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Le nom de Dieu chez les chrétiens, les juifs et les musulmans

20 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Les 9 noms de DIEU chez les Chrétiens :

Le Créateur

L’Eternel

Le Tout-Puissant

Le Très-Haut

Le Sans-Limite

Le Père, Notre Père

Le Seigneur

Le Verbe

Le Miséricordieux

Les 33 noms de Dieu chez les Juifs:

L’Eternel (Héb. YHWH, transcription Yahvé ou Yahweh) signifie: Celui qui existe par Lui-même: Tel est le sens premier du nom » Eternel »; litt. Il est celui qui est, correspondant á l’Eternel Je suis (cp. Ex. 3:14).

El- Elohim (Dieu créateur) Genèse 1

El-Elyon (Dieu Très-Haut) Genèse 14: 18 -20

El-Shaddai (Dieu Tout-Puissant) Genèse 17:1-3.

El-Olam (Dieu de l’Eternité) Genèse 21: 33

Yahvé – Jireh (L’Eternel-Pourvoira) Genèse 21:33; 22 : 14

El-Elohé-Israël (DIEU est le Dieu d’Israël) Genèse 33 : 20

Yahvé-Repheka (l’Eternel-qui te Guérit) Exode 15: 25, 26

Yahvé-Nissi (L’Eternel-ma-Bannière) Exode 17 : 15-16

Yahvé-Mékadichéem – (l’Eternel qui-sanctifie) Exode 31 : 13

Yahvé-Tsidqenu= Le Dieu de notre justice.

Yahvé – Shalom (l’Eternel-Paix) Juges 6 : 24

Yahvé-Rèhie (l’Eternel-mon-Berger) Psaume 23 : 1

Yahvé-Hossénou – (l’Eternel -notre-Créateur) Psaume 95 : 6

Yahvé-Tsebaoth – (l’Eternel -des-Armées) Esaïe 31:5, 54 : 5

Yahvé-Tsidkenou – (l’Eternel-notre-Justice) Jér. 23:6

Yahvé-Shamah ou Schamma, (l’Eternel -est-là) Ezéchiel 48 : 35 ; ce nom évoque la constante précense de Yahvé au sein de son Peuple

Les 99 noms de Dieu chez les Musulmans:

1 الله Allah Celui Qui a la divinité. Ce terme possède un usage unique dans le sens où il représente le seul nom de Dieu que l’islam donne à la déité. Tous les autres « noms » sont en fait des attributs.
2
الرحمن
Ar-Rahmān Celui Dont la miséricorde englobe le monde entier. Muhammad Hamidullah le traduit par le « Tout Miséricordieux ».
3
الرحيم
Ar-Rahīm Celui Qui est très miséricordieux. La différence avec le terme ci-dessus est floue. Ce terme est un superlatif d’un mot qui est déjà un superlatif. Il est donc le plus souvent traduit par le « Très Miséricordieux », comme le fait Hamidullah par exemple.
4
الملك
Al-Malik Celui Qui a pour attribut la souveraineté
5
القدوس
Al-Quddūs Celui Qui est saint
6
السلام
As-Salām Celui qui Est le salut
7
المؤمن
Al-Mu’min Celui Qui réalise Sa promesse
8
المهيمن
Al-Mouhaymin Celui Qui domine toute chose
9
العزيز
Al-‘Aziz Le Puissant, voir aussi le terme Al Mu‘izz, qui utilise la même racine
10
الجبار
Al-Jabbār Celui Qui comble les besoins des créatures ou Celui Qui les contraint à ce qu’Il veut
11
المتكبر
Al-Mutakabbir L’Eminent, Qui est exempt des attributs des créatures, Qui domine les injustes parmi Ses créatures
12
الخالق
Al-Khāliq Celui Qui fait surgir les choses du néant à l’existence
13
البارئ
Al-Bāri’ Celui Qui a créé les créatures sans modèle précédent
14
المصور
Al-Musawwir Celui Qui a constitué Ses créatures sous diverses apparences par lesquelles, elles se distinguent, par leur différence et leur multiplicité
15
الغفار
Al-Ghaffār Celui Qui pardonne les péchés
16
القهار
Al-Qahhār Celui qui domine les créatures et les contraint par la mort
17
الوهاب
Al-Wahhāb Celui Qui dispense largement par Son don sans attendre de récompense
18
الرزاق
Ar-Razzāq Celui Qui est garant de la subsistance
19
الفتاح
Al-Fattāh Celui Qui ouvre à Ses créatures les voies qui leur étaient fermées dans leurs affaires
20
العليم
Al-‘Alīm Celui Qui a la science des fors intérieurs et des choses cachées que la science des créatures n’atteint pas
21
القابض
Al-Qabid Celui Qui restreint la subsistance par Sa sagesse
22
الباسط
Al-Bāsit Celui Qui étend la subsistance par Sa largesse et Sa générosité
23
الخافض
Al-Khāfid Celui Qui rabaisse les oppresseurs et humilie les orgueilleux
24
الرافع
Ar-Rāfi‘ Celui Qui élève en degré les gens de l’obéissance par l’obéissance
25
المعز
Al-Mu‘izz Celui Qui procure la puissance divine, s’oppose à Al Moudhill, ci-dessous
26
المذل
Al-Moudhill Celui Qui humilie
27
السميع
As-Samī‘ Celui Qui entend le secret et la confidence sans comment, sans appareil, ni organe
28
البصير
Al-Basīr Celui Qui voit ce qui est visible sans comment, sans appareil, ni organe
29
الحكم
Al-Hakam Celui Qui juge entre les créatures dans l’au-delà et nul autre que Lui ne juge
30
العدل
Al-‘Adl Celui Qui est exempt de l’injustice et de l’oppression
31
اللطيف
Al-Latīf Le Bienfaiteur envers les gens d’une façon qui leur échappe et qui leur est voilée, par où ils ne s’attendent pas
32
الخبير
Al-Khabīr Celui Qui a la science de la réalité des choses
33
الحليم
Al-Halīm Celui Qui a le pardon et l’indulgence
34
العظيم
Al-Azīm Celui Qui a la prééminence sur toute chose importante. Il est exempt des attributs des corps. Allah est donc plus éminent en degré que tout être éminent
35
الغفور Al-
afhūr Celui Qui accorde beaucoup de pardons de Sa part
36
الشكور
Ash-Shakūr Qui récompense la moindre obéissance par beaucoup de récompenses
37
العلي
Al-Ali Celui Qui est élevé par rapport à Sa création par Sa toute-puissance dominatrice
38
الكبير
Al-Kabīr Il est Al-Jalil, Celui Dont le rang est éminent. La signification de « Allahou ‘akbar », est que Allah mérite plus de vénération que tout autre
39
الحفيظ
Al-Hafīz Celui Qui préserve qui Il veut du mal, de la nuisance et de la perdition
40
المقيت
Al-Muqīt Le Tout-Puissant et Il est Celui Qui pourvoit ce dont on tire des forces
41
الحسيب
Al-Hasīb Celui Qui fait rendre compte aux gens de ce qu’ils ont fait auparavant dans le bas-monde
42
الجليل
Al-Jalīl Celui Qui a pour attribut l’éminence et l’élévation du degré
43
الكريم
Al-Karīm Celui Qui dispense beaucoup de bien
44
الرقيب
Ar-Raqīb Celui Qui préserve qui Il veut du mal et Qui sait toute chose
45
المجيب
Al-Mujīb Celui Qui exauce, celui qui est dans l’extrême nécessité lorsqu’il L’invoque et Celui Qui porte secours à celui qui est affligé lorsqu’il appelle Son secours
46
الواسع
Al-Wāsi‘ Celui Dont la subsistance s’étend à toute Sa création
47
الحكيم
Al-Hakīm Celui Qui régit la création des choses comme Il le veut car, Il sait les issues des choses
48
الودود
Al-Wadūd Celui Qui agrée les pieux vertueux
49
المجيد
Al-Majīd Celui Dont le degré est éminent et Celui Dont la générosité est étendue
50
الباعث
Al-Bā‘ith Celui Qui ressuscite les créatures après la mort et les rassemble pour un jour au sujet duquel il n’y a aucun doute
51
الشهيد
Ash-Šahīd Celui à la science duQuel rien n’est caché
52
الحق
Al-Haqq Celui Dont l’existence est confirmée, Celui sur l’existence duQuel il n’y a pas de doute
53
الوكيل
Al-Wakīl Celui Qui est garant des subsistances des créatures, Celui Qui sait leurs situations
54
القوي
Al-Qawi Celui Dont la puissance est absolue, Celui que rien ne réduit à l’incapacité
55
المتين
Al-Matīn Celui Qui n’est pas atteint par la fatigue et la lassitude
56
الولي
Al-Wa’li Celui Qui donne la victoire aux croyants
57
الحميد
Al-Hamīd Celui Qui mérite la louange, la reconnaissance et l’éloge
58
المحصي
Al-Muhsi Celui Qui sait toute chose par une science éternelle et Celui Qui sait le nombre des choses
59
المبدئ
Al-Mubdi‘ Celui Qui crée les choses : Il les fait exister à partir du néant
60
المعيد
Al-Mu‘īd Celui Qui fait retourner les créatures à la mort après la vie puis, Il les fait retourner à nouveau à la vie après la mort
61
المحيي
Al-Muhyī Celui Qui fait vivre le liquide séminal sans vie et en fait l’être doté d’une âme, et Celui Qui fait vivre les corps décomposés en leur faisant revenir les âmes lors de la résurrection
62
المميت
Al-Mumīt Celui Qui fait mourir les vivants, et Qui fait disparaître par la mort la santé des personnes fortes
63
الحي
Al-Hayy Celui Qui de toute éternité existe et a pour attribut la vie
64
القيوم
Al-Qayyūm L’Éternel Qui ne change pas et Il est Celui Qui prédestine les choses des univers
65
الواجد
Al-Wājid Celui qui possède toute chose et qui n’a besoin de rien
66
الماجد
Al-Mājid Celui qui le rang le plus élevé et la générosité immense
67
الواحد
Al-Wāhid L’Unique, Celui Qui n’a pas de second dans l’exemption de début et dans la divinité
68
الصمد
As-Samad Celui de Qui l’on a besoin dans toutes les situations et Celui à Qui l’on s’adresse en cas de difficultés ou d’épreuves
69
القادر
Al-Qādir Celui à Qui n’advient aucune impuissance ni aucune faiblesse
70
المقتدر
Al-Muqtadir Celui à Qui n’advient aucune impuissance ni aucune faiblesse
71
المقدم
Al-Muqaddim Celui Qui attribue aux choses leurs valeurs respectives
72
المؤخر
Al-Mu’akhir Il accorde un rang élevé à qui Il veut d’entre Ses créatures et Il abaisse le rang de qui Il veut par Sa sagesse
73
الأول
Al-Awwal L’Éternel exempt de début, Celui Qui n’a pas de début
74
الآخر
Al-Ākhir Celui Qui existe sans changement, après l’anéantissement des créatures
75
الظاهر
Az-Zāhir Celui Qui est au-dessus de toute chose par la domination, la puissance et la prédominance et non par l’endroit, l’image ou le comment qui font en effet partie des attributs des créatures
76
الباطن
Al-Bātin Celui Dont ne se saisissent pas les imaginations limitées à ce qui a un comment
77
الواليي
Al-Wāly Le Possesseur de toute chose et Celui Dont la volonté se réalise en toute chose
78
المتعالي
Al-Muta’āli Celui qui est exempt de tous les attributs de Ses créatures et qui domine la création par SaVolonté suprême
79
البر
Al-Barr Celui qui est exempt de tous les attributs de Ses créatures et qui domine la création par Volonté suprême
80
التواب
At-Tawwib Celui Qui accepte le repentir chaque fois qu’il est refait
81
المنتقم
Al-Muntaqim Celui Qui fait parvenir le châtiment à qui Il veut parmi les injustes et Il est Celui Qui juge et Qui est exempt de l’injustice
82
العفو
Al-Afu Celui Qui pardonne les péchés et délaisse la rétribution de celui qui fait du mal, par générosité et bienfait
83
الرؤوف
Al-Ra’ūf Celui Dont la miséricorde est immense
84
مالك الملك
Mālik-ul-Mulk Celui à Qui revient la souveraineté qu’Il a donnée à certaines de Ses créatures dans le bas-monde
85
ذو الجلال و الإكرام
Dhul-Jalāli-wal-Ikrām Celui Qui mérite d’être glorifié, de ne pas être renié et que l’on ne fasse pas de la mécréance à Son sujet, et Il est Celui Qui accorde par générosité, aux gens de la sainteté, la réussite et la lumière complète le jour du jugement
86
المقسط
Al-Muqsit Celui Qui est juste dans Son jugement
87
الجامع
Al-Jāmi‘ Celui Qui rassemble les créatures un jour au sujet duquel il n’y a aucun doute
88
الغني Al-
hani Celui Qui n’a pas besoin de Sa création et les créatures ont besoin de Lui
89
المغنى
Al-Mugni Celui Qui a comblé les besoins des créatures et leur a fait parvenir leurs subsistances
90
المانع
Al-Māni‘ Celui Qui prive qui Il veut de ce qu’Il veut
91
الضار
Ad-Dhār Il est le Tout-Puissant sur le fait que subisse un préjudice qui Il veut
92
النافع
An-Nāfi‘ Il est le Tout-Puissant sur le fait que soit avantagé qui Il veut
93
النور
An-Nūr La Lumière; Celui par la guidée duquel celui qui est dans la tentation sera bien guidé, et sera donc dirigé sur la voie de droiture
94
الهادي
Al-Hādi Celui Qui accorde par Sa grâce la bonne guidée et la justesse à Qui Il veut parmi Ses créatures
95
البديع
Al-Badī‘ Celui Qui a fait surgir du néant les créatures en les innovant et en leur donnant des caractéristiques inédites, sans modèle préexistant
96
الباقي
Al-Baqi Celui Dont l’exemption de fin est obligatoire selon la raison
97
الوارث
Al-Wārith Celui Qui existe sans anéantissement, après l’anéantissement de la création
98
الرشيد
Ar-Rashīd Celui Qui guide les créatures vers ce qui est de leur intérêt
99
الصبور As-Sabur Celui Qui ne frappe pas immédiatement les désobéissants par l’arrivée du châtiment mais Qui retarde cela pour une échéance définie et Qui leur accorde un délai jusqu’à un temps connu

Source : http://nonnobisdominenonnobissednominituodagloriam.unblog.fr/

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Jehovah

19 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

C'est le nom de Dieu, nom ineffable et mystérieux, que le Seigneur n'a point déclaré aux anciens patriarches avant Moïse (Ex 6 :3). L'hébreu, au lieu d'Adonai, lit Jehovah. J'ai apparu à Abraham et à Isaac dans le Dieu Sadai; mais je ne leur ai point fait connaître mon nom Jehovah. Sadai signifie celui qui se suffit à lui-même; Jehovah, celui qui subsiste par lui-même, et qui donne l'être et l’existence aux autres. Quand Dieu dit à Moïse qu'il n'a pas fait connaître son nom Jehovah aux anciens patriarches, ce n'est pas à dire qu'ils ne l'aient pas connu sous l'idée de Dieu créateur et subsistant par lui-même; mais c'est qu'il ne leur avait pas révélé ce nom, qui exprime si bien sa nature, et sous lequel il a voulu principalement être invoqué dans la suite. Il est vrai que Moïse se sert souvent de ce nom dans la Genèse ; par exemple. il dit (Ge 4 :26) que les enfants de Seth furent surnommés du nom de Jehovah; et qu'Abraham jura (Ge 14 :22) et leva la main au nom de Jehovah; et enfin le Seigneur dit à Abraham (Ge 15 :7) : Je suis le Dieu Jehovah, qui vous ai tiré d'Ur, de Chaldée, etc. Mais c'est que la Genèse a été écrite après que Dieu eut révélé ce nom à Moïse, Il s'en sert dans ce livre par anticipation, et parce qu'au temps où il écrivait, les Juifs se servaient communément du nom de Jehovah. Il a suivi en cela l'usage de son temps, et non pas celui du temps des patriarches dont il écrit la vie.

