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Hauts Grades

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Egrégore et religion

1 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Si quelques personnes se réunissent en un endroit en émettant des vibrations fortes et identiques, par des pensées de même nature, un être véritable prendra vie et sera animé d'une force bonne ou mauvaise, d'après le genre des pensées émises. D'abord faible et incapable d'activité, prêt à se dissoudre s'il est abandonné, cet être collectif se précise à mesure que les réunions augmentent, sa forme devient de plus en plus nette et il acquiert une possibilité d'action de plus en plus grande.

Comme les ectoplasmes, l'égrégore est un être dénué de corps (il arrive cependant qu'un médium particulièrement doué arrive à le matérialiser) , qui est enfanté par la volonté commune d'un groupe. Et plus grand sera le nombre de personnes qui communieront dans cette pensée commune, plus forte sera l'efficacité de cette entité psychique, qui pourra même aller jusqu'à provoquer ce que l'on considèrera comme des miracles.
Toutes les religions, sans exception, sont des égrégores. Pour prendre un exemple, la religion catholique est un égrégore que le Christ et ses douze apôtres constituèrent. Jésus leur donna même clairement le mode d'emploi il leur conseilla de se réunir entre eux, même lorsqu'il aurait disparu, pour, dit-il, accomplir des gestes (la Cène) en mémoire de lui, et prier.
Ces actes rituels, ces pensées communes, vont nourrir l'égrégore qui, comme tout ce qui est vivant, naît, vit et meurt, et a besoin durant son cursus de s'alimenter pour survivre et croître. Mais ce que mange l'égrégore, ce dont il se repaît, ce ne sont pas des substances matérielles. C'est un être psychique qui vampirise la foi de ses fidèles.
S'il advient que ceux ci deviennent moins nombreux, l'égrégore faiblit, car il a moins d'"aliments" à se mettre sous la dent. S'il n'a plus de quoi se substanter, il finit par disparaître.
Plus l'égrégore est puissant, plus il est actif, plus il est en mesure d'exaucer les voeux de ses fidèles, et donc plus il attire à lui de nouveaux adeptes. A l'inverse, moins il se trouve de gens pour croire en lui, plus il s'affaiblit, moins il est efficient, et donc de plus en plus de fidèles se détournent de lui.
La vie de l'égrégore est théoriquement illimitée; en fait, il est comme le souvenir; il n'a d'existence réelle que lorsqu'il existe encore quelqu'un pour y penser.
L'égrégore explique l'efficience de la superstition théoriquement, ces rites altérés, détournés de leur sens premier, employés le plus souvent par des êtres frustres qui croient au pouvoir des formules incantatoires, ne devraient pas marcher mais c'est oublier que ceux qui s'adonnent aux pratiques superstitieuses ont la foi en ce qu'ils font et c'est cette foi, et rien d'autre, qui va constituer l'entité psychique qui donnera les résultats escomptés.
Il est d'ailleurs à remarquer que les égrégores nés de la superstition sont le plus souvent négatifs: égrégores de haine, de domination etc. C'est simple à comprendre: il faut neuf mois pour fabriquer un être humain, un coup de couteau le détruit en un instant; il faut dépenser une patience d'ange pour construire un château de cartes, d'une pichnette, il s'écroule.
Bref dans la vie, tout ce qui concourt à la destruction les physiciens appellent cela l'entropie est plus rapide et plus intense que ce qui concourt à l'édification de systèmes complexes les physiciens appellent cela la néguentropie et la vie, le bonheur, l'amour sont des systèmes complexes à édifier sur cette terre. Accoucher d'un égrégore malfaisant ne demande nulle connaissance spéciale, et pas beaucoup d'effort. Il suffit de haïr fortement, c'est tout, et la haine, hélas est un des sentiments les plus courants dans ce monde.
Mais même dans les hautes sphères de la magie cérémonielle, l'égrégore se révèle indispensable. Je t'ai expliqué il y a quelques temps les raisons physiques pour lesquelles un cercle peut récupérer l'énergie dépensée au cours d'une opération. Cette faculté naturelle de la forme circulaire se trouve être renforcée par la croyance de nombreux opérateurs.

J’espère que mes exposés te sont toujours aussi clairs, et aussi brillants. Ils s'articulent avec une parfaite logique, au contraire des livres que tu as lus jusque là sur l'"occultisme", qui sont un fatras incompréhensibles de présupposés et de superstitions.
Au cours de millions d'années, notre organisme s'est adapté à notre environnement; il a tout aussi bien su en tirer parti que se défendre contre ses attaques. D'ailleurs, le simple fait que telle ou telle espèce existe actuellement sur cette terre est la preuve qu'elles ont su s'adapter et résister, sinon elles ne seraient plus.
Les maladies peuvent avoir essentiellement trois causes : un dysfonctionnement interne de notre mécanisme d'origine congénitale; c'est très rare. On ne peut initier quelqu'un qui souffre d'une telle tare. Ca peut sembler injuste, mais c'est ainsi.
-elles peuvent être la résultante d'une dette karmique ; alors, elles disparaîtront, puisque l'un des degrés de l'initiation a justement pour fonction de régler cette dette
-mais dans 90 % des cas, les maladies ne sont rien d'autre que la manifestation physique d'une mauvaise hygiène de vie et / ou d'un psychisme perturbé; alors l'organisme se trouve affaibli : ses défenses naturelles ne sont plus aussi efficaces qu'auparavant et ne peuvent plus lutter contre l'ennemi, le microbe ou le virus. Ou bien l'information contenue dans les cellules se brouille, et l'on voit apparaître des cancers. Mais par les exercices physiques et psychiques qu'il pratique, tout candidat à l'initiation pratique une hygiène de vie et une rectitude mentale qui, dans un premier temps, réparent les dégâts du passé et, dans un second temps, l’assurent d'une santé à toute épreuve.
Bien entendu, l'initié n'échappe pas aux effets normaux de la sénescence et de l'usure du temps. Cependant, tous ceux que j'ai connus sont restés en parfaite forme physique et ont conservé une totale lucidité d'esprit jusqu'à leur dernier souffle.

Depuis le moment, reculé dans le lointain sans bornes, où notre mental s'est dégagé de la vie élémentaire, c'est à dire quand notre moi a commencé à s'entourer, à s'habiller, à se masquer de représentation, aucune expérience n'a disparu sans laisser de traces ni sans modifier le dynamisme du moi, le Karma. Et ceci a créé, lien permanent entre le moi et les personnalités successives, une autre personnalité, résultante de toutes les autres. Cette personnalité, qui n'est située d'ailleurs ni dans le même temps, ni dans le même espace que nos personnalités matérielles, est notre personnalité animique, notre âme, première gaine sur le vide du moi. C'est dans la personnalité animique qu'il faut rechercher la racine de certains sentiments de notre vie matérielle, comme l'amour, l'émotion esthétique.
Les frontières entre les différents plans sont d'ailleurs assez mal délimitées. En d'autres termes, nos différents ordres de représentations se chevauchent et se pénètrent réciproquement. Ainsi par exemple, il est parfois assez difficile de dire où le plan infra astral finit et où le plan matériel commence. Dans la vie courante, beaucoup d'idées, d'émotions nous viennent d'autres plans que le plan physique. Nous les transformons alors par un mécanisme habituel à notre pensée, en sensations normales du plan dans lequel nous vivons.
Dans la vie courante quand nous reconnaissons qu'une ou plusieurs représentations sont la création de la pensée, nous disons que le sujet est auto suggestionné ou qu'il a été halluciné, l'hallucination n'étant qu'une autosuggestion inconsciente. Nous réunirons donc pour le moment sous le terme commun d'autosuggestions, l'autosuggestion proprement dite et l'hallucination.
Considérez comme un axiome fondamental de la doctrine secrète que toute représentation n'est qu'une auto-suggestion
Toute représentation tend à se transformer en acte qui, dans le cas de représentations purement intellectuelles, peut n'être qu'un acte de foi. Ce qui l'empêche de se transformer effectivement en acte, c'est la multitude des autres représentations.
Mais que l'une d'elles, ou en intensité propre, ou par la disparition ou l'effacement des autres, soit momentanément isolée, elle passe automatiquement à l'acte.
La volonté n'est autre chose qu'une représentation isolée. La puissance de réalisation d'une représentation est en raison directe de son degré d'isolement. (Tu souligneras ces deux dernières phrases). Deux méthodes permettent d'isoler une représentation.
La première, c'est de la renforcer, de façon qu'elle s'impose et relègue les autres au second plan, comme une plante vigoureuse étouffe et dépasse les plantes chétives qui l'entourent.
On obtient ce renforcement par la répétition. Ce procédé étant très connu, nous renverrons le lecteur, pour son étude, aux divers ouvrages traitant de l'autosuggestion, et particulièrement à la méthode du docteur Coué.
La deuxième méthode, particulière à l'occultisme, consiste à isoler une représentation par l'élimination des représentations concurrentes. Ce procédé se nomme la concentration. (Tu souligneras les deux dernières phrases) .Son résultat, c'est le monoidéïsme, c'est à dire l'état obtenu quand une représentation unique subsiste dans l'esprit.
Le monoidéïsme est le grand et unique instrument de la puissance occulte (Tu souligneras cette dernière phrase) .
Dans la vie courante, un homme dont on dit qu'il a une volonté forte n'est qu'un homme qui pratique inconsciemment et naturellement le monoidéisme.

Le monoidéisme étant l'instrument grâce auquel nous transformerons notre personnalité humaine et mortelle en personnalité immortelle, il en résulte qu'en somme nous ne ferons qu'étudier sa pratique et ses applications pendant tout le cours de l'entraînement psychique.
La concentration par laquelle s'obtient le monoidéisme, est favorisée bien au delà des possibilités humaines normales par les exercices respiratoires.
Elle l'est d'ailleurs, bien qu'à un degré moindre, par tout acte organique rendu conscient et, en particulier par toute réception ou émission de substance par l'organisme. Ajoutons que certaines drogues peuvent provoquer le monoidéisme limité à certains ordres particuliers de représentations.
Mais tout ceci est du domaine de la sorcellerie. Les exercices psychiques fondamentaux sont toujours joints aux exercices respiratoires et c'est la raison de l'importance que nous leur avons donnée.
Il serait vain de travailler à nous édifier une personnalité nouvelle si nous ne prenions pas préalablement le soin de désagréger les éléments qui constituent l'ancienne, c'est à dire cette personnalité humaine, matérielle et périssable, que nous voulons remplacer par une personnalité immortelle.
L'entraînement psychique débutera donc par une longue période de méditations, auxquelles nous nous livrerons pendant tous les instants où nos occupations nous en laisserons le loisir, qui commencera avec les premiers exercices respiratoires et qui se prolongera pendant tout le temps que l'étudiant mettra à s'y familiariser.
L'étudiant s'astreindra en outre chaque soir avant de s'endormir à un examen de conscience long et complet de son activité de la journée, examen de conscience sur lequel nous reviendrons plus loin.
Descartes, au début de son Discours de la Méthode, nous conseille de faire table rase de toutes nos connaissances, même celles que nous considérons comme les plus solidement acquises. L’étudiant devra faire de même, car ce sont ces connaissances acquises –ces représentations –qui constituent notre personnalité terrestre. Il ne faut pas qu’il les supprime, ce serait impossible, mais il faut qu’il les sépare de lui en brisant le lien qui les unit à son Mental. Ce lien, c’est la croyance à la réalité objective.
La croyance et la science j‘emploie ici le mot science dans le sens de substantif du verbe savoir, et non dans le sens courant – ne présentent entre elles aucune différence réelle.
Cela seul les distingue que nous disons croire à une chose quand elle se présente isolément sans fusionner avec le système général de nos représentations, et que cependant nous l’assimilons à notre personnalité, nous la faisons nôtre. Par contre, nous disons que nous savons une chose quand elle entre harmonieusement dans les systèmes de nos représentations acquises. La certitude n’est que l’assimilation d’une idée au système déjà constitué par l'ensemble de nos représentations.

Nous nous limitons à ce très sec exposé, les développements philosophiques qu'il comporterait s'écartant du cadre de cet exposé.
Mais il est quelqu'un qui bien mieux encore que Descartes nous a indiqué ce qu'il fallait faire et c'est Jésus: "Je vous le dis, en vérité, celui qui ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point."
Le petit enfant, c'est la table rase par excellence. Sa personnalité humaine est à faire, elle n'est point faite. Il n'a encore rien acquis, il a tout à acquérir.
C'est à ce point de départ qu'il faut revenir si nous voulons nous reconstruire une personnalité immortelle. Tel est le sens exact de la parole de Jésus
Avant de commencer votre journée, dites-vous, répétez-vous : je vais vivre aujourd'hui une fantasmagorie que ma pensée va se créer à elle-même. J'aurai des rêves qui ne diffèreront de ceux de mon sommeil qu'en ce qu'ils seront liés entre eux et reliés aux rêves d'hier et des jours précédents, et qu'ils rentrent dans le système cohérent de représentations que je n'ai cessé d'édifier depuis mon enfance.
Peu importe que vous en soyez ou non maintenant convaincu. Faites comme si vous l'étiez. La conviction, avec le temps, viendra d'elle-même, et quand vous l'aurez obtenue, vous aurez franchi l'étape la plus pénible du chemin direct.
Au cours de la journée, dès que vous avez un instant de libre, examinez toutes vos idées, les mieux ancrées, tant au point de vue intellectuel qu'au point de vue moral, à la lumière d'une critique impitoyable. Recherchez celles qui ont leur origine en vous mêmes et celles qui ont une origine étrangère, qu'elles viennent d'autres hommes ou de vos personnalités secondes. Triez celles qui proviennent uniquement de vous. Vous en trouverez bien peu.
Recherchez les causes de votre conviction dans un cas comme dans l'autre. Quand vous serez devenu maître dans cette analyse, vous trouverez invariablement à la base de toutes vos idées, votre seule et unique auto-suggestion personnelle.
Le soir venu, à la lumière de la même et impitoyable critique, faites votre examen de conscience. Repassez toute votre activité de la journée, analysant tout ce que vous avez fait, tout ce que vous avez cru apprendre, tout ce que vous avez senti et éprouvé, jusqu'à ce que vous sentiez que seule votre pensée a travaillé, que rien d'extérieur n'y a pénétré, et que vous n'avez fait qu'un rêve bien lié.
Je dois vous avertir que lorsque cet entraînement commencera à porter ses fruits, vous passerez une période pénible: vous vous sentirez effroyablement malheureux et désemparé, vous aurez l'impression que tout vous fuit et vous échappe, que vous sombrez dans un abîme sans fond. Nous verrons un peu plus loin comment on peut artificiellement se donner un appui nouveau pour franchir cette étape douloureuse et dangereuse.

Il faudra que vous procédiez dans le domaine affectif à une critique analogue. Cette partie de l'entraînement est particulièrement délicate. Une erreur commune, c'est de chercher à supprimer toute affectivité pour aboutir à l'indifférence totale. C'est paralyser le grand ressort qui seul peut nous entraîner vers l'Absolu. Il ne faut pas abolir nos facultés affectives, il faut les contrôler les diriger.

De même que l'intelligence se divise en catégories, au sens kantien, qui sont des formes vides, et en représentations, qui sont le contenu des premières, l'affectivité se divise en catégories ou formes vides qui sont les facultés d'aimer et de haïr, et le contenu de ces catégories qui sont les représentations objets de l'amour et de la haine. Ici, quelques données sommaires de métaphysique occulte sont nécessaires.
La haine et l'amour humains sont des formes de la répulsion et de l'attraction cosmiques. L'attraction réintègre ce que la répulsion a désintégré. On peut se représenter le cosmos comme un double cône spirale, avec un double courant de monades descendant du moi primordial vers l'écorce matérielle (tension superficielle à un moment donné de l'extension) , et remontant ensuite vers le moi primordial. Ce n'est qu'une image car en fait il s'agit d'actions qui prises en soi ne sont ni spatiales ni temporelles. Mais comme notre personnalité matérielle ne peut rien se représenter en dehors du temps et de l'espace, cette comparaison pour des raisons qu'il serait en dehors de notre sujet de développer ici, est peut-être celle qui nous donne l'idée la plus juste du double aspect de la vie cosmique.
En fait, il n'y a pas de différence de nature entre ces deux courants. L'attraction et la répulsion sont toutes deux le Moi primordial, le Vide, qui passe de la puissance à l'acte. La façon la plus intelligible de les caractériser consiste à dire qu'il s'agit d'une même force, tantôt prise positivement, au sens physique, tantôt prise négativement. L'attraction et la répulsion sont un seul et même dynamisme, mais avec un signe contraire.

Il serait également inexact de considérer ces deux courants comme formant deux univers distincts dans le Cosmos. Ils ne forment qu'un tout, ils s'emboîtent l'un dans l'autre et ils réagissent perpétuellement l'un sur l'autre. C'est cette réaction même qui est le Cosmos, et l'Absolu est égal à leur somme.

