

Les hommes ont l'obligation d'établir des tribunaux, chargés de faire observer les " Sept lois des enfants de Noé ". Il est inutile de les appeler des " lois " s'il n'y a pas de juges pour les faire appliquer si nécessaire. Cependant, il est très difficile, voire impossible, d'observer ce commandement dans les Etats qui, en garantissant la " liberté de religion ", donnent droit de cité aux pratiques idolâtres. Il n'est pas possible, en effet, dans ces pays, d'instituer des juridictions chargées de punir l'ensemble des sept lois noa'hides.

 source : http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=554

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- 3 500 : Les aventuriers de l'Arche de Noé (1)

2 Décembre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Cher(e)s Ami(e)s et abonné(e)s des chroniques de la Plume et du Rouleau,
Nous revoici réunis pour de nouvelles aventures et digressions historico-épistolaires !

II s’agira aujourd’hui d’évoquer une quête presqu’aussi vieille que le monde (évidemment !) A pied, à dos d’âne, en avion et même à coups de satellites : ils furent nombreux ceux qui voulurent laisser leur nom dans l’histoire de l’humanité en découvrant ce dont on parle, sur tous les continents, dans toutes les langues et dans quasiment toutes les religions sous une forme ou sous une autre, depuis près de trois mille ans et qu’un texte mille fois lu et relu situe dans une région bien précise sans que nul, pourtant, n’ait jamais réussi à le localiser : l’arche de Noé !

« Rien n’aura plus fouetté la curiosité des explorateurs que l’Arche de Noé » nous dit le journaliste Philippe Testard-Vaillant de « Science et Vie » (2006). De fait, le nombre des explorateurs, partis sur les traces de ce mythique vaisseau et sur la foi (c’est le cas de le dire) des travaux énormes produits au cours des trente derniers siècles par des bataillons entiers de théologiens issus des trois religions monothéistes est impressionnant.

Afin de faire aboutir notre modeste quête de compréhension et de connaissance :

Nous rappellerons les FAITS (le récit du Déluge…)

Nous verrons ensuite COMMENT les évolutions politiques intervenues sur plus de 2 000 ans ont modifié la façondont les contemporains successifs ont appréhendé le récit biblique.

Nous découvrirons QUI est parti à sa recherche des témoignages matériels de ce récit.

Nous verrons enfin avec QUELS succès (passés et futurs)…

Bienvenue à bord de cette chronique qui mêlera histoire, exégèse biblique et alpinisme !

Reportons-nous d’abord aux Saintes Ecritures et plus précisément à ce que les Chrétiens nomment l’« Ancien Testament » (par opposition au « Nouveau Testament», lequel rassemble ce qui a trait à l’enseignement de Jésus). Le nom général de ce recueil de textes est plus connu sous son nom le plus simple : la « Bible ». Ce mot de « bible » est issu du grec « biblion » (livre), lequel dérive lui-même d’un terme grec plus ancien : « byblos » (papyrus).

Rappelons que la Bible est divisée en trois parties :

la « Torah » : cette partie regroupe en fait 5 livres (la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome)

les « Prophètes » (deux séries de textes qui traitent de divers personnages, lesquels sont divisés entre prophètes « antérieurs » et « postérieurs »)

les « écrits » (un ensemble hétérogène qui regroupe des textes liturgiques, narratifs, poétiques ou sapientiaux : c’est-à-dire qui « apportent de la sagesse »…)

La partie qui nous intéresse présentement est celle des chapitres 6 à 9 de la Genèse. Dans la Genèse, certainement l’ouvrage le plus connu de l’ensemble de ceux qui composent la Bible, il est raconté la création du monde par Dieu (en sept jours), la création de l’Homme (Adam) puis de la Femme (Eve, à partir de la côte du premier), de la désobéissance de ceux-ci à Ses commandements, de leur exclusion du Paradis originel et des multiples péripéties leur descendance... Car c’est là, en fait (et donc, hélas, quasiment dès le départ !) que les ennuis commencent…

Car au bout de quelque temps, Dieu observe que ses créatures, et notamment les hommes se comportent très mal : impiété, violence, perversité règnent sur la Terre. Alors le Seigneur, excédé, prend une décision radicale. Mais avant d’agir, il s’en ouvre à Noé, un vieil homme (de 600 ans !) qu’il considère, (contrairement au reste de la racaille) comme « juste et intègre ».