Au reste, quand nous prononçons Jehovah, nous suivons la foule; car on ne sait pas distinctement la manière dont on doit exprimer ce nom propre et incommunicable du Seigneur, que l'on écrit par jod, hé, vau, hé, et qui dérive du verbe haiah, il a été. Les anciens l'ont exprimé différemment. Sanchoniathon écrit Jevo, Diodore de Sicile, Macrobe, saint Clément d'Alexandrie, saint Jérôme et Origène prononcent Jao ; saint Epiphane, Théodoret et les Samaritains, Jabé, ou Javé. On trouve aussi dans les anciens Jahoh, Javo, Jaou, Jaod. Louis Capel est pour Javo ; Drusius, pour Javé; Mercerus, pour Jehevah ; Hottinger, pour Jehva. Les Maures appelaient leur Dieu Juba, que quelques-uns croient être le même que Jehovah. Les Latins avaient apparemment pris leur Jovis, ou Jovis Pater, de Jehovah. Il est certain que les quatre lettres que nous prononçons par Jehovah, peuvent aussi s'exprimer par Javo, Jaho, Jaou, Jévo, Javé, Jehvah, etc., et que les anciens Hébreux n'en ignoraient pas la prononciation, puisqu'ils le récitaient dans leurs prières et dans la lecture de leurs livres saints.

Mais les Juifs, depuis la captivité de Babylone, par un respect excessif et superstitieux pour ce saint nom, ont quitté l'habitude de le prononcer, et en ont oublié la vraie prononciation. Je pense que les Septante, c'est-à-dire, les interprètes grecs que l'on cite sous ce nom, étaient déjà dans l'usage de ne le plus exprimer, puisque dans leur traduction ils le rendent ordinairement par Kyrios, le Seigneur. Origène, saint Jerôme, Eusèbe témoignent qu'encore de leur temps, les Juifs laissaient le nom de Jehovah écrit dans leurs exemplaires en caractères anciens samaritains, au lieu de l'écrire en caractères chaldéens ou hébreux communs ; ce qui marque leur vénération pour ce saint nom, et la crainte qu'ils avaient que les étrangers, à qui la langue et le caractère chaldéen n'étaient pas inconnus, ne le découvrissent et n'en abusassent. Ces précautions toutefois n'ont pas empêché que les païens n'en aient souvent abusé. Origène enseigne qu'ils s'en servaient dans leurs exorcismes et dans leurs charmes contre les maladies. Saint Clément d'Alexandrie raconte que ceux des Egyptiens à qui il était permis d'entrer dans le temple du soleil, portaient autour d'eux le nom de Jaou. Trallien rapporte des vers magiques contre la goutte, où se trouvait le nom de Jas ou Jaath.

Philon dit qu'après la punition du blasphémateur qui fut lapidé dans le désert (Le 24 :14), Dieu fit publier une loi nouvelle par Moïse, qui portait : Quiconque maudira le Seigneur sera coupable de péché; et quiconque prononcera le nom de Dieu sera puni de mort. C'est ainsi que les Septante et Théodoret lisent ce verset, au lieu que dans l'hébreu et dans la Vulgate on lit simplement : Celui qui maudira ses dieux (elohim) portera la peine de son péché; et celui qui blasphémera le nom du Seigneur sera puni de mort. Philon ajoute que cette loi de Moïse est pleine d'une profonde sagesse, et que la première partie de son ordonnance défend de blasphémer les faux dieux des gentils ; et la seconde ne veut pas que l'on nomme seulement mal à propos le nom de Dieu; que c'est un crime digne de mort, et punissable des derniers supplices, de se servir de ce saint nom par manière d'acquit, et seulement pour orner et remplir son discours. Josèphe s'exprime avec la même réserve sur le nom de Dieu. Il dit que Dieu étant apparu à Moïse dans le buisson ardent, lui révéla son nom, qu'il n'avait jamais découvert à homme, et dont il ne m'est pas, dit-il, permis de parler.

Les Juifs disent que depuis le retour de la captivité, on ne prononçait le nom de Dieu qu'une seule fois dans le temple ; et cela, au jour de l'Expiation solennelle ; encore faisait-on exprès du bruit, lorsque le grand prêtre le prononçait en présence d'un petit nombre de disciples choisis, qui le pouvaient entendre, sans que le peuple l'entendit. Mais depuis la destruction du temple, on a cessé entièrement de le prononcer ; d'où vient que l'on en a perdu la vraie prononciation. Les Juifs n'expriment plus du tout le sacré nom de Jehovah; mais en sa place ils disent Adonai ou Elohim, en lisant et en priant. Saint Jérôme les a imités en mettant (Ex 6 :3) : Je ne leur ai point découvert mon nom Adonai, au lieu de mon nom Jehovah. Les Hébreux modernes enseignent que c'est par la vertu du nom Jehovah, que Moïse avait gravé sur la verge miraculeuse, qu'il faisait tous les prodiges dont il est parlé dans l’Ecriture ; et que c'est par la même vertu que Jésus-Christ a fait tous ses miracles, ayant dérobé dans le temple le nom ineffable, qu'il mit dans sa cuisse entre cuir et chair. Ils ajoutent que nous en pourrions faire de même, si nous pouvions arriver à la parfaite prononciation de ce nom. Ils se flattent que le Messie leur apprendra ce grand secret, lorsqu'il sera venu dans le monde.

Les Juifs croient que qui saurait la vraie prononciation du nom de Jehovah, ou du nom de quatre lettres, ne manquerait pas d'être exaucé de Dieu ; que s'ils n'ont pas le bonheur aujourd'hui d'être exaucés, cela ne vient que de ce qu'ils en ignorent la vraie prononciation. Que Simon le Juste, grand prêtre de leur nation, est le dernier qui l'ait reçue; qu'après sa mort le nombre des profanes se multipliant, et abusant de ce nom divin, on cessa de le prononcer; qu'à ce nom ils en substituèrent un autre composé de douze lettres, que le grand prêtre prononçait en donnant la bénédiction au peuple. Tarphon, rabbin fameux, que l'on croit être le même que Tryphon, contre lequel saint

Justin martyr dispute dans son dialogue ; Tarphon, dis-je, raconte qu'un jour, s'étant approché du prêtre pour entendre sa bénédiction, il s'aperçut qu'il n'articulait plus les douze lettres, et qu'il se contentait de marmotter, pendant que les lévites chantaient ; que cela venait de la multitude des profanes, auxquels il n'était pas de la prudence de découvrir ce nom sacré, de peur qu'ils n'en abusassent. Ils dénoncent dans leur Talmud des malédictions épouvantables contre ceux qui le prononcent ; ils se font un scrupule de tenter même de le prononcer ; ils prétendent que les anges n'en ont pas la liberté.

Il semble que les profanes mêmes aient eu quelque connaissance de ce grand nom, de ce nom ineffable. Nous avons encore dans les vers dorés de Pythagore un serment par celui qui a les quatre lettres ; on lisait dans le frontispice d'un temple de Delphes, au rapport d'Eusèbe, cette inscription : « Tu es ». Les Egyptiens avaient mis sur un des leurs, celle-ci : « Je suis ». Les païens avaient certains noms de leurs dieux qu'ils n'osaient prononcer. Cicéron en allègue un exemple dans un catalogue qu'il fait des divinités païennes. Lucain dit que la terre aurait tremblé, si on les avait prononces ; Celui de Romulus était marqué dans les archives publiques, comme parmi les Juifs celui de Jehovah, par les quatre consonnes qui composent son nom. Mais c'était moins par respect qu'ils en usaient ainsi que dans la crainte qu'on n'évoquât les dieux tutélaires de leurs villes. — [Voyez TRINITÉ.]

Les docteurs juifs cabalistes ont beaucoup subtilisé sur le nom de Jehovah. Ils remarquent, par exemple, que dans la Genèse, Moïse ne donne à Dieu que le nom Elohim, pendant qu'il parle de la création du monde; mais il lui donne celui de Jehovah, après avoir achevé la création : c'est que, dans le premier instant, Dieu paraissait en quelque sorte imparfait, en produisant les êtres par parties : mais après avoir achevé son ouvrage, il prend le nom de Jehovah, qui est un nom d'une perfection infinie. C'est à cela qu'ils rapportent ces paroles du Deutéronome : L'ouvrage du rocher est parfait, ou plutôt l'ouvrage de Dieu, ce rocher tout-puissant, est parfait.

Les lettres qui composent ce nom adorable sont toutes pleines de mystères. Le jod qui est la première, marque la pensée, l'idée de Dieu : c'est une lumière inaccessible aux hommes ; c'est une de ces choses que l'oeil de l'homme n'a point vues, et que l'esprit de l'homme n'a point comprises; que c'est de cette lettre dont parlait Job en disant (Job 28 :21) : Qu'elle s'est cachée loin des yeux de l'homme vivant, etc. Le hé, qui est la dernière des quatre lettres, découvre l'unité de Dieu et du Créateur. C'est de là que sortent les quatre fleuves du paradis terrestre, c'est-à-dire, les quatre majestés de Dieu que les Juifs appellent Schekinah.

Le nom de Dieu renferme toutes choses : celui qui le prononce ébranle le ciel et la terre, et inspire la terreur aux anges mêmes. Ce nom a une autorité souveraine ; il gouverne le monde par sa puissance. Les autres noms et surnoms de la Divinité se rangent autour de lui, comme les officiers et les soldats autour de leur roi ou de leur général ; ils reçoivent de lui ses ordres et lui obéissent. C'est la source des grâces et des bénédictions ; c'est le canal des miséricordes de Dieu sur les hommes. Qui saurait tous les mystères du nom de Dieu n'ignorerait rien de toutes les voies de sa justice et de sa providence.

Les musulmans se servent souvent du nom de hu, ou hou, qui signifie à peu près la même chose que Jehovah; c'est-à-dire, lui, celui qui est. Ils mettent ce nom au commencement de leurs rescrits, passe-ports, lettres patentes ; ils le prononcent souvent dans leurs prières : il y en a qui le répètent si souvent et avec tant de véhémence en criant de toutes leurs forces hou, hou, hou, qu'à la fin ils s'étourdissent, et tombent dans des syncopes qu'ils appellent extases. Mais le grand nom de Dieu est celui d'Allah, qu'ils prononcent souvent, et auquel ils ont une grande confiance. Ils disent que c'est par la vertu de ce nom que Noé faisait voguer l'arche à sa volonté ; que Japhet l'avait gravé sur une pierre précieuse qu'il laissa à ses enfants, et par le moyen de laquelle il faisait descendre la pluie quand il voulait. C'est, disent-ils, par le même nom que Jésus-Christ opérait ses miracles. Enfin chez les Arabes, et chez tous ceux qui font profession du mahométisme, le nom d'Allah correspond à ceux d'Elohim et d'Adonaï chez les Hébreux, et même à celui de Jehovah, que l'on appelle ineffable, et d'un mot grec tetragrammaton, ou de quatre lettres, qui marque plus particulièrement l'essence divine.

 

Source : http://456-bible.123-bible.com/calmet/J/jehovah.htm

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La théurgie est une action de Dieu

18 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

« La théurgie est une action de Dieu, une effusion sur l'homme de sa grâce miséricordieuse et salutaire. En tant que telle elle dépend de la volonté de Dieu, et non pas des hommes. Elle est substantiellement liée à l'incarnation divine, elle en est la continuation permanente dans le temps. Le Christ a posé le fondement absolu et inébranlable de la théurgie chrétienne, et il a conféré à l'Eglise un pouvoir théurgique par la grâce de succession, communiquée aux apôtres. « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui descendra sur vous » (Act.I,8). C'est ce qui s'est produit à la Pentecôte, fondement absolu de la théurgie chrétienne. Celle-ci est opérée au moyen de la liturgie, dont les sacrements, culminés par l'Eucharistie, constituent le centre même. D'ailleurs la liturgie entière doit être considérée comme un sacrement au sens large car la grâce divine y ruisselle de toute part [...] Un pouvoir théurgique est donné par Dieu à l'homme, mais celui-ci ne peut d'aucune manière se l'approprier par sa volonté, par un rapt ou par quelque tentative de création personnelle. Ainsi, comme but d'un effort humain la théurgie est impossible, ce n'est qu'un malentendu ou une révolte contre Dieu. Bien que la grâce des sacrements agisse sans contraindre la liberté de l'homme, elle le féconde et le nourrit religieusement par des moyens mystérieux et insaisissables, en même temps qu'elle régénère le monde. Elle imprègne l'homme du Corps et du Sang du Christ, elle l'emplit de la substance spirituelle des sacrements et des rites ecclésiaux, de leur énergie théurgique. La théurgie chrétienne est le fondement invisible, mais réel de tout mouvement spirituel dans le monde sur la voie de son accomplissement. Sans son action sanctifiante et vivifiante, l'humanité aurait été incapable d'approcher les tâches créatrices qui s'imposent légitimement à elle le long de cette voie. Rien ne peut remplacer son énergie ne lui être comparable, ni encore la rendre inutile, en formant un nouveau sacrement cosmique et humain. Un tel dessein relèverait d'une « messe noire » anti-christique [...] Il y a dans le sacrement, comme fait théurgique, une action et une présence réelle de Dieu. Cela en constitue le facteur «transcendant» et indéniablement miraculeux qui, en même temps se conjugue avec l'élément cosmique et l'essence de l'homme. C'est justement cette rencontre et cette union entre ce qui est humain et cosmique qui fait la «pointe» mystérieuse et merveilleuse de la théanthropie que le sacrement actualise. Quand le prêtre, invoque l'Esprit Saint sur les saints dons offerts, alors un miracle indicible intervient : le Ciel s'instaure sur l'autel, le Christ y descend, les puissances du Ciel frémissent...Cela aucune production de l'activité humaine ne pourra jamais l'accomplir. Aussi rien ne peut-il le remplacer. L'on comprend que l'incroyance et la religion humanolâtre se soient dressés contre ce fondement théurgique absolu, que les disputes et les différends au sujet de l'Eucharistie aient acquis une importance primordiale. Le protestantisme a mis en avant un immanentisme moral de différentes nuances, une sorte d'impressionnisme mystique : selon son état intérieur ou son humeur, ou bien le communiant goûte simplement du pain, ou bien il reçoit la grâce. Il est naturel que la lutte du protestantisme contre l'Eglise se soit concentrée sur la question de la transformation des espèces eucharistiques. Ainsi la puissance théurgique qui se manifeste dans les sacrements est donnée, et non pas captée. L'homme la reçoit, il ne la produit pas. Aussi le prêtre n'est-il que le ministre du sacrement et non pas son auteur. Cela ne suppose pas que son essence humaine devienne passive ou paralysée : pour recevoir dignement l'acte théurgique, la sobriété spirituelle, l'ardeur de la prière, la concentration de toutes les forces spirituelles sont nécessaires [...] Dès lors le sacerdoce, vivant organe de la théurgie, exige de celui qui en est investi la fidélité, la rigueur du ministère. En effet dans l'action théurgique, se tenant devant l'Autel, le prêtre se sépare en lui-même de l'humanité pour s'élever au-dessus d'elle ; aussi garde-t-il toujours en lui cette marque extra-mondiale, « monacale », de consécration sacrificielle. Car le sacrificateur et la victime sont jusqu'à un certain point indivisibles et identiques. Celui qui apporte le sacrifice est aussi, en un certain sens, celui qui est apporté, quant à son propre être. Le Chef du sacrifice chrétien, le Hiérarque suprême, est en même temps l'Agneau. Et c'est en son nom que le prêtre qui opère le sacrifice non-sanglant s'exclame : « Ce qui est à Toi, le tenant de Toi, nous Te l'offrons en tout et pour tous ». Dans son ministère sacramentel, l'essence humaine passe par le feu dévorant du glaive du chérubin qui garde le saint autel, et le sacrificateur est séparé du peuple par ce rideau de flammes, tel Moïse au Sinaï. [...] Se tenir dignement devant le sanctuaire, même pas directement devant l'autel exige aussi des laïcs une prière intense et un renoncement sacrificiel (dans une moindre mesure, pourtant que chez le prêtre). La prière elle-même exige toujours de remettre à Dieu l'élément humain ; de ce fait elle est un acte créateur. Celui-ci consiste en effet à tendre toutes les forces de son être spirituel pour le projeter vers Dieu. : transcende te ipsum ! [...] La théurgie des sacrements est étroitement liée au rite et au culte en général. Il n'y a pas non plus place pour une activité personnelle en tant que telle. C'est la puissance de l'opération sacramentelle qui y règne (...) Nous n'en savons pas moins que la création liturgique a suivi un développement dans l'histoire, et qu'une inspiration individuelle s'est coulée dans son cours sur individuelle, ayant été reçu par l'acte d'une sanction ecclésiale. Nous connaissons le nom de certains hymnographes, isographes et architectes qui y ont apporté leurs dons, mais ceux-ci n'ont reçu leur valeur hiératique qu'après avoir été fondus par l'ensemble de la prière dans l'ensemble massif de la liturgie (il y a là une certaine analogie avec l'art populaire, à la fois personnel et collectif, où les individualité créatrices ne se dissolvent pas, mais semblent entrer organiquement dans un ensemble anonyme). Bien que le rite de la liturgie possède la plus grande stabilité hiératique, il y a là encore un mouvement continu qui se manifeste parfois que par des nuances et des demi-teintes. Le développement liturgique est l'indice le plus exact de ce qui se passe dans la profondeur mystique de la vie, encore qu'un observateur extérieur qui ne chercherait que des «signes» serait incapable d'en percevoir la pulsation spirituelle, intime et pleine d'émotion. Cela fait que l'on parle d'une immobilité de la vie ecclésiale et l'on lance des appels bien programmés, mais religieusement stériles, à une nouvelle «création liturgique». » Serge Boulgakov, La lumière sans déclin, l'Age d'Homme, p.240