Sous un autre aspect, ces deux courants sont le bien et le mal, (Ormuzd et Arhiman c'est l'ésotérisme de la religion de Zoroastre.)
Ceci dit, on comprendra qu'à n'importe quel moment donné de notre évolution sur la spire ascendante, il y a sur la spire descendante un être symétrique à nous. Je dis symétrique en raison de l'inversion des signes des deux spires. Il faut considérer que pour un tel être le temps et l'espace sont de signes contraires à notre temps et à notre espace.
Cet être, cet élémental puisqu' élémentals est le nom que l'occultisme donne aux êtres de la spire descendante, est à la fois nous-mêmes et le contraire de nous-mêmes. C'est nous, si l'on peut dire, mais vus à l'envers avec une transposition totale des valeurs.
On conçoit que la réaction d'un tel élémental sur nous soit perpétuelle, comme l'est d'ailleurs notre propre réaction sur lui. Pour nous, c'est l'éternel tentateur, l'entité dont la tendance constante est de nous entraîner dans sa chute, comme notre tendance constante est de l'entraîner dans notre ascension. Tel est l'ésotérisme du mythe satanique dans la religion chrétienne et dans beaucoup d'autres.
Pour nous, le bien, c'est l'attraction, c'est l'amour. Pour
l'entité symétrique, c'est la répulsion, c'est la haine. Le haine, le mal, dans notre spire ascendante, sont le produit de la réaction de la spire descendante. Notre personnalité n'est composée que de nos représentations. En haïssant certaines de ces représentations, nous haïssons une partie de nous-même, nous la repoussons loin du mental. La haine tend ainsi à provoquer une désintégration animique alors que la loi de notre spire, c'est la loi de l'amour, c'est à dire de la réintégration animique. Cette répulsion nous entraîne sur la spire descendante avec notre double satanique. L'ascension fait place à la chute.
Dans certains cas extrêmes, il arrive qu'un être humain change tout à fait de signe, c'est à dire de spire. C'est un des dangers de la magie dite noire et de la sorcellerie qui font appel plus ou moins consciemment aux entités de la spire descendante.
La réciproque est d'ailleurs vraie. Il y a des cas, peut-être plus nombreux qu'on ne croit, où des entités de la spire descendante passent dans la nôtre.
Mais ceci nous entraînerait encore trop loin de notre sujet. Ce qui est essentiel pour le but que nous nous proposons, c'est que la haine est le plus grand obstacle à notre progression. Elle fait plus que nous arrêter, elle nous ramène en arrière. (sans compter qu'elle fait souffrir celui qui la ressent) .
L'équilibre entre la haine et l'amour est la stagnation qui est l'état prédominant de l'humanité actuelle, le fléau de la balance penchant légèrement, très légèrement, en faveur de l'amour. Si une rupture d'équilibre se produit, l'homme est rapidement entraîné dans un sens ou dans l'autre, selon le cas.
L'étudiant devra provoquer ce déséquilibre en faveur de l'amour en éliminant complètement la haine de sa vie affective. Il devra non seulement supprimer ses haines particulières, mais véritablement atrophier en lui la faculté de haïr. Tout progrès sur le chemin direct est à ce prix
Quant à la faculté d'aimer, il va de soi qu'il s'agit de l'exalter au lieu de la détruire. Mais la tâche qui s'impose à l'étudiant, c'est de l'épurer en son objet, c'est à dire de lui donner un contenu tel qu'il soit indépendant de la vie matérielle dans l'Adam. Il faut que ce contenu nouveau puisse subsister alors que tous les liens avec l'Adam seraient rompus. Ceci est une partie essentielle de l’œuvre qui consiste à nous créer une personnalité immortelle. Tout contenu affectif dépendant d l'Adam nous ramènera automatiquement à revivre dans l'Adam

Cette épuration de notre affectivité se traduira pratiquement par une lutte incessante et impitoyable contre l'égoïsme et toutes ses manifestations. L'égoïsme n'est pas en effet, comme on le croit généralement, l'amour du moi, c'est l'amour des haillons dont nous l'habillons, c'est l'amour des représentations qui forment notre personnalité matérielle. C'est cet agrégat que nous appelons nous-mêmes et que nous chéris
Il existe un égoïsme patent qu'il est relativement facile de dépister et de combattre c'est celui qui a pour objet des représentations dont l'origine est notre propre corps physique. Mais il y a un égoïsme camouflé quand nous croyons aimer des êtres extérieurs à nous alors que nous aimons en réalité nous mêmes. C'est celui ci qu'il sera plus difficile de combattre

L'étudiant devra donc faire une critique incessante de sa vie affective, sans y laisser aucun terrain réservé, et sacrifier impitoyablement tous les sentiments qui ne sont qu'une forme camouflée de l'égoïsme.
Vous comprendrez bientôt qu'en aimant votre personnalité terrestre par un égoïsme patent ou camouflé, vous asservissiez votre mental, votre moi au monde sensible, et agissiez comme votre pire ennemi. Vous commencerez alors seulement à aimer votre moi véritable, mais l'amour changera de nom en même temps que de nature. Ce sera la charité au sens théologique du mot.

.Car les théologiens qui étaient familiarisés avec ces distinctions, s'ils ont condamné sans pitié l'égoïsme, ont placé comme il se doit, la charité pour le moi avant tout. Caritas bene ordonata incipit a se met ipso; charité bien ordonnée commence par soi même. Ce sera la première étincelle de l'amour divin, de l'amour mystique de l'absolu.

La charité pour tous les autres êtres ne sera que l'expansion, l'épanouissement de cet amour divin Cette désintégration de la partie affective de la personnalité terrestre qui devra se poursuivre parallèlement avec la désintégration de la partie intellectuelle ne fera, on le conçoit sans peine, qu'augmenter le désarroi et la détresse de l'étudiant. Ils sombrerait presque infailliblement dans la folie ou le désespoir s'il ne recourait à ce moment à un procédé artificiel, auquel ont eu recours sans exception les occultistes de tous les temps et de tous les pays.

Je suppose que le lecteur sait déjà ce qu'il faut entendre par exotérisme et ésotérisme. La recherche de l'ésotérisme des religions est même souvent et non sans raisons confondues avec l'occultisme. La critique des religions met à nu leur exotérisme, commun à toutes et qui peut se résumer admirablement par ces paroles que Dieu dit à Moïse quand celui-ci lui demande: qui es-tu ? -Ego sum qui sum : Je suis ce que je suis".
Au point de vue intellectuel, les religions ne sont donc que la vérité unique, incomplète et voilée.
Au point de vue affectif, leur grand ressort est le mysticisme ou amour divin.
Or l'amour divin sera le char de feu qui conduira l'adepte jusqu'à l'absolu

Quelque soit d'ailleurs la religion que vous aurez adoptée, n'ayez pas crainte de verser dans un anthropomorphisme un peu primitif. Représentez-vous les dieux, les génies et les saints, comme des êtres objectivement réels. Matérialisez au maximum l'idée que vous vous en formez. Dites-vous bien que si ce sont des illusions, ce ne sont pas plus des illusions que ce que vous considérez faussement comme le monde extérieur. Peu à peu, ces entités mythiques deviendront pour vous aussi réelles que les entités humaines avec lesquelles vous passez votre vie quotidienne. La plupart d'ailleurs correspondent à des entités réelles, autant qu'une chose, en dehors de l'absolu, peut être réelle, même s'il s'agit de personnalités forgées de toutes pièces au cours des siècles par l'imagination des fidèles.
Puis elles deviendront plus réelles et ce sera à elles que vous vous accrocherez quand votre croyance à la réalité objective du monde matériel se disloquera. Les entités mythiques de la religion choisie joueront un grand rôle pratique dans les divers exercices de l'entraînement psychique. Quant à la religion à choisir, si l'on n'en a pas, il nous semble que les meilleures sont la religion juive, en la ramenant à la kabbale, et la religion catholique, en la ramenant à son ésotérisme sur lequel existe toute une littérature.
Pour ceux que leurs goûts portent vers l'Orient, le bouddhisme et surtout l'indouisme.
Enfin la franc-maçonnerie peut très bien remplacer une religion, mais en la ramenant au martinisme mystique dont elle est issue."
Le mental est un principe dynamique, indépendant des représentations. Le mental est le moi, l'ensemble des représentations passées ou présentes constitue la personnalité. Le moi est marqué par la personnalité. C'est lui qu'il convient de retrouver (exemple de l'amnésique: il change de personnalité, mais c'est toujours le même individu) .
si nous changeons nos représentations, nous changeons notre personnalité, mais le moi reste. Changer de représentation = changer de plan (frontières entre les plans mal définis, comme la ligne qui sépare le yin du yang) .

Source : http://keops.blogs-de-voyage.fr/archive/2006/03/24/egregore-et-religion.html

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Le Rite et les Egrégores

1 Décembre 2012 , Rédigé par Virya Publié dans #spiritualité

L’accomplissement de tous les actes magiques est soumis à un rite, dont chaque point précis a une grande importance. La qualité des mots, des écrits, des ingrédients et des attitudes est fondamentale dans l’accomplissement de tout rituel. Le rite est l’inverse de la prophétie car il est tourné vers le passé, alors que la prophétie contemple l’avenir. La réalisation d’un rite permet de se mettre en phase avec un instant important du passé. Par exemple, une fête religieuse place, par le rite, les croyants en harmonie avec un événement fort de leur histoire. La notion d’égrégore y est fondamentale, car c’est lui qui réagit à la qualité du rite.

En arrière plan de tous les cercles spirituels ou profanes, se cachent des forces subtiles dont les puissances peuvent être, dans certains cas, inimaginables. De ce fait, l’harmonisation des courants de pensées initiatiques et religieux, ne dépend pas uniquement d’une synthèse intellectuelle ; des problèmes occultes beaucoup plus profonds et délicats se posent. Les magiciens savent qu’il est bien plus important d’harmoniser les forces de la pensée aux niveaux subtils que dans la matière, bien que leurs relations soient inextricables.

Un cercle de conviction, religieux ou autre, scelle par son existence une énergie alimentée par les formes-pensées de ses membres. Toutes ces pensées émises forment, dans les plans subtils, des énergies qui gravitent autour de leurs raisons d’être. De cette manière, toutes les pensées dirigées en harmonie vers un même but, s’additionnent et s’agglomèrent pour ne former qu’un tout. Cet agglomérat d’énergies subtiles porte communément le nom d’égrégore (1).

Un égrégore est la synthèse d’une force collective, il contient les buts, les espoirs et les désirs de l’ensemble des individus qui s’y rattachent. Cette force créée n’est pas uniquement mystique, il existe des égrégores pour tous les groupes de personnes formés, évolutifs ou involutifs, spirituels ou profanes. Il faut toutefois noter que seuls les égrégores spirituels sont volontairement alimentés, entretenus et utilisés (les groupes de magie noire s’appuient aussi sur le mouvement de leur égrégore). Les autres existent, parce que la nature répond à des lois, mais ces égrégores ne sont pas structurés et donc difficilement contrôlables.

Il n’y a pas de mot hébreu qui corresponde directement au mot égrégore, le plus vraisemblable serait « Malakh » (מאלך) . Ce mot désigne généralement un ange et veut littéralement dire « messager », c’est-à-dire intermédiaire ; un égrégore joue aussi le rôle d’intermédiaire entre l’esprit et la matière, les membres du groupe, le visible et l’invisible. La tradition enseigne que lorsque dix personnes se réunissent pour prier, elles créent un ange (malakh). Les dix personnes réunies s’appellent un « Minyan » (מנין), c’est le nombre minimum de personnes nécessaires pour accomplir certains rites et réciter certaines prières (Kaddish). Ainsi, la prière d’un Minyan forme un Malakh (un égrégore), dont la vocation et l’énergie sont motivées par la Kawanah (intention) du groupe. Si ce malakh (ange-égrégore) est régulièrement dynamisé, il grandira en énergie et deviendra de plus en plus puissant ; dans le cas contraire il s’épuisera. Les qualités du Malakh formé seront scellées par un nom, un sceau magique, des couleurs, des parfums et des invocations, que les membres du groupe utiliseront pour mettre en action la force de leur Malakh. Si ce malakh est bien entretenu, les générations suivantes pourront continuer à l’utiliser, ceci grâce au rite perpétué de générations en générations. C’est pourquoi, les invocations angéliques sont encore utilisées de nos jours, à plus ou moins bon escient. Il faut tout de même savoir qu’il est inutile d’invoquer un ange dont l’énergie s’est dissipée, ou a été absorbée par un autre ange. Pour utiliser la force d’un Malakh, il faut avoir reçu une filiation par une transmission initiatique sinon, la machine tourne à vide. Certains kabbalistes ont vu, dans la fabrication du Golem, la constitution d’un égrégore dont le support serait une statuette d’argile rouge consacrée et animée par un rituel. Gershom Scholem parle quant à lui d’âme collective : « Ce Golem est une partie de l’âme collective matérialisée du Ghetto, avec tous les côtés sombres du fantomatique, en partie un sosie du héros, un artiste qui combat pour la rédemption par lui même et qui purifie messianiquement le Golem, son propre moi non racheté… » (La Kabbale et sa symbolique).

La vie de l’égrégore

Le nom égrégore vient du fait qu’il désigne l’agrégation de forces psychiques générées par un courant spirituel. C’est une force synthétique qui doit être régulièrement alimentée par des énergies en harmonie avec son niveau vibratoire. Chaque égrégore vibre à son propre rythme vital, selon son propre code de vie. De cette façon, seules les personnes en unité avec ce mouvement vital, et se pliant à ce code d’harmonie, pourront alimenter ou utiliser la force. Un égrégore ne vit pas seulement des rites et des énergies produites par un cercle d’humains, des entités occultes viennent s’y rattacher progressivement. Ceci, en réponse à une loi d’attraction liée au degré vibratoire de ces entités. D’un point de vue purement occulte, la vie d’un égrégore est essentiellement subtile, sa concrétisation matérielle est minuscule, mais indispensable. Dans un sens, un égrégore est un être artificiel (Golem) hors de la perception visible. Son image est celle que lui ont donnée ses membres par leur foi, leur dévotion, leur enthousiasme et parfois leur fanatisme.

Sans qu’on s’en rende compte, les grands égrégores bons ou mauvais, de notre humanité règlent la vie de notre planète depuis la nuit des temps. Une parfaite connaissance de la vie des égrégores qui nous dirigent permet de prévoir, et même de modifier, le cours des événements sur la terre. II existe, toutefois, des égrégores très anciens dont les rites ont disparu et qui n’obéissent plus du tout aux groupes qui les ont créés ; ils sont en quelque sorte retournés à l’état sauvage et se dissolvent progressivement. D’autres, devenus trop puissants, s’émancipent et se comportent comme de véritables tyrans. Ils arrivent, progressivement à neutraliser le libre-arbitre de leurs membres, en les poussant à commettre des actes les dépassant. A la lumière des mystères du monde occulte, notre histoire prend un tout autre aspect.

Les égrégores de groupes profanes (2) n’ont pas d’alimentations volontaires et rigoureuses et peuvent disparaître assez vite. D’un point de vue magique, un égrégore ne peut devenir véritablement vivant que si des rites le vitalisent à intervalles très réguliers ; voire continu si l’on souhaite le rendre plus puissant. Ceci explique pourquoi, seuls les cercles humains à caractère rituélique, génèrent des égrégores qui durent indéfiniment, tout au moins fort longtemps.

Le rôle du rituel dans la vie de l’égrégore

Les traditions religieuses les plus anciennes ont toujours respecté un art rituel très sérieux ; la conception de ces rituels n’est nullement l’effet du hasard. Au sein de tous les grands mouvements, il y a toujours eu des initiés capables d’établir un processus de dynamisation de l’égrégore, les cohanim autour du Grand-Prêtre dans le Temple de Salomon en sont un exemple. Même si pour le profane un rituel, par ses mots et ses gestes, semble anodin, il renferme en vérité d’authentiques clés magiques.

Le simple effet de la prière collective représente parfois l’essentiel de la « charge » d’un égrégore. Dans ce cas, la force de l’égrégore repose sur la grande quantité de membres en prière. Par contre, un groupe beaucoup plus restreint d’initiés sachant parfaitement manier les énergies, pourra générer une force occulte toute aussi puissante, si ce n’est plus car mieux contrôlée. D’où l’importance d’un rituel rigoureusement construit et parfaitement reproduit.

Généralement, un grand égrégore démarre sous l’impulsion du fondateur d’une tradition. Si ce premier patriarche est suffisamment averti, il peut le construire de toutes pièces. Mais il est possible, et c’est généralement le cas, d’absorber ou de revitaliser un égrégore déjà existant. Parfois, un grand égrégore se scinde en plusieurs autres mais, dans ce cas, un lien intime est gardé. Ceci explique qu’une grande religion soit constituée de plusieurs branches. On le comprend en suivant l’évolution d’une créature céleste à travers les différents courants, la force de base est la même, mais ses qualités et ses représentations changent.