On retiendra ici les meilleurs passages (sélectionnés par les Chroniques de la Plume et du Rouleau). 

EN VERITE, JE VOUS LE DIS : LISONS LA BIBLE, MES BIEN CHERS FRERES… 

« Dieu dit à Noé : « La fin de toute chair est arrivée, je l’ai décidé car la terre est pleine de violences à cause des hommes et je vais les faire disparaître de la terre. Fais-toi une arche en bois résineux (…) Pour moi, je vais amener le déluge (…) Tout ce qui est sur la terre doit périr. » Dieu précise cependant que Noé et sa femme, leurs trois fils et leurs épouses devront monter dans l’arche et y faire entrer un couple de chaque espèce « pour les garder en vie ». Comme Dieu a des idées très précises, il indique même les dimensions de l’immense canot de sauvetage de Noé : « 300 coudées pour la longueur, 50 coudées pour sa largeur, 30 coudées pour sa hauteur ». (Genèse chap. 6)

Le dessein de Dieu est clair (pour une fois !) : il s’agit d’exterminer l’espèce humaine (sauf Noé et sa famille) mais de conserver l’espèce animale à travers un couple de chaque famille d’animaux. « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien » pourrait donc dire le Seigneur qui, de façon brutale, a décidé de remettre les compteurs à zéro.

Alors, « en l’an 600 de la vie de Noé, le 2nd mois, le 17ème jour du mois [c’est précis !] (…) les écluses du ciel s’ouvrirent (…) Il y eut le déluge pendant 40 jours et 40 nuits. (…) Les eaux montèrent sur 15 coudées et recouvrir jusqu’au sommet des montagnes (…) Ainsi disparurent tous les êtres qui étaient à la surface du sol. (…) La crue des eaux sur la terre durant 150 jours. » (Genèse chap. 7)

Mais ce n’était pas fini.

« Au 7ème mois, au 17ème jour du mois, l’arche s’arrêta sur les monts d’Ararat ». Noé décide d’abord de lâcher un corbeau puis une colombe. Celle-ci revient avec une branche d’olivier dans le bec : elle a trouvé un arbre, signe que les eaux ont commencé à refluer. Puis il la relâche de nouveau quelque temps après. Elle ne revient pas : signe qu’elle a trouvé un endroit pour se poser. La colère de Dieu a pris fin (ouf !)

Certes, il faut encore que Noé patiente trois mois avant que les eaux ne baissent suffisamment et que le sommet des montagnes puisse apparaître. C’est seulement au terme de cette attente que Noé et tous ses passagers peuvent sortir (« Toutes les bêtes sortirent de l’arche, une espèce après l’autre » Genèse chap. 8)» Quoiqu’il en soit, le drame s’achève.

Une ère nouvelle s’ouvre pour l’humanité, à travers le devenir des premiers descendants de Noé. Rappelons en effet (pour situer encore mieux les choses) que Noé avait 3 fils. De l’un d’eux, nommé Sem, descendra le célèbre Abraham. Or Abraham, à son tour, aura deux fils.

Le fils aîné sera adultérin (avec sa servante Agar) : nommé Ismaël, il partira vers les terres actuelles d’Arabie. Il fondera une tribu qui s’installera à la Mecque et dont sera issu, bien plus tard, un nommé… Mahomet. Les musulmans se rattachent donc au peuple élu originel (même si c’est par un lien extraconjugal !…)

Le fils cadet sera légitime (avec son épouse Sarah) : il s’appellera Isaac et les tribulations du peuple d’Israël se poursuivront avec lui.

Les évangiles du « Nouveau Testament » (Matthieu, I, 1-17 ; Luc, III, 23-38), feront pour leur part également remonter l’ascendance du prophète Jésus à Abraham et son fils Isaac via une généalogie dont nous parlerons plus tard. Six siècles après, l’Islam, incorporant tout cela à son tour, présentera Mahomet comme le prophète ultime, le porteur d’un message désormais abouti : un message délivré il y a près de 3 000 ans sur la rive est de la Méditerranée…

La Bible apparaît donc bien (et nul le conteste) comme le livre fondateur de trois religions : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Et l’épisode de l’arche de Noé reste, parmi tous les passages de la Bible, celui qui reste probablement le plus connu. Alors revenons à l’arche de Noé, désormais inutile, échouée quelque part et désormais abandonnée de ses passagers… Echouée, mais où ? Nul ne le sait vraiment. Et, à vrai dire, au départ, nul ne s’en soucie encore.