 

 Source : http://theologie-et-questions-disputeses.blogspot.fr

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Théurgie (I) - Essai de définition avec Charles Mopsik

18 Novembre 2012 , Rédigé par A Valle Sancta Publié dans #spiritualité

L’idée derrière de ce billet est de mieux cerner la théurgie martinésienne (évoqués sur ce blog). Pour approcher ce but, nous devons passer successivement par trois étapes :

  1. Essayer de définir la notion de théurgie
  2. Essayer de savoir si le mot théurgie correspond aux pratiques coëns
  3. Essayer de comprendre les raisons, et donc l’objectif, du recours à ces pratiques

J'essaierais, dans de prochains billets, d'apporter mon point de vue sur chacune de ces trois étapes et je commence d'ores et déjà par la première : un essai de définition de la notion de théurgie sans, dans un premier temps, la situer dans un contexte martiénsien.

Cet essai de définition se base sur les écrits de
Charles Mopsik qui a publié en 1993 un ouvrage intitulé Les grands textes de la cabale sous titré Les rites qui font Dieu dans lequel il étudie les rites théurgiques que la tradition juive présente explicitement depuis le moyen âge européen dans le cadre de ce qu’on appelle la cabale. En introduction à son ouvrage, l’auteur délimite les sujets de son analyse dans un premier chapitre intitulé : "Théurgie, magie et religion : les mots et les choses". Mopsik essaie dans cette introduction de définir la notion de théurgie notamment dans son rapport à la religion et dans sa distinction d’avec la notion de magie.

Je vais donc essayer de rapporter dans les lignes ci-dessous le raisonnement que tient Mopsik pour définir la théurgie. Puisse cette présentation synthétique inciter les cherchants à mieux comprendre la notion de théurgie et ainsi à mieux l’appréhender telle qu’elle fut pratiquée dans l’Ordre des élus coens au XVIIIè siècle.

L’antiquité finissante vit apparaître le christianisme comme nouvelle religion d’empire qui, de pourchassée, allait bientôt elle-même traquée les restes du paganisme. Ce dernier effectuera une dernière tentative de survie dans l’alliance de plusieurs phénomènes : la philosophie (néoplatonicienne principalement) réévalua le système religieux païen et l’intégra dans son propre système en y incluant à la fois la théologie et les mystères païens. Parallèlement le christianisme lui-même, pour mieux se présenter aux païens, a dû exposer systématiquement sa compréhension de sa propre théologie et ses propres mystères ou sacrements.

Chez les païens, c’est Proclus qui systématisa avec le plus de vigueur la théurgie. Chez les chrétiens, Denys conceptualisa les sacrements.

En milieu juif, on ne connaît pas de corpus littéraire comparable à l’œuvre de Proclus ou à celle de Denys, mais, selon Mopsik, c’est probablement en raison de la transmission orale du sens des pratiques traditionnelles. Cette transmission se faisait dans les synagogues et maisons d’études.

Pour rendre compte du sens donner aux pratiques traditionnelles, deux notions reviennent souvent : magie et théurgie. La distinction n’a pas toujours été bien faite et Mopsik cite Pierre Hadot :

A la différence de la magie, la théurgie n’exerce pas de contrainte sur les dieux, pour les forcer à apparaître, mais au contraire, elle se soumet à leur volonté en accomplissant les actes qu’ils veulent. Et il ajoute :

Or ce qui distingue précisément la théurgie de la magie, c’est l’absence de véhémence, de contrainte, de menace, la docilité et la soumission à la volonté des dieux.

Il explique cependant :

On peut parler d’une utilisation par la théurgie de certaines pratiques magiques, mais elles sont intégrées à une démarche radicalement différente de la magie. Car la théurgie est une opération dans laquelle ce sont les dieux qui donnent l’efficacité divine à l’action humaine, en sorte que l’action humaine reçoit son sens en raisons d’une action et d’une initiative divines.


Et Mopsik de comparer cette distinction théurgie/magie chez Hadot à celle plus ancienne de Mauss entre rite religieux et rites magiques. Mauss complète ce premier critère interne formel basé sur le caractère coercitif ou non des pratiques par un second critère plus sociologique : la religion a un caractère officiel, licite voir obligatoire alors que la magie de son côté est marginale voir extra-sociale.

Chez les païens, les néoplatoniciens, à partir de Jamblique, accordent un caractère licite aux discours théurgiques des Oracles Chaldaïques. Cette théurgie des Oracles étant une voie pour accéder au divin et pour attirer sa présence.

Chez les juifs, l’exégèse rabbinique médiévale tenta de statuer sur le caractère licite ou non de certaines pratiques. Malgré la difficulté de cette tâche, l’exégèse médiévale ne classa pas les "pratiques mentales, verbales ou gestuelles prônées par la cabale et le discours théurgique qui les accompagne, dans le registre des pratiques et des discours suspects. Les seuls auteurs juifs qui ont identifiés la cabale théurgique avec la magie sont des savants modernes" qui n’ont pas de prérogatives dans l’évaluation de ce qui est licite et de qui ne l’est pas. Et Mopsik de conclure que les juristes du judaïsme ont souvent accepté, et parfois même rendu obligatoires certaines pratiques de la cabale. Ce fait à lui seul suffit à exclure ces pratiques de la catégorie des actes et discours magiques.

Dans le cadre des études juives, M. Idel fut parmi les premiers auteurs à utiliser le terme « théurgie » qu’il définissait ainsi :

Le mot théurgie ou théurgique sera utilisé ci-dessous pour désigner des opérations visant à influencer la Divinité, principalement dans son propre état ou sa propre dynamique intérieurs, mais parfois aussi dans sa relation avec l’homme. A l’opposé du magicien, le théurge juif ancien et médiéval concentrait son activité sur des valeurs religieuses acceptées. Ma définition distingue entre théurgie et magie beaucoup plus que le font les définitions usuelles.


A partir de là on distingue bien les deux notions de magie et théurgie, mais qu’en est-il du rapport entre théurgie et pratiques religieuses ordinaires ?

Pour Mauss "la religion est normalement théurgique" et tout rite religieux aurait "une efficacité matérielle". Ainsi la théurgie serait un type de discours religieux visant à expliquer l’efficience des rites.

Au-delà de ces deux problématiques, et dans le cas spécifique du judaïsme et pour que la théurgie s’oppose réellement à la magie, R. Joseph Gikatila identifie la nécessité de l’existence d’un système de pensée capable d’expliquer les mécanismes reliant les pratiques des hommes et leurs effets spirituels. Métaphysique néoplatonicienne et exégèse biblique ont ainsi permis à la cabale théurgique d’apparaître dans l’Europe médiévale.

Selon Mopsik, le mot théurgie définit "un phénomène philosophique et religieux apparu dans les dernières franges païennes de l’Antiquité finissante". Par son étymologie, ce mot signifie "action sur dieu". Il apparaît à l’époque de Marc-Aurèle dans les écrits de Julien le Chaldéen dont il nous reste des fragments dans les Oracles Chaldaïques. Le mot est repris et enrichit plus tard par Jamblique, Proclus et Damascius.

Selon H.D. Saffrey :

théurge, signifie littéralement : "qui travaille les dieux", ou qui "opère à l’aide des dieux".


Pour Joseph Bidez, c’est un :

nom imaginé pour renchérir sur le ‘’théologien’’, et rappeler que le théurge, au lieu de se borner à parler des dieux, sait ‘’agir’’ en conférant une nature divine.


Pour H. Lewy :

la notion de théurgie désigne dans les écrits des derniers néoplatoniciens à la fois une méthode pratique d’union avec les dieux et l’union supra-rationnelle avec l’ordre le plus élevé du divin accessible à l’être humain.


Enfin notons que ce que Mopsik appelle "théurgie juive" est appelé en hébreu "yihoud" (union, unification) ou "tiqoun" (instauration, restauration) "hit’orerout" (éveil, mise en branle).

Pour conclure nous pouvons résumer l’essai de définition tenté par Mopsik en disant que pour que le mot théurgie soit utilisé correctement, les critères suivants doivent être réunis :
• Concordance des pratiques avec les dogmes
• Soumission des pratiques à la volonté divine
• Existence d’un corpus littéraire exposant les pratiques

A partir de là nous pouvons essayer de savoir s’il est judicieux de recourir à ce terme de "théurgie" pour analyser les pratiques coëns qui sont le corollaire de la doctrine martinésienne…

source : http://blog.avallesancta.com

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L'axe theurgique de la Franc-Maçonnerie

18 Novembre 2012 , Rédigé par J Hautefort Publié dans #spiritualité

Introduction

 

Convenons d’emblée, que l’esprit ne pense et n’agit sur le monde, qu’au travers des systèmes de représentation qu’il se construit. Convenons de même que ces systèmes doivent obéir à des règles strictes d’architecture, à un «art royal » par excellence, avec notamment des règles de logique, de géométrie, de chronologie et de bien d’autres encore. Mais remarquons aussi, que l’univers quant à lui, n’est soumis à aucune de ces lois, pour n’être qu’interactions de proximité, et propagation de proche en proche des effets de celles-ci. L’univers, la nature, tente tout, même le mariage de la carpe et du lapin, pour ne retenir que les systèmes stables, capables à leur tour d’interagir avec leur environnement. L’univers ignore les contraintes que nous devons donner à nos modèles de représentation, il ignore notamment le temps et il n’est animé par aucune volonté particulière, pour n’être que l’ordre des possibles, si et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. Enfin convenons avec modestie que nos systèmes de représentation seront toujours incomplets et qu’ils ne seront toujours qu’une vue de l’esprit, parfois marquée d’une imagination démesurée, où l’on peut prendre ses désirs ou ses craintes pour desréalités. Cette vue de l’esprit, souvent exprimée dans un soucis d’esthétique, se doit d’être partageable, sans quoi elle ne resterait qu’un rêve, qu’une illusion personnelle. A la complexité de cette vue, peut alors s’ajouter la complexité de la transmission elle-même, par la capacité de l’émetteur à énoncer clairement son propos, par la capacité du récepteur à entendre et à comprendre ce qui lui est communiqué, par la possession de cultures compatibles, par le choix de vecteurs de communication plus où moins compréhensibles selon les cultures. Ainsi dans « l’Art royal », outres les règles d’architecture, propres au système de représentation, il est nécessaire de posséder l’art de s’exprimer pour rendre celui-ci intelligible par un interlocuteur pétri dans sa culture. Pour illustrer cette difficulté à entendre et à comprendre le même signifié, regardons les conséquences d’un simple changement d’article, entre LE et LA dans l’acronyme GADLU. LE GADLU est le signifiant de Grand Architecte De l’Univers. LA GADLU est le signifiant de Grande Architecture De l’Univers. Dans la première acception : Le GADLU, il y a personnification en une entité, manifestant une volonté particulière. Cette entité pouvant être « transcendante », c’est-à-direextérieur à l’Univers, ou pouvant être « immanente », c’est-à-dire constitutive de l’Univers. En d’autres termes, pour certain Dieu est créateur et extérieur au monde, pour d’autres Dieu est le monde et sonpropre créateur. Dans la deuxième acception : La GADLU, il s’agit de l’architecture de l’univers, sans manifestation d’une volonté particulière. Dans ce « principe créateur », les évènements ne surviennent que si, et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. En d’autres termes, la GADLU est le signifiant d’un « ordre des possibles », de ce que PEUT l’univers, et non de ce qu’il VEUT. Pour autant ces deux acceptions ne sont pas inconciliables, mais cela demande, dans un esprit de concorde, d’accepter l’idée que dans un ordre des possibles, ne manifestant aucune volonté particulière, puisse apparaître une entité qui consciente d’elle-même, manifeste sa volonté particulière, dans le respect de l’ordre des possibles. Ainsi par sa connaissance de l’ordre des possibles, cette entité aurait la capacité de potentialiser tous les possibles, si et seulement si, elle sait en réunir et en maintenir les conditions nécessaires. L’humain est déjà une entité de cette nature, mais on peut imaginer qu’à un plus haut degré de conscience, celui d’une humanité toute entière, un autre type de volonté puisse se manifester. C’est à ce degré que se situe la notion d’Adam primordial.