II suffit, pour comprendre ce processus d’absorption ou de dilution, de suivre l’évolution du Malakh Mikaël : On retrouve cet ange dans la mystique juive, désigné comme l’un des sept princes célestes et son rôle y est très important. Les religions Abrahamiques ont toutes conservé cette grande force, mais lui ont donné des spécifications particulières dans chaque cas. Il est devenu le Mik’aïl musulman et l’archange Michel du christianisme. Le Michel de la chrétienté n’est pas la simple reproduction du Mikaël hébraïque. Le christianisme primitif a rencontré, lors de son développement, d’anciennes croyances de natures diverses. Les anciens dieux ne furent pas immédiatement exclus par les chrétiens, il en reste d’ailleurs d’importantes traces. De subtiles manœuvres provoquèrent leur absorption à l’intérieur de ce nouvel égrégore qui s’émancipait. Dans un premier temps, les divinités locales furent jumelées au calendrier des saints et des fêtes chrétiennes. Ainsi, en ce qui concerne les traditions de Grèce et de Rome, Michel fut associé à Hermès et Mercure. Le calendrier marqua alors, Michel-Mercure. Puis progressivement, les chrétiens en s’affirmant, firent disparaître l’ancien dieu, pour ne plus nommer que Michel. Il en fut de même avec le Lug des gaulois, dont Michel reçut toutes les qualités. Mithra subit le même sort et c’est pour cette raison que les anciens lieux de culte du mithraïsme sont encore de nos jours consacrés à saint Michel (le Mont saint Michel en est un exemple). L’expansion en puissance, à travers les âges, de l’énergie de Mikaël laisse deviner qu’elle aura, sous ce nom ou un autre, sa place dans une religion future.

Lorsque l’on parle d’absorption de l’énergie d’un égrégore par un autre, il ne s’agit pas toujours de la disparition de l’ancien égrégore. Deux cas de figures sont envisageables : soit un égrégore absorbe entièrement un autre, il y a alors fusion, soit une branche d’un égrégore s’émancipe, et n’emporte alors que les forces-germes qu’il développera comme il l’entend. Ainsi, le christianisme et l’islam n’ont pas vidé l’égrégore israëlite de sa substance « Mikaël », ils n’en ont pris que les semences pour aller semer ailleurs. Dans le domaine de la religion, il s’agit maintenant d’entités complètement différentes vibrant dans les deux mondes inférieurs : de l’Action (Assiah) et de la Formation (Yetsirah). Par contre, il n’y a toujours qu’une seule force dans le monde de la Création (Beriah).

Une règle magique veut que lorsque deux égrégores se rencontrent ou s’opposent, le plus puissant et dynamique finisse par absorber le plus faible (ceci peut être parfois rapide, mais il faut normalement plusieurs décennies ou siècles). De plus, la loi d’évolution de la nature veut que le plus jeune ait un avantage sur le plus vieux. D’où l’importance de faire évoluer et de rajeunir son égrégore. Les réformes et les remises en question sont les garanties de pérennité d’une tradition. Si les égrégores en présence sont aussi puissants l’un que l’autre, il en résultera un très long conflit qui se matérialisera en guerres froides, ou parfois directes entre les personnes rattachées a ces courants. Ceci explique tout les conflits religieux que l’on connaît depuis des millénaires, qui entraînent les guerres, les génocides, le racisme, les conversions forcées, etc.. Des commentaires de textes mythologiques montrent très bien ces mouvements d’égrégores, j’ai parlé ici des traditions d’occident, mais j’aurais pu le faire avec le bouddhisme. Lorsque le maître Padma Sambhava (3) introduisit le bouddhisme au Tibet, il convertit d’abord tous les démons et les divinités tutélaires à sa cause. Ceci, parce qu’il utilisa l’égrégore de la vieille religion Bôn-Po, afin que le conflit magique ne soit pas trop meurtrier.

Un égrégore n’est pas uniquement constitué par les formes-pensées humaines, des entités plus ou moins élevées y sont rattachées. De nombreux élémentaux des différents règnes de la nature en font aussi partie. Un égrégore est une véritable communauté occulte, dont la vie est à la fois physique (par ses membres humains) et subtile (par ses entités célestes). Si un égrégore est parfaitement bien constitué, il dispose de plusieurs corps, étages dans les différents mondes occultes, d’où l’importance d’un rituel réfléchi et bien perpétué.

Le rythme de vie d’un égrégore dépend, en grande partie, de la régularité des rituels l’alimentant. L’élaboration de ce rituel doit toucher, par chacun de ses mots ou de ses silences, chaque cellule constitutive de la communauté vibratoire. C’est un véritable plan de vie, avec lequel on ne peut se permettre le moindre écart. La plus petite modification de cette rituélie perturbe le mouvement vibratoire lancé à cet instant. Vue sous cet angle, on comprend qu’en Inde il arriva que des Brahmanes se suicident après avoir « bafouillé » sur des syllabes du rituel (4). C’est surtout pour cela que la direction du rituel est confiée à une personne d’expérience, et de préférence au courant de certaines clés essentielles qui passeront inaperçues aux yeux des non initiés.

Un rituel bien constitué est rempli de noms divins, de mots de puissance, de définitions rituelles consacrées, que les simples croyants ne regardent qu’en tant que prières, invocations, dévotions représentatives de leur foi. En fait, l’égrégore et les entités le constituant, répondent à des mots-clés les dirigeant et les appelant. La simplification et l’épuration de certains rituels modernes ont sérieusement abîmé le mouvement des égrégores religieux.

L’ignorance des lois magiques laisse tous les grands égrégores de notre humanité à l’abandon, même si la foi certaine des fidèles persiste. Ceci nous indique qu’ils s’affaiblissent et que de nouvelles croyances, plus dynamiques, viendront les absorber. La vie sensible essentielle d’un égrégore est assurée par la masse des fidèles, mais la structure active ne peut être assurée que par des initiés, parmi les plus qualifiés et les plus sûrs. Pour cette raison, des cercles sont constitués dans lesquels les rituels sont beaucoup plus techniques et complexes. L’éveil et la mise en action de cette énergie dépassent de beaucoup le simple croyant, et parfois pourrait même le choquer. De plus la responsabilité d’un égrégore est lourde à porter, les initiés en ayant la charge ne peuvent se permettre aucune erreur, autant durant le rituel que dans leur vie de tous les jours.

Un égrégore répond aux lois les plus simples de la nature, il vibre différemment durant les grandes périodes cosmiques, qu’il subit comme toute chose vivante. C’est pour cette raison, qu’en plus du rituel régulier, s’accomplissent d’autres rites plus importants à des époques très précises. Généralement, ces grandes cérémonies ont lieu aux équinoxes, aux solstices, aux pleines ou aux nouvelles lunes. La marche des astres est aussi observée. Ces moments sont généralement favorables à la régénération d’une énergie. Par contre, il existe des périodes cosmiques où ces forces s’affaiblissent. Il devient donc nécessaire que les membres se mettent en action, afin que leur égrégore ne devienne pas trop vulnérable.

Être rattaché à un égrégore comporte des avantages certains, mais aussi des inconvénients qu’il faut ne pas négliger ; les uns ne pouvant aller sans les autres.

Parmi les avantages on relève que : le membre profite de l’élan dynamique des générations passées, et parfois d’une force ascensionnelle importante (tout dépend de la qualité de l’égrégore), il bénéficie d’une protection sur tous les plans et en cas de besoin il profite de l’aide énergétique de tous les membres ; le fait d’être initié dans un égrégore rend les clés magiques actives.

Mais il existe aussi des désavantages, car : le membre perd son indépendance, il subit les mouvements de faiblesse de son égrégore, si l’égrégore n’est plus maîtrisé, il voit sa liberté d’action se restreindre. Il est souvent difficile de quitter un égrégore (à moins de s’en faire chasser : H’érém, excommunication, etc..) et les personnes désirant le faire se trouvent parfois exposées à de gros problèmes.

Il existe heureusement des méthodes magiques pour quitter un égrégore sans trop de problèmes. Toutefois, ces méthodes sont un peu complexes si on ne les connaît pas, le plus simple est d’aller se réfugier quelques temps dans un autre égrégore.

Extrait de Vie mystique et kabbale pratique, Virya, éditions Georges Lahy, 1994.

Source : http://www.melmothia.net/2133/le-rite-et-les-egregores-par-virya/

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L'Egrégore...Chaîne d'Union et fraternité invisible...

30 Novembre 2012 , Rédigé par Jean-Luc Maxence Publié dans #spiritualité

Charles Baudelaire, expert s'il en est en Fleurs du mal, disait que « la plus belle astuce du Diable est de nous persuader qu'il n'existe pas » . Évidemment, en transposant cette phrase célèbre, on peut écrire que les égrégores diviseurs, souvent, usent de la même malignité que Satan, se font oublier et veulent nous persuader qu'ils n'existent pas, en effet.
Alors, qu'en est-il en réalité ?... Ce qui s'impose, c'est la constatation vérifiable que dans presque toutes les cultures connues, en effet, on observe la présence d'un monde plus ou moins vaste d'êtres bons ou mauvais peuplant cet espace intermédiaire qui présente en même temps la dimension du Réel concret et celle de l'au-delà problématique...

L'homo religiosus a cherché depuis l'origine l'expression ou la personnification de la puissance des forces cachées ... Confronté à des phénomènes naturels qu'il ne savait guère interpréter ou expliquer, phénomènes bénis comme une tombée de pluie dans un désert ou maudit comme un tremblement de terre ou un déluge, il a progressivement inventé la métaphysique. L'homme s'est trouvé alors dans la démarche... créative ô combien...de tenter de capturer et d'influencer l'insaisissable grâce à une représentation sous des figures mythiques et magiques.

Au fond, s'inspirant de Ysé Tardan Masquelier qui introduit le langage symbolique en écrivant « il n'y a pas de symbole sans homme pour le penser » , nous dirons qu'il n'y a pas davantage d'égrégore sans homme pour le penser.

Pourtant, il s'agit de ne pas oublier qu'un symbole quel qu'il soit peut avoir plusieurs contenus de sens, en effet... »Un mythe est une vision unitaire du monde, il instaure des correspondances entre les divers ordres du réel, se fonde sur une intuition analogique, propose une explication globale »... Ainsi, entre la manière dont l'occultiste Eliphas Lévis considérait les égrégores quand il écrivait : « les égrégores sont des dieux ... Les agragores sont des esprits moteurs et créateurs de formes. Ils naissent du respir de Dieu ». Ou encore « les égrégores de la terre sont les génies de la mer et des montagnes ; pour les anciens c'étaient des dieux, pour la kabbale ce sont des esprits mortels ignorants et sauvages, parce que la terre est un monde des plus imparfaits » et ce qu'est devenu en notre siècle le mot d'égrégore lorsqu'il est employé en Loge maçonnique, il y a tout un monde !

Employé couramment dans le Temple, il signifie alors quelque chose comme le résultat hypothétique de la communion des énergies mystiques quand la chaîne d'union, durant une tenue maçonnique, est constituée... C'est opéré ainsi un important et incontestable glissement de signifiant.

Le terme « égrégore », pour les maçons de quelque obédience ou ordre que ce soit, semble, d'apparence tout au moins, faire l'impasse totale sur la presque totalité des données symboliques et mythiques . ... Le mot égrégore occupe souvent la bouche des Francs-maçons réunis en atelier...

Mais qui donc se souvient du récit mythique et significatif des anges qui veillèrent sur le « Mont Hermon » pour leur simple dimension d'être collectif ? ... Il semble bien que ce terme d'égrégore quand il est prononcé dans le cadre d'un rituel maçonnique, et « à couvert », n'a gardé que sa signification immédiate d'effets collectifs, d'énergies communautaires, en quelque sorte.

L'égrégore à raz les pâquerettes, à raz son sens premier, en somme...
Et pourtant, à peu près tous les historiens de la Franc-maçonnerie, savent et évoquent volontiers le véritable danger qu'il y a de négliger les effets qui peuvent être provoqués par une évocation, en quelque sorte « légère » de l'égrégore, par une demande intense et collective de frères espérant sa venue au cœur d'une chaîne d'union... On retrouve dans le souci qu'ils ont d'avertir leurs alter ego des périls ainsi encourus, cet effroi devant le Sacré.

En fait, l'égrégore pour les Francs-maçons est un temps particulièrement rare et privilégié dans la pratique du rituel collectif qui se déroule dans la Loge, moment où les frères présents au cours de la tenue éprouvent le sentiment d'une très intense communication entre eux, quels que soient leurs degrés et qualités, d'une communion fraternelle des énergies et vibrations... En résumé, l'égrégore semble un mot un peu galvaudé que l'on murmure souvent à voix basse, qui veut traduire des minutes d'émotion, la complicité exceptionnelle d'un groupe rassemblée autour d'un tableau de Loge (Naos), lors de la chaîne d'union, laquelle est donc cette figure constituée par l'ensemble des frères réunis, et se tenant par la main dégantée, de manière à former une boucle... Cette chaîne d'union peut être fermée si chacun croise les bras pour que le droit passe toujours par-dessus le gauche... Ce rite si particulier a lieu en général lors de la clôture des cérémonies, et elle est l'occasion d'une exhortation orale prononcée par le Vénérable Maître qui rappelle de façon solennelle le sens de ce geste qui lie fraternellement les personnes présentes ce jour-là dans la Loge à toutes celles qui les ont précédées et à tous les maçons de la terre, et même à ceux qui viendront après.

De même, a la fin des agapes, dans certains rites, les convives seront appelés à former à nouveau la chaîne... Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, par exemple, celle-ci est formée à la fin des travaux et complétée par une sorte d' « exhortation-prière » dont les termes sont laissés à l'initiative du Vénérable Maître... En fait, il est presque toujours rappelé que les frères doivent poursuivre au-dehors l'œuvre accomplie en Loge, dans le Temple, et l'égrégore, dans son sens commun de communion des énergies mystiques, s'y fait sentir souvent... Une connivence passe... Une fraternité agissante passe de chacun à chacun...

Alors, Dieu sait quoi d'indéfinissable descend parfois sur l'assemblée... Comme des anges, peut-être ? Comme si le groupe des officiants fort et UN par le certitude de son identité de vue, d'espérance, de pensée... Au fond, en maçonnerie, la chaîne d'union crée aussi, quand le rite est réussi, une force UNE, une entité invisible, peut-être ?...

Spirituel est toujours l'égrégore des Francs-maçons quand ceux-ci sont des initiés dignes de ce nom, c'est-à-dire toujours en quête d'un supplément de connaissance et de sagesse... Soyez Veilleur, souffle en quelque sorte l'égrégore... Et veilleurs jusqu'au bout de la quête que vous avez entreprise... Demeurez comme des dieux attentifs... Comme des dieux et des hommes devenus ainsi qu'un seul dieu par la vertu mystérieuse d'une fusion collective autour d'un même amour mutuel... Ainsi, plus souvent qu'il n'y paraît, en Loge, l'espace formé par la chaîne d'union devient le mont Hermon lui-même... Et les frères qui se transmettent connaissance et enseignement se sentent devenir à la ressemblance des égrégores remplis de la Sagesse des légendes mythiques...

Le collectif se transforme en entité en soi... l'entente est possible... Alors, toute chaîne d'union a son soleil mystique, comme dirait Eliphas Lévis... Tout « atelier » devient créateur et inspirateur d'initiatives de création... Toute entraide s'avère possible... Les apparences du voile sont transpercées de part en part, les visions communes deviennent lucides, le « vous êtes tous frères » s'incarne véritablement... La magie fraternelle opère à plein.

Toutefois, cette fraternité de l'égrégore triomphant, invisible et souvent indéfinissable, ne doit pas être confondue avec une connivence ou une convergence d'intérêts matériels ou, pire, par cette sorte de mafia maçonnique tant de fois dénoncée au-dehors par les profanes !... Si l'égrégore qui jaillit parfois de la chaîne d'union fait des miracles d'unité et de compréhension mutuelle, si elle suscite parfois des actes créatifs exceptionnels, l'égrégore peut être aussi parfois le hideux prétexte aux lâchetés collectives les plus criantes, aux injustices de caste, à l'esprit sectaire même... Les pires aliénations sont hélas possibles, les pires défigurations... Qui veut faire l'ange unitaire et gardien fait parfois le diable paranoïaque !
Il s'agit en somme de discerner l'égrégore qui ouvre vers la métanoïa des mystiques D transformation intérieure) et celui qui incite aux réflexes d'homéostasie, c'est-à-dire au repliement sur soi même et sur ses égoïsmes, y compris collectifs.
Ainsi, comme l'ange Gabriel, l'égrégore peut avoir une aile de lumière et une aile d'ombre.