En revanche, l’épisode spectaculaire du Déluge lui-même donne lieu à de nombreux commentaires. Rappelons que, durant, mille ans, la seule religion monothéiste du bassin méditerranéen est le judaïsme. C’est donc aux premiers rabbins que revient le redoutable honneur de commenter et d’expliciter le sens de la catastrophe diluvienne à travers des textes rabbiniques que l’on appelle des « midrash ».

LE JUDAÏSME EST A L’ORIGINE DES PREMIERS COMMENTAIRES SUR L’EPISODE DU DELUGE 

Au plan de la datation, les exégètes juifs calculent, à rebours, le nombre des générations supposées entre David et Moïse pour arriver à une « fourchette ». Ramenée à l’aune du calendrier chrétien (pour que tout le monde comprennent), le Déluge aurait eu lieu entre 3 402 av. JC et 2 462 av. JC. La création du monde, elle, aurait eu lieu en 3 761 av. JC.

Mais les rabbins vont aussi embellir l’histoire de Noé en y ajoutant des précisions souvent fort pittoresques. Citons-en quelques exemples.

Certains « midrash » précisent donc que Noé avait prévenu ses contemporains, devenant ainsi le premier prophète de la parole divine. Noé n’étant guère prophète en son pays (comme d’habitude), des malfaisants avaient tenté de s’en prendre à lui. Dieu, alors, l’avait protégé en plaçant des lions à l’entrée de l’arche !

Nous savons que, dans la religion juive (comme dans l’Islam, plus tard), le caractère « pur » ou « impur » des aliments et des êtres tient une grande place. Mais comment Noé, s’il voulait être « judaïquement correct », pouvait-il distinguer les animaux « purs » des « impurs » ? Des « midrash » y répondent en racontant que Dieu pourvut à ce que seuls les animaux « purs » s’agenouillent devant Noé lors de leur arrivée au bateau…

D’autres « midrash », eux, s’intéressèrent à des détails plus prosaïques en précisant comment les animaux s’abstinrent de toute procréation durant la « traversée » (afin qu’il y ait le même nombre d’animaux à l’entrée et à la sortie du navire !). Ils évoquèrent également la gestion des déchets (stockés selon certains dans le pont inférieur et selon d’autres sur le pont supérieur) avant d’être balancés par-dessus bord.

Et la lumière ? Comment y en avait-il dans les cales de ce navire où il devait faire aussi sombre que dans un four sénégalais ? Des « midrash » nous apportent la réponse : elle provenait de pierres précieuses, qui brillaient comme en plein jour…

Le christianisme, religion qui naît alors que l’Empire romain est à son apogée, entend à son tour s’approprier l’héritage direct du judaïsme en y apportant un « plus » (de taille) : le prophète tant attendu par les Juifs et que ceux-ci n’ont pas su reconnaître sur le moment. Jésus, quoi.

D’ailleurs, nous précise Luc dans son évangile (Luc 3, 23 -38) « Jésus était fils de Joseph, lui-même fils d'Héli, lui-même fils de Matthat, lui-même fils de Lévi, lui-même fils de Melchi, lui-même fils de Jannaï, lui-même fils de Joseph, lui-même fils de Mattathias, lui-même fils d'Amos, lui-même fils de Naoum, lui-même fils d'Esli, lui-même fils de Naggaï, lui-même fils de Maath, lui-même fils de Mattathias, lui-même fils de Sémeîn, lui-même fils de Joseph, lui-même fils de Joda, lui-même fils de Joanam, lui-même fils de Résa, lui-même fils de Zorobabel, lui-même fils de Salathiel, lui-même fils de Néri, lui-même fils de Melchi, lui-même fils d'Addi, lui-même fils de Kosam, lui-même fils d'Elmadam, lui-même fils d'Er, lui-même fils de Jésus, lui-même fils d'Eliézer, lui-même fils de Jorim, lui-même fils de Maththat, lui-même fils de Lévi, lui-même fils de Siméon, lui-même fils de Juda, lui-même fils de Joseph, lui-même fils de Jonam, lui-même fils d'Eliakim, lui-même fils de Méléa, lui-même fils de Menna, lui-même fils de Mattatha, lui-même fils de Nathan, lui-même fils de David, lui-même fils de Jessé, lui-même fils de Jobed, lui-même fils de Booz, lui-même fils de Sala, lui-même fils de Naasson, lui-même fils d'Aminadab, lui-même fils d'Admîn, lui-même fils d'Arni, lui-même fils de Hesron, lui-même fils de Pharès, lui-même fils de Juda, lui-même fils de Jacob, lui-même fils d'Isaac, lui-même fils d'Abraham. » Ouf.