 

Un axe virtuel d’élévation

 

Remarquons maintenant, quand l’esprit vient aux choses, que ces choses n’ont de cesse d’arpenter l’univers pour déterminer la place qu’elles y occupent, comme pour se l’approprier et donner un sens à leur existence. Elles se placent alors sur un axe virtuel reliant l’intelligible, non pas à l’inintelligible, mais à ce qui ne l’est pas encore (l’infini au sens de non fini). Cela dans un rapport allégorique de lumière et de ténèbres. Le pari de l’esprit est de rendre intelligible et lumineux l’univers tout entier, pour parvenir à la « connaissance suprême » qui éclaire l’univers. Dans sa propension, sinon sa manie, de faire des catégories et de les personnifier, l’esprit imagine qu’au bas de cet axe virtuel, il y aurait les «esprits simples » et dans les ténèbres et qu’en haut se situeraient les « esprits supérieurs» capables de vivre dans la pleine lumière de la« connaissance suprême ». Sur cet axe virtuel, imaginé comme vertical pour signifier une élévation de l’esprit, la progression ne serait pas continue, mais procédant par « sauts qualitatifs », représentant chacun un «niveau de prise de conscience ». Le processus de progression s’avère être un processus « d’élévation– ascension » à des niveaux successifs de prise de conscience. L’esprit s’est ainsi construit plusieurs représentations allégoriques de cet axe virtuel : celle d’une ziggourat, comme celle d’ETEM AN KI, de la «Tour de Babel » ou encore la fameuse « échelle de Jacob » et de bien d’autres encore, comme notamment celle des « alchimistes » qui transposant la science reine de leur époque : la chimie, ont imaginé cet axe virtuel, comme des transitions de phases dans un processus chimique. Dans cette idée de transposition, on pourrait imaginer qu’aujourd’hui on utiliserait d’autres analogies scientifiques, empruntées à la physique quantique, à la génétique, à l’informatique et à bien d’autres encore. Dans sa propension à vouloir nommer toutes choses, l’esprit a donné à cet axe virtuel, le nom « d’axe théurgique ».

 

Une élévation quantifiée

 

Cet axe théurgique concerne toutes les formes d’esprit, par leur propension à vouloir se situer sur une échelle de progression dans les niveaux successifs de prise de conscience de l’univers. Il apparaît que ces niveaux sont au premier chef, des niveaux où l’esprit prend déjà conscience de lui-même, en remarquant qu’il y a des formes successives d’esprit, et que chacune à ses propres lois et contingences. Quelque soit l’endroit de l’univers où l’esprit vient aux choses, on remarquera que l’on peut distinguer 4 niveaux de prise de conscience, auxquels sont attachés des niveaux de connaissance et qui requièrent des « capacités » spécifiques pour atteindre un état d’être, et en posséder les vertus (qualités) correspondantes. En d’autres termes, dans chaque niveau, l’esprit s’élève pour se doter de toutes les capacités requises, pour parvenir à un état où il possédera les vertus nécessaires pour s’y maintenir et envisager une « ascension » dans le niveau suivant. Ces quatre niveaux que l’on retrouve dans presque tous les systèmes spirituels globalisant, sont ceux de l’esprit individuel, puis celui d’un esprit collectif, puis celui où cet esprit collectif ayant pris conscience de sa finitude, envisage de transmettre sa connaissance acquise à une postérité. Enfin le 4ème niveau est celui où l’esprit tente de s’affranchir de son support physique, non pas pour lui-même, mais pour le système de connaissances qu’il a su développer, et dont il aura pu lui-même hériter en partie. A ce stade le « verbe » condense la« connaissance ». Un verbe « performatif » qui crée l’action par le simple faitd’être prononcé. Il s’agit bien sur d’une image, celle d’un système d’information qui se déploie de lui-même dans l’esprit de celui qui le reçoit, l’entend et qui travaille parfois toute une vie, pour le comprendre et le communiquer à son altérité. Une altérité qui n’est pas qu’une somme d’individus, mais constituée de réseaux enchevêtrés, formant des « ordres », qui progressivement s’acheminent vers une conscience collective, vers une autre forme d’esprit. Cette notion « d’ordre » est importante car elle épouse les différente phases d’évolution des connaissances de cette entité collective. Elle est épistémologique, chaque « ordre » est pertinent à une époque, à la configuration de ses connaissances. Un ordre naît comme un outil nécessaire, et disparaît comme un outil obsolète. Ce ne serait que pur romantisme, que de vouloir faire perdurer, voire « ressusciter », des ordres disparus. Mais ces ordres à peine nés de besoins de convergences, où il est nécessaire de rassembler ce qui est épars, ont la propension de vouloir s’inventer des racines, à s’écrire une histoire, avec moult mythes fondateurs. L’ordre maçonnique n’échappe pas à cette propension.

 

L’ordre maçonnique

 

Les historiens de la maçonnerie nous montrent les prémices de l’ordre, comme une transition avec lesordres anciens, certains chevaleresques : Templiers, teutoniques, assassins, etc. , mais aussi ésotériques : druidiques, alchimistes, rosicruciens, etc. Par le travail de nettoyage radical mené par quelques-uns, comme notamment le révérend Anderson (1678-1739), et Desaguliers (1683-1744) rédacteurs des Constitutions dites d’Anderson de 1723, l’ordre maçonnique sembla se donner une cohérence, sinon une unité. L’ordre maçonnique comme représentatif d’une époque, en épouse la diversité, et il se présente comme une palette d’obédiences ne se reconnaissant pas toutes entre-elles. Mais laissons cet aspect aux historiens, pour revenir à l’axe théurgique de l’ordre maçonnique. L’ordre maçonnique comme réseau de convergences en phase avec son temps, dans son ambition de rassembler ce qui est épars dans son époque, est une sorte de sous-ensemble représentatif de l’humanité de son époque, où ses membres (F.°. ou S.°.) sont des esprits individuels, où les loges sont les prémices d’un esprit collectif et les obédiences les prémices d’organisations de ces esprits collectifs. Ainsi l’ordre maçonnique comporte tous les éléments pour être une sorte de laboratoire où l’axe théurgique pourra être modélisé et expérimenté, pour que chacun ensuite, à l’extérieur du temple, puisse en diffuser l’expérience acquise. L’ordre maçonnique reprenant les quatre niveaux de l’axe théurgique, il sera bien sur possible de faire des correspondances avec les autres ordres qui empruntent le même schéma, sans pour autant imaginer une quelconque filiation entre ces ordres. Néanmoins, certaines obédiences aiment faire remonter leur création dans les limbes de l’histoire et s’inventent d’improbables filiations, oubliant qu’un ordre naît à une époque donnée, comme un outil nécessaire, et disparaît comme un outil obsolète. Chemin faisant, un maçon pourra découvrir que l’ordre maçonnique est fortement influencé et imprégné par la Cabbale, où l’axe théurgique est présenté comme traversant quatre mondes : action, formation, création et émanation. Il n’est pas utile de reprendre les termes hébreux, car ils ne font que désigner un modèle universel et le signifiant utilisé risque de cacher le signifié universel. Pour autant l’arbre séfirotique de la Cabbale est intéressant car il indique pour chaque niveau, quelles seraient les capacités (les sefirots) à réunir pour parvenir à l’état de conscience correspondant au niveau et en posséder les vertus (les qualités). Remarquons que dans une vision hébraïque, une vertu n’est pas une qualité innée, mais acquise, notamment par le travail. Ainsi pour chaque niveau de l’axe théurgique il est possible de définir un système de sefirots, un état de prise de conscience, et un niveau de vertu. Nous maçons, nous aimerons associer à chaque niveau un symbole représentatif.

 

Le système spirituel de l’ordre maçonnique

 

Cet ordre maçonnique est un système spirituel, constitué de quatre niveaux « d’élévation – ascension », basés sur les quatre mondes de la Cabbale : l’action, la formation, la création et l’émanation, correspondant respectivement : Loges bleues, ateliers de perfection, ateliers capitulaires, ateliers philosophiques. Comme pour montrer qu’il s’agit d’une être différent, à chaque niveau correspond une loge spécifique, et aucune loge ne travaille sur l’intégralité de l’axe théurgique.

 

ß Le premier monde (Assiah) : l'action, est celui où issus du chaos, la matière inerte est apparue, puis la matière vivante et enfin un être pensant, doté d’une conscience individuelle et d’une volonté particulière. Dans ce premier monde la matière et l’esprit se confrontent. Un esprit qui ne peut se libérer qu’en empruntant « la voie du milieu », celle qui donne un sens à ce qu’il est et à ce qu’il fait, en lui donnant l’espérance, la perspective, de maîtriser son devenir. Dans ce 1er monde, le FM.°. travaille sur lui-même, il est dans sa terminologie allégorique, « une pierre brute » qu’il doit sans cesse tailler pour parvenir à la maîtrise de lui-même. Les trois premiers degrés de l’ordre maçonnique se situe dans ce premier monde, où le FM.°. prend pleinement conscience de lui-même et de l’altérité dans laquelle il vit. A ce stade il acquière un premier « niveau de vertu » (yachar) : il est un homme de rectitude, celui qui veut se conduire d'après un chemin droit (la voie du milieu) et cela avant toute norme, avant toute loi.Ce « niveau de vertu »correspond à un « état de conscience ». Une vertu n’est pas une qualité innée, mais une qualité nécessaire que l’on acquière par le travail. Le symbole de cet état est l’équerre et le compas où symboliquement le FM.°. se situe entre l’équerre et le compas, entre la rigueur et l’ouverture. Combien même l’ordre maçonnique s’arrêterait à ce seul niveau, qu’il aurait déjà produit des FM.°. libres et de bonnes mœurs, oeuvrant au bien-être de l’homme et de la société, chacun dans sa vie, chacun dans son exemplarité.

 

ß Le deuxième monde (Yetzirah) : la formation, est celui d’une prise de conscience collective au sein des groupes sociaux et par extention de l’humanité toute entière, consciente d’elle-même et de son altérité, dotée d’une volonté particulière qui va au-delà de la simple somme des volontés particulières des individus et qui transcende la multitude dans une unité. Dans ce deuxième niveau, dans ce deuxième monde, le FM.°. travaille à l’édification du 3ème temple, celui de la « Jérusalem céleste »,qui est l’avènement d’une humanité consciente d’elle-même et de son altérité. La Loge maçonnique en préfigure l’organisation, où sous les auspices de « la GADLU », 3 la dirigent, 5 l’éclairent et 7 la rendent juste et parfaite. A ce stade le FM.°. acquière un deuxième « niveau de vertu » (tsadik ) où il prend pleinement conscience de la place de l’humanité dans « l’ordre naturel des choses », de son rôle dans l’univers en se «révélant » être l’héritière d’une tradition ancestrale. Le symbole de cet état sera un compas (sans l’équerre) s’ouvrant sur la série 3, 5, 7 et 9. Cette série représentera pour les uns les « ages symboliques » successifs du FM.°. dans son parcours initiatique. Pour d’autres la série 3, 5, 7, symbolisera le principe d’organisation de ce niveau et le 9 symbolisera dans le mythe d’Hiram, les 3+6 compagnons partis à la recherche de la dépouille (de l’enseignement) d’Hiram, que d’aucuns considère comme l’allégorie des générations adamiques antérieures à celle de Noé (la notre) : ADAM, SETH, ENOSH, KENAN, MAHALALEEL, JERED, HENOC, METUSCHELAH, LEMEC. C’est en effet à ce niveau que le FM.°. découvre allégoriquement, sous les ruines du temple de Salomon, l’existence d’un soubassement remontant à Enoch et où, chemin faisant, il approche les enseignements de la Cabbale qui lui donnera les clés de compréhension des 4 mondes. Le message est assez stupéfiant : notre génération, celle de Noé, serait dans la lignée des 9 générations adamiques précédentes et pourrait en être l’héritière.

 

ß Le troisième monde (Briah) : la création, est celui de la transmission, où une génération consciente de sa finitude, envisage de transmettre son savoir à une nouvelle génération par l’opération d’un système qu’elle aura fabriqué dans le but d’enseigner la nouvelle, afin que la connaissance se perpétue. La recherche porte sur le « rite » et les « rituels » qui en découlent. Le rite, du sanscrit« rita »,est une représentation de l’univers. Le rituel, du latin « ritus », est un fréquentatif, une formalisation des éléments du rite, pour qu’il se déroule toujours d’une manière identique. En effet l’enseignement ne découle pas de l’acquisition de connaissances transmises, mais de la pratique assidue des rituels, qui peu à peu imprègnent l’esprit de ceux qui les pratiquent. C’est en cela que l’on dit qu’ils sont «performatifs ». A ce stade, le FM.°. acquière un troisième « niveau de vertu »(hassid), où il veut par lui-même, ce que peut « l’ordre naturel des choses ». Il sait ce qui est de l’ordre du possible car il en connaît les lois et fondements. Il sait maîtriser les chimères que fabrique sonimagination féconde. Il sait que nul n’est tenu à l’impossible. La représentation allégorique de ce monde est celle d’une «trinité », où un « père » procède à l’enseignement d’un « fils », par l’opération d’un « Saint-Esprit». Sur l’axe théurgique, cette verticale qui relie l’humain à la « connaissance suprême » (divine), il se situe à un niveau caractéristique de son état (niveau de vertu) où il est doublement capable de comprendre le divin et l’humain. Le symbole de cet état sera celui de Rose + croix. La croix symbolisant sa situation sur l’axe théurgique et la rose par la floraison de ses pétales symbolisant lesdifférents niveaux de conscience qu’il lui faut maîtriser. Cette croix n’a aucun rapport avec la croix christique. A ce niveau le FM est sensé retrouver la parole, pour constater qu’elle s’exprime au travers d’un tétragramme : YHVH pour les uns, ENRI pour d’autres. Dans l’allégorie de la tour de Babel, c’est surtout l’élévation par niveaux de cette ziggourat qui est la transposition de la parole, codée dans letétragramme. La parole fut perdue par la destruction de la tour et non pas par la confusion des langues qui succéda à la langue adamique.