C'est pour cela sans doute que sa fascination persiste en nos cœurs, que son aimantation se répercute d'un bout à l'autre de la chaîne d'union... L'égrégore, en définitive, fait penser symboliquement au pavé mosaïque de la Loge ... Carrés blancs et carrés noirs y font la vie contrastée et le choix possible...

Alors, au-delà de ses légendes d'origine, l'égrégore ne peut mourir tant que nous l'appelons sincèrement pour des oeuvres de lumière...

Source : www.ledifice.net

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Les égrégores

29 Novembre 2012 , Rédigé par Jean-Paul Thouny Publié dans #spiritualité

Les égrégore sont des entités produites par de puissants courants de pensées collectives et cohérentes.

L'égrégore est une
forme pensée ou champ énergétique construit par un groupe de personne ayant la même intentionnalité, par exemple : groupe de philatélistes, club sportif, syndicat, église, parti politique… ou tout simplement ensemble de personnes pouvant être disséminées sur la planète mais, vivant les mêmes émotions : amour, haine, colère, compassion…

Un ensemble de personnes qui se focalisent sur un même objet, avec une certaine intensité, déploient une énergie mentale, affective, passionnelle, spirituelle… qu'ils mettent en commun. Cette activité concentrée sur un objet en particulier génère une forme pensée ou, champ énergétique composé d'énergie mentale, d'émotionnelle, d'énergie spirituelle.

L'égrégore est une énergie structurée par l'objet sur lequel elle se finalise, et remplie de toutes les émotions que les participants mettent en commun.

Interaction entre les membres du groupe et l’égrégore

L'égrégore condense, rassemble ce que chaque membre y apporte. Et chaque membre, du coup, reçoit de l’égrégore dans lequel il entre, plus que ce qu'il a apporté. Il y a donc interaction entre les membres du groupe et l’égrégore.

Ce sont les membres rassemblés qui constituent l'égrégore, mais cet égrégore va adombrer les membres. Les membres sont donc sous l'ombre, ou a l'ombre de l'égrégore, qui est comme un nuage au-dessus d'eux. Et il y a bien interaction au sens où le membre nourrit l'égrégore, mais l'égrégore agit sur le membre.

Si nous rejoignons par la pensée un égrégore d'amour, nous recevrons en retour de l'amour. Alors que s'il s'agit de colère, il en sera tout autre et, nous recevrons en retour… de la colère !

L'égrégore est constitué par les personnes qui en sont le facteur déclenchant. La puissance de l'égrégore va s'amplifier en fonction du nombre de participants, mais également en fonction de l'intensité de la recherche, de la focalisation de ses membres sur l'objet et, de leur implication existentielle ou passionnelle. En s'impliquant passionnément dans l'objet d'un égrégore, les membres font un apport important d'énergie à l'égrégore.

L'égrégore est une entité vivante

L'égrégore est un concept vitalisé, réelle entité, qui pour être viable, doit être alimenté régulièrement par les membres du groupe se maintenant tous dans la même énergie vibratoire.

C'est pour cela, que les dirigeants de groupes à l'origine d'égrégores, organisent des meetings, des cultes, des rassemblements… Également, afin d'augmenter le pouvoir de l'égrégore, certains ont recours à des rituels qui peuvent consister en des formules, des symboles, des prières, des invocations, des visualisations d'images concrétisatrices, des courants mentaux, des chaînes d'union, brûler de l'encens...

Chaque membre du groupe devient une "cellule" de l'égrégore. Il vit sur le plan physique par l'intermédiaire des êtres humains membres du groupe, et sur le plan astral par la projection astrale de ceux qui y adhèrent.

La vie matérielle de l'égrégore est assurée par le nombre des membres d'un groupe, par leur discipline, leur union, leur stricte observance des rituels, mais aussi par les courants de sympathie ou d'antipathie du monde...

Forme donnée à l'égrégore

Afin de donner à l'égrégore une forme concrète, on en fait une représentation symbolique, qui sera un support de visualisation. Ce signe représente sa nature, ses buts, ses moyens. Nous aurons donc le sceau-de-salomon, l'étoile de David, le pentagramme, la croix latine, le triangle maçonnique, les symboles du Reiki…

Le symbole porte en lui-même une représentation qui parle immédiatement à l'être humain de façon figurée. Tous ces innombrables signes et sceaux ne sont que des représentations de l'égrégore. Ces signes sont à la fois une protection, un support et un point de contact entre les membres. Ils deviennent alors de véritables pentacles.

L'égrégore peut devenir une entité très puissante qui a sa vie propre et elle se détruit difficilement. Si on désire l'éliminer rapidement, il faut avoir recours à l'incinération de tout ce qui la concerne.

 

Attachement à l'égrégore

Il est également très difficile de se détacher d'un égrégore. Il est prescrit de procéder de façon inverse à celle qui est à l'origine de l'attachement. Ainsi, s'il y a eu une cérémonie d'initiation, lors de la liaison avec l'égrégore, il faudra alors procéder de façon inverse, mais identique pour produire le détachement. Dans la religion catholique, le baptême est annulé par l'excommunication.

Cependant, les réactions de l'égrégore à l'égard de la cellule expulsée sont parfois très dangereuses pour la personne concernée. La meilleure façon de se protéger est d'adhérer à un concept de force équivalente, ne serait-ce que pour un temps… Mais surtout de bien choisir le groupe auquel on adhère, intentionnellement ou non… Les conséquences peuvent être très différentes suivant le groupe.

En tant qu’humain “moyen” ou non initié, la seule chose qu’on puisse faire pour lutter contre un égrégore, c’est savoir se contrôler : sentiments, émotions, pensées. Le fait de penser à un égrégore, on le nourrit. Détester, haïr, aimer, idolâtrer, prier, etc., on le nourrit.

Aspects psychiques et énergétiques de l'égrégore

L’égrégore possède une composante à la foi psychique et énergétique. L’égrégore est une énergie qui contient toutes les vibrations des gens qui le créent, le font vivre… et qui leur échappe.

La concentration des personnes réunies dans un même but, avec les mêmes pensées intenses créées un égrégore qui se constitue, se développe, s’amplifie et devient actif.

Un égrégore est une “boule” d’énergie visualisable dans l’astral qui a été créé la plupart du temps par un groupe d’individus humain. Cette énergie, avec laquelle il est possible d’interagir, possède un caractère qui lui est propre, caractère attribué par ses créateurs. C’est comme un accumulateur d’une énergie possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois. Il est alors aisé de comprendre qu’il existe des égrégore de toutes sortes (Égrégore chrétien, égrégore bouddhiste, égrégore islamiste, égrégore sectaire, égrégore satanique, égrégore politique, égrégore syndical, égrégore de guérison, etc.).

Un égrégore peut être perçu comme la résonance vibratoire émise par la psyché d’un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme dont les composants sont de nature énergétique. La tradition ésotérique lui donne le nom de « forme pensée aurique».

Bien que d’essence subtile et impalpable, une forme pensée est aussi pénétrante, enveloppante et perceptible qu’une présence matérielle. Ce sont les courants émotionnels, mentaux et spirituels, émanant de l’ensemble des membres d’un groupe qui élaborent une forme pensée, pour ensuite, la structurer.

La notion d’égrégore se rapproche de celle d’inconscient collectif, de conscience collective, de champ morphogénétique ou de champs de conscience opérant entre eux.

Orientation d'un égrégore

Un égrégore est un agrégat de forces constituées de courants vitaux, émotionnels, mentaux et spirituels, suivant la qualité vibratoire de la forme pensée aurique. Ces courants vitaux, créés par le groupe d’individus duquel l’égrégore est issu, pénètrent la conscience du groupe sous forme de désirs, de concepts et d’aspirations.
La patrie, la république, la justice, la guerre, la paix ne sont rien d'autre que des images égrégoriques.

L’égrégore de nature astrale peut être orienté par le mental et nourrit essentiellement par l’énergie émotionnelle, (la forme pensée provoquée par les désirs, les aspirations, les rêves, les décisions, les engagements, les idées, la volonté, d’un ou de plusieurs êtres humains.)
Dans un groupe, on suppose que si les objectifs et les orientations personnelles des participants sont de nature matérielle, les égrégores, leur double subtil, manifestent des intérêts analogues. Si au contraire, les buts et les orientations des personnes constituant un groupe sur le plan physique sont inclusifs, son égrégore sera animé des mêmes intentions.

En se focalisant sur un objectif et en agissant pour lui donner vie, une personne est en mesure de créer un égrégore susceptible de se développer pendant un temps indéterminé. Suivant l’intensité de l’idée émise et du nombre de personnes qui y adhéreront, ce temps peut durer de quelques jours à plusieurs millénaires.

Pour donner deux exemples:
Une association créée par un groupe d’amis, pendant une durée de deux mois autour du projet d’organiser un concert en vue de recueillir des fonds pour réaliser un objectif particulier, va créer un égrégore à durée de vie limitée.

Un égrégore peut être réactivé et transformé au cours des siècles.
L’égrégore de la Franc-Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme : spéculative, avait déjà un long passé avant d’être de nouveau réactivé au début du dix-huitième siècle.

La maçonnerie spéculative est un sous-égrégore aurique de celui qui anime l’Esprit de la Maçonnerie qui et beaucoup plus ancien. La Maçonnerie actuelle, fondée en 1717 à Londres, est une émanation aurique de l’Egrégore Maçonnique dont il est difficile de connaître l’origine qui se perd dans la nuit des temps…

Naissance de l'égrégore

L’égrégore est activé par une seule personne à la base et l’idée créatrice fait peut générer l'adhésion d'un nombre important de personnes, lesquelles vont donner vie à l'égrégore.

Selon la recherche ésotérique, un égrégore naîtrait, par exemple, d’une fervente prière collective, d’une thérapie de groupe, d’un projet, d’un rituel qui pourrait être chamanique par exemple. Mais il peut tout autant être la résultante d’extrémismes religieux, politiques ou nationalistes ou même d’un événement traumatisant susceptible d’engendrer une émotion collective puissante et durable tel que les attentats du 11 septembre 2001…

Aspects constructifs de l'égrégore

En Amérique et en Europe, on a expérimenté des “groupes de prières” dans les hôpitaux , qui prient pour la guérison physique des malades qui le leur ont demandé. On s’est aperçu, que des malades atteints de maladies graves, et pour qui priaient ces groupes, se remettaient beaucoup pus rapidement et avaient des chances de guérison beaucoup plus élevées, que des malades qui ne bénéficiaient pas de ces groupes ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le “groupe de prières”, par sa dévotion, va canaliser une énergie aurique et faire son propre égrégore que l’on pourrait appeler “énergie de guérison”, et qui va se mêler à l’énergie aurique du malade visé, le rendant ainsi beaucoup plus fort, pour se battre contre la maladie !

Pour le travail, c’est la même chose : vous travaillez dans une entreprise qui vous demande de constituer un groupe afin de réaliser un projet. Si, dans votre groupe, chacun est soudé, “sur la même longueur d’onde aurique”, votre projet sera terminé en un rien de temps, et vous bénéficierez des honneurs de vos employeurs. Par contre, si dans le groupe existent une ou plusieurs “brebis galeuse”, l’énergie développée par votre groupe sera quasiment nulle ou très négative, les idées manqueront, votre travail n’avancera pas et le moral de vos “troupes” sera au plus bas ! Vous essuierez ainsi un cuisant échec auprès de vos responsables. Que se sera-t-il passé ? L’énergie développée par ce groupe à la base “malsain”, sera inexistante, voire malsaine. La meilleure solution aurait donc été que vous fassiez le travail seul, ce qui aurait été plus long, mais beaucoup moins difficile, étant donné que vous n’auriez subi aucune entrave à sa réalisation, contrairement à ce qui se sera passé dans votre groupe aurique négatif.

L’efficacité d’un égrégore repose sur la cohérence du groupe. Cohérence au niveau de l’identité, des objectifs, cohérence dans le temps et par-delà le temps.

Nourriture et mort de l'égrégore

La puissance d’un égrégore dépend de sa « masse psychique concentrée ou mobilisée ». La puissance et la nature de ces courants émis déterminent la qualité de la forme pensée aurique. Plus elle est alimentée et plus son rayonnement s’étend.

En contrepartie, moins elle est nourrie et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégore se créent, se développent, puis s’anémient et disparaissent. La durée de vie d’un égrégore dépend des paramètres identiques à ceux de toutes les institutions humaines. Plus elles sont vitalisées auriquement, plus on leur porte de l’intérêt et plus elles se renforcent. Dans le cas contraire, moins elles sont fertilisées et moins elles sont susceptibles de battre des records de longévité.

Faute d’être entretenu et nourri régulièrement, un égrégore se désagrège et meurt car il n’est pas autonome comme on peut le voir.

Source : http://www.energie-sante.net/fr/HP002_les-egregores.php

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L'Egrégore, Chaîne d'Union et fraternité invisible

29 Novembre 2012 , Rédigé par Jean Luc Maxence Publié dans #spiritualité

Charles Baudelaire, expert s'il en est en Fleurs du mal, disait que « la plus belle astuce du Diable est de nous persuader qu'il n'existe pas » . Évidemment, en transposant cette phrase célèbre, on peut écrire que les égrégores diviseurs, souvent, usent de la même malignité que Satan, se font oublier et veulent nous persuader qu'ils n'existent pas, en effet.
Alors, qu'en est-il en réalité ?... Ce qui s'impose, c'est la constatation vérifiable que dans presque toutes les cultures connues, en effet, on observe la présence d'un monde plus ou moins vaste d'êtres bons ou mauvais peuplant cet espace intermédiaire qui présente en même temps la dimension du Réel concret et celle de l'au-delà problématique...

L'homo religiosus a cherché depuis l'origine l'expression ou la personnification de la puissance des forces cachées ... Confronté à des phénomènes naturels qu'il ne savait guère interpréter ou expliquer, phénomènes bénis comme une tombée de pluie dans un désert ou maudit comme un tremblement de terre ou un déluge, il a progressivement inventé la métaphysique. L'homme s'est trouvé alors dans la démarche... créative ô combien...de tenter de capturer et d'influencer l'insaisissable grâce à une représentation sous des figures mythiques et magiques.

Au fond, s'inspirant de Ysé Tardan Masquelier qui introduit le langage symbolique en écrivant « il n'y a pas de symbole sans homme pour le penser » , nous dirons qu'il n'y a pas davantage d'égrégore sans homme pour le penser.

Pourtant, il s'agit de ne pas oublier qu'un symbole quel qu'il soit peut avoir plusieurs contenus de sens, en effet... »Un mythe est une vision unitaire du monde, il instaure des correspondances entre les divers ordres du réel, se fonde sur une intuition analogique, propose une explication globale »... Ainsi, entre la manière dont l'occultiste Eliphas Lévis considérait les égrégores quand il écrivait : « les égrégores sont des dieux ... Les agragores sont des esprits moteurs et créateurs de formes. Ils naissent du respir de Dieu ». Ou encore « les égrégores de la terre sont les génies de la mer et des montagnes ; pour les anciens c'étaient des dieux, pour la kabbale ce sont des esprits mortels ignorants et sauvages, parce que la terre est un monde des plus imparfaits » et ce qu'est devenu en notre siècle le mot d'égrégore lorsqu'il est employé en Loge maçonnique, il y a tout un monde !

Employé couramment dans le Temple, il signifie alors quelque chose comme le résultat hypothétique de la communion des énergies mystiques quand la chaîne d'union, durant une tenue maçonnique, est constituée... C'est opéré ainsi un important et incontestable glissement de signifiant.

Le terme « égrégore », pour les maçons de quelque obédience ou ordre que ce soit, semble, d'apparence tout au moins, faire l'impasse totale sur la presque totalité des données symboliques et mythiques . ... Le mot égrégore occupe souvent la bouche des Francs-maçons réunis en atelier...

Mais qui donc se souvient du récit mythique et significatif des anges qui veillèrent sur le « Mont Hermon » pour leur simple dimension d'être collectif ? ... Il semble bien que ce terme d'égrégore quand il est prononcé dans le cadre d'un rituel maçonnique, et « à couvert », n'a gardé que sa signification immédiate d'effets collectifs, d'énergies communautaires, en quelque sorte.

L'égrégore à raz les pâquerettes, à raz son sens premier, en somme...
Et pourtant, à peu près tous les historiens de la Franc-maçonnerie, savent et évoquent volontiers le véritable danger qu'il y a de négliger les effets qui peuvent être provoqués par une évocation, en quelque sorte « légère » de l'égrégore, par une demande intense et collective de frères espérant sa venue au cœur d'une chaîne d'union... On retrouve dans le souci qu'ils ont d'avertir leurs alter ego des périls ainsi encourus, cet effroi devant le Sacré.