Or, on se rappelle qu’Abraham descendait lui-même de Noé. On comprend donc pourquoi les théologiens des premiers temps du christianisme voulurent, eux aussi, apporter leur pierre édificatrice au récit du Déluge… 

LE CHRISTIANISME REPREND A SON COMPTE L’HERITAGE BIBLIQUE 

Or, malgré sa simplicité (biblique !) apparente, l’histoire de Noé peut donner lieu à de nombreuses questions de compréhension de la part du fidèle de base… Ces questions ne vont pas manquer et les premiers théologiens vont s’embarquer (c’est le cas de le dire) dans des commentaires de plus en plus élaborés… Prenons l’exemple d’Origène (182 – 251 ap. JC), un des « Pères de l’Eglise » qui se trouve aux prises avec un contradicteur qui émet des doutes sur le fait qu’un bateau ait pu contenir toutes les espèces animales.

Origène (l’un des premiers « cadres ecclésiastiques » et qui officie à une époque où le christianisme est encore persécuté par le pouvoir romain, se lance dans un argumentaire extrêmement technique sur les dimensions de l’arche de Noé et sur la question des « coudées ». Vous vous rappelez que Dieu ordonna à Noé de construire une arche de « 300 coudées » en longueur, « 50 coudées » en largeur et « 30 coudées » en hauteur. Mais c’est quoi, une « coudée biblique » ? Origène ne l’ignore pas, la « coudée » antique est loin d’être une mesure fixe. A son époque (1er siècle ap. JC), la « coudée de Jérusalem » est de 52,3 cm. Mais la « coudée assyrienne » (700 av. JC) était de 54,9 cm tandis que la « coudée babylonienne » (1 500 ans av. JC) était de 53 cm… Origène, se référant à la tradition selon laquelle la Genèse aurait été rédigée par Moïse lui-même (dont nous savons, grâce aux Dix Commandements hollywoodiens de Charlton Heston qu’il était né en Egypte avant d’en faire sortir son peuple) conclut donc logiquement que la « coudée » dont parle Bible est la coudée… égyptienne (2 650 av. JC) : 52,4 cm !

Ce qui donne donc à l’arche de Noé une longueur de 157,2 mètres, une largeur de 26,2 mètres et une hauteur de 15,7 mètres.Mais Origène n’en reste pas là. Développant sa réponse, il affirme alors, au terme d’une savante étude que l’arche de Noé était un bateau au centre duquel était placée une… pyramide rectangulaire (et tronquée) et dont le somment faisait lui-même une coudée de large. Ce niveau de précision laisse pantois.

Plus généralement, les penseurs chrétiens insistent sur le caractère allégorique et symbolique du récit biblique. Jérôme de Stridon (« saint Jérôme », 347 - 420), exégète biblique très pointu et également « Père de l’Eglise », introduit l’opposition entre l’infâme corbeau (qui ne revient pas auprès de Noé car il a trouvé une charogne) et la blanche colombe (qui revient à Noé avec une branche d’olivier pour lui montrer qu’elle a rempli sa mission). Avec Jérôme, l’incarnation du Saint-Esprit dans la colombe fait son entrée dans la pensée chrétienne. Le symbole de paix qui est le sien aujourd’hui en dérive.