 

ß Le quatrième monde (Atziluth) : l'émanation, est celui de la dernière ascension. Il est appelé Monde des Emanations ou encore Monde des Archétypes. C'est le lieu du tout indivisible, de l'ensemble des potentialités, la racine des mondes. Il est constitué des schémas qui mettront de l’ordre dans la chaos, il est celui des germes capables de féconder le chaos, pour que renaisse l’ordre, un ordre inexorablement condamné à retourner au chaos ; Car toute chose naît du chaos et y retourne inexorablement. Dans ce monde, l’esprit conscient de sa dualité « esprit-matière », connaissant l’aspect éphémère de son substrat matériel, a pour ambition de perdurer au-delà de la disparition inéluctable de son support.Cette ambition, n’est pas nécessairement que l’esprit survive comme entité, mais que ses connaissances, si difficilement acquises, soient transmises à une postérité méritante. Ce monde ne serait pas celui de «purs esprits » vivant dans une autre dimension, mais celui d’un système d’enseignement qui pourrait s’autodéployer sur un nouveau substrat, issu du triomphe éphémère de l’ordre sur le chaos, dans une allégorie de « revanche » de la lumière sur les ténèbres. Sur un nouveau substrat issu d’un ordre naturel des choses, qui ne manifeste aucune volonté particulière, qui est l’ordre des possibles, où les choses naissent et demeurent, si et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. Dans ce niveau, l’esprit tente de concevoir d’une part un système d’enseignement autodéployable et d’autre part un substrat qui sera capable de surmonter ce retour au chaos. Ce chaos n’est pas le néant, mais le retour au plus bas niveau d’organisation de l’univers. L’ordre est quant à lui celui d’une succession de niveaux d’organisation de plus en plus complexe, sansque rien ne pousse les choses à se complexifier davantage. Concernant le système d’enseignement, lui est un système d’informations, la Cabbale en donne un aperçu avec la « gématrie », par un alphabet de lettres et une expression numérique de leurs combinaisons. Cela n’est pas sans rappeler que l’ordre naturel des choses utilise le codage protéinique comme support d’informations, notamment dans l’ADN. Cette observation pourra nous donner une idée de la nature du système d’enseignement adamique et de son substrat. Un substrat qu’il conviendra de protéger lors du retour au chaos. Avant de poursuivre, nous devons examiner deux principes : l’entropique et l’anthropique. Le premier emprunté à la thermodynamique concerne la tendance à la désorganisation de tous les systèmes. Le deuxième concerne les conditions nécessaires à réunir et à maintenir pour qu’apparaisse les systèmes les plus complexes et la probabilité que ces conditions soient réunies par le hasard, notamment dans desespaces- temps voisins. Cette probabilité est non nulle, car notre seule existence en apporte la preuve, mais elle est considérée comme extrêmement faible et comme quasi nulle pour des apparitions concomitantes dans des espaces-temps voisins. La Cabbale laisse entendre qu’une première génération : l’Adam primordial, serait issue par hasard de l’ordre naturel des choses. Cette visionn’implique en rien la nécessité d’un Dieu créateur manifestant une volonté particulière, mais montre les résultats d’un principe créateur, qui lui ne manifeste aucune volonté particulière. Dans ce 4ème monde,celui de l’émanation, le FM.°. acquière un quatrième « niveau de vertu » (kadosh) où « homme de sainteté », de créature de l’ordre naturel des choses, il devient un créateur qui sait utiliser cet ordre des possibles dans le sens de sa volonté particulière. Le symbole de ce double état de créature –créatrice sera un aigle à deux têtes, enserrant dans ses serres 3 éclairs symbolisant 3 émanations, car l’esprit, avant d’être esprit, émane du chaos, puis de la matière inerte, puis de la matière vivante, pour enfin, au bout de son périple, inverser son cheminement, où né de la poussière, il retourne à la poussière, sauf son ambition que la Parole, que son enseignement, perdure dans le Siècle des siècles.

 

Savoir interpréter les allégories

 

Dans une vision allégorique l’axe théurgique, serait donc l’axe de « construction de Dieu ». Le mythe est celui de « l’océan primordial », des eaux de la Genèse, sur lesquelles l’Esprit de Dieu planait avant d’opérer la création. L’image allégorique de l’esprit s’élevant ensuite à la verticale, selon l’axe théurgique, est une belle image symbolisant un processus d’organisation de l’univers, en systèmes successifs de plus en plus complexe. Malgré sa puissance évocatrice, cette image est réductrice, car elle montre les états d’être successifs, comme extérieurs les uns des autres, alors qu’ils sont inclus les uns dans les autres. A tous niveaux, les êtres de ce niveau restent des agrégats d’êtres des niveaux inférieurs. Quand l’esprit vient aux choses, ces choses restent soumises aux contingences de leurs différents niveaux constitutifs. Au premier niveau de prise de conscience, celui de l’esprit individuel, celui de chaque humain, la propension de certains, sera de transposer les êtres des autres niveaux en les personnifiant dans leur propre plan d’existence. Ainsi certains pourront personnifier les sentiments qu’ils ressentent, comme autant de personnages allégoriques, incarnant la joie, la colère, etc. Cette personnification, cette incarnation, est une commodité que l’esprit individuel utilise pour se représenter la complexité de l’univers, il est néanmoins prudent de savoir s’en dégager. Prudence, car cette transposition est dangereuse si on donne à l’être transposé toutes les caractéristiques des êtres du niveau de transposition. Ainsi la transposition desgénérations adamiques, dans le plan des individus, conduira certains à penser que ces générations se reproduisent selon un mode sexué : il leur faudra alors considérer des éléments males ou femelles. Ceux-ci auront besoin d’associer à l’Adam primordial, une compagne Lilith ou Eve selon ce qui conviendra le mieux à leur morale. Qui peut penser qu’un groupe social se reproduise selon un mode sexué . Les textes dits sacrés, sont essentiellement allégoriques, quand ils ne sont pas de surcroît agencés selon la technique de la guématrie, où chaque lettre possède un équivalent numérique, où les mots forment une combinatoire explicite. Comment entendre ces textes dans leur plus simple expression, en fait chacun retient ce qui l’intéresse, et pour beaucoup, croire, ce n’est que retenir ce qui les rassure. Mais que penser d’un clergé qui laisserait croire en vérité, ce qui n’est qu’allégorie . Mais convenons que la lumière est dangereuse pour qui n’est pas préparé à la recevoir.

 

Conclusion

 

Dans une vision maçonnique l’axe théurgique traverse l’ordre tout entier, que les maçons découvrent progressivement, dans la pratique de rituels et de mythes performatifs, qui les sensibilisent souvent d’une manière inconsciente, comme à l’insu de leur plein gré. Beaucoup de maçons estiment que l’ordre ne concerne que le premier niveau, celui des « loges bleues » et considèrent les autres niveaux comme des fantaisies d’esprits dilettantes, qui feraient mieux de s’occuper de choses plus concrètes quand on voit la misère dont souffre l’humanité. Il est vrai que le premier niveau fabrique des maçons, et qu’il est juste que ceux-ci fabrique quelques choses à leur tour. A quoi servirai un enseignement, s’il n’avait pas une utilisation pratique . Pour autant la maçonnerie est un laboratoire, où moyennant les précautions d’usages, on pourra se livrer à des expériences potentiellement dangereuses. Le danger serait déjà de se laisser prendre au jeu, et de confondre les mythes avec la réalité, et les hypothèses avec des certitudes. La maçonnerie spéculative est …spéculative ! Chacun des quatre niveaux de l’ordre maçonnique est un terrain d’expérimentation pour des esprits de plus en plus aguerris à ce genre de spéculations. On n’y progresse pas à l’ancienneté, au bénéfice de l’age, mais parce qu’on en possède les dispositions d’esprit. Le concept le plus délicat est celui de prendre conscience comme individu, qu’il existerait un niveau de conscience collective, concernant les groupes sociaux, où selon l’expression consacrée : le tout est supérieur à la somme de ses parties. Par l’exemple de sa loge, formant ce genre d’entité collective, le maçon à la chance de pouvoir travailler à ce niveau de conscience collective, sous réserve qu’il cesse de regarder son nombril, qu’il cesse d’être un individu pour être un F.°. de la loge, qui elle, n’existe que si, et seulement si , les F.°. sont réunis dans la forme accoutumée. Dans l’allégorie, l’individu est une pierre brute, alors que le F.°. est une pierre polie, certes chacune est différente, mais elles peuvent s’assembler par la jonction de leur interface adapté. C’est dans l’harmonie de cette jonction qu’apparaît alors l’égrégore, tel une symphonie de notes parfaitement jointoyées. L’enseignement majeur est que la force n’est pas dans les êtres en eux- mêmes, mais dans ce qui les relie. Dans leur capacité à former des réseaux , à constituer des « ordres» pertinents à leur époque et capable de l’éclairer. L’ordre maçonnique est né dans les pas du « siècle des lumières ». Comme outil nécessaire, il doit travailler à la tolérance mutuelle afin permettre une concorde universelle. L’unité de l’humanité n’est pas dans un syncrétisme des systèmes spirituels, mais dans leur jointement harmonieux, certes dans le respect de leurs différences, mais aussi dans le respect de l’harmonie d’ensemble. C’est dans cette harmonie, qu’alors nous entendrons le chant divin.

 

J’ai dit …

 

source : http://leblogajean.hautetfort.com/files/axe_theurgique_fm.pdf

 

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Les Dix Principes Majeurs de la Révélation Gnostique

16 Novembre 2012 , Rédigé par Philip K Dick Publié dans #spiritualité

Les chrétiens gnostiques du second siècle croyaient que seule une révélation spéciale de la connaissance plutôt que la foi pouvait sauver un individu. Le contenu de cette révélation ne pouvait être reçu empiriquement ou n’être dérivé a priori. Ils considéraient cette Gnose spécifique comme étant de tant d’importance qu’elle devait rester secrète. Voici les 10 principes majeurs de la révélation gnostique :

1. Le créateur de ce monde est un dément.

2. Le monde n’est pas comme il apparaît, afin de cacher le mal qui est en lui, un voile l’obscurcit ainsi que la divinité démente.

3. Il y a un autre, un meilleur royaume de Dieu, et tous nos efforts doivent être dirigés vers un retour vers lui et vers son accomplissement ici-bas.

4. Nos vies véritables remontent à des milliers d’années d’ici, et nous pouvons être amenés à nous souvenir de nos origines au sein des étoiles.

5. Chacun d’entre nous a une part divine qui n’a pas chuté et qui peut être atteinte afin de nous éveiller. Cette autre personnalité est l’authentique moi éveillé ; la personnalité présente est endormie et sans importance. Nous sommes en fait endormis, et entre les mains d’un dangereux magicien déguise en bon dieu, la divinité créatrice démente. La désolation, le mal et la douleur en ce monde, le fait qu’il est une prison déterministe contrôlée par une divinité créatrice démente nous fait nous séparer du principe de la réalité très tôt dans notre vie, et si l’on peu dire de tomber dans le sommeil de l’illusion.

6. Nous pouvons passer du monde de la prison des illusions dans le royaume de paix si le Vrai Dieu Bon nous place sous sa Grâce et nous permet de voir la réalité au travers de ses yeux.

7. Le Christ a donné, plutôt que de recevoir, une révélation ; il enseigna à ses disciples comment entrer dans le royaume pendant cette vie, alors que les autres religions à mystères n’apportent que l’anamnèse : une connaissance de cela en d’autres temps dans un autre royaume, pas ici. Il le fait advenir ici, et il est l’agent vivant de l’Unique Dieu Bon (Logos).

8. Probablement que la véritable et secrète église chrétienne existe toujours, depuis longtemps souterraine, avec le Corpus Christi à sa tête ou en tant que dirigeant, ses membres étant absorbés en elle. En participant à cette Église, ses membres ont probablement des pouvoirs magiques très étendus.

9. Les divisions en « deux temps » (le bien et le mal) et en « deux royaumes » (du bien et du mal) prendront soudainement fin avec la victoire du bien ici alors que le royaume invisible aujourd’hui se rendra visible. Nous ne pouvons connaître le moment où cela arrivera.

10. Pendant ce temps, nous sommes sur le Pont du Passage, jugés selon la puissance à qui nous avons porté allégeance, au démiurge créateur fou de ce monde ou à l’Unique Dieu Bon et à son Royaume, que nous connaissons au travers du Christ.

Connaître ces dix principes de la Gnose chrétienne c’est courir au désastre.

D’après Exegesis de Philip K. Dick, traduction française par Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, mai 2004 e.v.

Source : http://www.esoblogs.net/

 

 

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Les seize axiomes kabbalistiques d’Henry More

16 Novembre 2012 , Rédigé par Serge Hutin Publié dans #spiritualité

Henry More (1614-1687) se voulut, lui aussi, explicitement kabbaliste chrétien. Ne fut-il pas d’ailleurs l’un des correspondants du baron Christian Knorr von Rosenroth, cet érudit ami de Leibnitz ? Il s’était inlassablement plongé dans la forêt des traités des kabbalistes pour espérer y découvrir le moyen de convertir les juifs au christianisme, en leur prouvant que leur propre tradition, si l’on sait l’interpréter en profondeur, finirait par leur prouver la vérité du christianisme. À l’inverse de Fludd qui, s’il connaissait le latin et le grec, ne pouvait lire l’hébreu, Henry More avait une connaissance très poussée des œuvres des plus fameux rabbins kabbalistes. On peut noter chez lui l’influence toute spéciale d’Isaac Luria (1534-1572). C’est à ce dernier que More empruntera le contenu des seize axiomes kabbalistiques, en lesquels se trouveraient énoncés les principes fondamentaux de la Kabbale, tant juive que chrétienne.

Nous allons en donner la traduction française :

1. Rien ne peut être créé à partir de rien.

2. Et comme la matière ne peut être créée.

3. Ni exister par soi en raison de la bassesse de sa nature. Où l’on tire la déduction qui est plutôt un fondement que nulle chose vile ne peut exister par soi.

4. Il n’existe donc aucune matière dans la nature des choses.

5. Tout ce qui est vraiment est Esprit.

6. Mais cet esprit est incréé et éternel, intelligent, sensible, vital, se mouvant par soi, infini dans l’étendue et existant nécessairement par soi.

7. Et par conséquent, cet esprit est l’essence divine.

8. Et aucune essence autre que divine ne peut exister par soi.

9. Comme, à la vérité, il n’existe aucune essence en dehors de celle-ci dans l’univers en vertu des axiomes 1, 2, 3, 8 et qu’il est clair qu’une chose (provient) de cette essence unique, par une action de division – il est évident que l’essence divine peut se diviser.

10. Puisque l’essence divine existe vraiment, il existe d’innombrables particules individuelles, et qui peuvent s’étendre et s’étaler en des cercles de puissance et d’étendue infinies.

11. Et puisque les grains de sable particuliers, les petits grains des pavés et les particules de l’air, de l’éther, etc., sont des parties de cette essence divine, il est tout aussi évident que ces dernières peuvent se réunir et se resserrer en particules extrêmement ténues.

12. De l’assemblage de ces particules est formé le monde qu’on appelle matériel bien qu’il soit en réalité spirituel, formé assurément d’esprits en particules divisées de l’essence divine, contractées et ramassées en monades ou points physiques.

13. Cette contraction est l’état de sommeil ou d’engourdissement pour ces particules divines – leur expansion, l’état de réveil.

14. Il y a différents degrés de réveil, à savoir : dans la vie végétative, sensitive, rationnelle… ; bien plus enfin se font le réveil et l’expansion, dans un cercle d’amplitude et de puissance infinies, jusqu’à ce que cette parcelle divine en cet esprit particulier puisse se construire un Monde formé de terre, d’eau, d’air, de ciel et des autres parties.

15. Et, par conséquent, cet Esprit particulier peut – à partir de l’exemple de la fine poussière de marbre – devenir la plante, à partir de la plante l’animal, de l’animal l’homme, de l’homme l’ange, enfin le Dieu créateur d’une nouvelle Terre et d’un nouveau Ciel.

16. Et on peut dire de même à propos des particules individuelles de l’essence divine, qu’il est nécessaire qu’elles soient ou bien toutes séparables sans doute, ou encore qu’elles puissent être des Dieux créateurs des terres et des cieux, ce qui est cela même qu’un enfant, par une nuit blanche dans les écoles, interrogé par moi sur le point de savoir s’il croyait à un Dieu unique, me répondit en souriant qu’il croyait à l’existence d’un grand nombre de Dieux, distincts les uns des autres.