En fait, l'égrégore pour les Francs-maçons est un temps particulièrement rare et privilégié dans la pratique du rituel collectif qui se déroule dans la Loge, moment où les frères présents au cours de la tenue éprouvent le sentiment d'une très intense communication entre eux, quels que soient leurs degrés et qualités, d'une communion fraternelle des énergies et vibrations... En résumé, l'égrégore semble un mot un peu galvaudé que l'on murmure souvent à voix basse, qui veut traduire des minutes d'émotion, la complicité exceptionnelle d'un groupe rassemblée autour d'un tableau de Loge (Naos), lors de la chaîne d'union, laquelle est donc cette figure constituée par l'ensemble des frères réunis, et se tenant par la main dégantée, de manière à former une boucle... Cette chaîne d'union peut être fermée si chacun croise les bras pour que le droit passe toujours par-dessus le gauche... Ce rite si particulier a lieu en général lors de la clôture des cérémonies, et elle est l'occasion d'une exhortation orale prononcée par le Vénérable Maître qui rappelle de façon solennelle le sens de ce geste qui lie fraternellement les personnes présentes ce jour-là dans la Loge à toutes celles qui les ont précédées et à tous les maçons de la terre, et même à ceux qui viendront après.

De même, a la fin des agapes, dans certains rites, les convives seront appelés à former à nouveau la chaîne... Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, par exemple, celle-ci est formée à la fin des travaux et complétée par une sorte d' « exhortation-prière » dont les termes sont laissés à l'initiative du Vénérable Maître... En fait, il est presque toujours rappelé que les frères doivent poursuivre au-dehors l'œuvre accomplie en Loge, dans le Temple, et l'égrégore, dans son sens commun de communion des énergies mystiques, s'y fait sentir souvent... Une connivence passe... Une fraternité agissante passe de chacun à chacun...

Alors, Dieu sait quoi d'indéfinissable descend parfois sur l'assemblée... Comme des anges, peut-être ? Comme si le groupe des officiants fort et UN par le certitude de son identité de vue, d'espérance, de pensée... Au fond, en maçonnerie, la chaîne d'union crée aussi, quand le rite est réussi, une force UNE, une entité invisible, peut-être ?...

Spirituel est toujours l'égrégore des Francs-maçons quand ceux-ci sont des initiés dignes de ce nom, c'est-à-dire toujours en quête d'un supplément de connaissance et de sagesse... Soyez Veilleur, souffle en quelque sorte l'égrégore... Et veilleurs jusqu'au bout de la quête que vous avez entreprise... Demeurez comme des dieux attentifs... Comme des dieux et des hommes devenus ainsi qu'un seul dieu par la vertu mystérieuse d'une fusion collective autour d'un même amour mutuel... Ainsi, plus souvent qu'il n'y paraît, en Loge, l'espace formé par la chaîne d'union devient le mont Hermon lui-même... Et les frères qui se transmettent connaissance et enseignement se sentent devenir à la ressemblance des égrégores remplis de la Sagesse des légendes mythiques...

Le collectif se transforme en entité en soi... l'entente est possible... Alors, toute chaîne d'union a son soleil mystique, comme dirait Eliphas Lévis... Tout « atelier » devient créateur et inspirateur d'initiatives de création... Toute entraide s'avère possible... Les apparences du voile sont transpercées de part en part, les visions communes deviennent lucides, le « vous êtes tous frères » s'incarne véritablement... La magie fraternelle opère à plein.

Toutefois, cette fraternité de l'égrégore triomphant, invisible et souvent indéfinissable, ne doit pas être confondue avec une connivence ou une convergence d'intérêts matériels ou, pire, par cette sorte de mafia maçonnique tant de fois dénoncée au-dehors par les profanes !... Si l'égrégore qui jaillit parfois de la chaîne d'union fait des miracles d'unité et de compréhension mutuelle, si elle suscite parfois des actes créatifs exceptionnels, l'égrégore peut être aussi parfois le hideux prétexte aux lâchetés collectives les plus criantes, aux injustices de caste, à l'esprit sectaire même... Les pires aliénations sont hélas possibles, les pires défigurations... Qui veut faire l'ange unitaire et gardien fait parfois le diable paranoïaque !
Il s'agit en somme de discerner l'égrégore qui ouvre vers la métanoïa des mystiques D transformation intérieure) et celui qui incite aux réflexes d'homéostasie, c'est-à-dire au repliement sur soi même et sur ses égoïsmes, y compris collectifs.
Ainsi, comme l'ange Gabriel, l'égrégore peut avoir une aile de lumière et une aile d'ombre.

C'est pour cela sans doute que sa fascination persiste en nos cœurs, que son aimantation se répercute d'un bout à l'autre de la chaîne d'union... L'égrégore, en définitive, fait penser symboliquement au pavé mosaïque de la Loge ... Carrés blancs et carrés noirs y font la vie contrastée et le choix possible...

Alors, au-delà de ses légendes d'origine, l'égrégore ne peut mourir tant que nous l'appelons sincèrement pour des œuvres de lumière...

Extrait du livre de Jean Luc Maxence par JDI

Source : http://esmp.free.fr/Bbilio-Numerique/0004-Egregore.htm

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Toute religion comporte un dogme, une morale et un culte.

25 Novembre 2012 , Rédigé par René Guénon Publié dans #spiritualité

Nous dirons que la religion comporte essentiellement la réunion de trois éléments d’ordres divers : un dogme, une morale, un culte ; partout où l’un quelconque de ces éléments viendra à manquer, on n’aura plus affaire à une religion au sens propre de ce mot. Nous ajouterons tout de suite que le premier élément forme la partie intellectuelle de la religion, que le second forme la partie sociale, et que la troisième qui est l’élément rituel, participe à la fois de l’une et de l’autre ; mais ceci exige quelques explications.

Le nom dogme s’applique proprement à une doctrine religieuse ; sans rechercher davantage pour le moment quelles sont les caractéristiques spéciales d’une telle doctrine, nous pouvons dire que, bien qu’évidemment intellectuelle dans ce qu’elle a de plus profond, elle n’est pourtant pas d’ordre purement intellectuel ; et d’ailleurs, si elle l’était, elle serait métaphysique et non plus religieuse. Il faut donc que cette doctrine, pour prendre la forme particulière qui convient à son point de vue, subisse l’influence d’éléments extra-intellectuels, qui sont, pour la plus grande part, de l’ordre sentimental ; le mot même de « croyances », qui sert communément à désigner les conceptions religieuses, marque bien ce caractère, car c’est une remarque psychologique élémentaire que la croyance, entendue dans son acception la plus précise, et en tant qu’elle s’oppose à la certitude qui est tout intellectuelle, est un phénomène où la sentimentalité joue un rôle essentiel, une sorte d’inclination ou de sympathie pour une idée, ce qui d’ailleurs, suppose nécessairement que cette idée est elle-même conçue avec une nuance sentimentale plus ou moins prononcée.

Le même facteur sentimental, secondaire dans la doctrine, devient prépondérant, et même à peu près exclusif, dans la morale, dont la dépendance de principe à l’égard du dogme est une affirmation surtout théorique ; cette morale, dont la raison d’être ne peut-être que purement sociale, pourrait être regardée comme une sorte de législation, la seule qui demeure du ressort de la religion là où les institutions civiles en sont indépendantes.

Enfin, les rites dont l’ensemble constitue le culte ont un caractère intellectuel en tant qu’on les regarde comme une expression symbolique et sensible de la doctrine, et un caractère social en tant qu’on les regarde comme des « pratiques » demandant, d’une façon qui peut être plus ou moins obligatoire, la participation de tous les membres de la communauté religieuse. Le nom de culte devrait proprement être réservé aux rites religieux ; cependant, en fait, on l’emploie aussi couramment, mais quelque peu abusivement, pour désigner d’autres rites, des rites purement sociaux par exemple, comme lorsqu’on parle du « culte des ancêtres » en Chine.

Il est à remarquer que, dans une religion où l’élément social et sentimental l’emporte sur l’élément intellectuel, la part du dogme et celle du culte se réduisent simultanément de plus en plus, de sorte qu’une telle religion tend à dégénérer en un « moralisme » pur et simple, comme on en voit un exemple très net dans le cas du Protestantisme ; à la limite, qu’a presque atteinte actuellement un certain « Protestantisme libéral », ce qui reste n’est plus du tout une religion, n’en ayant gardé qu’une seule des parties essentielles, mais c’est tout simplement une sorte de pensée philosophique spéciale. Il importe de préciser, en effet, que la morale peut-être conçue de deux façons différentes : soit en mode religieux, quand elle rattachée en principe à un dogme auquel elle se subordonne, soit en mode philosophique, quand elle est regardée comme indépendante ; nous reviendrons plus loin sur cette seconde forme.

On peut comprendre maintenant pourquoi nous disions précédemment qu’il est difficile d’appliquer rigoureusement le terme de religion en dehors de l’ensemble formé par le Judaïsme, le Christianisme et l’Islamisme, ce qui confirme la provenance spécifiquement judaïque que ce mot exprime actuellement. C’est que, partout ailleurs, les trois parties que nous venons de caractériser ne se trouvent pas réunies dans une même conception traditionnelle ; ainsi, en Chine, nous voyons le point de vue intellectuel et le point de vue social, d’ailleurs représentés par deux corps de tradition distincts, mais le point de vue moral est totalement absent, même de la tradition sociale. Dans l’Inde également, c’est ce même point de vue moral qui fait défaut : si la législation n’y est point religieuse comme dans l’islam, c’est qu’elle est entièrement dépourvue de l’élément sentimental qui peut seul lui imprimer le caractère spécial de moralité ; quand à la doctrine, elle est purement intellectuelle, c’est-à-dire métaphysique, sans aucune trace non plus de cette forme sentimentale qui serait nécessaire pour lui donner le caractère d’un dogme religieux, et sans laquelle le rattachement d’une morale à un principe doctrinal est d’ailleurs tout à fait inconcevable.

On peut dire que le point de vue moral et le point de vue religieux lui-même supposent essentiellement une certaine sentimentalité, qui est en effet développée surtout chez les Occidentaux, au détriment de l’intellectualité. Il y a donc là quelque chose de vraiment spécial aux Occidentaux, auxquels il faudrait joindre ici les Musulmans, mais encore, sans même parler de l’aspect extra-religieux de la doctrine de ces derniers, avec cette grande différence que pour eux, la morale, maintenue à son rang secondaire, n’a jamais pu être envisagée comme existant pour elle-même ; la mentalité musulmane ne saurait admettre l’idée d’une « morale indépendante », c’est-à-dire philosophique, idée qui se rencontra autrefois chez les Grecs et les Romains, et qui est de nouveau fort répandue en Occident à l’époque actuelle.

Une dernière observation est indispensable ici : nous n’admettons pas du tout, comme les sociologues dont nous parlions plus haut, que la religion soit purement et simplement un fait social : nous disons seulement qu’elle a un élément constitutif qui est d’ordre social, ce qui, évidemment, n’est pas du tout la même chose, puisque cet élément est normalement secondaire par rapport à la doctrine, qui est d’un tout autre ordre, de sorte que la religion, tout en étant sociale par un certain côté, est en même temps quelque chose de plus. D’ailleurs, en fait, il y a des cas où tout ce qui est de l’ordre social se trouve rattaché et comme suspendu à la religion : c’est le cas de l’Islamisme, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, et aussi du Judaïsme, dans lequel la législation n’est pas moins essentiellement religieuse, mais avec cette particularité de n’être applicable qu’à un peuple déterminé ; c’est également le cas d’une conception du Christianisme que nous pourrions appeler « intégrale », et qui a eu jadis une réalisation effective.

(René Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Extrait du chap.IV : Tradition et religion).

Source : http://esprit-universel.over-blog.com/

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Le dogme

25 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Grec dogma, du verbe dokeîn: ce qui paraît (par opposition à la réalité), ou ce qui semble vrai, juste, bon après réflexion ou examen. Chez les Grecs, et plus tard chez les Latins, ce mot désigne tantôt les opinions et tantôt les décrets. On l'emploie pour parler des doctrines distinctives des écoles philosophiques. En ce sens, le mot dogma se trouve, par un rapprochement piquant, le synonyme du mot haïresis dont on a fait: hérésie (voir ce mot). Enfin on en vint à l'opposer--tel un axiome--aux manières de voir personnelles et changeantes., Le dogme est ainsi une opinion revêtue d'une autorité qu'on ne discute pas. A Rome, le décret du Sénat [senatus consul-tum) était un dogme.
Dans le N.T. le mot dogme est employé dans le sens de décret ou édit (voir ces mots), qu'il s'applique soit aux ordonnances de Moïse (Eph 2:15,Col 2:14), soit aux édits de César (Lu 2:1,
cf. Ac 17:7), soit aux décisions du Synode de Jérusalem (Ac 16:4). Dans Col 2:20, le verbe dogmatizesthaï (être dogmatisé) signifie: se laisser imposer des prescriptions (légalistes). Jamais le mot dogme n'est employé lorsqu'il s'agit de la doctrine chrétienne, désignée chez les auteurs du N.T. par les molS-: évangile, prédication, parole (de Dieu).
Les Pères de l'Église appliquèrent ce terme dès la fin du II e siècle à l'ensemble de la doctrine et de la morale chrétiennes: «le dogme du Seigneur et des apôtres» (Ignace), «le dogme divin» (Clém. d'Alex.). Plus les siècles avancent et plus le dogme prend un sens restreint. Le dogme c'est la doctrine, par opposition à la morale (Cyrille de Jér., IV e siècle), ou encore l'enseignement systématique, par opposition à la prédication populaire (Basile de Césarée). Enfin, le langage ecclésiastique s'empare du mot dogme pour désigner «les vérités crues et officiellement enseignées dans l'Église, par opposition aux opinions particulières des docteurs et aux fausses doctrines de l'hérésie» (F. Bonifas); ex.: le péché, la rédemption, la divinité de J.-C, la justification par la foi, etc. On voit apparaître ici le double caractère du dogme ecclésiastique. Il tient à la Bible par les faits et les affirmations doctrinales de la
révélation--la grâce et la foi qui sauvent--, et il tient à l'Église, laquelle fournit les formules par lesquelles les vérités de la révélation biblique sont expliquées scientifiquement et exposées systématiquement suivant les lumières de l'époque.
Par la révélation biblique, le dogme a un élément de vérité éternelle; par la science de l'Église, le dogme a un élément humain, changeant; il est mis à l'épreuve du temps qui l'appelle, par la loi du progrès, à se transformer, quelquefois même à devenir désuet. Tel
dogme qui passionnait les anciens conciles et qui fit des martyrs nous laisse aujourd'hui indifférents. Pourquoi? Parce que dans la formule humaine de ce dogme la vérité éternelle mal comprise avait été mal rendue, lésée, trahie. Ceci nous avertit qu'une Église ne vit
pas par ses dogmes, dont la formule n'est pas dans la Bible, mais par le soin qu'elle met à rester fidèle aux faits et aux doctrines qui constituent la révélation biblique. Rejeter tout dogme, sous prétexte que le christianisme se présente à nous comme une vie, une puissance
spirituelle de régénération, est une erreur, car la vie chrétienne n'est pas indépendante des faits et des doctrines que nous présente la révélation biblique. Mais se camper sur un dogme formulé par telle Église ou par tel parti et excommunier les chrétiens qui n'en peuvent admettre la formule est une erreur non moins grave, car on méconnaît par là l'élément humain du dogme, on nie la légitimité du développement dogmatique, on s'inscrit en faux contre une réalité sans cesse démontrée par les faits, à savoir qu'il est difficile de trouver pour toutes les vérités chrétiennes une formule dogmatique qui puisse satisfaire tous les esprits et tous les tempéraments.
Dans la mesure où les dogmes lui sont nécessaires, l'Église doit éviter de les multiplier et se borner à exprimer par eux, sobrement, les faits fondamentaux ou les vérités essentielles que la Bible enseigne clairement et qui forment ensemble les éléments constitutifs de la religion chrétienne.
Quand l'Église, tout en se tenant sur le fondement des Écritures, prétend définir théologique-ment dans des dogmes les mystères de la révélation biblique, tout expliquer scientifiquement, et formuler l'ineffable (ex.: la nature de la divinité de Christ, de ses rapports avec le Père, du Saint-Esprit, etc.), au lieu de préciser la vérité elle la déforme, elle engendre des divisions en confondant la théologie et la religion, et devient persécutrice en confondant l'Église avec l'État (voir la situation de l'Église après le concile de Nicée 325 et celui de Constantinople 381).
Quand l'Église, abandonnant le fondement des Écritures, bâtit des dogmes sur les données de la tradition, elle égare la chrétienté (voir les décisions dogmatiques du concile de Trente 1545-1560, et du concile du Vatican 1870). Les Princes de l'Église sentent si bien la responsabilité encourue qu'ils s'efforcent de présenter les dogmes nouveaux comme implicitement contenus dans les dogmes anciens; le raisonnement est ici d'une remarquable subtilité (cf. Ecclesia,  1927, p. 105): le dogme nouveau, dit-on, n'est que l'épanouissement
d'une vérité déjà renfermée dans le dépôt de la révélation. Seulement, il lui a fallu généralement passer par quatre phases:
la phase de l'obscurité: la vérité est enveloppée, supposée par certaines pratiques, elle n'est vue distinctement de personne ou presque personne;
la phase de la controverse: la vérité se fait jour, mais elle est niée, contredite, elle crée une époque de confusion;
la phase de la croyance universelle: la vérité fait des progrès, gagne des partisans, finit par être reconnue par tous;
la phase de la définition solennelle:  «l'autorité supérieure la proclame comme un dogme de la foi» (Immaculée Conception, infaillibilité du pape, etc.), «et dès lors, un chrétien ne peut plus la nier opiniâtrement sans être rejeté de l'Église». C'est ainsi que le chrétien qui veut rester fidèle aux affirmations de la Bible et s'y tenir, se trouve, de par le dogme de l'Église, constitué hérétique et excommunié.
Le fait que des chrétiens que la même formule dogmatique ne peut réunir manifestent tous les jours dans leur vie qu'ils ont eu part à la même régénération, devrait rappeler aux uns et aux autres que l'Église de Jésus-Christ ne vit pas de la proclamation de tel ou tel dogme, mais de l'esprit de son Chef, qui déborde toutes les formules et sait fort bien, au besoin, se passer de toute spéculation théologique. Pour savoir ce que vaut un dogme et pour être fixé sur
la nécessité de son maintien dans l'Église, il faut l'examiner en fonction de l'Évangile «puissance de salut pour quiconque croit» (Ro 1:16). En effet, «c'est un caractère de tous les
dogmes clairement révélé dans l'Évangile, de tendre tout directement à la pratique...Aucune des vérités révélées dans l'Évangile n'est oisive et de pure spéculation: tout y est pour l'homme, tout y est calculé pour le régénérer, pour le redonner à Dieu» (Vinet).
Dans le langage courant, le mot dogme, comme le mot doctrine, désigne tantôt un point de vérité estimé fondamental et certain, et tantôt, collectivement, l'ensemble des vérités qui forment la croyance de telle philosophie ou de telle religion.
Dogme chrétien et doctrine chrétienne ont un objet semblable; toutefois la doctrine relève de la théologie biblique et le dogme de la théologie systématique. On appelle Dogmatique la discipline théologique qui s'occupe de la systématisation progressive de la vérité chrétienne, des formules où l'Église a exprimé les faits et les doctrines de la révélation biblique. Les fondements de la dogmatique sont: l'exégèse, la critique et la théologie biblique. Elle trouve aussi dans la philosophie des ressources qui lui ont souvent permis de briller d'un vif éclat, mais qui l'ont aussi fréquemment égarée en l'engageant dans des spéculations où la pensée
grecque se substituait aux notions hébraïques et à la révélation des deux Testaments.
L'Histoire des dogmes est la science qui nous raconte les développements de la dogmatique à travers les siècles; bien étudiée, elle doit nous rendre prudents dans nos jugements et larges dans nos convictions, car nous y voyons par combien de tâtonnements s'est accomplie jusqu'ici la systématisation des vérités chrétiennes et combien souvent l'Église, dans ses dogmes, est devenue elle-même hérétique, obligée par la suite de se ressaisir et d'être, réformée pour revenir aux articles de foi essentiels à son développement spirituel. Cette Histoire doit enfin nous mettre en garde contre l'abus des formules abstraites, les dangers d'une scolastique où des mots prétentieux et vides prennent la place de l'expérience de la
foi, et où s'accomplit, dans un vain bruit de vivre, l'intellectualisme d'une orthodoxie morte. Voir Bible (Commentaires sur la), Critique, Doctrine. Alex. W.