Augustin d’Hippone (Saint Augustin, 354 – 430), contemporain de saint Jérôme, affirme que l’arche avait des proportions idéales pour la navigation (forcément, on n’imagine pas Dieu indiquant à Noé une cote mal taillée…). Par construction, l’arche rassemblant le peuple de Dieu. Pour Saint Augustin, on pouvait la rapprocher de la figure même du Christ et donc, bien sûr, de l’Eglise…

Incidemment et d’une façon générale, en dépit de tous ces commentaires, les lecteurs de la Bible (ils sont peu nombreux à l’époque) butent sur des problèmes de traduction de l’hébreu autant que sur la question de l’existence (hypothétique) d’un texte originel. Prenons-en un exemple. L’hébreu parle, pour qualifier le matériau employé par Noé, de bois « gofer » : du bois résineux mais ce mot hébreu est-il issu de l’assyrien « giparu » (roseau) ou du babylonien « gushure » « cèdre) ? On en débat. Et encore aujourd’hui !

DES LE IVEME SIECLE, LES PREMIERS AVENTURIERS SE LANCENT A LA RECHERCHE DE L’ARCHE DE NOE

Mais foin des spéculations intellectuelles : les fidèles veulent du concret ? Les théologiens entendent leur en donner : dès le IIIème siècle après JC, on décide de partir à la recherche de l’arche de Noé ! La Bible évoque « les montagnes d’Ararat » au pluriel. Alors on part, direction : le Mont Ararat, situé à l’est de l’actuelle Turquie (1 000 kms d’Ankara) et aux confins de l’Arménie (40 kms d’Erevan). Mais le mont est redoutable : ce n’est pas une montagne, c’est un volcan au sommet recouvert de glaces, balayé par les vents et qui culmine à 5 145 mètres d’altitude. Il peut se réveiller à tout instant et il règne au sommet un froid intense : - 35 degrés ! De son pied (la plaine d’Erevan) à son sommet, l’Ararat se place même au premier rang de toutes les montagnes du monde avec plus de 4 000 mètres de dénivelés. Personne n’a jamais gravi ce monolithe dont le gigantisme écrase les pauvres mortels qui le contemplent… Sans doute un site aussi impressionnant ne peut-il être que celui qui garde en ses flancs les vestiges de la première colère de Dieu…

Le premier aventurier de l’arche de Noé est le patriarche de Nisbis, en 330 ap. JC. Il tente courageusement l’ascension. Mais, hélas, sa foi ne suffit pas à soulever la montagne et ce pionnier de la randonnée biblico-pédestre doit, au bout d’un certain temps, rebrousser chemin. Ses fidèles ont de quoi être déçus ? Pas du tout, répond le patriarche ! Car celui-ci affirme que, pour prix de sa peine, sur son trajet, un ange lui est apparu et lui a donné un morceau de bois de la vraie arche. L’honneur est donc sauf pour ce randonneur qui ne revient pas bredouille : son trophée est, depuis lors, conservé et affiché en relique à Etchmiadzine (à 20 kms d’Erevan, actuelle Arménie), siège de l’Eglise arménienne apostolique.

Un siècle plus tard, l’un des premiers chroniqueurs de culture arménienne, Faust de Byzance (Vème siècle) affirme lui aussi que « Ararat » désigne l’antique royaume d’Urartu, fondé 1 000 ans av. JC dans l’actuel Turquie orientale et qui englobait une partie de la région arménienne, dont le fameux Mont Ararat. Dès le Vème siècle, l’idée selon laquelle l’Arche de Noé s’est échouée sur les flancs de cette montagne invaincue s’enracine donc définitivement.

Cette certitude va certes exciter les imaginations. Mais, compte tenu des difficultés de l’entreprise, le Mont Ararat ne va plus susciter de vocations ni encourager d’ardeurs durant un assez long temps. De nombreux siècles s’écoulent alors sans que nul chrétien ni juif ne tente désormais de retrouver l’arche de Noé. Même Marco Polo (1254 – 1324), un aventurier pourtant audacieux, renoncera lui aussi à l’ascension lorsqu’il traversera la Turquie en direction de l’orient, nous dit la chronique de ses voyages (publiée en 1298). Qu’importe ! Entre-temps, l’avènement de l’Islam (à partir du VIIème siècle ap. JC.) aura enraciné un peu plus l’épisode diluvien dans le fonds culturel monothéiste du bassin méditerranéen. 