On voit la manière dont Henry More, résumant ainsi les principes essentiels de la Kabbale d’Isaac Luria, aboutit à une métaphysique immatérialiste et monadiste. Le plus curieux de ces axiomes kabbalistiques est assurément le dernier qui, par la différence instaurée entre l’Absolu et les Créateurs de chacun des innombrables systèmes planétaires, s’écarte singulièrement de l’orthodoxie chrétienne. Henry More met par prudence – on l’aura remarqué – dans la bouche d’un de ses étudiants à Cambridge l’exposé de cette théorie qui pourrait bien friser l’hérésie…

Serge Hutin – extrait de l’article « Note sur la création chez trois kabbalistes chrétiens » publié dans Kabbalistes chrétiens, cahiers de l’hermétisme, éditions Albin Michel, Paris, 1979.

Source : http://www.esoblogs.net/328/les-seize-axiomes-kabbalistiques-d-henry-more/

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Hermétisme et Rose+Croix : extrait de "Secrets et mystères de l'occultisme : Saint Germain et Cagliostro".

16 Novembre 2012 , Rédigé par Patrick Rivière Publié dans #spiritualité

[...] La “ Rose + Croix ” demeure sans conteste d'inspiration chrétienne. Nul ne saurait sérieusement contrevenir à cette assertion tant l'iconographie rosicrucienne ne cessa de le démontrer. Mais là encore, conviendrait-il au préalable, d'établir une différence entre la “ Rose + Croix ” universelle, intemporelle et invisible, d'une part, et les différents mouvements historiques, d'inspiration “ rosicrucienne ” qui fleurirent d'autre part, du début du XVIIème siècle jusqu'à nos jours.

Et si, selon d'aucuns, le légendaire Christian Rosencreutz aurait, à son retour d'Asie, affiché une “ façade ” délibérément “ chrétienne ” au rosicrucianisme - pour mieux dissimuler en fait des enseignements de source orientale -, il n'en demeure pas moins réel que la plupart des documents “ rosicruciens ” envisagés se réfèrent au seul ésotérisme chrétien.

D'ailleurs, n'oublions pas que si la lutte contre la papauté et le catholicisme romain pervertis faisait partie du programme énoncé par la "Fama Fratemitatis" (1614) suivie de la "Confessio" (1615), la restauration de l'authentique ésotérisme et hermétisme chrétien en constituait précisément le but suprême bien qu'inavoué.

Dans un manuscrit conservé dans la bibliothèque de Leipzig, l'alchimiste Michel Maïer mentionne le réveil de la société des hommes sages et véritables, sous la dénomination des "Frères de la Rose + Croix" d'Or dont le dessein essentiel consistait à " relever l'humanité si profondément déchue de sa dignité première par le déplorable état de péché; sauver, des griffes de Satan, les âmes si chèrement rachetées par Jésus-Christ; prêcher le royaume lumineux de Jésus, au grand nombre, et, comme une voix clamant dans le désert, préparer la voie pour la deuxième Venue du Seigneur". La devise des confraternités rosicruciennes n'était-elle pas la suivante :

Ex Deo nascimur

In Jesu morimur

Per Spiritum Sanctum reviviscimus

"De Dieu nous naissons, en Jésus nous mourons, Par l'Esprit-Saint nous revivons.”

Les enseignements reposaient principalement sur une approche hermétique de la tradition biblique : la Rose s'identifiant au précieux sang du Christ et ses cinq pétales aux cinq plaies du Seigneur. L'alchimiste rosicrucien Madathanus, nomen mysticum voilant la personnalité du médecin Hadrian von Mynsicht, n'avait-il pas écrit dans le même esprit : "L'homme intérieur ou le corps dynamique pur, forme avec sa céleste fiancée, par la foi, une essence spirituelle qui est la chair du Christ, la teinture de vie, un amour igné et pénétrant. c'est de l'humanité spirituelle que Jésus a donné à ses disciples un corps et une vie célestes qu'il apporta du Ciel. La loi est un feu qui réduit en cendres la nature, Adam est la chair par la souffrance et la mort ; l'Evangile est une eau qui spiritualise par la grâce du Christ et de l'Esprit et qui produit la paix, la joie, la bénédiction et la vie."

Selon Mosheim tel que nous l'apprend Arthur Edward Waite: "Parmi tous les corps de la Nature, la rosée était celui qui possédait le plus grand pouvoir dissolvant sur l'or ; la croix, en langage alchimique, représentait la lumière, Lux, parce que toutes les lettres de ce mot peuvent se retrouver dans la figure d'une croix. Or la lumière est appelée la semence ou le menstrue du dragon rouge, lumière grossière et matérielle qui, digérée et transformée, produit l'or. Si l'on admet tout ceci, un philosophe rosicrucien sera celui qui cherche, par le moyen de la rosée, la lumière ou Pierre Philosophale."

De l'ésotérisme chrétien à l'"hermétisme", il n'y a donc qu'un pas que Johan Valentin Andreae ne manqua pas de franchir en ses Noces chimiques de Christian Rosencreutz" : authentique traité d'alchimie et dans lequel le philosophe et mathématicien Leibnitz trouva matière à réflexion : “ J'y ai moi-même déchiffré une énigme qui est véritablement le problème de l'algèbre dont le mot était celui-ci : Alchimia."

Il s’agit bien ici de l'"Ars Magna" : la "voie royale" du Grand OEuvre alchimique car, à l'instar de Dante en sa Divine Comédie, la "Fama Fraternitatis" rejetait les "souffleurs" ou alchimistes "faiseurs d'or " avec véhémence: "Pour ce qui est plus particulièrement des faiseurs d'or impies et exécrables de notre temps, ils se sont tant répandus que beaucoup de vagabonds en rupture de ban poursuivent sous ce prétexte leurs friponneries et abusent de la crédulité des curieux, et même les esprits pondérés les tiennent en estime, comme si la mutatio metallorum était le suprême aspect et fastigium de la philosophie... "

Et dejà, en 1574, bien avant la parution de la "Fama", un manuscrit alchimique se trouvait évoqué dans le Theatrum Chemicum (1613) s'intitulant : Compendium totius... On y ,rencontrait le terme de "philosophie " s'appliquant intégralement,à l'"alchimie " : "la Philosophie d'Hermès".

Théologie et liturgie chrétiennes sont empreintes de connotation hermétique ainsi que l'a si magistralement démontré Eugène Canseliet en ses nombreuses études alchimiques. D'ailleurs, son maître Fulcanelli n'affirmait-il pas : "Marie, Vierge et Mère représente donc la forme, Elie le Soleil, Dieu le Père est l'emblème de l'esprit vital. De l'union de ces deux principes résulte la matière vivante, soumise aux vicissitudes des lois de progression et de mutation. C'est alors Jésus, l'esprit incarné, le feu corporifié dans les choses telles que nous les connaissons ici-bas." N'oublions d'ailleurs pas que les deux ouvrages du maître : Le Mystère des cathédrales et Les Demeures philosophales, sont entièrement dédiés à la gloire de l"hermétisme chrétien, bien que la mythologie gréco-romaine ait précédemment constitué le véhicule allégorique de la grande " tradition alchimique ".

Et si comme l'exprimait C.G. Jung en notre siècle, "l'Occident a perdu ses mythes", force est bien de reconnaître que l'hermétisme médiéval est là pour nous les rappeler.

Les "Fratres Roris Coctis" - les " Frères de la Rosée + Cuite" - s'organisèrent en nombreux petits collèges et ce, principalement plus tard, au XVIIIème siècle. Un document d'une valeur inestimable en fait foi : il s'agit d'un manuscrit .en latin, en haut-allemand médiéval et en langage chiffré rosicrucien et des Symboles secrets des Rosicruciens [18], oeuvres enregistrées au cours d'une convention rosicrucienne tenue en Allemagne en 1777. Et c'est près de deux siècles plus tard qu'un maçon - de haut rang - M. Ernst Klatscher qui, devant quitter Prague alors sous le joug des nazis, décida de s'enfuir aux Etats-Unis, emportant avec lui ce manuscrit fort rare ainsi que Les symboles secrets des Rosicruciens (éd. d'Altona, 1°livre, 1785 et 2° livre, 1788). M. Ernst Klatscher mourut hélas peu de temps après et sa veuve, dès son arrivée, décida de remettre les précieux documents aux Ets Frenkel et Cie ayant des succursales à Londres, Paris, Amsterdam et Hambourg.

Ce document se compose de quatre sections : introduction; premier degré; deuxième degré; troisième degré.

  • Le premier degré : “ Junior ” ou “ Zelator ” suscite la conscience analogique à travers les nombreux symboles exposés : l'unité de la matière, exprimée par le serpent “ Ouroboros ” ; les deux “ natures ”, active et passive ; les trois “ principes ” ou “ tria prima ” : mercure, soufre et sel ; les quatre “ éléments ” : eau, air, terre, feu, ainsi que la “ quintessence ” ou substance éthérée qui en émane par le truchement de l'“ Art ”. On y étudie également la “ kabbale génésiaque ” relative à la “re-création ” hermétique.
  • Le second degré des “ Fratres Theoricus ” révèle le langage symbolique des Adeptes : le “ gay sçavoir ” ou “ cabale ” phonétique et chiffrée, où l'esprit préside et l'emporte au détriment de la lettre. On y étudie les oeuvres des maîtres en alchimie : Basile Valentin, Denys Zachaire, Paracelse, Eyrénée Philalèthe, Le Cosmopolite, Arnaud de Villeneuve, Madathanus, Limojon de Saint-Didier, etc. Les étudiants se familiarisent ici avec le matériel expérimental et ses diverses fonctions : cornues à distiller, fourneaux de réverbère, de fusion, etc.
  • Le troisième degré des “ Fratres Practitus ” enseigne quant à lui progressivement la pratique au laboratoire ainsi que l'élaboration des trois “dissolvants ” propres à chacun des trois règnes: le “ menstruum ” radical minéral, le “ menstruum ” radical végétal, le “ menstruum ” radical animal; suivait ensuite la préparation du “ menstruum universel ” s'appliquant indifféremment à l'un des trois règnes. Puis, peu à peu, l'étudiant est amené à envisager la pratique du Grand CEuvre où ses propres “ redécouvertes ” expérimentales se trouvent agréées ou non par les maîtres, ses pairs.

Les produits de ces nombreux travaux étaient destinés à soulager l'humanité souffrante et à renforcer l'autonomie de l'Ordre Rosicrucien, pour la plus grande gloire du Très-Haut. Par ailleurs, nous avions déjà cité, en son temps l'existence du document de Breslau (1714) fixant les cinquante deux règles de l'"Ordre de la Rose + Croix d'Or", allant dans la même orientation humanitaire et évolutionniste. En voici un exemple fourni par la “ Règle 12 ” : “ Quand le Magis-terium sera communiqué à un frère, qu'il prenne l'engagement, vis-à-vis de Dieu, de n'en faire usage, ni pour lui-même, ni pour conduire un royaume à la révolte, ni pour servir un tyran, mais qu'il dise ne pas connaître le Magisterium et que c'est une duperie. ”

Combien sommes-nous conscients d'aborder une alchimie authentiquement "chrétienne" lorsque nous feuilletons les pages de l'éminent ouvrage des Symboles secrets des Rosicruciens. En voici, pour le lecteur, quelques extraits choisis parmi les plus représentatifs :

“ […] L'âme des hommes, partout, fut perdue par une chute et la santé du corps souffrit d'une chute, le Salut vint vers l'âme humaine IEHOVA, Jésus-Christ. La santé du corps est rendue par une chose qui n'est pas bonne à regarder. Il est caché dans cette peinture le plus grand trésor de ce monde, dans lequel se trouve le remède suprême et la plus grande partie des richesses de la Nature, qui nous ont été données par le Seigneur IEHOVA. [...]

“ […] "Au Lecteur Chrétien qui en est Digne" :

Lecteur aimable et aimant Dieu, et particulièrement vous sapientiae et doctrinae filii, il y a quelques années, le Dieu Tout-Puissant ouvrit mes yeux à l'illumination de Son Esprit Saint (Dont nous recevons toute Sagesse et Qui nous fut envoyé par le Père à travers le Fils), parce que je l'avais prié avec ferveur et avec constance et que j'avais fait appel à Lui maintes fois. […]

“ [...] Au Très Haut, Dieu Tout-Puissant, qui a créé cet art et qui a aussi bien voulu me révéler cette connaissance, à moi misérable pécheur, à cause d'une promesse et d'un voeu sincère, qu'Il lui soit rendu louange, honneur, gloire et reconnaissance, avec une très humble et très fervente prière afin qu'Il veuille bien diriger mon coeur, mon esprit et mes sens par l'intermédiaire de Son Esprit Saint, me guidant afin que je ne parle à quiconque de ce secret, encore moins que je le communique à celui qui ne craint pas Dieu, ou que je le révèle à toute autre créature ; de peur que je ne manque à mon vœu et à mon serment, que je ne brise les sceaux célestes et ne devienne ainsi un Frère parjure de l'Aureae Crucis et n'offense tout à fait la Divine Majesté et ne commette et n'accomplisse ainsi sciemment un péché immense et impardonnable contre le Saint-Esprit. Aussi, que Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, la Très Sainte Trinité, me gardent miséricordieusement et me protègent constamment.

” Dans la droite ligne de la filiation spirituelle Aureae + Crucis le chancelier d'Eckhartshausen fit paraître à Munich en 1798, un véritable “manuel d'alchimie rosicrucienne” intitulé Essais chymiques. Ainsi que le décrit le Dr Marc Haven “ Il a voulu et su se tenir à l'écart de toutes les sociétés secrètes, plus ou moins mystiques, qui fleurissaient à son époque, tout en restant, plus que personne, membre actif de cette Communauté de la Lumière qu'il décrit en si parfaite connaissance de cause dans ses ouvrages. ”

L'auteur de La Nuée sur le Sanctuaire s'inscrivait ainsi dans cette longue lignée de philosophes portant la croix, au sein de l'Eglise “ Intérieure ”, afin d'en conquérir la “ Rose ” résolument placée en son centre...

N'avait-il pas écrit en effet : “ Mais qu'est le royaume de Dieu ? La possession parfaite de Jésus-Christ dans notre coeur, régnant en lui comme en son temple, avec Sagesse et Amour, et illuminant par son Esprit notre raison, de l'intérieur vers l'extérieur, afin que nous puissions percevoir l'extérieur de la nature.

“Lorsque nous serons en possession de cet Esprit universel (c'est-à-dire de l'Esprit du Christ dans notre intérieur), alors pourrons-nous peut-être, par sa Grâce, apprendre à connaître l'extérieur de l'esprit universel de la nature, mieux que ne le connaît la philosophie ordinaire."

”Se réclamant légitimement de la “ Rose + Croix ”, Saint Germain et Cagliostro, outre l'“ alchimie ”, pratiquaient de surcroît la “ théurgie ”. Cette discipline secrète et particulièrement sacrée - “ disciplina arcana ” - si l'on en croit P.V. Piobb possédait deux sens : “celui "d'acte de la puissance divine" (c'est-à-dire positivement "d'effet d'une puissance ou énergie supérieure", car dans le mot énergie on retrouve "ergon") et celui de "mise en action de la même puissance".

En effet, le mot “ théurgie ” vient du grec “ theos ” (Dieu) et d'“ergon ” (oeuvre) et définit ainsi une sorte de “ magie divine ” qui, surpassant le domaine des seules forces élémentales permettrait d'atteindre directement le Divin, tandis que l'action du simple “ mage ” ou “ magiste ” se réduit à influencer le plan physique - en apparence - par le biais du monde “ astral ”.