Source : http://456-bible.123-bible.com/westphal/1462.htm

 

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La réalisation théomorphique chez Martinez de Pasqually

23 Novembre 2012 , Rédigé par Murilo Cardoso de Castro Publié dans #spiritualité

La perception du rapport analogique est peut-être le seul acte réellement fécond dont soit capable l’esprit humain. Elle est à la base de toute la rhétorique et de toutes les opérations de symbolisation, au cœur des trouvailles les plus efficaces de l’image poétique, si l’on accepte la définition célèbre qu’en donnait M. Reverdy, comme des seules démarches vraiment progressives du raisonnement logique, dont le moment essentiel est celui où les prémisses sont choisies et rapprochées en vertu d’une sorte de pressentiment que leur alliance sera féconde. Aussi, une logique de l’analogie, si elle devenait un jour possible sur des bases plus solides que celles de la symbolisation freudienne, nous ferait-elle sans doute apparaître la démonstration mathématique comme un cas particulier de l’image poétique. Il suffira, pour l’instant, que la possibilité idéale d’une telle logique soit entrevue pour que l’on se garde de traiter trop légèrement ceux qui ont fait de l’analogie la démarche ordinaire de leur pensée.

Or, il est un domaine qui paraît réfractaire à tout procédé de spéculation plus précis, et c’est la théologie mystique. L’analogie seule peut nous donner l’espoir de franchir la distance de la nature physique, et de notre nature, à la nature divine, et de réunir les éléments d’une représentation plus ou moins grossière de celle-ci. Reste à se demander en quel sens le rapport analogique de Dieu et de l’homme peut et doit être considéré. Autrement, est-ce de la connaissance de l’homme que l’on s’efforcera d’inférer une connaissance de Dieu, ou est-ce de la connaissance de Dieu que l’on s’efforcera d’inférer une connaissance de l’homme ?

La représentation de Dieu sous une apparence et des caractères humains se rencontre peut-être la première : le mana, si on le considère comme primitif, est du divin senti, mais non représenté ; et la représentation totémique, même chez Durkheim, n’est pas, ou n’est pas encore une représentation de Dieu. C’est ensuite l’anthropomorphisme, c’est-à-dire le système dans lequel, consciemment ou non, on passe de la connaissance de l’homme à la connaissance et à la représentation de Dieu. Le sens du vecteur analogique est de l’homme vers Dieu. On proposera l’appellation de théomorphisme pour les doctrines dans lesquelles ce n’est plus Dieu qui est conçu à l’image de l’homme, mais l’homme qui est conçu comme étant à l’image de Dieu. Le vecteur analogique va ici de Dieu vers l’homme.

Le sens de ce vecteur est bien la caractéristique des deux attitudes. Il va de soi, en effet, qu’entre l’anthropomorphisme de Dieu et le théomorphisme de l’homme, la distinction sera pratiquement fort délicate à établir. Ainsi la référence aux versets 26 et 27 de la Genèse ne suffira pas pour prouver le caractère théomorphique des interprétations courantes de la Bible. Au surplus, c’est toujours l’homme qui nous est donné empiriquement et familièrement, et il paraîtra dès lors peu important à certains de savoir si cet objet de l’expérience est le portrait ou l’original de la divinité à laquelle nous prétendons accéder à travers lui. L’affirmation que l’homme a fait Dieu à son image est une affirmation sceptique, qu’une doctrine religieuse ne professe jamais explicitement. Nous ne pourrons donc la déceler qu’en observant dans quel sens chemine la connaissance à l’intérieur de la doctrine constituée. Si nous nous apercevons que le contenu de sa notion de Dieu n’a pu se former que par des analogies humaines, son caractère anthropomorphique ne pourra plus être sérieusement discuté. C’est ainsi, par exemple, que l’élaboration cartésienne de la divinité comporte au moins une démarche visiblement anthropomorphique, celle où Descartes, qui a établi sa propre existence à partir du fait de sa pensée, établit l’existence de Dieu à partir du sentiment d’imperfection de cette pensée. Car, en ce moment, il considère la pensée, non plus comme un être indéniable et indéterminé, mais comme un état qualifié dont le complément est une qualification toute humaine de Dieu, désormais considéré comme parfait. On sent bien, et Spinoza a très bien senti, le progrès qui serait réalisé par une doctrine dans laquelle la connaissance cheminerait rigoureusement de Dieu vers l’homme.

Est-ce possible, et le théomorphisme n’implique-t-il pas un anthropomorphisme préalable ? Le vecteur part de Dieu, disons-nous, mais comment est-on arrivé à Dieu ? N’est-ce pas par analogie, et par une analogie humaine ? Ce qui reviendrait à faire du théomorphisme une façon différente d’exposer la connaissance de Dieu, mais non de l’acquérir et à l’opposer à l’anthropomorphisme un peu comme on oppose la phase déductive et la phase inductive dans le discours scientifique. Il est évident que nous ne pouvons exclure complètement le raisonnement qui conclut de l’homme à Dieu. Ainsi le maître dont nous allons parler, Martinez de Pasqually, nous signalera comme instructifs des détails de la structure humaine, l’inégalité des cinq doigts de la main, par exemple, et la tendance à utiliser ces analogies, relativement peu marquée dans son Traité de la Réintégration, l’était peut-être davantage dans son enseignement oral et se retrouve très nettement chez son disciple Saint-Martin, même avant qu’elle soit exacerbée par l’influence de Bœhme. Mais il est clair que cette relation analogique doit être conçue comme une relation de signe à chose signifiée. Dieu n’a de main en aucun sens, mais la main de l’homme signifie quelque chose dans le plan divin. Les caractères humains ne sont en rien plus essentiels à la divinité que les caractères d’imprimerie ne sont essentiels à la pensée.

Enfin et surtout, le théomorphisme échappe au reproche d’anthropomorphisme préalable par un coup de force et un coup de génie à la fois : la connaissance ne part pas, en effet, d’une représentation anthropomorphique de la divinité, parce qu’elle ne part d’aucune représentation définie de cette divinité. Dieu est comme une source de lumière que sa luminosité même nous empêche de regarder, si bien que, quoique le sens du vecteur analogique soit de Dieu vers l’homme, ce n’est pas en Dieu que nous le verrons lui-même, mais dans l’homme, miroir plus encore que portrait de la,divinité. Dieu ne commencera à être représenté que par ie reflet de sa propre lumière sur le miroir humain. On voit tout de suite l’extrême délicatesse de la méthode : car il faudra veiller soigneusement à ne renvoyer vers Dieu que la seule lumière venue de lui, et non point une autre qui nous serait propre. Mais on en voit aussi l’intérêt, car si elle est rigoureusement entendue, nulle autre ne pourra concevoir Dieu d’une façon aussi pure, tout en pénétrant le sens du monde phénoménal d’une façon aussi complète.

On retrouverait assez facilement des formes partielles de l’attitude théomorphique : ainsi dans la voie ascétique et mystique qui est celle de l’Imitation de Jésus-Christ, où le rapport de l’homme à Dieu est considéré non tant comme réellement existant dans la morphologie de l’homme que comme devant idéalement exister dans son être spirituel grâce à la morale et à la piété, le corollaire est mis dans une plus grande lumière que le théorème. Et c’est vraisemblablement dans le courant kabbaliste, ou mieux dans Je courant général de l’ésotérisme occidental que nous trouverions l’effort le plus soutenu pour rester fidèle à la méthode ici définie. On se contentera d’en souligner l’emploi dans l’œuvre du maître le plus original de la mystique française au XVIII8 siècle, Martinez de Pasqually.

Nous nous appuierons principalement sur le Traité resté incomplet et publié à la fin du siècle dernier [Traité de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissances spirituelles et divines (Paris, Chacornac, 1899). Cf. naturellement aussi l’ouvrage fondamental de M. Van Rijnberk, Martinez de Pasqually, 2 volumes, Derain-Raclet, Lyon, 1938]. On connaît trop peu ce grand texte : Matter se plaignait que l’on ne pût atteindre Martinez, comme Socrate, qu’à travers son Platon (Saint-Martin) ou son Xénophon (l’abbé Fournie). Le Traité, c’est Socrate lui-même ; avec toute l’ardeur et tout le décousu de l’exposé oral. On croit entendre en le lisant la voix du maître improvisant péniblement son livre dans son mauvais jargon, devant ses disciples, Grainville ou Champoléon, qui le reprennent sur son style, demandent des explications, obligent ainsi sa pensée à faire un effort pour s’expliquer de plus en plus clairement, si bien que l’exposé revient parfois sur ses pas, progresse, propose successivement plusieurs versions qui se contredisent parfois en partie1, avant de s’en tenir à l’explication la plus satisfaisante. Ainsi avons-nous à poursuivre la pensée de Martinez comme celle d’un interlocuteur qui n’arrive pas toujours à se faire comprendre, d’autant plus qu’il écrit pour ses disciples déjà Réau-Croix, c’est-à-dire très préparés, en principe, à le lire et à le saisir à demi-mot.

De prime abord, le traité se présente, on Je sait, comme un commentaire courant et un complément de quelques textes bibliques (presque tout le livre de la Genèse, sauf l’histoire de Joseph ; l’histoire de Moïse et ses instructions ; et quelques pages sur l’histoire de Saül). Bien que s’appuyant ainsi à chaque instant sur le texte biblique inspiré, Martinez reste cependant fidèle à la méthode métaphysique, grâce à son procédé fondamental d’interprétation, la notion de « type ». Selon lui, les épisodes bibliques s’éclairent, en effet, les uns les autres, dès que l’on est capable de les rapprocher convenablement : ils se répètent et symbolisent les uns avec les autres, d’Adam à Jésus-Christ. L’interprétation consistera donc à faciliter ces rapprochements et à les mettre en pleine lumière : l’explication jaillira alors d’elle-même. C’est en cela que consiste le dégagement des types. Le type est en quelque sorte, dans le Traité, la forme canonique du raisonnement par analogie. Il est supérieur à la fois au symbole et à la prophétie, parce qu’il est tourné à la fois vers le passé et vers l’avenir : « Un type est une figure réelle d’un fait passé, de même que d’un fait qui doit arriver sous peu de temps » (Traité, p. 153), alors que le symbole et la prophétie ne concernent que l’avenir, et que la prophétie n’est même qu’une menace sur l’avenir dont la réalisation reste subordonnée à la miséricorde de Dieu et à la conduite de la créature.

L’usage de cette notion de type est constant le long du Traité : Adam, Caïn et Abel font le type du Créateur avec les premiers esprits émanés et Adam (81) ; Adam est le type du vrai Adam ou le Christ ; Abel est type de Celui qui viendra ; Gain, type des prophètes ; Noé fait le type du Créateur ; le déluge et les événements qui suivent font le type de la création universelle ; Abraham avec Ismaël et Isaac répète le type d’Adam avec Caïn et Abel ; Abraham avec Isaac fait le type du Créateur avec le Christ ; Isaac avec Jacob et Esau font le type du Créateur avec les premiers esprits et Adam ; Abraham avec Isaac et Jacob font le type d’Adam avec Abel et Seth ; Esaû est le type de Caïn et de Cham ; Moïse répète les types de Noé ; en différents temps, Moïse présente également le type du Créateur, du fils du Créateur et de l’Esprit divin, etc. [Respectivement : 66, 79, 89-94, 141, 178, 214-216, 222, 223, 236, 240, 290]. Nous avons multiplié les exemples pour montrer la généralité de l’emploi du procédé, très souvent c’est la considération du type qui guide Martinez dans les adjonctions qu’il fait au récit canonique : ainsi nous parle-t-il de la joie qui mondait Eve pendant qu’elle était grosse d’Abel, bien que la Genèse soit muette sur ce point, parce que cet événement a été répété « vers le milieu du temps » par la grossesse de Marie et d’Elisabeth. C’est comme un reflet de la joie du Magnificat qu’il saisit déjà sur le visage de l’hommesse à peine créée. Sur des points de détail comme celui-là, l’imagination poétique de Martinez contribue à accentuer le type en retouchant le récit biblique. Mais ce reproche ne tient pas devant l’immense généralité de l’emploi du procédé. Et si plusieurs de ces analogies sont couramment invoquées par la liturgie romaine, l’originalité de Martinez est de s’en servir pour simplifier l’intelligence du texte sacré. Le type, en effet, réduit prodigieusement la diversité des événements, puisque ceux-ci se représentent les uns les autres. Ainsi voyons-nous les faits se surperposer bien plus exactement que les visages sur les clichés composites de Gaiton, s’emboîter de manière à ne plus offrir finalement à notre esprit qu’un seul fait, une unité au lieu d’une diversité. Puissance singulière d’un procédé de pensée qui fait évanouir la durée jusque de l’histoire et nous libère déjà, autant qu’il est en lui, de ce que nous apprendrons petit à petit à mieux connaître comme la source de toutes nos misères, l’esclavage par rapport au temps.

Et cet unique fait qui devra nous retenir, c’est le rapport de l’homme avec Dieu et l’obscurcissement de ce rapport, si bien que l’histoire n’est plus qu’un perpétuel développement de ce thème et de cette situation, une représentation indéfiniment multipliée de ce qu’il y a d’invariable dans la condition humaine, comme si Dieu avait décidé pour notre plus grand profit de nous en obséder sans cesse.