L’ISLAM INTEGRE L’EPISODE DE L’ARCHE DANS SON CORPUS DOCTRINAL 

Cette tentative de récupération ne va échapper à personne. Le Coran considère Noé (« Nuh ») en arabe comme l’un des cinq prophètes de l’Islam (« Islam » = soumission, à Dieu, évidemment). Ses aventures sont l’illustration d’une morale simple : malheur à qui refuse d’écouter la Parole du Tout Puissant. Les versets 27 à 51 de la sourate 11 l’évoquent ainsi que la sourate 29 qui décrit le bateau de façon plus précise que la Bible : une « safina » (un bateau ordinaire) ou encore (sourate 54) un « objet de planches et de clous ». Mais le récit islamique, surtout, diffère des précédents en précisant (selon le maître Al Masudi, mort en 956) que l’arche a entamé son voyage depuis la ville de Koufa (actuel Irak), et a navigué… jusqu’à la Mecque où elle a fait le tour de la « Kaaba ».

Or, que fait un musulman autour de la Kaaba ? Il tourne. La Kaaba, précisons-le, est un des lieux sacrés de l’Islam. Les musulmans y vénèrent une pierre (aujourd’hui enchâssée dans un cercle d’argent) donnée à Adam par l’ange Gabriel à l’endroit où le premier homme de la Création avait voulu bâtir un temple à la gloire de Dieu. Blanche à l’origine (couleur de la pureté), elle a progressivement noirci au fil des péchés dont les millions de musulmans se sont déchargés, en la touchant, lors du pèlerinage qu’ils doivent impérativement effectuer dans cette ville sainte une fois dans leur vie.

Après cela, l’arche s’est arrêtée sur le Mont Joudi, une colline située… près de la ville de Mossoul, dans l’actuel Irak. Al Masudi précise joliment que, à la fin du Déluge, Allah ordonna à la terre d’absorber l’eau. Mais certains territoires n’exécutèrent pas immédiatement les instructions. Rapidement sanctionnés par le Seigneur, ils devinrent dès lors secs et arides : paf !

Vers l’an 1000 (ap. JC) donc, l’arche de Noé est bien considérée comme une réalité par les trois religions monothéistes, quoiqu’elles ne s’accordent pas entre elles sur la localisation de son échouage. Mais, pour l’heure, que ce soit sur les Monts Ararat ou Joudi, nul ne se préoccupe plus de chercher l’Arche. L’essentiel n’est pas dans le matériau mais dans la Parole, l’important n’est pas dans l’objet mais dans l’Idée. Le fidèle n’a pas à faire de l’archéologie : il se contente d’être un croyant. Point.

Le XIIème siècle est le tournant des représentations iconographiques chrétiennes. De même que c’est à cette époque que se fixe la représentation désormais traditionnelle de la crèche (avec le bœuf et l’âne) c’est à cette époque que la représentation de l’arche prend sa forme définitive : un bateau avec une boite rectangulaire et un toit en pente, selon l’image que nous avons tous désormais en tête...