Au IIIème siècle de notre ère, Jamblique, en ses “ Mystères ” fit remarquer qu'il existe dans l'Ame, un principe supérieur à la Nature extérieure. Par ce principe, nous pouvons surpasser le Cosmos et les systèmes de cet Univers. Quand l'Ame s'élève jusqu'à des essences supérieures à la sienne, elle abandonne ce Cosmos auquel elle est temporellement liée. Et par un magnétisme mystérieux, elle est attirée vers un Plan supérieur avec lequel elle se mêle et s'identifie. […] “

La théurgie nous unit si étroitement à la Puissance divine s'engendrant par elle-même, elle nous unit si étroitement à toutes les actions créatrices des Dieux, selon les capacités de chacun, que l'Ame, après avoir accompli les Rites sacrés, est affermie dans leurs actions et leurs intelligences, se trouve enfin placée dans le Dieu créateur lui-même.

”Le but de toute “ théurgie ” digne de ce nom, consiste donc par conséquent, à relier l'homme à Dieu, grâce à l'intervention des puissances ou émanations divines - telles les Hiérarchies célestes - mises en oeuvre, se manifestant suite à des “ invocations-évocations ” réitérées avec foi, de la part de l'Adepte.

Dans sa Philosophie occulte, le célèbre mage Henri-Corneille Agrippa avait écrit à ce propos : “ […] les fumées et l'onction des sacrifices pénètrent tout et ouvrent les portes des éléments et des cieux, afin que l'homme puisse voir et connaître les secrets du Créateur, les choses du Ciel, comme sont les Anges et les Esprits des cavernes et des abîmes, les fantasmes des lieux déserts, comment les faire venir, paraître, comparaître et obéir. ”

Notons que le mot grec “ angelos ” - “ aggelos ” - traduit le vocable hébraïque “ maleak ”, signifiant “ messager ”. Saint-Denys, dans Des noms divins, avait souligné au sujet de leur lumière prodiguée à l'humanité: “ Ils sont les miroirs très purs et très clairs et les réceptacles de la lumière principale et du rayon divin. […] Par eux, au contraire, Dieu élève la Création à un plus haut degré de gloire. Il la rapproche du Trône de sa Majesté, il manifeste dans une illumination plus splendide ses adorables perfections et produit une image vivante plus fidèle de son être. Car l'Ange est un lumineux flambeau placé au vestibule du Temple où se cache la divinité, l'image de Dieu, le miroir sans tache, de toute beauté divine, qui réfléchit autant qu'il lui est possible, cette même bonté voilée dans le Sein de Dieu.”

Selon Denys l'Aréopagite (De la hiérarchie céleste), les Anges ont pour but d'“assimiler et d'unir à Dieu, car contemplant d'un oeil assuré la beauté suréminente, ils la retracent en eux en autant d'images de Dieu.”

Au demeurant, peut-on considérer que la théurgie, mystique sacrée s'il en fût, entretint davantage de liens avec l'alchimie spirituelle qu'avec la “ magie astrale ” élémentale ? En effet, ses relations intimes avec l'aspect interne de l'alchimie, telle la “ voie horienne ” égyptienne, apparaissent ici évidentes, par sa participation à la réalisation du “ corps glorieux d'immortalité ”, évoqué par certains gnostiques s'adonnant à la théurgie, suivant l'exemple d'Apollonios de Thyane, conduisant à une doctrine demeurée inexorablement voilée parce que conduisant à l'authentique “ libération ” de l'être, en dehors de tout contexte strictement “ religieux ” !

C'est sans aucun doute ce qui motivait Cagliostro et qui le poussa à écrire ces lignes, ô combien admirables :

“[... ] sans le secours d'aucun mortel, son esprit (celui de l'homme) est rempli d'un feu divin, son corps se fait aussi pur que celui de l'enfant le plus innocent, sa pénétration est sans limites, son pouvoir immense et il n'aspire plus à rien d'autre qu'au repos pour atteindre l'immortalité et pouvoir dire lui-même: Ego sum qui sum... ”.

Source : www.ledifice.net

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Les sept traités

16 Novembre 2012 , Rédigé par Hermès Trimégiste Publié dans #spiritualité

Préface.

Dans  les histoires des choses divines nous lisons qu’il y a eu trois grands personnages appelés Hermès. Le premier a été Enoch, devant le déluge, qui fut transporté au Ciel, accompagné des Anges, dans un chariot de feu. Le second a été Noé, qui se sauva au déluge dans l’Arche, par le commandement de Dieu : car l’un et l’autre a été appelé Hermès, et Mercure pour les distinguer de cet Hermès, qui régna en Egypte après le déluge : car ce troisième a été un excellent homme, qui orné du bandeau Royal, a régné longtemps en Egypte, et fut appelé trois fois grand à cause de sa triple vertu : car on dit qu’il fut Roi des Philosophes et Prophète, lequel aussi on dit avoir été inventeur de toute discipline libérale et mécanique : Geber Roi des Perses l’appelle Prince, et Albert le grand dit que ce fut Alexandre le Grand, on dit qu’en son sépulcre furent trouvés tous les métaux et minéraux du monde, écrit en table Smaragdine, les uns l’appellent Prince, les autres, père de tous les Philosophes : car tous ceux qui ont suivi la vertu l’ont imité. Nous n’avons pas entrepris de célébrer tous les actes et gestes admirables de ce grand homme ; car notre petit esprit n’y suffirai pas. Nous avons pourtant voulu faire mention de sa mémoire au prologue de ce livre, à raison qu’il n’a pas seulement été auteur de ce livre, mais aussi de cette science. Car qui, lisant ce livre, rempli de toute divinité saura accommoder son sens comme il convient, trouvera le moyen de l’un et l’autre Testament. Or en ce présent discours, celui qui aura bon entendement connaîtra clairement de quoi cette œuvre, et secret admirable est composé. Hermès et plusieurs auteurs qui l’ont imité au livre de la transmutation des substances, parlent ainsi : Hermès dit que l’Alchimie est une substance corporelle composée d’un, et par un conjoingnante les principales choses par l’effet et consanguinité, et par une commixtion naturelle changeante en un meilleur genre. Et nous l’ensuivant, nous montrerons ceci clairement à celui qui sera sage. Et quand à moi, encore que je sois peu versé en la langue Latine, et que mon esprit soit petit, j’ai taché de traduire de la langue Arabique en la Latine ces sept traités d’Hermès appelés triple pour la sagesse, lesquels pource qui est de l’art, et pratique sont cachés en tous les livres des Sages aux ignorants.

Chapitre I.

ermès dit, en un si long âge je n’ai point cessé de faire des expériences, et n’ai point cessé de travailler. J’ai connu cette science par mon seul travail et seule inspiration de Dieu qui lui a plu de me révéler à moi son serviteur. Mais il a seulement donné la grâce d’en bien juger aux personnes sages et raisonnables, et n’a jamais donné occasion à personne de pécher et faire le mal. Quant à moi, j’aurai caché cette science, si je ne craignais le jour du Jugement ou la damnation de mon âme, je ne découvrirais rien de cette science, et ne la révélerais à personne. Or j’ai voulu rendre ce que je devais aux fidèles, déclarant comme celui qui est l’auteur de toute fidélité me l’a daigné révéler.

Ecoutez, fils des sages anciens Philosophes, la science des quatre Eléments non corporellement ou imprudemment, qui sont patients par leurs raisons, et leur opération est occulte, car rien n’agit s’il n’est composé, car il ne se parfait point que premièrement toutes ses couleurs ne passent.

Sachez enfants des sages, qu’il y a une division de l’eau des anciens philosophes qui la divise en quatre autres, une en deux, et trois en un, desquelles la troisième partie appartient à la couleur, savoir à l’humeur qui le coagule, or les deux tiers de l’eau, qui sont les poids des sages. Prenez de l’humeur une once et demie, et de la rougeur méridionale, c’est à dire de l’âme du Soleil la quatrième partie, c’est à dire une demi-once, et du mercure citrin semblablement une once et demie, et une demie de l’orpiment qui font huit, c’est à dire trois onces. Sachez que la vigne des Sages se tire en trois choses, et que son vin se parfait à la fin de trente. Entendez donc l’opération. La décoction le diminue, la teinture l’augmente, car la Lune se diminue après quinze jours, et elle s’augmente au troisième, c’est donc la le commencement et la fin. Voilà que je vous ai dit ce qui avait été scellé, car l’œuvre est avec vous, et chez vous, laquelle vous pouvez avoir le recevant intérieurement et permanent en terre ou en mer. Conservez donc le vif argent, lequel est aux intimes cabinets esquels il a été coagulé, car c’est l’argent vif qui se dit être du résidu de la terre. Qui entend donc maintenant mes paroles, qui le demande à celui qui ne justifie les œuvres d’aucun malfaiteur, et ne prive aucun bienfaiteur du loyer de ses bonnes œuvres, parce que j’ai découvert tout ce qui a été scellé de cette science et déclaré un grand secret à ceux qui ont de l’entendement.

Sachez donc vous autres inquisiteurs des bruits secrets, et fils des Sages, que le vautour qui est dessus la montagne crie à haute voix, je suis le blanc du noir, et le rouge du blanc, le citrin du rouge, et certainement je suis véritable, et sachez que le chef de l’œuvre est le corbeau, qui en sa noirceur de la nuit et clarté du jour vole sans ailes, la coloration se tire de l’amertume qui est en sa gorge, la rougeur sort de son corps, et de son dos on tire une vraie eau.

Entendez le donc, et recevez le donc de Dieu, et le sceller à tous les ignorants, il est caché aux cavernes des métaux lui qui est une pierre vénérable, une couleur splendide, et large mer. Voilà je le vous ai exposé, rendez grâces à Dieu qui vous a appris cette science, car il aime les reconnaissants.

Mettez le donc en feu humide, et le faites cuire, lequel feu augmente la chaleur de l’humeur, et tue la sécheresse de l’incombustion jusqu’à ce que la racine apparaisse, puis tirez d’icelui la rougeur et la partie légère jusqu’à ce que la troisième partie demeure.

Sachez fils, des Sages, que pour cette raison les Philosophes ont été appelés envieux, non pas qu’ils envient aux gens de biens, Religieux, légitimes, ou sages, mais aux ignorants vicieux, qui n’ont aucune loi ou douceur, de peur qu’ils ne soient trop puissants pour commettre méchancetés, et par ce moyen les Philosophes rendent compte à Dieu ; car tous les méchants sont indignes de sagesse.

Sachez que je nomme cette pierre par son nom, car ils l’ont appelé la femelle de la Magnésie, poule, salive blanche, lait du volatil, et cendre incombustible, afin qu’ils le scellassent à ceux qui sont ignorants, et qui n’ont aucune loi ou douceur, que j’ai néanmoins nommé aux Sages par un nom connu, parce que c’est la pierre des Sages. Conservez donc en icelui la mer, le feu, et la volatil du Ciel au moment de sa sortie.

Or je vous prie, tous fils des Philosophes, par notre bienfaiteur qui vous donne l’honneur de sa grâce, que vous ne veuillez déclarer son nom à aucun ignorant étourdi, et inepte. Personne ne m’a rien donné que je ne lui ai rendu ce qu’il m’avait donné, et je n’ai cessé de l’honorer, et en icelui j’ai mis une bonne signification. Mon fils, cette pierre est environnée, de plusieurs couleurs, et est née en une couleur, connais le, et le scelles, par icelui, avec la grâce de Dieu, vous chasserez de vous toutes grandes maladies, tristesse, tout dommage et angoisses : par son moyen vous viendrez des ténèbres à la lumière, des déserts à l’habitation, et de l’affliction à la joie.

Chapitre II.

on fils je vous avertis pardessus toutes choses de craindre Dieu, vers lequel est tout l’effort de votre disposition, et l’union de toutes choses séparées. Mon fils raisonnez sur tout ce que vous entendez, car je ne crois pas que vous soyez privé de raison et ignorant : c’est pourquoi recevez mes exhortations, et méditez et établissez votre cœur de la même façon que si vous étiez l’auteur des exhortations, car se celui qui est de nature chaude, se fait froid, il n’en recevra aucun dommage : semblablement que celui qui use de raison chasse de soi toute l’ignorance de peur qu’il ne soit trompé sans y penser. Mon fils, prenez le volatil qui vole, submergez-le et le divisez, tirez et chassez de lui sa couleur qui le tue, à ce qu’il soit fait vif, et qu’il vous réponde, ne volant point par les régions, mais qu’il contienne appertement ce qui vole, car si vous le tirez de l’affliction, après l’affliction dans les jours qui vous sont connus, vous serez Roi par raison, il vous sera un compagnon convenable, et vous serez décoré par icelui.

Mon fils, tirez du rayon son ombre et ordure, parce que les mers surnagent au-dessus de lui, le gâtent, et l’empêchent de sa lumière, parce qu’il est brûlé par l’affliction et sa rougeur. Mon fils, prenez cette rougeur corrompue par l’eau, comme le feu en est le porteur, qui est cendre vive, laquelle si vous ôtez toujours de lui jusqu’à ce que la rougeur vous soit purifiée, vous avez une compagnie par laquelle il est échauffé, et en laquelle il repose.

Mon fils, rendez à l’eau le charbon éteint par les trente jours que vous connaissez, c’est pourquoi vous êtes Roi couronné, reposant sur le puits de l’orpiment qui n’a point d’humeur. J’ai maintenant réjoui les cœurs des écoutants qui espèrent en toi, et les yeux qui te regardent par l’espérance de ce que tu contiens.

Mon fils, sache que l’eau était auparavant en l’air, puis en la terre, rendez-la aussi aux Supérieurs, changez-la discrètement par ses conduits, puis conjoignez-la échersement à son esprit rouge assemblé.

Sachez, mon fils, que notre terre est un onguent, soufre, orpiment, feu, et colcothar qui est Mercure, orpiment, soufre, et semblables choses desquelles chacun est plus vil que l’autre, auquel se trouve diversité, desquels aussi est l’onguent de colle, qui est cheveux, ongles, et soufres, desquels aussi est l’huile de pierre et cervelle qui est orpiment, desquels est encore l’ongle des chats qui est Mercure, desquels est encore l’onguent des blancs et l’onguent de deux argents vif Orientaux qui cherchent les soufres, et contiennent les corps.

Je dis, que le soufre teint et fixe, et est contenu, et est par la connexion des teintures, or les onguents contenus dans le corps, teignent et fuient qui sont contenu dans le corps qui est la conjonction des fuitifs et le poids ou soufre alumineux, qui contiennent le fugitif.

Mon fils, la disposition recherchée par les Philosophes est unique en notre œuf, ce qui ne se trouve point en l’œuf de la poule, et de peur que dans l’œuf ne soit éteinte une si grande sagesse divine de la poule, sa composition est faites des quatre Eléments.

Sachez mon fils, que dans l’œuf de la poule il y a un grand aide et une grande proximité en la nature, car en icelui est la spiritualité et la comparaison des Eléments et la terre de sa nature est l’or.