Il suffît donc de se borner au récit du seul événement, à proprennent parler, qui soit jamais arrivé, c’est-à-dire la chute des premiers esprits et de l’homme, ou encore l’origine de pensées distinctes de la pensée divine. C’est la partie de loin la plus connue de la théologie martinéziste. De Dieu, nous considérerons simplement au départ qu’il est, et qu’il est immuable. Il est, car il est l’être, et il est immuable, car il ne peut jamais revenir sur ses actes, ou plus strictement encore, sur ce qu’il est en acte. L’être ne peut se déjuger sans se défaire. Tout être spirituel existe d’abord en Dieu et comme l’être de Dieu. Dieu se glorifie en établissant les règles immuables d’un culte envers lui-même, c’est-à-dire en définissant son rapport à ces êtres spirituels : ce qui implique leur émanation comme êtres libres et distincts. L’émanation des premiers esprits est fondée sur ces règles, nous dit en effet Martinez ; ce sont donc elles qui entraînent l’individuation de l’être, et la liberté n’est que la faculté de s’y soumettre ou non. La liberté de Dieu est limitée par ces lois, car l’immuable ne peut revenir sur elles ; et des libertés émanées, il est attendu qu’elles s’infléchissent dans le sens du culte. L’émanation ne comporte rien de plus ; en particulier, elle n’entraîne aucune délégation du pouvoir spirituel émanateur. Le système établi entre Dieu et les premiers émanés n’est pas susceptible de se retrouver entre ceux-ci et des êtres qu’ils émaneraient à leur tour. Que quelques esprits libres tentent de singer ainsi leur émanateur, ils abusent de leur liberté, — et dès que cette pensée est conçue en eux, c’est la prévarication et l’origine du mal spirituel, dont Dieu n’est pas responsable, puisqu’il résulte du jeu, par définition imprévisible, de la liberté de ces esprits.

Ici commence le temps. La convention qui fondait les rapports des premiers esprits avec Dieu est violée en ce qui concerne ces prévaricateurs ; leur séparation va être totale, parce que Dieu écarte de lui leur malice. Sur son ordre, certains esprits restés fidèles produisent d’eux-mêmes trois essences spiritueuses, et ils en forment le monde du temps, que nous appelons matériel [Ibid., 354. Il s’agit, on le sait, des esprits inférieurs du cercle ternaire]. Ce sera la prison des prévaricateurs, l’instrument de leur séparation d’avec Dieu. Et pour être leur geôlier, Dieu émane un nouvel être spirituel distinct : Adam. L’émanation d’Adam est donc elle-même d’abord d’essence contractuelle ; Adam a une fonction à remplir. Dieu le charge de connaissances et de puissances : puis il l’abandonne à son libre arbitre et l’émancipé. On sait le reste : le mineur émancipé prêtera une oreille trop complaisante aux suggestions de ses prisonniers. Il a le pouvoir de se donner une postérité purement spirituelle, de corps glorieux comme le sien propre, à condition que, dans cette opération, sa volonté et celle de Dieu soient jointes (comme si, bien qu’émancipé, pour cet acte, et pour cet acte seul, le mineur avait besoin que se joigne à la sienne la volonté de son tuteur). Sous l’influence des esprits pervers dont il a la garde, Adam va essayer à son tour de donner le jour à des êtres spirituels. Il a cette pensée, il l’accomplit : et le résultat, à son grand étonnement, est « une forme ténébreuse et toute opposée à la sienne », à laquelle il donnera ensuite, pour reconnaître sincèrement sa prévarication, le nom de Houva, ou Homesse (Ibid., pp. 27, 53). Cette fois encore l’être émané a rompu le contrat, et Dieu va se séparer de lui. La forme à laquelle il a donné naissance est de nature spiritueuse, et non spirituelle, semblable donc au monde qui sert de prison aux pervers. La forme de l’homme est changée en une forme semblable à celle du fruit de sa faute, — et désormais il devra se servir de celui-ci pour avoir une postérité qui sera une postérité d’hommes et non plus une postérité spirituelle de Dieu. L’homme est envoyé rejoindre ses anciens prisonniers dans le temps et habiter sur la terre « comme le reste des animaux ». Non pas sans espoir toutefois ; par sa sincérité et son repentir, Adam obtiendra sa réconciliation, et Dieu lui restituera en partie ses vertus et puissances et la possibilité de lui rendre un culte selon les nécessités de sa nouvelle forme et de sa nouvelle situation.

On remarque tout de suite quelques particularités de cette interprétation de la Genèse : par exemple, la façon de concevoir le rôle de la femme dans la chute. Eve est la conséquence du mal et le mémorial de la faute beaucoup plus qu’un agent actif ou la collaboratrice du mineur. L’infériorité des postérités femelles, qui est certaine, fient donc à l’origine même de la forme féminine.

D’une façon plus intéressante, on voit que, par une vue profonde, c’est dans une analyse de la puissance créatrice et de l’acte créateur que Martinez, cherche la nature de la faute. Le principe du mal spirituel, c’est la volonté de concurrencer l’œuvre de création ou d’émanation de Dieu. Il est hors de la puissance d’aucun être particulier de rien ajouter à l’être. Toute tentative de création qui ne fait pas la part de la collaboration divine est mauvaise. Ainsi, l’homme, dont l’être est l’être même de Dieu, est capable, s’il se soumet à sa nature profonde, d’avoir une postérité de forme spirituelle et glorieuse, une postérité de Dieu. Mais sa faute, perpétuée dans la hideuse apparence matérielle, est d’avoir manqué à sa vocation et à sa nature, d’avoir déformé Dieu en lui. Le théomorphisme, règle de conduite, est ici absolument inséparable du théomorphisme, principe de structure.

La nature du châtiment enfin nous en apporte la confirmation. La matière en est l’instrument essentiel. Ce que nous appelons ainsi, produit par des principes spiritueux grâce à un être spirituel divin, n’est pas un être radicalement distinct de l’être. La matière n’est pas un être du tout, elle est une apparence. Les formes corporelles sont nées dans une explosion du chaos, par une sorte de refus de l’esprit devant l’être fantomatique de la matière, de constatation de son incompatibilité avec elle. Et « il n’est pas possible de regarder les formes corporelles présentes comme réelles sans admettre une matière innée dans le Créateur divin, ce qui répugne à sa spiritualité ... » [Ibid. 149 ; cf. 161-163]. Distinction qui se complète par celle de la création et de l’émanation : « La création n’appartient qu’à la matière apparente, qui, n’étant provenue de rien, si ce n’est l’imagination divine, doit rentrer dans le néant ; mais l’émanation appartient aux êtres spirituels qui sont réels et impérissables. » [Ibid., 176. II serait de la plus haute importance de savoir ce que devient cette distinction’ dans le texte du manuscrit non publié du Traité, celui du prince Chrétien de Hesse. On sait en effet par M. Van Rijnberk (op. cit., 58) que ce manuscrit porte fréquemment sinon toujours le mot « créé » là où le texte publié par M. Philipon porte le mot « émané »]. Il ne peut donc être question de création, si paradoxal que cela paraisse, que pour les êtres qui ne sont pas. Ainsi Adam a perpétré lui-même en créant Eve le brouillard qui le sépare désormais de l’Eternel. A la fin des temps, la matière générale s’effacera de la présence de l’homme comme un tableau s’efface de l’imagination du peintre (115), mais d’ici là, Adam est emprisonné dans le songe de Dieu et dans son propre mensonge ; il ne pourra plus avoir de postérité que par Eve et à travers Eve, c’est-à-dire qu’il ne pourra plus produire que des œuvres chargées de matière et donc irréelles. Il est corps et âme, une forme apparente qui lui rappelle sa faute, et une forme réelle et éternelle qui s’en repent. Pour Martinez (un peu comme pour Pascal), nous ne pouvons comprendre la nature de l’homme que si nous voyons en lui un mineur en privation auquel la vue de Dieu est dérobée par un fantôme de l’imagination divine — Dieu séparé de Dieu par une divine, mais non tout à fait impénétrable fumée.

Cela peut encore se préciser. Adam, avant la prévarication, est revêtu d’une forme glorieuse, « forme apparente que l’esprit conçoit et enfante selon ses besoins et selon les ordres qu’il reçoit du Créateur. Cette forme est aussi promptement réintégrée qu’elle est enfantée par l’esprit » (Ibid., p. 57). Bien que forme apparente, elle n’est pas d’origine spiritueuse comme la matière, mais purement spirituelle, formée par des esprits, comme la nue qui déroba Moïse sur le Sinaï à la vue d’Israël (283). Elle n’ôte donc rien à l’homme de sa nature de pur esprit, universel dissolvant.

Adam est un esprit qui lit dans l’esprit, il est en Dieu, distinct de Dieu par sa seule fonction : la garde des pervers et le culte à rendre, c’est-à-dire une manière d’être à observer vis-à-vis de la créature et du Créateur. L’individuation, nous l’avons dit, est purement fonctionnelle ; elle se fait par lois, commandements et préceptes, ou, si l’on préfère, par poids, nombres et mesures. Adam est le véritable émule du Créateur, l’homme-dieu. Son privilège essentiel est double : d’abord la communication intégrale et immédiate de toute pensée divine et démoniaque ; et ensuite le pouvoir de se donner à lui-même, sous la réserve du concours de la volonté divine, mais ce concours n’aurait jamais été refusé, une postérité de forme spirituelle semblable à la sienne. Bref, Adam est Dieu-émané (32).

Or, de même que l’être ne s’acquiert ni ne se perd, de même l’homme ne peut avoir cessé d’être Dieu. Quant à son être, il est toujours ce qu’il était, mais il a perdu son double privilège : il a perdu son corps de gloire et son pouvoir de créer une postérité de Dieu. Et surtout, il n’a plus la communication spontanée de la pensée divine. Adam a possédé toutes les sciences et toutes les connaissances spirituelles, mais il a tout perdu, du moment qu’il n’a plus la connaissance transparente de Dieu, que celle-ci est oubliée, effacée de son esprit : « C’est la matérialité qui met en nous l’oubli », disait un philosophe ; séparé de sa forme chaotique le mineur jouirait, en effet, pleinement « de la lumière impassive spirituelle et inaltérable qui est innée en lui-même » (163). C’est notre corps, en somme, qui nous cache la vue de notre âme.

L’état présent de l’homme quant à la pensée s’exprime d’ailleurs en un mot : l’homme n’est plus pensant, il est pensif. Il était pensant lorsqu’il atteignait la pensée par une vue directe. Désormais, il ne peut plus la connaître que par communication : elle lui vient grâce à un être différent de lui, esprit divin qu démoniaque (car le démon, lui, a gardé la faculté de penser : ce qui lui manque c’est la faculté de communiquer désormais avec la pensée divine). La chute a opéré une dégradation de notre faculté de penser comme elle a opéré une dégradation de notre faculté de nous reproduire. Déjà, à l’instant de la prévarication, la pensée du crime n’était point de l’homme, mais du pervers qui le tentait, le chef des démons, « arbre de vie du mal pour une éternité ». La liberté de l’homme n’est donc pas dans la pensée, mais dans son pouvoir d’accepter ou de refuser la pensée qui lui est proposée par l’être bon ou mauvais. La réintégration du mineur dépendra de sa fermeté à repousser l’être mauvais, étranger à lui et à sa forme. On comprend ainsi comment, bien que l’homme soit à l’image de Dieu, il puisse cependant être coupable : c’est qu’il est accessible à la pensée démoniaque ; le mal ne se fait que lorsque l’intellect démoniaque se substitue à nous, le mal ne s’accomplit sur la terre que par des possédés. Ainsi tout le mal se rattache toujours et uniquement à la même première opération mauvaise, puisque c’est de celle-ci que date la dégradation de notre faculté de penser [Il ne peut être question de vérifier psychologiquement la doctrine de Martinez. On noiera cependant ce texte d’un grand mystique possédé, le P. Surin, décrivant son état alors qu’il est possédé à son tour, après avoir essayé d’exorciser les Ursulines de Loudun : « Je ne saurais vous expliquer ce qui se passe en moi durant ce temps, et comme cet esprit s’unit avec le mien sans m’ôter ni la connaissance, ni la liberté de mon âme, et se taisant néanmoins comme un autre moi-même, et comme si j’avais deux âmes, dont l’une est dépossédée de l’usage de mon corps et de ses organes, et se tient à quartier regardant faire celle qui s’y est introduite. Ces deux esprits se combattent en un même champ qui est le corps, et l’âme même est comme partagée et selon une partie de soi est le sujet des impressions diaboliques, et selon l’autre des mouvements qui lui sont propres ou que Dieu lui donne » (apud P. Pourrat, La Spiritualité chrétienne, IV, 97 ; Paris Gabalda, 1928)].

Que pouvons-nous faire pour échapper au mal et remettre en évidence notre caractère divin ? Ou encore en quoi consistera le bien et le culte resté au pouvoir de l’homme déchu ? Il reste évidemment dans l’homme une sorte de base, l’âme, bonne en elle-même, qui tient à son union substantielle avec Dieu ; il a des sagesses, vertus et puissances, qui sont en lui « la pensée, l’image et la ressemblance du Créateur ». Mais ce fond de la nature humaine ne détermine pas nécessairement l’action, puisque celle-ci, chez l’homme tombé, exige toujours deux autres facteurs : la volonté libre et la pensée insinuée en lui par un esprit divin ou démoniaque. Si toutefois l’action bonne est marquée du nombre 3 parce qu’elle exige réellement ces trois facteurs : puissance innée du mineur, la pensée insinuée et la puissance directe de l’esprit divin majeur, l’action mauvaise de son côté est marquée du nombre 2, nombre de confusion, car l’âme s’y abandonne de telle façon à l’intellect démoniaque qu’elle s’identifie à lui jusqu’à devenir « le tombeau de la mort ». Le moment capital qui décide de la qualité de l’action est donc celui de la pensée insinuée ; selon que celle-ci sera bonne ou mauvaise, l’action du mineur le sera aussi : « La liberté enfante la volonté et la volonté adopte la pensée bonne ou mauvaise qu’elle a conçue, et sitôt qu’elle en a obtenu le fruit, le mineur revient sur lui-même et, méditant sur le produit de son opération, il devient lui-même le juge du bien et du mal qu’il a commis » (Ibid., p. 343). Il y aura donc deux espèces de bonnes œuvres : celles que l’homme pourra produire en vertu de sa puissance innée, qui seront faibles et ne pourront être dites lui appartenir, car elles sont directement de Dieu en nous ; et celles que l’homme accomplira lorsque sa propre puissance sera multipliée par le concours d’un esprit majeur bon, actions vives et parfaites qui seront bien au mineur, car ce sera lui qui aura tout fait pour solliciter ce concours de l’esprit majeur et s’y abandonner.

C’est ici le fondement de l’ascèse, de la mystique et de la spéculation martinézistes. Ascèse, car la tâche de l’homme sera de se purifier très profondément, non seulement de la cupidité des biens de la matière, mais encore de la curiosité à leur sujet : « Les formes de cet univers n’existent point réellement en nature, ni d’elles-mêmes, mais seulement par l’être qui les anime, et tout ce qui paraît exister se dissipera... promptement » (256), — la matière, est un songe qui ne doit pas nous retenir comme une réalité. Mystique, car il sera de la plus grande importance de s’assurer ensuite de la collaboration d’un esprit majeur avec le mineur purifié, et ce sera le rôle de la prière et de la théurgie. Et enfin, au-delà, il y a place pour une nouvelle connaissance spéculative : les sciences de la matière sont définitivement condamnées, et il n’est pas question d’y revenir, mais si la matière est un songe, c’est un songe de Dieu, et nous pouvons en quelque sorte le psychanalyser pour remonter à son auteur. En ce sens, toutes les apparences retrouvent une raison d’être comme elles sont, et on peut proposer une interprétation théomorphique même de ce qui n’est pas, comme les formes corporelles et, en particulier, la nôtre ; la pensée n’est plus dupe des variations temporelles et elle retrouve une sorte d’intelligence sub specie aeternitalis.