Le XVIème siècle et la Renaissance vont accélérer le questionnement du récit biblique. Mais avec le XVème siècle, siècle des "Grandes Découvertes", les certitudfes vont commencer à vaciller;On sait désormais que la Terre est ronde. Des navigateurs explorent les côtes de l’Afrique (les Portugais atteignent la Guinée en 1460), d’autres rallient le contient américain (Christophe Colomb en 1492) ou atteignent l’Inde (Vasco de Gama contourne le cap de Bonne Espérance en 1498). Tout naturellement, les progrès techniques maritimes incitent à comparer les performances des navires existants avec les dimensions du bateau de Noé reportées dans la Bible.Avec 300 coudées (égyptiennes, pour simplifier) de long, rappelons en effet que l’Arche avoisine 157 mètres. Par comparaison, le Titanic fera 269 mètres en 1912 et le France 315 mètres en 1961. Pour l’heure, ces dimensions sont très au-delà des navires du XVème siècle tels que ceux de Christophe Colomb (30 mètres pour la caravelle). Les navigateurs se lancent alors dans des calculs complexes reposant sur des questions simples : Quel « tirant d’eau » pouvait avoir l’arche (= profondeur de coque immergée) ? Quelle hauteur de bordée (hauteur entre le niveau de l’eau et le bastingage) ? Y avait-il une quille pour assurer sa stabilité ? Quel volume était celui de l’Arche et quel était son poids, une fois chargée ? Comment un tel bâtiment a-t-il pu être manœuvré par huit personnes seulement, dont quatre femmes ? De questions en questions, les réflexions s’affinent sans jamais trouver dans les textes sacrés de réponse satisfaisante : comment Noé a-t-il fait pour rassembler un couple de chaque « espèce » ? N’a-t-il pas plutôt rassemblé un couple de chaque « genre » (félin, canidé, etc…) ? Comment les besoins nutritifs des animaux ont-ils été assurés ? Comment a-t-on empêché les prédateurs de dévorer les autres espèces ? Comment a-t-on contrôlé la température, la ventilation à l’intérieur du navire ? Comment les poissons d’eau de mer ont-ils survécu alors que la Terre était recouverte d’eau de pluie (donc douce) ?Certes, l’on peut toujours objecter que Dieu est grand et pourvoie à tout : nul acte, qui nous apparaitrait à nous, pauvres mortels, « surnaturel » ne lui est impossible, à Lui. Mais, pour des marins aguerris, la navigabilité d’un bateau ne peut reposer sur la simple foi…Il ne s’agit certes pas (encore) de contester les textes sacrés. De façon « chrétiennement correcte », on cherche à concilier le récit biblique avec les techniques existantes et les observations naturalistes. La lecture de la Bible reste encore « littérale » : le récit est pris au « pied de la lettre ». Mais les questions ne s’accumulent pas moins au fil des nouvelles connaissances.Le développement du naturalisme et de la botanique suscite des interrogations qui contribuent en même temps au développement de la biogéographie : si les hommes se sont dispersés en compagnie des animaux à la fin du Déluge, pourquoi ceux-ci ne se sont-ils pas répartis de façon homogène sur tous les territoires ? Plus prosaïquement, la découverte d’espèces de plus en plus nombreuses, sur tous les continents qui sont désormais explorés, pose un problème de contenance de l’arche...A partir des années 1650, plus aucun scientifique ne soutient sérieusement qu’un bateau de 157 mètres de long ait pu un jour contenir toutes les espèces de la Terre. « C’est de cette époque (le XVIIème siècle ndlr), soutient le prêtre Jean-Robert Armogathe, aumônier de l’Ecole Normale Supérieure, que date l’éclatement entre la foi et la science ». Pour lui, « les mathématiques, avec Galilée, Descartes puis Newton, deviennent l’outil de référence des scientifiques. Or les mathématiques constituent un système autonome. La mathématisation du monde permet ainsi à la science de se détacher de la révélation biblique » (LHistoire, n° 328). Avec les Lumières et le XVIIIème siècle, on s’éloigne résolument d’une conception littérale de la Bible pour en privilégier progressivement une lecture symbolique.Dès lors, puisque les descriptions matérielles de l’Arche apparaissent sinon fantaisistes, du moins largement peu réalistes, on aurait pu imaginer que la réalité même de l’existence de l’arche, logiquement, fût mise en cause ? Il n’en fut rien. Au contraire ! Le Mont Ararat fascine et attire moult aventuriers qui rêvent de se mesurer à lui. Et chacun y monte pour trouver l’arche, même si la réalité de son échouage là-haut paraît maintenant largement discutable. Il n’y a plus désormais aucune rationalité : il y a seulement le mythe, le rêve et l’on sait combien ceux-ci sont un puissant moteur de l’âme humaine.

Source : http://laplumeetlerouleau.over-blog.com/article-16376821.html

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Les 7 lois noahides

2 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Les 7 lois noahides

ne pas manger de viande qui a été sectionnée d’un animal encore vivant
- ne pas blasphémer
- ne pas voler
- installer des tribunaux
- ne pas transgresser d’interdictions sexuelles
- ne pas faire d’idolâtrie
- ne pas assassiner

source : http://www.leava.fr/questions-reponses.php?aff=2&id=130

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