Le fils dit à Hermès, quels sont les soufres convenables à notre œuvre, célestes ou terrestres ? Hermès répond, les uns sont célestes les autres terrestres. Le fils. Mon père, je pense que le cœur ès choses supérieures est le Ciel, et ès inférieur la terre. Le père. Il n’en est pas ainsi, mais le mâle est le Ciel de la femelle, et la femelle la terre du mâle. Le fils. Mon père, lequel des deux est le plus digne d’être Ciel ou d’être terre ? Hermès répond, ils ont besoin l’un de l’autre, car la médiocrité est commandée par les préceptes, comme si vous disiez : Le sage commande à tous les hommes : car le médiocre est meilleur, parce que toute la nature s’unit, comme accompagne sa nature, nous avons trouvé que la médiocrité s’unit à la vertu de la sagesse. Le fils. Mon père, laquelle de ces choses est le médiocre. Le père, de chacune trois, sont deux. Premièrement l’eau est utile, en après l’onguent et au-dessous demeure l’ordure. Le dragon demeure en toutes ces choses, et sa noirceur est en iceux, et par icelle il monte en l’air, parce qu’il est leur Ciel de son Orient, mais quand la fumée demeure en icelle, ils ne sont point perpétuelles, mais ôtez la fumée de l’eau, et de l’onguent la noirceur et des fèces la mort, et la dissolution étant faite, vous triompherez, par le don duquel les possesseurs vivent. Sachez, mon fils, que l’onguent médiocre, qui est le feu, est le milieu entre l’ordure et l’eau, et le scrutateur de l’eau, parce qu’ils sont appelés onguent et soulphre, il y a une très étroite proximité, parce que comme le feu monte, ainsi monte aussi le soulphre.

Sachez mon fils, que toutes les sagesses qui sont au monde sont sujettes à cette mienne sagesse. En ces admirables Eléments cachés, les arts sont casuels. Il faut donc que celui qui veut être introduit en cette notre sagesse cachée, chasse de soi le vice d’arrogance, et qu’il soit pieux et homme de bien, et excellent esprit, aimant son prochain d’une face joyeuse, courtois et fidèle gardien des ses secrets.

Et sachez cela, mon fils, si vous savez mortifier et introduire la génération, vivifier les esprits, les mondifier, et introduire la lumière jusqu’à ce qu’ils soient combattus, colorés et purifiés de leurs taches et ténèbres, vous ne savez rien, et ne parferez rien : que si vous savez cela, vous serez élevé à une très grande dignité, de sorte que les Rois même vous révéreront. Mon fils, il nous faut conserver ces sciences, et les sceller à tous les méchants et ignorants.

Et sachez, mon fils, que notre pierre est composée de plusieurs choses, et diverses couleurs des quatre Eléments qu’il nous faut diviser et couper par pièce, et séparer leurs membres, mortifier en partie la nature qui est en icelle, conserver le feu et l’eau qui habite en elle, et est composé des quatre Eléments, et contenir leurs eaux, par son eau, qui n’a point la forme de l’eau, mais un feu montant sur les eaux, et les contenants en un vase pur et sincère, de peur que les esprits ne s’enfuient des corps ; car par ce moyen ils sont fait tingents et permanents. O bénite forme d’eau pontique ! qui dissolue les Eléments, il faut aussi qu’avec cette forme d’eau, nous possédions une âme sulfureuse, et ma mêler avec notre vinaigre, car quand par la puissance de l’eau le composé se dissout, c’est la clef de la restauration, alors la mort et noirceur s’enfuit d’icelle, et la sagesse en sort.

Chapitre III.

achez, mon fils, que les Philosophes lient de nœuds très forts et étroits pour combattre le feu, parce que les esprits désirent être dans les corps quand ils sont lavés, et se réjouissent en iceux, et les ayant ils les vivifient et demeurent chez eux, et les corps les contiennent, et ne se séparent jamais d’eux. Alors les éléments morts se vivifient, et les corps composés teignent et s’altèrent et sont des merveilleuses œuvres permanentes, comme dit le Philosophe. O forme d’eau permanente ! Royale créatrice des éléments ! Qui étant conjointe avec vos frères, ayant reçu une teinture par u régime médiocre, vous reposés. Notre pierre précieuse jeté dedans les ordures, est très chère, vile et très utile, parce qu’il nous faut ensemble mortifier deux argents vifs, et les vénérer (savoir) l’argent vif de l’orpiment, et l’argent vif Oriental de la magnésie. O nature très puissante créatrice des natures ! Qui contient et sépare les médiocrités des natures, elle vient avec la lumière, et à été engendrée avec la lumière qu’une ténébreuse nuit a engendré, qui est la mère de toute chose. Or quand nous lui joindrons le Roi couronné de notre fille rouge, ne recevant aucune nuisance du feu léger, elle concevra, et le fils conjoint, et sureminent, lequel étant permanent, elle nourrit d’un petit feu, et il vit par notre feu. Or quand vous laissez le feu sur la sueille de soulphre que le terme des cœurs, entre sur lui, qu’il soit lavé par icelui, et son ordure soit extraite, alors il s’altère, et sa teinture demeure rouge par le feu comme la chair. Le Dragon suit les rayons du Soleil qui garde les trous, et notre fils mort vivra. Le Roi viendra du feu, il se réjouira de son mariage, et les choses cachées se manifesteront, et le lait de vierge se blanchira. Le fils ainsi vivifié combat contre le feu, et est sureminent aux teintures, car le fils est le bénéfice de la Philosophie. Venez, fils des Sages, et nous réjouiront ensemble parce que la mort est consommée, et notre fils règne, et déjà vêtu de sa robe rouge et de son manteau Royal.

Chapitre IV.

ntendez, fils des Sages, que cette pierre crie. Protégez-moi, je vous protégerai, me voulez vous rendre ce qui m’appartient, afin que je vous aide. Mon Soleil et mes rayons sont intimes en moi, et ma propre Lune est ma lumière qui surpasse toutes les lumières, et mes biens sont plus excellents que tous les autres biens, je donne aux sages et intelligents la joie, la liesse, la gloire, et les richesses, et je sais ce qu’ils désirent comprendre et connaître, et possède les choses divines. Voilà ce que les Philosophes ont scellé des sciences, il est écrit avec sept lettres ; car elle en suit deux alpha ita. Et semblablement le Soleil suit la Lune, volant néanmoins dominer, conserver l’art, joindre le fils à la bube de l’eau, qui est Jupiter, qui est le secret caché.

Entendez auditeurs, et dorénavant usons de nos opinions, car je vous ai démontré par une très subtile investigation et contemplation ce que j’ai écrit. J’ai connu une certaine chose, qui est ce qui comprend se qui se cherche par une très subtile investigation et raison. D’un homme ne s’engendre que son semblable, et semblablement du taureau, et si quelque animal se joint avec une autre espèce, il en naît une espèce qui n’est semblable ni à l’un ni à l’autre.

Maintenant Vénus parle : L’engendre la lumière, et les ténèbres ne sont point de ma nature, si mon métal n’était sec tout les corps auraient besoin de moi, parce que je liquéfie et leur ôte leur rouillure, et extrait leur substance. Il n’y a rien donc de meilleur et plus vénérable que moi quand je suis jointe avec mon frère. Et le Roi dominant dit à ses frères témoignants : On me couronne et suis orné d’un diadème, et je suis investi de votre Royaume, et je donne de la joie aux cœurs, et moi étant lié au sein et poitrine de ma mère, et à sa substance, je fais reposer et contenir ma substance, et je compose l’invisible du visible, alors le caché apparaîtra, et tout ce que les Philosophes ont caché s’engendrera de nous. Entendez ces paroles, O auditeurs, et les conservez, méditez, et ne cherchez rien autre chose, l’homme au commencement est engendré de la nature, les entrailles duquel sont faites chair, et non d’autre chose. Méditez cette lettre, et rejetez les superfluités, c’est pourquoi le Philosophe a dit : Le soulphre est fait du citrin qui est tiré du nœud rouge, et non d’autre chose, que si il est citrin, ce sera votre sagesse, n’avant point de soi soin si vous ne vous étudiez point de tirer du rouge, voilà je n’ai point circonscrit si j’ai moins manifesté aux entendus.

Fils des sages, ne brûles le corps du laiton par trop grand feu, et il vous arrosera de la grâce que vous cherchez, et faites que le volant ne s’envole devant le poursuivant, et qu’il repose sur le feu, et encore que le feu soit bouillant, et que la chaleur du feu bouillant se corrompe il est Mercure. Et saches que l’art de cette eau permanente est le laiton, et sa teinture, et la coloration de la noirceur se change alors en une vraie rougeur, je jure par Dieu que je n’ai dit que la vérité que ces choses détruisantes sont amendantes, et la corruption se voit en la chose amendée, et de là l’émendation apparaîtra, et l’un et l’autre est le signe de l’art.

Chapitre V.

on fils, ce qui naît du corbeau est le principe de cet art, voilà qu’en parlant par métaphores, je vous ai obscurci mon dire, et privé de lumière, et cette matière dissoute et jointe, je l’ai appelé très éloignée. Rotifiez donc ces choses, après cuisez les ence qui procède du ventre du cheval par sept jours, ou 14, ou 21, alors il se fait un dragon qui mange ses ailes, et qui se mortifie, cela fait mettez le avec son Mercure, en feu petit sur le four, et prenez garde diligemment qu’il ne sorte du vase, et sachez que les temps de la terre, sont en l’eau, et se fait jusqu’à ce que vous la mettiez dessus.

 Icelle donc étant liquéfiée et brûlée, prenez de sa cervelle, et la broyez avec du vinaigre très fort, ou urine d’enfants jusqu’à ce qu’elle soit obscurcie, cela fait, elle vit en la putréfaction, les nuées noires qui étaient en icelui devant sa mort lesquelles seront converties en son corps, or étant réitéré comme je l’ai décrit, il meurt encore une fois, et comme j’ai dit, il vit de l, en sa vie et en sa mort nous usons d’esprits, car comme il meurt les esprits lui étant ôtés il se revivifie lui étant rectifiez, et se rejoint à iceux, à laquelle chose quand vous parviendrez vous trouverez assurément ce que vous cherchez, je vous raconte aussi le signe de la liesse, et ce qui fait fixe le corps.

 Or par cette figure vos devanciers sont morts étant venus au terme désiré. Je vous est maintenant montré la fin, et j’ai ouvert le livre aux entendus, j’ai caché les choses secrètes, j’ai fait contenir les séparées, j’ai conjoint diverse figures, et associé aux esprits. Prenez de Dieu se présent.

Chapitre VI.

l faut que vous rendiez grâce à Dieu qui donne cette science à tout sage, qui nous délivre de misère et pauvreté, remerciez le de tous ses dons et grands miracles qu’il a mis en cette nature, et le priez que pendant que nous vivons, les onguents desquels nous extrayons ès livres des auteurs sont écrits d’ongles, poils, laiton, vert, tragacantes et os.

Outre plus il nous faut exposer la disposition de l’onguent qui coagule les natures fuitives, et orne les soulphres et les préfères à tous autres onguents parfaits, car nous savons l’essence de son vase, et combien il est précieux, qui est appelé divin soulphre et figure aux autres onguents, qui est l’onguent occulte, et enseveli, duquel il ne se voit aucune disposition, et habite en son corps comme le feu dans des arbres et des pierres, qui nous fait extraire par un art et entendement subtil sans combustion aucune. Sachez, mon fils, que qui ne connaît point la différence ne connaît pas si bien les deux soulphres, non pas que les onguents qui se subliment des pierres soient soufres, pour accomplir la teinture. Or les deux mêlez avec leur corps, il se fait un parfait, et faut savoir que deux soulphres teignent, mais ils s’enfuient, lesquels il faut fort bien séparer, et les retenir de leur fuite, et sachez que le Ciel se joint médiocrement avec la terre, et le médiocre est figuré avec le Ciel et avec la terre, ce qui est eau. Et toute la première est l’eau qui sort de cette pierre, et le second est vraiment l’or, et le troisième l’ordure, et le médiocre est l’or qui est plus noble que et l’ordure. Or en ces trois sont la fumée, la noirceur et la mort, il nous faut donc chasser la fumée qui est au-dessus de l’eau, la noirceur de l’onguent et des fèces la mort, et par dissolution, ce qui étant nous avons une très grande Philosophie et le secret des secrets.

Chapitre VII.

 Fils des Philosophes, les corps sont sept, desquels le premier est or très parfait le Roi est le chef, que la terre ne corrompt point, ni l’eau n’altère point, ni les choses brûlantes ne le gâtent point, parce que sa complexion est tempérée, et la nature dirigée en la chaleur, froidure et humidité, et ni à en icelui aucune chose superflue, c’est pourquoi les Philosophes l’ont préféré et magnifié disant que l’or est entre les corps, comme le Soleil est entre les étoiles par sa lumière splendide et éclatante, car par son moyen, et volonté de Dieu tout végétable, et tout fruit de la terre se parfait, par ainsi l’or contient tout corps, et vivifie, et est le vain de l’élixir, et sans icelui il ne peut jamais être parfait.

Car comme la pâte ne peut être levée sans levain ainsi quand vous aurez très bien nettoyé le corps, et séparez l’ordure des superfluités quand vous le voudrez mêler ensemble, mettez en iceux le levain, et faite eau et terre jusqu’à ce que l’élixir soit fermenté, et que la pâte soit faite levain, méditez et voyez si le ferment d’une chose est fait d’une nature différente à la sienne, considérez donc comme le ferment n’est point d’autre nature que la pâte, et notez que le ferment blanchit la confection, empêche la combustion, retient la teinture à ce qu’elle ne s’envole, et réjouit les corps, et les conjoint ensemble, et les fait entrer, et en cela gît la clef des Philosophes, et la fin de l’œuvre, et par cette science les corps sont purifiés, et leur œuvre se parfait par la grâce de Dieu. Or par négligence et méchante opinion que l’on a de ce levain, les œuvres le corrompent. Comme le levain est à la pâte, et le coagule au lait pour le fromage, et le musque ès odeur aromatique, ainsi est la couleur de l’or à la rougeur, et la nature n’est pas douce. C’est pourquoi nous faisons d’icelui la soie, qui est l’élixir, et d’icelui nous faisons l’encre, dont nous avons écrit, et nous teignons la boue du cachet du Roi, et en icelui nous mettons la couleur du Ciel qui augmente la vue à ceux qui le voient.

L’or donc est la très précieuse pierre sans tache, tempéré, et ne peut être corrompu par le feu, air, terre, ni eau, c’est un levain universel qui rectifie toute chose par tempérance. Sa composition est de couleur jaune, ou vrai citrin, c’est l’or des sages cuit et bien digéré qui fait l’élixir par son eau et feu. L’or des sages est plus pesant que le plomb, parce que par sa composition tempérée il est le levain de l’élixir, et au contraire intempéré par une intempérée composition, car le premier œuvre se fait de végétal, le second d’animal en l’œuf de la poule, c’est un grand subside et constance d’éléments, et notre terre est or duquel nous faisons tout ce qui est levain de l’élixir.

                         

 

 

 

 

 

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La Table d'émeraude

16 Novembre 2012 , Rédigé par Hermès Trimégiste Publié dans #spiritualité

 

 

I.

Il est vrai sans mensonge, certain & très véritable.

II.

Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut: & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose.

III.

Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d'un, par la médiation d'un: ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation.

IV.

Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l'a porté dans son ventre; la terre est sa nourrice.

V.

Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière,

VI.

si elle est convertie en terre.

VII.

Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais doucement, avec grande industrie.

VIII.

Il monte de la terre au ciel, & derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures & inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde; & pour cela toute obscurité s'enfuira de toi.

IX.

C'est la force forte de toute force: car elle vaincra toute chose subtile, & pénétrera toute chose solide.

X.

Ainsi le monde a été créé.

XI.

De ceci seront & sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici.

XII.

C'est pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j'ai dit de l'opération du soleil est accompli, & parachevé.

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