Dans cette voie spéculative, l’homme sera guidé par la tradition jusqu’à lui des révélations successives. Adam lui-même, s’il a perdu la connaissance directe et le culte spirituel, s’est vu cependant investi de la charge d’un culte nouveau proportionné à ses moyens d’opération ; il a été capable de procréer Abel conformément au plan divin, sans excès charnel, et, grâce à cet enfant, il a été réconcilié. A mesure que l’on s’éloigne de lui, la révélation primitive s’efface de la vue et de la mémoire des hommes ; mais elle a été renouvelée par le mécanisme des types qu’ont fait, au cours des temps, une série de mineurs pensants et non pensifs, députés par l’Eternel : ainsi Enoch, Noé, Melchisedech, etc. ; et enfin par le type qu’a fait le Christ. C’est une perte irremplaçable que l’inachèvement du Traité, et l’on ne peut s’empêcher de rêver à la richesse d’interprétation que Martinez nous aurait dévoilée s’il avait poussé son commentaire jusqu’au Nouveau Testament. Mais l’importance qu’il accordait au Christ n’est point douteuse par ce que nous savons de lui, et par ce que nous possédons de son œuvre (ainsi les pages sur le type du Christ en Abel, 110-117). Esprit doublement puissant, octenaire, Fils et Verbe du Créateur, le Christ a synthétisé tous les types qui pouvaient faire révélation, de manière à peindre à l’homme, avec une clarté aveuglante, encore qu’elle ne soit pas aperçue de tout le monde, son entière condition. Il s’est détourné d’Israël et a appelé tous les hommes (sauf la postérité de Caïn) à la réconciliation. La réalisation théomorphique était chez lui accomplie, puisque son incarnation volontaire n’était pas, comme celle d’Adam, le fruit d’une prévarication. Aussi, bien qu’il ait combattu le démon comme un être pensif, notamment lors de la tentation, il lui a infligé de telles molestations que son état de resserrement est incomparablement plus rigoureux depuis sa venue. Mais, pour nous aussi, le Réconciliateur est venu, et il nous sera demandé bien plus qu’à ceux qui ne le connurent point.

Enfin, si l’intelligence de notre nature et du cryptogramme de la nature physique nous est ainsi suggérée, indépendamment de nos propres expériences, par les secours successifs des mineurs élus et par le secours de l’esprit doublement puissant, nous pourrons encore reconnaître la vérité à son rayonnement. L’assentiment commun et complet est toujours le signe d’une spiritualité distincte de celle des individus : passager et limité, il peut être le fait d’une pensée entièrement démoniaque, mais durable, il se fonde certainement dans la pensée divine. L’œuvre démoniaque est une œuvre de division et de confusion : « Il n’y a pas parmi les hommes de matière, deux pensées, deux actions, deux opérations qui puissent s’accorder... » (111). L’homme abandonné à lui-même ne sera pas capable non plus de réconcilier vingt personnes à sa volonté. Mais si la multiplicité éloigne de la vérité, la vérité, au contraire, unit les esprits ; elle opère dans le sens de l’unité théomorphique à retrouver, en assimilant les esprits les uns aux autres, en restituant autant qu’elle le peut la pensée transparente et sans limites individuelles, hors de la matière et du temps.

On pouvait le prévoir, si la conséquence du péché est la dégradation de notre faculté de penser, le travail devra tendre surtout à remédier à cette infériorité. Il nous faut déchiffrer la pensée avec peine, c’est-à-dire « opérer comme un être purement spirituel temporel, sujet au temps et à la peine du temps » (315). Essayons cependant de remonter vers notre état premier. Il ne paraît guère possible d’y parvenir pendant notre existence temporelle terrestre et de franchir d’un seul bond les trois cercles sensible, visuel et rationnel, qui nous renferment comme les trois cercles dont se servent les voyageurs pour repérer leur position terrestre. Nous n’échapperons pas au purgatoire [Cf. définition, p. 219. La métempsychose est formellement exclue, quoique ait pensé Frank. Cf. notamment 171-172]. Mais quoique toujours pensifs, nous pouvons nous efforcer de n’accueillir que les insinuations provenues de l’arbre de vie du bien. Nous serons ainsi plus fidèles à notre vraie nature divine ; purifié du désespoir, disait Kierkegaard, « le moi plonge à travers sa propre transparence dans la puissance qui l’a posé ». C’est aussi le but de l’ascèse et de la mystique martinézistes. On pourrait d’ailleurs multiplier les rapprochements ; par exemple, entre la réalisation théomorphique et ce que l’on a appelé, à propos de saint Jean de la Croix, l’état théopathique. Sans entrer dans une étude de mystique comparée, on voit que le théomorphisme de l’homme ne nous entraîne pas nécessairement au panthéisme. La mystique martinéziste est même plus proche, pensons-nous, des mystiques de la « nuit » que des mystiques quiétistes. Elle le doit vraisemblablement à son caractère beaucoup plus spéculatif que sentimental. Le progrès essentiel s’accomplit ici dans l’ordre de la pensée, parce que la chute a été avant tout une chute de la faculté de penser. Le démon a de grands pouvoirs et le mineur la faculté de les tenir en échec : la vie intérieure à la poursuite de la réalisation théomorphique en est revêtue d’un caractère profondément dramatique.

Cette réalisation, et donc la conception de l’individualité humaine dont elle découle, est bien la charnière de la pensée de Martinez. La lumière vient de Dieu, mais nous n’en saisissons toute la richesse que lorsque la réflexion sur nous-mêmes nous a purifiés. « Mes jours sont la vapeur des jours de l’Eternel », s’écriera Saint-Martin ; ils ne sont rien d’autre, et il appartient à la pensée d’essayer de restituer les jours de l’Eternel dans notre vie intérieure. Ce faisant, nous comprendrons que la vraie intelligence du monde des apparences nous conduit à l’intelligence du monde des vraies réalités. Le microcosme nous conduit au macrocosme matériel, surcéleste et divin. Mais c’est selon un rapport analogique purifié de toutes les grossièretés de l’anthropomorphisme ; et c’est pour ainsi dire à l’intérieur de tout le divin et de rien d’autre que ce qui est divin que la pensée se meut. Il ne s’agit pas de se dissimuler les contradictions et les faiblesses d’un tel système au regard de la pensée strictement rationnelle. Mais la voie analogique de la pensée mystique ne relève pas de ce tribunal et ne nous intéresse même que dans la mesure où elle relève d’une juridiction d’appel. Pour celle-ci, entre l’anthropomorphisme et le panthéisme, peut-être est-ce l’attitude théomorphique (qui, certes, n’est pas particulière à Martinez de Pasqually) qui paraîtra la plus rigoureuse et la plus instructive.

Source : http://sophia.free-h.net/spip.php?article52

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La Bible de Jérusalem : Yahvé et Abraham : Génèse chap 18 et 22

20 Novembre 2012 , Rédigé par Bible de Jerusalem Publié dans #spiritualité

             

18:1

Yahvé lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour.

18:2

Ayant levé les yeux, voilà qu'il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre.

18:3         

Il dit : Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter.

18:4

Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre.

18:5

Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! Ils répondirent : Fais donc comme tu as dit.

18:6

Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes.

18:7

Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer.

18:8

Il prit du caillé, du lait, le veau qu'il avait apprêté et plaça le tout devant eux; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, et ils mangèrent.

18:9

Ils lui demandèrent : Où est Sara, ta femme ? Il répondit : Elle est dans la tente.

18:10

L'hôte dit : Je reviendrai vers toi l'an prochain; alors, ta femme Sara aura un fils. Sara écoutait, à l'entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui.

18:11

Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes.

18:12

Donc, Sara rit en elle-même, se disant : Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard !

18:13

Mais Yahvé dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille ?

18:14

Y a-t-il rien de trop merveilleux pour Yahvé ? A la même saison l'an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils.

18:15

Sara démentit : Je n'ai pas ri, dit-elle, car elle avait peur, mais il répliqua : Si, tu as ri.

18:16

S'étant levés, les hommes partirent de là et arrivèrent en vue de Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire.

18:17         

Yahvé s'était dit : Vais-je cacher à Abraham ce que je vais faire,

18:18

alors qu'Abraham deviendra une nation grande et puissante et que par lui se béniront toutes les nations de la terre ?

18:19         

Car je l'ai distingué, pour qu'il prescrive à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de Yahvé en accomplissant la justice et le droit; de la sorte, Yahvé réalisera pour Abraham ce qu'il lui a promis.

18:20

Donc, Yahvé dit : Le cri contre Sodome et Gomorrhe est bien grand ! Leur péché est bien grave !

18:21

Je veux descendre et voir s'ils ont fait ou non tout ce qu'indique le cri qui, contre eux, est monté vers moi; alors je saurai.

18:22

Les hommes partirent de là et allèrent à Sodome. Yahvé se tenait encore devant Abraham.

18:23

Celui-ci s'approcha et dit : Vas-tu vraiment supprimer le juste avec le pécheur ?

18:24

Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les supprimer et ne pardonneras-tu pas à la cité pour les cinquante justes qui sont dans son sein ?

18:25

Loin de toi de faire cette chose-là ! de faire mourir le juste avec le pécheur, en sorte que le juste soit traité comme le pécheur. Loin de toi ! Est-ce que le juge de toute la terre ne rendra pas justice ?

18:26         

Yahvé répondit : Si je trouve à Sodome cinquante justes dans la ville, je pardonnerai à toute la cité à cause d'eux.

18:27

Abraham reprit : Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre.

18:28

Mais peut-être, des cinquante justes en manquera-t-il cinq : feras-tu, pour cinq, périr toute la ville ? Il répondit : Non, si j'y trouve quarante-cinq justes.

18:29

Abraham reprit encore la parole et dit : Peut-être n'y en aura-t-il que quarante, et il répondit : Je ne le ferai pas, à cause des quarante.

18:30         

Abraham dit : Que mon Seigneur ne s'irrite pas et que je puisse parler : peut-être s'en trouvera-t-il trente, et il répondit : Je ne le ferai pas, si j'en trouve trente.

18:31

Il dit : Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur : peut-être s'en trouvera-t-il vingt, et il répondit : Je ne détruirai pas, à cause des vingt.

18:32         

Il dit : Que mon Seigneur ne s'irrite pas et je parlerai une dernière fois : peut-être s'en trouvera-t-il dix, et il répondit : Je ne détruirai pas, à cause des dix.

18:33         

Yahvé, ayant achevé de parler à Abraham, s'en alla, et Abraham retourna chez lui.

 

 

22:1

Après ces événements, il arriva que Dieu éprouva Abraham et lui dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici !

22:2         

Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t'en au pays de Moriyya, et là tu l'offriras en holocauste sur une montagne que je t'indiquerai.

22:3         

Abraham se leva tôt, sella son âne et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois de l'holocauste et se mit en route pour l'endroit que Dieu lui avait dit.

22:4         

Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin.

22:5         

Abraham dit à ses serviteurs : Demeurez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas, nous adorerons et nous reviendrons vers vous.

22:6

Abraham prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s'en allèrent tous deux ensemble.

22:7

Isaac s'adressa à son père Abraham et dit : Mon père ! Il répondit : Oui, mon fils ! - Eh bien, reprit-il, voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ?

22:8

Abraham répondit : C'est Dieu qui pourvoira à l'agneau pour l'holocauste, mon fils, et ils s'en allèrent tous deux ensemble.

22:9         

Quand ils furent arrivés à l'endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois.

22:10

Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.

22:11

Mais l'Ange de Yahvé l'appela du ciel et dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici !

22:12

L'Ange dit : N'étends pas la main contre l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique.

22:13

Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils.

22:14

A ce lieu, Abraham donna le nom de Yahvé pourvoit, en sorte qu'on dit aujourd'hui : Sur la montagne, Yahvé pourvoit.

22:15         

L'Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel

22:16

et dit : Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique,

22:17

je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis.

22:18

Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m'as obéi.

22:19

Abraham revint vers ses serviteurs et ils se mirent en route ensemble pour Bersabée. Abraham résida à Bersabée.

22:20

Après ces événements, on annonça à Abraham que Milka elle aussi avait enfanté des fils à son frère Nahor :

22:21

son premier-né Uç, Buz, le frère de celui-ci, Qemuel, père d'Aram,

22:22

Késed, Hazo, Pildash, Yidlaph, Bétuel

22:23         

et Bétuel engendra Rébecca . Ce sont les huit enfants que Milka donna à Nahor, le frère d'Abraham.

22:24         

Il avait une concubine, nommée Réuma, qui eut aussi des enfants : Tébah, Gaham, Tahas et Maaka.

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La Bible de Jérusalem : Deutéronome, chapitre 5

20 Novembre 2012 , Rédigé par La Bible de Jérusalem Publié dans #spiritualité

5:1

Moïse convoqua tout Israël et leur dit : Écoute, Israël, les lois et les coutumes que je prononce aujourd'hui à vos oreilles. Apprenez-les et gardez-les pour les mettre en pratique.

5:2

Yahvé notre Dieu a conclu avec nous une alliance à l'Horeb.

5:3         

Ce n'est pas avec nos pères que Yahvé a conclu cette alliance mais avec nous, nous-mêmes qui sommes ici aujourd'hui tous vivants.

5:4

Sur la montagne, au milieu du feu, Yahvé vous a parlé face à face,

5:5

et moi je me tenais alors entre Yahvé et vous pour vous faire connaître la parole de Yahvé ; car, craignant le feu, vous n'étiez pas montés sur la montagne. Il dit :

5:6

" Je suis Yahvé ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.

5:7

" Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi.

5:8

" Tu ne te feras aucune image sculptée de rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux là-haut, ou sur la terre ici-bas, ou dans les eaux au-dessous de la terre.

5:9

Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux ni ne les serviras. Car moi, Yahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis la faute des pères sur les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants, pour ceux qui me haïssent,

5:10

mais qui fais grâce à des milliers, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements.

5:11

" Tu ne prononceras pas le nom de Yahvé ton Dieu à faux, car Yahvé ne laisse pas impuni celui qui prononce son nom à faux.

5:12

" Observe le jour du sabbat pour le sanctifier, comme te l'a commandé Yahvé, ton Dieu.

5:13

Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage,

5:14

mais le septième jour est un sabbat pour Yahvé ton Dieu. Tu n'y feras aucun ouvrage, toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton b œuf, ni ton âne ni aucune de tes bêtes, ni l'étranger qui est dans tes portes. Ainsi, comme toi-même, ton serviteur et ta servante pourront se reposer.

5:15

Tu te souviendras que tu as été en servitude au pays d'Égypte et que Yahvé ton Dieu t'en a fait sortir d'une main forte et d'un bras étendu ; c'est pourquoi Yahvé ton Dieu t'a commandé de garder le jour du sabbat.

5:16

" Honore ton père et ta mère, comme te l'a commandé Yahvé ton Dieu, afin que se prolongent tes jours et que tu sois heureux sur la terre que Yahvé ton Dieu te donne.

5:17

" Tu ne tueras pas.

5:18

" Tu ne commettras pas l'adultère.

5:19

" Tu ne voleras pas.

5:20

" Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

5:21

" Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, tu ne désireras ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur ou sa servante, ni son b œuf ou son âne : rien de ce qui est à ton prochain. "

5:22

Telles sont les paroles que vous adressa Yahvé quand vous étiez tous assemblés sur la montagne. Il vous parla du milieu du feu, dans la nuée et les ténèbres, d'une voix forte. Il n'y ajouta rien et les écrivit sur deux tables de pierre qu'il me donna.

5:23

Or, lorsque vous eûtes entendu cette voix sortir des ténèbres, tandis que la montagne était en feu, vous tous, chefs de tribus et anciens, vous vîntes à moi

5:24

et vous me dîtes : " Voici que Yahvé notre Dieu nous a montré sa gloire et sa grandeur, et que nous avons entendu sa voix du milieu du feu. Nous avons vu aujourd'hui que Dieu peut parler à l'homme, et l'homme rester en vie.

5:25

Et maintenant, pourquoi devrions-nous mourir ? Car ce grand feu pourrait nous dévorer si nous continuons à écouter la voix de Yahvé notre Dieu, et nous pourrions mourir.

5:26

Est-il en effet un être de chair qui puisse rester en vie, après avoir entendu comme nous la voix du Dieu vivant parlant du milieu du feu ?

5:27

Toi, approche pour entendre tout ce que dira Yahvé notre Dieu, puis tu nous répéteras ce que Yahvé notre Dieu t'aura dit ; nous l'écouterons et le mettrons en pratique. "

5:28

Yahvé entendit ce que vous disiez et il me dit : " J'ai entendu les paroles de ce peuple. Tout ce qu'ils t'ont dit est bien.

5:29

Ah ! si leur cœur pouvait toujours être ainsi, pour me craindre et garder mes commandements en sorte qu'ils soient heureux à jamais, eux et leurs fils.

5:30

Va leur dire : "Retournez à vos tentes. "

5:31

Mais toi, tu te tiendras ici auprès de moi, je te dirai tous les commandements, les lois et les coutumes que tu leur enseigneras et qu'ils mettront en pratique dans le pays que je leur donne en possession. "

5:32

Gardez et mettez en pratique ! Ainsi vous l'a ordonné Yahvé votre Dieu. Ne vous écartez ni à droite ni à gauche.

5:33

Vous suivrez tout le chemin que Yahvé votre Dieu vous a tracé, alors vous vivrez, vous aurez bonheur et longue vie dans le pays dont vous allez prendre possession.

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